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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1997-05-10, Collections de BAnQ.

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?LE DEVOIR ?Le roman québécois Page D 3 Hommage à Fernand Dumont Page D 4 U feuilleton Page D 7 Concours de journalisme Page I) 8 ?IKI IPJ |L|1 Raymond Gervais Page D 9 Formes Page I) 10 I.K |) K V O I It .I.K S S A M EDI I (I E T D I M A X ( Il K II M Al I !MI 7 Festival de la littérature Célébrer le plaisir des mots MARIE-ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR On les imagine sérieux, silencieux, rivés à l’ordinateur ou enfermés de longues heures dans une pièce sombre, embourbée de livres, affairés qu’ils sont à noircir une page blanche.L’espace d’une semaine pourtant, le Festival de la littérature tire les artistes du livre de leur solitude pour leur offrir micro, scène et pinceau.C’est la troisième fois que le Festival de la littérature, orchestré par l’Union des écrivaines et écrivains québécois (UNEQ), fait la fête aux mots, sur la scène montréalaise principalement mais aussi en région où il réussit cette année à étendre ses tentacules.Il marie danse, arts visuels, musique et littérature, avec, au cœur de toutes les préoccupations et comme dénominateur commun, les mots, encore et encore.Alors qu’il occupait auparavant le début de la rentrée littéraire, on a délaissé l’automne au profit du printemps cette année et c’est dans une ambiance de fête, voire de délire littéraire, que se dérouleront les nombreuses activités du Festival lancé hier et en cours jusqu’au 16 mai.Amants de la littérature, adeptes du livre, amateurs des arts en général et du plaisir en particulier, il y en aura de toutes les couleurs pour vous étonner.Pour bien lancer ce métissage des genres artistiques qui fait la fierté du festival — le thème en est d’ailleurs «Une littérature dans tous ses états» —, le spectacle de littérature et de danse Corps et écriture prend cette année encore l’affiche, le mardi 13 mai, à l’Agora de la danse.«Il s’agit de rencontres entre les écrivains qui, habituellement, ne bougent pas, et les danseurs qui, généralement, ne parlent pas», explique Michelle Corbeil, responsable de la promotion de l’événement.Ce mélange de voix et de corps réunira donc sur une même scène les artistes de la plume Serge-Patrice Thibodeau, Yolande Villemai-re et Geneviève Letarte et les experts du mouvement Benoît Lechambre, Silvy Panet-Raymond et Andrew De Lotbinière Harwood, le tout sous la direction artistique de D.Kimm et Aline Gélinas.Même si la majorité des activités sont gratuites, il faudra, pour celle-là, mettre la main au portefeuille.Les 5 à 7 Et pour «placoter» littérature, des 5 à 7 littéraires animés par le poète José Acquelin auront lieu aux Terrasses Saint-Sulpice jusqu’au 15 mai, sorte de lieu de rendez-vous de l’événement.Chaque jour, des poètes y présenteront des lectures ponctuées de quelques notes musicales.Le 14 mai, au Cabaret Music Hall, c’est L’État des mots, la soirée de littérature métissée, mettant en vedette l’artiste «multidisciplinaire» Nathalie Derome, qui allie texte, danse, musique et arts visuels.Elle y présentera des extraits de ses plus récents spectacles en plus de prêter la scène à des écrivains québécois aux origines culturelles multiples qui auront le choix du genre et de la langue pour présenter leurs écrits.Histoire de s’ouvrir sur le monde, le festival présente aussi à la Maison de la culture Frontenac, le 12 mai, L’Empreinte des signes, spectacle mis en scène par Martine Beaulne, animé par la pianiste Margaret Leng Tan et des écrivains canadiens d’origine chinoise.VOIR PAGE D 2: LITTÉRATURE grandes Camille, mm La Femme furieuse Le PIERRE CAYOUETTE LE DEVOIR Dans les premières pages de La Femme furieuse, Juliette, une jeune danseuse de ballet contemporain «au teint satiné et au corps de lait», exécute une curieuse chorégraphie.Elle frotte et astique son petit appartement avec une ardeur quasi névrotique, en proie à une poussée de panique semblable à celles qui affligent tous les jeunes adultes dans les heures qui précèdent une visite de leur mèœ.Etablie dans une grande ville que l’on imagine être New York mais que la narratrice ne nommera jamais «pour ne pas réduire son propos sur les villes», Juliette attend donc sa mère, une employée d’un grand magasin, vendeuse de bijoux en fin de quarantaine — dans tous les sens du mot —, qui troque pour quelques jours sa banlieue propre et endormie pour la jungle de la ville, là où sa fille a choisi de vivre.Là, aussi, où elle ira se perdre et se retrouver.Elle s’y rend seule, c’est-à-dire sans Lambert, son mari, un être éteint, traumatisé par un fait divers dont il fut le témoin gênant.Il a préféré rester à la maison pour y faire son jardin, écouter les tribunes téléphoniques à la radio ou coucher sur papier ses fantasmes.Au début, donc, on a beau être ébloui, porté par l’écriture belle et généreuse de Madeleine Monette, on se dit que cette «femme furieuse» qu’annonce le titre sera sans doute cette jeune artiste de danse contemporaine, celle qui «arrive à l’âge de confondre maturité et perfection sans s’effrayer des premiers signes du vieillissement».Très tôt, cependant, un renversement s’opère.On réalise qu’il y a eu méprise.On découvre peu à peu que cette «femme furieuse», ce sera la mère, Camille, qui, au gré de ses différentes identités, deviendra parfois Mia, parfois Milly.Cette femme portait en elle une dose de rébellion, un désir de «sortir de soi» que ni le lecteur ni sa fille, d’emblée complices, ne soupçonnaient.Camille jettera des ponts entre son présent et son passé et retrouvera un amour de jeunesse nommé Bello.Avec cet homme engagé qui a choisi l’action sociale et la défense des démunis, elle s’ouvrira au monde.Elle vivra surtout l’exubérance, la débâcle du désir, la ferveur et la fièvre amoureuse de son adolescence.(in midi roman PHOTO JOSÉE LAMBERT Des poèmes de jJ°sepb Drodsky les réflexions de Gardner sur la fiction le Ouébec après le dernier référendum .une même liberté LIBERTE 230 avril 1997 192 pages 6$ En vente partout où on aime les livres » I) 2 i.I-: it i: v it i h .i.!•: s s a m i: ni i n k t d i m a \ c n k i i m ai i ii ii 7 I, I V Ii, K S MONETTE m roman qui célèbre le midi de la vie SUITE DE LA PAGE I) 1 Ivlle si* lancera dans une quête éperdue d’amour et de jouissance.Cela la mènera à une audace spectaculaire et riche en symbolique.La seconde surprise de l'amour?«C'est, d'une certaine façon, un roman qui célèbre le midi de la vie.J'ai cru qu’il serait intéressant, à une époque où l'on glorifie la jeunesse jusqu’à l'absurde, de démontrer, parla force du roman, à quel point nous sommes tous trahis par les faux compartiments du temps.Im fille ne connaissait pas sa mère.Elle réalise, avec le lecteur, que la jeunesse se prolonge dans l'âge mûr sans que rien ne se perde.Im mère laisse monter en elle une colère que sa fille n 'avait pu imaginer.Elle renoue avec un amour-passion sans condition.L'in- fidélité devient parfois nécessaire à la survie de certaines personnes», confie Madeleine Mouette.«Ni elle ni Hello n 'étaient en faveur des séparations, mais ils croyaient aux délivrances», écrit-elle.Regard sur la ville D’autres l'ont dit en ces pages et ailleurs.Madeleine Monette a écrit un grand roman, un magistral roman.Les personnages s’y construisent ou s’y détruisent et explorent les profondeurs du corps et de l’esprit, au rythme d’une minutieuse chorégraphie.Ouvert sur l’infini, le roman propose aussi un regard d’une rare acuité sur la ville, «le lieu du fait divers», de même que sur les médias et leur ardeur presque cannibale à s’emparer de la vie des gens pour en faire un spectacle.Ce qui.dans la frénésie et le tourbillon des médias, devient banal et quotidien reprend tout son sens dans les lenteurs et les splendeurs du texte.Im Femme furieuse est aussi un roman sur l’art, un thème récurrent chez Madeleine Monette.Guidé liaison irascible chorégraphe, Juliette, la danseuse, cherchera, tout au long du récit, à trouver le geste juste, celui qui libérera l’émotion.Parallèlement aux dérives de sa mère, elle se battra contre les limites, les murs qui se dressent, retrouvera la fluidité.«Im danse visait à un ébranlement de l'être qui n’atteignait d'intensité comparable que dans la sexualité», écrit la romancière.On peut en dire autant de l’écriture de Madeleine Monette, qui prend ses racines dans les possibles du corps et qui partage la même quê- te que Juliette, cet «ego imaginaire» qu'elle a inventé.«C'est une écriture des sens.La conscience naît de la sensation», dit-elle de son art.Avec la patience douce et obstinée de ceux qui construisent véritablement une œuvre, elle a mis cinq ;uis à écrire Im Femme furieuse.Madeleine Monette publie peu.Après Le Double Suspect (prix Robert-Cliche 1980), Petites violences (1982) et Amandes et melon (1991), Im Femme furieuse est son quatrième roman.Même si elle a consacré cinq ans à ce projet littéraire, elle ne cède pas pour autant au piège narcissique de la sur-écriture» et atteint plutôt un équilibre, une maîtrise dont peu d’écrivains d’ici peuvent s’enorgueillir.Ixjs scènes d’action sont portées par la poésie; les scènes plus poétiques gardent le rythme des scènes d’action, l'écriture noue l’intrigue.Hile nous guide sur un sentier étroit qui débouche à l’infini.«Ce roman a permis une poésie inusitée chez moi.De même, il m'a pennis d’avancer dans l’écriture symbolique», confie la ro-mancière en faisant allusion à l'une des scènes les plus fortes et les plus riches de sens du livre.L’épisode est contenu dans le chapitre intitulé «Us Beaux Pendus».Il serait impardonnable d'en révéler davantage.Plusieurs écrivains québécois ont séjourné à New York au cours des dernières années.Madeleine Monette, elle, s’y est établie il y a dix-huit suis.Son écriture se nourrit de la ville et son imaginaire n’en est que plus riche.Elle explore aussi le continent nord-américain, ce que peu d’écri- vains québécois, davantage tournés vers la France, consentent à faire, Madeleine Monette se partage entre New York et Montréal, «comme une ligne se partage entre deux espaces», et son écriture prend place dans cette intervalle, dans cette tension entre deux grilles culturelles.Elle découvre ses origines dans son present.«Im grande ville est aussi le lieu du fait divers, un lieu qui nourrit l'imagination de l'écriture et de la lecture», dit-elle, jalouse de vie à Sol I», LA FEMME FURIEUSE Madeleine Monette L’Hexagone Montréal, 1997 336 pages MICHEL CHARÏRAND LES DIRES D'UN HOMME DE PAROLE I MICHEL CHARTRAND Il n’y a pas de plus beau spectacle que celui d’un homme i LANCTOT libre! EDITEUR l -r.» -, r- r rr.RNAN’l) KIISY m tu ükc a*i Il f.f>< I r i :R Roger Des Roches Le Rêve ROGER DES ROCHES le rêve les HERBES ROUGES/ROMAN 84 p., 12,95 S L I T T É R A T U K E J E IJ N E S S E Rions un peu Trois nouveautés humoristiques d'une auteure prolifique Une œuvre qui marque par sa crudité, et se démarque par sa qualité.Marie-Claude Fortin, Clin d'œil M.Roger Des Roches est un artiste, n’en doutons pas.Réginald Martel, La Presse Roger Des Roches aborde l’érotisme, un sujet souvent mal traité, avec des qualités littéraires indéniables.Chose rare.Gilles Crevier, Le Journal de Montréal Le Rêve est un roman érotique qui tient davantage de Sade, sans le sadisme, que de Lili Gulliver.Julie Sergent, Le Devoir LES HERBES ROUGES / ROMAN SALE TEMPS POUR LA MAÎTRESSE Fanny Joly Série Délires Bayard Poche, 119 pages À partir de 9-10 ans ALERTE AUX CHOUQUETTES Fanny Joly Romans Huit & Plus Humour, Casterman, 59 pages À partir de 8 ans LES FRISETTES DE MADEMOISELLE HENRIETTE Fanny Joly Cadet Livre de poche jeunesse, 93 pages À partir de 7 ans CAROLE TREMBLAY Tous les moyens sont bons pour attirer le lecteur juvénile et le transformer en rat de bibliothèque.Voilà qu’après la vague de collections policières, les éditeurs semblent s’être passé le mot pour dilater la rate des enfants.Jusqu’à Gallimard qui propose des ouvrages documentaires, les «Docudéments», rédigés conjointement par un spécialiste scientifique et un humoriste professionnel.L’idée est de «faire rire pour donner envie (le lire», comme le proclament les Editions Bayard en faisant mousser leur toute nouvelle série «Délires».Les six premiers titres viennent de paraître sous des couvertures plus laides les.unes que les autres.Trois d’entre eux sont traduits de l’américain; les trois autres proviennent de plumes françaises.Parmi ces dernières, il y a Fanny Joly, une Parisienne prolifique que l’on retrouve dans à peu près tous les catalogues d’éditeurs, surtout s’ils possèdent un volet fantaisiste.Joly amuse pour vrai Avec elle, on ne s’ennuie jamais.Contrairement à d’autres qui utilisent l’humour de façon racoleuse mais ne font qu’agacer, Fanny Joly amuse pour vrai.Sale temps pour la maîtresse, dans la collection «Délires», raconte la première semaine de classe de Mireille Pichard, une gentille jeune femme qui rêve d’enseigner depuis sa première rentrée scolaire, à l’âge de quatre ans.Evidemment, rien ne se passe comme elle l’avait imaginé.Déjà minée par le trac, la pauvre Mireille se voit confrontée à divers problèmes plus étranges les uns que les autres: mémos du directeur qui disparaissent, bruits bizarres qui couvrent sa voix, tableau qui danse quand elle tente d’y inscrire quelque chose, voix venue d’on ne sait où qui ponctue ses phrases de «poil aux dents» et «poil aux casseroles».Malédiction?Fantôme?Manigance diabolique pour la faire démissionner?L’intrigue nous porte, sourire aux lèvres, vers une finale loufoque et heureuse.Bien sûr, on ne s’esclaffe pas à chaque page, même si le quatrième de J.Q couverture nous promet des «fous rires garantis».En fait, l’humour se trouve plus dans la légèreté du ton et la fantaisie du scénario que dans une succession de gags désopilants.Alerte aux chouquettes, chez Casterman, reprend la structure du précédent pour un public légèrement plus jeune.Ici encore, l’intrigue est organisée autour d’un métier à ses premiers balbutiements.Cette fois, on quitte la craie et les tables de multiplication pour plonger dans le sucre et la farine avec Roger Dupinfray, qui réalise son rêve de jeunesse en ouvrant sa propre boulangerie-pâtisserie.Comme dans Sale temps pour la maîtresse, un mystère farfelu met en péril l’avenir prometteur du jeune travailleur.C’est que les délices de Roger ne sont pas au goût de tout le monde.Ils déplaisent d’ailleurs particulièrement à Mme Pâtissard, la femme de son ancien patron, prête à toutes les bassesses pour l’acculer à la faillite.Comme toujours avec Joly, le style est alerte et l’écriture fluide.La présentation, chez Casterman, est cependant beaucoup plus soignée que chez Bayard.La couverture cartonnée fait usage d’un graphisme moins repoussant (du moins d’un point de vue d’adulte) et les illustrations savamment griffonnées de Christophe Besse ajoutent une pointe d’humour supplémentaire.Dommage qu’on arrive pas à voir à quoi ressemble une chouquette.Le petit dernier de celle qui a déjà une cinquantaine de livres a son actif propose l’histoire d’une paire de jumeaux turbulents qui envahissent un salon de coiffure.Dans Les Frisettes de Mademoiselle Henriette, Alice et Martin profitent de l’absence de la propriétaire, coincée dans un ascenseur, pour prodiguer des soins de beauté à Mademoiselle Henriette et son horrible caniche, nommé Biquet.Cheveux qui tombent, teinture qui fume, chien qui fugue, la catastrophe est