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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1997-06-26, Collections de BAnQ.

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^Sjÿ»< Jf MBSKBU& œmœ ¦ ¦ : ¦ *0.¦ v'ïl'vA .j(W§i':@ Pü% At Fca «fo is Brousseau PERSPECTIVES La chasse au fantôme Un nouvel «épisode Pol Pot» défraie la chronique.Il y a un an, sa mort avait été annoncée puis démentie, mais dans l’intervalle les journaux avaient ressorti toutes leurs archives sur les Khmers rouges, les «champs de la mort», etc.Le phénomène vient de se répéter avec l’annonce, non confirmée, de la mort ou de l’arrestation, quelque part dans la forêt cambodgienne, du leader meurtrier.Combien de fois les médias du monde feront-ils revivre cette horreur et mourir son auteur.avant qu’il n’ait vraiment eu son compte?Extradez Pol Pot!», «Mais Pol Pot est mort!», «Non, il est vivant, Untel l’a vu!», «Alors envoyez-le-nous, on s’en occupe!», «Non, il nous appartient!» L’ex-dictateur cambodgien Pol Pot, que les historiens classent avec Hitler et Staline parmi les plus grands génies du mal de ce siècle, est-il encore vivant?Et prisonnier?Si oui, où est-il?Et si on le trouve, qu’en tait-on?Qui s’en occupe?Où se tiendra son procès?Sous quelle autorité?En Pol Pot, il y a d’abord le puissant symbole d’une atrocité historique presque sans équivalent Une blessure toujours souffrante, qui accable un peuple où presque chaque famille a connu directement l’horreur.Un fantôme malfaisant que tout le monde, aujourd’hui, dénonce avec emphase.mais dont l’ombre embarrasse aussi un peu tout le monde.Tout le monde, en effet, a intérêt à décrier ces Khmers rouges, en 1977 gouvernement le plus dogmatique et meurtrier du monde, en 1997 guérilla d’opposition qui, même affaiblie, contrôle toujours l’exfrême nord du pays.Mais tout le monde n’a pas intérêt à ce que la vérité, toute la vérité et rien que la vérité, sorte sur Pol Pot et de Pol Pot — si tant est que celui-ci peut * *• * encore parler.C’est qu’au Cambodge, à peu près tous les responsables politiques, à un moment ou à un autre, ont entretenu des rapports de coopération avec les Khmers rouges.Eh oui! ¦ Le prince Sihanouk, aujourd’hui roi, s’est allié à ces fanatiques marxistes-léninistes, formellement de 1970 à 1975, puis de facto après l’invasion vietnamienne de décembre 1978.¦ Hun Sen, copremier ministre et leader du Parti du peuple cambodgien (PPC), l’une des deux composantes, avec le FUNCINPEC monarchiste, du gouvernement bicéphale actuel — gravement divisé et instable —, fut lui-même.Khmer rouge de plein droit en son temps.¦ Les Khmers rouges eux-mêmes, qui ne font plus la pluie et le beau temps sur la moitié du territoire, ont intérêt, s’ils veulent espérer une réinsertion dans le processus politique, à faire oublier leurs crimes.Alors, une petjte liquidation ou un peu d’intox?A l’étranger aussi, une certaine ambivalence existe face aux Khmers rouges et à l’Histoire.Non qu’il soit illégitime de demander à un Pol Pot de rendre des comptes à l’humanité et de payer pour ses crimes.Mais cinq ans après une super-intervention de l’ONU aux résultats douteux, un «procès Pol Pot» pourrait-il être autre chose qu’un super-spectacle sous baguette américaine?¦ Le Canada, fidèle à sa réputation et à ses ambitions, aimerait ici se donner le beau rôle d’agent de la justice internationale en offrant des services de «détention»: une loi fédérale de 1987 permet en effet l’extradition pour des crimes contre l’humanité commis n’importe où dans le monde.Mais, outre le fait que cette loi ne s’est pas avérée, à l’usage, très efficace contre les ex-nazis qu’elle devait aider à poursuivre, le premier ministre Jean Chrétien a souligné avec raison qu’on faisait face ici à «un problème assez hypothétique», puisqu’il ne s’agit — jusqu’à nouvel ordre — que d’une extradition virtuelle, contre un individu que personne n’a vu de façon irréfutable, et dont on ne sait rpême pas avec certitude s’il est encore rivant! ¦ Les Etats-Unis, qui envisagent aujourd’hui, par la bouche de leur secrétaire d’Etat Madeleine Albright, la constitution d’un Tribunal international pour juger les crimes de Pol Pot, ont eux-mêmes, en leur temps, soutenu les meurtriers, de 1975 à 1978, puisqu’ils s’opposaient à l’envahisseur vietnamien, lui-même étroit allié, à l’époque, de l’URSS.¦ La Chine est formellement contre la constitution d’un Tribunal international.Facile à comprendre: les Khmers rouges ont été les émules directs des Chinois! la folie meurtrière de 1975-1978 est interprétée par de nombreux historiens comme une exportation de la Révolution culturelle de Mao Zedong.la Chine a un droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU et peut ipso facto bloquer la constitution d’un tel Tribunal.On le voit tout le monde (ou presque) dénonce les Khmers rouges et leurs crimes, tout le monde tait mine de leur demander des comptes, même les Khmers rouges annoncent qu’ils se sont purgés de leurs éléments déshonorants.Mais en même temps, tout le monde a des cadavres dans le placard et tout le monde tient un double langage.Vivant ou mort le super-criminel Pol Pot ressemble ainsi à l’invisible victime expiatoire d’une opération de relations publiques.Pol Pot, invisible victime expiatoire d’une opération de relations publiques L Montréal Ciel variable, jg) 30% de probabilité d’averses.Max: 26 Min: 18 Québec Ciel variable.Max: 24 Min: 15 Détails, page A 7 Agenda INDEX .B 6 Idées A 9 Annonces .B 5 Le monde A 7 Avis publics.B 6 Les sports B 5 Bourse .B 4 Montréal A3 Culture .B 8 Mots croisés.B 6 Économie .B 3 Politique A6 Éditorial .A 8 Télévision B 7 ÉCONOMIE Perte nette de 486 millions pour Repap en 1996, page B 3 l •1 LiïD LE MONDE Diminution du nombre de conflits armés en 1996, page A 7 POLITIQUE Le Canada ne peut plus v.être tenu «en otage», page A 6 Contre l’inquisition du fisc Cri d’alarme de la Commission d’accès à l’information: Québec démantèle la protection de la vie privée MICHEL VENNE DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Le ministère du Revenu du Québec a été incapable, après un an, de démontrer, à la satisfaction de la Commission d’accès à l’information, la nécessité des pouvoirs spéciaux de cueillette d’information personnelle qui lui ont été conférés par l’adoption du projet de loi 32, en juin 1996.Le président de la Commission, Paul-André Comeau, voit d’ailleurs dans l’application de cette loi «un précédent dangereux».Dans son rapport annuel, présenté la semaine dernière à l’Assemblée nationale, il lance «un cri d'alarme au législateur et aux citoyens du Québec».On est en train de démanteler à petit feu l’architecture de protection des renseignements personnels, écrit-il.Le droit à la rie privée, reconnu par la Charte québécoise des droits et libertés, est en jeu.«Les droits fondamentaux ne sont pas liés au contexte économique», ajoute le président, évoquant «les besoins ponctuels d’un État qui a de la misère à joindre les deux bouts».Rarement un rapport de la CAI a été aussi alarmiste.Son président adopte habituellement un style sobre.La loi 32 permet au fisc de demander et d’obtenir de n’importe quel organisme public et de n’importe quel ministère, n’importe quel renseignement personnel portant sur l’ensemble des citoyens et des entreprises du Québec, à l’insu des personnes concernées.Ainsi, comme l’indique la CAI, la loi permet de «concentrer dans un seul ministère VOIR PAGE A 8: FISC Quand le jazz est là.JACQUES NADEAU LE DEVOIR PLUS de 2000 musiciens défileront à Montréal au cours des dix prochains jours pour participer à la 18e édition du Festival international de jazz.Plus de 600joueront en salles, environ 1500 sur les scènes extérieures.Le saxophoniste Alain Lebeau a pris quelques heures d’avance et s’est installé dès hier matin rue Sainte-Catherine.Cousteau rejoint le monde du silence REITERS «Cousteau représentait la part de rêve au cœur de chacun de nous», a éclaré hier le président français, Jacques Chirac.ISABELLE PARE LE DEVOIR Le commandant français Jacques Cousteau, explorateur, écologiste avant l’heure et cinéaste dont la mythique frégate La Calypso a fendu l’écume de toutes les mers du monde pendant 40 ans, a rejoint hier le monde du silence, à l’âge de 87 ans.L’homme à la frêle silhouette, coiffé de son éternel bonnet rouge, reconnu à travers la planète d’abord comme l’un des grands explorateurs du monde sous-marin, l’inventeur de la plongée sous-marine avec bonbonnes, puis comme fieffé défenseur de l’environnement, s’est éteint hier à Paris, entouré de ses proches.Celui qui a marqué l’imaginaire de générations d’enfants et de spectateurs du monde entier en captant sur pellicule ses épopées sous-marines à bord de scooters sous-marins, de bathyscaphes et de soucoupes, a reçu les.hommages hier de plusieurs chefs d’État.de scientifiques et d’écologistes du monde entier.Le commandant Cousteau, qui a tout au cours de sa vie su jouer de son influence auprès des hommes politiques, a d’ailleurs été qualifié «d'enchanteur» par le président français Jacques Chirac.«Nous savons ce qu’il représentait: la défense de la nature.VOIR PAGE A 8: COUSTEAU ledevoir.com Le Devoir fait son entrée dans le cyberespace à llh ce matin.Le site internet http://www.ledevoir.com est le complément idéal du journal que vous connaissez et appréciez déjà.Vous y touverez entre autres le résumé des événements de la journée et une mine de renseignements sur les dossiers chauds de l’actualité.Bonne lecture.Départs volontaires La cible sera atteinte en Santé Pas de saignée chez les infirmières MARIO CLOUTIER DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Le ministère de la Santé et des Services sociaux croit pouvoir atteindre la cible prévue par l’entente du mois de mars avec les syndiqués du secteur public.Déjà, 7657 employés du réseau de la santé, parmi lesquels les infirmières ne se trouvent pas en majorité, ont annoncé leur départi et on prévoit que plus de 2000 autres syndiqués le feront d’ici le mois de septembre.En fait, le ministère se donne une période de transition de trois mois pour revoir le fonctionnement du réseau, transition qui sera financée par des emprunts totalisant 175 millions.Le ministre Jean Rochon pense que ces trois mois seront fort utiles afin de voir quels postes seront abo- Jean Rochon lis et comment seront réorganisés les services.Cette période de transition nécessaire et prévue dans les conventions collectives est due notamment au fait que la CARRA (Commission administrative des régimes de retraites et d’assurance) a reçu 34 000 demandes de rentes.ï Là-dessus, les dossiers relevant du secteur de la Santé .VOIR PAGE A 8: ROCHON Les musiciens étrangers sont-ils des «voleurs de jobs » ?LOUISE LEDUC LE DEVOIR Sur fond de guerres de tranchées et d’attaques contre la’ Guilde des musiciens, le Festival international de jazz de Montréal s’ouvre aujourd’hui, amputé d’une douzaine de concerts et dans une tourmente qui n’est pas sans in/ quiéter les artistes et les organisateurs d’autres festivals.De Lanaudière à Orford, un même constat face aux pénalités majorées par la Guilde: tous n’en mourront pas, mais tous seront frappés.Jusqu’à présent, les organisateurs de festival qui souhaitaient présenter sur leurs scènes un artiste non-membre de la Guilde devaient payer une «pénalité» de 20 $.La Guib de rient de stipuler que ce montant était insuffisant et de ce fait injuste pour ses membres en règle qui versent 190 $ par année en cotisations.Dorénavant, la Guilde exige des festivals jusqu’à 100 $ par artiste invité non-membre de' l’organisme.L’assistant du directeur artistique au Domaine Forget, Guy Carmichael, soutient qu’une augmentation du permis de travail de 20 à 100 $ pour tout non-membre de la Guilde causerait de grosses difficultés à son organisation si elle VOIR PAGE A 8: MUSICIENS LIRE AUSSI EN PAGE B 8 I ¦ Beaucoup de jazz après le boulot, avant le dodo ¦ Steve Amirault ou le verbe classique ¦ L’horaire complet de la journée et les choix du Devoir LE DEVOIR 778313000672 f-P M Le Oeuoir, le jeudi 26 juin 1997 )« • ') » Assis, couché, debout, au petit-déjeuner; pendant les heures de bureau avec les vieux copains, avec un café.Aujour ’hui I Ih, ecouvrez le tout nouveau ''¦.SM site internet du Devoir.k .r , •• ledevor.com Sur un ordinateur près de vous I.K I) K V 0 I II .I.K .1 K l' U I 2 II .1 I' I N I !MI 7 LE DEVOIR MO N T RI AL IF J Murales urbaines JACQUES NADEAU LE DEVOIR POUR COMBATTRE les graffiti sur les murs et les monuments de la métropole, la Ville de Montréal promeut «l’art mural».L’administration du maire Pierre Bourque tente en effet de circonscrire la délinquance armée de pinceaux et de cannettes de peinture dans des endroits précis.Un projet de quatorze murales sera réalisé au cours de l’été à travers la ville.Faire face à l’itinérance Dépasser la peur inutile L'argent est loin d'être le seul problème des âmes égarées puisque 40 % des jeunes sans-abri viennent de familles aux revenus moyens CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Leur présence provoque malgré soi une gêne légère, des frissons dans le dos, une irrésistible envie de fuir.Les itinérants diffusent autour d’eux une peur inutile.Inutile, car ils ne sont pas violents, nous disent différents travailleurs d’organismes communautaires voués à l’aide aux démunis, pas plus en tout cas que d’autres groupes de la société.Ils sont cependant de plus en plus nombreux à solliciter le portefeuille ou l’attention des passants des grandes artères de Montréal.On estime qu’il y a entre 4000 et 5000 jeunes itinérants à Montréal, dit Marie-Michèle Ross, de l’organisme Spectre de rue, qui tente de prévenir la transmission du VIH dans les rues de la ville.Et ceux-ci ne forment que la moitié de l’ensemble des itinérants de la ville.De plus, l’argent est loin d’être le seul problème des âmes égarées.40 % des jeunes sans-abri viennent de familles aux revenus moyens, sinon favorisées, dit Danielle Colas, du groupe Tandem Montréal pour la sécurité dans la ville.Ils ont cependant de graves difficultés émotionnelles et sont en situation de rupture avec leurs familles.Et toutes les statistiques sur la question sont claires: la prison n’offre aucun remède à l’itinérance, les vagabonds revenant au point de départ dès qu’ils en sortent.75 % des itinérants sont des hommes.Mais certains «sont très portables», dit Alain Cretan, propriétaire du restaurant Chez Alexandre, dans le centre-ville, et membre du conseil d’administration de Destination Montréal.«Certains sont même très drôles.» «Je reçois le même itinérant tous les soirs, ajoute-t-il.Il entre dans l'établissement avec des poignées de monnaie à échanger, le produit de sa quête de la journée qui peut aller jusqu’à 20 ou 30 $.Avant d’entrer, il enlève toujours son chapeau.Il a un style.» D’autres reviennent plusieurs fois dans la journée réclamer un peu d’argent à qui leur a donné plus tôt De concert avec le YMCA du centre-ville et plusieurs organismes communautaires, Destination Montréal, le groupe de 800 commerçants du centre-ville de Montréal, lançait hier l’opération Dialogue, qui veut justement rapprocher ceux qui ont peur de ceux qui font peur.A travers ce programme, les commerçants auront désormais à leur disposition une travailleuse sociale disponible pour s’occuper des cas avec lesquels ils ne peuvent composer.Par ailleurs, trois étudiants déambuleront aussi tout l’été en chantant et en tambourinant sur une batterie de fortune pour distribuer à la population quelques dépliants visant à détruire certains mythes sur l’itinérance.L’expérience a déjà été menée avec succès dans le Quartier latin.