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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1997-07-12, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR V () L X X X VIII x - i r> -I M O N T R K A I.I.K S S A M K 1)1 12 K T I) I M A N C II K I 3 .1 U 1 L I.K T 1 il !) 7 I < A II I K II S I .il 7 $ + T I' S v o LIVRES Et Dieu inventa.„ la balle!, page D 1 ÉCONOMIE Vers une zone de libre-échange sur Internet, page C 1 POLITIQUE Stratégie nationale sur le sida: Rock promet de tenir promesse, page A 5 LES ARTS Paul Vanier Beaulieu, Vhomme de toutes les influences, page B 1 PERSPECTIVES Histoire de dépassements Un recul du chômage digne de ce nom Les gains d’emploi sont essentiellement du temps plein, répartis à la grandeur du pays Se rge Truffant ?C’est décidé: le toit sera fixe et coûtera 37 millions de dollars.Enfin, on espère qu’il coûtera ce qui a été promis.Ou plutôt qu’il ne coûtera pas un sou de plus que ce qui a été promis.Parce qu’à lire l’histoire du stade et de son toit, on se dit: ça ne tient pas de la saga ou du cauchemar mais bien de l’apparence instable, cette histoire.Tout a commencé, enfin presque, dans pn petit IKirt de pêche situé près de Marseille.A Saint-Louis-Port-de-Pêche, c’est le nom du port en question, la toile du stade reposa pendant toutes les années qui suivirent l’imposition d’un moratoire concernant l’installation de cette masse de tissu sur un toit conçu par un architecte rompu aux activités du football européen.Soit dit en passant, le football à l’européenne est un jeu qui se déroule dans un grand rectangle alors que le baseball est un jeu qui se poursuit à l’intérieur d’un losange qui se termine, histoire de compliquer le tout, par un arc de cercle.Toujours est-il qu’en 1982, le gouvernement de l'époque décide de lever le moratoire.Ce faisant, à Saint-Louis machin truc, ils emballent la toile.On la transporte jusqu’à nos rives.On la déploie.Et on découvre qu’il y a de la bouillabaisse dans les chiffres.Comment cela?Une fois la toile étalée, une fois sa superficie calculée, on a réalisé qu’il manquait 4500 m2.De quoi?De tissu.Évidemment, plutôt que de renvoyer le tout aux cousins de la vieille France en leur signifiant: «Arrêtez de jouer aux marchands de tapis, on veut la toile totale», on a payé.On a casqué.Avec des machines japonaises, on a cousu les pièces manquantes.Coût de l’opération?270 000 $.Ajoutons à cela les dépenses afférentes à l’entreposage, soit 456 000 $, et on dépasse les 800 000 $.Mettons qu’en dollars constants, les cousins de Saint-Louis ont dû se payçr des hectolitres et des hectolitres de Pernod ou de 51.A notre santé?C’est même pas sûr.Passons.Au milieu des années 80, la firme Socodev, une filiale de Lavalin, obtient le contrat d’installation de la toile rétractable.Coût envisagé?117 millions.Tout naturellement, le coût envisagé va se transfqrmer en coût dépassé.Il n’y a rien de plus classique.A cause de quoi?Du mât.D’après les journaux de l’époque, son parachèvement a totalisé 20 millions.20 millions plus les 117 d’en haut, en dollars constants, ça fait plus qu’il n’apparaît de .prime abord.Fait intéressant, lors des travaux effectués sur le mât, de petites flammes sont tombées dans les environs.Et qu’est-ce qu’il y a dans les environs?Une belle et grande piscine avec un beau toit.Bon.Les petites flammes atterrissent sur le toit.Ce dernier flambe.Coût des réparations?11 millions.En passant, on change les lanterneaux, comme disent les experts, de la belle et grande piscine, et on présente une facture de six millions.Et hop! Au suivant.I>e suivant est une poutre.Une poutre de poids à tous égards.Son poids physique égalait 55 tonnes.Son poids financier?20 millions.Car le 13 septembre 1991, la poutre en question est tombée.D’où les 20 millions de ces frais que l’on qualifie de supplémentaires parce qu’ils ne figurent jamais, jamais dans les études qui promettent toujours monts et merveilles à des coûts, c’est juré, qui ne seront pas dépassés.Justement, parlant d’études.Entre les études de faisabilité, les études d’impacts, les études de rentabilité, c’est fou ce qu’on a étudié depuis une quinzaine d’années.C’est fou également ce qu’on a allongé comme dollars constants pour ces histoires de consultants.Trois millions ici, 250 000 $ là.La liste est longue, mais on retiendra qu’en 1991, un comité d’experts — évidemment, ils sont tous des experts — avait conclu que la toile posée trois ou quatre ans plus tôt, et seulement trois ou quatre ans, ne tiendrait pas le coup.Pfffi.Comme le stade avait été dessiné par l’architecte qui avait notamment dessiné le parc des Princes qui n’est pas un stade de baseball, et comme notre stade n’est pas utilisé par des bonshommes en culottes courtes qui courent après un ballon tout rond, il a fallu effectuer, comme on dit en langue économique, de l'appariement Or donc, au début des années 90, on a dépensé 13 millions pour rapprocher les gradins de la surface de jeu, ou vice-ver-sa, et 17 millions.17 millions pour l’installation du panneau d’affichage.A un coût pareil, le panneau, il n’aurait pas été fabriqué à Marseille, par hasard?Parce que 17 millions.Tant qu’à être à Marseille, restons-y.Car l’histoire du toit du stade, c’est vraiment l’histoire de l’ampoule de six volts qui explique au quidam comment faire le negroni: «Tu mets un tiers de gin, un tiers de Campari, un tiers de Cinzano, un tiers de Picon.» «Dis donc, mais ça fait quatre tiers, ton negroni.» «Oh! là, tu me contraries, parce que si tu commences à te fier aux apparences.» M E T E 0 Montréal Ciel variable.Dimanche: ciel variable.Max: 30 Min: 16 Québec Ensoleillé avec-passages nuageux.Max: 27 Min: 13 Détails, page C 8 Agenda INDEX .B 7 Idées .A 9 Annonces.CH Livres .I) 1 Les Arts .B 1 L' monde .A 6 Avis publies.C 9 Les sports.C 10 Bourse .C 6 Montréal .A3 Économie.C 1 Mots croisés.C 8 Éditorial .A 8 Politique .A 5 GÉRARD BÉRUBÉ LE DEVOIR La situation de l’emploi a finalement connu une amélioration digne de ce nom en juin, et ce, tant au Canada qu’au Québec.Ainsi, une création nette d’emplois allant en s’accélérant a conduit à un recul du taux de chômage, de 9,5 à 9,1 % (de 12 à 11,2 % au Québec), à son niveau le plus bas depuis septembre 1995.Il s’est créé 52 000 emplois au Canada au cours de ce mois, selon la dernière lecture de Statistique Canada, une progression qui a été accompagnée d’une diminution de 57 000 noms dans la liste des personnes à la recherche d’un emploi.L’emploi est en hausse au pays pour un quatrième mois consécutif, ce qui porte le gain depuis février à 207 000.«Il fait également bon voir dans ces données de juin que les gains d'emploi sont essentiellement du temps plein, et qu 'ils sont répartis à la grandeur du pays», a ajouté Use Bastarache, économiste principale à la Banque Royale.Le nombre de travailleurs à temps plein s’est accru de 94 000 en juin (de 235 000 depuis février), alors que l’emploi à temps partiel reculait de 42 000.Le travail autonome, quant à lui, poursuivait sur sa lancée avec une hausse de 19 000 (+0,8 %).L’agence fédérale de statistiques a souligné que «le nombre de travailleurs autonomes affiche une progression de 12 % depuis août 1996, date à laquelle le rythme de croissance s’est accéléré» dans ce segment.Quant aux secteurs ayant contribué le plus à la création d’emplois de juin, les industries manufacturières ont tenu le haut du pavé avec un gain net de 52 000, pour atteindre le niveau le plus élevé depuis février 1990.Enfin, le secteur privé a connu une expansion de 76 000 emplois en juin, surpas- VOIR PAGE A 10: CHÔMAGE LE CHOMAGE AU CANADA Voici l’évolution du taux de chômage dans les provinces canadiennes, présenté en pourcentage (valeurs désaisonnalisées).| mai 1997 B juin 1997 C.-B.Alb.Sask Man.Ont.Québec N.-B.NC.I.-P.C T.-N.Canada Source: Statistique Canada Le bilinguisme à l’assaut du réseau de santé Le feu couve parmi les péquistes de VEstrie PIERRE O’NEILL LE DEVOIR Dans la quasi-totalité des établissements de santé et de services sociaux de l’Estrie, la connaissance de l’anglais est une condition incontournable pour obtenir un emploi ou occuper un poste.Et cette tendance vers le bilinguisme institutionnel est en voie de se propager dans plusieurs autres régions.Des documents préparés par la Régie régionale de la santé et des services sociaux de l’Estrie et par le Centre universitaire de santé de l’Estrie, il ressort que l’objectif est de favoriser une pratique maximale du bilinguisme, qui est déjà une exigence pour plus de 80 % des postes indispensables à l’efficacité du réseau.Dans le Programme régional d'accessibilité des services en langue anglaise élaboré pour la période 1996-99, on peut notamment lire: «Certains efforts devront être faits pour assurer l'accès à une gamme de services plus complète dans les huit CLSC.Ceux-ci nous assurent de leur collaboration.Exception faite des deux sites du centre-ville du CUSE, tous les centres hospitaliers nous ont affirmé que l'ensemble de leurs services étaient accessibles en langue anglaise.» Par-delà les objectifs définis par la Régie, les établissements de santé peuvent prendre des initiatives pour éliminer l’uni-linguisme français.Ainsi, le conseil d’administration du CLSC Alfred-DesRochers, desservant Magog, vient d’accorder à son directeur général le pouvoir de décider quand et où le bilinguisme est nécessaire.