totale, mais une pirouette de l’auteure résout la crise en moins de temps qu’il n’en faut pour crier «ciseau».Publié en livre de poche, cette facétie s’adresse aux petite à partir de 7 ans.LITTERATURE L'aventure se terminera par La Numéraire, une nuit blanche vouée au plaisir des mots SUITE DE LA PAGE I) 1 En marge de cette présentation aura lieu la même journée le vernissage de l’exposition Haïkus, poèmes en trompe-l’œil; des années 20 à aujourd'hui, de l’écrivaine Jeanne Painchaud, un mélange de haikus québécois et japonais.D’ailleurs, sur le même élan d’arts visuels, le Centre national d’art contemporain de Montréal présente dans le cadre du festival Livres et tampons d’artiste, jusqu’au 1" juin, un événement aux multiples activités dont l’exposition de livres d’artistes et deux soirées de lecture de textes inédits sur l'œuvre de Michel Goulet.Et pour marier cinéma et littérature, qui de mieux comme personnage que Jacques Godbout, président-fondateur de l’UNEQ, écrivain et cinéaste?A la Cinémathèque québécoise, jusqu’au 15 mai, une rétrospective Jacques Godbout est présentée où.l’on pourra notamment renouer avec A Saint-Henri le cinq septembre, Ims Dieux ou encore Fabienne sans son Jules.L’aventure du troisième Festival de la littérature se terminera le 16 mai par La Nuitéraire, sorte de nuit blanche entièrement vouée au plaisir des mots.Huit heures d’animation, commençant en douceur et se terminant sur une note de joyeuse folie: une trentaine de poètes, romanciers, dramaturges et nouvellistes — parmi lesquels Stéphane Bourguignon, Francine d’Amour, Jasmine Dubé, Robert Lalonde et Monique Proulx — présenteront d’abord des textes tout en douceur pour revenir sur scène plus tard, littéralement transformés en «bêtes littéraires».S’ajouteront à ces présentations les lectures de jeunes poètes devenus, l’espace d’une soirée, des «loups-garous».Pour tout savoir sur ce troisième Festival de la littérature, il faut joindre Info-Festival en composant le (514) 981-8886.Et que le festival commence! ARCHAMBAULT LA PLUS GRANDE MAISON DE MUSIQUE ET LIVRES AU .RIKA ZARAÏ ma médecine naturelle Ysabelle Lacamp VIHT.I Mu-,.mm Hu T jVlambo JVlambo Ma médecine naturelle Rika Zaraï LAROUSSE CUISINE Mambo Mambo Ysabelle Lacamp Comprendre et interpréter les rêves Nicole Bergeron Un jury sur mesure Jean Hanft Korelitz Le Livre (Je nui femme Le livre de ma femme Marc Fisher (.MlH PKAIIOl F l»l l.\ COUTURE assiette Larousse de la cuisine 1500 recettes • Bonne table bon sens Anne Lindsay • Le juste milieu dans votre assiette a Barry Sears et Bill Lawren Villeneuve Ma première saison en Formule 1 Avec la coBatooraton de GêaU Donaldson Guide pratique de la couture Sélection Reader's Digest Autres titres de romans en vente en magasin » Promotion en vigueur jusqu'au 14 mai Chicoutimi • Laval • Montréal » Québec » Sherbrooke » Ste-Foy » Trois-Rivières SUR TOUS NOS ROMANS (tVQUETTES BLANCHES SEULEMENT) 2 JOURS SEULEMENT SAMEDI 10 MAI DIMANCHE 11 MAI ‘BIENTÔT [ LIBRAIRE A LA PDA J 500, rue Ste-Catherine Est «‘Place des Arts • Galeries Laval I.K l> K V H I l< I, K S A M K |) I I 0 K T I) I NI A \ < Il K II M Al I II II 7 LETTRES québécoises De doux maniaques Solistes est un décalogue subtil que Von peut lire pour se faire raconter des histoires SOLISTES Hans-J ürgen Cîreif L’Instant même Québec, 1997,223 pages ROBERT CHARTRAND Les «solistes» dont il est question dans ce recueil de nouvelles, ce sont des mal aimés ou des incompris, ou encore de simples rêveurs qui deviennent monomanes, s’enfermant dans leurs propres hantises jusqu'à en mourir, parfois.Alors, paradoxalement, ces personnages somme toute assez banals se transforment peu à peu en des êtres d’exception.Julien, par exemple, dans la nouvelle intitulée lœs Divines, est un garçon sans relief, chétif et timide, qui connaîtra une véritable expérience métaphysique, dans un restaurant, où il aura brusquement la double révélation de la beauté du corps humain et du charme de la voix humaine.Il achètera le restaurant, deviendra un cuisinier réputé, mais aussi un adepte du culturisme; admirateur éperdu des cantatrices Maria Callas et Mado Robin, il se fera tatouer leurs portraits sur les pectoraux, leur offrant «ce qu’il possédait de plus précieux: un corps magnifique, vierge, l'autel le plus noble qui se puisse trouver».Quant à Robert Mothe, cet aristocrate déchu de Sous l’œil du tigre, qui vit en reclus dans un quartier chic — il collectionne les moutons en bronze.—, il deviendra l’esclave d’une chatte qui devait le débarrasser de quelque vermine qui rôdait dans sa cave; or, le récit devient kafkaïen lorsque Mothe tombe amoureux de la chatte qui se transforme en tigresse.Tout grandit et grossit autour de lui alors que le pauvre homme, lui, rapetisse inexorablement.Manies en tous genres chez ces personnages de Solistes.S’ils ne jettent pas leur dévolu sur quelque collection (de vieilles pendules, des pipes ou de vieux livres), ils vont, comme cette Paula Fish, dans Son dernier amant, devenir «téléphages»; pour cette épouse déçue, les feuilletons télévisés remplaceront avantageusement la triste LIVRES E Télé.L’heure du dernier rendez-vous est arrivée pour les habitués de Sous la couverture, qui disparaît de l’écran.Demain à 16h à la télé de Radio-Canada, il sera question de La Tête perdue de Damasceno Monteiro, d’Antonio Tabued, Guilhem ou les enfances d’un chevalier, de Maryse Rouy, Haïr, de Jean Pierre Girard, Pour une sécurité meilleure, de John Kenneth Galbraith, et Dora Bruder, de Patrick Modiano.En reprise, Plaisir de lire, diffusée demain à 20h à Télé-Québec, accueille Danielle Roy, pour Un cœur farouche; François Dompierre parle de ses lectures préférées.L’émission du mercredi 14 mai à 22h, est consacrée à Daniel Pennac, qui a connu un grand succès au Québec avec sa saga de la famillq Malaussène.Radio.A midi trente aujourd’hui, sur les ondes de CIBL (101,5 FM), réalité: ils lui feront connaître la passion et.une jolie mort, à la manière du chanteur Claude François! L’existence de ces personnages est, au départ, si dérisoire que les objets et les animaux sont souvent plus signifiants qu’eux.Dans Death row, c’est une |x-tite chienne qu’un technicien de laboratoire mal-aimé va enlever et avec laquelle il va faire la grande fugue de sa vie, prêt à toutes les précarités pour fuir la routine bourgeoise — et notamment cette hantise de la propreté qu’a sa femme, cette compulsion de l’asepsie — où il s’était enlisé toute sa vie; dans Le Sabot d'or, c’est une chèvre, splendide, unique, qui troublera les rapports de deux chevriers, des amis d’enfance, et les propulsera dans le monde du rêve.La structure de ces nouvelles est on ne peut plus classique.Classique avec, à la fin de certaines, une chute qui ressemble à une simple pirouette ou qui se fait trop explicative, nous privant ainsi d’un des plaisirs de la propre lecture: celui de quitter le texte en rêvant à notre guise.On devine là la présence de l’intellectuel chez le nouvelliste — Greif, né en Allemagne, est professeur à la faculté des lettres de l’Université Laval depuis plus de vingt ans.Quant au climat de plusieurs des nouvelles, il a quelque chose de la vieille Europe, avec ces personnages que le poids des traditions ou des habitudes accable plus ou moins.Un lecteur malin pourra, s’il le veut, s’amuser à identifier, dissimulés dans les anecdotes des dix récits, les commandements de Dieu, que les personnages enfreignent ou arrivent à respecter à leur singulière manière.Là-dessus, Solistes est aussi un décalogue subtil, mais qu’on peut lire pour le simple plaisir de se faire raconter des histoires.Autre subtilité, qu’on trouvait déjà dans L’Autre Pandore (paru chez Leméac en 1990) et dans Berbe-ra (Boréal, 1993): celle de l’écriture même, soignée, prenant plaisir aux nuances — un peu trop sage, peut-être?— et qui peint par touches très fines ces doux monomaniaques, dont le péché capital est, au fond, de mal s’accommoder de la dure réalité.r MÉDIAS aux Petits bonheurs d’occasion, Robert Chartrand reçoit Maurice Harvey qui parlera de Pour une société de l’apprentissage.Demain, à CBF-690 AM, vers 10h35, Ginette Lamarche s’entretiendra avec Charles Enderlin, qui a publié Paix ou guerre, les secrets des négociations israélo-arabes 1917-1997.Demain à 13h, sur les ondes de CISM (89,3 FM), Robert Laplante reçoit Yves Jasmin qui parlera de ses souvenirs de l’Expo 1967.Lundi à 14h, à Radio Centre-Ville (102,3 FM), Marc de Roussan reçoit Alain Bernard Marchand, gagnant du prix Trilium 1997 pour son livre Tintin au pays de la ferveur.Mardi, au FM de Radio-Canada, à partir de 18h30, Stéphane Lépine regarde la France, avec «ses torpeurs et ses grandeurs», à travers les yeux et la plume des jeunes auteurs français.ves Jasmin |La petite histoire] d’Expo 67 'VES JASMIN, O.C.La petite i histoire I d'Expo 67 i 1 wmnuu " """'"lOWt DI Mo*,,,,, ur certifier que la création littéraire est toute sa vie, nonobstant l'accueil qui lui est réservé.C’est pourquoi, lorsque la femme dont il partage l’existence depuis aussi longtemps qu'il écrit cesse subitement de l’aimer, répugnant à le toucher, à converser avec lui, et pire, refusant désormais de le lire, l’écrivain bascule.Dans la folie, ou dans l’imaginaire: le lecteur aura la joie de tergiverser.C’est que le couple que forme le narrateur avec cette Américaine prénommée Manhattan, rencontrée 25 ans plus tôt à Paris alors qu’elle était étudiante en physique, a été cimenté de concert par la réalité de la chair et la rêverie des mots.Les scènes de Miroirs infinis sont tragicomiques et montrent comment «l’individualiste irrécupérable» et sa flamme, fana du collectivisme prôné par le Parti, ont depuis toujours multiplié les concessions pour se garder unis.Voulait-elle discuter du travail de son amant?Il se plierait avec elle à quelques sessions d’intellectualisme et de baisers.Voulait-elle lire la production quotidienne de l’écrivain?Ce serait un rendez-vous nocturne, tout de suite avant l’amour.Voulait-elle suggérer des corrections?Hmmm.On en est là, 25 ans plus tard donc, lorsque l’écrivain, peaufinant la version définitive de son dernier roman (intitulé, vous le voyez venir, Miroirs infinis), promet à sa belle d’apporter au manuscrit les corrections qu’elle suggère.Mais il ruse.Et il perd.Lorsque Manhattan s’éloigne, l’homme sera d’abord ravi de pouvoir enfin — après tant d’années! —, écrire en paix.Lorsque Manhattan déguerpit pour de bon, il n’écrira pourtant pas en paix.Il plongera dans le roman de Manhattan.Ou plutôt le roman du nouvel homme qui partage (qui partagerait) sa rie: doublure peu sympathique de l’écrivain sous les traits d’un psychanalyste, fasciné, comme il se doit, par les tours de prestidigitation des mots.Une machination délirante menée jusqu’au point final — vous y noterez en passant une étonnante préparation de cœur en civet — avec l’obsession d’un fou et la précision d’un fabuleux écrivain.C’est de même une écrivaine qui lui ressemble, Française âgée de 59 ans, que met en scène Annie Molin Vasseur dans son premier roman, Zéro un.JEAN-DOM INIQUE.B A U B> Y JjCAPHA/VD R£ L £ PAPILLON K.OBE.RT LAFFONT -Dominique Baubyl Jean Le scaphandre et le papillon .Du jour au lendemain, Jean-Dominique Bauby, rédacteur en chef de ELLE, se retrouve avec comme seul contact avec le monde, un battement de paupière.Il avait commencé un roman, il nous a donné ce livre.Alors qu’elle confie l’histoire de sa vie au disque dur de son ordinateur, la dénommée Aneline Verse fabrique ce qu’elle entend être une œuvre de fiction: un texte où «le réel devient image, et la fiction s'imprime».Comme il arrive assez fréquemment dans le cadre d’un premier roman, le plus gnuul espace du livre est alors consacré à l’enchaînement des événements les plus déchirants de la rie du personnage-vedette, et dont la narration semble constituer une tentative de réparation.«Elle n 'a pas le choix si elle veut recomposer ses paysages.À l’intérieur, tout est brisé, séparé, disjoint.Elle laisse courir les mots comme de l’eau qui unifie, réconcilie, recolle, inonde, bouleverse de couleurs.» Il est dès lors évident, lorsqu’Aneli-ne prend la parole, que l'essentiel est là, dans le fait de la prendre enfin, cette parole tue depuis toujours, et de la léguer comme une leçon de rie à son petit-fils, héritier en titre de l’ordinateur.Par conséquent, c’est moins le lecteur aride d’univers romanesques que l’être révolté et compatissant en soi dont on sollicite, comme chez le premier lecteur, Christophe Vence, toute l’attention.Née à Paris pendant la Seconde Guerre mondiale, Aneline aura d’abord souffert le départ de son père pour l’Allemagne, qui l’abandonne avec son petit frère, le préféré des enfants, aux sévices d’une mère cruelle.La liste des horreurs est longue, qui atteint un premier sommet dans la chambre d’Aneline, adolescente, lors d’une visite du père.«Je ne peux plus oublier le jour où mon père a pillé mes rêves de petite fille.Si seulement un seul de ces pères égarés m’entendait.qu’il ne franchisse pas la porte qui le sépare de sa fille.Ce n ’est pas le désir qu’il transmet, c’est la mort qu’il inocule, car le moindre émoi de femme qui s’ensuit ne peut-être que condamné à mort et au cri silencieux.» Fiction?Témoignage?Réquisitoire?Cri?C’est à s’infliger une catégori-te aiguë.Zéro un tient assurément de la biographie classique (couvrant la naissance, l’enfance, l’adolescence, l’âge adul- I ROGER MAGINI te, le parentage, le travail, les amours et amitiés, etc.) mais le cadre dans lequel elle émerge a quelques airs de fiction.Notamment l'apport de cet ordinateur, donc, baptisé DAC 7, et dans lequel Christophe plonge, gavé de Smart Drink Super 9, boisson euphorisante qui tient le garçon tout au long des horreurs que raconte sa grand-mère.Mais il y a plus, et mieux.On sent que l’on pourrait définitivement quitter l’univers du drame personnel pour celui de la fiction à chaque apparition d’une certaine Andrée, écrivaine elle aussi, avec qui Aneline a une étrange relation.Son alter ego?Zéro un évite de se prononcer, laissant au lecteur le soin, si précieux, de comprendre à sa guise l’évocation.On saura qu’Aneline et cette amie, Andrée, ont chacune une œuvre qui pourrait entretenir quelques résonances avec celle de l’autre.On les verra en trompe-l’œil: double portrait de femmes dont la plus âgée, Andrée, marquera indéfiniment l’existence de son amie cadette un peu comme sa propre mère l’aura fait, leur relation allant jusqu’à nourrir les témoignages d’un procès judiciaire.Bref, on verra de temps à autre la mémoire se faire trafiquer par l’imagination.Et traverser, pour le bénéfice du lecteur, du côté de la fiction.DISQUES COMPACTS, LIVRES; CASSETTES, DISQUES, BD 3694 St-Denis, Montréal Choix et Qualité 713 Mont-Royal Est, Mtl Métro Sherbrooke 849-1913 Métro Mont-Royal 523-6389 mm -G* JfcV* -Z**-?-S Ai m’mmm VsaiSiÿS» mm OUVERT 7 JOURS 9m ¦iiwSmw imàm ïÆMi Souvenirs urssion **•«»/* pèiï'M Z?*'ri*™ È 7'" fl AUSSI EN 1967 M onica «la mitraille» entrait dans la légende le 19 septembre 1967.La jeune femme décédait à l’âge de 27 ans.Journaliste et romancier, Georges-Hébert Germain reconstitue le destin de cette enfant du Red Light.Ce faisant, il ressuscite un visage oublié de Montréal.de Monica de Georges-Hébert Germain 383 pages 24,95 $ « L’auteur rassasie à la fois les lecteurs les plus exigeants et le vaste public.» Rencontres avec GEORGES-HEBERT GERMAIN Samedi 17 mai à 13 h au Club Price à Laval Dimanche 18 mai à 12 h Librairie Renaud-Bray 5252, Côte-des-Neiges Montréal Pierre Cayouette, Le Devoir « C’est la vie de la jeune femme.mais plus encore celle de cette sous-société, que raconte le journaliste et auteur.» Mario Roy, La Presse « Dès les premières pages, on n’a plus envie de lâcher le livre.» Carmen Montessuit, Le Journal de Montréal «.un portrait à saveur de roman.» Martin Francoeur, Le Nouvelliste f; D I T I O N s Q U F.B F.C / A M F.R I Q U F.