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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 1996-12-07, Collections de BAnQ.

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?Cahier spécial Cadeaux : Le temps de choisir ?LE DEVOIR V o l.I, X X XVI X " 2 S (> MONTRÉAL.U'] S SAMEDI lî T I) I M A N C II K S I) K (' K M R R K I !» D li LES ARTS Le théâtre jeunes publics, celui qui fait voyager, page B 1 LIVRES Pierre Perrault livre son «art poétique», page D 1 ?LE MONDE Le Zaïre va-t-il éclater ?Pas sûr., page A 8 I CAHIERS • I .D 7 $ + T l> s + T v i) MONTRÉAL Radio-Canada international ferme ses portes, page A 3 PERSPECTIVES Le piège du réel La sortie récente de Joyeux Calvaire, dernier film de Denys Arcand sur fond d’univers des sans-abri, a déchaîné les foudres du journal L’Itinéraire.Des ex-itinérants n’y retrouvaient pas le reflet des réalités contemporaines de la rue.On demande de plus en plus à la fiction d’être un porte-étendard, de défendre des causes, mais est-ce là sa fonction?Le réel attaque le fictif.Mais si le cinéaste avait lui-même ouvert la porte à la confusion des genres.Dans la promotion de son film, Arcand a beaucoup insisté sur l’expérience que Claire Richard, la scénariste de Joyeux Calvaire, avait récoltée dans son bénévolat auprès des sans-abri, créant ainsi des attentes que la fiction ne pouvait combler.Le fait, entreprise louable, que le lancement de Joyeux Calvaire se soit fait aux accents d’une collecte de fonds au profit de l’Accueil Bonneau et de la maison Labre a perpétué le malentendu.Si bien que certains itinérants ont cherché dans le film d’Ar-cand un écho de leur univers.En vain.I.a proportion de jeunes, de malades mentaux, etc.n’était pas représentative du réel.On peut aimer ou détester Joyeux Calvaire, les avis sont d’ailleurs partagés sur sa valeur, mais dès l’instant où l’on demande à un film d’être davantage qu’un film, c’est le droit à la fiction qui se trouve menacé.Les créateurs auraient intérêt à se dissocier dès le départ du réel, sans l’utiliser comme rampe de lancement, pour protéger à la fois leur œuvre et la réalité, en évitant de semer, même par la bande, l’équivoque.Là où un film à référence historique ou sociale devrait inviter le public à se renseigner davantage, le spectateur, de plus en plus bombardé d’images prédigérées par le regard d’un autre, entend se décharger sur lui du soin de penser.Si la notoriété d’un réalisateur est grande, on lui demande carrément de jouer un rôle d’oracle, de comprendre et de défendre des causes, d’être un phare dans la nuit.Alors qu’il n’a qu’un point de vue à offrir.Bien des films, bien des émissions de télévision se réclament du réel, s’appuient sur lui, engendrant ce flirt incestueux entre fiction et réalité.Oliver Stone tritura la vérité historique pour expliquer la mort de Kennedy dans JFK, drapé dans sa toge factice de vérité.Mais c’est son droit de créateur qu’il sabordait alors.«Le “tout vrai” s’identifie au “tout faux”», écrivait Umberto Eco dans La Guerre du faux, en parlant de l’Amérique où les frontières entre le jeu et l’illusion se brouillent.«L’irréalité absolue s’offre comme présence réelle.Le signe aspire à être la chose.» La réalité historique, si souvent mal connue, ou par bribes éparses, ne trouve sa caution populaire que dans l’image, le film, la série télé qui en traite.Bientôt on verra atterrir sur nos écrans Madonna en Evita Peron.Et la vraie Evita s’évanouira des mémoires si tant est qu’elle ait déjà connu une quelconque réalité dans la conscience collective, balayée par son clone virtuel.Même glissement de terrain quand Im Reine Margot de Chéreau s’incarna sous les traits d’Adjani dans les cinémas.Le scénario était librement adapté de l’œuvre de Dumas, elle-même considérablement éloignée de la réalité historique.C’est cette reine Margot remaquillée qui devient l’officielle, la vraie, l’unique.Le documentaire et l’information journalistique en général se révèlent déjà biaisés par le montage, le point de vue apporté, les préjugés et les partis pris d’un commentateur qui prétend détenir un haut indice de réalité.Mais quand la fiction se trouve, en outre, investie de la mission de vérité, rien ne va plus.Ni pour le réel, si tant est qu’il soit captable hors d’un immense éventail de points de vue, ni pour la fiction qui y perd son droit à l’envol imaginaire.Les frontières des genres sont tellement diffuses que le spectateur n’arrive plus à faire la part des choses.Histoire pour Histoire, il aurait été hautement souhaitable que deux filins sur les Patriotes de 1837 soient financés par Téléfilm, celui de Pierre Falardeau et celui de Michel Brault.Le fait d’avoir deux points de vue sur un même sujet aurait justement permis de cerner leur nature de regards subjectifs.Aucun des films n’aurait alors pris sur ses épaules le poids de la réalité objective qu’on lui impose.Ce doublé aurait en outre pu susciter des débats, des journées scolaires thématiques, des ouvrages sur la question, ouvrant sur une meilleure connaissance de l’Histoire, et Dieu sait que le Québec en aurait eu bien besoin.Après tout, seule la multiplication des points de vue peut rendre justice à la complexité du réel.Un film n’est qu’un film.MÉTÉO Montréal Québec V Neige s’intensi- Neige s’intensifiant fiant samedi et di- dimanche.manche.Venteux.Max: 1 Min: -4 Max: 0 Min: -1 Détails, page CIO Les frontières des genres sont devenues confuses Odile Tremblay ?-*> y -4 O Agenda.Annonces Les Arts., Avis publics.C 9 Bourse.C 8 Economie.C 1 Éditorial.A 10 Idées.Ail Livres.D 1 Le monde.A 8 Les sports.Cil Montréal.A 3 Mots croisés C 10 Politique.A 6 INDEX B 12 C 10 B 1 Parizeau sonde les cœurs au Bloc Le recours au suffrage universel des membres est remis en question PIERRE O’NEILL LE DEVOIR Loin de rejeter l’idée de succéder à Michel Gauthier à la direction du Bloc québécois, Jacques Parizeau songe sérieusement à poser sa candidature.Il évalue ses chances auprès des députés et militants du parti.Les hésitations de Tex-premier ministre devant la presse qui l’a accueilli à son retour de France jeudi, les quelques jours de réflexion dont il disait avoir besoin pour prendre une décision éclairée, ce n’était pas de la frime.De- puis le premier instant de son retour à sa résidence d’Outremont, il n’a cessé de consulter ses proches, ses anciens compagnons d’armes péquistes et bloquistes.Tout indique que son intérêt pour la chose est grandissant.Après avoir reconnu la veille que son main analysait la situation, Lisette La-pointe a pris hier le petit déjeuner avec la députée de Mercier, Francine Lalonde, candidate défaite par Michel Gauthier lors de la course au leadership du début de l’année.Toutes deux ont convenu de consacrer la journée à sonder les cœurs des bloquistes des diverses instances.Mme Lalonde a alors eu pour mission de mesurer l’état d’esprit de ses collègues du caucus bloquiste.Au cours de cette consultation, elle a recueilli du pour et du contre, tantôt un accueil très enthousiaste, tantôt l’expression d’un certain scepticisme.Mais l’exercice n’a pas permis de dégager une tendance lourde, a-t-elle expliqué au Devoir.S’il faut prêter foi aux hypothèses qui ont circulé cette semaine, le contingent des candidatures sera impressionnant.Certains noms VOIR PAGE A 12: PARIZEAU La faim des haricots Assurance-médicaments * ¦ m mmm % ^ v . !» Il A 8 —-?LE DEVOIR ?LE MONi) La crise dans la région des Grands Lacs d’Afrique Le Zaïre va-t-il éclater?Pas sûr.Lloyd Axworthy contredit Doug Young: «Non, la mission n’est pas annulée» s’avéreraient nécessaires.Selon l’officier canadien, une telle opera- 1 • A A , / H* • 1 .