Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (5)

Références

Le devoir, 1996-12-14, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
LE DEVOIR V o I- X X X VI N " 2 î) ‘2 MONTRÉAL, LUS SAMEDI 14 ET DIMANCHE LES ARTS Le Musée de la Civilisation présente un hommage au téléroman, page B 1 LIVRES L’histoire comme un roman, page D 1 I) E C E M H R E I C A II I E H S il 7 $ + T I* S + T V g LE MONDE Le coûteux élargissement de l’OTAN, page A 11 MONTRÉAL Un prix Citron pour les HEC, page A 4 PERSPECTIVES Négociations du secteur public Le bretzel européen Alors que les chefs d’État réunis à Dublin ont toutes les difficultés du monde à s’entendre sur le nouveau «pacte de stabilité économique» qui doit lier les budgets des pays de l’Union européenne, Français et Anglais n’ont pas résisté à la tentation d’ironiser sur le projet de sigle de la future monnaie unique.Les premiers ont évidemment vanté ses délicieuses rondeurs et ses courbes chatoyantes.Les seconds l’ont qualifié de bretzel européen postmoderne.On ne se refait pas! Force est pourtant de constater que, si Ton se chamaille à Dublin, l’euro est tranquillement en train de creuser son nid.Même si un échec n’est pas à exclure, le chemin de la monnaie unique semble de plus en plus irrémédiablement tracé.Selon le calendrier, les Quinze détermineront dès le printemps 1998 ceux qui répondront aux critères de convergence du traité de Maastricht (réduction de la dette et du déficit).Le l‘r janvier 1999, les parités entre les devises seront fixées à tout jamais.Ce sera l’acte de naissance de l’euro.Les nouveaux billets ne feront leur apparition qu’entre le 1er janvier et le 1" juillet 2002.En dépit des hauts et des bas de l’opinion publique, certains signes montrent que la nouvelle monnaie a déjà fait son entrée dans les esprits.Il y a quelques semaines, les clients des 500 supermarchés français se sont mis pendant 15 jours à l’euro.Au lieu de payer leur fromage de chèvre 9,95 francs le paquet de 100 grammes, ils pouvaient débourser 1,49 euro et utiliser les vraies-fausses pièces vendues à l’entrée.Les entreprises elles-mêmes commencent à se préparer.Les plus grandes ont désigné un Monsieur Euro chargé de mesurer l’impact du changement Au programme: de nombreuses modifications informatiques et de coûteux jeux d’équilibre comptable.Certaines entreprises jugent invivable la situation qui prévaudra entre 1999 et 2002, qui les obligera à utiliser en parallèle deux monnaies: une pour les marchés financiers et une autre pour les ventes au détail.Chez Peugeot-Citroën, on a suggéré de décréter «un grand big-bang» le 1er janvier 1999.Les fabricants de distributeurs automatiques ont évidemment du pain sur la planche.Certains détaillants s’inquiètent déjà d’être forcés de revoir leur liste de prix afin de préserver les fameux seuils psychologiques de 99 ou 49 centimes, dont l’effet est, dit-on, déterminant sur les ventes.Pour qu’un produit continue à se vendre 9,95 francs, il faudra peut-être en revoir la composition et les méthodes de fabrication.Des inventeurs français sont en train de plancher sur un gadget qui permettra de convertir instantanément les francs en euros.L’idée a été lancée par le président Chirac lui-même en conseil des ministres.Dans les assurances, les contrats à long terme incluent déjà des clauses excluant toute renégociation lors du changement de monnaie.La Commission européenne a fixé jusqu’aux règles qui permettront d’arrondir les sommes.Même si le magazine Stern annonce que seulement 26 % des Allemands soutiennent la monnaie unique (avec 26 % d’indécis), la préparation bat aussi son plein en Allemagne.Les multinationales ont embauché du personnel pour préparer la transition.Gerhard Fels, directeur d’un grand institut économique, déclarait au journal Die Zeit «Progressivement, l’idée se répand qu'on se trouve devant une situation incontournable.» Le retour récent des Italiens dans le système monétaire européen n’a fait que confirmer le mouvement.On discute plus des modalités de passage à l’euro que de sa nécessité.En fait, ce n’est pas le passage à l’euro qui préoccupe le plus les milieux financiers européens mais la possibilité que celui-ci soit surévalué par rapport au dollar américain, comme le sont actuellement le mark et le franc.La course est aussi ouverte pour savoir quelle position chacun occupera dans le peloton, chaque pays européen ayant intérêt à toucher au but alors que sa monnaie est au plus bas afin de favoriser ses exportations.«Pour nous, la fixation de notre niveau d’entrée dans l’euro est un problème national», déclarait l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing.Reste à se rendre à la date fatidique.L’institut monétaire européen, embryon de banque centrale européenne, estimait en novembre que «la majorité des pays de l’Union n’a pas encore atteint une situation budgétaire tolérable à moyen terme».Avec l’euro, la domination du dollar sera pour la première fois sérieusement remise en question.Les experts estiment que s’il est utilisé comme monnaie d’échange internationale selon le même coefficient d'internationalisation que le mark actuellement, il pourrait servir un jour à régler 50 % des transactions internationales.Voilà un rêve auquel les Européens peuvent difficilement résister.Christia n R io ux ?MÉTÉO Montréal Québec Neige fondante.Faible neige.Déga-Ciel variable gement dimanche, dimanche.Max: -2 Min: 0 Max: 1 Min: -5 Détails, page C 13 I N D E X Agenda.B 13 Annonces.C 12 Les Arts.B 1 Avis publics Cil Bourse.C 10 Économie.C 1 Éditorial.A 12 Idées.A 13 Livres.D 1 Le monde.A 10 Les sports.C 14 Montréal.A3 Mots croisés C 13 Politique.A 8 C’est oui sauf à la santé Les 95 000 salariés de la FAS ne veulent plus «donner» MARIO CLOUTIER DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC La Fédération des affaires sociales (FAS) tient tête au gouvernement.Représentant 95 000 travailleurs du réseau de la santé et des affaires sociales, ce syndicat affilié à la CSN allait recommander à ses membres, au moment de mettre sous presse, de rejeter la dernière proposition gouvernementale.Les 800 délégués de la FAS, réunis à Québec hier, ont eu de chaudes discus- sions durant toute la journée avant de conclure que l’offre gouvernementale est inacceptable.Tous les membres de cette fédération devront maintenant se prononcer lors de la tenue d’assemblées générales qui auront lieu en janvier.Toutefois, les quatre autres fédérations de la CSN œuvrant dans le secteur public (40 000 membres), tout comme les cinq autres centrales syndicales (CEQ, FTQ, SPGQ, SFPQ et FIIQ, qui réunissent plus de 400 000 employés), ont jusqu’à mainte- nant accueilli plutôt favorablement la proposition gouvernementale qui vise à récupérer 100 million^ sur la masse salariale des employés de l’État d’ici la fin de Tannée budgétaire et le départ de 15 000 employés d’ici juillet 1997.Sans étonner, la position de la FAS inquiète.La vice-présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, estime toutefois que ce point de vue majoritaire dans sa centrale s’explique par la situation particulière du réseau de la santé.«Dans ce secteur, les dernières années ont été très éprouvantes.Il y a eu le virage ambulatoire, les compressions.Des efforts colossaux ont déjà été faits.Ils ont raison de dire que le gouvernement agit avec mépris face aux conventions collectives.» VOIR PAGE A 12: SANTÉ Lire aussi en page A 8 • Comment on arrivera à supprimer 15 000 postes mm ' : | M't i •L'-vAM ¦f U .-i' T. Mil aH mm mm mB mm mMi mm N’oublie pas mon petit soulier.JACQUES NADEAU LE DEVOIR / LES RUES DE MONTREAL ont pris leur air des Fêtes et les familles s’arrêtent devant des vitrines à faire rêver.D’autres, comme cet homme au premier plan, entretiennent des rêves plus modestes, comme celui, sans doute, d’avoir une soucoupe un peu plus pleine.Direction des Nations unies Le Ghanéen Kofi Annan fait Punanimité La France a obtenu les assurances qu'elle cherchait JOCELYN COULON LE DEVOIR Les Nations unies auront le Tr janvier prochain un nouveau secrétaire général en la personne du Ghanéen Kofi Annan.Hier, après plus d’un mois de manœuvres diplomatiques et d’affrontements acrimonieux entre Washington et Boutros Boutros-Ghali, un consensus s’est dégagé au Conseil de sécurité de TONU sur le nom du de M.Annan qui va succéder au diplomate égyptien à la tête de l’organisation.Mardi, le Conseil de sécurité recommandera la candidature de M.Annan aux 185 membres de l’Assemblée générale qui devraient l’entériner.La nouvelle de l’élection de M.Annan a été bien accueillie aux Nations unies et dans le monde.La France, qui avait opposé son veto jeudi à l’élection du diplomate ghanéen, a finalement voté en faveur de M.Annan hier après s’être assurée que les principes de la Charte des Na- VOIR PAGE A 12: ANNAN ÉCONOMIE Inflation gestionnaire à l’université Si elles sont frappées de plein fouet par les compressions gouvernementales, les universités québécoises souffrent peut-être d’abord d’une infiatioi) gestionnaire, estime Hugues Boisvert, professeur à l’École des hautes études commerciales.Dans un essai qu’il vient de publier, L’Université à réinventer, le spécialiste en comptabilité de management lance un cri d’alarme.¦ Lire notre reportage, page B 1 ARCHIVES LE DEVOIR La consommation sans restriction de services médicaux est beaucoup plus coûteuse que le vieillissement de la population.Coûteux, les vieux ?Faux ! Une étude démontre que ce n’est pas le vieillissement de la population qui pèse sur le système de santé ISABELLE PARÉ LE DEVOIR VOIR PAGE A 12: VIEUX ombien de fois a-t-on entendu que le vieillissement de la population mènera le système de santé à la banqueroute?Dans le discours officiel, coûts de santé et personnes âgées sonf devenus le cauchemar des comptables de l’État.Or voilà un autre mythe de cette fin de siècle qui est enfin démasqué.Après avoir attribué tous les maux du système au vieillissement de la population, des démographes d’ici et d’ailleurs constatent aujourd’hui que ce facteur n’est que marginal dans le gonflement de la facture liée aux services médicaux.Les tètes blanches, longtemps soupçonnées de tenir entre leurs mains l’avenir du système de santé, sont bien loin d’avoir un tel fardeau à porter.Une récente étude de la Régie de Tassurance-maladie du Québec (RAMQ) démontre plutôt que le vieillissement de la population n’a compté que pour.0,5 % dans l’escalade des coûts des services médicaux depuis dix ans.Au banc des accusés, on montre plutôt du doigt une ex- plosion dans la consommation de services médicaux (47 %).En fait, la multiplication des visites chez le médecin et la hausse des tarifs médicaux comptent pour près de 72 % de l’augmentation des coûts des services médicaux chez les aînés durant la dernière décennie.Une étude qui bouleverse tout Ce pavé jeté dans la mare tranquille des prévisions démographiques découle d’une étude réalisée par l’épidémiologiste Marie Demers, de la Direction des affaires médicales de la RAMQ.Intriguée par des résultats obtenus en Colombie-Britannique et ailleurs au Canada, la scientifique a décidé de disséquer dans le plus fin détail les chiffres liées à la consommation de services médicaux par les personnes âgées au cours de la décennie allant de 1982 à 1992.«On partait toujours dans les médias du poids que fait porterie vieillissement de la population [sur les coûts de santé] sans que beaucoup de gens en aient vraiment mesuré l’im- t 778313000696 ;iiii On privilégie aussi le face-à-face.Téléboutique Aurore Spinetti, vulgarisatrice-née, travaille dans le magasin TéléboutiqueMc Bell de Côte-des-Neiges.Comme ses collègues, elle cerne vos besoins et s'emploie à vous traduire les nouvelles technologies, démonstrations à l'appui, quand tout ça vous semble chinois.Lorsque vient l'heure de découvrir le service Internet SympaticoMi9-2t" liU|>://ttww.iïsj. I I I E T I) I M A N (' Il E I .p> I) V.0 E M U H K I » !» « Le prix Orange aux Habitations Saint-Arabroise Pacte fiscal Un citron aux HEC Sauvons Montreal juge que le nouvel édifice est la construction la plus laide de Vannée Édifice massif, le nouvel immeuble abritant les Hautes Études commerciales (HEC) a récolté le prix Citron en insertion décerné chaque année à la construction jugée la plus laide par Sauvons Montréal.Si aucune nouvelle construction n’a obtenu le prix Orange, une mention honorable a par contre été décernée.