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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1997-06-21, Collections de BAnQ.

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Le livre de poche Page D 2 Lettres québécoises Page D 3 Littérature jeunesse Page D 4 Le roman québécois Page D 4 Lettres francophones Page D 5 Le feuilleton Page D 7 Poésie Page D 8 passais québécois Page D 9 Trufo misto Page D10 Les petits bonheurs Page D 12 ?LE DEVOIR I.E I) E V O I R I.E S S A M E D I 2 1 E T I) I M A N (' Il E 2 2 .1 I’ I X I !» !» 7 Eduardo Manet Romancier de l’exil «Cuba m’habite et m’habitera toujours.C’est par l’écriture que j’arrive à exprimer l’exil, les questionnements sur l’identité» PIERRE CAYOUETTE LE DEVOIR ' ^ duardo Manet a raté le Goncourt .2/ de quelques cheveux, l’automne dernier.Et ces cheveux, ce sont ceux de François Nourissier, dont le vote prépondérant a privé l’écrivain cubain de la prestigieuse distinction.Qu’à cela ne tienne, son roman Rhapsodie cubaine a valu à Eduardo Manet le prix Interallié 1996, une distinction réservée aux «journalistes écrivains» dont André Malraux fut le premier lauréat.Il ne faut pas exagérer l’importance des prix littéraires.Eduardo Manet, lui-même, n’en a que faire.Il ne garde d’ailleurs aucune amertume de la récente course au Goncourt.«Toutes ces querelles, elles se font entre éditeurs et entre académiciens.Je reste loin des magouillages.Entre écrivains, il n’y a pas vraiment d’hostilité.Avant comme après l’attribution du Goncourt, j’étais constamment en contact avec Nancy Huston et d’autres écrivains en lice.» Malgré toutes les rumeurs de corruption qui les entourent, il reste que les prix littéraires apportent aux écrivains et à leurs œuvres un rayonnement et un tirage inespéré.Les lauréats voient leurs livres traduits dans plusieurs langues et entreprennent de vastes tournées.C’est dans le cadre de la Rencontre internationale des écrivains, il y a quelques semaines, qu’Eduardo Manet a séjourné brièvement à Montréal.Le dramaturge L’écrivain d’origine cubaine n’est pas inconnu des Québécois.Il fut un ami proche de Gérald Godin et Pauline Julien et entretient toujours une solide amitié avec Michelle Rossignol.Manet est venu au Québec pour la première fois en 1975, à l’invitation d’Yvette Brin-d’Amour et Mercedes Palomino qui avaient monté, au Rideau Vert, sa pièce Eux ou la prise du pouvoir.C’est avant tout comme dramaturge qu’on le connaît ici.Manet a signé une quinzaine de pièces de théâtre, dont Les Nonnes (traduite en 21 langues et montée au Québec) et Lady Strass.Eduardo Manet a vécu l’exil, plus d’une fois.Né à Cuba en 1933, il a quitté son île sous la dictature de Batista, en 1952, pour parcourir l’Europe.En 1960, il est revenu, dans l’euphorie de la révolution castriste.Directeur du Centre dramatique cubain, réalisateur à l’Institut du cinéma cubain, il a réalisé une dizaine de films, dont quatre longs métrages.«Dès 1965, j’ai commencé à me poser des questions sur le régime de Castro.J’ai vu qu’on emprisonnait les poètes, qu’on persécutait des intellectuels», se souvient-il.En 1968, Manet déchante et s’exile à Paris.Onze ans plus tard, il fut naturalisé français.Il vit toujours en France.Intellectuel actif, il milite au sein de Reporters sans frontières et défend inlassablement la liberté d’expression.Rhapsodie cubaine est le cinquième roman d’Eduardo Manet.Après La Mauresque (1982), L’Ile du lézard vert (1992) — il perdit cette année-là aussi le Goncourt de justesse aux mains de Chamoiseau, mais se consola avec le Goncourt des Lycéens — et Habanera (1994), le romancier s’inspire toujours de son île natale, qu’il porte toujours en lui.VOIR PAGE D 2: MANET De l’aventure et du suspense sous | C.WOODKXKttl AV4KUVOVK h rnnnnrmp Pierre Kropotkine, prince anarchiste George Woodcock et Ivan Avakumovlc Lome Btows La lutte des exclus, un combat à refaire La lutte des exclus, un combat à refaire Lome Brown Préface de Madeleine Parent Tour à tour page du Tsar Alexandre II.officier, explorateur en Mandchourie, homme de sciences puis révolutionnaire, il a légué une oeuvre scientifique et politique immense.Toute une vie d'aventures ! ISBN 2-921561-34-4 468 pages.Prix 29.95 S l_~ V • t, Éviter que l'histoire ne se reproduise.Quel défi ! 1929.la grande crise déferle sur le Canada.Des milliers de jeunes célibataires sans emploi et sans abri s'organisent et luttent pour revendiquer leurs droits et reconquérir leur dignité.Se lit comme un roman à suspense ! ISBN 2921-501-32-8 328 pages.Prix 21.95 $__________________________________ le sMUditiaii •*.s moaete Si il a 5 I) 2 I.K I) K V OIK.I.K S S A M K IM 21 K T It I M A X ( Il K .1 U I X I I) Il MANET \ A propos d'exil et de déracinement SUITE DE LA PAGE 1) 1 «Cuba m’habite et m'habitera toujours.1m fiction demeure le lieu idéal pour décrire le réel.C’est par l’écriture que j’arrive à exprimer l’exil, les questionnements sur l’identité», explique l'auteur.Dans Rhapsodie cubaine, Manet traite d’exil, de déracinement II nous entraîne en Floride, dans la colonie des exilés cubains, Little Havana, à Miami.Le roman s’ouvre en 1960, à La Havane, peu de temps après l’arrivée au pouvoir du Lider Maximo.Un homme d’affaires cubano-espagnol, Elmi-ro Sargats, quitte La Havane et s’installe à Miami avec sa famille.S’amorce alors une longue histoire dont Julian, le fils de l’homme d’affaires, sera le principal protagoniste.Après des études sérieuses à Harvard, il retourne à Miami, déchiré entre sa nouvelle identité américaine et le souvenir du Cuba de son enfance, aux prises avec sa femme Emma, intraitable anticas-triste.Julian décrira ainsi le sentiment qui le déchire: «Comment lui dire que moi aussi je suis double, que je suis partagé entre deux langues, deux cerveaux, deux raisons, que mon exil est permanent, que je vis ici et là-bas, que j’appartiens à deux cultures.Une algue flottante à la dérive.» A travers cette passionnante saga — une lecture d’été de choix — Manet livre un plaidoyer contre le manichéisme et contre toute tentation de céder à la tentation de simplifier les choses.«Rien n 'est simple.Il y a eu Eduardo Manet LE CARNET DE TABLE René Jacob Le Loup de Gouttière "La cuisine comme pratique et quête gastronomique.théâtre de bonheurs insoupçonnés" Tristan Malavoy-Racine, Voir Québec "(.) un langage plein de couleurs" Serge Drouin, Is Journal de Québec "Il donne la rie à des objets que d'autres voient usuels" Françoise Kayler Oampigny ^Pde GRANDE SURFACE 4380 St-Denis (514) 844-2587 1-800-817-2587 Ouvert 7 jours de 9h à 22h 53 Station Mt-Royal SUCCURSALES 371 Laurier ouest 276-2587 Mail Champlain 923-2587 Carrefour Angrignon 365-2587 Centre Laval 682-2587 XYZ éditeur Lectures de plage Cristctcrc de Willie Thoma& Cet imperceptible mouvement de Aude Fortune Rocks de Daniel Gagnon Nuits d'Afrique de Alain Olivier La tace cachée des pierres de George Szanto 240 p .19-95 « Cet imperceptible mouvement 132 p.16.9s S Nuits d'Afrique 120 P- IS 9S -S • UpE m MnF^CACHÉE PIERRES 192 p 16.95 ¦ VV7 A 1 #i éditeur fji \ n— 3°8 P Ig y- $ mr V R, E S % ARCHIVES I.E DEVOIR beaucoup de progrès à Cuba.Les écrivains et les journalistes ne vont plus en prison.Mais la liberté d’expression n’y est pas totale.En revanche, certains Cubains de la Petite Havane de Miami me font très peur par leur radicalisme.Mais là aussi, il ne faut pas trop simplifier.Ce ne sont pas tous de vieux réactionnaires.Ils ne forment pas un bloc monolithique II y a leurs enfants, des jeunes, de vrais Américains qui, pourtant, restent attachés à Cuba.» Entre le rhum et le Coca Cola, le choix n’est pas si simple.RHAPSODIE CUBAINE Eduardo Manet Grasset, Paris, 1997,329 pages / / ETE Des livres à placer dans ses bagages SUITE DE LA PAGE I) 1 ANNABELLE Marie Uiberge Boréal, 481 pages Annabelle a 13 ans.Harnachée d’un appareil orthodontique, le visage s’empourprant dès qu'elle se sent, à tort ou à raison, observée par autrui, les mouvements gênés par ce corps qu’elle porte lourdement, et inutilement, lui semble-t-il, elle mène, entre la maison de sa mère névrosée à Outremont et la garçonnière de son père à Saint-Lambert, une vie de tiraillements perpétuels.Pour exacerber ses troubles d’adolescente et de nouvelle victime du divorce, elle doit aussi composer avec l’attirance qu’exerce sur elle sans le savoir son nouveau voisin, l’intérêt que lui porte un compagnon de classe, garçon aveugle qui a plus d'un drame derrière lui, et l’abandon de sa carrière de pianiste, à laquelle la vouait (la forçait) son père.Une galerie de personnages, une succession de scènes et un enchaînement huilé qui commandent l’abandon.QUITTES ET DOUBLES Scènes de réciprocité Lise Bissonnette Boréal, 166 pages Un premier recueil de nouvelles sanglantes et exquises par la directrice du Devoir.Ma crédibilité pouvant évidemment être mise en doute, je n’en dis pas davantage.Allez-y voir.L’ÂGE DUR Gabrielle Gourdeau Editions Trois-Pistoles, 219 pages Portrait de l’Amérique du Nord, et particulièrement de la société québécoise, plein d’irrévérence, de sarcasme et d’ironie, L’Âge dur est une collection de quatorze nouvelles mettant en scène des vieux, gens de «l’âge dur» qui vivent plus vraisemblablement dans la misère que dans l’or, traînant un corps souffrant que plus personne ne touche sans répugnance et une conscience vagabonde que personne n’a le goût de sonder.En prennent particulièrement pour leur peine les bourgeois et les ingrats, les institutions gouvernementales et universitaires, et un certain Bernard Poivrot, particulièrement déprimé depuis qu’on l’oblige à intégrer le vocabulaire franco-québécois à sa dictée.Petits bijoux et inclassables.LE RÊVE Roger Des Roches Les Herbes rouges, 77 pages Au lit, auprès de sa compagne, un homme s’abandonne peu à peu au sommeil et au rêve.Le voilà bientôt qui apparaît dans une succession de scènes érotiques, qu’il traverse comme on passerait de l’un à l’autre comptoir d’un magasin, examinant la marchandise, la palpant, se laissant séduire, l’enfilant.Dans des phrases ciselées à la perfection, Roger Des Roches (l’auteur d’une vingtaine de recueils de prose et de poésie) appelle un cul par son nom, et s’interroge sur les aléas du plaisir et du désir, leur opposition et leur rapport avec les jeux de pouvoir qui fondent le couple.LE PRINCE DES OUAOUARONS Marc Gendron XYZ, 120 pages Terrassé par le sida, un homme décide de livrer sa vie à un dictaphone avant de mourir.Dans une langue léchée, qui n’a rien à voir avec la langue parlée, il célèbre le cul des hommes, dit son dédain du corps féminin, répète, malgré la fin imminente, qu’il n’y avait pour vivre que la baise et la baise encore.L’écriture est tour à tour superbe et affolante, qui flirte une minute avec l’économie de mots, justes et précis, tantôt avec la bousculade résolument métaphorique.Après le survol de son enfance troublée, le rappel de quelques parents et amis décédés, le narrateur plongera à son tour dans un tour- i ’ 1 Â-LîM ' .W MJ-ÏÔ ROGER MAGINI n billon d’images parfaitement suffocantes.LES MIROIRS INFINIS Roger Magini La Pleine Lune, 93 pages Un écrivain, peaufinant le manuscrit de son dernier roman, promet à son épouse d’apporter les corrections qu’elle lui suggère.Mais l’homme, excédé du rôle d’éditeur dans lequel se complaît son épouse depuis vingt-cinq ans, lui joue un vilain tour et signe ainsi la fin de leur couple.Alors qu’il espère désormais écrire en paix, l’homme est harcelé par les images du nouvel homme qui partage (qui partagerait) la vie de sa femme.Une machination délirante menée jusqu’à la fin avec l’obsession d’un fou et la poigne d’un fabuleux écrivain.LEGENDE DOREE Pierre Ouellet L’Instant même, 212 pages Constitué à la manière d’un journal tenu pendant quelques journées d’une année vraisemblablement future, Légende dorée donne la parole à un écrivain, Pierre Ovide, qu’on a trouvé «coupable de délire prémédité» et jeté au cachot d’une prison de la banlieue montréalaise.Avec un trou pour demeure et la conviction que tout ce que l’être reçoit, l’être le perd, Ovide rédige alors son Livre de Job des temps modernes: plus de deux cents pages où il implore Dieu de revenir s’expliquer et régler le sort de l’humanité, mais où, le plus souvent, il hurle la disparition de dieu, mot minuscule qui incarne toute?les absences.Litanie d’un persécuté.A couper le souffle.Coups de cœur.LA FEMME FURIEUSE Madeleine Mouette L’Hexagone, 327 pages Roman magistral dans lequel se déploie la douloureuse constatation que l’être humain est fondamentalement seul et souverain de son existence, forcé de se débrouiller avec son passé, ses désirs, ses délires, et d’ignorer le regard de l’autre, peu importe que cet autre soit sa mère, son père, son amour, son enfant.La femme furieuse nous transporte dans une ville monstrueuse, semblable à New York, où une jeune danseuse congédie momentanément ses élèves, son amoureux, son régime-santé, pour recevoir la visite de sa mère, momentanément évadée de la banlieue (vraisemblablement québécoise) où elle se meurt à petit feu en compagnie d’un mari qui n’est que l’ombre de lui-même.Un montage sans faille de cent films brefs sur la famille, l’amour et les grandes violences.L’ECRIVAIN PUBLIC Pierre Yergeau L’Instant même, 256 pages LJ écriture de Pierre Yergeau est i une leçon, et son imaginaire est à nul autre pareil qui montre, dans ce troisième titre, une armada de personnages complètement délirants.L’histoire se passe en Abitibi dans les années 30 et relate l’existence d’un garçon, Jérémie Hanse, qui voit mourir son père trapéziste (d’un triple saut périlleux raté), puis qui est abandonné par sa mère, avec sa sœur et son frère.Laissé aux soins de la famille du Grand Cirque d’Hiver, avec qui il apprendra, entre autres, à voler comme un oiseau, à modeler des masques vivants et à manger du chien, il grandira, puis deviendra n’importe quoi: une chaise, une table, un loup: il n’y aura pas un drame à son épreuve.Un tableau surréaliste époustouflant.Au lieu de les rapporter dans vos bagages, songez, peut-être, à les oublier dans le vestibule de l’hôtel.Qui sait dans quel coin du monde on aura bientôt un petit comptoir de littérature québécoise.De très beaux voyages et un merveilleux été.LIRE LE DEUXIÈME VOLET DES LECTURES D'ÉTÉ: TERRES D’AILLEURS, RAGE D 4 François Bugingo AFRICA MEA Le Rwanda et le drame africain 246 pages, 28 dollars VITRINE JÉRUSALEM TROIS MILLÉNAIRES D’HISTOIRE Du roi David à nos jours Renée Neher-Bernheim Éditions Albim Michel, Paris 1997, 224 pages CJ est dans la Bible qu’on apprend la fondation de Jérusalem par le roi David ainsi que la splendeur de cette capitale du Royaume sous le règne du roi Salomon et ensuite sa décadence, sa destruction.Au bord du rivage oriental de la Méditerranée, dans le territoire qui séparait l’Asie de l’Afrique, deux empires s’affrontaient dans de longs combats: l’Égypte et l’Assyrie.D’autres empires les ont succédés: les Perses, les Grecs, les Romains, les Sassanides, les Mamelouks, les Arabes, les Ottomans et les Britanniques.Renée Neher-Bernheim, qui a choisi de vivre à Jérusalem voici 30 ans, retrace l’histoire mouvementée de cette ville avec clarté et précision.Elle la connaît et elle l’aime.Dans ce livre, elle se contente de raconter Jérusalem, qui, en dépit de son nom qui évoque la paix, fut maintes fois détruite et n’a pas cessé de se rebâtir, de se relever de ses ruines.Et la succession de conflits, de D U LIVRE désastres ne semble pas s’arrêter.