• , 11 /I /AO Le Canada n’a pas l’intention d’annuler la mission humanitaire de la force multinationale dans la région des Grands Lacs mais s’en remettait à la décision de la communauté internationale.Hier à Ottawa, le ministre des Affaires étrangères Lloyd Axworthy a annoncé que le comité directeur de la force se réunirait à New York la semaine prochaine pour se prononcer sur la mission.Dans une déclaration sur la situation dans les Grands Lacs, les participants au 19° Sommet France-Afrique ont invité «l’ONU et l’OUA à tout mettre en œuvre pour le déploiement de la force internationale», soulignant qu’ils sont «profondément inquiets des conséquences humanitaires de la situation».De passage à Nairobi, le lieutenant général Maurice Baril, commandant de la force multinationale, a fait part de ses dernières estimations sur les populations réfugiées dans l’est du Zaïre: il n’y a plus, selon lui, que 165 000 Hutus rwandais errant dans la région.Le général Baril a néanmoins précisé que la force multinationale — 600 soldats canadiens, américains et britanniques à Kampala — continuait ses préparatifs en cas de besoin, particulièrement dans l’hypothèse où des largages de vivres sources humanitaires, se fondant sur des témoignages à Kisangani (500 kilomètres à l’ouest de Goma), ont rapporté que de «100 000 à 400 000» Hutus rwandais convergeaient vers la capitale du Haut-Zaïre et troisième ville du pays.Enfin, les combats se poursuivent dans l’est du Zaïre, a reconnu le général Baril.La rébellion zaïroise, qui contrôle déjà les capitales nord et sud du Kivu, Goma et Bu-kavu, a assuré hier qu’elle progressait vers le nord et l’ouest.JOCELYN COULON LE DEVOIR Alors que les rebelles zaïrois de souche tutsie poursuivent leur avance à l’intérieur, du pays et que certains Etats frontaliers lancent des raids contre des guérillas basées en territoire zaïrois, certains observateurs estiment que le Zaïre est en voie de désintégration.Ils redoutent que les forces centrifuges à l’œuvre depuis plusieurs années dans les deux ou trois provinces les plus riches ne poussent à la sécession complète d’avec le pays.D’autres, comme le géographe français Roland Pourtier, pensent au contraire que l’éclatement annoncé est prématuré.Ce pays aux dizaines de tribus est une immense peau de léopard qui n’est pas encore prête à se rompre.Des forces centrifuges La situation sur place est pour le moins confuse et complexe.Mais il en est ainsi depuis l’indépendance de cette ancienne colonie belge en 1960.«Depuis sa création, le Zaïre, précédemment le Congo, est un patchwork de tribus dont on dit souvent qu’îl ne tiendra longtemps», dit Roland Pourtier, géographe à l’Université de Paris I et spécialiste de la région des Grands Lacs africains.11 est vrai que la naissance du Zaïre a été difficile.Quelques jours après la proclamation de l’indépendance, en juin 1960, la province du Katanga a fait sécession.Puis, celle du Kasai a suivi.Le chaos s’est installé dans l’ensemble du pays.Les Casques bleus ont dû intervenir.Ce n’est qu’en 1965, lorsque le colonel Mobutu a pris le pouvoir, que la situation s’est stabilisée.Cette violence qui a ravagé le pays pendant cinq ans a laissé des traces profondes.Une partie des rebelles katangais, qui s’étaient réfugiés en Angola, se sont manifestés en 1977 et en 1978 lors des deux guerres du Shaba (ex-Katanga).Leur occupation de Kolwezi en 1978 a provoqué l’intervention des parachutistes français qui ont sauvé le régime du président Mobutu.Puis, soudainement, en septembre dernier, une rébellion dirigée par Laurent-Désirée Kabila a éclaté dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu.En fait le conflit a réellement commencé en 1993 quand les Zaïrois, encouragés par les dirigeants politiques des deux Kivu, ont décidé de chasser leurs compatriotes banyar-wandas et banyamulenges auxquels ils ont dénié la citoyenneté zaïroise.L’afflux de réfugiés rwandais et burundais en 1993-1994 a exacerbé les tensions.Lorsque les affrontements ont éclaté en septembre, les soldats Malgré les forces centrifuges, un fort sentiment national zaïrois ZAÏRE tllLU téWI CENTRAFRIQUE ZAÏRE SOUDAN Kisangani O Mbandaka GABON Zone tenue par,les rebelles dÉ* R.Bukavu • ' ¦ KINSHASA Kikwit • Kananga 200 km Mmes de diamant ANGOLA Kolwezi ZAMBIE Lubumbashl AFP infographie ¦ FredGaret Etain * pétrole Or ^ (supposé) Gisements divers : cuivre, cobalt, zinc, uranium, argent rwandais se sont joints aux rebelles.Depuis deux mois, l’armée de Kabila, l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre, qui paraît disciplinée et bien organisée, a conquis Uvira, ville frontalière du Burundi, puis Bukavu et Goma, les capitales du Sud et du Nord-Kivu, qui font face au Rwanda, avant de prendre, au nord, Butembo puis Béni, voisines de l’Ouganda.La portion contrôlée par la rébellion s’étale maintenant sur plus de 500 kilomètres de long.Dans cette zone, l’Alliance installe peu à peu une administration locale qui semble en mesure d’assurer la sécurité des régions conquises, puisqu’après Goma et Bukavu, Uvira vient d’être ouverte aux organisations humanitaires.Enfin, dans la même région, l’armée ougandaise mène des raids contre des guérillas anti-Kampala basées en territoire zaïrois.L’armée zaïroise a été incapable de résister à l’offensive des rebelles tutsis et les soldats rwandais dans le Kivu.«En fait, l’armée zaïroise n’a jamais été une force en mesure de défendre le territoire national, dit M.Pourtier.En 1978, à Kowelzi, elle a été balayée par les rebelles katangais et le Zaïre a été sauvé par la France et la Belgique.» Le géographe français souligne que, depuis maintenant cinq ou six ans, cette armée est en pleine déliquescence.«Elle s’est transformée en une force de répression et parfois elle se mutine et se rebelle contre le pouvoir», dit-il.En fait, le régime ne compte que sur une garde prétorienne pour assurer sa survie.Si l’armée ne peut défendre ce vaste territoire aucun groupe armé ne peut s’en emparer.«M.Kabila ne pourra pas prendre le pouvoir en marchant sur la capitale comme il l’espère.Il faudra qu’il reçoive des appuis extérieurs puissants ou qu ’il noue des al- liances avec des mouvements intérieurs.» Ingérences extérieures Il y a bien des forces extérieures qui cherchent à déstabiliser le Zaïre en apportant leur soutien aux rebelles.Si aucun pays ne convoite officiellement une partie du territoire zaïrois, certaines déclarations ou sous-entendus laissent songeur.Ainsi, au début de la crise entre l’armée zaïroise et les Banyamulenges, le président rwandais Pasteur Bizimun-gu a déclaré que si «le Zaïre veut renvoyer les Banyamulenges [au Rwanda], qu’il nous rende aussi leurs terres», faisant ainsi référence au fait qu’une partie du Kivu était autrefois «une marche de l’ancien royaume du Rwanda», dit M.Pourtier.Pour sa part, lundi dernier, l’homme fort du régime de Kigali, le ministre de la Défense, Paul Kagame, a trouvé «hypocrites» les préoccupations occidentales sur l’unité du pays.11 a toutefois nié vouloir une révision des frontières issues de la colonisation.En Ouganda, les dirigeants ougandais observent un silence poli, mais l’armée ne ménage pas son appui aux rebelles tutsis.Du côté des grandes puissances celles-ci jouent un jeu ambigu dans la région.La presse française, alimentée par les propos de «fonctionnaires et de militaires anonymes» du Quai d’Orsay et de la Défense, laisse entendre que les Américains font tout Les forces en présence ZAÏRE ¦ Gouvernement Les Forces armées zaïroises comptent environ 30 000 militaires.Toutefois, cette armée est en pleine déliquescence et le régime s’appui sur une garde présidentielle de 7000 soldats et une garde civile de 12 000 hommes.¦ Opposition: Une demi-douzaine de mouvements révolutionnaires ou indépendantistes sont actifs dans trois régions du Zaïre.Dans l’est, les provinces du Nord et du Sud-Kivu sont actuellement contrôlées par les rebelles zaïrois d’origine tutsie de l’Alliance démocratique pour la libération du Congo-Zaïre, dirigée par Laurent Désiré Kabila.Les quelque 5000 rebelles peuvent compter sur l’aide militaire et politique du Burundi, du Rwanda et de l’Ouganda.Dans le sud, la province du Shaba (récemment rebaptisée Katanga) riche en gisements miniers, a une longue histoire de rébellions et plusieurs personnalités souhaitent sa sécession.Dans l’ouest, les provinces du Kasai oriental et occidental, riches en diamants, sont en état de quasi-rébellion face au pouvoir central.RWANDA ¦ Gouvernement L’Armée patriotique rwandais est la branche militaire du Front patriotique rwandais.Le FPR a pris le pouvoir à l’été 1994 après avoir délogé le gouvernement hutu et ses milices qui avaient procédé au massacre de quelque 500 000 Rwandais entre avril et juin 1994.L’APR compte environ 45 000 soldats qui peuvent mener des opérations d’envergure, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.¦ Opposition: Lorsque les membres des ex-Forces armées rwandaises et des milices Interahamwe se sont enfuis au Zaïre et en Tanzanie en 1994, elles regroupaient environ 100 000 militaires.Avec les combats qui font rages dans l’est du Zaïre depuis deux mois et le retour de réfûgiés au Rwanda, leur nombre est maintenant évalué à environ 30 000.Toutefois, ces forces souffrent de plusieurs handicaps: elles sont pauvrement armées, sont éparpillées et subissent le harcèlement des rebelles tutsis qui contrôlent les provinces du Kivu.BURUNDI ¦ Gouvernement: L’armée burundaise, presque exclusivement composée de militaires tutsis, compte environ 22 000 soldats.Elle est soutenue par de nombreuses milices qui gravitent autour de partis extrémistes tutsis.¦ Opposition: Les mouvements de guérilla hutus alignent, tous effectifs confondus, 8000 hommes qui relèvent principalement du Conseil national pour la défense de la démocratie (CNDD).Le mouvement est dirigé par un ancien ministre hutu, Léonard Nyangoma.OUGANDA ¦ Gouvernement: L’armée ougandaise est composée d’environ 50 000 soldats.