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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1996-09-17, Collections de BAnQ.

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19 10 FONDE Vol.L X X X V I I - N o 2 I 7 ?M () N T II E A L , 1- E M A RDI 17 S E I' T E M 15 lî E I !) î) (i 8 S T V Q / T o r o il I o IS Christian Rioux PERSPECTIVES Le Pen persiste et signe Le leader d'extrême droite aurait-il cette fois dépassé les bornes?Il y a des gens qui n’aiment pas la vie», disait Michel Bourgat peu après l’assassinat de son fils par un jeune Français d’origine marocaine le 9 septembre dernier à Marseille.Ces mots décrivent parfaitement l’émotion qui règne en France depuis la manifestation raciste organisée samedi dans la cité phocéenne par le Front national malgré les appels au calme de la famille en deuil.Ce rassemblement de plusieurs milliers de personnes contre l’immigration est l’aboutissement d’une série de dérapages qui se sont succédé depuis une semaine.Au moment où le gouvernement proposait d’élargir aux petits partis (comme le Front national) l’accès à l’assemblée nationale en introduisant une dose de proportionnelle dans le scrutin, Jean-Marie Le Pen se chargeait de rappeler une fois de plus que son parti est une organisation ouvertement raciste.Un parti qui, ne cesse de répéter son leader, considère que les races sont inégales et qui n’hésite pas à se faire du capital politique avec la mort d’un enfant.Pas plus tard que dimanche soir, Jean-Marie Le Pen renchérissait sur \ f £ la cha*ne de télévision France 3.I *ÊÊÈw «Oui, je crois à l’inégalité des races, Ji ISIi disait-il.Bien sûr.Elles n’ont pas Hfl ¦ ¦toutes les mêmes capacités d’évolution historique.» Et le leader du Front national de citer à la barre des textes de républicains aussi irréprochables que Jules Ferry et Léon Blum.Comme si les sciences humaines et l’histoire ne nous avaient rien appris depuis un demi-siècle.Jean-Marie Le Pen n’en est pas à ses premières frasques.Spécialiste à sa manière de la communication, il sait exactement comment braquer sur lui les projecteurs à chaque rentrée politique.C’est ainsi qu’en septembre 1987, il qualifiait de «points de détail» de l’histoire les chambres à gaz nazies.Il faisait l’année suivante un jeu de mots avec le nom d’un ministre du gouvernement de Michel Rocard («Durafour-crématoi-re»).Un an plus tard, il s’en prenait à «l’internationale juive».Toutes ces outrances, qui semblent parfaitement calculées, créent à chaque fois la commotion recherchée.Mais le plus surprenant, c’est qu’elles ne paraissent pas affecter la popularité de leur auteur qui recueille, année après année, les faveurs d’environ 15 % de l’électorat.Hier, aux élections cantonales de la région de Toulon, le Front national a d’ailleurs augmenté le nombre de ses suffrages.Fidèle entre toutes, la clientèle de Jean-Marie Le Pen se recrute parmi une frange d’ouvriers, de petits commerçants et d’agriculteurs déçus de la politique.Un sondage publié hier par le quotidien Libération révélait que, si 75 % des Français estimaient que ce parti était raciste, un Français sur deux pouvait à l’occasion se sentir près de certaines de ses idées.42% considèrent même que c’est un parti politique utile.Mais ce que révèlent aussi les sondages depuis longtemps, c’est que le Front national ne puise pas tant sa raison d’être dans l’insécurité et les problèmes liés à l’immigration comme il le claironne, mais dans le peu de respect qu’inspire souvent à une partie de l’électorat la classe politique française décimée par les scandales de toutes sortes.Il fallait entendre samedi cet homme issu de la quatrième république dénoncer dans sa rhétorique ampoulée les «calotins» et les «obsédés de l’anti-racis-me», les «pleurnicheurs de profession» et les «aboyeurs professionnels», la «gauche caviar» et la droite «saumonnée».Sans oublier de prendre la défense du «petit Français» contre le «petit Marocain».qui est pourtant de nationalité française! Il se pourrait cependant que Jean-Marie Le Pen ait cette fois forcé un peu la note.D’un côté, le socialiste Henri Emmanuelli réclame son interdiction.De l’autre, de nombreux députés de droite exigent des poursuites.Refusant de «confondre la morale et le droit», le ministre de la Justice, Jacques Toubon, a préféré annoncer un renforcement des lois contre le racisme.Il faut savoir qu’en Allemagne, Jean-Marie Le Pen pourrait être poursuivi et son parti interdit Le ministre annonce pour le mois prochain une loi qui permettra de poursuivre ceux qui incitent à la violence raciste, même de façon indirecte.La guérilla juridique parviendra-t-elle à soigner un mal que toutes les médecines ne sont pas encore parvenues à endiguer?Plusieurs doutent ouvertement qu’il soit possible d’interdire la «connerie politique».«On n’interdit pas la peste, on la combat», disait de son côté François Léotard, président de l’UDF.Le jour de la mort de son fils, le docteur Michel Bourgat a poursuivi comme à l’habitude son service dans le quartier de la Belle-de-mai, l’un des plus multiethnique de Marseille.Une façon de lutter à sa manière contre tous ceux qui n’aiment pas la vie! Ses outrances ne paraissent pas affecter la popularité de Le Pen qui recueille, année après année, les faveurs d’environ 15 % de l’électorat INDEX Agenda .B6 Avis publics.B4 Petites annonces .B6 Culture .B8 Économie .B2 Éditorial .48 Le monde .B5 Mots croisés.B6 Les sports .B4 METEO Montréal Nuageux.Bruine légère le matin.Eclaircies en après-midi.Max; 19 Québec Ensoleillé avec assages nuageux, 'ax: 21 Détails en B 6 L'ÉCONOMIE Une solide performance pour le Fonds de solidarité PAGE B 2 iïjjm LE MONDE Les partis nationalistes dominent en Bosnie PAGE B 5 MONTRÉAL Quand la chirurgie au laser fait des miracles PAGE A 3 Pour un nouveau contrat social Le prochain sommet socio-économique sera celui du consensus pour l’emploi ou celui de l’affrontement, avertissent les syndicats CLÉMENT TRUDEL LE DEVOIR Avec la force de leurs 800 000 cotisants et l’injection de deux millions de dollars dans une campagne publicitaire unitaire, les trois centrales syndicales — CSN, CEQ et FTQ — espèrent en arriver à infléchir le prochain sommet socio-économique, à la fin d’octobre, dans le sens d’un objectif prioritaire: l’emploi.Ce sommet sera celui du consensus en faveur de l’emploi ou celui de la rupture et de l’affrontement, a prévenu la présidente de la CEQ, Mme Lorraine Pagé, à l’occasion du lancement de cette campagne alors que le président de la FTQ, Clément Godbout, soutenait pour sa part que l’emploi ne saurait se «conjuguer au conditionnel».Le slogan choisi, celui que l’on verra sur les panneaux publicitaires et sur lequel deux messages télévisés de 30 secondes insistent, vise à sensibiliser tous les Québécois: «Conjuguons nos efforts.L’urgence, c’est l’emploi».Au Québec, l’on recense «près d’un million d’exclus» — dont 30 à 50 000 sortent des rangs de la FTQ, selon le secrétaire général de cette centrale, Henri Massé.Ces ex- clus ont besoin de retrouver leur dignité dans une société qui, comme l’ont répété hier les trois présidents des centrales, n’est pas destinée à copier les Harris (Ontario) et Klein (Alberta).Devant quelque 150 représentants de fédérations et de regroupements régionaux, les chefs syndicaux n’ont pas lésiné sur les appels à la mobilisation.Gérald Larose, président de la CSN, voit dans ce sommet, qui fait suite à celui tenu en mars dernier, l’occasion VOIR PAGE A 10: SYNDICATS 25 ans de combats |S®£ PHOTO JACQUES NADEAU Il y a vingt-cinq ans, un 15 septembre, Irving Stowe, Jim Bohlen et Paul Côté lançaient le mouvement «Ne faites pas de vagues» pour stopper les essais nucléaires américains dans l'archipel d'Amchitka, en Alaska.Devant le peu d'efficacité de l'étiquette choisie, ils créaient un nom en forme de slogan: Greenpeace.Les nouveaux chevaliers de la Table ronde Greenpeace compte aujourd'hui trois millions de membres, répartis dans 158 pays.Ses 60 bureaux dépensent annuellement près de 150 millions US.LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR Il y a vingt-cinq ans, un 15 septembre, Irving Stowe, Jim Bohlen et Paul Côté lançaient le mouvement «Ne faites pas de vagues» pour stopper les essais nucléaires américains dans l’archipel d’Amchitka, en Alaska.Devant le peu d’efficacité de l’étiquette choisie, ils créaient un nom en forme de slogan, Greenpeace ou la paix ver- Après 25 ans de campagnes anti-nucléaires, sur terre et sur mer avec sa propre flotte, à la poursuite des incinérateurs mobiles et des chasseurs de baleines, à cache-cache océanne sur les sites d’essais atomiques, après le sabotage du Rainbow Warrior par des barbouzes français et la mort du militant Fernando Pereira, quelques dizaines te, pour bien camper leur double phi- CRFFNDF ACE 2°uvernements vont signer d’ici nnpInilPS ioiirs 1p nrpmîpr trait#* cnr losophie.Et, deuxième ingrédient d’une formule qui allait faire trembler multina tionales et gouvernements, ils affrétaient un rafiot, le Phyllis Cormack, pour défier la flotte militaire américaine.Ils eurent la chance d’être arrêtés, ce qui ajouta au retentissement de l’expédition qui voulait occuper littéralement le secteur de l’explosion.Les essais suivants furent annulés! quelques jours le premier traité sur l'interdiction des essais nucléaires souterrains.Ce qui est loin d’être une première pour la «multinationale verte».Pour les uns, le siège social de Greenpeace international, à Amsterdam, est l’équivalent contemporain de la Table ronde, réunissant les chevaliers verts du 20e siècle.Pour les autres, il s’agit d’une sorte de mafia internationale de la subversion ou d’un hydre nouveau genre qui LES ACTUALITÉS Lagunes de Mercier: Laidlaw s’en tire avec une amende de 10 000$ PAGE A 6 Chrétien réitère sa confiance en Boyle et Collenette MANON CORNELLIER ï~ DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Le ministre de la Défense David Collenette et son chef d’état-major Jean Boyle resteront en poste, parole du premier ministre Jean Chrétien.Quant aux militaires qui remettent en question le leadership de leur grand patron, ce ne sont que des personnes mécontentes des changements apportés depuis quelques années, et ils peuvent faire leurs valises, a indiqué le ministre Collerette.A l’opposition, qui profitait du retour de la Chambre hier pour demander sur tous les tons la démission de MM.Collenette et Boyle, le premier ministre a offert une réponse: Non.Et il n’a pas hésité à réitérer sa confiance en son ministre et ami et en son chef d’état-major.«Le ministre de la Défense a un travail à faire.Le général Boyle a un travail à faire.La Commission d’enquête sur la Somalie a un travail à faire.Laissez-les faire leur travail.Je fais confiance au ministre de la Défense et au général Boyle», a dit M.Chrétien sans hésiter.Le ministre de la Défense et le général Boyle sont sur la sellette depuis plusieurs mois à la suite de révélations concernant l’altération et la destruction de documents réclamés en vertu de la Loi d’accès à l'information et portant sur la mission somalienne.VOIR PAGE A 10: CHRÉTIEN Le premier ministre attribue les critiques des militaires à la frustration engendrée par les compressions Or nazi La Suisse lève le secret bancaire La presse britannique évalue les dépôts à plusieurs milliards SERGE ROMENSKY AGENCE FRANCE-PRESSE Berne — La Suisse, piquée au vif par les attaques internationales l’accusant d’avoir volé l’or des nazis et I de leurs victimes, a décidé hier de lever un tabou datant I de 1934: le secret bancaire.Excédé, le ministre suisse des Affaires étrangères Fla-vio Cotti a dénoncé dans une conférence de presse ce ! qu’il considère comme «une véritable campagne de pres-I se» menée contre la Suisse et ses banques.M.Cotti a accusé nommément un rapport du Foreign Office, publié à Londres le 10 septembre, d être à l’origine de cette campagne.Il a évoqué la «grave atteinte» portée à limage de la Suisse.