«À Jérusalem, dit l’auteur, le sublime et le terre à terre s’entremêlent, comme les dangers et la joie de vivre.Ceux qui l’aiment souhaitent la paix, qui n’a cessé depuis trois millénaires d’être mise en question, comme l’atteste ce psaume de David qui a le même âge que Jérusalem: puissent-ils vivre dans la sérénité ceux qui ont de l’amour pour toi».Naïm Kattan L’ENCHANTEUR Vladimir Nabokov Traduit de l’anglais par Gilles Barbedette Rivage poche/Bibliothèque étrangère, Paris, 1997,136 pages Il ne peut y avoir de meilleure occasion de célébrer le travail de Rivages poche que la publication de ce bijou ciselé par Nabokov.Contenant le germe de l’immense Lolita, L’Enchanteur n’a été publié en anglais et en français qu’en 1986.Il s’agit d’un texte brillant, aussi drôle que trouble, à travers lequel le lecteur retrouvera les éléments qui ont fait à la fois le génie et le scandale de Lolita.Comme c’est souvent le cas chez Rivage, la texture de la couverture et la rigidité du papier ajoutent le plaisir de la manipulation à celui de la lecture.Marcel Jean l Art de bien da/re ses baÿMes,,, CARLA CA.SALEG.\0 LES PLIS GRANDES HISTOIRES D’AMOUR DE MS LES TEMPS D LA LUNE NOIRE ?IJ-S SAISONS IXnÜRAIKRS m 272 pages • 24.30 $ Collection -I.es grands destins» • 224 pages • 24.30 $ Nouvelles • 96 pages • 8.93 $ Revue littéraire • 8.93 $ par numéro • 30 $ abonnement pour 4 numéros 1781.rue-Saint Hubert.Montreal (Çurbec) H2I 3Zi Telephone 525 21.70 • Télécopieur 525.75.37 GUERIN, La maison quifaitpeau neuve I.K l> K V (MK.I.R S S A M K DI 2 1 I! T I» I M A X (' Il K 2 2 .1 U I X I !» il 7 L I V R E 8 L B T TRES Q UÉBÉCOISES L’orangisme déguisé en esprit frondeur Un vidéaste-écrivain dénonce les Québécois pour leur nationalisme DE LAHORE À MONTRÉAL Julian Samuel Balzac, Montréal, 1996,253 pages ROBERT CHARTRAND Fragments autobiographiques, réflexions sur des problèmes actuels — le sida, la situation des femmes dans les pays islamiques, l’émigration, le racisme —, boutades sur le Québec et son nationalisme: il y a de tout cela, en vrac, dans ce livre juste assez irritant pour ne pas être tout à fait ennuyeux.Julian Samuel est vidéaste de métier.Né à Lahore, au Pakistan, en 1952, dans une famille musulmane convertie au christianisme, il a émigré en Angleterre d’abord, puis au Canada, où il vit depuis une vingtaine d’années.La plupart des dix-neuf chapitres — chacun pourrait être une séquence de film —, outre leur titre, portent la mention d’un lieu — Montréal, Hong-Kong, Lahore, l’Algérie — et d’une année — de 1983 à 1989.Voilà pour les coordonnées spatio-temporelles du livre.De Lahore et du Pakistan en général, nous apprendrons peu de chose; quelques souvenirs d’enfance, le portrait d’un grand-père qui était un dessinateur industriel réputé, les souvenirs d’un oncle affabulateur.Même chose pour l’Angleterre: le jeune écolier Samuel s’y est, pour l’essentiel, bagarré avec des camarades intolérants.A Hong-Kong, il est reçu par des amis fortunés qui s’occupent des questions de réfugiés.En Algérie, il assiste à une conférence à la mémoire de Franz Fanon, l’auteur célèbre des Damnés de la terre qui fut, dans les années 60, le livre de référence de tous les partisans de la décolonisation.Samuel avait réalisé un vidéo — «pas très réussi», reconnaît-il — à partir du livre.Près de la moitié des chapitres de ce récit au ton volontiers provocateur sont censés avoir Montréal pour cadre; on y trouve des conversations avec deux amis homosexuels dont l’un se meurt du sida; les démêlés de l’auteur avec des fonctionnaires de l’Aide sociale à qui il aimerait bien casser la figure; ses démarches en vue d’obtenir une subvention pour un projet de film: au passage, il écorche le cinéaste Denys Arcand, dont Le Déclin de l’empire américain est décrété «fastidieux» alors que Jésus de Montréal ne serait que «le pâle travail d’un illustrateur».Selon Samuel, le Québec, par son cinéma, ressemblerait à un pays du Tiers-Monde dans leur «phase d’ar-rogance-post-indépendance-marquée-d’excès-révolutionnaires»', comprenne qui pourra à cet amalgame.On s’en doute, l’auteur n’aime pas beaucoup le Québec francophone — qu’il semble d’ailleurs connaître fort mal —, ni son gouvernement, ni ses institutions.Ce pauvre Québec «a attrapé en 1976 une sorte de micro-nationalisme, la pire de toutes les maladies», encore que Samuel l’estime moins virulente ici qu’ailleurs.Il reste que les nationalistes québécois sont «machiavéliques»-, et puis, leur «nationalisme est absolument fermé aux immigrants et aux non-Blancs».La preuve (scie bien connue): la crise d’Oka de 1990 a bien «démontré cette tendance proto-fasciste des Québécois»-, parmi ces rengaines où l’ignorance le dispute à la mauvaise foi — Samuel affirme que la loi 101 interdit tout affichage en anglais —, on trouve soudain ce reproche ultime adressé au nationalisme québécois: «Il ne s’agit en aucune façon d’un mouvement de libération.» Le FLQ aurait-il été plus acceptable selon lui?Il n’en pipe mot.Quand l’auteur s’efface Deux chapitres, où l’auteur-narra-teur a la bonne idée de s’effacer, tranchent nettement sur ces facéties; l’un, à la fois touchant et dramatique, qui décrit la violence conjugale chez un couple d’immigrants pakistanais; l’autre, très court, qui est le témoignage atroce des supplices qu’un militaire a fait subir à sa victime.Ceci dit, plusieurs de ces petits récits sont rondement menés; les dialogues sont enlevés et on peut aimer la façon dont Samuel mélange efficacement réalité et fantasmes.Le vidéaste, manifestement, a des dispositions de scénariste.Les gros mots et les allusions à la scatologie pourront — sait-on jamais?— en amuser certains.Hélas! Le propos, lui, est navrant.Les amalgames faciles, les raccourcis de l’esprit qui se donnent des allures de réflexions «brillantes» sur la vie ne valent pas tripette.Quant aux citations hétéroclites et aux formules-chocs, elles rappellent ces fameux one-liners dont le cinéma et la télévision américains se sont fait une spécialité; version branchée des slogans publicitaires, ils se veulent accrocheurs, amusants, ils paraissent futés et on espère surtout qu’ils vont rapporter gros.Dans une postface finaude, qui se présente comme un procès de l’entreprise de l’auteur, Michael Neumann lui rend hommage; car si Samuel et son œuvre ont de vilains défauts, De Lahore à Montréal tenterait bravement de réconcilier fierté, moralité et franchise.Que retenir de ce petit livre, si ce n’est ceci: sottement, à la suite de tant d’autres — on songe aux énormités de Howard Galganov et de Mordecai Richler sur le Québec —, Julian Samuel perpétue ici, sous couvert de cynisme libertaire, cette «obsession ethnique» dont Guy Bouthilier, dans un livre récent qui porte ce titre, a fait l’historique irréfutable.L’orangisme viscéral de certains milieux anglophones qui nous décrétait naguère inférieurs est toujours vivace; pris en charge par d’autres voix, il nous voit désormais racistes, fascistes, intolérants.Que faire, pauvres de nous?Sans doute notre tricot collectif est-il si serré qu’il nous empêche de répliquer.DICTIONNAIRE Un peu beaucoup ! LE GRAND USUEL LAROUSSE Collectif Larousse-Bordas, Paris 1997, cinq volumes, 7904 pages GILLES PARÉ L» éditeur Larousse-Bordas vient r tout juste de rééditer dans son intégralité Le Grand Larousse en format de poche.Cinq volumes contenant 7904 pages et 116 000 entrées sont présentés dans un coffret de plastique fort pratique.Le lecteur a droit à une édition Spartiate: environ 200 dessins, 500 tableaux et quelque 192 cartes, le tout en noir et blanc seulement.L’atlas comprend une seule carte par pays et on ne préciseras les frontières des provinces ou Etats pour le Canada et les Etats-Unis, par exemple.Le Grand Usuel se veut à la fois dic-tionnaire du langage, terminologique, encyclopédique, de noms propres et un atlas.Un peu beaucoup! Voilà pourquoi on retrouve plus de 16 entrées par page, contenant pas plus de huit lignes chacune en moyenne.Les termes «internaute» et «cybernaute» ont droit de cité.Toutefois Apple Corp.et le scientifique britannique Hawking manquent à l’appel.Nous avons droit à une entrée à «air bag» et à «compact dise».Le consommateur avisé serait certes mieux servi par l’achat d’un bon dictionnaire {Le Petit Larousse illustré à 55 $) et une encyclopédie générale (Quid à 80 $, cédérom inclus, ou un almanac).Il lui en coûterait environ 135 $ alors que le Grand Usuel Larousse se vend à lui seul 250 $ ! W LE BOUQUINISTE ^ PIERRE CHAPUS Livres anciens et d’occasion Gravures Philo - Littérature - Histoire Arts - Canadiana Les choix d’un libraire Achat et Vente 2065, SAINT-DENIS \ ^MONTRÉAL 842-9204^ HIGGINS CLARK nouveau roman de la reine Ni vue Ni connue suspense Une course contre la montre, avec la mort aux trousses : de l'angoisse à l'état pur.ALBIN MICHEL BOREAL DEUXIÈME VOLUME DE LA BIOGRAPHIE biographie .-.- n « l • 1—1 ' laBHBgnBnnBB r* Pierre Godin ^ Héros malgré lui « Une brique absolument passionnante.» LOUIS FALAKDEAU, LA PRESSE François Ricard Gabrielle Roy: une vie « line biographie qui se lit comme un roman.» ANNE-MARIE VOISARD, l.E SOLEIL N*i».r&ATfX hf.mMtH US MONTAGNES iOUBLI y s?VN’N-U i:j vt-.736 pages 36,95 monnette Quittes et doubles « Des images gorgées de sensations; de froideur, de chaleur, d’abandons, de désirs.> PASCALE NAVARRO, VOIR 168 pages • 17,95 % 648 pages • 34,95 $ Neil Bissoondath Arracher les montagnes Des personnages d’une profonde vérité, aux prises avec des forces qui les dépassent.304 pages • 24,95 $ HKtl.NO HÉRMU ISXSG& Bruno Hébert C’est pas moi.je le jure ! «Ironique, charmeur, avec des élans de passion et une naïveté lucide.» ANDRÉE POULIN, LE DROIT 198 pages • 19,95 $ MARIK LABERCE Prix des libraires 1997 BORÉAL « On s’abandonne à la fulgurance de son écriture, à ses personnages au point qu’ils nous obsèdent.» PIERRE CAYOUETTE, //: DEVOIR 488 pages • 27,95 $ Marie Lab Quelques 14,95$ 320 pages III t I NI M«»\l I » I PIAISIRS r.r PAYSAqtS XIISfh j LTMONOEJ-UR LÉ UAfici - - GRAND PI DES LEC D’ELLE-Q PRIX DU GOUVERNEUR GÉNÉRAL 1996 Marie Laberge Quelques Adieux GRAND PRIX 1993 DES LECTRICES D’ELLE-QUÉBEC JEAN-PAUL DUBOIS, LE NOUVEL OBSERVATEUR 198 pages • 19,95$ Hélène Mouette Plaisirs et paysages kitsch «Une voix audacieuse qui gagne sa course contre le sens convenu et l’hypocrisie sociale.» DAVID CANTIN, LE DEVOIR 204 pages • 19,95 $ Marie Laberge Quelques Adieux « Une version actuelle de l'amour idéalisé : les corps y (et bellement) mais pour étreindre Lame.» JACQUES ALLARD, LE DEVOIR 392 pages • 15,95 $ Robert Lalonde Le Monde sur le flanc de la truite « Un titre énigmatique, splendide, fidèle reflet de ce livre bouillonnant du mystère de la vie.» «Sans conteste, l’un des textes les plus impressionnants de ces derniers temps.» JEAN-CLAUDE LEBRUN, L'HUMANITÉ Marie-Claire Blais Soifs Septan* Kelly liOTERlE- Stéphane Kelly La petite loterie Comment des patriotes républicains (É.Parent, G.-E.Cartier, L.-H.Lafontaine) de la Rébellion de 1837 se sont retrouvés trente ans plus tard parmi les pères de la Confédération.Hubert Lmscpit* LA LIBERTÉ DE BLAMER H.«ni 288 pages • 27,95 $ Robert Lévesque La liberté de blâmer «Avec la verve, l’indépendance d’esprit et la vaste culture qu’on lui connaît, Robert Lévesque survole une époque magique.» GILLES CREVIER LE JOURNAL DE MONTRÉAL 198 pages • 22,50 $ An il»» tnti» i.ôyndrpme PINOCCHIO LE LIVRE QUIA FAIT RÉAGIR L’ASSEMBLÉE NATIONALE 168 pages • 19,95 $ André Pratte Le Syndrome de Pinoçchio «Le mensonge politique perd son statut de vague mythe populaire alimenté par le fatalisme et prend corps.[.] Le tout dans un style vivant et fluide.» JEAN DION, LE DEVOIR Roknd Viau Infants du neanl ni manants dames Li Enfants du néant et mangeurs d'âmes Guerre, culture et société en Iroquoisie ancienne 320 pages • 29,95 $ « J’ai lu avec passion l’ouvrage de Roland Viau.Il s’agit d’une contribution majeure à l’histoire et à l’anthropologie des Iroquoiens.» DENYS DEL AGE L’Archipel Marcos Ancelovici Francis Dupuis-Déri L’Archipel , identitaire «Un recueil d’entretiens fascinant et déroutant.Fascinant parce qu’il nous pousse à remettre en question des certitudes ; déroutant, parce qu’il ouvre plus de portes qu’il n’en ferme.» 216 pages • 22,95 S RICHARD MARTINEAU, IOIR IM m aime me I.!•: I) K V OIK.I.K S S A M K DI 21 K T I» I M A N 0 II K 2 2 .1 II I X I » H I) I I.I T T É R A T U R E J E UNES S E Le temps du ballon chasseur CAROLE TREMBLAY BENJAMIN EN VACANCES Une histoire et des jeux Paulette Bourgeois et Brenda Clark Ix's Editions Scholastic, 24 pages Il y eut un temps, pas si lointain, où tomber en vacances signifiait pour la majorité des petits écoliers la fin des consignes, des contraintes et des activités dirigées.Pour les nombreux enfants d’aujourd’hui dont les parents travaillent, les vacances scolaires consistent essentiellement à troquer leur enseignant pour un Gentil Organisateur qui leur inculquera les règles du ballon chasseur plutôt que celles de la grammaire française.Benjamin, la timide petite tortue couleur limette, fait partie de ceux qui devront s’adapter au camp de jour cet été.Personnage très apprécié des petits, le reptile un peu «moumoune» doit son succès (il a déjà plusieurs albums à son crédit) à sa faculté d’exprimer et de partager ses craintes et ses angoisses sans se rendre ridicule.Le journal de sa première semaine de camp, truffé de jeux (labyrinthe, planche de jeux, énigmes), aidera sûrement de jeunes futurs campeurs angoissés à se délester d’une partie de leurs appréhensions.ÇA ROULE AVEC CHARLOTTE! J’aime lire, n° 100, juin 1997 Bayard presse jeune Québec 66 pages En plus de ses nombreuses collections de livres, la maison Bayard presse possède un vaste éventail de périodiques adaptés à chacune des fines tranches d’âge comprises entre la naissance et le droit de vote.La revue J’aime lire est un des nombreux tentacules de cet empire français.Composée d’un texte d'une quarantaine de pages, de quelques jeux et d’une courte bande dessinée de Tom-Tom et Nana, la revue rouge vif vise les plus de sept ans.Pour mieux s’intégrer au marché local, le malin Bayard concocte une édition québécoise comportant, à l’occasion, une histoire écrite par quelqu’un d’ici.C’est le cas du centième numéro, qui propose l’histoire de Charlotte, une dynamique fillette handicapée qui fait des pieds et des mains, malgré sa chaise roulante, pour accompagner sa classe au Camp des Dégourdis pour une semaine d’activités de plein air.Ayant combattu le plus difficile, la réticence de ses parents-poules, la fillette roule vers l’aventure.Vivifiant et sans pathos, le récit démontre qu’on n’a pas besoin de ses deux pieds pour avoir la tête sur ses épaules et être utile à ses amis.L’auteur a pris soin d’insérer quelques «câline de bines» pour nous prouver que ça se passait bien de ce côté-ci de l’Atlantique.Mais était-ce vraiment nécessaire?benjamin & en vacances l ne liiMcirc vi J in jui\ LES ANIMAUX EN PIQUE-PIQUE J.Jacquin (texte) et G.H.Thompson (dessins) Calligram, 1997, n.p.Voilà une curiosité: la réédition d’un livre jeunesse paru chez Hachette en 1906.L’album, traduit de l’anglais, relate la journée de pique-nique organisée par M.et Mme La-trompe, éléphants de leur état, où sont conviés une bonne partie des animaux de la création.L’histoire, un peu longuette, est illustrée en alternance par une image en couleur et une à la plume.FLANAGAN DELUXE Andreu Martin.Jaume Ribera Gallimard, Page noire Paris, 1997,253 pages Pour un public décidément plus vieux, voici les nouvelles aventures de Juanito Anguera, alias Flanagan, un ado espagnol qui joue les privés pour se faire de l’argent de poche.Le jeune homme si sensible au charme des femmes avait conquis mon cœur, en 1995, en élucidant une affaire de trafic de bébés.Il ne m’a pas déçue en éclaircissant une originale histoire de drogue et de kidnapping.Issu des couches populaires, le touchant limier en herbe se voit précipité dans le monde de luxe et de fric de la côte espagnole.Discothèque, drogue, yachts, BMW et fils à papa composent pour lui un univers à la fois fascinant et plein de pièges.Largué en pleine mer, rescapé in extremis, roulé dans la farine et enfin vengé, Flanagan ne passe pas du tout ses vacances comme prévu.Et ce n’est pas le lecteur qui s’en plaindra, souriant et sursautant à chaque nouveau rebondissement.CHARLEVOIX Charlevoix, joyau du Québec Alain Dumas, Yves Ouellet 49,95$ t:s ru:s JURENT Les îles du Saint-Laurent André Croteau 49,95 $ AMÉRINDIENS ^ ET INUITS Amérindiens et Inuits, Guide culturel et touristique du Québec Mchel Noël 29.95$ * •* L’ESTUAIRE SAINT-LAURENT lî sf* i \«»ins nr rs avec les EDITIONS TRECARRE 0vi QUEBEC PARCS Matïirs if.