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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1996-11-14, Collections de BAnQ.

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V 0 l .L X X XVII N " 2 (i II T o li il X T i> I $ LE DEVOIR M O \ T M K A I., I.K .1 I-] II I) I II N O V K M II 11 E I !» !» (I I II \ 0 V E M l< Il E I 9 I) fi A 3 00ÊÊ$ '*?**¦«*»*'] ?LE MONTREAL Le Marché central placé sous contrôle judiciaire LE DEVOIR Le Marché central vient d’être place 1 sous contrôle judiciaire en attendant que la requête en faillite déposée à son endroit soit entendue d’ici un ¦ mois.Ce geste fait notamment suite aux plaintes formulées par Les Sœurs dû Bon-Pasteur, qui affirment avoir été escroquées pour un montant de 21 millions de dollars.On se souviendra que le 10 juillet dernier, le procureur de cette congrégation religieuse avait demandé une injonction afin d’invalider une transaction qui aurait permis le changement de propriétaire du Marché central.Dans sa forme actuelle, ce marché occupe un territoire s’étendant sur une superficie de près de cinq millions de pieds carrés, au nord du boulevard Métropolitain et le long du boulevard l’Acadie.Depuis sa transformation à l’automne 1994, les grandes surfaces Club Price, Réno-Dépôt, LU nen Chest, Maxi et Bureau en gros sè: sont installées.On se rappellera qu’après des consultations menées en 1993 par le Bureau de consultation de Montréal, les parties en présence avaient convenu que le redéploiement du Marché' ' central nécessiterait un investissement .de 220 millions sur 20 ans, soit un peu plus de dix millions par année.A?»®00, t’,7 POUR CHANGER LE MONDE a* ' OXFAM-QUÉBEC Tél.: (514) 937-1614 1 BOO OXFAM 95 La «cuvée» du maire Bourque pourrait coûter cher Le syndicat des professionnels dénonce le projet de privatisation de l’aqueduc Louis George Design VENTE sur plusieurs de nos modèles de plancher ?Economisez jusqu’à 50% et plus du prix régulier Meubles rembourrés, meubles d’appoint, meubles pour salle à manger et chambre à coucher, lampes, reproductions et accessoires décoratifs.Ne manquez pas nos étiquettes jaunes sur nos modèles de plancher OUVERT LE DIMANCHE de 12h à 17h 842-7711 poste 294 ou 347 Louis George OGILVY 5e étage Sainte-Catherine et de la Montagne Dans les restaurants, dans les salles communautaires, dans les sous-sols d’église, les ateliers qui célèbrent la semaine interculturelle du Québec prennent souvent des allures de thérapie collecti-ve.On y retrouve autant d’individus que de pays d’origine, des histoires totalement différentes, des motivations changeantes.Et à tout ce monde, on tente de trouver des points communs, un avenir commun.KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Le Syndicat des professionnels de la Ville de Montréal a marqué hier son désaccord face au projet de l’administration du maire Pierre Bourque de privatiser la gestion du réseau d’aqueduc.Le syndicat a embouteillé l’eau montréalaise sous étiquette «Bour-qu’ogne à ligoter» et en a fait la distribution dans les médias.Le président du syndicat, Michel Vézina, s’est toutefois défendu d’amorcer une guerre contre le maire Bourque, d’autant plus qu’aucun membre de ce syndicat ne serait touché par le projet de l’administration, explique-t-il.Il s’agit plutôt d’éclairer le débat, selon M.Vézina.«On veut attirer l’attention des médias sur la démarche de privatisation de l’eau du maire Bourque.On veut également sensibiliser les citoyens sur la démarche globale de privatisation des services municipaux», indique-t-il.Quoi qu’il en soit, l’étiquette de la bouteille d’eau de «fabrication syndicale» en dit long sur l’analyse faite CAROLINE MON T P E TIT LE DEVOIR Mohamad a quitté l’Iran sans y être forcé, il y a plusieurs années, en quête de perspectives de vie différentes.Il a choisi le Québec après avoir passé dix ans en France, pour la langue d’abord, et aussi parce que l’endroit lui avait été décrit comme un mélange des cultures d’Europe et d’Amérique.Azzedine, Algérien qui affichait dans son pays des idées dissidentes à celles du Groupe islamique armé, «les coupeurs de têtes» comme il dit, a fui ici en catastrophe avec sa femme et ses filles.Il a choisi le Québec pour les perspectives de vie qu’il offrait aux réfugiés.Après avoir séjourné quelque temps au Québec avec sa grand-mère, Maria a quitté le Salvador une fois pour toutes parce que la guerre avait détruit une partie de sa ville d’origine.Son père, un Britan-¦ nique, et son mari l’ont rejoint par la suite.Tous ses enfants sont nés ici.«Il n’y a plus rien pour moi au Salvador», dit-elle.Soledad, une Haïtienne arrivée au Québec à l’âge de cinq ans, n’a jamais pu choisir entre l’identité québécoise et l’identité haïtienne.Si ce sont les parents qui sont généralement les initiateurs d’un mouve- Iment migratoire dans une famille, les enfants sont souvent ceux qui finissent par mieux intégrer les valeurs du pays d’accueil.«Ce genre de conflits entre les parents coiffé d’une perruque fleurie, avec l’interrogation «Dernière cuvée sous Géranium 1er?» On souligne également que ce «Bourqu’ogne à ligoter» constitue une «appellation de plus en plus incontrôlable», une «eau limpide de gestion opaque».«L’humour est le meilleur véhicule pour un dossier aussi délicat et sérieux», affirme Michel Vézina.Selon ce dernier, «il est faux de prétendre que le secteur privé serait plus efficace car aucune entreprise n’a les connaissances et le savoir-faire de la Ville en ce domaine».M.Vézina, tout comme d’ailleurs le Syndicat des cols blancs qui lançait récemment une campagne publicitaire contre la privatisation, s’inquiète de l’intérêt soudain de l’entreprise privée pour la chose municipale.«Ce n’est pas aux Montréalais de faire les frais du secteur privé en mal de développement.[.] Il est scandaleux qu’une poignée d’individus veuille en tirer des profits et en accaparer le bénéfice», soutient M.Vézina.En effet, les firmes SNC-Lavalin et Tecsult, la multinationale Power Cor- poration, Gaz Métropolitain ainsi que les plus importantes institutions financières et firmes de courtage en valeurs mobilières lorgnent le réseau d’aqueduc de la métropole et de l’ensemble de la province.Femme active d’aujourd’hui, Elle Macpherson mène une brillante carrière.Succès qui va de soi de par sa personnalité lumineuse, sa beauté naturelle et son charisme.Des qualités quelle retrouve dans son Omega, à chaque moment de sa vie de tous les jours.«Trust your judgement, trust Oméga» - Elle Macpherson.Roger Roy Horloger Bijoutier 935, rue Lagauchetière Ouest, Montréal Siège social du CN, tél.:861-4489 et les enfants sont une source fréquente d’appels à la police», ajoutait un agent du Service de police de la CUM qui participait à l’atelier.Et il arrive que des immigrants se méfient beaucoup de la police parce qu’elle est symbole d’oppression dans le pays d’origine.Azzedine, qui se trouvait très ouvert sur la question de l’éducation de ses filles dans son pays d’origine, s’est trouvé taxé de conservatisme par ses filles dans une société qu’il considère être l’une des plus permissives au monde.S’il apprécie plusieurs éléments de la société québécoise, Azzedine y critique le rejet des valeurs familiales et la banalisation des rapports sexuels.LE DEVOIR L’étiquette de la bouteille d’eau de «fabrication syndicale» présentée hier.par le syndicat du projet de privatisation de l’eau montréalaise.Le maire Bourque apparaît dans un médaillon LE CHOIX DE ELLE MACPHERSON Nouvelle GnrstcUaUon Un vidéo «A quel moment devient-on Québécois?Est-ce qu’il y a un temps où on devient Québécois?Est-ce qu’il y a des règles pour devenir Québécois?», se demandait pour sa part une immigrante dans un vidéo intitulé Chez nous, c’est ici, produit par Idéacom international, présenté au Carrefour hier et traitant du phénomène des relations interethniques.A partir du moment où on se rend compte de ses propres symboles, répond Danielle Gratton, spécialiste en relations interculturelles interviewée dans ce vidéo.A partir du moment où est capable de se reconnaître soi-même comme membre d’une ethnie, explique-elle, on se rend compte CHRISTIAN GUAY, LE DEVOIR Des enfants de la garderie Autour du monde, située dans un quartier multiethnique de Montréal.qu’on est plus solide qu’on ne le pensait, et nos attentes par rapport aux étrangers deviennent moins grandes.Au début,«on tournait en rond», disait Azzedine, hier, au cours d’une rencontre organisée par le Carrefour d’aide aux réfugiés.