Le devoir, 21 août 1997, Cahier A
LE DEVOIR V o i .L X X X V I I I N " | K 0 M O N T II E A I- .I- E .1 K U 1)1 2 1 A O Û T 19 9 7 S S c + T i* s + T v g / T (I il o x t o I $ PERSPECTIVES La SQ armée de diplômes?LES ACTUALITÉS Site «anti-Québec»: Bégin veut pousser Vaffaire devant les tribunaux, page A 2 Télé-Québec CULTURE La programmation de Télé-Québec: cap sur la culture, page B 8 ?BOMBARDIER ÉCONOMIE Mise à pied temporaire de 1200 employés chez Bombardier, page B 2 Brasse-camarade en vue chez les responsables de l’ordre public.Un plan d’action ambitieux déposé par le directeur intérimaire de la Sûreté du Québec place la formation des policiers en position de choix pour améliorer l’assaut contre la criminalité.Mais placer les patrouilleurs sur le chemin des écoliers et s’en remettre au tableau noir, à la craie et au mortier permettra-t-il vraiment d’éliminer tous les maux?Pas certain.(Lire aussi l’éditorial de Jean-Robert Sansfaçon, page A 6.) Mari c- An tirée C h o a in a rtl Imaginons-les un instant, troquant, l’espace de la collation des diplômes, la traditionnelle casquette de travail pour un mortier sombre, aboutissement de nombreuses heures d’étude acharnée et preuve ultime de l’obtention du grade.Voilà sans doute l’image qui surgit lorsqu’on apprend que d’ici deux ans, la Sûreté du Québec espère multiplier par dix les 3 % de ses officiers et sous-officiers qui peuvent déjà accrocher dans leur bureau, bien en vue, un diplôme universitaire.Le défi est de taille, la métamorphose suggérée quasi «révolutionnaire», comme le soutient lui-même Guy Coulombe, directeur intérimaire de la SQ et auteur de la réforme.Il possède lui-même un doublé de grades — _______________ économie et sociologie — et ce n’est pas la première fois qu’il joue ainsi au sauveur.Civil ayant atterri dans une mer d’uniformes, il est ici chargé de sauver la SQ à un moment où on la montre à nouveau du doigt, l’affaire Matticks étant toujours débattue à la commission Poi-tras.Ce n’est certes pas demain la veille que l’on verra tous les policiers brandir un diplôme, admet-il, mais tôt ou tard, la société complexe dans laquelle nous évoluons rendra nécessaire la formation universitaire.De quoi a-t-on besoin aujourd’hui pour devenir policier?Il faut d’abord passer par l’un des dix institutions collégiales qui offrent des cours de techniques policières, puis réussir avec succès un stage de 13 semaines à l’Institut de police du Québec pour pouvoir, grâce à ce mariage de théorie et de pratique, être embauché au sein d’un corps policier.Insister comme le fait la SQ sur la formation des policiers ne présente rien de vraiment nouveau.À travers tout le Canada et depuis des dizaines d’années, les rapports étudiant les dessous de la police n’ont pas manqué de placer au haut de la liste de leurs recommandations le recours à une hausse des connaissances.Ce n’est pas d’aujourd’hui que les policiers eux-mêmes insistent sur la nécessité de chauffer les bancs d’école pour retoucher la théorie autrefois apprise et l’actualiser avec la dose quotidienne de pratique.Non seulement M.Coulombe fait-il de l’encadrement et de la formation des forces policières un chapitre entier de son plan d’action, mais le ministre de la Sécurité publique Robert Perreault en a fait une condition essentielle à une charge plus efficace contre le crime.En décembre prochain, c’est Claude Corbo qui remettra cette fois un rapport — un autre! — au ministre.L’objet de son mandat?Réviser la formation et le perfectionnement chez les policiers du Québec tout entier.Paru en novembre, le rapport Bellemarre sur les pratiques policières en matière d’enquêtes criminelles suggérait lui aussi que la solution aux problèmes devait passer par la voie de la formation.Questionné hier encore à ce sujet, Jacques Bellemarre répétait qu’on a «moins de chances de se tromper avec un policier scolarisé qu ’avec un qui n 'est l’est pas».Mais le fait d’avoir en poche quelques dizaines de crédits universitaires permettra-t-il vraiment d’éliminer, ou de réduire considérablement du moins, les ratés que l’on sait?«Non.IjCS problèmes que connaît la police sont beaucoup trop diversifiés pour que la seule formation universitaire soit la solution à tous les maux», explique Jean-Paul Brodeur, criminologue à l’Université de Montréal.Inutile alors?Nenni.«Le problème n’est pas de leur donner ou non de la formation, parce que des connaissances accrues ne nuiront jamais.Mais de croire, par exemple, qu'un baccalauréat en droit leur inculquera automatiquement le respect des lois?Voilà l’erreur.» Pendant que les instances suprêmes préparent la rentrée scolaire des policiers, que disent les principaux intéressés?Fort satisfait du rapport présenté conjointement mardi par le ministre de la Sécurité publique et le directeur de la SQ, le président de l’Association des policiers provinciaux du Québec appose toutefois un bémol à l’ambitieux projet de formation.«N’allons surtout pas croire que, parce qu’il est avocat ou sociologue, un policier aura tout du bon policier, soutient Tony Cannavino.Et cessons de penser que, parce que les policiers eux-mêmes admettent que la formation continue et le perfectionnement sont nécessaires, qu ’ils sont tous des illettrés pour autant!» En attendant les résultats de cette réforme, l’on s’affaire à retoucher les programmes de formation actuels: les institutions collégiales essaient cette année un tout nouveau programme et l’Institut de police tente depuis peu une nouvelle formule, axée davantage sur les mises en situation.Dans les coulisses, on parle même d’un baccalauréat en police et sécurité.Policiers, à vos diplômes! M E T E 0 Montréal Québec Pluie.Averses.Frais et venteux.Max: 18 Min: 10 Max: 18 Min: 13 Détails, page H 4 INDEX Agenda .B 6 Idées .A Annonces .B 6 Le monde .A Avis publics.B 4 Les sports .B Culture .B 8 Montréal .A Économie .B 2 Mots croisés.B Éditorial .A (i Télévision .B www.ledevoir.com Léon Dion, 1922-1997 LOUISE LEBLANC En août 1992, au lendemain de la conclusion de l’entente de Charlottetown, Léon Dion confiait au Devoir: «Comme je l’ai toujours maintenu par le passé et comme je le maintiens encore aujourd’hui, je suis un fédéraliste qui prône un renouvellement de fond de la Constitution canadienne.Or je ne crois pas que nous l’ayons obtenu.Mais je ne deviens pas indépendantiste pour autant.Disons que je suis dans l’abîme».Rentrée agitée dans le réseau collégial Les exigences augmentent, la clientèle diminue Les cégeps enregistrent une baisse de 3,5 % des inscriptions PAUL CAUCHON LE DEVOIR Baisse d’inscriptions dans les cégeps, départs de près de 1200 employés, embauche de quelque 800 nouveaux enseignants, compressions de 70 millions de dollars: le réseau collégial connaît cette semaine une rentrée agitée, alors que les cégeps fêtent leur 30' anniversaire.La Fédération des cégeps révélait hier qu’avec 155 000 étudiants, les cégeps connaissent une diminution de leur clientèle de 3,5 % par rapport à l’année dernière.Selon la fédération, cette diminution est causée par le rehaussement des exigences d'admission dans les cégeps.En effet, depuis cette année, il faut, pour entrer au cégep, avoir non seulement obtenu un diplôme secondaire de base (DES) mais également avoir réussi les cours en langue seconde de 5' secondaire, en mathématiques de 5' secondaire, en langue maternelle de 5' secondaire et en science physique de 4r secondaire.Mais près de 80 % des élèves qui n’ont pas obtenu leur DES leur permettant d’entrer au cégep n’avaient raté qu’un seul cours (le cours d’anglais dans la moitié des cas).La Fédération des cégeps estime donc que ces étudiants suivront probablement des cours de rattrapage et qu’ils s’inscriront au cégep l’hiver prochain.VOIR PAGE A 8: CÉGEPS Le différend franco-québécois sur le doublage Le «fédéraliste fatigué» n’est plus Intellectuel de renom, observateur studieux et indépendant de la vie sociale québécoise et canadienne pendant près de quarante ans, le professeur Léon Dion, politicologue, s’est éteint hier à l’âge de 75 ans.Ainsi prend fin un cheminement qui a le plus souvent épousé celui du Québec même, complexe, nuancé à l’extrême, au fond irrésolu.JEAN DION LE DEVOIR Plusieurs, y compris lui-même, ont dit de lui qu’il était un fédéraliste fatigué, fatigué de cette sempiternelle et vaine quête d’une nouvelle place pour le Québec au sein du Canada.Léon Dion ne rejetait pas non plus l’appellation de fédéraliste critique.Soucieux de la défense des intérêts du Québec, adversaire de l’immobilisme, mais jamais fatigué au point de donner son entière caution à la thèse souverainiste.Sauf peut-être de guerre lasse, comme il l’a fait ces dernières années, illustrant toute l’ampleur de son déchirement intérieur.Lors d’une entrevue accordée en mars 1991, il déclarait à un journaliste qui lui demandait de quel côté de la clôture constitutionnelle il logeait: «C’est vrai, je suis parfois un peu mêlé.Jusqu’à un certain point, je me contredis toujours.