Le devoir, 28 juin 1997, Cahier D
LE DEVOIR 1m chronique de Robert Lalonde Rage I) 3 1m nouvelle Rage D 4 Grille télé du week-end Rage I) 6 ?Dany Leriche Page D 7 Formes Page D 8 I.K I) !•: V O I I! .I.!•: S S A M K DI 2 N K T I) I NI A N < Il K 2 !» .1 I I \ I !» !» 7 PHILOS O I* H I E De la bandaison et du pouvoir La différence entre les sexes est essentiellement génitale, prétend le Français Etchegoyen ÉLOGE DE LA FÉMINITÉ Alain Etchegoyen Arléa, Paris, 1997,190 pages DES LIBERTÉS SOUS INFLUENCE Alain Etchegoyen Seuil, Paris, 1997,200 pages MICHEL VENNE LE DEVOIR Le pornographe du phonographe, Georges Brassens, chantait avec désinvolture que «la bandaison, papa, ça ne se commande pas».S’il avait su qu’en 1997, un philosophe français à la mode reprendrait cet axiome pour soutenir une thèse savante sur la Différence, avec un D majuscule, entre l’homme et la femme.Car Alain Etchegoyen prétend, dans Éloge de la féminité, que la différence entre les sexes est essentiellement génitale.Que cette différence biologique explique tous les autres comportements, jusque dans l’exercice du pouvoir politique.Cette différence tient en grande partie sur l’intermittence de la vigueur masculine.La femme éprouverait, au contraire de l’homme, un «désir illimité».«La force du sexe féminin, écrit Etchegoyen, c’est la continuité de son activité.La femme est là, toujours disponible, dans l’attente d’une vigueur retrouvée.» Seule «la pudeur naturelle» de la femme contient son désir.Le sexe de l’homme, par contre, «ne fonctionne que par intermittences, à intervalles plus ou moins réguliers, la plupart du temps incapable de satisfaire une union».Forcément, reprend le philosophe, «chaque sexe a des effets sur les comportements et les psychologies comme sur les devoirs qui en résultent».Son explication naturaliste, Etchegoyen y travaillait depuis 15 ans, avant de se résoudre, aujourd’hui, à publier ce texte au sujet duquel il dit hésiter entre «l’approbation et la dénégation» tant il est vrai, écrit-il, «qu’il faut aujourd’hui prendre bien plus de précautions dans ce qu’on dit des femmes qu’avec les femmes elles-mêmes».L’auteur revisite un texte de Jean-Jacques Rousseau {Émile, ou de l’éducation, livre cinquième) pour percer le mystère de ce qui constitue, à ses yeux, la seule différence objective qui traverse l’humanité.L’explication commence dans cette observation: la différence ne s’observe que dans l’union.Et pour qu’il y ait union, il faut que le sexe masculin puisse pénétrer le sexe féminin.Il suffit que l’un veuille et puisse et que l’autre résiste peu.Pour l’homme, il y a une nécessité physique tandis que pour la femme, écrit l’auteur, il s’agit d’un choix individuel.La force est féminine C’est pourquoi, selon le moraliste, dans l’union des sexes, le sexe fort est le sexe féminin et le sexe faible le sexe masculin.D’ailleurs, de la ceinture de chasteté à l’excision, l’homme fait l’aveu de sa faiblesse.VOIR PAGE D 2: FÉMINITÉ a Charmes et mystères de Afrique Alain Olivier, biologiste-conseil spécialisé en agroforesterie tropicale, emprunte à ses expériences africaines pour construire un roman sur la relation filiale.ROBERT CHARTRAND Lorsqu’en 1995 Alain Olivier, docteur en biologie, a fait paraître son premier roman, Le Chant des bélugas — chez Vents d’Ouest, la petite maison d’édition de Hull —, son père n’en a pas été autrement surpris.«Il m’a rappelé que, tout petit, quand on me demandait ce que je voulais faire dans la vie, je répondais toujours: être romancier, ce que j’avais tout à fait oublié.Écrire un roman, c’était donc un vieux rêve qui sommeillait en moi, quelque part.» Le personnage principal de ce roman, c’était la vieille ville de Québec.Auparavant, Alain Olivier avait écrit un premier récit sur l’Afrique, où il avait fait de longs séjours à titre de biologiste-conseil, spécialisé en agroforesterie tropicale; ce premier jet, encombré de rationalisations et de propos moralisateurs, Olivier l’a jeté à la poubelle.«C’était trop proche de moi pour que je puisse en faire un texte intéressant.» Une telle modestie est rafraîchissante, alors que chacun n’en a que pour soi.Dans Nuits d’Afrique, Olivier, pour esquiver le piège de l’autobiographie, a inventé un personnage-narrateur qu’il décrit comme «assez frais, car il connaît très peu l’Afrique au départ; elle sera donc nouvelle pour lui».Que vient-il y faire, ce jeune homme de trente ans?Y retrouver son père, dont on apprend par des extraits de lettres que plusieurs années plus tôt, il avait quitté femme et fils pour aller vivre sur ce continent; il y avait trouvé, écrivait-il à son fils, sa «vraie famille».L’envoûtement Dès le début du récit, le narrateur est envoûté par les lieux: un fleuve qui semble habité par des esprits, une pirogue qui glisse lentement sur l’eau, des enfants qui jouent II se dégage de ce décor une sérénité tranquille que l’auteur, d’entrée de jeu, nous fait très bien sentir.Nous y sommes, nous aussi.Et le plus naturellement du monde, un vieil homme aborde le narrateur et l’invite chez lui, dans son village; entre les deux, la connivence est immédiate.Il a suffi de quelques mots, d’un échange de regards, pour que cette rencontre de deux inconnus ait des allures de retrouvailles: charme et mystère de l’Afrique.Où sommes-nous, au juste?Alain Olivier n’a pas voulu nommer le pays, ni le village où le jeune voyageur va s’arrêter quelques jours.«Nous sommes manifestement en Afrique de l’Ouest, mais le fleuve est imaginaire, et le village est inventé.Je me suis servi de mes souvenirs de là-bas, mais sans tenter de décrire tel lieu précis que j’avais connu.C’est la même chose pour les personnages, dont aucun n’est le portrait de telle personne réelle.» Ce jeune homme, le personnage principal, n’est d’ailleurs jamais nommé.Quasi ignorant sur l’Afrique qu’il va découvrir, il est par ailleurs presque sans passé.C’est tout juste s’il a eu une famille.VOIR PAGE D 2: AFRIQUE Il y a dans les cultures africaines que je connais un respect très profond pour la mère et • ¦’ 9 pour la maternité en général» ALAIN OLIVIER T J II il! i r Avec la collaboration d'Emile Gueguen La vie et l'œuvre du plus grand des empereurs 400 pages, incluant 40 pages d'illustrations et de photos 29,95 S Distribution .ADP BEN WEIDER EDITIONS TROIS-PISTOLES Vous offrent RAND LIVRE pour l'été LIBERTE - EGALITE - FRATERNITE ÉDITIONS TROIS-PISTOLES.31.Route Nationale Est.TroivPistoles (Québec) GOL 4K0 Tel.: 1 (418) 851-8888 J IX**»TVI /s/# \./y\ /VyV Wvyi; rfvVV BEN WEIDER NAPOLÉON LIBERTÉ - ÉGALER - riCVTERNI.TÉ a a a A I % J) 2 I.K I) K V II I II .I.K S S A M K II I 2 S K T I) I M A X < Il K 2 II .1 U I X I II II WM?1 V Il F L 1 \ Il 1.AFRIQUE «Je suis mal placé pour psychanalyser mes personnages» SlIITK DE LA DAGE I) 1 Sa mère n’est qu’une silhouette malheureuse qui constate, navrée, que son fils ressemble à son mari; jquant au père disparu, c'était apparemment un homme taciturne qui, de loin en loin, écrivait à son fils des lettres empreintes de gravité.'Le héros n’a ni femme, ni enfants, ce qui étonnera fort ses hôtes africains; il redoute même la paternité, qui lui paraît une responsabilité trop grave, trop lourde pour lui.11 est tentant de faire une lecture psychanalytique de ce roman.Tout, ou presque, nous y invite.Ainsi, le jeune homme à la recherche de son père verra dans ce vieil Africain qui l’a entraîné dans son village une figure paternelle pleine de bienveillance; et au fil de sa découverte des coutumes africaines, ne pensera-t-il pas à son père, selon un cheminement d’identi-fiiîation-différenciation assez classique?Alain Olivier ne proteste pas à ce propos.«je suis moi-même mal placé pour psychanalyser mes personnages.Il est vrai qu’en reconnaissant les traits qu’il a en commun avec son père, il peut alors prendre ses distances par rapport à celui-ci.Au fond, il finit par comprendre qu ’il n 'a pas à tout prendre, ni à tout rejeter de son père.» La piste œdipienne est encore plus explicite lorsqu’on apprend qu’un jour, le1 père a écrit à son fils qu’il devait le tuer s'il espérait grandir.ce qui se produira à la toute fin du récit, lors d’une scène aux accents magiques et sensuels.«J’ai voulu faire sentir là une sorte d’échange mystérieux entre les deux personnages: le fils aide son père à mourir, et celui-ci aide son fils à vivre.» Mais entre-temps, le jeune homme, dans ce village où on l’a littéralement adopté, sera nourri, bien sûr, occasion de découvrir des saveurs nouvelles: celle du foutou, de l’escargot géant, du rat de brousse; mais il renoncera poliment aux hannetons imbibés de vin de palme.Là-dessus, l’auteur a emprunté à ses propres expériences de l’Afrique.Il y découvrira surtout une véritable famille — lui qui en avait si peu — où les générations se côtoient.L’offre d’un fils On lui «offrira» même un fils d’occasion, le jeune Houakou, et une épouse, Léa, une femme aux formes généreuses, «femme matrice, amante et-mère à la fois, grasse de toute sa graisse de femme féconde», avec qui il fera l’amour dans la forêt au cours de laideuxième des trois nuits d’Afrique du roman.La scène est joyeuse et.fort œdipienne: le jeune homme, à ce pibment, devient soudain obsédé par l’idée de la mort de son père et il avoue alors: «Curieusement, mon désir pour Léa n’en devient que plus fort.» Après des préliminaires où il est aussi troublé que maladroit, dans une étreinte où, éperdu d’émotion et de plaisir, le héros a l’impression de re- k L._ nouer avec le mystère de la vie même.Il y a là, selon Alain Olivier, une perception très ancienne, encore très vivante en Afrique, d’un lien quasi organique entre la vie et la mort — les ancêtres, par exemple, y sont considérés comme aussi présents que les vivants.«Il est vrai qu’entre le narrateur et Léa, oui, le rapport est surtout charnel, génital, à cause précisément de la proximité de la mort.Im chose m’est venue spontanément.Je peux seulement constater ce rapprochement, sans pouvoir l’expliquer.» Par ailleurs, Léa ne serait-elle pas, obscurément, l’avatar de cette autre femme avec qui le père du héros aurait refait sa vie?Et pourquoi le livre est-il dédié «à ma mère, naturellement-»?Alain Olivier réfléchit, puis sourit.«Cela fait peut-être partie des jeux de l'écrivain.Quoi qu’il en soit, il y a dans les cultures africaines que je connais un respect très profond pour la mère et pour la maternité en général.Il est possible que j’aie surtout insisté sur les rapports père-fils et sur la paternité parce que je suis un homme.Mais c’est une problématique intimement liée à la figure de la mère, bien sûr, même si ce n’est pas le moteur apparent du roman.» Jusqu’à cette légende de la reine Pokou, variante d’un mythe baoulé de Côte-d’Ivoire, où une femme doit sacrifier son enfant pour sauver son peuple: le mythe fondateur.Et ce père disparu, ne serait-ce pas ce Yapo dont les villageois évoquent le souvenir, grands buveur de vin de palme et que le sorcier «voit» proche de la mort à cause de son cœur malade?Après ces trois nuits d’Afrique où il apprend peu à peu la vie, ce personnage modeste — il ne trouve pas toujours de réponse aux questions qu’on lui pose — et sensible — il lui arrive d’être gêné ou troublé devant ses hôtes — perd toute amertume à propos de son passé.Comme le dit son auteur, «il se rend compte qu’il n’a pas été la victime des querelles de ses parents.Il dit même que ce serait un peu vaniteux de croire qu’il l’a été».Parvenu à cette sagesse tranquille, le personnage principal donne raison à Léa qui lui dit: «L’Afrique t’est entrée dam le cœur.» NUITS D’AFRIQUE Alain Olivier XYZ, Montréal, 1997,183 pages FEMINITE Quel est le contraire du mot libre ?Esclave, aliéné, contraint, prisonnier?Non, le contraire de libre, c'est.occupé SUITE DE I.A PAGE I) 1 On peut s'amuser de la thèse d'Ivt-ehegoyen.Mais elle est trop commode pour justifier bien des inégalités, jusqu’au viol («la discontinuité dans la vigueur [du] sexe [de l'homme] explique ses violences»), la prostitution (à cause de la continuité du désir féminin, «affaire de rentabilité et de performance»), les préjugés contre l'homosexualité («l’humanité ne se survit que dans la différence des sexes») ou le pouvoir académique.