«On passait notre temps à pleurer un temps, qui, de toute façon, était révolu, même dans notre propre pays.» Et ce qui change tout dans l’histoire d’un immigrant, ajoute-t-il, c’est le moment où il se trouve un emploi.Dans un feuillet qui s’intitule Au-delà des apparences, le Conseil canadien pour les réfugiés s’attaque à certains mythes.Ainsi, on précise que «non seulement il n’existe aucun lien établi entre l’immigration et le taux de chômage, mais en plus, on assiste sou- vent à une croissance économique lors des périodes de forte immigration [.] Plusieurs immigrants créent des emplois en fondant des compagnies et en faisant des placements [.]».Plus loin, le Conseil ajoute que «des études montrent que deux immigrants sur trois trouvent du travail mobis d’un an après leur arrivée, et que 80 % sont employés avant trois ans».Cjfpàouvqii oyne à ligotez Arrrn vnoN pi nus in i-iip imcomroiaru UUIITASSI MDNICH'AI inruiMft-ts [au limpide de gestion opaque Mriuui»?mm u finuTiUTio» M» i: v h i it .I.K .1 K I' HI II X 0 V K M II II K I II !» il U Cul-de-sac fiscal Je an- Robert Sans fa ç o n La'fiscaüté municipale est dans un cul-de-sac.L’observation n’a rien d’original, mais le compromis sur le point d’intervenir entre le ministère des Affaires municipales et la Communauté urbaine de Montréal pour une «désynchronisation» dans la présentation des rôles d’évaluation dans les municipalités de Pile en fait la démonstration.n bref, voici le problème.La plus grande part du financement des dépenses des villes provient des impôts fonciers calculés sur la base de la valeur marchande des immeubles qui est établie tous les trois ans.Or, depuis 1990, la valeur des biens immobiliers n'a pas cessé de chuter, particulièrement dans les secteurs industriel et commercial, ce qui n’est pas sans causer de sérieux maux de tête à des villes comme Montréal.Cela les oblige à augmenter le taux d’imposition pour chaque 100 dollars de valeur des immeubles, une mesure qui frappe de plein fouet les propriétés dont la valeur a peu bougé, surtout concentrées dans le secteur résidentiel.En.isomme, le fardeau fiscal des commerçants'et des sociétés propriétaires d’immeubles à bureaux diminue, alors que ce lui des petits propriétaires augmente.A tel point qu’il y a deux ans, il a fallu limiter la baisse pour les uns et répartir les hausses sur quelques années pour les autres afin d’éviter des distorsions excessives.Ces changements, surtout ceux qui découlent de l’exercice devaluation des immeubles, ont incité des milliers de propriétaires d’immeubles commerciaux à contester la valeur de leur propriété dans le but de profiter encore davantage de la situation.De grandes entreprises privées, mais aussi publiques, se sont prêtées à ce jeu.Dans certains cas, on a obtenu des remboursements de taxes majeurs en présentant une évaluation plus basse que le coût de construction d’immeubles pourtant tout neufs.Une véritable industrie de la contestation a fleuri, avec les conséquences que l’on devine pour les finances des municipalités et sur la facture des propriétaires d’immeubles résidentiels.C’est pour éviter la répétition de ce manège l’an prochain, année de présentation du nouveau rôle triennal d’évaluation, que les villes membres de la CUM ont de mandé à Québec le droit de geler la valeur des propriétés pour fins de taxation, ce qui leur a été refusé.Par contre, Québec s’est montré ouvert à une «désynchro- Le report des rôles d’évaluation ne peut être que temporaire, des réformes s’imposent.nisation» dans la présentation des rôles sur le territoire de la CUM, c’est-à-dire au dépôt des prochains rôles devaluation des 29 municipalités membres à des moments différents au cours des trois prochaines années.Cette façon de faire déjà utilisée à la Communauté urbaine de Québec, permettrait d’abord d’étaler l’étude des milliers de plaintes toujours en suspens à la CUM, d’échelonner le travail devaluation sur plus d’une année et surtout.de reporter de deux ou trois ans l’impact de la nouvelle baisse attendue de la valeur des immeubles non résidentiels dans les villes les plus affectées que sont Saint-Laurent, Dorval ou Montréal.D’ici là, c’est donc sur la base connue de l’évaluation de 1995 que les villes récolteraient les impôts.Bien sûr, les sociétés commerciales s’opposent à un tel report qui les priverait d’économies d’impôt supplémentaires.On les comprend, mais on ne peut pas les appuyer.Car, s’il est juste d’af-firmer qu’un principe est ainsi bafoué, il est aussi vrai que l’application bête de ce principe de taxation selon la valeur marchande des propriétés en période de forte fluctuation amènerait une nouvelle augmentation du fardeau du secteur résidentiel, sans accroissement équivalent de la valeur de ces propriétés.Or, à ce que l’on sache, la quantité de services municipaux offerts aux uns et aux autres n’a pas changé.Entre deux principes, il faut choisir et cette fois, la stabilité du financement des services et l’équité à l’endroit de la majorité de la population invitent à appuyer la position de la CUM.Cela dit, cette situation ne peut être que temporaire, le temps de revoir le système.Les villes, autant que leurs contribuables, ont l’urgent besoin d’une réforme de la fiscalité qui rende le régime plus stable, prévisible et équitable.En plus du fameux pacte fiscal depuis longtemps revendiqué par l’administration de Montréal, la conjoncture impose qu’on envisage l'introduction de taux d’imposition variables selon le ty])e de propriété, de telle sorte qu’une variation sensible de la valeur des propriétés dans un secteur ne vienne pas pénaliser injustement tous les autres contribuables.En cette matière, Québec doit cesser de tergiverser comme il l’a fait depuis dix ans, air il y a urgence.Des votes partitionnistes Michel Venue eux conseils municipaux de l’Ouest-de-l'ile de Montréal ont entériné jusqu’à présent des résolutions prévoyant la tenue d’un référendum municipal afin de proclamer l’appartenance de cette ville au Canada si le Québec fait sécession.Une vingtaine de municipalités du Pontiac, près de la frontière avec l’Ontario, avaient déjà adhéré à un mouvement similaire il y a quelques mois.Adoptées par Côte-Saint-Luc et Hampstead (contre l’avis du maire) sous l’impulsion d’un groupe de partitionnistes, ces résolutions sont évidemment nulles en droit.Les villes ne peuvent s’appuyer sur aucun fondement constitutionnel pour les appliquer éventuellement.Leur existence même dépend de la volonté du législateur à Québec.La démarche n’a aucune valeur juridique.Affreux paradoxe pour des gens qui, par ailleurs, s’appuient sur un légalisme outrancier pour contester un référendum québécois sur la souveraineté.Les militants qui appuient ces résolutions adoptent en outre un procédé défaitiste, pour reprendre le mot du maire de Westmount Peter Trent.Ils admettent la probabilité de la sécession du Québec.Ils refusent d’envisager un quelconque terrain d’entente aussi bien à l’intérieur de la fédération qu’une fois consommée la souverainté du Québec, avec leurs concitoyens pour qui le Canada actuel ne convient plus.Ils s’isolent.Ils se coupent des souverainistes mais aussi des fédéralistes québécois pour qui l’intégrité territoriale du Québec est indéniable.Ixmr recette contribue à entretenir l’incertitude politique.Ils nuisent à Montréal.Ils se tirent dans le pied.En outre, comme le soulignent plusieurs leaders anglophones, le mouvement partitionniste conduit à un cul-de-sac.D’aucuns évoquent la possibilité que ce mouvement provoque de la violence au lendemain d’un référendum victorieux.Ces scénarios à la bosniaque semblent a priori invraisemblables.Le Canada est un pays pacifique, non violent et démocratique et il ne vient pas spontanément à l’esprit d’envisager que d’honnêtes citoyens de l’ouest de Montréal prennent les armes et montent des barricades à Westmount Square.S’il n’y a pas lieu de s’alarmer, il ne faut pas non plus faire comme si de rien n’était.Les fédéralistes ne sont pas tous partitionnistes.Mais comme le soulignait quelques jours avant le référendum d’octobre 1995 le soviétologue Jacques Lévesque, si la souveraineté l’emportait, elle serait imposée à la presque totalité de ceux qui ne sont pas francophones, une situation qui risquerait selon lui de provoquer une «dynamique d’éclatement» et d’accentuer les lignes de ruptures entre les communautés.Le sociologue Fernand Dumont soulignait récemment lui aussi qu’un prochain référendum ne suffirait pas seul à régler le problème de la division du Québec en deux sociétés.Les souverainistes ont la responsabilité, durant l’intermède référendaire, de réfléchir sérieusement mais sans complexe à ces questions difficiles qui ne peuvent être balayées du revers de la main.Evidemment, il s’agit d’une responsabilité partagée.Un pont relie toujours deux rives.Un lieu dit Québec Le Québec est en profonde mutation.et son paysage n’y échappe pas.A une-époque d’austérité où des principes érigés en vérité ne tiennent plus la rampe, ou l’on ne peut plus se contenter de dire «quand la construction va, tout va», il importe de s’asseoir et de repenser les façons de faire.Il importe surtout de ne pas se laisser paralyser par la grisaille ambiant*;.Et c’est la principale contribution du cahier Un lieu dit Québec, publié dans l’édition du 26 octobre 1996 du Devoir.Une démarche qui s’inscrit dans la direction souhaitée par l’( )rdre des architectes du Québec et qui ne peut qu’être saluée.Si l'heure n’est plus aux projets de développement tous azimuts, il est possible en période de croissance zéro de repenser les aménagements déjà réalisés.Une foule de projets novateurs allant de la protection du patrimoine a la revitalisation des centres-villes, en passant par la régénération des zones LETTRES -?