Le devoir, 19 juin 1996, Cahier A
?FONDÉ EN 1910 ?I.x x XVII I.K M K II C R K I) I I 9 .1 U I N I il !) (i T O r o ii l O T I’ S No i l 3 MON T II K A I, PERSPECTIVES Faire échec à l’intolérance Gilles Lesage De la loi fédérale C-33 à la loi québécoise 133, d’une enquête publique à une décision judiciaire, la voie difficile de la tolérance se déploie.Lentement.Sûrement.Chaque petite victoire fait ressortir, en la rendant plus intolérable, la discrimination flagrante dont les homosexuels sont encore l’objet au Canada.Au cours des récents mois, la Chambre des communes et l’Assemblée nationale ont adopté, chacune de son côté, une loi visant à rendre illicite la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle.Toutefois, les gouvernements tardant à tirer pleinement les conclusions et conséquences de leurs louables positions de principe, ce sont les tribunaux qui, une fois de plus, tracent à coups de précédents la laborieuse recherche de l’égalité.Quand les élus n’osent assumer leurs lourdes responsabilités, les tribunaux prennent la relève.Ainsi, la décision rendue jeudi dernier par le Tribunal fédéral des droits de la personne est à marquer d’une pierre blanche sur la longue marche vers le respect.Le refus de consentir aux couples homosexuels les mêmes avantages sociaux qu’aux couples hétérosexuels non mariés est illégal et inconstitutionnel, estime l’organisme quasi judiciaire.S’appuyant sur des décisions de la Cour suprême et de cours intermédiaires, le Tribunal décrète: «Le refus d’accorder à un partenaire de même sexe les avantages découlant de l’emploi qui, autrement, seraient accordés à des partenaires de sexe opposé vivant en union de fait est un acte discriminatoire fondé sur le motif illicite de l’orientation sexuelle.» Cette sentence ne s’inscrit pas dans la foulée de la loi C-33 adoptée récemment aux Communes (mais non encore en vigueur), qui ajoute l’orientation sexuelle comme motif de discrimination illicite, aux termes de la loi sur les droits de la personne.Toutefois, la décision du Tribunal oblige le gouvernement fédéral et ses agences, à titre d’employeurs, à offrir à leurs employés qui font partie de couples de même sexe toute la gamme des avantages sociaux dont bénéficient les fonctionnaires formant des couples hétérosexuels.Si le gouvernement est disposé à payer pour déménager le mobilier et la chatte, il doit l’être également pour les frais du conjoint de fait, fût-il de même sexe.Ottawa ne devrait pas en appeler de ce jugement: il relève uniquement de la justice et de l’équité envers ses employés, ainsi que de sa neutralité envers tous ses employés.C’est une reconnaissance de la réalité, pas un jugement de valeur.Il ne s’agit pas d’une décision qui accorde un statut spécial ou exceptionnel à qui que ce soit, note le Tribunal avec pertinence.Il s’agit plutôt d’une chance égale de vivre sa vie librement, à l’abri de la discrimination illicite prévue par la Charte des droits.Il n’est pas non plus question, dans ce cas, d’avantages sociaux discrétionnaires mais de bénéfices liés à l’emploi, et donc gagnés par l’employé.Si l’égalité n’est pas un vain mot, elle doit se manifester en cette matière névralgique, quelle que soit l’orientation sexuelle des intéressés et quoi que chacun puisse en penser en son âme et conscience.Dans son dernier rapport, en mars dernier, le président de la Commission canadienne des droits de la personne a rappelé au gouvernement que la déclaration des Nations unies et la loi canadienne relatives aux droits de la personne disent que tous les humains sont égaux en droits.Cela ne signifie pas «tous sauf les homosexuels», ajoute Max Yalden, pour qui l’inaction gouvernementale équivaut à un «acquiescement à l’intolérance».Depuis lors, soit le 9 mai, les Communes ont finalement adopté, dans la dissension, le projet de loi C-33 modifiant la loi canadienne sur les droits de la personne afin d’interdire la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle.Arrachée de haute lutte et promise depuis des