[.] Je n’ai jamais fait preuve de fanatisme dans le maintien de mes propres positions».En août 1992, au lendemain de la conclusion de l’entente de Charlottetown, il confiait au Devoir, avec lequel il a, au fil des ans, fréquemment collaboré: «Comme je l’ai toujours maintenu par le passé et comme je le maintiens encore aujourd’hui, je suis un fédéraliste qui prône un renouvellement de fond de la Constitution canadienne.Or je ne crois pas que nous l’ayons obtenu.Mais je ne deviens pas indépendantiste pour autant.Disons que je suis dans l’abîme».Puis, lors d’un autre entretien: «Je me sens de plus en plus isolé dans ma double allégeance».Pour sinueux qu’il ait pu être, le parcours n’en reste pas moins celui d’un homme de profonde réflexion, auteur prolixe d’une vingtaine d’ouvrages et de quantité d’articles de revues et jour- Le rapport Lampron a des allures de pétard mouillé Ni loi spéciale ni plainte à l’OMC ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Les cris de guerre et l’appel à la levée des longs couteaux dans l’épineuse question du doublage qui oppose le Québec à la France furent de courte durée.Ni loi spéciale bloquant l’accès de nos frontières aux films doublés en France ni plainte auprès de l’Organisation mondiale du Commerce, comme on l’envisageait.Les recommandations proposées dans un rapport rendu public hier ont adouci considérablement le ton six mois plus tard.Le président de la SODEC, Pierre Lampron, en charge du dossier du Pierre Lampron doublage, a dévoilé le contenu du document de son comité — attendu depuis le début du mois de juillet.Mais pour ceux qui se rappellent les indignations de février, les recommandations dudit comité, d’une prudence de Sioux, teintées d’une invitation à ménager nos alliés français, faisaient l’effet d’un pétard un peu mouillé.VOIR PAGE A 8: DION VOIR PAGE A 8: LAMPRON Dans son premier discours majeur à titre de ministre de la Santé Fini les compressions en santé, promet Allan Rock Le ministre constate l’effritement de la confiance publique dans le système canadien ISABELLE PARÉ LE DEVOIR \ A l’occasion de son premier discours à titre de ministre de la Santé, Allan Rock a affirmé hier que le temps des compressions fédérales dans les soins de santé était révolu et qu’il s’affairerait à restaurer la confiance du public dans le système de santé canadien.Fortement attendue, cette première allocution depuis que le ministre Allan Rock a hérité du portefeuille de la santé il y a deux mois, a donné le ton du genre de priorités qu’entend accorder M.Rock à son ministère au cours des prochains mois.Lors d’un discours livré devant les membres de l’Association médicale canadienne à Victoria, le nouveau titulaire de la santé a tracé un portrait sombre et sans équivoque de la perception qu’ont aujourd’hui les Canadiens de leur système de santé.«Il ne fait aucun doute qu’aujourd’hui, à travers ce pays, il y a un sentiment profond et croissant d’anxiété dans le public à l’égard de l’état et de l’avenir du système de santé canadien», a-t-il dit.Les compressions gouvernementales, combinées aux fermetures d’hôpitaux, à l’exode des médecins, à l’allongement des listes d’attente et aux mises à pied massives sont à l’origine de cette perte de confiance des Canadiens dans leur système.«Les Canadiens se demandent si le système sera encore là pour eux, ou si le pire est à venir», a soutenu Allan Rock.Cette perte de confiance, à elle seule, constitue en soi une menace pour l’avenir du système de santé, et même pour celle du pays, a tranché le ministre de la Santé.«Ce système est devenu un droit pour les citoyens et non pas un simple programme gouvernemental», a-t-il ajouté.Le ministre Rock s’est alors engagé, comme l’avait fait le premier ministre du Canada Jean Chrétien en avril, à ce qu’il n’y ait plus d’autres réductions dans les paiements de transferts, sans toutefois s’engager à augmenter les budgets liés aux soins de santé.Ce dernier a aussi soutenu que sa priorité au cours des prochains mois serait de restaurer la confiance érodée des Canadiens dans le système des soins de santé.«Je ne vous dirai pas que les coupes dans les paiements de transferts étaient anodines.Elles ne l’étaient pas.Je ne vous dirai pas non plus qu’elles n’ont pas eu d’effet.[.] Mais dam l’avenir, je puis vous dire clairement que du point de vue fédéral, l’ère des coupures dans les soins de santé est révolue», a dit le ministre Rock.Le financement fédéral des soins de santé devrait atteindre l’équivalent de 25 milliards en argent et en points d’impôts cette année, et augmenter pour les années subséquentes, soutient le ministre.L’arrêt pré- VOIR PAGE A 8: ROCK Allan Rock ; A 2 L E I) E V (HR.L E .1 E II D I 2 I A 0 Û T 1 » 9 7 s Propagande haineuse sur Internet Bégin a l’intention d’agir Il a écrit à son homologue de Victoria PAUL CAUCHON LE DEVOIR Le ministre québécois de la Justice, Paul Bégin, est d’avis que les propos tenus sur un site Internet «anti-Québec» vont à l’encontre du Code criminel.Et M.Bégin vient d’écrire à son homologue de la Colombie-Britannique pour lui .demander d’examiner s’il y a lieu de .poursuivre l’auteur du site.La semaine dernière, l’existence sur le réseau Internet d’un site web qui établissait des parallèles entre le Québec et l’Allemagne nazie, et qui comparait Lucien Bouchard à Adolph Hitler, a créé un certain remous.L’auteur du site, un résidant de la Colombie-Britannique, a d’ailleurs p .R, .plusieurs fois déménagé son site chez 1 au K^,n différentes compagnies qui accueillent des pages personnelles, tant au Canada qu’aux Etats-Unis.Au ministère québécois de la Justice, après • analyse du contenu du site, on considère «que les propos qui y sont tenus vont à l’encontre de l'article 319 du Code criminel», dit Alain-François Meunier, attaché de presse du ministre Bégin.L’article 319 concerne la «propagande haineuse», selon les mots mêmes du Code criminel.L’article stipule que commet un crime quiconque «incite à la haine contre un groupe identifiable, lorsqu ’une telle incitation est susceptible d’entraîner une violation de la paix», ou encore «fomente volontairement la haine contre un groupe identifiable», et ce «par la communication de déclarations en un endroit public» ou encore «par la communication de déclarations autrement que dans une conversation privée».Le ministre Paul Bégin a donc écrit le mardi 19 août au procureur général de la Colombie-Britannique, Ujjal Dosanjh, pour lui demander «d'examiner le dossier pour déterminer s’il y a lieu d’entreprendre des procédures en vertu du Code criminel», a dit M.Meunier.Selon le porte-parole de M.Bégin, «en Colombie-Britannique on s’est montré réceptif à notre demande».Le ministre Bégin aurait par ailleurs l’intention de proposer, lors des prochaines rencontres des ministres canadiens de la Justice, d’examiner l’ensemble de la criminalité sur Internet.Au bureau du premier ministre Lucien Bouchard, hier, on confirmait avoir reçu quelques commentaires de citoyens québécois outrés de l’existence d’un tel site, mais on laissait le ministre Bégin poursuivre cette action.En novembre dernier, un citoyen ontarien avait réalisé un site web sur Internet intitulé «I hate Lucien Bouchard».lz?fournisseur Internet avait lui-même bloqué le site à la suite de plaintes et, saisie du dossier, la GRC avait par la suite déterminé qu’il n’y avait pas matière à poursuites.Mouvement partitionniste Un premier échec en terre ontarienne Le conseil des comtés unis de Prescott et Russell a refusé de voter sur la motion du maire Spence Les partitionnistes québécois ont frappé un premier nœud dans leur campagne visant à convaincre les élus municipaux de l’est de l’Ontario de soutenir leur cause.plutôt à la proposition d’un des leurs de «ne pas étudier» la résolution à saveur partitionniste.Le président des comtés unis de Prescott et Russell, Roger Ravary, a expliqué hier que, pour l’essentiel, les représentants municipaux ontariens n’avaient pas à se mêler des affaires québécoises.«On ne veut pas perdre le Québec, mais c’est à [lui] de décider» de son avenir, a-t-il dit, ajoutant que francophones et anglophones vivaient en harmonie dans l’est de l’Ontario et qu’il était inutile de chercher à échauffer les esprits.M.Spence a d’ailleurs été accusé, au cours de la réunion, d’être lui-même un séparatiste tentant de jeter de l’huile sur le feu.M.Ravary, de son côté, lui a dit, hier, qu’il était «un peu arrogant» après que celui-ci eut donné à entendre que le Québec avait été fondé par des anglophones.Joint à son domicile, M.Spence s’est dit «choqué» par l’accueil «très rude» dont il a été l’objet, et a rejeté le blâme de ce premier échec en sol onta- JEAN DION LE DEVOIR Le conseil des comtés unis de Prescott et Russell a refusé mardi, à l’unanimité des douze membres présents, son appui à une résolution prévoyant le maintien au sein du Canada de certaines régions fédéralistes du Québec advenant une sécession.La campagne, menée par le maire de l’île aux Allumettes Est (Pontiqc), Denzil Spence, de concert avec le parti Egalité (PE), avait jusque-là remporté l’adhésion de trois comtés de l’est ontarien — Renfrew, Lanark et Frontenac — regroupant 87 municipalités.Mais le fait que Prescott-Russell compte une forte proportion de francophones a certainement joué contre elle.Réunis à L’Orignal, près de Hawkesbury, les élus de Prescott-Russell ont écouté M.Spence et son collègue Brent Tyler, du Comité spécial sur l’unité canadienne du PE, mais n’ont pas voté sur sa motion, adhérant rien sur la «fermeture d’esprit» de ses interlocuteurs et sur «une machination politique, peut-être ourdie par les libéraux fédéraux».U-s élus «ne semblent pas du tout avoir conscience des conséquences qu ’une séparation du Québec aurait sur leur région et sur l’ensemble du Canada», a-t-il dit.Il a d’ailleurs évoqué mardi, comme il le fait lors de chacune de ses présentations, le spectre de l’anarchie et de la désobéissance civile advenant la sécession.Le maire Spence continue de soutenir que sa résolution ne vise pas à promouvoir la partition d’un éventuel Québec souverain, mais plutôt à assurer la «protection» des citoyens loyaux envers le Canada.En dépit de ce revers, la campagne «prounité» se poursuivra.En septembre, M.Spence entend bien obtenir l’appui des représentants d’un autre comté situé à proximité du Québec, Stormont-Dundas-Glengar-ry.Il demeure d’ailleurs confiant, même s’il s’agit d’un autre secteur fortement francophone.