- industrielles, se profilent et pourraient bien constituer le défi des prochaines années aq Québec, comme l’ont suggéré les Etats généraux du paysage.Et comme le souligne avec justesse l’architecte Anne Cormier, il est possible de laisser place a l’invention et l’invention peut venir d’ici.L’Ordre des architectes du Québec entend donc conjuguer ses efforts à ceux des autres acteurs qui démontreront par leurs actions que le Québec demeure un lieu qu’il est possible de réinventer et de recréer.Pour le bien-être de tous.Paul Baillargeon Président Ordre des architectes du Québec Montréal, 6 novembre 1996 Abolition de postes L’occasion est belle [jour le gouvernement fédéral de commencer une réforme tant soit peu en profondeur du fédé-ralisme et de contrer les poussées sécessionnistes du Québec en abolissant cet archaïsme coûteux qu’est 1** poste de lieutenant-gouverneur dans les provinces.Si on multiplie son coût salarial par dix, et si on ajoute celui du gouverneur général, on arrive a plusieurs millions de dollars qui peuvent être réinjectés dans une économie souffreteuse ou servir à la réduction du déficit; mieux, répartis parmi les plus mal [iris.Pourquoi faut-il toujours que ce soil un gouvernement social-démocrate qui accomplisse ces exploits?Si nous vivons dans un régime monarchique, alors abolissons le Parlement.En abolissant les postes de gouverneur et de lieutenant-gouverneur, l’occasion serait belle aussi [xiur h- premier ministre du Canada de réparer sa propre erreur de jugement en nommant un -carabin» a un tel [joste.Carabinade, le fascisme?Tiens.L’épisode Jean-I jouis Houx démontre jusqu’à quel point de dépérissement peuvent atteindre nos institutions, si nous n»- protestons pas.L'occasion est pourtant trop belle, M.Chrétien.Jean-Pierre Ix-blnne Kimouski, H novembre 1996 vV^yA U , BA'BAU-f / «vV-Z-X-*- - V^' OPINION Bosnie, Cambodge et crimes contre l’humanité JEAN-RENE CH OTA RI) Professeur titulaire Département d’histoire et de sciences politiques Faculté des lettres et sciences humaines Université de Sherbrooke ’idée de crime contre l’humanité a été consignée longtemps dans les livres d’histoire.Ces crimes stupéfiants, jugés à Nuremberg, n’avaient été connus qu’après la Deuxième Guerre mondiale.En Bosnie, la brutalité des images a rappelé que la brutalité pouvait devenir l’image du présent, y compris en Europe.Les opinions publiques ont soutenu l’effort de la cour de justice internationale qui visait à sanctionner des coupables.Mais que devient donc ce dossier?Le siège de Sarajevo et toutes les atrocités devenues ordinaires, en Bosnie, se sont produites au moment où la fin de la guerre froide semblait amorcer une période plus sereine.Si ce n’était pas la fin de l’histoire annoncée par Fukuyama, du moins le nouvel ordre mondial pouvait-il devenir le propos.L’énergie déployée par la cour de justice internationale se situe dans cette dynamique.Les citoyens d’Occident, accoutumés à vivre dans des sociétés de droit, ont pensé venu un temps où la référence en matières internationales serait aussi le droit.Sur la Bosnie, en novembre 1995, les accords de Dayton prévoyaient une clause pour le traitement des crimes contre l’humanité.Les magistrats de la cour de La Haye ont commencé à travailler.L’identification des responsables majeurs laissait peu de doutes.R.Karadzic, le leader des Serbes nationalistes, et R.Mladic, le chef militaire, se trouvaient plus que confondus par l’enquête menée durant l’été 1996 sur le site des charniers de Srebrenica.Des subalternes ont déjà été interrogés, leurs aveux suffisent pour mériter une lourde condamnation.Pourtant, le tribunal ralentit ses procédures, lui suffirait-il d’avoir confondu des comparses?L’une des explications se trouve peut-être à des milliers de kilomètres de là, en Asie.Le souvenir des Khmers rouges demeure dramatique au Cambodge, où ils tiennent encore une partie de l’ouest du pays.Or, en septembre, le numéro deux de ce mouvement, Ieng Sary, a obtenu du roi une amnistie.Plus récemment, il apparaît que des tractations se sont développées avec le gouvernement dirigé par le prince Ranariddh et Hun Sen, dans le but de reconnaître au leader khmer rouge une autorité administrative, voire politique, dans la région qu’il contrôle.Ieng Sary porte une responsabilité considérable dans le massacre de deux millions de Cambodgiens.Aux yeux du docteur Haing Ngor, ou dans les enquêtes de Nayan Chanda, son rôle est comparable à celui de Pol Pot; il fut d’ailleurs condamné à mort in absentia en 1979 par les autorités cambodgiennes.Comment ses dénonciateurs d’hier peuvent-ils aujourd’hui prendre avec lui des contacts qui mèneraient peut-être à un partage de responsabilité?La réponse se devine.Le gouvernement du Cambodge, malgré le soutien de l’ONU et l’aide internationale, ne réussit [tas à reprendre le contrôle de tout le pays.Depuis 15 ans se prolonge l’affrontement avec les Khmers rouges, que l’armée nationale ne parvient pas à neutraliser, et moins encore à éliminer.Ieng Sary vient offrir une opportunité.Il fait défection et fractionne ainsi le camp des Khmers rouges.Les autorités de Phnom Penh y voient une occasion pour étendre leur influence et réduire un adversaire.Un mécanisme comparable a fonctionné en Bosnie.Les négociateurs occidentaux, américains en particulier, ont évalué que la stabilisation de ce tout nouvel Etat, qui sort de trois années de guerre civile, requiert l’appui, et peut-être la connivence, de certains acteurs régionaux.C’est le cas en particulier du président de Serbie, S.Milosevic, qui, après avoir joué la carte extrême de la grande Serbie, doit désormais composer avec ses propres nationalistes, ainsi qu’avec les Serbes de Bosnie.Le leader implicite de ces derniers demeure R.Karadzic.Au cours des années mouvementées, de 1992 à 1996, cet homme a traité constamment avec le président de Serbie.S’il était arrêté et traduit devant la cour de justice internationale, sa défense la plus efficace consisterait à impliquer ce même Milosevic dont Européens et Américains ont besoin pour consolider l’équilibre précaire de la Bosnie.Ne pas rompre le silence de Karadzic peut aider à garder sous silence la politique passée de Milosevic.Bosnie et Cambodge présentent en commun quelque chose.I-es auteurs de crimes contre l’humanité y sont des perdants, mais, à la différence des nazis à Nuremberg, ils ne sont pas des vaincus, et moins encore des prisonniers.Karadzic n’a pas échappé définitivement à la cour internationale; Ieng Sary ne tient pas un poste, mais ils conservent un atout qu’ils peuvent transformer en pouvoir de négocier.Dans la turbulence des années 1990, l’illusion d’un nouvel ordre mondial s’est dissipée.Dans les dossiers où l’éthique interpelle le politique, la capacité de la justice s’affaiblit quand la justice se confronte à la capacité d’un pouvoir, même affaibli.A P R 0 P 0 S .du fardeau des moins nantis L’objectif du gouvernement de favoriser la réinsertion des bénéficiaires de l’aide de dernier recours au marché du travail est difficile à atteindre en raison de l’avantage insuffisant que représente le revenu de travail, dans plusieurs cas, par rapport aux [jertes de bénéfices retirés du régime actuel de sécurité du revenu (aide financière non imposable, allocation-logement) et aux coûts supportés pour gagner un revenu (transport, garde d’enfants, impôt sur le revenu, etc.).Ce problème est amplifié par je fait que le gouvernement fédéral perçoit un impôt a partir de niveaux peu élevés de revenus de travail.Les taux marginaux implicites de taxation du revenu atteignent alors des niveaux qui découragent l’entrée sur le marché du travail.Le programme APPORT est une avenue intéressante mais insuffisante.De plus, une partie des bénéficiaires de la sécurité du revenu ne rencontrent pas les critères de formation nécessaires ou suffisants pour répondre aux exigences du marché du travail.Divers programmes d’amélioration de leur employabilité ont été mis en place à cet égard.La Commission considère que le gouvernement doit favoriser plus fortement le retour au marché du travail des bénéficiaires d’aide sociale.Rapport de la Commission sur la fiscalité et le financement des services publics, Québec, 1996.