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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1996-10-05, Collections de BAnQ.

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?LE DEVOIR ?Marie Laberge Page D 3 Sylvain Lelièvre Page D 4 Chrystine Rouillet Page D 5 Jean Royer Page D 6 Le roman québécois Page D 7 Le feuilleton Page D 8 Essais étrangers Page D 10 Essais québécois Page D 11 Trufo Misto Page D 13 Les Petits Bonheurs Page D 14 ?I, E I) E V O I R., L E S S A M E I) I 5 E T I) I M A N (' Il E (I O C T O 15 R E I !» !» (i FESTIVAL Les poètes occupent Trois-Rivières Rares sont les villes où les poètes signent le Livre d’or PIERRE CAYOUETTE LE DEVOIR Pour toutes les régions qui ne cessent de crier leur misère culturelle, Trois-Rivières a quelque chose de très inspirant.Il s’y déroule bon an mal an un événement sans pareil dopt l’ampleur ne cesse de croître.A chaque automne, Trois-Rivières devient, pendant dix jours, la capitale mondiale de la poésie, le temps d’un festival.Toute la ville se mobilise pour cette fête qui sait allier le plaisir à la connaissance.Les poètes envahissent les restaurants, les cafés, les bibliothèques publiques, les librairies, les écoles secondaires et l’université.On organise des brunchs-poésie, des expositions diverses, des concours, des ateliers d’écriture, des soupers-poésie, des soirées de ciné-poésie, des lancements de recueils, des lancements de revues, des rallyes-galeries, des apéro-poésie, des soirées de jazz-poésie, des ateliers d’écriture et des récitals de chanson-poésie! Même le maire, Guy Leblanc, s’en mêle.Vous en connaissez des villes où les poètes sont invités à l’hôtel de ville pour y signer le Livre d’or?A Trois-Rivières, c’est la coutume.Depuis hier et jusqu’au 13 octobre, Trois-Rivières vit donc sous la douce occupation des poètes.Us sont plus de 200, venus d’une vingtaine de pays.Cette année, la capitale de la Mauricie accueille ses premiers poètes du Congo, du Kepya, d’Allemagne, de Martinique, d’Ecosse et de Finlande.Parmi les participants de cette douzième édition, on compte les Français Francis Combes et Marc Baron, la Mexicaine Eisa Cross, le Finlandais Pentti Holappa, la Franco-Oqtarienne Andrée Lacelle et le Belge Eric Bro-gniet.Tous viendront lire leurs œuvres et fraterniser avec leurs pairs.Précieux rendez-vous Les poètes québécois ne ratent évidemment pas ce précieux rendez-vous.Claude Beausoleil, Jean-Paul Daoust, Bernard Pozier, Hélène Do-rion, David Cantin et Louise Blouin, entre autres, seront de la fête.On honorera plus particulièrement Serge Patrice Thibodeau, à qui l’on remettra le Grand Prix du 121' Festival de la poésie 1996 pouf ses deux recueils Nous l’étranger (Ecrits des Forges) et Le Quatuor de l'errance suivi de La Traversée du désert (L’Hexagone).Le jury a voulu souligner «l’ouverture au monde et la puissance évocatoire hors du commun» du poète qui s’ajoute à une prestigieuse liste de lauréats où figurent Pierre Morency, Normand de BellefeuUle, André Brochu, Nicole Brassard et Louise Dupré.Claudine Bertrand et Paul Chanel Malenfant ont été retenus comme finalistes.On a également procédé, hier, à la remise du prix Piché de poésie — Le Sortilège destiné à souligner le travail de création chez la relève.La lauréate de cette année est Carole Huynh, de Québec.En tout, on comptera quelque 70 lieux de poésie.Les poètes seront partout.Il y a quelques années, ils avaient même envahi un restaurant Saint-Hubert BBQ! Gaston Bellema-re, l’un des principaux organisateurs 0!\ i;ll SOURCE: CENTRE DES CONGRÈS DE QUÉBEC La rentrée Élit* m SALON DU LIVRE DE QUÉBEC RÉMY CHAREST CORRESPONDANT À QUÉBEC En se déplaçant pour une année de son habituel cadre printanier aux refroidissements de l’automne, ceux-là mêmes qui encouragent à se réfugier dans la chaleur des intérieurs avec un bouquin, le Salon du livre aura réussi à remplir de belle façon la commande de son thème: «Cap sur la rentrée littéraire».Du 10 au 14 octobre, il aura en effet une série fort attrayante de nouveautés à mettre sous la dent de ses visiteurs (à commencer par les locaux eux-mêmes, ceux du tout pimpant Centre des congrès de Québec), les publications des éditeurs québécois et l’arrivée de certains bouquins européens prenant ces jours-ci l’allure d’une véritable bousculade.Une bousculade de poids lourds, en plus, puisque les auteurs concernés jouissent souvent d’une forte faveur publique.Mieux encore, bon nombre d’entre eux font partie des préférés de cette ville où l’on continue à être un «écrivain de Québec» bien après qu’on eut cessé d’y rester, un peu comme si l’on était un trophée à brandir pour la fierté régionale.L’effet d’appartenance est bien là pour Marie Laberge, par exemple, même si elle a déjà fait Quelques adieux à sa ville natale: son Amabelle y sera sans doute accueilli comme une enfant prodigue, à l’instar du Troisième Orchestre d’un Sylvain Lelièvre, qui a si bien chanté les quartiers de Québec, ou des Honorables de Josette Pratte, qui y évoque la belle société de la Grande-Allée, il y a un demi-siècle.L’attachement pourrait se manifester aussi envers le Ga-brielle Roy de François Ricard, biographie tant attendue de cette écrivaine toute canadienne qui partageait tout de même son temps, à la fin de sa vie, entre un appartement du Château Saint-Louis, juste devant les Plaines, et le paysage magnifique de Petite-Rivière-Saint-François, dans Charlevoix.La maison de l’écrivaine demeure d’ailleurs entre les mains de sa succession, dont fait partie Pierre Morency, jamais parti de Québec en ses quelque trente ans d’œuvre littéraire, dont le dernier-né, La Vie entière, vient d’atterrir dans les librairies.Ce qui ne veut pas dire qu’on n’est pas accueillant pour la visite, dans la capitale.Toujours dans les tout récemment publiés — il y a quelques semaines de plus qu’on se prépare à retrouver Chrystine Brouillet, Sergio Kokis, Yves Beauchemin ou Jacques Desautels —, Jean Royer sera bien accueilli par les férus de littérature qui salueront ses trente années de vie littéraire.Amélie Nothomb, plus jeune que la carrière de Royer, est également très attendue avec son Péplum, cinquième livre singulier d’une au-teure singulière à la carrière fulgurante, visiteur principal d’une délégation comptant également Jean Rouaud, Concourt 1990, et les Thierry Jonquet et Sophie Chérer dont on a tout à découvrir.Au total, il y aura tout de même plus de 300 auteurs à rencontrer entre presque autant de stands installés par plus de 400 éditeurs, pendant ces cinq jours de fête.Tout ça dans un lieu qui devrait à lui seul attiser une très forte curiosité, le Salon du livre étant le tout premier événement public à se tenir en ces lieux, à l’exception des journées portes ouvertes de la fin août dernier.Sidame Nature se met du côté du Salon avec un peu de froid et de grisaille, on pourrait bien se marcher quelque peu sur les pieds, même dans les 25 000 mètres carrés du Centre des congrès.VOIR PAGE D2: RENTREE « VOIR PAGE D 2: POÈTES Chntttth« Dm none Anna / les cahiers noirs ISBN : 2-89037-887-X Ull JJ Anna, les cahiers noirs ÉDITIONS QUÉBEC / AMÉRIQUE « Aussi sensuel et puissant que le chant du violoncelle.» Lyse Bonenfant, CJBR Rimouski Qhn LIBER Plltll OtSIAlDINS Regards sur les temps actuels J tes J\Ào\Ac\xâip\es Au Salon do Livre de Québec Venez rencontrer Am auteurs ET PIQUER UNE JASETTE AVEC NOUS aux stands de prologue PIERRE BOURGAULT La colère , Ecrits polémiques, tome 3 Dimanche, de 1 lh à midi et 13h à 15h Michel Purnelle UNE ARMÉE EN DÉROUTE PIERRE DESJARDINS LE PHILOSOPHE QUI DÉRANGE CLAUDEJASMIN Pâque.* à Miami Samedi, l'6h «à I7li et 20h à 21 h • Dimanche, 15h à I7h Enfin un Québécois qui ne se gêne pas pour s’en prendre à nos sacro-saintes institutions.Serge Gaudette-Leclerc, La boite aux lettres, La Presse Pierre Desjardins, le philosophe qui s’implique, l’intellectuel au sens sartrien.Robert Saletti, Le Devoir JEAN MARCEL La chaiùon de Roland Vendredi, de 13h à 15h MICHEL VASTEL Lucien Bouchard /En attendant la .mite.Saipcdi, 15h à 16h e’t 19lià20li Dimanche, I3hà.l5h GEORGES DOR Anna braillé ène ohot * (Elle a beaucoup pleuré) ¦Samedi, 1.5h à 16h~et~T9h à 20h MICHEL RIVARD Chan.ion.i naïve.