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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1996-08-29, Collections de BAnQ.

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FONDE 19 10 LE DEVOIR V o I .I.X X XVII N o 2 0 2 M 0 N T R K A L , L E .1 E l! I) I 2 !) A 0 l! T I 9 9 (i 8 8 T P S T V Q / T or onto IS Louis- Gilles Francœur PERSPECTIVES Guerre de clans au BAPE Les audiences génériques sur les déchets révèlent à quel point plusieurs acteurs n’ont pas profité de la dernière décennie pour se préparer aux choix de société en vue.Plusieurs continuent de défendre pitance et bribes de pouvoir sans vraiment contribuer à transformer une situation qui ne peut plus durer.En 15 ans, l’industrie de l’assainissement est devenue une force active de progrès environnemental.(Voir nos informations en page A 2.) Douze ans après la guerre de la canette, il est stupéfiant de constater que plusieurs des protagonistes de l’époque campent encore dans les mêmes tranchées, enrichies de quelques toiles d’araignées.Il faut abolir les consignes, disent les uns, au profit de la cueillette sélective, un sophisme qui masque l’allure qu’auraient à nouveau les bordures des routes si personne n’avait intérêt à ne pas garrocher les canettes à bout de bras ou à les ramasser.Il ne faudrait pas, non plus, multiplier les consignes dans le domaine alimentaire où la multiplication des contenants obéirait à un strict souci de sécurité alimentaire et non pas, aussi, à des impératifs de marketing parfois aux antipodes d’une logique de récupération.Il est tout aussi vrai de dire qu’on ne peut multiplier les consignes sans nuire quelque part aux collectes sélectives, dont on veut accroître le nombre et l’efficacité.La guerre de position, qui se déroule actuellement devant le BAPE à travers ce faux débat, révèle le refus de plusieurs de débattre d’un choix de société ou de le réduire à une question de marchés.Personne ne discute du seuil au delà duquel la capacité d’enfouissement ou d’incinération paralysera les politiques de recyclage.On parle très peu des modalités de l’interfinancement.On ne parle ni d’élargir le débat aux carcasses d’automobiles, ni de standardiser l’identification des matériaux voués au recyclage.Ou d’une politique minimale de standardisation de la forme, sinon du matériau des contenants.Certains soutiennent que réduire de 50 % la production de déchets d’ici 2000 serait devenu irréaliste même si 75 % des foyers québécois ont désormais accès à une forme ou une autre de collecte sélective et que le Québec bat des records avec ses consignes.Certains ténors industriels proposent au gouvernement de forcer les entreprises, Québec ^u' on^ re^us^ de passer à l’action, ^ par le moyen d’une sorte de formule a-t-il Ranci environnementale au profit de Collecte sélective Québec.Il est dif-torpillé ficile de comprendre en vertu de quelle logique sociale le législateur sa propre confierait à un groupe privé, qui a fait beaucoup, certes, mais qui n’a audience?pas réussi à atteindre ses objectifs de concertation, de devenir le mandataire de l’intérêt public dans ce domaine.On a même vu des manufacturiers brandir le «gros bon sens», le refrain des républicains américains, en guise de couplet selon lequel toute réforme doit d’abord être validée au plan scientifique, comme si la société ne pouvait décider de sa direction sans un débat où les experts s’englueraient inévitablement.Avec cette logique, le Canada n’aurait sûrement pas encore un système universel de soins de santé.Pour plusieurs, la situation actuelle est parfaite: on se garde la possibilité d’enfouir, d’incinérer et de recycler en postulant que l’intérêt public et de l’environnement résultera de l’application stricte des lois du marché, qui sont étrangères aux concepts de régionalisation.C’est faire fi d’un fait bien réel, à savoir que ces différentes filières se concurrencent, qu’une vraie politique de récupération et de recyclage ne doit pas subir la concurrence de solutions dépassées et que les citoyens ont un droit plus fondamental que les entrepreneurs à façonner eux-mêmes leur milieu.Il ne suffit pas d’enfouir les déchets dans de mégasacs verts — les membranes étanches — plutôt que dans le sable pour être en face d’une solution environnementale car cette technique ne réduit ni la dépense d’énergie, ni le gaspillage des ressources liées à leur production.Québec a peut-être torpillé sa propre audience en proposant l’explosive fusion de Collecte sélective Québec et Recyc-Québec en une seule entité.La proposition a braqué tout le monde et ramené les pendules aux années 80.A l’évidence, un organisme public au mandat prépondérant doit assumer la responsabilité de lancer l’action partout où l’inertie des pouvoirs, privés et publics, accule le Québec à un rendez-vous manqué avec l’an 2000, ce qui n’empêche pas les acteurs du secteur privé de continuer de se concerter au sein de Collecte sélective Québec pour leurs fins propres, si elles coïncident avec le plan de match général.Reste alors à savoir ce que seront les mandats et les principaux moyens du mandataire public.Encore coincés dans le vieux débat, plusieurs ne voient pas qu'ils perdent une occasion précieuse de se positionner dans le nouveau.Il n’y a peut-être pas que des canettes à recycler.INDEX METEO Agenda Avis publics.Classées .B6 .B4 .B6 Culture Économie .B2 Éditorial .-46 Le monde .B5 Mots croisés.B6 Les sports.B4 Montréal Ciel variable.30 % de possibilité d'averses.Max: 24 Québec Ciel variable.30 % de possibilité d'averses.Venteux.Max: 22 Détails en A 4 POLITIQUE Boyle soumis au détecteur de mensonge PAGE A 4 LE MONDE La crainte du sida alimente la pédophilie PAGE B 5 POLITIQUE Lyse Lemieux nommée juge en chef de la Cour supérieure du Québec PAGE A 4 Québec attaqué sur tous les fronts L’opposition libérale accuse le gouvernement d’ethnocentrisme, le MNQ réclame le retour à l’unilinguisme français D’APRES LA PRESSE CANADIENNE La modération a rapidement été mise de côté dans le débat linguistique qui débutait à l’Assemblée nationale, hier.En fait, le gouvernement a été attaqué de toutes parts lors de la première journée de la commission parlementaire qui doit examiner l’énoncé de politique linguistique du gouvernement Bouchard: B Alliance-Québec a réclamé un retour au libre choix de la langue d’enseignement pour les enfants, soit une politique répudiée au Québec depuis 1974; B le député d’Oytremont et porte-parole de l’opposition libérale Pierre-Etienne Laporte a accusé le gouvernement «d’ethnocentrisme» pour avoir prétendument «op- posé les Québécois [francophones] aux autres groupes linguistiques»; B de son côté, la présidente du Mouvement national des Québécois, l’ex-ministre fédérale Monique Vézina, a assimilé la loi 86, qui réinstaure le bilinguisme dans l’affichage commercial, à «une capitulation du Québec.La meilleure façon de protéger le français demeure la souveraineté du Québec», a dit Mme Vézina.Mais la ministre Louise Beaudoin, responsable du dossier linguistique, s’est dite très peu impressionnée par les arguments soulevés hier devant la commission parlementaire de la Culture, chargée de réfléchir sur la situation linguistique.Le projet de loi 40 vise à renforcer VOIR PAGE A 8: QUÉBEC PHOTO PC La ministre Louise Beaudoin: «Ce que j’ai entendu ce matin ne m’a absolument pas fait changer d’idée.» Prendre les tomates par les cornes • ¦ PHOTO AP ILS SONT ROUGES comme des tomates, mais pas au sens où on l’entend habituellement.Dans le village de Bunol, situé dans l’est de l’Espagne, on appelle ça le festival de la «Tomatina».Tous les ans à date fixe, des camions déversent une centaine de tonnes de tomates sur la rue principale, au plus grand plaisir des citoyens qui en profitent pour se tacher un peu.La tradition remonte aux années 30 alors que la petite ville, estimant trop cruels les combats de taureaux, décidait de les remplacer par des combats de tomates.Sur notre photo, des villageois trop impatients ont pris d’assaut le chargement d’un camion.Pourquoi les Américaines préfèrent-elles Bill Clinton ?Parmi les 4320 délégués à la convention démocrate de Chicago, 50 % sont des femmes.Ce qui n’est pas surprenant puisque les règlements du Parti démocrate imposent des quotas afin de refléter la composition de la société américaine.SYLVIANE TRAMIER ENVOYÉE DU DEVOIR À CHICAGO es républicains brocardent ce système qui, disent-ils, «réduit les femmes et les minorités à de pures statistiques destinées à faire impression».Mais il reste qu'avec 53 % de l’électorat américain composé de femmes, le vote féminin — s’il existe bien un bloc monolithique qui penche massivement en faveur d’un parti — peut facilement se transformer en statistiques autrement plus déterminantes le soir du scrutin.Depuis que l’on a découvert l’existence d’un «gender gap« dans l'électorat américain, d'in- nombrables recherches ont été faites pour savoir à qui profite le vote féminin et qui part avec un handicap à ce chapitre dans la course à la Maison-Blanche.Selon un sondage réalisé par la chaîne ABC au début du mois d’août, le'démocrate Bill Clinton dispose d’un avantage de 21 % sur le républicain Bob Dole dans l’électorat féminin et de 9 % seulement dans l’électorat masculin.Cet écart dans le pouvoir de séduction du président sortant auprès des hommes et des femmes n’est pas sans inquiéter le Parti républicain qui VOIR PAGE A 8: CLINTON Régimes privés d’assurance-médicaments Les primes pourraient grimper de 15% Les bénéficiaires d'assurances collectives paieront eux aussi MARIE-ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR Alors que personnes âgées, assistés sociaux et Québécois non protégés par un régime d’assurance-mé- _i_ dicaments ont défrayé la manchette à maintes reprises ^ ces derniers temps, les 4,5 millions de Québécois bénéficiaires d’un régime collectif sont tombés dans l’oubli.Pourtant, dès janvier prochain, on pourrait leur assener une hausse de leurs primes de l’ordre de 5, 10 ou même 15 %.Pendant que la liste des inscrits au régime public d’assurance-médicaments ne cesse d’allonger depuis que le processus d’inscription a été lancé lundi, les millions de Québécois bénéficiant d’un régime collectif sont toujours dans l’incertitude.Les modifications apportées au régime de la santé depuis août dernier auront cependant des répercussions jusque sur le montant de leurs primes.VOIR PAGE A 8: PRIMES CULTURE Pudding chômeur : le côté fellinien de Gilles Carie PAGE B 8 LE FESTIVAL DES FILMS Dü MONDE Reprise de la colonisation juive Arafat lance un appel à la grève générale Yasser Arafat a lancé pour aujourd’hui un mot d’ordre de grève générale en Cisjordanie et à Gaza pour protester contre la reprise de la colonisation juive dans les territoires occupés et la destruction d’un immeuble arabe à Jérusalem.Il a aussi demandé aux Arabes de se rendre en masse dans la Mlle sainte pour la grande prière du vendredi, en dépit de l’interdiction d’accès imposée par Israël à une majorité de Palestiniens.L’armée d’occupation israélienne en Cisjordanie a été placée en état d’alerte, tandis que le premier ministre Benjamin Nétanyahou avertissait qu’Israël réagirait «avec sévérité» devant toute action «susceptible de mettre en danger le processus de paix».PATRICE CLAUDE LE MONDE Jérusalem—Amorcée dès après l’élection de Benjamin Nétanyahou à la tète de l’exécutif israélien, le 29 mai, chronique de la dislocation méthodique du processus de paix engagé il y a trois ans avec les pays arabes par les travaillistes s’enrichit décidément chaque jour.Mardi, journée noire s’il en est, les Palestiniens qui n’en peuvent plus ont appris, coup sur coup, la démolition d’un immeuble de plusieurs étages construit, pas à pas depuis quatre ans, avec des dons internationaux pour héberger une crèche, un centre pour handicapés et une maison de retraite dans la partie orientale arabe occupée de Jérusalem: puis l’annonce de la construction d’une nouvelle colonie juive de 1800 logements en Cisjordanie occupée.Voir autres informations en page A 8 VOIR PAGE A 8: ARAFAT A 2 L E I) E V 0 I H .I.E .1 E UDI 2 !) A () Ü T I !) I) (i h/ës~ actualités Des produits «coupe-faim» qui peuvent couper le souffle Santé Canada vient d’approuver un médicament qui augmente le risque de contracter une grave maladie pulmonaire, selon une étude pilotée par un chercheur québécois ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Un «produit miracle» utilisé pour maigrir, que vient tout juste d’approuver Santé Canada, augmenterait en flèche les risques de développer une très grave maladie pulmonaire, selon une étude pilotée par un chercheur québécois, publiée aujourd’hui dans le New England Journal of Medicine.Cette vaste étude, réalisée avec la collaboration de 35 centres hospitaliers de France, d’Angleterre, de Belgique et des Pays-Bas, établit clairement que le risque de développer l’hypertension pulmonaire, une maladie très rare et mortelle dans de nombreux cas, bondit de façon exponentielle chez les personnes consommant certains médicaments destinés à supprimer l’appétit.Or, ces résultats surviennent quelques semaines après que la Direction générale de la protection de la santé (DGPS) à Ottawa eut donné sa bénédiction pour la commercialisation de ce produit au Canada.Vendu sous le nom commercial de Redux, la dexfenfluraminç et ses dérivés viennent d’arriver sur les tablettes aux Etats-Unis.En France, où ils étaient fort populaires depuis quelques années pour perdre des kilos en trop, les agents amaigrissants ont toutefois été placés sous contrôle très strict en mai 1995, après que 22 personnes furent décédées de la maladie.L’hypertension pulmonaire est très longue à diagnostiquer puisqu’elle se traduit d’abord par un essoufflement, mais elle s’aggrave ensuite pour mener à des syncopes, de l’angine.Fréquemment mortelle quand elle est dépistée trop tard, elle peut aussi nécessiter le recours à une greffe cœur-poumons.L’étude pilotée par M.Abenhaim, réalisée auprès de 95 personnes souffrant de cette maladie en Europe, a permis de démontrer que la prise de ces produits coupe-faim augmente jusqu’à 30 fois le risque de développer l’hypertension pulmonaire lorsqu’ils sont consommés pendant plus de trois mois.Or, Ottawa vient d’approuver ces produits pour une consommation à long terme.