«Le mâle n 'est mâle que quelques instants.Il reste donc beaucoup de temps pour l'abstraction.On ne peut tout avoir à la fois: la constance du sexe et la capacité spéculative.Im recherche des vérités abstraites, des principes, des axiomes dans les sciences, tout ce que tend à généraliser les idées n ’est point du ressort des femmes».D’où deux idées: l’éducation doit forcément être sexuée; et il n’y a d’autre manière de faire une place aux femmes en politique qu’en établissant des quotas.Etchegoyen avait habitué ses admirateurs à des réflexions plus pro- saïques.Son grand mérite fut, au lil d’une dizaine d’ouvrages, dont le magistral Im Valse des éthiques.Prix Mé-dicis pour les essais en 1991, et La Démocratie malade du mensonge, Grand Prix de l’Académie française en 1993, de réintroduire dans le débat public les notions de morale et de responsabilité, sans pour autant verser, au contraire, dans les schémas néolibéraux.Des libertés sous influence L’auteur publie cette année un deuxième livre dans lequel il reprend ses thèmes favoris, avec moins de profondeur que dans ses essais précédents.Etchegoyen surfe sur l’actualité française pour faire l'analyse des libertés sous influence.Mais il le fait avec moins de virtuosité que dans ses Fables intempestives (1996), petit bijou de 300 pages qui font réfléchir tout en étant plaidantes à la lire.Rien à voir avec son Éloge de la féminité, qui grince aux entournures.Dans Des libertés sous influence, Etchegoyen traite, au fond, de quoi?Il traite de l’impuissance.de nos diri- geante politiques face à la mondialisation, à ses pompes et à ses œuvres.Il repose la vieille question des stoïciens: qu'est-ce qui dépend de nous et qu’est-ce qui n’en dépend pas?, pour mieux stigmatiser les autorités, qui «ne sont que des relais de l'influence alors qu'on attend d'[elles] (/«’[elles] lui résistent».L’auteur a de belles phrases sur l’influence, ces forces qui s’agitent dans l’ombre, le dernier recours de ceux qui ne peuvent obtenir le consentement du peuple.Et de belles phrases sur la liberté, la première des valeurs parce qu’elle est celle dont l’abandon est irréversible.Quel est, au fait, le contraire du mot libre?Esclave, aliéné, contraint, prisonnier?Non, dans le contexte d’aujourd’hui, le contraire de libre, c’est.occupé.Occupé comme lorsque l’on n’est pas libre pour un rendez-vous.Mais surtout, occupé comme dans: la propagande a toujours voulu occuper les esprits.L’homme d’aujourd’hui est occupé par la pensée unique.Il ne peut plus recevoir d’autres idées ou concevoir Huston, toujours «TT.LE GRAND PRIX des lectrices de Elle Québec est attribué à Nancy Huston pour son roman /nstru-rnents des ténèbres (Leméac/Actes Sud).Les autres finalistes étaient Stéphane Bourguignon (Le Principe du geyser), Sergio Kokis (Errances), Sylvain Lelièvre (Le Troisième Orchestre) et Monique Proulx (Les Aurores monréales).l • ALGERIE Un rêve de fraternité I Textes choisis et présentés , Par Guy Dugas Editions Omnibus Paris 1997,1009 pages NAÏM KATTAN IN ans l’ensemble des textes qu’il y réunit dans Algérie, un rêve de fraternité, Guy Dugas n’a pas choisi la neutralité.Il propose plus qu’un thème: un point de vue.LITTERATURES Un pays rêvé Dans son précédant ouvrage, consacré au Maroc, il avait présenté des évocations des cités impériales.Dans le présent ouvrage, une prise de position est clairement annoncée: un rêve de fraternité.On sait que nombre d’écrivains français, de Fromentin à Gide, ont décrit, souvent dans des pages inoubliables, leurs périples algériens.D’autres, notamment Albert Camus, voire Hélène Cixous, bien que nés dans le pays, ne s’étaient pas identifiés à ce rêve.L’Algérie est fortement François Bugingo AFRICA MEA Le Rwanda et le drame africain ifA t 246 pages.28 dollars présente dans l’œuvre de Camus, plus marginalement dans celle de Cixous.Mais ce n’est pas à cette Algérie que Dugas donne la parole.Les Français ont conquis l’Algérie en 1830, prenant la suite de nombreux autres envahisseurs, des Romains jusqu’aux Ottomans.L’entreprise française était double: une colonisation de peuplement et une tentative d’incorporer l’Algérie à la terre républicaine.Dans ce livre, Dugas reproduit les textes d’auteurs français nés en Algérie: Jean Pélégri, Emmanuel Roblès, Jean Sénac, Jules Roy et aussi d’autres, surtout des kabyles comme Mouloud Feraoun, Mouloud Mamme-ri, Jean Amrouche.Tous ces écrivains sont conscients de la situation sociale et politique hautement contradictoire et cherchent, chacun à sa façon, en exposant les conflits, à les surmonter.Une Algérie française Un Algérien qui accepte la France et un Français qui accepte l’Algérie, Abdelkader Fikri et Robert Randau, se mettent ensemble pour écrire en 1933: Les Compagnons du jardin où un musulman cherche à démontrer que sa religion ne s’oppose pas à l’ordre républicain et où le Français affirme que cet ordre est universel.Ce que demande l’interlocuteur algérien?«Qu’on fasse de nous des citoyem français en nous conservant notre statut personnel, et nous seront satisfaits.Nous considérons la France comme la nation européenne qui a toujours été en tête de la civilisation.Nous sommes fiers d'être ses enfants.Elle est pour nous la patrie.» A la même époque, en 1935, un autre Français, Albert Truphmus publie un roman: Ferhat, instituteur indigène.Né en France, socialiste, cet auteur est nommé en 1908 comme inspecteur d’enseignement primaire en Algérie.Il parcourt le pays pendant 20 ans et constate les injustices et la misère et ce n’est qu’à sa retraite, en 1927, qu’il exprime, dans des romans, sinon la révolte du moins le désarroi d’un homme de bonne volonté et l’insoluble dilemme où il fut placé: enseigner les valeurs des droits de l’hom- me et cautionner, en y participant, un système colonial d’oppression.Jules Roy, quant à lui, décrit ce qu’il constate.Il vit, de l’intérieur, la condition de Français.L’Algérie est sa terre.Les musulmans, kabyles ou arabes, sont les autres, quasi lointains et étrangers.Jean Amrouche, Kabyle christianisé, s’adresse d’abord aux Français pour s’expliquer et expliquer son peuple mais son Éternel fugurtha nous apparaît, aujourd’hui, comme la reconstitution d’un rêve et une généralisation quasi nostalgique de la psychologie du Kabyle.Pour sa part, Jean Sénac, né d’une mère catalane et d’un père inconnu, s’engage résolument dans la défense de sa terre.L’Algérie indépendante qst sa patrie à lui aussi.Il vivait en France au moment de l’indépendance en 1962.Il rentre pour devenjr conseiller du ministre algérien de l’Éducation nationale.Son rêve de l’Algérie ne se réalise pas et Sénac est assassiné en 1973, abandonné, dira Roblès, «dans un trou noir, lui qui était au monde pour célébrer l’amitié, l’amour de vivre, les rivages de soleil».Mouloud Feraoun, dont les Jours de Kabylie conservent, encore aujourd’hui, toute leur intensité, fut, lui aussi, victime de ce rêve de fraternité.Il fut froidement assassiné en 1962 par un commando de l’OAS, ces Français pour qui l’Algérie ne pouvait être que française.C’est avec émotion qu’on lit ou relit La Colline oubliée de Mouloud Mam-meri dont on vient de tirer le premier en tamazigt, la langue des kabyles.On sait que les Français d’Algérie, ceux qu’on nomme les pieds-noirs, sont partis massivement après l’indépendance du pays en 1962.I«a langue et la culture françaises survivent encore dans cette terre.Le rêve du passé colonial a vécu.Aujourd’hui, c’est d’un nouveau rêve de fraternité que les Algériens qui se gouvernent eux-mêmes, ont besoin.Et, pour commencer, ce rêve pourrait se traduire par l’arrêt des massacres.ESSAIS Immoralité Freud, Lacan et Bataille: perversion et sublimation LA JOUISSANCE PRISE AUX MOTS Ou la sublimation chez Georges Bataille Mona Gauthier Harmattan Montréal, 1996,207 pages PIERRE-LOUIS VAILLANCOURT La littérature est immorale.Elle est vénéneuse, cynique, lascive, rancunière.Elle se repaît de la souffrance, se complaît dans l’horreur, se vautre dans l’abject.«Elle refuse de panser nos archaïques plaies; mais, avec insolence, avec industrieuse patience, elle fouille, cherche et met au jour des tourments, des maladies, des morts», rappelle Giorgio Manganelli.Pourtant, dans ses pires dévoiements, elle poursuit une «visée sublimante».Cette perverse sait se faire pieuse, montrer la voie de la rédemption, anoblir l’infection.Mieux que quiconque, elle avance les étendards de la gloire, fait parler des muets et entendre les sourds, car elle seule peut métamorphoser la plaie en hypallage, le massacre en allégorie, la folie en oracle.Comme les héroïnes de Georges Bataille, elle est la fois prostituée et sainte.Dans son essai court, stimulant, précis et dynamique, Mona Gauthier met non seulement en scène cette paradoxale conjonction mais elle en cherche les sources théoriques, convoquant pour cela Freud et Lacan sous l’œil «globuleux» de Bataille.Comme c’est la psychanalyse qui donna la première la clef de cette fausse antinomie, c’est par Freud qu’elle commence et par l’étude de ses Trois Essais de la théorie de la sexualité, ouvrage bien propre à combler les goûts de la littérature pour les aberrations et les transgressions, en lui ouvrant autant de «philies» (nécro, scato, géronto.) que d’«ismes» (fétich., voyeur.).Au cœur de la théorie, l’enfant, ce pervers polymorphe, à la libido qui flotte en attendant d’être canalisée vers la génitalité.Advenant un mauvais aiguillage, Freud prévoit trois «issues».La perversion, comme retour au statu quo ante.Ou la sublimation comme déplacement vers l’énergie psychique; mais cette porte étroite est réservée aux tempéraments robustes capables de se colleter avec des dispositions dangereuses en soi.Ou enfin la névrose, ce négatif de la perversion, qui attend les constitutions faibles.Le «succès» de la perversion et de la névrose a bien failli sonner le glas de la sublimation, pour laquelle Freud n’offre par la suite que des es- La littérature, cette perverse, sait se faire pieuse et montrer la voie de la rédemption quisses.Le mérite reviendra à Lacan de ressusciter cette dernière dans son Séminaire VU où il fait valoir que Freud n’a pas opposé la sublimation à la perversion mais qu’il a bien plutôt souligné leur «conjointure».A la différence de Lacan qui étayait la sublimation sur l'Esquisse de Freud, Mona Gauthier relit plutôt deux textes négligés, Le Créateur littéraire et la fantaisie et Un souvenir d’enfance de Léonard de Vinci, ce qui lui permet d’écarter la thèse jamais cliniquement vérifiée d’une «constitution forte» au profit d’un ancrage de la sublimation dans le fantasme, qui sert de «permis de séjour aux désirs interdits».Alors