«On reproche en effet à la Suisse de stocker encore aujourd'hui des biens volés des nazis pour un montant de centaines de millions de francs, si ce ne sont des mil-! liards», ce qui revient à accuser la Suisse d’avoir été ! «d’une certaine manière le receleur du régime nazi», a VOIR PAGE A 10: SUISSE VOIR PAGE A 10: GREENPEACE I.K I) K v l) I IS .I.!•: M AUDI 17 S K I' T li M 15 It K I !) !) (i LE DEVOIR m ROGER ROY Horloger bijoutier 935, La Gauchetierc Ouest Montréal H3B 2M9 Siège sociiil du CN tel.: (514) 861-4489 Des boucles d 'oreilles Æû m?r mm .; mëW wmmm ¦ ;> *A-?i .¦ \v\- mm H® â&lK .' MM lÊtSSM !pSS#ii S &¦ KÿJ.ÆSV''-.-.: :-' ;.,v4^ B 5,JW IS |.1 ï:¥:Z mrnÊÊ ¦:Z •¦¦¦¦ ':¦• ¦' y;- ' .• " ¦ .¦ "ï.^ ' ¦ • : ¦; • '//''-V ' .y .' ./ • ; •/' ¦>“ A |t®V, p '• .¦ ."v :-." .: , •:.¦¦•’ Le Shuttle Canadien: 43 vols quotidiens entre Montréal et Toronto chaque jour d'affaires.> Plus de vols vers plus de destinations au Canada que toute autre compagnie aérienne.> Le plus de vols sans escale et le plus grand nombre de destinations vers l'Asie à partir du Canada.> Plus de 500 destinations à travers le monde, avec nos partenaires American Airlines et British Airways.Appelez Canadien au 1 800 665-1177, ou votre agent de voyages dès aujourd'hui.Ou bien visitez notre site Web à l'adresse suivante: www.cdnair.ca.V' ¦n 142 I, H I) li V OIK.I.!¦: M A I! I) I I S K I' T !•; M It It E I !» !) (i AC [TALI n LE DEVOIR - L’Alliance autochtone appuie Guy Bertrand MARIO CLOUTIER DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC L) Alliance autochtone du Québec, qui regroupe 60 000 < membres vivant hors réserve, appuie l’avocat Guy Bertrand dans sa cause qui l’oppose au gouvernement québécois sur la constitutionnalité d’un référendum québécois menant à une déclaration unilatérale d’indépendance.Le grand chef et président de l’AAQ, Fernand Chalifoux, affirme que son organisme a pris cette décision en raison de maintes disputes survenues avec le gouvernement du Québec à la suite du référendum et du silence de Québec au sujet des revendications des autochtones vivant hors réserve.M.Chalifoux a rencontré Guy Bertrand hier pour lui faire part de son intention.«M.Bertrand se bat sur la question de la Charte des droits et libertés et de la Constitution.Pour ce qui est des questions autochtones, le combat porte aussi sur la Charte et sur nos droits reconnus dans la Constitution canadien- .ne.» , L’Alliance autochtone du Québec, dont le budget annuel ; s’élève à 200 000 $, tenterait de se prévaloir d’un programme fédéral pour la soutenir financièrement devant les tribunaux.Les avocats de l’AAQ comptent déposer une requête devant la cour la semaine prochaine à Québec, selon la décision de Guy Bertrand de continuer ou non son combat, décision que l’avocat de Québec doit annoncer jeudi.«Toutefois, si M.Bertrand décide de ne pas aller de l’avant, rien ne dit que nous ne le ferons pas», a ajouté Fernand ; j Chalifoux.Avouant, en conférence de presse, que la cause Guy Bertrand était une «bonne occasion» de faire valoir le point de vue de l’AAQ, M.Chalifoux a indiqué que la loi 1 du gouvernement québécois ne reconnaît que les droits des autochtones vivant sur des territoires de propriété exclusive autochtone.Cela signifie, selon lui, que le gouvernement du Québec n’a aucunement l’intention de reconnaître les droits des autochtones vivant hors des réserves.Il a parlé d’un «objectif d’assimilation forcée» à l’égard des autochtones qui ne vivent pas dans des réserves au Québec, uc «On demande au gouvernement québécois de nous reconnaître ce qu’il demande pour la population du Québec.C’est-à-dire que nous formons un peuple distinct, qu’on est là et que l’on ne s’en ira pas.» EN BREF ?.U SIX MOIS DANS L’ESPACE c ! Cap Canaveral, Floride (AP) — Après six mois passés à tourner autour de la terre, l’astronaute Shannon Lucid voit - enfin arriver l’heure de la relève.Mais la navette Atlantis, partie hier pour la station Mir afin de la récupérer, connaît un problème technique qui pourrait amener la NASA à .a abréger la mission de 10 jours.Priorité de ce vol, le rempla-9 bernent de la femme astronaute par son collègue John Bla-ii,ha n’est pas remis cause, et l’amarrage entre la navette américaine et la station russe devrait avoir lieu comme pré- j vu demain.Le lancement, hier à l’aube, depuis la base de ü Cap Canaveral, a déjà eu lieu avec plus de six semaines de retard — en raison d’abord d’une panne des propulseurs puis de deux ouragans.Si Atlantis revient sur terre le 26 -i septembre comme prévu, Shannon Lucid, une biochimiste de 53 ans, mère de trois enfants, établira un record mondial de vol en orbite pour une femme (188 jours).-?- POLICIER DUPONT: UN SUICIDE Trois-Rivières (PC) — Le pathologiste américain Michael Baden, qui a réalisé le mois dernier une seconde autopsie sur les restes du policier Louis-Georges Dupont, accrédite la thèse du suicide.Témoignant hier devant la commission d’enquête sur la mort du policier, l’expert s’est dit persuadé que la balle mortelle est entrée dans le sternum et est ressortie par le dos.L’hypothèse du meurtre avancée par la famille de Louis-Georges Dupont est ainsi durement ébranlée.La contamination des lagunes de Mercier Laidlaw s’en tire avec une amende de 10 000 $ Les groupes environnementaux lui décernent la «Moppe d’or» LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR Laidlaw s’en est tiré hier avec une amende de 10 000 $, soit le cinquième du maximum prévu par le règlement sur les déchets dangereux, pour avoir enfoui illégalement des centaines de barils et pièces d’équipements contaminés, notamment par des BPC, dans le sous-sol du terrain du seul équipement d’incinération autorisé sur le territoire québécois.La compagnie devait cependant recevoir hier, à l’occasion du 251’ anniversaire de Greenpeace, le prix de la «Moppe d’or», qui lui a été attribué unanimement par une trentaine de groupes environnementaux québécois pour son «comportement environnemental inacceptable».Laidlaw a accueilli avec satisfaction la sentence du juge Mercier.Mais son porte-parole, Jacques Thivierge, ne savait quoi dire devant l’honneur imprévu de la Moppe d’Or.A son avis, le jugement Mercier «remet les pendules à l’heure» en montrant que Laidlaw a assumé ses responsabilités.Elle a dépensé plus de 9 millions de dollars pour nettoyer le site contaminé par une corporation avec qui elle n’avait rien à voir avant 1989, date à laquelle elle a acheté Tricil.La sentence de 10 000 $, qui a été dénoncée avec une verdeur sans précédent par le milieu environnemental, a été rendue par le juge Michel Mercier de la Cour du Québec de Valleyfield.C’est le juge Mercier qui avait acquitté Laidlaw en première instance en statuant que c’était le ministère de l’Environnement qui avait somme toute déclenché l’écoulement des barils contaminés en les excavant.La Cour supérieure devait maintenir cette décision, finalement renversée par la Cour d’appel.La Cour suprême devait confirmer la responsabilité de Laidlaw en refusant d’accueillir sa demande d’appel.La cause fut donc renvoyée au juge Mercier qui a justifié son verdict en écrivant que «selon la preuve, il n’y a pas eu de dommages directs causés par l’enfouissement des barils et condensateurs».Il note cependant comme facteur «aggravant» que Laidlaw a, «malgré le fait qu’elle avait le monopole de la dépollution dans cette région, trompé tout le monde en polluant».Mais le magistrat réserve ses commentaires les plus acides au président de la Société pour vaincre la pollution, Daniel Green, l’accusant d’avoir «trompé le Tribunal» en déclarant qu’il était biologiste alors qu’il ne détenait pas ce diplôme universitaire.Le magistrat accuse M.Green «d’entêtement» et ajoute même que «sa subjectivité a faussé sa capacité de discernement».Il élargit ensuite ses commentaires à tous les autres environnementalistes au dossier, lesquels auraient contribué «à créer chez les gens un état de crainte, voire de panique, ce qui, plutôt que de les protéger et de les renseigner, leur crée un tort immense».Au moment où le juge Mercier stigmatisait Daniel Green et ses collègues de Mercier, Greenpeace Québec révélait que les 30 groupes environnementaux consultés pour la Moppe d’or avaient choisi unanimement Daniel Green comme l’environnementaliste le plus utile au débat environnemental.Le directeur de Greenpeace, François Tanguay, a pour sa part qualifié le nouveau jugement Mercier de «véritable permis de polluer» en raison de la faiblesse de l’amende imposée.Le maximum de 50 000 $, prévu dans la réglementation actuelle, est le résultat d’un oubli commis inten- tionnellement ou non lors de l’ajustement des clauses pénales des différents règlements québécois.Pour un rejet de purin de porc, un individu peut écoper maintenant d’une amende de 200 000 S.- Daniel Green, de son côté, n’en revenait pas d’être finalement l’objet des blâmes du juge Mercier alors que Laidlaw s’en tire, à son avis, avec une «amende ridicule».C’est Daniel Green qui avait effectué l’enquête devant conduire à l’incrimination de Laidlaw au début des années 90.«C’est moi qui deviens le bouc émissaire de l’histoire.Comme si Laidlaw n’avait pas enfoui 800 pièces d’équipement contaminées.En somme, le problème, ce n’est pas que Laidlaw ait commis une illégalité, c’est que nous l’ayons dénoncée.Je suis sorti du Palais de justice en me demandant sur quelle planète vivait ce juge.Moi, j’accuse ce juge de manquer de sens d’objectivité par rapport au dossier.» Quant au président de Décontamination Mercier, Gaston Bemier, il qualifie le jugement Mercier de «favorable à la compagnie et méprisant pour les citoyens».«Le juge réduit le problème à une affaire de publicité alors qu’il y a un problème réel et énorme.Il tape sur Green et les témoins.Il nous fait porter l’odieux du jugement après nous avoir fait porter l’odieux de la preuve», puisque les «victimes» ont dû, sans succès u ailleurs, démontrer les dommages subis par eux.Décontamination Mercier demande à Québec d’en appeler de cette sentence et d’examiner s’il n’y aurait pas matière à outrage parce que Laidlaw a entrepris d’envoyer à Grande-Piles ses sols contaminés alors que cette question était l’objet d’une demande d’ordonnance pendante devant le juge Mercier.PHOTO JACQUES NADEAU C’EST DANS la rigolade que les athlètes Jacqueline Gareau et André Viger ont accepté hier la présidence d’honneur du Marathon de l’île de Montréal 1996.L’épreuve d’endurance aura lieu dimanche prochain dans les rues de Ville Saint-Laurent, Ville Mont-Royal, Outremont et Montréal.Organisé par le Club des coureurs sur route de Montréal, ce 25e marathon comporte également des courses de fauteuil roulant, de relais et de patins à roues alignées.Le coup d’envoi se fera sur le boulevard Sainte-Croix, en face du Cégep Saint-Laurent, à compter de 8h.Des formulaires d’inscription sont encore disponibles dans tous les dépanneurs Couche-Tard.Conduite en état d’ébriété Les Québécois sont contre le versement d’indemnités PRESSE CANADIENNE Québec — Au moins quatre Québécois sur cinq estiment qu’un conducteur blessé alors qu’il conduisait en état d’ébriété ne devrait pas être indemnisé par la SAAQ.Plus de 85 % des gens croient même que les victimes devraient pouvoir poursuivre les criminels de la route devant les tribunaux.Ces données sont tirées d’un sondage que vient de mener la firme Léger et Léger pour le compte d’une association d’accidentés de la route qui tente de faire modifier la loi sur la sécurité routière.En vertu du régime actuel, tous les accidentés de la route sont indemnisés par la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ), même ceux qui ont causé l’accident en commettant un crime (ébriété au volant, conduite dangereuse, etc.).Un groupe d’accidentés, dirigé par l’avocat québécois Marc Bellemare et Mme Lisette Lapointe, l’épouse de l’ex-premier ministre Jacques Parizeau, mènent une lutte pour que la loi soit modifiée.Ils veulent qu’on cesse d’indemniser ceux qu’ils appellent «les criminels de la route», c’est-à-dire ceux dont le comportement criminel a causé un accident routier.Le sondage rendu public hier indique que la population québécoise appuie massivement ces changements.Ce sondage Léger et Léger, mené auprès de 1001 Québécois à la mi-août, indique que 81,1 % des citoyens sont opposés au versement d’indemnités de la SAAQ à un conducteur blessé lors d’un accident alors qu’il conduisait en état d’ébriété.Jouissez du plaisir de la perfection.r\jgf/ \ / (f n 1910, Rolex a fabriqué une montre si petite quelle pouvait être portée au poignet.Portant une attention rigoureuse à chaque détail, Rolex a forgé une norme de qualité et d’excellence.Aujourd’hui, la précision détaillée de chaque montre Rolex continue d’inspirer le plaisir de la perfection.W ROLEX OYSTER PERPETUAI.LADY-DATE OYSTER PERPETUAI DATEJUST Nous sommes fiers d’être votre bijoutier agréé Rolex.Lnéiouforie Gàmbard Vente et service technique 630-A Cathcart Montréal Centre-Ville 866-3876 Les neuro-chirurgiens sont en rogne contre leur fédération ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Les neurochirurgiens accusent leur fédération, celle des médecins spécialistes (FMSQ), de saboter un plan de regroupement global des services en neurochirurgie qui sauverait 25 millions aux caisses de l’Etat.Et cela, parce que ce plan préconise haut et fort la rémunération à forfait.Jeudi dernier, le président de l’Association des neurochirurgiens, le Dr Jacques Boucher, a claqué la porte de la Fédération des médecins spécialistes du Québec et a donné sa démission après en être arrivé à la conclusion que sa propre fédération faisait tout son possible pour noyer ce dossier.