Le devoir, 9 août 1997, Cahier A
LE DEVOIR V o i .I.X X X V I I I N * 17 !) M O N T I! K A I.I.15 S S .\ M K D I !) K T D I M A N C II K I O A O II T I !) !) I C A II I K II S I .07$ + t i’ s + t v g LE MONDE Le sprint des cent premiers jours de Tony Blair, page A 6 LES ARTS La «peinture-peinture» ÉCONOMIE Un dossier £j k 1 de Baie-Saint-Paul, sur les «malheurs» gjg j page B 1 de Montréal, page C 1 IKT *1 LIVRES Roger Grenier, le romancier de ta nostalgie, page D 1 PERSPECTIVES La liberté selon Howard Stern L’américanisation des ondes franchira un pas de plus en septembre lorsque la station de radio montréalaise CHOM-FM se branchera sur le morning mon Howard Stern, en direct de New York, chaque matin pendant quatre heures.La grande porte pour le champion de la vulgarité et de la pornographie de bas étage! La télé fait déjà une bonne place aux séries américaines, voilà que la radio montréalaise devient une des premières au Canada à accueillir un talk-show américain.Plusieurs radios canadiennes achètent des émissions américaines de musique mais très peu font appel à des animateurs américains pour les débats.Pour CHOM-FM, il s’agit de stopper la chute de l’écoute.Avec un maigre 7,8 % de part de marché, la station n’a plus rien à perdre.Elle tente de survivre en s’appuyant sur un homme qui, à 43 ans, est une machine à imprimer de l’argent.L’autobiographie d'Howard Stern, Private Parts, s’est vendue à deux millions d’exemplaires, et a été adaptée à l’écran.Pour justifier son incursion dans le pornographique de bas étage, CHOM-FM brandit bien haut la réputation d’ouverture et de tolérance des Montréalais.La station CHOM-FM invoque le caractère démocratique des Montréalais, ainsi que leur tradition radiophonique privilégiant la controverse, avec, notamment Gilles Proulx et André Arthur.Il n’est pas certain que ces deux grandes gueules soient des exemples de saine provocation.Il est encore moins certain que les auditeurs montréalais de CHOM-FM (65 % de francophones) aient besoin de ce réveil brutal, dès six heures le matin, grâce au satellite.Le «roi des médias» a commencé à sévir dans les années 80, à New York puis dans un nombre croissant de villes.Il est aujourd’hui entendu dans 40 localités américaines.Manifestement intelligent, il joue son personnage à fond, en misant sur le ras-le-bol de la rectitude politique.Ses fans sont surtout des adolescents et de jeunes adultes épatés p;ir le sans-gêne du momingman.Ce dernier ne recule devant aucune vulgarité.Imaginez le pire.Jean Du Berger, qui a publié un excellent ouvrage sur l’histoire de la radio à Québec, le voit comme le bouffon qui apparaît sporadiquement à travers l’histoire de l’Amérique du Nord, le «trickster».Peu importe que les propos de M.Stern soit racistes ou sexistes, ses pirouettes ont toujours raison, au nom de la liberté de parole, des protestations et accusations, même si, pour M.Du Berger, «le problème d’éthique est réel».La pédophilie, en images et en mots, est la seule zone de censure acceptée présentement, note-t-il.Personne ne veut jouer le vilain rôle de censeur.Surtout pas le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) qui, dans le cas de M.Stern, fera comme il a toujours fait, en examinant les plaintes qui lui seraient fournies à la suite de propos jugés abusifs.Aux Etats-Unis, l’organisme qui traite ce genre de plaintes, la Federal Communications Commission, a reçu des centaines de plaintes sur Stern au cours des 10 dernières années.La tempête s’est miraculeusement calmée lorsque le producteur de Stern, Infinity Broadcasting, a fait parvenir un don de 1,6 millions au Trésor américain.Il y a cependant un autre volet du cas Stern que le CRTC ne pourra esquiver: son origine américaine.Il en sera question très rapidement cet automne, puisque l’organisme vient de lancer un processus d’examen de «toutes les politiques et règlements relatifs à la radio».Une audience publique se tiendra à compter du premier décembre et la question du contenu canadien y sera âpre-ment débattue.In loi du CRTC prévoit qu’une radio FM commerciale comme CHOM-FM doit produire un tiers de ses émissions localement.De plus, son contenu musical doit être canadien à 30 %.Les règlements sont plus flous en ce qui touche les émissions non musicales.Mais le CRTC prévoit tout de même que les entreprises doivent utiliser le plus possible les ressources canadiennes.La radio québécoise et canadienne, à ses débuts, a apporté une voix différente à une société dont l’autorité émanait soit du père, soit du curé.Pour la première fois, les femmes entendaient les chanteuses françaises parler de leur légionnaire, de leur homme «qu’elles avaient dans la peau».Plusieurs d’entre elles ne s’étaient pas permises de penser à leur mari ou leur amant en ces termes.In radio d’ici a aussi contribué, à ses débuts, à donner à la société québécoise une vision nouvelle d’elle-même.Aujourd’hui, en important ici Howard Stern, CHOM-FM renfloue sans doute son compte en banque mais n’enrichit pas nécessairement la société québécoise.Paille des Pi v iè res ?•v M É T É 0 Montréal Québec Ensoleillé et chaud.Ensoleillé et chaud.Dimanche: Max: 28 Min: 15 passages naugeux Max: 30 Min: 18 Détails, page C 8 I N I) 15 X Agenda .B 7 Éditorial .A 8 Annonces .C 7 Livres ,.I) 1 les Arts .B 1 le monde .A G Avis publics.,.C H les sports.C 10 La Bourse .C 6 Montréal .A3 Economie .Cl Mots croisés .C8 www.ledevoir.com AUSTRAf.M !•! PRESSE CANADIENNE Prise de bec courtoise — à saveur constitutionnelle — hier après-midi entre les premiers ministres Lucien Bouchard et Brian Tobin, au moment où prenait fin la conférence de St.Andrews.Les premiers ministres hors Québec se rencontreront à l’automne Le tabou de l’unité nationale fera l’objet d’une «réunion informelle» «Il est préférable que je n'y sois pas», dit Bouchard MARIO CLOUTIER LE DEVOIR St.Andrews — Les premiers ministres hors Québec se réuniront de façon informelle d’ici quelques semaines afin de faire le point sur l’unité nationale, en tenant compte de l’opinion de Canadiens préalablement consultés.Le premier ministre du Québec ne sera pas présent à cette rencontre, pas plus que le chef de l'opposition officielle, le gouvernement fédéral ou des représentants des premières nations.«Ce n’est pas une conférence constitutionnelle complète, ni le début d’une industrie constitutionnelle, a expliqué l’hôte VOIR PAGE A 10: TABOU ¦ Lire aussi l’éditorial de Lise Bissonnette: Un acte manqué, page A 8 ¦ Les gros mots au répertoire de la presse du Roc, page A 4 Le chômage à son plus bas niveau depuis 1990 Le marché de l’emploi marque une pause SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR Le marché du travail au Canada a marqué une pause au cours du mois de juillet dernier, alors que le taux de chômage reculait de 0,1 % seulement, pour s’établir ainsi à 9 % contre 9,1 % au mois de juin.Au Québec, la marche de l’emploi a été inverse: le taux a progressé de 0,1 % pour se fixer à 11,3%.En données absolues, Statistique Canada a calculé que 15 000 emplois avaient été créés au cours de la période observée.Cette hausse du stock d’emplois disponibles fait suite à la progression marquée qui a distingué les quatre mois antérieurs à juillet.Au cours des quatre mois en question, on se souviendra que 222 000 postes avaient été créés.Tous ces chiffres combinés ont donc ramené le taux de chômage au Canada à 9 %, soit le niveau le plus bas depuis octobre 1990.Le taux enregistré en juin dernier, soit 9,1 %, constituait le niveau le plus bas depuis octobre 1995.Cela étant, l’évolution du marché du travail en juillet s’est singularisé, ainsi que l’a souligné Hélène Bégin, économiste au sein du Mouvement Desjardins, comme suit: l’addition des 15 000 emplois découle des gains imixirtants sur le front des postes à temps partiel (+ 93 900), «alors que les emplois à temps plein ont fortement recidé [- 78 600]».De fait, le nombre d’emplois à temps plein depuis février dernier a été de 157 000.Pour sa part, le fort déclin de l’emploi à temps partiel constaté au cours du mois de juin, soit VOIR PAGE A 10: CHÔMAGE L’argent pour Petitclerc GARY HERSHORN REUTERS CHANTAL PETITCLERC est arrivée deuxième hier à la course du 800 mètres en fauteuil roulant disputé à Athènes aux championnats mondiaux d’athlétisme.L’or est allé à l’Australienne Louise Savage.Lire nos informations, page C10.La chanson qui le déprime à coup sûr?Avec le temps Pour clôturer les FrancoFolies, un show célébrant les vingt ans de carrière et les «gros mots» de Paul Piché Il y a neuf jours, les FrancoFolies avaient eu la malheureuse idée de laisser Jean La-pointe s’organiser lui-même un party de famille à la salle Wilfrid-Pelletier, avec le fiston, la fille et le frérot légiste en vedette à ses côtés.Pour clore le festival sur