Ét toute candidature qui «ne répond pas de façon minimale à cette exigence ne sera pas retenue».Le CLSC du Val-Saint-François monte la barre un peu plus haut en exigeant non seulement la maîtrise de la langue anglaise mais également la connaissance de la culture anglophone.A la Régie régionale de la santé et des VOIR PAGE A 10: BILINGUISME mm Crues européennes ___________________________________________________*_______- PETRJOSEK REUTERS LA POLOGNE, la République tchèque et l'Autriche sont aux prises depuis une semaine avec des inondations catastrophiques.En témoigne ce chien qui se cherchait hier un coin de terre ferme dans la ville de Uherske Hradiste, située dans le sud de la Moravie.La situation semblait vouloir se stabiliser dans la plupart des régions inondées, et le niveau des eaux a commencé à baisser après l’arrêt des précipitations.Depuis le début de la semaine, ces inondations ont fait 55 morts en Europe orientale.jm Marleau le sage En ouverture du Festival d'Avignon, Denis Marleau livre un spectacle à la fois haut en couleur; sobre et exigeant CHRISTIAN RIOUX ENVOYÉ DU DEVOIR À AVIGNON Un homme s’avance dans le dédale d'une ville rose, il passe sous les ponts, monte les escaliers, longe les allées entre la mosquée, l’église et la synagogue.C’est un homme fatigué.Il pourrait se perdre, mais il suit son chemin.Il porte une valise à la main et une kippa sur la tête.Il s’arrête, il regarde, il parle.Le rythme est donné: les mouvements sont lents et lourds comme ceux d’une symphonie.Tout est réglé comme sur du papier à musique.Les plateaux glissent lentement, portant inexorablement les comédiens vers leur destin et les offrant au public.Le Québécois Denis Marleau livre dans la cour d’honneur du palais des Papes, en ouverture du Festival d'Avi- * Denis Marleau gnon, un spectacle à la fois haut en couleur, sobre et exigeant, Nathan le Sage.Une production déroutante, sorte de manifeste humaniste contre tous les dogmatismes religieux.A deux pas de villes dirigées par le Front national, à une époque de renaissance de l’intégrisme, c’est avec un enthousiasme doublé d’une certaine gravité que le public français a reçu ce pavé de quatre heures qui se termine chaque soir à 3h du malin.Dans une ville de tubulures de métal inventée par le sculpteur Michel Goulet, Nathan rentre de voyage pour découvrir que sa fille adoptive a été sauvée des flammes par un templier, lui-même épargné de la mort par le sultan.En trois heures de développement, on apprend finalement que les juifs ne VOIR RAGE A 10: MARLEAU LES ACTUALITÉS David contre Goliath Deux ex-fumeuses rimouskoises traîneront les géants des compagnies de tabac devant la Cour du Québec, division des petites créances, une première dans les annales judiciaires au Canada.L’intérêt de cette nouvelle poursuite: on s’y défendra à armes à peu près égales, soit sans avocats, et le jugement sera final et sans appel.¦ Lire notre reportage, page A 2 1982 Un critique a vu dans L’Écrivain public, le plus récent roman de Pierre Yergeau, «l’œuvre majeure d’une décennie, peut-être».Ce quatrième livre de Pierre Yergeau a marqué une étape importante dans sa jeune carrière.Né dans un petit village minier d’Abitibi, Yergeau est aussi l’auteur de Tu attends la neige, Léonard?, La Complainte d’Alexis-le-trotteur et 1999, tous parus à L’Instant même.«Pour écrire, il faut des brisures, des cassures qui nous permettent ensuite de nous distancer de nous-mêmes», confiait-il au Devoir en novembre dernier.PIERRE YERGEAU ^ 20 ans, j’habitais Londres et je A voulais devenir écrivain.Mes livres ressembleraient à de la musique.A un petit air inconnu et pourtant manifeste.Une ritournelle qui n’aurait pas plus de poids qu’un soir d’ivresse.Trois petites notes impérieuses, dans lesquelles s’accompliraient la disparition des voix, l’évocation des fantômes.J’avais des amis hindous et pakistanais.Nous saisissions toutes les occasions pour organiser une fête, que ce soit une parodie des cérémonies chrétiennes ou une déformation quelconque d’une réjouissance à la gloire de Krishna.Cela avait peu d’importance.On était là pour convaincre l’autre de sa bonne foi.Les mets laissaient sur la langue la blondeur du cari, et l’ail empestait notre haleine.Des lagers servies tièdes dans de drôles de coupes orientales.Entre exilés, nous nous entretenions longuement de ce que l’on avait quitté.Certains soirs, je leur traduisais des textes que je venais d’écrire.Mes premiers récits tombaient à plat.Peut-être parce que mes personnages étaient des solitaires.Je décrivais comment je m’enfonçais seul, adolescent, dans la forêt derrière le village minier, pour aboutir dans la schlamm: un vaste tapis gris de déchets morainiques, qui s’étend à perte de vue.Cette boue s’écoulait le long d’un échafaudage de bois.Un rêve de solitude inespéré! L’assemblage monotone des poutres supportait un ruban concave qui servait de glissoire à la boue rejetée par le moulin, où le minerai extrait de la mine était broyé en une fine poussière.Je tournais en rond sous la lune.Je surveillais les transformations de mon ombre sur la boue séchée qui se crevassait.Cette stérilité, quelque part, m’apaisait.littérature ¦ Lire aussi en page A 4: un festival du film québécois à Paris en novembre VOIR PAGE A 10: 1982 778313000696 A 2 I) E V ! Il .I.E S S A M EDI I 2 K T I) I M A N (’ Il E I 3 .1 II I I.L E T I D !l l S ACTUALITES EN BREF Non à l'intimidation (Le Devoir) — Cinq organisations de défense des droits, dont Amnistie Internationale et la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), viennent d’exprimer «leur vive préoccupation» devant une campagne d’«intimidation menée par les autorités tunisiennes», campagne qui touche des militants des droits, dont certains avaient été invités en mai à Strasbourg par le Parlement européen.On a même empêché à trois reprises l’avocate Radhia Nasraoui de prendre l’avion et on a confisqué le passeport d’autres Tunisiens.Pratiques «de plus en plus courantes», disent les ONG «dans un pays où les droits fondamentaux continuent d'être bafoués quotidiennement et les libertés publiques ne cessent d’être restreintes».t i Alerte à Hamilton (PC) — Les autorités municipales ont recommandé hier l’évacuation d’environ 4000 résidants, menacés par des émanations potentiellement toxiques provenant d’une usine de plastiques incendiée.«Les enfants se promènent avec des masques à gaz», a déclaré un résidant.«Nous craignons de les laisser sortir, et les animaux doivent rester à l’intérieur.» Un changement de direction du vent a incité le maire suppléant Dave Wilson à déclarer l’état d’urgence et à recommander l’évacuation volontaire des résidants habitant à une quinzaine de rues de l’incendie.Huit personnes ont dû être hospitalisées pour des problèmes respiratoires.Plusieurs employés de l’usine se sont retrouvés dans les cliniques d’urgence, souffrant de maux de gorge, de douleurs au cou et d’irritations aux yeux.Des fabricants de tabac traînés devant la Cour des petites créances Deux ex-fumeuses réclament le remboursement de leurs timbres de nicotine Dans une affaire qui pourrait ressembler à la rencontre de David et Goliath, trois compagnies de tabac canadiennes sont pour la première fois appelées à rendre des comptes devant la justice dans sa plus simple expression.Alors que s’additionnent les poursuites valant des millions et les règlements A l’amiable aux États-Unis, voilà maintenant ces fabricants confrontés à se défendre à «armes égales» devant le plus petit tribunal qui soit.ISABELLE PARE LE DEVOIR Pour la première fois au Canada, les géants de l’industrie du tabac devront se présenter à la barre, sans avocats, parce que les tribunaux ont autorisé deux ex-fumeuses de Rimouski à poursuivre des compagnies de tabac et leur réclamer des frais pour le traitement de leur dépendance à la nicotine devant la Cour des petites créances.Intéressante parce