«Parfois, on prescrit ce produit à long terme pour l’obésité, comme l’on prescrit des médicaments pour des maladies chroniques.Il semble promis à une longue carrière ici.Mais les évaluations faites pour trois mois ne sont plus pertinentes», a indiqué hier le chercheur Abenhaim, directeur du Centre d’épidémiologie clinique de l’Hôpital général juif.Aux Etats-Unis, ce produit connaît un franc succès puisque 60 000 nouvelles prescriptions sont faites chaque semaine.La Food and Drug Administration (FDA) a pour le moment émis un avis pour informer les médecins du risque induit par la dexfenfluramine.Hier, la direction générale de la protection de la santé (DGPS) a indiqué que le produit a reçu un avis de conformité le 9 juillet dernier.La personne responsable de ce dossier n’a toutefois pas retourné les appels du Devoir.Selon M.Abenhaim, la DGPS est une des rares autorités de la santé qui n’aient pas cherché à rencontrer les chercheurs pour en savoir plus sur ces résultats pro- bants.«Nous sommes allés présenter nos données en Angleterre et en France.Finalement, on a posté les résultats préliminaires à Ottawa en avril», a dit le chercheur.D’autres produits coupe-faim dérivés du même composé, comme le Pondéral et le Pondimin, sont déjà disponibles sous prescription au Canada.Leur usage à long terme est tout autant remis en question.Selon Danièle Fagnan, de l’Ordre des pharmaciens du Québec, plusieurs des dérivés du dexfenfluramine en vente au Québec, comme le Pondéral et le Pondimin, ont un effet stimulant sur le système nerveux central, semblable à celui des antidépresseurs.«Cela devrait vraiment être réservé aux gens ayant de très sérieux problèmes de poids», estime-t-elle.D’autres agents arùài-grissants, considérés aussi dangereux, peuvent être obtenus par prescription, tels le Tenuate, le Sanorex èt le Ionamin.Tous des dérivés des amphétamines, ces produits font l’objet d’un contrôle sévère compte tenu de leurs risques pour la santé.La bonne volonté suffit-elle en matière de gestion des déchets ?LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR Adoptant une position opposée à celle du Centre patronal environnemental, le Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE) a invité hier la commission sur la gestion des déchets à conclure à «l’échec de l’approche volontaire» et a plaidé pour la mise en place d’une politique de «gestion intégrée» des déchets par voie réglementaire, qui imposerait la réutilisation, la récupération et le recyclage des déchets (les trois R).Selon le CQDE, le taux «excessivement élevé» — soit la vaste majorité — de non-conformité des établissements d’élimination des déchets par rapport aux normes ainsi que les difficultés pour les citoyens d’avoir accès aux renseignements relatifs à la gestion des déchets dans leur milieu doivent devenir les priorités de la réforme en préparation.Le centre se surprend du recul du ministère de l’Environnement et de la Faune (MEF) en pleine audience, dont le futur règlement ne couvrirait que les sites d’enfouissement plutôt que de créer le cadre juridique d’une gestion intégrée des déchets, tel que promis antérieurement.Les procureurs environnementaux représentés par le centre se surprennent d’ailleurs que Québec n’ait pas promulgué la loi 151 pour lancer le plus vite possible sa propre politique sur les emballages, comme d’autres provinces.Le CQDE estime pertinent de confier aux municipalités, MRC et communautés urbaines le pouvoir de contrôler les flux de déchets sur leur territoire et insiste pour que Québec, de concert avec Ottawa, interdise leur importation ici, tout comme on propose d’interdire l’exportation des déchets d’une région à l’autre de la province.Dans son mémoire déposé lui aussi hier, le Centre pa- tronal de l’environnement du Québec (CPEQ) juge illusoire et contraire à lq logique des marchés toute contrainte de ce genre.A son avis, vaut mieux quelques grands centres de traitement de «résidus» que plusieurs petits, faiblement équipés.Le CQDE insiste beaucoup sur l’importance d’élargir l’accès à l’information en environnement, la base obligée d’une participation éclairée aux choix sociaux, dit-il.Le centre prône donc de permettre l’accès aux renseignements relatifs à l’environnement, jusqu’ici limités aux toxiques connus par le gouvernement, à toutes les informations détenues par des «personnes morales», soit les industries et les commerces, en matière de contaminants et de déchets.Pour sa part, le CPEQ qualifie dans son mémoire la consigne et la collecte de «systèmes complémentaires», qu’on ne doit plus opposer, mais dont le choix devrait être laissé aux industriels du moment qu’ils rencon- trent les objectifs environnementaux de Québec.Le CPEQ estime toutefois que l’objectif gouvernemental de réduire de 50 % de la masse de déchets d’ici l’an 2000 est désormais peu réaliste.Pour le centre, l’incinération et l’enfouissement doivent demeurer des solutions accessibles et Québec devrait consacrer plus d’efforts à réduire les matières résiduelles des secteurs industriels, commerciaux et institutionnels ainsi que les matériaux secs (principalement de construction) puisqu’ils représentent ensemble 65 % de tous les déchets produits dans la province.Enfin, le centre patronal propose de conclure la guerre des canettes par un match nul en maintenant en vie Recyc-Québec et Collecte sélective Québec au lieu de les fusionner.Le patronat accepterait toutefois qu’on ajoute un «chapeau» aux deux organismes actuellement opposés par leur philosophie et leurs stratégies.5 i§pH£ ©ISPI Une invitation à participer à deux nocturnes dans le réseau des galeries montréalaises, LES VENDREDI ET SAMEDI 6 ET 7 SEPTEMBRE DE 18 H A 22 H Au menu vin, fromage.et événements spéciaux.Une navette (5 $) circulera en permanence entre les galeries du réseau, La Grande Virée est organisée par L'ASSOCIATION DES GALERIES D'ART CONTEMPORAIN (AGAC) Tel: (514) 843-3334 Internet: http://www.libertel.montreal.qc.ca/info/assoc/galeries LE DEVOIR TÉLÉCnt HIM HI ÉIÉ ¦ Les autorités tunisiennes retiennent la mère d’une famille installée à Montréal CLÉMENT TRUDEL LE DEVOIR ien qu’ayant bénéficié d’un visa d’immigrante lui permettant d’entrer au Canada, Nejiba Ben Ter-dayet n’a jamais pu quitter la Tunisie et se trouve toujours à Bizerte.Le visa, émis en octobre 1995, est venu à expiration, mais Mme Ben Ter-dayet n’a jamais pu rentrer en possession de son passeport, confisqué par les autorités tunisiennes en 1993, soit en même temps que le titre de réfugié était accordé par le Canada à son mari, Habib Rihane.Habib Rihane est un historien, professeur de lycée qu’Amnistie internationale avait adopté en 1981 comme prisonnier d’opinion.Il obtint en 1984 la grâce de l’ex-prési-dent Habib Bourguiba et affirme solennellement aujourd’hui que son activité politique avec le Mouvement de la tendance islamique (MTI) a cessé il y a bien longtemps, que le procès qu’on lui fit ainsi qu’à 80 coaccusés ne fut qu’un long réquisitoire, sans possibilité de défense.Les quatre enfants de M.Rihane, dont l’aîné a 19 ans, ont tous pu rejoindre leur père à Montréal.La fa- mille Rihane attend que la mère les rejoigne, qu’elle cesse d’être une «otage» en Tunisie.Pourquoi ce drame de famille séparée ne peut-il pas se résoudre?A Ottawa, d’après la correspondance échangée depuis deux ans avec M.Rihane, on se montre sympathique à la cause de Mme Ben Terdayet, tout en soulignant qu’il appartient à l’immigrante éventuelle de «régler son problème de passeport» avec le gouvernement tunisien pour pouvoir profiter, le cas échéant, d’un nouveau visa d’immigrant qu’Ottawa émettra.Tunis se tenant coi, M.Rihane en est réduit à souhaiter que pour des raisons humanitaires on laisse enfin partir sa femme.C’est d’ailleurs le sens d’une lettre expédiée ces jours-ci par le directeur de l’ACAT (Association des chrétiens pour l’abolition de la torture), Gérard Laverdu-re, au président Ben Ali; la lettre demande pour Mme Ben Terdayet la libre circulation et laisse entendre que, peut-être, le «zèle intempestif de la part d’un fonctionnaire bien intentionné» empêche ainsi une femme de rejoindre mari et enfants au Canada.EN BREF ?UNE FEMME TUÉE PAR L’ÉCLATEMENT D’UN BIBERON Cap-de-la-Madeleine (PC) — Une ; femme a subi des blessures mortelles, hier, à Cap-de-la-Madeleine, quand ùh biberon de verre lui a explosé à la fi- ' gure.Diane Bellemare, 43 ans, stérilisait des biberons dans un four microondes.C’est en ouvrant la porte de 1 l’appareil qu’un contenant a explosé.' Mme Bellemare a eu la carotide sectionnée par un éclat de verre.Elle a succombé à l’hôpital des suites d’une; hémorragie massive.-?- UN PÉPIN DANS ; L’OPÉRATION TITANIC New York, (AFP) — La récupération d’une partie de l’épave du paquebot Titanic, qui devait avoir lieu mercre: di, a été reportée à aujourd’hui en raison de la remontée accidentelle d’une des bouées de levage, a annoncé un porte-parole de la société américaine RMS Titanic.«Une des baudruches est remontée à la surface», a indiqué à l’AFP le porte-parole, Todd Tarantino.«Un des câbles qui la reliait à la coque a apparemment été coupé accidentellement dans l’obscurité», a-t-il ajouté.La bau- ’ druche, remplie de gazole, sera im-; mergée à nouveau aujourd’hui et ah tachée au morceau de la coque qui ' doit être ramené à la surface, une ' ’ tôle pesant 10 tonnes qui gît par 4000 mètres de fond.Trois des huit rescapés du naufrage encore rivants figurent parmi les quelque 1700 prj-' rilégiés qui ont payé entre 1800 et; 5900 $ pour participer à une croisière dont le clou est la récupération dü morceau d’épave.Celle-ci doit être retransmise en di: rect par circuit fermé pour les passagers des deux navires de croisière, ’ 1 ’Island Breeze et le Royal Majesty.-?- LE DIVORCE DE CHARLES ET DE DIANA EST CONSOMMÉ Londres, (Reuter) — Le divorce du prince Charles, héritier de la couron-' ne britannique, et de Diana, qui resté princesse de Galles, a été officialisé hier matin par un tribunal londonién.La demande a été présentée au nom du prince par un clerc du cabinet de ses avocats.Hier marquait la fin de la période de réflexion de six semaines fixée par la loi à chaque époux.La demande a été dûment examinée par un magistrat qui y a apposé son tampon, déclarant le divorce définitif par «dé cret irrévocable».Ni Charles, ni Diana n’était présent L’héritier du trône britannique avait épousé Diana Spencer le 29 juillet 1981.Diana aurait obtenu 17 millions de livres (26,50 millions dé dollars) de Charles mais elle perdra le titre d'altesse royale.Elle sera désormais connue sous le nom de princesse de Galles.La famille royale n’a fait aucune déclaration, se bornant à annoncer à une agence de presse locale que la formalité légale avait été ac- * complie au terme de deux années de ; séparation.Ainsi, le rideau est tombé sur 15 ans de mariage entre une tiné de jeune fille et un prince, qui avait commencé comme un conte de fée dans la cathédrale St Paul de Londres.Si vous voulez remonter votre montre, tournez simplement la page.^e rotor Perpetual à l'intérieur d’une Rolex Oyster transforme le plus petit mouvement de votre poignet en une réserve d’énergie.Cela permet non seulement à votre Rolex de se remonter automatiquement, mais également de maintenir une tension optimale dans le ressort-moteur, assurant une précision de fonctionnement constante.w ROLEX OYSTER PERPETUAL DATE Nous sommes fiers d'etre votre bijoutier agréé Rolex.ne Gambard Vente et service technique 630-A Cathead Montréal Centre-Ville 866-3876 I I.H I) K V 0 I It .I, E .1 E l! I) I 2 !> 'A 0 V T I !) !» (i A 3 - LE MONTRÉAL ROGER ROY Horloger bijoutier 935, La Gauehetière Ouest Montréal H3B 2M9 Siège social du CN tél.: (514) 861-4489 1*4 V •Des boucles d'oreilles i) foire rêver" À la défense de l’intégrité du mont Royal Le quartier Mile-End part en guerre contre un projet de McDonald’s et de station-service-dépanneur BRIAN MYLES LE DEVOIR Le spectre d’un «nouveau boulevard Taschereau» menace de défigurer le mont Royal.C’est du moins ce que soutiennent des citoyens du quartier Mile-End et la conseillère municipale Helen Fo-topulos, qui s’opposent à l’implantation d’un restaurant ; de la chaîne McDonald’s et à la reconstruction d’un pos-.te d’essence avec dépanneur à l’angle des avenues du Mont-Royal et du Parc.Cette intersection représente rien de moins que la porte d’entrée du quartier Mile-End, à deux pas de l’éternel mont Royal, qui fait la fierté des Montréalais.Pour Natacha Robinson-Rivard, il importe de préserver de site tel quel.«En tant que Montréalaise, une bonne partie de mon identité est rattachée à la Montagne, dit-elle.Voir ce McDonald’s me ferait sentir moins Montréalaise.» La venue imminente d’un McDonald’s se heurte à l’opposition manifeste des citoyens du Mile-End.Mme Robinson-Rivard fait présentement circuler une pétition qui a été signée par 2300 personnes en deux semaines.Cette citoyenne, déçue des réponses fournies par l’administration Bourque, demande en clair l’abandon du projet, ou à tous le moins la tenue d’une consultation publique dans le cadre de la Commission du développement urbain.Il n’y a pas que l’arrivée d’un temple du fast food aux portes du Mile-End qui dérange.La reconstruction de la station-service de Pétro-Canada, avec un dépanneur en prime, suscite bien des interrogations.Les citoyens ont manifesté de vives inquiétudes quant aux problèmes d’odeurs, de bruit et de circulation que cet ensemble d’inspiration «boulevard Taschereau», comme à Lon-gueuil, risque d’amener.L’accident routier ayant coûté la vie à un bébé la semaine dernière, angle Mont-Royal et Côte-Sainte-Catherine, ne fait qu’attiser les tensions.C’est dans un tel contexte que la riposte s’organise.Manifestations, occupation du bureau de Pierre Goyer (responsable de l’urbanisme à la Ville), démarches auprès de Québec: rien n’est exclu.Depuis sa rencontre avec Pierre Goyer, responsable de l’urbanisme au sein du comité exécutif, Helen Foto-pulos se montre pessimiste, laissant poindre une dose d’amertume dans ses propos.