\é FJORD 1>U SAGUENAY Les parcs du Québec, Par monts et merveilles André Croteau 49,95$ Québec la capitale 29,95$ Le fjord du Saguenay, Merveille du Québec Alain Dumas.Yves Ouellet 49,95$ UÉBEC [.ACAPITAI.i: * Québec üTCE MUSÉ à visiter L’Estuaire du Saint-Laurent et ses jardins secrets Jean François Hamet.Annie Mercier 49,95$ PA*r0ur Les musées du Québec, 400 musées à visiter André Croteou 19,95$ LE ROMAN QUÉBÉCOIS ferres d’ailleurs Lectures d’été: deuxième volet Vous passerez les vacances sur votre balcon, avec vue sur la vente-débarras perpé-tuelle des voisins?Ou peut-être resterez-vous au milieu des mauvaises herbes qui disputent la place aux mégots et aux éclats de vitre qui réapparaissent chaque matin dans votre jardin?Sur le ciment cruel d’une piscine publique, naviguant entre les relents de crème solaire, de chips et de chasse-moustiques?Dans le même maudit parc où vous avez emmené les enfants tous les jours depuis leur naissance?Misère: vous déménagez encore! Chaussez les Ray-Ban, tombez les gougounes et payez-vous quelques virées, terribles ou drôles, qui laisseront pour quelques moments bénis vos soucis dans la poussière.Parmi les livres recensés, dans cette chronique uniquement (chronique, je le rappelle, qui réunit un bon nombre, forcément incomplet, des romans et recueils de nouvelles parus, en français, dans des maisons d’édition du Québec), depuis la rentrée septembre 1996, voici d’abord quelques suggestions de voyages littéraires (en ordre alphabétique).LE SOLEIL DES GOUFFRES Louis Hamelin, Boréal, 372 pages Cinquième roman de Louis Hamelin, Le Soleil des gouffres est une équipée ambitieuse mettant en vedette François Ladouceur et quelques autres savants de la mouche, tous étudiants au collège MacDonald.Entraînés par un de leurs professeurs, espionnés par le maître d’une secte qui se réclame de la religion aztèque, les laborantins quittent bientôt Sainte-Anne-de-Bellevue et traversent les États-Unis jusqu’au Mexique, délaissant peu à peu l’observation des bêtes pour être assaillis par l'inexplicable comportement des humains.Malgré une certaine froideur et l’impression que les personnages pourraient être plus convaincants, Le Soleil des gouffres est un monument de la description, la réunion de magnifiques morceaux d’écriture.ERRANCES Sergio Kokis XYZ éditeur, 496 pages En 1986, vingt-deux ans après le putsch militaire qui l’a poussé à quitter son pays, un poète brésilien, Boris Nikto, quitte sa ville adoptive de Berlin-Est pour rentrer au bercail.Pendant le trajet qui le ramène à Rio, il se remémore sa fuite dramatique hors du pays, en 1946, les rencontres et les aventures qui ont marqué son passage au Paraguay, en Bolivie, au Pérou et dans plusieurs pays d’Europe.Comme dans les précédents romans de l’auteur, les scènes montrant la misère, la violence et la corruption qui ont cours en Amérique du Sud sont bouleversantes d’authenticité.Filant à l’aise dans une construction narrative raffinée, Sergio Kokis oppose les errances géographiques à celles de l’esprit et nous offre en prime quelques sketchs désopilants sur les bonzes de la tartinade intellectuelle.IA CHAIR DU MAÎTRE Dany Iiiferrière Lanctôt éditeur, 311 pages On le sait plein d’humour malgré ce que son œuvre romanesque illustre du drame de son pays et de ses tragédies personnelles depuis le premier titre de Dany Laferrière en 1985.Avec son septième, La Chair du maître, l’auteur use de la même écriture simple et limpide qu’on lui connaît pour exposer, cette fois, une succession de duels qui ne prêtent pas le moindrement à rire.Réunissant une vingtaine d’historiettes sises à Port-au-Prince après l’accession au trône de Duvalier fils, La Chair du maître raconte les jeux de pouvoir et de sexualité auxquels se livre la jeunesse haïtienne, toute tournée vers le plaisir mais qui n’a plus de pères, pas d’argent et pas d’avenir.Des rencontres explosives.NOUVELLES D’IRLANDE Traduites de l’anglais par J.Adam et L.Jolicœur, L’Instant même 208 pages Persévérant avec sa première mission, qui est de publier régulièrement des recueils de nouvelles de qualité, L’Instant même offre avec Nouvelles d’Irlande une fenêtre sur l’œuvre de neuf écrivains irlandais qui valent que l’on s’y arrête.Beaucoup de cynisme et d’humour, beaucoup de douleur aussi, dans ces histoires qui révèlent des êtres tantôt combatifs, tantôt croulant sous le poids d’un mal sournois.On se reconnaîtra facilement des frères et sœurs d’armes chez ces personnages habités par leur passé, hantés par les spectres de la religion et de la puissante Angleterre.OLIVO OLIVA Philippe Polon Lanctôt éditeur, 207 pages Un premier roman extrêmement réussi, burlesque, amusant et bien écrit.Son héros, Olivo Oliva, est un Sicilien dont la tête et les testicules rappellent la forme d’une olive, et qui laisse dans son sillage une puissante odeur d’huile extra vierge.Né de l’étrange rencontre d’une très vieille olive, d’un paysan et de la benjamine de la famille qui tient tout le pays dans la peur et la pauvreté, le bâtard est transplanté dès sa naissance en Amérique où il devient naturellement tueur à gages.Bientôt révélé à ses véritables origines par l’auteur du roman, il retourne dans l’oliveraie qui a été le théâtre de sa conception et que domine, tel Mussolini ses Chemises noires, un tyrannique olivier patriarche.L’IMMENSE FATIGUE DES PIERRES Régine Robin XYZ éditeur, 189 pages Réunissant sept récits dont la plupart ont déjà paru, en tout ou en partie, dans divers ouvrages ou revues, Régine Robin démontre admirablement avec ce deuxième titre (après son roman La Québécoite) comment la biographie d’un personnage peut s'intégrer avec art à l’univers de la fiction.Donnant principalement la parole à son alter ego, Nancy Nibor, romancière juive née à Paris en 1939 de parents polonais, l’auteur nous entraîne dans ses fuites entre Paris, New York et Montréal.L’écriture est belle, et les histoires bouleversantes, qui évoquent les tourments d’une identité condamnée, d’une identité tue, disparue, affolée.LA FACE CACHÉE DES PIERRES George Szanto Traduit de l’anglais par François Barcelo, XYZ éditeur 304 pages Secoué par la mort récente de son épouse et sentant peu à peu sa propre vie qui lui échappe, un professeur de criminologie résilie ses tâches d’enseignant à Montréal et Boston et s’exile pour un an dans un bled de la Sierra Madré où il compte écrire un roman.Contre quelques litres de mescal et des martinis, les habitants de Michoacuaro déballent au gringo les histoires étranges, sordides ou hilarantes qui façonnent leur communauté.Pour un criminologue qui s’adonnait à être en manque de certitudes, l’expérience sera piquante.Signé par le fondateur du programme de littérature comparée de l’université McGill, ce premier tome d’une trilogie intitulée Conquests of Mexico offre plaisir et dépaysement garantis.Et si vous voulez voyager plus loin encore, dans le temps.INSTRUMENTS DES TÉNÈBRES Nancy Huston Actes Sud/Leméac, 409 pages Pour se libérer du gouffre que constituent dans sa vie la mort de son frère jumeau et l’échec du mariage de ses parents, une écrivaine de 49 ans résolut d’écrire l’histoire, inspirée de faits réels, d’un couple de jumeaux ayant vécu en France au début du 17e siècle.C’est la tragique histoire de Barbe et Barnabé Durand, séparés l’un de l’autre dès leur naissance et promis, l’une au destin d’une sorcière, l’autre à celui d’un sacrifié.Entre les chapitres consacrés à la vie de ces deux personnages, l'écrivaine raconte le mariage insensé de ses parents, le dénombrement de ses sœurs et frères morts, les drames des vivants.Un dialogue cinglant qui montre les rapports tordus qu’entretient un créateur avec ses choses./ u l i e Sergent LE RIRE DES FEMMES Pierre Leroux Iœs Intouchables, 142 pages Premier roman de Pierre Leroux, qui fut journaliste culturel pendant 15 ans au Journal de Montreal, Le Hire des femmes nous transporte au début du XX siècle dans un petit village perdu de la Russie baptisé Brasovia.Parmi les villageois au cœur d’or et au folklore immense, que l’on pourrait presque prendre pour nos anciens, se trouve Cornélius Pavlivic, 30 ans, officielle tête de Turc du canton, poète obsédé de la rime profonde et amoureux fou du rire des femmes.Impossible de résister au fourmillement d’images et à l’élégance de l’écriture qui nous entraîneront peu à peu dans la douce folie, et la tragédie, d’un poète devenu clown.GUILHÈM OU LES ENFANCES D’UN CHEVALIER M:u-yse Rouy Québec/Amérique.335 pages Suite d’Azalaïs ou Im Vie courtoise, premier roman de l’auteur qui connut un bon succès à sa parution, Guilhèm ou Les Enfances d’un chevalier a tout pour réjouir les lecteurs qui chérissent dans leur mémoire un petit cortège de chevaliers et de princesses, de rois et de reines sortis tout droit de leurs lectures d’enfance.L’histoire, qui se situe à la fin du XL siècle dans le comté de Comminges, un ancien pays du sud-ouest de la France, où est née par ailleurs Maryse Rouy, relate le passage d’un adolescent à l’âge adulte, à travers son initiation aux convenances, et aux inconvenances, de la vie seigneuriale.Une écriture extrêmement agréable au service d’une histoire rondement menée.CRISTOFORO Récits insolites d’un singulier voyageur Willie Thomas XYZ, 235 pages Né à Saint-Jean-de-Luz, en 1589, de la rencontre d’une femme éprise de kabbale et de liberté et d’un baron tout occupé à multiplier sa descendance illégitime, Anastase de Saint-Just est un cul-de-jatte qui vit perché comme sur un cheval au faîte des épaules de son serviteur.Grâce à l’un de ses nombreux demi-frères, jeune seigneur ayant visité le Nouveau Monde, Anastase se mêle peu à peu de traite de fourrures et organise avec quelques étranges passagers un périple qui le mènera en Acadie.C’est un premier roman qui en met plein la vue, signé par un journaliste de 42 ans, originaire du Bas-du-Fleuve, qui a forgé son nom de plume à partir du nom de ses grands-pères.Une ambitieuse saga mêlant à l’Histoire véridique des événements burlesques et des personnages hauts en couleur, dans une plume magnifique.En vous souhaitant de bons voyages.ARCHAMBAULT LA PLUS GRANDE MAISON DE MUSIQUE ET LIVRES AU (Duemnees m CENT ANS* IDE SOLITUDE PETER MAYUE PROVENCE TOUJOURS Le patient anglais Michael Ondaatje HOEG SMJLLA ET L'AMOUR DE LA NEIGE Cent ans de solitude Gabriel Garcia Marquez JOHN LE CARRE NOTRE JEU Notre jeu Smilla et l’amour de la neige John L* Carré Une année en Provence Peter Maylo AMEUE NOTHOMB HYGIENE DE L'ASSASSIN WÊ Hygiène de l’assassin Provence toujours Peter Mayle SEPULVEDA LE VIEUX QUI USAIT DES ROMANS D'AMOUR Le curriculum vitae de Dieu Jean-Louis Fournier Le vieux qui lisait des romane d’amour Lu»» Sapuhrada BIENTOT LIBRAIRE À LA PDA Promotion en vigueur du 31 mai au 30 août 1997 Chicoutimi • Laval • Montréal * Sherbrooke * Sainte-Foy » Trois-Rivières 500, rue Ste-Catherine Est «‘Place des Arts • Galeries Laval I K I) K V (MK.I.K S S A M K IM 2 1 K T I) I M A X (' Il K 2 2 .1 U I X I IM» 7 i —*> L I V R E S - LETTRES F K A N C O P H O N E S La venue à récriture Patrick Chamoiseau, dans le troisième volet de son autobiographie, dénonce une domination silencieuse qui régit récrit ÉCRIRE EN PAYS DOMINÉ Patrick Chamoiseau Gallimard, Paris, 1997,318 pages L’ESCLAVE VIEIL HOMME ET LE MOLOSSE Patrick Chaipoiseau Avec un entre-dire d’Édouard Glissant Gallimard, Paris, 1997,133 pages LISE G AIIVI N Le lecteur familier de l’œuvre de Chamoiseau pourra se plaire à comparer ce troisième volet de son autobiographie, consacré à son itinéraire d’écrivain, avec le parcours de la célèbre Marie-Sophie Laborieux, cette mère Courage du roman Texaco — Prix Concourt 1992 — qui, elle aussi, noircit des cahiers à ses heures et réfléchit à la fonction de l’écriture dans sa vie et dans celle des siens.Après Autan d'enfance (1990) et Chemin d’école (1994), voici cet essai autobiographique, Écrire en pays dominé, qui retrace les années d’apprentissage d’un jeune garçon à la recherche d’un pays intérieur, pays qu’il découvre avec l’aide des écrivains qui l’ont précédé et grâce à son propre voyage en écriture.Le livre, volumineux, voire un peu bavard, jouant de la répétition comme un musicien de jazz reprend les mêmes motifs en les variant à l’infini, module et prolonge les ré-flexiops déjà présentes dans ces essais-manifestes que sont Éloge de la créolité (1989) et Lettres créoles (1991).Mais lq ton, cette fois, est intimiste et le «nous» devient un «je» chercheur qui, comme les driveurs ses amis, n’hésite pas à errer et, pour être sûr de tout dire, par commencer «par ne parler de rien».De rien?C’est-à-dire de la pluie, des alizés, des colibris venant lui tenir compagnie sur la terrasse où il écrit, de la mer qui le fascine et l’envoûte à un point tel qu’elle l’empêche précisément d’écrire, de l’île enfin et de ses sens contraires: car Tile, selon les points de vue, peut devenir enfermement ou archipel, repli sur soi ou ouverture vers Tailleurs.Un titre provocateur Mais revenons au titre, Écrire en pays dominé, dont un fragment avait.paru dans la NRF, titre choisi à dessein pour sa force provocatrice.De telle domination s’agit-il?Si domination il y a, le fait même d’avoir obtenu le Goncourt n’est-il pas la preuve que l’écriture est possible, voire soutenue et encouragée?Nous sommes donc en plein paradoxe, un paradoxe qu’accentue encore la dédicacé à «Pierre Cohen-Tanugi, vrai compagnon en ce vertige et cette mise en abîme».Or ce dernier n’est autre que le directeur général de la maison Gallimard où publie Chamoiseau.Le danger, en pareil cas, serait de simplifier à l’excès.Si Patrick Chamoiseau consacre plus de 300 pages à expliquer ses rapports avec l’écriture, s’il a choisi ce titre, c’est que la domination dont il s’agit n’a rien à voir avec la «domination brutale» qu’ont connue ses pères.La domination qu’il dénonce est une domination silencieuse, insidieuse, voire même furtive, elle qui, au nom de modèles réputés universels, impose ses manières d’écrire et de vivre, en un mot ses manières à penser.Aussi l’enfant a-t-il dû d’abord, en autant d’étapes appelées «Cadences», (rè) apprendre à lire, à rêver, à écrire, fit pour cela, non pas renier le passé mais retrouver une mémoire enfouie sous des siècles de silence.