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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1996-08-03, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR Vol.I.XXXVI - No 18 0 MONTREAL, LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 A O II T I !) !) (i LIVRES Léo Ferré, le compagnon d’âme PAGE D 1 LE MONDE Cessez-le-feu pour la mort de Aïdid PAGE A 6 LES ARTS Baie-Saint-Paul: la jeune peinture, la relève et la mémoire PAGE B 1 4 CA II 1 E RS - I , 9 7 S + TPS + FORMES Montréal, ville d’eau PAGE I) 8 T V Q PERSPECTIVES Chrétien met le feu aux poudres En se lançant dans la porcelaine linguistique comme un éléphant, jeudi, le premier ministre du Canada est devenu, une fois de plus, une partie du problème, plutôt que d’apaiser le jeu et de chercher des consensus.C’est grave, très grave.Monsieur Chrétien a fait d’une pierre trois coups.Non seulement approuve-t-il le boycottage entrepris par le Quebec Political Action Committee de Howard Galganov, mais il dénonce ce qu’il appelle, abusivement, la «police de la langue» et il absout sa députée Anna Terrana.En trois questions de reporters et trois réponses, c’est une performance qui laisse pantois.Pour reprendre les mots d’une collègue anglophone, le chef du gouvernement est venu chez les siens, en Mauricie, en blitz préélectoral, mais il a montré à quel point il peut être un poids mort pour son parti au Québec, alors qu’il est un actif libéral important dans le reste du Canada.On ne saurait mieux dire.En donnant la caution du Canada à l’affichage commercial bilingue et aux extrémistes qui marquent des points avec des menaces de boycottage des commerces récalcitrants, M.Chrétien met en péril la fragile trêve linguistique qui — de la loi 22 de 1974 à la loi 86 de 1993, en passant par la loi 101 — était en voie de dégager un consensus.Avec l’appui des modérés qui, du mieux qu’ils peuvent, souhaitent que les Québécois vivent en relative harmonie.En passant, c’est M.Bourassa, et non les affreux pé-quistes, qui a fait du français la langue officielle du Québec, il y a 22 ans.En mettant sur le même pied les gestes d’éclat des assiégés du West Island montréalais et les luttes, souvent perdues d’avance, des francophones des autres provinces, M.Chrétien prend des raccourcis qui ne l’honorent pas et des libertés avec la terrible réalité francophone sur ce continent.En dénonçant ce qu’il appelle la police de la langue, le premier ministre fait mine d’ignorer que toute loi, qu’il s’agisse de pêche, d’impôts ou d’affichage, ne vaut pas cher si des agents, des enquêteurs ou ,des inspecteurs n’en surveillent la mise en œuvre.A Ottawa comme à Québec, d’ailleurs, et pour tout autre gouvernement qui se respecte.En refusant de désavouer sa députée Terrana, enfin, le premier ministre fédéral montre qu’il fait bien peu de cas des bobards et des inepties que l’on colporte sur le Québec, aussi bien à Ottawa qu’à Vancouver, en passant par The Gazette, The Financial Post et Saturday Night.Au lieu de calmer les esprits obtus, d’expliquer les attentes et les inquiétudes de ses compatriotes — qui ne forment que 2 % des habitants de ce continent — M.Chrétien donne raison à leurs détracteurs, alimente les préjugés et les ressentiments.Et il se demande ensuite comment il se fait que sa popularité est aussi faible qu’au Québec qu’elle connaît des sommets au Canada anglais.La lutte des minorités pour leurs droits, c’est une bataille admirable.De là à prétendre qu’elles s’équivalent toutes, y compris celles des Amérindiens, et que les anglophones sont opprimés au Québec, il y a une marge, énorme, que M.Chrétien franchit allègrement.Au mépris des vicissitudes de nos compatriotes ontariens, au mépris aussi de l’assimilation galopante des nôtres, en dépit des lois et règlements sur les langues officielles.Il y a de quoi monter sur ses ergots.Qu’après Eaton, Sears, Zellers, Radio Shack, Blockbuster vidéo, d’autres grandes chaînes s’apprêtent à se plier aux menaces de boycottage de M.Galganov et de ses croisés d’Equality Party et d’Alliance Québec, on le conçoit aisément.Ces magasins ne veulent pas perdre les gros sous d’une clientèle importante.Mais que M.Chrétien accorde sa bénédiction, d’emblée et sans aucune réserve, à ce chantage éhonté et à cette intimidation dangereuse, ça suscite un lourd malaise.Après tout, c’est le premier ministre qui encourage ainsi l’escalade des moyens de pression — sous le couvert de la démocratie agissante et directe — avec un risque de ressac et de répliques aussi virulentes.La loi 86, on le sait, permet un affichage commercial bilingue, à la condition que le français soit et reste prédominant.Mais M.Galganov et ses ouailles ne se satisfont pas de ces concessions.Ce n’est qu’un début, promettent-ils, et ils veulent aller beaucoup plus loin, notamment en défiant la loi elle-même.C’est cela que M.Chrétien encourage, en l’assimilant à la protection de droits essentiels.M.Galganov et ses zélateurs sont ravis.On le serait à moins.M.Chrétien jette de l’huile sur le feu linguistique et offre un triste spectacle à ses compatriotes.Désolant et déplorable que le premier ministre se jette ainsi sur tous les plats pour mettre les pieds dedans.Gilie s Lesage ?INDEX Agenda ,.B7 Les Arts .Bl Avis publics.C8 Économie .Cl Éditorial .A8 Le monde .-46 Mots croisés.C7 Petites annonces.06 Les sports .C9 T E 0 Montréal Passages nuageux.Max: 25.Dimanche: ensoleillé.Max: 28.Québec Ciel variable.Max: 25.Dimanche: passages nuageux.Max: 26.Détails en C 8 Baisse marquée des taux hypothécaires Les économistes prévoient une nouvelle réduction du taux d’escompte SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR Les institutions financières viennent d’ordonner une baisse généralisée des taux hypothécaires une dizaine de jours après que la Banque du Canada eut commandé une diminution du loyer de l’argent Amorcée par la Banque CIBC, cette nouvelle réduction du crédit hypothécaire varie de 0,25 % à 0,50 % selon les termes.Imitant la CIBC, toutes les institutions ont retranché 0,37 % au six mois pour le fixer ainsi à 5,75 %, 0,50 % aux trois ans pour l’établir à 7,50 %, 0,40 % aux cinq ans pour le ramener à 8,10 %.Bref, toute la grille hypothécaire a été modifiée.Économiste au Mouvement Desjardins, Simon Prévost a expliqué que la retraite des taux était le reflet de la baisse effectuée par la Banque du Canada ainsi que de la baisse que cette dernière devrait normalement imprimer à court terme sur le profil des taux.«Nous sommes d’avis qu’une autre baisse du taux de la Banque du Canada est dans les cartes d’ici la fin du mois de septembre.» Cet assouplissement prévisible des conditions du crédit, assouplissement dont la baisse des hypothèques fait d’ores et déjà écho, est intimement lié à la publication d’une batterie de chiffres concernant l’état actuel de l’écpnomie américaine.Économiste à la Banque Nationale, Dominique Va-chon a constaté que la forte croissance du PIB améri- cain, 4,2 % au deuxième trimestre, avait été réalisée sans que l’on n’observe de pressions, inflationnistes.«Non seulement l’indice des prix aux États-Unis reste faible, mais le marché de l’emploi a été moins vigoureux que ce qui avait été prévu.» Hier,Tes statistiques sur l’emploi, statistiques ayant convaincu la CIBC d’abaisser le crédit hypothécaire, ont signalé que 193 000 nouveaux emplois avaient été enregistrés au mois de juillet, soit une diminution, d’ailleurs assez prononcée, sur les niveaux des deux mois antérieurs.Parallèlement à ce ralentissement de la croissance de VOIR PAGE A 10: BAISSE Variations sur l’épreuve w:MË&Èm * * ' T .• (C*.^aSÉÉliliM #S§#fï®Pt SYLVIE Fréchette a été soulevée dès le début, de la routine qui a valu au Canada une médaille d’argent en nage synchronisée tandis que Bruny Surin et Donovan Bailey, dans le relais 4 x 100 m, ont accédé à la finale qui aura lieu ce soir.¦ Le Canada se contente de l’argent en nage synchronisée ¦ Le Canadien Tim Berrett termine 10e au 50 km marche ¦ Michael Johnson, l’inhumain sur 19 sec 32 ¦ Il vole bas: la chronique de Jean Dion NOS INFORMATIONS EN PAGES C 9 ET C 10 PHOTOS AP ET PC Atlanta 1996 Retour à la case liberté MARIO CLOUTIER LE DEVOIR ichel Rivard vit la quarantaine heureuse.Tout va bien avec sa blonde, ses trois enfants et son chien.Il mange du Harvey’s le midi et des épinards le soir.Un petit séjour à la campagne et le voici tout bronzé pour sa série de spectacles intimes aux FrancoFo-lies.Mais surtout, il est là où il veut être au moment où il y est.Il s’assume quoi.Père de famille et ex-membre de Beau Dommage, auteur naïf et découvreur de rap grâce à son fiston de 12 ans, drôle dans Pâme et grave dans le propos.et vice-versa.Flybin toujours! «Ce n’est pas pour rien que j’ai affublé mes musiciens du nom (Flybin String Ensemble] VOIR PAGE A 10: RIVARD PHOTO JACQUES GRENIER «Quand rien ne sort, dit Michel Rivard, je fais du bruit avec un drum machine et ma guitare électrique.Le lendemain, je trouve ça tellement poche que je prends ma guitare acoustique et je compose une petite chanson.» ÉCONOMIE Péladeau invité à surenchérir Pierre Péladeau et son équipe se donnent une fin de semaine de réflexion.A la surprise générale, Rogers Communications a annoncé hier avoir retenu l’offre à 16 $ l’action déposée par un groupe dirigé par les principaux cadres de Toronto Sun Publishing, tout en laissant la porte ouverte à toute surenchère.Rogers a ainsi retenu les 410,8 millions proposés dans l’opération de «management buy-out», mais n’a pas écarté d’entrée de jeu toute offre bonifiée, à 16,50 $ ou plus l’action, qui pourrait être déposée.Mais en bourse, l’action du Toronto Sun s’est comportée hier comme s’il fallait faire une croix sur la surenchère, fermant à 15,55 $ en baisse de 55 cents par rapport à la clôture, jeudi.Après tout, M.Péladeau n’est pas un fervent défenseur de la surenchère.¦ Nos informations en page C 1 MONTRÉAL Sammy Forcillo réclame une taxe régionale pour aider Montréal PAGE A 3 L’attentat d’Atlanta Mauvaise presse Piégés par leur grégarisme, les médias américains s’interrogent sur leur traitement de l’affaire Jewell FRANK BRUNI THE NEW YORK TIMES D) ordinaire, les chaînes de télévision et les journaux ne divulguent pas le nom d’une personne soupçonnée d’un crime avant que la police n’ait fait état publiquement de ses soupçons, ou avant que l’individu n’ait été inculpé, arrêté ou placé en détention.Mais le nom et le visage de Richard Jewell, garde de sécurité à Atlanta, ont été dans le domaine public avant même que la police ne se rende à son appartement Mardi soir, son visage était partout dans les bulletins de télévision; mercredi matin, son nom figurait à la une des journaux dans tout le pays à titre de suspect dans l’attentat à la bombe du parc du Centenaire samedi dernier.D’une douzaine d’interviews avec des réalisateurs et des rédacteurs dans différents médias, il ressort que leur décision quasi unanime de rapporter les soupçons des autorités policières n’a pas été prise sans grincements de dents.Le raisonnement qui les a amenés à trancher en faveur de la publication se résume à ceci: il y avait tant de gens qui avaient été mis au courant des soupçons qui pesaient sur M.Jewell, ou qui allaient peser sur lui, qu’il était absurde d’ignorer cette information.L’affaire amène à se demander si les médias peuvent et veulent agir de manière responsable quand un événement déclenche une féroce concurrence, disent les spécialistes et les professionnels des médias.