Le devoir, 17 juillet 1997, Cahier A
LE DEVOIR Vol.L X X X VIII N " I .r> 8 M O N T R K A L , I.K .1 K II I) I 17 .1 II I L I.V.T I !) !) 7 8 8c + T 1* s + T V y / T o lt o N T o I $ PERSPECTIVES Les petits pas de Kofi Annan Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a présenté hier un plan de réformes visant à rationaliser les activités de l’ONU et à en accroître l’efficacité à travers le monde.Les mesures toucheront l’organisation et ses 28 agences spécialisées.Nos informations page A 5.Kofi Annan vient de-lancer une réforme des Nations unies et de ses agences spécialisées qui s’apparente, selon ses propres mots, à une véritable révolution tranquille dans le monde des organisations internationales.En effet, si les mesures qu’il a proposées hier se concrétisent, elles devraient à plus ou moins long terme transformer le visage de l’ONU.Le secrétaire général a donc tenu parole.Immédiatement après son installation à la tête de l’organisation en janvier dernier, il avait annoncé que les réformes enclenchées par son malheureux prédécesseur, Boutros Boutros-Ghali, allaient se poursuivre à un rythme accéléré.M.Annan s’était alors donné six mois pour présenter un plan aussi complet que possible.Homme d’appareil — il a gravi les échelons tout au long de ses trente ans de service au sein des Nations unies —, le secrétaire général n’a pas voulu que son plan de réformes émane de l’intérieur de peur que la bureaucratie ne l’édulcore.Il a donc fait appel à une personnalité extérieure, le Canadien Maurice Strong, familier de la gestion de grandes organisations et partisan enthousiaste des Nations unies, qui a accepté le travail pour la rondelette somme de un dollar par an.Les résistances de la bureaucratie ont été nombreuses, mais les principales recommandations de Maurice Strong ont été retenues.Le plan de réformes de M.Annan s’articule autour de deux axes: des mesures administratives pour alléger la bureaucratie et réduire les dépenses des Nations unies et de ses agences spécialisées et des idées pour transformer le fonctionnement de tout le système onusien.La suppression de mille postes de fonctionnaires se poursuivra alors que les dépenses d’administration seront réduites d’un tiers.Pour redéfinir la direction et la gestion de l’ONU, M.Annan s’adjoindra un collaborateur, qui fera office de vice-secrétaire général, et mettra sur pied un groupe de gestion de haut niveau qui fonctionnera comme un cabinet chargé de diriger le processus de changement.Une douzaine de départements seront fusionnés en cinq services alors que Jocelyn Cou Ion ?plusieurs agences œuvrant dans les domaines du développement ou de l’aide humanitaire seront regroupées.Un fonds d’aide aux pays les plus pauvres verra aussi le jour.Pour assurer la solvabilité de l’organisation, mais aussi pour attirer l’attention du public sur la crise financière qui la frappe depuis des années, un fonds d’avances, qui permettra à l’ONU de disposer d’une réserve d’un milliard de dollars, sera créé.Soucieux de rapprocher l’ONU des problèmes concrets de l’humanité et d’ouvrir le débat sur les pouvoirs au sein du système onusien, M.Annan établira un groupe pour identifier et analyser les questions et les tendances émergentes à l’échelle mondiale et recommandera le renforcement du rôle de l’Assemblée générale et la création d’une commission pour réexaminèr la Charte de l’ONU ainsi que les traités qui régissent les agences spécialisées.Il s’agit ici de «provoquer des changements fondamentaux», a dit M.Annan hier en conférence de presse.Le plan de réformes devrait atteindre à court terme deux résultats.Le premier est d’éliminer les chevauchements coûteux, de réduire la bureaucratie et de regrouper sous un même toit les activités parallèles de nombreuses agences indépendantes.Il s’agit, selon M.Annan, A'«insuffler une plus grande unité d’objectifs, une plus grande cohérence dans les efforts et de la souplesse dans la manière de répondre aux besoim pressants de la communauté internationale».Le deuxième ept de convaincre le plus gros bailleurs de fonds, les Etats-Unis, que l’ONU est sur la voie de la responsabilité financière et de la saine administration et, ainsi, d’obtenir qu’ils acquittent maintenant leur dette envers l'organisation, une dette qui s’élève à près d’un milliard de dollars.A entendre les réactions favorables qui sont parvenues hier de Washington (sauf de quelques sénateurs), ce résultat semble déjà atteint.A plus lo,ng terme, les suggestions de M.Annan ouvrent aux Etats membres des pistes de réflexion intéressantes pour entreprendre un vaste chantier de réformes politiques.Par exemple, sa proposition de réexaminer l’ensemble de la Charte de l’ONU pourrait déboucher sur une révision en profondeur de l’exercice et de la répartition des pouvoirs au sein de l’ONU et entre ses Etats membres, révision qui est souhaitée depuis,longtemps tant par des experts que par plusieurs États.Avec son plan de réformes, sous forme de petits pas prudents mais pleins de bon sens, le secrétaire général vient d’engager l’ONU dans un grand chambardement.L’ONU s’apprête à vivre une révolution tranquille M E Montréal Ciel variable.Risque d’orages.Venteux.Max: 29 Min: 19 T E 0 Québec Ciel variable.Risque d’orages.Max: 29 Min: 17 Détails, pnge B 4 INDEX Agenda.B 6 Le monde.A 5 Annonces.B 6 Avis publics.B 4 Culture.B 8 Économie.B 2 Les sports.B 5 Montréal.A 3 Mots croisés.B 6 Politique.A 4 Éditorial.A 6 Télévision.B 7 www.ledevoir.com ÉCONOMIE Le fédéral injecte 500 millions dans le tourisme, page B 3 * 4*.LES ACTUALITÉS Partition du Québec: Ottawa a consulté ses juristes, page A 4 k A MONTRÉAL Québec débloque 33,5 millions pour les universités montréalaises, page A 3 Une offre d’achat en forme d’ultimatum La SHDM a 24 heures pour accepter la proposition d’achat de l’hippodrome KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR La Société de promotion de l’industrie des courses de chevaux (SPICC) a finalement déposé hier son offre d’achat des terrains de l’hippodrome, qui ne constitue ni plus ni moins qu’un ultimatum pour la Société d’habitation et de développement de Montréal (SHDM).En effet, selon les termes de l’offre formelle transmise hier en fin d’après-midi à la SHDM, cette dernière doit donner une réponse au plus tard à 15 heures demain, sinon l’offre sera «nulle et non avenue».Vraisemblablement, la SPICC est pressée de mettre en marche son projet de développement sur le site de l’hippodrome (projet entièrement financé par 25 millions prove- nant de fonds publics).De fait, bien que le président de la SPICC, Gilles Blondeau, n’ait pu être joint hier en fin de journée, au cabinet du ministre des Finances Bernard Landry, on indiquait que «le délai accordé est correct puisque les travaux doivent s’enclencher».De plus, l’attachée de presse du ministre Landry, Andrée Corriveau, a souligné que les membres du conseil d’administration de la SHDM — la propriétaire du site au nom de la Ville de Montréal — «ont tous les éléments en maim pour prendre une décision», leur connaissance du dossier remontant au mois de mars.En outre, a expliqué Mme Corriveau, le maire Pierre Bourque recevra normalement ce matin une réponse favorable aux conditions qu’il a posées lundi.Sitôt rentré d’un voyage économique en Amérique du Sud, M.Bourque a téléphoné au ministre Landry avec qui il a renégocié certains aspects de la transaction de l’hippodrome du boulevard Décarie.La grogne dans son entourage, qui laissait présager en début de semaine d’éventuelles démissions, a vraisemblablement servi de catalyseur.Ainsi, le maire de Montréal a obtenu qu’une somme de 10 millions convenue dans l’entente originale soit versée comptant à la SHDM en contrepartie de quoi la Ville s’engage à investir un montant équivalent dans la construction d’infrastructures.VOIR PAGE A 8: ULTIMATUM ¦ Lire aussi l’éditorial de Michel Venne: Tant de millions pour des courses, page A 6 LES ACTUALITÉS Les jeunes libéraux reviennent au centre ¦ Lire le reportage de Pierre O’Neill, page A 2 Au Festival d’Avignon Trois comédiens et un bout de bois Pereira prétend, loin des gigantesques dispositifs de la cour d’honneur du Palais des papes CHRISTIAN RIOUX ENVOYÉ DU DEVOIR À AVIGNON Assiste-t-on au retour d’un certain théâtre politique?Déjà, la présentation de Nathan le sage en ouverture du Festival d’Avignon, une pièce sur la tolérance religieuse, était un signe à peine dissimulé dans une région où le Front national dirige plusieurs villes.Pereira prétend, une pièce adaptée du roman de l’écrivain italien Antonio Tabucchi, traite du sujet avec encore moins de détours.Dans son roman publié en 1994, Tabucchi raconte l’histoire de Pereira, un journaliste qui dirige les pages culturelles d’un quotidien de Lisbonne en 1938.Sur fond de fascisme et de salazarisme, Pereira s’est réfugié dans la littérature et la solitude.Il supporte tant bien que mal les petites compromissions et la censure ambiante.De toute façon, son directeur lui a bien dit de ne pas l’ennuyer avec la culture.Jusqu’au jour où il rencontre Monteiro Rossi, un jeune antifasciste à qui il veut faire rédiger des éloges funèbres anticipés de grands écrivains vieillissants.Pereira écoutera soudain ce que Tabucchi nomme «la raison du cœur».Jusqu’à publier un article qui lui vaudra l’exil.«J’ai voulu raconter cette difficulté d’agir devant les événements de l’histoire, explique le metteur en scène Didier Be-zace.[.] J’ai comtruit une ballade drôle et triste où l’on suit le trajet d'un homme qui ressemble beaucoup à l’homme d’aujourd’hui.Dans cette région, il m’a semblé que le propos de Tabucchi était juste et pertinent.» Plus tôt cette année, Didier Bezace a remporté le grand prix du meilleur spectacle théâtral pour C’est pas facile, une adaptation de textes de Brecht et de Bove vue l’an dernier à Avignon.Pereira prétend est le dernier volet de cette trilogie VOIR PAGE A 8: AVIGNON Une course d’escargots.juste pour rire JACQUES NADEAU LE DEVOIR LE 15e FESTIVAL Juste pour rire a pris son envol, hier après-midi, dans le Vieux-Port de Montréal.Une troupe française de théâtre de rue nommée Ilotopie a pris en charge le site extérieur du festival.Au milieu de cette foire, l’artiste Pierre Tardif (ci-dessus) organisait hier des courses d’escargots.Ce soir, le duo satirique socio-politique Bowser & Blue viendra ajouter au tohu-bohu avec son spectacle intitulé La fête carrée.La fête se poursuivra jusqu’au 27 juillet.Les deux Argentines Miracle économique sur fond d’appauvrissement généralisé Contre l’herbe à poux, Montréal adopte la stratégie de l’étouffement Fini la tonte et Varrackage: place à la guerre des plantes MARC CASSIVI LE DEVOIR Certains espaces verts de la Ville de Montréal pourraient paraître négligés cet été.Constatant l’inefficacité des méthodes traditionnelles d’éradication de l’herbe à poux sur son territoire, la Ville de Montréal expérimente présentement une nouvelle technique visant à combattre à long terme la prolifération de cette plante qui émettra bientôt, au détriment de milliers de personnes, son pollen allergène.Une nouvelle méthode qui se résume ainsi: ne rien faire.Outre la tonte ciblée de certains sites contaminés et l’arrachage de plants, notamment en bordure de rues et de ruelles, la Ville de Montréal compte en effet renaturaliser ses espaces verts, une méthode répandue en Europe.Ce processus dit d’entretien différé, qui entraînera certainement des économies pour Montréal, permettra de plus la repousse d’espèces végétales indigènes pouvant combattre efficacement l’herbe à poux.L’Ambrosia artemisii-folia, de son appellation latine, a la propriété de pousser difficilement dans les terrains bien fournis en végétation.«Il faut laisser la nature s’exprimer, explique Edith Pari-seau, porte-parole du service des parcs de la Ville de Montréal.Il s'agit d'une technique écologique et économique VOIR PAGE A 8: POUX JACQUES NADEAU LE DEVOIR iuxy/I '7m Z#/' Chaque année, du mois d’août jusqu’aux gelées d’octobre, l’herbe à poux émet une quantité importante de pollen allergène qui est la principale cause de la rhinite allergique, communément appelée «rhume des foins», qui touche 10 % de la population québécoise.Nouvelle démonstration du mécontentement social en Argentine: 30 000 personnes ont protesté, vendredi dernier, à Buenos Aires, contre le gouvernement de Carlos Menem et un taux de chômage record de plus de 17 %.Cette «marche fédérale pour le travail» avait été convoquée par les syndicats péronistes rebelles et des mouvements de gauche qui ont lancé un mot d’ordre de grève générale pour le 8 août prochain.CHRISTINE LEGRAND LE MONDE Buenos Aires — «Ils peuvent faire mille marches, mille grèves, rien ne changera», a déclaré le président Carlos Menem.La manifestation de la semaine dernière était soutenue par les partis d’opposition et les évêques de La Quia-ca (nord-ouest du pays) et de Zarate-Campana (province de Buenos Aires), deux régions sévèrement touchées par le chômage et la pauvreté.Une importante caravane de manifestants, vêtus de ponchos, était venue de La Quiaca (1800 km au nord-ouest de Buenos Aires), accompagnant le dirigeant du syndicat des employés publics de Jujuy, Carlos Santillan.Les Mères de la place de Mai, le Mouvement des femmes d’agriculteurs en lutte, les retraités, les VOIR PAGE A 8: ARGENTINES ) 778313000672 I.E I) E V DIR, L E .1 E U I) I 17 .1 U I L L E T 19 9 7 A 2 •LES ACTUALITÉS- EN BREF Rançon inutile Le retour vers le centre des jeunes libéraux •» T ' N / v i «mma (Le Devoir) — Depuis quelques jours, des milliers de photographies du jésuite Wilfredo Guinea Ramos (74 ans) sont distribuées à Mexico sur des feuillets de l’Œuvre de la bonne presse que dirigeait ce prêtre enlevé dans un faubourg de la capitale le 17 juin.Même si la Compagnie de Jésus dit avoir versé la rançon demandée dès le 21 juin, le père Guinea est toujours détenu par on ne sait qui.Les feuillets demandent aux Mexicains qui auraient des informations sur le sort du père Guinea de contacter soit les autorités policières, soit les responsables de cette œuvre que dirigeait depuis 35 ans l’ecclésiastique qui avait au fil des ans prouvé son attachement pour les marginalisés.Le père Guinea était également secrétaire de la Commission épiscopale mexicaine de pastorale liturgique.Incendie sur le massif de POlympe Athènes (AFP) — Un incendie sévit depuis quatre jours sur le massif de l’Olympe, la montagne des dieux de l’Antiquité, mais ne menace pas pour l’instant le sommet où, selon la mythologie, trônait Zeus.Hier, 45 pompiers spécialisés dans la lutte contre les incendies de forêt continuaient de se battre contre le feu malgré des conditions difficiles dues à l’altitude et aux difficultés d’accès, notamment pour les Cana-dair.Jusqu’ici, le feu qui a dévasté une vingtaine d’hectares dans une zone située à 1700 m d’altitude n’a pas directement menacé l’Olymbos, le plus haut sommet du massif (2917 m).C’est sur ce pic que, selon la tradition, Zeus, le dieu des dieux, régnait en compagnie des autres divinités.Le Parc national de l’Olympe, la forêt de pins et de sapins, n’est pas non plus en danger pour le moment et des coupe-feux ont été aménagés pour freiner la progression des flammes qui, faute de vents, se propagent pour l’instant assez lentement.La navette rentre Houston (AP) — Après avoir conduit des expériences sur des flammes, des épinards et du trèfle, l’équipage de la navette américaine Columbia se préparait à son retour sur Terre prévu pour aujourd’hui, après 16 jours dans l’espace.