Éditions Libre Expression 2016, rue Saint-Hubert Montréal H2L 3Z5 I.K l> !•: V IM II .I.K S S A M K IM I 0 K T I) I M A N ( Il K II M Al I II II I) 1 F E R N A N I) Une biographie Si grand, si proche Fils de Philippe Dumont, tisserand à la Dominion Textile, et de Léda Pilote, Fernand Dumont est né à Montmorency en 1927.Après ses études classiques au Petit Séminaire de Québec, il a obtenu sa maîtrise en sciences sociales de l’Université La-val avec une thèse sur L'Institution juridique, rédigée alors qu’il publiait un premier recueil de poèmes, L'Ange du matin (1952).Il a épousé Cécile Lafontaine en 1953.De leur union sont nés Marie, François, Geneviève, Hélène et Véronique.En 1953 et 1954, il est élève titulaire à l’Ecole des hautes études de Paris, en même temps qu’il complète des études de psychologie à la Sorbonne.En 1960, il soutient sa thèse de doctorat en sociologie à la même université.Plus tard, il présentera une thèse de doctorat en théologie (1987).Devenu professeur à l'Université Laval depuis 1955, il y est directeur du département de sociologie et d’anthropologie en 1963, directeur de l’Institut supérieur des sciences humaines en 1967.En 1965, jl est directeur d’études associé à l’École des hautes études de Paris.On l’invite aussi à enseigner dans plusieurs universités, dont celles de Montréal, Ottawa, Sherbrooke et Trois-Rivières.Ses enseignements portent particulièrement sur la théorie sociologique, la sociologie de la connaissance, l’épistémologie, l’histoire de la sociologie, la théologie de la culture.En 1960, il fonde la revue Recherches sociographiques avec Jean-Charles Falardeau et Yves Martin.De 1968 à 1970, il préside la Commission sur les laïcs et l’Église instituée par les évêques du Québec.En 1975, il est élu président de l’Association internationale des sociologues de langue française.En 1977, il collabore avec le ministre Camille Laurin et Guy Rocher à l’élaboration de la Charte de la langue française (loi 101).De 1979 à 1989, tout en continuant son enseignement universitaire, il est président et directeur scientifique de l’Institut québécois de recherche sur la culture.Fernand Dumont est lauréat du prix David et du prix Léon-Gérin (Grand Prix du Québec en sciences humaines), du prix Molson du Conseil des arts du Canada.Il a reçu le prix du Gouverneur général, le prix de la Ville de Montréal, le prix Esdras-Minville, le prix Rousseau, le prix littéraire France-Québec, la médaille Parizeau de l’AC-FAS, la médaille de l’Université de Trois-Rivières.La Sorbonne, l’Université de Montréal, l’Université du Québec et l’Université de Sherbrooke lui ont décerné des doctorats honoris causa.Les travaux de Fernand Dumont relèvent de trois orientations de recherche: l’épistémologie des sciences humaines, la théologie et les études québécoises.Il a publié des livres et des articles dans ces trois domaines.Sur son œuvre, on pourra consulter notamment Michael A.Weinstein, Culture critique.Fernand Dumont and New Quebec Sociology, New York, St.Martin Press, 1985, ainsi que, sous la direction de Simon Langlois et Yves Martin, L’Horizon de la culture.Hommage à Fernand Dumont, Québec, Presses de l’Université Laval et Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.HÉLÈNE PELLETIER-BAILLA RG BON La mort bouleverse toutes les perspectives.Depuis ces récentes années où Fernand Dumont négociait courageusement avec elle le temps de mener à bien ses quatre derniers ouvrages, les regards de ses amis avaient fini par converger, eux aussi, vers les échéances successives qu’il se donnait.Chaque publication constituait une victoire remportée sur la maladie.Avec lui, nos espoirs avaient pris la mesure du livre à venir.üii disparu, nous prenons brusquement conscience d’avoir assisté au parachèvement d’une œuvre déjà immense et qui nous dépasse.Nous comprenons enfin qu’il nous a été donné de côtoyer l'intellectuel sans doute le plus complet que le Québec ait jamais produit.On n’a cessé de le redire cette semaine: il n’est aucun domaine de la pensée qui semble avoir échappé à cet humaniste brûlant de curiosité.Sociologie, psychologie, anthropologie, philosophie, théologie, économie, histoire, littérature, il connaissait tout, il avait tout lu, tout retenu! Dans chaque domaine, il semblait avoir fait le tri, être allé à l’essentiel.Sa mémoire phénoménale et son prodigieux esprit de synthèse opéraient sans cesse, entre les auteurs, les œuvres, les époques et les disciplines, des recoupements saisissants.Inou- JEAN ROYER Fernand Dumont a recouvert l’ensemble de sa poésie d’un titre révélateur de son entreprise: La Part de l’ombre.De quelle ombre s’agit-il?Celle du doute face au destin, peut-être, celle du langage aussi qui pose les balises sur le chemin du «sombre voyageur» et «pèlerin infatigable».Celle de la part cachée de soi à découvrir par les interrogations du langage.«Les mots débordent de nos ombres», écrivait le poète inquiet de leur retombée, les comparant à la déchirure de la naissance.Les mots sont «la chair de la chair» comme le poème serait un projet d’existence et comme le poète s’identifie «compagnon du langage qui le relaie».Ainsi, la poésie est un dialogue avec le monde et elle inaugure la recherche de l’être.La poésie est un trait d’union de soi à soi et de soi à l’autre et au monde.La poésie contre la solitude, dit, elle aussi, Anne Hébert bliable, sa conversation constituait une véritable fête pour l’esprit.Inauguré sous le mode du dialogue informel, le travail en équipe, quand il se joignait à d’autres, donnait invariablement lieu à d’admirables solos.Spontanément, chacun se mettait à un certain moment en sourdine.C'est notre silence attentif qui faisait alors de lui le premier violon de l’orchestre.Homme d’écoute par métier, réservé par tempérament, Fernand Dumont ne cherchait jamais lui-même à s’imposer.Cet intellectuel d’exception eût certes été pleinement justifié de se consacrer en exclusivité à la carrière personnelle prestigieuse qui, très tôt, s’était proposée à lui.Aussi bien à l’Université Laval qu’à l’Institut québécois de recherche sur la culture, il n’a pourtant cessé de susciter et d’animer une multitude de chantiers collectifs et multidisciplinaires impliquant une exigeante collégialité intellectuelle.Ses nombreux engagements politiques, sociaux et ecclésiaux, certes, l’y avaient préparé.La haute conception qu’il se faisait de son métier d’enseignant allait plus loin encore.De ses origines modestes, dans les usines de Montmorency, du L’œuvre poétique de Fernand Dumont, réunie sous le titre La Part de l’ombre, comprend trois recueils: LAn-ge du matin (1952), Parler de septembre (1970) et L’Arrière-Saison (poèmes inédits datés de 1995).Ce livre nous fait apparaître le projet poétique de Fernand Dumont dans son ensemble et nous révèle ainsi que ce poète plutôt méconnu est en fait un poète majeur de notre histoire littéraire.«Les enfants sont toujours seuls» Cette œuvre s’ouvre et se ferme sur la solitude.«Les enfants sont toujours seuls / Comme le matin la pluie»: voilà les premiers vers de L’Ange du matin.Tandis que le dernier poème de L’Arrière-Saison évoque la solitude de la mort.La poésie est donc une parole pour dépasser le silence et le destin, pour appeler l’amour et l’espérance, pour le partage d’un langage commun pourtant ajusté à son propre itinéraire, pour conjurer aussi l’invisible frontière travail opiniâtre auquel les siens avaient dû consentir pour lui donner accès au savoir.Fernand Dumont avilit acquis la conviction que ce savoir constituait un privilège dont il leur serait toute sa vie redevable.Désormais, son œuvre se nourrirait des questions lancinantes que la condition humaine, le destin particulier des siens, leurs souffrances, leur quête d’identité et d’accomplissement proposeraient à sa réflexion.Demeuré profondément solidaire des siens, il lui arrivera même de vivre sa condition d’intellectuel comme une sorte d'exil.C’est de cette dette initiale que procède sans doute le surprenant déploiement de son talent d’écrivain dans tant de registres d’expression.Non content de repousser toujours plus loin les frontières de la culture savante à laquelle il se consacrait par métier, Fernand Dumont demeurait sans cesse préoccupé par la démocratisation de la connaissance.La cause de l’éducation aura certes constitué l’une de celles auxquelles il se sera consacré avec le plus de constance et de détermination.Lorsqu’on lui demandait de désigner, parmi tous les titres dont il pouvait se prévaloir, celui qui le résumait le mieux, il répon- du jour et de la nuit, dans la fracture de la naissance.La poésie est une incarnation de soi dans et par le langage.Elle est une méditation, une recherche métaphysique.Car si «Dieu a le temps pour lui» («Mais il parle si peu»), l’homme a la parole et c’est dans cette quête qu’il découvrira le sens de sa vie avec les autres et avec Dieu.Dès son premier recueil, le poète a expliqué quelle part de langage il revendiquait.Dans son texte intitulé Conscience du poème, Fernand Dumont se dissocie des poètes des années 1950.Il refuse «la recherche de la beauté formelle pour elle-même» et renie «la beauté convulsive» chère à Breton et aux surréalistes.Pour lui, la poésie n’est pas «religion du désir ou remontée vers l’Eden perdu».«Le poème, pour Fernand Dumont, ne se situe pas dans l’inconscient, mais dans la conscience.Il est l’expression d’une recherche où l’homme, loin de s’abandonner aux forces obscures de son être, essaie de les faire passer à la conscience.» En conclusion, «la poésie ne fait rien connaître, elle n’est que recherche et itinéraire».Alors, le poème conduit l’être à sa propre existence.La poésie de Fernand Dumont ne sera pas revendicatrice ni éclatée, mais elle prendra le ton interrogatif du philosophe, au plus près des mots, dans la justesse du langage et la gravité de la réflexion.Cette poésie n’a pourtant rien de «tranquille» et le feu couve sous la cendre.La question de l’unité de l’être, de sa densité, de sa parole fondée au terreau de l’enfance, les questions de l’amour et de la mort, de la présence de la femme et de la naissance, de la foi au langage et de l’espérance en l’homme la traversent.Il est important de noter que le poème de Fernand Dumont tient à une expérience de vie qui est aussi l’expérience de la pensée.D’ailleurs, les derniers mots de l’œuvre sont justement «je pense».Ce qui nous renvoie à l’ensemble du projet d’existence du poète.Quand paraît L'Ange du matin, en 1952, le poète a 25 ans.Il se souvient de ses origines populaires et de son enfance.Les lumières de la nature lui donnent la part visible du réel.La poésie, déjà, sera la quête de langage qui permettra de saisir «la part de dait invariablement: «le professeur».Pour lui, la vie intellectuelle était un service.C’est à la revue Maintenant, particulièrement entre les années 1970 et 1974, que j’aurait eu l’immense privilège, comme journaliste, de fréquenter régulièrement Fernand Dumont, de prendre l’exacte mesure de son exceptionnelle générosité intellectuelle et de m’émerveiller de son prodigieux talent de pédagogue et de vulgarisateur.En moins de quatre ans, à l’envol d’une exigeante carrière de chercheur, Fernand Dumont allait nous donner plus d’une quarantaine d’articles.Ces textes, admirables de clarté et de concision, devaient contribuer avec une multitudes d’autres, disséminés avec la même générosité dans une foule de publications modestes (je pense ici à la petite revue RND, distribuée gratuitement dans les Caisses populaires), à faire de lui ce «phare» irremplaçable que l’on ne cessait d’évoquer cette semaine dans toqs les journaux.A tous ses collègues d’université, à tous ses anciens étudiants profondément marqués par son enseignement, se mêle donc aujourd’hui la foule anonyme de tous ces militants et militantes, pareillement nourris dans leur action quotidienne en faveur de la justice sociale, de l’évangile ou de la souveraineté, par ses courts textes et ses entretiens familiers.Eux non plus, il n’a jamais cessé de les accompagner.l’ombre».Le poète parle d’enfance et de commencement.Il part à la conquête de son intériorité.Il cherche l’essentiel qui engloberait une vérité personnelle.Il a la nostalgie de l’éternel et s’élance vers une transcendance.Ce poète philosophe évoque déjà la mort, qui rendra à l’éternité les jours et les mots qu’elle lui aura prêtés.Le ton de cette poésie métaphysique ne peut être que sec et précis, froid et distant, dans sa sourde interrogation.Le ton sera plus délié dans Parler de septembre, qui paraît en 1970.Dans sa maturité, le poète tend vers la parole et l’appartenance humaine, même si persiste dans sa poésie le climat de la spiritualité.Le poète poursuit sa méditation en interrogeant sa présence au monde.«L’arbre toujours pousse sur les mots.» Le poète dialogue avec le monde grâce à la quête de la parole, qui passe par l’enfance et par le corps de la femme.Le poète peut ainsi refaire le monde.D’autant que son histoire personnelle devient celle «d’un peuple tout entier» dont il combat le silence.Dans ce recueil, Fernand Dumont est bien un poète des années 1970, cherchant à nommer le Québec et à interroger le destin collectif.La parole est considérée comme une arme de combat ou tout au moins un moteur de l’identité tant collective que personnelle.La mesure, la précision et la concision du langage ne cessent de caractériser la poésie de Fernand Dumont, même quand le poète risque les «aveux» de L’Arrière-Saison, dans les poèmes datés de 1995.Ce troisième recueil, inédit, compose une sorte de dialogue avec les deux premiers titres parus dans les années 1950 et 1970.«Je fais le tour de l’être en sa clarté», écrit le poète, cherchant à réconcilier «l’enfant pensif des autres années» et le «compagnon de langage qui le relaie».Le ton devient familier et la réflexion sur le destin plus directe.La sérénité conclut pourtant encore le doute et l’inquiétude de • l’homme devant la mort: «Poème \ continué depuis le temps de l’ange / ; Frayant sa voie au bois de la tristesse / ! Dans la rumeur de l’âme / Dans la rigueur extrême / Il est tard je me perds dans ces cendres.» Dans L’Arrière-Saison, la poésie de Fernand Dumont reste fidèle à l’arbre des mots, à l’âge d’enfance, à «l’ange du matin», cet invisible du réel qui sort de la nuit pour y appartenir à la fin.Cette poésie reste fidèle à l’humanisme chrétien et à la recherche de l’unité de ; l’être, à la victoire de l’espérance sur la mélancolie et de la parole sur le silence.Elle nous redonne le sens de notre ; présence au monde, dans ses aveux ; qui participent de l’inconsolable tendresse qui nous unit et nous éclaire.J POÈMES ET AUTEURS • Quand je serai très vieux est le premier poème de Premiers adieux, cinquième partie de L’Arrière-Saison.Le Devoir remercie les Éditions de l’Hexagone pour avoir permis la reproduction des poèmes de Fernand Dumont et l’inclusion de la .biographie incorporée à La Part de l’ombre (Hexagone, Montréal, 1996, 216 pages).Serge Cantin est écrivain et directeur de la collection «La ligne du risque» à l’Hexagone.Hélène Pelletier-Baillargeon, ! journaliste et auteur, avait dédié à Fernand Dumont le premier tome, intitulé Le Militant, de Olivar Asse-lin et son temps.