* (et autres mots d’amour) Samedi, de Hh à 15h cl I7h à I9h une Ainn i: en déroute IVrfurr .lu «uionH Mi.I.rl VU II,.,.Iber SEANCES DE SIGNATURE samedi 12 octobre et dimanche 13 octobre de 14 à 16 heures STAND 91 L LANCTÔT # ÉDITEUR re de Dimanche 13 octobre ©> Boréal —— L 1 V RENTRÉE Sous de bons auspices, enfin SALON DU LIVRE DE QUEBEC Les prix de l’Institut d’histoire de l’Amérique française à la rencont Vendredi | Samedi 11 octobre I 12 octobre Ven e z Jeudi 10 octobre de 18 h à 19 h Chrystine Brouillet de 1.9 h à 20 h Jocelyn Létourneau \ de 11 h à 12 h ; Marie Laberge i de 13 h à 14 h Marie "Laberge de 14 h ci 15 h Paul-Louis Martin Pierre Morisset Janouk Murdôck Le Salon entend tout de même rester dans la tête des gens SUITE DE LA PAGE D 1 Une relance de plus Le Salon du livre de Québec 1996 doit bien profiter de ces auspices favorables.Après tout, il en a bien besoin, lui qui a connu un parcours semé de plusieurs embûches depuis 1990.Tombé au combat à ce moment, remis sur ses rails l’année suivante par une équipe entièrement renouvelée qui avait à regagner les acquis de l’événement, le Salon de Québec passait au troisième rang d’importance des salons du Québec, derrière celui de l’Ou-taouais.Malgré tout, l’attachement du monde littéraire québécois à la capitale, le marché où il s’achète, dit-on, le plus grand nombre de livres par habitant dans la province, protégeait son statut et lui accordait bien des encouragements.Mais pendant que les assistances passaient tranquillement de 20 000 à 25 000 puis à 30 000 entrées, la politique venait s’emmêler les pinceaux et causer d’autres maux de tête aux organisateurs.Au terme de débats marqués par les chicanes de clocher et la politicaillerie, les gouvernements municipal, provincial et fédéral se mettaient d’accord en 1994 pour doter la capitale «nationale» d’un Centre des congrès digne de ce nom.Heureuse nouvelle à long terme, l’annonce de ce grand chantier en 1994 met toutefois le Salon du livre à la recherche de locaux temporaires — un boulot pas évident du tout.La solution du printemps 1995, qui voyait un salon agrandi s’installer au parc de l’Exposition, à deux pas du Colisée où les Nordiques agonisaient, devait s’avérer plutôt désastreuse: fréquentation à la baisse, ventes faibles parce que le public habituel n’avait pas suivi.Compréhensifs, les éditeurs ne voulaient pas pour autant revivre une telle expérience.Du coup, le déplacement vers l’automne et l’ouverture du nouveau centre devenaient obligatoire, tout en causant une confusion potentielle de plus dans un public toujours à regagner.Même si la tenue du Salon dans un espace stabilisé et beaucoup plus propice à l’événement est déjà un point de gagné à long terme — et un facteur potentiel d’intérêt supplémentaire cette année —, la régularisation de son calendrier reste encore une chose à venir.Entre ce salon et le prochain, il se passera une fois de plus dix-huit mois, le prochain rendez-vous retournant à son avril d’origine, en 1998.D’ici là, le Salon entend tout de même rester dans la tête des gens.D’abord en tenant une fois de plus un gala printanier des prix littéraires Desjardins, une manière pour les organisateurs de tenir un événement un tant soit peu régulier sur le calendrier.Mais surtout, le Salon conservera la fenêtre automnale bien ouverte, l’année prochaine, avec un autre événement majeur prévu pour le mois de septembre et dont les détails seront rendus publics au cours des prochains jours.Après ces années de galère, le Salon du livre de Québec devra tout de même reprendre un rythme un peu plus régulier s’il veut de nouveau faire partie des meubles et refaire le bonheur des éditeurs, auteurs, bibliophiles et de ces nouveaux lecteurs qui rendent d’autant plus nécessaires ces grandes fêtes du livre.Surtout dans un milieu littéraire qui se sent passablement fragile, ces temps-ci.Mais ça, comme dirait l’autre, c’est une autre histoire.L* Institut d’histoire de l’Amérique ’ française a fait connaître hier les lauréats de ses prix littéraires.Le prix Lionel-Groulx a été attribué à Serge Courville, Jean-Claude Robert et Normand Séguin pour leur ouvrage Atlas historique du Québec.Le pays lauren-tien au XIX' siècle.Les morphologies de base, publié aux Presses de l’Université Laval, le prix Guy-Frégault a été décerné à Marie-Aimée Cliche pour son article Les procès en séparation de corps dans la région de Montréal, 1795-1879, paru dans le volume 49, no 1 (été 1995) de la Revue d’histoire de l’Amérique française.Le prix Michel-Brunet, destiné aux jeunes auteurs de moins de 35 ans, a été accordé à Geneviève Ribordy pour son ouvrage intitulé Les Prénoms de nos ancêtres, paru aux Editions du Septentrion.Le prix Maxime-Raymond, parrainé par la Fondation Lionel-Groulx, a été remis à Yvan Lamonde pour son livre Louis-Antoine Dessaulles.Un seigneur libéral et anticlérical, publié chez Fides en 1994.Ce prix couronne «la meilleure biographie historique publiée en français dans les trois années précédant sa remise et s’imposant pour son caractère scientifique».Triptyque fête ses 20 ans Fondées par Pierre DesRuisseaux, Guy, Mélançon et Raymond Martin, les Edition Triptyque célèbrent leurs 20 ans.La maison soulignera l’événement le mercredi 9 octobre, à la Bibliothèque nationale (1700, rue Saint-Denis.On procédera au lancement d’ouvrages de Lumilla Bereshko, Danielle Dussault, Jean Forest, Pierre Gélinas, Jean-Marc Lemelin, René d’Antoine Letarte, Bernard Lévy, Pierre Manseau, Daniel Mativat et Marc Vaillancourt.On lancera aussi le numéro 69 de la revue Mœbius.Marie Laberge et Jean Fugère à la Maison de la culture Frontenac A l’invitation des Amis de la Bibliothèque de Montréal, la romancière Marie Laberge rencontrera ses lec- SOURCE RADIO-CANADA Jean Fugère teurs, le mardi 8 octobre, à 19h30, à la Maison de la culture Frontenac (2550, Ontario Est), afin de les entretenir de son plus récent roman, Anna-belle, paru chez Boréal.Jean Fugère, le coanimateur du magazine littéraire Sous la couverture à la SRC, sera l’hôte et l’animateur de la soirée.Une séance de signature suivra la discussion.Il n’en coûtera rien pour assister à cette rencontre entre deux sur-doués de la communication puisque l’entrée est gratuite.La Conciergerie des monstres au cinéma Le roman policier La Conciergerie des monstres de Benoit Dutrizac, paru chez Libre expression en 1995, sera porté à l’écran.Le tournage débutera le 21 octobre.Michel Poulette en signera la réalisation.La maison CFP produira le film.Benoit Dutrizac a vu lui-même au scénario.Juste retour des choses, puisque La Conciergerie des monstres avait d’abord été pensé en fonction d’une télésérie de six épisodes.Pierre Cayouette Deuxième sélection du prix Médicis Paris (AFP) — Le jury du prix Médicis, l’un des prix littéraires nia-'» jeurs en France, a rendu publique' mercredi sa deuxième sélection en vue des prix Médicis français, Médicis étranger, Médicis essais, qui se- ; ront attribués le 4 novembre.I Prix Médicis , français j Jean-Marc Aubert Bambous \ (Fayard) • "i Geneviève Brisac Week-end de chasse ¦ à la mère (L’Olivier) Régine Detambel La Verrière (Galli- i mard) -u-I Christophe Donner Retour à Eden (Grasset) ¦¦ ! Ghassan Fawaz Les Moi volatils des > guerres perdues (Seuil) Christian Gailly L’Incident (Minuit) Elisabeth Gille Un paysage de cendres (Seuil) '• Jacqueline Harpman Orlanda (Gras-1 set) ’i Isabelle Hausser Les Magiciens de i l’âme (de Fallois) Isabel Marie La Bonne (Grasset) Marie Nimier Celui qui court derrière l’oiseau (Gallimard ¦ > Jean Rolin L’Organisation (Galli-i mard) 1 - 'i Marie Ndiaye La Sorcière (Minuit) : > Olivier Poivre d’Arvor Le Club des momies (Grasset) Gilles Leroy Les Maîtres du monde (Mercure de France) Prix Médicis étranger Ferdinando Camon Jamais vu soleil < ni lune (Gallimard Michael Kruger Himmelfarb (Seuil) Javier Marias Demain pendant la ba-.taille pense à moi (Rivages) Ludmila Oulitskaïa Sonietchka (Galli-1 mard) Paul West L’Obscur de notre jour (Gallimard) Cyril Philipps Cambridge (Mercure de France) Antunes Lobo Manuel des inquisiteurs (éditeur non mentionné) de 13 h à 14 h Fernand Dumont Jean Provencher < desty h à 16 h’ Marie Laberge de 14 h à 15 h Français Ricard de 16 h à 17 h Chrystine Brouillet nos auteurs Lundi 14 octobre de 14 h à 15 h Chrystine Brouillet au Salon du livre de Québec Stand Boréal #208 Retrouvez Rémy Simard au stand Dimedia #219 Jeudi io octobre de 19 h à 21 h Vendredi n octobre de 1.3 h 30 à 15 h 30 et de 19 h à 20 h de 15 h 30 à 16 h 30 Laurent Laplante de 16 h à 17 h Jean Provencher Chrystine Brouillet de 19 h à 20 h Pierre Morency François Ricard de 19 h à 21 h Marie Laberge POETES Un événement important solidement enraciné de 20 h 30 à 21 h 30 Daniel Mercure de 14 h à 16 h Marie Laberge de 15 h à 16 h Pierre Morency \ de 16 h à 17 h François Ricard de 19 h 30 à 20 h 30 Marie Laberge SUITE DE LA PAGE D 1 de ces agapes annuelles, attend au moins 25 000 visiteurs et spectateurs.Il y a toutefois une ombre au tableau.Cette année, le Salon du livre de Québec, qui aura lieu du 10 au 14 octobre, chevauchera le Festival international de poésie de Tro i s-Ri-vières.Gaston Bellema-re se sent quelque peu froissé.«Ils n’avaient évidemment pas à nous consul-Michel Garneau ter pour choisir une date.Mais il aurait été courtois de la faire.Notre festival est un événement important, solidement enraciné et il est dommage que certains auront à choisir entre Trois-Rivières ou Québec», a-t-il déploré cette semaine.Cette année encore, par ailleurs, la chaîne culturelle FM de Radio-Canada s’associera à l’événement.Samedi prochain, la radio FM de Radio-Canada enregistrera la «Grande soirée de poésie».L’émission, animée par Michel Garneau — qui d’autre?