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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1996-09-28, Collections de BAnQ.

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?LE DEVOIR ?Le roman québécois Page D 3 Essais québécois D 4 Le feuilleton Page D 5 Grille télé du week-end Page D 6 ?I nrpn moiTTH O Lucie Duval Page D 8 Formes D 10 L E I) E V 0 I li .I, Ë S S A M E DI 2 8 E T I) I M A .\ C II E 2 !» S E P T E M li II E I !» il II j -¦— - ESSAIS POLITIQUES L’ultime recours du référendum Toute modification à la Constitution oblige à un parcours complexe, compliqué et ardu GILLES LESAGE DE NOTRE BUREAU DE QUEBEC Croyez-en un jeune spécialiste de l’Université d’Ottawa: il est complexe, compliqué, ardu et difficile de modifier la Constitution du Canada.On s’en doutait bien un peu, remarquez.Mais le professeur Benoit Pelletier nous l’explique en long et en large — plus de 500 pages, avec plus de j mille notes en bas de pages! — avec des annexes, références bibliographiques et index, qui permettent au profane de s’y retrouver quelque peu.Véritable thèse.magistrale — de doctorat, probablement, l’auteur n’ayant que 36 ans —, ce livre est le premier du genre depuis le «rapatriement» de 1982.C’est donc un précieux document de travail et de référence pour les professeurs, chercheurs et journalistes qui, année après année, alimentent l’ime des industries les plus florissantes au Canada: la réforme constitutionnelle! Pour un fédéralisme renouvelé Ça ne se lit pas comme un roman, loin de là, mais on n’a pas le choix de j s’y intéresser.«Dans le contexte où la menace d'un autre référendum portant sur l’accession du Québec à la souveraineté plane déjà au-dessus de la tête du Canada, la réforme de notre fédéralisme devient de plus en plus impérieuse», écrit l’auteur, qui ne cache pas ses préférences et ses choix en vue d’un fédéralisme profondément renouvelé.Il le fait avec discrétion et sobriété, contestant au passage l’une ou l’autre interprétation de ses savants collègues, se rangeant à l’avis d’autres spécialistes.S’appuyant sur un examen minutieux des tenants et aboutissants fort complexes de la Constitution, M.Pelletier en vient à une conclusion indiscutable.«Cette réforme du fédéralisme, encore souhaitée par un grand nombre de Québécois, se heurte non seulement à la rigidité de la procédure de modification constitutionnelle actuelle, mais aussi à un certain nombre d’autres facteurs qui ont pour effet de complexifier encore davantage la mise en œuvre de cette procédure.» Aussi, le professeur de droit estime «opportun au Canada d’envisager éventuellement le recours au référendum comme façon de débloquer une impasse constitutionnelle» en tant que mécanisme d’appel, non pas obligatoire mais facultatif.Il serait alors décisif, à certaines conditions.Cette proposition, dans l’air depuis 15 ans, refait surface à la faveur de la contestation de l’avocat Guy Bertrand et du débat qui fait rage quant à une éventuelle déclaration unilatérale d’indépendance du Québec.«Seul un tel référendum, conclut M.Pelletier, serait de nature à donner toutes les chances au Canada de surmonter les nombreux obstacles politiques, sociaux et juridiques qui se dressent sur la route de la réforme constitutionnelle.Nous croyons d’ailleurs que cette option référendaire VOIR PAGE D 2: RÉFÉRENDUM e cas Kokis mpÆ'tSf W '¦ WM J'SM ¦n m PHOTO NICOLAS KOKIS «Il n’y a plus de gauche puisque tout le monde veut être beau et riche.» mm Partagé entre la science, la peinture et la littérature, Sergio Kokis vit sur la corde raide PIERRE CAYOUETTE LE DEVOIR Non mais qu’est-ce qu’ils ont tous à lui parler du Brésil et de son enfance tumultueuse?Sergio Kokis n’en peut plus, lui qui a, depuis longtemps, fait la paix avec son passé.Propulsé dès son premier ouvrage — Iœ Pavillon des miroirs (1994) — au rang des grands écrivains québécois, inondé de prix littéraires, son succès l’agace et le trouble néanmoins.C’est qu’on l’a idéalisé, on a fait de lui un personnage un peu caricatural, l'immigrant parfait — d’autant plus qu'il vit en français —, à la fois un héros et une victime, une sorte de Che Guevara.On ressasse sans cesse sa jeunesse à Rio, sa misère, ses frasques, ses années en maison de redressement, son militantisme de gauche et ses démêlés avec la justice brésilienne.Or Kokis a tant d’autres choses à dire.On connaît la qualité de son écriture; on sait qu’il peint; peu de gens ignorent aussi qu’il est psychologue, rattaché à un centre de recherche de l’hôpital Sainte-Justine où, véritable professionnel du «guiliguili», il fait du «diagnostic précoce de l’intelligence» chez des nourrissons — il les appelle ses petits primates! — de 30 jours à 18 mois.Ce que l’on sait moins, en revanche, c’est que ce Kokis est aussi intellectuel original, libre et lumineux.Sans faire de leçon à qui que ce soit, il porte un regard frais, parfois dérangeant, sur le Québec.Intellectuellement, Kokis vit délibérément sur une corde raide.Il est du fait insaisissable, inclassable, et s’applique à le demeurer.«Ça veut dire que je ne me branche jamais.J’avance! Et je pense que c’est ça, la rigueur de la pensée humaine, vivre sur la corde raide.Continuer de réfléchir de façon plus ouverte.Ne jamais dire que tout est noir ou que tout est blanc.Les ordinateurs pensent comme ça, selon une logique binaire.C’est tellement facile.» Un intellectuel qui vit sur la corde raide, c’est fascinant Ça vous éblouit en quelques mots.Dans une même envolée, il vous assassine et Galganov et Falardeau; il peste contre les syndicats dans les hôpitaux puis vous avoue son admiration pour Fidel Castro, «parce que tous les enfants cubains, contrairement à leurs voisins de l’Amérique latine, ont de quoi manger et vont à l’école»; il vous précise qu’il n’est pas un artiste «de gauche» mais plutôt un artiste «humaniste» et que, de toute façon, «il n’y a plus de gauche puisque tout le monde veut être beau et riche»', il se dit «Québécois» mais vous explique que ce n’est pas son pays, «parce que son imaginaire n’est pas d’ici»; il vous déconcerte en parlant de ses années en institution: «Non, je n'ai pas souffert, je mangeais trois repas par jour, je me changeais de sous-vêtements une fois par semaine, j’avais accès à une bibliothèque; je suis vivant tandis que plusieurs parmi ceux qui n’ont pas connu l’institution sont morts»; émigré au Québec mais spectateur détaché, il vous confie sa haine envers tous les politiciens mais vous confesse qu’il a profondément aimé Jacques Parizeau et sa célèbre tirade sur le vote ethnique lors de la soirée référendaire: «Je peux me mettre à sa place.Le rêve de sa vie venait de s'écrouler.Il a réagi en être humain.À ce moment-là, Parizeau m’était sincèrement très sympathique.Il aurait dit “maudits étrangers!” que je l’aurais embrassé.Parce qu’il était un être humain qui souffrait.» Vous en connaissez des.immigrés qui tiennent pareil discours?Ce qui frappe Kokis depuis son arrivée en 1970, c’est l’obsession des Québécois pour le passé.«Le thème du retour, de la mémoire, n’est pas un thème important ailleurs qu’au Québec.On a écrit sur toutes les plaques “Je me souviens” et ce n’est pas par hasard.Je me souviens de quoi?Je me souviens d’une clwse qui n’a jamais existé.Vous entendez un ami vous parler de son village natal ata fins fonds de la campagne québécoise et vous en vanter les charmes.En même temps, ce type est parfaitement conscient que s’il y retournait y vivre, il détesterait.Parce que ce village est asphyxiant.Pourtant, ce village mythique lui reste dans l'esprit comme paradigme d’un âge d'or perdu, d’une enfance perdue.» Affranchi, de son propre aveu, de la question de l’identité, plus proche de l’essence même de la condition humaine, il renchérit «Le fait d’avoir émigré me renvoie constamment à la question de l’identité.Chez chaque Québécois, je rencontre cette bataille, ce déracinement.On dit qu’on veut faire un pays.Il est probable qu’au lendemain de ce payslà beaucoup de Québécois se révoltent et qu'ils régressent, confrontés à la réalité matérielle de leurs idéaux.Dans la mesure où la souveraineté ne se fait pas, elle est un moteur à la créativité.C’est souvent un projet tourné vers le passé.Pour séduire l’étranger et les jeunes, il faut s’éloigner de la ceinture fléchée.» VOIR PAGE D 2: KOKIS 5 octobre 1996 _______JE DEVOIR Tombée publicitaire: le lundi 30 septembre 1996 I.!¦: I) K V Oil!.I !¦: S S A M !•: I) I 2 8 K T I) I M A i\ (' Il K 2 II S V.I’ T E M I! li E I II II li I) 2 9hà22h ours par annee | 362 jours par Programme : http:Wwww.cgotablc.ca —> organismes -> hilletterie/panorama 1-819-378-1212 01.David Cantin 02.Herinénégtlde Cliiaston 03.Hélène Dorion 04.Gerald Gandct 05.Carole Huynh Guay 06.Suzanne Jacob 07.Andrée Lacelle 08.Serge-Palrice Thibodeau 09.Tito Alvarado (Cliili/Québec) \ j 10.Germaine Beaulieu 11.Claude Beausoleil x 12.Katharine Beeinan {Êt»(&~Una/Qucc) ACTIVITES tous jours I7k©©: Apéro-poésie.Atelier Silex, 1095, Père Frederick, (819) 379-0121.TR OI VIER E S du 04 au 13 oct.96 Les poètes quéhécois/canadiens Mardi, le H octobre Les poètes internationaux Quelques poètes invités Claudine Bertrand France Boisvert Yves Boisvert Demie Bouclier Denise Brassard Jean-Paul Daoust Denise Desautels Jean-Marc Desgcnt Jean Duval Robbcrt Fortin Christiane Frenette Christine Germain Rachel Leclerc Dyane Léger (Acadie) J.Roger Léveillé (Manitoba) Nadine Ltaif (Égypte/Qnébec) Guy Marctufmps jx jx j Rino Morin-Rossignol (Acadie) x Serge Mongrain Annie Perreault x Bernard Pozier Éric Roberge Jean Royer Carolyn Marie Souaid Tony Tremblay Les Belles Rencontres de la librairie HERMÈS Au cours de cet automne de nos 20 ans : Marcelle Ferron, Thérèse Gouin-Décarie, Françoise Kayler, Geneviève Letarte et bien d’autres.1120, ave.laurier ouest outremont, montréal Ici.: 27-t-ÔOO'l • téléc.: 27-t-ôW'** 38.Marc Baron (France) 39.Francis Chenot (Belgique) 40.Francis Combes (France) 41.Françoise Coulmin (France) 42.Eisa Cross (Mexique) 43.Sylviane Dupuis (Suisse) 44.Pentti Holappa (Finlande) 45.Katica Kulavskova (Macédoine) 46.Mohamed Loakira (Maroc) 47.Gerald Mangan (Écosse) 48.Matcja Matevski (Macédoine) 49.Christoph Meckel (Allemagne) 50.Andrea Moorhead (États-Unis) 51.Mukala Kadinta Nzuji (Congo) 52.Amadou Lamine Sali (Sénégal) 53.Jean Portante (Luxembourg) 54.Kristi Simonsuuri (Grèce) 55.Georges Somlyo (Hongrie) 56.Véronique Tadjo (Kenya) 57.Ada Ugah (Nigéria) 58.Vlada Urosevic (Macédoine) x x x x x j X \ x ; X \ X IX | \ j \ : -, jE.J< xxxxxxxxxx 1*1* ;* j* |* |* | * |* I* h xxxxxxxxxx I j j M r rif r i* xxxxxxxxxx j i : } j i i l ; f :x î x ix jx |x (x i x îx jx |x .> .y ?.t.i.J.XXXXXXXXXX :x|x îx ix |x ;x :x |x jx jx XXX xxxxxxx \x\x ix j X \X l : \ j | XXX ; X ! X | X ! X J X | i ; § X ! X j X | X xxxxxxxxxX : \ j ^ ; \x \ x \x \ x \x X X X X X ; i j E | i \ i i | \x \x \x jx \x jx ; * jx ;* jx XXX xxxxxxx \x\x jxlxjx'xîxjxjxjx xxxxxxxxxx PIERRE CAYOUETTE LE DEVOIR La Librairie du Québec à Paris célèbre son premier anniversaire.«Nous croyons que cette première année d’opération prouve que le marché européen existe bel et bien pour l’industrie éditoriale québécoise», peut-on lire dans le bilan que nous adressait cette semaine M.Thomas Déri.La Librairie du Québec compte à ce jour près de 10 000 références de titres à son fichier.La quasi-totalité de ces ouvrages, soit 99 %, sont québécois et canadiens.A l’occasion de ce premier anniversaire, de nombreux écrivains québécois débarqueront à Paris.Heinz Weinmann et Roger Chamberland, auteur de Littérature québécoise.Des origines à nos jours.Textes et méthodes (HMH), ouvriront le bal le mercredi 9 octobre, à la Librairie du Québec.Le lendemain, on inaugurera une exposition de Roch Plante (alias Réjean Du- 59.Joseph Zobel (Martinique) RÉFÉRENDUM livre qui arrive à point nommé KOKIS Un roman inspiré de la mémoire et de ses curieuses distorsions Un SUITE DE LA PAGE I) 1 Le thème de la mémoire et ses curieuses distorsions lui ajustement inspiré son plus récent roman, Errances, paru il y a quelques semaines chez XYZ.Kokis y met en scène Boris, un poète exilé en Europe de l’Est qui retourne dans son pays et se trouve du coup confronté à la réalité matérielle de ses rêves et de ses souvenirs.De quoi déchanter.Pour Sergio Kokis, tout le travail de l’artiste consiste à réconcilier la réalité et le rêve, le réel et l’idéal.L’écrivain doit occuper cette zone grise entre l’imaginaire et le réel .