«Je suis fâchée de l’arrogance et de l’attitude dictatoriale démontrées par Pierre Goyer, fulmine la conseillère du district de Mile-End.Il m’a envoyée promener avec ma pétition.» Quant au principal intéressé, il n’a pas retourné l’appel du Devoir, occupé qu’il était en réunion du comité exécutif.De leur côté, les porte-parole de McDonald’s ont laissé au cabinet de relations publiques National le soin de répondre aux questions des journalistes.Un porte-parole de National se bornait à seulement expliquer les détails du projet.Le restaurant McDonald’s sis à l’angle des avenues du Parc et du Mont-Royal sera identique à ceux qui existent déjà.L’établissement comptera trois enseignes lumineuses: deux d’une superficie de 3,14 mètres carrés et une autre en saillie de 6,78 mètres carrés.Cette dernière mesurera plus de quatre mètres de hauteur (14 pieds).Pas question de s’inspirer du design plus sobre de la franchise située dans le Vieux-Montréal, au coin de la rue Notre-Dame et du boulevard Saint-Laurent.McDonald’s dit satisfaire aux exigences de la Ville en matière de conservation du patrimoine et se targue de respecter tous les règlements municipaux.Fait à souligner, la Ville de Montréal avait au départ autorisé McDonald’s à mettre en place cinq enseignes lumineuses.La Ville a suspendu cette autorisation par voie de huissier, après avoir réalisé au profit d’une révision de dossier que l’établissement était situé dans le site du patrimoine du mont Royal.Il fallait donc soumettre la demande de permis à l’attention du Comité consultatif de Montréal sur la protection des biens culturels.Dinu Bumbaru, porte-parole d'Héritage Montréal, juge la situation inacceptable.«On risque de saccager un coin important de Montréal», craint-il.«D’un côté, on a la station-service, et de l’autre, un fast food avec un affichage de banlieue.Ce n’est pas acceptable, tranche M.Bumbaru.On est en ville, sur le bord d’un parc.J’ai l’impression que le message qu’on communique, c’est qu’on essaie de battre la banlieue sur ce qu’elle a de pire.» De son côté, Sylvie Guilbault, coordonnatrice des Amis de la Montagne, s’est montrée préoccupée par le bouillonnement commercial au pied du mont Royal.Elle insiste pour que les deux projets s’intégrent harmonieusement au site.La rentrée, synonyme de besoins CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Partout au Québec, les 1 100 000 élèves fréquentant le primaire et le secondaire prennent cette semaine le chemin de l’école.C’est, dans l’ensemble, 5000 élèves de plus que l’an dernier, avec un plus grand nombre d’élèves inscrits au primaire et un peu moins d’élèves au secondaire.Autant d’enfants qui ont besoin de services de qualité et de fournitures scolaires.Dans la foulée de la rentrée scolaire, donc, la Société Saint-Vincent-de-Paul a lancé cette année sa seconde Opération Bonne Mine, qui vise à recueillir des fournitures scolaires pour les enfants de familles à faible revenu.Cette cueillette de fonds et de matériel scolaire, qui se déroule dans les pharmacies Jean Coutu, est organisée à l’intention des parents petits salariés, qui doivent choisir, au moment de la rentrée, entre la commande d’épicerie et les effets scolaires.L’an dernier, l’opération a permis de recueillir 7440 $, sans compter la valeur des fournitures scolaires, pour 372 enfants fréquentant 63 écoles différentes.Décrochage Pendant ce temps, à Québec, les grandes organisations scolaires y allaient de leur analyse du système devant la Commission parlementaire de l’éducation sur la réussite scolaire, qui se tenait toute la semaine.Ainsi, l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal a mis en garde le gouvernement contre ce qu’elle considère être de fausses solutions au problème du décrochage.L’Alliance mentionne à ce chapitre la prolifération d’écoles sélectives ainsi que la nouvelle tendance visant à transformer les écoles en PME plutôt qu’à aider les décrocheurs potentiels.«Notre expérience dans l’enseignement nous fait dire que ce sont des fausses pistes de solution au problème du décrochage scolaire», fait valoir le regroupement de quelque 8000 enseignants, en ajoutant que «la crise économique, la dégradation .des conditions de vie et l’absence de perspective réelle d’emploi ont eu des conséquences dramatiques sur le rendement scolaire des jeunes».Pour prévenir le décrochage scolaire, l’Alliance recommande d’offrir les services aux jeunes élèves dès que les premiers problèmes apparaissent, de réduire le nombre d’élèves par classe au premier cycle du primaire et de développer le réseau d’éducation préscolaire.L’Alliance présente également une critique sévère des programmes scolaires conçus par Québec, qui ne favorisent pas, selon elle, la transmission de connaissances.Pour sa part, la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) a proposé qu’au delà des diplômes, l’école offre aux jeunes une qualification professionnelle qui leur permette de s’intégrer au marché du travail.Aussi, la FCSQ souhaite que des jeunes aient accès à des programmes de formation professionnelle à la troisième secondaire plutôt qu’à la cinquième, comme c’est le cas actuellement La FCSQ suggère que l’on instaure des services éducatifs pour les enfants de trois à cinq ans en ciblant particulièrement les enfants provenant de milieux socioéconomiquement faibles ou présentant des difficultés d’apprentissage en bas âge, une réorganisation de l’enseignement et de l’encadrement des élèves au secondaire en privilégiant notamment des formules de tutorat et de ti-tulariat, et plus de responsabilités à l'équipe-école.Tout le long de la semaine.la commission entendra 25 organismes des milieux de l’éducation et de la jeunesse.PHOTO JACQUES NADEAU Pour des centaines d’enfants, l’opération de récolte de fonds et de matériel scolaire Bonne Mine, organisée par la Société Saint-Vincent-de-Paul, sera l’occasion d’avoir accès à des effets et du matériel scolaire, ce qui leur permettra de commencer l’année du bon pied.D & GINGER 1 400 S ET 1 000 $ BONALDO La maison des idées nouvelles 105, St-Paul ouest, 4**"' étage, Montréal, Qc H2Y 1Z5 Tél.: (514) 899-0597 J’APPRENDS LE RYTHME 186 pages 20,00 $ Fernande Goupille Cette méthode de rythme se veut un outil de travail idéal pour les gens de tout âge voulant parfaire leur éducation musicale.Elle peut servir autant dans les écoles primaires et secondaires que dans les cours de musique privés.Les autodidactes peuvent aussi se servir de cette méthode.L'étude du rythme est primordiale dans l’art d’apprendre à jouer de la musique.Les études musicales devraient toujours commencer par l’enseignement du rythme sous toutes ses formes.GUÉRIN, éditeur ltée 4501, rue Drolet Montréal (Québec) H2T 2G2 Téléphone: (514) 842-3481 î Télécopieur: (514) 842-4923 Le Dr Chaouilli essuie un autre refus de Rochon Le médecin en est à sa quatrième semaine de jeûne MARIE-ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR A près avoir à nouveau pressé le •^¦gouvernement de lui donner gain de cause pour au moins l’une de ses deux revendications, le médecin gréviste de la faim qui entreprend désormais sa quatrième semaine de jeûne a essuyé un second refus hier de la part du ministre de la Santé et de§ Services sociaux.A l’issue d’un entretien avec un attaché politique du premier ministre Lucien Bouchard en début de semaine, le Dr Jacques Chaoulli espérait un son de cloche favorable hier matin.Mais au cabinet du ministre de la Santé, Jean Rochon, on s’est opposé à ses exigences.«Nous avons affirmé au Dr Chaoulli qu’il était hors de question d’effacer ses pénalités, explique l’attaché de presse du ministre de la Santé, Martin Caillé.Nous vivons dans une société où il y a des règles à respecter et il devra se soumettre à la loi comme l’ont fait d’autres médecins avant lui.Lorsqu’on a une dette, on la rembourse.» Le Dr Chaoulli se bat contre le fait qu’on lui demande de rembourser près de 50 000 $ pour ne pas s’être soumis à l’une des clauses de la Loi sur les services de santé et les services sociaux.Celle-ci oblige un médecin ayant moins de dix ans de pratique à consacrer un minimum de 12 heures par semaine à des activités dites particulières.Or, en Montéré-gie, où le Dr Chaoulli pratique exclusivement la médecine à domicile, la Régie régionale de la santé n’inclut pas cette pratique dans le lot des ac- tivités particulières, ce qui implique qu’on doive pénaliser le médecin, réduisant ses honoraires de 30 %.Depuis les tout débuts, l’omnipraticien a toujours exigé du gouvernement qu’on lui rembourse ses pénalités — moratoire sur la loi 120 — en plus d’implanter un service de médecine à domicile en fonction 24 heures sur 24 dans chacune des régions de la province.«On m’a refusé en bloc les offres de compromis que j’ai faites et qui étaient pourtant substantielles, explique le médecin qui a déplacé sa tente à Saint-Lambert, sur la rive sud, hier en fin d’après-midi, espérant rencontrer d’ici la semaine prochaine le Dr Laurent Marcoux, de la Régie régionale de la santé de la Montérégie.Je poursuis donc ma grève de la faim.» Le Dr Chaoulli a cependant refusé de dévoiler la nature des compromis proposés au ministre.«Je les aurais rendus publics à la suite d’une entente avec le gouvernement.Quand deux parties négocient, il n’est pas d’usage qu’une des deux dévoile ses cartes publiquement.» Mais selon l’attaché de presse du ministre Rochon, il semblerait que le Dr Chaoulli ait été disposé à cesser sa grève de la faim et à laisser tomber l’une des ses revendications (le service de médecine à domicile) si on lui avait donné gain de cause pour la seconde (pénalités à rembourser).L’omnipraticien convie la population à venir lui prêter main forte mardi matin prochain devant les bureaux de la Régie régionale de la Montérégie, à Longueuil.«J’aimerais faire pression sur la Régie avec l’appui du plus grand nombre.» Le Centre hospitalier de St.Mary souhaite la bienvenue à la communauté desservie par l’hôpital Reine-Élizabeth.\otrc équipe dévouée île professionnels tie la santé.sYf farcira de vous assurer la continuité de vas soins dans le souei de lYxeellenee.Numéros de téléphone utiles Information.345-3511 Administration.345-3300 Auxiliaires.345-3031 Bénévoles.345-3067 Chirurgie 345-3282 Chirurgie d’un jour.345-3323 Clinique de la femme.345-3337 Cliniques externes.345-3562 Fondation.345-3651 Laboratoires.345-3546 Médecine.345-3560 Médecine familiale.345-3377 Oncologie.345-3279 Radiologie.345-3220 Représentante des patients.345-3518 Psychiatrie.345-3358 Services de réadaptation.345-3200 Services sociaux.345-3350 Urgence.345-3290 L’excellence au coeur de nos soins D1C I E I) E V OIK, L E .1 E U I) I 2 I) A O U T I !» !) (i A 4 LE DEVOIR POLITIQUE Lyse Lemieux devient juge en chef de la Cour supérieure JULES RICHER PRESSE CANADIENNE Ottawa — La juge Lyse Lemieux a été nommée juge en chef de la Cour supérieure du Québec, devenant ainsi la première femme à occuper ce poste de haut niveau de la magistrature québécoise.C’est le bureau du premier ministre Jean Chrétien qui en a fait l’annonce hier.Occupant auparavant le poste de juge en chef adjoint de cette cour, Mme Lemieux remplace le juge en chef Lawrence Poitras, qui prend sa retraite.«C’est un défi de taille que j’entreprends avec beaucoup d’énergie et beaucoup d’enthousiasme, et peut-être un peu avec anxiété devant l’ampleur des responsabilités», a-t-elle expliqué en entrevue.Au Québec, les femmes sont PHOTO PC La juge Lyse Lemieux.encore rares dans la magistrature.Sur les 185 juges de la Cour supérieure, moins de 15 % sont des femmes.Le parcours de Mme Lemieux, qui est âgée de 60 ans, est solidement jalonné.Elle a été nommée juge en 1978.Auparavant, elle occupait le poste de sous-ministre associée aux affaires civiles et pénales du ministère québécois de la Justice.Dans les milieux juridiques, elle est reconnue pour ses jugements étoffés.La juge Lemieux reconnaît qu’elle entreprend son mandat à un moment où la magistrature est placée sous la loupe de l’opinion publique.«Je pense que nous sommes beaucoup plus sur la sellette que nous l’étions dans le passé, et je pense qu’il est bien qu’il en soit ainsi», note-t-elle.Les dernières minées ont été ponctuées d’affaires où des juges ont fait des commentaires déplacés, souvent sexistes, en plein tribunaux.Le cas d’un d’entre eux, le juge Jean Bienvenue, fait l’objet d’une enquête du Conseil canadien de la magistrature.Celui-ci risque la destitution.La juge Lemieux n’a pas voulu commenter ce cas mais concède qu’il existe actuellement un malaise.«Il faut redorer notre image, c’est sûrement un sujet que je vais avoir à cœur pour voir quelles mesures la Cour supérieure peut adopter.Est-ce que ça serait avec plus d’apparitions auprès des médias ou de différents organismes?C’est peut-être une façon de le faire», dit-elle, précisant qu’elle n’a pas encore eu le temps de réfléchir à cette question.Un autre dossier auquel elle entend consacrer son énergie sera celui de l’accessibilité au système de justice, notamment la justice civile où les délais sont souvent excessifs.«Le Barreau va prendre un wage important [à cet égard], et je ne pense pas que la magistrature doit rester passive devant cette réfoime aussi importante», note-t-elle, ajoutant de nouveau qu’il est trop tôt pour se prononcer davantage sur le sujet Au Canada, on compte seulement deux femmes qui occupent des postes à des niveaux équivalents à celui de la juge Lemieux.Il s’agit de Catherine Anne Fraser, juge à la Cour d’appel de l’Alberta, et de Constance Glube, jugç à la Cour su- ¦ *4 n f-f ¦ < vj’&'CtîjÜlH jfl prême de la Nouvelle-Ecosse.'ENVIRONNEMENT CANADA Aujourd'hui Ce Soir Vendredi Samedi Dimanche max 25 SS min 10 SS max 21 SS 12/23 13/24 f *> y/r f ' T * NEIGE VERGLAS VENTEUX BROUILLARD PLUIE AVERSE ORAGE Temperatures : MAX / MIN TW, 20/10 1S/Q Goose Bay : J,6'9 Blanc Sablon Kuujjuarapik 10/5 wm 13/6 La Grande IV 20/11 Iles de la Madeleine Chibougamau 16/5 iv vu 19/7 Chicoutimi Québec iVi'rr -22/7 22n Trois-Rivières 25/10 ¦ ,22/7 mb /•^^Sherbrooke Rivière-du-Loup 20/9 /'/ 19/6 Val d'Or emssÈt ontréal O Lever 6h13 Coucher 19h37 Aujourd'hui Ce Soir Vendredi Samedi Dimanche max 22 ^^5 min 7 SSma> 20 SS 8/21 Aujourd'hui Ce Soir Vendredi Samedi Dimanche h-H r-H HH HH Météo-Nautique \ 1 900 565-4000" l+l Environnement Environment Canede Canede 95*/minute «La météo à la aourca» Le scandale des documents falsifiés Le général Boyle a été soumis au test du détecteur de mensonge On ne sait pas qui a demandé le test, quelles questions ont été posées et quel a été le résultat JOCELYN COULON LE DEVOIR Ottawa — La Commission d’enquête sur les événements de Somalie a confirmé hier que le chef d’état-major des Forces armées, le général Jean Boyle, avait subi un test de détecteur de mensonge avant de se présenter devant elle le 12 août dernier pour témoigner dans l’affaire des documents falsifiés.Une porte-parole de la commission, Sheena Pennie, a déclaré que l’avocat de la commission, Barbare Mclsaac, avait confirmé hier matin à certains avocats du contre-interrogatoire que la commission savait depuis plusieurs semaines que le général avait avoué, lors d’une pré-entrevue, avoir subi le test du détecteur de mensonge.