Le devoir, 18 février 1997, Cahier A
LE DEVOIR V o I.X X X VIII N " 3 M O N T K E A I., I.E M A R I) I 18 V E V R I E R I » !» 8 8 c + T i» s + t v y / T o u o x t o I $ PERSPECTIVES Viva Mexico ! Rares sont les hommes politiques qui, installés confortablement sur l’Olympe pendant toute leur vie publique, finissent rapidement — du jour au lendemain — par faire l’objet de la vindicte populaire.Certains acceptent de nettoyer les écuries d’Augias, d’autres, comme l’ex-pré-sident mexicain, refusent de reconnaître leurs péchés (vrais ou faux) et choisissent de monter au front.ais où est dqnc Carlos Salinas de Gortari?En Irlande.A Dublin, répond avec toute sa puissance de feu Internet sur www.mexico-virtual.com/csg/.Et que fait l’ancien président mexicain dans la capitale de l’Eire?Comme Napoléon sur l’île d’Elbe, il prépare son retour, note Time dans son édition du 10 février.Dans une interview au quotidien mexicain Reforma, Salinas soutient qu’il veut retourner à Mexico, qu’il a quitté en catastrophe en 1994 après son sexennat, «pour clôturer les chapitres du passé».Qqels sont-ils?L’artisan du traité de libre-échange avec les Etats-Unis et le Canada est d’abord soupçonné d’avoir ordonné l’assassinat de son dauphin désigné Donaldo Colosio, en mars 1994.Il aurait aussi contribué au renforcement des cartels de la drogue mexicains lui permettant ainsi — avec l’aide de son frère aîné Raul — de déposer des centaines de millions de dollars dans une dizaine de pays.Le «miracle» économique mexicain sous sa présidence s’expliquerait même, en grande partie, par le blanchiment de l’argent des narcotrafi-quants qui rachetaient des sociétés gouvernementales.Pour se rendre indispensable aux 90 millions de Mexicains (70 % de l’électorat trouvait positif son bilan à la tête de l’État) et briguer un second mandat — la Constitution n’en permet qu’un seul —, le président déchu aurait même provoqué la dégringolade du peso qui a frappé la treizième économie mondiale quelques semaines avant la fin de son mandat le 1er décembre 1994.Manichéen à ce point?Seul un président, dans les années vingt, a tenté de forcer la Constitution en cherchant à se présenter une seconde fois.Mais Alvaro Obregon, dit «le manchot», a été assassiné avant même de pouvoir y arriver.Le feuilleton politique de Carlos Salinas, 48 ans, est rocambolesque mais il ne s’arrête pas là.Son frère aîné Raul cogite, seul, en prison soupçonné d’être le cerveau du complot pour assassiner, en septembre 1994, José Francisco Ruiz Massieu, le numéro deux du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI, au pouvoir depuis 1929).Vengeance personnelle contre un ancien beau-frère?Querelle politique ou litige financier?On ne le saura sans doute jamais.Raoul salissait le blason doré de Carlos?Jusqu’à la fin, le bon président défendait l’intégrité du grand frère.Auto i ii e Char ?Salinas semble Porté aux nues par la communauté internationale pour avoir modernisé l’économie mexicaine, Salinas était un des favoris pour devenir le premier directeur de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui a succédé au GATT.Mais le prince a perdu ses lauriers et ses myrtes et depuis son départ précipité avec son épouse et ses trois enfants pour Boston puis ensuite brièvement Montréal, le Parti de la révolution démocratique (PRD-centre gauche) réclame à cor et à cri l’ouverture d’un procès politique contre l’ex-président Salinas semble désormais prêt à aller au bûcher pour défendre son honneur et celui de sa famille.Mais le retour du «modernisateur» du Mexique ne ferait peut-être pas l’affaire du PRI.— La formation politique du président Ernesto Zedillo prend le risque d’ouvrir la boîte de Pandore en permettant à Salinas d’éclabousser publiquement au cours d’un procès différents dignitaires hier proches de lui et aujourd’hui à des postes clefs, dans le milieu des affaires surtout.— Si Zedillo et les durs du PRI (ils sont majoritaires) se montrent ouvertement hostiles au retour de Salinas, ils pourraient alors passer pour complices de l’ancien président.On le voit, le Partido revolucionario institucional est piégé politiquement surtout en cette année d’élections où le Parti de l’action nationale (PAN, conservateur) risque de sortir grand gagnant aux législatives du 6 juillet.Zedillo, qui doit tout à Salinas puisqu’il a été nommé par ce dernier avant qu’il ne devienne soudainement un paria, ne mâche pas ses maux à l’égard de son prédécesseur.Les deux se livrent régulièrement à une véritable corrida verbale: une première au pays de Zapata où l’on n’avait jamais vu un président d’un parti critiquer un exprésident du même parti.Contrairement à son frère Raul, Carlos Salinas n’est formellement accusé de rien.Sert-il de bouc émissaire au PRI (dont la longévité politique est inégalée dans le monde occidental) pour diminuer l’irritation sociale et politique des Mexicains?Les caciques du parti aimeraient mieux, en tout cas, le voir couler des jours heureux dans la verte Irlande, loin des cactus de la vie politique mexicaine.prêt à aller au bûcher pour défendre son honneur et celui de sa famille M É Montréal Faible neige intermittente se changeant en pluie.Max: 2 Min: -3 T É 0 Québec Faible neige.Max:-2 Min: 4 Détails, page B 6 I N Annonces ,.B6 Avis publics.,.B 4 Bourse .B 4 Culture „ B 8 Économie .B 2 Éditorial .A 6 Idées .A 7 E X Le monde.A 5 Les sports.B 6 Montréal.A 3 Mots croisés.B 4 Politique.A4 Télévision.B 7 POLITIQUE Cornent vendre le Canada aux 4 ans et plus, page A 4 ÉCONOMIE Abitibi-Consolidated: où sera le siège social?page B 2 LES SPORTS Théodore excelle, le Canadien triomphe, page B 6 Victoire aux points du patronat Landry rejette la majorité des demandes syndicales MARIO CLOUTIER LE DEVOIR Tout en répétant que son budget n’était pas déjà rédigé et que rien n’était fixé, le ministre des Finances, Bernard Landry, a opposé une fin de non-recevoir presque totale aux syndicats qui lui demandaient hier d’adopter ,des mesures fiscales pour augmenter les revenus de l’État dans la préparation de son prochain budget.Tout au plus, le grand argentier a-t-il accepté de poursuivre la lutte contre le travail au noir et l’évasion fiscale.«Notre fiscalité est déjà lourde et ce n’est pas une solu- tion à nos problèmes de finances publiques», a-t-il laissé savoir bien clairement à l’issue du forum pré-budgétaire qu’il «arbitrait» entre les représentants du patronat et leurs vis-à-vis syndicaux.Le ministre Landry çroit donc qu’il est possible d’augmenter les revenus de l’État sans accroître le fardeau fiscal des individus et des entreprises, une des principales recommandations du rapport D’Amours sur la fiscalité.Il a été on ne peut plus clair, les deux dernières années ont été cruciales sur le plan budgétaire pour son gouvernement.«Elles servaient à établir notre crédibilité dans l’atteinte de nos objectifs.La prochaine sera la plus diffici- le.» La cible: 3,2 milliards.C’est en marge des actuelles négociations dans le secteur public que les syndicats avaient demandé un tel forum pré-budgétaire.Ils l’ont eu, ils y sont venus, mais ils n’ont clairement pas vaincu.La rencontre qui s’est déroulée hier dans le nouvel édifice des H.E.C.a vu le gouvernement et le patronat écouter attentivement, mais, finalement, les centrales n’ont pas réussi à convaincre et les uns et les autres que la colonne des revenus représentait la solution au problème des finances publiques.VOIR PAGE A 8: LANDRY ith /&• ’niïTjm •'O- M !*£¦- $ r' : ;-i ««* ***.Ht® détérioration des services D'ÉDUCATION 35 000 jeunes abandonnent leurs études secondaires; défis d'une plus grande démocratisation de renseignement supérieur; disparition de services directs aux élèves.