Le devoir, 5 septembre 1996, Page(s) complémentaire(s)
?Vo I X X X V ! No 2 0 M 0 N T R E A I., L E -I E IJ I) I 5 S E I* T E M 15 15 E !) (i 8 8 T I» S T V Q / T o r o n I o 1 $ PERSPECTIVES La télévision BS Le CRIC a donné son aval, hier, à une autre fournée de canaux spécialisés sur le câble.La toute nouvelle présidente de l’organisme, Françoise Bertrand, a annoncé l’arrivée de 19 nouvelles chaînes en anglais et quatre en français, ce qui creusera encore plus profondément l’écart entre les paysages télévisuels francophone et anglophone au pays.Des 54 chaînes spécialisées auxquelles le CRTC a accordé une licence depuis 1984, onze seulement sont diffusées en fiançais.(Voir nos informations en page B 8.) Or une petite phrase dans les documents décrivant la décision du CRTC fait tiquer: «En autorisant ces nouveaux services, le Conseil a voulu réduire l’écart entre le nombre de services spécialisés de langue anglaise et le nombre de services de langue française, écart dû à la taille relativement petite du marché francophone.» Entre les nobles intentions et la plate réalité, il y a une différence notable.qui a échappé aux fonctionnaires.Non seulement la petitesse du marché francophone ne permettra pas l’éclosion de plus de quatre nouvelles chaînes spécialisées, mais elles devront être soutenues par un grand nombre d’abonnés québécois.Les plans d’affaires de ces chaînes exigent un taux de pénétration de 85 %.Autrement dit, une grande majorité d’abonnés québécois devront payer pour ces nouveaux services, qu’ils en aient envie ou non.Dans le reste du Canada, les nouveaux canaux anglophones seront placés pour la plupart dans des «étages» optionnels, comme ils disent, des volets discrétionnaires.Au Canada anglais, il est clair que les câblodistribu-teurs voudront éviter de soulever l’ire de leurs abonnés compie ils l’avaient fait en janvier 1995.A la faveur de l’arrivée de nouvelles chaînes, Rogers Cablesystem, par exemple, avait alors décidé de réduire le nombre de canaux offerts sur son service de base et de transporter à l’étage, avec les nouvelles chaînes, certains canaux populaires Robert comme le réseau des sportsTSN.Dutrisac Question d’appâter le téléphage.?Mais le câblodistributeur s’est plutôt attiré les foudres des sportifs de salon qui en ont oublié de finir leur bière pour créer la pire crise de relations publiques de mémoire de câblodistributeur.Rogers a dû reculer.Ce nouveau débordement télévisuel, que tout abonné du câble au Québec devra éventuellement payer, survient à une ère où les consommateurs ordinaires ont de moins en moins les moyens de ces divertissements tout juste bons pour «faire à semblant qu’ils sont intéressants», pour reprendre le mot de Richard Desjardins.Nous payons de plus en plus cher pour ce que nous voyons à la télévision.Depuis dix ans, les sommes consacrées par les ménages à ce cher câble ont augmenté d’un considérable 12,8 % en moyenne par an, tandis que le revenu disponible de ces mêmes ménages stagnait presque, affichant une croissance annuelle de 2 %.Autre donnée significative: depuis 1991, les abonnements au câble, la location de vidéos et les entrées au cinéma ont surpassé en valeur les revenus publicitaires des chaînes de télévision.Bref, la télévision est de moins en moins gratuite, de plus en plus à la carte, comme la médecine dont certains voudraient bien se prévaloir.La tendance est lourde et continentale.Selon Pierre Delagrave, on s’achemine aux Etats-Unis vers une «télévision BS», où les trois grands réseaux (CBS, NBC et ABC) et la multitude de stations hertziennes qui leur sont affiliées se videront peu à peu du contenu de qualité.La seule publicité ne parviendra plus à maintenir les standards de qualité actuels ou passés.La télévision gratuite ne sera plus destinée qu’aux plus démunis.Les grandes émissions de qualité, les événements sportifs, les films récents ou les grands films classiques migreront tous vers le câble à volets payants ou à la carte.En appuyant la multiplication des chaînes spécialisées, le CRTC veut certes occuper le terrain que les Américains pourraient éventuellement accaparer.