Le devoir, 3 juillet 1996, Cahier A
LE DEVOIR Vol.I.X X XVII - No 5 3 M O N T R E A L , L E i\l E R C II.E I) I 3 .J II I L L E T I 9 9 (i 8 8 o T P S T V Q / T o r o il I o IS PERSPECTIVES U ogre Le citoyen fera désormais affaire avec un Etat omniscient et omnipotent CULTURE LE MONDE Début timide au + Bosnie: grain de sable Festival de Lanaudière dans le processus de paix PAGE B 8 PAGE A 5 LES ACTUALITÉS Des sidéens de plus en plus jeunes PAGE A 2 Le scandale somalien rebondit Entre le 15 mai et le 19 juin, une partie de bras de fer s’est déroulée entre le ministère du Revenu du Québec et des organisations de défense des droits au sujet des nouveaux pouvoirs réclamés par le fisc pour soi-disant dépister des fraudeurs potentiels.Si les uns semblent avoir réussi à placer le fisc sous une certaine surveillance, les vrais vainqueurs sont les bureaucrates.Le ministre délégué au Revenu Roger Bertrand voulait, à l’origine, permettre à son ministère de fouiller à sa guise dans les fichiers appartenant à plus de 1200 organismes publics, et ce, sans contrainte.In extremis, il a accepté d’inclure dans le projet de loi 32, adopté le 19 juin, des dispositions qui encadrent la cueillette de données personnelles.Avec les amendements, le résultat, c’est que le fisc pourra fouiller à sa guise mais qu’il devra supporter la surveillance de la Commission d’accès à l’information.En soi, il s’agit d’une victoire éclatante pour les défenseurs des droits des contribuables.Depuis des années, le fisc cherche à échapper complètement aux griffes de la Commission d’accès à l’information.Le ministère est même allé jusque devant les tribunaux, mais en vain, pour faire admettre que la Loi sur le ministère du Revenu avait préséance sur la Loi sur l’accès à l’information.Grâce aux amendements apportés au projet de loi 32, le fisc devra présenter un plan d’utilisation des renseignements personnels à la Commission et le faire approuver par le conseil des ministres.Il devra ensuite déposer à la Commission, chaque année, un rapport sur les opérations de couplage entre ses propres fichiers et ceux des autres ministères et organismes publics.Le sous-ministre Pierre-André Paré devra donc tolérer la présence annuelle du gardien de la vie privée dans,ses affaires, On a donc évité que le fisc devienne un Etat dans l’État.Mais seul cet élément essentiel a été préservé.Car le projet de loi 32 bafoue un principe qui, même s’il souffrait d’exceptions, est à l’origine du système de protection des renseignements personnels dans le secteur public québécois, celui de la compartimentation des ministères et des organismes.Aux fins de la protection des renseignements personnels, chaque organisme était une entité distincte.Un renseignement fourni par un citoyen à tel ou tel ministère pour obtenir un service, un permis, un diplôme, devait rester la propriété de ce ministère et ne jamais y o être divulgué, sauf situations excep- Le use VOUS tionnelles, à d’autres organismes.Le aura toujoura Stjifloi 32 fait voler “ pri°cipe à l’œil ®r’ en abaissant les frontières entre les organismes publics, le rapport entre le simple citoyen et l’État s’en trouve déséquilibré.Le citoyen ne fait plus affaire avec la Société de l’assurance-automobile ou au ministère de l’Édpcation; il a affaire à un ogre bureaucratique, à un État désormais omniscient et omnipotent.Comme le soulignent les professeurs Guy Lachapelle et Pierre P.Tremblay, plus l’État devient puissant, moins le citoyen sent qu’il a prise sur lui et moins il se reconnaît dans l’État, ce qui encourage les comportements délinquants.Ce projet de loi 32 comporte un second message.Ce message, c’est que le fisc vous aura toujours à l'œil.Grâce à la comparaison de ses fichiers avec ceux des autres ministères, rendue possible par les plus récentes technologies informatiques, vous serez sops surveillance constante.Et l’ensemble de l’appareil d’État participera à cette surveillance: hôpitaux, commissions scolaires, municipalités, ministères.Le fisc voudrait même enrôler les corporations professionnelles.Loin de n’être qu’un vulgaire amendement de nature administrative, le projet de loi 32 change la nature des rapports entre le citoyen et l’État.Et ce projet de loi a été adopté à peine un mois après sa présentation à l’Assemblée nationale sans qu’un débat public digne de ce nom, quoi qu’en dise le ministre Bertrand, n’ait eu lieu.Un vrai débat public aurait permis de confronter les points de vue sur l’ampleur et les causes de l’économie souterraine et d’examiner d’autres solutions que la surveillance informatique.Un débat public aurait en outre permis de constater l’effet cumulatif de diverses lois adoptées récemment qui accroissent les moyens de surveillance et de contrôle du gouvernement grâce aux technologies de l’information, tant dans le secteur de la construction résidentielle que dans l’administration des programmes sociaux, pour la confection de la liste électorale et du registre de l’état civil comme, éventuellement, l’assurance-médicaments.Chacune de ces formes de surveillance nouvelle est un espace de liberté en moins, une part d’autonomie perdue pour le citoyen, un barreau de plus à une sorte de prison sans murs qui affecte l’état psychologique de chacun.Elle est là la vraie victoire.Et on ne peut dire si c’est la victoire du contribuable sur le citoyen, car on ne sait pas si ces moyens permettront de réduire les dépenses du gouvernement.Pour l’heure, on ne peut constater que la victoire des bureaucrates, obtenue avec la collaboration, bien sûr, de nos politiciens consentants.Michel Venue ?INDEX Agenda ,.B6 Avis publics.B4 B6 .,,B8 Économie .Bl Éditorial .A6 Le monde .A5 Mots croisés.B4 Les sports .B5 MÉTÉO Montréal Nuageux avec averses.Max: 24 Québec Pluie intermittente.Max: 20 Détails en B 4 Des soldats canadiens ont plusieurs fois capturé puis ligoté et exposé aux passants de jeunes Somaliens JOCELYN COULON LE DEVOIR Excédés par les pillages répétés dont leur camp était l’objet, des soldats canadiens en Somalie ont plusieurs fois capturé puis ligoté et exposé aux passants de jeunes Somaliens, au mépris des lois internationales sur la détention des prisonniers.L’émission Le Point de Radio-Canada a diffusé hier soir une photo d’un aumônier catholique des Forces armées canadiennes surveillant un groupe de cinq jeunes Somaliens, ligotés, les yeux bandés et une pancarte au cou, sur laquelle on peut lire: «Je suis un voleur».Cette mise en scène violerait la Convention de Genève sur le traitement des prisonniers.Le Devoir a obtenu une copie de la photo et a visionné le reportage avant sa diffusion.Cette nouvelle photo vient relancer le débat sur le rôle controversé des soldats canadiens en Somalie.Pendant le séjour du Régiment aéroporté du Canada dans ce pays entre décembre 1992 et juillet 1993, un Somalien a été assassiné et un autre a été tué dans des circonstances mystérieuses.Selon les informations recueillies par Le Point, la photo a été prise au dépôt de logistique du camp canadien de Belet Uen, en Somalie, par un militaire canadien.Outre les jeunes Somaliens, on peut y apercevoir le capitaine Mark Sargent, qui faisait office d’aumônier au sein VOIR PAGE A 8: SOMALIE Les cinq jeunes Somaliens sous la surveillance de l’aumônier Mark Sargent.i&m ¦Mmm f'i&îp'ï-' ¦ .• VJY Le maître et l’élève PHOTO JACQUES NADEAU ELUS MARSALIS, ci-dessus au piano, est connu pour être le père de Wynton, Branford, Delfayo et Jason.Il est le père au sens classique; il est surtout le père musical de ses fils mais également de tous les jeunes musiciens qui, comme Nicholas Payton à la trompette, sont originaires de La Nouvelle-Orléans et d’ailleurs au sud de New York.Hier après-midi, cet homme qui se produira ce soir avec son fils Branford a veillé au grain.Il a fait une halte lors de la répétition pour le spectacle-hommage à Louis Armstrong afin de montrer au jeune Payton comment telle ou telle pièce devait être jouée.L’ÉCONOMIE Semestre fécond pour le Fonds de solidarité PAGE B 1 Le second tour de l’élection présidentielle Uomniprésente perspective de la fraude Plus de 105 millions d’électeurs sont appelés aujourd’hui à départager deux candidats — Boris Eltsine et Guennadi Ziouganov — au second tour des élections présidentielles de Russie.Afin d’accroître le taux de participation, le gouvernement a décrété que la journée serait chômée.Le vote sera invalidé si des cas de fraudes massives sont relevés ou si la Commission électorale décompte plus de votes exprimés contre les deux prétendants (option prévue sur les bulletins de vote) que de suffrages octroyés au candidat arrivé en tête.La question de la régularité du vote est d’ailleurs un sujet de préoccupation pour plusieurs.JEAN-BAPTISTE NAUDET LE MONDE Moscou — «Si l’écart entre le vainqueur et le perdant est réduit, la situation en Russie peut être sérieusement déstabilisée», a estimé, à la veille du second tour, Dmitri Olchansky, directeur du centre d’analyse stratégique de la présidence russe.La raison — non dite — de ce risque est qu’une victoire serrée aura peut-être été obtenue grâce à la fraude, ouvrant la porte à une dangereuse contestation.Les conseillers du président Eltsine ne se vantent-ils pas, depuis des mois, de pouvoir «récupérer» quelques points de pourcentage pour donner un petit «coup de pouce» à leur candidat?Le millier d’observateurs étrangers n’ont, comme c’est souvent le cas, rien décelé lors du premier tour, le 16 juin.Il faut dire qu'il y avait 100 fois plus de bureaux de vote (93 000) que d’observateurs.«Comment contrôler les élections dans un pays dont une seule région, celle de Khabarovsk [Extrême-Orient], est aussi grande que le Royaume-Uni, la Norvège, la Suède et le Japon réunis?», a reconnu le chef de la mission de l’OSCÉ, principal «garant» international du scrutin.Les résultats du vote en Tchétchénie ont montré que le pouvoir n’hésitait pas — là où il n’y a pas de contrôle VOIR PAGE A 8: RUSSIE TVA dans l’aventure de l’animation PAULE DES RIVIÈRES LE DEVOIR Le réseau TVA a depuis quelques mois son propre studio d’animation, mis sur pied dans la plus grande discrétion.Une vingtaine de personnes y travaillent à la production d’un dessin animé, intitulé Carland Cross et destiné non pas aux petits mais aux adolescents.Le studio, qui incarne la nouvelle branche internationale du télédiffuseur privé, n’a pas grand-chose à voir avec l’ambiance qui a inspiré les pionniers du dessin animé au Québec, par exemple Norman McLaren.Ici, au deuxiè- me étage d’un édifice ne payant pas de mine, au coin de la rue Laurier et du boulevard Saint-Laurent, les employés sont plantés devant leur ordinateur de 9h à 17h; tous ont leur spécialité, accomplissant une tranche bien précise d’une imposante opération.De plus, comme pour ajouter à la fragmentation du travail, l’équipe de TVA n’est qu’un maillon d’une chaîne qui s’étend sur plusieurs continents.Les 26 épisodes de Carland Cross sont une coproduction entre le Canada, la Belgique et la France.VOIR PAGE A 8: TVA PHOTO JACQUES NADEAU La direction de TVA estime qu’un investissement de 300 000 $ pour la mise sur pied d’un studio d’animation est un geste peu risqué. L E 1) E V 0 I R.L E M E R C R E !) I 3 J UIIL E T 19 9 6 A 2 •LES ACTUALITÉS • Des sidéens de plus en plus jeunes L’âge médian est passé de 32 à 23 ans, selon un rapport de Statistique Canada D’ex-employés d’Hydro sont accusés de fraude PRESSE CANADIENNE Trois ex-employés d’Hydro-Québec font face à une kyrielle d’accusations dans une présumée affaire de fraude, de corruption et d’abus de confiance dont le montant dépasserait les quatre millions.Après un an et demi d’enquête, la Sûreté du Québec a fait savoir hier que 71 accusations avaient été portées contre Paul Cavanagh, 61 ans, de Brassard, relativement à une fraude d’environ quatre millions.Jules Filion, 41 ans, de Montréal, et Diogène Dion, 42 ans, de Longueuil, font face chacun à six accusations pour des fraudes totalisant 593 000 $.Les accusés sont déjà poursuivis au civil par Hydro-Qué-bec, qui leur réclame cinqù millions.Cette poursuite avait été intentée l’été dernier.La société d’Etat accuse les trois hommes de l’avoir fraudé dans l’octroi de contrats pour l’installation de lignes souterraines.Selon Hydro-Québec, les trois exemployés auraient détenu des intérêts dans des entreprises qui obtenaient la sous-traitance pour ces mêmes contrats dont ils avaient la responsabilité.Ils auraient facturé des sommes importantes pour des travaux qui n’auraient jamais été accomplis.MARIE ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR \ A la veille de l’ouverture officielle de la XI1' Conférence internationale sur le sida, un rapport rendu public hier par Statistique Canada fait état d’une «recrudescence de l’infection par le VIH» depuis les années 1990 et estime que l’âge médian des personnes infectées par le virus a chuté depuis l’apparition du premier MARIE-ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR Une quantité appréciable d’un nouveau médicament utilisé dans le traitement de l’immunodéficience humaine (VIH) a disparu des tablettes des Laboratoires Abbott, à Montréal.Même si l’hypothèse du vol n’est pas écartée, une vérification à l’interne est menée présentement pour déterminer s’il ne s’agit pas plu- caq de sida il y a près de 15 ans.A partir de données compilées par le Laboratoire de lutte contre la maladie, qui relève de Santé Canada, Statistique Canada brosse un portrait de la situation du sida au pays.On y apprend que l’âge médian des personnes infectées par VIH est passé de 32 ans en 1982 à 23 ans entre 1985 et 1990.Médecin à la Clinique l’Actuel, anciennement conseiller spécial à l’Action humanitaire internationale du tôt d’une erreur de manipulation.Le ritonavir n’a pas été encore approuvé par Santé Canada mais il fait l’objet d’une étude qui mènera probablement à sa commercialisation au cours des prochaines semaines.Au Canada, on administre toutefois le médicament à 500 patients — 134 sont au Québec — depuis deux semaines grâce au programme élargi d’accès au ritonavir.Les 224 bouteilles de 84 capsules de ritonavir mystérieusement volati- Québec, le Dr Réjean Thomas n’est pas étqnné des conclusions du rapport.«À la Clinique, nous sommes un peu un microcosme de ce qui se passe ailleurs dans la société.Nous voyons de plus en plus de 25-30 ans, et ce rajeunissement de la clientèle s’explique peut-être par le fait que plus le virus est présent dans une population, plus il est facile de le contracter.» Le rapport de Statistique Canada estime qu’à la fin de 1994,16 000 cas de sida avaient été diagnostiqués au lisées étaient d’ailleurs destinées à ces patients, seuls qtilisateurs du produit au pays.Aux Etats-Unis, le ritonavir est en vente libre mais un patient doit débourser 7500 $ US par année pour en faire l’usage.Aux Laboratoires Abbott, on est «fort préoccupé» par cette disparition qui a été signalée à Santé Canada dès vendredi dernier.«Nous contactons tous les médecins à qui nous expédions du ritonavir afin de vérifier si un double envoi n’a pas été Canada.Même si les homosexuels composent encore le groupe le plus à risque, le pourcentage des cas de sida attribuables à ce facteur de risque est en baisse depuis près de dix ans.Toxicomanes — en 1987, ils représentaient 1 % des cas de sida par rapport à 6 % en 1994 — et femmes qui contractent la maladie par contacts hétérosexuels constituent cependant des populations pour lesquelles les risques ne cessent de croître.effectué par erreur», a expliqué Mario Lalonde, directeur des relations gouvernementales et des affaires publiques chez Laboratoires Abbott.Administré en trap grande quantité ou combiné avec d’autres médicaments, le ritonavir peut entraîner des effets secondaires (maux de tête, troubles gastro-intestinaux) à divers degrés.Il fait partie d’une seconde vague de médicaments, les inhibiteurs de la protéase, destinés à freiner la reproduction virale.