«Columbia a l’air en parfait état pour votre retour à la maison», a dit mercredi Mission Control aux sept astronautes.Tire-bouchon dispendieux (AFP) — Un tire-bouchon, faisant partie d’une collection de 800 pièces ayant appartenu à un homme d’affaires canadien et qui était vendue aux enchères mercredi soir à Montréal, a été attribué pour 3 680 $.Ce tire-bouchon, à poignée en bois tourné et au corps annelé en bronze, porte une inscription datant son origine au 8 octobre 1840 à Birmingham.Un autre modèle, en cuivre surmonté des armes royales d’Angleterre, a été vendu 2 500 $ tandis que des tire-bouchons de poche représentant des jambes de femmes en collant rayé et bottines ont trouvé preneur pour un montant compris entre 550 et 700 $.La collection a été cédée pour un montant total de 103 000 $ à des acheteurs majoritairement étrangers.Foale s’entraînera (AP) — La NASA a donné hier son accord pour que l’astronaute américain Michael Foale commence les entraînements nécessaires en vue des réparations cruciales prévues d’ici une semaine sur la station orbitale russe Mir.Ces travaux auraient dû être conduits par le cosmonaute Vasily Tsibliyev, mais ce dernier souffre de problèmes cardiaques.En août, à Sainte-Anne-de-la-Pocatière, ils discuteront d’orientations empreintes de générosité et de confiance en l’avenir Égalité des droits Gais et lesbiennes s’attaquent à l’inertie de Québec Une plainte a été déposée à la Commission des droits de la personne SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR La communauté des gais et lesbiennes du Québec vient de déposer une plainte contre le gouvernement du Québec auprès de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.Porte-parole du Comité sur la violence contre les gais et lesbiennes, Douglas Buckley-Couvrette a indiqué que le dépôt de cette plainte découlait de l’inertie qu’affiche le gouvernement actuel depuis son accession au pouvoir.Selon l’analyse que ce comité a réalisée concernant l’application des recommandations contenues dans le rapport De l’illégalité à l'égalité, rapport publié en juin 1994 sous l’égide de la Commission des droits, pratiquement rien n’a été réalisé.Or, sur les 41 recommandations de ce rapport, 36 concernaient le gouvernement du Québec ou s’adressaient directement à ce dernier.De fait, «nous demandons aujourd’hui à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse d’itistituer un tribunal spécial qui aura comme mandat de confronter le gouvernement du Québec à son inaction et de l’obliger à appliquer rapidement les diverses recommandations formulées dans le rapport de la Commission».Entre la publication du rapport en juin 1994 et le dépôt de la plainte hier, on se rappellera que la Commission avait dévoilé en janvier 1996 un document d’étapes qui déjà avait constaté que, malgré bien des promesses de la part du gouvernement, aucune des recommandations n’avait été appliquée.Afin que les gais et lesbiennes ne soient plus considérés comme «des citoyens de seconde zone», ils entendent, à la faveur de leur plainte, se battre sur quatre fronts en particulier.En premier lieu, selon M.Buckley-Couvrette, les représentants de la communauté veulent faire pression sur tout ce qui a trait à la notion de conjoint de fait.Autrement dit, il faut s’attendre à une offensive marquée sur la recommandation numéro 34, soit «que le gouvernement procède à une révision de l’ensemble de la législation, y compris sa réglementation, afin d'adopter une loi visant à rendre conformes à la Charte toutes les lois qui comportent une référence à la notion de conjoint, de façon à ce que les conjoints de fait de même sexe bénéficient des mêmes droits que les conjoints de fait hétérosexuels».Selon l’analyse du Comité, «un rapport du ministre de la Justice doit être déposé à cet effet.Rien n'indique d’échéance alors que les gouvernements de Colombie-Britannique et de France ont déjà annoncé leur intention de procéder dans ce dossier».Ensuite, les représentants de la communauté entendent rappeler fermement au gouvernement qu’il y a lieu d’effectuer l’arrimage des lois québécoises avec la Charte des droits pour tout ce qui a trait évidemment aux gais et lesbiennes.A cet égard, M.Buckley-Couvrette a tenu à souligner que le travail, le travail théorique, avait été réalisé depuis plusieurs années mais qu’il traînait sur le bureau de l’actuel ministre de la Justice.Sur la plan de la santé, et conformément à ce qui avait été recommandé en juin 1994, le comité entend rappeler qu’il y a lieu de créer des services sociaux adaptés aux besoins spécifiques des gais et lesbiennes.Enfin, il est souhaité que des mécanismes de financement d’activités économiques, sociales et culturelles soient mis sur pied.Statistiques de la Régie des rentes Les femmes demeurent largement sous-payées PRESSE CANADIENNE Québec — Les statistiques les plus récentes publiées par la Régie des rentes du Québec démontrent que les femmes, bien qu’elles occupent de plus en plus de place sur le marché du travail, gagnent 19 516 $, moins que le salaire moyen de 27 396 $, et encore moins que les 29 440 $ payés aux hommes.Le nombre des travailleuses a particulièrement augmenté dans le groupe des 30 à 55 ans.Les plus fortes baisses ont au même moment été constatées chez les hommes âgés de 55 ans ou plus, particulièrement dans le groupe des 65 à 69 ans.Le document confirme aussi que, depuis décembre 1996, 1 052 380 Québécois reçoivent des prestations du Régime de rentes du Québec, une augmentation de 5,2 % par rapport à la fin de l’année précédente.Le total des sommes versées par la Régie des rentes atteint maintenant près de 5 milliards, une augmentation de 6,8 % par rapport à 1995.In seule rente de retraite représente 68 % des débours de la RFC) avec ses 805 630 bénéficiaires.Ins prestations aux survivants comptent pour 23 % et celles liées à l’invalidité pour 8,8 %.In rapport Statistiques 1996 précise en outre que le nombre des cotisants, depuis 1994, dépasse les trois millions de personnes, soit 61,1 % (le la population totale âgée de 18 à 69 ans.In gain réel moyen des cotisants est de 31 855 $.Ins hommes qui cotisent gagnent en moyenne 23 416 $ et les femmes, 19 190 $.La proportion de la population cotisante est ainsi passée de 56,9 % en 1966 à 61,1 % à la fin de 1994.In nombre de femmes sur le marché du travail a augmenté considérablement, passant de 36,3 % en 1966 à 60,1 % en 1994, pendant que le nombre d’hommes au travail a diminué de près de 10 %, soit de 84,8 % à 75,3 % pour la même période.Plusieurs facteurs font en sorte qu’il y a 77 306 nouveaux bénéficiaires de la rente de retraite en 1996.In plus important est l’arrivée des bénéficiaires de l’aide sociale âgés de 60 à 65 ans qui, depuis avril 1994, sont soutenus par le Régime de rentes du Québec.Sous Robert Bourassa, les jeunes libéraux ont toujours été d’inspiration avant-gardiste, ils se sont imposés comme moteur du res-sourcement intellectuel du parti.Depuis l’arrivée de Daniel Johnson à la tête du PLQ, ils oscillent entre la rectitude politique et le conservatisme.À quelques jours de leur congrès annuel, ils semblent disposés à une remise en question de leurs égarements.PIERRE O’NEILL LE DEVOIR Après une périlleuse incursion vers la droite du spectre idéologique, la commission-jeunesse du Parti libéral du Québec est en voie d’effectuer un retour vers le centre.A leur congrès de l’an dernier, les Jeunes libéraux avaient l’œil sur le rétroviseur et avaient cédé à l’impitoyable mode rétrograde du néo-libéralisme.Ils voulaient subordonner les prestations des assistés sociaux à la réalisation de travaux communautaires, abolir la sécurité d’emploi dans le secteur public et privatiser le plus grand nombre possible d’activités gouvernementales.Par-delà l’effet du tonnerre de leurs délibérations, ils s’étaient fait accuser de mesquinerie.Même Daniel Johnson les avait réprimandés.A Sainte-Anne-de-la Pocatière, du 1" au 3 août prochain, ils débattront de résolutions qui s’inspirent d’un plus grand souci de moderniser la pensée politique de leur parti, des textes qui, de l’avis de leur président, témoignent du désir de revenir à des orientations empreintes de générosité et de confiance en l’avenir.Au cours d’une entrevue au Devoir, Jonathan Sauvé a dévoilé le schéma des débats et de la réflexion qui alimenteront les assises de Sainte-Anne-de-la Pocatière, où l’on traitera principale du thème des nouvelles technologies de l’information et des communications, ainsi que de celui de la famille.A ce chapitre de l’évolution technologique, les jeunes libéraux débattront avec vigueur pour rétablir la confiance des gens en leurs leaders politiques et dans la gestion des affaires publiques.A cet égard, Jonathan Sauvé est de ceux qui préconisent une réforme en profondeur des institutions politiques et dans cette optique, il faut aller aussi loin que remettre en question le rôle du député, la ligne de parti et le mode de scrutin.L’an dernier, les jeunes libéraux avaient proposé une solution de rechange au statu quo constitutionnel, dans le retour vers les provinces d’une part accrue de pouvoirs au sein de la fédération.Une position reposant principalement sur la création d’un conseil interprovincial composé des premiers ministres des dix provinces.A La Pocatière, il est peu probable que la question constitutionnelle soit soulevée, pas plus d’ailleurs que le leadership de Daniel Johnson, qui a obtenu un vote de confiance de 80 % des militants au congrès plénier de mars dernier.Enfin, on doit s’attendre à quelques résolutions sur le droit des anglophones de recevoir des soins de santé dans leur langue, de la part des militants libéraux de l’Estrie.Pas de chance REUTERS DEUX touristes en peine rongeaient leur frein au pied de la tour Eiffel, hier, car le monument le plus visité de Paris est resté fermé en raison d'une grève du personnel à la suite du licenciement d'un agent chargé de l’accueil des visiteurs.Ouverte tous les jours de l’année, la tour Eiffel, 108 ans après sa création, symbolise toujours Paris aux yeux des quelque cinq millions de touristes qui viennent chaque année lui rendre visite.En 1993, la centenaire du Champ de mars accueillait son 150 millionième fan.de la nécessité pour un État moderne d’investir dans la recherche et le développement, de l’opportunité de rétablir les crédits d’impôts qui ont été abolis en 1994.Ils exploreront des façons de gérer l’inluence de ces nouvelles technologies sur les modes d’enseignement et sur le marché du travail.Ils se pencheront sur l’hypothèse d’un partenariat avec l’entreprise privée pour que le système scolaire québécois soit doté d’équipements à la mesure des incontournables défis.Les jeunes libéraux se préoccupent également de la menace que représentent ces nouvelles technologies sur la vie privée du citoyen.Ils ne voient pas d'un très bon œil la concentration dans un seul et même fichier comme le ministère du Revenu de renseignements personnels qui pourraient un jour être marchandés en faveur des brocanteurs les moins scrupuleux.Des préoccupations que partage Jonathan Sauvé.«De vives inquiétudes sont en train de naître.C’est à se demander quel fonctionnaire du ministère du Revenu aura dorénavant notre vie privée entre ses mains».En se penchant sur le sort de la famille, les jeunes libéraux orienteront leur réflexion sur l’urgence d’aider les jeunes couples à concilier les obligations professionnelles et les responsabilités familiales.A partir du constat que la politique de natalité mise de l’avant par les gouvernements antérieurs n’a pas donné les résultats espérés, il leur apparaît évident qu’il faut envisager une refonte du régime des allocations familiales.Compte tenu qu’il s’agit d’un congrès politique, il est normal qu’on y réserve une place pour la partisane-rie.L’on profitera donc de l’occasion pour s’indigner des conséquences des compressions budgétaires et du virage ambulatoire du ministre Rochon sur la vie des pauvres gens.L’on abordera le thème de l’intégration des communautés culturelles.Les jeunes libéraux croient en outre que le temps est venu d’intervenir Jonathan Sauvé GRANDE VENTE 50% * 60% SUR TOUTE Ia MARcIlANdisE pRiNTEMpS'ÉTÉ 277, av.Laurier ( ).5 I 07, av.du l’are 277-75 58 58 i, St-Jacqucs O.(Jentrc de Commerce Mondial 28 1-7‘W Grand solde d’été au ^lulo 402 -HOMMC* 50% et plus Costumes d’été, importés d’Italie laine = coton = lin rég.Solde 399 $ Vestes d’été, importés d’Italie laine = coton = lin rég.Solde 299 $ Pantalons ÎOO % laine, importés d’Italie rég.JJ&T$ Solde 99 $ Pantalons ÎOO % coton, importés d’Italie rég.\J5Pr% Solde 75 $ 1118, rue Sainte-Catherine O.Suite 200, Montréal (Québec) H3B 1H5 té/.: B61-3636 Du lundi au vendredi de 9h30 à 18h Samedi de 10h à 16h Tous les soirs après 18h sur rendez-vous seulement « I.K I) E V 0 I II , L E .1 E 11 D I 17 .1 II I I, I.E T I i) !) 7 A 3 -?LE DEVOIR —_- MONTREAL Rénovation des édifices Québec alloue 33,5 millions aux universités LOUISE LEDUC LE DEVOIR Une enveloppe de 33,5 millions vient d’être distribuée aux universités de l’île de Montréal pour qu’elles puissent rénover leurs édifices les plus vétustes.C’est ce qu’ont conjointement annoncé hier le ministre d’Etat à la métropole, Serge Ménard, et la ministre de l’Éducation, Pauline Marois.La somme la plus importante revient à l’Université McGill qui recevra 14 748 000 $.L’Université de Montréal obtient 11368 000 $ et ses .constituantes, l’École des.Hautes Études commerciales et l’École polytechnique, respectivement 636 000 $ et 1 806 000 $.L’Université Concordia pourra compter sur 4 986 000 $.L’Université du Québec à Montréal recevra quant à elle une partie du montant de 7,9 millions réservé à l’ensemble du réseau public à travers la province, une subvention également annoncée hier.«Le gouvernement a fait connaître son intention, à l’occasion du dernier discours sur le budget, que 156 millions de dollars soient consacrés, au cours des deux prochaines années, à la rénovation des édifices des universités et des cégeps [de la province]», a rappelé hier la ministre Marois.«Au moins 30 % de ce montant sera fourni par les établissements eux-mêmes, la part du gouvernement s’élevant à 114 millions de dollars.» Les subventions accordées aux universités de l'ile de Montréal seront consacrées à la remise en état de leurs immeubles construits avant 1992 et les travaux devront être complétés avant la fin de 1999.«Compte tenu que le parc immobilier de nos universités commence à vieillir, il est tepips d’intervenir, estime le ministre d’État à la métropole, Serge Ménard.Il est important que les étudiantes et les étudiants desservis par les universités de la métropole puissent continuer à disposer de locaux propices à l’apprentissage, comme ils sont en droit de s’y attendre.» Le vice-recteur à l’administration de l’Université de Montréal, Patrick Molinari, explique que les montants ont, grosso modo, été attribués proportionnellement au poids de chacune des universités.«Il se peut cependant qu’il y ait eu un ajustement en fonction de la vétusté relative de chacun des établissements.Je me réjouis pour McGill, parce que, de toutes les universités, c'est celle qui en avait le plus besoin.» M.Molinari note que ces sommes étaient attendues avec impatience par les universités.«Le gouvernement reconnaît lui-même qu’il ne participait que pour 40 % des besoins réels de l’entretien du parc immobilier universitaire.» A l’Université de Montréal comme ailleurs, la liste de travaux urgents s’allongeait et les habituels crédits alloués annuellement étaient loin d’être suffisants.Le pavillon principal, notamment, vieux d’une cinquantaine d’années, a grand besoin d’une cure de jouvence.Les systèmes de chauffage et d’aération, dans plusieurs pa-villpns, doivent vite être rajeunis.A McGill, comme le souligne la vice-principale à l’administration et aux finances, Phyllis Heaphy, de nombreux travaux sont depuis longtemps retardés à cause du manque d’argent.