qu’il s’agit d’une première dans les annales judiciaires au Canada, cette cause revêt aussi un caractère hautement symbolique car on y débattra de principes plus que de sommes astronomiques et que le jugement sera sans appel.En effet, le 30 juin dernier, la Cour du Québec a statué que la division des petites créances avait toute la compétence nécessaire pour entendre cette cause inusitée portée devant les tribunaux par deux femmes sans le sou.Une cause qui pourrait bien faire tache d’huile et créer un précédent moral en cas d’un juge- ment favorable à leur égard.Le juge Guy Rinfret de la Cour du Québec a rejeté la requête des compagnies Imperial Tobacco ltée, Allan Ramsay et Rothmans Benson & Hedges inc.qui visait à faire échec à cette mise en demeure, en alléguant que la cause devait être entendue à la division ordinaire de la Cour du Québec, afin de permettre à ces compagnies d’être représentées par des avocats et jouir d’un éventuel droit d’appel.Ces deux ex-fumeuses, âgés de 50 et 55 ans, entendent pour leur part alléguer qu’elle ont développé une dépendance à la nicotine à l'époque oîi aucun avertissement n’apparaissait sur les paquets de cigarettes.En conséquence, elles réclameront le remboursement des sommes d’environ 600 $ dépensés pour subir leurs traitements à l’aide d'un timbre de nicotine pour cesser de fumer.La cause ne sera entendue sur le fond — à savoir la responsabilité des compagnies de tabac face à la dépendance développée par les fumeuses — qu’à l’automne.Mais aux yeux des mé- decins et des avocats qui ont épaulé ces deux ex-fumeuses dans leur démarche, le jugement de la Cour du Québec constitue déjà une demi-victoire.«Le gain important dans cette décision, c’est que les compagnies de tabac sont pour la première fois appelées devant un tribunal de dernière instance, là où le citoyen ordinaire a les moyens d'aller.Habituellement, la seule façon pour elles de s’en sortir, est de multiplier les procédures coûteuses et de faire traîner les procès jusqu’en Cour suprême, ce qui ne sera pas possible dans ce cas-ci.Au plan politique et symbolique, ce sera une cause importante», affirme le Dr Alain Vanasse, de la direction de la santé publique de la Régie régionale de la Santé du Bas-Saint-Laurent.La Régie a même fait de cette démarche juridique un projet-pilote pour inciter plus de gens à suivre le traitement au timbre de nicotine prescrit pour cesser de fumer.«Selon toutes les études scientifiques, c’est le traitement le plus efficace à l’heure actuelle, mais les gens n 'ont pas tous les moyens de payer, car cela peut coûter plus de 300 $ pour huit semaines.C'est pourquoi nous avons pensé à cette solution», explique-t-il.En plus d’aider les fumeurs à couper court avec la cigarette, la Régie régionale est bien consciente qu’il s’agit là d’une initiative hautement politique dans le contexte actuel.Une initiative qui vise à «responsabiliser l'industrie du tabac» et permettre «une meilleure conscientisation de l’opinion publique» face au problème du tabagisme, a-t-elle émis dans un communiqué.«C’est un peu la technique de la guérilla.Nous avons pensé amener les compagnies se battre sur un terrain qui n’est pas le leur, mais qui est celui du citoyen ordinaire», a ajouté le Dr Vanasse.Il a été impossible de parler aux deux requérantes hier, mais selon le Dr Vanasse, l’une d’entre elles a agi par pure nécessité économique, et l’autre, pour sensibiliser les jeunes au problème de la dépendance entraînée par la cigarette.En aucun cas, elles ne cherchent à obtenir réparation pour les dommages causés à leur santé par le tabagisme.Mis en demeure en février dernier, les fabricants de tabac ont d’abord envoyé une lettre en anglais aux deux requérantes niant toute responsabilité dans cette affaire.Une lettre d’avocat leur a ensuite été adressée pour signifier leur intention de contester l’action intentée contre eux.Joint à Toronto, le directeur des affaires publiques d’impérial Tobacco ltée, John McDonald, a affirmé que sa comprgnie «avait l’intention de se défendre vigoureusement», mais qu'il ne ferait aucun autre commentaire sur le fond de cette affaire d’ici le procès.Selon M.McDonald, Imperial Tobacco ltée fait face à plusieurs autres poursuites de citoyens à l’égard desquelles aucun jugement n’a cependant encore été rendu.Il s’agit dans ce cas de la première poursuite canadienne devant la Cour des petites créances.Éducation Liquidation 0|CtPll's O $ COMPTANT transport et préparation inclus offre d'une durée limitée ou financement à l'achat 3,5 %" Spécial climatiseur 1 6,95$' par mois ocalion ï direction assistée • banquette arrière à dossiers rabattables 60/40 • essuie-glace à balayage intermittent • appuie-têtes à l'arrière enjoliveurs de roue complets • télécommande d'ouverture du coffre • téle< ilecommande d'ouverture du panneau de réservoir Goîte manuelle 5 vitesses • moulures protectrices latérales • montre numérique • rétroviseurs jumelés à télécommande Programmes de location et de financement au détail de Toyota Canada Inc.sur approbation de crédit par Toyota Crédit Canada Inc.Immatriculation, assurance et taxes en sus.*Oftre valable pour les modèles 1997 Tercel AC51LM-CA.Premier versement de 224,49$ et dépôt de garantie de 225$ exigibles au moment de la livraison.Basée sur un maximum de 96 000 km.Des frais de 7e/km s'appliquent pour les kilomètres excédentaires.* 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Automobiles CANOIAC HULL LACHUTE MONT-LAURIER MONTRÉAL REPENTIGNY ST JÏHÛME 435-3685 L G L éveillé 373-0850 Candiac Toyota YiBaToycto Lachute Toyota Claude Auto Lexus Toyota Gabriel Repentigny Toyota Toyota Sl-Jérôme SHAWINIGAN 471-4117 VERDUN 659-6511 776-0077 562-6662 623-3511 748-7777 581-3540 438-1255 Mauncie Toyota THURSO Woodland Toyota CHAMBLY Ile perrôt LAVAL MONTRÉAL MONTRÉAL ST-EUSTACHE St LEONARD 539-8393 Auger Frère not ooio 761-3444 Chambly Toyota ile Perrôt To/ota Chomedey Toyota Alix Toyota Toyota Centre-Ville Toyota St-Eustache St-Léonard Toyota 985-2/18 658-4334 453-2510 687-2634 376-9191 935-6354 473-1872 252-1373 SOLUTION TOYOTA PEa PROJECTION I L EXTRA-ATTENTIVE Le débat s’amorce autour du rapport Delors CLÉMENT T K II I) E L LE DEVOIR Le maître aura désormais à passer du rôle de soliste à celui d’accompagnateur dans l’éducation.Il nous faudra également Apprendre, ensemble, tout au long de nos vies, rappelle une pochette d’animation que vient tout juste de mettre au point la Commission canadienne pour l’UNESCO.11 s’agit d’un outil visant à favoriser le débat autour du volumineux rapport qu’a reçu l’an dernier l’UNESCO de la part d’un groupe de quinze penseurs dont l’ancien président de la Commission européenne, Jacques Delors, a dirigé les travaux, l-e rapport s’intitule: L’éducation: un trésor est caché dedans (éditions Odile Jacob), en référence à une fable Rodolpho de La Fontaine sur le laboureur Stavenhagen exhortant ses enfants à ne pas di- demande lapider un trésor , «que nous ont lais- Qu on sé nos parents».____/ Il est indispen- prépare les sable que toute ipnnpq à faire éducation soit dé- Jeunes d taire mocratique et ou- face a une verte au pluralisme, a souligné planète où hier à Montréal, devant l’assem- sévit la blée annuelle de .la Fédération ca- globalisation nadienne des enseignants (FCE), l’un des auteurs du rapport Delors, Rodolfo Stavenhagen, chercheur ad Colegio de Mexico.Du processus de formation, il ne faut pas évacuer la dimension spirituelle (valeurs morales, éthique) dira M.Stavenhagen qui, pas plus que la commission Delors, n’offre des recettes toutes prêtes.Tout au plus avoue-t-il un faible pour la génération de 68 et son slogan: «Soyez réalistes, demandez l’impossible», comme de souhaiter que les gouvernements de pays nantis consa; crent le quart de leur aide bilatérale à des projets éducatifs! Lucide dans un monde qui progresse vers des inégalités et une insécurité croissantes, M.Stavenhagen demande qu’on prépare les jeunes à faire face à une planète où sévit une globalisation pas toujours bénéfique.Où donc sont concentrés les prix Nobel?lance-t-il, et à qui au juste a pu profiter la Révolution verte qui a pu laisser quantité de petits paysans sur le carreau parce qu’ils n’avaient, comme au Mexique, «ni les ressources ni le savoir pour en profiter»?Ce qui peut vouloir dire que les meilleurs programmes ne sont pas des panacées, surtout lorsqu’ils favorisent la marginalisation et l’exclusion de tout un pan de la société.Faudrait-il se résigner, dans un autre ordre d’idées, à une université instrumentalisée, fournisseuse de cadres aux entreprises, ou n’y a-t-il pas un rôle «politique» à maintenir