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Perplexes, la ministre de l’Éducation, Pauline Marois, et son homologue des Finances, Bernard Landry, ont écouté hier, lors du forum pré-budgétaire qui se tenait aux H.E.C., les syndicats leur expliquer les conséquences des compressions budgétaires du gouvernement sur les services publics.Peine perdue, les objectifs budgétaires seront vraisemblablement maintenus et le déficit devra être amputé de 2,2 milliards en 1997-1998 en réduisant notamment les coûts de main-d’œuvre.MONTRÉAL Dorval-Mirabel: ADM va en appel ¦ Lire notre reportage, page A 3 Politique culturelle Volée de bois vert pour les Affaires étrangères «On n'avait pas vu ça depuis la Grande Noirceur et les années noires de l'Union soviétique», dit Louise Beaudoin STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Artistes et politiciens du Québec et du Canada dénoncent haut et fort les nouveaux objectifs politiques et non plus artistiques, qui guident maintenant le soutien accordé par le ministère des Affaires étrangères aux artistes canadiens en tournée outre-frontière.La ministre québécoise de la culture se dit «scandalisée».Le Bloc québécois parle d’une «nouvelle opération de propagande».La Conférence canadienne des arts juge le programme «inquiétant pour les arts et les artistes».La volée de critiques suit la publication de la nouvelle politique des Affaires étrangères annonçant que les compagnies en séjour à l’extérieur du pays seront dorénavant subventionnées à condition de «promouvoir l’unité nationale» et de «présenter le Canada comme un pays bilingue composé de cultures diverses».Le contenu des pour la promotion de la culture canadienne à l’étranger», adoptées au début du mois, a été dévoilé hier dans Le Devoir.Avant ces modifications, l’aide était accordée «au mérite», en fonction de la qualité artistique des projets.«C’est honteux, rétrograde, inacceptable et on reste VOIR PAGE A 8: CULTURE Louise Beaudoin «lignes directrices Les oubliés de la rétrocession Commissions scolaires linguistiques Qu’adviendra-t-il des dissidents chinois et des «boat people» vietnamiens vivant à Hong-Kong?FRANCIS DERON LE MONDE Hong-Kong — Derrière les grands aspects politiques qui dominent la phase finale de la transition de souveraineté sur Hong-Kong de Londres à Pékin, se trouvent des dossiers moins visibles qui n’en présentent pas moins un caractère à la fois délicat et humain, pouvant embarrasser non seulement la Grande-Bretagne mais aussi ses partenaires occidentaux.Ils concernent les groupes humains atypiques, ne tombant pas dans les rails déjà compliqués de la rétrocession.Le plus brûlant est celui des dissidents du continent qui ont fui la répression politique au cours des dernières années mais n’ont pas réussi, ou souhaité, gagner un refuge plus sûr ailleurs.Selon l’hebdomadaire américain Time, huit pays occidentaux au moins ont mis en œuvre un plan d’évacuation discrète devant permettre de faire sortir de Hong-Kong une quarantaine de dissidents sans offri squer Pékin.Pour les quelques dizaines de personnes de cette catégorie qui demeurent encore dans le territoire.Hong-Kong n’a jamais été véritablement un havre de paix.Ils étaient priés par les autorités de ne pas trop se montrer.Une bonne part vivent modestement de subsides fournis par les groupes hong-kongais de soutien à leur cause, de moins en moins influents eux aussi et menacés de dissolution dès la rétrocession.Opération «oiseau jaune» Si la plupart d’entre eux ont, de manière plus ou moins formelle, demandé l’asile politique aux pays occidentaux — Êurope de l’Ouest, Amérique du Nord, Australie — qui avaient accueilli, en 1989, le gros des militants du mouvement pro-démocratique quittant clandestinement la Chine de Tiananmen, l’heure n’est plus, au sein des démocraties industrialisées, aux gestes trop visibles de générosité à leur endroit Le?gouvernements occidentaux — États-Unis inclus — ne sont plus enclins à braver l’ire de Pékin.La timidité compassée des Occidentaux au sujet de ces dissidents contraste avec la simple logique dans laquelle ils s’inscrivent: il est évident que Pékin préfère qu’ils soient évacués et disparaissent dans l’anonymat Huit pays occidentaux ont mis en œuvre un plan d’évacuation discrète devant permettre de faire sortir de Hong-Kong une quarantaine de dissidents sans offusquer Pékin Johnson refuse d’appuyer le PQ Accusant le gouvernement de mauvaise foi, le PLQ exige la tenue d'une commission parlementaire PAUL CAUCHON ET PRESSE CANADIENNE Le «consensus québécois» indispensable à la création de commissions scolaires linguistiques a reçu de nouveaux coups de boutoir hier, alors que le Parti libéral du Québec a refusé son appui à la démarche proposée par le gouvernement de Lucien Bouchard.Bien que soutenant sans réserve le principe d’une déconfessionnalisation du système scolaire au Québec, le PLQ soutient que le processus choisi par le gouvernement Bouchard est voué à l’échec car il implique des négociations multilatérales avec d’autres provinces pour modifier l’article 93 de la Constitution canadienne.Le PLQ exige maintenant que Québec tienne une commission parlementaire pour trouver le consensus souhaité.Et pour le moment il accuse le Parti québécois de mauvaise foi: selon le chef de l’opposition Daniel Johnson, le gouvernement ne cherche qu’à démontrer que la fédération canadienne est impraticable.«Il s’agit d’une réforme largement souhaitée, pour ne pas dire unanime, a rappelé hier M.Johnson à Montréal.VOIR PAGE A 8: HONG-KONG VOIR PAGE A 8: JOHNSON T 778313000658 A 2 L E 1) E V () I R .L E M A R DI I « F É V R I E R 1 !) !) 7 LES ACTUALITES EN BREF Meurtre mystérieux Ottawa (PC) — Le suspect arrêté à la suite de l’assassinat du père Guy Pinard au Rwanda dispose d’un alibi solide et serait sur le point d’être relâché, a indiqué hier un porte-parole du ministère fédéral des Affaires étrangères.La police interrogerait maintenant de nouveaux témoins pour tenter de trouver un autre suspect, a expliqué Sanjeev Chowdhury.Il a indiqué que les autorités canadiennes ont réitéré au gouvernement rwandais leur souhait d’une enquête complète et rapide menant à l’arrestation d’un coupable.M.Chowdhury a rappelé que le Canada était prêt à envoyer ses propres enquêteurs pour faire la lumière sur ce drame.Le père Guy Pinard, 61 ans, avait passé la majorité des 35 dernières années au Rwanda à titre de missionnaire pour la congrégation des Pères blancs.Il aurait contribué à sauver plusieurs vies lors du génocide rwandais de 1994, où plusieurs centaines de milliers de personnes ont été massacrées.Le père Pinard a été abattu par derrière alors qu’il célébrait la messe dans son église du village de Kampanga, dans le nord-ouest du Rwanda.Hôpital à louer Chicoutimi (PC) — L’Association des hôpitaux du Québec voit d’un bon œil la décision d’un centre hospitalier de Chicoutimi de louer une salle d’opération à des chirurgiens pour des soins non couverts par la Régie de l’assu-rance-maladie du Québec.Il s’agit d’une première au Québec.Un porte-parole de l’association, Michel Bissonnette, encourage même les autres hôpitaux à faire de même en autant que les soins de santé ne soient pas affectés.Selon M.Bissonnette, il s’agit d’une voie d’avenir qu’il faut étudier puisque selon lui, ces locations de salles généreraient des revenus d’appoint pour les hôpitaux.Et les droits de la personne ?Toronto (PC) — Les droits de la personne et la démocratie ne figureront pas au menu du prochain sommet économique de la région Asie-Pacifique qui doit se tenir cet automne à Vancouver, a rapporté le Globe and Mail.Les diplomates canadiens ont baissé les bras après plus d’un an d’efforts pour tenter d’inscrire des discussions sur ces questions à l’agenda du Forum de coopération économique de l’Asie-Pacifique (APEC).De telles discussions «n’auront pas lieu», a indiqué John Klassen, directeur général de l’APEC au ministère fédéral des Affaires étrangères.De plus, Ottawa a refusé d’appuyer une conférence parallèle sur le commerce et les droits de la personne organisée à Vancouver par divers groupes canadiens et internationaux de défense des droits.Le forum d’une semaine se terminera les 24 et 25 novembre par une rencontre de 18 chefs d’Etat de la région Asie-Pacifique.r Ecrasement d’un avion Sept-Iles (PC) — Deux personnes sont mortes et deux autres ont été blessées hier lors de l’écrasement d’un avion de type Cessna peu après le décollage, à 35 km au nord de Sept-Iles, sur la Côte-Nord.Les autorités n’avaient pas encore dévoilé en fin de journée hier l’identité des quatre personnes qui prenaient place à bord de l’appareil, qui se rendait à Wabush, à Terre-Neuve.Un des survivants a réussi à prévenir la police grâce à son téléphone cellulaire, a indiqué le responsable de l’équipe de sauvetage, Dan Dedell.Un hélicoptère du ministère des Transports s’est rendu sur les lieux de l’accident pour transporter les blessés.Un autre hélicoptère devait ramener les deux personnes décédées en soirée.On ne connaît pas encore les raisons de cet écrasement Un carnaval déficitaire?Québec (PC) — Le nombre de visiteurs aux activités du Carnaval de Québec a