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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1997-03-22, Collections de BAnQ.

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'h £ gp *v** ’mm?Il SE B I S S ON NETTE WjMk , Mwm ?.¦ HÜ >V l.> •; à RpbcrtV, fttourassa ui $v*r I'm#*9 Robert, uflrassa i! » laico»»» Henri Gougaud Réconcilier le sacré et la sexualité L’écrivain français Henri Gougaud, invité d’honneur au Salon du livre de l’Outaouais ce weekend, s’impose depuis plusieurs années comme l’un des plus grands défenseurs du conte, cet art universel qui fait le lien ; entre la magie primitive et la littérature.j PIERRE CAYOUETTE LE DEVOIR Inspirés de la tradition orale, les contes traversent les millénaires.Ces histoires, qui n’ont souvent aucu-\ ne vraisemblance, survivent pourtant ; aux guerres, aux épidémies, aux mi-| gration et aux révolutions, i Henri Gougaud a publié récemment Le Livre des amours — Cpntes de l’envie d’elle et du désir de lui (Editions du Seuil), un recueil de contes et de I mythes érotiques puisés sur cinq continents.S’appuyant sur les ancêtres, l’auteur y célèbre «le bon usage de ce que le Créateur nous a mis au carrefour des jambes et du ventre».Ces contes érotiques, nous dit Gougaud, «notre Occident, aujourd’hui, ne les estime plus inspirés par le diable, mais il n’ose point encore penser qu’elles peuvent, ou ont pu un jour plaire à Dieu».Or, la leçon des ancêtres telle que nous la transmet Gougaud est claire: «Le Veilleur de nos âmes est sans cesse là, attentif au plaisir de ses fils malhabiles.» Ce que nous propose Gougaud, en clair, n’est rien de moins qu’une révolution.Il faut, a-t-il soutenu au Devoir cette semaine, réconcilier le sacré et la sexualité.Il faut, pour cela, renoncer à de tenaces atavismes.«Je crois qu’une relation au sacré est nécessaire.Quand la dimension sexuelle et la dimension sacrée entrent en conflit, ou quand la dimension sacrée est bannie de notre vie, cela devient source d’angoisse, de tension, de guerres.Cela vaut pour les individus.Cela n’explique évidemment pas toutes les angoisses des gens.Mais cette déchirure y contribue fortement.Cela vaut aussi, pourrait-on extrapoler, pour les sociétés.» Ce discours n’est-il pas anachronique?Ne vit-on pas à plein la libération des mœurs?Ne vit-on pas l’âge d’or de la sexualité?«Attention! Je crois que nous vivons toujours sous l’emprise d’un certain puritanisme.À la différence d’il y a trente ans, ce nouveau puritanisme est beaucoup plus pernicieux.Mais il est tout autant ravageur.» La liberté du conteur Né à Carcassonne en 1936, Henri Gougaud est rompu aux multiples facettes de l’écriture.Il a fait paraître de nombreux ouvrages de science-fiction, publié sept romans, cinq livres de contes et légendes, un recueil de nouvelles et un récit.Gougaud fut aussi au cœur des grandes années de la chanson française.Il a fréquenté les cabarets de la Rive gauche.Il y a même chanté.Il a fait la première partie de Georges Brassens qu’il a ensuite accompagné VOIR PAGE D 2: GOUGAUD LA DIFFICULTÉ EST D’ÊTRE.EN TANT QU’ÉCRIVAIN, LE REFLET DE SON ÉPOQUE.Cantabile ennamouré, 1984, une huile sur toile de Sylvie Croteau, en couverture de Quittes et doubles, le nouveau livre de Lise Bissonnette.JACQUES GRENIER LE DEVOIR INSUFFLER LA VIE Ce qui frappe au premier abord dans le recueil de nouvelles de Lise Bissonnette c’est la présence de l’art.Dans presque toutes les nouvelles, une discipline artistique figure: architecture, écriture, dessin, peinture, chant, musique.«C’est le monde dans lequel je vis, explique-t-elle, un monde d’artistes, de créateurs, d’écrivains, ce sont des gens qui m’attirent beaucoup, ils sont le sel de l’existence, ils sont plus difficiles, plus complexes, parfois même désagréables mais le fait qu’ils fassent des œuvres est une des choses les plus fascinantes qui soit.Les arts visuels et la littérature sont les deux domaines que je préfère.» La littérature, le monde littéraire, ont toujours attiré la directrice du quotidien Le Devoir.A son arrivée à Montréal, en provenance d’Abitibi, c’est le monde qu’elle côtoie.Et déjà à l’époque elle sait qu’elle peut écrire.Au Quartier latin, elle pond des analyses politiques puis déménage dans la section littéraire parce que c’est ce qu’elle préfère.Mais aurait-elle aimé peindre?«Non, je n’ai là aucun talent.Et puis, pour avoir encouragé et côtoyé de jeunes artistes, je sais combien il est difficile de s’exprimer de cette façon: je sais la somme de travail qui se trouve dans une toile ou dans une sculpture.C’est aussi ardu, sinon plus, que d’écrire.Moi, j’ai besoin d’un ordinateur, c’est relativement simple.Mais le geste de prendre une toile blanche VOIR PAGE D 2: BISSONNETTE IL FAUT ÉCRIRE SANS FAUSSE PUDEUR CES «SCÈNES DE RÉCIPROCITÉ» QUI SE PRODUISENT DANS LE DOMAINE DE L’INTIME.]E N’AI PAS VOULU ME CENSURER.J'AI COMPRIS QU’IL NE FALLAIT PAS SOUS-ESTIMER LE LECTEUR.