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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1997-05-17, Collections de BAnQ.

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?LE DEVOIR ?Le roman québécois Page D 3 Le feuilleton Page D 5 Grille télé du week-end Page D 8 ?Anette Larsson Page D 9 Formes Page D 10 I.K |) Y.V O I lî .I.K S S A M K I) I 17 K ï I) I M A X ( Il K I S M Al I !» !» 7 ESSAIS I» O L I T I Q U E S «Il y aura une république française du Canada» De Gaulle voulait aller plus loin, mais le Québec a freiné.GILLES LESAGE LE DEVOIR Trente ans après son célèbre «Vive le Québec libre!», le général de Gaulle continue de ravir ou de hanter les Canadiens — à preuve, la polémique récente à propos du timbre commémoratif de la France — et de susciter, de part et d’autre de l’Atlantique, discussions, exégèses et commentaires enflammés.Le Centre de recherche Lionel-Groulx n’a pas attendu le mois de juillet pour consacrer sa récente revue semestrielle à un dossier exhaustif sur de Gaulle et le Québec.Ce recueil de textes livre bien davantage qu’une explication du fameux discours du 24 juillet au balcon de l’hôtel de ville de Montréal.Pour ceux qui en douteraient encore, ce discours se situe dans la continuité de la pensée du général, remontant même à ses années de lycéen.Il n’en reste pas moins, comme le soulignent les présentateurs, Benoît Lacroix et Stéphane Stapinski et, à leur suite, de multiples témoignages, que «dans l’histoire du Québec contemporain et dans la jeune histoire des relations internationales du Québec, la visite du général de Gaulle de 1967 aura été un moment déterminant».En effet, note la ministre Louise Beaudoin, cette visite fut un événement-phare, un repère dans notre histoire.Trente ans après le «Vive le Québec libre!», l’écho de son appel résonne toujours en nous.Ceux qui pensent qu’il s’agissait d’un moment de faiblesse ou d’émotion mal contrôlée du «vieux» doivent lire le témoignage de son ministre Alain Peyrefitte, de l’Académie française (De Gaulle: «Il y aura une République française du Canada»), et les documents qui suivent, notamment: Un Combat de quarante ans pour la cause du Québec, de l’ambassadeur Bernard Dorin (du petit groupe de québécophiles que Trudeau stigmatisait comme étant des espions français au Canada.), et La Dette de Louis XV, de Pierre-Louis Malien, ancien correspondant de l’ORTF au Canada.Ferveur et enthousiasme De ces textes, et du document de septembre 1967 sur les fruits de la mission Peyrefitte au Québec, se dégagent une ferveur et un enthousiasme qui découlent directement du «geste réparateur» que de Gaulle s’était senti obligé de faire, avec éclat, sur le sol québécois.«Je n’aurais plus été de Gaulle si je ne l’avais pas fait», a-t-il confié dans l’avion du retour brusqué.«Sans doute la situation, depuis trente ans, n ’a-t-elle pas encore évolué selon les espoirs que nourrissait de Gaulle, conclut Peyrefitte (auteur de la célèbre formule «non-ingérence, non-indifférence»).Il est dans la nature des Français — de ceux du Canada comme de ceux de France — de procéder par à-coups, plutôt qu’avec la constance tenace que cultivent les Anglo-Saxons, leurs permanents rivaux.La souveraineté québécoise apparaît, même aux plus francs amis du Québec, comme une sorte de serpent de mer.Mais de Gaulle, en juillet 1967, a posé à la face de l'univers le problème du Canada français.Fidèle à lui-même, avec tout le poids de l’Histoire qui l’habitait, il invita le peuple québécois à assumer sa liberté.Il faut, pour que le monde avance, des moments d’exaltation qui répondent aux aspirent séculaires des peuples: le 24 juillet 1967fut de ccuxdà.» A vrai dire, c’est Québec et non la France qui a freiné par la suite, tant politiquement que financièrement, la coopération élargie entre les deux gouvernements, rappelle Jean-Marc Léger.Le premier ministre Johnson était presque -effrayé» par l'enthousiasme de l’Elysée et n’estimait pas pouvoir aller au-delà d'un certain seuil.P O L A R S mm ¦' ÊÊm .la filière Américaine L'éditeur et son auteur ILS ÉTAIENT DEUX DE PASSAGE À MONTRÉAL.LTJN ÉDITE, L'AUTRE ÉCRIT.UNE MÊME OBSESSION: LE ROMAN NOIR.DEUX ATTITUDES TOUTEFOIS.François SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR Au début des années 80, le roman policier dit polar était dans un état famélique.Il était morose, il était tristounet.Il était l’ombre qui rase les murs la nuit venue.Non pas parce qu’elle avait ingurgité petit rosé après petit rosé et qu’elle voulait se camoufler des regards bourgeois, donc moralisateurs, mais bien parce qu’elle avait peur, l’ombre du polar, de prendre des risques et de rigoler.Entre l’immédiat après-guerre et le milieu des années 70, le polar était dominant à bien des égards.Entre 1975 et 1985, soyons économiste, le polar était dans le creux du cycle.Depuis, il a pris du mieux.Même qu’aujourd’hui il va très bien.Jamais il n’y a eu autant de collections et notamment des collections gros format comme on dit gros prix.Restons économiste: grâce aux bonnes ventes du polar on fait de l’interfinancement.En clair, avec les bénéfices de l’un on peqt éditer Wittgenstein.Evidemment, cette rénovation d’un genre qui a fait la fortune, la matérielle s’entend, de producteurs de films mais presque jamais celle des auteurs a été l’affaire de quelques bonshommes.On pense beaucoup à Patrick Raynal qui depuis sa nomination de big boss de la Série noire a remis la G u é r i f e Série noire sur les rails de la joyeuse et vitale anarchie.On pense également, voire surtout, à François Guérif aujourd’hui grand manitou de Rivages/Noir.De celle-ci, il en fut même le fondateur.De passage à Montréal, il en a raconté la petite histoire.En 1986, Payot fait l’acquisition de Rivages.Guérif est à la fois journaliste et scénariste.Il a écrit des bouquins.Sur le cinéma davantage que sur le polar.Avant 1986, il avait dirigé une petite maison d’édition: Red Label.Il avait également été le patron de Fleuve noir.En fait, «en 1986je finissais avec le Fleuve noir.C’était une catastrophe».Toujours est-il que Rivages est l’objet d’une OPA par Payot.Dans la corbeille de la mariée, Payot récolte une revue intitulée City Mag.Les éditeurs de cette dernière demandent à Guérif de composer un article sur la littérature policière.