«C’est préoccupant», dit Ed Turner, vice président de CNN, la chaîne qui a immédiatement rapporté les informations divulguées dans l’édition spéciale du Atlanta Journal-Constitution de mardi soir.C’est ainsi qu’est devenue publique la nouvelle voulant que M.Jewell était considéré comme suspect «D va avoir beaucoup de mal à vivre une vie normale s’il est innocent», reconnaît M.Turner.«Ça nous inquié- VOIR PAGE A 10: PRESSE «Si la police d'Atlanta le sait, si les chaînes de télévision locales le savent, et si nous ne faisons rien, nous aurions l'air de quoi?» Pierre Péladeau certains pensent qu'elle coûte la peau des Va/QUO» v »> mL/5.?.%aï .*«##* f r,VÂ% " ¦ V~ '¦ V.r/.'V;,*'; ?" *.v:u:v '• ' *•*;» Ô$g' Comme la Stella Artois a la réputation d’être l’une des meilleures bières au monde, certains s’imaginent qu’ils doivent dépenser une petite fortune pour la déguster.En effet, cette bière premium a privilège d’être la plus appréciée des Belges eux-mêmes.Depuis 1366, au royaume de la bière, Stella Artois règne! l’ultime STELLA ARTOIS La brasser requiert une technique artisanale complexe et les meilleurs ingrédients choisis de par le monde.Pour compliquer les choses, afin de la réussir parfaitement, on ne peut la produire que par petites quantités.Mais soyez sans craintes, vous la trouverez à prix plus qu’abordable dans tous les dépanneurs et épiceries./é /a /'ù vtêfre fa /t fad kéj I.E I) E V 0 I R , L K S S A M E I) I 3 E T I) 1 M A N C il E l A 0 Û T I 9 !) (i A 3 LE DEVOIR M 0 N T I! E A L ROGER ROY Horloger bijoutier 935, U Guichetière Ouest Montréal H3B 2M9 Siège social du CN S 514.861.4489 7* Zodiac swiss • IM* La montre spbrt par «xrtlUniio Plaidoyer pour une taxe régionale Forcillo suggère de afin mettre à contribution les 102 municipalités de la région métropolitaine de pallier les «iniquités fiscales» dont a souffert Montréal :t BRIAN MYLES LE DEVOIR Il > administration Bourque lorgne à nouveau le gousset y des banlieusards.Elle demande cette fois à Québec d’imposer une taxe régionale aux 1Q2 municipalités de la région métropolitaine afin de pallier les iniquités fiscales subies par les Montréalais.;C’est du moins ce qu’a confirmé hipr au Devoir le vice-président du cqmité exécutif et responsable des finances à la Ville de Montréal, Sammy Forcillo.Selon M.Forcillo, l’imposition d’une taxe régionale permettrait de rétablir l’équité dans la région métropolitaine et d’alléger le fafdeau fiscal des Montréalais.Ce serait également une excellente fa- S'n de lutter contre l’étalement ur-in, un phénomène qui finit par af-fepter autant les villes centrales que leg banlieues.„ „ .{«Est-ce que c’est normal que les Samn,y Forc* ° cdntribuables à Montréal paient plus cher que ceux qui démeurent en banlieue?, s’interroge le conseiller du district de Saint-Jacques.Ça n’a pas d’allure.» [Comme si cette demande n’allait pas susciter suffisamment de controverse auprès des maires de banlieue, M.Fprcillo en a rajouté en suggérant l’imposition d’une taxe sitr le développement.«Supposons que le monde veut se développer dans les régions, je n’ai rien contre ça, a-t-il dit.Mais est-ce qu’on ne pourrait pas faire profiter tout le monde de la richesse du développement dans les autres régions?» Des villes américaines, telles Dayton et St.Paul-Minneapolis, ont déjà appliqué une formule de péréquation régionale similaire — le «tax base sharing».Le responsable des finances à la Ville de Montréal est conscient que son plaidoyer pour l’équité fiscale — «des idées lancées comme ça» — risque de se heurter à l’opposition des maires de banlieue, mais il ne s’en formalise pas outre mesure.«Tant qu’à moi, il y a juste une ville, il y a juste Montréal», lance-t-il.«Moi, que le monde s’en aille dans les banlieues, je m’en sacre comme dans l’an 40, ajoute le coloré politicien.Mais ils vont payer quand „„„„„ ils vont venir à Montréal.» 200 millions d’iniquités M.Forcillo évalue à 200 millions de dollars les iniquités fiscales subies par les Montréalais à cause du statut de ville-centre qui incombe à leur cité.Et ce chiffre ne comprend même pas le dédoublement de factures pour les services spécialisés de police et le transport des écoliers.«C’est l’ensemble de la région et des Québécois qui profitent généreusement des avantages de la métropole», dit-il pour justifier sa dernière trouvaille.A titre d’exemple, le grand argentier de l’administration Bourque souligne que le statut de ville-centre qui revient à Montréal occasionne des débours annuels de 30 millions de plus pour l’entretien des artères principales seulement.Il faut ajouter à cela le financement des équipements à vocation provinciale que représentent le Jardin botanique, l’Insectarium, le Musée d’archéologie et d’histoire, le Biodôme, lç Planétarium, le parc des îles et le parc du mont Royal.A eux seuls, ils coûtent près de 44 millions aux contribuables montréalais.Le Service de police de la Communauté urbaine de Montréal (CUM), qui assume des fonctions spécialisées telle l’escouade tactique, représente des charges annuelles de quelque 37 millions.Idem pour le Service de prévention des incendies, qui coûte environ 30 millions de plus par année.La métropole investit par ailleurs deux millions par année dans l’Office de tourisme et des congrès du grand Montréal.Sammy Forcillo fera valoir son point de vue dans le cadre de la commission sur la fiscalité qui aura lieu cet automne, et dont l’objectif est de revoir l’ensemble de la fiscalité au Québec.M.Forcillo refuse cependant de préciser le fond de sa pensée quant à la forme que pourrait prendre sa taxe régionale.«C’est ce dont j’aimerais parler lors de la commission sur la fiscalité.» Il n’en dira pas plus.Lors de sa nomination à titre de ministre d’Etat à la métropole en début d’année, Serge Ménard, avait mani- festé sa volonté de régler rapidement l’épineuse question de l’iniquité fiscale entre Montréal et sa banlieue^ Il n’avait pas écarté l’idée d'uniformiser la taxe sur les immeubles non résidentiels dans les 102 municipalités de la région de Montréal.Pour l’instant, M.Ménard n’a pas de position arrêtée quant aux mesures à prendre, a indiqué hier un porte-parole au sein du ministère.Pour le chef de l’opposition officielle à l’Hôtel de Vule, André Lavallée, les demandes du vice-président du coïni-té exécutif manquent de sérieux.«Sammy Forcillo travaille comme un petit comptable pour ensuite se faire‘démentir par l’administration municipale», se moque ;M.Lavallée.«Il y a une confusion lamentable de l’administration municipale dans ce dossier-là.J’ai hâte de pouvoir commenter la position du maire Bourque, ajoute le chef.du RCM.Est-ce qu’on a un maire à Montréal?» L’année dernière, M.Bourque avait soulevé tout un tollé dans les couronnes de Montréal, en jonglant avec l’idée d’imposer aux banlieusards une taxe annuelle'de 100 à 200 $.La formule aurait pu générer des revenus;de 60 millions.Plus récemment, Sammy Forcillo a ramené suit la table une vieille idée: rétablir le péage sur les ponts qui relient l’île de Montréal à la rive-nord et à la rive-sud du Saint-Laurent.Il avait été aussitôt désavoué par son chef, le maire Bourque.Hier, M.Forcillo est revenu sur cet épisode.«Ils m’ont dit que j’étais un peu farfelu avec mon idée des péages sur les ponts.Ce n’est pas si fou que çp», conclut-il.La Maison Secours aux femmes prend la défense d’une Syrienne menacée de déportation Roula Koudsi s’exposerait à la violence de son ex-conjoint en retournant dans son pays [FRANÇOIS NORMAND LE DEVOIR II a Maison Secours aux femmes ^demande à la ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration du Canada, Lucienne Robillard, d’annuler purement et simplement la déportation de Roula Koudsi, le 6 août prochain, pour des raisons humanitaires.¦Mme Koudsi est une femme d’ori-gine syrienne âgée de 28 ans — arri-véfe au Canada en tant que touriste le 27! septembre 1994 — contre laquel-leîlmmigration Canada a émis un ortlre de déportation, le 31 juillet dernier, et ce après plusieurs sursis, payee qu’elle n’a plus droit de séjour ait; pays.Immigration Canada veut la dé-pdirter pour une question de règlement: l’homme d’origine libanaise qu’elle a épousé au Canada, le 21 mjjû 1995, Ismail Elmourad, ne peut luf accorder son parrainage pour sa dgnande de résidente permanente puisqu’il l’a déjà accordé dans le passé; à une autre personne de laquelle il & divorcé par la suite.M.Elmourad a fnformé Mme Koudsi de cette situation en novembre 1995.Ne pouvait être parrainée, elle devenait detne par le fait même immigrante illégale aux yeux des lois canadiennes.La Maison Secours aux femmes cràint pour sa sécurité si elle est déportée dans son pays d’origine presque M.Elmourad, devenu entre-teçips son ex-conjoint, a juré de la pourchasser jusqu’en Syrie.Elle a été violentée à maintes reprises par cet homme qui a tenté à deux occasions de l’étrangler.La deuxième de ces agressions a été ju-gép en cour municipale à Mojitréal, le$l juillet 1996.Le juge Evasio Mjssignani a condamné M.Elmou-rafl à 14 jours de prison, à trois ans deîprobation conditionnelle et à ne park se trouver à moins de 300 mçtres de la résidence actuelle ou éventuelle de Mme Roudsi.La porte-parole de la Maison Se-cotirs aux femmes, Assia Kada, affirmé que M.Elmourad a proféré des mçnaces de mort envers Mme Kqjjdsi.Mme Kada dénonce l’attitu-dejd’lmmigration Canada qui minimise les menaces formulées par l’ex-cofijoint si cette déportation a bel et bien lieu.«Mme Koudsi serait ainsi placée en situation de grande vulné- rabilité, au mieux, elle sera internée dans une maison d’obéissance, véritable institution correctionnelle pour femmes musulmanes récalcitrantes [Mme Koudsi a demandé le divorce de M.Elmourad et c’est interdit en Syrie].» Mme Kada a par ailleurs expliqué que la décision de la cour concernant l’ex-conjoint de Mme Koudsi ne s’applique que si cette dernière se trouve au Québec.Elle indique que si M.Elmourad décide de la poursuivre en Syrie, rien ne pourra l’empêcher de la violenter puisque là-bas la violence conjugale n’est pas considérée comme un crime.Il y a quelques jours, Le Dr Muha-mad Mugraby, un spécialiste de la question, écrivait dans un avis que: «Selon la loi islamique en vigueur en Syrie, un homme a le droit de battre physiquement sa femme.Selon l’article 185 du code pénal syrien, il n’y a aucune pénalité pour cet acte permis par la loi.» «Je demande au gouvernement canadien de rester ici sinon je vais avoir beaucoup de problèmes», a dit Mme Koudsi dans un français chancelant, tout en précisant qu’elle avait très peur à l’idée d’être déportée dans son pays d’origine.Au ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration, on se refuse à tout commentaire.Lucienne Robillard est en vacances et son adjointe spéciale, Marie-Josée Reid, refuse de s’adresser aux médias./ M» v-aSS,"’ 1 4- PHOTO JACQUES GRENIER Mme Roula Koudsi souhaite demeurer au Québec afin d’échapper à son ex-conjoint.=4= E N ?BOITES DE GATEAUX RÉTIRÉES (PC) — La compagnie Produits ali-mdntaires Allard a fait savoir hier, aui consommateurs susceptibles de souffrir d’allergies aux arachides, qyè ses gâteaux «Mokas érable», distribués au Québec, contenaient de$ arachides même si cette infor-ination n'était pas indiquée sur l’étiquette.L’entreprise a indiqué que fous les produits dont l’étiquette ne faisait pas mention de la présence d’arachides avaient déjà été retirés des tablettes des détaillants.TOULCH OPTOMETRISTES Des lunettes pour être vu jàpF j|P fPP .i» i : v Æ Paris / / Lunettes Cartier en vente sur l’avenue Greene seulement 4129, rue Saint-Denis 4021, Saint-Laurent 1327, Greene Montréal Montréal Westmount 849-0559 849-1433 937-0446 Voici pourquoi la chemise polo de Tilley est probablement « la meilleure au monde » \ i\r « .