ÉTANT DONNÉ MON RÔLE DE PERSONNAGE PUBLIC.J’AI DÜ PARFOIS PRENDRE UNE GRANDE RESPIRATION POUR ÉCRIRE CERTAINS PASSAGES.MARIE-CLAIRE GIRARD mammattmmmimmmm ROBERT BOURASSA tel que je Fui connu Un témoignage touchant sur Robert Bourassa, l’homme par Luc Bertrand, ancien attaché politique en vente chez votre libraire EDITIONS PIERRE TISSEYRE Le roman québécois Page D 3 Le feuilleton Page D 5 Louise Nevelson Page D 7 Grille télé du week-end Page D 9 Formes Page D 10 753 I.E I) E V 0 I II .I.E S S A M E I) I 2 2 E T I) I M AN C II E 2 3 M A R S I II I) 7 I) 2 - L 1 V R E S - BISSONNETTE Il y a mille façons d'écrire SUITE DE LA PAGE I) 1 ou un bloc de marbre représente une audace folle.Vous vous rendez compte de ce que ça veut dire si vous vous trompez.» Mais avec un ordinateur, cela apparaît facile à Lise Bissonnette.Comme la machine à écrire a été un appendice pour la journaliste, le traitement de texte remplit le même rôle auprès de l’écrivain.Elle souligne qu’il y a mille façons d’écrire: la nuit, le jour, à l’encre noire ou à l’encre verte, mais qu’en ce qui la concerne ses processus mentaux s’accommodent mieux du mot directement imprimé sur un écran.Tout comme elle préfère écrire de la fiction le matin et des éditoriaux l’après-midi, laissant peu de place à une aléatoire inspiration et prouvant, par ce fait, que le travail est l’ârpe même d’un texte.Ecrire, comme travailler, va contre la volonté qui l’habite continuellement de faire autre chose.«Je veux écrire, je trouve intéressant de le faire, j’aime inventer des histoires, j’aime les écrire et surtout les écrire de façon contemporaine.Mais il y a toujours la tentation de s’asseoir avec un bon livre.Au fond, je suis une paresseuse qui travaille beaucoup, une paresseuse qui rêve de ne rien faire mais qui abat des tonnes de travail pour ne pas se sentir coupable.» A Etre de son temps Alors qu’on glose constamment là-dessus, le repère historique de l’an 2000 n’énerve pas beaucoup Lise Bissonnette.Elle avoue quand même apprécier se retrouver à une époque charnière et que, face à l’écriture, le défi consiste à redire des choses qui ont déjà été dites.Autrement.À l’époque du zapping mental, l’écriture suit le courant et évolue; Il faut qu’elle soit de son temps.«George Sand, explique Lise Bissonnette, écrivait tout d’abord à la façon des romantiques, puis s’est tournée vers le réalisme.Elle était de son temps.On n’écrit plus comme cela maintenant, et la difficulté est d’être, en tant qu'écri-vain, le reflet de son époque.Il faut être à la fois contemporain et lisible.Dire autrement l'amour, la guerre, la mort, le triangle amoureux, la jalousie.» C’est là le bonheur d’écrire des nouvelles: avoir la possibilité, en peu de pages, de camper des personnages, leur insuffler la vie.C’est un peu le détour qu’a pris Lise Bissonnette en écrivant Quittes et doubles: «J’ai un troisième roman en chantier, et j’éprouvais quelques difficultés, je n’ai pas connu l’angoisse du deuxième livre, mais bien l’angoisse du troisième.Et on m’a dit: pourquoi ne pas essayer de faire quelque chose avec ces histoires qui sont là et qui traînent depuis une dizaine d’années.J’en avais une douzaine, j’en ai ajouté trois.J’y croyais plus ou moins, j’étais réticente et j’ai donc commencé par celle où l’histoire s’imposait plus facilement, la nouvelle qui a pour titre Le Purgatoire et que je voyais de tous mes yeux.La glace était cassée.» Elle avoue se trouver dans un poste d’observation extraordinaire de par son métier et avoir eu beaucoup de plaisir à concocter la première des quinze nouvelles du recueil qui met en scène un personnage résolument «dra-be» à qui rien n’arrive et qui évolue dans l’univers aride et sans imagination des entreprises et des gestionnaires.Une autre nouvelle porte sur un tableau de Courbet: L’Origine du monde, une toile représentant un sexe de femme et qui n’a pas fait le scandale auquel on aurait pu s’attendre à la fin du 19" siècle, le tableau étant toujours demeuré caché dans des collections privées.Dans la nouvelle, Lise Bissonnette amène un peintre québécois à Palis, un peintre très religieux, qui sera amené à contempler cette toile chez un chanteur d’opéra qui l’a invité chez lui.Et elle dit avoir trouvé très amusante la recherche qui a entouré l’écriture de cette histoire puisque, si la plus grande partie est inventée, tout est cependant plau-sible.On peut lire la nouvelle avec plaisir sans comprendre les allusions et les clins d’œil qui s’y trouvent, comme on peut lire la nouvelle où on retrouve la cantatrice Emma Albani et se demander s’il est vrai que.Lise Bissonnette écrit de la fiction qui pourrait s’avérer vraie.Qu’est-ce que le drame humain aujourd’hui?, s’interroge-t-elle.Et comment décrire les intellectuels, dont on parle peu dans les romans et qui constituent une formidable mine de personnages sous-exploités?«Les gens pensent que les cérébraux n’ont pas de sentiments, continue-t-elle.Pourtant ils souffrent eux aussi et avec une complexité perverse.Leurs histoires d’amour sont parmi les plus étonnantes parce qu’ils se compliquent la vie, qu’ils agissent contre la rationalité dont ils font preuve dans les autres sphères de leur existence.Je les trouve fascinants, doutant d’eux-mêmes et pratiquant une auto-analy- se qui leur fait ressentir la souffrance avec encore plus d'acuité.» Les choses crues Et les «choses crues» de Quittes et doubles?Car il y a la présence d’une sensualité et d’une sexualité qui s’expriment sans fards à travers les pages des quinze nouvelles.Lise Bissonnette appelle un chat un chat et, dit-elle, «les choses s’expriment parfois brutalement car on n’écrit plus maintenant comme au siècle dernier.Il faut écrire ces choses sans fausse pudeur.Ces “scènes de réciprocité" se produisent dans le domaine de l’intime et je n’ai pas voulu me censurer.Etant donné mon personnage public, j’ai du parfois prendre une grande respiration pour écrire certains passages.Mais avec