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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1996-10-22, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR V o L .I, X XXVII • N ° 2 \/rQ, AI () N T H.E A I., L E M A R I) I 2 2 O C T O R II E I 9 î) » t t ) Il ' I! MAISON 1h| t r • 'àÈm, '¦ •" ¦" , .i.¦ ¦ j'Â^v On invoque les enjeux économiques mondiaux, la compétitivité et le libre-échange pour justifier les fermetures, les mises à pied, la diminution des conditions d’emploi et la précarité.Comme si nous étions impuissants et qu’il n’y avait rien à faire.Il faut renverser la vapeur.Le sommet doit être l’occasion de forcer des choix et des orientations qui dynamisent le développement économique du Québec, augmentent la richesse de notre société et la redistribuent équitablement.Conjuguons nos efforts L’URGENCE, C’EST L’EMPLOI '¦« -3 ra .i uji "an t— u jr "jgTC L E I) E V 0 I K .I- E M A I! I) I 2 2 0 C T 0 U R Ë I !) !) (i DEVOIR M 0 NI) La situation dans la région des Grands Lacs ii-v -?- | La tragédie sans fin | des réfugiés hutus I au Zaïre ¦ÿf Plus de 2 250 000 réfugiés hutus originaires du Rwanda et du Bu-.jrundi étaient en fuite dans l’est du Zaïre, hier, sur fond de combats ¦entre soldats zaïrois et rebelles banyamulenge (tutsis), a-t-on rapporté de sources humanitaires.Tandis que le Zaïre envoyait renforts militaires et ravitaillement dans sa partie orientale où sont concentrés plus d’un million de réfugiés, le sous-secrétaire général de l’ONU Ibrahima Fall a organisé des pourparlers de crise à Buka-vu, (Sud-Kivu) pour tenter de désamorcer les tensions.CHRISTOPHE PARAYRE AGENCE FRANCE-PRESSE Bujumbura — La fuite de dizaines de milliers de réfugiés hutus de leurs camps illustre la tragédie sans fin de plus d’un million de réfugiés rwandais et burundais dans l’est du Zaïre depuis plus de deux ans.Composée essentiellement de paysans illettrés, cette population réfugiée est victime à Uvira des combats qui opposent l’armée zaïroise à des bandes armées de Ba-nyamurenges (ou banya-mulenges), des Tutsis originaires du Rwanda mais installés de longue date au Zaïre.Mais elle est aussi victime d’extrémistes hutus qui tentent de la dissuader de rentrer dans leur pays ainsi que des calculs politiques des pays de la ré-'gion.Entassés dans des camps comptant plusieurs ; dizaines de milliers de per-isonnes, dont de nom-I breuses femmes avec leurs ; enfants, ces réfugiés vivent ;dans des «blindés», des ;cases faites de terre et '•branchages recouvertes |du plastic bleu du HCR, i qu’ils fuient au moindre in-icident armé.Ces camps, installés à |proximité immédiate des [frontières rwandaises et jburundaises, sont sous perfusion de la communauté internationale qui dépense pour eux un million de dollars par jour.Les organisations humanitaires les soignent, les nourrissent, leur apportent de l’eau potable dans un flux incessant de camions citernes.Parmi eux figurent toutefois des miliciens coupables des pires atro-i cités du génocide de 1994 au Rwan-,da ainsi que des membres des ex-IForces armées rwandaises (FAR), défaites par le Front patriotique jrwandais (ex-rébellion tutsie, au [pouvoir à Kigali).La majorité des réfugiés rwandais ont cédé à la panique en 1994, devant l’avancée victorieuse des troupes du FPR, parties d’Ouganda.La radio nationale rwandaise, alors aux mains d’extrémistes hutus, véhiculait des messages de haine, les invitant à fuir les massacres supposées de la rébellion tutsie.Cette population civile a ainsi servi de bouclier humain aux «génoci-daires» qui espèrent encore aujourd’hui reconquérir le pouvoir au Rwanda par la voie des armes.Quant aux Burundais, ils ont fui la guerre civile qui ravage depuis trois ans leur pays, entre une armée dominée par la minorité tutsie et une rébellion hutue.La présence de cette masse de réfugiés, sur le flanc oriental du Zaïre, géant de l’Afrique centrale dont la superficie égale presque celle de l’Union européenne, contribue à déstabiliser encore la région des Grands lacs, qualifiée de «poudrière».Cette région compte la plus forte densité de réfugiés au monde.Le Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) a d’ailleurs affiché sa volonté de se sortir de ce bourbier.Mais les choses semblent progressivement échapper à son contrôle.Le HCR a récemment mis en garde contre la constitution d’un «Hutu-land» dans la région du Masisi, près de Goma, en province du Nord-Kivu (est du Zaïre).Cette région compte plus de 70Q 000 réfugiés rwandais.A quelques kilomètres au nord de Goma, l’ancienne armée rwandaise a installé un état-major, d’où elle organise les infiltrations pour déstabiliser le Rwanda.Kigali et Bujumbura appellent officiellement leurs ressortissants à rentrer au pays, mais des retours massifs et désorganisés de réfugiés hutus poseraient de sérieux problèmes aux autorités, dominées par la minorité tutsie, de ces deux pays.Quant au Zaïre, la présence sur son sol de plus d’un million de réfugiés, a promu le régime très décrié du Maréchal Mobutu Sese Seko au rang de partenaire incontournable dans les Grands Lacs.Entassés dans des camps comptant des dizaines de milliers de personnes, ces réfugiés vivent dans des blindés, des cases faites de terre et de branchages Notre nouvelle adresse Mun 1050 ave.Laurier Ouest ¦ .toute une amélioration ! IH f \mJ Tilley Endurables I* Q M M E Pardonnez notre manque d’humilité.il n’y a pas meilleur chapeau ! 1e chapeau Tilley confonable est j i l’épreuve de l’eau et de la moisissure, protège contre les rayons UV, s’attache, flotte et ne rétrécit pas (lavable à la machine).Il est protégé par une assurance feu-vol-vandalisme (pendant deux ans, moyennant une franchise de 50%).De plus, il sera remplacé sans frais si jamais il s’use.ALEX TILLEY aimerait bien vous rencontrer ! Il sera donc au magasin le jeudi 24 octobre, de 16 h i 19 h, où il se fera un plaisir de signer votre chapeau, moyennant des fiais de 10 C, qu’il vous paiera volontiers.OBTENEZ UN CATALOGUE GRATUTT EN COMPOSANT U v 1-800-465-4249 / Liquidation de manteaux importés d’Italie • 100% laine régulier J9& soldé 399$ • Cashemire et Laine régulier 095^ soldé 450$ 1118, rue Ste-Catherine O.2e étage, Montréal Tél.: (514)861-3636 WP**«K ml MM fil» mmi 7 / ' r WBmm u K f ANDREW WINNING REUTER Arnoldo Aleman, au centre, a célébré hier sa victoire aux élections présidentielles nicaraguayennes.Élections présidentielles au Nicaragua Arnoldo Aleman l’emporte DAVID KOOP REUTER Managua — Arnoldo Aleman, candidat de droite libérale à la présidence du Nicaragua, a proclamé hier sa victoire sur le sandiniste Daniel Ortega au scrutin de la veille, alors que les premiers résultats lui donnaient un net avantage.Ortega a cependant refusé de reconnaître sa défaite.M.Aleman a obtenu 48,26 % des voix à l’élection présidentielle de dimanche contre 39,10 % au sandiniste Daniel Ortega, après dépouillement dans 45,97 % des bureaux de vote.Dans son cinquième communiqué, la présidente du Conseil suprême électoral (CSE), Rosa Marina Zelaya, a précisé que M.Aleman avait obtenu 417 642 suffrages et M.Ortega 338 367.Loin derrière, 21 autres candidats de tendances diverses se partageaient les votes restant.Lors d’un rassemblement à son quartier général de campagne, Aleman a prononcé un discours de victoire bien que les sandinistes aient élevé une mise en garde contre toute déclaration triomphaliste avant que le dépouillement soit plus avancé.«A partir d’aujourd’hui, j’invite les représentants des autres partis politiques — de celui qui est en deuxième position à celui qui arrive en dernière place — à unir leurs forces.Le Nicaragua a besoin de nous tous pour tourner la page sur le passé», a-t-il dit.Mais Daniel Ortega, prenant la parole, a dit que l’Alliance libérale d’Aleman avait «revendiqué la victoire avec beau- coup de précipitation alors que rien n’indique que le processus est terminé».Ortega a noté que le décompte officieux opéré par les sandinistes lui donnait même un point d’avance sur Aleman.Il a ajouté que les sandinistes avaient détecté quelques anomalies dans le processus électoral, mais sans donner de précisions.Aleman a dit s’attendre à réaliser d’emblée un score d’au moins 50 %, en tout cas supérieur aux 45 % requis pour éviter l’épreuve d’un second tour de scrutin face à Ortega.Ses partisans ont fêté la victoire dès avant les premiers résultats.«L’heure est à la vraie révolution libératrice, la révolution libérale», a lancé Gilberto Montenegro, partisan d’Aleman, en qualifiant d’échec la tentative de reconquête de la présidence par les sandinistes.Ortega était président du régime marxiste qui a dirigé le pays de 1979 à 1990.Durant la campagne, chacun des deux camps a donné de l’autre une image diabolique, les sandinistes insistant sur les liens d’Aleman avec des partisans de l’ex-dictateur Anastasio Somoza tandis qu’Aleman présentait Ortega comme un marxiste maquillé en social-démocrate.Cette campagne sans nuances a ravivé des tensions gauche-droite chroniques au Nicaragua en faisant craindre l’amorce d’un nouveau conflit intérieur.Au siège sandiniste, des responsables s’employaient à faire bonne contenance au vu des premiers résultats, soulignant que le dépouillement n’était pas encore significatif et que la tendance pouvait encore s’inverser.Ils ont aussi lancé des appels au calme à leurs partisans et à ceux de l’autre bord.Nouvelles manifestations en Belgique PHILIPPE RATER AGENCE FRANCE-PRESSE Bruxelles — Plusieurs milliers de Belges ont maintenu hier la pression sur leur gouvernement en manifestant sporadiquement à travers le pays contre les institutions, en dépit des promesses de réformer la Justice faites dimanche par le premier ministre Jean-Luc Dehaene.«Les victimes du pédophile Marc Dutroux ne doivent pas être mortes pour rien», a reconnu hier à la BBC M.Dehaene, en espérant pouvoir faire aboutir ses réformes avant l’été prochain.Le premier ministre avait annoncé, la veille, une prochaine réforme de la Constitution pour dépolitiser la magistrature belge.Une des particularités de l’appareil d’Etat belge réside en effet dans l’attribution des postes de responsabilité en fonction d’étiquettes politiques et sur la base de quotas accordés aux partis.