Le devoir, 22 février 1997, Cahier D
Le roman québécois Page D 3 Le feuilleton Page D 5 Grille télé du week-end Page D 7 ?Willem de Kooning Page D 9 Formes Page D 10 ?LE DEVOIR ?I, E I) E V O I R .I, E S S A M E DI 2 2 E T I) I M A N C II E 2 3 F É V H I E II I 0 !) 7 La vie est un cirque Avec Les Ruelles de Caresso, l’écrivain poursuit sa trilogie amorcée avec Le Cirque bleu PIERRE CAYOUETTE LE DEVOIR Avec la parution de son roman Le Cirque bleu, paru en février 1995, Jacques Savoie amorçait, sans trop l’ébruiter, un ambitieux projet littéraire, celui d’une trilogie qui lui permettrait, à travers son imaginaire d’écrivain, de circonscrire toutes les dédales du rapport amoureux.Si le premier volet, Le Cirque bleu, ; célébrait l’enchantement amoureux à ¦ travers le couple Hugo/Marthe, le suivant, Les Ruelles de Caresso, paru il y a quelques semaines à La Courte Echelle, s’attarde sur l’épreuve amoureuse, le désenchantement, l’incommunicabilité des êtres.L’entreprise n’a rien d’un traité de psychologie et .Jacques Savoie n’a surtout pas envie .: de remplacer Guy Corneau.Sa vision : ' des choses s’impose naturellement, ': par petites touches, avec une énorme tendresse et beaucoup de fantaisie.Le troisième roman de cette trilogie aura pour titre Un train d’enfer et traitera de la perte d’identité, un autre piège du rapport amoureux.Tout au long des années 80, des Portes tournantes — roman superbe-; • nient porté à l’écran par Francis Man-•.kiewicz — au Récif du prince ou à Une histoire de cœur, Jacques Savoie était inspiré par le thème de l’éclatement de la famille.«C’était mon grand thème, reconnaît-il.J’étais obsédé par ce phénomène.Je voyais les couples s’écrouler au-.tour de moi.Je m'en inspirais comme si je voulais m’en prémunir, comme une activité de prévention.Un jour, ;.mon sujet m’a rattrapé.J’ai résisté longtemps.Puis, j’ai pris une méchante culbute.Après Une histoire de cœur, j’ai arrêté d’écrire pendant cinq ans.: Tout à coup, j’ai eu une sorte d’illumination.J’avais écrit plusieurs livres sur un symptôme, sans jamais remonter à la source du résultat.C’est dans cette foulée que j’ai amorcé ma trilogie.Le Cirque se veut une allégorie du rapport amoureux.» Dans Les Ruelles de Caresso, le thème de la communication — ou de l’absence de communication — occupe une place fondamentale.«On pense que la communication a un rapport avec la proximité et que le manque de communication a un rapport avec l’éloignement.Or, dans mon roman, les gens qui communiquent le mieux le font par l’Internet et un continent les sépare.C’est ce qui m’amène à croire, sans être théoricien, que l’essentiel de la communication n’est pas la proximité ou l’éloignement mais le consentement.C’est par absence de consentement que l’amour entre Hugo et Marthe se lézarde, s’endort.» L’Internet, justement, est au cœur du récit de Jacques Savoie.On y retrouve un enfant qui prend plaisir à y naviguer, au point d’y rencontrer l’amour.Sur la question de l’Internet et des nouvelles technologies, Jacques Savoie jette un regard frais, plutôt rare chez les littéraires.«Devant une nouvelle technologie, j’ai plutôt tendance à me dire: attendons et nous verrons.Des chiffres disent qu’avec la naissance du courrier électronique [E-mail], les gens ont redécouvert le style épistolaire.On n’a jamais vu tant d'échanges de lettres, en Amérique, depuis l’invention du téléphone.Si l’Internet peut relancer la littérature épistolaire, c’est tant mieux.Moi, je me dis que Bill Gates, qui envoie de 50 à 60 E-mail par jour, est un écrivain.» Un parcours diversifié A chaque sortie de livre de Jacques Savoie, on rappelle son passé musical.Pour ceux qui l’ignoreraient, Savoie fut le fondateur du groupe folklorique Beausoleil Broussard qui a connu un retentissant succès dans les années 70.Ce que l’on connaît moins, par contre, c’est la carrière de scénariste de Jacques Savoie.En 1992, il a remporté un prix Gémeau pour le scénario de la mini-série Bombardier.Plus récemment, on lui a VOIR PAGE D 2: SAVOIE Lauren Bacall et Humphrey Bogart dans le film The Big Sleep.umm HB.1 \& ! ¦m ¦ ':T:\ fiche t les prives Un pavé pour Miss Blandish SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR du monde et leurs géniteurs Au poids, comme dirait Queneau, l’objet en impose.Il doit peser dans les deux kilos, au minimum.La jaquette aussi en impose.Dessus, on y voit l’auteur du Faucon maltais, soit évidemment Da-shiell Hammett.La couverture, la couverture brochée, en impose également.Car-Car on y ljt ceci: Les Auteurs de la Série Noire 1945-1995.Edition revue et complétée par Claude Mesplède de Voyage au bout de la Noire.C’est la maison Joseph K., comme le Joseph K.de Kafka, qui publie ce dictionnaire de 628 pages.Mais, noblesse oblige, c’est Gallimard, maison-mère de la Série Noire, qui distribue cet ouvrage considérable parce qu’il est un livre de référence.Il y a autre chose de très imposant Ce dictionnaire est le fait d’un seul homme.Ou presque.En fait Claude Mesplède, le principal architecte de ce bouquin, avait fait appel à Jean-Jacques Schleret pour goupiller la première édition.Celle qui lut publiée en 1982.Mais auparavant.En août 1944, un homme moustachu et bougon sort de l’appartement parisien de Marcel Achard, auteur dramatique et scénariste.Selon ce que rapporte Pierre Assouline dans la biographie qu’il a consacrée à Gaston Gallimard, cet homme bougon qui fut compagnon de route des surréalistes sort de l’appartement en question avec trois bouquins écrits en anglais.Deux portent la signature de Peter Cheney, l’autre celle de James Hadley Chase.On l'aura deviné, il s’agit de Marcel Duhamel.Il est anglophile.Plus précisément, il est amateur de «ouisqui» et de littérature anglo-américaine.Toujours est-il que le Duhamel traduit les trois livres.Après, il se pose la question du «où les publier?».Et comme il a fourni Gallimard en papier kraft pendant l’Occupation, notre homme va à la rencontre du maître des lieux, soit Gaston lui-même.Le patron accepte.Le directeur artistique de la maison dessine une maquette: fleurs vertes sur fond blanc.Dans son livre Raconte pas ta vie, Duhamel raconte, à propos de la couverture proposée: «Un tantinet bucolique pour de l’étripaillage en série.» Il demande à sa femme Germaine de penser une couverture plus.en phase avec le contenu des romans choisis.Puis il demande à son copain Jacques Prévert de trouver un titre.Ce sera évidemment La Série Noire avec son filet jaune et sa prédominance de noir.Quatre livres sortent, soit La Môme vert-de-gris et Cet homme est dangereux de Peter Cheney, Pas d’orchidées pour Miss Blandish de James Hadley Chase, et surtout, surtout, Un linceul n’a pas de poches de Horace McCoy.Dans le Saint-Germain-des-Prés de l’immédiat après-guerre, ces romans et ceux qui suivront feront révolution.Pourquoi?Parce que ces bouquins écrits rapidement et avec humour se distinguent toujours passablement des romans faits d’intrigues à résoudre.En un mot comme en mille, le genre Agatha Christie en prend pour son rhume.Ce n’est plus le roman gentillet et propret des salons de thé mais bien le roman du caniveau, donc de la réalité.Ce qui, mine de rien, nous ramène à Mesplède.Douze mille titres Tout d’abord, il faut signaler qu’il a 58 ans.Pendant 35 ans, il a travaillé comme électricien pour la compagnie Air France.Il vit dans un petit village près de Toulouse, dans le Midi de la France.On l’a joint Et alors?«Je lis du policier depuis que je suis tout petit.» Il a commencé avec Conan Doyle et la «solution à sept pour cent» de Sherlock Holmes, et ce fut la passion.Tout naturellement, il s’est mis à lire la Noire.Comme beaucoup de gens de sa génération, «j’ai VOIR PAGE D 2: NOIR t I I.K I) e V 0 I R .I.K S S A M lv DI 2 2 K T I) I M A N (' Il V.2 R V K V II I li Il I !) !» 7 - L I V 11 E s - VIE L I T T É R A I R E Une rose, un livre.PIERRE CAYOUETTE LE DEVOIR \ A Barcelone, une fois l’an, le livre envahit littéralement les rues.Dans la capitale catalane, la Journée mondiale du livre est une fête importante, aussi incontournable que la Saint-Valentin.Les bouquinistes et les libraires assiègent la ville et installent leurs trésors à toutes les intersections.La tradition remonte à 1923.Pour la circonstance, il va de soi pour quiconque se respecte, d’offrir à un être aimé un livre et une rose.Et comme pour inciter les derniers récalcitrants à succomber, on réduit le prix des livres de 10%.La Journée mondiale du livre, proclamée par l’UNES-CO, aura lieu le 23 avril prochain.Et cette année, l’Association nationale des éditeurs de livres du Canada (ANEL) entend célébrer l’événement de façon particulière.Le président de l’ANEL et directeur général des Editions Fides, Antoine Del Busso, séjournait à Barcelone, l’année dernière, lors de la Journée mondiale du livre.Ses yeux s’illuminent encore lorsqu’il en parle.«J’étais extrêmement ému.J’avais les larmes aux yeux de voir ces milliers de livres se mêler à l’architecture superbe de cette ville», se souvient-il.Depuis, le président de l’ANELet ses proches collaborateurs se sont mis à rêver.Comment transposer l’idée à Montréal et à l’ensemble du pays?Peu à peu, le rêve s’est transformé en projet.De sorte que, dès cette année, la ’Journée mondiale du livre fera l’objet d’initiatives diverses Visant à en faire un événement majeur dans la vie de tous les Montréalais et de tous les Québécois, qu’ils soient lecteurs ou non.«Le 23 avril, nous aimerions lancer à notre tour une tradition.Nous voudrions que, ce jour-là, les Québécois offrent à leurs proches un livre et une rose», confiait-il lors d’une rencontre informelle.L’ANEL fournira davantage de précisions au cours des prochaines semaines.Ce que l’on sait, toutefois, c’est que tout ce qui grouille et grenouille dans l’industrie du livre sera sollicité.Les éditeurs, les distributeurs, les libraires et.les fleuristes seront mis à contribution.On a déjà a|> proché la ministre de la Culture et des Communications, Louise Beaudoin, afin qu’elle proclame solennellement la Journée mondiale du livre.On courtisera également le maire de Montréal Pierre Bourque — un livre, un géranium!, ça peut toujours aller.— et d’autres élus afin qu’ils contribuent à la fête.Dans ses rêves les plus fous, Antoine Del Busso imagine les députés de l’Assemblée nationale en train de s’échanger des livres plutôt que des insultes.11 voit même la photo, à la une du Devoir.L’idée d’un rabais sur les livres semble toutefois à exclure.À Barcelone, le livre est soumis à un système de prix unique.Ici, les prix fluctuent beaucoup trop, entre un Club Price, par exemple, et une petite librairie artisanale, pour que l’on puisse lancer un quelconque mot d’ordre.Cela dit, certains libraires pourraient en profiter pour offrir des rabais.L’autre donnée qui pourrait tout bousiller?Notre fichu climat.Prions pour que le soleil et le temps doux soient de la fête, le 23 avril prochain, et que le livre envahisse Montréal.44 articles, 44 photos En ce pays où il y a presque un prix par livre, il faudrait bien un jour créer le prix du «lancement de livre le plus réussi».Cette année, la palme irait sans aucun doute à Mi- chel Tremblay pour le lancement de quarante-quatre minutes, quarante-quatre secondes, paru en début de semaine chez Leméac/Actes Sud.Lundi dernier, Michel Tremblay a effectué, dans un bimoteur nolisé, la plus folle tournée de promotion jamais réalisée par un écrivain québécois.De Montréal à Gatineau, de Québec à La Baie, de TVA à RDI, Tremblay a multiplié les signatures, les entrevues et les conversations chaleureuses avec ses lecteurs.En fait, c’est à l’attaché de presse de Leméae, Daniel Matte, qu’il faudrait remettre le prix.Issu du show-business, Daniel Matte s’efforce de brasser la cage et d’appliquer au monde littéraire les techniques de promotion les plus audacieuses.Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il réussit extrêmement bien.Et c’est tant mieux.Le livre ne prendra jamais assez de place dans nos médias.M.Matte le sait très bien et c’est pourquoi chaque crépitement de flashs le fait glousser de joie.Les sceptiques répliqueront qu’il a entre les mains l’auteur le plus aimé des Québécois et que, de toute façon, des milliers de fidèles attencjent impatiemment la parution d’un nouveau Tremblay.Evidemment, on voit mal comment un poète des Ecrits des Foiges pourrait noliser un jet pour lancer son recueil.Cela dit, l’audace du crack de Leméae devrait inspirer d’autres éditeurs en quête de visibilité et en panne d’imagination.Les trois prix de l’Académie Petit rappel important pour les auteurs ou leurs éditeurs: ils ont jusqu’au 1" mars 1997 pour soumettre leurs recueils de poèmes au prix Alain-Grandbois, leurs essais au prix Victor-Barbeau et leurs romans au prix Ringuet.Les trois prix seront décernés au printemps par l’Académie des lettres du Québec.Les ouvrages soumis à l’un et à l’autre prix, stipule le communiqué de l’Académie, doivent «avoir été publiés en français, au Québec ou ailleurs, par un auteur de citoyenneté canadienne, entre le 1" janvier 199(5 et le 31 décembre 1996».Les rétrospectives de poèmes sont admises, ajoute-t-on, à condition que l’on y retrouve un pourcentage significatif d’inédits.I.es prix, dotés chacun d’une bourse de 500 $, seront attribués en mai prochain.Quatre exemplaires de chaque ouvrage doivent être acheminés à l’Académie des lettres (3460, rue McTavish, bureau 230, Montréal, H3A 1X9).Le communiqué ne précise pas si Yves Beauchemin fait partie ou non de l’un des jurys.! Cap sur Genève Le Québec sera l’invité d’honneur au Salon international du livre et de la presse de Genève, du 30 avril au 4 mai prochain.De nombreux auteurs québécois seront présents.L’offensive du Québec transcendera le monde du livre.Des films québécois seront projetés dans les cinémas de la ville et plusieurs artistes de variétés — il est question de Daniel Livoie, Daniel Bélanger et Robert Charlebois — s’y produiront.Nous vous en dirons plus long au cours des prochaines semaines.Marguerite, encore et toujours Non, mais ils vont l’achever! L’infatigable Marguerite Lescop, auteur du best-seller Le Tour de ma vie en 80 ans, ouvrage lauréat du grand prix du public 1996 au Salon du livre de Montréal, multiplie toujours les conférences.La vieille dame au charme irrésistible et à la passion de vivre contagieuse sera conférencière au Musée du Québec, le jeudi 27 février, à 20h.On réserve au (418) 643-3377.Yves Berger L’observateur de la langue française LOUISE LEDUC LE DEVOIR Vous avez à 15h une entrevue avec le président de l’Observatoire de la langue française et directeur litté- raire des éditions Grasset.Vous arrivez une demi-heure en avance au lieu de rencontre, le temps d’écrire vos questions dans une langue belle, irréprochable.Vous auriez dû les soumettre au préalable aux correcteurs Gilles arc© (iNï MISSION Difficile mission roman « Le nouveau Marcotte est un Marcotte nouveau, tout entier œuvre jubilatoire [.] il s'est bien amusé, nous aussi, merci.» Réginald Martel, La Presse «Ce petit roman de Gilles Marcotte, on le lit pour jouir d'une écriture incomparable.» Gilles Crevier, Le Journal de Montréal « C'est par la langue, impeccable, imprévisible que se distingue ce roman.» Anne-Marie Voisard, Le Soleil 16,95$ 104 pages Boréal Qui m'aime me lise du journal.Yves Berger est déjà là, mais les responsables de sa tournée demandent quelques minutes avant de commencer, le temps de permettre à fauteur-éditeur de décolérer.C’est qu’il vient de faire un petit tour dans des librairies montréalaises et il n’y a pas trouvé ses livres.Il arrive finalement à votre table.En bon Français, il ne laisse rien paraître de ses sentiments, ponctue son discours de «mademoiselle» et d’imparfaits du subjonctif, souligne assez tôt dans l’entrevue — et deux fois plutôt qu’une parce que vous avez fait semblant de ne pas entendre la première fois — qu’il attend votre manuscrit (une ruse pour amadouer le journaliste, vous l’avez déjà entendue d’un autre éditeur).Il glisse subtilement qu’il ne manquera pas de rencontrer votre patronne au cours des prochains jours pour l’entretenir notamment de leur lutte commune pour la survivance du français.Le message est passé.En France, comme l’a déjà écrit Le Nouvel Observateur, ses détracteurs voient en Yves Berger le principal artisan de cette conjuration des puissants à l’origine de la domination du trio «Galligrasseuil».Yves Berger serait passé maître dans les opérations de charme auprès des jurés de prix littéraires et multiplierait déjeuners par-ci et dîners par-là.Il ne nie pas exercer une certaine influence.«Quand [?!] vous me soumettrez votre manuscrit, vous pouvez être assurée, mademoiselle, que je remuerai ciel et terre pour le faire valoir auprès des jurés.Cela fait partie de mon travail d’éditeur», laisse-t-il tomber, ajoutant que sa position depuis 35 ans chez Grasset et le pouvoir qu’elle lui confère dérangent inévitablement.La question est vite évacuée au profit de son sujet de prédilection: sa nouvelle fonction, depuis juin, à la présidence de l’Observatoire national de la langue française, organisme né dans la foulée de la controversée loi Toubon dont il a été l’un des grands promoteurs.Son rôle?Observer l’état du français lors de différents événements internationaux.Il a notamment assisté à quantité de compétitions aux Jeux d’Atlanta afin de voir si l’esprit de la Charte olympique, qui fait du français la langue officielle du mouvement, était respecté.«Des matchs de boxe aux compétitions cyclistes, qu’elles se disputassent sur route ou sur piste, tout était doublé en français», s’enthousiasme M.Berger.Atlanta a passé le test avec succès.A Nagano et à Sidney de faire aussi bien, sous l’œil vigilant là aussi dYves Berger.«Made elsewhere» Les angles d’observation ne manquent pas, que ce soit dans le décompte du nombre de conférences données en français ou non en France aux importations.«J’ai demandé au ministè- re [de la Culture] qu’il y ait des inspecteurs spécialisés dans la détection de textes ou de notices d’utilisation écrits sans traduction en français, comme il y a des inspecteurs spécialisés dans la détection de faux foie gras.Il est choquant ,de voir des appareils fabriqués aux Etats-Unis et destinés par exemple aux hôpitaux français arriver sans notice en français.» Il compte aussi observer la langue des enfants de dix ans pour voir à quel point, à un si tendre âge, «elle est déjà polluée par l’anglo-américain».Autre demande au ministre: engager des enquêteurs pour suivre une maman et ses enfants qui font les emplettes dans des grandes surfaces, question de voir combien de soaps et de softeners aboutiront dans le panier.Le premier procès depuis la promulgation de la loi Toubon s’est conclu, rappelle M.Berger, par une amende de 50 000 francs à la chaîne Body Shop par défaut d’apposition de notices et de noms de produits français.Le portrait dYves Berger sur l’état de la langue française est on ne peut plus apocalyptique.«Si vous ne connaissez pas l’anglais, vous ne pouvez plus lire un journal en France tant la syntaxe et le vocabulaire sont un décalque de cette langue.» Et dans les manuscrits, a-t-il constaté au fil des décennies une détérioration de la langue?«Le français des manuscrits est tout autant nécrosé que celui que j’entends dans les rues.» En réponse à ceux qui taxent de fascistes les promoteurs de la loi Toubon, Yves Berger évoque le Québec.; «J’y vois la preuve qu’une loi peut en effet sauver une langue.» Il y a la langue, et il y a le parler.Son accent provençal lui déplaît au plus haut point.«Quand je pars en train de Paris et que j’arrive aux environs de Valence, je déteste entendre de plus en plus de Provençaux.Parce que leur accent — mon accent — choque mort oreille.» Autant le président de l’Observatoire national de la langue française ¦ craint l’envahisseur américain, autant l’auteur en lui vénère ce même peuple, jadis son libérateur.«Je suis un enfant du rêve américain.Je les ai tant attendus sous l’occupation allemande que j’ai développé une réelle fascination pour ce pays, ses grands espaces, ses parcs nationaux d’une.: réelle beauté.» > Mais l’Amérique n’est pas que ça.' «Je définis dans mes livres [Immobile dans le courant du fleuve, Prix Médi-' cis, Les Matins du Nouveau Monde, ' etc.] une Amérique idéale, en sachant qu’elle ne l’est pas, mais qu’elle apporte une grande approximation de certains éléments du paradis.» L’homme n’en est pas à une contradiction près.NOIRE Un dictionnaire digne de ce nom SAVOIE SUITE DE LA PAGE D 1 été marqué par les romans de la Série Noire».Il en a lu des dizaines, des centaines.Et il a commencé à composer des fiches pour chacun des bouquins qu’il a effeuillés.Quand a-t-il commencé ce petit exercice?Au début des années 60.Depuis, il n’a jamais cessé.Même que des fiches, il en confectionne pour tous les romans qu’il lit.Ceux de la Noire et des autres collections pleines de bruits mais aussi de franches rigolades.A titre indicatif, donc économique, chez lui, il y a 12 000 titres et 2500 films.Bon.Comme ça, il a fait des fiches.Pour les compléter, les peaufiner, notre Mesplède a amorcé toute une correspondance avec des écrivains.Des Américains, parce que le roman noir, ce lut leur truc à eux avant d’être un truc plus international, parce que 90 % des titres de la Série Noire ont été écrits par eux.Puis, il a correspondu avec les auteurs des différents ailleurs qu’il y a dans notre monde.11 a fait tout ça et il s’est mis à diffuser des copies de ses fiches dans les rencontres publiques.Et alors?Les amateurs de la chose policière en ont redemandé.Et pas à peu près.Du coup, Mesplède a décidé d’ajuster l’offre à la demande.CQFD: faire un gros bouquin.Composer un dictionnaire.Résultat: pour la première fois, on a un dictionnaire digne de ce nom.En fait, que ce soit en anglais, en espagnol ou en espéranto, le bouquin de Mesplède est le dictionnaire le plus gros ou le plus épais.Il n’existe pas d’équivalent.Il y a bien des livres du genre «l’année du polar» et autres, mais rien, on insiste, qui permette de compléter nos connaissances du roman noir comme Les Auteurs de la Série Noire.Maintenant, prenons un exemple.Allons-y au hasard.Sur qui on tombe?ALAIN BERNARD MARCHAND Le Dernier Voyage ROMAND 60 P-, 14,95 $ il y a sur la route des récits qui vous font voyager dans le temps.Vous les suivez pour apprendre à oublier car qui marche bien ne laisse pas de traces.