Le devoir, 3 juin 1997, Page(s) complémentaire(s)
8 S c + T I* s + T v g T o II (i X T il I $ V (I i.I X XXVIII N " •j y M 0 N T II K A I, K M A II I) I A .1 I’ I X I !> il Manning réélu L’appui ne dépasse pas l’Ouest, page A 5 McDonough élue «La pente était escarpée», page A 3 Charest réélu Percée dans les Maritimes, page A 5 Chrétien réélu Marée rouge en Ontario, page A 5 Duceppe réélu «Une victoire de la ligne dure», page A 3 UN PAYS ÉDITORIAL Le Canada réel Lise Bisson nette élection fédérale de 1993 avait été emphase: congédiement radical du Parti progressiste-conservateur, conquête libérale d’une majorité décisive aux Communes, ferveur solide pour deux nouveaux partis d’opposition, le Bloc québécois et le Reform Parly.En 1997, ces humeurs tranchées l’ont cédé à des nuances qui placent désormais toutes les formations politiques en équilibre instable, à l’image du Canada réel, un pays en désaccord accentué et profond.Les grands acteurs resteront les mêmes, mais la donne se modifie pour chacun d’entre eux.Les électeurs ont radicalement affaibli le gouvernement libéral, confirmé l’importance du Reform Party en lui donnant le titre d’opposition officielle, ébranlé le Bloc québécois tout en lui laissant prépondérance au Québec, ressuscité le Parti progressiste-conservateur et le Nouveau Parti démocratique en les plaçant toutefois à la marge.L’arrogance n’est de mise pour aucun d’eux.Pourtant, de cette recomposition complexe émerge un modèle assez clair.Chaque pointe du triangle dominant PLC-Reform-Bloc repose sur une géographie particulière: l’Ontario élit le gouvernement avec l’aide de l’ouest du Québec et de sa métropole, le Reform domine des Rocheuses au Pacifique, et le Bloc reste solidement installé au Québec de langue française.Cette prévisible régionalisation des choix politiques, déjà en gestation depuis 1993, est généralement interprétée comme un mal en soi, une polarisation malsaine, un crime contre le destin manifeste du Canada qui serait de respirer la cohésion d’un océan à l’autre.Comme s’il n’y avait, pour ce pays, qu’une vertueuse vérité incarnée dans les discours vaguement rassembleurs des partis dits «nationaux».Les électeurs, qui votent selon leurs intérêts et non selon la conformité à un modèle théorique, affirment le contraire.Incapable de se refaire dans les textes, dans les grandes manoeuvres constitutionnelles, dans les compromis du style de la «société distincte» ou de la timide dévolution administrative, le Canada réel se transforme petit à petit, dans les bureaux de scrutin.L’Ouest, par ses deux provinces les plus riches et les plus dynamiques, enterre dans les faits la dualité fondatrice du Canada politique qui n’a plus de sens là-bas sur le terrain et vient de le dire en faisant gagner la vision du Reform Party.L’Ontario, en plébiscitant le Parti libéral envers et contre la grogne du reste du Canada, réaffirme son poids décisif mais devient une île qui se referme solidement sur son butin.Le Québec demeure une société politiquement divisée selon son clivage linguistique mais tisse toujours, puisque le mouvement indépendantiste tient malgré ses déboires de campagne, la trame historique de ses aspirations à un statut particulier, sinon à la souveraineté.Et les provinces de l’Atlantique, éternelles observatrices lointaines de ces alignements, se sont réfugiées dans un clair vote de protestation, néo-démocrate et conservateur.Dans ces conditions, il est abusif de clamer que le débat électoral aurait dû être entièrement économique et qu’il a été artificiellement détourné vers la question de «l’unité canadienne» par des partis qui en font leur pain.Preston Manning, qui a le plus contribué à mettre cette question au sommet des thèmes, a touché une corde sensible qui le restera jusqu’à nouvel ordre.On ne saurait oublier que l’événement le plus marquant du dernier mandat fédéral de gouvernement a été le référendum