«L’artiste est tiraillé.Il ne veut pas céder ni au rêve ni à la réàlité.L’artiste doit toujours être entre deux chaises.C'est d’ailleurs son rôle».Partagé entre la science, la peinture et la littérature, Sergio Kokis y trouve l’équilibre.Il ne croit pas au mythe de «l’artiste déséquilibré», une invention, dit-il, de millionnaires américains qui voulaient mieux vendre les impressionnistes.«L’artiste est l’homme le plus heureux du monde quand il peut faire de l’art.Sur le plan psychologique, c’est un individu qui a cultivé une capacité de régression au service dit moi.L’art ne peut être produit qu’en parfait état d'équilibre mental.Il faut une précision totale, la même que celle du chirurgien.En bout de piste, l’artiste doit se dépouiller de sa tendance à la perfection.Il doit avoir la sagesse d’accepter l’humiliation de voir les imperfections, de voir son idéal devenir réalité».Cela dit, dans le monde des arts, on est tous un peu dépressifs, ajoute le Dr Kokis.«Legars qui n’est pas dépressif, il est directeur de banque ou il est dans la mafia! Quand on s’occupe d’art, on est toujours un peu ramolli de l’intérieur.On est capable de lire un livre et de laisser le monde d’un autre nous pénétrer.C’est une grave erreur si vous êtes un homme d’affaires!», lance-t-il en allumant une Gitane, heureux de faire silence, pour une fois, sur son enfance au Brésil.ERRANCES Sergio Kokis XYZ éditeur «Romanichels» doit être examinée avec d’autant plus de sérieux qu’elle a l’extrême mérite d’être respectueuse du jeu démocratique.Sans compter que l’on peut dire présentement que la réforme de notre régime fédératif relève quasiment de la quadrature du cercle et que, dans ce contexte, toute initiative permettant jusqu’à un certain point de débloquer une impasse constitutionnelle ne peut qu’être la bienvenue.» Dans sa préface, le sénateur Gé-rald-A.Beaudoin se réjouit de cette publication substantielle, qui aborde des questions cruciales et arrive à point nommé, à quelques mois de la «révision» prévue après 15 ans, soit l’an prochain.«L’auteur prend courageusement partie dans des domaines controversés, comme dans celui des écoles confessionnelles et dans celui des droits linguistiques.Ces domaines sont fort discutés au Canada et sont à l’avant-scène de l’actualité constitutionnelle.L’ouvrage n’en sera que plus utile.» Il est urgent d’apporter des réformes structurelles et institutionnelles au régime fédératif, insiste le professeur Pelletier, puisqu’un autre référendum portant sur l’accession du Québec à la souveraineté pointe déjà à l’horizon.«Seul l’avenir nous dira si les Canadiens sauront relever l’immense défi que constitue le renouvellement du fédéralisme, comme ils mit d’ailleurs su en relever bien d’autres depuis la naissance du Canada.» Parions que le savant juriste aura amplement le temps de blanchir sous le harnais et de passer le flambeau à ses jeunes étudiants, comme il le prend lui-même de M.Beaudoin et des autres éminentes «bêtes» constitutionnelles.Il s’inscrit d’emblée dans la sévère et étroite cohorte des experts en droit constitutionnel.Sans s’ingérer dans le débat éminemment politique de la sécession du Québec et de ses éventuelles modalités.Un document de référence sérieux, original, indispensable.LA MODIFICATION CONSTITUTIONNELLE AU CANADA Benoit Pelletier, Carswell, Scarborough, 1996, 520 pages Ils seront tous ’ Paris ! charme).Puis, du 12 au 27 octobre, une vingtaine d’écrivains d’ici participeront à l’événement «Le temps du Québec», une initiative du Centre national du livre et du ministère de-là Culture de France, avec la collaboration du Gouvernement du Québec et de la Délégation générale du Québefc à Paris.Les auteurs sillonneront les routes de la douce France pour aller à .la rencontre de lecteurs dans les librairies, les bibliothèques et les Maisons de la Culture d’une trentaine de villes et de villages.Yves Beauche-min, Claude Beausoleil, Lise Bisson-nette, Marie-Claire Blais, Louis Caron, Jean Charlebois, Denise Desàu-tels, Jean-Paul Daoust, Christiane Duchesne, Jacques Godbout, Suzanne Jacob, Marie Laberge, Dany Laferriè; re, Rachel Leclerc, Madeleine Monet-te, Pierre Morency, Stanley Péan et Monique Proulx seront du voyage.Création du prix Cécile Gagnon L’Association des écrivains québécois pour la jeunesse (AEQJ) vient de créer le prix Cécile Gagnon dans le but d’encourager un écrivain pour la jeunesse qui aura publié un premier livre chez un éditeur reconnu.Une bourse de 500$ accompagnera ce prix.Fondatrice de l’AEQJ, Cécile Gagnon a écrit de nombreux livres pour la jeunesse.Elle a parallèlement consacré beaucoup d’énergie à se battre en faveur de la reconnaissance des écrivains spécialisés dans la littérature pour les jeunes, un secteur trop souvent, à ses yeux, considéré comme un sous-produit de la littérature pour les adultes.Francine Allard lui a succédé, en juin dernier, à la tête de l’AEQJ.Le lauréat du Prix Cécile Gagnon sera choisi par les membres du conseil d’administration de l’Association.La bourse proviendra des droits d’un collectif de nouvelles à paraître en 1997 aux Editions Pierre Tisseyre et dont le thème sera Mon voisin d’à côté.Cap sur Francfort Une trentaine de maisons d’édition québécoises et canadiennes francophones seront présente à la 48e Foire du livre de Francfort, du 2 au 7 octobre prochain.Cet événement réunira encore cette année plus de 250 000 professionnels de l’édition venus; d’une centaine de pays.En tout, 9,400 maisons y seront représentées.Evénement incontournable, la Foire dé Francfort est le théâtre de multiples ventes de droits.Plus de 500 000 publications y sont étalées.Québec Edition, l’organisme de promotion de l’édition québécoise à l’étranger, y tiendra un stand collectif pour la néu-vième année consécutive.La Foire du livre de Francfort sera consacrée cette année à «l’Irlande et sa diaspora».La irrésidente de la République d'Irlande, Mary Robinson, le chancelier Helmut Kohl et le lauréat du prix Nobel de littérature Seamus Heaney inaugureront l’événement.Par ailleurs, l’Association des éditeurs et libraires allemands décernera son prix de la paix à l’écrivain péruvien Vargas Llosa pour son œuvre «axée sur la' liberté et la justice».Stages pour éditeurs On ne s’improvise pas éditeur.Chacun son métier.Et quand ori a choisi l’édition, on n’a jamais fini d’apprendre.C’est pourquoi, cette année encore, l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) organise des activités de perfectionnement .à l’intention du personnel des maisons d’édition.La prochaine session de formation aura lieu le vendredi 25 octobre prochain et traitera des «études de marché en édition».Le professeur Jacques Nantel, détenteur d’un doctorat en administration des affaires et l’un des auteurs du collectif Le Marketing des arts et de la culture paru chez Gaétan Morin éditeur, agira à titre de personne-ressource.Les frais de participation sont de 130$ pour les membres de l’ANEL et de 190$ pour les non-membres.Informations: (514) 273-8130.-JJy avis (r) r\M 7// COGECO Télévision Trois-R'vières nnsful dit Canada ds 'a Culture Cufr* d i-QuébV.DS trots-rivières •00*00* 0*090*0 oo***oo ••••••• oo***oo 0*0*090 •00*00* Le British Council CONSUL niAAKrs trrw.s i irmt.s ou germe 121h©©: Dîner-poésie.Le Rest.Café Mozart, 324, rue Bonaventure, (819) 371-1807 12lh©©: Dîner-poésie.Resto-Bar Nord-Ouest, 1441, me Notre-Dame, (819) 693-1151 I7MMD: Apéro-poésie.Café Bar Zénob, 171, me Bonaventure, (819) 378-9925 17MMI: Apéro-poésie.Resto-Bar Nord-Ouest, 1441, me Notre-Dame, (819) 693-1151 19k®®: Souper-poésie.Rest L’Ambiance, 1260, me Notre-Dame, (819) 376-1270 19k©©: Souper-poésie Bistro St-Germain, 401, me St-Roch, (819) 372- 0607 19k©1©: Souper-poésie.Le Rest.Café Mozart, 324, me Bonavemure, (819) 371-1807 2©k3©: Jazz-poésie.Resto-Bar Nord-Ouest, 1441, me Notre-Dame, (819) 693-1151 23kffl®: Poèmes de nuit Café Bar Zénob, 171, rue Bonaventure, (819) 378 -9925 Suggestions parmi les 200 activités Mercredi, le 2 octobre : Vernissage : Encre sur tissus et sérigraphies de J-L Herman (France).Poèmes: 22 poètes français, belges et québécois.Biblio.Nationale du Québec, Foyer de la salle St-Sulpice, 1700, St-Denis, Montréal, (514) 873-1100.Vendredi, le 4 octobre OUVERTURE OFFICIELLE DU FESTIVAL.Centre culturel, 1425, Place de l’Hôtel-de-Ville.Remise du Grand Prix du Festival International de la Poésie et des Prix Piché de Poésie-Le Sortilège.Lancements des Écrits des Forges, Estuaire, Arcade, Gaz Moutarde, Lèvres urbaines et des livres des poètes invités.Présentation officielle des poètes.Vernissages des expositions de Pierre Gauvreau, Jeannine Carreau et Pierre-Jérôme Coulmin.13üa0© i 173a©©: Les Matins de la Poésie.La Société d’étude et de conférences remet ses prix de poésie aux lauréats du concours Thérèse D.Denoncourt de poésie 1996.Centre culturel, 1425, Place de l’Hôtel-de-Ville, avec les lauréats J! Sk©©: Brunch-poésie.Invité : Serge-P.Thibodeau, lauréat du Grand Prix du FIP.Restaurant L’Ambiance, 1260, rue Notre-Dame, (819) 376-1270.Coût: 15,00 $ TTC.Î3k©©-I7k©©: Poèmes en direct.Création d’une banderole géante de poèmes.Place de l’Hôtel—de—Ville.A Ç T,1 VJ T £ F .A.M 1 L î ; A.L JL.Lundi, le 7 octobre !9k3©: Récital de poésie.Gagnant(e)s du concours du Conseil de l’Âge d’Or de la Mauricie et remise des prix, Centre culturel, 1425, Place de l'Hôtel-de-Ville, (819) 374-5774.Apéro-poésie.Centre social du Cégep de Trois-Rivières, 3500, de Courval, (819) 376-1721.2©kffl®: Chansons-poésie: “Suites Intimes” de Jean Laprisé, Centre culturel de Trois-Rivières.Coût: 12,00 $ TTC.Réserv.:(819) 380- 9797.221k©©: Spectacle-poésie: Serge Mongrain et musiciens, Café Galerie l’Embuscade, 1571, Badeaux, (819) 374-0652.eudi, le 10 octobre Îl7k©©: Apéro-poésie.Pav, des Humanités, Cégep de Trois-Rivières, 3500, de Courval,(819) 376-1721.Bière et poésie.Dégustation tie bières et poèmes.Brasserie M oison O’Keefe et la Société des alcools du Québec Hôtel Delta, rue Notre-Dame, billets en vente surplace, (819) 373-1887, Vendredi, le 11 octobre Récital en iangue espagnole.Groupe Amis Amigos, Salle Rodolphe-Mathieu, Pav.Michei-Sarrazin, UQTR, (819)370-1502.2©k30: Récital-poésie.Théâtre Parminou.l 50 Boulevard -p< Bois-Francs Nord, Vktoriaville,(819) 758-0577.Samedi, le 12 octobre B: Accueil et inscription des 30 POÈTES INVITÉS À IA GRANDE SOIRÉE DE IA POÉSIE, Centre Culturel, 1325 Place de l’Hôtel-de- Vdle.iliSkS©: Apéro-poésie de l'Union des écrivains et écrivaines du Québec, Café Bar Zénob, 171, rue Bonaventure, (819) 378-9925 2©k©ffl: GRANDE SOIRÉE DF.LA POÉSIE.Centre Culturel de Trois-Rivières, 1425.PlI’rix: 6,00$ TTC.Réserv.: Spec ta, entre 1 lhOO et 18h00: (819) 380-9797.Dimanche, le 13 octobre ) pybll 5 on inc.Télé-Québec îîbOC: Brunch-poésie.Le Sabord reçoit.Pierre Gauvreau, Y.Boisvert, J.-M.Desgcnt et S.Jacob.Rest.L Ambiante, 1260, rue Notre-Dame.Réserv.(819) 375-6223.Coût: 17,00 $ TTC.MUSEE ct'Æons POPULAIRES niUAÉBEC le Devoir Sortjlèfp mSw5Bœ Le Nouvelliste CHLN55AM© Tourisme Québec Société its», Radio-Canada ^ouébSè* Chaîne culturelle FM f w y t t Herbert R.Lottman i iramies Biographies Mannnarion ; VERNE LOUISE BOUCHARD 'ECALAGE VERS LE BLEU =S herbes rouges/ROMan 240p., 16,95$ memoria 224 p.