Le devoir, 6 juillet 1996, Cahier D
mmrn luit •* * * # wuk N r yr^- LMLVUJtt LL Le feuilleton Page D 3 La page d’écriture Page D 4 ?o ?Edward Weston Page D 6 La télévision du week-end Page D7 Formes Page D 8 Normand Cazelais Le patrimoine au quotidien - ANDRÉE BOISSELLE LE DEVOIR Au fin fond du Nouveau Monde, dans le silence feutré d’une forêt recouverte de son épais manteau blanc, la cabane en bois rond sommeille.Des bûches sont empilées à son flanc, des traces dans la neige conduisent jusqu’à la porte où une paire de raquettes est appuyée.Le cliché est étalé dans toute sa splendeur sur la couverture glacée de Ma cabane au Québec.Mais Normand Cazelais aurait été bien insatisfait de j s’y tenir.Son livre explore les multiples formes qu’a prises la «cabane» en ce pays sauvage, depuis les premières! habitations des rudes colons! jusqu’aux luxueux manoirs québé-1 cois, en une sorte de promenade documentée qui oscille entre rêve et réalité.M.Cazelais s’attache à des gens, relate l’histoire du peintre et entrepreneur Johan Beetz, passionné des grands espaces qui construisit sa maison lui-même sur la Basse-Côte-Nord; d’Henri Menier, riche chocolatier français qui fit son domaine privé de la farouche île d’Anti-costi; d’Elsie Reford, botaniste autodidacte, créatrice des merveilleux jardins de Métis.Pourquoi parler de ceux-là?«Parce qu’ils portaient un rêve», répond l’auteur.Ils se sont taillé une place dans une nature grandiose, ils ont fait leur nid dans ce coin de pays.T».Vivre ici Mais le chroniqueur touristique du Devoir s’est gardé de ne montrer dqs abris du Québec que l’image d’Epinal.Avoir une cabane ici, reconnaît-il, «c’est pas seulement “mon paradis au fond de la forêt, pis j’vais être heureux.” Parce, qu’il y a ey des malheurs aussi.» À,Grosse Ile, longtemps appelée l’Ile de la Quarantaine, quelques bâtiments demeurent, qui ont servi de refuge aux Irlandais fuyant la famine: la chapelle catholique, le presbytère anglican, l’hôpital des «picotés».Sur les photos jaunies des familles d’immigrants, prises après la longue traversée, on voit quelques visages sombres parmi les sourires soulagés.Sur les quatre millions et demi d’Irla/idais qui ont dû séjourner à Grosse Ile, douze mille y sont restés.Il faut être en santé pour s’adapter à ce pays-là.L’hiver a tant tourmenté l’habitant qu’il récolte un chapitre.Cazelais raconte comment on a appris à se protéger des dizaines de degrés sous zéro en mangeant autrement, en s’habillant chaudement.et surtout, en faisant preuve de souplesse dans la construction de son refuge.«Au début, explique Cazelais en feuilletant son livre, les Français ont essayé de construire des maisons de pierre.Ils se sont aperçus vite que la pierre conduisait le froid, que c’était pas la meilleure des techniques pour vivre dans ce milieu-là.» Le bois a bientôt remplacé la pierre tant sur le sol que sur le lac ou la rivière.Pour se protéger de la bise, leg pêcheurs ont bâti de légers cabanons et se sont assis au chaud autour du trou creusé dans la glace.«Aujourd’hui, la cabane de pêcheur, c’est devenu un vrai lieu de rencontre, dit Cazelais.Tu prends un coup, tu chantes, tu prends ton poisson!» On a même couvert les ponts, les transformant en rendez-vous de prédilection des amoureux.Quand l’hiver s’essouffle, que la sève femonte le long des troncs, vient le temps de la cabane à sucre.Elle aussi a sa place parmi les protégées de Cazelais, qui avoue être un habitué de la tire et des oreilles de crisse.Le journaliste ne pouvant s’empêcher de faire une brève entre-vüe ici et là, on apprendra de la bouche de la sucrière Agathe l’indice qui promet une bonne année à la ca-bahe: un printemps qui vient petit à petit, un degré à la fois.Trop de chaleur ruine l’eau d’érable.Ainsi, de cabane à sucre en camp de pêche, on observe à travers les branches l’évolution de notre style de vie, parallèlement à l’élaboration d’une architecture vernaculaire, très identifiée à ce que le milieu offrait.Une véritable mosaïque en résulte, et selon l’angle sous lequel on la regardé, on peut s’y reconnaître ou s’y VOIR PAGE D 2: CAZELAIS d histoire % r* 'Mc ILLUSTRATION JÉRÔME LO MONACO.EN COUVERTURE DU FAUCON DU SIAM Le roman Le Faucon du Siam s’intéresse à ce royaume oriental dont toutes les archives ont été détruites au XVIII' siècle par les envahisseurs birmans.Six romans historiques nour traverser les siècles J)/(/ et lete MARIE-CLAIRE GIRARD Oui, la plage, le soleil, la mer, du temps pour lire et des choix à faire devant les piles de gros bouquins que proposent les étalages des librairies.Si les vacances représentent un moment privilégié pour s’adonner à ce vice impuni qu’est la lecture, nous ne sommes quand même pas dans l’obligation de bronzer idiots et de nous taper obligatoirement le dernier (et affligeant) Judith Krantz dans sa (très mauvaise) traduction française sous prétexte que le soleil tape fort et que nous voulons reposer nos neurones fatigués par onze mois de dur labeur.Il y a en effet une plaisante solution de rechange et ce sont les romans historiques: des histoires d’amour à rebondissements sur toile de fond véridique qui nous permettent d’en apprendre un peu sur d’anciennes civilisations tout en vivant de concert avec les personnages des aventures inoubliables.La pile que j’ai sur mon bureau en est la preuve.Rome, 1er siècle av.J.C.Puisqu’il faut commencer quelque part, allons-y par l’ordre chronologique.Colleen McCullough, la même des célèbres Oiseaux se cachent pour mourir, travaillait depuis sept ans à une vaste fresque romanesque relatant les bouleversements qu’a connus l’Empire romain.Le Favori des dieux nous transporte au premier siècle avant Jésus-Christ.Rome est déchirée par la guerre civile, Spartacus organise la révolte des esclaves et un jeune homme surdoué commence à faire sa marque dans l’univers politique complexe de ce qui deviendra un immense empire.Jules César, c’est de lui qu’il s’agit, n’a pas fini de fasciner historiens et romanciers, et Colleen McCullough avoue sans ambage que le personnage, à la fois opaque et limpide, constitue pour elle la figure la plus attachante de cette époque grandiose et troublée.Son roman, étayé par une solide documentation, (Madame McCullough possède la bibliothèque historique consacrée à l’Antiquité la plus importante du continent australien) a l’immense mérite de sonner vrai, de retenir notre intérêt et de proposer des dialogues crédibles.Et Jules César, personnage d’une inépuisable richesse, n’est pas le dernier responsable du goût et du plaisir que l’on prend à la lecture.Constantinople, 425 ap.J.C.Monique A.Berry a publié, il y a quelques années, La Fête alexandrine.Professeur d’université elle se spécialise dans le roman historique et nous invite cette fois-ci à la suivre à Constantinople, en 425, où un jeune christianisme cherche encore sa voie et s’égare parfois sur des sentiers cahoteux alors que le pouvoir impérial apprend à composer avec cette force croissante.La narratrice, Thermantia, femme de médecin, riche et cultivée, voit sa vie bouleversée par une passion amoureuse qu’elle n’est pas prête à affronter.Monique Berry trace un portrait de la vie politique et sociale de cette époque dans un style ample, précis, tout en maniant l’art des descriptions somptueuses et en n’oubliant pas de conférer émotion et tendresse à des personnages qui pourraient, autrement, sembler bien loin de nous.Passions byzantines est peut-être un peu plus difficile d’accès au premier abord que d’autres romans du même genre, mais une fois qu’on y a pénétré il est malaisé d’en sortir.Angleterre, XIV' siècle Faisons un petit saut dans le temps pour nous rendre en Angleterre à la fin du XIV' siècle, à cette période du haut Moyen Age caractérisée par les guerres, la peste et la peur de l’enfer, une époque tissée d’obscurantisme que Barry Uns-worth, gagnant du Booker Prize en 1992, décrit avec maestria dans Une affaire de moralité.Une troupe de comédiens ambulants se produit dans de petits villages VOIR PAGE D 2: HISTOIRE I) 2 L lî I) E V OIK.I.E S S A M E I) I (î E T I) I M A N C II E 7 .1 II I 1, I, E T I U !) (i LIVRES— HISTOIRE Aux quatre coins du monde SUITE DE LA PAGE D 1 ¦ : où ils constituent souvent la seule at-î traction annuelle et c’est dans l’une | de ces bourgades qu’ils en viendront ; à jouer une pièce inspirée par un fait ; divers de l’endroit: le meurtre d’un ; adolescent tué par une jeune femme ] que l’on va bientôt pendre.C’est du spectacle que la vérité va surgir, devant des villageois stupéfaits, le tout étant raconté par un des membres de j la troupe, un prêtre défroqué qui s’in-1 téresse à la nature humaine et voit l’occasion, à travers les artifices du théâtre, d’en découvrir davantage sur les motivations profondes des véri-j tables acteurs de ce drame.Roman .'fascinant, rempli de la violence J propre à moment de l’histoire, Une af-| faire de moralité ne se laisse pas ou-blier facilement Siam, 1679 Axel Aylwen est un spécialiste de < l’histoire et des coutumes thaïlan-j daises.Son roman Le Faucon du Siam ; s’intéresse à ce royaume dont toutes - les archives ont été détruites au XVIir' < siècle par les envahisseurs birmans.H ; reste cependant des faits extraordi-; naires qui ont traversé les âges