d’octobre 1995 au Québec, que les résultats de ce référendum ont été si serrés qu’ils n’ont surtout pas disposé de la décision ultime, et qu’aucun parti fédéraliste, depuis, ri’a fourni de réponse satisfaisante ou même de lueur 4e solution à ce grand dérangement qui continue.Et auquel les questions économiques sont intimement liées, que cela plaise ou non.Le Parlement canadien qui sort de cet exercice est à l’image du Canada et du Québec d’aujourd’hui, il file vers les rendez-vous éludés.Quoi qu’on tente pour les masquer, ils auront lieu, par la volonté démocratique qui vient de s’exprimer, en toute santé et liberté.Le gouvernement en équilibre instable METEO Montréal Québec Ensoleillé.Ensoleillé.Max: 24 Min: 10 Max: 21 Min: 5 Détails, page B 6 ¦ Une mince majorité aux libéraux ¦ Le Reform devient l’opposition officielle Mil! 1 MICHEL VENNE LE DEVOIR Voici les résultats des élections fédérales tels que connus à 1 h ce matin.nombre pourcentage de députés des votes Lib 155 38,8% Ref 60 18,0% Bloc 44 11,1% PC 20 19,7% NPD 21 12,4% autres 1 — Total 301 à venir 0 Nombre total de circonscriptions: 301 ¦ Les résultats de toutes les circonscriptions du Québec, page A4 Manitoba Ontario Lib 101 PC 1 Ref 0 NPD 0 autres 1 Total 103 Québec Bloc 45 Lib 25 PC 5 NPD 0 Ref 0 autres 0 Nouvelle Ecosse Prince Nouveau- Brunswick Edouard Lib 0 B Lib s PC 5 PC 1 NPD 6 * NPD 0 Ref 0 Ref 0 autres 0 autres 0 _ .autres Total 11 Total A Total 10 Terre- Neuve Lib 7 PC 0 NPD 0 Ref 0 autres 0 Total 7 | Saskatchewan NPD Colombie- 1 Britannique | Rat 25 1 Lib 6 PC o| NPD 3 autres 0 Total 34 Alberta Ref Lib PC NPD autres Total 26 autres 0 Total 14 autres 0 Total 14 Résultats partiels Yukon Lib 0 PC 0 NPD 1 Ref 0 autres 0 Total 1 Territoires du Nord-Ouest Lib PC NPD Ref autres Total JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le premier ministre Chrétien a passé les deux derniers jours dans sa circonscription de Saint-Maurice, qu’il représente aux Communes depuis 34 ans.tes MIII ¦ Le Parti libéral de Jean Chrétien a repris le pouvoir, hier, pour un deuxième mandat dans un pays politiquement morcelé en fonction de clivages régionaux accentués.Les libéraux formeront la majorité aux Communes mais par une marge de quelques sièges à peine, grâce à un balayage rouge en Ontario où il remporte une centaine de circonscriptions sur 103.Le premier ministre Chrétien a promis de gouverner le Canada avec une «vision nationale».Il a concédé qu’une «tâche énorme» l’attend.Et il a réitéré que sa mission la plus importante état celle de préserver l’unité canadienne.Il a d’ailleurs invité Jean Charest à le suivre sur cette voie.Le Parti réformiste de Preston Manning, dont la campagne anti-Québec a porté fruits, rafle le titre d’opposition officielle au Bloc québécois grâce à la consolidation de ses appuis dans l’Ouest, où il a fait élire une soixantaine de candidats contre 52 en 1993.Le Reform incarne le sentiment d’aliénation manifesté par les Westerners à l’endroit du pouvoir central.Sa progression a été fulgurante depuis sa création il y a dix ans à peine.Aux yeux du chef réformiste, le Canada n’est pas un pays fracturé mais un pays qui entre «dans une phase de transition».Depuis Calgary, où il a été réélu, M.Manning a soutenu que les anciennes forces politiques meurent tandis que les nouvelles forces émergent et que cette transition est une bonne chose pour le Canada.Il estime que le Parti libéral paie le prix de ses promesses rompues et pour + des élections précipitées.Le Bloc québécois, pour sa part, a fait bonne figure en raflant 45 sièges sur 75 au Québec, neuf de moins qu’il y a quatre ans.Cependant, le parti souverainiste a recueilli à peine 38 % du suffrage populaire, bien en deçà des 49 % obtenus en 1993 et au référendum de 1995.Gilles Duceppe conserve son siège dans Laurier-Sainte-Marie.M.Duceppe s’est félicité de l’élection «d'une majorité de députés souverainistes