«Benjamin Paul (1947).Américain.Pseudonyme de Paul Auster, né le 3 février 1947 à Newark (New Jersey).Etudes à l’université Columbia (NY).Licence, puis maîtrise de lettres (1970).Divers emplois, dont agenj chargé du recensement et marin.A partir de 1986, enseignant en créativité littéraire à l’université de Princeton (New Jersey).A vécu en France entre 1970 et 1974.Il a traduit en anglais divers ouvrages de Jean-Paul Sartre et de Stéphane Mallarmé et composé une anthologie de poésie française [.] il utilise le pseudonyme de Paul Benjamin pour Fausse balle, son premier roman policier.Le détective privé new-yorkais Max Klein enquête sur la mort de George Chapman, ancienne star de baseball reconverti dans la politique après un accident qui l’a estropié à vie.» Suivent d’autres informations.Bref, c’est complet.Mieux, c’est parfait.Et comme il en est ainsi, des bonzes de la République des lettres l’ont remarqué.Et alors?Les Editions du Rocher ont demandé à Mesplède de codiriger, avec Daniel Picouly, une nouvelle collection de polars.Le premier titre paraîtra en 1998.C’est tout.LES AUTEURS DE LA SÉRIE NOIRE 1945-1995 Claude Mesplède Jean-Jacques Schleret Joseph K., Paris, 1996,628 pages Un scénariste recherché SUITE DE LA PAGE I) 1 confié les scénarios des Bâtisseurs d’eau et des Orphelins de Duplessis (la série sera diffusée aux Beaux Dimanches les 16 et 23 mars).Comment l’auteur parvient-il à Jacques Savoie concilier l’écriture télévisuelle et l’écriture romanesque?Il ne voit pas la difficulté.«Je crois que je suis toujours le même.C’est parce qu’ils connaissent ma sensibilité de romancier que les producteurs me confient des scénarios pour la télévision», explique-t-il.Au fil des ans, Savoie est devenu un scénariste recherché.On sait son ta: lent, sa rigueur d’artisan et son honnêteté.Dans ce monde farci de gros ego, les auteurs pratiquent souvent la politique de la terre brûlée.Jacques Savoie n’est pas de ce lot, évidemment II; suffit de lire ses romans pour deviner la douceur et la simplicité de l’artiste.LES RUELLES DE CARESSO Jacques Savoie Iz.Courte Échelle, Montréal, 1997 192 pages DISQUES COMPACTS, LIVRES, CASSETTES, DISQUES, BD 3694 St-Denis, Montrai Choix et Qualité Métro Sherbrooke 849-1913 1 713 Mont-Royal Est, MU Métro Mont-Royal 523*389 wmsmSam » OUVERT 7 JOURS 1 Oh à 22h u é jîESgH LES HERBES ROUGES / RÉCITS I, K I) K V 0 1».I.K S S A M K I) I 22 E T I) I M A N C Il K 2 » F E V » I E » I !l !) 7 i) :j «" L I V LE ROMAN QUÉBÉCOIS Ces moments que Pon attrape VITRINE I) II LIVRE E N É I) U C A T I O N Pédagogie et nouvelles technologies UNE MISSION DIFFICILE Gilles Marcotte Boréal, Montréal, 1997,102 pages ENTRETIENS AVEC GILLES MARCOTTE De la littérature avant toute chose Pierre Popovic liber, Montréal, 1996,193 pages Le lecteur qui s’enfonce soudain au plus profond de son fauteuil dès la deuxième page d'un roman — ou bien celui qui bondit tout à coup hors de son siège en laissant tomber par terre l’objet de son naissant découragement — sent précisément combien le début d’un texte contient en germe toutes les pages à venir.Les premières phrases, et pareillement certains autres moments du texte, sont comme des clefs lancées par l’auteur.J’oserais la métaphore sportive.Le début d’un texte est un peu comme le ballon que lance le quart arrière en espérant que le joueur visé, abattant les obstacles, l’attrape.L’image paraît incongrue, soit (mais si elle peut donner davantage le goût des romans à un joueur de football, ou à un rat de bibliothèque celui d’aller courir quelques verges sur le terrain, ma foi.).Elle est inspirée d’une phrase de Gilles Marcotte, au moment où il avoue sa passion du football à Pierre Popovic dans De la littérature avant toute chose: près de 200 pages de questions-réponses relatant avec candeur le cheminement de ,ce monument de l’institution littéraire québécoise qui fut aussi tour à tour journaliste, professeur, essayiste, romancier et renommé critique.A son intervieweur un peu sidéré — avouons que l’image est saisissante de Gilles Marcotte en téléphage obnubilé par une bande de gorilles —, il explique: «Voici un quart arrière qui est poursuivi par un certain nombre .de brutes molletonnées, prêtes à tout pour le tuer ou du moins le blesser gravement, dit-il, il recule, protégé plus ou moins efficacement par sa propre ligne d’attaque, et il aperçoit alors un type qui porte un chandail de la même couleur que le sien, cinquante ou soixante verges plus loin, également poursuivi par des brutes qui veulent également le tuer ou le blesser.Il lance quand même le ballon, et l’autre l’attrape.Miraculeux.» Afin d’en finir avec la métaphore sportive, et passer à celles, nombreuses, qui défilent sous la plume de M.Marcotte dans son tout nouveau roman, Une mission difficile, encore quelques mots.Voyez comment les premières lignes de ce roman-là interpellent le lecteur, lui crient d’ouvrir les yeux, d’attraper ce lancer franc, et puis décidez si la partie vous intéresse: «Vous voyez, admet tout de go le narrateur, je fais des détours, j’emprunte des chemins tortueux, enfin je dis autre chose que ce que je voudrais, que ce que je devrais peut-être dire.[.] Il importe au plus haut point que les choses ne deviennent pas claires.Je mourrais.» Le lecteur, qui doit désormais et jusqu’à la fin du roman accepter une certaine obscurité, ne sera pas pour autant dans le noir absolu.Un univers onirique L’univers onirique dans lequel nous accueille le narrateur est plein de Julie Sergent ?PIERRE POPOVIC Entretiens avec MARCOTTE DE LA LITTÉRATURE AVANT TOlfTK CHOSE Liber de viir voix * LIBRAIRIE HERMÈS 9h.=.22h annee 362 jours par 1120, ave.laurier ouest outremont, montréal tel.: 27-4-3669 télec.: 27-1-5660 • ; » ,1 ir»:< IîîîîîîîîîZîSî; l»*.*»*4*.,l*.*«***.**,.®l*.*.I >!•:< '••é'**.*»1 ’?•i*#' IîIî sîÎîW •s K; >;*r**« lr*:*i*r*i*T*îi ’•NS'iNV .•issîTs*;?! GILLES Marcotte Une m iss ion difficile N sens, bien sûr, c’est bien ce qui le terrorise, et certains sont relativement visibles.Une mission difficile raconte donc le voyage qu’entreprend un «cadre moyen en instance d’avancement» à la demande de ^«Organisation sérieuse» qui l’emploie, laquelle le paie, justement, essentiellement pour cela: voyager.Chaque voyage, nous dit le narrateur, «est toujours trop long, et conduit toujours où on ne veut pas aller.Les mots ne sont pas plus sûrs que les routes, que les avions, que la nature».Voilà une illustration à peine métaphorique du travail de l’écrivain, bien sûr, et la forêt dans laquelle va bientôt s’enfoncer le voyageur l’évoque encore davantage.Guidé dans la forêt de Bornéo par un sorcier dayak qui collectionne les citations d’auteurs vraisemblablement comme ses ancêtres chassaient les têtes, l’homme est de plus en plus fiévreux, il avance lentement, péniblement, bien qu’il sache pertinemment où il va: «C’est comme si nous suivions les indications d’une carte extrêmement précise, ne permettant aucune erreur d’orientation.Tout est écrit; il n’y a qu’à lire, à marcher.» Après sa rencontre avec un serpent qu’il s’empresse de découper en rondelles (épisode que le lecteur se régalera d'interpréter à toutes les sauces), il atteint une clairière au centre de laquelle se dresse une statue.C’est une révélation qui le déçoit affreusement: «On a aimé ça, on a été impressionné, fasciné par ça! Je t’ai assez rêvée, idole.Tu vas goûter à ma réalité.» Et de détruire l’idole, et de déguerpir ailleurs.L’ombre du critique On sera souvent tenté, en lisant Une mission difficile, de chercher la présence de Gilles Marcotte, surtout îe lecteur et critique (on le trouvera, évidemment: tout se trouve).On sourira — d’ailleurs on rit souvent — en voyant par exemple le narrateur quitter Bornéo pour Rio, où il rencontre un ami écrivain, qui veut alors lui soumettre son plus récent texte: «J’avais déjà perdu, à ce jeu, quelques-uns de mes meilleurs amis», soupire le voyageur.Celui-là, qui semblait être «l’écrivain parfait», finira par devenir une riche machine à best-sellers tandis que notre voyageur, en mal de lieux à sonder depuis son départ précipité de Bornéo, débarque à Grand Rapids, Michigan.On imagine une ville qui ressemble à Sherbrooke, peut-être, «cette insignifiance, cette banalité provinciale» où est né Gilles Marcotte, qui a failli le voir devenir prêtre et qui l’a entendu, deux étés durant, occuper un poste de trompettiste à l’orchestre.C’est son frère jumeau que rencontre là le narrateur, «mon semblable, mon frère»: ex-trom-pettiste qui se fera bientôt éliminer par l’un des personnages féminins qui traversent le récit.Comme un souvenir réglé, épuisé, le signe que l’écriture doit passer à autre chose?Le voyageur, en tout cas, s’en retournera dans la forêt de Bornéo, là où se trouve peut-être ce qu’il cherche.S’il est vrai qu’un bon roman est celui qui propose des lectures multiples, Une mission difficile est de la bonne trempe.Outre les visions qui le composent, que chaque lecteur appréhendera à sa guise, d’un difficile, parfois cocasse, souvent mystérieux voyage intérieur, on y perçoit la présence de quelques ombres qui ne demandent qu’à être suivies.Celle de Gilles Marcotte mélomane, peut-être, sempiternellement habité, comme l’est le héros du roman dans ses déambulations, par des airs et des voix.Ou l’ombre d’un homme que divers chemins appellent.D’un homme que l’idée de la voie unique, du modèle parfait, de la Vérité, préoccupe, ennuie, exaspère.Vous trouverez.Ou peut-être pas.Cela importe assez peu, finalement.Moins que l’écriture, belle et sans fioritures, qui plaît tant à Gilles Marcotte et de laquelle on peut dire ce qu’il dit lui-même, si bien, à propos de la langue de Saint-Denys Garneau: «Cette poésie extrêmement simple, nue, qui aime le verbe être et le verbe avoir, qui n’emploie jamais de grands mots, qui reste tout près du murmure de la confidence.» LOUISE JULIEN POINTS DE VUE SUR LE MULTIMÉDIA INTERACTIF EN ÉDUCATION Claire Meunier Préface de Gilbert Paquette Chenelière/McGraw-Hill, Montréal 1997,291 pages Nous sommes habitués à la publication d’actes d’un colloque où nous pouvons lire les textes (remaniés ou pas) des communications présentées.Claire Meunier aurait pu organiser un colloque sur le «multimédia interactif en éducation» et inviter les 13 spécialistes qu’elle réunit pour nous dans son ouvrage.Elle a préféré les rencontrer individuellement et réaliser avec eux des entretiens qui portent sur leurs recherches, leurs réflexions d’universitaires ou de praticiens et les thèmes qu’ils ont spécifiquement développés concernant la portée des nouvelles technologies interactives: «l’apprentissage, l’analyse de l’outil, la pédagogie qu’il implique, l’évaluation des apprentissages dans ce contexte, l’interactivité, l’expression, sans oublier le design et la production».La formule est intéressante puisque l’auteure invite les spécialistes à répondre à des questions dont les mots proviennent de leurs publications et de leurs communications: les 13 «acteurs» doivent donc dans certains cas préciser leur pensée et aller au delà de leurs écrits, ce qui s’apparente à la formule du séminaire.Des réflexions porteuses se découvrent tout au long de l’ouvrage.Nous n’en relèverons que quelques-unes, en commençant par une préoccupation pédagogique: Michel Allard prétend, avec raison, qu’en utilisant le cédérom dans sa classe, l’enseignant peut continuer à poser une question comme il le faisait auparavant mais qu’il favorisera en plus chez l’élève cet apprentissage fondamental qui est celui de poser d’autres questions autour d’une question.L’hypermédia ou l’hypertexte — puisque c’est cela dont il question dans cet ouvrage —, en nous donnant accès au plus complexe, n’a pas fini de modifier tous nos modèles de communication qui étaient plutôt linéaires (Jean-Pierre Balpe).Pour Max Giardîna, «il ne faut pas confondre information et connaissance» puisque c’est le processus d’apprentissage «qui nous permet de faire passer des informations au statut de connaissances».Geneviève Jacquinot, sémiologue, consciente «qu’il y a d’autres modalités d’apprendre que celles sur lesquelles on s’appuyait jusqu’à présent», pense même que l’on a besoin d’un Piaget du XXIe siècle, c’est-à-dire de quelqu’un qui puisse élaborer «une théorie de l’apprentissage qui tienne compte de l’environnement technologique actuel».A la fin de chaque entretien, le lecteur trouvera des références pour approfondir les propos (forcément succincts) de chaque spécialiste.Quant à la question «Quel est l’avenir du multimédia interactif en éducation?», 15 réponses attendent le lecteur puisque Gilbert Paquette et Claire Meunier nous communiquent aussi leurs points de vue.RÉUSSIR L’INTÉGRATION SCOLAIRE La déficience intellectuelle Robert Doré, Serge Wagner et Jean-Pierrç Brunet Montréal, Les Éditions Logiques, coll.