«C’est normal que l’establishment trouve ce dossier inconfortable, mais après un an et demi de négociations, j’en suis arrivé à la conclusion que c’était la fédération qui bloquait le dossier», a-t-il déclaré vendredi dernier.Le plan prôné par les neurochirurgiens consiste à regrouper en dix unités les 44 lieux où se pratique à l’heure actuelle la neurochirurgie au Québec.Et cela, pour assurer une meilleure répartition des services et des 40 neurochirurgiens sur le territoire québécois et minimiser les coûts pour le système de santé.En concentrant les équipements et les spécialistes, les neurochirurgiens estiment que la population sera mieux servie et que la profession cessera de se décimer.«Plusieurs neurochirurgiens sont surchargés et partent pratiquer ailleurs.Il y avait 62 neurochirurgiens au Québec en 1970 et il en reste 38.Notre plan vise d’abord à sauver la neurochirurgie au Québec», affirme le Dr Boucher.L’Association des neurochirur- giens estime qu’il en coûte environ 89 millions à l’Etat chaque année pour assurer les services de neurochirurgie.En raison de l’éparpillement des ressources, chaque spécialiste coûte 1,9 million par année à l’Etat en salaire et en équipements.Après un regroupement des services et le passage à un mode de rémunération à forfait, l’association évalue que le gouvernement sauverait 25 millions.Plus qu’une hausse des honoraires, les neurochirurgiens veulent obtenir de Québec une assurance que chaque unité de neurochirurgie pourra disposer de dix lits et d’une journée et demie en salle d’opération chaque semaine.«Ça ne sert à rien d’augmenter nos salaires s’il n’y a pas de lits pour soigner nos patients», affirme le Dr Boucher.Hier, le Dr Pierre Gauthier, président de la FMSQ, a nié que son organisme soit en désac- cord avec ce projet, prônant la rémunération à forfait.«Je ne comprends pas le geste de M.Boucher.On a mis sur pied une table de discussion et un projet a été déposé il y a duc jours au ministère.Nous sommes d’accord avec la rémunération forfaitaire, elle existe même depuis un an à l’hôpital Sainte-Justine», a-t-il défendu.Seulement, la complexité du dossier fait en sorte que le dossier chemine lentement.Au cabinet du ministre de la Santé, on indiquait hier que ce projet faisait toujours l’objet de négociations et suivait son cours.«Nous avons eu une nouvelle version de cette proposition il n’y a qu’une semaine.Le ministre Rochon a toujours dit qu’il y aura évolution des modes de rémunération et de la gestion des types de médecine au cours des prochaines années», a fait valoir hier Martin Caillé, l’attaché de presse du ministre.La lutte contre l’impuissance subventionnée PRESSE CANADIENNE Québec (PC) — Un médicament pour faciliter l’érection vient d'être inscrit sur la liste des médicaments gratuits pour certains bénéficiaires de l’assurance-maladie, mais l’opposition libérale s’étonne, en contrepartie, qu’on n’ait pas inscrit par la même occasion un médicament pour la sclérose en plaques.«Je trouve cela dommage, car le médicament Bétacéron a été bienfaisant pour plusieurs personnes atteintes de la sclérose en plaques», a déclaré hier à la Presse canadienne le député libéral de Robert-Baldwin, Pierre Marsan.L’opposition a porté à l’attention des médias qu’en juillet dernier, lors de la révision biannuelle de la liste des médicaments, on y a inscrit un produit appelé Caverject, qui vise à régler les dysfonctions érectiles chez les hommes.Il s’agit de la liste des médicaments dressée par le Conseil consultatif de pharmacologie et approuvée l>ar le ministre de la Santé.Les médicaments inscrits sur cette liste sont gratuits lorsqu’ils sont prescrits aux bénéficiaires de l’aide sociale ou aux personnes âgées de 65 ans et plus.Au même moment, le Bétacéron, fabriqué par la compagnie Berlex et qui vise à réduire la densité des crises chez les personnes atteintes de sclérose en plaques, n’apparait toujours pas sur la liste.Le député Marsan a dit espérer que ce n’est pas pour des motifs d’économie que le Bétacéron n’est pas inscrit.Ce médicament coûte 1410 $ par mois pour un patient, soit 17 000 § par année.On évalue à envi- ron 3000 le nombre de Québécois atteints du type de sclérose en plaques pouvant être traité avec le Bétacéron.M.Marsan a noté que la liste dressée par le Conseil de pharmacologie existe justement pour permettre aux bénéficiaires de recevoir des médicaments qu’ils seraient incapables de s’offrir autrement Le Bétacéron est déjà reconnu dans plusieurs pays occidentaux, notamment au Royaume-Uni, au Danemark.en Suède, en Allemagne et aux Etats-Unis, ainsi qu’en Ontario, a-t-il fait valoir. I.H I) E V 0 I H .I.K M AUDI 17 S lè I’ T K M B K K I I) » (i A 7 LE DEVOIR POLITIQUE Mario Dumont modifie le cap Il se définit maintenant comme «nationaliste» et propose un moratoire de dix ans sur les questions constitutionnelle et linguistique .91 ! 1/ : •M 'III PIERRE O’NEILL LE DEVOIR D> abord fédéraliste puis souverainiste, l’Action démocratique du Québec se reconnaît aujourd’hui davantage dans l’épithète «nationaliste» et propose un moratoire d’une décennie sur les débats constitutionnel et linguistique.Mario Dumont ne sait plus s’il est fédéraliste ou souverainiste.Quand on lui pose la question, il se réfugie derrière cette réponse sibylline: «L’ADQ n’est certainement pas un parti idéologiquement obsédé par cette question.On a toujours prôné le renouvellement d’un nouveau partenariat avec le Québec et le reste du Canada».Un peu plus tard, celui qui a fait la campagne référendaire aux côtés de Jacques Parizeau et Lucien Bouchard apportera cette précision: «Je n’ai jamais dit qu’on va laisser tomber les intérêts du Québec.L’ADQ a toujours été un parti nationaliste».Flanqué de Jean Allaire, son maître à penser, il a rendu public hier le projet de programme politique qu’il soumettra aux délégués du congrès de son parti, en octobre, à Saint-Jean.Intitulé Un virage essentiel pour un Québec en marche, le document constitue en somme un hymne au courant néoli-béraliste.Pourquoi un moratoire sur les questions constitutionnelle et linguistique?«Parce que le Québec a besoin d’harmonie et de stabilité.Les Québécois souhaitent un répit d’une durée significative quant aux débats identitaires, pour mieux unir les forces dans une vaste opération de renforcement économique.» Le virage que propose l’ADQ est centré sur deux axes: la relance de l’économie à travers une modernisation du rôle du gouvernement et une fiscalité allégée; une réforme complète des programmes sociaux, afin de les rendre plus efficaces et de valoriser le travail en tout temps.En mettant de l’avant des solutions radicales aux problèmes socio-économiques, Mario Dumont tente-t-il de se démarquer du Parti québécois ou de se distancer du PLQ?Ou encore de freiner la baisse des intentions de vote dans les sondages?Tout au plus a-t-on pu apprendre que le chef de l’ADQ ne croit pas aux sondages.Quoi qu’il en soit, les 500 congressistes seront appelés à voter sur une douzaine de propositions, notamment: Il circonscrire le rôlp de l’Etat québécois à celui d’un Etat facilitateur ou catalyseur, consistant à n’inter- PHOTO ARCHIVES venir que pour favoriser la mise en place de conditions propices à l’éclosion de projets économiques et sociaux souhaitables pour l’ensemble de la collectivité, faisant appel à une synergie optimale des partenaires du secteur privé.De même, l’État québécois ne devrait offrir des biens et services publics que s’il est démontré un net avantage à se substituer au secteur privé; ¦ fixer un objectif de réduction de la taille de l’État et de réduction graduelle de la fonction publique de l’ordre de 25 % par rapport au niveau actuel, en accompagnant cet objectif de mesures de transition pour le personnel affecté; fl harmoniser le système fiscal et le système de sécurité du revenu en vue d’assurer une incitation au travail; B réduire le niveau moyen d’imposition et de taxation; appliquer un taux d’imposition uniforme sur le revenu des particuliers; donner une exemption de base de 15 000 $ à chacun des contribuables adultes, en remplacement de toutes les autres déductions et de tous les autres crédits; examiner le recours aux taxes sur la consommation, en appliquant des taux variés en fonction de la nécessité ou non des biens et services, en contrepartie d’une baisse de l’impôt sur le revenu des particuliers; abolir la majorité des dépenses fiscales ou des abris fiscaux; recourir davantage à la tarification des produits et services; fl établir un impôt minimum sur les entreprises et les fiducies; re- voir à la baisse les taux des charges sociales des entreprises, en commençant par les plus dommageables pour l’emploi comme celles imposées par la CSST; contrer l’évasion fiscale par des mécanismes accrus de vérification; B envisager la possibilité de vendre certains actifs ou de privatiser certaines sociétés d’État en tenant compte de leur rôle stratégique; attribuer un impôt ou une taxe spéciale dédié à la réduction de la dette; B intégrer les divers programmes de soutien du revenu en un seul; assurer tous les citoyens d’un revenu minimum en appliquant une formule d’impôt négatif; B instaurer le principe de la responsabilité partagée pour les personnes disponibles à l’emploi et bénéficiaires du revenu minimum; c’est-à-dire la responsabilité du gouvernement de contribuer à fournir des opportunités réelles de formation ou de retour à l’emploi; la responsabilité du citoyen de saisir les opportunités offertes à moins de motifs clairement valables; B examiner les programmes de la Société d’assurance-automobile du Québec et de la CSST, pour les modifier de façon à n’en conserver que l’essentiel.i ni - • Le Hir, le «mutant» Le PQ, croit-il, doit cesser de promouvoir la souverainté MARIO CLOUTIER DE NOTRE,BUREAU DE QUEBEC Le député indépendant d’Iberville à l’Assemblée nationale, Richard Le Hir, invite le gouvernement du Parti québécois à renoncer à la poursuite de son option souverainiste.Selon l’ancien ministre délégué à la Restructuration sous Jacques Parizeau, le PQ a perdu toute légitimité démocratique depuis la défaite référendaire d’octobre dernier.