s’éclairent mieux les développements lacaniens sur la reconnaissance sociale de la sublimation et son rapport à l’art, chargé justement d’élever l’objet à la dignité de la Chose (das Ding).Mais surtout, la sublimation retrouve encore une source plus lointaine que l’énergie sexuelle qui est la pulsion de mort et se retrouve définie comme l’inscription scriptuaire de la mort.Ce lien à la mort l’apparente à la perversion.Dès lors, le couple est réformé et Mona Gauthier montre comment s’organisent ses échanges en citant comme témoins les textes du plus sublime et du plus pervers des écrivains, Georges Bataille, dont l’œuvre tout entière semble théorisée par cette formule de Lacan: «Le jeu sexuel le plus cru peut être l’objet d’une poésie, sans que celle-ci en perde pour autant une visée sublimante.» Ce passage du cru au cuit est illustré au mieux par Madame Edwar-da et par L’Histoire de l’œil.Mais si Bataille ajoute chair à l’os théorique, ce dernier donne leur(s) sens aux transes qui composent la matière romanesque et définit leur protocole de lecture.Freud, Lacan, Bataille, perversion et sublimation délimitent donc le pentagone dans lequel se meut cette brillante étude où les lignes tracées d’un point à l’autre font parfois surgir à leur intersection des questions à résoudre, sur le fétichisme, la perversion féminine, la pulsion scopique, les lois du fantasme, l’œil pi-néal, le souvenir-écran, la Dame de l’amour courtois et la fille du bordel, notions connexes abordées avec une liberté qui n’exclut pas leur maintien dans l’orthodoxie freudo-lacanienne.Liberté, mais aussi fantaisie, science et humour sont évidents dès l’ouverture dans laquelle Bataille donne la réplique à Lacan, en un dialogue reconstitué avec des fragments, où la vérité naît de la fiction.Une préface de Jacques Hassoun souligne l’importance de la contribution de Mona Gauthier tant pour les études littéraires que pour la théorie psychanalytique.Cahiers d’été Le cahier Livres se transforme pour l’été.Si la plupart des chroniqueurs réguliers font relâche, d’autres publieront sporadiquement.Toutefois, aux recensions de romans, nouvelles, essais, poèmes, livres pratiques et autres, s’ajouteront de nouvelles rubriques.Robert Lalonde se joint à l’équipe du Devoir et signera une chronique hebdomadaire.En page D 3.Cette année encore, revient Im Nouvelle, un texte choisie de la littéra- ture québécoise.Lise Gauvin signe cette semaine Entracte, déjà paru dans Fugitives, un recueil publié en 1991 au Boréal.En page I) 4.Dans Im Sujet du livre, un auteur sera invité chaque semaine à élaborer sur la construction de l’œuvre, de la recherche préliminaire à la fabrication du héros.Pierre Godin raconte la genèse d’une biographie et son intérêt pour le personnage de René Lévesque en page I) 5.Bonnes lectures.ARCHIVES LE DEVOIR Jean-Jacques Rousseau est revisité par Etchegoyen pour percer un mystère: la différence objective entre l’homme et la femme.d’autres actes.D’où le cri du cœur du philosophe qui, sur ce sujet du moins, appelle à l’ouverture des esprits.4 A’ -Il 1.AMIUURRI Dak y La Chair Maître «VT .ï.iïi ! »0A L^jli 01 ivo In°uva i M*CT«U mm* •; A CET ÉTÉ, SOYEZ LIVRES AVEC t LANCTOT # ÉDITEUR Livres & Musique Dany Laferrière LA CHAIR DU MAITRE ONZE Pierre Légaré, Luc Déry et Yves Lapierre, Marielle Léveillé, Guy A.Lepage, Serge Grenier, Pierre-Michel Tremblay, Judith Taillefer, François Avard, Zoomba, Yves Pelletier, Dominique Lévesque Des histoires aux multiples tonalités.Surprises et plaisirs garantis.LA CHRONIQUE Eh vente chez votre libraire La nuit dernière, j’ai rêvé de rivière, d’un gros poisson pêché par un enfant qui était et n’était pas moi, de son sang coulant de ma paume, où s’était fiché l’hameçon de l’enfant, un mélange d’eau et de sable.J'ai nagé dans un courant glacé, attrapé par des branches, des racines qui m'épouvantaient merveilleusement.Sur la grève, on tournait un film dans lequel je devais jouer un personnage que je ne connaissais pas du tput, dire des répliques que je n’avais jamais apprises.C’était effrayant et en même temps ça n’avait pas d’importance.Vous savez comme sont les rêves: ils disent clairement la gravité et la légèreté des choses, ils vous mènent où ils veulent, vous n’avez rien à dire, vous suivez.Et puis j’ai plongé dans une eau trouble où passaient, souriants et graves, des visages d’hommes et de femmes, que je savais insuffisamment aimés de moi.L’eau me frôlait comme le temps éternel, le temps tout court.Tous au fond, je me suis assis dans une vase douce et fraîche, et je me suis entendu prononcer clairement, dans la transparence glauque de la rivière: «Je peux attendre encore, mais pourrai-je attendre infiniment?» C’est que je suis encore en ville et que la campagne me manque, bien sûr.L’eau me manque, et aussi les branches, le poisson, l’enfant, le moi-enfant jamais contenté, toujours en chasse.Rick Bass écrit—j’ai lu le passage tout à l’heure, à ma table près de la porte du café, dans un courant d’air qui ne sentait rien, ni la poussière ni même le parfum de la dame qui entrait en même temps que lui, dans la pièce: «It is energy, after all, that you are looking for: buried.» Oui, c’est ça: les forces, le désir, la vraie vie enfouie.Il faut fouiller.Il faut vouloir voir.Je sors du café, il vente toujours.Vent vert, vent de juin.Je ferme les yeux et je vois le champ, derrière la maison, à Sainte-Cécile: mouvant, bruissant, les herbes échevelées, les quenouilles étripées et qui perdent leur mousse par petites touffes qui flottent dans l’air.J’aime le vent, je l’aime d’amour, d’un amour fou, comme lui, le vent, est fou.Je m’arrête au carré Saint-Louis, m’assieds sur un banc vierge de toute fiente de pigeon, et ouvre le beau livre de John Farrand junior.Climats, où sont photographiés tempêtes, cyclones, trombes et tourbillons, siroccos, smogs et pluies, anticyclones, brumes et brouillards.Magnifiques cataclysmes, violents et purs comme l’eau d’un diamant, comme le cœur d’un martyr.J’y apprends qu’une longue période de sécheresse, dans les années 30, provoqua l’apparition d’effrayants vents de poussière.Le Dust Bowl était né.On empila poêles, matelas, tables, chaises, chiens, chats, femmes et enfants dans des charrettes et on fila vers la Californie.John Steinbeck, inspiré par ces romanichels fuyant le Dust Bowl, écrivit alors l’un de ses plus beaux livres, Les Raisins de la colère.Colère du ciel, colère des hommes, krach de Wall Street: le romancier tenait son «soul and dust bowl»\ La photo que j’ai sous les yeux est extraordinaire.Elle montre une maison renversée, inexplicablement restée debout, mais de travers, au milieu d’un champ.Quatre petits enfants se tiennent par les épaules, devant la porte, qui est un affreux losange noir, la gueule ouverte d’une caverne, derrière eux.Un type s’approche de moi, une espèce de nouvel ancien hippie, au regard un peu trop brillant pour rien.Je sais bien qu’il veut de l’argent, mais il ne le demande pas tout de suite.Il s’assoit près de moi, apparemment sans voir le livre ouvert sur mes cuisses, l’étonnante photographie, et entreprend de me raconter l’histoire de son prétendu beau-frère qu’il a surpris, le matin même, en train de lire sagement l’annuaire téléphonique, grand ouvert sur la table de la cuisine.Convaincu de l'irréversible folie du beau-frère, mon hippie lui demande: — C’est-tu bon, le livre que tu lis?Et l’autre de lui répondre, le regard brumeux: — Pas pire.Mais y a ben que trop de noms d’auteur! Sur quoi mon hippie conclut: — Faut croire qu’y est pas si fou que ça, hein?Au fait, mon conteur sait-il qu’il la raconte à un écrivain, son histoire d’annuaire téléphonique rempli de noms d'auteur?Peut-être.Sans doute.Après tout, chaque nom du gros livre désigne un auteur qui écrit sa vie, au jour le jour.Je lui dis: — Combien dirais-tu qu’elle vaut, ton histoire?Alors il rit, follement.Je fouille dans ma poche et sors un huard, dont je gratifie mon conteur.Puis je lui montre la photographie, la maison couchée de travers dans le champ.Il pousse un petit sifflement et dit: — Ça ressemble à la cabane chez nous, quand j’étais petit Puis il se lève, sifflant toujours, et me laisse là, à détailler la maison dévastée de son enfance, dont je ne sais rien mais que je tâche un moment d’imaginer.J’écris un peu, sans écrire, un bout de son histoire, dans ma tête.Ce sera peut-être une nouvelle, qui s’achèvera par un vent épouvantable et le renversement de la maison, au beau milieu d’un champ que je connais par cœur.Trop de noms d’auteur, trop de maisons chamboulées, mais jamais trop de vent, qui m’émerveille.Bass écrit encore: «A writer looking for subjects inquires not after what he loves best, but after what he alone loves at ail.» Tout à fait d’accord: «L’écrivain ne trouve pas son sujet en fouillant parmi les choses qu’il aime le mieux, mais parmi les choses qu’il est le seul à aimer, et à sa façon à lui.» Oui, c’est bien ça.Et, là-dessus, il se met à pleuvoir — une pluie chaude, déjà, une pluie d’été, enfin! Il pleut sur moi, sur mon banc et sur ma maison renversée, qui aussitôt se transforme en arche où, moi, mon conteur et les quatre enfants courons nous réfugier.Si le temps m’était donné d’être ce grand écouteur, que je rêve d’être, toujours — spacieux réceptacle des histoires des autres —, je serais heureux d’entrer dans la maison délabrée et de m’asseoir, dos au mur mouillé, pour écouter ces cinq vies-là qui, depuis un moment, me hantent, me «travaillent».Mon conteur drogué, les enfants du Dust Bowl et moi, quelle inestimable sujet.! Mais je suis en retard, on m’attend.(Très modérément, je le sais bien: on n’a toujours que très légèrement besoin des autres, quoi qu’on dise.) La banalité, ça n’existe pas.Simplement, souvent, nous ne regardons pas, n’écoutons pas assez.C’est-à-dire pas assez longtemps.Je me lève et marche sous la pluie douce, tranquille et quand même bouleversé, le cœur cognant, comme après une course que j’aurais faite en rêve.Et me revient cette phrase étonnante d’Annie Proulx: «He wakes, his heart flailing like a netted trout» («Il se réveille, le cœur sautillant comme une truite dans la puise»).C’est le manque, bien sûr, qui fait rêver, qui fait écrire.Qui fait raconter des histoires.OIL NOTES Rick Bass Southern Methodist University Press, 1989 CLIMATS John Ferrand Jr Denoël, 1990 Heart Songs Annie Proulx Sribner Paperback Fiction, 1988 Robert L a I o n et e RENAUD-BRAY Côte-des-Neiges Nwvilli dru» 5252, ek.d« Il CSti-du-Niijii.TU.: (514) 342-1515 Fu : (514) 342-3796 35 ans de présence culturelle à Montréal.parmi les romans actuels.