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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1997-02-08, Collections de BAnQ.

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i.r.i) !¦: v o i is .i y.s s a m r d i s k t d i m a \ c 11 k t) R \' |{ I R li I !l il 7 LE DEVOIR La chronique de Lise Bissonnette Page B 3 Musique classique Page B 3 Cinéma Page B 4 Vitrine de la vidéo Page B 6 Vitrine du cédérom Page B 6 Théâtre Page B 7 Télévision Page B 8 Disques classiques Page B 8 Jazz et blues Page B 9 Vitrine du disque Page B 9 ?DANSE La «visite» de Québec La semaine sera chargée.Tandis que l’Agora de la danse accueille la compagnie Danse Partout de Québec, avec des pièces signées Paul-André Fortier et Tedd Senmon Robinson, l’Espace Tangente présente deux œuvres d’Irène Stamou.Trois chorégraphes au langage unique, entre l’humour, l’émotion et la réflexion.ANDRÉE MARTIN Ly automne dernier, après plusieurs < années de travail, Danse Partout inaugurait avec fierté La Rotonde, le premier centre chorégraphique contemporain de Québec.Côté danse, la doyenne de nos villes n’avait pas été gâtée.Malgré quelques séries au Grand Théâtre et ailleurs, l’activité chorégraphique à Québec n’a jamais eu, toutes proportions gardées, la même emphase qu’à Montréal ou à Toronto.«J’avoue que Im Rotonde va créer une dynamique nouvelle, entre autres avec les créateurs et interprètes indépendants de la ville de Québec, affirme Johanne Dor, directrice artistique intérimaire de Danse Partout.Im Rotonde a plusieurs volets, et le premier lancé cette année, c'est la Saison de danse.Paul-André Fortier est venu en novembre dernier avec son solo Im Tentation de la transparence.Avec cette saison, il y a la volonté de créer de nouveaux publics.» Dans la programmation 1996-97, on retrouve le chorégraphe français Robert Seyfried, présenté le 5 février dernier, la compagnie suisse Vertical Danse, en mars, ainsi que deux jeunes chorégraphes indépendantes de Québec, Lydia Wagerer en avril et Marie-Claude Cantin en mai.De plus, leurs nouveaux liens avec des diffuseurs montréalais comme l’Agora de la danse et l’Espace Tangente devraient aider à consolider cette série.Le Centre chorégraphique contemporain de Québec entend aussi, dans un avenir rapproché, soutenir la création et la production d’œuvres originales en invitant des chorégraphes indépendants, de Québec comme d’ailleurs, en résidence.Des projets qui en disent long sur les efforts et les espoirs de Danse Partout pour le développement de l’art chorégraphique dans la capitale.Au delà de La Rotonde, Danse Partout, c’est d’abord et avant tout une école et une compagnie de danse contemporaine.En 1996, elle célébrait ses vingt ans d’existence au milieu d’événements significatifs pour cette compagnie de danse qui a réussi à prospérer en dehors des grands centres.«À Québec, en tant que professionnels, nous n’avons pas autant qu’à Montréal des possibilités pour nous ressourcer.Avec La Rotonde et l’école, nous sommes les seuls.Avant, il existait un programme de subvention qui nous donnait l’occasion d'inviter des professeurs, mais avec les compressions, cela n 'existe plus.Par contre, il y a aussi des avantages à cet isolement.Comme nous sommes les seuls intervenants U Un étranger en visite à Montréal ces jours-ci aurait l’embarras du choix s'il voulait faire la rencontre de nouvelles oeuvres dramatiques; la création québécoise connaît actuellement une vigueur qui réjouit bien des spectateurs! A Sk %*** m m 9B9 t&S.«Or h ' ' Rendre kjJSliviolme^ rapports h VOIR PAGE B 2: LA ROTONDE Erik Charpentier mise en scene Jean-Frédéric Messier héâtre d'aujourd'hui HSSî E CŒUR DE LA CRÉATION QUÉBÉCOISE de Momentum.Jeudi 1 3 février Spécial Saint-Valentin! 2 billets pour 22 $ Quantité limitée, réservez sans tarder 282-3900 “i r% * * % t i » y Si j aval/, la feule m Le denier i B 2 E I) E V 0 I R , L E S S A M 15 I) I 8 U T I) 1 M A N C II 15 !) F 15 V R I 15 R I il !) mm I -U oJ ÜUJUiJÜJjJ 16h et20h30 V théâtre du rideau vert mise en stène: DOIIJ Louise Marleai Jean-François1 r Pierre Chagnoi Jean-Pierre Mi Claude Accolas Diane Leboeuf Fanny Ardant dans Ridicule -4* Z?-.-:.¦ nuit César WÊmÊÊÊ TROIS COULEURS «Le désir d’être» Elle vous demande la lune.offrez lui la une Le 14 février, édition spéciale Votre message m&,r SUITE DE LA PAGE B 1 aussi acteur, metteur en scène et professeur d’interprétation a écrit une vingtaine de pièces, mais n’a monté que celles qu’il jugeait prêtes à passer la rampe.On voit moins Tremblay jouer, et pour cause; il écrit de plus en plus: poésie, essais, récits, théâtre, tout l’appelle.Ce qui lui donne envie d’écrire?«Le désir d’être», répond-il simplement.Les thèmes touchant l’identité: l’être et le temps, caractérisent d’ailleurs son théâtre.«Il y a une espèce de violence naturelle en tout être vivant, et chacun doit en faire quelque chose qui ne soit pas destructeur.J’orchestre cette violence à travers les rapports humains, avec des personnages dramatiques».Parfois, ses personnages se fragmentent comme dans Le déclic du destin.Ou ils ont perdu quelque chose: c’est le cas du héros du Dragonfly.qui se met soudain à s’exprimer en anglais, après des années de mutisme.Ou alors, ils n’arrivent pas à se reconnaître eux-mêmes: Guillaume, le jeune sculpteur de la rue Drolet, gagne sa vie dans un abattoir et cherche l’identité qui lui fait défaut en Guylaine, sa jumelle et en Jeanne, sa femme.«Le génie., explique Larry Tremblay, met en scène la confusion identitaire et les conséquences de la non reconnaissance de soi qui en est à la racine.Vraiment québécois, comme thème, non?» Aux yeux de l’auteur, sa pièce est «un constat de la famille détruite; le père est décédé (il était dans l’armée, un métier de mort); son fils veut construire quelque chose et transmuter en œuvre d’art les os des poulets qu’il tue pour gagner sa vie.La reconnaissance de soi, qui est la grande lacune de son être, il la cherche désespérément chez les autres, poursuit Larry Trem- blay.Brisé, Guillaume s’en va vers le désespoir; le plus désespérant, c’est qu’on ne pourra jamais savoir si c’est un grand artiste puisque son oeuvre ne sera jamais vue.Auprès de lui, il y a sa mère âgée, le «premier corps» qui détruit tout et qui jette tout sans rien expliquer.Il y a aussi Jeanne qui devient son miroir et qui pourrait avoir inventé toute cette histoire».Pour construire ses personnages, Larry Tremblay avoue s’être inspiré de la tragédie grecque; «dans la tragédie, ajoute-t-il, l’essentiel est de dire».«Tout acte artistique esl une relation avec le monde8 Marie-Line Laplante En ces temps où l’on dit souvent que la tragédie est dépassée et que le public veut surtout rire, une nouvelle auteure fait sa place au sein de la dramaturgie québécoise avec un coup d’envoi remarqué et se réclame, elle aussi, de la tragédie et des mythes grecs.Comme Larry Tremblay, elle s’intéresse au double et à l’identité.Avec Une tache sur la lune, Marie-Line Laplante reprend le flambeau allumé par Beckett.«Ce qui m’intéresse, raconte-t-elle, c’est l’être primitif de la personne, la descente dans le sujet.Beckett a plié et replié l’espace théâtral jusqu’à la dimension d’une seule bouche; je rêve de le redéployer jusqu’au corps réanimé.Pour moi, le théâtre est à la fois repère et repaire», ajoute-t-elle.«Ce qui me pousse à écrire, c’est de comprendre», dit Marie-Line Laplante.«Il y a, datis nos vies, quelque chose qui est à la fois familier et étranger; je joue avec ce familier-étranger à même les rapports humains.Le théâtre, ajoute-t-elle, ne permet peut-être pas tant d’interroger les choses, mais de les brasser de manière qu’on puisse voir le familier-étranger et s'approcher intimement de cet apparent paradoxe».On ne sera pas étonné que cette auteure s’inscrive, justement, dans une esthétique de la symétrie et voie dans sa pièce «une alternance entre la tragédie et la comédie, la première étant venue avant la seconde.La comédie, explique-t-elle, est peut-être une manière d’aborder l’insupportable.Comédie et tragédie sont deux moitiés d’un même objet; les deux faces de la lune! De la même manière, les parents, dans la pièce, sont un seul personnage dédoublé en Tuppe et Bibe».Plusieurs critiques, à propos de cette œuvre, ont évoqué l’absurde.«Je m’inscris peut-être dans l’imaginaire de l’absurde, mais il y a une sorte d’engagement dans mon théâtre, dans la relation entre la scène et le public.Mes pièces ne mettent pas en scène des personnes mais des personnages; il n’y a donc pas de décision possible, puisque la liberté est déposée dans la personne.Tuppe et Bibe restent ensemble en s’opposant sans cesse.Je les ai placés en équilibre de sorte qu’on ne puisse pas avoir de parti-pris à leur sujet; ils sont à la fois victime et bourreau et ne peuvent être autrement.Quelque chose en eux relève du guignol—un genre qui est aussi étrange et familier — ils nous font rire en se tapant dessus.Où se passent l’action?Nulle part ailleurs qu’au théâtre, ce lieu primitif où tout peut advenir».“Je me vois plus comme quelqu’un de la musique que comme de la parole8 Erik Charpentier Exilé en Louisianne, où il travaille depuis 1991, Erik Charpentier se dit d’abord intéressé par le langage, mais en réalité, précise-t-il, c’est la musique du langage qui le fait vibrer.«J’entends et je comprends mal ce que les gens disent.Je note toutes sortes de choses: des mots, des phrases éparses.J’en fais des arrangements musicaux, un ensemble de solos.Chacun de mes personnages est pris par ce qu’il dit sans vraiment entendre ce que l’autre raconte».Pour Eric Charpentier, le langage n’aide pas les gens à se rejoindre; «il les sépare plutôt», remarque-t-il.«Entre mythe et réalité, il y a plein de fausses pistes et rien de résolu.On ne sait jamais ce qui est vrai.Le titre de ma pièce est la traduction littérale d’une vieille chanson de Rob Johnson: If I Had Sole Poses-sion over Judgment Day.Ma pièce pourrait s’intituler: «Tout ce qui ne serait jamais arrivé si j’avais eu la possession sur le jugement dernier».«Je ne suis pas un cadien inventé; je suis inspiré par les gens et les langues qui m’entourent.Avant tout, c’est la poésie qui m’intéresse.Je pige librement dans ce qui m’inspire, sans souci d’être fidèle à un dialecte; il y a, en Louisianne, autant de dialectes que de régions».Ses influences: «Ce que j’entend autour de moi; les gens ordinaires, et comment ils parlent, ce qu’ils disent et taisent.Et les deux Sam: Beckett et Sheppard».Comme Larry Tremblay, Charpentier n’écrit pas que du théâtre; il écrit aussi des chansons, de la poésie et des histoires.On peut le deviner devant sa pièce qui est un climat, ses personnages qui sont des aventures où la musique tient le rôle de lieu, de lien et de chaleur.«Face à la complexité du monde actuel, conclut Marie-line Laplante, il y a deux réactions possibles: penser ou s’évader.J’ai besoin dépenser».PASCAL TESTE Danse Partout a mis au programme, Les Goitgounes, une création signée Tedd Senmon Robinson.MICHAEL SLOBODIAN Ravished by the Break of Dawn, une chorégraphie d’Irène Stamou interprétée par Ken Roy., LA ROTONDE Robinson et Fortier ont le souci du détail SUITE DE LA PAGE B 1 aux niveaux professionnel et pré-professionnel, c’est évidemment à nous qu’on fait appel pour toutes activités concernant la danse.En fait, il y a une absence de compétition».Un bon nombre d’interprètes et de chorégraphes comius du public montréalais, comme Estelle Clareton de chez 0 Vertigo, Roger Sinha, etc., ont déjà dansé pour Danse Partout.Danse Partout a choisi, cette année, l’Agora de la danse pour sa visite montréalaise annuelle.Au programme, Les Gougounes, une création signée Tedd Senmon Robinson, et Plein le cœur de Paul-André Fortier; une œuvre inscrite au répertoire de la compagnie depuis 1991.Une soirée entre l’humour et la tristesse, présentée avec succès à Québec en décembre dernier.Le choix des deux chorégraphes en question ne pouvait être plus judicieux.L’un et l’autre ont le souci du détail, et la singularité comme la précision de leur langage gestuel séduisent toujours.On pourrait même dire que l’un, Robinson, complète très bien l’autre, Fortier.