«Nous avons trois sur quatre, et nous avons bon espoir d’avoir quatre sur cinq», a-t-il lancé.Un petit mot pour les gens futés «MILLENIA».Quand vient le temps de penser à une voiture synonyme d’achat intelligent, la 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PRESSE CANADIENNE Toronto — Le premier ministre ontarien Mike Harris estime qu’il est temps de mettre au rancart les vieilles façons d’aborder le problème de l’unité canadienne et de se concentrer sur un nouveau partage des pouvoirs entre les provinces.M.Harris a fait remarquer mercredi que son homologue de Saskatchewan, Roy Romanow, avait dit que 80 % de la solution au problème de l’unité peuvent être trouvés hors des pourparlers constitutionnels.«Je ne crois pas qu'il ait été particulièrement utile de ressasser les échecs du passé», a commenté M.Harris en faisant allusion à l’échec des Accords du lac Meech et de Charlottetown.«Travailler sur les 80 % nous a donné un peu de répit par rapport aux façons de faire et aux formulations du passé.Je pense que c’est absolument de cette façon que nous devons procéder.» A l’exception du premier ministre du Québec, Lucien Bouchard, tous les premiers ministres du Canada se réuniront les 14 et 15 septembre à Mike Harris Calgary, pour y débattre de l’unité nationale.M.Harris dit s’attendre à ce que les premiers ministres abordent la question en employant le «gros bon sens».On discutera simplement de consultation, de partage de l’information, de coordination des discussions sur ces questions, croit-il.Toute vision nouvelle devrait venir, non pas des avocats et des politiciens, mais des citoyens, ajoutait-il.«Ce pourrait être une vision simple, moins complexe que ce que sur quoi tous les avocats et les experts ont travaillé depuis les 15 dernières années, a-t-il dit.Ce pourrait tout simplement être trouvé dans un langage et une approche faisant davantage appel au bon sens.» M.Harris n’est pas mécontent de voir que M.Bouchard n’assistera pas à la rencontre de Calgary, au contraire.En tant qu’indépendantiste, M.Bouchard n’a rien à offrir sur la question de l’unité, affirme-t-il.«Le gouvernement du Québec a une autre position que la préservation de l'unité du pays.Aussi je pense que ce serait plus productif de ne pas les avoir à la table.» Inquiétants vestiges à la centrale de Pickering PRESSE CANADIENNE Toronto — Des inspecteurs chargés du contrôle de la sécurité ont découvert des preuves d’une consommation d’alcool et de drogue à la centrale nucléaire de Pickering, en Ontario.La nouvelle a incité le premier ministre de la province à proposer, hier, que les travailleurs soient assujettis à des tests de dépistage obligatoires.Et le président d’un des principaux syndicats d’Hydro-Ontario admet que ce ne serait pas une si mauvaise idée.Des objets — bouteilles ou canettes vides, seringues — témoignant d’une consommation d’alcool et de drogue ont été trouvés dans des zones exposées aux radiations.Des membres du personnel de la centrale ont aussi découvert des pipes à haschich et à marijuana dans d’autres zones exposées aux radiations, in- cluant des salles de toilette, de lavage et un monte-charge.Tous les secteurs d’une centrale nucléaire sont considérés comme zones «à haute sécurité», mais les zones exposées aux radiations doivent être encore plus sécuritaires, du moins en théorie.Trouver des preuves d’une consommation d’alcool et de drogue en de tels endroits équivaut à trouver des bouteilles de bière vides dans la cabine de pilotage d’un avion ou le bloc opératoire d’un hôpital.«Im sécurité est la chose la plus importante, et les tests de dépistage obligatoires sont une des options envisagées», a indiqué hier le premier ministre Mike Harris.John Mutphy, président du Power Workers’ Union, qui représente 70 % des travailleurs d’Hydro-Ontario, s’est dit prêt à discuter de la question avec le gouvernement et la direction d’Hydro-Ontario.Grand solde d’été au ^lulo 402-hommc 50% et plus Costumes d’été, importés d’Italie laine « coton = lin rég.% Solde 399 $ Vestes d’été, importés d’Italie laine coton » lin rég.6^5"ST Solde 299 $ Pantalons ÎOO % laine, importés d’Italie rég.Solde 99 $ Pantalons ÎOO % coton, importés d’Italie rég.LSO-lf Solde 75 $ 1118, rue Sainte-Catherine O.Suite 200, Montréal 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position sous la pression du gouvernement du Québec et a fait modifier la charte de la Ville pour embaucher un directeur général qui servira de tampon entre les politiciens et les fonctionnaires.Débat sur Fhippodrome (Le Devoir) — I-e délicat dossier de la vente de l’Hippodrome de Montréal rebondira lundi prochain au conseil municipal alors qu’une séance d’information y est prévue.Cette transaction, qui serait sur le point d’être conclue, assurait-on hier au bureau du maire Pierre Bourque, a soulevé un immense tollé tout au cours de l’été.Tant et tellement que le maire Pierre Bourque se retrouve minoritaire au conseil municipal à la suite de six démissions dans son parti.Techniquement, la transaction n’a pas à être adoptée par le conseil municipal puisque le propriétaire de l’hippodrome, au nom de la Ville, est une société paramunicipale.Le dossier sera tout de même débattu lundi à la demande notamment de l’opposition officielle.Affaire Desjarlais: un suspect arrêté (PC) — Un homme d’affaires de Pier-refonds, Ronald Carrière, âgé de 42 ans, a été arrêté hier à son domicile.L’exécution de ce mandat d’arrestation par les policiers de Vaudreuil-Dorion et ceux de la Sûreté du Québec a été réalisée dans le cadre de l’enquête sur la mort du jeune Vincent Desjarlais, 14 ans, qui a été mortellement heurté par une Mercedes, le 30 mai dernier.Carrière comparaîtra aujourd’hui au Palais de justice de Valleyfield sous des accusations de conduite en état d’ébriété ayant causé la mort et de délit de fuite.Vaillancourt lance la campagne (Le Devoir) — Le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, a lancé officiellement hier, à l’occasion d’une conférence de presse, la campagne électorale de son parti, le PRO des Lavallois.M.Vaillancourt a du même coup présenté les 21 membres de son équipe, en prévision du scrutin municipal du 2 novembre prochain, dont treize sont des conseillers sortants.Le maire a en outre profité de l’occasion pour réitérer son intention de ne pas hausser les taxes municipales pour compenser les transferts effectués par Québec dans le cadre de la réforme Trudel.Garderies: près d’une entente ?(Le Devoir) — Ix>s ixrrte-parole de Concertaction inter-régionale des garderies du Québec ont indiqué qu’ils étaient proches d’une entente avec le ministère de la Famille et de l’enfance.Hier, les représentants des deux parties ont poursuivi des négociations concernant l’épineux dossier du financement des garderies sans but lucratif.Selon les précisions apportées au terme de ces pourparlers, il ne reste plus qu’à coucher par écrit les engagements pris au cours de cette réunion.Le juge Bonin n’avait pas obtenu de la SQ tous les documents utiles à son enquête ROLLANDE PARENT PRESSE CANADIENNE La commission Poitras a examiné, hier, si la Sûreté du Québec (SQ) avait fourni au juge Jean-Pierre Bonin tous les documents lui permettant d’évaluer si les trois enquêteurs internes chargés de mettre à jour les ir-régularités policières commises à l’égard des Matticks avaient obtenu ou non l’appui requis des directeurs de cette force policière.Pour M1 Jean Keable, qui représente les enquêteurs internes Bernard Arsenault, Louis Boudreault et Hilaire Isabelle, «la Sûreté n'a pas transmis au commissaire-enquêteur Jean-Pierre Bonin tout ce qu’il a demandé, et dans les documents tratismis se trouvent des inexactitudes, des modifications et des changements de dates et d'événements importants», a-t-il lancé hier, en début de journée.A la barre des témoins se trouvait le directeur général adjoint Gilles Fa-lardeau, le coordonnateur de l’enquête interne.M.Falardeau était également l’interlocuteur de la SQ auprès du juge Bonin.Les demandes de documents lui étaient adressées.Il a été établi que M.Falardeau a transmis au juge Bonin la série d’allégations de l’enquêteur Hilaire Isabelle, dont certaines visaient le directeur général Serge Barbeau, le coordonnateur Falardeau et l’ensemble des membres de l’état-major de la SQ.Le juge Bonin avait indiqué dès le début de son enquête en juin 1996 sa volonté d’obtenir tout document, pièce ou rapport en relation avec les allégations de M.Isabelle (dont certaines visaient le directeur général Serge Barbeau, M.Falardeau et les membres de l’état-major) et en particulier les documents émanant des inspecteurs Normand Proulx et Michel Charpentier.M' Keable a établi que ni leurs notes personnelles, ni leur registre d’évolution du dossier d’Hilaire Isabelle, ni les résumés de rencontres et de conversations téléphoniques de Proulx et de Carpentier n’avaient été remis au juge Bonin.M.Falardeau a été longuement interrogé sur son résumé des principaux événements survenus dans le dossier de l’enquête interne fait à l’in- tention du juge Bonin.M.Keable a signalé que quelques informations transmises au juge Bonin n’apparaissaient pas dans les cahiers de notes appartenant à M.Falardeau.Ce dernier a dû reconnaître la véracité de cette constatation et a expliqué qu'il s’était fié à sa mémoire.Les informations en question ont trait à la demande faite par les trois enquêteurs d’obtenir l’aide d’autres policiers pour mener rondement leur enquête.Le trio d’enquêteurs soutient avoir formulé cette demande en novembre 1995, mais dit que, MM.Falardeau et Barbeau n’y ayant donné suite que plusieurs mois plus tard, iis ont influé sur le procès des quatre policiers accusés d'entrave à la justice relativement à l’enquête sur le clan Matticks.Ceux-ci ont finalement été acquittés.11 appert que les procès-verbaux des réunions de l’état-major de la SQ où cet élément a pu être discuté n’ont pas été transmis au juge Bonin.