Le devoir, 6 septembre 1997, Cahier A
èÿiÿi MS* ker>"~ ¦&Ï8 f CC [llleftcKife un cahier de 14 pages CAHIER SPÉCIAL MONTRÉAL Alphabétisation: Escalade par-delà la lecture * vers la guerre de Veau, et Vécriture, page C 7 page A 4 MONTRÉAL Mirabel: Québec veut forcer la main dVttawa, page A 3 PERSPECTIVES Garderies d’Etat?Désormais, le gouvernement fixe le tarif, impose un programme éducatif et resserre les contrôles.Se dirige-t-on vers l’étatisation des garderies?La réponse est non.Mais le poids de l’État s’accroît de façon irréversible.Ce ne sera pas sans conséquences.Depuis mardi, une journée en garderie ne coûte que 5 $ pour un enfant de quatre ans, soit moins du quart du tarif antérieur.D’ici cinq ans, ce tarif sera appliqué progressivement à toutes les catégories d’âge, jusqu’aux poupons.La première conséquence de cette politique est de rendre plus attrayants les services de garde.Pour si peu, bien des parents ne voudront plus s’en passer.Par ricochet, il s’agit pour Québec d’un moyen de combattre le travail au noir dans ce secteur qui compterait pour 10 % de l’économie souterraine au Québec.Aucune gardienne ne pourra rivaliser sous la table avec des prix aussi bas.Ix‘ ministère de la Famille et de l’Enfance a prévu la création de 73 000 nouvelles places en cinq ans pour faire face à la demande.Deuxième conséquence: puisque c’est Québec qui paie, Québec en veut pour son argent II impose donc, Michel à compter de cette année, un prove a n e gramme éducatif uniforme.L’application de ce programme ne provoque-* * * ra aucun bouleversement dans la plu- part des garderies qui en appliquaient déjà les principes: l’enfant est unique et il faut respecter son rythme; l’enfant apprend par le jeu; la collaboration entre les éducatrices et les parents est primordiale.Il énonce des objectifs fondés sur le développement global de l’enfant.Chaque garderie déterminera les moyens de les atteindre.Troisième conséquence, qui découle du financement étatique: le contrôle bureaucratique augmente.Il faut présenter un certificat de naissance et remplir un formulaire, et la garderie constitue sur chaque enfant un dossier qui sera conservé trois ans après son départ de la garderie.Des normes sont établies par règlement: nombre de jours de service par an, composition du conseil d’administration.Gros sabots.Un peu plus lourd à gérer.Certes, ce développement entraînera des coûts: 50 millions pour cette année seulement, en partie compensés par le fait que les parents bénéficiant de places à 5 $ n’ont plus droit au crédit d’impôt remboursable pour frais de garde.Mais cette réalité en cache une autre qui entraînera certes à son tour une augmentation des coûts.La politique va consolider le réseau des garderies.Cette nouvelle situation est perçue dans les centrales syndicales comme une occasion d’étendre la syndicalisation fie maraudage a repris avec une nouvelle intensité) et d’améliorer les conditions de travail et les salaires de leurs membres.Auparavant, la part la plus importante du financement direct des garderies provenait des parents.Dans cinq ans, elle proviendra du gouvernement «Dans les faits, le gouvernement devient l'employeur des éducatrices puisqu'il devient le principal bailleur de fonds», affirme la présidente de la CEQ, Lorraine Pagé.Selon Mme Pagé, Québec devra s’impliquer plus directement dans la négociation des conditions de travail.«Si c'est lui qui paie, dit-elle, c’est avec lui qu'il faudra discuter, pas avec la coordonnatrice de chacune des garderies.Il faudra transiger avec le bon interlocuteur» La vice-présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, abonde dans ce sens et préconise une négociation provinciale des salaires.Si le programme éducatif et les exigences de l’emploi sont uniformes, dit-elle, pourquoi les salaires ne le seraient-ils pas?Les syndicats ont à ce sujet un atout dans leur jeu: la nouvelle loi sur l’équité salariale.La majorité des éducatrices de garderie possèdent une formation spécialisée collégiale ou universitaire et sont payées moins cher que le concierge d’une école.