À qui?Aux Habitations Saint-Ambroise, situées près du marché Atwater.SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR JACQUES NADEAU LE DEVOIR J»'” .J V fpp C’est pour sa piètre qualité en ce qui a trait à l’insertion dans le paysage environnant que le nouvel édifice des HEC a reçu le prix Citron de Sauvons Montréal.C> est donc l’architecte Dan Han-ganu qui, en tant que concepteur du nouvel édifice des HEC, a hérité du prix évidemment le moins recherché.Lors du dévoilement des prix en question, Dinu Bumbaru, directeur de Héritage Montréal et porte-parole de Sauvons Montréal, a souligné: «Si l'édifice et son intérieur dégustés détail après détail se classent certainement au-dessus de la moyenne toute catégorie, côté insertion dans le paysage, il en va tout autrement.Du chemin de la Côte-Sainte-Catherine ou depuis le belvédère de l'Université de Montréal, ce très luxueux oratoire dont on attend tant de miracles économiques se révèle être un hybride-étrange et massif dont on recherche la généalogie dans les centrales soviétiques et les grands navires de la flotte américaine.» En ce qui concerne les Habitations Saint-Ambroise, les membres du jury ont souligné: «Par sa petite échelle de bâtiment et celle de l’entrepreneur qui l’a conçue et construite en lui donnant une touche de modernisme, cette petite insertion pourrait ser- Le nouvel édifice des HEC vir d’inspiration à bien des constructeurs d’habitations et architectes.» Le prix Orange en rénovation est allé, au Bain Généreux.Transformé en Eco-Musée du Fier Monde, ce petit édifice situé rue Amherst, ou plus précisément sa restauration, a obtenu ce prix parce que ses responsables ont su respecter l’esprit du lieu.«Le choix des couleurs, la sobriété des matériaux, l’utilisation des espaces et la conservation des petits détails sont un hommage à la richesse patrimoniale de l’architecture que nous a léguée J.Orner Marchand, architecte du parlement d’Ottawa et de l’église Sainte-Cunégonde à Montréal.» Toujours dans la famille des oranges, la rénovation du Pavillon principal du Jardin botanique a reçu une mention honorable.Les travaux effectués ont eu «le mérite de redonner à l’extérieur de l’édifice la splendeur de son éclat d’origine [.] Les interventions à l’intérieur n’ont toutefois pas été aussi respectueuses.Un réaménagement complet a occasionné notamment la perte des laboratoires, de l’intérieur de la bibliothèque, de l’herbier et de nombreuses boiseries d’origine».Pour la première fois depuis que ces prix existent, une Orange a été accordée à une démolition.Laquelle?Les structures de béton du square Cabot, situé juste en face de l’ancien Forum.La STCUM a reçu ce prix parce que «l’enlèvement des abris et le rétablissement d’une relation directe entre les trottoirs et le square invitent les passants à y venir».Le citron de la démolition a été attribué à Hydro-Québec pour avoir mis à terre l’édifice B&B qui avait pignon rue Saint-Urbain, au sud de la rue Sainte-Catherine.Il fait place à un espace de déchargement derrière le nouveau TNM.Le prix Orange en urbanisme et aménagement est allé au Service des parcs de la Ville de Montréal pour le travail réalisé au belvédère Camil-lien-Houde.Parmi les raisons invoquées, on a retenu celle-ci: «Les buissons et la pelouse qu’on a ajoutés créent une agréable transition visuelle entre la montagne et la ville en contrebas alors qu’une rangée d’arbres sépare le belvé- dère et la promenade de la route.» Un prix Citron, et un gros, a été attribué à l’administration municipale pour sa gestion des biens municipaux.Pourquoi?«Cette année, le jury s’attriste de voir l’attitude parfois méprisante de l’administration municipale envers le patrimoine bâti municipal.Nous sommes particulièrement préoccupés par la vente de garage en cours qui met sur le marché les bijoux de famille, des bains publics du début du siècle ou la magnifique gare Jean-Talon.Cette année, la Ville a vendu le bain Hogan et le bain iMviolette sans obligation de préserver ces édifices qui sont un trait distinctif de Montréal», a conclu M.Bumbaru.Le jury de cette année était composé de Gavin Affleck, Giovanni Dio-dati, tous deux architectes, Claudine Déom, historienne de l’art, Linda Gyulai, journaliste au Mirror, Cécile Grenier, coordonnatrice, et Dinu Bumbaru.Depuis 15 ans, le gouvernement du Québec tente de régler ses problèmes budgétaires à coup de réductions salariales, de gels, de prolongations des conventions collectives, de diminutions de services A l’évidence, cette solution ne Pourquoi ne pas regardez ailleurs par exemple, du côté.des abris fiscaux, ^8||, ?du travail au noir, ?des milliards de profit des banques A problème gio SYNDICAT DE LA FONCTION PUBLIQUE DU QUÉBEC ; • ¦ MAISON Vêtements pour enfants Vous cherchez un cadeau spécial pour Noël?À la Maison Lalongé, uous trouverez un vaste choix.Lingerie - lu Aies ou ensembles sport élégants - Vêtements pour toutes occasions.Vous trouverez accueil, qualité, service.Super aubaines sur plusieurs vêlements tels manteaux hiver, survêlements, costumes de neige et accessoires.7088, Plaza St-Hubert, Montréal (Québec) (coin Jean-Talon, près du métro Jean-Talon, stationnement rue St-André) (5 14) 273-3329 SOI O LOLA SHAN MUSE , Vêtements “cocooning" 4467.rue Sr-Dcnis, '3265.rue av.Jcan-Beiaud Femme et homme * Montréal.(514) 848-9493 Laval, (5)4) 687-7101 La RIO à la rescousse de Montréal La Ville lui vendra les terrains autour du Village olympique KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR La Ville de Montréal s’apprête à vendre à la Régie des installations olympiques les terrains qui ceinturent le Village olympique pour 14 millions.Le gouvernement du Québec assurera ainsi le pacte fiscal promis pour l’année 1996.Depuis deux ans, Québec donne une aide financière à la métropole en mettant la main entre autres sur des actifs municipaux.Ainsi en 1995, la Ville a vendu l’ancien pavillon du Québec pour permettre l’agrandissement du Casino de Montréal.L’entente concernant les terrains du Village olympique, qui sera soumise aux élus montréalais lundi lors de l’assemblée t égulière du conseil municipal, devrait permettre de consolider la position de la Régie des installations olympiques (RIO) qui «projette de vendre cet immeuble [Village] prochainement par appel d'offres publiques», indique-t-on dans les notes annexées à l’ordre du jour.Actuellement, la RIO ne paie aucune taxe foncière à la Ville.En cédant les terrains du pourtour des pyramides olympiques, Montréal empocherait annuellement 1,2 million.Par ailleurs, le conseil municipal a adopté jeudi soir le budget de fonctionnement pour 1997.L’abolition du remboursement partiel de la taxe de vente (TVQ) par le gouvernement du Québec, a obligé l’administration a modifier son budget.Les dépenses demeureront au même niveau, soit 1,828 milliard, tout comme les taux de taxes foncières et commerciales.Montréal a plutôt choisi de récupérer les cinq millions en éliminant l’enveloppe prévue au paiement comptant de dépenses d’immobilisations.Il s’agit pourtant là d’un élément important dans l’analyse qu’effectuent les agences de cotations de crédit.En effet, ces agences (Moody’s et CBRS, par exemple) prennent en considération la capacité d’une municipalité comme Montréal à payer une partie de ses investissements à long terme qui nécessitent de gros emprunts.L’administration Bourque assure toutefois qu’elle utilisera un éventuel surplus (qui découle de l’obligation qu’ont les municipalités de ne pas faire de déficit) pour financer la réalisation de projets d’immobilisations.EN BREF Champion comptable agréé (Le Devoir) — Un étudiant de l’université Concordia, Patrice Ouimet, a remporté la première place au Canada (ex-œquo) lors de l’examen final uniforme (EFU) de l’Institut canadien des comptables agréés, examen qui dure quatre jours.Cet étudiant au diplôme de 21' cycle en comptabilité est le premier lauréat du Québec parmi les candidats qui se présentaient à l’examen pour la première fois.Bourses Jean-Charles Bonenfant (Le Devoir) — Vous possédez un diplôme d’une université du Québec en science, politique, histoire, droit, science économique, journalisme ou communications?La politique provinciale vous intéresse?Alors vous avez jusqu’au 31 janvier 1997 pour vous inscrire au programme de bourses de la Fondation Jean-Charles Bonenfant.La Fondation permettra à quatre jeunes d’effectuer un stage d’une durée de dix mois à l’Assemblée nationale.Les boursiers travaillent en alternance avec un député du parti au pouvoir et un député de l’opposition.Centre d’éveil artistique Jardin d’enfants Le Castelet Danse créative A Eveil musical Expression dramatique Arts plastiques INSCRIVEZ-VOUS MAINTENANT POUR JANVIER 1997 Choix de deux, trois ou cinq jours par semaine (journées fixes).Classes matinées : 8h3(> à 12h(X) Journées complètes : 8h30 à 17h30 5594.Sherbrooke Ouest (coin Mardi) , Face au parc Notrc-Damc-dc-Grâcc Informations : 485-2855 •\ « I.K I) K V ü I It .I.K S S A M K DI II K T I) I M A N (' Il K I !» I) E ( K M It It K I II !» (i M 0 N T R E A Les élèves de Côte-des-Neiges Marois sert un ultimatum à la CECM et à la CEPGM Les commissions scolaires doivent s’entendre d’ici le 20 janvier sinon une école sera expropriée La ministre Marois a décidé de prendre les grands moyens pour loger les élèves du quartier Côte-des-Neiges, à Montréal, qui sont envoyés à l’extérieur de leur quartier depuis des années.alors que deux commissions scolaires, l’une catholique et l’autre protestante, se battent pour obtenir la même clientèle francophone en progression.PAUL CAUCHON LE DEVOIR La ministre de l’Éducation exige des deux principales commissions scolaires montréalaises qu’elles s’entendent d’ici le 20 janvier prochain pour faire place aux enfants du quartier Côte-des-Neiges.Sinon, elle expropriera elle-même une école de la CEPGM (Commission des écoles protestantes du grand Montréal) afin de la donner à la CECM (Commission des écoles catholiques de Montréal).Pauline Marois déposait hier à Québec un projet de loi lui donnant le pouvoir d’obliger la CEPGM à céder l’école Coronation à la CECM.Cette procédure apparaît tout à fait exceptionnelle, et la ministre déclarait hier qu’«il y a toujours eu des conflits entre les deux commissions scolaires.J’avoue que ca ne me plaît pas beaucoup de devoir présenter un projet de loi, mais j’espère qu’elles vont comprendre que je veux qu’elles s’entendent».Le président de la CECM, Michel Pallascio, ne reconnaît pas cette mésentente.«Ce n’est pas une querelle entre deux commissions scolaires, il s’agit plutôt d’une divergence entre le ministère et la CEPGM», a-t-il indiqué au Devoir.11 faut dire que la CECM sort plutôt gagnante du projet de loi.«Nous avons ainsi un toit pour nos enfants, et c’est ce qui était important» a dit M.Pallascio.A la CEPGM, par contre, on déplorait hier le geste de Mme Marois et on se disait «outré».La ministre Marois veut mettre fin à l’interminable saga du quartier Côte-des-Neiges, alors que près de 600 élèves des écoles Saint-Pascal-Baylon et Simonne-Monet de la CECM n’arrivent pas à trouver de place dans les écoles du quartier et sont obligés de voyager plusieurs kilomètres tous les matins pour fréquenter d’autres écoles.Il y a deux semaines, la ministre Marois nommait un médiateur, Thomas J.Boudreau, qui devait lui soumettre une solution au litige après avoir rencontré les responsables des deux commissions scolaires.Dans son rapport de médiation, M.Boudreau proposait deux hypothèses, dont celle de construire une nouvelle école.Mais Pauline Marois indiquait hier que le gouvernement ne dépensera pas 4,2 millions de dollars pour construire une nouvelle école.En ce qui concerne les besoins en places dans ce quartier en pleine explosion démographique, la ministre a ajouté «qu’il faudra réévaluer la situation» plus tard.La ministre a donc choisi l’autre hypothèse proposée par le médiateur, qui implique un jeu de dominos entre plusieurs établissements.Ainsi, la ministre oblige la CEPGM à céder son école Coronation à la CECM pour loger les enfants francophones de la CECM du quartier Côte-des-Neiges.L’école Coronation, qui possède une capacité d’accueil de 550 élèves, n’en reçoit que 259 au secteur primaire et 49 au secteur secondaire.Ces élèves protestants seront déplacés dans une autre école de la CEPGM, l’Académie Shadd, un établissement de 650 places qui compte actuellement 357 élèves adultes, surtout en formation professionnelle.Ces élèves adultes seront pour leur part déplacés à l’école Marymount, qui appartient, elle, à la CECM, et qui reçoit de?