«L’appui de la population québécoise à l’option de la souveraineté dépasse celui qu’obtient le Parti québécois.Pour cette raison, le Parti québécois et le gouvernement devraient laisser à d’autres le soin de s’occuper de la souveraineté.» En conférence de presse hier, M.Le Hir y est allé de quelques recommandations à son ancien parti pour répondre aux urgences du contexte économique actuel, notamment la privatisation partielle d’Hydro-Québec, celle de Domtar et la réduction des taxes sur la masse salariale.«En ce moment, le secteur privé boude le Québec en raison de l’option souverainiste du gouvernement.La question n’est pas de savoir si c’est à tort ou à raison.Il suffit de savoir que cela se fait et de faire ce qu’il faut pour que cela cesse.» Se définissant dorénavant comme un «souverainiste mutant», le député d’Iberville a indiqué que le gouvernement ne pourrait relever les défis de l’assainissement des finances publiques, de l’emploi et de la modernisation de l’économie sans laisser tomber son option souverainiste.«Le gouvernement continue de faire comme s’il avait un mandat de poursuivre l’objectif de la souveraineté.Quant à moi, il n’a plus ce mandat.Le Parti québécois l’a toujours, mais le problème vient de la confusion des rôles entre le PQ et le gouvernement.» Même s’il considère toujours la souveraineté comme Richard Le Hir étant un objectif légitime pour le Québec, M.Le Hir a indiqué qu’il voterait «non» à un éventuel référendum s’il était tenu dans les conditions actuelles.«On vit une situation en mutation et, dans une mutation, c’est logique de s’interroger sur les gestes qu’on a à poser.On avait proposé un projet aux Québécois, ils l’ont refusé, et il faut s’adapter à cette réalité en tirant les conséquences qui doivent être tirées.Est-ce que ça veut dire qu’il faut mettre le souveraineté de côté?J’ai suggéré que ça fasse l’idée d’un débat.Je ne peux pas tenir ce débat-là tout seul.» Président de l’Association des manufacturiers du Québec, avant de faire le saut en politique en 1994, Richard Le Hir avait démissionné du Parti québécois en mai dernier dans une lettre adressée au premier ministre Lucien Bouchard.Ce départ faisait suite à ce qu’on a appelé «l’affaire Le Hir», un scandale sur l’octroi de contrats de son ancien ministère, le Secrétariat à la restructuration, pour des études sur la souveraineté du Québec.Un rapport du vérificateur général du Québec a décrété que l’ancien ministre n’avait pas participé à le négociation de ces contrats, ni pris avantage à leur négociation.La Sûreté du Québec poursuit toujours une enquête à ce sujet.Malgré tout, M.Le Hir dit avoir gardé la confiance des électeurs de sa circonscription.Au cours de l’été, il a rencontré plusieurs d’entre eux qui lui auraient confirmé leur appui.Quant à son avenir politique, il est resté plutôt vague.«Je ne suis pas dans une position pour rejeter quelque possibilité que ce soit en ce moment.Il n’y a que les imbéciles qui excluent toutes les possibilités», s’est-il contenté de répondre aux journalistes qui voulaient savoir s’il allait bientôt se joindre au Part libéral ou à l’Action démocratique.x Le Bureau d’information entreprend sa mission anti-souverainiste Ol Ti l|;i MANON CORNELLIER DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA OTl’AWA — Le Bureau d’information du Canada a officiellement ouvert ses portes hier à Ottawa, mais après trois mois de préparatifs, on n’en sait pas beaucoup plus sur ses futures activités.' Responsable du BIC, la ministre , du Patrimoine Sheila Copps a ten-'té, sans trop de succès, d’expli-‘ quer ce que ferait cette agence dotée d’un budget de 20 millions.«Le but principal est de trans-’ mettre de l’information aux Canadiens et de corriger les faussetés des séparatistes», a-t-elle dit sans ambages, à sa sortie des Communes.Pour justifier l’opération, elle a cité des évaluations faites par le journal Le Soleil selon lesquelles le gouvernement péquiste aurait dépensé 82 millions pour faire connaître son option alors qu’Otta-wa n’aurait dépensé que «50 millions» pour promouvoir l’unité canadienne.Vingt millions de dollars de plus lui paraissent donc «de l’argent bien dépensé».«Le gouvernement du Canada a le droit et le devoir de défendre la fédération du Canada contre les gens qui veulent briser notre pays», a-t-elle répété.Plus concrètement, le BIC distribuera des feuillets d’informa- tion, aura une ligne sans frais et un site Internet et «contrecarrera les mensonges des séparatistes», a répété à maintes reprises Mme Copps.«Nous utiliserons tous les moyens à notre disposition», a-t-elle ajouté sans offrir beaucoup de détails.Même si le bureau se rapporte à la ministre, il devra tenir compte des avis du Conseil privé et du ministre des Affaires intergouvemementales Stéphane Dion.«Je travaillerai très étroitement avec la ministre Copps, en particulier sur le contenu.Ma responsabilité est de voir au contenu de l’information distribuée», a-t-il confirmé hier, dans le foyer de la Chambre.L’entrée en scène du BIC survient à la veille de l’annonce, par Ottawa, de sa participation ou non dans la cause Bertrand.Le gouvernement fédéral devrait faire connaître sa décision cette semaine, a indiqué le ministre de la Justice Allan Rock la semaine dernière.Bloquistes et conservateurs s’opposent à toute intervention fédérale dans cette affaire.Le chef bloquiste Michel Gauthier estime qu’il revient aux Québécois de choisir leur avenir.Il maintient qu’il s’agit d’une question politique, pas juridique.Selon lui.les tergiversations du gouvernement démontre que le ministre de la Justice a induit les Canadiens en erreur en disant, le printemps dernier, qu’Ottawa s’associait à la cause Bertrand parce que Québec l’y forçait.«Il veut utiliser le carcan juridique pour créer une embûche de plus (pour les souverainistes) et ça fait partie du plan B du gouvernement», a soutenu M.Gauthier.Le chef conservateur Jean Cha-rest juge totalement inutile toute intervention d’Ottawa dans la cause Bertrand.«Ce gouvernement devrait mettre l’accent sur le plan A plutôt que le plan B, et je continue à m’inquiéter d’un gouvernement et d’un chef de gouvernement qui semblent dire implicitement à la population canadienne que l’hypothèse de la rupture est non seulement possible, mais probable.» A son avis, cette attitude nourrit l’anxiété des citoyens.M.Charest en a profité pour écorcher les initiatives de Mme Copps, que ce soit la distribution de drapeaux, l’été dernier, ou l’ouverture du BIC.«C’est inquiétant.Ce gouvernement est-il à ce point déconnecté de la réalité qu’il croit que 23 millions en drapeaux fournira la réponse?» a-t-il demandé.Il préférerait qu’Ottawa se dote d’un plan d’ensemble et fasse des propositions concrètes aux provinces en matière de partage des pouvoirs.Un an déjà ! Don Boudria organise à Ottawa un concert commémorant le rassemblement fédéraliste de Montréal MANON CORNELLIER DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Encore émus à l’évocation du grand rassemblement fédéraliste tenu à Montréal l’an dernier, des citoyens de l’Est ontarien, dont le député libéral Don Boudria, ont décidé d’organiser un concert commémoratif le 27 octobre prochain, à Ottawa.Leur but, d’expliquer M.Boudria, est de «transmettre un message à propos de l’unité canadienne et l’amour que nous avons tous, j’espère, à l’endroit de notre pays».Ils espèrent donc offrir 11 heures de musique continue à 1500 personnes qui auront déboursé chacune 10 $.Au menu: une douzaine de groupes musicaux dont on ne connaît pas encore tous les noms.Les futurs spectateurs savent, par contre, qu’ils pourront voir M.Boudria manier lui-même la guitare au sein du groupe rock True Grit Band, formé, comme son nom anglais l’indique, de députés libéraux.Parmi les quatre autres groupes dont les noms ont été dévoilés hier en conférence de presse, on compte deux orchestres amateurs et deux autres professionnels, dont le Bobby Lalonde Band.Tous les artistes, prévient le député Boudria, offrent leurs services gratuitement, et tout le travail sera bénévole.En fait, on ne prévoit aucune dépense puisque le Centre des congrès d’Ottawa et différents commerces ont accepté de commanditer l’événement.Le journal Ottawa Sun sera responsable de la promotion alors que la Chaîne parlementaire diffusera le concert sur le câble.Ticketmaster ne sera pas le seul à vendre des billets, les députés de la capitale fédérale ayant accepté de transformer leur bureau en billetterie.Quant à la compagnie aérienne Canadien International, qui avait vendu des sièges à rabais aux manifestants de l’an dernier, elle a donné deux billets qui seront offerts comme prix de présence.Les organisateurs souhaitent verser tous les revenus de l’événement au Fonds de défense du ralliement de Montréal créé en juin dernier par un autre député libéral de la région d’Ottawa, M.Mauril Bélanger.Le fonds doit servir à défendre les personnes poursuivies par le directeur général des élections du Québec qui les accuse d’avoir contrevenu à la loi référendaire québécoise.La cagnotte atteignait 27 000 $ la semaine dernière, à la veille d’un cocktail à 100 $ le couvert qui a réuni 200 personnes.Quatre des personnes accusées doivent comparaître en cour le 15 octobre prochain.«èlSg Commission du développeront urbain de Mo iltr WM lu ! fCp-j MONTREAL ÇJ?ce 'est toi m ville ! Etude publique Vous êtes invités à participer à la prochaine assemblée de la commission.Date: Le mardi24septembre 1996 Lieu : 275, rue Notre-Dame Est Hôtel de ville, salle du conseil Heure : 19 h Lors de cette assemblée, vous pourrez : • obtenir des renseignements sur les projets de règlement inscrits à l'ordre du jour; • poser des questions et exprimer votre opinion sur ces projets.La commission recevra vos commentaires et formulera des recommandations au comité exécutif.L'ordre du jour comprend les projets de règlement suivents, soumis par le comité exécutif : - Modification du règlement d’urbanisme visant à assurer une meilleure transition dans les zones et les bâtiments où l'on retrouve plusieurs usages dérogatoires, notamment par : - l'augmentation des possibilités de remplacement de ces usages : - l'assouplissement des normes régissant leur agrandissement; - la modification du zonage de certains secteurs dont ; - le côté ouest du boulevard Laurentien, entre les rues de Pontgravé et Périnault (district électoral de Cartierville); - le secteur compris entre la 18e Avenue et la 19e Avenue de la rue Everett jusqu'au boulevard Crémazie (district électoral de Jean-Rivard); - le côté est de l’avenue Charlemagne, entre la rue Hochelaga et l'avenue Pierre-De Coubertin (district électoral de Pierre-De Coubertin) ; - le côté est de l'avenue Madison, entre la rue Saint-Jacques et les voies ferrées (district électoral de Décarie); - le côté nord de la rue de Richelieu, entre les rues Sainte-Marguerite et du Collège (district électoral de Saint-Henri).Renseignements sur les dossiers et sur les prochaines assemblées : Service des relations avec les citoyens 1301.rue Sherbrooke Est Édifice Lafontaine 872-8265 Le greffier, Léon Leberge EN BREF ?PAS DE DISTINCTION SELON L’ÂGE » (Le Devoir) — La ministre d’Élat de l’Emploi et de la Solidarité, Louise Hard, affirme que la réforme de l’aide sociale qu’elle pilote ne prévoit aucune discrimination selon l’âge des bénéficiaires.