années, surtout par les libéraux de M.Chrétien, cette correction, mineure en soi, est d’une importance stratégique pour l’évolution de la situation.Pour sa part, le Québec a aussi franchi une autre étape avec la sanction, jeudi dernier, de la loi 133 interdisant aux employeurs et aux assureurs de discriminer les couples homosexuels dans les conventions collectives, les régimes de retraite et les contrats d’assurance.Comme celui d’Ottawa, on peut reprocher au gouvernement du Québec de ne pas définir ce qu’est un conjoint de fait, laissant cette tâche aux tribunaux.Dans les deux capitales, il y a quand même progrès; d’une étape à l’autre, l’intolérance recule.On passe lentement «de l’illégalité à l’égalité», pour reprendre le titre du rapport de consultation de la Commission des droits de la personne du Québec, déposé en juip 1994.Avec son «bill omnibus» et son célèbre «l’État n’a rien à voir dans les chambres à coucher de la nation», le premier ministre Trudeau a sorti l’homosexualité de l’illégalité en 1969.En 1977, le Québec a été la première province à inclure dans sa charte l’orientation sexuelle comme motif interdit de discrimination.Mais dans les faits, l’égalité de traitement dont doivent théoriquement bénéficier les gais et lesbiennes ne s’est pas encore réalisée, notamment dans des régimes d’avantages sociaux.Pour faire échec à l’intolérance, la décision du Tribunal fédéral est donc une étape capitale, à respecter.Des lois au Tribunal, une autre étape vers le respect INDEX Agenda .B7 Avis publics.B4 Cassées .B6 B8 Économie .Bl Éditorial .A8 Le monde .B5 Mots croisés.B4 Les sports .B6 M E T E 0 Montréal Eclaircies le matin.Nuageux avec 30% de probabilité d'averses par la suite.Max: 25 Québec Ensoleillé avec passages nuageux.Max: 26 Détails en A4 LE MONDE Des atteintes aux droits de la personne dans 146 pays PAGE B 5 L’ÉCONOMIE Ultramar promet les meilleurs prix PAGE B 1 ?CULTURE Comment le FM de la SRC entend rester «distinct» PAGE B 8 Montréal réclame 60 millions Pour résoudre les problèmes de la Ville, Forcillo propose à Québec de taxer les banlieusards ou de rétablir le péage sur les ponts BRIAN MYLES LE DEVOIR La Ville de Montréal réclame à Québec un pacte fiscal de 60 millions de dollars en 1997, question de venir à boqt de ses problèmes financiers.A ce jour, le gouvernement a consenti une aide de 33 millions seulement à la Ville de Montréal pour l’année prochaine.Le vice-président du comité exécutif, Sammy Forcillo, tentera de soutirer dans les semaines à venir un montant additionnel de 27 millions à Québec.«L’objectif cette année est de 60 millions, a confirmé hier M.Forcillo au Devoir.Il manque 27 millions, [mais] je continue à négocier.» M.Forcillo, responsable des finances publiques à la Ville de Montréal, fera bientôt valoir ses arguments auprès du ministre des Affaires municipales, Rémy Trudel, et du ministre d’État à la Métropole, Serge Ménard.Une rencontre entre les trois politiciens est prévue «dans les prochains jours, sinon les prochaines semaines», a confirmé hier un porte-parole du ministre Trudel.«Mes téléphones sont faits.J’attends qu’on puisse discuter», a indiqué pour sa part M.Forcillo, qui se montre plutôt confiant.«Nos relations sont excellentes avec le bureau du premier ministre, avec le bureau de M.Ménard et de M.Trudel», a expliqué le conseiller du district de Saint-Jacques.«J’ai toujours été un optimiste de nature, a-t-il VOIR PAGE A 10: VILLE ffffnw ü» ISfl SPBB** a®* gpjS; a .$êmm MM ffîgmtvf.¦W'- ¦PM -à- mm ¦¦ ¦ ' >*.ifeï; 11111 ! Wm .r .