¦ Opposition: Plusieurs mouvements insurrectionnels luttent contre le pouvoir en place.Dans le nord du pays, 2000 rebelles de l’Armée de résistance du Seigneur, un mouvement messianique, mènent des opérations sanglantes contre les forces gouvernementales.Ce mouvement bénéficie du soutien financier et militaire du Soudan.Dans l’ouest, plusieurs groupes revendiquent l’indépendance de certaines provinces qui ont des liens étroits avec les habitants du Kivu zaïrois.D’ailleurs des rebelles ougandais du Front de la rive ouest du Nil (WNBE) disposent de sanctuaires en territoire zaïrois.Dans le sud, le régime est menacé par des mouvements qui regroupent des membres de l’ethnie principale du pays, les Bagandais.Enfin, un groupe de fondamentalistes musulmans disposent de bases au Zaïre.(Ces informations sont tirées du livre Mondes rebelles, acteurs, conflits et violences politiques, de Jean-Marc Balencie et A rnaud de La Grange, qui vient d’être publié aux Editions Michalon, Paris, 560 pages.) pour empêcher la livraison de l’aide humanitaire aux réfugiés dans le but d’aider les rebelles tutsis à établir le glacis territorial que le Burundi et le Rwanda souhaitent voir installer dans l’est du Zaïre.La politique américaine, observe un militaire cité par U Monde, «a été de laisser conquérir l’est zaïrois par des élémen ts armés du Rwanda et par leurs alliés zaïrois, de sorte que le Rwanda, mais aussi l’Ouganda et le Burundi ont installé un glacis de sécurité de leur territoire national respectif en empiétant sur l’espace est-zaïrois».Washington rejette ces accusations et souligne que les États-Unis sont attachés à l’intégrité territoriale du Zaïre.Il n’en demeure pas moins que les Américains semblent avoir lâché le Zaïre et décidé de cultiver activement leurs relations avec l’Ouganda et le Rwanda.Dans une entrevue à un journal de Kinshasa, publié le weekend dernier, l’ambassadeur américain Daniel Simpson avouait que «le Zaïre n’intéresse plus les Américains».Pour sa part, après avoir été soupçonnée de soutenir les militaires rwandais en exil dans l’est du Zaïre, la France est maintenant accusée de pousser à l’intervention militaire au profit des réfugiés pour éviter qu’un «empire tutsi» ne se forme dans la région des Grands Dies et ne conduise au démantèlement du Zaïre.M.Pourtier estime que, sans un soutien extérieur massif, la guérilla de Kabila «n’a pas les moyens de franchir, à travels la dense forêt du centre du pays, les 1500 kilomètres qui séparent le Kivu de Kinshasa».Tout au plus, M.Kabila pourra-t-il tenir la région du Kivu «aussi longtemps que ses alliés rwandais et ougandais y trouveront leur compte».Éclatement prématuré Du côté intérieur, M.Pourtier remarque qu’aucun parti ne préconise la sécession d’une province ou ne prend ouvertement position en faveur des rebelles.Au contraire.Il y a quelques mois, l’opposition et le pouvoir se sont entendus pour adopter une nouvelle constitution qui posent les bases d’une III' république.«Les Occidentaux ont tort de croire qu’il ne s'est rien passé depuis 36 ans d’indépendance, dit-il.Même avec la crise et malgré le fait que des sentiments indépendantistes subsistent dans certaines provinces il y a un fort sentiment d’appartenance au Zaïre.Il est bien plus fort qu’en 1960.Il y a une culture et une identité zaïroises qui sont indéniables.Aucun parti politique ne prône le démantèlement de l’Etat.Je pense vraiment que l’éclatement annoncé du Zaïre est prématuré».De retour jeudi de la région des Grands Lacs, l’envoyé spécial de l’ONU, Raymond Ch,rétien, a souligné qu’aucun chef d’Etat de cette région «ne souhaite l’éclatement du Zaïre» étant donné que «tout ce qui pourrait déstabiliser le Zaïre aurait des conséquences néfastes sur la douzaine de pays qui l’entourent».1, duré \Afeslmount ' Tèt: 846-02b0 USD l'UOMO L Europe au ^nasc SOLDE Jusqu'à 30% Grandes tailles disponibles Lundi-Mercredi 1 Oh à 18h Jeudi-Vendredi 1 Oh à 19h Samedi Quatre candidatures officielles à l’ONU Niger, Ghana, Côte-d’Ivoire et Mauritanie présentent leurs hommes Chirac, Mitterrand, même combat / Le chef de l’Elysée exalte la continuité de la politique française en Afrique New York (AFP) — Le Niger, le Ghana, la Côte-d’Ivoire et la Mauritanie ont déposé hier au Conseil de sécurité quatre candidatures au poste de secrétaire général des Nations unies, selon des diplomates.Ces candidatures concernent le Nigérien Hamid Al-gabid, actuellement secrétaire général de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI), le Ghanéen Kofi Annan, secrétaire général adjoint chargé des opérations de maintien de la paix aux Nations unies, l’Ivoirien Amara Essy, ministre des Affaires étrangères de son pays, et le Mauritanien Mohamed Ould Abdallah, ancien représentant de l’ONU au Burundi.Plus tôt, le Sénégal avait annoncé la candidature de Moustapha Niasse.ministre des Affaires étrangères de son pays.L’ambassadeur du Cameroun à Washington, Jerôme Mendouga, était présent De source occidentale, on indique que des candidatures ont été effectivement présentées.Le secrétaire général de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), le Tanza-nien Salim Ahmed Salim, est également cité comme candidat, ainsi qu’Olara Otunnu, ancien ministre ougandais des Affaires étrangères.L’Égyptien Boutros Boutros-Ghali, secrétaire général sortant qui a fait l’objet d’un veto américain le 19 novembre, a «suspendu- sa candidature mercredi, s’esr timant -en réserve» au cas où des birdcages survenaient.Ouagadougou (AFP) — Le président français Jacques Chirac a déclaré hier à Ouagadougou que sa politique africaine se situait «dans le droit fil» de celle de François Mitterrand et de ses prédécesseurs et qu’il y avait une «continuité de la politique africaine de la France».Au cours d’une conférence de presse marquant la fin du 19' Sommet France-Afrique dans la capitale du Burkina Faso, M.Chirac a toutefois fait valoir que «cette politique s'adapte à l'évolution des choses».«Il n’appartient plus à un pays étranger à l'Afrique, quel qu'il soit, de faire de l'ingérence.Il doit faire du partenariat», a ajouté le président français Chirac.«Ixi politique que je suis est dans le droit fil de celle suivie par M.Mitterrand, qui n 'était pas fondamentalement différente de celle de ses prédéces- seurs, sous la seule réserve que chaque fois, les politiques s'adaptent», a-t-il dit.«On est passé, selon lui, d'une époque de colonisation à une époque de partenariat et de coopération.Cela ne s’est pas fait du jour au lendemain, mais avec une évolution des choses et des esprits qui a exigé en permanence des adaptations.» «Ixi France n’a pas à se substituer aux Etats», a-t-il dit, soulignant le double rôle de la France en Afrique: «exprimer la solidarité à l'égard de tous les pays africains» et «alerter en permanence les responsables internationaux dont un certain nombre sont tentés par le désengagement».Jacques Chirac a insisté sur le fait que la France était «le deuxième donneur d'aide à l'Afrique en valeur absolue après le Japon» et que l’Allemagne et les Etats-Unis se trouvent «très loin derrière».En plus des «quatre», deux autres pourraient se présenter LAGOSTINAtl IDEES %c4NOMISËZ JUSQU’À 50% SUR LA PORCELAINE,, LE CRISTAL ET LES CADEAUX DES MARQUES REPUTEES CHAQUE JOUR /L'ANNEE LONGUE Nous sommes convaincus que nos prit sont les plus bas ! 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Lli L/i lTUIIIii IT1/U3V1I LINEN CHEST Promenades de la CATHEDRALE 341-7810 Centre ROCKLAND 341-7810 les Galeries LAVAL 681-9090 Plaee l’ortobello BROSSARD 671-2202 Fragile démocratie haïtienne La misère économique mine les efforts du gouvernement Le Conseil de sécurité des Nations unies a prorogé cette semaine la mission internationale de l’ONU en Haïti, actuellement composée de 600 soldats onusiens (Casques bleus) et de 750 soldats canadiens financés par Ottawa.Mais la faiblesse de l’économie fragilise la démocratie, et ce, malgré des progrès notables en matière de droits de la personne et de liberté d’expression.Bilan à l’occasion du premier anniversaire de l’élection du successeur du président Jean-Bertrand Aristide, René Préval.JEAN-MICHEL CAROIT LE MONDE aint-Domingue — Lors de son débat préélectoral avec le candidat républicain Jack Kemp, le vice-président Al Gore avait, en octobre, vanté l’intervention américaine en Haïti, «l’une des utilisations les plus habiles de la diplomatie et de la force militaire».Pourtant, plus de deux ans après le débarquement des soldats américains, la démocratie haïtienne demeure fragile.Pour la consolider, le Conseil de sécurité des Nations unies a décidé, jeudi 5 décembre, de prolonger de six mois le mandat des Casques bleus, qui ont pris le relais des troupes américaines.Une ultime prolongation, jusqu’au 31 juillet prochain, est même envisagée.Formée à la hâte après la dissolution de l’armée par l’ex-président Jean-Bertrand