«Théories et pratiques dans l’enseignement» 1996,255 pages Un bon roman est celui qui propose des lectures multiples RITA LETENDRE Femme de lumière ET UN TEXTE DE CASTON ROBERGE Venez rencontrer l’auteur et l’artiste lors de la séance de signature tenue aujourd’hui, samedi, de 13 h à 16 h.96 pages, éd.Les 400 coups 17,95 $ LIVRE PUBLIÉ DANS LE CADRE DE L’EXPOSITION RITA LETENDRE RÉTROSPECTIVE 1947-1997 œuvres sur papier R B Claire Meunier POINTS DE VME SUR LE MULTIMEDIA INTERACTIF EN ÉDUCATION Entretiens avec 13 spécialistes européens et nord-américains pRf rAu ai r.iuimr r.iquiuc euels sont, pour les élèves ayant une déficience intellectuelle, les s de leur intégration à l’école secondaire, à un âge où ils vivent, comme les autres jeunes, les problèmes de l’adolescence, mais dans une école non adaptée à leurs besoins?Plusieurs de ces élèves ont été intégrés dans les classes ordinaires au primaire: ils ont donc été scolarisés, à leur rythme, dans des conditions relativement favorables: l’accompagnement par un seul enseignant pour presque toutes les matières, la promotion par niveau (et par âge), la présence des mêmes enfants dans la classe, l’habituelle (ou présumée) bienveillance des intervenants et des autres enfants, les possibilités d’horaires souples, etc.Cependant, la vie quotidienne à l’école secondaire est tout autre: plusieurs enseignants, la promotion (exigée) par matière, des élèves différents pour chaque cours, divers locaux à fréquenter, déplacements obligatoires dans l’école et surtout prise de conscience que la lecture, l’expression écrite et les mathématiques — les trois faiblesses scolaires de l’adolescent ayant une déficience intellectuelle, selon l’auteur — sont indispensables pour la compréhen- sion de tout ce qui se passe à l’école, y compris les activités parascolaires.Les sources documentaires concernant l’intégration des enfants ayant une déficience intellectuelle sont nombreuses; cependant, peu de recherches sont menées pour les adolescents puisque seulement 4 % d’entre eux sont intégrés dims la classe ordinaire.Trois professeurs du département des sciences de l’éducation de l’UQAM, Robert Doré, Serge Wagner et Jean-Pierre Brunet, se sont interrogés sur les conditions d’intégration au secondaire en abordant les aspects pédagogiques, scolaires, juridiques et sociaux, psychologiques et de soutien, et en ne négligeant pas les considérations morales et éthiques.Les intervenants scolaires et sociaux et les parents trouveront, dans cet ouvrage, une information à jour, une réflexion fort pertinente et des moyens d’action qui alimenteront le désir et les besoins de l’essentielle formation continue des enseignants.La question de l’intégration scolaire des adolescents présentant une déficience intellectuelle ne peut pas nous laisser indifférents parce qu’elle définit, par son action ou par son inaction, les bases de l’intégration sociale ou de l’ostracisme.Knlx-rl Dori, Strgc Wugwr d Jom-I'lrnr Unmet RÉUSSIR L’INTÉGRATION SCOLAIRE La déficience intellectuelle Lo» Edition» LOGIQUES mm Michel eron « L'écriture est magnifique, musicale, poétique, moderne.» Marie-France Bazzo, Radio-Canada - Indicatif présent 18,70$ 168 pages « Une histoire où passion rime avec musique.» Pascale Navarro, Voir « Des images à toutes les pages.Certaines très belles qu'on aimerait retenir.» Anne-Marie Voisard, Le Soleil « Une narration éclatée et impressionniste.» Mario Roy, La Presse Boréal Oui m'aime me lise i, I-: i) K v o i it , I, h: S S A M R I) I 2 2 !•: T I) I M A N (' Il E 2 :$ !•’ K V It I K It I !» II 7 lulc* IKIai'ttcr ." j.-Louis Levesque Jiionhtc : il'On Cjtispfjicn< .tiUX yooinjcts Michel Dorais ÇA \HH1\K AUSSI U \ (ARÇONS L’ABUS SEXUEL.AVJ MASCULIN vlb éditeur SYMPATHIE POUR LE DIABLE OLONI PAUL M.MARCHAND ÉÉtek.vmo* Marchand fc* J i$î!AS|i ww, 'sis: | ^^ouvo: OLIVA ESSAIS QUÉBÉCOIS Le talentueux financier Péril en la maison-des-hommes J.-LOUIS LÉVESQUE Jules Bélanger Montréal, Fides, 199(1,1112 pages GILLES LESAGE 1)E NOTRE .BUREAU DE QUEBEC J -Louis Lévesque a été un pion-.nier dans son domaine.Financier, homme d’affaires, philanthrope, «il fut le premier Canadien français à bien comprendre les rouages financiers qui existent au Canada».Le mot est de Paul Desmarais père, dont les premières grosses transactions furent financées par le fondateur du Crédit Interprovincial (devenu au fil des ans Lévesque Beaubien Geoffrion).La vie de ce Gaspésien hors de pair avait de quoi attirer l’attention d’un compatriote.Educateur de carrière à Gaspé et historien chevronné, Jules Bélanger est déjà l’auteur de plusieurs ouvrages sur son «pays», dont Histoire de la Gaspésie (en voie de réédition).L’intérêt était d’autant plus vif que le précurseur et son futur biographe sont nés dans le même village, Nouvelle, où leurs familles étaient voisines et amies.Entrepris en 1994 après la mort de M.Lévesque — il avait plus de 80 ans — l’ouvrage a bénéficié de la collaboration empressée de ses proches et de ses collaborateurs, qui ont donné accès à plusieurs documents intéressants et à des photos de famille.Il en résulte d’ailleurs un livre qui ressemble à un album de famille, comme l’hommage d’un amoureux fou de la Gaspésie — comme il a raison, d’ailleurs! — à un illustre aîné qui a tracé la voie à bien d’autres.Fort justement, l’exergue évoque «la montée d’un Gaspésien aux sommets des affaires», la fierté et l’admiration que ce modeste et ingénieux concitoyen suscitait parmi les siens, auxquels il est resté attaché jusqu’à la lin.L’auteur fait ressortir les diverses étapes de la brillante carrière d’un précurseur, son ambition, son instinct sûr, sa simplicité, sa modestie et sa générosité.La lecture est agréable et facile, ponctuée de nombreuses anecdotes sur le personnage, aux audaces calculées, toujours discret sur lui-même et sur ce qui le faisait vibrer.M.Bélanger respecte scrupuleusement cette retenue extrême et ne révèle rien qui pourrait contrarier, si peu que ce soit, les proches et les collaborateurs de son héros.Rompu au négoce dès son plus jeune âge, vendeur né, M.Lévesque ne laissait rien au hasard, même au pinacle de sa carrière.«Travailleur infatigable, le patron contrôle lui-même chacun des comptes de dépenses de ses vendeurs et il signe lui-même les états de commissions et les chèques correspondants.» Avec de nombreuses sources et références, l’aimable biographe relève les nombreux bons coups de Louis Lévesque (on ne sait où ni comment le J.est apparu en cours de route): de Fashion-Craft à Blue Bonnets, de Dupuis & Frères au Palais du commerce, en passant par les Valeurs Trans-Canada, Le Petit Journal et les compagnies d’assurances, il a brassé, comme on dit, de grosses affaires, souvent avec beaucoup de succès, connaissant parfois des déboires.Les uns et les autres sont évoqués simplement, l’inlassable promoteur s’en tirant toujours avec honneur.«Le talentueux financier a tenu à partager en frère les fruits de sa réussite, écrit le biographe.Il s’est fait généreux philanthrope.Profondément attaché à ses origines à la fois acadiennes et irlandaises, il s’en est montré le digne descendant.Sa carrière et ses réalisations méritent amplement d’être connues, particulièrement en cette époque de morosité dont on dit qu’elle permet trop peu d’espoir à la génération montante.La carrière de Louis Lévesque, sa montée aux sommets des affaires, est exemplaire.» MARIO LEMIRE Michel Dorais La presque totalité des répondants ayant participé à l’enquête se sont montrés réticents à révéler les abus subis et il leur a fallu souvent des années avant de pouvoir le faire.confidentiellement.Il est remarquable de constater à quel point l’abus sexuel sur des garçons — en particulier s’il est commis par des proches, ce qui est le cas le plus fréquent — continue d’être nié.Après avoir détaillé les types d’abus en fonction des critères de la famille (abus intra et extrafamiliaux) et des générations (inter et intragénération-nels) et constaté la diversité sociale des agresseurs (fermier, médecin, soldat, éducateur, policier, ouvrier, toujours des hommes), Michel Dorais trace le portrait psychosocial des victimes.Une conclusion s’impose d’emblée: le garçon victime d’abus vit au départ une situation familiale trouble.Le père est absent, indifférent ou violent, et le garçon est à l’affût d’une figure masculine attentive et gratifiante, ce dont l’agresseur peut profiter (y compris lorsqu’il s’agit de ce père même, ce qui arrive dans une bonne partie des abus au masculin).Dans ces circonstances, le garçon est vulnérable non seulement à l’abus mais aussi aux règles qui le couvrent: alliance dans le silence, chantage affectif, parfois économique, etc.La maison-des-hommes C’est un des mérites de la méthode de Michel Dorais de contextualiser l’analyse et de ne pas s’enfermer dans les limites ponctuelles qui seraient celles du travailleur social.En plus d’écouter et de prendre des notes, Michel Dorais a lu.Des écrivains, des psychologues, des anthropologues.C’est d’ailleurs un regard anthropolo- Pour Michel Dorais, séparer le monde en victimes à 100 % passives et en agresseurs à 100 % actifs est illusoire gique qui lui permet d’expliquer en partie l’interdit qui frappe l’abus sexuel des garçons.L’explication touche en fait à la notion de «maison-des-hommes», déjà mise à profit dans La Peur de l’autre en soi (VLB, 1994).La maison-des-hommes, c’est le lieu symbolique d’initiation aux modèles virils.De ce point de vue, la sexualité intergénérationnelle entre mâles — la pédophilie, si l’on veut — ne serait pas exceptionnelle dans l’histoire de l’humanité, on la rencontrerait aussi bien dans la Grèce antique que chez certaines peuplades de Nouvelle-Guinée.Elle serait l’un des rites de passage vers la maison-des-hommes et viserait la perpétuation de rapports sociaux et sexuels de domination.Aussi le garçon sexuellement abusé doit-il accepter ce qui se passe sans mot dire et se consoler à l’idée que son tour viendra un jour d’en faire autant.