un tout autre ton, Paul Piché s’est assuré que les copains seraient ce soir dans la salle et non sur scène avec lui pour célébrer ses vingt ans de carrière.LOUISE LEDUC LE DEVOIR Nous sommes là à implorer les Irlandais, les Palestiniens et les Israéliens, les Serbes et les Croates de se réconcilier.Ils ont pourtant à pardonner au clan adverse la mort d’un frère, d’une mère, d'un ami.Chez nous, tout ce qui est arrivé, ce sont de gros mots.Et nous ne devrions pas nous serrer la main?» Alors que Falardeau remonte à 1760 pour expliquer nos stigmates existentiels, Paul Piché résu- me banalement la situation: de simples gros mots! Cette analyse constitutionnelle en vaut bien d’autres et a surtout le mérite de la simplicité! C’était à la question: avez-vous déjà payé cher vos prises de position politiques ou sociales?In poignée de main à Jean-Louis Roux, pour un clin d’œil mémorable de fin de Bye Bye, lui valut, se souvient-il, la hargne de plusieurs souverainistes.Dans son franc-parler caractéristique, Paul Piché nous soumet son échelle de LES FRANCOFOLIES rentabilité des différentes causes qu’il a défen- VOIR PAGE A 10: PICHE ¦ Lire autres reportages sur les FrancoFolies, page A 5 ARCHIVES I.E DEVOIR Le Paul Piché d’un autre temps: «J'avais à la hase cette volonté de changer le monde.» TF lTFv'^j.I V l.K *08 mmm w • : w : r.w : f ^ i (&) .JV.NrJ i (O) oUq i i pjip .® l r* i ® i f , i.\ \ ® i r J ® i f «U mmmm mmiwi ^ : w : K' y»y à ,rx, , 7' ($)I*Lv>4SI(01 Si jeune et si vieux.Philippe A.Poloni est avant tout un artiste visuel, et cette passion pour l’art transpirait d’un bout à l’autre de son premier roman.Dans Olivo Oliva se côtoyaient harmonieusement les olives, l’histoire de la Sicile et celle d’un orphelin envoyé en Amérique, devenu tueur à gages et peintre à ses heures, qui part à la recherche de ses origines.Après ce premier succès, avant son prochain roman et entre deux installations, il a pris le temps de concocter cette nouvelle.PHILIPPE A.POLONI Tu sais que l’on peut tuer un arbre en lui injectant dans le tronc de l’eau bouillante?— Pas possible! fit Toni.—Je te le dis.Et tu sais quoi?—.Quoi?— Ecoute bien ça.A Rome, des pins parasols vieux de 1000 ans.— Mais comment sait-on qu’ils sont aussi vieux?— Parce qu’on a retrouvé ces mêmes arbres dans des tableaux, des fresques et des gravures représentant des paysages à différentes époques de l'histoire de Rome.Et certaines de ces œuvres datent d’aussi loin que le X' siècle.— Hein! Tu veux dire que les pins parasols qui décorent les collines de Rome, décorent aussi de magnifiques peintures et gravures! — C’est cela même! — Alors ces arbres font partie de l’histoire universelle de l’art! Jeune littérature — Pas vraiment puisqu’ils sont morts.Et tout récemment! — Comment morts?— On les a tués.— Qui?VOIR PAGE A 10: VIEUX 778313000696 A 2 I.Y.I) E V il I 11 , I.E S S A M E I) I il B T D I M A X ( Il E I •» A (I I' T I !» il LËS AC T U A11TES Étude du Bureau de la statistique du Québec Des chiffres inquiétants sur les effets du vieillissement de la population PAUL CAUCHON LE DEVOIR Une nouvelle étude du Bureau de la statistique du Québec (BSQ) présente des chiffres inquiétants sur les effets du vieillissement démographique.Ainsi, si les caractéristiques des programmes de sécurité sociale, d’éducation et de santé existant en 1991 étaient maintenues telles quelles, le BSQ estime que pour une personne qui sera sur le marché du travail entre 1991 et 2041, la hausse de la charge sociale découlant du vieillissement démographique atteindrait 72 %.Le BSQ a voulu établir des projections à long terme à partir des tendances actuelles.Ainsi, entre 1991 et 2041 le nombre de «dépendants démographiques», c’est-à-dire les 0-14 ans et les 65 ans et plus, s’accroîtra de 58 %.Pendant la même période, si on se fie aux actuels taux d’activité, le nombre d’inactifs de tous âges augmentera de 45%.Autrement dit, ceux qui travaillent devront payer beaucoup plus cher pour l’ensemble des programmes sociaux de toute la population.Autre donnée: le BSQ a développé une nouvel indicateur, le Bilan social des générations, qui représente la différence entre ce que recevra une génération au cours de sa vie et sa contribution au système social.Selon cet indicateur, les générations de 1966-1971 profiteraient d’un surplus important, c’est-à-dire qu’elles recevraient 39 % de plus de bénéfices que de contributions, alors que les générations nées après 2001 connaîtraient un déficit Ces données sont contenues dans une étude du BSQ intitulée «D'unegénération à l’autre: Evolution des conditions de vie», dont les points saillants étaient curieusement diffusés hier en fin d’après-midi alors qu’on ne pouvait plus rejoindre les responsables de l’étude.L’étude démontre également que le revenu des unités familiales s’améliore d’une génération à l’autre, sauf chez les jeunes.Les données du BSQ rendent également compte de façon saisissante de nouvelles tendances démographiques.Ainsi, en 2041, presque la moitié de la population du Québec serait quinquagénaire, selon les projections démographiques actuelles.L’âge médian de la population est passé de 21 ans en 1901 à 26 ans en 1971, puis à 36 ans en 1996.L’âge médian serait de 47 ans en 2041, et dans quelques dizaines d’années les septuagénaires seront plus nombreux que les jeunes bébés.Par ailleurs, l’étude démontre aussi que depuis des décennies le Québec a connu une forte mobilité sociale ascendante, conséquence entre autres de l’amélioration de l’éducation.Ainsi, 48,5 % des hommes ont maintenant un statut professionnel supérieur à celui occupé par leur père, mais cette mobilité est encore plus forte chez les femmes, alors que 58,8 % d’entre elles présentent une mobilité ascendante par rapport a leur père.Cette mobilité demeure toutefois de faible portée: le BSQ mesure la mobilité selon une échelle comportant six échelons, et dans la moitié des cas d’ascension on ne dépasse pas un ou deux échelons.Autre donnée intéressante, qui confirme cette fois-ci la chute du mariage et la popularité des unions de fait: la moitié des enfants qui viennent au monde ont maintenant une mère qui n’est pas mariée légalement, alors que cette proportion n’était que de 3 % dans les années 50 %.Par contre, la proportion de naissances de père inconnu ou non déclaré se maintient de façon stable autour de 4 ou 5 % depuis une vingtaine d’années.Evidemment la taille des familles a considérablement diminué, puisque près de 40 % des bébés avaient au moins trois frères ou sœurs au début des années 60, une proportion qui n’est que de 4 ou 5 % depuis la fin des années 70.EN BREF Le petit-fils de Malcolm X sera interné Yonkers, État de New York (AP) -Le petit-fils du leader noir américain Malcolm X, 12 ans, a été condamné Vendredi par un juge pour enfants de l’Etat de New-York à un minimum de 18 mois d’internement dans un Centre de jeunes détenus pour avoir brûlé vive sa grand-mère Betty Sha- bazz le 1" juin dernier.Brûlée à 80 %, la veuve de Malcolm X est morte le 23 juin après avoir subi une série d’opérations très pénibles.Malcolm Shabazz, qui avait plaidé coupable, vivait avec sa grand-mère dans un appartement de la banlieue de New York.Selon l’accusation, il a aspergé sa grand-mère d’essence puis mis le feu pour retrouver sa mère.Une psychologue a affirmé devant la cour que le jeune garçon souffre de «schizophrénie de type paranoïaque».TAPIS »! AUDE BOUC M U R - A - M U R & CARPETTES SOLDE ESTIVAL 1/2 PRIX Tapis chinois Tapis oriental Tapis moderne Tapis de soie (V Salle de montre 1090 av.Laurier O.Outremont 274-1090 mat» LlP'V-—, _ _ La passion ’ cédure parlementaire désespérante de lenteur ou bien si celle-ci aura raison du plü'é' audacieux programme de réformes qu’djt; connu la Grande-Bretagne depuis long-' temps.Des soldats italiens ont torturé des Somaliens Des actes individuels, déclare une commission d’enquête nui AGENCE FRANCE-PRESSE Rome — Des «cas de torture avérés» ont été commis par des soldats italiens en Somalie pendant l’opération «Restore Hope» des Nations unies en 1993-1994 mais sont restés isolés, selon les conclusions de la Commission officielle d’enquête publiées hier.La commission absout la hiérarchie militaire en précisant que ces cas de torture ont toujours été le fait «d’actes individuels» connus uniquement d’officiers subalternes mais pas du commandement supérieur, a indiqué le président de la commission Etto-re Gallo au cours d’une conférence de presse.Ces actes se sont «limités au niveau de la troupe, avec la tolérance et parfois la participation active ou passive de sous-officiers ou officiers subalternes», ajoute la commission.Selon le président de la commission ces actes «de barbarie» sont explicables par le «niveau culturel insuffisant des soldats» et la tolérance