«Le gouvernement ne peut pas renier ses principes», dit Mrçie Carbonneau.A Québec, on ne voit pas les choses du même œil.L’Etat «ne devient d'aucune manière l'employeur, et les contrats de travail seront négociés localement», dit la porte-parole du ministère, Sylvie Charbonneau.«La ministre [Pauline Marois] a toujours été sensible à la situation salariale en garderies, mais la politique familiqle n’a pas pour objectif de régler ce problème-là», dit-elle.A court terme, la négociation provinciale est peu probable car à peine 25 % des garderies sont syndiquées.Mais le jour où la syndicalisation sera répandue, qui dit que les parents ne préféreront pas laisser Québec négocier à leur place, surtout qu’ils n’auront plus un mot à dire sur le niveau de revenus de leur garderie, le tarif étant fixé par Québec?Tarifs uniformes, revenus réglementés, salaires négociés .à l’échelle provinciale, programme éducatif imposé, normes de gestion réglementées.Québec ne veut pas étatiser le réseau.Et c’est tant mieux.Mais l’effet, à terme, ne sera-t-il pas le même?Montréal Averses.Dimanche: éclaircies.Québec Nuageux.Pluie.Max: 21 Min: 12 Max: 22 Min: 14 Détails, page C 13 Agenda.H 13 Annonces C 12 Les Arts.B 1 Avis publics.C 11 Economie.C 1 Éditorial.A 12 N I) E X Livres.D 1 Le monde.A 10 Les sports.C 14 Montréal.A3 Mots croisés C 13 Politique.A 8 www.ledevoir.com Mère Teresa, 1910-1997 JACQUES NADEAU LE DEVOIR Juin 1986: accueillie par une fillette, mère Teresa arrive à l’aéroport de Québec pour participer dans la Vieille Capitale à une conférence internationale sur le droit constitutionnel.Le dévouement quasi surhumain de la petite dame fragile, à la poigne de fer, lui a valu d’innombrables récompenses, distinctions et témoignages de reconnaissance à travers le monde, de son vivant comme depuis l’annonce de sa disparition.«Sainte Thérèse de Calcutta» monte au ciel Mère Teresa, figure légendaire du siècle, est décédée hier, en Inde, à l’âge de 87 ans.Elle laisse en héritage l’exemple d’une vie riche et pleine, consacrée aux plus pauvres, aux exclus, aux mourants, et bien sûr un empire mondial de la compassion, qui devra maintenant composer sans sa bénéfique fondatrice.La mère supérieure lègue aussi des souvenirs amers, notamment en raison du caractère controversé de certaines de ses positions.Lire autres informations, page A 2.STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Les saintes meurent aussi.La plus célèbre figure catholique dans le monde après le pape s’est éteinte quelques jours après son 87e anniversaire de naissance (célébré le 26 août dernier), dans la ville qui a inspiré sa vocation: Calcutta, la grande métropole indienne, ce Gol- gotha du Tiers-Monde, submergée par les bidonvilles et les damnés, par millions comptés.Mère Teresa est morte d’un arrêt cardiaque, dans la soirée, après s’être plainte de douleurs à la poitrine.Elle était en mauvaise santé depuis l’été 1996, après avoir souffert d’un arrêt cardiaque compliqué par une pneumonie et la VOIR PAGE A 14: MÈRE TERESA Télécommunications investira 2 milliards à Montréal La multinationale créera 3000 emplois sur quatre ans GÉRARD BÉRUBÉ LE DEVOIR La venue à Montréal du concepteur français Ubi Soft provoque son effet d’entraînement.Le vice-premier ministre du Québec, Bernard Landry, a fait un aller-retour, mardi, aux bureaux de MCI à Atlanta, afin de mettre la touche finale à un investissement de deux milliards de dollars de la géante américaine des télécommunications en sol québécois.On parle ici de la création de 3000 emplois en trois