— sera diffusée au printemps.Michpl Purnelle de 18 h à 19 h Chrystine Brouillet I, K I) K V (III!.I.E S S A M E I) I f> E T I» I M A X ( Il E li 0 (' T 0 li li E I !» !> LIVRES ^ Jean Royer Trente ans au cœur du Québec littéraire Avec La Main ouverte, le poète qui fut journaliste avant d’être éditeur refait un parcours dont les balises demeurent le Québec et la littérature WMM :«mm ,4%' '«ii H|Mk ÆVOIR Vimn'A PHOTO JOSEE LAMBERT Jean Royer, devant l’édifice qui a longtemps abrité Le Devoir, où il a dirigé les pages littéraires et culturelles.PIERRE CAYOUETTE LE DEVOIR \ A la fois acteur et spectateur, à la fois poète, journaliste, historien et éditeur, Jean Royer participe depuis plus de trente ans à la vie littéraire québécoise.Dans La Main ouverte, le recueil de récits qu’il vient de faire paraître aux Editions de l’Hexagone — maison dont il assume la direction littéraire —, il refait le parcours.Il le fait à sa manière, oscillant entre l’intime et le collectif, entre l’anecdote et la réflexion, entre la poésie et le reportage.En une trentaine de tableaux, il invite le lecteur à l’accompagner dans son apprentissage culturel.Nous le suivons partout: à l’île d’Orléans, entouré de son grand ami Félix Leclerc et de dizaines d’autres artistes, aux belles années du Galendor, le théâtre qu’il a fondé; à Québec, au pied d’un échafaudage, en compagnie du sculpteur Jordi Bonet; à Québec toujours, cette fois dans un restaurant de la Grande-Allée, avec Roger Le-melin, «l’auteur de notre premier roman de mœurs urbaines» avec lequel il savait s’élever au-dessus des idéologies pour aller à l’essentiel; à Paris, où, comme des milliers d’autres, il s’est initié; à Natashquan, dans la famille de Gilles Vigneault; à Tunis, auprès du magicien Kassagi; dans son précieux refuge des îles de la Madeleine, entre vents et marées, avec son ami Eugène Turbide et tous les écrivains de passage, Miron le premier; à Gaspé, sur un voilier, avec les frères Rose, à écouter le vent jouer de l’harmonica; à Montréal, dans la fièvre de l’Expo 67, où, jeune journaliste, il découvrait le monde à travers le Festival mondial de la culture; à Longueuil, dans le cabinet du Dr Jacques Ferron; à Montréal, dans l’ultime intimité de Marie Uguay; à Rodez, chez les poètes ou dans la rédaction du Soleil, au temps des premières critiques et des premières grandes interrogations professionnelles.Nous le suivons aussi dans la salle de rédaction du Devoir, ce journal qu’il aime tant — encore aujourd’hui, précise-t-il —, où il a longtemps dirigé les pages littéraires et culturelles avant de s’éclipser en 1989.Mais les plus belles pages, ce sont celles consacrées à sa mère {L’Héritage, page 259) qui, avant le grand silence de la mort, lui «redonne tous les poèmes de sa vie» en lui confiant l’anneau d’or qu’elle tenait elle-même de sa mère.«Car l’héritage de la vie, c’est la culture.Celle qui s’est apprise, façonnée, réinventée d’un être à l’autre, celle qui se vit individuellement et se recrée avant d’être collective.» Ce qui frappe, à voir défiler ainsi cette suite de tableaux, c’est de voir à quel point la proximité était grande, à cette époque, entre artistes et journalistes.«Cela n'aurait plus de sens aujourd’hui.Mais à cette époque, dans les années 60 et 70, nous participions tous à un vaste projet collectif, celui de bâtir et de rebâtir une culture, un pays.Nous étions tous d’une même famille, animés par la même quête d’identité, portés par le même élan créateur», se souvient-il.Le Québec, terre ouverte Très tôt, renchérit-il, une réalité s’est imposée.«Contrairement à ce que prétendent ceux qui accusent le Québec d’être un pays fermé sur lui-même, la culture d’ici est universelle, ouverte sur l’autre.Ce n ’est pas par hasard que j’ai choisi de m’attarder quelques pages sur le Festival mondial de la culture d’Expo 67.Le monde venait à nous.On a pu voir, tour à tour, les Danseurs Kathakali de l’Inde, le Théâtre Kabuki du Japon, Oh! les beaux jours de Beckett et des dizaines d’autres productions internationales.Ce festival a été un moment fort de ce qu’on a appelé la Révolution tranquille et a alimenté notre culture et notre création.C’est à la suite de ce festival que la danse et le théâtre ont pris un essor international, que sont nés La La La Human Steps, le Cirque du Soleil et la compagnie de Robert Lepage.C’est après l’Expo 67 que nous avons appris à organiser de grands rendez-vous culturels, comme le Festival de jazz de Montréal et les divers festivals d’été.» Ce «retour» qu’il s’est offert sur ses trente années de présence littéraire fut, pour Jean Royer, l’occasion de réfléchir sur le journalisme, une de ses passions.Il insiste sur l’importance de la fonction «pédagogique» du journalisme culturel.Il porte du reste un regard très dur sur la critique telle qu’elle se pratique dans la plupart des médias, en particulier dans la presse électronique.«Nous vivons à l’ère de la critique-spectacle.Il n’y a à peu près plus de mise en perspectives.On ne s’attarde pas à l’œuvre.On ne parle plus de littérature.On verse plutôt dans la critique d’humeurs.Qu’importe la profondeur de leur œuvre, ceux qui s’en tirent le mieux sont souvent les plus doués pour le spectacle.Seul Le Devoir, estime-t-il, ne succombe pas à ce travers.» S’il écorche au passage certains excollègues journalistes — on peut du reste s’interroger sur la pertinence et l’intérêt, pour le lecteur non initié aux rouages du journalisme, d’attaquer ainsi, sans les nommer, d’ex-camarades de travail —, Jean Royer exprime par ailleurs son infinie reconnaissance envers Michel Roy et Laurent Laplante, deux patrons de presse qui, dit-il, ont nourri sa passion pour le métier.r Deux sollicitudes ¦Miller le Rjfa lagedur san8 dure don Raoul Duguay Réveiller le rêve Les années soixante telles que vécues par Raoul Duguay poète Suivi de ruts et or le cycle du sang dure donc 372 pages 38,95 $ Gabrielle Gourcleau L'Âge dur Par l'auteur du Prix Robert-Cliche Des nouvelles sur la légèreté d'être vieux 224 pages 24,95 $ Roger Fournier Les çjÿ/ffwmms PENSÉES Une autobiographie différente Un grand Roger Fournier Margaret Atwood Victor-Lévy Beaulieu Deux sollicitudes •De passionnants échanges entre Margaret Atwood et VLB-Pierre Cayouette 180 pages 24,95 $ , 340 pages 34,95 $ du (Kcf-.n Pitrrr Fogfi.ŒUVRES COMPLÈTES De Victor-Lévy Beaulieu 1 EN COFFRETS PREMIER COFFRET DEUXIEME COFFRET TOME 1 MÉMOIRES D'OUTRE-TONNEAU TOME 7 UN RÊVE QUÉBÉCOIS TOME 2 RACE DE MONDE TOME 8 LES GRANDS-PÈRES jppi TOME 3 LA NUITTE DE MALCOMM HUDD TOME 9 OH MIAMI MIAMI MIAMI 4 TOME 4 POUR SALUER VICTOR HUGO TOME 10 JACK KÉROUAC TOME 5 JOS CONNAISSANT TOME II CHRONIQUES DU w TOME 6 ÉCRITS DE JEUNESSE 1964/1969 PAYS MALAISÉ 1970/1979 «Les sornettes de Jojo Savard se vendent certainement mieux, avec les ouvrages sur les maux de dos ou sur les états d'âme des vedettes, que les magnifiques éditions auxquelles travaille Victor-Lévy Beaulieu à Trois-Pistoles.» Lise Bissonnette Le Devoir 1 404 pages 200 $ 944 pages 160 $ Je désire commander ces ouvrages: BON DE COMMANDE ÉDITIONS TROIS-PISTTOIXS rur Pelletier, Trois-Pistoles (Québec) G0L4K0 Tel.et tcléc.: (4 If5)851-6852 m - SALON DU LIVRE - DE QUEBEC POÉSIE Fêter ses 25 ans en poésie FENÊTRES ET AILLEURS Paul Bélanger, Éditions du Noroît, Montréal, 1996,121 pages BLEU - SOURCE DE TERRE Gaston Bellemare, Écrits des Forges - L’arbre à paroles, Trois-Rivières -Belgique, 1996,52 pages DAVID CANTIN Cette année marque le 25e anniversaire conjoint des deux principaux éditeurs de poésje au Québec; le Noroît et les Ecrits des Forges.Pour souligner cette fête, j’ai l’intention de commenter deux recueils d’écrivains qui s’impliquent, sans relâche, dans ces lieux des plus dynamiques.Au fil des ans, une certaine approche de la poésie s’est développée à la fois chez les auteurs du Noroît et des Écrits des Forges.De plus, ces trajectoires parallèles ont également pris une certaine ampleur commune.Désormais, comment ces différentes visions s’expriment-elles?Le point d’équilibre Directeur littéraire actuel du Noroît avec Hélène Dorion, Paul Bélanger en est déjà à son quatrième recueil qui a pour titre Fenêtres, et ailleurs.Depuis Projets de Pablo (Éditions du Noroît, 1988), ce poète s’efforce, d’une publication à l’autre, de trouver un point d’équilibre entre l’organisation interne du livre et la liberté expressive du langage poétique.Harmonieusement réparti en quatre sections.Fenêtres et ailleurs emprunte différents moyens pour atteindre son but, qu’il s’agisse des enjambements du vers libre, de la prose poétique du journal intime ou en-çore