«Cela créait une ambiance de convivialité», dit Mme Ross.Pour M.Cretan, les itinérants font un peu partie du folklore urbain.«Je les aime», dit-il.Mais tous ne sont pas aussi flexibles et d’autres sont nettement moins heureux de les côtoyer.«Certains propriétaires de magasin ont peur de dire à un mendiant de ne pas bloquer la porte de leur commerce et de mendier quelques pieds plus loin, poursuit Marie-Michèle Ross.Ou encore certains restaurateurs peuvent détester le fait que des itinérants se piquent dans les toilettes.Mais ce qui les dérange, cela peut être surtout le sang sur les murs et les seringues à terre.» Ces problèmes peuvent être réglés simplement par le dialogue.D’ailleurs, nous dit le dépliant distribué par le groupe, seulement un itinérant sur quatre se drogue.Cependant, Mme Ross souligne que la consommation d’héroïne est en hausse à Montréal, puisque la drogue est moins chère et plus disponible qu’avant.Par ailleurs, 6 % seulement des itinérants seraient dans la rue par choix.Avec le dépliant distribué par Dialogue, sera aussi remise aux passants une liste indiquant les centres d’hébergement pour hommes ou femmes, un service d’emploi, des services de dépannage offrant nourriture et vêtements et des centres de réadaptation.C’est une petite carte à remettre au prochain clochard rencontré.Festivités de la Fête du Canada PRESSE CANADIENNE Les festivités montréalaises de la Fête du Canada se dérouleront au Vieux-Port, du 28 juin au 1" juillet.Les visiteurs pourront découvrir cinq scènes thématiques, sur le quai Jacques-Cartier, s’amuser à l’«île de la famille», au bassin Bonsecours.en participant à des cliniques sportives, des sessions de rap, de rock’n'roll et de rave, notamment.Trois grands spectacles seront présentés en soirée sur la grande scène du quai Jacques-Cartier.Le 29 juin, Anthony Kavanagh, Offenbach, Cachalot Dubmatique et Jetsam se produiront Le 30 juin.l'Orchestre métropolitain, Manon Feubel et René Brempon Laryea ainsi que Lara Fabian et ses musiciens seront de la partie.Et le 1" juillet, les spectateurs auront droit à Isabelle Boulay, Noir Silence, Amy Sky.Ranee Lee.David Étienne, Jean Lapointe, Natasha St-PSer et François Massicotte.4 0 I « 6 NM SOLDE jusqu’à 50% Rouge à Levres (exclusif au Québec) LAUNDRY SHELLI SEGAL cU meauamme 1 PARIS Votre Rom.PARIS 277, av.Laurier Ouest • 270-6154 413, St-Jacques Ouest, Centre de Commerce Mondial • 844-9125 Un engagement électoral qui remonte à près de trois ans Landry présente le pacte fiscal L’enveloppe devrait contenir 51 millions Le pacte fiscal promis par Québec pour alléger le fardeau fiscal de Montréal aura créé des espoirs et provoqué des déceptions.Et ça continue puisque l’aide financière arrive d’un côté et les factures de l’autre.KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Près de trois ans après en avoir fait un engagement électoral, le gouvernement du Parti québécois annonce ce matin un pacte fiscal pour aider Montréal.Le ministre des Finances, Bernard Landry, se déplace dans la métropole pour l’occasion.Mais l’événement risque de ne pas avoir des allures de fête pour Montréal, alors que la municipalité a hérité vendredi dernier d’une facture de 47 millions en transfert de responsabilités gouvernementales.Le pacte fiscal devrait s’élever à 51 millions, soit une somme de 18 millions supplémentaires aux 33 millions déjà consentis.Selon les informations obtenues au cours des dernières semaines, la nouvelle enveloppe consisterait entre autres à 10 millions provenant des taxes sur la téléphonie cellulaire et le paiement des taxes foncières pour le Village olympique.Outre ce soutien financier, Québec devrait annoncer une aide ponctuelle de 20 millions correspondant à la vente de l’hippodrome Blue Bonnets.Ce faisant, les espoirs de Montréal ne seront remplis qu’à moitié.L’objectif de l’administration Bourque s’élève à 100 millions après trois ans.Au cours des deux dernières années, Québec s’est borné à donner à sa métropole une aide forfaitaire.En 1996, elle consistait en une somme 39 millions comprenant la vente d’actifs.> ARCHIVES LE DEVOIR Bernard Landry En août 1994, Jacques Parizeau s’était engagé à trouver des solutions, avant la tenue du référendum, à l’étranglement fiscal de Montréal.Parce que plus de 80 % des revenus montréalais proviennent de la taxe foncière, alors que la valeur foncière est en chute, le chef pé-quiste d’alors avait parlé de donner à Montréal accès à de nouvelles sources de financement, dont possiblement la taxe de vente.Concrètement, cela se traduit par 16 millions de la taxe sur le gaz et l’électricité (TGE) et 17 millions provenant des droits sur les divertissements.Il pourrait s’ajouter à cela l’ac- cès aux taxes sur la téléphonie cellulaire.Ce pacte fiscal ne pourra vraisemblablement pas faire oublier le pelletage du gouvernement au cours des dernières années.Ainsi, les Montréalais recevront prochainement leur facture de la taxe scolaire qui a subi une augmentation majeure.Montréal a hérité de 40 des 100 millions de haus se de taxes imposées par Québec.Une facture que «ne digère pas» le maire de Montréal Pierre Bourque, comme il l’a souligné hier.Carcan financier De plus l’automne dernier, la Ville de Montréal s’est fait refiler 10 millions, alors que Québec a mis fii au remboursement partiel de la taxe de vente sur les achats de biens e services.Le carcan financier de Montréal s’est resserré dès 1992, alors que les libéraux s’étaient délestés de charges équivalant à 300 millions.En se retirant entre autres du transport en commun, Québec a créé un problème de 100 millions pour Montréal.En compensation, le gouvernement d’alors avait donné un nouvel outil fiscal: la surtaxe qui a été pourfendue avec fracas.Dans ce paysage de finances difficiles, le transfert de 500 millions dans les municipalités, dont 47 millions pour Montréal, n’apporte pas l’oxygène souhaité par la métropole.Déjà, pour l’année en cours, la Ville de Montréal doit comprimer ses dépenses de 14,3 millions pour assurer l’équilibre budgétaire auquel elle est tenue.D’aucuns ont vu dans ces problèmes à gérer rigoureusement les finances de Montréal les très nombreux reports, tergiversations et autres retards à annoncer un pact fiscal.Activités d’entreprises Laissés-pour-compte d’un déménagement «Notre carrière à Armand-Frappier était assurée» PRESSE CANADIENNE Un groupe d’employés ayant quitté l’Institut Armand-Frappier il y a sept ans afin de joindre IAF-Biovac, avec la promesse que cette compagnie demeurerait à Laval et y construirait même de nouvelles installations, se considèrent les laissés-pour-compte de l’opération de déménagement des activités d’LAF-Biovac à Québec, cet été.«Notre carrière à Armand-Frappier était assurée lorsqu’on nous a demandé, il y a sept ans, de faire le pari de repartir à neuf avec Bio-vac.Le défi était emballant, les promesses de développement de l’entreprise à Laval l’étaient tout autant.Aujourd’hui, on se sent trahis et traités comme des meubles devenus inutiles», a déclaré à Montréal, hier, la présidente locale du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), Huguette Grenier.L’entreprise offre 11 semaines de salaire à ces 15 employés qui ne peuvent ou ne veulent suivre l’entreprise à Québec.L Y N E L'ESPÉRANCE.SOLDE 50% et plus sur toute lo marchandise printemps/été LYNE L'ESPÉRANCE.L'Autre * OUVERT TOUTE L'ANNÉE 6551, rue Beaubien (angle Langelier) Tél.: 253-0731 Les travailleurs demandent à IAF-Biovac de revoir son offre avec ceux d’entre eux qui demeurent à Montréal et de considérer à leur juste valeur les inconvénients majeurs que leur cause ce déménagement.Un de ces inconvénients résiderait notamment dans l’impossibilité pour ces personnes de quitter leur emploi, au risque de ne pouvoir recevoir de prestations d’assurance-emploi.NOUVEAUTÉ MATHEMATIQUES 2000 436 Nouveau programme Cahier, 390 pages, 17,50 $ Corrigé, 390 pages, 60,50 $ Jacques Assouline Chantal Buzaglo Gérard Buzaglo Guérin, éditeur ltée a le plaisir de mettre à la disposition des enseignants et enseignantes du Québec le cahier (4' secondaire) de la collection MATHÉMATIQUES 2000 adaptée au nouveau programme (436) établi en 1995 par le ministère de l’Éducation du Québec.Cet ouvrage, dont chaque section permet à l’élève d’atteindre un ou plusieurs objectifs fixés par le programme du MÉQ, est conforme aux orientations pédagogiques et didactiques de ce dernier.Cet outil pédagogique, écrit dans un langage simple et clair, vise à être accessible à tous les élèves sans sacrifier la rigueur mathématique.Il permet à l’élève de développer sa pensée mathématique, son goût et son intérêt pour les mathématiques.Mathématiques 2000, cahier d’exercices avec résolution de problèmes, est accompagné du guide du maître qui fournit les < réponses aux exercices et aux problèmes du cahier.GUÉRIN, éditeur ltée 4501.rue Drolet Montréal (Québec) H2T 2G2 Téléphone: (514) 842-3481 Télécopieur (514) 842-4923 Adr.Internet: http://www.guerin.qc.ca 4781 I.K l> K V 0 I II .I.K .1 K II D I 2 li .1 IT I N I !» !» Enquête sur la SQ Pigeon met en doute la compétence du patron des enquêteurs I JACQUES BOISSINOT PRESSE CANADIENNE Le vent était visiblement au rendez-vous hier à Saint-Jean où Elisabeth II a rencontré des anciens combattants de Terre-Neuve.Visite royale à Terre-Neuve God Save the Queen en sourd-muet Pendant que les connaissances du premier coordonnateur de l’enquête interne sur les ratés de l’affaire Matticks étaient remises en question, hier, à la Commission Poitras, Le Devoir était incapable de faire confirmer auprès de son procureur la présence éventuelle de trois témoins clés.Saint-Jean, T,-N.(PC) — Des étudiants de l’École de Terre-Neuve pour les sourds et leurs familles ont chanté le God Save the Queen pour la reine Elisabeth, hier.Mais les spectateurs présents n’auront entendu que la voix d’une soliste, puisque les 70 chanteurs ont inteiprété l’hymne national britannique en langage sourd-muet.D’autres étudiants ont joué pour la reine une courte pièce de théâtre illustrant le travail accompli par l’inventeur Alexander Graham Bell pour aider les personnes malentendantes.Une liaison vidéo par Internet avec une école similaire, en Colombie-Britannique, a permis à deux étudiants de démontrer comment la technologie moderne a facilité la communication chez les personnes ayant un handicap auditif.Terre-Neuve constitue la première étape du voyage de 10 jours de la reine et du prince Philip au Canada.Le couple royal s’envolera aujourd’hui du Labrador vers London, en Ontario, où il passera de brèves vacances avant de poursuivre son voyage vers Toronto, North Bay et Ottawa, en Ontario.La plupart des activités de la semaine avaient jusqu’à hier été centrées sur les célébrations du 500e anniversaire du voyage de l’explorateur Jean Cabot, de Bristol en Angleterre, à Terre-Neuve, en 1497.SYLVAIN BLANCHARD LE DEVOIR Contrairement à son subalterne Mario Inprise, chef du service de la répression du banditisme à la Sûreté du Québec, l’ex-directeur des enquêtes contre le crime organisé, Édouard Pigeon, ne s’est jamais «interrogé sérieusement sur l'objectif réel» poursuivi par les enquêteurs Bou-dreault, Arsenault et Isabelle dans leur enquête interne sur les ratés de l’affaire Matticks.Il ne s’est jamais «questionné» non plus sur «le manque de professionnalisme» des trois individus, comme l’a fait Laprise en 1995.Cependant, il est venu dire à la Commission Poitras, hier, qu’«à l’évidence», le patron de ces trois enquêteurs, Gilles Saint-Antoine, «n'avait pas une connaissance très précise de ce qui se passait là» (dans cette enquête) et qu’en conséquence il se questionnait sur les origines de «l’assurance» avec laquelle M.Saint-Antoine affirmait en septembre 1995 que tout allait bien et que le travail était effectué «dans toutes les règles de l’art».Selon M.Pigeon, M.Saint-Antoine «ignorait» par exemple que lui (Pigeon), ainsi que Mario Laprise et André Dupré (directeur de la division des enquêtes criminelles) n’avaient été informés de la suspension de deux de leurs hommes impliqués dans l’enquête du clan Matticks «que le jour même de ces relevés provisoires, le 21 septembre 1995».M.Pigeon a exprimé à plusieurs reprises sa frustration «de ne jamais avoir été averti avant», «et par un subalterne en plus», d’une décision de cette importance (prise par MM.Arsenault et Saint-Antoine).«C’était inacceptable.Moi, mon lien d’autorité a été affaibli par la suite.» Et il ne s’est pas gêné pour le dire à M.Saint-Antoine, lors d’une rencontre avec lui et les directeurs des enquêtes criminelles de la SQ, le 28 septembre 1995.Une véritable «séance de défoulement collectif», a-t-il reconnu, au cours de laquelle «il pompait l’huile» (selon Gilles Saint-Antoine) en exprimant son mécontentement par rapport à cette affaire et à l'égard des «méthodes d’enquête» utilisées par Bernard Arsenault lorsque ce dernier l’a interrogé, le 20 septembre 1995, dans le cadre de son enquête interne.Lom de cet interrogatoire, M.Arsenault aurait en effet demandé à Pigeon «de cesser de niaiser et de jouer à la vierge offensée» lorsque questionné sur un topo (un état de la situation) concernant la possibilité de voir avorter le procès du clan Matticks.Par ailleurs, les noms de Mario Bilodeau, sous-ministre au ministère de la Justice, de Maurice Gabias, l’un des deux procureurs assignés à l’enquête interne sur l’affaire Matticks, et de l’inspecteur-chef de la SQ, Francis Pelletier, sont absents de la deuxième liste de témoins qui comparaîtront d’ici la fin de l’été devant les membres de la commission Poitras.Cette liste contient pourtant le nom de toutes les personnes clés impliquées dans des événements importants couverts par le mandat de la commission Poitras.Dans un document déposé en preuve devant la commission — auquel les commissaires ont déjà fait référence —, M‘ Gabias est soupçonné par l’inspecteur Pelletier d’avoir comploté avec les enquêteurs Arsenault, Bou-dreault et Isabelle pour éliminer de la SQ le directeur général Serge Barbeau et le directeur de la division des enquêtes criminelles, André Dupré.ARCHIVES LE DEVOIR Le juge Laurence Poitras Ce document est tiré d’un compte rendu de rencontre rédigé par les inspecteurs Gilles Bouchard et Jean-Claude Turcotte à la suite d’un entretien avec M.Pelletier.Selon eux, M.Pelletier était d’avis, en février 1996, que le sous-ministre à la Justice Mario Bilodeau était à ce point impliqué dans l’enquête interne de MM.Isabelle, Boudreault et Arsenault que «tout était dirigé par lui».Les noms de MM.Pelletier et Gabias apparaissaient pourtant sur la liste provisoire des témoins confectionnée par la commission Poitras.Or ils n’y sont plus.Celui de M.Bilodeau n’a même jamais figuré sur aucune liste, ce qu’a d’ailleurs confirmé au Devoir le procureur de la commission, Me Bernard Roy.En entrevue, M' Roy a expliqué que, «même si ces trois noms n’apparaissent pas dans la deuxième liste de témoins, cela ne veut pas nécessairement dire qu’ils ne seront jamais appelés à témoigner.Ils pourraient faire partie de la troisième vague de témoins, vous verrez bien».Mais viendront-ils témoigner un jour?a-t-on cherché à savoir.Mc Roy a refusé de le dire.Le témoignage de l’inspecteur Francis Pelletier est particulièrement attendu depuis que Gilles Saint-Antoine, premier coordonnateur de l’enquête interne sur l’affaire Matticks, a juré sous serment devant la commission Poitras que «jamais» il n’avait entendu de la bouche des trois enquêteurs sous sa gouverne que Serge Barbeau, ou qui que ce soit de l’état-major, avait entravé leur travail destiné à faire la lumière sur les ratés de l’affaire Matticks.Les enquêteurs en question (Hilaire Isabelle, Louis Boudreault et Bernard Arsenault) prétendent, eux, qu’il y a eu entrave.Le témoignage de Pelletier est attendu parce qu’il a fait partie de l’équipe d’enquêteurs supplémentaires demandés par Bernard Arsenault.Or selon les inspecteurs Bouchard et Turcotte, l’inspecteur en chef Pelletier mettait carrément en doute, en février 1996, l’intégrité de MM.Boudreault, Arsenault et Isabelle.En effet, selon le compte rendu de l’entretien qu’ils ont eu avec lui, M.Pelletier aurait signalé — à Gilles Fa-lardeau, patron des trois enquêteurs à cette époque — que ces derniers «se prennent pour des justiciers au détriment de la SQ» et que «l'inspecteur Arsenault semble vouloir attaquer le leadership de M.Barbeau».On y lit aussi que M1 Maurice Gabias, l’un des deux procureurs assignés à cette enquête interne, aurait personnellement informé M.Pelletier le 23 février 1996 que Serge Barbeau et André Dupré devaient «sauter» et que «Bernard Arsenault pourrait remplacer Bill Dupré» à la direction des enquêtes criminelles.M.Pelletier aurait en outre dit à M.Falar-deau que «tout était dirigé par Mario Bilodeau», sous-ministre au ministère de la Justice.Rappelons que le sous-ministre Bilodeau est celui qui avait informé l’ex-ministre de la Sécurité publique, Serge Ménard, de sa «conviction» qu’un crime avait été commis par quatre des policiers impliqués dans l’enquête du clan Matticks et qu’il en avait «la preuve».Au cours de ce procès, qui s’est terminé par un acquittement, aucun des quatre policiers n’a eu à présenter de défense et à témoigner en raison de l’insuffisance de la preuve.i.k d i: v I.K I* i: V IM II .I.K .1 K I' I) I 2 II .1 I' I X I II II 7 ?