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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1997-03-04, Collections de BAnQ.

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F 0 N I) É 19 10 m V (I I, .I.X X X y I 1 I - N " 4 () M O N T il K A I,, i.K M A R I) I 4 M A II S I !) !) 7 S S c + r l’s + t v y / T » is o x r o I $ PERSPECTIVES LeDGE toujours sur la sellette Le directeur général des élections (DGE) du Québec est sans cesse sur la sellette.Surtout depuis le référendum d’octobre 1995, il ne se passe guère de semaine sans qu’on le montre du doigt ou qu’on réclame même sa démission.Les anglophones en ont particulièrement gros sur le cœur.Un autre pénible épisode des deux solitudes.A l’évidence, c’est la courte victoire référendaire du NON qui a mis le feu aux poudres.Le rejet de milliers de bulletins de vote dans quelques circonscriptions de l’ouest de l’île de Montréal a soulevé à bon droit l’inquiétude et l’ire des fédéralistes.Prenant soudainement conscience du grave péril que leur option venait de courir, ils ont insisté pour que le DGE aille au fond des choses et sanctionne qui de droit.Pour plusieurs, non seulement y avait-il eu zèle excessif, mais complot pour priver des milliers de concitoyens de leur précieux NON.Cette présomption, d’abord en sourdine, a été renforcée par deux faits principaux.S’appuyant sur les dispositions impératives de la loi, le DGE Pierre-E Côté a décidé de porter plainte contre les organisateurs et les bailleurs de fonds de la gigantesque manifestation en faveur de l’unité canadienne («la marche de l'amour.»), trois jours avant le référendum, à Montréal.Pourquoi?Seuls les Québécois peuvent intervenir financièrement sur le plan référendaire, et encore, par le truchement de l’un ou l’autre des deux comités parapluie.Que des Canadiens des autres provinces ne puissent venir nous dire à quel point ils nous aiment, tout en faisant œuvre éminemment utile — sauver leur pays — voilà qui dépasse l’entendement.De Saint-Jean (Terre-Neuve) à Victoria, outrage et réprobation font rage.Pour qui se prennent-ils, ces Québécois?Ils peuvent bien adopter les lois qu’ils veulent — encore qu’elles soient sur ce point plus sévères et contraignantes que partout ailleurs — mais la véritable loi du pays, celle à laquelle il faut se soumettre, c’est celle du Canada, «from coast to coast».Ce qui a contribué à hérisser davantage les soupçons de partialité, c’est la double perception suivante.Les leaders anglophones et leurs alliés sont convaincus que le DGE est beaucoup plus pressé de punir ceux qui ont transgressé la loi du financement référendaire que les tenants du OUI qui ont rejeté aveuglément des milliers de votes pour le NON.Jetant de l’huile sur le feu, Me Côté a même dit que les dépenses illégales lui apparaissaient, en effet, plus graves, parce qu’elles étaient en violation systématique et organisée de la loi québécoise.Le gardien de la démocratie électorale aurait probablement pu garder pour lui — ou pour ses mémoires — cette réflexion sur une loi qui, en dépit de sa sévérité, fait consensus au Québec.Depuis la fin de 1995, toutefois, ses moindres faits et gestes sont passés au crible, critiqués, vilipendés.D’un côté, la résistance s’organise pour que la loi du seul pays réel prévale; de l’autre, on tente de démontrer que la sévérité de M.Côté envers les partisans du NON n’a d’égal que son laxisme envers les fautifs du OUI.À preuve, prétend le Parti égalité, la manière dont le DGE a traité les dépenses illégales du Parti de la démocratie socialiste.Ce parti en ayant appelé du refus du camp du OUI de l’abriter sous son parapluie, M.Côté a cru sage d’attendre la décision du Conseil du référendum.Elle est tombée un an plus tard, juste après le délai de prescription d’un an.Preuve évidente, n’est-ce pas, de la mauvaise foi flagrante du garant du bon fonctionnement du système électoral: s’il avait voulu sévir, il aurait intenté sa poursuite dès la fin de 1995, quitte à la laisser en suspens jusqu’à la décision du Conseil.Mais non, pour Paul Rose et ses amis, on ferme les yeux avec complaisance, gardant la matraque pour les fédéralistes qui aiment le Canada.Dans la presse anglophone, à commencer par The Gazette, l’affaire prend de l’ampleur et est alimentée, presque chaque semaine, par de nouveaux incidents, au passif du DGE et de sa «double norme».Le plus récent porte sur la confection en cours de la nouvelle liste électorale permanente.Les erreurs abondent dans les quartiers à prédominance anglophone et allophone et, à moins qu’elles ne soient corrigées sans délai, des dizaines de milliers de citoyens seront privés de leur droit de vote.De là à évoquer un vaste complot — une autre offensive anti-fédéraliste, quoi! — il n’y a qu’un pas.Un député libéral l’a franchi en qualifiant M.Côté de «bichon» ou de «chien de manchon» du PQ («a Parti québécois lap dog»).Si le NON l’a emporté de justesse, ce n’est pas la faute du DGE et le messager n’a pas à en assumer la responsabilité.Il n’a pas le choix par ailleurs: il doit mettre en œuvre la loi québécoise — pas celle d’Ottawa ou d’une autre province — de manière équitable, envers les deux camps.Ce qu’il fait en utilisant au mieux son jugement et son expérience.En sapant sa crédibilité, c’est la légitimité même de la loi référendaire que l’on sabote.Loin de se combler, le fossé des deux solitudes devient tranchée et, peut-être, barricade.Ni M.Côté ni le Québec ne méritent cet opprobre et cette indignité.Gilles Lesage ?M É T É 0 ••• 3ÉI- Montréal Nuageux avec neige débutant en matinée.Québec Neige Max:-3 Min: -8 Max: 0 Min: -6 Détails, page B 6 INDEX Agenda .B 6 Idées , A 7 Annonces .B 6 Le monde , A 5 Avis publics.B 5 Les sports B 5 .B 2 A3 Culture .B 8 Mots croisés.B 5 Économie .B 2 Politique A4 Éditorial .A 6 Télévision B 7 LES ACTUALITÉS Seulement 40 % des écoles ont accès à Internet, page A 2 MONTRÉAL Pour sortir la neurochirurgie du «Moyen-Âge», page A 3 ?ÉCONOMIE Une année mouvementée pour les syndiqués de Desjardins, page B 2 Québec met la dernière main à son projet de «carte de citoyen» MICHEL VEN NE DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Le gouvernement du Québec met la dernière main à un projet de «carte de citoyen» qui pourra servir à la fois de carte d’identité, puisqu’elle comporterait une photographie et la signature de son titulaire, et aura pour principale fonction de donner accès aux services gouvernementaux.Cette carte remplacerait le permis de conduire.Elle serait dotée d’un microprocesseur (puce informatique) per- mettant d’accéder à distance, par ordinateur, à des informations gouvernementales ou de procéder en toute sécurité à des transactions électroniques, demander un permis, etc.Le Secrétariat de l’autoroute de l’information, responsable de ce projet, voudrait que cette carte remplace également la carte d’assurance-maladie.En réunissant plusieurs fonctions sur la même carte, le gouvernement réduirait ses coûts.Une carte à microprocesseur vaut entre 8 et 10 $ l’unité.Le garant de la protection de la vie privée, la Commission d’accès à l’information, a toutefois déjà manifesté son désaccord par écrit le 20 décembre.Selon la commission, la carte soleil, qui sera remplacée elle aussi à compter de janvier 1998 par une carte à puce, ne doit servir qu’à des fins médicales.Le Secrétariat de l’autoroute de l’information va présenter les grandes lignes de ce projet lors des audiences pu- VOIR PAGE A 8: CARTE Clinton intervient EYAL WARSHAVSKY ASSOCIATED PRESS MISSIS LE PREMIER MINISTRE israélien, Benjamin Nétanyahou, était encadré par des agents de sécurité hier lors d’une visite à Jérusalem-Est sur les lieux où des habitations pour Arabes seront construites.À Washington, le chef de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat a obtenu hier le soutien public du président Bill Clinton contre le projet israélien de construction d’une nou velle colonie juive aussi à Jérusalem-Est.Nos informations en page A 5.Uélection de Bertrand annulée Le PLQ songe à la Cour suprême PIERRE O’NEILL LE DEVOIR \ A l’issue d’un long chassé-croisé judiciaire, l’élection du 12 septembre 1994 dans la circonscription de Bertrand a finalement été annulée.Mais l’affaire pourrait maintenant être portée à la connaissance de la Cour suprême.La Cour d’appel a confirmé hier le jugement de la Cour du Québec de février 1996, décrétant que le député élu, le libéral Robert Thérien, s’est rendu coupable de deux manœuvres électorales frauduleuses: il a voté dans la circonscription de Bertrand sans en avoir le droit et il a incité des villégiateurs à voter illégalement dans la circonscription.Les avocats du PLQ avaient fondé leur pourvoi en appel, notamment sur les motifs suivants: la légalité de la composition du tribunal de première instance, relevant plus précisément le fait que le juge Roland Robillard était à la retraite; la constitutionnalité des textes de lois sur lesquels reposait l’acte d’accusation.Le juge Jean-Louis Baudoin de la Cour d’appel rejette les allégations du Parti libéral et conclut que l’appelant (Robert Thérien) a contrevenu à la loi sans en avoir droit et que le motif de contestation d’élection est fondé.Une VOIR PAGE A 8: PLQ Robert Thérien Changement de cap pour un spécialiste des mers agitées David Levine quitte le réseau de la santé pour la délégation du Québec à New York Cuba accepte d’accueillir les preneurs d’otages du Tupac Amaru ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Après avoir fait sa marque comme capitaine dans les eaux agitées du système de santé, c’est aux cotes de crédit maladives et au pouls des médias américains qui dépeignent le Québec en noir qu’ira s’attaquer David Levine, nouvellement nommé à la délégation du Québec à New York.Voilà tout un changement de cap pour un gestionnaire de la santé qui a sillonné tout le réseau de la santé depuis 1975, faisant son chemin tant dans les CLSC, les régies que les hôpitaux.Jeune émule de Parizeau aux HEC, propulsé au développement économique dans le gouvernement Lévesque par Bernard Landry, avant de tenir la barre de l’hôpital dé Verdun, de l’Association des hôpitaux et, depuis quatre ans, de l’hôpital Notre-Dame, David Levine retourne aujourd’hui en quelque sorte à ses premières amours.Plusieurs y voient une lourde perte pour un réseau de la santé anémique qui a bien besoin de leaders convaincus et convaincants.«J’ai toujours eu l’impression de remplir un rôle qui avait une valeur sociale très importante et ce sera encore le cas.Aider à améliorer Vima- VOIR PAGE A 8: LEVINE JACQUES GRENIER LE DEVOIR David Levine: «Il faut trouver des moyens de changer l'image du Québec à l’étranger.» DENIS ROUSSEAU AGENCE FRANCE-PRESSE La Havane — Fidel Castro, à la demande du président péruvien Alberto Fujimori, a accepté hier d’accueillir les preneurs d’otages à la résidence du Japon à lima, mais les conditions posées laissent paraître une certaine réticence, estiment les observateurs à La Havane.Cuba est disposé à donner asile à la vingtaine de membres de ce commando du Mouvement révolutionnaire Tupac Amaru (MRTA, guévariste) si le Pérou et le Japon en font la demande, avec l’accord du MRTA et des pays garants dans les pourparlers (Canada et Saint-Siège), a indiqué le président péruvien.M.Fujimori, qui s’est entretenu environ deux heures avec Fidel Castro, est arrivé hier matin à l’improvis-te à La Havane en mettant à profit son voyage vers Lima, de retour de Saint-Domingue où il a fait dimanche une visite-surprise.Si les conversations à Cuba du président péruvien ont été plus fructueuses que celles de la veille avec son homologue dominicain Leonel Fernandez, l’idée de se mêler de la prise d’otages à l’ambassade du Japon à Lima ne semble pas avoir déchaîné l’enthousiasme de Fidel Castro.