Le devoir, 6 août 1997, Cahier B
Agenda Page B 6 Culture Page B 8 Les sports Page B 5 Télévision Page B 7 ?LE DEVOIR ?I.E l> K V O I It , I.K M E li C H K I) I li A O 0 T I il !> 7 ECONOMIE Domco refuse l’offre d’Armstrong Le conseil d’administration a voté à l’unanimité contre l’émission de nouvelles actions NICK PROCAYLO CP Le président d’Alcan, Jacques Bougie, en compagnie du premier ministre de lp Colombie-Britannique, Glen Clark (à droite) et du ministre de l’Education, Paul Ramsey, à l’occasion de la signature de l’entente sur le différend de Kemano.Alcan investira 1,2 milliard à Kitimat La compagnie a enfin réglé son différend avec Victoria sur le projet avorté de Kemano CLAUDE TURCOTTE LE DEVOIR Alcan et le gouvernement de la Colombie-Britannique ont finalement trouvé un compromis satisfaisant leur permettant d’annoncer hier «un règlement définitif» au différend majeur qui les opposait dans le projet hydroélectrique de Kemano.Du même coup, Alcan annonce son intention d’enclencher les études en vue de la construction d’une nouvelle aluminerie d’une valeur de 1,2 milliard à Kitimat La fin de ces hostilités politico-économico-juridiques qui duraient depuis trois ans a été considérée suffisamment importante pour justifier la présence à la conférence de presse du premier ministre provincial Glen Clark, pourtant très occupé avec la crise du saumon, et du président d’Alcan, Jacques Bougie.Pour sa part, Alcan retire la poursuite de 535 millions intentée contre le gouvernement provincial le 16 avril dernier.«La conclusion de cette entente en échange de l’abandon de notre poursuite judiciaire nous permet de poursuivre nos objectifs d'affaires en Colombie-Britannique.Nous estimons que cet accord est satisfaisant pour toutes les parties en cause.Il assure la réalisation de nos objectifs, soit protéger nos établissements existants, préserver notre capacité d’expansion en Colombie-Britannique et récupérer une partie de la valeur de notre investissement dans le projet Kemano», a déclaré M.Bougie.Les journalistes de Montréal, de Toronto et même de New York ont pu assister à cet événement par le truchement d’une conférence téléphonique.Le conflit avec Alcan menaçait de nuire considérablement à la réputation de la province auprès des autres grands investisseurs industriels.La question environnementale était à l’origine de cet imbroglio.Par ailleurs, M.Bougie a précisé que le projet de construire une nouvelle aluminerie à Kitimat n’affectait en rien son autre projet d’une aluminerie à Alma.Avec un taux de croissance industrielle qui varie de 2,4 à 2,6 % par année, il y aura de la place ]x>ur les deux alumineries.Alain n’envisage donc pas de jouer un projet contre l’autre.Cela étant dit, aucun de ces ceux projets n’a pour l’instant le feu vert définitif.La décision finale au sujet d’Alma sera prise à la fin de cette année ou au début de 1998.En ce qui concerne Kitimat, M.Bougie prévoit une décision vers la fin de 1999, peut-être en 2000.Cette usine de Kitimat pourrait entrer en exploitation entre le 1er janvier 2003 et au plus tard en 2010.Dans les deux cas, évidemment, le président d’Alcan prend soin de préciser que ces projets sont mis de l’avant «sous réserve des réalités économiques et des conditions du marché».Hier, encore, Alcan annonçait un investissement de 130 millions $ US dans une nouvelle mine de bauxite en Australie.Cette nouvelle source d’approvisionnement lui permettra de ré- duire considérablement le coût de la bauxite pour ses usines en Australie et ailleurs dans le monde.Cette mine aura une production initiale de 2,5 millions de tonnes par année.Les travaux commenceront en septembre prochain, et la première livraison de bauxite aura lieu au quatrième trimestre de 1999.Pour revenir à la Colombie-Britannique, Alcan avait conclu une entente en 1987, laquelle avait été entérinée ensuite par deux autres gouvernements de cette province.Toutefois, le projet Kemano a soulevé l’opposition de groupes autochtones et environnementaux, qui voyaient en lui une menace pour les saumons des rivières Fraser et Nechtako.Le gouvernement a finalement renié ses engagements envers Alcan, qui ne pouvait donc plus aller de l’avant avec son projet de construire une centrale de 280 mégawatts à Kemano, dont la durée de vie aurait été de 60 à 80 ans.Par la suite, toutes les tentatives de négociations ont avorté, si bien qu’en avril dernier, Alcan décidait de porter la cause devant les tribunaux en demandant un dédommagement de 535 millions pour les travaux entrepris.Une rumeur laissait entendre que le gouvernement songeait à une loi spéciale.