* «À portée de mains» PHOTO JACQUES NADEAU SOUS l’œil bienveillant de Jean Duceppe, les Québécois de toutes origines se serrent la main.On s’affairait hier aux préparatifs du défilé de la Fête nationale du Québec, qui s’emparera de la rue Sherbrooke, le 24 juin prochain.L’image «À portée de mains», qui reçoit ici ses derniers coups de pinceau, fera partie d’un tableau allégorique rendant hommage à l’esprit de solidarité des Québécois.POLITIQUE Chrétien opte pour la stratégie des petits pas PAGE A 5 Commissions scolaires linguistiques Guerre ouverte contre le «projet du Centaur» La communauté anglophone sortira grande gagnante de la réforme Marois, estime le milieu montréalais PAUL CAUCHON MICHEL VENNE LE DEVOIR Le milieu montréalais se prépare à partir en guerre contre le projet de création de commissions scolaires linguistiques de la ministre Pauline Marois.Une large coalition d’organismes prendra en effet position ce matin contre le projet tel que présenté la semaine dernière par la ministre, qui prévoit la mise en place de structures scolaires linguistiques à l’été 1998, avec de nouvelles commissions scolaires qui comporteraient des comités confessionnels.De leur côté, des militants pé-quistes montréalais doutent que la ministre puisse réaliser ses objectifs d’intégration des immigrants avec un tel projet.Et plusieurs groupes estiment que c’est la communauté anglophone qui sort grande gagnante du projet Marois.L’Alliance des professeurs de Montréal qualifie d’ailleurs le plan Marois de «projet du Centaur», en référence au discours prononcé par Lucien Bouchard à la mi-mars devant la communauté anglophone au Centaur de Montréal, où le premier ministre avait promis aux anglophones de leur donner le contrôle de leurs institutions scolaires.Une coalition ad hoc tient ce matin à Montréal une conférence de presse pour faire valoir que la seule solution possible de transformation du réseau scolaire montréalais réside dans le processus d’amendement constitutionnel, une voie refusée par la ministre Marois qui, avec son projet, tente de respecter les exigences de la Consti- VOIR PAGE A 10: MAROIS Pauline Marois Y Libérations conditionnelles Vent d’ouest sur la société distincte JEAN PICHETTE LE DEVOIR Depuis quelques années, les lobbys ¦ de victimes de l’Ouest du pays exercent des pressions sur le gouvernement en faveur de l’abolition de la procédure permettant à un meurtrier de faire une demande de libération conditionnelle après avoir purgé 15 ans de sa peine.Le Québec fait à cet égard bande à part, même si cette province est, de loin, celle où le plus de demandes de révision judiciaire ont été acceptées.La société distincte pourra-t-elle résister longtemps au vent d’ouest qui souffle dans le domaine correctionnel?Les défenseurs des droits des victimes de l’Ouest canadien ont trouvé, avec le Parti réformiste.une oreille attentive à la Chambre des communes.Le discours sur «la loi et l’ordre», teinté d’un esprit de vengeance mettant l’accent sur la sécurité du public au détriment de la réhabilitation des criminels, résonne ainsi de plus en plus fort à la Chambre des communes.Pendant ce temps, le gouvernement du Québec ferme des prisons et cherche des alternatives à l'emprisonnement «Le Québec est à contre-courant, reconnaît la directrice générale de l’Association des services de réhabilitation sociale du Québec (ASRSQ).Johanne Vallée.N’importe où en Amérique du Nord, si un ministre proposait d’aller dans la direction privilégiée par le Québec, c’est-à-dire celui de la réin- sertion sociale, il ne resterait pas longtemps en VOIR PAGE A 10: LIBÉRATIONS Moins de 1% de tous les meurtriers libérés ont commis un autre meurtre Eltsine rallie Lebed Le général nationaliste devient secrétaire du Conseil de sécurité Moscou (AFP) — Boris Eltsine a mis de son côté toutes les chances d’une réélection face au communiste Guennadi Ziouganov mais s’est attiré un allié bien remuant en ralliant à sa candidature le général nationaliste Alexandre Lebed, surprenant troisième du premier tour.Fort de ses 15 % obtenus lors du I scrutin de dimanche, le généra! Lebed a su négocier une entrée en force au Kremlin — il devient secrétaire du Conseil de sécurité avec des pouvoirs élargis et conseiller du président pour les affaires de sécurité nationale —, obtenant ipème un adoubement du chef de l’État, qui a implicitement désigné en lui son successeur pour l’an 2000.Boris Eltsine a sacrifié dans le même temps son fidèle ministre de la Défense Pavel