— mais aussi son village natal, qui alimentera son imagination et l’aidera à grandir, Le récit était sympathique, quoique mené un peu sagement, et sur ton était parfois trop solennel.Les lieux Dans Rien ne va plus, en revanche, les lieux comptent |H>ur |x*u.L’Abitibi de l'auteur n’est indiquée que dans quelques nouvelles.Ainsi, dans Le Bonhomme bouteille, nous sommes à Bourlamaque, mais l’histoire pourrait su passer dans cent autres villages: un garçon découvre que ce vieux Polonais qui l’a attiré dans sa masure, cet étranger que l’on évite — le village le soupçonne d’être protestant (un Polonais!) et un peu croque-mitaine — est en réalité un père inconsolable de la perte de son fils.Ije décor est minier pour la nouvelle Le Mort — récit d’un canular qui réussit de façon inattendue — et pour Rouillard-la-marde — c’est le titre et le surnom d’un mineur usé qui rêve de faire fortune pour pouvoir enfin gâter sa famille.Rien ne va plus, en effet, pour lui: il ne descend plus dans la mine que pour en ramener des caisses de dynamite dont les mineurs se servent comme de toilettes.On a beau se moquer de ce pauvre «éboueur de l’ombre» et de sa tâche humiliante: qui sait s’il ne réussira pas à dérober, dissimulé dans la merde, assez d’or pour réaliser son rêve.L’argent, ici, a une odeur qu’on est libre de trouver symbolique.Dans Le Petit Bonheur d’Armand luifrenière, celui-ci, un veilleur de nuit misanthrope, rêve de pouvoir se prélasser un jour dans quelque paradis du Pacifique sud; il accumule petitement ses sous.Arrivera-t-il à ses lins ou dt*-vra-t-il se contenter, Gauguin à la petite semaine, d’un Tahiti de carton-pâte?lx's accents Rien ne va plus raconte le plus souvent des rêves déçus, des déconvenues de la vie et ne manque pas de puiser (huis le riche vivier des histoires de couples.Il y a des accents baudelai-riens et un hommage à Gérard de Nerval dans Soleil noir, où un garçon ne se console pas de la |x*rte de Soledad, sa femme-soleil, alors que sur un registre plus naturaliste, dans lw Vin de l'oubli, un pauvre poivrot essaie de retrouver sa Mathilde en-allée au fond de l’une ou l’autre des bouteilles qu'il vide.Quant à hi Veuve Bilodeau, cette voisine bien en chair, le jeune narrateur découvre que c’est à cause d’elle que ses parents se disputent; que fera-t-il pour que la maisonnée retrouve la paix?Parmi cette quinzaine de récits de facture tout à fait classique, on remarquera deux exceptions: Flash au bar Gomorrhe, où sur un rythme de vidéo-clip, un petit bum soliloque méchamment sur les femmes; dans son mépris, on devine sa peine; dans Faites vos jeux, rien ne va plus, il y a une fantaisie pleine de finesse, variations sur le jeu amoureux: le personnage, fort habile à tirer des ficelles dans ses rapports avec autrui comme au diabolo, au bilboquet et au yo-yo, mais l’amour se joue à deux et la partie peut se cor- *Pour certains d’entre nous — les privilégiés, ou du moins les gens aisés — la Adresse Internet: http://www renaud-bray.com ¦ -MT HiTt E-mail : vente@renaud-bray com Un portrait fcroce d’une petitc-bour-geoisie en pleine décadence, à travers ses obsessions sexuelles.Une guerre dont le nerf est le sexe! «Un monde enchante et cruel dont on ressort abasourdi, ébranle, knock-out.» Marie-Claude Fortin, Voir Philippe Poloni OLIVO OLIVA «Un petit roman parfait», titrait Réginald Martel.L’histoire d’un jeune homme, devenu sicairc pour retrouver son identité et conçu par une femme, un homme et.une olive! Un vent de fraîcheur venu de la Sicile jusqu’en Amérique.Des réflexions sur des sujets aussi divers que la culture, la sécurité au travail, l’amour.la jeunesse.Dieu, etc., qui s’échelonnent sur plus de 30 ans de vie syndicale active.Avec, en prime.«La journée du ixirfait Québécois»! RIEN NE VA PLUS Daniel Saint-Germain Vents d’Ouest, Hull, 1997 ROBERT CH A R TR A NI) MONOGAMIE Adam Phillips Traduit de l’anglais par Jean-Luc Fidel avec la collaboration de Laurence Laluyaux Bavard Editions Paris.1997.137 pages MICHEL CHARTRAND LES DIRES D’UN HOMME DE PAROLE Textes compilés par Fernand Foisy LIVRES P MIEUX ÉCRIRE DANS INTERNET François Hubert Les éd.logiques Montréal, 1997,96 pages Un guide pratique à l'intention de tous les internautes qui ont le souci du bon français.Cet ouvrage permet à tout auteur de site Web — même s’il s’agit d’un professionnel de la langue — de mieux choisir ses outils d'aide à la rédaction en français, les correcteurs grammaticaux et les lexiques d’Internet.C’est aussi un lexique, un manuel du bien-écrire, un pense-bête qui rappelle aux internautes les termes justes, les expressions correctes et le bon usage à l’heure de la communication virtuelle.R A T I Q U E S monogamie est la seule question philosophique sérieuse.Ce livre, par conséquent, est une enquête sur le mot nous», écrit d'entrée de jeu l’auteur.L’ouvrage est une suite de courtes réflexions sur (honnêteté, la gentillesse, la sécurité, la décision, la vengeance, le désir, la loyauté, le mensonge, le risque, le devoir, la confiance, la solitude et tutti quanti.L’auteur, un thérapeute réputé, est considéré comme l’un des esprits les plus originaux en psychanalyse à l’heure actuelle.Renée Rowan plaisantes déconvenues La petite maison d'édition hulloise Vents d’Ouest vient de lancer coup sur coup trois recueils de nouvelles dans sa collection commodément nommée, Rafales.Glissons sur Corps-machines et rêves d'anges, des récits de science-fiction d’Alain Bergeron — le «genre» n’étant pas de ma compétence — et sur Quartiers divers, un recueil collectif dont les cinq auteurs, se relayant, ont imaginé assez laborieusement les destins de divers locataires d’un immeuble.Et arrêtons-nous — ah! tentation de la facilité.— à Rien ne t/a plus, de Daniel Saint-Germain.Écrivain régionaliste, Saint-Germain?Il est, en tous cas, attaché à son Abitibi natale.Né à Amos, l’auteur vit à Val-d’Or, où il enseigne tout en s’occupant activement du Regroupement des écrivains de TAbitibi-Témisca-mingue; par ailleurs, il a écrit, en collaboration , un roman qui s’intitule Le Relais abitibien, (Meera, Val d’Or), un album d’art, Je suis de ce pays, paru en 1984 à Rouyn-Noranda, et en 1989, aux éditions Asticou de Hull, un véritable roman «de formation», Les Géants familiers-, un jeune garçon, né dans le village minier de Sullivan, lecteur précoce et boulimique, s’initie à la vie par les rêves que lui procure la littérature — parcours rafraîchissant ser si d’aventure la femme se prénomme „ Ariane.Car elle s'y connaît forcément, question lil.11 y bien, dans ce recueil, des textes plus faibles, comme Im Fenêtre et I-e Noël de Carole, dont l'intrigue est prévisible et le climat, gentillet.Mais on a envie de s'attacher au Collectionneur, même si — ou parce que?— ce texte* est une occasion ratée.La piste était belle, pourtant, avec ce personnage, ce François Falar-deau qui, par narcissisme peut-être, a une fixation sur la lettre E Est-ce l'humeur vagabonde des vacances qui nous prend, ou notre déception de lecteur dont nous nous remettons mal?Alors que le récit de Saint-Germain ne fait qu’énumérer des noms d’écrivains et d’artistes dont les livres et les disques voisinent objets dont les noms commencent par la fameuse lettre — flèches, fanaux, figurines, fusils, fouets ou fourches.— , on imagine dans quelles belles dérives on aurait pu nous entraîner en compagnie de cet homme qui lit Flaubert, Faulkner, mais aussi Louis Fréchette, Fénelon et Anatole France; qui écoute le Requiem de Fauré mais, bien sûr, Jean-Pierre Ferland, Claude François, Ferré et Ferrât et .Johnny Farago! On se prend à rêver: Falar-deau lisait-il ces livres, écoutait-t-il ces musiques au hasard ou selon ses humeurs?À quoi songeait-t-il alors ?Quoi qu’il en soit, Rien ne va plus est une agréable lecture — d’été si l’on veut —; à lire tranquillement — c’est un bon petit vin clairet, sans prétention — le samedi ou tout autre jour.De De la consolation «Un acte humain qui reconnaît l’autre dans sa complexité» La banalité, ça n’existe pas.LA CONSOLATION Mots pour maux Dirigé par Emmanuelle Huisman-Perrin Collection Morales Éditions Autrement Paris 1997,174 pages NAÏM KATTAN De quoi nous consolons-nous et d’abord de quoi avons-nous besoin de nous consoler?De la mort?De l’abandon, de la perte du manque ou bien, plus fondamentalement, de notre condition, condamnés comme nous le sommes à la finitude et à Tin-complétude?Dans cet ouvrage collectif, Emmanuelle Huisman-Perrin a posé la question à une diversité de personnes appartenant à une variété de disciplines.«S’inscrivant dans le temps, dit le philosophe André Comte-Sponville, la consolation appartient au passé mais rassure sur l’avenir.» On a recours au divertissement parce qu’on cherche à oublier un malheur, une mort.Entreprise passagère car ce qu’on attend du consolateur c’est une présence et des mots d’amitié et d’amour.«Ne cache pas ton amour, conseille ce philosophe.Ne le tiens pour allant de soi.N'attends pas qu’il soit trop tard, que le seul regret soit possible, qui ne fera qu’une torture supplémentaire.» Consoler de la mort, de la perte est un rappel, une affirmation de la primauté de la vie et de sa puissance.«Le temps de la consolation, dit Claude Birman, est celui de la quête des paroles, des êtres et des choses, de l’accueil et du don qui font le goût de vivre.» Procèdes,recours et modalités Les auteurs de cet ouvrage passent en revue les procédés, les recours et les modalités de la consolation.Ainsi, Yves Lambert décrit la façon de dispenser par chacune des religions, de l’hindouisme à l’islam, en passant par le bouddhisme, le judaïsme et le christianisme.Même si, d’après une enquête, la religion a cessé d’être la principale source consolatrice, il conclut son tour d’horizon sur un propos optimiste en soulignant la capacité qu’a eue l’homme de trouver les consolations dont il avait raison.Quel rôle les arts jouent-ils face à l’inéluctable, à la mort et à la souffrance?Faisant état des tentatives des poètes et des romanciers à travers les âges pour découvrir et exprimer la consolation, Alain de Ninèze cite Heidegger qui dit que nous sommes «jetés» là dans la solitude, le dénuement et le manque qui caractérise notre être au monde.«Etre inconsolable, poursuit de Ninèze, n’est-ce pas aussi refuser d’acquiescer à cette limite que le réel oppose à notre désir et par où l’Autre échappe?Mais cet acquiescement peut-il être autre chose qu’une forme de résignation?.La littérature ne cesse de le dire.» Et la musique?Grâce à une analyse de Cosi fan tutti de Mozart, Marianne Massin estime qu’«accepter de consoler l’autre, c’est se révéler à son tour accessible à la consolation».Et elle conclut que «la musique de Mozart nous enchante esthétiquement, nous enveloppe dam une communion virtuelle et nous console des conciliations et consolations imparfaites du réel».Quant au cinéma, «en agissant précisément mais illusoirement comme une comolation stoïcienne, écrit Alain Masson, il éloigne nos inquiétudes».Car, la fin d’un film, le happy end, exige l’engagement effectif du spectateur, ce qui permet la consolation.En effet, «l’heureux dénouement nous console de notre inquiétude et nous console aussi, en le cachant, de notre égoïsme».Un acte humain La consolation n’est ni la pitié ni les bons sentiments ni même le don de la personne.Pour Marie-Rose Moro, un psychanalyste qui fait partie des Médecins sans frontières et qui a assisté, dans des territoires affligés par des conflits sanglants à des cas limite de douleur et de perte, la consolation est «un acte humain qui reconnaît l’autre dans sa complexité et les méandres parfois surprenants du désir».Et, de conclure: «Consoler l’autre c’est d’abord de consoler soi-même.C’est pourquoi la consolation témoigne de l’irréductible de l’humain.» Dans le chapitre final de l’ouvrage, Emmanuelle Huisman-Perrin pense qu’il y aurait trois stades de soulagement d’une douleur: les pleurs, la discussion, la création.Par conséquent, la personne accablée d’un deuil ou d’une souffrance cherche d’abord une consolation dans ses propres ressources.Ensuite, grâce à la présence de l’autre, il extériorise son malheur par la parole et le dialogue et ce sont finalement les arts qui entrent en jeu et il s’agit alors du stade de la création.