«La seule chose que je peux vous dire, c’est que le général a subi le test, a dit Mme Pennie.Nous ne savons pas quand et pourquoi.» Aucune autre information n’a été communiquée aux avocats des parties ou aux journalistes.On ne sait donc pas qui a demandé le test, quelle était la nature des questions posées par ceux qui ont mené le test et si le général a réussi le test.Dans son édition d’hier, le Globe and Mail affirmait que le général avait passé le test avec succès.A la fin de sa dernière journée de témoignage devant la commission, le général a refusé de confirmer s’il avait passé le test du polygraphe.Le général Boyle a été accusé par le colonel Geoff Haswell, ancien directeur des affaires publiques au ministère de la Défense nationale, d’avoir ourdi un plan, en 1993-94, pour falsifier des documents sur la Somalie avant de les remettre à un journaliste de la CBC.Le colonel Haswell a été inculpé par la justice militaire pour avoir participé à ce plan et devra faire face à un procès en cour martiale.Il doit aujourd’hui et demain donner sa version des faits devant la commission d’enquête.Arthur Cogan, l’avocat du colonel, s’est dit outré que la commission ait caché pendant plusieurs semaines aux avocats du contre-interrogatoire et le public canadien le fait que le chef d’état-major avait passé le test du polygraphe.Ces tests ne sont pas admissbiles devant une commission d’enquête, a expliqué le juge Létourneau «Nous avons le droit et le public canadien a le droit de savoir [.] quels étaient les résultats de ce test et sur quelles questions a porté le test», a dit l’avocat aux journalistes.Plus tôt dans la matinée, M.Cogan a tenté de soulever la question du test du polygraphe devant la commission, mais le président, le juge Gilles Létourneau, l’a durement remis à sa place.«Nous ne sommes pas intéressés aux tests du polygraphe [.], a dit le juge.Ces tests ne sont pas admissibles comme preuves devant une commission d’enquête ou devant une cour de justice.» Lorsque M.Cogan a insisté pour poser une question sur cette affaire, le juge Létourneau l’a brutalement interrompu et lui a conseillé de porter sa cause devant les médias.«Je ne veux pas vous entendre» sur cette affaire, a dit le magistrat.M.Cogan s’est aussi dit indigné par l’attitude du ministre de la Défense nationale, David Collenette, qui, mardi, a renouvelé dans des termes élogieux sa confiance au chef d’état-major.«Le ministre de la Défense nationale a porté un jugement sur la crédibilité du général Boyle en déclarant que celui-ci avait donné une excellente prestation devant la commission» avant même que le témoignage du chef d’état-major ne soit terminé, a dit M.Cogan.Cette déclaration était «déplacée et inopportune», a dit l’avocat.«Si cela [la commission] était un procès, le ministre serait convoqué devant la cour pour expliquer pourquoi on ne devrait pas le citer pour outrage.» Après neuf jours de témoignages devant la commission, le général a déclaré que cette expérience «avait été difficile et éprouvante» mais qu’il comprenait l’ampleur et l’importance des travaux des commissaires.S’adressant directement aux membres des Forces armées, il a dit espérer que la dureté du traitement qu’il a reçu «n’empêchera pas les soldats de se présenter devant la commission pour l’aider» à faire la lumière sur les événements de Somalie.«Je veux maintenant retourner à mes devoirs comme chef d’état-ma-jor», a dit le général à sa sortie de la salle d’audiences.Allan Rock fait la morale aux provinces L’Ontario devrait mesurer l’impact des compressions sur la criminalité avant de demander des lois plus sévères, a-t-il lancé devant des chefs de police PRESSE CANADIENNE Ottawa — Enfermer les meurtriers à perpétuité ne contribuera pas à rendre les rues plus sûres si les provinces sabrent dans les programmes sociaux qui permettent de garder les enfants dans le droit chemin, a soutenu hier le ministre de la Justice, Allan Rock.S’adressant aux directeurs de police du Canada lors de leur congrès annuel, M.Rock a réitéré son refus d’éliminer la clause «du faible espoir» permettant aux meurtriers au premier degré de faire une demande de libération conditionnelle anticipée.Le ministre de la Justice, qui subit une pression énorme pour abolir cette clause du Code criminel, en a plutôt profité pour lancer une contre-offensive à l’endroit des provinces.Selon M.Rock, le solliciteur général de l’Ontario, Bob Runicman, était mal venu de critiquer le gouvernement fédéral pour son incapacité à enrayer le crime au pays.M.Runicman a déclaré aux parti- cipants du congrès de l’Association canadienne des directeurs de police que plusieurs provinces étaient fâchées de la lenteur dont Ottawa fait preuve dans ce dossier.Le ministre Rock a rétorqué que le gouvernement conservateur de l’Ontario devrait commencer à s’inquiéter des impacts que leurs compressions dans les réseaux de l’éducation et de l’assistance sociale auront sur le crime plutôt que d’exiger des lois fédérales plus sévères.«Au lieu de cogner sur le gouvernement fédéral pour des changements, il [M.Runicman] devrait peut-être débuter chez lui», a dit M.Rock.Le ministre Rock travaille à renforcer la section 745 du Code criminel, qui permet présentement aux meurtriers reconnus coupables au premier degré de demander une révision judiciaire et une possible libération conditionnelle anticipée.Ces meurtriers doivent a Allan Rocks priori avoir purgé 15 ans de leur peine de 25 ans.M.Rock a refusé d’abolir complètement cette section controversée.Il a tout au plus déposé un projet de loi bloquant les demandes des meurtriers en série — tels Clifford Oison — et d’autres condamnés pour meurtres atroces.Le ministre de la Justice a dit qu’il existait des causes légitimes pour une révision après 15 ans d’emprisonnement.Les cas ou le meurtrier était mineur au moment de son crime, par exemple, ou lorsque le condamné a agit après avoir agressé sexuellement.Un tollé a été soulevé lorsque Clifford Oison, reconnu coupable des meurtres et des agressions sexuelles sur 11 enfants en Colombie-Britannique, a récemment demandé une révision de son cas.Plusieurs experts de la scène judiciaire prédisent qu’Olson échoue- ra dans sa demande.Les parents de ses 11 victimes, toutefois, sont en colère du fait qu’Olson puisse se faire entendre.M.Rock a défendu ses états de service, soulignant que le gouvernement fédéral avait renforcé les exigences menant à une libération conditionnelle et que la Loi sur les jeunes contrevenants était en processus de révision.Il envisage de déposer cet automne des recommandations pour surveiller les dangereux contrevenants à leur libération.La position du ministre Rock sur la section 745 n’a pas satisfait Thomas O’Grady, président de l’Association canadienne des directeur de police, qui a laissé entendre que les meurtriers avaient déjà assez de droits.«Il existe maints mécanismes pour faire appel.Lorsque toutes ces procédures sont passées et que la sentence en est une à vie sans possibilité de libération conditionnelle pour 25 ans, nous croyons que c’est ce que la population veut et c’est ce que nous appuyons», a-t-il insisté.Affaire Airbus La poursuite en diffamation intentée par Mulroney sera entendue au début de janvier PRESSE CANADIENNE La poursuite en diffamation déposée par l’ex-premier ministre Brian Mulroney contre le gouvernement fédéral sera entendue à compter du 6 janvier, a fait savoir hier le juge André Rochon, de la Cour supérieure du Québec.Les avocats des deux parties ont comparu devant le juge Rochon, hier, pour établir l’échéancier.On s’attend à ce que le procès dure environ trois mois.M.Mulroney a intenté cette poursuite après qu’il eut appris que le ministère de la Justice, dans une lettre confidentielle transmise aux autorités suisses, le soupçonnait d’avoir empoché des millions de dollars en pots-de-vin pour la vente à Air Canada d’avions Airbus.Le ministère de la Justice espérait ainsi obtenir des autorités suisses des renseignements sur certains comptes bancaires.M.Mulroney a nié avoir commis quelque irrégularité que ce soit.Il désirait que la cause soit entendue devant le tribunal le plus rapidement possible.A cet égard, l’avocat représentant le gouvernement fédéral, Claude-Armand Sheppard, a soulevé l’hypothèse, hier, que l’ex-premier ministre ait bénéficié d’un traitement de faveur en voyant sa cause être traitée avec tant de célérité.Il a dé- claré n’avoir jamais vu une poursuite pour diffamation progresser aussi rapidement.«M.Mulroney est un individu très chanceux», a lancé Me Sheppard.Ce à quoi l’avocat de M.Mulroney, Gérald Tremblay, a répondu que le seul traitement spécial dont a bénéficié M.Mulroney est venu de la part de la partie défenderesse qui, selon lui, a tenté de retarder délibérément les procédures.M'Tremblay a fait remarquer que les avocats du gouvernement s’étaient plaints il y a trois mois que l’échéancier proposé par le juge Rochon ne leur laissait pas suffisamment de temps.Mc Tremblay a aussi déclaré que l’ex-premier ministre ne témoignerait vraisemblablement que pendant deux heures environ.Me Sheppard a pour sa part affirmé qu’il lui faudrait une journée complète pour contre-interroger M.Mulroney.Me Sheppard a précisé qu’il appellerait 15 témoins à la barre, dont factuel ministre fédéral de la Justice, Allan Rock.La partie demanderesse entend pour sa part faire témoigner une trentaine de personnes.M' Sheppard a ajouté que le ministre Rock avait été désigné du doigt dans cette affaire et qu’il était anxieux de donner sa version des faits.Cahier spécial ;-7- r 14 septembre 1996 Tombée publicitaire: le vendredi 30 août 4996 LE DEVOIR Informatique ________________I RÉGIONS DE MONTRÉAL ET DE LA MONTÉRÉGIE ATTENDEZ LE DÉBUT DE LA PÉRIODE D’INSCRIPTION RÉSERVÉE À VOTRE SECTEUR avant de composer le 1 888 435-7999, du lundi au vendredi de 8 h 30 à 20 h.a—a» SECTEUR PÉRIODE D’INSCRIPTION TERRITOIRES DESSERVIS PAR LES CLSC SUIVANTS : EST Du 26 août au 20 septembre Hochelaga-Maisonneuve J.-Octave Roussin Mercier-Est/Anjou Montréal-Nord Olivier-Guimond Rivière-des-Prairies Saint-Léonard OUEST Du 9 au 27 septembre Lac-Saint-Louis Pierrefonds CENTRE-NORD Du 23 septembre au 18 octobre Ahuntsic Bordeaux-Cartierville De Rosemont La Petite Patrie Parc Extension Saint-Michel Villeray CENTRE-OUEST Du 7 octobre au 1er novembre Du Vieux La Chine LaSalle NDG/Montréal-Ouest René-Cassin Saint-Laurent Verdun/Côte-Saint-Paul CENTRE Du 21 octobre au 15 novembre Centre-Sud Centre-Ville Clinique communautaire Pointe Saint-Charles Côte-des-Neiges Métro Plateau Mont-Royal Saint-Henri Saint-Louis du Parc SECTEUR PÉRIODE D’INSCRIPTION TERRITOIRES DESSERVIS PAR LES CLSC DES LOCALITÉS SUIVANTES : LONGUEUIL Du 26 août au 22 novembre Boucherville Saint-Hubert Brassard Saint-Lambert Contrecoeur Sainte-Julie Lemoyne Varennes Longueuil Verchères Saint-Amable VALLEYFIELD Du 9 au 27 septembre Beauharnois Huntingdon Rigaud Saint-Chrysostome Saint-Polycarpe Salaberry-de-Valleyfield Vaudreuil CHÂTEAUGUAY Du 23 septembre au 11 octobre Candiac Châteauguay Hemmingford Napierville Saint-Rémi Sainte-Martine SOREL Du 7 au 25 octobre Sorel SAINT-JEAN Du 15 octobre au 1er novembre Iberville Richelieu Saint-Césaire Saint-Jean-sur-Richelieu Venise-en-Québec GRANBY-COWANSVILLE Du 21 octobre au 8 novembre Bedford Granby Cowansville Knowlton Farnham Waterloo SAINT-HYACINTHE Du 28 octobre au 15 novembre Acton Vale Beloeil Saint-Hyacinthe Des représentants de la Régie seront présents dans la majorité des CLSC aux dates et aux endroits annoncés dans les journaux locaux.LE RÉGIME D’ASSURANCE-MÉDICAMENTS Régie de l'assurance-maladie du Québec t-.: WMM >f 1 .M € 'W .;V- I, U I) E V 0 I H .I, K .1 E l! I) I 2 f) A 0 II T I !) !) (i A 6 EDITORIAL L’horreur Jean-Robert Sansfaçon Chaque année, un million d’enfants dans le monde joignent les rangs de l’armée de petits esclaves du sexe au service d’adultes qui les violent, qui les battent, qui les mutilent, dans leur corps et dans leur âme.Chaque année, des millions d’adultes, parfois inconscients de tout le mal qu’ils font, assouvissent leurs instincts en donnant libre cours à leurs fantasmes pervers aux dépens de l’intégrité de ces enfants.L’horreur! L e premier congrès mondial contre l’exploitation sexuelle des enfants qui réunit cette semaine à Stockholm quelque 1200 représentants de gouvernements et d’organismes de défense des droits humains, est l’occasion de se rappeler quelques vérités toute simples, mais combien fondamentales.Alors qu’en Belgique se poursuivent les recherches dans le but d’élucider les circonstances de l’enlèvement et de l’assassinat de fillettes et d’adolescentes, encore trop d’individus de bonne famille, banals touristes de passage dans un pays de soleil, profitent du peu de contrôle policier local pour laisser libre cours à quelque plaisir sexuel rapide auprès de jeunes prostitués.D’ailleurs, il semble que ces touristes du sexe, surtout les plus aguerris, exigent des enfants de plus en plus jeunes, de huit ou neuf ans seulement, en croyant pouvoir ainsi éviter de contracter le VIH.Ce commerce sexuel n’a pas seulement cours dans les contrées lointaines où peu de Québécois ont l’habitude de séjourner, comme la Thaïlande ou le Népal, mais