- 22,95$ „«.c LES IDÉOLOGIES I ressentiment T • ?•*; i>u(JUEBEC (TfPp Le tome 3 est enfin disponible ! HISTOIRE POPULAIRE DU QUÉBEC Jacques Lacoursièrë HUTUIRl.( )¦¦ :¦ u < I nMI.1 origines à 1791 / ./ |A«J S E P T E N T R I O I 1300, av.Magiiirë, Silleiv (Québec) (Il I 1/3 Tel.: (-118) 688-3356 • Téléc.: (318) 5274978 XYZ éditeur félicite fi 1 n U DISQUES COMPACTS, LIVRES, CASSETTES, DISQUES, BD 10h à 22h OUVERT 7 JOURS 3694 St-Denis, Montréal Choix et Qualité 713 Mont-Royal Est, Mil Métro Sherbrooke 849-1913 Métro Mont-Royal 523-6389 Lisez le testament littéraire de LUDM CHIRIAEFF dans le recueil de témoignages COMME UN CRI DU COEUR XYZ éditkur 1781.rue Saint-Hubert.Montréal (Québec) H2L 3Z1 L abc de la littérature Téléphone : 525.21.70 • Télécopieur : 525.75.37 LES HERBES ROUGES / ROMAN LOUISE BOUCHARD Décalage vers le bleu - L I V R E S - B I O G R A P H I E L’homme qui nous envoya dans la Lune JULES VERNE Herbert R Lottman, traduit de l'anglais par Marianne Véron, Grandes Biographies, Flammarion, Paris 1996,430 pages MARIE-CLAIRE GIRARD Quelqu’un à qui je racontais que je terminais une biographie de Jules Verne s’est exclamé: «Mais je ne sais rien de Jules Verne! Quelle sorte d’homme c’était?» Et alors que je m’empressais de raconter les rumeurs les plus potentiellement juteuses que j’avais relevées dans le livre de Lottman, le tout agrémenté de quelques anecdotes, j’ai réfléchi sur le fait qu’effectivement, pour un écrivain qui a eu une telle renommée et qui est mondialement connu, pour un homme qui a écrit plus de cent romans au cours de sa vie et qui a enchanté l’enfance de tant de gens, il demeure de grands pans de vie entourés d’un mystère un peu sulfureux.La biographie de Lottman nous informe et nous permet de découvrir certaines facettes d’un personnage complexe, mais des aspects cachés demeurent, certaines époques et certains événements baignent toujours dans le brouillard et ce n’est certainement pas de la faute du biographe: Lottman est reconnu pour sa précision d’entomologiste, s’appuyant sur une documentation vérifiée et vérifiable, ne s’aventurant jamais dans le flou des suppositions ou dans l’interprétation psychanalytique.Ce qui fait que si l’on en apprend beaucoup sur Jules Verne, il y a toujours des choses que nous ignorons et qui, peut-être, resteront à jamais impénétrables.Comme, par exemple, un mariage qui aurait été malheureux et, peut-être, des tendances à la pédophilie.Au temps du romantisme Jules Verne est né le 8 février 1828, Breton de Nantes, issu d’une famille où faire de la poésie constituait une tradition, y compris pour son père, notaire de profession.Nul en orthographe mais plein d’imagination, Jules Verne fera son droit à Paris, comme tant de jeunes gens de cette époque, tout en caressant le rêve de vivre de sa plume.C’était l’apogée de l’époque romantique et Verne admirait sans réserve Victor Hugo.Ami d’Alexandre Dumas fils, il commit d’abord des vers (très mauvais) puis des pièces de théâtre (fort heureusement oubliées aujourd’hui) avant de rencontrer Hetzel, celui qui allait devenir son éditeur et ami, et grâce à qui il allait connaître la gloire et la renommée.Il y eut bien sûr des années de vaches maigres avant cette reconnaissance qui ne survint qu’après la trentaine.Seul à Paris, écrivant et étudiant le droit, celui qui écrira Vingt mille lieues sous les mers fait preuve d’une intéressante hypocondrie: à vingt ans, il se plaint de coliques qui ne lui laissent aucun répit, et ses lettres à ses parents sont remplies de considérations interminables sur la nourriture, ce qu’elle coûte, où il la consomme et de quelle façon elle l’affecte.A vingt-neuf ans, sentant la nécessité de s’établir, il épouse une jeune veuve, Honorine Deviane, qui a déjà deux petites filles de son précédent mariage et qui lui donnera un fils, Michel Ce fils sera la source de bien des ennuis pour Jules Verne mais, sur ce point, la biographie laisse rêveur: alors que le père taxe son fils d’incurable délinquant, se plaint sans arrêt des excès de toutes sortes auxquels se livrerait Michel, et alors que Verne va jusqu'à faire enfermer ce fils dans la clinique du docteur Blanche (le même qui a soigné la folie de Guy de Maupassant et qui était l’aliéniste le plus réputé de son époque), rien, mais alors rien dans les documents ou les témoignages recueillis ne vient confirmer la prétendue folie ou les pseudo-extravagances de cet enfant qui semble toujours avoir eu un comportement normal, quoique peut-être un peu turbulent Qu’en était-il exactement de ce fils qui, à vingt-cinq ans, se met aussi à écrire, qui deviendra l’assistant de son père dans son travail et qu’on soupçonne également d’avoir achevé certains manuscrits laissés en plan à la mort de Jules Verne?Il ne semble pas que le fou de la famille ait été Michel mais bien Gaston, le fils du frère de Jules Verne, qui tirera sur son oncle dans un moment d’égarement et qui finira ses jours dans un asile.Une existence banale Quoi qu’il en soit, la vie de Jules Verne a rarement été mouvementée: celui qui a décrit et fait voyager ses personnages dans les paysages les plus exotiques qui soient, y compris la Lune, le fond des océans et le cœur de la Terre, a peu voyagé.Après son mariage, il s’est établi à Amiens et a mené une existence monotone, banale, loin d’un univers littéraire parisien qui n’a jamais démontré la volonté de vouloir l’adopter.D’ailleurs, dans ses œuvres, on note la fascination pour les univers clos, que ce soit la nacelle du ballon ou la cabine d’un vaisseau spatial, et c’est à ses personnages que ce sédentaire invétéré confère l’esprit d’aventure et les facultés de touche-à-tout qui leur permettent de s’aider de matériaux à leur disposition pour colmater une brèche, réparer une fuite ou cuisiner un plat.Dans la vie, Jules Verne était désespérément malhabile.Une peur de la technologie Jules Verne a marqué l’univers et la vision du monde que les hommes adopteront dorénavant.Fasciné par le progrès, à la fin de sa vie, il exprime des réticences face aux développements de la technologie, voyant déjà le processus de déshumanisation qui peut en résulter.Célèbre, relativement riche (mais son éditeur s’est arrangé pour ne lui verser aucun droit sur les albums illustrés, ceux qui se vendaient le plus), il reçut peu avant sa mort une lettre du président Théodore Roosevelt qui lui disait avoir lu toutes ses œuvres.Mais parmi les témoignages recueillis, aucun ne fait état d’un geste généreux, d’un sacrifice spectaculaire, d’une prise de position exemplaire.Terne, sans grande joie comme sans colère, Jules Verne semble avoir traversé son siècle sans faire de vagues, comme si les personnages de ses romans s’étaient accaparé toute son énergie et toute sa soif de vivre.Sur la centaine d’œuvres qu’il a laissées, tout n’est pas également valable.On retiendra celles qui sont toujours lues et relues, De la Terre à la Lune, Cinq semaines en ballon, Les Enfants Prix Spirale de l'essai 1996 MARCANGENOT Les idéologies du ressentiment Collection « Documents » Avec sa construction d’une rare maîtrise et la puissance de sa vision, le roman de Louise Bouchard s’avère des plus émouvants.Décalage vers le bleu plonge dans l’âme humaine un regard pénétrant et lumineux, inoubliable.Tome 2 Éd.l’Essentiel Oampigny Le recours à la rêverie Seule la rêverie, ce film du passé, est d’un quelconque secours, et David s’y emploie fébrilement.Le voilà bientôt plein des souvenirs de sa rencontre, alors qu’il n’était qu’un combattant sous les ordres du roi Saül, avec l’une des prêtresses d’Aphrodite, Chypriote du nom d’Aspasie (inspirée de celle qu’aimera Périclès plusieurs siècles plus tard?) et qui l’aura convaincu de la plus exemplaire façon qui soit des plaisirs de la vie.En véritable roi qu’il est, David mettra tout ce qu’il peut en branle pour que sa rêverie redevienne réalité et lancera son bien inutile S.O.S.à la dame de Chypre.Les mots pour dire le corps, qu’il soit en décrépitude ou en pâmoison, ne manquent pas à Jacques Desautels.Ainsi, le lecteur qui acceptera de plonger dans le monde de La Dame de Chypre sans trop s’angoisser de ne pas avoir l’érudition de l’auteur ni sa capacité de jongler avec les faits historiques, et sans trop souffrir des moult exemples de domination qui le fondent, verra s’ouvrir là un monde empreint de sensualité, où l’appel de la chair et du plaisir dans ce qu’il a de plus naturel est aussi puissant que l’évidence de la mort.Ça donne bien le goût de vivre un peu.Jacques DcMulel» La dame de Chypre ROMAN QUÉBÉCOIS L’Histoire d’entre les mots du capitaine Grant, Vingt mille lieues sous les mers et l’inoubliable four du monde en quatre-vingts jouis.A ce sujet, il est intéressant de savoir que Joseph Pulitzer, alors propriétaire du quotidien The World à New York, envoya, en 1889, un journaliste autour du monde pour tenter de battre le record de Philéas Fogg.Le record fut battu, lie journaliste en question qui réalisa cet exploit était une femme, elle s’appelait Nellie Bly et elle avait vingt-deux ans.11 existe un projet de statue de Jules Verne à Cap Canaveral, projet qui ne s’est pas encore concrétisé jusqu’à ce jour.Par contre, la carte officielle de la face cachée de la Lune, établie par le Centre aérospa-tjal de l’aviation des Etats-Unis, compte un cratère qui porte le nom de Jules Verne.Ce qui est très bien, quand on y pense, car cela convient parfaitement à un homme qui a laissé autant d’aspects de sa vie dans l’obscurité et 4380 St-Denis, Mtl 844-2587 Ouvert 7 jrs de 9h à 22h Société des écrivains canadiens (section Montréal) LOUISE DU PRÉ La mémoria Collection « Romanichels » àl 1 #i éditeur Ju lie Sergent ?dont on sait finalement que ce qu’il a bien voulu laisser filtrer à travers des lettres parfois sibyllines et une légende familiale soigneusement entretenue.LA DAME DE CHYPRE Jacques Desautels, l’Hexagone Montréal, 1996,222 pages ce à un anneau d’or, symbole d’éternel recommencement, porté à travers les siècles par la déesse Aphrodite puis, après la venue du quatrième roi mage qui lui en ferait cadeau, par la Vierge Marie.Cette fois-ci, Jacqués Desautels nous ramène au dixième siècle avant Jésus-Christ, alors que la transition est encore difficile dans le cœur du peuple hébreu entre le culte des divinités, hérité des Cananéens, et la croyance en un seul Dieu, Yahvé, austère et menaçant.Vers qui se tournera David pour régler son problème?C’est toute l’existence du royaume d’Israël qui est menacée dès lors que David est trop faible pour en grossir les rangs et trop piteux pour assumer son rôle de dirigeant.Mais pas davantage Yahvé que les fidèles du royaume ne parviennent évidemment à stopper la longue descente du roi vers la mort Echouera d’abord Aysu, la préférée, femme d’esprit et de sagesse ramenée avec le butin d’une guerre quatre ans auparavant et qui s’accommodait jusque-là plutpt bien de son statut de prisonnière.Echouera Bethsabée, la reine, qui sort de l’ombre dans laquelle la tient Aysu pour tendre sa vieille main complice au roi.De même le prophète Nathan, le prêtre Sadoq et l’un ou l'autre guérisseurs mandés, en désespoir de cause, au chevet du paquet mou, n’accompliront aucun miracle.David, deuxième roi d’Israël, celui-là même que Michel-Ange a inscrit dans le marbre et dans l’imagerie de tous les yoyanls comme un exemple de charme et de beauté, n’est qu’un vieux chiffon tout ratatiné sous ses couvertures et pleurant sa virilité mollassonne lorsque s’ouvre La Dame de Chypre, deuxième roman de Jacques Desautels.