au Québec».Il a reconnu que la campagne électorale avait été difficile, ardue.Il s’est presque excusé pour son inexpérience.H croit avoir appris avec ce baptême du feu.Pour le chef bloquiste, la leçon de ces élections, c’est la VOIR PAGE A 10: PAYS Libéraux 155 députés 301 sièges démocrates Voici la nouvelle composition de la Chambre des communes, telle que choisie hier par les électeurs canadiens.Résultats incomplets indépendants LA CHAMBRE DES COMMUNES La lutte dans Saint-Maurice Jean Chrétien à l’arraché JEAN DION LE DEVOIR Shawinigan — Le premier ministre Jean Chrétien a accueilli hier la reconduction à l’arraché d’un gouvernement libéral majoritaire en lançant un appel à l’unité du Canada et en assurant que, malgré le recul de son parti, il persistera dans la défense des valeurs qu’il a toujours prônées.«La population du Canada a parlé, nous l’avons écoutée et nous continuerons de l’écouter», a déclaré hier M.Chrétien après avoir pris connaissance de la mince pluralité de sièges qu’il a obtenue à la Chambre des communes.«Au cours de la campagne électorale, nous avons offert ata Canadiens une approche équilibrée et modérée.La population a renouvelé sa confiance dans notre équipe et notre programme.» Il a promis que le gouvernement représenterait l’ensemble du pays, «pas seulement ceux qui ont voté libéral».«Nous aurons un gouvernement national, avec un esprit et une vision nationaux.Nous avons fait élire des députés dans tous les coins du pays, et je m'engage à gouverner dans l’intérêt de tous les Canadiens et de toutes les régions du Canada», a-t-il dit M.Chrétien a précisé que la création d’emplois, la protection des programmes sociaux et l’unité nationale, notamment, seront au cœur de ses préoccupations.A cet égard, lui qui avait pourfendu réformistes et bloquâtes en campagne a tenu à rendre hommage au chef conservateur Jean Charest, qui «a contribué à donner une forte majorité fédéraliste au Québec».«Je serai toujours fier de marcher avec lui pour un Canada uni», a-t-il lancé.Tout comme sur la scène nationale, M.Chrétien a d’ailleurs eu chaud dans sa propre circonscription de Saint-Maurice, où sa majorité a considérablement fondu par rapport à 1993, alors qu’il l’avait emporté par plus de 6000 voix.Hier, il n’a été déclaré officiellement élu que vers 23h25 — l’un des derniers au Québec — alors qu’U était parvenu à faire grimper son avance à 663 voix seulement (9213 contre 8570 après dépouillement du tiers des votes) sur son principal adversaire, le bloquiste Yves Duhaime qui avait mené une campagne acharnée contre lui.M.Chrétien a d’ailleurs eu peine à récolter 50 % des suffrages ex- VOIR PAGE A 10: CHRÉTIEN Le Québec demeure bloquiste «Vous nous devez un pays», dit Duceppe MARIO CLOUTIER LE DEVOIR En dépit d’une campagne difficile, c’est encore le Bloc québécois qui représentera le Québec au Parlement canadien, même s’il perd le statut d’opposition officielle.A l’heure 4e mettre sous presse, 45 candidats du Bloc avaient été élus ou étaient en tête, contre 25 pour le Parti libéral et 5 pour le Parti conservateur.Les libéraux ont toutefois gravi des échelons dans le pourcentage des votes au Québec, rejoignant 36 % de l’électorat, contre 38 % pour le Bloc et 23 % pour le Parti conservateur de Jean Charest Fait à noter, le pourcentage de votes pour le Bloc québécois est d’ailleurs en baisse dans plusieurs circonscriptions.Voyant littéralement fondre ses majorités un peu partout le parti de Gilles Duceppe a remporté la victoire lors de combats serrés, même dans le royaume du Sague-nay-Lac-Saint-Jean.VOIR PAGE A 10: BLOC oo I N Agenda .B 8 Annonces.B 8 Avis publics .B 6 B ?Culture B 10 Économie.B 2 Éditorial .A8 E X Élections.A 2 Idées.A 9 Le monde.B 5 Les sports.B 7 Montréal.A 7 Mots croisés.B 8 Télévision.B 7 ¦ Les gens d’affaires applaudissent aux succès réformistes, page A 2 ¦ Les médias en panne, page A 2 ¦ Une victoire