^ irW \\ La nouvelle chemise polo de Tilley' / a été reçue avec beaucoup.d’enthousiasme par nos clientes et.clients.Vous pouvez toujours compter sur Tilley Endurables pour vous offrir les meilleurs produits en leur genre au monde.Et c’est le cas : pour cette nouvelle chemise polo, : fabriquée pour nous au Canada.; Vous serez ravi par la qualité de ! la confection, la texture du tissu’ (coton avec un soupçon de Spandex) et l’élégance classique de ce vêtement.Les golfers, entre autres, apprécieront le confort et l’allure formidable qu’offre la nouvelle chemise polo de Tilley.Offerte en marine, vert forêt, , kaki, crème, maïs et gris.Tailles : de MàTTTG 75$.Tilley Endurables 158, ave.Laurier Ouest 272-7791 OBTENEZ UN CATALOGUE GRATUIT \ EN COMPOSANT LE 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(i - k§m&: .PHOTO MICHELLE CATHERINE WIDMANN - .¦ ' ^0l»Ns ÿ< A * ¦ ms fmÊÊÈÊi^M , Wtfm.!S ACTUALITES Un peu d’espoir au bout du fil 800 personnes âgées, souvent des femmes de plus de 75 ans, ont utilisé Info-Abus depuis un an ANDRÉE BOISSELLE LE DEVOIR 4;rT; es personnes âgées qui subissent des mauvais trai-jj JL/tements et qui vivent la détresse de troubles phy-2 piques, psychologiques ou financiers ont désormais j •/ " ) ) O U 2 a 8 ni ü> Le Polygraphe lancé à Venise Le film de Robert Lepage ne sortira à Montréal qu'en octobre LE DEVOIR Le Polygraphe de Robert Lepage, adapté de sa pièce de théâtre du même nom, échappe au festival de Toronto et au FFM de Montréal, qui n’auront pas ce gros morceau très attendu à se mettre sous la dent dans leur programmation.Le film sera projeté en grande première mondiale à la Mostra de Venise, le 1er septembre, dans la section «Fenêtre sur les images»., «Cette coproduction Québec/ f France/Allemagne trouvera au festi-’ yaj de Venise une fenêtre importante .,sur le marché européen», explique le distributeur Christian Larouche, de la maison CFP.Il précise toutefois que .Ja.raison principale pour laquelle Le Polygraphe ne sera pas lancé au pays • tient au côté globe-trotter de Robert ri;L^page, actuellement en tournée théâ-traie européenne, qui n’aurait pu se liane: bérer de ses engagements pour faire la promotion du film à Montréal ou à Toronto, «alors qu’il sera dans les environs de Venise».Le Polygraphe ne sortira à Montréal que le 25 octobre prochain, «car Robert Lepage sera alors disponible pour des entrevues au Québec».Le Polygraphe, qui donne la vedette à Marie Brassard, au Suédois Peter Stormare, à Patrick Goyette, à l’actrice espagnole Maria de Medeiros et à James Hyndeman, évoque un épisode de la vie de Lepage, alors qu’à la suite du meurtre d’une amie, il avait dû passer le test du détecteur de mensonge, entre les mains de l’appareil policier de Québec.«Le film, explique le distributeur, est encore à l’étape du montage, et l’équipe de la Mostra de Venise n’en a vu qu’une version pré-montée sur cassette.Nous livrons une course contre la montre pour le finir.» O.T.[v Avez-vous été adopté en CrB.?Y avez-vous donné un enfant en adoption?La Colombie-Britannique est en train de changer sa Loi sur l’adoption.À compter du 4 novembre 1996, il sera plus facile pour les adultes qui ont été adoptés durant leur enfance et leurs parents biologiques d’obtenir des renseignements les uns sur les autres.Si vous avez été adopté en C.-B.et que vous ayez maintenant 19 ans ou plus, vous aurez accès à votre certificat de naissance original, celui-ci indiquant le nom que vous avez reçu à votre naissance, ainsi que le ou les noms d un ou des deux parents inscrits sur ce certificat.Si vous avez donné un enfant en adoption en C.-B.et que cet enfant soit maintenant âgé de 19 ans ou plus, vous aurez accès au certificat de naissance indiquant le nom donné à votre enfant, après son adoption.Certaines personnes peuvent souhaiter conserver leur anonymat.Si vous ne désirez pas rendre accessibles ces renseignements sur vous-même, vous pouvez déposer un veto aux fins de non-déclaration.Si vous êtes prêt à partager ces renseignements sur votre identité, mais ne désirez pas être contacté par l’autre partie, vous pouvez déposer une déclaration de non-contact.Vous pouvez, sans frais, déposer un tel veto ou une telle déclaration maintenant, avant l’entrée en vigueur de la nouvelle loi en novembre.Pour obtenir un formulaire de déclaration de veto ou de non-contact, appelez le Bureau des statistiques Province de la Colombie-Britannique (sans frais) 1-888-212-1188 ^British Columbia Pour vous renseigner sur la Loi sur l’adoption, le dépôt d’un veto ou d’une déclaration de non-contact, appelez le Ministère des affaires sociales Province de la Colombie-Britannique (sans frais) 1-888-236-7888 Cliché d’été La fonction publique maigrit au rythme prévu En un an seulement, plus de 17 OOO fonctionnaires fédéraux ont quitté leur emploi JULES RICHER PRESSE CANADIENNE Ottawa — Les compressions amorcées lors du budget de 1995 dans la fonction publique fédérale se déroulent au rythme prévu.Depuis l’année dernière, l’appareil gouvernemental a perdu 7,8 % de ses effectifs, a indiqué hier le Conseil du trésor.Bénéficiant de divers programmes d’encouragement, 17 642 fonctionnaires ont quitté leur emploi entre avril 1995 et mars 1996, ce qui représente la moitié de l’objectif prévu de 33 000 départs au bout de trois ans.La majorité d’entre eux, 15 278, étaient des employés permanents.Ces départs ont permis de faire passer la taille de la fonction publique de 225 619 à 207 977 employés.«Ces chiffres respectent nos prévisions, je ne pense pas que l’on va avoir de la difficulté à atteindre l’objectif prévu», a expliqué Alain Joli-coeur, porte-parole du Conseil du trésor.La prévision de 33 000 départs ne comprend pas les compressions dans le personnel militaire de la Défense nationale et dans celui des sociétés d’Etat comme Radio-Canada.Finalement, l’objectif global a été fixé à 45 000 suppressions sur trois ans.Les trois quarts des employés permanents qui ont quitté la fonction publique l’année dernière ont reçu une prime d’encouragement au départ.Il s’agissait pour la plupart de retraites anticipées, programme selon lequel le gouvernement devance le versement de la pleine pension.M.Jolicoeur note que la popularité de ce programme a été «plus élevée que prévu».Le Conseil du trésor n’est pas en mesure de chiffrer le coût total des rachats en 1995-96.On sait par contre qu’une somme de 2,3 milliards a été réservée sur trois ans pour mener à bien le plan de réduction des effectifs.Selon M.Jolicoeur, l’objectif de 33 000 sera d’autant plus facile à atteindre que d’importantes privatisations L’objectif global, qui englobe aussi l’armée et les sociétés d’État, a été fixé à 45 000 suppressions d’emplois d’ici trois ans sont prévues au cours des deux prochaines années.C’est ainsi que le transfert du contrôle de la navigation aérienne à une corporation privée à but non lucratif, appelée NavCanada, entraînera le départ cette année de 6000 fonctionnaires employés par Ottawa.En outre, les services fédéraux d’inspection des aliments seraient regroupés avec ceux des provinces, ce qui se traduirait par un nombre indéterminé de suppressions de postes.La gestion des parcs fédéraux est aussi remise en question.Dans son dernier budget, Ottawa a indiqué qu’il prévoyait créer une agence, probablement indépendante du gouvernement, pour s’occuper des parcs.Par ailleurs, le Conseil du trésor a tenu à relever le fait, avec de nombreux graphiques à l’appui, que les femmes avaient été moins affectées que les hommes par les compressions.Ainsi, le pourcentage des effectifs féminins au sein de la fonction publique a augmenté, passant de 47,8 % en 1995 à 48,4 % en 1996.Celui des femmes cadres a également été en hausse: il a crû de 19,1 % à 21,3 % de 1995 à 1996.Du côté de l’Alliance de la fonction publique du Canada, le plus important des syndicats de fonctionnaires fédéraux, on estime que l’année en cours va être difficile à traverser.«L’année dernière s’est bien déroulée parce que les personnes qui sont parties étaient intéressées par les offres du gouvernement», a affirmé Nycole Turmel, vice-présidente de l’Alliance.En effet, note-t-elle, la preuve en est que les programmes de pré-retraite ont été très populaires.«Mais, cette année, il faudra forcer les gens à partir en ayant recours à des listes [de disponibilité]», avance Mme Turmel.i ¦ Celle-ci s’inquiète également des effets des compressions sur les services au public.Cette année devra être déterminante à cet égard.«Il est difficile de prétendre que plusieurs milliers de départs supplémentaires n’auront pas d’effet sur les services.» Vous avez des questions sur la nouvelle assuranœtmédicaments ?L.___________ L K I) E V 0 I n .LES S A M E I) I 3 E T I) I M A N C II E *1 A 0 l! T I !) !) (i A'5 •LES ACTUALITÉS • Affichage bilingue Chrétien agit de façon irresponsable, déplore le Bloc FRANÇOIS NORMAND LE DEVOIR Le premier ministre Jean Chrétien est inspiré par des préoccupations strictement électoralistes lorsqu’il approuve le boycottage anglophone des commerces unilingues francophones dans le West Island et au centre-ville de Montréal.C’est en ces ternies que le chef du Bloc québécois, Michel Gauthier, dénonce les propos tenus par le premier ministre Chrétien avant-hier à Trois-Rivières.!' «H y a des sondages, des études de son propre parti ;qui ont été publiés indiquant qu’il perd des appuis non : seulement au Québec, mais chez les anglophones de l’ouest de l’île de Montréal et du reste du pays, a dit M.•Gauthier.Alors, c’est sa stratégie électorale de tout temps de frapper sur le Québec, de frapper sur les francophones du Québec afin de se rendre sympathique aux ¦anglophones du reste du Canada.» • Le chef bloquiste a déclaré que M.Chrétien est irresponsable de venir jeter de l’huile sur le feu dans le dossier linguistique.Il indique que c’est la stratégie qu’il a toujours utilisée, afin de provoquer, autant en 1982 qu’à là dernière élection fédérale.«Quand ça va mal et qu’il veut se faire réélire, quand il a des objectifs politiques, M.Chrétien trouve le moyen de frapper les francophones du Québec», a-t-il déploré, précisant que M.Chrétien agit ainsi parce qu’il sait qu’il ne fera pas de gains politiques chez les francophones du Québec, mais qu’il a des chances de regagner la clientèle traditionnelle anglophone du Québec qui lui échappe.En ce qui a trait aux droits des minorités linguistiques au Canada et au Québec, M.Gauthier a déclaré que «toutes les communautés francophones hors Québec actuellement se frotteraient les mains, danseraient de joie, si elles avaient le même statut, les mêmes privilèges, les mêmes institutions et les mêmes pouvoirs — sur leur développement — qu’ont les anglophones au Québec».M.Gauthier a souligné que M.Chrétien, en contribuant à faire circuler l’idée dans le reste du Canada que les anglophones du Québec sont maltraités, oublie de dire que toutes les minorités francophones du Canada considéreraient comme étant un progrès significatif pour elles, d’avoir le même statut que les anglophones au Québec.«A mon avis, c’est irresponsable de ne pas préciser ces faits.Je trouve qu’il se porte rapidement à la défense des droits linguistiques des anglophones du Québec alors que nous savons que M.Chrétien est beaucoup moins empressé de venir en aide aux francophones hors Québec lorsqu’on les empêche de construire une école, par exçmple, à laquelle ils ont droit.» A l’approche des prochaines élections fédérales, M.Gauthier croit que les conseillers de M.Chrétien lui ont suggéré de remettre le Québec à sa place, de donner l’illusion que le premier ministre du Canada affronte le gouvernement du Québec afin de regagner des appuis dans l'establishment anglophone.Commentaire au PQ Le premier vice-président du Parti québécois, Fabien Béchard, tourne en dérision le fait que le premier mi- nistre Chrétien se présente comme le défenseur des minorités au Canada alors qu’il néglige les minorités francophones hors Québec.