et » l’aventure que nous raconte Aylwen • est de ceux-là.En 1679, un anglais ; d’origine grecque âgé de vingt-cinq 5 ans, Constantin Phaulkon, arrive dans ?le royaume de Siam par le fait d’activi-¦ tés commerciales pratiquées pour le compte de la Compagnie des Indes occidentales.Séduit par cette civilisation ti’un extrême raffinement, il en apprendra la langue et les coutumes et deviendra premier ministre dans ce royaume qui se veut fermé aux valeurs de l’Occident afin de préserver une intégrité de plus en plus menacée.C’est donc le parcours d’un homme exceptionnel, curieux de tout et ouvert à tout, que nous raconte l’auteur du Faucon du Siam; le lecteur sera pétrifié d’admiration devant l’érudition transparaissant tout au long du roman et la facilité avec laquelle Axel Aylwen sait la communiquer.Inde, XIXe siècle ; L’Inde coloniale est une intarissable source d’histoires de toutes portes avec ses incroyables splendeurs côtoyant la plus abjecte pauvreté, la quintessence de sa sophistication allant de pair avec un système de castes ne laissant aucun espoir à ceux Barrv l nsworlh jjpj /'(&\lliin Mirln‘1 kf qui sont nés du mauvais côté de la barrière sociale.Rebecca Ryman nous y convie, dans cette Inde coloniale de la fin du XIXe siècle, où il ne fait pas bon être métis, ce qui est le cas de Maya, fille d’une anglaise et d’un eurasien.Sur le point d’épouser un anglais de bonne famille, la jeune fille se verra confrontée à de lourds secrets et elle apprendra sur son père, tenu responsable des émeutes sanglantes de 1857 contre l’occupant britannique, des vérités qu’elle aurait peut-être préféré ignorer afin de conserver sa tranquillité d’âme.On entend peu parler de cette période lorsqu’on lit sur l’Inde, le Mahatma Gandhi conservant toujours son immense pouvoir de fascination, et c’est justement là l’intérêt du Voile de l'illusion que de mettre en lumière cette période riche en événements où des êtres qui n’étaient pas responsables de la couleur de leur peau ont aimé et souffert au cœur de conjonctures et de circonstances qui les ont laissés marqués à jamais.Constantinople (bis), 1898/1899 Rebecca, la narratrice des Eaux douces d’Europe se retrouve elle aussi au cœur de la tourmente et de l’Histoire et possède également des origines exceptionnelles: orientale et juive, elle naît à Constantinople en 1898, ou 1899, elle n’est pas sûre de l’année, et vivra écartelée entre la langue maternelle espagnole de son enfance et son attirance pour la culture française.N’acceptant pas son destin, elle partira à la conquête de la liberté à travers l’Asie, l’Europe et l’Amérique, se mariant deux fois, élevant les enfants de sa sœur morte, et écrivant, d’abord pour gagner sa vie, puis, y prenant goût, pour raconter son existence et ses errances.Elle dira qu’on a dépossédé son peuple de son âme et que, elle, Rebecca, s’est donnée comme mission de la retrouver.L’histoire se termine en 1933, lorsque Hitler prend le pouvoir en Allemagne, et l’auteure Brigitte Peskine avait sûre-.ment une idée derrière la tête en choisissant ce moment: Les Eaux douces d’Europe est un beau livre à l’écriture sensible, rempli de personnages attachants.C’est pourquoi on aimerait bien qu’il y ait une suite.Montréal, maintenant L’Histoire étant un amas de petites histoires qui ont fini par constituer la grande, il n’est pas étonnant de constater la pérennité de ce type de romans.Se faire plaisir c’est aussi apprendre, tout en étant emporté dans un ailleurs qui a véritablement existé, nous portant à réfléchir sur le fait que les êtres humains, de tout temps, ont connu les mêmes désarrois que les hommes de la fin de ce siècle.LE FAVORI DES DIEUX Colleen McCullough, traduit de l’anglais par François Thibaux et Marie-Lise Hieaux-Heitzmann, L’Archipel, Paris, 1996, 445 pages PASSIONS BYZANTINES Monique A.Berry, Albin Michel, Paris, 1996, 375 pages UNE AFFAIRE DE MORALITÉ Barry Unsworth, traduit de l’anglais par Anne Damour, Albin Michel, Paris, 1996,260pages LE FAUCON DU SIAM Axel Aylwen, traduit de l’anglais par Jean Rosenthal, Anne Carrière, Paris, 1996, 641 pages LE VOILE DE L’ILLUSION Rebecca Ryman, traduit de l’américain par Régina Langer, Belfond, Paris, 1996,599 pages LES EAUX DOUCES D’EUROPE Brigitte Peskine, Le Seuil, Paris, 1996,379 pages i iwm Enfin de retour INUIT Les peuples du froid: de retour dans toutes les librairies après un grand succès qui les a entraînés de par le monde.c ROID Cæ0RGF£Héb **.un des plus réussis des beaux livres récents.99 Bruno Boutot Production Imprimé Mote **.pour l’amour du beau.Anne-Marie Voisard Le Soleil ** Georges-Hébert Germain décrit avec autant de finesse les rapports entre les sexes, la beauté d’un aurore boréale, les techniques de construction d’un iglou.99 Dominique Paupardin La Presse **Un formidable ouvrage de vulgarisation, dans le sens noble du terme.99 Stéphane Baillargeon Le Devoir 34,95 $ Une édition reliée, 160 pages couleurs et plus de 225 éléments iconographiques, dont 62 illustrations originales de Frédéric Back Éditions Libre Expression 2016.rue Saint-Hubert Montréal H2L 3Z5 UNIVERS I) ÉCRITURE L’entreprise collective Avant d'affronter son éditeur, Anne Dandurand s'arme de l'avis préalable d'une douzaine de ses amis Cet été, Le Devoir devient indiscret et se fait inviter dans l’univers d’auteurs québécois, histoire de savoir quel environnement inspirent les petits et grands chefs-d’œuvre de notre littérature.Cette semaine, nous rencontrons Anne Dandurand, auteure de plusieurs nouvelles et maintenant lancée corps et âme dans le polar.LOUISE LEDUC LE DEVOIR Pour la nostalgie ou le folklore de la chose, certains auteurs ont conservé l’habitude d’écrire à la main ou de dactylographier.D’autres encore ne songeraient jamais à travailler dans un petit appartement à deux pas du centre-ville: il leur faut quelques acres d’une forêt épaisse à regarder ou le mugissement de la vague dans l’oreille.Pas Anne Dandurand.Quand on vit du bien-être social pour se consacrer entièrement à son œuvre, le chalet dans un cadre idyllique, mieux vaut y renoncer.«Si je vivais dans un autre pays, j’aurais assez de lecteurs pour vivre au moins misérablement.Mais comme au Québec, le livre doit disputer sa place au livre français, je n’ai pas le choix.» Ce n’est ni une plainte, ni une critique.Anne Dandurand a déjà été journaliste, actrice.Aujourd’hui, elle n’a plus envie de se disperser, malgré l’attitude parfois condescendante d’agents du bien-être social en voyant s’approcher cette célébrité médiatique à leur guichet.Depuis qu’elle s’est lancée dans le polar, Anne Dandurand vit de nuit, «un luxe que peuvent seulement se permettre ceux qui n’ont ni enfants ni emploi de jour».La nuit, elle ne voit pas le temps passer.«La nuit, c’est comme.égal, tellement calme.Mais il fut un temps où je me levais à quatre heures du matin, prête à commencer ma journée.» En digne auteure de cette fin de siècle, Anne Dandurand a pris le virage technologique: un ordinateur portatif, un télécopieur, une radio et un fauteuil orthopédique (genre chaise de dentiste) composent son univers.Le télécopieur, c’est pour , « y-h'Ai m W'.AK A v, Anne Dandurand écrit à deux pas du centre-ville.PHOTO JACQUES NADEAU envoyer à une douzaine de «témoins», à mesure qu’elle les termine, chacun des chapitres de ses romans en construction.Facile d’identifier ses relecteurs, remerciés à la fin de ses livres et choisis en raison de leur capacité rare à faire preuve à la fois d’impitoyabili-té et de délicatesse.Ses amis, aussi bien des gens ordinaires qui lisent rarement que des «professionnels de l’écriture» sont ainsi appelés à juger de la qualité de son travail en cours.«De cette façon, quand j’apporte mon travail à mon éditeur et qu’il me fait un reproche, je peux utiliser mon “bouclier humain” et lui balancer à la figure qu’aucun de mes “témoins” ne m’a fait pareille observation en lecture préliminaire.» Avant la mise en place de ce système d’envoi massif, Anne Dandurand faisait partie d’un quatuor d’écrivaines (avec Flora Bolzano, Hélène Rioux et Claire Dé) qui, à intervalles réguliers, se rencontraient pour critiquer le travail de chacune, phrase par phrase.Anne Dandurand mène toujours fi pISQUE^OMPACTS^IVRES^ASSETTES^ISQUES^D 3694 St-Denis, Montréal CHOIX ET Qualité 713 Mont-Royal Est, Mil Métro Sherbrooke 849-1913 Métro Mont-Royal 523-6389 ES T-SELLE RS i# Librairie du soleil ROMANS QUEBECOIS 1.LE SECOND VIOLON, Yves Beauchemin - éd.Québec/Amérique 2.LE PAYS SANS CHAPEAU, Dany Laferrière - Lanctôt éditeur 3.OÙ VONI LES SIZERINS FLAMMÉS EN ÉTÉ?, Robert Lalonde - éd.Boréal 4.LES CAHIERS D’ISABELLE FOREST, Sylvie Chaput - éd.L'instant même «r ESSAIS QUÉBÉCOIS 1.LUCIEN BOUCHARD, EN AT1ENDANT LA SUITE, Michel Vaslel - Lanctôt éditeur 2.LE TOUR DE MA VIE EN 80 ANS, Marguerite Lescop - éd.Marguerite Lescop 3.LE GÉNIE QUÉBÉCOIS - HISTOIRE D’UNE CONQUÊTE, Georges-Hébert Germain - éd.Libre Expression «r ROMANS ÉTRANGERS 1.LA MAISON DU CLAIR DE LUNE, Mary Higgins Clark - éd.Albin Michel 2.HYMNES À L'AMOUR, Anne Wiazensky - éd.Gallimard 3.HOTEL PASTIS, Peler Mayle-éd.NIL 4.RÉVOLUTION DES FOURMIS, Bernard Werber - éd.Albin Michel «r ESSAIS ÉTRANGERS 1.MÉMOIRES INTERROMPUS.François Mitterrand - éd.Odile Jacob 2.LA PLUS BELLE HISTOIRE DU MONDE - LES SECRETS DE NOS ORIGINES.Hubert Reeves.Joël De Rosnay, Yves Coppens, Dominique Simonnel - éd.Seuil 3.HERGE, Pierre Assouline - éd.Plon LIVRE JEUNESSE I.BABE LE COCHON DEVENU BERGER.Dick King-Smith - éd.Gallimard LIVRES PRATIQUES I.LES ARBRES DU CANADA, John Laird Farrar - éd.Fides 2.GUIDES DES ARBRES ET PLANTES À FEUILLAGE DÉCORATIF.Benoit Prieur - éd.de l’Homme «r LE COUP DE COEUR I.INDÉPENDANCE.Richard Ford-éd.De l’Olivier Place Fleur-de-Lys 434, Bout.St-Joseph, HullJ8Y3Y7 (819) 595-2414 Terrasses de la Savane 25, chemin de la Savane, Gatineau J8T8A4 (819) 246-3660 321, rue Dalhousie, Ottawa KIN 7G1 (613) 241-6999 deux projets d’écriture de front.