(Mais heureusement pour Denise Bombardier et autres chasseurs de pédophiles, la sexualité entre mâles de générations différentes n’est pas la seule forme d’initiation à la masculinité.Il y a aussi le hockey.) Les abus sexuels, on le comprend aisément, laissent des séquelles.Les garçons victimes d’abus ont des sentiments contradictoires vis-à-vis-de l’agresseur.Ils souffrent aussi de ce que Michel Dorais appelle une dissonance identitaire, soit une profonde discordance entre ce qu’ils sont et ce qu’ils voudraient être.Cette dissonance se manifeste sur plusieurs plans, ceux entre autres de l’identité personnelle (qui suis-je?), de l’identité sexuelle (suis-je un vrai homme?) et de l’orientation sexuelle (suis-je homo ou hétéro?).Pour étouffer cette dissonance, ils doivent alors développer des stratégies adaptatives.Celles-ci vont de la revictimisation fia victime recherche d’autres situations qui lui donnent l’occasion d’assumer son «destin» de victime) à la stratégie du passeur (la victime lait subir à d’autres, plus ou moins volontairement, ce qu’elle a elle-même subie), de la vengeance (la victime est un passeur conscient du mal qu’il fait) à l’érotisation de certaines composantes de l’abus ou au conformisme le plus plat (par une sorte de sublimation compensatoire).Ça arrive aussi aux garçons se termine sur des recommandations, le chercheur laissant le dernier mot au travailleur social.Pour améliorer le sort des garçons abusés, celui-ci mise sur des campagnes de prévention mieux ciblées, une meilleure formation des professionnels de la santé, un assouplissement du système judiciaire et la généralisation des démarches d’accompagnement.Depuis que Sheldon Kennedy a brisé le mur du silence, plusieurs hockeyeurs se cotisent à coups de centaines de milliers de dollars pour l’aider à mettre sur pied un grand centre d’aide pour les victimes d’abus sexuels.Ouverture d’esprit ou manière masculine ($) de se donner bonne conscience?Robert Sa l ett i ?Collection « tuais el Polémiques » Pierre Lemieux Tabac et liberté L'État comme problème de utile publique m Le livre-choc dont personne n’ose parler.Pierre Lemieux Tabac et liberté ?L’Etat comme problbne de santé publique 102 pages / 9,95 $ Les Éditions Varia ÇA ARRIVE AUSSI AUX GARÇONS L’abus sexuel au masculin Michel Dorais VLB éditeur, Montréal, 1997 237 pages LM affaire a fait récemment la * manchette pendant plusieurs jours.Un joueur de [a Ligue nationale (Sheldon Kennedy) révélait avoir été Victime d’abus sexuels de la part d’un instructeur de hockey, inculpé et condamné depuis, alors qu’il était encore mineur.L’affaire in’est pas banale, surtout qu’elle se passe dans le monde macho du hockey, fc’est-à-dire de notre sport national, là où les différends se règlent à coups de poing et de crosse (sic) où et la virilité ne souffre aucun écart.L’affaire n’est pas banale parce qu’elle met en lumière une situation que l’on croyait rarissime, un tabou social: le fait que l’abus sexuel, Lça arrive aussi aux garçons», pour reprendre le titre, du dernier essai de Michel Dorais.A un garçon sur six plus précisément, selon les statistiques les plus récentes sur le sujet, i Travailleur social et chercheur réputé, Michel Dorais est l’auteur de nombreux ouvrages sur la sexualité et l’identité masculines.Ça arrive aussi aux garçons est le bilan d’une étude dite qualitative menée auprès de trente jeunes hommes ayant été victimes, garçons, d’abus sexuels.Reprenant une méthode éprouvée dans ses ouvrages précédents, où s’entrecroisent témoignages des répondants et commentaires de l’analyste, Michel Dorais y interroge la manière dont ces victimes masculines construisent, tant bien que mal, leur identité, leur soi.Dims quelle mesure le traumatisme subi modifie-t-il leur développement cognitif et affectif?Quelles sont les conséquences de l’abus sexuel sur la conduite, l’orientation et l’identité sexuelles futures d’un garçon?Pourquoi certains reproduisent-ils sur de plus jeunes, plus tard, les abus qu’ils ont subis?Voilà les principales questions qui orientent la démarche du chercheur.Motus et bouche cousue En définissant l’abus sexuel d’un enfant comme des «dénudations, attouchements ou rapports sexuels entre personnes de maturité psychique différente, alors que ces actes ne sont pas souhaités par la plus jeune d’entre elles et lui sont imposés par manipulation, abus de confiance, chantage, coercition, menace ou violence», le chercheur délimite une situation de domination qu’il est parfois malaisé de trancher au couteau (par exemple entre deux frères incestueux de, disons, 12 et 16 ans).Pour Michel Dorais, séparer le monde en victimes à 100 % passives et en agresseurs à 100 % actifs est illusoire.Mais s’il y a parfois un flou éthique autour de l’abus sexuel, le tabou social qui le recouvre comme une chape de plomb, lui, est indéniable.Et pour les jeunes garçons, le tabou est triple: tabou des rapports sexuels impliquant des mineurs, tabou de l’homosexualité et tabou de la vulnérabilité masculine.Dès lors, il n’est pas rare que l’injonction de l’agresseur, «ne le dis à personne», soit relayée par la victime quand il se confie à sa mère (ou à un chercheur): «Je te le dis à toi, mais ne le dis à personne.» LA BONNE LITTÉRATURE CHEZ UN PONT ENTRE LA SICILE ET LE QUÉBEC OLIVO OLIVA NUMERO 1 SUR LA LISTE DES BEST-SELLERS! «Un immense et épouvantable cri du coeur, à la fois coup de gueule et de griffe, comme un règlement de compte avec la mort.(.) Cette symphonie lugubre regorge de tendresse.» Gilles Lesage, Le Devoir Sympathie pour le diable, récit exactement horrifiant sur la mort, est une oeuvre qui s'inquiète magistralement de la vie.» Andrée Ferretti «On détecte, derrière cet amoncellement, I obstination de confronter le lecteur à un tableau désolant de la misère, a une violence nimaemable.A cet écard.le livre est réussi.» { LANCTÔT H ÉDITEUR ' DANS LA | ' «petite collection lanctôt» H i Suzahne Lamy LA CONVENTION «Une écriture racée où se marient phrases courtes et efficaces, envolées philosophiques, descriptions et énumérations (.) On aura eu le privilège d'être guidé par une des très belles plumes de la rentrée, dans un univers sicilien empreint de fantaisie, de cynisme et d’ingéniosité.Une fenêtre toute d'originalité perçant le voile de la violence.» Julie Sergent, Le Devoir LA CONVENTION Premier récit de fiction tic Suzanne Lamy, décédée il y a dix ans.Celte «oeuvré majeure, magnifique, désormais essentielle», comme l avait affirmé le critique Reginald Martel, est maintenant disponible en formai de poche, préfacée par André Gcrvais Hélène Pedneault LA DÉPOSITION Li premiere piece de théâtre d Hclenc Pcdneault, iraduilc en S langues et jouée près de SCO fois dans 8 pays, es) a nouveau .disponible dans une nouvelle edition soignée L’INSTITUTIONNALISATION DU TERRITOIRE AU CANADA Sous la direction de Jean-Pierre Augustin Les Presses de l’Université Laval et Les Presses universitaires de Bordeaux, 1996,258 pages Dans un tout autre registre, signalons un recueil de textes qui font ressortir la pluralité des espaces de référence du politique canadien.Plusieurs nationalismes s’y affrontent: canadien, québécois, autochtone.La montée des régionalismes est évidente, notamment.dans l’Ouest et au Québec, avec le: fractionnement politique qui en résulte, ce que les professeurs Guy Gosselin et Gordon Mace appellent le localisme, surtout dans un pays à la «géographie monstrueuse» comme celle du Canada.Tant et si bien dit, note le professeur Réjean Pelletier, que le territoire canadien est devenu de plus en plus suradministré.Au Québec, en particulier, on découpe le territoire de multiples façons et on se contente de.superposer ces territoires sans que ce processus ne procède de véritables choix rationnels.Faudrait-il, comme l’évoque le professeur Vincent Lemieux, réactiver le principe de subsidiarité et revoir le, partage des compétences, non seulement aux plans fédéral et provincial, mais aussi à l’intérieur des provinces, surtout avec les régions administratives et les municipalités?Selon ce principe, compétences, financement et direction doivent être attribués à l’échelon le plus bas possible, à moins d’insuffisance patente à ce niveau.En pratique, c’est plutôt le principe de supériorité qui s’applique le plus souvent.Chose certaine, ni la mondialisation ni le néolibéralisme, dont tout le monde se gargarise, n’a entraîné la .mort du nationalisme et du régionalisme.Au Canada, la symbolique nationaliste et la référence régionale servent toutes deux à définir le territoire.Des pistes de réflexion de la part d’une douzaine de spécialistes québécois et français, mais bien peu de solutions à la confrontation canadienne.A la logique territoriale des gouvernements à la base du système fédéral s’oppose de plus en plus la logique non territoriale des groupes qui défendent «leurs» droits à l’encontre des gouvernements, note M.Pelletier.Comment reconnaître dès lors la notion de société distincte ancrée territorialement et présentée comme une menace potentielle aux droits de ces groupes?Paradoxe canadien.D’une part, la Charte de 1982 a un effet homogénéisant, uniformisant, sur la société canadienne, elle est un puissant instru- ;.ment d’unité et sert d’assise à une ci- i toyenneté canadienne basée sur la dé- ! tention de droits égaux; de l’autre, la Charte reconnaît et protège des; groupes nommément identifiés, leur accorde des statuts spéciaux en dépit de cette logique d’égalité qui la fonde.