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI B 0 I! R A S S A LE 10 JANVIER I !ll 0 Directrice LISE BISSON NETTE Redact cnr en chef BERNARD DESCÔTE AUX Vice président, finances et administration FRANÇOIS TIIOIIIN Directenr de l’information CLAUDE BEACREtiARD Di ree leurs adjoints de l'in formation PIERRE RE AII LIER, (il! V T AI LIEE E It.NOR M A X II Tll ER IA lî I.T R é d a e I e n r en ehefadjoinl J E A N RO B EUT SA N S E A ÇO N I) i r e e l e n r artistique ROLAND WES C A R Mi N A N 2050.rue de Rlenry.0’ éla.ije.Montréal (Vnehrrl HAA 3M9.Tel.: (51 I ) 0X5 E A I S C E Ç II E D O I S i.i: h !•: v oil!, i !•: .1 1: i n 1 11 \ 0 v 1: \i h ii k i ii n 11 A I I La «leçon» d’économie à Lucien Bouchard Parizeau était si bon professeur.Vouloir éliminer le déficit n’est pas un dogme, mais une simple nécessité JACQUES NAPKAU.I.li DKVOIK ¥*00; V/xWv' v : i x 'ûÿm&sz aÉÉsl!i art s.L’ex-premier ministre Jacques Parizeau avait rendu public son bilan de l’administration Bouchard le jour de l’ouverture du Sommet sur l’économie et l’emploi.MICHEL CARON L’auteur a été sous-ministre des Finances du Québec de 1977 à 1982 sous Jacques Parizeau, après avoir été son étudiant aux HKC au début des années 1960 la lecture du bilan de Jacques Parizeau, paru dans Le Devoir du 30 octobre dernier, j’ai été estomaqué par la teneur de ses propos sur les finances publiques québécoises.Je ne comprends pas comment un économiste de sa trempe peut en arriver à de telles affirmations.Je me permets donc de commenter rapidement, mais point par point, ses observations sur les orientations du gouvernement québécois en matière de fi-rninces publiques.M.Parizeau dit tout bonnement que «le plus inquiétant pour la suite des événements, c’est l'objectif budgétaire que le gouvernement s'est fixé: ramener le déficit à zéro».Peut-être est-ce l’inconnu qui inquiète M.Parizeau, lui qui n’a jamais atteint un tel objectif ou, pire encore, qui ne l’a même jamais formulé.Quoi qu’il en soit, le reste de son texte apporte bien peu de lumière suite sens de son inquiétude.Il poursuit en disant que cet objectif (déficit zéro) est plus facile à atteindre pour des petites provinces que pour le Québec, l’Ontario ou la Colombie-Britannique, compte tenu de la nature de leurs opérations et de l’absence de certaines responsabilités.Il 11e démontre, pourtant pas ce qu’il avance.A ce que je sache, les charges budgétaires les plus lourdes, tant en Alberta, par exemple, qu’au Québec, sont liées aux grands réseaux hospitaliers et scolaires, aux transports, à la justice, etc., mais certes pas aux affaires internationales! M.Parizeau compare ensuite la situation du Québec à celle des pays membres de l’Union européenne.Parler de l’orientation qu’ont adoptée les signataires de Maestricht de fixer à 3 % du PIB leur objectif de déficit, sans parler d’abord du niveau d’endettement, est simpliste.L’endet- tement public de chaque Québécois, soit sa part de l’endettement fédéral (quelle que soit l’hypothèse raisonnable que l’on retient), de la dette du gouvernement du Québec, de celle des sociétés d’Etat, des hôpitaux, des commissions scolaires et des municipalités, est nettement plus élevé au Québec qu’il ne l’est dans la quasi-totalité des pays de l’OCDE.Voilà justement le grand problème et la présence continuelle d’un déficit budgétaire, année après année, ne fait que l’aggraver.Plus ça va, plus la part des impôts qui va au service de la dette augmente, alors que la part de ces mêmes impôts qui sert à payer les services publics diminue.Et la situation empire de jour en jour et continuera de le faire huit que le déficit ne sera pas éliminé.Contrairement à ce qu’affirme M.Parizeau, l’Ontario, qui, à cet égard, connaît une situation beaucoup moins périlleuse que le Québec, a compris cela.Mon professeur m’avait aussi enseigné que, pour un gouvernement, le concept des dépenses courantes et des dépenses d’investissement en est un qu’il faut manipuler très délicatement et prendre soin de n’utiliser qu’à bon escient.D’une part, l’idée qu’il n’est pas tout aussi prioritaire d’éliminer le déficit qui découle des investissements, l’économie étant trop faible pour cela, a maintenu le Québec, au fil des ans, dans une situation où, par exemple, le Stade olympique qui a coûté des milliards n’est pas encore payé et où, autre exemple, le gouvernement emprunte 100 % du capital-actions qu’il veqt investir dans une société d’Etat.Cette proposition est ridicule, l’économie québécoise serait-elle atteinte d’anémie chronique depuis 197(5?D’autre part, il y a toujours le risque de pousser trop loin ce concept d’investissement public, et il fut une époque où le gouvernement du Québec a joué cette carte truquée.Investir dans la construction d’un barrage ou d’une route qui aura une vie utile ou un rôle producteur pendant plusieurs décennies, n’est-ce pas comparable à investir dans la formation d’un maître qui, lui aussi, aura une vie utile de quelques décennies?M.Parizeau le sait pourtant: seul le concept de déficit global est significatif et dire autrement n’est qu’as-tuce et tergiversation.Du sérieux s’il vous plaît Mais le pire est encore à venir dans les propos de l’ancien premier ministre.Le fait que, en 1995-1996, le gouvernement du Québec a atteint la moitié de son objectif «n’est pas mal du tout, dit-il, et cela, dans une sérénité relative».Que M.Parizeau se félicite du fait que les résultats n’ont été qu’à moitié réalisés montre bien le peu de sérieux, de crédibilité qu’il attachait à ses propres engagements.Ce qu’il dit se résume en fait à ceci: on s’est fixé un objectif; on ne l’a pas atteint et c’est tant pis, que cela ne nous empêche pas de dormir.Mais était-il véritablement sérieux, au départ?C’est là le deuxième gros problème des finances publiques au Québec: celui de la crédibilité et de la volonté d’agir.L’endettement est énorme; lui qui a eu la responsabilité d’en assurer le contrôle ne l’a pas fait.Je me demande aujourd'hui s’il en avait la volonté.Enfin, j’en arrive à la prétendue spirale: «[.] les revenus prévps tombent, on recoupe, ils tombent encore.» A ce que je sache, il n’y a eu ni spirale ni tornade en Alberta ou au Nouveau-Brunswick et la seule chose qui soit tombée, c’est leur déficit.M.Parizeau a longtemps été d’une grande compétence et d’une grande rigueur intellectuelle.Ce fut pour moi un privilège d’étudier sous sa gouverne et un honneur de travailler pour lui, même si nous avons eu des différends.Mais il est désolant de le voir louvoyer comme il le fait maintenant.Vouloir éliminer le déficit n’est pas un dogme, mais une simple nécessité.J’espère que ses successeurs, eux, sauront maintenir le cap et ce «pour la suite des événements».Ce que dit M.Parizeau se résume en fait à ceci: on s’est fixé un objectif; on ne l’a pas atteint et c’est tant pis, que cela ne nous empêche pas de dormir Réplique à l’auteure du livre Fighting for Canada Diane Francis ou Fart de charrier «Elle a fait des prodiges de malhonnêteté intellectuelle pour récupérer certains de mes propos et les asservir à sa propre cause» BENOÎT AUBIN Directeur de l’information pour le réseau TVA ¦ ¦-il e croyais avoir affaire à une J journaliste sérieuse.Après tout, le Financial Post n’est pas supposé être un hebdo à potins.Alors, quand Dia- H.-.ne Francis, la directrice du Post, a voulu me rencontrer, au printemps, pour parler du Québec, de la politique et de la Constitution, j’ai dit oui.Erreur! Connaissant les opinions tranchées, et parfois simplistes, de Mme Francis sur la question nationale, je me suis dit qu’elle avait besoin qu’on lui explique des choses.Folie de ma part! Selon l’entente que j’avais avec elle, je lui donnerais quelques pistes intéressantes à poursuivre.Du «background», comme on dit dans le métier, qui l’aiderait à mener ses entrevues.Elle a choisi de me citer directement.Tout croche, et tout de travers.Dans un des plus navrants exemples de mauvais journalisme qu’il m’ait été donné de voir, elle a viré mes propos bout pour bout, et m’a cité, entre guillemets, à tort et a travers.Elle a fait des prodiges de malhonnêteté intellectuelle pour récupérer certains de mes propos, et les asservir à sa propre cause, à sa propre vision du pays, que je juge, personnellement, extrémiste, paranoïaque et intolérante.Le résultat.Fighting for Canada, publié la semaine dernière, est, à mon avis, tout-à-fait déplorable.Et je ne peux m’en dissocier avec plus de vigueur.Le vilain petit livre de Mme Francis est une charge sans répit contre à peu près tout ce qui bouge, pense, parle ou fait des choses au Québec.Elle y attaque plusieurs personnes — nationalistes et fédéralises, indistinctement — pour lesquels j’ai du respect.Qu’elle soit parvenue à déformer mes propos pour me faire paraître comme un de ses compères m’a laissé abasourdi.Parmi les idées que je lui ai soumises — et que j’ai déjà exprimées ailleurs: ¦ L’arrogance des Canadiens anglais des années I960 est à la source du mouvement nationaliste québécois contemporain.Avant de traiter les Québécois d’aujourd’hui de xénophobes fanatiques, il faudrait revenir un peu en arrière.