«Le juge Bonin ne les a pas demandés», a expliqué M.Falardeau.M.Falardeau a servi cette même réponse relativement à plusieurs documents auxquels a référé M' Keable.Le juge Bonin n’a finalement pas réussi à compléter son mandat.11 a mis un terme à son enquête à la mi-octobre 1996 en raison du climat d’animosité entre les parties qui rendait son travail impossible à réaliser, a-t-il expliqué au ministre de la Sécurité publique, Robert Perreault.Le témoignage de M.Falardeau se poursuivra aujourd’hui.Nos vêtements «TilleySilk» sont les plus beaux, les plus élégants de notre gamme de produits.Vous pouvez compter sur eux pour une allure élégante en toute occasion, du bureau à l’opéra, de la petite terrasse pittoresque aux restaurants les plus chics.Le tissu ressemble à s’y méprendre à une soie de poids moyen de la plus haute qualité.Pourtant, cette microfibre tissée au Japon peut être lavée et séchée à la machine et vous permet d’aller de fête en fête sans aucun repassage.Tiüey Endurables 1050 ave.Laurier Ouest 272-7791 OBTENEZ UN CATALOGUE GRATUIT EN COMPOSANT LE 1-800-465-4249 Vision Montréal tiendra un congrès les 21 et 22 novembre KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Quoi qu’en disent ses détracteurs, le parti Vision Montréal est toujours vivant et il entend bien le démontrer.Le conseil général du parti, qui a mené au pouvoir Pierre Bourque, a décidé hier soir de tenir un congrès les 21 et 22 novembre prochains.Ce congrès sera l’occasion pour les membres de Vision Montréal de faire le bilan des trois premières années du mandat de l’administration Bourque.Ces deux jours de réflexions et de discussions devraient permettre en outre de stimuler les troupes en vue de la bataille électorale de l’automne 1998.«Nous serons tous là cet automne avec une équipe forte, et renouvelée, et pleine d’espoir pour Montréal», a déclaré hier le maire Bourque à son entrée à la réunion hebdomadaire du comité exçcutif.A l’origine, ce congrès devait se tenir en novembre 1996.Or, des allégations de manœuvres illégales d’une rare gravité ont été rendues publiques quelques jours auparavant.Le chauffeur de Pierre Bourque durant la campagne électorale de 1994 a affirmé que M.Bourque lui aurait remis 2000 $ pour que trois dames fassent une contribution officielle par chèque à Vision Montréal.Une enquête du Directeur général des élections du Québec (DGF), qui n’a abouti à aucune poursuite, a créé une onde de choc, bousculant ainsi le calendrier de Vision Montréal.Un an plus tard, donc, Vision Montréal jettera un regard en arrière pour s’assurer que les engagements électoraux ont bien été mis de l'avant De plus, les participants au congrès auront à élire un nouveau comité exécutif du parti.De même, le directeur général par intérim, Robert Archambault, verra son mandat validé, à moins qu’il ne choisisse de se retirer.Par ailleurs, le congrès devra adopter des statuts régissant le fonctionnement interne de Vision Montréal.Des statuts provisoires depuis juin 1994 constituent les règles de conduites du parti.Malgré des accusations pour financement illégal, malgré l’enquête du DGE, malgré trois vagues de démissions, Vision Montréal est toujours là.On affirme même que le parti compte 5000 membres.Mais voilà, les gens qui sont devenus membres dans l’enthousiasme électoral pour déloger à l’époque le maire Jean Dpré ont une carte valide pour 4 ans.A peine 200 personnes auraient annulé leur membership dans la foulée des récentes démissions.Bourque: «Nous serons tous là cet automne avec une équipe forte, et renouvelée, et pleine d’espoir pour Montréal» Midi GRANDE VENTE 60 jusqu a DE RABAIS sur toute notre collection printemps / été Réforme à la Sûreté du Québec L’APPQ applique un bémol LE DEVOIR Ly Association des policiers provin-' ciaux du Québec accueille avec une satisfaction générale le plan d’action présenté mardi par le directeur intérimaire de la Sûreté du Québc mais pose un sérieux bémol sur le volet de la formation universitaire et la possibilité d'entrées «latérales» au sein du corps policier national.Dans un rapport dévoilé mardi par le directeur de la SQ Guy Coulombe et le ministre de la Sécurité publique Robert Perreault, l’on affirme que d’ici à l’en 2000, on souhaite voir passer le nombre d’officiers et de sous-officiers possédant une formation uni- versitaire de 3 % à 30 %.On désire ajouter à la seule porte d’entrée actuelle — celle d’agent patrouilleur — la possibilité d’être embauché sur la base d’une spécialité universitaire, sans devoir franchir tous les échelons de l’institution.Ces deux points du rapport soulèvent un brin d’inquiétude chez le président de l’APPQ (syndicat comptant 3750 membres), Tony Cannavino, lequel croit que la direction devra d’abord songer à former ses propres ressources internes avant d’aller piger dans un bassin extérieur.«Avant de dire on veut des entrées latérales avec des gens bardês.de diplômes de toutes sortes, regardons d'abord ce qu’on a comme ressources», a expliqué hier M.Cannavino.Le président de l’APPQ soutient que les policiers ne sont pas fermés à la formation et au perfectionnement — au contraire, ajoute-t-il, ils sont les premiers à en voir la nécessité.«Mais il ne faut pas croire que le diplôme est la solution à tous les problèmes.» Des membres du comité exécutif de l’APPQ de même que des membres de la direction de la SQ ont créé un comité-conjoint, lequel doit voir à la mise en place de toutes ces réformes.«Rien de tout cela n’est coulé dans le béton.Nous y verrons», a conclu M.Cannavino.Immeubles dévastés JACQUES NADEAU LE DEVOIR UN GROUPE de pompiers apparaît au milieu des ruines laissées par trois incendies criminels, allumés à l’aide de cocktails Molotov, qui ont dévasté des établissements fréquentés par des membres ou des sympathisants des Hells Angels, tôt hier matin, à Montréal.Les immeubles visés abritaient des commerces, une agence d’escorte et de danseuses, un bar et une brasserie situés dans l’est de la ville.La police recherche deux suspects.2' cycle du secondaire Directrice de collection et auteure : Louise Lafortune Ph.D.Manuel 416.tome I.320 pages, 35,50 $ Manuel 436, tome I, 559 pages, 42,50 $ Maintenant disponible Manuel 514, tome 1 Les manuels de cette nouvelle collection sont conçus pour aider certains élèves à soutenir leur «mathophilie» et pour en aider d’autres à passer de la «nrathopho-bie» à la «mathophilie».Les moyens utilisés visent à ce que les élèves apprivoisent la mathématique et découvrent du plaisir à en faire.L'approche développée dans la nouvelle collection MATHOPHILIE tient compte des dimensions cognitive, métacognitive, affective et sociale de l’apprentissage de la mathématique.La nouvelle collection MATHOPHILIE répond aux exigences et contenus, aux principes directeurs et objectifs des nouveaux programmes de mathématique du ministère de l’Education.GUÉRIN, éditeur Itée 4501.rue Drolet Montréal (Québec) H2T 2G2 Téléphone: (514) 842-3481 Télécopieur: (514) 842-4923 Adresse Internet: http://www.guerin-editeur.qc.ca NOUVEAUTE I.K I) K V 0 I It .I.K -I K l! 1)1 2 1 A 0 fl T | .fs r •' .W-r*.,- .• # **?V2t£s PHOTO JACQUES GRENIER LE DEVOIR L’économie sociale entre dans une nouvelle phase et pourrait jouer un rôle plus important que celui d’être simplement supplétive à l’économie de marché et à l’économie publique Comment repenser le «social» dans un contexte de crise économique?LOUIS FAVREAU Sociologue, Chaire de recherche en développement communautaire (UQAH) .oilà déjà plus de dix ans, notamment avec la création des premières corporations de développement économique communautaire (CDEC) à Montréal, que le mouvement communautaire a commencé à modifier sa trajectoire et ses stratégies d’intervention.C’est qu’aujourdTiui, son implication clans la production de services, la création d’emplois et la revitalisation économique et sociale de communautés locales est croissante.Pour être plus précis, il est engagé non seulement dans la revendication auprès des pouvoirs publics d’un transfert de la richesse collective à des groupes de la société qui en ont moins, mais également dans la production de richesses avec, par et [X)ur ces groups et ces communautés en difficulté.Le Québec ne fait pas exception.Presque partout dans le monde le mouvement communautaire — et avec lui de nombreux groupes de femmes et des syndicats — n’a pas attendu et a mis en œuvre des initiatives pour faire face à la crise de l’emploi et au déclin des économies locales.Chiffrons un peu cette dynamique économique de caractère associative: 1) en Espagne, près de 10 000 coopératives et plus de 175 000 emplois: 2) en France, 185 000 associations déclarant une activité économique parmi lesquelles des services de proximité et des