de 50 + 1, ironise Bernard Landry, page A 2 ¦ Télé: SRC par défaut, page A 3 ¦ Le NPD retrouve son statut de parti officiel, page A 3 ¦ L’Ontario donne l’élection à Chrétien, page A 4 ¦ L’Ouest vote en bloc pour les réformistes, page A 4 • « » » 778313000658 A 2 L K l> K V 0 I It .I, K M A H I» I A JUIN I » » 7 ELECTMS/1997 PERSPECTIVES Lacunes souverainistes Michel Venue ?Si la campagne électorale a été dominée par la question de l’unité nationale, elle n’a pas été l’occasion, comme on aurait pu le souhaiter, de mener une discussion et encore moins de trancher entre divers scénarios pour l'avenir du Canada.la rhétorique belliqueuse et la ligne dure envers les souverainistes québécois ont dominé les discours réformiste et libéral.Si bien qu'au lendemain d’un scrutin qui confirme les lignes de fracture d’un océan à l’autre, la dominante est au plan B.L’espoir d’une réforme susceptible de freiner l’élan souverainiste au Québec est nul.Pourtant, les souverainistes sont parmi les perdants de cette campagne qui a révélé les lacunes du mouvement autant dans la forme que sur le fond.1- Un leadership unique.Le Bloc québécois n’est plus, comme c’était le cas lorsque Lucien Bouchard en était le chef, une force politique indépendante capable d'influencer la démarche décidée à la tête du PQ.Le chef du Bloc, dont le sort reste en suspens, a failli à la tâche de donner une direction autonome à sa propre campagne, cédant volontiers le devant de la scène aux Bouchard, Parizeau et Duhaime.Si le BQ fut,, un véhicule pour les nationalistes allergiques aux dogmes du Parti québécois, ce ne peut plus être le cas.2- La volatilité des appuis.Depuis le référendum d’octobre 1995, les souverainistes ont tenu trop facilement pour acquis la solidité de leurs appuis au sein de l’électorat.Bien que divers facteurs aient influencé le vote, hier, il reste que le résultat témoigne d'un refroidissement de la ferveur qui s’est manifesté également dans la tiédeur du militantisme observé sur le terrain.La fragilité du vote souverainiste a de plus été révélée par le succès obtenu durant la campagne par Jean Charest qui, avec des propositions vagues de réforme et le hochet de la société distincte, a su détourner du Bloc des milliers d’électeurs.3- Des failles dans l’unité.Au dernier référendum, les souverainistes avaient pu miser sur l’unité créée autour d’une vaste coalition.La campagne fédérale a plutôt été l’occasion de faire apparaître les divergences, les guéguerres et les frustrations des uns et des autres.Le lâchage dont a été victime Jacques Parizeau par ses alliés dans la foulée de la publication d’un extrait de son livre en dit long sur les rapports qui existent entre eux.La réhabilitation qui a suivi était plus tactique que sincère.De même, le refus de la FTQ d’appuyer le Bloc pour protester contre les compressions budgétaires effectuées à Québec a de quoi faire réfléchir le gouvernement Bouchard, qui doit d’abord être réélu avant de rêver d’un troisième référendum.C’est sans parler du silence des partenaires sociaux et du décrochage de l’ADQ.4- Les limites de l'indignation.Les souverainistes ne parviennent plus aussi facilement qu’auparavant à mobiliser l’indignation des Québécois devant les «assauts du fédéral contre la démocratie québécoise».Il y a de quoi réfléchir aux résultats de sondages qui montrent que la moitié des francophones accordent à Ottawa un mot à dire sur la formulation de la question, qu’une majorité estime qu’il faudra plus que 50 % plus une voix pour déclarer le Québec souverain, que 45 % des francophones sont d’accord pour dire que si le Canada est divisible, le Québec l’est aussi, et que 72 % reconnaissent aux Cris du Nord québécois le droit de rester au Canada malgré la souveraineté du Québec.5- Un discours incohérent Le discours souverainiste a perdu de sa cohérence au cours de cette campagne.Gilles Duceppe a participé de cette incohérence