«Peut-être est-ce là la nouvelle façon de réconcilier l’unité et ia diversité dans un régime fédéral par-delà le ; cadre territorial qui caractérise le fé- j : déralisme?», se demande le polito- [ ‘ logue de Laval.Grave question, qui fera certes ; l’objet de studieux colloques de la part de nos savants profs! Mais les réponses. I, E I) E V OIK.I.E S S A M E I) I 2 2 Ë T D I M A N (' Il E 2 3 K É V II I E II I !l !l 7 - LI V 11, E 8 - LE FEUILLETON Un voile levée sur la mystique arabe Jean-Pierre Den is IA NUIT DE L’ERREUR deTaharBenJelloun éditions du Seuil, 1997,313 pages De tous les livres que Tahar Ben Jelloun a écrit, La Nuit de l’erreur est probablement celui qui va le plus loin dans l’effort de faire se rencontrer deux formes littéraires aussi fortement enracinées qu’opposées, celle du conte et celle du roman.Comment raconter en effet le Maroc, comment mettre en récit son histoire, ses villes, ses habitants, leurs rêves, sans recourir à ce qui est sans doute le plus vivace en ce pays où la rumeur («plus importante que Radio-Le-Caire ou la BBC»), la superstition et le plaisir de se raconter des histoires dans les cafés enfumés font partie intégrante de l’âme de son peuple.Peut-on raconter ce qui appartient à tous et, à la fois, n’appartient à personne?Oui, par le conte.Car celui-ci, idéalement, cristal-?lise les désirs les plus secrets, les attentes les plus profondes, retrouve au fil des mots, de la parole fluide du conteur, les terreurs et les grâces qui habitent chacun.Un conte romancé La Nuit de l’erreur s’ouvre sur l’évocation de Tanger, cette ville «hermaphrodite» qui, reluquant la côte espagnole avec nostalgie, n’a jamais été une ville comme les autres.Lieu de tous les trafics, de toutes les corruptions, de toutes les compromissions, lieu de mélange et de fantasmes sexuels, Tanger est une ville de passage, de contrebande, qui n’est pas sans rappeler le lieu de l’écriture.Elle est pourtant en train d’agoniser, de se banaliser sous les assauts répétés de la police qui tente de la nettoyer de tout ce qui échappe au contrôle du pouvoir et à la façade d’honnêteté qu’il cherche à se donner.L’héroïne, Zina, qui va raconter son histoire, n’y est pas née.Elle went plutôt de Fès où, plus qu’aiileurs,«fesgews ont la passion de l’argent».Parce que le père de Zina a osé donner une somme d’argent au mouvement nationaliste pour l’indépendance, il est abandonné par son associé qui ne voit pas d’un bon oeil qu’on mélange politique et affaires.Ayant ; perdu la vue parce qu’il ne veut plus voir ce qui le fait souffrir, le père décide de s’exiler avec la famille dans le nord, à Tanger.C’est là qu’il recouvre la vue, comme si le fait de sortir de Fès l’avait libéré de ce qui l’étouffait.C’est aussi là que la petite Zina, qui souffrait «d’absence» depuis sa naissance, va commencer à se transformer et à assumer son destin.Née la «nuit de l’erreur» (au moment même où elle pousse son cri, son grand-père meurt), elle est celle par qui le malheur arrive.Mais elle est aussi, en vertu de cette malédiction, celle par qui la vérité surgit, celle qui peut retourner le mal contre ceux qui commettent l’injustice.Belle, d’esprit libre, qui n’admet aucun des interdits musulmans qu’on impose aux femmes, elle est un jour droguée, violée et battue par quatre hommes.C’est là qu’elle entreprend de se venger d’eux en n’utilisant comme seule arme que leur faiblesse, leur propre lâcheté.«Les femmes sont cruelles parce que les hommes sont lâches.» Là s’installe la légende de Zina, qui obsède la ville de Tanger et exacerbe les terreurs qui habitent l’imagination de ses habitants.Mais Zina ne se contente pas de sa seule vengeance.Elle transcrit minutieusement le récit de ses machinations dans des cahiers qu’elle transmet à un couple de conteurs qui en font le récit à travers le pays.Nous retrouvons ainsi la tradition orale au coeur du roman.C’est d’ailleurs à partir de ce moment que, en tant que lecteur, j’ai été le plus séduit, que j’ai vraiment commencé à entrer dans le récit (tout le début, c’est-à-dire le premier tiers du roman, me paraissant un peu long, maladroit, indécis dans le genre).Récit qui devient donc la fiction d’une fiction, ou la fiction dans la fiction.Le pouvoir doit-il craindre celui qui invente des fictions, se demande Dhainane, le conteur manchot?«La réalité ne fait pas peur et ne dérange pas vraiment les gens.C’est la capacité de rêver et d’imaginer, le pouvoir d’inventer des personnages et de les rendre crédibles qui inquiètent les gens, ceux qui donnent des leçons de morale, gouvernent, lancent des anathèmes, condamnent à mort et promettent, en plus du paradis, une rançon (.) à celui qui accomplirait le devoir de liquidation du créateur de fictions.» Petit clin d’oeil à Salman Rushdie, mais aussi, ailleurs, à Umberto Eco.«Aucune religion ne supporte le rire.Normal.Le rire, c’est le doute, c’est la liberté et le début de la déflagration.» T, ~) U é 1T Ben jélloun SSSâlKfUS Seul.La passion féminine comme rédemption Comme l’un de ses personnages, l’écrivain Salim (le seul de la bande qui n’ait pas assisté à l’orgie), pour qui écrire c’est «sortir de ses rêverie inutiles, passer de l’imagination aux faits, ou plus exactement, aller à la rencontre des faits pour les inclure dans son imagination», Ben Jelloun a besoin de mesurer son récit à l’aune de la réalité.D’où le recours au roman qui, par tradition, s’occupe du «réel» pour en dévoiler les failles, les hypocrisies, les injustices et les lâchetés, là où le conte joue davantage d’un imaginaire crypté, hors temps.Résultat de cette concaténation, ou plutôt de ce jeu de vases communiquants?Les personnages à qui il donne vie ont à la fois un état civil (réduit, il est vrai; à son strict minimum) et une .réalité imaginaire, un statut d’être essentiellement fictif.À ce titre, ils sont avant tout des êtres nés de l’imagination de Zina et de tout ce qui peut traîner dans les réserves imaginaires qui parcourent l’inconscient collectif de ce pays.Zina le sait, qui les traitent comme tels .«Tu n’est pas un personnage.Et si je t’ai convoqué, c’est pour te retirer définitivement du circuit.» Car il ne faut pas que la crapulerie atteigne ses histoires qui, alors, se détraqueraient, ne seraient plus racontables.Si Ben Jelloun fait parfois des allusions assez directes au pouvoir politique et religieux, à la corruption qui règne dans le pays, il préfère cependant, comme Salim l’écrivain, être confronté à la seule difficulté qui guette celui-là qui s’enfonce dans les ténèbres de sa propre nuit celle de savoir ce qu’il a retenu et appris de ses passions, si même il a eu le courage de les vivre.Zina est cette face obscure de la vie, son intransigeance aussi, qui peut être mortelle.«Entre mourir sous la torture pour ses idées et se laisser ravager par la passion du corps féminin, j’ai vite choisi», conclut Salim qui est revenu de tout surtout de ses engagements politiques qui n’ont jamais rien pu changer dans ce pays.Reste donc la femme, car ce qui arrive de plus intéressant aux hommes «ordinaires», ni bons ni mauvais, qui peuplent ce récit, c’est par les femmes que cela arrive.On reconnaît bien là Ben Jelloun qui semble vouer un culte indéfectible à la femme.Mais un culte, heureusement, que l’écriture vient tempérer en y mettant de la distance, de l’abîme.«C’est extraordinaire la puissance des mots - se dit Salim.Je me demande d’ailleurs si je n ’écris pas pour rencontrer des femmes puis les quitter, et continuer ainsi indéfiniment (.) Moi, j’écris pour réussir mes ruptures amoureuses!» Hymne à la femme, ce roman insiste cependant sur la révolution intérieure, la seule que Salim juge acceptable, la seule qui ait le pouvoir d’éradiquer le mal en soi.Reste que la femme, ici, est la voie obligée du salut, de cette connaissance de soi qui n’est pas sans évoquer la mystique pratiquée depuis longtemps par les poètes arabes.LIVRES ET MÉDIAS Télé.Sous la couverture, présentée demain, à 16h, à Radio-Canada, s’attardera aux ouvrages suivants: Librement dit, Carnets parisiens, de Claude Beausoleil: Le Roi des ordures, de Jean Vautrin, Vers où dois-je aller, de Mia Farrow; Quarante-quatre minutes quarante-quatre secondes, de Michel Tçemblay; Jean Fugère commentera Education féline, de Bertrand Visage, et Qui a tué l’idiot, une bande dessinée signée Duinontheuil.A Plaisir de lire, présenté demain, à 19h, à Télé-Québec, Danièle Bombardier s’entretient avec Michel Tremblay, qui vient de publier Quarante-quatre minutes quarante-quatre secondes, sur l’échec et l’homosexualité.Ensuite, Sophie Lorain parle de ses lectures favorites.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Michel Tremblay Radio.Aux P’tits bonheur d’occasion, diffusé à midi trente aujourd’hui sur les ondes de CIBL, Robert Char-trand reçoit Philippe Poloni, pour son livre Olivo Oliva.À Dimanche Magazine, présenté demain de 9h à midi, à la radio AM de Radio-Canada, Léo Kalinda s’entretiendra avec Ahmedou Ould Abdallah, pour le livre Ira Diplomatie pyromane, qui traite de l’impuissance onusieime.L’entretien sera présenté vers 10h35.L’émission Le Temps perdu, diffusée demain à 15h à la radio FM de Radio-Canada, sera consacrée aux littératures de l’Afrique noire.Guy Ossito Midiohouan, professeur à la faculté des lettres, arts et sciences humaines de l’Université nationale du Bénin, sera le guide du parcours du paysage littéraire d’Afrique noire.PQ-DE-SAC Un livre sur les relations qu’entretient le Parti québécois avec les communautés ethniques et culturelles, qui dérange autant la vieille garde du PQ que les fédéralistes.12,95 $ J Les ~de~sac 11(.'uinvWL PHILIP Pt COLON I- OLIVO OLIVA IjWÇtOT (tîïïTua Micbel'Ç«rtiery.ï.le nouveau me des intostructui ÎCtr.r fîyUA, AvjjOvUD ticrmtnl LONERGAN I ’INSIGHT Étude fie, la comprchemion humaine' Ill.LIAKMIN La famille plouffe LA PETITE VIE TRESORS D'AMÉRIQUE FRANÇAISE liSMElUtURS IXWTHS lANrASTKjVES (JUÉllfcOIS nu xiv situ E ÇB MEILLEURES Nouvrim (jOtllfcC OISES' nOxixsitciE.MARCEITRUDE! HISTOIRE ui NOUVELLE-FRANCE IV L \ SÜO sa-RII />/; L\ » VMMtïSlP.t)i:\ INI ILS •X.ÜMNIMJS LA SEIGNEURIE DE LA COMPAGNIE DES INDES OCCIDENTALES 1663-1674 Histoire de la Nouvelle-France IV Marcel Trudel Dans le prolongement des trois premiers volumes d’une collection qui s'inscrit désormais au rang des classiques, Marcel Trudel présente dans ce nouveau tome l'essentiel d'une époque d'effervescence du début de la colonie.FlDES.910 PAGES Circuits d’art et d’architecture accompagnés par des spécialiste ¦» 27- 31 mars: Washington et sa région: au-delà des évidences 11-14avril:New York (exportions Tiepolo), Brooklyn, Hyde Park el (Hens Falls 3-16 mai: Destination Louisiane: Monlicello, Hilt more, Natchez, etc.17-19 mai: Invitation chez les Rockefeller 31 mai-13 juin: De Prague à Vienne: la Bohême et la /Moravie 19-22 juin: Invitation chez les duPonl de Nemours Informations et itinéraires détaillés sur demande: VOYAGES LA PROMENADE TEL.: (5 H) 97*1-26.33 ou 1-800-265-0218 cii\gî\ ADRIENNE LUCE LALIE DOUGLAS GALERIE 1 GALERIE 2 Vernissage le samedi 22 février 1997 de 15h à 18h JUSQU'AU 29 MARS 1997 372, rue Sainte-Catherine ouest # 444 Tél.: 393-8248 du mercredi au samedi de 12h00 à 17h30 La ville pour les fous et les sages Des œuvres de la collection Firestone pour mieux comprendre révolution de la peinture d'ici MACADAM/STREETWISE Du 6 février au 15 juin 1997 Galerie d’art d’Ottawa SOPHIE GIRONNAY Comment les peintres canadiens ont-ils représenté la ville?Et qu’est-ce que ce thème ajoute à leur art et à leur technique?La question peut sembler banale, voire anecdotique.Elle est au contraire essentielle dès qu’on veut comprendre l’évolution de la peinture dans les premiers trois quarts de ce siècle au Québec et au Canada.En même temps qu’au Musée du Québec, deux expositions majeures s’interrogent sur les liens entre modernité et paysage (rural pour Le Groupe des Sept, plus urbain clans Le Paysage au Québec 1910-1930), et une troisième, Macadam, ouvrait le 6 février à la Galerie d’art d’Ottawa, ajoutant au dossier sa modeste part, en deux salles et 23 tableaux.A l’origine, l’exposition prétend surtout mettre en lumière un aspect inhabituel de la collection de 1500 pièces d’un couple de collectionneurs d’Ottawa, les Firestone, célèbres pour avoir encouragé beaucoup le Groupe des Sept.Dans Macadam, on découvre par exemple qu’avant de se passionner pour le bouclier précambrien et ses obligatoires pins solitaires, A.Y.Jackson visita l’Europe et