élèves anglophones adultes de la CECM.A l’école Marymount, donc, on trouverait des élèves anglophones des deux commissions scolaires, forcés de cohabiter.Pour Michel Pallascio, cette utilisation de l’école Marymount, située derrière Villa Maria et à proximité d’une station de métro, ne pose «aucun problème».Il reste que la solution imposée par Pauline Marois risque de soulever la colère à la CEPGM.Dans une déclaration émise hier, le président de la CEPGM, Allan H.Butler, faisait valoir que le dépôt d’une loi nuit à la planification à la CEPGM, avec le processus de consultation avec ses parents, et ne règle aucunement le problème à long terme, puisque les prévisions de la CEPGM font état d’une augmentation de son secteur français dans les prochaines années.Pauline Marois Selon Bernard Landry Ottawa retarde la réouverture de Fusine Kenworth «Tout ce qui manque, c’est l’effort ultime d’Ottawa», soutient le ministre des Finances Québec (PC) — N’eût été de la «lenteur administrative» d’Ottawa, les modalités de réouverture de l’usine Kenworth de Sainte-Thérèse seraient déjà connues, a soutenu hier à Québec le ministre des Finances, Bernard Landry.Le gouvernement québécois, le Fonds de solidarité de la FTQ, Paccar, le propriétaire américain de l’usine, et le syndicat des travailleurs de la Kenworth ont trouvé des «solutions satisfaisantes qui pourraient faire l’objet d'une annonce décisive aujourd’hui (hier)», a précisé le ministre Landry.«Tout ce qui manque, c’est l’effort ultime d'Ottawa.» Est-ce que ce sera fait avant les Fêtes, lui a-t-on demandé?«Je l’espère», a répondu le ministre Landry.Ottawa fait languir inutilement un millier de familles, selon M.Landry.Avant sa fermeture en août 1995, Kenworth employait 850 travailleurs et assurait encore 150 emplois à des sous-contractants.Invoquant des «raisons humanitaires», le ministre Landry a téléphoné jeudi soir à son homologue fédéral, Paul Martin, pour faire bouger les choses aux bureaux des ministres John Manley (Industrie et Commerce) et Pierre Pettigrew (Développement des ressources humaines), et du député Martin Cauchon, responsable du développement régional au Québec.Le message a porté: M.Cauchon indiquait hier qu’Ottawa aurait lundi tous les documents en mains pour prendre une décision rapide, à savoir un plan d’affaires précisant le nombre d’emplois sauvés, les états financiers récents de Kenworth et la production de camions prévue par Paccar.«On gère des fonds publics», a-t-il dit pour expliquer la prudence d’Ottawa.Le plan de sauvetage de la Kenworth est axé sur les éléments suivants: ¦ un prêt de 30 millions$ du Fonds roberh ackermann,gq, JOAILLIER.GOLDSMITH 1310-540 ovenue greene westmount/qué, h3z 2b2 téléphone :(514) 939-5651 ROUNDABOUT Bagues (pour elle et lui) et pendentifs, disponibles en divers combinaisons de métaux nobles et de pierres précieuses Il y a des boucles d'oreille et des épingles TOUS NOS BIJOUX SONT CONÇUS ET EXECUTES DANS NOS ATELIERS SUR RENDEZ-VOUS r MEMBRE DU COMITE ST.-LAURENTi de solidarité de la FTQ; ¦ une subvention de 13,5 millions $ partagée par Québec et Ottawa pour la modernisation de l’usine; ¦ un programme fédéral attribuant 8000 $ par emploi sauvé chez Kenworth.Le nombre d’emplois sauvés reste à déterminer.L’embauche tiendra compte de la demande de camions lourds, un marché difficile ces temps-ci.*ovenie.'croÆ ITAUE r BOSNIE : BULGARIE 0 GRECE Va I S/" I : ! C__J ?Pays d'Europe membres de l'OTAN f"; Principaux pays candidats (Autres membres : Etats-Unis et Canada) à l'élargissement de l'OTAN AFP inlograpi 4 6 6 B 7 civil, les possibilités d’achats d’armes, l’interopérabilité du matériel, etc.Mercredi, les ministres des Affaires étrangères de l’Alliance et leurs 27 homologues européens représentant les pays qui ont signé un programme de partenariat ont approuvé un calendrier prévoyant un millier d’activités, dont une vingtaine d’exercices militaires conjoints, en 1997.Outre les manoeuvres communes, le programme prévoit une série de consultations politiques sur les questions de sécurité, économiques, scientifiques et environnementales ainsi que des activités d’information avec la diffusion de documentation de l’OTAN dans les pays d’Europe de l’Est.Le rapprochement entre l’Alliance et ses voisins d’Europe centrale passe aussi par une étroite collaboration des armées de l’OTAN et de celles des pays de l’Est en Bosnie dans la cadre de l’IFOR et prochainement de la nouvelle Force de stabilisation (SFOR).Depuis décembre 1995, 13 pays d’Europe centrale sont représentés en Bosnie et peuvent ainsi faire leurs preuves en ce qui concerne le travail en commun avec des forces occidentales et démontrer leur habileté à mener des opérations de maintien de la pane.L’expérience n’est pas toujours concluante pour certains pays, comme l’Ukraine, dont les soldats ne sont pas à la hauteur de leurs tâches.Toutefois, la plupart des contingents est-européens font des efforts considérables au sein de l’IFOR car leurs gouvernements sont conscients qu’il s’agit d’un important test avec l’adhésion à l’OTAN.Pour parvenir à remplir leurs futures obligations au sein de l’Alliance, les Etats candidats doivent procéder à une rationalisation de leurs forces militaires et une modernisation du matériel.Ainsi, le nombre de soldats doit être réduit et l’entraînement amélioré pour atteindre le niveau des militaires occidentaux.C’est ce que l’on appelle la «professionnalisation», un exercice difficile et coûteux pour des pays aux prises avec des taux de chômage élevés et des ressources limités.Du côté occidental, les membres de l’OTAN devront consentir de nouveaux investissements pour assurer la protection des futurs membres.Les coûts Selon deux études américaines, l’entrée en 1997 dans l’Alliance des quatre prétendants les plus sérieux — la Pologne, la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie — coûterait au mieux plusieurs milliards de dollars.Ainsi, la Rand Corporation évalue ce coût entre 30 et 40 milliards de dollars sur les dix ou quinze prochaines années, tandis que le Bureau du budget du Congrès place la barre de 61 à 125 milliards de dollars d’ici à 2010.Le scénario de la Rand souligne que les nouveaux membres devront débourser entre 10 et 20 milliards de dollars en plus des budgets qu’ils consacrent déjà à la défense.Celui du Congrès estime que ces budgets militaires devraient augmenter de 60 %.Il faut souligner ici que ce sont les pays occidentaux qui seront les grands gagnants de la modernisation du matériel militaire.Ce sont eux qui disposent de la tech- nologie et surtout des armes prêtes à vendre, les futurs membres ne désirant plus acheter de matériel russe.Cris et chuchotements L’élargissement de l’OTAN à l’Est ne fait pas que des heureux et cela pour des raisons diamétralement opposées.Dans un concert de cris et de chuchotements, plusieurs pays ont fait connaître leur mécontentement.Bien sûr, la Russie s’oppose à l’élargissement.Elle craint l’isolement et l’encerclement.Le ministre russe des Affaires étrangères, Ev-guéni Primakov, a indiqué mercredi que la proposition de l’OTAN de négocier une charte de coopération «ouvre la voie à des négociations très constructives».Toutefois, a-t-il ajouté, «c’est un document qui ne doit pas contenir simplement des principes généraux mais aussi des dispositions concrètes».Comme l'indique l’encadré sur les grandes lignes de cette future charte, l'OTAN est prête à faire de nombreuses concessions à la Russie pour éviter que celle-ci n’interprète l’élargissement comme une menace directe à sa sécurité.Mais est-ce suffisant pour rassurer la Russie?Dans son édition du 7 décembre, l’hebdomadaire The Economist pose la question suivante: est-ce que la Russie pourra un jour se sentir en sécurité?Le journaliste cite un diplomate perspicace qui rappelle aux Occidentaux que, historiquement, «le succès ou l’échec des accords de paix en Europe dépend de la manière dont le vaincu est traité».Il donc faut trouver une formule qui puisse rassurer la grande perdante de la guerre froide, la Russie.C’est en substance ce qu’a dit mardi le ministre canadien des Affaires étrangères, Lloyd Axworthy, lorsqu’il a recommander à ses homologues de l’OTAN d’éviter «que l’Alliance ne donne plus l’apparence d’une série de postes de commandement alignés de l’Arctique à la Méditerranée face à la Russie».Une façon de renforcer les liens avec Moscou et de rassurer les Russes est d’approfondir les relations au niveau militaire et de participer à la modernisation de l’outil de défense russe.Les Occidentaux sont conscients qu’un effondrement de l’armée russe serait une catastrophe.Dans le numéro de novembre de la Revue de l’OTAN, Chris Donnelly, conseiller spécial aux affaires d’Europe centrale, écrit qu’il «n’est clairement pas dans l’intérêt de l’OTAN que le système militaire russe se désintègre [.].En effet, cela pourrait avoir des conséquences négatives pour la sécurité des voisins immédiats de la Russie et aussi modifier radicalement l’équilibre mondial du pouvoir».Ce danger, les Etats candidats à l’adhésion y pensent constamment.C’est pour cette raison que que ceux qui pensent qu’ils ne feront pas partie de la première vague d’adhérents (les quatre cités plus haut) laissent voir leur déception.Les trois pays baltes sont profondément amers, rappelant que les troupes russes ne sont pas loin de leurs frontières et que de nombreux leaders russes n’ont toujours pas digéré leur indépendance.La Roumanie estime être en droit d’adhérer immédiatement à l’OTAN alors que l’Ukraine souligne que son territoire est un enjeu crucial de la sécurité européenne.AGENCE FRANCE-PRESSE Bruxelles — De nombreuses discussions devront avoir lieu entre les 16 membres de l’OTAN puis avec la Russie pour mettre au point un document définissant une nouvelle relation stable, permanente et transparente.Plusieurs domaines pourraient être évoqués dans le «paquet» final: ¦ Mécanisme de consultations : l’Allemagne a proposé la création d’un organisme à 17, en dehors de la structure de l’OTAN.Dans cette structure que Bonn appelle conseil, l’OTAN et la Russie pourraient prendre des décisions communes sans droit de veto sur les questions internes concernant l’Alliance.¦ Modernisation du traité sur la réduction des forces conventionnelles en Europe (CFE) : le principe en a été adopté début décembre lors d’un sommet de l’Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe (OSCE), comme le demandait L’OTAN et la Russie pourraient prendre des décisions communes sans droit de veto la Russie.Des négociations doivent s’ouvrir à Vienne début 1997.¦ Engagement de l’OTAN à ne pas déployer d’armes nucléaires dans les pays d’Europe de l’Est qui vont adhérer à l’OTAN.Un premier pas unilatéral a été franchi par l’Alliance qui a affirmé son intention de ne pas procéder à ce déploiement.¦ Installation d’officiers de liaisons russes auprès du quartier général des forces alliées en Europe à Mons (sud-ouest de la Belgique) et du siège de l’Al-lianceà Bruxelles.En échange, la Russie s’engagerait à accueillir à l’état-major russe à Moscou un représentant permanent de l’OTAN.¦ Ouverture d’un bureau d’information de l’Alliance à Moscou.Les Russes ont refusé cette demande de l’OTAN, acceptée en revanche par l’Ukraine.Jusqu’à présent, l’Alliance maintient une simple «mission d’information», accueillie à tour de rôle dans une ambassade d’un pays membre à Moscou.O ?LE CHOIX DE ELLE MACPHERSON Nouvelle CrnoteliatLcrri Femme active d’aujourd’hui, Elle Macpherson mène une brillante carrière.Succès qui va de soi de par sa personnalité lumineuse, sa beauté naturelle et son charisme.Des qualités qu’elle retrouve dans son Omega, à chaque moment de sa vie de tous les jours.