pratiquement doublé cette année.Mais il n’est pas exclu que la tenue de l’événement débouche tout de même sur un déficit C’est ce qu’ont indiqué hier les organisateurs du Carnaval, qui se sont montrés fort satisfaits des résultats de la fête d’hiver, dont l’édition 1997 avait été présentée comme celle de la dernière chance.Le directeur général du Carnaval, Denis Rhéau-me, a indiqué qu’un peu moins d’un million de visiteurs ont été vus à un moment ou l’autre sur l’un des sites.Les travaux de réparation du pont des îles Montréal refuse de réaménager le chenal Le MEF attend toujours le plan des aménagements fauniques de la Ville Un pont menace de s’écrouler.Il faut faire vite.On demande à Québec de lever les exigences de la Loi de l’environnement, comme elle le permet en cas d’urgence.La menace d’effondrement du pont des îles, entre les îles Sainte-IIélène et Notre-Dame, jette un jour nouveau sur l’éthique environnementale d’une des rares villes dirigées par un maire vert.LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR Montréal soutient n’avoir pris «aucun engagement écrit relativement à la création de frayères» ou d’aménagements fauniques en guise de compensation environnementale pour le chambardement du chenal Le-moyne.Ce dernier est obstrué depuis quelques semaines par une digue et deux jetées, dont la construction a nécessité le déversement de 70 000 tonnes de pierres et gros gravier dans ce tronçon du fleuve.C’est ce qu’a déclaré Philippe Briand, le porte-parole des Travaux publics, lorsque Le Devoir a voulu savoir quelles mesures la Ville allait prendre pour compenser l’obstruction et le remblayage, d’ici le début d’avril, d’une zone intensément fréquentée par les grosses truites du Saint-Laurent, introduites il y a plusieurs années par les biologistes gouvernementaux.En réalité, Montréal se retranche derrière des engagements environnementaux, écrits mais flous à plusieurs égards, ce dont le MEF ne s’est pas formalisé.sur le coup.L’histoire a débuté l’automne dernier lorsque la Ville a constaté que le Pont des îles, situé entre Sainte-Hélène et Notre-Dame, menaçait de s’effondrer en raison des poids lourds et du trafic intense engendré par la fréquentation du casino.Le 6 décembre, Montréal demande au MEF de construire une digue semi-perméable en travers du chenal Lemoyne, situé entre les deux îles, pour ériger d'urgence deux piliers supplémentaires sous le pont.Montréal invoque l’urgence pour être soustraite aux études d’impacts qui seraient normalement exigées en raison de l’ampleur de la digue et des deux jetées construites dans le cours d’eau.Sans même un examen de 24 heures, soit le jour même de la requête de Montréal, le gouvernement Bouchard suspend par décret les règles d’évaluation environnementale pour ce projet urgent.Sauf de demander la remise des voies d’accès dans leur état initial et d’utiliser des matériaux propres, le décret n’exige aucune compensation environnementale pour le chambardement de la vie aquatique de ce chenal où passe 25 % de l’eau du Saint-Laurent et que fréquentent intensément au printemps les truites arc-en-ciel.On ne sait pas si ces truites y frayent effectivement, faute d’étude sur le site.Mais des pêcheurs y ont systématiquement pris en avril des truites affichant tous les signes de la fraye.Un mois plus tard, soit au début de décembre, le MEF émet un «certificat d’autorisation», donnant ainsi le feu vert aux travaux.Le plan soumis par SNC-Lavalin, qui en fait partie intégrante, précise qu’il sera «possible d’identifier les endroits où une intervention de mise en valeur serait profitable et d’utiliser le remblai en conséquence».Lé plus clair de ces engagements se lit ainsi: «L’aménagement faunique que nous espérons réaliser avec une par- tie du remblai de type I, lors du démantèlement de la digue, vous sera soumis pour approbation lorsque notre consultant l’aura terminé.Nous serons ainsi en mesure de réaliser une amélioration du milieu faunique de concert avec les experts de votre ministère», écrivait au nom de la Ville l’ingénieur Paul Laberge, des Ponts et Tunnels, le 5 décembre dernier.En somme, le MEF demande à Montréal d’utiliser les grosses roches du remblai pour créer des obstacles propices aux poissons dans le chenal plutôt que de payer pour les enlever.Les consultants de la ville ont reconnu verbalement que cela améliorerait le milieu aquatique mais, en raison des coûts, précisait M.Briand, Montréal veut bien remettre les lieux dans leur état mais pas question de compenser par des aménagements additionnels pour le remblayage, estimant que ce dernier n’a pas altéré le secteur.Au MEF, on estime que «Montréal a pris au moins des engagements moraux importants».Mais on reconnaît que les écrits de la ville sont plein d’échappatoires, qui n’ont pas été relevées parce qu’on se fiait à la «bonne foi de la ville».Le MEF attend toujours le plan des aménagements fauniques de la Ville.Le pont des Iles, conçu pour un trafic occasionnel, est fréquenté depuis un an par des poids lourds et plus de 15 000 voitures par fin de semaine, parce que le casino n’ose pas imposer à ses clients de stationner dans les parcs de l’île Sainte-Hélène.Montréal aura investi près de 16 millions en entretien sur ce pont depuis 1995, dont près de sept millions pour les travaux dus à l’affaissement des haubans.Loto-Québec a accepté de payer une partie des travaux mais refuse d’en assumer le plein coût même si c’est son casino qui en pro-: fite principalement.50e anniversaire de la citoyenneté canadienne Thibault à la défense de la culture française PIERRE APRIL PRESSE CANADIENNE Québec — C’est en les incitant à se battre aux côtés des francophones québécois pour promouvoir et défendre la culture française en Amérique du Nord que le lieutenant-gouverneur Lise Thibault a accueilli, hier, une cinquantaine de nouveaux citoyens canadiens.Lors d’une cérémonie tenue à Québec dans le cadre de la Semaine nationale du patrimoine, du 50*' anniversaire de la citoyenneté canadienne et de la fête de l’unifolié, Mme Thibault et le représentant de la ministre de l’Immigration, Lucienne Robillard, le député de Gatineau, Mark Assad, ont aussi tous deux incité les nouveaux citoyens à défendre le Canada.«Je vous souhaite d’être ouverts aux activités de votre milieu, a dit Mme Thibault.Et puisque vous avez choisi Québec, vous comprendrez que les francophones québécois continuent de se battre, d’être présents avec leurs talents et leurs aspirations, de garder cette culture rayonnante à l’intérieur de cette mer d’anglophones en Amérique du Nord et au Canada.Je vous demande d’apprendre à aimer notre neige autant que nos arbres en fleurs», a-t-elle ajouté.De son côté, M.Assad a vanté «l’esprit de tolérance du Canada et sa générosité».«Autant vous aimez votre pays d’origine, a-t-il soutenu, autant je sujs convaincu que vous allez aimer votre pays d’adoption.A titre de nouveaux Canadiens, à compter d’aujourd’hui, votre objectif devra être de défendre ce pays en vous rappelant que vous êtes entièrement libres d’exprimer vos opinions.» La cérémonie a aussi permis au gouvernement canadien de rappeler à ses nouveaux citoyens que depuis 1947, année de l’entrée en vigueur de la première loi sur la citoyenneté, plus de 4,2 millions de personnes sont devenues citoyens canadiens.m M' CENTRE D'EQUITATION SANS SOUCI INC.CAMP BILINGUE Camp d'été d'équitation pour les 8-17 ans Fins de semaines d'équitation au printemps et à l'automne Leçons d'équitation pour les adultes commençant en avril UN PARADIS POUR LES AMATEURS DE CHEVAUX 350 acres de paysage magnifique - 30 km ou sud de Montréal - 30 ans d'expérience Le centre est accrédité par l'Association des Camps du Québec et par la Fédération Equestre du Québec 1185 route 209, Ste-Clotilde, Que.J0L 1W0 (514) 826-3772 Boys & Girls Learn English à Camp MaroMac Un camp anglais sportif et artistique au Lac Quenouille pour les 6 à 16 ans Un environnement familial où les directeurs et les moniteurs connaissent votre enfant I Session de 3 1/2 ou 7 semaines.Instruction professionnelle.Stage aspirants-moniteurs | 30* SAISON •Camps MaroMac fait preuve d'un professionnalisme exemplaire dans le monde des camps de vacances- Rapport 1996 ACQ http://www.iciweb.com/maromac 1-800-884-2267 485-1135 ik WABIKON île Temagami Le camp international pour filles et garçons de 6 à 17 ans • PROGRAMME COMPLET • EXCURSION EN CANOT • PERSONNEL BILINGUE • APPRENTISSAGE DE L’ANGLAIS • PROGRAMME DE FORMATION (16-17 ans) Service d'autobus de Québec, Montréal, Ottawa et Toronto Nous pouvons justifier notre compétence auprès de notre clientèle du Québec.Pour recevoir notre dépliant et une liste de références du Québec E (416) 483-3172 § CAMP WABIKON ÿ 48 Delhi Avenue, Toronto (Ontario) M5M 3B7 S Adresse Internet : info@wabikon.com x Ski nautique • Voile • Escalade • Baseball • Théâtre • Gymnase • Tennis • Basketball TIie Horse PeopLe Inc.Elégant.Sélect.Spéciale Cet été, offrez à votre enfant le camp d'été qui fera toute une différence.The Horse People Int.dispose d'équipements à la fine pointe.Personnel entraîné et certifié à raison d un moniteur pour 3 campeurs; participants de provenance internationale; niveaux d'équitation allant de débutant à avancé; excellente programmation, soins hors-pair, environnement proactif.Portes ouvertes chaque fin de semaine Wendover, Ontario KOA 3K0 Adresse Internet : www.tamp.ca/horsepeople Fax (613) 673-4787 — Tél.