Gratchev, ennemi intime du général Lebed et bête noire des démocrates, notamment pour son rôle de faucon dans le conflit en Tchétchénie.VOIR PAGE A 10: ELTSINE Boris Eltsine I « Notre but est clair vous offrir des essences de haute qualité (Alain Ferland, président Ultramar) D'ULTRAMAR VALEUR PLUS L'ENGAGEMENT I ' Il ¦ tsi î> I Seulement au Québec SUNOCO Parce que ce qui compte, c'est ce que ça vous coûte à la pompe.Au cours des dernières années, Ultramar a tout mis en oeuvre pour faire de sa raffinerie l'une des plus modernes et des plus efficaces en Amérique du Nord.Ultramar est maintenant fière de 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stations participantes.N'inclut pas le carburant diesel.Pour types de service équivalents.Dans les stations où vous voyez le sceau «Valeur Plus.» Ultramar On n'a pas fini de vous en donner.L i i T MONTREAL A-Si L’hôpital Maisonneuve-Rosemont perd ses médecins L'incertitude face au statut universitaire entraîne une saignée ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Alors que le ministre de la Santé tarde à prendre une décision sür le statut universitaire de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, pas moins de 14 médecins spécialistes ont déjà déserté l’hôpital de l’est de l’île et une vingtaine d’autres s’apprêtent à en faire autant au cours des prochains mois, de sorte que l’hôpital pourrait avoir peine à répondre aux besoins des patientes qui y accoucheront cet été.C’est du moins le sombre portrait qu’ont dressé hier des représentants du comité de sauvegarde de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, en attente depuis 16 mois d’une décision face ap statut universitaire de leur établissement.En février 1995, le ministre Rochon confirmait le statut universitaire des hôpitaux Notre-Dame, Saint-Luc et Hôtel-Dieu mais mandatait un comité d’étudier si le même statut devait être accordé aux hôpitaux Maisonneuve-Rosemont et Sacré-Cœur.«La lenteur de la prise de décision commence à avoir des répercus- sions extrêmement problématiques pour l’hôpital», a tonné hier Jean-Claude Baudinet, président de ce comité de sauvegarde.De fait, le Dr Gilles Jobin, président du Conseil des médecins, pharmaciens et dentistes (CMDP) de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, a livré hier un décompte assez consternant: 14 médecins ont déjà quitté l’hôpital et cinq autres s’apprêtent à partir au cours des prochains mois.«Cela veut dire que nous avons perdu 7 % de nos effectifs parce que notre statut demeure incertain.Avant, nous n’avions jamais eu de problèmes à recruter des médecins», a déploré le Dr Jobin, dont l’hôpital compte 265 spécialistes.L’hôpital a récemment perdu deux anesthésistes, un de ses chirurgiens vasculaires a quitté pour pratiquer dans l’Ouest canadien, deux de ses quatre anatomo-pathologistes ont été embauchés par des hôpitaux anglophones, deux dermatologues et un rhumatologue ont été repêchés par les hôpitaux Notre-Dame et Saint-Luc, et cinq gynécologues-obstétriciens ont quitté pour diverses raisons.«Il est possible que nous éprou- vions des difficultés à répondre aux accouchements cet été.Nous avons perdu le tiers de nos effectifs en obstétrique au cours des derniers mois.Si cela ne nuit pas aux patients, alors moi, je démissionne!», déclare M.Jobin.Selon ce dernier, ces départs en série sont directement liés à l’incertitude qui entoure l’avenir de l’hôpital au sein du réseau universitaire.Principal employeur L’hôpital ne parvient pas non plus à combler deux postes de chef de département en anesthésie et en anatomo-pathologie, a-t-il ajouté.Difficile, en effet, de convaincre des médecins qui ont toujours brillé dans les milieux académiques de venir diriger des départements dans un hôpital qui risque de perdre sa Rlace dans le réseau universitaire.A l’heure actuelle, l’hôpital est non seulement un des plus importants de la région en ce qui a trait au volume de patients desservis (450 000) mais il constitue aussi le principal employeur de l’est de Montréal.