«J’ai dit d’accord à une condition: ne pas refaire le énième papier sur Chandler ou Hammett.» Après la réception de l’article, les patrons de la revue filiale de Rivages elle-même arrimée à Payot «m’ont signalé qu’ils voulaient créer une nouvelle collection consacrée au polar et ils m’en ont proposé la direction.» Peu auparavant, «j’avais été codirecteur de Fayard Noir qui faisait partie du groupe Hachette.Lorsque Jean-Claude Lat-tés est devenu le patron de Fayard, l’un des premiers gestes qu’il a faits fut de t James SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR est d’abord l’histoire d’un petit homme joufflu et costaud.D’un gamin de dix ans qui aime son père et qui est aux frontières de la haine.La haine de la mère.L’identité de celle-ci?Geneva Odelia Hilliker dite Jean Ellroy.Tout le monde l’aura compris, le gamin c’est James Ellroy.Jusqu’à présent, cet écrivain au physique grand, longiligne, a signé de très bons romans comme La colline aux suicidés et Le Dalhia noir comme il a composé des trucs beaucoup plus fades comme White Jazz ou American Tabloid.Sa dernière production s’intitule Ma part d’ombre parue chez Rivages.Ce n’est pas un roman mais bien une autobiographie.Qu plutôt la biographie de sa mère.A bien des égards, Ma part d’ombre est à Ellroy ce que Pedigree est à Simenon: un retour sur soi et surtout sur cette famille à la fois honnie et aimée.Il y eut donc cette haine, cette aversion, cette détestation, cette colère très prononcée à l’endroit de la mère.Qu’on y songe: il a 10 ans; ses parents ayant divorcé, il passe les fins de semaine avec son père.C’est le 22 juin 1958.un dimanche.Son père l’a raccompagné.Dans Ma part d’ombre, il raconte.Il détaille.Il confesse cette haine.Ellroy Écoutons-le: «J’ai su qu’elle était morte.Ce n’est pas là un souvenir reconstruit ou une intuition rétrospective [.].Le photographe [de la police criminelle de Los Angeles] a pris quelques clichés et a insisté pour que j’improvise.Je me suis penché sur mon morceau de bois et je l’ai scié, mi-sourire, mi-grimace aux lèvres.Les flics ont ri.J’ai ri.Les ampoules de flash ont crépité.» Quelques paragraphes plus loin, ce jeune homme qui vient tout juste d’apprendre que sa mère vient d’être assassinée souligne: «Je savais que j’aurais dû pleurer.La mort de ma mère était un cadeau, et je savais que j’aurais dû payer pour le recevoir [.].Je la haïssais.Je haïssais El Monte.Quelque tueur inconnu venait de m’offrir la belle vie, une vie flambant neuf.» Mais surtout une obsession.Une obsession si tenace qu’aujourd’hui encore James Ellroy y travaille quotidiennement.De passage à Montréal, il a confié que Ma part d’ombre terminé, autrement dit le livre achevé, il continuait l’enquête.Laquelle?Celle qui, il l’espère, lui permettra de connaître l’identité du type basané qui a tué sa mère.C’est Bill Stoner, inspecteur de la criminelle de Los Angeles aujourd’hui à la retraite, qui poursuit l’enquête en question.Cet état des choses, à savoir l'enquête qui s’est faite et se fait, révèle un truc.Lequel?Ma part d’ombre voir Guérif PAG E voir Ellroy D 2 VOIR PAGE I) 2: DE GAULLE I) K V 0 I It I.K S S A M K I» I I) I M A X l II h M A I I !l !l I, I V R E S En librairie dès maintenant/ LA-CENTRALE les eamons , du remue-menage (514) 982-0730 (514) 871-0268 Alain Olivier d'Afrique Nuits XYZ éditeur 192 p.-19,95$ LE BOUQUINISTE PIERRE CHAPUS Livres anciens et d'occasion Gravures Philo - Littérature - Histoire Arts ~ Canadiana Les choix d'im libraire Achat et Vente L’ALMANACH POLITIQUE DU QUÉBEC Portrait des circonscriptions fédérales du Québec Alain-G.Gagnon James B.Bickerton Munroe Eagles Patrick J.Smith DES INFORMATIONS PRÉCISES SUR CHAQUE CIRCONSCRIPTION : • comportement électoral; • aspect socio-économique; • profil industriel, démographique, historique et politique.ISBN : 2-89037-905-1 256 pages 29,95 $ Le livre de référence par excellence pour les prochaines élections fédérales! XYZ éditeur 7 781, rue Saint-Hubert, Montréal (Québec) H2L3Z1 Téléphone: 525.21.70 • Télécopieur: 525.75.37 1.A VIE LITTÉRAIRE Roland Giguère lauréat 1* IKK K K CA Y O IJKTTK LE DEVOIR Le poète et graveur Roland Giguère a reçu la bourse d’écriture Gabrielle-Roy.D* conseil d’administration du Fonds Gabrielle-Roy en a fait l’annonce cette semaine, tout en rappelant que les nombreux ouvrages de Roland Giguère forment «l'une des œuvres les plus belles et les plus significatives de la littérature québécoise contemporaine».En vertu de cette bourse, l’auteur de L'Age de la parole et de Forêt vierge folle séjournera gratuitement durant quelques mois dans la maison de Gabrielle Roy à Petite-Rivière-Saint-François.Il recevra aussi une somme de 