«Rêver pays: Comprendre cette terre dans laquelle j’étais né devint mon exigence.J’étais en elle et elle était en moi.Aller en elle, c’était aller en moi en une boucle sans rivage.Je voulus oublier ce que je savais d’elle, retrouver comme dessous une ruine sa chair véritable dont mes propres chairs avaient fait leur tissu.Je revins au magma de ses émergences.Ixs livres, la parole, les vieilles mémoires, les traces, les intuitions, les souvenirs bégayés.tout s’érigeait outil de cette quête du profond.Autour de moi, la colonisation avait mené discours.Elle avait nommé.Elle avait désigné.Elle avait expliqué.» Pour échapper à ce que d’autres nommeront «la colonisation douce», pour (re) trouver sa propre parole, le futur écrivain n’hésite pas à reconnaître sa dette envers le Conteur créole, mais aussi envers quelques œuvres majeures, au premier rang desquelles se trouvent celles de Frankétienne et de Glissant.A Tune, il doit d’avoir compris l’existence possible d’une littérature en créole, cette langue toujours confinée au statut de langue dominée; à l’autre, il doit la plupart des concepts qui l’animent et le mobilisent: la distinction entre l’être et Tétant, la pensée de l’errance, l’imaginaire du lieu, la nécessaire diversité du monde et des langues, la Pierre-monde, etc.Le livre est construit comme un incessant dialogue entre les auteurs qui ont inspiré celui qui se nomme le Marqueur de paroles et les réflexions de ce dernier: en plus des écrivains déjà cités, se retrouvent, en des hommages concis regroupés sous le nom de «Sentimen-thèque», les noms de Segalen, Faulkner, Saint-John Perse, Cendrars et bien d’autres, dont Césaire, à qui Chamoiseau consacre des pages émouvantes.S’ajoutent également, sous forme de texte intercalés, les confidences d’un sage nommé «Le Vieux Guerrier».On aura compris toute la richesse de ce témoignage d’un écrivain qui, revoyant ses engagements passés et présents, dit «arpent[er] une mouvance fluide, intempérie d’ondes et de flux, où nulle menée hautaine de l’Écrire «’[est] envisageable».Cette mouvance, on la retrouve de nouveau en acte dans un court roman intitulé L’Esclave vieil homme et le molosse, récit accompagné et ponctué, comme pour inscrire une fois,de plus la filiation, d’un «entre-dire» d’Edouard Glissant Chamoiseau y explore une parole qu’il avouait chercher, dans l’essai précédent, hors de l’écartèlement entre les langues, dans un langage qui ne souhaite toutefois pas «créoliser les langues, les jouer en mécanique de petits mélanges, ni même oraliser l’écrit».Le récit relate l’histoire d’un vieux nègre «amateur de silence, goûteur de solitude», que Ton disait «rugueux telle une terre du Sud ou comme l’écorce d’un arbre qui a passé mille ans», homme inflexible en proie à des douleurs inénarrables.Un telle plongée dans les temps anciens de l’esclavage rejoint, sur le mode poétique, «l’inventaire de la mélancolie» psalmodié par le personnage du Vieux Guerrier dans Écrire en pays dominé.Mais à la différence du guerrier, l’esclave n’a pas accès à sa propre parole et ne peut compter, pour survivre, que sur l’élan de sa course vers un point lumineux «vrillé en lui-même».Ainsi l’un et l’autre de ces ouvrages renvoient-ils à une question, la même énoncée à la fin de l’essai et au début du roman: «Le monde a-t-il une intention?» laiiricL lfaliiLlJfC15m.il Écrire eiy pays dominé ( Lillimam Oman leu iff 34.9ST pages 01; cirtfsîj;::?/ V.1 mssm roman PHILIPPE NOURRY, LE POINT 'lilrXL du Seuil Les Editions La peau DU TAMBOUR d’Arturo Pérez-Reverte «Les amateurs de roman à suspense seront comblés.Cbux qui' ne dédaignent pas un pBU de profondeur aussi.» BRUNO CORTY, LE FIGARO «C'est le roman d'un écrivain [.].Un écrivain et un conteur exceptionnel.» JACQUES FOLCH-RIBAS, LA PRESSE « Si les trois premiers livres - Le Maître d'escrime, Le Tableau du maître flamand et Le Club Dumas - dB ce flamboyant mais discret Espagnol témoignaient déjà d'un talent de conteur remarquable, habile à nouer de subtiles intrigues, La Peau du tambour, sans rien renier de ces bonnes recettes, y ajoute la profondeur de champ qui transforme un très bon roman en un grand roman.» PHILIPPE NOURRY, LE POINT Arturo Perez-Reverte PEAU 460 Né à Carthagène, (Espagne) en 1951, Arturo Pérez-Reverte a travaillé longtemps comme grand reporter et correspondant de guerre.Son roman Le Tableau du maître flamand a été un succès mondial, traduit en seize langues et publié dans trente-deux pap.Sous la direction de Michel Dion L'ÉTHIQUE GOUVERNEMENTALE Cet ouvrage aborde, sous plusieurs aspects et à partir de différents points de vue, l'éthique telle qu'appliquée en contexte gouvernemental.Des contributions de : Guy Breton Jean-Pierre Charbonneau Paul-André Comeau André C.Côté Pierre-F.Côté Michel Dion Guy Giroux Daniel Jacoby Guy Lachapelle André Larocque Alain Madgin Serge Roy Claude Ryan Guy Tardif Howard Wilson ION 1>K MI* Kl L’ÉTHIQUï iOUVERNEMF.NTM.I K V U I It .I, !¦: S S A M K DI 2 1 K T I» I M A N ( IIWIBIIH IMHiWtt IIMM Cet éié L I V R E S T T É R A T II R R A N Ç A I S I yvesJasmin vvts IASMIN, o.t: La petite HISTOIRE d'Expo 67 (1l — Sylvain Meunier 464 p., 24,95 $, ISBN : 2-89037-902-7 La Petite Histoire d’Expo 67 Pour se souvenir ou pour découvrir.L’Expo 67 comme vous ne l’avez jamais vue.« .ce qu’on peut trouver de plus complet sur cette page de notre petite histoire.» Pierre Vennat, La Presse « Un ouvrage absolument fascinant, bien documenté, qui présente toute la petite histoire de l’Expo dans ses moindres détails.» Martin Francœur, Le Nouvelliste M e tn i i i Enquête sur la mort vierge folie Enquête sur la mort d’une vierge folle Un délicieux psycho-érotico-polar, dépourvu de rectitude politique.« .C’est un grand bonheur d’écriture.» Laurent Laplante, Indicatif présent, SRC « très, très accrocheur.on embarque parce qu’on se dit voilà quelque chose qui n’est pas ordinaire.extrêmement distrayant.» René Homier-Roy, Christiane Charette en direct, SRC 368 p., 21,95 S, ISBN : 2-89037-909-4 Jacques pillard ) jc i|iit \ All jfd Le Roman mauve —r thtft kHifii h t» ’tir»*» ** ôr&rr E R I O U E / A M 0 U E B Le Roman mauve En une centaine de lectures brèves, Jacques Allard va droit au cœur du roman récent pour en écouter la musique et les discours.Un véritable bain de littérature québécoise contemporaine, à lire pour le plaisir de la découverte.396 p., 24,95 5, ISBN : 2-89037-901-9 BIBLIOTHEQUE DE U PLEIADE Le pas non franchi de l’intimité L’amour d’Eisa Triolet et la conversion au Parti communiste, passions qui allaient se conjuguer avec la vocation littéraire, et parfois s’exclure, furent le destin d’Aragon.produites.Il s’agit beaucoup plus d’un album commenté que d’une biographie illustrée.Cet ouvrage sur Aragon est d’ailleurs offert à titre de gracieuseté par le libraire avec tout achat de trois volumes de la Pléiade.Le fils Andrieux À cet enfant né le 3 octobre 1897, fils naturel, «de père et de mère non dénommés», son géniteur Louis Andrieux donnera le nom de Louis Aragon, en souvenir, dit-on, d’une maîtresse espagnole.Des affres infantiles du futur poète sans état civil, on ne saura donc rien.Brillant élève du lycée Carnot, tôt aspiré par des amours littéraires, sonné par un coup de foudre intellectuel pour André Breton, Aragon deviendra une des têtes chercheuses et fondatrices du mouvement surréaliste.Le premier manifeste du surréalisme — avant la lettre — fut d’ailleurs écrit par lui et non par Breton.De ses amours malheureuses avec Nancy Cu-nard, l’héritière de la Cunard Line, on retient la tentative de suicide qui, pour Aragon, scella la rupture.«Il n’aurait fallu qu’un moment de plus.» Mais l’amour d’Eisa — la rencontre en 1929 est ici à peine commentée — et la conversion au Parti communiste, passions qui allaient se conjuguer avec la vocation littéraire, et parfois s’exclure, furent le destin d’Aragon.Destin de révolutionnaire, car son passage sous la bannière surréaliste fut tout aussi politique à ses yeux que sa longue liaison avec le PC.Dénoncé par les surréalistes comme trop proche de Moscou, Aragon verra plusieurs poètes le désavouer.Qu’importe?Le rédacteur de L’Humanité se cramponne au drapeau rouge.Ce qui lui vaudra d’ailleurs d’être privé en 1949 de ses droits civiques pour cause d’allégeance politique à la faucille et au marteau.Activiste, homme politique, polémiste, Louis Aragon fut avant tout un des plus grands poètes du siècle.Il est dommage que cet album de La Pléiade n’explore pas suffisamment la veine littéraire, n’explique la genèse d’aucun texte et survole davantage la carrière publique que le lent, le silencieux rapport avec l’écriture qui fut sa vraie rédemption.«Je ne suis pas le personnage que vous prétendez m’imposer d’être ou d’avoir été, écrivait-il pourtant en 1972.J’ai gâché ma vie et c’est tout.» Rien n’est jamais acquis à l’homme.Il mourra dix ans plus tard en emportant ses mystères et ses contradictions.ALBUM ARAGON Iconographie choisie et commentée par Jean Ristat Bibliothèque de la Pléiade, Paris, 1997,479 pages ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Certaine pudeur parfois excessive naît de la peur de trahir l’ami célèbre en révélant des détails sur sa psychologie ou sa vie privée.Ne devient pas biographe qui connaît le mieux le modèle à décrire.Il faut y mettre un peu d’audace et, oui, d’indiscrétion, de l’intuition aussi.Or dans XAlbum Aragon que vient de publier la Pléiade, ce pas vers l’intimité n’est jamais franchi.«Je n’aime pas fouiller dans les tiroirs, ouvrir le courrier des autres, profère Jean Ristat d’entrée de jeu à cette biographie (biographie?) d’Aragon.S'il y a un secret, il ne m'appartient pas de le lire.Et si l’écriture, comme l'amour, était l’expérience même de la dépossession?» Il ne sent donc pas à l’aise, cet homme qui déclare avoir lui-même fermé les yeux du poète en 1982.Le biographe ne traversera pas les frontières des faits pour explorer les zones d’ombre de l’auteur des Cloches de Bâle.Tout au plus tâchera-t-il de de réhabiliter sa mémoire.Car celui dont le talent poétique était si éclatant fut extrêmement contesté en France par plusieurs intellectuels et artistes qui condamnaient ses convictions politiques d’un rouge trop éclatant.«Je plains ceux qui ne se sont jamais trompés parce qu’ils n’ont jamais rien risqué», écrit Ristat en guise de requiem.Si les méandres de l’âme du poète ne seront pas explorés ici, une iconographie d’une très grande richesse, 627 illustrations rien de moins: photos, dessins, documents officiels, couvertures de livres, lettres manuscrites sont re- BIBLIOTHÈQUE DE LA PLÉIADE Aragon deviendra une des têtes chercheuses et fondatrices du mouvement surréaliste.VITRINE DU LIVRE DU POCHE Une odeur familière MARCEL JEAN Ce matin, à la radio, l’animateur l’a affirmé sans détour: «Ça sent l’été!» Incrédule, j’ai demandé à mon fils: «Qu1 est-ce que ça sent, l’été?» «Les patates frites, la barbe-à-papa et l’huile à moteur», a-t-il répondu.En voila un qui veut passer l’été à La Ronde! Questionné à son tour, mon vieux copain Mike s’est indigné: «Depuis que tout le monde a une fixation sur la couche d’ozone, ça pue la crème solaire.Des bébés aux vieilles dames, on dirait qu’ils se font tous mariner dans le Cop-pertone.» Pendant environ deux heures, j’ai continué mon petit sondage.En vrac, disons que l’été, ça sent les fleurs, le foin mêlé au fumier, la transpiration qui éclipse progressivement le CK one, le sable, le sel et les petits morceaux d’algues collés aux vêtements.J’aurais posé ma question une journée entière que les réponses auraient couvert un spectre encore plus large.Je n’en avais malheureusement plus le temps, il me fallait écrire ma chronique, trouver des livres imprégnés par l’odeur de l’été.LA FOLIE FORCALQUIER Pierre Magnan Folio, 1997,487 pages Les romans de Pierre Magnan sentent d’abord l’ail et le sang séché.C’est l’effet provençal! Celui là, plus que tout autre, est aussi dominé par le parfum des femmes.Pourquoi?Parce que Félicien Brédannes, l’herboriste de Forcalquier, doit enquêter sur un curieux crime: cinq cadavres masculins ont été retrouvés, bien alignés dans une sorte de mise en scène macabre.Or, l’herboriste a le nez fin et connaît les odeurs des femmes du village, comme celles de la montagne de Lure.C’est l’arme principale qui lui ROBERTSON DAVIES Pierre Magnan La Folie Forcalquier permettra de traverser cette sombre affaire.FANTÔMES ET C,E Robertson Davies Traduit de l’anglais par Hélène Misserly et Lisa Rosenbaum Seuil, Points, 1997,420 pages Depuis sa mort, en 1995, la célébrité de Robertson Davies a atteint de nouveaux sommets au Québec.Fantômes et C' est donc un roman de circonstances, puisque son héros et narrateur, Connor Gilmartin, meurt dès la première phrase du livre, assassiné par l’amant de sa femme.Son récit sent la folie et les souvenirs, une folie généreuse, divertissante, virtuose même.En compagnie de son assassin, Connor Gilmartin assistera au Festival du film de Toronto et verra s’agiter sur l’écran l’image de ses ancêtres.Il les observera avec une'sorte de détachement amusé, pour le plus grand plaisir des lecteurs.L’AUTRE CÔTÉ DU MONDE Robert Stone Traduit de l’américain par Gérard Pjloquet et Anne Paumier-Gintrand Éditions de l’Olivier, Petite Bibliothèque américaine, 1997,544 pages Depuis cent ans, on n’avait pas connu hiver aussi clément.» Quand un roman débute par une telle phrase, on peut penser qu'il intéressera d'emblée les lecteurs québécois.Quand il se poursuit en haute mer.porté par de grandes interrogations qui rivalisent avec la hauteur imprévisible des vagues, porté aussi par un souffle narratif qui évoque les courants marins, on sait qu’on a là tous les ingrédients pour un succès estival.Cet Autre côté du monde, que Robert Stone a terminé en 1992, est donc un roman puissant, rythmé et dominé par la mer, avec ses odeurs étonnantes et les paysages qu’elle révèle.MORT D’UN GÉNÉRAL John Saul Traduit de l’anglais Rivages poche/Bibliothèque étrangère, 1997,331 pages Dans ce livre, Saul flaire la conspiration (un général a été assassiné), suit la piste d’un journaliste inconscient (il découvre l’implication dans ce crime de hautes personnalités politiques) puis renifle les effluves de la peur (identifié par ceux que son enquête menace, le journaliste ne peut plus reculer).On a dit de ce roman à la construction exemplaire qu’il décrivait avec beaucoup d’acuité la fin du gaullisme.UN ENFANT DE LA BALLE John Irving Traduit de l’américain par Josée Kamoun Seuil, Points, 1997,772 pages Ce n’est pas un roman sur l’Inde, écrit et répète l’auteur.Pourtant, ce gros ouvrage est dominé par les odeurs de Bombay, par ses castes que tout sépare, par le cirque de la vie qui trouve un écho dans un cirque indien.John Irving est encore une fois l’architecte d’une construction baroque, foisonnante, qui réjouira les amateurs du Monde selon Garp.Un enfant de la balle renoue en effet avec la verve généreuse d’Irving, celle qui l’a rendu célèbre.UNE PASSION Muriel Cerf Babel, Paris, 1996,917 pages Une brique, une vrai! Un roman d’une ambition terrible, démesurée, qui a marqué la saison littéraire 1981.