Le devoir, 22 juillet 1997, Page(s) complémentaire(s)
LE DEVOIR Vol.L X X X V I I I • N " I (i 2 ?M O N T II K A I.I.E M A II DI 2 2 .1111.I.K T I !) D 7 K S S + v y / T o it o N T it I $ PERSPECTIVES Pessimisme sur fond de couleurs LE MONDE Secousses dans le gouvernement Arafat, page A 5 ÉCONOMIE L’IRIR maintient ses conclusions sur les salaires municipaux, page B 2 CULTURE L’envie d’aimer avec Clémence Massart, page B 8 Si l’on en croit les journaux et hebdomadaires américains, les relations entre Blancs et Noirs n’ont jamais été aussi empreintes de méfiance que présentement.Entre les deux communautés, c’est l’impasse.Totale?Presque.En tout cas suffisamment pour que le président Clinton ait commandé la mise sur pied d’un comité de travail sur la question.Il y a peu, la célèbre firme de sondage Gallup a dévoilé les résultats d’une étude qui a provoqué bien des étonnements.Un rapport qui plus exactement a traduit le profond pessimisme des Noirs comme des Blancs sur l’état de leurs relations.Les chiffres compilés récemment par Gallup indiquent que plus de la moitié des Noirs (58 %) et des Blancs (54 %) jugent que les relations entre les uns et les autres iront en s’aggravant.Or, il faut le savoir, ces chiffres sont plus élevés que ceux que Gallup avait enregistrés en 1963.Avant la Great Society du président Johnson et de ses lois coulées dans Xaffirmative action, 26 % des Noirs et 44 % des Blancs avaient affiché leur pessimisme à propos des relations interraciales.Restons dans les statistiques.Sous la plume de Elijah E.Cummings, dont l’hebdomadaire Courrier international reprend un article, on apprend que plus de la moitié des enfants afro-américains ou africains-américains, comme on dit désormais, naissent dans la pauvreté; le tiers des hommes âgés de 16 à 25 ans ne terminent pas leurs études secondaires; deux hommes sur cinq ont eu maille à partir avec l’appareil judiciaire.On apprend également ceci: les Africains-Américains gagnent 75 % de ce que ga-gnçnt les Blancs.A cause de cela, cette dernière donnée, la majorité pour ne pas dire Serge la grande majorité des représentants Truffant ou lea^ers de la communauté noire a reçu l’initiative du président Clinton avec une certaine ironie.Car, c’est à noter, le patron de la Maison-Blanche a indiqué que le mandat donné à son groupe de travail ne se solderait pas par.un chèque! Il n’y aura pas d’argent CQFD: ce qu’ont compris les représentants de la communauté noire de Robert Wilkins à Jesse Jackson c’est, en substance, ceci: on s’excuse.Point Plus précisément, et pour reprendre les mots de M.Willdns, responsable des droits civiques sous l'administration Johnson, «l’ennui avec Clinton, c’est qu’il est du genre à dire: “Je vous dois de l’argent et je veux sincèrement vous le rembourser, mais en venant chez vous j’ai dû m’arrêter au casino".» L’argent., l’argent.S’il en est tant question depuis l’annonce de Clinton c’est qu’il en fut question, rapporte l’historien Eric Foner dans le New York Times, au lendemain de l’abolition de l’esclavage.«À la fin de la guerre de Sécession, les esclaves ne voulaient pas d’excuses: ce qu’ils voulaient, c’étaient des changements significatifs de leur condition: Donnez-nous des terres, et vous pouvez garder vos excuses!» Partant de ce souhait, celui rappelé par notre historien, le chroniqueur Jack E.White soulignait récemment dans le New York Times qu’au lendemain de la guerre de Sécession, le gouvernement de l’époque s’était engagé à donner à chacun 40 acres de terre et un mulet Or comme rien de cela n’a été fait, M.White a fait des calculs calqués sur deux précédents.Celui concernant les réparations faites aux Américains d’origine japonaise ainsi que celles faites aux Juifs par les Allemands.Avant il faut souligner avec M.White que le système judiciaire américain «considère que les regrets non accompagnés d’indemnisation ne servent qu’à donner bonne conscience à celui qui demande pardon, sans apporter quoi que ce soit à la victime».Alors, ces calculs?Entre l’arrivée des premiers esclaves et leur émancipation, 244 années se sont