5000$.Au cours des dernières années, cette bourse a été attribuée à Madeleine Monette — elle y a écrit plusieurs pages de Im Femme furieuse —, Elise Turcotte et Monique La Rue.Ix* conseil d’administration du Fonds Gabrielle-Roy est constitué de François Ricard, Gilles Marcotte, André Major, Pierre Morency et Renée Dupuis.Parizeau à la librairie Garneau h\ parution du livre de l’ex-premier ministre du Québec, Jacques Parizeau, Pour un Québec souverain (VLB éditeur) a causé tout un émoi au cours des derniers jours.A tel point que l’ouvrage a changé le cours de la campagne électorale fédérale.A peu près tous les commentateurs politiques du Québec et du Canada en ont traité.Tout ce battage fera-t-il pour, autant de l’essai de M.Parizeau un succès de librairie?Evidemment, serait-on tenté de croire.Or la réponse n’est pas si simple.Pas nécessairement, pour-rait-on dire plus justement, à la lumière des expériences passées.Ce genre d’ouvrage a souvent une vie éphémère en librairie.Les médias, à force d’en extraire la moelle, n’incitent pas pour autant le public à se ruer sur le livre en question.Cela dit, les choses s’annoncent plutôt bien pour M.Parizeau et son éditeur.Des centaines de personnes ont assisté aux lancements de Montréal et de Québec.On y a, du fait, vendu des centaines d’exemplaires.Et la tournée — où la campagne?— de M.Parizeau ne fait que commencer.Aujourd’hui samedi, de 13h à 14h30, il sera à la librairie Garneau (1691, rue Fleury Est), dans le nord de Montréal, afin de rencontrer le public et de dédicacer son ouvrage.Auparavant, à 13h, l’animateur Robert Char-trand, aussi collaborateur régulier au Devoir, interviewera M.Parizeau dans le cadre de son émission diffusée en direct à C1BL.Le 23 mai prochain, Jacques Parizeau sera cette fois à la librairie Garneau du Complexe Desjardins, de 12h30 à 13h30.Les finalistes aux Prix des libraires L’Association des libraires du Québec a fait connaître cette semaine la liste des finalistes aux Prix des libraires 1997.Dans la catégorie «romans québécois», les finalistes sont Annabelle de Marie Laberge, L'Ecrivain public de Pierre Yergeau, Le Principe du geyser de Stéphane Bourguignon, Le Troisième Orchestre de Sylvain Lelièvre et Aurores montréales de Monique Proubc.Dans la catégorie «romans étrangers», le jury tranchera parmi Instruments des ténèbres de Nancy Huston, Beach Music de Pat Conroy, Le Diable par la queue de Paul Auster, Le Liseur de Bernhard Schlink et Les Échelles du Levant d’Amin Maalouf.Les lauréats recevront une œuvre de l’artiste verrier Harold Bouchard et une bourse de 2000 $.Les gagnants seront connus lors d’une cérémonie qui aura lieu le 26 mai au Château Bonne Entente, à Québec.Lex Prix des libraires ont été créés il y a trois ans par l’Association des libraires et le Salon du livre de Québec.Nouvelle collection «santé» L’éditeur Guy Saint-Jean a acheté récemment les droits mondiaux en langue française pour une collection de livres portant sur la santé, parrainée par l’Association médicale canadienne et publiée par la prestigieuse maison to-rontoise Key Porter.D’une grande rigueur scientifique tout en étant accessibles au vaste public, ces ouvrages se concentrent sur certaines maladies.Deux premiers titrer viennent de paraître: Le Sommeil et Les Migraines.A quand un livre sur l’hypotension?/ GUERIF À la recherche d’inédits de Goodis SUITE DE LA PAGE I) 1 La coopération n’en a pas moins franchi en 1967 un pas décisif et, par la suite, un essor considérable, «lœ voyage du général de Gaulle a donné une telle impulsion à la coopération franco-québécoise, quant à la nature et quant au volume, qu'on peut considérer qu'il en marqué un nouveau départ.» C’est aussi l’avis de Gaston Cholet-te, qui vient de publier un historique de la coopération du Québec avec la France et la francophonie, de 1961 à 1995.Dans la foulée du général de Gaulle, en 1967, c’est la France qui prend l'initiative.«Malheureusement, pour des raisons qui tiennent en grande partie à la personnalité de certains protagonistes de la classe politique, le Québec ne répond pas, du moins pas vraiment, aux attentes de son interlocuteur.C'est pourtant un moment historique, comme il n’en arrive pas souvent dans la vie d’un peuple.» L’ancien haut fonctionnaire de carrière relate une partie de la petite histoire des accords Peyrefitte-Johnson et en conclut à son tour: «Si le Québec avait été prêt à prendre le train qui passait, il aurait pu faire beaucoup de chemin, dans le domaine linguistique comme dans beaucoup d'autres.Le manque de volonté politique au Québec refroidira les ardeurs des protagonistes français.Is Québec a raté le train.» L’action internationale du Québec n'en est pas moins remarquable, voire extraordinaire, «lui coopération franco-québécoise prend l'allure, après une trentaine d’années, d'une grande aventure qui devrait permettre au Québec de fortifier la dimension française de sa personnalité, à la France d'assumer les responsabilités qui lui incombent à l'égard du fait français en Amérique du Nord, et aux deux pays d'être le fer de lance dont la Francophonie a besoin.» En dépit d’espoirs déçus et d’échecs, le portrait d'ensemble de la coopéra- tion linguistique reste fort valable et fructueux.M.Cholette, qui consacre ses loisirs de retraité aux méticuleux relevés d’un artisan dévoué (il a traité longuement de l'Office de la langue française» en 1993, à l’IQRO, annonce une série sur l’histoire de la coopération franco-québécoise.Des matériaux fort utiles pour la suite des choses.Ixi culture française d’Amérique, c’est aussi le thème du collectif publié récemment sous l’égide de la CEFAN, à Laval.Dans sa présentation, le sociologue André Turmel cite Fernand Dumont, pour qui la culture est un héritage qu'il faut assumer sans jamais se condamner à le répéter ou à le reproduire plus ou moins mécaniquement.