Aristide, la jeune police haïtienne manque d’expérience, d’entraînement et d’équipement.Plus d’une cinquantaine de recrues à la gâchette trop facile, responsables de graves bavures qui avaient entamé la confiance de la population, ont été rayées des cadres.Des bandes d’anciens militaires disposent toujours d’importants stocks d’armes de guer-rjne re.Début no- vembre, un grave inquiétante incident, qui a fait cinq morts, a op-montée de la posé une pa- trouille de la poli-délinquance, ce à un comman- do vêtu de vert venue de olive et armé de , fusils d’assaut et la diaspora de grenades.Deux mois plus tôt, le président Bill Clinton avait envoyé en catastrophe une trentaine de gardes du corps pour assurer Ja sécurité rapprochée du chef de l’État haïtien, après la destitution du chef de la garde présidentielle, impliqué dans le meurtre d’un opposant politique.Aux actions violentes de soldats démobilisés, s’est ajoutée une inquiétante montée de la délinquance.Comme dans d’autres pays de la région, le renvoi par les autorités américaines de malfaiteurs haïtiens endurcis dans les bas-fonds de New York ou Miami a coïncidé avec l’apparition d’une criminalité plus violente.ASSOCIATED PRESS Le président haïtien, René Préval.Pourtant, des progrès notables ont été réalisés dans le respect des droits de l’homme; depuis le rétablissement de la démocratie, les journalistes travaillent librement et les manifestants ne se privent pas d’exprimer leur mécontentement dans les rues.La sanglante répression qui a fait plus de trois mille morts, durant les trois ans de coup d’État de 1991 à 1994, appartient au passé.Un passé que les défenseurs des droits de l’homme ne veulent pas oublier.Selon leur porte-parole, Chenet Jean-Baptiste, «on ne peut parler de démocratie dans un pays où l’impunité remplace la justice».Le grand défi: l’économie Le grand défi que doit aujourd’hui relever le président René Préval est économique.La grande masse de la population — l’île compte environ sept millions d’habitants — n’a toujours pas touché les dividendes du retour à la démocratie.Le chômage et la misère, qui touchent plus de 60 % de la population, poussent à nouveau les plus pauvres à s’embarquer sur de frêles embarcations en direction de la Floride, ou à traverser clandestinement la frontière avec la République dominicaine.Conscient, dès son entrée en fonctions, de l'urgente nécessité de remettre Haïti au travail, René Préval a été freiné par les exigences contradictoires des bailleurs de fonds internationaux et des parlementaires influencés par l’ex-président Aristide.Il aura fallu près de six mois d’une longue bataille parlementaire pour que députés et sénateurs votent finalement les lois de réforme du secteur public, ouvrant la voie à la privatisation de neuf entreprises nationales et au déblocage de l’aide internationale.Ia signature d’un accord d’ajustement structurel avec le Fonds monétaire international va permettre à Haïti d’obtenir des crédits à hauteur de 1,144 milliard de dollars, au cours des quatre prochaines années.Dans un premier temps, l’effort d’assainissement entrepris par le gouvernement s’est traduit par une réduction des dépenses et des emplois publics, qui a alimenté les conflits sociaux.Aux revendications salariales se mêlent, selon les autorités, les manipulations tour à tour attribuées aux partisans de l’ancien régime ou aux secteurs hostiles aux privatisations.Les «organisations populaires», nébuleuse regroupant des associations de quartiers, de jeunes et de paysans, se sont largement mobilisées contre le «plan néolibéral imposé par les bailleurs de fonds».Les privatisations n’ont cessé de constituer une pomme de discorde au sein du camp Lavalas, le regroupement qui avait porté Aristide au pouvoir en décembre 1990.Tout en s’en défendant, l’ex-président a consacré la division en annonçant récemment la création d’une nouvelle formation politique, La Famille Lavalas.Sans vouloir polémiquer ouvertement avec l’ancien prêtre dont le charisme demeure important chez les plus défavorisés, les responsables de l’Organisation politique Lavalas (OPL) ont fraîchement accueilli sa dernière initiative.Majoritaire au Parlement et représentée au gouvernement par plu-sieurs ministres, dont le premier, l’OPL s’est efforcée d’organiser la mouvance Lavalas en marge, et parfois contre l’avis, de Tex-président.Prudent, René Préval a jusqu’à présent esquivé toute polémique avec son prédécesseur.L’écho rencontré par un nouveau groupe, Initiatives démocratiques, confirme tant l’essoufflement du mouvement Lavalas que la volonté de conforter la jeune démocratie haïtienne.Intellectuels respectés en Haïti et dans la diaspora, les promoteurs d’initiatives démocratiques s’inquiètent des conséquences de la déception du peuple haïtien, qui espérait que le retour à la démocratie se traduirait par une amélioration de ses conditions de vie.La femme du maire de Paris sous examen Paris (AFP) — Le parti gaulliste RPR du président Jacques Chirac est éclaboussé par les scandales avec les mises en examen (inculpations), hier, de son ex-financière occulte, Louise-Yvonne Casetta, et de l’épouse du maire de Paris, Xavière Tiberi.Après des mois d’enquêtes, souvent entravées, des juges anticorruption ont frappé au cœur du RPR, soupçonné à l’instar des autres partis, d’avoir organisé un vaste système de pots-de-vin pour se financer.A droite, une formation centriste de la majorité, le Parti républicain (PR) et à gauche, le PC, ont aussi été visés hier par des affaires politico-financières impliquant leurs dirigeants et des entreprises.Depuis 1990, la France est en proie à ces scandales à répétition.Ils avaient frappé de plein fouet les socialistes sous François Mitterrand et joué un rôle important dans leur écrasement électoral en 1993.Escadrons honduriens à Toronto Tegucigalpa (service espagnol (le l’AFP) — Quatre anciens membres d’un escadron de la mort (le groupe 3-16) du Honduras vivant présentement au Canada ont livré les noms de présumés assassins responsables de quelque 180 disparitions, selon la juge Sonia Dubon.Cette dernière a cependant refusé de divulguer l’identité de ceux qui ont été décrits par ces quatre Honduriens de Toronto comme des préposés aux interrogatoires, aux tortures et aux exécutions.Le long interrogatoire auquel furent soumis José Barrera, Florencio Cabllero, Fausto Reyes et José Valle s’est déroulé à Toronto où un enquêteur était chargé de donner suite à une requête de la Cour suprême du Honduras.Pour Mme Dubon, les détails recueillis éclairent une «période obscure de notre histoire» sur des faits survenus il y a une décennie.Recrudescence meurtrière j en Colombie I Bogota (AFP) — 77 personnes au moins, soupçonnées I de collaboration avec la guérilla communiste, ont été I massacrées au cours des trois dernières semaines dans I le nord de la Colombie dans des «opérations de repré-I sailles» attribuées à des milices d’autodéfense de droite.I 17 civils ont été torturés puis achevés, jeudi, dans la lo-I calité de Coloso, dans l’ouest du pays, par des groupes I armés qui affirmaient qu’ils allaient libérer toute la zone I des guérilleros, de leurs sympathisants et de tous les dé-I linquants.Ce nouveau phénomène s'inscrit dans un cli- mat de violence généralisée en Colombie et fait suite à une vague d’attaques sanglantes, d’embuscades et d’enlèvements menés à la fin de l’été par la guérilla dans tout le pays.La plus meurtrière fut celle lancée le 30 août par 400 hommes des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, guérilla communiste) contre le poste militaire de Las Delicias, dans l’extrême sud du pays, où 27 soldats avaient été tués et soixante autres pris en otages.Amnistie au Pérou pour un ennemi de Fujimori Lima (service espagnol de l’AFP) — La Gazette officielle péruvienne d’hier porte mention d’une loi d’amnistie approuvée la veille par le Parlement péruvien à l’endroit du général à la retraite Rodolfo Robles Espinoza, l’un des plus durs critiques du président Fujimori.Robles est détenu depuis deux semaines par la justice militaire; son arrestation avait aussitôt été dénoncée par les organisations de défense des droits de la personne.La justice militaire accusait Robles d’injure aux forces armées; il avait tout simplement dénoncé la réapparition d'un escadron de la mort (Colina) dans les troupes; cet escadron était notamment à la source du massacre de La Cantuta où une dizaine d’étudiants et un professeur avaient été exécutés il y a quelques années.Entente sur les îles anglo-normandes Paris (Reuter) — Iœs pêcheurs normands et bretons devraient pouvoir continuer à jeter leurs filets près des îles anglo-normandes en attendant un accord entre les deux pays, a-t-on déclaré hier de source diplomatique.A la suite de «l’expiration, à la demande britannique, du modus vivendi de 1994».des représentants du Quai d'Orsay et du ministère français de l’Agriculture ont rencontré des représentants du Foreign Office et du baillage de Guernesey, précise le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.