«Trust your judgement, trust Oméga» - Elle Macpherson.Roger Roy Horloger Bijoutier 935, rue Lagauchetière Ouest, Montréal Siège social du CN, tél.:861-4489 •t yt (P i-i ¦:i v! À :»i > > » fl i‘l -.u i) il il r:l El El I i ARCAM Lecteur de CD iimple.Convertisseur Multi level -Delta asma- Alpha7 De la musique à tout prix! Mais ce n'est pas parce que nous vous offrons un grand choix que vous devez acheter n’importe quoi.Un lecteur de CD se choisit avec soin en fonction de la chaîne qu 'on possède ou de celle que l'on veut éventuellement se bâtir.S’il est inutile de choisir un maillon trop fort pour sa chaîne, il est aussi dommage d'en choisir un trop foible.DENON farrcuAri à 5 CD.Convertisseur Alpha.DCM-360 NAD 499 >y- ) Canruârt à 5 disques Convertisseur Bitstream.NAD-515 6 49 SONY Lecteur de disque compact de type carrousel a s CD.CDPCE-joi; C 9 bonnes raiôonà d'acheter chez Fitlion) Service con&eil pour voua orienter ver a le meilleur achat.LivraiAon.inAtallation et démonAtration à domicile sratuiteA.Réparation ou remplacement en coa de défaut de fabrication Service d'aide et de dépannage par téléphone.Centre de réparation Aur place avec technicienA qualifiés Prêt d appareil à noA client a en coa de panne Garantie du meilleur pnx.4 AalleA de démonAtration audio vidéo.Ouvert le dimanche YAMAHA Carrousel à 5 CD Système de chargement -Play X change-CDC-ççç « 299s « 249s 5730.rue Sherbrooke £&t Près du metre Cadillac 254 6041 www.fjillion.qc.ca ¦« On connaît la muAique.»- A 12 I, K l> E V OIK.I, K S S A M K I) I II K T l> I M A N U II K I 5 I) K 0 K M II II !• I I) il li E I) I T 0 R I A L Ni proche du monde, ni forte dans le monde Michel Venue La suppression de 1699 emplois à Radio-Canada annonce moins une baisse de la qualité des émissions qu’un repli de la société sur Toronto et Montréal, au détriment des régions et dans l’insouciance de son rôle international.Ni proche du monde, ni forte dans le monde, que restera-t-il du mandat original de Radio-Canada?Et qui voudra payer pour ça?L e p.-d.g.de la société Radio-Canada, Perrin Beatty, n’a pas fait de cachotterie sur son parti pris: «Nous allons réduire la proportion d’émissions produites localement à l’intention des auditeurs locaux, puisqu'il est essentiel que nous protégions la qualité de nos émissions nationales.» Ainsi, si la société ne ferme aucune station locale, «ce sont les émissions locales en région qui seront le plus sérieusement touchées».Ce choix n’est pas anodin.Privée du tiers du budget qui lui est alloué par le gouvernement fédéral, la société préfère consolider sa tête que sa base.Le choix est politique.Il reflète une certaine vision de la société d’Etat et de son mandat.Cette vision est sans doute bien illustrée par ce slogan que l’on entend sur les ondes de la chaîne de langue française: «le réseau national».Comme s’il était possible, à partir de Toronto en anglais, de Montréal en français, de rendre compte de la diversité de la réalité canadienne.Un francophone de Vancouver ne peut pas se reconnaître dans la grille-horaire de Radio-Canada.Jusqu’aux lieux Qu’est devenue la mission imite TQS.L’information nationale et internationale doit demeurer une des marques de commerce de l’information à Radio-Canada.Mais une télévision publique ne peut pas, justement, se couper du public en s’éloignant de lui.Local peut fort bien rimer avec qualité.En centralisant la production, Radio-Canada risque de s’éloigner des populations qu’elle dessert et d’accélérer le mouvement de désertion qui l’afflige, surtout au Canada anglais où CBC n’attire plus, aux heures de grande écoute, que 12 % de l’auditoire.À terme, la télévision publique est menacée de perdre toute pertinence, sauf pour une élite.C’est un cercle vicieux qui guette la société d’Etat.Moins d’argent, moins d’émissions locales, moins d’auditeurs, moins de soutien populaire, moins d’argent provenant des fonds publics.À l’autre extrême du spectre, les événements des derniers jours entourant le sort de Radio-Canada International ont révélé l’insouciance avec laquelle les autorités fédérales aussi bien que la direction de Radio-Canada traitent le rôle de la radiodiffusion canadienne à l’étranger.Le sauvetage ambigu et in extremis de RCI, un deuxième en deux ans, n’est pas très convaincant.Cette manière de se faire prier, deux années de suite, pour gratter quelques fonds de tiroir afin d’éviter d’action des téléromans, le choix des équipes de hockey, sans parler de l’heu- de Radio-Canada ?que ne s’éteigne «la voix du Canada à re de diffusion des matchs, le contenu l’étranger», c’est une honte.Tout ça du bulletin d’information de 22 h, tout pour 16 millions de dollars.Tandis est fabriqué pour servir avant tout un auditoire qué- qu’Ottawa dépense le double pour des drapeaux.bécois.Aux autres, il restait une part congrue dans la programmation, elle-même menacée par les dernières compressions.Par exemple, à terme, le bulletin d’information de 18h risque d’être le même, au réseau français, pour trois provinces de l’Ouest.Comme si les nouvelles locales de Winnipeg intéressaient quelqu’un à Regina.Le même problème frappe le secteur anglais.Les émissions vont provenir de plus en plus de Toronto.Pour une personne qui habite Victoria, l’information diffusée par la station de télévision locale de Portland, Oregon, est souvent bien plus pertinente.Déjà, aux heures de grande écoute, CBC rejoint à peine 12 % de l’auditoire au Canada anglais.En -R' s’éloignant encore davantage de son public, comment CBC peut-elle croire freiner la fuite des auditeurs?Quand va-t-on en finir avec cette idée que la diffusion d’un reportage sur la pêche au homard au Nouveau-Brunswick, à l’intention des auditeurs de Saskatoon, va favoriser l’unité nationale?H n’y a qu’à constater le succès des chaînes spécialisées et des réseaux privés qui mettent l’accent sur l’information locale pour se rendre compte de l’importance de la proximité dans le choix d’un réseau par les auditeurs.Le succès de TVA, qui attire près du double de l’audience de Radio-Canada aux nouvelles de 18h, n’est-il pas en grande partie attribuable à ce facteur de proximité?Que dire de TQS qui s’accapare une part de plus de 20 % de l’auditoire à la même heure avec un bulletin entièrement consacré aux nouvelles locales?Certes, personne n’attend de Radio-Canada qu’elle Plus de 90 pays dans le monde offrent un service semblable.Les Pays-Bas, d’une taille comparable, y consacrent quatre fois plus d’argent qu’ici.Et encore, ce n’est rien à côté des 105 millions de la France, des 360 millions de la Grande-Bretagne, des 630 millions de Voice of America.Le ministre des Affaires étrangères Lloyd Axwor-thy a promis d’intégrer RCI dans une nouvelle Stratégie internationale d’information sur le Canada pour lui garantir un financement à plus long terme.Il est curieux que le ministre songe tout à coup à cette solution.Le 6 décembre, il expliquait dans un discours la teneur de cette stratégie fondée sur l’usage des technologies de l’information pour accroître l’influence et la visibilité du Canada dans le monde.Et RCI ne faisait pas du tout partie des plans.Quel revirement en six jours! Il va sans dire que la mise sous tutelle de RCI soulève des questions sur l’indépendance de ce service d’information.En terminant, rappelons que Jean Chrétien avait promis en campagne électorale un financement stable et durable pour Radio-Canada.Une autre promesse brisée.Soulignons que le coût de Radio-Canada per capita est parmi les plus bas pour une télévision publique d’un pays industrialisé: 32,19 $, contre 60 $ en Grande-Bretagne ou 56 $ au Japon.Si la société d’État peut continuer à faire très bien avec des moyens réduits (c’est vrai qu’elle souffrait d’embonpoint), l’ampleur des compressions force tout de même à se demander ce qu’il restera de son mandat.Les dirigeants actuels ont l’air d’ailleurs de se le demander eux-mêmes.Sommes-nous ethnocentriques ?Je constate que l’annonce de la ministre Marois d’augmenter, voire de doubler les frais de scolarité pour les étudiants étrangers, intéresse peu les médias et je soupçonne même l’opinion publique d’être en faveur de cette mesure impulsive.Après tout, il est tellement plus facile de trouver un bouc émissaire que d’oser se regarder dans la glace et constater notre manque de vision.On oublie que les étudiants étrangers, au nombre de 10 000 au Québec, constituent une population importante pour nos universités québécoises et pour le rayonnement du Québec.Il est faux de penser que ces étudiants sont un irritant pour notre économie.Rappelons que ceux-ci contribuent annuellement 100 millions de dollars et plus à l’économie provinciale.L’augmentation des frais de scolarité proposée est une solution qui échouera puisqu’à plus ou moins long terme, les étudiants étrangers quitteront le Québec.Sommes-nous donc devenus si ethnocentriques?J’en suis gênée.Claudette Fortier Coordonnatrice Bureau des étudiantes et étudiants étrangers, Université Concordia Montréal, 6 décembre 1996 Une scène risible Maurice Tardif se tire dans le pied en déblatérant contre les «lettres» (Le Devoir, 5 décembre 1996), et la scène est risible.Ce professeur en «sciences» de l’éducation, qui voudrait bien répliquer aux critiques de Jean Larose concernant lesdites «sciences», n’a pour ce faire d’autres ressources que son mépris de ce qu’il croit être les lettres.Je lui ferai donc noter qu'à LETTRES -?- l’Université Laval (où il enseigne!), la faculté des lettres rassemble 27 programmes dont les suivants: archéologie, géographie, linguistique, histoire, journalisme, traduction, communication publique, littérature, ethnologie du Québec, anglais, théâtre, archivis-tique.Or, ces disciplines constituent aux yeux de M.Tardif le «gras» dans lequel il faut couper.Et il demande: «Les contribuables savent-ils que des milliers de professeurs de lettres, herméneutes, structuralistes, sémioticiens, romanciers formalistes, linguistiques génératifs (sic), grammairiens stériles, pamphlétaires haineux et sans idées, poètes salariés et autres astrologues de la Lettre, coûtent une véritable fortune au trésor public?» Cette énumération, qui met en vrac, et sur le même plan, courants de pensée, disciplines, méthodes et théories, relève de la pire grossièreté d’esprit M.Tardif devrait savoir la pertinence de questionner les textes, le discours social et tout le langage humain.L’université place ce questionnement sous le signe de la rigueur et permet sa continuité.Aussi, les professeurs de lettres, qui détiennent et entretiennent un savoir précieux, ne méritent pas qu’on méprise leur travail.Moi qui me sens plus ou moins solidaire des propos de Jean I .arose, je trouve dommage qu’un représentant du monde de la pédagogie, en nous montrant son ignorance et sa bêtise, vienne en quelque sorte lui donner raison.Nicolas Houde Étudiant en linguistique Québec, 6 décembre 1996 LP4 a raison ! \jî nivellement par le bas pratiqué par le système d’éducation québécois entraîne une perte de temps considérable et irrécupérable pour les jeunes d’aujourd’hui.La capacité intellectuelle et créative des enfants est sous-exploitée au Québec.Cela engendre un retard culturel qui aura un impact social et politique à long terme.De quelle façon arrive-ra-t-on à une indépendance politique si la majorité des citoyens ne possèdent pas une connaissance suffisante de leur passé historique?Comment ces mêmes personnes seront-elles en mesure de constater le dirigisme idéologique pratiqué par l’élite sociale, si elles n’ont pas été habituées à la réflexion par des cours de philosophie ou de littérature?J’appréhende les accusations d’élitisme.Il y aura alors erreur sur la personne.Il y a élitisme lors d’exclusion d’un groupe au profit d’un autre.M.Gratton (Le Devoir, 5 décembre 1996), que j’appuie, reprochait au système d’éducation de considérer la jeunesse québécoise intellectuellement faible.D’où