«Certains de nos édifices datent du XIX' siècle, mais nos bâtiments de trente ou quarante ans commençaient aussi à afficher une piètre mine.En certains endroits, l’eau entrait dans les bâtiments.Certains toits devront être refaits en entier, nos trottoirs sont en piteux état.La liste est longue, il nous faudra établir nos priorités.» La subvention de 14,7 millions octroyée à McGill est également très insuffisante, mais Mme Heaphy se dit tout de même très reconnaissante envers le gouvernement pour son coup de pouce.E N Argent neuf (Le Devoir) — Outre l’aide de 295 000 $ déjà annoncée au Festival international de jazz de Montréal, le fonds de développement de la métropole du ministre Serge Ménard vient de décider des sommes accordées aux autres festivals.Ainsi, Coup de cœur francophone a reçu 25 000 $, le Festival des Films du monde 90 000 $, le Festival de théâtre des Amériques 37 000 $, le Festival Juste pour rire 250 000 $, le Festival international de nouvelle danse 40 000 $, le Festival international du cinéma et des nouveaux médias de Montréal 25 000 $ et les FrancoFolies de Montréal, 100 000 $.Le procès aura lieu (PC) — L’adolescente accusée d’avoir assassiné sa mère le 2 juillet dernier à Boucherville, a été jugée hier apte à subir son procès.En vertu de nouvelles dispositions du Code criminel, la jeune fille de 17 ans subira son procès devant un tribunal pour adultes.Toutefois son avocate, Mr Simone Santerre, a indiqué son intention de contester la constitutionnalité de certains aspects de la loi.Le débat sur cette question sera entrepris le 30 juillet prochain au palais de justice de Longueuil.D’ici là, l’adolescente, toujours aussi calme, demeure détenue dans une maison pour jeunes en difficulté.BREF Les grands moyens Québec (PC) — À l’hôpital de l’En-fant-Jésus, à Québec, un médecin a décidé de prendre les grands moyens en envoyant ses patients à Montréal.Ceux-ci sont en attente d’une coronarographie, un examen diagnostique des artères.Le docteur Daniel D’Amour, qui pratique depuis 17 ans, affirme n’avoir jamais pensé voir des listes d’attente si longues.Alors qu’il y a 22 salles d'hémodynamie au Québec, dont 14 dans la région de Montréal, l’hôpital Laval et l’Hôtel-Dieu de Québec n’en comptent que trois pour fournir presque le quart de la population du Québec.Rapport de la CSST (PC) — La CSST conclut qu’un entreposage inapproprié et le mauvais état d’un tuyau sont responsables de la fuite d’ammoniac qui a fait un mort et 22 blessés, le 21 mars, à l’usine de transformation de la viande Montpak de Montréal.Le tuyau transportant l’ammoniac liquide avait été brisé par une boîte pesant une douzaine de kilos.Celle-ci avait été heurtée par un travailleur alors qu’elle était entreposée sur une étagère sans rebord au-dessus du tuyau.Le tuyau, lui, n'était ni soutenu, ni protégé et se trouvait dans un piteux état.Il a donc facilement cédé sous l’impact.loin Hltà SOLDEE 60% sur marchandises printemps/été Rouge à Levres (exclusif au Québec) LAUNDRY ^ SHEL11 SEGAL cWnequanone ' PARIS Votre Rom.PARIS 277, ;tv.Laurier Ouest * 270-61 54 41 3, St-Jaeques Ouest, Centre de Commerce Mondial • 844-9125 Défilé en blanc JACQUES NADEAU LE DEVOIR V, VW;!,' y»- ' •»-,*« Vi; >*+***/.—i" ~**’Vï**»**ltv% * •Jp—-U "~- gpQpi l VV/LV'VC.*.4.Y I» • ' èse' UNE PROCESSION de personnages en blanc a marqué hier l’ouverture du 15' Festival Juste pour rire dans le Vieux-Port de Montréal.Le défilé s’est amorcé à la Place Jacques-Cartier pour se terminer à la Plage utopique imaginée par la troupe française Ilotopie.Chiens Le danger n’est pas relié à l’espèce Les vétérinaires proposent une réglementation CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Les municipalités devraient tenter de sélectionner les bêtes potentiellement agressives plutôt que de bannir les espèces de chiens perçues comme dangereuses, comme les pitt-bulls et les statforshide terriers.Elles devraient aussi exiger un certificat de vaccination en même temps que la licence des canins et favoriser la stérilisation, soutient l’Académie de médecine vétérinaire du Québec.L’Académie a rendu publique hier une suggestion de réglementation municipale visant à limiter les risques de morsure et d’infection par les animaux domestiques.Cette suggestion survient après que le ministre des Affaires municipales, Rémy Trudel, ait demandé aux municipalités du Québec de se pencher sur la nécessité de contrôler les chiens dangereux sur leur territoire.Le document tombe à point, quelques semaines à peine seulement après que Dariane Blouin, une petite fille de six ans, eut été tuée par deux chiens de traîneaux de race husky appartenant à son père, à Saint-Tite-des-Caps, vraisemblablement rendus agressifs par la chaleur.Au fil des ans, un certain nombre de morsures, certaines ayant gravement mutilé des enfants, ont maintes fois porté le débat du bannissement des races devant l’opinion publique.L’Association est cependant catégorique: la dangerosité canine n’est pas liée à l’espèce mais devrait être étudiée pour chaque bête.En effet, la dangerosité d’un chien serait plus une conséquence de l’attitude du propriétaire à son égard — soit par le dressage, l’absence de dressage ou la négligence — qu’un effet de son appartenance à une race.Ainsi, la «faible minorité de propriétaires» qui dressent présentement leur pittbull au combat ou à l’attaque pourrait fort bien se tourner vers une autre e.spèce, une fois les pittbulls bannis.A travers le monde, de plus en plus de criminels utilisent leurs chiens comme une arme, ou encore pour mener des combats illégaux, semblables à ceux opposant des coqs, explique Michel Pepin, directeur général de l’Académie.L’Association cite en exemple la Ville de Québec, dont le règlement permet l’évaluation de la dangerosité d’une bête avant que celle-ci n’ait agressé un humain.Cette dangerosité peut être évaluée en fonction de la façon qu’a la bête de manifester son agressivité en grondant, par exemple, ou en montrant les crocs.La stérilisation des animaux aurait aussi un effet tempérant sur l’agressivité des animaux.De 80 à 90 % des animaux qui mordent les humains sont des mâles.On recommande donc aux municipalités de suivre l’exemple de Beaconsfield, qui offre un rabais de 50 % sur la licence pour les animaux qui sont stérilisés.L’Association préconise aussi la vaccination obligatoire.Il a en effet été démontré aux États-Unis que 87 % des chiens enragés avaient un propriétaire.Aucun humain n’a cepen- dant contracté la rage au Québec depuis 1964.Enfin, au sujet des chats, l’Association déplore qu’aucun règlement ne contrôle présentement leur présence.Les statistiques avancent que quelque 300 personnes se font mordre au Québec par jour.Ce sont les enfants de moins de 10 ans qui sont le plus susceptibles d’être attaqués, puisque de 50 à 60 % subissent une blessure au visage au moment de l’agression.La plupart des morsures se produisent durant l’été.Les pittbulls ne seraient responsables que de 4 % des morsures, mais dans 94 % des cas, les morsures de pittbulls seraient survenues sans provocation évidente contre 43 % des cas pour les autres races de chiens.Une majorité d’enfants ont été mordus par leur propre chien ou un chien qu’ils connaissaient En outre, presque la moitié (45 %) des ménages québécois possèdent un animal domestique, le chat et le chien étant les plus populaires, avant l’oiseau, le poisson et le hamster.Les meilleurs vêtements de voyage et d’aventure au monde La jupe d'excursion : disponible en kaki, marine ou rouge; 95 $ Ils sont conçus pour vous procurer le confort, la facilité d’entretien, la durabilité et la sécurité, mais surtout une allure formidable.Nos «durs qui durent» ont des poches secrètes et des poches sécuritaires.DUeyl râbles 1050 ave.Laurier Ouest 272-7791 OBTENEZ UN CATALOGUE GRATUIT EN COMPOSANT LE \ 1-800-465-4249 / Grande.braderie estivale Venez profiter de nos «Prix fraîcheur et obtenez une réduction allant jusqu’à 40% sur tous nos meubles et accessoires en inventaire.Qabiiwome Centre Décor 440, 3932 Autoroute Laval Ouest, Laval, Québec H7T 2P7 (514) 687-6867 L E I) !•: V 0 I It .L E .1 E U I) I 17 ,1 II I L L E T I i) i) 7 A 4 ?LES ACTUALITES?LE DEVOIR Le meurtre du couturier Gianni Versace a déclenché une véritable frénésie médiatique.Des journalistes du monde entier ont assisté hier à la conférence de presse tenue en plein air aux quartiers généraux de la police de Miami.Le meurtre de Gianni Versace La communauté gaie de Miami a peur ASSOCIATED PRESS Miami Beach, Floride — Gianni Versace était une figure populaire du milieu gai de South Beach, un quartier huppé de Miami Beach.Son assassinat, attribué à un prostitué homosexuel et présumé tueur en série, laisse la communauté homosexuelle de la ville en état de choc.Mardi soir, sur Washington Avenue, quelques heures après l’assassinat du célèbre couturier italien devant sa luxueuse villa au bord de la mer, la plupart des conversations tournaient autour de ce drame.«Tout le monde ne parle que de ça», constatait un habitant du quartier âgé de 32 ans, Scott Burkholder, interrogé dans la boîte gaie Twist.«J’ai été complètement choqué.Pour moi, South Beach est un endroit très sûr.Visiblement, c’est aussi ce que pensait Gianni Versace», a-t-il ajouté.«Le fait qu’un tueur en série puisse encore roder dans les parages n'a rien pour nous rassurer.» L’assassin présumé, Andrew Cuna-nan, était déjà recherché pour le meurtre de quatre autres personnes à travers le pays.Selon la police, ce prostitué, âgé de 27 ans, avait pour clientèle les hommes riches.Le FBI tient tout de même à souligner que la communauté gaie n’est pas la seule en danger.«On doit se méfier de tout le monde.C’est un souci permanent», approuve Jim Cinto, 26 ans, qui vit à quelques centaines de mètres de la résidence du célèbre couturier.«À chaque rencontre que l’on fait, on doit toujours avoir cette idée derrière la tête.» La police a retrouvé un camion abandonné qu’Andrew Cunanan aurait volé dans le New Jersey.Selon les enquêteurs, lors des meurtres précédents, le suspect aurait laissé un véhicule volé près du lieu du crime pour en «emprunter» un autre lors de sa fuite.«Maintenant, l’assassin est parti.Dès son forfait commis, il a volé une voiture et a fui», se rassure Jim Cinto, avant d’ajouter toutefois: «Le plus effrayant, c’est de se poser la question: que va-t-il faire ensuite?» Âgé de 50 ans, Gianni Versace venait régulièrement se reposer depuis cinq ans dans sa luxueuse résidence d’Ocean Drive, à Miami Beach.«À Milan ou à Paris, il sortait toujours accompagné, mais [Miami] est un endroit qu'il aimait et où il ne pensait pas avoir besoin de gardes du corps», a déclaré mercredi à l’Associated Press Jason Binn, un ami de la victime.C’est donc un homme seul, qui rentrait chez lui après avoir acheté un journal italien, qui a été abattu mardi après-midi devant son portail.Il a reçu deux balles dans la tête, tirées à bout portant par un Blanc d’environ 25 ans qui s’est enfui en courant.Au lendemain de l’assassinat, la police américaine a lancé une véritable chasse à l’homme pour retrouver le suspect numéro un.Dans les grandes capitales, les magasins Versace ont baissé leur rideau, alors que le showbiz pleure l’un de ses couturiers préférés.Le fédéral a pris la question partitionniste très au sérieux Ottawa a consulté des juristes et surveille de près l’évolution du mouvement MANON CORNELLIER DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Le gouvernement fédéral a pris la question de la partition du territoire québécois très au sérieux après le référendum de 1995, au point de solliciter ses propres avis juridiques sur la question et de surveiller de près l’évolution du mouvement partitionniste.Selon des documents rendus publics hier par le Conseil privé à la suite d’une demande d’accès à l’information de Southam News, le gouvernement fédéral a invité des juristes à se prononcer sur «les fondements juridiques de l’adoption de résolutions et de la tenue de référendums par les municipalités québécoises en ce qui a trait à la partition».C’est à la demande du ministre des Affaires intergouvemementales Stéphane Dion que son sous-ministre, George Anderson, a rédigé une note de service à ce sujet, note qu’il lui a remise le 13 novembre 1996.Le document fait état du nombre croissant de conseils municipaux de l’ouest de l’île de Montréal, de Pontiac et de l’Outaouais qui envisagent d’adopter des résolutions en faveur de la tenue de référendums semblables.On ignore toutefois le jugement que les juristes fédéraux ont porté sur ces résolutions, car le Conseil privé s’est prévalu d’une disposition de la loi qui lui permet, sans l’y obliger, de biffer tous les passages pouvant porter atteinte au «secret professionnel qui lie un avocat à son client».Résultat: les documents distribués hier passent sous silence tous les avis juridiques obtenus.Impossible donc de savoir si les conclusions fédérales contredisent celles des avocats du ministère québécois des Affaires municipales.Selon l’avis obtenu par Québec et dévoilé en janvier dernier, «les municipalités n’ont aucune compétence pour prendre quelque décision que ce soit à l’égard de leur statut à l’intérieur du Québec et du Canada.Si elles le font, elles agissent en dehors du cadre légal qui les régit.» L’attention qu’Ottawa porte au mouvement partitionniste remonte toutefois à beaucoup plus tôt et n’a pas attendu l’arrivée de Stéphane Dion pour se manifester.Six notes confidentielles ont été distribuées hier, dont deux, rédigées en anglais, transmises au premier ministre Jean Chrétien par la greffière du Conseil privé, Jocelyne Bourgon.La première note date de décembre 1995.Elle passe en revue les opinions des cinq experts consultés par la commission Bélanger-Campeau sur l’intégrité du territoire québécois et le droit du Québec à l’autodétermination.On insiste sur le fait qu’aucun expert ne reconnaît ce droit au Québec.On prend toutefois le soin de contredire leur avis sur l’impossibilité pour les autochtones ou d’autres minorités de scinder le territoire québécois.On cite, en guise de preuve, les propos d’autres experts, dont ceux du député bloquiste Daniel Turp et de l’ancien premier ministre terre-neuvien Clyde Wells.La seconde note, en date du 4 janvier 1996, dresse un premier portrait des groupes et de quatre individus s’étant prononcés en faveur ou contre la partition.Ce tour d’horizon, fait à l’aide d’articles de journaux et de déclarations publiques, démontre qu’Ottawa ne prend pas ce phénomène, pourtant embryonnaire, à la légère.On le surveille de près.Mme Bourgon décrit leurs objectifs et leurs moyens d’action et note qu’un seul préconise la violence.Elle souligne par ailleurs que la plupart sont d’avis que, «si le Canada est divisible, le Québec l’est aussi», une idée que reprendront mot pour mot, trois semaines plus tard, MM.Dion et Chrétien.Ces déclarations seront d’ailleurs perçues, par les tenants de la partition, comme un encouragement.La surveillance du mouvement se poursuit et, le 12 février, une note destinée à Stéphane Dion décrit avec beaucoup plus de précision l’état de la situation ainsi que la position des provinces sur les règles de sécession.Quatre d’entre elles, soit la Saskatchewan, le Manitoba, le Nouveau-Brunswick et Terre-Neuve, ont informé Ottawa de leurs opinions, mais celles-ci ont été rayées des documents, la loi obligeant le fédéral à taire tous renseignements obtenus d’autres gouvernements.En un mois, les fonctionnaires ont retracé 10 regroupements de citoyens favorables à la partition, deux groupes, l’un composé de conseillers municipaux et l’autre d’intellectuels anglo-québécois, qui y sont opposés, cinq qui ne prennent pas officiellement position mais qui favorisent le rapprochement et l’unité canadienne et, enfin, trois groupes extrémistes partisans de la violence pour diviser le Québec ou obtenir son indépendance.On fait état de gens d’affaires partitionnistes, mais on tait leur nombre et leur identité.Des grands pans des documents ont été oblitérés, question d’éviter de porter «préjudice» aux relations avec une ou des provinces.Ce silence touche même certains commentaires faits dans deux mémos portant sur des livres publiés par Jacques-Yvan Morin et Claude Charron.11 laisse toutefois voir l’animosité ressentie par le sous-ministre de M.Dion, George Anderson, à l'endroit de la thèse de M.Morin.Ce dernier soutient que le droit international faciliterait la reconnaissance d’un Québec indépendant tout en interdisant la partition de son territoire.M.Anderson considère cette analyse déficiente et y répond en citant plusieurs experts, dont Hurst Hannum et Ben Kingsbury.Il souligne avec insistance leur proposition voulant qu’il serait «raisonnable pour un état parrain de se dire prêt à accepter la sécession d'une minorité à la condition qu’elle-même accorde le même traitement aux minorités du nouvel État».On ne sait pas si M.Anderson recommande d’adopter cette approche puisque le reste du document d’environ 80 pages est demeuré secret.Impossible de savoir si les conclusions fédérales contredisent celles du Québec Déc ouvrez e tout nouveau site internet du Devoir.k evoir.Sur un ordinateur près de com VOUS I.E I) E V OIK.I.E .1 E U I) I 17 .1 II I I.I.E T I !) I) 7 i LE DEVOIR - LE MONDE PERSPECTIVES Le FIS dans la nébuleuse islamiste FRÉDÉRIC FRITSCHER LE MONDE Cadre de rassemblement d’une partie de la jeunesse déshéritée et désoeuvrée qui s’était exprimée lors des manifestations d’octobre 1988, le Front islamique du salut (FIS) dissous a toujours été encombré d’une aile radicale tentée par la violence, que prônaient des groupuscules radicaux de type takfiroual hidjra (apostasie et exode) , qui n’ont jamais intégré le FIS, et qui ont