en déclarant qu’un vote pour la souveraineté serait réversible et en invoquant la Constitution honnie pour la protection des frontières d’un Québec indépendant.Mais tout le mal n’est pas venu que de lui.Que dire des incantations de Jacques Parizeau à remettre en question la protection des droits des anglophones dans un Québec souverain?Et pourquoi a-t-on si peu parlé de l’offre de partenariat durant cette campagne?Un resserrement s’impose.Une victoire de 50 plus 1, ironise Bernard Landry Le Bloc perd le statut d’opposition officielle: «Ce n’est pas une catastrophe» MARIE-ANDRÉE CHOUI NARD LE DEVOIR Le fait que le Bloc québécois ne porte plus le chapeau d’opposition officielle n’est pas catastrophique et occuper ce poste une deuxième fois relevait presque de la mission impossible, selon le vice-premier ministre québécois, Bernard Landry.Le ministre de l’Économie et des Finances réagissait hier quelques minutes à peine après l’annonce de la formation d’un gouvernement libéral majoritaire.Se permettant une pointe d’ironie après que l’animateur Bernard Derome lui eut annoncé la victoire du premier ministre Jean Chrétien dans son propre comté — Saint-Maurice —, Bernard Landry a dit: «M.Chrétien est en train d’avoir une leçon de démocratie dans son propre comté.Je ne sais pas s'il va gagner avec 50 % des voix plus une, ou s’il va perdre avec 50 % des voix moins une.» Le Bloc québécois récolte 45 sièges contre 61 pour le Parti réformiste, perdant ainsi son rôle d’opposition officielle.«Ce n'est pas une catastrophe en soi, a expliqué M.Landry, qui qualifie toutefois de mauvaise nouvelle l’élection d’une opposition officielle réformiste.N'oubliez pas que notre mouvement est respectueux du reste du Canada, n’est pas hostile à des gens qui devaient être irrités à Saskatoon ou à Moose Jaw ou à Toronto d’avoir dans leur Parlement, comme opposition officielle, un groupe de députés souverainistes; ce n’était pas la cohérence politique totale.Le Bloc a fait ce qu’il pouvait, il a essayé de représenter le Canada comme c’était son devoir, mais c’étqitpresque mission impossible.» A Ottawa, le président du Conseil du Trésor estime que les Canadiens envoient un message au gouvernement libéral.«Les Canadiens ne souhaitent pas des positions aussi extrémistes que celles exprimées par Preston Manning, les Canadiens souhaitent des positions plus modérées.C’est l'un des messages qu’on nous envoie.Les partis traditionnels, le Parti conservateur, le Parti libéral, conservent une grande majorité des électeurs et leur position sur l’unité nationale est la position qui est endossée par une majorité des Canadiens.» La nouvelle dynamique que connaîtra la Chambre des communes avec cette configuration des sièges fait toutefois dire au président du Conseil du trésor «qu’il est temps de modifier nos politiques et de les améliorer un peu».iOitPcN, oTrAwA C'EÇt , PAR OU ¦ ( OTTAWA 6AA"bTrt MTm V/jfy-, Les médias en panne de chiffres Le politologue Christian Dufour critique la couverture médiatique LOUIS-GILLES FRANCŒliR LE DEVOIR Quelques surprises de la soirée électorale d’hier résidaient, en réalité, dans la couverture des médias, moins convaincante que par le passé à certains points de vue.C’est ce que soutenait le politologue Christian Dufour, de l’ENAB qui a constaté avec surprise à quel point les médias ont été avares hier soir de chiffres sur les résultats de chacun, sur l’ampleur des victoires et des défaites, et l’absence à peu près totale de données sur les luttes à trois ainsi que sur le taux de participation dans les différentes régions, des données aussi fondamentales pour jauger l’humeur des électeurs et la qualité du processus démocratique que les résultats eux-mèmes.Christian Dufour note par ailleurs que la «montée» de Jean Charest, exploitée systématiquement par les médias durant les élections, n’a eu d’égale, au niveau de la perspicacité médiatique, que