Énorme succès public.Une passion embrasse tous les genres, de la saga familiale au récit de voyage, en passant par l’histoire d’amour et les formules mystiques.On s’y trouve autant qu’on s’y perd, pourvu qu’on ait le courage d’y plonger pour sentir l’ivresse d’une rencontre fatale, sous le signe de la passion. i.!•: i» v.v (M it .i.!•: s s .\ m i: i> i •_> i k t n i m .\ \ usse • les gens.T- * leur corps et leur vit • les f animaux, leurs habitudes et leurs particularités * m 64 p., 3,95 S, ISBN : 2-89037-821-7 «ai va I.K I) K V 0 I II .I.K S S A M KOI 2 1 K T l> I M A N V 11 H 2 2 .1 l! I S I IM) 7 i) s BANDES DESSINÉES Névrose au second degré DENIS LORD • Ah! l’été, avec sa litanie d’abominations: le stress de devoir s’amuser, la maladie du hamburger, l’odeur immonde des lotions solaires, le sable dans les sandwichs, sans parler de toute cette nudité qui met le feu aux hormones.Une saison d’enfer.Alors suivez le conseil d’un ami qui vous veut du bien: restez chez vous, barrez les portes et lisez de la bande dessinée en attendant l’automne.RUPERT K.Bruno et Gilles Laporte Mille-Îles Laval, 1997,45 pages \ A travers strips et histoires courtes, les frères Laporte nous présentent Rupert, un adolescent fort sympathique: névrosé, nihiliste et réfractaire, un poil morbide.Ses principaux intérêts dans la vie sont les jeux vidéo, la télévision et les sculptures à base d’os de poulet.Rigolade garantie.Si les adultes ne manqueront pas de 6avourer les aventures de ce personna-e qui caricature un tant soit peu notre elle jeunesse, c’est à cette dernière qu’elles sont destinées à l’origine.Trop souvent au Québec, la bande dessinée pour jeunes se meurt d’excès de prudence, étouffe sous la rectitude politique.Enfin, des auteurs d’ici voient en eux autre chose que des demeurés ou qu’un public-cible.CAPTIVANT-BOB FISH Chaland Les Humanoïdes associés Genève, 1997,183 pages Les Humanoïdes associés poursuivent la réédition des œuvres complètes d’Yves Chaland, mort dans un accident de voiture en 1990, à l’âge de 33 ans.Pilier de la revue Métal hurlant, dessinateur virtuose, Chaland avait eu le temps d’éblouir durablement les amateurs de bande dessinée avec plus d’une dizaine d’albums où il revisitait l’esthétique des récits d’aventures de l’école franco-belge du milieu du siècle, la transfigurant d’un jouissif second degré.Dans Captivant, réalisé en compagnie de Luc Cornillon, l’auteur se paie même le luxe de créer une revue fictive des années 50, avec couverture, jeux et bédés, où il explore avec ironie les registres du fantastique, du western et de la science-fiction.OGENKI CLINIC , Harukalnui L’Écho des Savanes Paris, 1996,191 pages En égard au matériel disponible au Québec, peu représentatif finale- Ws DISQUES COMPACTS, LIVRES, CASSETTES, DISQUES, BD OUVERT 7 JOURS lOh à 22h J ooire ot-ueuis, Montreal Métro Sherbrooke 849*1913 ( 10 mum-nuyoi lsi, mu Métro Mont-Royal 523-6389 LE PLAISIR DE LA LECTURE À PETIT PRIX Maupassant Le docteur Héraclius Gloss oùtreé histoires de fou> Cet été, obtenez gratuitement 1 inédit de Maupassant offert par votre libraire pour tout achat de 3 Librio.Librio, des auteurs classiques, contemporains et surtout le texte intégral à 3,75 $.V R E S 'VU ment de son hétérogénéité, on a tendance à croire que le manga n’est que violence et science-fiction.Pourtant, à travers une production pléthorique, la plus grande au monde, les japonais ont aussi créé des œuvres underground ou historiques, des études de mœurs et des récits érotiques, ou encore très très érotiques comme Ogenki Clinic.Le docteur Ogekury et son assistante, la très galbée Miss Tatasse, se dévouent corps et âme à guérir les problèmes sexuels de leurs congénères.Hypertrophie mammaire, éjaculation tardive, obsessions diverses, Ogekuri et Tassé sont toujours prêts à mettre la main à la pâte, et plus encore si besoin est — et il l’est souvent — pour que leurs clients retrouvent le bonheur.Une œuvre burlesque et très explicite qui, en dernière analyse, constitue un excellent matériel pédagogique.ALDÉBARAN Tome 4: Le Groupe, Léo Dargaud, France, 1997,48 pages Au XXI" siècle, dirigée par un régime totalitaire, la planète Aldéba-ran a perdu tout lien avec la Terre.L’écosystème est bouleversé par d’étranges événements alors qu’un gigantesque monstre marin anéantit le village de Marc et Kim.Les deux adolescents se dirigent vers la ville d’Anatolie, leur destin croisant celui de Driss et Alexa, des biologistes traqués par les autorités.Dans le quatrième tome, Driss et Alexa réunissent un petit groupe d’opposants au régime pour partager leur secret, mais leur dirigeable, saboté par un espion, menace de s’écraser dans un marais habité par d’inquiétantes créatures.Avec Aldébaran, Léo a créé une série originale qui rejoint la quête initiatique, avec une bonne intrigue et des personnages attachants, dont la psychologie évolue et se précise au fil des tomes.Utilisant les ressources de son imaginaire à la création d’une flore et d’une faune inédites, d’une technologie néo-archaïque, il s’éloigne agréablement des stéréotypes du genre, vaisseaux spatiaux, réalité virtuelle, Big Brother et compagnie.POÉSIE Textes et éditions remarquables Des livres pour traverser les beaux mois QUATORZIEME POÉSIE VERTICALE Roberto Juarroz Traduction de Silvia Baron Supervielle Editions José Corti, collection «Ibériques», Paris, 1997,285 pages SYLLABES DE SABLES Lionel Ray Gallimard, Paris, 1996,173 pages IL EST L’HEURE ,Guy Ducharme Éditions du Noroît Montréal, 1997,85 pages LA REVUE DES ANIMAUX N° 7 .L’Oie de Cravan Montréal, 1997,65 pages DAVID CANTIN Bien que cette chronique se poursuivra durant toute la saison estivale, je tenais à présenter quelques livres splendides parus au cours des derniers mois autant en Europe qu’au Québec.Voici des auteurs qui me laisse croire que la poésie est toujours rivante, qu’elle éveille à chaque page un système nouveau.Voici des livres pour traverser ces mois incomparables qui nous attendent.Poète argentin d’origine basque, Roberto Juarroz a élaboré une écriture ainsi qu’une réflexion qui se démarquent en cette fin de siècle.Depuis sa mort en 1995, un premier vo-îet posthume fait suite à ses Fragment verticaux (José Corti/Le Noroît, 1994): la Quatorzième poésie verticale.Terminant le cycle majeur de cette œuvre, les poèmes qui composent ce volume accompagnèrent les quatre dernières années de la rie de Juarroz.Encore une fois, on retrouve chez lui une sensibilité unissant l’intuition poétique au dilemme philosophique, capable d’ouvrir la parole à un questionnement possible sur le monde et les êtres.L’orientation métaphysique de cette démarche repose ainsi sur l’élément paradoxal de vivre, pour qu’émerge désormais l’imprévisible vérçté en soi.A travers ces moments de quête ultime, on note une conscience beaucoup plus tragique où la souffrance, le temps et l’approche de la mort déterminent une vision initiatique de l’expérience humaine: «Un jour nous ne pourrons plus partir./ Subitement, il se fera tard./ Il ne sera pas important de savoir/ d'où venait et où allait le voyage./ Peut-être vers l’autre extrémité du monde / ou seulement de soi vers l’ombre./ Nous dessinerons alors la figure d’un oiseau / et nous la clouerons au-dessus de la porte / comme blason et mémento, / afin de rappeler que l’ultime départ n’existe pas non plus./ Et la lance qui était cloué au sol ne s’enfoncera qu’un peu plus.» Il y a, au cœur de ce trajet, un besoin de soulever la part d’invisible qui caractérise l’essence même de notre passage en ce monde.C’est pourquoi, je tiens ce livre de Juarroz comme étant un véritable chef-d’œuvre qui ne cesse de rayonner.L’intuition sensible De façon très différente, la poésie de Lionel Ray revendique également un espace d’intuition sensible et spirituel.Loin de la distance philosophique qu’intègre Juarroz, Syllabes de sables brille par la force de ses irqages ainsi que son lyrisme dépouillé.A travers les 10 sections de 14 poèmes, on distingue dans ce recueil le dispositif strophique particulier du sonnet français (sans le comptage des syllabes et sans la rime).Autour de cette forme libre émerge un monde complexe qui accueille le poids d’une douleur paisible et fragile.Méditation profonde sur l’émerveillement inquiet que suscite l’inconnu où l'on croise les séquences d’un dialogue entre cette voix et celles d’Octavio Paz, Paul Ce-lan et Fernando Pessoa.D'ailleurs, comme le mentionne Lionel Ray, «je conçois le poème comme écoute paradoxale d’un interlocuteur absent et qui ne peut répondre [.] Le poème ne dit rien d'autre que l’irréparable, l'ineffaçable perte».Cette grande sobriété dans le dire s’engage aussi vers un réseau métaphorique rempli de surprises et de trouvailles verbales, conducteur d’un réel vertige poétique.On imagine alors cette exploration dans l’imaginaire comme une halte chancelante en terre instable: «Tu cherches un temps sans ombre./ Tu marches, haut comme la mort, contre le ciel./ Tu inventes un autre espace / parmi les nombres errants./ Il y a une porte ouverte, / un couloir interminable, / ce feu sourd près de la fenêtre, / le temps qui bat./ Dans l’averse oubliée, / l’image d’un matin naïf qui s’éloigne sous /la bienveillance d'une étoile.» Traces et passages Lors de la parution de ses deux premiers livres, on a souvent comparé l’univers poétique de Guy Ducharme à ceux de Gilles Cyr, André du Bouchet ou encore Jean-Luc Carré.Toutefois, sa plus récente parution au Noroît met en évidence une voix aussi singulière qu’étonnante.On revient pourtant à ce chemin inaugural qu’emprunte le marcheur, ses obstacles terrestres habituels, cette redécouverte constante d’un lieu fait de traces et de passages.Par contre, Il est l’heure prolonge cette fois le regard intuitif de Ducharme sur la réalité en utilisant un registre beaucoup plus adéquat: «De l’huile au pavé se répand en nuit noire / et à l’écart, des herbages forcent les ruines / dont l’avenir est du sable / sans jalons ni tave- lures, le terrain / ne serait plus /tout ne se tient pas dans la même fixité / sous les nuages qui se déformant forment un ciel.» Entre le dit et’ le non-dit, une certaine fascination apparaît pour ainsi rétablir, entre eux, les énoncés aphoristiques.Restreint à première vue, l’espace dont parle Ducharme est celui des sens livrés à l’équilibre inexplicable derrière les choses.Chaque page s’ouvre ainsi aux questions inépuisables de la présence au monde, des frontières que le jour détermine.Devant la beauté qui rejoint ce désordre de la mémoire, les poèmes de Guy Ducharme décrivent un silence que communique le visible: «le soleil friable s'enfonce dans le jour blanc/ la lumière entière empêche la couleur/ le port discute, je laisse fuir mon temps, / fuir mon regard sur le fleuvefixe/ fuir ma joie / que je rattraperai bien.» Depuis 1990, Maïcke Castegnier anime La Revue des animaux, aux éditions montréalaises L’Oie de Cravan, qui en est à sa septième livraison.C’est un livre minuscule où l'on découvre des textes et des illustrations magnifiques.Je pense, entre autres, à cette «épluchure d’un journal» de José Acquelin: «Les nuages refusent de se coucher dans le ciel; ils font une bataille d’oreillers et nous font rêver que tout cela n’est pas un cauchemar; il neige.» Mais aussi à ce court poème de Michaël Lachance: «Nous croyons que la lumière attend / au-dehors, hors du sang / que le feu s’acquittera du reste / j’ai résolu de taire ma soif de lumière / car la lumière n’est qu’un objet inventé / par lequel, depuis toujours/ nous disons une soif obscure.» On s’arrête également à la lecture des poèmes de Benoît Chaput, Pierre Peuchmard, Hélène Monette et Dominique Robert, tout en croyant qu'il s’agit là d’un lieu unique auquel il faudra, sans doute, revenir! VITRINE DU LIVRE ÉDUCATION Suggestions d’été LOUISE JULIEN Comme proposition de lecture estivale, trois thèmes — la psychologie culturelle, la littérature expliquée et l’erreur — dans cinq ouvrages.Bon été.L’ÉDUCATION, ENTRÉE DANS LA CULTURE Jerome Bruner Traduction de l’anglais par Yves Bonin Retz, Paris, 1996,255 pages Dans son célèbre ouvrage, Le Développement de l’enfant: savoir faire, savoir dire (PUF, 1983), Jerome Bruner, un des pères de la psychologie cognitive, s’étonnait: «Il est curieux de voir combien les psychologues demeurent résistants à l’idée que la culture est transmise.» Une quinzaine d’années plus tard, il s’attache à «définir les contours d’une “psychologie culturelle”».Sa récente publication repose sur la thèse voulant que «la culture donne forme à l’esprit; c’est elle qui nous procure l’outillage grâce auquel nous construisons.».Bruner insiste alors sur l’importance du récit (scientifique) par lequel l’élève apprend et par lequel il doit raconter ce qu’il apprend, «le récit en tant que mode de pensée, en tant que structure pour organiser notre savoir et en tant que véhicule dans le processus de l’éducation».Il confie, dans le dernier chapitre, vouloir tracer une voie «qui permette à la psychologie [.] d’illustrer l’interaction entre ce qui relève de la biologie, de l’évolution, de la psychologie individuelle et de connaissances concernant la culture, afin de mieux comprendre la nature du fonctionnement mental de l’homme».À lire comme un récit d’aventure.IMAGINAIRE ET REPRÉSENTATIONS DU MONDE Romantisme, réalisme et naturalisme, symbolisme et fantastique dans la littérature française et québécoise Vital Gadbois, Jacques Gravel, Michel Paquin, Roger Reny Le Griffon d’argile, coll.«Griffon/La lignée», Sainte-Foy, 1997,356 pages Les éditions Le Griffon d’argile publient des manuels destinés aux élèves du collégial, et j’en ai présenté quelques-uns, avec éloge, dans cette vitrine.Les auteurs exposent ici les quatre courants littéraires sus-mentionnés à travers des textes, de poésie et de récit, français et québécois, de 1800 à 1959, et cela, en conformité avec le cours 601-102.Mais en raison de la qualité du propos et de l’écriture, de la recherche, de la pertinence et de l’ouverture tant sur les plans politique, artistique que scientifique en- DEUX OUVRAGES POUR DÉCOUVRIR QUÉBEC tOIIIS (.UY LEMIEUX Le Roman du SOLEIL Un journal Jans son siècle lV L.urimiioji 300 pages, illustré, 24,95$ Louis-Guy Lemieux LE ROMAN DU SOLEIL Un journal dans son siècle 340 pages, illustré.19,95$ Jean-Marie Lebel LE VIEUX-QUÉBEC Guide du promeneur SEPTENTRION 1300, avenue Maguire, Sillery (Québec) GIT IZ3 » Télécopieur: (418) 527-4978 tourant les événements littéraires français et québécois, cet outil d’information et de formation s’avère un ouvrage culturel grand public — «presque non scolaire!» —, capable de permettre au lecteur une réflexion différente concernant ses lectures antérieures (de fraîche ou de lointaine mémoire) ou celles qu’il aurait dû faire.A lire comme le texte d’un livre d’art UNE ÉTUDE DE MARIA CHAPDELAINE Nicole Bourdeau UNE ÉTUDE DE L’AVALÉE DES AVALÉS Maryel Archambault Boréal, coll.