«Pour moi la pièce de Paul-André Fortier, c’est une minisociété sur scène.On retrouve 4à5 scénarios où il y a des interrelations entre des êtres humains.Ce sont comme de petites histoires où nous pouvons nous reconnaître.Dans cette œuvre, Paul-André parle beaucoup de solitude.La pièce de Tedd, quant à elle, aborde les différences entre l’Orient et l’Occident.A travers tout ça, il amène beaucoup d’humour, mais toujours avec une grande profondeur et une grande spiritualité».Un chorégraphe qui affectionne particulièrement les clins d’œil, et dont les références aux quotidiens, et parfois au kitsch, ne manquent pas.L’espace Stamou Une vingtaine de marches plus bas, à l’Espace Tangente, Irène Stamou a imaginé un spectacle à fleur de peau, où elle présente une version revue et corrigée de Colosse aux pieds d’argile, son trio sur la compassion, et une création toute fraîche, Ravished by the Break of Dawn, qui est le premier volet d’un triptyque dont l’aboutissement final est prévu pour la saison prochaine (1997-1998).Ce solo, sur une musique de compositeur belge Walter Hus, a été taillé sur mesure pour le danseur Ken Roy.«J’avais envie de faire un solo, mais aussi une pièce pour homme, explique Irène Stamou.Je voulais prendre du recul et ne pas être interprète de mes propres œuvres.Je souhaitais diriger mes danseurs» avec un regard entièrement extérieur, de maniéré à aller plus loin dans mon processus chorégraphique, de chercher différentes interprétations, et, aussi d’autres qualités de mouvement».Pour une; chorégraphe dont l’élaboration de ses créations?s’effectue toujours à partir de son propre corps, l’expérience de transposition de son langage — issu d’un corps de femme —- à un danseur masculin, relevait de la fascination et de l’aventure.Par contre, la polyvalence de Ken Roy se prê-, tait bien aux nouveaux désirs créatifs de la cho-, régraphe.Reconnu pour sa maîtrise technique et son potentiel dramatique, le danseur semble avoir apporté un caractère particulier à cette œuvre.«Je lui apprenais mes propres mouvements, et par la suite nous cherchions uge sortf, d’équivalence dans son corps.Il y a un aspect très, sensuel qui ressort de sa danse, mais aussi beaucoup de précision et de contraste».Irène Stamou," devenue l’une des artistes montantes de la troisième génération de chorégraphes à Montréal,; semble bel et bien avoir trouvé sa signature chorégraphique.Le métissage entre un «langage» contemporain et ses racines grecques" constitue le point initial d’où émane des œuvres fines et souvent intenses.«J’ai passé environ cinq ans à faire une recherche sur la fusion entre la danse traditionnelle et la danse contemporaine; notamment avec les pièces La Coiu leur de ma langue et Corpus Delirium.Cette fois-ci, 'je vou-, lais voir les fruits de cette recherche, mais en laissant s’expri-, mer plus librement les identités gestuelles.Dans ce solo, je désirais aller plus du côté de l’abstraction et ne voulais pas me préoccuper directement de la manière dont les gestes traditionnels s’intégreraient avec les mouvementst contemporains».Les connaisseurs y retrouveront sûre-, ment quelques attitudes corporelles et gestuelles rappel lant le folklore grec.Une influence riche en données,dé toutes sortes, amenant une personnalité distinctive au travail de création d’Irène Stamou.Un bon nombre d’interprètes et de chorégraphes connus du public montréalais ont déjà dansé pour Danse Partout Tarif spécial St-Valentin r°71.a.(rég.: 325S) Faites-nous parvenir votre texte par télécopieur: 985-3340 ou par courrier; LE DEVOIR 7050, De Bleury, 9* étage Montréal (Québec) H3A 3M9 Pour renseignements : 985-3322 Deux exemples (autres dimensions disponibles) Les textes doivent Cire reçus avant I2h le mercredi 12 février Pau I ‘"•S** BANQUE LAURENTIENNE du 14 janvier au 8 février 1997 réservations: 844-1793 groupes: 527-3644 844-1793 http://www.scoopnet.ca/rideauvert A Hydro 'oV Qué Québec i ¦: Marie-Line Laplante surla I y ne Du 27janvier •' au I mars 1997 Marie-Line Laplante est lauréate du prix Prime à la création 1994 du Fonds Gratien Gélinas j*||, mise en scène de Martine Beaulne Françoise Faucher, lue Durand, Frédéric Desager ¦ assistance à la mise en scène et régie Carol Clément décor Claude Goyette éclairages Guy Simard costumes Mérédith Caron musigue originale Silvy Grenier QUATSOUS (514) 845-7277 ADMISSION 1514) 790-1245 «Üi Pasteur, mon violon, ma mère et moi! L'ONF présente à CANAL D nd Frappiez Un film de Nicole Gravel sur la vie passionnante d'un scientifique québécois de réputation internationale.Il fut un Times Il y a peu, l’édition dominicale du Tintes de Londres était reconnue comme l’archétype des journaux dits «de qualité».Un phare de notre métier, un faîte de notre industrie, une inspiration pour tous ceux qui croient encore possible d’informer sans déformer et de voir dans leurs lecteurs des êtres intelligents., Voici ce qu’on pouvait trouver dans le Sunday Times du dimanche 2 février.En une, sous une offre de disque rock et pop gratuit qui lance une série vendue par le Tintes, une manchette fondée sur une obscure étude qui aurait établi un lien entre l’échec scolaire des enfants et le travail salarié de leur mère.Une immense photo couleur L de Swampy, un punk qui proteste contre la „ .construction de routes.Le reportage majeur du 1 s s ° jour: «Charles wants honest life with Camilla».La pathétique histoire du prince et de sa maîtresse qui ne peuvent se livrer ensemble au plaisir de la chasse à courre par crainte d’être photographiés s’étalait plus loin sur une page entière.Le cahier News Review, normalement destiné à la mise en perspective des événements de la semaine, consacrait sa une au complet à l’enfance malheureuse du comédien Dudley Moore; les deux autres «événements» revus et commentés étaient le suicide d’une ancienne amante de l’ancien mari de la princesse Margaret, et le don de la robe de mariée de Diana au Musée Royal and Albert.Le cahier Books, dont toute la une était consacrée à une biographie de la princesse Margaret, pe- sait un peu plus lourd car il contenait le Funday Times, douze pages de bandes dessinées.Restaient toujours les 56 pages format tabloïd du magazine Culture-, le style y est un peu plus recherché mais les grosses têtes semblent interdites.Le critique d’art qui rendait compte de la superbe mini-exposition que la National Gallery présente sur les œuvres de jeunesse de Gainsborough — un important travail de recherche — s’extasiait surtout devant les «fabuleuses robes» des dames d’autrefois.Ce désastre était en partie de mes affaires puisque j’assistais, près d’Oxford, à un colloque sur «l’avenir des journaux de qualité».Dans le manoir idyllique de la Fondation Ditchley, bien îi nette connue Pour la haute teneur de ses confé-n a e e renceSj jetais l’une des quatre non-anglophones conviés à ce qui fut, pendant trois jours, un duel entre les plus grands éditeurs ou columnists des meilleurs journaux américains et leurs vis-à-vis de la presse britannique.Les règles de Ditchley interdisent de nommer des individus ou de les citer, mais je vous laisse imaginer ce monde à l’envers, où les Américains défendaient la haute culture pour se faire accuser, par des Britanniques, d’adhérer à un élitisme coupable, traître à l’idéal républicain.Que nous assistions à un dumbing down de la presse britannique de qualité, selon le terme qui devint usuel dans nos délibérations, cela ne fait pas de doute.Le Times est méconnaissable, le Daily Telegraph lui ressemble, et le naufra- ge intellectuel du Independent, l’un des plus exigeants projets journalistiques de la dernière décennie, fait mal au cœur.A y regarder de plus près toutefois, et surtout en oubliant les dérives des journaux du dimanche, le portrait se nuance.Il y a encore d’excellentes sections internationales dans ces journaux, des reportages sociaux en profondeur, des éditoriaux analytiques qui ne mesurent pas leur espace.Et s’il est vrai que la couverture parlementaire, qui fut la marque et l’obligation de la presse dite «sérieuse» en Angleterre, a diminué de moitié dans le Times depuis une dizaine d’années, son niveau demeure tout de même plus élevé, en proportion, que celui de la meilleure presse américaine en ce qui a trait au Congrès.Le fond de qualité, en somme, est demeuré assez solide mais il disparaît peu à peu sous un bouillon d’ajouts triviaux ou de textes qui n’avaient autrefois pas droit de cité dans ces publications.Les tribulations sexuelles des élus et des vedettes, les gambades et états d’âme de la famille royale, les incursions dans des drames de psychologie populaire, la promotion par gadgets, tout cela, disaient les Américains, finit par assourdir sinon taire taire «la voix de l’intégrité» que représentaient ces journaux si vénérés dans le monde anglo-saxon.Agacés et défensifs, les Britanniques faisaient plutôt valoir une nouvelle thèse, celle du dumbing up de leurs meilleurs journaux.J’avoue avoir plus de difficulté à la résumer, faute d’y croire beaucoup.Il paraît qu’en acceptant de publier un petit article et une grande photo de Paula Jones O’accusatrice de Clinton) à côté d’un texte important sur la politique d’immigration, on passe par les tripes du lecteur pour se rendre à sa tête.11 paraît aussi que les Américains ont une idée trop étroite de ce qu’est le lecteur cible des journaux de qualité; les «décideurs», public traditionnel du Times, auraient augmenté en masse depuis que l’Angleterre est devenue, vers la fin des années soixante, une société moins «déférentielle» envers ses aristocrates et ses puissants.Il reste que le Times, qui a plus que doublé son tirage en moins de cinq ans — il atteindrait aujourd’hui quelque 900 000 exemplaires —, y est surtout arrivé en cassant les prix et en se transformant de façon à attirer des «décideurs» qui semblent aussi voyeurs.Et que tout cela s’est produit après que le journal fut passé aux mains d’un magnat de la presse populaire, Rupert Murdoch, auquel le nouveau propriétaire du Daily Telegraph, Conrad Black, était disposé à donner la réplique.Je ne suis pas sûre que leur première motivation était le dumbing up, c’est-à-dire le magnifique concept qu’est l’éducation populaire.Rentrée par Chicago pour des raisons aériennes, j’ai en tout cas retrouvé avec ravissement le New York Times, après une semaine de consommation d’une presse britannique devenue agressante et criarde, à la notable exception du Financial Times, qui n’est pas un journal généraliste.Entre l’ennui qu’ils ont longtemps sécrété et le menu élégamment élargi qu’ils doivent offrir aujourd’hui aux «cérébraux incarnés» que sont leurs lecteurs, les journaux de qualité cherchent difficilement leur voie.Quand rompent-ils la relation de confiance, qui est leur plus précieux capital?On le sait quand on les lit.Vous en êtes, quant au Devoir dont je n’ai pas parlé ici, les seuls juges.Concerts en fin de semaine Ce soir, à 20h, à la salle Redpath de l’Université McGill, Léo Grinhaux et sa mère Berta Rosenohl joueront les deux sonates pour violoncelle et piano de Brahms, en hommage au compositeur mort il y a cent ans à Vienne.Demain, le Ladies’s Morning musical Club présente à la salle Pollack le Quatuor à cordes Vermeer et le clarinettiste James Campbell.Au programme: les quintettes de Weber et de Brahms de même que le Quatuor op.95 de Beethoven.Enfin, demain également, en l’église Saint-Jean-Baptiste, Natalie Choquette, Gregory Charles et ses Petits Chanteurs de Laval donnent un concert d’opéra et de negro spirituals au profit de la bibliothèque pour aveugles Jeanne-Cy-pihot.Que le vrai Brahms se lève! Intéressant article paru dans le Times de mercredi dernier.Ainsi donc, les partitions de Brahms se raient criblées d’erreurs.Qui blâmer?Les premiers éditeurs de ses partitions à Iœipzig, qui, au XIXe siècle, ont commis de nombreuses fautes de retranscription.C’est ce qu’a découvert un professeur de musique de l’université de Nottingham, Robert Pascall.Ayant vérifié l’exactitude d’œuvres en les comparant aux manuscrits originaux, il a par exemple découvert que pas moins de 281 erreurs ont été commises dans la seule Première Symphonie du compositeur allemand.Certaines fautes sont mineures, d’autres sont plus importantes, comme de fausses indications de tempo.Le reste de l’œuvre du Brahms va être examiné à la loupe dans un effort de retour à l’original qui devrait prendre 30 ans, note le Times.Hommage à