Le devoir, 30 octobre 1996, Page(s) complémentaire(s)
V (I l .I.X X X VII • N ¦ 2 r> 3 ?8 8 c T I’ S + T V Q I T 0 U 0 X T 0 I $ 19 10 F 0 N I) E PERSPECTIVES Tendances québécoises Lundi 28 octobre, 17h.La radio de CBC entretient ses auditeurs du Sommet socioéconomique québécois.Elément percutant du reportage: le Québec compte 25 % de pauvres.Quelques jours plus tôt, les évêques s’en tenaient à 20 %.Qui dira 15 ou 30 %?Qui faudra-t-il croire?Sur le thème de la pauvreté comme sur celui de l’équité salariale ou du fardeau fiscal, le public est bombardé de chiffres dont le sens n’est pas toujours clair.Il en va des chiffres comme de la musique: l’intéressant n’est pas le détail isolé mais le mouvement général.Apprendre, par exemple, que les jeunes de 0 à 19 ans constituaient 25,9 % de la population québécoise en 1995 n’a d'intérêt que si l’on sait que ce pourcentage était de 44,3 % en 1961 et qu’il n’a cessé d’évoluer à la baisse.Cela s’appelle une tendance.Au moment où se tient le Sommet socioéconomique, certaines tendances prennent plus de relief que d’autres.En voici quelques-unes, toutes tirées de l’annuaire Fides-Le Devoir qui sera sous peu en librairie sous le titre de Québec 1997.A propos de la pauvreté, l’annuaire présente sur plus de 20 pages une étude serrée de Simon Langlois, professeur à l’Université Laval, qui réserve certaines surprises.En s’appuyant sur une définition complexe de la pauvreté qui vise à la saisir dans plusieurs de ses dimensions, l’auteur conclut qu’au cours des deux dernières décennies, le noyau de ménages pauvres est demeuré à peu près stable au Québec.Il était de 6,4 % en 1978, soit le même pourcentage qu’en 1992.Pour cette même année, l’Ontario affiche un taux de ménages pauvres de 6,5 % et la Colombie-Britannique de 6 %.En additionnant ces pauvres avec la catégorie voisine de ménages à faible revenu («quasi-pauvres»), le pourcentage pour ces mêmes années est passé de 14,6 à 17 %, ce qui place le Québec devant l’Ontario, où le taux a progressé de 14,2 à 16,1 %.Il y a un écart mais il ne permet pas d’affirmer que le Québec est une société distincte pour ce qui est de la pauvreté.S’ils ne sont guère plus nombreux parmi nous depuis 20 ans, les pauvres ont par ailleurs perdu en «bien-être» relatif: ils ne sont pas nécessairement plus pauvres dans l’absolu mais leur revenu a faibli par rapport au revenu moyen de la population.Enfin, cette croissance de l’inégalité a été grandement tempérée par les paiements de transfert des gouvernements et le caractère progressif de l’impôt.Cela explique-t-il le fait que les gouvernements viennent chercher aujourd’hui sur nos revenus 50 % de plus en prélèvements qu’il y a 25 ans?En partie seulement.Conclusion: il n’y a pas de vérités simples en matière de pauvreté.Il n’y en a pas non plus lorsque vient le temps de comparer la situation des hommes et des femmes sur le marché du travail.En 1973, les femmes employées à temps plein gagnaient 61 % du revenu des hommes.En 1994, ce pourcentage est passé à 70 %.Iniquité salariale?C’est loin d’être la seule explication.Les hommes actifs sont en moyenne plus âgés que les femmes, ce qui comporte des différences d'ancienneté et de scolarité.Ils travaillent aussi plus d’heures par semaine.Le professeur Langlois constate que les hommes employés à temps plein travaillent en moyenne cinq heures de plus que les femmes, une différence qui tiendrait plus au mode de vie qu’à l’iniquité.Quant aux tendances, elles sont toutes, systématiquement, favorables aux femmes et indiquent un déclin de la place des hommes dans le marché du travail.Depuis 20 ans, le taux d’activité des hommes a chuté de 9 % — la chute a été très forte depuis 1990 — tandis que celui des femmes a fait un bond de 35 %.Le travail à temps partiel prend de l’ampleur (de 7 à 17 % en 20 ans) mais le pourcentage d’augmentation a été presque deux fois plus rapide chez les hommes que chez les femmes (2,2 % contre 1,2 %).Aujourd’hui, 26 % des femmes travaillent à temps partiel contre 10 % des hommes.Depuis sept ans, les hommes chôment plus que les femmes.Quant aux revenus, sur les deux dernières décennies, ils ont augmenté de 8 % pour les hommes contre 24 % pour les femmes.Conclusion: le marché du travail se féminise, les hommes sont en net retrait et les écarts salariaux diminuent.Les tendances et le temps ne jouent pas contre les femmes, bien au contraire.Enfin, à propos d’inégalité, les statistiques les plus inquiétantes sont peut-être celles qui concernent l’ensemble du territoire québécois, c’est-à-dire les régions.Les «Profils des régions» du ministère de l’Industrie et du Commerce montrent que depuis une décennie et plus, la périphérie de Montréal absorbe les forces vives du Québec au détriment de régions qui souffrent presque, toutes d’anémie économique et démographique.A Laval, le revenu par habitant est de 43 % plus élevé qu’en Gaspésie.La région de Lanaudière, dont la partie sud fait partie de la couronne métropolitaine, enregistre un boom démographique de 12,2 % sur cinq ans; pendant la même période, le Bas-Saint-Laurent perd 1 % de sa population.Les statistiques de l’investissement vont dans le même sens.Dans ce tableau, l’île de Montréal présente des caractéristiques de région éloignée.S’il faut parler de fracture, celle-là est évidente.R o ch Côté ?METEO Montreal Pluie cessant en après-midi.Max: 10 Min: 6 Québec Pluie.Max: 6 Min: 2 Détails, page B 6 INDEX Agenda B IO Idées Ail Annonces.B 10 Le monde.B 8 Avis publics .B 6 Les sports.B 7 Bourse .B 4 Montréal .A3 Culture B 12 Mots croisés .B 6 Economie.B 1 Politique .A 7 Editorial A 10 Télévision.B 11 XI O N T H É A I.I.E M E H C II E I) I 3 0 O C T O B B E I !) 9 (i MONTRÉAL Lever le coude pour la création d’emplois, page A 3 i M ?LE MONDE La crise s’aggrave dans l’est du Zaïre, page B 8 ?LES SPORTS Turgeon à St.Louis, Corson à Montréal, page B 7 Parizeau attaque Bouchard L objectif d’atteindre le déficit zéro en quatre ans est une erreur, dit l’ex-premier ministre PIERRE O’NEILL LE DEVOIR C> est la rupture entre Jacques Parizeau et Lucien Bouchard.L’ancien premier ministre est en profond désaccord avec l’objectif budgétaire de ramener le déficit à zéro, qu’il trouve irréaliste et périlleux.«L’économie est trop faible pour cela.» Cette virulente sortie de l’ancien chef du PQ s’inscrit dans les délibérations du Sommet socioéconomique qui s’est ouvert hier à Montréal.L’analyse que M.Parizeau fait de la période postréférendaire l’amène à conclure essen- tiellement que son successeur fait fausse route, que les compressions budgétaires qu’il a mises en avant vont trop loin, que l’obsession du redressement des finances publiques menace la santé de l’économie québécoise.