(Fides.Montréal, 1996).Jean Royer est poète et directeur I littéraire de l’Hexagone.JdlAmversitc .Laval reuvd K ommage a Fernand Dumont komme de science, komme de cceur UNIVERSITÉ LAVAL LE SAVOIR DU MONDE PASSE PAR Kl =1 À la mémoire d’un grand homme «Les problèmes collectifs ne disparaissent pas parce que nous en avons trop parlé; ils subsistent parce que nous ne les avons pas résolus.Ne point céder à la lassitude et les remettre obstinément sur la place publique semblent les devoirs élémentaires de qui ne renonce pas à la réflexion.» Fernand Dumont.Raisons communes, page 252.[rgîj LES PRESSES DE LT MVERSITÉ LAVAI, • LES ÉDITIONS DE LTQRC Igl Pavillon Maurice-Pollack.bureau 3103.Cité universitaire gjb Sainte-Foy (Québec) GIK 7P4 ¦ Tél.: (418) 656-2803 Téléc.: (418) 656-3305 Artisan de fa Charte de la fatigue française, Demand‘Dumont était homme de conviction.Dn 1980, nous fui décernions fe pri\ ‘Esdras-Xfinvif fe des sciences humaines pour son engagement constant envers fe peupfe québécois.‘Nous n 'ouhfierotis pas ce grand humaniste du XXe siècfe.4, La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal Voucc à la promotion des intérêts du peuple québécois Maison Ludger-Duvemay, 82.rue Sherbrooke Ouest Montréal H2X 1X3 Tél.: 843-8851 Télécopieur: 844-6369 IN MEMOR1AM Fernand Dumont 1927-1997 «Nous sommes des individiu), chacun recommençant de tisser à neuf le fil du destin : se croyant libre de survoler en entier l'inextricable fouillis du hasard et de proférer le sens du monde.» Le lieu de l’homme, Fernand Dumont BIBLIOTHEQUE QUEBECOISE 111T111 11 HURTUBISE HMH HMH i Fernand Dumont 1927-1997 1815, avenue De Lorimier, Montréal (Quebec) H2K 3W6 Tél: (514) 523-1523 • 1-800-361-1664 Télécopieur (514) 523-9969 Le poète de la «part de Fombre» Il n’est aucun domaine de la pensée qui semble avoir échappé à cet humaniste brûlant de curiosité I I.K I) K V O I It .I.K S S A M K It I I il K I l> I M A X i II Y.Il M Al Ml il 7 I) - F E R N A N I) I) Il M 0 N T Af li La mort d’un homme de parole et d’action JACQUES GRENIER I.E DEVOIR Quand je serai très vieux Quand il Faudra remiser la plume avec le sablier SERGE CANTIN En l’espace de quelques mois, le Québec aura perdu deux figures majeures de son histoire, deux grands artisans de sa Révolution tranquille, deux de ses esprits les plus lucides, deux hommes de parole et d'action qui ont donné à ce pays le meilleur d’eux-mêmes afin qu’il naisse enfin à lui-même et au monde.Pourtant, combien, même parmi ceux qui font métier de culture, savent qui ils sont et ce qu’ils ont voulu nous donner?De ces morts, de nos morts, combien, indifférents à leur propre histoire, se préoccupent l'ainé de leurs soucis ne dépassant guère le seuil de leur maison où, reliés à l’inforoute de l’atomisation planifiée, ils se propulsent, ô magie, dans l’espace-temps virtuel, dans la posthistoire?Sur nos écrans à haute définition, où défilent les simulacres de notre mémoire, la mort de Fernand Dumont chasse la mort de Gaston Miron et fait oublier celle que chacun porte en soi.«0 mon Dieu, donne à chacun sa propre mort», implorait Rilke.Oui, que chacun sache qu’il va mourir demain, pour que sa mort le réveille à la vie, pour qu’elle lui donne à réfléchir, au delà de son moi dérisoire, à la signification du temps qui lui est imparti sur cette terre.Temps amour incohérent qui nous lie Par la main aux cadavres fraternels (.) Temps océan de mains éteintes Tout au bord des choses Griffant désespérées ce monde éblouissant Pourtant1 La mort de Fernand Dumont nous prive d’une voix, d’une conscience, d’une interrogation sur nous-mêmes dont nous sommes encore bien loin d’avoir mesuré toute la profondeur; mais, en même temps, cette mort vient peut-être nous annoncer la fin d’une certaine vision du Québec, éthique et poétique tout à la fois, dont ce fils du peuple, né prémonitoirement un 24 juin, s’était fait le témoin irrécusable.D’autres, sans doute, sont là pour veiller sur le fragile héritage de nos pères; d’autres, demain, viendront redire l’espérance; mais sauront-ils trouver en eux et autour d’eux — dans le peu qu’il nous reste de cette culture première, nourricière, où a germé le génie de Fernand Dumont—ce qu'il a fallu à ce dernier de foi et de courage pour rapailler les pièces éparses de notre «modeste et troublante tragédie» et, à partir d’elles, construire une œuvre universelle qui fait si grand honneur à ce petit peuple «sam littérature et sans histoire» dont le conquérant avait projeté la disparition?Mais s’il y a lieu de s’inquiéter, s’il faut plus que jamais s'inquiéter aussi bien de notre sort en Amérique que du «sort de la culture»2 en général, il ne nous est pas permis cependant de désespérer.Fernand Dumont nous l’interdit de plus loin que lui-même, de ce «lieu de l’homme»3 vers lequel il n’a cessé sa vie durant de marcher et dont il nous lègue en mourant la promesse.De ce lieu de l’homme dont il nous demande à notre tour de répondre, peu importe qu’il existe ou non quelque part, parce qu’il nous grandit et nous agrandit, parce qu’il honore l’idée que nous nous faisons de l’homme, être de dépassement et de relation.Un engagement total de l’être L’humanisme de Fernand Dumont — tous ceux qui l’ont connu l’attesteront — ne fut qu’une étiquette commode; il se traduisait au contraire par un engagement total de l’être, fondé sur une inébranlable foi en l’humanité, en la dignité et en la valeur de tout homme.Une foi qui n’avait, chez ce chrétien authentique, rien d’abstrait, qui se manifestait au contraire par une rare faculté d’attention à autrui, par une disponibilité et une générosité dont nous fûmes très nombreux à bénéficier et à abuser.Que cet homme ait pu donner tout ce qu’il a donné — à ses élèves (combien de milliers d’étudiants et étudiantes a-t-il formés, dirigés, guidés, écoutés au cours de ses 40 années d’enseignement à l’Université Laval et ailleurs?); à la communauté politique Cil fut, Demain peul-être Quand l'ange tournera discrètement la [la.iÇe inachevée Quand j’aurai fini de Iniqucr les mots Delà il lanl d’en avoir tant mis sur la page Quand viendra le temps de partir Toute parole close L’âme bleue pareille au silence lit livrée aux confins de l’absence Quand il Faudra s’en aller sans rien trahir Que nulle hâte ne tirera plus par la manche Que sera passée l’heure des floraisons cl des peines un temps, grand commis d’Etat à la culture et participa, entre autres, à l’élaboration de la Charte de la langue française, de la loi 101); à la communauté savante (comme auteur d’une quinzaine d’ouvrages et de plus de 200 articles; fondateur, directeur et animateur de centres de recherche, l’ISSH et l’IQRC, et de revues; organisateur de colloques; conférencier.); à l’Eglise catholique du Québec (il fyt notamment président de la Commission sur les lai'cs et l’Église à la fin des années 60) ; à ses cinq enfants.—, qu’il ait pu faire tout cela et bien plus encore, voilà qui demeure pour moi un mystère.Où trouvait-il le temps pour dormir?Où pouvait-il bien puiser toute cette énergie?D’où lui venaient cette capacité de travail, cette résistance physique et morale, cette ardeur presque juvénile qu’il savait mettre aux tâches parfois les plus ingrates?Oui, de sa foi sans doute, de cette foi qui, comme il est dit dans la Bible, soulève les montagnes.Replier mes .solitudes avec mes amitiés Ranger mes rêves dans l’armoire aux ténèbres Cejour-là toutes mes nuits au bout des induis de fermerai les veux de la mémoire Tendu dans l’attente de la lumière Transi de tenace espérance L’âme enfouie dans ses feuillages Ses heures résignées en un vaste songe J’abandonnerai ma main consolée dans la tienne Ce sera le matin je pense Fernand Dumont Je sais aussi qu’il se sentait lui-même largement débiteur, et débiteur des plus humbles, de ceux parmi lesquels il était né et avait grandi à l’ombre de la Dominion Textile, à Montmorency.Débiteur d’une dette insolvable, d’une dette de culture première, de sens donné à travers des images primordiales du monde et de la vie propres au milieu populaire et des valeurs simples comme la solidarité et l’entraide, dont il se plaisait à rappeler qu’elles étaient non seulement au fondement de sa vie mais au foyer de toute sa pensée; aveu qui n’allait pas sans susciter quelque peiplexité.Car quel rapport pouvait-il bien exister entre un ouvrage d’épistémologie aussi abstrus que L’Anthropologie en l’absence de l’homme et «la pauvreté, la bière, les prélarts, la chaise berçante, les repas datts la cuisine», selon la description méprisante qu’un plumitif fit un jour du Montmorency de Fernand Dumont?Prendre conscience de ce rapport, c’est saisir le fond tragique de cette pensée, déchirée entre deux mondes, entre deux cultures, mais découvrant en même temps dans cette déchirure et (bins ce remords son moteur et le thème inépuisable de son interrogation: la culture comme distance et mémoire, le lieu de l’homme conçu comme cette question que l’homme est |xnir lui-même dims la marge qui sépare sa parole de son silence.Moi qui suis de l'autre côté des mots C’est à perdre haleine qu’il faudrait dire L’envers du monde Dire l'impitoyable silence De ceux qui de leurs pâles sourires M’ont rejeté vers la parole 4 Tragique, cette marge, cette distance que l’homme Fer-' muni Dumont a vécue et assumée, l’est depuis le commencement et le restera jusqu’à la fin de la culture; car elle témoigne1 de l’homme lui-même dans la dualité de la conscience qui le' constitue, irrémédiablement divisé entre le milieu où il vient' au monde et l'horizon qui infiniment l’appelle, entre une présence qui ne peut le combler et une absence qu’il ne peut combler.Dans la distance même est le lieu de l'homme, «projet sans cesse compromis».Non pas projet inutile, comme chez Sartre.L’homme n’est pas, pour Dumont, un individu jeté' dans l’indifférence du lieu, seul et condamné à sa liberté; il est au contraire, dans «l’attente de Dieu» (comme l’était follement Simone Weil), un être de la mémoire, responsable de son lieu et de ceux qui avec lui le partagent Dans Une foi partagée, son dernier livre, il écrivait: «Dieu s'éloigne; l’homme aussi se défait.' Désormais toute preuve de l’existence de Dieu sera solidaire des preuves de l’existence de l’homme.Im distance est de plus en plus; réduite entre nos engagements pour la restauration d’un visage' de l’humanité et le regard que certains d’entre nous portent encore furtivement sur le Témoin d'une tâtonnante recherche.»5 Le Dieu de Fernand Dumont est un Dieu absent et ca-' ché, comme l’était celui de Pascal, confronté en son temps, ’ comme nous dans le nôtre, avec la tragique étrangeté d’un; monde d’où Dieu s’est retiré.Où le chrétien Fernand Du-! mont trouvait-il, en l’absence de Dieu, le courage d’exister?Dans «la volonté de maintenir l’absence, c’est-à-dire de dénoncer les idoles de l’absolu» \ répondait-il en écho à Pascal.' Mais à cette volonté, il en joignait une autre, tout aussi im-’ portante, sinon plus fondamentale encore, et que Pascal lui-' même a pu ignorer à une époque où l’absence de Dieu n’était pas encore devenue, à proprement parler, la tragédie de tous: la volonté souverainement éthique de sauvegarder, en l’absence de Dieu, «les raisons communes» et le rayon de-transcendance qu’elles projettent à l’horizon de la société.Tant que la religion les unissait, les hommes formaient une communauté, bien imparfaite sans doute, mais une communauté néanmoins.Maintenant que la religion ne fonde plus le lien social entre les hommes, ce n’est plus seulement Dieu qui est absent à l’homme mais — Auschwitz nous en a prévenus — l’homme qui devient de plus en plus absent à l’homme, de plus en plus superflu, de plus en plus insignifiant «Dans la présence de /In-signifiant (du pauvre, du non-citoyen) est stigmatisée l’absence de sem dans nos sociétés; paradoxalement, la transcendance est proclamée de la manière la plus vive par la misère.Peut-il y avoir des raisons communes sans que se répande l’obsession de la justice?»7 Lundi, 5 mai 1997, en l’église Saint-Dominique de Québec, avec des centaines d’hommes et de femmes de mon pays unis dans une même admiration et un même chagrin, je n’ai pas pleuré seulement la disparition d’un grand penseur et d’un ami fidèle, mais la mort d’un juste parmi les hommes.(1) L’Ange du matin, Editions de Malte, 1952.Repris dans La Part de l’ombre, Editions de l’Hexagone, 1995, page 45.(2) Cf.Le Sort de la culture, Éditions de l’Hexagone, 1987.(3) Le Lieu de l’homme.La Culture comme distance et mémoire, Hurtubise HMH, 1968.Réédition dans la Bibliothèque québécoise et dans la Collée-’ don du Nénuphar, Fides, 1994.(4) Parler de septembre, Ëdiüons de l’Hexagone, 1970.Repris dans ta Part de l'ombre, page 124., (5) Une foi partagée, Éditions Bellarmin, 1996, pages 48.(6) Ibid., page 52.(7) Raisons communes, Boréal, 1995, pages 227.Fernand Dumont, poète et penseur (1917-1997) «L’âme enfouie dans ses feuillages Ses heures résignées en un vaste songe (’abandonnerai ma main consolée dans la tienne Ce sera le matin.je pense» Fernand DUMONT La part de l’ombre r poèmes 1952-1995 Fernand Dumont Le sort de la culture •r y po || • l’HEXAGONE IITYPO "*Sîst SDvV s£«\y AVA iîiiLlüi ®JiBE hBék .Fernand Dumont 1927 - 1997 «Il s'agit d'abord d'une foi déchirée.Dévouement de l'être jusque dans ses racines, la foi chrétienne n'est pas un système.Elle tâtonne à la recherche de son dire, en quête de son rassemblement, rôdant autour des désirs et des interventions contradictoires de la vie.Au surplus, il s'agit d'une foi qui appelle au dialogue.Puisqu'elle reconnaît sa dette envers une tradition de témoins, elle ne saurait se replier sur une illusoire solitude intérieure; elle anticipe le partage d'une expérience et d'une espérance.» Fernand Dumont, Une foi partagée Éditions Bellarmin, 1996 I « Devant souvenir r du Boréal rendent H|M#.nan4.