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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 1996-06-13, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR Agenda culturel Page B7 Culture Page B8 Économie Page B2 Les Sports Page B6 ?LES REGIONS I.E I) K V O I It I.K .1 K UDI I It .1 II I X !) !) ti Pour une agriculture moins productivité U n nouveau regroupement rural voit le jour Il demande de reporter à Yautomne Vadoption du projet de loi sur le «droit de produire» LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR Un nouveau regroupement de producteurs agricoles et de citoyens du monde rural qui souhaitent jeter les bases d’une agriculture moins productivité demande à Québec de reporter à l’automne l’adoption du projet de loi sur le «droit de produire» afin d’en examiner toutes les implications à l’occasion d’une audience publique provinciale.Le nouveau regroupement, l’Union des citoyens du monde rural, a vu le jour la semaine dernière et, déjà, a attiré l’attention de plusieurs groupes régionaux impliqués dans la «guerre du cochon», notamment en Mauricie, qui y voient la possibilité de mettre en commun une nouvelle vision de l’agriculture et du monde rural.Selon le coordonnateur de la nouvelle Union des citoyens du monde rural (UCMR), Grégoire Tanguay, de la Hêtrière Ouest, de Saint-Charles-de-Bellechasse, le nouvel organisme n’est pas anti-agriculteurs et ne vise pas à dresser contre eux les citadins et les villé-giateurs aux prises avec les séquelles de l’agriculture.«Notre organisme est d’abord et avant tout un regroupement d’agriculteurs et de ruraux qui partagent, en gros, la philosophie de Solidarité rurale, donc d’une agriculture plus durable, mais qui veulent passer à l’action dans les dossiers en fournissant une contre-expertise scientifique à des coûts abordables aux gens qui veulent revoir l’aménagement du territoire ou des projets en marche dans l’optique d’une agriculture plus durable.Nous ne voulons pas regrouper uniquement des organismes mais aussi des individus, des gens du milieu», ajoute M.Tanguay.Le groupe de base auquel appartient le coordonnateur, la Hêtrière Ouest, se retrouve dans le bassin versant de la rivière Boyer, qui était jusqu’à son décès pour cause d’agriculture non durable la principale frayère d’éperlans arc-en-ciel de la rive sud du golfe du Saint-Laurent.D’autres citoyens, plus à l’est, se battent pour la préservation de la rivière Fouquette, devenue maintenant la dernière frayère d’éperlans.Ces dernières sont elles-mêmes menacées par trois projets de méga-porcheries.Le dossier des nouvelles mégaporcheries est en train de provoquer une levée de boucliers dans plusieurs régions rurales, boudées jusqu’ici par les grands producteurs qui avaient plutôt tendance à se rassembler.C’est d’ailleurs ce phénomène qui explique les surplus de fumier identifiés par le gouvernement dans au moins trois grandes régions agricoles du Québec, soit les bassins des rivières L’Assomption, Ya-maska et Chaudière.Mais la perspective d’avoir à gérer ces surplus a incité les producteurs avec une vision d’avenir, du moins au plan des affaires, à se précipiter dans d’autres régions comme le Témiscouata ou la Mauricie, où l’agriculture jouait un rôle de moins en moins important.Les réactions des citoyens, voire des agriculteurs de ces régions ont été très vives au cours des dernières années, au point où un de ces nouveaux contentieux «porcins», si l’on peut dire, est en train de donner lieu à une cause type de grande envergure au plan juridique en plus de mobiliser la Mauricie, une région à vocation agricole et forestière, dont rurale.En effet, l’implantation à Saint-Roch-de-Mékinac d’importantes pouponnières, lesquelles sont inévitablement suivies de porcheries pour engraisser les sujets dodus de cette histoire, a donné lieu à des poursuites de la Ville de Trois-Rivières.Craignant pour son approvisionnement en eau, cette municipalité a décidé de contester devant les tribunaux les autorisations données par le ministère de l’Environnement et de la Faune (MEF) aux promoteurs.Plusieurs villes voisines, urbaines et rurales, appuient la position de Trois-Rivières.Pour les acteurs de ces dossiers, on n’est pas en présence du vieux clivage urbains-ruraux mais en face de deux visions de la «ruralité», une qui veut intégrer l’économie aux impératifs de survie des écosystèmes et une autre qui estime que l’écosystème doit perdre un certain nombre de plumes pour permettre à l’économie de rouler.Plusieurs pensent désormais en région — et c’est dans ce sens que veut pousser la nouvelle Union des citoyens du monde rural, selon ses fondateurs — qu’il existe maintenant des méthodes plus douces pour produire; qu’il est possible d’en discuter et de débattre du peu d’importance que leur accordent les décideurs par rapport aux vieilles techniques, et qu’il est maintenant possible de respecter les exigences de survie des écosystèmes et la qualité de vie des ruraux, quitte à faire les choix qui s’imposent Tout un débat en perspective! L’organisme veut passer à l’action dans les dossiers en fournissant une contre-expertise scientifique à des coûts abordables Les diététistes s’en mêlent Les tentacules de la faim atteignent les régions Cette sombre réalité est tout aussi criante hors des grands centres et se vit parfois dans l’ombre MARIE-ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR Deux fillettes de moins de dix ans ont un jour frappé à la porte d’un commerce.L’une d’elles a présenté ses 15 sous et demandé ce qu’elle pouvait acheter pour se fricoter un petit souper.La mère, honteuse d’avoir touché le fond du baril, avait envoyé ses filles chercher de l’aide car elle n’osait plus sortir de chez elle.Contrairement à ce que