«On risque d’entrer dans la spirale connue: on coupe, les revenus prévus tombent; on recoupe, ils tombent encore.Je crois qu’à vouloir en faire trop, on affecte la santé de l'économie», peut-on lire dans le texte dont M.Parizeau a réservé l’exclusivité au Devoir et qui est reproduit intégralement en page A11.Pour cette première fois qu’il ose commenter l’actualité politique depuis son retrait de la vie publique, l’ancien pre- mier ministre n’a pas raté le coche.Publiée au moment même où quelque 400 décideurs québécois réunis à Montréal sont à la recherche de consensus, la mordante dénonciation de l’illustre économiste risque de perturber les discussions de l’hôtel Sheraton, de ragaillardir ses alliés so-cial-démocrates et de porter ombrage aux stratégies de VOIR PAGE A 12: PARIZEAU Lire aussi en page Ail Le texte intégral de Jacques Parizeau mSk : .m.reps CHRISTIAN GUAY.LE DEVOIR Plusieurs milliers de manifestants ont envahi le boulevard René-Lévesque, en fin de journée hier, quelques heures avant le début du Sommet sur l’économie et l’emploi.Ils ont notamment protesté contre les compressions budgétaires imposées par le gouvernement du Québec et ont réclamé, au moment où la lutte au déficit accapare les esprits, une politique d’«appauvrissement zéro».Bouchard invite le Québec à un effort d’adaptation Le Sommet prouve la capacité des anglophones et des francophones à travailler ensemble MICHEL VENNE LE DEVOIR Tandis que, dans la rue, des manifestants le brûlaient en effigie, le premier ministre Lucien Bouchard invitait hier soir les 425 participants au Sommet sur l’économie et l’emploi, et l’ensemble des Québécois, à laisser leurs discours usés, à modifier leurs comportements et à se lancer, comme durant la Révolution tranquille, dans un nouvel effort collectif d’adaptation aux règles du jeu économique.A leur arrivée au Centre Sheraton, en début de soirée, les participants ont tour à tour répété leurs objectifs respectifs: les patrons en faveur d’une réduction des taxes sur la masse salariale, les syndicats pour l’emploi, les groupes communautaires contre l'ap- pauvrissement des plus pauvres.Mais ce sommet n’est pas, comme certains l’ont soutenu, un exercice de marchandage, ni un troc immense, a dit le premier ministre.«Ce que nous avons tenté et que nous tenterons cette semaine, c’est la création d’une dynamique d’adaptation continue», a dit M.Bouchard.Les entrepreneurs doivent élargir leur rôle social, les syndicats contribuer à la compétitivité des entreprises, les organisations communautaires créer des emplois et s’adapter aux contraintes de la capitalisation et d’une rigoureuse comptabilité.Bien qu’il eût, lui aussi, à un certain moment, «tangué entre le scepticisme et l’espoir» pendant les travaux préparatoires au sommet, M.Bouchard VOIR PAGE A 12: SOMMET Sommet sur l'économie et l'emploi Lire aussi en pages A 8 et A 9 ¦ Le discours de Lucien Bouchard ¦ 5000 manifestants crient leur colère Le contrôle du Congrès, véritable enjeu des élections américaines Avec une avance oscillant entre 12 et 20 % dans les intentions de vote, le président Bill Clinton paraît s’acheminer vers une victoire inéluctable.Ses adversaires républicains en ont pris leur parti et se concentrent, dans les derniers jours de la campagne, sur la bataille pour préserver leur majorité au Congrès afin de faire contrepoids au pouvoir de la Maison-Blanche.SYLVIANE TRAMIER LE DEVOIR Où est donc passéç la vague conservatrice qui a déferlé sur les Etats-Unis lors des élections législatives à mi-mandat de 1994?Le résultat du scrutin du 5 novembre prochain au Sénat et à la Chambre des représentants — davantage que l’élection présidentielle — permettra de mesurer ce qui reste de la «révolution conservatrice» lancée à grand fracas par Newt Gingrich.L’enjeu du scrutin législatif est également important pour le président Clinton car, adve-nant sa victoire, la composition du nouveau Congrès déterminera sa propre marge de manœuvre politique et influera de manière décisive sur ses choix dans son deuxième mandat Confiants de voir Bill Clinton reconduit à la présidence, les démocrates caressent depuis plusieurs mois déjà le projet de reconquérir le Congrès ou, à tout le moins, la Chambre basse qu’ils avaient dominée pendant quarante ans jusqu’au raz-de-marée républicain, il y a deux ans.La tâche n’est pas impossible, mais à quelques jours du scrutin, tout indique que la lutte sera serrée.Renouvelée dans sa totalité tous les deux ans, la Chambre des représentants compte 435 sièges, tous à pourvoir, et sa composition à la dissolution était de 237 républicains, 197 démocrates et un indépendant Pour retrouver la majorité, les démocrates doivent obtenir un Alors que l’issue du scrutin présidentiel ne semble plus faire de doute, au Sénat et à la Chambre des représentants, les jeux ne sont pas faits gain net de 19 sièges.Les candidats démocrates à la Chambre des représentants bénéficient de l’aide de la puissante confédération syndicale AFL-CIO qui a versé 35 millions de dollars dans la bataille, ciblant les sièges républicains les plus vulnérables.Bob Dole «lâché» par les siens Quant aux républicains, ceux qui briguent des sièges au Congrès ou des postes de gouverneur, ils ont plus ou moins ouvertement «lâché» leur candidat à la Maison-Blanche.Démoralisés par une campagne qui n’a jamais véritablement pris son essor avec Bob Dole, ils reportent tous leurs espoirs sur le Congrès et leurs chances d’y maintenir leur domination.Pour cela, ils comptent principalement sur la douzaine d’Etats du Sud, région de tendance conservatrice mais ayant voté massivement démocrate pendant un siècle jusqu’au grand retournement politique du Deep South en faveur du Parti républicain, au milieu des années 1990.Le Sud sera crucial pour l’issue des élections à la Chambre des représentants.La lutte y est incertaine en raison de nombreux redécoupages de circonscriptions électorales.Dans le Sud.les républicains pourraient en outre bénéficier du départ à la retraite d’une vingtaine de représentants démocrates qui ne VOIR PAGE A 12 : CONGRÈS 1 778313000665 L K I) E V 0 I II , I, Ë M U II C II K 1) | 3 () 0 c T 0 B II E I !) !l li LE SOMMET SOCIOECONOMIQUE V)UU1»JT».ofutAnrit \Uvrmsi APPAUVKï > 3 tmiNî CSJV /« feï Hôtel des Goih Place Dupiv erneuïs es CHRISTIAN GUAY, LE DEVOIR Environ 5000 manifestants se sont massés en début de soirée boulevard René-Lévesque, devant l’hôtel Sheraton où se déroule le sommet, yw&m A mr.: ^ ¦ lÊÊÊé ¦ v * » A l’ouverture du Sommet Des milliers de manifestants dans la rue Syndicats et groupes communautaires réclament «Vappauvrissement zéro» JEAN DION LE DEVOIR Avant même que ne s’ouvre le Sommet sur l’économie et l’emploi autour duquel le gouvernement veut rallier l’ensemble du Québec afin de favoriser la relance, plusieurs milliers de personnes sont descendues dans la rue, hier, afin de crier leur désapprobation des politiques de l’État.Réclamant justice sociale, emplois et freinage des compressions budgétaires, environ 5000 manifestants se sont massés en début de soirée boulevard René-Lévesque, devant l’hôtel Sheraton où se déroule le Sommet, à l’instigation des syndicats et de divers groupes populaires et associations étudiantes.Mais ce sont en réalité deux manifestations parallèles qui ont eu lieu, de part et d’autre de la rue Drummond où un camion poids lourd avait été garé en guise d’estrade, et la deuxième, moins «officielle» et plus restreinte, hétéroclite, aux slogans parfois très durs, réunissant notamment des groupes anarchistes et communistes, a failli tourner au vinaigre.Alors que la première manif prenait fin, des contestataires faisant partie de l’autre ont en effet décidé de renverser les clôtures métal- liques qui protégeaient l’entrée du Sheraton, tout en brûlant le premier ministre Lucien Bouchard en effigie et en allumant un feu avec leurs pancartes.Des œufs et des bouts de bois ont été lancés sur la devanture de l’hôtel, et un jeune encagoulé a tenté de projeter une clôture à travers la porte vitrée de l’établissement.Il en a été empêché par d’autres manifestants, mais l’escouade tactique de la police de la CUM, jusque-là retenue discrètement à l’intérieur de l’édifice, a effectué une sortie massive, repoussant la foule et transformant la barrière métallique en barrage humain.Aucune arrestation n’a été effectuée et, au moment de mettre sous presse, la police affirmait avoir la situation sous contrôle et attribuait les troubles à «de jeunes étudiants».L’heure est à la colère Quant à la manif principale, on y a essentiellement exigé une meilleure redistribution de la richesse et enjoint le gouvernement Bouchard de tenir ses promesses et de cesser de contraindre une partie toujours grandissante de la population à «la maladie, la rue, la faim, la peur, la honte et l’exclusion».Les compressions de dépenses dans les secteurs de la santé, de l’éducation et de l’ai- de sociale ont particulièrement été montrées du doigt, de même que les privilèges dont jouissent les mieux nantis, «l’ennemi» comme on les a fréquemment désignés.