Charles Dutoit (Le Devoir) — Pour saluer les vingt ans du chef d’orchestre Charles Dutoit à la tête de l’Orchestre symphonique de Montréal, les Beaux Dimanches présentent demain à 20h un documentaire d’une heure, fait de témoignages et d’extraits de quelques grands moments de l’OSM.On entendra entre Charles Dutoit autres en concert le violoncelliste Yo-Yo Ma, la violoniste Sarah Chang à l’âge de neuf ans, les musiciens québécois Louis Lortie et Chantal Juillet.Les téléspectateurs seront transportés dans les coulisses de l’orchestre et feront plus ample connaissance avec les musiciens de l’OSM.On rappellera enfin la carrière discographique de l’orchestre, les tournées, les grands honneurs reçus sous le règne Dutoit.De Waits à Vissotski Lhasa de Sela réussit à imposer son style en jouant sur ses diverses origines culturelles Les habitués des bars et cafés du Plateau connaissent depuis quelques années déjà la chanteuse Lhasa de Sela.Ils l’ont vue à dix-neuf ans, le crâne rasé, faire ses débuts sur scène, les mains dans les poches.Cinq ans plus tard, la voilà maintenant munie d’une carte de visite, son premier DC en espagnol, fait de ses propres compositions inspirées de légendes mexicaines.LOUISE LEDUC LE DEVOIR Son prénom est celui de la capitale du Tibet.Lhasa de Sela est née en 1972, à Big Indian, un petit village loyé dans les montagnes Catskill de l’Etat de New York.Elle est née là, comme elle aurait pu naître n’importe où sur le continent.Son père, professeur spécialisé dans la littérature de la conquête de l’Amérique latine est mexicain, niais il a passé la moitié de sa vie aux Etats-Unis.Sa mère est américaine, mais elle a passé la moitié de sa vie au Mexique.Avec ses parents et quelques-uns de ses neuf frères, sœurs, demi-frères et demi-sœurs, Lhasa de Sela a vécu pendant sept ans en voyage dans une caravane, entre les Etats-Unis et le Mexique.Pas de télévision, pas d’école, mais une mère tutrice, beaucoup de livres et de musique.Les notes biographiques de Lhasa de Sela pourraient facilement être lues aux enfants le soir, à l’heure du conte, et ça leur ferait une jolie histoire.Entre autres conséquences de cette bohème, les trois sœurs de Lhasa travaillent dans des cirques, en Europe, certains membres de la famille vivent.au Mexique, d’autres encore, aux Etats-Unis.«Je ne me souviens pas d’une seule fois où toute la famille a été réunie en un même endroit, au même moment.» Lhasa, elle, s’est posée à Montréal il y a six ans.«Je suis restée parce qu’il y apait du travail pour moi, ici.» A son arrivée, elle ne parlait pas deux mots de français.Elle a vite appris, a pris ses habitudes dans des bars et cafés du plateau Mont-Royal.Tout simplement, elle a parlé aux propriétaires de son envie de chanter dans leurs établissements.Tout naturellement, elle a trouvé sur son chemin l’ancien guitariste de Jean Leloup et le batteur des Frères à Ch’val.Et l’autre jour, en plein milieu de l’entrevue, Pagliaro, la reconnaissant, est venu la saluer.Pas Lhasa Aussi proche soit-elle du petit milieu québécois de la musique, Lhasa de Sela continue de chanter surtout en espagnol.Son premier DC, simplement baptisé Lhasa, est d’ailleurs tout entier tourné vers le folklore mexicain.Ses influences n’en sont pas moins Lhasa de Sela en spectacle très diverses, inévitablement.«Je dirais que ma musique est un mélange de Tom Waits, de musique tzigane et mexicaine.Il y a aussi Vladimir Vissotski, un chansonnier russe qui m’a beaucoup marquée.» C’est donc avec tout ce bagage que sa caravane a débarqué un bon jour au Quai des brumes, déroutant bon nombre de clients plus habitués ARCHIVES LE DEVOIR aux riffs endiablés.«Un jour, pendant que je chantais, un homme s’est levé, marteau en main, pour tenter d’assommer des clients», raconte-t-elle en riant.Il y a aussi ce spectacle dans un bar avec des écrans géants, le jour de l’ouverture des Jeux olympiques.Tout le monde avait les yeux rivés sur Céline Dion qui chantait!» C’est par ces petites soirées de mi- sère que les mains de Lhasa sont sorties de ses poches.«Un jour, exaspérée de ne pas être écoutée, je me suis mise à faire de grands gestes pour attirer l’attention.Aujourd’hui, mes gestes servent surtout à transmettre l’émotion et faire comprendre les paroles espagnoles de mes chansons.» D’autres se souviennent avec horreurs de leurs débuts dans les bars enfumés.Pas Lhasa.«J’aime l’insécurité, sentir que tout peut arriver.Ce n’est pas en étant placée sous verre qu’une plante devient forte.Elle a besoin de soleil ardent, de vents forts.» Justement, Lhasa de Sela n’est justement pas du genre petite fleur.L’image de la chanteuse à la petite jupette et aux sourires aguichants, très peu pour elle.«Ma musique est faite pour être entendue, vécue, pas consommée.Elle ne doit pas devenir un produit.» De hauts idéaux Ses très hauts idéaux n’ont pas encore été sacrifiés à l’autel des impératifs commerciaux.Lhasa de Sela, qui compose elle-même les textes de ses chansons, continue de s’inspirer tantôt de légendes de pièces de théâtre mexicaines, tantôt de poèmes aztèques.«Il y a beaucoup de mes parents là-dedans.Quand je me retrouve devant une feuille blanche, je téléphone à mon père, et il me lit des poèmes, me rappelle l’existence de telle ou telle légende qui pourrait m’être utile.Mon père est très philosophe et ma mère, très émotive.Mes chansons transportent beaucoup du discours familial!» On est donc à mille lieues des banalités remâchées dans tous les succès américains, du genre «Tll always be there for you» et «baby, baby, baby, I love you, I love you».Chose rafraîchissante par les temps qui courent, le discours de Lhasa de Sela n’est pas non plus contaminé par cette vague de «en queq'part», comme dans «en queq’part, j’voulais dire que t’sais.» Elle a dessiné la pochette de son DC, calligraphié les paroles de ses chansons en espagnol et leurs traductions.Le guitariste Yves Desrosiers imagine déjà pour eux deux une longue vie au DC, peut-être en Europe, peut-être partout.«Un jour à la fois, fait Lhasa, plus modérée.Mais bien sûr, si j’ai choisi de chanter, c’est aussi parce que ça pouvait, un jour, me permettre de voyager.» Sans doute que, par voyager, elle n’entendait pas Sherbrooke, Trois-Rivières et Ottawa, qu’elle visitera au cours des prochains jours pour sa tournée de promotion.Là-bas, elle ira raconter le Mexique et l’une de ses figures mythiques, celle de la Llorona fia pleureuse), qui a été une grande source d’inspiration pour le DC.Dans l’imaginaire aztèque, la Llorona séduit les hommes avec des mélodies tristes, les ensorcelle et les entraîne au bord d’une rivière pour les transformer en pierre par un baiser.Une légende qui donne des frissons dans le dos des Mexicains, mais qui saura sans doute réchauffer, en région, les longues soirées d’hiver.9 février à 21 h I.K I) E VOIR., L K S S A M li I) I 8 E T D I M A N C II E !) F E V K I K R I II II 7 V'o*$ ‘SANDRA SPEICHERT • ARNAUD GIOVANINETTI DANS _ LA Grands un ni.M ni- FLORENCE STRAUSS Pfü mm.nuéizi üKliilifd Un JULES ET JIM fin de siècle, doux©! fort, avec des humeurs saugrenues, des rires en pluie et des larmes en coin.— COSMOPOLITAN paume: iron / t'ifirtit de f timtot tn nommanon : ¦ : Éfc», ATTAT 2AïxTC»ntrr»f2 tëpÊttl ’.y wiuuwm; «Man un film de CATHERINE DENEUVE DANIEL AUTEUIL Lin fibn .ï FAMOUS PLAYERS POINTE-CLAIRE*^ www.alliance.com & www.alliancevideo.com I- 12 I) E V 0 I If .I.E S S A M i; I) I « li T I) I M A N C II li !) F F V II.I K II I I) 0 7 Un lilm de Mohsen MAKHMALBAF FERNANDRL GINO CERVI PAVILLON DES ARTS DE STE'ADÈLE inmn'im Annonciation à Marie IdU ; m X**” Ijil-, dutpitre I ilAUSEKFLOfâ' Sélection Officielle Compétition Officiemje Festival, de Locarno 1996 Festival International des Films du monde Festival de Cannes 1996 UN CHEF-D’OEUVRE ESESSS fün film de Mohsen MAKHMALBAF i joufitf mummtt FERNANDEL GINO CERVI ANIMATRICE À GAGNER Robert Altman aurait bien voulu.avec Kansas City, répéter le succès artistique de Nashville ou le succès populaire de The Player et Prêt-à-porter.Altman, on le savait, aime les peintures et cherche à identifier les travers de l’humanité dans chaque milieu qu’il dépeint comme un microcosme.Dans Kansas City toutefois, le réalisateur n’arrive pas à trouver son centre d’intérêt, partagé qu’il est entre la description du monde interlope de sa ville natale pendant les années 30 et son goût marqué pour le jazz dont les notes rebondissent dans chaque recoin de son image.Altman n’arrive jamais à intégrer la musique à cette histoire de jeune femme désespérée (Jennifer Jason Leigh) qui, pour sauver son mari (Dermot Mulroney) des mains d’un truand (Harry Belafonte), kidnappe l’épouse (Miranda Richardson) du gouverneur local (Michael Murphy).Au lieu d’en épouser les circonvolutions, les numéros musicaux, dont un épatant duel de clarinettistes, ressemblent à des vignettes collées Ici et là pour faire joli, pour faire hommage.L’esthétique visuelle de son film ne manque toutefois pas de charme, rappelant par ses éclairages tamisés, les pavés humides et les bruits nocturnes de la ville apparemment épargnée par la Dépression les belles années du cinéma de gangster, né à la même époque.Enfin, Jason Leigh et Richardson composent un duo dont aurait pu surgir une intensité, n’eût été de l’intérêt d’Altman pour leur drame.BEING THERE (BIENVENUE, MISTER CHANCE) ?1/2 \ A l’heure où la politique municipale montréalaise ressemble à un champ de tomates pulvérisé par une ogive nucléaire, je vous recommande — pour l’ironie de la chose — de voir ou de revoir Being There (.Bienvenue, Mister Chance), de Hal Ashby, d’après l’excellent roman de Jerzy Kozinski.Cette comédie subtile et raffinée, réalisée en 1979, raconte les aventures d’un jardinier simple d’esprit (Peter Sellers) qui, au lendemain du décès de son bienfaiteur, se retrouve dans les coulisses de la politique nationale, où ses propos sur le jardinage sont interprétés comme des métaphores du climat économique actuel.Le président (Jack Warden) en redemande.Et nous aussi.Autres nouveautés The Road to Galveston, drame sentimental avec Cicely Tyson et Piper Laurie (inédit); The People Next Door, un thriller de série B avec Faye Dunaway (inédit); cinq nouvelles aventures des Sentinelles de l’air (?1/2); Broken Arrow (?), thriller enlevant signé John Woo, avec Travolta et Slater.Risquez, bon dieu ! MICHEL BELAIR LE DEVOIR JÉSUS ÉVANGILES & PEINTURES ?Coproduction: Éditions du Cerf, Bayard Presse, Comité français de Radio Télévision, Novalis et Montparnasse Multimédia.Collection J’imagine le monde.Hybride PC (486, Windows 3.1 ou plus, 8 Mo (16 recommandés) 256 couleurs ou plus) et Mac (68040, Système 7 ou plus, 8 Mo (16 recommandés) 256 couleurs ou plus).Distribution au Québec; Novalis.Prix: plus ou moins 69,95 $ Depuis les premières esquisses de poisson tracées à la hâte sur les murs des catacombes jusqu’à nos jours, les artistes ont trouvé une profonde source d’inspiration dans l’histoire de Jésus.Dans tout l'Occident, l'art sacré a joué, on le sait, un rôle d’éveil absolument fondamental.Aussi fallait-il s’attendre à ce que quelqu’un pense un jour à graver sur un cédérom l’histoire de cette riche complicité.Mais comment s’y prendre?Comment raconter cette passionnante histoire inscrite dans les mosaïques byzantines tout autant que dans les enluminures des manuscrits du Moyen Âge?Comment s’y prendre pour que l’entreprise soit versée au patrimoine universel et non à la liste des instruments de propagation de la foi chrétienne?Plusieurs scénarios auraient été possibles; celui de l’Histoire et celui de l’histoire de l’art sont les plus évidents.On aurait pu penser aussi à une analyse systématique des textes qui aurait recoupé les interrogations les plus actuelles sur la question, faire de tout cela une enquête avec cartes et illustrations à l’appui.Risquer.Oser dépoussiérer.