l’on pourrait croire, cette histoire se passait il y a quelques jours dans une ville de l’Outaouais, l’une de ces régions où de plus en plus de citoyens ont le ventre creux.Le fléau de l’insécurité alimentaire fait couler beaucoup d’encre lorsqu’il sévit dans les grands centres urbains.Mais on oublie souvent que les tentacules de la faim s’étendent jusqu’en région, où cette sombre réalité est tout aussi criante et se vit parfois dans l’ombre.L’Ordre professionnel des diététistes du Québec lançait la semaine dernière Agir ensemble pour contrer l’insécurité alimentaire, un document qui contient des données alarmantes: au Québec, une personne sur cinq vit dans la pauvreté, le taux le plus élevé au Canada.Plus de 800 000 Québécois vivotent aux crochets de la Sécurité du revenu.Quelque 50 000 jeunes diplômés de l’université ou du collégial reçoivent chaque mois un chèque de l’aide sociale.En Outaouais, une recherche sur la faim menée il y a deux ans concluait que 130 000 personnes de vaient frapper aux portes des banques alimentaires ou des maisons d’hébergement pour se remplir la panse.En réponse à ce cri d’alarme, une vingtaine de personnes préoccupées par l’ampleur de la situation ont décidé de mettre sur pied une Table de concertation sur la faim afin de brosser un portrait des moins nantis et de tenter de mettre un frein à l’évolution rapide du fléau.«De plus en plus de gens ont recours à différents organismes communautaires pour survivre aux fins de mois, explique Mario Dion, responsable de la pastorale sociale au diocèse de Hull et membre de la Table de concertation.H est difficile de quantifier le problème de l’insécurité alimentaire et nous sou- photo archives Dans des régions comme l’Outaouais, le problème de la faim frappe de nombreux enfants.haiterions placer des chiffres sur une situation qui se détériore sans cesse.» Depuis une douzaine d’années, le Gîte-Ami de Hull ouvre sa porte à des personnes qui ne savent plus où aller.Chaque jour, plus de 200 repas sont servis et environ 40 personnes seules s’y réfugient pour dormir.«Nous avons la nette impression que la situation s’aggrave, explique Céline Gauthier, directrice générale.Et nous sommes très étonnés du nouveau visage que prend la pauvreté sous la forme de personnes seules victimes d’abolitions de postes.Elles ont toujours travaillé et se retrouvent sans le sou du jour au lendemain, incapables même de remplir leur réfrigérateur.Une nouvelle réalité nous saute en plein visage: personne n’est à l’abri de la pauvreté désormais.» En plus d’offrir gîte et repas, l’organisme commu- L’Outaouais se dote d’une maison pour sidéens JEAN PICHETTE LE DEVOIR L’Outaouais aura bientôt son centre d’hébergement pour les personnes atteintes du sida.Le Bureau régional d’Action-sida de l’Outaouais (BRAS) a en effet reçu le mandat de la Régie régionale de la santé et des services sociaux de l’Outaouais, lundi, d’implanter ce qui deviendra le cinquième centre à l’extérieur de Montréal affilié à la Table provinciale des maisons d’hébergement.L’exode des mourants vers Montréal, qui compte au total une dizaine de maisons d’hébergement, devrait s’en trouver ralenti.Les 100 000 $ injectés par le ministère de la Santé et des Services sociaux, auxquels s’ajoute une somme de 80 000 $ puisée à même le fonds de soutien aux organismes communautaires de la Régie régionale, permettront à BRAS d’offrir cinq places aux sidéens en phase terminale.Cette subvention annuelle récurrente de 180 000 $ constituera environ 85 % du budget minimum d’exploitation que l’on estime, sur une base annuelle, à 210000$.En avril dernier, la députée libérale de Chapleau, Claire Vaive, avait publiquement dénoncé une situation obligeant les victimes du sida à quitter leur région pour aller vivre leurs derniers jours à Montréal.Mais cet exode forcé des personnes atteintes du sida vers les grands centres, s’il est vécu un peu partout en régions, demeure extrêmement difficile à quantifier.«Différents facteurs font que les gens vont à Montréal, explique Jocelyne Lepage, directrice générale du BRAS.On ne peut donc dire combien y vont spécifiquement pour trouver une place dans un centre d’hébergement Mais on sait que souvent ils reviennent mourir dans l’Outaouais, quand ils ont de la famille, et ce qui est certain, c’est que lorsqu’ils n’ont pas de ressources, ils s’en vont à Montréal.» Outre les huit centres de Montréal et celui de Québec, qui compte une dizaine de lits, les régions de la Belle Province ne peuvent accueillir au total que 24 personnes à la fois — incluant les cinq places qui seront bientôt disponibles dans l’Outaouais — dans les maisons d’hébergement affiliées à la Table provinciale.Trois-Rivières, Sherbrooke et, depuis le mois de mars, Chicoutimi offrent ainsi des services de soins et d’hébergement aux victimes du sida se trouvant en phase terminale.C’est donc dire que des régions entières — comme le Bas-Saint-Laurent et la Côte-Nord — demeurent incapables d’offrir de telles ressources d’hébergement Il est clair, selon la porte-parole de la Table provinciale des maisons d’hébergement et directrice générale de la Maison d’Hérelle, Michèle Blanchard, que les municipalités se montrent toujours réticentes à accueillir sur leur territoire des «mouroirs» destinés à des gens encore victimes de maints préjugés.«On ne peut pas cacher qu’il y a encore une image négative atta- chée à cette réalité, toujours crainte», déplore-t-elle.Dans l’Outaouais comme ailleurs au Québec, le choix du site demeure toujours délicat, des citoyens se révélant souvent opposés à l’implantation d’un tel service dans leur quartier.Le BRAS sera d’ailleurs peut-être lui-même confronté à ce problème, même si pour le moment aucun site — ni ville particulière — n’a encore été pressenti.Offrant depuis déjà cinq ans des services aux personnes atteintes du VIH, surtout en ce qui concerne le soutien à domicile, le BRAS, à l’instar de l’orientation de la Table provinciale, ne voit toutefois pas le centre d’hébergement comme le premier choix à offrir aux malades.Il demeure donc difficile d’évaluer précisément le nombre de places requis pour satisfaire à la demande.