«Cuba ne sera pas médiateur» dans la crise, a ainsi averti M.Fujimori lors d’une conférence presse, tenue alternati- VOIR PAGE A 8: CUBA «L’attitude du commandant Castro était très compréhensive [.] et nous espérons que cela conduira à une issue pacifique» P O L I T I Q U Pierrette Venne: le référendum de la dernière chance ¦Lire notre reportage, page A 4 778313000658 À 2 L E I) E V 0 I R , I.E M A R I) I I M A R S I !) «) 7 US ACTUALITÉS S.O.S.Montfort prend de l’ampleur Daniel Johnson se joint aux opposants Chrétien et Bouchard MARIE-ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR Après Jean Chrétien et Lucien Bouchard, voilà que Daniel Johnson grossit les rangs de S.O.S.Montfort.De passage à Ottawa hier, le chef libéral a fait un saut à l’hôpital Montfort pour apposer sa signature à la pétition de protestation contre la fermeture du centre hospitalier.Les rangs ne cessent de grossir depuis la formation, il y a une semaine, du comité de survie S.O.S.Montfort, lequel exige du gouvernement Hands qu’il renverse la décision de fermer l’hôpital Montfort.L’on devrait connaître aujourd’hui l’ampleur de la résistance puisque la présidente du comité, Gisèle Lalonde, dévoilera ce matin le nombre de signatures recueillies grâce à la mise en circulation de pétitions.Elle précisera également les moyens de pression choisis par le groupe pour convaincre le premier ministre ontarien Mike Harris.A Queen’s Park, la fermeture du seul hôpital francopho-.ne offrant des services de deuxiè- A Queen’s Park, me ligne en Ontario a été au cœur d’un virulent débat hier.Pressé de préciser sa position, le ministre de la Santé Jim Wilson a expliqué qu’il fallait «se concentrer sur les services et non sur les immeubles.[.] Ce n’est pas un immeuble qui offre ses services mais les effectifs.Les gens qui travaillent au Montfort trouveront du travail dans les autres hôpitaux et les services en français seront toujours offerts [dans les autres centres hospitaliers d’Ottawa]».Le ministre responsable des Affaires francophones, Noble Ville-neuve, a préféré ne pas répondre aux questions des députés libéraux.Dimanche, un appui à saveur catholique a permis à quelque 1000 paroissiens francophones de la banlieue d’Orléans de se rallier à la cause.Le curé Jean-Pierre Fredette les a ainsi conviés à s’opposer fermement à la fermeture de leur hôpital.«Nous devons nous mobiliser, a-t-il lancé en pleine homélie, faire en sorte que nos droits soient respectés puisque cette décision est un affront, une injustice et un manque de respect envers les francophones de l’Ontario.» Après avoir d’abord choisi de ne pas se mêler au dossier, le premier ministre Jean Chrétien a ensuite exprimé sa déception face à la fermeture de Montfort «parce qu’il est un résidant d’Ottawa et un francophone».Vendredi dernier, il aurait d’ailleurs fait part de ses préoccupations à son homologue ontarien Mike Harris.Auparavant, le premier ministre Lucien Bouchard avait qualifié d’«erreur irréparable» la décision de la Commission de restructuration des services de santé.«Pour moi, il est inimaginable que [l’hôpital Montfort] soit fermé.» Queen’s Park, la fermeture du seul hôpital francophone d’importance a été au cœur d’un virulent débat hier Implantation de l’ordinateur Les écoles retardent Moins de la moitié des établissements scolaires ont acctuellement accès à Internet, indique un sondage L’implantation des ordinateurs à l’école semble t plus lente que prévu, et le ministère de l’Education a prolongé d’un mois le délai pour la présentation des projets par les commissions scolaires.PAUL CAUCHON LE DEVOIR Des données inédites recueillies auprès de la Société GRICS montrent en effet que moins de la moitié des écoles québécoises ont actuellement accès à Internet, et qu’à peine 20 % des écoles possèdent un lien multiple à Internet et à l’autoroute de l’information.La Société GRICS est un organisme sans but lucratif qui regroupe les commissions scolaires du Québec pour la coordination des technologies de l’infQrmation et des communications à l’école.A la demande du ministère de l’Éducation et du Secrétariat de l’autoroute de l’information la GRICS vient de terminer un sondage sur (’utilisation d’Internet à l’école.Les résultats du sondage font dire à Réjean Payette, de GRICS, qu’«il est impossible que toutes les écoles du Québec soient branchées sur Internet à la fin de 1997».Sur les 1886 écoles primaires du Québec 1466 ont répondu au sondage et de ce nombre 596 écoles, soit 40,7 %, possèdent actuellement un accès Internet.La GRICS a contacté les commissions scolaires qui n’avaient pas répondu au sondage, et elle a établi des projections lui permettant d’affirmer que d’ici juin 691 écoles au total, soit 36,6 % des écoles primaires, pourraient être «branchées».En ce qui concerne les écoles secondaires, 498 écoles «Il est impossible que toutes les écoles soient branchées sur Internet à la fin de 1997» sur 691 ont répondu et de ce nombre 252 se disent branchées, soit 50,6%.Les projections établies auprès des autres écoles indiquent qu’au total d’ici juin 46,8 % des écoles secondaires pourraient être branchées.Il est toutefois très intéressant d’établir la différence entre les écoles qui possèdent un seul accès à Internet (par exemple par l’entremise d’un seul ordinateur situé à la bibliothèque), et les écoles qui possèdent un branchement multiple, c’est-à-dire permettant à plusieurs élèves de naviguer en même temps à l’aide de plusieurs ordinateurs.Le sondage indique que parmi les écoles primaires actuellement branchées 374 possèdent un accès multiple, et parmi les écoles secondaires branchées 153 ont un accès réseau.On en arrive donc au résultat qu’environ 20 % des écoles québécoises au total possèdent un branchement multiple.Évidemment, ce portrait pourrait changer dans les prochains mois, et le ministère avait accordé jusqu’au 31 mars aux écoles pour présenter leur «plan-école».Chaque école doit en effet rédiger un plan qui spécifie ses besoins et la façon dont elle utilisera les technologies de l’information en classe.Mais le ministère vient de prolonger le délai jusqu’au premier mai.Ces plans-écoles doivent être consolidés par les commissions scolaires et présentés aux directions régionales du ministère, qui versera les allocations prévues entre le premier et le 30 juin.La ministre Marois a mis à la disposition des écoles en juin 1996 une somme de 229 millions pour cinq ans pour un grand programme d’introduction des technologies de l’information et de la communication à l’école, à la condition que les commissions scolaires investissent elles-mêmes 89 millions.Le ministère prévoit, pour la première année d’implantation du plan, verser 41,5 millions.On confirme d’ailleurs Université Laval Cinq finalistes dans la course au rectorat LE DEVOIR La liste des candidats au poste de recteur de l’Université Laval à Québec est maintenant réduite à cinq noms: le collège électoral responsable de l’élection du nouveau recteur s’est en effet réuni hier pour retenir cinq finalistes en prévision de l’élection, éliminant deux candidatures.L’élection devra donc maintenant se tenir entre ces cinq hommes: ¦ Jacques Desautels, professeur au Département des littératures de la Faculté des lettres, ancien vice-recteur à l’en- seignement et à la recherche; ¦ Serge Genest, professeur au Département d’anthropologie de la Faculté des sciences sociales; H Sébastien Larochelle-Côté, étudiant à temps plein au baccalauréat en économique à la Faculté des sciences sociales, et fondateur d’une entreprise en informatique; ¦ Michel Pigeon, professeur au Département de génie civil de la Faculté des sciences et de génie, et directeur du Centre de recherche interuniversitaire sur le béton; ¦ François Tavenas, vice-principal à l’Université McGill 16 Boys & Girls Learn English à Camp MaroMac Un camp anglais sportif et artistique au Lac Quenouille pour les 6 à 16 ans Un environnement familial où les directeurs et les moniteurs connaissent votre enfant Session de 3 1/2 ou 7 semaines.Instruction professionnelle.Stage aspirants-moniteurs | 30* SAISON •Camps MaroMac fait preuve d'un professionnalisme exemplaire dans le monde descampsdevacances* Rapport 1996ACQ http://www.iciweb.com/maromac 1-800-884-2267 485-1135 Ski nautique • Voile • Escalade • Baseball • Théâtre • Gymnase • Tennis • Basketball CENTRE D'EQUITATION SANS SOUCI INC.CAMP BILINGUE \ • Camp d'été d'équitation pour les 8-17 ans ^ • Fins de semaines d'équitation au printemps 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Dates : 23 juin au 15 août 1997 (I semaine) Pour les jeunes du 5' primaire à secondaire III Pour information : (514) 340-5856 'pf A AA Mfwk ASMOATIOM MK AMWPUOUtlK A Anglais langue seconde „ Programmes d’immersion - Été 1997 âCCUOTt W ^ Pour garçons et filles de 14 à 17 ans Programme pour jeunes Sessions de trois semaines 22 juin au 12 juillet 13 juillet au 2 août Beau campus au coeur de l’Estrie Programme établi depuis 18 ans Cours et activités en anglais Résidences modernes Sessions axées sur le développement de la communication orale Aussi disponible pour adultes Sessions de six jours 25 au 30 mai 29 juin au 4 juillet 6 au 11 juillet 13 au 18 juillet Champlain Regional College Lennoxville (Oc) J1M 2A1 Tél.: (819) 564-3684 Télécopieur: (819) 564-5171 b lMl_n_ Pour réservation publicitaire, contacter Micheline Ruelland.au 985-3322 Congeler et entreposer son sang Une entreprise offre de conserver le précieux liquide pendant dix ans, au coût de 100 $ par an LE DEVOIR ET PRESSE CANADIENNE Saint-Jean, T.N.— Moyennant 100 $ par année, les Canadiens pourront entreposer pour une période pouvant aller jusqu’à 10 ans leur propre sang, dans les congélateurs de la première banque de sang privée au Canada.La «Canadian Blood Bank Corp» ne croit pas qu’elle se substituera aux services de la Croix-Rouge et n’éprouve pas de culpabilité à miser sur les craintes, répandues dans la population, quant à la sûreté de l’approvisionnement.«Je n’ai pas causé cette peur, plaidait hier le président de la compagnie, Paul Stanbury.Il se passe toujours quelque chose de neuf au sujet de l’approvisionnement en sang.Les gens désirent un tel service de dons autologues, ils l’exigent.» La compagnie terre-neuvienne a obtenu son permis du ministère fédéral de la Santé, à la mi-février, et souhaite ouvrir sa première banque à Saint-Jean avant la fin du mois de mars.D’ici trois ans, «Canadian Blood Bank» compte ouvrir 18 succursales au pays, notamment à Montréal, Toronto et Vancouver d’ici le 31 août prochain.Le juge Horace Krever, qui vient de terminer les audiences de sa longue enquête sur le scandale du sang contaminé, dit favoriser la possibilité pour les citoyens de constituer leur propre réserve de dons autologues.Et la Croix-Rouge ?Au bureau de la Société canadienne de la Croix-Rouge à Montréal, on ne s’inquiète pas outre mesure de l’arrivée de ce nouveau joueur dans l’arène.«On est très ouverts à la compétition.Il y a de la place pour tout le monde.Les gens doivent savoir que nous avons déjà des banques de sang pour des dons autologues et que cela est gratuit», a expliqué hier André Ménard, directeur des communications à la Croix-Rouge pour la section Québec.À l’heure actuelle, la Croix-Rouge peut entreposer des échantillons de sang autologues gratuitement pendant 35 jours pour des personnes en ayant bçsoin en prévision d’une chirurgie.A la différence de l’agence privée qui vient d’ouvrir ses portes à Terre-Neuve, les échantillons de sang ne sont pas congelés.