«Lorsqu’on regarde les données, il y a une assimilation des francophones à l’extérieur du Québec qui est extrêmement importante et les efforts n’ont pas été faits pour ralentir et empêcher cette assimilation-là», a fait valoir M.Béchard.En ce a trait à la situation linguistique des francophones du Québec, il a précisé que leur situation dans l’ouest de l’île des Montréal n’est pas rose non plus.«Il y a encore un taux d’assimilation qui est assez important.On est passé de 6,6 % à 6,9 % en terme d’anglicisation, entre 1971 et 1991, dans l’ouest de l’île de Montréal.Chez les allophones, ç’a été de 42,7 à 45,6 % pour la même période.» M.Béchard explique que ce qui est grave dans cet encouragement au bilinguisme, c’est qu’en augmentant le poids de l’anglais dans l’ouest de l’île de Montréal, on accroît l’attraction de l’anglais et, alors, c’est le taux d’assimilation qui s’accentue.«L’objectif de la loi 101 et de la loi 86 [qui a modifié cette première], ce n’est pas de faire la promotion du bilinguisme, c’est de faire la promotion de la langue française, a-t-il dit.C’est le français, aussi bien au Canada qu’au Québec, qui est en difficulté et en ce sens-là, l’encouragement au bilinguisme est un encouragement à l’affaiblissement du français au Québec.» Le PQ invite Terrana et Martin Par ailleurs, à la suite des propos controversés de la député libérale de Vancouver-est, Anna Terrana, et d’un député réformiste de la Colombie-Britannique, Keith Martin — Mme Terrana avait comparé Lucien Bouchard à Adolf Hitler et le gouvernement péquiste à celui des nazis, tandis que M.Martin avait dit que le gouvernement québécois faisait tout pour se débarrasser des immigrants afin de gagner le prochain référendum —, lè’do-mité national des relations ethnoculturelles du Parti bécois les a invités hier à séjourner à Montréal pour quelque temps afin de les sensibiliser à certaines facettés de la réalité du Québec.«Parce qu’ils reflètent une vision biaisée de la réalité québécoise, les propos des députés Terrana et Martin sont inquiétants.La rencontre que nous leur proposons pourrait dissiper certaines idées préconçues que trop de Canadiens ont du Parti québécois», a fait savoir par voie de communiqué la présidente du comité national deë relations ethnoculturelles du PQ, Nathalie Lavoie.Le comité a établi un programme précis pour les deux députés de la Colombie-Britannique s’ils acceptent devenir au Québec.On leur propose une rencontre avec les membres du comité national des relations ethnoculturelles du PQ, un repas avec des membres du comité exécutif du PQ, une tournée de Montréal et une visite du centre-ville et de quartiers caractérisés par la présence significative de citoyens et de citoyennes d’origines ethniques diverses.Une rencontre est également prévue avec le ministre des Relations avec les citoyens, André Boisclair, et enfin un «5 à 7» avec le Regroupement des Latino-Américains pour le OUI.§gfiffiÉ PHOTO JACQUES GRENIER Le chef du PLQ, Daniel Johnson, s’en est pris à la politique linguistique du gouvernement Bouchard, hier, à Saint-Jerôme.WBÊBÈËf Johnson accuse le PQ de «brasser la soupe linguistique» Le chef du PLQ a refusé de commenter les propos de Jean Chrétien au sujet de l’affichage MARIE-ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR Le chef du Parti libéral du Québec, Daniel Johnson, accuse le gouvernement Bouchard de «brasser la soupe» linguistique en réagissant tel qu’il le fait au mouvement de boycottage des commerces unilingues francophones par un mouvement anglophone au sein de la métropole.«L’équilibre et la paix linguistiques avaient été atteints avec nous, après que le Parti libéral eut décrété la loi 86, a expliqué le chef de l’opposition officielle.Cette loi assure la protection et l’épanouissement du fait français au Québec dans le respect des autres.Le Parti québécois a décidé de brasser la soupe et on voit ce que ça donne.» La loi 86, mise de l’avant en 1993 par le gouvernement Bourassa, avait servi à modifier plus de 80 des 215 articles de la loi 101, affectant plusieurs chapitres tels que la langue de législation, de justice, du commerce, des affaires et de l’enseignement, ramenant en outre l’affichage bilingue.Daniel Johnson commentait cette situation hier à Saint-Jérôme, peu avant la tenue d’un caucus par les députés du l’aile parlementaire libérale et dans le cadre du Congrès annuel des jeunes libéraux qui réunit quelques centaines de jeunes pendant toute la fin de semaine.Appelé à faire part de son interprétation des propos du premier ministre Jean Chrétien — celui-ci avait affirmé jeudi appuyer le groupe d’anglophones dont le but est de rendre l’affichage bilingue à Montréal — M.Johnson a expliqué qu’il n’était pas «l’interprète du premier ministre du Canada» et qu’il ne «faisait pas de politique fédérale».«Il faut faire preuve de beaucoup de sensibilité et de compréhension lorsqu’on commente la situation du français», s’est-il borné à affirmer.Daniel Johnson croit qu’il importe de toujours veiller à ce que la loi 86 soit respectée et qu’une des missions du gouvernement est d’assurer la prédominance du français.«Le reste, ce sont des querelles commerciales, des anecdotes.Un commerçant qui trouve que les lettres d’affichage ne sont pas assez grosses.» Quant au projet de loi 40 — déposé par la ministre responsable de la Charte française, Louise Beaudoin, «L’équilibre et la paix linguistiques avaient été atteints avec nous» en juin dernier — et qui prévoit la résurrection de la Commission de protection de la langue française, M.Johnson explique que «la pane sociale linguistique existe, elle est là, et les offices et les organismes de protection de la langue ont déjà tout ce qu’il faut pour assurer la protection du français».«Pour certaines personnes, la police de la langue représente justement le symbole du brassage de soupe.» Le chef du Parti libéral a également expliqué qu’il n’était nullement surpris de l’esprit de «confusion totale» qui entoure la mise en place de la première phase du régime d’assurance-médicaments.«Nous avions prédit ce qui est en train de se produire.Le gouvernement a voülu taxer les Québécois et il s’adresse en plus aux personnes âgées et aux assistés sociaux.Il s’agit d’un dossier financier totalement improvisé.» ; Travaux de la Commission pour la coopération environnementale Les propos optimistes de Marchi contrastent avec le communiqué final Le ministre prétend avoir convaincu son homologue „ américaine de la justesse de ses vues environnementales PRESSE CANADIENNE Toronto — Le ministre de l’Environnement Sergio Marchi,a affirmé hier avoir convaincu son homologue des Etats-Unis de présenter une loi devant le Congrès qui forcerait les industriels américains à déterminer dans quelle mesure leurs futurs projets vont affecter l’environnement canadien.! M.Marchi soutient avoir convaincu la dirigeante de l’Agence américaine de protection de l’environnement, Mme Carol Browner, de la justsesse de ses vues au cours de la seconde journée de la rencontre à Toronto des responsables de l’environnement canadien, mexicain - et américain.M.Marchi a également promis de faire en sorte que tous les gouvernements et entreprises en Amérique du Nord souscrivent à une charte qui les contraindrait à se •'Soumettre à de sévères normes en matière de protection de l’environnement.«Si nous sommes d’accord pour harmoniser et améliorer nos normes de protection, nous devons également en améliorer le respect», a déclaré M.¦ Marchi.Les engagements de M.Marchi contrastaient énormément cependant avec le libellé du communiqué final émis par les participants aux travaux de la Commission pour la coopération environnementale.; : Cette commission, à laquelle siège également Julia iCarabias, la secrétaire à l’environnement du Mexique, a été créée il y a trois ans dans la foulée de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).Sans aucun pouvoir législatif, la CCE est perçue par les groupes environnementaux comme un tigre de papier.La rencontre de cette semaine représentait pour les autorités l’occasion de leur prouver qu’ils ont tort.La conférence a débuté sur les chapeaux de roue, jeudi, lorsque les commissaires ont accepté d’envoyer une mission au Mexique afin de déterminer si la construction d’un nouveau quai sur l’île de Cozumel respectait les normes environnementales du pays.La CCE a également convenu de développer des normes internationales pour le contrôle de la qualité de l’air et de mettre sur pied un organisme international de technologie environnementale.Mais hier, les délibérations n’ont débouché sur rien de concret.La commission a émis un communiqué disant que M.Marchi ainsi que Mmes Browner et Carabias ont convenu «d’accélérer la protection de l’environnement».Mais il était farci de termes vagues comme «accepté d’étudier», «devrait satisfaire» et «tendre vers».Au sujet des promesses faites par M.Marchi, il n’en était aucunement question.Quant à la charte dont il a fait mention devant la presse, elle s’est traduite dans le communiqué par un accord «pour étudier le développement d’un programme visant à faire la promotion d’une performance environnementale basée sur les meilleures pratiques» disponibles.Ol VENTE DE HJ FIN DE SAISON sur tous i«- vêtciw©*1:* i ynngdsin* Montréal : 1604, St-Denis |métro Berri-UQAM], Laval : Centre Décor 440, 3912, Aut.440 O., Brassard : 8025 bout., Taschereau.Québec : 710, Bouvier, #135, Sainte-Foy : Place de la Cité, Chicoutimi : 250, rueRacine Est, (514) 849-4100 (514) 681-8030 (514) 462-3389 (418) 624-9088 (418) 654-1774 (418) 545-2251 ¦ 40% sur plus de 20 modèles de bottes et souliers de randonnée ¦ 40% sur plus de 20 modèles de sacs à dos 1er Août au 10 Août THE NORTH FACE - MOUNTAIN HARDWEAR - CHLOROPHYLLE - ROYAL ROBBINS -GRAMICCI - EX OFFICIO-PICANTE o/0 sur toutes les 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pathologies urbaines, de la criminalité à la marginalisation d’une partie de la population, elle en subit aussi nombre d’effets pervers.De ce point de vue, le «modèle de développement» qui l’emporte dans tout le continent sud de l’Amérique est celui qui est venu du nord.Mais c’est précisément là, sur ce chapitre des règles du libéralisme, que nombre de Latino-Américains interpellent Washington: les «gringos» ne jouent pas, le jeu.Sous prétexte d’isoler le paria de La Havane, les Etats-Unis se permettent de déroger aux règles de l’Organisation mondiale du commerce.Au moment où ils vantent l’ouverture commerciale des frontières, les voilà qui s'apprêtent à sanctionner les sociétés étrangères qui veulent commercer avec La Havane.Fidel Castro n’en dormira pas moins sur ses oreilles de vieux caudillo sourd à tout appel à l’ouverture politique; mais les Cubains pourraient subir les consé-quçnces d’un boycottage unilatéral aggravé de leur pays.A l’évidence, les Etats-Unis n’ont pas mesuré l’ampleur de l’exaspération qu’a provoquée au sud du continent la législation Helms-Burton récemment votée par le Congrès.De passage à Paris, où il a été reçu par Jacques Chirac, le président colombien, Ernesto Samper, le disait mercredi dans nos colonnes: «Il y a eu en Amérique latine un rejet général de la loi Helms-Burton qui est à l’opposé du nouveau climat instauré après la guerre froide» et qui «va à l’encontre de la liberté du commerce, du multilatéralisme».Dans leur bataille contre la loi Helms-Burton, très exactement contre,ce quelle incarne de l’ancienne et arrogante manière des États-Unis à l’égard de leur arrière-cour, les Latino-Américains entendent s’appuyer sur les Européens.Après tout, certains d’entre eux, les Espagnols, notamment, qui commercent avec Cuba, sont aussi visés par le dispositif de la loi Helms-Burton.Ce n’est pas un hasard si, sur le chemin du retour, M.Samper s’arrêtait cette semaine à Madrid.On dira que le chef de l’État colombien n’est pas forcément représentatif de ses pairs d’Amérique du Sud: interdit de séjour aux États-Unis, qui le soupçonnent d’avoir été élu grâce à l’argent de la cocaïne, il aurait un intérêt particulier à chercher un soutien européen.Il n’empêche: de la Caraïbe à Santiago du Chili, le ressentiment contre la loi Helms-Burton est le même, parfois nourri par un vieux fond anti-yankee qui ne demande qu’à être réveillé.Si seulement l’Europe en profitait pour s’intéresser davantage à cette autre Amérique.Le vieux fond anti-américain ne demande qu’à être réveillé EN BREF ?PRIEBKE EXTRADÉ EN ALLEMAGNE?Bonn (Reuter) — Un représentant de la communauté juive d’Allemagne, Michel Friedman, a réclamé hier l’extradition de l’ancien officier SS Erich Priebke, acquitté la veille par un tribunal militaire italien.