«Notre système de justice date du XIX' siècle et l’objectif est d’avoir un système plus indépendant» à l’avenir, avec des nominations décidées avant tout en raison de la capacité des postulants, a précisé hier M.Dehaene.Le premier ministre a aussi promis aux parents des en- fants disparus que l’enquête sur l’affaire Dutroux irait jusqu’au bout sans entraves du côté politique, que les responsables d’errements au sein de la police ou de la justice seraient sanctionnés et qu’un meilleur équilibre serait assuré entre les prévenus et les parties civiles.Il s’est enfin engagé à créer en Belgique avant la fin de l’année un centre européen de regroupement des informations sur les enfqnts disparus, à l’image de celui existant depuis 1984 aux Etats-Unis.Toutes ces promesses n’ont cependant pas entamé la volonté des Belges de faire entendre leur ras-le-bol de l’incompétence et de la corruption endémiques qui régnent, selpn eux, dans l’administration de leur pays.A Aarschot, entre 5000 et 6000 étudiants ont défilé dans les rues de la ville pour réclamer une réforme du système judiciaire, selon la Gendarmerie, tandis que 500 personnes, dont des enseignants, élèves et commerçants, se sont réunies devant l’Hôtel de Ville d’Athus.Une soixantaine de conducteurs de transports en commun bruxellois, qui n’avaient pas pu participer à la marche blanche de dimanche, ont formé de leur côté un cortège de bus qui s’est rendu au Palais de Justice de Bruxelles.j6 Paris de Chryslinc Brouillet Un art de vivre à dParis ?Des hôtels douillets ?Des restaurants hors des sentiers battus ?Des boutiques sympathiques Si les autres guides sont « pratiques », celui-ci est irremplaçable! 200 piges * 18,50 5 LE DEVOIR Radio-Canada ***rÉLÉCITÉ Boréal Chirac demande à Israël d’accepter un Etat palestinien AGENCE FRANCE-PRESSE Haïfa — Le président français Jacques Chirac a appelé hier Israël à accepter la création d’un Etat palestinien, à restituer le plateau du Golan à la Syrie et à évacuer le sud Liban, dans un discours à Haifa, dans le nord d’Israël.Lors de ce discours prononcé devant des étudiants à l’Université technologique «Technion», M.Chirac a appelé à «la poursuite et l’achèvement du processus de paix entre Israéliens et Palestiniens», car «nul ne peut aller contre l’Histoire».Affirmant ne pas «chercher de faux-fuyants» et être porteur d’«un message d’amitié, d’espoir et de confiance en l’avenir, et de paix», M.Chirac s’est prononcé pour «un Etat palestinien reconnu qui seul sera capable de prendre et de tenir les engagements nécessaires à la sécurité d’Israël».M.Chirac, qui était arrivé en Israël hier matin en provenance de Damas, s’est dit persuadé que les dirigeants syriens avaient «fait le choix de la paix» et a souhaité que la Syrie et Israël «renouent le dialogue interrompu».Pour lui, «la Syrie est en droit d’obtenir la restitution du plateau du Golan» occupé par Israël depuis 1967 car «l’échange des territoires contre la paix reste la base de la, négociation».Le chef de l’État français a aussi souhaité que le Liban recouvre «le contrôle plein et entier de son territoire».Quelque 35 000 soldats syriens sont positionnés au Liban et Israël occupe une zone frontalière de 850 kilomètres carrés au sud Liban.M.Chirac a demandé l’application de la résolution 425 des Natiohs unies qui exige le retrait inconditionnel et immédiat des forces israéliennes du Liban, et a invité Israéliens et Arabes à construire :la confiance, à bâtir la paix et à.)a rendre irréversible.Depuis l’arrivée en mai dernier au pouvoir en Israël du premier ministre de droite Benjamin Netanyahu, le processus de paix est en panne.Assurant çomprendre les préoccupations de l’État hébreu en matière de sécurité, il a toutefois affirmé que la sécurité ne pouvait «pas être garantie par la force».Le président français a invité au respect de la parole donnée et des accords passés sans lequel il n’y aura pas de paix et donc pas de sécurité.«Ne laissons pas la logique de l’affrontement l’emporter sur la logique de la réconciliation.Ne laisso)is pas reculer l’Histoire.Ne laissons pas les forces du passé, les méfiances et les peurs submerger les acquis de la paix», a-t-il lancé, en estimant que «l’immobilisme aggrave les frustrations et les rancoeurs» qui tôt ou tard explosent.Combats au nord de Kaboul AGENCE FRANCE-PRESSE Kaboul — De violents combats ont opposé hier au nord de Kaboul les forces de l’ancien gouvernement afghan aux milices islamistes des talibans qui assurent être prêts désormais à un cessez-le-feu inconditionnel.«Il n’y a aucun problème de notre part pour un cessez-le-feu et nous espérons qu’il sera bientôt établi», a affirmé hier soir le ministre taliban de l’Information, le mollah Amir Khan Muttacji.Le ministre par intérim a ajouté qu’il «devait y avoir avant tout un cessez-le-feu et qu’ensuite des négociations devraient être entamées pour la libération des prisonniers des deux côtés».L«s talibans avaient jusqu’à présent lié l’arrêt des combats à un échange simultané des prisonniers de guerre.Cette déclaration des talibans intervient alors que des discussions sur le cessez-le-feu à Mazar-i-Sharif sont restées dans l’impasse et que les combats ont repris, hier après-midi.La ligne de front principale entre Ids belligérants est toutefois demeurée inchangée, à une vingtaine de kilomètres au nord de la capitale afghane, ont rapporté des habitants de la zone.Les pourparlers de Mazar-i-Sharif ont réuni des représentants des quatTe mouvements de l’opposition aux tafi-bmis et le ministre pakistanais de l'intérieur, le général Nasirullah Babdr qui conduit une mission de bons oi-fices entre Kandahar (sud-est), quitter général des talibans, et Mazan-l-Sharif, bastion du général Dostam. EN BREF Mort du maire d’Alger Paris (Reuter) — Le maire d’Alger, Ali Boucetta, a été tué hier dans la capitale algérienne, apparemment d’une balle perdue, lors d’une fusillade entre forces de sécurité et maquisards islamistes, ont annoncé des responsables et des habitants.Il semble que le maire Ali Boucetta avait été touché par une balle perdue dans le quartier de Telemly alors que les forces de sécurité faisaient irruption dans une villa où s’étaient retranchés des rebelles islamistes, a déclaré un Algérois contacté par téléphone.Un responsable du gouvernement a confirmé la mort de Boucetta sans donner d’autres précisions.Ali Boucetta, comme des centaines d’autres maires algériens, avait été nommé par les autorités pour remplacer les maires islamistes limogés fin 1992 à la suite de l’interdiction du Font islamique de salut (FIS).Berisha crie victoire Tirana (Reuter) — Le président albanais Sali Berisha a annoncé hier que son Parti démocratique était sorti victorieux des élections municipales de la veille et que ces résultats confirmaient son triomphe aux législatives de mai dernier.Hier, le parti de Berisha a affirmé que les résultats provisoires en sa possession lui donnait de fil % des conseils municipaux, dont celui de Tirana.D’après les démocrates, leurs adversaires socialistes n’auraient gagné que dans 6 % des municipalités, contre 50 % en 1992.Uétau se desserre Rangoon (AFP) — Les autorités militaires birmanes ont fait retirer hier les barricades qui bloquaient depuis neuf jours l’accès au domicile de la dirigeante de l’opposition Aung San Suu Kyi, ont rapporté des témoins.La police militaire avait fait ériger ces barricades le 12 octobre afin d’empêcher la tenue d’une réunion de militants de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti d’Aung San Suu Kyi, à son domicile.Quelque 300 responsables de la Ligue avaient prévu de se réunir au domicile de leur dirigeante, mais n’avaient pu le faire.Aung San Suu Kyi avait alors organisé de petites réunions de membres de son parti dans d’autres endroits de Rangoon.Le retour de Landsbergis Vilnius (AFP) — L’opposition de droite conduite par le père de l'indépendance lituanienne, Vitautas Landsbergis, était hier assurée de reprendre le pouvoir aux communistes, après avoir remporté le premier tour des élections législatives.L’Union de la Patrie de M.Landsbergis est arrivée en tête du scrutin proportionnel de listes avec 29,4 % des voix, selon les résultats préliminaires communiqués hier par la commission électorale portant sur plus de 50 % des suffrages.Son principal allié, le Parti des chrétiens-démocrates, arrive second avec lü,8 % des voue.Le Parti démocratique lituanien du travail (PDLT, communiste) au pouvoir depuis 1992, n’aurait obtenu que la troisième place avec 9,7 % des suffrages, selon ces résultats.Ces résultats sont une sévère défaite pour le PLDT du président Al-girdas Brazauskas qui, lors des élections législatives de 1992, avait obtenu, à lui seul, 41 % des voix.Réunion à Sarajevo Sarajevo (AFP) — La présidence collégiale de Bosnie-Herzegovine devrait se réunir aujourd’hui à Sarajevo, a-t-on appris hier de sources diplomatique et militaire dans la capitale.Le contingent italien de la force multinationale de paix (IFOR) a été chargé (le fournir deux cents hommes pour assurer la sécurité de cette réunion, a indiqué à l’AFP un de ses responsables.Le lieu exact de la réunion n’a pas encore été arrêté, mais les autorités bosniaques veulent quelle se tienne dans la capitale.«L’accord de Dayton prévoit que la présidence se réunit à Sarajevo», a déclaré Mirza Hajric, conseiller du président bosniaque Ali-ja Izetbegovic.Elue le 14 septembre, h présidence collégiale compte trois membres, le Musulman Alija Izetbegovic.son président en exercice pour deux ans, le Croate Kresimir Zubak d le Serbe Momcilo Krajisnik.I.E I) K V O I It .I.E M A It I) I 2 2 0 C T 0 It It E I II !) (i L E 10 N I) E Le Chili vit une démocratie en évolution A 7 CLEMENT TRUDEL LE DEVOIR Au Chili, «ce n’est pas la dictature, mais ce n’est pas non plus la démocratie entière», selon M*' Héctor Salazar Ardiles qui s’emploie à mettre en contexte ce que certains appellent une «démocratie imparfaite.qui garde des traces d’amarres autoritaires».Au total, le Chili vit sous le régime d’une démocratie dont M1 Salazar ne désespère pas qu’elle puisse évoluer différemment pour redonner aux civils tous les leviers,dont ils devraient disposer dans un Etat de droit, a-t-il confié la semaine dernière au Devoir.On a vu en 1994 le président Frei polémiquer avec le chef des Carabiniers, Rodolfo Stange, qui ne voulait pas quitter son poste.Il fallut plusieurs mois de suspense, l’an dernier, avant que le commandant Contreras, l’ancien chef de la police secrète (DINA) ne soit finalement incarcéré pour la part qu’il avait jouée dans l’assassinat à Washington (1976) d’un ancien ministre d’Allende, Orlando Le-tellier.Quand la présidente du Parti communiste chilien, Gladys Marin, traite l’ex-dictateur Pinochet de «criminel», c’est une instance militaire qui menace de la faire condamner pour «injures».Cet avocat à l’emploi de la FASIC (Fondation d’aide sociale des églises chrétiennes), dirigée par M1' Veronica Reyna, a charge de dossiers qui, pour la plupart, ont un lien avec des violations des droits imputées à des militaires ou à des carabiniers (police militarisée).Certains des accusés purgeront leur peine à Punta Peuco, «prison de luxe» spécialement construite pour loger les membres des forces armées.M1' Salazar dispense aussi des cours sur la déontologie journalistique et sur Droit et information.11 fut l’un des collaborateurs, dans les années de dictature, du Vicariat de solidarité de l’archevêché de Santiago en plus d’avoir été conseiller juridique à la Commission parlementaire interaméricaine des droits humains.Au sein du Parti pour la démocratie (PPD) il occupait jusqu’à l’an dernier le poste de secrétaire de la Commission des droits humains.Au Chili, précise M' Salazar, les crédits «réservés» dont jouit le commandant en chef de l’armée sont dix fois plus élevés que ceux que l’on accorde au président.Le 11 septembre, anniversaire du putsch contre le gouvernement de l’Unité populaire, en 1973, est encore jour férié et la mort récente de l’amiral Merino, l’un des putschistes du quarteron mené par Auguste Pinochet, donne lieu à un deuil national de trois jours.