ou à redonner aux universitaires qui ne doivent pas se considérer comme une «marchandise» de plus, en concurrence dans un marché globalisé?Rodolfo Stavenhagen pense qu'il est de moins en moins possible de développer des «programmes nationaux», pour le développement des sciences comme pour d’autres disciplines, mais que face à l’Open World, aux frontières qui s’abaissent, pour mieux éviter le péril de la fragmentation, il y a lieu d’instaurer un dialogue interculturel et de «ne pas donner dans l’ethnocentrisme tout en prenant soin d’éviter que les cultures locales ne disparaissent».Courants de convergence La présidente de la CEQ, Lorraine Pagé, perçoit de grands courants de convergence entre le contenu du rapport Delors et les propositions faites par sa centrale aux Etats généraux de l’éducation, sur l’importance notamment d’éduquer les jeunes «démocratiquement», sans multiplier les projets privés.Elle souligne dan$ le même élan que la ministre (de l’Education, Pauline Marois) est du type de leaders qui s’empressent d’adhérer aux grandes visées du rapport Delors, quitte par la suite à «couper sans vergogne» dans les ressources permettant d’y parvenir et à «sacrifier une génération d’enfants et d’adultes».M.Stavenhagen et Diane Labergef, chargée de programmes en éducaf lion à la Commission canadienne pour l’UNESCO, se rendent à Hambourg ces jours-ci; ils participeront à une importante rencontre sur l’éducation des adultes convoquée par l’UNESCO qui, dira le chercheur mexicain, n’a pas en principe la prétention d’œuvrer à l’établissement de normes internationales mais peut être utile dès lors qu’il s’agit do susciter réflexions et initiatives pour que tout Terrien parvienne à s’appuyer sur quatre piliers: «apprendre à être, à faire, à connaître et à vivre ensemble». I.K 1) E V 0 I R , I.E S S A M EDI I 2 E T D I M A N (' Il E I 3 .1 l! I L I.E T I II !) 7 A :t -?LE DEVOIR ?- MONTREAL Le conflit avec les pompiers La Ville n’a pas l’intention de régler cette année En attendant, l’administration n’économise pas un sou, bien au contraire | 1 î ) Rien ne laisse présager un règlement rapide du conflit de travail entre la Ville de Montréal et ses pompiers.Grâce au conflit, la Ville réalise des économies mais celles-ci sont deux fois moins élevées que ce que coûtent les moyens de pression du Syndicat des pompiers aux contribuables.KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR La Ville de Montréal n’a pas l’intention de régler le conflit de travail qui l’oppose à ses pompiers d’ici 1998.C’est ce qui découle d’une décision du comité exécutif de réaliser des économies de 2,1 millions en ne déboursant pas pour l’augmentation salariale inscrite au budget de l’année en cours.Selon les chiffres fournis par la Ville, cette somme de 2,1 millions est l’une des très nombreuses ponctions réalisées parmi les 23 services municipaux compte tenu du plan de rationalisation en cours.En avril dernier, l'administration du maire Pierre Bourque annonçait qu’elle faisait face à un manque à gagner de 34 millions pour 1997.Jusqu’à présent, l’équilibre budgétaire n’est toujours pas assuré puisqu’il reste 15 millions de compressions à dénicher.D’ici là, les pompiers sont appelés à participer à l’effort de resserrement.Il semble pourtant qu’ils génèrent davantage de frais supplémentaires que d’économies.En effet, les moyens de pression des pompiers coûtent très cher aux contribuables, soit au moins cinq millions.Mais ce montant pourrait grimper au fil des mois si les pompiers devaient maintenir leur attitude.En langage syndical, ils refusent de travailler en fonction supérieure.En fait, l’actuelle convention collective des pompiers stipule (article 2.05) que pour chaque groupe de travail, un officier agit comme capitaine.Si ce dernier est absent, un lieutenant agit en fonction supérieure.Du coup, les quelques capitaines en place doivent effectuer de très nombreuses heures supplémentaires, qui représentent une petite fortune pour le Service de prévention des incendies.Déjà en 1995, ce moyen de pression a coûté 2,35 millions alors qu’un budget de 758 200 $ était prévu.Le Vérificateur de la Ville de Montréal souligne d’ailleurs ce problème dans son plus récent rapport annuel.Il y recommande que la Ville règle le plus rapidement possible le conflit, question de limiter les heures sui> plémentaires.Il suggère également que les négociations résultent en l’abolition du «choix accordé au pompier de ne pas être tenu d'agir en fonction supérieure afin que le Service, soit en mesure d’exercer une meilleure gestion des pompiers».Ironiquement, dans les compressions comptabilisées par le Service de prévention des incendies, une somme dp.127 000 apparaît.Cela correspond à l’économie liée à la fonction supérieure.Mais il y a plus.Le syndicat des pompiers a mis en place un autre moyen de pression pour bien rendre visible son mécontentement face à son employeur.Les véhicules ont été affublés, au cours des dernières semaines, d’autocollants représentant le maire Bourque en un diable cornu.On peut y lire: «Gestion d’enfer».Cette semaine, l’administration a entrepris de faire nef-, toyer les véhicules par une firme externe.La facture qui risque de s’élever à 40 000 $ sera envoyée aux dirigeants syndicaux qui ont annoncé publiquement leur intention de, redécorer les camions de lutte contre les incendies.Ensemble à la rescousse du bio 600 ménages s’engagent à s’approvisionner auprès de fermes biologiques CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Perdus dans l’anonymat des villes, entourés d’un désert d’asphalte et de béton, certains citadins tentent depuis trois ans de renverser la vapeur de l’urbanisation en resserrant leurs liens avec le monde agricole, et préférablement avec les fermes biologiques qui respectent l’équilibre des sols.Le groupe ASEED (Action pour la solidarité, l’équité, l’environnement et le développement) recrute en effet de nouveaux partenaires pour son projet d’agriculture soutenue par la communauté.A travers ce projet, 600 «ménages», soit des couples, des familles ou des célibataires, se sont déjà engagés à consommer la récolte de 17 fermes biologiques québécoises au cours des 20 ou 24 semaines que dure la saison estivale.Les consommateurs, qui ont versé une avance totalisant la moitié de leur consommation, vont chercher le produit de la récolte à divers points de chute, dont huit à Montréal, les autres étant situés à Laval, Longueuil, Trois-Rivières et Québec.«Le projet vise à rapprocher les milieux agricoles et urbains», explique Geneviève Chagnon.11 vise aussi, à travers l’engagement financier du début de l’entente, à soutenir l’agriculture biologique, qui se fait dans de petites fermes aux récoltes diversifiées.Ces fermes n’utilisent ni pesticides ni intrants chimiques.«Contrairement à la monoculture, comme celle des grands champs de maïs qui épuise les sols, les fermes biologiques ont des cultures diversifiées.Elles produisent entre 25 et 30 légumes, et procèdent à la rotation des cultures», ajoute Mme Chagnon.En vertu de l’entente, il n’y a pas d’échange d’argent entre consommateurs et cultivateurs au point de chute.«Lorsque le fermier arrive de Saint-Chrysostome avec ses 40 paniers, il sait qu’il n’y aura pas de perte.C’est quand il n’y a pas de stabilité dans la consommation qu’il y a des pertes», ajoute Mme Chagnon.Le partenaire s’«abonne» à une ferme en particulier et doit se soumettre à la production de cette ferme au fil de la saison.La production de chacun varie, certains fermiers produisent de la volaille et de la viande, d’autres ont des ruches et produisent du miel, etc.On demande aux partenaires de faire un investissement en début de saison, ajoute Mme Chagnon, pour éviter l’endet- E N BREF 82 000 travailleurs en vacances (PC) — Quelque 82 (XX) travailleurs de la construction sont en vacances depuis hier soir, avec en poche plus cle 125 millions de dollars, a indiqué hier la Commission de la construction du Québec, précisant que cette somme de paie de vacances était en baisse de 15 millions comparativement à l’an dernier.Cette baisse reflète la faible activité économique au sein de la construction en 1996, a expliqué l’organisme, selon lequel les paies de vacances de cet été représentent 11 % de la masse salariale versée aux travailleurs entre mai et décembre 1996.L’an dernier, seul le Sa-guenay-Lac-Saint-Jean a connu une augmentation des activités de construction, à la suite des inondations de juillet.tement des petits fermiers, qui doivent autrement contracter un prêt pour financer la main-d’œuvre, les semences et les outils.En revanche, les consommateurs peuvent consommer des produits biologiques à un prix qui se situe, selon Mme Chagnon, entre celui du gros et celui du détail.Moins cher, en tout cas, que celui qu’on retrouve chez les détaillants de produits naturels montréalais.Le projet d’agriculture soutenue par la communauté compte aussi un volet social.A la fin de la saison, certains fermiers procèdent à une fête de la récolte, au cours de laquelle les partenaires sont invités à récolter, par exemple, des poireaux et des carottes, avant de participer à un souper communautaire, au cours duquel ils peuvent aussi faire une évaluation de la récolte.Les fermiers peuvent également offrir du covoiturage aux partenaires qui souhaitent les visiter durant la saison pour effectuer un peu de travail manuel.