«Les classiques québécois expliqués», Montréal, 1997,110 et 85 pages Cette toute nouvelle collection, dirigée par Lise Gauvin et Monique LaRue — et destinée aux élèves du collégial et du premier cycle universitaire —, était souhaitée et très attendue, et il est heureux que la publication ait eu lieu avant le solstice d’été puisque les professeurs pourront la découvrir avant la rentrée, et le lecteur, la déguster durant l’été.Se consacrant à l’analyse des classiques québécois, cette série d’ouvrages (quelques titres en préparation) occupera un créneau qui apparemment n’était pas encore exploité puisque sa formule va au delà de celle, plus traditionnelle, des questions, en «insert» du roman — à la fin de chaque chapitre.Les deux études, de Maria Chapde-laine et de L’Avalée des avalés, suivent le même plan; elles sont conçues comme compléments à la lecture achevée de l’œuvre et nécessitent la référence au texte original.D’un ton à la fois personnel, classique et pédagogique, expliquant les règles de l’analyse littéraire, démontrant une très bonne culture et incitant à la réflexion et à la découverte, ces «classiques québécois expliqués» permettent d’approfondir l’univers d’écrivains québécois qui méritait d’être éclairé (Ducharme) ou dépoussiéré (Hémon).A lire pour relire.Il est toutefois étonnant que Boréal ait illustré la couverture de cette collection par un détail d’une œuvre de Colville: ignorance ou mépris de la peinture du Québec?Lire Pour inifB durai* •' NAINCAWnne L A TROIS ¦ Lhiîfattf iiiaiti Alain Cavenne Un mariage à trois roman, 160 pages, 18,95 $ Montréal, juin I960.et après Liustant même NOUVELLES • ROMANS • ESSAIS m L’ERREUR, UN OUTIL POUR ENSEIGNER Jean-Pierre Astolfi, ESF éditeur, coll.«Pratiques et enjeux pédagogiques», Paris, 1997,117 pages IV/T aisje le savais!» J.-R Astolfi, "IV1 professeur en sciences de l’éducation à l’Université de Rouen, fait une étude intelligente et bien documentée (Bachelard et Piaget) de l’erreur à l’école.Ce didacticien des sciences propose, en huit points, une typologie des erreurs des élèves, notamment celles relevant de la compréhension des consignes et celles portant sur les démarches étonnantes, et propose des médiations.Les enseignants devraient s Interroger davantage sur les erreurs des élèves car il s’agit dans ce traitement «d'un véritable analyseur dés pratiques pédagogiques et de leurs transformations [possibles!*.A lire pour éviter «des ruptures de communication» avec les élèves. I.K I) i: V 0 I It .I K S S A M K |) I •> I K T D I M A N < Il K •J .1 r i x i îi !• I) î) V II E S ESSAIS QUÉBÉCOIS Pot-pourri littéraire Avant de crouler sous l’amoncellement de livres qui me tient lieu de bureau, je vous propose un petit ménage pré-estival ou pré-festival, Une sorte de pot-pourri à thématique littéraire.Question de dire un mot de livres reçus en retard ou mis de côté tem-porairement avec l’espoir d’y revenir plus tard, de livres que les aléas de la recension hebdomadaire, les humeurs du chroniqueur, les pressions de l’actualité et la cacophonie éditoriale bisannuelle (à l’automne et au printemps), sans parler du temps qui passe tout simplement sans demander de comptes à personne, menacent de faire sombrer dans le silence des espaces infinis.(Par où l’on comprend que le critique est à la chose imprimée ce que Don Quichotte est aux moulins à vent.) i Robert Sa I e 11 i ?LIBREMENT DIT (CARNETS PARISIENS) Claude Beausoleil L’Hexagone, Montréal, 1997 299 pages Le poète n’a pas besoin de présentation: il occupe une place de choix dans nos lettres contemporaines.Après le roman (Fort Sauvage), Claude Beausoleil tâte de la prose légère avec ces carnets parisiens dans lesquels les rapports de la ville, de l’écriture et du moi sont à l’avant-plan.C’est le récit au quotidien des pérégrinations institutionnelles d’un poète québécois en terre étrangère mais amicale (des pérégrinations qui s’appellent relectures de manuscrit, contrats, lancements, amitiés littéraires, réactions aux critiques, etc.).C’est l’histoire au jour le jour d’un Québécois qui ne se sent jamais aussi québécois qu’à Paris, à cause de la prise de conscience identitaire qu’impliquent la distance et un certain rejet — «C’est le statut d’intellectuel qui nous est le plus nié en France» — combinés aux liens ancestraux.En exergue de ces carnets dédiés à la mère du poète, on trouve cette citation d’Hubert Aquin: «Je veux dépayser mon lecteur pour mon propre enracinement.» Librement dit voudrait faire la preuve qu’on peut être intensément québécois, moderne et universel.Cela aurait pu s’intituler: Un Québécois à Pa- ris.Avec comme sous-titre: I'm writing in the rain.ALAIN GRANDBOIS PROSES DIVERSES Edition critique par Jean Cléo Godin Presses de l’Université de Montréal coll.'r,Qnelhj Èsmsxm Guide des lieux A découvrir |«M-Miric Dubofe • Uvirnl Dcvluiles Guide des vignobles du PUL*IG Le Québec par l’autre bout de la lorgnette Guide des lieux à découvrir 319 pages • 19,95$ En vente chez votre libraire ou par commande postale : PRESSES DE L’UNIVERSITÉ LAVAL Pavillon Maurice-Pollack, 3103, Gté universitaire Sainte-Foy (Québec) GiK 7P4 TéL: (418) 656-7381 Télec.: (418) 656-3305 Guide des vignobles du Québec Sur la route des vins 297 pages • 19,95$ OASI’É-MATrii.Mp, S Al UT IRLANDE mBËÊBt la convention SI Tl O N cs*i'wi cthhU|uv * Guy Bouthillier L’OBSESSION ETHNIQUE Un ouvrage qui s'adresse aux -D.(V)o de Québécois qui ont volé OUI au dernier rclércnditni, mais aussi et surtout aux autres qui ne demandent qu'a se laisser convaincre avec les bons mots.¦ Jacques Lerron GASPÉ-MATTEMPA Imbu d'idées de justice sociale, le jeûné Jacques Perron, alias Màski.raconté son installation comme médecin ch 1946, dans une Gaspésic isolée du teste du monde, oit il est accueilli comme,un Messie, Jacques Perron LE SALUT DE L’IRLANDE Lés déboires d'un peu’d origine irlandaise; habitant Saint-Lambert,,dont trois lils deviennent membres: des forces de securité canadienne et québécoise.Pour saliver l'honneur, son quatrième lils sera initié à la cause eflclqunisé.' - Suzanne Lamy LA CONVENTION Un récit cpii parle sans complaisance de la mort, de la maladie et des rapports amoureux, mais aussi de la vie cl de la soil (l'étreindre.«I-ne oeuvre majén're.mdgni/îqiii'.elésoniKiis essi'nliélle».a affirme le critique :> Reginald Martel.Hélène Pedneault LA DÉPOSITION Une nouvelle édition de eédésormais classique de la dramaturgie québécoise, traduit en "î langues et joue prés de Ï0Ô lois (lairs S pays.Un lace à lace entre une femme ci un homme, cpii oseille entre le polar et l'analyse psychologique,; Gérald Godin TENDRES ET EMPORTÉS Un’récit, 5 nouvelles.Un petit goût des années soixante quand les tavernes fermaient a six.heures.' sauf le vendredi, et qu'on v oulait refaire le inonde.On rctoiivéra la verdeur cl le réalisme tragique de l'auteur des fameux Ciinjoiu/m s.Dany Laferrière ?LA CHAIR DU MAÎTRE Un portrait féroce d une petite-bourgeoisie en pleine décadence, a travers ses obsessions sexuelles.Une guerre dont le uni est le sexe! «Un nunidc enchanté cl cruel ilunl on ressort abasourdi ébranle, linoch-oulor r Marie-C lande fortin.Voir MICHEL CHARTRAND LES DIRES D’UN HOMME DE PAROLE Textes compiles par Fernand Foisy Des réflexions sur des sujets aussi divers que la culture, la sécurité au travail, l'amour, la jeunesse.Dieu, etc., (pii s'échelonnent sur plus de-30 ans de vie syndicale active.Avec, en prime.«La jouiucc du parlait Québécois»! ONZE Pierre Lcgarc.Luc Dcry et Yves Lapicrrc, Maricllc Lcvcillc, Guy A.Lepage.Serge Grenier, Pierre-Michel Tremblay, Judith Taillcfcr, François Avard.Zoomba.Yves Pelletier, Dominique Lcvcsque Des histoires aux multiples tonalités.Surprises, cl plaisirs garantis.Danielle Dagenais CÔTÉ JARDIN UNI CHRONIQUE HORTICOLE Al Fil DI S S VISONS Un ouvrage magnifiquement illustre par Daniel Sylvestre cl preface par Daniel Pinard, une promenade agréable dans un jardin littéraire.Conseils, encouragements, recettes et mises en garde pour les douze.mois de tannée.En vente chez votre libraire I) H) I.K I) K V (Il It .I.K S S A M K IM 2 1 K T II I M A X ( Il K •i *J .i r i x i il il 7 IM*' L I V R, E S xVfc II I S T O I K K Iroquoiens et mercenaires, chercheurs d’or et barons! LIVRES PRATIQUES LA PLONGÉE SOUS- MARINE Richard Charron et Michel Lavoie Ix's éd.de l’Homme Montréal, 1997,247 pages Dans cette nouvelle édition, les auteurs, tous deux de grande renommée, nous initient à la plongée Nitrox.Ils ont rassemblé dans ce guide les connaissances théoriques et pratiques qui permettent de jouir en toute sécurité des plaisirs de ce sport.Mais, précisent-ils sagement eux-mêmes, ce livre ne remplacera jamais un cours pratique.Ils y expliquent la pratique de l’apnée, de la plongée autonome et les techniques de la plongée Nitrox.De nombreux dessins en noir et blanc et de belles photos en couleurs illustrent leurs propos.JONGLER AVEC DES BALLES AU SOL Sylvain Duchesne Les Éd.Logiques Montréal, 1997,134 pages Jongler avec des balles apparaît si facile.Et pourtant! Cet ouvrage s’adresse aux jongleurs débutants et intermédiaires de tout âge.Avant de vous lancer dans cet art du cirque, sachez que cela exige beaucoup de pratique, de la patience, de la persévérance, de la précision et de la passion si on veut atteindre les sommets.Pour arriver à maîtriser la jonglerie, l’auteur, acrobate accompli, diplômé de l’École nationale de cirque et professeur prend en quelque sorte le lecteur par la main et le guide à l’aide de commentaires assortis de quelque 400 croquis.Bonne chance! JOUER AU GOLF SANS VISER LA PERFECTION Bob Rotella et Bob Cullen Traduction de Jacques Vaillancourt Les éd.de l’Homme Montréal, 1997,199 pages Bob Rotella parle ici du golf sur le ton de la conversation, un mélange de principes de base, d’anecdotes et de leçons.Selon la philosophie du «Doc», comme on l’appelle dans les cercles sportifs, le golfeur ne doit exiger de lui que deux choses: s’amuser et concentrer son esprit sur chaque coup.Le coauteur de ce livre est journaliste et écrivain.FLEURS PRESSÉES ,B.Barzanô Éd.de Vecchi Paris, 1997,95 pages Le pressage des fleurs, dit-on, est un art.L’auteure, qui vit en Provence où elle trouve une grande source d’inspiration, nous livre ici ses secrets non seulement sur la façon de cueillir les fleurs, mais aussi de les presser et de les disposer pour réaliser des bouquets, des guirlandes, pour en orner des cartes, des boîtes, pour en composer des tableaux.Elle donne les informations nécessaires pour réaliser son propre herbier.Renée Rowan GILLES LESAGE Enfin, l’été! Le moment béni entre tous pour reprendre la pile de livres que vous avez dû laisser de côté, au cours de l’hiver, et d’y jeter un œil, ma foi, fort intéressé.En voici un bouquet québécois qui, des Iroquoiens aux mercenaires, en passant par les chercheurs d’or, les exilés et les barons, saura sûrement captiver plus d'un lecteur.ENFANTS DU NÉANT ET MANGEURS D’ÂMES Roland Viau Montréal, Boréal, 1997,320 pages anthropologue Roland Viau, ' chercheur à l’Université de Montréal, remet en question le cliché voulant que la guerre iroquoienne ait été une forme de vendetta dont l’objectif premier était la mise à mort de l’ennemi et l’expression suprême de la valeur masculine.Il s’agissait plutôt d’une guerre de capture, faisant partie intégrante du rituel du deuil.C’est la première étude exhaustive sur le phénomène fascinant de la captivité chez les Iroquois (Mohawks), aux XVII' et XVI1L siècles.«J’ai lu avec passion l’ouvrage de Roland Viau, écrit le sociologue Denys Delâge.Il s’agit d’une contribution majeure à l’histoire et à l’anthropologie des Iroquoiens.Il nous détache complètement du mythe du Bon Sauvage sans pour autant adopter les préjugés contraires.L’analyse s’articule à une remarquable connaissance de l’univers et de l’organisation sociale des Iroquoiens.» La guerre iroquoienne n’existe plus, mais les «warriors» iroquoiens sont toujours là, note le préfacier Norman Clermont.Cette présence est interrogative.Pour tenter de la comprendre, il fallait d’abord savoir ce qui prévalait lors des premiers contacts avec les Européens.Voilà qui est fait, fort bien.LES MERCENAIRES ALLEMANDS AU QUÉBEC 1776-1783 Jean-Pierre Wilhelmy, Québec, Septentrion, 1997,262 pages.Trouvant son nom mystérieux pour un Canadien français, l’auteur a décidé d’en rechercher patiemment l’origine.Il a découvert que près de 30 000 Allemands, envoyés en contingent militaire par l’Allemagne et l’Angleterre étaient venus en Amérique.Près de 2000 d’entre eux seraient restés au Canada par la suite, dont 1300 à 1400 au Québec.Wilhelmy raconte leur arrivée, leur installation, leur assimilation et leur contribution à leur pays d’adoption.Les noms de plusieurs Allemands ayant subi des mutations, comme il arrive souvent lors de migrations, certains descendants ne soupçonnent même pas leur véritable origine.Des Caux, Bessette, Besré, Hamel, Jacobi, Jomphe, Payeur, Roussel, Tresler, Wagner, Pozer, Ebacher, Dickner, Molleur, Wilhelmy sont parmi les descendants de ces oubliés de la révolution américaine.«Combien de Canadiens français ont aujourd'hui une part d'allemand?demande l’historien Marcel Trudel en préface.Et quand nous le saurons, il faudra de nouveau poser la même question à l'adresse de bien d'autres pays qui ont contribué à notre peuplement.» L’AVENTURIER DU HASARD Réal Ouellet, Québec, Septentrion, 1996,438 pages Le nom du baron de Lahontan, qualifié de «fantaisiste de mensonge» par l’historien Gustave Lanctôt, évoque la Nouvelle-France, les filles du Roi, la critique mordante de l’autorité et des idées reçues.Jeune militaire, embarqué à La Rochelle le 29 août 1683, il parcourt l’Amérique pendant dix ans, mais il doit s’enfuir au Portugal pour ne pas être jeté en prison.Dix ans plus tard, subitement, il devient célèbre en publiant ses Voyages (en Amérique) et ses Dialogues avec un sauvage, (le Huron Adario).Mais qui était vraiment ce baron, fils d’un ami de Jean Talon?L’historien soulève la question, le romancier y répond ici par la fiction.Mais le professeur Ouellet, de l’université Laval, connaît bien son sujet.Il a publié plusieurs livres et articles sur le roman et.sur la Nouvelle-France.Spécialiste de Lahontan, il en a publié les Œuvres complètes en 1990.«Son sens de l’observation, son indépendance d'esprit et sa formation en font un témoin précieux, au destin entouré de mystère», note l’éditeur Denis Vaugeois.JOURNAL D’UN PATRIOTE EXILÉ EN AUSTRALIE 1839-1845 François-Maurice Lepailleur, Septentrion, Québec, 1996, 414 pages Emprisonné pendant la rébellion de 1837-1838 (à la suite d’un guet-apens des Mohawks), Lepailleur devait être exécuté.Gracié à la dernière minute, il a plutôt pris le chemin de l’exil avec 57 compagnons.Le journal de ce Canadien errant est exceptionnel.Il décrit les faits et gestes des patriotes, depuis leur départ de Montréal, en septembre 1839, jusqu’à leur retour, en janvier 1845.Les conditions de voyage, les travaux forcés, l’ennui et l’inquiétude, les es- poirs déçus, les conflits entre rebelles, rien n’échappe à l'observation de Lepailleur.Texte établi, avec introduction et notes, par Georges Aubin.Témoignage émouvant, qui fait suite à deux autres du même genre, Iw Journal de Jean-Rliilippe Boucher-Belleville (1992), et la Correspondance de Simeon Marchesseault (à sa femme, Judith Morin), en 1996.Professeur de français à Montréal, Aubin s’impose comme un spécialiste des «troubles» de 1837-1838 et de l’odyssée des Patriotes, rebelles et hostiles à la Couronne britannique.MON TOUR EST ARRIVÉ: JE PASSE Raymond Tanguay,Septentrion, Québec, 1997,214 pages.La santé n’a pas de prix, c’est bien compris: par contre, elle a un coût et c’est beaucoup, lit-on en exergue de ce témoignage d’un fumeur pendant près de 50 ans.Et qui a survécu, contrairement à d’autres membres de sa famille.