¦ Il n’y a iras vraiment de crise sociale profonde au Québec.A Montréal, francophones, anglophones et allophones cohabitent sans heurts au quotidien.U1 problème est surtout politique.¦ La querelle Québec-Canada n’est pas, comme le disent les fanatiques des deux côtés, un combat entre les bons et les méchants.La crise constitutionnelle est animée par deux élites, et deux bureaucraties concurrentes, qui veulent s’exclure l’une et l’autre.Toutes deux prêtent le flanc à la critique.¦ On ne sentait pas l’automne dernier de mobilisation populaire, demandant un référendum pour en finir avec le Canada.Les sondages l’ont démontré.Mais par sa force même, la campagne référendaire s’est imposée, et a dirigé «l’agenda» politique, et celui des média.forçant bien des gens à faire un choix qu'ils n’avaient pas nécessairement envie de faire.Normal qu’elle se soit conclue sur un match nul.Ce sont là des opinions personnelles, qui ne font pas nécessairement l’unanimité.Elles ne sont pas dogmatiques.Elles sont les conclusions d’un observateur de la scène politique; ce que je suis.Elles ne sont pas le credo d’un militant, que je ne suis pas, moi.À l’école de Voltaire Voltaire a déjà écrit: donnez-moi une phrase de quelqu'un et je me charge de vous le faire pendre.Je ne sais pas si Mme Francis a lu Voltaire, mais c’est tout comme.Dans son livre, je me retrouve associé à l’avocat Guy, Bertrand et aux dirigeants du Parti Egalité, personnages que, comme journaliste, je respecte, mais auxquels je ne suis absolument pas identifié.Elle me fait dire que les péquistes sont des fous, mais pas des idiots; idée que je ne partage pas.Elle me fait dire que je suis un exsympathisant péquiste maintenant désillusionné («disillusionncd»).Journaliste, je n’ai jamais été péquiste, pas plus que fédéraliste, prenant trop de plaisir à être critique des uns comme des autres.Comme citoyen, je n’ai jamais vraiment été désillusionné, peut-être parce que je ne me suis jamais fait d'illusions sur la politique.Elle m’en fait dire beaucoup d’autres: que les premiers ministres québécois à Ottawa et les nationalistes du Québec ont conspiré pour abaisser «mon» niveau de vie, et j’en passe, car il y a pire.J’ai écrit un livre — Chroniques de mauvaise humeur — dans lequel j’ai révélé l’existence d’un discours de victoire, enregistré au-cas-où par le clan du OUI, et que j’ai pu visionner, avant la fin du vote référendaire, avec les responsables de l’information d’autres chaînes de télévision.A la suite de la publication de ce livre, Jacques Parizeau choisit d’en rendre le contenu officiellement public.Mme Francis me fait dire que, d’après moi, «Parizeau et Bouchard ont menti aux Québécois».Ce que j’ai dit, c’est que peu de gens pouvaient vraiment prédire ce qui se serait produit si le OUI avait gagné.Elle me fait dire que ce que Parizeau et son groupe avaient en tête était «niplus ni moins qu'un coup d'Etat».Jamais dit cela.Que l’après-réfé-rendum ressemblerait «à une autre Crise d’octobre».Jamais dit cela.Une chose importante que j’ai dite à Mme Francis et qui ne paraît pas dans son livre: c’est que la situation oblige les journalistes québécois à beaucoup plus de nuance et d’objectivité que leurs collègues des autres provinces.Les journalistes travaillant au Québec couvrent une société divisée, et s’adressent à un public divisé entre deux options fondamentalement opposées, mais toutes deux légitimes, qu’ils doivent respecter, en faisant leurs reportages.Ils peuvent être critiques, mais ils ne peuvent pas être partisans, s’ils veulent préserver leur crédibilité.Ijes lecteurs de Mme Francis, eux, ont tendance à être tous du même bord.Cela lui permet de faire une chose que peu de mes collègues au Québec peu-vent faire impunément: charrier.Dans son livre Mme Francis dit que j'ai été éditorialiste au Devoir.J’étais le directeur de l’information; je n’y écrivais pas.Elle dit que je portais des jeans lors de notre rencontre au Ritz.On n’entre pas au Ritz en jeans.Elle dit aussi que j’ai «Pair d'un gymnaste [.1 athlétique, costaud, et fort".Elle se trompe sur toute la ligne.É Q II I I» Il l> H VOIR L\ RÉDACTION Icmrn.ilistosà l’information générale et métropolitaine: Bmis Lapierre (adjoint nu directeur de l'infirmation), Sylvain Blanchard.Paul Cauchon, Jean Chartier.Jean Dion.LouisT.illes Francœur.Kathleen h vr-.que.l aroline Mnntpetil Itrian Myles Isabelle l’are, dénient Tnidel.Serge Truffaut: Diane IYécourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques): Martin Dudoset Christine Dumazet (rrleeteurs): Jacques Grenier et Jacques Nadeau itant parlementaire re (président).Roger Boisvert (vu e president exéeutif et direeteurgénéral).Jean-Louis Roux et le grand Sanhédrin L’attitude qu’a eue le Congrès juif dans cette affaire est pitoyable ¦ fv •: VICTOR LÉVY BEAULIEU Ecrivain J e suis né le jour même de la capitulation des Japonais le 2 septembre 1945, ce qui mit fin à la deuxième grande guerre.Si je n’ai pas connu les atrocités allemandes contre le peuple juif, j’en ai beaucoup entendu parler dans mon enfance.À l’école du rang Rallonge de Saint-Jean-de-Dieu, notre vieille institutrice avait une horreur sainte de Hitler.Elle sut fort bien nous la communiquer.Comme je portais le prénom de Lévis, elle m’en expliqua le fondement juif.Elle me dit qu’à l’origine, la tribu de Lévy était formée de prêtres guerriers et m’encouragea à prendre exemple sur eux.Quand je décidai à 16 ans de m appeler Ijévy au lieu de I-évis, je savais très bien ce que je faisais: comme Québécois francophone, je préférais le symbole de la victime plutôt que celui du victimaire.Mais je voulais être une victime engagée résolument dans l’action et je me suis mis à écrire.J’ai toujours pensé que nous étions comme peuple l’envers même de la société juive qui.jusqu’à tout récemment, avait une âme mais pas de territoire, par opposition à nous qui possédons un territoire mais bien peu d’esprit pour l’habiter.Le peuple juif nous a donné de grandes leçons de courage, de dignité et de fierté.Mais face à la question palestinienne, il n’a pas agi différemment que n’importe quel autre Etat-nation: il s’est comporté longtemps en victimaire et aujourd’hui encore, il a toutes les difficultés du monde à en sortir.C’est bien assez pour que je me méfie de tous les Etats religion et pour que je l ève du jour où nous aurons le courage de les abolir enfin.Dans cette perspective, je trouve tout à fait pitoyable l’attitude qu’a eue le Congrès juif canadien dans l’affaire Jean-Louis Roux.Les images que la télévision nous en donnait durant la conférence de presse de Pex-lieutenant-gouveiy neur du Québec étaient hallucinantes: un Congrès juif canadien se prenant pour le grand Sanhédrin et dont les membres, s’ils avaient porté la robe, nous auraient donné l’impression de sortir tout droit de la Grande Inquisition, sur fond de bûcher embrasé.Cette caricature de la démocratie politico-religieusarde m’a laissé un goût amer dans la bouche car peu importe ce qu’on pouvait reprocher à Jean-Louis Roux, quelle victoire pour la justice cela peut-il bien représenter quand le Congrès juif canadien la bafoue ainsi qu’il l’a fait, dans une arrogance intégriste inacceptable de ht part d’un tel organisme?Peut-être le Congrès juif canadien, se prenant pour le grand Sanhédrin, devrait-il méditer ces mots du prophète Osée qui a dit: «C'est à la piété que je prends plaisir, et non aux sacrifices, à la connaissance de Dieu plutôt qu’aux holocaustes.» Quand la «vraie» histoire n’est pas racontée En souvenir du 11 novembre, caria terre ne ment pas! YVETTE B K) N 1)1 Saint-Laurent ¦ "il lors que de jeunes carabins s’affairaient à philo- Asopher en toute quiétude dans les couloirs noircis par l’ignorance savamment calculée des gouvernements, des collèges classiques ou des universités d’antan, quatre autres, d’une même fa-It.