l’absence d’anticipation de la percée néo-démocrate, un parti qui a décroché finalement plus de comtés que les conservateurs et s’est assuré une représentation plus équilibrée au plan national que ses concurrents! Il aurait été intéressant, notait le politologue Dufour, de savoir si le renforcement de la députation réformiste s’accompagne dans l’Ouest d’une participation plus forte, ce qui pourrait traduire une volonté populaire d’obtenir une part plus ou moins grande du pouvoir dans l’appareil fédéral.Il eût été tout aussi intéressant, ajoute M.Dufour, de voir si le maintien relatif du Bloc québécois est lié à un taux de participation identique ou différent des taux généralement plus élevés au Québec qu’ailleurs.«Les médias, dit-il, ont en général limité les résultats aux deux premiers candidats en lice.On a su peu de choses des luttes à trois, qui ont pourtant — et souvent — une grande influence sur l’issue du vote localement.» Il est surprenant, ajoute en substance le politologue, de constater que jamais les médias n’ont bénéficié de moyens aussi puissants et sophistiqués au plan technologique.Et pourtant, plusieurs des informations qui permettent d’approfondir l’analyse des élections, comme des résultats plus détaillés et les taux de participation, n’étaient pas là hier.En 1993, lors des dernières élections fédérales, le taux de participation moyen s’élevait à 69,6 %, le Québec affichant la plus forte participation avec un taux de 77 %.La participation des Canadiens aux élections de 1993 constituait un recul sensible par rapport aux taux antérieurs, qui étaient de 75,3 % exactement aux élections de 1988 et de 1984.En somme, on revenait en 1993 au niveau de 1980, qui s’élevait alors à 69,3 %.Les gens d’affaires applaudissent aux succès réformistes ROBERT DUTRISAC V, LE DEVOIR Les représentants des gens d’affaires se réjouissent du, fait que le Parti réformiste accède au statut d’opposition officielle parce que les positions de ce parti en matière de politique économique correspondent à celles que préconisent une majorité de dirigeants d’entreprise.Le président-directeur général de l’Alliance des manufacturiers et des exportateurs du Québec (AMEQ), Gérald Ponton, estime que le message que livrera le Parti réformiste sera plus économique que politique, ce qui, en soi, est «un facteur positif».«Le gouvernement sera sous haute surveillance.L’opposi-, tion sera mieux équilibrée et plus virulente», d’autant plus que les appuis que le Nouveau Parti démocratique et le Parti conservateur ont recueillis leur permettent de redevenir des partis politiques reconnus officiellement, estime M.J^onton.A la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante,.(FCE1), même son de cloche.L’économiste Philippe Arnaa-a signalé que les membres de la FCEI exprimaient des pq-, sitions favorisant la déréglementation et la diminution des coûts à l’embauche.«Le Parti réformiste nous en donne toujours plus qu’on en demande», a fait observer M.Ar-nau, qui a cité l’exemple de la réduction des cotisations à l’assuran-ce-emploi.La FCEI prône une diminution de 60 C de ces cotisations alors que le Parti réformiste propose dans son programme une baisse d’au moins un dollar par 100 $ de rémunération.A l’égard de l’élimination du déficit, «nous sommes sur la bonne voie», a mentionné M.Arnau.«Mais après la réduction du déficit, qu’est-ce qu’on va faire?Nos membres sont plus proches du Reform que du Bloc.Le Parti réformiste veut réduire la taille du gouvernement de manière permanente», a-t-il ajouté.L’économiste prévoit «une bonne collaboration» entre la, Fédération et l’opposition officielle réformiste.Ainsi, la, FCEI prône la déréglementation et un assouplissement des législations relatives au travail, et le Parti réformiste se montre sensible à pareilles revendications.Selon lui, le vote de protestation en faveur des néo-démocrates et des conservateurs dans les provinces de l’Atlantique témoigne d’«une situation préoccupante, malheureuse, mais nécessaire pour atteindre le déficit zéro».M.Ponton estime que «la lutte au déficit va se poursuivre mais avec un "momentum” moins fort», et il faudrait que la ,o iïiV Le message que livrera 1 '-le Parti * Vc Dossier 77027700 Réfection des toitures des blocs B et D au 2700, rue Einstein, Ste-Foy (Québec).Garantie de soumission : 24 000 $ (cautionnement) ou 12 000 $.