à de tels actes de sous-officiers.La commission d’enquête a été mise en place par le gouvernement italien le 16 juin après des révélations de cas de tortures faites par la presse italienne.Des photos montrant des parachutistes italiens torturant avec des fils électriques un prisonnier somalien dénué et à terre, ou le viol d’une jeune somalienne attachée à un char, avaient notamment été publiées.Le soldat impliqué dans un de ces épisodes a nié avoir utilisé les électrodes mais a été «nettement contredit» par l’ex-paraehu-tiste auteur des photos selon lequel le corps prisonnier a fait un bond de 20 cm sous le choc électrique, selon l’enquête.Concernant la jeune Somalienne violée la commission a confirmé par divers témoi- gnages ce «jeu atroce contre une prostituée».Les enquêteurs indiquent par ailleurs «il ’avoir trouvé aucun élément objectif corroborant l’accusation de viol et de meurtre contre un adolescent de 13 ans en 1994 portée à l’encontre d’un haut officier italien par un ancien interprète du contingent italien.Présidée par Ettore Gallo, résistant et ancien président du Conseil constitutionnel, la commission est composée de cinq membres dont deux représentants de l’armée, les généraux Antonio Tambuzzo et Cesare Vitale ainsi que de Tina Anselmi, ex-ministre de la Santé et du Travail et Tul-lia Zevi, présidente de l’Union de la Communauté juive italienne.La commission qui remis hier au président du Conseil Romano Prodi a procédé à 145 auditions de protagonistes et de témoins, recueillis notamment en Somalie.Les révélations des tortures mettant eti cause la fameuse unité d’élite de l’armée italienne «Folgore» (la foudre) avaient sou-; levé une forte émotion en Italie.Les deux commandants de l’opération de l’ONU, leà généraux Bruno Loi et Carmine Fiorej s’étaient démis de leurs fonctions.Outre l'enquête de la commission une enquête interne à l’armée et une autre judiciaire pour le compte du tribunal militaire sont encore en cours.Des membres d”autres continents, notamment les Canadiens et les Belges ont aussi été convaincus d’actes de tortures pendant la mission Restore Hope.Outre l’Albanie où 2500 soldats italiens ont été déployés dans le cadre d’une Force-multinationale de protection, les forces italiennes ont été sur le terrain au Liban (1982-' 84), au Kurdistan (1991), en Somalie de 19Ô2 à 1994 puis en 1995, en Bosnie (1995-1996).' I commence par soi-meme ACURA 3.5RL Location Financement à l'achat Transport et préparation inclus vision qui inspire un élan de passion, acura ‘Tarif mensuel de location-bail d'une durée de 48 mois, établis pour la 3,5RL, modèle KA9()5V (total des paiements 28 704$) Un acompte de 5 500$, un dépôt de sécurité et un premier versement sont requis.Allocation de 24 000 km par année (Irais de 0,10$ par km supplémentaire).Taxes, frais d'immatriculation et assurances en sus.À la fin du bail, vous pouvez retourner le véhicule au concessionnaire ou l'acheter pour la valeur résiduelle prédéterminée.Garantie Acura limitée de 5 ans/100 000 km.Assistance routière Acura.Les deux premiers services d'entretien (pièces en sus) sont compris dans le prix de location-bail de l'Acura 3,SRI.Offre disponible seulement pur l’entremise de Honda Cumula Finance Inc.Sujet à l'approbation du crédit._______________________ ACURA LES CONCESSIONNAIRES FIABLES __________________________________ ACURA BROSSARD 9100, boul.Taschereau, Brassard.659-1616 LES GALERIES ACURA 7100, boul.Métropolitain Est, Anjou.354-8811 ACURA PLUS 255, boul.de la Seigneurie, Blainvllle.435-4455 LUCtAIMI ACURA 4040, rue Jean Talon O., Montréal.340-1344 ACURA GABRIEL 4648, boul.St-Jeçn, Dollard-des-Onueaux.696-7777 54988981^541 A 8 L !•: I) K V 0 I It .I.K S S A M V.I) I !l V.T 1) I M A N (’ Il V.I (I A 0 U T 1 !» » ÉDITORIAL Un acte manqué Lise Bissonnette Plutôt que de saisir une occasion aussi dorée que peu coûteuse de faire montre de souplesse et même de désarçonner un peu les souverainistes québécois, les premiers ministres des provinces autres que le Québec se lancent dans la réinvention de la roue déjantée dont ils espèrent encore qu’elle les mènera à «l’unité canadienne».Cette plate conclusion de la conférence annuelle des premiers ministres des provinces, à St.Andrews, donne la mesure de leur désarroi.T out s’est joué autour du seul sujet de véritable importance inscrit à l’agenda de la conférence, les relations fédérales-provin-ciales en matière de politiques sociales.Depuis des temps immémoriaux, le Québec défend là-dessus la même position: en matière de santé, d’éducation, d’aide sociale, de services so- ciaux, de politique familiale, la souveraineté des provinces est constitutionnellement établie et le gouvernement fédéral, même quand il contribue par des paiements de transfert au financement de ces services, ne devrait pas pouvoir imposer quelque «norme» que ce soit.Longtemps, la position des provinces du Canada anglais a été exactement l’inverse; elles ont accepté parfois passivement et parfois avec enthousiasme que le «pouvoir de dépenser» du gouvernement fédéral, quand il s’exerçait dans des champs de leur compétence, soit assorti de conditions qui limitaient leur marge de manœuvre.Aujourd’hui, parce que les transferts fédéraux ont fondu et qu’ils ont absorbé la facture, plusieurs gouvernements provinciaux, et notamment les plus riches comme l’Ontario et l’Alberta, songent à redresser l’échine et à s’autonomiser.Ils devraient donc se rapprocher de la position québécoise.Mais paradoxalement, ils s’en éloignent, comme vient de l’illustrer le désaccord de St.Andrews.Le problème ne vient pas des objections du Québec, depuis longtemps connues, mais de la division entre les «neuf», entre les provinces les plus pauvres et les plus riches.Quand le gouvernement fédéral a brutalement réduit ses transferts et annoncé en 1995 qu’ils seraient fusionnés en un seul Transfert canadien en matière de santé et de programmes sociaux (TCSPS), les provinces les plus dépendantes de ces apports — notamment les provinces de l’Atlantique — ont craint d’être abandonnées à leur sort et ont obtenu l’assurance que les normes fédérales veilleraient à maintenir leurs systèmes sociaux à hauteur de ceux des provinces riches.En 1995, Ottawa prévoyait «négocier» ces normes renouvelées avec les provinces, en 1996 il n’en parlait déjà plus et ce sont les provinces riches, dès lors, qui ont commencé à craindre l’imposition unilatérale de normes fédérales.Si bien que le compromis entre riches et pauvres s’est traduit par la reconnaissance formelle d’un rôle du gouvernement fédéral dans la définition et même la mise en vigueur de «normes» dans des champs de compétence provinciale, à condition que les provinces y participent.Pour concrétiser ce que les riches toléraient et ce que les pauvres réclamaient, la réunion annuelle des premiers ministres des provinces, qui eut lieu à Jasper en 1996, a créé un obscur «conseil provincial-territorial» qui devait proposer un «rééquilibrage des pouvoirs» entre Ottawa et les provinces, définir les termes de «l’union sociale canadienne» et baliser le rôle fédéral.Le Québec s’est alors abstenu de participer à l’exercice parce qu’il lui semblait ouvrir la porte toute grande à un accroissement de l’ingérence d’Ottawa dans les affaires provinciales, plutôt qu’à sa limitation.Le scénario de St.Andrews, en 1997, se trouvait dès lors écrit, et il allait donner raison au Québec; la vingtaine de pages du communiqué final émis hier par les premiers ministres regorge d’invitations à Ottawa, non seulement pour que le gouvernement fédéral partage pleinement l’autorité des provinces sur leurs systèmes sociaux, mais pour qu’il prenne le leadership de nouvelles intrusions, qu’il s’agisse de programmes pour les jeunes contrevenants, d’adaptation de la main-d’œuvre, de politiques de l’enfance ou de programmes d’emploi pour les jeunes.Riches ou pauvres, après une année de travaux Les «neuf» ont raté une occasion en or d’illustrer la souplesse du fédéralisme.et de réflexion en «conseil», les provinces du Canada anglais semblent avoir convenu une fois pour toutes que «l’union sociale», en ce pays, ne doit plus s’empêtrer dans les vieilles balises constitutionnelles.Vision parfaitement légitime en soi, mais que le Québec ne saurait partager, même dans son camp fédéraliste (encore que les propos récents du chef du Parti libéral du Québec, Daniel Johnson, font naître le doute).Il aurait suffi, pour que le Québec sinon soit convaincu — ce qui était impossible — mais du moins soit empêché de protester trop fort, que ce compromis prévoie, pour toute province qui le désire, un droit de retrait avec pleine compensation financière, donc sans condition.Les provinces du Canada anglais auraient pu inviter le gouvernement fédéral à les encadrer un peu, beaucoup