~Tï: DEVOIR »- POLITIQUE Déclarations du nouveau ministre de la Justice Le Canada ne peut plus être tenu en «otage» ; Brassard réagit avec force aux propos de McLellan ARCHIVES LE DEVOIR Anne McLellan: «Le processus doit être clair».PRESSE CANADIENNE Ottawa — Le Canada ne peut plus être tenu en «otage» par les indépendantistes et il doit expliquer bien clairement aux Québécois les conséquences d’un vote pour la souveraineté, soutient la nouvelle ministre fédérale de la Justice, Anne McLellan.Le ministre québécois Jacques Brassard a réagi avec force à ces propos, y voyant la négation du «caractère hautement démocratique du projet de souveraineté».Mme McLellan, indique le ministre Brassard dans un communiqué, «associe des milliers de citoyens pacifiques à des terroristes sans scrupule tout en niant le droit du peuple québécois de s’affirmer comme toute autre société libre, en se dotant de leur propre pays».Dans une entrevue accordée au Toronto Sun et publiée hier, Mme .McLellan, qui a pris la relève d’Allan Rock à la Justice, affirme ce qui suit: «Nous ne pouvons pas être tenus en otage.S'il doit y avoir un autre référendum, le processus doit être clair.de même que les conséquences du résultat.» Quand on lui a demandé si elle partageait l’avis du Parti réformis- te, qui veut que le Canada définisse lui-même les termes et les condi- tions de négociations en cas de séparation du Québec, Mme McLel- lan a répondu: «Ce sera l'une des choses que mon collègue (Stéphane) Dion, le premier ministre et moi-même étudierons».Au nombre des conséquences qu’aurait la souveraineté du Québec, la ministre évoque la partition de la province afin que certaines parties du territoire puissent rester au sein du Canada.Elle dit ne pas avoir encore étudié les implications légales d’un tel geste mais affirme que «logiquement, si le Québec croit pouvoir quitter le Canada, il y a là I.] un argument pour que certains au Québec puissent penser se séparer à leur tour».Mme McLellan rejette toutefois tout recours à l’armée pour appuyer la position que le gouvernement fédéral prendra.Ce qu’il faut d’abord régler, note-t-elle, c’est la cause présentement devant la Cour suprême par laquelle le gouvernement fédéral cherche à déterminer si le Québec a le droit de se séparer.«La position du gouvernement fédéral est claire à cet égard: nous ne croyons pas qu’il soit possible pour une province de faire unilatéralement sécession, pas plus que nous ne croyons qu’il existe en droit interna- tional des conditions sine qua non pour en arriver à une déclaration unilatérale d'indépendance.» Le plan B Jacques Brassard, qui est ministre délégué au Secrétariat aux Affaires intergouvemementales canadiennes au sein du gouvernement Bouchard, s’est pour sa part dit inquiet «de constater que la nouvelle ministre de la Justice, à peine nommée dans son poste, n’ait pas pris la peine de faire une analyse rigoureuse de la situation».«En lieu et place, elle s’engage dans le débat politique du plan B, sans se soucier de la conséquence de ses propos», souligne le communiqué du ministre.«La stratégie fédérale, que véhicule la ministre McLellan, emprunte la voie de menaces à peine voilées à l’égard des citoyens du Québec.Elle vise à les intimider quant aux conséquences d’un OUI majoritaire lors du prochain référendum.Alors que le gou vernement fédéral s’emploie à vouloir déterminer les règles d’accession du Québec à la souveraineté, la ministre de la Justice se livre déjà à de la surenchère en faisant la promotion ouverte de la partition du Québec.» 4850 cas déclarés au Québec Selon Thomas d’Aquino Chrétien a trop peu fait pour l’unité HUGUETTE YOUNG PRESSE CANADIENNE Ottawa — Le gouvernement Chrétien a trop peu fait pour cimenter l’unité canadienne et c’est la situation de l’emploi qui en prend un coup.Le Conseil canadien des chefp d’entreprises a lancé ce message hier dans un mémoire qu’il a fait parvenir au premier ministre Jean Chrétien.«Nous appuyons la tentative du gouvernement visant à établir clairement le statut juridique de la séparation en soumettant la question à là Cour suprême.Cependant, sauf le respect que nous vous devons, les efforts fournis par votre gouvernement jusqu’ici sont insuffisants», écrit le président de l’organisme Thomas d’Aquino.Selon lui, les provinces doivent maintenant prendre les devants en faisant adopter dans leur assemblée législative une motion reconnaissant la spécificité du Québec.«Laissons tomber les mots société distincte, a-t-il expliqué au cours d’un entretien téléphonique.Ces mots ont un lourd bagage.» Cette reconnaissance du caractère particulier du Québec serait éventuellement inscrite dans la Constitution canadienne à un moment propice, a-t-il signalé.Rochon conserve le progamme de lutte contre le sida Québec (PC) — Le programme de lutte contre le sida est maintenu pour cinq ans avec un budget de 19 millions, a annoncé hier le ministre de la Santé du Québec, Jean Rochon.La somme comprend notamment 7,1 millions pour la prévention et la surveillance de la maladie et 5,6 millions pour la prise en charge des permîmes atteintes de cette maladie.Des sommes sont également prévues pour l’aide extra-hospitalière aux malades et pour de la recherche médicale.H y avait au Québec 4850 cas déclarés de sida au 31 mars dernier.On éva- lue à 25 % le nombre de malades non déclarés, ce qui porterait le nombre réel de malades à environ 6000.De plus, on s’attend à ce que 800 personnes contractent la maladie en 1997, selon les données du ministère.Les données statistiques montrent que l’infection par le VIH touche principalement la population âgée de 25 à 44 ans (les trois quarts des cas) et que deux cas sur trois affectent des hommes ayant eu des relations homosexuelles.La région de Montréal demeure la plus affectée avec 76,4 % des cas, et cette maladie demeure la plus impor- tante cause de décès à Montréal chez les hommes âgés de 20 à 49 ans.Il y aura une légère baisse du nombre de nouveaux cas, mais le ministère attribue cette diminution non pas à une diminution globale des nouvelles infections, mais à la mise en place de nouvelles thérapies qui retardent le développement du sida.Dans une première phase de trois ans, de 1989 à 1992, le gouvernement avait investi 12 millions dans le programme de lutte au sida.Cette somme a grimpé à 19 millions pour le quinquennat 1992-1997, et c’est ce program- me qui a été reconduit pour une nouvelle tranche de cinq ans.«La prévention demeure la meilleure façon de contrer cette maladie», a pour sa part précisé la sous-ministre de la Santé, Christine Colin.Elle a noté qu’une récente étude démontrait que le nombre de jeunes acceptant de porter le condom pour leur première relation sexuelle avait grimpé de 30 % à 85 %, ce qui constituait une excellente nouvelle.Enfin, le sida est une maladie qui doit obligatoirement être déclarée, selon la Loi sur la santé publique, mais pas le VIH, soit le virus à l’origine de la maladie.«La déclaration obligatoire du VIH pose un problème dans une société où la confidentialité des dossiers de santé est une valeur.Le VIH est une infection, pas une maladie», a commenté le ministre Jean Rochon.Il n’est pas dans l’intention du gouvernement d’élargir actuellement la notion de déclaration obligatoire au VIH, a conclu le ministre.Jean Rochon Ji Dossier de la répartition des prises de saumon Washington rejette l’offre «finale» d’Ottawa Seattle (PC) — À quelques jours du début de la s,aison de pêche commerciale au sau-Srion, les Etats-Unis viennent de rejeter l’offre Site «finale» du Canada dans le dossier de la répartition des prises de saumon entre les deux pays.” Le département d’Etat a exprimé son insatisfaction dans une lettre adressée à Ottawa.Une porte-parole du ministère canadien des Affaires étrangères a indiqué qu’Ottawa consultait les membres de la Commission canadienne du saumon du Pacifique et du gouvernement de la Colombie-Britannique avant de répondre aux Américains.Selon Larry Rutter, un membre de l’équipe américaine de négociation, les Etats-Unis s’interrogent sur la fa- çon dont le Canada a fait ses calculs sur les prises de saumon au large de l’île de Vancouver.Il a précisé qu’aucun autre face-à-face des négociateurs n’était prévu.Plus tôt, des représentants des deux parties du conflit avaient exprimé des doutes sur les chances de parvenir à une entente sur le renouvellement du traité du saumon du Pacifique.Les négociations se sont rompues vendredi pour la deuxième fois cette année, bien que les deux parties aient continué à communiquer par téléphone.Le premier ministre Jean Chrétien avait abordé la question avec le président américain Bill Clinton, lors du récent sommet du G8 à Denver, au Colorado, mais il n’a reçu aucun engagement ferme de sa part.Place unique du Québec M.Aquino a salué les efforts du gouvernement pour reconnaître là place unique du Québec au sein du Canada «mais cette reconnaissance doit se traduire par plus qu’une simple résolution parlementaire», a-t-il signalé.«Nous estimons que l’ampleur du changement requis pour résoudre décisivement la question de l’unité demande bien plus qu’une collaboration passive; les provinces et les premiers ministres déterminés à renforcer la fédération devront pouvoir exercer un leadership actif.Nous estimons que les autres Canadiens, y compris les dirigeants d’entreprises, doivent jouer un rôle actif dans le processus de renouvellement.» Ce renouvellement de la fédération doit passer par une redistribution des pouvoirs.Les pouvoirs d'Ottawa au niveau de l’union sociale ét économique devraient par contré être renforcés.Au risque de se faire accuser de «terrorisme économique», le Conseil canadien des chefs d’entreprises rafr pelle que ‘la question de l’unité canadienne pèse lourdement dans la balance de l’emploi.’ L’incertitude «constante» au sujet de l’avenir du Canada «nuit à la croissance économique du Canada depuis des années, et elle continue aujourd’hui de ralentir la croissance et la création d’emplois».(pulo 402 "HOMMf® î A votre service depuis 15 ans COSTUMES importés d’Italie au prix de gros 100% laine Coupe exclusive De 299 $ à 475 $ le costume Du lundi au vendredi De 9 h 30 à 18 h Samedi de 10 h à 16 h Tous les soirs après 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I \ I II II 7 LE MOND Le nombre de conflits a baissé en 1996 L'Institut de recherche de Stockholm note également une réduction des dépenses d'armement dans le monde La majorité des guerres en cours l’an dernier ont des origines antérieures à 1989, ce qui indique que les conflits déclenchés après la lin de la guerre froide ont pour la plupart été circonscrits.Ira déclin des conflits armés est dû au fait que certains d’entre eux «n’ont pas resurgi et non qu’ils aient été réglés», souligne d’autre part le SIFRI.AGENCE FRANCE-PRESSE Stockholm — Vingt-sept conflits armés majeurs ont eu lieu dans le monde en 1996, soit trois de moins qu’en 1995, une tendance à la baisse qui se confirme depuis 1989, selon le .rapport annuel de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIFRI) publié aujourd’hui.Seul un de ces conflits a opposé deux pays, l’Inde et le Pakistan à propos du Cachemire, tous les autres étant internes.Ils se sont situés dans 24 régions du globe: dix en Asie, 5 en Afrique, 4 au Moyen-Orient, 3 en Amérique centrale et du sud et 2 en Europe, notent les experts de l’Institut de Stockholm.Vingt-deux des guerres en cours l’an dernier ont des origines antérieures à 1989, ce qui indique que «les conflits déclenchés après cette année, la dernière de la guerre froide, ont pour la plupart été circonscrits», souligne le rapport.En 1989, dernière année de la guerre froide, le SIPRI avait recensé 36 conflits dans 32 régions.Ce déclin des conflits armés est dû au fait que certains d’entre eux «n’ont pas resurgi et non qu’ils aient été réglés», soulignent les chercheurs.Les critères définis par le SIPRI pour classer une guerre parmi les conflits armés majeurs répertoriés sont un nombre de morts supérieur ou égal à 1000 et le fait qu’un gouvernement soit une des parties prenantes.C’est le cas du conflit au nord de l’Ouganda, entre le gouvernement et un mouvement de résistance armé (LRA), qui figure pour la première fois en 1996 sur les listes du SIPRI, tandis que deux conflits ont été à nouveau recensés, celui d’Irlande du nord, répertorié la dernière fois en 1994, et de la guerre entre l’Inde et le Pakistan, qui a éclaté à nouveau en janvier 1996.Le conflit entre ces deux derniers pays sur l’avenir du Cachemire a fait l’objet de deux guerres depuis la division de l'empire des Indes en deux Etats en 1947.Dans six régions, en Afghanistan, Algérie, Tchétchénie, au Sri Lanka, au Soudan et en Turquie, les conflits ont fait plus de 1000 morts pour la seule année 1996, «mais il n’y a pas eu de cas d’escalade dramatique par rapport am années précédentes», souligne le rapport.Ce dernier ajoute, sans donner de chiffres, que le nombre total des morts dans les conflits armés majeurs en 1966 «a été inférieur à ceux enregistrés ces dernières années de l’après-guerre froide».Les conflits armés ont diminué d’intensité au Bangladesh, au Guatemala, au Timor oriental, en Iran, en Irak, en Birmanie et aux Philippines, ainsi qu’en Tchétchénie et en Sierra Leone.Quatre guerres ont disparu des listes du SIPRI à la suite de la mise en application de règlements pacifiques: en Bosnie, en Croatie, en Angola et au Liberia, où les combats ont repris en dépit de l’accord de paix de 1995 mais ont fait moins de mille morts.Par ailleurs, les dépenses d’armement et de production d’armes ont continué à baisser dans les pays de l’OTAN et de l’ex-URSS en 1996, alors qu’elles montent en flèche dans les pays du sud-est asiatique, constate le rapport du SIPRI.Les dépenses des Etats-Unis ont baissé à elles seules de 5 % à 226,4 milliards de dollars en 1996 sur un an, et celles globales de l’OTAN de 2,9 % à 395 milliards, un rééquilibrage par rapport aux trois années précédentes où la baisse avait atteint 4,8 %.Le rapport du SIPRI, institut indépendant financé par le Parlement suédois, ne donne pas de chiffre mondial, ne disposant pas d’informations «crédibles» sur les dépenses effectuées par la Russie, la Chine et de nombreux pays en développement.Les voisins de la Chine Les trois pays d’Asie du sud-est qui dépensent le plus — la Malaisie, avec une hausse de 15 % par rapport à 1995, la Thaïlande (+23 %) et Singapour (+7 %)— confèrent à cette région «la réputation de la région du monde où les dépenses d’armement connaissent la plus forte croissance».