le nivellement par le bas.Nous ne cherchons pas à diviser la clientèle scolaire entre les performants et les non-performants.Nous croyons en la capacité de la majorité de la population à intégrer une certaine connaissance culturelle.Ainsi, les élèves, étudiants, se sentiront plus stimulés, plus valorisés, l’impression de perdre leur temps à l’école cédera la place à l’enthousiasme, et en prime nous assisterons à la chute du taux de décrochage scolaire.De plus, ces jeunes seront davantage en mesure d’évaluer l’impact des enjeux politiques, sociaux et culturels lorsqu’ils auront atteint leur majorité.J’implore Mme Marois et ses acolytes de faire en sorte que leur système d’éducation ne permette plus à des professeurs d’éducation physique d’enseigner l’histoire, comme ce fut le cas à l’époque où LP4 et moi étions sur les bancs de l’école.Julie Guyot Étudiante à la maîtrise en histoire, UQAM Montréal, 5 décembre 1996 Au BLOC»»' aaam )> m w (rAfcVoTrt L’insoutenable légèreté d’un maire P our la deuxième année consécutive, un grand nombre de partisans du maire Pierre Bourque viennent de payer une amende pour avoir contribué illégalement au financement du parti municipal Vision Montréal.Au pouvoir depuis deux ans, le maire lui-même n’est pas au bout de ses peines.On attend incessamment un rapport du Directeur général des élections du Québec sur des allégations impliquant nommément M.Bourque.Quand des constats d’infractions avaient été émis la première fois par M1' Pierre-F.Côté, M.Bourque les avait attribués à des «erreurs de jeunesse» et s’en était excusé.Pourtant, on a appris depuis que, dès la formation de son parti, au printemps 1994, M.Bourque lui-même, ainsi que ses collaborateurs et organisateurs, avaient eu droit à des séances d’information sur la loi relative au financement des partis politiques.Toutes les explications utiles leur ont alors été fournies quant aux complexités de la loi, sa transparence et sa rigueur.Calqué sur la loi adoptée par le gouvernement péquiste, il y a près de 20 ans — et dont René Lévesque était si fier, à juste titre —, le financement des partis municipaux obéit sensiblement aux mêmes règles que les partis provinciaux: seules les personnes (et non les entreprises) peuvent contribuer, les dons sont plafonnés, ils doivent être comptabilisés et rendus publics.Au Québec, les partis s’en accommodent assez bien depuis 1978.Il en est généralement de même sur la scène municipale.Qu’il y ait des failles et des carences, que des entreprises contournent la loi en contribuant secrètement pour leurs employés, on ne saurait le nier.Mais ce sont ces faiblesses qu’il faut relever et réprimer, sans remettre en question l’utilité de la loi et la nécessité des contrôles que sa mise en œuvre requiert Gilles Le sage Or, après avoir admis ses «erreurs de jeunesse» lors de la formation de Vision Montréal — il faut bien que jeunesse se passe —, on se serait attendu à ce que les infractions soient moins nombreuses pour l’année suivante.Or, pour 1995, ce fut le contraire, au point qu’un nombre record de constats d’infractions ont été émis, aussi bien contre le parti du maire que contre des donateurs et des solliciteurs.Cette fois, selon l’explication officielle, il s’agit d’une suite logique d’erreurs techniques.Un peu léger comme réaction, n’a pu s’empêcher de railler le Directeur général des élections.«Une suite logique de quoi?De leur égarement?se deman-?de M1' Côté.Si, en 1994, il s’agissait d’une erreur de jeunesse, on peut penser que c’est maintenant une erreur d’adolescence.J’espère qu’ils vont atteindre la maturité.» En attendant, l’âge ingrat perdure.Car, plutôt que de reconnaître les erreurs de ses partisans et, qui sait, peut-être même les siennes — faute avouée, n’est-ce pas.—, M.Bourque en ajoute, s’enferre et récidive.Plutôt que de s’engager à respecter la loi désormais, et à exiger que ses alliés en fassent autant, il souhaite que l’héritage de M.Lévesque soit modifié.Et pourquoi donc?Pour que les entreprises privées puissent contribuer au financement des partis politiques.Incroyable, mais vrai.Pris à partie par plusieurs à cet égard névralgique — y compris par le ministre Serge Ménard, qui se fait quant au reste le défenseur de l’intégrité du maire de sa Métropole —, M.Bourque a tenté de s’expliquer.Mais il ne convainc personne.Il reconnaît les principes de base de la loi de M.Lévesque, «un outil extraordinaire mis au service de la démocratie politique», mais il voudrait qu’on en simplifie les modalités de mise en œuvre.Ce que cela veut dire au juste, lui seul le sait.Mais il semble tenir pour acquis que, comme la loi est enfrein- te, non seulement à Montréal mais; dans d’autres villes, mieux vaudrait! en atténuer la rigueur.Comme si, parce que des automo-j bilistes grillent des lumières rouges, ; il était préférable d’éliminer les feux ! de circulation, plutôt que de sanctionner les infractions.Insoutenable légè-r reté d’un maire, dont on se demande, chaque jour, même dans la capitale, : ce qu’il est allé faire dans cette galère.Remarquez qu’il n’est pas seul à; rendre ainsi hommage à M.Lé-: vesque, du bout des lèvres, tout en souhaitant des adoucissements à une loi jugée trop rigoureuse.Ainsi, commentant un dossier accablant, publié récemment dans Le Journal de Québec, la mairesse de Sainte-Foy opine qu’il y a «un peu de tartufferie» dans le financement des partis politiques.Ça donne bonne conscience, mais c’est un peu enfantin, précise Andrée Boucher.«Je suis convaincue que la loi n’empêche pas les professionnels de contribuer.» Dans la même veine déprimante, l’ancien député Jean-Guy Lemieux (qui aspire à déloger le maire de Québec, l’an prochain) croit que la loi actuelle crée «beaucoup d’hypocrisie» eti; que mieux vaudrait permettre les ; contributions des corporations etjj! autres entreprises.On constate donc qu’il est plus faci-ji le d’adopter des lois que de faire évofi! luer des mentalités et de modifier des règles de conduite.Même après 20, ans, alors que l’on se plaît générale,-; ment à célébrer les fleurons québécois quant au financement populaire! des partis, les pratiques désuètes, lesr traditions ancestrales ont encore de$j adeptes, hélas.vu Car c’est de cela qu’il s’agit en fait.; Plutôt que de colmater les brèches et; de traquer les finauds, on veut élargir^ les trouées et récompenser les rusés! récalcitrants.Aberration, quand tu noys tiens! À ce compte pitoyable, les erreursi : d’adolescence risquent de se propari ger.Un citoyen, un vote?Non, un dollar, un vote! sbc Puisque l’exemple vient de la Mén tropole, avançons en arrière, et aussi bien tout blanchir.¦ A P R 0 P 0 S -?- .des jeunes adultes et de l’aide sociale •>SB OU) En juin 1996, on comptait à la sécurité du revenu, 43 594 jeunes de 18 à 24 ans aptes et disponibles à travailler et 37 459 jeunes adultes de 25 à 29 ans dans la même situation.L’ensemble de ces jeunes constituait 28 % des adultes aptes et disponibles à travailler.Parmi ces jeunes, 58,6 % n’ont pas atteint le niveau de la cinquième année du secondaire, 21 % ont atteint la cinquième année du secondaire ou ont dépassé ce niveau, étant inscrits en formation professionnelle au secondaire.Finalement, 8,6 % des jeunes ont complété une année ou plus au niveau collégial et 4 % au niveau universitaire.Pour une cohorte de jeunes de moins de 21 ans et ayant', eu recours à la sécurité du revenu en 1983, on constate dix>: ans plus tard que 49 % ont quitté la sécurité du revenu sans y revenir, 33 % ont des présences intermittentes et 18 %,;> une présence continue.) Le mauvais état de santé et la faible scolarisation sont les principaux motifs de la présence prolongée de ces jeunes à la sécurité du revenu.La Réforme de la sécurité du revenu, document de consultation, gouvernement du Québec, 1996.LE DEVOIR F 0 X D É PAR E N R I B0URASSA LE 10 JANVIER 1910 Directrice LISE BISSONNETTE Rédacteur en chef BERNARD DESCÔTE AUX Vice-président, finances et administration FRANÇOIS THOUIN Directenr de l’information CLAUDE BEAUREGARD Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, GUY TAILLE FER.NORMAND THERIAULT Rédactcnr en chef adjoint JEAN-ROBERT SANSFAÇON Directeur artistique ROLAND-YVES CARIGNAN 2050.rne de Blcnry.9' étage, Montréal (Québec) USA SM9.Tél.: (51 4) 985-3333 FAIS CE QUE DOIS I.K I) E V 0 I It .I.K S S A M E I) I II E T I) I M A N (' Il E I I) E (' E M It It E I !» !» (i A 13.La charge de Jean Laro-se contre les sciences de l’éducation, publiée dans la page «Idées» du 23 novembre dernier, a suscité plusieurs réactions.Comme il est impossible de publier tous les textes reçus, nous en avons choisi trois parmi les plus représentatifs.IDEES ARCHIVES, LE DEVOIR La tâche des enseignants au secondaire est de plus en plus complexe, wÊ&rr: '.«Mm ¦ BQ '**&**.r • Répliques à Jean Larose.et à ses détracteurs 1 it i Le refus de la substance Les adversaires de Jean Larose refusent de discuter des questions de fond qui confrontent le monde de l’éducation GILLES MARCOTTE Professeur émérite Université de Montréal aurice Tardif emploie vraiment, dans sa réponse à Jean Larose, les procédés les plus douteux de la rhétorique argumentative: ¦ Le procès d’intention.Si Jean Larose s’en prend aux sciences de l’éducation, c’est qu’il veut préserver les emplois des professeurs de lettres.¦ Le retour à l’envoyeur.Il se passe peut-être des choses regrettables dans les facultés des sciences de l’éducation, mais dans les facultés des lettres, c’est bien pire.Exemples suivent: «romanciers formalistes», «grammairiens stériles», «poètes salariés», etc.Pourquoi pas un raton laveur, comme dans le poème de Prévert?Il y a plus grave encore: les professeurs de lettres sont coupables de dilapider des fonds publics qui pourraient aider à nourrir les enfants des écoles.Affameurs d’enfants!.¦ La bonne vieille injure.La plus grossière sera la meilleure: «fou furieux», par exemple.Voilà qui cloue le bec à l’adversaire.C’est éblouissant.J’espère, pour l’honneur des sciences de l’éducation, que tous les membres de la profession ne partagent pas ce que je n’ose appeler les idées de Monsieur le professeur Tardif.Mais sa réplique, si déplorable qu’elle soit, n’en demeure pas moins intéressante par ce qu’elle révèle des enjeux profonds de la discussion.Si M.Tardif est possédé d’une telle rage, s’il emploie des arguments si pauvres, ce n’est pas, j’en suis très profondément, très intimement convaincu, parce qu’il craint de perdre son poste universitaire.Ce qu’il refuse, mais là avec une obstination totale, c’est d’entendre un discours sur la substance.Or ce refus ne se manifeste pas que dans le domaine de l’éducation, bien qu’il produise là des effets particulièrement pernicieux, mais, sous des formes diverses, il stérilise presque tous les débats qui touchent le présent et l’avenir de notre société.En ce qui concerne l’éducation, la composition même de la commission Bisaillon disait tout ce qu’il fallait savoir; son rap- port ne pouvait qu’éluder les questions de fond.Ecoutez les discours sur la langue; ils sont le plus souvent d’une pauvreté linguistique navrante et ne font qu’exiger des règlements.La culture?On ne veut parler que d’institutions culturelles.Quant à l’avenir global de notre société, on s’intéresse beaucoup, énormément, passionnément, aux moyens qu’il faudra prendre pour l’assurer, mais sur la substance même, sur ce que pourrait, ce que devrait être cette société — ou cette nation, ou ce pays, comme vous voudrez —, motus et bouche cousue, c’est ce dont il importe de ne pas parler.Or voici quelqu’un qui, dans une langue et avec une force de pensée que ses adversaires devraient lui envier, s’ils pouvaient les reconnaître (mais le peuvent-ils?), ose proclamer qu’une telle attitude est suicidaire.Je ne reviendrai pas sur ce qu’il dit des sciences de l’éducation, de la conception assez ridicule qu’elles se font de leur caractère scientifique, de la façon dont elles imposent leur loi à tout le système d’éducation; ces choses-là, beaucoup le pensent sans oser le dire ouvertement D’ailleurs, quelques éminents spécialistes de la pédagogie, comme Bernard Jasmin, récemment, dans les pages du Devoir, et Gaëtan Daoust il y a plusieurs années déjà dans Prospectives {«L’homme des sciences de l’éducation existe-t-il?», avail 1989), ont eux-mêmes exprimé les plus graves réserves sur les orientations actuelles des sciences de l’éducation.Personne ne conteste qu’il faille des aptitudes pédagogiques et une certaine réflexion sur la pédagogie pour enseigner.La question disputée est ailleurs: il s’agit de savoir si, dans la réforme de l’enseignement, il faut tout I soumettre à la perspective de la transmission, des méthodes de transmission, ou s’il faut donner la première : place à l’interrogation sur les valeurs ; culturelles, sur ce qu’il faut enseigner.Nous sommes plusieurs à croire t que la pensée de Jean Larose, dans la crise culturelle profonde que tra- ' verse présentement le Québec, est : une des plus justes.C’est pourquoi • elle est si difficilement reçue, et si ; souvent trahie; on a été jusqu’à faire, de lui, au mépris de toute lecture, un ' tenant du retour au cours classique! * Cette sorte de trahison, dont on‘ pourrait trouver plusieurs exemples.dans l’article de Monsieur le profes- ¦ seur Tardif, est peut-être inévitable, dans un milieu qui préfère les prestiges de l’autoroute électronique aux expériences plus rares de la lecture.