régies de quartier; 3) en Belgique, un ensemble associatif de plus de 200 000 emplois; 4) aux Etats-Unis des activités de revitalisation de quartiers animées par plus de 2000 Community Development Corporations (CDC) et des centaines de fiducies foncières communautaires.En effet, que faire quand l’économie porte de plus en plus difficilement la croissance du social?Comment redonner au «social» sa force?L’intensité et la durée de cycles successifs de récession ont fait des problèmes de l’emploi et de l’exclusion sociale des enjeux majeurs de société.D‘s pouvoirs publics comme les mouvements sociaux ont ainsi été amenés à se repositionner.Un certain nombre d’initiatives économiques porteuses de finalités sociales fortes ont alors émergé.D’où la résurgence de la notion d’entreprises d’économie sociale.Mais dans la dernière décennie, le mouvement communautaire est allé encore plus loin.Il a opéré un saut qualitatif par la mise sur pied de projets et de dispositifs de solidarité économique de quartier.Bref, il a opté pour Je développement économique communautaire (DEC), inspiré en cela par l’expérience américaine des CDC.Les principales caractéristiques de ces expériences Stimulée par l’approche du DEC et dynamisée par de nouvelles structures d’accompagnement comme les CDEC, les ÇDC et les SADC, la nouvelle économie sociale (NES) tend à se donner des assises autour des coordonnées suivantes: 1) une approche intégrée, qui se veut tout à la fois économique et sociale; 2) une intervention fortement territorialisée; 3) une approche multipartenaires mettant à contribution les secteurs public, associatif et privé; 4) la multi-activité qui permet un travail simultané de soutien à des entreprises locales en difficulté, de formation des populations résidentes et de renforcement du tissu social des quartiers; 5) une démarche partenariale où les principaux acteurs sont liés organiquement par ententes, par contrats, par projets; 6) des ressources financières hybrides qui combinent à des degrés divers la solidarité sociale locale, des sources publiques et le financement lié à la vente de biens ou de services sur le marché.Des municipalités, des organisations communautaires, des syndicats et des entreprises locales en sont devenus les principaux acteurs.Aujourd’hui, à travers tout le Québec, les notions d’économie sociale, d’insertion sociale par le travail, de développement économique communautaire occupent invariablement l’avant-scène de plusieurs débats économiques et sociaux.Certes, à la suite du Sommet de Québec et dans la foulée des réformes Harel (les CLE) et Chevrette (les CLD), les risques sont grands de confondre le projet d’économie sociale du gouvernement actuel et celui des orgîinisations communautaires.Il n’en demeure pas moins que depuis 10 ans ces dernières expérimentent une intervention sur le terrain économique avec une perspective nouvelle.Pour ce faire, elles réclament cependant un soutien conséquent des pouvoirs publics centraux afin de relancer les économies locales par des entreprises qui sont tout à la fois viables économiquement (en réponse à des besoins solvabilisés) et socialement utiles (favorisant le renforcement de communautés d’appartenance).Le mouvement communautaire, en cette fin de siècle, renoue ainsi avec le vieux projet d’économie solidaire du mouvement ouvrier et associatif du siècle dernier.La nouvelle économie sociale et sa contribution à une citoyenneté active Malgré la force du courant néolibéral, les jeux ne sont pas faits.L’économie sociale entre dans une nouvelle phase et pourrait jouer un rôle plus important que celui d’être simplement supplétive à l’économie de marché et à l’économie publique.Elle devra cependant répondre à plusieurs défis: 1) faire face aux tendances centrifuges qui l’ont historiquement habitée et donc chercher à dépasser une problématique trop sectorielle; 2) faire face au délestage possible du service public dans les communautés.Pour ce faire, la NES doit miser sur une liaison forte avec des communautés conçues non plus comme de simples unités économiques de base, mais aussi comme des espaces de démocratie, de gouvernance locale.C’est, par exemple, l’expérience actuelle des CDEC à Québec, à Montréal et dans l’Outaouais.Enfin, dans le contexte actuel de mondialisation néolibérale, un autre défi consiste à multiplier les échelles d’intervention (locale, régionale et fédérative, nationale et internationale) et à savoir changer d’échelle d’action en passant du micro, c’est-à-dire de la gouvernance locale, au macro pour peser sur les politiques globales .Certes, le DÉC et les initiatives de la NÉS ne remplaceront pas les politiques macroéconomiques.Ces expérimentations peuvent cependant permettre à terme de contribuer à en formuler de nouvelles.En même temps, dans ces quartiers où la relance fait progressivement son nid, la capacité retrouvée par la population de transformer des problèmes en projets devient une donnée cardinale de la mobilisation pour le développement.Avec le partage du travail, l’économie solidaire forme une pièce maîtresse d’un nouveau contrat social et d’une citoyenneté active.Comme le suggère le Conseil de la santé et du bien-être, la mise en place de politiques publiques qui lui correspondent en est son corollaire obligé .Au Québec, l’articulation entre les initiatives de la NES et les pouvoirs publics est aujourd'hui au centre du débat social.Si ces initiatives sont soutenues significativement par ceux-ci, elles feront émerger des instances d'accompagnement pour assurer la relance de l’ensemble des quartiers et des régions en difficulté.La question de l’articulation de ces instances associatives de gouvernance locale avec les CLE et les CLD font partie de ce débat.Mais les pouvoirs publics devront se débarrasser de leur attitude de détenteur du monopole du service d’intérêt collectif en renonçant à tout projet d’assimilation de la NÉS, ce qui ne pourrait que la banaliser et du même coup lui enlever sa capacité d’être une tête chercheuse des nouvelles demandes sociales.Nous faisons l’hypothèse que ces expériences, en maintenant leur autonomie mais en devenant plus fortement organisées, sauront travailler en partenariat et continuer p générer des solutions aux crises de l’emploi et de l’État providence.La NÉS ne constituerait alors pas un secteur séparé mais occuperait un espace intermédiaire à l’intersection de la relation entre l’État et la société civile, de l’économique et du social, du local et du global.Les notions d’économie sociale, d’insertion par le travail, de développement économique communautaire occupent invariablement l’avant-scène de plusieurs débats économiques et sociaux Démocratiser le débat du libre-échange PIERRE PAQUETTE Secrétaire général de la Confédération des syndicats nationaux E rie Lauzon avançait une idée originale dans un texte publié récemment dans Le Devoir, «Les négociations de la zone de libre-échange des Amériques: une opportunité pour le Canada» (4 août 1997).Selon lui, les enjeux de cette négociation pour le Canada sont d’éviter d’une part, que la vision américaine domine l’ensemble du processus et d’autre part, que ces négociations ne se résument qu’à un dialogue entre les États-Unis et le Brésil, les deux grandes puissances des blocs commerciaux majeurs des Amériques: l’ALENAet le MERCOSUR.Pour éviter cette situation, M.Lauzon suggère que le Canada cherche au minimum la conclusion d’un traité de libre-échange avec le MERCOSUR et si possible à l’intégrer carrément.Tout en partageant ses appréhensions concernant les dangers de monopolisation des négociations sur la zone de libre-échange des Amériques (Z LE A) par le gouvernement américain, il me semble que la proposition de M.Lauzon doit être complétée par d’autres éléments.D’abord, le gouvernement canadien doit clarifier sa position sur le processus d’intégration économique en cours.Dans deux négociations précédentes, c.elle portant sur l’accord avec les Étqts-Unis, puis celle portant sur l’ALÉNA, le gouvernement canadien, peu importe le parti politique au pouvoir, a toujours soutenu que celles-ci ne portaient que sur des aspects commerciaux et qu’en conséquence elles n’avaient pas à englober d’autres aspects comme les droits du travail, l’environnement, etc.Il n’est pas inutile de rappeler que, si des accords parallèles sur le travail et l’environnement existent dans le cadre de l’accord dç libre-échange nord-américain (ALENA), on le doit d’abord au travail incessant des coalitions syndicales et populaires québécoise, canadienne, américaine et mexicaine, ainsi qu’à, la conjoncture politique interne des Etats-Unis après l’élection du président Clinton en novembre 1993.En effet, lors de la campagne électorale américaine d’alors et après l’élection de Bill Clinton, une majorité de représentants démocrates ont exigé la négociation d’accords sur le travail et l’environnement Le gouvernement canadien a dû se plier à cette exigence et improviser une position canadienne sur ces questions, mal- gré les avertissements, entre autres, de la Coalition québécoise sur les négociations trilatérales, coalition composée des centrales syndicales et d’organismes de coopération internationale.Ces accords, bien qu’insuffisants, constituent la première reconnaissance des gouvernements concernés des impacts sociaux et environnementaux d’une entente de libre-échange.Cependant, le gouvernement canadien a continué à minimiser l’ampleur des effets de la dynamique d’intégration économique.Si le contraire était