«Ce serait un message envoyé à tous ceux qui ont l’intention d’investir en Colombie-Britannique.Les investissements d’Alcan sont une toute petite chose à côté du reste», répondait-on chez Alcan.Le gouvernement a donc considéré d’autres options.La province fournira à Alcan de l’énergie de remplacement Tout d’abord, Alcan obtient des améliorations à son contrat actuel qui est encore bon pour 17 ans.Il reçoit en outre un bloc d’énergie additionnel de 60 mégawatts à un coût équivalent à l’énergie produite dans ses propres centrales, ce qui est très avantageux, reconnaît M.Bougie.En troisième lieu, Alcan signe un autre contrat de 115 mégawatts d’une durée de 20 ans, dont les six premières années à un taux inférieur au prix normal, ce qui permettra de compenser les pertes subies dans le projet de Kemano.M.Bougie a déclaré qu’Alcan considérait avoir maintenant de l’avenir en Colombie-Britannique.Plus de 90 % de l’aluminium produit par Alcan dans cette province va au Japon et en Corée.«Alcan a plusieurs options pour son développement dans le monde.La Colombie-Britannique remonte aujourd’hui très près du sommet de la liste», a souligné M.Bougie.Sur le plan de l’environnement, outre l’abandon du projet de Kemano, les parties examineront diverses options pour l’amélioration de l’environnement en aval.Alcan versera jusqu’à 50 millions pour des installations de déversement au barrage Kenney ou pour d’autres améliorations environnementales.On cherchera par ailleurs à obtenir les commentaires de divers intervenants sur les options d’amélioration à l’environnement de la rivière Nechako.FRANÇOIS NORMAND LE DEVOIR Le conseil d’administration de Domco a décidé hier de ne pas émettre de nouvelles actions en faveur de l’américaine Armstrong World Industries, ce qui aurait dilué la participation de la française Sommer Allibert, l’actionnaire majoritaire de Domco.Le conseil d’administration du fabricant de revêtements de sol de Fa-rhnam s’était réuni hier après-midi pour se prononcer sur l’offre d’Armstrong d’acquérir la totalité des titres émis et en circulation de l’entreprise (actions ordinaires, bons de souscription et débentures convertibles).Les membres du conseil d’administration ont voté à l’unanimité pour ne pas émettre de nouvelles actions.Toutefois, deux personnes se sont abstenues: Jean Millotte et Michel Cognet, respectivement président et directeur général (gestion, finances et relations humaines) de Sommer Allibert.Depuis le début du mois de juin, Domco était l’objet, bien malgré elle, d’une véritable saga juridique transatlantique.Et le conseil d’administration semblait déchiré entre une offre publique à forte prime déposée par Armstrong — mais repoussée du revers de la main par Sommer Allibert — et l’intérêt des actionnaires minoritaires.L’un voulait défendre un bastion en Amérique du Nord, l’autre voulait éviter une «expropriation».«Le Conseil d’administration a décidé que Domco n’émettra pas de nouvelles actions à la suite de l’offre de souscription d’Armstrong, notamment parce que les administrateurs sont imputables devant Domco et, par extension, devant l’ensemble de ses actionnaires», a fait savoir la direction de Domco par voie de communiqué hier.«On ne pouvait pas favoriser un groupe d’actionnaires au détriment d’un autre», a pour sa part ajouté la secrétaire générale de Domco, Danièle Béliveau, lors d’une entrevue accordée au Devoir.Le conseil d’administration de Domco, a-t-elle dit, recommande à ses actionnaires de refuser l’offre d’Armstrong après avoir reçu la recommandation du comité indépendant que les actionnaires ne déposent pas leurs actions.Le conseil d’administration a donc décidé de se plier au rapport et aux recommandations, «à la lumière de la décision de tie pas émettre de nouvelles actiotis, de la décision de l’actionnaire majoritaire de Domco [Sommer Allibert] de ne pas accepter l’offre d’Armstrong et que la condition minimale de 51 % stipulée dans l’offre ne pouvait être satisfaite».Joint hier par Le Devoir, le porte-parole d’Armstrong au Canada, Ken Ca-vanagh, a indiqué que la compagnie attendrait plutôt à aujourd’hui pour commenter la décision du conseil d’administration de Domco, la direction voulant se donner le temps d’analyser ladite décision.Offre publique d’Armstrong Toute cette affaire a commencé il y a tout près de deux mois.Le 16 juin dernier, Armstrong Acquisition Canada, une filiale en propriété exclusive de Armstrong World Industries, a présenté une offre publique d'achat sur la totalité des actions et titres convertibles en circulation de Domco, au prix de 23 $ l’action.L’offre lancée préalablement le 9 juin dernier par Armstrong — une OPA de 488 millions — était sujette à plusieurs conditions, dont certaines ont été modifiées par Armstrong, le 3 juillet dernier.Elle était conditionnelle au dépôt, en vertu de l’offre, de 51 % des actions de Domco, sur une base diluée.L’offre expirait le 15 août 1997.De son côté, Sommer Allibert, qui exerce le contrôle effectif de Domco avec 69,2 % des actions (57,1 % sur une base pleinement diluée) avait clairement indiqué quelle n’avait nullement l’intention de vendre ses actions à Armstrong.VOIR PAGE B 2: DOMCO Les groupes hôteliers américains confirment leur suprématie Huit des dix premières chaînes mondiales sont américaines FRANÇOIS BOSTNAVARON LE MONDE Tout va bien pour l’hôtellerie de chaîne, surtout si elle est américaine! Selon le classement mondial effectué par MKG Conseil, à paraître dans sa revue HTR tendances et marketing datée du mois d’août, les 100 premiers groupes hôteliers ont accru leur offre de 7,1 % au cours de l’année 1996, totalisant aujourd’hui 3 472 086 chambres, réparties dans 24 120 hôtels.Premier constat: il y a peu de changements dans la hiérarchie mondiale des groupes hôteliers.Les dix premiers l’étaient déjà il y a un an, il y a simplement eu un échange de place entre Promus et Hilton Hotels, ce dernier étant passé de la septième à la huitième place.Deuxième constat: seuls deux groupes européens — Holiday Inn Worldwide, filiale du britannique Bass, et le français Accor — sont présents dans le «Top Ten», respectivement en deuxième et quatrième position.Le deuxième groupe français, Société du Louvre/Envergure, a perdu une place, passant du quinzième au seizième rang.En tête de palmarès Largement en tête du palmarès, avec ses 500 000 chambres à travers le monde, l’américain HFS a réalisé en 1996 un chiffre d’affaires de 799 millions de dollars et un bénéfice de 283 millions.Les dix premiers groupes, avec 17 085 hôtels et 2 216 923 chambres, représentent 64 % de l’offre des 100 premiers groupes mondiaux.A lui seul, HFS représente 14,4 % de cette offre, Holiday Inn 11,1 %, Choice 9 % et Accor 8 %.La suprématie américaine se constate non seulement au niveau des groupes — sur les 100 premiers groupes mondiaux de plus de 4 000 chambres, on en trouve 32 américains, qui totalisent à eux seuls 60 % des chambres —, mais encore plus à l’échelle des chaînes.Les duc premières chaînes mondiales sont soit américaines, soit à capitaux étrangers, mais fortement implantées aux Etats-Unis, comme Holiday Inn ou Motel 6, propriété du groupe Accor.Pour Georges Panayotis, de MKG Conseil, ce constat est «révélateur de la mainmise des groupes américains sur l’industrie hôtelière, mais également de la maturité du marché américain, qui compte environ 70 % d’hôtels intégrés à enseignes».Le tiercé de tête des nationalités est le même que fin 1995.Derrière les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France occupent respectivement les deuxième et troisième places.Les quatre premiers groupes français — Accor, Société du Louvre/Envergure, Hôtels et compagnie et Disneyland Paris — ¦ fTiotl i:aU CHAMP LA! Sfe A a"; : totalisent 349 783 chambres.Accor représente à lui seul 79,8 % de l’offre.Les dix premiers mondiaux 1- HFS (Days Inns, Ramada, Super 9 Motel, Howard Johnson, Travelodge), Etats-Unis, 5500 hôtels, 500 000 chambres.2- Holiday Inn Worlwide (Holiday Inn, Holiday Inn Express, Crown Piazza), Grande-Bretagne, 2 260 hôtels, 386 323 chambres.3- Choice Hotels International (Coqifort, Quality, Econolodge, Sleep Hotel), Etats-Unis, 3646 hôtels, 317 423 chambres.4- Accor (Novotel, Sofitel, Mercure, Motel 6, Formule 1, Ibis), France, 2465 hôtels, 279 145 chambres.5- Marriot International (Marriot Hptels, Courtyard, Residence Inn, Fairfield), Etats-Unis, 1081 hôtels, 218 303 chambres.6- UT Sheraton (Sheraton,,Sheraton Inn, Sheraton Luxury Collection), Etats-Unis, 430 hôtels, 134 435 chambres.7- Promus Corp.(Hampton Inps, Embassy Suites, Homewood Suites), Etats-Unis, 848 hôtels, 110 268 chambres., 8- Hilton Hotels corp.(Hilton Hotels), États-Unis, 247 hôtels, 101 174 chambres.9- Carlson Hospitality Worldwide (Radis- ARCHIVES LE DEVOIR Quelques-uns des grands groupes américains présents à Montréal.son Hotels, Country Inns and Suites), États-Unis, 434 hôtels, 90 515 chambres.10- Hyatt International (Grand Hyatt, Park Hyatt), États-Unis, 174 hôtels, 79 332 chambres.rentrée Ne manquez pas notre cahier spécial Le devoir VW7 publié le 16 août prochain! L E I) E V 0 I R .I, E M E It (' H E D I
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