d’une voix davantage narrative.A partir d’une simple anecdote {«Depuis des années la fenêtre / au fond du salon je la regarde / chaque soir mon voisin portugais / dessine son alphabet muet / les gestes de son pays manquant») .Bélanger retrace son itinéraire quotidien où les souvenirs sont le reflet d’un état mélancolique et solitaire.Ainsi, l’image récurrente de la fenêtre sert de lien aux distractions du monde extérieur pour mieux s’opposer à la chambre dans laquelle l’inspiration émerge, ouvrant cette part secrète d’un bonheur éphémère.La tonalité autobiographique permet donc d’ouvrir une brèche vers de grandes questions existentielles comme le destin, l’amour et la connaissance intérieure.En lisant ces poèmes, on découvre un lecteur passionné qui mesure sa voix à celles de Fernando Pessoa, Eugenio Montale, Octavio Paz et surtout Michel Beaulieu.Loin de l’emphase lyrique de ce Québécois des plus influents pour toute une génération de poètes du Noroît, Bélanger s’approche, à sa manière, des confidences directes que révèle cette parole: «Je vis caché de l’existence / penché tel un corps céleste / parmi la foule grise / éden silencieux où meurent/ les ciels sonores / les abeilles mystiques / où meurt la souffrance / de la vie / la vie notre vie / sa battante rumeur sur les tympans.» Fenêtres et ailleurs est un recueil des plus accomplis, une œuvre discrète et soignée a l’image de la production que son auteur dirige.Des poèmes de jeunesse Pour Les Écrits des Forges, ce 25e anniversaire se prête, entre autres, à une réédition de Bleu — source de terre (avec la maison belge L’arbre à paroles) du poète Gaston Bellemare, mieux connu aujourd’hui ¦ pour son implication administrative.Premier titre à paraître en 1971 dans la collection «Ées Rouges-Gorges», ces poèmes de jeunesse témoignent de l’énorme influence exercée par Gatien Lapointe sur ses élèves triflu-viens.En fait, ce recueil conduit à i l’ultime projet du célèbre auteur de l’Ode au Saint-Laurent: «Je voudrais écrire un poème qui sent la terre et le sang [.] Un poème simple, évident, qui donnerait la certitude que cet instant c’est l’éternité et que chacun, pauvre ou riche, peut la çivre tout de suite et dans son corps.» À la fois ambitieuse et naive, la quête de Gaston Bellemare m’a étonné à plusieurs moments dans sa façon de concilier l’émergence de l’être, du pays et de l’amour: «Les yeux soudés dans l’humus de nos chairs / nous voyageons jusqu’aux herbes du monde / ô débâcle de l’amour / lumière franche d’espoir / sur la voile de nos lèvres nées / d’une aube verte / nous nous élevons vers toi / Terre / source et golfe de l’homme.» Même si ces pages sont parfois inégales, elles reflètent un désir d’affirmation de liberté et d’espoir.Par la suite, ce message sera relégué aux jeunes poètes des Forges qui suivront cet engagement vers des activités créatrices remplies de promesses.Bleu — source de terre conserve ce mérite d’avoir proposé l’éveil d’une parole, d’un apprentissage, se situant à l’origine d’une maison qui cherche, plus que jamais, à promouvoir la richesse de la poésie.£ Iüxe^Ëpesskxr au Salon du livre de QUÉBEC STANDS 131-32-33 Arlette COUSTURE Ces enfants d’ailleurs Tomes I et 2 Les Filles de Caleb Marcelyne CLAUD AIS La grande Hermine avait deux soeurs Paul OHL L’Enfant Dragon Jean : O’NEIL Stornoway Ladicte coste du nort Francine OUELLETTE Les Ailes du Destin Le Grand Blanc Bip Monique de GRAMONT Les Trois Jul L’Homme Etoile Michèle MORGAN Pourquoi pas le bonheur?Les clés du bonheur Dialogue avec l’âme soeur Les maladies inflammatoires de l'intestin.Seule la douleur est prévisible.Fondation canadienne des maladies inflammatoires de l'intestin Crohn's and Colitis Foundation of Canada Avec votre aide, nous trouverons un traitement curatif.1 800 491-4683 i.!•: i) v.voir, i, !¦: s s ,\ m y, d i IJ T I) I M A X (' Il K (I O C T O R R K I !) !l (I -*¦ L I V fi E S LE ROMAN QUEBECOIS I) 7 B I O G K A P II I E Le labyrinthe aux miroirs LOUISE BOUCHARD DÉCALAGE VERS LE BLEU LES HERBES ROUGES/ROMAN DÉCALAGE VERS LE BLEU Louise Bouchard, Les Herbes 1 rouges, Montréal, 1996,240 pages Est-ce parce qu’elle porte un nom de famille partagé par tant de Québécois, que , Louise Bouchard, l’écrivain, k cultive un univers poétique d’où resurgit le thème du double?Il y a, possiblement, matière à réflexion.Chose certaine, après un très beau récit (Les Images) , ; et deux recueils de poésie (Des voix la même et L’Insé-,;ir parable), qui portaient dans leur titre même l’indice de , la sensibilité particulière de madame Bouchard à la circonscription de l’identité, voilà que son premier roman, Décala-t, ge vers le bleu (phénomène astrophy-3t : sique indiquant qu’un astre se rapproche de son observateur), est un ssl brillant échafaudage de doubles, de m - redoublements, de scissions, et d’ef-i ' fets miroir.Les lecteurs qui s’intéressent à la t psychanalyse, comme technique thérapeutique, ou comme outil d’appré-l.i ciation des œuvres d’art — et parmi i v eux, on le devine, Louise Bouchard, -ni- qui a consacré une thèse de doctorat à ce morcelé parmi les plus grands, Gé-sfc • rard de Nerval — auront ra-i.v: pidement à l’esprit en plon-n , géant dans Décalage vers le ù ’ bleu un texte de Frçud inti-' tulé «L’Inquiétante Étrange-.t v • té», dans lequel sont relevés ', ' divers exemples de mani-.: : festations de ce sentiment: ;.épisodes empruntés à la lit-> i térature, à la vie quotidien-• > ne et à la clinique, et qui ont à peu près tous en commun ; le phénomène du double - comme générateur de v Vétrangement inquiétant.nV Pour les profanes, l’exem-41 pie suivant, que Freud em-î'.n 1 prunte à sa vie privée, est •le;, assez révélateur.Un jour qu’il était dans un compartiment de I - wagons-lits, le psychanalyste s’avança pour renvoyer vers le couloir un homme qu’il voyait entrer par erreur dans sa chambre: cet homme-là n’était que son propre reflet dans la vitre.Il était deux, et profondément agacé de ne .- pas reconnaître l’autre, i > On conçoit ce que ce détour théo-¦( > rique, cet enguirlandage repoussant m le moment d’entrer dans le vif du su-:.jet, peut suggérer.Avec raison.Décalage vers le bleu est un texte si profondément douloureux qu’on voudrait le 1 |gpH U.'*i ¦ AMELIE N0TH0MB roman L'imagination au pouvoir.Amélie Nothomb s'empare de l'artillerie lourde du péplum de science-fiction pour mieux regarder son époque.Y.Marin la Meslée, Le Magazine Littéraire Une gamine effrontée et bavarde, aimant la méchanceté, qui ferait des cauchemars.E.De Montety, Le Figaro Magazine Fluidité, claquement du dialogue, relance nerveuse, ce n'est pas rien.M.Lambron, Le Point Séances de signature au Salon du livre de Québec Samedi 12 octobre ¦ 18h à 20h Dimanche 13 octobre -14h à 15h et 18h à 20h Albin Michel tenir éloigné de soi, à l’inverse de ce que dit le titre: en décalage vers le rouge, mouvement qui symbolise en outre tout autant l’univers du roman., Mais le recours à «L’inquiétante Étrangeté» n’est pas qu’une tentative de fuite de notre part: madame Bouchard a écrit un premier roman qui est l’une des illustrations poétiques les plus poignantes de ce sentiment d’inquiétude, quand ce n’est pas une totale déchirure, accompagnant la perception du double, et dans lequel sont emportés tous les personnages (et le lecteur, certes), mais aussi la narration (tout en redoublements de phrases et de mots).La galaxie des doubles Au centre de la galaxie des personnages doubles et des effets miroir, il y a Maria et Eugénia, la mère et la fille.Maria est scindée en deux depuis dix-huit ans qu’elle vit auprès d’un homme quelle n’aime pas assez, avec sa fille qu’elle n’aime pas plus, tandis que son cœur, ses pensées, ses chimères sont accrochés à une aventure amoureuse, aussi brève que destructrice, vécue avec celui qu’elle appelle FA: découpage de François-Albert, mais aussi de Father, le remplacement de ce premier extraordinaire amour de sa vie, mort subitement quand elle était enfant {«Comment, explique Maria à un auditeur invisible, ne pas chérir celui qui défait pour vous l’étreinte du plus puissant, du plus vivant, du plus aimé des morts?»).FA, qui n’a aimé Maria que bien momentanément, après avoir fait sur elle ses armes de psychiatre (provoquant une désastreuse situation de transfert et de contre-transfert), est un des personnages les plus pathétiques qui soit: souffrant de la mort de son frère et de l’incompréhension d’un père qui n’en a plus que pour le fils disparu, FA a le mépris, le sarcasme et la prétention des êtres particulièrement brisés par l’existence.Et lorsque Maria, qui ne le harcelait plus de son amour depuis longtemps, lui écrit une lettre comme un dernier adieu — puisque le cancer est en train de l’aspirer vers la mort, inéluctablement, comme elle a été aspirée par FA toute sa vie —, celui-là s’amuse à lui retourner sa lettre «comme on retourne un gant (.).Comme un écho», transcrivant de sa main chaque phrase de Maria {«cette femme geignarde et larmoyante, cette ombre, ce pot de colle», la décrit-il).Les déchirements intérieurs Le déchirement de Maria, mal aimée, et désormais souffrant de tout son corps, n’a d’égal que celui de ceux qu’elle s’est rendue coupable à son tour de ne pas aimer totalement.Et particulièrement sa propre fille.