«Philtres, pessaires, infusions, pipeaux et jeux de main, rien n’y faisait, la majesté royale ne se manifestait plus.» fait qu’il ait alors 69 ans, 60 épouses et quelques 300 concubines derrière lui ne rassure pas du tout le vieux roi.Un homme qui ne bande pas, qui n’a ni les moyens de son plaisir ni ceux de transmettre la vie, est un homme fini.La prémisse, pour invitante qu’elle soit à la tragicomédie, ne sera ni l’occasion d’un déversement huiporis-lique (comme Moravia rappelant sa chose à l’ordre dans Moi et Lui), ni celle d’une tentative de contrôle scientifique sur la nature (comme Dou-brovsky s’armant d’une seringue pour s’injecter un peu de plomb là où ça compte, dans L Après-vivre).Pour saisir toute la particularité du drame qui étreint David, on devra retourner trente siècles en arrière, à une époque où il était de bon ton de croire que chaque moment d’une existence était contrôlé par le Très-Haut ou l’un de ses vis-à-vis.Et puisque le commun des lecteurs n’a sans doute pas l’époque à l’esprit, l’auteur, en outre professeur de langue, de littérature et de civilisation grecques à l’Université Lavai (où il est aussi le doyen de la faculté des lettres), se fait ici un plaisir manifeste de bien l’illustrer.Un monde empreint de sensualité, où l’appel de la chair et du plaisir est aussi puissant que l’évidence de la mort Dans le tourbillon des connaissances Comme dans son premier roman, Le Quatrième Roi mage (Prix Robert-Cliche 1993), M.Desautels nous entraîne à nouveau dans le tourbillon de ses connaissances en mythologie et en histoire des religions, laissant aux maniaques le soin d’aller vérifier la vé-ridicité de ce qu’il rapporte, et aux autres le plaisir, parfois fragile, de naviguer entre l’Histoire et la fiction.On y sent à nouveau l’auteur nostalgique de cette communion ratée entre le polythéisme et le monothéisme.Le Quatrième Roi mage marquait la parenté entre les deux mondes grâ- I.K I) K V I) I II , I.K S S A M K 1)1 2 « K T I) I M A N < Il V.2 II S H I* T K M U K K I l> i> » U I V R E S L I T T É R A T IJ R E J E U N E S S E Q U É B É C O I S E Clowns, princesse et mystère À La courte échelle cet automne, de nouveaux plaisirs à découvrir GISÈLE DESROCHES Abordons la collection le Goût de savoir (trois à six ans environ) avec Les Contraires, où sont explorés joyeusement quelques concepts simples tels que chaud et froid, lent et rapide, rire et pleurer.C’est l’univers habituel de Roger Paré, fait de souris, de chats rondouillets et de clowns.Dessins soignés et attrayants, personnages expressifs, texte simple et phrases rimées.Pour apprendre en s’amusant.Dans la collection Il était une fois, Marie-Claude Favreau a illustré avec brio une histoire pimpante de Raymond Plante faite des joyeuses réminiscences à’Un monsieur nommé Piquet qui adorait les animaux.Pendant qu’il raconte, ses amis mulots réparent sa vieille bagnole.Pas de véritable progression dramatique, mais de l’humour et des idées en vrac.Des blagues et une douce folie.Une finale en grimace et jeux de mots qui amusera les lecteurs.Dans la même collection, La Princesse qui voulait choisir son prince est l’histoire plaisante et originale d’une princesse qui, voulant choisir elle-même son mari, décide d’épouser celui qui réussira à lui refaçonner une ombre à son goût.Les illustrations nous plongent dans une atmosphère moyenâgeuse avec chevaliers, fous du roi et vie de château, tout en offrant un côté fantaisiste et coloré.L’astuce finale clôt le conte avec un sourire de satisfaction.Un album très réussi! Les mini-romans Des trois mini-romans (7 à 10 ans), tous bien faits, attrayants, intéressants, le nouveau Sophie (Sophie vit un cauchemar) de Louise Leblanc réussit encore une fois à m’emporter sans réserve dans sa tornade.Cette fois, Sophie, dont l’autorité de chef est ouvertement défiée, accepte de commettre un délit qui, malheureusement pour elle, se soldera par une arrestation.Toujours cette impression de vivre à cent à l’heure.La houle d’une famille nombreuse.Des péripéties incomparables, des détails qui font saliver.Un récit qui déborde généreusement mais reste toujours solidement ancré à la réalité, toujours relié à quelque chose d’essentiel, une leçon de vie, autour de laquelle s’articule l’intrigue.Et l’incroyable Mamie qui intervient toujours au bon moment, avec une solution clé et percutante! Des trois Romans jeunesse (9 à 12 ans), s’il fallait n’en retenir qu’un seul, lequel choisir?L’illustration que Stéphane Poulin a réalisée pour la page couverture de L’Ile du savant fou de Denis Côté est tout à fait magnifique et saisissante, mais il ne faut pas passer à côté de L’Étonnant Lézard d’Edgar de Gilles Gauthier.Edgar, dims cet épisode, croit avoir des visions lorsqu’il aperçoit ce drôle de lézard dans le miroir.Il fera des recherches qui l’éclaireront à la fois sur lui-même et sur l’origine de l’humanité.Et comme une certaine Chinoise aux cheveux mauves et au nez percé, rencontrée au camp d’informatique, s’interrogera avec lui, il éprouvera une attirance tou- te nouvelle pour les mégaoctets et les kilooctets.Etonnant lézard peut-être, mais aussi étonnant auteur qui, d’un roman à l’autre, réussit en si peu de pages à aborder des thèmes si vastes avec autant de tact et de doigté.Qui demeure l’un des plus novateurs.Non seulement le personnage d’Edgar ne ressemble-t-il à aucun autre, mais l’intrigue de chaque épisode de la série est originale et unique.Le texte regorge de références très actuelles telles que voyage astral, troisième œil, jeux électroniques, Yi-King, tout en échappant à tout cliché ou idéologie toute faite.Le texte est sensible, touchant; il contient une richesse d’,informations étonnamment digestes.A offrir à ceux et celles qui cherchent, comme Edgar, à se connaître et à donner un sens à leur vie.Du côté des Romans + (13 ans et plus), notre Agatha Christie québécoise, Christine Brouillet, signe une nouvelle enquête de Natasha: Un bonheur terrifiant.Les agissements de son cousin Pierre lui semblent inquiétants.Pour le sortir de l’emprise du Mouvement éodien, Natasha ira jusqu’à prétendre vouloir en faire partie.Le thème des sectes est abordé avec légèreté, l’accent étant mis sur le mystère à éclaircir plutôt que sur la psychologie des personnages.La tension constante et le développement bien maîtrisé en font une lecture agréable.UN BONHEUR TERRIFIANT Christine Brouillet, coll.Roman +, 1996,158 pages LES CONTRAIRES Roger Paré, texte et illustrations, coll.Goût de savoir n° 6, la courte échelle, 24 pages, broché UN MONSIEUR NOMMÉ PIQUET QUI ADORAIT LES ANIMAUX Raymond Plante, illustrations de Marie-Claude Favreau, coll.11 était une fois n° 4, la courte échelle, 1996, 24 pages, broché LA PRINCESSE QUI VOULAIT CHOISIR SON PRINCE Bernard Gauthier, illustrations de Pierre-André Derome, coll.Il était une fois n° 3, la courte échelle, 1996, 24 pages, broché SOPHIE VIT UN CAUCHEMAR Louise Leblanc, illustrations de Marie-Louise Gay, coll.Premier roman, 1996,64 pages L’ÉTONNANT LÉZARD D’EDGAR Gilles Gauthier, illustrations de Jules Prud’homme, coll.Roman jeunesse, 1996,92 pages ESSAIS QUÉBÉCOIS De la philosophie après toute chose LOGIQUE DE L’EXCES Pierre Bertrand, Les Herbes Rouges, «Essais», Montréal, 1996 120 pages Regards sur les temps actuels Pierre Desjardins, Les Intouchables Montréal, 1996,193 pages DIALOGUES EN RUINE Laurent-Michel Vacher, Liber Montréal, 1996,95 pages I Je ne te raconte pas.MARCEL JEAN .Te ne te raconte pas.» Voilà ce 'j que disent généralement mes amis français avant de se lancer dans d’interminables et passionnants récits.De tout temps l’homme a tenu à raconter ce qu’il voyait, ce qu’il vivait.De tout temps les hommes ont cherché à se faire raconter ce qu’ils ne vivaient pas, ce qu’ils n’ont pas vu.Cette semaine, la chronique du livre de poche est donc consacrée à ces récits, relations et autres reportages qui font la grande et la petite histoire.Religieux et combattants d’hier, journalistes d’aujourd’hui, tous sont conviés.LES FORÇATS DE LA ROUTE Albert Londres, Arléa Paris, 1996,62 pages À tout seigneur tout honneur, commençons avec Albert Londres, le légendaire journaliste français.En 1924, Londres racontait le Tour de France dans Le Petit Parisien.Cette boucle, gagnée par l’Italien Bottecchia et marquée par l’abandon des frères Pélissier, donna au reporter l’occasion de signer l’un de ses grands textes, véritable ode à l’effort et à la souffrance: «On compte déjà un peu plus de soixante cadavres; entendez cadavres dans le sens de bouteilles quand elles sont vidées.» Il faut se tourner vers le Giro de 1949, avec le duel Coppi-Bar-tali raconté par le grand Dino Buzzati, pour trouver un aussi grand morceau de littérature cycliste.Un délice! PUTAIN DE MORT Michael Herr, traduit de l’américain par Pierre Alien, Éditions de l’Olivier, Paris, 1996,261 pages Voilà un livre qui sent le napalm, le marais, la sueur et le sang.Correspondant à’Esquire, Michael Herr a couvert la guerre du Vietnam, en 1967.De son reportage il a tiré ce récit halluciné, dont allait découler un bonne partie de son œuvre ultérieure (il a scénarisé Full Metal Jacket de Stanley Kubrick).Pour sentir l’atmosphère du Vietnam, avec la drogue, la guitare de Jimi Hendrix et la peur du Vietcong, rien de mieux que ce livre qui nous plonge au cœur d’une folie qui rappelle celle d'Apocalypse Now.Quand l’horreur de la réalité dépasse celle de la fiction.TRÈS BRÈVE RELATION DE LA DESTRUCTION DES INDES Bartolomé de Las Casas, traduit de l’espagnol par Franchita Gonzales Batlle, La Découverte/Poche, Paris, 1996,153 pages Soixante ans après le premier voyage de Christophe Colomb, le do- minicain Bartolomé de Las Casas a rédigé à l’usage du souverain d’Espagne un court texte dénonçant la colonisation en Amérique.Avec une précision inouïe, un style direct et puissant, le religieux décrit les atrocités et la bêtise qui triomphent en ces terres nouvelles où les Indiens sont massacrés au nom de Dieu.Un critique du magazine français Télérama a très justement dit de ce texte qu’il s’agissait d’un rapport d’Amnis-tie internationale écrit avec quatre siècles d’avance: «Même ton précis, même souci d’accumuler détails et exemples.» LA CONQUÊTE DU MEXIQUE Hernan Cortés, traduit de l’espagnol par Désiré Charnay (1896) La Découverte/Poche, Paris, 1996 454 pages En complément à l’ouvrage de Bartolomé de Las Casas, la nouvelle collection de poche des éditions La Découverte nous offre le texte intégral du rapport que le plus célèbre des conquistadors a remis à l’empereur Charles Quint.Entre 1519 et 1526, Cortés a conquis de vastes terres, jetant les bases de ce qui allait devenir l’Amérique espagnole.En cinq longues lettres écrites dans un style ampoulé qui sied à l’idée qu’on se fait du personnage, Cortés raconte son entreprise guerrière.On en a froid dans le dos.