aussi dans des pays plus familiers comme la République dominicaine et Cuba.D trouve sa source, on le devine, dans la pauvreté et l’ignorance, le surpeuplement et l’appât du gain facile pour des familles qui n’ont rien, mais aussi dans l’exploitation commerciale la plus vile de la part de petites et de grandes organisations criminelles pour qui l’être humain, adulte ou gamin, n’est rien de plus qu’une bête de somme qu’on peut exploiter sans risque.Une fois que l’on a dit cela, il reste beaucoup à ajouter.Car ce commerce ne trouve pas seulement sa source dans les conditions sociales, culturelles ou économiques du pays d’accueil, mais aussi dans l’illusion qu’ont certains de nos concitoyens, pourtant riches et instruits, qui s’imaginent que si ces enfants du Tiers-Monde acceptent de les suivre en échange de quelques dollars, d’un bon repas ou d’un peu d’attention, c’est que la chose est «normale pour eux ou elles», qu’elle est propre à la culture du pays.Certains pousseront même l’argumentation jusqu’à l’infamie en prétendant participer de leurs dollars maudits à sortir ces enfants de la misère! D’autres, pas plus subtils, plaideront avoir été victimes du piège de la séduction tendu avec le sourire par de petites professionnelles pas du tout innocentes.Raisonnement abject, du même ordre que la déculpabilisation du violeur qui accuse sa victime de l’avoir provoqué.Quels que soient leur attitude individuelle, leurs origines sociales ou familiales, leurs besoins affectifs ou financiers, qu’ils acceptent de se prostituer volontairement ou qu’ils y aient été forcés par leur famille ou leur milieu, tous et chacun de ces enfants n’en sont pas moins les seules et vraies victimes de cette mondialisation du commerce sexuel.Un touriste qui «se paie» une ou un prostitué mineur, qu’il soit de Montréal, de Santo Domingo, de La Havane ou de Bangkok, est un criminel impuni.Cela doit être dit Un touriste qui «se paie» une prostituée mineure doit savoir qu’il est un criminel.et répété de sorte qu’aucun homme ne puisse avoir le moindre doute le jour où, même au fil d’une balade innocente dans un quartier touristique, un enfant l’approchera pour lui offrir quelque service sexuel en échange d’une poignée de dollars.Même si elles n’ont pas beaucoup de dents, même si elles ne permettront sans doute pas de combattre efficacement le commerce sexuel des enfants dans le monde, les lois d’extraterritorialité adoptées ces dernières années par plusieurs pays, dont le Canada, qui promettent cinq années d’emprisonnement à tout citoyen reconnu coupable d’avoir eu des relations sexuelles avec un mineur, où que ce soit dans le monde, ont au moins le mérite d’agir comme facteur de prévention auprès des citoyens ordinaires.Déjà, des pays riches comme l’Allemagne où des agences spécialisées dans le tourisme sexuel ont pu opérer au grand jour au cours des années quatre-vingt, sont parvenus à éliminer plusieurs des organisations à la source de tels voyages organisés.Mais on soupçonne que certaines d’entre elles continuent de faire de très bonnes affaires dans la clandestinité, notamment par l’entremise d’Internet.Il va sans dire que tant que la misère et le sous-développement chronique seront le lot quotidien de milliards d’individus sur cette planète, peu de mesures décidées en congrès auront une incidence significative.Malgré tout, cela ne doit pas empêcher nos gouvernements et nos corps policiers de collaborer davantage, entre eux et avec les gouvernements des pays les plus touchés, dans le but de traquer les groupes de criminels qui profitent ainsi des enfants.Il n’y a pas que le tourisme sexuel qui doit être dénoncé et combattu, fi y a aussi ces autres réseaux, locaux ceux-là, de prostitution et de diffusion de pornographie juvénile, surtout à travers l’inforoute.On sait qu’il serait difficile, voire impossible et de toute façon peu souhaitable de tenter de contrôler le flux d’information qui circule librement sur Internet.Alors, comment combattre son utilisation par des criminels dans le but d’échanger des produits prônant ouvertement la haine, la violence ou l’exploitation sexuelle des enfants?Une tâche fort difficile, si l’on en croit les expériences récentes des corps policiers.Par ailleurs, aux plans juridique et correctionnel, le drame des fillettes enlevées, séquestrées, violées et pour la plupart assassinées par le pédophile récidiviste Marc Dutroux, en Belgique, soulève une fois de plus la question des possibilités toutes théoriques de guérison et de réhabilitation de ce type de criminels.Faut-il les garder en prison pendant toute la durée de leur peine?se demandent de plus en plus de citoyens inquiets.Et par la suite, aurait-on le droit de les suivre à la piste, où qu’ils aillent et quoi qu’ils deviennent?Pour le moment, le nombre et la gravité des questions l’emportent sur la pertinence des réponses dont peu d’entre elles, de toute façon, sortiront du chapeau des participants à ce premier congrès de Stockholm.Mais au moins, pour la première fois, les questions sont lancées aussi largement à la face du monde entier.Plus menaçant qu’un Galganov jorsque Lucien Bouchard fronce les ourdis devant l’exercice des droits égitimes, il ressemble moins à René Avesque qu’à Maurice Duplessis.Si la loi permet l’affichage bi-ingue, pourquoi donc a-t-on tort de lemander l’affichage bilingue?La Charte des droits et libertés garantit la liberté de pensée, de croyance, l’opinion et d’expression».Bien sûr, il n’est pas sage que M.Jalganov songe à mener aux Etats-Jnis une croisade nuisible.Mais il est encore moins sage lu’un premier ministre se montre dus amer et menaçant qu’un Galga-îov.Comme on dit en anglais, ligh-en up.H.McCormack Orléans, 16 août 1996 Les gros sabots Jne seule contravention de 40 $, ion payée, deux semaines de retard sur un premier avis, et vlan! le pre-nier sabot de ma carrière de inducteur automobile (une carrière je 20 ans, soit dit en passant, imma-rulée, impeccable).Et sur la portière le l’auto une petite étiquette: Miller & Associés, Huissiers, Sabot Je n’en reux pas personnellement à M.Mil-er, puisqu’il fait un métier, mais quel ;ale métier que le sien! Je croyais lue le système des sabots visait les cas difficiles, ceux qui accumulent les contraventions pour en faire du papier d’allumage pour leur foyer a la campagne.Quelle grossière erreur.Donc, j’ai ceci à dire a M.Bourque: je suis tout de même fier et heureux de collaborer, même a titre non volontaire, à l’assainissement des fi- LETTRES -+- nances publiques (finances que tous les électeurs voudraient voir débattues sur la place publique).J’espère qu’il fera bon usage de ce don de 40 $ que j’ai négligé de payer et qui me coûte maintenant 216,27 $ (y compris une charge en sus de 3,5 % pour l’utilisation d’une carte de crédit).Par contre, je suis de ces gens altruistes qui marchent dans les rues et qui vident allègrement leurs poches dans les parcomètres des autres, en devançant un «bonhomme vert».La distraction et l’oubli sont choses humaines, et je rêve parfois qu’une personne généreuse verse en temps voulu une pièce dans mon parcomètre en violation.M.Bourque va probablement installer un système de cartes à puce sur les parcomètres pour éviter cette dernière co-quinerie.Alors mon frère, ce sera la débâcle.Nous formerons une vaste société d’automobilistes anonymes qui, sans mot dire, glisseront leur carte dans les «parcos» au devant de ses martiens, le privant de la viande crue des contraventions et l’obligeant à gérer sa ville à même la caisse honnête et raisonnable (et plus végétarienne) que sera le produit unique des parcomètres.Un rêve en attendant de voir la suppression de ce système démagogique.François Aubry Montréal, 12 août 1996 Amnésie 101 Mathieu Robert Sauvé (Le Devoir, 22 août 1996) trouve pitoyable que les cours d’histoire du Québec et d’histoire du XX' siècle soient optionnels.«Résultat: neuf étudiants sur dix ne i’y inscrivent pas», écrit-il.Ce qu’il c’est qull y a pire encore: neuf étudiants sur dix ne nt pas, le dixième ne peut dire non plus: l’école est ' dit pa: que souvent obligée d’abolir le cours, faute d’un nombre suffisant d’inscriptions! Il y a des fois où même les plus nationalistes ont honte d’être Québécois! Mais peut-on accuser les jeunes?Est-ce leur faute si les adultes qui décident du contenu des programmes font de l’histoire un cours optionnel?Parlons-en, de ceux-là.Parmi leurs plus récentes trouvailles: un diplôme d’études secondaires qui n’est pas reconnu au cégep.Pour augmenter le taux de «diplômation», comme ils disent dans leur jargon, ils ont abaissé les critères d’obtention du DES.Et l’an prochain, ils se «péteront les bretelles» en disant que le nombre de diplômés du secondaire a augmenté.Les jeunes auront obtenu un diplôme, oui, mais un diplôme qui ne les mène nulle part! Suzanne Blanchet Longueuil, 22 août 1996 Maintenir le cap Depuis quelques semaines, Le Devoir publie de plus en plus de lettres de lecteurs qui s’en prennent à la chroniqueuse Josée LegaulL J’imagine qu’il ne s’agit là que de la pointe de l’iceberg.Depuis ses positions claires lors du dernier référendum, cette dernière semble faire l’unanimité contre elle.En effet, qu’elle critique une position dite fédéraliste et même dite plus souverainiste, (Claude Poulin, Le Devoir, 22 août 1996), elle se fait ouvertement critiquer par des lecteurs fédéralistes aux aguets.Je la félicite de maintenir le cap dans cette tourmente partisane.La qualité remarquable de son professionnalisme détonne dans tout ce brouhaha même si je ne suis pas toujours d’accord avec elle.Denis Gaumond Montréal, 22 août 1996 O G \\ Fermera-t-on le Québec ?A la fin des années 60, des représentants du Bureau d’aménagement de l’Est du Québec ont réuni les quelques centaines d’habitants de Saint-Octave-de-l’Avenir dans l’église pour leur annoncer que leur hameau serait fermé.Trop coûteux à entretenir.En 1971, le dernier habitant a quitté ce village sis au pied des Chic-Chocs.Je l’ai découvert, un hiver, au cours d’un voyage de ski.Des maisons, on ne voyait que les toits tant la neige était abondante.Et une bonne partie du parvis de l’église était engloutie sous la masse blanche.Comme un village abandonné du Far West, version nordique.Vingt-cinq ans plus tard, les problèmes qui ont poussé les autorités à fermer cette localité sont au$si préoccupants, sinon davantage.«À un moment donné, la population de nombreux villages ne sera plus assez importante pour justifier les services publics municipaux qu’on devra alors interrompre, signale l’économiste Pierre Fréchette dans Le Québec en jeu (PUM).Des milliers de villages ont fermé en France au cours des deux derniers siècles, de sorte que ce phénomène n’est pas sans précédent historique.C’est pourtant une situation nouvelle au Québec et cela causera bien des inquiétudes.» Parmi les raisons évoquées pour abandonner l’agglomération à son sort, le vieillissement de la population est peut-être la pire car c’est par milliers que les jeunes Gaspésiens fuient leur région natale.Mince consolation pour les familles qui s’ennuient: à ce chapitre, le Québec est un grand Saint-Octave.Un territoire rempli d’avenir, mais vieillissant.Pas tant à cause de l’exil de ses jeunes qu’à cause des enfants qu’il ne fait plus.Ce n’est pas que vieillir soit mal.Le problème, c’est que plus on vieillit, plus on se retire.Et le Québec n’aura bientôt plus les moyens d’entretenir MATHIEU ROBERT SAUVÉ ?tous ses retraités.Actuellement, on compte cinq travailleurs pour une personne âgée, bénéficiaire d’un maigre pécule du Régime des rentes du Québec (RRQ) et du Régime de pension du Canada.En 2010, ce chiffre baissera à quatre pour un, puis à trois pour un; en 2040, il n’y aura plus qu,e deux travailleurs pour un rentier.A cette date, les bénéficiaires des régimes publics, s’ils existent toujours, seront trois fois plus nombreux qu’aujourd’hui.Plus il y aura de vieux, moins il y aura de jeunes.?Rien n’ennuie plus le finissant universitaire, le chômeur ou le décro-cheur que le mot «retraite».La seule urgence est de trouver un emploi.La Régie des rentes s’inquiète pourtant de son âge d’or.L’enjeu: l’État lui versera-t-il une rente?C’est que la retraite des baby-boo-mers va coûter cher.La solution comptable, préconisée par les actuaires du gouvernement, vise à augmenter rapidement à 10,9 % (puis, si possible, à 13 %) la cotisation actuelle qui est de 5,6 %.Au taux actuel, le RRQ en a pour dix ans.Peut-être les jeunes ne s’opposeront-ils pas à cette augmentation mais elle revêt un caractère particulier.Ceux qui donnent depuis cinq ou dix ans une partie de leurs revenus à ce régime et ceux qui font leur entrée sur le marché du travail savent que si rien n’est fait rapidement, ils ne toucheront pas à un sou de ce «placement».Payez maintenant et n’en profitez jamais! Mais un peu comme s’ils souffraient du «syndrome du survivant», ils n’osent pas dénoncer cette injustice.De nos jours, croient-ils, payer le RRQ, ce n’est pas une contrainte, c’est un privilège réservé à ceux qui reçoivent un chèque de paie.Le plus drôle, c’est que les mots «équité entre les générations» revient de façon récurrente dans le Livre vert sur l’avenir du Régime des rentes du Québec lancé le mois dernier.Si je comprends bien ce document de consultation, c’est aux travailleurs d’aujourd’hui et à leurs successeurs de rendre justice aux baby-boomers qui ont regardé disparaître le capital du RRQ sans se bouger l’arrière-train.Car il y a longtemps que ce régime périclite.?En juin dernier, une petite cérémonie a souligné le 25l anniversaire de la fermeture de Saint-Octave-de-l’Avenir.Herven Lamarre, 84 ans, y est retourné.Les larmes aux yeux, il a confié à un journaliste du Soleil que la maison où il a vu grandir ses 12 enfants, construite de ses mains, a été vendue 25$.Cette fermeture n’a pas changé le monde.Mais quand, pour des rasons économiques, on aura fermé les villages qui ne sont pas dans les grands axes routiers, fermera-t-on l’Abitibi?Fermera-t-on la Gaspésie?La Tuque, Grand-Mère, Shawinigan deviendront-elles des villes fantômes?Et quand il sera trop endetté, fermera-t-on le Québec?Bien sûr que non.Nous liquiderons d’abord les régimes publics de retraite, comprimerons les budgets de l’aide juridique, de l’assistance sociale, des fonds de recherche; puis nous abolirons l’universalité des soins de santé, supprimerons des postes de professeurs, d’infirmières, de médecins.Il ne restera de nos programmes sociaux que les ruines de leurs principes fondateurs.Bah! Seuls les nostalgiques pleureront PROPOS -?