«Ces pays justifient ces fortes dépenses par la nécessité de moderniser leurs équipements militaires, mais il est certain qu’elles s’expliquent aussi par la situation et la position de la Chine dans la région», a indiqué Paul George, un des auteurs du rapport.«Taïwan, par contre, commence à manquer de moyens financiers», relève-t-il.En raison de l’absence de données pour plusieurs pays du Moyen-Orient, le SIPRI ne publie pas de chiffres pour cette région, mais indique que «de toute évidence les dépenses n’ont pas diminué au Moyen-Orient en 1996».Ira rapport indique que les dépenses d’armement ont été maintenues au même niveau en Argentine et au Paraguay, mais qu’elles ont augmenté de 34 % au Chili.Elles ont sensiblement baissé en Amérique centrale ainsi qu’en Afrique australe.LES EXPORTATEURS Voici la liste des principaux pays exportateurs d’armes conventionnelles en 1996, selon le montant des exportations exprimé en millions de dollars (valeur 1990).1996 1995 1 États-Unis 10 228 10 972 2 Russie 4512 3505 3 France 2101 785 4 Royaume Uni 1773 1568 5 Allemagne 1464 1549 6 Chine 573 949 7 Pays-Bas 450 430 8 Suède 274 174 9 Belarus 190 24 10 Ukraine 185 193 11 Israël 168 352 12 Italie 158 377 13 Canada 157 387 14 République tchèque 152 195 15 Belgique 110 310 Source: SIPRI Russes et Américains sont champions de l’incarcération Paris revoit sa politique africaine La tension a persisté hier à Brazzaville, au Congo, où les tirs à l’arme lourde sont devenus plus intenses, tandis qu’à Bangui, en Cen-trafrique, la force interafricaine de maintien de la sécurité a poursuivi le «nettoyage» des quartiers favorables aux mutins.Quelque 500 personnes ont manifesté hier à Bangui, contre le soutien de la France à cette force.AGENCE FRANCE-PRESSE Washington — La Russie et les Etats-Unis sont de loin les pays où l’on emprisonne le plus, en moyenne entre six et dix fois plus que dans les autres pays industrialisés, selon un rapport d’une association indépendante publié hier à Washington.Le taux d’incarcération en Russie st ai,nsi de 690 pour 100 000, celui es Etats-Unis dépasse 600 pour 100 000, et ce taux n’a cessé d’augmenter ces dernières années, selon le rapport de l’association Sentencing Project, spécialisée dans les questions de justice.En 1995, année de référence pour cette étude qui recense 59 pays, ce taux était de 95 pour 100 000 en France, de 85/100 000 en Italie et en Allemagne, 100/100 000 en Grande-Bre- Turquie: Yilmaz boude Ciller Ankara (Reuter) — Mesut Yilmaz a déclaré hier qu’il ne rencontrerait plus sa rivale Tansu Ciller pour tenter de former avec elle une coalition anti-islamiste tant qu’elle n’aurait pas reconnu sa nomination en tant que nouveau premier ministre.Tansu Ciller, qui s’était alliée avec le Parti de la prospérité du premier ministre islamiste démissionnaire, Necmettin Erbakan, a rejeté mardi l’offre de Yilmaz de se joindre à une coalition laïque qu’il dirigerait.Sous la pression de l’armée, Erbakan avait conclu un accord avec Ciller pour lui céder sa place afin qu’elle dirige un gouvernement de transition jusqu’à des élections législatives anticipées.Le président Suleyman Demi-rel en a décidé autrement et a préféré confier la charge à Yilmaz.Celui-ci s’est donné jusqu’au début de la semaine prochaine pour former un gouvernement Il est soutenu par la plupart des partis laïques mais il lui manque encore l’appui d'une dizaine de députés du parti de Ciller.Les deux Corées vont se parler New York (AFP) — La Corée du Nord participera lundi prochain à New York à des discussions avec des représentants des Etats-Unis et de la Corée du Sud destinées à préparer des négociations de paix, a assuré hier un diplomate nord-coréen aux Nations unies à New York.L’équipe de négociateurs nord-coréens «est prête à coopérer pour atteindre des résultats significatif » lors de ces discussions, a indiqué à l'AFP Li Gun, numéro deux de la mission nonkoréenne aux Nations unies.Selon lui, le vice-ministre des Affaires étrangères Kim Kye-Gwan représentera Pyongyang à ces discussions.tagne, 80/100 000 en Suisse, 65/100 000 aux Pays-Bas et 105/100 000 en Espagne.Entre 1993 et 1995, le taux d’incarcération a connu une progression de 24 % en Russie (1.017 372 détenus) et de 14 % aux Etats-Unis (1 585 401), précise encore le rapport.Selon le département de la Justice, le rythme de cette augmentation a cependant diminué en 1996, s’établissant à 5 %.Il f ait état pour 1996 de 1,6 million de détenus, soit un taux d’incarcération de 615 pour 100 000.Sentencing project souligne que la plupart des pays industrialisés connaissent une inflation dans le nombre des incarcérations.Cela s’explique, ajoute l’association, par les problèmes économiques, ceux liés à l’immigration et aux tensions ethniques croissantes, ainsi que par un renforcement parfois des dispositifs de lutte contre le trafic de drogue.BREF Lima gracie 114 faux terroristes Lima (AFP) — Le gouvernement péruvien a gracié 114 personnes reconnues innocentes, qui purgeaient des peines de prison pour actes de terrorisme et de haute trahison, a-t-on air-pris hier de source officielle.Les prisonniers innocentés, dont 22 femmes, avaient été condamnés «sur la base de preuves beaucoup trop surévaluées par les tribunaux», a précisé hier le ministre de la Justice, Carlos Hermoza Moya.Les personnes graciées seront libérées dans les prochaines heures, a-t-il ajouté.Il s’agit là du plus grand nombre de grâces accordées au Pérou depuis qu’a débuté en octobre dernier une opération de révision de procès consacrés à des affaires de terrorisme.La Diète polonaise rejette l’idée d’un référendum sur l’avortement Varsovie (AFP) — Di Diète (chambre basse) polonaise a rejeté hier l’idée d’un référendum sur l'avortement, proposée par le parti social-démocrate polonais (SLD, ex-communiste, au pouvoir).Une proposition de loi prévoyant l’organisation de ce référendum à l’occasion des élections législatives le 21 septembre prochain, a été rejetée par 197 députés, alors que 178 ont voté pour et 14 se sont abstenus.La gauche ex-communiste avait demandé le référendum après la récente décision du Tribunal Constitutionnel qui a jugé l’avortement non conforme à la loi fondamentale de 1992, toujours en vigueur.Ije 17 juin dernier.La Diète avait déjà rejeté une première motion en ce sens des députés du groupe parlementaire SLD.ERWAN JOURAND AGENCE FRANCE-PRESSE Paris — Deux ministres du nouveau gouvernement de gauche français viennent d’annoncer que la France allait revoir sa politique africaine, alors que des conflits éclatent ou durent en Afrique centrale francophone.Le ministre de la Défense, Alain Richard, a annoncé hier que la France allait revoir son dispositif militaire en Afrique ainsi que des accords de défense la liant à des pays de ce continent.La veille, son collègue des Affaires étrangères, Hubert Védrine avait dé claré que Paris allait réformer son système de coopération avec l’Afrique.M.Richard a indiqué mercredi que le nouveau gouvernement de Lionel Jospin entendait «revoir la taille et la nature du dispositif français en Afrique» et, partant, revoir également les accords de défense.M.Richard s’est fé licité de la mise en place de la Mission interafricaine de surveillance des accords de Bangui (MI-SAB) en Centrafrique, souhaitant que la formule des forces inter-africaines se développe.Il a précisé que le gouvernement de gauche de Lionel Jospin était «en plein accord» avec le président gaulliste Jacques Chirac pour souhaiter la réussite de la MISAB.La MISAB, opérationnelle depuis le 12 février, compte 750 soldats de six pays (Burkina Faso, Gabon, Mali, Tchad, Sénégal, Togo) soutenus par une unité française de 50 hommes sur les 1300 actuellement cantonnés dans les deux bases militaires françaises de Centrafrique.M.Védrine, qui s’exprimait mardi sur la chaîne française privée LCI, avait REUTER Colombo — Plus de 200 combattants ont trouvé la mort lors de la dernière bataille entre l’armée gouvernementale et les rebelles Tamouls pour le contrôle d’une route stratégique dans le nord du Sri Lanka.a annoncé hier le ministère de la Défense à Colombo.•Quatre officiers et 60 soldats ont été tués et 68 autres soldats ont été blessés dans ces affrontements», lit-on estimé qu’il faut réformer notre système de coopération avec l’Afrique.Il faut revoir la façon dont la France repensera les modalités de son influence, de ses relations et de son partenariat avec l’Afrique», a ajouté M.Védrine.Selon lui, «il y a un travail à faire, et le moment venu, il y aura une réflexion entre le gouvernement et le président de la République, permettant de «trancher les npuvelles orientations" par le chef de l’État et le premier ministre.Ces orientations du nouveau gouvernement français qui comprend des socialistes, des radicaux, des communistes et des écologistes ne sont pas une surprise.Le premier ministre Lionel Jospin avait été, alors qu’il était encore dans l’opposition, très critique à l’égard de la politique française en Afrique.Il avait notamment préconisé, en janvier, à propos des interventions militaires à répétition en Centrafrique, «une évolution de la politique africaine de la France», estimant qu'il ne fallait «pas combiner ingérence et impuissance».Début mai, en pleine campagne électorale, le Parti socialiste avit proposé un «nouveau contrat de partenariat avec l’Afrique des jeunes démocrates» et s’était prononcé en faveur d’une «remise à plat de tous les liens militaires tissés» entre la France et plusieurs pays du continent au cours des trente dernières années.Il avait également exprimé la volonté d'«aider les Africains à assurer eux-mêmes les conditions de sécurité et de stabilité sur leur continent, dans la mesure où ils continueront à le souhaiter».Jacques Chirac avait pour sa part déclaré en janvier, à propos de la crise dans l’est du Zaire, que «la période des interventions unilatérales en Afrique était close».dans un communiqué du ministère.«Selon les troupes sur le terrain, plus de 150 terroristes ont été tués et un grand nombre d'autres ont été blessés», précise-t-il.Pour la deuxième fois en deux semaines, plus de mille Tigres de libération de l’Eelam Tamoul (LTTE) ont lancé une vaste contre-attaque sur les positions des militaires tard mardi dans la région de Wanni, dans le nord de File sous contrôle des séparatistes.E N En campagne électorale, le PS s’était prononcé en faveur d’une «remise à plat de tous les liens militaires tissés» entre la France et plusieurs pays du continent au cours des trente dernières années Hécatombe sri-lankaise ARCHIVES NASA Un des panneaux solaires de Mir a été endommagé.» » Collision dans l’espace Le vaisseau Progress endommage la station Mir, mais les cosmonautes sont sains et saufs ASSOCIATED PRESS Moscou — Un vaisseau de ravitaillement a percuté la station spatiale Mir hier.Un des compartiments de la station a été dépressurisé mais les trois hommes à bord de Mir vont bien.Vera Medvedkova, porte-parole du centre de contrôle des missions spatiales près de Moscou, a annoncé que «la pression était normale dans le reste de la station et [que] l’équipage était hors de danger», Ira collision s’est produite à 13h20, heure de Moscou (9h20TU) alors que l’équipage s’entraînait manuellement à arrimer le vaisseau de ravitaillement Progress.Un porte-parole de la NASA, Rob Navias, a souligné qu’il n’était pas prévu d’abandonner Mir à ce stade.Un vaisseau Soyouz est en permanence arrimé à la station pour permettre une évacuation d’urgence.Un des panneaux solaires a été endommagé par la collision et la pression a commencé à baisser à l’intérieur du module.L’équipage a immédiatement fermé le compartiment pour éviter qüè la dépressurisation ne se propagé) Bien que le reste de la station ait en fait subi une chute de pression au départ, la situation s’est stabilisée puis est revenue à la normale, sauf dans le compartiment Spektr qui a été fermé, a précisé Rob Navias.Ira station russè est composée de six modules.Ira vaisseau Progress a été lancé en avril avec du ravitaillement et des piècéé de rechange.Son contenu a été remplacé depuis lors par les déchets de la station.Il devait se réarrimer hier matin avant d’être largué pour de bon samedi.Son destin habituel est de se consumer en rentrant dans l’atmosphère.L’astronaute américain Michael Foale se trouve à bord de Mir depuis la mi-mai en compagnie de deux Russes, Vassili Tsibliev et Alexandre Lazoutkine.Michael Foale a remplacé un autre Américain, Jerry Linenger, qui était demeuré quatre mois en orbite et avait essuyé divers problèmes dont un incendie.Clinton courtise les écologistes avant son discours au Sommet AGENCE FRANCE-PRESSE New York — Le président américain Bill Clinton a cherché à donner hier des gages de bonne conduite écologique, à la veille de sa venue au Sommet de la Terre à New York où les participants faisaient pression pour qu’il annonce des mesures concrètes pour combattre le réchauffement de la planète.Bill Clinton a annoncé à Nashville qu’il avait décidé de renforcer de manière important^ les critères de qualité de l’air aux États-Unis, afin de ré- duire les émissions de particules provoquées notamment par le mafic automobile et l’industrie.Ces mesures visent à réduire la pollution de l’atmosphère, mais n’ont qu’un effet indirect sur l’effet de serre, à l’origine du réchauffement du climat de la planète.M.Clinton avait été sévèrement critiqué après la fin, dimanche, du sommet des Huit de Denver, pour avoir refusé d’accepter que soient inclus dans le communiqué final des objectifs chiffrés pour la réduction de ces gaz à effet de serre.LA METEO D'ENVIRONNEMENT CANADA Aujourd'hui Ce Soir Vendredi Samedi Dimanche Samedi Dimanche 16/27 max 25 n\ax 26 22 min 12 iU = ¥/ /// / 1k T’W VENTEUX BROUILLARD PLUIE^^AVERSE^ORAGEiiiJjEIGE^ERGLAS Températures : MAX / MIN Blanc Sablon Kuujjuarapik 14/3 wm 16/8 La Grande IV WYV 15/11 Iles de la Madeleine Chibougamau 18/4 rf! Rivière-du-Loup 22/10 hicoutimi Québec 24/11 ' 23/10 Val d Or H Lever 5h08 Coucher 20h46 4/10 Trois-Rivières f 26/12 ¦ ,24/10 /* ^Sherbrooke Montréal Aujourd'hui Ce Soir vendredi Samedi Dimanche O iàâi HH HH HH MH Aujourd'hui Ce Soir Vendredi Samedi Dimanche HH HH HH HH (7 0 0 0 \ l Météo-Conseil l+l Environnement Canada 1 900 565-4455 Frais applicables La météo à la source D1C A 8 I.K I) K V OIK, I.K .1 K I' U I 2 li .1 TIN I II II 7 U I) I T 0 R I A u Des voies étroites Les rumeurs québécoises Lise B i s s o n ne 11 e Au Québec, la dernière décennie en a été une d’innombrables cogitations plus ou moins organisées sur la question nationale.Tandis que le Canada, délivré petit à petit du carcan intellectuel hérité de Père Trudeau, se remet à penser par lui-même avec quelque enthousiasme, l’épuisement guette la classe politique d’ici, tentée aujourd’hui de se laisser guider par les événements plutôt que