«Je suis déçu, je suis furieux, je suis choqué qu’ils aient prononcé un verdict aussi irritant et surprenant C’était un crime contre l’humanité», a-t-il déclaré sur les ondes de la radio allemande.L’ancien capitaine SS, aujourd’hui âgé de 83 ans, était jugé pour sa participation au massacre des Fosses ardéatines, au sud de Rome, où 335 Italiens furent exécutés le 24 mars 1944 par les Allemands en représailles à un attentat des partisans qui avait tué 33 soldats allemands.Erich Priebke aurait été de nouveau arreté à Rome huit après l’énoncé du verdict, qui a suscité un tollé en Italie.«J’exhorte l’Allemagne à demander son extradition et à tout tenter pour traduire ce meurtrier devant la justice allemande, aux termes du code pénal allemand», a déclaré Michel Friedman, qui est membre du Conseil central des juifs.-?- BUYOYA CHOISIT SES HOMMES Bujumbura (Reuter) — Le major Pierre Buyoya, le nouvel «homme fort» du Burundi, a nommé hier un gouvernement de 23 membres qui, de l’avis des observateurs occidentaux, devrait rester sous la coupe des militaires tutsis.Selon la radio nationale, il a reconduit dans ses fonctions le ministre de la Défense, Firmin Sinzoyiheba, et nommé Epitace Bayagankandi, un lieutenant-colonel tutsi, au ministère de l’Intérieur.Le ministre de la Planification sortant, Gérard Niyibigira, devient ministre des Finances et le ministre des Transports Christophe Ndiku-riyo conserve son portefeuille.Le président déposé Sylvestre Ntibantunganya s’est réfugié à l’ambassade des États-Unis.Mercredi, les dirigeants de la région des Grands Lacs avaient décidé d’imposer des sanctions économiques contre le Burundi pour forcer Buyoya et les militaires tutsis à quitter le pouvoir.L’OUA considère Ntibantunganya comme le président légitime du pays et a condamné le putsch.-?- BETTINO CRAXI HOSPITALISÉ Rome (AFP) — L’ancien président du Conseil italien Bet-tino Craxi est hospitalisé depuis mercredi dernier à la polyclinique Taoufik de Tunis, où «il a été soigné mais pas encore opéré», ont annoncé hier des sources proches de M.Craxi, citées par l’agence italienne ANSA Selon ces sources, M.Craxi, qui est âgé de 62 ans, a été admis d’urgence dans cet hôpital mercredi soir à la suite d’une aggravation des conséquences de son diabète.L’ancien dirigeant socialiste italien est soigné comme d’habitude par le docteur Moncef Benebid, son médecin de confiance, qui l’a opéré plusieurs fois au pied pour tenter de juguler des accès de gangrène.M.Craxi avait subi à la fin du mois de février dernier trois interventions chirurgicales au pied et était resté hospitalisé à la polyclinique Taoufik pour plusieurs semaines de convalescence.M.Craxi vit reclus depuis trois ans et demi dans une villa à Hamma-met, à 60 km au sud de Tunis, pour échapper à des poursuites pour corruption engagées contre lui en Italie.L’évêque d’Oran assassiné Paris tient à avoir un «nouveau départ» avec Alger L’évêque d’Oran Pierre Claverie a été tué jeudi soir dans sa ville par l’explosion d’une bombe contre l’évêché, en une spectaculaire riposte des islamistes à la visite du chef de la diplomatie française Hervé de Charette, reparti d’Algérie quelques heures avant D’APRES AFP La France tente d’ébaucher un «nouveau départ» dans ses relations tumultueuses avec l’Algérie, mais vient d’être immédiatement replongée dans l’engrenage de la violence, avec l’assassinat jeudi soir de l’évêque d’Oran, M8r Pierre Claverie, attribué aux islamistes radicaux.Paris a réagi fermement hier à cette apparente riposte à la visite en Algérie du chef de la diplomatie Hervé de Charette, menée par un des groupes engagés dans le «djihad» (guerre sainte) contre la France, considérée comme «l’alliée de la junte».M.de Charette a rapidement affirmé que le gouvernement ne se «laissera pas détourner du chemin» et que Paris souhaitait maintenir des relations «cordiales» avec le régime en place à Alger.Le premier ministre Alain Juppé a déclaré que cet attentat à la bombe ne pouvait «que renforcer la détermination de tous ceux qui rejettent la violence et la haine, et qui ont la volonté que la concorde et la paix l’emportent».Mais cette volonté affichée de Paris de ne pas se laisser dicter sa politique masque mal la faible marge de manœuvre du gouvernement Depuis le début des violences à grande échelle, en 1992, Paris apparaît pris entre plusieurs feux, entre un pouvoir prompt à l’accuser de s’immiscer dans ses affaires intérieures, ou au contraire d’afficher son «indifférence», une opposition «démocrate» — souvent francophone — qui l’enjoint d’appuyer la lutte contre «l’intégrisme» et une mouvance islamiste qui dénonce son soutien au régime.«L’Algérie est un problème sans solution», avait coutume d’expliquer, un brin désabusé, un ancien diplomate qui connaît bien ce dossier.Isoler le régime Le Groupe islamique armé (GIA) vise depuis 1993 à isoler le régime d’Alger.Ancienne puissance coloniale, premier partenaire économique et financier, Paris a été la principale cible des attaques contre les étrangers, avec 40 de ses ressortissants tués.En Algérie, Paris se trouve en outre confronté à l’extrême vulnérabilité de ses derniers ressortissants, estimés à plus d’un millier, souvent des personnes isolées, imposibles à protéger.Plus d’un millier d’autres Érançais, expatriés récents, travaillent eux dans le secteur des hydrocarbures, sous haute protection de l’armée.J ^\27déa94 Orar^Ouzou Médéa /I Espagnoles Français 3ABEL 27 mars 1986 Tibéhirine 7 Français enlevés et assassinés CASBAH ALGERIE 400 MAU 3 septembre 95 1 Française 1 Maltaise NIGER ALGER BELCOURT 10 novembre 95 1 Française KOUBA / H Certains ressortissants français en Algérie — au premier rang desquels M8' Claverie — craignaient que la visite de M.de Charette et le rapprochement amorcé ne débouche sur de nouveaux attentats anti-français.La réponse est manifestement arrivée très rapidement Elle a frappé un «maillon faible» — M" Claverie refusait de prendre des mesures de protection draconiennes et une personnalité de premier plan, dont l’assassinat, au moment de la visite de M.de Charette, ne pouvait qu’avoir un fort impact Malgré les appels de Paris au retour, la plupart des religieux avaient choisi de rester, comme M8" Claverie, un pied-noir de la 4e génération, réputé pour son franc-parler, et son hostilité à la guérilla islamiste qui tente de renverser le pouvoir depuis 1992.«Partir ou rester, la question ne se pose plus», expliquait-il de passage à Paris il y a quelques mois à l’occasion de la sortie de son livre Lettres et messages d’Algérie.«Même si nous voulions partir, nous ne le pourrions plus.Nos sangs sont mêlés».Le chef de guerre somalien succombe à ses blessures Cessez-le-feu pour la mort de Aïdid Mogadiscio (AFP) — Le chef de guerre Mohamed Farah Aïdid, mort jeudi après avoir été blessé par balles la semaine dernière, a été inhumé hier dans le sud de Mogadiscio devant des milliers de sympathisants en deuil.Juste après l’enterrement son principal rival Ali Mahdi Mohamed a décrété un cessez-le-feu unilatéral et immédiat.Il s’est aussi déclaré prêt à «avoir un meilleur dialogue» avec les successeurs du général Aïdid.La dépouille du général Aïdid a été transportée à bord d’une voiture tout-terrain depuis sa résidence jusqu’à une mosquée, où des prières ont été dites, puis jusqu’au cimetière du district de Huriwa, où le cercueil a été mis en terre.Le cercueil était couvert du drapeau somalien et de fleurs.L’hymne national a été joué lorsque le corps a été inhumé.Au passage du cortège, dans le sud de la capitale dévastée par cinq ans de guerre, des milliers de femmes et d’enfants pleuraient.De jeunes miliciens rendaient hommage à leur «héros», en promettant de «poursuivre son œuvre».Aucun discours politique n’a été prononcé au cimetière.Mais aujourd’hui, la population du sud de la capitale, fief du général décédé, doit se retrouver au stade de l’avenue du 21 octobre, pour célébrer la mémoire du chef de guerre.La capitale était calme mais tendue, les habitants ne sachant pas quelles consé- PHOTO AP Mohamed Farah Aïdid quences aurait la mort du général Aïdid sur une situation explosive.Ces cinq dernières années, Mohamed Farah Aïdid a été au centre de toutes les querelles, de toutes les négociations infructueuses et de toutes les batailles, y compris contre les troupes internationales déployées dans son pays de décembre 1992 à mars 1995.Des sources humanitaires à Nairobi estimaient hier que sa mort risquait de précipiter le pays dans encore plus de violence, ses partisans étant susceptibles de tenter de venger leur chef disparu.Mais son décès, selon les mêmes sources, pourrait également lever un important obstacle politique.Depuis des mois, le général Aïdid ne pouvait envisager de participer à des négociations de paix autrement qu’en tant que président, ce que ses adversaires considéraient comme inacceptable.L’année dernière, les partisans du général Aïdid l’avaient élu président de la Somalie.Il avait formé un gouvernement, fort d’une centaine de membres mais reconnu ni par la communauté internationale ni par ses rivaux.Ses principaux adversaires sont l’ancien «président par intérim» Ali Mahdi Mohamed et Osman Atto, ancien bras droit et financier d’Aïdid.Atto a changé de camp l’année dernière, après avoir accusé le général Aïdid d’être le principal responsable de l’impasse politique persistante en Somalie, pays privé de gouvernement depuis le renversement — par Aïdid notamment — du président Siad Barré, en janvier 1991.La semaine dernière, la radio du nord de Mogadiscio, fief d’Ali Mahdi, avait annoncé que le général Aïdid avait été grièvement blessé à l’abdomen lors d’une bataille pour le contrôle du quartier de la Medina, enclavé dans le sud de la capitale.Le général, âgé d’environ 60 ans, avait démenti ces informations dans un message à sa radio, mais n’était pas réapparu en public.Hier matin, la radio contrôlée par le général Aïdid annonçait sa mort, des suites d’une crise cardiaque.Michel Debré n’est plus Paris (Reuter) — Michel Debré, ancien premier ministre du général de Gaulle, est décédé hier à