«Dans le malheur, dit Emmanuelle Huisman-Perrin, la consolation s'offre comme une lueur d’humanité, de fraternité, de chaleur qui ne répare pas, qui n’efface rien, mais qui soulage un peu, comme un sourire, une caresse, un chant, une parole soulagent même si la douleur taraude.» 'Thème difficile, la consolation est aussi un fait fuyant, aux contours quasi insaisissables.En faisant appel à des commentateurs des arts et de la pensée, cet ouvrage cerne les aspérités de la consolation, en dresse une image parfois contrastée et indique ainsi des perspectives de réflexion. fi I) I.K I) K V (IIK.I.K S S A M K I» I 28 K T I» I M A X 1 II K 2 II .1 I' I X I II II 7 Wtr SCIENCE-FICTION i La preuve par le vide MARS LA ROUGE ¦«o Kim Stanley Robinson W Libre Expression Montréal, 1997,548 pages W •il) MICHEL BÊLAI K lin LE DEVOIK il'i yT ars a toujours exercé une etran-(•fIVl ge fascination sur les humains.-jiLe dieu antique qui leur ressemblait u|le p us, celui de la guerre, du feu et *Kdes passions, a pris le nom de la pla-•uinète rouge.Ou l’inverse, peu importe, cl C’est là aussi que l'homme a cru in déceler les premiers signes de vie ex-(îtraterrestre en imaginant un tissu de tiiCanaux desséchés sillonnant la planète.La planète rouge a rapidement engendré les petits hommes verts.Et de K-jRay Bradbury jusqu’à Kim Stanley •inRobinson, on ne compte plus ceux et •,-,pelles qui ont planté sur Mars le décor de leurs chroniques et fictions les plus «authentiques» comme les plus farfelues.Mars la Rouge fait essentiellement partie de la première de ces -«¦deux catégories.Avant de se mettre à écrire sa saga i;ciiur Mars (trois tomes de presque 600 •npages chacun), Kim Stanley Robinson -/ta longtemps travaillé avec les experts '4 de la planète rouge à la NASA.Cela fi-se sent tout de suite quand on ouvre ‘,{)Mars la Rouge: sa profonde connais-ojsance de la moindre déclivité, du plus irhaut volcan jusqu’aux failles les plus .((•accentuées de l’écorce bombardée de •jjmétéorites, réussit à faire de la planè-j'.fte elle-même le personnage principal -*»;de sa série.•«i En fait, Robinson connaît tellement .•«•bien le terrain et ses descriptions de -tiiMars sont si saisissantes que je me suis amusé à vérifier les déplace-•j-iinents de ses héros sur un cédérom iu(Mars Explorer) construit à partir des Avphotographies prises par les sondes ^•Mariner et Viking.Le sceptique a été ^(Confondu: tout est d’une exactitude de -{(•métronome.Les ciels mauves et ocre, (files paysages à couper le souffle que .•( Robinson invente naissent bien d’une .\\connaissance presque intime de la ¦^planète.La simple description d’un .(î.voyage entre Pavonis Mons et Elysis -, ^Montes ou encore la découverte de la -(ijcalotte polaire par les premiers explo-k rateurs terriens de Mars sont parmi t/'jes pages les plus fortes du roman, (jjqui ne manque pourtant pas de surprises et de rebondissements.Mais revenons plutôt à la fibre même de Mars la Rouge.j~ Terre 2 } | Quelque part au milieu du XXIe ‘ ! iècle, ce qui tient lieu de Nations nies à la Terre décide d’envoyer cent olons sur Mars.Toutes origines Confondues, Arès, cette nouvelle (arche de Noé, rassemble des spécialistes de tous les grands ensembles politiques et économiques qui subsistent encore sur Terre.Après un voyage (presque) sans histoire, les scienü-jfiques de tout poil — ingénieurs, médecins, géologues et climatologues — •qui peuplent le vaisseau ont vite fait de le découper en petits morceaux jour créer la première base humaine sur Mars, Underhill.Bien sûr, cela ne se passe pas tout seul.Il faut vaincre l’exigeant climat ile la planète rouge.Et subsister mal-j gré les dissensions qui frappent bien-; Jôt le groupe autour de l’hypothèse de travail du «terraforming» à longue (échéance.On retrouve bientôt trois groupes.Ceux qui, littéralement, orbi-itent autour de la planète et qui transforment Phobos, un des petits satellites de Mars, en laboratoire.Ceux jqui discutent de diverses approches mais qui souscrivent néanmoins à la transformation de la planète.Et finalement, les rebelles, un grouix* de dissidents qui a littéralement pris le maquis et qui s’amusera bientôt à saboter les installations de plus en plus complexes qui apparaissent à la surface de Mars: autoroutes, couloirs pour trains à grande vitesse, canalisations aquifères ou hôtels de luxe.Les années passent.D’autres colons arrivent.Des villes de plus en plus énormes prennent forme à mesure que la situation s’envenime sur la Terre.Et les «transnationales» s’installent elles aussi pendant que le «terraforming» donne ses premiers résultats.La technologie aidant, le voyage Mars-Terre est considérablement raccourci avec la mise en place d’une sorte d’élévateur qui permet de rentabiliser l’exploitation des métaux rares du sous-sol martien.D'énormes machins sont mis en place (jour gérer les nouvelles masses aquifères qui deviennent de plus en plus importantes.Et ce qui devait arriver arriva: Mars ne se ressemble bientôt plus.La planète est devenue aussi corrompue que la Terre.Malgré toutes leurs prouesses technologiques, les hommes n’ont finalement réussi qu’à reproduire le gâchis qui sévissait déjà sur leur planète d’origine.Les actes de sabotage se multiplient.Les premiers arrivés, qui sont devenus les Cent Anciens, parviennent à peine à éviter la destruction totale.Et le livre s’achève dans une consécration manichéenne stéréotypée au moment où la répression triomphe d’un côté et que, de l’autre, une communauté presque idyllique vivant en symbiose avec la planète laisse croire à des jours meilleurs.Bien sûr, on dira que la trame de ce Mars la Rouge donne facilement dans le cliché.Que les personnages sont minces, souvent pâles copies de héros de cinéma à la Bogart.Tout cela est vrai et bien plus encore.Mais cela ne change en rien la qualité première du roman de Kim Stanley Robinson: l’inventivité de son écriture.Ces scénarios en rebondissements incessants, ces pantins qui apparaissent pour représenter une idée, un système ou un sentiment, ces descriptions ahurissantes de paysages déchiquetés inventés de toutes pièces, ce développement basé sur le recyclage et l’autarcie, tout cela relève d’une dynamique première visant à mettre encore plus en relief le seul véritable personnage du roman: Mars.Et c’est brillamment réussi.CQFD: preuve par le vide.Reste à voir ce que cela donnera dans les deux tomes à venir: Mars la Verte, qui vient d’arriver chez les libraires, et Mars la Bleue, prévue pour l’hiver.Lu.NATIONALE C’est le 80e anniversaire Revue mensuelle, 38,00 $ par an • Sociale, économique et indépendantiste • Indépendante des partis politiques • Des faits, des idées et des solutions • 2000 pages par année • Plus de 200 collaborateurs 425, boul.de Maisonneuve Ouest, Bureau 1002 Montréal H3A3G5 Téléphone: 514-845-8533 Télécopie: 514-845-8529 LISE GA U VI N Ce jour-là, le réveil avait sonné comme à l’accoutumée.Il l’avait éteint consciencieusement, ouvrant juste ce qu'il fallait de paupière pour assurer la précision du geste et sa quiétude à venir.Il rentra le bras sous la couverture et se retourna vers le mur.Chaque matin, il se permettait ainsi la douce délinquance de quelques minutes supplémentaires gagnées de justesse sur le labeur des journées.Il s’appliquait alors à ne penser à rien, savourant avec volupté ce temps suspendu entre la nuit et l’espace mesuré du quotidien.Puis, après les grognements et étirements d’usage, il s'aventurait hors du lit et parvenait tant bien que mal à rassembler les morceaux épars d’un habillement digne d’un bipède civilisé et productif.Ce jour-là cependant, il se risqua à regarder par la fenêtre un peu plus longtemps que d'habitude.C’était un de ces petits matins blêmes d’un hiver hésitant entre la brutalité tenace du froid et le printemps précoce.Un de ces matins beiges où il est impossible de savoir quoi, de la neige ou de l’oiseau, surviendra d’abord.Il s’attarda à examiner le jeu des noirs et des blancs dans l’embranchement d’un arbre, y reconnaissant la disposition exemplaire des toiles dites abstraites d’un peintre connu.Une femme passa dans la rue.De gros bas de laine donnaient à ses jambes une forme de saucissons mal ficelés.Dans sa main droite, un pan de tricot rose retenu par de longues aiguilles n’attendait sans doute que l’occasion d’un trajet d’autobus pour être poursuivi.Il s’attarda encore quelques moments à la fenêtre, le temps d’apercevoir le petit monsieur chauve d’en face qui descendait l’escalier de sa demeure pour gagner sa voiture, accompagné d’un enfant qu’il irait conduire à l’école.Sa femme surveilla leur départ de la porte entrebâillée, puis referma le paysage avant de disparaître derrière les murs de sa maison désormais silencieuse.L’image de ce rituel quotidien soudain l’irrita.Il quitta brusquement son poste d’observation et se rendit à la cuisine où, faute de pain, il se contenta de quelques biscottes trempées dans du café.Ces premiers gestes accomplis, il ne lui restait d’ordinaire qu’à parcourir rapidement les manchettes du journal du matin, s’arrêtant ensuite avec un plaisir quelque peu coupable aux proses passionnées des éditorialistes ou aux énoncés croustillants de certaines petites annonces.Ce jour-là cependant, il négligea d’aller chercher le journal à l’heure dite sur le palier.Il s’était pourtant levé de table, avait fait quelques pas en direction de la porte d’entrée, puis s’était surpris à écouter le martèlement du pic-vert sur l’arbre du voisin.La régularité de ce bruit le fascina.Il se mit à scruter les encoches faites par le bec de l’oiseau et admira la souplesse de ce cou agité de mouvements qui semblaient mécaniques.Il èn dédaigna la porte et le journal.La guérilla des relations fédérales-pro-vinciales aujourd’hui ne le ferait pas sourire.Il acceptait momentanément de ne pas savoir, de se mettre à l’écart de cette conscience du monde toujours alarmiste qui avait causé tant de maux d’estomac à certains personnages de romans.Il revint à la cuisine.Se servit une nouvelle tasse de café.Un coup d’œil rapide à l’horloge lui apprit qu’il était déjà neuf heures, l’heure habituelle de son départ.Il s’étonna, chercha d’abord à comprendre ce qui avait pu l’occuper tout ce temps, n’y parvint pas, puis cessa de chercher.Il songea à téléphoner pour s’excuser mais, ne ) LA NOUVELLE DU SAMEDI Entracte H i i-it i-1- i-L-t dr.Hjy t_ï,vV7l'-î;i v, I—I M ’ r*, Jj - Piet Mondrian: Composition n° 10, 1915.sachant trop quelle raison invoquer, il préféra garder le silence.L’appellerait-on?Il trouva plus commode de décrocher le récepteur, car il lui apparaissait de plus en plus évident qu’il n’irait pas au bureau ce jour-là.Il emporta son café dans la petite pièce qui lui servait à la fois de boudoir et de salle d’étude.Une immense lassitude s’empara soudain de lui et le fit s’affaler dans l’unique fauteuil noir, austère et tout de même invitant, qui, avec la table de travail, constituait le seul ameublement du lieu.C’est là qu’il avait jadis médité longuement sur les catastrophes mondiales, le sort des minorités, le statut de la femme, et même parfois aussi sur l’amour.La table était réservée aux questions plus immédiates ou plus concrètes, telle la lecture des dossiers à présenter aux divers comités dont il faisait partie, ou la rédaction de rapports, procès-verbaux et articles divers commandés par son travail.Toujours on n’avait eu qu’à louer son sens de l’efficacité, son jugement mesuré et sa capacité d’inventer des solutions aux tragédies quotidiennes du monde organisé.Il regardait maintenant avec étonnement les traces de son zèle antérieur dans les papiers classés méthodiquement sur le devant de sa table.Comme un trousseau de clefs rappelle des itinéraires passés dont on ne saurait reconstituer le parcours.Et il se prit soudain à rêver, à la dérive d’une autre mémoire, interdite, de ce qui n’avait pas eu lieu.Un enfant le regarde, étonné, une question suspendue à ses lèvres.Une femme s’approche de lui, lui parle, lui prend la main.Mais le rendez-vous est ailleurs et il n’ose s’y soustraire.Course affolée contre la montre qui le ramène, un cycle plus tard, vers ce même point de départ qu’il avait cru aboli.Les miroirs ont à peine changé.Les mêmes images y reflètent des paroles analogues.Les mêmes questions renvoient aux images identiques.Telle la gerboise qui dans l’espace ludique de sa cage refait éternellement l’ascension de son carrousel vertical.Jusqu’à l’épuisement.Jusqu’à ce qu’elle n’en puisse plus de jouir et de jouer.Carnaval éphémère que sanctionne l’impossible fête du lendemain.