«Leur idée à eux, c’est de constituer une banque de sang parallèle et ce sont seulement les globules rouges qui seront congelés pendant dix ans», dit-il.Selon M.Ménard, la Croix-Rouge.demeurera la banque de sang universelle car dans les situations d’urgence, comme un accident de la route, les gens pourraient ne pas pouvoir recourir à leurs unités congelées, compte tenu du délai de dégel.Malgré toutes les critiques émises à l’égard de la Croix-Rouge depuis le début des travaux de la Commission Krever enquêtant sur le sang contaminé, le porte-parole de l’organisme affirme que le système canadien de distribution du sang est maintenant très sécuritaire.«La Croix-Rouge s’est adaptée, affirme-t-il.Nous avons maintenant le test P24 pour détecter le virus du sida.Il y a une chance sur 750 000 d’attraper le sida par une transfusion sanguine, alors que sans transfusion, les chances de décès peuvent être très importantes.La réserve collective de sang est plus sûre que jamais.» Le service vendu par la «Canadian Blood Bank» se distinguera des programmes actuels de la Croix-Rouge et de certains hôpitaux car il permettra au client de prévoir pour plus longtemps.M.Stanbury estime que sa société réussira là où, à la fin des années 1980, avait échoué une entreprise montréalaise du même genre, parce qu’à l’époque le public n’avait pas de raison de douter de la sûreté de l'approvisionnement «Canadian Blood Bank» prévoit que ses clients vont donner en tout deux litres de sang, sur une période de quatre à huit mois.Le sang sera conservé à -80 “Celsius, de sorte qu’il ne pourra pas servir pour des urgences car la compagnie compte deux heures pour décongeler les unités en réserve et les apporter à l’hôpital concerné.«En cas d’accident de la route, signale Paul Stanbury, notre sang ne serait pas disponible à temps.Nous ne sommes donc pas un concurrent de la Croix-Rouge et nous encourageons les gens à continuer de faire des dons à la Croix-Rouge.» Chez «Canadian Blood Bank», le tarif d’inscription a été fixé à 150 $, ce à quoi il faut ajouter 8 $ par mois pour l'entreposage.Il ARCHIVES LE DEVOIR Seulement la moitié des élèves ont l’occasion de naviguer sur le réseau Internet à l’école.au ministère avoir déjà versé 10 % de cette somme, soit 4,8 millions, aux premiers projets qui ont été présentés, et ce à la mi-février.Si la somme de 41,5 millions n’est pas entièrement dépensée dans le cadre du présent exercice budgétaire il n’est pas prévu de transférer le surplus aux autres années.«Mais le besoin est grand, et nous ne prévoyons pas de surplus» de dire Pierre-Yves Maurice, de la direction régionale du ministère à Montréal.depuis 1989, ancien doyen de la Faculté des sciences et de génie à Laval.Les deux candidatures rejetées sont celles de Gabriel Bédard, professeur au département de physique à l’Université Laval, et Claude Cauchon, professeur au Cégep de Sainte-Foy.Le 18 mars prochain le collège électoral rencontra les cinq finalistes.L’élection se tiendra le 2 avril.Il est donc à prévoir que pendant le mois de mars les candidats s’agiteront beaucoup à l’Université Laval afin de promouvoir leurs programmes respectifs.: ¦ L E I) E VOIR, I, e M a R I) I 'I M A II S I !) !) 7 A 3 -?LE DEVOIR « -= MONTREAL Après la bière, voici la «loto Angus» La SDA n’abandonne pas son projet de financer le rachat du terrain Angus À l’heure des fermetures d’usines et des compressions, à l’heure où les Zellers et autres Eaton connaissent des difficultés, un groupe de promoteurs communautaires rêve de relancer l’économie montréalaise sur le site des anciennes usines Angus en en appelant à la solidarité populaire.KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR La création d’emplois à Montréal passe par la bière, le vin, la loterie et la musique d’inspiration médiévale.Du moins, s’agit-il là des moyens retenus par la Société de développement Angus (SDA) pour financer la mise en chantier du parc de technologie environnementale sur le site des anciennes usines Angus.Après avoir invité les citoyens à lever le coude pour la relance économique dans l’est de Montréal en lançant il y a quelques mois la bière Angus, voici que les promoteurs communautaires du projet, la SDA proposent aux Montréalais de contribuer au démarrage du projet en grattant un «gratteux».La SDA a mis en circulation 50 000 billets à 5 $ de la «loto Angus» à tra- vers le réseau des caisses populaires Desjardins de Montréal et des succursales de la Banque Laurentienne.La SDA compte amasser ainsi 175 000 $ qui s’ajouteront aux 50 000 $ que la vente de bière et l’organisation d’un tournoi de golf ont permis de réaliser.En outre, le tirage au sort d’une cave à vin d’une valeur de 15 000 $ ainsi que la vente de billets pour la tenue d’un concert de musique d’inspiration médiévale interprétée par la compagnie musicale La Nef devraient, souhaite-t-on à la SDA remplir les coffres.Chose certaine, le temps presse puisque la SDA doit avoir en poche 500 000 $ pour acheter le 30 juin prochain, la première partie de l’immense terrain Angus dans le quartier Rosemont.Elle doit l’acquérir du Canadien Pacifique qui a prévu faire du dé- veloppement résidentiel sur la partie est du terrain.Le site Angus fut déserté par les travailleurs en 1992.Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, les ateliers Angus employaient 12 000 personnes.«Il faut que l’on passe le test d’implanter une entreprise et générer un premier bloc d’emplois», a soutenu hier le président du conseil d’administration de la SDA et président-directeur général de la Société de développement industriel du Québec (SDI), Louis Roquet.Ce dernier se montre fort optimiste de réussir à respecter l’échéance de l’été d’autant qu’une entreprise environnementale voudrait déjà s’installer dans le parc industriel.M.Roquet refuse pour l’instant de nommer l’entreprise en question.D’aucuns peuvent toutefois se questionner sur le réalisme de cette première ouverture d’entreprise à cause de l’absence d’infrastructures.Il n’y a ni rue, ni aqueduc ni égout.Mais, comme le note M.Roquet, l’ancien atelier de locomotives pourrait permettre d'accueillir plusieurs entreprises.«La partie ouest du «loco shop» serait dans notre plan de développement un atout important sous forme de condos industriels.De toute façon, le démarrage du projet Angus se fera par condos industriels.C’est la première étape», estime Louis Roquet.Mais voilà, le propriétaire des lieux, le Canadien Pacifique, a d’autres vues sur l’avenir de l’atelier de locomotives.Un plan pour fragmenter le bâtiment patrimonial en trois parties pourrait cacher l’intention de le démolir purement et simplement ou le vendre à un seul et même acheteur commercial.Peu importe ce que privilégie véritablement le Canadien Pacifique, des consultations publiques devront avoir lieu avant que des démolisseurs n’interviennent ou qu’un changement de zonage ne soit accordé par la Ville de Montréal.Aucune date n’est arrêtée pour ces audiences.Un appui de Ménard JACQUES GRENIER LE DEVOIR t/m 'mm MW/ HM 2mm mil Ig'**- mm "km m ËiiSt M ii§!f ' iü» vmm® É '_______________________________________________________________________________________________________ LES REPRESENTANTS du Grand Prix de Montréal, de Tennis-Canada, du Festival international de Jazz, de Juste pour Rire et d’autres organismes d’envergure préparent un dernier blitz ces jours-ci contre le projet de loi C-71 sur le contrôle du tabac.Leur initiative culminera aujourd’hui à midi tapant.En effet, restaurateurs et tenanciers de bars descendent dans les rues.Ils feront la grève pendant 15 minutes.Le ministre d’Etat à la métropole, Serge Ménard, est venu hier les appuyer dans leur démarche.Aux côtés du ministre se trouvait Pierre Bibeau, directeur général de la Société du Parc des Iles.Pour sortir la neurochirurgie du «Moyen Age» Les neurochirurgiens proposent de créer un réseau régional de soins MICHEL HÉBERT PRESSE CANADIENNE Pour sortir celte spécialité du «Moyen Age», le ministère de la Santé doit régionaliser les ressources en neurochirurgie au Québec.Selon l’Association des neurochirurgiens du Québec, des centres régionaux doivent être créés à Trois-Rivières, Chicoutimi, Hull, Rimouski, et en Montérégie afin d’assurer des soins comparables à ceux offerts à Montréal ou à Québec.Quatre centres académiques de neurochirurgie doivent aussi être créés en collaboration avec les universités de Montréal, McGill, I^aval, à Québec, et le centre hospitalier de l’Université de Sherbrooke pour que les spécialistes québécois puissent suivre la cadence imposée par les progrès rapides de la médecine moderne.L’association propose enfin de regrouper les spécialistes en neurochirurgie pédiatrique dans un centre localisé à Montréal.«Le grand objectif [de ce réseau] est de donner la même qualité de soins à tous les citoyens à quelque endroit qu’ils demeurent sur le territoire québécois», a déclaré en conférence de presse à Québec hier, le président de l’association, le neurochirurgien Jacques Boucher.Un tel réseau serait chapeauté par une instance supraré-gionale et permettrait de réduire les coûts annuels de la neurochirurgie de 89 à 74 millions.Proposé au ministère, il y a cinq ans.ce projet n’a jamais vu le jour.Actuellement, la neurochirurgie québécoise, pratiquée dans une quarantaine d'hôpitaux, évolue dans «un système éclaté qui est la risée sur la scène internationale», affirme le docteur Boucher.Réunis à Vancouver en mai dernier, des spécialistes canadiens et étrangers ont associé la neurochirurgie québécoise au «moyen-âge» tellement son retard technologique est grand et son fonctionnement confus.Toujours selon M.Boucher, des patients sont transférés d’un hôpital à l’autre, «en externe, de liste d’attente en liste d’attente».«C’est, dit-il, une situation catastrophique pour un accidenté qui va d’une salle d’urgence à une autre salle d’urgence au mépris de sa vie.» Plus de mille personnes sont actuellement en attente d’une opération.Certains attendent depuis plus de six mois.Les spécialistes aussi en ont assez.Certains démissionnent.D’autres font des «burn-out».D’autrçs encore, surtout des jeunes, s’exilent en Europe ou aux Etats-Unis.Si rien n’est fait, il ne restera que 26 neurochirurgiens au Québec dans trois ans.L’absence d’un plan de déploiement des ressources en région est une des principales sources de frustration pour ces spécialistes.Une situation qui incite la majorité d’entre eux (28 sur 41) à travailler dans la métropole.«Inquiets» devant l’inaction des technocrates de la santé, les neurochirurgiens demandent au ministre Jean Rochon d’intervenir.«Après cinq ans de lutte, nous avons perdu confiance dans l’estrade administrative», affirme M.Boucher.Le critique libéral, Pierre Marsan, juge que le réseau de la santé est en «crise».Et selon lui, la situation est également grave en chirurgie, en orthopédie et en radiologie.Il exige que le ministre Rochon sorte de sa «tour d'ivoire» pour constater dans quel piètre état est le système de santé québécois.Option Laval ne croit pas au prétendu sauvetage du Cosmodôme MARIE-ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR Le parti d’opposition Option Laval continue de ne croire qu’à la privatisation complète du désormais célèbre Cosmodôme et doute fort que l’établissement soit véritablement «sauvé» si la Ville de Laval en devient propriétaire.Le chef d’Option Laval, Jean Rizzu-to, réagissait hier aux informations publiées par le quotidien La Presse et selon lesquelles l’opération de sauvetage du Cosmodôme — dix millions de dollars manquent à l’appel — serait réalisée grâce à une participation financière conjointe quasi égale du secteur privé et des gouvernements provincial et fédéral.Le quotidien rapportait également que l’établissement abritant le Cosmodôme deviendrait propriété de la Ville de Laval, une «bonne nouvelle» qui n’en est pas une, estime Jean Rizzuto.