«C’est grâce à la culture que l'humanité se déprend de la répétition monotone à laquelle est vouée la condition animale, qu'elle s'inscrit dans une histoire où ses actions se prêtent à une accumulation des œuvres et à un surplomb du devenir.Im culture est donc un héritage.Voilà en quoi elle pose, comme enjeu primordial, le problème de la mémoire.» Sur la culture comme mode d'intelligibilité du monde, voici donc un intéressant recueil d’une douzaine de textes d’universitaires.Sont-ils des «parvenus du discours critique», pour reprendre un terme de la sociologue Nicole Gagnon, que d’autres collaborateurs contestent avec véhémence, préférant celui de tenants?Signalons en particulier trois textes percutants: celui du sociologue Guy Rocher sur l’évolution de l’institution régulatrice de la recherche: celui du démographe Jacques Henripin sur l’effritement de l’institution familiale au Québec; celui de l'historien André Ségal sur l’université ou le savoir comme enjeu social.«Avec comme seule différence une langue véhiculaire distincte, peut-on parler d’une université distincte?Pas plus sans doute que d’une université distincte.C’est bien pourquoi on emploie plus justement l’expression de «francophonie» que celle de «francité» nord-américaine.» Un grand roman initiatique, un pas vers la sagesse.Alain Olivier Nuits d'Afrique éditeur d’un écrivain d’autant plus enrageant qu’il est paresseux.Qui donc?Russell Greenan.De lui, faut lire et relire C’est arrivé à Boston et Sombres crapules.Il est brillant, Russell Greenan.Le bouche à oreille.Le plus bel exemple du bouche-machin s’appelle Van de Wetering.C’est lui, l’auteur du Babouin blond, qui a fait connaître le délicieux Charles Willeford, un des grands du noir, à Guérif.«C’est Wetering qui m’a refilé le manuscrit de Miami Blues.Ce qu’il y a de triste dans le cas de Willeford, c’est qu’il est mort une semaine après la signature du contrat.De savoir qu’il allait être édité l’avait rendu fou de joie.» Il y a eu les inédits de Goodis et compagnie, l’acquisition de Sombres crapules, le bouche à oreille, puis il y a eu Donald Westlake.Cet écrivain caustique, cet aristocrate de l’humour, «nous a fait une publicité d’enfer auprès des écrivains américains.Tellement qu’il s’est développé une espèce de sympathie des Américains: ils veulent être publiés chez nous.» Il y a trois semaines à peine, François Guérif, fondateur de Rivages/Noir et patron de l’excellente revue Polar, a reçu à New York l’oscar, un Ellery Queen, du meilleur éditeur.ELLROY La vie de ses parents avant les engueulades SUITE DE LA PAGE I) 1 est au fond le long, très long compte rendu du travail accompli par le duo d’inspecteurs qui dès l’assassinat de Jean Ellroy fut chargé du dossier, du long travail effectué par les flics chargés des crimes non élucidés, et du travail réalisé par le duo Ellroy-Stoner.Comme d’habitude, l’écriture de ce livre, confectionné comme on confectionne les dossiers — on pense à Gilles Perrault —, fut précédée par la composition d’un plan très long.Ainsi que l’a indiqué notre homme qui vit aujourd’hui à Kansas City et n’entend plus vivre à Los Angeles, il a travaillé comme il a toujours travaillé, soit un plan de plus de cent pages avant la fabrication du roman proprement dit.De fait, Ma part d’ombre, c’est ce que fut la vie de ses parents avant les engueulades qui se terminent par le divorce.C’est ce que fut la vie de James enfant et ado, c’est aussi la carrière assez détaillée de Ward Hallinen et Jack Lawton.Ma part d’ombre est un roman-vérité bien fait mais qui est encore loin, dans le genre, de se comparer à De sang-froid.Car s’il est bien fait, il reste quel lecrityre, le style, est trop.comment dire?A plat.DE GAULLE ET LE QUÉBEC, DOSSIER ET TÉMOIGNAGES Les cahiers d’histoire du Québec au XX' siècle n" 7, printemps 1997, Les publications du Québec Québec, 220 pages L’ACTION INTERNATIONALE DU QUÉBEC EN MATIÈRE LINGUISTIQUE Gaston Cholette Les Presses de l’Université Laval, Québec, 1997,198 pages CULTURE, INSTITUTION ET SAVOIR Sous la direction de André Turmel Les Presses de l’Université Laval, Québec, 1997,246 pages SUITE DE LA PAGE I) 1 supprimer Fayard Noir parce qu’il n’aimait pas le polar.» Passons.Or donc, Guérif devient le patron de Rivages/Noir en 1986.Que fait-il?Il rapatrie les manuscrits qu’il avait achetés lorsqu’il était le calife de Red Label.Il s’allie l’immense savoir d’un oulipien et copain: Michel Lebrun.Puis hop! Il en sort quatre d’un coup, de ces romans hors normes qui font qu’on se régale et qu’on se bidonne.Lesquels?Liberté sous condition de Jim Thompson, La Fille des collines de Charles Williams, Gardénia rouge de Jonathan Latimer, et Par qui la mort arrive de Joseph Hansen.