écoulées.244 années de travail non, rémunéré effectué par environ 10 millions d’esclaves.A raison de 25 cents par jour cela fait 222 milliards.Ajoutez, calcule M.White, une somme équivalente pour les souffrances endurées et on atteint les 444 milliards.En imposant un intérêt de 3 % pour les 134 années écoulées depuis l’abolition, et on obtient un total de 24 000 milliards de dollars.De dollars américains, bien entendu.Evidemment, le président Clinton ne veut rien savoir de cela.En promettant de formuler des excuses assorties, pour l’instant semble-t-il, de saupoudrage ici et là, en distribuant des dragées, le patron de la Maison-Blanche confirmera l’échec monumental des politiques suivies en la matière depuis plus de trente ans.C’est en tou,t cas ce que pense Serge Bouchard, anthropologue.A son avis, ce qui vient de s’amorcer aux Etats-Unis n’est au fond que le prolongement dq ce qui a été fait depuis la lutte pour les droits civiques.A savoir, gommer le racisme institutionnel que symbolisait la séparation des toilettes.«Ce qui est désolant, c'est qu'on pense encore éliminer le racisme en s’appuyant sur des raisonnements coulés dans la logique.» Ce qui est encore plus désolant, «c'est notre paresse intellectuelle.On travaille encore en fonction de l’hypothèse suivante: on croit que l’humanité progressant, la société change pour le mieux.C’est faux», de conclure M.Bouchard.Une dette accumulée de 24 000 milliards ! MÉTÉO Montréal Québec Ensoleillé avec Ciel variable passages nuageux Max: 23 Min: 9 en après-midi.Max: 26 Min: 11 Détails, page B 6 INDEX Agenda .B 6 Le monde .A 5 Annonces.B 6 Les sports .B 5 Avis publics.B 4 Montréal .A3 Culture .B 8 Mots croisés.B 6 Economie.B 2 Images .B 1 Editorial .AG Télévision .B 7 www.ledevoir.com .S7.Vq a.| ¦vt-V vim».mm P* Vvsftfl “ lipi V- 1 '.«frtflVSIHè.VApijJ.A., rtJfcft, mmm HWM'M Pourquoi passer si vite.ÉRIC GAILLARD REUTERS LE TOUR DE FRANCE, c’est du beau sport mais aussi des paysages souvent merveilleux comme ce passage hier dans les Alpes, entre Courchevel et Morzine.Il s’agissait de la quinzième étape du tour, d’une longueur de 208,5 km et c’est l’Italien Marco Pantani qui l’a remportée.Plus d’informations, page B 5.Il y a 30 ans, le voyage du général au Québec De Gaulle n’a pas improvisé Selon Alain Peyrefitte, l’engagement pour un Québec libre était dans la continuité du parcours du général JEAN CHARTIER LE DEVOIR Contrairement à une opinion répandue, la déclaration historique du général de Gaulle, le 24 juillet 1967, n’avait rien d’improvisé; elle résultait à la fois d’un contact «physique» avec la foule sur le chemin du Roy et à Montréal, où un million de personnes se réunirent à son passage, et d’une attention soutenue à tout ce qui touchait la question du Québec depuis le début de la Révolution tranquille.Alain Peyrefitte, le ministre de l'Information du général de Gaulle, celui qui avait la confiance pleine et entière du général, celui qui le rencontrait après le conseil des ministres et avant le point de presse, vient de révéler, à la veille du trentième anniversaire de la visite historique, l’évolution des positions du général et de ses ministres sur la question du Québec de 1960 à 1969.L’engagement pour un Québec libre ressort du parcours du général dès le début de cette décennie.Tandis que Pierre Messmer, André Malraux et Alain Peyrefitte contribuèrent à enrichir et à conforter la démarche du général sur le Québec, Edgar Faure et Georges Pompidou montrèrent leurs réserves à son retour le 27 juillet 1967.L’académicien et ancien ministre rappelle dans les Cahiers d’histoire du Québec au XX' siècle qu’après un deuxième voyage décevant à Québec en 1960 (il était venu en juillet 1944, six semaines avant la libération de Paris), le général de Gaulle reçut à l’Elysée avec,les honneurs réservés aux chefs d’Etat le premier ministre du Québec, Jean Lesage, lors de son voyage en octobre 1961.VOIR PAGE A 8: DE GAULLE Alain Peyrefitte, auteur et ancien ministre du général de Gaulle.Montréal fait le plein de touristes La situation se compare à l’été des