«Il y a des gens qui s’ennuient de la campagne et qui veulent avoir accès à une ferme», raconte Mme Chagnon.Une «part travail» permet également aux personnes à faible revenu d’échanger les produits d’une récolte contre un peu de main-d’œuvre.Dans certains cas, les cultivateurs et les partenaires vont jusqu’à gérer ensemble leur récolte.L’organisme A SEED organise d’autres activités relatives à la protection de l’environnement.150 personnes participent par exemple à une randonnée à bicyclette militante en faveur du transport en commun et qui tournera autour du thème des bouleversements climatiques.A SEED participe également à un mouvement pour la distribution de denrées, le café par exemple, produites dans des conditions décentes pour les employés.NOUVEAUTÉ TASCHEREAU 400 pages, 21,50 S Antonin Dupont/Auteur Très peu d’études ont été faites de la période pendant laquelle Louis-Alexandre Taschereau a exercé les fonctions de premier ministre du Québec.Exception faite de l’oeuvre de Robert Rumilly et de quelques rares monographies, comme l’on pourra le constater à la lecture de la bibliographie, l’histoire du Québec des années 1920 à 1936 n’est pas encore écrite et les chercheurs qui voudront aborder cette époque auront l’occasion d’exercer leur talent et leur patience.Les seize années pendant lesquelles Louis-Alexandre Taschereau a été chef du parti libéral et premier ministre du Québec ont été particulièrement fécondes en incidents où l’Église et l’État se sont heurtés, parfois légèrement et, en d'autres circonstances, plus violemment.GUÉRIN, éditeur Itée 4501, rue Drolet Montréal (Québec) H2T 2G2 Téléphone: (514) 842-3481 Télécopieur: (514) 842-4923 Adr.Internet: http://www.guerin.qc.ca MW M2 Le bonheur V* .à'jÊt'rff ¦Wi ¦ ruet**» «msn- JACQUES NADEAU LE DEVOIR IL FAISAIT beau temps pour naviguer sur le fleuve Saint-Laurent, hier, dans le cadre charmant des îles de Boucherville, avant qu’une ondée rie vienne perturber le ciel en début de soirée.:s DIAMANTS UNE IDÉE BRILLANTE ytS PERLES.UNE IDEE ^ DES PLUS CULTIVÉE Perles Noires de Tahiti Js également disponibles.5-5.5 mm 18" 108 $ Prix courant 225 S JE TE DONNNE MON COEUR Alliance à partir de 199 $ l liste choix en magasin.Total to pts.Vente 158$ RACELET TENNIS 25 pts.Vente 288 $ 50 pts.Vente 488$ l carat Vente 788$ Vente1488 $ 2 carat BOUCLES D'OREILLES A DIAMANTr~yn OLITAIRE Total ! 0.50 carat 588 $ Prix courant 1176 S (Ensemble ^ POUR TOUJOURS Jonc anniversaire ^ il diamant sur * OR 14 carats Total 25 pts.Vente 288 $ /OLITAIRE OR 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G; "A ,ji »P oh .o! •ni» mrf mi A- T Of i.sî » r,: ‘-'¦'A iol 495797 i.K i) e v o i iv, l r.s s a m k d i 12 k t d i m a n c 11 k i a .1 r 1 1.1.v.t 1 h !» 7 A (S ÉDITORIAL L’argent et le pouvoir Michel Venue Les banques, les trusts, les compagnies de tabac, les syndicats et les millionnaires dominent le palmarès des donateurs aux partis fédéraux.À l’opposé, les mœurs politiques dans certaines municipalités seraient aussi dissolues qu’au niveau provincial au temps de Duplessis, selon le Directeur général des élections du Québec, qui vient de prendre sa retraite.Dans les deux cas, le temps est venu pour un ménage.M ardi, les médias faisaient écho aux rapports financiers des partis politiques fédéraux dévoilés par Elections Canada.On y a appris que les banques, dont les profits vertigineux ont fait la manchette ces récentes années, avaient donné aux formations fédérales quelque 600 000 $ au cours de l’année 1996.Les banques à charte arrivent au sommet du palmarès des donateurs.Est-ce un hasard?Mais le gouvernement fédéral se prépare à réviser la Loi des banques.Est-ce pour se réserver un accès plus facile aux députés membres de la Commission des finances de la Chambre des communes que messieurs les banquiers ont ouvert leurs goussets en cette année pré-électorale?La question se pose.La Banque de Montréal, par exemple, a réparti ses billes entre tous les partis (sauf le Bloc québécois qui n’accepte que les contributions des simples électeurs): 86 700 $ aux libéraux, 44 000 $ aux conservateurs et 20 000 $ aux réformistes.Les courtiers en valeurs mobilières ne sont pas en reste: CIBC Wood Gundy Securities a versé plus de 65 000 huards au PLC contre 70 000 pour Scotia McLeod.Les libéraux ont recueilli auprès des entreprises, plutôt que des particuliers, la majorité des contributions qui lui ont été versées l’année dernière, soit 7,8 millions de dollars sur 14 millions.Bombardier, qui bénéficie régulièrement de l’aide financière fédérale, a versé 85 000 $.On pourrait en nommer d’autres.Les conservateurs financent leur caisse dans la même proportion, moitié du côté des entreprises, moitié du côté des particuliers.Les néo-démocrates, on s'en doute, ont peu de succès auprès des businessmen.Mais les syndicats lui ont donné 1,2 million, ce qui correspond à 10 % de ses contributions en 1996.Toutes ces contributions, évidemment, sont déductibles d’impôt.Il ne s’agit pas de stigmatiser les banques ou les syndicats à qui la loi accorde le droit de contribuer aux partis politiques.Les trois plus importantes compagnies de tabac au pays, dont on connaît les démêlés avec le gouvernement fédéral, ont versé ensemble 128 000 $ au parti de Jean Chrétien.On n’achète peut-être pas une loi avec des montants pareils, surtout que les campagnes électorales, aujourd’hui, coûtent des dizaines de millions de dollars.Mais on achète une oreille, une influence, à laquelle les simples citoyens, ces petits électeurs sans moyens, n’ont pas et n’auront jamais accès.Le Bloc québécois, de son côté, a adopté pour lui-même la méthode du financement populaire en vigueur au Québec où seuls les électeurs peuvent donner de l’argent à un parti politique et où leur contribution est plafonnée à 3000 $ par année.Certes, la règle est contournable.Un chef d’entreprise peut fort bien distribuer un montant plus élevé à plusieurs personnes qui, à leur tour, feront chacune un don de 3000 $ au parti choisi par l’entrepreneur.Mais qui peut dire que ces pratiques sont la règle gé- A Ottawa, le parti des banques et celui des unions; au municipal, le régime des ristournes nérale?Il n’y a pas d’évidence.En 1996, au Québec, 64 000 personnes ont donné à des partis politiques.Le don moyen était de 92 $.Si la loi est contournée, ce ne peut pas être à une grande échelle.Les autorités fédérales ont toujours refusé d’adopter le modèle québécois.Même la Commission royale d’enquête sur la réforme électorale (Commission Lortie), dont le rapport a été publié en 1992, a refusé de s’aventurer sur ce terrain.Elle 11e recommandait ni d’interdire les dons des entreprises ou des syndicats, ni d’imposer une limite à la valeur des dons versés aux partis.De sorte que, cette année, l’homme d’affaires Arthur Child (président de Burns Food) a laissé un million en héritage au Parti réformiste de Preston Manning.Pourtant, le modèle québécois a ses avantages.Lorsque seuls les électeurs ont le droit de financer les partis, le niveau de financement d’une formation politique est un indicateur sûr de sa force.Un parti dont la caisse reste à flot grâce aux dons généreux d’entreprises qui protègent leurs intérêts, portera moins d’attention à son enracinement dans les communautés locales.Est-ce un hasard si la pratique des candidats-poteaux est si répandue en politique fédérale?Est-ce un hasard si le taux de participation au vote est toujours plus élevé au Québec?Le Directeur des élections du Canada, Jean-Pierre Kingsley, n’est pas plus empressé d’aborder la question.Dans son plus récent rapport (Consolider les assises), il fait certes quelques suggestions intéressantes en faveur d’un financement plus transparent et plus équitable.Mais il se borne aux règles de divulgation des informations financières des partis, qui sont si lâches à Ottawa que les formations politiques font encore des cachotteries aux électeurs, ou à quelques recommandations utiles mais dont l’effet bienfaisant serait bien mince.Au niveau municipal, il y a de quoi s’inquiéter lorsqu’on lit le compte rendu d’une entrevue accordée au Soleil, lundi, par le Directeur général des élections du Québec, Pierre F.Côté, qui vient de prendre sa retraite.Dans certaines municipalités, dans la région de Montréal en particulier, les mœurs seraient aussi critiquables qu’au temps de Duplessis.Toutes les villes ne peuvent être traitées sur le même pied.Mais à certains endroits, relate M.Côté, des maires attribuent les contrats en fonction d’un système de ristourne.Un tel prend 20 % de la valeur du contrat pour financer sa caisse électorale ou sa caisse personnelle.Bien sûr, l’UMQ se rebiffe.Mensonges, faussetés! Mais que penser du cas du parti du maire Bourque, à Montréal, contre lequel M.Côté a déposé «juste 218 poursuites»?Et ce ne serait qu’un avertissement.A Ottawa, le moment est propice pour lancer une réflexion, puisque les élections viennent d’avoir lieu.