«En plus de faire appel de manière prédominante aux ressources créatrices canadiennes, quelques-uns des nouveaux services offriront l’équivalent canadien de certains services de programmation étrangère», a souligné Mme Bertrand dans son discours d’hier.Et singulièrement, le mot «étrangère» est un euphémisme pour «américaine».C’est d’ailleurs avec un remarquable empressement que le CRTC accorde ces licences.Avant même que les réseaux de câble ne puissent techniquement en assurer la diffusion.La plupart des nouveaux services ne seront pas disponibles avant trois ans.Calque du modèle américain, cette «prolifération des choix», pour reprendre l’expression du CRTC, semble bien coller à la réalité canadienne-anglaise, comme en fait foi le nombre de demandes pour de nouvelles chaînes spécialisées, 35 en tout dont 16 demandes rejetées.Mais en raison de sa petitesse, le marché québécois apparaît réfractaire à une telle fragmentation.Le CRTC admettait d’ailleurs sa déception devant le faible nombre de demandes pour des services en français.Dans ce contexte, on peut se demander si cette télé à choix multiples pour consommateurs qui en ont encore les moyens saura pallier le démantèlement à l’américaine de la télévision grand public au Québec, qui passe par la réduction de Radio-Canada.En dix ans, les sommes consacrées par les ménages au câble ont augmenté de 12,8 % par année INDEX rtgLIlua Avis publics.B4 Classées .B6 Culture .B8 Économie .B2 Éditorial ,.A6 Le monde ,.A5 Mots croisés.B6 Les sports.B5 MÉTÉO Montréal Ensoleiüé avec passages nuageux.Max: 28 mmâ Québec Ensoleillé avec ^es nuageux.6 Détails en B 4 LE MONDE ÉCONOMIE HH MONTRÉAL Irak: mission i.- Québec veut un règlement niv / Le casino moha wk est accomplie, dit Clinton j» » négocié chez Hydro y illégal, dit Perreault PAGE A 5 - PAGE B 2 KL m PAGE A 3 La majorité des Québécois veulent sortir la religion des écoles Un nouveau sondage de la firme Sondagem met en évidence une nette tendance au rejet de l’école confessionnelle PIERRE O’NEILL LE DEVOIR Les Québécois veulent sortir la religion des écoles.La majorité (58,9 %) souhaite la mise sur pied d’un réseau de commissions scolaires linguistiques en lieu et place de l’actuel système confessionnel.Et ils s’opposent plus résolument encore à ce que l’on y dispense un enseignement religieux.Une enquête d’opinion publique réalisée par la firme Sondagem, à la demande de la Coalition pour la déconfessionnalisation du système scolaire, démontre que les Québécois misent sur une école moderne et commune: 71,8 % estiment que chaque école du primaire et du secondai- re devrait offrir une éducation «morale et civique» avec une initiation aux traditions religieuses; 16,6 % seulement croient plutôt qu’il faudrait offrir un enseignement religieux seulement aux catholiques et aux protestants; 11,6 % sont d’avis que l’on devrait offrir autant de cours d’enseignement religieux qu’il y a de religions représentées dans l’école.Effectué du 23 août au 1er septembre auprès de 1003 répondants, ce sondage témoigne à travers de nombreuses autres données de l’irréversible tendance au rejet de l’école confessionnelle: 71,9 % ne voient pas en quoi il est important qu’une école publique véhicule les croyances VOIR PAGE A 8: ÉCOLES Québec ignorera Bertrand Aucun juge ne peut décider pour le peuple, dit Bégin MICHEL VENNE DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Le gouvernement du Québec ne reconnaît aucune compétence aux tribunaux pour décider de la légalité d’une sécession du Québec.En conséquence, il ne portera pas en appel la décision rendue vendredi par le juge Pidgeon dans l’affaire Guy Bertrand et ne présentera pas son point de vue devant la cour si l’avocat de Québec poursuit sa guérilla judiciaire.