ou passionnément, selon leur vœu, et le Québec se se rait «distingué» en se retirant, sans que cela entraîne de catastrophe.Les premiers ministres auraient pu ainsi démontrer aux Canadiens que «l’asymétrie» — seule façon, s’il en reste une, de venir à bout du mal canadien — n’est pas mortelle.Mais les homologues de M.Bouchard ont refusé d’appuyer pleinement ce droit de retrait, sauf à titre «d’option» à soumettre respectueusement à Ottawa, qui aurait évidemment pu l’écarter aussitôt.Leur attitude est d’autant plus étonnante qu’en 1981, lors d’une rencontre semblable à laquelle participait aussi un premier ministre «séparatiste», René Lévesque, les provinces avaient reconnu ce droit de retrait que M.Trudeau, ennemi juré des statuts particuliers, avait plus tard réussi à expulser de l’entente constitutionnelle de 1982, conclue sans le Québec.Pourquoi les provinces se raidissent-elles aujourd’hui, alors que tant de leurs premiers ministres prétendent avoir compris les leçons de 1981-82?Il est vraisemblable que les dernières années de débat constitutionnel ont ancré de façon irréversible, dans le béton, la notion de «l’égalité des provinces» et la crainte de tout ce qui ressemble à une différence réelle.Quand les Ralph Klein, Roy Ro-manow ou Mike Harris se rallient au concept de société «distincte» ou désormais «unique», qu’ils abhorraient il y a peu, ils expliquent bien à leur électorat que le terme n’aura aucune résonance concrète, qu’il ne s’agit que d’un constat sociologique, linguistique et culturel, qui n’aura aucune répercussion proprement politique quant aux «pouvoirs» du Québec.Dans ces conditions, ils ne pouvaient, à St.Andrews, donner raison à M.Bouchard sans encourir l’anathème d’une nouvelle génération d’analystes influents qui, de Toronto à Vancouver en passant par Ottawa, voient le moindre sursaut de «différence» québécoise comme une atteinte à l’intégrité de leur indivisible pays.Au geste d’apaisement, les «neuf» ont donc préféré, en s’excusant presque, se donner un autre de ces illusoires rendez-vous dans la brume où ils discuteront, entre eux et sans invité fédéral, non pas du fond de la question constitutionnelle mais du «processus» qui pourrait amener une nouvelle série de pourparlers.Retour à la désespérante case départ, pour avoir l’air et le mérite de bouger, tout au moins.Il était sidérant et plutôt triste, hier, d’entendre un vétéran comme Roy Romanow et un néophyte comme Mike Harris, affirmer en chœur qu’ils reprendraient la voie constitutionnelle à regret, qu’ils étaient convaincus de la possibilité de réformer le Canada par des arrangements ad hoc au fur et à mesure que se présentent les problèmes, avec «pragmatisme».C’était, évidemment, ce à quoi ils venaient tout juste de se dérober.Leur acte manqué pourrait au moins devenir un beau sujet de réflexion pour la «réunion informelle» , sans date et sans agenda, où ils entendent remonter en galère constitutionnelle sans savoir où aller.LETT IL E S Une tremblotante république La solution naturiste À titre de citoyen québécois, je suis consterné de constater combien la France s’est laissé imposer les desiderata du Canada eu égard à l’intention de celle-ci de commémorer, par l’émission d’un timbre postal, la visite on ne saurait plus historique du général de Gaulle au Québec, il y a 30 ans.La France, avec ses sœurs belge et suisse, piétine déjà de plus en plus, et hardiment encore, sa propre îangue.Or, elle se plie désormais aisément au)ç requêtes les plus triviales d’un Etat étranger — d’ascendance britannique comme par surcroît.Le Grand Charles ne serait vraiment pas fier de cette tremblotante république.Jean-Luc Gouin Lac Beauport, 28 juillet 1997 En ce qui concerne les récents événements survenus aux abords de la plage naturiste d’Oka, une chose est étonnante.L’intervention policière s’appuie non pas sur une décision du procureur général et ministre de la Justice, mais sur un avis juridique du «substitut du procureur général adjoint» du district judiciaire de Terrebonne, François Brière, qui mêle deux articles bien distincts du Code criminel: celui qui concerne les actes indécents et celui qui porte sur la simple nudité (173 et 174).Si l’on peut saluer l’intervention efficace de la police pour contrer des comportements indésirables dans les bois qui longent la plage naturiste, on peut aussi se demander s’il n’est pas exagéré de recourir au Service du crime organisé de la SQ contre de paisibles citoyens qui prennent soin de s’éloigner de la partie «textile» pour éviter de choquer, qui prennent calmement du soleil et qui nettoient quotidiennement leur bout de plage depuis plus de 40 ans.Pour «régler» la question de la nudité, prenons plutôt exemple sur la plage naturiste publique de Vancouver, Wreck Beach, havre de paix où les usagers et les autorités policières coopèrent harmonieusement dans le respect des autres et de l’environnement.Une simple affiche désignant et délimitant la section traditionnellement naturiste de la plage d’Oka s’avérera la seule solution durable convoitée par toutes les parties.Espérons que Paul Bégin fera triompher le bon sens, en accord avec la directive NUD-1 du ministère de la Justice qui, depuis 1987, a permis qu’aucune accusation ne soit portée, au Québec, en rapport avec la pratique naturiste sur des lieux appropriés, comme l’est la plage d’Oka.Michel Vais Fondateur, Fédération québécoise de naturisme Outremont, 4 août 1997 une réunion x>ti «Premiers* ÎUR LüN'iTê NATiONAUf.TÆnMÉ T>oUAW>* WfC Câmt£'fr« cm n £ f; c % %* * ^/W/t>T+t Manning, Stornoway, le français et l’aile.n ne l’a pas vu beaucoup 0 depuis deux mois, heureusement, mais ce n’est que partie remise.Dès après la fête du Travail, il faudra s’y ==U faire.Non seulement s’installera-t-il à Stornoway — ainsi qu’il avait promis qu’il ne le ferait jamais — mais il tentera de parler en français — contrairement à sa prétention récente que «l’autre langue officielle» n’était pas essentielle à un chef de parti fédéral — et il laissera son parti s’implanter dans les provinces, contrairement à ce qu’il disait encore la saison précédente.De qui s’agit-il?De l’honorable chef de l’opposition officielle à la Chambre des communes, déjà surnommé le plus important vire-capot de la politique canadienne, au cours de cette décennie.On connaissait depuis juin la décision de Preston et Sandra Manning de prendre possesion, finalement, de la résidence officielle du chef de la loyale opposition de sa majesté, dans le chic quartier (Rockliffe) des ambassades.Ce sont les pressions populaires, disait le chef réformiste de Calgary, qui ont vaincu sa résistance à se loger avec l’establishment.11 n’avait pas évalué à sa juste mesure la force symbolique, pour les Canadiens, de la résidence de 34 pièces et de 9000 pieds carrés qu’il voulait transformer en bingo hall, dont les profits allégeraient des finances publiques amochées.Ce qu’on savait moins, c’est que ce casuel, le plus important revenant-bon de la fonction, a un prix.Fort élevé.En effet, avant même que le couple Manning ne s’installe à Stornoway — inhabité depuis le départ du couple Chrétien en 1993 —, il en aura coûté 68 000 $ pour le réaménager quelque peu.Ce qui, assure-t-on, est trois fois rien dans ce quartier où les arrivants se mettent en frais pour être à la hauteur du voisinage.Mais ce n’est pas tout.Au bas mot, le coût annuel d’occupation est de 70 000 De plus, pour l’intendance de la maison, M.Manning a droit à un personnel Gilles Lesage ?Mieux ou pire encore, étant donné que l’immeuble est vétuste et a besoin de travaux majeurs, 260 000 $ supplémentaires seront requis.Aux frais de sa majesté, évidemment.M.Manning voulait qu’on le prenne au sérieux quand il prêchait i’austérité, refusait la vieille bagnole de Mme McLaughlin, se logeait modestement dans une chambre d’hôtel.Comment pourra-t-il continuer de dénoncer le gouvernement et de vitupérer contre le gaspillage endémique, maintenant qu’il s’installe dans une luxueuse résidence de deux millions?C’est lui qui a gagné, entre une promesse électorale et la pression (?) des réformistes, le gros lot.du bingo.Et si scandale il y a, c’est lui, et lui seul, qui l’a créé.Deuxième revirement, moins spectaculaire et plus aléatoire: M.Manning est présentement caché quelque part au Qijébec pour apprendre le français.Où?A Saint-Jean, croit-on généralement, où l’ancien collège militaire a accueilli plusieurs sommités en mal de bilinguisme officiel (dont Kim Campbell, au début de l’été 1993).A moins que ce ne soit à Sherbrooke, ou à Jonquière.Toujours est-il que, tout comme pour Stornoway, le chef du Reform se met à adorer ce qu’il brûlait hier.Lui qui, durant la récente campagne, marquait au fer rouge les quatre chefs provenant du Québec — clouant au même pilori Jean Chrétien et Lucien Bouchard, Jean Charest et Gilles Du-ceppe — et contestait qu’il soit nécessaire pour un chef fédéral de parler français (ce qui est le cas depuis 30 ans), se met au dur apprentissage d’une langue que son perfectionnisme (sic) l’a em|)êché de maîtriser à ce jour.A 55 ans, en trois semaines — deux comme interne et une comme externe.