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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 1996-08-26, Collections de BAnQ.

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V 0 I.X X X V I I X O I !) !) M 0 N T R É A I.I- E LUNDI 2 S + T V Q / T o r onto IS PERSPECTIVES Plébisciter Bill Clinton Le Parti démocrate des Etats-Unis ouvre aujourd’hui à Chicago sa convention nationale qui devrait plébisciter le président sortant Bill Clinton.Bien que son adversaire, le républicain Bob Dole, ait effectué une remontée dans les sondages à la suite de la convention de son parti à San Diego il y a deux semaines, Bill Clinton, qui sera désigné officiellement comme le candidat démocrate, conserve une bonne longueur d’avance et prend en favori le départ de la course à la Maison-Blanche.Bob Dole et les républicains sont sortis renforcés de la convention républicaine de San Diego.Bill Clinton et des démocrates se doivent de faire au moins aussi bien à Chicago.Durant quatre jours, les démocrates vont tenter d’éclipser leurs adversaires en mettant de l’avant leurs candidats, leurs politiques et leurs vedettes dans un spectacle allant crescendo et culminant avec le discours d’acceptation du candidat démocrate à la présidence.La convention républicaine était minutieusement orchestrée pour produire un maximum d’effet; la convention démocrate ne le sera pas moins.Chaque orateur prononcera un discours approuvé par les dirigeants du parti et illustrant l’un des quelques thèmes sélectionnés pour célébrer le premier mandat du président Clinton à la Maison-Blanche: les «héros anonymes» de la société américaine, l’attachement aux valeurs familiales, la compassion envers les démunis et les succès en politique étrangère.L’ouverture de la convention de Chicago a été précédée par la publication d’un ouvrage signé Bill Clinton, Entre espoir et histoire: répondre aux défis de l’Amérique pour le 21' siècle, véritable manifeste électoral dans lequel le président sortant défend la politique qu’il a suivie depuis quatre ans et explique pourquoi les Américains devraient le réélire.Tout comme les républicains, les démocrates vont chercher à parfaire à Chicago l’image d’unité de leur parti et à effacer le souvenir de leur dernière convention dans la capitale de l’Illinois.C’était en 1968.Une dizaine de milliers d’opposants à la guerre du Vietnam, menée par le président démocrate Lyndon Johnson, s’étaient donné rendez-vous dans la ville.Les manifestations avaient tourné à l’émeute dans Grant Park, le long du lac Michigan, lorsque la police avait tenté d’empêcher les manifestants de s’approcher de l’amphithéâtre où se tenait la convention.A l’intérieur, le Parti démocrate se déchirait entre l’aile radicale conduite par le sénateur Eugene McCarthy et celui qui était vu comme l’héritier naturel du président Johnson démissionnaire, le vice-président Hubert Humphrey.Lorsque la convention a fini par investir Hubert Humphrey à la candidature démocrate, ce dernier n’était plus en mesure de refaire l’unité d’un parti qui courait droit à la défaite aux mains du républicain Richard Nixon l’automne suivant.Bien que ses relations avec le Parti démocrate soient souvent orageuses, Bill Clinton est en bien meilleure posture pour rassembler derrière lui les différentes factions d’un parti turbulent et multiforme.Dès ses premiers pas sur la scène nationale, lors de la campagne électorale de 1992, Bill Clinton a voulu se présenter comme un «nouveau démocrate» et un réformateur du Parti démocrate, déterminé à le tirer vers le centre pour retrouver la faveur des classes moyennes que le républicain Ronald Reagan avait séduites.Bill Clinton voulait aussi récupérer l’appui des parlementaires qui, élus sous étiquette démocrate, ont soutenu au Congrès les politiques républicaines de l’ancien président républicain, ce qui leur valaient le surnom de «démocrates de Reagan».Les démocrates de la vieille école, les progressistes et les radicaux qui composent la nébuleuse démocrate (classe ouvrière, Noirs, syndicats, mouvements féministes, etc.), n’ont jamais eu grande confiance en Bill Clinton.Les deux premières années de son mandat pourtant, le chef de la Maison-Blanche leur a donné satisfaction en adoptant un programme classique: augmentation d’impôts, tentative de réforme du système de santé.Mais depuis que Bill Clinton a amorcé son virage à droite après le raz-de-marée républicain aux élections législatives à mi-mandat pour revenir aux thèses qu’il défendait durant sa campagne électorale, la base traditionnelle du Parti démocrate regimbe.La signature par le président la semaine dernière du texte de loi qui démantèle en partie le système d’aide sociale est une pilule amère à avaler par les démocrates, eux qui ont inventé le «Welfare»américain et qui en tirent une grande fierté.Mais les démocrates doivent bien en convenir: le recentrage imposé par le chef de la Maison-Blanche lui a permis d’opérer un redressement spectaculaire dans l’opinion, alors qu’on le donnait politiquement fini en 1994 lorsque les républicains avaient repris le contrôle des deux chambres du Congrès américain.Bill Clinton est la meilleure carte que les démocrates ont à jouer pour garder le contrôle de la Maison-Blanche et pour tenter de reprendre celui du Congrès.La convention de Chicago devrait donc être placée sous le signe de l’harmonie, avec un seul objectif, barrer la route aux républicains.INDEX Agenda.B7 Avis publics.B6 Classées.B5 Culture.B8 Économie.B2 Éditorial.-A6 Le monde.A4 Mots croisés.B6 Les sports.B5 METEO Montréal Ciel variable.30 % de possibilité d’averses en après-midi Max: 24 Québec Ensoleillé le matin.30 % de possibilité d’averses en après-midi.Max: 23 Détails en B 6 Le recentrage de Clinton lui a permis d’opérer un redressement spectaculaire dans l’opinion S y l via ne T r a mie r ?L'ENTREVUE LES SPORTS LES ACTUALITES Julie Payette: , i ‘ ™ 4 Schumacher triomphe, ML % Charest obtient les passeport pour Vespace !ü& wpI Villeneuve se rapproche î ^ J| outils qu’il souhaitait PAGE B 1 PAGE B 5 PAGE A 8 Vers une entente Grozny-Moscou Fort des dernières propositions tchétchènes, Alexandre Lebed rentre consulter la direction russe Novi Atagui (AFP) — Alors que la population tchétchène fonde aujourd’hui tous ses espoirs en lui et commence à rentrer à Grozny, le secrétaire du Conseil de sécurité russe Alexandre Lebed a décidé hier de suspendre les pourparlers entamés samedi avec les indépendantistes tchétchènes, pour rentrer à Moscou consulter la direction russe.Les dernières propositions faites par les indépendantistes au cours des pourparlers semblent en effet suffisamment nouvelles pour que M.Lebed, qui a été chargé par le président Boris Eltsine de trouver une issue au conflit qui déchire la petite république caucasienne depuis vingt mois, ait jugé nécessaire d’en référer à Moscou.Il a annoncé qu’il avait besoin de voir le président Eltsine pour lui soumettre ces propositions et comptait également rencontrer le premier ministre Viktor Tcherno-myrdine, le ministre des Affaires étrangères Evgueni Primakov et des responsables du ministère aux nationalités.Des experts en droit international devront également être consultés, a ajouté le général Lebed, sans préciser sur quoi portaient ces propositions.