ÉCRITS EN HURONIE Jean de Brébeuf, Bibliothèque québécoise, Montréal, 1996,359 pages Pour rester dans la même mouvance, voici les textes écrits par le jésuite Jean de Brébeuf au cours de ses 20 années passées au Canada.Gilles Thé-rien présente ce classique de la littérature canadienne-française, texte d’un personnage curieux et mystique dont les observations préfigurent l’ethnologie.On retrouve dans cette édition les Relations, la correspondance, les écrits mystiques ainsi qu’une traduction de textes écrits en langue huronne.TRANSSIBÉRIE, LE MYTHE SAUVAGE Nicolas Vanier, Babel, 1996 375 pages Vous trouvez nos hiver froids?Lisez ce livre dans lequel Nicolas Vanier raconte son voyage de 18 mois, entre la Mongolie et l’océan Arctique, dans une terre mythique qui évoque l’aridité d’interminables étendues de neige.Un livre d’explorateur, donc, qui a traversé la Sibérie à dos de poney et de cheval, puis aidé par des chiens et des rennes.Un récit dans la tradition lancée par Jack London, qui offre la grande aventure dans le confort du foyer.e me suis fais poser la question de temps à autre et encore récemment: pourquoi ne parles-tu pas plus souvent de philosophie, certainement le parent pauvre de la couverture médiatique des essais?Qu’on se rassure, je ne répondrai pas exhaustivement à cette question, j’en serais bien incapable.On peut néanmoins avancer deux ou trois raisons relativement superficielles comme l’air du temps, qui est au pamphlet et non à la réflexion en profondeur, ou la difficulté d’un chroniqueur généraliste à appréhender le discours philosophique.On peut se demander, plus fondamentalement, si le Québec n’est pas tout simplement sourd à la pensée philosophique ou, plus cruellement encore, si cette pensée, faute de voix originales, n’est pas Robert frappée d’une forme quel- Saletti conclue de mutisme.Je m’in- ?terroge quand je consulte le dernier numéro de Spirale, une revue qui a toujours fait une place enviable à la philo.Or, dans l’index de ce numéro anniversaire, je constate que la philosophie québécoise est absente: de la soixantaine de titres philosophiques recensés par les chroniqueurs de la revue depuis 1990, deux, oui deux, sauf erreur, sont des productions québécoises.Trois, pardon, si l’on compte un ouvrage de Charles Taylor publié en anglais.Quelques parutions récentes tendent à contredire cette perception négative.Mais si l’on peut croire que la philosophie existe bel et bien au Québec, qu’en est-il de son actualité?Vivre posthume Une des questions que les philosophes posent avec le plus de virulence, on a envie de dire avec le plus de naturel, est certainement celle de la mort.Logique de l’excès, de Pierre Bertrand, s’ouvre avec un chapitre sur la mort et le posthume.La mort donc, ce rien qui nous attend, mais surtout le posthume, ce presque rien qui défie l’actualité, notre rapport immédiat au monde.Logique de l’excès aurait pu s’intituler «De l’importance d’être posthume».Au sens de Nietzsche.Je lis: «Être posthume, c’est une façon d’être inactuel, intempestif, d’être là tout en se sentant à côté [.], c’est une manière de vivre tel une ombre, en passant inaperçu, toujours inconnu, y compris pour soi-même [.], c’est vivre comme si on était déjà mort.» Faire comme si on était déjà mort, cela me rappelle un rêve que je faisais souvent quand j’étais jeune.Ç’était la guerre, nous étions envahis.A proximité de la maison familiale, SOURCE LES HERBES ROUGES Pierre Bertrand il y avait plusieurs cadavres.Des soldats s’approchaient.J’étais soudé au sol et je me disais: la seule façon de m’en sortir, de survivre, c’est de faire semblant d’être mort.Je respirais à peine.Je survivais parfois ou alors je mourais avant de me réveiller.(Fin de la pause autobiographique.) Dialogues en ruine pose aussi la question de la mort, de la vie et de ce qu’il y a entre les deux.C’est le livre d’un philosophe, Laurent-Michel Vacher, qui rend hommage à un collègue et ami, Jean Papineau, appelé trop tôt par la grande faucheuse.Ce livre reconstitue des dialogues qu’ils ont eus à différents moments jusqu’à la mort du second.Il restitue une pensée inactuelle à plus d’un titre.Inactuelle parce qu’irrévérencieuse à l’égard de certaines idées courantes.Le nationalisme québécois a tous les symptômes d’une névrose et la culture québécoise n’est ni plus ni moins qu’un ersatz étatico-institutionnel.Quant à la vie, Trois publications pour sortir la philosophie québécoise du mutisme dont elle est frappée SALON DU LIVRE ANCIEN KM i GRAND CHOIX DE LIVRES ANCIENS ET RARES, ILLUSTRÉS, PREMIÈRES ÉDITIONS, BELLES RELIURES,CARTES, ESTAMPES.?I v jê ç taaaLy \ , 1 9 9 6 Samedi: midi à 18h / Dimanche: 11 h à 17h UNIVERSITÉ CONCORDIA - BIBLIOTHÈQUE WEBSTER Pavillon McConnell -1400, boul.de Maisonneuve O.Le devoir MÉTRO GUY-CONCORDIA BEST-SELLERS w PANTOUTE l.C'EST POUR MIEUX T'AIMER, MON ENFANT, Chrysline Brouillet - éd.La courte échelle 2.UN HOMME PLEIN D'ENFANCE, Gilles Archambault - éd, Boréal 3.ERRANCES, Sergio Kokis - éd.XYZ 4.LA DAME DE CHYPRE, Jacques Desaulels - éd.Hexagone «r ESSAIS QUÉBÉCOIS I.HISTOIRE POPULAIRE DU QUÉBEC 1.2, Jacques Lacoursière - éd.Septentrion 2.DIALOGUES EN RUINE, Laurent-Michel Vacher - éd.liber 3.JE PERSISTE ET SIGNE, Jean Paré-éd.Boréal «T ROMANS ÉTRANGERS 1.LA PLUS QUE VIVE, Christian Bobin - éd.Gallimard 2.INSTRUMENTS DES TÉNÈBRES, Nancy Huston - éd.leméac Actes Sud 3.PÉPLUM, Amélie Nothomb - éd.Albin Michel 4.LA LIGNE VERTE T.6 (Calley sur la ligne), Stephen King - éd.librio «STRESSAIS ÉTRANGERS 1.LA PLUS BELLE HISTOIRE DU MONDE, H.Reeves, J.de Rosnay, Y.Coppens, D.Simonnet - éd.Seuil 2.LA DIXIÈME RÉVÉLATION DE LA PROPHÉTIE DES ANDES, James Redlield - éd.Robert lallonl 3.CES HOMMES SONT AVANT TOUT NOS FRÈRES.Danielle Mitterrand - éd.Ramsay «T LIVRES JEUNESSE I.LE BUVEUR D’ENCRE, Éric Sanvoisin et Martin Malje - éd.Nathan (Demi-lune) 2.DICO DINGO.Pascal Garnier et Jochen Cerner - éd.Nathan (Demi-lune) «r LIVRES PRATIQUES 1.GUIDE DE LA COMMUNICATION ÉCRITE, Marie Malo - éd.Québec-Amérique 2.PROMENADES DANS LES JARDINS ANCIENS DU QUÉBEC, P t.Martin P.Morissel - Boréal B.l.éd.«r LES COUPS DE COEUR I.IA FEMME DU VÉNITIEN.Nick Banlock - éd.Abbeville Press 2.LE TROISIÈME ORCHESTRE.Sylvain Lelièvre - éd.Ouébec-Aménque 1100.rie Saint Jean.Quebec (Oc) GIR ISS Téléphone (410) 694 9748 Télécopier: (418) 694 0209 elle est associée à un néant désespérant, à un enlisement inéluctable.La vie est une mort au ralenti, peut-on lire dans Dialogues en ruine.La vie est une mort lente, disons même éternelle.La vie est définitivement posthume.Mais la pensée de Jean Papineau est inactuelle au sens littéral aussi, puisqu’il n’avait rien publié, ne voulait pas publier.Poser comme philosophe Pierre Desjardins, lui, a beaucoup écrit, mais dans les journaux.Tout lecteur des pages d’opinions et d’idées de nos quotidiens connaît son nom car Desjardins a l’habitude de prendre position, régulièrement, à propos de tout et de rien.C’est le philosophe qui s’implique, l’intellectuel au sens cornélien du terme (au sens de D>uis Cornellier, pas de Corneille tout de même), au sens sartrien donc.C’est l’empêcheur de tourner en rond, le pourfendeur de préjugés, le défenseur du veuf et de l’orpheline.Regards sur les temps actuels est — soyons un tantinet méchant — un genre de scrapbook.C’est un collage des textes qui sont parus, sauf de rares exceptions, au Devoir et à Im Presse.Leur collection est censée révélée un regard, j’y ai davantage trouvé une attitude, voire une pose.Les sujets défilent — l’art et la musique contemporains, l’éducation, les loteries, le sport, etc.— qui courent à l’abattoir.En résumé, nous vivons dans une société hollywoodienne qui nous aliène collectivement.Nous vivons une époque de grande léthargie intellectuelle — ce qui est certes démontrable —, heureusement qu’il y a quelqu’un pour vous le dire — coucou, c’est moi.Cela dit, certains textes, considérés individuellement, ne sont pas dénués d’intérêt en ce qu’ils posent de bonnes questions, mais les analyses qui en découlent sont basées sur des prémisses peu exigeantes: le spectateur de cinéma est prêt à gober n’importe quoi, l’amateur de sport est un zigoto frustré, il n’y a plus personne pour tourner la tête au ciel et se livrer aux interrogations fondamentales.Les vrais penseurs sont à peu près tous morts, sauf Umberto Eco.Pendant ce temps chez Pierre Bertrand, monsieur ou madame Tout-le-monde est un héros.Du seul fait d’être en vie.L’homme n’a pas le choix; vivre et survivre, c’est être héroïque, c’est donner à l’invisible et à la fragilité la place qui leur revient, soit de permettre le visible et la force.L’homme est l’animal des excès, celui qui dans l’échelle du vivant descend le plus bas et monte le plus haut, Logique de l’excès est un texte original parce que plein, monopièce comme a déjà dit quelqu’un à propos de L’Artiste (L’Hexagone, 1986), un autre essai de Pierre Bertrand.Pas d’introduction jri ni de conclusion, une pensée s’exécute devant nos yeux et on ne sait ni où ni comment elle a pris forme.Il faut prendre le train en marche, à nos risques et périls, si l’on veut combattre l’impérialisme du visible.L’objectif est finalement le même que celui de Pierre Desjardins ou de Jean Papineau, que celui de la philosophie en général: avancer dans le doute.Mais il est.dans logique de l’excès, excessivement assumé. m L K I) E V OIK.I.K S S A M K I) I 28 E I I) I M A X (' Il E 2 II S E I1 T E M 15 II E I !» il li I) 5 4» Wf L I V R E 8 - LE FEUILLETON Le naufrage de deux vies LA SPLENDEUR D’ANTONIA Jean-Pierre Milovanoff Éd.Julliard, Paris, 1996,188 pages Jean-Pierre Milovanoff n’est pas ce qu’on pourrait appeler un écrivain majeur, mais il a la plume alerte et ne manque ni de style ni de saveur.Je dis saveur parce que cet auteur, tout de délicatesse, appartient à ces romanciers du Midi de la France (pensons à Giono) pour qui la langue concourt à restituer au monde la splendeur des paysages connus et aimés, la variété et la richesse des mots qui chantent dans le cœur de ses habitants, le fond sensible et romanesque qui nourrit leur imaginaire et détermine en partie le récit collectif.On l’aura compris : Milovanoff est un écrivain des sens, hanté par ailleurs par le mystère de la nature — dont l’humaine.L’an dernier, il faisait paraître chez le même éditeur un récit biographique consacré à son père [Ix Russe blanc), Paul Milovanoff, qui a fui la révolution bolchévique à l’âge de 17 ans et entrepris une longue pérégrination (dix ans) qui l’a fait passer de la Turquie à la Bulgarie puis à la Roumanie, avant de le conduire dans le sud de la France, où il s’est fixé.Faire le portrait d’un homme qui n’a rien d’exceptionnel, qui est plutôt effacé, est, on s’en doute, une tâche difficile pour tout écrivain, surtout lorsqu’il s’agit d’un être aussi proche (et aussi lointain) que son propre père.C’est questionner, à travers lui, son visage même, c’est-à-dire la part la plus cachée de soi, cette «eau — écrivait l’auteur — qui circule au fond de la nuit, comme à l’intérieur d’un mystère».Mais Milovanoff s’en est fort bien tiré, racontant son enfance avec une grande pudeur, comme on désenseve-lit petit à petit la figure de l'autre à travers le désordre de sa propre mémoire.Avec 1m Splendeur à!Antonia, l’auteur s’attache cette fois à la figure d’une arrière-grand-mère que le narrateur avoue n’avoir pas connu, sauf à travers les confidences, pleines de lacunes et d’approximations, de sa fille, Pauline.Comme on va le voir, loin d’être un personnage effacé, cette femme est l’archétype même du romanesque (style XIXe siècle).A la Toussaint 1886, Antonia, une jeune et jolie rousse de 16 ans, fille unique d’un fabriquant de chapeaux qui vit à Nîmes, Augustin Chardon, et nièce d’un «peintre taurin», Jules Chardon, ami d’Alphonse Daudet et de Mistral, se foule la cheville.Cet événement anodin, qui aurait dû n’avoir aucune suite, aura de lourdes conséquences.Relevée par un inconnu qui lui tend la main, la jeune fille, sans «apercevoir le Malin qui déjà se frotte les cornes», se donne à lui dans la salle du marbrier funéraire qui se trouve à deux pas.Enceinte, l’homme disparu, elle passe près de devenir folle (elle est internée quelque temps).Pour sauver les apparences, elle consent à se donner à un docteur Jean-Pierre De n is de la ville, Augustin Bizet, qui ne déteste pas les nuits licencieuses et les menus plaisirs de la chair.Sauront-ils s’aimer malgré tout?Oui, mais, avertit l’auteur, cette histoire ne nous raconte pas une histoire d’amour: plutôt «le naufrage de deux vies à travers des scènes d’amour».Antonia se donne à d’autres, comme appelée par le premier éblouissement qui a fixé en elle l’image même de l’amour, jusqu’à cette mort vers laquelle elle se précipite du haut du pont du Gard alors qu’elle croit retrouver les bras de son premier amant.Augustin, quant à lui, de plus en plus aigri, renoue avec la vie dissolue qu’il menait jadis.En somme, une histoire romantique qui finit mal.Les réserves imaginales du récit Ce court résumé ne traduit cependant pas la particularité de ce récit qui, avançant par touches successives