l’âge de 84 ans.Père de la constitution de la Ve République, figure historique du gaullisme, Michel Debré, souffrant depuis plusieurs années, est décédé dans la matinée à son domicile de Montlouis-sur-Loire (Indre-et-Loire).Né le 15 janvier 1912 à Paris et fils du professeur Robert Debré, l’un des fondateurs de la pédiatrie française, Michel Debré aura, comme l’homme du 18-Juin, défendu avec fougue une «certaine idée de la France».Docteur en droit, diplômé de sciences politiques, entré au Conseil d’Etat en 1939, Michel Debré entre dans la Résistance dès la première heure.Sous le pseudonyme de «Jacquier», il organise des réseaux et siège au Comité central général d’études de la Résistance.En 1943, il devient adjoint au délégué en territoire occupé du Comité français de libération nationale.A la libération, il est nommé commissaire de la République pour la région d’Angers.C’est là qu’il rencontre Charles de Gaulle.Avant que le général ne quitte temporairement les affaires, en 1946, Michel De.bré a le temps de mettre en place l’École nationale d’administration.De sa tribune du Sénat — il est élu d’Indre-et-Loire — et dans les co-| lonnes de son Courrier de la colère, il clame son indignation contre le «régime des partis».Cela lui vaudra le sobriquet de «Michou la colère».Michel Debré sera ensuite l’un des artisans du retour au pouvoir du général de Gaulle le 13 mai 1958.Le 1" juin, quand Charles de Gaulle devient le dernier président du Conseil de la IV' République, Michel Debré est nommé garde des Sceaux.Il pourra ainsi préparer une nouvelle constitution fondée sur un renforcement du chef de l’exécutif, placé au-dessus des partis.En janvier 1959, Michel Debré sera tout naturellement le premier premier ministre de la V' République.La guerre d’indépendance algérienne l’amènera à combattre ses anciens amis de l’Algérie française, ce qui lui vaudra de profondes inimitiés.Én 1962, Michel Debré est à la fois élu député de la Réunion et conseiller municipal d’Amboise, dont il deviendra maire quatre ans plus tard.Il sera constamment réélu à la députation jusqu’en 1988, ses «amis» politiques lui préférant alors un autre candidat.Èn 1966, Michel Debré est de retour aux affaires.Ministre de l’Économie et des Finances du gouvernement Pompidou, puis ministre des Affaires étrangères.Lorsque Georges Pompidou entre à l’Élysée, Michel Debré est nommé ministre de la Défense.Le départ du général de Gaulle, sa mort sonnent le début de la retraite pour Michel Debré.Les veaux fous affolent l’Europe Bruxelles (AFP) — Mesure redoutée au Royaume Uni, l’obligation d’éliminer les troupeaux touchés par la maladie de la vache folle plane sur les éleveurs britanniques depuis la confirmation de sa transmission de la vache au veau.Une étude réalisée sur sept ans par le comité d’experts scientifiques britanniques (SEAC) a démontré la transmission de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) par la mère.Cette conclusion, rendue publique jeudi, remet en question tout le programme d’éradication britannique, 3ui prévoit l’élimination progressive de tous les bovins e plus de trente mois, soit près de 4 millions de têtes sur 4 ans.La période d’incubation de la maladie est en effet estimée à 60 mois.Elle hypothèque en outre les chances du Royaume Uni d’obtenir de ses partenaires une levée rapide de l’embargo mondial imposé depuis le 27 mars sur ses exportations bpvines et de produits dérivés.Premier État membre à réagir, l’Allemagne a en effet réclamé hier la révision urgente du plan d’éradication britannique et a exigé le maintien de l’embargo.Le land de Hesse (centre de l’Allemagne) a en outre décidé de mettre en observation 700 veaux nés en Allemagne mais dont la mère était d’origine britannique.«Les nouvelles données (sur la transmission) devront être prises en compte dans le plan d’abattage sélectif», a déclaré le ministre allemand de l’Agriculture Jorgen Borchçrt.Six Etats membres — Allemagne, Autriche, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg et Portugal — se sont opposés à la décision début juin de lever l'embargo pour le sperme de taureaux, et, sous des conditions très strictes de production, pour les gélatines et le suif de bovins.PHOTO AP Herby Branscum (à droite), l’un des deux banquiers acquittés jeudi.Affaire Whitewater Clinton soulagé W Tashington (AFP) — Le prési-VV dent Bill Clinton ne cachait pas son soulagement et sa satisfaction hier après le verdict d’acquittement partiel rendu la veille dans le deuxième procès de l’affaire Whitewater.«Je suis très satisfait» du verdict, a-t-il lancé hier, l’air rayonnant, à un groupe de journalistes qui ne lui avaient pourtant posé aucune question à ce sujet.De fait, ce verdict constitue un succès politique pour le président démocrate et son épouse Hillary, sa première victoire dans l’affaire Whitewater et plus généralement sur le front des scandales qui accâblent depuis trois ans la Maison-Blanche.Le verdict innocente, en effet, le conseiller le plus proche de M.Clinton, Bruce Lindsey, un ami de plus de 20 ans qui, sans avoir été inculpé, avait été nommé par l’accusation comme complice des deux accusés.Pour la Maison-Blanche, le verdict innocente aussi le président aux yeux de l’opinion publique.Les accusés, Herby Branscum et Robert Hill, deux banquiers proches de M.Clinton lorsqu’il était gouverneur de l’Arkansas, ont été acquittés de quatre des 11 délits de malversation et d’escroquerie dont ils devaient répondre, le jury de Little Rock, la capitale de l’Arkansas, ne pouvant parvenir à une décision sur les sept autres.Le procureur indépendant chargé de l’affaire Whitewater, Kenneth Starr, un républicain, n’a pas encore dit s’il comptait demander un deuxième procès sur ces sept chefs d’inculpation.L’enquête sur les autres aspects de Whitewater se poursuit, mais il ne fait aucun doute qu’il s’agit là d’un sérieux revers pour l’accusation et surtout pour l’opposition républicaine, qui mise beaucoup sur les affaires pour avoir une chance de battre M.Clinton lors de l’élection présidentielle de novembre.Malgré Whitewater et d’autres affaires, dont la principale est celle des fiches de police du FBI, le président sortant, un démocrate, est actuellement donné largement gagnant contre son rival républicain probable, Bob Dole, les sondages le créditant tous d’une avance de 15 à 20 points des intentions de vote.Tous les sondages montrent que les Américains ne comprennent pas grand-chose à Whitewater, un imbroglio-financier qui a pour origine un investissement immobilier effectué par les Clinton à la fin des années 70 dans l’Arkansas, mais qu’une forte majorité d’entre eux sont convaincus que le président et surtout son épouse ne disent pas la vérité.La Maison-Blanche a toujours dit que cette enquête était une «chasse aux sorcières» de la part des républicains, et M.Clinton affirmait le mois dernier qu’il s’agissait d’une «opération hautement politisée».Le verdict de jeudi ne peut qu’accréditer cette thèse dans l’opinion publique.Le premier procès découlant de cette affaire s’était au contraire traduit en mai par des verdicts de culpabilité contre trois proches de M.Clinton inculpés de 30 délits d’escroquerie: Jim McDougal, son ancienne épouse Susan et celui qui succéda à M.Clinton au poste de gouverneur de l’Arkansas, Jim Guy Tucker, qui a dû démissionner le mois dernier.La nouvelle avait alors eu à la Maison-Blanche l’effet d’un coup de massue.Le verdict de jeudi, dont M.Clinton a été informé dans sa limousine alors qu’il revenait de jouer au golf, a eu l’effet opposé.«Je suis très satisfait que Bruce Lindsey ait été complètement innocenté, comme j’en étais certain.Et je suis heureux pour les gens concernés», a commenté hier M.Clinton, qui avait témoigné pour la défense dans les deux procès par vidéo interposée.D1C Reprenez la route des vacances tojn.* w«r: Côte-Nord ¦rntv iy/Lac St-Jean j ¦ ' Uwi C*p~ ¦Cf "vî^ i itK&WM* £>"* JMOlifflE{ jSgg Char evoix .SgÊflj Pour tout renseignement sur les destinations de Charlevoix, du Saguenay/Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord, composez le 873-2015 (Montréal) ou le 1 800 363-7777 (extérieur de Montréal).ï va .L t&rn -j)tl '.sin ! 103 / /h I !•>•> !!J ! J!) l iwl ?inl aib irA 1M *[ ¦1TB V ¦; C>1 vaq : VM\ ,!g :v:l tno'j Tourisme Québec ’ i >d ffiOOBOl TOUETM BU0VU K CHARLEVOIX CAvinox.jvqn Je niturr (t Jt ciikurr < Société des alcools du Québec SociCtC ocs casinos ou QuCscc inc A 8 L E I) li V 0 I a .I, E S s A M E I) I 3 E T I) I M A N C II E ‘I A 0 U T I !) ÎJ (i EDITORIAL Les déficits électoraux Gilles Lesage Après le répit de juillet et avec l’arrivée du mois d’août, les partis politiques reprennent graduellement le sentier de la guerre.C’est particulièrement vrai au plan fédéral.Les élections canadiennes ont eu lieu il y a bientôt trois ans et les escarmouches préélectorales font déjà rage.C oup sur coup, ces jours derniers, t d’autres éléments importants dans son diagnostic et -f le premier ministre et l’artillerie libérale ont passé deux jours dans sa région de la Mauricie; le Parti réformiste a tenté de se donner un nouveau départ (Fresh Start)-, le Parti conservateur a publié un document d’orientation en vue de son prochain congrès, dans trois semaines.Il n’y a que le Bloc québécois, à vrai dire, qui continue de profiter pleinement de la pause estivale.Et il a parfaitement raison, si l’on en juge par les rqcents sondages, notamment celui d’Angus Reid, fin juillet Près de trois Canadiens sur cinq approuvent la performance de M.Chrétien à titre de premier ministre; ce qui laisse entrevoir, à moins de changements substantiels dans l’humeur populaire, la réélection facile des libéraux, l’an prochain.A peu près partout, notamment en Ontario, mais pas au Québec.Ici, au contraire, près de deux Québécois sur trois ne sont pas d’accord avec M.Chrétien.Assez étrangement, les libéraux semblent avoir fait des gains quant à l’intention de vote, même si 55 % des Québécois sont d’accord avec la performance du Bloc à Ottawa.Autrement dit, MM.Chrétien et Michel Gauthier sont moins populaires que leur parti.Le Parti libéral du Canada traîne son chef comme un boulet au Québec — c’est un lieu commun de le répéter — tandis que le départ de M.Bouchard se fait cruellement sentir pour son successeur à Ottawa, mais non pour le Bloc lui-même.Les récents sondages confirment donc, une fois de plus, que la prochaine lutte électorale se fera encore à deux, au Québec, et qu’elle sera fort inégale, quoi qu’en dise le ministre-organisateur Gagliano.Avec M.Chrétien à la barre, ce sera encore la déroute libérale.D’autre part, les mêmes coups de sonde sont loin d’être réjouissants pour le Parti conservateur et le Parti réformiste.Au plan canadien, les deux sont au coude à coude quant à l’intention de vote, à 12 %, ce qui signifie une baisse substantielle pour Preston Manning.Pour la première fois en trois ans, la majorité des Canadiens désapprouvent le rendement des réformistes et celui de leur chef.Quelques mois après les escarmouches printanières, les sanctions disciplinaires imposées temporairement à quelques extrémistes (d’ailleurs réintégrés cette semaine, sans contrition), et le congrès de juin visant à insuffler un second souffle aux réformistes, c’est un coup dur.D’autant qu’au moment même où il tente de présenter son parti comme ouvert au Québec, tolérant et respectueux des minorités, M.Manning ne peut même pas tirer profit des gaffes libérales.H pensait bien faire du «millage» avec l’affaire Anna Terrana (cette députée libérale qui compare M.Bouchard à Hitler et le PQ aux nazis).Mais