ou quatre ans dans l’industrie montréalaise, encore naissante, du multimédia, un projet qui n’attend plus que la conclusion de la fusion entre MCI et British Telecom pour voir le jour.Au bureau de M.Landry, l’attachée de presse Andrée Corriveau a confirmé ce voyage éclair chez MCI à Atlanta, au cours duquel M.Landry a rencontré Scott B.Ross, président et chef de la direction, systèmes et intégration.Le dossier est à ce point important et avancé que «M.Landry a estimé nécessaire cet aller-retour dans la même journée, pour conclure “presque quelque chose”».Ce «quelque chose» «s’en vient, plus vite que prévu», s’est contentée de dire Mme Corriveau.Ce «quelque chose», c’est l’implantation au Québec d’une filiale dont le mandat consistera à intégrer le savoir-faire des deux entreprises, British Telecom et MCI, une fois fusionnées.Ce sont 3000 emplois sur quatre ans et un investissement de deux milliards en dix ans dans le domaine de la recherche-développement, dans le développement de nouveaux produits de télécommunications et de multimédia, et dans l’intégration de systèmes.Tout serait ficelé.On n’attend plus que la conclusion de cette mégafusion entre la britannique British Telecom et l’américaine MCI, une opération qui se heurte encore à l’évaluation divergente de groupes d’actionnaires quant aux paramètres financiers de la transaction.On s’attend à ce que cet obstacle soit surmonté d’ici un mois.VOIR PAGE A 14: MCI SPÉCIAL Vie privée Pour en finir avec Big Brother Tiger Woods fait courir les foules à l’Omnium du Canada Dessine-moi un champion v A trois ans, il joue neuf trous et rapporte une carte de 48! Depuis deux jours, il fait courir les foules à l’Omnium du Canada, à l’île Bizard.Depuis quelques mois, en fait, il fait courir les foules sur le moindre terrain de golf où il pose le tee.Nouvelle idole des masses, coqueluche médiatique, phénomène athlétique, Tiger Woods a tout pour avoir le monde du sport à ses pieds.Dessine-moi un champion.JEAN DION LE DEVOIR Il est tellement suivi, de trou en trou, que certains autres golfeurs de la PGA se sont plaints de ne pouvoir se concentrer sur leur jeu.Son affabilité et son sourire éclatant charment et désarment comme on l’a vu cette semaine à travers la réaction des médias montréalais, et ses paroles sont bues comme petit lait.Ajoutez qu’il brûle le très relevé circuit professionnel à 21 ans et qu’il est un «minoritaire visible» dans le plus blanc des sports, et vous obtenez la Tigermanie.Des groupies du golf, voilà qui ne s’était jamais vu.Non plus, d’ailleurs, que des commandites atteignant près de 100 millions de dollars US, dont 40 millions pour cinq tins versés par le seul fabricant d’articles de sport Nike.Non plus qu’un talent pur, inné, aussi extraordinaire: s’il faut parler de prédestination autant que de détermination, l’homme est l’exemple par excellence.Eldrick Woods est né le 30 décembre 1975 et a grandi à Cypress (Californie), près de Los Angeles.Son père, Eari, et sa mère, Kultida, s’étaient rencontrés en Asie pendant la guerre du Vietnam; lui était lieutenant-colonel dans l’armée américaine, elle secrétaire dans un bureau de l’armée à Bangkok.Ayant failli périr à plusieurs reprises, Earl gardera toujours un souvenir aigu de la guerre, et c’est en l’honneur de son meilleur ami là-bas, Nguyen Phong, un soldat de l’armée du Sud-Vietnam surnommé Tiger en raison de sa fougue, que son fils sera officieusement rebaptisé.VOIR PAGE A 14: TIGER PRESSE CANADIENNE Woods sortant la balle d’une trappe de sable du terrain de golf de l’île Bizard: un «minoritaire visible» dans le plus blanc des sports.LE MONDE La reine se rachète : «Diana était un être exceptionnel», page A 10 778313000696 778313000641 1, E I) E V 0 I It .I.E S S A M E I) I IMAM C II E 7 S E I’ T E M II It E I !l !» 