(613) 673-5905 E-Mail : horserun@fox.nstn.ca Brochure & vidéo disponibles sur demande Accrédité par OCA, CCA, ACA Anglais langue seconde Programmes d’immersion - Été 1997 Pour garçons et filles de 14 à 17 ans Programme pour jeunes Sessions de trois semaines 22 juin au 12 juillet 13 juillet au 2 août Beau campus au coeur de l’Estrie Programme établi depuis 18 ans Cours et activités en anglais Résidences modernes Sessions axées sur le développement de la communication orale _A_lAA Aussi disponible pour adultes Sessions de six jours 25 au 30 mai 29 juin au 4 juillet 6 au 11 juillet 13 au 18 juillet Champlain Regional College Lennoxville (Qc) J1M 2A1 Tél.: (819) 564-3684 Télécopieur: (819) 564-5171 ïï ImL/l.Pour réservation publicitaire 985-3322 Conservation des échantillons d’ADN La loi s’en vient promet Gray PRESSE CANADIENNE Ottawa — Le gouvernement fédéral pourrait déposer aux Communes, dès le mois prochain, un projet de loi en vue de la mise sur pied d’une banque de renseignements destinée aux tests d’ADN.Le cabinet libéral a approuvé la semaine dernière le principe d’une telle loi, celle-ci étant en voie de préparation, a indiqué le solliciteur général du Canada, Herb Gray, hier, à Ottawa.«Nous sommes dans la dernière ligne droite», a déclaré M.Gray, à la suite d’un discours prononcé devant des officiers de police.Il a toutefois reconnu que la loi pourrait ne pas être adoptée en cas d’élection.Bien que M.Gray souhaite déposer le projet de loi en mars, au plus tôt, il a dit Vêtements pour hommes Solde de fin de saison une semaine seulement 50%.75% de rabais sur toute la marchandise d’automne/hiver 1166 rue Ste-Catherine üuest/coin Stanley 875-4345 - 875-2564 lun.à mer.9h30 à 18h, jeu.-ven.9h30 à 21 h, sam.9h30 à 17h30 CLEMENT ALLARD PRESSE CANADIENNE Le petit Narjiss Laafou, trois ans, tenait un drapeau canadien pendant que, auprès de ses parents Mohammed et Isa, il assistait à la cérémonie tenue hier à Québec à l’occasion du 50' anniversaire de la citoyenneté canadienne.La famille est d’origine marocaine.qu’il était possible que cette législation controversée soit bloquée pendant des mois, le temps que des fonctionnaires la rendent à l’épreuve d’éventuelles contestations légales.L’Association canadienne des chefs de police accuse le gouvernement fédéral de traîner les pieds dans ce dossier.«Ils ont eu tout le temps voulu, a déclaré son porte-parole, Scott Newark.Si cela ne se passe pas (avant l’élection), cette association verra la chose comme un manquement à une promesse.» La police est désormais autorisée à prélever des échantillons d’ADN à partir de sang ou de salive, mais il leur est interdit de les conserver.Une banque nationale d’échantillons d’ADN permettrait aux forces policières de procéder à des comparaisons génétiques. I- E I) E V 0 I R , I.E M A R 1) I 18 F É V R I E R MM) 7 isST*** A^'ïfl xf at % * < j js?** •» Vfc'À» dm V ¦ 7 IDEES La médiation a bien meilleur goût Le gouvernement doit adopter le projet de loi sur la médiation familiale m /, ARCHIVES LE DEVOIR Lors de la rupture de la famille, la médiation permet de préserver le lien familial et d’établir clairement le rôle de chacun des parents.Laurier Boucher Président de l’Ordre professionnel des travailleurs sociaux du Québec Claude Bilodeau Directeur général de l’Association des Centres jeunesse du Québec Diane Casoni Présidente de l’Ordre des psychologues du Québec Louise Landry Présidente-directrice générale de l’Ordre professionnel des conseillers et conseillères d’orientation du Québec Denis Marsolais Président de la Chambre des notaires du Québec u cours des dernières semaines, les médias ont largement fait état de l’opposition de certains organismes au projet de loi 65 visant à rendre obligatoire le processus de médiation familiale en cas de diyorce ou de séparation.À tel point que le public pourrait croire que ce projet est une autre folie de bureaucrate dénoncée par l’ensemble des intervenants en médiation.11 en va pourtant tout autrement.En effet, à une exception près, l’ensemble des professionnels impliqués dans le processus de médiation familiale appuient les objectifs du projet du ministre Bégin et souhaitent qu’il soit ¦ adopté le plus rapidement possible en tenant compte des recommandations qui lui seront faites lors des audiences publiques.La médiation familiale ne fait en soi l’objet d’aucune controverse.Ce qui est au cœur du dé- bat, c’est la volonté du législateur de rendre nécessaire le recours à la médiation si aucune autre forme d’entente n’est présentée.Le projet de loi 65 ne force nullement les parties à s’entendre.Il s’agit plutôt d’imposer une tentative de médiation.En d’autres mots, il y a une obligation sur le moyen mais non sur le résultat La première étape d’une médiation consiste généralement à expliquer les mécanismes de fonctionnement du processus, de la possibilité d’une médiation, ses limites et ses règles.Après cette première étape, les parties pourront librement s’engager dans cette démarche ou s’en remettre au processus judiciaire.C’est donc dire que le législateur a opté pour une règle générale selon laquelle il convient de mettre toutes les chances raisonnables du côté d’une solution douce, la médiation, par opposition à la traditionnelle solution de confrontation trop souvent vécue dans les instances judiciaires.Il importe également de souligner que dans le cas de violence, d’incapacité physique ou psychologique, les conjoints pourraient être exemptés par le tribunal de cette obligation.En outre, si les conjoints s’entendent, ils ne seront pas tenus de se présenter à la médiation.Par ailleurs, à ceux qui avancent qu’il est inutile d’imposer la médiation puisqu’environ 80 % des causes se règlent avant procès, il faut rappeler que les 20 % restants accaparent jusqu’à 80 % du temps d’audience de la Cour supérieure.Il est également permis de s’interroger silices 80 % des causes qui se règlent avant audition mais.après bien des procédures judiciaires.En effet, à quel prix et à la suite de quelles concessions des parties ces causes se règlent-elles?Ces règlements sont-ils le fait des parties ou celui des procureurs?Après combien de déchirements une des parties se résout-elle à abdiquer?Quel est le taux de satisfaction des parties dont les causes sont réglées juste avant procès?La médiation est depuis longtemps reconnue comme un excellent moyen de résoudre les différends lors d’un divorce, d’une séparation ou de toute mésentente relativement au nouveau mode de vie familiale après rupture.La médiation permet aux familles de vivre dans les meilleures conditions possibles la situation de crise qu’est la séparation.Lors de la rupture de la famille, la médiation permet de préserver le lien parental et d’établir clairement le rôle de chacun des parents, facilitant ainsi l’adaptation de l’enfant à la nouvelle situation et évitant aussi que les enfants se retrouvent au centre de querelles qui s’éternisent.De plus, contrairement à une solution imposée par le tribunal, l’entente élaborée par le couple lui-même a davantage de chance d’être respectée.Les contributions financières émanant également d’une telle entente sont généralement plus généreuses et les requêtes post-jugement moins nombreuses.Les études et recherches démontrent aussi que le taux de satisfaction des familles ayant entrepris cette démarche est très élevé.En conclusion, nous réitérons publiquement notre appui au projet de loi 65 et