«La cour n’a vraiment pas juridiction, ce n’est pas de son ressort, a déclaré hier le ministre de la Justice, Paul Bégin.Nous prétendons qu’il revient au peuple québécois de se prononcer sur son avenir et qu’il appartient à lui seul de le faire.Nous soumettons que le seul juge et le seul jury de l’avenir du peuple québécois, c’est le peuple québécois lui-même», a-t-il expliqué.L’avocat Guy Bertrand demande à la cour de déclarer illégale une sécession unilatérale du Québec, d’interdire au gouvernement d’utiliser des fonds publics pour promouvoir cette option et d’interdire la tenue d’un référendum qui aurait un caractère exécutoire sur la souveraineté du Québec.VOIR PAGE A 8: BERTRAND jÉHÊ&r Tout un plat pour un chat PHOTOS JACQUES NADEAU COQUIN, le chat de Jean Gauthier, a passé plusieurs jours perché dans un arbre cette semaine.Il y serait peut-être encore si ce n’était de la bonne volonté de Vincent Dulude, venu le secourir.Voir nos informations en page A 3.MONTRÉAL La RIO penche pour un toit fixe PAGE A 3 Dans les cégeps L’étude de la littérature québécoise a baissé de moitié PAUL CAUCHON LE DEVOIR La place de la littérature québécoise a grandement diminué au collégial, le théâtre a presque disparu et les grandes œuvres de la littérature étrangère sont de moins en moins enseignées.C’est ce que révèle une étude réalisée par un professeur du département d’études littéraires de l’UQAM, Max Roy, pour le compte de plusieurs organismes culturels.En analysant les contenus des cours obligatoires de français au niveau collégial pour les années 1994-95 et 1995-96, alors qu’entrait en vigueur un nouveau programme de français au collégial, le professeur Roy a constaté que la littératu- VOIR PAGE A 8: LITTÉRATURE ¦ Autres informations sur les États généraux sur l’éducation en page A 2 U Anthology, dix heures de vidéocassettes Les Beatles se mettent en boîte Leur histoire extraordinaire en cent fois mieux racontée En neuf heures cinquante-trois minutes de documents d’archives et de témoignages, la version commerciale de VAnthology vidéo, aujourd’hui en vitrine, révèle tout ce qui ne pouvait l’être à la télé, ou presque.SYLVAIN CORMIER Commission sur la fiscalité La métropole aux 102 chicanes de clocher Impossible de la rater.La boîte ressemble aux doubles compacts.Même design signé Klaus Voorman, même dessin représentant une série d’affiches superposées et plus ou moins déchirées.En magasin aujourd’hui, avec ou sans sous-titres français chez MaloFilm, The Beatles Anthology offre en coffret de huit vidéocassettes la version allongée et définitive de la série diffusée en mouture écourtée au réseau ABC et par la SRC én novembre dernier (et en reprise ces jours-ci).La totale?Mais non.L’essentiel?Presque.Il n’y a pas tout, bien sûr.Neuf heures et cinquante- trois minutes d’extraits de reportages, de spectacles, de séances d’enregistrement et de disques, des milliers de photos, presque tous les films promotionnels, des home movies en quantité, de multiples entrevues avec les Beatles eux-mêmes (ensemble et séparément) et avec leur entourage immédiat (l’assistant personnel Neil Aspinall, le réalisateur George Martin, l’attaché de presse Derek Taylor), c'est pour ainsi dire la partie visible du proverbial iceberg.Et encore.Tout beatlemaniaque se respectant a chez lui de quoi vous occuper la vue, l’ouïe et même le toucher (aucun vi- VOIR PAGE A 8: BEATLES PHOTO REUTER Ringo Starr, Paul McCartney et George Harrison en compagnie du producteur George Martin, au moment du dévoilement de l’album Anthology, l’année dernière.La Commission itinérante sur la fiscalité et le financement des services publics qui s’amène à Montréal risque de semer — encore une fois — la pagaille dans la région métropolitaine.Dans leur noble quête pour accroître «l’efficacité, l’équité et la compétitivité» du régime fiscal, les commissaires se heurteront aux revendications éclatées des 102 élus de la région.À quelques jours du lever du rideau, mardi, Le Devoir dresse un portrait des acteurs en présence sur la scène municipale.BRIAN MYLES LE DEVOIR 2 D’un côté, il y a Montréal, l’éclopée, • qui reluque le portefeuille des municipalités des couronnes nord et sud, le tandem Bourque-Forcillo en tête.De l’autre, il y a ces mêmes couronnes, en apparence prospères, qui ne veulent surtout pas faire les frais de la relance de Montréal.Un fleuve de discorde sépare les VOIR PAGE A 8: CHICANES E I) E V 0 I li .I, E .1 E U I) I .r» S E P T E M B R li I !) A 3 LE DEVOIR ,\ 10 N T R E AI.ROGER ROY Horloger bijoutier 935, La Gauchetière Ouest Montréal I13B 2M9 Siège social du CN tel.: (514) 861-4489 l *4) m «Des boudes d'oreilles t) faire rêver- PHOTO JACQUES NADEAU Serge Ménard, ministre d’Etat à la