«Est-ce ainsi que les hommes vivent?», disait Aragon.«Et leurs baisers au loin les suivent.» Ce jour-là, rien ne lui semblait plus énigmatique que ces deux vers.Il renonça d’ailleurs à en creuser le sens davantage, préférant tourner le bouton de la radio pour entendre la dernière ritournelle de saison.Il chercha en vain de la musique.L’heure était aux confidences.Un historien connu racontait, comme s’il y avait assisté, la fondation d’une communauté religieuse bien en vue dans la métropole.Une dame vint ensuite relater les problèmes de parents d’enfants anormaux.Un enchaînement de musique grégorienne permit d’introduire la recette du jour, un navarin aux pommes.Il ferma la radio.Fureta dans sa bibliothèque.Choisit un livre au hasard.Se mit à faire la lecture à haute voix, attiré par l’incantation du poème: Je connais des étoiles qui ouvrent des sillons sinueux autour d’une solitude étale des étoiles qui planent comme la mouette au-dessus d’un océan d’amertume des étoiles qui glissent sur la soie des soirs de fête jusqu’à la brisure du miroir des étoiles qui reviennent après une longue absence prendre leur place au cœur du brasier.Il y avait longtemps qu’il n’avait pas lu de poésie.Cela lui semblait une activité de fin de soirée peu compatible avec ses préoccupations courantes.Les poètes en général l’inquiétaient, êtres étranges et hybrides, trop aimés des femmes pour ne pas être suspects.Mais il poursuivit sa lecture, ultime délit de cette journée sans histoire.Il y était question précisément d’un «jour dit» dont serait exclu celui «qui n’a point d’ombre / dans toute cette lumière».D’autres visages de femmes vinrent alors le hanter.Celles dont il avait oublié jusqu’au prénom, celles dont il avait fui le regard trop vif, celles qui lui avaient tourné le dos.Celle aussi dont il avait partagé un temps le mystère.Mais l’ombre envahissait peu à peu ces bribes de passé, silhouettes passagères dont il avait peine à distinguer nettement la forme.Il renonça à faire le point.Ferma les yeux pour mieux voir.S’étonna de l’extrême douceur des mots-images qui cette fois le sollicitèrent.Se laissa porter par ces mots, laissant à l’état d’ébauche le paysage mental qu’ils dessinaient, attentif à leur seul déroulement charnel.Le temps passa.A décliner cette succession d’instants libérés de l’avant et de l’après.Coïncidence imprévue du désir.Fiction sans fin du présent Combien de temps resta-t-il ainsi?Lorsqu’il ouvrit à nouveau les yeux, ce fut pour s’apercevoir qu’il faisait nuit.Une giboulée de mars avait laissé aux arbres sa trace scintillante.Apparemment rien d’autre n’avait bougé ni changé.Il avait simplement disparu de la scène du monde durant 12 heures.Il s’accouda à la fenêtre et songea à un roman qui commencerait par ces mots: «Il est minuit.La pluie fouette les vitres.Il n’était pas minuit.Il ne pleuvait pas.» Essayiste et nouvelliste, Lise Gauvin est également professeur à l’Université de Montréal et directrice de la revue Études françaises.Elle a publié Lettres d’une autre ou Comment peut-on être québécois (essai-fiction, L’Hexagone/Le Castor astral, 1984 et 1987), Écrivains contemporains du Québec (anthologie en collaboration avec Gaston Miron, Seghers, 1989) et L’Écrivain francophone à la croisée des langues (11 entretiens, Karthala, 1997).Elle tient dans Le Devoir une chronique des lettres francophones.Entracte est une nouvelle extraite de Fugitives (Boréal, 1991).LIVRES PRATIQUES LA PART DE LA MERE ,Geneviève Delaisi Éditions Odile Jacob Paris, 1997,227 pages Un livre percutant, émouvant! Une tranche de vie dans le service de gynécologie-obstétrique de l’hôpital Saint-Antoine, à Paris, un «voyage en maternité» qui ne saurait laisser indifférent.L’auteur, psychanalyste dans ce service, nous livre ici son carnet de bord sur une période de six mois.C’est l’histoire et le destin d’adolescentes, de jeunes mères enceintes, de femmes pauvres, souvent démunies sur le plan familial, sur le plan social, parfois sans abri, rejetées, malades et souffrantes, des femmes qui doivent se résigner à une interruption de grossesse tardive parce que l’enfant à naître souffre de malformation ou qui doivent donner l’enfant en adoption, des femmes qui meurent de cancer laissant derrière elle, en plus du dernier-né, de jeunes enfants.Des fragments de maternité qui font mal, des épisodes de vie dramatiques qui donnent à réfléchir sur l’état de la société, de la vie à l’hôpital, de la médecine.CES FEMMES QUI EN FONT TROP Anne Wilson Schaef Traduit de l’américain Par Johanne Forget Les éd.Modus Vivendi Laval (Québec), 1997,384 pages Cet auteur de best-sellers a écrit cet ouvrage à l’intention de celles qui en font trop, qui répondent à tous les besoins, à toutes les attentes de leur environnement, de celles qui sont constamment à la recherche de la perfection et de l’harmonie dans tous les aspects de leur vie.Truffé de cita- tions de femmes célèbres de tous âges et milieux, d’anecdotes et de méditations quotidiennes, ce guide se veut un conseiller judicieux.ENTRE LE CŒUR ET L’ÂME Robert Sardello Traduit de l’américain Par Marie-Luce Constant Le jour, éditeur Montréal, 1997,240 pages Cet ouvrage s’intéresse en premier lieu au futur de l’âme et à sa participation à la fabrication du futur.L’amour dont il est question dans ce livre s’étend au-delà des sentiments, des émotions et des préoccupations personnelles pour englober un puissant intérêt pour l’avenir de l’humanité.Les lecteurs qui ont aimé Le Soin de l’âme, de Thomas Moore, apprécieront cet ouvrage qui propose de nombreuses démarches susceptibles de MB*.LE BOUQUINISTE PIERRE CHAPUS DISQUES COMPACTS, LIVRES, CASSETTES, DISQUES, BP OUVERT 7 JOURS 10hà22h 3694 St-Denl*.Montréal Choix et Qualité 713 Mont-Royal Ert, Mtl Métro Sherbrooke 849-1913 Métro Mont-Royal 5236389 Livres anciens et d’occasion Gravures Phiio ~ Littérature - Histoire Arts ~ Canadiana Les choix d'un libraire Achat et Vente SAINT-DENIS sar conduire à l’intelligence du cœur, à la découverte du sens du chagrin, au pouvoir créatif du rêve.LE POUVOIR SANS ABUS Marie Valiquette Les éd.Logiques Montréal, 1997,312 pages L’affirmation «toute personne en position d’autorité abuse de son autorité» est à la base de cette réflexion.Tous, à un moment donné, à des degrés divers, consciemment ou inconsciemment, viennent à abuser du pouvoir qui leur est confié, soutient l’auteure, Dans cet ouvrage, elle propose un modèle de relation d’autorité et présente des mises en situation qui permettent de mieux comprendre la problématique du pouvoir et des relations.LES RÊVES ÉROTIQUES Nicole Gratton Stanké, Montréal, 1997,131 pages Cet ouvrage, qui ose aborder un sujet longtemps considéré comme tabou, fait suite à L'Art de rêver et Les Rêves spirituels, deux succès de librairie signés par l’auteure.Ce troisième livre «se veut un entrebâillement dans l’intimité de nos nuits pour observer les rêves érotiques sous un angle différent».Pourquoi faisons-nous des rêves sexuels?Comment analyser les images sensuelles pour comprendre et améliorer nos relations amoureuses?Comment composer avec le plaisir onirique pour accéder à des états d’extase de plus en plus grandes?Renée Rowan I.K I) K V H I It .I.K S S A M K |)| 2 K K T D I M A N < Il K 2 » .1 I’ I X I !MI 7 5 Merre Godin.Profession: biographe.PIERRE CAYOUETTE LE DEVOIR De Daniel Johnson à René Lévesque, Pierre Godin est passé maître dans l’art de la biographie politique.De livre en livre, il raffine sa technique, un habile mélange d’analyse politique, de récit historique et de reportage journalistique.Il s’impose un travail de moine, mène des centaines d’entrevues, épluche des milliers d’articles et d'archives de toutes sortes avant d’écrire.Pourtant, en bout de piste, cela donne un texte qui se lit comme un roman, avec des personnages de mieux en mieux campés et des métaphores à satiété.On ne sent étrangement pas le poids de la recherche, piège que les biographes moins expérimentés savent rarement éviter.Mais comment diable un journaliste de carrière comme Pierre Godin peut-il s’éloigner pendant des années de la pratique quotidienne pour se consacrer à un seul personnage, fût-il René Lévesque?«C’est parce que je m’ennuyais dans l’information que je me suis mis à l’écriture de livres.Je crois que le journalisme, au Québec, vit des années sombres.Ça me rappelle parfois les années 50.Les journalistes font leur métier du mieux qu’ils peuvent.Mais il n’y a plus de vision à la tête des entreprises de presse.Il n'y a que très rarement de grandes enquêtes.U n’y a plus de cohérence, plus de direction de l’information, plus de vrais débats.Au fond, les journalistes sont un peu le miroir de la société.Et comme nous vivons dans une société arrêtée, l’information est nécessairement arrêtée.» Malgré ce jugement sévère sur le -présent, ce n’est pas par nostalgie que Pierre Godin s’est lancé dans cette monumentale biographie de René Lévesque.«Évidemment, c’était un politicien comme il ne s'en fait plus.Les politicietis d’aujourd’hui sont telle- ARCH1VES LE DEVOIR Pierre Godin ment ennuyants et insipides que les journalistes ont dû, à la dernière campagne fédérale, s’en fabriquer un, un vendeur d’espoir, Jean Charest.Lévesque incarne presque à lui seul le désir d’affranchissement des Québécois, notre désir de ne plus être un petit peuple, d'en finir avec l’adage “né pour un petit pain”.C'était un politicien sincère.L'idée d’écrire sa biographie s'est imposée naturellement.» Un homme distant Etonnamment, Pierre Godin n’entretenait pas de rapports privilégiés avec René Lévesque.«D'un point de vue personnel, ce n'était pas quelqu'un qui m’intéressait particulièrement.Il était assez distant avec les journalistes, moins chaleureux, en tout cas, qu'un homme comme Robert Bourassa.C’est son personnage qui m’intéressait.C’est un grand leader charismatique qui possède tous les traits de ces grands leaders charismatiques, y compris la propension à “consommer" plusieurs femmes.» Sur le plan de l’écriture, Godin considère la biographie comme le prolongement naturel du journalisme.