• De plus, Jean Larose a du style.Ça.se pardonne difficilement.Des maîtres pour le secondaire D'un clergé, on est passé à un autre, à la différence que le premier travaillait pour des prunes et avait un semblant de culture JEAN GOULD Sociologue r==j| n dénonçant, dans les pages du Devoir, le mo- Enopole des facultés de l’éducation sur la formation et le recrutement des maîtres, le professeur Jean Larose frappe juste.D’autant plus juste que ce monopole, poussé à la frange de i1- l’indécence par le rapport Chagnon, risquait, avec les recommandations des Etats généraux, de déborder l’enseignement primaire et secondaire pour envahir le collégial et l’université.Il est en effet devenu presque impossible à un bachelier, un maître ou un docteur dans une discipline de se certifier pour l’enseignement secondaire sans s’inscrire au baccalauréat de quatre ans en enseignement, alors qu’aupara-vant, un certificat suffisait.Plus encore, il aurait été impossible à un docteur avec postdoctorat et une vingtaine d’articles d’enseigner à l’université sans être passé par la faculté des sciences de l’éducation! Cette situation aberrante soulève deux problèmes sur le plan historique.D’abord, depuis bientôt 35 ans, le Québec n’a plus de cours à proprement parler secondaire: il ne s’y dispense qu’un cours primaire supérieur.En fait, le secondaire fut aboli avec le cours classique.Sa fonction propre, qui est d’initier au monde de l’esprit, fut alors dévolue au cégep.Mais deux ans, c’est bien peu en regard des anciens huit ans, d’autant plus qu’on tend à toute force, depuis le début, de dénier au cégep cette fonction propre, pour en faire le début de la spécialisation universitaire.Les maîtres qui furent recrutés dans l’enseignement soi-disant secondaire n’étaient que des instituteurs, et ce sont les mêmes qui y enseignent encore, avec quelques diplômes de pédagogie ou de didactique en plus.Au classique par contre, les maîtres se devaient d’être diplômés de l’université, de la faculté des arts plus spécifiquement, c’est-à-dire être au moins bacheliers; il n’était pas question de diplôme de pédagogie, car le cours classique dépendait de l’université et non pas du Département de l’instruction publique.Les écoles normales formaient les maîtres du primaire tandis que les collèges, sous la supervision des facultés des arts et avec l’université, formaient les maîtres du secondaire.Malgré le passage de la formation des maîtres des écoles normales aux facultés d’éducation — le terme d’université serait peut-être ici mal choisi —, il ne s’y forme encore que des instituteurs, la formation étant axée sur la pédagogie plutôt que sur le savoir disciplinaire.Le baccalauréat d’enseignement secondaire d’avant la réforme Chagnon équivalait à peu près au brevet A du temps des écoles normales; le nouveau baccalauréat, issu de cette réforme, y équivaut franchement.Un futur enseignant en maths, par exemple, pourra s’en tirer avec quelque 30 crédits dans sa spécialité, équivalent à un an de cours.Or, pour intérioriser une discipline, il faut au moins trois à quatre ans d’études continues, bref une scolarité de maîtrise.L’envahissement des sciences de l’éducation Le deuxième problème est celui de l’envahissement des sciences de l’éducation et de leur prétention à l’exclusivité dans la définition des normes académiques et d’encadrement scolaire, ainsi que dans la formation des maîtres.Cette prétention à fonder les normes en pure raison est une utopie funeste.Les sciences expérimentales deviennent alors la légitimation d’un monopole idéologique et corporatiste.Dans une eschatologie digne des curés d’autrefois, les experts pédagogues nous disent: avant nous, il n’y avait que la tradition et, sans nous, on retournera à la grande noirceur.«Sans pédagogie scientifique, sans expertise spécialisée, pas d’école possible.» Or cette pseudoscience ne fait que légitimer un réformisme social tous azimuts, qui rêve de faire une société nouvelle avec les enfants plutôt que les adultes.Comme nous le montre la philosophe Hannah Arendt, ce projet politique rappelle fâcheusement les tendances de certains régimes politiques passés.Si les «sciences de l’éducation» rendent impossible l’enseignement secondaire, elles ont aussi beaucoup nui à l’alphabétisation, qui est la tâche du primaire.Or cette montée des experts et de leurs sciences est visible, selon Berjiard Jasmin, déjà dans les années 1950, par exemple à l’École normale Jacques-Cartier.Il faut ajouter que ce sont des clercs qui, à la fin des années 1930, ont commencé à réorganiser les programmes de l’enseignement public selon l’esprit de la psychologie cognitive et de l’école active.D’un clergé, on est passé à un autre, à la différence que le premier travaillait pour des prunes et avait un semblant de culture.Le monopole de la pédagogie, cautionné par le rapport Chagnon, est-ce vraiment le progrès?On croirait plutôt retourner à une époque où la foi était nécessaire à l’obtention d’une chaire.C’est aussi le retour à l’enseignement des écoles normales, sans ce qui en faisait sa force: des professeurs qui étaient eux-mêmes des anciens normaliens et donc d’anciens maîtres d’école.Pour nuancer la pensée de Jean Larose, je dirais qu’il est pressant non pas de fermer les facultés d’éducation et de nier ainsi totalement l’apport de la psychologie aux sciences humaines, mas de casser le monopole de ces bureaucraties de militants et de permettre à des maîtres et des docteurs d’enseigner au secondaire.La licence (ou la maîtrise) n’était-elle pas ce qui conférait autrefois le droit d’enseigner?Les commissions scolaires auraient ainsi le choix entre deux types de candidats: les produits des facultés d’éducation et ceux des facultés disciplinaires: lettres, sciences, arts.Le monopole de la pédagogie, est-ce vraiment le progrès?/ Elémentaire, mon cher Larose.;+ La maîtrise d'une discipline est une chose, le contexte de sa transmission en est une autre GUY BOUDREAU Vice-doyen de la faculté d’éducation de l’Université de Sherbrooke r===| es propos plutôt scabreux Ldu professeur Jean Larose, bien qu’ils aient le mérite de nourrir le débat sur toute la question de la forma-lt===U tion à l’enseignement au secondaire, reposent sur un amalgame de préjugés défavorables à l’endroit des facultés d’éducation et relèvent d’un esprit territorial que je qualifierai de néfaste pour l’évolution de la profession enseignante à tous les ordres d’enseignement, y compris les ordres postsecondaires.Sans recourir à une «rhétorique de l’oppression» comme le fait le professeur Larose, je tenterai de faire valoir que la réforme en cours des programmes de formation universitaire à l’enseignement s’imposait et qu’elle comporte l’ambition de décloisonner les différents champs disciplinaires.Ainsi, la profession enseignante renouvelée ne reposerait plus seulement sur les stricts savoirs d’une discipline mais aussi sur ceux de la pratique de l’enseignement qui demeurent les seuls pouvant assurer la diffusion adaptée des savoirs dans la perspective ultime de faire apprendre les élèves.L’opinion du professeur Larose à l’égard de la nouvelle formation en enseignement au secondaire laisse entendre que les formations antérieures, parce qu’elles étaient fortement investies des différentes disciplines, seraient davantage garantes de la qualité de l’enseignement que ne le seront jamais les nouveaux programmes de formation à l’enseignement Soutenir une telle opinion milite en faveur du maintien des pratiques actuelles d’enseignement à l’école secondaire.Or, dans l’état actuel des choses, le bilan de l’école secondaire n’est guère reluisant.Sans vouloir discréditer les enseignants du secondaire, il faut bien admettre que la construction des savoirs demeure encore d’une très grande fragilité.Bien qu’un tel constat doive nous renvoyer à l’analyse de tout le système social, la formation des enseignants se devait d’être révisée.Cette révision a principalement pour effet de proposer une formation à l’enseignement au secondaire qui intègre tous les contenus de formation, qu’ils soient disciplinaires, didactiques, psychopédagogiques et de stages pratiques.La formation disciplinaire s’avère ainsi davantage contextualisée dans la pratique de l’enseignement.La révision des dispositifs de formation répond en quelque sorte au caractère additif des formations antérieures, qui ne laissaient guère plus qu’une année de formation à l’enseignement après deux ou trois ans de formation uni-disciplinaire.Nous formions donc à toute vapeur des enseignants qui ne disposaient que d’un rapide survol des théories de l’apprentissage, des approches psychopédagogiques et didactiques et qui, de surcroît, n’avaient bénéficié d’une formation pratique ne totalisant guère plus d’une centaine d’heures.Pour utiliser, à mon tour, une analogie avec la médecine, je dirai que le docteur en biologie cellulaire ne devient pas pour autant médecin à moins d’être admis en faculté de médecine.Pourquoi en serait-il autrement en formation des maîtres?Le vrai courage Le vrai courage de la réforme des programmes de formation réside précisément dans le fait d’avoir réhabiliter la psychopédagogie, la didactique, la formation sur le terrain.Je sais qu’en raison de sa pensée plutôt schématique, le professeur Larose n’accorde que très peu de crédibilité aux sciences cognitives, à la psychopédagogie, à la gestion de classe, à la didactique, etc.; toute son argumentation à ce sujet ne relève que de l’impression et que de la présomption qui le conduisent à établir de manière démagogique des parallèles entre les sciences de l’éducation et les inepties de Jojo Savard.A chacun ses référents! Les miens sont ailleurs.N’avez-vous jamais rencontré, M.Larose, des élèves qui peinent pour apprendre, des élèves qui ne deman- ; dent qu’à être motivés, des adoles-, cents en quête de leur identité?1 N’avez-vous jamais rencontré des en- ! seignants qui réclament à juste titre > qu’on leur apporte de l’aide pour; mieux gérer leur classe, pour contrer, des phénomènes d’hypermasculinité, chez les garçons, pour intervenir au-1 près de l’adolescente de 12,13 ans qui ' veut avoir un enfant, pour répondre à ; des jeunes qui «flirtent» avec des fan- > tasmes suicidaires?C’est souvent dans un tel contexte que les enseignants doivent diffuser leurs savoirs disciplinaires.Leur tâche.est de plus en plus com- * plexe et elle n’a rien de comparable avec celle des enseignants qui ont conduit le professeur Larose jusqu’à l’université.Une bonne leçon sur le texte narratif ne suffit pas, M.Larose! La maîtrise [ d’une discipline est une i chose et j’en conviens.Le i contexte de sa transmis- > sion en est une autre.i La réforme de la formation des en-1 seignants du secondaire a aussi pour : effet de former des enseignants dans i plus d’une discipline plutôt que dans 1 une seule.Le seul fait qui importe au > professeur larose, et encore il ne le i soutient guère, c’est qu’un enseignant ne peut l’être que s’il dispose d’abord ; d’une formation disciplinaire.Or, la i discipline n’est pas l’enseignement; [ elle est l’objet de l’enseignement.