«J’espère revenir ici le plus vite possible», a-t-il ajouté.La question principale au centre de cette guerre qui a fait 40 000 morts, essentiellement civils, est le statut de la Tchétchénie, les troupes russes étant entrées en décembre 1994 dans la petite république pour la forcer à renoncer à une indépendance déclarée trois ans plus tôt VOIR PAGE A 8: GROZNY -Uhkm.¦sipiFjÉ ljû*srtVA_- mm 00 V te.Cachez ce pauvre que je ne saurais voir j=^=ji es CRS ont donc sorti de L l’église Saint-Bernard, à Paris, les Africains qui y étaient réfugiés et où certains menaient une grève .—Il de la faim.On assure que les dossiers seront étudiés cas par cas.Pour certains, ça veut dire l’avion militaire nolisé vers l’Afrique.Pour d’autres, la prison.Ces illégaux voulaient des papiers pour vivre légalement en France, eux et leurs enfants — où certains sont d’ailleurs nés.Mais le gouvernement est resté ferme: «Pas question de remettre en cause les lois qui constituent le cadre juridique de la politique d’immigration.» Ce cadre juridique, ce sont les récentes lois dites «Pasqua», qui durcissent les politiques d’immigration et les conditions d’accès à la nationalité française.Des situations inextricables ont été engendrées.Elles expliquent en partie ce qui s’est passé à Saint-Bernard.Mais cette explication reste fragmentaire.Car il y a dans tout ça bien d’autres problèmes également graves, et qui ne concernent pas que la France.La France paie aujourd’hui le prix de son refus, trop longtemps maintenu, de penser politiquement l’immigration.Les difficultés qu’elle connaît à présent illustrent même, de manière exemplaire, comment il arrive que la politique — partisane, électoraliste — dévore le politique.Bien sûr la question de l’immigration est complexe et je n’ai pas la pré-tention de l’épuiser.Mais des évidences méritent d’être rappelées.Jusqu’au milieu des années 70, l’immigration était surtout économique: on faisait appel à une main-d’œuvre non qualifiée pour exécuter des tâches que les autochtones refusaient en période de plein emploi.À cette date, elle change de nature.Sous l’effet des transformations de l’économie et lourde de son passé colonial, la France reçoit de plus en plus d’immigrés tandis qu’avec le chômage et la précarité, les conditions d’accueil de ces nouveaux migrants se modifient considérablement Les capacités mentales et matérielles d’accueil de l’autre sont limitées: elles le sont encore plus en période d’instabilité économique.Plutôt que de prendre acte de tout ça, les politiciens ont fait de l’immigration un NORMAND BAILLARGEON ?alibi électoral.Le Front national, c’est commode, était justement là pour leur permettre de se situer en négligeant d’affronter leurs responsabilités.La gauche hurlait au racisme, mais se trompait de cible et de solution: la xénophobie qui existe en France n’est que très rarement du racisme, c’est-à-dire l’adhésion à une doctrine de la race supérieure.Retranchée derrière des bons sentiments masquant mal ses intérêts électoralistes, elle érigeait alors en dogme un antiracisme aussi pernicieux que le racisme qu’il prétendait condamner.Cet antiracisme allait même contribuer à générer de la xénophobie dans la mesure où il était perçu comme exaltant le droit à la différence des étrangers, en condamnant par avance toute référence à l’identité des Français, toujours présumés coupables de racisme.La droite, au pouvoir actuellement, n’a guère fait mieux à son tour, dans les années 70.Aujourd’hui elle ne sait plus très bien par quel bout empoigner tout ça.Et elle semble, au mépris d’élémentaires considérations humanitaires, surtout soucieuse de ne pas se laisser déborder sur sa droite par le FN.Car ne l’oublions pas: en France, les idées du FN sont partagées par une proportion inquiétante d’électeurs, surtout lorsqu’il est question des immigrés.C’est d’une gravité qu’on a du mal à mesurer.Il aurait fallu le courage de s’engager sur le terrain du politique.Il aurait fallu une politique d’intégration sociale, culturelle et économique pensée dans le cadre politique républicain.Cela n’a pas été fait.Le prix à payer est aujourd’hui très lourd et le gouvernement, qui répète avec raison que la France ne peut accueillir toute la misère du monde, piétine désormais ce cadre républicain et envoie des flics chasser du pauvre.On va nous rappeler l’illégalité dans laquelle se trouvaient ces personnes; on va évoquer la complexité de la question de l’immigration en France.Et ainsi de suite.Certes, certes.Mais alors, quels flics pour ces politiciens qui n’ont pas fait leur travail?Quelle prison pour ceux qui portent atteinte aux fondements de la République?Car on a bien du mal à s’empêcher de conclure que certains idéaux républicains viennent ici d’être foulés au pied.Cette affaire nous rappelle à point nommé que la pauvreté est appelée à devenir un enjeu politique majeur, même dans les pays riches.C’est commencé et ça ne va pas cesser, loin de là.La mondialisation de l’économie engendre de la pauvreté et de la précarité.Des pauvres, des exclus, il y en aura donc de plus en plus.On commence même à ne plus trop savoir qu’en faire.Les pauvres étrangers, on tente bien de les refouler et de les déporter par charters.Mais nos pauvres à nous?On en fait quoi?On les cache?C’est un peu ce qui se passe dans ces régions touristiques de France où des décrets interdisent aux SDF (sans domicile fixe) de s’asseoir, de quêter, de vendre leurs journaux,etc.J’ai vu ça, moi: et,c’est abominable.Même chose aux Etats-Unis, où 700 000 SDF sont interdits de séjour dans des dizaines de villes.Pauvreté n’est pas vice; mais ça devient peu à peu un délit pour lequel il y aura de plus en plus de coupables.Pendant ce temps, dans les pays pauvres, s’accumulent les victimes de la guerre économique, qui sévit partout, et de la guerre tout court, qui sévit toujours ci et là.Ajoutez encore des millions de personnes déplacées pour des raisons écologiques — déforestation, désertification, recul des terres arables et j’en passe — et vous verrez que c’est une portion importante d’humanité qui devient SDF.L’économie se mondialise: capitaux, emplois, entreprises circulent librement.Mais vous, pauvres, ne circulez pas et cachez-vous.En attendant une improbable politique de partage des richesses à l’échelle de la planète, tous ces pauvres montent et monteront à l’assaut des pays riches.Où se multiplieront les églises Saint-Bernard.Il faudra du courage politique et de la morale.Rassurez-moi: il en reste?A PROPOS .du village Je pense qu’on voit très bien aujourd’hui qu’en parallèle au développement de l’économie mondiale, les gens partout réagissent et se rendent bien compte qu’il faut développer l’économie locale.Car on a beau parler de mondialisation, quand on demande aux gens où ils demeurent, ils ne di- et du monde sent pas «Je demeure sur la planète», ils disent: «Je demeure dans un village, dans un quartier, sur une rue, c’est là que je veux vivre, c’est là que j’ai mes racines».Claude Béland, président du Mouvement Desjardins, 5e conférence annuelle de Solidarité rurale, fév.96 LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 Directrice LISE BISSONNETTE Rédacteur en chef BERNARD DESCÔTEAUX Vice-président, finances et administration FRANÇOIS TQOUIN Directeur de l’information CLAUDE BEAUREGARD Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, GUY TAILLEFER, NORMAND THÉRIAULT Rédacteur en chef adjoint JEAN-ROBERT SANSFAÇ0N Directeur artistique ROLAND-YVES CARIGNAN 2050, rue de Bleury.9e étage.Montréal (Québec) H3A 3M9.Té 1.: (5 14) 985-3333 FAIS CE QUE DOIS E 1) K VOIR L 11 N I) I '1 (i A O T' T I il il II A 7 IDEES Un courant alarmiste sur le Saint-Laurent Aucune donnée ou information ne permet d’affirmer que les fonctions écologiques essentielles du fleuve sont à ce point dégradées qu’il soit déclaré moribond JEAN PAINCHAUD, PH.D.Biologiste spécialiste de l’écologie du Saint-Laurent e titre d’écologiste n’est pas une appellation contrôlée.Depuis que l’écologie est devenue une mode plutôt qu’une science, les écologistes autodiplômés pullulent! J’aimerais rappeler à M.Clapin-Pépin, qui signait récemment à titre d’écologiste des textes alarmistes sur l’état du Saint-Laurent en comparaison de celui du Rhin {Le Devoir, 25-26 juillet 1996), que l’écologie est la biologie des écosystèmes et que les écologistes visent la description et la compréhension de la structure et du fonctionnement de ceux-ci.C’est à partir de données quantitatives, et non de manchettes de journaux et d’observations anecdotiques, et en utilisant leur expertise scientifique généralement acquise au cours de longues études supérieures, que les écologistes parviennent petit à petit à dresser le schéma de ces systèmes complexes que sont les écosystèmes.L’alarmisme délirant de M.Clapin-Pépin n’a rien à voir avec la pratique de l’écologie et dessert la cause environnementale en brouillant l’état réel des choses, par voie de désinformation.J’aimerais soumettre ici quelques éléments d’écologie qui compléteront l’information apportée par Mme Cleary dans sa réplique du 5 août.Les fonctions écologiques essentielles Parmi les indicateurs de santé des fleuves élaborés par le Programme des Nations unies pour l’environnement, l’eutrophisation (l’apport d’éléments nutritifs entraînant une croissance excessive d’algues et de plantes aquatiques), la pollution organique et la pollution par les matières en suspension révèlent l’état de certaines fonctions fondamentales des écosystèmes aquatiques.Or, dans le Saint-Laurent, ni la quantité d’algues, mesurée par la concentration en chlorophylle, le pigment universel des plantes vertes, ni les concentrations de phosphore, ce fertilisant des écosystèmes d’eau douce, ne sont révélatrices du niveau d’eutrophisation poussé typique de la plupart des cours d’eau euro- PHOTO JACQUES GRENIER L’état somme toute relativement bon du Saint-Laurent semble indiquer que nous pourrons probablement récupérer plus d’usages, plus rapidement et à moindre coût que les riverains des autres grands fleuves du monde.péens.De plus, les concentrations d’oxygène et les mesures de demande biochimique en oxygène n’indiquent pas les problèmes d’anoxie ou d’hypoxie souvent rencontrés dans les cours d’eau européens et résultant de l’eutrophisation et de la pollution organique de ceux-ci.Enfin, la charge sédimentaire du Saint-Laurent est faible en regard de celle des autres grands fleuves du monde et l’environnement lumineux de la colonne d’eau y est adéquat pour la photosynthèse.Aucune donnée ou information ne permet d’affirmer que les fonctions écologiques essentielles du Saint-Laurent sont à ce point dégradées que le fleuve soit déclaré moribond, comme le fait allègrement M.Clapin-Pépin.De plus, les ouvrages de Claude Villeneuve et de Pierre Béland ne visent ni ne permettent de juger aussi sommairement de l’état du Saint- Laurent et il serait douteux que ces auteurs aient contresigné l’avis de décès que M.Clapin-Pépin semble leur faire décerner au fleuve.Par contre, la plupart des cours d’eau européens, qui font l’envie de M.Clapin-Pépin, sont plus ou moins dysfonctionnels au plan écologique, avec des déséquilibres marqués entre les apports d’éléments nutritifs et/ou de matière organique, la croissance des algues et la dynamique de l’oxygène.L’exemple européen Les cours d’eau européens, dont le Rhin pour lequel M.Clapin-Pépin semble avoir une prédilection particulière, sont à peu près tous dans un état lamentable.A titre d’information, les concentrations de nitrates et de phosphates sont d’un ordre de grandeur (dix fois!) plus élevé dans le Rhin que dans le Saint-Laurent; la demande biochimique en oxygène y est plus de deux fois plus élevée (v.«L’assainissement du Rhin», Pour la science, no 221,1996).Des améliorations notables y ont été observées, mais les perturbations physiques subies par ce fleuve au cours des siècles sont extensives et irréversibles, et les pressions causées par l’intense activité industrielle et agricole laissent présager une récupération lente et, au mieux, partielle.La conclusion étonnante à laquelle parvient M.Clapin-Pépin, à savoir que le Saint-Laurent, lorsque comparé au Rhin, ne se porte pas bien, n’est soutenue par aucune donnée.En France, la Seine et la Loire sont asphyxiées par des apports excessifs de phosphore (v.«Des fleuves trop bien nourris», La Recherche, no 281, 1995) et ce, plus de 20 ans après que cette question eut été réglée au Canada tant au plan scientifique que ré- glementaire.Il faut être bien conscient des limites de l’action des Agences de bassin françaises, dont tout le monde parle mais que bien peu connaissent.Celles-ci ont comme objectif prioritaire la gestion des débits et des niveaux des cours d’eau (qui, en France, sont encore vus essentiellement comme des canaux et des prises d’eau) et ce, pour le bénéfice des agriculteurs et des sociétés privées de gestion de l’eau.La protection et la conservation de la biodiversité, des frayères et des fonctions écologiques sont loin d’y faire l’objet de l’attention qu’on leur accorde ici.L’action environnementale Est-ce à dire que tout est parfait dans le Saint-Laurent?Non.La contamination chimique existe bel et bien; le problème de la contamination bactérienne et virale a été à peine effleuré jusqu’ici; l’effet poten tiel des changements climatiqqçs demeure inconnu; les commuppû-tés floristiques et fauniques âôjit touchées par le déclin (par exeinp e le béluga, l’éperlan) ou la disjj|| i-tion (par exemple le bar d’Attip-rique ou bar rayé) de certaine peces.De plus, il faut reconnaître qijiç si nous possédons certains cons fondamentaux quoique descrip il nous manque les connaissatidés détaillées et les séries chronologiques disponibles pour d’autres grands écosystèmes aquatiques perturbés par l’homme (Grafids Lacs, mer Baltique, baie de Chesapeake).Il nous faut développer jiqs connaissances sur la structure des communautés et sur la dynamique de certaines fonctions écologiques comme la photosynthèse et la respiration, le cycle de l’oxygène et dés éléments nutritifs, les flux de insère et d’énergie, les échanges eaq-sé-diments.Le grand public n’est cependant pas si ignare qu’il lui faille continuellement des visions apocalyptiques pour comprendre l’état précaire de certaines composantes de nos éçp-systèmes et la nécessité d’actiqps parfois coûteuses en vue de leur Réhabilitation.