vivement dénoncé la création du parti, en 1988, et son entrée dans un jeu politique jugé «mécréant».Cette tentation radicale a toujours été contenue, voire combattue, par Abassi Madani avec l’aide, turbulente mais efficace, d’Ali Benhadj.Le numéro un du FIS est partisan d’une action politique dans le cadre des lois en vigueur, sans [xuir autant renier son projet d’imposer un changement politique réel dans le pays.D’où le recours à la grève en mai-juin 1991, pour dénoncer une législation électorale jugée scélérate et pour exiger une élection présidentielle anticipée.La grève prit fin le 3 juin, avec l’intervention sanglante de l’armée pour dégager les places publiques, où les manifestations avaient pourtant été autorisées en vertu d’un accord entre les dirigeants du FIS et le gouvernement réformateur de Mouloud Hamrouche.Hostile au recours à la force, M.Hamrouche démissionna pour être remplacé par Sid-Ahmed Ghozali.Quelques jours plus tard, MM.Madani et Benhadj, ainsi que d’autres dirigeants du FIS, étaient arrêtés — ils allaient être condamnés en juillet 1992 à douze ans de prison.Abdelkader Hachani prenait alors la direction du FIS et allait le mener à la victoire électorale de décembre 1991.Radicalisation du GIA Les élections ont été annulées après la démission forcée du président Chadli Bendjedid en 1992.Deux mois avant ces élections, dans la région de Guemmar, dans le sud-est du pays, une opération armée avait entraîné la mort de plusieurs soldats du corps des gardes-frontière.L’incident, qualifié de manoeuvre et de manipulation par Abdelkader Hachani, fut considéré par les autorités comme la preuve que le FIS avait décidé de recourir à la force avant même l’interruption du processus électoral.Pourtant les premiers communiqués appelant à la djihad n’émanaient pas du FIS, mais de ceux qui étaient hostiles à l’action politique, tels Abdelkader Chebouti et Moustapha Bouiali.Ce dernier, ancien capitaine de l’armée et fondateur du premier maquis islamiste, avait nargué pendant des années les forces de sécurité algériennes avant d’être tué en janvier 1987.la dissolution du FIS, en avril 1992, et les internements administratifs de milliers de jeunes militants dans les camps du sud ont fait basculer de nombreux autres dans les rangs des groupes armés.La direction du FIS s’est abstenue pour sa part de condamner le Mouvement islamique armé (MLA) naissant Les groupes armés allaient toutefois rapidement connaître des turbulences.Mansour Meliani, personnage fruste et quasi analphabète, forme les premiers noyaux de ce qui allait devenir le groupement islamique armé (GIA).Il est arrêté, condamné et exécuté.Chebouti, que les jeunes des quartiers populaires ont affublé du grade de général, est tenu pour mort même si on ignore les circonstances de son décès.Implanté dans le centre du pays (Alger et Blida), le GIA ira se radicalisant au point de dénoncer le FIS.Son mot d’ordre est «ni négociations, ni trêve, ni démocratie».Il décrète même le califat.L’évasion de centaines de prisonniers du pénitencier de Lambèse, pendant le mois de jeûne du ramadan, en 1994, renfloue ses rangs.Pour de nombreux resixmsables du FIS, cette évasion était une manipulation qui a permis aux services de renseignements d’infiltrer le GIA.Certains dirigeants du FIS n’en adhèrent pas moins au GIA Parmi eux, le chef de file des intellectuels islamistes algérianistes, Mohamed Said, et Abderrezak Red-jem, ancien chef de cabinet d’Abassi Madani.Ils seront exécutés sur ordre de Djamel Zitouni, chef du GIA Qui les accusait d’avoir cherché à infiltrer l’organisation.Dans ce contexte, les fidèles de Madani et Benhadj créent leur propre organisation, l’Armée islamique du salut (AIS), qui serait bien implantée dans l’est et l’ouest du pays.Ils sont combattus par le GIA qui parvient à empêcher leur implantation dans l’Algérois et dans la Mitidja.L’exécution de Said et de Redjeni dresse définitivement le FIS contre le GIA Les communiqués de l'instance exécutive du FIS à l’étranger qualifient le GIA d’«apostat» et de «sbire du pouvoir».La radicalisation à outrance du GIA a permis au pouvoir de justifier son refus d’entamer les négociations avec les dirigeants du FIS, affirmant que ces derniers n’avaient plus aucune prise sur le mouvement terroriste.Des responsables de l’opposition, dont l’ancien secrétaire général du FLN Ab-delhamid Mehri, et Hocine Ait Ahmed, président du Front des Forces socialistes (FFS), ont toujours estimé que des négociations avec les responsables du FIS leur |x?nnettraient de contribuer au rétablissement de la paix et de la sécurité, en privant les franges les plus radicales des islamistes de l’assistance des partisans de la direction politique du FIS.Il est difficile de dire aujourd’hui quelle pourrait être l’influence des dirigeants du FIS sur les groups armés.Si l’allégeance des membres de l’AIS ne devrait lias poser de problème majeur, il n’en va pas de même pour la nébuleuse du GIA Ije président Liamine Zéroual, qui s’est donné par les urnes une nouvelle «légitimité», acceptée par les Occidentaux, cherche peut-être aujourd’hui à renforcer sa position en créant les conditions politiques d'une relance économique.Un accord avec le FIS, si tant est qu’un tel accord existe, pourrait lui permettre d’isoler le GIA Les premiers communiqués appelant à la djihad n’émanaient pas du FIS Iï N BREF Cambodge: le ministre des AE prêt à remplacer Ranariddh Phnom Penh (Reuter ) — Ung Huot, chef de la diplomatie cambodgienne, s’est dit prêt hier à prendre le poste de premier co-premier ministre du gouvernement de coalition nationale, dont le prince Norodom Ranariddh a été évincé il y a une dizaine de jours par le second co-premier ministre pro-vietnamien, Hun Sen.Âgé de 52 ans, Ung Huot est un des dirigeants du Funcinpec, le parti royaliste de Ranariddh, dont Hun Sen, en déposant celui-ci a la faveur d’un séjour en France, a assuré vouloir conserver la place théoriquement prépondérante au sein de la coalition issue des élections de 1993.L’ONU vivra sa «révolution tranquille» La cure d’amaimssement est évaluée à 200 millions Le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies a déposé hier un rapport très attendu sur la réforme de l’institution.Si aucun projet n’est en soi spectaculaire, l’ensemble pourrait déboucher sur une transformation en profondeur de la machine onusienne.ïd D'APRÈS REUTER Nations unies — Six mois après avoir pris en main les destinées de l’ONU, le Ghanéen Kofi Annan a dévoilé mercredi les grandes lignes de «la révolution tranquille» qu’il propose d’opérer dans le fonctionnement de l’organisation mondiale.Dans un rapport très attendu de près d’une centaine de pages, le secrétaire général estime que l’Organisation des Nations unies, devenue trop fragmentée et rigide, ne peut souvent plus répondre aux attentes placées en elle.Le successeur du controversé Boutros Boutros-Ghali présente une série de projets, parfois complexes, dont aucun n’est en soi spectaculaire, mais dont l’ensemble déboucherait sur une réforme en profondeur de la machine onusienne un demi-siècle après sa création.Le diplomate ghanéen, qui est lui-même issu de l’appareil new-yorkais, propose entre autres de doter l’ONU d’un vrai numéro deux, chargé de la coordination, et de former un cabinet restreint, qui implique de ramener à une dizaine le nombre de hauts fonctionnaires dépendant directement de lui — ils sont actuellement 27 — et de fusionner plusieurs départements.Les économies que permettraient ces réformes sont évaluées à 200 millions de dollars par Kofi Annan, qui, conscient que le tiers monde détient la majorité à l’Assemblée générale, propose de les utiliser sous forme de programme d’aide aux pays les plus pauvres.En considération de la crise financière de l’ONU, Kofi Annan a également proposé que soit créé un fonds volontaire d’avances renouvelables pouvant totaliser jusqu’à,un milliard de dollars, qui permettrait aux Etats de toucher des intérêts lorsqu’ils avanceraient des fonds pour combler les trous de financement Le nouveau cabinet qu’il suggère de mettre sur pied se diviserait en quatre directions chargées respectivement de la paix et de la sécurité, des affaires économiques et sociales, des affaires humanitaires et du développement.Quatre ou cinq autres directeurs seraient nommés, dont un chargé spécifiquement des droits de l’homme.Une douzaine de départements seraient fusionnés pour n’en faire plus que cinq et la lourde machine administrative et logistique serait reléguée au second plan par rapport à la prise de décision.«Il y aura des changements datis la conduite du travail au quoti-dien au sein de cette institution que le person- nel comme les gouvernements vont ressentir», assure Shashi Tharoor, membre du cabinet du secrétaire général.Les projets de Annan s’ajoutent à la cure d’austérité qu’il a infligée à la lourde bureaucratie internationale new-yorkaise depuis le début de son mandat, en janvier dernier — réduction des coûts, débudgétisation d’un millier de postes, réduction de la paperasserie etc.Mais aucun licenciement sec n’est à l’ordre du jour.\& moyenne d’âge des 9000 fonctionnaires du secrétariat général de l’ONU étant de 49 ans, la moitié d’entre eux partiront en retraite d’ici duc ans.Kofi Annan Certaines des réformes envisagées se sont heurtées à une telle résistance parmi les agences spécialisées de l’ONU, soucieuses de conserver leur autonomie, qu’elles n’ont pas atteint le bureau du secrétaire général.Les ONG se plaignent depuis des années de la redondance des actions de terrain de ces agences, dont les effectifs combinés sont plus de deux fois plus importants que ceux du secrétariat général.Mais Annan pro|X)se quand même de coordonner l’action de l’UNICEF, du Programme des Nations unies [X)ur le développement (PNUD) et du Fonds des Nations unies pour la population sous la houlette du directeur du PNUD.Annan a dû renoncer également à PETER MORGAN REUTERS abolir totalement le département des Affaires humanitaires, incapable de coordonner l’action des agences spécialisées, car les pays européens y tiennent beaucoup.Il sera remplacé par un bureau de coordination des secours, qui coiffera notamment le Haut Com-misairat aux réfugiés (HCR) et le lYogram-me alimentaire mondial.Annan propose par ailleurs de créer un nouveau département du désarmement, qui regrouperait les actions et services existants et serait chargé, de prévenir la prolifération des armements de toutes sortes et de contrôler les flux d'armes dans les zones de conflit.UNION EUROPÉENNE Vers un élargissement ambitieux YVES CLARISSE REUTER Bruxelles — L’Union européenne s’est engagée hier sur la voie de l’élargissement le plus ambitieux, le plus risqué et le plus cher de son Histoire, sans disposer d’un objectif clair ou de structures solides.«Tout est différent», a souligné un ambassadeur des Quinze après que la Commission européenne eut recommandé l’ouverture de négociations avec la Pologne, la République tchèque, la Hongrie, la Slovénie et l’Estonie, plus Chypre, en janvier 1998.Même si la Roumanie, la Bulgarie, la Lituanie, la Lettonie et la Slovaquie ne feront pas partie de la première vague de l’élargissement, qui aura lieu pour les plus rapides vers 2002, il s’agira de la plus grande expansion de l’Union.L'Europe des Six était devenue celle des Neuf avec l’adhésion du Royaume-Uni, de l’Irlande et du Danemark en 1973, des Dix avec celle de la Grèce en 1981, des Douze avec l’entrée de l’Espagne et du Portugal en 1986 et des Quinze avec l’arrivée de la Suède, de la Finlande et de l’Autriche en 1995.Ces divers élargissements ont été digérés avec plus ou moins de bonheur, l’intégration de l’Espagne constituant une véritable réussite tandis que le Royaume-Uni cultive sa différence.L’expansion vers l’Est est certes jugée indispensable.«Soit nous exportons vers ces pays de la stabilité économique, politique, sociale et écologique, soit, un jour, nous serons forcés d’importer de l'instabilité en provenance de l’Est», a déclaré hier le député européen Klaus Haensch.Mais la nature de prochaine vague fait peur à Bruxelles.«Les pays candidats sont plus nombreux, plus diversifiés, et tous de futurs bénéficiaires nets», peut-on lire dans les propositions formulées par la Commission européenne.Ce sont tout d’abord des pays qui accusent un retard de développement économique considérable.Si l'Irlande était pauvre en 1973 — elle a désonnais complètement rattrapé son retard —, ses deux compagnons étaient riches et les Irlandais ne sont que 3,5 millions.Dans le cas de la Grèce, il s’agissait d’une adhésion isolée qui a d’ailleurs provoqué de nombreuses crises depuis 16 ans.L’Espagne et le Portugal étaient également des nations pauvres, mais rien de comparable avec la richesse de ces six pays, qui est inférieure à 40 % de la moyenne communautaire.Les produits des deux pays de la péninsule ibérique n’offraient en outre guère de concurrence pour les «Dix»: il s’agissait plutôt d’un échange «fraises contre blé».Dans de nombreux domaines, les nouveaux adhérents seront des concurrents directs pour les actuels membres de l’UE, surtout dans des secteurs en surproduction comme l’acier et des produits agricoles nordiques fiait, viande et céréales).Un demi-siècle de mépris total de l’environnement au profit de la productivité à tout prix a en outre gravement pollué ces pays, qui sont incapables de payer la note de la dépollution et encore moins de s’adapter aux normes européennes.«Il faudra payer la réduction des émissions de gaz polluants dans tous ces pays», estime un diplomate.Certes, la construction de digues est prévue pour empêcher cet élargissement de tourner au cauchemar financier.Des périodes de transition d’une dizaine d’années sont envisagées avant qu’un pays comme la Pologne — 27 % de population active dans l’agriculture — puisse bénéficier des aides de l’Europe verte, ce qui reporte l’échéance à 2012.La manne communautaire des fonds structurels d’aide aux régions pauvres sera par ailleurs limitée à 4 % de leur PIB.Mais ce sont surtout les problèmes politiques qui préoccupent les partisans de l’intégration européenne.Les précédents élargissements se sont en effet déroulés dans un tout autre contexte géopolitique, celui de la guerre froide.L’adhésion à l’Union européenne d’ex-membres du Pacte de Varsovie change complètement les données du problème.Alors que les Quinze se sont révélés incapables lors du sommet d’Amsterdam de bâtir l’Europe de la défense, comment pourraient-ils le faire avec l’Estonie, ex-membre de la défunte URSS, des avertissements ayant déjà été lancés par Moscou?Israël rejette la condamnation de l’ONU i MARIUS SCHATTNER AGENCE FRANCE-PRESSE \ Jérusalem — Israël a rejeté sans détour hier la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies exigeant l’arrêt de la colonisation dans les territoires palestiniens occupés, tout en minimisant sa portée.Les Palestiniens pour leur part se sont félicités de l’adoption de la résolution, même si elle reste en deçà de leurs espoirs en s’abstenant de sanctionner économiquement Israël.«Cette résolution est la preuve de la banqueroute morale» de l’ONU, a déclaré à l’AFP David Bar-Illan, porte-parole du premier ministre Nétanyahou.«Il est incroyable qu’on condamne un Etat démocratique qui construit légalement des logements, alors qu’on ignore la menace que font peser sur la paix mondiale certaines dictatures qui ont voté en faveur du texte», a-t-il souligné.M.Bar-Illan a cependant estimé que le «vote ne porterait en aucune façon dommage à Israël».Le représentant d’Israël auprès de l’ONU, Dore Gold, s’est déclaré quant à lui soulagé de ce que la résolution adoptée à une écrasante majorité ne comporte pas de sanctions.Il a noté en outre avec satisfaction l’abstention de la Russie durant le vote.Au total, 131 pays ont voté pour la résolution et trois contre — Israël lui-même, les Etats-Unis et la Micronésie.La Russie, un des parrains du processus de paix au Proche-Orient, faisait partie des 14 membres qui se sont abstenus, car le texte n’exclut pas la possibility de sanctions.L’assemblée «recommande aux Etats membres de décourager fortement les activités qui contribuent directement à la construction et au développement de colonies israéliennes dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem».Malgré l’absence de toute sanction dans le texte final, une version très adoucie du projet initialement déposé par les pays arabes, le secrétaire général du gouvernement palestinien, Ahmed Abdelrahmane, a clamé victoire.