l’expérience des deux premiers romans, j’ai compris qu’il ne fallait pas sous-estimer le lecteur.» L’écriture est une grande gratification doublée de beaucoup d’angoisse, observe-t-elle: «J’étais terrorisée la première fois de mettre quelque chose de plus personnel sur la place publique.Avec l’usage, on apprend qu’on ne se fera pas dévorer tout rond.Et demeure la grande satisfaction que tout cela comporte.» L’écriture, valorisée depuis toujours, trouve donc son ultime concrétisation dans une œuvre de fiction.Et la certitude que plus on écrit, mieux on écrit QUITTES ET DOUBLES Scènes de réciprocité lise Bissonnette Boréal, 1997,166 pages L’écriture est une grande gratification doublée de beaucoup d’angoisse «m EN VENTE EN KIOSQUE : 5 S • ABONNEMENT POUR UN AN (6 NUMÉROS) : 28 $ (ÉTUDIANTS : 20 $) 1751, rue Richardson, bureau 5500 Montréal (Québec) H3K 1G6 DÉCOUVREZ ARTS M LETTRES N SPECTACLES N SCIENCES HUMAINES MARS-AVRIL 1997 Un dossier sur renseignement et futilité de l’histoire Un hommage à Gaston Miron Des articles sur Jean Genet, Maurice Blanchot, André Brochu, Geneviève Letarte, etc.Des chroniques sur le théâtre, les sciences, la bande dessinée N0 153, MARS-AVRIL 1997 GOUGAUD SUITE DE LA PAGE D 1 en tournée.De 1965 à 1975, il a écrit plusieurs chansons pour Jean Ferrât, Juliette Gréco, Yves Montand et Serge Reggiani avant de faire carrière à la radio.«J’ai cessé d’écrire des chansons au milieu des années 70.Aujourd’hui?Je ne suis pas certain que je voudrais écrire des chansons.La chanson devient de moins en moins un art et de plus en plus une industrie.» Gougaud se consacre désormais à l’écriture, tout en participant fréquemment à des soirées de contes.«C’est oralement que le conte prend tout son sens.J’adore les présenter devant public.J’y éprouve un plaisir immense.» Quelle marge de liberté possède le conteur?N’est-il pas prisonnier du conte, contrairement au romancier pour qui la fiction n’a pas de limite?«Je recueille souvent mes contes auprès d’ethnologues ou autres chercheurs.Et c’est à partir de ce moment qu’entre en jeu l’écrivain.Les Contes de l’envie d’elle et du désir de lui permettaient toutes les libertés.Je suis autonome, je peux tout inventer, à condition de ne pas trahir le conte.Et puis, le conte est justement fait pour être interprété par diverses voix.Les contes sont des êtres vivants.C’est la raison pour laquelle il traversent les siècles.» LE LIVRE DES AMOURS Henri Gougaud Seuil, Paris, 1996,240 pages LA VIE LIT T É K A I R E LE DEVOIR Salon du livre de l’Outaouais Le 18" Salon du livre de l’Outaouais se déroule jusqu’à demain au Palais des congrès de Hull.Le Salon a ouvert ses portes mercredi, en l’absence du président d’honneur, Victor-Lévy Beaulieu, retenu à Trois-Pistoles pour cause de maladie.Jean-Louis Gaudet, sixième lauréat du prix littéraire Jacques-Poirier-Outaouais pour son roman Le Violon du diable, a reçu une bourse de 2500 $.Les défis de l’an 2000 bi Commission du livre et de l’édition spécialisée de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) annonce la tenue d’un Forum sur l’industrie du livre.L’événement aura lieu les 24 et 25 avril à l’Hôtel Sheraton de Montréal.Le président de la Commission du livre et de l’édition spécialisée, Antoi- ne Del Busso, le président de la SODEC, Pierre Lampron, et la ministre de la Culture et des Communications, Louise Beaudoin, y prononceront des allocutions.Un projet critiqué Sept associations nationales représentant les universités, les collèges communautaires, les commissions et conseils scolaires, les éducateurs et bibliothèques ont exprimé leur mécontentement au cours des derniers jours parce que la réforme du droit d’auteur proposée par le gouvernement fédéral, le projet de loi C-32, renie des engagements répétés en vue de rétablir l’équilibre dans la loi régissant le droit d’auteur au Canada.On retrouve parmi les signataires l’Association des universités et collèges du Canada et l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université.LIVRES ET MÉDIAS Télé.Les invités de l’émission de Radio-Canada Sous la couverture, présentée demain à 16h, commenteront les livres suivants: Elémentaire, ma chère Sarah, de Jô Soarès, Quand les éléphants pleurent, de Geffrey Masson et Suzanne McCarthy, et Big, de Valérie Tong Cuong; Jean Fugère s’arrêtera à l’ouvrage de Georges Llébert-Ger-main, Souvenirs de Monica, et Francis Dupuis-Déri parlera de son recueil d’entretiens, L’Archipel identitaire.Radio.A CIBL, à 12h30 aujourd’hui, Robert Chartrand reçoit Luc Bertrand pour son livre, Robert Bou-rasça tel que je l’ai connu.A l’émission Le Temps perdu, à la radio FM de Radio-Canada, demain à 15h, Stéphane Lépine et ses invités s’attardent aux littératures hongroises.Cinq siècles d’histoire en 90 minutes! M E I L L EUR E S V EN T E S MICHEL TREMBLAY QUARANTE-QUATRE MINUTES QUARANTE-QUATRE SECONDES Toutes catégories Quarante-quatre minutes, quarante-quatre secondes Michel Tremblay, Leméac Romans étrangers 1- Le Liseur Bernard Schlink, Gallimard 2- La Nuit de l’erreur Tahar Ben Jelloum, Seuil Beach Music Pat Conroy, Albin Michel 3- Morts en eaux troubles Patricia Cornwell, Québec-Livres Romans québécois 1- Quarantequatre minutes, quarante-quatre secondes Michel Tremblay, Leméac 2- Amabelle Marie Laberge, Boréal 3- Ces enfants d’ailleurs Arlette Cousture, Libre Expression Commun des mortels Marthe Gagnon-Thibodeau, J.C.L.Essais 1- La Fin du travail Jeremy Rifkin, Boréal 2- Entre le boom et l’écho David K Foot, Boréal 3- Sympathie pour le diable Paul M.Marchand, Lanctôt Format poche 1 -Je mange donc je maigris! Michel Montignac, J’ai lu 2- L’Alchimiste Paolo Coelho, J’ai lu 3- L’Homme flambé M.Ondaatje, Points Seuil Jeunesse 1- Capitaine Girue Akira Toriyana.Dragon Bail n” 24, Glénat 2- La Malédiction des opales Chrystine Brouillet, Roman Jeunesse, Courte Echelle 3- Cauchemars Nicole Davidson, Coll.Frissons, Héritage Relevé mensuel de l’Association des libraires du Québec «Dans son essai, [Michel Dorais] remet [.] les pendules à l’heure.