vrai, le gouvernement aurait, en effet, pris l’initiative d’un débat public sur l’accord bilatéral avec le Chili, accord qui vient tout juste d’être signé.Dans le même ordre d’idées, le Canada ne se serait pas opposé à une discussion au G-7 sur la clause sociale, c'est-à-dire sur un mécanisme liant les avantages des accords commerciaux au respect de certains droits considérés fondamentaux par l’Organisation internationale du travail.Cette discussion proposée par le président français a rencontré l’opposition du Canada et de la Grande-Bretagne, alors dirigée par John Major, l’héritier de Margaret Thatcher.S’il y a eu changement de vision du gouvernement canadien concernant le libre-échange, il serait grand temps de le faire connaître à la population du Canada.Le deuxième élément touche à l’élargissement et à la démocratisation du déba( concernant la négociation de la ZLÉA.M.Lauzon table beaucoup sur le MERCOSUR pour faire contrepoids à la vision libre-échangiste américaine.Rappelons que le MÉRCOSUR est un accord entre l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay et le Paraguay visant à créer un marché commun à l’image du modèle européen.Mais le MERCOSUR est lui-même un processus d’intégration en cours où, mises à part les ententes commerciales, peu de résultats ont été atteints concernant d’autres aspects comme les questions sociales.C’est ce qui explique qu’en décembre dernier, les organisations syndicales et populaires des quatre pays concernés ont organisé une journée concertée de mobilisation pour le respect des droits de travailleuses et des travailleurs.11 est clair, par contre, que la démarche du MERCOSUR reconnaît les impacts de l’intégration économique sur le travail et la société et veut éviter le «dumping social», c’est-à-dire la concurrence par la détérioration des conditions de travail et de vie de leur population.De plus, il s’agit d’un processus plus démocratique qui reconnaît la nécessité de la participa- tion de la société civile, en particulier des organisations de travailleuses et de travailleurs, à la négociation.C’est aussi une démarche plus respectueuse des capacités d’intégration des sociétés en présence.En ce sens, la démarche du MERCOSUR doit inspirer celle conduisant à une éventuelle ZLÉA.C’est pourquoi, lors de la rencontre de mai dernier des ministres du Commerce extérieur des 34 pays des Amériques à Belo Horizonte (Brésil), les mouvements syndicaux et sociaux de l’hémisphère ont tenu parallèlement leur propre conférence.Parmi les conclusions de la conférence, les organisations participantes, tout en déplorant l’exclusion de Cuba, ont exigé que : ¦ les citoyennes et les citoyens puissent largement participer à la négociation d’un éventuel accord pour la ZLÉA, lequel devrait être ratifié dans chaque pays par des moyens authentiquement démocratiques; ¦ tout accord doive non seulement respecter les droits sociaux et économiques des populations des Amériques, mais aussi faire en sorte de les améliorer.Ce forum a constitué la première étape d’efforts complémentaires des syndicats et autres organisations sociales des différents pays de l’hémisphère, laquelle devrait se concrétiser davantage à l’occasiop du prochain Sommet des chefs d’États des Amériques en mars 1998, à Santiago au Chjli.A cette fin, au cours des mois qui viennent, les organisations participantes ont convenu de mécanismes coordonnés de communication et d’échange.C’est dans ce cadre que se tiendra à Montréal, les 17 et 18 septembre prochain, un colloque international organisé par le réseau québécois sur l'intégration continentale (RQFC).Ce colloque, en plus de poursuivre la réflexion sur l’intégration économique continentale et au prepiier chef vers la négociation de la ZLEA, vise à adopter une Déclaration des Amériques solidaires qui sera adressée à la Conférence parlementaire des Amériques qui se tiendra à Québec quelques jours après et qui regroupera plus de 400 parlementaires de toutes les Amériques.Ceux-ci se réuniront à l’invitation du président de l’Assemblée nationale, Jean-Pierre Charbonneau, pour débattre du rôle des parlementaires face aux impacts sociaux, démocratiques, environnementaux de l'intégration économique des Amériques.Comme on le voit, les conditions sont là pour un véritable débat large et démocratique sur notre avenir collectif à l’échelle hémisphérique.L ’ É Q U I P E IJ U IJ VOIR IA RÉDACTION Journalistes A l'information (générale et métropolitaine : Omis Lapierre (adjoint au directeur de l'information), Sylvain Blanchard, Paul Cauchon.Jean Chartier.Jean Dion, Louis-Gilles Francœur, Kathleen Lévesque.Caroline Montpetit, Brian Myles, Isabelle Paré, Clément Trudel, Serge Truffaut ; Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques) ; Martin Duclos et Christine Dumazet (rclectrurs) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; A l'information culturelle : Michel Bélair (responsable), Stéphane Iîaillargeon, Pierre Cayouette.Paule des Rivières.Louise Leduc, Jean-Pierre lx»gault, Benoit Munger, Odile Tremblay ; A l’information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information), Robert Dutrisac.Jean Pichette, Claude Turcotte ; A l’information internationale : Jocelyn Coulon (adjoint au directeur de l'information).Francois Brousseau (éditorialiste).Claude Lévesque ; A l’information politique : Pierre O'Neill, Manon Cornellier (correspondante parlementaire â Ottawa), Mario Cloutier et Gilles Lesage (correspondants parlementaires à Québec).Michel Venue (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec) ; À l'information sportive : Yves d'Avignon ; Marie-Hélène Alaric (secrétaire à la rédaction) ; Isabelle Hachey.Marie-Claude Petit (commis).La documentation : Gilles Paré (directeur) ; Brigitte Arsenault, Manon Derome, Serge I.aplanie (Québec).Rachel Rochefort (Ottam).IA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Martine Dubé (directrice).Daniel Barbeau (directeur adjoint).Jacqueline Avril.Jean de Billy, Brigitte Cloutier, Gyslaine Côté, Marlène Côté, Christiane Legault, Jacques A Nadeau.Guylaine Ouellet, Micheline Ruelland (publicitaires) ; Sylvie Laporte, Nathalie Lemieux, Claire Paquet.Pierrette Rousseau, Micheline Turgcon ; Francine Ouellet (secrétaire).IA PRODUCTION Jocelyn Arsenault (directeur des approvisionnements, distribution et production), Marie-France Turgeon (responsable de la production), Claudine Bédard, Johanne Brunet.Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Marie-Josée Hudon, Sylvain Lesage, Christian Vieil, Olivier Zuida.SERVICE À IA CLIENTÈLE Johanne Brien (responsable), Evelyne Labonté (responsable à la promotion des abonnements), Manon Blanchette-Turcotte, Monique L’Heureux, Use Lachapelle.Rachelle Leclerc-Venne.L’ADMINISTRATION Yves Bouthiette (contrôleur), Dany Dépatie (adjointe à l'administration et responsable des ressources humaines), Nicole Carmel (responsable des services comptables), Jeanne-d’Arc Monde (secrétaire à la direction) ; Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Nathalie Perrier, Danielle Ponton.Danielle Ross.IA FONDATION IJU DI-AO IR Marcel Couture (président), Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général). A 8 I.K 1) K V 0 I li , I.K .1 E II I) I 2 1 A 0 II T I !» !l 7 , REUTERS ELOQUENTE illustration du proverbe «un esprit sain dans un corps bien étiré».Sous l'œil épaté des badauds, cette femme méditait hier dans un parc de Pékin tout en faisant des exercices d’étirement.ÆX S.V.P.Assurez-vous que ce papier journal soit recyclé.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 9" étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Place-des-Arts Ds sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir, www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courrier électronique Pour l’agenda culturel La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (514) 985-3333 (514) 985-3360 devoir@cam.org (514) 985-3551 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et petites annonces Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements 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policiers à Colebrook (New Hampshire), avant d’être tué par les forces de l’ordre à l’issue d’une course-poursuite dans l’Etat voisin du Vermont.La police a par la suite découvert que Cari Drega, 67 ans, avait piégé avec des explosifs plusieurs bâtiments de sa propriété.Les autorités craignent que le meurtrier ait caché des explosifs dans un «système assez élaboré de tunnel» dans le sous-sol et sur les côtés de sa propriété de Columbia, a annoncé hier le directeur général Michael Ramsdell à Colebrook.L’incendie de Hamilton: des risques pour la santé Toronto (PC) — L’incendie qui a ravagé le mois dernier une usine de recyclage à Hamilton et chargé l’atmosphère d’un dangereux cocktail chimique pourrait avoir des conséquences immédiates et à long terme pour les employés d’une clinique d’urgence et les personnes vivant à proximité de l’usine, indique un rapport rendu public hier par le Solliciteur général de l’Ontario et le Service des incendies.Il s’agit du premier avertissement officiel du genre depuis le sinistre qui a détruit les installations de Plasti-met Le rapport prédit que les émissions toxiques survenues lors de l’incendie du 9 juillet pourraient contaminer l’air, les eaux et la terre et, ultimement, la flore, la faune et les humains.Le rapport du Solliciteur général ne précise pas la nature des problèmes de santé à prévoir, mais l’As-~i|-sociation internationale des pompiers a déjà laissé