voilà qu’un député réformiste, Keith Martin, également de la Colombie-Britannique, jette de l’huile sur le feu en donnant raison à sa collègue, sinon sur la forme, du moins quant au fond.Comme quoi le manque de compréhension, la stupidité et l’absurdité débordent des frontières partisanes.Y compris libérales, M.Chrétien se contentant d’excuses qui n’en sont pas.Un nouveau départ qui ressemble à du réchauffé, donc, pour le Parti réformiste.Lui qui, à ce jour, faisait de l’élimination du déficit son principal cheval de bataille — une véritable obsession depuis sa créa- Un nouveau départ raté, du réchauffé conservateur tion, il y a cinq ans — il tente désormais d’introduire i au Québec?ses remèdes.Conscient que le chômage et l’insécurité économique sont bien plus importants, aux yeux des Canadiens, que la lutte au déficit, M.Manning essaie dorénavant de mettre l’accent sur la création d’emplois.Ce en quoi il a parfaitement raison, mais son virage, fort intéressé, sera-t-il crédible?Les libéraux s’étaient formellement engagés lors de la campagne électorale — et dans le Livre rouge — de l’automne 1993 à stimuler l’économie et à créer des emplois.Des jobs, d’abord et avant tout, clamait M.Chrétien.En fait, d’un mois à l’autre, le PIB (produit intérieur brut) augmente très faiblement et le taux de chômage reste scandaleusement accroché à 10 %, ou davantage selon les provinces.Ce qui explique la sclérose de l’économie et la méfiance des consommateurs.Aussi, que les libéraux rendent des comptes, qu’ils expliquent pourquoi ils ont renié leurs promesses aux Canadiens, il faut l’espérer vivement, à l’aube d’un nouveau rendez-vous électoral.Mais la mémoire est courte, à en juger par les récents coups de sonde, l’oubli de la TPS et la réélection de Mme Copps, et la lutte est bien inégale, un peu partout au Canada.Si inégale, en fait, qu’un document d’orientation publié par le Parti conservateur, mercredi, en vue de son prochain congrès à Winnipeg, a eu peu d’échos dans la presse.Comme si le parti de Mulroney qui a gouverné — façon de parler — le Canada de 1984 à 1993 n’avait rien à dire et n’était même pas dans la mêlée.Ce qui semble le cas à plusieurs égards.Par exemple, les préoccupations fiscales et économiques des partisans de Jean Charest ressemblent fort à celles du Parti réformiste.En quoi les Canadiens qui ont fait confiance à M.Manning et en sont déçus, après trois ans, devraient-ils alors se tourner vers l’exsangue Parti conservateur?Autre exemple.Le document de travail fait valoir que le Canada sera brisé s’il refuse de reconnaître le Québec comme une société distincte.Mais en quoi cette proposition est-elle différente de celle du lac Meech, dont on connaît le pénible sort?En quoi a-t-elle plus de chance d’être agréée que l’entente de Charlottetown, rejetée aussi bien au Québec que dans l’ensemble du Canada?Si c’est ça le renouvellement promis par les tories, 11 fera long feu, aussi bien au Québec qu’ailleurs, selon toute vraisemblance.Les réformistes ont probablement un peu plus de chance, si faible soit-elle, de faire une modeste percée avec leur discours sur la décentralisation des pouvoirs et le respect des compétences provinciales, notamment en matière de langue et de culture.Dans l’ensemble, toutefois, les perspectives de l’opposition et d’un débat électoral d’envergure ne sont pas réjouissantes.Le pire, dans les circonstances, c’est que M.Chrétien n’a qu’à se faire discret, dans le sillage de son parti, pour que ce dernier assure facilement sa réélection.Et au Québec même, à moins de cataclysmes, Michel Gauthier n’aura qu’à se laisser porter par la popularité de M.Bouchard pour garantir la réélection massive des députés du Bloc.Il y a là un double déficit, ailleurs au Canada, au Québec également.Un essoufflement, après les multiples courses des dernières années.Inquiétude, scepticisme et désenchantement.Il faut être deux pour danser le tango.Où est le partenaire de M.Chrétien dans les autres provinces?Celui du Bloc L'herbe à poux au parc Ahuntsic J’ai visité le parc Ahuntsic.C’est très beau, et les installations sont pratiques et me semblent bien entretenues, SAUF que ce parc est pourri d’herbe à poux.Des milliers de plants.Aux abords et à l’intérieur de l’enclos des carrés de sable pour enfants, aux abords de l’«aréna», bref, un peu partout, y compris aux abords du jardin communautaire.Croyez-le ou non, en z-yeutant à travers la clôture (puisque c’est fermé à clé, comme il se doit), j’ai vu quelques plants à l’intérieur même du jardin communautaire, où les jardiniers amateurs semblent en prendre le plus grand soin, les arrosant convenablement au même titre quç les fleurs! A cause des tontes et du piétinement des usagers, l’herbe à poux ne pousse pas très haut dans un parc.Sauf que même courte, elle n’attend que le milieu du mois d’août pour fleurir au ras le sol et lancer ses milliards (j’ai bien dit milliards) de grains de pollen et de semences daps l’environnement A qui faut-il s’adresser pour mettre à l’amende le service des parcs?Tant qu’à y être, les abords du rond-point des autobus, en bordure du parc, sont, eux aussi, scandaleusement infestés d’herbe à poux.Qui en est responsable?La STCUM?La Soçiété de transport de Laval?A bons entendeurs, salut Emile Boudreau Montréal, 30 juillet 1996 LETTRES -?- Charabia d’un autre âge Marcel Sévigny, conseiller municipal de Pointe Saint-Charles, se demande si les concepts de l’économie sociale et du partenariat, tels que présentés par Nancy Neamtan dans un texte du 11 juin dernier, ne conduisent pas à un cauchemar.Selon M.Sévigny, il faut se méfier de la reconnaissance du mouvement communautaire effectuée par le gouvernement Bouchard «car il cède à la société civile des marges d’autonomie afin de faire face à ses propres contradictions».Qu’est-ce que ce charabia d’un autre âge signifie?Simplement le constat de départ du dialogue, c’est-à-dire une reconnaissance commune que le communautaire joue, un rôle social essentiel sur lequel l’Etat ne peut empiéter sans s’alourdir indûment.Dans quel esprit M.Sévigny nous invite-t-il à nous engager dans cette négociation?Selon lui il faut «relancer, à court terme, un vrai rapport de force contre les politiques néo-libérales du gouvernement.(et instaurer) une nouvelle approche,politique.visant à supplanter l’État dans sont administration de la vie sociale.» Évidemment, il fallait y penser! Devant la prise de responsabilité croissante à laquelle on assiste dans le secteur communautaire, M.Sévigny me semble paniquer et chercher à rétablir les vieux schémas héroïques et rassurants de la lutte contre l’ennemi de classe.L’image de la «lumière au bout du tunnel» qu’il brandit et qui a tout de même, notons-le, modestement remplacé l’avenir radieux dans ce genre de discours, ne parvient pas à me rassurer.En attendant la «véritable» décentralisation, nos dossiers urgents sont traités avec négligence et la revitalisation du quartier en est d’autant freinée.Denis Bilodeau Association communautaire des voisins de la rue Rushbrooke Montréal, 31 juillet 1996 Les fautes du maire Bourque Un lecteur s’est offusqué récemment dans vos pages de ce que Le Devoir avait méchamment relevé les sept fautes de la lettre que le maire Bourque a adressée au premier ministre.Il soutient que l’article du Devoir était déplacé puisque la lettre du maire était une lettre de sympathie.Je crois qu’il faut dire à ce monsieur que ce que Le Devoir a révélé ne remet nullement en question le grand cœur de M.Bourque mais seulement le fait que le maire ne sait pas son français, si c’est lui qui a écrit la lettre, ou qu’il manque gravement de jugement si ce n’est pas lui.Car lorsqu’on est maire de Montréal, la prudence élémentaire commande qu’on engage quelqu’un de compétent pour écrire en son nom.Paule Saint-Hilaire Sillery, 31 juillet 1996 w' o (F fi J3 u .CHAnTA Sir 'A .& /S/kTiUsi G jmu ^0» *’ 6-Ae-mrE Côte vaisselle 1 1 est toujours intéressant de voir les politiciens mettre les pieds dans le plat.Us ont une façon de se démener, une sorte de déhanchement intellectuel que nous, commun des mortels, sommes incapables de reproduire.On devrait leur inventer des Olympiques juste pour eux, les Olympiques de la vaisselle, avec des disciplines telles le lancement-de-la-mauvaise blague, le triple-sot (facile, mais irrésistible) et le clouage-de-l’autre-pied.Il y a bien sûr plusieurs façons pour un politicien de mettre les pieds dans le plat, mais la plus intéressante de toutes est sans contredit celle consistant à dire ce qu’il pense.On peut toujours se sortir d’une mauvaise blague contre les gais, les frenchies ou les femmes en soulignant qu’un de ses meilleurs amis est homosexuel, que les enfants apprennent le français et que sa propre femme est une femme.Mais lorsqu’un député insiste pour commencer son détour du côté de la vaisselle en rappelant qu’il a longtemps réfléchi à la question, on sait d’emblée que cela va être intéressant Et lorsque ce politicien est une femme, alors là, on est gâté.Non pas que les politiciennes aient un penchant si prononcé pour la vaisselle, mais bien plutôt parce qu’elles ont le don d’entraîner dans leur chute d’autres politiciens, surtout des hommes, qui réussissent d’ailleurs habituellement à empirer les choses en tentant, la plupart du temps de façon fort malhabile, d’expliquer ce que Madame la ministre ou Madame la député a bien voulu dire.Et puis, une politicienne imbécile, c’est rare.Prenez la député libérale Anna Terrana et son analyse de la situation politique du Québec.Pour elle, l’affaire est claire: Lucien Bouchard n’est nul autre que la réincarnation d’Hitler, le Parti Québécois est l’équivalent des Chemises brunes et le gouvernement du Québec, rien de moins que le Parti national-socialiste.Tout cela a le mérite d’être parfaitement symétrique.Jusque là, il n’y a pas de quoi gagner une médaille.C’est ce que disent tous les ambassadeurs du Canada dans leurs points de presse hebdomadaires.Mais lorsque le bureau de Jean Chrétien lui a téléphoné pour la rappeler à l’ordre, les choses sont deve- DANIEL LATOUCHE ?nues intéressantes.Mme Terrana a alors avoué qu’elle avait fait une erreur historique en comparant Lucien Bouchard à Hitler.