métropole: «Trancher s’il le faut.» Relance de la métropole -^- Montréal devra encore attendre KATHLEEN LEVESQUE LE DEVOIR La relance de la métropole devra attendre encore.Attendre que des consultations aboutissent à la création l’an prochain d’une commission de développement de la région, promise pour juin dernier, et que chacun des ministères dresse un plan d’action pour Montréal.En contrepartie, Québec annonce la création d’un fonds de développement de 100 millions de dollars pour les quatre prochaines années, permettant de soutenir des initiatives ayant un effet de levier sur l’économie montréalaise.Le hic, c’est qu’il s’agit d’une somme déjà affectée à la métropole.En effet, l’argent provient de la société gouvernementale Innovated!, qui voit ainsi son budget de soutien aux entreprises de nouvelles technologies comprimé d’autant «Ce fonds est plutôt vague.Ce n’est pas ça qui va relancer Montréal.Mais je m’attends à de l’action dès l’automne de Québec et d’Ottawa.On ne peut plus attendre indéfiniment», a réagi le maire de Montréal, Pierre Bourque.Après l’annonce publique de ces orientations, le ministre d’Etat à la métropole Serge Ménard a convié hier soir les élus et décideurs socioéconomiques de la région métropolitaine pour créer une nouvelle solidarité.Déjà, le ministre s’attend à des résistances.«Ma tendance naturelle est au consensus mais je suis prêt à trancher s’il le faut», assure-t-il.Mais dans une première étape, M.Ménard demandera l’avis de la communauté métropolitaine par voie de consultation publique, les 7 et 8 novembre prochains, concernant la forme que devrait prendre la commission de développement de la métropole.Trois options sont présentées: à une extrémité, une commission réduite à un pouvoir de consultation, à l’autre, un nouveau palier de gouvernement, et entre les deux, une structure mitoyenne.Sur ce point, le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, annonce ses couleurs: «On n’a pas besoin d’une commission.On a déjà un ministère de la métropole et un ministre.En multi- pliant les structures, on risque de passer notre temps d’un conseil d’administration à l’autre et de ne pas agir.» M.Vaillancourt va même plus loin.«Il faut éviter d’avoir des entonnoirs.Si on rallonge le parcours, on ralentit d’autant les décisions.Et ce sont la qualité et la rapidité des décisions qui permettront la relance de la métropole», estime M.Vaillancourt.Pour le maire Bourque, il importe surtout que «les problèmes du cœur de la métropole soient pris en considération».Chose certaine, le rapport Pichet-te, qui avait étudié en long et en large la problématique propre à la région montréalaise, ne semble pas inspirer outre mesure le ministre Ménard dans ses orientations.Ce dernier élimine la notion de ville-région, pierre d’assise du rapport Pichette.«Il n’y aura pas un maire pour la métropole.Ça me surprendrait que les consultations m’amènent à créer un gouvernement régional pour la métropole.[.] La ville-région, on pourra peut-être en parler dans quelques années, quand on aura fait assez de consensus pour penser que c’est un avantage», affirme le ministre.Du point de vue de la responsable de la région montréalaise au sein du caucus libéral, la députée Liza Frulla, les priorités d’action du ministre Ménard sont assez limitées.«C’est la confusion et le piétinement.Il n’y a aucune action tangible alors qu’il y avait urgence en janvier dernier quand le premier ministre Bouchard a créé le ministère [d’Etat] à la métropole», souligne-t-elle.Concernant le fonds de développement, Mme Frulla estime que l’«on déshabille Paul pour habiller Pierre».De plus, elle s’inquiète que les 100 millions soient sous le seul contrôle du ministre Ménard.Pour ce dernier, cette nouvelle autorité pourra permettre l’accélération de certains dossiers.La démarche du ministre Ménard n’a rien de nouveau pour la métropole.Au cours des cinq dernières années, la relance de la région a fait l’objet de plusieurs plans de relance, d’orientations et de priorités, tels le plan Johnson et le rapport Pichette La RIO penche pour une toiture souple et fixe MARIE-ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR Tout indique que la Régie des