«Il n’y aura pas de barèmes différents selon l’âge», a-t-elle déclaré au Devoir, hier.Samedi, le quotidien Le Soleil rapportait que les assistés sociaux de 18 à 24 ans vêtiraient leurs prestations réduites dé 167 $ par mois ou de 2(XX) $ par année.La ministre a indiqué que sa réforme proposera un changement de philosophie.Les assistés sociaux devront s’engager dans une démarche d’insertion.Mais «le changement n’affectera pas que les 18-24 ans», dit-elle.La ministre ajoute qu’il faudra distinguer entre la réforme de l’aide sociale et les compressions budgétaires de l’ordre de 250 millions de dollars imposées à son ministère par le Conseil du trésor pour la prochaine année; «Je ne veux pas déguiser des compressions en réforme», dit-elle.C’est pourquoi, vers la fin du mois, elle rendra publics simultanément son projet de réforme et son plan de compressions.Elle dévoilera par la même occasion la proposition de Québec pour une nbu-velle prestation unifiée pour enfants, afin, comme le proposait le comité» Fortin-Bouchard, de sortir les enfants de l’aide sociale.DION EST DANS L’ERREUR, DIT HAREL i (Le Devoir) — Le ministre fédéral Stéphane Dion est dans l’erreur lorsqu’il prétend que c’est à cause del son option souverainiste que le gouvernement refuse de participer à la redéfinition des politiques sociale^ au Canada, a soutenu hier la mi- 1 nistre québécoise de l’Emploi et de la Solidarité Louise Harel au cours d’un entretien avec Le Devoir.Elle réagissait à une accusation de M.Dion publiée hier dans Le Devoir.M.Dion déplorait vivement l’absence du Québec des discussions surlek politiques sociales.Mme Harel a frip-pelé que tous les gouvernements l québécois, qu’ils aient été souverainistes ou fédéralistes, depuis 30 aps, ont tenu la même position qui i consiste à réclamer, pour le Québec, la pleine compétence en matière de services sociaux.Ottawa, au contfai-re, parle de cogestion des pro- ; grammes sociaux entre le gouvernement fédéral et les provinces.«Lalco-gestion, ça n’a jamais été la position du Québec, même des fédéraliste?québécois», dit-elle.Mme Harel participe à Victoria à la conférence des ministres responsables des services sociaux.Voici pourquoi la chemise polo de Tilley; est probablement i « la meilleure au monde » La nouvelle chemise polo de Tille){ / a été reçue avec beaucou d’enthousiasme par nos clientes e clients.Vous pouvez toujour: compter sur Tilley Endurables pou vous offrir les meilleurs produits et leur genre au monde.Et c’est le caq pour cette nouvelle chemise poloj fabriquée pour nous au Canada.Vous serez ravi par la qualité de la confection, la texture du tissu (coton avec un soupçon de Spandex) ei l’élégance classique de ce vêtement.J Les golfers, entre autres! 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(I A « ÉDITORIAL Du théâtre séparatiste François Brousseau Malgré l’échec relatif de la «grande marche du Pô» qui a culminé dimanche à Venise dans une «déclaration d’indépendance de la Padanie», malgré le côté bouffon et excessif de la Ligue du Nord d’Umberto Bossi, on aurait tort de rejeter du revers de la main tout ce qu’a historiquement représenté ce mouvement en Italie.es sécessionnistes de la Ligue du Nord, réunis autour de leur clownesque leader Umberto Bossi, ont écrit ce week-end, par leur «déclaration d’indépendance» prononcée à Venise, un nouvel épisode du théâtre politique italien, assimilable à une Commedia dell’arte des temps modernes.Mais pour commencer, cette «Pa-ament les séparatistes nord-italiens, existe-t-elle seulement, forme-t-elle un peuple?D est vrai que l’Italie, unifiée tardivement dans la deuxième moitié du XIX' siècle, est faite historiquement de principautés et de républiques aux fortes personnalités propres.Au contraire de l’État français, l’Etat italien a brillé depuis un siècle par sa faiblesse*, tandis que la vie socioculturelle se distinguait par sa décentralisation et son dynamisme local.Cela dit, la «Padanie» — mot inconnu en Italie il y a encore un an — ne correspond pas à une identité culturelle, linguistique ou sociale aisément définissable.Certes, il y a bien, sur la carte correspondant au «tiers nord» de la Péninsule, des provinces: le Piémont, la Vénétie, la Lombardie, TÉmilie-Ro-magne, chacune avec son histoire distincte.Il y a surtout des villes—Turin, Milan, Venise, Bologne — aux identités locales très fortes.Mais le moteur de la spectaculaire irruption de la Ligue du Nord, au début des années 90, ce n’était ni une revendication culturelle, ni l’émergence d’une quelconque «nation» nordique italienne.Une nation qui n’existe, pour l'instant, que dans les fantasmes de quelques «ultras» épris de mythes médiévaux.C’était plutôt, et plus prosaïquement, une «révolte des portefeuilles» du riche Nord, devant la corruption et la gabegie qu’incarnent Rome et l’État central italien.Un soulèvement fiscal qui n’était pas exempt d’égoïsme et de racisme contre les méridionaux, considérés en bloc comme des paresseux, des assistés, des corrompus et des mafieux.Un mouvement de décentralisation qui eut toutefois, en son temps, l’effet bénéfique de «brasser la cage» vermoulue de l’édifice politique italien.Par sa revendication fédéraliste dans un pays perclus de centralisme et paralysé par un État unitaire omniprésent, la Ligue du Nord a indéniablement fait avancer le débat italien.À preuve: lorsque Bossi, en 1990, disait «fédéralisme», tout le reste de la classe politique répondait: Vade retro satanas! Aujourd’hui, ils sont tous devenus peu ou prou «fédéralistes».Suivant sa logique d’escalade, et enivré par sa logorrhée verbale, Bossi n’avait d’autre choix que de passer à une provocation supérieure.Le racisme qui a affleuré dimanche, lors de cette cérémonie bouffonne qui alliait symboles médiévaux et évocations celtiques à une rhétorique agressive, n’était que le dernier signe du dérapage d’un mouvement qui eut pourtant, à son heure, sa part de sérieux et de justifié.Quel effet peut avoir une «déclaration de souveraineté» lancée par un parti valant environ 30 % du vote populaire, qui n’a jamais obtenu de mandat pour faire l’indépendance, et dont le programme, il y a six mois encore — avec lequel il était allé aux élections — s’affirmait «fédéraliste»?Aucun, et il serait étonnant, une fois passée l’ubuesque pantalonnade de Venise, que les «chemises vertes» d’Umberto Bossi traduisent dans les faits leur théâtrale cérémonie de divorce.Pour autant qu’on sache, il n’y a pas de nation «padane», et la poussée séparatiste incarnée par Bossi est tout sauf démocratique.Bien peu à voir, donc, avec le Québec (qu’aiment parfois évoquer, avec une bonne dose d’ignorance, ces leghisti transalpins), ni même avec les mouvements nationalistes européens comme le catalan ou l’écossais, qui sont, eux, sérieux et démocratiques.Mais en Italie, le théâtre, c’est la vie, et on aurait tort de nier avec dédain toute signification à ce dernier épisode.Même exprimée sur le mode de l’excès, il y a, dans ce pays comme ailleurs, une véritable exigence de décentralisation et de changement radical.C’est pourquoi il serait dangereux de rejeter dans l’ombre, sous prétexte de bouffonnerie malséante, toute réforme allant dans ce sens.Cela ne pourrait que conforter le légendaire immobilisme politique italien, et donner du carburant aux «aventuriers de l’Arche perdue» à la Umberto Bossi.En Italie, la Ligue du Nord dérape mais exprime un malaise réel.Commission sous surveillance Jean-Robert Sansfaçon Cli====== ’est aujourd’hui que la Commission scientifique et technique dirigée par l’ex-président de l’Union des municipalités régionales de comté, Roger Nicolet, entreprend l’audition iL====J des principaux acteurs du drame qui a secoué e Saguenay en juillet dernier.Le désastre fut-il essentiellement le résultat d’un caprice de la nature, cet Act of God si souvent invoqué, ou si les mains humaines qui ac-tioflnaient les évacuateurs de crue des grands réservoirs n’y; furent pas aussi pour quelque chose?C’est là le cœur du mandat confié à la commission scientifique qui doit entendre aussi bien les propriétaires des installations que les sinistrés.Seul Dieu ne sera pas appelé à témoigner, même s’il a été plus souvent qu’à son tour mis en cause par les assureurs et les dirigeants politiques.La question qui circule sur toutes les lèvres ce matin, c’est de savoir si le comité d’experts pompeusement affublé du titre de «commission», réussira à faire toute la lumière sur les événements de cet été, malgré l’absence quasi totale de pouvoir dont il dispose.Or, certains renseignements troublants qui ont circulé depuis un mois, ont mis en évidence le rôle des gestionnaires de barrages, et permettent aujourd’hui de douter de la capacité d’un simple comité d’experts sans pouvoir judiciaire de forcer qui que ce soit à dire la vérité.En effet, malgré la crédibilité personnelle dont jouissent les membres de la commission, on voit mal ce qui inciterait des cadres de grandes entreprises, d’Hydro-Québec ou même du ministère de l’Environnement qui gère le plus important barrage de la région, à révéler des faits qui pourraient leur valoir une pluie de poursuites légales, ou leur faire perdre un emploi.L’honnêteté a ses limites, même lorsqu’il s’agit d’un acte divin! En refusant d’instituer une enquête en vertu de la Loi sur les commissions d’enquête, une procédure qui eût permis d’assermenter les témoins, de les obliger à répondre sous peine de condamnation et à fournir les documents confidentiels jugés nécessaires, mais qui eût aussi offert la protection de la commission aux témoins, le gouvernement a voulu éviter que l’enquête ne dérape en une chasse aux sorcières.En revanche, ce faisant, c’est la vérité qui risque d’être la nouvelle victime du déluge.Il est évidemment trop tôt pour préjuger de la qualité des renseignements qui seront transmis aux membres du comité d’experts.Pourtant, avec le recul de l’automne, comment ne pas se laisser convaincre que cette commission créée pour apaiser les inquiétudes des sinistrés à peine deux semaines après le désastre, pourrait avoir l’effet contraire?Si tel devait être le cas, Québec se devra de réagir rapidement et d’accroître les pouvoirs de la commission.LETTRES -+- Tolérance à sens unique Très belle vertu que la tolérance.et surtout d’un beau chic beau genre indiscutable en ces temps de rectitude politique! Je comprends très bien Mme Pi-nault de Québec {Le Devoir, 5 septembre 1996), de jouer les vierges offensées.devant les torrents de propos haineux qui ont déferlé sur notre nouveau lieutenant-gouverneur, Jean-Louis Roux, qui pourrait sûrement s’ajouter à la liste des sinistrés du déluge qui a balayé le Saguenay à la fin de juillet! Devant les provocations répétées des Jean Chrétien et sa bande de joyeux crétins, dont le comman-; dant -Radovan- Galganov et autres j truands de même acabit, il faudrait que les Québécois se taisent, la bouclent, ferment les yeux, se bouchent les oreilles, présentent l’autre joue, se mettent la tète dans le sable.et s’ils ne parviennent pas à se retenir, qu’ils se fassent ; hara-kiri sur l’autel de la divine to-î lérance! Il faudra bien un jour que tous fi-i nissent par comprendre que la loi du ‘ silence doit prévaloir! Et vive la tolérance à sens unique! ! J.F.Gaudette Laval, 12 septembre 1996 Précision De nombreux lecteurs nous ont communiqué hier leur désaccord avec la chronique de Normand Baillargeon publiée dans cette page et portant sur le prochain voyage de Jean-Paul II en France.Précisons que les opinions exprimées dans les chroniques de la page éditoriale sont celles des chroniqueurs et non celles de la direction qui accorde toujours à ceux-ci un large espace de liberté.Ces chroniques sont normalement soumises à la rédaction en chef avant leur publication mais celle-ci, dont le ton a choqué non sans raison plusieurs lecteurs, nous a échappé.Nos excuses à ceux-ci.Bernard Descôteaux Profession: professeur d’université Mon emploi du temps ne me permet de réagir qu’aujourdTiui, et très brièvement, aux foudres que Mme Bis-sonnette lançait, par son éditorial intitulé «Excès de vitesse» {Le Devoir, 9 septembre 1996) aux professeurs d’université dont la tâche parait lui sembler d’une légèreté universelle et inacceptable.Je ne peux me défendre moi-méme, non plus que mes collègues, contre une telle attaque personnelle sans être accusé d’un corporatisme suspect.Il revient aux personnes que nous formons dans nos salles de cours, dans nos laboratoires d’enseignement et de recherche et dans nos bureaux, de parler.Il revient aux organismes de toutes sortes auxquels nous consacrons notre temps gracieusement et avec enthousiasme, au secteur privé avec lequel nous collaborons, et au grand public auquel nous nous rendons disponibles par les médias et par l’accueil que nous lui réservons chez nous, de s’exprimer.C’est à eux de dire si les professeurs ne semblent pas, ici et là, mériter une appréciation plus nuancée.Si ces gens que nous servons demeurent silencieux, ou abondent dans le sens des propos de la directrice du Devoir, le sort des universités à l’issue des arbitrages à venir n’aura rien d’enviable.En démocratie, faut-il le rappeler, ces décisions appartiennent au peuple qui les sanctionne par l’expression de son avis, ou par son silence face à l’avis des autres.René Racine Professeur, Université de Montréal Directeur, Observatoire astronomique du mont Mégantic Montréal, 13 septembre 1996 fo\n$ P£>jTAijtt£ AW Moi/vK t>Z Pi* A*/£.