par ses propres plans.Deuxième de trois textes éditoriaux es deux mouvances, fédéraliste et souverainiste, marquent un temps d’arrêt.Quel que soit le jugement politique qu’on porte sur les décisions de l’ancien premier ministre et chef libéral, Robert Bourassa, la dernière partie de son mandat fut une effervescente période de réflexion, parfois radicale, sur le renouvellement du fédéralisme.Le rapport Allaire, qui fut brièvement la doctrine du Parti libéral du Québec, puis le rapport Bélanger-Campeau, qui fut tout aussi brièvement une référence de gouvernement, ont été à la source d’une masse d’études et de débats qui rappelaient assez les années soixante, quand s’élaboraient autour du gouvernement Lesage les contours de la fameuse demande de «statut particulier».Les scénarios à l’européenne chers à M.Bourassa, qui n’osa jamais les soumettre formellement à ses partenaires canadiens, n’ont pas été repris par son successeur ni, semble-t-il, par les penseurs du programme libéral, toujours en révision.La disparition de ce cadre plus autonome de référence a des effets délétères.La réflexion fédéraliste, au Québec, est abandonnée soit aux excités partitionnistes qui donnent l’impression de la monopoliser, soit aux cercles partisans fédéraux dont l’intérêt est au statu quo: le bricolage administratif informe que propose le Parti conservateur sous le nom de «pacte» n’est qu’opportunisme, tandis que le Parti libéral du Canada, comme vient de le confirmer la nouvelle ministre canadienne de la Justice dans ses premiers propos publics aussi ignorants que provocateurs, ferme la porte à tout réexamen substantiel de la fédération.Que M.Daniel Johnson ait de la difficulté à formuler un projet crédible dans ces conditions, on le conçoit.Mais il est étonnant qu’il n’en voie pas l'intérêt alors même que le seul véritable succès de son parti à l’Assemblée nationale, dans l’affaire des commissions scolaires linguistiques, lui est venu de son recours à des penseurs et chercheurs indépendants.Au fond, M.Johnson et ses proches adoptent une stratégie passive, miroir de celle des souverainistes.Du grand baroque: d’un côté des fédéralistes québécois visiblement exaspérés de l’ineptie fédérale attendent que M.Chrétien s’affaiblisse et passe, de l’autre des souverainistes espèrent qu’il dure car il reste l’un des meilleurs «vendeurs» d’une souveraineté qu’ils n’ont plus à repenser.Curieux consensus québécois qui laisse à d’autres, plus ou moins bienveillants comme l’on sait, la possibilité d’occuper le terrain en y empilant les scénarios les plus imbéciles, ou les plus intimidants, ou les deux.Le symptôme de la passivité souverainiste apparaît dans la résurgence actuelle des thèses déterministes.Quand le Bloc québécois est entré en récession en perdant plus de dix points de pourcentage des suffrages, lors de la récente élection fédérale, le vice-premier ministre du Québec, M.Bernard Landry, a consolé ses troupes en déclarant la souveraineté «inexorable», une logique fort peu universitaire.Cette semaine, le premier ministre, M.Lucien Bouchard, y allait lui aussi de la foi charbonnière en notre bonne étoile.Le chemin de la souveraineté, disait-il à l’occasion de la Fête nationale, «est tracé par l’histoire, par notre identité, par la nécessité politique la plus fondamentale».On sait pourtant ce que l’histoire fait des destins qui se croient manifestes, surtout quand ils en rencontrent d’autres en route.Heureusement, la déroute du Bloc québécois a enlevé un peu de lustre au messianisme qui avait tendance à tenir lieu de pensée aux souverainistes depuis l’arrivée de M.Bouchard à la tête du Parti Québécois et du gouvernement.Le premier ministre évoque d’ailleurs lui-même le besoin de «mettre un peu plus de chair sur le squelette du partenariat».Il fait écho en cela à un courant encore ténu, chez des intellectuels proches du PQ, capable de reconnaître que la proposition de partenariat concoctée en vitesse en 1995 était essentiellement tactique et qu’elle devrait désormais être refaite sous toutes ses coutures.C’est paradoxalement chez eux qu’on retrouve les véritables héritiers des rêves que Robert Bourassa ne pouvait imposer à ses alliés et à son parti, dont une fascination parfois un peu naïve pour la construction européenne.(Au Canada comme au Québec, d’ailleurs, la construction nord-américaine, c’est-à-dire l’espace politique et social qui s’élabore en catimini à la faveur de l’ALÉNA, n’intéresse encore que trop peu les penseurs politiques.) Mais le regain d’intérêt pour une nouvelle définition du partenariat laisse dans l’ombre les interrogations sur la souveraineté elle-même.Si elle est «inexorable», n’en parlons pas bien sûr et attendons son avènement comme d’autres attendirent le «grand soir».Mais les esprits plus exigeants reconnaissent aujourd’hui qu’il faut en revoir les fondements.A partir du moment où on déclare le nationalisme «civique et territorial» et où on répudie le «nationalisme ethnique», comme le PQ le fait avec une conviction réelle mais inégale depuis des années, ne faut-il pas renoncer à toute argumentation relevant du ressentiment historique?Le «nous» de la majorité francophone n’a pas à renier l’histoire ni à s’effacer devant les diktats de la pensée multiculturelle désincarnée.Mais on ne saurait plus fonder un projet politique d’État souverain sur cette distinction, même si on faisait la preuve qu’elle peut être accueillante et éviter l’exclusion des «autres».Il restera toujours à démontrer qu’un Etat du Québec tirerait mieux son épingle du jeu de la mondialisation, résisterait mieux à l’uniformisation, serait un meilleur pari sur l’avenir.Le faire au moment où le Canada reprend la voie de la santé financière, alors que les souverainistes comptaient aussi sur sa faillite pour ne pas trop se fatiguer pédagogiquement, exigera plus que quelques colloques.Enfin, tout comme ceux qui mettent aujourd’hui leurs énergies, au Canada, à inventer des configurations politiques nouvelles pour leur pays, les fédéralistes et les souverainistes québécois sont confrontés à la difficulté des moyens.Les plus timides scénarios de renouvellement du fédéralisme, les seuls où se risque aujourd’hui le Parti libéral du Québec, se heurtent, comme nous l’avons vu hier, à une formule d’amendement et à un cadre de négociations qui les interdisent en pratique.Quant aux souverainistes, même s’ils n’aiment guère l’admettre, ils commencent à mesurer les limites de la consultation référendaire.Le fait d’avoir frôlé la victoire en 1995, contrairement à l’expérience de 1980, a mis en lumière les problèmes qui se poseraient le lendemain d’un OUI, dont les multiples façons de contester la légitimité démocratique de la décision collective.Sans se laisser piéger par le plan B, il est évident qu’il faut faire l’hypothèse d’un second référendum qui validerait le résultat de négociations suivant un OUI.Et qu’il faut même faire l’hypothèse additionnelle de négociations difficiles et fort limitées plutôt que de continuer à faire miroiter, comme un autre destin manifeste, l’adhésion rapide du Canada à un nouveau pacte avec le Québec, en toute égalité.Toutes les affirmations péremptoires qui servent de réponses aux revendications autochtones comme aux délires partitionnistes seraient insuffisantes lors d’un prochain rendez-vous.Quelle que soit la confiance que les uns et les autres aient en leurs thèses, et la volonté qu’ils pourraient avoir de les mieux approfondir, aucun changement ne surviendra si on ne trouve la façon de contourner la paralysie institutionnelle du Canada.Elle empêche désormais tout renouvellement du fédéralisme sauf retouches administratives mineures, et elle pourrait bien provoquer le chaos si les souverainistes remportaient un prochain référendum au Québec.Ce qui semble soit nous condamner au statu quo, soit obliger à retrouver, peut-être hors des sentiers battus, les moyens d’un dialogue.Une entreprise bien incertaine, dans des voies étroites, que nous explorerons demain.L’épuisement guette la pensée politique québécoise, tentée par la passivité Les Expos au centre-ville Il y a quelque chose de particulièrement indécent d’entendre le proprié taire des Expos exposer son projet de stade au Centre-ville quand on envisage dépenser 38 millions pour un nouveau toit au stade.Nous nageons en pleine irréalité.C’est l'histoire de la grenouille qui veut ressembler au boeuf.Vraiment les «sportifs» doivent se mettre au pas et effectuer, eux aussi, le dégraissage qu’on impose à tout le monde au Québec.Pour qyi le stade a-t-il été construit?A quoi servira cet extraordinaire symbole architectural de nos ambitions collectives?Les citoyens doivent réagir et mettre le bâillon à ce vorace personnage! Quand je pense que le Fonds de Solidarité de la FTQ a investi dans les Expos ! Paul Flauvel Montréal, 20 juin 1997 LETTRES -?- Solidaire ou solitaire En cette veille de la St-Jean Baptiste et de la fête de la Confédération, malgré tous les problèmes qui sont les nôtres, je remercie le Ciel de vivre dans un pays où règne la paix où règne la paix, peut-être pas le non-violence mais l’absence de guerre.Je suis Québécoise.Je suis Canadienne et je suis, avant tout, citoyenne de la planète terre, soeur de tous les autres humains.Parce que notre pays a davantage été centré sur le mot «demain» que sur le mot «hier», je souhaite en ces journées de fêtes nationales que nous soyons solidaires des peuples en guerre et particulièrement de la situation des 600 000 réfugiés rwandais, hommes, femmes et enfants qui se terrent, affamés, dans les forêts du Zaïre et autres pays limitrophes.Une rumeur persistante nous avertit que ce qui se passait hier dans les camps de concentration nazis existe à la puissance 100, actuellement en Afrique.Il semble que les réfugiés rwandais soient tués et qu’on brûle des milliers de leurs cadavres.Cette rumeur n’en est pas une car j’ai eu la malchance de visionner une émission reportage de trois heures du Cercle de minuit, émission retransmise sur TF5 et, portant sur les atrocités commises sur des êtres humains.Je crois qu’actuellement sur terre, on s’occupe bien davantage du sort et de la protection des animaux que ce qui arrive aux êtres humains.Dénonçons officiellement ces massacres des réfugiés rwandais et exigeons comme Québécois et comme Canadiens que cesse immédiatement l’extermination actuelle des réfugiés Rwandais sur leurs terres d’exil! Nicole Anne Cloutier Psychologue Montréal, 19 juin 1997 Festival en tout genre IL Y A 5oo 4ms, Mn CABoT, Li PRiMttt £uR°F£ÏM 'A MiTrRt Li PHD €n AMtpiQaE m/m CfÇLj?M-VoTtt / : h *x WW:.B LT *4?ai peut-être tort, mais il me semble que les journalistes, les écrivains, les communicateurs en général ne marchent pas beaucoup.De leur ville, ils ne connaissent souvent que ce que leur permettent d’apercevoir leurs courses en auto.Ne disposant pas de voiturin depuis bientôt 13 ans, et ne souhaitant pas en posséder un, je me promène beaucoup.C’est au cours de l’une de mes déambulations que j’ai aperçu un panneau-réclame fort intrigant.Sachez qu’il s’agit d’une initiative d’Attractions Canada, organisme voué à la défense du tourisme Ultra muros.Instruit de ce détail, vous ne serez pas étonné d’apprendre que le message véhiculé l’est dans les deux langues.J’ai à peine lu la version anglaise.Mais l’autre! Elle est ainsi formulée: «J’ai 6800festivals à célébrer ensemble.» Dans un premier temps, je me suis dit que le nombre des festivals était vraiment impressionnant Pour atteindre ce score, on devait sûrement inclure le Festival des épingles à cravate de Victoria est et celui, non moins excitant, des boîtes de cqnserve bosselées de Winnipeg sud.À ce point sollicités par les festivals, il n’était pas étonnant non plus que les gens du nord des Etats-Unis aient si peu le coeur au travail.Ayant l’esprit d’escalier, même en terrain plat, j’ai mis à peu près trois secondes à me rendre compte qu’avec toute la ferveur nationaliste imaginable, je ne pouvais estimer que j’avais «68Q0 festivals à célébrer ensemble.» À supposer que ce souci grégaire m’assaille, je sentirais le besoin d’écrire que nous avons 6800 festivals à célébrer ensemble.Mais qui est l’auteur de cette phrase?Il l’a probablement traduite, car chez ces gens-là, monsieur, on ne pense pas, monsieur, on traduit.Et dans un esprit bien particulier.Il s’agit avant tout de faire du prosélytisme, de faire entrer dans la tête des gens que le Canada est une aubaine à nulle autre pareille.Depuis cette première découverte, je n’en finis plus de voir des panneaux-réclames d’Attractions Canada.On y parle de 2800 coins perdus à découvrir, de milliers de lacs, de quoi encore.Mais c’,est celui des festivals que je préfère.À cause de ce mot «ensemble», qui curieusement n’a pas été inclus dans les autres incitations au patriotisme.Au fond, j’aime ces invitations au bonheur coûte que coûte.Et j’écume la ville à la recherche d’autres messages de paix.Si on ne nous clamait pas si haut que ce pays est si beau, si attirant, le saurions-nous?Pas sûr.Nous irions tristement en vacances à Florence ou dans les Ardennes.Je vais d’un trottoir à l’autre, me sentant un peu comme au cinéma.Vous savez, avant que le film commence, entre un message d’une station de radio pour attardés mentaux et les bandes annonces des films à venir, les capsules produites par une officine du patrimoine canadien.Il me vient même à tout coup de mais soufflé, que pourtant je ne prise pas tellement.La plupart du temps, le héros dont on célèbre les exploits est aussi attachant qu’un chauffeur d’autobus qui interrompt son service pour en griller une pendant qu’il pleut à verse.Le Zigue est habituellement du Manitoba ou des Territoires du Yukon, il a inventé en 1902 le yo-yo à deux cordes ou le trombone à pistons gonflables.Celui qui le personnifie a l’air du prince Charles, son père de Jean Chrétien dans le cours d’une visite protocolaire à l’Académie française et sa petite amie de votre cousine avant qu’elle entre dans une commune de punks.Tous ces gens parlent comme dans les films américains traduits.Le commentaire dit sur un ton doucereux tend à vous faire oublier qu’en' ce paradis des inventeurs les riches accumulent les crédits d’impôt et les pauvres s’appauvrissent.S’il n’en tenait qu’à moi, je multiplierais les panneaux-réclames.Ils me passionnent autrement que les déclarations d’amour pré-référendaires.Ces panneaux égaient le paysage, -Quand on lève les yeux pour les consulter, l’esprit titillé déjà, on voit moins la laideur ambiante.Je souhaiterais toutefois que les messages soient moins tartes et qu’ils s portent parfois sur autre chose que la célébration forcée d’un pays pas pire que les autres probablement, mais dont j’aimerais déceler moi-même, et à mon rythme, les grandeurs et les ' misères.La nuit dernière, j’ai rêvé que l’on' avait inscrit sur mes panneaux-réclames des diktats sans équivoque.Il n’y avait plus aucune trace de ce triomphalisme bébête qui m’énerve.On avait recours à l’intimidation pure et simple.On pouvait y lire: «Tout ci-toyen canadien qui ne prendra pas ses vacances au pays sera fusillé haut et court.» Un publicitaire imaginatif mais peu porté sur la syntaxe avait ajouté en post-sciptum: «J’ai 6800 exê- '¦ entions à célébrer ensemble.» Inutile d’ajouter que je ne suis éveillé en sueurs.Il n’y a pas à dire, cette utilisation du mot «ensemble» a changé ma vie.Pour s’unir ainsi, les gens doivent s’en- ' nuyer ferme à la maison.6800 festi vais, c’est quelque chose, non?Chez moi, je ne m’ennuie jamais.Je crois quand même que j’irai au Festival de jazz.Mais pas pour