î>I) Car plusieurs environnement-listes semblent croire que Marasme permanent est le moteur essentiel de l’action environnementale; Au cours des dernières années, le giMd public a développé une conscience environnementale qui doit être alimentée d’informations factuelles et de reportages solides, pas des spéculations sans fondement scientifique; La montée de la protection de l’environnement est une tendance irréversible, inscrite dans la mentalité populaire et dans les programmes politiques.Les contribuables y souscriront d’autant plûs volontiers qu’ils en percevront les effets positifs de leur vivant, plutôt qu’en les espérant pour leurs descendants éloignés.Et que des écologistes crédibles leur rendront clairement compte de l’état réel de l’environnement, des progrès accomplis et des problèmes à;ré-soudre.j, L’état somme toute relativement bon du Saint-Laurent semble indiquer que nous pourrons probablement récupérer plus d’usages, plus rapidement et à moindre coût que les riverains des autres grands fleuves du monde.Pour sortir de l’impasse linguistique Il faut revoir le projet souverainiste Il apparaît urgent de mettre au point une nouvelle politique linguistique en s'inspirant cette fois d'une conception civique plutôt que culturelle d'un Québec indépendant L CLAUDE BARITE AU Anthropologue, Université Laval e nouveau, la guérilla linguistique a cours autour de l’affichage.Demain, ce sera autour de la langue d’enseignement et de la langue de travail.Le Grand Montréal et tout le Québec risquent de se transformer en une foire d’empoigne.Il n’y a là rien de surprenant.Dans le cadre constitutionnel canadien, il ne peut y avoir de solution québécoise permanente à ces enjeux, celle-ci fût-elle le produit d’un pacte.La raison est fort simple: aucun des deux principaux partis politiques du Québec ne fera explicitement la promotion de la conception canadienne en cette matière.Il y aura donc toujours un espace pour la contestation.Que peut faire le gouvernement Bouchard?Colmater les brèches de la loi 86?Obliger les récalcitrants au respect de cette loi comme de ce qui reste de la loi 101?Expliquer les tenants et aboutissants qui ont conduit à la situation actuelle?Mettre en chantier une nouvelle politique linguistique d’un Québec souverain?La première option est piégée.Elle ouvre la porte à une nouvelle saga juridique.Et puis, la choisir, c’est alimenter les contestataires actuels de la loi 86.À mon avis, face à l’impasse, mieux vaut constater l’impasse, ce qui n’empêche aucunement de réaliser les autres options.Je m’explique.Pour plusieurs analystes, avec la loi 86, la loi 101, déjà fissurée de toutes parts, est une passoire.Du français dont elle veut assurer la visibilité, cette loi ne génère que des corrections de façade.Quant à la pérennité de cette langue, s’il est possible de constater certains progrès, il y a loin de la coupe aux lèvres.Mais, au fait, n’est-ce pas là le sort d’une loi provinciale qui outrepasse les prérogatives d’un parlement provincial?Alors, qui peut sérieusement penser que les personnes touchées par ces lois ne se prévaudraient pas des dispositions de la Constitution canadienne, l’ancienne comme la nouvelle, pour en contrer l’applicatiop?Ce point est très important.À l’excep- tion de la loi 86, toutes les lois linguistiques furent promulguées dans le cadre de la Constitution de 1867.Les premières ont mis en place un dispositif favorable à l’affirmation de la langue française au moment où le néonationalisme québécois avait le vent dans les voiles.Mieux, avec la loi 101, ce dispositif est devenu la pierre sur laquelle devait se construire le pays du Québec.Aussi, cette loi fut-elle définie dans la perspective d’une souveraineté à venir conçue, à l’époque, en fonction des Québécois d’origine française.Voilà qui permet de comprendre pourquoi la loi 101 prône quasi l’unilinguisme et reconnaît aux seuls Québécois anglophones, parce qu’ils constituent une minorité appréhendée, le droit de choisir entre l’anglais et le français comme langue d’enseignement.Pour les autres Québécois, exception faite des autochtones je crois, la langue française devient leur langue d’enseignement.C’est 4’ailleurs ainsi dans tous les Etats-nations qui font d’une langue particulière leur langue officielle.Dès sa mise en application, la loi 101 est contestée.Et pour cause.Elle déroge à l’article 133 de la Constitution de 1867.Par la suite, le rejet, en 1980, du timide projet de souveraineté-association annonce son chant du cygne.Sans la souveraineté, cette loi est anachronique.En 1982, les modifications à la Loi fondamentale du Canada, notamment l’inclusion d’une Charte des droits et libertés, la rendent de nouveau sujette à la contestation au nom, cette fois, des droits de la personne.Il y eut contestation au sujet de l’affichage et la Cour suprême donna raison aux contestataires.Confronté à ce jugement, Robert Bou-rassa recourt, en 1988, à la clause dérogatoire inscrite dans la Charte canadienne, question de conserver l’appui de l’électorat francophone.Peu après, il en paie le prix.L’entente du lac Meech est rejetée parce que constitutionnaliser des pouvoirs parti- II importe désormais d’inviter la population à penser le Québec avec le monde comme horizon.Pas le Canada.culiers au Québec permettrait une contestation du nouvel ordre canadien.La dérogation ne pouvant dépasser cinq ans, le gouvernement Bourassa revoit son tir.Il le fait à la suite de la diffusion d’un rapport émanant d’un comité des Nations unies.En 1993, la loi 86 est votée.Elle contient les desiderata formulés par la Cour suprême.Le Québec se conforme donc à la vision canadienne de la Cour suprême.Pas nécessairement au nouvel ordre canadien.Peu après, le Parti libéral du Québec perd le référendum sur l’entente de Charlottetown, puis le pouvoir en 1994.Il gagne de justesse le référendum de 1995.Depuis, des Québécois anglophones s’activent pour se faire reconnaître.Devant l’inévitable qui s’annonce, soit leur «minorisation» dans un Québec souverain, ils se mobilisent et attaquent.Assurés qu’ils ont la Constitution de leur côté, ils se permettent même de jeter l’anathème sur le gouvernement Bouchard et le projet souverainiste.Leur objectif: faire en sorte que les règles canadiennes s’appliquent au Québec quoi qu’il advienne.Leur démarche dérange et les revendications qu’elle véhicule ne sont pas dénuées de tout fondement.Bien au contraire.Le rapatriement de la Constitution a transformé les assises politiques du Canada.Avec lui, la thèse des cité-libristes a gain de cause et ses promoteurs parviennent à contrer toute velléité nationalitaire en provenance du Québec.Le Canada de 1982 est bilingue et multiculturel.Il a sa propre Constitution et des institutions, dont la province de Québec, qui doivent valoriser les droits individuels et l’identité canadienne.Il n’y a plus de place pour une expression autre que folklorique des nationalismes d’hier.Dans ce nouveau pays, refaire la bataille de la loi 101 ou donner des dents à la loi 86 est pure perte de temps et d’énergie.Les seules conséquences seront de