[.] Son talent de vulgarisateur 11’est plus un secret pour personne.» La Presse «Reprenant une méthode éprouvée dans ses ouvrages précédents, [.] Michel Dorais [.] interroge la manière dont ces victimes masculines npTmÏÏMSIiNAqHf ( onsli uiscnl.tant bien que mal.leur identité, leur soi.» Kohol I Sillet! i.I.i Itrrim «[Michel Dorais] nous présente ici le premier livre en langue française sur les abus sexuels impliquant des garçons» Magazine, RG Ça arrive aussi aux garçons L'abus sexuel au masculin ¦s 19,95 S 240 page Dorais vlb éditeur Michel Dorais CA ARRIVE AUSSI AUX GARÇONS ' vio éditeur l’HEXAGONE Lire, un art de vivre Annie Molin Vasseur ZERO UN Roman • l’HEXAGONE Annie Molin Vasseur Zéro un 206 p.19,95 S Un premier roman entre présent et passé.Une écriture de mémoire vive entre les mots de l’enfance et ceux des échanges amoureux.Des jeux de miroirs étonnants.Du 19 au 23 Venez au»i voir le Café Internet HIERIIPOUS n n-dalM nOo^c.?mars 1997, au Palais des congrès de HuU livre de l’Outao |j,l Patrimoine I i>|)roil .«SL Radio-Canada l*! canadien ‘S* CBOF90.7FM Radio-Canada Télévision Ontario-Outaouais Parrainé par .la Caisse populaire St* Joseph .(Je Huit - 19 mars, de 17 H à 22 h 20 et 21 mars, de 9 h à 22 h 22 mars, de IO h à 22 h 23 mars, de ioh à 17H * Adultes : 6 $ — Adolescents : 3 $ Enfants: gratuit Remise de eoiqxms i-aliais d une valeur équivalente ,i votre prix d'admission.valides au Salon ou clic/ les libraires participants de fOutaouais jusqu'au 30 avril‘|i)97 (détails à l'entrée).http://www.slo.qc.ca/ ? I, !•: I) !•: V 0 I R .I.K S SA M K I) I 2 2 E l> I M A X C II K 2 A M A li S I !) !l 7 I) 3 L I V R E 8 ESSAIS QUEBECOIS Voyage au commencement de la nuit Robert S a I e 11 i ?L’humanité n’est au fond qu’une parenthèse diurne entre deux éternités nocturnes GEOGRAPHIE DE LA NUIT Laïc Bureau L’Hexagone, Montréal, 1997 254 pages Seigneur! Ouvrez-moi les portes de la nuit, afin que je m’en aille et que je disparaisse!, clamait Hugo dans une de ses Contemplations.Un siècle et demi plus tard, on pourrait croire que c’est la nuit elle-même qui est en train de s’évanouir au profit d’un jour aux clartés toujours plus rayonnantes, plus dominantes.Le progrès, l’a-t-on assez dit, est une conquête de la raison humaine sur les ténèbres de l’univers.Mais pour Luc-Bureau, nous sommes allés trop loin, et l’équilibre est rompu.La nuit nous échappe, et avant qu’elle ne fasse son entrée au Musée des désuétudes, il faut la réhabiliter.Géographie de la nuit est un éloge des ténèbres.Bien que le titre fasse explicitement allusion à la formation de l’auteur, qui enseigne la géographie à l’Université Laval, on lira cet essai comme une réflexion très personnelle sur la nuit.Bien sûr, cette réflexion repose sur quelques composantes géographiques, l’habitat et la ville notamment, mais le propos déborde largement le cadre de la géographie, du moins entendue de manière stricte.Nous sommes loin ici de l’ouvrage disciplinaire et encore plus loin de l’ouvrage théorique.A mi-chemin de son essai, M.Bureau, en quelques paragraphes, prend même ses distances face à la discipline.La géographie a horreur du noir, dit-il, et les objets qui préoccupent le géographe — parfois l’occupent, tout simplement — sont les corps spatiaux sensibles, visibles, ceux que l’on peut détecter à la surface de la Terre.Luc Bureau ne mange pas de ce pain blanc-là, lui dont le terreau didactique est — soyons précis — la géographie culturelle.Et il est vrai que de culture, l’auteur de Géographie de la nuit n’en manque pas.La littérature, la mythologie, l’étymologie, l’histoire et la philosophie forment l’engrais organique de cet essai dédié aux noctambules, aux couche-tard, aux oiseaux de nuit, aux aveugles, aux nyctalopes, aux ténébreux et autres amoureux de l’obscurité.Une dérive sur le thème de la nuit Mais plutôt que de réflexion, peut-être devrions-nous parler de méditation, de vagabondage, de dérive sur le thème de la nuit, tant les intuitions interprétatives, les souvenirs d’enfance, les récits imaginés de la fondation du monde et les références littéraires — de Rabelais à Vian ou Perec et de Res-tif de la Bretonne à Borges en passant par Hôlderlin dont le célèbre «c’est poétiquement que l’homme habite» va se transformer pour l’occasion en un «c’est nuitamment que l’homme habite» servant en quelque sorte de leitmotiv ou de mantra à l’écriture — prennent le pas sur les idées.Géographie de la nuit est un essai foncièrement passionné qui combat (sans violence indue) la pente de sa discursivi-té.L’auteur, qui a de la sensibilité littéraire, a compris que la forme et le fond d’un texte ont avantage à rester indissociables.Il aime se laisser guider par les mots.Toutes les expressions et tous les aphorismes relatifs à la nuit ou à l’obscurité sont ainsi mis à contribution dans cet essai