«D y a le roman en cours, puis le roman en préparation, qui nécessite environ deux ans de recherche livresque ou auprès d’experts.«Pour le polar, il faut connaître au moins un avocat, un policier et un médecin», signale-t-elle.Malgré ces précautions, La Marquise ensanglantée a été accueilli avec une brique et un fanal par la presse culturelle.«Dans ces moments-là, je me remémore cette petite phrase d’un ami critique: “Un critique brosse toujours son autoportrait dans ses écrits”.Ça me calme de me le rappeler.Pour le reste, je m’accorde vingt-quatre heures pour pleurer.» Puis, elle se remet à la tâche.Elle se fond dans sa chaise de dentiste qu’elle incline, avec sur ses genoux son portatif, à portée de bras ses dictionnaires et sa radio.A chaque roman ses chansons, qu’elle met beaucoup de temps à choisir.Tom Waits et Willie Dixon l’ont accompagnée pour la Marquise ensanglantée, Miles Davis a pris leur relève pour son prochain polar, n’en déplaisent aux critiques.CAZELAIS De cabane à sucre en camp de pêche SUITE DE LA PAGE D 1 trouver exotique.Le message de M.Cazelais passe en douceur: «Le patrimoine, c’est pas simplement les maisons de la Place Royale à Québec, le château Ramezay ou l’église qui a gardé des peintures d’Ozias Leduc.Notre patrimoine, c’est ce dans quoi on a vécu, ce que mon père a fait, pis mon grand-père, pis votre grand-père.» MA CABANE AU QUÉBEC Normand Cazelais, Editions du Trécarré, 1996,190pages Normand Cazelais PHOTO LE DEVOIR LIBRAIRIE HERMÈS Depuis l‘)7(> I 562 Jours par année | 1120, ave.laurier ouest outremont, montréal tel.: 27-4-0669 télec.: 27-4-5660 V T I.K I) K V 0 I II , I.E S S A M E D I (i E T 1> I M A N 0 II E 7 J U 1 L I, E T 1 9 9 (i -LIVRES- FEUILLETON rossignol du LE MUR ENTRE NOUS Tecia Werbowski Traduit du polonais par Martin Gipet Collection «Un endroit où aller», Actes Sud, 1995, 70 pages PIERRE CAYOUETTE LE DEVOIR En littérature, il y a ceux qui font long et ceux qui font court.De tout pour tous, quoi.Certains écrivains vous infligent des pavés de 600 pages qui vous laissent sur votre faim.Parce qu’ils n’ont rien à dire.D’autres, dans la foulée des Duras, Tourgueniev ou Bobin, vous rassasient, vous assomment, vous éblouissent en 70 pages.Tecia Werbowski, une Montréalaise d’origine polonaise, est de ceux-là.Exégète de la grande Nina Berberova, elle a un jour écrit à l’éditeur Hubert Nyssen afin de lui proposer une biographie de la romancière russe.Sa démarche fut vaine, du moins temporairement.Car leur correspondance s’est poursuivie.Mme Werbowski lui a plus tard soumis ce court récit, Le Mur entre nous.Et Nyssen, enthousiaste, l’a publié.Depuis, le livre fait son chemin, porté par une critique française chaleureuse.On l’a traduit en italien (Il muro tra di noî) ; un cinéaste tchèque le portera à l’écran.Le club Québec-Loisirs l’a inscrit à son catalogue tout récemment.Ce petit livre d’une rare densité et d’une immense efficacité raconte le destin d’Iréna Golebiowska, la narratrice, née Estera Sternschuss en 1941, exilée à Montréal depuis 1968.Les premiers mois de sa vie d’enfant juif, en pleine guerre, se passèrent donc dans un ghetto.Son père, qui faisait de la résistance, fut abattu.Un de ses compagnons, un Polonais du nom de Jacek, réussit à contacter sa mère dans le ghetto et à faire sortir l’enfant, cachée sous la bâche d’un camion.Iréna vivra heureuse dans sa famille adoptive.Amoureuse de Jacek, sa mère (Klara), celle que l’on appelait «le rossignol du ghetto» tant sa voix était belle, renoncera à le rejoindre.Ce sera son drame.En juin 1959, le soir de ses dix-huit ans, Iréna apprend tout sur ses origines.«Le monde ne s’écroule pas.Il bascule», dira-t-elle.Elle rtïonte au grenier où l’attend, dans un baluchon, un paquet que sa mère avait laissé à son attention.Elle y trouve d’abord une enve-lbppe marquée «cyanure» et trois capsules.C’est que, dans le ghetto, quelques juifs chanceux possédaient de telles capsules dans l’espoir de se procurer, au besoin, un ultime soulagement.Iréna découvrira aussi, et surtout, une copie d’un manuscrit de sa mère racontant son amour douloureux pour Jacek.Klara demande à sa fille de le faire publier, au cas où sa meilleure amie, Zofia Lass, à qui elle a confié l’original, se ferait arrêter par les Allemands.Le mur ntre nous RECTI Version française de Martin Gipet À peine soixante-dix pages, un style lapidaire, mais une prose d’une telle profondeur Une imposture La vérité écrase tout à coup Iréna.C’est là que le récit prend tout son envol.Elle découvre l’imposture.La «célèbre» Zofia Lass, mille fois récompensée pour son succès de librairie Le Mur entre nous, s’était donc appropriée l’histoire de sa mère.L’ouvrage a été traduit en quinze langues, lui a valu le Femina et une renommée mondiale qui lui a ouvert les portes de l’Unesco où elle occupe de hautes fonctions.«Je suis la femme d’une œuvre.Le Mur entre nous est mon chef-d’œuvre et je m’arrêterai là», répétait-elle aux journalistes.Et pour cause! La belle affaire! C’est ainsi que Zofia Lass, cette «ordure», ce «bourreau», est entrée dans la vie de la narratrice Iréna.Elle avait assassiné son souvenir.Elle l’avait dépossédée de son âme et de sa voix.Iréna allait, à partir de ce jour, la traquer patiemment, la tuer, animée d’un profond désir de vengeance.Tout le récit s’organisera alors autour de cet obsessif dessein, sans jamais dévier de sa trajectoire.Elle la cherchera sans répit, empruntant aux techniques les plus raffinées du journalisme d’enquête.Elle la rencontrera finalement un jour, à Prague.Il serait obscène de raconter la suite.Disons simplement que les trois capsules de cyanure, au .début du récit, n’y étaient pas pour rien.A peine soixante-dix pages, disions-nous.Le contrat d’édition était plus épais que le manuscrit.«Les gens n’ont plus le temps de lire Proust.Ils adorent ces petits romans qui se lisent en upe heure», se défend Tecia Werbowski.A peine soixante-dix pages, un style lapidaire, mais une prose d’une telle profondeur.Ça foisonne.De la tristesse, de la passion, de la haine.De superbes réflexions, aussi, sur l’identité juive, sur la solitude de l’exil, sur l’intérieur de l’émigré: «La plupart des gens sont des plantes en pot.ils poussent au-dessus de leurs racines.Moi je me sens transplantée, arrachée, exclue pathétique, un rebut qui, un temps, a soigné des cavités.» Une écriture elliptique, économique, au service d’un humour grinçant, un tantinet cynique.Un regard ironique sur son nouveau pays: «Mes tentatives de validation de diplômes n’ont pas abouti.Le Canada protège mieux ses dentistes que les dents de ses concitoyens.» De superbes mots pour Prague, aussi, le pays qui a donné le jour à Kafka, Rilke et Werfel, ceux que l’auteur voit dans ses rêves: «Si on ne peut pas naître à Prague, il faudrait au moins pouvoir y mourir.Ma place sera dans ce cimetière, près de Kafka et ses sœurs.» Quelques mots sur l’auteur Tecia Werbowski n’est pas née à Prague.Elle a vu le jour à Lwow, en Pologne, tout près de l’Ukraine.Venue s’établir au Canada en 1968, elle a longtemps été travailleuse sociale à Notre-Dame-de-Grâce.Cette expérience lui a d’ailleurs inspiré les deux recueils de nouvelles, parus en anglais à Toronto, qu’elle a commis avant Le Mur entre nous.Elle vit à Côte-des-Neiges et se consacre dorénavant exclusivement à l’écriture.Entre deux sauts à Prague, la ville qu’elle aime tant.Quand même étrange, n’est-ce pas?On salue son récit en France.On le traduit en Italie.Alors qu’ici, le livre de Tecia Werbowski, paru il y a quelques mois, est vite tombé dans l’oubli.Mais quel est donc ce «mur entre nous»?LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE La vie au détour L'AMOUR.ENCORE Doris Lessing Albin Michel, 1996,402pages PAULE DES RIVIÈRES LE DEVOIR Doris Lessing est une écrivain qui a du souffle.Elle nous donne, à 77 ans, L’amour, encore, un texte qui explore la vie intérieure d’une femme de 65 ans, aux prises avec une sexualité s’accommodant difficilement de son âge.Par son ironique introspection, cet ouvrage n’est pag sans rapport avec Le Carnet d’or.A l’image de plusieurs romans britanniques, le dernier-né de la grande écrivaine démarre lentement, laissant ainsi au lecteur le temps d’appréhender une ambiance, celle du monde des émotions.On pénètre en douceur dans cet univers sans complaisance, et on y reste.Seules quelques malheureuses tournures de traduction refroidiront le lecteur.L’héroïne, Sarah, est une productrice de théâtre qui vient d’écrire une pièce autour du personnage de Julie Vairon, une Française et Martiniquaise ayant vécu à la fin du siècle dernier, musicienne, artiste, femme libre avant l’heure, qui eut des amants et connut le désespoir.Autour du travail de préparation de l’œuvre se forme un groupe qui sè laisse gagner par l’environnement fortement romantique de la pièce.Se développent alors, le temps de la production, des alliances, des affinités, des attirances.Sarah, dont le mari est mort il y aùrente ans et qui a élevé ses deux enfants seule, a toujours été, lui spmble-t-il, une femme raisonnable, équilibrée, ayant renoncé sàns difficulté particulière aux rebondissements en forme de montagnes russes de la passion et du désir.PHOTO ARCHIVES Doris Lesssing ¦ Mais voilà, les émotions vont rattraper Sarah au détour, sans que cette dernière n’y puisse opposer grand-chose autre que son ironie, sa lucidité, fidèles compagnes qui ne lui seront que d’un bien piètre secours.Pour une telle femme, habituée à travailler dur, à prendre ses responsabilités, le désarroi est total.D’autant plus que la privation devient soudainement intolérable.Sarah tombe d’abord amoureuse de Bill, un jeune acteur d’une vitalité animale, qui joue à aimer les femmes mais qui aime les hommes, puis de Henry, un metteur en scène de 35 ans, marié et père d’un gamin de trois ans.