«Les deux parties ont souligné l'importance de réduire la tension dans la zone et de minimiser les risques d’incidents entre pêcheurs et garde-côtes des deux parties.Elles sont convenu qu'il était vital que tous les pêcheurs présents dans la zone fassent preuve de modération, respectent les règles techniques de préservation et de gestion en vigueur».lit-on dans ce communiqué.I-undi, une dizaine de bateaux français, escortés par une vedette des affaires maritimes de Cherbourg, avaient pêché autour de Guernesey dans la zone que les autorités locales leur avaient interdite depuis la veille.Economisez jusqu’à 50% SUR LA PORCELAINE, IA VERRERIE, IA COUTELLERIE, LES ARTICLES-CADEAUX, LES BATTERIES DE CUISINE ET PLUS ENCORE! 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Il li ! •: D I T 0 R I A L Difficile arbitrage » Jean-Robert Sans façon Le 72‘ congrès de l’Union des producteurs agricoles s’est tenu cette semaine dans une atmosphère de tension relative.Toujours aussi influents auprès des politiciens, les agriculteurs ont clairement rappelé au ministre responsable, Guy Julien, qu’il avait été nommé pour les servir: «Avec nous ou contre nous, cher ministre, mais branchez-vous!» - epuis l’adoption l’été dernier d’une loi accordant un «droit de produire» aux agriculteurs dans le but de les protéger de l’envahissement par les activités urbaines, tous attendent avec anxiété l’adoption d’une réglementation environnementale qui viendra circonscrire ce droit de produire dans les li-__________________ mites de normes environnementales plus sévères.Or, si aucun amendement n’est apporté à l’une des clauses controversées du projet de règlement à l’effet d’interdire la fertilisation d’origine animale à proximité des habitations, plusieurs agriculteurs devront cesser de produire, ou revenir aux engrais chimiques.Ils ont raison de critiquer une norme qui ne tient pas compte de ce qu’au Québec, les lots concédés du temps des seigneurs sont dessinés en longues bandes de terre -étroites, rapprochées les unes des autres.Cette réserve étant apportée, des normes plus sévères s’imposent tout de même en matière de protection de l’envi-ronnement.Les agriculteurs n’aiment pas qu’on le leur rappelle, mais les méthodes de production de plusieurs d’entre eux constituent toujours la plus importante source de pollution de nos cours d’eau.Ils n’aiment pas, non plus, se faire dire qu’ils coûtent cher aux contribuables, ce qui est pourtant vrai, malgré les compressions récentes.En moyenne, les seuls producteurs de porcs ont reçu l’an dernier quelque 25 000 $ de l’État, et certains bien davantage.On ne s’étonne pas de ce que les demandes de permis pour de nouvelles porcheries s’empilent au ministère, au grand dam des municipalités hôtes.Mince consolation de savoir que d’autres pays subventionnent leurs agriculteurs plus que nous! Quoi qu’en disent leurs représentants, la question se pose lourdement en ces temps de compressions sévères: les contribuables ont-ils à financer de leurs impôts le prix réduit du porc acheté par les consommateurs américains et japonais en même temps que les profits importants des producteurs d’ici, tout en se préparant à devoir investir pour réparer les dégâts environnementaux causés par plusieurs de ces mêmes producteurs encore irrespectueux de leur environnement?Ces «barons du cochon», comme les a déjà surnommés le ministre de l’Environnement, David Cliche, ne peuvent pas gagner sur tous les tableaux.Comme l’industrie des pâtes et papiers avant elle, l’agriculture a mis beaucoup de temps à réagir à la montée du courant écologiste.Elle a fait du chemin au cours des dernières années, beaucoup de chemin même, et plusieurs agriculteurs méritent qu’on les félicite.Mais il reste encore terriblement à faire.C’est le cas d’une bonne moitié d’importants producteurs de porcs qui, malgré l’engagement récent de leurs représentants à s’autodicispliner, n’en sont pas moins réfractaires à tout courant vert.C’est aussi le cas des producteurs de maïs, autres grands pollueurs des sols et des eaux, qui exigent de façon déraisonnable l’aide de l’État pour la création d’usines de fabrication d’éthanol.Si les riches et puissants producteurs de porc entendent poursuivre sur leur élan de croissance accélérée de la dernière décennie, ce ne sont pas quelques bonnes résolutions et une campagne de presse bien orchestrée qui suffiront à calmer les esprits de leurs voisins inquiets, mais l’investissement des centaines de millions requis pour l’entreposage et l’épandage bien dosé des fumiers et lisiers.On a beau prétendre que la production porcine est créatrice d’emplois, l’argument ne suffit pas pour excuser la surfertilisation des sols de certaines régions, la pollution des cours d’eau et les odeurs insupportables à des kilomètres à la ronde.Dans tous les pays du monde, l’agriculture a besoin de l’aide et de l’intervention des gouvernements pour survivre et se développer.Le Québec n’y échappe pas.Cela dit, aucun ministre de l’Agriculture n’a pour autant le mandat de poser en avocat des pollueurs au nom de l’économie et du développement des exportations, pas plus qu’il n’a le droit de laisser quelques grands producteurs fouiller à leur guise dans les coffres publics.Les premiers juges de l’action d’un ministre de l’Agriculture, ce ne sont pas les agriculteurs en congrès, mais les électeurs.Et jusqu’à preuve du contraire, ces électeurs tiennent à ce que leur gouvernement favorise le développement d’une industrie agricole dynamique, dans le respect intégral de l’environnement et des deniers publics.Malgré des efforts louables, l’industrie agricole a pris du retard en matière d’environnement.La raison du plus fort François i a raison du plus fort est toujours la meilleu- Lre.Frappé de plein fouet par le veto de Madeleine Albright, l’ex-représentante américaine aux Nations unies et depuis jeudi pre-[l==1I mière diplomate de la première puissance 'du monde, Boutros Boutros-Ghali est politiquement mort cette semaine, alors que sont finalement sorties de l’ombre une demi-douzaine de candidatures à sa ’succession à la tête de l’ONU.Les États-Unis ont donc eu rapidement raison du front mondial qui les avait isolés lors d’un premier vote au Conseil de sécurité, fin novembre, par 14 à 1 — leur unique voix suffisant à mettre un terme à la carrière de Boutros-Ghali.Le truc a fonctionné à merveille: en promettant comme bonbon compensatoire d’appuyer une candidature africaine — n’importe laquelle pourvu que ce ne soit pas le diable Boutros, et pourvu que cela se fasse vite —, les États-Unis ont réussi à faire oublier leur arrogant diktat Fallait-il céder aux desiderata américains pour conserver ce bonbon, quitte à paraître un peu chacal?Ou fallait-il jouer l’affrontement direct, au risque d’une très grave crise pouvant remettre en cause l’ONU elle-même?Beaucoup d’États africains se sont rapidement ralliés à la première voie.! Conservateur, libéral, pas anti-américain pour deux Bronsseau sous — n’a-t-il pas longtemps mené la diplomatie du principal allié des États-Unis dans le monde arabe?—, Boutros-Ghali était pourtant devenu, au fil de l’année 1996, la victime expiatoire d’une classe politique américaine en pleine dérive droitière, tentée par l’isolationnisme et l’arrogance.Pourquoi?Sans doute parce que, malgré sa grande modération idéologique, Boutros a tout de même incarné une ligne «tiers-mondiste» modérée — en soi inacceptable pour Washington.Par son obsession de «l’Afrique oubliée».Par ses critiques parfois maladroites sur «la guerre de riches» en Bosnie.Par son refus de suivre aveuglément Washington, notamment au sujet de la guerre israélo-libanaise du printemps 1996.Il avait alors rendu public, à la grande furie de Madeleine Albright, un document accablant pour Jérusalem.Un rapport des services secrets américains a qualifié Boutros-Ghali à’«incontrôlable et imprévisible» en tant que grand patron de l’ONU.Ce qui laissait implicitement entendre que les États-Unis préfèrent quelqu’un qui soit «contrôlable et prévisible».Parmi les quatre ou six Africains — tous inconnus du grand public — qui se sont manifestés cette semaine, qui sera l’heureux élu?Chose certaine, cet homme aura beaucoup à faire pour convaincre le monde de son indépendance réelle face à des États-Unis impériaux et ombrageux.Une politique salariale Concernant la possibilité de compressions salariales dans le secteur public au Québec, il faudrait avoir une véritable politique salariale pour les employés de l’État afin de prévenir des augmentations de salaire généreuses avant une élection ou un référendum et des réductions de salaire après une élection ou un référendum.Marc Williams Montréal, 18 novembre 1996 La culture et l’école N’en déplaise à Mme Laurin, sll est une chose qu’on n’apprend pas à l’école, ou à l’université, c’est bien la culture.Et, comme par hasard, les gens cultivés sont ceux qui se sont consacrés sans mesure à leur passion, fut-elle le nombre d’atomes d’hydrogène présents lors des trois premières millisecondes de l’univers.Inversement, un professeur qui n’éprouve que de Fennui ne transmettra jamais que de l’ennui, et les pédocrates n’y changeront jamais quoi que œ soit Louis Tanguay Montréal, 24 novembre 1996 LETTRES -?