«Les personnes atteintes ne tiennent pas à venir en hébergement, explique Mme Blanchard.Leur premier choix est de mourir à domicile.C’est pourquoi nous sommes tous d’accord pour dire qu’il faut d’abord investir dans les soins à domicile.Mais mourir à la maison, ce n’est pas évident pour tout le monde.D’autant plus que dans le contexte du sida, les proches s’épuisent vite.Donc, oui aux soins à domicile, mais quand ce n’est plus possible, nous on entre en scène.Plus les services à domicile vont être adéquats, avec les investissements financiers que ça suppose, mieux ça va répondre à la clientèle.Mais il y a des limites à ça.» nautaire insiste de plus en plus sur la réintégration sociale des bénéficiaires.«Offrir un toit et de quoi se remplir l’estomac ne suffit pas à redonner la dignité et l’énergie nécessaire pour tout recommence^, explique Mme Gauthier.A Gatineau, la Soupière de l’amitié sert 70 000 repas par année.«En l’espace de dix ans, notre clientèle a beaucoup changé, raconte Noël Charette, directeur de la soupe populaire.Nous recevons désormais des familles entières, des mères monoparentales et leurs enfants, des professionnels ou même des fonctionnaires qui se sont retrouvés sur le carreau et n’ont pas assez de l’assurance-chômage ou de l’aide socide pour manger.» Parallèlement à ces actions communautaires, plus de 1000 petits déjeuners sont servis chaque semaine dans des écoles primaires du secteur pour permettre aux enfants de débuter la journée le ventre plein.Dans son bureau du CLSC de Hull, la diététiste-nutritionniste Micheline Malette reçoit régulièrement des gens dont la maigre pitance les plonge dans le gouffre de la pauvreté.Elle a participé à l’élaboration du document de l’Ordre des diététistes et dont l’objectif principal est de rassembler les principaux acteurs — gouvernements, organismes communautaires, industrie alimentaire et entreprises — autour de l’épineux problème de la faim.Membre de la Table de concertation, Mme Malette précise que les solutions envisagées doivent mobiliser les gens et leur apprendre à se connaître.«Des cuisines collectives aux magasins-partage en faisant un saut dans les banques alimentaires, les sociétés Saint-Vincent de Paul et les clubs de consommateurs, on devrait se concerter plutôt que de poser des actions individuelles.» Au terme de sa réflexion sur l’insécurité alimentaire, l’Ordre professionnel des diététistes du Québec recommande entre autres choses aux différents paliers de gouvernement de participer à la relance de l’emploi, de hausser le salaire minimum et d’imposer un moratoire sur les compressions dans les programmes sociaux.On souhaite également que l’ensemble des décideurs sociaux et économiques perçoive dorénavant les groupes communautaires comme des partenaires importants dans la recherche de solutions visant à contrer la pauvreté et la faim.Gaspésie-îles-de-la-Madeleine La BN investit dans un Fonds régional JEAN PICHETTE LE DEVOIR Le président du conseil et chef de la direction de la Banque Nationale du Canada, André Bérard, a annoncé en fin de semaine dernière l’injection d’une somme de 60Q 000 $ dans le Fonds régional de solidarité Gaspésie-îles-de-la-Madeleine à l’occasion de sa participation au congrès a/inuel de la Chambre de commerce de la Gaspésie-Les îles, à Paspébiac.Un an après avoir suscité la colère des gens des régions alors qu’il avait évoqué la possibilité d’une fermeture des régions non rentables à l’occasion d’un discours devant le Canadian Club, à Ottawa, s’agit-il d’une profession de foi sur la rentabilité de la partie la plus orientale du Québec?Après avoir affirmé à îa presse régionale que «la région, c’est l’âme de la Banque Nationale», M.Bérard s’est excusé devant la centaine de congressistes pour ses propos tenus l’année dernière.«La meilleure façon d’assurer la croissance des régions, c’est de leur fournir les moyens de décider localement de leur avenir, a-t-il déclaré.La Banque Nationale et le Fonds de solidarité de la FTQ partagent cette philosophie et ensemble, en unissant nos efforts, nous pourrons susciter plus efficacement de nouvelles occasions d’affaires au bénéfice de la région que nous desservons.» Le président a précisé que l’institution qu’il dirige est présente depuis îongtemps dans la régioq, avec huit succursales en Gaspésie et une autre aux îles.Le Fonds régional de solidarité Gaspésie-îles-de-la-Madeleine, légalement constitué en janvier dernier, a commencé ses activités au mois de mai.Doté au départ d’un capital de six millions de dollars, comme les 13 autres fonds régionaux jusqu’ici constitués, il effectuera des investissements variant de 50 000 à 500 000 $ dans des entreprises en démarrage, aux premiers stades de développement, en croissance ou en redressement Ne manquez pas notre cahier spécial Le samedi 22 juin Bonne fête Ottébec LE DEVOIR Tombée publicitaire: le vendredi 14 juin 1996 B 2 I.K I) K V 0 I H .I.K I) I I :t JUIN III I) C Æ ECONOMIE XXM ISE 300 DOW JONES S CAN 08 -12.61 -11,75 -0,37 -0,08 +0,10 2484,19 5094,57 5668,29 73,15 384,30 CAE agrandit ses installations La société embauchera 500 personnes à Montréal Vols directs vers l’Italie Gagliano se débat contre de multiples obstacles L’ancien président de CAE, Douglas actuel, John Caldwell, ont montré un 747 de la China Airlines.Au cours des prochains mois, une compagnie avec laquelle CAE a développé un prototype de décapage de peinture d’aéronef devrait lancer le produit.Déjà les techniciens de CAE et de cette compagnie ont l’intention de travailler à son perfectionnement PHOTO PC Reekie (à gauche), et le président simulateur de vol construit pour un jusqu’à son lancement sur le marché mondial.Le siège social de CAE est à Toronto.Bien que 75 % des effectifs de CAE soient au Canada, plus de 75 % ses services et produits sont vendus à l’étranger.