«Il y a des hommes, dit-elle de Henry à sa première rencontre, qui, tels des poissons à demi-adultes, attachés à des membranes vitellines, transportent l’ombre de leur mère, visible aussitôt par un excès de méfiance et une disposition au soupçon.» Cette position géographique de la mère par rapport à son enfant est capitale et Sarah ne l’ignore pas.D’ailleurs, c’est dans sa propre petite enfance que le trouble amoureux de l’héroïne la ramènera, son chagrin lui ouvrant un chemin jusqu’alors peu accessible.Doris Lessing nous offre le point de vue d’une femme qui vieillit et tente d’éviter l’amertume, négociant le virage le plus ardu de sa vie; elle nous offre également une proposition sur l’importance des première relations familiales que le lecteur serait bien mal avisé de réduire à du sous-Freud.Une autobiographie?Ce dernier ouvrage n’est pas sans rappeler la propre vie de l’auteur.Comme son héroïne, Doris Lessing a eu un petit frère qui fut immédiatement le préféré de sa mère.Comme Sarah, elle en souffrit considérablement.Sarah a elle-même deux grands enfants, un garçon et une fille, dont elle ne parle pas, ce qui est tout à fait étrange dans un contexte de réflexion sur les racines et les habitudes familiales.Banal roman sur une femme trop raisonnable?Oh que non.La banalité ne convient pas à Doris Lessing, écrivain britannique née en Perse (Iran), ayant passé une partie de sa vie en Rhodésie (Zimbabwe) , ayant commencé à écrire très jeune et connu le succès à son retour en Grande-Bretagne, d’abord avec The Grass Singing, puis la consécration avec Le Carnet d’or dont les féministes s’emparèrent pour en faire ni plus ni moins leur manifeste, à la plus grande surprise de son auteur.Il est vrai qu’elle y proposait un portrait de femme original et complexe.Dans la préface de l’édition de 1972, l’auteur expliquait qu’elle avait avant tout voulu s’attarder aux riches ressources intérieures accessibles à ceux qui sont atteints de dépression nerveuse.Son dernier roman traduit les mêmes préoccupations, soit la souffrance intérieure et les manières d’y remédier sans renoncer à la vie.Le point de vue d’une femme qui vieillit et tente d’éviter l’amertume Didier PROMENEUSE D’OISEAUX «Disons-le tout de suite avec ses héros courageux, simples et fidèles, Didier Decoin est une exception dans le paysage littéraire français.» ROMAN 400 pages - 34,95 $ Christian Roux, Le Devoir Notre roman Seuil John LE CARRE Le roman dT de l’année «“Notre jeu”, c’est passionné, c’est brillant, c’est désabusé.C’est le meilleur Le Carré depuis “Un pur espion”.» Trufo Nisto, Le Devoir ESPIONNAGE 365 pages - 29,95 $ (fkMYSTEREgg JJpatienceM ¦g jM-cit i ÿiCteUi O WÊm êêkêl si a «wa ¦ m StÆt, ScAÇi L GAARDER Par l’auteur du " 1 de Sophie» Inventif, intrigant, passionnant, «Le Mystère de la patience» est aussi une initiation subtile aux grandes questions de la philosophie:«Qui sommes-nous?D’où venons-nous?» RÉCIT 384 pages - 39,95 $ NEIGE David G rT IMfl AI jJlulJ Neiges noires.«Ce livre sera un best-seller.Il en a toutes les qualités.» Frédéric Vitoux, Le Nouvel Observateur ROMAN 384 pages - 29,95 $ Le détroit de Formose Anthony Hyde Un univers vénéneux, excitant et terrifiant L’auteur tisse une intrigue qui se complique à plaisir au fil des pages, à mesure que le protagoniste s’enfonce danns la boue et les splendeurs d’un passé déjà lointain.Une fois la boîte de Pandore ouverte, il n’y a plus moyen de la refermer.POLAR - 320 pages - 27,95 $ I Herbert LIE BERMAN S BU ! L Policiers LA FILLE AUX YEUX DE BOTTICELLI «Histoires» de l’art vues par Lieberman «Chaque parution de Lieberman marque la littérature policière d’une griffe unique.Cette fois-ci encore, l’auteur a trempé sa plume dans une encre de grand cru.» Camille Bouchard, Le Droit POLAR 408 pages - 29,95 $ Les Éditions f D82C ^ L K I) K V OIK.I.K S S A M H I) I (i K T I) I M A N (I II E 7 .1 I) I I.I.K T I II II (i I) 4 LIVRES- La page d’écriture Mary Lacatoze m m Une nouvelle de Gerald Tongas Le Devoir publie cet été des nouvelles d’auteurs québécois.Place cette semaine à un texte récent de Gérald Tougas.La'.plupart des genses ont un besoin effrayant de fête! Anne Hébert Il y a au nord de Sainte-Luce une longue route toute droite de terre battue à travers champs, qu’on désigne sous le nom de chemin de la Calédonie et au bout de laquelle on trouve une bourgade d’une douzaine de maisons de ferme éparpillées dans la plaine, un embryon de village qui ne s’est pas rendu à terme, et qui faute d’une appellation officielle a pris aussi le nom de Calédonie.Mary Lacatoze venait de Calédonie.Non qu’elle y fût née, c’était seulement son dernier lieu de séjour connu.Personne ne savait d’où elle était vraiment, sauf d’ici et de là dans les fermes de la contrée avant de se trouver à Calédonie; mais pour l’origine première véritable, le pays, la nationalité: rien, la brume.Elle parlait l’anglais avec un accent français, le français avec un accent anglais et deux ou trois autres langues que certains, Ukrainiens, Allemands, disaient être le hongrois ou le polonais, alors que d’aütres, tout aussi connaisseurs, prétendaient que cela ressemblait à l’espagnol, à l’italien ou au roumain.Il ne fallait pas compter sur elle pour éclaircir le mystère.Au contraire, elle s’employait à l’épaissir comme si elle avait voulu, en se taisant ou en vous lançant sur une fausse piste par dire n’importe quoi, faire un contrepoids de sérieux à la drôlerie de son norçi que chacun s’amusait à déformer.A court d’hypothèses, on la disait romanichelle, gypsy.Elle était bonne, comme on dit, avec les enfants et s’était en quelque sorte spécialisée en relevailles.Dans ses bras, le mioche le plus maussade, le plus horrible nouveau-né de visage ou en criailleries répondait par des risettes à l’inépuisable variété de ses grimaces d’amour, rimettes, chansons et autres guilis-guilis.Aux plus vieux, elle distribuait taloches ou bonbons selon une juste évaluation des torts et mérites.Elle desserrait la discipline dans les familles trop sévères, serrait la vis au contraire dans celles où régnait un coupable abandon et dans tous les cas avait tôt fait d’établir son régime.D’un patron à l’autre on la recommandait en disant, à quelques variantes près, bon, oui, elle est bizarre, inquiétante parfois, et elle ne pense pas comme nous, et son sacré nom Lacatoze, Lacadose, Lacatoche, Laca-doux, mais attention, elle sait ce qu’elle fait, elle met de l’ordre, et pas rechignante au travail.Ce fut un concours de circonstances qui la conduisit de la maison des Mondor de Calédonie à celle des Hamelin de Sainte-Luce, la maison des Mondor ayant été la proie des flammes, et madame Hamelin en couches ne pouvant pas faire appel à sa sœur habituelle, elle-même sur le point d’accoucher.Mary Lacatoze était la seule femme de peine disponible, à quoi elle dut d’être engagée, car chez les Hamelin on se méfiait des étrangers qu’on appelait d’ailleurs des étranges.Elle lut dans les yeux de ses nouveaux maîtres les réticences, les hésitations, les doutes, comprit facilement qu’elle n’était qu’un pis-aller, un bouche-trou de rechange.Elle ne s’en offusqua pas, mais elle écouta avec moins de patience la liste réitérée parallèle des faites ci et ne faites pas ça.Elle n’appréciait guère qu’on prétende lui apprendre son métier.Elle verrait bien, elle jugerait par elle-même, qu’on lui laisse au moins le temps de vider sa valise.Pensaient-ils qu’elle avait un muscle entre les deux oreilles au lieu de matière grise?Mais quand on est femme de peine, femme de ménage, bonne à tout faire, gardienne d’enfants, on marche sur son orgueil, c’est même la seule façon de continuer sa route, la vertu première.Reste que les Hamelin virent dans ses yeux à elle, leur battement de cils d’agacement et le corps tout droit, un peu crispé, venir le moment où elle les enverrait promener, et ils se turent Tout penauds du contraste, car elle n’avait pas dit un mot.Première petite victoire, sans coup férir, à moins de le