«L’heure est à la colère: arrêtez de varger sur les pauvres», a résumé Denise Lacelle, porte-parole d’organismes communautaires.«On est venu dire qu’on n’en peut plus», a ajouté un autre orateur.Bien que participant au Sommet, des sections de la CSN, de la FTQ, de la CEQ, le Syndicat canadien de la fonction publique et d’autres instances syndicales ont accepté de prendre part à la coalition organisant la manifestation.Des groupes M d’assistés sociaux, d’action populaire* comme le FRAPRU, de femmes eV d’étudiants étaient également de la* partie pour dénoncer l’opération ma-* quillage que constitue à leurs yeux1 le Sommet.Et alors que le gouvernement a; fait du déficit zéro l’un de ses mots1 d’ordre, c’est plutôt \’«appauvrissement zéro» que les manifestants ont: réclamé au long des deux heures et-quelque qu’a duré le rassemble’-' ment.Par ailleurs, des sans-abri dè' Montréal devaient poursuivre le' mouvement de protestation en té-’ nant une vigile tout au long de la-nuit au square Berri.Des consensus qui s’annoncent difficiles JEAN PICHETTE LE DEVOIR Les consensus risquent d’être fort difficiles à réaliser au cours du Sommet sur l’économie et l’emploi.Les milieux syndicaux et communautaires ont en effet réagi avec beaucoup de septicisme au discours d’ouverture du premier ministre Lucien Bouchard, alors que les représentants patronaux y voyaient au contraire des signaux lancés dans la bonne direction.«C’est du néolibéralisme bien coussi-né, note Lorraine Pagé, présidente de la CEQ.Ce n’est pas un discours provocant, les mots sont bien choisis, mais on y trouve tous les principes qui fondent le néolibéralisme: compétitivité, concurrence, souplesse, adaptation, flexibilité, déréglementation.Il y a bien quelques petites incursions du côté du social, mais somme toute assez limitées.» Mme Pagé précise qu’elle arrive au sommet avec un esprit d’ouverture, en ajoutant cependant qu’avoir un esprit ouvert ne signifie pas être naive.«On parle de nouveau contrat social et de taxe de solidarité.Mais de la solidarité, il faudra qu’il y en ait pour tout le monde, et pas seulement pour un côté de la table.» Le discours de M.Bouchard a cependant été mieux reçu par le président du Conseil du patronat du Québec, Ghislain Dufour, qui s’est principalement réjoui du fait que le premier ministre ait annoncé son intention de prendre des décisions, que le Sommet débouche ou non sur des consensus.«Ça fait longtemps qu’on souhaite que M.Bouchard prenne des décisions.Mais il a maintenant toutes les informations nécessaires pour prendre les décisions qui s’imposent.C’est évident que dans certains cas, ça va faire notre affaire, et dans d’autres non.On a eu une année ou il ne s’est rien passé avec M.Parizeau, et il ne s’est rien passé avec M.Bouchard non plus depuis neuf mois.On ne peut être dans l’attente constamment.» M.Dufour a noté l’accent mis par le premier ministre sur la question de l’adaptation à l’environnement.«M.Bouchard est très sensible au fait qu’on perd souvent en troisième période.Il y a des raisons à ça.Mais ce qu’il faut vérifier, ce n’est pas la qualité des joueurs.C’est plutôt l’environnement.Je pense que c’est la première fois que j’entends vraiment M.Bouchard là-dessus.Et comptez sur nous autres pour le lui rappeler pendant les prochains jours.» Le président de la CSN, Gérald Laro-se, ne reproche pas au premier ministre sa volonté de prendre des décisions.«C’est sa responsabilité de gouverner, note-t-il.Mais c’est aussi sa responsabilité de dire les choses très clairement, y compris à ceux qui voudraient se défiler de leurs responsabilités de prendre des engagements au cours de ce sommet.» Avouant ne pas avoir été convaincu par les propos de M.Bouchard, M.Larose s’élève contre la thématique de l’adaptation, qui ne saurait à ses yeux être vue comme un gage de résultat positif automatique.«On s’est engagés en mars, on s’est compromis sur un objectif et sur un calendrier, a-t-il ajouté.On est ici parce qu’on s’est donné rendez-vous sur les questions des revenus et de l’emploi.On va voir ce que les gens ont dam le ventre pour régler ces questions.En attendant, ce discours nous laisse sur notre appétit.C’est un discours généreux, mais piqué de toutes sortes d’assertions dans lesquelles peuvent s’engouffrer tous les néolibéraux qu’on connaît.» Le vice-président-Québec de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, Pierre Cléroux, salue de son côté le caractère «réaliste» des propos du premier ministre.«M.Bouchard tient bien compte du contexte international, qui nous oblige à être compétitifs.On a trop longtemps essayé de trouvé des solutions en se basant uniquement sur l’économie québécoise, alors qu’on vit dans une dynamique internationale.C'est la réalité d'aujourd’hui, et il faudra en tenir compte dans les dismissions des trois prochains jours.» Mais s’il correspond aux attentes de M.Cléroux, le discours d’hier n’a Cette annonce est publiée à titre d'information.Compagnie de Chemin de Fer Canadien Pacifique a acquis la majorité du capital-actions de la Compagnie du Chemin de Fer de Québec Central selon la transaction négotiée par Pope & Company Toronto Octobre 1996 V \ Saint-Dei Greene pas du tout été apprécié par le président de la FTQ, Clément Godbout.«C’est un grand appel à tous, et M.Bouchard a mis beaucoup de condiments sur la table, mais j’ai hâte de voir le livre de recettes au complet.On nous dit qu’il faut regarder ce qui se fait ailleurs pour être compétitif qu’il faut être flexible et regarder la déréglementation, en ajoutant que le tout-à-l’État n’est plus à la mode.Mais on ne peut tout mettre de côté comme ça.Je suis très inquiet par ce discours et je ne pense pas que le monde syndical soit d’accord pour importer au Québec les règlements de l’Ontario et de certains Etats américains.Ce n’est pas ce qui a été dit ce soir, mais ça peut vouloir dire ça.» Se disant surpris par la teneur du discours, M.Godbout aurait aimé que le premier ministre rappelle l’apport important des syndicats à la société québécoise.«Il n’y a pas seulement le capital qui doit être bien traité, mais aussi le capital humain.» Pendant que la présidente du Groupe de travail sur l’économie sociale, Nancy Neamtan, refusait de commenter le discours de M.Bouchard, qui a pourtant évoqué cette question à quelques reprises, la présidente de la Fédération des femmes du Québec, Françoise David, a exprimé les craintes que suscitent chez elle l’accent mis sur la question de l’adaptation.