nous demandons au gouvernement québécois de procéder rapidement, une fois les audiences publiques terminées, à l’adoption de cette législation qui s’inscrit dans les meilleurs intérêts des enfants, souvent les premières victimes de la rupture familiale et de l’escalade conflictuelle.Autonomie gouvernementale des peuples autochtones Bouleversement majeur à l’horizon La population canadienne a déjà rejeté Vidée voulant que les nations autochtones puissent former un troisième palier de gouvernement ARCHIVES LE DEVOIR Brian Mulroney fumant le calumet de la paix lors de la conférence fédérale-provinciale sur les autochtones en mars 1987.BENOÎT PELLETIER Professeur agrégé à la faculté de droit de l’Université d’Ottawa Une version un peu plus élaborée de ce texte paraîtra dans la revue Options-politiques du mois de mars 1997.Comme nous le constations dans la première partie de ce texte publié hier, la mise sur pied d’un troisième ordre de gouvernement au Canada, résultat de l’exercice de l’autonomie gouvernementale par les autchtones, modifierait significativement l’équilibre des rapports fédératifs, en plus de constituer un problème pratique non négligeable: l’établissement de territoires autochtones, de petites enclaves à l’intérieur desquelles la plupart des lois fédérales et provinciales ne pourraient s’appliquer.Tous ces problèmes prennent d’ailleurs une ampleur démesurée lorsque l’on tient compte du fait qu’il existe de 60 à 80 nations autochtones au Canada, chacune pouvant aspirer à exercer le droit à l’autonomie gouvernementale et à disposer de ses propres organes décisionnels.Ce n’est donc pas une simple réingénierie des institutions canadiennes mais bien plutôt un bouleversement majeur que la Commission Dussault-Erasmus tente de faire découler tacitement de l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982.De telles réformes institutionnelles nous paraissent d’ailleurs être si fondamentales et dangereuses pour le lien fédératif canadien qu’elles ne sauraient être accomplies «en douce», qu’elles ne sauraient découler tacitement d’une disposition qui est loin d’autoriser une telle interprétation: l’article 35 de la Loi de 1982.Rappelons d’ailleurs que l’idée voulant que les nations autochtones puissent constituer un troisième ordre de gouvernement a déjà été rejetée par la population canadienne, à l’occasion des référendums tenus au Québec et dans le reste du Canada en octobre 1992 relativement à l’Entente de Charlottetown.En effet, cette entente contenait tout un volet consacré aux autochtones et proposait notamment que la Constitution du Canada soit modifiée de façon à reconnaître formellement que les peuples autochtones possèdent le droit inhérent à l’autonomie gouvernementale au sein du Canada.Or, tout le monde s’entendait à l’époque pour affirmer qu'une telle modification de la Loi de 1982 n’aurait pu être accomplie qu’avec le consentement d’au moins sept provinces représentant au moins 50 % de la population totale des provinces, ou «procédure 7/50».Il appert cependant que la population canadienne a massivement rejeté l’Entente de Charlottetown, y compris son volet autochtone, dans les circonstances que l’on connaît.De plus, l’idée voulant que les autochtones puissent constituer un troisième de gouvernement au Canada avait été vertement dénoncée à l’époque par l’ex-premier ministre Trudeau, qui craignait alors que tout cela ne donne lieu à l’établissement de véritables gouvernements raciaux ou ethniques.Ces dénonciations de la part de M.Trudeau sont d’ailleurs d’autant plus intéressantes que celui-ci a été dans le passé, ne l’oublions pas, l’un des principaux instigateurs de l’adoption de l’article 35 de la Loi de 1982.De même, il est opportun de rappeler que l’article 35 de la Loi de 1982 ne faisait pas partie de l’accord politique intervenu entre le gouvernement fédéral et neuf provinces canadiennes le 5 novembre 1981.Cet article fait plutôt partie des ajustements mineurs qui turent apportés après coup, afin de satisfaire les réclamations des autochtones.Inutile de dire en conséquence que l’article 35 en question n’a jamais été examiné par le comité spécial mixte du Sénat et de la Chambre des communes qui siégea de novembre 1980 à février 1981, afin d’analyser le projet de «rapatriement unilatéral» de M.ARCHIVES LE DEVOIR George Erasmus en 1987, alors leader de l’Assemblée des Premières Nations.Trudeau.Dès lors, il est très clair dans notre esprit qu’aucun des acteurs politiques ni aucune des autorités constituantes de l’époque ne s’attendait à ce qu’un jour l’article 35 de la Loi de 1982 soit invoqué au soutien de la création d’un troisième ordre de gouvernement au Canada.D’autre paid, il y a lieu de noter que les conférences constitutionnelles qui ont été tenues en mars 1984, en avril 1985 et en mars 1987, portant sur différentes questions intéressant les autochtones, n’ont pas permis d’«enchâsser» dans la Constitution le droit des autochtones à l’autonomie gouvernementale.Là encore, personne n’a songé suggérer à toute époque pertinente que cet «enchâssement» puisse avoir été rendu inutile par l’adoption quelques années auparavant de l’article 35 de la Loi de 1982.Malgré tout, certaines personnes taisent pour l’instant les inquiétudes qu’elles éprouvent face à certaines des conclusions du rapport de la Commission Dussault-Erasmus, convaincues qu’elles sont qu’il n’y sera de toute façon pas donné suite.Ces personnes sont dans l’erreur.Au contraire, il n’a fallu que quelques semaines après le dépôt du rapport pour que le gouvernement du Canada annonce qu’il entend accorder dorénavant aux communautés autochtones en matière d’environnement les mêmes droits et les mêmes responsabilités que les gouvernements provinciaux et territoriaux.De plus, le gouvernement fédéral a précisé que ces pouvoirs s’appliqueraient aux communautés qui ont formé des gouvernements dans le cadre d’ententes d’autonomie gouvernementale.Nul ne devrait d’ailleurs douter que d’autres mesures allant dans le même sens, affectant cette fois d’autres secteurs d’activité, suivront au cours des prochaines années.Ces mesures s’additionneront jusqu’à ce que les autochtones aient acquis de facto leur autonomie gouvernementale et leur statut de véritable ordre de gouvernement au Canada.D’un autre côté, d’autres personnes applaudissent le rapport de la Commission Dussault-Erasmus parce quelles estiment que celui-ci ouvre une brèche dans la conception un peu trop monolithique que certains se font de l’identité canadienne.Il est vrai que la Commission qualifie les autochtones de «peuples distincts».de «nations distinctes», de «sociétés distinctes».La Commission soutient également que les autochtones devraient bénéficier d’un «statut particulier», d’un «statut constitutionnel particulier», d’un «statut constitutionnel unique», au sein du Canada.La Commission va même jusqu’à affirmer que le Canada constitue un partenariat entre divers peuples, chacun possédant son histoire et sa culture propres.Certains estiment donc que le Québec pourrait avoir droit éventuellement à la même reconnaissance de ses caractéristiques nationales particulières que les autochtones au sein du Canada.Rien n’est toutefois moins certain, puisqu’il n’y a jamais eu d’équation parfaite, loin de là, entre les gains réalisés par les nations autochtones dans le dossier politique et constitutionnel canadien et ceux réalisés par le Québec.Au contraire, le principe de l’autonomie gouvernementale des nations autochtones risque fort de porter ombrage éventuellement à l’autorité du gouvernement du Québec sur son territoire.Sans compter que la Commission reconnaît d’emblée que ce principe pourrait conduire à la sécession des autochtones en cas de désintégration de l’État canadien, ce qui en dit long sur le défi que tout cela pourrait poser en termes de maintien de l’intégrité territoriale du Québec en pareilles circonstances.Enfin, il nous semble que le rapport de la Commission Dussault-Erasmus risque de créer dans l’immédiat des attentes presque démesurées de la part des autochtones par rapport à la réalité politique et juridique du Canada.Les autochtones se présenteront donc aux prochaines tables de négociation territoriales, politiques ou constitutionnelles avec l’intime conviction, erronée selon nous, qu’ils disposent déjà du droit à l’autonomie gouvernementale dans la Constitution canadienne.Tout ce qu’il reste à faire, soutiendront-ils avec vigueur, c’est de discuter des modalités de la mise en œuvre de ce droit.Le rapport Erasmus-Dussault risque de créer des attentes démesurées Comité québécois pour le Canada Pas si ultra qu’on le croit Robert Lecker Comité exécutif Comité québécois pour le Canada - e 3 février dernier, vous Lavez consacré la première page de votre journal à notre campagne d’affiches dans les abris d'autobus.