„ ,m.I homme de foi, poète et penseur irremplaçable les astuces des propagandes et les manœuvres des pouvoirs anonymes, se des allégeances, loin d etre un reste de mentalité archaïque, offre un indispensable recours contre la déperdition de soi et une assurance que Ion peut se donner ensemble des projets d’avenir.» Raisons communes, 1995.Les Editions hommage à Dumont. I) (i I.K I) K V OIK.I.K S S A M KOI I O K T U I M A X (’ Il K II M Al I II II 7 V R, E S POÉSIE ESSAIS POLITIQUES Vivre dans la présence du temps Un grand livre ouvert pour Anne Hébert; Vampleur du monde pour Pierre Nepveu POEMES POUR IA MAIN GAUCHE , Anne Hébert Editions du Boréal Montréal.1997,62 pages ROMANS-FLEUVES , Pierre Nepveu Éditions du Noroît Montréal, 1997,94 pages DAVID CANTIN Depuis Les Songes en équilibre (Éditions de l’Arbre, 1942), chaque recueil d’Anne Hébert se fusionne à un grand livre ouvert où se croisent de multiples poèmes.Ainsi, la suite des 27 Poèmes pour la main gauche répond aux œuvres antérieures par une musique discrète et un regard toujours grave.En s’appuyant sur très peu d’effets, l’écriture se condense dans la charge symbolique des mots pour exprimer les tumultes les plus noirs.On reconnaît cette façon, si particulière, d’approcher directement le réel afin de franchir aussitôt le monde des apparences.On trouve alors cette charge émotive qui se cache dans la retenue ainsi que le silence qu’exige une telle parole.C’est grâce à certaines lueurs de la mémoire que se crée tout l’univers poétique d’Anne Hébert.Des tableaux descriptifs ou encore certaines confidences annoncent ces lieux fragiles qui reculent jusqu’à «l'origine du monde».Autour d’un sentiment d’angoisse existentielle, une voix introspective tente de combler la part manquante; remplacer la détresse par une joie secrète que lègue le chant austère du poème: «Le vent qui tombe en courant / S’abat sur la chaussée qui se déchire / Creuse des galeries profondes / Où l’on peut voir des villes souterraines /Des continents engloutis qui luisent en secret/ Pareils à des étoiles mortes/Se relève d’un bond/Ramasse ses cyclones et ses ouragans / Reprend sa course au delà des nuages / Quoique blessé dans sa chute / Ignore tout du monde étrange/ Enfoui sous son ombre furibonde.» Malgré des accents tragiques, ces pages exercent, à la lecture, une forme de transparence et d’espoir.Une lumière s’infiltre dans la sécheresse lapidaire des strophes courtes, pour mieux accentuer les contrastes qu’exige le destin.D’une certaine manière, ce livre propose 27 varia- POÈMES POUR LA MAIN GAUCHE Boréal tions sur l’ombre envahissante de la mort, cette «expérience profonde et mystérieuse qu'on tente en vain d'expliquer».Les angles peuvent être multiples, mais c'est toujours la douleur pulsionelle qui guide cette expérience d’éveil «au creux de la caverne profonde».Sans rien bousculer, Poèmes sur la main gauche d’Anne Hébert s’inscrit dans le mouvement graduel d’une longue trajectoire.Une quête étourdissante Bien différente, la poésie de Pierre Nepveu trace ses chemins dans l’ampleur du monde pour mieux comprendre l'histoire individuelle.Passé et présent se rencontrent dans cette quête des plus étourdissante où l’inquiétude permet au poète d’habiter le temps.A travers ses cinq parties, Romans-fleuves cherche à éclaircir les «folles intrigues» qui tissent le parcours d’une vie.L'enfance, l’amour tout comme le destin se succèdent grâce à un éclatement narratif qui empêche le poème de se perdre dans l’anecdote superficielle.Avec joie, on découvre une véritable recherche, autant formelle qu’émotive, capable de risque et d’ingéniosité.Près du rythme «kaléidoscopique» de Michel Beaulieu, cette voix pleine de lyrisme suggère aussi une dimension totalisante afin de conserver sa mystérieuse richesse: «Pendant des années j’ai fùi les explications, / le refus de connaître est en moi un terrain / gagné par l'absence et le nuage du non-sens / qui étend son domaine, mais parfois tu parles / dans ce nuage et demandes à mes mots / de répondre aux tiens.Si souvent je parle à demi, contemplant l’infini avec toute acuité / de ma myopie borgne et la candeur / de ne pas savoir qui je suis, tu interroges / de tes yeux noirs, tu attends ma première phrase.» Tout au long du recueil, la présence révélatrice du fleuve correspond aux mouvements instables de l’existence humaine avec sa succession de sentiments, du plaisir d’aimer jusqu’à la peur angoissante de certains jours.Cette image caractérise aussi les détours imprévus du poème dans sa recherche de la vérité intime, du calme intérieur.A travers ses enjambements saccadés, le vers libre entraîne des tourbillons de sens dans cette «vie sans boussole», une recherche à la fois lucide et tourmentée de son propre sort: «Les arbres sont tombés en moi/ comme des corps.Très haut/ la neige suspendue se multiplie /et le ciel devenu blanc / disparaît jusqu’au fond des yeux./Il faut l’inventer au noir / dans un cognement de nouveaux/soleils et la nouvelle lointaine/ d’une invasion de cervidés [.].» Grâce à sa force d’évocation, Romans-fleuves dévoile une œuvre saisissante qui se tient au cœur même de l’approche poétique de Pierre Nepveu.- ÉülW^WI L’Union des écrivaines et écrivains québécois présente Le VF estival ^ ^ de la Littérature UNE LITTÉRATURE DANS TOUS SES .du 9 au 16 mai 1997 avec la PARTICIPATION de 140 ÉCRIVAINS, DANSEURS, PEINTRES, MUSICIENS, COMÉDIENS et CINÉASTES INFO-FESTIVAL : (S 14) 981-8886 •' -v ¦ • S8i|g Dimanche 11 mai, à 16 h LIVRES ET TAMPONS D’ARTISTES Une présentation du Centre international d’art contemporain Littérature et arts visuels : lancements, expositions et lectures.¦ I mmiam HAIKUS, POEMES EN TROMPE-L’ŒIL Vernissage d’une exposition présentée jusqu'au 18 mai.Conception : Jeanne Painchaud Lundi 12 mai, à 20 h L’EMPREINTE DES SIGNES Spectacle mettant en scène la pianiste Margaret Leng Tan et des écrivains canadiens d’origine asiatique.Mise en scène : Martine Beaulne > M, ¦ 8$ ) 1*1 Patrimoine Canadian canadien Heritage Les 9-12-13-14-15 mai PARLEZ-MOI DES MOTS Une présentation des Terrasses Saint-Sulpice 5 à 7 littéraires animés par José Acquelin.Du vendredi 9 mai, à 18 h au samedi 10 mai, à 17 h Ë S PEIGNEZ-MOI DES MOTS En collaboration avec La vache enragée 24 heures de peinture et de littérature en direct Conception : Sergio Kokis et Mitsiko Miller Vendredi 9 mai, à 21 h IXE- I 3 Une présentation de la Cinémathèque québécoise Film d’ouverture de la I) 7 ESSAIS QUÉBÉCOIS Le crépuscule du socialisme LA PROPAGANDE SOCIALISTE Six essais d’analyse du discours Marc Angenot L’univers des discours 1997,283 pages La Propagande socialiste rassemble six essais d’analyse du discours et constitue la plus récente contribution de Marc Angenot à la recherche de longue haleine qu’il mène depuis bientôt dix ans sur la chose imprimée dans la francophonie européenne à la fin du siècle dernier et dont la pierre d’assise demeure le monumental 1889, un état du discours social (Le Préambule, 1989, 1167 pages).Poursuivant une démarche que l’on pourrait appeler totalisante — puisqu’il s’agit de décrire avec force analyses la totalité de ce qui peut se dire ou s’écrire dans une société donnée à une époque donnée, soit de rendre compte de manière systématique d’un état donné du discours social —, M.Angenot s’attaque ici à la propagande du mouvement ouvrier socialiste, qualifiée de plus vaste entreprise rhétorique des temps modernes.Par propagande, il entend essentiellement la «masse» de l’imprimé militant (journaux, tracts, discours, pamphlets, etc.) à la base de l’argumentation socialiste de 1889, moment de la reconstitution de l’Internationale, à la Première Guerre mondiale, moment de sa désintégration.Si l’histoire du socialisme ne se résume pas à celle de sa propagande courante, l’étude de celle-ci peut présenter l’avantage de nous prémunir contre les pures spéculations intellectuelles et les tableaux épiques qui sont souvent l’apanage de celle-là.Il m’est bien sûr impossible de rendre compte de façon détaillée des résultats d’un travail qui porte sur un aussi vaste objet et qui, sur le plan méthodologique, recourt à l’analyse intertextuelle et lexicale, à la pragmatique, à la rhétorique et même à la psychanalyse.M’en tenant à l’essentiel, je dirai ce qui suit.La propagande socialiste a construit un grand récit annonciateur d’une Révolution imminente et inévitable, celle du prolétariat, en faveur d’un monde sans classe et émancipé.Or, pour construire ce Grand Récit socialiste dont le paradigme fondamental est que les humains sont soit des bourgeois, soit des prolétaires, ou si l’on préfère des capitalistes ou des salariés, des parasites ou des producteurs, des affameurs ou des affamés — dans une logique binaire, la liste semble infinie —, le discours socialiste a dû carburer au dogmatisme et au manichéisme.C’est par différents biais que M.Angenot arrive à cette constatation.Mais toujours, que ce soit par l’étude de l’usage différencié de termes socialistes consacrés comme «citoyen», «camarade» ou «compagnon»; par celle encore du mot d’ordre guesdiste «Place au prolétariat conscient et organisé!» (Jules Guesde fut un des fondateurs du parti ouvrier français et un de ceux qui ont introduit la doctrine marxiste en France); par celle enfin du rôle des «idéologies de la virilité [.] dans l’histoire des militantismes mo- l Robert Sa l e 11 i ?Le travail d’un chercheur extraordinaire et d’un essayiste doué MT .I V I! E S denies» (dixit l'auteur dans un chapitre judicieusement intitulé «Masses émasculées et militants virils»), le constat est le même.Un ensemble de lieux communs Iaj discours socialiste fonctionne sur la base d'un ensemble de lieux communs (d’une topique, dans le vocabulaire d'Aristote et d’Angenot) à teneur crépusculaire et religieuse.Dans l’attente du Grand Soir du capitalisme, le mouvement ouvrier, à la manière d’une église, s’est par exemple construit un martyrologe, s’est doté d’un dispositif discursif de certitude et d’autorité lui permettant d’exclure et * d’excommunier.La Propagande socialiste n’offre pas de conclusion en bonne et due forme, mais les dernières pages du dernier essai — sur la fonction rituelle du drapeau rouge — en tiennent lieu.Ce n’est pas un hasard si ces pages débouchent sur une référence biblique: «Le mythe des Trompettes de Jéricho me paraît fournir une des explications les plus justes de ce que le socialisme exigeait des militants toujours remobilisés pour d'autres meetings et d’autres cortèges.Tout est comme si dans cet éternel retour de liturgies bruyantes il y avait eu le fantasme qu’à la longue le cataclysme du système capitaliste en serait hâté.» La Propagande socialiste est un ouvrage typique de la manière Angenot, qui est une manière extraordinairement érudite et documentée, portée par un style qui peut à l’occasion être jouissif pour autant que l’on soit familier avec le vocabulaire spécialisé de l’analyse du discours, ce qui est quand même assez rare, il faut l’avouer.C’est une manière un peu obsessive aussi.Les exemples et les perspectives se succèdent à un rythme soutenu, générant à l’occasion une impression d’écrasement malgré la cohérence générale du propos.Probablement est-ce dû au fait que les différentes analyses proposées ici ont été conçues dans des contextes différents et que l’ouvrage est finalement moins le résultat de leur mise en commun, de leur harmonisation, que de leur mise en série.Marc Angenot est un chercheur extraordinaire et un essayiste doué, et l’universitaire que j’ai été s’en délecte.Il pourrait être le contraire: un essayiste extraordinaire et un chercheur doué.Pour le lecteur professionnel que je suis devenu, ce serait encore mieux.Je terminerai cet article par une allusion au philosophe Jean-François Lyotard qui a beaucoup écrit sur la déroute des grands récits et en particulier du marxisme.Dans Le Tombeau de l’intellectuel (Galilée, 1984), je lis ceci sous la plume de celui qui, rappelons-le, est un exégète accompli de la pensée de Marx: «Le réquisitoire de Marx s’autorisait d’un sujet universel à venir à une fin, l’émancipation du prolétariat.La Commune de Paris fiit le nom limpide (ou presque) de son incarnation.Cette autorité a disparu, non seulement en raison de la nature réelle de l’URSS, représentant attitré du prolétariat émancipé, mais d’abord parce que les signes qui pouvaient légitimer la pensée d’un tel sujet sont allés se raréfiant.Qu’on en juge: le principal de ces signes, sinon le seul, aux yeux de Marx comme des Bolcheviks, c’était la solidarité internationale des travailleurs.» WA LE FEUILLETON La double non-appartenance EST, OUEST Salman Rushdie Plon, coll.Feux croisés Paris, 1997,171 pages ushdie est sans doute l’un des écrivains les plus connus au monde depuis l’affaire des Versets sataniques.Pensez! Etre la victime désignée d’une fatwa au moment où le monde entier (ou à peu près) se soulève contre les diverses formes d’intégrisme qui surgissent ici et là à travers la planète; au moment, encore, où les identités nationales s'affaiblissent les unes après les autres sous la poussée de la mondialisation de l’économie et de la standardisation des cultures.Y a de quoi faire de vous un symbole qui risque de vous tuer — si l’autre moyen ne donne pas de résultat! L’auteur disparaît ici sous le personnage public, plus grand que lui, plus visible en tout cas, et porteur d’une cause qui n’est pas nécessairement la sienne.Et c’est le problème de Rushdie: prouver qu'il est simplement un romancier, un écrivain, et que ses récits ne sont pas toujours le code chiffré de ses mésaventures, réelles ou imaginées.Ce problème est d’autant plus marqué aujourd’hui que, comme il le déplore lui-même, il n’y a plus de critique, qu’on ne sait plus appliquer un jugement critique ni lire une œuvre sans faire référence à l’homme, à son appartenance (race, couleur, origine.) ou à son contexte social.En somme, qu’on ne sait plus entendre ce que le texte dit en silence.Ajoutez à cela l’état de l’édition, la course au rendement et à la rentabilité qui marginalise les auteurs réputés difficiles, et vous comprendrez la complexité de sa position comme auteur, son besoin, aussi, de se réapproprier pleinement sa vie et son bonheur d’écrire.«[.] j’écris tous les jours et je me sens mieux si je le fais.Je dois reprendre ma vie et ne pas laisser les autres me la rendre», confiait-il dernièrement à un journaliste.Le titre de ce recueil de nouvelles, Est, Ouest, ne surprend pas.Il nous rappelle plutôt cette double appartenance — ou, comme il préfère le dire, sa «double non-appartenance» — aux deux mondes distincts, voire opposés, que sont l’Orient et l’Occident.La composition du recueil joue d’ailleurs de cette dualité en donnant aux deux premières parties du volume les noms d’Est, puis d’Ouest En fait, il y a trois mondes si l’on veut bien admettre la partie métissée de la personnalité de l’auteur.C’est sans doute pour cela que les nouvelles qui composent la troisième partie du recueil Est, Ouest sont d’avantage autobiographiques.Les nouvelles qui composent la première partie (Est) se passent aux Indes.On y retrouve une jeune femme qui veut rejoindre son fiancé en Angleterre et qui reçoit quelques conseils de la part d’un vieil homme qui veut lui éviter d’être refoulée par les autorités administratives indiennes.Au moment de son audition, elle fait exactement le contraire de ce qu’il fallait, de toute évidence heureuse de ne pas partir.Dans la seconde, Le Transistor gratuit, un jeune homme qui n’a pas tout son esprit et est bien naïf se fait arnaquer par une veuve qui lui met le grappin dessus, puis par les autorités qui lui promettent un transistor s’il veut bien, «dans l’intérêt national», se faire stériliser.Évidemment, il ne l’aura jamais, même si dans sa folie il y croit encore.Dans la troisième, Le Cheveu du prophète, on retrouve le Rushdie dénon- Jean-Pierre De it i s ?Rushdie nous dit sa double non- appartenance aux deux mondes distincts que sont l’Orient et l’Occident dateur de l’intégrisme et de ses effets.Un homme riche, et collectionneur, trouve par hasard une fiole contenant le cheveu du prophète, que l’on vient de voler dans une mosquée.Pour son malheur, il ni1 déclare pas sa trouvaille.Aussitôt, lui qui était un homme exemplaire se met à changer et à devenir intolérant avec toute sa famille.Les suites seront tragiques puisque tout le monde mourra, avec une célérité et un sens du rebondissement qui ferait plaisir à Feydeau.Et puisque je parle de Feydeau, il faut remarquer que Rushdie s’est délibérément amusé dans ce recueil à mélanger les genres et les voix, à alterner le comique et l’émouvant, le tragique et le satirique, le trivial et le dramatique.La première nouvelle qui compose la partie Ouest (Yorick) est à cet égard tout à fait surprenante, pour ne pas dire déconcertante.Il y reprend la figure shakespearienne d’Hamlet, mais en mettant en vedette Yorick, le fou du roi, et sa dulcinée, Ophélie, «deux fois moins âgée et plus de deux fois plus belle que son mari».Surprenant mariage qui trouve son explication dans le fait que lTialeine d’Ophélie soit le «remugle le plus infect du Royaume du Danemark [.] puanteur de foies de rat, pisse de crapaud, gibier faisandé, dents pourries, gangrène, cadavres embrochés [.]», et j’en passe.Récit complètement délirant («per-mettez-moi de trouver que le texte commence à divaguer», note le narrateur), où le lecteur est sans cesse pris à partie («Ainsi, lecteur, toutes mes félicitations.Ton imagination, dont sortirent toutes ces sinistres hypothèses [.]»), où l’auteur pousse même l’audace à décrire le pas d’Amlethus dans le palais, la nuit, à la recherche du baiser de sa mère, par ces signes muets : &C.