marqué par un désir évident de jouir du langage.Pour Luc Bureau, la nuit a un rapport d’antériorité sur le jour, que toute notre civilisation refoule.L’humanité telle que nous la connaissons n’est au fond qu’une parenthèse diurne entre deux éternités nocturnes.La vie ne germe-t-elle pas dans l’ombre d’un utérus avant de s’achever dans un trou noir?Alors, pourquoi les principaux ingrédients de notre humanité n’émergeraient-ils pas de la nuit?C’est en cherchant à remonter aux premiers signes de culture, à l’émergence de la parole, du droit, des premiers groupements sédentaires, de la cité même, que l’on peut découvrir — et c’est ce que Luc Bureau fait pour nous — jusqu’à quel point l’être humain est l’amant des ténèbres.Ne dit-on pas que la nuit nous enveloppe, nous saisit, nous pénètre, nous dissout?La nuit est devant et derrière nous, mais aussi, plus sournoisement, en nous, dans notre rapport imaginaire au monde.Une compréhension du temps Ce n’est pas la moindre des curiosités de ce livre curieux dans le très bon sens du terme: la géographie mène à une compréhension particulière du temps.Luc Bureau réfute la prédominance du temps diurne, planifié, archivé, comptabilisé, le temps efficace, productif, la domination de ceux qu’il appelle les chronolâtres.Il leur préfère les chronoclastes (comme dans «iconoclastes»), une race en voie de complète extinction si ce n’était de quelques phénomènes résiduels comme les joyeux fêtards, les clochards assoupis, les musiciens ambulants, les artistes apatrides, les amoureux romantiques, les agitateurs sans cause,, les bohèmes et les lunatiques.Evidemment, l’humanité ne se divise pas simplement en chronolâtres et chronoclastes, mais il est vrai que de manière générale, les sociétés civilisées prônent une gestion toujours plus serrée, mécanique, du temps.Pas étonnant dans les circonstances que l’histoire représente pour le commun des mortels un amas indigeste de dates lointaines qui n’ont pas grand-chose à voir avec sa réalité immédiate.Nous sommes devenus incapables de rêver au passé, de rêver le passé.On pourra, si l’on veut, lire Géographie de la nuit comme une diatribe enjouée contre la technocratie, l’instru-mentalité, le neuf à cinq, le réalisme, le béton, la banlieue, les horloges, les gratte-ciels, la transparence du langage et des signes, et j’en passe.L’auteur ratisse large, induit par un sujet sans fin.Car parler de la nuit, c’est parler du rêve, c’est parler de la lune, c’est parler de Dionysos.C’est paler du désir et c’est parler de la mort.C’est parler de la cité et c’est parler de l’eau.N’est-ce pas étonnant de constater qu’en France, par exemple, 95 % des villes de plus de 20 000 habitants sont situées au bord de l’eau?Quelques-unes des belles pages de cet essai s’inspirent à juste titre des méditations d’un Gaston Bachelard sur la nature et ses éléments.Un dernier chapitre en apparence plus polémique permet à Luc Bureau d’opposer les deux grandes références culturelles des Québécois: d’une part les Etats-Unis, patrie du diurne, de l’espace, de la frontière au-todéclarée, du puritanisme et du voyeurisme (les deux vont ensemble), d’Annie Sprinkle, et d’autre part l’Europe, patrie du nocturne, des paysages escarpés, des villes distinctives, de l’histoire.Entre ces deux modèles, le Québec a-t-il choisi?L’auteur n’en dit mot.Les défenseurs de la culture américaine s’offusqueront peut-être de tels propos, mais il faut y voir davantage là un effet de la généralité du propos que le résultat d’un antiaméricanisme primaire.M.Bureau est un homme trop intelligent pour se laisser emprisonner dans des dichotomies gratuites ou stériles.C’est aussi un homme qui prend des risques — c’est tout à son honneur—et son propos flirte parfois, subrepticement, avec un certain mysticisme, ce qui est sans doute normal quand on traite de l’histoire de l’humanité.Je disais au début que Géographie de la nuit était un éloge des ténèbres.Je précise: c’est un éloge brillant.Il faut souhaiter que cet essai ne devienne pas un éloge funèbre.Que la nuit, comme l’humanité, ne rende jamais son dernier soupir.Je dois vous quitter, les portes du jour s’ouvrent devant moi.LE ROMAN QUEBECOIS Un aller simple pour l’amour LA CELEBRATION Nairn Kattan L’Hexagone, Montréal, 1997 204 pages Septième roman de Nairn Kattan, écrivain, essayiste, professeur, journaliste et collaborateur au Devoir, La Célébration semble d’abord, comme son auteur, n’avoir pas de temps à perdre.Voilà dans les deux premières pages le portrait d’un drôle de zigoto, Pierre Lévy, dont la nouvelle lubie (après le jogging matinal, obsession définitivement écartée dès la première blessure, l’année précédente) est de ne plus manger que de la nourriture casher.Deux pages de plus et l’on apprend que cet homme s’appelle de fait Nathan-Pierre Lévy, le choix de ne pas utiliser son prénom hébreu correspondant au désir de ses parents (eux-mêmes casés rapidement comme d’ennuyeux personnages), de remiser dans l’oubli tout ce qui pourrait leur rappeler les souffrances de leur peuple.«Je suis juif», dit-il afin de justifier ses nouvelles restrictions alimentaires à sa femme Christine, une Canadienne française comme des milliers d’autres, dont l’enfance à l’eau bénite n’a pas permis que se développent heureusement ses rapports à la religion, quelle qu’elle soit «Je le sais, Pierre.Je suis ta femme.Je vis avec toi depuis quinze ans», rétorque laconiquement celle avec qui, à l’évidence, Nathan-Pierre s’emmerde passablement «H n’y a plus de Pierre, dit-il, radouci.Mon nom est Nathan.Je m’appelle Nathan.» Encore quelques pages, et Nathan se mettra à fréquenter la synagogue et à accabler de questions le jeune employé qui l’assiste pour l’été dans sa pharmacie du quartier Côte-des-Neiges.