— mille, mes oncles, les Michaud, s’en allaient, vo- lontairement, combattre le nazisme qui rongeait l’Europe.Alors que cette intelligentsia bourgeoise prétendait vouloir transformer le Québec, André, Gérald, Georges et Paul, pendant plus de six ans, frôlaient, quotidiennement, la mort et n’avaient souvent comme seule couche qu’une terre 1 •1 étrangère labourée par l’horreur! A 20 ans, ils auraient Iran- ¦ chôment troqué leur rôle de soldat contre celui d’étudiant.Mais le Québec de l’époque ne permettait un tel luxe qu’aux, ,,, bien nantis.Au nom de la liberté, pour sauver l’histoire de l’ignominie, André, sur les plages de Dieppe, y sacrifia son bras ' droit.Pendant deux ans, dans des prisons allemandes, on 1 lui ravit sa jeunesse.Chaque matin, reconnaissant, il renier- , cia le Seigneur de l’avoir épargné alors que des carabins, en terre québécoise, ignoraient son sort, parce que leurs nimbes ne racontaient pas ou peu la «vraie» histoire.Alors que ces jeunes intellectuels : i modelaient leur avenir pour des postes’ ' de commande, Gérald, lui, s’éteignit j brutalement dans une ferme de Caen, presque la veille de son départ, alors qu’il s’apprêtait à se blottir, enfin, dans les bras de sa mère Cécile et de ses ' sœurs qui, elles, connaissaient l’histoire à fond, nourries par les lettres des bien-aimés.Nourries étaient-elles également par les reportages radiophoniques ou écrits, scrutant les photos à la loupe, entre 1940 et 1945, ne serait-ce que pour apercevoir l’un d’eux bien «vivant».Georges et Paul revinrent sans égra-tignure mais le cœur éternellement à la dérive, leur tête de combattants capitonnée de cauchemars.Ils refusèrent de raconter l’horreur.Encore que de leur vivant, je leur dis: «Racontez-moi! Racontez à mes enfants pour que l'histoire ne se répète plus.» En revanche, Cécile et ses filles y veillèrent.Et mon fils Frédéric, 22 mis, vient, de son plein gré, comme je l’ai fait, de visiter son grand-oncle Gérald enseveli à Caën, en ce mois de novembre.Par attachement, par affection familiale, pour soulager la peine de sa grand-mère Jacqueline dans sa 75' année.Pour éviter des erreurs de jeunesse, je vous en prie, enseignants et gouvernants, racontez à nos jeunes, en catastrophe, l'histoire du Québec, la vraie, l’histoire universelle, avant qu’ils n'atteignent le secondaire 3.C’est une honte, quand on sait que la plupart des civilisations l’enseignent dès le primaire.En souvenir, par respect, pour la continuité, pour qu'ils fassent des choix politiques éclairés.En diaspora.les peuples oublient-ils jamais leur histoire, leur culture et leur langue?Et je demande, bien humblement, à la communauté juive et aux autres si elles ont oublié les sacrifices de mes oncles, de ma grand-mère et de tant d’autres familles québécoises pour leur survie?Laissez-moi, ainsi qu’à mes fils et à tous les enfants du Québec, aux yeux du monde, la certitude que nous avons créé des liens d’amitié et non de haine! Que leur mort n'aura jxis été un pèlerinage insensé.Pour éviter que l’histoire ne se répète.In terre, elle, ne ment pas! Je demande à la communauté juive et aux autres si elles ont oublié les sacrifices de tant de familles québécoises pour leur survie CLICHÉ RÉPÉTÉ À ÉCLAIRAGE DIFFÉRENT.EN RAISON DU TEXTE MAL IMPRIMÉ A 12 I.h! I) K V 0 I It .I.h! .1 U I! I) I II NOV E M It K E I I) I» « ACTUALITÉS LE MONDE 3E SRtS ce ftOotf VA FAIRE OU V/A Ltufi.CjOOM'R.UiRE DO MOOO^toV «UX.MORTS ,G=^ PRÉCISION Le pain de La Patisserie belge Dans un article publié dans notre édition du 5 octobre sur les boulangeries artisanales à Montréal, on écrivait que le pain de La Pâtisserie belge est «sans saveur, sans valeur».L'auteur cherchait ainsi à faire une comparaison avec le produit des boulangeries artisanales et non à prétendre que le pain de La Pâtisserie belge est sans qualité.EN BREF Des patins pour Villeray L’ex-capitaine du Canadien Henri Richard préside une campagne de financement nouveau genre pour Le Patro Le Prévost: les Montréalais sont invités à donner leurs vieux patins au Patro, qui pourra ainsi les prêter aux familles démunies qui fréquentent ses patinoires.Le Patro Le Prévost gère deux patinoires, qui ont été utilisées l’année dernière par près de 5000 personnes.Et Le Patro a prêté l’année dernière des centaines de paires de patins à d.es jeunes et des familles qui n’en avaient pas.Cette campagne est menée par le même regroupement d’organismes de quartier qui avait recueilli l’année dernière 35 000 $ pour une salle de gymnastique à l’école secondaire Georges-Vanier.Affichage bilingue et déduction d’impôt Ottawa (PC) — Faisant cavalier seul, le député libéral Patrick Gagnon se lance dans une campagne pour permettre aux petits commerces de la région d’Ottawa-Hull de déduire les coûts de l’affichage bilingue de leurs rapports d’impôt fédéraux.D’un côté comme de l’autre de la rivière des Outaouais, il s’agira, croit-il, d’encourager le bilinguisme .afin de créer un exemple pour l’ensemble du pays.«A •mon avis, la capitale nationale devrait être le reflet fidèle de là dualité linguistique du pays», a affirmé, hier, le député fédéral.M.Gagnon, qui représente la circonscription de Bonaventure-Iles-de-la-Madeleine, n’a pas obtenu l’appui de ses collègues libéraux de la région de la capitale nationale, à l’exception d’un seul.Un espoir dans la lutte contre le cancer Washington (Reuter) — Le taux de mortalité due au cancer a constamment diminué aux Etats-Unis dans les années 1990 et cette tendance devrait sé poursuivre, ont annoncé hier l’Institut national du cancer et la Société américaine de cancérologie.Les chercheurs imputent ce qu’ils qualifient de tournant dans la lutte contre le cancer à une amélioration de la prévention, de la détection précoce et des traitements.Après avoir augmenté pendant des décennies, le taux global de mortalité due au cancer a diminué de 3,1 % entre 1990 et 1995, révèle une étude dirigée parle Dr Philip Cole, de l’université d’Alabama.Les progrès les plus importants concernent les cancers des poumons, des intestins et de la prostate pour les hommes, du sein, des intestins et gynécologiques pour les femmes.S.V.P.Assurez-vous que ce papier journal soit recyclé.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A3M9.EU Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333.Comment nous joindre?La rédaction Aq téléphone Par télécopieur Sur Internet Agenda culturel (514) 985-3333 (514) 985-3360 devoir@cam.org (514)985-3551 La publicité Ati téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et petites annonces Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 8h à 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Version internet (514) 27845060 1-800-563-5665 Lf Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir Inc dont le siege social est situé au 2050.rue de Bleury.étage.Montréal.(Québec).H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor LaSalle.7743.rue de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc.612.rue Saint-Jacques Ouest.Montréal.L’agence Presse Canadienne est autorisée a employer et à diffuser les informations publiées dans Le Devoir.Le Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc.900.boulevard Saint-Martin Ouest.Imral.Envoi de publication — Enregistrement no 4066.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.»