«C’est un sauvetage technique, peut-être, mais ça demeurera toujours un fardeau fiscal pour les Laval-lois si la ville est propriétaire de l’immeuble», rétorquait hier le chef d’Option Laval, pour qui la seule et unique solution «logique» demeure la privatisation complète.M.Rizzuto accueille aussi avec une prudence extrême l’annonce d’une participation financière des gouvernements.«Les gouvernements vont peut-être s’engager à donner des sous mais à quel moment seront-ils prêts à le faire?Dans trois ans?D’ici là, les Lavallois auront-ils encore à assumer les intérêts de la dette?» Dans un contexte de compressions, où l’on «coupe dans les loisirs, où on refuse toute subvention aux organismes communautaires qui en ont vraiment besoin, où les Lavallois ne veulent plus entendre parler du Cosmodôme», le chef du parti d’opposition qualifie d’«illogisme» une situation où une administration municipale accepterait que la Ville de Laval devienne propriétaire d’un établissement comme le Cosmodôme, par lequel «les Lavallois ne sont pas du tout intéressés».Jean Rizzuto estime que le Cosmodôme traîne dans son sillage deux problèmes de taille dont les Lavallois ne doivent pas faire les frais: les intérêts reliés à la dette et les frais d de l’immeuble.Le maire Gilles Vaillan-court ne devrait ainsi envisager que la privatisation complète du musée de l’espace pour prendre la relève d’un système qui n’a pas connu de résultats très heureux jusqu’à maintenant.Selon La Presse, une conférence de presse aura lieu vendredi au cours de laquelle on devrait annoncer le sauvetage du Cosmodôme, mis sous la protection de la Loi sur la faillite et l'insolvabilité en juillet dernier et administré par Camp spatial Canada.L’établissement doit plus de 31 millions à 290 créanciers.business Mardi 11 mars (Le Centre Sheraton) M.Khalil E.Barsoum Président et chef de la direction IBM enRoutc CONFÉRENCIERS INVITÉS^ Byers Casg rain Pratt & Whitney Canada ,.ners-causenes -\996-1997 M.Philippe de Gaspé Beaubien Président du conseil Télémédia inc.et Réservations : Ghislaine Larose Téléphone: (514) 871-4001 Télécopieur t (514) 871-1255 ou (514) 871-5971 pillet : 47 $ membre 54 S non-membre Carnet de 10 billets : 425 S (membres seulement) TPS (7 %) et TVQ (6.5 %) en sus V .Conception graphique : Vasco design 0 Chambre de commerce du Montréal métropolitain Board ol Trade ot Metropolitan Montreal Mardi 18 mars (Hôtel Le Reine Elizabeth) Mme Nan-b de Gaspé Beaubien Présidente Institut de l'entreprise familiale Samson Belaii VY) - Deloittes Touche sVc:-i_vvamx û TELEGLOBE.* Appartenance au Canada Montréal-Ouest adopte sa résolution JEAN DION LE DEVOIR \ A moins d’un renversement de situation imprévu, le conseil municipal de Montréal-Ouest adoptera ce soir une résolution enjoignant au gouvernement du Canada d’accorder son appui aux citoyens de cette ville qui «désirent demeurer partie intégrante du Canada» advenant la souveraineté du Québec.La motion avait déjà été débattue à l’occasion d’une assemblée publique — passionnée comme dans d’autres municipalités de l’ouest de l’île — en décembre dernier, et les quatre conseillers de même que le maire John Simms s’étaient engagés à respecter la volonté de leurs commettants, qui appuient le geste à une écrasante majorité.Contrairement aux résolutions entérinées à Hampstead et Côte-Saint-Luc l’automne dernier, celle de Montréal-Ouest ne prévoit cependant pas la tenue d’un référendum municipal.Elle est en outre «issue de la base» et n’est aucunement liée aux activités du Comité québécois pour le Canada, actif dans plusieurs municipalités de la Communauté urbaine de Montréal, a précisé hier la porte-parole du Mouvement pour l’unité canadienne de Montréal-Ouest, Lynn Chauvin.On sait que le débat a fait rage dans plusieurs villes où des conseils municipaux ont refusé de céder à la près-, sion populaire en soutenant que la tenue d’un référendum était illégale.Ce fut notamment le cas à Dollard-des-Ormeaux.Ailleurs, comme à Bea-consfield, des élus ont sursis à toute décision, préférant tenter de mettre sur pied une coalition des villes réfractaires à la sécession.Enclavée entre Montréal, Saint-Pierre et Côte-Saint-Luc, Montréal-Ouest est l’une des plus petites villes de la CUM: moins de 5400 habitants, dont 83 % d’expression anglaise selon le dernier recensement.*1 NOUVEAUTÉ Al) PRIMAIRE THE SPINNING SERIES Level 2 Pamela Gunning Rachel Lalonde Student Book level 2,176 pages, 21,76 $ Teacher’s Guide, 644 pages, 123,95 $ Activity Book, 91 pages, 6,20 $ Solution Book (à paraître) Audio Cassettes (2), 93,95 $ Un matériel dynamique, actuel, à la fine pointe des derniers développements en apprentissage des langues secondes.Deux enseignantes expérimentées qui savent allier leurs connaissances des théories modernes à la gestion quotidienne d’une classe du primaire.Conforme aux orientations du nouveau programme du MÉQ en préparation: • quatorze unités indépendantes, avec activités de clôture variées (closure) • histoires, poèmes et légendes dramatisées sur cassette audio • chansons rythmées au goût des jeunes d’aujourd’hui • activités nombreuses d’interaction touchant aux qua- \ tre habiletés • un guide du maître, clair et > précis, facile d’utilisation LIDEC inc.4350, avenue de I’Hôtel-de-Ville Montréal (Québec) H2W 2H5 Téléphone: (514) 843-5991 Télécopieur: (514) 843-5252 Adresse internet : http://wv7w.Iidec.qc.ca du Grand Montréal 288-1261 L K I) E V 0 I R .I- E M A R I) I 4 M A R S I !) !) 7 i’iiuti it u e Stratégie nationale sur le sida Ottawa passera-t-il outre ses propres experts ?Un groupe de travail insiste sur l’importance d’un financement stable de la recherche Le débat autour du renouvellement de la Stratégie nationale sur le sida porte de plus en plus sur la nécessité d’assurer un financement stable à la recherche.Alors que le gouvernement fédéral hésite à se prononcer, 27 personnes, dont quatre fonctionnaires fédéraux, ont enjoint à Ottawa de s’y engager en novembre dernier.MANON CORNELLIER DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Le refus du gouvernement libéral de se prononcer sur l’avenir de la Stratégie nationale sur le sida va à l’encontre des recommandations de certains de ses propres fonctionnaires proches du dossier.Quatre d’entre eux ont signé, en novembre dernier, un rapport qui avertissait Ottawa des dangers de ne pas accorder un financement stable pour la recherche sur cette maladie.«La réduction massive des fonds destinés à la recherche, la dispersion et la fragmentation des collaborations et des coalitions établies au cours de la dernière décennie dans le domaine de la recherche et l’absence de leadership ne peuvent qu’entraîner l’étiolement de la recherche sur le VIH-sida au Canada», écrivait le Forum national de planification pour la recherche sur le VIH-sida dont ces fonctionnaires faisaient partie.«Si la recherche sur le VIH-sida au Canada s’appauvrit en raison d’un manque de leadership et de soutien, nos investissements et nos réalisations au cours de la dernière décen- nie auront été vains», poursuivait le groupe de travail mis sur pied en 1995 par le gouvernement fédéral lui-même.Vingt-sept chercheurs, sidéens, représentants gouvernementaux, communautaires et de l’industrie pharmaceutique y siégeaient.Ils devaient élaborer un cadre national de planification de la recherche.En novembre dernier, ils ont remis au ministre de la Sanfé David Dingwall un «Enoncé de principes sur les besoins essentiels de la recherche sur le VIH-sida au Canada».Ils en sont venus à la conclusion unanime que l’avenir de cette recherche passait par «un financement stable et assuré» et par «un leader- ship pour coordonner et intégrer les activités de recherche».Le dépôt de ce document, dont le Devoir a obtenu copie, arrive à un moment crucial pour les chercheurs et les groupes communautaires qui ignorent toujours le sort réservé à la Stratégie nationale sur le sida, un programme dont le but est justement d’assurer une meilleure coordination des efforts et un financement stable pour la recherche.Le ministre Dingwall a encore répété hier qu’il poursuivait ses consultations avec lés organismes concernés et qu’il espérait rencontrer les intervenants nationaux d’ici la fin du mois d’avril.La phase II de la stratégie doit prendre fin le 31 mars 1998 et on ne sait pas si Ottawa maintiendra son financement d’environ 40,7 millions de dollars par année.Ces fonds permettent de soutenir des initiatives communautaires, des projets de recherche, un réseau d’essais cliniques et un réseau d’information.Les chercheurs veulent connaître les intentions du gouvernement afin de mieux planifier leurs travaux qui prennent habituellement plusieurs années.Le fait d’ignorer ce qui surviendra après le 31 mars 1998 a déjà eu un impact.Les dernières demandes de fonds pour de nouvelles recherches, faites dans le cadre de la stratégie, datent de l’automne 1995.Depuis, les scientifiques se tournent vers les organismes subventionnaires fédéraux et vers d’autres fondations, ce qui nuit à la coordination des travaux.Le travail n’est pourtant pas terminé, note le Forum qui rappelle que «la pandémie de l’infection au VIH à l’échelle mondiale et l’épidémie qui sévit au Canada ne sont ni maîtrisées ni jugulées».En février dernier, Santé Canada révélait que la propagation allait en augmentant chez les jeunes des deux sexes et chez les usagers de drogues intrar veineuses.Contrairement à la réponse rapide offerte au Forum national sur la santé, le gouvernement libéral tarde à répondre à l’énoncé sur la recherche sur le sida.Il n’a fallu en effet qu’un mois au ministre des Finances Paul Martin pour donner suite au Forum national sur la santé en annonçant, dans son dernier budget, l’attribution de 300 millions de dollars sur trois ans pour des initiatives du groupe de travail.Il est par contre resté silencieux sur le financement à long terme de la Stratégie nationale sur le sida.Le ministre Dingwall a encore répété hier qu’il poursuivait ses consultations avec les organismes concernés Je Commandite La Santé T_fc.• •• 7 : V-U De Au Québec, chaque année : • 76 000 jeunes commencent à fumer, en moyenne à 14 ans • La moitié d’entre eux vont fumer toute leur vie • Un décès sur quatre est lié au tabac • Les maladies liées au tabac coûtent plus de 500 millions de dollars au système québécois de soins de santé Environ un million de Québécoises et de Québécois en vie aujourd’hui mourront d’une maladie liée au tabac.J’appuie la loi anti-tabac C’est Une Question De Santé i*i Santé Health Canada Canada Canada Pierrette Venne au Devoir Le référendum de la dernière chance «Le prochain sera celui que nous devrons gagner» JACQUES NADEAU LE DEVOIR .awn üim PPp I mm .Pierrette Venne ne serait pas indisposée par un report jusqu’en l’an 2000 du prochain rendez-vous référendaire, histoire d’atteindre d’abord l’objectif du déficit zéro.PIERRE O’NEILL LE DEVOIR Candidate à la direction du Bloc québécois, Pierrette Venne croit que dans l’hypothèse d’une autre défaite référendaire du OUI, il faudrait se résigner, mettre en veilleuse la souveraineté, l’oublier pour un long moment et consacrer tout l’effort collectif à la reconstruction de l’économie québécoise.«On ne peut pas faire des référendums jusqu’à épuisement.Ça ne serait pas démocratique, ça n’aurait pas de bon sens.Le prochain sera celui que nous devrons gagner», a-t-elle déclaré dans une entrevue au Devoir.La députée de Saint-Hubert ne voit pas non plus comment le Bloc québécois pourrait légitimement continuer à œuvrer sur la scène politique fédérale si le NON l’emportait de façon décisive.