«Bien sûr, on doit travailler dans un cadre assez rigide, assez rigoureux.Il y a des lois propres au genre.Mais la biographie permet aussi une grande liberté.» Cette grande latitude, Godin la démontre avec de plus en plus d’éloquence.De la même manière qu’un romancier, il creuse ses personnages, leur donne une grande profondeur.Son Parizeau, entre autres, est particulièrement réussi.De Johnson à René Lévesque, Godin est devenu, par la force des choses, un spécialiste des Trente Glorieuses, de l’âge d’or du Québec.Maintenant qu’il maîtrise à ce point cette période de l’histoire du Québec, qu’entend-il en faire?L’idée de s’en inspirer pour créer une œuvre de fiction sourit de plus en plus à Pierre Godin.Pour l’instant, toutefois, il n’en est pas là.Le second tome de sa biographie de René Lévesque, Héros malgré lui, fait 721 pages et couvre la période de 1960 à 1976.On y revoit les grandes réalisations de «l’équipe du tonnerre» de Jean Lesage, la démission fracassante de Lévesque et la création du Parti québécois, la Crise d’octobre, ses défaites électorales, les débuts de sa passion amoureuse pour Corinne Côté.Le troisième tome racontera les années de pouvoir, de l’extase à l’agonie.Godin promet des révélations fracassantes sur les derniers jours de René Lévesque à la tête du Parti québécois.La fragilité et la vulnérabilité de l’homme apparaîtront.On pourrait croire qu’après toutes ces années, René Lévesque n’a plus de secrets pour Godin.On aurait tort.Il y aura toujours une part d’ombre chez Lévesque, un aspect insaisissable.Dans Héros malgré lui, les tensions entre Parizeau et Lévesque apparaissent très clairement.Et, comble de l’ironie, leur bataille se poursuit,aujourd’hui.même en librairie.A quelques jours du lancement de René Lévesque - Héros malgré lui, Jacques Parizeau lançait un retentissant essai intitulé Pour un Québec souverain.MEILLEURES VENTES Toute catégories Pour un Québec souverain Jacques Parizeau, VLB éditeur Romans étrangers 1- Les Vendanges tardives Françoise Dorin, Plon 2- Pour que triomphe la vie Barbara Taylor-Bradford, Albin Michel 3- Im Conspiration Trevayne Robert Ludlum, Robert Laffont Romans québécois 1- Marie Mousseau 1937-1957 Denis Monette, Edition Logiques 2- La Chair du maître Dany Laferrière, Lanctôt éditeur 3- Maïna Dominique Demers, Québec/Amérique Essais, documents 1- Pour un Québec souverain Jacques Parizeau, VLB éditeur 2- Michel Chartrand, les dires d’un homme de parole Fernand Foisy, Lanctôt éditeur 3- René Lévesque, un héros malgré lui (tome 2) Pierre Godin, Boréal Formats poche 1- Je mange, donc je maigris! Michel Montignac, J’ai lu 2- L’Homme flambé / Le Patient anglais Michael Ondaatje, Points roman 3- L’Alchimiste Paolo Coelho, J’ai lu Jeunesse 1- Dragon bail n° 25, Piccolo Akira Toriyama, Glénat 2- Un œuf étrange venu de Mars R.L Stinc, Héritage 3- Dodo des animaux Gilles Tibo et Sylvain Tremblay, Héritage Relevé mensuel de L’Association des libraires du Québec ESSAIS QUÉBÉCOIS La souveraineté politique de l’individu ND DEVOS 0\) QUEBEC û£çq\ iv/tsflC V/\RTEZ 4 FJORD DU SAGUENAY \»1 RV.I'Il I B.piJ tylf BfcO il A«>«* Ctonv, Mm.fett» SSR t JJ.S II.PS DU '//INT-JÇl URL N T CHARLEVOIX UÉBEC !*£ LA CAPITALE L’ESTUAIRE SAINT-LAURENT LT SES f A If m N S A LC H I TS TttCAkM- Quebec MUSEES AMERINDIENS cU ET INUITS aijum *» HVXpnyn* i 4CW Venez le rencontrer au 4380 St-Denis le jeudi 3 juillet de 12H30 à 13H30.Oampigny M k 1 >] I 4380 St-Denis 371 Laurier ouest 276-2587 Ouvert 7 jrs de 9h à 22h Mail Champlain 923-2587 (514) 844-2587 I -800-817-2587 Carrefour Angrignon 365-2587 S3 Station Mt-Royal Centre Laval 682-2Î587 Les parcs du Québec, Par monts et merveilles André Croteau 49,95$ Les Iles du Saint-Laurent André Croteau 49,95$ Québec la capitale 29,95$ Amérindiens et Inuits, Guide culturel et touristique du Québec Michel Noël 29,95$ L’Estuaire du Saint-Laurent et ses jardins secrets Jean François Harriet, Annie Mercier 49,95$ #MtNTE PARroür MUSEES è visiter Les musées du Québec, 400 musées à visiter André Croteau 19,95£ FIGURES DE IA SOUVERAINETÉ Nietzsche et la question politique François Ijeroux Hurtubise/HMH Coll.«Brèches», 1997,341 pages AU DELÀ DU RESSENTIMENT Réplique à Marc Angenot Jacques Pelletier XYZ, coll.«Documents» 1996,98 pages On a dit de lui qu’il était le dernier des philosophes ou qu’il inaugurait au contraire une nouvelle ère de la philosophie.Qu’il était un fou ou un génie, un visionnaire ou un tortionnaire de l’esprit.On a vu dans ses écrits du fascisme, du nombrilisme, du machisme, alors qu’il est le plus déroutant et le plus insaisissable des penseurs.Et le plus commenté.Philosophe contre les philosophes, Nietzsche fut un être de langage au sens de la philosophie «antique» — un philologue si l’on veut — et au sens de la philosophie moderne — il était littéralement habité par les mots, et de cette invasion, il a tiré le meilleur des partis, celui de la métaphore.Pour lui comme pour le poète, le langage n’a pas tant pour fonction de désigner le réel que de transgresser ses apparences, ce qui explique qu’au progrès, à la science triomphaliste et à la logique causale, il ait toujours opposé l’art et le génie créateur.Il fut aussi un être politique, mais sur cela, les commentateurs sont restés plutôt muets, sauf à lui imputer la responsabilité des dérives idéologiques de certains acteurs politiques du XX‘ siècle — Hitler, nommément — qui se sont réclamés de sa pensée en la citant à tort et à travers, ou, à l’opposé, à réfuter cette responsabilité sous prétexte d’anarchisme (cela dit, l’œuvre de Nietzsche en est une qui appelle la citation de toutes ses forces, qui ne se conçoit pas sans elle, ni au départ, d’où la forme «sentencieuse» de la prose du philosophe, ni à l’arrivée, d’où les multiples commentaires qu’elle a suscités.Qui risque rien n’a rien: ce proverbe n’a jamais eu autant de sens qu’appliqué au langage nietzschéen).Le travail de François Leroux comble en partie cette lacune.Figures de la souveraineté vise à montrer qu’il y a chez Nietzsche «une véritable analyse politique dont le travail marque l’œuvre entière».Précisons-le tout de suite.L’analyse politique à la manière de Nietzsche (et le mot «manière», ici, doit s’entendre au sens fort de «sty- Robert S a I e 11 i ?le») ne se limite pas à un programme et ne ressemble en rien à une doctrine, et ceux qui, voyant le mot «souveraineté» dans le titre de l'ouvrage de M.Leroux, espèrent y trouver un encouragement à une forme ou une autre de nationalisme devront déchanter.Pour l’auteur du Gai Savoir, l’analyse politique a comme corollaire l'ébauche d’une > , utopie, l'évocation d’un avenir marqué par la transmutation des valeurs.Qui dit LwH utopie dit changement de cadre: qui dit changement de cadre dit débordement: et qui dit débordement dit drame.Il faut donc lire la réflexion de Nietzsche sur ^ le plan politique dans le • cadre de la «fabuleuse dra-t matisation» qui fut la sienne et qui trouva dans La Naissance de la tragédie^ donc très tôt, sa première a ticulation: la figure du génie1 Cette figure, nous dit Franço; Leroux, est un appel à la mémoP' re.Pour Nietzsche, en 1872, il ylT-péril en la demeure de la communauté des hommes.Le retour à la tragédie grecque s’impose comme une nécessité dans une conjoncture marquée par la montée de l’Etat, l’atomisation d’une société où triomphe l’individualisme le plus affaiblissant, et le faux optimisme d’une culture dite du progrès (on dirait aujourd’hui: du consensus).Le «sérieux terrifiant» de l’humanité antique doit servir, aux yeux de Nietzsche, d’antidote aux illusions du rationalisme et à la violence des nations et des Etats.Dans La Naissance de la tragédie, le philosophe affirme que le «peuple» se définit essentiellement par ses génies, c’est-à-dire les grands figures qui lui permettent d’être confronté à ses cruelles vérités.Par un travail de deuil qui cherche à faire renaître l’héritage dionysiaque des Grecs, que la culture de l’époque de Bismarck et du IIe Reich avait enterré, Nietzsche engage à renouveler la mémoire collective des hommes.Il va sans dire que ce renouvellement est tout sauf statique.L’identité d’une communauté est envisagée, dans la perspective crypto-politique qui est celle du premier Nietzsche, comme une œuvre à accomplir et non comme le repli sur de§ traits de personnalité déjà établis.A cette figure du génie seront plus tard associées deux autres figures de la souveraineté: celle du surhomme, c’est-à-dire de celui qui, par une Généalogie de la morale, pourra, tel un géologue ou un archéologue, déconstruire les valeurs sur la stratification desquelles reposent les contradictions de son époque; et celle, enfin, de Zarathoustra, qui servira d’aboutissement et de signature à un Nietzsche de plus en plus travaillé par le caractère autobiographique de son œuvre.Ce qui est en cause, en effet, dès le début chez Nietzsche, et qui s’amplifie jusqu’à la fin, jusqu’à Ecce Homo, c’est le nœud gordien que constitue la rencontre, sur une table de vivisection philosophique, d’une généalogie des valeurs morales et d’une écriture à visée utopique, d’un passé et d’un avenir.Nœud gordien que vient trancher la «souveraineté de l’individu» (titre d’un ouvrage de Michel Morip paru en 1992 aux Herbes rouges).A la jonction du politique (au sens large) et de l’autobiographique, il y a ce projet sous forme d’aphorisme, qui résume l’œuvre: devenir ce que l’on est.La souveraineté est quelque chose que l’on acquiert, que l’on conquiert, aux dépends de soi-même et de la morale de son époque.Figures de la souveraineté est le fruit d’une longue recherche qui traduit une compréhension globale de l’œuvre de Nietzsche.L’ouvrage intéressera au premier chef les philosophes et, naturellement, les exé- gètes de l’auteur de Par-delà le bien et le mal.Il appert que l’on n’a pas encore tait lu tour d’une pensée qui a re* marquablement anticipé (et dramaÜ* se) les enjeux d’un siècle, le nôtre, qui va s’épuiser avant elle.En ce sens au moins, le travail de M.Ia*roux a des implications qui débordent le strict cadre philosophique.Aussi, les non-philosophes de formation apprécieront les courtes synthèses que l’auteur a placées à la fin des différent» chapitres et qui ont pour but évident de faciliter la tâche de tous ceux à qui l’œuvre nietzschéenne ai» livrait parler — et ils sont nombreux — mais que les •problèmes de vocabulaire et d’accessibilité propre» au discours philosophique et au travail universitaire pourraient rçbuter.