installations olympiques (RIO) recommandera aujourd’hui au ministre d’Etat à la métropole, Serge Ménard, l’installation d’une toiture souple et fixe sur le Stade olympique.Cette décision permet d’espérer le dénouement attendu de cette affaire de toiture, ponctuée au fil des ans de déchirures, raccommodages et restaurations de toutes sortes.Alors que le président de la RIO, André Té-trault, devait rendre cette nouvelle officielle hier après-midi, un changement de programme de toute dernière minute — causé par un conflit d’horaire avec le ministre Serge Ménard — a repoussé l’annonce à cet avant-midi.La nouvelle, rendue publique par le Réseau de l’information hier matin, n’a été ni confirmée ni démentie par la RIO.Au terme de 18 mois d’études, il semblerait que la Régie ait accouché de cette recommanda- tion, abandonnant au passage trois des quatre solutions préconisées par un comité chargé de trouver des solutions de rechange à la toile en déconfiture.En plus d’un toit fixe, on avait proposé une toile rétractable, un maillage de câbles recouverts d’une toile légère et une structure d’acier.Le moment de la construction, la firme d’ingénieurs qui a soumis cette suggestion ainsi que les détails et coûts reliés à cette réalisation ne sont pas encore connus.La saga du Stade avait connu quelques épisodes angoissants en septembre 1991 et janvier 1994 alors que la chute d’une poutre de 55 tonnes et l’effondrement d’un des murets de séparation situés dans les entrées de l’établissement avaient créé tout un émoi, causapt fort heureusement plus de peur que de mal.A ces deux failles techniques se sont ajoutées au fil des années les déchirures répétées de la toiture olympique.Installée en 1987, la toile survit à de multiples déchirures et le projet de la remplacer par une toiture fixe est au cœur des préoccupations de la RIO depuis quelques années déjà.En avril 1992, un comité d’experts internationaux avait annoncé que la toile olympique était en «phase terminale», prédisant même le dernier souffle pour 1994 «au plus tard».En décembre dernier toutefois, un second regroupement de sages avait assuré que la toile tiendrait le coup encore quatre ans au moins, engendrant des «coûts minimes d’entretien» de l’ordre de trois millions de dollar's.Approuvée par le Parti libéral en 1993, l’idée d’un toit fixe a été mise sur la glace par le Parti québécois l’année suivante.L’architecte français Roger Taillibert, à qui l’on doit la célèbre silhouette du Stade olympique, avait à nouveau repoussé l’idée d’une toiture fixe en juillet dernier, affirmant qu’il s’agirait là non seulement d’un sacrilège mais aussi d’un danger.«La seule toiture possible est légère et ouvrable car la structure du stade, en béton précontraint, est souple, avait-il exposé.Elle est faite pour recevoir une structure mobile, pas un couvercle de soupière de 6000 tonnes.» Le casino mohawk est illégal, dit Perreault MICHEL VENNE DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Le gouvernement du Québec a condamné hier et déclaré illégale la tenue d’un casino dans la réserve mohawk de Kahnawake, à proximité de Montréal.Le ministre de la Sécurité publique, Robert Perreault, a prévenu que la Sûreté du Québec fait actuellement enquête, rassemble des preuves et se prépare à porter des accusations contre les organisateurs.Le ministre ajoute que les personnes, autochtones ou pas, qui «pourraient être tentées de participer à une telle activité se placent elles aussi en situation d’illégalité» et peuvent également être l’objet de poursuites.La tenue, le week-end dernier, d’un casino dans la réserve indienne remet en question l’entente sur la police signée récemment entre le gouvernement du Québec, celui du Canada et le conseil de bande de Kahnawake.Le chef des Peacekeepers, le corps de police autochtone à Kahnawake, a en effet décidé de laisser se dérouler l’activité manifestement illégale, puisque les organisateurs ne disposaient d’aucun permis.