- .d’un contrat mondial pour l’humanité De plus en plus de gens parlent de la nécessité de nouvelles règles du jeu, de nouvelles règles mondiales.On ne peut pas laisser faire le marché financier, laisser les entreprises régir huit milliards de personnes par la compétitivité qui vise l’élimination du concurrent.Et c’est poyr cela qu’on commence à parler d’un contrat mondial.À commencer par le simple contrat mondial de l’eau.Un contrat mondial qui essaie de définir, petit à petit, ce que sera le bien commun du monde (comme l’eau par exemple), ce que seront les services communs du monde, ce que seront les infrastructures routières.Un contrat mondial qui essaie d’inventer aussi les formes de représentation politique.On ne veut pas dire qu’on doit éliminer cette histoire fantastique de l’homme qui a su créer ses formes de représentation et de démocratisation, rendre aux peuples leur capacité de disposer de leur propre avenir.Mais il ne faut pas laisser tomber les parlements, cette lutte qui a commencé en Grande-Bretagne, en l’an 1200.Après 50 ans de lutte socia- le, de conflits et de coopération entre les gens, de bonne volonté et de conflits entre patrons, travailleurs et pouvoirs publics—l’histoire est toujours faite de conflits et d’amour, de rencontres et de dissociations — nous irons dans les 20 ou 30 années à venir en lutte contre les nouveaux capitalistes mondiaux.Les travailleurs vont s’organiser, des corporations fantastiques vont se former contre le capitalisme mondial.C’est ainsi que cette fantastique force de créativité individuelle et collective pourra se traduire dans de nouveaux principes, de nouvelles règles, de nouvelles institutions.Et c’est possible parce que, contrairement au slogan qui nous est rentré dans la tête Think globely, act locally, nous penserons désormais: Think and act glocally, c’est-à-dire à la fois globalement et localement Ricardo Petrella, président du Groupe de Lisbonne, 5' conférence annuelle de Solidarité rurale, février 1996.LE DEVOIR rOUDÉ PAR H E X R I BODRASSA LE 10 JANVIER 1910 Directrice LISE BISSONNETTE Rédacteur en chef BERNARD DESCÔTEAUX Vice président, finances et administration FRANÇOIS TBOUIN Directeur de l’information CLAUDE BEAUREGARD Direclenrs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, GUV TAILLEFER, NORMAND THÉRIAULT Rédacteur en chef adjoint JEAN-ROBERT SANSFAÇON Directeur artistique ROLAND-YVES CARIGNAN 2050, ruedeBleury.9* étage, Montréal (Québec) H 3 A SM 9.Tél.: (5 1 4) 985-3333 FAIS CE QUE DOIS E I) E V 0 1 R .1.E .1 E II I) I 2 !» A 0 l! T I !) !» (i A 7 IDÉES EUROPE Église, État, éducation La non-confessionnalité des écoles n’exclut pas l’enseignement religieux FRANCIS MESSNER Directeur de recherches au CNRS et directeur du Centre Société, Droit et Religion en Europe (Strasbourg, France), l’auteur est spécialiste des relations entre l’Etat et les religions.u moment où, qu Québec, les Etats généraux sur l’éducation vont se pencher sur la question de la place de la religion à l’école, il est utile de se renseigner sur la situation __ prévalant à cet égard dans les autres grandes démocraties libérales, notamment en Europe.En effet, une étude comparative permet de faire ressortir les grandes tendances actuelles et d’identifier les consensus qui sont en voie de se dégager.En Europe, les grandes religions historiques détenaient un véritable monopole sur le système éducatif et cela, jusqu’ au début du XK" siècle.La France fut l’un des premiers pays à affirmer la compétence de l’État en matière d ‘enseignement, à partir de la Révolution.Les Églises sont désormais appelées cultes dans les textes juridiques.Plus précisément, leur champ d’activité a été rogné et limité à l’exercice des rites religieux, la transmission des doctrines et la formation des ministres du culte.L’État a cependant délégué certaines missions éducatives à l’Église catholique tout au long du XK' siècle, comme l’instruction primaire des enfants et l’éducation des jeunes filles.La formation des élites dans les lycées de garçons s’opérait, par contre, par des maîtres laies.La séparation de l’école et de la religion e?t intervenu^ avant la séparation de l’État et des Églises.Les écoles primaires sont alors entièrement laïcisées, mais la présence d’aumoniers est autorisée dans les internats et plus tard dans les établissements d’enseignement secondaire Dans les pays européens, il n’existe plus de débat majeur sur la confessionnalité de l’école publique.eux-mêmes.Actuellement en France, l’absence d’enseignement religieux est vivement critiquée par nombre d’enseignants et de parents.L’inculture religieuse des élèves freine sévèrement leur compréhension de la littérature, de l’histoire, de l’économie.Elle ne garantit plus, en outre, leur immunité à l’encontre des «bricolages» religieux de certains mouvements aux objectifs controversés.Mais une certaine conception philosophique de la laïcité continue de s’opposer à toute présence, même sécularisée, de la religion à l’école.Le système français n’est toutefois pas représentatif des divers modes de rapports entre religion et école en Europe.Dans tous les pays européens, hormis quelques exceptions peu signifi- catives, les mêmes principes de base président à la relation entre religion et école.L’ens,eignement public est du ressort de l’État et comme ce dernier, non confessionnel et neutre en matière religieuse.Partant de là, la règle gè nérale est qu’il n’existe plus aujourd’hui, dans la quasi-totalité des pays de l’Union européenne, d’écoles confessionnelles publiques, au sens strict du terme.Par école confessionnelle, il fallait entendre des institutions ne rassemblant que des élèves et des maîtres d’une même religion et où l’ensemble des enseignements devait s’accorder avec la religion concernée.Il est vrai que, dans de rares cas, les textes prévoient encore des écoles confessionnelles ou interconfessionnelles (écoles primaires publiques en Alsace-Moselle; écoles primaires pu- bliques d’inspiration chrétienne en Allemagne) , mais ils ont été vidés de leur substance à la suite de modifications législatives ou réglementaires ou alors en raison de remodelages imposés par la jurisprudence.En Èurope, le problème de la religion à l’école est presque exclusivement abordé par l’entremise de l’enseignement religieux.Dans les pays européens, il n’existe plus de débat majeur autour de la confessionnalité de l’école publique.Cette notion, qui a un caractère historique, ne fait plus partie des concepts mis en œuvre dan?la doctrine des relations entre les États et les religions.La substitution d’accords partiels aux concordats italien et espagnol, garantissant notammemt la liberté de religion dans le cadre de la neutralité de ILLUSTRATION THE NEW YORK TIMES l’État, a définitivement mis fin dans ces deux pays à une confessionnalité scolaire résiduelle.Mais contrairement à la France (à l’exception de l’Alsace-Moselle), tous les autres pays ont intégré dans leurs programmes scolaires des cours d’enseignement religieux.Les mécanismes mis en place sont très variés.Ainsi, pour le Portugal et la Çrèce, seules l’Église catholique et l’Église orthodoxe respectivement enseignent leur religion à l’école publique.En Belgique, l’ensemble des cultes reconnus (catholique, protestant, juif, anglican, orthodoxe, musulman), mais également la morale humaniste, figurent ap programme et sont financés par l’Étaf.En Espagne et en Italie, la seule Église catholique bénéficie d’une prise en charge financière ua :r'J ! ; ;i alors que les confession?ayant passé une convention avec l’État (protestants, juifs et musulmans en Espagne; vaudois, assemblée de Dieu, adventistes, luthériens et juifs en: Itâ-lie), peuvent organiser leur cours de religion au sein de l’école publique, mais sans le bénéfice d’un soutijejn économique.En Allemagne, l’article 7 de la Constitution de 1949 garantit à tout groupement religieux, etipàr extension aux groupements' de conception philosophique de l’existence, la possibilité d’organiser un enseignement religieux à l’école publique.La mise en œuvre de ce principe est cependant subordonnée à ja présence d’un certain nombre d’élèves membres de la confession concernée.Parmi tous les systèmes européens, le modèle anglais est sans conteste le plus original et le plus efficace socialement dans la mesure où il prend activement en compte le pluralisme religieux.En effet le contenu de l’enseignement religieux est fixé par des commissions municipales, qui sont composées par dés représentants de l’administration scolaire, de?collectivités territoriales, de l’Église anglicane, tout comme de délégués des autres religions implantées dans la commune.Le but de cet enseignement est notamment de favoriser la tolérance en matière religieuse grâce à la connaissance des autres croyances.L’organisation de l’enseignement religieux en Europe est largement dépendante du, type de relations existant entre l’État et les religion!?.Les évolutions récentes pourraient cependant dégager, à long terme; un concept commun prenant en compte le dialogue interreligieux, en équilibre entre, d’une part, la transmission d’une doctrine religieuse et, de l’autre, un enseignement neutre des sciences de la religion.A l’heure actuelle, renseignement religieux dans les écoles publiques ne peut plus avoir pour seul objet la catéchisation des élèves; il a égàlé-ment pour fonction de contribuer à la résolution des problèmes auxquels sont confrontées l’école et,la société.Cet enseignement devrait à la fois favoriser la compréhension du monde moderne et promouvoir le respect du pluralisme religieux et culturel.Un tel modèle est forcément non confessionnel tout en offrant un cadre respecteux de toutes les traditions religieuses.¦>! Discrimination salariale Une injustice honteuse Des milliers de femmes vivent toujours au quotidien les effets désastreux de la non-reconnaissance de la valeur de leur travail CLAUDETTE CARBONNEAU Première vice-présidente Confédération des syndicats nationaux M algré les pas importants que les femmes ont franchis au cours des dernières années, la lecture de leur réalité nous conduit inéluctablement à la conclusion que l’équité en emploi est loin d’être un acquis pour toutes les femmes et qu’il reste plusieurs étapes à franchir pour y parvenir.En 1994, le ratio des gains des femmes par rapport à celui des hommes s’établissait à 63,6 % et à 69,9 % lorsqu’on considère uniquement les personnes qui travaillent à temps plein.Pourtant, en 1993, ce ratio était de 74,4 %.Il s’agit du plus grand recul depuis 1967, et certains nous demandent de croire que la situation va se résorber d’elle-même.Quelques facteurs historiques et sociaux peuvent concourir à expliquer cet écart salarial qui perdure entre les hommes et les femmes, tels le niveau de scolarité, le statut d’emploi et l’expérience.Cependant, l’effet de la discrimination demeure central pour expliquer l’écart marqué entre la rémunération des femmes et celle des hommes.Assez, c’est assez! Bien qu’elle ne soit pas intentionnelle, la discrimination salariale à l’égard des femmes est systémique, c’est-à-dire qu’elle se trouve inscrite dans le système de rémunération par la sous-évaluation des caractéristiques des emplois occupés majoritairement par les femmes et n’est pas, croyons-nous, le fait d’une volonté délibérée d’octroyer deux niveaux de salaire selon le genre sexuel.Cependant, l’opposition farouche des employeurs aux mesures proposées pour mettre fin à cette discrimination s’apparente à une volonté explicite de la faire perdurer et de baser la rentabilité des entreprises sur le dos des femmes.Il est maintenant temps d’y mettre fin.Assez, c’est assez! A quoi les employeurs s’opposent-ils?A une loi bien sûr, mais surtout au caractère proactif de la loi.Ils admettent la présence de discrimination salariale à l’égard des femmes, les mémoires qu’ils ont déposés en Commission parlementaire le prouvent, mais ils s’opposent à toute mesure qui les obligerait à revoir leur système de rému- nération et à en éliminer les stéréotypes sexistes.Plutôt que de prendre les devants eux-mêmes, ils veulent se réfugier derrière un mécanisme de plaintes qui a largement démontré son inefficacité.Pourtant, le projet de loi présentement à l’étude n’oblige que 3,9 % des entreprises (9027) à mettre en place un programme d’équité salariale.Soulignons au passage que, bien que le texte de loi définisse ce qu’est un programme d’équité salariale, il laisse aux entreprises le choix des processus et des outils.De plus, 182 627 entreprises (78,9 %) ne seront soumises à aucune obligation puisqu'elles coipptent moins de dix personnes salariées.A l’égard des entreprises qui comptent entre dix et 49 personnes salariées (17 %), la loi leur impose une obligation de résultats, mais elle n’édicte aucune contrainte, sauf celle de mettre fin aux iniquités salariales.Les femmes ont été patientes, elles ont tenté moult négociations, parfois avec succès, mais la plupart du temps avec des résultats mitigés.Elles ont eu recours à des plaintes en vertu de la Charte.Pour sa part, la CSN a déposé, il y a plus de neuf ans, 73 plaintes dans le secteur public pouvant couvrir 100 000 travailleuses.A ce jour, l’enquête est toujours en cours et aucun résultat tangible n’a été obtenu pour ces travailleuses.Ainsi, 20 ans après l’obtention du principe inscrit dans la Charte et après avoir misé sur la bonne foi de leur employeur en tentant d’obtenir justice au moyen de la négociation, nous constatons qu’il y a loin de la coupe aux lèvres.Entre le principe et son application, des milliers de femmes vivent toujours au quotidien les effets désastreux de la non-reconnaissance de la valeur de leur travail.En plus d’un niveau de rémunération moindre, ce sont aussi les prestations d’assurance-chômage, les revenus à la retraite