«Cette condamnation internationale claire accentue l’isolement du gouvernement israélien et de sa politique de colonisation», a -t-il déclaré à l’AFR La rédaction du texte était assez vague pour que plusieurs pays occidentaux s’abstiennent, dont l’Allemagne.Ses 14 partenaires de l’UE ont voté pour, ainsi que le Canada, le Japon et la Norvège.Avant même le vote de la résolution, les autorités israéliennes avaient répété à maintes reprises qu’elles n’avaient aucune intention de stopper ou même de geler la colonisation.Graves incidents entre les deux Corées AGENCE FRANCE-PRESSE Tokyo — Plusieurs soldats nord-coréens ont été «grièvement blessés» mercredi lois d’une «grave provocation militaire» sud-coréenne le long de la zone démilitarisée entre les deux Corées, a affirmé Radio Pyongyang, citée par l’agence japonaise RadioPress spécialisée dans les écoutes radio.Dans une annonce spéciale, la radio nord-coréenne a ajouté que les troupes sud-coréennes avaient tiré quelque 3060 munitions en direction des soldats nord-coréens qui, a-t-elle dit, effectuaient une mission de reconnaissance de routine près de la section centrale de la ligne de démarcation.L’échange de coups de feu a fait plusieurs «blessés grièvement atteints» dans les rangs nord-coréens et détruit des installations, selon Pyongyang.La radio a accusé les forces sud-coréennes d’avoir fait usage de canons sans recul et de mitrailleuses de calibre 12,7 mm.Plus tôt dans la journée à Séoul, les autorités militaires sud-coréennes ont fait état d’un échange de tirs à la mitrailleuse lorsque des soldats nord-coréens ont pénétré dans le secteur sud-coréen de la zone démilitarisée le long de la ligne de démarcation entre les deux Corées.«Il y a eu plusieurs douzaines de rafales à la mitrailleuse dans l’ouest de la zone démilitarisée», a indiqué un porte-parole du ministère sud-coréen de la Défense.Cet incident intervient à quelques semaines de la tenue prévue à New York le 5 août d’une première réunion préparatoire quadripartite de représentants des deux Corées, des États-Unis et de la Chine.Elles ont pour objectif de parvenir à un véritable accord de paix entre les deux Corées.Seul un armistice avait été conclu entre Pyongyang et Séoul après la guerre de Corée de 1950-53.L’«affaire Ivcher» secoue la société péruvienne Les journalistes de Frecuentia latina occupent leur rédaction REYNALDO MUNOZ AGENCE FRANCE-PRESSE Lima — La rédaction d’une chaîne de TV occupée jour et nuit, des parlementaires exigeant que le président Fujimori se prononce, les patrons plus qu’inquiets, l’épiscopat rompant son silence, la Bourse en baisse, le gouvernement israélien vigilant, Washington «préoccupé»: depuis dimanche, le Pérou vit à l’heure d’un nouveau scandale politique, né de l’onde de choc provoquée par «l'affaire Baruch Ivcher», le patron de la chaîne Frecuencia Latina de Lima Tous ont reçu comme un choc deux événements concomitants, la révélation par la rédaction de la chaîne Frecuencia latina de l’existence d’écoutes téléphoniques (le «chuponeo»), preuves à l’appui, suivie immédiatement par l’annonce du retrait de la nationalité péruvienne à Baruch Ivcher, d’origine israélienne.Des journalistes péruviens, dont César Hildebrandt et Enrique Zileri, parmi les plus connus, ont fait monter la tension d’un cran, en intentant hier une action en justice contre le général Julio Salazar Monroe, chef du Service d’intelligence National (SIN).Ils font partie de ceux qui ont reconnu leur voix, avec effarement, dans des extraits de bandes sonores d’écoutes clandestines, diffusées par la chaîne dimanche et attribuées aux services secrets péruviens.la chaîne a affirmé détenir ainsi 197 enregistrements d’écoutes de personnalités politiques, des milieux d'affaires, de la presse ou du show biz.Quant aux hommes politiques, leur confusion est profonde, jusque dans les rangs de parlementaires pro-gou-vernementaux qui demandent un,e intervention rapide du chef de l’État.Luis Delgado Aparicio (Nouvelle Majorité- Changement 90, au puvoir) notamment a exprimé son indignation face au «chuponeo» et a demandé au président Fujimori de faire annuler la mesure de retrait de nationalité visant Baruch Ivcher.Des parlementaires «officialistes» ont réclamé une session d’urgence du Congrès.Dans le quartier de Jésus Maria, où se trouve le siège de la rédaction de Frecuencia Latina, des centaines de personnes viennent depuis dimanche, manifester leur solidarité envers Baruch Ivcher et ses journalistes.Retranchés dans les locaux de leur rédaction qu’ils occuperont «jour et nuit pour la défense de l’état de droit et de la liberté de la presse», les journalistes ont exhortés les «citoyens libres» à la vigilance pour empêcher toute intervention |X)licière contre eux et leurs locaux.Journalistes, cameramen et employés craignent en effet une intervention de la police qui équivaudrait à une «confiscation» de la chaîne, depuis que le gouvernement eut retiré sa nationalité péruvienne à son propriétaire Ivcher, réfugié depuis de longues semaines à Miami, pour des raisons de «sécurité personnelle».Ivcher a fui lima après avoir été accusé d’entreprendre «une campagne destinée à porter tort au prestige et à l’image» de l’armée.Outre l’enquête sur les écoutes, la chaîne avait fait par- ler d’elle en révélant d’autres «affaires» comme celle de l’ex agent Leonor de la Rosa, torturée ou de Vladimiro Monte-sinos, proche du président péruvien, considéré comme le véritable patron des services secrets, à qui un narco-trafiquant a remis des sommes considérables, selon Frecuencia Latina.Pas bon pour les affaires Mardi également, les hommes d’affaires péruviens ont demandé que le gouvernement se prononce, |X)ur «éviter un effet négatif sur les investissements étrangers», car, estiment-ils, «la stabilité juridique du pays est menacée».Dans la journée, la Bourse a continué de baisser.De 5,6 %, sa plus forte baisse de l’année.L’épiscopat s’est lui aussi exprimé, sortant de son silence, pour dire qu’il était préoccupé devant la possibilité d’une nouvelle règlementation de la naturalisation.«Nous sommes inquiets car 70 % des évêques au Pérou sont des étrangers naturalisés».Or, a ajouté M*1 Bambaren, secrétaire général de l’épiscopat, «plusieurs fois des évêques ont incommodé le gouvernement».De son côté, l’ambassadeur d’Israël, Joël Salpak, tout en estimant que le cas Ivcher «relève d’un acte individuel lié aux affaires intérieures du Pérou», a souligné, dans un communiqué que son gouvernement a bon espoir que «le cas d’Ivcher ne dépassera pas ces paramètres».L'Association juive du Pérou a, elle, exprimé sa solidarité à l’égard de Baruch Ivcher, pour «l'acte d’injustice» qui le touche, qualifiant la situation «d’épisode malheureux».Exporter la stabilité vers l’Est ou en importer l’instabilité A 6 L E I) E V 0 I II .I.E .1 E U D I 17 .1 l! I L L E T I !» !» 7 ÉDITORIAL Tant de millions pour des courses Michel Venue Le plan de sauvetage de l’Hippodrome de Montréal en vaut-il autant la peine que le gouvernement du Québec et le maire-horticulteur de la métropole le prétendent?Malgré la marée de chiffres et d’arguments qui a déferlé ces derniers jours, il est encore permis d’en douter.B ien que la facture ne semble pas avoir fini d’allonger, au fur et à mesure que le maire Bourque annonce de nouvelles modalités à l’entente, on peut déjà constater le coût élevé du cadeau que Québec et Montréal sont en train de ficeler au bénéfice d’une industrie, celle des courses, qui est sur son déclin.Faisons l’addition: trois millions en intérêts garantis par Québec sur la dette contractée par la Société de promotion des courses de chevaux (SPICC) pour l’achat du terrain: 20 millions versés à Montréal; 25 millions financés par une redevance dont se privera Loto-Québec sur les revenus des machines à sous installées sur place pour couvrir les coûts de modernisation des installations.Au total, une cinquantaine de millions de dollars, auxquels il faut ajouter les coûts d’infrastructures évalués à 25 millions, qui devront être réalisées aux frais des contribuables pour désenclaver le site.Facture salée, pour sauver, une énième fois, une industrie moribonde, dont les promoteurs ont mené Blue Bonnets à la faillite, qui a depuis déjà trop longtemps vécu sur le bras des gouvernements et qui fut par surcroît périodiquement ébranlée par des scandales.Les parieurs ont déserté peu à peu les champs de course.Bien que l’Hippodrome de Montréal attire toujours des adeptes, les paris sont en chute libre.Les casinos et autres salons ont chipé au trot et amble la clientèle des joueurs.C’est pourquoi il est difficile de croire dans les promesses de rentabilité de ce projet Au lieu de s’engager encore plus loin dans le sauvetage d’une activité économique dont l’avenir N’y a-t-il pas mieux à faire avec tout cet argent ?semble incertain, n’y aurait-il pas lieu de dépenser tout cet argent autrement?M.Landry veut éviter la disparition des emplois dans l’industrie des courses.Il y en aurait 4000, peut-être moins.Mais il faut se demander si, au lieu de sauver ceux-ci, Québec et Montréal ne devraient pas orienter les sommes importantes qui sont en cause vers des secteurs économiques qui présentent de meilleures perspectives de création d’emplois durables et bien rémunérés.Le ministre des Finances affirme qu’il n’a pas le choix d’appuyer l’industrie des courses ou pas.Depuis 1993, il est garant des dettes de la SPICC.Si Blue Bonnets ferme ses portes, Québec restera pris avec une facture de 40 millions sur les bras.M.Landry se dit que tant qu’à perdre 40 millions, aussi bien les investir en espérant des retombées économiques positives.Mais de ces 40 millions, 34 seraient dus à la Ville de Montréal en compensation pour le loyer et les taxes impayés jusqu’à la fin du bail, en 2003.C’est dire que l’argent irait essentiellement à la Ville, au bénéfice des contribuables surtaxés de Montréal.La perte ne serait pas une perte pour tout le monde.Et les terrains resteraient disponibles pour d’autres projets de développement, peut-être plus mobilisateurs et mieux intégrés au milieu que l’alignement de 200 machines à sous dans l’antichambre d’un champ de course.Enfin, si ce projet de centre équestre n’est pas aussi bête qu’on peut le penser, comment se fait-il que l’on n’y ait associé aucun investisseur privé?La participation de tiers réduirait d’autant celle des contribuables, de même que les risques encourus.L’injection substantielle de fonds privés rehausserait en outre la crédibilité des promesses de rentabilité, sans laquelle l’ampleur des investissements publics projetés est injustifiée.Le suicide de l’ETA François Brousseau Clf^===| e qu’il y a de plus étonnant dans le terrorisme basque, c’est sa persistance dans des conditions qui auraient dû, normalement, le vouer depuis plusieurs années à une len-i!==J te extinction.' Hier encore, après les incroyables manifestations du début de la semaine qui ont vu entre deux et trois millions de personnes défiler à Madrid et à Barcelone pour vomir les terroristes de TETA, les rues de Séville et de Saragosse se sont à leur tour noircies de monde.L’ETA est un groupe séparatiste dur qui, au cours du dernier quart de siècle, s’est enfoncé toujours davantage dans le radicalisme et la violence.Il s’agit d’un terrorisme essentiellement local, dont les embranchements étrangers sont faibles.Il est important de le souligner, à l’heure où l’on parle constamment des «ficelles internationales» — notamment islamistes — du terrorisme contemporain.Ce qui est intrigant, c’est que ce terrorisme, particulièrement cruel et cynique par son caractère souvent «aveugle», a cohabité avec des périodes relativement bonnes pour le «parti frère» Herri Batasuna (équivalent, pour l’ETA, de ce que le Sinn Fein est à l’IRA en Irlande du Nord), qui allait régulièrement chercher — du moins jusqu’à récemment — dans les 15 96 des sièges locaux aux élections basques et espagnoles.On le sait, au moins deux «questions nationales» — la basque et la catalane — se posent de façon continuelle à l’intérieur du royaume d’Espagne.Deux provinces où l’indépendantisme reste mino- ritaire, malgré un indéniable sentiment national et un fort consensus en faveur de l’autonomie.Deux provinces qui ont cette particularité d’être les plus riches d’Espagne — le Pays basque avec son capitalisme financier, et la Catalogne traditionnellement industrielle, qui réussit brillamment sa modernisation dans les services et les nouvelles technologies.Mais pourquoi, pourquoi la Catalogne moderne continue-t-elle de faire avancer son statut d’autonomie avec succès — en faisant l’économie de toute violence — alors que l’histoire récente du Pays basque est éclaboussée du sang de centaines de victimes innocentes — victimes des terroristes de l’ETA bien sûr, mais aussi des services secrets espagnols?Question un peu mystérieuse à dire vrai.À phénomène «national», réponse «nationale» — même si, en l’occurrence, il existe un réel débat sur la définition de ce qu’est la «nation».Les gigantesques manifestations de foule des derniers jours, inspirées non par le caractère particulièrement odieux du dernier crime de l’ETA — l’organisation a fait bien pire par le passé — mais par un «ras-le-bol» cumulatif, représentent une telle réponse.Foudroyante.L’assassinat du conseiller municipal Miguel Angel Blanco aurait pu n’étre qu’un nouvel avatar dans le sillage de plusieurs autres forfaits, souvent pires.Mais les Espagnols, par leur sursaut massif et soudain, en auront décidé autrement.On peut dès lors parier que l’ETA sortira blessée à mort de ce dernier épisode.La Réunion et le Québec Il est bon de constater qu’enfin, des démarches concrètes sont en cours pour promouvoir les échanges entre i’île de la Réunion et le Québec, sous l’impulsion de la présidente du Conseil général de la Réunion, Margie Sudre.Il est toutefois faux d’affirmer, comme l’a fait la Presse canadienne, que le seul fait d’y penser est original.Le Conseil général a déjà envoyé au moins un stagiaire, Daniel Mayeur, éducateur, pour un stage à Hull, et des dizaines d’autres Réunionnais sont venus en Outaouais et ailleurs au Québec dans le cadre d’échanges divers auxquels j’ai eu l’honneur de participer.De même, bon nombre d’experts québécois ont fait le chemin inverse, afin d’aider leurs collègues réunionnais du domaine de l’éducation spécialisée, telle Jacinthe Ma- LETTRES -?- thieu du CLSC de Hull qui a animé un cours, au Port à la Réunion, sur la stimulation précoce des enfants en difficulté d’apprentissage.Aussi, le Dr Marc Bertsch, du Centre hospitalier de Saint-Paul de la Réunion, a organisé la visite du Club de natation de sa ville, permettant à une douzaine de jeunes Réunionnais de goûter aux joies de l’hiver québécois.Tout cela a été fait avec les moyens du bord; pas un sou de l’Office franco-québécois pour la jeunesse.Quand j’ai essayé d’organiser un stage pour trois étudiantes québécoises en criminologie de l’Université d’Ottawa, l’Office a refusé en alléguant que le coût en ferait crever leur budget! Il a toutefois été possible d’obtenir des fonds en Ontario deux fois de suite pour que des expertes réunionnaises viennent évaluer les services de maisons de transition à Ottawa.Enfin, il est faux d’affirmer que «le Québec et l’île française.n'ont pas grand-chose en commun».Tout au contraire: les deux pays ont été peuplés en grande partie par des colons de l’ouest de la France, la Normandie en tête, et même aujourd’hui leurs parlers populaires respectifs en portent la trace.Moé, toé, asteure, rang, quossé et tant d’autres mots en témoignent, de même que plusieurs coutumes populaires comme celle d’affubler les individus d’un petit nom du genre Ti-Jean.etc.