À Québec, alors qu’on envisage d’accroître les responsabilités des villes ou que certaines d’entre elles prennent de l’envergure, à la suite des fusions, le fruit est mûr pour lancer un bon débat pour resserrer les règles.Ou au moins de lancer une enquête à la suite des allégations de M.Côté.Cet homme n’a pas l’habitude de sonner l’alarme pour des vétilles.25 millions à la poubelle C’est avec un profond sentiment d’incrédulité que j’ai écouté la conférence de presse du ministre Art Eggleton, quelques minutes à peine après le dépôt du rapport de la Commission d’enquête sur la Somalie.Comment un élu peut-il, en deux ou trois mots, jeter a la poubelle 25 millions de dollars, plus de deux ans de travail et le courage du juge Létourneau et de ses deux commissaires?Je ne peux concevoir comment un élu, de si fraîche date mais qui me semble déjà dépassé, puisse penser mettre un terme de façon aussi dégradante a une telle enquête et a ses conclusions en disant simplement qu’il ne croit pas lesdites conclusions.Personne n’a demandé au ministre s’il y croyait ou non.On s’en fout.Qui devrait décider des suites à donner a toute cette affaire?Le premier ministre?Il a pris le même chemin (ou vice-versa) que le ministre de la Défense.Il ne croit pas qu’il y ait eu camouflage.Qui a demandé au premier ministre s’il y croyait?Qui a fait enquête; lui ou la commission du juge Létourneau?Quelle honte, parfois, souvent, de vivre en ce si beau pays, surtout «à c’moment ici».Marc Bérubé Sainte-Foy, 4 juillet 1997 Bons samaritains Dans notre société dite pourrie, ouvrez les yeux et voyez! Le 27 juin dernier, ma voiture «craque» au feu de circulation de la bretelle, sortie 2, à I>aSalle.Immobile au beau milieu de la circulation! Pour moj, c’est la catastrophe.À ma gauche, un chauffeur de taxi LETTRES -?- et son cellulaire.Il accepte de téléphoner à un garagiste-ami de LaSalle.A peine cinq minutes plus tard, deux hommes dans une wagonnette m’interpellent: «Voulez-vous qu’on vous pousse?» Quelle chance! Un temps, deux mouvements et voilà ma voiture hors de la circulation.J’ai à peine le temps de les remercier ils partent en coup de vent.Un autre conducteur s’arrête pour m’offrir les services de son cellulaire.Arrive sur-le-champ le garagiste attendu.L’aventure n’a pas duré une demi-heure.Grand merci à ces bons samaritains ou mes anges gardiens.Jacques David Montréal, 30 juin 1997 Des boîtes à sardines Je suis tout à fait d’accord avec Martin Brisson lorsqu’il affirme que les nouveaux autobus de la STCUM se comparent facilement à des «boites à sardines» (Le Devoir, 3 juillet 1997).Je pourrais même être encore plus sarcastique que lui mais tel n’est pas le but ici.Je crois en effet pouvoir apporter certaines réponses aux questions qu’il se pose concernant les motivations des gestionnaires de la STCUM pour l’achat de ces autobus aussi peu pratiques.Première explication: les grands patrons des sociétés de transport public n’utilisent pas les services qu’ils offrent.Ils laissent plutôt au bon peuple le bonheur de se balader dans leurs plus récentes acquisitions.Au diable le confort des autobus, nous avons tous nos BMW qui nous attendent dans le stationnement! Cette explication est réactionnaire?A peine! Deuxième explication — et plus sérieusement —: contrairement a ce que M.Brisson avance, ce ne sont pas les usagers qui constituent «les principaux fournisseurs de revenus» de la STCUM mais bien les institutions publiques (le gouvernement du Québec en grande partie, les municipalités, etc.).Cela dit, on peut beaucoup mieux expliquer l’achat de ces monstres «québécois».Eh oui! Si l’on a décidé d’opter pour ces boîtes à sardines, c’est entre autres choses parce que leur production est québécoise et qu’il faut quand même encourager cette industrie provinciale lorsque nos principales entrées de fonds sont gouvernementales.Si c’est fait au Québec, c’est que ça doit être bon! Ou du moins si ça ne l’est pas, au moins ça présente l’avantage de créer des emplois locaux.Lorsqu’on peut fabriquer au Québec des produits de qualité, je suis entièrement d’accord pour qu’on leur accorde la priorité, autant en ce qui concerne la consommation privée que publique.Mais quand on me sert de tels navets, alors franchement, je préfère marcher.Martin Turcotte Montréal, 5 juillet 1997 i Economie politique, économie financière Jusqu’à très récemment, «économie politique» fut l’expression employée pour désigner la science économique; maintenant, il semble qu’il faille dire «économie financière»', alors que les économistes sont devenus avares de leurs recettes économiques, les comptables, eux, sont devenus prodigues des leurs: mystère et boule de gomme.Ix;s destinées humaines seraient-elles, désormais, sous le contrôle des croque-morts de l’enthousiasme?L’heure de faire notre bilan aurait-elle sonné?Drabe perspective! Robert Bastien Montréal, 1" juillet 1997 U *AmT£ K LA i-ANSUf Pf LA *ANT£„ m ù (4 tfAMTfC KKI'RISK De Calgary à Stornoway à Saint-Jean.D sé de ce ébarquant à Ottawa avec une cinquantaine de députés Westerners, il y a quatre ans, le chef du Reform Party promettait une politique inédite, à l'oppo- le des partis traditionnels.Ses ouailles ne seraient pas, elles, comme ces cohortes de politiciens corrompus de l’Est — bleu, rouge ou caille — qui se vautrent dans les privilèges et suscitent le cynisme des pauvres Canadiens ordinaires.Comme preuve de cette détermination, Preston Manning refuse de prendre possession de la vieille voiture de fonction — héritée d’Audrey McLaughlin, chef déchue du NPD — à titre de leader de parti reconnu à la Chambre des communes.En toute solennité, ayant convoqué les médias, il repousse les clés de cette «limousine», symbole éclatant de la déchéance outaouaise et du gaspillage qui fait la honte du Parlement.En si bonne veine populiste, le preacher de Calgary n’en reste pas là.Il donne raison à Lucien Bouchard, qui refuse d’habiter la résidence officielle du chef de l’opposition à Ottawa.M.Manning, qui a le don des formules bien frappées, attire les rieurs de son côté.Puisque les finances publiques sont en si piètre état, raille-t-il, pourquoi ne pas transformer Stornoway en Bingo Hall et en verser recettes et bénéfices au gouvernement fédéral?Sandra et lui-même se contentent bien d’une chambre d’hôtel, Downtown Ottawa, et n’ont nul besoin d’une somptueuse résidence de 34 pièces, dans le chic quartier des ambassades.Même durant la récente campagne électorale, le chef aux nostalgiques accents créditistes se targue de «repenser la façon de faire de la politique».