ÉTATS-UNIS L’inflation n’était pas au rendez-vous ,i GÉRARD BÉRIJBÉ LE DEVOIR Un an s'est déjà écoulé depuis le retrait de Canadien International d,è Mirabel et Montréal demeure toujours sans vols directs vers l'Italie.Alfonso Gagliano, pour un, pousse pour le rétablissement du lien çàns escales entre ce pays et la deuxième communauté italienne au pays.Mais il se heurte à l'intransi-eance d'un tranporteur qui voudrait ien monnayer son retour.Dans un geste qualifié d'«opportu-niste», Canadien a, en début d'année, a émis l'hypothèse de reprendre du service, mais à partir de Dorval et non de Mirabel, demandant ainsi une dérogation aux Aéroports de Montréal.Or, il était impossible à ADM d'accorder une telle dérogation sans créer un précédent et ouvrir la porte à tous les autres transporteurs, qui auraient également voulu profiter de l'ouverture pour devancer d'un an le rapatriement de leurs vols transatlantiques à Dorval.La décision de Canadien International, prise en juillet 1995, d'abandonner la liaison Montréal-Rome (et Canada-Milan) et de quitter Mirabel pour tout rapatrier à Toronto continue encore d'en indisposer plus d'un à Ottawa.D'une part, ce geste faisait ressortir les premières grandes failles de l'application d'une nouvelle politique de transport aérien en matière de routes internationales dont l'encre n'avait pas encore fini de sécher.D'autre part, Canadien invitait les quelque 100 000 passagers annuels sur Montréal-Italie (300 000 entre le Canada et l’Italie) à faire escale à Toronto, à s'en remettre au service nolisé d'Ar Transat ou à passer par les plaques tournantes d'Am-terdam ou de Zurich.Ar Canada s'est immédiatement proposé en relève, avec un service régulier élargi aux villes de Milan et die Rome comprenant une desserte accrue.Mais sa demande se heurte toujours à une fin de non-recevoir.Alfonso Gagliano, ministre fédéral clu Travail, n'est pas sans subir la pression des membres de sa commu- nauté.«J'ai demandé à Canadien de démontrer de la bonne volonté.Ils ont dit non.Cette intransigeance de Canadien est déplorable», a-t-il lancé.En vertu de l'accord bilatéral cana-do-italien, la désignation ne peut être accordée qu'à un seul transporteur canadien.Le principe de la double désignation enchâssé dans la nouvelle politique de l'ex-ministre des Transports, Doug Young, qui s'active lorsqu'une route franchit le cap de 300 000 passagers, ne peut donc être évoqué sans renégociation de cet accord bilatéral.Et ce plancher de 300 000 se heurte à une autre difficulté, celle d'un calcul qui exclut du décompte les passagers transportés en mode nolisé, ce qui vient fausser le profil réel du marché.Enfin, autre faiblesse de la nouvelle politique: le principe du «use it or loose it» ne peut également être évoqué dans la mesure où il fait abstraction des villes desservies ou des marchés existants, qu'il ne s'applique qu'au service entre deux pays.Il suffit à un transporteur de desservir une seule et unique ville au Canada pour maintenir une désignation, même si le marché est fragmenté, comme c'est le cas entre le Canada et l'Italie.«Oui, ce dossier me préoccupe.J'attends d'avoir les chiffres précis (sur la taille de ce marché) avant d'explorer d'autres avenues», a renchéri M.Gagliano, qui n'a pas voulu condamner la politique canadienne en matière de partage de routes entre les transporteurs réguliers ni commenter sur un possible différend sérieux dans ce dossier entre lui et le ministre des Transports, David Anderson.«Au contraire, j'ai de bonnes relations avec M.Anderson.M.Anderson aimerait également trouver une solution à l'intérieur de la politique actuelle.» M.Anderson pourrait-il «forcer» Canadien à rétablir son service Montréal-Italie?«C'est difficile.Car s'il force Canadien, Canadien pourrait revenir et demander au gouvernement de régler leur problème de déficit en retour», a répondu Alfonso Gagliano.ROLLANDE PARENT PRESSE CANADIENNE CAE Électronique embauchera quelque 500 personnes, d’ici deux ans, à la suite de l’agrandissement de ses installations de Saint-Laurent où sera notamment installé un centre de formation pour ses 4000 employés de la région montréalaise et pour des clients.C’est ce qu’a annoncé, hier, le président et directeur général de la compagnie, John E.Caldwell, à l’issue de rassemblée annuelle des actionnaires qui se tenait à Saint-Laurent pour souligner le 50e anniversaire de la compagnie ayant vu le jour à Montréal en 1947.Les nouvelles installations d’environ 8 millions$ ajouteront à celles existantes quelque 93 000 pieds carrés d’espaces nouveaux.Les travaux de construction débuteront en juillet.L’embauche projetée se fera au cours des deux prochaines années.Des dépenses en immobilisations se feront également aux usines ScreenPlates au Canada, en Finlande et en Suède, à l’usine CAE Ransohoff, à Cincinnati et dans des usines au Royaume-Uni et en Australie pour un total de 40 Washington (AFP) — L’inflation est restée maîtrisée en mai aux États-Unis comme en témoigne l’évolution des prix de gros et de détail, dissipant partiellement les craintes des marchés dont l’attention se reporte désormais sur la publication aujourd’hui des ventes de détail.L’indice des prix à la consommation a enregistré une hausse de 0,3 % et de 0,2 % si l’on exclut