«C’est un pays qui demeure profondément divisé» en raison des séquelles de la dictature et «il est faux d’affirmer qu’il y a réconciliation et normalisation» alors qu’en réalité le pouvoir militaire s’est conservé «une sorte de droit de veto sur le pouvoir civil» et que les forces armées continuent de récolter 10 % des profits de la Corporation du cuivre (Codelco), ce qui équivaut parfois à un revenu de 600 millions de dollars.La marge de manoeuvre que détiennent les casernes a parfois mené à des scandales.Il y eut par exemple trafic d’armes vers la Croatie en pleine guerre civile dans l’ex-Yougoslavie; l’Allemagne avait intercepté cette cargaison d’armes et le colonel Huber, principal pivot chilien de cette contrebande, a été retrouvé mort.En avril 1994, pour avoir critiqué le rôle des carabineros dans le meurtre de trois enseignants communistes survenu en 1985, M' Salazar fut inculpé d’incitation à la sédition par un tribunal militaire.Nullement intimidé, il poursuit sa tâche pour mettre fin à l’impunité et faire en sorte que justice soit faite à chaque fois que se produisent des violations des droits humains.Tel était le but de sa démarche, vendredi dernier à Montréal, auprès de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié, pour y proposer que la FASIC puisse contribuer à peindre le portrait réel du Chili lorsque les causes touchent des ressortissants provenant de ce pays.Pourquoi choisir vos fonds mutuels les yeux fermés ?À l’aide des conseillers financiers du Groupe Investors, vous ouvrirez vos horizons sur une gamme unique de solutions financières.Une expérience qui porte fruit.Voilà maintenant plus de 45 ans qu’année après année le Groupe Investors vous offre des produits financiers performants afin d’assurer à sa clientèle des portefeuilles d’un rendement supérieur à la moyenne.En voulant diversifier encore plus ses produits et obtenir un rendement constant, le Groupe Investors s’entoure d’une équipe de gestionnaires de haut calibre et n’hésite pas à s’allier à d’autres spécialistes dans les grandes capitales financières.C’est ainsi que nous gérons maintenant une plus grande quantité de fonds mutuels pour les Canadiens que n’importe qui d’autre.Un choix de fonds mutuels pour bien garnir votre portefeuille.Les conseillers financiers et les conseillères financières du Groupe Investors sont les seuls à vous offrir une gamme de fonds mutuels performants tels que les fonds Groupe Investors et un choix unique au Canada de fonds de renommée 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médité à l’étranger.1 n’y a sans doute pas de pire crime au monde que celui de viol ou d’assassinat d’enfant.La Belgique remuée de fond en comble par le scandale des réseaux pédophiles crie aujourd’hui cette vérité au monde entier.Mais ce qui est remarquable, au delà de cette horreur spécifique, c’est que dans l’actuelle crise belge, tout le malaise de nos sociétés occidentales se trouve d’une certaine façon résumé.L’émotion populaire devant les crimes d’une mafia pédophile a entraîné, dans une formidable réaction en chaîne, une critique globale de la société.La manifestation sans précédent de dimanche .dans les rues de Bruxelles en était l’impressionnante illustration.A partir de ce qui n’aurait pu rester qu’un gros fait divers, tout, littéralement tout y est passé: non seulement le procès d’une justice pleine de trous qui a laissé courir un pédophile récidiviste, mais également, pêle-mêle: la politisation de cette justice; la confusion entre intérêts publics et privés; le discrédit de l’État et des politiciens; le mépris des élites; l’angoisse devant le chômage; et enfin le pouvoir sans partage de l’argent et du «tout-marché», qui accorde une valeur pécuniaire à tout — y compris, s’il le faut, à la chair fraîche d’une préadolescente de 11 ans et demi.Dimanche, l’émotion unanime de cette société de petite taille transcendait même, pour une fois, la grande division binationale entre Flamands et Wallons.Un fossé qui s’est pourtant creusé au cours des dernières années, au point que l’existence future de la Belgique comme pays unifié paraît désormais sujette à caution.Dans sa sobriété, la «marche blanche» de Bruxelles a su éviter la facilité du populisme et les appels faciles au lynchage de «ceux d’en haut».Elle exprimait une colère doublée d’une dignité rentrée, mais où pointait une réelle exaspération, lourde de menaces potentielles.Parmi les différentes critiques qu’a inspirées le drame belge: 9 Les excès d’une sexualité perverse devenue commerce.Toutes les enquêtes le montrent: les loisirs sexuels contemporains prennent leur tribut croissant d’enfants innocents.Les exigences du marché mènent la pornographie et la prostitution à une escalade qui paraît néanmoins dans la logique des choses.Cynisme, perte des valeurs, montée d’un individualisme forcené, omnipuissance de l’argent toutes ces critiques ont été entendues dimanche.¦ L’étendue de la corruption publique.Sur le plan de la moralité politique, la Belgique — à en croire la presse de Bruxelles — est aujourd’hui dans un état qui ressemble à celui de l’Italie de la fin des années 80: tout se paie; la classe politique se graisse la patte; on «place» les copains et on les protège en haut lieu; politique et justice se retrouvent dans un rapport proprement incestueux.Exemple: le principe de la répartition des postes — haute magistrature, direction des chaînes de télévision, etc.—, en fonction des amitiés politiques et des derniers résultats électoraux, est devenu systématique en Belgique.A Rome, un système semblable avait été mis à mal, lors de la fameuse enquête Mani pulite du début des années 90.Si le fameux juge Jean-Marie Conne-rotte — dont l’évincement, la semaine dernière, a déclenché les nouvelles manifestations — a bel et bien erré, au sens du droit, en allant dîner avec des représentants d’une des parties, il n’en est pas moins devenu, à juste titre, un héros national.Un peu comme ces giudici italiens lorsqu’ils dévoilèrent, à Milan, l’édifice byzantin des corruptions politico-financières érigées en système.¦ L’exclusion sociale.L’affaire des réseaux pédophiles, rappelons-le, a éclaté à Charleroi, en Wallonie, dans ce qui est aujourd’hui l’une des zones les plus misérables de l’Europe du Nord.L’épicentre des «affaires» de l’été en Belgique se situe donc dans un contexte d’exclusion sociale, de chômage astronomique et de désœuvrement — propice à toutes les dérives.Il est tentant, en regardant ce drame de loin, d’y aller de considérations sur «les Belges», de faire de ce feuilleton une étude de «caractère national», une affaire qui ne pourrait jamais, au grand jamais, se reproduire ailleurs.Ce serait une erreur.Parce que dans son épreuve, la Belgique apparaît aujourd’hui, au contraire, comme un petit laboratoire au confluent des malaises sociaux, moraux et économiques de cette fin de siècle.Une série de dérives susceptibles d’arriver ailleurs en Occident Quel gâchis à la SQ Michel a dernière chose dont avait besoin la Sûreté Ldu Québec est cette commission d’enquête publique qui sera décrétée demain par le gouvernement Le principal corps de police ¦ du Québec se trouve aujourd’hui sans chef, déstabilisé.Ses opérations courantes et les réformes amorcées tant à l’intérieur de la SQ que dans l’ensemble de l’organisation policière au Québec en souffriront Les criminels doivent être morts de rire.Tout cela sans pour autant qu’au terme du processus, qui aura coûté sept huit ou dix millions de dollars, la vérité soit mieux connue du public que si l’enquête administrative commandée par Québec au juge Bonin avait été menée à terme.On peut prédire que le cas précis qui devait être élucidé sera noyé dans les considérations générales du rapport de la commission publié dans plus d’un an.Le temps aura fait son œuvre.L’affaire Madicks sera en partie oubliée.Les responsables des bévues commises durant l’enquête criminelle et durant l’enquête interne subséquente pourront s’en tirer à meilleur compte.On prête aux commissions d’enquête des vertus qu’elles n’ont pas toujours.Les gens croient que c’est le moyen le plus efficace de dévoiler la vérité.Mais l’expérience montre que les résultats obtenus sont limités, souvent politiquement intéressés et surtout prévisibles.Ces grands exercices lourds et coûteux débouchent rarement sur des mesures correctives qui n’auraient pas été prises de toute manière.Avec les chartes des droits, ces commissions sont souvent le théâtre de querelles de procédures entre avocats bien payés pour protéger leurs clients.L’enquête publique du coroner Gilbert sur la crise d’Oka a duré Ve nne deux ans et fut victime de ce genre de mesures dilatoires.Et le rapport n’a pas eu de suites concrètes.Le seul avantage d’une commission d’enquête est de rassurer le public qui a l’impression que le pouvoir politique prend les choses au sérieux, et de permettre au gouvernement de réduire la pression.Il faut admettre que le désistement, vendredi, du juge Bonin, ne laisse pas beaucoup de choix au gouvernement.La férocité avec laquelle les trois enquêteurs