* D’une mauvaise lecture de Nietzsche Si l’on doit rètenir un seul en-eignement de l’œuvre de nietzsche, c’est ceci.On ne peut pas remplacer une morale par une autre morale, une tyrannie par une autre tyrannie.Bien plus, si l’esclave prend le discours du maître et s’il eh triomphe, ce n’est qu’un transfert de, tyrannie.Il faut aller au delà de la morale (ou de ce qui en tient lieu), il faut aller ailleurs et d’une façon différente.La souveraineté individuelle devient alors une exigence collective.Et la communauté des hommes en de-' venir ne peut se construire, comme çe fut en bonne partie le cas pour les Etats-nations et le nationalisme, sur! le ressentiment.C’est ce que disait d’ailleurs Mare.Angenot dans son avant-dernier ouvrage, Iœs Idéologies du ressentiment: Mais pour Jacques Pelletier,; Nietzsche a élaboré une philosophie au service de la domination, une théorie des élites.Du moins, c’est ce qu’il soutient dans un petit livre paru à la fin de l’an dernier, Au delà du ressenti* ment, qui est une réplique à la thèse d’Angenot.Si tout n’est pas de cette! eau dans ce court essai polémique qui vise à revaloriser le nationalisme québécois, on mesurera facilement; à l’aune du travail de François Leroux, combien la lecture de Nietzsche que fait M.Pelletier est réductrice, voire inexacte et fausse.RAYMO avec les ÉDITIONS DU TRÉCARRÉ Charlevoix, joyau du Québec Alain Dumas, Yves Ouellet 49,95$ Le fjord du Saguenay, Merveille du Québec Alain Dumas, Yves Ouelle’t 49,95$ Aux Beaux Dimanches une onie un roman 2lh30 liSbt Radio-Canada w Télévision A LA TELEVISION ON AURA TOUT VU MR.BEAN Un petit orignal du zoo de Saint-Féli* Parions que le sympathique person-den doit la vie à une vache; la prépa- nage devra encore une fois affronter ration d'un repas en forêt; une compa- un obstacle qui mettra ses qualités à gnie d’art subaquatique qui sort de l’épreuve! l’ordinaire.PUS-57,21 h Télé-Québec, 20lt30 Punie des Rivières NOS C II O I X RUPERT Un dessin animé tout à fait charmant qui met en scène un petit ours ayant une prédisposition pour l’aventure.C’est britannique; la qualité de la traduction est très bonne.Canal Famille, 8lt HISTOIRES DE HONG-KONG Petits portraits ou tableaux sur la vie quotidienne des habitants de Hong-Kong.à la veille* de la rétrocession à la Chine.RDI, 20h lo®æ H(6) 7 O ïârsD CD GD Ie0 L'Arche de Noé Chez nous 97 Le Journal du siècle 32 CE 10 Passion plein air Le Téléjournal Histoires fantastiques Baseball / Expos - Marlins Le Téléjournal Les Nouvelles du sport (22:25) Cinéma /M.BUTTERFLY (4) avec Jeremy Irons, John Lone (22:45) la r5i ijd Sa a 9 «SCD a@03i ¦ 40 Cinéma/ COMPTE SUR MOI 3) avec wil Wheaton, River Phoenix (15:00) Vins et Fromages Fleurs et Jardins Le TVA Cinéma /DANGER PUBLIC (5) avec Martin Short, Danny Glover Cinéma /ELLE ET LUI (4) avec Kevin Bacon, Elizabeth Perkins Le TVA/ Le TVA Sports Loteries (23:39)/ Cinéma/ BALANCE MAMAN HORS DU TRAIN (4) (23:52) ŒGSGzKM) B 30 46 Cinéma/LES AMIS DELA FORET (4) Conte (16:00) Mais où se cache Carmen Sandiego?L'Étalon noir National Geographic Québec plein écran On aura tout vu Cinéma/ROBBY, KALLE PAUL (4) avec Frank Beilicke Cinéma/AMOUREUX FOU (I avec Rémy Girard, Nathalie 1 5) jascon (22:42) j9üü CD G® 1303 (3® @9) La Maison du futur @ Arobas Grand Journal |2)Hebdo Sports (17:40) Rumeurs Cinéma / HERCULE ET LE ROYAUME OUBLIÉ (5) avec Kevin Sorbo, Anthony Quinn Cinéma/DOUBLE JEU (5) avec Theresa Russell, Jeff Fahey Box Office (22:52) Le Grand Journal (23:22) Ibq Volleyball (15:30) Equestrian Saturday Report Fashion File Baseball / Blue Jays - Orioles The Wonder Years Empty Nest Saturday Evening News Cinéma/THE SOFT SKIN (3) Players Toyota Race #5 (16:00) Roadcrew Home Improv.Newsline Regional.Entertainment Now Dr.Quinn, Medicine Woman |FX: The Series Street Justice CTV News Nightline jgCB I World Championship Wrestling Puise Mtl Sports Star Trek: Voyager Early Edition Puise/Sports ¦x Wide World of Sports News ABC News I Wheel of.I Jeopardy Family Matters Hangin' with Mr.Cooper Dangerous Minds Spy Game News Psi Factor Mm Pub Hard Copy ¦ 22 ABC News Pub Star Trek: Deep Space Nine Baywatch H® PGA Golf / St Jude Classic (16:00) News CBS News Entertainment this Week I Dr.Quinn, Medicine Early Edition Walker, Texas Ranger News Hercules sim Wheel of.Jeopardy vvuiiidii Cinéma SjCij Golf / U.S.Senior Open Championship NBC News Home Improv.The Pretender Cinéma /GRIDLOCK (6) avec David Hasselhoff, Kathy Ireland Saturday Night Live H® [ 10.UU) Inside W.-End _ Siskel & Ebert PSgB Points North Antiques Roadshow The Lawrence Welk Show Austin City Limits Keeping Up.Thin Blue Line .Natural Geographic/Elephants Cinéma / INTERMEZZO (5) avec Leslie Howard | On Tour ans Waterw.(16:00) Washington.Wall Street.New York Week Inside Albany The Editors McLaughlin Gr.As Time Goes Keeping Up.Mr.Bean Fawlty Towers Red Dwarf Austin City Limits Cinéma Scs Xena.(16:00) Bugs and Tweety Show News Special Jake and the Kid PSI Factor Early Edition Orleans Global News Sat.Night Live Mm Polka (16:50) Sharon.Wildside The Intrepids On My Mind Journeys Cinéma/GENEVIEVE (3) avec John Gregson Conv.(21:35) Cinéma / THE TITFIELD.(4) (22:05) Conv.(23:25) Mystery (23:35) Htü Golf/U.S.Senior Open (16:00) World of Golf Sportsdesk 1997 Summer X Games Sportsdesk «RDS Golf SPGA / Omnium des États-Unis (15:00) Sport Gillette Sports 30 Mag .motocross Qualifications Formule 1 Championnat de Superbike Les Superstars WWF Sports 30 Mag .extrêmes ¦ TV 5 Vins et.Journal suisse Pyramide.Faut pas rêver Journal FR2 Étonnant et Drôle Bonjour ciné.(21:35) Anecdote (2205) Jrnl belge (22:35) | Jazz en folie Courants d'art ¦Lcr Schtroumpfs Télé-Pirate Génération W Chair de poule I Covington.I Shlak Gymtonik ^ a®p) Vox Pop Musique vidéo Fax Box-office Perfecto ConcertPlus / Live: Unplugged Musique vidéo Bouge de là Groove VideoF.(14:30) I R.S.V.P.MuchMegaHits Fax Spotlight Start Me Up Big Ticket / Intimate.with Sarah McLachlan | Fax Spotlight ¦ x Les Anges Gardiens (15:35) I Aventure en coulisse (17:25) Power Rangers: le film (19:20) Le Corbeau: cité des anges Suspense en prolongation Si All Dogs Go.Casper Beasties Shirley Holmes Buffy the Vampire Slayer Goosebumps Are You Afraid of the Dark?Dracula Hidden City Why TV?Maniac.PJ Katie's Farm Me® Bul.de santé Aujourd'hui Bull, jeunes Branché Jrnl du siècle Monde ce soir .Hong Kong Grands Reportages Le Journal RDI Grands Reportages Le Point final Le Téléjournal Griffe ¦ j Cinéma/LÉVY I ET.(4) (16:00) Ciné.Samedi de rire Animalier En rappel / Kate et Anna McGarrigle Les Châteaux.1 Époque coloniale Biographies / Mamas.the Papas Archéologie Concerts Jazz: Diana Krall Trio Classification des films: (1) Chef-d’œuvre — (2) Excellent — (3) Très bon — (4) Bon — (5) Passable — (6) Médiocre — (7) Minable CINÉMA A U I* E T I T ÉCRAN ELLE ET LUI (4) (He Said, She Said) K.-U.1991.Comédie sentimentale de K.Kwapis et M.Silver avec Kevin Bacon, Elizabeth Perkins et Sharon Stone.Après leur rupture, deux animateurs de télévision liés sentimentalement racontent à des .unis une version différente de leur vie de couple.TVA 20h30 ROBBY, KALLE ET PAUL (4) Ail.1988.Comédie de mœurs réalisée et interprétée par Dani Ix>vy avec Frank Beilicke et Josef Hofmann.À la suite de diverses déceptions, trois célibataires qui partagent le même appartement décident de ne plus recevoir de filles.TQ 2 lit LES PROIES (4) (The Beguiled) K.-U.1970.Drame psychologique de D.Siegel avec Clint Eastwood, Geraldine Page et Elizabeth Hartman.Un soldat nordiste blessé trouve refuge dans une pension sudiste pour jeunes filles.Canal D minuit DIMANCHE NOS CHOIX GRAND PRIX DE FRANCE Jacques Villeneuve saura-t-il, après sa mésaventure de Montréal, se rapprocher de la première place?RDS, 8h COUSTEAU Présentation d’une entrevue que Robert-Guy Scully avait réalisée avec Jacques-Yves Cousteau, explorateur du monde sous-marin, décédé cette semaine.RDI, 9U30 BOUILLON DE CULTURE Antoine de Baecque et Serge Toubia-na pour François Truffaut, François-Marie Banier pour Past Present et Jean-Pierre Soisson pour Charles le Téméraire.TV5, 20h30 Kl RI TE KANAWA: VOIX DES ANTIPODES Documentaire musical dans lequel la soprano néo-zélandaise Kiri Te Kanawa retrace les grandes étapes de sa carrière.Radio-Canada, 21h Paule des Rivières OdDCD (6J®Q ?DtDQD CD Grands Prix de Formule 1 1997/ Grand Prix de France (15:30) Les Contes d'Avonlea Le Téléjournal Découverte (18:15) Surprise sur prise Beaux Dimanches/Clin d'oeil à la communauté française de Belgique Beaux Dimanches/ Histoires de Hong Kong Le Téléjournal Nouvelles du sport (22:25) Cinéma/LA PEAU DOUCE (3) avec Jean Desailly, Françoise Doriéac (22:45) OGDdD 00 9 CD OB OH @5) Cinéma/BIG (4) avec Tom Hanks, Elizabeth Perkins (16:00) Le TVA Fort Boyard Drôle de vidéo Cinéma / LES APPRENTIS COWBOYS 2 (5) avec Billy Crystal, Daniel Stern Le TVA TVA Sports (22:54) / Loteries (23:09) Complètement marteau (23:17)/ Finances (23:46) mmm (30) @6) Cinéma /LES AVENTURES DE CHATRAN (4) Conte (16:00) Carmen Sandiego Voyage grandeur nature Exploration En pleine nature Médecine apprivoisée Cinéma / NOTRE DERNIERE VALSE (4) avec Frits Helmuth, Ghita Norby Cinéma/BARTON FINK (3) avec John Turturro, John Goodman (30® FD 35)1491 A mi-galaxie, tournez à gauche Pas si bête que ça! Le Grand Journal Artiste au menu/Joe Bocan Taxi Hercule Shows Rigolos /Caroline Dion, Daniel Leblanc, Peter Macleod, Michel Lauzière Cinéma/LA CITE DE LA JOIE (4) avec Patrick Swayze, Om Puri Le Grand Journal (23:53) OO 3D Horseracing (16:00) Music Works Street Cents World of Disney (1/2) Road to Avonlea Wind at my Back Hearts & Minds (2/4) Sunday Reporf Venture (22:25) Sunday Night Qc Prov./Sports News Sports Late.?EJ OB CD Ent.NOW (16:00) Home Improv.Brotherly Love Newsline Family Play.America's Funniest Home Videos Lois & Clark: The New Adventures of Superman Cinéma/RENT-A-KID (5) avec Leslie Nielsen, Christopher Lloyd CTV National News Nightline Pulse / Sports Wine & Cheese Inside Track Fashion TV Puise Travel/Moravia m m 1221 Colorado Springs IRL (15:00) Tour de France / Cyclisme News ABC News Second Noah America's Funniest Home Videos Cinéma/THE DOCTOR (4) avec William Hurt, Christine Lahti News Pub E.T.This Week ABC News Pub PSI Factor f~3~] (8) Fedex St.Jude Golf Classic (16 00) CBS News Mad About You 60 Minutes Touched by an Angel Cinéma / CHILDREN OF THE DARK (6) avec Peter Horton, Tracy Pollan News / Seinfeld .Limits (23:45) News CBS News News Pub CUD To) U.S.Senior Open Golf Championship (15:00) À comm.NBC Nightly News Dateline NBC [3rd Rock.[ Newsradio Cinéma / THE BABYSITTER'S SEDUCTION (6) avec Stephen Collins, Keri Russell Viper News St.Jude's: A Story of Hope News Extra.(23:35) ED ®7) Adam Smith On the Waterways | Great Journeys Wild World ] Naturescene | Nature/Lost World of the Medusa Masterpiece Theatre / Dr.Finlay II Cancer: A Personal Voyage Mystery! Maigret Upstairs (16:07) Health Week [Travels Europe Money Hunt Financial Future All Creatures Great and Small Evening at Pops Silver Feet Great Performances / Suzanne Farrell Cinéma GO Ace Ventura Bugs and Tweety Show News Sportsline 60 Minutes The Simpsons King of the Hill The X- Files The Outer Limits News Sportsline m Polka.(16:20) Sharon.[Wildside Inquiring Minds Journeys Lonely Planet Archaeology Hamish MacBeth From the Heart / Pov/der Room Allan Gregg [ Dialogue Imprint/Kim Echlin — ns Baseball / Expos - Marlins Sportsdesk Baseball / Rangers - Athletics Sportsdesk ROS Baseball / Expos - Martins (16 00) Sports 30 Mag Golf SPGA / Omnium des États-Unis Sports 30 Mag | .extrêmes m Monde (15 30) Journal suisse Déjà le retour L école./ Tourisme (1845) Journal FR2 Bons Baisers d'Amérique Bouillon de culture |7 sur 7 (21:35) Journal beige [ La Belgique en affaire (CL Schtroumpfs Télé-Pirate Génération W [Chair de poule J Covington.Shlak Gymtonik (ME Partridge.Flashback Les Incontournables du rock 9 Musique vidéo / Se poursuit jusqu'à 00h30.Ü) Fax R.S.V.P.MuchMegaHits Combat des Clips Golden Age of Rock n Roll | The Monkees MuchMusic Countdown MuchEast ÜE Où sont les hommes?(1520) I Gotti (17 25) Un Drôle de cabot (19 25) Fargo | Aux frontières de l'au-delà (22 40) W.Mr.Magoo Yogi Bear Charlie Brown BramMy Hedge My Hometown Flipper Rough Guide Neon Rider The Hit List Dunk Street Super Dave.IE Jrnl du siècle Aujourdhui Bull jeunes Horizons.Griffe Monde ce soir La Facture Grands Reportages Le Journal RDI [Hong Kong terre de Chine Le Téléjoumal La Facture nr Cméma/IA MOUTARDE.
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