«C’est un mot auquel je suis un peu allergique, mentionne-t-elle.S'adapter au marché nord-américain, am règles du jeu américaines et même mexicaines, je ne trouve pas que çà nous mène forcément vers le progrès social.» Mme David a également été frappée par le silence de M.Bouchard sur la question de la clause d’appauvrissement zéro, qui constitue la demande fondamentale des représentants du monde communautaire au Sommet! «Im pente va être très dure à remonter, comme on s’y attendait de toutes façons.» TOULCH lunettes pour être OLIVER PEOPLES PAUL SMITH SIM ( I U I I S 4129, rue Montréal 849-0559 4021, boul.Saint-Laure Montréal 849-1433 1327, avenue Westmount 937-0446 I.E I) E V 0 I It , I.E M E It ( It E I) I 3 0 0 (' T 0 It It E I II !) (i A 12 —-?LE DEVOIR ?— ACTUALITES ÈÉéÊê$ BRïâU- Raymond Chrétien médiateur de l’ONU au Zaïre AGENCE FRANCE-PRESSE «Tournez le dos» TODD PLUT, AP «TOURNEZ le dos à la fourrure!» C’est le message qu’ont lancé — d’une manière pour le moins tape-à-l’œil — un groupe de mannequins, hier à Time Square, New York.Cette manifestation, qui a attiré un lot de curieux, s’est déroulée sous l’égide de l’organisme People for the Ethical Treatment of Animals, qui mène une campagne internationale contre la fourrure.New York — L’ONU devrait en principe annoncer aujourd’hui l’envoi du Canadien Raymond Chrétien pour une mission ponctuelle visant à favoriser un cessez-le-feu dans l’est du Zaïre et à préparer la tenue d’une conférence internationale sur la région des Grands Lacs africains, selon des diplomates.L’annonce de cette nomination a été retardée parce que M.Chrétien, ambassadeur du Canada à Washington et neveu du premier ministre Jean Chrétien, aurait mis pour condition à son accord de ne partir qu’après l’élection présidentielle américaine de mardi prochain, apprend-on au siège des Nations unies.Le Conseil de sécurité a exclu l’envoi d’une force internationale dans l’est du Zaïre.De son côté, le secrétaire général, M.Boutros Boutros-Ghali, a eu des difficultés à trouver des candidats pour le poste de médiateur, tellement le dossier est complexe et explosif.Il s’agit d’une mission de médiation ponctuelle de quatre semaines avant la nomination d’un représentant spécial permanent de l’ONU, a précisé M.Âhmad Fawzi, porte-parole de M.Boutros-Ghali.Au moins trois personnes auraient refusé le poste de médiateur, dont l’ancien président du Mali Amadou Toumani Touré, selon des diplomates.Vendredi dernier, le Conseil de sécurité de l’ONU avait approuvé l’idée d’un médiateur et d’une mission de haut niveau des Nations unies sur le terrain.Dans l’esprit de M.Boutros-Ghali, le médiateur serait chargé d’obtenir un cessez-le-feu auprès des dirigeants locaux dans l’est du Zaïre et de préparer, «à moyen terme», une conférence internationale réunissant les pays de la région des Grands Lacs (Zaïre, Rwanda, Burundi, Ouganda, Tanzanie, Kenya), l’Organisation de l’unité africaine, l’Union européenne et les Nations unies.La situation humanitaire dans l’est du Zaïre et les tensions militaires entre Kinshasa et Kigali devaient être évoquées mercredi au Conseil de sécurité, pour la première fois depuis cinq jours.Le conseil est apparu sur la réserve, alors que la situation s’est dégradée continuellement depuis dix jours.«Que voulez-vous qu’on fesse ?», ont dit des diplomates occidentaux.S.V.P.Assurez-vous que ce papier journal soit recyclé.Chrétien aurait mis pour condition à son accord de ne partir qu’après l’élection présidentielle LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A3M9.El Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333.Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Sur Internet Agenda culturel (514) 985-3333 (514) 985-3360 devoir@cam.org (514)985-3551 La publicité Au téléphone (514) 985-3399 Par télécopieur (514)985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et petites annonces Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514)985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 8h à 16h30 Par télécopieur (514)985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Version internet (514) 27&6060 1-800-563-5665 L*-J)tvotr «t publié du hindi au samedi par Le Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2050.nie de Bleury.9 étage.Montréal (Québec).H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor LaSalle.7743.rue de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc.612, rue Saint-Jacques Ouest.Montreal.L’agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans Le Detvir.Le Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc.900.boulevard Saint-Martin Ouest Lava! Envoi de publication — Enregistrement no 0658.Dépôt légaL BibSotheque nationale du Québec.PARIZEAU «La morosité est mauvaise conseillère» SUITE DE LA PAGE 1 Lucien Bouchard.L’initiative a indisposé le premier ministre, dont l’entourage cherchait hier à connaître le contenu de l'irrévérencieuse déclaration.Sous le titre «Qui sommes-nous?Où allons-nous?», la diatribe rappelle quelque peu le «J’accuse» de Pierre Trudeau, en février dernier, sur les hérésies véhiculées par les ténors du OUI en campagne référendaire.Sauf que M.Parizeau évite l’argumentation tordue; il a recours à un style moins abrasif et surtout il fait lui aussi partie de la famille souverainiste.D’entrée de jeu, il fait une mise au point sur la rumeur publique qui lui prête l’intention de reprendre la tête du Parti québécois: «Ce texte n'a rien d’académique.C’est celui d’un homme dont la carrière politique est terminée mais qui reste engagé.» Poussé à la démission pour avoir fait porter le blâme de la défaite référendaire à l’argent et aux allophones, il profite de l’occasion pour s’expliquer.Alors qu’on aurait pu s’attendre à des regrets, il choisit plutôt de préciser son analyse en centrant son propos sur le comportement de l’électorat anglophone.«Quant aux Québécois autres que francophones (17% de la population), presque tout le monde a voté NON.[.] Dans beaucoup de communautés, le pourcen- tage du NON semble avoir été supérieur à 95 %.[.] Dans plusieurs bureaux de scrutin de l’ouest de Montréal, il n’y a eu aucun OUI.[.] U,ur intérêt leur dicte cette attitude.» Après avoir qualifié cette attitude de compréhensible, il laisse tomber cette phrase qui peut prêter à diverses interprétations: «Jusqu’à ce qu’un référendum soit gagné, ils seront tels qu’ils ont été.Par la suite, ils s’adapteront.Jusque là, ils sont canadiens et fiers de l’être.» Puis il souligne que le gouvernement cherche à faire la paix avec les anglophones, surtout avec les hommes d’affaires anglophones, une approche qui lui paraît normale mais en laquelle il ne croit pas beaucoup.