(autres).Clôture : 97-06-19 à 15 h à Ste-Foy.Dossier 77026900 Travaux de plomberie et de chauffage (Lot 1) au 1050, rue des Parlementaires, Québec (Québec).Garantie de soumission : 40 000 S (cautionnement) ou 20 000 S (autres).Clôture : 97-06-12 à 15 h à Ste-Foy.Dossier 77027000 Travaux d'électricité (Lot 2) au 1050, rue des Parlementaires, Québec (Québec).Garantie de soumission : 24 000 $ (cautionnement) ou 12 000 $ (autres).Clôture : 97-06-13 à 15 h à Ste-Foy.Dossier 77026800 * Réaménagement (incluant la construction de pièces fermées) au 5700, 4e Avenue Ouest, Charlesbourg (Québec).Clôture : 97-06-13 à 15 h à Ste-Foy.Dossier 77027100 Réfection partielle de la toiture au 25, rue du Palais, Montmagny (Québec).Garantie de soumission : 5 000 $ (cautionnement) ou 2 500 $ (autres).Clôture : 97-06-12 à 15 h à Ste-Foy.Dossier 77027600 Peinture et réparation de fenêtres au 12, rue St-Louis, Québec (Québec).Garantie de soumission : 10 000 $ (cautionnement) ou 5 000 $ (autres).Clôture : 97-06-18 à 15 h à Ste-Foy.Estrie ® Dossier 72100800 Refaire le collecteur d'eau pluvial au 4260, boul.Bourque, Rock Forest (Québec).Clôture : 97-06-17 à 15 h à Sherbrooke.Bailey s’excuse Toronto (PC) — Le sprinter canadien Donovan Bailey a présenté des excuses à Michael Johnson, hier, regrettant de l’avoir qualifié de «poule mouillée» et de «lâche» à l’issue de leur duel.Bailey a facilement remporté la course de 150 mètres quand Johnson a abdiqué après environ 70 m en raison d’une blessure à la jambe gauche.Après coup, il a démoli l’Américain sur deux différents réseaux de télévision, l’accusant d’avoir feint une blessure.Les propos de Bailey ont fait le tour du monde et plusieurs observateurs de l’athlétisme ont souligné le manque de distinction du Canadien dans le triomphe.«Il a remporté un million, mais il a entaché sa réputation», a écrit le chroniqueur du Toronto Star Rosie DiManno.«Ce n’est pas très digne d’un champion», a dit le commentateur de CBS Tim Ryan, natif du Canada.Hier, Bailey a constaté son erreur et il s’est excusé.«Je veux m’excuser auprès de Michael Johnson pour les commentaires d’après-course que j’ai faits au Sky-Dome de Toronto a écrit Bailey dans un communiqué.Michael et moi étions amis avant de se lancer dans cette aventure unique, mais tout le battage précédent la course a affecté notre amitié.» «J’ai énormément de respect pour les aptitudes athlétiques de Michael et je souhaite que la blessure qu’il s’est infligée ne compromettra pas sa saison.Je lui souhaite un retour rapide à la compétition.» Johnson, qui n’a pas répondu aux accusations de Bailey après la course, n’était pas disponible pour des entrevues hier.Roland-Garros Les chasseurs de tête récidivent JEAN-CLAUD K CHAUVI ERE AGENCE FRANCE-PRESSE Paris — Michael Chang (n" 2) et Marcelo Rios (n“ 7) ont à leur tour quitté les Internationaux de France.Hier à Roland-Garros, l’Américain et le Chilien ont été battus respectivement par l’Espagnol Sergi Bruguera et le Marocain Hicham Arazi, ne laissant plus, pour les quarts de finale, que deux têtes de série en course.Un Marocain, un Belge, un Brésilien encore qualifiés à ce stade de l’épreuve — du jamais vu sur la terre battue parisienne — ce qui va offrir des quarts de finale inédits: Magnus Norman c.Filip Dewulf, Evgueni Kafelnikov (n“ 3) c.Gustavo Kuerten, Patrick Rafter c.Galo Blanco, Hicham Arazi c.Sergi Bruguera (n° 16).Ce dernier, vainqueur du tournoi en 1993 et 1994, et tête de