«Pourquoi portez-vous la kippa?Imperturbable, indifférent le garçon, sans lever les yeux, répondit: —Je suis juif.— Moi aussi, rétorqua Pierre.David garda le silence.— Moi aussi, je suis juif, répéta Pierre en élevant la voix.» Au rythme où s’installe l’histoire et s’impose la volonté du personnage principal de réintégrer sa culture, on peut penser que bientôt Nathan aura cent cinquante ans et sera devenu un fier rabin.Mais est-ce le respect des coutumes judaïques dont les circonstances l’ont tenu loin jusqu’à présent qui l’interpelle?Ou n’est-ce pas plutôt le goût de l’amour, tel qu’il ne l’a pas connu avec sa femme Christine, qui le presse de bouleverser sa vie présente?Les deux voies sont (habilement) confondues.L’initiation par les femmes À l’éclairage de l’excellente entrevue réalisée par Jacques Allard avec Nairn Kattan en 1985 dans la revue Voix et finages (vol.XI, n° 1), où le romancier, né à Bagdad en 1928, admet Nairn Kjltan J u lie S e rgeti t La Célébration décrit un univers québécois peu fréquenté dans notre littérature que son arrivée dans le Tout-Paris effervescent de l’après-guerre, en 1947, puis son immigration au Canada en 1954, ont été facilités par quelques aventures féminines, on comprend que la quête d’un amour et celle d’un univers, fût-ce, comme ici, une reconquête, entretiennent pour lui de nécessaires résonances.«Pour la personne qui arrive dans un pays, c’est normal que ce soit le plus court chemin, explique Nairn Kattan.Il y a ce besoin de ne pas être exilé et de ne pas être exotique.Quelle est la solution?Im solution, c’est d’entrer dans la société qui nous fascine, de ne pas la regarder derrière une vitre ou comme dans une vitrine mais de rentrer dans la boutique, de rentrer dans la maison, d’être là, d’être l’un des acteurs.Le seul moyen de le faire, c’est d’être avec une femme qu’on aime et ça se fait comme ça.» La Célébration montre bientôt que l’apparente facilité de cet exercice n’exclut pas les ratés.Après qu’il se fut enseigné l’hébreu «tout seul», «sans l’aide de personne», comme un petit enfant construit son identité, Nathan s’abandonne au premier sésame venu, une femme juive donc, épouse et mère, prénommée Dina.Pressée d’initier Nathan aux bontés de l’amour, Dina régénère sans mal le héros inquiet et taciturne.«Il était de retour.Ni hôte ni étranger, un visiteur au terme de l’exil.C’était le foyer réel, la femme.» Mais l’émotion de Nathan est appelée à fluctuer.Car ce que ses retrouvailles avec le judaïsme, en particulier la lecture de la Torah, ont de pur et d’inspirant, le personnage de Dina le nimbe peu à peu de laideur.D’abord une figure maternelle, tendre et bonne pour le novice, elle laissera bientôt émerger sa véritable nature.Celle d’une femme brisée, qui ne sait assouvir ses désirs d'amour qu’en multipliant les aventures extraconjugales.Celle d’une femme qui a toujours été abandonnée, et qui le sera encore, totalement De son côté, témoignage vivant qu’il existe un Dieu pour ceux qui le cherchent éperdument, Nathan sera La célébration plutôt gentiment invité par sa légitime épouse à voler de ses propres ailes.Il ira alors se perdre un temps dans le vaste monde puis, reprenant sa quête, choisira une compagne beaucoup plus appropriée à ses besoins.Juive marocaine récemment installée à Montréal après la mort de son mari, Tova sera l’heureuse élue, ravie d’emprunter avec Nathan les chemins de l’amour et de la tradition.Le rythme plutôt soutenu de la première partie, et s’accordant de fait à cette idée de la passade amoureuse, ralentit désormais au jour le jour de la communion, fragile bien qu’elle semble inéluctable, de deux individus.Nathan et Tova s’embrassent souvent, se répètent «Je t’aime» et s’enlacent Leurs corps n’ont de cesse de les emporter, les devancer, les transporter.C’est à l’union totale, corps et âme confondus, que le lecteur assiste ici.Un amour qui ne va pas sans inquiétude, bien sûr, qui a ses moments de lassitude et ses éclats de jalousie.Mais qui est cimenté par la foi de ses partenaires.Un roman initiatique Roman initiatique d’un routier de l’écriture, La Célébration décrit un univers québécois peu fréquenté dans notre littérature, ce qui explique sans doute ses quelques passages à vocation nettement pédagogique: explication des origines de certaines traditions judaïques, visite guidée à la synagogue, traduction simultanée de termes hébreux.Les phrases assez courtes, descriptives, montrant Nathan déambuler dans son Montréal natal (entre Côte-des-Neiges, Notre-Dame-de-Grâce, Outremont, le mont Royal), ou au travail (après avoir vendu sa pharmacie, il travaille dans un laboratoire pharmaceutique, à Can-diac, puis à l’Hôpital juif de Montréal), ou pendant l’une ou l’autre de ses démarches amoureuses ou spirituelles, ne sont pas sans faire penser aux textes bibliques.Et si le début suggère une série de bouleversements rapides, les tribulations — dont certaines sont de fait plutôt cocasses — d’un personnage décidé subitement à ruer dans tous les brancards, on admet bientôt que La Célé-: bration est un épisode très sérieux, la recherche d’un sens à la