ramener une fois de plus la question du Québec dans le giron canadien, d’activer les dessous culturels, quasi ethniques selon certains, que véhicule toujours le projet souverainiste et, de là, offrir des amuse-gueule à une presse canadienne devenue habile à casser du sucre sur le dos des Québécois d’origine française.Il y a mieux à faire.Il m’apparaît urgent de mettre au point une nouvelle politique linguistique en s’inspirant, cette fois, d’une conception civique plutôt que culturelle d’un Québec souverain.En fait, une politique qui s’appuie sur l’autonomie des individus et le droit à la différence tout en faisant par ailleurs du français la langue de la citoyenneté dans le respect des minorités.Une réflexion collective s’impose, à mon avis, pour en délimiter clairement les contours.Il faudra faire de même dans tous les dossiers où l’approche du Québec n’a d'avenir que le mur constitutionnel canadien ou un blocage certain découlant de politiques canadiennes contraires à la dynamique québécoise.Ce faisant, émerge ront progressivement des pans entiers d’un projet de société à la hauteur des aspirations de ceux et celles qui veulent créer le pays du Québec.Telle est l’approche que je privilégie devant l’impasse actuelle.Elle n’a rien d’un recul ou d’un laisser-faire puisque les lois actuelles s’appliqueront.Elle se veut, par contre, un appel au dépassement car elle nécessite l’abandon de la thèse néonationaliste et passe par une mobilisation des souverainistes sur une nouvelle base.C’est ce que je développe dans L’Action Nationale de septembre.Sous cet angle, la population du Québec est à un tournant.Aussi, faut-il éviter de l’entrainer dans des batailles inutiles.H importe désormais de l’inviter à penser le Québec avec le monde comme horizon.Pas le Canada.Dans ce pays, le repli ethnique et le ressentiment sont deux legs laissés au Québec par le coup de force de 1982.Il faut s’en départir et convier tous les Québécois et toutes les Québécoises à définir ce que sera le pays du Québec.Viendra ensuite le temps de mettre tout cela en force.Il L’ÉQUIPE DU; DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l'informa4 tion générale et métropolitaine: SylvàiA Blanchard, Paul Cauchon, Jean Chartier, Louis-Gilles Francceur (environnement), Kathleen Lévesque, Caroline Montpetit', Brian Myles, Isabelle Paré, Louis Lapierrê (iadjoint au directeur de l'information) ; Jean-Pierre Legauit (responsable des pages thématiques), Diane Précourt (pages éditoriales', responsable de la section Tourisme)-, Martin Duclos et Christine Dumazet (relecteurs); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes); à l’information culturelle: Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillât geon, Pierre Cayouette, Mario Cloutier, Pau.le des Rivières, Louise Leduc, Benoît Mun-ger, Odile Tremblay; à l’information économique: Gérard Bérubé (responsable), Robert Dutrisac, Claude Lévesque, Serge Truffaut, Claude Turcotte: à l’information internationale: Sylviane Tramier (responsable), François Brousseau (éditorialiste), Jocelyn Coulon, Clément Trudel; à l’information politique: Pierre O’Neill, Jean Diçn (correspondant parlementaire à Ottawa), Gilles Lesage (correspondant parlementaire^ et éditorialiste à Québec), Michel Venne (cor respondant parlementaire à Québec); à l’in4 formation sportive: Yves d’Avignon; Marte Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction); Ma-rie-Claude Petit, Julie Tremblay (commis); La documentation: Gilles Paré (directeur); Brigitte Arsenault, Manon Derome, Sergej Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Otta; wa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKE-.TING Martine Dubé (directrice), Daniel; Barbeau (directeur adjoint), Jacqueline Avril,’ Jean de Billy, Brigitte Cloutier, Gyslairie ; Côté, Marlène Côté, Sylvie Hanna, Christiane Legauit, Jacques A Nadeau, Guylairiè ' Ouellet, Micheline Ruelland, Monique Ver-i reault (publicitaires); Sylvie Laporte, Natha» lie Lemieux, Pierrette Rousseau, Micheline Turgeon; Francine Ouellet (secrétaire).LA • PRODUCTION Jocelyn Arsenault (directeur des approvisionnements, distribution ft production), Marie-France Turgeon (responsable de la production).Claudine Bédard, J» hanne Brunet, Danielle Cantara, Richard1 Des Cormiers, Marie-Josée Hudon.Sylvain1 Lesage, Christian Vien, Olivier Zuida.SER-J VICE À LA CLIENTÈLE Johanne Brien! • (responsable), Evelyne Labonté (responsable- ¦ à la promotion des abonnements), Manorv Blanchette-Turcotte.Monique L’HeureuJq, Lise Lachapelle, Rachelle Leclerc-Vennç., L’ADMINISTRATION Yves Bouthiette (contrôleur), Dany Dépatie (adjointe à l’administration et responsable des ressources humaines), Nicole Carmel (responsable des services comptables).Jeanne-d’Arc Houde (secrétaire à la direction): Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Nathalie Perrier, Danielle Ponton,-Danielle Ross.LE CONSEIL DU DEVOIR INC.Yves L.Duhaime (président).LA-FONDATION DU DEVOIR Marcel Coutû-, re (président).Roger Boiôvert (vice-président, -exécutif et directeur général).â I, E I) K V 0 I R, , I, E I, I! N I) I 2 (i A 0 I! T I !» !) li [ ACTU A LIT E S La base fournit à Charest les outils qu’il souhaitait , Winnipeg (PC) — Les conservateurs sont sortis unis de leur congrès et doivent maintenant se préparer aux prochaines élections, a déclaré hier le chef du parti, Jean Çharest.«La campagne électorale constituera le seul véritable test», a dit M.Charest en annonçant que son équipe électorale allait se mettre au travail immédiatement.Cette équipe est dirigée par deux sénateurs, Pierre-Claude Nolin, du Québec, et David Tkachuk, de la Saskatchewan.M.Nolin dirigeait la course à la chefferie de Jean Charest au Québec en 1993 et M.Tkachuk était premier secrétaire de l’ancien premier ministre de la Saskatchewan, Grant Devine.t Le premier ministre Jean Chrétien a jusqu’en 1998 pour annoncer une élection fédérale, mais il est probable que celle-ci aura lieu vers la fin de 1997, quatre ans après la dernière.Les délégués conservateurs ont participé à Winnipeg à une série de rencontres au cours desquelles M.Charest a poursuivi son travail pour reconstruire son parti décimé par les électeurs en 1993.Le PC ne comptait plus alors que deux sièges.Les 1400 délégués au congrès ont tracé les grandes lignes qui leur permettront, espèrent-ils, d’effectuer un retour en force sur la scène politique.La base a fourni à Jean Charest presque exactement ce qu’il souhaitait: une structure politique qui intéresse toutes les régions, évite l’extrême droite et fait encore une place au Québec.Quand on lui a demandé s’il exclurait certaines suggestions de son programme électoral, M.Charest a répondu qu’il se sentait à l’aise avec tout ce qui avait été adopté et qu’il restait maintenant à présenter les choses de façon cohérente.Il devra, par exemple, expliquer de quelle façon il entend réduire l’impôt sur le revenu tout en éliminant le déficit.Le congrès a approuvé une réduction de 10 à 20 % de l’impôt personnel avant la fin du premier mandat d’un gouvernement conservateur.Le programme conservateur prévoit également un en- gagement envers un Sénat Triple-E (élu, efficace, égal), un statut de