&C.» Pourtant, malgré ces audaces, ces excès verbaux, ces soties savantes et torturées où aucun effet n’est ménagé, la nouvelle m’a plutôt ennuyé.Peut-être n’y ai-je rien compris! Peut-être aussi n’ai-je pas pris le temps d’en saisir la substan-tifique moelle.La critique va vite, vous savez! En revanche, la troisième partie, Est, Ouest, m’a davantage séduit, et notamment la nouvelle qui a pour titre L’Harmonie des sphères.Là, Rushdie ne badine pas, je veux dire qu’il choisit d’aller à la rencontre de ce qui le touche profondément.Ce qu’il raconte, ce qu’il met en récit, c’est une histoire qui aurait pu être la sienne s’il était resté aux Indes, puisqu’elle s’inspire d’un ami universitaire qu’il a connu jadis là-bas, qui s’est pris de fascination pour le monde occulte et irrationnel, et s’est finalement suicidé.A l’exemple de ce que bon nombre d’Occidentaux ont connu dans les années 70, jusqu’à s’y perdre (attrait pour la mystique orientale, les gourous, les mystères d’Éleu-sis, etc.), nous assistons à une situa- LE BOUQUINISTE PIERRE CHAPUS Livres anciens et d’occasion Gravures Philo ~ Littérature ~ Histoire Arts ~ Canadiana Les choix cl’un libraire Achat et Vente 2065, SAINT-DENIS MONTRÉAL 842-9204 r tion symétrique et inverse: c'est l’Oriental qui, s’intéressant à l’occultisme occidental (Gurdjieff, Ouspens-ky, Crowley, Blavatsky, Lovecraft, Mesmer), sombre dans la déraison.Les autres nouvelles ont aussi une assez bonne tenue.Dans Cliekov et Zulu par exemple (pseudonymes empruntés, vous l’aurez peut-être remarqué, aux héros de Star Trek, avec une légère correction pour le second), on retrouve encore ce ton un peu farceur de Yorick, mais sans la démesure langagière.Cette nouvelle est aussi plus «politique» en ce qu’elle égratigne au passage l’empire colonial britannique.«Zulu, Zulu, façon de parler, mon prince guerrier et nigaud.Leurs musées sont pleins de nos trésors (ce sont des Sikhs à l.ondresl.Leurs fortunes et leurs villes sont bâties sur le butin qu’ils ont emporté.Et ainsi de suite.On pardonne, bien sûr; c'est dans notre nature.Mais on ne doit pas oublier.» J’ai mentionné plutôt l’art de mélanger les genres dans ce recueil.C’est à la fojs ce qui fait sa force et sa faiblesse.A l’évidence, Rushdie joue sur le métissage et la fluidité des identités, il expérimente et s’amuse, invente et se réinvente à travers ses personnages comme à travers les genres littéraires possibles aujourd'hui.C’est là un beau défi.Je ne le crois toutefois pas encore accompli." o -> Mi \ x irw ,0^ 0Q(*\ J» ?.: ,•>.Wii' Dany Laferrière Mi Dany La ferrière La Chair du Maître » ?Ï!S iigijc LANcrOr ÉDITEUR Un portrait 1.féroce d’une petite-bourgeoisie en pleine décadence, à travers ses obsessions sexuelles! Une guerre dont, le nerf est le sexe! / LANCTÔT # ÉDITEUR l’HEXAGONE Madeleine Monette La femme furieuse * nexAQoni Madeleine Monette La femme furieuse 3361>.24,95 S «Madeleine Monette aura habilement bâti un pont entre la déconstruction sociale et la reconstruction individuelle.Une réussite de plus de ce très grand roman.» Reginald Martel, La Presse «Un roman magistral.Julie Sergent, Ije Devoir «Roman touffu et intense, où la fureur de vivre prend toute la place.» Pascale Navarro, l oir «Outre sa plume exquise, Madeleine Monette a du souffle, une compréhension profonde de l'âme humaine et une vision sociale aiguisée.» Andrée Poulin, ts Droit \ ' > v ^ 5* L’Union des écrivaines et écrivains québécois présente Le VFestival ' / de la Littérature UNE LITTÉRATURE DANS TOUS SES du 9 au 16 mai 1997 INFO-FESTIVAL : (S 14) 981 -8886 CONSEIL desXrts Un sommet dans Vœuvre de Madeleine Monette.L’ÉTAT DES MOTS En collaboration avec The Writers’ Union of Canada et La vache enragée Une soirée de littérature métissée animée par Nathalie Derome avec la collaboration de Raymond Bertin en présence des écrivains |Q| BALAM, DENISE BLAIS,YONG CHUNG, EDGAR GOUSSE, MONA LATIF-GHATTAS, NADINE LTAÏF, NORMAN NAWROKI, DERLEMARI NEBARDOUM.PHILIPPE POLONI, ODELIN SALMERÔN.JOSÉ LEANDRO URBINA et TECIA WERBOWSKI Mise en scène : Nathalie Derome Environnement visuel : Yvon Proulx Musiciens : Luc Bonin et Nicolas Letarte Mercredi 14 mai, à 20 h Au Cabaret Music Hall 2111, boulevard Saint-Laurent Entrée libre ¦ , ¦ Patrimoine Canadian ¦ ¦ canadien Heritage I.K I) K V UNI.I.K S S A M K I) I I 0 K T l> I M A X C II K II M Al I IM) 7 I) 8 JEUNES JOURNALISTES Un bourdonnement de poésie MICROCOSMOS Documentaire réalisé par Marie Pérennou et Claude Nuridsany Musique originale: Bruno Coulais France.1996, 75 minutes NANCY B O IVI N — 1" PRIX COLLÈGE DE SAINTE-FOY «Les fleurs sont belles non pas pour nous, mais pour séduire les insectes.» Marie Pérennou Le Devoir présente aujourd’hui les résultats de la deuxième édition de son Grand Concours de journalisme.Créé en 1995 pour marquer le 85' anniversaire de fondation de notre journal, ce concours veut être un pont entre le monde de l’éducation et celui du journalisme afin que la relève puisse se manifester et exprimer son talent.Destiné aux étudiants du niveau collégial, ce concours suscite un vif intérêt dans plusieurs cégeps.En tout, 125 textes ont été analysés par les responsables du concours.Les participants devaient soumettre un article critique de 800 mots sur un événement de nature sociale ou culturelle.Ce pouvait être une critique d’un film, d’un livre, d’une exposition ou d’un événement sportif.Les travaux des huit finalistes ont été retenus et soumis A un jury présidé par Colette Baribeau et dont les quatre autres membres étaient Huguette Lachapelle, Lise Bissonnette, Odile Tremblay et Élise I-abrecque.Les trois textes primés sont l’œuvre de trois étudiantes qui sont, dans l’ordre, Nancy Boivin, du Collège de Sainte-Foy, Geneviève Cloutier, également du Collège de Sainte Foy, et Catherine-Maude Khayat, du Collège Jean-de-Bré-beuf.On lira dans cette page leurs textes.Nos félicitations aux lauréates ainsi qu’aux cinq autres finalistes, soit Majorie Champagne, David Jobin, Véronique Linteau, tous trois du Collège de Sainte-Foy, Marie-Josée Garand, du Collège Iuiflèche, et Stéphane Leclair, du Collège Lionel-Groulx.Le Devoir remercie ses partenaires dans ce projet.En premier lieu, la Fondation du Devoir et l’Association québécoise des professeurs de français, qui ont été les instigateurs du concours et qui cette année encore ont vu à sa réalisation.Puis les commanditaires, Loto-Québec, Hydro-Québec, les Dictionnaires Le Robert, Guérin Éditeur limitée et le Musée Stewart.Il faut aussi remercier tous les professeurs de français qui ont appuyé activement les participants au concours.La seringue ou la vie DJ une splendeur noire inouïe, les insectes déploient enfin leurs ailes au grand écran.Jusqu’à maintenant, l’utilisation cinématographique de la gent ailée ne se limitait qu’à des rôles de monstres venimeux et d’envahisseurs de sous-sol.Claude Nuridsany et Marie Pérennou, couple de biologistes français et réalisateurs de Microcosmos, nous apportent une vision non scientifique et surtout pacifiste de cet univers grouillant de créativité et d’ingéniosité.Microcosmos nous introduit dans un monde inconnu où l’homme ne peut se soustraire lui-même à devenir coléoptère, lépidoptère ou diptère.Dans la revue Première, Jacques Perrin, producteur du film, explique la démarche des cinéastes: «Marie et Claude m’ont raconté vouloir faire découvrir un monde proche et inaccessible en partant d’une contrainte dramaturgique: unité de lieu, de temps et d’action.Ils voulaient tourner sur quelques mètres carrés et que cela ressemble à un film réalisé sur la plus lointaine des planètes.» C’est en effet un merveilleux voyage initiatique où le cinéphile navigue au cœur même d’une fourmilière de découvertes fascinantes.Le spectateur butine d’image en image, témoin de ce petit peuple qui aime, travaille et se protège.En fait, ce peuple possède plusieurs points communs avec notre société.Il suffit de regarder sous nos pieds.Armés de courage et surtout de patience, les réalisateurs du film réussissent avec brio à nous secouer les puces face à notre négligence envers ces petites créatures fragiles, à nous réconcilier avec cette faune bigarrée.Plus de quinze ans de recherche, trois ans et demi de tournage et une facture globale de 25 millions de dollars ont abouti à ce chef-d’œuvre visuel où chaque image parle d’elle-même, sans la présence de narration.L’insecte n’est plus considéré comme une bestiole mais comme un «individu» possédant un destin.Malheureusement, ce destin est proportionnel à sa taille.Une existence très éphémère guette la plupart des espèces.Chaque jour correspond à une année.Le défilement des images à la projection réussit à merveille à recréer cette notion du temps quelque peu étrange que vivent les insectes.L’espace temporel du film accélère et ralentit à la fois notre perception visuelle transposée à travers les yeux d’un insecte.Les fleurs s’ouvrent et se referment rapidement, en quelques secondes, alors que les gouttelettes d’eau gigantesques et lourdes ruissellent lentement le long de la coquille de la coccinelle.Microcosmos est également un film où se mêlent la sensualité, la vie de famille et les conflits interpersonnels.La spontanéité tant recherchée chez les acteurs ne peut être qu’innée chez les insectes.J’ai éprouvé un choc esthétique lors de l’étreinte nuptiale de deux escargots, une scène d’un érotisme surpassant toutes les théories du Kama Sutra.L’humour également se pointe le bout des antennes dans certains passages-clés du film.Je n’ai qu’à penser à la scène inoubliable du scarabée sacré titubant avec sa boule de crottin.On croirait du Chaplin ou du Keaton, en version minimaliste.Avec un banal moustique, nous assistons à l’émergence de la Dame du Lac, apparition de rêve au yeux de Sir Lancelot.Étonnante Vénus, la libellule se dresse gracieusement au centre de l’étang, déployant lentement ses ailes tapissées de rosée.Circulant en parallèle comme sur un boulevard en pleine heure de pointe, un groupe de chenilles, véritable spirale de petits véhicules velus, rappellent la complexité, la densité et la rigueur du système routier.On se croirait à l’étoile de l’arc de Triomphe de Paris.Sous ses allures de documentaire, Microcosmos n’a rien à voir avec les pittoresques courts métrages interminables de l’abbé Proulx et de la Mutuelle d’Omaha.Certains reprocheront au film le manque d’information sur les insectes et leur mode de vie.Pour ma part, je me fous carrément d’ignorer que telle ou telle scène parle du diablotin ou des notonectes.Jacques Perrin l’a bien dit: «Le film n’est pas un cours de sciences naturelles.Les enfants passent des heures à regarder sur l’herbe sans savoir le nom des insectes qu’ils voient.» Il faut donc laisser notre imagination d’enfant interpréter ce que nous voyons.Les couleurs, la composition formelle des images que je vois de mes yeux de graphiste avertie deviennent imagées et poétiques sous mes yeux de petite fille.Si on dit que les petits peuvent voir grand, ce film démontre admirablement que les grands peuvent aussi voir petit.Fluide, la musique originale de Bruno Coulais, en coproduction avec Laurent Quaglio, accompagne admirablement bien les scènes qui oscillent entre le comique et le tragique.L’orchestration, à la hauteur de la qualité photographique des images, crée une homogénéité parfaite entre les bourdonnements et stridations des insectes, le chant naïf d’un jeune garçon, la sensualité d’une chanteuse d’opéra.On pourrait à la rigueur comparer la féerique trame sonore de Microcosmos à la musique du spectacle Quidam du Cirque du Soleil.La simplicité des lignes mélodiques autant pour Microcosmos que pour Quidam s’inspire de l’imagination des enfants.Elles ponctuent l’intensité, le drame, le ridicule, l’apaisement au rythme du mouvement des insectes: les fleurets s’entrechoquent chez les maîtres escrimeurs, les lucanes; pendant qu’une fourmi s’affaire à garnir le garde-manger souterrain, on entend en sourdine les pas de ses milliers de consœurs; à peine sortie de son alvéole, l’abeille, défiant les lois de la physique, étrenne furieusement ses ailes dans un «vacarme» qui nous laisse bouche bée.C’est une grande symphonie visuelle miniaturisée par sa simplicité et sa naïveté.Microcosmos, design visuel haut de gamme et poésie enfantine, est aussi une leçon philosophique.À la suite du visionnement, mon orgueil d’artiste en a pris pour son rhume.J’envie la dextérité de l’araignée à fabriquer sa toile, l’ardeur au travail des fourmis, l’élégance des papillons et la force des scarabées.Je me sens maintenant coupable de les écraser impunément sous mes pieds.Le peuple de l’herbe inspire la créativité.Dorénavant, je m'inspirerai des couleurs du papillon nocturne, de la finesse des nervures des ailes de la libellule, des jeux de lignes psychédéliques des chenilles pour parfaire mon art, celui du design graphique.Félicitations a Marie Pérennou et Claude Nuridsany d’avoir cru en leur rêve.La magie jadis du film de Luc Besson Atlantis renait merveilleusement sous un bourdonnement de poésie.A voir absolument et à souhaiter une version sur écran Imax.FERROVIPATHES: L’ILLUSOIRE LIBERTÉ Ferrovipathes (Trainspotting).Réalisation: Danny Boyle.Scénario: Danny Boyle et John Hodge, d’après le livre d’Irvine Welsh.Avec Ewan McGregor, Ewen Bremner, Jonny Lee Miller, Kevin McKidd, Robert Carlyle, Kelly Macdonald.Écosse, 1995.GENEVIÈVE CLOUTIER — 2" PRIX COLLÈGE DE SAINTE-FOY Choisir la vie.Choisir un job.Choisir une carrière.Choisir une famille.Choisir une putain de grosse télévision.Choisir une machine à laver, des voitures, des lecteurs de disques compacts et des ouvre-boîtes électriques.[.] Choisir le futur.Choisir la vie.