«Toutes ces données ne font qu’accentuer l’importance que nous devons donner à la prévention, explique le Dr Thomas.Il faut atteindre les jeunes de la rue, les jeunes gais provenant des régions et les femmes qui se croient totalement à l’abri du sida.» La XL Conférence internationale sur le sida aura lieu à Vancouver du 7 au 12 juillet prochain.On y attend près de 15 000 participants du monde entier.Selon le Dr Chris Tsoukas, directeur du centre de traitement de l’immunodéficience de l’Hôpital général de Montréal et professeur à l'Université McGill, l’administration de ce médicament en combinaison avec d’autres est très efficace.«Chaque cas est unique et plusieurs combinaisons sont possibles, mais lorsqu’il est utilisé avec (AZT et le 3TC, par exemple, le ritonavir est très efficace et peut bloquer la reproduction du virus à 99 %.» Traitement de l’immunodéficience Mystérieuse disparition de 224 bouteilles de ritonavir LE NOUVEAU RÉGIME D'ASSURANCE-EMPLOI DU CANADA Aperçu des changements À compter du 1er juillet 1996, le nouveau régime d'assurance-emploi remplacera l'actuel régime d'assurance-chômage.L'assurance-emploi continuera de donner aux Canadiens et aux Canadiennes une protection de base pour leur revenu et offrira en plus de nouvelles prestations de soutien au réemploi pour aider les personnes en chômage à retourner au travail.Voici les réponses à quelques questions que vous vous posez peut-être sur le nouveau régime d'assurance-emploi.Certaines modifications entreront en vigueur le 1er juillet 1996 et d'autres, en janvier 1997.prestations payée à compter du 1er juillet 1996 pour calculer le taux des prestations des futures demandes.Quelles sont les nouvelles prestations de soutien au réemploi?Le gouvernement du Canada collabore avec les provinces et les territoires pour mettre en oeuvre cinq nouvelles prestations de soutien au réemploi pour remettre les Canadiens et les Canadiennes au travail.À compter du 1er juillet, on pourra avoir accès aux mesures d'aide à l'emploi suivantes dans chaque province et territoire : subventions salariales, aide au travail indépendant et partenariats pour la création d'emplois.On pourra aussi, dans un proche avenir, avoir accès aux mesures suivantes : suppléments à la rémunération ainsi que prêts et subventions de perfectionnement.POUR LES DEMANDES DÉPOSÉES LE 1er JANVIER 1997 OU APRÈS : ^ Est -ce qu'à compter de cette date on calculera les heures travaillées plutôt que les semaines?Oui.Chaque heure travaillée sera calculée.Le nombre d'heures minimum requis pour être admissible variera de 420 à 700, selon le taux de chômage de votre région.Cependant, il sera de 910 heures si vous présentez une demande après votre premier emploi.Qu'arrivera-t-il des interruptions de rémunération?Pour calculer les prestations, l'assurance-emploi tiendra compte des revenus des 26 semaines précédant le dernier jour de travail, et ces semaines ne devront plus nécessairement être consécutives./ fïiï Que fera-t-on pour aider les plus démunis?Les prestataires ayant des enfants à charge et dont le revenu familial est inférieur à 25 921 $ seront admissibles à recevoir un supplément de revenu familial représentant jusqu'à 65% de leur rémunération assurable.Ils seront également exemptés de la règle d'intensité.Les personnes recevant moins de 200 $ en prestations hebdomadaires pourront gagner jusqu'à 50 $ par semaine sans que le montant de leur chèque d'assurance-emploi soit réduit.Aux termes du Régime d'assurance-emploi, les prestataires coupables de fraude devront satisfaire à des règles d'admissibilité plus sévères.Un plus grand nombre de semaines seront nécessaires pour présenter une nouvelle demande et les pénalités financières augmenteront.POUR PLUS DE RENSEIGNEMENTS • Composez sans frais le 1 800 276-76 (ATS :1 800465-7735).• Passez au Centre de ressources hi figure dans la section du gouverne ressources humaines Canada».• Consultez notre site Internet au htt 55 pour commander votre brochure sur le nouveau Régime imaines du Canada le plus près (anciennement Centre d'e ment du Canada de votre annuaire téléphonique, sous la r p://www.hrdc-drhc.gc.ca d'assurance-emploi du Canada mploi du Canada), dont (adresse ubrique «Développement des 1^1 Développement des Human Resources ressources humaines Canada Development Canada Canada POUR LES DEMANDES DÉBUTANT LE 1er JUILLET 1996 OU APRÈS: Comment puis-je devenir admissible aux prestations?Vous devrez toujours avoir accumulé de 12 à 20 semaines de travail assurables au cours de la dernière année, selon le taux de chômage de votre région.Plus ce taux est élevé, moins vous avez besoin de semaines de travail.(Le calcul des heures n'entrera en vigueur que le 1er janvier 1997.) Toutefois, vous avez besoin d'un minimum de 26 semaines de travail assurables si : • vous occupez un premier emploi; • vous retournez au travail après une absence de deux ans ou plus; • vous avez accumulé moins de 14 semaines de travail au cours de votre première année de travail, ou, depuis votre retour sur le marché du travail.Pour avoir droit à des prestations de maladie ou de maternité ou à des prestations parentales, vous devrez toujours avoir accumulé 20 semaines de travail.2Î Combien vais-je recevoir?Vous recevrez 55% de votre rémunération assurable moyenne, jusqu'à concurrence de 413 $ par semaine.Les prestataires ayant des personnes à charge et qui gagnent 375 $ ou moins par semaine continueront de recevoir 60% de leur rémunération assurable moyenne.[v^ Pendant combien de semaines puis-je recevoir des prestations d'assurance-emploi?La majorité des prestataires recevront entre 36 et 44 semaines de prestations.Pour les personnes admissibles, la durée maximum de prestations est de 45 semaines.Qu'est-ce que la nouvelle règle d'intensité?Les personnes qui recevront plus de 20 semaines de prestations au cours d'une période de cinq ans verront leurs prestations subir une légère baisse de 1 %.Un point de pourcentage supplémentaire sera retenu pour chaque tranche de 20 semaines additionnelle.La réduction maximale pour 100 semaines sera de 5%.La règle d'intensité entrera en vigueur le 1er janvier 1997.Cependant, on comptera toute semaine de Saint-Eustache La cour bloque un projet de zoo en zone agricole LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR La Cour supérieure a ordonné hier au groupe Mathers, de Saint-Eustache, de couper court à l’implantation d’un zoo dans une zone agricole protégée, allant jusqu’à obliger les promoteurs à remettre les lieux dans l’état où ils étaient il y a six mois.Depuis des mois, les citoyens de la région de Saint-Joseph-du-Lac se mobilisent contre la mise en place, petit pas par petit pas et sans permis ni dézonage préalable, d’un véritable zoo chez un des membres de cette famille qui pèse lourd dans le milieu des affaires de cette région.Les Amis de la Fresnière, assistés par l’Union des producteurs agricoles de l’endroit, ont fait pression sur à peu près toutes les autorités régionales sans qu’elles ne passent à l’action même si le zoo prenait forme d’un mois à l’autre malgré la vocation non commerciale du secteur.Les deux injonctions permanentes accordées par la Cour supérieure au Palais de justice de Saint-Jérôme ordonnent dans un premier cas au groupe Mathers de demander les permis requis à la municipalité de Saint-Joseph-du-Lac du fait que les travaux avaient démarré sans l’obtention préalable de ces documents.Le magistrat n’ordonne toutefois pas à la Villë d’émettre le permis convoité.La deuxième injonction ordonne à la famille Mathers de s’entendre avec la Commission de protection du territoire agricole (CPTA) d’iéi demain pour définir les travaux de réhabilitation visant à retourner les lieux à leur vocation agricole, tels qu’ils étaient il y a six mois.Le président de l’UPA de la région des Deux-Montagnes, Yvon Desormeaux, a déclaré à la sortie du tribunal que la décision du juge confirmait les prétentions de son groupe voulant qu’un zoo en zone agricole — sans dézonage préalable — contrevenait aux dispositions de la loi.«C’est une victoire de faire eh sorte que, peu importe le promoteur, la loi s’applique.C’est un avertissement pour tout promoteur qui voudrait envahir la zone agricole.» ¦’ Quant à la porte-parole des Amis de la Fresnière, Francine Martel, elle estimait que «le juge n’a pas été dupe des déclarations du groupé Mathers.C’est une victoire dès simples citoyens qui luttent pour1 le respect de leur qualité de vie».¦ •' Le groupe n’en estime pas moins qu’il devra surveiller la situation dé près pour que le projet de zoo h’ê refasse pas surface d’une autre façon.E N ?AMENDE DE 25 000 $ (Le Devoir) — La Corporation Stone Consolidated vient d’écoper d’une amende de 25 000 $ après avoir plaidé coupable à une infraction au Règlement québécois sur les fabriques de papier.L’affaire remonte au 15 août 1994 alors que les inspecteurs du ministère de l’Environnement et de la Faune établissaient que cette société trifluvienne contrevenait au règlement en exploitant son moulin à papier sans l’avoir doté d’un système d’échantillonnage destiné à mesurer de façon continue les émanations de soufre de son four de récupération.Une semaine plus tard, la même entreprise était surprise à produire sans maintenir en activité un appareil destiné à mesurer et à enregistrer de façon continue les pertes en gaz de son épurateur à voies humides, lequel est utilisé pour neutraliser les émissions de son four à chaux.La société Stone Consolidated a acquitté les deux amendes de 12 500 $ chacune.-?- À LA SANTÉ DU PHARAON (Reuter) — Les fins amateurs de bière ont pu déguster, hier à Londres, pour un prix fort peu modique, une cervoise brassée d’après une recette égyptienne de l’époque de Toutan-khamon.La toute première bouteille de la série de mille en vente au magasin de luxe Harrods a été acquise pour le prix de 5000 livres (10 000 dollars).Les 999 autres bouteilles sont en vente pour la somme de 50 dollars chacune.La bière, mise au point par un égyptologue, deux scientifiques et le plus important brasseur du Royaume-Uni, Scottish & Newcastle, est appelée «l’or liquide des pharaons».Ils se fondent sur une analyse de sédiments retrouvés sur des amphores retrouvées dans une brasserie dans le temple solaire de BREF ?Néfertiti, épouse du pharaon Akhé- 1 naton, qui serait le père de Toutan-khamon.Le produit de la vente servira à financçr des fouilles archéolo-1 giques en Egypte.-?- CONTRE LE DRAGAGE (Le Devoir) — «Saint-Laurent-Grands Lacs Unis» (traduction.locale de Great Lakes United), une importante coalition canado-américaine initialement destinée à regrouper les envi-ronnementalistes voués à la restauration des Grands Lacs, estime que le projet de dragage du Saint-Laurent pour en augmenter la profondeur sur certains hauts fonds du chenal maritime doit aller en audiences publiques.L’organisme canadien, qui prend position dans ce dossier avant les grands groupes québécois, estime par ailleurs que l’étude d’impacts réalisée par le Port de Montréal et la Garde côtière doit être révisée en raison de plusieurs faiblesses.Devant l’état du projet tel que formulé par les deux organismes gouvernementaux, le groupe environnemental se dit dans «(impossibilité de donner [son] appui» au projet Les promoteurs, estime la nouvelle section québécoise de Great Lakes United, auraient omis des données importantes sur les teneurs en contaminants organiques dans les sédiments à draguer.De plus, le groupe estime «aberrant» de redéposer des sédiments contaminés dans le fleuve plutôt que de profiter de l’occasion pour le nettoyer.Enfin, le groupe pense que la perte d’habitats aquatiques, provoquée par le dépôt de sédiments dans des zones actuellement utilisées par la faune, constitue une «raison supplémentaire» pour revoir le dos- p sier et, mieux, d’en étudier les alternatives.La coalition internationale sur les grands cours d’eau d’Amérique a fait parvenir ses commentaires directement au ministre fédéral de (Environnement, Sergio Marchi, plutôt qu’aux promoteurs.< L E I) E V 0 I R , L E M E H C It E I) I 3 .1 I! I I.I.E T I !> !) (i A3 ?Le devoir ?- MONTREAL Etat de la réserve collective de safij; Très critique O- 1 21% La Société canadienne de la Croix-Rouge Info-collecte: 524-6724 Hochelaga-Maisonneuve Secteur hôtelier Quand la réalité nargue le rêve PHOTO JACQUES NADEAU mmé s# *> j p-.'V ¦ v **.Alain Simard, un locataire jugé indésirable de la rue Valois, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, a été expulsé de son logement par la manière forte.Un propriétaire excédé a jeté la plupart de ses possessions par la fenêtre du troisième étage.BRIAN MYLES LE DEVOIR La dure réalité du quartier Hochelaga-Maisonneuve est venue perturber les rêves du maire de Montréal, Pierre Bourque, hier, lors d’une rencontre avec les commerçants de la S1DAC Promenade Ontario.M.Bourque et le directeur général de la SIDAC, Roger Gallagher, semblaient pourtant en verve, hier, en déambulant rue Ontario.Les deux hommes ont dressé un bilan «très positif» du programme Opération Commerce pour ensuite faire la promotion d’un projet d’aménagement d’un tramway reliant la Place Valois et le marché Maisonneuve, au coût de six millions de dollars.Enfin, ils ont souligné l’importance de développer le potentiel touristique du quartier.«Hochelaga-Maisonneuve est sur la bonne voie», s’est exclamé le maire Bourque, insistant sur la préservation de l’environnement et l’amélioration de la qualité de vie.«La fierté va venir [.] par la prise en charge chacun de son coin de rue, de sa rue commerciale, de son environnement», a ajouté M.Bourque.Arpentant la rue Ontario en direction de la future Place Valois — le projet est encore hautement hypothétique —, le maire a passé outre un amoncellement de boîtes et de meubles.Rue Valois, un propriétaire excédé avait décidé de «prendre en charge son coin de rue», pour reprendre l’expression du maire.Le proprio en question, Pierre Marquette, avait décidé d’évincer un locataire indésirable par la manière forte, c’est-à-dire en jetant littéralement ses avoirs par la fenêtre du troisième étage.Hier en fin d’avant-midi, le locataire, Alain Simard, tentait en vain de récupérer ses meubles brisés et ses souvenirs de famille perdus dans un véritable bric-à-brac.«Il s’est fait justice lui-même», a-t-il déploré.M.Simard, un travailleur de rue, vivait dans un logement insalubre, transformé en fouillis par négligence, et il n’avait pas payé son loyer mensuel de 290 $ depuis quelques mois.La Régie du logement a récemment autorisé son expulsion.Après avoir accordé un délai ultime d’une semaine à son locataire récalcitrant, M.Marquette l’a tout simplement mis à la porte, sans aucune autre considération et sans revêtir de gants blancs.Après s’être querellés sur la place publique, entourés de dizaines de curieux, Alain Simard et Jean Marquette, le frère du proprio, ont enfin conclu une entente à l’amiable.Mais ce mélodrame sur fond de macadam n’a pas suscité l’intérêt du maire et du directeur général de la SIDAC, occupés à discuter de chiffres et de projets.Le maire s’est vanté des résultats de l’opération Commerce, un programme qui a permis à une quarantaine d’entreprises de la promenade Ontario (secteur délimité par les rues Pie-IX, à l’est, et Darling, à l’ouest) d’entreprendre des travaux de rénovation ou d’implantation d’une valeur de plus de trois millions de dollars.En un an, Opération Commerce a facilité l’ouverture de 15 nouveaux commerces et la création de 100 emplois.Résultat?Le taux d’inoccupation des espaces commerciaux a chuté de 10 % à 5 %.Aujourd’hui, la rue Ontario, «la fierté» du quartier Hochelaga-Maisonneuve, revit.Le maire Bourque a par ailleurs donné son appui au développement de la Place Valois.Il ne s’est cependant pas risqué à promettre une aide financière de la part de la Ville, re- connaissant tout au plus le potentiel touristique du quartier, l’un des plus défavorisés de la métropole.Pour Roger Gallagher, l’aménagement de la Place Valois est «déterminant» pour favoriser le tourisme dans Hochelaga-Maisonneuve.