«On finit notre mandat et on rentre chez nous.Si nous ne gagnons pas, si nous ne pouvons faire la souveraineté cette fois-là, le mandat du Bloc à Ottawa devrait être terminé.» D’ailleurs, elle est convaincue qu’au lendemain d’un nouvel échec du camp du OUI, il deviendra impossible de maintenir l’unité du parti, considérant que le Bloc est un «arc-en-ciel» qui regroupe des éléments de gauche, du centre et de la droite, et que le jour où ils n’auront plus la souveraineté comme objectif commun, ce sera l’éclatement.Cela dit, c’est aux militants bloquistes qu’il reviendra de prendre la décision finale sur l’avenir du parti, fait-elle observer.Quoi qu’il en soit, Pierrette Venne n’est pas tellement favorable à la tenue d’un autre référendum dans un avenir rapproché.A l’instar du premier ministre, il lui paraît essentiel que le gouvernement atteigne d’abord son objectif de déficit zéro et que le Québec retrouve la voie du progrès économique.Que l’on reporte le rendez-vous aussi loin que l’an 2000, ça ne la dérangerait pas outre mesure.Entre-temps, si elle remporte cette campagne au leadership, le Bloc québécois modifiera sa façon de s’acquitter du rôle d’opposition officielle.Finie la perte de temps à défendre les intérêts du Canada anglais.«On doit défendre les intérêts du Québec et seulement les intérêts du Québec.» Elle ne voit pas non plus l’utilité de consacrer trop d’énergie à prêcher le partenariat au Canada anglais avant que les Québécois aient voté en faveur de la souveraineté et que les autres provinces se retrouvent devant le fait accompli.«C’est l’accueil qu’on n’a pas.On a l’air de prêcher un peu dans le désert.On leur tend la main et on leur dit qu’on veut un partenariat mais ils ne sont pas intéressés.» Si jamais Pierrette Venne prend la direction du Bloc, les relations avec le gouvernement du Parti québécois prendront également une autre tangente.A ce jour, souligne-t-elle, le Bloc s’est essentiellement arrimé sur les orientations sociales-démocrates des péquistes.Il lui parait même essentiel que le Bloc effectue un virage vers la droite s’il veut «rassembler tout le monde».Elle croit d’ailleurs inévitable que dans un même dossier il arrive au Bloc de défendre à la Chambre des communes une position contraire à celle du gouvernement Bouchard à l’Assemblée nationale.Enfin, à la tête du Bloc, Mme Ven- ne mettra un terme au régime de la ligne de parti.Quand viendra le moment de voter à la Chambre des communes, c’est la plus totale liberté d’expression qui prévaudra.Tous les députés pourront voter selon leur conscience.A son avis, cette façon de faire aura pour principal avantage d’éviter les chicanes à l’intérieur du caucus et de favoriser l’unité du parti.Le résultat du dernier référendum a montré que les hommes sont plus souverainistes que les femmes.Sur la base de ce constat, il lui paraît indiqué de permettre aux femmes d’occuper la place qui leur revient au sein du Bloc.Actuellement, les présidences des commissions du parti sont toutes occupées par des hommes.Elle s’occupera de régulariser cette situation dans les meilleurs délais et fera en sorte qu’en vue des prochaines élections, au moins 30 % des candidatures soient assumées par des femmes.C’est sous la bannière des conservateurs de Brian Mulroney que Pierrette Venne s’est fait élire pour la première fois à la Chambre des communes en 1988.Dès le 12 août 1991, elle rejoignait les rangs du Bloc, dont elle a été candidate victorieuse aux générales de 1993.Cette femme à la personnalité colorée et expressive a eu un cheminement intéressant.Notaire de profession, elle est la fondatrice de l’Association des femmes parlementaires du Canada et a été vice-présidente du comité spécial sur le contrôle des armes à feu.A ce dernier titre, elle s’est attiré les foudres de plusieurs collègues du caucus, opposés à toute forme d’interdiction, et qui ont été des mois sans lui adresser la parole, a-t-elle confié au cours de l’entrevue.Tout en reconnaissant avoir eu des divergences avec Gilles Duceppe, elle estime être en mesure de continuer à œuvrer sous son leadership.A cet égard d’ailleurs, elle soutient avoir fait la preuve de sa flexibilité, ayant collaboré étroitement avec M.Duceppe à la préparation de la période des questions, et cela pendant plusieurs semaines.«Il faut le faire», dira-t-elle candidemenL Demain: Francine Lalonde pour un Bloc autonome Droits de l’homme TURQUIE LE DEVOIR LE MONDE Pékin renoue le dialogue avec la Croix-Rouge REUTER Genève — La Chine et le Comité international de la croix rouge (CICR) se sont mis d’accord pour rouvrir des discussions sur un accès de l'organisation humanitaire à des milliers de prisonniers politiques détenus dans les prisons chinoises, a déclaré hier un porte-parole du CICR » «Les Chinois se sont dits intéressés à reprendre le dialogue lancé en 1994» mais interrompu ensuite par Pékin.«Nous attendons que Pékin fixe une date pour une deuxième réunion d’experts» sur les modalités de visites, a dit un porte-parole du CICR Joerg Stoecklin.Une première réunion de spécialistes s’était tenue il y a trois ans, en avril 1994, afin de préparer ce qui constituerait le premier accès du CICR aux prisons chinoises.La Chine avait manifesté cette volonté d’ouverture dans le contexte des discussions avec les Etats-Unis pour obtenir le renouvellement de la clause de la nation la plus favorisée.Une seconde réunion avait été prévue pour mars 1995 mais n’avait jamais eu lieu, les Chinois n’ayant pas donné suite.Au début de l’année, Pékin a repris contact avec le ÇICR dans un nouveau contexte de discussions avec les États-Unis sur les droits de l’homme.Selon la presse américaine, l’accès de la croix rouge aux prisonniers chinois est l’une des conditions posées par Washington pour éviter à la Chine de se voir montrée du doigt à la Commission des droits de l’homme de l’ONU dont la 531' session annuelle s’ouvre lundi prochain pour six semaines à Genève.la réunion entre les autorités chinoises et l’organisation humanitaire, qui pourrait se tenir en mai, sera essentiellement technique.Il s’agit de clarifier l’organisation du système carcéral chinois et de définir les modalités d’accès aux conditions posées par le CICR partout dans le monde.Celles-ci prévoient un accès à tous les prisonniers, la possibilité de renouveler les visites et d’avoir des entretiens sans témoins.I H est impossible de dire si et quand un accord interviendra, note M.Stoecklin.La première réunion de 1994 n’a débouché sur rien et ce type de négociations dure parfois des années, a-t-il noté.Le CICR souligne sa volonté de ne pas être prisonnier du contexte politique et diplomatique qui a pu motiver l’initiative chinoise.«Nous voulons agir en toute indépendance», dit Je porte-parole.Outre la Commission des droits de l’homme, où les États-Unis ont coparrainé avec les Européens six projets de résolution critiquant la Chine, l’ordre du jour diplomatique entre ¦Pékin et Washington prévoit la visite en Chine du vice-président Al Gore à la fin du mois et un possible sommet sino-américain à la fin de l’année ou l’an prochain.La Chine a réussi à réunir à chaque fois une majorité contre les projets de résolution.Le CICR ignore le nombre de personnes emprisonnées en Chine pour des raisons politiques ou religieuses.Selon le ministre de la justice Xiao Yang, cité en octobre 1993 dans un quotidien américain, la Chine comptait quelque 1,2 million de détenus, dont 3600 accusés de «crimes contre-révolutionnaires», a dit le porte-parole du CICR L’Amérique latine, championne de la violence urbaine AGENCE FRANCE-PRESSE Rio de Janeiro — L’Amérique Latine est le continent le plus violent avec 140 assassinats sur 100 000 personnes au Salvador, 77 en Colombie et 25 au Brésil (contre 12,3 à New York et 6 à 7 en Europe), a déclaré hier le chilien Luis Ratinoff de la Banque interaméricaine de développement (BID).«Dans ces pays, les coûts de la violence sont très élevés et la police ne réussit à défendre que des îlots de légalité», a indiqué à l’AFP M.Ratinoff, organisateur du Séminaire sur la Violence criminelle urbaine qui réunit des spécialistes en sécurité d’Amérique Latine depuis dimanche.«En Colombie, par exemple, 13 % du PIB sert à combattre la criminalité, contre 5 à 6 % aux États-Unis.Un million d’américains sont en prison.Chaque détenu coûte en moyenne 25 000 $ US par an, soit 25 milliards au total.Cela reviendrait moins cher de les envoyer tous à Harvard», a-t-il dit «Il n’y aura pas de solution tant que les facteurs du crime ne seront pas réduits», a affirmé M.Ratinoff, expliquant qu’«à la violence structurelle s’ajoutent des facteurs qui l’amplifient [l’alcool, l’accès aux armes], la décision de devenir délinquant, liée au machisme, et des encouragements à la délinquance [la drogue, la prostitution, le blanchiment d’argent et la corruption ou même la télévision] ».Il a cité l’exemple de l’actuel maire de Bogota (Colombie), M.Antanas Makus, qui a élaboré un programme pour réduire la consommation d’alcool dans la ville, le port d’armes et la violence domestique et a réussi à faire chuter la violence de 30%.Le président du BID, M.Enrique Iglesias a déclaré que «la violence n’était pas une malédiction et qu’elle pouvait être combattue» comme le montre l’exemple de Rio de Janeiro où la criminalité est en baisse.Soulignant l’importance de la prévention et de la formation de la police, il a rappelé que le BID investirait cette année deux milliards $ US au Brésil, soit 200 000 de plus qu’en 1996, pour une série de projets.EN BREF Embargo malsain (Le Devoir) — L’Association américaine pour la Santé dans le monde ((AAWH) vient de rendre publique une étude de 300 pages sur les effets du blocus à Cuba.Après un an de travaux, les neuf médecins qui signent ce texte concluent qu’il ne serait «que raisonnable» si Washington exemptait du blocus vivres et médicaments; le blocus a eu pour effet d’augmenter les souffrances et la mortalité dans 1 île des Caraïbes.Ainsi en 1989, il y avait à Cuba 2,7 cas de décès (par 100 000 habitants) pour cause de diarrhée aiguë; cinq ans plus tard, la proportion s'élevait à 6,7 sur 100 000.L’an dernier, Washington, par la loi Helms-Berton, réaffirmait son but d’inciter les Cubains à renverser le régime castris-te, mais l’AAWH constate que le blocus ne fait qu’accroître les cas de patients ne pouvant être soignés faute de médicaments et de médecins qui ne peuvent procéder à certaines opérations faute d’équipement adéquat Sali Berisha est réélu à la tête de l’Albanie La rébellion dans le sud du pays et la proclamation de l’état d’urgence inquiètent la communauté internationale Le dispositif de l’état d’urgence s’est mis en place, hier, avec notamment des barrages à l’entrée des villes.Les policiers et les agents de la police secrète sont en première ligne de ce dispositif, soutenus par les forces armés.Selon certaines informations, les étudiants de Vlora auraient cessé leur mouvement de grève de la faim.De violents incidents dans cette région le week-end dernier ont conduit le régime du président Berisha à faire voter l’état d’urgence.