- Facturation et pauvreté Les médecins ont annoncé récemment que dorénavant, ils factureront certains services qu’ils offraient gratuitement jusqu’ici: certificats de maladie, etc.Leur objectif: maintenir leur niveau de revenu.Ils se plaignent que le plafonnement de leur enveloppe budgétaire à la RAMQ entraîne celui de leur revenu.Ce n’est pas tout à fait exact: les neurochirurgiens ont obtenu l’été dernier un déplafonnement de leur revenu, en menaçant de quitter le Québec.Quant aux autres médecins, pourquoi se plaignent-ils d’un gel de leur revenu alors que la masse salariale des autres employés du réseau de la santé, elle, est comprimée?Les syndiqués ne demandent que cela: un gel de leur enveloppe salariale! Quelle est la contribution du corps médical aux compressions dans le réseau de la santé, comparativement a tous les autres corps d’emploi?Depuis plus d’une décennie, la part des médecins dans le budget de la santé ne cesse de croître au détri- ment de la part de tous les autres dispensateurs de soins.La vraie question est la suivante: les médecins sont-ils d’accord avec l’objectif d’appauvrissement zéro pour les 20 % des citoyens les plus pauvres?Quelle contribution sont-ils prêts à faire (eux et tous ceux du quintile supérieur de revenus) pour l’atteinte de cet objectif social et sanitaire?Car toutes les études le démontrent: plus la pauvreté augmente, plus les gens sont en mauvaise santé.Jacques Fournier Montréal, 28 novembre 1996 La logique démocratique Il serait antidémocratique d’invoquer la clause dérogatoire à la Charte des droits et libertés pour imposer l’affichage en français, affirme M.Bouchard au Congrès du PQ.Pourtant, M.Bouchard se cache derrière cette même clause pour garder la mainmise des intégristes catholiques sur les écoles.M.Bouchard pourrait-il nous expliquer sa «logique» démocratique?Jean-Marc Piotte Montréal, 26 novembre 1996 A\AiNT£AM/vn À Un sauveur, pour quoi faire ?L a Chambre des communes est-elle la ligue du vieux poêle péquiste, et l’opposition bloquiste, le Sénat officieux de souverainistes en mal d’en découdre avec Jean Chrétien?C’est un curieux chassé-croisé auquel se livrent les cousins indépendantistes des deux capitales, depuis la mutinerie qui a eu raison de Michel Gauthier.On a l’étrange impression qu’il leur suffit de dénicher un sauveur instantané pour recréer la coalition qui a catapulté 54 bloquâtes à Ottawa, il y a trois ans, avec en prime le titre de loyale opposition de Sa Majesté.Mieux ou pire encore, ce messie devrait être un actuel ou ancien ministre péquiste se cherchant un nouveau «défi», ou même, tant qu’à y être, l’ex-futur président lui-même.En cédant à ses détracteurs, lundi, le successeur de Lucien Bouchard — quel est son nom, déjà?— disait que le moment était venu d’ouvrir les fenêtres et de faire circuler du sang neuf au sein du Bloc québécois.Vœu on ne peut plus approprié alors que l’avant-poste souverainiste doit se redéfinir et rafraîchir sa vocation, imprécise entre deux référendums, et alors que le statut et les privilèges inhérents à l’opposition officielle sont en train de lui glisser des mains.Si honni soit-il dans sa province natale, M.Chrétien y fait des gains, au point de jouer au coude à coude avec les bloquistes, dirigés par un chef moins connu que Preston Manning.Quand à peine une demi-douzaine de députés tirent leur épingle du jeu, la partie est facile pour des ministériels de plus en plus arrogants.La conjoncture n’étant plus celle de 1990-1993, le thaumaturge Bouchard ne faisant pas de miracles à Québec, on se serait normalement attendu — c’est la moindre des brûle de franchir.Gilles Lesage ?choses — à ce que la relève passe par la.relève, précisément, à ce que le rassembleur ait plus d’avenir que de passé et ne soit pas tout à fait à l’âge de la retraite ou de la pension de vieillesse.Non pas que l’on ne puisse être utile à 50 ou 60 ans, bien au contraire, mais des tâches herculéennes exigent de sortir des habitudes et des sentiers battus.Avec humour, le vieux soldat souverainiste Yves Michaud disait que les gens de son âge avaient «un bel avenir derrière eux».La formule est élégante et exprime une réalité dont d’autres devraient également tenir compte, s’ils veulent vraiment que le Bloc joue pleinement son rôle et que ses députés ne se transforment pas en créditâtes.corrigés et améliorés.Mais non.Alors que la semaine prend fin, de qui parle-t-on pour succéder à M.Gauthier, à la mi-mars?De M.Parizeau qui, après s’être esclaffé depuis son vignoble de Collioure, se laisse courtiser.Ne fût-ce que pour faire une frousse à son successeur, pourrait-il être tenté de le narguer depuis Ottawa?La vengeance est douce, dit-on, mais à 66 ans.c’est un pensez-y-bien.Si M.Parizeau écoute encore les sirènes, il y en a au moins un qui n’a pas attendu qu’on l’appelle pour se mettre en piste.Le ministre Guy Chevrette, quoi qu’il en dise, est déjà en campagne pour lui-même, et pour des raisons qui ne sont pas très claires.Tout le monde savait que le petit bagarreur de Joliette n’a pas digéré que son ami Bouchard le prive de son joujou comme leader parlementaire.Mais de là à faire le saut — je n’ai pas écrit le sot! — aux Communes, après 20 ans à Québec, au lieu de prendre sa retraite (commme il commençait à le confier), il y a un pas immense que, manifestement, il Mais pourquoi au juste, pour faire quoi, précisément, qui soit différent de ce que M.Gauthier tentait de faire depuis un an?Mystère et boule de neige.Cette question cruciale, si elle s’adresse d’abord à M.Chevrette, vaut également pour les autres éventuels aspirants dont les médias parlent.Qu’il s’agisse des anciens ministres Rodrigue Biron, Yves Duhai-me, Jean Garon, en effet, on évoque beaucoup leurs excellents états de service, et leur expérience, considérable.Mais qu’en est-il de l’avenir, notamment d’une opposition qui, si elle représente d’abord le Québec, n’en doit pas moins dialoguer et établir des ponts avec le reste du Canada: M.Gauthier était un bon debater aux Communes et, avec ses allures de bouncer, pouvait croiser le fer avec M.Chrétien.Sa faiblesse n’était pas là, mais dans ses autres fonctions de chef de parti et de porte-parole du Québec.La bagarre est importante, en régime parlementaire, mais elle ne suffit pas.A preuve, l’insuffisance des bloquistes dans des dossiers majeurs — des autochtones aux affaires étrangères, en passant par le tabac — pèse dans la désaffection d’un certain nombre de Québécois.En d’autres termes, outre de rééditer à Ottawa ce qu’ils font ou ont fait à Québec depuis 20 ans, M.Chevrette et les autres routiers de la ligue du vieux poêle ont quoi à offrir comme contenu nouveau et rafraîchissant, apte à redonner du dynamisme à des troupes exsangues?Un petit programme avec ça, ce ne serait pas du luxe.Les sénateurs ont-ils des idées.notoires?S’il s’incruste outre-Outaouais, le Bloc québécois devra voler de ses propres ailes et cesser d’être le cousin de l’autre qui tente de régner à Québec.Un sauveur n’est pas une panacée.Et la relève, ayant plus d’avenir que de passé, doit prendre la place qui lui revient.Vite, un peu d’air pur.Sinon, le mal de Bloc sera endémique.A PROP 0 S -?- .des taxes vertes Certains intervenants ont préconisé devant la Commission une politique d’utilisation intensive des taxes environnementales, dites taxes vertes, pour contribuer à la solution des problèmes financiers du Québec.Ces taxes ont en effet la caractéristique souhaitable de diminuer et même de s’annuler avec le temps dans la mesure où elles permettent d’atteindre les objectifs de dépollution visés.Il serait donc préférable de les utiliser pour la réduction du déficit plutôt que de financer les dépenses environnementales.Une taxe environnementale, qu’on suggère souvent d’augmenter, est la taxe sur les carburants.Malheureusement, la taxe sur les carburants au Québec est la plus éle- vée en Amérique du Nord, ce qui engendre de sérieux problèmes de contrôle aux frontières et nuit à la compétitivité des entreprises québécoises.la Commission ne peut pas s’engager dans cette voie, à moins d’une approche concertée avec nos voisins.la Commission n’en demeure pas moins convaincue de l’efficacité de certaines nouvelles taxes vertes pour inciter les consommateurs à prendre les décisions les plus souhaitables sur le plan environnemental.la proposition de taxer les véhicules de luxe sur la base de leur cylindrée constitue un bon exemple de ce type de taxe.Rapport de la Commission sur la fiscalité et le financement des services publics, Québec, 1996.LE FONDÉ PAR HENRI B0 BRASSA IE 10 JANVIER 1910 Directrice LISE BISS01ÏNETTE Rédacteur en chef BERNARD DESCÔTE AUX Vice président, finances et administration FRANÇOIS TII0ITIN Directeur de l’information CLAUDE BEAUREGARD Directeors adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU.GUY TAILLEFER.NORMAND THERIAULT Rédacteur en chef adjoint JEAN-ROBERT SANSFAÇON Directeur arlisliqne ROLAND YVES CARIGNAN 2050, me de Blenry.9* étage.Montréal ((jnébec) USA 3M9.Tél.: (5 II) 985-3333 FAIS CE g U E DOIS D1C K I) !