—, le preacher de l’Alberta ]X‘Ut-il colmater une brèche dont il ne voyait pas la gravité, même après quatre ans à Ottawa?Peu probable, si brillant soit-il.Mais son objectif réel est peut-être de démontrer qu’il n’est pas aussi anti-Québec que ses discours et sa publicité permanent de quatre personnes, le démontraient, en anglais et en cou- leurs.Dure côte à remonter, à la vérité.D’autant que la ligne dure, le successeur de Michel Gauthier à la tête de l’opposition aux Communes ne la renie aucunement.Il la maintient, en fait, dans toute sa rigueur.A preuve, ses commentaires lors de la formation de sqn cabinet-fantôme, le mois dernier.A preuve, aussi, sa récente lettre aux premiers ministres des provinces, réunis à St.Andrews.En somme, il reprend ses propos et engagements de la campagne électorale, visant notamment à rééquilibrer les pouvoirs entre Ottawa et les provinces — accordant à ces dernières plus de pouvoirs en matière de santé, de services sociaux et d’éducation — et à reconnaître légalité des citoyens et des provinces.Si les Québécois veulent voter pour le OUI, ils doivent en savoir à l’avance les conséquences désastreuses.Et si le Québec est distinct ou unique, toutes les provinces le sont également.Ç.Q.F.D.La belle affaire! A cet égard, nihil novi sub sole.Là où M.Manning ajuste son tir, par contre — troisième virage majeur en deux mois —, c’est au sujet de partis politiques provinciaux sous la bannière du Reform.Il n’y en a qu’un seul présentement, en Colombie-Britannique.A ce jour, le chef populiste s’opposait à ce qu’il y ait de telles succursales, ou «branches», de son mouvement.Mais il y a des pressions pour que le Reform, parti de droite, s’implante en Saskatchewan fie Reform y envoie huit députés à Ottawa) et prenne vite la relève du Parti conservateur, fort amoché par les scandales en cascades de l’ancien gouvernement Devine.Même au Manitoba, le Reform présente un candidat dans une élection partielle.M.Manning prétendait que seul un parti fédéral, sans ailes provinciales, restant résolument neutre et non partisan, pouvait mieux discuter avec les provinces.Mais sa «croisade» n’avait pas de porleétendard à St.Andrews.lit aussi, comme pour Stornoway, le chef de l’opposition amorce des manoeuvres d’atterrissage.Décidément, il faudra le surveiller, ce preacher qui se voit déjà en haut de l’affiche, premier ministre en attente.Le pouvoir, après combien de virages en épingle?A P R, 0 F 0 S -?- .de l’industrie québécoise de l’environnement (2) L’industrie québécoise de l’environnement connaît aujourd’hui une décroissance qui contraste avec les espoirs qu’elle suscitait au début des années 90, tant en terme de développement économique et technologique que sur le plan des emplois.On estime qu’elle est passée de 900 à 750 entreprises entre 1993 et 1997.Le chiffre d’affaires global et les emplois de l’industrie ont connu une baisse évaluée à 27 % durant la même période! Plusieurs raisons expliquent cette décroissance du marché: les mégaprojets sont à toute fin pratique derrière nous; la morosité économique ambiante perdure; les compressions sont nombreuses chez les gros donneurs d’ouvrage (fédéral, provincial et parapublic); dans LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI B 0 II R A S S A LE 10 A N V I E R 19 10 Directrice LISE BISSONNETTE Rédacteur en chef BERNARD DESCÔTEAUX Vice-président, finances et administration FRANÇOIS T 11 0IIIN Directeur de l’information CLAUDE BEAUREGARD Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, GUY f AI L L E F E R, NORMAND Rédacteurs en cher adjoints JEAN-ROBERT SANSFAÇ0N, ROLAND YVES CA RI G Directrice, ventes et marketing MARTINE DURÉ 2050, rue de BI e u ry, 0* c tago, Montréal (Québec) Il 3 A 3M9.Té 1.: (514) 985 FAIS CE QUE DOIS THERIAULT NAN 3 3 3 3 I ¦ l’opinion publique, les préoccupations environnementales s’effritent au profit d’autres thèmes tels que l’emploi et la lutte au déficit; l’incertitude sur l'évolution des réglementations bloque les projets, les promoteurs ne sachant s’ils doivent s’accorder à la réglementation actuelle ou à celle qui verra peut-être le jour.Les nombreux reports d’application des modifications aux règlements amplifient également ce phénomène; la stagnation, voire le recul des investissements affecte l’ensemble de l'économie du Québec.Mémoire sur la déréglementation présenté par La Grappe de développement des industries de l’environnement, juin 1993. I.K I» K V (I I li .I.i; S S A M K I) I !l K I I) I M A \ ( Il Y.I II A II I I I II II IDEES La déréglementation de l’énergie est un vol André Caillé est très clair: plus question pour Hydro de «redistribuer la richesse» 1 HWisin.'*• mm .5*" Y.v-c .-1 /&&* ;VRR\iè« f ARCHIVES LE DEVOIR «Hydro-Québec pourrait devoir se fractionner en plusieurs corporations distinctes pour faire plaisir aux Américains, qui ne sont pas très chauds à l’idée de se faire concurrencer sur leur propre terrain par une firme étrangère.» MARTIN POIRIER Chercheur à la Chaire d’études socio-économiques de l’Université du Québec à Montréal epuis le 1" mai, Hydro-Québec ne détient plus l’exclusivité de la vente et de l’achat en gros d’électricité au Québec.Nos politiciens ont décidé dans le plus grand secret d’abandonner ce monopole historique et de déréglementer le marché, à l’insu et au plus grand mépris de la population qui débattait publiquement des politiques énergétiques au même moment.Suite à cette concession aux Américains, la facture sera fort coûteuse pour le citoyen québécois.Si les Etats-Unis ont déréglementé leur marché ces dernières années, c’est parce .que le coût de l’électricité variait énormément d’un Etat à un autre (5C à 15C le KWh).Les Etats où l’électricité était la plus chère, comme la Californie, ont simplement réagi aux doléances des grandes entreprises qui menaçaient de déménager ailleurs.Ce sont ces états qui ont d’abord poussé la déréglementation, pour pouvoir profiter de l’électricité moins chère des états voisins.Ce n’est pas le secteur résidentiel, mais la grande entreprise, qui a profité de ces politiques.Aux États-Unis, le prix de revient moyen du KWh avoisine 4.5C, mais certains très gros utilisateurs le paient moins de 2C.A l’inverse, la facture des particuliers peut atteindre HiC en période de forte demande.Autre exemple : en mars 1997, la Consolidated Edison Company a réduit ses tarifs de 25 % pour les grands consommateurs industriels, alors que la baisse n’a été que de 3.3 % pour le secteur résidentiel et les petites entreprises.Le Québec connaissait le même problème que les États-Unis il y a un demi-siècle.L’électricité vendue par les entreprises privées était dispendieuse, et les tarifs variaient beaucoup d’une région à l’autre., Le Québec a répondu à ce problème en nationalisant et fusionnant les entreprises privées d’électricité pour créer Hydro-Québec, puis en appliquant une politique de tarifs uniformes à toutes les régions.Les résultats ont été plus que satisfaisants: l’électricité du Québec est une des moins chères en Amérique du Nord, et tous les clients résidentiels d’Hy-dro, quelle que soit leur localisation, ont droit au même tarif.Ia*s États-Unis ont apporté une solution américaine au problème de la disparité des tarifs, nous y avons apporté une solution québécoise.Quelle serait l’avantage pour le Québec d’ouvrir son marché de l’énergie, sinon de faire profiter aux Américains de nos tarifs avantageux et de nos faibles coûts de production?Les grands perdants: les consommateurs Qui profitera de la déréglementation de l’énergie?Comme dans tout processus de déréglementation, il y aura des gagnants et des perdants.L’expérience de la téléphonie est à cet effet fort révélatrice.En 1992, le CRTC a ouvert la voie à la concurrence dans les interurbains, la vache à lait qui aide à financer le service local.Depuis, de nombreuses entreprises, principalement américaines (dont Sprint et AT&T), se sont lancées à la conquête de ce lucratif marché.De 1985 à 1995, le prix des interurbains a diminué de 50 %, malgré une inflation de 39 % durant la même période.