dire feutré.On éfait neuf enfants chez les Hamelin.Etaient nés d’abord quatre garçons d’affilée puis, comme si la chaîne de montage avait changé de gérance, cinq filles.C’étaient de vrais diables, les garçons surtout qui, en vrais garçons, jouaient pour la galerie des filles, lesquelles, plus jeunes et moins braves, se contentaient, en attendant de grandir en audace, d’applaudir à tous leurs mauvais coups.Ils étaient fourbes, cruels, menteurs, vicieux, enfin de vrais enfants sains et normaux puisqu’ils étaient sans hypocrisie de parfaits pervers polymorphes, comme on dit dans les cercles huppés.Leur propension au mal et à la déviance, soit dit pour prendre le point de vue des gens bien, prenait vigueur à l’encontre d’innombrables lois et tabous très particuliers à la famille et ajoutés aiqc commandements de Dieu et de l’Eglise.Mary Lacatoze les trouva d’emblée plus sympathiques que leurs parents.En femme d’expérience, elle sut cependant du premier coup d’œil qu’elle avait affaire à forte partie.Elle en éprouva, mais avec plus de force et d’acuité, son trac habituel de comédienne qu’elle ressentait à l’entrée de chaque nouvelle maison, de grands papiÛons anglais dans l’estomac, plus remuants que jamais.Un bon énervement, elle le savait, de ceux qui au lieu de paralyser allument une belle flambée de sang dans les veines.D’être sur le qui-vive rendait plus vifs ses grands yeux bleus, comme plus concentrée son allure, plus leste la main à torcher et moucher la marmaille.Elle lût d’abord extraordinaire de précision et d’économie dans tous les gestes physiques et de sa tâche.Un robot n’aurait pas mieux raclé les carottes, tranché les oignons et les navets ni versé à chacun sans bavure son bol de soupe, de soupane ou de Puffed Wheat.Presque muette les premiers jours, rien que des oui, des non, voulant s’assurer le point d’appui d’une mécanique sans défaut avant VOIR SUITE PAGE D 5 L’été, [beau temps, mauvais temps] c’est toujours un peu spécial.Conférence internationale sur le SIDA 8 juillet, 18 h et 21 h30 S au 11 juillet, 21 h 30 12 juillet, 18 h Et quand c’est vraiment spécial, vous le voyez [ EN DIRECT SUR RDI 1 U'information continue Offert sur le câble m i HÛÏ.OGRAPHES AMATEURS U] DEVOIfï s’associe à KINSA pour vous offrir le grand concours des prix internationaux KODAK .sous le thème Action Passez à 1’ Envoyez votre photo au concours KINSA-Le Devoir Vous pourriez remporter le grand prix de 10 000 $ US* Les épreuves doivent être envoyées à l'adresse suivante: Concours KINSA-Le Devoir, 2050 rue De Bleury, 9" étage, Montréal (Québec) H3A 3M9 Les prix seront attribués par un jury qui sélectionnera les meilleures photos d’action (sports, loisirs, vie quotidienne, etc.).Le Devoir publiera une sélection des photos soumises tous les mardis, du 23 juillet au 20 août 1996 inclusivement.Les photos doivent avoir été reçues au Devoir le 11 août 1996 au plus tard, le cachet de la poste en faisant foi.Les gagnants seront avisés par téléphone et devront répondre à une question de connaissances générales.Toutes les photos soumises deviennent la propriété des organisateurs et ne seront pas retournées.Les règlements (tels que déposés à la Régie des alcools des courses et des jeux) du concours sont disponibles aux bureaux du Devoir.Les finalistes consentent à la publication de leurs photos sans aucune rémunération.1" prix: Un séjour de deux nuits pour deux personnes, au Relais & Châteaux L’Eau à la Bouche, à Sainte-Adèle, d’une valeur de 495 $.2'prix: Un bon d’achat pour de l’équipement photographique chez L.L.Lozeau limitée d’une valeur de 350 $.3' prix: Un bon d’achat pour de l’équipement photographique chez L.L.Lozeau limitée d’une valeur de 150 $.En plus, cinq autres participants recevront des accessoires Kodak.Les photos de ces huit gagnants seront soumises par Le Devoir au concours Les Prix internationaux Kodak pour les instantanés journalistiques (KINSA).La valeur totale des 257 prix remis à ce concours est de 52 500 $US dont un grand prix de 10 000 $US.Pour être soumises au concours KINSA les photos devront avoir été réalisées au moyen d’un film Kodak et tirées sur du papier Kodak.Les participants devront attester avoir pris eux-mêmes la photo.Les règlements officiels de ce concours seront publiés à deux reprises dans nos pages.Brève description du sujet Nom Adresse Ville Téléphone Code postal Les fac-similés ne sont pas acceptés ____W_ Hôtel-Restaurant REIAIS & L'Eau à la Bouche CHATFAUX Sainte-Adèle, Laurentides 6229, rve Soat-HtAerf, Montréal L.L Lozeau LE DEVOIR I, E I) E V (HR, I.E S S A M K |) I (i E T I) I M A X C II E .1 I! I 1.I.E T I !) !) (i wr LIVRES- SOURCE MUSEE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL maüSÊL DES TUEURS À LA SOLDE DU CHRIST?assassin! Thomas Gifford FRANÇOIS-XAVIER GARNEAU HISTOIRE DU CANADA Discours préliminaire Uare* I «t II w*,,k88 mms.gsngii: SkSSi»* **'£"#*'*1 «**!! urtH**Z SSk^SS ggSSRü SgSS S55SS JULES FOURNIER MON ENCRIER Taries sur U polrtiqo* « la linérriure Des lectures en toute saison En poche à compter de 6,95$.\Jn PV°S' Assassini sonne comme les trompettes de l'Apocalypse; glace comme tout sacrilège.Course-poursuite dans les palais apostoliques, un parfum de soufre flotte entre les pages de ce suspense peu orthodoxe.Flammarion ltée MARY LACATOZE «Il fallait entrer dans la ronde, entrer dans la fête.» Repères biographiques PHOTO ROBERT SKINNER Gérald Tougas Gérald Tougas est né au milieu, des plaines du Manitoba dans" un petit village habité par d’irréductibles Canadiens français.«Il y a sucé la potion magique aux deux mamelles de la langue et de la foi», écrit son éditeur.Il a connu l’Arctique et l’Afrique.A beaucoup enseigné, aussi.Il a choisi depuis longtemps le Québec comme lq meilleure terre d’exil possible.Tougas a remporté le prix dq Gouverneur général en 1991 pour , son premier roman, Lq Mauvaise Foi, paru aux Editions Québec/Amérique.La Clef de sol et autres récits, son deuxième livre, lui a valu les éloges unanimes de la 1 critique.«Je n’ai pas voulu du tout faire un recueil unifié.Si l’unité s’y trouve, elle est au niveau de l’écriture.» Œuvres publiées La Mauvaise Foi roman, Montréal Québec/Amérique, 1990 La Clef de sol et autres récits XYZ, Montréal, 1996 avec soi-même, et plongé en une profonde réflexion maintenant, sur tous les tons, du drôle au menaçant: u-ne tar-te de pa-tates! Puis à tour de rôle, ils mirent là-dessus du poivre, y tracèrent divers motifs avec les dents des fourchettes, avec les cuillers ou les doigts, sans jamais manquer d’attendre que chacun eût franchi une étape avant de passer à la suivante.Mary Lacatoze sut avant de le penser, par un léger frémissement qui la parcourut, que tout cela était concerté, comme les gestes d’un rituel depuis longtemps éprouvé.Il n’y avait pas ces mots dans son idée, seulement la vision d’un nid de guêpes dérangées, d’un essaim d’abeilles en mouvement Qu’allait donner la suite?Quand mangeraient-ils leur tarte de patates?«Maintenant», dit l’aîné en regardant Mary Lacatoze dans les yeux, comme il n’avait cessé de le faire depuis le début de ce repas, et pas toujours dans les yeux — et Mary Lacatoze se demandait si ce regard d’amusement et de défi, et peut-être y avait-il la pitié et la sympathie du bourreau pour sa victime, était encore celui d’un enfant ou déjà un regard d’homme — «maintenant il faut mettre un peu de lait, ça se mange mieux avec un peu de lait».Ce qu’ils firent Puis après avoir convenu qu’il y en avait une aux pommes, une autre aux fraises, et ainsi de suite, ils divisèrent leur tarte de patates en quatre pointes égales comme de vraies tartes et en mangèrent d’abord goulûment, ensuite, comme repus, se mirent à pigno-cher, puis à racler en un bruyant concert la partie libérée des assiettes avec leurs ustensiles.Alors, comme il tombe de grosses gouttes de pluie isolées avant une averse, comme il y.a entre deux camps ennemis des tirs sporadiques avant la fusillade nourrie, quelques secousses mineures avant le tremblement de terre généralisé qui atteint 8 à l’échelle de Richter, de belles pâtes alors, de beaux grumeaux de pomme de terre lactescents se retrouvèrent d’abord, sans qu’il fût possible de savoir de qui venait le signal des hostilités, l’un dans l’œil de l’aînée, l’autre dans l’œil de l’aîné, car c’était garçons contre filles; d’autres ensuite, la guerre étant devenue totale, sur le plafond où après s’y être aplatis et collés ils se distendaient en tétons; et sur les murs, sur les nez, dans les cheveux, dans le ber, sur le plancher, sur la table, volant dans les airs, fourchettes et cuillers servant de frondes, de catapultes et de balistes.Que fit Mary Lacatoze?Elle protesta, gronda, cria, tempêta?Pensez-vous! Non.Il fallait entrer dans la ronde, entrer dans la fête, ajouter vite sa folie au sabbat pour l’épuiser, ce qu’en fine mouche elle comprit, et de plus elle voyait le camp des filles décimé, si l’on peut dire, et elle tenait le gros bout du bâton puisqu’elle disposait de la marmite et d’une ample provision de pommes de terre — dont elle se mit plein les mains pour en barbouiller le visage des trois plus jeunes garçons déconcertés par l’entrée en lice de cette alliée imprévue, avant de venir par-derrière faire avec la marmite