«Ça serait enrichissant pour les gens qui viendraient voir [.] ce que c’est, vivre dans un quartier à Montréal», a expliqué le directeur général de la SIDAC.En traversant la rue Joliette ac- compagné de M.Bourque, Roger Gallagher a montré du doigt le bar Saint-Vincent et s’est empressé d’ajouter: «Regardez la brasserie.Ça, il y a des touristes qui aimeraient peut-être [y] venir.» Mais le gérant de l’établissement s’est pour sa part montré plus pessimiste.«Il n’y a pas beaucoup de touristes et la situation ne s’est pas améliorée plus que ça depuis un an, déplore Michel Saint-Vincent.C’est dur pareil dans le quartier.» La FTQ appelle au boycottage des cinémas Famous Players ANDRÉE BOISSELLE LE DEVOIR La Fédération des travailleurs et des travailleuses du Québec (FTQ) lance un boycottage des cinémas Famous Players aujourd’hui à Montréal.Cette mesure est une protestation contre la mise à pied, le 29 mars dernier, des projectionnistes syndiqués des cinémas Sainte-Foy et des Galeries de la Capitale, à Québec.En effet, trois jours avant l’expiration de leur convention collective, les six projectionnistes des salles Famous Players de Québec recevaient une lettre de congédiement les informant qu’on n’avait plus besoin «d’employés syndiqués».Ces travailleurs sont membres de l’Alliance internationale des employés de scène, de théâtre et de cinéma (AIEST), syndicat affilié à la FTQ.En novembre dernier, alors que la compagnie ouvrait six nouvelles salles de cinéma aux Galeries de la Capitale, elle refusait d’embaucher deux projectionnistes supplémentaires de l’AIEST, allant ainsi à l’encontre d’une entente déjà conclue avec le syndicat Puis, au printemps, elle licenciait tous ses projectionnistes à Québec.Cette décision est survenue peu après la demande d’accréditation du syndicat des employés de l’accueil aux cinémas Famous Players de Québec.Clément Godbout, président de la FTQ, fait un lien direct entre les deux événements: il soutient que la volonté d’abolir les syndicats est devenue, «depuis un bout de temps, une espèce de maladie au Québec».«Si la compagnie voulait changer les règles du jeu, elle devait le faire par voie de négociations.Si on nous cherche, on va nous trouver», a-t-il prévenu.Trois audiences d’arbitrage ont déjà eu lieu.Deux autres journées d’audition devraient être nécessaires à la décision, ce qui fera durer le processus jusqu’en août.Du côté de Famous Players, on argue que le travail des projectionnistes n’est plus nécessaire étant donné les nouvelles technologies.«Tous les équipements sont automatisés, affirme Louis Delage, porte-parole de la compagnie.Ça ne demande que trois minutes par film.» On serait donc désormais en mesure de faire exécuter cette mince tâche par des cadres.Mr Guy Blanchet, avocat de l’AIEST, avoue quant à lui qu’«on n’est plus à l’époque du Cinéma Pa-radiso.Mais il y a encore une loi qui dit qu’il faut être qualifié pour être projectionniste».Sa prétention est que Famous Players a nommé plusieurs «cadres» pour remplacer les employés licenciés sans que ces nouveaux venus exercent une véritable fonction de cadre.' On chercherait simplement à empêcher la syndicalisation chez les remplaçants des projectionnistes, les représentants de l’employeur n’ayant pas droit à cette forme de regroupement.On s’explique mal, également, que les «améliorations techniques» n’aient pas mené aux mêmes mises à pied dans six autres provinces canadiennes, où les projectionnistes ont tous renouvelé leurs conventions collectives.Pour tenter de faire plier Famous Players, c’est-à-dire obtenir la négociation d’une nouvelle convention pour les six employés licenciés, la FTQ jouera de son poids politique auprès du ministre du Travail, Matthias Rioux.Mais elle en appellera aussi aux cinéphiles, les enjoignant de choisir d’autres salles que celles des 11 Famous Players de Montréal.Plus de 30 000 tracts ont déjà été distribués dans ce but à l’entrée des cinémas de Québec.RECTIFICATIF Les résultats de la Lotto 6/49, publiés dans notre édition du 2 juillet 1996, auraient dû se lire comme suit: loto-québec Tirage du 96-06-29 8 9 14 27 40 49 Numéro complémentaire: 5 GAGNANTS 6/6 4 5/6+ 5 5/6 433 4/6 25 691 3/6 476 074 LOTS 2 500 000,00 $ 214 908,40$ 1 985,30 $ 64,10$ 10$ Ventes totales: 26498568,00 $ Prochain gros lot (approx.): 2 100 000 $ Le modalités d’encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En-cas de disparité entre cette liste et la liste officielle, cette dernière a priorité.La CSN poursuit sa lutte visant à faire modifier l’article 45 FRANÇOIS NORMAND LE DEVOIR Près de 50 employés du secteur hôtelier affilié à la CSN ont manifesté hier, à Montréal, devant l’Auberge des Gouverneurs de la Place Dupuis, afin de faire avancer les négociations qui ont cours actuellement entre la Fédération du commerce de la CSN et les porte-parole du patronat du secteur hôtelier du Québec.La CSN exige entre autres que le propriétaire et le gestionnaire d’un hôtel soient dorénavant liés par le certificat d’accréditation syndicale.De plus, la CSN veut rappeler au gouvernement du Québec son obligation de clarifier l’article 45 du Code du travail.Les protestataires s’étaient rassemblés devant l’Auberge des Gouverneurs à partir de 12hl5.Ils ont manifesté devant l’établissement pendant une quinzaine de minutes en lançant des slogans et des appels à la solidarité, tout en dénonçant l’article 45 du Code du travail, qu’ils jugent insuffisant pour protéger leur emploi.L’article stipule qu’un nouvel employeur d’une entreprise est lié par l’accréditation ou la convention collective de l’employeur précédent.Aux yeux des manifestants, l’article 45 comporte une lacune importante dans sa substance puisqu’un propriétaire qui ne signerait pas la convention collective pourrait mettre à pied ses employés à n’importe quel moment; il n’qurait qu’à changer de gestionnaire.A cet effet, la présidente de la Fédération du commerce de la CSN, Lise Poulin, n’a pas mâché ses mots pour exiger du gouvernement du Québec qu’il prenne ses responsabilités dans ce dossier.«Il doit légiférer pour corriger l’article 45», a-t-elle déclaré, car un propriétaire voulant se débarrasser de tous ses employés pourrait se «cacher» derrière l’article 45 pour le faire.Dans la présente ronde de négociations, souligne-t-elle, les syndiqués de l’hôtellerie — environ 6000 employés d’établissements hôteliers du Québec — ont inclus dans chacune de leur convention collective une demande pour que les propriétaires et les gestionnaires soient liés à leur accréditation.«Il doit y avoir une requête conjointe entre le syndicat et le propriétaire de l’hôtel ainsi que le gestionnaire de l’hôtel pour reconnaître notre convention, [ce qui équivaudra] à reconnaître nos emplois», a-t-elle ajouté.Plusieurs manifestants ont donné à titre d’exemple le contentieux qui oppose la CSN et le Mouvement Desjardins pour illustrer leur crainte de perdre leurs emplois.Dans ce dossier, la question centrale est de savoir qui est le véritable employeur des 350 syndiqués de l’hôtel Méridien, propriété du Mouvement Desjardins mais géré par le Méridien.Si le propriétaire devait être l’employeur, comme le prétend la CSN, le syndicat resterait en place, ainsi que les droits acquis de ces syndiqués, y compris leur ancienneté.Dans le cas contraire, si le commissaire du travail devait conclure que le gestionnaire est l’employeur, le changement de gestionnaire — comme c’est l’intention de Place Desjardins inc.— ferait alors en sorte que le syndicat ne serait plus reconnu, pas plus que les conditions de travail prévues à la convention collective.GUERIN ESSAIS Guy Archambault Émotions, sentiments et passion Pierre Rousseau L'urètre Yvon Boucher Deux collégiennes chz les partouzards Marc-Aimé Guérin Maupassant (1850-1893) FICTIONS Daniel Beauchesne Curriculum vitae Roland Piché L’alambic de mon oncle Les chinois Les chômeurs itinérants Nairn Katan Vacances Lyne Desaulniers Man Élie Lettre à Mamie Jean-Raymond Béchard Premier amour Jeannine Isabelle-Delorme La Dolce Vita Anne Deslierre Mort et résurrection ou l’amour en peinture Jean Grignon Le toucher (chronique de ma dernière enfance) Colette Larose Entre Louis-H.et nulle part Manon Leroux L’embâcle Rachelle Renaud Meurtrière Isabelle Patenaude En trois actes.Nicole René Spleen incurable Josée Boisvert Le transfert Marina Pradas La chambre Michèle Laframboise Accident de parcours Journal d’une chercheuse d'emploi Elisabeth Rousseau Suppliques Rose-Hélène Tremblay L’ombre Gérald Galarneau Sur une musiaue de Smetana L’œil du dragon Diane Leduc Notre petit axe Sylvie Dion 1440, Therrien L’art d apprêter les restes POÉSIES Julien de Backer Une nuit dans la palmeraie Gilles Nadeau Poèmes Bernadette Dao Symphonie France Bonneau Cet enfant infatigable Paul Darmon Fanure Margaret Buckley La cellulite Demain, onze heures Les grands prix des Saisons Littéraires .UK- l)l.>kl .Mouùv-il '.Qiulvs • I f2T2< 'ÎVK*i*Ii€ «ik.-: v 'Tckx»»|*kiir: (M.-Q S42:3*>23" " O H- «5 Pt- ft ft L E I) E V 0 I R , L E M E R C R E I) I 3 .1 II I I, L E T I I) 9 (i A 4 -?LE DEVOIR ?- POLITIQUE L’assurance-emploi est là pour rester La population réagira aux premiers effets de la réforme puis se résignera, prophétise le vice-président de la CSN, Roger Valois JULES RICHER PRESSE CANADIENNE Ottawa — L’assurance-chômage a cédé le pas à l’assurance-emploi lundi dernier, donnant ainsi le coup d’envoi à une réforme controversée dont les principaux effets commenceront à se faire sentir au début de 1997.Adoptée au mois de juin par le Parlement, la loi C-12 constitue une des pierres d’assise du programme des libéraux de Jean Chrétien.Son application se réalisera en deqx volets.A compter du 1" janvier prochain, l’admissibilité aux prestations d’assurance-emploi ne se calculera plus selon les semaines travaillées, comme c’est le cas actuellement, mais bien selon les heures.Autre changement important: les personnes qui travaillent moins de 15 heures par semaine seront, à partir de ce moment-là, admissibles au régime et devront donc contribuer.Les mesures suivantes sont entrées en vigueur le 1" juillet: B le plafond maximal des prestations a été fixé à 55 % du revenu assurable, ce qui représente une baisse de 448 $ à 413 $ par semaine; ¦ la période maximale de prestations est réduite de 50 semaines à 45 semaines; ¦ la nouvelle règle dite d’intensité commence à s’appliquer.Cette règle pénalisera les utilisateurs fréquents de l’assurance-chômage au rythme d’une réduction de 1 % des prestations par année consécutive de recours au régime, jusqu’à concurrence de 5 %.Il ne faut pas oublier l’autre mesure importante de la réforme: le transfert aux provinces qui le désirent des programmes de formation de la main-d’œuvre financés par les deniers de l’assurance-emploi.Des négociations sont actuellement en cours à ce sujet, notamment avec le Québec.Tous ces changements permettront des économies annuelles de 1,2 milliard de dollars par année.Dans un premier temps, ces fonds serviront à constituer une réserve, dont la taille n’a pas encore été établie.Si tout va bien, on peut donc s’attendre à ce que les cotisations Doug Young soient réduites, a précisé récemment le ministre du Développement des ressources humaines, Doug Young.La réserve sera utilisée pour financer le régime dans les temps difficiles, soit pendant les récessions.Ottawa a indiqué à maintes reprises que l’assuran-ce-emploi devra être autosuffisante.Il est désormais hors de question de piger dans la caisse du gouvernement pour financer le système.Inéquitable L’ensemble de la réforme ne fait pas l’affaire des milieux sociaux et des syndicats, qui s’y sont opposés bruyamment.On lui reproche d’être inéquitable pour les travailleurs saisonniers et les femmes.«Ce que le gouvernement Chrétien a oublié, c’est qu’il y a un hiver au Canada, qu’il y a des travailleurs saisonniers au pays», affirme Roger Valois, vice-président de la CSN.Celui-ci constate que les vagues de manifestations au Québec et au Nouveau-Brunswick ont eu peu d’effet sur la détermination du gouvernement.Il ne croit pas qu’elle sera davantage ébranlée par la suite.«On s’attend à une réaction de la population [une fois que la réforme fera sentir ses effets].Il y aura une contestation, suivie d’une résignation; c’est sur ça que le gouvernement a capitalisé», souligne M.Valois.De son côté, la Fédération des femmes du Québec soutient que la réforme est discriminatoire.Dans une intervention en comité parlementaire, au mois de mars, l’organisme mettait en lumière le fait que les femmes revenant sur le marché du travail devront, avec les nouvelles règles mises en place en janvier, accumuler plus de temps qu’auparavant avant d’obtenir des prestations.En outre, il sera plus difficile d’accumuler les heures nécessaires pour obtenir des congés de maternité et parentaux.Le ministre Doug Young a rétorqué en disant que la nouvelle loi est «beaucoup plus souple, beaucoup plus sympathique envers les plus vulnérables dans tout le système».M.Young fait ainsi référence aux travailleurs à temps partiel qui auront désormais accès au système et aux responsables de familles à faibles revenus qui auront droit à des prestations supplémentaires.Le principe d’une organisation du développement durable fait consensus Le projet initial a cependant été substantiellement modifié lors de la rencontre de Québec E N ?STANDARD AND POOR’S MAINTIENT LA COTE DU QUÉBEC (PC) — La firme Standard and Poor’s, de Toronto, continue de faire confiance au crédit du gouvernement du Québec et d’Hydro-Québec en maintenant la cote «A plus» à long terme.A court terme, la cote «A-l plus» est également maintenue par la maison de courtage dans les deux cas.Ces décisions de Standard ahd Poor’s font suite à la volonté du gouvernement Bouchard, exprimée dans le dernier budget, de lutter contre le déficit de manière à l’éliminer complètement en 1999-2000 et reflètent l’écc omie de base relativement forte T versifiée du Québec.Les perspectives à long terme ont cependant été révisées pour passer de stables à négatives.Cette note sombre au tableau des prévisions de la maison torontoise s’appuie sur deux éléments d’incertitude: la capacité du gouvernement de mener à bien son plan de réduction du déficit d’ici à l’an 2000 et le problème constitutionnel.Tant que la question de la souveraineté n’aura pas été réglée pour de bon et que le climat politique demeurera aussi instable, les investisseurs auront toujours des réticences à venir faire des affaires, selon la maison de courtage.BREF ?LE FRANC-PARLER D’UN PRÉSIDENT (AP) — Une association britannique qui milite pour le franc-parler a annoncé qu’elle avait décerné à Bill Clinton un prix spécial pour son utilisation «claire et efficace» du langage, particulièrement lors de ses discours prononcés en Grande-Bretagne.«Nous avons été débordés par des appels de supporters de toute la Grande-Bretagne après la visite du président Clinton en Irlande du Nord» à la fin de l’année dernière, a expliqué Chrissie Maher, responsable de l’association.M.Maher a précisé qu’après avoir suivi de près les discours du président l’an dernier, l’association a conclu qu’«il s’exprimait très bien, très clairement et dans la meilleure tradition des présidents américains».Dans un discours prononcé à Belfast, Bill Clinton avait notamment condamné la violence en Irlande du Nord et avait appelé à la réconciliation des deux communautés.LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR e principe d’une organisation .