À la Conquête, quelques irréductibles partirent pour la Réunion; un certain Lépervenche, d’origine québécoise, fut le premier organisateur syndical de la Réunion.La Presse canadienne aurait mieux fait de souligner ce qui nous unit que la distance qui semble nous diviser.Harry Gow Chelsea 8 juillet 1997 CoUPAcîloti Pi «LA” ÜUZSTtoN.traut Qmvzc lîS .BLANCS / \ Jm vAfivoTTt REPRISE Affaires de cousinage J e me souviens d’un voyage que je fis en France à la fin des années 60.Je devais y retrouver un compagnon de travail que j’estimais et dont le seul tort était de me bassiner avec les qualités qu’il prêtait à son ami, Pierre Elliott Trudeau.J’ai perdu l’homme de vue.Il est devenu, chose détestable, homme de parti.Jamais je n’oublierai ses réticences à peu près continuelles.Il trouvait à redire de tout.Mes sentiments se situant à l’opposé, je mis sa réaction au compte de ses idées politiques.Il devait avoir mal à son bilinguisme.Je n’y attachais au reste pas tellement d’importance, jouissant du plaisir d’être dans un lieu qui me plaisait.Des attitudes de ce genre, j’en ai rencontré souvent Point n’est besoin pour avoir un tel comportement d’avoir un drapeau de Sheila cousu à son slip.Je connais pas mal d’adeptes de la fleur de lys qui ne réagissent pas autrement Combien de camarades écrivains qui prennent l’avion pour Paris au moindre prétexte, frais de séjour en sus, n’ont au retour Que paroles amères et désabusées.À les entendre, la France est foutue.L’est-elle ou non?Je n’en sais rien.Ce que je sais toutefois, c’est que j’adore fouler son sol.Je n’aurai de cesse que je n’aie sillonné ses provinces plusieurs fois.Mais ce n’est pas de cette fascination toute personnelle que je veux parler aujourd’hui.J’aime la France, grand bien me fasse, mais il y a autre chose.Des réactions du genre de celles que j’évoquais d’entrée sont toutes épidermiques.Il se trouve des gens pour être agacés de séjourner dans un pays qui n’en est pas un de traduction.Et, de grâce, qu’on nous fiche la paix avec ces rappels des parkings, des week-ends et autres anglicismes dont s’accommode le français usuel.Qu’on ait eu raison de les admettre ou non est une affaire de peu de consé- Gilles Archambault ?quence.L’important, c’est que la syntaxe n’y perde pas trop de plumes.Il se trouvera toujours un animateur de télévision ou un chanteur hexagonal pour jouer à l’affranchi et employer à tort et à travers des expressions américaines, mais le phénomène n’est qu’agaçant.M’inquiéterait bien davantage l’habitude qui est nôtre de vivre comme si la France était un pays étranger guère plus proche de notre destin que l’Irlande ou l’Italie.Bien sûr, il y a des exceptions, mais il est évident qu’autour de nous on s’inspire plus volontiers des magazines américains ou des journaux anglais que de la presse française.Ce n’est pas tant qu’on décrie la France qui fait problème, c’est qu’on î’ignore.L’autre jour, j’entendais à la télévision une revue de presse durant laquelle le journaliste (médiocre) citait The New York Times, The Economist et Newsweek avec une presque vénération.Si on lui en avait laissé le temps, il se serait probablement rendu au Ottawa Sun, journal progressiste comme l’on sait.Non, mais Le Monde, connard, ça ne te dit rien?Probablement pas.S’il n’y avait qu’un hurluberlu de ce type, il n’y aurait pas de quoi s’en préoccuper.Mais il y en a cent II apparaît que cette ignorance ou cette volonté de passer outre à une vision française des événements mondiaux est généralisée.Si on croit à une hypothétique culture canadienne bicéphale dont le centre serait à Ottawa, passe encore.Mais comment admettre que des gens ayant opté pour le Québec agissent comme si leurs racines n’étaient pas françaises?Vivre en français en Amérique, c’est vivre dans la marge.On ne peut pas impunément se couper de la France, elle-même en marge.Et je n’ai surtout pas en tête des rapprochements qui nous feraient perdre une once de notre identité.Amour ou pas, atomes crochus ou pas, nous avons besoin de ce pays, un point c’est tout.Afin d’être nous-mêmes.Quant au cousinage, dont on nous abreuve depuis des lustres, il est aussi vrai que le père Noël.N’ayant jamais eu la fibre familiale très forte, j’aime la France pour ce qu’elle est, un pays sans lequel je vivrais mal.Mes cousins, les Français?Il en est qui me sont tout aussi hostiles que certains Australiens ou Israéliens.C’est selon.Il n’est pas rare d’entendre autour de nous houspiller les Français.C'est un sport national.Aussi prévisible qu’un discours sur le temps qu’il fait ou qu’il fera.Je n’écoute plus ce genre de balivernes.J’en suis à dire qu’il ne s’agit pas d’aimer ou de ne pas aimer.Il faut tout juste se rendre compte de sa vulnérabilité en tant que peuple.La vie en vase clos, qui a été notre lot, n’est plus possible.Par certains côtés, c’est même tant mieux.Tout juste pourrions-nous souhaiter que nous disposions d’une plus grande force d’attraction.En ce domaine, nous ne pouvons que rêver.Mais si nous ne voulons pas disparaître, faisons-le en français ce rêve.Avez-vous déjà songé aux nombreux films français qui nous échappent?Petit à petit, nous revenons au temps où il fallait aller ailleurs pour voir des films qui ne soient pas américains.À l’époque, c’était la censure des curés qui nous faisait la vie impossible.Aujourd’hui, ce sont les majors amériCfiins qui contrôlent toutes les salles.A la télévision, que de films traduits! Et parmi les plus débiles en plus.Les productions françaises, italiennes, suédoises ou quéfiécosies, on peut toujours les voir.À l’arraché, dans une petite salle inconfortable du centre-ville, pendant que la plus insignifiante des réalisations de l’usine Walt Disney inonde le Québec comme autant de McDonald’s.Compatriotes, un petit effort.Cessez de casser du sucre sur le dos des Français.Ça ne leur fait même plus mal.Si avec cette chronique, je ne reçois pas la légion d’honneur, c’est qu’il n’y a pas de justice.A PROPOS -*- .de la télé et du câble La télévision par câble a fait son apparition au Canada dans les années 60.Le service par câble offrant une meilleure réception et un plus grand choix de chaînes, les gens étaient disposés à s’y abonner.En 1995, 7,8 millions de foyers étaient abonnés à un réseau de télédistribution.Le vrai problème que le câble posait à la télévision hertzienne, ce n’était pas tant qu’il offrait plus de chaînes, mais qu’il offrait des chaînes qui n’étaient pas diffusées du tout sur les ondes.Grâce au câble, la télévision payante et les services spécialisés, diffusés sur des chaînes proposées directement par les télédistributeurs aux abonnés, ont pu se développer.Comparés aux réseaux de radiodiffusion classiques, la télévision payante et les services spécialisés sont des «boutiques» qui s’adressent à des publics aux goûts et aux intérêts particuliers.Cette particularité plaît aux télé- spectateurs, qui peuvent cibler la meilleure audience pour leurs produits.La télévision payante et deux services spécialisés (MuchMusic et le Sports Network) sont nés en 1983.La télévision payante ne pouvait pas diffuser de messages publicitaires, mais les chaînes spécialisées, elles, le pouvaient.Le nombre des services spécialisés autorisés augmentant en 1989, puis de nouveau en 1995, la masse des téléspectateurs canadiens s’est retrouvée encore plus fragmentée.En 1995, on comptait presque cinq fois plus d’abonnés qu’en 1989 (5,5 millions) à la télévision payante et aux services spécialisés, tous des produits faisant concurrence à la radiodiffusion classique pour pratiquement la même audience.Cameron W.Stout, Tendances sociales canadiennes, Statistique Canada, printemps 1997, LE DEVOIR FONDE PAR E N R I B 0 U R A S S A LE 10 JANVIER I !) I 0 Directrice LISE BISS0NNETTE Rédacteur en chef BERNARI) DESCÔTEAUX Vice president, finances cl administration FRANÇOIS TH0IIIN Directeur de l’information CLAUDE BEAUREGAIII) Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, GUY TAILLEFER, NORMAND THERIAULT Rédacteurs en chef adjoints JEAN-ROBERT SANSFAÇON, ROLAND-YVES CARIGNAN Directrice, ventes et marketing MARTINE DUBÉ 2 0 5 0, rue de Blenry, 9' étage, Montréal (Québec) Il SA SM!).Tél.: (514) 085-3333 FAIS CE QUE DOIS I.E I) E V 0 I fl .I.E -I E U I) I 17 .1 1' I I.I.E T I !) !) 7 IDÉES f Un projet d’indépendance du Québec.concocté aux Etats-Unis Pour une monnaie québécoise L’optique hétérodoxe d’un investisseur américain WARREN MOSLER L'auteur est gestionnaire financier associé à l’entreprise Adams, Viner et Mosler Ltd, dont le siège est à West Palm Beach, en Floride.Mario Seccareccia (sciences économiques, Université d’Ottawa) et Pierre Paquette (économie politique, Collège militaire du Canada) ont traduit et revu le texte anglais original.Une version élaborée de ses principaux thèmes est disponible sur le site web: http://www.gate.net/mosler/softecon.htm.a classe politique fédéraliste et les médias canadiens présentent généralement la communauté financière internationale comme étant unanime dans sa condamnation non seulement de l’indépendance politique du Québec et aussi, par extension, de la possibilité d’une monnaie québécoise distincte.Par crainte de l’incertitude qu’une telle devise québécoise pourrait susciter au sein de la population et des marchés financiers, les souverainistes ont le plus souvent favorisé l’union monétaire avec le reste du Canada et donc le maintien du dollar canadien dans un Québec souverain.Ils ont même donné l’exemple du modèle de l’Union monétaire européenne malgré les nombreux problèmes qu’a soulevés la mise en œuvre du traité de Maastricht, et la monnaie européenne unique.En tant que membre de la communauté financière internationale, nous croyons cependant que l’option d’une union monétaire est mal avisée et nous nous permettons de l’affirmer indépendamment de notre opinion quant au choix politique fondamental à l’égard de la souveraineté.Comme en Europe, l’union monétaire conduira nécessairement à l’union politique, étant donné qu’au bout du compte, les autorités fiscales nationales devront se plier aux décisions bureaucratiques de l’autorité monétaire commune.Pour cette raison, la position souverainiste à ce sujet semble contradictoire,, car par l’adoption d’une union monétaire, c’est le statu quo ante sur les questions monétaires et fiscales qui serait rétabli.Nous savons que ces discussions ne sont pas nouvelles car elles furent pendant longtemps au cœur de débats majeurs, notamment entre Robert Bourassa et Jacques Parizeau.Pourquoi donc endurer une séparation politique si, sur des questions économiques fondamentales, les souverainistes n’endossent que le statu quo ou presque?Contrairement aux idées reçues, nous croyons que si le peuple du Québec avait eu à voter sur une proposition de monnaie distincte, le OUI aurait possiblement gagné le référendum d’octobre 1995, et ce, par une marge importante.Quoique cela ne réglerait pas tous les problèmes des Québécois, nous expliquons dans les paragraphes suivants en quoi pourrait consister un projet global de monnaie distincte pour un Québec souverain.Il s’agit d’un projet viable dans lequel la nouvelle devise, que par manque d’inspiration nous nommerons la «fleur», est soutenue sans taxes ni impôts additionnels.üi devise serait introduite de manière à diriger l’économie du Québec vers le plein emploi et la stabilité des prix tout en favorisant de faibles taux d’intérêt.Enfin, le projet de cette nouvelle unité monétaire pourra être compris par chaque citoyen et appuyé par de nombreux économistes.Une taxe nationale unique Le projet débute par l’exigence que, dans l’éventualité de l’indépendance, toute nouvelle taxe serait versée en «fleurs» du Québec.Seuls les impôts seraient exigibles en dollars canadiens.Seraient éliminées toutes les taxes indirectes, telles la TPS et la TVQ, qui tendent à décourager les échanges et qui sont coûteuses au plan de leur gestion.A leur place, apparaîtrait une taxe Avec une proposition de monnaie distincte, le OUI aurait pu gagner en 1995 nationale sur la propriété; son objet étant immobile, tous la paieraient, soit directement comme propriétaires, soit indirectement comme locataires.Cette taxe nationale sur la propriété serait recevable uniquement en «fleurs», et si elle n’était pas payée, le gouvernement vendrait tout simplement la propriété visée; des exceptions pourraient évidemment être décrétées selon le vœu des électeurs.L’administration du nouveau régime fiscal serait peu coûteuse, du moins pas plus que le régime existant d’évaluation foncière.Remarquons que le paiement de la taxe exige des «fleurs» mais personne, dans notre exemplç, n’en possède encore, mis à part l’Etat du Québec, qui peut en émettre comme il l’entend.La population en général, surtout les propriétaires fonciers, serait donc bien disposée à vendre biens et services en échange de «fleurs».La valeur de la devise correspondrait à ce que le gouvernement décide qu’il est disposé à payer pour ce qu’il achète, car ce dernier serait bien conscient que le secteur privé requiert des «fleurs» en vue de rencontrer les prélèvements fiscaux.Arrêtons-nous un moment et examinons les traits clés de la mise en œuvre du projet; ¦ L’Etat du Québec ne pourrait prélever de «fleurs» qu’après les avoir dépensées car personne n’en posséderait au départ.¦ Contrairement à l’idée reçue pol-portée par la classe politique, l’État ne prélèverait pas de «fleurs» afin de les dépenser; ce sont plutôt les prélèvements fiscaux du secteur privé qui créeraient un besoin de «fleurs», de même qu’une disposition de ses agents à vendre biens et services en échange de cette monnaie.¦ Le gouvernement pourra s’attendre à dépenser au moins autant de «fleurs» que le secteur privé en requiert pour rencontrer ses comptes d'impôts.¦ Le gouvernement pourra sans doute dépenser davantage de «fleurs» que le montant exact des obligations fiscales car le surplus de monnaie requis par le public, comme argent de poche, par exemple, devra être disponible une fois celles-ci payées.Afin de bien établir la nouvelle uijité monétaire, nous proposons aussi que l’État fixe d’abord le taux de salaire qu’il sera disposé à payer à quiconque désire travailler pour lui.L’État serait ainsi «l’employeur de dernier ressort» pour l’ensemble de la collectivité.L’effet de cet engagement du gouvernement serait essentiellement d’éliminer le chômage involontaire et de fixer un salaire minimum sans législation additionnelle et sans intrusion dans le secteur privé.Ces mesures se trouveraient aussi à fixer la valeur de la «fleur» en terme de temps de travail; les marchés privés régleraient tous les autres prix des biens et services achetés et vendus en fonction des autres moyens généralement disponibles d’obtenir le service étatique de base libellé en «fleurs».m %.Empêcher les banques de spéculer comme elles le font de nos jours Permettons-nous quelqpes chiffres hypothétiques afin d’illustrer comment l’État se procurerait les biens et services dont il aurait besoin en vue de servir le nouveau pays.Supposons d’abord que la valeur consolidée des nouveaux prélèvements fiscaux atteigne 100 milliards de «fleurs».L’État peut s’attendre à dépenser au moins ce montant vu que les propriétaires n’ont aucun autre moyen d’obtenir la devise.Si l’État fixe à 10 000 «fleurs» le salaire du service public de base et ne dépense rien d’autre, on pourrait penser qu’au moins dix millions de travailleurs solliciteraient l’emploi public de base.Évidemment, l’État ne saurait que faire avec dix millions d’employés, surtout que dans ce scénario fictif, la population totale du Québec y serait inférieure! Mais on voudrait sûrement se procurer biens et services du secteur privé, produisant ainsi d’autres voies d’obtenir des «fleurs» afin de verser ses impôts.Disons que l’État dépense 99 milliards de «fleurs» auprès du secteur privé afin d’obtenir main-d’œuvre spécialisée et matériaux requis par la provision de services publics fondamentaux, soit système judiciaire, défense, éducation et soins de santé.Le secteur privé n’aurait alors besoin que d’un milliard de «fleurs» additionnelles (pour les impôts), de telle sorte qu’un minimum de seulement 100 000 travailleurs de base solliciteraient du travail.Il y aurait certainement aussi une demande pour de la monnaie liquide en circulation de même que pour d’autres activités à la source d’une épargne nette; cela produit généralement une somme substantielle.Supposons qu’un nouveau besoin de cinq milliards de «fleurs» surgisse; cela occasionnerait une sollicitation de 500 000 emplois publics additionnels, soit un grand total de 600 000 emplois publics.En tout état de cause, plus l’État dépense, moins élevés seront les postulants d’emplois publics; s’il s’avérait y avoir un nombre trop élevé de demandeurs, les impôts pourraient alors être réduits ou bien d’autres dépenses publiques haussées tant et aussi longtemps que le nombre de travailleurs publics n’a pas été réduit au seuil recherché.Et que dire des taux d’iijtérêt?Avec le système proposé, l’État n’a Æf pas à payer de l’intérêt même lors-my qu’il dépense plus qu’il prélève en impôts et faxes.Remarquons en effet que l’État n’a pas à emprunter pour dépenser plus que ses recettes, car dans une telle situation, il émettrait de la monnaie ou bien créditerait les comptes bancaires de ceux qui lui rendent biens et services en échange de «fleurs».La dé est qu’il y a stabilité des prix tant et aussi, longtemps que les dépenses de l’État n’atteignent pas le niveau auquel disparaîtrait toute sollicitation d’emploi public de base.En d’autres termes, il y aurajt stabilité des prix en autant que l’État ne dépense pas plus de «fleurs» que la somme requise par les contribuables.Et parce que l’État requerrait toujours qu’à la marge le service public soit nécessaire à l’obtention de «fleurs», la valeur de cette devise serait égale à la valeur du temps de travail du solliciteur d’un emploi public.de base.Lorsque l’État dépense plus que ses recettes, alors que les «fleurs» additionnelles émises se transformeraient sans doute en dépôts bancaires excédentaires.Cela constituerait un déséquilibre dont tout économiste prédirait l’effet, soit des taux d’intérêt à court terme très faibles, possiblement inférieurs à ceux observés au Japon ces dernières années; par exemple, on pourrait envisager un taux préférentiel de base autour de 3,5 %.