«Nous ne faisons pas partie de l’establishment à Ottawa», clame le fils d’un ex-premier ministre albertain.Et il entend bien qu’il en demeure ainsi, fût-il chef de la loyale opposition de Sa Majesté dans la capitale nationale.Apôtre de la frugalité depuis dix G i 11 e s L e s a f> e ?ans, il n’en accepte pas moins la plupart des privilèges dus à sa nouvelle fonction: salaire accru et bureau à l’avenant, personnel et.voiture de fonction.Mais pas question de Stornoway, qu’il juge trop «extravagante».Si on lui offre, par contre, une résidence plus modeste, il l’acceptera.C’était sans compter sur la pression du bon peuple.Apparemment, il tient à ce que le premier ministre en devenir, en attente ou alternatif, soit logé avec tous les honneurs dus à son rang.On n’a pas senti ce mouvement de foule au Québec — en tout cas, il fut d’une discrétion exemplaire — mais il paraît qu'il s’est exprimé avec vigueur et fureur dans les provinces où le Reform personnifie la voix de l’avenir canadien.Je n’ai pas ressenti cette vague déferlant du Pacifique en faveur de Stornoway — même si mon devoir d’Etat m’oblige à lire et à rendre compte de la presse de ce cher.ROC — qui se serait fait valoir par des appels, lettres et télécopies, en masse.Au point que M.Manning et Sandra en ont été émus, bouleversés et chamboulés, jusqu’à devoir réviser leur jugement, pourtant présumé infaillible depuis quatre ans.Après la limousine, nouvelle volte-face du leader charismatique albertain.Lui qui est censé dresser la voie et la vérité, le voici à la remorque de ses fidèles.Je suis le chef, donc je suis, pourrait-il dire en lui-même.Il ne pensait pas que Stornoway était un symbole aussi puissant, que le refuser à son tour, après les trois chefs séparatistes, serait un affront à la Couronne (dont il fait désormais partie, en quelque sorte, à titre de membre du Conseil privé de Sa Majesté pour le Canada.).Amende honorable.Les Manning quittent l'hôtel et emménagent, finalement, non pas à Canossa, mais à Stornoway la somptueuse.Dans 77le Gazette (et les autres journaux Southam qui publient son auguste prose), l’ineffable Mordecai Richler a consacré une chronique hilarante au vire-capot de Calgary.Désormais, au moins, il pourra réunir son caucus chez lui et, surtout le samedi soir, l’empêcher de perdre son âme dans cette Sodome qu’est Ottawa.Sans parler de ce Gomorrhe qu’est Hull.Jamais deux sans trois, dit-on.Eh bien, nous y sommes.Après avoir accepté le vieux legs néo-démocrate, après avoir accepté de se coucher dans le lit naguère occupé par Jean Chrétien, M.Manning veut, à l’instar de cet insigne prédécesseur, devenir bilingue à son tour.Lui qui ne jugeait pas essentiel que le premier ministre maîtrise les deux langues officielles de ce pays; qui préférait parler une langue vraie que deux langues fausses; qui participe aux débats télévisés en français en traduction simultanée; juste pour lui, le voici qui se met à la langue de Molière, de Tremblay et de.Chrétien.Ainsi, a-t-on appris cette semaine, il passera le plus clair du mois prochain à Saint-Jean-sur-Richelieu, en immersion française.En quatre ans à Ottawa, il n’a réussi qu’à apprendre à dire «Bonjour» et «Bonsoir», mettant sur le dos de son perfectionnisme à outrance son incapacité à converser avec le premier ministre, dans la langue d’usage à Shawinigan.Mais là, tel un illustre converti sur le chemin de Damas, le cow-boy de Cal-gary se met, à 55 ans, à lire du Roch Carrier, dans le texte.La guerre, yes sir! Il faut ce qu’il faut pour amadouer le bon peuple.Il n’y a rien de déshonorant dans une modeste voiture de fonction.M.Manning a fait sans vergogne un bon bout sur l’autoroute, fort fréquentée, de la démagogie.Pire encore, il s’est livré à ce qu’il faut bien qualifier d’hypocrisie dans cette affaire rocambolesque de Stornoway.Si extravagance il y a, elle est dans ce populisme de mauvais aloi.Quant à l’apprentissage du français, attendons l’examen de l’illustre élève de l’ex-col-lège militaire.Faut-il pleurer, faut-il en rire?Les rates outaouaises se dilatent, on en fera des gorges chaudes aux Communes.üi pénitence de l’establishment au frugal preacher ?era amère.Aux plantureux frais de l’Etat.R 0 P 0 S —?— .du chômage chez les décrocheurs Les taux de chômage sont les plus élevés parmi les sortants.En 1995, les taux de chômage les plus faibles se trouvaient chez les titulaires d’un diplôme d’études secondaires qui avaient poursuivi leurs études.L’abandon de l’école avant l’obtention du diplôme avait des répercussions négatives sur l’emploi des jeunes, particulièrement chez les femmes.Les sortantes avaient le taux de chômage le plus élevé (30%) et le plus faible pourcentage de participation à la population active chez les jeunes.Par contre, les femmes ayant obtenu un diplôme d’études secondaires et poursuivi leurs études avaient le taux de chômage le plus bas en 1995 (10 %).En outre, leur parti- cipation à la population active était égale à celle des hommes.Ix“s responsabilités familiales des sortantes peuvent avoir eu une incidence sur leur capacité d'occuper un emploi rémunéré, avoir restreint leurs recherches d'emploi et avoir influé sur leur décision initiale d’abandonner les études avant l’obtenir leur diplôme.En 1991, 27 % des sortantes avaient des enfants à charge, tandis que 4 % des femmes titulaires d’un diplôme d’études secondaires étaient dans la même situation.Warren Clark, Tendances sociales canadiennes, Statistique Canada, printemps 1997.LE' PONDE PAR HENRI B 0 II R A S S A l,E I 0 .1 A N V I E II I II I 0 Directrice USE BISSON NETTE Rédacteur en chef BERNARD DESCÔTEAU Vice-président, finances et ad ni i n i s ! r a t i n n F R A N Ç Directeur de l’information CLAUDE BEAIIRE Directeurs adjoints de I1 i n f o r m a t i o n PIK R R K B E A U I, IE U, (I IIY T A 11.1 Rédacteurs en chef adj o i n t s .1 E A N RO B E RT SANS FAÇON, RO I Directrice, ventes et marketing MA RT I N E I 2 0 H 0.rue de lileury, S'étage, Montréal (Québec) USA RM!).Tel.: (514) 085-3333 FAIS C E Q II E I) 0 I IX JO IS T lit) IGA R D .E F E R, N AND YV ) il IIÉ ill N (IBM AND ES CARI(1 THERIAULT NAN S A1C i !•: i) i: v oil!, i i s s \ m i i> i i 2 k t d i m .\ \ i in 1 1: 1 1 11 11 7 A !) I DEES Où sont les limites du laisser-dire ?La québécophobie déferlante au Canada anglais prépare la guerre l>ANI EL S.-LE «AU LT Rédacteur en clic/du magazine VG: Vio ouvrière Ce texte est reproduit du numéro d’été 1997 du magazine VO: Vie ouvrière.= aciste.Fasciste.Intolérant.R .s années, les accusations vont en s’amplifiant.Le «presque-OUI» d’octobre 1995 a inauguré une nouvelle véhémence.Mais plutôt que de se faire ici, sur la place publique, le procès du «Québec», société, gouvernement et population confondus, se fait ailleurs.Dans notre dos.Po- - litique linguistique et projets indépendantistes sont évidemment les principales pièces à conviction.Dans l’année préréférendaire, le Financial Fast proposait d’emprisonner Parizeau pour haute trahison, Peter C.Newman de Maclean's demandait le soutien de l’Armée canadienne pour combattre le Parti québécois.Di correspondance ouverte sur Internet est très animée: par exemple, un monsieur soutient que Lucien Bouchard est payé par Washington pour démanteler le Canada et que sa bactérie mangeuse de chair lui a été inoculée par des agents de la CIA pour à la fois en faire une légende de l’indépendance et pour le faire taire.The Ottawa Sun compare le PQ et le BQ au Front national français.Les pins insidieux parlent de la ghettoïsation» du Québec.Les grandes gueules du prolo appréciées par les tribunes publiques canadiennes font régulièrement du mange-québé-cois.File trouve facilement preneur, cette image du Québec plaignard profiteur des rentes et subventions fédérales, ethnocentriste, raciste et ennemi des libertés individuelles.D‘ Boston Globe affirme en «une» que «les séparatistes font fuir les anglophones et chuter l’économie» et cite un psychologue prétendant que la moitié de la population, inquiète, ne dort plus la nuit.(cité par PC, lw Devoir, 2(i mars 1997).1 e Mexico City Times, le Wall Street Journal, le Scotland On Sunday, The Economist, le Baltimore Morning Sun ont contribué à la charge.Les exagérations sont montées en épingle, relayées de démagogues en médias.Même des fédéralistes comme Jean Paré (de L'Actualité) et Roger 1).Landry (de I/i Tresse) s’inquiètent des répercussions de ces airs de radio rwandaise.Où sont les limites du laisser-dire?Tant que c'est la populace qui invective individuellement, cela est pratiquement incontournable.Les journalistes, rappelons-nous, avaient découvert que les piétineurs de drapeaux québécois à Sault-Sainte-Marie étaient l'un le mari divorcé d’une Québécoise francophone, l’autre un Anglo-Québécois en chômage.Rien de très réfléchi comme motivations.Mais quand les abus langagiers viennent à répétitions du président de l’Association olympique canadienne ou de la rédactrice en chef du plus gros journal financier du Canada {The Financial Tost), largement diffusé à travers le monde, le problème peut avoir des conséquences graves.Li majeure partie des populations mondiales ne connaîtra jamais le Québec que par leurs propres médias.Ht s’en fera une image rapide.L’armée ctats-unienne débarquerait demain matin au Québec (ou l’Armée canadienne, comme en 1970) que bien des gens, à travers le monde, rangeraient spontanément l’information dans la catégorie bonnes nouvelles».Clennett l’allumette Li spectaculaire altercation Chrétien-Clennett de l’an dernier est révélatrice.Dans un premier temps, les manifestants anti-chômage à la fête du drapeau canadien ont été qualifies de «union goons» (fiers-à-bras syndicalistes) par Ottawa.