célébrer, ensemble ou à ma modeste façon.J’irai pour assouvir une douce passion.Il n’y a vraiment pas de quoi en faire une histoire.ou un panneau-réclame.Gilles Archambault, que les lecteurs du Devoir connaissent déjà pour ses chroniques littéraires, nous donne rendez-vous tous les jeudis de cet été dans cette page.Gilles Archambault À PROPOS -+- .des rapports parents-enfants La plupart des enfants canadiens ont de bons rapports avec leurs parents.Par exemple, la majorité des enfants de 2 à 11 ans vivaient avec des parents qui ont obtenu une cote assez élevée sur l’échelle des interactions positives et sur celle des pratiques parentales cohérentes.En outre, la plupart des enfants de 4 à 11 ans avaient de bonnes relations avec leurs frères et soeurs, 6 % seulement, selon les déclarations des parents, ne s’entendant pas bien avec leurs frères et soeurs.La grande majorité avaient aussi au moins deux bons amis en dehors de la famille; en fait, seulement 10 % des enfants de 6 à 11 ans n’avaient qu’un seul ou aucun ami.Vivre dans une famille qui reçoit l’appui et les encouragements d’amis, de parents et de voisins est également un facteur important du bien-être de l’enfant La majorité des enfants vivent dans une famille où les parents bénéficient d’un grand soutien social prodigué par des personnes à qui ils peuvent se confier ou sur lesquelles ils peuvent compter en cas d’urgence.L’appui offert aux parents par d’autres adultes est important, car l’état psychique des parents peut avoir de profondes répercussions sur l’enfant.Certains enfants vivent avec un parent qui présente des symptômes de dépression, et cette situation est d’autant plus probable que le revenu familial est faible.17 % des enfants appartenant à une famille dont le revenu est inférieur à 30 000 $ vivaient avec un parent présentant des symptômes de dépression.Par contre, seulement 5 % des enfants vivant dans une famille dont le revenu est supérieur à 60 000 $ avaient un parent dans cette situation.Tendances sociales canadiennes, Statistique Canada, Printemps 1997 LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 Directrice LISE B1SS0NNETTE Rédacteur en chef BERNARD DESCÔTEAUX Vice-président, finances et administration FRANÇOIS THOUIN Directeur de l’information CLAUDE BEAUREGARD Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU.GUY TAILLEFER.NORMAND THÉRIAULT Rédacteurs en chef adjoints JEAN ROBERT SANSFAÇON.ROLAND YVES CARIGNAN Directrice, ventes et marketing MARTINE DUBÉ 2050.rue de Bleury.9* étage, Montréal (Québec) H3A 3M9.Tél.: (514) 985 3333 FAIS CE QUE DOIS i i.i: h i: v o i it .i.k .1 i: i i> i 2 .i r i \ i !» !» A !> débat sur l’énergie I 'our un moratoire immédiat La démarche périlleuse du ministre Chevrette force l’intervention urgente des citoyens concernés par l’avenir du pacte social québécois sur l’électricité JEAN-FRANÇOIS U LA IN Conseiller à l'exécutif du Parti québécois du comté de Vaudreuil vec le dépôt du rapport final de la Commission de l'Économie et du Travail à l’Assemblée nationale le mardi 17 juin, la pertinence et la légitimité même de la démarche gouvernementale en matière de déréglementation énergétique sont plus que jamais remises en question.Non seulement la Commission entretient-elle des doutes sérieux quant à la réalisation éventuelle des bénéfices que cette ouverture des marchés serait censée générer, mais elle considère qu’une telle restructuration comporte «des risques importants qui touchent des enjeux fondamentaux pour la société québécoise», à savoir: la perte de nos avantages concurrentiels sur le plan tarifaire (facteur déterminant de notre capacité de développement industriel et régional), un transfert vers les consommateurs résidentiels des coûts fixes du réseau, la fin de l'interfinan-cement et de l’uniformité tarifaire.Considérant que les fondements-même du pacte social de l’électricité au Québec sont mis en cause, la Commission s’interroge «sur l’opportunité de procéder à de grands changements structurels sans avoir plus d’assurances quant aux bénéfices et aux coûts».Qui plus est, la précipitation et l’absence de justification publique qui ont caractérisé jusqu’ici le processus de déréglementation dans lequel le ministre des Ressources naturelles, Guy Chevrette, a engagé le Québec amènent les membres de la Commission à recommander au gouvernement «qu’aucune autre modification majeure ne soit faite dans la structure de l’industrie de l’électricité au Québec avant la venue d’un débat public sur la restructuration».Par ailleurs, constatant que ni le gouvernement ni Hydro-Québec n’ont sollicité la participation du public dans l’élaboration de son plan de développement tel que prévu en vertu du principe de planification intégrée des ressources (PIR) et du décret 971-91 (toujours en vigueur), la Commission recommande «qu’Hydro-Québec consulte le public dans le cadre de la préparation de son plan de ressources, et qu’elle amorce cette consultation dans les meilleurs délais».Pour justifier leur empressement à procéder dans la voie de la déréglementation, le ministre Chevrette et le président d’Hy-dro-Québee, André Caillé, ont invoqué l'importance du marché américain (environ 200.milliards) convoité et l’urgence de la situation pour permettre à Hydro-Québec de devenir l’un des premiers grossistes accrédités par la PERC (Federal Energy Regulatory Commission) et autorisé conséquemment à transiger directement sur le marché de gros chez nos voisins du sud.Ce positionnement précoce devait garantir à Hydro-Québec de profiter au maximum de ses' avantages: concurrentiels (en matière de coûts de production et de capacité du réseau, principalement).En fait, la part du marché américain véritablement accessible à Hydro-Québec est de loin inférieure aux 200 milliards que l'on fait miroiter.Seul le marché des États du nord-est américain (environ 25 milliards) nous est véritablement accessible.De plus, la FERC prévoit limiter la part de chaque grossiste à 20 % du marché, ce qui ramènerait les ambitions commerciales de M.Caillé à plus ou moins 5 milliards.Le caractère d’urgence invoqué pour ARCHIVES LF.DEVOIR Hydro-Québec est graduellement transformée en une société à vocation commerciale dont la mission première est dorénavant de générer un maximum de dividendes, serait-ce au prix de nombreuses pertes d’emplois et de la rupture du pacte social.mettre en branle la déréglementation énergétique sans aucun débat public n’a d’ailleurs jamais été démontré.Si les avantages concurrentiels du Québec dans le domaine énergétique (dont on fait abondamment l’éloge) sont effectivement si importants, il est permis de croire qu’ils ne s’évanouiront pas subitement dans le temps requis pour mener la consultation publique qui s’impose.A cet égard, chaque législature des États américains qui ont été saisis de la question de la déréglementation a confié à sa régie ou à un comité le mandat d’évaluer en profondeur les avantages et inconvénients de l’ouverture du marché de l’énergie avant de s’y engager.Dans tous les cas, l’ensemble des groupes concernés (clients résidentiels, commerciaux, industriels, syndicats, écologistes) ont pris part aux débats.Une quinzaine des 52 États américains qui ont complété cet exercice consultatif ont résolu de s’engager à plus ou moins court terme sur la voie de la déréglementation, la plupart en procédant de façon graduelle et certains en dépit de vives contes- tations juridiques.Fait intéressant, au Texas, les entreprises de service public s'opposent farouchement à la déréglementation alors que les conglomérats pétroliers la suppprtent ouvertement.Sans exception, les États qui ont choisi de déréglementer leur marché énergétique conçoivent que ce processus mène à terme à une ouverture complète des marchés de gros et de détail, incluant la possibilité pour les grossistes accrédités de vendre directement à la clientèle locale (distribution) tops secteurs confondus.A la lumière de ce qui précède, n’est-il pas étonnant d’entendre encore M.Caillé prétendre publiquement que le Québec ne sera pas forcé d’ouvrir son marché du détail comme si le processus de déréglementation ne constituait pas un tout dans lequel on s’engage irréversiblement, ses étapes successives étant indissociables.Ix* même André Caillé qui reconnaissait précédemment, devant la Commission de l’Economie et du travail, qu’Hydro-Québec, en contrepartie d’un accès au marché de détail des États américains, serait éventuellement forcé de consentir les mêmes avantages aux grossistes concurrents auprès de sa clientèle domestique en vertu de la règle incontournable de réciprocité.M.Caillé venait d’admettre que le statut de négociant d’électricité attribué par la FERC était requis pour vendre aux clients au détail alors qu’il «serait vraisemblablement encore possible, même sans ouverture, de continuer de vendre (en gros) à la frontière».En ce qui concerne le maintien de l’uni-formilé tarifaire — dont M.Caillé garantissait même la permanence sur les ondes de RDI mardi le 17 juin — le ministre Chevrette lui-même, lors de sa lecture du Projet de loi de la Régie de l'énergie, indiquait que l’obligation de la loi assurant des tarifs de fourniture uniformes à travers le Québec ne pourrait s’appliquer advenant une déréglementation au détail: «.lorsque la Régie aura produit ses avis (sur la libéralisation du marché québécois), on n’aura pas le choix d’amender.» Ia démarche périlleuse initiée par le ministre Chevrette et la façon déplorable dont elle a été engagée sans l’obtention préalable d'un quelconque mandat ni aucune justification publique forcent l’intervention urgente et concernée de tous les citoyens et groupes concernés par l’avenir du pacte social électrique québécois.Mais elle a néanmoins l'utilité de soulever des questions fondamentales, liées à la mondialisation des marchés, et auxquelles nous devrons collectivement répondre à très court terme.Le développement des ressources naturelles au Québec et de notre potentiel hydraulique seront-ils désormais guidés régionalement par l’appétit des promoteurs privés et assujettis aux besoins énergétiques du marché américain?Les nouvelles obligations de rendement d’Hydro-Québec et les ambitions commerciales en matière d’exportation auront-elles préséance sur toute autre considération d’intérêt collectif?Au gré de modifications successives de son mandat, Hydro-Québec est graduellement transformée en une société à vocation commerciale dont la mission première est dorénavant de générer un maximum de dividendes, serait-ce au prix de nombreuses pertes d’emplois et de la rupture du pacte social.Nous sommes nombreux à considérer que cette trajectoire que notre gouvernement a choisi d’emprunter est politiquement suicidaire parce qu’elle consacre la séparation des intérêts de l’État qui s’approprie les bénéfices de ceux des citoyens qui, livrés aux forces du marché, subiront des préjudices.Nous sommes nombreux, de toutes allégeances, et déterminés à faire obstacle.De grandes possibilités pour Hydro-Québec Il ne faut pas craindre les changements qu’amènent les nouvelles conditions du marché de l’énergie en Amérique du Nord GÉRALI) A.PONTON Président-directeur général de l’Alliance des manufacturiers et des exportateurs du Québec un des défis les plus importants que confronte L% le Québec actuellement est certes la création / de richesse, d’emplois et la nécessité d’une plus grande compétitivité.Ainsi, nous affichons un retard quant au produit intérieur brut (PIB) per capita comparé à la moyenne nationale depuis de nom- breuses années et notre taux de chômage est encore malheureusement beaucoup trop élevé.Il est donc impératif, voire essentiel, de savoir saisir; toutes les opportunités susceptibles d’être profitables au développement économique du Québec, et, la restructuration des marchés de l éilergie est un bon exemple à cet égard.Une restructuration que ne peut certainement pas in-gorer un joueur-clef, un leader Hydro-Québec.Avec les changements en cours aux Etats-Unis et ailleurs, une libéralisation des marchés enèrgétiques — dont celui de l’électricité — est inevitable ici; ce qui entrainera.nous en sommes persua-dés, une meilleure compétitivité pour l’économie québécoise dans son ensemble.Nous réitérons a cet egard que la libre concurrence incite à une allocation efficace des ressources, améliore la qualité du service au consommateur et facilite la planification énergétique à long terme.Ainsi.l'Alliance des manufacturiers et des exportateurs du Québec (AMEQ) est d’avis que lorsque les prix de l elec- Les instances mandatées pour faire le débat le feront tricité reflètent les coûts véritables, il y a un incitatif concret à la «conservation», favorisant du même coup l’efficacité énergétique tout autant que la protection de l’environnement.Nous sommes à l’aube d’une transformation importante du marché énergétique québécois.Ce faisant, Hydro-Qué-bec revoit ses stratégies en fonction des nouvelles conditions du marché où elle évolue, particulièrement l’Amérique du Nord.Des changements se sont imposés et continueront de bousculer certaines nos habitudes; certains pourraient même craindre cette période de changement amorcée sous le leadership du nouveau président d’Hydro-Québec, M.André Caillé.Il n’y a pourtant pas de quoi s’inquiéter outre mesure.D’abord, parce que les instances mandatées pour -faire le débat» le feront; parmi celles-ci, il y a la nouvelle Régie de l’énergie.Créée par voie législative au cours des derniers mois (l’AMEQ la réclamait depuis longtemps), la Régie est un outil essentiel qui viendra éclairer les preneurs de décisions afin de tirer le maximum de bénéfices |X)ur les Québécois.La création de la Régie de l’énergie était nécessaire, voire incontournable, ne serait-ce que |xuir simplement rattra|X‘r nos concurrents énergétiques qui.|xnir beaucoup d’entre eux.ont déjà l'avantage d'évoluer avec de telles instances.\ja Régie devra donc, selon le mandat législatif qui lui a été confié, donner un avis sur la |XTtinence, les conditions et les modalités de la libéralisation des marchés de l’électricité.Elle devra aussi poser des jugements en fonction de critères objectifs d’économie et de développement durable, appuyées par des études sérieuses.On peut prévoir, d’ores et déjà que cela améliorera la qualité des décisions importantes en matière énergétique, tandis que le climat dans lequel celles-ci seront prises sera nettement plus serein.Il y a un consensus sur la création de la Régie de l'énergie notamment parce que les Québécois en ont eu assez des débats partisans qui entouraient jusqu’à présent les décisions ayant trait à la gestion et les tarifs de l’électricité au Québec.Les régisseurs de la nouvelle instance ont été nommés encore tout récemment; beaucoup de travail les attend, mais entre-temps il faut féliciter le gouvernement du Québec et Hydro-Québec d’avoir su agir avec célérité pour qu’Hydro-Québec puisse se faire reconnaître comme négociant par la Federal Energy Regulatory Commission (FERC).lx marché est dynamique et il faut s’adapter, être innovateur et agir.Bref, dans un marché en évolution, les bonnes décisions ont été prises pour assurer un bon positionnement stratégique d'Hydro-Québec — et du Québec ne l'oublions pas.L'Alliance des manufacturiers et des exportateurs du Québec croit que la restructuration du marché de l’énergie recèle de grandes opportunités pourvu qu’Hydro-Québec continue à les saisir de façon éclairée.Le Québec pourra ainsi devenir une des plaques tournantes de l’énergie en Amérique du Nord et ceci au bénéfice de tous les Québécois «consommateurs» que sont les industries comme les jjarticuliers.mais aussi au profit de la société en général.puisque qu'Hydro-Québec.rappelons-le.reste et demeure notre propriété collective.