• pêfri, MAÜ M'A PL üi , ΑAS#nT ' mMi r • r n et négociation.La participation institutionnelle des centrales syndicales se distingue du lobbying dans la mesure où elle s’exerce au sein d’organismes formels.(.) Ces organismes, au nombre d’une soixantaine, ne sont pas en principe des lieux de négociation et visent la gestion de problèmes économiques ou/et sociaux.La plupart de ces organismes ont été mis sur pied, durant la révolution tranquille, par le Parti libéral du Québec, en vue d’obtenir l’appui des forces vives de la société, dont les centrales syndicales, dans la lutte pour transformer l’État libéral, hérité du duplessisme, en un État keynésien et providentiel.Cette participation, qui exige beaucoup de temps et d’énergie, est-elle encoçe valable aujourd’hui, à l’ère de l’État néolibéral?Le temps consacré à l’un ou l’autre de ces organismes serait-il mieux utilisé en étant alloué aux membres?Voilà des questions qui n’ont pas de réponses a priori, mais qui exigent, dans une perspective de saine gestion, que l’évaluation des coûts et des bénéfices de cette participation soit faite périodiquement, et que cette évaluation soit soumise aux instances des centrales pour décision.La concertation est un mécanisme mis sur pied par le gouvernement du Parti québécois et utilisé, à certaines occasions, en vue d’obtenir l’adhésion des acteurs sociaux à des objectifs économiques ou/et sociaux.(.) Diane Bellemare, appuyée par la suite par Lise Poulin-Simon, est l’intellectuelle à l’origine de la concertation au Québec.La concertation — entre le patronat, le gouvernement et le syndical aux niveaux national, régional, local et au sein même de l’entreprise — serait le moyen privilégié pour atteindre le plein-emploi, comme le révélerait le modèle suédois.La concertation en vue du plein-emploi, préconisée par Bellemare et Poulin-Simon, est une utopie dans la mesure où elle requiert des changements considérables dont l’indépendance du Québec (ce que Bellemare finira par accepter) et un code de travail d’inspiration totalement différente de celui qui prévaut en Amérique du Nord (des négociations centralisées où le patronat uni et les syndicats unifiés sont capables d’imposer à leurs membres, dans le secteur privé comme dans le secteur public, les ententes intervenues au sommet).Cette concertation était une utopie concrète qui donnait un sens aux luttes des nationalistes sociaux-démocrates, majoritaires aux sein des centrales syndicales et dominants parmi les militants du PQ.Cette utopie devient cependant une fumisterie lorsqu’on la maintient, alors même que le modèle sué- dois du plein-emploi s’est écroulé, victime malheureuse du marché mondial.La concertation doit être évaluée, non à la lumière de cette utopie désormais abstraite, mais à la lumière de ce qu’elle apporte concrètement.Et cette évaluation doit tenir compte que, si la concertation peut camoufler l’opposition des intérêts entre les parties, elle ne peut la supprimer, pas plus qu’elle ne peut abolir le rapport de forces qui unit les parties.Le gouvernement Bouchard convoque en mars dernier une «Conférence sur le devenir social et économique du Québec» dont les deux objectifs sont l’équilibre des finances publiques (priorité du gouvernement et du patronat) et la relance de l’emploi (priorité syndicale).Le consensus se réalise sur le premier objectif, les syndicats obtenant que la réduction du déficit soit étalée sur quatre ans au lieu des deux ans que demandait le gouvernement, étalement qui rend moins brutales les coupures envisagées.Suite à ce consensus, le gouvernement dépose pour 96 et 97 des crédits qui impliquent des coupures de dépenses de 6 % (plus de deux milliards de dollars) en santé, en éduca- La concertation est-elle encore valable à l’ère de l’État néolibéral?Le citoyen doit reprendre son autonomie face aux institutions juridiques PIERRE NOREAU JEAN-MARIE TÉTREAULT Les auteurs ont respectivement exercé le droit à titre d’avocat et de notaire.Ils fondaient, en 1995, le Centre de service et de recherche en droit dans une perspective visant à réformer la pratique du droit.r===j| u cours des derniers mois la critique est tom- Abée drue sur le monde du droit et sur celui de la justice.Mais la remise en question de l’intégrité des juges, la suspicion qui pèse sur la probité des notaires et la réputation des pro-J| cureurs de tous poils nous apprend peut-être quelque chose d’essentiel sur nous-mêmes que nous ne verrions pas autrement: c’est la place que le droit a pris, aujourd’hui, dans la régulation de nos rapports quotidiens.Les conclusions suivent immédiatement: le droit est peut-être devenu le seul substitut aux normes mo- j raies qui ont longtemps régi nos rapports entre nous.üt fragilité des institutions traditionnelles consacrées à la j socialisation, la famille, l’école ou l’Église, nous forcerait [ ainsi à nous rabattre sur les seuls garde-fous qui restent: le droit d’un côté et la justice procédurale de l’qutre.L’importance croissante des normes établies par l’Etat et par les tribunaux tiendrait ainsi à l’affaiblissement des anciens modes de contrôle social.La dimension acquise par les collectivités humaines, la multiplica-tion de nos interactions quotidiennes avec un nombre croissant de concitoyens ont nécessité la constitution d’un espace neutre, dépersonnalisé, où nos rapports peuvent s’objectiver et où les différends qui naissent de nos interactions peuvent connaître un traitement neutre, administré par des agents indifférents à nos transactions et à nos conflits: notaires, magistrats, avocats et procureurs.Mais l’opprobre dont les institutions juridiques et les ! professionnels du droit font l’objet tient justement aux attentes démesurées qu’on entretient vis-à-vis de la loi et de la justice.Si leur fonction sociale, et partant leurs limites, étaient mieux perçues, le citoyen serait plus à même de saisir ce qu’on peut réellement attendre de ces institutions sociales.En contrepartie, il saisirait mieux la marge d’autonomie dont il bénéficie, en fait, dans la gestion de ses rapports et de ses conflits.On doit sans doute reconnaître plus concrètement que nous faisons moins confiance que nous le devrions aux ressorts de nos propres initiatives dans la gestion de nos échanges et de nos différends.D’où cette tendance spontanée à recourir au jugement d’un tiers et au travail de spécialistes dont les pratiques et les concepts nous rassurent en même temps qu’ils nous mystifient.Dans toute cette histoire, l’intérêt des corporations professionnelles est si manifeste, qu’il est difficile de ne pas s’interroger sur leur participation effective au renforcement de ce sentiment d’incompétence qui, dans d’autres dimensions de la vie, ne répond à aucune tendance spontanée.Nous sommes tous un peu législateurs Notre insatisfaction vis-à-vis du droit et des tribunaux tient également de ce que les catégories juridiques ne parviennent jamais à saisir réellement la réalité complexe de nos rapports sociaux.Ainsi, en matière de voisinage, il n’existe aucune législation relativement aux couleurs de clôture, mais des dispositions concernant le bornage et les abus de droit.Les procédures de divorce n’offrent aux parties en cause aucune façon de tenir compte des attentes effectives des parties, qui dépassent souvent largement les problèmes d’argent et de garde d’enfant.Dans beaucoup de cas, le débat contradictoire impose des rôles antagonistes à des individus tout disposés à négocier un accord dont chacun saurait se satisfaire; mais la rupture des communications — qui transite dorénavant par les procureurs — rend impossible cette transaction.On se surprend ainsi de l’insatisfaction des deux parties à la suite d’un procès où une des deux a pourtant gagné sa cause.Le jugement rendu, on serre quelque part ce papier illisible.La question est de savoir si les conflits qui naissent de nos interactions doivent nécessairement trouver un règlement sur la base d’une nonne extérieure aux parties.L’observation quotidienne nous révèle pourtant que l’essentiel de nos rapports transite par des nonnes informelles que nous établissons entre nous.Nous sommes tous un peu législateur.Ce «droit spontané», ces normes que nous établissons nous-mêmes, ne viennenf pas toujours en contradiction avec le droit défini par l’État, mais il a le privilège de respecter le sens commun.Pourquoi ne pas régler sur la même base, les conflits qui naissent de ces échanges quotidiens?La chose apparait plus possible encore lorsque ces conflits naissent entre deux personnes qui entretiennent des rapports continus, rapports qui ont vocation à se poursuivre à la suite du conflit.Une étude réalisée à la demande du Centre de droit préventif du Québec, au printemps de 1993, révélait ainsi que 68 % des litiges civils impliquaient des citoyens qui se connaissaient antérieurement.Mais dans 70 % des cas, la judiciarisation de leurs différends avait mis fin à leur relation.Ces rapports auraient sans doute pu connaître une autre destinée.Il existe cependant peu d’instances qui permettent actuellement à des parties en conflit de gérer leurs différends par la négociation.Déjà, la rédaction de lois et de contrats moins axés sur l’imposition de rôles antagonistes favoriserait une compréhension différente du droit.Quant aux pratiques qui rendent possible la gestion de leurs différends par les parties elles-mêmes, elles existent déjà et sont connues.Dans le cadre courant de nos rapports personnels, c’est la liberté contractuelle; mais au moment où naissent les conflits, ce sont la conciliation et la médiation et, sous certaines conditions, l’arbitrage, qui ne sont somme toute que des formes particulières de la négociation.On y recourra d’autant plus facilement que les parties reconnaîtront qu’elles partagent autre chose que ce conflit qui, tout à coup, semble les opposer d’une manière drastique.Prendre en compte l’autonomie des parties Ce qu’il y a de tout à fait innovateur dans l’application de la liberté contractuelle et dans le recours à des modes non judiciaires de règlement des conflits comme la médiation la négociation ou la conciliation, c’est la prise en compte de l’autonomie des parties et leur capacité de participer pleinement à la gestion de leurs rapports et de leurs différends.Mais la chose ne peut être envisagée que si on restitue au citoyen son autonomie.Bien sûr les questions d’ordre juridique seront toujours le domaine réservé des institutions juridiques et des professionnels du droit Cela dit, elles ne devront plus servir de prétexte à écarter les parties de toute initiative dans la gestion de leurs rapports et de leurs conflits au point de les confiner à la paralysie.Or, c’est ce qui arrive ordinairement du moment quelles confient leur dossier à un professionnel du droit.Il est sans doute temps que le ministère de la Justice s’intéresse de façon systématique à ces pratiques.Le projet-pilote mis au point à la Cour supérieure et celui, mort dans l’œuf, qu’on tentait d’implanter à la Cour des petites créances tendent à révéler l’intérêt qu’on porte à ces façons différentes de faire le droit.Les professionnels trouveraient là une source de renouvellement de leur pratique professionnelle.Les expériences réalisées dans le domaine de la médiation familiale, dans celui des relations de travail ou des rapports entre assureurs dans le cadre de la Loi sur l’assurance automobile révèlent l’efficacité de ces modes de résolution qui s’écartent du système adversaire.Il nous reste à réfléchir aux moyens de faire valoir ces principes dans d’autres dimensions des rapports sociaux, dans les relations de l’État avec le citoyen et.