entendre que la combustion de produits chimiques pouvait notamment provoquer des cancers, des maladies pulmonaires et des troubles hépatiques.Payés en.cercueils Moscou (AP) — Une usine de confection de la ville russe de Yaya (3 000 km à l’est de Moscou) a trouvé un moyen insolite de payer ses employés, qui n’ont pas perçu de salaire depuis deux ans: elle leur a offert des.cercueils.Mais les couturières de l’usine Voskhod ont bien entendu refusé, rapporte l’agence ITAR-Tass qui écrit que les employées «refusent d’accepter les cercueils à l’avance.Elles veulent vivre et non mourir».ROCK Patte blanche LAMPRON SUITE DE LA PAGE 1 vu des réductions de transferts maintiendra le seuil de financement du système de santé à 12,5 milliards par an.Après cinq ans, cette hausse représentera six milliards de plus que ce qui avait été prévu lors du budget de 1996, a-t-il précisé.Il faut rappeler que, depuis cette époque, les coupes assenées par le fédéral aux paiements de transferts aux provinces représentaient l’équivalent de sept milliards.Plusieurs provinces dont le Québec ont d’ailleurs attribué une grande partie de leurs déboires financiers, et de la dérive de leurs systèmes de santé, à ces coupes draconiennes.Mais hier, le ministre nouvellement nommé a tenté de montrer patte blanche en ce qui a trait aux prochaines discussions entourant l’avenir des soins de santé.Son ministère, a-t-il dit, entend mettre l’accent sur l’amélioration des soins de première ligne, notamment sur la prévention, l’accroissement de la recherche en santé, la restauration de la confiance des Canadiens dims le système canadien de distribution du sang.Au surplus, le ministre s’est engagé à faire du bien-être des enfants, l’une de ses priorités.En conclusion, le ministre Rock a soutenu que les querelles sur le sort du système de santé avaient eu raison de la confiance des Canadiens et que ces derniers étaient maintenant en droit de s’attendre à un peu plus de collaboration entre les gouvernements.Par ailleurs, lors de cette assemblée annuelle, les membres de l’Association médicale canadienne (AMC) ont une fois pour toutes rejeté à la majorité l’idée de créer un système de santé à deux vitesses.Un sujet chaud qui avait soulevé plus que sa part de débats au sein de cet organisme ces dernières années.«Une réaction trop émotive», dit maintenant Louise Beaudoin Un géant du tabac impliqué dans des activités de contrebande?PRESSE CANADIENNE Ottawa — Un directeur du marketing du géant américain du tabac RJ.Reynolds Tobacco Co.s’est entretenu avec les dirigeants d’un réseau de contrebande soupçonné d’avoir introduit pour des millions de dollars de cigarettes et d’alcool au Canada, selon des documents déposés devant un tribunal américain.Ces documents soulèvent des questions sur la possibilité que la compagnie ait joué un certain rôle dans les activités de contrebande qui ont poussé le gouvernement fédéral et certains gouvernements provinciaux à diminuer les taxes sur les cigarettes, en 1994.La société RJ.Reynolds est affiliée à RJR-Macdonald, de Montréal, fabricant des cigarettes Export A.Les Thompson, représentant des ventes de R.J.Reynolds, a rencontré des dirigeants d’un présumé réseau de contrebande, en septembre 1995, au village de pêche de Langary, en Colombie-Britannique, selon une déclaration écrite sous serment par un douanier américain, Gilbert Schmelzinger.Le document de M.Schmelzinger a été dévoilé par un jury de Syracuse, dans l'Etat de New York.Ce jury fait enquête sur les opérations de contre- bande dans le cadre desquelles des cigarettes et de l’alcool d’une valeur de 687 millions US auraient été introduits au Canada, entre 1992 et 1996.M.Thompson était alors responsable du marketing des cigarettes de R.J.Reynolds sur la réserve amérindienne d’Akwesasne, qui chevauche le Québec, l’Ontario et l’Etat de New York.Dans sa déclaration, M.Schmelzinger affirme que M.Thompson était au courant des activités de contrebande menées dans la réserve.Parmi ceux qui auraient rencontré M.Thompson à Langary, on compte Larry Miller, arrêté à Syracuse, le mois dernier, et accusé d’avoir comploté en vue de commettre une fraude, d’avoir contribué et encouragé des activités de contrebande et de blanchiment d’argent.Miller fait également face à 40 chefs d’accusation au Canada.Des agents avaient infiltré les rangs des contrebandiers, des deux côtés de la frontière entre le Canada et les Etats-Unis.Plus d’une douzaine de personnes ont été arrêtées en juin relativement à cette affaire.Les responsables de RJ.Reynolds et de RJR-Macdonald ont refusé de commenter les allégations à leur sujet, affirmant que l’enquête était confidentielle.SUITE DE LA PAGE 1 On se souvient que l’hiver dernier, l’industrie du doublage et l’Union des artistes avaient lancé un cri d’alarme en dévoilant que la loi protectionniste française (promulguée il y a plus de quarante ans) menaçait de plus en plus l’industrie québécoise du doublage.La vitesse d’exécution des doubleurs français s’était accrue, faisant perdre chez nous du terrain à nos propres versions.Crédit d’impôt de 15 % Le rapport du comité, au,demeurant très fouillé, propose à l’Etat québécois d’accroître son soutien à l’industrie du doublage, en mettant en place un crédit d’impôt de 15 % et en suggérant au pendant fédéral d’en faire autant.Il encourage les entreprises québécoises à multiplier les ententes techniques avec les Américains et les collaborations avec les Français, et recommande le maintien des pressions politiques et syndicales face à la France afin qu’elle abolisse sa loi.Nous voici loin des déclarations-chocs de la ministre Louise Beaudoin, laquelle affirmait bien haut l’hiver dernier que, si le décret interdisant l’importation en France des films doublés ici ne tombait pas, on édicterait une loi miroir au Québec.«Il faut reconnaître que j’ai eu à l’époque une réaction trop émotive, admettait hier Louise Beaudoin, parce qu'en soi, la loi française est scandaleuse.Mais qu’obtiendrait-on à avoir une loi miroir et à aller devant l’OMC?On se ferait juste plaisir.Le rapport m’a surprise, je le concède, mais 48 pages plus tard, il me convainc que cette loi spéciale n'était pas la bonne solution.Il faut savoir reconnaître ses erreurs.» «J’ai fait étudier cette éventualité d'une loi spéciale, précisait Pierre Lam-pron.Elle ne survivrait pas à une contestation juridique.» Selon le président de la SODEC, les résultats d’une telle loi auraient pu être désastreux pour le Québec, allié de la France dans la question de l’exception culturelle.Explorant une voie de traverse, Pierre Lampron expliquait qu’un organisme comme l’Union des artistes pourrait par contre contester la loi f CEGEPS «Les services sont réduits partout dans les cégeps» RECTIFICATIF Volet «repositionné» Seule la vocation communautaire du Centre Strathearn devrait être abandonnée selon le médiateur de Montréal, Robert Côté, et non sa vocation interculturelle, comme nous le rapportions hier en page B 7.M.Côté propose plutôt dans un rapport remis mardi au maire Pierre Bourque que le volet interculturel soit «repositionné».SUITE DE LA PAGE 1 La clientèle a baissé et, de façon générale, les collèges ont reçu 8 % de moins de demandes d’admission, mais «la proportion de ceux qu’ils ont admis a augmenté.Cela signifie que les dossiers présentés par les élèves étaient meilleurs», soutient Gaétan Boucher, président-directeur général de la Fédération des cégeps.La fédération approuve le rehaussement des exigences, même si les cégeps en payent temporairement le prix.De toute façon, ce rehaussement devient incontournable: le groupe de travail sur la réfprme du programme d’études a proposé à la ministre de l’Education que les matières de base soient obligatoires dans l’avenir pour l’obtention du diplôme d’études secondaires.Et une épreuve officielle uniforme en langue et en littérature sera imposée cette année aux finissants de cégep, épreuve dont la réussite sera obligatoire pour l’obtention du DEC (Diplôme d’études collégiales).Les étudiants eux-mêmes ne s’opposent pas à la hausse des exigences, mais ils font valoir que cette hausse doit obligatoirement s’accompagner de mesures permettant la réussite.«Il faut être conséquent, explique Philippe Leclerc, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ).Il faut aussi augmenter l'encadrement et donner aux étudiants et aux enseignants les outils permet- tant de réaliser cet objectif de réussite».Par ailleurs, l’actuel programme gouvernemental de mises à la retraite a entraîné le départ de 1188 employés de cégep: 802 enseignants, 69 professionnels, 254 employés de soutien et 63 cadres (ces chiffres ne sont pas encore définitifs).Pour toutes les catégories de personnel autres que les enseignants, il s’agit d’une réduction réelle du nombre de postes, mais les enseignants qui partent, eux, doivent être remplacés, compte tenu des exigences d’encadrement des élèves.La situation est similaire dans les commissions scolaires, comme le mentionnait hier Le Devoir.Ce sont donc environ 800 nouveaux enseignants qui entrent dans les cégeps cette année, pour la plupart des enseignants qui étaient jusqu’à récemment en disponibilité, ou non permanents, ou remplaçants.Les cégeps doivent toutefois composer avec d’importantes compressions budgétaires.Québec a annoncé des compressions de 140 millions l’année dernière dans les cégeps, et il a été convenu de répartir ce montant sur deux ans.Les cégeps ont donc absorbé 70 millions cette année (environ 6 % du budget du réseau), soit 45 millions en coûts de réduction de main-d’œuvre et 25 millions retirés de la «base de financement».Gaétan Boucher admet que les services aux élèves ont été touchés et qu’ils le seront encore plus l’année prochai- ne, puisque les cégeps savent déjà qu’ils doivent absorber l’autre tranche de 70 millions.sans parler du fait que Québec pourrait annoncer d’autres compressions.Pour faire face à ce manque à gagner, plusieurs cégeps se sont lancés dans un exercice de réaménagement interne, et d’autres cégeps cherchent à regrouper différents services.L’exemple le plus spectaculaire de ce type de discussion demeure celui des cégeps de Maisonneuve, de Rosemont et du Vieux-Montréal, qui se donnent jusqu’en janvier pour tout mettre sur la table, n’excluant pas une fu-siop.A plus long terme, les cégeps voudraient voir accroître leur autonomie et voudraient pouvoir négocier localement les conditions de travail, une demande plusieurs fois répétée ces dernières années.A la Fédération étudiante collégiale, on peut témoigner des effets multiples de ces compressions.