[A La dive bouteille f Les brasseries : devraient créer un centre d'échange de leurs différents formats V KA N Ç OIS TOUCH K TTE Consultant en gestion de l'information été arrive enfin et j’entends, sur bon nombre,’.de terrasses de la rue Saint-Denis à Montréal’ mais le phénomène est audible à la grandeur' de toute la province, le «pshit» caractéristique) de l’ouverture de la capsule d’une bouteille de;, bière.Oui, la bière est bien bonne et s'appré-; cie l’été! Mais en arrière-plan se déroule une lutte conté’ nuelle, vicieuse et dont l'objet est la divine bouteille ellÇ;' même.jiu Ainsi avez-vous remarqué qu’avec l’arrivée des bières» artisanales dans le portrait québécois, la distinction par 1&, goût s’est aussi faite par l’étiquette et la forme de la bouteille.Cette dernière caractéristique qui donne au mousseux breuvage une «belle gueule» et la différencie du foU* 1 mat brun et habituel de la compagnie des «petits bateaux»; ’ une des deux principales cornpaL gnies de ce juteux secteur écorné, inique, ramène au premier plan la question du recyclage.Moi, par exemple, je fais parfois dans la Seigneuriale qui ne se réJ 1 cycle pas chez mon dépanneur lue bituel qui à son tour rejette La fin i du monde gros format mais qui aç-, cepte la froide Boréale et même la familière Tremblay peut-être parce que ces deux dernières bières se confondent dans la masse.de : bouteilles et que les compagnies; habituelles ne voient pas la différence ou est-ce le contraire?Pour une société comme bon nombre d’autres qui se sont engagées vers la fin des années 70 avec'.la création de ministères de l'environnement à convaincre et à se convaincre que l’humain polluait et mettait ainsi en péril la planète avec l'industrialiV sation et l’augmentation de la population mondiale, le défi" du recyclage est dans ce contexte vécu comme un enjeu important de la garantie d’un équilibre entre la nature et-l’humain.«J’ne pogne pas les Bleus» devant le droit à la diffère,ij; , ce que nous imposent les compagnies de bières sauf que la bouteille hors norme, amenée loin de sa région! d’origine ou de sa sphère de distribution, risque de Sè ' retrouver dans les vastes cimetières marins constitués ' pendant la période où la bouteille ne valait pas «troiso pistoles».Cela ne vous ra«gaillarde» pas, veuillez men croire! Chaque compagnie est maître de ses choix et a^v sume ses différences sauf que l’ensemble de celles-ci pourraient créer un centre de conciliation de bouteilles ' consignées qui permettraient aux consommateurs qüë” nous sommes de mettre en pratique partout au Québec, le recyclage du flacon brun au lieu de se faire «black-.» bouler» lors de nos efforts.Ce centre d’échange entre,, toutes les compagnies en plus de créer de nouveaux emplois, créerait un véritable partenariat entre les compagnies et les consommateurs pour une finalité crucia-* le: le non-gaspillage.En attendant, je prie saint Ambroise que ma suggestionne se transforme pas en eau bénite.Le défi du recyclage est un enjeu important de la garantie d’un équilibre entre la nature et l’homme COURRIER DES LECTEURS Oil .t*>t> Le Devoir est heureux d’accueillir dans cefite page les ; , analyses et les commentaires de ses lecteurs.Étant donné .la réponse enthousiaste de ces derniers, nous nous léser-” vons la possibilité de réduire la longueur des textes rete- ' nus.Nos correspondants sont invités à joindre à leur envoi une disquette pour faciliter et accélérer la saisie de leurs propos.Sauf lors de situations d’urgence, la transmission ,; par télécopie n’accélère pas la publication, au contraire.La-longueur des textes ne devrait pas dépasser 1000 mots, ôii ' ’ 7000 caractères.Vous pouvez aussi utiliser le courrier' ; électronique:devoir@cam.org ¦ L’ÉQUIPE U U DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine: Louis Lapierre (adjoint au directeur de l'information).Sylvain Blanchard, Paul Cauchon, Jean Chartier, Jean Dion.Louis-Gilles Fran-cœur, Kathleen Lévesque.Caroline Montpetit.Brian Myles, Isabelle Paré, Clément Trudel, Serge Truffaut: Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques)-, Martin Duclos et Christine Dumazet (relecteurs): Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes); à l’information culturelle: Michel Bélair (responsable).Stéphane Baillargeon, Pierre Cayouette, Paule des Rivières.Ionise Leduc, Jean-Pierre Legault.Benoit Munger.Odile Tremblay; à l'information économique: Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information), Robert Dutrisac.Jean Pichette.Claude Turcotte; à l'information internationale: Jocelyn Coulon (adjoint au directeur de I information), François Brousseau (éditorialiste), Claude Iévesque; à l’information politique: Pierre O'Neill.Manon Cornellier (correspondante parlementaire à Ottau-a).Mario Cloutier et Gilles Lesage (correspondants parlementaires à Québec).Michel Venue (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec): à l'information sportive: Yves d'Avignon: Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction): Isabelle Hachey, Marie-Claude Petit (commis).La documentation: Gilles Paré (directeur): Brigitte Arsenault.Manon Derome, Serge Laplante (Québec).Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Martine Dubé (directrice).Daniel Barbeau (directeur adjoint).Jacqueline Avril.Jean de Billy.Brigitte Cloutier.Gyslaine Côté.Marlène Côté, Christiane Legault.Jacques A.Nadeau.Guylaine Ouellet.Micheline Ruelland (publicitaires): Sylvie Laporte.Nathalie Lemieux.Claire Paquet.Pierrette Rousseau.Micheline Turgeon: Francine Ouellet (sccré-taire).LA PRODUCTION Jocelyn Arsenault (directeur des approrision-nements.distribution et production).Marie-France Turgeon (responsable de la production).Claudine Bédard.Johanne Brunet.Danielle Cantara.Richard Des Cormiers.Marie-Josée Hudon.Sylvain Lesage.Christian Vien.Obvier Zuida.SERVICE A IA CLIENTÈLE Johanne Brien (rrs-ponsable), Evelyne Labonté (responsable à la promotion des abonnements).Manon Blanchette-Turcotte.Monique L'Heureux.lise Lachapelle.Rachebe Leclerc-V'enne.L'ADMINISTRATION Yves Bou-thiette (contrôleur).Dairy Depatie (adjointe à l'administration et responsable des ressources humaines).Nicole Carmel (responsaNe des sendees comptables).Jeanne-d'Arc Houde (secrétaire à la direction): Céline Ku-rov.Ghislaine Iafleur.Nathalie Perrier.Danielle Ponton.Danielle Ross.LA FONDATION DI" DEVOIR Marcel Couture (président).Roger Boisvert (rice-president exécutifet directeur général).t f Miiiiiii I • ft » 'A 10 Ulli I.K l> K V O I II .I.K .1 K (7 l> I 2 II .1 I' I N I II II 7 LE DEVOIR «1 cm CANADIAN PRESS mm.m a ¦ .¦ -, t; r.ÜÊit ¦$8‘'&'JÈËÊà s&âiâ a» 3.:«ra>Twi V LA FAMILLE GRANT, rfcs î/es Orkney, en Écosse, roule sa bosse sur les routes du Michigan par les temps qui courent.Les Grant prendront part à l’International Bridge Walk, qui les mènera de Sault Ste.Marie (Michigan) à Sault Ste.Marie (Ontario) samedi.Après quoi, la famille voyagera à bord de sa «1 cv» jusqu’en Nouvelle-Écosse.De là, les Grant retourneront dans leur contrée, qu’ils ont quittée le 31 août 1990.Ottawa explore Washington (PC) — Le Canada et les Etats-Unis ont tenu des discussions de haut niveau hier sur l’expulsion de Pol Pot vers le Canada.Mais la confusion qui sévit au Cambodge quant au sort même de l’ancien leader des Khmers rouges devrait finalement suspendre tout geste de ce côté.L’ambassadeur du Canada à Washington, Raymond Chrétiep, a rencontré Strobe Talbott, adjoint à la Secrétaire d’Etat américaine Madeleine Albright.Les deux hommes se sont mis d’accord pour que les procureurs du gouvernement canadien continuent d’explorer les possibilités légales que Pol Pot soit traduit en justice au Canada.Trois autres pays — le Danemark, l’Australie et les Pays-Bas — étaient également envisagés à cet effet, mais les Pays-Bas ont fait savoir hier au gouvernement américain qu’ils ne pourraient détenir Pol Pot On ne sait toujours pas vraiment où est Pol Pot, ni même s’il est en vie.Certaines informations veulent qu’il soit détenu dans la jungle cambodgienne par des dissidents des Khmers rouges.Ceux-ci seraient sur le point de rendre les armes, offrant l’ancien leader comme monnaie d’échange.Il n’existe aucune cour de justice permanente pour entendre des causes de génocide, comme on en accuse Pol Pot mais le Conseil de sécurité des Nations unies pourrait "?"établir un tribunal spécial comme il l’a fait au Rwanda et dans l’ex-Yougoslavie.Il n’est pas sûr qu’up procès de ce genre puisse se tenir au Canada, mais les Etats-Unis ont demandé la semaine dernière aux autorités canadiennes s’il était possible pour elles de détenir Pol Pot jusqu’à ce qu’un tribunal international soit mis en place.M.Talbott s’est d’ailleurs excusé hier auprès de l’ambassadeur canadien pour la fuite qui a permis de rendre publique cette requête, qui devait rester secrète.La semaine dernière, le Cambodge a demandé l’aide îes Nations unies pour traduire en justice les leaders des Khmers rouges.Depuis, le gouvernement cambodgien semble avoir retraité dans ce dossier.Hun Sen, copremier ministre du Cambodge, soutient maintenant que tout procès devra être mené par son pays.De plus, la Chine — qui a longtemps appuyé les Khmers rouges — a déclaré que le sort de Pol Pot était une affaire qui relevait uniquement du Cambodge, laissant ainsi entendre qu’elle pourrait utiliser son veto au Conseil de sécurité de l’ONU pour bloquer la mise en place d’un tribunal sanctionné par celui-ci.De quelque nature qu’il soit, le procès de Pol Pot marquerait la fin d’un des épisodes les plus tragiques de l’histoire de ce siècle.FISC «Jamais la Loi sur l'accès a été soumise à aussi rude épreuve» SUITE DE LA PAGE 1 les renseignements recueillis par 10,20 ou 30 organismes et [de] les utiliser à d’autres fins» que celles pour lesquelles ils ont été recueillis.Cette loi oblige le ministère à publier un rapport résultant de la comparaison, du couplage et de l’appariement des fichiers de renseignements.Ce document a été déposé la semaine dernière, en même temps que le rapport sur la lutte contre l’évasion fiscale et un avis de la Commission d’accès.Dans son avis, la CAI constate d’abord que, avant même d’avoir pu recourir aux nouveaux pouvoirs qui lui sont conférés par la loi 32, le fisc est parvenu à des résultats «très intéressants» en matière de récupération fiscale.«Le bilan 1996-1997 démontre qu’il est possible d’obtenir des résultats tangibles en utilisant, d’une part, les données internes du ministère du Revenu et, d’autre part, en ayant recours à de nouvelles approches de vérification.» Le rapport sur la lutte contre l’évasion fiscale montre en effet qu’en employant des méthodes différentes de vérification, sur place, en augmentant le nombre d’employés réservés à cette tâche (plus de 1100 embauches durant l’année), en ciblant ses interventions et grâce aux effets dissuasifs de sa campagne de publicité, le ministère est parvenu à récupérer quelque 220 millions de dollars en impôt^ impayés.À la lumière de ces constations, «la commission persiste à croire qu’il n’est pas nécessaire de concentrer au ministère du Revenu une telle multitude de renseignements personnels».SUITE DE LA PAGE 1 devait la débourser dans un futur proche.«Nous avons plusieurs musiciens qui viennent de l’étranger.Ils enseignent quelques jours puis concluent leur séjour par un concert.Mais pour un organisme à but non lucratif comme le nôtre, qui compte sur le bénévolat pour boucler son budget, quelques milliers de dollars de plus à débourser pourrait être catastrophique.» Lui-même musicien, corniste pour être plus précise, M.Carmichael ne comprend pas la logique de la Guilde.«La musique n’est pas un monde fermé, il a besoin d’être nourri du talent venu de l’étranger.» Le Festival international de Lanaudière qui commence lundi devra grosso modo verser 60 $ pour chaque artiste non-membre de la Guilde.«Il s’agit pour nous d’une augmentation de quelques milliers de dollars que nous pourrons absorber cette année.Mais si la Guilde va de l’avant avec son intention de fixer son tarif à 100 $ l’an prochain, c’est une autre histoire.», note le directeur général François Bédard.Le prix d’un statut international La question de l’heure: les festivals doivent-ils être pénalisés parce qu’ils invitent des étrangers?Doivent-ils payer cher leur statut international?«Le fait que nous engagions par exemple le Wiener Klavier trio au festival n’enlève pas des emplois à des Québécois.Ces gens de Vienne ne font qu’enrichir notre volet international auquel nous tenons», continue M.Bédard.Du côté du Medley Black’n Blues qui se déroule en avril, l’organisateur Jamil Azzaoui soutient que l’argument de la Guilde voulant que ces mesures favorisent les Québécois ne tient pas.Techniquement, son festival doit une rétroactivité de 2700 $ à la Guilde, somme qui n’est toujours pas versée.«2700 $ pour un petit festival, c’est proportionnellement plus que ce qu’exige la Guilde au Festival de jazz.L’ironie de la chose, c’est que, nous réclamant cette somme, la Guilde, fondée sur la loi d’Al Capone, s’attaque à un festival dont le contenu est à 85 % canadien ou québécois.» Au Festival d’été de Québec, qui célèbre ses trente ans par l’ajout de plusieurs concerts cette année, le budget consacré aux redevances à l’Union des artistes et à la Guilde des musiciens a doublé cette année, passant de 25 000 à 50 000 $.Michel Létourneau s’y résigne cependant.«Oui, il s’agit d’une bonne hausse pour nous, mais, dans notre contexte, c’est vivable.Le Festival de jazz trouve cela déraisonnable?Nous, nous nous sommes assis avec le représentant de la Guilde à Québec et nous en sommes venus à une entente.» lit commission reconnaît que «la démarche entreprise en est à ses premiers balbutiements».Le ministère est en effet toujours en train de mettre au point les systèmes informatiques (la centrale de données) qui lui permettrait de tirer le maximum de profits des renseignements recueillis.11 reste que, depuis l’automne 1997, le ministère a obtenu de différents organismes publics quelque 54 fichiers de renseignements.Par exemple, le ministère utilise des fichiers provenant du ministère des Transports pour identifier des utilisateurs de machinerie lourde et vérifier, éventuellement, ceux qui n’auraient pas déclaré les revenus découlant de cette activité.Au nombre des 54 fichiers obtenus figurent quatre mégafichiers: celui des prestataires de la Sécurité du revenu, celui des bénéficiaires de la Régie de l’assurance-ma-ladie, celui de la Régie des rentes et celui de l’immatriculation de la Société d’assurance automobile.En comparant ces quatre fichiers avec ceux du ministère du Revenu, ce dernier a été en mesure d’identifier plus de 100 000 personnes qui n’avaient pas produit de déclaration de revenu en 1994.Selon la Commission d’accès, le fisc aurait pu conclure une entente avec les organismes détenteurs de ces mégafichiers pour obtenir les renseignements qui lui sont utiles, et ce dans le cadre de la Loi sur l’accès à l’information, donc sans avoir à recourir aux pouvoirs extraordinaires prévus au projet de loi 32.Mais la CAI s’inquiète surtout du fait que la démarche autorisée par la loi 32 «ne peut qu’affaiblir la Loi sur l’accès [à l’information] et en même temps mettre en danger le droit des citoyens à la protection de la vie privée».Un cadeau de 30 OOO $ Le Festival de jazz de Montréal a eu moins de chance.Parce qu’il n’a pas obtenu la promesse d’obtenir 100 $ par artiste non-membre de la Guilde l’an prochain, le président de la Guilde des musiciens du Québec, Emile Subirana, a retiré l’habituelle contribution de 30 000 $ versée chaque année au Festival pour les spectacles extérieurs.