¦ « AMERICAINS Les États participants paieront SUITE DE LA PAGE 1 participer d’une façon limitée à cette mission», a déclaré le porte-parole.La force multinationale devrait compter entre 10 000 et 12 000 soldats, dont 1500 proviendront du Canada.Le contingent américain s’élèvera sur plaçe à plusieurs milliers de militaires et les Etats-Unis estiment que l’opération devrait durer environ quatre mois, a précisé Michael McCurry.Les forces américaines seront notamment chargées de la sécurité de l’aéroport de Goma.La plupart des soldats américains ne seront pas déployés au Zaïre mais dans les pays voisins.Les troupes américaines seront sous le commandement des Etats-Unis.Le feu vert américain signifie que le Conseil de sécurité des Nations unies pourrait se réunir aujourd’hui ou demain pour adopter une résolution autorisant la création et le déploiement de la force multinationale.Celle-ci ne sera pas une opération de l’ONU.Elle sera plutôt sanctionnée par l’organisation internationale, comme ce fut le cas des coalitions multinationales mises sur pied lors de la guerre du Golfe, en 1990-91, et pour intervenir en Somalie, en 1992-93.Les 15 pays membres du Conseil de sécurité sont d’accord sur la nécessité d’une autorisation rapide d’intervention, en tout cas «pas plus tard que la fin de la semaine», a dit hier le président en exercice de cette instance, l’ambassadeur d’Indonésie Nu-groho Wisnumurti.Le porte-parole de la Maison-Blanche a souligné que la participation américaine sera effective lorsque le mandat de la force multinationale répondra à cinq exigences énoncées par Washington: ¦ la mission devra obtenir l’accord des pays concernés dans la région; ¦ la mission devra durer quatre mois; ¦ la force devra disposer de règles d’engagement «très robustes» (utilisation de la violence); ¦ la force ne devra pas avoir pour mission de désarmer les militants; ¦ le coût de l’opération devra être épongé par les Etats participants.M.McCurry a de plus confirmé que l’opération sera dirigée par le Canada.C’est le chef de l’armée de terre, le lieute- nant général Maurice Baril, qui commandera la force.Le général est d’ailleurs arrivé hier à New York pour des rencontres avec les hauts fonctionnaires de l’organisation.Selon des sources militaires, le général Baril pourrait rester à la tête de la force pendant au moins six mois.Aujourd’hui, les pays potentiellement contributeurs de troupes doivent se réunir au siège des Nations unies pour discuter des questions liées à l’intervention.Outre les Etats-Unis, douze pays, dont la France, la Grande-Brçtagne, le Canada, l’Italie, le Sénégal et l’Ethiopie, ont déjà annoncé qu’ils fourniraient des contingents à la force multinationale.Selon diverses sources aux Nations unies, de nombreux détails restent à régler en ce qui concerne les plans militaires d’intervention et le niveau de participation des uns et des autres.Des experts doivent affiner les volumes, les missions et les règles d’engagement des soldats, alors que l’opération sera lancée dans le cadre du fameux chapitre VII de la Charte des Nations unies, qui permet théoriquement le recours à la force.Le chapitre VII avait été invoqué pour une opération d’imposition de la paix en Somalie (1992-94), qui a laissé de mauvais souvenirs à la communauté internationale.Il avait aussi été mentionné dans les résolutions sur le Rwanda, mais cela n’a pas empêché le génocide de 1994.Le chapitre VII avait permis l’utilisation de la force lors de l’opération des Nations unies au Congo entre 1960 et 1964, alors que le pays (aujourd’hui le Zaire) était menacé de sécession.Le chapitre VII avait enfin ponctué l’adoption de presque tous les textes concernant la Force de protection des Nations unies (FORPRONU) en Bosnie-Herzégovine, mais dans ce cas, les règles ^’engagement ont été limitées par les Etats.De passage hier à la base militaire de, Valcartier, à Québec, le ministre de la Défense nationale Doug Young a déclaré que la mission de la force multinationale sera limitée à une durée de six mois et que les militaires «auront un objectif strictement limité qui consistera à venir en aide aux po-’ pulations dans le besoin».BANQUE Des mises à pied SUITE DE LA PAGE 1 syndiqués (tous ne l’ont pas encore reçu), où on lit essentiellement trois choses: 1-«Suite à notre discussion [la direction rencontre les employés en ce moment], j’ai le plaisir de confirmer votre nomination au poste de conseiller financier.Votre rôle consistera principalement à gérer et à développer le portefeuille de clients.»; 2- «Vous bénéficierez des conditions de travail des employés cadres.» et 3- «Vous devrez être inscrit au cours sur les fonds d’investissement et obtenir votre accréditation pour confirmer votre promotion à ce poste.» Selon le syndicat, 81 % des syndiqués ont déjà échoué ce cours dans le passé, chiffre contesté par la banque.Selon une vingtaine d’employés interrogés par Le Devoir, à Montréal et en régions, tous les syndiqués (majoritairement des caissières) se font expliquer qu’à défaut de signer ce document, «la banque procédera à des centaines de mises à pied avant de fermer des dizaines de succursales».Sylvie Leblanc travaille à la succursale de la Banque Laurentienne de Nicolet.«Mon patron m'a clairement indiqué, vendredi, que si je refusais de signer ce document, il était possible que je ne rentre pas travailler la semaine prochaine.Pourquoi?Parce que le 22 novembre, la succursale pourrait être fermée.» «La banque a deux plans, ajoute-t-elle.Un plan A et un plan B.Le plan A (si une majorité signe le document) permettra à la banque de faire de l’argent et de sauver nos jobs, m’a expliqué mon patron.Le plan B (si une minorité signe le document) va, par contre, forcer l’institution à fermer 25 % de ses succursales.A moi de décider, donc.Actuellement, je suis syndiquée et j’ai une certaine protection.Si je signe, on pourra me mettre à la porte demain matin.Je me sens coincée.» Çlle n’est pas la seule.A Beauport, Danielle Rouleau, qui a également rencontré un de ses patrons vendredi, affirme qu’il lui a expliqué qu’à défaut de sa signature (et de celle de ses collègues), «20 % de toutes les succursales de la région pourraient fermer».A Montréal (chemin de la Côte-des-Neiges), Suzanne Burnet, qui compte 15 ans de service, raconte «qu’on est allé beaucoup plus loin dans mon cas».«En effet, mon patron m’a clairement dit de sacrifier mon statut de syndiquée pour sauver ma job.» A Outremont (coin Van Horne et Stuart), Johanne Michel soutient, elle, que la direction lui a signifié «qu’à défaut de la signature de tout le monde, la banque sera forcée d’effectuer des mises à pied massives».Ailleurs, notamment à Beauport, d’autres se sont fait dire que la banque serait obligée de concentrer ses activités dans l’Ouest canadien.A la Banque Laurentienne, Michel Fréchette, porte-parole de la direction, déclare «que toute cette histoire doit être replacée dans son contexte».«D’abord, je suis très étonné d’apprendre que certains se seraient fait dire ce genre de choses.Je ne comprends pas parce que l’heure n’est pas à la panique.Bien au contraire.Ce document n’est pas une obligation mais une invitation lancée à nos employés qui souhaiteraient obtenir une promotion.«Deuxièmement, on ne souhaite pas que nos 1600 employés syndiqués deviennent des conseillers financiers: en vérité, on n'en a besoin que de 225.Et les autres ne seront pas mis à pied.Au fond, toute cette opération ne vise qu’une chose: se rapprocher des besoins de notre clientèle.Car si on ne s'adapte pas à la nouvelle réalité du marché, oui, nous serons en difficultés.» Pourtant, un peu partout (à Montréal-Nord, Grand-Mère, Trois-Rivières, Dol-lard-des-Ormeaux, Saint-Léonard.), les propos tenus par les syndiqués vont tous dans le même sens: «Si on accepte de devenir des cadres, comprennent-ils, on sauve la banque; si on refuse, on la tue.» Dans le nord de Montréal (au coin de la rue Maurice-Duplessis et du boulevard Rolland), Carole Lévesque confirme: «Si on ne signe pas, les patrons, ici, parlent de la fermeture possible de 30 succursales dans la région de Montréal seulement.» En Mauri-cie, une employée prétend (après avoir exigé l’anonymat) qu’on l’a «contrainte à signer sur-le-champ le document [.] parce qu’on n’avait plus de temps à perdre.J’ai signé».Chaque fois, les mots «pression indue», «menace» et «intimidation» reviennent.«On a tous l’impression d’avoir un couteau sous la gorge», dit Marielle Rouleau, une employée du 8410, boulevard Langelier.Michel Fréchette, de la direction de la banque, répète qu’il ne comprend pas: «On ne veut pas détruire, mais construire.L’avenir de l’emploi dans le monde bancaire est lié aux services-conseils en matière defi-\ nances personnelles.Plutôt que de recruter, des conseillers financiers à l’extérieur de la.banque, on offre à nos employés la chance de, le devenir.Et on va les former pour ça.C’est une grande opportunité.Je ne vois pas le problème.» «Pourtant, il est simple , dit Serge Ca-dieux, porte-parole du syndicat des employés de la banque.«Im majorité des employés ont déjà échoué dans le passé le cours ¦ de base menant au poste de conseiller financier.S’ils échouent encore, qu’est-ce qui va leur arriver?» «Rien», dit Michel Fréchette.«Faux, réplique Serge Cadieux: on va les foutre à la porte.Im direction ne cesse de < nous répéter que l’utilisation grandissante du guichet automatique rendra inutiles des, centaines de postes.» A cela, Michel Fréchette n’a qu’une réponse: «Ceux qui vont signer ce document [et devenir ainsi conseillers financiers] vont réussir tous les cours deformation nécessaires parce qu’on va les encadrer.Croire le contraire, c’est du défaitisme.» Les employés, eux, se posent une question en particulier: pourquoi le poste de conseiller financier doit-il nécessairement être un poste de cadre?