«Mais il aurait fallu livrer bataille/et le mâtin était de taille.» On a donc plutôt opté pour une sorte d’élégant statu quo.Ce Jésus — Evangiles & Peintures est pourtant un ouvrage brillant malgré ses faiblesses.Les plus touchants chefs-d’œuvre de l’art occidental y viennent témoigner de manière vivante du message catholique.La navigation que l’on a développée pour l’occasion est aussi somptueuse dans ses arborescences que remarquable de clarté.Ainsi, lorsqu’on entre dans le cédérom, on a accès à une rosace rappelant les plus vibrants vitraux « Makhmalbaf, le peintre de la vie.» Télérama « Gabbeh, l'étoffe « Un bijou de l'amour.» à découvrir.» Le Figaro Le Soleil ÜN INSTANT D’INNOCENCE («NON- ¦ «Une éblouissante réflexion sur le cinéma.» Le Monde CINEMA gabbeh _ _ _ _ Samedi et dimanche : PARALLÈLE 13h30-17h45-19h30 843-6001 17h45 - 19h30 UN INSTANT D'INNOCENCE Samedi et dimanche : 15h15 - 21h45 Semaine : 21h45 pr i a film des cathédrales.Ici sont illustrées les douze scènes principales de la vie de Jésus, de l’Annonciation jusqu’après la résurrection.En cliquant sur l’une d’elles, l’utilisateur peut voyager à travers une centaine de scènes tirées de la Bible et racontées par Jean Roche-fort.Le comédien lit alors le passage d’une voix tellement respectueuse qu’elle en est monocorde, sinon monotone.Pendant la lecture, une animation occupe l’écran central alors que s’affichent au bas les peintures exécutées par les grands maîtres sur le sujet: à gauche, des icônes renvoient à des lieux, des cartes, des personnages ou des symboles que l’on peut explorer en détail.La signalétique est exemplaire, on l’a dit.Mais l’animation est en général aussi moche que la voix de Rochefort.C’est ici qu’il aurait fallu innover puisque c’est le carrefour auquel on revient toujours.Malgré la présence de quelques autres paramètres — Commentaire, Synopse, etc.—, on a partout l’impression de réentendre la même vieille histoire toute en dorures alors que dans la vraie vie, une quête passionnante est en train de rajeunir considérablement tou): cela.Évidemment, si l’on s’intéresse d’abord aux nouveaux visages que peut prendre la tradition catholique, on sera ravi.Même chose si l’on est fin observateur des styles de navigation à l’intérieur d’un cédérom.Mais si l’on cherche ici quoi que ce soit de neuf, il faudra repasser.ART PUZZLE -1 ?Production: Microfolie’s.Collection Puzzles interactifs.Hybride PC (386 ou plus, Windows 3.1 ou plus, 4 Mo, 256 couleurs) et Mac (68040 ou plus, Système 7 ou plus, 4 Mo, 256 couleurs).Distribution au Québec: DIL Multimedia.Prix: n.d.Heureusement pour les chroniqueurs, il y a des cédéroms qui se laissent deviner plus rapidement que d’autres.Ici, pas d’ambiguïté possible; on vous offre des puzzles.Point.Les amateurs y trouveront sans doute leur compte parce que les images choisies sont remarquables.De Breugel à Gauguin en passant par Velasquez, Canaletto, Degas, Renoir et Goya, on trouve ici des toiles qui ont marqué l’histoire de l’art Comme l’ouvrage s’adresse aussi aux enfants, le niveau de difficulté n’est pas très élevé: les morceaux sont gros, ils sont faciles à déplacer et l’utilisateur bénéficie d’une aide vocale qui lui indique si la pièce qu’il vient de choisir est placée, ou non, dans le bon sens.C’est néanmoins pour les plus jeunes une belle façon de s’habituer au maniement de la souris.Un conseil aux parents: apprenez d’abord à vos enfants comment faire disparaître «l’ambiance musicale» dont la coloration néo-musak tombe royalement sur les nerfs.GUIDE DE RÉFÉRENCE ILLUSTRÉ DU JARDINIER Production: Hortipedia.Hybride PC (386 ou plus, Windows 3.1 ou plus, 4 Mo, 256 couleurs) et Mac (68040 ou plus, Système 7 ou plus, 4 Mo, 256 couleurs).Distribution au Québec: Hortipedia@sympatico.ca.Prix: n.d.Bien sûr, c’est encore l’hiver avec ses armadas de bancs de neige qu’on gère si mal par les temps qui courent.Mais le printemps viendra bien un jour.Et les mordus de jardinage savent bjen qu’il faut déjà songer aux semis.À quoi ressemblera le potager?Que mettre dans les plate-bandes?Jouerez-vous avec les couleurs cette année?Pensez-vous à un jardin qui fleurira jusqu’à l’automne ou viserez-vous d’abord les quantités en prévision des conserves?Cette impressionnante banque de données peut vous aider à répondre à ces questions.On peut, par exemple, y choisir différentes variétés de plantes et de fleurs selon leur couleur ou leurs affinités de compagnonnage; la liste est longue — parfois même fastidieuse —, avec photos à l’appui.L’ouvrage offre aussi un Carnet du jardinier dans lequel on peut noter toutes sortes de choses.Mais ce n’est pas encore, l’instrument idéal, loin de là.L’ensemble est d’abord lourd, souvent répétitif, sans invention.On aurait pu faire de cet ouvrage un incontournable, avoir la possibilité d’y dessiner son jardin par exemple.C’est tout au plus un outil comme les autres malgré son interactivité.Mais c’est un début.D’autant plus que le simple fait de penser à jardiner en ce temps de l’année a la faculté de faire reculer les bancs de neige.MARS EXPLORER ?Production Visual Media Systems.Collection «Découverte».Réalisation,Virtual Reality Laboratories à partir des données cartographiques de la USGeological Surveys et de la NASA Hybride PC (386 ou plus, MS-DOS ou Windows 3.1 ou plus, 4 Mo, 256 couleurs) et Mac (tout Macintosh, Système 7 ou plus, 1 Mo, 256 couleurs).Distribution au Québec: DIL Multimedia.Prix: n.d.Voilà une curiosité sur laquelle certains maniaques de l’astronomie se précipiteront.C’est ni plus ni moins la planète Mars au complet qui s’installe s l’écran de votre'ordinateur.À par des milliers de photos prises par 1 sondes Viking, on a reconstitué po vous la surface de la planète rouge.Cela se présente simplemei D’abord, un écran général avec d absysses et des coordonnées; i plein centre, un petit rectangle qu’i déplace avec la souris.Pour voir ' détail (le zoom peut grossir par 8,1 32 ou 64) la région choisie, on n’a qi sélectionner l’option Carte dans barre de menu au haut de l’écra Une fois la carte bien déployée, < peut y faire apparaître les nouveai paramètres situationnels et même nom des cratères ou formations < cliquant simplement sur ce qui noi intéresse.Il est aussi possible de ch sir parmi toute une liste d’acciden géographiques martiens en encla chant la fonction Rechercher dans barre de menu encore une fois.A ro gir de plaisir (O tempori, o mores.).?chef-d’œuvre ?remarquable ?très bon ?correct sans plus ?peu recommandable Samedi 15 février à 20 h tes réglements du contours sont disponibles ou Journol de Montréol | Billet:25$ (incluant vin & fromage après le concert) [ RESERVATION: (514) 229-2586 » journal * monlreal 1364, chemin Ste-Marguerite (sortie 69 de I autoroute des Laurentides) -s ACCENT 3 DR GL 1997 Tirage le 26 avril Taxes en sus La Boîte Noire est très fière de lancer un livrée très épais.Notre nouveau répertoire, c'est une brique qu'on vous lance.de quoi voir non pas 36 chandelles mais bien tout le cinéma du monde.Dans cette bible de 640 pages éditée chez Fides, il y a tous les films disponibles, leur synopsis et des critiques, des filmographies, toutes les catégories représentées; animation, court métrage, série télé, etc.De l'info à revendre donc, à seulement 14,95$.’ IA BOÎTE NOIRE 4 4450, rue St-Denis, 287-1249 http://www.boitenoire.com De cocasseries en coquineries, Coppola n’explore que la surface des choses dans cette comédie qui aurait pu devenir, n’eût été de la détermination de ses auteurs, une variation inspirée sur le thème de la différence, dont les origines remontent à l’histoire du Christ.Quelques bons coups de mise en scène, quelques clins d’œil à Hitchcock et quelques symboles bien amenés ne relèvent pas la barre de ce Jack gaspillé sur l’autel du rire gras et de la morale stérilisée.KANSAS CITY Si vous n’êtes pas branchés sur le marathon de films diffusés sur le réseau PBS jusqu’à demain soir, il y a fort à parier que vous irez au vidéoclub pour vous procurer l’une des dernières nouveautés.Celles qui partent vite.Bogus et Jack vous paraîtront, aujourd’hui, incontournables.Si vous ne les avez pas encore en main au moment de lire ce texte, vous vivez dangereusement.Toutefois, pour peu que junior sache qu’avant de rire en couleur on riait en noir et blanc, que diriez-vous de l’initier au bon vieux Fernandel et aux désopilantes comédies qui constituent la série des Don Camillo?MARTIN BILODEAU LE PETIT MONDE DE DON CAMILLO ?1/2 LE RETOUR DE DON CAMILLO ?1/2 ?1/2 Depuis quelques semaines déjà, on peut se procurer, sur vidéocassette, la série de longs métrages ayant pour sujet les mésaventures de Don Camillo, bouillant curé de campagne imaginé par l’écrivain Giovanni Guareschi et immortalisé au grand écran par l’impayable Fernandel.L’acteur règne au centre de ces cinq longs métrages où l’homme d’église livre une lutte acharnée à Peppone (Gino Cervi), maire de leur petit village perdu des plaines du nord de l’Italie, dont il désapprouve les allégeances communistes.Leur affection mutuelle, leur mauvaise foi débonnaire et leur cœur aux proportions océanes rendent irrésolubles toutes les crises de pouvoir et inapaisables toutes leurs colères.Le Petit Monde de Don Camillo (1951) et Le Retour de Don Camillo (1953), les deux premiers épisodes de la série, ont été réalisés par Julien Du-vivier (Pepe le Moko), l’un des plus grands réalisateurs français d’avant la Nouvelle Vague, qui pose ici, sous le couvert d’inoffensives chroniques paysannes, un regard éclairé sur l’après-guerre et les luttes de pouvoir que se sont livrées les pouvoirs religieux et politiques pour conserver leur emprise sur le peuple.La querelle des horloges, dans le second film, constitue à cet égard le plus éloquent exemple.Qu’il s’agisse de ses violentes prises de bec avec Peppone ou de ses négociations avec Jésus en croix qui lui répond, Fernandel livre ici une composition inoubliable, mordant à belles dents dans chacune des savoureuses répliques de ces comédies à la fois drôles et émouvantes, qui font flèche de tout bois.La série comprend également La Grande Bagarre de Don Camillo (1955), Don Camillo Monseigneur (1961) et Don Camillo en Russie (1965).En 1971, à l’âge de 68 ans et avec plus de 140 films derrière lui, Fernandel meurt pendant le tournage de Don Camillo et les contestataires, un sixième épisode demeuré inachevé.BOGUS n **i/2 A première vue, on se dit que voilà encore une histoire d’adulte irresponsable et d’enfant sans famille qui, malgré leurs différences, apprendront à s’apprivoiser et à s’aimer.C’est vrai.Mais Bogus vaut davantage que tous ces sous-produits disneyens qui inon- ,S.oN ça.mï‘Li.0 -TA?».1 présente en collaboration ayec le GROUPE LEGER & LEGER Marc'André Qauthier, violon Louise-Andrée Baril, piano muSmn " ÎSWÎSRl mmmmmaBSÉimmÊm dent le marché.D’abord parce que le réalisateur Norman Jewison (Moonstruck) a choisi d’aborder le sujet sur le mode de la fantaisie, pénétrant l’imaginaire d’un jeune orphelin (Haley Joel Osment) par l’entremise de son regard.Celui-ci colmate son vide affectif en compagnie de Bogus (Gérard Depardieu), un grand escogriffe tout droit sorti de son imagination, qui l’aidera à se rapprocher de sa tante Harriet (Whoopi Goldberg), une femme blessée qui ignore l’enfant en elle, biffe son souvenir et étouffe son cri.La psychologie n’est pas des plus raffinée et la musique peut se faire pesante par moments, mais Bogus vaut le détour pour l’émotion réelle qu’il suscite, jumelé au paysage imaginaire qu’il propose.JACK ?1/2 C* est toujours douloureux de voir les plus grands auteurs du cinéma américain se fourvoyer dans les pires niaiseries hollywoodiennes.Francis Ford Coppola, qui devait avoir besoin d’argent, a réalisé une comédie bête là où elle aurait pu être spirituelle, sur un sujet original et riche, dont il n’a exploité que les facettes les plus grossières.Jack vieillit quatre fois plus vite qu’un être humain normal.À l’âge de dix ans, il ressemble à Robin Williams.Fatigué d’être isolé à la maison, Jack veut aller à l’école et se faire des amis de son âge.Vous voyez la suite?Andrée Boucher LA VITRINE I)E LA VIDÉO Fernandel contre-attaque S.U R S C '¦ È N E -;• PARTAGE DE MIDI Claudel se fait rare sur nos scènes; c’est bien dommage.Partage de midi nous permet d’apprécier sa jeunesse, sa profondeur, le naturel de ses dialogues.