À Saranda, une petite ville de la côte adriatique, les insurgés ont pris hier le contrôle d’un petit navire de guerre.AGENCE FRANCE-PRESSE Tirana — Le président albanais Sali Berisha a été réélu hier à la tête de l’Albanie, qui a vécu sa première journée sous l’état d’urgence instauré pour mettre fin à la rébellion qui s’est emparée du sud du pays.Les Albanais se préparaient également à leur première nuit de couvre-feu depuis la seconde guerre mondiale.A Tirana, des queues se sont formées devant les boulangeries et les habitants se sont dépêchés de faire des provisions avant la fermeture des boutiques à 15h.Selon un commerçant, les prix ont augmenté de 30 à 40 % hier.Les écoliers et les étudiants sont également en vacances forcées après la fermeture de tous les établissements scolaires.Le ministère de l’Intérieur a annoncé l’arrestation de sue personnes à Lushnja (100 kilomètres environ de Tirana) depuis l’entrée en vigueur de l’état d’urgence, voté dimanche par le Parlement, ainsi que la saisie d’armes.Selon certaines informations, les étudiants de Vlora auraient cessé leur mouvement de grève de la faim et des pénuries, notamment de pain, commenceraient à se faire sentir dans cette ville où des tirs étaient toujours entendus hier.De violents incidents dans cette région le weekend dernier ont fait au moins une douzaine de morts, conduisant le régime du président Berisha à faire voter l’état d’urgence par le Parlement A Saranda, une petite ville de la côte adriatique, les insurgés ont pris hier le contrôle d’un petit navire de guerre basé dans le port, a constaté un journaliste de l’AFP sur place.Après avoir ancré le bateau au milieu de la baie de Saranda, les émeutiers tiraient des coups de canon à intervalles régu- AGENCE FRANCE-PRESSE ET REUTER \XTashington — Le chef de l’Autorité palestinienne Yas-V V ser Arafat a obtenu hier le soutien public du président Bill Clinton contre le projet israélien de construction d’une nouvelle colonie juive à Jérusalem-est «J’aurais préféré que la décision [israélienne] ne fût pas prise parce que je ne pense pas qu’elle contribue à la confiance, mais au contraire qu’elle apporte de la méfiance», a déclaré M.Clinton en recevant M.Arafat à la Maison-Blanche.Cette déclaration diffère peu de la réaction initiale de la Maison-Blanche mais le fait qu’elle émane du président lui donne un poids indéniable.Le porte-parole de la Maison-Blanche Michael McCurry avait déclaré jeudi: «franchement nous aurions préféré que cette décision [israélienne] n’eût pas été prise».M.Arafat s’est dit convaincu que le président américain allait s’efforcer «d’arrêter» le projet israélien.Il a affirmé que la décision du premier ministre Benjamin Nétanyahou allait «torpiller» le processus de paix.Cette visite intervient au moment où les Palestiniens des territoires participaient à une grève générale pour protester contre la mise en chantier de 6500 logements sur la colline de Jebel Abou Ghneim (Har Homa pour les Israéliens), à la limite entre Jérusalem-est et Bethléem.Alors que les Palestiniens entendent faire de Jérusalem-est la capitale d’un futur État indépendant, les Israéliens considèrent le secteur arabe de la Ville sainte, occupé et annexé en 1967, comme une partie intégrante de leur «capitale indivisible».d’armes automatiques provenant du commissariat de police, mis à sac samedi matin.Depuis, la police a évacué Saranda Ije gouvernement n’a donné hier après-midi aucune information après l’expiration de l’ultimatum qu’il avait fixé aux «rebelles armés» pour qu’ils rendent les armes qu’ils ont prises aux militaires.Après l’expiration de l’ultimatum, les forces de l’ordre étaient autorisées à tirer sans sommation.Le gouvernement a conseillé aux étrangers qui se trouvent dans le sud du pays de partir.Le ministère italien des Affaires étrangères a annoncé que deux hélicoptères de l’armée italienne avaient évacué de Vlora vers Brindisi (sud-est de l’Italie) 35 étrangers dont 20 Italiens.L’opération a été menée en accord avec les autorités albanaises.Le dispositif policier de l’état d’urgence s’est mis en place, avec notamment des barrages à l’entrée des villes, comme à Tirana, où des policiers contrôlaient les véhicules se dirigeant vers Durres (nord-ouest), la deuxième localité du pays.Le trafic routier a été fermé à la frontière albano-you-goslave.Les policiers et les agents de la police secrète (SHIK) sont en première ligne du dispositif, soutenus par les forces armées.11 a été rappelé aux militaires qui ont laissé les émeutiers dévaliser leurs dépôts sans intervenir qu’ils étaient passibles de sanctions s’ils refusaient d’obéir aux ordres.Le Parlement que boycotte l’opposition a réélu hier pour un mandat de cinq ans Sali Berisha (52 ans) à la tête de l’État.113 députés ont voté pour, un a voté contre et quatre se sont abstenus.Le président a appelé tous les Albanais, «même ceux qui sont mécontents, à s’unir pour construire une Albanie démocratique».Son élection a été saluée par ses partisans par des tirs d'armes automatiques.«Il y a cinq ans, en 1992, pour sa première élection, on a fait sauter les bouchons de champagne, aujourd’hui ce sont des rafales d’armes», commentait, amer, un journaliste.Alors que Berisha était choyé par l’Occident jusqu’aux élections législatives de mai 1996 qui ont été entachées d’irrégularités, les ambassadeurs européens et américain n’ont pas assisté au Parlement à sa réélection.Les États-Unis ont critiqué hier l’instauration de l’état d’urgence en Albanie et la réélection du président Sali Berisha, tandis que l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne ont manifesté leur inquiétude sur la dégradation de la situation.Le pouvoir, qui a également mis en place un strict contrôle des médias, accuse les ex-communistes d’avoir exploité le mécontentement populaire de dizaines de milliers de familles ruinées par la faillite de sociétés financières qui offraient des taux d’intérêt mirobolants.M.Clipton a estimé que ce serait «une grave erreur» pour les États-Unis de prendre parti dans cette dispute.M.Arafat était arrivé à Washington fort du soutien des pays arabes.La ligue arabe, réunie samedi, avait appelé la communauté internationale à suspendre tout aide financière susceptible d’être utilisée par Israël pour construire des colonies.M.Arafat, était même allé jusqu’à menacer samedi de proclamer un État palestinien immédiatement, alors que cette question ne doit être abordée qu’à la fin des négociations israélo-palestiniennes, en 1999.M.Nétanyahou lui avait répondu dimanche qu’il commettrait «une très grave erreur» et risquerait de «mettre tout le processus de paix en danger».«Une ville pour Juifs et Arabes» Afin de démontrer que, dans son esprit Juifs et Arabes peuvent coexister à Jérusalem, Benjamin Netanyahou s’est rendudans le quartier arabe de Thouri.Le chef du gouvernement israélien, dont le projet d’étendre les quartiers juifs dans la partie arabe de la vüle capturée en 1967 provoque la colère des Palestiniens, s’est engagé à rénover les infrastructures à Jérusalem-est «Aujourd'hui nous tentons de faire en sorte que Jérusalem soit une seule et meme ville pour les Arabes comme pour les Juifs.Ce n’est pas une astuce.Nous ne jouons pas.Nous pensons que notre responsabilité est de traiter pareillement les habitants arabes et juifs.» Dans l'immédiat, une première tranche de 2500 logements seront bâtis sur la colline de Har Homa, que les Palestiniens appellent le djébel Abou Ghneim, à la lisière de la localité biblique désormais autonome de Bethléem.Le premier ministre défie les militaires Erbakan refuse de prendre les les mesures proposées par l’armée à l’encontre des islamistes HERVÉ COUTURIER AGENCE FRANCE-PRESSE Ankara — Le premier ministre islamiste turc Necmettin Erbakan a défié hier les militaires au risque de les pousser au coup de force, en refusant d’appliquer les mesures qu’ils exigent pour mettre un frein aux activités islamistes extrémistes.Hier soir, il a catégoriquement rejeté les appels à la démission qui se multiplient, accusant «certaines puissances étrangères» et la presse étaient responsables de la crise actuelle.«Je ne démissionnerai pas», a-t-il déclaré.H a qualifié les affirmations selon lesquelles les militaires pourraient être amenés à recourir à la force «d’efforts pour déstabiliser le pays par certaines puissances étrangères qui ne veulent pas d’une Turquie forte».Auparavant, dans une conférence de presse, M.Erbakan avait invoqué la démocratie pour justifier son attitude.«Le gouvernement est formé par le parlement pas par le Conseil national de Sécurité (MGK)».«La volonté du peuple est représentée par le parlement et c’est de lui que doivent venir les résolutions», a-t-il dit.«Tous les partis au parlement sont d’avis que laïcité ne veut pas dire athéisme», a-t-il dit, utilisant l’argument habituel de son Parti de la Prospérité (Refah) selon leqyel les défenseurs les plus intransigeants de la laïcité de l’Etat imposée en 1923 par le fondateur de la république Mustafa Kemàl Atatürk sont en fait des athées.M.Erbakan a également estimé que le plan d’action exigé par les militaires équivalait à une atteinte aux droits de l’homme, autre élément constant de la rhétorique du Refah, selon lequel les limitations imposées au port dç vêtements islamiques est une violation de ces droits.«L’État ne peut pas attaquer les droits de l’homme en prenant prétexte de quelques cas sporadiques, cela ne peut pas être accepté», a-t-il dit.«Le MGK ne peut pas exiger que le gouvernement adopte des lois, c’est un organe consultatif», a-t-il encore dit Le MGK composé des plus hauts dirigeants civils et militaires de Turquie, est en effet un organe consultatif mais ses recommandations sont généralement suivies à la lettre.Vendredi dernier, au cours d’une réunion marathon de neuf heures, il avait vivement critiqué M.Erbakan, à qui est reproché une dérive fondamentaliste, et l’avait mis en demeure de prendre immédiatement des mesures contre l’expansion du militantisme islamique.Une liste de 20 mesures exigées par le MGK avait été publiée dimanche par l’ensemble de la presse turque, comprenant l’interdiction de toute propagande pro-charia (loi coranique) sur les radios et télévisions islamistes, des restrictions plus strictes du port de vêtements religieux et des décisions pour empêcher les islamistes radicaux de s’infiltrer dans l’administration.Les militaires, gardiens traditionnels de la laïcité des institutions, exigent également.une stricte surveillance des organisations financières contrôlées par les confréries islamiques et un étroit contrôle des achats de fusils à pompe dont les ventes connaissent actuellement un boom, dû semble-t-il aux islamistes radicaux.Ils veulent également la prévention des efforts attribués à l’Iran pour déstabiliser le régime turc.Ces exigences viennent après une période de forte tension dans le pays, les pro-laïcs ayant été rendus furieux par une série d’initiatives jugés provocatrices et contraires à la laïcité des institutions de la paît du Refah.Dans sa conférence de presse, M.Erbakan, qui s’était efforcé pendant le week-end de minimiser l’impact de la réunion du MGK a affirmé n’avoir pas reçu le plan en 20 points dont la presse a fait état.Il a rencontré hier le chef du Parti de la Gauche démocratique (DSR tendance nationaliste), l’ex-premier ministre Bulent Ecevit, et celui du Parti républicain du Peuple (CHP, social-démocrate), le parti fondé par Atatürk, Deniz Baykal.Tous deux ont déclaré lui avoir conseillé de démissionner.«Je lui ai dit qu’il devrait soit adopter l’esprit de la laïcité, soit démissionnera, a dit M.Ecevit à la chaîne d’information en continu NTV.Les rebelles zaïrois progressent sur plusieurs fronts REUTER G orna — Après avoir exclu un cessez-le-feu, les rebelles zaïrois commandés par Laurent Kabila progressaient hier sur plusieurs fronts en direction de Kisangani, base opérationnelle de l’armée nationale qui tente de les contenir, a-t-on rapporté de source militaire régionale.L’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre de Kabila cherche à prendre le contrôle de la troisième ville du pays, qui conjugue les atouts d’un centre commercial et d’un port fluvial.Kisangani est le chef-lieu de la province du Haut-Zaïre.«D’après nos informations, ils [les rebelles] avancent sur plusieurs fronts vers Kisangani.Il semble s’agir d’une démonstration de force», selon une source militaire régionale bien informée de l’évolution des opérations.