«Pourquoi ont-ils été frappés et moi pas?Que je le sois aussi ne serait que justice!» Mais ce disciple de l’herbe à Nicot passe son tour et nous raconte comment, avec simplicité et bonhomie.Si un fumeur récidive après l’avoir lu, il est fait fort.Âgé de 79 ans, militaire (régiments de Maisonneuve et de la Chaudière), marchand de bois, traducteur depuis 30 ans, passionné de l'écriture et bon vivant, Tanguay raconte sa lutte et sa victoire, sans fake la morale.LA VIE DE KAROLINE Adrien Tremblay, À compte d’auteur, Montréal, 1996,266 pages Voici, de Amqui à Price, en passant par Lac-au-Saumon, le chronique biographique romancée de la grand-mère de l’auteur.Lui-même natif du Bas Saint-Laurent et âgé de plus de 80 ans — décidément, il n’y a plus d’âge pour publier, et c’est formidable, grâce aux merveilles de l’informatique — il fait revivre la rudesse, la richesse et la simplicité d’un passé tout proche, celui de nos grands-parents et de l’index.Heureusement, Karoline, qui état maîtresse d’école, aimait lire et citer de grands auteurs dont son petit-fils se rappelle encore après 70 ans.Magie de la lecture, de l’écriture et du souvenir partagé, ému, simple.Cet «exilé» montréalais a d’autres histoires à nous raconter, avec son précieux Macintosh.LES CHERCHEURS D’OR Jeanne Pomerleau Éditions J.-C.Dupont, Québec, 1996, 280 pages.Cahiers de théâtre Oc mèche NE MANQUEZ PAS DE LIRE DANS JEU 82, LE DOSSIER CONSACRÉ À ROBERT GRAVEL Des témoignages d’Hélène Pedneault, Pierre Lavoie, Raymond Plante, Pierre Popovic et Eza Paventi évoquant le souvenir d’un Robert Gravel ironique, joueur et complice.192 p., 140 photos, 14 $ plus taxes En vente en librairie et aux Cahiers de théâtre Jeu (514) 288-2808 Abonnements : (PERIODICA) (514)274-5468 avec le théâtre.depuis 2 0 ans Publiée à l’occasion du centenaire de la découverte de l’or au Yukon, voici l’histoire mouvementée de Canadiens français épris de richesse et d’aventure.Ils pouvaient voyager un an avant d’atteindre la Californie, la Colombie-Britannique ou le Yukon.Ils y passaient jusqu’à dix ans avant d’en revenir, parfois fortunés, parfois pauvres et malades.Certains sont morts en voyage ou sur place, emportant leurs petits et grands secrets du Klondike mythique.Quelques-uns ont laissé des récits écrits de leurs randonnées périlleuses.Au Québec même, la Beauce a connu aussi sa ruée et ses chercheurs d’or autour de la Chaudière, il y a cent ans, bien avant les mines d’or de l’Abi-tibi-Témiscamingue.Cet essai, bien documenté et abondamment illustré, sur les orpailleurs et les Alexis La-branche de notre folklore n’est pas le premier de l’auteure.Elle a déjà publié cinq ouvrages depuis dix ans, un roman, une nouvelle et trois autres essais, sur les arts et métiers de nos ancêtres.Un riche filon, à peine exploré.TRUFO MISTO Fureur et rigolades LE DEVOIR Les auteurs de polar, c’est connu, produisent davantage que les auteurs du non polar.C'est affaire d’économie.C'est une histoire de revenu annuel minimum garanti.Toujours est-il qu’en signant régulièrement des contes plein de fureur et de franches rigolades, les tâcherons du polar se font connaître.Cela fait quoi?Lorsque la saison estivale se pointe, il y a avalanche de po-laroïds imprimés que signent parfois des scribes que l’on apprécie tant, qu’on sait avant d'ouvrir leur dernier labeur cartonné, qu'on aura de bons moments.Tenez, prenons Jon A.Jackson.C’est d’abord un auteur discret.On sait peu de choses de lui.Lorsqu’on parle de choses, on pense à ces choses qui indiquent qu’un tel est pompiste de nuit ou déménageur de jour.Bref, de Jackson on ne sait rien.En fait, on sait quelque chose d’essentiel.Il est un grand, pour nous du moins, du polar.Un grand de la Série noire.L’an dernier, il avait régalé la compagnie avec Grootka, n" 2408 de la Série noire.Auparavant, il avait conquis avec Au cochon aveugle, n° 2306, de la Série noire.Récemment, Jackson a fait dans la récidive.Il nous propose Le liquidateur, n" 2454 de la Série noire.D’abord, il faut confier un truc: Jackson se distingue un peu, beaucoup par l’unité de lieu.Il n’a pas opté pour New York, Chicago, La Nouvelle-Orléans, San Francisco ou les déserts du sud-ouest.Que non! Il a choisi la pire ville qui soit.La ville réputée être la plus laide qui soit, on a nommé Detroit.Pensez-y, choisir Detroit c’est se donner un sacré coefficient de difficulté.À New York, il y a du jazz.À Chicago, il y a du blues.À La Nouvelle-Orléans, il y a du honky toqk.À San Francisco, il y a de tout.À Los Angeles, il y a du rap.Mais à Detroit.Ils ont fermé Motown.Bon, c’est vrai qu’il y a des autos en pagaille ainsi que des bonzes de la.drogue.Parce qu’à Detroit, les bonzes de la poudre sont moins exposés que s’ils étaient à New York ou ailleurs.Il fallait-y penser.Et certains, on devine qui, y ont pensé.Par Detroit, ils font transiter non pas la matière brute mais l’argent.Ils font du blanchiment.On suit?Bon, maintenant faut parler de Mulheisen dit Mul.Il est LE personnage de Jackson.Il est inspecteur de la criminelle.Mul, c’est un chic type.Il l’était déjà dans les romans antérieurs.Il l’est encore plus aujourd’hui.Le chic, celui du caractère et non de la veste-pantalon, c’est le signe distinctif de Mul.On a le lieu.On a Mul.Et bien sur, on a le blanchiment.Et un beau jour, on ne dira pas qui évidemment, ON se met à zigouiller des bonzes de la blanche.Le premier travail est effectué par un pro.Le deuxième est réalisé par un amateur.Le troisième égale- bW’e'Kael CONNELL Y LE POÈTE SÉRIE NOIRfc JON A, JACKSON Le Liquidateur i* tvr*na*m pu UMtdthêotrui GALLIMARD ment.Bref, ça tombe comme des mouches.Lorsque le premier est liquidé, il s’agit de Sedlacek, les flics ramassent tout ce qui trouve dans le coin.Et notamment, un certain Lande.Ils le ramènent au poste.Sa femme, Bonny, est une vieille connaissance de Mul.En fait, disons-le tout net, Mul aimait bien Bonny qui aimait bien Mul lorsque Bonny et Mul étaient au collège.On passe et on retient que Bonny a des mauvais pressentiments.Alors Bonny demande à Mul de protéger Lande.Le Liquidateur est le roman d’un pro.Le livre d’un écrivain qui doses ses effets avec maestria.Le Liquidateur est l’une des meilleures Série noire qu’on ait lues cette année.Un écrivain attendu Avec Jon Jackson, Michael Connelly est un autre de ces écrivains appartenant à la catégorie des écrivains attendus.Aux dernières nouvelles, il était toujours journaliste au Los Angeles Times.Homme aujourd’hui dans la quarantaine, son intrusion dans le polar fut très remarquée avec Les Égouts de Los Angeles qui obtint le Edgar du premier roman.Puis, il signa La Glace noire.Puis ce fut La Blonde en béton.Aujourd’hui, il propose au Seuil Policiers un roman de 483 pages intitulé Le Poète.Le poète en question n’est autre que Edgar Poe.Cette histoire de poète se résume ainsi: Sean McEvoy est inspecteur de la criminelle à Denver.On le retrouve mort au volant de sa bagnole.De prime abord, tout laisse croire que Sean s’est suicidé.Jack McEvoy est le frère, le jumeau de Sean.Il est journaliste au Rocky Mountain News.Plus précisément, il s’occupe des faits divers.Jack est un sceptique davantage qu’un cynique.Il fouine un peu comme beaucoup et réalise rapidement que Sean a été trucidé.Alors évidemment, il poursuit son enquête.Et que découvre-t-il?Que bien des flics présumés «suicidés» ont été zigouillés par un type qui laisse sur les lieux des lignes composées par Edgar Allen Poe.Jack se retrouve asspcié au FBI.À tous égards, le roman de Connelly est moderne.Pas tant à cause du style et de la structure que du sujet de l’intrigue et de la sociologie, davantage que (Je la psychologie, des personnages.À ceux qui ont lu les romans précédents de Connelly on signalera que Le Poète est à la hauteur de ces derniers.À ceux qui ne l’ont pas lu, on confiera: «Chanceux que vous êtes.Vous allez l'occasion de découvrir un bon auteur de polar.» LE LIQUIDATEUR Jon A Jackson Gallimard, Série noire n" 2454,1997, 349 pages LE POÈTE Michael Connelly Seuil Policiers, Paris, 1997 483 pages PTr-ç •S*553?'.« Et HMH sgH^ Hurtubise HMH —S • propose ses quelques classiques pour l'été! Le livre du vélo: 29,95 S Réparation et entretien de votre vélo: 12,95 S Jazz: 29,95$ Formule 1 Passion 1996:49,95 $ 1815, avenue De Lorimier, Montréal (Québec) H2K 3W6 Tél: (514) 523-1523 • 1-800-361-1664 Télécopieur: (514) 523-9969 Les Miroirs ê f • infinis de ROGER MAGINI ROGER MAGINI LES MIROIRS INFINIS Le narrateur de cette sordide affaire nous entraîne dans d'obscurs chemins où l'amour s'est fait trahison.Qui est ce Wiseman qui l'a remplacé dans le cœur de Manhattan ?Il nous faut savoir.Voir.Côtoyer cet homme sans nom jusqu'à l'ultime sacrifice, comme dans les mythes les plus terrifiants.[Un roman] aussi solidement écrit qu'il est ingénieux [.].Une machination délirante menée jusqu'au point final [.] avec la précision d'un fabuleux écrivain.Julie Sergent, Le Devoir.editions de la pleine LUNE Roman, 96 pages, 16,95 $ Un pont entre deux rives d’Alain Leblanc rCj 312 pages 18,50$ X.a vie ' ntntf •P*it ht, ‘Xàrj/, "X»' Alain IæblA® \ rives Robert I.AiOont TYPHON m.Les écrivains, ces étrangers KOCH CÔTÉ Qu’est-ce que les écrivains ont donc de si attirant pour les services secrets?La réponse n’est pas évidente, surtout à la sortie de la lecture de l’enquête fouillée qu’a menée l'Américaine Natalie Robins sur le Federal Bureau of Investigation (FBI) et les écrivains.Pendant presque tout le XX' siècle, le FBI a amassé des centaines de milliers de pages sur à peu près tout ce qui écrivait aux Etats-Unis.J.Edgar Hoover, qui a été l’âme et le bras du Bureau de 1924 à 1972 (quel bail!), était obsédé par le monde littéraire, les chroniqueurs de journaux, les scénaristes d’Hollywood et en général tous ceux qui, par leur création, pouvaient acquérir une quelconque audience.Pourtant, comme le relève Natalie Robins, Hoover se rendait bien compte que ces créateurs ne constituaient pas une clientèle particulièrement tentée par l’un des 31 délits susceptibles d’avoir des répercussions sur la sécurité nationale ou les relations extérieures des Etats-Unis.Ixj sabotage, l’espionnage, les détournements d’avion, les contrefaçons de documents officiels, etc., ne sont pas des sports généralement pratiqués par la gent littéraire.Les milliers de dossiers amassés par le FBI sur les écrivains n’ont jamais permis de découvrir grand-chose.Il y eut, bien sûr, l’époque de la chasse paranoïaque aux communistes.Peu d’écrivains américains ont vraiment fait partie du PC, plusieurs, comme London, Hemingway, Dos Passos, ont été un bref moment «compagnons de route», mais le FBI n’a jamais pu faire croire vraiment que le gauchisme des milieux littéraires constituait une menace pour la nation.D’ailleurs, quand un écrivain n’était pas fiché pour sympathies communistes, il pouvait aussi bien l’être pour sa contestation de la discrimination raciale ou, comme Allen Ginsberg, pour son appartenance à la génération beat, laquelle, aux yeux du FBI, représentait «une mise en accusation du système».Alors, qu’est-ce donc qui fait marcher la police sur les traces des écrivains?Le Service des étrangers Selon Natalie Robins, l’écrivain est, dans son pays, une sorte de prolongement de l’étranger.C’est d’ailleurs au sein du Service des étrangers, mis sur pied pendant la Grande Guerre, que Hoover va mettre au point ses méthodes.11 y surveillait les ressortissants des pays ennemis qui, en tant que tels, ne jouissaient pas de la protection de la Constitution.Ainsi libéré des contraintes normales de la loi, Hoover va prendre goût à une liberté d’action qu’il prolongera pendant toute son interminable carrière de superflic.Sa surveillance des écrivains, les pressions sur les éditeurs, les menaces, le chantage, tout cela était illégal mais justifié, aux yeux de Hoover, par le caractère «étranger» des écrivains fichés.Les réflexions du FBI sur la pièce d’Arthur Miller, Mort d’un commis voyageur, résument bien cet état d’esprit: «La pièce est une description négative de la vie américaine [.] Elle porte un coup bien placé aux valeurs américaines.» Toute image négative de la vie américaine ne pouvait être le fait que d’un esprit étranger à cette même vie, donc un esprit dangereux.Arthur Miller, que le FBI n’a cessé de surveiller, ajoute une autre explication.Pour lui, le Bureau et le fameux HUAC (House of Un-American Activities Committee) étaient tout simplement jaloux de l’audience des écrivains.«Un artiste, un acteur, un écrivain attire souvent un large public, explique Miller.[.] En revanche, les membres de la HUAC devaient déplacer de véritables montagnes pour que la presse daignât écrire une ligne les concernant.» La jalousie, en tout cas une certaine envie pas toujours dissimulée, comme l’avait démontré, dans un livre arrivé en début d’année, Vitali Chentalinski à propos de Staline et de Boulgakov.Chentalinski, qui en est à son deuxième ouvrage sur les dossiers d’écrivains dans les archives du KGB, s’étend assez longuement sur l’étrange comportement de Staline vis-à-vis du dramaturge Mikhâil Boulgakov.Bien qu’il ait fini par faire interdire toutes les pièces de ce dernier, Staline assista 17 fois à la représentation des Journées des Tourbine.Le public fit un triomphe à la pièce.Mais Staline et le KGB savaient bien qu’en tant qu’écrivain authentique, Boulgakov n’était pas vraiment des leurs.Devant l’interdiction de ses œuvres, l’écrivain réclama l’exil, mais même ça, on le lui refusa.Il mourut, comme tant d’autres, étranger dans son propre pays.LE FBI ET LES ÉCRIVAINS Natalie Robins Albin Michel.Paris.1997.540 pages LES SURPRISES DE LA LOUBIANKA Vitali Chentalinski Robert Laffont.Paris.1997 361 pages Gros romans LES VENDANGES TARDIVES Françoise Dorin Plon, Paris, 1997,279 pages UNE VIE DE CHIEN Peter Mayle Traduction de l’anglais par Jean Rosenthal Editions Nil, Paris, 1997,188 pages TYPHON SUR HONG-KONG John Burdett Traduction de l’anglais par Jacques Martinache Presses de la Cité, Paris, 1997 409 pages MARIE-CLAIRE (î 1 K A R I) Les Vendanges tardives de Françoise Dorin nous racontent l’histoire de trois femmes dans la soixantaine, inséparables depuis leur enfance et qui ont vécu des existences colorées remplies de secrets qu’elles ne se sont pas nécessairement racontés.Trois personnalités coulées dans le roc s’affrontent donc au crépuscule de la vie: Iris, l’anti-nostalgique, bourdonnante de projets, qui n’en finit pas de découvrir le monde qui l’entoure, allant jusqu’à surfer sur Internet pour ne pas s’installer dans la catégorie des dinosaures; Jeanne, plus mesurée (semble-t-il), mariée depuis toujours à un brave type et qui a vécu une liaison torride pendant trente ans avec un homme marié; Marguerite, finalement, alcoolique et dépressive, mère d’un fils de 33 ans, qui ne s’est jamais remise de la mort de son main.Ces trois femmes en âge d’être grands-mères combattent la peur de vieillir chacune à leur manière.Nous assistons à cette lutte avec ce qu’elle comporte de drôleries, d’obstacles, de réussites et d’échecs, car, il faut bien le dire, même si les projets et l’enthousiasme font rarement défaut, le corps, lui, ne veut pas toujours se plier aux exigences parfois extravagantes de ces dames.Cela donne un roman assez mignon mais un peu plat.Mon intérêt s’est amenuisé au fur et à mesure de la lecture lorsque tout est devenu à peu près prévisible, que les faits et gestes des trois héroïnes se sont transformés en clichés du troisième âge et que leurs tics de langage (pour faire jeune et branché) ont commencé à me taper sur les nerfs.Pour inconditionnels de Françoise Dorin seulement.Après la Provence Peter Mayle jouit, lui aussi, d’un public fidèle, enchanté par la découverte de ces délicieux comptes rendus de la vie d’un Anglais transplanté volontairement dans le sud de la France.Une année e)i Provence et Provence toujours ont connu un succès bien mérité.L’humour W ÉTÉ D éê L’auteur rassasie à la fois les lecteurs les plus exigeants et le vaste public.