«Dites-moi, tous sont-ils brisés en deux à l’âge adulte, fendus comme des noix?Ou seulement nous?Ou seulement moi?», demande Eugénia à sa conscience — son Envahisseur, comme elle l’appelle — alors que la jeune fille voit avec inquiétude approcher d’une part l’âge de sa majorité et de l’autre l’ultime séparation d’avec sa mère (une mort prochaine dont on évite étrangement de lui parler mais qu’elle ressent sans doute mieux que quiconque).Se sentant tantôt coupée en deux, tantôt presque rien — surtout devant son père, Daniel, optométriste de profession qui n’a que de la tendresse pour Maria mais qui ne voit absolument rien de la souffrance de sa fille —, Eugénia s’en remet à la seule personne qui semble vraiment s’intéresser à elle: un prof de philo, dont le regard lubrique en dit long sur le genre de thérapie à laquelle il va soumettre l’étudiante, de plus en plus menue depuis qu’elle s’astreint à l’anorexie et qu’elle mime ainsi la désintégration physique de sa mère.Le livre se terminera avant qu’on en sache davantage sur Eugénia, mais on ne pourra que s'inquiéter de son destin, comme nous aura invité à le faire pour chacun tout ce Décalage vers le bleu.Un roman extrêmement dur, un labyrinthe où se multiplient les miroirs brisés et les miroirs déformants, un parcours semé de crainte, d’angoisse, de larmes, dont la seule issue est la mort Un roman dont on ne sortirait certainement pas intact si ce n’était de l’écriture et la puissance d’évocation de Louise Bouchard, qui nous tiennent dans une fascination constante.DESCLEE DE BROUWER LE SOURIRE DE L'ANGE Jeanne Bourin La grande romancière française aborde un autre genre littéraire, celui de l'ouvrage de conviction.Elle évoque ses souvenirs personnels et partage ses réflexions sur le monde d'aujourd'hui.Le témoignage d'une femme de cœur.LES ECHOS DU SILENCE Sylvie Germain Romancière confirmée et Prix Fémina, Sylvie Germain livre un essai très personnel sur le thème du silence de Dieu.Elle aborde, de manière explicite, le lien entre littérature et spiritualité.LA FORMATION DE L'HOMME Maria Montessori Inédit jusqu'alors en français, voici le dernier ouvrage de Maria Montessori.Il constitue la clé pour entrer dans l'oeuvre immense et pénétrante de cette formidable éducatrice.Ikannk Bourin Le sourire de range 144 PAGES 10.Ceruiame Beaulieu X X X II.Claude Beausoleil U jx jx i mi 12.Katharine Beeoian (Étate-UWQuâjec) 13.Claudine Bertrand 14.France Boisvert IM - i ; j*;*!»!*;*;* 15.Yves Boisvert ! ! ! 11 |J II • 16, Denise Boucher • X-X X * X 17.Denise Brassard M* •* MM 111 18.Jean-Paul Daousl 19.Denise Desautels X X X li i 1 1*1*1*1*14 20.Jean-Marc Desgent 21.Jean Duval 1*1 XXX i i r 22.Robbert Fortin X X X X X X X 23.Christiane Frenette M* I* M ! M M 24.Christine Germain /, i “$'/ fü, 1 WmÛ 25.Rachel Lederc jxjx jx 1*1*1 Mil 26.Dyane Léger (Acadie) 1 WfflÊÊÊ.MWÊm i "'i" i "< i""V ' < 27.J.Roger Léveillé (Manitoba) > M- Mx Hxr 28.Nadine LtaiF(Égypte/Qüébec) 29.Guy Marchamps 1*1*1 X X 11 Mxh J 30.Rtno Morin-Rossignol (Acadie) 31.Serge Mongrain 32.Annie Perreault il : ’H Ml ktktkUi 33.Bernard Pozier .H* i* 34.Éric Roberge X XX X XX .y.35.Jean Royer ! I1 ! 1 ) ! i 1 i 1.36.Carolyn Mane Souaid X i i organismes -> billettetic/panorama (Ci COGECO Télévision Trois-RivièfM AVIS Corrtftd dusiArt« duüanacta CONSEIL DLS ARTS ErŒMJTTTRLS wqjfàfc •oo*oot T ^ o#o»o#o L/C 2s:::ss British DOMtoo -DIII/IOJI 0000000 •00*00* MUSEE mW; twmiRKs f»r (JOÉBEC LE DEVOIR CHLN55AMO J) publlvision inc.Sortilèfp Council Tourisme Québec trots-rivières Le Nouvelliste Télé-Québec Société dé* atcoota du OoétMC Radio-Canada «5* Chaîne culturelle FM aux nombreuses questions que se posent les pa- lo p®*11® ®n,on‘® rents souvent pris au dépourvu et angoissé face à leur tout-petit.Que faire, à qui s’adresser, a-t-on bien compris ce que le médecin a expliqué?Cet ouvrage se veut le complément du dialogue entre les parents et le médecin d’enfant.Un vocabulaire simple, un livre de référence facile à consulter.COMBATTRE LA MALADIE D’ALZHEIMER Carmel Sheridan, traduit de l’américain par Alain-Xavier Arpino, Le jour, éditeur, Montréal, 1996,93 pages Ce guide présente des exercices et des activités simples qui ont pour but d’aider la personne atteinte de la maladie d’Alzheimer à renforcer son estime de soi et à lui apporter une satisfaction momentanée.A noter: toutes les activités proposées ne conviennent pas à tous les patients.Ce qui implique de la part de l’aidant une grande attenr tion aux capacités du patient et un soutien pour développer et utiliser au maximum celles qui restent.L’auteur détient une maîtrise en psychologie et s’est spécialisée en gérontologie.ÉCRIVEZ VOS MÉMOIRES Sylvie Liechtele et Robin Deschênes, Lies éd.de l’Homme, Montréal, 1996, 148 pages Ce guide est destiné aux aînés qui souhaiteraient écrire leurs mémoires voulant ainsi laisser à leurs descendants un héritage aussi unique que précieux.Les auteurs qui se passionnent pour les livres, l’histoire et la généalogie, sont tous deux enseignants.Us ont réuni dans ce guide facile à utiliser une liste de questions pour stimuler la mémoire; des conseils pour mieux écrire et présenter son texte; des extraits d’autobiographies publiées et des suggestions de lecture.Henri Bergeron a écrit la préface.LA BOITE A LUNCH SANTE Colombe Plante, Les éd.l’Art de s’Apprivoiser, Varennes (Québec), 1996,196 pages Un livre tout à fait à propos en ce début d’année scolaire où cinq jours par semaine il y a des boîtes à lunch à remplir de façon saine et savoureuse.Pour cela, il faut développer des trucs et se renouveler.Pour le faire, l’auteur propose des recettes et menus inspirés de la cuisine végétarienne.Cette façon naturelle de se nourrir repose essentiellement sur les légumes frais, les fruits, les céréales entières, les pâtes, le pain complet et les légumineuses.Les travailleurs trouveront aussi leur compte dans cette boîte à lunch renouvelée.UNE LONGUE, LONGUE MARCHE Marie Labrecque et Louise Courteau, édi.Saint-Zénon (Québec), 1996,156 pages L) auteur, qui a vécu 34 ans chez les i Sœurs de Miséricorde sous le nom de Sœur Mechtilde, a parcouru une longue marche depuis Calcutta avec Mère Teresa, jusqu’à la rue Saint-Denis à Montréal auprès des prostituées.Redevenue Marie Labrecque, elle a connu une destinée peu commune dont elle s’ouvre ici avec une franchise exceptionnelle.Un témoignage de vie où l’auteur n’hésite pas à dévoiler ses forces et ses faiblesses, sa grande disponibilité aux plus démunis et sa foi.SUCCÈS: DITES OUI! Justin Belitz, traduit de l’anglais par Uschi Preisig, Éd.Jouvence, Suisse, 1996,163 pages Le livre a pour sous-titre: les pouvoirs de la visualisation et de la pensée positive.Ecrit par un frère franciscain et prêtre, formé en philosophie, musique, théologie et pédagogie, il propose un itinéraire pour atteindre «la paix intérieure et un équilibre entre une vie intérieure et épanouie et le succès matériel et le succès intérieur».NOUS SOMMES TOUS DES APPRENTIS SAGES Luce Bertrand, Éd.du Roseau, Saint-Léonard (Québec), 1996,147 pages Un autre livre de perfectionnement personnel inspiré cette fois du Cours en miracles (dont il est question ici), de dix-huit années de pratique de la psychologie, de nombreuses conférences et du propre cheminement de l’auteur.Les relations de couple sont au cœur de cet ouvrage dont les propos sont illustrés par de multiples exemples.Trois agendas A signaler: chez Casterman, L’Agenda de la future maman, très bien fait, amusant, un gentil cadeau à offrir L’agenda août 1996 à août 1997 et L’agenda des étudiants 96-97\ tous deux chez Utilis.Renée Rowan I.!