ü==J Nous aimerions clarifier les objectifs et buts du Comité québécois pour le Canada.On nous a décrits comme étant une organisation «ultra-fédéraliste secrète».Il n’y a rien de secret concernant le Comité québécois pour le Canada.En effet, la formation du Comité a été annoncée sur une page entière dans votre journal et plusieurs lecteurs ont répondu de façon très enthousiaste à cette annonce.Les membres de notre groupe augmentent continuellement et sont formés de francophones, d’allophones et d’anglophones de toutes classes sociales.Ce qui nous lie l’un à l’autre est l’intérêt de poursuivre les bénéfices d’être canadiens, même si nous réalisons que le Canada, comme tout autre pays, n’est pas parfait.Malgré tout, nous croyons que le Canada demeure, parmi toutes les nations, un des meilleurs pays au monde, et nous ne sommes pas prêts à le délaisser en échange d’une excursion dans le domaine de l’incertitude.Nous le répétons: nous ne sommes pas «secrets».N’importe qui peut se joindre au Comité québécois pour le Canada moyennant une contribution minime (un dollar suffit).Notre but est d’augmenter le nombre de membres afin de se faire entendre de façon positive: votre article de première page nous indique que notre stratégie fonctionne.Même si nous encourons la résistance des séparatistes très fervents, la plupart des appéls téléphoniques que nous recevons, appels reçus de personnes de toutes langues, nous appuient et perçoivent de façon positive l’avenir du fédéralisme au Québec.Nous trouvons ironique que Le Devoir nous qualifie d’«organisation ultra-fédéraliste»! Pourquoi utilise-t-il «ultra» en nous décrivant?Le fait que nous ne craignons pas de nous battre pour l’égalité qui nous a été octroyée par la Charte des droits?Le fait que nous croyons aux règles de la loi?Le fait que nous voulons montrer aux séparatistes que leur vision détruit lés lieux que nous aimons?Le fait que nous désirons que nos garçons et nos filles trouvent un emploi ici au Québec et y demeurent avec leur famille?Le fait que nous ne voulons pas vivre dans la dévastation économique que cet exode apporterait à nos vies et à nos affaires?Le fait que nous nous objectons à la fraude des votes?Le fait que les Québécois ont montré, en majorité, qu’ils désirent demeurer canadiens et qu’en réponse, ce gouvernement qu’ils ont élu promet de se venger contre ceux qui ont voté en faveur du Canada?Le fait que nous ne voulons pas être assujettis au bouleversement et aux querelles qui résulteront d’une déclaration unilatérale d’indépendance?Face à toutes ces convictions, pourquoi sommes-nous «ultra»?Nous voulons simplement demeurer canadiens.Nous ne croyons pas non plus que la majorité des Québécois veuille que les fédéralistes soient forcés de demeurer dans un Québec séparé.En dépit de ce que les médias prétendent, les fédéralistes ayant le sobriquet «ultra» qui font partie du Comité Québécois pour le Canada ne se considèrent pas comme des «parti-tionnistes».Ce sont les séparatistes qui menacent la partition du Canada; ce sont les séparatistes qui mettent en jeu tous les aspects négatifs de la partition avec leurs menaces de séparation.Au contraire, les Québécois qui appuient la résolution sur l’unité dans les municipalités du Québec veulent tout simplement demeurer dans leur pays.Est-ce pour cela qu’on les appelle «ultra-fédéralistes»?En terminant, nous vous demandons: qui sont les plus «ultra» — ceux qui menacent de «partitionner» le Canada et d’imposer leur dominance sur les minorités par force militaire ou ceux qui veulent tout simplement demeurer dans leur pays et voir respecter leurs droits démocratiques d’exprimer leur choix, par ces mêmes séparatistes (partitionnistes) qui s’attendent à ce que le Canada soi-disant «anglais» se plie à leur demande prétendument démocratique?Il est étrange que les fédéralistes qui croient en leur pays et qui sont prêts à le défendre sont étiquetés «extrémistes» ou «ultra» alors que les ministres du gouvernement péquiste qui nous menacent d’intervention militaire doivent être respectés et que leurs manifestations sont tout simplement considérées comme étant normales.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine: Louis Lapierre (adjoint au directeur de l'information).Sylvain Blanchard, Paul Cauchon.Jean Chartier, Jean Dion, Louis-Gilles Francœur, Kathleen Lévesque, Caroline Montpetit.Brian Myles, Isabelle Paré, Clément Trudel.Serge Truffaut Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques)-.Martin Duclos et Christine Dumazet (relecteurs): Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes): à l'information culturelle: Michel Bélair (responsable).Stéphane Baillargeon.Pierre Cayouette.Paule des Rivières.Louise Leduc, Jean-Pierre Le-gault.Benoit Munger, Odile Tremblay; à l'information économique: Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'infirmation).Robert Dutrisac.Jean Pichette.Claude Turcotte; à l’information internationale: Jocelyn Coulon (adjoint au directeur de l'information).François Brousseau (éditorialiste), Claude Lévesque; à l'information politique: Pierre O'Neill.Manon Comellier (correspondante parlementaire à Ottawa).Mario Cloutier et Gilles Lesage (correspondants parlementaires à Québec), Michel Venne (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec): à l’information sportive Yves d'Avignon; Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction); Isabelle Hachey, Marie-Claude Petit (commis).La documentation: Gilles Paré (directeur); Brigitte Arsenault.Manon Derome.Serge Laplante (Québec).Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Martine Dubé (directrice).Daniel Barbeau (directeur adjoint).Jacqueline Avril, Jean de Billy, Brigitte Cloutier, Gyslaine Côté, Marlène Côté, Christiane Legault.Jacques A Nadeau, Guylaine Ouellet, Micheline Ruelland (publicitaires): Sylvie Laporte.Nathalie Lemieux, Claire Paquet Pierrette Rousseau.Micheline Turgeon; Francine Oueüet (secrétaire).LA PRODUCTION Jocelyn Arsenault (directeur des approvisionnements, distribution et production), Marie-France Turgeon (responsable de la production).Claudine Bédard.Johanne Brunet.Danielle Cantara.Richard Des Cormiers.Marie-Josée Hudon, Sylvain Lesage.Christian Vien, Olivier Zuida.SERVICE A LA CLIENTÈLE Johanne Brien (responsable), Evelyne Labonté (responsable à la promotion des abonnements).Manon Blanchette-Turcotte, Monique L’Heureux, Lise Lachapelle.Rachelle Leclerc-Venne.L’ADMINISTRATION Yves Bouthiette (contrôleur).Dany Dépatie (adjointe à l’administration et responsable des ressources humaines).Nicole Carmel (responsable des services comptables), Jeanne-d'Arc Houde (secrétaire à la direction); Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Nathalie Perrier.Danielle Ponton, Danielle Ross.LA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (président), Roger Boisvert (viceprésident exécutif et directeur général). L E I) E V 0 I R., L E M A R I) I 18 F É V R I E R 19 0 7 A 8 ?LE DEVOIR «- ACTUALITES Sidérante , JOHNNY HORNE ASSOCIATED PRESS LA COMETE Hale-Bopp apparaît dans toute sa splendeur intersidérale sur ce cliché pris hier par un astronome amateur.La comète est maintenant bien visible, dans le nord-ouest de l’hémisphère, un peu avant l’aube.Elle se donnera en spectacle au cours des prochaines semaines, brillant davantage vers la fin mars ou le début avril.EN BREF Les relations de Rock Ottawa (PC) — Le ministre fédéral de la Justice, Allan Rock, soutient qu’il était tout à fait normal de faire appel à une firme de relationnistes pour le conseiller à propos de l’affaire Airbus.L’opposition a toutefois dénoncé le ministre hier aux Communes pour avoir utilisé l’argent des contribuables afin de soigner sa propre image, selon eux.Des documents rendus publics en vertu de la Loi d’accès à l’information montrent que le ministre Rock a reçu, à partir de novembre 1995, de fréquents conseils sur l’affaire Airbus de la firme Earnscliffe Research.Les relationnistes avaient décroché deux contrats totalisant 160 500 $ pour fournir des «conseils de communication stratégiques» sur une variété d’autres sujets.M.Rock a toutefois affirmé hier qu’il n’y avait rien de mal à avoir cherché conseil.Craintes chez Air Canada Toronto (PC) — Un syndicat de pilotes affirme que les lignes aériennes régionales d’Air Canada sont moins sûres depuis que ses 900 pilotes ont déclenché une grève le mois dernier, mais la compagnie assure que les passagers n’ont rien à craindre.