vie, la longue parabole de l’enfant revenu dans le droit chemin.DISQUES COMPACTS.LIVRES, CASSETTES, DISQUES, BD [tj i vi a ri mm [ti 11 ktoh ffl 3694 St-Denis, Montréal CHOIX ET Qualité 713 Mont-Royal Est, Mil Métro Sherbrooke 849-1913 Métro Mont-Royal 52341389 DOMINIQUE ROBERT Sourires D°M/N/QUE ROBERT Le temps passe et chaque nuit, il faut s’endormir et rêver.N’est-ce pas là demander l’impossible?96 P-, U,95 $ Cet imperceptible mouvement jgjjjl Il est des écrivains — et Aude est de ceux-là — qui n'ont d'yeux que pour ces petits signes qu'on émet avant que tout s'éteigne ou que tout renaisse.Ces gens sont des chasseurs d'âme.Ils sont peu nombreux et d'une classe à part.J Aude Cet imperceptible mouvement LES HERBES ROUGES / POESIE xrz éditeur 1781, rue Saint-Hubert, Montréal (Québec) H2L 3Z1 Téléphone : 525.21.70- Télécopieur : 52S.7S.37 e Parchemin DEPUIS 1966 • MÉTRO BERRI-UQAM bien plus que des mots J üSr Correspondante Adressage .I FRANCHIS REHUi nymte Québec»» ^portant Le obc IVMSloy 2.0) est plus oflert abonnement LE FRANÇAIS AU BUREAU 4e édition remaniée, amplifiée 404 pages Disguettes Le français au bureau au bout des doigts Environnement Windows Configuration minimale: • Windows 3.1,3.11 et Windows 95 • 4 Mo (8 Mo de préférence) de mémoire vive - 3 Mo d'espace disque Environnement Modntosh Configuration minimole: •MkmordinoteurMocintosh -Système 7 et plus •4 Mo de mémoire vive •2 LE PAYSAGE AU QUEBEC LE DOC VERSION 2.0 Un disque compoct comprenant: • la Banque de terminologie du Québec (BTQ), dictionnaire informatisé qui compte environ deux millions de termes anglais et fronçais.On y trouve lo terminologie à iour dons le domaine des sciences, des techniques, de la gestion, du commerce, des finances, etc., La version 2.0 compiend 30 000 fiches nouvelles ou mises à jour, dons des domaines de pointe.• La Banque documentaire qui cumule des références bibliographiques utiles ô la recherche terminologique.• Le français ou bureau - quatrième édition remaniée et amplifiée.Environnement DOS Environnement Windows Configuration minimole: Configuration minimole: ¦ 420 ko de mémoire vive - 8 Mo de mémoire vive 2 Mo d'espoce disque •1,5 - DOS 3.3 - Lecteur de doc double vitesse S ——- -:iar f VOCABULAIRE ?JTINTERNET, cnwmn»» ~ Québec: •Windows 3.1 - Lecteur de doc double vitesse VOCABULAIRE INTERNET 2e édition, revue et augmentée Cet ouvrage bilingue confient les équivo-lents fronçais de lo terminologie de bose d'Internet, tous définis, et très souvent occompognés de notes explicatives.1997,144 pages B Gouvernement du Québec Office de le langue française Québec ss MOTS PRATIQUES MOTS MAGIQUES 505, rue Sainte-Catherine Est, métro Berri-UQAM, Montréal (Québec) H2L 2C9 TéL: (514) 845-5243 Fax: (514) 844-6485 Prix en vigueur jusqu'au 5 avril 1997 I) 4 E I) E V OIK.I.E S S A M E I) I 2 2 E T I) I M A N (' Il K 2 II M A II S I !) !) 7 - L I V I! E S G É O G R A I» II I E L’humanisation du territoire ATLAS HISTORIQUE DU QUÉBEC Population et territoire Sous la direction de Serge Courville Presses de l’Université Lava Sainte-Foy, 1996,200 pages RÉMY CHAREST Cy est ce mardi, le 25 mars, que le département d’histoire de l’Université de Montréal inaugure les festivités de son cinquantième anniversaire (qui coïncide avec le 50' anniversaire de l’Institut d’histoire de l’Amérique française).Des festivités qui porteront certainement leur lot de réflexions, à une heure où la faible connaissance historique des Québécois est régulièrement décriée.Parmi les activités prévues en cette journée, on comptera le lancement officiel du deuxième volume de la collection Atlas historique du Québec, Population et territoire, conçu par une équipe d’historiens, géographes et démo- graphes chevronnés, sous la direction de Serge Courville, de l’Université Laval.Même si la plupart des auteurs proviennent de l’Université Laval, on note la présence — du côté de l’UdeM — de John Dickinson, directeur du département d’histoire, et celle de Hubert Charbonneau, Bertrand Desjardins, Jacques Légaré et Hubert Denis, démographes connus entre autres pour leur travail sur l’imposant Projet de recherche en démographie historique, qui retrace l’ensemble de la population de la Nouvelle-France et des débuts du régime anglais.Partant de l’arrivée des premiers Amérindiens sur le territoire actuel du Québec jusqu’au développement des banlieues et des parcs industriels, traitant tout autant de l’aménagement du territoire que des migrations de population, de la fécondité et des rela- • ¦¦ :¦ * **." Un grand roman qui remonte jusqu'à nos racines, à l'époque où l’Europe se dessille les yeux et découvre avec ahurissement ïAutre Monde.Le nôtre ! Willie Thomas Cristoforo Récits insolites d'un singulier voyageur éditeur XYZ éditeur 1781, rue Saint-Hubert, Montréal (Québec) H2L 3Z1 Téléphone : 525.21.70 • Télécopieur: 525.75.37 DOMINOS Flammarion Un exposé pour comprendre, un essai pour réfléchir.ANOREXIE, BOULIMIE, OBÉSITÉ LE CLIMAT DE LA TERRE LA GESTION DES DÉCHETS TRANSPORTS DU FUTUR GERARD APfHLIx>RFER ROBERT 5ADOURNY PHILIPPE PI CHAT JÉSUS-CHRIST LE BOUDHISME LES DROGUES LE TEMP S MICHEL QUESNEL SNE KLEIN À lâchât de deux DOMINOS, le libraire participant vous remettra un CARNET DE NOTES DOMINOS (Dans la limite des stocks disponibles) La collection complète des DOMINOS (plus de 100 titres parus) est disponible chez : Montréal Archambault (rue Berri) • Champigny (rue St-Denis) • Guérin (rue