•: I) K V 0 I R , I.E S S A M E I) I 5 E T I) I M A N C II E (> 0 (' T 0 B R E I !» !» I» I) 13 L i V R E S T R U F O M I S T O La semaine des trois titres Deux ans après avoir finement salué la mémoire d’Antoine Blon-din en composant Monsieur Jadis est de retour aux éditions Fixot, Yvan Au-douard, dialoguiste subtil, propose un roman souriant.Cinq ans après la mort de Miles Davis, voilà que Frank Bergerot, rédacteur en chef de Jazzman, signe un bouquin savant sur vous savez qui.Quoi d’autre?K.C.Constantine, auteur de polars, est passé de Actes-Sud à Gallimard.Son dernier s’intitule Débine Blues.Autre chose?Oui.Entre Audouard, le jazz de Davis et la dernière enquête de Mario Balzic, sans oublier les chroniques de Manchette, il y a de quoi se concocter une bonne semaine.Par qui on commence?Par Constantine: aucun lien de parenté avec Eddy.D’abord, faut confesser qu’il y a un truc.Et quoi donc?K.C.Constantine est un pseudonyme.Le monsieur qui se cache derrière s’appelle Karl Co-sak.Il est né en 1935 aux Etats de parents russes.En 1988, Constantine a obtenu l’Edgar, le prix le plus convoité dans le domaine policier, pour son roman Joey’s Case.Ce bouquin n’a jamais été traduit en français.Du beau, du bon, du Balzic Avec Débine Blues, on compte désormais cinq romans disponibles en françouillard.Les cinq mettent en scène le même personnage.Qui donc?Mario Balzic, commissaire de Rocksburg, petite ville minière de Pennsylvanie.Balzic ou Constantine, on l’aime ou on l’aime pas.Cette division qui n’est pas une opposition peut s’expliquer ainsi: Constantine n’est jamais «thrillant», il est lent.Mais surtout, il divague, il disserte sur toutes sortes de sujets qui n’ont rien à voir avec le sujet principal ou l’enquête.Il a la fibre sociologique, le Constantine.Puis, ce qui ne gâte rien, bien au contraire, il est technophobe.Il n’y a pas d’Internet dans ses bouquins.Pour tout cela, on l’aime bien, K C.Constantine.Son Débine Blues commence ainsi: une femme appelle le standard de la police.Elle veut voir un flic.Balzic se rend au rendez-vous.Il s’agit d’un chemin de traverse.Elle explique qu’un crime va être commis mais refuse de dire comment et pourquoi.Elle refuse de donner son adresse.Elle se montre méfiante.Elle affiche les stigmates du mal dans la tête.Mais tout cela s’avère secondaire.Ou plutôt, cela est une partie du boulot et du quotidien de Balzic.Car ce que nous propose aujourd’hui Constantine, c’est cela: l’autopsie du quotidien d’un flic dans la soixantaine.C’est Balzic qui maugrée parce qu’il y a des compressions de budget.C’est Balzic interloqué, totalement interloqué, lorsque sa femme lui annonce qu’il faut mettre un terme à leur mariage vieux d’une quarantaine d’années pour mieux renaître dans le cadre d’une association formée de partenaires.C’est surtout Balzic qui doit mettre un terme à une vive dispute entre deux de ses connaissances, Vinnie, propriétaire de bar, et Myushkin.écrivain d’origine russe.C’est donc Balzic qui écoute cet écrivain lui dire: «J’en ai une, de bagnole.Sauf que c’est ma femme qui la conduit.Une Toyota.Increvable.Huit ans qu’on l’a et elle marche toujours au poil.Ils en connaissent un rayon, les Japs, en construction automobile.Pas comme ces branleurs de Detroit, qui ne fabriquent même plus de bagnoles, de toute façon.C’est comme ces connards d’Hollywood — c’est plus du cinéma qu’ils font, ils savent plus faire que du business.A Detroit, ils font plus de bagnoles, ils savent plus faire que des promos.Tout le pays est aux mains des avocats et des comptables.Et me faites pas croire que vous n’avez rien remarqué, hein.! Vous, le chef de la police de Rocksburg, Pennsylvanie, le trou de balle de l’industrie américaine, vous ne pouvez pas ne pas être au courant!» Débine Blues, c’est un Balzic qui fait davantage dans l’assistance sociale que dans la flicaille.C’est mieux ainsi.Et un Audouard, un! Le Porte-Plume d’Yvan Audouard est un roman à la fois dangereux et délicieux.Dangereux?Si on les distribue dans les prisons, ceux qui sont dedans, et s’ils le lisent bien évidemment, ils réaliseront rapidement que les romans dévoilent des secrets plus susceptibles de déglinguer l’équilibre social que, par exemple, les fadaises débilitantes qui s’entendent dans les téléromans.Comment cela?Ecoutez, écoutez bien ce que dit Audouard: «Cette intrusion des auteurs classiques dans les locaux pénitentiaires n’avait suscité ni émotion dans la presse ni intervention à la Chambre des dé- putés, alors que la présence de la télé dans nos cellules douillettes avait mobilisé l’indignation des honnêtes gens.Pour eux, c’était plus que de la provocation, c’était du pousse-au-crime.Ah, les cons! Ils avaient pas l’air de comprendre que le petit écran, il y a rien de meilleur pour faire tenir les voyous tranquilles.Ceux-là, ils feraient mieux de se faire recycler les pédoncules cérébelleux dans une clinique suisse de moyenne altitude.Les hold-up en 625 lignes, c’est du pipeau à l’usage des handicapés du cortex.Pour les tau-lards, les gamineries policières sur petit écran, c’est du trompe-couillon à l’état pur, du comique troupier d’avant la révolution culturelle.Si les professionnels suivaient le mode d’emploi qu’on leur propose, ils se feraient serrer avant de passer à l’action.Avec Proust (Marcel) ou Balzac (Honoré de) c’est pas le même topo.On n’a plus affaire à des farandoleurs mais à des professionnels désintéressés de l’embrouille sociologique.Pour celui qui sait lire entre les lignes, c’est une véritable mine d’or.» Ce Audouard, dans notre petite tête évidemment, il a rejoint le pré carré des lettres, le pré sacré.Il est aux côtés des Alexandre Vialatte, Raymond Queneau, Antoine Blondin, René Fallet et Marcel Aymé.Alors, hein.Le Miles Davis de Frank Bergerot est sous-titré Introduction à l’écoute du jazz moderne.Et comme l’indique le sous-titre, il ne s’agit pas d’une biographie de Davis mais bien d’une analyse pour ainsi dire grammaticale des travaux écrits de Davis.Ce bouquin réjouira surtout ceux qui ont déjà lu toutes les bios consacrées à notre homme.Le Miles Davis de Bergerot est un livre savant.DÉBINE BLUES K C.Constantine, Gallimard 1996,353 pages LE PORTE-PLUME Yvan Audouard, Le Pré aux Clercs Paris, 171 pages MILES DAVIS Frank Bergerot, Le Seuil Paris, 1996,192 pages BANDE DESSINÉE Lavis de fruits et errances maritimes MONSIEUR FRUIT tome 2 Nicolas de Crécy, Editions du Seuil France, 1996,160 pages L’INNOCENT PASSAGER Mai-tin Torn Dieck, Éditions du Seuil, France, 1996,200 pages DENIS LORD Rentabilité obligeant, nombre d’éditeurs de bande dessinée se complaisent à publier de plaisantes insignifiances, à perpétuer des formules depuis longtemps exsangues ou à étirer la sauce de séries à succès.Cela nous vaut de tristes navets du genre La Bru du voisin de Barbe Mauve, Les Recettes préférées d’Hugo Braque et autres resucées d’égale envergure.Les éditions du Seuil ont bien du mérite de nous présenter une collection où prédomine l’originalité, tant dans le récit que dans le trait.Tout n’y est pas d’égal calibre, sans doute, mais les œuvres sont au moins rafraîchissantes et libérées des créneaux obligés.Il y a peu, le Seuil ajoutait d’un seul coup cinq nouveaux titres à sa jeune collection bd: Monsieur Fruit et L’innocent passager donnent une bonne idée du type d’ouvrage qu’on y publie.Un auteur déjà remarqué À 30 ans, de Crécy s’est déjà fait remarquer avec quelques albums, dont Léon la came, scénarisé par Sylvain Chomet, un des meilleurs albums européens des dernières années.Le duo a d’ailleurs travaillé plus d’un an à Montréal pour réaliser La Vieille Dame et les pigeons, un film d’animation qui devrait sortir incessamment.C’est dans le premier tome de Monsieur Fruit que Clarque Quinte, obèse frustré, végétarien fictif et journaliste raté, a acquis son identité secrète de Super Monsieur Fruit, ainsi que les super-pouvoirs qui l’accompagnent: un salaire correct, un joli costume et une Super-Monsieur — Fruit-Mobile! Clarque doit maintenant lutter contre son ancien mentor, Légume bouilli — alias Barnabé-la-Courgette-, qui pousse les légumes et les fruits à quitter la Terre pour Fruitus, leur planète originelle.Rien ne sera facile pour Clarque, le pauvre nage en pleine semoule avec le N O R O T LES CLASSIQUES QUEBECOIS disponibles en livres et cassettes audio | JE T'ÉCRIRAI ENCORE DEMAIN Geneviève Amyot I Voici un chant de ferveur, une lettre adressée à un être dont la perte renvoie à la grandeur de l'aventure humaine, à la joie et à la détresse qui I l'accompagnent.Par là même, cette lettre I s'adresse à chacun de nous.I 15.00$ Poèmes sur cassette lus par l'auteure 12.00$ POEMES CHOISIS Michel Beaulieu Entre 1964 et 1985.Michel Beaulieu a écrit une œuvre qui compte parmi les plus originales de la francophonie.Choix et présentation par Pierre Nepveu.15.00$ Poèmes sur cassette lus par Pierre Nepveu 12.00$ INDICATIF PRESENT et autres poèmes Michel Beaulieu L'édition comprend des textes que Michel Beaulieu a fait paraître vers la fin des années soixante-dix aux Éditions Estérel ainsi que deux titres publiés aux Éditions Minimales et un titre publié aux Éditions du Mouton Noir.121 pages 12.00$ POÈMES CHOISIS (1965-1990) Jacques Brault Pour juger de la valeur de cette œuvre, il suffit de regarder comment elle transforme notre regard sur tout ce qui nous entoure, sur tout ce que nous sommes, comment elle transforme profondément toutes les réalités quelle embrasse, tout simplement en les laissant être et croître en dehors de notre regard.Choix et présentation par Yvon Rivard.15.00$ Poèmes .sur cassette lus par l'auteur 12.00$ JACQUES BRAULT Au fond du jardin Parfois, dans