société distincte pour le Québec et l’abrogation des lois fédérales sur l’enregistrement des armes à feu.11 propose de mettre fin à toutes les subventions aux entreprises et de durcir la Loi sur les jeunes contrevenants pour y inclure les enfants de dix ans.M.Charest ne donne aucune précision sur la façon dont il entend mettre ces politiques en application et n’offre aucune garantie qu’il le fera.Le Parti conservateur obtient environ 12 p% des vont dans les sondages, à égalité avec le Parti réformiste mais loin derrière les libéraux du premier ministre Jean Chrétien.SAGUENAY TADOUSSAC SUITE DE LA PAGE 1 saut des cétacés, avec renfort de guides de la nature pour leur raconter la mer et la forêt, Tadoussac fut un point névralgique de notre histoire.En fait il y a une longue lignée de trappeurs derrière Jean-Roger Otis, et de l’histoire ancienne sous le paysage idyllique de Tadoussac.Tadoussac, c’est l'entrée de la Côte-Nord, l’embouchure du Saguenay où fleuve et rivière se rencontrent, point de jonction où s’ébattent Jes derniers bélugas, où les rorquals viennent pointer leur nez.C’est aussi un petit village de 900 habitants à peine, assoupi l’hiver, envahi l’été, otage du tourisme, c’est un cap rocheux où les maisons poussent sur le roc, ce sont les dunes de sable laissées plus loin par le passage des glaciers, et le Grand Hôtel qui domine la baie, et le quai de l’Anse-à-l’Eau où l’on prend le traverser pour Baie-Sainte-Catherine., Confluent un jour, confluent toujours.Plaque tournante entre les routes de la Côte-Nord, du Saguenay et des territoires du sud, Tadoussac était destiné à jouer un rôle stratégique dans notre histoire.Il fut le premier poste de traite établi sur nos rivages nord-américains, le premier poit outre-atlantique aussi, l’escale initiale des voiliers en nos contrées nordiques et dépeuplées d’antan qui avaient tout de l’anti-Club Med.Pierre Chauvin, commandant de la garnison de Hon-fleur, recevait en 1599 le titre de lieutenant du roi Henri IV avec monopole du trafic de fourrures en Canada et en Acadie, au grand dam des nobles et marchands catholiques qui ne goûtaient pas ces privilèges accordés à un huguenot Qu’à cela ne tienne.En 1600, Chauvin affréta quatre navires, remonta le Saint-Laurent et installa son poste de traite à Tadoussac en se promettant bien de le transformer en établissement permanent.Il laissa en poste seize hommes qui n’en menèrent pas large quand la bise vint Le froid, la misère, la famine, les maladies s’emparèrent de la petite troupe.Cinq hommes seulement survécurent Exit peu ou prou les velléités de transformer Tadoussac en colonie permanente.Trop dur, le climat.Mais le poste de traite était installé pour de bon, si ce n’est _pour l’hiver, du moins pour l’été.Sa vocation serait purement commerciale: accent sur la traite des fourrures, grand détonateur de la colonisation outre-Atlantique.Durant trois siècles, le petit établissement à l’embouchure du Saguenay demeurerait un poste de traite sous monopole, d’abord d’un individu désigné, puis de grandes compagnies, comme celle des Cent-Associés, plus tard la Compagnie de la Baie d’Hudson.Par elles allait passer tout le commerce des peaux.Les contrebandiers devraient jouer d’adresse.Tadoussac fut le site du premier traité signé entre Amérindiens et Blancs, sur la Pointe-aux-Alouettes, en l’an de grâce 1603.Dès le départ, «les Sauvages de Tadoussac», comme on appelait alors les tribus nomades de la région, accoururent en grand nombre au poste de traite.Au début du XVIL siècle, ils étaient environ 1200 à camper sur place de mai à octobre, avant de se disperser l’hiver sur leurs territoires de chasse.Les «Tadoussa-çiens», décimés par la petite vérole, la fièvre pourprée et autres cadeaux européens furent en voie d’extinction dès 1640.Les Amérindiens de toutes origines commencèrent alors à fréquenter Tadoussac.Le premier poste de traite fut démoli au milieu du XVIIe siècle, remplacé par d’autres.Mais, l’habitation Chauvin a été reconstruite.Vous pouvez d’ailleurs la visiter sur le chemin du Bord-de-l’Eau, au cours d’une visite au village.En 1942, W.H.Coverdale, président de la Canadian Steamship Lines, décida d’en faire bâtir une réplique pour y exposer sa collection de pièces archéologiques.Un temps centre d’artisanat, la Maison Chauvin à, depuis onze ans, repris sa vocation de musée.Il faut dire que Champlain avait fait graver le dessin de cette première habitation en 1613.Des historiens contestent l’authenticité de cette reconstruction, mais le cœur y était, sinon la lettre.Et flanquée de sa palissade, de ses pignons, avec ses planches pièces sur pièces équarries, et de son foyer, la Maison Chauvin fait illusion, abrite des peaux, évoque l’histoire de la traite à Tadoussac pour les visiteurs.Guidé par Gaby Villeneuve, directrice de la Corporation des institutions muséales de Tadoussac, on replonge dans le passé du lieu.Au début du XVIL' siècle, le statut social d’un noble français s’évaluait à l’aune du chapeau de castor.Sans ce couvre-chef honorable, «un homme de bien» se sentait déshonoré.Un siècle durant, les peaux de castor, appelées «plues», constituèrent l’unité du troc.Et les Amérindiens ne récoltaient pa^ grand-chose en échange.En 1733, une «plue» valait douze aiguilles, ou deux grattoirs, ou quatre boîtes d’œufs ou deux de tabac.Il fallait environ douze «plues» pour se mériter un fusil.Entre 1660 et 1760, il s’est troqué à Tadoussac 25 millions de peaux de castors, sans compter les autres: martres, visons, lynx, etc.Assez pour vider un territoire de fourrure.Heureusement, on y pratiquait aussi la chasse au phoque, pour l’huile.Mais la traite des peaux périclita en douce.En 1859, la Compagnie de la Baie d’Hudson mit le cadenas sur la porte du poste de traite.La fourrure ne payait plus.De 1838 à 1848, la scierie Price fut le nouveau foyer économique de Tadoussac (et rasa tous les arbres alentours).Quand le Grand Hôtel Tadoussac fut construit en 1864, il allait ouvrir la voie à la nouvelle mono-industrie du lieu: le tourisme.Les Américains y venaient pour le saumon, désormais on y traque les baleines à coups de caméras.Aujourd’hui, comme hier, ce petit village à l’embouchure du Saguenay vit de l’exploitation de la faune.Et s’il reste encore des personnages de la vieille école com-mè Jean-Roger Otis qui rappellent les premières figures du passé de l’endroit, ils sont écartés par la machine touristique.Les trésors de la nature, vraie richesse de Tadoussac, font dorénavant l’objet d’une industrie aussi grosse que les cétacés soufflant au large.SUITE DE LA PAGE 1 rect et simultanément sur sept chaînes de télévision et six stations de radio.Dès le milieu de l’après-midi, la foule se pressait déjà aux portes du Centre Molson, espérant ravir les meilleures places.Même le producteur de l’événement, Guy Latraverse, s’étonnait de l’ampleur de la réaction suscitée par ce «live aid», version revue et corrigée à la québécoise.