«Les services sont réduits partout dans les cégeps, de dire Philippe Leclerc de la FECQ.A plusieurs endroits, il faut maintenant payer pour consulter le psychologue de l’école.Il faut payer pour obtenir un casier.I)e$ appareils de laboratoire sont réparés avec du scotch tape.A Bois-de-Boulogne, par exemple, il ne reste que deux aides pédagogiques individuels pour l’ensemble des étudiants.Au même cégep, on demande maintenant de payer pour obtenir un code d’accès permettant d'utiliser les ordinateurs!» DION Retrouvé inconscient dans la piscine de son domicile SUITE DE LA PAGE 1 naux, avantageusement connu ici et ailleurs dans le monde, témoin mais aussi acteur de l’évolution du Québec depuis la Révolution tranquille.M.Dion a été retrouvé inconscient hier dans la piscine de son domicile de Sillery, en banlieue de Québec, où il se serait noyé à la suite d’un malaise ou en tentant de retirer la toile solaire la recouvrant — le coroner et les enquêteurs de la police tentaient toujours hier d’établir les circonstances précises du décès.Il était le père de l’actuel ministre fédéral des Affaires intergouvemementales, Stéphane Dion, qu’il laisse dans le deuil ainsi que son épouse et quatre autres enfants.Né à Saint-Arsène, près de Rivière-du-Loup, en 1922, Léon Dion embrasse d’abord la carrière universitaire, qu’il ne quittera d’ailleurs jamais.Détenteur d’un doctorat en science politique en 1954, il enseignera pendant plus de 40 ans à l’Université [.aval.Mais c’est à compter des années 1960 qu’il prendra une dimension davantage publique: à l’instigation d’André Laurendeau, il accepte le poste de conseiller auprès de la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme.Après le décès de Lau-rendeau, on lui offre d’ailleurs le poste de coprésident, qu’jl refuse, discernant l’échec de la commission.A la fin des années 1970, il agit à titre de conseiller spécial de la Commission sur l’unité canadienne (Pépin-Ro-barts), dont les recommandations resteront elles aussi lettre morte.Proche des tenants d’un statut particulier pour le Québec, tels Claude Ryan ou Solange Chaput-Rol-land, compagnon de route du Parti libéral du Québec, M.Dion n’en appuie pas moins le camp du OUI au référendum de 1980.tout en continuant à se dire fédéraliste.Comme pour des milliers de Québécois, le rapatriement unilatéral de la Constitution, en 1982, est l’occasion pour Léon Dion de se faire le promoteur d’une «réparation» de l’affront.En 1986, l’universitaire, qui a souvent joué un rôle de conseiller officieux auprès des dirigeants libéraux provinciaux, est d’ailleurs propulsé à l’avant-scène de la politique québécoise lorsqu’il devient conseiller du ministre GU Rémillard, chargé des questions constitutionnelles.Son séjour dans les officines gouvernementales est bref.M.Dion démissionne deux mois plus tard, en désaccord avec la décision de Québec d’abandonner le recours systématique à la clause dérogatoire lors de l’adoption de ses lois.Mais il demeurera influent: sa proposition relative à la langue d’affichage — français seulement à l’extérieur des commerces, bilinguisme avec prépondérance du français à l’intérieur — sera retenue pour l'essentiel dans la loi 178 consécutive au jugement de la Cour suprême sur la Charte de la langue française, en 1988.Entre-temps reprennent les péripéties constitutionnelles.Lors de la signature de l’Accord du lac Meech, Léon Dion émet de sérieuses réserves, déplorant notamment que le concept de société distincte n’y soit pas défini.Mais il se rallie finalement, estimant que, «dans les circonstances, les limites du possible ont été atteintes», ce qui ne l’empêche pas de reprocher à Québec de s’être laisser «piéger» en ratifiant l’entente le premier à l’Assemblée nationale.Ne pas renégocier Meech En 1989, quelques mois avant la date butoir de juin 1990, M.Dion presse Robert Bourassa de ne pas, comme celui-ci est tenté de le faire, renégocier Meech.Son raisonnement: il faut au moins laisser le Canada anglais porter l’odieux de l’échec.Par ailleurs, il demeure convaincu qu’un rejet de la société distincte ne conduira pas le Québec à l’indépendance.Mais il durcit le ton par la suite: devant la commission Bélanger-Campeau, en décembre 1990, il évoque une «dernière chance» à donner au Canada et la stratégie du «cou- teau sur la gorge»: toute future négociation doit être assortie d’un ultimatum, à condition bien sûr que les Québécois soient prêts à faire l’indépendance.«Moi, je n ai pas peur», lance-t-il.Dans la même veine, le «fédéraliste fatigué» qu’il confie être à la commission Beaudoin-Dobbie portant sur d’éventuelles offres fédérales finira par en rejeter les conclusions et par appuyer le NON au référendum sur l’Accord de Charlottetown.Toujours, cependant, en se laissant dicter sa conduite par «la raison, et non l’exaspération».Plusieurs témoignages émanant de la classe politique ont accueilli hier la nouvelle du décès de M.Dion.A Ottawa, le premier ministre Jean Chrétien s’est dit «affligé» par la disparition d’un homme qui «aura contribué de façon exceptionnelle à l’avancement du débat public pendant plusieurs décennies».Le chef du Bloc québécois, Gilles Ducep-pe, a pour sa part évoqué un engagement qui «aura marqué et fait avancer les débats entourant l’avenir du Québec».A Québec, le ministre des Affaires intergouvemementales, Jacques Brassard, a rappelé le souvenir d’un «grand intellectuel québécois» qui «avait un grand respect pour le cheminement démocratique du peuple québécois et pour les institutions québécoises.I.] Lorsqu’il exprimait des positions à la fois fédéralistes, mais réclamant des changements substantiels au régime fédéral, dans le sens des revendications historiques du Québec, je reconnais qu'il exprimait sans doute un courant d’opinion qui existait dans la société québécoise», a-t-il dit.Le chef libéral Daniel Johnson a quant à lui relevé «les analyses rigoureuses et l’indépendance d’esprit» du professeur Dion.Au cours des derniers mois, soit depuis l’arrivée en politique active de son fils Stéphane, Léon Dion s’était passablement retiré de la place publique.Il aura principalement consacré ses derniers temps à la rédaction d’une somme sur la société québécoise, Québec 1945-2000, dont une partie a déjà été publiée, mais qu’il laisse inachevée.française, en s’appuyant non pas sur l’OMC, mais sur le droit français.Piste qui sera bientôt explorée.Le rapport conclut par ailleurs que les impacts de l’édit français sur notre industrie (cette loi fût-elle inacceptable politiquement) sont moins pernicieux que ce qu’on avait prévu, les Français refusant de toute façon les versions doublées ici.«La crise n’a pas l’ampleur qu'on craignait», soutient Pierre Lampron.De l’avis du comité, le phénomène de baisse des films doublés au Québec pourrait être conjoncturel; en tous cas, il ne paraît pas assez important pour mériter des mesures draconiennes.Le président de la SODEC estime qu’avec une politique de soutien accru de l’industrie du doublage, on pourrait sauver 25 % des coûts de production, devenir plus concurrentiel sur le marché et persuader les Américains de faire des affaires avec nous au premier chef.Bref, il faut miser sur la consolidation plutôt quç sur l’affrontement.A l’Union des artistes comme du côté de l'Association québécoise des industries techniques du cinéma et de la télévision, on se disait hier à la fois contents que l’importance de l'industrie québécoise du doublage soit reconnue et un peu sceptiques quant aux vœux pieux contenus dans certaines recommandations.«On est très, très loin des déclarations précédentes de la ministre, jugeait hier Pierre Curzi, président de l’Union des artistes.Il se dit heureux de trouver dans le rapport un plan d’action concerté se rapportant à l’industrie du doublage, mais estime que les doubleurs y sont dépourvus de protection face à des changements éventuels d’attitude commerciale des Américains et des Français.«Le Québec ne pourra pas patiner sur la bottine éternellement, estime-t-il.Le gouvernement devra prendre éventuellement une position plus ferme.» L’UDA et l’AQITCT attendent de recevoir des avis juridiques pour évaluer le rapport de manière plus éclairée.La ministre Ixjuise Beaudoin se propose d’ailleurs de rencontrer bientôt les deux associations pour s’entendre avec leurs représentants sur un dossier que tous trouvent aujourd’hui bien plus complexe qu’ils ne l’avaient prévu.
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