le déclin de l'automne, Murmurent des feuilles emportées Comme des voix au fond du jardin, Quand tombe au soir un peu de grésil.Jacques Brault 19.95$ DIALOGUES DE L'ALPHABET ET DE L’ABSENCE FERNAND OUELLETTE En forme de trajet Soulignant ses 40 ans de publication, Fernand Ouellette nous livre un texte écrit par nécessité, par passion de la langue.En forme de trajet est un essais sur l'art, la peinture et la poésie.L'ÉLOIGNEMENT GABRIEL-PIERRE OUELLETTE Dialogue de l'alphabet et de l'absence .Comment tracer un poème sans chanter la disparition du monde., se demande l'auteur dans ce livre publié en coédition avec L'Âge d'Homme en Suisse., DAVID CANTIN L'éloignement Né à Québec en 1969, David Cantin collabore en tant que critique littéraire aux revues Québec français, Nuit Blanche et au quotidien Le Devoir.Son recueil a reçu le Prix Littéraire Desjardins 1996.,00o$ MARTINE AUDET Les murs clairs 1200s ANNE-MARIE CLÉMENT Petites primeurs 12.00s BERTRAND LAVERDURE Fruits 1200$ GUY GERVAIS Charmes (coédition Cahiers Bleu, France) 1200s PIERRE OUELLET Consolations 1500s JOËL POURBAIX On ne naît jamais chez soi 1500s CASSETTES AUDIO POESIE / MUSIQUE POÈMES CHOISIS Saint-Denys Garneau À la source de la modernité québécoise, l'œuvre poétique de Saint-Denys Garneau inscrit une expérience existentielle à travers un cheminement spirituel et une vision cosmique qui rejoignent l'universalité de l’expérience humaine.Choix et présentation par Hélène Dorion.POÈMES (ensemble de son œuvre) Marie LTguay Si l'on ne peut que reconnaître la qualité et la force du travail poétique de Marie Uguay, tout en étant aussi sensible au destin tragique de cette auteure morte à l'âge de vingt-six ans.ce qui transparaît de façon indéniable dans cette œuvre est certes son authenticité.1500$ Poèmes sur cassette lus par Susannc G«uère 12.00$ 2 cassettes INITIALE I & II 12$ chacune Diane Régimbald, La seconde venue Michel Pleau, La traversée de la nuit Nicole Richard, Ruptures sans mobile Germaine Momard, Doigts d'ombre Bertrand Laverdure, L'oraison cassée David Cantin, L'éloignement Yong Chung, Le débit intérieur Christine Richard, Passagère Catherine Fortin, Ainsi chavirent les banquises Mireille Cliche, L'onde et la foudre Bernard Gilbert.Opéra Alain Cuerrier, Le rêveur d'ombres Martin Thibault, Haut-fond Edgard Gousse, Mémoires du vent Michel Letourneau, Mémoires sous les pierres Isabelle Miron, Incidences Lectures des auteur-es du Noroît Mardi le 8 octobre à la Galerie Skol, à60 Ste-Catherine O.Espace 511 à 20:00, Serge Legagneur, Joël PourbaLx.Diane Régimbald Vendredi le 11 octobre au Café Zénob à Trois-Rivières.17:00 à 19:00, Paul Bélanger, Claudine Bertrand.David Cantin.Denise Desautels.Hélène Dorion Lundi le 14 octobre au Petit SÉminaire de Québec à 20:00, Jacques B'-mli 2 5 A N S D E POESIE XdÎsTrÏbUTÎÔ^fÎdÊs en vente chez votre libraire et au SALON DU LIVRE DE QUÉBEC Stand -108 \ m hm writ IhltfoUDT s’y passe presque rien.On nage en pleine ambiguïté, comme le passager du fifre, partagé entre les différentes interprétations à donner au bouquin.N’est-il qu’un prétexte à illustrations ou Dieck nous sert-il un récit à clés?On ne pourra s’empêcher de pencher simultanément pour les deux hypothèses, à cause des symboles engagés et de l’immense beauté visuelle de l’œuvre.Les dialogues sont de toute manière minimalistes et laissent la vedette à une imagerie extrêmement riche, d’un ex- ses super-pouvoirs qui partent en eau de boudin dans les moments les plus inopportuns, le méchant Jean-Guy qui pointe sa fraise et puis l’insupportable Prince des Fruits et Légumes.Putain, quel potage, de Crécy! Tout en lavis et croquis, Monsieur Fruit n’a que peu à voir avec l’opulence picturale de Foligatto ou la profondeur de Léon la carne, quoiqu’on puisse y trouver certains thèmes récurrents.On y verra plutôt un pastiche extrêmement distancé de Superman, une odyssée burlesque et délirante avec en filigrane, mais bien réelles, les perpétuelles angoisses du protagoniste.Une bd à clés L’innocent passager, de Dieck, se situe dans un tout autre registre.Après que sa barque eut chaviré, un voyageur se retrouve sur un bateau labyrinthique dont il cherche en vain le capitaine.Voilà toute l’histoire, il ne pressionnisme qui tend souvent vers l’abstraction alors que Dieck, d’une case à l’autre, fait des zooms-in sur la mer ou le grain du plancher.Les dessins sont à tel point superbes qu’on se surprend à tourner une les pages dans le „ ,., désordre, au mé- collection OU pris de toute narration, pour laisser son œil jouir de chaque vignette.Par moment, l’auteur n’est pas sans nous rappeler Benoît Joly, dont les albums Exit et Un sentiment océanique, maintenant introuvables, sont parmi ce qui s’est fait de mieux au Québec.Les amateurs pourront aussi jeter un coup d’œil à aux trois autres albums édités simultanément aux titres précédents, soient Mat, de Beaudoin, Un privé à la cambrousse, de Bruno Heitz et Du plomb dans l’aile, de Fabio.Les éditions du Seuil ont bien du mérite de nous présenter prédomine l’originalité Thierry Jonquet W4m C Thierry Jonquet a public en Série Noire: Mémoire jeh cage.Mygale.La Bête et la Belle.Les Orpailleurs et La Vie de ma mère au stand Gallimard du Salon du livre de Québec le samedi 12 octobre de 19h à,20h le dimanche 13 octobre .de 15hà 16h le lundi 14 octobre de 12h30à 13h30 XYZ éditeur vous fait rencontrer Sergio KOKIS Errances (roman) Négâo et Dora lice (romani Le pavillon des miroirs (roman) André BERTHIAUME JaCCjUeS Cartier (biographie romançée) Presquiles dans la ville (nouvelles) au Salon du livre de Québec Vendredi 11 octobre Samedi 12 octobre V w «Il fi éditeur XYZ éditeur L abc de la littérature Heure de 19h00à21 hOO de 14 h 00 à 16 h 00 de 16h00à 18h00 de 19h00à21 hOO de 13h00à 16h00 de 16h00à 18h00 Auteur Sergio Kokis Sergio Kokis André Berthiaume Sergio Kokis André Berthiaume Serqio Kokis 1781, me Saint-Hubert.Montréal (Québec) H2L 3Z1 Téléphone : 525.21.70 • Télécopieur:525.75.37 I I) 14 1, E I) E V (HR,, I, E S S A M E I) I 5 E T I) I M A N C II E (i (I C T 0 B B E I !) !) (i -LIVRES- >• LIVRES D’ART Et cause Bacon.LES PETITS BONHEURS Une disparition dans la blancheur mm: JENNIFER COUËLLE FRANCIS BACON Entretiens avec Michel Archimbaud Gallimard, Coll.Folio/Essais Paris, 156 pages En mars 1992, l’écrivain français Michel Archimbaud se rendait à l’atelier londonien de celui qui, plus que tout autre, aura pétri l’histoire de la peinture de la deuxième moitié de notre siècle.Il y allait poursuivre une série d’entretiens avèc Francis Bacon, amorcée l’année précédente.Cette troisième interview eut lieu et, sans que personne nç s’en soit douté, ce tilt la dernière.A Madrid, quelques semaines plus tard, Francis Bacon est décédé.D’abord paru aux Editions Jean-Claude Lattès l’année même de la disparition de l’artiste, le recueil de ces entretiens — sorte de testament — renaît aujourd’hui chez Gallimard.L’occasion?La rétrospective Francis Bacon en place au Centre Georges-Pompidou jusqu’au 14 octobre.Et si l’on devait à brûle-pourpoint qualifier d’un mot, ou deux, ce petit livre, «frais» suivi de «satisfaisant» viendraient à l’esprit La pensée d’un monument Les monographies sur Francis Bacon, on ne les compte plus.Mais de voir errer noir sur blanc, simplement et librement, la pensée de ce monument, est déjà plus rare.Un dialogue bien senti, construit d’une suite cohérente de questions, d’ordinaire brèves, et de réponses le plus souvent pleines, nous permet de mesurer à la fois l’humilité, la curiosité et le calme étonnant de ce peintre qui a peuplé ses toiles de cris sourds.Cet artiste aux visages informes et aux corps liquéfiés campés dans des compositions bien cadrées dit devoir à son Irlande natale son «optimisme désespéré».Il se défend des intentions de violence existentielle qui lui ont maintes et maintes fois été prêtées.