«J’ai moi-même trop essayé pour ne pas comprendre.Habituellement, il ne sort pas grand-chose de tout cela.» Et à l’intention de Lucien Bouchard, il y va d’une mise en garde qui ne manque pas de piquant: «Tout ce qu’il faudra éviter, c’est de croire que l’amélioration des rapports avec la communauté anglaise de Montréal est une sorte de condition nécessaire à la création d’emplois et au rassemblement de capitaux.» La baisse de la ferveur souverainiste n’a pas échappé à M.Parizeau qui n’en blâme pas Lucien Bouchard mais constate simplement que le gouvernement n’en parle plus et que ce n’est pas en soi étonnant II n’en croit pas moins que l’appui populaire glisse parce que la souveraineté continue d’être attaquée et n’est plus défendue.C’est évidemment sur les objectifs budgétaires que les attaques de Jacques Parizeau sont les plus incisives.La désapprobation est totale: «À Québec, en prenant le pouvoir en 1994, on avait promis d’éliminer le déficit des opérations courantes, c’est-à-dire les emprunts pour payer l’épicerie, mais pas le déficit qui découle des investissements.L’économie est trop faible pour cela.» Outre le reniement des orientations social-démocrates, M.Parizeau trouve significatifs et suspicieux les compliments que de grands hommes d’affaires font au gouvernement Il n’aime pas non plus voir un représentant du syndicat financier, qui distribue les obligations du Québec, occuper un poste important dans le triangle de protection que forment le ministère des Finances, Hydro-Québec et la Caisse de dépôt.En cela, il réfère à la récente nomination de Jacques Ménard à la présidence du conseil d’administration d’Hydro-Québec, qui est également associé au courtier financier Nesbitt Burns.Ce texte majeur, Jacques Parizeau le conclut par un message d’espoir et un appel à l’engagement: «Im morosité est mauvaise conseillère.Il faut tous ensemble se redonner le goût de bouger.» CHRISTIAN GUAY, LE DEVOIR Le fond de Pair étant frisquet, les participants à la manifestation tenue en marge du Sommet sur l’économie et l’emploi ont eu droit à une ration de soupe bien chaude, question de tenir le coup pendant plus de deux heures.SOMMET «Il y a un an, notre réunion aurait été inimaginable» SUITE DE LA PAGE 1 croit que l’événement est déjà un succès à au moins un chapitre.Cette rencontre fait la démonstration, a-t-il dit, de la capacité des anglophones et des francophones à travailler ensemble.«Il y a un an, a-t-il ajouté en anglais dans sa seule allusion au référendum du 30 octobre 1995, notre réunion aurait été inimaginable.» Dans les rencontres qui ont précédé le sommet, «nous avons dégagé un espace de respect» entre Québécois «d’origines et d’affiliations linguistiques et politiques diverses», a-t-il dit.Le sommet a déjà produit un autre gain, selon le premier ministre.Les travaux préparatoires ont permis de procéder à «un exercice de lucidité collective» sans précédent grâce à une «salutaire immersion» des grands acteurs de la société québécoise dans la réalité de l’autre et dans la vérité des chiffres.Aujourd’hui, a-t-il dit, tout le monde part du même diagnostic.Ce diagnostic, il amène à une conclusion,a affirmé M.Bouchard: le Québec a «dormi sur l’interrupteur» ces dernières années et doit maintenant s’adapter au nouveau contexte économique.«Il faut s’adapter.Ce n’est pas un choix qui s’offre à nous, c’est une nécessité.» L’entreprise, le syndicat, l’organisafion communautaire doivent s’adapter.L’Etat aussi.Et par le fait même les citoyens.«Nous devons montrer une capacité nouvelle de modifier nos comportements, entre nous et avec nos services publics, a-t-il dit.Cela suppose que les Québécois acceptent de changer leurs habitudes, de prendre les indispensables virages.» Les citoyens doivent devenir «plus autonomes, plus flexibles, plus rigoureux et plus solidaires».L’État doit, de son côté, donner l’exemple.L’État du Québec est trop endetté, il taxe trop, il dépense plus pour les services publics que la plupart des sociétés industrialisées, il réglemente trop, a affirmé M.Bouchard.Le Québec a décidé, lors de la conférence socioéconomique.en mars, de rectifier le tir et de réduire à zéro le déficit budgétaire du gouvernement en quatre ans.«Nous savons que nous devrons consentir, cette année, des efforts presque sans précédent pour y parvenir, en faisant le maximum pour préserver les emplois.Nous savons aussi que l’an prochain, à cette date, le plus dur sera derrière nous.» Le Québec, a affirmé le premier ministre, «n’a plus besoin du tout-à-l’État».L’État doit «se donner un nouveau rôle, adapté à la transition que nous vivons».«L’État doit accompagner le changement vers l’économie nouvelle, le susciter lorsqu’il prend du retard et l’aménager au besoin.L’État doit aider l’étudiant, le salarié, l’entrepreneur, à acquérir les moyens de son autonomie et de sa flexibilité.» L’adaptation, a précisé M.Bouchard, n’est pas l’uniformisation.«L’identité québécoise que nous partageons est la raison pour laquelle nous nous retrouvons pour relever ensemble le défi de l’économie, de l’emploi et de la mondialisation.Parce que nous avons une personnalité collective, nous voulons nous mesurer aux autres sociétés.Mais nous ne voulons pas nous uniformiser, niveler notre différence.» Cet effort d’adaptation n’est pas quelque chose de nouveau pour le Québec, relate le premier ministre, qui compare l’effort nouveau à entreprendre à celui réalisé durant la Révolution tranquille, dans les années 1960.Cette révolution tranquille fut, à ses yeux, «la plus grande adaptation de notre histoire».«À partir de 1960, nous nous sommes comparés, nous nous sommes réveillés.Nous avons déployé un effort considérable pour nous adapter à l’Amérique moderne.En quelques années, nous avons réussi un extraordinaire rattrapage.Cet effort a eu deux effets: il nous a enrichis collectivement; il a raffermi notre culture, notre originalité.» Si, dans les années 1960, le gouvernement a mené seul la révolution, l’équipe du tonnerre, en 1996, est faite des représentants des entreprises, des syndicats, des organisations communautaires.«Nous sommes maintenant des dizaines de milliers de décideurs.» Le Sommet qui se terminera vendredi forcera ces décideurs à multiplier les convergences pour devenir des partenaires.Cependant, a prévenu le premier ministre, «là où la convergence sera incomplète ou absente, le gouvernement tranchera résolument pour favoriser l’économie et l’emploi».CLINTON SUITE DE LA PAGE 1 défendront pas leur siège.Mais à l’échelle du pays, il sera particulièrement intéressant de voir le sort que les électeurs américains vont réserver aux 73 freshmen, les républicains élus pour la première fois à la Chambre des représentants en 1994 à la faveur de la vague conservatrice.Ces porte-drapeaux de la «révolution conservatrice», fils spirituels du speaker de la Chambre, Newt Gingrich, vont devoir pour la première fois soumettre leur bilan législatif au verdict des urnes, et cela n’est pas fait pour les réconforter.Tenus responsables de la paralysie administrative et de la fermeture des agences gouvernementales lors de la bataille budgétaire de l’automne 1995, ils incarnent, aux yeux de beaucoup d’Américains, les «excès» de la «révolution conservatrice», même si la plupart d’entre eux ont depuis mis en veilleuse leur zèle «révolutionnaire».S’étant fait élire sur des promesses de réductions budgétaires, ils ont néanmoins voté sms se faire prier les crédits des grands programmes sociaux cette année avant de repartir en campagne pour leur réélection.Eclipse de la droite Leur leader, Newt Gingrich, a'vu sa cote de popularité dégringoler et il se tient dans l’ombre depuis le début de la campagne électorale.La droite conservatrice et religieuse, dans son ensemble, a adopté un profil bas depuis trois mois.Actifs dans de nombreux scrutins locaux, les ultra-conservateurs se sont imposé une relative éclipse au plan national, quitte à imputer plus tard la probable défaite de Bob Dole à son manque d’ardeur à soutenir leurs thèses et leur message sur les valeurs morales et religieuses.Au Sénat — renouvelable par tiers tous les deux ans pour des mandats de six ans —, 33 sièges sont à pourvoir.La composition actuelle est de 47 démocrates et 53 républicains.Pour y être majoritaires, les démocrates devraient faire un