«C’est aussi une tactique qui vise à désorganiser les forces gouvernementales et leurs alliés déjà gagnés par la panique à Kisangani.» Il est difficile de savoir à quelle distance les rebelles se trouvent de Kisangani.Ils ont annoncé avoir pris samedi le contrôle de Lubutu, à 200 kilomètres au sud-est de Kisangani, sans fournir plus de précisions.Les rebelles, qui ont déclenché leur offensive en octobre, contrôlent le sixième du territoire zaïrois.Dimanche, lors d’une conférence de presse dans son bastion frontalier de Goma, Kabila a dissipé l’espoir d’un cessez-le-feu en rejetant les pressions exercées par l’Afrique du Sud et des États-Unis à cette fin.Le chef rebelle a tenu ses propos les plus nets sur des entretiens secrets intervenus la semaine dernière en Afrique du Sud: il a dit avoir refusé de signer un accord qui l’aurait engagé à cesser les opérations qu’il dirige pour renverser le président Mobutu Sese Seko.Des étrangers ont été évacués par hélicoptères vers le sud de ritalie liers.Les manifestants à terre répondaient par des tirs en l’air Premières dames .N , '¦ kv. LvfcV^.i: MIKE FIALA, ASSOCIATED PRESS LA COMPAGNE du président sud-africain Nelson Mandela, Graca Machel (au centre), a rencontré hier les premières dames du Bruneï, Hajah Mariam (à gauche) et Hajali Saleha, épouses du sultan Hassanal Bolkiah, dans leur palais de Bandar Seri Begawan.Le président Mandela effectue une visite officielle de trois jours dans cette pétro-monarchie des îles de la Sonde.Le Bruneï a défrayé la chronique depuis quelques jours, une ancienne Miss USA ayant accusé dimanche le souverain de l’avoir séquestrée et réduite à l’état d’esclave sexuelle.Hier, en outre, des investisseurs du Bruneï, dont apparemment le propre frère du sultan, se portaient acquéreurs du palace parisien Plaza Athénée.Mille femmes turques disent non à la charia Istanbul — Plus de 1000 femmes, représentant quelque 45 associations féminines, ont manifesté hier à Istanbul en faveur de la laïcité, à l’occasion du 731' anniversaire de l’instauration, en 1924, de l’enseignement laïc en Turquie.Les femmes, rassemblées autour du monument d’Ataturk (Mustafa Ke-mal Atatürk, fondateur de la république moderne en 1923) sur la place de Taksim, dans la partie européenne de la ville, ont scandé des slogans en faveur de la laïcité et chanté des marches de l’époque de la révolution kémaliste.«La Turquie est laïque, rçstera laïque», «ni charia, ni coup d’État, la Turquie démocratique» et «nous suivons Atatürk», scandaient les femmes en portant des bouquets de fleurs.La manifestation était organisée par l’Union des associations féminines d’Istanbul.Agence France-Presse Colonies juives à Jérusalem-est Arafat obtient le soutien de Clinton Nétanyahou visite un quartier arabe ARCHIVES LE DEVOIR Necmettin Erbakan. A 6 I.E I) E V 0 I It .1, E M A It.I) I I M A It, S I !) !) 7 ÉDIT 0 RIAL Fin de l’anarchie Jean-Robert Sansfaçon Le ministre d’Etat à la métropole, Serge Ménard, entreprend aujourd’hui, en commission parlementaire, une nouvelle série de consultations auprès des élus de la région de Montréal.Encore une fois, la séance de thérapie portera sur les moyens de créer un sentiment d’appartenance à la région.Encore une fois, malgré la modestie des ambitions, l’échec est probable.Ce qui ne devrait pas freiner l’intention du gouvernement de mettre un terme au développement anarchique.M ontréal, la région, a mal t Pendant trente ans, Québec a financé directement des disparités qui la déchirent, tant au plan économique que fiscal, culturel que social.A sa façon, Toronto vit la même situation, d’où l’ambition ferme du gouvernement Harris de procéder à une fusion qui ne recueille pas l’appui des premiers intéressés.Sans pousser la logique aussi loin, Québec entend s’y prendre progressivement, créant d’abord une Commission consultative de développement où siégeront un nombre égal de représentants des villes de l’île, des banlieues et des groupes socio-économiques.Dans un premier temps, cet être hybride conçu pour que chacun apprivoise les vertus du régionalisme, ne remplacera aucune des trop nombreuses structures administratives existantes.Son mandat sera limité à «l’élaboration d’orientations» en matière de développement économique, touristique, culturel ou récréatif, en plus de proposer au gouvernement l’adoption de «règlements relatifs à un cadre d’aménagement métropolitain, à un plan de transport et à un plan de gestion des déchets».Aux yeux de plusieurs élus de la banlieue, voilà où le bât blesse: un organisme sans réelle autonomie et sans pouvoir, où les non-élus vendus aux priorités de Montréal auront presque autant d’influence que les élus, et dont Québec pourrait utiliser les recommandations à volonté comme prétexte d’intervention dans les affaires des municipalités.Il n’y a qu’à lire la longue plainte du maire de Ro-semère et préfet de la MRC de Thérèse-de-Blainvil-le, publiée dans la page ci-contre, pour constater que derrière les mots se cache une vérité toute simple: la crainte des banlieues de la couronne nord de se voir imposer des augmentations de taxes au nom du développement de Montréal.La question qui se pose à l’ouverture des travaux la commission parlementaire chargée d’étudier le projet de loi créant une Commission de développement de la métropole n’est pas de savoir si les banlieues ont le droit ou non de se développer, comme l’affirme le maire de Rosemère, mais quel type de développe- Éviter le gaspillage n’est pas synonyme de bloquer le développement des banlieues ment faut-il privilégier, à quel coût et assumé par qui?i la démarche.et indirectement l’exode des familles vers les banlieues.Pendant toutes ces années, il a laissé chaque municipalité développer son territoire comme bon lui semblait, fournissant à la demande de l’électricité, des écoles, du transport scolaire, des hôpitaux, des CLSC, des services de sécurité et même des subventions.Aujourd’hui, cette forme anarchique de développement doit cesser.A la manière des villes qui sont responsables d’élaborer un plan d’urbanisme sur leur territoire et d’adopter les règlements de zonage qui en découlent, il revient au gouvernement provincial, et plus tard à une structure régionale appropriée, de planifier les grands axes du développement des infrastructures publiques sur le territoire.C’est à celui qui paie, c’est-à-dire Québec, de décider où construire des écoles, des hôpitaux, des ponts, des routes.non pas en fonction des intérêts de quelque développeur local profitant des coûts directs des terrains artificiellement bas, mais en fonction des moyens financiers du Québec, des besoins de la région de Montréal et des infrastructures existantes.Quant à ceux qui feront le choix d’un développement en marge des axes prioritaires, libre à eux d’agir ainsi, mais ils devront assumer seuls les coût de leur décision.Les maires ont tort de prétendre que tout cela servirait à financer les dépenses que plusieurs jugent excessives de Montréal.Le pacte fiscal revendiqué par Montréal depuis tant d’années est une autre histoire à laquelle il faut aussi trouver une conclusion.Mais cela doit se faire entre Montréal et le gouvernement provincial, et non entre Montréal et la banlieue.Au cours des prochains jours, le ministre Ménard doit réaffirmer qu’il ne s’oppose pas au développement de la banlieue, pas plus qu’il ne s’oppose au choix des ménages de vivre à la ville ou à la campagne.Par contre, il doit par la même occasion redire son intention ferme de s’assurer de ce que le développement se fasse de façon harmonieuse.Quant à sa Commission de développement, parce quelle permet une intervention efficace du gouvernement provincial dans une jungle d’intérêts locaux, force est d’admettre qu’elle pourrait se révéler la solution la plus acceptable à court terme, malgré la modestie de V Un État palestinien, aujourd’hui François Brousseau vague de sympathie dont jouit actuellement la cause palestinienne dans le monde.Mais ce geste pourrait également causer, à son tour, une certaine réprobation et refroidir cette sympathie.On l’oublie, mais les Palestiniens avaient déjà proclamé, par le passé, un «Etat indépendant».C’était en novembre 1988, à Alger.Une passe oratoire futile, qui resta sans lendemain.Mais depuis, beaucoup d’eau a coulé, et l’État palestinien n’est plus la chimère qu’il était.Il n’est plus, en fait, qu’une question de temps.Même la droite israélienne commence à se faire à l’idée.Alors?Alors, reste à savoir comment réagiraient Israël et le monde à un tel défi.Beaucoup de pays reconnaîtraient rapidement le nouvel État: la Chine, la Russie, probablement la France.Mais l’attitude des États-Unis — qui se présentent un peu hypocritement, dans toute cette affaire, sous le double visage d’«ar-bitre» et d’allié indéfectible d’Israël — pourrait faire problème.Quant à l’État juif, pourrait-il empêcher la mise en application d’une telle proclamation?Pourrait-il bloquer de force le contrôle effectif, par le gouvernement palestinien, de son microscopique territoire?Sans aucun doute, il le pourrait.Mais le prix politique à payer pour un tel geste — blocus redoublé, voire réoccupation des territoires «libérés» — serait l’opprobre redoublé du monde entier.De facto, un quasi-État palestinien existe déjà, même si ses pouvoirs sont très limités.Alors, pourquoi ne pas forcer un peu les choses?Ne serait-ce pas une façon de créer une situation nouvelle et de mettre le «partenaire-adversaire» tant soit peu sur la défensive, en lui remettant (pour une fois) la monnaie de sa pièce de la «politique du fait accompli»?ive la Palestine libre?Devant les derniers gestes du gouvernement israélien, certains conseillers de Yasser Arafat lui ont conseillé d’envisager l’ultime forme de pression contre un adversaire aussi coriace qu’Israël: la proclamation unilatérale d’indépendance.La politique est le lieu des négociations et des compromis.Israéliens et Palestiniens ont fait du chemin sur cette voie depuis trois ans et demi, à commencer par leur salutaire reconnaissance réciproque.Mais elle est aussi, à l’occasion, le lieu des coups de force et des faits accomplis — qui peuvent être utiles en leur temps.La «politique du fait accompli», Israël connaît.Le comportement de l’État juif en matière de colonisation du territoire est toute basée sur cette stratégie.On n’attend pas la consécration institutionnelle pour agir; on ne demande la permission à personne pour aller construire de nouvelles implantations, que ce soit en Cisjordanie ou à Jérusalem-Est — comme toute la controverse sur le quartier Har-Homa le montre amplement On se prépare à subir l’opprobre du monde et à faire le dos rond, quitte à profiter ensuite de la situation nouvelle.C’est exactement ce qui se passe dans la controverse actuelle, dans laquelle même les États-Unis ont pris le parti de la dénonciation (feutrée) d’Israël.Une déclaration unilatérale d’indépendance est-elle jouable?Ici, on tend à répondre à cette question de façon très différente selon qu’on se situe d’un côté ou de l’autre de la «grande clôture» idéologique qui divise notre société.Mais l’affaire palestinienne pourrait constituer, en la matière, un test fort intéressant.Un tel geste chercherait à tirer profit de la relative Souveraineté et néo-libéralisme Monsieur Bouchard le claironne un jour et le réfute l’autre jour.Peu importe, le message s’est rendu.Il ne saurait y avoir de véritable souveraineté sans que le déficit soit à zéro dans trois ans.La hantise du déficit va dévaster le tissu social de la société québécoise.Le peu de solidarité qui y règne va s’étioler et nous rendre à l’image de ce que l’Angleterre est maintenant après 19 années de néo-libéralisme: la moyenne des salaires y est maintenant infé- LETTRES -?