«Je ne cherche jamais la violence, dit-il.Il y a un certain réalisme dans mes toiles qui peut peut-être donner cette impression, mais la vie est tellement violente, tellement plus violente que SOURCE GALLIMARD Triptyque inspiré du poème de T.S.Elliot «Sweeney Agonistes», troisième panneau, 1967.tout ce que je peux faire! [.] et aujourd'hui, avec ces millions d’images qui viennent de partout, la violence est partout et permanente.» Puis il conclut tout naturellement que «de toute façon, la vie et la mort vont bras dessus bras dessous [.].La mort est comme l’ombre dans la vie.Quand on est mort, on est mort, mais tant qu’on est en vie, l’idée de la mort vous poursuit».Il y a la violence — une lucidité à peine déguisée, dirait sans doute l’artiste —, mais il y a aussi l’art et la culture.Piqué par la mouche de l’interdisciplinarité, l’interlocuteur éclairé du peintre amène son vis-à-vis sur des sentiers où peinture, littérature, poésie et musique se regardent dans le blanc des yeux.Il est question de Boulez comme de Balzac.Et si Bacon, curieux de son époque comme de celle de Shakespeare, s’expose volontiers à la culture sous toutes ses coutures, ou presque, il se dit le plus réceptif aux arts visuels et se garde le droit de trouver, par exemple, que chez Beckett, «à force d’avoir voulu tout éliminer, il n’est plus rien resté.», qu’il y a chez lui «[.] quelque chose à la fois de trop systématique et de trop intelligent».On n’en doute pas un iota, cette brève incursion dans les conversations de Francis Bacon et Michel Archimbaud est un must pour les adeptes de l’artiste anglais pour qui l’essentiel de la peinture est de «toujours parvenir à saisir ce qui ne cesse de se transformer».Quant à ceux qui prendraient plaisir à confronter leurs opinions artistiques, lettrées et mélomanes, à celles fort personnelles, réfléchies et parfois contradictoires de Bacon, ils trouve- ront certainement ici leur plaisir.Que de louanges.d'autant plus dommage pour les quelques coquilles qui heurtent ici et là le fil de notre lecture.BACON, MONSTRE DE PEINTURE Christophe Domino Découvertes Gallimard/Centrè Georges-Pompidou Paris, 136 pages Autre valeur sûre pour les fans de celui qui signait parmi les plus crues et surprenantes études pour crucifixions que la peinture connaisse: Bacon, Monstre de peinture, dans la très instructive collection Découvertes Gallimard.D’un long souffle bien informé, un brin sec cependant, le critique d’art Christophe Domino nous fait faire un vaste tour d’horizon de la vie et l’œuvre de Francis Bacon.De la petite histoire, entrée aujourd’hui dans la légende, du jeune Bacon surpris par son autoritaire de père alors qu’il essayait la lingerie de sa mère.— histoire qui veut que l’adolescent fut sur-le-champ chassé du bercail — jusqu’à une série de réflexions sur l’utilisation scénogra-phique de l’espace chez Bacon, en passant par certains repères esthétiques du peintre, dont Picasso, Henry Moore, une mère hurlante dans Le Massacre des Innocents de Poussin et même Max Ernst que Bacon plus tard reniera, l’auteur nous dresse un portrait honnête de l’itinéraire du peintre comme de l’homme.«Si on peut le dire, pourquoi le peindre?», a demandé un jour le propriétaire de l’atelier-capharnatim de South Kensington, où s’entassaient toiles, pinceaux, couleurs et vieilles photos.Bacon et son œuvre sont ici généreusement documentés par des photographies d’archives et moult reproductions, dont certaines planches de triptyques qui se déplient en accordéon.Et parmi les plumes qui signent les extraits d’articles de la section «témoignages et documents» qui clôt cet ouvrage, signalons seulement celle du philosophe Gilles Deleuze.Vous voulez en savoir davantage sur Francis Bacon, vous voulez butiner dans sa palette comme dans son entourage, ce livre est un classique.Francis Bacon Entretiens avec Michel Archimbaud essais osette Pratte Josette Pr Lés Hono ROMAN Après «Les honorables persiennes» paru en 85, losette Pratte situe son dernier oman dans «la vieille capitale» des années 38-45.Un superbe jrtrait de société vu à travers les yeux de personnages hauts en couleur d'une grande famille ?urgeoise de la ville de Québec.André Patry UMANITAS ANDRE PATRY Six poètes de ja.solitude ’Cltohuk'’poésies • 4 28:pages, 14,05 $ Giacomo Leopardi, ’ Eclgar Allan Poe, Constantin Cavafy, Roberto clé Mesquita, Hugo von Hofmannsthal, ’ : George Bacovia.Quelques-uns.de ces poètes ont laissé une oeuvre qu les place parmi les écrivains les plus remarquables des.XI Xe et XXe siècles.MARIE-LOUISE AUDIBERT LE VAGABOND IMMOBILE i ROBERT WALSER LE VAGABOND IMMOBILE.ROBERT WALSER Marie-Louise Audiberti, Gallimard, collection «L’un et l’autre», Paris, 1996,214 pages RÊVERIES ET AUTRES PETITES PROSES Robert Walser, traduit de l’allemand par Julien Hervier, Le Passeur, Nantes, 1996,126 pages On connaît peut-être l’idée directrice de la collection «L’un et l’autre».Un écrivain raconte la vie d’un auteur qu’il aime.Il ne s’agit jamais de biographies proprement dites mais de commentaires suscités par la fréquentation de l’œuvre, l’admiration, l’étonnement Il ne faut pas se surprendre de ce que Robert Walser soit choisi comme figure à évoquer.Ce Suisse alémanique a eu un destin singulier.Né en 1878 à Bienne, il publie en rafale trois romans: Les Enfants Tanner (1907), Le Commis (1908) et L’Institut Benjamenta (1909).Pendant sa jeunesse, il inonde les revues et les journaux de ses courtes proses.On les lui renvoie ou on néglige de le rétribuer.Un être hanté par l’échec Walser est instable.Il accepte de faire les métiers les plus humbles, serviteur, commis, précepteur, garçon de ferme.Kafka, Musil, Hermann Hesse, Walter Benjamin s’intéressent à ses écrits.Mais Walser est hanté par l’échec.Fasciné aussi par la contemplation muette des gens et des choses.Il, peut lui arriver de s’installer à la terrasse d’un café, de s’enivrer doucement, sans adresser la parole aux gens.Il n’est pas rare que des femmes s’intéressent à lui.La relation n’aura jamais de suite.Walser craint les rapports physiques qu’il pourrait avoir avec eÛes.D lui faut «une mère, une institutrice, c’est-à-dire une personne inapprochable, une sorte de déesse».Marie-Louise Audiberti ajoute: «L’autre doit lui être supérieure, car son souhait est d’obéir.Encore l’enfant, encore le fils.» C’est peu dire que d’avancer que Walser était un solitaire.Il souffrait d’une solitude à côté de laquelle celle de Kafka paraît légère.Il est évident qu’il s’est réfugié dans un cocon par crainte de trop souffrir.La masturbation lui tient lieu d’amour.Et surtout il fuit sans cesse, vivant d’expédients, passant d’une ville à l’autre.Un jour, une femme lui reproche de n’être pas un homme, d’être un «non-homme».Comme s’il n’était pas déjà résigné à cet état.De plus en plus persuadé de ne pas avoir sa place, il cultive l’oisiveté, la non-participation à la vie.Il se veut humble parmi les humbles.Toute la journée, il reste couché, accablé de mélancolie dans une chambre sale qui sent le renfermé.A moins qu’il se mette à vagabonder, infatigable marcheur.Dans Rêveries et autres petites proses, on trouve cette remarque d’un père à son fils: «Sache-le bien, une Gilles Archambault ?éducation vraiment bonne sous tous les rapports, ce qu'on appelle une éducation brillante entraîne des obligations, elle oblige celui qui Ta reçue à des performances brillantes en proportion, elle l’oblige aussi à une carrière brillante.» Walser a vite choisi de perdre son temps.Peu lui chaut qu’un ouvrier l’apostrophe dans la rue.Il se reconnaît comme fainéant.Un silence d’internement En 1929, on interne Walser.Il le sera pour le reste de sa vie.Il se réfugiera bientôt dans le mutisme le plus complet.Un silence qui s’accompagnera d’un refus d’écriture.En réalité, comme le rappelle Max Brod dans Une vie combative, «Walser était d’accord avec tout.Cette fuite intentionnelle dans l’interdit, qui fut la sienne, m’est toujours apparue comme un suicide où l’être physique demeure conservé comme accessoirement».Un admirateur parviendra toutefois à l’approcher.Cari Seelig raconte dans Promenades avec Robert Wal-* series intermèdes de lucidité d’un homme qui apparaissait souvent comme vidé de lui-même.Il arrivait parfois qu’il soit traversé par des lueurs de passion.Il devenait alors presque violent, comme s’iî souffrait de ces relents de conscience littéraire.Pour le reste, il était ce qu’il avait toujours été, un être qu’il faut aider, entretenir et qui ne dédaignait ni chocolat ni vin.On revient périodiquement à Walser.Car s’il n’y avait que la biographie, on ne s’intéresserait que médiocrement à l’homme.Walser est un merveilleux écrivain.L’œuvre com- Walser se servait de feuilles de papier minuscules et recourait aux lettres gothiques prend quatre romans.Outre ceux, que j’ai cités plus haut, il y a ce Brigand, dont on annonce une réédition en novembre dans la collection Folio.Walser écrivait sans avoir recours aux ratures.Ses romans ont été écrits rapidement.N’ayant pas obtenu le succès matériel et l’accueil critique, il se contenta de ces proses plus conformes à l’attitude par rapport' à la vie qu’était la sienne.Il écrit rapidement, mais avec soin.Son écriture est appliquée, très serrée.41 se sert de feuilles de papier minuscules, a recours mix lettres gothiques.Il a donc fallu déchiffrer patiemment le contenu des 526 microgrammes qu’il a laissés?Walser est mort à 78 ans.Il avait quitté la clinique, la nuit du 25 décembre 1956, pour une promenade.Victime d’une crise cardiaque, il s’est effondré dans la neige.Comme le rappelle Marie-Louisfr Audiberti dans son évocation chaleureuse, c’est une disparition dans la blancheur.La blancheur, c’est tout Robert Walser, l’homme qui a frôlé la vie ttVec tant d’application.Six pot solituck
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