gain net de quatre sièges — ou de trois sièges si l’équipe dirigeante démocrate est réélue à la Maison-Blanche puisque, en cas d’égalité parfaite entre les deux partis au Sénat, la voix dont dispose le vice-président américain leur permettrait d’obtenir la majorité.Jusqu’à ce que leur campagne s’enfonce dans la morosité, les républicains espéraient renforcer leur majorité au Sénat, voire la porter à 60 sièges, ce qui leur donnerait un pouvoir considérable, celui notamment de renverser un veto présidentiel.Cet objectif ne semble pas réaliste, mais les experts s’accordent à dire que les républicains ont de bonnes chances de conserver la majorité au Sénat.Des 33 sièges à pourvoir, 15 sont détenus par des démocrates (dont huit ne se représentent pas) et 18 sont aux mains de républicains (dont cinq ne se représentent pas).La situation est donc à l’avantage des républicains puisque ce sont des sénateurs sortants républicains qui briguent un plus grand nombre de sièges à pourvoir.Avantages de la cohabitation Que ce soit au Sénat ou à la Chambre des représentants, les candidats démocrates bénéficient de l’effet d’entraînement de la popularité du président Clinton et de son parcours quasi sans faute durant la campagne électorale.Il est bien naturel que la perspective d’un pouvoir exécutif et d’un pouvoir législatif concentrés aux mains du Parti démocrate inquiète les républicains.Mais un triomphe trop complet des démocrates — à la Maison-Blanche et au Congrès — pourrait bien ne pas comporter que des avantages pour le président Clinton.Depuis 1994, et contre toute attente, Bill Clinton a réussi à cohabiter et à composer avec un Congrès hostile.Il y a même trouvé prétexte à un recentrage qui l’a très bien servi.Se servant de Newt Gingrich et des conservateurs comme d’un épouvantail, le président américain s’est posé en trait d’union et en garde-fou contre les ardeurs «révolutionnaires» des conservateurs.Au-dessus de la mêlée, Bill Clinton a fait son miel de la présence d’une majorité républicaine ultraconservatrice au Congrès.Moitié à la blague, les démocrates disent du reste que Newt Gingrich est la meilleure chose qui soit arrivée à Bill Clinton en quatre ans.Certains analystes prétendent même que le président Clinton s’accommoderait bien mieux d’un Congrès républicain qui lui permettrait, au cours de son deuxième mandat, de maintenir les positions centristes qu’il a adoptées depuis 1994.Inversement, un retour au pouvoir des démocrates au Congrès, et surtout à la Chambre des représentants, pourrait ne pas être compatible avec le désir du président de s’appuyer sur une majorité centriste.Est-ce à dire que Bill Clinton espère secrètement pour son deuxième mandat le maintien d’une opposition républicaine au Congrès?Ce ne serait pas impossible de la part d’un homme qui a su tirer le meilleur parti d'une situation jugée intenable il y a à peine deux ans.«L’État doit accompagner le changement vers l’économie nouvelle, le susciter lorsqu’il prend du retard et l’aménager au besoin.» T) JA1 nm POUR Les enfants de la rue en Bolivie, au Nicaragua.Chassés, humiliés, exposés à toutes les formes d'exploitation.Grâce à OXFAM-Québec, ils reçoivent gîte, vêtements, éducation.et un environnement plus propice à leur développement.Voilà pourquoi je donne à 0XFAM.OXFAM-QUEBEC Tél.: (514) 937-1614 1 800 OXFAM 95 9&M R INFOROUTE Le CRTC encadrera les diffuseurs En empruntant Vinforoute, ils seront l soumis aux mêmes règles que le reste de l'industrie JENNIFER DITCHBURN PRESSE CANADIENNE Edmonton — Les diffuseurs entrent de plain-pied dans une nouvelle ère technologique mais ils ne doivent pas pour autant s’attendre à un relâchement de la réglementation, a mis en garde hier à Edmonton la présiden-,0 te du Conseil de la radiodiffusion et la des télécommunications canadiennes (CRTC), Françoise Bertrand.Mme Bertrand a dit croire en l’organisme qu’elle préside depuis peu et «en ce qu’il a construit, au fil des années, de concert avec les industries.Il doit être adapté aux nouvelles réalités, a-t-elle reconnu, mais je crois qu’on en aura encore besoin au cours dit siècle à venir».- La présidente du CRTC répondait ainsi aux propos tenus la veille par .Frank Feather dans le cadre du congrès de l’Association canadienne des diffuseurs.M.Feather a affirmé que le CRTC serait sous peu un «anachronisme» dans le monde en évolution des télécommunications cana-diennes.P; L’organisme régulateur, a répliqué Mme Bertrand, se mettra à l’heure de l’inforoute au même titre que la télévision et la radio.«Ces temps-ci, plusieurs perçoivent le futur comme l’Ouest, où chaque compa- gnie est un cow-boy sans loi ni règle, a dit Mme Bertrand.Eh bien, ça ne marche pas tout à fait comme ça.Le shérif est maintenant en ville.» Pour sa part, la ministre fédérale du Patrimoine canadien Sheila Copps a déclaré aux congressistes que les diffuseurs empruntant l’inforoute seraient soumis aux mêmes règles que le reste de l’industrie.«L’inforoute doit être un complément et non une façon de contourner la politique culturelle canadienne», a affirmé Mme Copps.Enfin, un comité formé de dirigeants du secteur de la diffusion, parmi lesquels Izzy Asper de Can West Global Communications et Ted Rogers de Rogers Communications, a accordé son soutien avec circonspection au CRTC, lui réclamant des modifications à la réglementation en vigueur.FESTIVAL DE CINÉMA DE ROUYN-NORANDA Le piège de l’étalage Michel Moreau face au culte du «je» ODILE TREMBLAY LE DEVOIR On avait droit en début de semaine, à Rouyn, au dernier documentaire de Michel Moreau, une autre production de l’ONF, une autobiographie intitulée Le Pays rêvé.Le prolifique documentaliste, après avoir poussé tant de personnes dans leurs derniers retranchements d’émotions à l’écran (on pense à son Jules le magnifique), a choisi de s’administrer sa propre médecine.Il se raconte donc, en ROUYN-plusieurs temps, de l’enfance française sur fond de guerre, de service militaire et de conflit algérien, puis de rejet de la patrie d’origine jusqu’à son enracinement à Québec, à travers ses tâtonnements d’abord, puis son engagement comme homme et comme cinéaste, ses deux mariages.Dans le volet français, le cinéaste en profite pour dénoncer un système d’éducation basé sur le «dressage» des enfants et attaque les institutions: armée, famille, Eglise, etc.Le film, qui a cherché à se dégager de l'individuel pour atteindre la condition plus générale de l’immigré et de l’homme en perpétuel apprentissage, sombre pourtant — piège peut-être inévitable — dans ce culte du «je» avec étalage des talents reçus, pour la peinture, la photographie, et le choix expliqué d’un cinéma captant les petites gens, les exclus.Des clins d’œil humoristiques ne compensent pas vraiment le malaise procuré par cette plongée dans le moi.On peut reprocher aussi au film (servi souvent par de belles images amoureuses des paysages québécois) d’appuyer trop les émotions, comme si Michel Moreau ne faisait pas confiance à la sensibilité du spectateur mais avait besoin de nommer, de pousser les moments forts.Ainsi, à i deux reprises, le cinéaste éclate en sanglots, •«¦br Or en éprouve une gêne, un sentiment d’indé-cence.noranda En entrevue, Michel Moreau déclare avoir justement voulu secouer le, tabou «qui veut qu’un homme ne pleure pas».A ses yeux, l’émotion doit être poussée dans ses retranchements pour atteindre l’intensité.Les pleurs n’étaient pas prévus au scénario, mais il estime n’avoir pas eu Je choix de les conserver au montage.A travers son film, il affirme avoir voulu montrer les étouffements vécus en France, puis l’enracinement ici, par l’intermédiaire d’une confession qui l’a fait descendre au plus profond de lui-même en cherchant l’universel.