«Le soutien de la presse et du public ayant été immédiat, il devint évident qu’il fallait maintenir une bonne cadence pour asseoir, si je puis dire, la collection au cours de la première an- née.Dans les douze mois qui ont suivi on en a sorti seize.On a voulu créer un impact.Je crois qu’on a réussi.» D’autant plus, que Guérif, qui soit dit en passant, détient un doctorat en civilisation américaine, est parti à la recherche d’inédits notamment de David Goodis.Puis, il a fait l’acquisition du catalogue de Sombres Crapules.Puis, il y a eu le bouche à oreille.Goodis.Bizarrement, les éditeurs américains ont presque toujours boudé leurs compatriotes versés dans le noir.Goodis, Thompson et Williams sont plus présents dans l’édition française que dans l’édition made in USA.C’est tellement vrai dans le cas de Goodis, que «les Anglais ont failli traduire Goodis du français à l’anglais.» Sombres Crapules.En mettant la main sur Sombres crapules, Guérif a hérité, en quelque sorte, des magnifiques, des extraordinaires romans Dans toutes les bonnes librairies * ’ xssys socs îxpflexton sur Part actuel bcs femmes La publication 1996-1997 de La Centrale, éditée en collaboration avec les Editions du remue-ménage, met en perspective les œuvres d'artistes du Québec et d'ailleurs qui osent affirmer leurs différences et afficher leurs histoires pour créer un nouvel imaginaire féminin en arts visuels.76 pages 14,95$ Auteures: Sylvie Fortin, Denise Desautels, Sylvie Tourangeau, Claudia Hart, Annie Martin, Julie Arnold, Élaine Frigon, Anne Golden, Laura Jeanne Lefave, Christine Major Artistes: Gail Bourgeois, Shawna Dempsey, Shelley Dougherty, Jeanne Dunning, Suzanne Joly, Manon Labrecque, Anette Larsson, Janet Logan, Lorri Millon, Nadine Norman, Sharon Raynard, Monique Safford, Suzanne Valotaire, Jane Williams, Monique Régimbald-Zeiber et plusieurs autres Coordination: Danièle Racine SPECTACLE-HOMMAGE À GILBERT LANGEVIN À La Licorne le 22 mai 1997 à 20 heures À l’occasion de la parution de PoéVie et de La voix que j'ai.Avec entre autres: Bernard Carez, Pierrot Fournier, Philippe Noireault, Offenbach, Marie Philippe et Christiane Raby Admission générale: 18 $ réservations: 523-2246 DE GAULLE «Le Québec a raté le train» | ! I » I.K i) K V U I H .I.i: S S A M KIM 17 K T I» I M A X < Il K I K MAI I !» !» 7 I) IMP' L I \r B.E S LE ROMAN QUÉBÉCOIS \ A bride abattue L, E T T K K S Q l! K B K COISES Un romancier pillé par son personnage LA CHAIR DU MAÎTRE Dany Laferrière Lanctôt éditeur Montréal, 1997 311 pages On le sait: les gouvernements se succèdent généralement sans que l’exercice de passation des |xw-voirs ne donne lieu à des améliorations radicales.Lorsque Baby Doc remplaça son |)ère à la présidence de la république d’I laïti, en avril 1971, le régime dictatorial instauré par François Duvalier suivit naturellement son cours, et le pays demeura parmi l'un des plus pauvres et les moins instruits de la planète, sa population (environ six millions d’habitants pour un territoire 50 fois plus |x*tit que le Québec) soumise à la terreur des tontons Macoute.Vrai?Bien sûr.Avec son huitième titre, La Chair du Maître, voilà que Dany Laferrière nous invite cependant à admettre une certaine nuance.Alors que Papa Doc encourageait le meurtre, soit, mais pas la décadence («il avait formé un corps, la police des mœurs», explique Laferrière dans son habituelle, fracassante, légèreté ), le fils lâchera la bride aux jeunes et leur fera découvrir les plaisirs de la musique et de la mode étrangères mais aussi ceux de la pornographie et de la drogue.«C’était mon époque», résume l’auteur, qui avait de fait 18 ans en 1971, tout juste quelques mois de moins que Jean-Claude Duvalier, le nouveau dictateur d’Haïti.On ne doute pas un instant qu’il sait de quoi il parle.Acteur-témoin d’une jeunesse qui ne se priverait pas d’expérimenter les nouveaux simulacres de sa liberté, Laferrière illustre dans ce tout dernier livre comment le régime de terreur et d’abus de pouvoir ancré dans le pays n’allait évidemment pas disparaître par une porte tandis que les outils du plaisir rentreraient par l’autre.Terreur et plaisir allaient plus que jamais, très intimement, cohabiter.Un recueil d’historiettes Im Chair du Maître est un recueil d’une vingtaine d’historiettes a priori indépendantes, mais dont on constate, au fur et à mesure de leur enchaînement, qu’elles se passent sensiblement dans les mêmes endroits, avec la participation, sinon toujours des mêmes personnages (il y en a environ 70), du moins des mêmes portraits.Après un premier morceau intitulé Pour planter le décor, dans lequel on peint à larges traits la situation de la jeunesse haïtienne au lendemain de l’arrivée au pouvoir de Baby Doc, les premières pièces prennent en gros plan un adolescent comme on en verra quelques autres, et des pires, par la suite.«J’ai toujours attiré les filles», admet laconiquement celui-là, Manuel, qui habite un quartier pauvre de Port-au-Prince avec sa mère et sa sœur (son père ayqnt disparu, comme celui de la plupart de ses amis).«À l'âge de douze ans, j’ai compris que je peux faire ce que je veux des femmes.