> Quant à la bidisciplinarité, elle per- i met de former des enseignants dont • la culture se voit élargie en raison ¦ d’une formation plus éclectique, ce i qui contribue à fournir aux élèves des ! modèles d’érudition encore plus ; vastes, d’autant plus que l’école a la mission de former à la culture généra- : le et à la formation fondamentale.Il • faut que les élèves sachent, au contact de leurs enseignants, qu’un «prof» de : français peut aussi s’intéresser aux ¦ sciences, qu’un historien se passion- ; ne pour la littérature.Ainsi pourrons- • nous éviter le cloisonnement des savoirs et donner une toute autre image de la culture.La discipline n’est pas l’enseignement, elle est l’objet de l’enseignement LA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine: Louis Lapierre (adjoint au directeur de l'information).Sylvain Blanchard.Paul Cauchon.Jean Chartier.Jean Dion.Louis-Gilles Francœur, Kathleen Lévesque.Caroline Montpetit.Brian Myles.Isabelle Paré.Clément Trudel, Serge Truffaut: Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques): Martin Ducloset Christine Dumazet (relecteurs): Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes): à l’information culturelle: Michel Bélair (responsable).Stéphane Baillargeon.Pierre Cayouette, Paule des Rivières.Louise Leduc, Jean-Pierre Le-Rault.Benoit Munger, Odile Tremblay; à l’information économique: Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l’information).Robert Dutrisac.Claude Lévesque.Jean Pichette.Claude Turcotte; à l’information internationale: Sylviane Tramier (adjointe au directeur de l'information).François Brousseau (éditorialiste).Jocelyn Coulon; à l’information politique: Pierre O’Neill.Manon Comellier (correspondante parlementaire à Ottawa).Mario Cloutier et Gilles Lesage (correspondants parlementaires à Québec).Michel Venne (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec) : à l’information sportive: Yves d’Avignon: Marie-Hélène Àlarie (secrétaire à la rédaction): Isabelle Hachev.Marie-Claude Petit (commis).La documentation: Gilles Paré (directeur): Brigitte Arsenault.Manon Derome, Serge Laplante (Québec).Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITE ET LE MARKETING Martine Dubé (directrice).Daniel Barbeau (directeur adjoint), }ac i) y «' y m it it y i » îi n ACTUALITÉS mmm ¦ ¦ L’euro, l’aura pas.f (kto ta » LE MONDE / Helmut , / \l ?MT QM ' u Pourvue Commande , VIA MOMK)Ai£ attêkids, Jt AiS vo r R.Faucon audacieux Dans les années 60, Guy La-traverse (ci-contre) a produit toutes les versions de L’Ostidshow, sauf une.C’est lui qui a vu à l’envol des carrières de Robert Charlebois, Yvon Deschamps et Louise Forestier.En fait, il a été associé à tous les grands noms, de Vigneault à Dufresne.La plus grande partie de cette période, il l’a vécue malade, sans toutefois le savoir.Le diagnostic est tombé en 1986.Guy Latra-verse est maniaco-dépressif.Il a choisi de ne rien cacher.Désormais, l’imprésario s’est recyclé dans le domaine de la production télévisuelle et il consacre une bonne partie de son temps à aider ses semblables.Dans ses années de gloire, Guy Latraverse a produit des dizaines de spectacles et d’émissions, mais ce dont il s’enorgueillit le plus, c’est un court documentaire de 30 minutes.Découvrez lequel lundi dans «L’Entrevue».EN BREF » * , ¦ T • ¦¦ mkàd La force multinationale prendra fin officiellement d’ici le 31 décembre JOCELYN COULON LE DEVOIR La Force multinationale pour une intervention humanitaire dans l’Est du Zaïre, cessera d’exister à la fin du mois de décembre, a indiqué hier au Devoir le lieutenant général Maurice Baril, à l’issue d’une réunion du Comité directeur de la Force, Lors de cette rencontre aux Nations unies avec les représentants de 14 pays, le commandant de la force, le général Baril, les a informés qu’un déploiement de soldats dans la région des Grands Lacs africains pour venir en aide aux réfugiés rwandais n’avait plus sa raison d’être.«Le seul fait d’avoir mis sur pied cette force a incité une grande partie du million de réfugiés à retourner au Rwanda, a dit le général au cours d’un entretien téléphonique.Il n’y a donc plus de raison de déployer les soldats sur place.» Le général canadien a informé le secrétaire général de l’ONU, M.Boutros-Ghali, de sa mission dans la région des Grands Lacs et lui a demandé d’annuler le mandat de la force au 31 décembre.En fait, d'ici au 25 décembre les quelque 700 soldats Canadiens, Américains et Britanniques qui se trouvent actuellement à Entebbe, en Ouganda, commenceront dès aujourd'hui à quitter la région.Le général Baril a aussi rencontré hier matin, le secrétaire général adjoint chargé des missions de maintien de la pane depuis 1993, Kofi Annan, qui a été élu secrétaire général quelques heures plus tard.Les deux hommes se connaissent très bien puisque le général Baril a été conseiller militaire de Boutros-Ghali de juillet 1992 à juillet 1995 et a travaillé étroitement avec M.Annan.La Conseil de sécurité avait approuvé le 15 novembre l’envoi d’une force internationale qui devait initialement compter 10 000 hommes et poursuivre ses opérations d’aides aux réfugiés dans l’est du Zaïre jusqu’à la fin mars.La décision de dissolution intervient après que l’envoyé spécial de M.Boutros-Ghali dans la région des Grands Lacs, le canadien Raymond Chrétien, a déclaré jeudi au Conseil de sécurité que «la logique et la raison d’être de la Force multinationale n’existaient plus» à cause de l’évolution de la situation sur le terrain.Des responsables d’ONG ont indiqué que 600 000 réfugiés, en grande majorité hutus et fuyant les combats entre les rebelles tutsis et l’armée zaïroise, étaient retournés chez eux depuis les camps du Zaïre où ils avaient trouvé refuge à la suite de la guerre civile de 1994 au Rwanda.Le général Baril a indiqué qu’il retournait en Ouganda et au Rwanda dimanche pour s’assurer que les organisations humanitaires pourraient se rendre librement auprès de 100 000 à 150 000 réfugiés qui errent toujours dans l’est du Zaïre.11 prévoit demeurer dans la région jusqu’à la fin de décembre.Il reviendra alors à Ottawa pour reprendre ses fonctions de commandant de l’armée de terre.SANTE Inquiétude SUITE DE LA PAGE 1 C’est ce que confirme d’ailleurs le président de cette fédération, qui a toujours porté l’étiquette de mouton noir au sein du mouvement syndical, Louis Roy.«Les discussions sont partagées, mais on recommande de rejeter la proposition gouvernementale pour deux raisons: la cible obligatoire de 15 000 départs nous oblige à cautionner des compressions et les 100 millions représentent ni plus ni moins qu’une réouverture des conventions collectives.» Réunies également à Québec, 450 représentantes des infirmières ont décidé hier de recommander favorablement aux 45 000 membres de la FIIQ l’accord intervenu avec le gouvernement, et ce, après une longue journée de discussions.La présidente Jennie Skene parle tout de même d’une crise de confiance envers l’employeur gouvernemental.«On ne connaît pas encore les surplus réels des régimes de retraite, ni les programmes d’attrition qui seront mis en place.Il y a beaucoup d’inquiétude.Les gens se demandent si on peut croire le gouvernement quand il dit que les autres vont aussi faire leur part.C’est la théorie du pire.La proposition du gouvernement comporte des pertes d’emplois, mais la marge de manœuvre est plus grande qu’avec la proposition initiale.» Hier, le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) réunissait aussi les 40 membres de son conseil syndical.Pas de rejet de ce côté, mais on achemine la proposition gouvernementale aux 40 000 membres sans aucune recommandation.Pour le président Robert Caron, il est clair que la question de la sous-traitance devra également faire partie des négociations avec le gouvernement, qui auront lieu à partir de janvier.«C’est scandaleux de voir que les coûts de main-d’œuvre via la sous-traitance ont augmenté de 27 % cette année et représentent maintenant des dépenses d’un demi-milliard.» De leur côté, la CEQ et le SFPQ (fonctionnaires) ont déjà fait savoir qu’ils recommandent favorablement la proposition à leurs membres.La FTQ dit pour sa part l’expliquer de «façon positive» à ses travailleurs.Pour respecter l’échéance du 15 décembre, lundi, sur les mesures à prendre pour faire économiser 100 millions au gouvernement dans son budget en cours, on procédera à la signature de lettres d’entente.Ce document stipule que les syndicats acceptent de faire cet effort financier par le moyen de congés non payés sous réserve de l’accord, par vote, des syndicats affiliés.La CEQ ne connaîtra pas avant le 9 janvier le résultat du vote de tous ses membres et la FTQ se contentera d’ici là de la décision d’instances intermédiaires.Ni l’une ni l’autre de ces centrales ne croit cependant que la proposition gouvernementale sera rejetée.Elles se disent par ailleurs inquiètes de la situation qui prévaut à la CSN.Dans le cas d’un refus de la proposition par la FAS, on dit ignorer ce qui arriverait de la position commune des six organisations syndicales.Au gouvernement, on attend également la fin des pourparlers avec inquiétude.Personne ne veut évoquer ce que pourrait être la suite, mais on croit comprendre que le gouvernement Bouchard pourrait régler les choses avec les cinq syndicats et les quatre fédérations de la CSN qui sont d’accord avec sa proposition, tout en l’imposant, par une loi, à la FAS.On pourrait également attendre le résultat d’un vote en espérant que les membres de la fédération renverseraient la recommandation de leurs dirigeants.En effet, les membres de la FAS sont probablement parmi les employés du secteur public les plus visés par des programmes de départs assistés et de retraites anticipées.ANNAN Un homme d’expérience Entente sur la main-d’œuvre Ottawa (PC) — En rappelant qu’il donnait suite à l’une de ses promesses référendaires, le premier ministre Jean Chrétien a apposé sa signature hier à une entente sur la formation de la main-d’œuvre avec le Nouveau-Brunswick.«Au cours des trois dernières années, le gouvernement a montré à quel point le fédéralisme canadien est flexible et dynamique, a-t-il déclaré hier au cours d’une conférence de presse au Parlement Par ces ententes, il témoigne une fois encore de sa volonté de renouveler progressivement la fédération, une étape à la fois.» Après l’Alberta, le Nouveau-Brunswick est devenue hier la deuxième province à signer une entente sur la formation de la main-d’œuvre.Il s’agit d’une entente de 228 millions sur trois ans, (66,4, 78,1 et 83,5) qui reprend essentiellement les mêmes principes que l’entente signée la semaine dernière avec l’Alberta.A cela s’ajoute la somme de 8,4 millions par année au chapitre des frais d’administration.Avis aux abonnés Les lecteurs qui, durant la période des Fêtes, désirent suspendre la livraison de leur journal doivent contacter nos préposées au moins trois jours ouvrables avant le début de la suspension souhaitée.Vous pouvez nous joindre au 985-3355 ou au 1800 463-7559.Il faut noter que nos bureaux seront fermés les 25 et 26 décembre ainsi que les 1er et 2 janvier.S.V.P.Assurez-vous que ce papier journal soit recyclé.SUITE DE LA PAGE 1 fions unies seraient respectés.«Nous avons ces assurances», a déclaré l’ambassadeur français, Alain Dejammet II s’est félicité du fait que M.Annan maîtrise les deux langues de travail à l’ONU, c’est-à-dire l’an-glajs et le français.A Winnipeg, le ministre canadien des Affaires étrangères, Lloyd Axworthy, a salué l’élection de M.Annan en soulignant qu’il était «un homme d’expérience avec qui nous avons souvent travaillé» sur des missions de piaintien de la paix.A New York, l’ambassadeur du Canada aux Nations unies, Robert Fowler, a souligné les qualités «de rassembleur» du diplomate ghanéen.Son homologue américain, l’ambassadrice Madeleine Albright a déclaré êtr^«personnellement ravie qu’après un long processus, le Conseil de sécurité soit finalement parvenu à un consensus».Le secrétaire général sortant a «félicité chaleureusement» son successeur hier et s’est réjoui du «caractère unanime» de la décision au Conseil de sécurité.Lors d’un «vote blanc» (sondage indicatif) au cours de la journée d’hier, le diplomate ghanéen avait fait le plein des voix (15) au Conseil de sécurité.M.Annan prendra ses fonctions au début de l’année pour un mandat de cinq ans (jusqu’au 31 décembre 2001).L’Afrique, qui redoutait d’être privée d’un second mandat à la suite du conflit entre Washington et M.Boutros-Ghali, a toutes les raisons d’être satisfaite.