à certaines conditions, dans le traitement des conflits et des difficultés qui naissent au cœur de la vie de quartier.On parviendra ainsi, avec un peu de volonté politique, à renouveller des institutions crispées dans leur procédure, et dont la légitimité doit être mieux définie et rétablie.Nos conflits pourraient plus souvent se régler selon un «droit spontané» L’ÉQUIPE DU DEVOIR IA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine: Louis La-pierre (adjoint au directeur de l’information), Sylvain Blanchard, Paul Cauchon, Jean Chartier, Jean Dion, Louis-Gilles Francœur, Kathleen Lévesque, Caroline Montpetit, \ Brian Myles, Isabelle Paré, Clément Trudel, Serge Tmffaut; Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques); Martin Duclos et Christine Dumazet (relecteurs)', Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes); à l’information culturelle: Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon, Pierre Cayouette, Paule des Rivières, Louise Leduc, Jean-Pierre Legault, Benoit Munger, Odile Tremblay: à l’information économique: Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information).Robert Dutrisac, Claude Lévesque, Jean Pichette, Claude Turcotte; à l’information internationale: Sylviane Trainier (adjointe au directeur de l'information), François Brousseau (éditorialiste), Jocelyn Coulon; à l’information politique: Pierre O’Neill, Manon Cor-ncllier (correspondante parlementaire à Ottawa).Mario Cloutier et Gilles Lesage (correspondants parlementaires à Québec), Michel Venue (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec)', à l’information sportive: Yves d’Avignon; Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction): Isabelle Hachey, Marie-Claude Petit (commis).La documentation: Gilles Paré (directeur): Brigitte Arsenault, i .Manon Derome, Serge Laplante (Québec), , Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLI-CITÉ ET IJ-: MARKETING Martine Dubé (directrice), Daniel Barbeau (directeur adjoint), Jacqueline Avril, Jean de Billy, Brigit- I l te Cloutier.Gyslaine Côté.Marlène Côté, 1 ’ ’ Christiane Legault, Jacques A Nadeau, Guy- ; ; ) r laine Ouellét, Micheline Ruelland (publicitaires): Sylvie Laporte, Nathalie Lemieux, Pierrette Rousseau.Micheline Turgeon; Francine Ouellet (secrétaire).LA PRO- ' -DIICTK)N Jocelyn Arsenault (directeur des ‘ approvisionnements, distribution et produe- L’b tion).Marie-France Turgeon (responsable de la production), Claudine Bédard.Johanne Brunet.Danielle Can tara.Richard Des Cor- j miers.Marie-Josée Hudon.Sylvain lesage.I ~ ; Christian Vien, Olivier Zuida.SERVICE À I - ! -LA CLIENTÈLE Johanne Brien (respon- [ l'‘> sable), Evelyne Labonté (responsable à la f ut promotion des abonnements).Manon Blan- i u J) chette-Turcotte.Monique L’Heureux, Lise t r i Lachapelle.Rachelle Leclerc-Venne.L'AI)- .MINISTRATION Yves Bouthiette (contre)- ù leur), Dany Dépatie (adjointe à l'administra-tion et responsable des ressources humaines), ' ’ Nicole Carmel (responsable des services 'F U comptables).Jeanne-d’Arc Houde (secrétaire “Cf.à la direction): Céline Furoy, Ghislaine La- , i jt fleur.Nathalie Perrier.Danielle Ponton, Da- J nielle Ross.LE CONSEIL DU DEVOIR INC.Yves L.Duhaime (président).LA FONDATION DI DEVOIR Marcel Coutu- ' M:: re T K M B B E I !) !) (I ( l SUITE DE LA PAGE 1 d’une deuxième Révolution tranquille consistant à «renouveler le contrat de solidarité sociale», à «remettre le monde à l’ouvrage» tout en corrigeant une «fiscalité inéquitable».Là-dessus, avoue M.Larose, nous sommes bien «à contre-courant» de l’idéologie néolibérale.La présidente de la CEQ, Lorraine Pagé, se faisait pour sa part plus alarmiste en laissant entendre que ce sera le sommet des changements, sinon il faudra en arriver à la «rupture, l’affrontement».Les deux leaders syndicaux estiment qu’il faut tout faire pour que ce sommet soit une réussite, mais que pour ce faire il faudrait remettre à l’honneur le deuxième des consensus atteints en mars et garantir un «financement adéquat des services publics».Le premier consensus atteint en mars portait sur l’assainissement des finances publiques et sur un déficit zéro en l’an 2000.-?LE DEVOIR ?-—- ACTUALITES SYNDICATS Nous allons «secouer tout le Québec» Finis les faux-fuyants et le downsizing, clame à son tour Clément Godbout, président de la FTQ, qui se déchaîne contre la valorisation que certains font des grands patrons, en fonction du nombre de mises à pied décrétées parce que la «compétitivité» l’exigerait.M.Godbout annonce pour bientôt la publication par sa centrale d’une étude sur l’emploi et la fiscalité pour mieux clouer le bec à certains milieux qui, surtout depuis deux semaines, ont tendance à plaider le désengagement, à signaler le fardeau moindre supporté par les patrons ontariens.Ce à quoi Pierre Paquette, secrétaire général de la CSN, ajoute que l’«épargne» de 1,9 milliard de dollars que réaliserait théoriquement le patronat québécois, si les taxes sur la masse salariale diminuaient, serait une économie, un truc pour se désengager de responsabilités dans l’effort collectif visant la création d’emplois et l’apport de revenus dont a un urgent besoin le gouvernement québécois.Les porte-parole des trois centrales pré- cisent qu’ils sont ouverts à des discussions sur des réaménagements à l’intérieur de l’enveloppe actuelle des obligations patronales, mais mettent en garde contre un recul prévisible si l’on prive l’État de revenus, de moyens de maintenir les services à la population.Le document mis au point par les trois centrales syndicales tend à la constitution d’une «alliance pour l’emploi», qui aurait quatre répercussions principales: les participants au sommet doivent en arriver à un engagement réel en faveur de l’emploi; on devra définir des «objectifs engageants» quant à la diminution du chômage et à la création d’emplois — sur ce point, les centrales ne veulent rien chiffrer pour l’instant; le seul indice donné par Henri Massé (FTQ) est que ce serait un pas significatif si, en six ans, on faisait passer le chômage de 12 % à 6 %.Les deux autres volets envisagés par les syndicats ont trait à la définition d’éléments de politique et de mesures législatives favorables à l’emploi et à un dispositif assu- rant le suivi quant aux modalités d’application des engagements et conclusions du sommet socio-économique.Une fois dévoilé le cadre stratégique où s’insèrent les centrales syndicales et leurs alliés du mouvement populaire, les leaders se disent conscients qu’il leur faut tout d’abord convaincre leurs adhérents d’entrer en campagne.Pas question pour eux d’accepter que le sommet se charge de discuter de l’équité salariale: «on nous a demandé de débattre de ce dossier en dehors du sommet.c’est une injustice que l’on a trop longtemps tardé à attaquer et la ministre Harel a dit son intention de faire adopter une loi à ce sujet», glisse Gérald Larose qui, comme ses collègues des autres centrales, se sent le devoir de «secouer tout le Québec», de dire son refus qu’un «toilettage» du secteur public débouche sur une démolition en règle d’un Québec qui, au contraire, a besoin d’une vraie relance, thème qui servira de point de départ, le 28 septembre à Montréal, à un forum de solidarité sociale.CHRÉTIEN SUITE DE LA PAGE 1 La controverse s’est accrue cet été avec le témoignage du général devant la commission d’enquête.Au cours de ses neufs jours à la barre, le général Boyle a reconnu que la défense avait enfreint l’esprit de la Loi d’accès à l’information, mais a blâmé ses subordonnés pour le scandale.Le ministre Collenette s’est attiré les foudres de l’opposition, durant cette même période, en prenant position en faveur du général alors que ce dernier témoignait toujours devant la commission.Depuis, la commission a repris son investigation de la mission conduite en 1993 et au cours de laquelle des civils somaliens ont été tués, dont un sous l’effet de la torture, par des soldats canadiens.Les incidents des derniers mois n’ont pas ébranlé le premier ministre qui a longuement fait l’éloge de M.Collenette.Visiblement ragaillardi par ce témoignage public, le ministre a invité l’opposition à attendre la fin de la commission d’enquête avant de tirer ses conclusions.Que dire alors des critiques adressées au général Boyle par d’anciens officiers choqués par le témoignage du chef d’état-major, ont demandé les députés réformistes et bloquistes.Plusieurs militaires ont exprimé leur inquiétude cet été, en particulier le major général Clive Addy, qui a dit prendre sa retraite trois ans plus tôt que prévu uniquement pour retrouver sa liberté de parole.Ce dernier a, entre autres, condamné le général Boyle pour avoir imposé à ses subordonnés des règles d’imputabilité qu’il n’était pas prêt à observer.Commentant cette controverse pour la première fois, hier, M.Chrétien a attribué ces critiques à la frustration engendrée par les compressions imposées aux Forces armées depuis quelques années, tant au chapitre du budget que du personnel.«Quand quelqu’un quitte un poste comme celui-là, c’est normal parfois qu’il se plaigne», a laissé tomber le premier ministre.M.Collenette est allé plus loin, en disant qu’en démissionnant, ces officiers avaient posé le geste approprié.«S’il y a quelques membres des Forces armées qui sont inconfortables avec la direction que nous donnons à la Défense, alors ils font la chose honorable en quittant», a-t-il répété à quelques reprises.Les insinuations du ministre à l’endroit des critiques de M.Boyle ont choqué le réformiste Jim Hart qui y a vu une insulte à l’endroit de riplitaires de carrière aux feuilles de route sans tache.A son avis, le sort de MM.Collenette et Boyle reste lié, et ils devront partir ensemble.Son chef et lui ont promis de maintenir la pression tant qu’ils n’auraient pas gain de cause.Le chef bloquiste Michel Gauthier croit que le gouvernement risque de s’enliser en refusant d’exiger la démission des deux hommes.Il est convaincu que le premier ministre ne pourra maintenir sa position très longtemps et qu’il devra agir rapidement.