Arsenault, Boudreault et Isabelle, par l’entremise de leur avocat Jean F Keable, ont contesté l’enquête Bonin est à l’origine de cette dérive.La cabale de Me Keable pour obtenir la tête du chef Barbeau et celle du ministre de la Sécurité publique Robert Perreault est d’ailleurs si dure qu’elle en devient suspecte.L’avocat déborde dans l’arène politique.Puisque enquête il y aura, il reste à définir le mandat D serait préférable qu’il soit le plus restreint possible.Les faits allégués pour provoquer la tenue de cette enquête ne sont pas assez troublants pour justifier un déshabillage en règle de la SQ.En même temps, il sera sans doute impossible de le restreindre au cadre prévu pour l’enquête Bonin.Le mandat devrait s’étendre aux méthodes d’enquête criminelle afin de contenir les débordements.Pour éviter de paralyser la SQ, le ministre Perreault pourrait par ailleurs être tenté de se débarrasser du chef Barbeau, qui s’est retiré pour la durée de l’enquête.Cela serait une erreur.Le limoger prématurément enverrait le signal à quiconque n’aime pas un chef de police qu’il suffit d’alléguer une prétendue incurie de sa part pour lui faire sauter la tête.Ce serait un bien mauvais service à rendre au futur chef de la SQ, quel qu’il soit.Notre héritage religieux Comme tant d’autres, j’ai été très surpris d’apprendre qu’une majorité des commissaires des États généraux sur l’éducation recommandait l’abolition de l’enseignement religieux ainsi que des services de pastorale dans nos écoles.On entendrait ainsi interdire totalement la transmission et l’acquisition à l’école des valeurs religieuses qui modèlent profondément et qui caractérisent notre société depuis des siècles.On offrirait en compensation des cours sur des valeurs civiques et sur l’histoire des religions.Pour en terminer plus complètement et plus logiquement avec notre héritage religieux et linguistique distinct, pourquoi, dans un même élan, ne pas interdire complètement l’en- LETTRES -?- seignement du français et le remplacer plutôt par l’enseignement sur l’histoire des langues?Yves Duclos Sainte-Foy, 11 octobre 1996 Un élixir dans la miche?Me voilà très surpris d’apprendre que depuis plus de deux ans, je mange du «sans-saveur, sans valeur»! Étant probablement autant sinon plus gourmet que M.Truffaut, je me permets d’en douter.Je suppose que M.Tannier avait glissé quelque élixir malin dans la miche qu’il a croquée pour qu’il fasse pareil éloge et que — mais quel compte a-t-il à régler?—, dans un seul et même geste, il assassine la Pâtisserie Belge et elle seule.Quel manque de métier.Je ne doute pas de la qualité des pains de M.Tannier, mais il lui a, comme on dit vulgairement, «bourré le mou».Seize heures par jour, quel saint! Et si ses produits sont si fabuleux, il aura bien eu raison de convertir la moitié de sa boutique en crêperie.Quoi qu’il en soit, je n’irai pas à la Lorientaise.Parce que je n’aime pas ses «pâtisseries de boulangerie» et que les pains de «la Belge» me vont fort bien au teint, comme à celui de certains employés du Devoir, d’ailleurs.J’espère pour lui être le seul à avoir lu cet article imbécile.Sinon, j’ai bien peur que le courrier des lecteurs.M.Truffaut aurait ainsi une liste honorable des clients de la Belge, ce qui causerait peut-être quelque ulcère à «Marcel».Dominique Engel Montréal, 10 octobre 1996 SuiÇ jjuÂiL.t£ ewt Gingrich est un homme frustré.Et pour cause.Il y a deux ans, il était sur le point de mener les républicains vers leur première victoire depuis 40 ans aux deux chambres du Congrès.Un succès qui lui a valu l’honneur d’être nommé l’homme de l’année par la revue Time — et qui lui a donné une plateforme nationale pour prêcher les vertus de sa prétendue «révolution républicaine»: un budget équilibré, des taxes diminuées, un gouvernement réduit.L’an dernier, il faisait miroiter la possibilité d’une campagne présidentielle lors d’une visite au New Hampshire, site des premières élections primaires et donc de tournées des candidats à la présidence.Mais depuis, il est l’homme invisible de la campagne républicaine.On ne l’invite pas pour accompagner Bob Dole; ce sont les démocrates qui l’associent aux candidats républicains dans leur publicité, accusant chacun d’entre eux d’avoir voté avec Gingrich.Dans son intervention à la convention américaine, lorsqu’il a vanté le volleyball de plage comme symbole de liberté, il a fait rire de lui.Sa rhétorique révolutionnaire a perdu de son éclat: même l’attaché de presse de sa campagne locale dans les banlieues d’Atlanta se corrige: quand il commence à décrire M.Gingrich comme le leader de «la révo.», il s’arrête et finit ainsi sa phrase «.du mouvement républicain».Il y a deux moments clés dans le dégonflement du phénomène de la révolution républicaine.D’abord, l’explosion à Oklahoma City en avril 1995.Tout à coup, le discours violent de la droite contre la bu- reaucratie semblait excessif, radical, inapproprié.Les gens ordinaires ont vu les fameux bureaucrates; c’était soit des victimes, soit des héros.On pouvait sentir le recul collectif du discours de rage qui était toléré, même encouragé, par certains nouveaux membres du caucus de Gingrich.Puis il y a eu la confrontation avec Bill Clinton sur le budget.Convaincus que Clinton n’avait ni courage, ni principes, les républicains ont refusé de se compromettre et laissé «fermer» le gouvernement, à deux reprises, pour faire pression sur le président.Erreur.M.Clinton les a déjoués comme des enfants: il a trouvé sa position naturelle comme défenseur des programmes de santé, d’éducation et d’environnement, et il a réussi à présenter Gingrich et ses collègues comme des extrémistes.Il a même réussi à relier les deux questions en présentant au Congrès un rescapé de l’explosion d’Oklaho-ma City qui est revenu dans le bâtiment pour sauver d’autres personnes, et qui fut ensuite victime de la fermeture du gouvernement.C’était excessif et parfois même démagogique.M.Clinton, comme les républicains, veut réduire les coûts du système médical et il a signé le projet de loi éliminant la garantie d’aide sociale datant de 60 ans.Mais ça a marché.M.Clinton a compris les inquiétudes et les préoccupations de la classe moyenne et surtout, des femmes au travail.Chez lui, dans les banlieues au nord d’Atlanta, Newt Gingrich fait campagne pour se faire réélire une neuvième fois.Sa candidature n’est pas en danger; son adversaire, un entrepreneur millionnaire, parle plus de sa réussite dans le secteur privé que de la politique.M.Gingrich se sent libre de parler aux jeunes qui ne votent pas.Devant les étudiants, il est détendu et drôle: dans une école, il a apporté une chaudière qui était utilisée pour la livraison de la glace, deux fois par jour, aux bureaux des représentants — malgré le fait qu’ils avaient tous des réfrigérateurs —, ce qu’il montre comme symbole de l’extravagance des démocrates.Mais parfois, son amertume fait surface.Lorsqu’une journaliste lui parle d'un caricaturiste qui a été cruel envers lui, il fulmine: «Le caricaturiste de /’Atlanta Constitution a un problème de psychose personnelle.Selon moi, les libéraux ont tout fait pour me casser, et ils ont échoué.» Et quand on lui demande de parler de ses erreurs, de ses regrets, sa colère envers Bill Clinton devient évidente — surtout quand il parle des négociations sur le budget.«Il est clair, avec le recul, qu’on ne pouvait avoir confiance en Bill Clinton, dit-il.Il n’a pas de parole.» Si c’était à refaire, ce serait très différent: «Je n’approcherais jamais Bill Clinton.Je ne négocierais jamais à la Maison-Blanche.» C’est un ressentiment qui montre l’importance des élections au Congrès.Si les républicains perdent leur contrôle de la chambre, M.Gingrich dit qu’il ne restera pas leader de la minorité.Il a goûté au pouvoir; l’opposition ne l’intéresse plus.Mais si Bill Clinton remporte la présidence et que les républicains regagnent la majorité en chambre, Newt Gingrich reviendra à la présidence de la Chambre des représentants, enragé et amer.Il est vrai que certaines de ses activités sont sous enquête, mais c’est la même chose pour le président.Et la rage de Newt Gingrich augure mal pour un deuxième mandat fructueux de Bill Clinton.Graham Fr aser ii msi pu «Bom ï£nS'\.& Newt Gingrich, l’homme invisible de la campagne républicaine À PROPOS -?- .d’abandon scolaire Certaines caractéristiques psychosociales interviennent en interaction avec d’autres facteurs chez celui ou celle qui abandonne les études.¦ les non-diplômés sont moins nombreux à avoir des amis qui accordent beaucoup d’importance à l’obtention d’un diplôme (45 % contre 80 % chez les diplômés) et plus nombreux à en avoir qui ne leur accordent aucune importance (18 % contre 2 % chez les diplômés); ¦ un pourcentage plus élevé de non-diplômés avouent se sentir différents des autres (14 % contre 5 % des diplômés), ne s’identifiant pas, en quelque façon, avec l’école et son projet; ¦ une participation intensive des non-diplômés au marché du travail accroît leur risque d’abandon: chez les garçons, ceux qui travaillent de longues heures (25 heures et plus par semaine) affichent un taux d’abandon plus élevé que ceux qui n’ont pas d’emploi (33 % contre 25 % des diplômés); chez les filles, les taux s’établissent à 22 % contre 18 % chez les diplômées; ¦ le taux des condamnations criminelles durant la dernière année d’école est quatre fois plus élevé (12 %) chez les non-diplômés que chez les diplômés (3 %); ¦ la proportion de ceux et celles qui font usage de drogues douces ou abusent de médicaments (30 %) est près du double de celle des diplômés (15 %); en ce qui concerne les drogues dures, les pourcentages sont de 7 % contre 2 %; ¦ une proportion plus grande de non-diplômés disent consommer de l’alcool régulièrement (18 % contre 11 % chez les diplômés).Avis à la ministre de l’Éducation, Conseil supérieur de l’éducation, automne 1996.LE DEVOIR F0 SDK PAR HENRI B0DRASSA LE 10 JANVIER 1910 Directrice LISE BISSONNETTE Rédacteur en chef BERNARD DESCÔTEAUX Vice-président, finances et administration FRANÇOIS THOUIN Directeur de l’information CLAUDE BEAUREGARD Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU.GUV TAILLEFER, NORMAND THÉRIAULT Rédactenr en chef adjoint JEAN-ROBERT SANSFAÇON Directeur artistique ROLAND YVES CARIGNAN 2050, rne de Bleory.9' étage, Montréal (Québec) H3A 3M9.Tél.: (514) 985-3333 FAIS CE QUE DOIS I, E I) E V 0 1 H .I.E M A R I) I 2 2 0 C T () R R E I !) 