üi passion et le feu gui consument son personnage central, Ysé, nous p;irviennent à travers l’interprétation d’une comédienne qui a la stature du personnage: Louise Marleau, forte et émouvante de générosité.La pièce raconte donc l’histoire dYsé et en particulier sa passion pour Mesa, le jeune homme tourmenté.Passion dans tous les sens du terme, puisqu’elle les mènera à mourir ensemble plutôt que de vivre séparés.Daniel Roussel fait de la pièce, comme il le dit lui-même une «partition de l’ETRE et non [un] spectacle de l’AVOIR».Dernière ce samedi au Rideau Vert.Solange Lévesque LES GUERRIERS i Deux publicitaires s’affrontent, rivés au même objectif: trouver un slogan qui remplacerait le «Si la vie vous intéresse» de l’armée canadienne.L’un d’eux, justement, mourra au terme de ce huis clos de 10 jours.La mise en scène âpre de René-Daniel Dubois donne un autre destin à la pièce de Garneau.Surréaliste, elle propulse dans une sphère assez infernale.À l’Espace Go jusqu’au 22 février.S.L.LA NUIT DES ASSASSINS Ce ballon d’essai du Théâtre qui monstre énormément n’arrive pas à prendre de l’altitude et l’attitude antiintellectuelle de la jeune compagnie, pourtant issue du inonde universitaire, y est sans doute pour quelque chose.D’abord, cette histoire de mise à mort des parents est datée.Secondo, la version mi-française, mi-québécoise présentée au public est bâtarde.Troisièmement, on a malheureusement multiplié les styles de jeu alors que la pièce en commandait déjà deux, théâtre dans le théâtre oblige.Et un tel défi n’est pas à la portée de n’importe quel acteur.Enfin, le fouillis qui tient lieu de décor ne risque pas d’ajouter de la cohérence à un exercice qui en manque cruellement.Dernière ce samedi 8 février à la salle Fred-Barry.jHervé Guay SI J’AVAIS LA SEULE POSSESSION DESSUS LE JUGEMENT DERNIER I Cette création d’Erik Charpentier, un jeune Québécois qui a élu domicile dans les bayous, appartient à la catégorie des curiosités.Reconnaissons ! du moins qu’il émane une certaine poésie du cajun inventé dans lequel il a écrit son texte.Mais l’auteur est surtout allé au bout de ses fantasmes dans cette comédie décousue et délirante où on prélève par exemple le : coeur d’un jeune homme pour le remplacer par une huître.La mise en scène de Jean-Frédéric Messier est dans le ton.Les cartésiens risquent d’y perdent leur temps, ceux qui veulent être dépaysé vont trouver là un trip à leur portée, le reste du public se demandera où il veut en venir avec tout ça.Au Théâtre d’Aujourd’hui jusqu’au 13 février.UNE TACHE SUR LA LUNE Certains accuseront sans doute Marie-Line Laplante de faire du sous-Beckett.Or, faute avouée est à moitié pardonnée, dit-on.Quoi qu’il en soit, reconnaissons qu’elle a accouché d’un texte cohérent avec Une tache sur la lune.Qui se situe dans le sillage de l’absurde, c’est exact.Mais cela n’empêche pas sesTuppe et Bibe d’exister et de se chamailler avec un certain bagout.Visiblement à l’aise dans de tels rôles, Françoise Faucher et Luç Durand tiennent le fort sans mal.A la réalisation, Martine Beaulne et ses concepteurs ont préféré la ligueur à la fantaisie.Mais ça fonctionne.L’avenir dira cependant dans quelle direction ira cette auteure dont le premier texte donne lieu dans l’ensemble à une production qui, sans être exceptionnelle, mérite d’être vue.Au QuafSous jusqu’au 1 mars.H.G.TARTUFFE Molière a déjà fait la réputation du TNM mais il semble bien que ce Tartuffe y mette fin abruptement.lorraine Pintal est la première responsable de cet échec puisque sa lecture de l’œuvre est dépourvue de vision.D’ailleurs, le spectacle ne commence véritablement qu’avec l’entrée en scène au troisième acte de Gabriel Ar-cand, admirable dans le rôle.Mais on ne peut pas en dire autant de Gérard Poirier qui campe un Orgon tout en cris et en gesticulations.Le décor de Raymond-Marius Boucher n’aide en rien la situation, pas plus que le reste de la distribution qui n’a pas été dirigé d’une main ferme.Bref, il y a une séüle raison supérieure d’aller voir ce Tartuffe: Gabriel Arcand.A la salle Pierre-Mercure jusqu’au 22 février.H.G.LUCRÈCE BORGIA Claude Poissant a quasiment réussi la quadrature du siècle en redonnant ses lettres de noblesse au drame romantique à la NCT Non seulement a-t-il rendu digeste une pièce en prose d’Hugo mais il l’a fait de telle manière que son spectacle est accessible, touchant et beau.Sa mise en scène doit beaucoup au dispositif scénique de Daniel Castonguay qui permet de réduire à volonté l’espace visible de la scène et de jouer sur plusieurs niveaux.Dans le rôle de Lucrèce, Marie-France Lambert est tour à tour, solide et vulnérable, mais confère surtout une humanité certaine à cette héroïne hors du commun.En Gennaro, on découvre un jeune acteur doué, à la mélancolie pleine de santé: Sébastien Delorme.Au Théâtre Denise-Pelletier jusqu’au 15 février.IL G.LE GÉNIE DE LA RUE DROLET En dépit de ses imperfections, ce nouveau texte de Larry Tremblay possède des zones d’ombres qui méritent le détour.Comme dans les trois mousquetaires, il y a quatre et même cinq personnages à découvrir dans cette pièce.Il y est notamment question d’un type qui se prend pour un génie et de sa jumelle qui a épousé une sommité de l’art contemporain.L’ouvrage est constituée de longs soliloques qui se répondent les uns' aux autres et de quelques parties dialo-guées.Trois acteurs de talent défendent ce texte: Monique Miller, Marki-ta Boies et Pierre Rivard.Quant à la mise en scène, elle est dépouillée et un peu abstraite.Mais il faut aller à la rencontre de l'univers singulier de cet auteur, un univers dont on ne sort pas indemne.A La Licorne jusqu’au 15 février.IL G.traduction : Antonine Maillet Guillermo Guy Nadon Luc Guérin Mario Saint-Amand Denis Roy Guy Jodoin Michel Daigle essai Jean-Marie Guay v THEATRE DU RIDEAU VERT mise en scene: de Andrea Marc Béland Raymond Legault Reynold Robinson Gabriel Sabourin Rosa Zacharie Philippe Beaulieu concepteurs: Danièle Lévesque François Barbeau Michel Beaulieu Michel Smith Jacqueline Lemieux 25 février au 22 mars réservations: 844-1793 groupes: 527-3644 844-1793 BANQUE Hydro NATIONALE Québec Surtout pas de relâche en février DU 28 JANVIER AU 15 FÉVRIER 1997 MARDI AU SAMEDI À 20 H / DIMANCHE A 15 H 4559, RUE PAPINEAU, MONTRÉAL RÉSERVATIONS: (514) 523-2246 DROLET Génie de la ÉCRIT ET MIS EN SCÈNE PAR LARRY TREMBLAY AVEC MARKITA BOIES MONIQUE MILLER et PIERRE RIVARD CLAUDE GOYETTE DÉCOR COSTUMES FRANÇOIS STAUBIN ÉCLAIRAGES GUY SIMARD -MUSIQUE JUDITH GRUBER-STITZER ASSISTANCE À LA MISE EN SCÈNE ET rég.e HÉLÈNE GAGNON Semaine chargée en théâtre, à Québec, avec pas moins de quatre premières en vue: trois pièces pour les grands, une pour les petits, deux créations, une pièce de théâtre d’été en hiver et une production française avec son auteur en prime.Ça fait beaucoup.RÉMY CHAREST CORRESPONDANT A QUEBEC Lt événement de la semaine est ’ bien sûr le passage à Québec de l’extravagant Fernando Arrabal, à l’occasion de la présentation de sa pièce Fando et Lis à la Bordée, du 11 au 22 février.C’est une jeune troupe française, le théâtre de la Fabrique, qui présente la pièce, sur l’invitation du propriétaire de la salle, Antoine Dali.La production, qui a remporté le Prix du théâtre vivant de Radio France internationale en 1995, en plus d’aller faire un tour dans le «off» du Festival d’Avignon, est mise en scène par Jean-Denis Monory.Celui-ci tiendra aussi le rôle d’Hippolyte dans Phèdre.de Jean Racine, production cette fois du Théâtre de l’Arc en Ciel, de Lyon, présentée au même endroit du 25 février au 8 mars.On suit le tout et on vous en reparle.Charmant dragon Pendant ce temps, la toute nouvelle création du théâtre des Confettis, une charmante pièce de Lise Vaillancourt intitulée Le Petit Dragon, prend l’affiche du Périscope demain, le 9, et dimanche prochain, le 16, à 15h.Après Balade pour Fannie et Carcassonne, histoire de deux souris en goguette, voici une histoire de dragons (un petit et cracheur d’eau, surtout) où le thème du vilain petit canard est fort bien exploité.On y raconte l’histoire de Marie, petite fille timide aux épaisses lunettes, qui demande à Wilbrod, son ami conteur et bossu, de lui écrire une histoire où elle pourfendrait un dragon.Trouvant le tout trop violent, Wilbrod invente un petit dragon gentil qui atterrit soudain dans son atelier.Les trois compagnons iront ensemble au royaume des dragons et chacun y trouvera une façon de faire émerger sa vraie valeur et de triompher de ses difficultés.«Le petit dragon a un côté Fanfreluche par la capacité d’entrer dans le cahier et de transformer l’histoire, explique Patrie’ Saucier, qui y joue le rôle de Wilbrod.Le conteur reste le véhicule principal de l’histoire, dont le traitement repose sur peu d’effets.Les transformations du matériel sont très simples, un peu comme quand on prend deux verres sur la table pour mimer des longues vues.» L’élément principal du décor est en effet un grand livre (format armoire ancestrale) qui devient un genre de castelet géant quand le récit se transporte dans le monde des dragons.Des rideaux de diverses couleurs et des mouvements d’éclairages nous y transportent d’un lieu à l’autre, tandis que deux panneaux mobiles viennent s’y greffer, tantôt en portes, tantôt en tant que miroir au travers duquel on doit passer pour aller au pays des contes.Le Miel à Montréal Pas jaloux pour deux sous, les gens de la Capitale aiment bien partage-leur théâtre avec les autres.A preuvq, U miel est plus doux que le sang, production fort applaudie du théâtre Sortie de Secours, qui sera de passage-à La Licorne, à Montréal, à partir du février.Tout récemment passée a Moncton, où elle fut jouée à guichet?; fermés avec promesse de retour là saison prochaine, la pièce mise qiji scène par Philippe Soldevila, qui en est aussi le co-auteur avec Simone Chartrand, relate les années de jeunesse de Dali, Bunuel et Lorca, alors qu’ils étaient, mi-potaches, mi-artistes,tous trois en résidence d’étudiants, à Madrid, dans les années 20.SOPHIE GRENIER «Le petit dragon a un côté Fanfreluche par la capacité d’entrer dans le cahier et de transformer l’histoire», explique Patrie Saucier, qui y tient le rôle de Wilbrod.Vue en matinée scolaire cette semaine, Le Petit Dragon s’avère une réussite de plus pour Les confettis.Capable d’élans de merveilleux racontés avec beaucoup de verve comme de petits gags faciles, la pièce profite pleinement du travail inspiré de Patrie’ Saucier, véritable meneur de jeu de l’ensemble, mais aussi de Vincent Champoux et Nadine Meloche, deux des plus solides diplômés 1996 du Conservatoire de Québec.A noter que les Confettis célébreront, le 16 février, jour de la deuxième représentation grand public du Petit Dragon, leur 20" anniversaire.C’était à cette date, en 1977, qu'Hélène Blanchard et Judith Savard, toujours codirectrices de la compagnie, jouaient la première de quelques 1700 représentations données dans huit provinces canadiennes et quatre pays étrangers, devant plus de 400 000 spectateurs.Et ça continue.Des Moutons noirs mortuaires L’autre création de la semaine est l’affaire du théâtre Les moutons noirs, qui s’installe à la salle Multi de Méduse, du 11 février au 1er mars, avec Ceci n’est pas une morte, librement inspiré du roman noir Into the Night (Une étude en noir) de l’auteur américain William Irish.On y suit le voyage psychologique d’une femme, Dell, prise dans un face-à-face bien involontaire avec le cadavre d’une inconnue abattue sous ses yeux, devant chez elle.S’inscrivant dans la foulée de Tha-natos, comédie noire présentée l’année dernière au même endroit par Les moutons noirs, Ceci n ’est pas une morte intrigue particulièrement par l’aspect multimédia de la production.L’environnement de la pièce, mise en scène par Normand Daneau, est en effet dominé par des images vidéo tournées par Francis Leclerc, d’une manière qui cherche à explorer les frontières entre cinéma et théâtre.Erika Gagnon y joue le rôle principal, en compagnie de Sébastien Hurlubi-se, Jacques Laroche et Marie-Christine Le-Hûu.On peut réserver sa place pour cette production inusitée au (418) 529-5078.Sur un ton beaucoup plus léger, le théâtre du Petit Bourbon présente, dès mercredi, la comédie Stand by.5 minutes, collectif de l’ancienne troupe de la Bordée, un effort de théâtre d’été en hiver.Jean-Jacqui Boutet, Ginette Guay, Jean-François Gaudet, Maryelle Kirouac et Annick Beaulne y jouent dans une mise en scène de Richard Aubé.On se renseigne au (418) 872-6331.Les Treize au féminin En plus de toutes ces activités professionnelles, il faut aussi ajouter à la liste la saison de la troupe des Treize, qui débute les 14,15 et 16 février prochains avec Transport de femmes, de Steve Gooch, présenté à la salle multimédia du pavillon Desjardins, dans une mise en scène de Marie-Josée Bastien.Présente à l’Université Laval depuis 1949, la troupe offrira au total quatre spectacles d’ici le mois d’avril: Gertrud de Hjalmar Sodenberg, Tout dans le Jardin d’Edward Albee et L’Alouette de Jean Anouilh, toutes des pièces aux thèmes féminins.Ce qui va d’ailleurs avec les effectifs des Treize, soit dit en passant.Cette pièce procure un plaisir cérébral comme “ lorsqu 'on Joue aux échecs." SRC Montréal Ce Soir, Claude Deschênes C'est un grand texte, une grande distribution.'