Évidemment, cette nouvelle concurrence a fait fondre les revenus de l’interurbain chez Bell Canada et autres monopoles du téléphone.En deux ans seulement, les revenus d’interurbains de Bell ont chuté de 12 %, passant de 3.7 milliards $ à 3.3 milliards $.Durant ces deux années, Bell a perdu 4 500 emplois, au profit des compagnies américaines.Les compagnies qui fournissent le service local ont fait pression pour obtenir du CRTC l’extension de la concurrence au service local, puisqu’elles assumaient seules les coûts du local alors que tous avaient accès au marché des interurbains.Bell estime que suite à la concurrence dans le service local, le coût pour le consommateur augmentera de 70 %.Les grands gagnants de cette nouvelle concurrence sont les entreprises et les mieux nantis, qui utilisent largement les services interurbains, alors que tous les consommateurs, y compris les plus démunis, feront les frais de cette politique.Le CRTC et Bell Canada sont tout à fait conscients qu’une telle hausse de prix du service local risque d’amener une baisse de l’accessibilité à ce service essentiel.Bell a d’ailleurs proposé au CRTC de subventionner les plus démunis pour garantir l’accessibilité, proposition qui a été catégoriquement refusée par le CRTC.Nous avons la preuve, avec la téléphonie, que la concurrence n’amène pas toujours une baisse des prix.Le même phénomène va se reproduire avec la déréglementation de l’énergie.Jusqu’à tout récemment, Hydro-Québec était une immense .coopérative administrée par l’État et dont chaque Québécois était sociétaire.La rente hydraulique et le rendement sur le capital d’Hydro étaient redistribués à l’ensemble des consommateurs du résidentiel sous forme de tarifs d’électricité avantageux et de redevances gouverne- mentales.Le nouveau PDG d’Hydro-Québec, André Caillé, a été très clair sur le sujet: plus question pour Hydro de «redistribuer la richesse», selon ses propres dires.Le prix chargé aux Québécois pour leur électricité, ce sera dorénavant le «prix du marché».Et les économistes s’entendent, ce prix devrait être environ 50 % plus élevé que le prix actuel, dont 20 % en raison de l’interfinanccment.L’irréalisme des ambitions d’Hydro-Québec Dans sa mégalomanie, M.Caillé nous fait miroiter* 1 un marché de 200 milliards de dollars.11 oublie sciemment di' nous dire qu’Hydro-Québec n’aura accès, en réalité, qu’à une petite partie de ce marché, soit la ré^ gion du nord-est américain.L’électricité qui transite occasionne des coûts iiài portants (frais de transit exigés par les réseaux, et perles d’énergie), et Hydro-Québec ne pourrait espérer vendre de l’électricité à la Californie ou à la Floride: cette électricité ne serait tout simplement pas concurrentielle.Le marché du nord-est américain représente 20 milliards de dollars, et la part de marché d’Hydro- Québec ne pom rail excéder 20 %, en raison des limites de la EERC (l'organisme américain de réglementation de l'énergie) On ne p.u K donc plus de 200 milliards, mais de seuJ lenient de quatre milliards.Faut-il bouleverser l'industrie québécoise de l’énergie et la placer sous tutelle américaine poui un si petit marché?Reste l’option, pour qu’Hydro-Québec prenne vraiment de l’expansion, d’acquérir des compagnies américaines.Cette possibilité est toutefois hautement irréaliste parce que dans sa loi me actuelle, Hydro-Québec est déjà trop grosse au goût des américains.Ainsi, la FERC a récemment exigé qu’Hydro-Québec fasse la preuve qu’elle n'aura pas un poids trop déterminant sur le marché qu’elle compte desservir.En gros, Hydro-Québec pourrait devoir se fractionner en plusieurs corporations distinctes pour faire plaisir aux Américains, qui ne sont pas très chauds à l’idée de se faire concurrencer sur leur propre terrain par une firme étrangère.Cette nouvelle demande survient après qu’Hydro-Québec ait accepté de créer une division autonome pour ses activités de transport d’électricité.Un empire Hydro-Québécois en terre d’Amérique?Oubliez ça: la FERC fera tout pour bloquer les ambitions des Caillé et cie.Requiem pour une réussite collective L’actuelle politique du gouvernement péquiste n’augure rien de bon: après le virage commercial d’Hydro-.Québec,viendra le démantèlement progressif de la société d’Etat.Production de plus en plus privée, séparation des activités, sous-traitance et réduction de la main-d’œuvre, soumission d’Hydro-Québec aux politiques de la FERC américaine.Hydro-Québec cessera d’être l’outil de développement économique et de répartition de la richesse comme c’est le cas depuis sa création, et lorsque sa mission sera vraiment vide dé sens, il ne restera plus qu’à privatiser le tout.Faut-il rappeler à nos fossoyeurs-politiciens qu’il a fallu deux nationalisations, une élection référendaire, d’ardues négociations avec le secteur privé et de multiples réalisations techniques pour créer l’Hydro-Quéj bec d’aujourd’hui?C'est un immense travail collectif qui a duré un demi- siècle que messieurs Bouchard, Chevrette et Caillé voudraient remettre en question irrémédiablement sans aucun mandat de la population.Faut-il rappeler à nos fossoyeurs-politiciens qu’il a fallu deux nationalisations, une élection référendaire, d’ardues négociations avec le secteur privé et de multiples réalisations techniques pour créer l’Hydro-Québec d’aujourd’hui?Politique familiale et sécurité du revenu à l’aube de l’an 2000 Comment amenuiser l’ostracisme social des femmes pauvres?ARCHIVES LE DEVOIR Eviter le discours isolationniste qui prend les mères de familles monoparentales pour cible.» « ïika'ïc Second de deux articles FRANCINE OESCARRIES Professeure, Département de sociologie, UQAM CHRISTINE CORBE1L Professeure, Département de travail social, UQAM - our pallier le déclin de P l'emploi plusieurs groupes de femmes, s’inspirant d’une logique politique militante, proposent par ________ailleurs de cesser de présenter le monde du travail comme la seule voie vers l’insertion sociale.Cet objectif est pertinent et de taille, ne serait-ce que pour résinier, sinon décentrer la valeur du «travail salarié» dans la construction des identités, et contester l’éeo-nomisation à outrance des rapports sociaux et la multiplication des conditions d’exclusion qui confrontent les plus démunis.Mais cette question se doit d’être soulevée globalement au nom de tous les groupes sociaux, et non à titre de palliatif ponctuel pour amenuiser l’ostracisme social qui frappe une catégorie spécifique de citoyennes, en l'occurrence les femmes pauvres, et en particulier les jeunes mères de familles mono parentales.Deux interrogations résument bien nos inquiétudes face à la tangente que prend la discussion.Sommes-nous en train de céder fiux pressions de la crise de l’emploi et de l’employabilité en acceptant un repli sur le foyer pour les femmes les moins bien nanties?Sommes-nous en train, pour marquer notre résistance face à l’idéologie du «workfare», de faire le deuil de la revendication féministe à une autonomie financière?On sait que la participation à des programmes d’employabilité peut constituer un facteur de déstabilisation pour les jeunes mères monopa-i filiales qui se voient alors confrontées leurs limites personnelles et professionnelles.C’est pourquoi tous s’accordent pour réclamer que soient accordées à ces femmes, qui portent seules le poids des responsabilités familiales, des conditions structurelles et financières particulières pour les soutenir dans le processus.I-e consensus s’effrite cependant dès lors qu’il s’agit de se prononcer sur la trajectoire d'insertion la plus avantageuse pour elles.Deux positions dominent: la première justifie le maintien du retrait des mères seules du marché de l’emploi en s’appuyant tantôt sur des arguments traditionnels, tantôt sur une interpellation progressiste du sens du travail salarié; la seconde, plus pragmatique, préconise leur réinsertion la plus rapide possible sur le marché du travail.Dans la foulée de la première, des groupes de femmes s’insurgent contre l’obligation qui sera faite aux mères monoparentales de s’inscrire dans un parcours d’insertion, dès que l’enfant aura atteint l’âge de deux ans, en s’appuyant sur le principe du libre choix.En fait, il est manifeste ici que l'intention est de prendre en compte la spécificité de la situation des mères seules bénéficiaires de l’aide sociale à la lumière de leurs besoins spécifiques et de* limites des expériena d’employabilité déjà n nées.Cela dit.comment pas voir l’aspect paradoxal d’une telle position, étant donné que le travail domestique est non seulement une activité gratuite à «reconnaître» autrement, mais encore un mode d’organisation définissant la place des femmes dans la société.Pour leur part, ceux et celles qui optent pour une insertion plus rapide des mères de familles monoparentales au marché du travail s’appuient sur quatre constats abondamment documentés, à savoir: ¦ les maigres ressources financières allouées par l’Aide sociale ne peuvent être considérées comme une reconnaissance du travail domestique accompli par les femmes.Elles constituent, au mieux, une allocation de dernier recours qui ne permet ni de sortir de la pauvreté ni