et les allocations de maternité qui sont affectés.Les femmes sont en droit d’obtenir aujourd’hui une loi satisfaisante sur l’équité salariale.Elles exigent une loi dont le champ d’application est le plus large possible.Elles veulent une loi qui couvre les Les femmes ont acquis le droit à un salaire égal pour un travail équivalent il y a 20 ans.Donnons-leur aujourd’hui les moyens de le faire respecter.entreprises de toutes tailles, qu’elles soient du secteur public ou du secteur privé.Les femmes demandent une loi qui non seulement prévoit, mais favorise la participation, la formation et l’information des travailleuses et des travailleurs, syndiqués ou non syndiqués, à l’ensemble de la démarche d’équité salariale.Une loi qui confie à une Commission sur l’équité salariale l’administration de la loi avec des pouvoirs et des ressources suffisantes pour soutenir les parties dans cette démarche.Pour démontrer l’inefficacité d’une loi proactive, certains pourraient être tentés de comparer le ratio des gains des femmes par rapport à ceux des hommes en Ontario et au Québec.Si cette comparaison peut, de prime abord, leur permettre de soutenir que cette donnée statistique n’a pas évolué différemment entre ces deux provinces, une analyse plus rigoureuse les conduirait à une interprétation différente.En effet, malgré les critiques que l’on peut formuler à l’égard de la loi ontarienne, on évalue à 2,2 % de la masse salariale les ajustements salariaux obtenus par les femmes dans le secteur public à la suite des démarches d’équité salariale, ce qui représente une augmentation de salaire moyenne de 16,3 % pour les catégories d’emploi discriminées.Sachant qu’il s’agit du plus grand bassin de main-d’œuvre féminine et que ce secteur a été la cible de compressions budgétaires draconiennes en Ontario, le constat qui s’impose, selon nous, doit référer au recul que les femmes auraient assumé n’eût été de cette loi.En ce qui a trait aux coûts des réajustements salariaux qu’entraîne l’application d’une loi proactive en matière d’équité salariale, nous tenons à souligner qu’ils seront tout aussi importants que la discrimination salariale que subissent les femmes.Certes, il y a un coût à l’équité comme il y a un coût non négligeable à l’iniquité.La prétendue incapacité des employeurs à assumer les coûts relatifs aux ajustements salariaux, malgré les perspectives d’étalement, nous renvoie à l’idée que certains employeurs pourraient établir la rentabilité de leur entreprise sur la base de la discri- mination salariale à l’égard des femmes.En ce qui concerne les coûts administratifs qui peuvent être reliés aux démarches d’équité salariale, et qui sont évoqués pour justifier la mise au rancart de toute pièce législative qui impliquerait des mesures de coercition, signalons d’abord que les démarches d’équité salariale peuvent générer des effets bénéfiques pour les employeurs puisqu’elles permettent à ceux-ci d’implanter des règles formelles de rémunération.Par ailleurs, l’ampleur des déboursés relève davantage des choix des employeurs de recourir aux firmes de consultants ou d’entreprendre des procédures juridiques afin de tenter de minimiser l’importance des ajustements auxquels les femmes auraient droit.Un délai de quatre ans Au nom de la sacro-sainte compétitivité des entreprises, le patronat, réuni en front commun, demande aux femmes de renoncer à leur droit à un salaire égal pour un travail de valeur équivalente.Pourtant, les entreprises savent qu’elles auront quatre ans pour réaliser une démarche d’équité salariale.Elles savent aussi qu’elles disposent de quatre autres années pour verser les ajustements salariaux.Puis, elles savent qu’une entreprise en difficultés financières pourra se prévaloir d’un délai supplémentaire de trois ans pour compléter les ajustements relatifs à l’équité salariale.Dans ce contexte, permettez-moi de croire que les entreprises qui ne sont pas en mesure de planifier des ajustements salariaux inhérents à l’équité salariale pouvant s’étendre sur une période de huit à onze ans ont non seulement un problème d’équité, mais avant tout, surtout un problème de gestion.i La recherche d’une loi d’application satisfaisante sur l’équité salariale n’est pas de tout repos.Elle exige patience, réalisme et compromis, mais le plus important c’est que le Québec se dote aujourd’hui des moyens de rendre justice aux femmes.Les femmes ont été patientes et réalistes.Elles ont accepté bien des compromis.Le prolongement de l’attente ne correspond plus qu’à une chose: le prolongement d’une injustice honteuse.Les femmes ont acquis le principe du droit à un salaire égal pour un travaiî de valeur équivalente il y a 20 ans.Donnons-leur aujourd’hui les moyens de faire respecter ce droit L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l'information générale et métropolitaine: Syl- J vain Blanchard, Paul Cauchon, Jean Chartier, Louis-Gilles Francœur (environnement), Kathleen Lévesque, Caroline Mont-’ petit, Brian Myles, Isabelle Paré, Louis La-pierre (adjoint au directeur de l’information) ; Jean-Pierre Legault (responsable des pages thématiques).Diane Précourt (pages éditoriales, responsable de la section Tourisme)-, Martin Duclos et Christine Du-mazet (relecteurs); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes); à l'information culturelle: Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon, Pierre Cayouette, Mario Cloutier, Paule des Rivières, Louise Leduc, Benoit Munger, Odile Tremblay; à l’information économique: Gérard Bérubé (responsable), Robert Dutrisac, Claude Lévesque, Serge Truffaut, Claude Turcotte; à l’information internationale: Sylviane Tramier (responsable), François Brousseau (éditorialiste), Jocelyn Coulon, Clément Trudel; à l’information politique: Pierre O'Neill, Jean Dion (correspondant parlementaire à Ottawa), Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec), Michel Venne (correspondant parlementaire à Québec); à l’information sportive: Yves d’Avi-; 1 gnon; Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction); Isabelle Hachey, Marie-Claude Petit (commis).La documentation: Gilles Paré (directeur); Brigitte Arsenault, Manon, : Derome, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Martine Dubé (directrice), Daniel Barbeau (directeur adjoint), Jacqueline Avril, Jean de Billy, Brigitte Cloutier, Gyslaine Côté, Marlène Côté, Christiane Legault, Jacques A.Nadeau.Guylaine Ouellet, Micheline Ruelland (publicitaires); Sylvie Laporte, Nathalie Lemieux, Pierrette Rousseau, Micheline Turgeon; Francine Ouellet (secrétaire).LA PRODUCTION Jocelyn Arsenault (directeur des approvisionnements, distribution et production), Marie-France Turgeon (responsable de la production), Claudine Bédard.Johanne Brunet, Danielle Cantara.Richard Des Cormiers, Marie-Josée Hudon, Sylvain Lesage, Christian Vien.Olivier Zuida.SERVICE À LA CLIENTÈLE Johanne Brien-(responsable), Evelyne Labonté (responsable à la promotion des abonnements), Manon Blanchette-Turcotte.Monique L'Heureux, Use Lachapelle, Rachelle Leclerc-Venne.L’ADMINISTRATION Yves Bouthiette (contrôleur), Dany Dépatie (adjointe à l'administration et responsable des ressources humaines).Nicole Carmel (responsable des services comptables).Jeanne-d'Arc Houde (secrétaire à la direction); Céline Furoy, Ghislaine Lafleur.Nathalie Perrier.Danielle Ponton.Danielle Ross.LE CONSEIL DU DEVOIR INC.Yves L Duhaime (président).LA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (président).Roger Boisvert (ivice-président exécutif et directeur général). A 8 L li I) E V 0 1 II , I, E .1 E UDI 2 !) A 0 Û T I 9 9 (i LE DEVOIR ACTH.l!TES La bataille des épouses SYLVIANE TRAMIER LE DEVOIR Après l’accueil enthousiaste qu’Eli-zabeth Dole avait reçu à la convention républicaine de San Diego, les démocrates ne pouvaient pas faire moins qu’un triomphe à Hillary Clinton.Acclamée par quelque 20 000 personnes dans le United Center, la première dame des Etats-Unis, qui perd rarement contenance, paraissait sincèrement surprise.«La bataille des épouses» fait rage dans les médias américains: qui d’Elizabeth Dole, aspirante first lady, ou d’Hillary Clinton, first lady en exercice, contribue le plus à la campagne de son époux?Les deux femmes se ressemblent à plusieurs égards.Diplômées des grandes universités américaines, avocates de formation et de carrière, ambitieuses et intelligentes, elles ont toutes deux la particularité d’être des transfuges politiques.Mme Dole, élevée dans une famille démocrate de Caroline du Sud, est devenue républicaine, alors que Mme Clinton, qui a grandi dans une famille républi- caine de Chicago, est passée au Parti démocrate au moment où elle était étudiante à l’université Yale.Mme Dole avait donné à San Diego un étonnant spectacle révélant de grands talents d’animatrice de télévision, en se promenant aisément micro en main parmi les délégués au parterre de la convention.Comment Mme,Clinton allait elle relever le défi?A sa manière, professionnelle et stricte, sans surenchère.Critiquée pour avoir occupé trop de place auprès de son m^ri dans la conduite des affaires de l’Etat, Mme Clinton a prononcé un discours sobre et sérieux, un plaidoyer pour les valeurs familiales et l’éducation des enfants.Délaissant le «nous» collectif qu’elle utilisait à ses débuts à la Maison-Blanche pour parler des décisions politiques de la présidence, Hillary Clinton se fait plus effacée mais toujours terriblement efficace en matière de relations publiques.La bataille des épouses se poursuit Après leurs performances respectives à San Diego et à Chicago, les arbitres ont conclu à un match nul.QUEBEC «Une décision inopportune et injustifiée», estime Laporte SUITE DE LA PAGE 1 la Charte de la langue française et prévoit notamment le retour des inspecteurs du français.«Ce que j’ai entendu ce matin ne m’a absolument pas fait changer d’idée», a dit la ministre Beaudoin.Pleine compétence Premier témoin à comparaître, le Mouvement national des Québécois (MNQ) a réclamé que le Québec récupère la pleine compétence en matière linguistique, notamment en se libérant de l’article 133 de la Constitution canadienne, qui impose le bilinguisme dans la législation et dans le système judiciaire du Qué,bec.«A trop vouloir le consensus en matière linguistique, le gouvernement québécois a perdu le courage de rappeler clairement et concrètement son option de souveraineté», a dit Mme Vézina.En matière d’affichage commercial, le MNQ a notamment réclamé un retour à l’unilinguisme français comme le prescrivait la loi 101 originale.Le bilinguisme dans l’affichage devrait être toléré uniquement à l’intérieur de petits commerces comptant cinq employés ou moins.Le groupe de pression anglo-québécois Alliance-Québec a pour sa part prôné un retour au libre choix de la langue d’enseignement pour les enfants, une mesure rejetée dès 1974 par tous les gouvernements qui se sont succédé au Québec.Dans le mémoire présenté par le président d’Alliance-Québec, Michael Hamelin, on mentionne que «les parents doivent avoir le droit fondamental de faire les choix appropriés au nom de leurs enfants à partir des options disponibles, y compris le choix de la langue d’enseignement».: Alliance-Québec soutient que le nombre d’enfants fréquentant l’école anglaise a chuté de 250 000 à 100 000 en 20 ans.Alliance-Québec prédit également que la création d’une Commission de protection de la langue française, que propose le gouvernement péquiste, sera contestée devant les tribunaux au nom de la défense des droits de la personne.«Difficile de faire mieux» Pour sa part, le d,éputé libéral d’Outremont Pierre-Etienne Laporte a accusé le gouvernement «d’ethnocentrisme».Selon M.Laporte, la position du gouvernement «oppose les Québécois aux autres groupes linguistiques» en faisant allusion «à nous et à eux».«En fait de vision ethnocentrique, il serait difficile de faire mieux.Voilà des propos que le Parti libéral rejette parce qu’ils sont étrangers à l’esprit libéral.» Le député d’Outremont s’est opposé au rétablissement de la Commission de protection de la langue française, que propose le gouvernement.Selon M.Laporte, rétablir cette commission est «une décision inopportune, injustifiée, donc une mauvaise décision».«La coercition ne crée pas de solidarité et le renforcement de la coercition législative est contraire à la diffusion de cette solidarité», croit M.Laporte.Revoir les priorités Le chef de l’Action démocratique du Québec, Mario Dumont, a lui aussi sévèrement critiqué le projet du gouvernement.«Le taux de chômage est tellement plus élevé que le taux d’infraction à la Charte de la langue française que le gouvernement devrait revoir ses priorités», a-t-il déclaré.Enfin, le démographe Charles Castonguay, de l’Université d’Ottawa, a rappelé la baisse du poids des francophones, particulièrement dans la région de Montréal.Les francophones ne représentent plus que 69,7 % des habitants de la région de Montréal alors qu’ils comptaient pour 70,5 % cinq ans plus tôt Selon M.Castonguay, le pouvoir d’attraction de l’anglais demeure plus élevé que celui de la langue française.