«Le moi n’est plus haïssable quand il est collectif >, déclare Michel Moreau en précisant que ses films ne seront plus les mêmes après cette confession thérapeutique, que désormais il observera davantage son propre mouvement vers les autres en s’impliquant plus intimement dans ses œuvres.VIDEO Petites choses musclées Le gala de l’ADISQ Hors d’ondes ou hors d’ordre ?RÉMY CHAREST CORRESP.ONDANT A QUEBEC Que nous réserve la cuvée 1996 du concours Vidéaste recher-cne(e)?«De petites choses musclées», selon le président d’honneur René Homier-Roy, qui se disait fort impressionné par la variété et l’originalité des huit courts métrages finalistes, dont l’identité a été révélée hier matin et dont la présentation officielle aura lieu le 16 novembre prochain, à la salle de l’Institut canadien.C’est à cette date que l’on connaîtra donc les gagnants du prix du jury et du prix du public 1996, le premier étant doté d’une bourse de 2000 $ et d’un prêt en équipement de 5000 $, gracieuseté de la Bande Vidéo, tandis que le second est accompagné d’une bourse de 1000 $ fournie par la compagnie Cinémanima.Les deux vidéos gagnantes mériteront aussi une année de distribution de leurs films par l’organisme Vidéo Femmes.Les finalistes sont: Dans l’ombre de Cupidon de Simon Perrier, L’Anatidé meurt, le Caucasien pleure de David Ospina, Bionda! de Normand Berge- ron, Au-delà des profanes de David Harrison, Les Derniers Démons d’Ar-magh de Patrick «Damien» Roy, Mort de rire de Roger Roy, Le Nouveau Monde de Francis Lauzon et Comme un bruit sourd dans l’eau de Steve Asselin.Des œuvres de styles très divers, allant de l’animation à la comédie dramatique en passant par le documentaire-fiction et la fiction-essai.Si on se fie aux extraits présentés en conférence de presse, on ne risque pas de s’ennuyer lors de la soirée du 16 novembre.Les activités commenceront toutefois le 15 novembre, d’abord avec un cocktail de lancement, à 17h, au Café l’Abraham-Martin de Méduse, où seront présentées les œuvres gagnantes des années précédentes.A 20h, à la salle de l’Institut canadien, on aura ensuite droit à une soirée consacrée à des œuvres hors concours, soit cinq bandes remarquées par le jury mais n’ayant pas eu accès à la sélection officielle pour divers critères de réalisation, ainsi que C’est arrivé près de chez nous, une vidéo d’une cinquantaine de minutes réalisée avec les bourses du concours par Ricardo Trogi, gagnant des deux prix de l’édition 1995.Deux ateliers auront également lieu le 16 novembre, le premier sur la direction d’acteurs avec Mario Munger, à lOh, à la bibliothèque Ga-brielle-Roy, et le second sur les bases de la réalisation vidéo et cinéma avec Francis Leclerc (gagnant 1992 et maintenant réalisateur professionnel), au même endroit, à 14h.Au delà de la soirée du 16, les œuvres finalistes seront également présentées au Clap, le 22 novembre, puis au cégep de Rimouski et au Centre socioculturel de Chicoutimi, le 27 novembre aux deux endroits.La participation des vidéastes de l’est du Québec, auxquels s’adresse également le concours, est le seul sujet de déception des organisateurs de Vidéaste recherché (e): si la participation est passée de 37 bandes soumises en 1995 à 51 cette année, une seule bande provenait de l’extérieur de la capitale.On tentera de relancer la balle avec la présentation des œuvres finalistes lors d’un spécial de 90 minutes à la télévision de Radio-Canada, à Québec et à l’est de Québec, et à la station CKRS, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, le dimanche 15 décembre à 23h20.SYLVAIN CORMIER Le gala hors d’ondes de l’ADISQ, excroissance de la grande surboum annuelle de l’industrie du disque et du spectacle au Québec, a traditionnellement lieu le mardi précédent l’événement télévisé du dimanche.C’est-à-dire hier, au Spectrum.On y décernait vingt-neuf statuettes à tous ceux que le p’tit écran exclut d’office: les professionnels, mais aussi les artistes dont les albums de l’année ont le défaut de d’inscrire dans les catégories dites périphériques: jazz, country, folk, enfant, classique.Et, comme d’habitude, ce qui s’est passé lors de cette soirée sans public, hors d’ordre parce qu’hors d’ondes, ravalait l’industrie au rang de la bête.Ou enfin la révélait dans son élément naturel.La jungle.C’est toujours la même navrante et humiliante scène.D’année en année, seuls les gagnants changent, et encore.Devant, sur le podium, il y a quelqu’un qui s’égosille.Félix en main, le représentant de quelque organisation méritante, mettons la salle Albert-Rousseau (salle de spectacle de l’année), remercie ses collaborateurs.Personne n’écoute son boniment, sinon ses amis, qui doivent prêter l’oreille pour percer la rumeur, et les gens des premières tables, parce qu’ils ne peuvent faire autrement.Les autres, au fond du Spectrum, piaillent entre eux.Potinent, papotent, tapotent, pelotent, ergotent.Ils ne paient pas leur entrée pour assister à la cérémonie, mais pour se faire voir.Ils ne sont pas en nomination, n’ont rien à branler des gagnants.Ce sont les mal élevés de l’industrie du disque et du spectacle, et ils sont majoritaires.Impossible de les bâillonner.C’était quand même le mot d’ordre non-écrit de la soirée d’hier.Tout faire pour retenir l’attention.En imposer aux malappris.D’où la présence d’une experte ès communications: Julie Snyder animatrice, c’était bien pensé.Avec la répartie qu’elle a, au début, on avait bon espoir.Ses dénonciations avaient du mordant: «Dans l’espoir que vous allez vous taire, on va descendre dam la salle.» Engager un orchestre-maison pour faire du bruit par-dessus le bruit n’était pas mal non plus.Les tactiques semblaient habiles: faire chanter les remerciements sur un air de blues ne manquait pas d’originalité, et F^hilippe Leduc, empochant son Félix d’arrangeur de l’année pour Les Ailes du feu, a passionnément joué le jeu.Mais la rumeur a submergé tous les efforts, et Snyder a finalement capitulé, expédiant la dernière dizaine de trophées sans commentaires: les gagnants aussi, baissant pavillon, se contentaient de brefs mercis, et retournaient célébrer parmi les leurs.Ceux qui œuvrent dans l’ombre y sont donc restés: dans l’indifférence quasi générale, on a officiellement re-connu le travail des gens d’Avanti Plus (agence de spectacles) et d’Avanti Ciné Vidéo (producteur d’émissions de télévision), de la salle de spectacle de Sept-IJes (diffuseur de spectaçles), des Editions du 5 juillet/Éditions de l’Équinoxe (éditeurs), des Productions Alain Dupuis (équipe de promo), de Communications Courville (équipe de relations de presse), d’Audiogram (maison de disques, producteur de disques), de Soma (maison de production de vi-déoclips), de Donald K Donald (producteur de spectacles), de Sélect (distributeur), de Passeport et des Productions de l’Onde (pochette).On a également souligné les contributions personnelles d’Yves Savoie (sonorisa-teur), Daniel Lemire et Jean-Pierre Plante (scripteurs), Jean-Pierre Fer-land (metteur en scène!), Rick Haworth (réalisateur), Claude Champagne, Rob Heany, Bruno De Luca, Richard Mischook et Isabelle Cliche (preneurs de son), Scott Phillips (concepteur d’éclairages).Déjà