les secteurs volatiles de l’alimentation et de l’énergie, exactement dans la lignée de ce qu’attendaient les analystes.Mais surtout, l’indice des prix à la production, reflet d’une anticipation de l’inflation, avait montré la veille une baisse inattendue de 0,1 %.Hier, immédiatement après l’annonce des prix à la consommation, le taux d’intérêt moyen sur les bons du millions$ à 60 millions$, a précisé M.Caldwell.Au cours du dernier exercice qui s’est terminé en mars, le chiffre d’affaires de CAE a atteint 810 millions$, une augmentation de 23%.Des profit nets record de 58,6 millions$ ont été réalisés, une augmentation de 24% par rapport à l’année précédente.Et son carnet de commandes avoisinne le milliard de dollars.Avec plus de 22 installations d’exploitation et 6200 employés dans huit pays, CAE est une société internationale qui se concentre sur des applications technologiques généralement de l’ordre de 100 millions$ à 1 milliards.CAE est active dans la simulation en temps réel, la modélisation, la visualisation et la robotique, notamment L’an dernier, CAE a réussi à vendre 19 simulateurs de vol.«L’année dernière a été exceptionnelle.Je ne crois pas que nous ferons mieux cette année», a concédé le président et directeur général.L’entreprise lorgne un contrat pour la fourniture à l’Arabie Saoudite de six simulateurs de Boeing, un contrat dont la valeur se situe entre 100 mil-lions$ et 200 millions$.Trésor à 30 ans, principale référence sur le marché obligataire, s’est légèrement détendu.H affichait un rendement de 7,13 % en matinée contre 7,14 % dix minutes avant l’annonce du département du Travail.Toutefois le marché restait nerveux dans l’attente d’indices préfigurant l’évolution des prix et la croissance économique, comme les ventes de détail attendues aujourd’hui et la production industrielle qui sera publiée demain.En fin de matinée, le taux sur les bons à 30 ans était inchangé par rapport à la veille à 7,12 %.Les marchés appréhendent la publication des ventes de détail qui selon eux pourraient être en hausse de 1 % voire 1,5 % et montrer des signes sous-jacents d’inflation.En fin de se- maine dernière, le marché obligataire s’est nettement tendu après l’annonce d’un nombre de créations d’emploi fortement supérieur aux prévisions (348 000) en mai.Pourtant les chiffres de l’inflation semblent éloigner les perspectives d’une hausse des taux d’intérêt par la Réserve Fédérale (Fed) lors de la prochaine réunion du comité monétaire les 2 et 3 juillet.La Fed n’a pas modifié sa politique monétaire depuis janvier, quand elle avait fait passer le taux interbancaire au jour le jour de 5,5 % à 5,25 %.Le président de la banque de Réserve Fédérale de Chicago a abondé dans ce sens mardi soulignant que l’inflation «n’était pas un problème aux Etats-Unis» pour l’instant.Il a indiqué que la Fed ne voyait «pas de hausses de prix significatives hormis dans les secteurs de l’alimentation et de l’énergie.du moins pour l’instant».Même s’ils sont en hausse depuis six mois consécutifs, les prix de l’énergie semblent nettement ralentir leur envolée, confirmant les anticipations de la Fed qui avait qualifié ce phénomène de passager.En mai, les prix de l’énergie de 1,1 % contre une hausse bien plus importante le mois d’avant à 3,2 %.Reste que globalement sur les cinq premiers mois de l’année, le rythme annuel de l’évolution des prix à la consommation est supérieur à celui enregistré à la même période de 1995 (4,1 % contre 3,2 %).Sur douze mois, de mai à mai, l’inflation est de 2,9 %.COUP D'ŒIL BOURSIER , , Le prochain mouvement ï> ; MICHEL CARIGNAN COLLABORATION SPÉCIALE La prochaine direction que prendra les marchés sera très révélatrice.A New York, le mouvement de côté de l’industriel en est réduit à un va-et-vient d’une cinquantaine de points mais reste au-dessus de sa tendance haussière.Le marché canadien est plus fragile.Après la sévère chute, le TSE 300 s’est stabilisé à 5,100 points.Une rechute montrait d’autres décrochages parmi les secteurs.Pour le moment, l’ordre des plus forts aux plus faibles est inchangé.Les communications, la gestion, les transports et les pétrolières restent au dessus de leur tendance haussière, comptant aussi parmi eux des services financiers et des services publics qui se corrigent toujours en direction de leur tendance.Les industrielles, la consommation et les aurifères ont àtteint la limite à la baisse, qui déclencherait un peu de panique de vente, et menacent de rechuter.Le détail, les minières et les forestières sont toujours considérés comme étant des secteurs baissiers.Il est important de réaliser qu’après plus de deux mois de plafonnement, les marchés, à part quelques exceptions, n’allaient plus pulle part.Maintenant, on en est à surveiller pour voir si d’autres secteurs vont décrocher.C’est peut-être un point bas et un excellent temps pour acheter, mais je considère que les risques de rechute d’un marché un peu gonflé sont trop forts pour continuer à acheter sans rien vendre.La situation actuelle appelle la prudence.Il y a un autre élément qui démontre le peu d’enthousiasme actuel dans le milieu.Depuis des mois, je scrutais le marché avec mon ordinateur et je trouvais sans cesse des dizaines d’occasions d’achats formidables.Présentement, je continue cet exercice à tous les jours mais je découvre des occasions qu’on pourrait facilement compter sur une seule main et ce, dans tous les marchés réunis.NEW-YORK INDUSTRIELS (X-DJI NYSE) BOURSE DE TORONTO TSE 300 (X-TT TSE) - 5750.00 5500.00 5250.00 ¦2 Jun 5668 29 Déc] Jani Fév ! Mar Avr 12 Xn ¦H I P 4750.0< COMMUNICATION TOR.(X-CM TSE 9000.00 150 Jours 12 Jun 9275.11 -8500.00 GESTIONS TOR.(X-MG TSE) 150 Jours h: t W.W 6000.00 5750.00 - 5500.00 12 Jun 5086.03 PÉTROLIÈRES TOR.