«Mais pourquoi voudrais-je faire une telle chose?» C’est sur cette pensée à-quoi-boniste que nous engage le réalisateur écossais Danny Boyle dans le tunnel envoûtant de son deuxième film, Trainspotting, inspiré du roman éponyme de son compatriote Irvine Welsh.Le livre audacieux et universel de Welsh ayant acquis une notoriété phénoménale auprès des jeunes, son adaptation au grand écran par les pères du populaire Petits meurtres entre amis, soit Boyle et le scénariste John Hodge, ne pouvait qu’assurer le succès de cette production, seconde réflexion du duo Boyle-Hodge sur la morale, l’amitié et la liberté telles que conçues par de jeunes Écossais.Le titre français, traduit par le néologisme Ferrovipathes, renvoie selon toute vraisemblance à cette manie juvénile des années 1990 de retenir les horaires des trains et leurs destinations, astuce par laquelle les fugueurs se ménagent un point de fuite.Concocté avec autant d’humour noir et de sarcasme que Petits meurtres entre amis, Ferrovipathes relate une tranche de la vie d’un jeune habitant d’Édimbourg, Mark Renton, et de ses soi-disant copains, Spud, Sick Boy, Beg-bie et Tommy.Plus accros à l’intensité de la vie qu’à la vie elle-même, ces personnages irresponsables, et qu’on sent parfois un peu fêlés, ont décidé d’oublier leurs limites et de jouir de leur forfait terrien en évitant le système, même s’ils doivent en mourir.Comme le dit Renton au tout début du film, «choisir la vie» comme il est convenu de le fai- re n’est pas un horizon envisageable, du moins pas de prime abord.Renton, brillamment campé par un Ewan McGregor passé maître dans le style savoureusement grinçant des personnages des films de Boyle (on avait également pu l’apprécier dans Petits meurtres.), nous entraîne dans le wagon de sa vie d’héroïnomane, nous présentant au passage ceux et celles qui occupent les compartiments connexes.Sans faire de publicité à cette drogue supposé-ment «plus jouissante que le meilleur des orgasmes multiplié par mille» qu’est l’héroïne, Ferrovipathes montre, par d’habiles jeux de caméra, les effets de l’extase qu’elle procure, tout en offrant certains aperçus des conséquences morbides qui s’ensuivent et qui, elles, n’ont rien de réjouissant.Le film dénonce également l’attitude hypocrite et méprisante du système à l’égard de la population britannique.L’absurdité de la vie des personnages, pourtant d’un réalisme pathétique, est heureusement exposée de façon à nous faire rigoler plutôt que pleurer.Les murs du wagon-fdm sont tapissés de scènes subtilement hilarantes, superposées à de lugubres réalités.On pense, entre autres, à ce plongeon de Renton dans une cuvette des «toilettes les plus sales d’Ecosse» afin de retrouver ses suppositoires «à l’opium» ou, encore, à l’overdose du même Renton, à la mise en scène filmographique très créative et esthétique de ses hallucinations.Ce décor mobile, doublé d’une trame musicale (Lou Reed, Pulp, Brian Eno et autres) dont la puissance d’évocation l’élève au rang de personnage, conduit le passager jusqu’au bout de l’aventure drôlement triste de ces jeunes délinquants, sans même lui donner envie de descendre du train.Quarante ans après la sortie du film Jeune homme en colère et 25 ans après celle d'Orange mécanique, qui avaient tous deux été le sujet de nombreuses polémiques, Ferrovipathes ravive le débat sur les conceptions qu’ont actuellement les jeunes Occidentaux de leur société et du futur qui les attend.Mais si le critique du Times de Londres criait à l’indécence le jour de la sortie de Ferrovipathes, affirmant que ce dernier «pourrait rendre le même service à la drogue que celui que rendit à la violence le film de Kubrick», le public lui donna tort en évitant de ne capter le message qu’au premier degré.Ainsi, le film s’attira l’attention des médias et des foules grâce avant tout aux bonnes critiques qu’on lui consacra.D’autant plus que les «héro(s)ïnomanes» de l’histoire, soit Renton, Spud et Sick Boy, alimentent avec la drogue une relation plus ou moins sérieuse, instable, et, qui plus est, ayant pour principale raison d’être le désennui savoureux.Ceci dit, les auteurs défendent leur position favorable aux stupéfiants consommés à des fins davantage exploratoires qu’échappatoires en éliminant lentement et douloureusement Tommy, le seul personnage sorti sain de corps et d’esprit de l’adolescence, qui décidera d’adopter le train-train de la toxicomanie afin d’oublier ses amours déchues.Ainsi, on pourrait résumer la pensée des auteurs en disant que la drogue ne devient nocive que si l’on s’en sert pour se dérober.Philosophie certes choquante mais fort attrayante pour les «mangeurs d’étoiles» de tout acabit.Comme pour Orange mécanique, un culte aura pris naissance autour de Ferrovipathes grâce au mariage de la musique, du ton cynique et des valeurs marginales qu’il diffuse.Éléments ne manquant pas d’accrocher à coup sûr la très grande majorité des jeunes Occidentaux, qu’ils soient sages ou à l’image des personnages du film, personnages qui ne sont d’ailleurs que des jeunes ordinairement marginaux, à court d’intérêts, de possibilités.Révoltés à leur façon, assoiffés de liberté et de plaisir, ils nous font vivre l’expérience des limites par procuration, arrivant, sans prêcher, à la conclusion selon laquelle le droit et rangé chemin est peut-être bien le meilleur après tout.Sorti à une époque où la peur s’avère prudente et pour laquelle le mot d’ordre est «protégez-vous de tout», Ferrovipathes permet une évasion, une thérapie par le rire, même si l’action n’est pas toujours drôle.Devenu, en quelque sorte, symbole de liberté et de positivisme contrant la noirceur de l’avenir, le film écossais a même servi d’objet de «réconciliation», de trêve entre les policiers de la ville de Québec et les jeunes du carré d’Youville, les premiers ayant invité les seconds à l’avant-pre-mière du film l’été dernier (1996).Film sur la vivacité, sur l’amitié et la fausse amitié, sur l’ennui et les façons de l’éloigner, film sur les pulsions et leur écoute, sur la voie dictée et la voix entendue, Ferrovipathes est plus qu’une simple fresque colorée sur les joies de la drogue: une brillante illustration des revers d’un mode de vie marginal, alimenté d’une liberté illusoire.La censure au grand jour CATHERINE-MAUDE KHAYAT - 3e PRIX COLLÈGE JEAN-DE-BRÉBEUF La censure existe.Elle est là, omniprésente, silencieuse mais implacable.La pièce de théâtre Teatr, basée sur le livre Roman théâtral de Mikhaïl Boul-gakov, adapté par Sophie Renaud et présenté par Le Théâtre de l’Opsis, crie la révolte d’un écrivain russe du début du siècle, pris dans le cercle infernal du totalitarisme.En plus d’être un puissant appel à la réflexion et à la prise de conscience des effets de la censure, Teatr est en quelque sorte une autobiographie de l’auteur qui, ayant vécu sous le régime stalinien, s’est souvent vu forcé, sous peine de représailles, de modifier ses écrits.Serguéi Léontiévitch Maksoudov, personnage principal de la pièce, termine l’écriture d’un roman.Celui-ci représente d’ailleurs toute sa vie.Rencontrant éditeur après éditeur, il y fonde ses espoirs les plus profonds, désirant voir son nom s’ajouter à la liste des auteurs célèbres.Cependant, tous ses efforts semblent vains; Maksoudov accumule les refus de publication.Puis, un jour, on accepte enfin son roman, à condition qu’il soit transformé en pièce de théâtre.A partir de ce moment, la vie de Maksoudov devient infernale.Méprisé par des amis jaloux il est aux prises avec un directeur de théâtre aux idées farfelues, qui remanie sa pièce comme bon lui semble.Ce dernier, pour éviter de choquer, pour se soumettre au style conventionnel, modifie tout et crée une œuvre diamétralement opposée à ce que souhaitait Maksoudov.Finalement, après de longs mois de travail, la troupe réussit péniblement à mettre sur pied un spectacle conforme au désir de l’auteur.Cependant, la première représentation à peine terminée, tout s’écroule brusquement.Un obstacle avait été oublié: la censure, qui allait transformer le rêve de Maksoudov est un cauchemar affreux.Serge Denoncourt, par une mise en scène particulièrement intéressante, réussit à faire de Teatr un véritable joyau.L’opposition créée entre les personnages secondaires et le personnage principal force le public à s’identifier à ce dernier.En effet, seul Maksoudov, interprété par Benoît Brière, semble avoir un comportement normal.Les autres, tous trop extravagants pour être réels, accentuent l’attachement du public au héros.Ses peurs, ses tristesses, son désespoir deviennent les nôtres.Cependant, les gestes exagérés et comiques des personnages secondaires viennent alléger une situation tragique qui, sans eux, aurait pu devenir très lourde.Par contre, certains éléments burlesques semblent parfois excessifs: le tic nerveux du réceptionniste du Théâtre indépendant, tout d’abord amusant, devient à la longue franchement désagréable.Hormis ces détails, le jeu des comédiens est excellent, sûr et bien en place, ce qui, pour Jacques Godin, incarnant le rôle du metteur en scène excentrique Ivan Vassiliévitch, représente un tour de force puisqu’il remplaça Jean-Louis Roux à pied levé, dix jours avant la première.Les costumes des acteurs, judicieusement choisis, intensifient l’effet d’identification au personnage de Maksoudov.Son costume, seul vêtement sobre parmi tant d’accoutrements insolites, attire l’attention par sa simplicité.Sans apparat superflu, Benoît Brière se dévoile ainsi, naturel, aux yeux du public.On remarque par ailleurs qu’aucune des tenues ne représente, de façon particulière, la culture russe.En ne donnant ni âge, ni couleur, ni race, ni nom à la censure, Denoncourt renforce donc son message: «Nous allons vous raconter une histoire russe qui pourrait tout aussi bien être sud-américaine, tchèque ou.québécoise.» Le cauchemar que vit Maksoudov, Denoncourt le met en valeur tout au long de la pièce.Tout d’abord, l’éclairage souvent tamisé, sombre, rappelle la nuit, le désarroi d’un être face à un monde d’incompréhension.Cet atroce rêve qu’il ne comprend pas, Maksoudov n’en sort jamais.Le déplacement toujours ordonné des acteurs secondaires sur scène, leur répartition harmonieuse dans l’espace amplifient cette impression d’irréalisme.Leurs mouvements rappellent ceux d’une chorégraphie superbe, mais artificielle.Ils soulignent l'idée selon laquelle les acteurs secondaires ne sont que des figurines gravitant autour de Maksoudov, tous soumis à une force extérieure.Ces personnages, lors des tirades de l’écrivain, changent les décors de la salle et nous font instantanément passer d’un lieu à un autre, comme dans un rêve dont les scènes se succèdent rapidement.Les extraits musicaux accompagnant l’action de la pièce ajoutent une certaine unité au spectacle.Par exemple, la reprise d’une même mélodie russe, au début et à la fin, crée un effet de cycle, comme si la boucle de la censure se refermait sur les personnages.Aussi, on entend, dès l’entrée sur scène de l’éditeur qui accepte de publier le roman de Maksoudov, l’opéra Faust de Gounod.Un rapprochement tout de suit s’impose à l’esprit du spectateur: le Méphistophélès de Goethe, personnage incarnant le diable, ne peut être que l’éditeur, à qui Maksoudov, pour quelques roubles, vend inconsciemment son âme.Teatr est donc indubitablement une pièce remarquable.Le talent du metteur en scène, allié à celui des acteurs, rend cette production exceptionnelle.On ne peut qu’être touché par le jeu sensible de Benoît Brière, à travers qui la souffrance du silence se fait douloureusement sentir.Un appel à l’humanité, un cri de l’auteur, une lutte pour la parole.Une production à voir absolument! :TB 2* * «S :tart: tu.:rr: «mail *«**3 «g?; stxxnia m&TK mia Sa® JACQUES GRENIER LE DEVOIR La cérémonie de remise des prix du Grand Concours de journalisme du Devoir a eu lieu cette semaine à l’occasion de l'assemblée annuelle des actionnaires du Devoir.On reconnaît, dans l’ordre, Yves Laroche, professeur au Collège de Sainte-Foy, qui représentait Geneviève Cloutier, Catherine-Maude Khayat, Nancy Boivin, Colette Baribeau, présidente du juiy, Huguette Lachapelle, présidente de l'Association québécoise des professeurs de français.Lise Bissonnette, directrice du Devoir, et Roger Boisvert, vice-président exécutif et directeur général de la Fondation du Devoir, concours de JOURNALISME LE DEVOIR L\ Fondation du DEVOIR f&s AQPF MUSÉE STE WA DT AU FOQT de l flc «»iinr ntLtw lotoquébec ^GUÉRIN = a Hydro Québec r« MOTIONNAMES U ROBERT I) !* I.!•: |) K v 0 | It .I.K s S A M K l> I I I) K T l> I M A X < Il K II MAI I H II LES PETITS BONHEURS Je vous écris aujourd’hui .lettres a quelques-uns Paul Valéry Gallimard Collection «L’Imaginaire» Paris, 19%, 251 pages CORRESPONDANCE 1921-1908 Alexandre Vialatte/Jean Paulhan Edition établie, préfacée et annotée par Denis Wetterwald Julliard Paris, 1997,282 pages Y a-t-il véritable enrichissement à lire les correspondances d’écrivain?Je connais des esprits fort curieux de littérature qui voient dans ce genre de fréquentations livresques une perte de temps.Je serais quant à moi porté à penser qu’il en va, en cette matière comme en d’autres, selon les goûts que l’on a.D’aimer la correspondance de Voltaire ou de Stendhal ne vous oblige pas à trouver pareil contentement à celles de Zola ou « de Proust, par exemple.Les Lettres à quelques-uns m’attiraient parce que la lecture du Journal de Léautaud m’a rendu attachante la figure d’un homme dont la froideur apparente m’a souvent rebuté.La Correspondance Vialatte/Paulhan s’imposait.Rien de ce qui touche l’auteur du Fidèle Berger et de ses chroniques sublimes d’intelligence et de finesse ne m’est indifférent.Nul doute, tout ce qui touche à cet Auvergnat m’est un baume.Les lettres de Valéry ont été écrites entre 1899 et 1943.Elles ont parfois été dictées par l’amitié — celles du début surtout — ou par les exigences de la vie littéraire.Déjà alerté par la lecture de Léautaud qui évoque souvent la transformation qui s’effectue chez son ami à mesure que son statut d’écrivain s’affermit, je n’ai pas été étonné de constater une évolution dans le ton des lettres.Le jeune homme de 18 ans qui envoie timidement ses poèmes à des revues n’a presque rien à voir avec l’académicien sollicité un peu partout qu’il deviendra.En 1915 — il a alors 44 ans — Valéry confie à son ami A A.Coste: «Ma nature est extrémiste, changeante; je ne puis même compter sur la constance de mes dépressions.» Douze ans plus tard, à André Fon-tainas: «Bons ou mauvais, je n'aime pas les souvenirs.Les mauvais sont pénibles.Ijes meilleurs sont les pires.Je crains de me revoir et je fuis ce qui fut.» Très conscient de son importance dans le mon-.de des lettres, l’auteur de Monsieur 7 este, ne se laisse pas facilement abuser.À propos d’une interview parue en revue et dont le texte ne lui avait pas été soumis avant publication, il écrit: «Elle ne m’a pas été soumise et.je ne réponds que de ce que je signe, et non de la mémoire de ceux qui m’interrogent.» Quand il quitte le ton légèrement condescendant qui teinte la correspondance de la fin de sa vie, Valéry est à l’pccasion étonnamment humble.A propos d’un critique qui rapproche son oeuvre de celle de Bergson, il avance: «Je ne vois contre lui que le fâcheux penchant de se griser aussi du vin de ma petite vigne, et je vous avoue que je ne sais comment il peut accorder dans son ivresse l’une et l’autre boisson, le Château-Bergson et ma piquette.» Les destinataires des lettres sont 4*1» Gilles Archambault «Je ne réponds que de ce que je signe» multiples.On y rencontre des inconnus — probablement célèbres en leur temps — mais aussi Larbaud, Léautaud, Pierre Louys, Fargue Marcel Schweb Mallarmé, Debussy.On comprend que l’intérêt que l’on peut prendre à ces missives dépend de la curiosité que l'on a d'un monde littéraire disparu.Mais il y a plus que l'aspect sociologique comme bien l’on pense.Valéry était un grand épistolier et ses lettres se situent à une certaine hauteur de pensée et d’écriture.Une croisade pour Kafka Il est question de Valéry dans la Correspondance Vialatte/Paulhan.Dans sa croisade pour assurer l’illustration et la défense de l’œuvre de Kafka en France, Vialatte veut l’appui de deux écrivains français en renom.Gide accepte illico, Valéry fait répondre par son secrétaire qu’il ne connaît pas les écrits de l’auteur du Château.Gide non plus, mais ce dernier a moins de scrupules.Des propos échangés entre Vialatte et celui qui .