[.] Comme un tigre dans la jungle urbaine.» Manuel parle ici d’une entreprise de drague qui dépasse le simple affolement des gamètes adolescentes.Car les femmes contre lesquelles i! joue de son charme ne sont pas destinées à devenir des copines, comme celles qu'il retrouve dans l’un ou l’autre des cafés de la ville où jouent les nouveaux groupes à la mode.Ce sont les bourgeoises du chic quartier de Pétionville qu’il veut, pour les faire tomber, et qu’avec un cri de bête bles- sée, du fric, de la drogue, elles lui donnent la preuve tangible, monnayable, de son propre pouvoir.Ainsi de plusieurs des copains de Manuel, dont celui-là qu’on appelle le Chat: «Je sors la nuit, dit-il.Us nuits de Pétionville sont étrangement mauves.Pas pour un fauve.C'est mon habitat naturel.Je vais de bar en bar.Toujours dans le même périmètre.Jamais le même bar deux nuits de suite.Je suis méthodique.Comme un tueur.» Femmes et gigolos Des jeux de force,et de cul, Im Chair du Maitre montre diverses variations.A côté des bourgeoises haïtiennes qui se font arnaquer par les gigolos de la trempe de Manuel ou du Chat, on croise ici et là un bon nombre d’étrangères, les Américaines, Anglaises, Québécoises, qui ne résistent pas à la tentation de vérifier, à pleines mains, la réputation du sexe noir.Femmes qui s’ennuient avec un mari qui ne les touche plus, qui veulent le soleil, le rhum et l’aventure, la vraie.On pourra penser ici aux chics Montréalaises, telles que les avait mises en scène laferrière à ses débuts dans Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer.Mais la facture de 1m Chair du Maître est nettement plus dramatique: et si «les fils [et les filles] du dieu Soleil» semblent avoir le meilleur rôle, les planches sur lesquelles ils évoluent sont complètement pourries.Sens dessus dessous, jouant des scènes de séduction toutes catégories, gars, filles, bourgeois, pauvres emmêlés, les personnages s’engagent dans des duels qui les satisfont autant qu’ils les hqmilient.Voire: qui les satisfont parce qu’ils les humilient.Étant entendu, comme l’explique un personnage, que «la haine est la chose la plus excitante qui soit.» De la multitude de démonstrations à cet effet livrées dans Im Chair du Maître, il y en a sans doute pour tous les goûts.De la plus politique (un pouvoir toujours perceptible, bien sûr, mais que l’auteur pointe parfois assez précisément du doigt) à la plus sexuelle (ça ne rate pas), quelques histoires sont menées extrêmement rapidement, dans une langue à sa plus simple expression, alors que d’autres débordent l’effet-clip et montrent une construction dramatique qui les apparente davantage à des nouvelles.Ainsi de Im maîtresse du colonel, la plus volumineuse avec près de 40 pages, et aussi l’une des plus prenantes histoires qui voit la jeune maîtresse du plus sanguinaire des membres du gouvernement en quête, dit-elle innocemment, d’un simple ami.Oh! yeah?Qui donc serait assez pressé de mourir pour s’afficher, cible mouvante, auprès de cette belle-là?De la multitude de personnages qui hantent, sans que leur nombre ne soit jamais pesant, les pages de ce recueil, on pourra admirer celui du peintre et prêtre vaudou surnommé Prophète: divin qui, enfant, annonçait en de beaux dessins les catastrophes à venir.Enfin, dans le camp chaud, très chaud, le groupe d’histoires mettant en scène une certaine Tina, fille d’un ministre, et son amant, le dénommé le Chat, provoquera peut-être quelques attaques de tachycardie (à moins que l’envie ne prenne à quelques-uns de japper: Tina aimerait ça.).Sur fond de désir, de besoin essentiellement animal, Dany Laferrière raconte dans La Chair du Maître des aventures qui rappelleront à ses fans des romans précédents, en particulier Le Goût des jeunes filles, mais la somme est sans doute le volet le plus ouvertement violent, le moins humoristique, le plus dérangeant de son œuvre.Pas un Laferrière léger.J ii I i e Ser U eut Le samedi 17 mai de 13h30à15h00 à la librairie Garneau 1691, rue Fleury Est Montréal Le mardi 20 mai de 12h00à13h30 à la librairie Renaud-Bray 5252, Gôte-des-Neiges Montréal de I6I1OO à I7h30 Le mercredi 21 mai à la librairie Poirier 1545.rue Rovale Trois-Rivières de 12h00à 13h30 à la librairie Biblairie G.G.C 65, Belvédère Sud Sherbrooke Le jeudi 22 mai de 12h00 à 13h30 à la librairie Garneau Complexe Desjardins Montréal Le vendredi 23 mai de 19h00 à 20h30 à la librairie Champigny 4380, Saint-Denis Montréal Le vendredi 23 mai VENEZ RENCONTRER JACQUES PARIZEAU ?lb éditeur LA BÊTE ROUGE Jeanne-Mance Delislc La Pleine lune Montréal, 1996,216 pages R OBEK T CHARTEANB Dans le premier roman de Jeanne-Mance Delisle (Ses cheveux comme le soir et sa robe écarlate), paru en 1983, une institutrice métisse racontait à une amie fascinée ses escapades amoureuses.Fuyant ainsi la monotonie du quotidien auprès d’un mari falot, dans sa quête éperdue du grand amour, elle ne réussissait pas à se débarrasser de son moi profond, fait de farouche indépendance.Cette part indomptée des êtres, qui peut prendre des formes naïves ou cruelles, Delisle l’a aussi rendue, de façon poignante, dans ses pièces de théâtre, Un oiseau vivant dans la gueule et Un reel ben beau, ben triste.Elle y revient dans Ixi Bête rouge, son deuxième roman, paru il y a quelques mois.Ici aussi, c’est un Métis — il est donc «sauvage» jusque dans son sang — qui provoquera chez Michel-Martial Saint-Laurent, le narrateur-écrivain, ce que celui-ci appelle le «retour vertigineux d’un atavique attrait pour la violence et la cruauté».Saint-Laurent est un nouvelliste à succès qui s’essaie à la rédaction d’un roman.11 n’aura même pas à inventer une histoire ni à créer des personnages: un ami de longue date lui présente Aidé Letendre, d’ascendance mi-irlandaise, mi-amérindienne, dont la vie torturée est un véritable roman.L’écrivain entreprend alors de recueillir les souvenirs de cet Aidé, haï dès le berceau à cause de ses cheveux roux et de sa peau trop blanche, qui a été jeté à la rue par sa propre mère, la veille de Noël, et qui ne comprendra que des années plus tard «toute la marée de haine dont il avait été l'objet et qui avait englouti toute sa famille».Entre-temps, cet enfant sauvage, «sacrilège et profanateur», devient un voyou puis