«Il est bien clair qu’on ne financera pas des activités policières si la communauté et si le corps de police local n’appliquent pas les lois en vigueur», a déclaré M.Perreault à sa sortie de la réunion hebdomadaire du conseil des ministres.Si les Peacekeepers ne font pas respecter les lois, «l’entente sur la police devra probablement être suspendue ou renégociée avec la communauté», a-t-il dit.M.Perreault attend de connaître l’attitude de son homologue fédéral, Herb Grey, cosignataire de l’entente, avant de déterminer sa conduite à ce sujet.Il doit signer aujourd’hui à Mashteuiatsh (Pointe-Bleue) des ententes sur les services policiers dans 13 communautés amérindiennes de l’est du Québec.Rappelons que le conseil de bande de Kahnawake avait congédié son chef des Peacekeepers, Joseph Mon- tour, après que celui-ci eut collaboré à l’arrestation de pugilistes participant à une séance illégale de combats extrêmes dans la réserve au début de l’été.En désignant son successeur, le chef Joe Norton avait indiqué que désormais, ce seraient les lois amérindiennes qui prévaudraient.Le ministre Perreault signale «la difficulté objective d’intervention policière dans le contexte».Une intervention de la Sûreté du Québec sur le territoire mohawk est «délicate», a-t-il dit C’est pourquoi la SQ se borne à «monter la preuve» pour être en mesure, ultérieurement, de porter des accusations.Pour ces raisons, Québec opte d’abord pour la voie diplomatique.«Nous espérons que le bon sens va prévaloir», a dit M.Perreault Chevrette tend la main à Norton De la diplomatie, le ministre responsable des Affaires autochtones, Guy Chevrette, a tenté d’en faire preuve en soirée alors qu’il rencontrait dans un hôtel de Dorval le chef mohawk Joe Norton pour tenter de le convaincre de mettre fin aux activités du casino.Le ministre a indiqué avoir soumis à M.Norton une proposition touchant le développement économique de Kahnawake.«La balle est dans son camp», a dit le ministre.M.Norton, estimant avoir eu des entretiens «civilisés» avec M.Chevrette, a affirmé qu’il n’avait été question ni du casino, ni de la nouvelle direction des Peacekeepers, ni de la question des combats extrêmes.Il a ajouté que la proposition de M.Chevrette serait soumise à la population de Kahnawake.C’est soi-disant pour financer des loisirs pour la jeunesse que le casino mohawk, qui doit rouvrir ses portes aujourd’hui pour le week-end, a été mis sur pied.Avec Jean Chartier Des chats et des hommes CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Tean Gauthier, qui habite dans le J quartier Mile-End, est l’unique gardien de deux chats, Coquin et Malin, âgés respectivement de deux ans et un an.Dimanche après-midi, un habitant de son quartier a fait savoir au propriétaire des deux matous que Coquin était perché dans un arbre, à plus de 12 mètres au-dessus du sol, dans une ruelle située à l’angle des rues Prince-Arthur et Jeanne-Mance.Alerté par ce voisin, et après avoir vainement cherché l’aide des pompiers de la Ville de Montréal, de la police, du Berger Blanc et de la SPCA, M.Gauthier s’est résigné, sur les conseils de ces derniers, à placer à côté de l’arbre un peu de nourriture, en espérant que l’animal redescende ui-même se restaurer.Rien n’y fit.Coincé tout au faîte de l’arbre, sur une petite branche inaccessible et pouvant à peine le porter, Coquin ne bronchait pas d’une vibrisse.Pendant les heures et les jours qui ont suivi, la nouvelle a eu tôt fait de faire le tour du quartier.L’aide des voisins, dont plusieurs sont apparemment des amoureux du genre félin, n’était d’aucun secours, aucune échelle ne parvenant à atteindre le réfugié.Enfin, hier matin, moyennant la somme de 50 $, la SPCA et le Berger Blanc ont offert à M.Gauthier les services de deux hommes et leur équipement.Peine perdue.Encore une fois, l’échelle était trop courte pour re- joindre la bête.Entre-temps cependant, un voisin avait joint la station de radio CKAC, qui a fait état de la situation à son bulletin de nouvelles.Un des auditeurs, Vincent Dulude, qui exploite sa propre compagnie de confection et de pose d’enseignes lumineuses, a entendu la nouvelle et offert gratuitement son échelle télescopique, qui peut se déployer sur une hauteur de 85 pieds, ainsi que sa nacelle pour secourir la bête.Bravant ses propres allergies aux chats, l’homme a tendu ses bras à l’animal qui s’est empressé de s’y réfugier.de L'
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