9 « IDÉES Sommet de l’économie et de l’emploi Le Québec a besoin de solutions réalistes Le défi est de poser un diagnostic juste et de convenir de solutions qui ne soient pas seulement symboliques PC - Chez les manufacturiers, o;i manque de machinistes, de soudeurs, de ferblantiers, dechaudronniers: Faudra-il aller recruter aux Etats-Unis ou ailleurs?GÉRALD A.PONTON Président-directeur général de l’Alliance des manufacturiers et des exportateurs du Québec emploi est devenu un enjeu majeur pour nos sociétés.Gouvernements et ci-t o y e n s y voient une condition essentielle au redressement de leur situation financière ainsi qu’au maintien des services publics et de la sécurité sociale.Au milieu de changements rapides qui n’épargnent personne, tout le monde sent le besoin que le gouvernement prenne les décisions qui s’imposent et la nécessité d’une plus grande concertation entre les partenaires de l'économie.Au Québec, à la veille du Sommet de cet automne, le défi est de poser un diagnostic juste et de convenir de solutions qui ne soient pas seulement symboliques.La masse grandissante des chômeurs et des exclus, en effet, et maints travailleurs et cadres inquiets de leur avenir ne sauraient se satisfaire de controverses stériles ou de remèdes purement apparents.Nos concitoyens et concitoyennes attendent du Sommet des ententes substantielles et durables, gage du rétablissement de la situation économique et sociale, et condition d’un retour en force du Québec parmi les sociétés confiantes, dynamiques et prospères.Pour ce faire, il nous faudra rendre le Québec et ses entreprises plus compétitifs.Moins taxer l’emploi Pour favoriser une croissance durable et ainsi créer ces milliers d’emplois qui nous manquent, il faut une stratégie économique réaliste.Il ne suffira pas de partager les emplois disponibles.Le partage du travail peut stabiliser certains emplois dans les milieux qui s’y prêtent, mais enco- re doit-on augmenter la productivité.Il importe davantage d’élargir la marge de manœuvre des entreprises et d’assurer aux investisseurs un environnement qui restera concurrentiel.Ces conditions tiennent, bien sûr, à un climat de stabilité politique et sociale, mais aussi à une fiscalité moins lourde pour les entreprises créatrices d’emplois.L’emploi, en effet, ne viendra qu’avec la relance de l’économie, et une des façons efficaces de le faire est de rendre moins coûteuse la création des emplois.Les études montrent qu’une trop lourde charge fiscale sur la masse salariale a un effet négatif sur l’emploi.Or, le Québec défa- vorise encore ses entreprises à cet égard; il leur en coûte près de 25 % plus cher qu’en Ontario.Le gouvernement donnera un signal décisif le jour où il allégera le coût des emplois actuels et futurs.Alléger les contrôles administratifs Il ne s’agit pas d’abolir les acquis en matière de formation, de santé-sécurité ou de normes du travail, mais les entreprises qui sont à la page dans ces domaines ne devraient plus avoir à dépenser en contrôles réglementaires des ressources qu’elles préféreraient investir en recherche technologique ou en développement de marchés et d’emplois.Pourquoi le gouvernement ne consacrerait-il pas plutôt ses efforts aux secteurs spécifiques et aux entreprises individuelles qui en ont vraiment besoin?Par exemple, les entreprises qui consacrent déjà plus de 1 % à la forma-tion de leur main-d’œuvre ne devraient pas avoir à verser des sommes importantes pour soutenir des processus administratifs conçus pour des milieux qui n’assument pas cette obligation ou y sont récalcitrants.Dès lors qu’une entente formelle consacre les exigences fixées par les autorités et les engagements souscrits par une entreprise, celle-ci devrait être exemptée de contrôles administratifs comme ceux de la loi 90.Tout n’est pas d’égale importance non plus dans les tâches assumées par le gouvernement ni dans les taxes prélevées pour les financer.Nous ne demandons pas de mettre en péril la sécurité du public ou de déchirer le filet social.Pqr contre, certains partenaires de l’État pourraient s’acquitter mieux que lui d’activités que leurs services et associations dispensent déjà.Dans plus d’un domaine, l’État n’a plus de raison d’exercer un rôle supplétif.La formation des jeunes Une autre condition de relance fait déjà l'objet d’un vaste consensus: la formation de la main-d’œuvre.Le Québec ne veut plus du triste championnat de l’analphabétisme et du décrochage.Les milieux de l’éducation débattent de certains changements.Les employeurs, quant à eux, sont ouverts à un régime d’apprentissage géré de concert avec les établissements d’enseignement.Chez les manufacturiers, on manque de machinistes, de soudeurs, de ferblantiers, de chaudronniers: alors que nos fils et nos filles chôment, faudra-t-il, pour combler ces postes, aller recruter aux États-Unis ou en Europe?D’autres pays industrialisés ont fait la preuve que l’alternance étude-travail est possible, avantageuse et fort efficace pour assurer à l’industrie une main-d’œuvre compétente, et à la société, une forte culture scientifique et technique.Bien sûr, l’enseignement de base et la formation civique restent essentiels, y compris pour l’entreprise actuelle qui a désormais besoin d’un personnel motivé, créatif et responsable.Combien de jeunes, ainsi mis en contact avec le monde du travail, seraient alors incités à ne plus décrocher de l’école?L’économie sociale Tout en faisant ce qu’elles peuvent pour créer plus d’emplois, les entreprises ne peuvent promettre du travail à tous ceux et celles qui en cherchent.Les gouvernements non plus, du reste.Dans les milieux et les rép gions qui ont encore peu bénéficié; des investissements gouvernementaux ou du progrès des entreprises) des initiatives de toutes sortes tentent : de contrer les effets négatifs des mut tâtions de l’économie et de la société! D’où l’intérêt suscité par l’économie sociale.Cette économie ne saurait être un ; secteur public déguisé ou un réseau subventionné incapable d’assurer sa •• rentabilité.Far contre, les initiatives.! locales créatrices d’emplois doivent être encouragées autant que dans les autres secteurs.L’Alliance des mante facturiers et des exportateurs dit ¦* Québec est donc prête à i regarder dans un esprit t d’ouverture les résultats, du chantier sur l’économie sociale formé en vue du Sommet.Ot Conclusion Il n’est pas fatal que le ; Québec tire encore dçj l’arrière quant aux hives-.tissements étrangers, à là ! création et à la préserva*1 lion des emplois, et ait > remboursement de ses < dettes.Il bénéficie encore i d’avantages importants.’1 Le taux de change est fà-1 vorable à ses exporta-1 fions.L’esprit d’entreprise n’y est pas moins dyn&fjj inique que chez sesL concurrents.Au carrefour de l’Europe unie et des États-Unis d’Amérique, ' sa position lui vaut un atout qu’il peut1 jouer encore mieux.) ) Le moins qu’on puisse attendre du gouvernement, c’est qu’il n’entrave .pas la marche des entreprises qui j vont de l’avant et qui contribuent éP l’économie et au progrès de la société1 i québécoise.Nos fabricants ont fourni; i la moitié des nouveaux emplois déi i nombres l’an dernier.Four qu'ils puissent faire davantage, il faudra, non les surcharger de taxes ou de règle- ' ments, mais leur faciliter les choses.* ' v» Le moins qu’on puisse attendre du gouvernement, c’est qu’il n’entrave pas la marche des entreprises qui vont de l’avant •T» Les jeunes et le permis de conduire Wô les moteurs ! Le gouvernement veut punir tous les jeunes conducteurs alors que ce n'est qu'une petite minorité d'entre eux qui ont une conduite automobile dangereuse MARC-ANDRÉ DOWD Vice-président du Conseil permanent de la jeunesse i ~ e gouvernement du Québec s’apprête à modi- Lfier substantiellement les règles d’attribution du permis de conduire, particulièrement en ce qui touche les jeunes conducteurs de 16-24 ans.Prenant appui sur des statistiques mon-lL==y trant la surreprésentation des jeunes de 16-24 ans dans les accidents avec blessés, le gouvernement entend resserrer de façon draconienne les conditions d’accès à la conduite automobile.Examinons d’abord les règles proposées.Premièrement, pour tous les nouveaux conducteurs, il s’agirait de faire passer de trois mois à un an la période de conduite assistée obligatoire.C’est-à-dire que pour une année complète, le nouveau conducteur devrait toujours être accompagné, lorsqu’il est au volant, d’un conducteur qui détient un permis de conduire valide depuis au moins deux ans.A la suite de cette année comme apprenti-conducteur, deux années de probation seraient ensuite imposées aux seuls nouveaux conducteurs âgés de 16 à 24 ans.Les conditions de cette probation: un maximum de quatre points d’inaptitude tolérés (au lieu de 15 pour le permis normal) et une tolérance zéro pour l’alcool au volant (0,00 d’alcoolémie.) Attention aux babas au rhum, les jeunes! Une partie de la population se presse d’applaudir à l’intention gouvernementale.Il faut dire qu’il est de bon ton, en cette époque, de «croquer du jeune».Exit les jeunes flâneurs des parcs et des centres d’achat, exit les punks de la Place d’Youville ou du Square Berri.Ét un coup parti, exit les jeunes de nos routes! Regardons de près le projet gouvernemental.D’abord, le choix de la cohorte des 16-24 ans comme groupe à discriminer doit être remis en question.Prenons simplement la distinction entre les jeunes hommes et les jeunes femmes.Il y aurait deux raisons logiques de vouloir discriminer un groupe particulier: il représente un risque accru d’accident ou l’on désire sanctionner une mauvaise conduite.Au chapitre du risque, les jeunes femmes représentent un risque moindre que les hommes de 25 à 34 ans.Les compagnies d’assurances le reconnaissent de la plus belle façon.Regardez la différence de prime entre les jeunes hommes et les jeunes femmes.Quant à la mauvaise conduite automobile, un seul chiffre nous convaincra: le nombre de jeunes conductrices entre 20 à 24 ans ayant commis une infraction au Code criminel (dans 25 % des cas, conduite avec facultés affaiblies) est de 96 pour 100 000 conductrices.Pour les hommes de 25 à 34 ans, il est de 1250 pour 100 000 conducteurs! L’inclusion des jeunes femmes dans une cohorte ciblée étonne donc.De même, il y a une différence notable entre les 16-19 ans et les 20-24 ans dans les statistiques d’accidents.En fait, la situation des 20-24 ans se rapproche beaucoup plus de celle des 25 ans que des 16-19 ans.Ce qui fait dire au Conseil permanent de la jeunesse que le gouver- nement vise trop large en prenant les 16-24 ans dans sa mire.La prévention plutôt que la répression La notion de tolérance zéro concernant l’alcool au volant nous déçoit.L’objectif à atteindre est que le nouveau conducteur arrive à avoir une consommation d’alcool responsable.Or, comme société, nous avons décidé que la norme socialement acceptable était un taux d’alcoolémie de 0,08.Pourquoi agir autrement pour les seuls nouveaux jeunes conducteurs?Des campagnes magistrales de publicité ont frappé fort chez les jeunes.