et appels au lecteur, se construit sous le mode de la participation et de la suggestion.C’est que le narrateur, qui n’a pas connu ceite dame et n’en a qu’un portrait incomplet, s’amuse à nous prendre à partie dans ses délibérations de romancier-raconteur: «Ici, comme on peut le voir, je me mets dans la peau d’Antonia, je la remplace à pied levé si j’ose dire, le procédé vaut ce qu’il vaut, et j’entends déjà les critiques: “De quel droit un individu qui s’est présenté comme un bon à rien endurci saute-t-il par-dessus le siècle, la langue, le sexe, les mentalités et les convenances pour se faire le porte-parole d’une vierge?”» Le procédé, qui n’est pas neuf en littérature, peut paraître redondant ou inutilement lourd.Certains penseront même qu’il nuit à l’intrigue ou, pire, qu’il empêche de croire aux personnages, et donc de céder à leur magie.En somme: un romancier, s’il fait de la fiction, se doit de connaître son sujet (personnages, événements, pensées, etc.) et l’assumer comme une fiction dont il est le seul maître.S’il n’en est pas capable, qu'il s’abstienne de nous faire part de ses doutes et de nous rappeler à chaque fois que le romancier a droit, aujourd’hui, à moins d’omniscience et plus de fantaisie.Il y a en effet, chez certains écri- Jetm-Pierri* Milovanoff La splendeur cl’A nt oni a Julliard Grand prix des inédits de RFI-ACCT à Charlotte Gingras Paris (AFP) — L’écrivaine québécoise Charlotte Gingras a remporté le grand prix des inédits de RFI-ACCT, pour son texte Le Manuscrit, a annoncé hier Radio France internationale (RFI).Le jury de ce prix RFI-ACCT (Agence de coopération culturelle et technique) est présidé par l’écrivain François Nourissier, président de l’académie Goncourt.Le grand prix attribué à Charlotte Gingras est doté de 5000 $.Deux deuxièmes prix ont été attribués: au Français Dominique Mainard pour Les Orangers et au Guyanais André Paradis pour Nativité.LE CHEMIN SAINT-JACQUES Photo : Johanne Mercier Le Chemin Saint-Jacques de Antonine Maillet « La célèbre Acadienne, pour une fois, avait vraiment la bride sur le cou.[.] Un beau chapeau, plein de lapins roses à pois verts, surprises bra-connées dans le champ mal gardé - heureusement - de la tradition orale.» Réginald Martel La Presse SOURCE EDITION JULLIARD Jean-Pierre Milovanoff vains, des procédés qu’on perçoit comme non nécessaires, mis là pour amuser la galerie ou faire plus compliqué, plus moderne.Mais là, me semble-t-il, n’est pas le propos de Milovanoff.Enfin, pas tout à fait.Chez cet écrivain délicat et pudique, comme je l’ai dit, qui prend un plaisir évident à écrire, on aurait plutôt tendance à croire qu’il hésite parfois à «fixer» ses personnages, c’est-à-dire à leur donner vie et consistance selon un schéma préconçu, une mécanique romanesque qui serait à elle-même sa propre justification, sa propre fin.Comme un enfant attiré par les sentiers secrets, il aime bien fureter, musarder, partir à la découverte de ce qu’il ne sait pas.même s’il est en âge de savoir qu’on ne découvre jamais que ce que l’on cherche, ce qui répond à ses désirs.Il y a encore que cet écrivain du Sud n’est sans doute pas fâché de retrouver la liberté du conteur, sa capacité à fabuler, à laisser courir son imagination (et ses sentiments) pour le simple plaisir de voir où elle l’entraîne.Ce qui l’intéresse est peut-être, davantage que le récit, l'intrigue, l’armature, ce qui n’est pas apparent, ce qui n’appartient pas au temps visible (au temps de la narration?) et qu’on ne cesse d’imaginer: «La personne que j’entrevois, bien évidemment une femme, il faut qu’elle soit à son sexe ce que je suis au mien: une pousse un peu oblique et jamais taillée, à qui il manqua tantôt la pluie, tantôt la lumière, mais qui garde dans ses nœuds et dans ses bourgeons des réserves qu’aucun jardinier n’imagina jamais.» Mais pourquoi diable inventer un personnage, fût-il inspiré d’une personne réelle, lui donner vie sans remplir les conditions de son autonomie! Peut-être cela tient-il au fait que Milovanoff n’arrive pas à se départir des êtres qu’il aime parce qu’ils font partie de lui, de son autofiction, que le visage qu’ils tendent vers nous — comme il l’écrit dans Russe blanc —, «il ne nous est pas donné d’en faire le tour, [car] nous ne connaissons pas notre visage [.] ne savons pas d’où il vient [.] nous parlons à travers lui».Admettons quand même le plaisir, tout simple, de lire un auteur qui sait nous réserver des surprises et qui maîtrise admirablement sa langue, celle du Midi.LES PETITS BONHEURS Tchékhov, l’insaisissable ŒUVRES, TOME 1, THEATRE Anton Tchékhov, traduit du russe par Denis Roche et Aine Coldefy-Fou-card, introduction, dictionnaire de Tchékhov, chronologie par Jean Bo-namour, Robert Laffont, collection «Bouquins», Paris, 1996,857 pages On inaugure chez Laffont une nouvelle édition des œuvres de Tchékhov.Quand elle sera terminée, elle comprendra outre le théâtre la grande majorité des contes et nouvelles, des extraits de la correspondance et des carnets de l’écrivain.On a fait reproche à l’éditeur d’avoir eu recours à des traductions dont la justesse est contestée.Denis Roche avait connu Tchékhov, sa sensibilité lui était connue, mais on ne se sa- 9 ' tisfait plus aujourd’hui des approximations qui sévissaient en tra-duction au début du siècle.Les spécialistes ont sans doute raison.Mais pour nous qui ignorons le russe, que nous pouvons mener en bateau aisément à ce chapitre, le charme demeure intact.Lire sans distraction Même si on n’a pas l’habitude de lire des textes dramatiques, même si on se sent réfractaire devant cette occupation, on entre sans problèmes dans Le Cerisaie ou dans Oncle Vania.Ces pièces nous sont proches, on les a vues dans différentes mises en scène, parfois gêné ou outré du sort qu’elles subissaient.Il n’y a plus d’intermédiaire quand on lit le texte, rien ne nous distrait.Au bout de quelques pages, on ne se demande plus si la traduction est juste ou non, on est pris.Il y a aussi les divertissements en un acte, Les Méfaits du tabac, Le Chant du cygne et autres pochades qui illustrent le talent de Tchékhov conteur et auteur comique.Ainsi donc le doux médecin des pauvres pouvait aussi être un féroce observateur du monde qui l’entourait?Dans son introduction, Jean Bonamour commente les grandes pièces et nous présente surtout un Tchékhov qu’il est impossible de cerner complètement.Cet auteur que l’on s’imagine solitaire, malheureux, introspectif avait bien toutes ces caractéristiques.Mais il était aussi amateur de femmes et de voyages, ne se sentait jamais aussi heureux que dans une maison remplie d’invités.Il est mort à 44 ans, mais il avait été un homme à la carrure athlétique, dont le train de vie était fastueux.Un homme rompu Ce travailleur infatigable n’était plus à la fin de S3 courte vie qu’un homme rompu.A sa fiancée, un an avant sa mort: «Ah! ma chérie, laisse-moi te dire franchement quelle satisfaction j’aurais maintenant à cesser d’être un écrivain.» Quelques mois plus tard: «Je suis si loin de tout que je commence à manquer de courage.Il me semble que, comme écrivain, j’ai fait Gilles Archambault LEMEAC la littérature d'aujourd'hui «Une formidable leçon de journalisme! » • O Jacques Guay LA PRESSE DES AUTRES Jacques Guay La presse des autres Des textes qui s’adressent aussi bien aux jeunes journalistes en formation qu’aux journalistes d’expérience, ainsi qu'à toutes celles et tous ceux qui s'intéressent, à quelque titre, à l’information.«Aucun ras-le-bol général, aucun cynisme, aucun scepticisme, mais une bouffée d’air frais et une vraie passion pour le métier de journaliste.» Un lecteur.LANCTOT ÉDITEUR LA PETITE MAISON DE LA GRANDE LITTÉRATURE mon temps, et chaque phrase que je trace me parait médiocre et complètement inutile.» Ces cris de désespoir, ces appels à l’aide sont fréquents dans la correspondance.Les lecteurs conquis que nous sommes ^ont placés devant leur impuissance.Ainsi un auteur de cette taille pouvait être rongé par le doute, tandis que tant d’autres écrivailleurs pavoisent si aisément.L’édition de Jean Bonamour comprend un «Dictionnaire de Tchékhov».Ije spécialiste de l’œuvre n’y apprendra probablement rien qu’il ne sache déjà.Pour nous, friands de détails inédits, on y trouve des précisions inédites, des révélations.Saviez-vous qu’à 23 ans, Tchékhov estimait que «la femme est toujours passive.Elle enfante de la chair à canon.Nulle part et jamais elle 9 n ’est-supérieure à l'homme du point de vue politique et sociologique.pour ce qui est de la création, c’est une oie.Un organisme parfait crée, et la femme n’a encore rien créé.George Sand n’est pas Newton ni Shakespeare».Comme quoi un grand esprit peut s’égarer.A l’article «Sexualité» du même dictionnaire, Bonamour rappelle la grande discrétion de Tchékhov en ce domaine.Il a pourtant eu de nombreuses liaisons.Si les préoccupations humanitaires expliquent son voyage à file de Sakhaline, il avoue à son ami Souvorine que ce séjour eii enfer lui permettra d’oublier pendant quelque temps sa «bedaine, et une gentille impuissance».Tchékhov, que l’on imagine volontiers rêveur, apathique, écrit à 37 ans: «Je méprise la paresse, de même que je méprise la faiblesse et l’apathie des mouvements de l'âme.Pour bien vivre, en homme digne de ce nom, il faut travailler, travailler.» Lire le théâtre de cet homme fragile et fort à la fois est une expérience d’une précieuse nécessité.Ne pas s’imaginer surtout que l’on connaît cette œuvre si riche, on ne peut que l’aborder à tâtons.«De Tchékhov, qui fut parfois follement gai, nous sentons et nous aimons surtout la tristesse», écrit Roger Grenier dans Regardez la neige qui tombe.L’important n’est-il pas d’aimer Tchékhov?Le rire finira bien par s’imposer.A la façon de Tchéldiov.Subrepticement.ANTON TCHEKHOV THEATRE ROBERT LAFFONT O 212 relieurs d'art t représentant 17 pays v?CATALOGUE COULEURS 2 prix spécial : 25,00 $ lu Relieurs professionnels en & Livres manipulables Itj Bibliothèque nationale du Québec 1700, rue Saint-Denis Métro Berri-UQAM 24 septembre au 26 octobre 1996 Artistes libres Maison de la culture Frontenac 2550, rue Ontario Est Métro Frontenac 10 septembre au 13 octobre 1996 Étudiants en reliure d’art Maison de la culture Mont-Royal 465, avenue du Mont-Royal Est Métro Mont-Royal 5 septembre au 29 septembre 1996 Le dépliant du Ve FIRA propose un itinéraire d’expositions à travers Montréal sous le thème : Une fête du livre et de la reliure d'art lu O O c Traduction simultanée Frais d'inscription sur place : 20,00 $ (vendredi 27 septembre à compter de 9h3o) Renseignements : (514) 279-5599 Auditorium de la Bibliothèque nationale du Québec 1700, rue Saint-Denis 27,28 et 29 septembre 1996 Un geste artistique vivant, contemporain, qui fusionne l’énergie créatrice et le savoir de la tradition.'f)\p U?9JJPJ/J» ÿ =! 'ry: Abu a Il il] il I * _ 2I* «yS il S wa !S : Vendredi 27 septembre 10(130 - Rencontre avec le milieu associatif international i5hoo - Assemblée générale de l’ARA-International (ouverte à tous) Remise du Trophée International de la Reliure d’Art 19I100 - Inauguration des expositions Maison de la culture Frontenac Samedi 28 septembre îohoo - Table ronde Vision sur l’an 2000 Animée par Philippe Sauvageau.directeur général de la Bibliothèque nationale du Québec Panélistes : Ellen Desmarais Archives nationales du Canada Robert Rainwater The New York Public Library |ohn Franklin Mowery The Folger Shakespeare library of Washington Émile van derVekene Bibliothèque nationale de Luxembourg i4hoo - Points de vue Sabine Coron Conservatrice de reliures brodées anciennes è la Bibliothèque historique de la Ville de Paris Mindelt Dubansky Directrice de conservation à la Thomas j.Watson library, The Metropolitan Museum of Art of New York Claudette Hould Spécialiste du livre d'artiste à la Bibliothèque nationale du Québec 15I130 - Exposés Donald G.Etherington Président de la Division de conservation - Information Conservation, Inc., Caroline du Nord Monique lallier Directrice d'un atelier de reliure d'art en Caroline du Nord Dimanche 29 septembre 9I130 - Conférence Florent Rousseau Relieur d'art français, président du groupe AIR neuf ioh30 - Conférence Guy de Grosbois Historien, directeur adjoint de Reliures et Papiers 11I130 - Conférence Antoine Coron Directeur de la Réserve des livres rares de la Bibliothèque nationale de France LeV« Forum International de la Reliure d’Art est organisé par les Amis de la Reliure d'Art ARA Canada (51A) 17093>3 I.K I) K V 0 1 I! .I, K S S A M U I) I 2 S K T D I M A N C II E 2 9 S E I’ T E M B K E I » 9 (î I) () LA TELE W E E K E A D Ui ¦ v Jgfr lm /; Cf JEUX D'ENFANTS LE BASEBALL SAMEDI C .