en rapporta de romantiques pochades de Bruges ou d’Etapes.Charmantes cartes postales de voyage, aussi, que sont les études à l’huile de Cullen et d’Edwin Holgate à Venise, du même Holgate à Paris, de Clarence Gagnon à San Geminiano.Mais nous sommes encore au début du siècle.Le changement brutal vient avec Lawren Harris, dans un dessin de 1921: escalier de secours et poubelles d’une ruelle, torontoise, dans sa crudité réaliste.A partir de là, c’est la danse folle des modernes, recherches formelles et flots colorés, voire collages désordonnés de bouts de ferraille sur fond d’huile grise par Para-skeva Clark! Un capharnaüm tempéré par la présence apaisante de Philip Surrey avec ses portraits d’atmosphère, ses passants flous dans des halos de phares, ses vues brouillées de bruine, de neige et de nuit.Qu’il date de 1950 ou de 1970, le climat Surrey, fait de mélancolie mouillée, assourdie, reste intemporel.Une source de formes En 1935, Fritz Brandtner se sert des arêtes des édifices pour aller plus loin dans ses recherches cubistes, traits noirs sur fond géométrique.En 1966, c’est au tour de Ronald Wilson de pousser les taches blanches en pâte crémeuse d’une cité grecque jusqu’aux limites de l’abstraction.Entre les deux, dans cinq tableaux qui s’échelonnent de 1935 à 1965, Henri Masson se tâte, hésite.Sa vue de Montréal en plongée innove par le [joint de vue mais reste fidèlement représentative, quand sa version de Gaspé, quatre ans plus tôt, flirtait sans TH K OTTAWA ART GALLERY St.Antoine Street, 1950, de Philip Surrey honte avec l’abstrait, éclatante de couleurs crues, sous un ciel vert pomme, strié d’orange.Plus surprenante est la vision psychosociale, lourde de symbolisme politique, qu’offre la peintre montréalaise Ghitta Caiserman dans Façade (1949), misère à strip-tease d’un côté, fronton dans le vide de l’autre, preuve que la ville n’est pas qu’un prétexte pour fournir de nouvelles façons de tartiner de la couleur sur la toile «en un certain ordre assemblée», mais aussi l’occasion, pour les peintres d’ici, de creuser d’autres questionnements.Voilà une exposition qu’aimerait bien l’historienne de l’art et profes-seure à l’Université du Québec à Montréal Esther Trépanier, qui est aussi la conservatrice de la présente expo du Musée du Québec, Le Paysage au Québec 1910-1930.Elle a consacré de longues recherches au thème du paysage urbain dans la peinture québécoise.Pour elle, il ne frit pas de doute que lorsque les peintres québécois comme Adrien Hébert (ou Brandtner) arrivent en ville, ils entrent aussi en modernité.Cette petite expo d’Ottawa, préparée cette fois par Anne MacKay, semble lui donner raison.La ville comme sujet a été une source d’innovation pour les peintres du Québec mais aussi, quelques fois, pour le reste du Canada.Dans le même musée, au même moment, se tient une exposition emballante (on y reviendra) sur les architectes canadiens de moins de 40 ans et leurs processus créatifs, intitulée Pentimenti («repentirs» en italien).Entre les délirantes et débordantes installations présentées par ceux qui seront appelés à construire la ville et, à l’autre bout du corridor, les vues tranquilles de Macadam, où s'alignent les folleries pépères des maîtres «anciens», le contraste, il faut le dire, est vraiment comique.Ceux qui furent les «fous» sont devenus bien sages, par comparaison.Notre ville dépasse-ra-t-elle la fiction de ses représentations?On peut s’y attendre.’fi&sÈL, L I Winter Traffic, 1962, de Philip Surrey.THE OTTAWA ART GALLERY 1 1 «Joseph, Guy, Monique, Michel, Céline, Lou-Qian, Alice, Thomas et Monique» THOMAS CORRIVEAU • «Noeuds Secrets» MARCEL SAINT-PIERRE GALERIE VERTICALE ART CONTEMPORAIN Les expositions se poursuivent jusqu'au 16 mars 1997 • 1671 boulevard Industriel.Laval • Mercredi au dimanche 912h00 à 18h00 9 Entrée libre 9 975*1188 • Rencontre des artistes dimanche le 23 février à 14h • la galerie remercie Ville de Laval e) le Conseil des arts et des lettres du Québec pour leur appui financier • La galerie est membre du Regroupement des centres d'artistes autogérés du Québec la galerie d'art Stewart Hall Centre culturel de Pointe-Claire 176, Bord du Lac, Pointe-Claire, 630-1254 Du 22 février au 27 mars 1997 Peintures sur fibres : Ulla-Malja Vikman Finlande Pamela Williams: la mort divine Un essai photographique de sculptures j dans les cimetières de Paris, Milan, Rome Pamela Williams donnera une conférence au vernissage de son exposition le dimanche 23 février à 14 h 30 Entrée libre • Accessible oui fauteuils roulant! Hoaaiae de la Galerie: du lundi au vendredi, de H hi 11 h, lundi et mercredi soin de 19 h à 11 h, samedi et dimanche de 11 h à 11 h IfHHHII 1STS RIGHTS MUSÉE D’ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL ___ O * Métro Place-des-Arts - Téléphone : (514) 847-6212 LE DEVOIR Q^rouébec jusqu'au Tl avril 1997 La peinture triomphante de Willem de Kooning Dix années de peinture qui suffiraient ailleurs à bâtir une carrière entière WILLEM DE KOONING Les dernières œuvres (1980-1987) Museum of Modem Art, New York Jusqu’au 29 avril MAURICE TOURIGNY CORRESPONDANT DU DEVOIR A NEW YORK Que ceux qui proclament la mort de l’abstraction et de la peinture, .qui ne voient d’avenir aux arts visuels ' que dans la photo et l’art conceptuel, qui se délectent de l’appropriation désolante qui sévit depuis quelques décennies, que ceux-là se préparent à avaler leur pilule! Dans les salles du deuxième étage du Musée d’art moderne, l'audace, le goût du risque, la maîtrise, la clarté du regard triomphent par l’entremise de.l’huile et : du pinceau.Celui qu’une certaine critique, obnubilée par les commentaires de Clement Greenberg, avait déclaré lavé depuis la fin des années 50 apparaît encore une fois aujourd’hui en véritable génie de l’art de notre époque.Avec 40 huiles de grand format (223 cm sur 195 cm) datées de 1981 à 1987, Willem de Kooning balaie la petite crasse du marché de l’art et des musées et apporte en masse aux spectateurs ce qu’ils sont habitués à recevoir au compte-gouttes.Jusqu’au 29 avril, le Musée d’art moderne de New York (MOMA) ex-• pose ces tableaux qui marquent la fin 1 de la production de de Kooning.L’exposition organisée par le Musée d’art moderne de San Francisco en collaboration avec le Walker Art Center de Minneapolis a déjà voyagé à Bonn et à Rotterdam; le séjour à New York est le dernier de son trajet.Un expressionniste abstrait Héros de l’École de New York, voix ; puissante de l’expressionnisme abs-¦ trait, Willem de Kooning entreprend en 1980, à plus de 76 ans, le dernier bout de chemin de sa création.En 1990, il délaisse pour de bon son atelier, la maladie le privant de ses capacités créatrices.De cette décennie, l’artiste garde 341 huiles, presque toutes de format .égal; sa productivité est : phénoménale.Il abandon-' ne presque complètement le travail sur papier, il met de côté la sculpture pour se donner de façon totale à la peinture.C’est cet art sublime que nous offre le MOMA Le dernier élan créateur de De Kooning s’inscrit dans une démarche de réduction radicale; non pas appauvrissement ou dilution mais bien réduction.La palette tellement variée des années 70 est ramenée aux couleurs primaires; l’épaisseur et les textures complexes de l’huile sur la toile sont transformées en fluidité et transparence par le couteau qui enlève la peinture posée sur le support; .le geste omniprésent, presque brutal, laisse place à une touche plus linéaire, plus sobre, dirait-on.Sous le signe de la réduction, fruits d’une nouvelle volonté, d’une inspiration «allégeante», les œuvres des années 80 ne sont pas pour autant interchangeables; elles ne sont pas le résultat d’une «solution» intellectuelle qui nivelle la réalisation esthétique.• Même durant cette dernière période, l’art de De Kooning continue d’évo-.luer au fil des ans, de se simplifier, de chercher et bien souvent d’atteindre le strict essentiel.Le dernier élan créateur de De Kooning s’inscrit dans une démarche de réduction radicale De toute évidence, les dernières toiles montrent un créateur qui regarde la vie, qui découvre et confronte sa propre mortalité, qui parvient à l’abandon des très grands artistes, tout en gardant les deux modèles qui ont guidé l’entier de sa production, la nature et le corps humain.Malheureusement, le commentaire critique résiste à l’évidence et occulte la force de l’œuvre avec un débat qui tient à la fois du potinage, de la petite histoire et de la déroute que provoque un travail si puissant, si direct.A la fin de 1987, les facultés mentales de De Kooning semblent sombrer; difficultés de concentration, perte de mémoire, désorientation et plusieurs autres symptômes indiquent que la maladie d’Alzheimer gagne du terrain.En février 1989 Elaine de Kooning, son épouse retrouvée en 1978 après une rupture de plus de 20 ans, meurt, et dix jours plus tard, Lisa de Kooning, fille du peintre d’un mariage subséquent, entreprend les démarches pour être nommée curatrice de son père et des biens de celui-ci.En 1987, la mort de Xavier Fourcade, directeur de la galerie du même nom, avait laissé de Kooning sans représentant officiel.Lisa acquiert donc tous les pouvoirs en matière d’exposition et de vente des œuvres.La réaction de la critique À cette trame digne d’un roman-fleuve s’ajoute la vilaine réaction de la critique aux premiers dévoilements des œuvres des années 80.L’abstraction est alors en défaveur dans le monde de l’art et, pris par surprise, les commentateurs se rabattent sur des clichés publiés précédemment pour remplir l’espace de leurs journaux et magazines.Encore aujourd’hui, à New York, des critiques «sérieux» ressassent ad nauseam ces faits et palabrent avec autorité sur les signes avant-coureurs de la maladie dans les tableaux de De Kooning.Le Musée d’art moderne installe les 40 toiles de façon irréprochable dans ses spacieuses salles; au détour d’une salle s’ouvre soudain une perspective essoufflante sur six, sept ou huit tableaux que le regard peut embrasser d’un coup.L’effet lient de la magie et de la poésie.L’art de De Kooning compose un lien de liberté, d’abandon et de générosité.Des premières peintures aux couleurs encore vibrantes et aux gestes encore emportés on s’avance lentement vers la paix de Untitled XXIII (1982) aux courbes glissantes, à la palette restreinte au bleu, au rouge et au blanc.Puis, avec Untitled XV (1983), on arrive en zone fugitive dans un mouvement lyrique de rubans fantomatiques.Parfois, comme dans Untitled XX (1985), la déclaration forte en vermillon de quelques quasi-droites dans un bain de courbes ouvertes; puis, sur fond blanc, le tracé discret mais chavirant de quelques lignes noires et bleues dans un dépouillement extrême, évoquant la pureté des derniers Matisse.Et toujours les formes naturelles en jaune printanier, en bleu d’été, en rouge d’automne et les hanches, les cous, les cuisses qui semblent nous appeler et nous convier au banquet idyllique de l’artiste.Il y a dans les dix dernières années de peinture de De Kooning assez d’originalité, d’émotion, de force pour une carrière entière.En 40 toiles, de Kooning fait pâlir le travail de tâcheron des prétendues stars qu’il coudoie dans les salles voisines.Gary Garrels, conservateur de cette exposition, écrit en conclusion de son essai dans le catalogue: «En fin de compte, l’art de De Kooning s’érige en réfutation de la fermeture et en affirmation du renouvellement et de la découverte.» Il n’appartient plus qu’au spectateur de s’ouvrir et de s’abandonner à l’émotion secouante, à la sensualité et à l’érotisme de l’art d’un créateur courageux, entièrement investi dans la célébration de la vie.WILLEM ni: KOONING REVOCABLE TRUST/ARTISTS RIGHTS SOCIETY Les dernières toiles montrent un créateur qui regarde la vie, qui découvre et confronte sa propre mortalité, qui parvient à l’abandon des très grands artistes, tout en gardant les deux modèles qui ont guidé l’entier de sa production, la nature et le corps humain WILLEM DE KOONING Untilled V, 1982. 