-/québécoise du développement durable (OQDD) a été entériné vendredi dernier à Québec par une vaste majorité de représentants de différents milieux après que le projet initial eut été substantiellement modifié.C’est ce qu’a précisé au Devoir après cette rencontre le président d’Ecosommet, Pierre Gosselin, lequel a toutefois déploré que deux écoles de pensée se soient manifestées très distinctement sur cette question alors que le milieu environnemental devrait, à son avis, œuvrer malgré ses divergences à parfaire ce projet destiné à amorcer une mutation de l’économie québécoise vers un développement plus soutenable.Contrairement à ce qu’avait annoncé Le Devoir vendredi, la rencontre de Québec, qui devait porter sur l’ébauche d’une éventuelle OQDD, n’avait pas été convoquée par le ministre de l’Environnement et de la Faune, David Clicbe, mais bien par la direction de l’Écosom-met.L’essentiel du projet soumis à la discussion des groupes environnementaux et des éventuels partenaires des secteurs privés et institutionnels avait toutefois été défini dans un mémoire adressé par le ministre Cliche au cqnseil des ministres peu avant l’Ecosommet de mai.Le projet portait alors sur la création d’une «agence» dont le financement aurait été tiré pour 2,5 millions des fonds de Recyc Québec et pour 2,5 autres millions des fonds de la Sécurité du revenu.On parle maintenant d’un organisme sans but lucratif doté d’un fonds mixte.L’assemblée de vendredi a modifié la composition du conseil d’administration de la future organisation, donnant ainsi aux environne-mentalistes une majorité théorique de 22 voix à un conseil dont le nombre de sièges a été porté à 43.Cinq sièges seront détenus par les groupes écologistes et seize autres par les représentants des conseils régionaux de l’environnement (CRE).Seulement 14 régions sont toutefois dotées d’un CRE pour l’instant.Pour certains, en confirmant de cette manière une majorité aux groupes environnementaux, on rend le futur organisme «ingouvernable» en raison de l’exceptionnelle lourdeur de son futur conseil d’administration.L’assemblée a toutefois décidé de revoir cette question dans 18 mois.D’autre part, l’assemblée a décidé d’autoriser les CRE à désigner leurs représentants sans faire approuver leurs candidats par les conseils régionaux de développement (CRD), comme le voulait la formule initiale.Globalement, et malgré les améliorations apportées à la structure de fonctionnement, deux grandes écoles de pensée divisent toujours le milieu environnemental dans ce dossier.,D’un côté, les organisateurs de l’Ecosommet font toujours le pari qu’«il est temps de commencer à faire du développement durable au Québec, d’amorcer le virage par des projets concrets, d’apprendre dans l’action et d’enrichir notre vision par l’expérience acquise, explique Pierre Gosselin.L’idée, ce n’est pas de museler les groupes environnementaux mais d’injecter rapidement de l’argent dans des solutions concrètes.Dans le domaine de la faune, on trouve normal de mettre de l’avant des projets.En environnement, il faudrait rester pur et dur.Nous, on est fondamentalement optimistes: on propose autre chose, ba$ée sur l’action.» A l’opposé de cette vision modérée, plusieurs groupes environnementaux importants, dpnt certains n’ont pas participé à l’Écosommet, pensent que la création d’une organisation québécoise de développement durable est prématurée.lis craignent que les forces économiques traditionnelles se servent de la nouvelle institution pour épingler une médaille verte sur la vieille stratégie économique d’exploitation intensive des ressources naturelles de la pro-, vince au lieu de provoquer sa mutation vers une nouvelle logique économique et environnementale.; > LE DEVOIR .à suivre tout l’été •CARRIERES ET PROFESSIONS* Bill Clinton iCSPi Lieux de B Tous les lundis, les journalistes du Devoir vous invitent sur les chemins de la mémoire.Avec eux, découvrez quelques-uns des lieux qui ont façonné l’histoire culturelle, sociale et économique du Québec.Festivités estivales B A Montréal, Québec, Orford, Drummondviïle, Jon-quière, Joliette, Saint-Irénée, partout au Québec, l’été se fait festival.Tous les jours, vivez avec les journalistes et chroniqueurs du Devoir le plaisir d’un été culturel.Le pays de VLB B Victor-Lévy Beaulieu nous invite à le suivre à Trois-Pis-toles.Dans un roman écrit spécialement pour les lecteurs du Devoir, VLB ressuscite, à travers son père, l’histoire de sa région.Le Pays de mon père sera publié en feuilleton du 15 au 27 juillet.Photos B Témoin de l’histoire au quotidien, la photographie sera présente tous les mardis à la une du cahier B à compter du 9 juillet. travers la lentille de nos photographes et celle de nos lecteurs invités à participer au concours Le Devoir-Kinsa, nous vous présenterons les meilleurs photos.: y."' estivales Les Jeux d’Atlanta B Les Jeux olympiques d’été seront le grand point d’intérêt de l’été.Pendant toute la durée des Jeux, Le Devoir vous présentera les meilleurs moments des compétitions.Au sommaire: photos, chroniques, reportages et synthèses de la journée.-«r Livres B Le cahier Livres prend pour l’été un air de vacances.Entrevues, reportages, recensions vous inviteront à des lectures estivales.Egalement, chaque samedi, vous lirez une nouvelle d’un auteur québécois.Centre abritant bureaux d’études et firme de sondage recherche locataires-partenaires.Bureaux entièrement aménagés disponibles incluant téléphonie, informatique et réception.Accès à un central téléphonique informatisé de 25 postes de travail.Vous êtes senior, reconnu dans votre milieu et les opérations de sondage ou de télémarketing représentent une part importante de vos activités; nous aimerions vous rencontrer.Confidentialité assurée.Le Devoir, dossier # 1560 2050 de Bleury, 9e Étage, Montréal, Qc H3A 3M9 Professionnel Senior Marketing Étude de Marché Avocat(e) Un petit bureau d’avocats spécialisé en droit autochtone, constitutionnel ; et administratif et situé au centre-ville est à la recherche d’un(e) stagiaire; ou d’un(e) avocat(e) ayant moins de deux ans de pratique.Les candidat(e)s doivent être bilingues et posséder une maîtrise parfaite de l’anglais écrit.Prière de faire parvenir votre curriculum vitae ainsi que votre dossier académique à l’adresse suivante en indiquant le numéro de référence.Administration Gespro 1080, Côte du Beaver Hall Bureau 1810 Montréal (Québec) H2Z 1S8 télémarketing Le service de la promotion des abonnements du journal Le Devoir recherche des personnes dynamiques, professionnelles et responsables afin d’exécuter, de nos locaux, un travail de sollicitation téléphonique.Description du travail: /Sollicitation d’abonnements à partir de listes téléphoniques; /Suivi téléphonique auprès de la clientèle du Journal; /Sondages (au besoin).Horaires de travail: Lundi au jeudi, 17hl5-21hl5 Exigences: /Excellente connaissance du Journal Le Devoir, /Aptitudes pour la vente; /Expérience pertinente en télémarketing ou domaines connexes; /Maîtrise de la langue française /Facilité d’expression, bonne diction.Rémunération: Salaire de base + commissions Veuillez communiquer avec Evelyne La bonté au 985-3471, du lundi au vendredi, de 14h30 à lfih30, ou faire parvenir votre c.v.avant le 12 juillet 1996, à l’adresse suivante: Service des ressources humaines (T0796) Le Devoir 2050, rue de Bleury, 9e étage Montréal, (Québec) H3A 3M9 Télécopieur: (514) 985-3330 Nous remercions à l’avance toutes les personnes qui soumettront leur candidature, seules les personnes retenues pour une entrevue recevront un accusé de réception.No.réf.: 2103 RADIOLOGUE INDUSTRIEL Haley Industries Limited, une fonderie de première classe coulant des alliages légers au service d’une clientèle dans les domaines de l’aérospatiale et de l’automobile, recherche un radiologue industriel pour sa division située à Renfrew, Ontario.Doit être certifié Niveau II ou III selon les normes CGSB-48-GP-4, SNT-TC-IA, MIL-SID-4KXE) ou l'équivalent.Compensation compétitive incluant une gamme complète de bénéfices avec aide au déménagement si nécessaire.Les candidats qualifiés devraient soumettre leur curriculum vitae à l’attention de: Murray Brown, Human Resources Mgr.Haley Industries Limited Haley (Ontario) KOJIY0 ÈRES A R R R O F E S S O N S LE DEVOIR Pour réservation publicitaire, composez 985-331 6 ou 1 -800-363-0305 télécopieur 985-3390 8777 I.H I) K V 0 I H .I, E M K |{ C It E D I 3 .1 11 I L I.E T I !) !) (i A 5 LE DEVOIR - LE MONDE PERSPECTIVES Ambiguïtés vietnamiennes L’armée et la police sortent renforcées du 8e congrès du Parti communiste JEAN-PIERRE CLERC LE MONDE Retenant une solution de compromis provisoire, le Parti communiste vietnamien a fait choix, à l’occasion de son huitième congrès, — achevé lundi à Hanoï — de maintenir au pouvoir l’équipe de septuagénaires qui gère depuis un lustre l’amorce d’un développement accéléré du pays.La relève a été reportée d’au moins deux ans, soit vers la fin du siècle, afin de ne pas remettre en cause une stabilité politique jugée cruciale.Soudain contraints, dès la fin de 1986, de décréter un changement du tout au tout de l’orientation de leur économie du fait des changements qui se profilaient, sous la houlette de Mikhaïl Gorbatchev, dans une Union soviétique de loin leur principal partenaire et bailleur de fonds, les communistes vietnamiens entendaient à tout prix éviter que l’indispensable ouverture du pays et sa non moins nécessaire réintégration dans le concert régional ne remettent en cause le monopole du pouvoir qu’ils ont entretenu depuis leur victoire de 1975.A court terme, le calcul est concevable.La paix sociale semble assurée par une forte croissance, digne, à ne re-c, garder que les chiffres, de celle de o appuyant ses voisins du Sud-Est asiatique.La « • j tradition de dissidence demeure peu SUr 1 aiae ancrée dans ce pays de tradition intprnatinnfllp bouddhique, qui a connu dans son mie auonaie histoire une succession de régimes le PCV n’a f°rts- Depuis les accords de paix de 1991 sur le Cambodge, l’Indochine plus les n est P'us un foyer de tension.Si l’Association des nations de l’Asie du moyens Sud-Est (ASEAN) n’avait pas, pour sa part, misé sur la stabilité du régime, de se replier elle n’aurait certainement pas encou-ragé Hanoï à rejoindre ses rangs en sur lui-meme juillet 1995.Ces développements expliquent la latitude dont les communistes vietnamiens bénéficient encore aujourd’hui pour gérer seuls le doïmoï («renouveau», réforme économique) qu’ils appliquent, non sans habileté, depuis dix ans.Ils ont même pu consacrer l’essentiel de leurs énergies, ces derniers mois, à une «campagne électorale» qui a été avant tout une affaire d’hommes et de clans, non de programmes.Le PCV n’a plus les moyens, en effet, de se replier sur lui-même: s’appuyant sur l’aide internationale et des investissements étrangers, il est contraint, au moins, de poursuivre les réformes économiques et l’ouverture du pays sur le reste du monde.Les mois qui viennent diront si la nouvelle équipe formée autour de la troïka en place — le secrétaire général Do Muoi, le président Le Duc Anh et le premier ministre Vo Van Kiet — sera capable de trouver une cohésion.Si cette hypothèse ne se réalise pas, Hanoï continuera sans doute à exprimer ouvertement sa méfiance à l’égard d’une présence étrangère perçue par certains comme la revanche, de la part de l’Occident, de défaites militaires subies sur le terrain depuis un demi-siècle et comme l’introduction, dans une citadelle toujours officiellement socialiste, du cheval de Troie du capitalisme international.Le renforcement du poids de l’armée et de la police au sein du nouveau bureau politique font, en tout cas, craindre un raidissement.Comme il s’est engagé une fois de plus à le faire, le PCV serait bien mieux avisé de remettre de l’ordre sous propre son toit, notamment en bridant la corruption qui sévit en son sein.Il aurait également intérêt à adresser un message plus encourageant à des investisseurs étrangers qui manifestent moins d’enthousiasme depuis quelque temps.En effet, même si les progrès réalisés sont incontestables, le Vietnam continue de prendre du retard sur ses principaux voisins et partenaires.Partant de très loin, il ne pourra pas éternellement s’accommoder des valses-hésitations de dirigeants qui trouvent trop fraîches les eaux du monde contemporain.EN BREF ?ÉTATS-UNIS-MEXIQUE: ASILE POLITIQUE Los Angeles (AFP) — Un juge de Los Angeles a accordé hier l’asile politique à sept membres de la famille de Mario Aburto, l’assassin du candidat à la présidence du Mexique Luis Donaldo Colosio.Cet assassinat s’était produit le 23 mars 1994, durant une manifestation politique à Tijuana.Luis Donaldo Colosio était le candidat du parti au pouvoir PRI et était le favori de l’élection.Les membres de la famille de Mario Aburto ont affirmé qu’ils ont été torturés et persécutés par le gouvernement mexicain depuis l’assassinat.Ils affirment également qu’Aburto a été torturé et condamné a tort.Mario Aburto avait été arrêté aussitôt après le crime et purge une peine de 45 ans de prison dans la prison de haute sécurité d’Almoyola, à 100 km à l’est de la capitale mexicaine.ALLEMAGNE: INDEMNISATION DES FORÇATS DE GUERRE Karlsruhe (AFP) — La Cour constitutionnelle allemande a décidé hier que les Juifs étrangers utilisés comme esclaves par les nazis pendant la Deuxième Guerre mondiale auront la possibilité de demander individuellement une indemnisation.La Cour a affirmé qu’il n’y avait pas jusqu’à maintenant de base juridique donnant cette possibilité mais que cet état de fait n’excluait pas que certaines demandes individuelles soient examinées, même si des accords internationaux ont été passés ou si des déclarations de renoncement ont été faites par certains Etats, comme la Pologne ou la Hongrie.Entre septembre 1943 et janvier 1945, les plaignants avaient été affectés par les nazis dans des entreprises privées de production d’armes de guerre pour y travailler sans être payés.Pendant la Deuxième Guerre mondiale, quelque 11,5 millions de personnes ont été astreintes au travail forcé en Allemagne et dans les zones occupées par la Wehrmacht La Russie à la veille du 2e tour de scrutin Le général Lebed veut des pouvoirs accrus L’homme fort du Kremlin se défend de caresser des ambitions présidentielles Moscou (AFP) — Le nouvel homme fort du Kremlin Alexandre Lebed a présenté hier un programme tous azimuts et très policier de redressement de la Russie, et s’est posé en homme incontournable quel que soit le résultat du scrutin présidentiel.A la veille du second tour, devant les caméras du monde entier, le nouveau secrétaire du Conseil de sécurité a exposé ses conceptions et surtout son programme en matière de sécurité du pays, un vaste domaine qui recouvre selon lui pratiquement tous les aspects de la vie sociale, économique et militaire.«Celui qui remportera l’élection aura tous ces problèmes à résoudre», a prévenu le général à son arrivée hier matin au centre de presse de la présidence, entouré de gardes du corps particulièrement fermes.«Pour l’instant nous nous chargeons de convaincre, bientôt nous passerons à la coercition», a averti M.Lebed, qui a réclamé des «pleins pouvoirs» en matière de sécurité.Il a toutefois pris soin, à plusieurs reprises, de préciser qy’il allait soumettre toutes ses propositions au chef de l’Etat, qui n’allait «pas tarder à signer des décrets en conséquence».Industrie de défense, complexe énergétique, pollution des villes, corruption et criminalité, fuite des cerveaux, natalité en baisse: pour Alexandre Lebed, il n’est pratiquement pas de secteur qui ne concerne de près ou de loin la sécurité de la Russie, qu’il estime en piètre état.«Pendant 70 ans notre peuple travailleur et confiant s’est lavé le visage à la sueur et au sang; depuis la Perestroïka il ne lui reste plus que le sang, et le processus dure toujours», a dit le général dans une de ces formules à l’emporte-pièce qu’il affectionne.«Il faut que les citoyens russes n’aient plus peur de se promener le soir dans la rue, et nous devons sortir de la crise profonde dans laquelle nous nous trouvons, non pas un jour mais tout de suite, et non pas grâce à quelqu’un mais par nous-mêmes», a-t-il poursuivi.Répondant à ceux qui évoquent son ambition démesurée, le général a précisé que ses demandes de pouvoirs accrus étaient seulement liées à son désir de remplir sa mission.«C’est pour résoudre les problèmes du pays et non ceux de Lebed, Je ne veux pas du pouvoir pour le pouvoir, j’ai l’intention de résoudre les problèmes du pays du point de vue de sa sécurité, sous toutes ses facettes, et ils sont énormes», a-t-il souligné.Le général Lebed avait déjà demandé samedi soir, dans une interview à la télévision russe, le rétablissement pour lui-même du poste de vice-président de Russie.