renversée un casque de Viking à l’aîné.Et comme ce faisant elle avait appuyé ses seins sur sa nuque, il resta ainsi béatement coiffé, son petit jésus tout durci et battant la chamade pendant que s’élevait pour saluer la victoire de la servante l’éclat de rire général.Quand les parents Hamelin revinrent au logis, ils trouvèrent les filles jouant à l’école sous les chênes, les trois plus jeunes garçons partis sur des routes imaginaires dans leurs camions et tracteurs miniatures; le ménage fait, et l’aîné dans les jupes de la servante, qui le consolait doucement de son humiliation pendant que lui, l’aîné, écoutant avec délices les paroles de réconfort, dénouait et renouait machinalement la boucle du beau tablier blanc brodé de Mary Lacatoze.Tiré de La Clef de sol et autres récits, coll.Romanichels, XYZ éditeur, Montréal, 1996.Illustrations: Jeune fille au col blanc, huile sur toile d’Alfred Pellan, vers 1932, Collection Musée du Québec et Im Famille à l’ouvrage, huile sur soie de Simone-Mary Bouchard, vers 1938, Collection du Musée des beaux-arts du Québec.Eknath Easwaran MÉDITATION UN PROGRAMME EN HUIT POINTS POUR DONNER UN SENS À SA VIE Enfin traduit en français Simple et accessible, cette méthode de méditation élaborée par Eknath Easwaran a déjà transformé la vie de milliers de personnes.Ce mode de méditation tient son succès à ce qu’il s’adapte au rythme de vie et aux réalités de la société contemporaine.Volume de 240 pages —19,95 $ En vente dès cette semaine SUITE DE LA PAGE D4 l’aventure des paroles, elle attendait, dans ce mélange de confiance, d’impatience et de doute qui fait les champions, la mise à l’épreuve, l’affrontement inévitable.Non avec l’ennemi, car c’étaient des enfants et elle aimait tous les enfants, mais la vie est une jungle et un jeu, même avec ceux qu’on aime il faut défendre sa peau.Elle les observait en silence, qui l’observaient en murmurant dans les coins pleins de ricanements étouffés pour la forme des Mary Lacadose La-cadoux puérils et devenant plus timides de ne provoquer aucune réaction mesurable.Hasard, ou calcul pour savoir ce qu’elle avait dans le chaudron, toujours est-il qu’une semaine exactement après l'arrivée de Mary Lacatoze les parents s’absentèrent de la maison.L’occasion ou le prétexte de cette sortie commune inhabituelle était l’Exposition agricole annuelle de Sain-te-Luce, où le mari voulait soi-disant aller voir des chevaux, des taureaux, des légumes, et madame Hamelin, plus sincère et suffisamment remise de ses travaux de parturiente, annuels aussi, aller voir enfin du monde ! C’était un dimanche.Une belle journée de fin d’août, chaude comme une de la canicule de juillet, mais sans humidité, lisse et bleue comme une oreille de charrue.Le soleil incendiait tout l’espace du ciel immense et, à ras de terre, ajoutait jusqu’au fond de tous les horizons un surcroît de dorures aux champs à demi moissonnés.Vides de travailleurs et de machines, ces champs dormaient, paisibles et lourds, en un silence que venaient souligner des trilles d’oiseaux isolés et la stridulation égale et ininterrompue des insectes.Pour Mary Lacatoze, cette maison des Hamelin au milieu de la plaine, sous les chênes, était en ce beau jour le centre de l’univers.Elle avait appris qu’il fallait éviter d’être plus accorte que la patronne, éviter, pour durer, d’attirer trop l’œil rôdeur des maris.Mais ce jour était son jour, et il faut ce qu’il faut.Aussi alla-t-elle dès le départ des parents dans la chambre qu’elle partageait avec trois des filles, se mettre juste un peu de rouge et remplacer le tablier de toile épaisse de la patronne, sorte de salopette d’un brun délavé, par un de coton fin choisi dans ses effets à elle et qui était parsemé de jolies motifs floraux sur un fond de blanc éclatant.Celui-ci se nouait à la taille et faisait voir, ce qu’elle put constater elle-même dans la glace, qu’elle était femme et, ma foi, jeune et fraîche, fort bien tournée, et bien découplée et en belles rondeurs plutôt qu’une colonne ou un I majuscule! Ainsi vêtue elle descendit au rez-de-chaussée, croyant descendre dans l’arène.Ils étaient tous dehors sauf, bien entendu, la petite dernière qui s’était rendormie dans son ber.Les filles jouaient à l’école sous la direction de l’aînée, laquelle se montrait une maîtresse fort tyrannique puisque déjà deux de ses trois élèves étaient en pénitence à genoux sous un chêne pour avoir fait des barbots dans leurs cahiers, pendant que la troisième, son pauvre petit derrière inquiet dans la poussière, essuyait un discours énergique et plein de menaces au sujet d’élèves qui se comportent comme des bébés! Les trois plus jeunes gar- çons promenaient leurs camions et tracteurs jouets dans des champs et sur des routes imaginaires minuscules en faisant entendre des vroum-vroum, des pétchouc-pétchouc entrecoupés de rapides conciliabules pour se mettre d’accord sur la suite du scénario.L’aîné semblait rêvasser, assis sur le pignon de l’étable, seule chose de mauvais augure puisqu’il était interdit d’y monter hors de la présence du père.Mary Lacatoze décida de ne pas s’en formaliser.Elle pouvait ne pas connaître cette règle.Elle pensa qu’un jour elle monterait là-haut elle-même pour mieux voir la campagne et le village de Sainte-Luce.Elle sortit.On ne fit pas attention à elle.Elle aurait pu tout aussi bien être un arbre, un nuage, une tige de blé.Sa nouvelle tenue ne produisait pas plus d’effet que son accoutrement d’épouvantail.Quand elle s’en-quit si tout allait comme ils le voulaient, s’ils s’amusaient bien, elle n’eut pas de réponse, pas un regard.Ah! se dit-elle en plusieurs langues, ils veulent m’avoir au silence, les petits vlimeux! Elle eut un moment de tristesse en songeant au poids de malheur qu’il fallait supposer pour que de si jeunes enfants aient recours à ce genre de traitement, aussi éprouvant pour le bourreau que pour sa victime et qui exige des nerfs solides, une longue expérience.Voyons voir, se dit-elle.Surtout ne pas jouer le jeu, faire mine de ne pas avoir flairé la tactique, parler en toute innocence pour les faire parler.Il ne faudrait pas croire qu’elle ressentît quelque hostilité, non, ni crispation, elle se savait d’équerre, au contraire, confiante, allumée, sentant de la plante des pieds jusqu’au sommet de la tête un bon picotement de sang dans les veines, et l’âme pleine de lumière autant que le paysage, toute prête pour une joyeuse petite guerre d’amour avec ces enfants rétifs et brimés.Ils l’aimeraient.Elle les aimerait.«Que voulez-vous pour dîner?leur dit-elle d’une voix forte.Vous avez le choix.» C’était la chose magique.A peine avait-elle commencé à leur expliquer que ce choix ne rencontrait que les limites du garde-manger qu’ils répondirent en chœur (à l’exception de l’aîné toujours dans son splendide isolement sur le toit de l’étable): Des patates écrasées et des œufs soleil! Ils eurent de petits airs de commisération condescendante car elle ne comprit pas tout de suite que des œufs solëil, c’étaient des œufs au miroir ou sur le plat, expressions qu’elle n’eût pas comprises davantage puisque, pour elle, c’étaient des œufs frits, fried eggs, al plato, etc.Pas compliqué.Peler des pommes de terre, à quoi la sévère institutrice prêta son concours de bonne grâce, les faire bouillir, mettre deux ou trois fois des œufs dans une poêle, vraiment ce n’était pas ce jour qu’on avait décidé de mettre ses talents de cuisinière à l’épreuve.La petite dernière qu’elle venait de changer jasait dans son ber.Mary Lacatoze se dit encore dans toutes ses langues qui se chamaillaient dans sa tête, que c’était du gâteau, un jeu d’enfants, simple comme bonjour et comme sur des roulettes, et comme de faire passer un couteau dans une livre de beurre mou, etc.Aussi qu’il y avait peut-être un hic, anguille sous roche, a catch somewhere; que c’était trop beau pour être vrai.Ils se mirent à table.Ils avaient eu le choix du menu, ils en voulaient maintenant régler l’ordonnance: les patates écrasées d’abord, les œufs ensuite.Mary Lacatoze n’y vit pas d’inconvénient.Pourquoi pas?Chacun reçut une généreuse portion de purée.Ne pouvant freiner leur faim, ils en mangèrent d’abord un peu, puis en redemandèrent aussitôt, assez, dirent-ils, pour faire une tarte de patates?Eh bien, ils lui montreraient, et ils répétaient: une tarte de patates, tout heureux de l’assonance burlesque.D s’agissait d’étendre la purée sur toute la surface de l’assiette, de bien égaliser ensuite avec le couteau.Ce qu’ils firent Ils s’observaient du coin de l’œil, semblaient s’attendre pour finir en même temps, chacun continuant à répéter, mais dans un murmure, et comme en confidence ill* ÿm gssïïss s::lÉ gsgii::.: YVES THERIAULT LÎLE INTROUVABLE t PHOTO FRAGMENTS DE MÉMOIRE LE SALON DES ARTS CARMELLE DORION MUSÉE D’ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL DU 28 AVRIL AU 22 SEPTEMBRE 1996 sculptures stallations dessins se libérer passe, c'est commencer à vivre, Détontrortie.1990; (détail) «arbre rose et icier.The Brooklyn Muséum, Meo York.Photo de Louise Bourgeois : David Seidter, Ne* York.mm LE DEVOIR IIS, RUE SAINTE-CATHERINE OUEST.MONTRÉAL TÉLÉPHONE : (SU) 147-1212 MÉTRO PLACE-DES-ARTS À feu doux s’il vous plaît OUTRE-TERRE CIRCA - 372, me