Sre-Catherine) • Le Fureteur (St-Lambert) • Olivieri • Raffin (rue St-Hubert) • Renaud-Bray (avenue du Parc) • Renaud-Bray (Brassard) • Renaud-Bray (chemin de la Côte-des-Neiges) • Zone libre Sherbrooke Biblairie (Université) Chicoutimi Les Bouquinistes Rimouski Librairie Blais Québec Archambault (place Sainte-Foy) • Bouquinerie Cartier • Boutique du livre • Campaniloise • Laliberté » Librairie Générale Française • Librairie Tome Un • Librairie Universitaire du Québec métropolitain • Pantoute • Vaugeois Joliet te René Martin Trois-Rivières Clément Morin • Poirier • L’Exèdre tions interculturelles, cet Atlas historique permet de tracer un portrait large et aux multiples facettes de l’«humanisa-tion du territoire» québécois.Pour ce faire, il a recours a des explications détaillés, ainsi qu’à une grande variété de tableaux, graphiques et cartes.Certaines de ces informations visuelles se saisissent du premier coup d’œil, d’autres demandent un temps d’arrêt important pour que l’on en intègre bien les multiples variables.Il en va de même des textes, qui passent du plus facile au plus technique, selon les auteurs, les disciplines et les thématiques choisies.On y parle de microéchantillons, de bassins patronymiques, de redéploiement spatial, des aspects sociodémographiques de la stratification de l’espace québécois, etc.Sans verser dans l’excès de jargon, l’ouvrage travaille avec un vocabulaire dont il faut à tout le moins maîtriser les bases pour que la compréhension suive toujours aisément.En ce sens, il s’adresse plutôt à un public spécialisé qu’aux profanes motivés plus par la curiosité que par la connaissance préalable.L’élaboration d’un ouvrage plus général et plus ouvert au grand public, doté de graphiques et cartes simples et expressives, devrait peut-être faire partie des plans des directeurs de cette collection dont les qualités de rigueur et de précision sont évidentes.La connaissance historique des Québécois ne pourrait qu’en bénéficier: les ouvrages historiques pleinement et agréablement accessibles ne sont pas légion.II I S T O I R E Uhistoire, un passé composé ?Du Canada à un combat royal et à Frégault le Conquérant GILLES LESAGE UN PASSÉ COMPOSÉ Le Canada de 1850 à nos jours Jacques Paul Couturier en collaboration avec Wendy Johnston et Réjean Ouellette Éditions d’Acadie Moncton, 1997,418 pages Ce titre est plus qu’un simple clin d’œil d’un historien à la langue française, écrit d’emblée l’auteur principal en avant-propos.Un passé composé traduit très bien le projet historiographique qui anime Couturier et ses jeunes collègues, tous trois âgés de moins de 40 ans.Tout comme le temps de conjugaison, ils ont voulu écrire une histoire du Canada qui respire la proximité entre le passé et le présent.Ils y réussissent d’ailleurs fort bien, aux yeux du profane que je suis en cette matière névralgique.Leur méthode est fort intéressante.Leur histoire est constituée d’éléments qui s’emboîtent peu à peu les uns dans les autres, pour finalement former un tout véritable.Et pour eux, la synthèse historique ne peut être que le résultat d’un processus de composition, à partir d’éléments choisis par l’historien.Leur récit est centré sur l’essentiel, largement politique, mais aussi économique, social et culturel, à l’aide de fragments, de morceaux choisis, Les auteurs ont voulu écrire une histoire du Canada qui respire la proximité entre le passé et le présent qui aident le lecteur à dégager sa propre interprétation.Pourquoi 1850?Parce que cette année ouvre une décennie fertile en changements, surtout sur le plan économique: début de l’industrialisation, essor du chemin de fer.Version révisée et améliorée de L’Expérience canadienne, des origines à nos jours, publié en 1994, le livre a donc été amputé en conséquence et enrichi de nombreux extraits de documents d’époque, fort bien choisis, il me semble.Découpé en tranches comme des reportages journalistiques, avec des titres et des intertitres accrocheurs, l’ouvrage est complété, comme il se doit sur le plan pédagogique, d’importantes références bibliographiques, de cartes, graphiques, tableaux, illustrations et index.Les oubliés de l’histoire traditionnelle ne le sont pas, heureusement, pour les jeunes chercheurs, se gardant bien toutefois de tirer des conclusions abruptes de leurs travaux.La conclusion de l’épilogue est exemplaire à cet égard.«Depuis le milieu des années 1980, les Canadiens et les Canadiennes doivent s’employer à surmonter plusieurs difficultés.Il leur faut innover pour assurer au plus grand nombre d’entre eux un emploi adéquat, et à chacun un niveau de vie acceptable et un degré de protection sociale décent.Ils ont aussi à améliorer l’environnement physique, social et avec la complicité de Pierre Salducci Yves Navarre l'écrivain engagé et l'homme In»*, Kfr#!t» il Yves Navarre avec Pierre Salducci Un condamné à vivre s’est échappé 216 pages 19.95$ Yves Navarre s’exprime ici sur toutes sortes de sujets dont il ne parlait habituellement pas dans ses livres.Il expose, entre autres, sa conception de la littérature, notamment de la littérature homosexuelle, et s’attarde sur une multitude d’anecdotes drôles et attachantes qui le révèlent.Yves Navarre, lauréat du Goncourt en 1980, est décédé en 1994.Dans ce livre inédit, il s’adresse à nous dans une langue alerte et vive, dominée par l’humour et l'émotion.Si I*** 1 .5 .*52 S s3
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