«Je ne me sens pas entièrement démocrate.Je suis un demi-démocrate», a rétorqué en souriant le général à une journaliste.Ne contestant pas l’institution présidentielle, il a souligné que la Russie devait surtout éviter de devenir une république parlementaire, sous peine de sombrer dans le chaos.Alexandre Lebed Mais il s’est défendu de vouloir devenir président, et il est revenu sur ses déclarations à l’hebdomadaire allemand Spiegel,,dans lesquelles il disait qu’il serait peut-être chef de l’Etat avant l’an 2000 (tenue du mandat présidentiel).«C’était une blague, mais l’humour russe est impénétrable pour les Allemands», a-t-il dit.Un régime policier Le programme de M.Lebed, un officier de 46 ans aux thèses nationalistes modérées qui lui ont acquis au premier tour la faveur de 15 % de l’électorat, inquiète pourtant plus d’un analyste.Ainsi sa volonté de renforcer le régime des visais pour les étrangers et ses déclarations sur les «méthodes de modelage psycho-sémantique des masses» par les «services spéciaux et les publicitaires étrangers», font-elles craindre l’instauration d’un régime, sinon totalitaire, du moins policier.«Ces méthodes de plus en plus efficaces d’intrusion et d’influence 'du conscient et du subconscient peuvent empêcher la Russie de mettre en œuvre sa propre conception nationale du développement», a-t-il souligné.Mais il ne s’agit pas de dresser un nouveau «rideau de fer» entre la Russie et le reste du monde.«Si nous instaurons ces mécanismes de façon civilisée, nous ne vexerons personne», a rassuré le général.Calendrier électoral en Bosnie-Herzégovine Le grain de sable dans le processus de paix Radovan Karadzic maintient l’incertitude sur son éventuelle candidature Pale (AFP) — Le dirigeant serbe bosniaque Radovan Karadzic demeurait hier le principal obstacle à la préparation des élections prévues en septembre en Bosnie, défiant la volonté affichée de la communauté internationale de le voir comparaître devant les juges de La Haye.Le succès apparent des élections municipales de Mostar, censées permettre la réunification de la ville, a en principe dégagé la voie pour la tenue des élections générales et présidentielle prévues le 14 septembre.Les résultats seront connus aujourd’hui, mais les premières tendances confirmaient la division de Mostar en deux camps, avec la victoire des deux forces nationalistes croate et musulmane.La communauté internationale se montrait surtout préoccupée par l’attitude de Radovan Karadzic qui, après avoir annoncé le transfert de ses pouvoirs de président de la Republika Srpska (RS) à Mme Biljana Plavsic, laissait planer le doute sur son éventuelle candidature à l’élection présidentielle.«Nous ne pouvons pas tolérer que M.Karadzic exerce quelque fonction publique que ce soit», a déclaré le haut représentant civil en Bosnie Cari Bildt.«Nous souhaitons qu’il disparaisse et je voudrais qu’il se rende à La Haye» où siège le Tribunal pénal international (TPI).Tout le reste ne serait pas satisfaisant», a-t-il ajouté.Après un entretien avec M.Bildt, Mme Plavsic a déclaré qu’elle n’userait certainement pas de ses nouveaux pouvoirs pour livrer M.Karadzic à La Haye.«Cela, a-t-elle souligné, serait contraire à la loi et à la Constitution de la RS.» Pour le représentant bosniaque à l’ONU, Mohamed Sacirbey, les élections prévues en septembre ne pourront être considérées comme «légales, libres et honnêtes» si des «criminels de guerre» serbes comme Radovan Karadzic restent en liberté.A Washington, le département d’Etat a estimé lundi que M.Karadzic n’avait pas satisfait aux demandes de la communauté internationale et qu’il était toujours au pouvoir.En vertu de l’accord de paix de Dayton, M.Karadzic n’a pas le droit de se présenter aux élections, en raison de son inculpation pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité par le TPI.Lundi, le nouveau directoire du Parti démocratique, serbe (SDS) réuni à Pale, fief des Serbes de Bosnie près de Sarajevo, a demandé à M.Karadzic, déjà réélu à la tête du SDS, de poser sa candidature à la présidentielle! Sans dévoiler ses intentions M.Karadzic a appelé, l’électorat serbe à l’unité: «Si l’électorat serbe se divise,, nous risquons de devoir défendre de nouveau notre liberté, et notre Etat les armes à la main», a-t-il dit.L’incertitude sur sa candidature devrait être rapidement levée: les listes électorales doivent être déposées d’ici le 4 juillet à l’Organisation pour la sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), chargée d’organiser les élections.La communauté internationale continuait de s’interroger sur la réalité du transfert de pouvoir annoncé à la tête, de la RS, obtenu de M.Karadzic après les pressions conjuguées de la communauté internationale et de Belgrade.M.Bildt a affirmé que «tout le pouvoir et les fonctions ont été transférés à Mme Plavsic» avant d’ajouter que «cela n’était pas suffisant.Nous voulons voir comment cela fonctionne».Sauvé des eaux ! PHOTO AP DES INONDATIONS ont fait une vingtaine de morts dans trois provinces du sud-ouest de la Chine et dévasté des milliers d’hectares de terres arables.Cet enfant a été secouru par des soldats hier à Guiyang, capitale de la province de Guizhou.La Corse en état de choc Ajaccio (Reuter) — La Corse était en état de choc hier, au lendemain de l’attentat à la voiture piégée visant un mouvement nationaliste qui a fait un mort et 17 blessés en plein après-midi sur le vieux port de Bastia.Dominique Perben, ministre de la Fonction publique, a déclaré que le gouvernement n’entendait pas changer sa politique axée sur la rigueur et le dialogue en dépit de cette nouvelle escalade de la violence dans l’ile.«C’est la politique qui est la seule possible à moyen et à long terme, faite de rigueur et de dialogue.Nous savions et nous savons qu’il y aura des moments difficiles, il faut savoir assumer les choses et le gouvernement assumera cette situation», a-t-il dit sur France Inter.Mais le maire radical de Bastia, Emile Zuccarelli, a enjoint le gouvernement de désarmer les «bandes armées» nationalistes et de cesser de négocier avec les mouvements clandestins.«J’ai un sentiment d’horreur devant le spectacle qu’offrait hier le vieux port de Bastia et un sentiment d’indignation parce que là, à l’évidence, c’est une nouvelle étape de l’escalade du terrorisme qui s’est produite», a-t-il dit sur France Info.«Il est grand temps maintenant que l’Etat prenne conscience de la situation, c’est-à-dire que la population de la Corse (.) veut être protégée, ils ont le droit de l’être.Maintenant, il faut arrêter de se perdre en négociations», a-t-il ajouté.«Guerre des chefs» Pierre Lorenzi, membre du conseil exécutif de la Cuncolta na-ziunalista, a succombé dans la soirée à ses blessures, et Charles Pieri, secrétaire général de ce mouvement nationaliste proche du FLNC «Canal historique», a été grièvement blessé.En prenant pour cibles deux responsables influents de la Cuncolta, les auteurs de l’attentat ont commis ce qui est considéré dans l’ile comme une véritable «déclaration de guerre des chefs» nationalistes.Le ministre de l’Intérieur, Jean-Louis Debré, a annoncé l’envoi de renforts du RAID, qui marquera le retour dans l’île de la force d’élite après un départ précipité le 16 avril dernier à la suite de la fusillade au cours de laquelle le capitaine René Canto et un militant de la Cuncolta, Jean-Luc Orsoni, avaient été tués.Violence politico-ethnique au Burundi Confusion sur le plan de déploiement de forces étrangères Bujumbura (AFP) — Le projet de déploiement de forces étrangères, destiné à aider le Burundi à mettre fin aux tueries qu’il connaît depuis près de trois ans, demeure flou, une semaine après avoir été adopté au sommet d’Arusha.Ce flou démontre, selon des diplomates à Bujumbura, la difficulté à trouver une définition de cette intervention qui puisse être acceptée par les Hutus et les Tutsis, sans même tenir compte des extrémistes des deux camps.Une lettre circule à Bujumbura, adressée par le premier ministre (tutsi) Antoine Nduwayo au président (hutu) Sylvestre Ntibantunganya et dénoncée par le porte-parole du ministère de la Défense, le lieutenant-colonel Longin Minani.M.Nduwayo écrit qu’il «faudrait rapidement élaborer le dossier précisant la nature, la forme et le volume de la coopération souhaitée parle Burundi».Lors du sommet d’Arusha les dirigeants burundais, reconnaissant leur incapacité à enrayer une situation qui menace d’embraser la région des Grands Lacs, ont pour la première fois demandé une aide militaire des pays voisins.Il apparaît qu’ils l’ont fait -particulièrement les Tutsis, le camp présidentiel ayant toujours été «secrètement» fa- vorable à une intervention étrangère sous une très forte pression des pays voisins, des Etats-Unis et de l’Union européenne.L’argent a joué un rôle déterminant selon des sources diplomatiques: le Burundi devrait avoir en effet épuisé ses réserves dans les tout prochains mois et n’être plus en mesure de payer ni ses fonctionnaies ni son armée.Les occidentaux, «fatigués» de l’interminable crise burundaise et redoutant un «nouveau Rwanda», ont fait dépendre leur aide d’un engagement des Burundais dans ce qui pourrait être une amorce vers la paix.Le nom même du projet adopté est sujet à problèmes: Les dirigeants burundais refusent le terme d’intervention qui connote selon eux une insupportable atteinte à la souveraineté nationale.Ils parlent d’«assistance» et de «coopération», vaguement définies.- Le ministre tanzanien des Affaires étrangères, Jakaya Kikwete, a indiqué lundi à Arusha, après une première réunion de la commission technique chargée de définir les modalités de l’aide au Burundi, qu’une «force de maintien» de la paix était à l’étude.Rien n’a encore été décidé quant à sa composition et à son commandement mais des participants à la réunion d’Arusha estimaient que la Tanzanie, l’Ouganda et l’Ethiopie pourraient être en première ligne.Les Tutsis n’ont aucune confiance dans les Tanza-niens, et les Hutus estiment avoir tqut à redouter de l’éventuelle arrivée d’Ougandais et d’Ethiopiens, qui ne pourraient être que les «complices» de l’armée dominée par les Tutsis.Divergences sur le commandement Des divergences entre le Burundi et ses voisins sont apparues sur la question du commandement de la force : étrangère.Les dirigeants burundais ont plusieurs fois dit au cours des derniers jours qu’il serait «burundais».Des participants à la réunion d’Amsha ont par contre estimé lundi que la force régionale devrait être «indépendante» et «dotée de son propre commandement».Enfin, la mission de cette force est l’objet d’interprétations totalement divergentes: le camp présidentiel la conçoit comme une sorte de force d’interpositon entre la rébellion hutue et l’armée, permettant de créer des: conditions «sereines» pour un dialogue national avec la participation de «tous les Burundais», selon le président Ntibantunganya. A (> L E I) E V 0 I H .L E M Ë It C It E I) I It .1 LI I I, I, E T I !) !) (i EDITORIAL Triste diplomatie François Brousseau Élections pour la galerie et la bonne conscience internationale à Mostar; peur d’affronter l’adversité serbe en allant cueillir là où il se trouve le criminel de guerre Radovan Karadzic: la «communauté internationale» poursuit, en Bosnie, sa diplomatie des demi-mesures et des satisfactions symboliques.ême «pacifiée», la Bosnie issue des accords de Dayton n’a pas fini d’être un cruel et quotidien révélateur de la lâcheté et du manque de détermination de la «communauté internationale», ainsi qu’une illustration éclatante des mécanismes pervers de la diplomatie.Deux événements survenus ces jours-ci l’illustrent parfaitement.Depuis plusieurs semaines déjà, le leader politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, est devenu, dans la bonne pensée diplomatique établie ainsi que dans les médias internationaux, le «symbole du mal» favori parmi les leaders occidentaux en mal de boucs émissaires et de discours musclés.Aucun doute là-dessus: M.Karadzic fait à juste titre une excellente cible.Il s’agit d’un criminel de guerre confirmé, .sur qui pèsent des myriades d’accusations, contre qui ont été prises des procédures formelles au Tribunal pénal international sur les crimes de guerre de La Haye.Les États-Unis ont juré hier que «d’ici quelques semaines», M.Karadzic n’occuperait plus le pouvoir en Republika Srpska (la moitié serbe de la Bosnie-Herzégovine partitionnée).Un pouvoir qu’il a fait mine d’abandonner ce week-end, dans un autre de ses multiples pieds de nez à la «communauté internationale».La vraie question est la suivante: pourquoi les puissances occidentales, qui sont omniprésentes sur le terrain en Bosnie, ne vont-elles pas appréhender cet individu pour le remettre aux autorités judiciaires de La Haye?Les mandats existent, le geste serait d’une légalité totale, les allées et venues du suspect sont parfaitement connues (il parade sur toutes les télévisions du monde), la capacité physique d’aller le cueillir ne fait aucun doute.Pourquoi, pourquoi?Deuxième exemple: les élections de Mostar.Dimanche, une consultation municipale a eu lieu dans la deuxième agglomération du pays, symbole d’un Insuffisances, lâchetés et demi-mesures: acte X autre massacre que celui, plus commun, des Musulmans par des Serbes: le massacre des Musulmans par des Croates.Aujourd’hui, Mostar passe pour «le» test de la normalisation de la Bosnie et de la possibilité d’y rétablir un semblant de vie politique normale, avec des gens qui votent, qui s’expriment, qui échangent, qui ont une vie en société.Le résultat est éloquent.D’une part, une indéniable réussite technique dans le taux de participation — plus de 60 % — et l’absence d’incidents violents.D’autre part, et simultanément, une confirmation des résultats de la guerre et de l’épuration ethnique: une ville divisée physiquement, politiquement, psychologiquement, en deux entités presque hermétiques.Et le représentant de l’Union européenne (UE) — la force administratrice locale — de s’extasier: «C’est au-delà de nos attentes, c’est un succès pour l’administration de l’UE.» Ces deux exemples, surtout le second, montrent que la diplomatie, même lorsqu’elle prétend rechercher avec altruisme le bien d’autrui, poursuit ses objectifs propres.C’est un peu comme une bureaucratie qui a ses quotas à remplir, parfois en contradiction avec le bon sens le plus élémentaire.Au moment où l’on «célèbre» le premier anniversaire de la chute de Srebrenica, en juillet 1995 Q’un des pires massacres commis en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale), et au moment où le Tribunal de La Haye examine à la loupe les pratiques des «épurateurs» — consignes massives de viol des femmes musulmanes lancées par les chefs de guerre; destruction systématique des édifices de culte musulmans et catholiques —, le monde se contente encore de comptabiliser avec satisfaction le taux de participation électorale à Mostar, et de froncer les sourcils — sans grandes conséquences jusqu’à ce jour — à l’encontre du tueur en chef Radovan Karadzic.Encore et toujours, la diplomatie occidentale face à la Bosnie se situe deux bons crans en deçà des exigences concrètes de la situation.Faut-il s’y résigner?Le nez collé à la fenêtre Je an- Ro b e r - ne émeute appréhendée qui n’a pas lieu, U un policier qui soutient que «l’anarchie est à nos portes» et un ministre de la Sécurité publique pour qui la société attend trop de _==J ses policiers.Beau cocktail de fête! A tout seigneur, tout honneur.Lorsque le ministre Robert Perreault soutient, comme il l’a fait ce weekend devant les directeurs de police du Québec, qu’«on voudrait que le policier soit l’éducateur que l’école n’a pas su fournir, qu’il soit les parents que la famille ne donne pas, qu’il règle les problèmes des jeunes, et qu’en plus il maintienne la paix», il exagère et devient complaisant à l’endroit de ses nouveaux subalternes dont il veut conquérir