«C’est une stratégie d’assimilation à petit feu, tout à fait dans la ligne de lord Durham», a-t-il conclu.CLINTON Les femmes américaines dans leur grande majorité continuent de croire au rôle de VEtat SUITE DE LA PAGE 1 cherche désespérément comment reconquérir le vote féminin, dont le phénomène de désertion est observé depuis les années 1980 et la présidence de Ronald Reagan.Selon la républicaine Ann Stone, fondatrice du mouvement Pro-Choi-ce, la défaite de George Bush en 1992 est imputable en grande partie à l’opposition farouche du Parti républicain au droit à l’avortement, qui a accentué l’exode des femmes du Grand Old Party: «Les dirigeants républicains peuvent se pencher sur la dernière élection présidentielle et bien se mettre dans la tête que ce n’est pas l’économie qui a battu les républicains, c’est l’avortement.» A la convention de San Diego, les républicains ont multiplié les offensives en direction des femmes et leur ont accordé une place prépondérante sur le podium.Mais c’est le Parti démocrate qui est en pointe dans les thèmes qui sont déterminants, selon les experts en opinion publique, pour l’électorat féminin: le droit à l’avortement, le contrôle des armes à feu et le rôle de l’Etat dans le champ social et dans celui de l’éducation.En défendant les causes qui leur sont chères, le président Clinton a su s’attirer la faveur des électrices américaines et tout indique qu’il va la conserver pour la prochaine élection en plaçant ces thèmes au centre de sa campagne électorale.Au cours des derniers jours et avant de faire son entrée aujourd’hui à la convention de Chicago, le président américain a annoncé précisément une série d’initiatives de nature à consolider sa position dans l’électorat féminin: une campagne d’alphabétisation, le renforcement de la loi sur l’interdiction des armes à feu (que les républicains veulent abolir) et des congés de maternité rémunérés.Et il y a plus: les femmes américaines dans leur grande majoçité continuent de croire au rôle de l’État et sont moins enclines que les hommes à critiquer le gouvernement Alors que le Grand Old Party fait campagne pour la diminution du rôle de l’Etat, le Parti démocrate est considéré par les électrices comme plus favorable au maintien de l’intervention gouvernementale pour assurer la protection et le bien-être des citoyens.Mais il n’y a pas que les causes dites féminines qui attirent les femmes vers le Parti démocrate.Hier soir, avant la mise en nomination officielle de Bill Clinton et de A Gore à la présidence et à la vice-présidence, la convention démocrate entendait les grandes figures politiques féminines du Parti démocrate, cinq séna-trices avocates du droit à l’avortement et championnes de la protection sociale.Leur message était aussi de montrer que les femmes pouvaient acquérir des positions de direction et d’influence au sein du Parti démocrate.La présence de candidates au “Sgi / PHOTO AP Un délégué ramassant des pancartes dans la nuit de mardi à hier dans l'amphithéâtre de Chicago ou se déroule la convention démocrate.Congrès américain peut-elle inciter les électrices à voter pour elles plutôt que pour un candidat?Cela est moins sûr.Anita Perez Ferguson, présidente du National Women’s Political Caucus, un organisme non affilié à un parti qui œuvre à la promotion des femmes en politique, affirme que les femmes américaines ne votent pas nécessairement en faveur de candidatures féminines.«Le fossé des sexes 1gender gap] ne porte pas sur le sexe des candidats mais bien sur le contenu de leurs programmes politiques», dit-elle.PRIMES SUITE DE LA PAGE 1 «Nous avons parlé de 5 à 15 %.Il s’agit d’une hausse moyenne qui a été avancée en fonction de certaines clauses du régime public qui ne se trouvaient pas dans les régimes privés, comme le fait que les enfants n’aient ni franchise ni coassurance à payer», explique Richard Fournier, directeur des communications à l’As-surance-vie Desjardins-Laurentienne.Il faut donc s’attendre à ce qu’au cours des prochains mois, au terme de négociations entre assureurs et employeurs, la majorité des contrats d’assurance collective soient modifiés.Puisque rares sont les contrats d’assurance collective qui exemptent les 0 à 17 ans de la franchise et de la coassurance, plusieurs ententes devront être ajustées à cette modalité dorénavant exigée par la loi.«Dans des entreprises où la majorité des employés ont 25 ans d’expé- rience et donc peu d’enfants en bas âge, il est fort peu probable qu’on doive ajouter cette modalité et hausser les primes, poursuit M.Fournier.Mais lorsque les employés sont de jeunes parents, les choses sont différentes et les primes seront sans doute faussées de 10 à 15 %.» A quelques mois de la seconde phase d’application du régime universel, de nombreux assurés froncent les sourcils et se creusent les méninges afin de comprendre en quoi cette réforme les affectera.Pour apaiser les craintes et informer les incertains, l’Association canadienne des compagnies d’assurance de personnes inc.(ACCAP) s’engage à informer ses membres assureurs — 90 compagnies d’assurances québécoises — qui communiqueront à leur tour avec les assurés.La loi sur l’assurance-médica-ments stipule que toute personne ayant accès à un régime collectif, soit de façon directe, par l’entremise de l’employeur, ou encore grâce à un parent ou un conjoint, devra obligatoirement y adhérer dès le 1er janvier 1997.Tous ceux et celles qui avaient cette possibilité mais qui avaient délibérément choisi de l’ignorer auront donc l’obligation de s’inscrire au régime privé.La loi 33 oblige également les compagnies d’assurances à offrir au minimum les mêmes modalités que celles du régime public, géré par la Régie de l’assurance-maladie du Québec.«De façon générale, on peut dire que les assureurs privés sont déjà plus généreux que la Régie, explique Yves Millette, vice-président principal aux affaires québécoises à PACCAR La majorité des contrats offrent 25 $ de franchise et 20 % de coassurance.» Le régime public, quant à lui, impose une franchise de 100 $ et une coassurance de 25 %.Les assureurs devront donc ren- contrer la totalité de leurs clients au cours des prochains mois afin de renégocier les contrats.«En assurance, nous faisons du sur-mesure, explique M.Fournier.Nous ajusterons donc la tarification en fonction des besoins de chacun.Certains employeurs décideront sans doute de conserver la même prime tout en éliminant certaines des protections.Pour d’autres, une hausse des primes sera la seule solution.» L’ACCAP a informé tous ses membres des règles à suivre et des obligations prescrites par la loi 33 et elle s’attend à ce que les assureurs communiquent prochainement avec les employeurs, lesquels informeront leurs protégés sous peu.«En attendant, l’assureur sera en mesure d’orienter les personnes ayant des questions relatives aux modalités d’adhésion au nouveau régime d’as-surance-médicaments.» Bouchard rend hommage aux médaillés québécois PIERRE APRIL PRESSE CANADIENNE Québec — «Vous êtes des héros, mais aussi des modèles, pour nous et pour nos enfants», a déclaré, hier, le premier ministre du Québec Lucien Bouchard lors de la cérémonie honorant les 20 médaillés olympiques et paralympiques du Québec qui se sont distingués aux Jeux d’Atlanta.La cérémonie était empreinte de simplicité mais fut extrêmement chaleureuse.Le président de l’Assemblée nationale, Jean-Pierre Charbon-neau, le ministre responsable des sports, Rémy Trudel, et M.Bouchard ont reçu les athlètes sur les pelouses du Domaine Cataraqui, la nouvelle résidence de fonction du gouvernement du Québec.Les figures les plus connues, comme Bruny Surin (athlétisme), Sylvie Fréchette, Valérie Hould-Marchand et Kasia Kulesza (nage synchronisée), Annie Pelletier (plongeon), Caroline Brunet (canoë-kayak de vitesse) et Guivi Sissaouri (lutte), se sont retrouvées autour du premier ministre en compagnie de ceux qui sont moins connus, mais qui n’ont pas moins mérité, les athlètes des Jeux paralympiques qui se sont déroulés à Atlanta immédiatement après les JO.Les Dean Bergeron, André Beau- doin, Chantal Benoît, Patrice Bonneau, Mario Caron, Guylaine La-rouche, France Gagné, Cari Marquis, Alexandre Cloutier, Julie Coumoyér, Jean-François Crépeault, Gary Lon-ghi et Sabrina Pettinicchi ont tous reçu la même médaille de l’Assemblée nationale des mains du président et une gravure représentant un paysage du Québec de la part du premier ministre.M.Bouchard était visiblement heureux de se retrouver au centre de ces athlètes émérites et il a pris le temps de s’entretenir avec presque chacun d’eux immédiatement après la cérémonie officielle.«Vous êtes un exemple pour le Québec et une société qui ne doit pas lâcher», a affirmé M.Charbonneau.«Nous sommes fiers de vous, a ajouté M.Bouchard, nous vous admirons.Nous savons cç que signifie ce que vous avez fait.A cet atout physique que vous avez, vous avez ajouté le courage, l’acharnement, la détermination.» Le premier ministre a voulu rappeler que leurs exploits sont l’aboutissement de sacrifices et de travail acharné.«C’est chaque fois que vous pensiez tout abandonner, c’est à chaque jour qui a précédé ces grands moments d’exaltation qui accompagnent la victoire que vous avez remporté la médaille.» ARAFAT La première grève générale de protestation depuis la fin de l'intifada SUITE DE LA PAGE 1 Alarmé par la précipitation des événements et notamment ce qu’il appelle «la judaïsation préméditée de la partie arabe de Jérusalem», les mesures et vexations diverses qui sont prises visant, selon lui, «à vider Jérusalem» de ses habitants arabes pour «encourager la colonisation juive» à l’intérieur de la Ville sainte, Yasser Arafat a convoqué d’urgence les consuls occidentaux à Gaza et leur a demandé de faire pression sur Israël.Coïncidence fâcheuse, c’est le même jour que Paris a rendue publique au quai d’Orsay (Affaires étrangères) l’invitation officielle adressée par le gouvernement français au ministre des Affaires étrangères israélien David Lévy, chargé notamment d’obtenir des pays occi- dentaux qu’ils regardent ailleurs tandis que l’annexion illégale et forcée de la Ville sainte s’accélère sur le terrain.Les Palestiniens, qui ne peuvent pas s’établir dans la partie juive (ouest) de la ville, sont, avec 165 000 âmes, désormais minoritaires dans la partie est Réduit en poussières La démolition de l’immeuble situé à l’intérieur de la vieille ville de Jérusalem a été menée comnje une véritable opération militaire.A 4h du matin, tandis que la ville dormait, plusieurs centaines de militaires de la police des frontières se dispersaient dans le quartier arabe de Bouij El La-qlaq.Une grue édifiée au pied des fameux remparts construits au XVT siècle par Soliman le Magnifique a élevé, alors, un énorme bulldozer trop gros pour emprunter l’une des portes historiques dé la vieille cité.En deux heures, l’engin a réduit l’immeuble de la société de bienfaisance Bourj Luc (150 mètres carrés au sol) à l'état de gravas.«L’immeuble n’avait pas reçu de permis de construire» a fait savoir, dans un communique, la municipalité dominée par le Likoud et les partis religieux juifs.Chacun sait en réalité, et le mouvement israélien «La Paix maintenant» n’a pas manqué de le rappeler une nouvelle fois mardi, qu’il est extrêmement difficile pour ne pas dire impossible à un entrepreneur ou un financier palestinien d’obtenir un permis de construire à Jérusalem, «capitale étemelle du peuple juif», y compris dans sa partie historique musulmane ou chrétienne.Coïncidence?Il se trouve que le terrain, déclaré «zone verte» par la municipalité et désormais encombré de gravas, se situe à proximité d’une petite colonie juive implantée dans ce quartier musulman pendant la dernière administration Likoud, il y a une demi-douzaine d’années.Mal organisés, divisés et pratiquement abandonnés à eux-mêmes par une administration autonome, celle de M.Arafat, autocratique mais désargentée et inefficace, les habitants et les élus de la Jérusalem arabe ont décrété une grève générale de protestation de deux heures, la première depuis la fin de l’intifada il y a près de 18 mois.«Il est clair, a déclaré sur place Ahmed El-Batsh, membre élu de l’assemblée législative palestinienne, que les Israéliens sont déterminés à tuer le processus de paix.En voici le dernier exemple en date.» «Extension naturelle» Un nouveau coup de boutoir israélien au processus en panne est venu un peu plus tard dans la journée avec l’annonce par le ministre de la Défense, de la construction prochaine, en territoire occupé, de 1800 logements réservés aux citoyens israéliens juifs.Le site se trouve à un jet de pierre à l’ouest de Ramallah, «capitale» économique et administrative autonome palestinienne en Cisjordanie occupée.Le projet approuvé, le premier de cette ampleur depuis l’accession au pouvoir de M.Nétanyahou, était «gelé» |)ar les travaillistes depuis quatre ans.Il est présenté par le pouvoir occupant comme «l’extension naturelle» d’une colonie existante, Kiryat Sefer.«Extension naturelle» des colonies juives aussi sur le plateau du Golan, conquis sur la Syrie en 1967 et annexé en 1980, où le nouveau gouver- nement a autorisé, la semaine dernière, la construction de plusieurs centaines de nouveaux logements.Aux Palestiniens comme aux Syriens, M.Nétanyahou répète, cependant, le même message destiné d’abord aux observateurs extérieurs: «Je suis prêt à discuter.» De quoi?C’est toute la question.La Syrie, qui se dit prête à reprendre immédiatement les négociations avec Israël «dans les termes précédemment agréés» avec les travaillistes, c’est-à-dire sur le principe de l’échange des terres arabes occupées contre la paix — principe que M.Nétanyahou rejette —, a récemment ordonné des mouvements de troupes au Liban pour placer officiellement ses 35 000 soldats en position «défensive» dans le cas, probable si rien ne bouge, où Israël lancerait une nouvelle offensive au pays du Cèdre.[ ' PUBLICITE AVIS PUBLICS ANNONCES CLASSEES — — 1 LE DEVOIR LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H30 À 17H00 2050, RUE DE BLEURY, 9E ÉTAGE, MONTRÉAL.(QUÉBEC) H3A 3M9 * RENSEIGNEMENTS H ADMINISTRATION : (514)985 3333 (514) 985-3344 (514)985 3344 4 SERVICE In uaéroi de téléphone urinais soit niables peer le serric* de llrralsoa pai caaelo! et poet les iboiteeaeftfs pesliei.DES ABONNEMENTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H00 A 16H30 Montréal (514) 985 3355 / télécopieur (514) 985-3390 Extérieur (sans frais) 1 800 463-7559 rUBLILIIt Otm n>SS99 / télécopieur pi 4) J JVU NUMÉRO SANS FRAIS 1 800 363 0305 LE DEVOIR f* publié par LE DEV OIR Inc.dont le «egr information* pubBtfi dam LE DEVOIR.LE DEVOIR nt social nt «tué au numéro 2D50 de Bleury.9e étage.Montréal.(Québec).H?*A 3M9 II nt imprimé par In Imprimei dnCribué par Messagerie* Dynamique*.d»ri«on du Groupe Québécor fate.90) bout St Martin ouest.laval Emoi rie Québécor laSoDr.7743 de Bourdeau.» e publication — EnregHtremrnt no 085A jrriion de Imprimerie* Québécor DépftV légal: Bibliothèque national ne.612 ouest nie Saint Jacques.Montréal e du Québec.Téléphone général: (514) 9R.V /Agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser 1rs 333: service à la clientele: (514) 9R5-3355: publicité: (514) DR5TW)
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