«Pourquoi le Dr Rochon laisse-t-il l’incertitude nuire au fonctionnement d’un des meilleurs hôpitaux du Québec, tout en sachant que la confirmation du statut universitaire et de la mission de cet hôpital n’entraînerait aucun coût ni investissement additionnel pour le gouvernement du Québec?», a fait valoir de son côté Roger Hébert, président de l’association de développement économique de l’Est montréalais, Pro-Est.Selon le directeur de l’hôpital, André Ducharme, la stratégie du ministre Rochon est d’attendre qu’une entente formelle soit conclue entre les hôpitaux du centre-ville pour jeter les bases du CHUM avant de décider du sort de son hôpital.Or, si le ministre tarde à prendre sa décision, l’hôpital Maisonneuve-Rosemont pourrait avoir eu le temps de subir une saignée dont il risque de ne jamais se remettre.«Est-ce qu’on va démolir ce qui existe ici parce qu’on essaie de créer quelque chose de nouveau au centre-ville?Nous, on veut tout simplement continuer à jouer notre rôle, sans in-* vestissements.» Sauvetage de Renaud-Bray Champigny a pris contact avec le Fonds de solidarité Rien n’est encore coulé dans le ciment JEAN CHARTIER LE DEVOIR Le président de Champigny, Raymond Talbot, a pris contact avec le Fonds de solidarité de la FTQ voici deux semaines et a demandé si la société à capital de risque consentirait un investissement advenant le regroupement des librairies Champigny et Renaud-Bray.Il lui a été répondu d’arrêter le principe de la fusion avec Pierre Renaud et de soumettre formellement un dossier au Fonds; on lui a dit qu’une réponse lui serait donnée dans deux semaines.Voilà ce qu’a précisé hier au Devoir le directeur des communications du Fonds de solidarité, Jean-Yves Dutheil.Celui-ci ajoute que le président de Champigny garde l’initiative, qu’il a apparemment laissé ouvert le choix du nouvel actionnaire, mais qu’il sait le Fonds ouvert à up investissement éventuel.:Ni Pierre Renaud, président de Rènaud-Bray, ni Raymond Talbot, président de Champigny, n’ont vou- • » lu commenter la situation hier.Ils se sont réunis tous deux durant une grande partie de l’après-midi.De son côté, le président de Di-média, Pascal Assathiany, a tenu à préciser qu’il voit la SODEC dans le dossier mais pas comme seul investisseur, car la SODEC a déjà des prêts importants qui sont consentis aux deux groupes de libraires.Le président de la Société de développement des entreprises culturelles, Pierre Lampron, précise en effet qu’un prêt de 450 000 $ est déjà en cours avec Renaud-Bray et qu’il a un autre prêt plus important encore avec Champigny.La SODEC est donc dans le dossier jusqu’aux oreilles et ne se voit pas comme un troisième investisseur indépendant.On préfère la venue d’une société à capital de risque, mais Pierre Lampron n’exclut pas d’arrondir les angles au besoin.Bref, personne n’est prêt à s’avancer sur la composition du capital-actions de la nouvelle société Renaud-Champigny.On sait seulement que l’atmosphère du milieu culturel est favorable à une fusion des deux groupes depuis l’assemblée des créanciers.Cela n’était pas évident vendredi dernier.Toutefois, les vautours attendent dans le ciel pour sauter sur la faillite si une entente ne survient pas rapidement.En ce sens, il y a par exemple eu désaccord lundi sur la nomination des inspecteurs devant vérifier les stocks en consignation.On signale que le vice-président André Gourd, bras droit de Pierre Péladeau, était sur place, de même que Pierre Lespérance, président de Sogides.L’un est un acteur important dans le milieu du disque avec Archambault, l’autre contrôle la librairie Gameau, le troisième joueur en librairie.Certains laissent entendre que l’humeur était au regroupement de tous les acteurs voici un mois, qu’on craignait la venue de Virgin Megas-tore ou l’expansion des librairies Cole et HMV.On signale que la venue du magasin Chapter’s, qui ouvre une succursale agrandie à l’angle de Peel et Sainte-Catherine, fait peur.Certains parlent des nouveaux magasins de 100 000 pieds