un criminel qui tente d’assouvir ce besoin viscéral de détruire qu’on lui a si bien inculqué.Aidé est un personnage inquiétant, mais c’est aussi un conteur séduisant.L’écrivain Saint-Laurent l’écoute, subjugué.Et lui, qui a grandi dans une famille apparemment sans histoire et se croyait tout à fait étranger à ces horreurs qui lui sont racontées, se découvre peu à peu une parenté inattendue avec Aidé.N’a-t-il pas lui aussi été humilié dans son enfance?Pire encore: étant donné que, tout jeune garçon, il a assisté sans intervenir à la mort atroce ROBERT SABATIER LE LIT de la merveille roman Le roman de Vamour du livre.Un livre d'amour.ALBIN MICHEL d’une petite cousine dont il était jaloux, ne serait-il pas un meurtrier comme Aidé?Retournement Dans un retournement qui devient inéluctable, c’est le romancier-confident qui nous dévoile, au fil du récit de son personnage, sa propre part de sauvagerie.Quant à Aidé, qui ne devait être qu’une source d'inspiration commode, il envahit ixdit à ix-tit l’existence de l’écrivain qui lui cédera même sa femme: il n’y a pas que chez les «sauvages» que les femmes peuvent servir d’objets de chantage ou d’échange.Si encore il restait à Michel-Martial Saint-Diurent l’ultime consolation, parmi toutes ses désillusions, d’être l’auteur de son roman.1 Iélas, il découvrira des «pages écrites par un effréné faiseur de pépites d’or: Aidé»-, ce fou, cet être de perdition est aussi un écrivain, qui choisira lui-même le dénouement du roman qu’a été sa vie.Ijc personnage, ultimement, aura été son propre auteur.Aidé et son clan, malgré leur déchéance, ont une grandeur inquiétante et, çà et là, véritablement biblique: comme dans l’imaginaire de nombreux Québécois, ils incarnent ici, sans le vouloir, l’inconscient refoulé des Blancs, leur part indomptée.Iœs jeux de miroir sont nombreux, dans Im Bête rouge-, chaque personnage a son double, si bien qu’on sent là le procédé.Quant au rapport fusionne! entre le romancier et son personnage, où le second finit par dévorer le premier (le thème est ancien, mais ce n’est pas un défaut).Delisle y insiste tellement qu’il devient une véritable allégorie de la création artistique.Le meilleur de ce roman, il est dans ces dialogues coup-de-poing où on retrouve le talent de dramaturge de Jeanne-Mance Delisle, et dans des épisodes saisissants comme celui du sé- jour d’Aldé en prison: la sombre brutalité des rapixirts entre les personnages est rendue aussi envoûtante que chez les meilleurs romanciers américains.Bref, Michel-Martial Saint-I-aurent (qui paraît perdu jusque dans ce nom-fleuve, trop grand pour lui) est l'auteur malheureux d’un roman dans lequel, finalement, il n’aura été qu’un faire-valoir.Il était plus petit, plus fragile que sa «créature».Peut-être n’était-il fait que pour entendre des récits plus légers que ceux d’Aldé, tout juste ceux de ses soeurs qui, naguère, se racontaient leurs lectures de jeunes filles «dans une communion incomparable et douloureuse de lame qui abandonnait leur coeur à une nostalgie qui les tourmentait, inoubliable.J’écoutais, assis quelque part dans l’ombre.Dans un état de paix bienheureuse que je n’ai jamais pu retrouver ailleurs, dans ma vie.» iiiMftiiaiiaiKMiill SCENES DE RECIPROCITE «Des images gorgées de sensations ; de froideur, de chaleur et d’étouffement, d’angoisse, de tremblements et d’abandons, de désirs.» Pascale Navarro, Voir « The writing style is remarkable [.] it’s a beautiful work of art.» Lysiane Gagnon, The Globe and Mail « Une écriture admirable, c’est férocement beau, superbe et drôle.» Sylvie-Anne Jeansen, Radio-Canada dîme me I.K I) i: V K V » I H .L K S S A M K I» I 17 K T l> I M A X (' Il K IN M Al MM» 7 I) 9 LES PETITS BONHEURS ?ARTS VISU K L S Le cheminement d’un écrivain CARSON MCCULLERS Un cœur de jeune fille Josyane Savigneau Le Livre de poche Paris, 1997,508 pages Il n’est i>as superflu pour un biographe d’avoir pour l’écrivain qu’il nous présente un sentiment proche de l’admiration.Josyane Savigneau collabore aux pages littéraires du Monde.On lui connaît une excellente biographie de Marguerite Yourcenar.U1 livre qu’elle consacre à la grande romancière sudiste, documenté à l’envi, est presque une apologie.La première cible de Josyane Savigneau est sans conteste Virginia Spencer Carr qui publia en 1975 The lonely Hunter, biographie monumentale de Carson ?McCullers, menée par une juslicière, preste à accuser son auteur de tous les torts imaginables.Comme figure idyllique, on peut certes trouver mieux que Carson.Fantasque, volontiers arrogante, désarçonnante, consommant l’alcool plus qu’il n’est raisonnable.Pour s’être trop attachée à des détails, Mme Carr oublie l’essentiel, les romans.Iœ mérite premier de Josyane Savigneau est sans doute d’avoir compris l’importance des romans, leur bouleversante actualité.Qu’elle retrace un nombre incalculable de petits faits, qu’elle succombe parfois à un certain psychologisme ne fait rien à l’affaire.Sa biographie est avant tout un hommage à un écrivain que le grand public ne connaît pas suffisamment.Même les adaptations cinématographiques n’ont pas drainé un nombre acceptable de lecteurs.Avant la biographie de Josyane Savigneau, l’amateur francophone ne pouvait compter que sur l’attachant essai de Jacques Tournier, Retour à Nayack (Seuil), à qui au reste notre biographe adresse au passage quelques reproches tout en le remerciant à la fin de l’ouvrage.Une entreprise de passion Que cette biographie soit une entreprise de passion