•: v ont.I.K S S A M K I) I 7 K T I) I M A N (' Il K S I) K (' K M li 11 K I II II II A 1 I La privatisation de l’eau à Outrernont au XIX1 siècle Les leçons du passé De nos jours, on croit découvrir les vertus de la privatisation des services publics, mais il n’y a là rien de neuf.MONIQUE DESLAURIERS Présidente de la Société d’histoire d’Outremont epuis quelque temps, il est beaucoup question de la privatisation de l’eau à Montréal.L’histoire nous révèle qu’au XIX1 siècle tous les services publics que nous connaissons aujourd’hui étaient entre les mains des particuliers à Outremont — comme ailleurs sur l’île de Montréal.De nos jours, on croit découvrir les vertus de la privatisation: tout beau, tout neuf! Que le service d’aqueduc ou l’entretien des routes soient remis à l’entreprise privée n’a justement rien de neuf.En passant sur les traces déjà foulées de notre histoire, on peut peut-être en prévenir des erreurs.Depuis 1790, la Montreal Turnpike détenait par charte royale la responsabilité de la construction et de l’entretien des chemins à Outremont.Ses revenus provenaient des barrières de péage qui contrôlaient le passage des individus.En 1891, l’administration municipale de la ville d’Outremont signe un contrat avec la Montreal Island Water and Electric Supply Company pour l’acqueduc.En ce qui concerne les moyens de transport, les élus négocient tour à tour avec la City Passenger Railway, la Montreal Street Railway Company, la Montreal Park and Island Railways et la Montreal Tramway.Ces sociétés de transport privées procéderont ultérieurement à d’importantes fusions entre elles alors que la technologie passe de l’omnibus tiré par des chevaux au tramway électrique.Côté énergétique, la Lachine Rapid Company, la Montreal Gaz puis la Montreal Heat and Power se chargent d’installer la lampe à arc dans les rues et d’amener le gaz dans les maisons (l’usage de l’anglais était la règle pour les dénominations sociales à cette époque-là).Les ententes entre ces entreprises et la municipalité étaient toutes à peu près semblables.Les compagnies obtenaient des privilèges d’exclusivité qui s’étendaient sur 20 ou 30 ans afin de pouvoir amortir leurs coûts.La ville subventionnait l’entreprise et garantissait un profit de 10 % lorsque la population n’était pas assez nombreuse.De plus, des exemptions de taxes étaient accordées pendant toute la durée du contrat.i* 1 V A JltaiWLi FONDS WILLIAM MURRAY Les tramways des lignes Outremont et Amherst, à Outremont, en 1911.La ponctualité fera toujours défaut sur ce réseau et les résidants se plaindront constamment de l’irrégularité du service.D’après Histoire d’Outremont, 1875-1975, de Robert Rumilly, les compagnies ne respectaient pas leur contrat, ce qui obligeait les municipalités à des batailles juridiques coûteuses pendant lesquelles le service public continuait d’être boiteux.Il est clair que l’intérêt particulier des entreprises ne correspond pas toujours, à l’époque, à l’intérêt général.Ainsi, les entreprises refusaient de fournir un service public s’il n’était pas assez payant.Enfin, des monopoles très puissants se formaient par fusions et acquisitions, mettaent fin à la concurrence.Ces trusts contrôlaient les caisses électorales de même que le choix des candidats afin de s’assurer ultérieurement les conditions qui seraient stipulées dans les contrats.Des problèmes En 1891, Outremont signe un contrat avec la Montreal Water.Il est prévu que l’installation des tuyaux d’égout doit s’effectuer en même temps que les excavations pour ins- taller les conduites d’eau.Mises en demeure, procès: la compagnie débute ses travaux avec deux ans de retard! La Ville menacera souvent de mettre fin à la franchise au cours des années qui vont suivre.Une autre fois, malgré l’entente préalable, la Montreal Water refuse d’installer l’qqueduc sur les ruçs Bloomfield, de l’Epée et Querbes.A son avis, la population n’y est pas assez nombreuse.La ville lui rappelle quelle lui assure 10 % de profit sur ses frais, mais la société réalise plus d’argent ailleurs et reste sur ses positions.Une solution sera trouvée: les promoteurs immobiliers, à qui la lenteur à creuser les tranchées porte préjudice, offrent à la compagnie une contribution financière.De son côté, la Ville, renversant les rôles, permet à la Montreal Water d’utiliser ses excavations d’égout pour ses propres tuyaux.Les difficultés avec les compagnies de transport sont du même acabit.Malgré l’intervention de la Commission des services publics et plusieurs recours judiciaires de la part de la Ville, la Montreal Tramway fait attendre la population pendant deux ans avant de poser ses rails sur l’avenue Van Horne! La ponctualité fera toujours défaut sur ce réseau et les résidants se plaindront constamment de l’irrégularité du service dans le secteur.«The line does not pay», s’excuse la compagnie.De son côté, durant la crise, la Montreal Heat and Power cadenasse les compteurs à gaz et supprime ses fournitures à plus de 20 000 familles incapables de payer.Le quasi-monopole des services publics entre les mains d’Herbert Holt, qui préside la Montreal Heat and Power, et du sénateur Forget, qui préside la Montreal Tramway, pèse lourd sur les élections à Montréal.La privatisation peut être parfois coûteuse: la Ville d’Outremont fournit une liste de ses habitants à la Montreal Turnpike afin d’éviter à ceux-ci de payer lorsqu’ils passent chacune des deux barrières de péage situées sur le chemin de la Côte-Sain- Que cache l’invasion dans l’est du Zaïre ?Le Kivu victime de son hospitalité Le «grenier du Zaïre» saura-t-il oublier un jour Vingratitude et le mépris de ses voisins ?L PASCAL MUSULAY M U K O N D E Montréal agression dont la région du Kivu est victime dans l’est du Zaïre constitue l’aboutissement normal du plan de conquête du pouvoir envisagé par les Tutsis en Ouganda (1986), au Rwanda (1994) et au Burundi (1996).Le Zaïre (2 345 000 km2) partage à l’est des frontières avec l’Ouganda (238 461 km2), le Rwanda (26 338 km ) et le Burundi (27 834 km2).De puis longtemps, le Zaïre avait accueilli sur son territoire les ressortissants provenant de ces pays voisins.En 1959, les royalistes tutsis bénéficièrent de la largesse de l’hospitalité ki-vutienne lors de la chute du régime monarchique rwandais.En 1966, 1969,1972,1988,1991, les Barundis massacrés par les présidents tutsis Micombero, Bagaza et Buyoya furent les hôtes des Kivutiens.La dictature chancelante du maréchal Mobutu n’avait pas hésité à utiliser les réfugiés banyarwandas-tutsis comme ¦coussins de protection» de son régime en tant que Kivutiens.Certains furent des -politiciens kivutiens» à Kinshasa.D’autres ont hérité des crédits d’investissement considérables en tant qu’ hommes d’affaires kivutiens.Une occasion Tout récemment, de 1990 à 1994, les frontières de la région du Kivu ont été ouvertes une fois de plus à près de deux millions réfugiés barundis et banyarwandas, devenant ainsi le premier territoire au monde à avoir un nombre de réfugiés équivalant à un Pour la quart (deux millions) de sa population (huit millions).coalition L’Ouganda, le Rwanda et .le Burundi sont respective- tutsie, le ment dirigés par la minorité , tutsie ou -la coalition tut- moment était sie», arrivée au pouvoir par nrnnirp la force militaire à l’ère de la F h démocratisation.Cette coa- HVnvahir le lition tutsie supporte très péniblement sur ses Kivu, le épaules le fardeau de l’endettement contracté pour grenier du conquérir et maintenir ses .pouvoirs.Par exemple, l’Ou- Zaïre ganda avait contracté une dette de plus d’un milliard $ US en équipement militaire pour la période de 1989 à 1993, et depuis 1994, un quart de son budget est affecté à l’armement.Pour ce faire, la conquête d’un espace économique vital comme la ré- gion du Kivu s’est avéré indispensable et inévitable pour la survie des ambitions tutsies.Le Kivu (256 662 km2), un espace plus grand que l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi réunis, est très riche en