(X-OG TSE) 150 Jours 5250.00 - 5000.00 4750.00 12 Jun 5198.87 SERVICES FINANCIERS TOR.(X-FS TSE) 150 Jours 4000.00 3800.00 -3700.00 '2 Ju- 3924 58 PRODUITS INDUSTRIELS TOR.(X-IP TSE) 150 Jours Not De'.Jan Fév Mar Avr Mai 3500.00 3250 00 12 Jun 366332 PRODUITS CONSOMMATIONS (X-CP TSE) 150 Jours AURIFERES TOR.(X-GL TSE) 150 Jours 12000.00 12 Jun 11533.72 DETAILS (X-MR TSE) 150 Jours MINES ET MÉTAUX TOR.(X-MM TSE) 150 Jours No\ Déc Jan DECISION-PLUS VIDÉOCASSETTE GRATUITE Deux heures éducatives qui pourraient changer votre vie (514)392-1366 Volume (000) Ferme Var.Var.($) (%): BOURSE DE MONTRÉAL XXM:lndice du marché 10702 2484.19 -12.61 -0.5' XCB:Bancaire 3656 3011.17 -8.46 -0.3 XCOiHydrocarbures 3319 1952.55 -5.53 -0.3 XCM:Mines et métaux 3102 3153.45 -12.28 -0.4, XCF:Produits forestiers 689 2414.36 +10.42 0.4.XChBien d'Équipement 4143 2459.03 -25.97 -1.0 XClhServices publics 2295 2161.43 -0.49 -0.0 BOURSE DE TORONTO TSE 35 12466 265.34 -0.93 -0.3' TSE 100 * 308.03 -0.80 -0.3: TSE 200 * 311.76 -0.36 -0,1: TSE 300 39272 5094.57 -11.75 -0.2; Institutions financières 3936 3924.58 -7.95 -0.2, Mines et métaux 2188 5192.09 -5.46 -0.1 Pétrolières 11532 5198.87 +5.33 0.1 Industrielles 6562 3563.32 -16.15 -0.5 Aurifères 7049 11533.72 -62.77 -0.6' Pâtes et papiers 1747 4199.12 +13.09 0.3 Consommation 837 8609.98 -102.44 -1.2.Immobilières 112 1622.91 -12.01 -0.7 Transport 917 5159.38 +4.19 0.1 Pipelines 881 4169.39 -9.38 -0.2' Services publics 1251 3897.58 -17.18 -0.4' Communications 490 9275.11 -30.53 -0.3 Ventes au détail 1163 4000.17 +5.44 0.1 Sociétés de gestion 602 6086.03 +86.18 1.4 BOURSE DE VANCOUVER .• « Indice général 29992 1309.24 -11.47 -0.9 MARCHÉ AMÉRICAIN 30 Industrielles 28726 5668.29 -0.37 -Û.0 20 Transports 4997 2223.86 -5.56 -0.2 15 Services publics 7474 206.68 -1.40 -0.7 65 Dow Jones Composé 41198 1842.81 -2.86 -0.2 Composite NYSE * 358.68 -0.87 -0.2 Indice AMEX * 594.20 +0.93 0.2 S&P 500 * 669.04 -1.93 -0.3 NASDAQ * 1235.47 +4.71 0.4 LES PLUS ACTIFS DE TORONTO Volume Haul Bas Ferm.Var.Var.Compagnies (000) (S) (S) ($) ($) (%) EDPER GRP IR 5755 48.95 46 50 48 80 SCEPTRE RES LTD 3085 975 9.50 9.55 - CDN NATURAL RES 2535 25.75 25 25 25 60 *0.40 16 XILLIX TECHNO CP 1966 5.55 445 456 +0 06 1.3 MVPCAPCPRV 1462 0.14 013 0.13 .ROYAL BANK OF COA 1295 32.15 31.85 32 00 ?0.20 06 CAMPBELL RES INC 1266 1.77 1 59 1.70 ?0.15 9-7 BRE-X MINERALS 1220 23 30 22 35 23 25 - NOVA CP 1181 1295 12 75 1275 •0.15 -12 MORGAN FIN CP 1132 0.07 007 007 - LES PLUS ACTIFS DE MONTRÉAL Volume Haut Bas Fcrm.Var.Var.1 Compagnies (000) (S) (S) ($) (S) çait devant le Tout-Montréal mardi soir au Monument National.Son public l’a accueillie comme une reine, presque comme une diva.On a pu mieux se rendre compte du caractère de l’artiste.Disons tout d’abord que ce récital était fortement mis en scène.Décors, rideaux, chande- liers et chandelles, éclairages d’atmosphère, tout un paquet d’artifices était présent pour mettre en contexte cette cantatrice.L’œil était servi.Qu’en allait-il être de l’oreille?Manon Feubel est une artiste qui promet.Elle a un timbre somptueux, le mot n’est pas fort, et une indubitable présence en scène.Son interprétation du Erlkônig (Le Roi des Aulnes) de Schubert a aussi fait la preuve de sa capacité à entrer dans l’univers du lied par la porte du théâtre.Comme cette mélodie se prête peu aux effets, aucun des défauts ne paraît.La voix reste souple, légère et agile, sans détimbrer, et d’une belle égalité.Dans le répertoire intime de la mélodie, il manque de la conviction et de l’intelligence du texte.De plus, on note une tendance désagréable à toujours chanter juste en bas de la note qui se révélera encore plus présente dans la deuxième partie du concert, consacrée à des airs d’opéra.Là, Manon Feubel est à l’aise dans la puissance et les effets; sa voue s’épanouit, nous enchante, mais elle manque parfois curieusement de legato.Si les extraits de Dvorâk et de Verdi l’ont trouvée très à l’aise, le célèbre «Depuis le jour» de Louise a été complètement raté.Les sixtes causent des difficultés à la chanteuse; elle devrait se trouver pour six mois un professeur qui appuierait sa technique et surtout lui ouvrirait l’esprit et l’oreille.Il y a vraiment une grande voix qui se cache ici.Au lieu de rêver de chanter avec Céline Dion, Manon Feubel devrait rêver de chanter avec Bryn Terfel, Cecilia Bar-toli, Roberto Alagna, tous chanteurs de sa génération, sous la baguette de bons chefs.C’est là qu’elle doit apprendre le métier et le sens de la musique qui lui font encore défaut.Une voix ne fait pas une musicienne.Quand on a reçu un tel don, on doit s’attacher à ne pas le gaspiller.Le potentiel est tellement grand que cela serait trop triste.Camouflages divers MARTIN BILODEAU INSTITUTE BENJAMENTA Des frères Quay.Scénario: les frères Quay, Allan Passes, d’après une nouvelle de Robert Walser.Image: Nie Knowland.Montage: Larry Sider.Grande-Bretagne, 1994,105 minutes, vendredi, Cinéma du Parc 1,21h; samedi, Cinéma du Parc 1, 13h; dimanche, Cinéma du Parc 1,21h.Institute Benjamenta est le premier long métrage des frères Quay — c’est ainsi qu’ils se désignent —, des jumeaux nés à Philadelphie en 1947, artisans de la télévision anglaise depuis que leurs études les ont conduits en Grande-Bretagne.Leur assurance ne se dément pas, et leurs références sont nombreuses.Kafka, sur lequel ils se sont déjà penchés, hante chacune des images, superbes, de ce très long métrage qui raconte le quotidien d’un institut consacré à la formation professionnelle de domestiques.Un institut camouflé au sommet d’un immeuble lugubre, dirigé par deux directeurs qui ne le sont pas moins, et une poignée d’aspirants domestiques littéralement emprisonnés dans cette école où ils répètent jour après jour