Évidemment, les autorités bancaires devront maintenir leur réglementation stricte du capital financier et des crédits bancaires afin d’empêcher les banques de spéculer comme elles le font de nos jours avec les dép,ôts assurés de leurs clients.Aussi, |1 serait possible à l’État de fixer des taux plus élevés s’il le jugeait nécessaire.Ce projet de base permettrait au, Québec de créer et de soutenir sa propre monnaie.L'État pourrait se procurer ce qui est nécessaire à la bonne marche de la nation tout en maintenant le plein emploi et la stabilité des prix.Il se produirait aussi un relèvement automatique de la prospérité associé à l’élimination des effets désincitatifs et pervers des taxes de vente.Il n’y aurait aucune raison d’entraver le libre-échange, surtout sous l’ALENA; l’État permettrait aussi à la «fleur» de s’échanger librement.Bien qu’elle ferait sans doute l’objet de spéculation sur les marchés des changes, la valeur de la «fleur» serait ultimement fixée par ce qu’elle permet d’acheter, soit l’emploi public de base.Ét à long terme, la valeur de la «fleur» serait aussi avantagée par l’amélioration de la qualité des travailleurs publics résultant des systèmes d’éducation et de santé.DAVID SUTER THE NEW YORK TIMES Du fastfood au fastword Sur l’abâtardissement de la langue française par le néo-techno-anglo-américain JEAN-LUC G O III N Docteur en philosophie Lac-Beauport |[—.illeurs et récemment, j’écrivais ceci: «Jamais, A dans son Histoire, la France ne s’était à ce point inféodée à une autre langue — comme si le français n’avait plus les ressources intellectuelles et sociales pour lui-même créer, imagi-ii—¦ ner, de nouveaux vocables pour désigner de nou- velles réalités.Im France et l’Europe française se comportent comme s’il était devenu littéralement impossible d’appréhender le monde autrement qu'avec des instruments lexicologiques anglo-américains (d'ailleurs d’une mollesse et d'une puérilité mentale à faire frémir: le “Fastword" impulsif, irréfléchi et coupé de toute racine linguistique).» Par ce dernier segment de phrase, je voulais souligner la nouvelle étape à laquelle nous — Franciens — sommes parvenus dans le phénomène de désappropriation de notre propre langue.On ne se contente plus, en effet, de reprendre sans réflexion, comme du tout cuit ou du prémâché, les termes anglo-américains (quitte à en franciser la prononciation), mais nous importons depuis la même origine, et à vitesse grand V, rien moins que des «non-mots».De la sorte, il se produit pour ainsi dire une aliénation au carré (ou redoublée) de notre langue.«Email» ou «Mel» (Electronic Mail : E-mail) est un bon exemple, «cé- dérom» plus encore (CD-Rom).Ça pullule ainsi comme fourmis en juillet.Nous semblions, presque fièrement d’ailleurs, vouloir assumer notre auto-anglicisation.Nous nous apprêtons maintenant à nous gorger d’insignification.Car: ¦ Nous francisons phonétiquement, non plus seulement par paresse ou indigence intellectuelle, un nombre grandissant de mots anglais; ¦ et nous ne nous contentons plus de substantiver des acronymes (Unesco, Onu, cégep, etc., qui ne sont pas un mal en soi si on en n’abuse pas et, surtout, s’ils se «décomposent» sémantiquement en français: ainsi Otan n’est pas Nato.); ¦ mais nous en sommes désormais à intégrer dans notre matrimoine langagier des mots qui, strictement, n’en sont pas.même en anglais! J’estime qu’on doit contrer fermement cette tendance à réduire le vocabulaire à de courts phonèmes qui ne sont plus des lexies (d’où phonèmes plus que morphèmes), alors que l’expression américaine elle-même, et dès l’abord, ne constitue pas un mot en soi.On a eu le «Fastfood»-.on est en passe désormais de se faire embrocher par le «Fastword».Je crois que de la sorte, on est en train de dé-cérébrer la langue — de l’acculturer dans ses entrailles très certainement.Parce que de cette manière, celle-ci se coupe de son histoire, de ses sources et de ses origines signifiantes et intelligibles.Littéralement et rigoureusement parlant — et de façon analogue à la manipulation génétique sur le vivant qui dépouille celui-ci de toute paternité ou filiation identifiable —, nous créons une langue qui n’a plus de véritable signification.Une langue évidée de son esprit par le passage du sens au son.Sommes-nous en voie de troquer le langage pour l’onomatopée, sinon le bruitage?Retour à la préhistoire — en pleine Cybérie — comme sommet ultime de l’Humanité.?Se profile donc ici une fabuleuse entreprise de déstructuration de la langue que nous ne sommes nullement tenus d’avaliser.Bâtir des DisneyWorld, ne jurer que par CNN, adorer les films commerciaux étatsuniens noyés dans le sang et la fureur des armes, s’empiffrer de Big Macs ou fumer des Marlboros.passe (?) encore.Mais il y a tout de même des limites à se vouloir Américains jusqu’à extinction de l’intelligence.Que les anglophones s’amusassent à concevoir lexicalement des CD-Rom pour désigner un Compact Disc Read-Only Memory, bien leur fasse et libre à eux.Mais que nous en façonnions pour notre part des «cédéroms» dépasse l’entendement.L’entendement.Assurément.Une seule issue s’offre à nous devant cette dégénérescence tous azimuts.Il nous faut oblitérer le phonème, si je puis dire, et passer directement du phénomène — c’est-à-dire de la nouvelle réalité à identifier et à nommer par le langage — à notre propre langue.Celle de Félix.Sans en passer par un tiers idiome.Directement du réel à la pensée.Celle de Voltaire.Four complément, je renvoie le «devoirien» internaute au texte Les Bilinguistes, à l’adrélec suivante: http://iv3.alphacom.net/~frapb/vigile/furet/TLgouinbilin-guistes.html STUART GOLDENBERG THE NEW YORK TIMES On est en train de décérébrer la langue, de l’acculturer dans ses entrailles L ' É Q U 1 P E D U DEVOIR IA RÉDACTION Journalistes à l'information générale et métropolitaine : Louis Lapierre (adjoint au directeur de l'information).Sylvain Blanchard.Paul Cauchon, Jean Chartier, Jean Dion.Louis-Gilles Francœur, Kathleen Lévesque, Caroline Montpetit, Brian Myles, Isabelle Paré, Clément Trudel.Serge Truffaut ; Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques) ; Martin Duclos et Christine Dumazet (relecteurs) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; à l’information culturelle : Michel Bélair (responsable).Stéphane Baillargeon, Pierre Cayouette, Paule des Rivières, Louise Leduc, Jean-Pierre Ijegault, Benoit Munger, Odile Tremblay ; é l’information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information), Robert Dutrisac, Jean Pichette, Claude Turcotte ; A l’information internationale : Jocelyn Coulon (adjoint au directeur de l'information), François Brousseau (éditorialiste), Claude Lévesque ; A l’information politique : Pierre O'Neill, Manon Comellier (correspondante parlementaire à Ottawa), Mario Cloutier et Gilles Lesage (correspondants parlementaires à Québec), Michel Venue (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec) ; A l’information sportive : Yves d'Avignon ; Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction) : Isabelle Hachey, Marie-Claude Petit (commis).La documentation : Gilles Paré (directeur) ; Brigitte Arsenault, Manon Derome, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).IA PUBLICITE ET IJî MARKETING Martine Dubé (directrice), Daniel Barbeau (directeur ad-joint), Jacqueline Avril, Jean de Billy, Brigitte Cloutier.Gyslainc Côté, Marlène Côté, Christiane Legault, Jacques A.Nadeau, Guylaine Ouellet, Micheline Ruelland (publicitaires) ; Sylvie Laporte, Nathalie Lemieux, Claire Paquet, Pierrette Rousseau, Micheline Turgeon ; Francine Ouellet (secrétaire).LA PRODUCTION Jocelyn Arsenault (directeur des approvisionnements, distribution et production), Marie-France Turgeon (responsable de la production), Claudine Bédard, Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Marie-Josée Hudon, Sylvain Lesage, Christian Vien, Olivier Zuida.SERVICE À LA CLIENTELE Johanne Brien (responsable), Evelyne Labonté (responsable à la promotion des abonnements), Manon Blanchette-Turcotte, Monique L’Heureux, Use Lachapelle, Rachelle Leclerc-Venne.L'ADMINISTRATION Yves Bouthiette (contrôleur), Dany Dépatie (adjointe à l'administration et responsable des ressources hu1 moines), Nicole Carmel (responsable des services comptables), Jeanne-d'Arc Houde (secrétaire à la direction) ; Céline Furoy, Ghislaine Lalleur, Nathalie Perrier, Danielle Ponton.Danielle Ross.IA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (président), Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général). L K I) E V 0 I R .I- E .1 E U I) 1 17 .1 I! I I.I, E T 10 9 7 A 8 -?LE DEVOIR ?-—- ACTUALITES La prison pour deux émeutiers de la Saint-Jean Il y a un an REUTERS UN AN après l’explosion en vol du Boeing 747 de la TWA qui a fait 230 morts au large de New York, des cérémonies commémoratives ont commencé hier à l’aéroport John Fitzgerald Kennedy.Un millier de personnes se sont rassemblées dans un hangar de l’aéroport américain en mémoire des employés de la TWA qui ont péri dans la catastrophe aérienne.Les proches des victimes pourront participer ce matin à une messe du souvenir à la cathédrale Saint-Patrick, avant de se rendre dans la soirée à une cérémonie qui aura lieu sur une plage proche du site de la catastrophe aérienne, à l’heure où l’avion s’est englouti dans l’océan Atlantique.Si les enquêteurs privilégient de plus en plus la défaillance mécanique pour expliquer l’explosion en vol du Boeing de la TWA le 17 juillet 1996, ils n’ont pas totalement écarté pour autant l’hypothèse d'un acte criminel ou terroriste.EN BREF La pollution pourrait expliquer 80 % des cancers du sein Kingston, Ont (PC) — Des chercheurs affirment que la pollution de l’environnement pourrait expliquer 80 % des cas de cancer du sein.Et plusieurs orateurs à la conférence mondiale sur le cancer du sein ont estimé mercredi que la seule façon de remporter la guerre contre ce type de cancer est de combattre la pollution.La biologiste Sandra Steingraber, de Boston, qui a elle-même vaincu un cancer du sein, a attribué sa maladie à la consommation d’eau potable polluée dans sa ville natale, en Illinois.Des lignes de transport d’électricité aux appareils à rayons X, en passant par les produits chimiques présents dans la nourriture, les produits de nettoyage à base de solvants, les pesticides et herbicides, tout cela contribue à la rupture de cellules saines, ce qui entraîne leur mutation et conduit au cancer, a soutenu Mme Steingraber, qui a rédigé un livre reliant la pollution environnementale à la hausse de plusieurs types de cancer.Les gouvernements qui permettent aux compagnies de continuer à utiliser des substances chimiques et à fabriquer des produits dangereux «commettent des meurtres prémédités au hasard», a accusé l’oratrice devant environ 600 délégués réunis à l’université Queen’s de Kingston, en Ontario.Selon Mme Steingraber et d’autres orateurs, de 5 à 7 % seulement des cancers du sein sont attribuables à des anomalies génétiques, ce qui signifie que des facteurs extérieurs sont à l’origine d’une véritable épidémie qui tue un million de femmes par année à travers le monde.PRÉCISION Que fait Fauteur?L’article «Pour l’euro», publié lundi en page «Idées», sous la signature de Jean-Fred Bourquin, omettait de présenter son auteur.M.Bourquin est président du Centre européen de la culture et rédacteur en chef de Temps européen, une revue qui paraît trois fois l’an.S.V.P.Assurez-vous que ce papier journal soit recyclé.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 9" étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Par courrier électronique devoir@cam.org Pour l’agenda culturel (514) 985-3551 La publicité Au téléphone (514) 985-3399 Par télécopieur (514)985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et petites annonces Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 8h à 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Le Devoir est publié du lundi au samedi par Ix* Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2050, rue de Bleury, O' étage, Montréal, (Québec), HUA 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor LaSalle, 7743, rue de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc., 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L’agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans Le Devoir.Le Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest, I*ival.Envoi de publication — Enregistrement n* 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.Québec (PC) — Les tribunaux ne badinent plus avec les émeutiers.Alors que ceux de la Saint-Jean 1996 n’avaient écopé que d’amendes ou de peines de travaux communautaires, deux des émeutiers arrêtés cette année ont été condamnés hier à des peines d’emprisonnement.Pour les observateurs de la scène judiciaire, les sentences rendues par le juge René de la Sablonnière traduisent un durcissement notable envers les fauteurs de troubles de notre fête nationale.Le magistrat n’a d’ailleurs pas lésiné en déposant des décisions écrites de plusieurs pages.Il y expose en détails les motifs de sa sévérité, ponctuant sa prose d’observations qui reflètent l’opinion publique envers ces débordements devenus annuels.Si Philippe Viens, âgé de 21 ans, a écopé de cinq mois et demi de prison parce qu’en plus de participer à l’émeute, il a commis des voies de fait sur un agent de la paix, Jean-François Morissette, âgé de 25 ans, a été condamné à quatre mois et demi d’emprisonnement uniquement pour À ce chapitre, M.Bourque a également demandé que les projets d’infrastructures permettant le désenclavement du site concerné, et par ricochet celui de la Cité scientifique qui se trouve coincée à l’arrière de l’hippodrome, reçoivent l’aval de Québec.Ces projets sont admissibles au Programme d’infrastructures Canada-Québec et entraînent donc des investissements gouvernementaux.M.Bourque veut également obtenir l’assurance, tel que le lui ont demandé les élus de son équipe politique, que l’Hippodrome de Montréal ne devienne pas une annexe du Casino de Montréal.Il est prévu que le nombre d’appareils de loterie-vidéo passe de 125 à 200, procurant du coup les revenus de 25 millions dont se prive Loto-Québec pour relancer l’industrie des courses de chevaux.Mais au delà de ces éléments du dossier, certaines étapes apparaissent incontournables avant que l’offre ne soit véritablement acceptée.Selon les explications données par le bureau du maire Bourque, celui-ci s’est engagé mardi, lors d’une réunion spéciale du caucus de Vision Montréal, à présenter le détail de l’acte de vente aux conseillers municipaux de son parti avant d’aller de l’avant.De plus, au plan légal, le comité exécutif doit être saisi de la proposition du conseil d’administration de la SHDM avant que tout soit terminé.La dernière réunion régulière de l’exécutif avait lieu hier; la prochaine est prévue pour le mercredi 13 août.Les élus étant partis en vacances, il pourrait être difficile d’obtenir le quorum pour tenir une réunion d’urgence, précise-t-on au bureau du maire.Résultat: rien ne peut vraiment être accéléré d’ici un mois.La transaction risque-t-elle de devenir caduque?qui sera présentée dans son ensemble plus tard cette année.Théâtre de l’économie et des petits moyens, Pereira prétend affirme son originalité loin des gigantesques dispositifs scéniques de la cour d’honneur du Palais des papes.Sans autre décor qu’un plancher de bois et quelques chaises, avec seulement trois comédiens, Bezace réussit à recréer la pesanteur étouffante de Lisbonne qui est aussi celle du fascisme ordinaire.Toute cette histoire respire profondément le Portugal — et pas seulement parce que les comédiens font frire des sardines pendant la pièce! Bezace y parvient en dessinant un Peirera lourd, fatigué, autour duquel tournent comme des mouches deux comédiens qui campent à la fois le narrateur et une foule d’autres personnages.La forme rend parfaitement les hésitations du roman, car cette histoire est toujours racontée par un autre.Si bien qu’on ne peut jamais se fier tout à fait à ce qui est dit Pereira et son narrateur échangent des regards circonspects qui mettent sans cesse en doute la réalité et ce qu’on en sait Bref, une histoire grave et passionnante qui prouve ce que Didier Bezace défend avec insistance: «que l'on peut encore faire du théâtre avec trois comédiens et un bout de bois».Chez grand-papa Zeus Au registre de l’économie de moyens, Laurent Pelly a choisi de nous parler de Déméter, d’Aphrodite et de Her- SUITE DE LA PAGE 1 qui contribuera à rendre les sols plus riches, favorisera la biodiversité et aidera bien sûr à combattre l'herbe à poux.» Dans une cinquantaine de sites appartenant à la Ville de Montréal, des «îlots de nature» peu fréquentés feront donc l’objet de cette méthode expérimentale qui, dirigée pour une première fois, pourrait en choquer certains, prévient Mme Pariseau.