«La vitesse tue», avec ses images im- pressionnantes, trotte encore dans la tête de bien des ¦ jeunes.Le message a été compris: à preuve, l’explosioru ü de services de raccompagnement dans les cégeps après, les partys et la popularité de la formule du conducteur, désigné.En fait, le jeune qui prend sa voiture après avoir trop consommé est considéré par les autres comme un «twit».' ' Un changement de mentalité important, si on compare à l’époque, pas si lointaine, où l’on se promenait en grosse- ; américaine, une grosse bière calée entre les deux:, jambes.Les statistiques montrent que les infractions pour 1 conduite avec facultés affaiblies diminuent plus rapide- ' ment chez les jeunes que chez les adultes.Conclusion: la: ' prévention fonctionne à merveille chez les jeunes.Pour-s i quoi alors sombrer dans la répression?En imposant la tolérance zéro pour l’alcool au volant,’ ’ le gouvernement entend relever le pari qu’après trois ans' ' d’abstinence totale d’alcool imposée lors de la conduite, ’ '¦ le jeune conducteur acquiert soudainement des réflexes ! d’autocontrôle quant à sa consommation.Je prends le pari avec vous, monsieur le ministre.„ ; Un régime à deux vitesses L’extrême sévérité du système de points d’inaptitude’1 étonne.Un maximum de quatre points au lieu de 15.Le~i Conseil s’explique mal ce choix de régime à deux vi-çij tesses.Une même infraction est-elle plus grave parce , qu’elle est commise par un jeune de 23 ans plutôt que par.une femme de 50 ans?Perdre deux points d’inaptitude : n’a pas le même impact si on dispose de quatre points- ; plutôt que de 15.D’ailleurs, si le fait d’accumuler plus de quatre poinfsiij d’inaptitude sur une période de deux ans équivaut à uni, ! comportement répréhensible qui mérite la suspension d’un permis de conduire, comment le même régime .peut-il accorder jusqu’à un maximum de 15 points d’inaptitude à une grande majorité de conducteurs?Ce qui est désolant dans la réforme proposée, c’est qu’on envoie une image extrêmement négative de tous les jeunes.Dans le projet de loi, les jeunes sont présentés comme un groupe social irresponsable, incapable d’acquérir les attitudes de prudence requises.Or, il faut le rappeler avec force, ce n’est qu’une petite minorité de jeunes qui O ont une conduite automobile dangereuse et qui risquent1! de commettre des accidents.Pour eux, il faut sévir, oui.*> Mais pas pour les 97,4 % de jeunes conducteurs qui n’ont* i pas été impliqués dans un accident avec blessés et qup* ont commis, comme seul crime, celui d’être nés après*0 1972.« Victimes de chauffards Il faut changer la loi Protéger les conducteurs ivres responsables d'accidents est un choix politique odieux GAETAN BESNER Verdun J ai appris avec stupéfaction, en lisant mon journal du 2 octobre dernier, que le ministre des Transports Jacques Brassard avait annoncé son intention de refuser aux victimes de chauffards le droit de poursuivre ces derniers devant les tribunaux civils.J’ai compris du même coup que le bon ministre continuerait d’indemniser les automobilistes qui se blessent alors qu’ils sont en état d’ébriété.Une facture annuelle de 200 millions (vous avez bien lu) que nous devrons continuer d’assumer collectivement plutôt que de la frire payer le plus possible par les criminels eux-mêmes.Je trouve ce choix politique odieux et irresponsable.Le ministre devrait avoir honte de maintenir une protection aussi généreuse au profit des gens qui tuent à même les fonds publics.Les chauffards seront ainsi toujours admissibles à une assurance-salaire allant jusqu’à environ 45 000 $ annuellement.Pire encore, s’ils blessent d’autres personnes et s’ils sont parfaitement solvables, c’est la collectivité tout entière qui assumera intégralement la facture à leur place.Depuis des années, le cas du jeune Hugo Lapointe a bouleversé l’opinion publique en se heurtant au régime de responsabilité sans égard à la foute, un régime insensé qui l’empêche de poursuivre le criminel qui l’a gravement handicapé.Même si le chauffard a parfaitement les moyens de payer pour tous les dommages qu’il a causés au jeune homme, c’est la SAAQ, à même les fonds publics, qui s’en charge, sans réclamer quoi que ce soit au bon maire condamné pour négligence criminelle.J’ai peine à le croire, mais l’inertie et surtout l’insouciance du ministre Brassard permettront que des cas analogues se reproduisent Le moins qu’on puisse espérer, au point où nous en sommes, est que Mme Lapointe poursuive sa démarche courageusement jusqu’au bout c’est-à-dire jusqu’à ce que la loi soit modifiée.L’appui populaire qu’elle reçoit est indéniable.Il suffit d’écouter les gens, les lignes ouvertes et de suivre l’actualité un tant soit peu pour réaliser jusqu’à quel point ses revendications sont sensées.Il y a moins d’un mois, un sondage officiel révélait que plus de 85 % des Québécois étaient d’accord avec elle pour que les conducteurs ivres qui se blessent ne soient plus payés par la SAAQ.Dans la même proportion, les gens étaient ouverts à des recours en dommages pour les victimes de ces conducteurs avec facultés affaiblies qui polluent nos routes.Le gouvernement vise trop large en prenant les 16-24 ans dans sa mire L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine: Louis Lapierre (adjoint au directeur de l'information), Sylvain Blanchard.Paul Cauchon.Jean Chartier.Jean Dion.LouisGilles Francœur, Kathleen Lévesque, Caroline Montpetit.Brian Myles, Isabelle Paré, Clément Trudel, Serge Truffaut: Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques): Martin Duclos et Christine Dumazet (relecteurs): Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes): à l'information culturelle: Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon, Pierre Cayouette, Paule des Rivières, Louise Leduc, Jean-Pierre Le-gault.Benoit Munger.Odile Tremblay: à l’information économique: Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l’information), Robert Dutrisac.Claude Lévesque.Jean Pichette.Claude Turcotte; à l’information internationale: Sylviane Tramier (adjointe au directeur de l’information), François Brousseau (éditorialiste), Jocelyn Coulon; à l’information politique: Pierre O'Neill.Manon Comellier (correspondante parlementaire à Ottawa), Mario Cloutier et Gilles Lesage (correspondants parlementaires à Québec), Michel Venne (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec): à l’information sportive: Yves d'Avignon; Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction): Isabelle Hachey.Marie-Claude Petit (commis).La documentation: Gilles Paré (directeur): Brigitte Arsenault.Manon Derome.Serge Laplante (Québec).Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Martine Dubé (directrice).Daniel Barbeau (directeur adjoint).Jacqueline Avril.Jean de Billy.Brigitte Cloutier.Gyslaine Côté, Marlène Côté.Christiane LegaulL Jacques A Nadeau, Guylaine OuelleL Micheline Ruelland (publicitaires): Sylvie Laporte.Nathalie Lemieux, Pierrette Rousseau.Micheline Turgeon; Francine Ouellet (secrétaire).LA PRODUCTION Jocelyn Arsenault (directeur des approvisionnements, distribution et production).Marie-France Turgeon (responsable de la production), Claudine Bedard, Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Marie-Josée Hudon.Sylvain Lesage.Christian Vien.Olivier Zuida SERVICE À LA CLIENTÈLE Johanne Brien (responsable).Evelyne labonté (responsable à la promotion des abonnements).Manon Blanchette-Turcotte.Monique L’Heureux.Lise Lachapelle.Rachelle Leclenc-Venne.L'ADMINISTRATION Yves Bouthiette (contrôleur), Dany Dépatie (adjointe à l’administration et responsable des ressources humaines).Nicole Carmel (responsable des services comptables).Jeanne-d'Arr Houde (secrétaire à la direction): Céline Fumy, Ghislaine Lalleur.Nathalie Perrier.Danielle Ponton.Danielle Ross.LE CONSEIL DU DEVOIR INC.Yves L Duhaime (président).LA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (président), Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général).»! A 10 1, K !) K V 0 I II , I, E M A R 1)1 2 2 OC T 0 R R lî I !) !) (i -?LE DEVOIR ?-—- ACTUALITES BOURQUE Le maire «se comporte comme si Montréal était son entreprise» SUITE DE LA PAGE 1 Pas bête AG ESTADO, REUTER L\Ww ci#r LE ZOOLOGISTE brésilien Walter Barrela s’est mis.dam la peau des bêtes, hier au zoo de Sorocaba (Sao Paulo).Emprisonné dans une cage en compagnie de sa femme et de ses trois enfants, Barrela a hélé les visiteurs tout au long de la journée.Il voulait ainsi que son message écologique soit bien compris.EN BREF une partie de ces coûts à l’égard des entreprises dont la proposition ne serait pas retenue», peut-on lire.Mais voilà, malgré l’ampleur d’une intention politique de cette nature, le maire Bourque a affirmé hier avoir oublié.«Je ne sais pas pourquoi ils /les avocats du contentieux] ont écrit ça.Je ne le sais pas du tout.Ce n’est pas moi qui a fait la demande.Peut-être voulait-il [le contentieux] nous prévenir», a soutenu Pierre Bourque qui a renvoyé la balle à l’avocate en chef de la Ville, Suzanne Jalbert.De bonne guerre, cette dernière a rappelé que le rôle du contentieux «consiste à protéger l’intérêt de la Ville».M.Bourque a profité de l’occasion pour évoquer la possibilité de tenir une élection référendaire en 1998 puisqu'il est hors de question, dit-il, de procéder à un référendum (de trois millions de dollars) comme le stipule la Loi sur la vente des services municipaux.Le maire réagissait hier au cri d’alarme lancé tour à tour par les représentants syndicaux des cols blancs puis par le chef de l’opposition officielle André Lavallée.«On a tellement pris de temps à construire Montréal, on ne laissera pas M.Bourque la vendre», a tonné le président des cols blancs de la Ville, Georges Bazinet.Pour le syndicat de 4500 employés, la privatisation a des allures de «bradage secret» du patrimoine montréalais.Pour tenter de freiner l’administration, le syndicat a donné le coup d’envoi à une campagne publicitaire de 120 000 dollars en manifestant sa colère hier midi devant l’hôtel de vil- le.De son côté, André Lavallée du RCM a dénoncé le «camouflage» du maire dans ce dossier.