«uni.- Un jeu questionnaire adapté d’un Les Expos tentent l’improbable en Deuxième et dernière partie du jeu américain et très amusant.affrontant les Braves d’Atlanta.portrait du grand violoniste Yehudi .Les adultes doivent trouver les mots A Montréal.Menuhin.f) IJ correspondant ata définitions des Radio-Canada, 19h30 Télé-Québec, 20h30 J UJjx «-> enfants.Pour toute la famille.Radio-Canada, 19h ‘,Tr & j •cifrts , ** w BÉCÂUD EN SHOW Spectacle enregistré à l’Olympia de Paris et qui permet de réentendre les grands succès de la vedette.Canal D, 22h PAULE DES RIVIERES m *vy| leiUMM OŒDSJ COCzDO GDIOQ® CD Univers inc./ Début Branché a Impact Simplement la vie Le Téléjournal Raison Passion / Patricia Nolin (18:20) Jeux d'enfants/ Début Baseball / Braves - Expos Le Téléjournal Nouvelles du Sport (22:52) Cinéma/LE VOLEUR ET LA MENTEUSE (4) avec G.Darmon, M.May (23:15) OUI® 00 9: CD HD gu d® Tournoi de quilles en équipes (16:00) Fleurs et Jardins Les Ailes de la mode Le TVA Cinéma / LES AVENTURES DE JACK BURTON (4) avec Kurt Russel, Kim Cattrall Cinéma / MAD MAX III: AU-DELA DU DOME DU TONNERRE (4) avec Mel Gibson, Tina Turner Le TVA/TVA Sports/ Loteries (23:44) Cinéma /LES SEIGNEURS DE LA PEGRE (5) avec Wayne, Crawford Martin Hewitt (23:57) aUQzJdS (3® (46) Iris / Pacha (16:45) Les Misérables Il était une fois.les découvreurs Spirou Exploration 500 Nations Samedi C Cinéma/VOLPONE (3) avec Harry Baur, Louis Jouvet Château de cartes (4/4) (23:10) 0)001) PD (35) (49) Pub Tennis Extra Gr.Journal ca Hebdo.(17:40) La Tournée du grand Duc/ Paul Buissonneau Cinéma / SUR LA CORDE RAIDE (6) avec Matthew Broderick, Jeffrey Jones Cinéma/2010(4) avec Roy Scheider, Helen Mirren Le Grand Journal (23:29) oo (3D Cinéma/THE GREAT OUTDOORS (6) (16:00) News Philip Marlowe Football de la LCF / Blue Bombers - Roughriders News Country Beat (23:15) Gymnastics (16:00) Wonder Years eu as CB Missing (16:00) iHomeboys.Home Improv.Newsline Regional.Entertainment Now Dr.Quinn, Medicine Woman F/X: The Series Poltergeist: The Legacy / Début CTV News News Puise Spruce (16:00) World Wrestling Puise Country Prof.Star Trek: Voyager Early Edition / Début CO U 3) d® Football unive rsitaire / Penn State - Wisconsin (15:30) Wheel of.Jeopardy! Second Noah Coach/ Début Common Law / Début Relativity News PSI Factor Hard Copy News Pub Star Trek: Deep Space Nine Baywatch CO (8) Football universitaire/VA Tech - Syracuse (15:30) Entertainment this Week Dr.Quinn, Medicine Woman Early Edition / Début Walker Texas Ranger News Hercules Pub Wheel of.Pub CO m Football universitaire / Ohio State - Notre Dame (14:30) News NBC News Home Improv.Jeopardy! Dark Skies The Pretender Profiler Saturday Night Live (23:35) Inside Edition Pub ES (57) Julia's Kitchen Scottish Fiddle Lawrence Welk Austin City Limits Keeping Up.One Foot in.Wrong Trousers | Cinéma/THE SEVENTH SEAL (1) Age 7.(23:40) Malone Washington I Wall Street.Sneak Previews Inside Albany The Editors McLaughlin.Fools & Horses Vicar of Dibley As Time Goes Black Adder Red Dwarf 1 Smithville Fiddler's Jamboree 1996 S3 Cryptkeeper Bugs Bunny & Tweety Show News Focus Ontario Pub Red Green The Simpsons Coach Married.Love &.Profiles of Nature Global News | Sat.Night Live Polka Dot Disney.I Mission Top Secret Press Gang National Geographic | Cinéma / SLEEPER (4) avec Diane Keaton Conv.(21:35) Cinéma / MANHATTAN (2) avec Woody Allen, Diane Keaton (22:20) (ÜN) PGA Golf/Buick Challenge (15:30) Sr.PGA Golf / Vantage Championship jSportsdesk | Baseball / Expos - Braves Sportsdesk (RDS) Mag.olymp.Golf SPGA / Championnat Vantage I Sports 30 | Champ, du Monde Superbike 96 Nascar Coupe Winston 1996 Superstars WWF Sports 30 I La Boxe RDS ŒyD Vins et.Journal suisse Les Carnets.iThalassa I Journal FR2 | Chaud Les Vamps! Bon Week-end | Bonjour cinéma Montagne I Journal belge Passe-moi les jumelles! (cE Joy.Naufragés Radio Enfer Chair de poule Mutants de.| Les Sentinelles de l'air Le Studio (ME VoxPop Cimetière CD Fax Box-office Perfecto ConcertPlus/The Cure Live in.Musique vidéo | Bouge de là Musique vidéo (MM) VideoF.(14:30) R.S.V.P.MuchMegaHits The Tube Spotlight Start Me Up I Big Ticket / Inner City Blues - Music of Marvin Gaye The Tube | Spotlight (M) .Perez (15:10) Si la vie vous intéresse (17:05) Le Procès de Belliou (19:15) I Ace Ventura: l’appel de la nature A toute allure (22:35) Ev) Yogi Bear Mr.Magoo Spiderman Flash Gordon Rocko's Life Eerie Indiana iGoosebumps I Are You Afraid of the Dark?Beasties I Hidden City | Dragon Bail Sailor Moon Insektors dm) Bui.de santé Aujourd'hui Bulletin jeunes Branché Griffe Monde ce soir |Cdn Moscou Reportages / La Baronne et la Mafia | Le Journal RDI Scully renc.Le Téléjournal /Point final (22:21) Le Téléjournal Griffe CO Biographies (16:00) La Deuxième Mort d'Hitler Samedi de rire Animalier Le Goût du monde .Deuxième Guerre mondiale I Biographies/Marconi.Gilbert Bécaud à l'Olympia Navarro AU PETIT ECRAN MAD MAX AU-DELÀ DU DÔME DU TONNERRE (4) (Mad Max Beyond Thunderdome) Aust.1985.Science-fiction de G.Miller et G.Ogilvie avec Mel Gibson, Tina Turner et Helen Buday.Dans un monde dévasté par une guerre nucléaire, un aventurier est recueilli par une bande d’enfants qui le prennent pour un Messie.TVA 20h30 2010 (4) É.-U.1984.Science-fiction de P.Hyams avec Roy Scheider, Helen Mirren et John Lithgow.Une expédition spatiale est à la recherche d’un astronef américain disparu près de Jupiter en l’an 2001.TQS 21h V0LP0NE (3) Fr.1941.Comédie de M.Tourneur avec Harry Baur, Louis Jouvet et Jacqueline Delubac.Un riche Vénitien feint l’agonie pour se venger de faux amis.TQ 21h30 LE VOLEUR ET LA MENTEUSE* (4) Fr.1993.Drame sentimental de P.Boujenah avec Gérard Darmon, Mathilda May et Philippe Léotard.Séduits l’un par l’autre, un évadé de prison et une jeune femme mystérieuse passent une nuit ensemble avant de se livrer aux forces de l’ordre.SRC 23h05 4v iV u "v r r1 C (h DECOUVERTE Un reportage sur les inondations du Saguenay, pour savoir si de telles catastrophes peuvent être évitées à l’avenir.Radio-Canada, 18hï5 LE 11e GALA DES PRIX GÉMEAUX Normand Brathwaite anime ce gala qui récompense les artistes de la télévision.Radio-Canada, 19h30 HORS CIRCUIT L’émission présente trois courts métrages qui valent d’être vus, intitulés Héros, Picoti, Picota et Le Retraité.Télé-Québec, 20h30 BOUILLON DE CULTURE L’émission est consacrée à Michel Tournier.TV5, 20h30 “'¦K PAULE DES RIVIÈRES OC2DŒJ mciDo SDBIG® CD Sous la couverture (16:00) La Course Destination Monde Le Téléjournal Découverte (18:15) En route vers l'ADISQ Les Beaux Dimanches / Gala des Prix Gémeaux Le Téléjournal/Le Point Nouvelles du Sport (23:02) Cinéma /MA NUIT CHEZ MAUD (2) avec Jean-Louis Tritignant (23:20) OCsiCE OOfS CD OB OS (4® Cinéma/MAC avec Jade Cale ET MOI (5) igory, Jonathan Ward (16:00) Le TVA Fort Boyard en coulisses Drôle de vidéo Cinéma/LE GARDE DU CORPS (5) avec Kevin Costner, Whitney Houston Le TVA/Le TVA Sports (23:24) Loteries (23:44)/ Complètement marteau (23 51) GIDOz) d® (1® (46) Cinéma/ LES FABLES D’ESOPE (5) Dessins animés (16.00) Science- friction Pignon sur rue Être dans son assiette En pleine nature Plaisir de lire Hors-circuit / Héro; Picoti Picota Cinéma / AUX PETITS BONHEURS (3) avec Anémone, André Dussollier (21:26) Cinéma/ VOLPONE (3) (23:16) mm® ED (35) (4® Pub Pas si bête que ça! Le Grand Journal (2) Zap.(17:40) Artiste au menu/ Gildor Roy Box Office Hercule Shows Rigolos /François Morency, Pierre Légaré, Mario Bélanger, Les Bizzaroïdes Cinéma/POUR TOUJOURS: avec Richard Dreyfuss, Holly 'Hunter Le Grand Journal (23:37) OO Horse Racing (16:00) Wonder Years Street Cents World of Disney (2/2) Road to Avonlea Forever Rivals Sunday Report Venture (22:26)/ Nation's Business (22:53) Sunday Night The Country Beat (23:37) News mm CD Wine & Cheese Moesha Brotherly Love Newsline Home.Cafe Funniest Home Videos The New Adventures of Superman Cinéma / ROOKIE OF THE YEAR (5) avec Thomas Ian Nicholas, Gary Busey CTV News Nightline Automag Plus FT Fashion TV Puise Travel, Travel Puise m (13) n® Cinéma/RIVER RAT (4) avec T.L ee Jones (16:00) News ABC News Cinéma/LOSS OF INNOCENCE avec Rob Estes, Jennie Garth News Pub Pub (13:30) Family Matters j Full House E.T.Weekend ABC News M*A*S*H Funniest Home Videos Psi Factor / Début CZ) (8) Football / Packers - Seahawks (16:00) 60 Minutes Touched by an Angel Cinéma/THE BACHELOR'S BABY avec Scott Bakula, Chelsea Field News/Seinfeld .Limits (23:45) Cinéma / HALF MOON STREET (5) (16:00) News CBS News News Pub GD 3® Football de la NFL / Chiefs - Chargers (16.00) Pub (s.r.) NBC News (s.r.) Dateline NBC 3rd Rock from the Sun Boston Common / Début Cinéma/THE LOTTERY avec Dan Cortese, Keri Russell Viper/Début Pub (16:00) I Seskel & Ebert News News Extra (23:35) ED (57) Adam Smith Edward on Ed' ward Wild America Debate with the Candidates Débat/The Future Congress A Third Choice Mystery! / A Mind to Murder Wolf's Menu Victory Garden I First Edition Wine Course .Across Am.All Creatures Great and Small North Country Votes North Country Votes Cinéma/STRE !ET SCENE (4) m Ace Ventura j Bugs & Tweety Show News Sportsline 60 Minutes 3rd Rock.[B.Common Cinéma / JOHN WOO'S ONCE A THIEF avec S.Holt, 1.Sergei Global News Sportsline m The Girl from Tomorrow IWhisbone Just William | Cinéma / ALICE IN WONDERLAND (5) Heartbeat Shanghai: A Tale of Two Cities | Family Life in Two Cities Allan Gregg Mastermind SIS! CFL Football / Lions - Eskimos (16 00) NFL Primetime | Football NFL / Jets - Redskins Sportsdesk @51 Champ, du Monde Superbike 96 Rallye RDS |Sp.Extrêmes | Sports 30 Arts martiaux [Hydroplanes Sports 30 Mag.olymp.m Monde (15:30) Journal suisse 30 Millions.L'École des fans / F.François Journal FR2 La Tournée du grand Duc | Bouillon de culture / M.Tournier |7 Sur 7 (21:40) Journal beige | Les Derniers Far West (CF) Joy.Naufragés Ma sorcière.Denis, peste Les Intrépides | Les Sentinelles de l’air Le Studio (ME) Partridge.Flashback Rock & Roll 3: la force des mots Musique vidéo Céline sans frontière Musique vidéo Céline sans frontière (MM, VideoFlow R.S.V.P.MuchMegaHits Combat des clips Rock & Roll Elvis.[MuchMusic Countdown MuchEast ®E L'Épidémie (16:55) Opération Dumbo (19:10) Mon pays, mes humours 3 [Juge Dredd (22:35) S3 Family Ties Garfield and.Chariie Brown My Hometown Ripper Small Talk Reboot Are You Afraid Must Be Mad! The Hit List Tarzan Super Dave.(ROT; Le Gala des Prix Gémeaux n5.oo) Aujourd'hui Espace libre Leçons, déluge Monde ce soir Griffe Reportages / Gr.Jours du siècle Le Journal RDI Scully RDI | Le Téléjournal | Point de presse Le Téléjournal Branché m |B«9raphtes(i6O0i|Gilbert Bécaud à 1 Olympia Samedi de rire Animalier 20e Siècle Les Mystères de la Bible [Biographies / Attila, fléau de Dieu [ Concert / Jazz Tania Maria | Cinéma / LA QUARANTAINE (5) | AU PETIT ÉCRAN POUR TOUJOURS* (4) (Always) É.