la sympathie.Si ses propos ont pu séduire les chefs de police, c’est que ces derniers ont le nez collé de trop près aux problèmes de délinquance et de criminalité.La société n’attend ni plus ni moins des policiers que des autres professionnels au service des jeunes: enseignants, travailleurs sociaux, cliniciens, travailleurs de rue.Un des drames de nos sociétés contemporaines, c’est certes l’incapacité de nombreux parents d’assumer leur rôle d’une façon soutenue et adéquate, mais c’est aussi l’isolement institutionnel dans lequel se cantonnent les bataillons de professionnels spécialisés et dévoués.Conséquence: chacun a l’impression qu’on lui refile le cas problème que l’autre n’a pas su résoudre.De la famille à l’école, au travailleur social et à la police.De grâce, monsieur le ministre, faites-nous l’économie des discours moralisateurs.Plutôt que de chercher à vous faire des amis dans la police, jouez franc-jeu en étant stimulant et exigeant à l’endroit de ces pro- t Sans fa ç on fessionnels dont nous assumons collectivement l’existence.Des policiers et de leurs chefs, on s’attend, c’est vrai, à ce qu’ils sachent analyser de plus en plus finement l’évolution de la société pour imaginer les moyens d’intervention les mieux adaptés à chacune des situations et des clientèles criminalisées.Mais on ne leur demande pas d’élever nos enfants ni d’organiser des spectacles rock pour les distraire.Le travail de policier est fait d’intelligence et d’un savant dosage de mesures préventives et répressives adaptées à la conjoncture.Ce qui semble avoir été le cas lundi, Fête du Canada, contrairement au soir de la Saint-Jean.Par contre, certaines déclarations publiques de policiers responsables viennent à nouveau créer le doute.La semaine dernière, c’est le chef de police de Québec qui rendait les «anarchistes» (dont un jeune venu d’aussi loin que Montréal!) responsables de l’émeute de la Saint-Jean.Cette fois, c’est une policier de la CUM qui s’aventure à confondre «anarchie» et gangs de rue criminalisées.Le problème des gangs de rue est réel et inquiétant.Si troublant en fait, qu’on peut comprendre le cri d’alarme lancé par ce policier.C’est d’ailleurs le même cri qui est repris sur un autre registre par les enseignants et les parents aux prises avec le décrochage des adolescents.Cela n’a pour autant rien à voir avec l’anarchie, cette idéologie politique à l’origine de l’émeute, selon le chef de police de la capitale.En 1968 ou 1970, peut-être.Aujourd’hui, pas vraiment, et surtout pas pour expliquer le phénomène des gangs de rue.A tout mêler, on mêle tout, dirait l’autre.Cet été, toutes les 30 minutes.La fin de semaine des 22 et 23 juin, RDI publiait dans Le Devoir une annonce en deux volets sous le thème «Cet été, à toutes les 30 minutes, quelqu’un.».La première annonce disait: «Cet été, à toutes les 30 minutes, quelqu’un fait du jardinage.Et quelqu’un vous donne les dernières nouvelles sur RDI.» L’image montrait un homme, la tête recouverte d’une cagoule, tenant d’une main une mitraillette et de l’autre une fourche à foin, au milieu de ce qui avait tout l’air d’un champ de marijuana.Un peu plus loin, la seconde annonce disait: «Cet été, à toutes les 30 minutes, quelqu’un part en cam- LETTRES -?- ping», suivi du même refrain sur RDI qui nous informe aux demi-heures.L’image montrait cette fois un soldat chargé de son barda et tenant lui aussi un fusil.Dans ce qui ressemble trait pour trait à une stratégie à la Benetton, quelques tons d’exagération au-dessous, RDI a choisi d’associer des énoncés anodins et des images qui évoquent la violence.En effet, notre œil blasé est aujourd’hui beaucoup plus susceptible de s’arrêter sur de telles images que sur n’importe quelles autres.Car de nos jours, les «vraies» nouvelles (que les Américains appellent hard news) traitent de la guerre, de la mort, de la violence urbaine, etc.Les questions sociales sont en général reléguées au second rang, à moins qu’elles puissent tirer quelques larmes au spectateur.Ce qui me déçoit le plus dans cette stratégie publicitaire, c’est que RDI pose en pur relais des drames humains, puisqu’aucun énoncé dans ces annonces ne permet de déterminer de quelle façon le réseau traitera cette matière brute qu’est l’actualité.On ne fait donc pas appel à notre intelligence, à notre sensibilité, mais à notre voyeurisme à nous aussi: RDI est le prolongement de notre œil à travers la planète.C’est la norme CNN qui se profile dans ces publicités décodées en quelques secondes à peine par le lecteur du journal.Quelle étrange dissonance avec Le Devoir, un média où la mise en contexte de l’information fait échec au sensationnalisme.François Trudeau-Reeves Hull, 26 juin 1996 Pourvu CELA TiSNNE I* tk Kl «.W-O LE MONDE Bienheureux les riches a guerre contre la pauvreté est terminée.Et les pauvres ont perdu.D’où les conséquences réelles — dans la vraie vie du vrai monde — du virage à droite du gouvernement Bouchard.Des séquelles qui, de fait, échappent à l’entendement des Laurent Beaudoin de ce monde.Maintenant que le virage semble vouloir devenir permanent, des analystes s’intéressent aux impacts sociaux d’un type de capitalisme qui, s’il n’est contenu par des politiques fortes, ne fera qu’accroître une paupérisation déjà visible.Plutôt que de s’inquiéter des coûts humains et financiers de l’exclusion de catégories entières de citoyens de l’activité économique, Québec fait la sourde oreille au cri d’alarme que l’émeute du 24 juin a fait retentir on ne peut plus clairement.Au Québec, cette exclusion touche un nombre troublant de citoyens.Aux 400 000 chômeurs «comptabilisés» s’adjoignent près de 800 000 prestataires d’aide sociale.De ces derniers, 370 000 sont carrément aptes au travail.Ils vivent — ou survivent — sur des prestations moyennes de 630 $ par mois.Dans les régions du Grand Montréal, des banlieues, de Laval et de la Montérégie, c’est près d’un demi-million de Québécois que l’on retrouve à l’aide sociale.En fait, le nombre de prestataires — et surtout de personnes aptes au travail incapables de trouver un emploi — ne cesse d’augmenter.Parmi les exclus, les moins de 35 ans et les femmes écopent plus que tous les autres.Ils sont affectés soit par le chômage, soit par une pauvreté due à leur confinement de plus en plus répandu dans des emplois précaires et-ou à temps partiel.Et ils continuent à perdre du terrain.et l’espoir d’une vie meilleure.On se prépare ainsi des troubles sociaux que même la SQ ne pourra contenir.Et pourtant, le 20 juin dernier, le premier ministre Bouchard avertissait les Québécois qu’ils devaient se préparer à une autre «année difficile».Vu le type de compressions qui fut imposé jusqu’à maintenant — sans compter l’exemple annoncia- JOSÉE L E G A U ?L T teur de la répartition injuste des coûts de la future assurance-médicaments —, on commence à se douter de quels Québécois il s’agit.Mais il demeure des ceintures que l’on serre moins vite que d’autres.Témoins de l’enrichissement continu des nantis, les secteurs banquiers, financiers, immobiliers et d’assurances ne cessent d’augmenter leurs chiffres d’affaires et leurs marges de profit sans qu’ils ne contribuent suffisamment à la société qui les enrichit.Pendant ce temps, on apprend que l’ancien sénateur fédéral Claude Castonguay aurait reçu la rondelette somme de 145 000 $ pour son travail sur l’assurance-médicaments et les régimes complémentaires de pension.Un autre quotidien rapportait aussi que l’Office de la langue française entendrait dépenser jusqu’à 350 000 $ en frais de déménagements.C’est à se demander qui fut l’architecte chargé des travaux: Roger Tallibert?Ces deux exemples soulèvent une question fondamentale d’éthique: de telles sommes sont-elles justifiées et justifiables alors que l’on réduit ou élimine les maigres subventions aux loyers des assistés sociaux?Dans ce contexte, le gouvernement ne doit-il pas justifier publiquement des dépenses qui paraissent extravagantes en ces temps de présumés «sacrifices»?En fait, il semble bien qu’il ne reste plus que le Parti québécois lui-même qui puisse mettre un frein à ce virage à droite.S’il manque de le faire lors de son conseil national en septembre et de son congrès en novembre, les conséquences à moyen et long termes pourraient s’avérer fort coûteuses et ce, à plusieurs niveaux.Dans la société québécoise, l’appauvrissement grandissant de certaines catégories de citoyens et l’effilochage de son tissu social l’affaibliront sans contredit alors que se creuse le fossé entre les «exclus» et les «admis».À Québec, l’impact électoral de ce virage se fera inévitablement sentir dans les prochains deux ans.Même la popularité de M.Bouchard — une variable extrêmement volatile en politique — ne sera pas épargnée.D’autant plus si le PLQ remplace Daniel Johnson avec un leader plus nationaliste et plus progressiste.A la base du PQ, les militants qui travaillent d’arrache-pied non seulement pour la souveraineté mais pour une vision sociale progressiste et la défense du français risquent d’être nettement moins «enthousiastes» — et donc moins efficaces — lors des prochaines élections.Avec la résultante sur le terrain que l’on peut deviner.Aucun parti — et encore moins des militants de la trempe du PQ — ne doit être tenu pour acquis, comme l’ont clairement démontré les élections de 1985.Et, de l’aboutissement de ce cycle pourrait découler la chute de la probabilité d’une victoire au prochain référendum, voire de sa tenue même.A la suite de l’émeute du 24 juin, le ministre Robert Perreault a donné comme seule réponse une demande nébuleuse aux autorités de Québec de «rétablir les ponts» avec les exclus.Si Québec ne se ressaisit pas, nous risquons plutôt d’assister à l’érection d’un pont suspendu.au-dessus d’un gouffre.?Ai revu Le Temps des bouffons de Pierre Falardeau, une fascinante étude anthropologique d’une fête de la tribu des grands bourgeois fédéralistes.Usant du dialecte principal de la tribu, le chef Roger D.Landry — qu’il y prononce lui-même «Rodger Lainedri» — y résume avec brio la vision que celle-ci a d’elle-même: «We are magnificent people, and I raise my hat to all of us.You are as beautiful as I think I am.» Un charmant divertissement inter-référendaire.Et combien pédagogique.A PROPOS .des risques du cancer Au cours de la vie, une femme sur neuf sera atteinte du cancer du sein, principalement après 50 ans.Tandis qu’une sur 16 sera atteinte du cancer du côlon et du rectum, une sur 21 présentera un cancer du poumon.Une femme sur 25 mourra du cancer du sein, et une sur 24 du cancer du poumon.Environ un homme sur neuf sera atteint du cancer de la prostate, principalement après 70 ans.Le cancer du côlon et du rectum touchera un homme sur 15, et celui du poumon un sur 11.Le cancer du poumon en emportera un sur 12, et celui de la prostate un sur 27.Statistiques canadiennes sur le cancer, 1996, Institut national du cancer du Canada.Directrice LISE BISS0NNETTE Rédactear en chef BERNARD DESCÔTEAUX Vice-président, finances et administration FRANÇOIS TH0UIN Directeur de l'information CLAUDE BEAUREGARD Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, GUY TAILLEFER, NORMAND THÉRIAULT Rédacteur en chef adjoint JEAN-ROBERT SANSFAÇ0N Directeur artistique ROLAND-YVES CARIGNAN 2050, rue de Bleury, 9eétage, Montréal (Québec) H3A 3M9.Tél.: (5 14) 985-3333 LE DEVOIR I- E 1) E VOIR, L E M E R C R E I) I 3 .1 II I L L E I' I !) !) (i IDEES Tolérance zéro L’élimination du déficit budgétaire ne doit pas se traduire par un déficit social PHOTO ROBERT SKINNER Lorraine Pagé: «Notre adhésion à l’objectif du déficit zéro n’est pas inconditionnelle.» LORRAINE PAGÉ Présidente de la Centrale de l'enseignement du Québec ors de la Conférence sur le devenir social et économique du Québec de mars 1996, la Centrale de l’enseignement du Québec (CEQ), tout comme la CSN, la FTQ et les groupes sociaux, a souscrit à l’objectif d’éliminer le déficit du gouvernement du Québec d’ici l’an 2000.Depuis lors, bien des interprétations ont été données à cette prise de position.Il nous paraît nécessaire d’apporter certaines précisions à ce sujet et, notamment, de clarifier notre point de vue concernant le projet de loi sur l’élimination du déficit et l’équilibre budgétaire soumis par le gouvernement.D’abord, à quoi précisément la CEQ a-t-elle donné son accord lorsqu’elle a souscrit à l’objectif du déficit zéro?Il ne s’agissait pas de nous considérer responsables des déficits et de l’endettement.D’ailleurs, Statistique Canada a déjà fait observer que 90 % de l’augmentation des dépenses au fédéral entre 1975 et 1990 s’expliquait par le gonflement des frais d’intérêts sur la dette.Au Québec, le même phénomène s’est produit.Cependant, nous reconnaissons depuis longtemps que le niveau d’endettement actuel et les déficits qui se répètent d’année en année créent une dynamique malsaine dans les finances publiques.Pour chaque dollar d’impôt payé à Québec, 16 cents vont au service de la dette et les gens considèrent qu’ils en ont de moins en moins pour leur argent.De quoi justifier que l’on travaille sérieusement à renverser la tendance au gonflement de la dette.Deuxièmement, lorsque nous sommes dépendants des milieux financiers comme c’est le cas actuellement — 40 % de la dette est due à des non-résidants —, nous sommes vulnérables au chantage des agences de cotation qui peuvent dicter les choix sociaux et politiques, simplement en abaissant la cote de crédit ou en menaçant de le faire.Il est essentiel d’échapper à cette dépendance.Notre troisième motivation résidait dans la nécessité d’infléchir la volonté gouvernementale d’éliminer le déficit des opérations courantes en deux ans, ce qui aurait mis énormément de pression sur les dépenses publiques et aurait entraîné d’importantes compressions additionnelles.Il s’agissait de contrer une détérioration accrue des conditions de travail et d’éviter des pertes d’emploi massives dans le secteur public.Reporter d’un an l’élimination du déficit, par rapport au scénario présenté par le gouvernement à l’ouverture du sommet socioéconomique, laissait en effet plus de te/nps pour trouver des solutions du côté des revenus de l’État, du financement des services publics et de la relance de l’emploi.Qu’il soit clair cependant que notre adhésion à l’objectif du déficit zéro n’était pas — et n’est toujours pas — inconditionnelle.D’abord, l’équilibre budgétaire devra être atteint principalement par une révision en profondeur de la fiscalité dans une perspective d’équité.Ensuite, nous ne saurions accepter des coupures de programmes entraînant une diminution des services à la population.Enfin, la recherche de l’équilibre budgétaire ne devra pas empêcher la mise en place de politiques permettant au Québec de s’attaquer résolument au problème de la pauvreté ni entraver les efforts nécessaires pour stimuler l’emploi.Par ailleurs, la Conférence sur le devenir social et économique du Québec s’est achevée sur une ambiguïté.Le patronat a cru qu’un consensus s’était dégagé sur une loi antidéficit; les centrales syndicales ont plutôt cru que le consensus portait sur un mécanisme de régulation du déficit une fois atteint l’équilibre budgétaire.Selon la liste des principaux consensus et engagements pris par les partenaires, établie par le Secrétariat à la concertation, les participants se sont entendus sur un scénario de réduction du déficit gouvernemental ainsi que sur un mécanisme de contrôle assorti à ce scénario et tenant comp- te des cycles économiques.Quant au gouvernement, si l’on se fie au projet de loi sur l’élimination du déficit et l’équilibre budgétaire, il a plutôt opté pour une contrainte législative qui le forcerait à atteindre et à maintenir un déficit zéro.La Commission sur la fiscalité et le financement des services publics constituée récemment a reçu, entre autres mandats, celui d’émettre un avis à l’égard de ce projet de loi.il convient d’analyser attentivement les conséquences de ce genre de réglementation avant de nous engager dans cette voie.Essentiellement, le projet de loi prévoit