** Pierre Cayouette, Le Devoir Souvenirs de Monica de G.-H.Germain 383 pages 24,95 $ britannique trouvait dans ces livres un exutoire plein de charme dans la description des aventures vécues en compagnie d’amateurs de pastis de tout acabit Mais toute bonne chose connaît son Waterloo.Peter Mayle, pensant récidiver avec bonheur, nous donne dans Une vie de chien un livre ennuyeux, soporifique et redondant Je possède moi-même une de ces bêtes fidèles, mais je dois avouer que les pensées anthropomorphiques d’un de ses congénères racontant dans le menu détail sa naissance, son enfance, son adoption, comment on lui a donné son nom, etc., etc., m’ont laissée de glace.Je ne suis probablement pas suffisamment amateur de chiens pour me laisser convaincre que l’un d’entre eux puisse, en me faisant part de ses moindres pensées (et je doute fort que les chiens pensent) , retenir mon intérêt au delà d’un paragraphe et demi.Finalement, un roman trépidant, plein de rebondissements et de découvertes sur Hong-Kong et ses labyrinthes (au propre comme au figuré).Typhon sur Hong-Kong est un roman policier qui fait preuve de beaucoup d’originaîité et qui se révèle particulièrement intéressant à cause de la cession de cette petite île à la Chine ce mois-ci.A l’origine, un meurtre spectaculaire: trois corps décapités et passés au hachoir à viande.Rien de moins.Un inspecteur chinois surnommé Charlie (en hommage, je présume, à Charlie Chan) mène une enquête pleine de surprises où le lecteur apprendra des choses étonnantes sur ce territoire minuscule où se côtoient six millions d’habitants et où se retrouvent le plus de millionnaires par mètre carré.Du bon polar pour l’été, bien écrit, bien traduit et qui nous permet, tout en se divertissant, de ne pas bronzer idiot.ne histoire d’amour touchante qui sonne vraie, racontée par un fils qui découvre la passion sur le visage de sa mère.Un bijou J *L 'l'i ' d’un père bascule lorsque sa fille est brutalement assaillie dans un parc de stationnement.Un suspense touchant dans le décor montréalais.La Vengeance d'un père de Pan Bocvoicas 289 pages 22.95 S Dans toutes les bonnes librairies et la plupart des grandes surfaces Éditions Libre Expression 2016.rue Saint-Hubert Montréal H2L3Z5 Pour vivre une grande passion romanesque.Michelle Tisseyre Jacques Folch-Ribas Un homme de plaisir ROMAN Robert Laffont Pour emprunter les sentiers du désir.DANIEL GO LEMAN L’intelligence émotionnelle Pour enrichir son regard sur soi-même et les autres.comment transformer ses émotions en intelligence ROBERT LAFFONTl jtAN-OOM INIQUE.BAUBY Pour aller droit à l'essentiel.LE SCAPHANDRE £T L£ FA PI L LO N KO BEP-T LAFFONT .„4 Henriette Walter L'AVENTURE DES MOTS TF RA N Ç AI _ venus d’ailleurs \ Pour voyager avec les mots. I) 12 I.K U K V 0 I It .I.K S S A M K I) I J I K T l> I M A X (' Il K •J *1 .1 |î I X I !» !» 7 L I V R, E 8 LES PETITS BONHEURS I.I T T É K A T U R K FRANÇAISE Père et mère, LE PETIT AMI Paul Léautaud Gallimard, coll.«L’imaginaire», Paris, 1997,214 pages LE DESSUS ET LE DESSOUS OU L’ÉROTIQUE DE MIRABEAU Actes Sud, Paris, 1997,189 pages LE JEU DE L’OIE DE L’ÉCRIVAIN Alain Duchesne et Thierry U'guay Robert Laffont, coll.«Ix meilleur des mots» Paris, 1997,306 pages Si la littérature vous intéresse plus qu’il n’est raisonnable, vous aurez probablement plaisir à consulter Le Jeu de l’oie de l'écrivain.Il s’agit d’anecdotes à propos des livres et de ceux qui les font.Essentiellement superficielle, l’entreprise puise dans les correspondances et les journaux intimes et n’en retient en général que l’aspect anodin.Mais enfin, mieux vaut entendre parler des tics de Jean Cocteau et de Stendhal que de lire une autre jérémiade d’Al-liance Québec, ne trouvez-vous pas?C’est dans ce recueil de mots et de petits faits vrais que j’ai trouvé l'extrait du Journal littéraire de Léautaud: «Il reste encore 505 Petit Ami.Tirage à 1100.Service de presse 100.Ça fait environ 550 exemplaires vendus en cinq ans et demi.» Il faut pourtant dire qu’à l’époque le récit fit scandale.Non parce que l’auteur y racontait le peu de cas que fit de lui sa mère, l’abandonnant à sa naissance, le revoyant à trois ans.Suivirent au long des années quelques furtives rencontres, entre deux trains.Sa mère est comédienne et plus que distraite.Puis, alors qu’il n’a pas encore dix ans, la découverte bouleversante et sensuelle dans une chambre d’hôtel du corps de cette femme séduisante qu’est sa mère.Ils se reverront 20 ans plus tard à l’occasion d’un deuil.Au début, elle feint de ne pas le reconnaître pour peu après succomber à la cour amoureuse que lui fait ce fils de 28 ans.C’est l’inceste non consommé entre les deux êtres qui gène les lecteurs de l’époque.Le Petit Ami est sans conteste un livre attachant.On y trouve le récit d’une enfance et d’une adolescence.Le ton est celui de la confidence sans apprêts.Tristesse et gaieté se succèdent parfois à l’intérieur d’un même paragraphe.A mille lieues de l’apitoiement sur soi qui gâte tant de livres de souvenirs, une prose simple qu’anime une petite musique.Cet enfant solitaire, dont la mère disait: «Mon Dieu! Que cet enfant est donc détestable!», n’aimait pas à se mêler aux autres enfants.Son père, Fir-min Léautaud, souffleur à la Comédie-Française, s’occupait parfois de lui et tentait de l’obliger à jouer avec de petits camarades.Peine perdue.Paul était taciturne et se réfugiait sous les tables plutôt que d’affronter d’éventuels compagnons.Il décrira plus tard: «Vous ne pouvez pas savoir ce que c’est d’avoir grandi tout seul, de ne jamais avoir eu sa, mère; on en garde pour toujours quelque chose de dur et de maladroit.» Firmin Léautaud étant un homme à femmes, un homme dont le terrain de tu supporteras chasse était le monde des théâtres; son lils connut très tôt l’ambiance des cafés et des salles de spectacle.Il ne tarda pas à devenir le confident de ces filles dont la vertu n’était pas évidente.Il leur consacre d’ailleurs des pages émues, lu Léautaud d’alors était plus près de l’émotion que de l’ironie.Il publia d’ailleurs en 1907 des lettres qu’il envoya à sa mère.Elles sont remplies d’aveux déchirants.En exergue au Petit Ami.cette notation de Stendhal: «L’extrême des passions est niais à noter.» Peut-être est-ce ixuir cette raison, ce parti pris de pudeur, que le récit nous atteint avec tant de sûreté.La laideur d’un fils À côté de ce texte singulier et exemplaire, le roman de Raymond Jean, Le Dessus et le dessous, semble évidemment bien froid.D’en parler en même temps que du Petit Ami ne se justifie que parce que Mirabeau, la figure du roman, fut aussi rejeté par l’un de ses parents.Son père est atterré par la laideur de son fils.Il affirme qu’il «est un type profondément inouï de bassesse, platitude absolue, et la qualité de chenille raboteuse et crottée, qui ne déchinerillera pas».Quand Mirabeau atteindra 12 ans, son père baisse les bras: «Il y a des excréments dans toute race.» L’intérêt d’une lecture de ce genre tient tout entier dans la puissance de la figure étudiée.Ix révolutionnaire était un excellent écrivain.Né dans un siècle où le style semblait couler de source, il nous a laissé en plus de son Essai sur le despotisme des récits libertins ou même carrément érotiques.D’où le dessous et le dessus auxquels renvoie le titre.Raymond Jean annonce ses couleurs en baptisant son livre «roman-essai».Je n'hésiterais pas à avancer que le deuxième terme de l’appellation semble plutôt de mise.D’intrigue romanesque, on n’a que la cour timide que livre un essayiste du nom de Pierre Ravel auprès d’une autre spécialiste de Mirabeau.Nos deux érudits se rencontrent à Aix.Pouvaient-ils faire connaissance sous de meilleurs auspices?Pierre Ravel est bavard, légèrement suffisant.Il est de ceux qui s’imaginent qqe la séduction ne va pas sans étalage de connaissances.A cette jeune femme, qu’il nomme Mirabelle à défaut de connaître son véritable prénom, il explique Mirabeau.Pour la preuve, pourtant bien au fait de son sujet, l’expérience est certes très éprouvante.Pour nous, lecteurs, il en va tout autrement.Encore une fois, pas à cause de cet em-merdeur de Ravel, plutôt malgré lui.C’est que Mirabeau est un personnage hors du commun.Pour surmonter une laideur qui l’écrase, il séduit toutes les femmes qui se présentent à lui.Ce n’est pas uniquement leurs corps qui transportent, il est de ceux qui aiment aimer.Ses Lettres à Sophie, que cite Raymond Jean, sont d’une grande beauté.Puis vient la transformation politique qui se produit chez ce petit noble de province.Il bascule du côté de la Révolution.Une lecture qui donne le goût d’aller à l’original.Cet été, tenez, pourquoi pas?Encore une fois, c’est encore mieux que de s’user les yeux aux jérémiades du genre de celles auxquelles je faisais allusion d’entrée.À septembre! Gilles Archambault ?«L’extrême des passions est niais à noter» PAUL LÉAUTAUD Le ami i Partir, c’est lire un peu, beaucoup, passionnément T-.% -pMichel-iTremblay Felix Leclerc an flP 1 iV Bibliothèque québécoise Les bons livres en format de poche En vente chez votre libraire Les enfants d’une Algérie d’hier UNE ENFANCE ALGÉRIENNE Textes inédits recueillis par Leila Sebbar Gallimard, Paris, 1997,226 pages N AÏ M KATTAN x A l'heure où l’on ne parle que d’une Algérie meurtrie, Ix*i1a Sebbar a eu l’excellente idée de demander à 16 écrivains, nés dans ce pays avant l’indépendance, d’évoquer des moments de leur enfance.De père algérien et de mère française, Sebbar vit à Paris depuis 1963.Ce recueil réunit des écrivains juifs, chrétiens et musulmans, d’origine européenne berbère et arabe dont la langue d’expression est le français et dont la plupart ont quitté l’Algérie.L’ouvrage présente un pays riche de sa diversité où des groupes et des communautés se côtoyaient.Souvent, ils s'ignoraient, ressentaient une hostilité les uns envers les autres mais nouaient également des liens de solidarité et de chaleur.On a l’impression que tous ces écrivains, sans se concerter, s’étaient donné le mot de ne pas tomber dans la nostalgie.Aussi l’Algérie n'app,araît-elle pas comme un paradis perdu.A un moment ou à un autre de leurs jeunes années, ils s’étaient réveillés à la présence de l’autre et avaient pris conscience de leur différence.Leurs réactions vont de la stupéfaction, de l’incrédulité et de la douleur de la perte à la tristesse du confinement L’autre, musulman ou juif, était lui aussi un enfant, m^is comme le dit Mohammed Dib: «À côté du mien vivait un autre monde mais, de toute ma petite enfance, je ne m'en étais guère aperçu.» Il raconte avec humour et émotion sa rencontre avec ses enseignants français et leur rend hommage.Hélène Cixous, juive elle aussi, vit dans un quartier où des pauvres et des moins pauvres cohabitent.Sa première rencontre avec l’autre revêt le visage d’un cireur musulman, enfant comme elle qui révèle son ressentiment envers elle en enduisant sa sandale blanche de cirage rouge: «Je me dégageai du piège, et je m ’éloignai d’un pas digne, le pied rouge comme un cri, du sang sur l'âme pour l'éternité.» Quand à Jean Daniel, il vivait dans l’inconscience, l’aisance, le bonheur du soleil jusqu’au moment où «Paulette, notre domestique espagnole, noueuse, altière, vêtue de noir, est venue dire à la maison: “Mon fils Vincent, l’ami de Jean, est mort en Espagne.Il s’était engagé sans me le dire.Alors vous ne me verrez plus, ni vous ni personne." C’est ainsi qu'un jour, en plein bonheur de mes 16 ans, le tragique et l’Histoire sont entrés datis ma vie comme des soleils noirs».Nabile Farès évoque les remous tragiques des conflits déjà sanglants où les différences éclatent: «Nous les Bébés, nous vous réveillions et disposions de la rumeur insupportable: “Non, ce pays ne sera pas raciste.”» Pour Mohammed el Hassani, l’indépendance se confondait avec la liberté, ce qui, pour l’enfant qu'il était, signifiait d’être dispensé d’aller à l’école.Quand il reprend cependant la route de la classe, il harcèle les adultes.Aucun de ces enfants ne comprend la violence.Leila Sebbar, dont les parents étaient des instituteurs, croyait que les poseurs de bombes en voulaient d’abord aux enseignants, qu’ils ne les aimaient pas et qu’ils les tuaient L’Algérie qui se dégage de ce, livre n’est point celle d’un pays rêvé.Ecrits aujourd’hui, dans des temps tragiques, ces textes présentent une Algérie des possibles.Dans ce passé, pas si lointain, tous les espoirs d’entente, d’harmonie et de dialogue étaient encore permis.Cependant sous-jacents à la découverte de l’autre, des affrontements surgissaient, signes avant-coureurs des futures violences.Par-delà les débats politiques, des réalités plus anciennes, des traditions, des partis pris avaient la vie dure: religions, Lingue, origine.On constate que malgré le départ massif de certains joueurs, l’absence de colons, de groupes religieux et culturels, les problèmes persistent et certains affrontements s’exacerbent.Il est toutefois possible d'imaginer, même si on tombait alors dans le rêve, que les comportements des uns et des autres auraient pu prendre un autre cours, que la situation aurait pu ne pas basculer dans le pire, et on peut toujours persister à espérer que toutes les forces de paix qui sont évoquées dans ces pages finiront par triompher.Atu uuxUpniiÀJ** p'Éviii CtKÇR .BEN WEIDER NAPOLEON LIBERTÉ - ÉGÀÏfp - mWTERNITÉ Les ÉDITIONS TROIS-PISTOLES Vous offrent un BAND LIVRE pour l'été Avec la collaboration d'Emile Gueguen BEN WEIDER NAPOLÉON / / / LIBERTE - EGALITE - FRATERNITE La vie et l'œuvre du plus grand des empereurs 400 pages incluant 40 pages d'illustrations et de photos, 29,95 $, Distribution ADP jms-piswLes ^ fes paspiies Le pays de mon père De Victor-Lévy Beaulieu et Gilles Gaudreau MONSIEUR MELVILLE De Victor-Lévy Beaulieu Préface de Ben Weider Un voyage fabuleux au cœur du pays natal.Plus de 100 photos.Un beau livre, grand format.168 pages 79,95 $ fms-pisrdcs [es fyisgms , ¦ ftittdb ¦¦¦¦'¦ ŒUVRES COMPLÈTES TOMES 15,16 cl 17 MONSIEUR MELVILLE La nouvelle édition tant attendue de la cathédrale de VLB.Une nouvelle iconographie de 76 pages.635 pages 59,95 $ Rebâtir les campagnes Sous la direction de Roméo Bouchard REBÂTIR LES CAMPAGNES DES VIDAGES ET DES PETITES VILLES l’OCR LE XXP SlfCIE U Rendez-vous Les enjeux du développement régional et de la vie rurale 260 pages 26,95 S La guerre des clochers De Victor-Lévy Beaulieu VICTOR-LÉVY BEAULIEU LA GUERRE DES CLOCHERS La pièce qui sera jouée aux Trois-Pistoles cet été.Avec Sylvie Drapeau et Jean-Louis Roux Une fresque historique Illustré 140 pages 19,95$ ÉDITIONS TROIS-PISTOLES, 31, Roule Nationale Esi, Trois-Pistoles (Québec) GOL 4KO Tel.et téléc.: I (418) 851-8888 WeiDGR u INI mm mm
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