ne fait donc pas l’ombre d’un doute.Carson McCullers de son vivant, de toute manière, ne laissait personne indifférent.Elle se faisait des amis et les perdait à une vitesse époustouflante.Elle a été mariée deux fois avec le même homme, a connu des amitiés féminines.S’agissait-il de liaisons véritables?On ne le saura jamais.Compte bien davantage le cheminement d’un écrivain qui quitte son Sud natal pour New York.Le jour de son arrivée, elle se fait voler son argent dans le métro.Pour subsister, elle accepte une succession de petits emplois dont elle s’occupe si mal qu’on finit toujours par la licencier au bout de quelques jours.On a longtemps cru qu’elle était venue dans la grande métropole pour parfaire des études de piano.Rien n’est moins sûr.On sait maintenant qu’elle voulait dès lors écrire.Elle enverra des nouvelles à des magazines, la plupart du temps sans succès.Elle épousera un ami d’enfance, Reeves McCullers.Ensemble, ils rêvent de devenir écrivains.Il est soldat, envisage de futurs séjours européens.C’est un velléitaire, plus à l’aise dans les palabres que dans les réalisations.Tous les deux boivent jusqu’à plus soif.In santé de Carson est déjà préoccupante.Elle souffre depuis l’adolescence de rhumatisme articulaire.Or les médecins n’ont pas décelé la sour- G il le s Archambault Carson McCullers ce du mal.Elle finira sa vie paralysée, ne réussissant à écrire qu’à la suite de persistants efforts.C’est en 1940 que paraît Le Cœur est un chasseur solitaire.Le succès aux Etats-Unis est foudroyant.L’Angleterre tardera à la reconnaître.Du jour au lendemain, elle est tenue pour un auteur important.Reeves en prend ombrage.Ses tentatives d’écriture font long feu.Il boit de plus en plus, quitte l’armée, la réintègre, s’éloigne de Car-son, la rejoint.Ils finiront par divorcer.Un récit exemplaire Lorsque paraît Reflets dans un œil d’or, l’année suivante, l’accueil est plus froid.On comprend mal aujourd’hui cette réception tellement ce récit nous paraît exemplaire.Ecrit en deux mois, il dépeint la vie dans une garnison.«Unegarnison en temps de paix est un lieu monotone», telle est la première phrase de ce texte envoûtant.Des esprits puritains reprochèrent à Carson McCullers d’avoir mis en scène un voyeur.On était encore sous le choc du Sanctuaire de Faulkner.Que l’auteur soit une femme dérangeait encore plus.Quand, en 1946, elle publie son troisième roman, Frankie Addams, sa réputation d’écrivain majeur ne fait plus aucun doute.Reeves est aux armées.Les ex-époux s’échangent une correspondance nourrie.Il combat en Normandie, elle se démène comme elle peut avec la maladie, écrit, et finit par redevenir amoureuse de celui qui devient peu à peu son héros.Ils ne tarderont pas à s’épouser de nouveau, à cause surtout de l’insistance de Reeves.Il lui parle sans cesse de la France, de la vie qu’ils pourraient y avoir, écrivant chacun de leur côté.«Il est certain, écrit Josyane Savigneau, qu’ils se sont mutuellement blessés, et qu’à l’aune de la représentation du bonheur conjugal — mais est-ce le seul critère d’intensité d’une vie?— leur relation fut une alternative de brèves euphories irréalistes et de longs désastres trop réels.» Le séjour français se termina lamentablement.Reeves, qui évoquait fréquemment l’éventualité de son suicide, aurait même proposé à Carson de s’enlever la vie avec lui.Est-ce vrai?Nous ne le saurons jamais.C’est en France, quelques années plus tard, que Reeves commettra le geste irrémédiable.Les adversaires de Carson lui imputeront une partie de la responsabilité de ce geste.Elle n’aurait pas compris la valeur de son compagnon.Josyane Savigneau souligne avec raison: «Si un écrivain est bien quelqu’un qui écrit envers et contre tout, Carson McCullers, cette femme malade, paralysée, alcoolique, dépressive, était un écrivain, et Reeves ne l’était pas.» Le livre de Josyane Savigneau nous permet d’entrer dans un univers traversé par toutes les fureurs.Carson McCullers n’était pas facile à vivre — on la détestait parfois avec une conviction féroce — mais elle était animée par l’urgence de vivre et d’écrire.Elle a été l’amie de Tennessee Williams, de Henry Miller, elle a côtoyé Truman Capote et Gore Vidal.Son œuvre peu abondante contient peu de scories.On ne peut pas l’aimer modérément tellement elle est un écrivain de paroxysmes.La lecture de cette biographie devrait normalement mener à la fréquentation des Romans et nouvelles publiés dans la collection «La Pochothèque» du Livre de poche.Satisfaction garantie, comme disent les boutiquiers.LIVRES ET MÉDIAS Télé.À Plaisir de lire, présentée sur les ondes de Télé-Québec, en reprise, Danièle Bombardier reçoit, demain, à 20h, Dominique Demers.Robert Uilonde parle de ses lectures préférées.Mercredi soir, à 22h, l’animatrice reçoit Fernand Ouellette et la cinéaste Anne-Claire Poirier.Radio.Aujourd’hui à midi et demi, sur les ondes de CIBL, Robert Chartrand reçoit Jacques Parizeau pour son livre Pour un Québec souverain.En direct de la librairie Car- neau, rue Fleury.Demain, sur les ondes de CISM (98,3 FM), Robert Laplante recevra dès 15 h Jean Benoît Nadeau qui présentera son guide Travailleur autonome.Lundi, sur les ondes de Radio Centre-Ville (102,3 FM), 14h, Marc de Roussan reçoit le bédéiste Jean Lacombe qui parlera de son dernier livre Un loup pour l’homme.Eric Pa-scheco fera le point sur les différents mangas disponibles sur le marché.CAROL LAVOIE , ~jr/çttre-lof mort
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