«C’est inimaginable.Je ne sais pas quel genre de catastrophe il va falloir pour recréer un événement pareil.La réponse dépasse toutes nos espérances», commentait-il hier.Aucun artiste ne pourrait se targuer de pouvoir réussir à vendre 10 000 billets pour un spectacle diffusé gratuitement au même moment dans tout le Québec, dans une partie du Canada et de l’Europe.LOUIS-GILLES FRANCOEUR LE DEVOIR Environnement Canada a décidé d’autoriser dans certaines régions du Québec une chasse à la bemache (outarde) «résidente», aussi connue comme la bemache du Sud, pour dresser avec l’aide des chasseurs de sauvagine un premier bilan scientifique sur cette espèce en voie de s’installer ici.La bemache migratrice, de son côté, celle qui visite le centre du Québec au printemps et qui se concentre dans la région de Montmagny au Cap Tourmente, à l’automne, perd du terrain au profit de la nouvelle venue qu’on retrouve de plus en plus nombreuses jusqu’au Saguenay—Lac-Saint-Jean.Environnement Canada avait interdit toute chasse à la bernache migratrice l’an dernier, après avoir recensé seulement 29 000 couples dans les grandes aires de reproduction nordique qui ont connu trois années successives de mauvaises conditions de reproduction.Ce plan de sauvetage, adopté par tous les gouvernements de l’Est nord-américain, a permis de hausser le nombre de couple reproducteur cette année de près de 50 %.Les biologistes fédéraux ont dénombré 49 000 couples nicheurs cette année dans le nord du Québec, a précisé au Devoir Paul Milot d’Environnement Canada.extirpées du sol.Mais pourquoi?«Le pouvoir est toujours fondé sur l’ignorance des autres, estime-t-il.Quelqu’un a avantage à ce que ni les Canadiens anglais ni les Québécois ne connaissent l’histoire.Elle a été prise en charge des deux côtés.Pourtant nos rapports seraient plus riches s’ils reposaient sur moins d’ignorance.Chez nous, le ressentiment constitue le moteur principal des discours politique.On est le seul peuple au monde qui refuse que ses enfants apprennent l’anglais.» Jacques Godbout y pensait depuis longtemps aux enjeux de cette fameuse bataille.H voulait réaliser une série sur l’histoire de la langue française, mais n’a jamais trouvé les sous pour son projet ambitieux.De fil en aiguille, le sujet s’est resserré.«Tout le monde dans la conversation tôt ou tard en parlait de cette bataille, se réclamait d’elle.Mais on n’en connaissait que les grandes lignes.C’était un mythe qu’il fallait fouiller.» Pas question pour Godbout de faire un film conventionnel avec force reconstitutions en costumes et mousquets fumants.L’aventure serait humoristique.Elle irait dans le temps et l’espace, «commençant par voir ce que l’histoire représentait pour les Européens, en France et en Angleterre», pour découvrir que dans les chaumières françaises notamment, elle ne représentait pas grand-chose.Il n’a pas fouillé les mythes tout seul.Philippe Falar-deau, qui fut de la Course Destination monde s’est imposé comme son assistant.Et Jacques Godbout est allé chercher le dramaturge et tonitruant personnage René-Daniel Dubois, qui lui donne la réplique dans le film, en lançant ses réflexions.Godbout appréciait son bagout, sa capacité de jouer et de penser.11 admet qu’il s’est laissé un peu fasciner par le personnage de Dubois, en cours de route.Le scénario fut composé dans ses grandes lignes puis comme une improvisation de jazz, dessiné au fil des jours, le dialogue entre Godbout et Dubois venant prendre le relais de l’histoire, des témoignages des descendants de Wolfe et de Montcalm.Film dans le film et sur le film, on remontera l’histoire fictive et réelle du tournage, à travers un faux scénario écrit par Dubois pour les Américains, une vraie poursuite à travers les dédales gouvernementaux pour trouver (en vain) un responsable du programme d’histoire.Au départ l’ONF se Il faut rappeler qu’on a contourné toutes les règles syndicales ou administratives pour parvenir à organiser en quatre semaines et de façon entièrement bénévole ce méga-spectacle de la solidarité qui, nous dit-on, aurait pu coûter jusqu’à un million de dollars.Pas un sou, pas un salaire n’a été versé aux 40 artistes, 275 musiciens et figurants, et au quelque 300 techniciens qui ont contribué à faire de ce projet utopique une réalité.Dès le début de la soirée, on avait amassé près de 1,5 million, dont les 400 000 $ générés par la vente des 10 262 billets du spectacle.La compagnie Molson a doublé la mise pour chaque billet vendu.Plus de 120 entreprises ont permis la réalisation de cet événement, par leurs dons et leurs contributions.Au moment de mettre sous presse, le montant des dons recueillis par téléphone auprès du public atteignait 638 577 $.La nouvelle venue du Sud, plus grosse et beaucoup moins farouche que sa consœur migratrice — elle s’installe et prolifère en plein centre-ville comme à Toronto! — fait depuis quelques années son apparition au Québec où elle ne menace pas, du moins pour l’instant, les haltes migratoires de la bemache' migratrice.Souvent d’ailleurs les deux types d’outardes s’hybrident mais, généralement, cela se fait au détriment de la moins farouche des deux sous-espèces, ce qui ajoute à la menace qui pèse sur les migratrices nordiques.La chasse aux bernaches dites «résidentes», puisqu’elles passent l’été ici, sera autorisée avant l’arrivée des migratrices qui continueront d’être protégées cette année encore.Environnement Canada limite d’ailleurs cette chasse à certaines régions agricoles où on trouve des associations très structurées de chasseurs de sauvagine, qui vont recueillir les organes dont les biologistes ont besoin pour établir le profil de cette sous-es-pèce (âge, sexe, provenance, état de santé, etc.) Cette chasse sera interdite sur les plans d’eau et se limitera à certaines régions.En Amérique du Nord, la plupart des espèces chassées sont gérées de façon très serrée par les gouvernements en raison de la masse d’informations que donne leur récolte et de l’importance des retombées économiques que procure cette activité aux régions éloignées ou rurales.faisait tirer l’oreille, le scénario qui allait être en partie improvisé, n’était pas composé.Il y a eu là aussi bataille.Le Sort de l’Amérique est le dernier film que réalise Godbout à titre de cinéaste permanent de l’ONF.Il a des allures testamentaires.«Ce n’est pas parce qu’il n’y pas de liberté qu’on ne va pas la réclamer.» Alter ego de Jacques Godbout, ce René-Daniel Dubois, à la fois créateur et personnage public aux sorties politiques fracassantes?L’un et l’autre sont des hors castes dans nos joutes constitutionnelles, ni tout à fait d’un côté, ni tout à fait de l’autre, un peu ambigus, nationalistes mais non souverainistes, parfois vice-versa.«Nous n’adhérons pas au moule de la pensée unique dans sa petite boîte», affirme Godbout Le cinéaste revendique comme Dubois, mais de manière différente, le droit à la dissidence,,à l’opinion quelque part entre blanc et noir.À travers ses recherches historiques, Godbout a fait bien des découvertes.Que la bataille se jouait entre Français et Anglais et que les Canadiens conscrits en avaient plein le dos, qu’ils se battaient depuis trois mois, que les Canadiens qui n’avaient pas d’instruction militaire ont décidé de se jeter à terre durant la bataille pour ne pas demeurer comme des cibles ridicules devant les Anglais, que Vaudreuil fut un personnage trouble et probablement le grand responsable de la défaite, que les Bourgeois de Québec avaient hâte de livrer la ville aux Anglais, pour reprendre leurs activités commerciales en paix.