série n" 16, a donc éliminé l’Américain Michael Chang (n° 2), en quatre manches, 3-6,6-4, 6-3,6-4.Vainqueur de quatre tournois cette année, Chang, qui demeure le plus jeune vainqueur de Roland-Garros après sa victoire à l’âge de 17 ans et 3 mois, en 1989, partait pourtant favori face à un adversaire qui n’était apparu que dans deux finales, à Milan et à Key Biscayne, et les avait perdues.Il est vrai qu’en Floride, Brugue-J ra, remonté de la 80' à la 19*' placet mondiale, après une année noire due à une blessure à la cheville droite, y avait obtenu la deuxième de ses victoires sur l’Américain en! six rencontres.Lent à entrer dans le match, l'Espagnol retrouva si bien par la suite ses passings (huit gagnants), ses accélérations et ses conclusions imparables à la volée ou avec des amorties, que Chang en parut très imprécis.On joua et examina en fait beaucoup les lignes, lors de ce match au cours duquel le n" 2 mondial commit 65 fautes directes, contre 49, mais marqua 28 points au filet, contre 15.Pour sa part, Arazi n’a pas laissé; Rios entrer dans le match.Le fantasque — mais impassible — Chilienj a gagné 6-2,6-1.Deux inconnus ne cessent pan ailleurs d’étonner depuis le débuîl du tournoi: Gustavo Kuerten et Galo Blanco.• ' Le Brésilien, après avoir eu raison ! de l’Autrichien Thomas Muster (n” j 5) au tour précédent, a éliminé enj deux temps l’Ukrainien Andreï Med-1 vedev en cinq manches, 5-7, 6-1, 6-2^ 1-6, 7-5.L’Espagnol Galo Blanco, lllîj mondial, a battu le Tchèque Petfj Korda, finaliste en 1992, en quatre; manches, 1-6,6-1, 7-5, 6-4.J ^ /-%à LIONEL CIRONNEAU Sergi Bruguera explose de joie après avoir vaincu Michael Chang sur la terre battue de Roland-Garros.Expos 10, Mets 0 Toute une raclée ! New York (PC) — Bien appuyé par une attaque explosive, le lanceur Carlos Perez a permis aux Expos d’écraser hier les Mets de New York 10-0 par une soirée misérable au Stade Shea.Perez (5-4) n’avait pas remporté de victoire depuis le 30 avril.En mai, il avait subi trois défaites en six départs, présentant une ronflante moyenne de points mérités de 6,18.Il était plus agressif hier et défiait les frappeurs.Mais il faut bien avouer que l’attaque des siens lui a rendu la tâche facile.Il faisait froid et la pluie n’a cessé de tomber tout le long du match, retardé d’une heure 14 minutes.Mark Clark (5-4) a subi sa deuxiè- me défaite de suite contre les Expos.Il ; a donné quatre points, dont un mérité ! seulement, en six manches de travail.: Il a été victime des circuits de Guerre- J ro et Orsulak, son premier dans l’uni- j forme des Expos.Mais en quatrième, i c’est une erreur de Carlos Baerga qui i a permis aux Expos de lui arracher ! trois points non-mérités.Clark a retiré j huit frappeurs sur des prises.Les Expos ont ensuite matraqué le ; releveur Rick Trilcek en septième.! Rondell White a obtenu un simple j dans la gauche, poussant Mark Grud- ; zielanek au marbre.Fletcher a suivi ! avec son 10' circuit de la saison.En ; neuvième, Rodriguez a fa calqué un ; circuit de trois points, son 10" .Les documents seront en vente à compter du 5 juin 1997.'ente des documents : CIEC 1-800-482-2432 et SIOS 1-800-361-4637.es documents de soumission peuvent être consultés aux associations de la onstruction régionales (projets de construction) et aux adresses suivantes : 0 Bureau des soumissions, 1200, Route de l'Église, local 3.01, Ste-Foy (Québec), (418) 643-5484.¦) Direction régionale Estrie, 200, rue Belvédère Nord, bur.4.02, Sherbrooke (Québec), (819) 820-3193.i.ynM’inhlr Je*'.iipp«.*U il'oll J.» S»u irU* Im’I’n h < - rl u*ns|iiiTht»n) priivcol i*tiv‘« \M.i Jr-s ^ rl« c li'r»nii|iiV** (,11X »’l '"•K >S Société québécoise d'assainissement des eaux HOCKEY BASEBALL LE DEVOIR LES SPORTS Etat de la réserve collective de sang + Groupe sanguin O- 47% La Société canadienne de la Croix-Rouge Info-collecte: 527-1501
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