Sainte-Catherine Ouest, cspace,444 Jusqu'au 13 juillet '< JENNIFER COUËLLE Un brin symbolique, un peu poétique, un peu beaucoup lyrique 3Jtï>as,du tout subversif.Vraiment «feS.A l’antipode des cocktails-Üùbncepts auxquels les abonnés de JJbs galeries d’art actuel auront pris •goût, l’exposition que présente la ga-! lerie CIRCA se visite avec l’assurance : que ce qu’il y a voir est là.Que le sens ¦ ap delà de l’objet, le deuxième ou troi- sième degré, c’est dans l’imaginaire de tout un chacun qu’il se trouve.Présentée dans le cadre d’un échange avec la Belgique, l’exposition de CIRCA vient donner suite à celle des artistes québécois Catherine Widgery, Renée Lavaillante, Yves-Louis Seize et Randy Saharu-ni, montée, en 1993, à la galerie La Vénerie de Bruxelles et à l’hôtel de ville de la capitale.Outre-terre réunit près de quarante sculptures, photographies et peintures des Belges Jephan de Villiers, Emile Desmedt, Jean-Dominique Burton et Alain Winace.Une résonance toute calme que cette cohabitation de productions qui, chacune à sa Impasse, de Jephan de Villiers, 1987.UN SITE REMARQUE SUR www.rene-despres.com RENSEIGNEMENTS : (514) 386.9030 Après la musique en Lanaudière, laissez-vous tenter par Charlevoix et le Festival du Domaine Forget! (les samedi et dimanche 10-11 août) Nous offrons aussi un 2' circuit sur l’exposition COROT à Ottawa (le samedi 24 août) En juillet, découvrez • le vitrail de Bettinger: art de lumière • l’œuvre d’Ozias Leduc à Sherbrooke Pensez détente et culture! 276-0207 ou 259-7629 Lesi beaux détours manière, convie au voyage intérieur.On l’a bien dit, les remous ici sont hors circuit.Au-dessus du tapis d’écorces de cèdre de son installation 24 heures, Desmedt fait se rencontrer en angle deux fines armatures enduites de céramique — sortes de passerelles — et piquées sur le long de bouquets de tiges métalliques qui les soutiennent ingénieusement.Cette allégorique forêt voisine avec cinq coniques et sinueuses racines d’argile, de grès, de bois et de faïence, dont certaines retenues par le panier d’un trépied filiforme, ne sont pas sans rappeler le mobilier design qu’exhibent dans leurs boutiques les fleuristes BCBG.Les méditations stylisées de Desmedt pourvoient une troisième dimension aux branches et arbres hachurés librement dans les sensibles, d’accord, expressionnistes, sans doute, mais tristement conventionnelles peintures d’Alain Winace.Sonder les symboles Avec le photographe Burton, on délaisse les histoires de bois pour sonder les symboles.Des symboles insoupçonnés nés de l’inconscient d’ingénieurs ou de dessinateurs industriels qui, sans le savoir, recréent des pictogrammes primitifs connus.Regroupées sous le titre Masques et traces et baignant dans un pareil reflet doré, dix-huit photographies exposées à nu — ce qui permet effectivement de mieux apprécier la remarquable netteté de leur impression — font se succéder tour à tour des images par trop scénarisées d’individus masqués pour se protéger et des plaques de bouches d’aération, de gaz, d’électricité, d’eau, d’égout et, en fin de série, un arrêt de porte qui a tout d’un masque des fins fonds de l’Afrique.Ce parcours binaire nous fait faire la navette entre les motifs symboliques des plaques fonctionnelles et la fonction utilitaire — ici esthétisée — du masque à gaz, du masque d’apiculteur, d’escrime, du respirateur, et encore.De belles épreuves surtout.Qu’on y soit réceptifs ou pas, la petite salle de la galerie réserve une réelle surprise.Avec son univers initiatique d’une minuscule peuplade qui semble directement sortie de l’âme de la forêt, Villiers ne manquera pas de retenir un moment notre attention.Ses petites figures nomades — cousins distants des hibous et cousins germains des migrateurs d’argile de l’artiste René Derouin —, avec leurs habits de feuilles et leur regard ouvert, participent d’une mise en scène bien fignolée, précieuse même, dont on appréciera néanmoins la poésie.Elle constitue le peu d’épice de cette exposition plutôt douceâtre.Le photographe de la forme essentielle DU WESTON CLASSIQUE Musée des beaux-arts du Canada 380, promenade Sussex, Ottawa Jusqu’au 9septembre JENNIFER COUËLLE Dans les premières années du siècle, lorsque l’idéal moderne en art et la question de spécificité disciplinaire n’en étaient qu’aux débuts de leur complicité légendaire, un certain Sadakichi Hartmann écrivait que pour prétendre au statut d’œuvre d’art, la photographie se devait d’être «une composition par l’œil».Son essai A Plea for Straight Photography appelait à la distance entre la photographie et la peinture.Il réfutait toute forme d’influence picturale, jusqu’à la proscription des différentes techniques pouvant intervenir sur la surface et la facture des épreuves.Fini les lavis, la gomme bichroma-tée et le grattage, donc, et bonjour la photographie dite pure et directe! L’Américain Edward Weston figure parmi les plus notoires de ces tenants de la Straight Photography.En place depuis ce printemps au Musée des beaux-arts du Canada (MBAC), la modeste exposition Du Weston classique présente une trentaine de photographies en noir et blanc prises entre 1922 et 1943, et tirées, pour la plupart, du corpus de 45 épreuves «classiques» d’Edward Weston que compte aujourd’hui la collection de photographies du MBAC.De quoi titiller les fins défenseurs de l’authenticité que cette manifestation qui réunit des tirages réalisés dans le même souffle, ou presque, que les négatifs d’origine — d’où le terme «classique» pour les qualifier.Effectivement, comme l’écrit Lori Pauli, responsable de l’exposition et adjointe à la conservation au MBAC, «plusieurs collectionneurs et spécialistes estiment que ces épreuves correspondent davantage aux conceptions originales de l’artiste que celles qu’on a tirées plus tardivement».Nous en sommes fort aise, pardi! D’autant plus que ces épreuves «haut de gamme» donnent à voir une sélection d’images parmi les plus prégnantes qu’aient réalisées ce photographe de la forme essentielle.Une sélection, de surcroît, relativement exhaustive en ce qui a trait aux différents sujets auxquels Weston a prêté son regard d’aigle.Y sont ses inimitables nus aux cadrages serrés, où le corps est pensé en courbes, en plis et en géométrie; ses gros plans de légumes, de Weston sculpte avec la lumière des compositions stylisées GALERIE SIMON BLAIS 4521, rue Clark Montréal H2T 2T3 514.849.1165 Ouvert tout l'été du mardi au samedi de lOhOO à 17h30 Nu, de Edsard Weston, 1925.rochers, d’objets ordinaires et de surfaces variées; ses études de nuages, de racines et d’écorces; ses dunes devenues motifs ondulés; ses portraits et un exemple — un seul, hélas! — de ses juguetes (jouets) mexicains.Puis d’un sujet à l’autre, à l’exception peut-être de ses plus conventionnels — quoique formellement articulés — portraits des années 1940, dont ceux ici d’Ansel Adams et d’un sculpteur de Nashville, la production de Weston porte un sceau distinct.Sorte de mélange d’abstraction et de réalisme, où la malléabilité de la forme est mise en valeur dans toute son ambiguïté.Mais pour dire vrai, le photographe lui-même se méfiait du terme abstraction.Tant en peinture et en sculpture qu’en photographie, il soutenait que «la ligne, la forme la plus abstraites découlent par nécessité du concret, de la nature.» Le mot d’ordre, alors?La «forme simplifiée» ou la «forme élémentaire», proposait l’artiste pour qui «bien garder les pieds au contact du sol et des réalités est gage d’un esprit équilibré, disponible».Et disponible, Weston l’était.Lorsqu’échoue au début des années 1920 son projet d’ouvrir à Mexico, où il vivait alors avec l’actrice et photographe Tina Modotti, un studio commercial de portraiture, il se retourne illico vers son environnement immédiat et tire profit des marchés et de l’artisanat de la capitale comme du pays.Il emprunte la voie de la nature morte avec, notamment, une série de GALERIE TROIS POINTS JOCELYNE AUMONT Anne Ashton Michele Assal Judith Berry .Pierre Bellemare Marie-Claude Bouthillier Richard Deschenes Suzanne Dubuc Evergon Les bijoux de Tone Vigeland Dons exceptionnels au Musée des Arts décoratifs de Montréal Anti-design : Oeuvres choisies d’Ettore Sottsass et de Gaetano Pesce Sculptures de verre de la collection Louise et Laurette D’Amours Les bijoux de Tone Vigeland a été organisée par le Musée des Arts appliqués d’Oslo et The American Federation of Arts, avec l’appui généreux du ministère royal des Affaires étrangères de Norvège.L’exposition a également bénéficié du soutien du Cercle des Bienfaiteurs de l’AFA et du J.Carter Brown Fund for Exhibitions.Expositions en cours jusqu’au 1er septembre 1996.Musée des Arts décoratifs de Montréal Sherbrooke et Pie IX (514) 259-2575 Marcel Saint-Pierre Jennifer Walton Jusqu'au 17 août 372, rue Sainte-Catherine O., suite 520 Montréal Tél: (514) 866-8008 Du mercredi au vendredi de 12 h à 18 h, le samedi de 12 h à 17 h Avec la participation du ministère de la Culture du Québec VERNISSAGE FRANÇOISE PÊTRE les 6 el 7 juillet 1996 ù 14 h UN PRÉLUDE À DIRECT • ART 61 .AV.LANNING ST-SAUVEUR AUTO.1 5 - SORTIE 60 227-1646 (SANS FRAIS MTL) Collectionneur art contemporain, «brut», naïf et précolombien souhaite proposer et offrir en dons ses collections à divers musées.