- rieure à celle de la Corée du Sud! Plus que jamais, il faut une alternative politique qui refonde sur la base de larges alliances le sens de la communauté et de la citoyenneté.Les directions syndicales et tous ceux qui cherchent le consensus à tout prix oublient que l’histoire du capitalisme nous apprend que rien n’est gagné sans qu’il y ait un rapport de forces construit avec une plate-forme où chaque acteur trouve son compte.Il faut donc parler de compromis social et non de consensus afin de restaurer l’idée, qui a déjà été un slogan de la CSN, qu’il vaut mieux maintenant ne compter que sur nos propres moyens.Le contraire nous force à nous soumettre à l’agenda des financiers et de nos gouvernements qui sont en train de faire la preuve que les institutionspolitiques sont la courroie de transmission des institutions économiques.On me rétorquera que c’est pareil partout et qu’on ne peut pas se couper du reste du monde.Je répondrai qu’il n’y a aucune autre loi que celle que les humains se donnent qui font de la société un genre distinct du règne animal.Denis Veillette Trois-Rivières, 28 février 1997 ?« ?mn I i f i m l Clinton et la chambre de Lincoln D ans une avalanche d’informations, c’est souvent un petit détail qui fait mal.On savait, depuis des mois, que Bill Clinton était englué dans un épisode sans précédent de l’histoire des élections présidentielles.Dans son livre The Choice, publié au printemps dernier, le journaliste d’enquête Bob Woodward révélait que M.Clinton était étroitement impliqué dans la campagne de publicité contre les républicains, commencée en 1995, en plein été, 18 mois avait les élections.Au cours de la campagne, on apprenait que l’homme d’affaires John Huang avait sollicité des contributions illégales de firmes asiatiques, que le vice-président Al Gore avait assisté à une de ces collectes de fonds dans un temple boudhiste de Californie, et que les grands «.argentiers du Parti démocrate avaient été invités à passer la nuit à la Maison-Blanche.Tout cela est connu depuis des mois.Mais la semaine passée, un petit détail était révélé.Bill Clinton lui-même a encouragé les grands donateurs à passer la nuit dans la chambre à coucher d’Abraham Lincoln.Tout à coup, une vieille histoire saute à la une de tous les journaux américains.Il y a deux aspects particuliers de l’histoire: le fait que M.Clinton ait écrit une note d’encouragement lui-même, et que la chambre en question fût celle de Lincoln.Car aucun président n’est aussi vénéré que Lincoln.«Trésor national, aimé, révéré et plein d’émules», écrit l’historien Merrill D.Peterson dans son livre Lincoln in American Memory.C’est le martyr de la nation, le symbole de la rectitude et du sacrifice, l’auteur du discours de Gettys- Graham Fra se r burg, l’exemple-même de la rhétorique américaine.Si on avait utilisé une autre chambre dans la transformation de la Maison-Blanche en Auberge des Gouverneurs, l’onde de choc n’aurait pas été aussi grande.Mais les observateurs de la politique américaine avec qui j’ai parlé qualifaient l’utilisation de la chambre de Lincoln de «shocking»; un mot que l’on n’entend pas beaucoup à Washington.Abraham Lincoln est toujours considéré comme le plus grand des présidents, celui qui a libéré les esclaves et gagné la Guerre civile; l’idée que le lit où son corps a été embaumé a été loué par le président pour des fins partisanes est profondément scandaleux pour un grand nombre d’Américains.Selon ceux qui ont suivi plusieurs scandales à Washington, il y a un cycle prévisible.D’abord, il y a l’étape journalistique.Celle-ci est limitée, car les journalistes n’ont pas de pouvoir légal ou coercitif pour faire parler les réticents.Mais on peut juger le potentiel d’un scandale par l’investissement de temps et de ressources que font les médias américains — et l’investissement est immense.Les histoires sortent partout.Le deuxième étape est législative, et les comités du Congrès ont le pouvoir de citation — c’est-à-dire, d’obliger les témoins à parler, sous peine d’outrage au Congrès.Ce sont les inévitables fuites de documents, avec les annotations personnelles du président, qui ont permis leur publication la semaine passée.C’était en suivant cette fuite, avec les commentaires du président là-dessus, que Stephen Hess, un expert dans la politique présidentielle, m’a dit voir — pour la première fois depuis l’élection de M.Clinton en 1992 — un parallèle avec le Watergate, le scandale qui a détruit la présidence de Richard Nixon.Whitewater n’a rien de comparable, m’a-t-il dit, car c’est une série de transactions financières dans un marécage de l’Arkansas qui s’est produit il y a deux ou trois élections présidentielles.C’est-à-dire, et après?Mais l’affaire de la chambre à coucher d’Abraham Lincoln a tout ce qu’il faut pour que le scandale fasse mal L’hypocrisie: M.Clinton a bel et bien insisté qu’il se tenait loin du sale boulot de la collecte de fonds.Le secret, un symbole national, et des questions sans réponse: est-ce que les invités ont reçu autre chose qu’une nuit chez Bill?Il y a un autre aspect de l’affaire qui est plus difficile à définir.Le mauvais, goût.Malgré le culte de la célébrité qui domine la société américaine, malgré la tendance à faire étalage des signes de succès, à glorifier la réussite dans un pays où la concurrence est une grande valeur sociale, c’est embarrassant de voir le président courir après les riches.Il y a dix ans, Brian Mulroney a perdu beaucoup d’estime au Canada-anglais, en partie à cause de son enthousiasme sans borne pour le style «riches et célèbres», et, à l’époque, j’ai cru que la réaction canadienne faisait partie de notre anti-américanisme viscéral et, même, inconscient.Mais la réaction américaine aux révélations sur l’hospitalité clintonienne montre, me semble-t-il, que cette réponse n’est pas propre au Canada.Gil Troy, un historien de McGill, fait observer qu’on vit de plus en plus dans une culture d’apparence.Donc, le plus grand danger pour un politicien n’est plus idéologique, économique ou même juridique.C’est un comportement de mauvais goût.Car une décision du public sur le mauvais goût est sans appel.PROPOS -?- .du projet d’assurance parentale Sous réserve de l’issue des négociations avec le gouvernement fédéral, le régime d’assurance parentale, qui devrait entrer en vigueur le D'anvier 1998, assurera le maintien du revenu personnel disponible (après impôts et cotisations sociales), pendant les congés de maternité et les congés parentaux, afin que la maternité et la parentalité ne soient plus la cause immédiate d’une baisse du niveau de vie des familles.Il permettra à un plus grand nombre de familles d’avoir accès à ces congés, notamment, aux travailleurs et travailleuses autonomes ou qui occupent des emplois atypiques.Ce faisant, le régime d’assurance parentale compensera les lacunes du programme fédéral d’assurance-emploi en matière de congés de maternité, qui limitent l’accès aux congés de maternité et aux congés parentaux et causent une baisse importante de revenu pour les familles qui y ont accès.Le nouveau régime indemnisera: ¦ le congé de maternité de 18 semaines pour toutes les travailleuses ayant gagné au moins 2000 $ au cours des 52 semaines précédentes; B le congé parental en cas de naissance, de 7 semaines, partageable entre le père et la mère; B un nouveau congé de paternité de 5 semaines, indemnisé sur la base des revenus du père; B le congé d’adoption, de 12 semaines, partageable entre le père et la mère; B un nouveau congé parental prolongé de 26 semaines, en cas d’un troisième enfant résultant d’une naissance ou d’une adoption, indemnisé à raison de 100 $ par semaine, sous réserve que le bénéficiaire n’occupe pas un emploi pendant plus de 20 heures par semaine.L’instauration de ce nouveau congé prolongé dépend étroitement de l’issue des négociations qui auront lieu entre le gouvernement du Québec et le gouvernement fédéral au sujet des congés parentaux.Politique familiale, Gouvernement du Québec, Janvier 1997 LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 Directrice LISE BISSONNETTE Rédacteur en chef BERNARD DESCOTEAUX Vice-président, finances et administration FRANÇOIS TII0UIN Directeur de l’information CLAUDE BEAUREGARD Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, GUY TAILLEFER, NORMAND THERIAULT Rédacteur en chef adjoint JEAN-ROBERT SANSFAÇON Directeur artistique ROLAND-YVES CARIGNAN 2050, rne de Blenry, 9* étage, Montréal (Québec) II3 A 3M 9.Tel.: (5M) 985-3333 FAIS CE QUE DOIS I, E I) E VO I II , |, E M A R I) I 4 M A R S I !) I) 7 A 7 IDÉES Lutte contre l’étalement urbain Un nouvel affront pour Les orientations du gouvernement nuiront à les banlieues la périphérie de Montréal J.C.SUARÈS, THE NEW YORK TIMES Si le développement des banlieues a été favorisé pendant des décennies, on semble maintenant changer de cap.YVAN DESCHÊNES Maire de Rosemère, préfet de la MRC de Thérèse-De Blainville et vice-président de la Conférence des maires de la banlieue nord i=— "il e gouvernement Ldu Québec vient, une nouvelle fois, de montrer un manque flagrant de respect à l’endroit des banlieues et des citoyens qui ont choisi de s’y établir.C’est par les _________médias que nous avons pris connaissance, le 21 février dernier, de l’orientation que le gouvernement entend privilégier afin de lutter contre l’étalement urbain.Serge Ménard, ministre d’Etat à la métropole, et Rémy Trudel, ministre des Affaires municipales, annonçaient alors que lés investissements publics seraient désormais effectués de manière à favoriser le développement du centre de la région métropolitaine au détriment des villes situées en périphérie.Un recul Du même souffle, M.Ménard soulignait que ces orientations gouvernementales seraient transmises à la Commission de développement de la métropole afin que cette dernière élabore et adopte un cadre d’aménagement pour la région métropolitaine.Cette position constitue un net recul par rapport à l’engagement que le ministre prenait, l’automne dernier, de limiter l’intervention de la Commission de développement de la métropole, en matière d’urbanisme, à l’harmonisation des schémas d’aménagement des MRC.L’adoption d’un cadre d’aménagement par la Commission de développement de la métropole constituera une première alors que des non-élus pourront participer au débat entourant l’aménagement du territoire de la région métropolitaine.À l’extérieur de la métropole, cette fonction continuera à être exclusivement du ressort des élus.Ce type de démocratie municipale à deux vitesses est carrément inacceptable.Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que le ministre Ménard revient sur des engagements découlant de la consultation portant sur une éventuelle Commission de développement de la métropole.La mise en pla- ce de cette commission devait être évolutive.On peut en douter fortement considérant l’empressement avec lequel le gouvernement a annoncé ses orientations en matière de développement de la région métropolitaine.Le ministre Ménard s’était également engagé à ce qu’aucune nouvelle taxe ne soit imposée aux citoyens des couronnes.Les nouvelles orientations du gouvernement indiquent clairement que les banlieues qui voudront continuer à se déve(o|> per devront le faire à leurs frais.A la limite, on tolérera que certaines villes des couronnes continuent à progresser à condition qu’elles ne comptent que sur leurs propres moyens et que cette progression n’engendre aucune dépense d’infrastructures pour le gouvernement.Les élus municipaux se retrouveront alors devant un choix difficile: diminuer la qualité des services ou augmenter les taxes.Contrôle Ces orientations gouvernementales en matière de développement de la grande région métropolitaine constituent un affront sévère aux règles de démocratie les plus élémentaires.Notons d’abord que l’annonce de ces orientations est effectuée
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