les mêmes exercices bizarres.Un nouveau venu, Jakob, bouleverse l’ordre et provoque la chute irrémédiable de l’établissement La confusion psychologique règne en maître dans ce film sordide dont la couleur esthétique ne va pas sans rappeler l’expressionnisme allemand et ses plus récents dérivés, notamment Eraserhead, de David Lynch, ainsi qu'Archangel et Careful de Guy Maddin.Saturé de ces références, gavé de son érudition et rempli de lui-même, le film avance lourdement, se détournant progressivement de son récit initial portant sur la déshumanisation, la dépersonnalisation et la soumission pour se consacrer à son projet formel.Un projet un peu vain, cela dit THE DREAM OF GARUDA De Takahisa Zeze.Avec Saki Kurihara, Takeshi Ito, Shipo Simonoto, Hotaru Ha-zuki.Scénario: Saburo Rakan.Image: Koichi Saito.Montage: Seizi Sakai.Japon, 1994,60 minutes.Ce soir, Cinéma du Parc 3,19h30.uelques mots seulement pour vous couper l’envie d’aller voir le moyen itrage japonais intitulé The Dream of Garuda, un mélodrame érotique qui ressasse le pire des deux genres.Un voyou viole une jeune femme dans son appartement passe deux années en prison et retrouve sa victime devenue entre-temps masseuse érotique.Elle ne le reconnaît pas.Lui remet ça.Le temps passe, il la re- SOURCE FESTIVAL DU NOUVEAU CINEMA Good Men, Good Women, de Hou Hsiao-hsein.trouve, elle ne le reconnaît pas, lui cherche à expier sa faute en obtenant son consentement Ces quelques lignes résument l’action qui soude ensemble les interminables séquences de baise qui occupent les trois quarts du film et ne se montrent guère satisfaisantes, indépendamment des sexes et des allégeances.Bref — et hormis une morale douteuse parce que psychologiquement injustifiée —, on a ici affaire à un porno déguisé en mauvais film érotique doublé d’un mélodrame plus niais que les téléfilms italiens.Je crains de vous donner envie de le voir.REPUBLICA NOSTRA Documentaire de Daniele Incalcaterra.Italie, 1995, 78 minutes.Ce soir, Cinéma du Parc 1,15h et 19h; samedi, Cinéma du Parc 1,15h.On oublie bien vite la facture archi-conventionnelle de ce documentaire pour se laisser transporter, sans réserve, dans les méandres de la politique italienne où il nous conduits avec adresse.Le réalisateur Daniele Incalcaterra savait, en 1994, que la campagne de Silvio Berlusconi, magnat de la télévision italienne et fondateur du parti Forza Italia, allait tout balayer sur son passage.Il a suivi la campagne électorale, puis tous les scandales mis au jour par «Mains propres», un groupe de magistrats déterminés à mettre un terme à la corruption impliquant toutes les sphères de la politique publique et les sociétés privées qui les finançaient effrontément — rien à voir avec nos petits scandales à propos du financement de Vision Montréal.Son documentaire s’intéresse à quelques personnages clés, allant du candidat ouvrier de droite qu’incarne Gianni Pilo, président de la firme de sondages qui a permis à Berlusconi de remporter l’élection.Si la matière première est extrêmement complexe pour les néophytes, certains témoignages judicieusement choisis mettent les pendules à l’heure et expliquent les circonstances qui ont conduit à la démission de Berlusconi à peine huit mois après son élection.GOOD MEN, GOOD WOMEN De Hou Hsiao-hsien.Avec Annie Shizu-ka, Inoh, Lim Giongjack Kao.Ce soir, Cinéma du Parc 3,21h30; dimanche, Cinéma du Parc 3,19h30.Très beau film que ce Good Men, Good Women qui nous parvient de Taiwan, une île mieux connue pour sa production de masse mais dont la cinématographie ne cesse de surprendre depuis quelques années.Hou Hsiao-hsien, réalisateur de Puppetmasters, a réalisé ici une œuvre très complexe et subtile qui s’ouvre et se referme à la manière d’un bouton de rose.Liang, une jeune comédienne, s’est fait voler son journal, que le voleur lui restitue, page par page, par l’entremise du télécopieur; la jeune comédienne tourne simultanément l’histoire d’une femme engagée qui, en 1940, a quitté Taiwan pour la Chine dans l’espoir d’y combattre les forces japonaises qui y sévissaient.Entre ces deux récits s’inscrivent, en flash-back, les souvenirs douloureux de Liang qui, trois années plus tôt, a assisté au meurtre de son amant puis obtenu une forte somme d’argent pour garder le silence.Ces segments ne s’additionnent et ne se complètent pas.Plutôt, ils apportent une réflexion sur la notion de personnage.N’est-on pas, aux yeux des autres, des personnages en ce sens que leur réalité est notre fiction?Les Nuits Black: venez, c’est gratuit! Le Brésilien Gilberto Gil ouvrira l’événement à l’extérieur avec un spectacle gratuit ANTOINE ROBITAILLE Cette année, à Québec, les Nuits Black seront gratuites.Ces rendez-vous de jazz et de blues, qui inaugurent l’été à Québec depuis 11 ans, avaient pour caractéristique, depuis leurs débuts, de se tenir dans des endroits intimes, voire intimistes: bars, cafés et petites salles.Ces dernières années, à cause du prestige grandissant de l’événement, il y eut les places coûteuses; au Grand Théâtre, notamment Mais tout cela est pratiquement fini.Les Nuits se sont muées en une sorte de pré-Festival d’été avec des spectacles à large public.-Il fallait prendre le virage grand public si l’on voulait que l’événement survive», explique le président des Nuits, Michel Cloutier.M.Cloutier déplore que toutes les subventions voulues n’aient finalement pas été acquises.Il en veut princi-dement au CALQ (Conseil des arts et du Québec) qui a, de -façon incom- préhensible» selon lui, refusé de financer les Nuits de 1996.