interdits de télé, les albums de l’année des non-populaires ont ainsi eu le double déshonneur d’être dévoilés en plein vacarme: Plein l’dos (Gil-dor Roy) l’a emporté en country, La Vache en Alaska (Carmen Campagne) a prévalu chez les enfants, Portraits (Jim Corcoran) s’est distingué en folk, What Is The Color Of Love (Yannick Rieu) a brillé en jazz, et Brahms (André Laplante) a été primé en classique/soliste et petit ensemble.Sans crier gare, les groupes Raoul et Quar-tango se sont partagés le nouveau Félix des Musiques du monde, et deux émissions de télé ont été honorées en dehors de leur média: La Fête à.Jean-Pierre Ferland (chanson) et Les meilleurs moments de la série Juste pour rire 1995 (humour).Seul René Angelil, reconduit imprésario de l’année, en plus d’empocher pour sa Céline le Félix de l’Artiste québécois s’étant le plus illustré dans une autre langue que le français, aura réussi à faire taire l’assemblée, le temps d’une ovation debout.Encore une fois, j’entendais Gabin: «À partir d’un certain chiffre, tou,t le monde écoute.» •A LA TÉLÉVISION- NOS CHOIX CE SOIR Paule des Rivières SOMMET SUR L’ÉCONOMIE ET L’EMPLOI Le réseau consacre toute sa journée au Sommet socioéconomique du Québec, qui se tient cette semaine à Montréal.Jean Bédard anime.RDI, à partir de 8h25 QUÉBEC PLEIN ÉCRAN Le premier anniversaire du référendum et le Sommet sur l’économie et l’emploi.Avec Anne-Marie Dussault.Télé-Québec, 19h EUREKA! J’AI TOUT FAUX Début d’une série de quatre émissions nous ramenant au début des temps, alors que Charles Darwin ébranle les théories bibliques de la création, parlant plutôt d’évolution.Canal D, 18h CSN: CINQ TEMPS D’UN MOUVEMENT Première de cinq documents sur cinq conflits ayant marqué l’histoire du syndicalisme et de la CSN.Ce soir, la première grève menée par une majorité de femmes, à la compagnie E.B.Eddy, à Hull, en 1924.Télé-Québec, 20h LE SPASME DE VIVRE Un très beau film de Richard Boutet sur la réalité du suicide chez les 15-25 ans.Construit sur des témoignages de jeunes.Peut aider à comprendre une ou deux choses sur notre société.Radio-canada, 23h50 ¦WiMM ¦ 02 4 H(6|xq EdGDIDGDD 9 CD Les Mondes de Sismi (16:27) / 0340 (16:55) Watatatow Fa Si La chanter/ Les Parfaits Salauds Ce soir Virginie Les Couche-tôt / Spécial Halloween / S.Durivage, M.Dupré Sous un ciel variable Orgueil et Préjugés (6/6) Le Téléjournal Le Point (22:25) Fa Si La chanter/ Les Parfaits Salauds (23:02) Nouvelles du sport/ Cinéma/LE SPASME DE VIVRE (5) (23:50) le 5 e Hoo9 ram ou 0$ IgD Claire Lamarche/ Quand on se chicane, c'est surtout à cause de.(16:00) Les Amuse-gueules/ Luc 0e Larochellière, Francine Grimaldi, Dominique Laieunesse, les acrobates Gym Masters Le TVA Piment fort/ Christian Tétreault, Serge Grenier, Richard Z.Sirois La Poule aux oeufs d'or Beverly Hills 90210 Chambres en ville Le Retour Le TVA chaBada / Marc Dupré, Isabelle Cyr, Yves Pelletier Le TVA Sports / Loteries (23:52) 9l5 17 24 tang) g6) Iris / Pacha (16:45) La Légende de Croc Blanc La Maison de Ouimzie Carmen Sandiego Allô prof Québec plein écran CSN: cinq temps d'un mouvement Prenez un numéro Les Pays du Québec Christiane Charette en direct Québec plein écran (23:26) 5m CD ŒD HEDdSSD Les Pierrafeu Le Grand Journal La Guerre des clans Flash / Martin Drainville Taxi Hockey / Canadiens - Red Wings Le Grand Journal Sports Plus Parlons-en! Boo Family Matters The Simpsons Fresh Prince of Bel-Air Newswatch Health Show On the Road Again I Rita & Friends Gullage’s This Hour Has 22 Minutes CBC News News Kids in the Hall mGD Newsday Q Inside Qc Hi3D0S Oprah (1600) Flome Videos Home Improv.Newsline Wheel of.Jeopardy! Ellen Townies Men .Badly Drew Carey Law & Order CTV News Nightline ram Mad About You Seinfeld Puise E.T.The Nanny J.Larroquette Drew Carey Men .Badly Puise ROSie.(16:00) News ABC News Wheel of.Jeopardy! Townies Grace Linder Fire Drew Carey Show Primetime Live News Nightline (23:35) Step by Step E.T.Mad About You 9(22j Brady Bunch Star Trek: Deep Space Nine News M'A'S’H News/Roseanne Hes Quinn (16:00) The Simpsons Seinfeld .News CBS News E.T.The Nanny Pearl Almost Perfect Public Morals EZ Streets News The Late Show (23:35) rats) Oprah (16:00) News Coach News CBS News Wheel of.Jeopardy! Hcd Quack Pack Access Hollyv/ood Jeopardy! NBC News Home Improv.Wheel of.Wings J.Larroquette NewsRadio Men Behaving Badly Law & Order The Tonight Show (23:35) gio Quinn (16:00) Live at Five Inside Edition RealTV Extra Reba: Starting Over 9 ED Kratt's Créât.Bill Nye C.Sandiego?Newshour Nightly Bus.Points North The New Explorers Cincinnati Pops Holiday Dance in America |Cinéma/THE MAN IN THE.| L| 57 Bill Nye Wishbone Natural World ITN News Nightly Bus.Newshour People Near Diagnosis Assembly Debate Frontline Fresh Fields Charlie Rose Bæ” The Young and the Restless Global News E.T.Clueless Beverly Hills, 90210 Party of Five EZ Streets Global News Sports raæ Attack/Crocodi.Polka/Tots/.Bus / Babaloos i Kratt s Créât.1 Wishbone Lonely Planet Wildlife on One Studio 2 This Life/How to Be a.(21:45) Cinéma / CARMEN MIRANDA: BANANAS IS.(4) | Shakespeare(23 35) mm Motoring '97 Flex Appeal American Gladiators Sportsdesk That’s Hockey! PBA Bov/ling Pins Bov/ling World Open Billiards Champ.| Sportsdesk «RDS Les Superstars WWF Mag.olymp.Et que ça bouge Sports 30 Mag Omnium de quilles Monde du sport Spécial Boxe / Roy Jones - Bryant Brannon Sports 30 Mag Golf de France ¦m Savoir.(1600) Journal suisse Pyramide Des Chiffres.Studio Gabriel Journal FR2 Envoyé spécial Bons Baisers d'Amérique Paris Lumières Journal beige Studio Gabriel Le Cercle de.Hçf Spirou Schtroumpfs Le Studio Joy.Naufragés Premières Fois Hit Musique vidéo (16:00) La Courbe Planète Rock Les Bombes Le Mix 1x5 Véro Show Les Aventures du grand Talbot Musique vidéo MMM VideoF.(12:00) I RapCity The Wedge Daily R.S.V.P.MuchMegaHits Spotlight The Partridge | DaMix VideoRow MuchMegaHrts Spotlight Mm: Bons Baisers de France (16 35) Spenser: cité sauvage Sans parole Le Professionnel (2140) Elisa J v t y Spiderman Jonny Quest Secret World j Doug What-a-Mess | Anti-Gravity 1 Are You Afraid I Beasties Video &.Must Be Mad! Tarzan My Hometown Super Dave.Catwalk mm Sommet (1345) Aujourd hui Sommet sur l'économie et l'emploi au Qc (17:15) Monde ce soir | Capital Actions Sommet sur l'économie./ résumé Le Journal RDI Maisonneuve./Sommet sur.Atlantique /Qc LeTéléjoumal Ontario/Ouest Hoc .valise (1600) L Homme de fer Science Animalier / À 2 dans la brousse Gr Batailles / .Normandie (f/2) Espions / Permis de tuer Cosmos 1999 Cinéma/LE MAÎTRE DE.(3) Classification des films: (1) Chef-d'oeuvre — (2) Excellent — (3) Très bon — (4) Bon — (5) Passable — (6) Médiocre — (7) Minable CINEMA AU PETIT ÉCRAN LE MAÎTRE DE MUSIQUE 01 ¥ (3) Bel.1988.Drame musical de G.Corbiau avec Jose Van Dam, Anne Roussel et Philippe Volter.Un célèbre chanteur soumet son protégé à un concours de chant classique où le vainqueur sera départagé par un duel musical.Canal D 23h THE IMAGE (4) É.-U.1989.Comédie dramatique de R Werner avec Albert Finney, John Malhonet et Kathy Baker.Én plus de ses problèmes conjugaux, ün reporter de la télévision a des ennuis avec la veuve d’un banquier qui s’est suicidé à la suite d’une de ses émissions.CTVlh AU BOUT DE MON ÂGE (4) Can.1976.Documentaire de G.' Dufaux.Les problèmes d’un vieux, couple qui doit faire face à une séparation après cinquante-cinq ans de : mariage.CanalD4h
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