Âgé de 58 ans, M.Annan est un fonctionnaire international qui a fait toute sa carrière à l’ONU.À la tête du département des opérations de maintien de la paix depuis mars 1993, il a suivi de près toutes les grandes crises internationales, de l’ex-You-goslavie à l’Afrique en passant par le Moyen-Orient.Au plus fort de l’activisme diplomatique onusien, en 1993-95, il dirigeait plus de 80 000 Casques bleus déployés au sein de 17 missions de paix, du jarqais vu dans l’histoire de l’ONU.Elégant, flegmatique, courtois, petit de taille, portant le bouc, M.Annan est entré à l’ONU en 1962.Jusqu’en 1971, il a occupé divers postes dans le système des Nations unies, y compris à la Commission économique pour l’Afrique et à l’Organisation mondiale de la santé.Il a ensuite grimpé les échelons de la hiérarchie onusienne, occupant des fonctions à Addis-Abeba, Genève, Le Caire et New York.Il a notamment été sous-secré-taire général à la planification des programmes, au budget et à la comptabilité, et contrôleur de l’ONU.Marié à une Suédoise depuis 1984 et père de deux enfants d’un précédent mariage, M.Annan a fait des études d’économie à l’Institut universitaire de hautes études internationales de Genève.Il a également obtenu une maîtrise en gestion au Massachusetts Institute of Technology aux Etats-Unis.Il a su tisser de nombreux réseaux parmi le personnel de l’ONU.M.Annan n’est cependant pas connu du grand public.De nombreux délégués le jugent très proche de la représentante américaine, Madeleine Albright, qui vient d’être nommée secrétaire d’Etat.M.Annan est apparu comme un homme de consensus, cherchant toujours à rapprocher les positions des cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie), lors des crises de Bosnie, de Somalie et du Rwanda.Après avoir partagé l’opinion de M.Bou-tros-Ghali sur la nécessité pour les Nations unies de mener des opérations d’imposition de la paix (utilisation de la force), M.Annan est revenu à une position plus réaliste.Au cours d’une entrevue au Devoir en juillet 1995, il a souligné que l’opération de Somalie avait démontré que l’ONU n’avait pas les moyens de mener des guerres.«Nous avons [en 1992-1995] révolutionné le maintien de la paix en permettant aux Casques bleus de prendre parti dans un conflit et d’utiliser la force, disait-il.Aujourd’hui, avec les leçons de l’expérience soma-lienne à l’esprit, je crois que nous sommes allés trop loin.» De juillet à octobre 1993, les troupes de l’ONU ont mené des opérations militaires contre une des factions qui se disputaient le pouvoir en Somalie.Les combats avaient fait des dizaines de morts du côté onusien, dont une trentaine de soldats américains, ce qui avait provoqué le retrait américain de Somalie.Son humour retenu déteint parfois sur ses propos officiels.Aux diplomates l’interrogeant sur l’état de son français, puisque la langue était une condition sine qua non du sort de sa candidature, il avait répondu: «Je parle à présent l’anglais avec un accent français.» Mme Albright a rendu hommage à M.Boutros-Ghali, «un homme d’État international renommé qui aura marqué l’histoire».Le diplomate égyptien pourra partir en toute dignité à la fin de son mandat le 31 décembre.Lors d’un vote officiel sur sa candidature le 19 novembre, il avait recueilli 14 voix favorables sur 15.Seul Washington s’était prononcé contre lui.La presse américaine avait estimé que ce veto était lié à la mauvaise image de M.Boutros-Ghali au Congrès.M.Annan devient ainsi le septième secrétaire général de l’ONU.Les préçédents ont été Boutros Boutros-Ghali (Egypte, 1992-1996), Javier Perez de Cuellar (Pérou, 1982-1991), Kurt Waldheim (Autriche, 1972-1981), U Thant (Birmanie, 1961-1971), Dag Hammarskjôld (Suède, 1953-1961, mort en avion en Afrique) et Trygve Lie (Norvège, 1946-1953).Avec VAFP et Reuter VIEUX D’abord les spécialistes EN BREF Chrétien se défile LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 9 étage, Montréal (Québec), H3A3M9.(«1 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333.Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514)985-3360 Sur Internet devoir@cam.org Agenda culturel (514)985-3551 La publicité Au téléphone (514) 985-3399 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et petites annonces Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 8h à 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Version internet (514) 27843060 1-800-563-5665 Le Devoir «t publié du lundi au «amedi par Le Devoir Inc.dont le *iege social est situé au 2fâO, rue de Bleury.9" étage.Montréal.(Québec).H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor LaSalle, 7743.rue de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc.612.rue Saint-Jacques Ouest.Montréal.L'agence Presse Canadienne est autorisée a employer et a diffuser les informations publiées dans Le Devoir.Ixe Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc.900.boulevard Saint-Martin Ouest.laval.Envoi de publication — Enregistrement no 0858.Dépôt legal: Bibliothèque nationale du Québec.SUITE DE LA PAGE 1 pact.Il fallait le faire», affirme Marie Demers.En dollars constants, le coût moyen des services médicaux dispensés aux plus de 65 ans au Québec a gonflé de plus de 200 % en dix ans, et ce, non seulement parce que le nombre de personnes âgées s’accroît mais aussi, principalement, parce que la consommation est frénétique.De 1982 à 1992, la facture des soins médicaux per capita est passée de 213 $ à 313 $ par personne âgée.Le même phénomène s’est produit dans les autres couches de la population, mais avec un peu moins d’acuité.En fait, les personnes âgées, comme les plus jeunes, passent de plus en plus souvent par le cabinet du médecin et le nombre des visites chez les spécialistes a bondi.Le généraliste éclipsé par le spécialiste Une personne âgée qui visitait 2,2 spécialistes en 1982 en rencontre aujourd’hui 3,1 au cours de la même année.Elle reçoit de ces spécialistes plus de 11 services médicaux par an, comparativement à 6,9 en 1982, soit une hausse de 59 %.Durant la même période, les soins I dispensés par des médecins de famille n’augmentaient que de 9 %, faisant ainsi des spécialistes les principaux pourvoyeurs de services de santé aux personnes âgées.«Iœs chiffres ne nous permettent pas de juger de la pertinen-! ce des services reçus, seulement de me-j surer leur augmentation.Il serait ; maintenant pertinent de trouver la rai- son de ces changements», affirme Marie Demers.Cette étude n’est pas la seule à dégonfler le mythe voulant que les aînés de la société soient la principale source d’inflation des coûts de santé.Même le très prestigieux New England Journal of Medicine publiait récemment un article démontrant que les personnes très âgées ne pèsent pas lourd dans la facture liée aux soins de santé.Si jeunesse savait.Même dans les scénarios les plus catastrophiques, quand le dernier des baby-boomers aura atteint l’âge vénérable de 65 ans en 2031 (eh! oui) et que la population comptera 22 % de personnes âgées, on estime que le fardeau imposé par le vieillissement général de la population ne fera hausser que d’un ou deux points de pourcentage la part du PIB dédiée aux soins de santé.C’est du côté des changements dans l’utilisation des services médicaux qu’il faut chercher la principale raison de l’explosion des coûts.«Il faut revoir la hiérarchisation des services médicaux.Les gens devraient être suivis par un médecin de famille.L’accès direct aux spécialistes est très valorisé.Chacun veut avoir son cardiologue.Mais on oublie qu'un patient, ce n’est pas un organe malade mais une personne dans toute sa globalité», explique le Dr Yves Bâcher, gériatre à l’hôpital Notre-Dame.À son avis, les généralistes ont tendance à multiplier les consultations auprès de spécialistes, et bien des spécialistes s’occupent de patients qui pourraient être pris en charge par des généralistes.•Tout le monde envoie le pa- tient chez le voisin et certains font ce qu’ils ne devraient pas faire», ajoute le Dr Bâcher.Selon Marie Demers, l’explosion des nouvelles technologies permettant des opérations et des anesthésies sans risque à des âges très avancés explique en partie la spirale observée dans la consommation de services médicaux.«On traite aujourd’hui des complications de l’hypertension ou du diabète de façon beaucoup plus importante qu’avant.Je vois beaucoup moins de patients âgés délabrés qu’il y a dix ans.Les gens consultent plus, et plus vite.L’évolution médicale a été majeure depuis dix ans», croit le Dr Bâcher.D’autres facteurs pourraient aussi démolir les chiffres accablant la population âgée du plus haut taux de consommation de services de santé.Mitraillé d’images de sexagénaires bien portants, carburant à la margarine Fleishman, le vieillard d’aujour-dïiui n’est plus ce qu’il était De plus en plus d’aînés sont bien portants.En fait 80 % des coûts de santé sont attribuables à une faible proportion des personnes âgées (30 %).Ironie totale, ce sont peut-être les jeunes plus que les aînés qui pourraient bientôt peser très lourd dans la cagnotte allouée à la santé en exigeant des soins très spécialisés.«Ironiquement, ce sont les jeunes qui ont des maladies de plus en coûteuses à traiter, comme le sida, les greffes d'organes, affirme le Dr Bâcher.Us patients âgés ne consomment pas d’interféron ni de cyclosporine.En fait, la vraie question que l’État doit se poser n’est qui dépense, mais jusqu’où la société est prête à payer pour les soins de santé.» Ottawa (PC) — Le premier ministre Jean Chrétien maintient qu’il n’a jamais promis d’abolir la TPS sans la remplacer par une autre taxe, et qu’il n’a surtout pas «menti» aux Canadiens.Selon lui, une certaine confusion s’est créée dans l’opinion publique au sujet des intentions des libéraux pendant la campagne électorale de 1993.«Nous n’avons pas menti.Nous avons toujours dit qu’il y aurait une taxe de remplacement, a-t-il souligné./e reconnais que [.] c'est demeuré un problème dans l'opinion publique.» Depuis la diffusion, cette semaine, des forums télévisés au cours desquels le premier ministre Chrétien s’est fait reprocher d’avoir manqué à sa promesse d’abolir la TPS, les réformistes tirent à boulets rouges sur le premier ministre.M.Chrétien a laissé entendre que de fausses impressions avaient circulé au sujet des intentions des libéraux quant à la TPS.Mais ses intentions à lui ont toujours été claires, a-t-il affirmé.Procès d’un syndicaliste (Le Devoir) — Le procès du leader syndicaliste indonésien Muchtar Pakpahan s’est ouvert hier à Jakarta en présence d’observateurs internationaux.M.Pakpahan, secrétaire général du syndicat indépendant pour la prospérité (SBSO, est passible de la peine de mort s’il est reconnu coupable de subversion.La représentante du Centre international des droits de la personne et du développement démocratique, Diana Bronson, était présente lors de la lecture de l’acte d’accusation: le parquet reproche au syndicaliste d’avoir «intentionnellement ou non» contribué à déstabiliser «l'autorité et le pouvoir» du gouvernement; il apporte notamment comme pièces à conviction des discours demandant une hausse du salaire minimum ou un référendum sur l’avenir du Timor oriental.Iœ plus important partenaire commercial du Canada en Asie du Sud-Est est l’Indonésie; le Canada y exportait en 1993 pour une valeur de 443 millions de dollars.Ottawa devrait, selon Mme Bronson, s’efforcer que les bénéfices tirés de cette relation «ne s'appuient pas sur la violation systématique des droits humains*.A1A
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.