¦ ' SRC Bon Matin, Johanne Despio?On reçoit cette pièce en plein visage (.) • < Très tort, très original.T CBF-AM C'est bien meilleur le matin, Stéphane Pilon LA LICORNE V Une présentation en collaboration avec LaMamHactuife du Maurier Le Groupe de la Veillée et Productions Vox-Art présentent François dAssise vedette de «FOURBI» film de Alain Tanner THEATRE ESPACE LA VEILLÉÈ THEATRE ESPACE LA VEILLÉÈ de Joseph Delteil Mise en scène de Adel Hakim avec ROBERT BOUVIER DU 29 JANVIER AU 16 FEVRIER Mardi au samedi 20h.Dimanche I6h.Robert Bouvier fait s’élever sous la voûte du théâtre un chant de la terre qui a la beauté des premiers matins, une poésie jubilatoire au plus près des êtres et des choses.- LE NOUVEL OBSERVATEUR Tout, dans cette création, paraît miraculeusement simple et beau.- LE FIGARO Production originale:Théâtre Saint-Gervais.Genève -Théâtre Vidy-Lausanne - Centre culturel Suisse de Paris -T.Q.I ./La Balance, avec l'aide de Pro Helvetia et de l’Association Française d’Action Artistique BANQUE IAURENTIENNE Réservations: 526-6582 1371, rue Ontario est Admission: 790-1245 ^sstuœi’t Passions, poisons, poignards, la folie romantique .du mal et de la pureté Hydro k Québei y de Victor Hugo Mise en scène : Claude Poissant A avec Marie-France Lambert, Sébastien Delorme, Normand D'Amour Sÿlvio Archambault.Stéphan Cloutier, Frédérick de Grandpré.Martin Desgagné.Anne-Marie Égré.Martin Larocque.Natalie Lecompte.Valérie Le Maire.Pierre Monet-Bach.Luc Morissette.David Savard.Stéphane Simard et Guy Vaillancourt concepteurs Serge Arcuri/Luc Aubry.Myriam Blais.Daniel Castonguay.Claude Lemelin et Alain Lortie Du 29 janvier au 15 février jeudis, vendredis et samedis.20 h BILLETS 514 790-1245 BILLETTERIE 22*o de réduction les samedis 1 800 361-4595 514 253-8974 La Nouvelle Compagnie théâtrale salle Denise-Pelletier.4353, Ste-Catherine Est ((3 Papineau autobus 34 I, K I) K V 0 I R , I, K S S A M K l> [ R K T I) I M A N C II E !) F E V R I E H.I !) !) 7 15 8 TÉLÉVISION DISC} UES CLASSIC} UES I Car ival JUAN DARIEN «» JULIE TAYNOR & ELLIOT GOLDENTHAL ELLIOT GOLDENTHAL Huile tompoied by pMMWfllIIBllgl Mas» In F Major, D 105 Mws In G Major, 0 167 .* > ¦.* Vyioner SünÿcrVtuFitt ¦ ÿf,i: : CWus Vlcnncnsls : ‘brciwslra of the Age of Lnllgfitcirmcni Bruno Weil Danses gothiques Quulre préludes PHILIPS 90,7 SHERBROOKE *• 90 , 3 TORONTO • 194 , 3 TROIS-RIVIERES H E S T R E O R C CHAMBRE Suite de qjA Pollack tri hull Pollack Salle Pierre-Mercure Centre Pibrre-Pélacleau 300, bout.deMnisonneuveEsI, Montréal Brue Sanguinel / £3Berri-UQAM Billels:9B7-6919/Admission: 790-1ZA5 Église, théâtre et atmosphère FRANÇOIS TOUSIGNANT SCHUBERT: MESSES Franz Schubert: Messe en fa majeur, D 105; Messe en sol majeur, D 167.Alexander Nader et Thomas Pu-chegger sopranos; Georg Leskovit-ch, alto (tous trois membres des Petits Chanteurs de Vienne); Jorg He-ring et Kurt Azesberger, ténor; Harry van der Kamp, basse; Arno Hartmann, orgue; Petits Chanteurs de Vienne (Wiener Sângerknaben), Chorus Viennensis, Orchestre de l’âge des Lumières (Orchestra of the Age of Enlightenment), dir.Bruno Weil.Sony Classical SK 68 237.C’est le bicentenaire de Schubert, et il s’ouvre bien avec ce disque de deux messes de jeunesse (écrites quand Schubert avait 17 et 18 ans).C’est le dernier sursaut de la tradition classique: on fait de la belle et bonne musique avant que de faire de la musique exprimant, avec les nouveaux moyens descriptifs, la nature du texte.Beethoven n’a pas encore écrit sa Missa Solemnis et le Kyrie peut encore être un joli morceau, n’est-ce pas.Ce qui touche surtout, c’est la naïveté du ton, bien rendu ici par un Bruno Weil absolument séduisant qui fait chanter cette musique avec un tel bonheur qu’on se croit au ciel pendant une heure.Les instruments d’époque sont un peu blancs, mais on ne peut leur en tenir rigueur tant la clarté est belle.Les chœurs et les solistes sont plus que bons et on se prend à penser que Schubert connaissait les anges et la noblesse.Alors, plutôt que de racheter des lieder que vous avez déjà, partez faire une découverte qui vous rendra heureux.JUAN DARIÉN: A CARNIVAL MASS Elliot Goldenthal: Juan Darién: A Carnival Mass, sur un livret de Julie Taymor et Elliot Goldenthal d’après l’œuvre de Horacio Quiroga Juan Darién, une Passion.Juan: Devin Provenzano (soprano); La Mère: Andrea Frierson Toney (contralto); Le Crieur de cirque et un chanteur de rue: Elliot Goldenthal (baryton) chœur et ensemble instrumental de la production du Lincoln Center (New York), dir.Richard Cordova.Sony Classical SK 62 845.Quelle belle époque nous vivons! Le théâtre et la musique semblent faire de plus en plus bon ménage hors des canaux pré-établis issus de la tradition et qui voudraient soit poursuivre le lyrisme à l’italienne, le néosérialisme à l’IRCAM ou la comédie musicale genre Broadway.Bien sûr, ces trois tendances bénéficient d’une large diffusion, ce qui les fait paraître comme incontournables et surtout permettent de masquer une réalité autrement plus variée, mouvante et artistiquement stimulante.Les Italianisants jugeront ces «explorations» comme allant contre la voix, les Irca-miens, contre l’évolution et l’intelligence historique — cela sort des canaux d’analyse pré-conçus par les bonzes universitaires qui voudraient vous dire quoi aimer et surtout, comment l’aimer —, et les gens des systèmes de consommations vous diront que hors Andrew Lloyd-Webber, point de salut de box office, donc point de «culture».La maison Sony prend un grand risque en sortant cet enregistrement de Juan Darién.Et surtout, ses producteurs font un pari magnifique: sortir des sentiers battus de la production de théâtre musical pour offrir la «trame sonore» de ce spectacle hors ses canons.C’est la grande force de cette nou- velle forme d’expression à laquelle ne répugne pas toute une nouvelle génération de créateurs.Les écouter est parfois dérangeant, souvent stimulant, rarement ennuyant.En ce sens, Juan Darién est tout issu des scènes de cabarets de Woz-zeck.Le conflit dramatique tiré des Dies Irœ, chansons populaires, les diverses allusions aux divers langages et une orchestration efficace contribuent à une réussite à souligner.Le finale est assez cucu cependant.L’enfer reste pavé de bonnes intentions, et ici, elles sont trop présentes et se veulent trop mercantilement efficaces pour attirer les applaudissements du public.Rien n’est encore parfait, mais la route semble prometteuse.Richement prometteuse.SATIE - DE LEEUW Erik Satie: Quatre préludes; Sonneries de la Rose-Croix; Première pensée Rose-Croix; Prière; Les fils des étoiles; Danses gothiques.Reinbert de Leeuw, piano.Philips 454 048-2 Pas de «hits» ici.Que des œuvres moins connues de Satie et qui portent bien leur surnom de musique d’ameublement.Pourtant, Satie a une manière bien à lui de manier des enchaînements harmoniques «sans raison d’être» qui confinent un certain charme à ce disque feutré.Parfois, on imagine le fond sonore des rites de l’OTS, apparemment inspiré des rosi-cruciens, en se disant que musicalement, si cela est joli, rien ne porte à réelles conséquences.Il se dégage cependant un réel amour de cette musique de la part de l’interprète et Reinbert de Leeuw approche par moment du mystique, en effleurant subtilement une certaine sensualité harmonique.Tout devient alors plus aride et la question reste posée, surtout quand on connaît Satie: est-ce une farce ou est-ce senti?Chez moi, la question reste sans réponse.« J; PAULE DES RIVIÈRES LE DEVOIR e n'ai jamais de critique, ni bonne ni mauvaise, parce ^ que personne ici ne parie de la musique de film.» François Dompierre a signé la musique de 46 films, dont celle particulièrement percutante du fameux Déclin de l’empire américain de Denys Arcand.Compositeur parfois audacieux, mélodiste parfois brillant, Dompierre participe au paysage musical québécois depuis trente ans.11 aurait bien aimé être organiste; il aurait bien aimé être chef d'orchestre.En d’autres termes, il aurait bien aimé être pris au sérieux par une certaine communauté.Puis, il y a trois ans, au tournant de la cinquantaine, il a réglé ses comptes personnels: «Il fallait que j’accepte de ne pas être Fernand Braudel», dit-il en faisant sienne la réplique d’un des personnages du Déclin de l’empire américain.Dompierre, homme chaleureux, faisait ces commentaires cette semaine, à l’issue de 16 heures avec François Dompierre, un document signé Télé-Québec et présenté ce soir, 20h30, sur cette chaîne.L’idée de consacrer une émission au compositeur est en soi excellente.Malheureusement, la complaisance du ton est telle qu’aucune réflexion n’est proposée au téléspectateur.On ne parle pas ici de mettre qui que ce soit en morceaux: là n’est pas le but d’un exercice qui vise à souligner la contribution d’un individu à la vie d’une société.Mais le spectaculaire manque de recul, combiné à un montage beaucoup trop nonchalant transforme l’exercice en promotion pure et simple! Télé-Québec n’est pas une exception dans la série des hommages, devenus un sous-genre au Québec.Diverses personnalités ont été honorées ces dernières années, de Jean Duceppe à Dominique Michel en passant par Bernard Derome et Ginette Reno.Ce fut parfois réussi, parfois beaucoup trop dithyrambique.Il fallait voir Derome l’an dernier, à l’issue de la présentation de son «hommage».«C’est trop, c’est trop», ne pouvait-il que répéter! Le document de Télé-Québec sur François Dompierre est plus que sympathique.Le compositeur est un homme heureux, un homme aimé.Il aime rire, il aime manger.Mais derrière cette option pour la bonhomie se cache un bourreau de travail qui est debout à 4h30 et qui sait que son immense talent ne suffit pas.L’émission permet de se faire une idée de la diversité et de l’audace du musicien, qui, outre ses musiques de film, a scène de SOURCE RADIO-CANADA la chasse à la baleine, l’été dernier, près de composé des concertos, des publicités («on est six millions, faut se parier»), la musique de Demain matin Montréal m’attend, sans parler de ses expériences avec le synthétiseur, à une époque où cette bébitte était vue d’un œil menaçant, le compositeur a également signé les arrangements de plusieurs chansons de Renée Claude, Pauline Julien, Claude Gauthier, il fut second claviériste de Jacques Brel à sa dernière tournée ici, en 1967, travailla avec Félix Leclerc, participa au premier enregistrement de Charles Dutoit avec l’OSM etc.La source première de cette inspiration a nom Yolande, la mère, à qui le compositeur rend un touchant hommage ce soir, 20h30.La dernière chasse La chasse à la baleine boréale (ou franche), une espèce menacée, est interdite au Canada depuis 1979.Les Inuits de l’Arctique de l’est ont pourtant arraché, dans le récent accord global du Nunavut, signé avec le fédéral, la permission de se livrer à une ultime chasse, question de renouer avec leur culture et leur tradition.La Semaine verte, qui célèbre cette année ses 25 ans, présente demain midi, à Radio-Canada, un reportage unique sur cette dernière chasse.Oubliez les lieux communs qui émaillent la narration du journaliste, faiblesse rendue anodine devant la valeur de ce document Pourquoi?Pour le témoignage d’une extrême complexité qui nous est livré.Pour l’ambiguïté des émotions et des valeurs culturelles qui prennent forme dans cette activité de chasse, au large du village de Repulse.Du 13 au 18 août dernier, donc, les Inuits renouaient avec une tradition qui, dans les faits, avait cessé bien avant que la Commission baleinière internationale ne l’interdise dans les années 70.Car dès 1915, les baleines avaient pratiquement disparu des, eaux, après deux siècles