Écrire à : Guy Joussemet 1360, rue Saint-Jacques, app.809 Montréal (Québec) H3C 4M4 ou téléphoner au (514) 932-5492 PHOTO CENTER FOR CREATIVE PHOTOGRAPHY' photographies de poteries et de jouets.Ces images de formes isolées, vues de près, à la fois très présentes et objectivées qui, tout coin-, me ses nus et ses légumes sinueux qui suivirent, n’ont pas tardé à lui valoir la réputation d’un artiste radicalement moderne à la signature; infiniment personnelle.Né en 1886 en banlieue de Chicago, Edward Weston saute à pieds joints dans l’univers de la photo avant même l’âge de vingt ans.Installé en Californie, il fait du portrait son gagne-pain et du pictorialisme son style de prédilection.La petite histoire veut que ce soit à la suite de la visite d’une exposition de peinture moderne à San Francisco, en 1915, que le photographe! cherche à délaisser le flou symboliste et le caractère narratif de sa pratique pictorialiste pour explorer! le dynamisme des formes.Joli paradoxe pour un futur adepte de la Straight Photography, que cette inspiration picturale.Qu’à cela ne tienne, désormais, les jeux d’ombre et de lumière ne seront plus, chez Weston, au service de l’atmosphère, mais lui serviront plutôt à construire et à détacher ses sujets de leur fond.Weston, on l’a dit souvent, sculpte avec la lumière.Et quand bien même de la plus belle simplicité, ses compositions sont souvent stylisées.Toujours cérébrales, cependant.C’est d’ailleurs cette sensibilité toute formelle où l’émotion, retenue, n’est qu’une ombre —jamais plus — qui confirme que cet artiste était bel et bien de son temps.Inéluctablement moderne.Qu’on se méfie, aujourd’hui, d’une telle volonté d’objectiver la forme — jusqu’au corps humain — est tout à fait légitime, certains diront sain.Mais il reste que pour l’époque, où l’art était de plus en plus une question d’esthétique et de représentation, Edward Weston s’en est tiré haut les mains, et encore.L’exposition est accompagnée d’un bref documentaire vidéo (Se souvenir d’Edward Weston) qui, à travers des propos rapportés par l’historien de la photographie: Beaumont Newhall, les fils de Weston et une de ses disciples, rappelle les dadas et les activités de l’artiste, notamment son association ' au groupe de photographes f.64, au début des années 1930 et son approche on ne peut plus systéma- ; tique à la fois à la photographie et à sa carrière de photographe, à la- : quelle, dit-on, il tenait mordicus.CLICHÉ RÉPÉTÉ A ÉCLAIRAGE DIFFÉRENT.EN RAISON OU TEXTE MAL IMPRIMÉ 1.K I) K V 0 I It .I.K S S A M K I) I li K T I) I M A N 0 II E 7 ,ll!l I.I.E T I I) !) Il n JU j , v '—1 M £ 4 / * jOJft : s PAULE DES RIVIÈRES LE PETIT DÉJEUNER DE WIMBLEDON Fraises et tennis sont au programme ce matin (vous fournissez les fraises) pour la finale du simple dames.Avec, assurément, Steffi Graf.NBC, 9h LE PETIT JOURNAL Des enfants communiquent par satellite avec des astronautes de la navette Columbia; il est aussi question de jeunes musiciens au festival de jazz et également de cueillette de fraises.TQS, 16h30 FLEURS ET JARDINS Il est question d'iris de Sibérie, d’aménagement paysager avec les fraises et enfin de salade de concombre.TVA, 17h LLUIS LLACH: UN PONT DE MER BLEUE Dans le cadre d’une programmation catalane spéciale, voici la présentation d’un concert du chanteur Lluis Uach, qui fut donné au palais olympique de San Jordi.Radio-Québec, 20h BIOGRAPHIES Un régal est prévu ce soir avec le portrait de Louis Armstrong, premier véritable soliste du jazz, que tout le monde connaît un peu mais que peu connaissent bien.Canal D, 21 h s a ii/ The Am m » Mil OdD® ©ŒD® CB 01QS CD Perfecto Jardin d'aujourd'hui Branché Le Téléjournal Raison Passion (18:20) Olympica Cinéma / LE BÛCHER DES VANITÉS (4) avec Tom Hanks, Bruce Willis Le Téléjournal Nouvelles du Sport (22:21) Cinéma/PERRY MASON: MEURTRE EN CIRCUIT FERME (6) avec Raymond Burr, Barbara Haie (22:50) am CH) saoul 03051 gü @5) Vidéo.S3 CLSC / Renc.estivale (16:35) / Eglise (16:40) / Forêt.(16:45) Fleurs et Jardins / Iris de Sibérie; les fraises Dinosaures Le TVA Cinéma /COEUR CIRCUIT II (5) avec Fisher Stevens, Michael McKean Cinéma/CRUISING BAR (5) avec Michel Côté, Louise Marleau Le TVA/ TVA Sports Loteries (23:09) Cinéma/LES ANGES DE LA NUIT (4) avec Sean Penn, Gary Oldman (23:22) QU CDD d® (M) SB Cinéma/LE LAC DES CYGNES (5) Dessins animés Les Nouvelles Aventures de Skippy National Geographic Plaisir de lire Lluis Llach / Émission spéciale catalane Cinéma/ET LA LUMIÈRE FUT (3) avec Saly Badji, Binta Cisse Cinéma/LA FUREUR DE.(2) (23:53) ©©(HD 0D(M)(49) Le Petit Journal Passion plein air le Gr.Journal la Hebdo (17:40) Cinéma / ERNEST FRAPPE ENCORE (6) avec Jim Varney, Ron K.James Cinéma/OPÉRATION TONNERRE (4) avec Sean Connery, Claudine Auger Le Grand Journal Passion plein air OO CB Equestrian (16:00) News Busy Bodies Royal Canadian Air Farce Rita & Friends Cinéma/SECRET NATION (5) avec Cathy Jones, Mary Walsn Saturday Report (23:18) Country Beat (23:33) Personal Best ?Dû IB Superman (16:00) Babylon 5 Newsline Regional.E.Now Home Improv.Dr.Quinn, Medicine Woman Law & Order Lonesome Dove CTV News News Cinéma (15:00) World Championship Wrestling Puise Country Prof.Star Trek: Deep Space Nine Star Trek: Voyager Puise GD m (22) ABC Wide World of Sports News ABC News Wheel of.Jeopardy! Second Noah Cinéma/SPRING FLING! (6 //i n 1 n m nn Cnl/hniirn 1 r\\ mn i no\A/itt News Tales from.Pub aveu» uainco lumiuuoc, uuyoc ucvvm ABC Late Night ABC News Pub Star Trek: Deep Space Nine Baywatch CH © Golf/Western Open (16:00) News CBS News Entertainment this Week Dr.Quinn, Medicine Woman Touched by an Angel Walker, Texas Ranger News Hercules Wheel of.Jeopardy! Pub (23:35) (JD (BD Basketball / Olympic Trials (16:00) NBC News Home Improv.JAG Cinéma /SHE LED TWO LIVES (5) avec Connie Sellecca, Perry King Saturday Night Live Olympic Cent.LPGA Today ES (57) Julia's Kitchen Evening at the Pops The Lawrence Welk Show Austin City Limits / S.R.Vaughan A Tribute to Big Joe Burrell Buddy Guy Live Cinéma / THE CRANES ARE FLYING (3) Malone Washington Wall Street Sneak Previews Inside Albany The Editors McLaughlin.Fools & Horses Keeping Up.As Time Goes Mr.Bean Red Dwarf Jazz Set West SB Cryptkeeper Bugs Bunny & Tweety Show News Focus Ontario Myster.Island Chris Cross Ready or Not Red Green Touched by an Angel Murder, She Wrote Global News I Saturday Night | Join In! Polka Dot.Bookmice Polka Dot Door Waste Not Journeys Cinéma / DETECTIVE STORY (3) avec Kirk Douglas, Eleanor Parker Conver.(21:50) j Cinéma / THE BIG SKY (3) avec Kirk Douglas (22:20) | Ss® X Games: Day#1 (15:30) Extreme Mag.World of Golf Sportsdesk Wk Baseball Atlanta: A '96 Preview Football / Lions - Blue Bombers Sportsdesk (RDS) Golf LPGA / Classique Kroger Jamie Farr (15:30) Mag.olymp.Sports 30 Superbike / Monza Sports Extrêmes Trophées LCH Superstars WWF Sports 30 Moto-marine ES) 30 Millions.Journal suisse Visions/Gour.Thalassa Journal FR2 Cocktail / Début Bon Week-end Hist, courtes.Journal belge Visions.Portraits (23:15) G3D Explorateurs Télé-pirate Schtroumpfs I Ma sorcière.Premières Fois Animalement Gymtonik (MB Musique vidéo (13:00) VoxPop Perfecto Fax Box-office ConcertPlus / Hootie &.Musique vidéo I Bouge de là BlackOut (MM) VideoF.(14:30) SuperHitVideo R.S.V.P.The Tube Spotlight Start Me Up j Big Ticket/Help! War Child | VideoFlow |TheTube | Spotlight dD Les Oiseaux 2: le retour (16:05) La Folie du roi George (17:35) Les Jeunes Ninjas 2 (19:25) | Le Premier Chevalier Harcèlement (23:20) (m) Yogi Bear Rocko's Life Spiderman Squawk Box Captain Power Goosebumps Are You Afraid Video &.1 Cinéma / THE HAPPY YEARS (4) avec Dean Stockwell, Leo G.Carroll Dog House (R© But.de santé I Aujourd'hui Bulletin jeunes Box-office Griffe Monde ce soir .au Rwanda Reportages/Visas.strip-tease | Le Téléjournal Scully renc.Dossiers | Ed.Week-end Siècle olymp.CB Patience de Maigret (16:00) Samedi de rire Destination danger En rappel: Circ-O-Ciel Le Goût du monde Biographies: Louis Armstrong Concert Jazz: Ben Harper Ray Bradbury AU PETIT ECRAN LE BUCHER DES VANITÉS* (4) (The Bonfire of the Vanities) É.-U.1990.Comédie satirique de B.De Palma ; avec Tom Hanks, Bruce Willis et Melanie Griffith.; S’étant rendu coupable d’un délit de fuite, un courtier subit un procès teinté de consi-, dérations politiques.SRC 19h30 I -*- ET LA LUMIÈRE FUT (3) Fr.1989.Étude de ; mœurs de O.Iosseliani avec Saly Badji, Binta Cisse et ! Alpha Sane.Ayant quitté ; son paresseux de mari et son nouvel amant, une belle « 1.Africaine part à la ville j avec un citadin de passage.; RQ 21h -?-! LA FUREUR DE VIVRE (2) (Rebel Without A Cau- \ se) É.-U.1955.Drame psy- < Biologique de N.Ray avec ! James Dean, Natalie Wood ; et Sal Mineo.Le drame d’adolescents en mal d’affec-, tion aboutit à trois morts ; violentes.RQ 22h53 -?-S THE CRANES ARE FLYING (3) U.R.S.S.1957.Drame psychologique de M.Kalatozov avec Tatiana Samoilo- • va, Alexis Batalov et Vassili ’, Merkuryev.La guerre vient;; détruire l’idylle de deux < jeunes gens.PBS 22h30 s** % ^ CF ^ .jj jjj l n 11 SECOND REGARD En Haïti, on dit que 85 % de la population est catholique.Et le vaudou dans tout ça?Radio-Canada, 13h * jj j m s
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