que si des dépassements aux objectifs budgétaires sont observés une année, le gouvernement devra prendre les moyens nécessaires pour les résorber dès l’année suivante.Qu’il suffise de mentionner que, si cette loi avait été en vigueur au cours de la dernière récession, il aurait fallu que le Québec réalise un effort budgétaire additionnel de cinq milliards de dollars.Cela aurait eu pour effets d’approfpndir la récession, de gonfler le chômage et de placer l’État dans l’incapacité de faire face aux besoins accrus en matière de soutien du revenu.En fait, l’approche comptable de ce projet de loi amènerait le gouvernement à abdiquer ses responsabilités, particulièrement en période de difficultés économiques.Vu l’impossibilité de prévoir l’avenir, il nous semble qu’un tel schéma de régulation, qui repose sur une combinaison d’automatismes rigides et mécaniques, est contre-indiqué.Même les législations des autres provinces canadiennes ne sont pas aussi contraignantes.Ainsi, le Nouveau-Brunswick prévoit une régulation du solde budgétaire étalée sur quatre années et le Manitoba a créé un fonds de stabilisation des recettes pour faire face aux imprévus, ainsi qu’un fonds de remboursement de la dette.Il nous semble nécessaire d’élargir la problématique des finances publiques au delà du seul équilibre budgétaire pour englober aussi la question de l’endettement.A notre avis, l’idée de constituer différents fonds articulés les uns aux autres pour faciliter une gestion harmonieuse des finances publiques mériterait d’être approfondie sérieusement.Comme on le voit, l’atteinte du déficit zéro et la loi antidéficit soulèvent beaucoup de questions.Il est à souhaiter que les travaux de la Commission sur la fiscalité et le financement des services publics permettront de dégager des perspectives de solutions durables.Le déficit zéro sur le plan budgétaire ne doit pas se traduire par un déficit social.Je crois, il croit, tout le monde croit Là où interviennent les différences, c’est sur le contenu de la foi VIATEUR BEAUPRÉ Sept-îles J e ne prends pas Normand Baillargeon pour Pol Pot en personne, ni pour la réincarnation de Staline.Je ne le crois pas non plus un fan de l’échelle de Jacob du haut de laque le il regarderait la Terre promise et volée aux Palestiniens.Je lis sa chronique avec intérêt.Il me semble avoir la passion de la justice et il a en horreur «la Bêtise au front de taureau».Avec un langage qui ne doit rien aux élégances de Trissotin et aux circonvolutions poisseuses des diplomates pourris.Et qu’il soit plus que sceptique à l’égard du thaumaturge Tardif et de l’astrologue Yves Petitclerc n’a rien pour me déplaire.D’une part.Et pour cette part, merci.D’autre part, j’arrive mal à comprendre pourquoi il écrit ne croire «ni à Dieu, ni à Pol Pot, ni à Staline, ni à rien.Jamais je ne crois.Il me semble.» Or, il me semble bien qu’il croit.Avec une conviction aussi soutenue que celle d’un croyant non diplomate, ni Tartuffe ni Trissotin.Si j’avais le plaisir de le rencontrer, j’aurais quelque plaisir à lui réciter mon credo, le credo catholique.Les articles de ce credo commencent par «je crois»; à chacun d’eux il répondrait, avec force et conviction: «Non, je ne crois pas à cela! Dieu, le Christ, la résurrection de la chair, la vie étemelle, mon œil!» Il a donc un credo, aussi élaboré et solide que le mien.Un credo qui l’amène à croire exactement le contraire de ce que je crois.Ce qui ne lui enlève aucune compétence pour bien parler des propagandistes de Coca-Cola ou des extraterrestres dans les écoles de France, pour juger de la «distinction» linguistique de Jean Chrétien, ou des failles mentales de Sheila Copps disant: «Ce sont des séparatisses qui se défilent comme chômeurs», alors que son collègue de la GRC croit plutôt que ce sont «des démonstrateurs».Mais il faut bien dire que son credo le rend aussi inapte que Michel Tremblay à parler de Dieu, de la foi et de la religion.Pour parler sensément de la poésie, du théâtre, de l’art ou de l’amour, il faut croire à l’existence de la poésie, du théâtre, de l’art et de l’amour.Pour dénoncer les contrefaçons couronnées et les déformations monstrueuses de ces réalités, il faut connaître ces réalités, de l’intérieur, y croire et les respecter.Quand il dénonce vigoureusement les atteintes à la dignité de l’homme, c’est parce qu’il croit à cette dignité.Et si la Bêtise l’accable, c’est qu’il croit à l’intelligence.Il collabore au Devoir parce qu’il croit que l’homme et la société devraient être ceci plutôt que cela.Il a donc des points de référence relativement fixes, fixes comme les bornes de mon credo, les murs de sa maison, le contour osseux de sa boîte crânienne et le squelette de son corps qui empêche ses membres d’être un magma gélatineux en constante déformation sous l’effet des pressions intérieures et extérieures.En toute logique, il me semble, il devrait dire qu’il est un croyant; qu’il a des dogmes comme lanternes ou bouées de sauvetage.Ainsi, il faut avoir une foi à toute épreuve pour soutenir que la foi, ou l’objet de la foi, n’existent pas.De même qu’il faut être fort subtil pour démontrer brillamment que l’intelligence ne peut rien démontrer comme vrai ou faux.Ça se fait; mais à quel prix?En prenant comme base solide de sa brillante démonstration que l’intelligence est radicalement impuissante à démontrer quoi que ce soit De même si je nie Dieu, sans le connaître et en interdisant à mon intelligence et à mon cœur, même le désir de le connaître, ou du moins de le chercher.Cela dit, mon credo ne m’empêche en rien d’avoir une grande admiration pour le génie poétique de Prévert et de voir en même temps que son athéisme véhément se fonde sur une méconnaissance géniale de Dieu et de la religion incarnée par d’autres que Tartuffe.De même pour Brel, Brassens, Léo Ferré et tant d’autres.De même pour un grand nombre de nos intellectuels québécois, dont les connaissances religieuses se résument, et encore! à celles de l’école maternelle, entretenues et enrichies par la suite de gras propos de taverne ou de subtiles ironies des Pour parler sensément de la poésie, du théâtre, de l’art ou de l’amour, il faut croire à l’existence de la poésie, du théâtre, de l’art et de l’amour.salons in, d’avant-garde et «branchés».Autrement dit, s’il est bien compris et vécu, le credo qui est le mien m’invite à être extrêmement ouvert, accueillant à tout ce qui est vrai et beau.Le credo athée, vécu en toute logique, interdit aux Français d’admettre dans leur panthéon Pascal, Jeanne d’Arc, Vincent de Paul, François de Sales, Thérèse de Lisieux, tous ces faibles d’esprit qui croyaient en Dieu.C’est triste.Triste comme le sépulcral et lugubre Panthéon parisien.Bref, je crois, il croit, tout le monde croit.Là où interviennent les différences, c’est sur le contenu de la foi.A les regarder distraitement, entre deux bières à la taverne, un extraterrestre constaterait que le Toronto Star et Le Devoir se ressemblent étrangement pour ce qui est du contenant; voir que leur contenu est souvent radicalement différent exige un examen plus attentif qu’il n’est habituellement possible dans une taverne ou en s’enivrant de lyrisme heavy metal.Pourquoi lui ai-je écrit?A peu près, je crois, pour les mêmes raisons qui l’amènent à partager sa foi avec les lecteurs du Devoir.C’est-à-dire le désir de partager aux autres ce qu’on croit.On croit qu’ils en tireront quelque profit.«J’ai cru; c’est pourquoi j’ai parlé.» Saint Paul le dit; tout le monde le fait Cela admis, on peut ensuite discuter de la valeur respective des choses crues.Car s’il y a l’amour de la crème glacée ou de son chat, il y a aussi et surtout l’amour de saint Jean pour le Verbe incarné ou celui de Juliette pour Roméo.T H É A T R E Un protectionnisme corporatiste Pourquoi rappeler que bien des critiques se sont trompés en ne reconnaissant pas des génies et omettre qu’un nombre au moins égal de critiques complaisants se soucient davantage du nom que de l’œuvre?DOMINIQUE LAFON Professeur aux départements de théâtre et de lettres françaises TI B O R EGERVARI Metteur en scène, professeur au département de théâtre Universté d’Ottawa fi====j] 1 était déjà assez amusant de voir Peter Brook I voler au secours de Robert Lepage, avec des accents mélodramatiques {Le Devoir, 25 mai 1996), il fallait encore que Denis Marleau en remette dans un style paternaliste de haute - volée {U Devoir, 30 mai 1996).Si le plus célèbre metteur en scène du monde occidental avait mis en jeu son «expérience professionnelle» pour soutenir un spectacle maltraité d’une troupe inconnue, nous l’aurions applaudi des deux mains.Mais rompre ainsi des lances contre un critique «débutant» — comme l’écrit M.Marleau par trois fois — pour défendre l’homme de théâtre le plus médiatique et le plus médiatisé du Canada, n’ajoute ni à la gloire de M.Brook ni à celle de M.Lepage.Le fait est que la critique de Hervé Guay des Sept Branches de la rivière Ota n’avait rien d’outrageux par rapport à celles de ses consœurs et de ses confrères.Alors pourquoi ces avertissements, voire ces mises en garde, destinés à «monsieur le critique», comme l’écrit M.Brook?Pourquoi rappeler à M.Guay avec insistance que bien des critiques se sont trompés en ne reconnaissant pas des génies, et omettre qu’un nombre au moins égal de critiques complaisants se soucient davantage du nom que de l’œuvre?«La création est un acte fragile.Le découragement devient facilement destruction», écrit M.Brook, et il a parfaitement raison.Mais c’est justement cette fragilité-là qui met le courage du créateur à l’épreuve ,et qui, le cas échéant, rehausse l’éclat de sa réussite.«A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire», et même le créateur qui prétend aux honneurs doit en accepter les risques.Quant à M.Marleau, il semble accorder une vertu magique au temps passé à la création.Il s’indigne de la «disproportion entre l’effort créatif qu’a dû fournir pendant quatre ans et à travers le monde ce collectif théâtral pour arriver à réaliser une œuvre aussi poignante et ambitiéü-se et l’effort critique de M.Guay».On pourrait lui rappeler la réplique d’Alceste lorsqu’Oronte tente d’expliquer son sonnet par la durée de sa composition: «Voyons, Monsieur, le temps ne fait rien à l’affaire.» Le théâtre est un art et, partant, soumis aux appréciations des uns et des autres, qu’ils soient jeunes ou vieux, débutants ou au faîte des honneurs.La réplique de Figaro («Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur; et il n’y a que les petits hommes qui redoutent les petits écrits») s’adressait à tous les puis» sants de ce monde.Le propos peut paraître circonstanciel.En fait, cet échange qui donne aux metteurs en scène le droit dè réclamer des comptes au critique, est révélateur du climat qui sévit actuellement dans le monde du théâtre québécois.L’effet le plus pernicieux de ce protectionnisme corporatiste est, sans aucun doute, la décision fie la SRC de retirer de sa programmation l’émission La Grande Scène du dimanche.Cette table ronde qui réunissait des critiques ne s’érigeait pourtant pas en tribunal tant les commentaires en demeuraient courtois et mesurés, les organisateurs ayant pris la peine de tempérer leurs ardeurs en priant les metteurs en scène d’assister aux échanges, voire d’y participer de la salle.Mais c’était encore trop! La critique ne saurait dépasser le niveau du compte rendu lénifiant, sous peine d’être muselée par des praticiens drapés dans une susceptibilité frileuse qu’ils tentent, maladroitement, d’attribuer à leur seule compétence.Peut-on être juge et partie?Oublierait-on ici que le public sanctionnera, critique ou pas, leur travail; que l’évaluation des pairs n’a jamais assuré le succès?Au contraire, il y a dans ce mouvement de défense la preuve (par l’absurde) du bien-fondé de la critique.tant il est vrai que l’on n’a jamais vu — dans ces colonnes ou ailleurs — un metteur en scène voler au secours de la victoire d’un collègue, ni même l’en féliciter ou s’en réjouir publiquement.N’y aurait qu’au Québec que l’art serait aisé et la critique difficile?L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine: Sylvain Blanchard, Paul Cauchon, Jean Chartier, Louis-Gilles Francœur (environnement), Kathleen Lévesque, Caroline Montpetit, Brian Myles, Isabelle Paré, Louis Lapierre (adjoint au directeur de l'information) ; Jean-Pierre Legault (responsable des pages thématiques), Diane Précourt (pages éditoriales, responsable de la section Tourisme)-, Martin Duclos et Christine Dumazet (relecteurs) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes); à l’information culturelle: Michel Bé-lair (responsable), Stéphane Baillargeon, Pierre Cayouette, Mario Cloutier, Paule des Rivières, Louise Leduc, Benoit Munger, Odile Tremblay;, à l’information économique: Gérard Bérubé (responsable), Robert Dutrisac, Claude Lévesque, Serge Truffaut, Claude Turcotte; à l’information internationale: Sylviane Tramier (responsable), François Brousseau (éditorialiste), Jocelyn Coulon, Clément Trudel; à l’information politique: Pierre O’Neill, Jean Dion (correspondant parlementaire à Ottawa), Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec), Michel Venne (correspondant parlementaire à Québec); à l’information sportive: Yves d’Avignon; Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction)-, Marie-Claude Petit, Julie Tremblay (commis).La documentation: Gilles Paré (directeur); Brigitte Arsenault Manon Derome, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Martine Dubé (directrice), Daniel Barbeau (dû ) recteur adjoint), Jacqueline Avril, Jean de Billy, Brigitte Cloutier, Gyslai-ne Côté, Marlène Côté, Sylvie Hanna, Christiane Legault, Jacques A Nadeau, Guylaine Ouellet, Micheline Ruelland, Monique Verreault (publicitaires); Sylvie Laporte, Nathalie Lemieux, Pierrette Rousseau, Mi- .cheline Turgeon; Francine Ouellet (secrétaire).LA PRODUCTION Jocelyn Arsenault (directeur des approvisionnements, distribution et production), Marie-France Turgeon (responsable de la production), Claudinç Bédard, Johanne Brunet.Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Marie-Josée Hudon, Sylvain Lesage, Christian Vien, Olivier Zuida.SERVICE À LA CLIENTÈLE Johanne Brien (responsable), Evelyne-Labonté (responsable à la promotion des abonnements).Manon Blanchet-te-Turcotte, Monique L’Heureux, Lise Lachapelle, Rachelle Leclerc- ’ Venne.L’ADMINISTRATION Yves Bouthiette (contrôleur), Dany Dér patie (adjointe à l'administration et responsable des ressources humaines), Nicole Carmel (responsable des services comptables).Jeanne-d’Arc Houde ’ (secrétaire à la direction); Céline Furoy.Ghislaine Lafleur.Nathalie Perlier, Danielle Ponton, Danielle Ross.LE CONSEIL DU DEVOIR INC.Yves L Duhaime (président).LA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (président).Roger Boisvert (vice-président exécutif et di- , recteur général). L H I) E V 0 1 R , I, E M E R (I lî.E I) I 8 ,1 l! I L L E T I 0 !) (i A 8 AIT 0 A LIT SOMALIE Une violation de la Convention de Genève de 1949 SUITE DE LA PAGE 1 du.Régiment aéroporté.Les jeunes détenus n’auraient pas été molestés mais simplement exposés à la vue des passants.L’aumônier a refusé toutes les demandes d’entrevue de l’émission.Un officier des relations publiques du ministère de la Défense nationale, le capitaine Jacques Poi-tras, a indiqué à l’équipe du Point que l’aumônier devait faire preuve de discrétion car il sera appelé à témoigner dans le cadre de la Commission d’enquête sur la Somalie.La photo que Radio-Canada a obtenue est une copie de celle que le caporal Michel Pumelle a déposée à la commission d’enquête le 26 avril dernier.Le caporal, qui fait l’objet d’une suspension pour avoir accordé des entrevues aux médias et désobéi à des ordres, était membre du Régiment aéroporté et a séjourné en Somalie.La pho- to lui a été confiée par son auteur, un soldat du Régiment aéroporté, qui préfère garder l’anonymat.