de chasse par les Irlandais et les Ecossais principalement, qui tuèrent 28 000 baleines.Les préparatifs de la chasse de l'été dernier se déroulèrent donc dans un climat de fébrilité et sous la surveillance du gouvernement fédéral.Douze hommes et une femme des trois régions de l’Arctique furent finalement désignés et furent transportés en avion à Repulse, pour une semaine.Ils devaient utiliser un fusil à fléchettes explosives, qui tue l’animal instantanément.Mais ils ignoraient comment s’en servir et se rabattirent sur le harpon et un type de fusil beaucoup trop faible.Résultat?Une pagaille totale.Un rodéo de la pire espèce qui secoua le réalisateur Michel Poirier et le journaliste Charles Marcoux.Ce duo, installé à Régi-na, avait prévu d’insérer ce reportage dans une série sur l’habitat traditionnel, destiné à un public international.Ce ne fut pas possible.La baleine qui apparut au bout de quelques jours fut tuée à coups de harpons et de dizaines de coups de feu; elle coula, vraisemblablement noyée dans son sang.Les chasseurs mirent deux jours avant de retrouver l’animal.Le bateau du fédéral, qui était jusqu’à ce moment resté impassible, dragua le fond à la recherche du cétacé qui fut finalement retrouvé.Le séjour sous l’eau avait rendu la nourriture immangeable et même les chiens, qui mangent habituellement la viande n’en voulurent pas.Quant au muktuk, la peau garnie de graisse dont les Inuit raffolent, elle fut partiellement dégustée, partiellement laissée à pourrir sur la plage, alors qu’elle devait être acheminée à tous les villages de l’Arctique.Bref, un triste paysage.Le 10 février 1997, à 20 h LE TRIO DI MILANO PIANO, VIOLON, VIOLONCELLE HAYDN: Trio n° 25 en mi mineur, Hob.XV:12 SAINT-SAËNS: Trio en fa majeur, op.18 BEETHOVEN: Trio en ré majeur, op.70 n° 1 (Esprits) Informations: Pro Musica, tel.845-0532 Billets: 25 S, 18 S (etudiants: 10 S) Taxes incluses, redevance en sus.laMonlrCal i(S»i Radio-Canada «5» Chaîne culturelle FM du commun et qui va peut-être devenir un must de ce que le théâtre musical ou opéra ou.va devenir.Tirée de l’œuvre du dramaturge sud-américain Horacio Quiroga, cette «partition» d’El-liot Goldenthal se situe exactement au même point de brûlante émergence de création que Renard ou l'Histoire du Soldat de Stravinski.Non pas qu'il s’agisse ici de copie; je parlerai bien plutôt de redéfinition de ce qui compose la musique, au même titre que Schoenberg s’est posé la question puis a trouvé sa réponse dans son Pierrot lunaire op.21.Plantons le décor.La jungle amazonienne et un village.(Transposons en jungle urbaine et un quartier, ou entre système économique sauvage et individu sensible, conflit entre minorité et majorité, dominant et dominé.la palette est plus que large sur cette base simple).La musique suit, allant de la fine pointe technologique à la folie débridée des rythmes latino-américains, en passant par des citations de la Messe des morts du Moyen-Âge, l’utilisation de procédés minimalistes et le non-conformisme postmoderne dans ce qu’il a de plus radical.Car on peut parler ici pour une rare fois du radicalisme postmoderne.Celui qui n’a peur de rien pour arriver à l’expression originale.Il faut donc procéder à une nouvelle définition de postmodernité.De fourre-tout généralisé, le terme peut penser maintenant s’auréoler de la signification d’une nouvelle modernité.Le postmoderne devient la modernité nouvelle, celle d’après la modernité classée des années 20 à 70.Cette modernité-là ne sent pas besoin de faire tabula rasa de son héritage et cesse de chercher des voies de salut pour pouvoir intégrer des «émotions» indépendantes les unes des autres, ni plaire aux schèmes si libéralement enseignés des académies.Au contraire.Elle trouve une porte de sortie par le théâtre, cette éternelle lettre de noblesse de combien de révolutions musicales, à cette question éternelle de l’Art (et je tiens au grand A) : qu’est l’homme, sa réalité sociale et spirituelle?Bien sûr le propos est parfois simpliste.Pensons à la scène de la cure magnétique de Cosi, des métamorphoses d’Âlberich, du début de Pelléas, de l’abracadabrant Trovatore.les exemples ne manquent pas pour prouver que la vraie grandeur s’accommode bien d’une certaine facilité apparente.Il faut tout naturellement lui trouver sa juste place dans un contexte intrinsèquement artistique qui, lui, bannit toute inutilité sans merci.Et je pense bien que Juan Darién est une étape plus qu’importante dans ce chemin qui mène vers, enfin, une musique radicale, engagée (au sens des Italiens Nono, Pollini etÀbbado), et vraiment nouvelle.Pour juger du Juan Darién de Goldenthal, il faudrait voir le spectacle que seules quelques photographies nous ont amené à la vie.La musique elle seule semble pourtant aussi parlante que certaines pages de Mahler ou Berg, vqire de Zimmerman ou du meilleur Henze, pour déjà prévoir à quel point une certaine institution s’y rebiffera tant elle tient à — et se tient enfermée dans — •À LA CHAINE CULTURELLE FM DE RADIO-CANADA w w w r adio-canada.can TARTUFFE, de MOLIERE, présenté per le TTM et mis ai 9càie par Iirraine Rintal, fera l'dqjet d’ui COUP DE THÉÂTRE animé par Winston McQuade.Irvités : Gabriel Arcand, Lorraine Rintal et Yves Cbsgrain.Dimanche à 12 h 10 Créati/cn radicçhcniqje de DADA MUSIK, de MARK HYLAND de SILVIO PAIMÉRI, une oeuvre d'art audio en hommage au m ouvemant chch qui traœ un portrait saner e de nctre sied d LE NAVIRE «NIGHT» Dimanche à 22 h 45 IA NUIT CU ILS CNT TUE LE QLOS COMÉDIEN, dYVAN BIENVENUE, asœ les caædians Retain Aubert, Charles Trfaeau et Midnà E&igLe.Sigalcns que ce texte a été choisi peur représenta: la Société Itadio-Canach ai prix F&û-Gilscn en 1996.dette sataineà LUNDI, C'EST DRAMATIQUE.Lundi à 11 h 30 ÉVANGÉLINE, de LONGFELLOW , pins grande et plus célèbre légende du peuple acadien raoentée par Yvan VanEckeà TOUTE UNE HISTOIRE POUR UN MERCREDI.FferaredL à 11 h 30 SPECIAL SAINT-VALENTIN : «RÉPONDEZ S'IL VOUS PLAÎT», les auditeurs et auditrices dédientàleur taien-aimé ou bian-aimée une pièce musicaLe du répertdre baroque acccnpagnœ d'un texte d'inqiraticn anaureuae.Ce RADIO-CONCERT an dir et réunirale haute-oentre Eaniél I^icr, la sqçrano forma (ÈLwin et les Idées heureuses à lasalle Rectath de llhivaraté de Montreal, vendredi à 20 h.CLAIRE MARCHAND,sqranq et un trio à cardes présenterait m an cet intime où l'amour sarardà INVITATICN AU CHÂTEAU ,1e dmenche 16 fié/riar à 18 h 10.100,9 CHICOUTIMI • 98,3t MONCTON • 100,7 MONTRÉAL • 102,5 OTTAWA-HULL MUSIC Yuli Turovsky Directeur artistique Edwin Csüry violon JEUD113 FEVRIER, 20 h MERCURE Divertimento pour quatuor et orchestre TCHAIKOVSKY Valse-Scherzo et Sérènode mèhn-cohque pour vnhn et orchestre BARTOK Denses populaires roumaines DE SARASATE Fantaisie sur les thèmes de Carmen de Bizet Gagnant dut" Prix Concours international du Centre d'Arts Orford BRAHMS Sextuor à cordes rf 2 en sol majeur NÜRTELIü NORTHERN TELECOM Commanditaire principal 5S5.rue SHerbn oke Ouest Billets: 23 00 $ Rtptor 19.50 S Uni '0.00 $ Étudiant 982®6037 Less Violons du Roy ERRATUM Veuillez prendre note que le concert Handel à Rome, présenté par les Violons du Roy à la salle C1 aude-Ch am pagn e samedi le 5 avril prochain est une coproduction cor i«S»> Radio 55!' Réseau FM Stéréo La vie heureuse de François Dompierre I.K I) K V (I I II , I.E S S A M E D I 8 E T I) I M A N (' Il E !) F E V H I E H I !» I) < RÉMY CHAREST DOLORÈS Jean-Louis Murat (Virgin) Un des plus grands plaisirs de tout amateur de musique, c’est de découvrir un morceau qu’on peut et qu’on veut rejouer cent fois de suite, avec un plaisir qui ne se dément pas.Fort Alamo, brillante première chanson de Dolorès, cinquième album de Jean-Louis Murat, premier disponible en copie d’ici, me fait le coup depuis une semaine.Cette expression de défaite et d’abandon mâtinée de la colère lasse de l’amant largué, ce mariage impeccable (et tellement rare en français) du rythme intrinsèque des mots à celui de la musique pop, ce ton de voix semi-détaché mais encore expressif, ce joli petit riff de guitare qui supporte les couplets, ces petits points d’orgue tellement bien appliqués, cette gravité sans lourdeur, tout ça m’a scié les jambes d’étonnement et d’admiration.Ne chante pas qui veut des mots comme ceux-ci: «Abruti de lumière / Comme pris au lasso / Je me laisse défaire / De tous mes oripeaux.» Il faut dire que le reste de Dolorès n’est pas mal non plus.Dieu n’a pas trouvé mieux, élégante chansonnette posée sur des échantillonnages à la mode, soutient le niveau de la précédente, juste avant que Perce-neige ne vienne surprendre par ses ail's de troubadour ancien, chantant des choses aussi anciennes que «Même si les frimas épargnent les blés, jamais ne cessera ma peine».Un peu plus loin, il y a un Baiser qui fait rêver, puis Le Môme éternel, proche parent de Fort Alamo, puis À quoi tu rêves, genre de comptine qui fait bien sourire ma petite Mathilde, du haut de ses dix semaines, mais qui se révèle tout de même être faite pour les grands quand l’Auvergnat chante: «C’est notre manière, on s’aime, on s’aime /En attendant d’être heureux.» Même dans des moments aux arrangements plus quelconques — Le Train bleu et son agaçant clavier de piano bar, les accents blues flottants de Margot —, Murat réussit toujours à sauver la mise ou même à convaincre, grâce à un tournant inattendu, une expression de la voix, un mot juste, juste bien placé.Murat, alias Jean-Louis Bergheaud, bien habité par la nature et la littérature, possède une véritable écriture poétique — ni dans le sens fleur bleue, ni dans le sens hermétique du terme, mais par la présence d’une rythmique élégante et d’une judicieuse vibration des significations du verbe.Celui qui dit «écrire des chansons comme on purgerait des vipères» sait donner une belle distance à ses histoires personnelles (le disque est né après qu’une Marie l’ait plaqué bien rondement), portant une aventure singulière vers des significations plurielles.Mieux encore, il sait à merveille conjuguer cette poésie — la sienne ou celle de Baudelaire sur Réversibilité — avec la musique, en lui donnant, de pièce en pièce, des outils très divers pour se faire valoir.Après Im Mémoire neuve de Dominique A.l’été dernier, Le Danger de Françoise Hardy à l’automne, voici un h* Vi >4.VA- autre disque de saison, capable de montrer que la France n’a vraiment pas dit son dernier mot, quand vient le temps de faire de la grande chanson et de l’ancrer dans les terreaux musicaux d’aujourd’hui.NÉNETTE ET BONI Tindersticks (Polygram, en importation) Il n’y a pas grand-chose de plus magnifiquement mélancolique que la musique des Tindersticks, groupe anglais aux singuliers dérapages éthylico-sen-timentaux.Un groupe de fans inconditionnels, plus nombreux en Europe, assez rares ici, ont adopté sans condition leur tristesse, qui pourrait presque faire passer Leonard Cohen pour Charles Trenet.Forts en atmosphères, ces Allume-Feux semblaient tout désignés pour la musique de film.C’est ce qu’en a pensé la réalisatrice française Claire Denis, qui leur a confié la bande originale de son long métrage Nénette et Boni.S’il nous reste à le voir arriver sur nos écrans, la bande originale est déjà avec nous, grâce à des fans du groupe chez Polygram, qui en ont assuré la venue en importation.Redistillant dans l’instrumental les chansons de leurs deux albums précédents (seule Petites gouttes d’eau, version magnifique et amplifiée d’un ensemble à cordes de Tiny Tears, est chantée), les Tindersticks offrent ici un envoi discret et nuancé qui ferait penser à Twin Peaks en plus distingué.A défaut d’un vrai troisième album, on pourra tout de même laisser de longues soirées s’écouler au son de ces reprises, en compagnie d’un bon verre de rouge bien tannique.?TERI MOÏSE Teri Moïse Source (Virgin) Chantez après moi: «Dans les poèmes de Michelle / Les enfants ont des ailes/Pour voler.» Qui n’a pas fredonné?On appelle ça un tube.Depuis Caroline, le doux rap de MC Solaar, aucune chanson issue de France ne m’a atteint aussi indiscutablement que Les Poèmes de Michelle, premier extrait du premier album de Teri Moïse.C’est pas compliqué: le refrain m’a ouvert la tête comme une none de coco et s’est niché dedans.A demeure.Bail signé.Après la millionième diffusion, la chanson est toujours