d'atteindre à l’autonomie; ¦le potentiel d’employabilité et de réintégration professionnelle est inversement proportionnel à la durée de l’absence du marché du travail; ¦ la pauvreté représente à la fois une barrière à la réinsertion profes- sionnelle et un obstacle à l'exercice des responsabilités parentales; ¦sachant que les mères de familles monoparentales sont un des groupes sociaux les plus vulnérables, un éloignement prolongé du marché du travail risque encore plus de signifier, dans leur cas, une perte de confiance en leurs capacités, une détérioration de leur potentiel d’employabilité, mais surtout une exclusion permanente.Faisant nôtres ces observations, nous jugeons trop préjudiciables les effets d’une exclusion prolongée du marché de l’emploi pour que le mouvement des femmes atténue ou modifie sa revendication initiale pour le droit au travail et n’exige pas, en priorité, l’instauration de mesures d’équité pour tous les parents travailleurs.11 importe donc de dissocier la lutte pour l’obtention d’un revenu minimum décent, la revendication séculaire pour la reconnaissance du travail domestique et la remise en question du mythe de la libération par le travail salarié, de l’opposition à la prescription d'une obligation pour les mères monoparentales telle que prévue dans la réforme de la sécurité du revenu.11 apparaît, en effet, risqué de développer un discours isolationniste qui prend les mères monoparentales pour cible, ou d'opter pour des solutions au cas par cas et en regard de la seule sphère privée.Loin de nous l'idée d’envisager le travail salarié comme seul lieu de production des identités sociale;! ou de tenir pour résolu le problème de la reconnaissance du travail de reproduction sociale fourni par les femmes.Notre analyse nous amène plutôt à reconnaître que, jusqu’à preuve du contraire, l’obtention d'un emploi rémunéré demeure, malgré tout, la voie la plus réaliste et efficace pour s’extraire de l’extrême pauvreté et atteindre l’autonomie.En conséquence, il convient d’intensifier les pressions pour obtenir une meilleure adaptation de la culture organisationnelle aux réalités familiales et pour contrer les effets pervers inhérents à la précarité et à la discontinuité des trajectoires professionnelles féminines.A cette fin, il convient de briser la position de force qu’occupe la logique néolibérale dans les voies de solution proposées, de réaffirmer la responsabilité des employeurs et de l'Etat dans la recherche de solutions permanentes et collectives et de s’opposer, dans l’immédiat, au caractère régressif de toute mesure susceptible de représenter une désincitation à la participation des femmes à la main-d’œuvre active.Le travail domestique est une activité gratuite à «reconnaître» l.' É Q I! I I* E 1) U I) E VOIR L\ RÉDACTION Journalistes A l’information générale et métropolitaine : louis Lipicrrc (adjoint au directeur de l'information), Sylvain Blanchard, Paul Cauchon, Jean Chartier, Jean Dion.louis-Gilles Francœur, Kathleen Iovesque, Caroline Mont|x*tit, Brian Myles.Isabelle Paré, Clément Trudel, Serge Truffaut ; I )iane Brécourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques) ; Martin Duclos et Christine Dumazet (relecteurs) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau {photographes) ; à l'information culturelle : Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon, Pierre Cayouette, Paule des Rivières.Louise Leduc, Jean-Pierre I egault, Beuoll Manger, Odile Tremblay ; A l'information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information), Robert Dutrisac, Jean Pichette, Claude Turcotte ; A l'information internationale : Jocelyn Coulon (adjoint au directeur de l’infonnation), François Brousseau (éditorialiste), Claude Lé-vesque ; A l'information politique : Pierre O’Neill.Manon CornelUer (correspondante parlementaire à Ottawa), Mario Cloutier et Gilles Lesage (correspondants parlementaires à Quebec), Michel Venue (correspondant parlementaire et éditorialiste à Quebec) ; A l’information sportive : Yves d'Avignon ; Marie-Hélène Marie (secrétaire à la rédaction) : Isabelle Hachéy.Marie-Claude Petit (commis), Li documentation : Gilles Paré (directeur) ; Brigitte Arsenault, Manon Heroine.Serge Implante (Quebec), Rachel Rochefort (Ottawa) LA PUBLICITÉ KL IJ*.MARKFTING Martine Dube (directrice), Daniel Barbeau (directeur adjoint), Jacqueline Avril.Jean de Billy.Brigitte Cloutier.Gyslaine Côté.Marlène Côté, Christiane L’gaull.Jacques A.Nadeau.Guylaine Ouellet, Micheline Kuelland (publicitaires) ; Sylvie Liportc.Nathalie ljemicux, Claire Paquet.Pierrette Rousseau, Micheline Turgcon .Francine Ouellet (secretaire) L\ PRODUCTION Jocelyn Arsenault (directeur des approvisionnements, distribution et production), Marie-France Turgcon (responsable de la production), Claudine Bedard.Johanne Brunet, Danielle Can tara, Richard Des Cormiers, Marie-Josée Hudon.Sylvain UsaRc.Christian Vieil.Olivier Zuida.SERVICE À LA CLIENTÈLE Johanne Brien (responsable).Evelyne Uiboiilc (responsable a la prunwliun des abonnements).Manon Bluiielielte-Tureolle.Monique L'Heureux, lise Lieliaix lle, Kaelielle laden -Venue.L'ADMINISTRATION Yves Houtliielte lcannait ni).Dany llépalie (adjointe à l'administration et responsable dis ressources humaines), Nicole Carmel (responsable des services comptables), Jeanne-d'Are Monde (seerélaire à la direction) ; Céline Furoy.Ghislaine Lit leur, Nathalie Perrier.Danielle Ponton, Danielle Ross IA FONDATION Dll DEVOIR Marcel Couture (president).Rouer Boisvert (vict-président executif et directeur général). A 10 I.E I) E V 0 I II .I.E S S A M E I) I !» E T I» I M A N C Il E I 0 A 0 II T I !» !» 7 -?LE DEVOIR «-—- ACTUALITES PICHÉ SUITE DE LA PAGE 1 dues.«La plus rentable de toutes, c’est la maladie.Tu ne te fais que des amis en devenant porte-parole du combat contre une maladie.L’environnement arrive en seconde place, mais pris dans un sens large.Déjà, à t'attaquer à un projet particulier, comme à Grande-Baleine par exemple, tu prends un risque.En troisième lieu, la souveraineté.Auprès des médias, ça te partage ton marché en deux.Enfin, la cause la plus nuisible à une carrière, ici: les Amérindiens.» C’était en 1990.Lors de la crise d’Oka, Paul Piché avait pris position pour les Mohawks.«Avant cette crise, la défense des Amérindiens au Québec était aussi bien vue que la nécessaire sauvegarde des bélugas.Cet été-là, tout a basctdé.En tant qu’artiste, jamais je ne me suis senti aussi seul.» Comme pour «son» affaire Jean-Louis Roux, Paul Piché a alors perdu quelques plumes.Dans les petits cocktails, certains se sont mis à le fuir et à le bouder.Mais voilà, vingt ans plus tard et la langue toujours aussi déliée, Paul Piché refuse de voir deux pôles à sa carrière.«Les médias séparent à tort mes chansons dites “politiques” de ces autres qui parlent de sentiments.Or, je ne sépare pas les deux.Je chante mes émotions, mes préoccupations, tout simplement, qu’elles soient politiques, sociales ou d’un tout autre ordre.Dans les familles aussi, on parle de politique et on s’emballe parfois.C’est la vie, ça aussi.» Changer le monde Comme bien d’autres, à ses débuts, Paul Piché voulait bien sûr révolutionner les choses.«J’avais à la base cette volonté de changer le monde, et de pleurer aussi parce que la tristesse est d’une telle beauté! Parfois, tu regardes la vie, tout te semble affreux, sauf cette tristesse, parce qu ’elle suscite tant de solidarité![.J Toutes mes chansons sont tournées vers un même objectif nommer les émotions, nommer la vie.» Triste, notre Piché maintenant dans la quarantaine?Oh que non! L’idée de cette fête organisée par les FrancoFo-ües lui a bien semblé un peu précoce au départ, mais loin de lui l’intention de laisser passer l’occasion de s’amuser ferme.«J’ai demandé aux organisateurs d’inviter des artistes de la relève: Eric Lapointe, Dédé Fortin, Claire Pelletier, plutôt que les Séguin et Rivard.Je ne voulais pas que ça tourne en un party de chums!» Chose amusante, Gregory Charles est aussi au nombre des convives.«Je trouve qu’il chante vraiment bien et je l’ai toujours trouvé intelligent et sympathique.J’aime aussi beaucoup les enfants et il va venir avec sa chorale de jeunes», continue Piché.Et le flambeau, qu’en fera-t-il, quand il sera essoufflé?«Je ne l’ai reçu de personne et je souhaite que personne n’ait à continuer à le brandir après moi.» LA FÊTE À PAUL PICHÉ Salle Wilfrid Pelletier 20h Notre petit questionnaire maison ¦ Quel objet ne vous quitte jamais?«Mon pic de guitare.» ¦ Que se passe-t-il après la mort?«La même chose qu’avant b vie.» ¦ Si vous n’étiez pas artistes?«J’enseignerais probablement.L’anthropologie.» ¦ La pire chanson que vous ayez jamais enregistrée?«Les bateaux.» ¦ Dernier disque acheté: «Bran Van.» ¦ La définition du bonheur «Sa quête.» ¦ La chanson qui vous déprime à coup sûr?