«Ce n’est pas comme en temps normal, a .déclaré hier Kevin Hackett, porte-parole de l’Association des pilotes de ligne du Canada.On a de la difficulté à dormir à cause de cela.» M.Hackett a soutenu qu’au moins 12 incidents ont été rapportés par des pilotes, des contrôleurs aériens ou des passager depuis que les 900 pilotes des quatre lignes régionales d’Air Canada ont déclenché une grève le 10 janvier.Les infractions à la sécurité, qui ont été signalées au ministère fédéral des Transports, vont du dégivrage inadéquat au non respect des instructions des contrôleurs aériens.Audiences émotives Toronto (PC) — Les audiences sur la réorganisation du système d’éducation de l’Ontario ont débuté sur une note émotive, hier, à Toronto, des parents en colère chahutant le ministre provincial de l’Éducation John Snobelen et qualifiant son projet d’anti-démocratique.M.Snobelen s’est même retrouvé face à un élève de 5e année qui lui a tenu un discours sur le problème des classes regorgeant d’écoliers.«Le professeur n’a pas beaucoup de temps pour répondre aux questions», a lancé Jonathan Stickney, âgé de 10 ans.Le projet de loi 104 vise à réduire de moitié le nombre des commissions scolaires et de plus de la moitié celui des administrateurs.Le ministre conservateur a répété que sa réforme se traduira par des économies de 150 millions en coûts administratifs.D a également indiqué qu’elle permettra de consacrer davantage de fonds à l’éducation.S.V.P.Assurez-vous que ce papier journal soit recyclé.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A3M9.ED Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333.Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Sur Internet Agenda culturel La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (514) 985-3333 (514) 985-3360 devoir@cam.org (514)985-3551 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et petites annonces Au téléphone Par télécopieur Les abonnements (514) 985-3344 (514) 985-3340 Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 8h à 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Version internet (514) 278-6060 1-800-563-5665 Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2050, rue de Bleury, O' étage, Montréal, (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor LaSalle, 7743, rue de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc., 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L’agence Presse Canadienne est autorisée a employer et à diffuser les informations publiées dans Le Devoir.Le Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest, Laval.Envoi de publication — Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.LANDRY «Si la fiscalité fonctionnait, le gouvernement serait riche» SUITE DE LA PAGE 1 «Nous ne sommes guère plus avancés qu’en venant ici, de noter le président du SPGQ [Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec], Robert Caron.Ne pas augmenter le fardeau fiscal c’est une chose, mais le diminuer une fois le déficit zéro atteint comme cela a été dit aujourd’hui, ce serait la catastrophe.» L’objectif de réduction des coûts de main-d’œuvre demeure au centre des préoccupations du gouvernement.A ce sujet, le président du Conseil du trésor, Jacques Léonard, a indiqué que son gouvernement souhaite faire passer le pourcentage du PIB alloué aux secteurs de la santé et de l’éducation, respectivement, de 10 à 8,5 % et de 8 à 6,596.Toute la journée, les syndicats ont donc tenté en vain de faire valoir aux patrons du secteur public et privé que le Québec se devait, pour des raisons d’équité et de maintien des services publics notamment, de revoir les mesures fiscales.Ils recommandent, entre autres, d’abolir l’exemption de 25 % sur les gains de capital et de resserrer le crédit d’impôt pour la recherche et le développement.Dans le domaine de la fiscalité des entreprises, les centrales suggèrent de créer un impôt minimum sur les profits puisque 1 % des entreprises ne paient pas d’impôt au Québec et un report du remboursement de la TVQ sur les intrants pour la grande entreprise.Ces mesures représentent des revenus supplémentaires de 1,6 milliard.Pour l’instant, le ministre Landry ne retient que deux d’entre elles qui totalisent 400 millions.Il a surtout parlé hier de l’importance de réduire le travail au noir dans les do- maines de la construction et de la restauration.En octobre dernier, doit-on le rappeler, le ministre des Finances disait d’ailleurs songer à l’imposition du pourboire obligatoire.Questionné sur le refus du fédéral d’écouter les demandes de Québec sur la question de l’harmonisation de la TPS, M.Landry s’est, de plus, quelque peu emporté à l’égard de son homologue fédéral, Paul Martin.«M.Martin est trop occupé dans son budget pour regarder la question à fond.Qu’il regarde donc ce que les Maritimes nous font en termes de concurrentialité, maintenant qu’elles ont eu le milliard et qu’elles viennent faire de la publicité au Québec avec notre argent pour dire: venez aux Maritimes, il n’y a pas de taxes.» Du côté patronal, hier, les porte-parole ont mis l’accent sur le fait que la fiscalité ne représentait pas la solution aux problèmes de l’État.«Si la fiscalité fonctionnait, le gouvernement serait riche», faisait-on souvent remarquer du côté de la table où siégeait le Conseil du patronat, l’Association des manufacturiers et de la Chambre de commerce.«On n’attirera pas les entreprises avec du fiel mais avec du miel», a fait valoir le président de la Chambre, Michel Audet.Les patrons ont également beaucoup parlé d’impartition et de sous-traitance, des termes qui ont soulevé à chaque fois l’indignation des représentants syndicaux.Ainsi, on a souvent eu l’impression d’assister à un dialogue de sourds basé sur une guerre de chiffres entre les deux parties.Hier matin, le ton avait d’ailleurs monté entre les participants, le gouvernement se contentant d’arbitrer en souriant une bataille rangée entre le patronat et les syndicats.Les membres du gouvernement Bouchard présents Qean HONG-KONG Se débarrasser des indésirables permettait, dans une certaine mesure, de les neutraliser SUITE DE LA PAGE 1 relatif de l’exil.Plus délicat à manier est le cas d’activistes — minoritaires — comme Han Dongfang, animateur, au moment de Tiananmen à Pékin, d’un embryon de syndicat ouvrier indépendant.Il entend rester à Hong-Kong où Pékin l’a de facto bannj quand, après avoir été relâché de prison et envoyé aux États-Unis pour traitement médical en 1991, il a tenté de retourner sur le continent, arguant de sa citoyenneté chinoise.Les autorités de Pékin ont alors annulé son passeport.Désormais informellement «apatride», il édite dans le territoire une lettre d’information sur le mouvement ouvrier continental avec le soutien discret de la communauté chrétienne, foi qu’il a embrassée.Han a récemment déclaré à Newsweek qu’il s’attendait à ce que les prochaines autorités l’empêchent de poursuivre cette activité et s’est dit prêt à subir la prison «si l’on me permet de garder mes principes».L’histoire de la façon dont Hong-Kong a servi, dans l’immédiat post-Tiananmen, de point de transit à un flux d’émigration politique clandestine très particulier pour un régime totalitaire, reste à écrire.La filière d’expatriation pour les dissidents, dite opération «Yellowbird» (oiseau jaune), passe pour avoir été organisée avec l’aide (rémunérée) des sociétés secrètes dont les activités chevauchent largement la frontière.On est également en droit de soupçonner certains services de sécurité chinois — peut-être même certaines unités politico-militaires — d’y avoir pris part.Pour eux, se débarrasser des indésirables permettait, dans une certaine mesure, de les neutraliser.Auquel cas l’opération serait plutôt un succès, la dissidence en exil n’ayant désormais guère de poids dans le jeu politique chinois, hormis par son travail d’information sur les tourments infligés aux op posants restés sur le continent.Rapatriements retardés Un autre groupe humain concerné par la rétrocession est celui des