« devient petit à petit l’éminence grise de la N.R.E, on retient que le traducteur de Kafka écrivait de longues lettres pendant que Paulhan se contentait de billets souvent laconiques.Vialatte vivait petitement.Ses traductions lui rapportaient peu, ses romans à peine davantage.En règle générale, il se plaint.Paulhan accepte régulièrement d’intercepter en sa faveur auprès de Gaston Gallimard, familièrement appelé G.G.L’éditeur était-il si âpre au gain et si dur en affaires que l’imaginait Vialatte?On l’ignore.Il est certain toutefois que seule l’obstination, le dévouement du traducteur ont permis à son éditeur d’acquérir les droits d’une œuvre d’une importance aussi capitale.Un écrivain tourmenté Pour qui aime l’auteur des Dernières Nouvelles de l'homme, il est inquiétant de voir évoluer un écrivain essentiellement tourmenté.Vialatte est partagé entre l’admiration totale qu’il porte à l’œuvre du grand écrivain tchèque et le désir d’écrire des romans de son cru.Il demande des avances, qu’on lui accorde parfois, obtient quelques bourses, quelques prix, mais pendant de nombreuses années c’est la course pour assurer la survie.Perfectionniste, il accumule les retards, ne respecte pas les échéances.Paulhan a beau l’assurer de son soutien, lui prouver sa fidélité, rien n’y fait.Vialatte est un inquiet.À ceux qui s’imaginent que ses chroniques sont écrites toutes de pri-mesaut, avec aisance, il est bon de recommander la lecture de ses lettres qui respirent le doute, la douleur.Vialatte apparaît comme un être essentiellement fragile, un être qui a besoin d’être rassuré à tout prix.A ce chapitre, la présence de Paulhan paraît fort chaleureuse.11 aurait compris que l’écrivain qui se dressait devant lui était un homme d’élite.En plus des lettres que se destinent les deux hommes, on trouve dans ce livre des communications de Max Brod, de Gide, de Gaston Gallimard et de Julien Monod.Ce sont celles de l’ami de Kafka qui sont de loin les plus éclairantes, Brod étant un apôtre dévoué.Faut-il lire les correspondances d’écrivain?Ces deux recueils nous inclineraient à répondre par l’affirmative.LA VIE LITTERAIRE Le Salon de Québec à l’automne LE DEVOIR Traditionnellement présenté au printemps, le Salon du livre de Québec deviendra, à compter de septembre, un événement automnal qui sera combiné à la nouvelle Foire internationale du livre en sciences humaines et sociales de Québec, dont la mise en place avait été annoncée à la fin du dernier Salon.Si la première édition automnale de l’événement avait eu lieu à cause des disponibilités du nouveau Centre des congrès de Québec, l’accroissement de la clientèle et l’avis des partenaires consultés ont amené le conseil d’administration à rendre permanent ce changement de calendrier.La première édition du Salon double aura donc lieu du 17 au 21 septembre prochain.Une nouvelle maison d’édition Les animateurs des Éditions Balzac et de l’ancienne équipe des Éditions du Griot fondent Balzac-Le Griot éditeurs.La maison d'édition, de propriété entièrement canadienne, débute ses activités dès ce printemps au Québec.En France, c’est à l’automne que des locaux seront ouverts à Chinon (Indre-et-Loire), avec un bureau éditorial à Paris.L’initiative s’explique par une volonté d’ouvrir le marché français aux produits québécois, tout en enrichissant la nouvelle maison d’édition des collections particulières propres au marché français.Les lecteurs du Quichotte Benito Mussolini, François Mitterrand, Adolf Hitler, Ronald Reagan et plusieurs dizaines d’hommes d’État ont envoyé un exemplaire dédicacé de Don Quichotte au Centre Cervan-tès d’El Toboso, un village de 2200 habitants à 150 kilomètres au sud de Madrid.Ce gros bourg agricole possède une collection unique au monde: plus de 200 éditions du roman de Cervan-tès dans 38 langues, parmi lesquels le persan avec un exemplaire signé du chah d’Iran.L’initiative revient à un maire.Jaime Martinez, qui.dans les années vingt, avait l’ambition de faire d’El Toboso un centre culturel international à la gloire de Cervantès et ses personnages.Arec AFP ARTS VISUELS Parcours Quand il reste une multitude de choses à voir BEKNAKD LAMARCHE En cette tin de semaine de festivités, gracieuseté de nos chères mamans, vos activités ne seront peut-être pas tournées aussi sérieusement que d’habitude vers les arts visuels.Vous aurez tort, parce qu’après le mois torride qu'on vient de passer, du moins pour ce qui est du monde des galeries et des musées, il reste une multitude de choses à voir.On vous sert aujourd'hui une brochette d'expositions qui mérite votre considération des plus distinguées.Ces expositions vous reposeront les jambes (!), épuisées qu’elles seront à vous trimbaler d’atelier en atelier pour le second des quatre week-ends des Ateliers s’exposent 1997.Des kilomètres de trottoirs en perspective.Attention: sauf pour les travaux de Raymond Gervais chez Rochefort, jusqu'au 17 mai, la plupart de ces événements doivent fermer les livres dès cette fin de semaine, si ce n’est pas dès aujourd’hui.Et vogue la galère.L’ŒIL ACOUSTIQUE Raymond Gervais Galerie Rochefort 366, rue Lemoyne, 1" étage Jusqu’au 17 mai Débutons cette virée du côté du Vieux-Montréal.Si vous avez raté la dernière exposition de Raymond Gervais à la chapelle du Bon Pasteur le mois dernier, vous pouvez toujours le rattraper à la Galerie Rochefort.L’art de Gervais est un art de commémoration.A la sophistication sans cesse grandissante de la technologie, il oppose la mémoire des maîtres anciens de musique et une nostalgie du tourne-disque et du gramophone.Par la formule de l’hommage, il tire du tombeau, en de très belles élégies, des noms propres de compositeurs, d’interprètes, de danseurs, d’écrivains, etc., et les réunit en d’impossibles rencontres, dont la probabilité s’avère à la surface de pochettes de disques (compacts dans certains cas).Rue Sherbrooke, Gervais avait accroché près de 200 boîtiers de disques-com-pacts proposant conceptuellement la rencontre de personnages disparus, impliqués de façon imaginaire dans la lecture, l’interprétation, l’écoute d’œuvres n’appartenant pas à leur époque.De cette installation silencieuse — Le Théâtre du son — résonnait la capacité du spectateur à produire les sons de ces chocs inusités.Ces rencontres faisant fi des tranches du temps, évoquaient des œuvres (par exemple, «Johann Sébastian Bach écoute Glenn Gould», ou «Frédéric Chopin joue John Cage») ou en refaisaient la lecture rétrospectivement.Dans une récente entrevue, Gervais explique qu’il «produit des concerts imaginaires, surtout sous forme de disques imaginaires».Devant ces suggestifs trucages d’étiquettes, on aurait pu penser que la quantité de jumelages venait quelque peu épuiser l’ensemble et en diluer la saveur.Les percussions (les effets) se perdaient dans les échos agités de la fanfare.Plus forte parce que mieux ciblée, l’exposition chez Rochefort poursuit la réflexion de l’artiste sur les fictions perdues de l’histoire.Là, Gervais rend hommage à Anna Akhmatova, Alberto Giacometti, Alfred Jarry, William Kapell, Man Ray, Cesare Pavese et Alberto Savinio (frère méconnu de Giorgio de Chirico).Alliant tunage, le texte et l'absence de sons, Gervais s’introduit doucement dans certains des drames et anecdotes de la petite histoire des arts du XX' siècle.Reprenant le portrait que le douanier Rousseau avait fait de lui en 1895 et dont Alfred Jarry avait découpé et retiré son propre visage, Gervais place dessous les lettres U-B-U, imprimées respectivement sur les pochettes de trois DC.Avec le Disque d’Alberto Giacometti, dont il reprend la phrase «tous les vivants étaient morts» tirée d’un texte où le sculpteur décrit un disque-installation de sa IBIAIL Raymond Gervais, Le Théâtre du son, 1997.conception, jamais réalisé, Gervais établit peut-être le modus operandi de toute l’exposition, à savoir la contraction, temporelle, sonore et visuelle.Un hommage touchant L’hommage au pianiste William Kapell décédé tragiquement en 1953 est sans doute le plus touchant: ayant tronqué son portrait au piano de manière à ne laisser voir que ce par quoi l’art de Kapell prenait vie, à savoir ses mains, Gervais a aussi tronqué le nom propre du musicien, pour ne laisser que sa fragmentation homopho-nique, K-P-L.Ailleurs, les lettres retenues (toujours trois) en légende des images (encadrées comme des boîtiers de disques compacts), proposent des onomatopées — BOP, les trois dernières lettres en russe du poème Le Verdict de Anna Akhmatova, aussi en hommage à Charlie Parker, inventeur de cette forme moderne du jazz —, affichent une écriture phonétique — «œ-j», sous le fragment d’une image de Man Ray —, ou encore B-A-L, un jeu anagrammatique sur les trois premières lettres du prénom d’Alberto Savinio (trois lettres musicales reprises dans le portrait de l’écrivain, musicien et peintre).Reste le pouvoir refusé aux yeux dans La mort viendra.Superbe extrait d’un texte de Cesare Pavese composé le 22 mars 1952, quelques temps avant son suicide, récupérée sur une plaque où notre regard est retourné, vide, par un miroir placé à juste hauteur, il glace: «La Mort viendra et aura tes yeux.» D’écriture sonore en sons scriptés, Gervais puise au sein d’une vaste culture historique pour provoquer des collisions poétiques dans l’éventail d’érudition qui est lui est propre.Et qui a dit que l’art «savant» ou intellectuel était froid?IMAGES ET PROPOS MOBILES (1995-1997) Louis Couturier et Jacky Georges Lafargue Quartier Éphémère, 16, rue Prince Jusqu’à demain Vous les avez peut-être déjà croisés dans la rue ces deux-là.Adeptes des interventions en public, le duo, comme leur prête-nom l’indique — Attitudes d’artistes —, manipule la rhétorique publicitaire et tout ce qui a trait à l’image sociale que peuvent avoir les artistes et tout ce qui touche à une forme de bohème.Vus promenant dans les rues des affiches perchées au-dessus de leurs têtes faites d’anonymes portraits associés à des slogans accrocheurs («disparaître, réussir», «indifférent, il séduit», «acteur, social»), ces artistes s’attaquent au statut précaire des exclus de notre société et des préjugés qu’ils subissent.Traité consciemment comme une «parodie de l'art dit engagé», cette campagne vise en fait des buts tout autres.C’est la séduction publicitaire et le revirement dont elle peut faire les frais que les deux artistes révèlent.Jusqu’à demain, le duo occupe les locaux de Quartier Éphémère, un organisme à but non lucratif voué à la diffusion des artistes de la relève.On y voit les images croisées dans la rue, et une série d’énoncés à saveur publicitaires peints directement sur les murs de la galerie, comme des graffiti «officialisés»: «Le voilà tel qu’il veut plaire: inoffensif, gentiment narcissique, vide.», «Qui n’a pas une tête d’écrivain?Personne ou presque.» Et celle-là, encore plus frappante: «Etre fatigué, sceptique, rêveur est déjà un mauvais point à votre dossier.» Ces écrits et cette attitude vous attendent, toujours dans le Vieux-Montréal.Deux artistes à suivre.C’EST EN SUIVANT LA FRONTIÈRE, EN LONGEANT LA SURFACE Stéphane Gilot Galerie Dare-Dare 460, rue Sainte-Catherine Ouest Local 505 Jusqu’à demain On redresse la barre et on monte vers le sud.Chez Dare-Dare, si vous n’avez pas encore vu le mur qu’a érigé dans l’espace Stéphane Gilot, jeune artiste belge nouvellement arrivé à Montréal, courez-y dès maintenant Gilot a construit un immense mur courbe, recouvert d’argile, qui avale littéralement la moitié du petit espace de la galerie.Sauf peut-être Massimo Guer-rera qui encore ne s’approchait pas de l’effet monumental de l’œuvre de Gilot jamais, depuis l’ouverture des nouveaux locaux de la galerie, un artiste n’a réussi à en utiliser aussi bien l’espace restreint.Se présentant connue le fragment d’une immense colonne traversant tout l’édifice, l’œuvre remet en question avec brio les notions d’échelle, d’espace, de perception et de support (on pense aussi à la peinture monochrome).L’avancée inquiétante de ce colosse semble irrésistible, la découpe parfaite des éléments d’architecture (tuyauterie, murs, planchers) ajoute à l’effet d’absorption.Pour ce jeune dont c’est le premier solo, il s’agit d’un très bon coup.POINTS DE SUSPENSION Galerie Circa 372, Sainte-Catherine Ouest Local 444 Se termine aujourd'hui Point de suspension, c’est une exposition-bénéfice regroupant les artistes membres du Centre d’artiste Circa.C’est donc le thème qu’ont privilégié les organisateurs de la galerie pour suggérer aux artistes (une trentaine) la réalisation d’œuvres petit format.Donc, on fait le plus souvent dans la sculpture, vous l’aurez deviné, suspendue.Les artistes (Michel Goulet, Serge Lemoyne, Michel de Broin, Lu- GUY L'HEUREUX Attitudes d’artistes (J.G.Lafargue & L.Couturier).Installation de Images et propos mobiles, 1997.PHOTOS PAPIER GRIS- cie Duval, Guy Nadeau, Éric Daude-lin, David Moore, Lisette Lemieux, Sylvie Fraser) se sont prêtés au jeu de la commande avec une relative docilité.Peu ont pris de revers l’assertion' — il aurait pu n’y avoir point (pas) de suspension.De petits moments’ agréables vous attendent.Point de suspension, c’est aussi un' état précaire dans lequel beaucoup de1 galerie et de centres d’artistes sont pris économiquement.C’est également une manière de dire que l’on ne veut pas annoncer la suspension des1 activités de la galerie.LINE OF TREES, BURNING Micheal Smith 372, rue Sainte-Catherine Ouest Local 502 Se termine aujourd’hui Si vous aviez aimé ses empâte-' ments paysagistes de peinture à la Galerie Waddington-Gorce en mars dernier, vous apprécierez sûrement' la série de petites aquarelles que' Micheal Smith montre en face de la galerie René Blouin.Accompagnées d’un large tableau qui aurait' bien figuré dans l’exposition inéga-’ le d’alors, l’imagerie récente de Smith, extraite de souvenirs de batailles de son père, reproduit des scènes abstraites de paysages dévastés par les explosions de la guerre.Les formats réduits de prêtent , bien à cette apocalypse historique et picturale.Les notes, jouant corn-; me des souvenirs rompus par les; détonations, ajoutent à l’effet d’en-; semble réussi.Plus constante, peut-être à cause du thème qui les cha-' peaute, ces images constituent une! série plus rigoureuse.Saura bien; compléter votre parcours.Fini aus-; si aujourd’hui.Rectificatif Parfois les plus belles intentions, se retournent contre nous.Dans l’article du 26 avril dernier, sur l’exposition de sculptures anciennes que! présente le Musée des beaux-arts' d’Ottawa, une malencontreuse et fâcheuse erreur, surtout si vous vous ' êtes déplacés, a trouvé le moyen de ‘ percer notre vigilance qui pourtant veillait au grain.Le paragraphe d’in-' troduction y laissait entendre que , l’exposition Pablo Picasso — Chefs-, d’œuvre du Museum of Modem art‘ était déjà commencée.Voulant bien.faire, croyant informer le lecteur des, activités complètes du musée en une, formule bien placée, l’erreur s’est je- ' tée au cou du chroniqueur pour le ’ faire dévier de sa route.Sachez tou- „ tefois que cette exposition très atten- ; due n’est prévue que pour 1998.Eh ‘ oui, pas avant 1998! Comme quoi on \ avait trop hâte de voir ces œuvres.; Désolé, il faudra attendre.-1 Gravures Anciennes-CURIOSITÉS M.,- CAROL LAVOIE ^ mo/t a/nou/' Jusqu'au 27 mai Espace 524 372.rue Ste Catherine Ouest.Montréal.Québec Horaire : jeudi à dimanche incl- 12 h OO à 18 h OO Oeuvres de NICOLE TREMBLAY Jusqu’au 21 mai à la salle d'animation de la bibliothèque d’Anjou 7500, avenue Goncourt, Anjou Du lundi au vendredi I2HJ0 a 21h00.samedi 9h)0 a 16h)0.dimanche 1 JbOO à IThOO i/tj c Vvvl>0^ fP*t 1224, avenue Bernard Ouest, Outremont (Québec) Tel.: (514) 277-8645 J I) K) I.K l> K V OIH, I, K S S A M K I) I I
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