«Il y aura nécessairement davantage de pissenlits et de plantes considérées comme de mauvaises herbes sur ces sites, dit-elle.Si nous constatons que cela n’est pas esthétique, nous sèmerons plutôt d’autres types de végétaux.» Chaque année, du mois d’août jusqu’aux gelées d’octobre, l’herbe à poux émet une quantité importante de pollen allergène qui est la principale cause de la rhinite allergique, communément appelée «rhume des foins», qui touche 10 % de la population québécoise.Les coûts reliés à cette maladie, estime la direction de la santé de Montréal-Centre, s’élèvent à plus de 50 millions de dollars par année au Québec.Le ministère des Transports du Québec, en collaboration avec l’Université McGill, procède également à de telles expérimentations, sur trois bandes adjacentes à des autoroutes où l’on retrouve parfois jusqu’à 300 plants par mètre carré.«Nous avons ensemencé au printemps des espèces variées et résistantes afin de combattre l'herbe à poux de façon naturelle, explique le Dr Toni DiTommaso, mal-herbalogiste à l’Université McGill et responsable de ce projet D’ici la fin de l’été, nous pourrons en évaluer les résultats et faire les ajustements nécessaires.» Ce projet conjoint, d’une durée de trois ans, a été mené aux abords de fronçons de l’autoroute 40, à Pointe-Claire, de l’autoroute 25, à Mascouche, et de l’autoroute 73, près sa participation à l’émeute.Morissette ne possédait pas d’antécédents judiciaires.Rappelant qu’il s’agissait, cette année, de la troisième émeute consécutive à survenir à la place d’Youville lors des fêtes de la Saint-Jean, le juge de la Sablonnière exclut les sentences de travaux communautaires et d’amendes imposées les deux premières fois.Selon lui, les émeutiers ne peuvent, cette fois, invoquer l’excuse d’avoir été entraînés dans un mouvement de masse soudain et imprévu.«Il semble que ce soit devenu une mode récurrente de s’assembler lors des célébrations de la Saint-Jean-Baptiste et de s'en prendre aux forces de l’ordre.» Parmi les conséquences des émeutes, le juge souligne la mauvaise réputation faite à la région de Québec à travers le monde et les coûts supplémentaires dont la facture est refilée aux contribuables, sans compter les dommages causés aux commerces.Enfin, le juge de la Sablonnière déplore la perte de confiance du public dans ses institutions.Chose certaine, les administrateurs de la SHDM analyseront ce matin le dossier soumis par la SPICC.Mais avant la réunion du conseil d’administration, le président Richard Lasalle rencontrera la presse pour donner le point de vue de la SHDM.Le plus grand critique de cette éventuelle transaction, le conseiller Pierre Gagnier qui agit à titre de responsable du développement économique auprès du maire Bourque, maintenait toujours hier sa position.Membre du conseil d’administration de la SHDM, M.Gagnier n’entend pas donner son accord à l’offre d’achat «On a fait un deal dans notre dos.Je ne marche pas là-dedans.Je suis plus que déçu, je suis furieux», a lancé M.Gagnier pour qui le rejet de la transaction relève de la loyauté due aux contribuables montréalais.Ne cachant pas son amertume alors qu’il a été le seul au caucus de Vision Montréal à plaider pour «le bon sens», M.Gagnier ne mâche pas ses mots à l’endroit de M.Bourque.«Ce qui est triste, c'est qu’il faut se demander qui dirige Montréal.C'est ça, le fond du problème», a-t-il soutenu.Pierre Gagnier souhaite une volte-face de l’administration Bourque qui devrait envisager, selon lui, de prolonger le bail liant actuellement la SPICC à la SHDM.Nul besoin que Montréal cède un terrain en assumant des pertes, assure M.Gagnier, qui fut l’un des premiers militants derrière Pierre Bourque lors de l’arrivée de ce dernier sur la scène politique en 1994.La SPICC offre d’acheter la grande majorité du terrain et des jmmeubles du site de l’hippodrome pour 15,1 millions.A cette somme, Québec ajoute 20 millions, dont la moitié doit servir à compenser la SHDM des pertes de revenus de loyer.mès.Il faut beaucoup de cran pour se présenter sur scene et lire les hymnes homériques qui, contrairement à ce que leur nom indique, sont sortis de l’imagination de plusieurs auteurs anonymes de la Grèce antique.Laurent Pelly, qui s’est souvent adressé aux enfants, a vu dans ces légendes fondatrices de la Méditerranée de simples histoires de familles pour petits et grands.N’y est-il pas question de génisses volées à Apollon, de Persépho-ne enlevée par Hadès et d’un dieu enfant qui fait des coups pendables?Laurent Pelly a donc fait réciter tout cela par une famille, qui pourrait être de Marseille ou de Montpellier.Les comédiens sont réunis pour un anniversaire ou un mariage.Des jouets traînent dans la cour, les bouteilles de mousseux sont débouchées et le linge propre flotte au vent.Comme les aèdes de l’Antiquité, grand-papa Zeus se met soudain debout sur sa chaise.Au lieu de jouer un solo de «ruine-babines», il déclame un hymne à Aphrodite ou à Déméter.Pourquoi pas?Les récitants mènent une dure lutte contre une télévision qui crache dans un coin ses programmes en anglais et tient le petit dernier de la famille vautré sur son lit Invité à la fête, le spectateur découvre des histoires pleines de rebondissements, d’intrigues et de séduction.L’amour y est célébré sans tabous.Tout cela prend des allures de grand party familial.Et comme pour ajouter à la fête, on met les merlans sur le gril.J’en avais mangé le soir même! Décidément, il est beaucoup question de poissons grillés dans ce festival.de Québec.Le Dr DiTommaso développe par ailleurs d’autres méthodes biologiques de traitement de l’herbe à poux, comportant une utilisation simultanée d’insectes et de champignons indigènes.«Jusqu'à tout récemment, les moyens préconisés pour contrôler l’herbe à poux étaient l’arrachage et la tonte, explique Suzanne Bachand, consultante en architecture de paysage et horticulture à la direction de la santé publique de Montréal-Centre.Aujourd’hui, on se rend compte que ces moyens ne sont efficaces qu’à court terme puisque le travail est à recommencer à chaque année.» Selon Mme Bachand, qui est l’auteure d’un guide de gestion et de nouvelles méthodes de contrôle de l’herbe à poux, l’arrachage demeure une bonne technique d’élimination des graines, mais prépare cependant le sol dénudé à la croissance d’autres plants d’herbe à poux.La tonte, quant à elle, ramifie cette plante, qui fleurit à très petite hauteur et produit malgré tout son pollen.«Il faut resemer aux endroits où le sol a été dénudé afin d'engendrer un couvert végétal qui sera compétitif, dit-elle.Sinon, on crée un problème.» Pour le Dr Louis Drouin, responsable de l’unité Santé au travail et environnementale à la direction de la santé publique de Montréal-Centre, les campagnes d’arrachage des municipalités de la CUM sont insuffisantes et inappropriées pour enrayer l’herbe à poux sur de grandes surfaces.«Ce qu'il nous faut, dit-il, c’est une carte des terrains contaminés, un projet que nous élaborons présentement avec la CUM afin de cibler et de convaincre les propriétaires privés d'enrayer l'herbe à poux.» La plupart des municipalités de la CUM l’ont déjà fait, précise-t-il, et la Ville de Montréal, qui a embauché six étudiants affectés à cette tâche, est en voie de le faire.La carte des sites contaminés, prévue pour 1998, devrait ARGENTINES SUITE DE LA PAGE I enseignants et beaucoup de jeunes, tous les secteurs d’opposition étaient représentés sur la place, illustrant le paradoxe entre deux images contradictoires de l’Argentine.En termes macroéconomiques, la situation du pays n’a en effet jamais été aussi bonne depuis les années 30, quand l’Argentine figurait parmi les quinze nations les plus riches du monde.La croissance du PIB a été de 8 % au cours des douze derniers mois, l’inflation qui rongeait le pays est aujourd’hui inexistante et les investissements étrangers se multiplient Depuis 1993, et sans tenir compte des privatisations des services publics, les capitaux étrangers ont placé plus de 7 milliards de dollars dans l’achat de compagnies argentines.Les investisseurs se bousculent désormais dans des secteurs variés allant de l’industrie automobile à la construction, en passant par les mines et l’agriculture.Les représentants de cette Argentine prospère, composée aussi de puissants industriels locaux, le plus souvent associés à des compagnies étrangères, souhaitent encore plus de privatisations, une plus grande dérégulation et une totale liberté de marché.Éducation et santé: c’est l’effondrement Le président Carlos Menem, qui s’est engagé résolument sur le chemin du libéralisme depuis sept ans, ne parvient plus à concilier les intérêts de cette classe dominante avec un malaise social croissant.Les négociations avec le gouvernement en vue de rendre les lois du travail plus flexibles ont débouché cette semaine sur un accord avec la CGT fia confédération syndicale argentine), mais ont échoué avec les grands industriels.«Les compagnies privées veulent en fait la liberté de transformer l’Argentine en un pays asiatique où les conditions de travail sont celles de l’esclavage», estime un syndicaliste, qui résume l’état d’esprit de beaucoup d’Argentins.La grande majorité se plaint d’une détérioration de la qualité de vie qui passe non seulement par le manque de travail mais aussi par l’effondrement des systèmes d’éducation et de santé qui faisaient l’orgueil de l’Argentine il y a encore trente ans.En plein centre de Buenos Aires, depuis trois mois, une immense tente blanche a été dressée face au Congrès.Elle abrite les enseignants qui ont entrepris une grève de la faim pour protester contre des salaires de misère et le manque de fonds destinés à l’éducation nationale.Marta Maffei, une institutrice à la retraite qui dirige le plus important syndicat d’enseignants, affirme qu’aujourd’hui les enseignants touchent seulement 37 % de leurs salaires de 1980.La tente du Congrès est devenue un symbole national et l’un des endroits les plus visités de Buenos Aires, avec chaque jour des manifestations de solidarité de centaines de personnes anonymes, mais aussi de politiciens, de personnalités du monde du spectacle ou de joueurs de football de première division qui se font photographier en blouse blanche portant l’inscription «Nous sommes tous des enseignants».Le choc entre ces deux Argentines est au centre des débats, à trois mois des élections législatives partielles du 26 octobre, qui s’annoncent comme un test en vue de la présidentielle de 1999.Un autre paradpxe a été souligné récemment par le ministre de l’Economie.M.Roque Fernandez a affirmé que «l’unique opposition au gouvernement venait des rangs mêmes du péronisme au pouvoir».Il faisait ainsi allusion aux critiques de plus en plus acerbes proférées contre la politique économique par Eduardo Duhalde, le puissant gouverneur de la province de Buenos Aires (péroniste) et candidat le mieux placé pour succéder à M.Menem à la présidence, la Constitution interdisant à ce dernier de briguer un troisième mandat.Cherchant à prendre ses distances avec M.Menem, M.Duhalde invoque une plus grande justice sociale.La province de Buenos Aires, la plus peuplée, puisqu’elle regroupe près du tiers des 33 millions d’Argentins, a pourtant un des taux de chômage les plus élevés du pays.La gestion de M.Duhalde est également ternie par les nombreux scandales de corruption dans lesquels est impliquée la police de sa province, dont notamment le meurtre, en janvier dernier, du reporter-photographe José Luis Cabezas qui n’a toujours pas été élucidé.Pour l’emporter, en octobre, M.Duhalde compte sur sa femme, qui conduira la liste péroniste des candidats députés.Hilda Duhalde, surnommée «Chiche», aime qu’on la compare à la légendaire Evita et a monté une imposante structure d’assistance sociale qui repose sur un budget de 80 millions de dollars par an et le travail de 20 000 femmes chargées de venir en aide aux plus démunis.Cette politique de clientélisme, chère au mouvement péroniste, a évité jusqu’à présent tout dérapage, et la femme du gouverneur est la grande favorite dans les sondages.La polarisation Menem-Duhalde occupe le devant de la scène et contribue à éclipser les critiques des politiciens de l’opposition traditionnelle.Vingt-trois ans après la mort de Juan Domingo Peron, la place de Mai continue d’être le lieu traditionnel des manifestations populaires, mais le débat politique en Argentine semble se jouer encore à l’intérieur du mouvement péroniste.permettre de déterminer s’il y aura effectivement une diminution de l’indice de pollen dans l’air qui, selon la CUM, est passé de 26 grains de pollen par centimètre carré en 1977 à 9 en 1995, un indice stable depuis quelques années.«Le comptage du pollen se poursuit, assure Robert Ran-choux, du service de l’environnement de la CUM.Nous avons acquis cette année trois nouvelles stations de type volumétrique, qui s'ajoutent aux quatre anciennes stations qui mesuraient déjà la qualité de l’air.» Jusqu’en 1995, la CUM se chargeait du dépistage des sites contaminés par l’herbe à poux sur l’ensemble de son territoire.C’était avant qu’elle soit contrainte d’abroger, en août dernier, l’article 7.03 du Règlement 90 sur l’assainissement de l’air en réponse à la menace de poursuites judiciaires totalisant plus de deux milliards de dollars.«Depuis qu'il n’y a plus de règlement et que nous n'avons plus d'outil pour obliger les gens à se débarrasser de l’herbe à poux, il est devenu difficile de prévoir de quelle façon la quantité de pollen dans l’air va évoluer», estime M.Ran-choux.Pour enrayer définitivement ce fléau, la direction de la santé publique de Montréal-Centre proposait en 1995 un plan d’action quinquennal de contrôle, de prévention et d’information visant une réduction de 50 % des symptômes de la rhinite allergique reliés à l’herbe à poux.S’il est encore trop tôt, estime le Dr Drouin, pour évaluer si cet objectif sera atteint, la rhinite allergique, qui se concentre principalement dans le sud-ouest du Québec et notamment sur l’île de Montréal, demeure en croissance au Québec comme dans la plupart des pays industrialisés.Une tendance qui n’a rien de rassurant pour les milliers de personnes condamnées, encore cette année, à six semaines de malaises, d’antihistaminiques et d’éternuements.ULTIMATUM «Je suis plus que déçu, je suis furieux», dit Gagnier SUITE DE LA PAGE 1 AVIGNON Toute cette histoire respire profondément le Portugal Ÿ SUITE DE LA PAGE 1 POUX «Il faut laisser la nature s'exprimer»
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