quelque 500 à 600 boat people vietnamiens ou sino-vietnamiens qui n’auront vraisemblablement pas pu, au Tr juillet, être rapatriés chez eux, pour diverses raisons techniques.La plus fréquente est l’impossibilité matérielle de confirmer leur identité de manière conforme aux exigences juridiques du Haut-Commissariat aux réfugiés.Pékin voudrait dès aujourd’hui les voir disparaître du paysage hong-kongais.Le Vietnam, pour des raisons multiples incluant probablement l’espoir de monnayer ses bonnes grâces, traîne pour le rapatriement des cas incertains.Le HCR n’est pas loin de considérer qu’il serait logique de voir ce groupe intégré à la société hong-kon-gaise.Les camps d’accueil et centres de détention des ré fugiés devant être tous fermés lors de la passation des pouvoirs, ces boat people, parfois récidivistes, risquent de devenir les premiers SDF de l’ère postcoloniale Hong-Kong.Enfin, parmi d’autres communautés à problèmes dans le processus de rétrocession, figurait celle des quelque 10 000 Indiens que compte le territoire et de leurs homologues d’autres parties de l’ex-empire des Indes britan nique.Londres a décidé, début février, de leur donner la nationalité britannique pleine et entière afin d’éviter qu’ils ne deviennent apatrides, la Chine ayant préféré ne pas les intégrer.Le nombre exact de passeports du Royaume-Uni qui seront distribués reste à déterminer.JOHNSON Dion insiste sur l’importance d’obtenir un consensus sur la question SUITE DE LA PAGE 1 Mais le ministre québécois des Affaires intergouvemementales, Jacques Brassard, exige un processus bilatéral de modification constitutionnelle alors qu’il emprunte la voip multilatérale.» A Ottawa le ministre fédéral des Affaires intergouvemementales, Stéphane Dion, a estimé qu’il revenait à M.Brassard de convaincre les gens de la pertinence de son projet.«C’est sûr que si l’opposition officielle [à l’Assemblée nationale] n’est pas favorable, le consensus a du plomb dans l’aile», a-t-il admis.Stéphane Dion a rappelé que dans les quatre autres cas de modification bilatérale il y avait d’abord eu un débat à la législature provinciale avant d’en avoir un au Parlement canadien.Lors d’une rencontre avec M.Dion, le 7 février dernier, le ministre Brassard a proposé de modifier la Constitution canadienne pour soustraire le Québec de l’application de l’article 93, qui garantit les droits des catholiques et des protestants à Montréal et à Québec.M.Dion s’est montré ouvert à la question mais il insiste sur l’importance d’obtenir un consensus sur la question au Québec avant de procéder aux changements souhaités.Ée PLQ, lui, soutient que la proposition de modification constitutionnelle avancée l’année dernière par les professeurs Jean-Pierre Proulx et José Woehrling est préférable puisqu’elle n’exige pas l’accord d’autres provinces concernées par l’article 93, notamment celui de l’Ontario.La proposition Proulx-Woehrling garantirait la tenue d’une simple négociation bilatérale entre Québec et Ottawa.Elle consiste à modifier quelques mots dans l’article 93 de la Constitution pour mettre fin au régime de droit constitutionnel spécial accordé à Montréal et à Québec.En fait, la proposition permet de maintenir les droits des minorités, selon le député libéral François Ouimet qui accompagnait hier son chef à Montréal, puisqu’elle ne remet pas en question le droit à la dissidence prévu par l’article, un droit exercé par les minorités religieuses, donc exercé uniquement par les protestants au Québec.Et la proposition tient pour acquis que les protestants seraient peu nombreux à se prévaloir du droit à recevoir un enseignement religieux, puisque les anglophones, qui se retrouvent en majorité dans les structures protestantes, préfèrent largement obtenir des structures basées sur la langue plutôt que sur la religion.Actuellement, les droits des catholiques et des protestants sont garantis à Montréal et à Québec, qu’ils soient minoritaires ou non, et cette garantie permet à la CECM à Montréal d’exister comme structure confessionnelle.Le professeur José Woehrling a soutenu hier que si on Le plan du MEMO prévoit de rendre disponible l’enseignement religieux là où la demande le justifie veut abroger de façon plus large l’article 93, par exemple en faisant disparaître de l’article les quatre paragraphes qui établissent les droits religieux, on touche un «compromis fondamental» conclu entre le Bas-Canada et le Haut-Canada.L’Ontario aurait donc son mot à dire dans la négociation Québec-Ottawa, et peut-être aussi deux autres provinces fondatrices du Canada, de l’avis d’autres experts.Notons que si l’opposition du PLQ manifestée hier porte sur la manière adoptée par le gouvernement, elle ne porte pas sur l’inscription de nouveaux droits linguistiques dans la Constitution, tel que proposé par Alliance-Québec.«Au PLQ nous ne sommes pas d’accord pour «institutionnaliser les commissions scolaires linguistiques», a répété hier François Ouimet.Propositions du MEMO Par ailleurs le parti d’opposition au Conseil des commissaires de la CECM, le MEMO (Mouvement pour une école moderne et ouverte) entend présenter demain soir lors d’une réunion régulière des commissaires une nouvelle proposition concernant la mise en place des commissions scolaires linguistiques.Le MEMO voudrait en effet que Québec mette en place un cadre législatif transitoire permettant, à Montréal, de créer des commissions scolaires linguistiques dotées de points de service à caractère confessionnel, afin de respecter les garanties constitutionnelles prévues à l’article 93.Le MEMO n’a pas apprécié que la ministre Pauline Marois déclare que pour les villes de Montréal et de Québec on pourrait trouver deux structures, l’une confessionnelle et l’autre linguistique, le temps que soit terminée la négociation constitutionnelle.Le groupe d’opposition à la CECM y voit un danger de créer des structures qui s’incrusteront Le plan d’action transitoire du MEMO permettrait de remplacer les commissions scolaires confessionnelles par des commissions scolaires linguistiques, mais en mettant en place des «points de service à caractère confessionnel» pour les parents qui désirent un projet éducatif religieux intégral.Le plan prévoit aussi de rendre disponible l’enseignement religieux là où la demande le justifie.Tout cela en attendant que se termine la négociation constitutionnelle.Par ailleurs les statuts confessionnels des écoles décrétés en 1974 seraient révoqués.Le MEMO propose aussi de tenir un débat public sur la place de la religion et de l’enseignement religieux à l’école.Compte tenu que le parti au pouvoir à la CECM, le Regroupement scolaire confessionnel, dispose d’une mince majorité, il est douteux que cette proposition soit acceptée.Rochon, Pauline Marois et Jacques Léonard) ont toutefois été clairs sur leur appui à l’objectif zéro du ministre des Finances, Bernard Landry.Ils ont aussi évoqué, chacun à leur façon, la réouverture des conventions collectives dans le secteur public.«Il faut qu’on vise les vrais problèmes», de souligner le ministre de la Santé, Jean Rochon.Selon lui, les conventions collectives donnent une «rigidité au système», dont le gouvernement pourrait se passer.Même son de cloche chez sa collègue de l’Éducation, Pauline Marois, qui invite les intervenant?à adopter de «nouvelles attitudes et façons de faire».À ses yeux, la réforme de l’éducation peut avoir lieu sans ajout de nouvelles ressources, mais en «éliminant certaines tâches des enseignants et en procédant à des substitutions», une proposition qu’elle devra expliquer à la CEQ, plutôt inquiète à ce sujet.Se sentant attaqués, les syndicats ont riposté en visant les représentants du patronat et en leur demandant de participer à l’effort collectif.«Qu’est-ce que vont faire les entreprises au Québec pour l’emploi?Les chauds frissons de la solidarité ne se rendent pas de votre côté de la table, a déclaré le président de la FTQ, Clément Godbout en élevant la voix.Il faut arrêter de frapper les employés du secteur public.» Les deux parties s’entendent toutefois sur la nécessité de relancer l’emploi.Sur les moyens afin d’y arriver, le syndicats privilégient l’augmentation des revenus de l’État, alors que le patronat pense que seule la croissance économique pourrait permettre aux entreprises de procéder à des embauches.Le budget du ministre Landry est attendu à la fin mars.CULTURE
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