«Pierre Bourque se comporte comme si Montréal était son entreprise.Pierre Bourque pense qu 'il est devenu roi et maître de cette ville», s’est scandalisé M.Lavallée qui réclame plus de transparence.A cela, Pierre Bourque souligne que vendredi prochain, les orientations de la Ville seront rendues publiques.Chose certaine, le souhait de l’administration de faire appel au secteur privé sans appel d’offres correspond aux demandes officielles des deux plus grandes firmes d'ingénierie au Québec, SNC-Lavalin etTecsult, qui convoitent par une négociation de gré à gré, comme le révélait la semaine dernière Le Devoir, la gestion du réseau d’aqueduc montréalais.Ce n’est d’ailleurs pas la seule formule envisagée par l’administration.Le contentieux a été invité à se pencher il y a plus d’un an sur des méthodes pour le moins étonnantes de privatisation de différents services.C’est ce qui ressort d’un avis juridique du 25 septembre 1995 destiné à Serge Pourreaux du service des finances et du contrôle, et sur lequel Le Devoir a mis la main.Le document dévoile que la Ville s’est alors interrogée sur la possibilité de signer une emphytéose avec une entreprise privée qui construirait à ses frais une infrastructure (pont ou rue, par exemple) et l’entretiendrait durant toute la durée du contrat En contrepartie, la Ville paierait un loyer annuel à l’entreprise pour utiliser cette infrastructure et achèterait cette dernière au terme du contrat.Le contentieux relève deux anomalies à ce concept.«La Ville se porte locataire de son propre emphytéote» alors que c’est normalement l’inverse qui est prévu.D’autre part, «il est de l’essence même de l’emphytéose que les amélioratiom soient remises gratuitement au propriétaire au terme du contrat», peut-on lire dans l’avis.Par ailleurs, la Ville a demandé à son contentieux de se prononcer sur la possibilité d’assouplir les approches d’octroi de contrat lorsque «la Ville ne veut pas choisir ses partenaires sur la seule base du plus bas soumissionnaires».En clair, la Ville veut utiliser les devis de performances dans l’adjudication de contrats.Dans l’avis juridique, on indique que cette façon taire introduit «des éléments de subjectivité dans l’analyse des offres» puisque les devis ne sont plus exprimés en termes de normes techniques vérifiables, mais bien en résultats à atteindre.Au delà de ces considérations, l’avocate en chef Suzanne Jalbert, a affirmé hier que la principale contrainte juridique de la Ville dans ce dossier concerne les relations de travail.Les trois avis juridiques mentionnés ci-dessus, établissent d’ailleurs que la convention collective des cols bleus est un obstacle majeur.La semaine dernière, SNC-Lavalin signifiait ne pas vouloir du plancher d’emploi des cols bleus de la Ville si l’entreprise devait obtenir la gestion de l’eau.Mais voilà, ce plancher que tente d’éliminer M.Bourque n’est pas divisible.Pendant que le maire poursuit son lobby auprès de Québec, les 22 services municipaux ont remis leur rapport qui passe en revue l’ensemble des activités susceptibles de faire l’objet d’un «partenariat».Avec cet exercice, ce sont 92 activités qui pourraient être transférées au secteur privé.FORCES La revue consacre un numéro entier au Sommet socioéconomique Poursuite des négociations chez GM Toronto (PC) — L’heure limite pour la conclusion d’une entente qui mettrait un terme à la grève des 26 000 employés de General Motors du Canada a été repoussée, hier, alors que les négociateurs travaillaient sans relâche à aplanir les dernières difficultés.«Nous avons réglé plusieurs problèmes difficiles et je ne veux surtout pas que nous nous arrêtions», a déclaré Buzz Hargrove, président des Travailleurs canadiens de l’automobile, lors d’une conférence tenue en fin de soirée.Les deux parties ont convenu de poursuivre les négociations jusque dans la nuit s’il le fallait.Les parties ont négocié pendant tout le week-end presque sans interruption, dans l’espoir de conclure une entente avant le coup de midi, hier.Cette heure limite avait été établie dans le but de mettre de la pression sur les négociateurs pour s’assurer que les discussions progressent dans la bonne direction.Même si M.Hargrove avait précédemment déclaré que l’heure limite ne serait pas repoussée, les négociateurs ont décidé de poursuivre les discussions à midi parce qu’ils étaient alors très près d’une entente.En fin d’après-midi, toutefois, de nombreuses questions n’avaient pas encore été résolues.Les deux parties n’arrivaient pas à régler les derniers détails concernant le recours à la sous-traitance par l’employeur, le principal enjeu de ce conflit de travail., Le temps supplémentaire de même que des questions spé-'cifiques à certaines usines posaient aussi problème.Même si chacune de ces questions spécifiques ne risquait pas à elle seule de faire avorter l’entente, Buzz Hargrove a déclaré qu’elles étaient suffisamment nombreuses pour empêcher qu’on ne les escamote.Réunion des officiers de la SQ Montréal (PC) — Cent dix-huit officiers supérieurs de la Sûreté du Québec, sur une possibilité de 165, se sont réunis en fin de journée, hier, à Saint-Hyacinthe, pour faire le point sur la situation de crise qui règne dans le corps policier, à la suite de l’affaire de fabrication de preuves dans le procès du clan Matticks.Les officiers, du simple lieutenant à l’inspecteur-chef, ont discuté notamment de la suspension temporaire de leur directeur Serge Barbeau et de la commission d’enquête publique sur la SQ annoncée vendredi dernier par Robert Perreault.Les policiers ont d’ailleurs demandé une rencontre avec le ministre.Plusieurs se sont plaints au cours de la rencontre du climat d’insécurité qui règne actuellement à la SQ.On veut aussi une redéfinition du rôle de la SQ et une reprise en main du leadership, «pour savoir où on s’en va».Certains officiers impliqués dans l’affaire Matticks, dont l’inspecteur-chef Michel Arcand, étaient présents à la rencontre.Les accusations de trafic de drogue contre les frères Matticks avaient été abandonnées l’année dernière quand il fut établi que des documents incriminants avaient été plantés par des policiers de la SQ.SUITE DE LA PAGE 1 1967 et du mouvement d’ouverture au monde et d’émancipation qui animait alors la société québécoise.«Nous avions pour mission de faire connaître la vie économique, scientifique, technologique et intellectuelle du Québec.La publication a été créée à la suggestion de Jean Drapeau qui, depuis le début des années 60, publiait une revue semblable», se souvient Couture.Le premier numéro a été publié le 14 mars 1967.Jean-Paul Gignac était alors commissaire d'Hy-dro-Québec.Marcel Couture occupait quant à lui le poste de directeur adjoint des relations publiques.Jusqu’en 1976, Forces a été la revue d’Hydro-Québec, une revue d’entreprise.Mais cette année-là, la revue s’en est détachée et est devenue la «Société d’édition de la revue Forces», une société sans but lucratif.Depuis lors, la publication se veut autonome et tire ses principaux revenus de la publicité qu’injectent notamment SNC, Air Canada, Bell Canada et Hydro-Québec.,Forces a toujours gardé un lien privilégié avec la société d’Etat.Parmi les numéros les plus marquants des 30 dernières années, Marcel Couture cite celui consacré à Churchill Falls paru en 1982.«Le numéro a été acheminé à tous les juges de la Cour suprême.Qui sait, peut-être ont-ils été influencés dans leur jugement sur le Labrador?», avance M.Couture.Si les hommes se sont succédé autour de lui au cours des quatre dernières décennies, Marcel Couture, lui, demeure fidèle au poste.«Dans mes 30 ans à HydrofQuêbec.j’ai connu neuf premiers ministres, 17 ministres de l’Energie et 37 administrateurs d’Hydro-Québec.Je pense n’avoir jamais déçu personne», dit-il.Marcel Couture n’est pas à bout de Forces et ajoute qu’il a de nombreux projets pour sa publication.Forces avait célébré avec faste ses 25 ans d’existence.Pour son 30e anniversaire, toutefois, la revue a choisi une approche plus discrète.L’anniversaire coïncide en fait avec la parution d’un numéro consacré au prochain Sommet socioéconomique.«Nous estimons que ce sommet constitue un effort honnête et démocratique en vue de s’attaquer à des problèmes économiques qui, il faut le dire sans se consoler, n’affligent pas que le Québec mais de nombreux pays à travers le monde.C’est dans cette optique constructive que nous avons mené la réflexion», a soutenu hier M.Couture.Le numéro 114 de la publication trimestrielle s’ouvre sur une entrevue exclusive du journaliste Stéphan Bureau avec le premier ministre Lucien Bouchard.«Il ne s’agit pas de transformer le Québec en un champ de mines, mais au contraire d’effectuer certains virages de manière consensuelle», répète M.Bouchard.Le chef de l’opposition officielle Daniel Johnson lui donne réplique quelques pages plus tard et confie à Gérald Leblanc ses inquiétudes.Dans la même livraison, l’éditorialiste du Devoir Jean- JACQUES NADEAU, LE DEVOIR Le président et éditeur de Forces, Marcel Couture, le président du Chantier de l’économie et de l’emploi, Claude Béland, et le vice-premier ministre Bernard Landry célébraient hier soir la parution d’un numéro consacré au prochain sommet socioéconomique.Robert Sansfaçon propose pour sa part un rigoureux dossier sur la fiscalité et fournit des données terrifiantes mais indispensables à la réflexion qui s’engage.Le numéro de Forces donne également la parole au président du Chantier de l’économie et de l’emploi, Claude Béland, au président du Conseil du patronat, Ghislain Dufour, au président du Groupe de travail sur l’entreprise et l’emploi, Jean Coutu, de même qu’à Clément Godbout, Pierre Paquette, André Bérard et au professeur Louis Balthazar.La directrice du Devoir, Lise Bissonnette, collaboratrice régulière de Forces, y signe par ailleurs un texte d’analyse sur l’éducation, secteur qui nécessite à ses yeux «un engagement majeur de la part non seulement de l’Etat, mais de tous ceux qui disent vouloir relancer le Québec».Yannick Villedieu, enfin, offre une synthèse de la réforme de la santé et Jean-Marc Carpentier se penche, en compagnie du ministre Guy Chevrette, sur le secteur des ressources naturelles.DUFOUR Entre gens pratiques, nous avons regardé la chose autrement» S.V.P.Assurez-vous que ce papier journal soit recyclé.