«Nous aurions aimé que notre contribution de 30 000 $ au Festival de jazz ait fait autant de bruit du temps où nous la versions qu’en cette année où nous la leur retirons», a lassé tombé M.Subirana.M.Subirana ne cache pas que le désengagement de la Guilde dans les spectacles extérieurs relève du moyen de pression, appliqué légitimement.«Nous avons le droit de le donner ou de le refuser, ce cadeau de 30 OOO $», continue M.Subirana.Or, ces moyens de pression seraient, de l’avis des avocats du Festival de jazz, illégaux.Ces jours-ci, l’ADISQ s’apprêtait à entrer en négociations en bonne et due forme avec la Guilde pour en finir avec ces négociations de permis de travail au cas par cas, renouvelées chaque année.L’ADISQ a reçu de la Guilde le 13 juin un avis de négociation pour fixer définitivement les conditions de travail minimales des musiciens.«Légalement, explique Lyette Bouchard, directrice générale adjointe et responsable des relations de travail à l’ADISQ, aucun moyen de pression ne doit être utilisé dam les 30 jours suivant l’envoi d’un avis de négociation.» Alain Simard, lui, croit que, par sa croisade, la Guilde ne veut que marquer pour débuter en position de force ses négociations avec l’ADISQ le 3 juillet.A souligner cependant que les FrancoFolies ne seront pas touchées par les mesures de la Guilde.Le 3 juillet, ce sera trop tard pour le Festival de jazz et pour les musiciens.La saxophoniste Jennifer Bell, du groupe québécois Streetnix qui participe depuis dix ans au Festival de jazz, compte parmi les victimes de cette chicane de clochers.«Je comprends la position de la Guilde et celle du Festival de jazz.Mais ce sont les musiciens, ceux qui devaient jouer dans la rue et qui étaient les moins payés, qui se retrouvent pris entre deux feux.» Le jazzman Bernard Primeau, dont les spectacles ne sont pas annulés, s’inscrit quand même dans le débat, par principe.Selon lui, aucun musicien québécois ne perçoit les musiciens invités à des festivals ici comme des voleurs de job.«Au contraire, nous avons besoin d’eux, ils nous inspirent musicalement.Plus encore, quand un Québécois et un musicien de prestige de l’étranger sont jumelés en un même concert, ça donne aux gens d’ici une très belle visibilité.Parce que les Québécois, ils ne remplissent pas les grosses salles comme le peuvent des musiciens de prestige venus d’ailleurs.» Cette affirmation est reprise avec plus de force au rapport annuel de la commission.«Jamais, depuis son adoption unanime par l’Assemblée nationale en 1982, la Uti sur l’accès a été soumise à aussi rude épreuve», écrit M.Co-meau, s’appuyant, d’une part, sur le précédent de la loi 32 et, d’autre part, sur les propositions du Vérificateur général qui suggérait, dims un rapport récent, de généraliser le recours aux échanges de données.«En bout de piste, l’une et l’autre démarches visent le démantèlement de l’architecture de la protection des renseignements personnels dans le secteur public», écrit le président de la commission.«Il n’y a rien d’anodin dans ce qui vient de se dérouler.» Ce que ces démarches remettent en question, c’est l’un des principes sur lesquels est fondée la Loi sur l’accès à l'information de 1982: celui de l’étanchéité des multiples entités et composantes de l’administration publique.La mise au rancart de ce principe conduirait «à un cauchemar», prévient M.Comeau.«La protection des renseignements personnels vise essentiellement un objectif et un seul: préserver l’individu contre la toute puissance de l’État.» Certes, les ministères invoqùe-ront toujours le fait qu’ils adoptent des mesures de sécurité pour assurer la confidentialité des renseignements échangés.La CAI constate d’ailleurs que le fisc a mis en place des mesures de sécurité satisfaisantes, pour le moment.Mais, ajoute M.Comeau dans son rapport annuel, l’État «n’acquiert pas le droit de tout centraliser en invoquant mécanismes et garanties de confidentialité.Ce serait confondre les moyens et la fin de la protection des renseignements personnels».ROCHON | SUITE DE LA PAGE 1 exigent des employés de la CARRA plus de travail et de: temps.Ils doivent calculer les rachats d’années de service puisque les régimes de retraite de plusieurs ne suffisent pas à offrir une rente acceptable.Après avoir reçu les résultats de ces calculs de rente, les syndiqués ont, par la suite, jusqu’à 30 jours pour prendre une décision finale.Les 7657 personnes qui quitteront Je réseau de la santé le 1er juillet représentent 4300 ETC (Équivalent temps complet), soit un peu plus de la moitié de la cible de 8400,7325 retraites anticipées additionnées de plus de mille départs assistés, visées par l’entente patronale-syndicale de mars dernier.Plusieurs centaines de sécuritaires d’emploi quitteront également pour la retraite.De ce nombre, contrairement à ce que plusieurs croyaient, seulement 724 infirmières ont annoncé leur départ jusqu’à maintenant, soit 2 % des effectifs pour ce type d’emploi.Ainsi, les employés qui partent se retrouvent en plus grand nombre au sein des services auxiliaires (1159), des emplois para-techniques — incluant les préposés aux bénéficiaires — (850) et des emplois de bureau (811).C’est l’une des raisons qui poussent le ministre Rochon à affirmer que les services ne seront pas touchés.«Le premier objectif est d’éviter toute interruption de services.Tous les établissements ont commencé à travailler là-dessus.[.] Ça devrait se passer sans que les patients s’en aperçoivent.» La population peut être rassurée, dit le ministre.Il vient d’ailleurs de compléter une tournée de toutes les régions afin de s’assurer que les départs à la retraite ne causeront pas de problèmes dans les établissements de santé.Quant à la période de transition qui commencera le 1er juillet, elle servira au ministre pour déterminer les postes à abolir, les services nécessaires et les postes à combler ainsi qye les postes qui seront remplacés de façon temporaire.A ce sujet, on sait déjà qu’on accordera la priorité aux 4600 sécuritaires d’emploi que compte le réseau.Dans l’ordre de rappel, ils seront suivis des employés à temps partiel et des occasionnels.En tout, 40 % des 8400 ETC seront abolis cette année, le reste l’an prochain.C’est donc dire que 60 % des employés qui partent cette année devront être remplacés, ce qui coûtera 175 millions aux établissements de santé.Le ministre Rochon refuse d’y voir une façon de reporter le problème à plus tard.«Ce n’est pas un pelletage en avant de dépenses.Ce n’est pas qu’on repousse à l’an prochain certains objectifs budgétaires.C’est vraiment un financement de la même nature qu’une hypothèque.» D’ailleurs, pour garantir cet emprunt, le gouvernement se sert de son parc immobilier plutôt que d’ajouter à la dette publique.MUSICIENS S.V.P.Assurez-vous que ce papier journal soit recyclé.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A3M9.EÛ Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333.Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Sur Internet devoir@cam.org Pour l’agenda culturel (514) 985-3551 La publicité Au téléphone (514) 985-3399 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et petites annonces Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 8h à 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Le Devoir «1 publié du hindi au samedi par Le Devoir Inc.dont le ***** social est situé au 2050.rue de Bleury.Sr étage.Montréal.(Québec).H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor LaSalle.7743.rue de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc.612.nie Saint-Jacques Ouest.Montréal L’agence Presse Canadienne r- est autorisée a employer et à diffuser les informations publiées dans Le Devoir Le Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du f Groupe Québécor bit* .900.boulevard Saint-Martin Ouest I^aval Envoi de publication — Enregistrement o* 0658 Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.COUSTEAU 80 films, dont un sur le Saint-Laurent SUITE DE LA PAGE 1 l’aventure moderne, l’invention du possible, la part de rêve au cœur de chacun de nous», a-t-il déclaré en hommage au pionnier de l’aventure sous-marine.Aux États-Unis, où est basée la Cousteau Society qui regroupe maintenant plus de 150 000 membres, le vice-président Al Gore a soutenu que l’illustre océanographe, en plus d’être un de ses amis personnels, était «un héros pour tous les hommes, les femmes et les enfants du monde entier».Les grandes organisations écologistes, comme Greenpeace et la World Wild Fund (WWF), qui se décrivent un peu comme «les enfants de Cousteau», ont souligné que le décès du commandant était l’occasion de «rappeler la course contre la montre pour protéger l’environnement et les générations futures».Celui qui a servi d’inspiration à toute une génération d’écologistes devait d’ailleurs participer au Forum 2000, une conférence d’intellectuels et de scientifiques, à Prague, en septembre prochain.Le président tchèque, Vaclav Havel, a déploré sa disparition, qu’il considère comme «une grande perte, non seulement pour la France, mais pour toute l’Europe».A Londres, où l’explorateur a en 1964 reçu des mains de la reine Elisabeth la médaille d’or de la British Royal Geographical Society, le porte-parole de l’illustre société a reconnu Jacques-Yves Cousteau «comme l’un des plus grands explorateurs que le monde ait connus».Une passion qui commença en 1930 Né le 11 juin 1910 à Saint-André-de-Cubzac (sud-ouest de la France), Jacques-Yves Cousteau fut plus qu’un explorateur, il fut aussi le père de la plongée sous-marine moderne.Ancien capitaine de corvette dans la marine française, son histoire d’amour avec les fonds marins commença en 1930.Un accident d’avion survenu au moment de son passage dans l’Aéronavale scellera à jamais son destin de marin.C’est à ce moment qu’il fera la rencontre de deux fous de plongée, Frédéric Dumas et Philippe Taillez, avec qui il mettra au point le premier scaphandre autonome en 1943.Plus qu’un amoureux des mers, Cousteau se révélera aussi être un inventeur prolifique.Avec l’ingénieur Émile Gagnan, il créera le premier appareil respiratoire à circuit ouvert, soit la bonbonne d’oxygène, qui donnera naissance à «Hiomme-grenouille».Une invention qui permettra d’explorer 70% du globe, soit le monde marin.Redoutable homme d'affaires, le marin fera d’ailleurs fortune avec le dépôt de ce brevet, qui lui rapportera des royalties considérables pendant plus de cinquante ans, né- cessaires pour financer ses expéditions de par le monde.La plongée deviendra rapidement l’ultime passion de Jacques-Yves Cousteau, à laquelle s’ajoutera le bonheur d’écrire et de filmer.L’épopée de l’équipe Cousteau connaîtra son envol grâce à l’acquisition, en 1950, de La Calypso, un ancien dragueur de mines offert en cadeau par le milliardaire Noel Guinness qui sera vite converti en navire d’exploration.Doté de son mythique navire, Cousteau commencera à sillonner les océans, repoussant toujours plus loin la connaissance de fonds marins restés jusqu’alors inconnus.Ces films lui vaudront, en 1950, la Palme d’or au Festival de Cannes avec son documentaire Le Monde du silence, réalisé avec l’aide du cinéaste Louis Malle.Puis Le Monde spns soleil lui rapportera gloire et argent, notamment aux Etats-Unis où il parviendra à récolter quatre millions de dollars grâce à la vente d’une douzaine de ses films à la société américaine de télévision ABC.Curieusement, c’est davantage au pays de l’Oncle Sam que Cousteau trouvera ensuite les fonds nécessaires à la poursuite d’expéditions scientifiques et de films toujours plus onéreux, nécessitant le développement de toute une flottille de coûteux appareils et de caméras sous-marines sophistiquées.La Calypso sur le Saint-Laurent À bord de la mythique Calypso, Cousteau, avec ses fils Jean-Michel et Philippe, réalisera près de 80 films, dont un sur le fleuve Saint-Laurent et les Grands Lacs en 1980, Les Pièges de la mer.Lors de ce tournage, un de ses plongeurs avait d’ailleurs trouvé la mort à Belleville dans le lac Ontario.Sa carrière de marin fut aussi assombrie par la perte de son fils Philippe, mort noyé lors d’une plongée.Déjà âgé de 71 ans lors du tournage de son film sur le Saint-Laurent, réalisé de pair avec l’Office national du film, le capitaine Cousteau, devenu un homme d’affaires occupé, avait tout de même passé une quinzaine de jours avec l’équipe de tournage.Le réalisateur Philippe Leduc, qui était dors caméraman pour certaines scènes extérieures, se souvient d’avoir été impressionné par l’austérité de cet homme, doublée d’une faculté d’émerveillement incroyable.«Même s’il menait une entreprise multinationale, sur le bateau il régnait une atmosphère familiale.Je me souviens, par exemple, qu’il trichait très bien au scrabble!», ra-conte-t-il.Trois générations de téléspectateurs Au moins trois générations d'enfants et des millions de téléspectateurs ont été émerveillés par ses documentaires qui transportaient jusque dans leurs salons les échos d’un monde sous-marin semblant irréel, habité de créatures et de plantes étranges, exploré à la torche par des hommes revêtus du fameux vêtement de plongée à la rayure jaune.Qevenue une des cinq émissions les plus écoutées aux États-Unis, la série de documentaires du père de la Calypso fera aussi de petites loutres de mers, comme Pepito et Cristobal ou Burke le morse, des stars aussi populaires que Mickey Mouse.Qui ne se rappelle pas de ses soirées bercées par la voix douce et monocorde du vieux loup de mer racontant ses derniers exploits?Tout en acquérant le titre de vedette aux États-Unis, Jacques-Yves Cousteau dirigera pendant trente ans (1957-1988) le Musée océanographique de Monaco et sera reçu en 1988 à l’Académie française.Les dernières années de sa vie, il les consacrera toutes! entières à la protection de l’environnement, notamment du ' continent Antarctique et de l’Amazonie, et repartira à la découverte de l’océan Pacifique.La surpopulation de la planète demeurait sa principale préoccupation.Une brouille avec son fils Jean-Michel, qui aboutit à un procès en Californie, créera un fossé entre le père et le fils jusqu’à, sa mort Une fin funeste pour la Calypso En 1996, son navire d’exploration devait aussi connaître une fin funeste, coulé après avoir été éperonné par une barge à Singapour.Renflouée mais percée, La Calypso est: aujourd’hui amarrée dans le port de Marseille en attendant un transfert possible au Parc des sciences de la Villet-te.Les expéditions de l’équipe Cousteau se sont malgré tout poursuivies sur L’Alcyon, un navire à propulsion par turbo-voile.Jusqu’à la fin de sa vie, le marin-explorateur; continua à amasser des fonds pour permettre de financer! la construction de Calypso II.S’il n’est pas un continent, une mer ou un océan qui ait* échappé au frêle commandant, il n’aura pas survécu assez* longtemps pour pouvoir assister à la mise à l’eau de ce] deuxième bateau «qui était son vœu le plus cher».Un hommage solennel sera rendu lundi au capitaine Cousteau à la cathédrale Notre-Dame de Paris.En hommage à ce père des écologistes, la société de télévision française France 2 diffusera le 29 juin un film inédit de; l’équipe Cousteau et consacrera toute la nuit du 30 juin au 1er juillet à l’œuvre du commandant par une série d’inter-: views, de débats et diffusion de ses meilleurs documents.Avec AFP
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