«Ils ne m’avaient pas regardé», nous dit le mince Bill Clennett avec humour.L’explication ne suffisant pas pour diminuer le capital de sympathie pour Clennett (ou le capital d’antipathie pour Chrétien), c’est dans un deuxième temps que Sheila Copps découvrira de supposés «séparatistes déguisés en chômeurs».Li dame en blanc et rouge eut beaucoup plus de succès dans ce plaidoyer: les semaines suivantes, le répondeur téléphonique de Bill Clennett enregistrait insultes, remontrances et menaces de mort.«J'ai senti, dans cette histoire-là, e Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2050, rue de Bleury, 9* étag*\ Montréal.(Québec), H3A 3M9, Il est imprimé par Imprimerie Québécor LaSalle, 7743, rue de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc., 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L'agence Presse Canadienne est autorisée à employer et a diffuser les informations publiées dans Le Devoir.Le Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest, Laval.Envoi de publication — Enregistrement n 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec SUITE DE LA PAGE 1 services sociaux de Montréal-Centre, les administrateurs sont disposés à accroître les services à la population anglophone.A la lecture du procès-verbal de la réunion du 12 décembre 1996, on apprend ainsi que l’on pourrait «reconnaître» d’autres établissements en vertu de l’article 29,1 de la Charte pour fournir des services à une clientèle majoritairement anglophone.Un peu plus loin, on y va toutefois d’une mise en garde pour éviter de prêter flanc à la critique: «Le nombre total de lits des établissements nommés ne devrait pas trop dépasser le nombre de lits nécessaires pour combler les besoins de la population d'expression anglaise.» Mais il y a plus étonnant encore.Dans un autre document dont Le Devoir a obtenu copie, le Programme d'accès aux services en langue anglaise de la Régie régionale de la santé et des services sociaux des Ixiurentides, on déplore la complexité des programmes d’embauche des établissements francophones appelés à donner des services à des anglophones.Puis, on laisse entendre que l’Office de la langue française est de mèche pour aider les régies régionales à contourner ces difficultés.«Selon Mme Renée Arcand et M.Ijaurent Bélisle, de l’Office de la langue française, qui ont été rencontrés le 29 septembre dernier à ce sujet, ce n'est pas difficile de prouver qu’un poste nécessite la connaissance de la langue anglaise.» C’est ainsi que des péquistets de l’Estrie en sont venus à entretenir les pires soupçons.A partir des anomalies détectées au sein des établissements de santé de leur propre région, ils se sont mis résolument à la tâche de constituer un dossier incriminant.Ils sont parvenus à dénicher «les programmes d’accès» de certaines autres régies régionales de la santé.Ils ont également fait une analyse rigoureuse des offres d’emploi publiées dans les journaux par les régies et les centres hospitaliers et les CLSC des autres régions.Syndicaliste à la retraite, vice-président du Mouvement estrien pour le français, Rodrigue I arose est également membre de l’exécutif de l’association péquiste du comté de Sherbrooke.Il est par ailleurs le frère de Gérald Larose, le président de la CSN.Janine Boucher fut jadis directrice des soins infirmiers à l’Hôtel-Dieu de Sherbrooke et elle est aujourd’hui membre du conseil d’administration du CUSE, le Centre universitaire de la santé de l’Estrie.Elle est par ailleurs membre de l’exécutif de l’association du comté de Saint-François.Ces deux dirigeants péquistes sont un peu à l’origine des trois résolutions que la présidente du PQ de l’Estrie, Céline Dostie, a fait adopter par le conseil national de janvier dernier, résolutions pressant le gouvernement de mettre un terme au bilinguisme institutionnel, de freiner le mouvement d’anglicisation des établissements de santé.M.Bouchard avait promis d’agir mais rien n’a été fait.Le problème est celui de la collision de deux lois.L’article 15 de la Loi sur les services de santé et les services sociaux assure aux personnes d’expression anglaise le droit de recevoir en langue anglaise des services de santé et des services sociaux.L’article 46 de la Charte de la langue française interdit à un employeur d’exiger |x>ur l’accès à un emploi ou à un poste la connaissance d’une langue autre que la langue officielle, à moins que l’accomplissement de la tâche ne nécessite la connaissance de cette autre langue.Ixirs du conseil national d’avril dernier, les péquistes de l’Estrie sont revenus à la charge et ont soumis de nouvelles résolutions.Mais les sbires du bunker les ont convaincus de les retirer.Ce n’est que partie remise.Janine Boucher et Rodrigue I .arose estiment que cette situation est devenue intolérable en ce qu’elle constitue de la discrimination à rebours aux dépens des francophones, en plus d’institutionnaliser le bilinguisme.Ils ont d’ailleurs porté plainte auprès de la Commission des droits de la personne et du Protecteur du citoyen.L’Estrie compte 9 % d’anglophones dont seulement le tiers sont unilingues.En cela, il leur apparaît donc abusif de tout bilinguiser.Quoi qu’il en soit, ils préparent la défense de leuncause en vue du conseil national de septembre ou de novembre.MARLEAU Molière se tirait mieux que Lessing de ces grandes embrassades SUITE DE LA PAGE 1 sont pas juifs, que les chrétiens ne sont pas chrétiens et que les musulmans ne sont pas musulmans.Seuls les hommes restent des hommes.Autant le metteur en scène n’a pas hésité à redessiner l’espace, grâce au décor de Michel Goulet, autant aborde-t-il le texte de Lessing avec humilité et retenue, respectueux de chaque phrase de cette parfois lourde dialectique luthérienne.Denis Marleau maîtrise parfaitement ce lieu écrasant qui a résisté à plus d’un.Contrairement aux spectacles de l’an dernier, qui éloignaient les comédiens des gradins, il a choisi de faire porter l’action au plus près du public.Il a réussi un tour de force: créer de l’intimité dans un lieu au-dessus duquel passe un avion à toutes les demi-heures.Chaque détail y contribue, des éclairages de Guy Simard aux chuchotements de Sami Frey.Denis Marleau impose aussi un rythme en forme d’adagio à ce long manifeste du XVIII' siècle allemand.Il a choi- si de faire dire le texte comme une partition musicale pour bien détacher les mots, puisque les vrais héros de cette fable sont finalement les idées — les comédiens d’ailleurs regardent toujours la salle.Sami Frey (Nathan) se prête à merveille à cet exercice, parlant chaque fois comme un homme fatigué; d’une voix incantatoire, il psalmodie, cherche ses mots presque.Il est le seul à accepter de se livrer au jeu de la vérité.Et, comble d’étonnement, il parvient à faire rire (en battant des ailes pour imiter un ange!).On pourra maintenant difficilement imaginer un Nathan autrement qu’avec cette langueur mêlée de grâce, une lueur de jeunesse dans les yeux.Aurélien Recoing (Saladin) lui donne la réplique magnifiquement.La scène où Saladin demande à Nathan de lui expliquer quelle religion monothéiste est la meilleure atteint un sommet d’intensité.Recoing campe un musulman nerveux, erratique, torturé, qui tranche avec le juif toujours en décalage avec lui-même.Sans lui, le jeu sombrerait dans l’ennui.L’étonnante Anne Callière incarne de son côté une Recha fia fille de Nathan) évanescente et mystique qui ré- clame un ange comme un enfant demande ses jouets.Reste que ce drame classique est une figure imposée avec son unité de temps, de lieu et d’action.De cela, Denis Marleau n’a pas cherché à s’échapper.Après trois heures .i de développement, le dénouement final prend à notre époque des allures presque burlesques.En 15 minutes, : chacun se retrouve le frère et la sœur de tous.les juifs sont soudain chrétiens et tout le monde est tout à coup musulman.On avait compris.Molière se tirait mieux que Iessing de ces grandes embrassades.Marleau a choisi de ne pas toucher à cette structure qui a vieilli au point de faire rire la salle à des moments où Iœssing ne l’avait pas prévu.Pari tenu, donc! Mais, attendait-on une lecture aussi respectueuse de la part d’un metteur en scène débonnaire qui a tâté de toutes les déconstructions et dont la seule constante semble être le rejet du réalisme psychologique?Le Festival d’Avignon n’avait-il pas choisi un Québécois justement pour dépoussiérer l’œuvre de Lessing?Marleau le caméléon aime dire qu’il est toujours là où on ne l’attend pas, même si, cette fois, c’est du côté de la sagesse.
de

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