«La comédie a suffisamment duré», a-t-il lancé.Le chef conservateur Jean Charest a accusé «le premier ministre Chrétien [d’avoir] choisi de donner davantage d’importance à son amitié entre lui et M.Collenette qu’aux intérêts de la Défense».Cette affaire a dominé la période des questions.Le Bloc a tenté, sans trop de succès, de lancer un débat sur l’emploi en accusant le fédéral d’être responsable des difficultés du Québec en ne lui donnant pas sa juste part des fonds destinés aux laboratoires fédéraux et aux achats gouvernementaux.A sa sortie, M.Gauthier a indiqué que son parti garderait le cap et offrirait des solutions pour relancer l’économie et l’emploi.Il a évoqué hier une réduction des cotisations à l’assurance-chômage et des taxes sur la masse salariale.Le retour de Camilia SUISSE PHOTO AP 'WT / M - : V?"fsÉMV I PP -• NUNO FILIPE, âgée de 12 ans, tient précieusement son chat Camilia, un félin déterminé qui a parcouru 200 kilomètres pour regagner son foyer, au centre du Portugal.La famille Filipe avait perdu trace du minet lors des vacances passées dans le nord du pays à la fin du mois de juillet.Le chat Camilia est revenu de ce congé estival la semaine dernière seulement avec le dessous des pattes tout noir et les griffes plutôt usées.Helms-Burton: Ottawa réplique Ottawa (PC) — Le gouvernement canadien est passé à l’action, hier, pour contrer les effets de la loi extraterritoriale américaine Helms-Burton, tout en se réservant le droit d’adopter d’autres, mesures de représailles contre les Etats-Unis.Le gouvernement libéral a ainsi présenté des amendements à la Loi sur les mesures extraterritoriales étrangères (LMEE) qui auraient l’effet de protéger les entreprises cana-diennes commerçant avec Cuba çontre des poursuites intentées aux Etats-Unis en vertu de la loi Helms-Burton.Les ministres des Affaires étran- gères, Lloyd Axworthy, et du Commerce international, Art Eggleton, n’ont toutefois pas exclu d’aller encore plus loin dans les mesures adoptées en contestant la loi Helms-Burton en vertu de l’Accord de libre-échange nord-américain.Le gouvernement espère que les amendements proposés seront adoptés d’ici la fin du mois.Mais les mesures pourraient de toute façon ^’avérer non nécessaires, puisque les Etats-Unis et leurs partenaires commerciaux sont présentement impliqués dans une joute diplomatique qui pourrait bien durer jusqu’à l’élection présidentielle de novembre.Trois ans de travaux pour le comité SUITE DE LA PAGE 1 observé M.Cotti.Selon le rapport du Foreign Office, les dépôts d’or nazi en Suisse se montaient à 200 millions de dollars de l’époque selon les estimations alliées, mais un «Mr.Hirs» qui représentait la Banque nationale suisse aurait, selon ce document, «laissé échapper [.) le chiffre de 500 millions de dollars».La presse britannique, à partir de ce chiffre, a calculé qu’en valeur actuelle du dollar et de l’or, les banques suisses pourraient, malgré des restitutions opérées en 1946 et 1952, détenir encore de 80 à 90 % du total évalué à plus de 6 milliards de dollars actuels.Cet or pouvait provenir soit des réserves de la Reischbank, soit des stocks provenant de pays occupés (Belgique notamment), soit du pillage de bijoux et de dents en or de Juifs détenus dans les camps de la mort nazis et fondues en lingots.La Suisse a restitué aux alliés 250 millions de francs suisses (200 millions de dollars) en 1946 et 125 millions (100 millions de dollars) en 1952.Les médias suisses se sont largement faits l’écho des «unes» de la presse britannique montrant, par exemple, des montagnes d’or sur fond de croix gammées.On murmurait déjà, depuis plusieurs jours en Suisse, qu’une raison de cette campagne était la concurrence féroce des banques américaines et britanniques contre les banques suisses dans un monde financier qui n’a plus de frontières.Cet argument figure noir sur blanc dans l’«avis» du gouvernement fédéral approuvant l’examen du projet de loi qui lèvera le secret bancaire.Cet exposé des attendus du gouvernement suisse à l’appui de sa décision dit en effet que les organisations juives ont raison de demander la lumière, «rpême si cette problématique a été utilisée aux Etats-Unis à des fins de politique intérieure à l’encontre des banques suisses et de la place financière suisse».Après le feu vert donné hier par le gouverne) ment suisse, le projet de loi élaboré par la commission des affaires juridiques de l’assemblée fédérale sera examiné fin septembre par la chambre basse et, d’ici fin décembre, par la chambre haute.La loi devrait entrer en vigueur trois mois plus tard, soit vers avril 1997.Elle prévoit que les banques et établissements financiers suisses, y compris la Banque nationale, auront «l’obligation de laisser consulter les documents», et que cette obligation «prime sur le secret légal ou contractuel».Un comité d’experts nommés par le gouvernement fédéral pourra faire des recherches sur les fonds ayant appartenu soit à «des personnes qui ont été victimes du régime national-socialiste», soit à «des membres du Parti national-socialiste, au Ille Reich, à ses institutions ou à ses représentants».On estime que les travaux de ce comité prendront environ trois ans.Les experts eux-mêmes seront tenus au secret, mais le gouvernement fédéral suisse publiera «intégralement les résultats» de leurs recherches.Le président de la Banque nationale suisse, Hans Meyer, qui intervenait hier à Berne aux côtés de M.Cotti, a pour sa part estimé que les achats d’or à l’Allemagne nazie «n’étaient pas vraiment à l’honneur de la Suisse».«Les responsables d’alors n’ont pas pris suffisamment en compte les conséquences politiques» de leurs transactions avec la Reischbank, a dit M.Meyer, se disant «très heureux que maintenant on étudie de façon approfondie» la question.Il n’est plus possible aujourd’hui d’identifier l’or nazi, les lingots ayant été vendus contre des devises, a-t-il souligné.Le secret bancaire avait été institué en Suisse en 1934 paradoxalement pour protéger les Juifs allemands exposés à la peine de mort quand ils mettaient leurs biens à l’abri en Suisse.Le secret bancaire a été créé pour les victimes du nazisme Berne (AFP) — Introduit dans les années 30 par les établissements helvétiques pour protéger les avoirs «de personnes poursuivies pour leurs idées et leurs origines», le fameux secret bancaire suisse est paradoxalement à l’origine du «soupçon» qui pèse aujourd’hui sur les banquiers de Genève, Zurich, Bâle ou Lugano à propos d’avoirs juifs non restitués à leurs ayants droits.Ce secret devrait être levé pour permettre à une commission d’enquêter sur le sort de l’or nazi entreposé en Suisse et d’identifier des avoirs juifs qui y seraient toujours en déshérence.La décision prise en 1934 d’instaurer une loi sanctionnant pénalement la violation du secret bancai- re de six mois d’emprisonnement et (ou) de 50 000 francs d’amende «était un acte politique par lequel le Parlement voulait démontrer son indépendance et sa neutralité», affirme Me Maurice Aubert, un ancien banquier auteur d’un ouvrage de référence sur le secret bancaire suisse.Il s’agissait alors de s’opposer au régime nazi qui cherchait à s’emparer des biens, notamment, des Israélites qui avaient confié leurs avoirs à des banques suisses.Il n’existe pas de comptes anonymes en Suisse, car les fameux comptes sous numéro ne sont qu’une précaution pour que l’identité du titulaire ne soit connue que de quelques cadres bancaires.GREENPEACE Un nouveau style «sérieux» SUITE DE LA PAGE 1 met la force d’une multinationale au service de croisés, sjnon de nouveaux inquisiteurs.Les dossiers publiés aux Etats-Unis par Forbes, le Financial Times, ou en Europe par Dier Spiegel ou The Gardians sur les finances et le dirigisme «subversif» témoignent mieux que tout de la portée des actions de Greenpeace.Le groupe compte aujourd’hui trois millions de membres, répartis dans 158 pays.Ses 60 bureaux à travers le monde dépensent annuellement aux alentours de 150 millions US.Dirigé par une Assemblée générale mondiale, l’organisme compte sur 18 % des fonds recueillis dans les campagnes «nationales».Une partie de cet argent est redistribué pour financer les actions qui cadrent avec les priorités internationales.Mais les bureaux nationaux ont aussi leurs priorités, qu’ils financent avec leur argent, ce qui leur confère une très vaste latitude.Ce qui démarque fondamentalement Greenpeace des autres groupes environnementaux — et qui lui vaut une étiquette de «radical» et des attaques soutenues —, c’est son indépendance financière face aux gouvernements.Greenpeace ne demande aucune subvention et ignore les programmes d’aide financière.Mais au-delà des coups fumants, comme cette expédition non autorisée pour confondre la Russie qui déversait des déchets nucléaires en mer ou les classiques banderoles en haut des cheminées, des changements profonds surviennent dans cette organisation qui prend deux virages d’autant moins médiatisés qu’ils misent sur la rigueur technique et la mise au point de solutions aussi tangibles qu’innovatrices.Quelques exemples.Depuis deux ans, Greenpeace international a publié des dossiers sur l’effet de serre, qui se comparent aux meilleures publications gouvernementales.La section québécoise a récemment produit un mémoire de plus de 400 pages, incluant plusieurs annexes hautement techniques, devant la commission du Bureau d’audiences publiques sur la gestion des déchets.Green-peace-Québec a financé par ailleurs une étude sur le droit maritime international et canadien pour éclaircir la responsabilité de la pétrolière Irving et celle des gouvernements.Le directeur de Greenpeace-Québec, François Tanguay, ne se menotte pas aux pompes à essence pour parler d’énergie.Il s’est plutôt retrouvé à la Table de consultation sur l’énergie, créée par Québec.Il est l’un des cinq membres de l’Assemblée environnementale permanente du Québec, présidée par le ministre David Cliche.C’est un conférencier recherché jusque sur les tribunes de l’ACFAS.François Tanguay reconnaît que son organisation a fait des gaffes mémorables, comme la campagne contre les bébés phoques, qu’on lui remet encore sur le nez même si son groupe n’est plus contre la chasse artisanale depuis des années et qu’il préconise une utilisation ra- tionnelle — durable — de ce cheptel.L’appui donné aux Cris durant la bataille contre Grande-Baleine et en particulier la fameuse annonce dans le New York Times ont aussi constitué un dérapage célèbre, d’autant plus douloureux que le groupe québécois a payé pour la gaffe de militants américains.qui avaient oublié de consulter leurs alliés québécois.Greenpeace-Québec appuyait récemment Greenpeace-Canada pour obtenir une loi canadienne sur les espèces menacées, qui aurait dédoublé la loi du Québec- Mais ces dérapages excitent souvent plus les médias que les gouvernements.«On est maintenant consultés sur tout par les gouvernements — politiques, projets de loi et règlements, programmes — parce qu’on est devenus incontournables», rac.onte François Tanguay.A son avis, c’est le résultat de l’indépendance financière de son groupe — «Ils ne peuvent nous acheter.» — et de la force des dossiers montés par les professionnels de l’organisation pour critiquer ou influencer le cours des événements.Pour parler d’incinération ou mener sa nouvelle campagne contre les plastiques PVC, source constante de dioxines dans le milieu urbain, François Tanguay compte maintenant sur un «Ph.D.» en chimie à plein temps.Et il donnera des contrats à d’autres, au besoin.Ce nouveau style «sérieux» se double d’un autre pari important lancé, celui-là, au niveau international par Thi- lo Bode, un ex-industriel allemand, devenu directeur gé- ; néral.«Bode répète que ce n’est pas l’environnement qu’il faut protéger, mais l’économie qu’il faut changer», raconte Tanguay.Greenpeace a ainsi investi plus d’un million dans la mise au point d’une voiture très peu énergivore, dont elle offre le concept aux manufacturiers gratuitement.Greenpeace a aussi financé la mise au point d’un réfrigérateur sans CFC, qui «bouffe» 40 % moins d’énergie , avec son compresseur à l’isobutane.L’objectif: casser les , reins d’une industrie jugée trop conservatrice en donnant des idées nouvelles aux jeunes loups pour qu’ils décapitent eux-mêmes la vieille meute.Tout en surfant sur les lois de l’économie.Avec un nouvel investissement de 100 000 $, ajoute Tanguay, Greenpeace a réussi à réduire de 70 % la consommation d’énergie de ce frigo nouvelle vague avec une isolation à vide et un compresseur encore plus performant.Au lieu de faire des mémoires sur les changements climatiques, François Tanguay négocie maintenant avec d’importantes firmes d’ici pour lancer ce produit sur le marché québécois sous peu.Il parle avec délice, non pas d’arraisonner un «super-tanker» en mer, mais du projet de construire une usine d’une capacité de 300 000 unités par an en Chine, ce qui serait mieux pour la planète, dit-il, que de laisser les Chinois s’équiper avec nos vieilles technologies énergivores et polluantes.IES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVfRTS PUBLICITÉ SERVICE DES ABONNEMENTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H30 A 17H00 i)MCES CLASSÉES (514) 985 3344 * 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