«Je reconnais là le padre du régiment en Somalie, le padre Sargent», a dit le caporal Pumelle au journaliste.L’identité de l’aumônier a aussi été confirmée par un autre militaire qui était en Somalie à ce moment-là, l’ex-capitaine Michel Rainville.C’est le capitaine Rainville qui dirigeait l’une des patrouilles où un civil somalien fut tué alors qu’il tentait de pénétrer dans le camp des militaires canadiens.Lorsque le journaliste lui a montré la photo, Rainville a déclaré qu’il avait à plusieurs reprises vu des Somaliens ligotés ainsi., «J’ai souvent aperçu des groupes semblables, a-t-il dit.A plusieurs reprises, devant le camp de logistique, j’ai vu cela.» Rainville a dit que la première fois où il avait aperçu des Somaliens dans cette situation, il avait demandé des explications à ses supérieurs.«La première fois, j’ai posé des questions à l’état-major du régiment, a-t-il dit.On m’a répondu que c’était un moyen pour dissuader les pillards d’entrer dans les campements.Cette pratique avait été suggérée par les autorités somaliennes.» Cette scène disgracieuse de prisonniers ligotés et exposés en public est pourtant une violation de la Convention de Genève de 1949 sur le traitement des prisonniers.En effet, un article de cette Convention stipule que les prisonniers «doivent être protégés contre tout acte de violence, contre les insultes et contre la curiosité publique».La publication de cette nouvelle photo s’ajoute à toutes celles, déjà publiées ou encore secrètes, qui alimentent le scandale de la Somalie.Lors des procès des auteurs présumés de la mort de deux Somaliens, les médias avaient publié les photos du jeune Somalien Shidane Arone, le visage tuméfié et ensanglanté, en compagnie de son tortionnaire, le soldat Clayton Matchee, et un complice, le soldat Elvin Kyle Brown.Le premier a été déclaré inapte à subir un procès à la suite d’une tentative de suicide qui lui a causé des dommages au cerveau.Le deuxième a été condamné à cinq ans de prison.En novembre 1994, le major Barry Armstrong, qui s’occupait de l’antenne médicale en Somalie, révélait que ses supérieurs lui avaient ordonné de détruire des photos de Somaliens qui avaient subi des sévices aux mains de soldats canadiens.Le docteur Armstrong détient toujours ces photos.Enfin, des policiers militaires ont révélé en octobre dernier qu’il existait d’autres photos «trophées» montrant des Somaliens ligotés et les yeux bandés.Les enquêteurs ont affirmé dans leur rapport que le fait de poser en compagnie de prisonniers semblait avoir été un passe-temps populaire en Somalie.WA «Nous voulons faire une série-culte» SUITE DE LA PAGE 1 La bande dessinée à l'origine de l'émission est belge et c'est son auteur, Michel Oleff, qui écrit le scénario.Les personnages principaux sont également dessinés en Belgique.L'équipe de Montréal reçoit le synopsis, le fait entrer dans l'ordinateur, met de la couleur sur les dessins, fabrique quelques-uns des personnages secondaires, s'occupe des effets spéciaux.Certains décors sont effectués au Luxembourg et en Roumanie, certaines animations en Italie et en Russie.Pourquoi tant de pays?Pour obtenir les meilleurs prix.La série sera diffusée sur une chaîne de France fie samedi à 18h) cet automne et sur les ondes de TVA dans un an.«Nous voulons faire une série-culte, marquée par un dessin très réaliste, très précis, et un découpage de type film», souligne le vice-président aux marchés internationaux de TVA, François Saint-Laurent, en parlant avec amour de son détective, dont les enquêtes auront souvent une saveur fantastique.«Ce n'est pas Terminator 2 avec ses explosions en série mais ce n'est pas non plus une série de jouets de bois non peints, qui ressemblent à une pénitence.C'est une série d'aventures, simplement» M.Saint-Laurent a passé dix ans chez Coscient, où il est devenu un expert des coproductions.Il a notamment vendu OmniScience dans 122 pays et on lui doit également l'acquisition des droits mondiaux d'exploitation audiovisuelle du Bob Morane d'Henri Vernes.M.Saint-_Laurent passe autant de temps en avion que sur terre, et "ses affinités premières vont à la Belgique, dont il aime «le petit côté anglo-saxon».«Ce n'est pas que j'aime travailler avec des passeports, j'aime travailler avec des gens de talent», dit-il pour expliquer son option internationale.Mais M.Saint-Laurent n'est pas aveugle; il est le premier à reconnaître que «beaucoup de coproductions sont de la merde».Les projets ne manquent pas au studio de la rue Laurier.Déjà, une seconde coproduction est en marche, Les Archéonautes, qui, comme son titre l'indique, permet à ses héros d'évoluer dans des espaces anciens grâce à leurs bidules électroniques ultramodemes.Pour TVA il ne s'agit pas seulement de produire des émissions intéressantes.Il s'agit avant tout de placer ses pions sur la scène internationale, dans les merveilleux mondes de la coproduction et de la distribution.Jusqu'à présent, les efforts de TVA pour vendre ses émissions ou miniséries à l'étranger n'ont donné aucun résultat Par opposition, le dessin animé Carland Cross a déjà été vendu à l'Allemagne et à l'Espagne, avant même sa confection.Coût des 26 épisodes?Quelque dix millions de dollars.Même si l'animation télévisée frôle le niveau de saturation, ses ventes à l'étranger sont plus aisées en raison des voix qui se changent facilement et du contexte souvent moins chargé culturellement.Et François Saint-Laurent espère que le public adolescent, qui est réfractaire à la télé, répondra à l'appel.Quelques-uns des employés de TVA Animation proviennent de l'Office national du film.Mais ceux qui seront embauchés cet été pour remplacer l'équipe régulière proviendront presque tous de ICARI, une école d'animation privée à la fine pointe de la technologie de l'animation.La participation de TVA dans le secteur de l'animation reflète parfaitement l'intensification de la présence du secteur privé dans ce domaine.TVA Animation, qui utilise un nouveau logiciel conçu pour le dessin animé, Tic Tac Toon, est, avec les producteurs Ciné-Groupe, Cinar et Cactus, au premier rang de l'animation au Québec.Devant les promesses d'avenir, la direction de TVA estime qu'un investissement de 300 000 $ pour la mise sur pied du studio est un geste peu risqué.Le coroner Bouliane veut que Québec rembourse ses frais de défense Québec (PC) — Le coroner Marc-André Bouliane demande aux tribunaux de condamner le gouvernement québécois à lui rembourser les 85 600 $ d’honoraires d’avocat que sa défense lui a occasionnés jusqu’à présent.Dans sa déclaration en Cour supérieure, le coroner indique avoir formulé plusieurs demandes en ce sens auprès des ministres de la Justice et de la Sécurité publique, mais en vain.Il estime qu’ils essaient par tous les moyens de le contraindre à remettre sa démission.Par leur attitude, précise l’avocate du coroner, Me Claude Dallaire, les deux ministres empêchent Me Bouliane de faire valoir de façon adéquate son droit à une défense pleine et entière.Le statut du coroner, nommé à son poste en 1986, est remis en cause par l’enquête déclenchée l’an dernier par le ministre de la Sécurité publique.Celle-ci devait porter sur l’affaire de vente d’autobus d’écoliers à Cuba.Or, répète Me Dallaire, l’enquête a été élargie par l’ajout d’une série de dix événements remontant à plusieurs années.Il s’agissait, selon elle, de dossiers clos n’ayant donné lieu à aucune réprimande ni sanction disciplinaire.La requête du coroner Bouliane visant à contrer le rapport de l’ex-juge en chef Albert Gobeil, de la Cour du Québec, est toujours pendant devant la Cour supérieure.La procédure du coroner réclamant le remboursement de ses frais s’appuie sur la directive concernant l’ensemble des conditions de travail des cadres supérieurs.Celle-ci stipule que l’employeur assume les frais de défense du cadre supérieur lorsqu’il est «appelé à comparaître à l’occasion d’une enquête ou d’une préenquête judiciaire ou quasi judiciaire».L’an dernier, souligne l’avocate du coroner, le Protecteur du citoyen lui a donné gain de cause, concluant que le refus de défrayer les honoraires d’avocat de Me Bouliane était injustifié.Relancé de nouveau, le gouvernement n’a fourni aucune réponse.Convaincu de la mauvaise foi du gouvernement, le coroner croit savoir que le refus d’assumer sa défense s’appuie sur la prétention selon laquelle il ne fait pas face à une enquête quasi judiciaire.Ce point de vue était d’ailleurs soutenu par les procureurs du gouvernement dans la cause pendante en Cour supérieure.Or, Me Bouliane dit avoir obtenu copie d’une opinion juridique produite par un avocat du ministère de la Justice et entérinée par le contentieux des affaires juridiques du ministère de la Sécurité publique.On y établirait que l’enquête dont le coroner Bouliane fait l’objet est de nature quasi judiciaire.La Cour d’appel contredit le juge Bienvenue Québec (PC) — La Cour d’appel vient de casser les verdicts de meurtre et d’ordonner un nouveau procès dans une cause qui avait été entendue par le juge Jean Bienvenue, à Alma, en 1992.Le jury avait alors déclaré Benoît Girard coupable des meurtres non prémédités d’un couple de Sainte-Monique, dans la région d’Alma.Deux hommes accompagnaient Girard, dans la soirée du 2 janvier 1992.Ils avaient projeté de faire un vol qualifié mais l’aventure s’est terminée par la mort de l’homme et de la femme.Au cours d’une bousculade, l’homme a tenté de s’emparer de l’arme que portait un des complices de Girard.Celui-ci lui est alors venu en aide et a donné un coup de poing à l’homme.Il s’est ensuite dirigé vers la chambre pour fouiller les tiroirs.Il s’y trouvait encore lorsqu’il a entendu un complice abattre l’homme.Quant à la femme, elle est morte de coups portés à la tête par les complices de Girard.Parmi les divers moyens d’appel invoqués par Girard, la Cour d’appel n’en a retenu que trois, qui concernaient tous les directives du juge Bienvenue au jury.Le premier touche la définition du doute raisonnable, la même directive qui a récemment entraîné la cassation d’un autre verdict par une autre formation de la Cour d’appel.«Qui pourrait croire que plus de 100 ans d’application au Canada d’un principe aussi fondamental que le doute raisonnable n’ont pas encore permis de faire l’unanimité sur une définition exacte, claire et concise dans les directives au jury, avec les conséquences très coûteuses qu’entraînent, pour l’administration de la justice et les individus qui en paient les frais, ces nouveaux procès ordonnés en raison d’une directive erronée», écrit le juge Michel Proulx au nom de ses deux collègues.N’y a-t-il pas lieu, poursuit-il, de s’entendre au moins sur des modèles de directives pour éviter que se perpétuent ces litiges inutiles et coûteux?Dans le cas qui lui était soumis, la Cour d’appel considère que la directive du juge Bienvenue souffre d’un manque total de concision puisqu’il lui a fallu près de 2000 mots pour faire le tour de la question.En ce qui concerne les directives sur le meurtre, la Cour d’appel reproche au juge Bienvenue son recours au jargon légal, entre autres par l’emploi des concepts de «prévision subjective» et de «prévisibilité objective».Il aurait été plus simple de dire aux jurés que le plus déterminant n’était pas ce que l’accusé devait savoir mais ce qu’il savait.Mais le reproche le plus sérieux, selon la Cour d’appel, concerne l’omission du juge de distinguer la participation de l’accusé à l’égard des deux victimes.«Au lieu de livrer au jury un résumé fastidieux et sans fin de chaque élément de preuve, écrit-on, le premier juge aurait été bien avisé de se limiter aux éléments de preuve dont le jury doit tenir compte pour trancher les questions en litige».RUSSIE Beaucoup de bulletins ne sont pas sous contrôle SUITE DE LA PAGE 1 — à ajouter des voix à Boris Eltsine.Dans cette république, le président russe a «raflé» 239 905 voix, soit 64 % des suffrages (soit 0,25 % des voix exprimées au niveau national).La fraude a été massive.«Urnes volantes» Il est à craindre que la Tchétchénie ne constitue pas l’exception à la règle d’un scrutin généralement honnête, car les votes sans contrôle sont nombreux en Russie: dans les casernes, les prisons, les hôpitaux, à l’étranger.Le nombre des inscrits à l’étranger, qui comprend civils et militaires, est ainsi passé de 380 000 en décembre 1995 à 540 000 en juin 1996 (+42 %).Les résultats de ces votes sont transmis par le ministère russe des Affaires étrangères à la Commission électorale centrale à Moscou.La Commission refuse de fournir ces résultats.En Russie même, beaucoup de bulletins ne sont pas sous contrôle.Ansi, le nombre de votes dans les «urnes volantes» (domiciles, hôpitaux, prisons, régions éloignées) a été de près de 3,5 millions le 16 juin, c’est-à-dire 4,7 % des suffrages exprimés.Le nombre de militaires ayant voté en Russie, dans leurs casernes, dans des urnes sous contrôle de la hiérarchie, est inconnu.Mais, en Tchétchénie uniquement, il est de près de 35 000.Là encore, les résultats ne sont pas communiqués.Pavel Gratchev, l’ancien ministre de la Défense renvoyé après le premier tour, avait fait une gaffe en annonçant, début juin, avant même le dépouillement, que les équipages de bateaux de guerre et des sous-ma-rins, où le scrutin était organisé en avance, «avaient voté à l’unanimité pour Boris Eltsine».Les communistes ont contesté devant la Cour suprême de Russie les résultats du premier tour du scrutin au Tatarstan, dont le président est un chaud partisan de Boris Eltsine.Vadim Soloviov, représentant du candidat communiste Guennadi Ziouganov, affirme avoir découvert une différence de 45 540 voix (en faveur de Boris Eltsine) dans la capitale, Kazan, entre ses chiffres et les résultats de la commission électorale locale.La Cour suprême, favorable à Boris Eltsine, a renvoyé le procès à des jours meilleurs pour supplément d’information.Au niveau général, le nombre d’électeurs a bmsquement augmenté alors que la population est en baisse.Selon les chiffres de la Commission électorale centrale, contrôlée par le Kremlin, le nombre d’inscrits pour le scrutin présidentiel est de 108 495 023, alors que pour les législatives du 17 décembre 1995, il était de 105 359 132.En six mois, le nombre d’électeurs en Russie a donc progressé de plus de 3,1 millions.Des listes inexactes Nikolai' Riabov, le président très pro-eltsinien de la Commission électorale centrale, a admis que les listes électorales étaient loin d’être exactes.A cause, selon lui, des mouvements de population qui font que beaucoup d’électeurs sont enregistrés dans deux endroits à la fois.M.Riabov a cependant souligné que «cela n’affecte pas les chiffres qui déterminent les résultats des élections».Les fraudes, que feraient apparaître des résultats anormaux par rapport à la moyenne nationale, sont difficiles à détecter.La Commission électorale centrale refuse de publier des résultats détaillés.Malgré trois requêtes de la Chambre basse du Parlement, cette commission n’a toujours pas publié les résultats par régions des élections de 1993.Pour que la victoire soit incontestable aujourd’hui, le vainqueur a donc grandement intérêt à l’emporter largement, de plusieurs points, et non pas avec l’appoint des seules voix «douteuses».De la loi sur les fêtes Toronto (PC) — Une loi interdisant le magasinage durant neuf fêtes reconnues en Ontario pourrait être modifiée afin de permettre l’ouverture générale des magasins pendant certains jours de fête et leur fermeture presque complète certains autres jours, a annoncé hier le premier ministre Mike Harris.Il a fait ce commentaire après que la police eut constaté quelques infractions de la part de magasins qui ont ouvert leurs portes le jour de la fête du Canada, en dépit des mises en garde du ministre de la Justice.M.Harris a indiqué que la Loi sur les fêtes relative au commerce de détail «n’est peut-être pas applicable étant donné les ressources dont nous disposons».Beaucoup de corps policiers ont fait savoir qu’ils n’avaient pas disposé de suffisamment d’agents pour remettre à tous les contrevenants leur constat d’infraction, lundi.Dr.Robert Prescott
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