«Avec le temps.» À LIRE LUNDI L’université sur Internet CHÔMAGE TABOU «Les carnets de commande des entreprises affichaient une solide progression de 2,4 % en mai SUITE DE LA PAGE 1 - 42 000, a été plus qu’effacé par la forte hausse de juillet.Qui plus est, le faible recul du chômage, a observé Lise Bastarache, économiste à la Banque Royale, est la combinaison d’une diminution du nombre de personnes à la recherche de travail et d’une hausse très peu marquée de la population active.De tous les secteurs d’activité économique, c’est le secteur manufacturier qui a le plus écopé à la suite de la pause de juillet.Selon Statistique Canada, le secteur manufacturier a perdu près de 14 000 postes.«Ce repli, a analysé l’économiste de Desjardins, devrait toutefois être temporaire puisque les récentes nouvelles du secteur manufacturier augurent bien pour la production au cours des prochains mois.» A ce propos, l'économiste de la Banque Royale a rappelé que l’un des indicateurs les plus encourageants pour les mois à venir est sans contredit celui des heures supplémentaires.Ces dernières «ont augmenté en flèche au cours des derniers mois.Et cela est toujours le signe d’une forte création d’emplois à moyen terme.» Ce facteur mis à part, on se rappellera que l’agence fédérale a indiqué avant-hier que les offres d’emploi publiées dans les quotidiens ont fait un bond de 24 % en un an.Sauf au Québec où il est demeuré stable.Cela dit, dans son analyse du marché de l’emploi, Hélène Bégin précise, toujours à propos du secteur manufacturier, que «les carnets de commande des entreprises affichaient une solide progression de 2,4 % en mai et [que] le ratio stock-livraisons se situe près du creux sans précédent observé il y a deux ans.» A l’inverse du manufacturier, le secteur du commerce du détail a effectué un bon impressionnant avec 36 200 nouveaux emplois.Dans leur bulletin, les économistes de Statistique Canada font remarquer ce qui suit: «Même si l’emploi dans ce secteur a connu une hausse ces derniers mois, la croissance enregistrée en juillet est la seule augmentation notable depuis novembre dentier».Le regain d’activités du commerce du détail traduit ou illustre la reprise de la confiance des consommateurs.Fait intéressant, la baisse des taux d’intérêt a convaincu beaucoup de ces consommateurs de faire l’acquisition LE CHOMAGE AU CANADA Voici l'évolution du taux de chômage dans les provinces canadiennes, présenté en pourcentage (valeurs désaisonnalisées).¦ juin 1997 ¦ juillet 1997 C.-B.Alb.Sask.Man.Ont.Québec N -B.N.-t.l.-P.-t T.-N.Canada Source: Statistique Canada de biens durables comme les meubles et les automobiles.Les ventes de ces dernières, apprenait-on cette semaine, ont enregistré une augmentation de 20 % environ au cours des six derniers mois.Dans la construction, l’emploi a enregistré une perte de 12 000 postes en juillet, atténuant du coup les gains réalisés en juin.«En dépit de ces fluctuations, avance l’agence fédérale, l’emploi dans ce secteur reste supérieur au niveau enregistré il y a un an [+ 34 000].» Et l’économiste de Desjardins d’ajouter que «malgré la pause observée dans le secteur de l’habitation, l'avenir demeure prometteur étant donné le contexte de faible taux d’intérêt qui persistera et l’amélioration graduelle du marché du travail».Si le Québec a perdu 16 000 postes en juillet, établissant ainsi le taux de chômage à 11,3 %, les perspectives pour le reste de l’année demeurent positives.C’est du moins ce qu’affirment les deux économistes.«Au Québec, affirme Hélène Bégin, l’indice d'offre d’emploi Desjardins a connu la plus forte progression enregistrée depuis le début des années 1980, ce qui augure bien pour les prochains mois.Le Québec devra cependant compter sur le dynamisme du secteur privé pour stimuler l’emploi afin de compenser pour la compression des effectifs en cours dans le secteur public.» LE CHOMAGE DANS LES VILLES Voici le taux de chômage moyen observé en mai, juin et juillet dans différentes villes canadiennes, en pourcentage (valeurs désaisonnalisées).Saint-Jean (TN) 14,0 Halifax 9,4 Saint-Jean (NB) 12,5 Chicoutimi-Jonquière 12,5 Québec 10,4 Trois-Rivières 14,6 Sherbrooke 12,1 Montréal 11,3 Ottawa-Hull 9,2 Toronto 7,9 Hamilton 6,7 Winnipeg 7,6 Régina 6,0 Calgary 6,3 Edmonton 6,7 Vancouver 9,0 Source Presse canadienne Eloge de la lenteur ashington (AP) — Éloge de la lenteur.Notre cerveau a besoin de temps pour engranger les informations: il lui faut au moins six heures pour mémoriser une activité motrice.Et cette connaissance peut être éradiquée si elle est parasitée pendant cette phase par un nouvel enseignement, selon les conclusions d’une étude publiée hier par la revue Science.«Le temps est une composante très puissante de l’apprentissage» explique le Dr Henry Holcomb, psychiatre du groupe de recherche de [’Université John Hopkins et auteur de cette étude.«S’exercer à une nouvelle activité ne suffit pas.Il faut laisser passer du temps pour que le cerveau codifie cette nouvelle connaissance.» Les chercheurs, en mesurant l’irrigation du cerveau, ont établi qu’il faut cinq à six heures pour que le souvenir d’une activité nouvelle passe d’un centre de stockage provisoire, à l’avant du cerveau, jusqu’au centre permanent, situé à [’arrière.Ces six heures constituent une «fenêtre neurologique de vulnérabilité» au cours de laquelle les nouvelles connaissances peuvent être facilement effacées par des informations parasites.«Si vous jouez un air de piano pour b première fois, puis vous vous mettez immédiatement à en apprendre un autre, cela rendra plus difficile la mémorisation du premier morceau», relève le Dr Henry Holcomb.La première séance de piano devrait donc être suivie par six heures d’une activité de routine, qui ne demande pas d’effort d’apprentissage.Selon Carolyn Cave, psychologue à l’Université Vanderbilt de Nashville, Tennessee, le cerveau reste néanmoins très souple.A ses yeux, il n’est pas prouvé qu’un exercice au piano soit parasité par une activité mobilisant une zone différente du cerveau, par exemple une leçon de tennis.SUITE DE LA PAGE 1 de la 3R Conférence annuelle des premiers ministres, le leader néo-brunswickois Frank McKenna, à l’issue de deux jours de discussions.C’est une occasion pour etitendre parler des processus provinciaux qui impliquent les citoyens et pour échanger de l’information.» Sujet tabou au début de la conférence, l’unité nationale aura donc fini, une fois de plus, par rattraper les premiers ministres lors de la conclusion de la rencontre de St.Andrews.Là 38' Conférence aura permis aux premiers ministres d’en venir à certains accords et de promouvoir certains dossiers, ce qui représente 80 % des améliorations essentielles au renouvellement de la fédération canadienne, selon les premiers ministres hors Québec.La rencontre a toutefois encore une fois démontré l’existence de visions opposées, s’incarnant notamment lors d’affrontements Lucien Bouchard-Brian Tobin, quand émergeaient les questions d’identité et de partage des pouvoirs, c’est-à-dire le 20 % de changements constitutionnels nécessaires selon tous les premiers ministres, mais où l’on retrouve le «morceau le plus important», a déclaré Lucien Bouchard.La rencontre informelle des premiers ministres tentera donc d’aborder quelques-unes de ces questions.Ce sera une «réunion ouverte et transparente», aux dires du premier ministre albertain Ralph Klein.Elle tiendra compte de l’opinion des citoyens, mais se déroulera toutefois à huis clos.L’idée de tenir cette rencontre a été prise par les neuf premiers ministres hier matin, en l’absence du premier ministre Bouchard qui s’était retiré pendant une vingtaine de minutes afin de laisser ses collègues discuter d’unité nationale.Le premier ministre québécois a précisé en conférence de presse qu’il ne croyait pas à la pertinence de participer à cette réunion informelle.«Il est préférable que je n’y sois pas.D’autant plus que, personnellement, et je le dis en toute déférence pour ceux qui entreprennent l’exercice, je crois que d’entreprendre une nouvelle consultation, ça va simplement nous faire etitendre des répétitions de tout ce qui a été dit durant les consultations innombrables et infinies qui ont [.] coûté pas moins de 26 millions.» Ce scepticisme est partagé pour des raisons différentes par le premier ministre manitobain Gary Filmon, qui répétait hier ne rien voir venir qui puisse s’avérer être une soîution originale à la question de l’unité nationale.De son côté, le ministre fédéral des Affaires intergouvernementales, Stéphane Dion, ne s’offusque guère de ne pas figurer sur la liste des invités de la réunion sur l’unité nationale.M.Dion croit au
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