«Le chancelier allemand était fou, a-t-elle précisé, et je pense que Lucien Bouchard ne l’est pas.» Quelle belle nuance et qui ne prouve qu’une chose: on peut être un nazi sans être fou.Avec cette seule prestation, Mme Terrana avait déjà pris une sérieuse option sur la médaille de bronze du lancer-de-la-soucoupe.Tant qu’à y être, pourquoi ne pas avoir précisé que d’autres caractéristiques différenciaient les deux hommes.Par exemple, à ce que l’on sache, Hitler n’a pas fait ses études à l’Université Laval et était chauve.De plus, Hitler avait une moustache.Mais nops ne perdions rien pour attendre.A la suite d’un deuxième coup de téléphone de l’entraîneur-chef d’Ottawa, voilà que la médaillée de bronze y va d’un effort ultime et s’excuse sincèrement pour avoir mis ses collègues députés dans l’embarras.Et comment les avait-elle mis dans l’embarras?D’abord, en faisant l’erreur que l’on sait sur l’intelligence de Lucien.En effet, plusieurs députés libéraux, en particulier ceux du Québec, ont vivement protesté contre ce manque de considération envers l’intelligence du premier ministre de la province de Québec.Ils ont absolument raison: ce n’est pas parce qu’on est Québécois et francophone qu’on ne peut en même temps être nazi et intelligent.Ensuite, Mme Terrana a cru bon de préciser qu’elle n’aurait probablement pas dû faire le lien avec l’Allemagne nazie, mais se contenter de se dire inquiète devant l’évolution de la politique québécoise, une inquiétude, s’est-elle empressée d’ajouter, partagée par un très grand nombre de députés.Et c’est ainsi qu’on transforme une A PROPOS .de la fonction publique québécoise Par rapport à l’emploi total, le nombre de fonctionnaires au Québec se situe à 18,4 %.C’est donc dire que la comparaison est défavorable au Québec puisque la moyenne canadienne est de 16,5 % et que la proportion est de 14,9 % en Colombie-Britannique, de 15,2 % en Ontario et de 15,8 % en Alberta.Par tranche de 1000 habitants, on compte 80 fonctionnaires au Québec.Pour atteindre la moyenne canadienne, qui se situe à 76, il faudrait réduire les ef- LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BODRASSA LE 10 JANVIER 1910 Directrice LISE BISSONNETTE Rédactenr en chef BERNARD DESCÔTEAUX Vice-président, finances et administration FRANÇOIS TH0UIN Directeur de l’information CLAUDE BEAUREGARD Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU.GUY TAILLEFER.NORMAND THERIAULT Rédactenr en chef adjoint JEAN-ROBERT SANSFAÇ0N Directeur artistique ROLAND-YVES CARIGNAN 2050, rue de Bleury, 9e étage, Montréal (Québec) H3A 3M9.Tel.: (514) 985-3333 FAIS CE QUE DOIS simple médaille de bronze en médaille d’argent.Quelle performance !' Quelle ténacité dans l’adversité! Quel-1' le force de caractère! Malheureusement, ce ne fut pas suffisant pour monter sur la plus1 haute marche du podium.Au mara- ; thon de la vaisselle, c’est le duo Jean 1 ' Chrétien et Alfonso Gagliano qüi ° remportent ex œquo la médaille d’on ' ' Oui, je sais: encore deux hommeà" mais que voulez-vous, dans la coursé ; à la bêtise, ces hommes ont une bon-ne longueur d’avance et en leur fâ: veur des années d’entraînement à11 haïr les «séparatisses».C’est toujours dans ces moments-là que l’expérience s’avère être le'1 meilleur allié de la bêtise humaine.' ' Prenez Jean Chrétien.Il aurait pu pro-! t liter de l’occasion pour suggérer à sa député de venir passer quelques mois au Québec ou encore l’exclure du;.^ caucus pendant qu’elle rédige unë ;-dissertation sur le nazisme.Mais non, il a préféré insister pour se dire d’afr ''1 cord avec ses excuses.Pourquoi une médaille d’or ex œquo à AÎfonso?D’abord, pour ne pas : être accusé de discrimination à l’efr ' ' droit des Italiens.Mais surtout parce " ‘ qu’il est temps de souligner la perfor-1 ’ mance extraordinaire de l’homme qui11 a réussi le virage à 180 degrés le plüd ' ! rapide de l’histoire politique.EU ! quand on connaît la facilité avec laquelle les politiciens réussissent habituellement de tels virages, la performance de M.Gagliano relève tout simplement du grand art.11 y trois mois à peine, cet homme avait surpris tout le monde en se déclarant d’accord avec la loi 101, une loi à laquelle il ne faut pas toucher, avait-il dit et redit.Jeudi dernier, dans un plongeon avec un degré de difficulté de 34,7, Alfonso a réussi l’impossible: écouter paisiblement son chef accuser le gouvernement du Québec d’intolérance linguistique.Pas une ride de son visage ne s’est exprimée lorsque M.Chrétien a parlé de «polir.u ce de la langue».Annie Pelletier peut bien aller se rhabiller avec ses petits plongeons.C’est Alliance-Québec et tous les groupuscules réactionnaires anti-français qui vont être contents: cela fajj.des années qu’ils répètent la même chose.Et voilà qu’Anna, Jean et Alfom .J so se joignent à leur équipe.Il y a des jours où la vaisselle vole plus bas que d’autres.' 1 nom Idol mï'/f fectifs du secteur public québécois d’environ 30 000 personnes.Parmi les provinces canadiennes les plys peü: plées et même en comparaison avec la Nouvelle-Écossë; 1,1 le Québec compte un nombre relativement plus élevé de'n fonctionnaires.Québec a beaucoup de chemin à faire pour réduire la taille de l’État! Bulletin, Relations du travail, Conseil du Patronat " du Québec, Juin 1996 I, E I) E V 0 1 R .L E S s A M E I) I A E T I) I M A N C E 4 A 0 Û T 1 !) !) (i IDÉES L’exemple de l’Espagne w • symboles N'en déplaise à Stéphane Dion, Ottawa cherche par tous les moyens à installer la prépondérance des symboles canadiens dans la tête et le cœur des Québécois GUY LAFOREST Département de science politique de l'Université Laval a rumeur veut que mon ex-collègue Stéphane Dion se soit finalement décidé à faire le saut en politique à l’occasion d’un voyage en Euro-pe, en décembre 1995.Pendant son sé-jour en Espagne, dix personnes perdirent la vie dans un attentat mené par des membre de l’organisation terroriste basque, ETA M.Dion serait entré en politique pour empêcher que de telles choses ne se produisent soit dans son propre pays, ou encore dans d’autres contrées connaissant des difficultés semblables aux nôtres.Le Canada, écrivit-il en acceptant de devenir ministre dans le gouvernement de M.Chrétien, ne doit pas montrer au mondé entier le spectacle de sa rupture.Pus récemment, M.Dion a précisé le sqns de sa démarche.H faudrait, pour résoudre notre crise, privilégier des critères comme celui de l’efficacité, de la qualité du service public, mettant ainsi au rancart l’obsession pour les questions symboliques.Pour évaluer la pertinence d’une tellè approche, il n’est pas sans intérêt dé considérer avec un peu plus d’attention l’exemple de l’Espagne.L’iiistoire espagnole est riche d’enseignements quant à l’importance des symboles dans la vie des peuples et des' sociétés.En juillet 1996, l’Espagne commémore dans le recueillement le soixantième anniversaire de la rébellion du général Franco et des troupes stationnées au Maroc contre le gouvernement républicain, signalant le début d’une affreuse guerre civile qui déchira le pays et mutila des centaines de milliers de vies humaines.Dans les premiers jours de la guerre'civile, les rebelles arrêtèrent à Grenade l’écrivain Federico Garcia Lorca.Ils le torturèrent avant de le fusiller, dans la fleur de l’âge, à 38 ans.Pourquoi autant d’acharnement contre un être désarmé, apparemment inoffensif?On assassina Garcia Lorca, d’après un de ses amis, le poète chilien Pablo Neruda, parce qu’il était tout simplement le symbole de la lumière de l’Espagne, un des plus célèbres défenseurs du régime républicain dans le milieu intellectuel.Retenons aussi que pendant environ trois ans, républicains et insurgés se livrèrent une lutte sans merci pour le contrôle de Madrid, dans un combat à incidence beaucoup plus symbolique que stratégique.Il fallait tenir ou prendre Madrid — l’essence de l’Espagne selon Hemingway — pour auréoler de sens l’engagement de toutes les troupes.C’est aussi parce que Madrid était devenue un repère de la conscience européenne, et universelle, que des milliers d’étrangers la défendirent vaillamment au sein des Brigades Internationales.J’ajouterai que le drame espagnol de 1936 nous est moins étranger, à nous Québécois et Canadiens, qu’il n’y paraît à première vue.Le général Franco livrait une guerre sans merci contre le régime républicain, mais aussi contre les particularismes basque et catalan, au nom d’une Espagne éternelle, une et indivisible.C’était un combat pour le principe sacré de l’unité nationale.La Catalogne Dans cette Catalogne plurielle et socialiste à qui George Orwell — autre grand expert en symboles — a rendu un hommage si émouvant, on alla jusqu’à détruire les symboles du catalanisme, prohibant même pendant des années l’usage de la langue en public.Jordi Pujol, le président de l’actuel gouvernement autonome catalan, était de passage récemment chez nous.Après avoir passé les deux tiers de sa vie sous le franquisme, cet homme était bien placé pour parler de différences importantes entre la Catalogue et le Québec dans l’échelle de la persécution linguistique.L’écrivain René-Daniel Dubois, dont les griefs envers certains intellectuels québécois souverainistes ne sont pas sans fondement, aurait pu apprendre, au contact de M.Pujol, le véritable sens d’une expression qu’il a utilisée dans les pages du quotidien français Le Monde.Car l’Espagne de Franco, après la guerre civile, fut le vrai modèle d’une «société totalitaire soft».Une censure rigide demeura en place jusqu’au milieu des années soixante, et on exécutait encore des opposants dans les derniers mois du régime.L’exemple espagnol démontre clairement qu’il ne suffit pas de fournir des services de manière efficace à un peuple pour qu’il oublie son histoire.Depuis la fin des années 70, ce pays s’est progressivement libéré de l’héritage franquiste.La Catalogne, parmi d’autres communautés historiques nationales, a retrouvé son autonomie et sa fierté.L’Espagne travaille à trouver des institutions qui lui permettront d’exprimer franchement la diversité de ses peuples, son identité plurielle.Des armes symboliques A regarder les choses de plus près, on comprend que Stéphane Dion ne nie pas l’importance des symboles.D’ailleurs, comment le pourrait-il?Le débat sur le drapeau-symbole par excellence de l’autonomie du Canada face à la Grande-Bretagne a donné lieu aux plus vifs échanges dans l’histoire du Parlement fédéral au XX* 1' siècle.Depuis le référendum du 30 octobre dernier, le gouvernement Chrétien a multiplié les interventions à saveur symbolique: journée du drapeau en février, semaine de la citoyenneté en avril, journées nationales des autochtones et des francophones en juin, Fête du Canada en juillet.Tout cela pâlit évidemment devant cette plongée dans l’ordre des symboles que représente la création d’une agence de promotion de l’identité canadienne.N’en déplaise au ministre Dion, Ottawa ne fait pas à l’heure actuelle que se soucier de la qualité du service public.On cherche, par tous les moyens, à installer la prépondérance des symboles canadiens dans la tête et le cœur des Québécois.La nouvelle agence sert en réalité à consolider un travail déjà entrepris par la révision constitutionnelle de 1982 dont le dessein, d’après Pierre Trudeau, était la promotion d’un sentiment d’appartenance nationale commun à tous les Canadiens.L’avocat Guy Bertrand représente un bel exemple du succès partiel de cette entreprise.Il a créé un mouvement dont le nom parle par lui-même: «Les Citoyens de la Nation».Cette nation canadienne, dont M.Bertrand est le flamboyant porte-parole dans le mouvement partitionnis-te, des gens comme le docteur Roopnarone Singh la proclament sacrée et indivisible.Nous avons appris, à l’occasion de la Fête du Canada à Montréal, qu’ils étaient prêts à mourir pour elle.Les Canadiens du Québec fourbissent des armes qui restent, pour le moment, dans l’ordre symbolique.Nous assistons depuis six mois à une dangereuse détérioration du débat public au Québec.Règne ici un climat malsain de méfiance et de paranoïa.Les adversaires n’en finissent plus de se sataniser.Pour revenir à l’Espagne, George Orwell nous rappelle qu’il n’en allait pas autrement dans ce pays au début des années trente.La réconciliation qu’il doit chercher de tous ses vœux, Stéphane Dion doit la définir avec la même énergie dans le domaine des symboles que celle qu’il souhaite sur le plan de l’efficacité administrative.Dans l’Espagne de 1936, plusieurs adversaires modérés de la République finirent par regretter leur alliance avec les partisans de la nation «une, sacrée, indivisible».Pendant qu’il en est encore temps, les fédéralistes libéraux du Québec devraient accorder à ce chapitre tragique de l’histoire espagnole toute l’attention qu’elle mérite.PHOTO JACQUES La manifestation pro-fédéraliste, à Montréal, à la veille du référendum d’octobre 1995, a réuni des milliers participants sous le drapeau canadien.:
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