là.Intacte.Inépuisable.Le reste de l’album, moins automatiquement gagnant, baigne tout de même fort agréablement dans les mêmes eaux, surtout Je serai là et Les Pages.C’est de la musique pop-soul liquéfiante, aux accents légèrement funk ou jazzy, qui renvoie avantageusement au Stevie Wonder des meilleures années, celles de Music OfMy Mind, Talking Book et Innervisions (1972-73).A cela près que c’est chanté en français par une fille, née aux Etats-Unis de parents haïtiens, installée en France depuis le début de la décennie.Un riche creuset culturel qui permet à la chanteuse d’allier un phrasé très coulant, une conscience des sonorités très afro-américaine, à une sensibilité toute premier* nitlets aJV; ‘Envoûtant et raffiné.Tango Pasion est l'un (les meilleurs spectacles du genre.' RmSfitutrauio ' Deux heures de suprême élégance.L'un des plus grands spectacles de tango qu'il vous sera jamais donné de voir.JViwOcAa fflU^ESQfi ‘Un étourdissant spectacle musical.Où quand ràme de l'Argentine rencontre la magie de Broadway." **v*«i*iiMT«.0BstHTa* Donald K.I)ouuld& Mel llmvard présentent la suite de Tango Argentin» leur comédie musicale récipiendaire d’un prix Tony.Une éclatante production en provenance de Hroadway: flÇfposûm ) s mettant en vedette 25 danseurs, chanteurs -A et l'orchestre original de M Tango Argentino, pA le Sexleto Mayor.6 Representations! .; au 22 février - Théâtre St-Denis lillets en vente au guichel du Théâtre ou en appelant le 790-1111.h QES ES irtf «OCR 9?s ru » francophone (qui parle de poèmes dans la chanson anglophone?).Moi qui n’ai jamais été bercé par les rythmes des îles, j’apprécie même Comment aller là-bas, probablement parce que les couleurs antillaises teintent la chanson sans exotisme de pacotille.Teri Moïse n’est pas une perle d'Haïti.Parlons plutôt d’elle comme un auteur-compositeur-interprète à découvrir.Pas besoin d’étiquette worldbeat quand on écrit des chansons capables de faire le tour du monde.GREAT COUNTRY SONGS Elvis Presley RCA (BMG) Il existait déjà un disque intitulé Elvis Country, seul véritable album-concept de la carrière du King, paru en 1970.C’était pour Presley, country boy dans l’âme, un essentiel retour à l’origine.Son rock’n’roll, faut-il le rappeler, avait germé en sol country (cherchez pas le pléonasme, y en a pas), au confluent du gospel, du rhythm’n’blues et de la chanson pop des crooners.Dès lors et jusqu’à sa mort en 1977, il y aura toujours un peu plus de country sur ses disques, comme si Elvis avait voulu se protéger de toutes les musiques qu’il ne reconnaissait pas et qu’on appelait encore du rock, tel que détourné par les Black Sabbath, Yes, New York Dolls, Alice Cooper et assimilés.L’idée d’une compilation des Great Country Songs du défunt souverain coulait de source.La voilà donc, à point nommé pour rappeler aux plus jeunes que la musique country à forte teneur rock’n’roll des Mavericks, Marty Stuart et autres Dwight Yoakam ressemble pas mal au country façon Elvis.Et si ce n’était pas une justification suffisante, on offre en boni quelques prises inédites, pas piquées des hannetons.Qu’il s’agisse de Green Green Grass Of Home, There Goes My Everything, Fairytale ou Help Me Make It Through The Night, toutes ces versions subtilement différentes sont valables: Elvis ne répétait jamais, et chaque interprétation comptait.Les moutures de Just Call Me Lonesome et Your Cheatin’ Heart sont particulièrement relevées: comment a-t-on pu les rejeter?Sinon quelques succès de palmarès pop hors contexte, le choix des titres est tout à fait approprié.Des débuts chez les disques Sun (I Forgot To Remember To Forget) aux ultimes enregistrements de 1976 (l'émouvant He’ll Have To Go), on est ébahi par la constance d’Elvis: svelte ou bouffi, avec ou sans prescription pharmaceutique, sa voix et son instinct d’interprète ne l’ont jamais trahi.Au delà de toutes les caricatures et récupérations, le chanteur demeure intouchable.Sylvain Cormier COUNTS)- IMI mm SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR C) est toujours la même histoire.Une bonne histoire.Une histoire si vieille et si actuelle qu'elle est au fond une histoire intemporelle.Guitariste et chanteur, Phil Guy, le frère de l’autre, en est une illustration.Cet homme qui ce soir jouera au Club Soda est une sorte de révélateur des facettes artistiques et autres facettes du blues.Comme la majorité des musiciens de blues, il vient du Sud.De ce Sud que l’on qualifie de profond parce qu’il s’agit du Sud des bayous, du Sud de la swamp.Alors qu’il était encore très jeune, sa famille a, plié armes et bagages pour Chicago.A cause de quoi?Du travail, de l’économie, de la finance.Dans le courant des années 30, on a assisté à un véritable exode des Noirs.La majorité abandonna la route du tabac et les champs de coton pour ces emplois que l’on associe toujours à la ville.Avant le départ de la famille Guy pour Chicago, Buddy, le frère aîné, avait eu le temps de se sensibiliser aux blues des grands du Sud, les Lightnin’ Hopkins, Guitar Slim et Slim Harpo, l’homme du Shake Your Hips.Une fois à Chicago, dans le West Side pour être exact, Buddy Guy, avec Phil toujours dans les environs, fréquent assidûment Otis Rush et Magic Sam.A eux trois, ils forgèrent ce qu’on appelle le West Side Sound.C’est-à-dire?Rendre le son d’ensemble plus tendu et plus homogène.Evidemment, Phil en apprit toutes les subtilités, du son du West Side de Chicago.De la moitié des années 60 au tournant des années 80, Phil Guy joua admirablement le rôle du faire-valoir.Au sein du Buddy Guy-Junior Wells Band, il était le rythme.Il en était le metteur en scène comme le sculpteur.Il était le boss du rythme.L’équation mathématique que Ray Allison à la batterie suivait à la trace.Au début des années Reagan, la scène du blues tomba bien bas, très bas.Les groupes éclatèrent.Celui des Guy et Wells n’échappa pas au rouleau compresseur financier.Chacun prit la tangente.Buddy Guy prit le chemin des studios américains.Phil Guy, celui de la Grande-Bretagne.Il faut le savoir, là-bas, Phil Guy est gros.Très gros.Très apprécié.Pour les British, il est une grosse pointure du blues de Chicago.Pour les Allemands également.Et pourquoi donc?Parce qu’il est resté fidèle au blues.Jamais il n’est tombé dans le blues-rock, contrairement d’ailleurs à son frère.Jamais il ne racole.Ses albums gravés pour l’étiquette anglaise JSP révèlent tous une affection sans retenue, une totale affection pour le blues de Chicago.La compilation intitulée Breaking Out On Top est rien de moins que l’une des meilleures productions des dernières années.A ses côtés, on retrouve quelques-uns des musiciens qu’il a, à certains égards, formés.Lesquels?Eddie Lusk, Norman Breaker, Michael Scott, et surtout Maurice John Vaughan.Phil Guy est un grand bluesman.Une dernière chose, ce soir au Club Soda, il sera accompagné de Stephen Barry à la basse, Jorn Reissner à la guitare et Gordie Adamson à la batterie.Bref, la soirée promet.Prix d’entrée: 13 $.C’est abordable.PALMARE S ?DISQUES Oampigny Classique 1.SHINE, TRAME SONORE, PGS _________________________________17,955 2.PIANO CONCERTO NO 3, RACHMANINOV (A.LAPLANTE), ANALEKTA _16,»* 3.THE ENGLISH PATIENT, TRAME SONORE, GABRIEL YARED, PGS_____18,** 4.CONJURES, FRANZ SCHUBERT, INTERDISC _______________________22,** 5.COMPLETE BEETHOVEN PIANO SONATAS (IO DO, A.KUERTI, ANALEKTA_79,95 5 Jazz Blues International 1.BEST OF PAOLO CONTE PAOLO CONTE, WARNER_______16,** 2.BARKOKHBA (2DQ, JOHN ZORN, KOCH ______________27,*» 3.NIGHT TO NIGHT, GEOFFREY ORYEMA, EMI _________16* * 4.CESARIA CESARIA EVORA, BMG____________________17,”* 5.OMERTA TRAME SONORE, MICHEL CUSSON, SÉLECT ___18,** Pop Francophone 1.LE DÔME JEAN LELOUP, SÉLECT______________________________17,* » 2.LES COPAINS D’ABORD (2 DC), GEORGES BRASSENS, PGS_________27,** 3.40 CHANSONS D’OR (2DC), CHARLES AZNAVOUR, EMI_____________25,** 4.QUATRE SAISONS DANS LE DÉSORDRE DANIEL BÉLANGER, SÉLECT __17,** 5.EDEN, ETIENNEDAHO, EMI____________________________________14,** Pop Anglophone 1 EVITA (2DC), TRAME SONORE, MADONNA, WARNER_______30,** 2 TELEGRAM BJÔRK, WARNER __________________________15,** 3.MATAPEDIA KATE + ANNA MC GARRIGLE, DENON________17,** 4.LE ROI ESTMORT, VIVE LE ROI ENIGMA, EMI ________16,** 5.TRAGIC KINGDOM NO DOUBT, MCA____________________17,** S U G G E S T O N S TIME Philippe Noircaut FONOVO yj FUSION m œi/x THE VIENNA I LOVE André Rica PGS ¦ pu//.Ta PIAZZOUABY PIAZZOLLA Astor PiazzoIIa BMG PROSODIE Aldo Romano Verve Le nouvel album du batteur Aldo Romano a tout pour plaire.De la musique proposée à la couverture, presque tout est parfait.Cet album s’intitule Prosodie.Pour la couverture, les graphistes ont emprunté la NRF de Gallimard.Pour la musique, pour l’essentiel, Romano s’est attaché à reconstruire des climats très aérés.Il y a quelque chose de très serein dans cette Prosodie.Ex-accompagnateur de Claude Nougaro, complice régulier des musiques très éclatées donc très enrichissantes de Louis Sclavis, Henri Texier et autres fouineurs sonores, Aldo Romano a choisi pour cette production des musiciens italiens très attachés à prolonger l’œuvre de.Chet Baker.Qui sont-ils?Paolo Fresu à la trompette, Stefano Di Battista aux saxophones, Franco D’Andrea au piano, Michel Benita ou Furio Di Castri à la contrebasse, et Jean-Michel Pile aux claviers.Presque tous ces musiciens, Romano compris, ont fréquemment accompagné Chet Baker.Alors, forcément, ils ont donc appris à maîtriser toutes ces petites choses qui font la délicatesse, la légèreté musicale.L’ensemble de la production baigne dans un environnement lyrique avant tout.C’est une production très.comment dire?Nocturne.Cette Prosodie produite et distribuée par Verve se lit la nuit.Autre chose?C’est une musique sculpturale.En bleu et noir Il y a un truc irritant à Montréal.Voilà, mercredi soir dernier, la chanteuse Jeri Brown occupait la scène du Gesù.Et ce, pour une raison particulière.Elle a chanté dans le cadre d’un gala pour le bénéfice financier de Sai- AHCHIVES LE DEVOIR J ' J Phil Guy son jazz Montréal.Prix du billet?50 $.Bien.Deux jours passent.Puis, on apprend que Jeri Brown se produira les 14 et 15 février au Upstairs, srue Mac-kay.Prix du billet?8 $.Ça, c’est 42 $ de moins.Toujours est-il que là.Quand donc les producteurs et les musiciens, où je ne sais qui, vont prendre des moyens, histoire que des hiatus financiers aussi énormes que celui mentionné ne se reproduisent plus?Hein?Quand donc va-t-on arrêter de prendre le consommateur pour un cochon de payant?Nom dé diou! Pdm liainplgm Date limite d’inscription : 1er mars 1997 Séances d’information : le dimanche 2 février 1997 à14hetà15h Pour être admises, les personnes sélectionnées à la suite des auditions devront être titulaires d’un diplôme d’études collégiales.De plus, il est prévisible que des droits de scolarité soient exigés; le montant sera alors déterminé ultérieurement.Frais d’admission non remboursables : 50.00 $ Frais afférents de 150.00 $ Pour renseignements : Conservatoire d’art dramatique de Montréal 100, rue Notre-Dame Est, Montréal (Québec) H2Y 1C1 Téléphone : (514) 873-4283 Gouvernement du Québec Ministère de la Culture et des Communications Québec us AUDITIONS D’ENTRÉE ANNÉE SCOLAIRE Conservatoire d’art dramatique de Montréal 1997-1998 Oampigny SUCCURSALES GRANDE SURFACE I 4380, Saint-Denis Ouvert 7 jours de 9 h à 22 h (514) 844-2587 1-800-817-2587 | Station Mont-Royal | Gratuit entrée rue Drolet Prix en vigueur du 8 au 28 février 1997 371, Laurier Ouest Ouvert 7 jours de 8 h à 22 h (514) 277-9912 Rive-Sud - Mail Champlain (514) 465-2242 4380, rue Saint-Denis 844-2587 Mail Champlain 465-2242 JOHN MALKOVICH Compétition officieïle/Festival de Venise Sélection officieïle/Festival International du film de Toronto Adapté du roman de Michel Tournier “Le Roi des Aulnes ” UN FILM DE VOLKER SCHLONDORFF Version française de « The Ogre » Un film dément, bouleversant mot grandiose « Le Roi des Aulnes est un très Très courageux aussi« - Régis Tremblay, Le Soleil 13 ANS + MAINTENANT À I 3 A CCIOUC 1 FAMOUS PLAYERS LArrlunb | centreeatona® FAMOUS PLAYERS CENTRE LAVAL M FAMOUS PLAYERS L0EWS2® ISMUD^stru » DISTRIBUTION i** W» Aj Group* Goaotrt Inc.¦ tubMtery of Co*o*nt Group kc | *
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