«On a eu chaud pour la tenue de l’événement», lance-t-il.Mais grâce aux commanditaires — entre autres la plus grosse commandite culturelle de Molson-O’Keefe au Canada —, l’événement aura bien lieu, durant les dix jours habituels, soit du 20 au 29 juin prochain.Les spectacles se tiendront sur les grandes scènes extérieures de Québec, soit la place du Parlement, la place d’Youville et les jardins de l’Hôtel de ville.Autre nouveauté, la programmation a nettement pris un virage grand public.Par exemple, même s’ils n’ont pas l’étiquette «chanteur-chanteuse de jazz ou blues», les Dan Bigras, Alannah Myles, Fauxcons, Charles Biddles et le Grand Orchestre de Roland Martel seront de la partie.Les nombreux virages des Nuits Black en 1996 n’empêchent pas l’organisation de conserver certains éléments de tradition.La programmation contient toujours plusieurs grands noms du jazz et du blues, dont certains se produiront dans la petite salle du Musée du Québec.A souligner Gilberto Gil, grande vedette brésilienne, maître ès bossa-nova, ouvrira la fête à la place du Parlement.On attend aussi les passages du Jeff Healy Band, phénomène du blues canadien-an-glais, et du trio François Bourassa.La pianiste Lorraine Desmarais, qui fait partie des habitués des Nuits, au même titre que Jean-Luc Ponty et Brian Lee, seront de retour à Québec cette année.Enfin, la veille de la Saint-Jean risque d’être chaude ici.Il y aura compétition entre le spectacle de la Société nationale, des Québécois (SNQ), sur les plaines d’Abraham, et la performance du groupe québécois Suroît, cette dernière étant organisée par les Nuits Black et présentée à la place d’Youville.Voilà une concurrence que la SNQ n’aurait pas prisée.Les Nuits controversées, tout comme les nuits improvisées, sont souvent les meilleures.TÉLÉVISION Le Martin-Trotteur: sans risque ni surprise PAULE DES RIVIÈRES LE DEVOIR Avec la disparition de La Route des vacances, à Radio-Québec, il était prévisible qu’un autre réseau prenne la relève.C’est fait avec Le Martin-Trotteur, une émission sur le tourisme au Québec présentée cet été à la SRC et animée par Martin Drainville.La présentation avec Internet est originale.C’est d’ailleurs ce qu’il y a de plus attrayant dans cette émission, autrement sans risque et sans surprise.Le rythme est bon, le temps consacré à chacune des activités, judicieux.Mais le circuit proposé lors de la première émission, mardi soir, était tout ce qu’il y a d’officiel.Un vrai guide touristique, quoi! Le fort Chambly, une croisière sur le Richelieu et les pommiers de Rougemont.Pour les lieux inusités annoncés, il faudra repasser.C’est trop facile! La formule, donc, est simple comme bonjour.Et le rôle de l’animateur est réduit à sa plus simple expression puisqu’il présente les reportages mais ne semble pas se rendre sur les lieux proposés.Sans doute est-ce moins coûteux de garder l’animateur en studio.Mais le résultat est une émission moins vivante.Par ailleurs, une fois parti, pourquoi ne pas fournir les prix des activités proposées?La famille est privilégiée mais la caméra prend bien soin de nous montrer des gens plus âgés ou des âmes solitaires, comme pour nous faire comprendre qu’«il y en a pour tous les goûts», comme dit Martin Drainville.Mais soyons bon joueur.L’émission vise à faire sortir les Québécois de leur salon et à dépenser leur argent au Québec, comme nous le disent les ministres Rita Dionne-Marsolais et Guy Chevrette.Il ne s’agit donc pas d’être critique mais enthousiaste.Et Martin Drainville joue bien ce rôle, avec intelligence et un petit sourire en coin.Une émission de ce genre ne devrait-elle pas d’ailleurs être présentée plus tôt dans l’année?Car bon nombre de Québécois ont sans doute déjà planifié leurs vacances lorsque l’émission entre en ondes.Ils peuvent toujours y puiser des idées de petits voyages ou de projets futurs mais ce n’est sans doute pas à partir des destinations proposées qu’ils organiseront leurs pérégrinations.Surtout si elles ne sont qu’une suite de lieux archiconnus.En route vers Broadway MARIO CLOUTIER LE DEVOIR Qu’ont en commun Jeanne d’Arc, René Simard et Antonine Maillet?Une nouvelle comédie musicale, Jeanne, la pucelle — aucun lien avec le film de Jacques Rivette — présentée par les Productions Guy Cloutier ainsi que Snapshot Productions, qui avait présenté la pièce l’an dernier au Centre Say-die-Bronfman.Les représentations de cette production bilingue commenceront le 7 février 1997 à la Place des Arts.René Simard jouera le roi Charles et Jude Bérard (Lance et compte, Scoop) sera Jeanne dans cette comédie musicale dont le livret est l’œuvre de Vincent de Tourdonnet et la musique de Peter Sipos.Antonine Maillet assurera pour sa part la traduction de la pièce en français.Un vétéran de Broadway, Martin Chamin signera la mise en scène.En conférence de presse hier, ce dernier a vanté la qualité des 29 interprètes qui donneront huit représentations par semaine en alternant français et anglais.Des spectacles devraient aussi avoir lieu au Capitole de Québec en avril.Mais les producteurs visent surtout Broadway.«Il s’agit d’une tournée pré-Broadway, a déclaré le directeur général de la production, Marvin Krauss, un autre habitué de la rue des théâtres new-yorkais.Ce spectacle possède les trois qualités nécessaires: la musique, le côté visuel et des interprètes de talent» Les billets pour les trois premières semaines de spectacle —19 représentations dont 10 en français — sont déjà en vente.Les producteurs espèrent présenter Jeanne, la pucelle jusqu’au 6 avril 1997 à Montréal.EN BREF ?DERNIER CONCERT À LA SMCQ La SMCQ présente son dernier concert de la saison, Musica Maxima, ce soir à la salle Pierre-Mercure à 20h.Le clarinettiste Jean-Guy Boisvert jouera le Harlekin de Strockhausen; Jacques Drouin, le Eonta de Xenakis; et l’ensemble de la SMCQ, des pièces des Québécoises Linda Bouchard et Michelle Boudreau.D1C
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