«Parce qu’il ne s’agit pas de la même approche professionnelle envers la clientèle», dit M.Fréchette.MEDECINS Jusqu’à 200 $ SUITE DE LA PAGE 1 Pour les patients, la note pourrait donc osciller de 5 à 200 $ selon les services réclamés par les patients.Les résumés du dossier médical (30 à 75 $), les examens physiques réclamés par l’employeur (30 $), les attestations d’état de santé (5 $), d’arrêt ou d’absence au travail (5 $), comme les examens et rapports médicaux exigés pour le permis de conduire (30 $), les colonies de vacances (30 $) et les compagnies d’assurance (100 $) pourraient faire l’objet de frais.Des frais peuvent aussi exigés pour certains types de bandages (25 $), des attelles (10 $), des médicaments injectables, comme l’adrénaline (10 $) ou le Gravol, et des anesthésiants locaux (10 $).Une facture peut même être refilée pour le renouvellement d’une prescription si celle-ci est faite sans examen médical.La note exigée pour ces actes relève de la discrétion du médecin, les chiffres indiqués plus haut n’étant que des paramètres suggérés par l’Association des médecins omnipraticiens de Laval.«Un bon nombre de médecins ne facturent pas les services non assurés, sauf quand des tiers se rendent responsables de ces factures.Plusieurs médecins craignent en fait qu’une facturation directe ne compromette la relation avec leur patient», commente le Dr Dutil.Faire porter le fardeau du gel aux patients?En 1993, les omnipraticiens ont subi un gel de leurs tarifs, et depuis quelques mois est venue s’ajouter à cela une faible baisse de 0,62 % de leurs tarifs.Puisque ces actes non assurés peuvent représenter de 2 % à 5 % des revenus d’un médecin, la FMOQ estime qu’il est tout à fait légitime pour les omnipraticiens de les exiger.«En ne facturant pas les services non assurés, vous vous rendez un bien mauvais service, docteur», clame la campagne de sensibilisation lancée par la FMOQ.Le Dr Renald Dutil dément que sa fédération tente ainsi de puiser dans la poche des patients ce qu’elle a perdu lors du gel salarial imposé par Québec.Ce dernier ne craint pas non plus d’exagération, puisque la grande majorité des médecins «oublient» à l’heure actuelle d’imposer ces frais, dit-il.Plus encore, les médecins affirment que l’ampleur qu’a pris le virage ambulatoire entraîne de plus en plus de frais pour les cliniques privées et que de nouveaux actes et médicaments devront être ajoutés à la liste des services non remboursés par l’as-surance-maladie.«Il y a de plus en plus d’urgences mineures qui sont traitées en clinique.C’est la nouvelle réalité.Un paquet de compresses peut coûter de 4 à 5 $ alors que l’honoraire pour la visite rapporte 15 $ au médecin», donne en exemple le Dr Dutil.Le revenu brut moyen des médecins omnipraticiens payés à l’acte atteint 144 000 $ après cinq ans et 76 000 $ lorsqu’ils sont rémunérés à salaire fixe (CLSC).Sur les 7500 médecins que compte le Québec, seulement 1386 d’entre eux reçoivent un salaire fixe.En moyenne, chaque cabinet privé de médecin reçoit la visite de 3553 patients par année.EDITION Une foire populaire SUITE DE LA PAGE 1 par leur prénom, comme dans certaines versions originales.Les enfants disent «papa» et «maman», tout simplement.On a vu pire comme concession, Epigones et La Courte Echelle sont des exemples types de PMME, des petites maisons mondiales de l’édition.L’une comme l’autre compte moins de dix employés mais négocie des contrats aux quatre coins (Je l’Occident.Les livres de La Courte Echelle sont traduits en plus de quinze langues et distribués dans une cinquantaine de pays.L’entreprise québécoise publie environ 50 fi très et 600 000 exemplaires par année; Epigones lance un peu plus d’ouvrages (70) mais en vend un peu moins que sa partenaire (un demi-million par année).Et si le directeur de la maison européenne évalue que son marché est aux deux tiers «international», Bertrand Gauthier, qpi a lancé et qui dirige toujours La Courte Echelle, explique que les ventes étrangères comptent pour à peine 20 % de son chiffre d’affaires.•Mais en fait, on vend autant de livres à l’extérieur qu’à l’intérieur du Québec, spécifie-t-il.C’est qu’il faut vendre quinze copies en Chine pour que ça rapporte autant qu’une seule copie ici même.» Épigones s’est également assurée de pouvoir distribuer en exclusivité les neuf ouvrages québécois dans l’Europe francophone.Les autres livres de La Courte Echelle sont par contre distribués dans leur édition originale, partout sur le continent, tandis que le diffuseur québécois Di-mçdia rend accessibles les autres titres d’Epigones.Bref, à chacun ses bébelles et tout le monde est heureux.Calligram, l’autre maison de M.Gallimard, basée à Genève, est également très active à l’échelle internationale.Elle publie notamment les petits livres de la collection «ainsi va la vie», dont les héros, Lili et son frère Max, «ressemblent à leur lecteur» de 6 à 11 ans «pour leur permettre de dédramatiser les problèmes de la vie quotidienne».Dans l’un d’entre eux, Lili a été suivie, la petite héroïne est suivie dans la rue par un monsieur qui lui demande de l’accompagner.Le vilain veut la prendre en photo et soulève même sa robe d’écolière.Comme elle se sent en danger, elle refuse de le suivre.L’objectif est bien sûr d’apprendre aux enfants à se protéger «des gens qui ne les respectent pas».Depuis la dramatique affaire du réseau de pédophiles-assassins, en Belgique, l’ouvrage, pourtant publié en 1994, s’arrache dans les librairies.Calligram en a vendu 15 (XX) exemplaires en octobre seulemenL M.Gallimard vient de signer la vente des droits à des Américains.D'autres maisons européennes vont reprendre l’ouvrage pédagogique.Des adaptations télé de certains livres de la série sont en préparation.Comme quoi à toute chose malheur est bon, même dans la coédition.Le multimédia est une autre voie de dé- veloppement de cette pratique.Hier soir, à la basilique Notre-Dame de Montréal, un consortium de cinq éditeurs franco-québécois lançait un cédérom sur un tout autre sujet: Jésus, évangiles & peintures.La chose permet de découvrir la vie du fondateur du christianisme à travers les écritures et les plus beaux chefs-d’œuvre de l’art occidental, ceux de Botticelli, Léonard, Rembrandt ou Gauguin.Le projet a coûté 600 000 $.En Europe, le Cerf, J’imagine le monde, Bayard Presse et CFRT ont participé à l’aventure, relayée ici-même par la maison Novalis.«Il y a toutes sortes de formules derrière cette étiquette de la coédition, mais toutes visent finalement à faciliter une forme de partenariat», précise pour sa part Pascal Assathiany, directeur général de Boréal.Sa maison collabore régulièrement avec d’autres éditeurs, surtout français.Cette année, Boréal s’est ainsi associée avec Le Seuil pour publier Soif, de Marie-Claire Blais, et avec La Découverte pour Im Fin du travail, de Jeremy Rifkin.Dans le premier cas, Boréal a fournit le manuscrit et a agi en maître d’œuvre; dans le second, les droits de traduction avaient été acquis des Américains par l’éditeur français, qui a ensuite accepté que la maison québécoise tire sa propre version.Résultat: au lieu de se vendre environ 54 $, l’édition boréalienne de Im Fin du travail coûte à peu près deux fois moins (29,95 $).Qu’est-ce qu’on dit?Merci.N’empêche, les ententes semblables demeurent marginales chez Boréal.Bon an mal an, à peine trois ou quatre ouvrages bénéficient de cette mesure de partage des coûts, des risques et des compétences, des deux côtés de l’Atlantique Nord.«C’est toujours beaucoup de travail», .explique encore M.Assathiany.«Et ce n’est pas notre mandat de rééditer des livres étrangers.» Alors pourquoi le faire de temps en temps?«Je dirais qu’en gros, nous nous servons surtout de la coédition pour exporter les livres canadiens-anglais et pour importer les ouvrages américains par.l’entremise des éditeurs français», répond le directeur général.Pascal Assathiany explique aussi que le ! Salon du livre est d’abord et avant tout une foire populaire, contrairement au monstre de Francfort, réservé aux professionnels du monde entier.Sa maison montréalaise développe les contacts avec les partenaires éventuels en d’autres lieux et surtout en d’autres temps, toute l’année en fait.«À l’ère du fax et d’Internet, on a moins besoin de se déplacer», dit-il.Tous s’entendent aussi sur une chose: en notre âge postmoderne, le métier de l’éditeur demeure artisanal à souhait.«Il faut éliminer toute confusion avec les industries culturelles, dit M.Assathiany.U monde de l’édition recoupe toutes sortes de livres.Nous, chez Boréal, nous avons un faible pour les romans, les essais, les documents.Ce ne sont pas des produits comme les autres.Il faut les aimer et les aborder avec du pif et de l'instinct.»
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