Olympiques de 1976 BRIAN MYLES LE DEVOIR La saison estivale s’avère excellente pour l’industrie canadienne du tourisme jusqu’à ce jour.Ce qui est vrai pour le pays l’est aussi pour Montréal: lp métropole reçoit en effet plus que sa part de visiteurs.A un point tel qu’il faut remonter.aux Jeux olympiques de 1976 pour trouver un point de comparaison approprié.Selon les données préliminaires de l’Office des congrès et du tourisme du Grand Montréal, il est passé environ 950 000 «étrangers» sur Tile pour le seul mois de juin.Au cours de ce mois transitoire entre le printemps et l’été, qui n’est pas le meilleur par définition, le taux d’occupation dans les hôtels d,e la métropole se situait à 83,9 %.A titre de comparaison, ce taux était de 79,5 % pour juin 1996 et de 67,9 % pour juin 1993, au creux de la vague «récessionniste».«On n’a jamais vu ça en juin depuis les Olympiques, lance Pierre Bellerose, de la direction recherche et développement de l’Office.On a des augmentations cumulatives [de touristes) depuis quatre ans, et ça devrait continuer.» La situation est similaire dans tout le pays, les taux d’occupation des hôtels étant nettement à la hausse.Jusqu’à la -+-fin d’avril, ce taux a grimpé de 2,8 %, tandis que le coût moyen d’une chambre d’hôtel était de 4,4 % plus élevé que l’an dernier.Résultat?«Les hôtels gagnent de l’argent», lance derechef Kip Beckman, économiste à l’Institut canadien VOIR PAGE A 8: TOURISTES La campagne de publicité sur Montréal porte ses fruits Pierre Bourque tente de recoller les pots cassés Ébranlé par les récentes démissions de quatre conseillers de son parti et les menaces d’autres départs possibles, le maire de Montréal a entrepris de refaire l’unité de ses troupes.Il a commencé à rencontrer hier chaque conseiller de Vision Montréal pour défendre sa transaction tant controversée du terrain de l’hippodrome de Montréal.¦ Lire notre reportage, page A 3.Thérapie sous la tente De jeunes délinquants, atïkameks et français, font ensemble une expérience de réadaptation au milieu des bois MARC CASSIVI LE DEVOIR Neuf jeunes Français âgés de 14 à 17 ans.Huit jeunes Amérindiens âgés de 12 à 16 ans.Les premiers de Caen, en Normandie, les seconds de la réserve de Mançiouane, au nord de Saint-Michel-des-Saints.A première vue, outre leur âge, on ne leur trouve guère de similitudes.Un océan les sépare, vaste étendue tant physique que culturelle et idéologique.Pourtant, ces adolescents se ressemblent plus qu’il n’y paraît.Parfois marginalisés, aux prises avec divers troubles d’adaptation psychosociale, pour les uns d’ordres familiaux et affectifs, pour les autres d’abus de substances intoxicantes, leur combat de tous les jours est le même.De leur rencontre quasi impromptue, d’abord empreinte de préjugés et de méfiance, il y a un peu plus d’une semaine, restent des liens, solides, comme ces nouvelles amitiés rapidement tissées.Mise sur pied par un intervenant en milieu social du campus Saint-Donat des Centres jeunesse de Lanaudière, Benoît Lambert, et son confrère atikamek Léonard Flamand, cette rencontre inusitée avait lieu en pleine forêt, il y a dix jours, dans un camp temporaire établi à proximité du lac Kempt, à quelques heures en bateau de la réserve de Manaouane.C’est là que la communauté atikamek expérimente depuis deux ans un nouveau projet de réadaptation psychosociale, fondée sur la transmission de coutumes ancestrales.«Ce sont des jeunes à risque qui nous sont envoyés par l’école ou par les parents», explique Léonard Flamand.Certains de ces jeunes, ceux qui présentent des problèmes de comportement importants, étaient auparavant confiés à des Centres jeunesse du réseau traditionnel.Dé- VOIR PAGE A 8: TIIÉRAIME />* i j A»*.¦.À '.y*m > :l.Un indien atikamek de la Manouane «boucane» une peau d’orignal en compagnie de jeunes pour qui le séjour dans la nature est une expérience de réadaptation sociale.Les jeunes autochtones y réapprennent les coutumes de leur peuple.i 4 778313000658 : A 2 I.K |) K V OIK.I.K M A II DI 2 2 .1 II I I, I.K T |
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