agroalimentaire exportable (café, thé, quinquina, etc.); en mines d’or, d’étain, de wolfram, de béryllium, de tantale, de columbium et d’autres métaux en exploitation: le tourisme (plusieurs parcs avec des espèces animales et florales rares) est florissant et un réseau lacustre contenant des ressources immenses, tant en hydroélectricité qu’en technologie de pointe, était à la portée de la coalition tutsie.De plus, le Kivu bénéficiait d’une sécurité très ambiguë en ce sens que le premier contingent militaire chargé de sa protection est stationné à Ru-magabo, à 500 kilomètres de son rayon d’action, sans munitions et impayé depuis plusieurs mois.Pour la coalition tutsie, qui connaît bien la valeur économique et financière de la région du Kivu (certains Tutsis ont profité de son hospitalité et de sa générosité) et ses difficultés à assurer sa sécurité en raison de la situation agonisante de l’État zaïrois, le moment était propice d’envahir le Kivu, le grenier du Zaïre.Pour satisfaire son désir de conquête, la coalition tutsie s’appuya dans cette région sur son «devoir moral de protection» de tout Tutsi où qu’il se trouve.Ceci donna lieu naturellement à l’apparition de la campagne de victimisation des Banyar-wandas-Tutsis au Kivu, qu’on appela «Banyamulenges» pour les différencier apparemment de ceux d’Ouganda, du Rwanda et du Burundi.Excep-tionnement, le tracé colonial n’avait pas touché au noyau ethno-démogra-phique tutsi en vue d’en placer quelques-uns au Zaïre.Ainsi, les Banyamulenges, en tant que tels, ne constituent qu’un produit idéologique expansionniste de la coalition tutsie.Les «rebelles tutsis» À travers les médias, ils se présentent comme des «rebelles tutsis».Ils revendiquent la nationalité zaïroise qui ne devrait pas s’acquérir par les massacres des Kivutiens et de leurs élites.Elle s’octroie à la suite d’une demande individuelle et selon une procédure appropriée.Ils prétendent vouloir renverser leurs protecteurs, le maréchal Mobutu et sa taupe, le premier ministre Kengo, alors que ces derniers enracinent leurs pouvoirs à Kinshasa et à Gbadolite et non à Uvira, ni à Bukavu et non plus à Goma.L’occupation militaire du territoire zaïrois par la coalition tutsie lui procure «un pouvoir de fait» et non «un pouvoir de droit» sur ce territoire.Ce pouvoir lui confère la possibilité de se procurer toutes les ressources dont elle a besoin, ce qui donne lieu un pillage sans remords du Kivu.Il lui permet également d’accomplir un «génocide» de plus d’un million et demi des réfugiés banyarwandas-hu-tus en l’absence de toute présence internationale, sous le prétexte de la chasse aux génocidaires.Dès lors, il devient plus facile de comprendre le refus catégorique du Rwanda d’admettre l’intervention de la force multinationale humanitaire dans la région des combats.Au regard de ce qui précède, on peut soulever un certain nombre de questions.Le Zaïre déjà à genoux acceptera-t-il l’amputation d’un de ses membres pour s’écrouler définitivement?Le Kivu, blessé dans son amour propre par l’écoulement du sang de ses enfants, saura-t-il oublier un jour l’ingratitude et le mépris de ses voisins?te-Catherine.La somme convenue représente toutefois près de la moitié du budget de la municipalité à peine fondée.Plus tard, les divergences vont s’accentuer lorsque viendra le moment d’élargir la voie pour le passage des tramways.La Montreal Turnpike s’y oppose et la municipalité devra se résoudre à racheter des droits de péage désuets qui freinent l’évolution de la technologie nouvelle.Cette dette ne sera finie de payer qu’en 1938, soit 40 ans plus tard.L’histoire établit des liens entre le passé et le présent et sa connaissance enrichit notre réflexion même s’il s’agit de l’histoire d’une petite ville comme Outremont.Les règles qui régissent les compagnies dans leurs rapports avec les administrations publiques ont aujourd’hui évolué, mais, au moment de revenir au système de privatisation des services municipaux, peut-être faut-il songer un instant aux difficultés que rencontré; rent les pouvoirs de l’époque qui voulaient représenter les intérêts de la collectivité.Lettre au premier ministre Bouchard On ne joue pas avec la santé des démunis Les compressions ont un effet direct sur la santé des plus pauvres L'équipe des médecins et des i enseignants en médecine familiale du CLSC des Faubourgs l ous sommes un groupe dè médecins qui travaillons au CLSC des Faubourgs dans un des quartiers les plus défavorisés de Montréal: Centre-Sud .et Centre-Vi le.Devant les décisions difficiles que vous devrez prendre, nous tenons à prendre position et porter à votre attention certaines connaissances sociomédicales.En effet, nous savons que les actes médicaux que nous posons tous les jours ont moins d’effet à long terme sur la santé de nos patients que les décisions économiques que vous pouvez prendre.De nombreuses études publiées depuis une dizaine d’années ont démontré qu’au Québec comme partout ailleurs, les personnes pauvres sont plus ma- Les actes médicaux que nous posons tous les jours ont moins d’effet à long terme sur la santé de nos » patients que les décisions économiques que vous pouvez prendre lades que les personnes plus avantagées et ont une espérance de vie réduite: les enfants que nous soignons ont, dès la naissance, une espérance de vie moindre que celle de nos propres enfants.Une étude américaine récente publiée dans le British Journal of Medicine a montré, comme d’autres l’avaient suggéré auparavant, que lorsque l’écart grandit entre les très pauvres et les riches, il se produit des effets négatifs sur la santé de la population.Ces effets négatifs ne tiennent pas uniquement au fait que les pauvres ont des habitudes de vie moins favorables à la santé que les riches.Le fait même d’être pauvre dans une société a des implications négatives sur la santé et plus les personnes ont de?revenus bas, plus les effets sont manqués.Nous comprenons que vous vouliez réduire le déficit à zéro, mais les décisions économiques que vous prendrez seront implicitement les décisions concernant la santé.C’est pourquoi nous vous demandons de résister à toute mesure qui impliquerait un appauvrissement plus important des personnes appartenant aux groupes socioéconomiques les plus bas.A court terme, nous constatons tous les jours à quel point les compressions imposées depuis quelques mois aux assistés sociaux ont eu uné incidence importante sur nos patients.Des tensions artérielles, des diabètes, des psychoses mal contrôlés parce que les patients n’ont pas l’argent pour payer la paid qu’on leur demande pour leurs médicaments: de l’insécurité, de l’angoisse.Quant aux prochaines mesures, nous sommes d’accord avec le principe qu’on encourage fermement les jeunes assistés sociaux en santé à retourner sur le marché du travail mais à condition qu’on réussisse d’abord à leur créer des emplois.Dans le contexte actuel, en leur coupant les prestations, vous ne ferez qu’augmenter leur détresse et les risques qu’ils se retrouvent dans la rue.Obliger une jeune femme à se retrouver danseuse dans un bar du centre-ville parce quelle ne se trouve pas d’autre emploi n’est pas le genre d’amélioration sociale que vous souhaitez.Sortir de la pauvreté est une tâche difficile et laisser croire que les personnes pauvres sont des personnes qui choisissent la passivité est un préjugé que nous tenons à dénoncer.Par ailleurs, nous pensons que même en ces temps de compressions, il est important de penser au futur et d’investir actuellement dans des programmes axés sur la petite enfance, surtout qu’il a été démontré qu’ils étaient efficaces pour briser le cercle vicieux de la pauvreté.Nous appuyons les initiatives annoncées par Mme Marois en ce sens.(.] L’ÉQUIPE DU DEVOIR H tfn UTHIM ln„m-,lktrs -i l’information générale et métropolitaine: louis Lapiene (adjoint au directeur de l'information).Sylvain Blanchard.Paul Cauchon.Jean Chartier.Jean Dion.Louis-Gilles Franixeur.Kathleen Lévesque.Caroline Montpetit.Brian Myles.Isabelle Fan*.Clément Trudel.Serge Truffaut: I >1 IV ill nu I rs responsable des pages thématiques): Martin Dudos et Christine Dumazot (relertrurs): Jacques Grenier ct Jacques Nadeau {photographes): à l’information culturelle: Michel Bélair {responsable).Stéphane Baillaigeon.Pierre Ca>ouette.lunule des Rivieres.Louise leduc.Jean I VrreLe- , , ’ ^ ^^iirSirn i T.n économique: («Tard Bombe {adjoint au dirreteur de l'information).Robert Dutrisac.Claude Lévesque.Jean Pk hette.Claude Turcotte; à l’information internationale: Syhrane Tramier (adpnnte o» directeur de Information).François Bn.us*»au (éditorialiste).CfcSSta! à Pierre O’Neill.MaïuXiruelli, -r (eomspondante paHeme n,aire à «!*«).Mario Cloutier* Gilles lesage lone Abril' (secretaire a la rédaction).Isabelle Hartley.MariH.lau
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