1) K) I, K I) K V 0 I It .I.K S S A M K I) I 2 2 K T I) I M A N (' Il E 2 A P E V It I E It I !) !» 7 SOPHIE GIRONNAY Il y avait, partout, des échafaudages, du plâtre frais, des étincelles de chalumeau.Le grand chantier des derniers kilomètres.Et moi au milieu, casque sur la tête, écoutant d’une oreille les explications de ce verbomo-teur de Gilles Saucier, je découvrais qu’il est possible d’être émue aux larmes par un espace architectural.Préparez vos mouchoirs.C’est si rare, au Québec, de voir à ce point-là tous les éléments épars d’un même projet prendre en pain et lever ensemble, comme une pâte.Être devant le four à ce moment-là, c’est comme assister à un miracle.On a dit et redit, et on l’entendra beaucoup cette semaine, que la Cinémathèque québécoise est unique au monde par la multiplicité des usages (collections, diffusion, exposition, éducation) qui s’y rencontrent sous un même toit.La bâtisse qui la loge, et qui en traduit et transcende les ambitions sous forme construite, est largement à la hauteur.Si le gâteau remplit les promesses qu’il m’a faites âvant son glaçage, je nous prédis une réussite comme on n’en avait pas vue, dans un autre registre, depuis le Centre canadien d’architecture.En tout cas, c’est «le choix de Sophie».Car quel que soit l’angle par lequel on l’approche, que l’on s’intéresse à l’urbanisme, au patrimoine, à la décoration intérieure, à la démarche artistique de Saucier+Perrotte, ou à l’univers de métaphores qu’évoque pour tous le cinéma et à la manière de le construire en dur, on aboutit, en bout de travelling, encore et toujours a un plan d’enfer.Plan 1: l'insertion du neuf dans l'ancien C’était déjà une riche idée que de prolonger la façade moderne, toute de verre et de géométrie, par un drôle de bras-passerelle suspendu, qui vient se clipper sur le vieil édifice, d’un geste affectueux.C’est un commentaire brillant et comique, sur l’insertion du neuf dans l’ancien.A l’intérieur, le passage du foyer d’antan au hall neuf s’opère, lui aussi, avec grande finesse, laissant à nu les anciennes structures.Plan 2: création d'un lieu dans la ville Quand on grimpe sur ladite passerelle, on découvre des perspectives sur 1TJQAM d’en face, la salle Pierre-Mercure, le pavillon de design, les rues Berri, de Maisonneuve, et on a l’impression de sentir glisser les plaques tectoniques du quartier.Avec l’ONF à côté, un complexe de 17 salles prévu rue Saint-Denis, l’université, les écoles de l’image logées dans l’édifice même, il se prépare un avenir recentré autour de la culture de l’image.Et c’est comme si tout ce coin de la ville en renaissance trouvait son axe ici, dans cette aire d’accueil de la Cinémathèque, volontairement pensée comme une place urbaine intérieure.Ses proportions respirent, ses textures inspirent.Elle fonctionne déjà comme un cœur vivant Au fond, on aperçoit la petite cour carrée où donnera le café, qui fait comme un cloître de verre au creux du volume.Tapissée de pierres calcaires (ou parfois d’acier) dans sa partie haute, cette placette ultra-citadine, où une fontaine chuchotera, annonce des soirs d’été à la Fellini, Roma.Plan 3: la métaphore en construction La conception de l’édifice neuf joue sur la métaphore de la boîte à images.A partir de l’intérieur, des images seront projetées sur la façade.Celle-ci est en recul par rapport au trottojr et on entre en passant un pont.A l’intérieur, règne le monde de l’imaginaire et du cinéma tel qu’on le rêve, et tout se décline en noir et blanc.(En fait les architectes, qui ont toujours été de suprêmes coloristes, utilisent une vaste palette de tons et de textures, allant du gris au bleuté, dont deux aciers différents.) Le monde du réel, en revanche, celui de la couleur, s’infiltre çà et là.Par Il % wm ¦V* » >9; SlftoJi r*r?rr?îd * - y v ¦MîM ~l!M! •> -v-‘- .* -¦ LE DEVOIR Pour la nouvelle Cinémathèque, Césars, Love, etc.Scénario Entre les locaux originels de la Cinémathèque québécoise, au 335, boulevard de Maisonneuve Est, et une autre bâtisse de même style ancien, l’école Saint-Jacques, au coin de Sanguinet, qui a été annexée au projet à la dernière minute, existait un terrain vacant où la partie neuve s’est construite.Celle-ci contient les espaces publics: un hall d’accueil avec agora suspendue de 50 places et écran de télé géant: deux salles d’exposition de 300 m2 chacune, une salle de projection vidéo de 100 places, un café qui donne sur une cour.Au sous-sol, se trouve la médiathèque, lieu de conservation et de consultation (lecture, écoute, visionne-ment).L’ancienne bâtisse, rénovée, continue d’abriter les bureaux administratifs, l’ancien foyer avec boutique et la salle de projection Clau-de-Jutra.Le dernier étage est loué, comme toute la bâtisse de l’école Saint-Jacques, à des partenaires œuvrant dans des do- Osca r s, v La Cinémathèque nouvelle telle que refaite et agrandie par les architectes Saucier+Perrotte ouvre ses portes dans quelques jours.Le tout-Montréal s’était pâmé sur leur travail à l’Usine C.Qu’est-ce que ça va être cette fois-ci! PHOTOS JACQUES GRENIER LE DEVOIR exemple par des petits trous pratiqués dans le mur, tout noir, derrière lequel se cache l’escalier qui monte à l’agora.Des faisceaux de lumière projettent de la couleur à travers l’escalier et le mur percé.Autre exemple, au plafond du foyer, peint en gris, des indentations rappelant celles des bobines de film servent de niches colorées à l’éclairage.Mais la paroi est bien poreuse entre réalité et fiction.Témoin, l’enveloppe plutôt transparente de l’édifice.Aussi la disposition des lieux prévoit-elle plu- sieurs zones frontalières où le visiteur joue lui-même le rôle d’infiltrateur.Tout habillé de couleurs réelles, mais la tête pleine de références en noir et blanc, il monte l’escalier dans les jets de lumière, puis marche sur la passerelle, entre la façade et les projecteurs, et brouille les images.Mais rassurez-vous, pas besoin de savoir tout ça pour apprécier la Cinémathèque.11 n’y a que les films de série B qui ont besoin de se justifier par des making-of Celui-ci tient debout tout seul.Plan 4: un aboutissement pour Saucier+Perrotte Les architectes contemporains parlent souvent du cinéma pour expliquer leur façon de faire.C’est un art qui les fascine, dont ils sont pratiquement jaloux.«Normal, nous aussi on essaie de créer une suite de cadrages, où on aurait le contrôle sur tous les éléments et la composition des images.On est comme des metteurs en scène», explique Gilles Saucier.A propos de la Cinémathèque, il revient sans cesse sur le mot «contrôle».Peut-être parce qu’il craint de laisser déborder le trop-plein de références et de métaphores qui imbibe et nourrit ce projet, à raison de 24 images par seconde au moins! Le mur extérieur de la salle Claude-Jutra, par exemple, il l’a voulu du blanc bleuté de l’ombre sur la neige, en souvenir des films de Ju-tra, comme Mon oncle Antoine.«Mais il y a un moment où il faut savoir s’arrêter.» Donc, le thème imposé était inspi- rant.À cette chance unique s’ajoute l’expérience passée de Saucier+Perrotte, en collaboration avec Scéno Plus, dans de nombreux lieux culturels (Rideau Vert, Théâtre d’Aujour-d’hui, Carbone 14).Puis le hasard a mis sa pierre.«Bizarre, mais ce qui m’a vraiment fait avancer, raconte Gilles Saucier, c’est ce petit projet de décoration provisoire du restaurant Sarah Bernhardt.» Avec des toiles écrues tendues vite fait et quelques objets qu’il a bricolés, l’architecte est devenu artiste.Cette installation lui a révélé de nouvelles possibilités dans l’art de maîtriser l’espace, plus absolument et plus simplement.Et tout cela se cristallise dans le projet qui nous occupe.Dans la démarche créatrice de Gilles Saucier et d’André Perrotte, dont on connaît depuis longtemps le travail sensible et raffiné, la Cinémathèque représente un véritable aboutissement.Assister à ça aussi, c’est touchant.De contentement, on en donnerait presque une petite tape sur le ventre de l’architecte! maines connexes, soit: ¦ la Phonothèque; ¦ UNIS, ou Institut d’enseignement supérieur en cinéma et télévision; ¦ le Centre NAD et CE-SAM, centre de recherche et développement dans le domaine des nouvelles technologies.Au total, 200 personnes y travailleront ou étudieront Générique La Cinémathèque est le client et maître d’ouvrage, les trois paliers de gouvernement ont injecté les 16 millions requis.Les architectes Saucier+Perrotte sont responsables de la conception et de la réalisation des espaces, depuis la construction jusqu’au choix des tissus de fauteuils.Les experts-conseils Scéno Plus sont responsables de la conception et de la réalisation des aspects techniques, depuis les projections en façade jusqu’aux salles.La collection, c'est.32 000 films, 25 000 émissions de télé, 25 000 affiches, 300 000 photos, 300 000 négatifs originaux, 1300 appareils anciens, 9000 scénarios et documents de production, sans parler des dossiers, revues, etc.IDS Institut de Design Montréal 1037.rue Rachel 3e étaae ! Montreal (Québec) Canada H2J 2J5 Téléphone: (514) 596-2436 I Télécopieur:(514)596-0881 Les inventeurs rencontrent les designers à la Soirée des Grands Prix de l'invention et du design L'Institut de Design Montréal, conjointement avec l'Orüre des ingénieurs du Québec et le réseau TVA, sont heureux d’annoncer La Soirée des Grands Prix de l’invention et du design, qui présentera les résultats des concours «Les Grands Prix québécois de l’invention» et «Les Prix de I Institut de Design Montréal».Rappelons que par le passé l’OIQ et l’IDM dévoilaient les résultats de leurs concours respectifs lors de deux soirées télévisées distinctes.Compte tenu du lien étroit qui réunit les inventeurs et les designers, les deux organismes ont décidé cette année de s'unir pour présenter, lors d’une même émission, les finalistes et gagnants de leurs concours.Rappelons que «Les Prix de l'Institut de Design Montréal» souligne l'excellence des réalisations des entreprises et des designers québécois.Le concours favorise un plus grand recours au design dans les différents processus de fabrication.Celui organisé par l'Ordre des ingénieurs du Québec, sensibilise l'industrie et le grand public au rôle majeur de l'innovation en mettant en relief les inventions les plus prometteuses sur le plan commercial.L'événement sera diffusé le mercredi 4 juin, sur les ondes du réseau TVA, de 20 à 22 heures.
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