carrés vis-à-vis les 5000 pieds carrés des librairies Garneau.Des demandes de financement pour un regroupement de tous les acteurs ont été envisagées par plus d’un acteur.Archambault et Sogides souhaiteraient un regroupement de tous les acteurs du livre et du disque à Montréal pour contrer les chaînes américaines.Le problème, dit-on, c’est que Pierre Péladeau veut 100 % des actions et que chacun des autres acteurs veut aussi 51 % des actions.Dans ce contexte, une entente Champigny-Renaud ne fait pas l’affaire des autres groupes mais s’avère plus facile à réaliser à court terme qu’un regroupement général du livre et du disque.On souligne que le livre francophone n’est pas le marché naturel des grandes chaînes américaines.Depuis lundi, Champigny a pris la première position pour le livre français.On attend de voir la prochaine carte que va jouer Champigny.Lancement d’un ouvrage Les «vieux amis» des Petits Frères des Pauvres se racontent CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR IJs ont raconté un voyage en voilier autour du monde, une mésaventure: en chaloupe ou les inconvénients d’être petit.Leur âge varie de 71 à 91' ans.Ce sont les Vieux Amis des Petits Frères des Pauvres, qui viennent de publier un recueil de textes écrits de leur main, illustrés par de?erifants de l’école Marie-Rollet, A Montréal.Le projet a été lancé par les Petits Frères des Pauvres au cours de la dernière année.Hélène Bourbonnais, 79 ans, a raconté une anecdote vécue dans son enfance.«Je l’ai écrite sous le nom de ma sœur décédée, Rita», dit-elle.Hélène est issue d’une famille de dix enfants dont il ne reste plus qu’elle, la plus jeune, et l’aînée, sa sœur Marguerite, âgée de 95 ans.Hélène a un fils et a perdu son mari en 1982.La maison des deux sœurs a également passé au feu il y a trois ans.Les deux femmes vivent ensemble et ont encore les forces d’aller faire leurs courses à pied.«Il faut aller loin parce que les magasins avoisinants vendent cher», dit-elle.Mme Bourbonnais a été longtemps bénévole aux Petits Frères des Pauvres avant de profiter elle- E N B COUSTURE HONOREE (Le Devoir) — La Chambre de commerce a coiffé Arlette Coustu-re du titre de Grande Montréalaise même des services.Elle essaie encore de donner un coup de main quand elle peut Pour sa part, Jean-Jacques Serre, qui relate, dans le recueil, le voyage en mer et autour du monde de deux chiens et deux chats, a lui-même été marin.Aveugle, il a fait enregistrer son récit qui a été ensuite transcrit par son bénévole attitré aux Petits Frères des Pauvres.Pour sa part, Rachel Morin a aussi fasciné les enfants avec son histoire intitulée Quand je serai grande.Cette dame, âgée de 90 ans, est restée de petite taille toute sa vie, bien qu’elle ait toujours mangé beaucoup de soupe, si on en croit son récit, la morale étant peut-être qu’il ne faut pas croire tout ce qu’on dit dans les chansons.Hier, les 17 enfants de niveau préscolaire et primaire de l’école Marie-Rollet qui ont fait les illustrations du livre s’étaient rendus dans les locaux de l’organisme pour participer au lancement du livre.L’ouvrage a été reproduit à 500 exemplaires et a été donné en cadeau de fin d’année aux enfants de l’école Marie-Rollet «Il faut aussi souligner la participation des parents», disait hier une porte-parole des Petits Frères des Pauvres.Les enfants ont en effet dû mettre l’histoire en sketchs avant de R E F et elle a fait de même pour Gretta Chambers, la chancelière de l'Université McGill, de même que pour Serge Saucier, président de Raymond, Chabot la dessiner et d’apporter leurs esquisses chez eux pour se faire aider par leurs parents.Les échanges entre les générations sont un volet d’activité important des Petits Frères des Pauvres.Au moins de mai dernier, les personnes ayant participé à ce projet se sont réunies au camp des Petits Frères à Oka, avec d’autres enfants et d’autres aînés participant à un programme de correspondance.marie ailaire PRI:.7-À-P()RTF.R r
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