-U.1989.Drame fantastique de S.Spielberg avec Richard Dreyfuss, Holly Hunter et John Goodman.Un aviateur mort accidentellement devient l’ange gardien d’un jeune pilote.TQS 21h AUX PETITS BONHEURS (3) Fr.1993.Comédie de mœurs de M.Deville avec Anémone, André Dussollier et Nicole Garcia.Dam une résidence d’été, une femme à la recherche de son premier amour est accueillie par des couples à l’humeur capricieuse.TQ 22h MA NUIT CHEZ MAUD (2) Fr.1969.Drame psychologique de E.Rohmer avec Jean-Louis Trinti-gnant, Françoise Fabian et Marie-Christine Barrault.Un jeune ingénieur croyant résiste aux avances d'une divorcée par respect pour sa future épouse.SRC 23hl5 (1) Chef-d'œuvre (2) Excellent (3) Très bon (4) Bon (5) Passable (61 Médiocre (7) Minable. I, E 1) E V 0 I H , I, E S S A M E I) I 2 8 E T I) I M A N (' Il E 2 !) S E I* T E M li II E I !» !) (i ¦ • Art EN TOURNÉE Le GROUPE d SEPT L'EMERGENCE D'UN ART NATIONAL Musée des beaux-arts de Montréal 1 996 L, I 83769926 GALERIE DOMINION 1438.rue Sherbrooke Ouest Dir mardi au samedi de 1 Oh à I7h www.Rene-Despres.com renseignements: (514) 386-9030 U il carnevale Éric Daudelin O O 2 T LES CENT JOURS D'ART O EMU ne edition ier septembre___ £4 novembre D ernière fin de semaine pour les expositions KCHO et Sylvie Biocher 372.rue Sainte-Catherine, ouest bureau 426 Montréal H3B 1A2 (514) 866-5320 du mardi au samedi de 11h30 à 17h30 ou sur, rendez-vous moins attiré par le propos de l’oeuvre que par les moyens mis à sa disposition.Il y a donc parasitage entre les deux niveaux, d’où une perte sensible d’effets.A force d'artificialité, on se demande si l’œuvre ne s’épuise pas en son contraire et ne devient pas artificielle, voire superficielle.L’artiste pose la délicate question soulevée plus habilement par KCHO, à savoir la dichotomie forme/contenu.la pièce peut basculer d’un côté comme de l’autre, dévoilant la précarité de son dispositif.n L’autre œuvre de Biocher, Adam et Ève, succombe aux même défauts.L’artiste plaque sur une bande vidéo, où une pomme, parfois un cœur factice, se font trancher inlassablement, une trame sonore remplie de messages de courriers du cœur électroniques.Le bruit amplifié du passage du couteau scande et agresse réellement l’espace sonore de la bande et procure un frisson déstabilisant indéniable.Ici encore toutefois, l’espace domestique est signifié lourdement par l’abri dans lequel l’œuvre est installée, rompant le charme par autant de superflu.Contre la normalisation Pour l’œuvre de la dernière salle, l’artiste a inscrit sur le mur la phrase percutante «La violence c’est le lisse».Sorte de dessin muraliste, l’œuvre consiste également en de minuscules dessins pornographiques, aux traits hésitants, répartis sur toute la surface du mur.Elle joue sur le proche et le loin en obligeant un va-et-vient entre l’ensemble de la pièce et les détails grivois, illisibles à distance.La phrase seule demeure très riche par la manière rhétorique de nommer l’horreur de la standardisation ambiante au sein des rapports humains.L’aspect visuel précise la portée du texte sous un mode graffitiste fort à propos, par la facture heurtée et la nature dérogatoire du geste commis.Sans aucun doute l’œuvre la plus conséquente qu’elle propose en ces lieux.Renseignements i-art.« National GaBrry 285-1600 CanadS Photographie m ïïssPJütSStS .u 1 hU Service d«» activité» cufturtllM de presse Responsable: Jacques Nadeau et Normand Blouin Jacques Nadeau, photographe au journal Le Devoir partage avec vous sa vision de la photographie d'actualité ainsi que les méthodes utilisées dans ce domaine.Normand Blouin, photographe à l’agence STOCK, dévoile les grandes règles de la photographie.Ainsi vous apprendrez les rudiments de la photographie de presse et serez en mesure de réagir rapidement pour cerner un sujet si l'occasion se présente.Puisque cet atelier comporte des exercices pratiques, une bonne connaissance de l'appaneil-photo est souhaitable.Équipement appareil-photo avec objectif requis de 50 mm et quelques films Durée 12 heures Coût 55 $ (étudiants U.de M.) 90 $ (employés ou diplômés U.de M.) 110 $ (autres) .SESSION D’AUTOMNE 2 Les mardis 8,15,22.29 octobre de 19 h à 22 h I Inscription: 343-6524 La forme n’est pas le contenu Centre international d’art contemporain de Montréal 314, ru* Sherbrooke Est ’ De midi à 19 h * Du mercredi au dimanche Renseignements : 288-0811 LE DEVOIR KCHO la Columna Infintta la co/onna sans fin '996 Photo : Guy l'Heureux KCHO, SYLVIE BLOCHER Les Cent jours d’art contemporain de Montréal Centre international d’art contemporain de Montréal (CLAC) 314, rue Sherbrooke Est Jusqu’au 29 septembre BERNARD LAMARCHE Ly utilisation de l’objet dans l’art du r XX1' siècle, depuis le ready-made inaugural de Marcel Duchamp en 1917, a connu plusieurs modalités.Les historiens de l’art commencent depuis un moment déjà à jeter un regard rétrospectif sur l’histoire de cette pratique de l’appropriation.C’est en égard à cette petite histoire que l’on peut aborder les œuvres que l’artiste KCHO présente au CIAC.L’artiste reprend sensiblement la mécanique des accumulations d’objets d’Arman, qu’il conjugue au thème de la colonne sans fin de Brancusi.Il y ajoute toutefois une dimension thématique spécifique à la situation géopolitique de son lieu de provenance, Cuba.Une réussite compositionnelle Sculptures d’éléments trouvés, les colonnes de KCHO démontrent un sens aigu de l’utilisation de l’espace.On l’a bien assez dit, le critère de sélection des objets qu’il utilise découle de ce qu’ils retiennent de l’entourage sociologique de l’artiste: ils ont tous à voir avec la flottaison, symbolisant le désir de fuite des insulaires.En écho à l’espace du CIAC, évidemment avec ses colonnes, c’est la grande force de composition de ces œuvres qui retient l’attention.Un remontage mal assuré de ces objets n’aurait pas suffi à rendre l’ensemble intéressant.Cette ingéniosité dans la syntaxe de l’œuvre valorise la pensée dite «primitive» du bricolage d’objets pauvres.Cela a pour effet de s’attaquer au revers du système des objets d’étalage en refusant la domesticité colonialiste.Cette colonne et une autre au fond de la salle font se rejoindre le sol et le plafond.Elles s’éloignent ainsi des œuvres de Brancusi, qui jamais ne s’étalaient autant.L’impression selon laquelle la section entrevue dans la salle équivaut à une coupe dans la continuité verticale active davantage l’idée de l’infinité.La première colonne réunissait des éléments hétéroclites et comportait des aspérités impensables pour Brancusi.La seconde reprend plus directement la structure brancusienne, par la répétition d’un même module extrapolé à l’infini, celui d’une chambre à air.La superposition fragile de ces éléments pauvres est surplombée par une paire de rames qui viennent en briser la continuité.Ajout technique pour assurer la stabilité de l’ensemble ou geste symbolique, ce faîte joue autant sur le pôle de la plastique que sur celui de la thématique de l’œuvre: l’exode.Une troisième pièce reprend le vecteur des colonnes mais se dégage des deux autres en ce qu’elle s’interrompt avant de toucher le sol.Elle se présente sous l’apparence d’une balançoire simple, terminée par une chambre à air.Une autre façon de signifier le tangage des embarcations de fortune.Pour oublier La tension fragile entre la précarité de la composition et le thème de l’exil est encore plus prégnante dans la seconde œuvre qu’il présente, Para olvi-dar («Pour oublier»).Un kayak est en équilibre sur une mer de bouteilles de bière dont la forme simule le sillon d’eau coupant l’homogénéité tranquille du plan d’eau.Sectionnant l’axe de cette avancée, la pagaie se retrouve dans la position critique d’assurer l’équilibre de l’ensemble, faisant du moteur de la fuite la clef de voûte de la composition.Au moiqdre bougé, l’ensemble s’effondre.À travers la syntaxe d’apparence arbitraire de l’œuvre, KCHO canalise une énergie désespérée dans un seul détail de la composition qui correspond aux espoirs qui lui sont dévolus.Il accentue de cette façon l’importance du rôle des rames pressenti auparavant Cette œuvre et les précédentes réactivent un des vieux jalons de l’art, c’est-à-dire la notion de composition, hardiment attaquée dans le passé.KCHO n’innove pas en ce sens, non plus qu’il n’est «rétrograde».Il utilise ses objets comme le peintre ses couleurs, à titre de matériau.Avec assurance, l’artiste parvient à accorder et ajuster la forme de l’œuvre à son contenu, ce qui ne tient pas forcément de l’évidence.Sylvie Biocher À milles lieues de cela, l’installation vidéo de Sylvie Biocher est sensée jouer sur les registres aliénants du couple amour/haine.Elle cherche à poser un regard critique sur l’ambivalence des comportements amoureux.Cette œuvre opère au niveau de l’intolérable clivage, dans l’action amoureuse, entre bienfaisance et destruction envers l’être convoité.Cependant, un écart entre le conflit névrotique mis en cause ici et l’économie de moyens déployés à sa mise en scène peut déclencher chez le spectateur un certain sentiment d’indifférence.L’œuvre titrée L’Annonce amoureuse consiste en un décor simple de formes bidimensionnelles qui représentent un mobilier complet rendu par une perspective caricaturale.L’espace est transformé en cube scénique où chaque élément correspond à un plan précis, parmi lesquels le specta- PHOTO GUY L’HEUREUX/COURTOISIE DU CIAC Living Pictures: L’Annonce amoureuse, de Sylvie Biocher.teur est appelé à déambuler.Au centre de cette configuration, un écran, lui aussi légèrement oblique, suggère une démultiplication des points de vue.Sur l’écran sont projetées des déclarations de jeunes hommes et femmes qui recoupent l’éventail des réactions amoureuses possibles.Ces témoignages très «actés» de personnages unidimensionnels contribuent à l'effet de théâtre de la pièce.Le tout concourt à «faire tableau», en empruntant le dispositifs de certaines toiles classiques.On le comprend, cette œuvre joue sur la corde raide de l’artifice pour parler du drame amoureux.En ce sens, l’œuvre se donne comme spectacle.Cependant, pour reprendre des termes de peinture, le dispositif de re-présentation s’expose tout autant que la représentation elle-même.On est PHOTO GUY L’HEURE UX/COURTOISIE DU CIAC Para olvidar, de KCHO, de son vrai nom Alexis Leyva Machado, CIRCUITS D’ART ET D’ARCHITECTURE ENVIDÉOCARDELUXE 18-20 oct.: Villa,! et vignoble,< de THudvon 1-3 nov.: L’expoéition Renoir à William,itown 15-18 déc.: Nefertiti et Christian Dior à New York Prix et itinéraires détaillés sur demande VOYAGES LA PROMENADE TÉL.: (514) 974-2633 ou 1-800-265-0218 Permit du Québec -î LE MUSEE C/Wu ICif-Ynf- LK-SütiA- La Dépendance du 28 septembre au 15 décembre 1996.rencontre avec l’artiste le dimanche 6 octobre 1996 entre 14 et 16 heures.lachine S® La première banlieue MUSÉE DE LA VILLE DE LACHINE 110 Chemin Lasalle, Lachine, Qué.H8S 2X1 Tél.: 634-3471 (poste 346) Fax: 368-2147 du mercredi au dimanche de 11h30 à 16h30 Avec le concours du ministère de la Culture et des Communications du Québec DAVID MOORE, a.r.c.Sculptures du 5 au 26 octobre L V.I) K V OIK, I.H S S A M E I) I 2 K E T I) 1 M A N C II E 2 !» S E P T E M B R E I !) !) 0 ARTS VISUELS FA APX 100 AGFA APX 100 AGFA APX 100 t rwn£ PHOTO DENIS FARLEY Instants ratés, de Lucie Duval.Mises en scène plurielles MICHEL DE BROIN, LALIE DOUGLAS, JOSÉE DUBEAU, LUCIE DUVAL Galerie Circa 372, rue Sainte Catherine Ouest, local 444, jusqu’au 12 octobre BERNARD LAMARCHE La Galerie Circa réussit présentement un très beau pari, celui de présenter ensemble des oeuvres qu’au départ rien ne destinait à être mises en relation.Ses organisateurs du LMj V UlR, UNE SOCIÉTÉ!en .Une exposition à visiter LAPULPERIE MUSÉE DE SITE Tous les jours de 9h à 18h Du 12 septembre au 14 octobre 1996 Du lundi au vendredi, du 15 au 25 octobre, de midi à Ifili 300 Oublie.CllicouI im i.Renseignement: (418) 098-3100 Us part nuira '1rs rrlekeiuosu
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