«On oublie aussi que les Français allaient faire la révolution trente ans plus tard chez eux, que l’époque était agitée et qu’ils ne devaient pas vivre le grand amour avec la couronne qu’ils défendaient.» En bref, que tout n’était pas simple, pas plus que les conclusions à en tirer.«Ce pays est peuplé de deux groupes qui se croient défaits, estime-t-il.Les Canadiens français qui s’estiment vaincus, et les Canadiens anglais qui voulaient garder l’Amérique dans le giron britannique.Nos deux héros nationaux sont des héros battus.Nous avons raté et la révolution française et la révolution américaine.Quant à la nôtre, elle a été bien tranquille.» Pendant le référendum, Jacques Godbout faisait le montage du film.Il avait vu dans la bataille qui l’occupait les Anglais et les Français renvoyés dos à dos.«Je me suis dit, le résultat va être cinquante- cinquante.LTiistoi-re se répète.» Feu vert pour chasser la bernache GODBOUT «Ce pays est peuplé de deux groupes qui se croient défaits» SUITE DE LA PAGE 1 ENTENTE «Lebed est un bon petit gars.Tous les Tchétchènes lui font confiance à 100 %» SUITE DE LA PAGE 1 Mais les Tchétchènes avaient ces derniers temps laissé entendre qu’ils pourraient renoncer à la revendication d’une indépendance totale, se disant prêts à signer un accord qui «préserverait les intérêts de l’Etat russe et des Tchétchènes».Depuis longtemps déjà, leur revendication essentielle était devenue non plus tant l’indépendance que simplement le départ total de l’armée russe de Tchétchénie.L’annonce, hier, du départ de M.Lebed, qui aurait dû théoriquement reprendre ses discussions avec les indépendantistes ce même jour, a d’abord provoqué une sérieuse inquiétude quand à l’avenir des pourparlers.Après l’optimisme exubérant qui avait régné samedi autour des négociations se déroulant à Novi Ata-gui, petit village tchétchène à 25 kilomètres au sud de Grozny, l’ambiance était plus tendue hier, pouvait-on noter sur place.Les Russes ont en effet accusé les indépendantistes d’avoir violé le cessez-le-feu après qu’un groupe de combattants eut, samedi soir à Grozny, confisqué les armes d’une unité russe, 58 fusils, 10 mitrailleuses et 15 roquettes anti-chars, selon l’agence Interfax.La tension provoquée par cet incident s’est toutefois apaisée après que les indépendantistes eurent expliqué que cette action, qu’ils ont qualifié de «provocation», était le fait de combattants «qui n’étaient pas et ne sont pas sous les ordres des forces armées» indépendantistes, selon les termes du porte-parole indépendantiste Movladi Oudougov.«Mais la partie tchétchène présente tout de même ses excuses», a-t-il ajouté, parlant aux journalistes à Novi Atagui.«Lebed, un bon petit gars» Pendant ce temps, les milliers de civils tchétchènes qui avaient fui Grozny au début de la semaine écoulée ont commencé à rentrer chez eux ce weekend, plaçant tous leurs espoirs dans les efforts de paix du général Lebed.«Lebed est un bon petit gars.Tous les Tchétchènes lui font confiance à 100 %», affirme Aicha, 37 ans, une habitante d’un quartier nord de Grozny qui avait fui la ville mercredi, 24 heures avant l’expiration de l’ultimatum lancé par le commandement russe aux séparatistes.L’intervention du général Lebed a évité la bataille et Aicha a retrouvé sa maison, épargnée par les combats.«Dès le début de la guerre, Lebed avait dit qu’il était contre.C’est un officier qui a une parole, je lui fais confiance», ajoute Hassan, le chef de famille, occupé à décharger le camion-benne dans lequel il avait emporté tous les siens, dont cinq enfants et une grand-mère, et toute sa richesse, des tapis, une télévision, des matelas, quelques petits meubles.«Nous nous sommes réfugiés au village de Tolstoï Yourt», raconte à son tour, une cousine qui tient dans ses bras le dernier-né de la famille, Chamad, deux ans.Il y avait des centaines de gens de Grozny.On nous a mis dans une maison et nous avons tous dormi par terre.Heureusement que nous avions emporté de la nourriture car on ne nous a rien donné là-bas.» Rassurés par le calme qui règne dans la ville depuis jeudi, des dizaines de véhicules bourrés de réfugiés rentraient sur Grozny samedi et surtout hier.La capitale tchétchène, totalement désertée ces derniers jours, retrouvait peu à peu son animation coutumière.Les combattants indépendantistes contrôlaient sans hâte les véhicules aux principaux carrefours.Certains, armes au poing et grenades à la ceinture, conversaient tranquillement avec des soldats russes, fusils d’assaut en bandoulière.On voyait des blindés russes circuler librement.Dans certains quartiers, il était toutefois encore très difficile de trouver de la nourriture et surtout de l’eau.Au pied d’un immeuble du nord de la ville, Aslan et Makka Oumarov accueillaient les voisins qui rentraient au cri de «Allah Akbar», avant de leur donner la traditionnelle accolade, d’un seul bras, que les Tchétchènes utilisent pour se saluer.Aslan aussi place un espoir presque démesuré dans le général Lebed, mais il redoute que les adversaires de la paix à Moscou et dans l’armée ne réussissent à l’assassiner pour stopper le processus en cours.«Je suis sûr que Lebed veut la paix, renchérit son voisin Mourak Aksimov, 42 ans, mais personne ne sait si c’est lui qui a la parole dans cette affaire, ou bien l’ivrogne du Kremlin qui nous a fait bombarder pendant 20 mois», dit-il dans une allusion au président russe Boris Eltsine.Dans le quartier d’Oktiabrskaia, très touché par les combats du mois d’août, Magomed Endinoi est accroupi au centre de sa maison dévastée et éventrée par un obus.«Voilà ce que j’ai retrouvé aujourd’hui, dit-il, alors la paix de Lebed est bien jolie, mais ça ne nous rendra ni notre vie d’avant, ni nos morts.» LE DEVOIR LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H30 À 17HOO 2050, RUE DE BLEURY, 9E ÉTAGE, MONTRÉAL, (QUÉBEC) H3A 3M9 ?RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION : (514)985-3333 PUBLICITE AVIS PUBLICS (514) 985-3344 ANNONCES CLASSÉES (514) 985 3344 + PUBLICITÉ (514) 985-3399 / télécopieur (514) 985-3390 NUMÉRO SANS FRAIS 1 800-363-0305 SERVICE DES ABONNEMENTS let numéros de lélépkéM siiriats DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H00 À 16H30 Montréal (514) 985-3355 / télécopieur (514) 985-3390 peer le» aboMeueni! potiin.Extérieur (sans frais) 1 800 463-7559 LE bfcvom nt public par LF.DEVOIR Inc.dont le m -grwcialeet «tué au numéro 2060 de Bleury.9e étage.Montréal.(Québec).H3A 3M9 11 e« imprimé par 1rs Imprime! rie Québécor LaSalle, 7743 de Bourdeau, dhricion de Imprimerie* Québécor ne.612 ouest nie Saint-Jacques.Montréal.L'Agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les Wormaüorn publié dans 1£ DEVOIR.LE DEVOIR ^ distribue par Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc.900 bout.St-Martin ouest.Laval.Envoi ( le publication — Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationak du Québec.Téléphone général: (514) 985-3333; service a b clientèle; (514) 985-3355; publicité; (514) 985-3399.D1C
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