Le devoir, 13 novembre 1996, Page(s) complémentaire(s)
-?FONDE EN 1910 LE DEVOIR V o L XXXVII • N " 2 O 5 ?M 0 N T R K A I., I, K M K II (' II E 1)1 I :i N 0 V K M II II E I !) » li S M T P S v y / 0 It 0 X T 0 I $ François Broussea u PERSPECTIVES Fidel, encore et toujours L’Assemblée générale de l’ONU a condamné hier, à une très large majorité, l’embargo «unilatéral» des États-Unis contre Cuba, et a demandé l’abrogation de la loi Helms-Burton qui «porte atteinte» à la liberté du commerce international.Une résolution sur «la nécessité de lever le blocus [.] appliqué à Cuba par les États-Unis» a recueilli 137 voix en séance plénière de l’Assemblée générale.Cette prise de position fait directement écho à celle émise la veille par le VL Sommet ibéro-américain, qui s’est achevé cette semaine au Chili.uoi?Fidel Castro embrassant, 37 ans plus tard, la démocratie pluraliste et les élections libres?Oui, tel est l’incroyable résultat, passé presque inaperçu, du VI' Sommet ibéro-américain qui s’est achevé mardi à Vina del Mar, au Chili.Mais en échange de cette concession historique qui ne reste qu’un engagement de papier, le Lider màximo a obtenu un bel appui de 23 pays dan^ sa lutte à l’obsessionnel boycottage économique des Etats-Unis.«Je n’ai rien contre ton pays, mais tout contre ton régime.» C’est ainsi que le chef du gouvernement espagnol, le conservateur José Maria Aznar, s’est adressé à Fidel Castro dimanche soir lors du dîner inaugural du sommet ibéro-américain, qui s’est conclu par une déclaration sur la démocratie pluraliste, sur la lutte au trafic des stupéfiants, sur l’union économique régionale et, bien entendu, sur les inévitables «défis de la mondialisation».Une fois de plus, la question des rapports entre «Cuba la communiste» et l’ensemble des pays latino-américains, passés en masse à la démocratie et au libre marché depuis * * w 15 ans, a dominé la sixième réunion de famille annuelle des pays latinos des deux rives de l'Atlantique.Mais si Fidel — pourfendeur rituel de la «cochonnerie capitaliste» et de son «simulacre démocratique» — a dû faire une concession historique à ses cousins de culture et adversaires idéologiques, il a obtenu en échange une grande récompense: la dénonciation à l’unisson du gouvernement américain, dans ce qu’il est convenu d’appeler «la triste affaire Helms-Burton».Washington voit ainsi s’étendre — une fois de plus par les temps qui courent — son isolement sur divers fronts: sur celui des représailles anticubaines, mais aussi au Zaïre (où les Américains se faisaient encore prier, hier après-midi) et sur la réélection de Boutros Boutros-Ghali à la tête de l’ONU (qu’ils sont les seuls à ne pas accepter).En effet, la célèbre loi Helms-Burton — cette législation américaine qui, au nom de la lutte au diable castris-te, entend harceler quiconque ose faire du négoce avec La Havane — a été yne clouée au pilori par cette assemblée de 23 chefs d’Etat et de gouvernement, issus très majoritairement de la droite libérale latino-américaine.Cette dénonciation très forte des outrances anticas-tristes américaines a suscité une réaction immédiate de Washington.Le sous-secrétaire d’Etat Jeffrey Davidow a exprimé, dès hier, l’espoir que «les critiques à l’égard de la loi Helms-Burton ne puissent pas être interprétées par Fidel Castro comme un soutien à sa dictature, qui reste l’une des pires du monde».Si l’on en juge par les échanges à Vina del Mar, marqués par le mélange d’un esprit bon enfant (avec les blagues, les tutoiements et les échanges de cravates à table) et d’oppositions exprimées sans ménagement, ce souci peut être écarté sans problème.Aq contraire, pour prix d’une aussi forte dénonciation des Etats-Unis, le «mouton noir» cubain a dû subir plus que sa part de pressions.L’attaque de José Maria Aznar contre Castro ne fut en effet que l’une de ces salves idéologiques qui ont mis cruellement en exergue le caractère de plus en plus anachronique de «l’exception cubaine» dans l’ensemble latino-américain.Pour la première fois de sa vie — et sans qu’on ne puisse préjuger de l’effet concret de tels mots dans une déclaration diplomatique —, Fidel Castro a en effet apposé sa signature au bas d’un document qui fait explicitement l’éloge de la «démocratie pluraliste».11 y est question d’ «élections libres, périodiques et transparentes», d’«indépendance des pouvoirs», de «représentation des minorités», de «liberté de réunion et d’association», de «plein accès à l'information».Autant d’incongruités potentiellement révolutionnaires au pays des barbudos.Un point, donc, pour Fidel Castro, mais également un point pour ses adversaires.Un Fidel qui, malgré sa demi-victoire, a paru à Vina del Mar nettement moins combatif que par le passé, parlant lentement et pesant ses mots.Un Fidel qui accuse, sans aucun doute, le poids des ans et celui d’une terrible usure politique.L’année prochaine à Caracas, cette rencontre désormais rituelle portera principalement sur «les valeurs éthiques de la démocratie».A l’heure où l’obsession néolibérale, largement diffusée en Amérique latine, fait parfois oublier l’éthique du partage économique, se pourrait-il enfin que l’on fasse pour une fois, à l’occasion de ce septième rendez-vous, le procès d’autre chose que la sempiternelle «exception cubaine»?METEO Montréal Ciel variable.30% de probabilité d’averses de neige.Max:0 Min:-8 Québec Ciel variable.Max:-1 Min:-8 Détails, page B 4 si a w O O O O O Agenda.Annonces.B 6 Avis publics.B 4 Bourse.B 3 Culture.B 8 Économie.B 2 Éditorial.A 6 N D E X B 6 Idées .A 7 Le monde.A 5 Les sports.B 5 Montréal.A 3 Mots croisés.B 4 Politique.A4 Télévision.B 7 CULTURE Téléfilm préfère Brault à Falardeau, page B 8 f y ÉCONOMIE s Jg Croissance, récession ou ?
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