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 9° étage, Montréal (Québec), H3A3M9.Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333.Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514)985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Sur Internet devoir@cam.org La publicité Au téléphone (514) 985-3399 Par télécopieur (514)985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et petites annonces Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514)985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 3h à 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir Inc.dont le siege social est situé au 2050.rue de Bleury.étage.Montréal.(Québec).IttA 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor LaSalle.7743.rue de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc.612.rue Saint Jacques Ouest, Montréal L’agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans Le Devoir.Le Devoir est distribué par Messageries I>ynamiques, division du Groupe Québécor Inc, 900.boulevard Saint-Martin Ouest, Laval.Envoi de publication — Enregistrement SUITE DE LA PAGE 1 sus entre les partenaires socioéconomiques sur la pertinence d’alléger la réglementation du marché du travail, afin de favoriser la création d’emplois.Les présidents de la CSN et de la FTQ, Gérald Larose et Clément Godbout, tout en reconnaissant le bien-fondé de l’article quant à son contenu, refusent toutefois de dire qu’il s’agit là d’un virage allant dans le sens de la déréglementation.«La substance du rapport consiste plutôt à reconnaître la nécessité de la réglementation, précise M.Larose,même si on s’entend sur le fait qu’il faut la simplifier, la débureaucratiser, la déjudiciariser.Le comité avait d’abord adopté une approche idéologique, fondée sur l’idée de la déréglementation.Les représentants syndicaux s’y sont opposés, et c'est finalement une approche pragmatique qui a prévalu.On a démontré qu’une bonne réglementation peut aussi contribuer à hausser la productivité et le compétitivité.À cet égard, il y a donc eu un virage à 180 degrés.» M.Dufour admet que les travaux du comité sur la réglementation avaient d’abord porté sur des questions beaucoup plus pointues (décrets, équité salariale, etc.), avant que tout le monde ne décide finalement de s’attaquer au problème d’une façon plus générale.«J'aurais aimé qu’on y aille de façon plus pointue, mais il est évident j que si on appliquait les grands paramètres retenus dans le I rapport, on enlèverait beaucoup de rigidité au marché du travail.En fait, on retrouve dans le rapport des choses qu'on écrivait déjà en 1984 et 1985.Aujourd'hui, les syndicats souscrivent à ces recommandations.Ça leur aura pris 11 ou 12 ans.» Rappelons que le rapport propose notamment de -faire j en sorte que la réglementation tienne compte de la compéti-I tivité et delà productivité des entreprises, n'impose pas aux i entreprises un coût supérieur à ce qui est nécessaire à l’at-! teinte des résultats recherchés et n’entrave pas inutilement le I fonctionnement du marché du travail».Four le président de la FTQ, la position adoptée dans le chantier Coutu ne s’apparente toutefois nullement à la déréglementation.«Gérald et moi avons bloqué plus de choses qu’on en a cédé.Il y a plusieurs lois et réglementations au Québec qui sont dissuasives en terme d’emplois et qui sont dépassées, comme par exemple celle sur le coupage de la glace sur le fleuve Saint-Laurent ou le décret sur le transport dii pain le dimanche.Elles pourraient être allégées afin de refléter la réalité de l'an 2000, sans que cela ne se traduise par une diminution des droits des hommes et des femmes.» Selon M.Godbout, l’idée d’alléger la réglementation s’inscrit dans le cadre d’un ensemble de mesures qui seront débattues au sommet: elle ne peut donc pas être prise isolément.«On a bien sûr compris que les patrons veulent déréglementer «au boutte».Du moins c’est leur revendication.Mais est-ce qu’ils le veulent vraiment?Je ne pense pas qu’ils aient intérêt à ce que leurs enfants travaillent au salaire minimum.» Mais la prise en compte du poids des contraintes réglementaires, du point de vue de la compétitivité de l’entreprise, n’implique-t-elle pas un allégement croissant des réglementations pour faire face à un mouvement qui va dans cette direction, par exemple dans l’Ontario de Mike Harris?«Harris a une approche idéologique, pas pragmatique, ce qui était le cas des entreprises au début des travaux du comité, note Gérald Larose.Pour lui, la réglementation est perverse par définition.Mais nous, entre gens pratiques, avons regardé la chose autrement, en tenant compte du fait que la réglementation est aussi productive, qu’elle est efficace au niveau économique.» Une opinion que ne partage pas tout à fait le président du CPQ.«Il est vrai qu’il faut s’adapter à notre environnement.Mais faire en sorte que la réglementation soit concurrentielle n’implique pas la déréglementation.D’ailleurs, le CPQ ne demande pas la déréglementation tous azimuts.On ne demande pas d’abolir la CSST ou les normes du travail.Je maintiens que les normes sont toujours nécessaires dans une société.Mais il faut éviter les réglementations nouvelles.» CENTRE Des enfants battus et des victimes d'inceste, entourés de voleurs et de petites crapules SUITE DE LA PAGE 1 cependant été corrigée, vient-on de m’apprendre.L’établissement a mis hors d’usage ces systèmes.» «C’est faux, lui répond Michael Udy, directeur-général intérimaire des Centres de la jeunesse et de la famille Batshaw (qui administre Shawbridge).Les systèmes fonctionnent.Et il n’y a ni toilettes ni lavabos dans «les cellules» (il préfère utiliser le terme unités sécuritaires) pour des rai-j sons de sécurité.C’est vrai ici, comme dans tous les autres\ centres de réhabilitation de la province.» Shawbridge accueille entre ses murs une centaine de jeunes contrevenants (pour des délits allant de la possession de drogue au vol qualifié en passant par les voies de fait) mais aussi plusieurs adolescents qui n’ont rien à se reprocher et aucun casier judiciaire, placés là en vertu de la Loi de la protection de la jeunesse.«Vous retrouvez donc, a constaté Hatton, des enfants battus et des victimes d'inceste, entourés de voleurs et de petites crapules.Autrement dit, Shawbridge place dans le même environnement des bums, souvent violents, avec des jeunes, violentés justement, qui ont un grand besoin de sécurité émotive et de support psychologique.C’est scandaleux.» Mais non conforme à la réalité, soutient le directeur intérimaire, Michael Udy.«Oui, dans certains cas, il est vrai qu’une telle situation se produit, mais rarement.Pour des raisons budgétaires, il nous est parfois impossible de placer dans des édifices différents certains jeunes qui sont ici en, vertu de la Loi de la protection de la jeunesse des autres qui y sont en vertu de Ij)i sur les jeunes contrevenants.Cela n’est guère approprié, j’en conviens, mais cela arrive rarement.» Non, cela arrive souvent, dit la présidente du Comité des usagers de Shawbridge, Shirley Miller.Mme Miller reçoit les plaintes des jeunes qui vivent dans cet établissement, en plus de siéger au conseil d’administration des Centres de la jeunesse et de la famille Batshaw.Selon elle, ce «mélange» atteint même parfois des proportions «inquiétantes» et met carrément en péril la «sécurité psychologique» de certains adolescents.«Mon propre fils a séjourné à Shawbridge il y a quatre ans.Il est entré ici à l’âge de 16 ans parce qu’il n’allait pas à l’école et avait un problème d’alcool.Quand il en est ressorti, il était devenu un bum .A côtoyer des voleurs, il est devenu un voleur.De plus, Shawbridge n’a aucun programme de réhabilitation, aucun psychiatre, aucun psychologue pour venir en aide aux jeunes.La dernière fois que mon fils s’est retrouvé devant le tribunal, il a même demandé au juge de l’incarcérer à la prison de Cité des Prairies [qu’on ne peut considérer comme une destination soleil] plutôt qu’à Shawbridge.Car à Shawbridge, on ne fait pas grand-chose: on va à l’école, on joue au ballon, on lave des planchers et on regarde la télé.On n’apprend ni un métier, ni à se réhabiliter.» Cela dit, Mme Miller ne partage nullement l’aris de Robert Hatton, qui qualifie de «barbare» et à’«inhumain» le sort réservé aux adolescents enfermés dans Y «unité sécuritaire» de Shawbridge, appelée Chapel (une ancienne chapelle transformée en prison).M.Hatton a en effet été particulièrement «choqué», lors, de sa visite guidée, d’y constater la présence d’une «cellule d’isolement».«Une cellule pas plus grande qu’un vestibule, dit-il, sans fenêtre et sans lumière, où des jeunes sont enfermés en sous-vêtements, durant des périodes indéterminées, pour avoir contrevenu à certains règlements.Personne ne viendra me faire croire qu’il s’agit-là d’une mesure appropriée pour réhabiliter un enfant.C’est de la cruauté, rien d’autre.» Un instant, dit Mme Miller, responsable des plaintes, rappelons-le, dans cet établissement: «rf’aôorrf, les jeunes qui se retrouvent dans cette cellule y vont uniquement lorsqu’ils représentent un danger pour eux-même ou pour autrui.Autrement dit, lorsqu’ils sont devenus carrément incontrôlables».«Et ils y vont très rarement, ajoute le directeur intérimaire, Michael Udy.L’an dernier, ça s’est produit deux ou trois fois seulement.Et pour de très courts laps de temps: entre 20 et 40 minutes chaque fois.» M.Hatton saura dans une dizaine de jours si la Commission des droits de la personne fera enquête dans ce dossier.Le cas échéant, il devra cependant se passer du soutien indéfectible de Shirley Miller.«Si c'était l’enfer à Shawbridge, je serais la première à le savoir, car les jeunes, ici, passent leur temps à se plaindre de tout et de rien.De l’impossibilité de fumer, par exemple, du ton et des remarques de certaines personnes en autorité, entre autres, de mille et une petites choses comme ça qui n’ont cependant aucune commune mesure avec les allégations de M.Hatton.» Des propos corroborés par le patron de TétablissemenL «Je le répète, ajoute Mme Miller, mon fils a déjà fréquenté cet établissement.Et ce qu ’il en garde comme souvenir [et je partage son opinion], c’est que c’est plate à mourir, que l’édifice est vieux et sombre et que l’atmosphère qui y, règne est lourde et déprimante.Rien pour réhabiliter quelqu’un, j’en conviens.Mais rien non plus pour crier à la torture.»
de

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