7 -MONTREAL* Escalade vers la guerre de l’eau La propension des pays à considérer Veau comme une ressource qui leur appartient est génératrice de conflits, constate Elizabeth Dowdeswell, directrice du Programme des Nations unies en environnement Pendant que les Québécois se demandent s’il vaut mieux exporter leur eau en bouteille ou en vrac et la vendre entre 10 et 40 C du litre à des gens assoiffés qui gagnent 50 C par semaine, les quelque 800 délégués du neuvième Congrès mondial de l’eau concluaient hier leurs assises au Palais des congrès en déclarant que les progrès réalisés dans l’alimentation de la planète depuis 50 ans sont sur le point d’être compromis par les pénuries croissantes d’eau.Un problème si aigu, disent-ils, qu’il augmente «substantiellement» le risque de conflits armés pour la possession des rivières et des JACQUES NADEAU LE DEVOIR L’eau, si abondante ici, devrait être considérée comme un patrimoine commun A tous les habitants de la planète, estime Elizabeth Dowdeswell.tlappes souterraines.LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR Le jour où nos médias sont entrés dans le délire médiatique déclenché par la mort d'une célèbre princesse, 25 000 personnes mouraient dans la plus totale indifférence, de soif ou pour avoir bu une eau contaminée de bactéries et de virus mortels.Au delà de la culpabilisation facile, force est de constater que, dans notre société riche en eaux, nous sommes quelque peu à côté des problèmes d’eau vécus par la moitié de la planète! Elizabeth Dowdeswell dirige le Programme des Nations unies en environnement.Elle ose des mots surprenants pour une diplomate quand elle fait le bilan des problèmes actuels liés à la gestion de l’eau: «Si 25 000 personnes meurent chaque jour en raison de la mauvaise qualité des eaux disponibles; si 3,8 millions d'enfants du Tiers-Monde meurent chaque année de maladies transmises par l'eau même si elles sont faciles à prévenir; si un milliard de personnes—plus du tiers de la population mondiale — n ont pas accès à une eau potable ou à des égouts sanitaires minimalement sécuritaires, nous devons admettre que nous sommes en face d’un problème aux proportions.monstrueuses!" Aly Shady, le président du neuvième Congrès mondial de l'eau, s’envolait hier soir en vitesse pour Oxford, en Angleterre, où il présidera cet après-midi les travaux des 90 pays membres de la Commission internationale sur l’irrigation et le drainage.• «C'est parce que les pays et leurs ges- tionnaires ont malheureusement tendance à gérer l’eau comme un bien qui leur appartient que les problèmes de pénurie, de contamination et d’accès aux eaux s'intensifient et augmentent la menace de conflits ou de guerres pour la possession des eaux.Il faut que nous commencions à envisager la possibilité de considérer l'eau comme un patrimoine commun à tous les habitants de la planète et aux autres êtres vivants.» Comme on le fait d’ailleurs pour les océans-Mme Dowdeswell, par réalisme, précise à l’occasion d'une entrevue accordée au Devoir qu’un tel concept serait «l’idéal» mais qu’à court terme, un pas de géant serait accompli si chaque pays se reconnaissait «au moins la responsabilité» de gérer ses eaux au nom de l’humanité au lieu d’avoir des comportements de propriétaire.Le portrait sociopolitique et scientifique qu’on peut tirer de l’important congrès qui s’achevait hier n’est pas très flatteur pour l’espèce humaine.Pendant que la population mondiale doublait entre 1950 et aujourd’hui, passant de 2,5 milliards à 5,7 milliards d’habitants, la consommation d’eau quadruplait sur la planète.Aujourd'hui, 40 pays souffrent officiellement de pénuries d’eau.Sans compter que des dizaines d’entre eux doivent partager des cours d'eau et des nappes souterraines, une source de conflit en puissance dans un contexte de pénurie croissante.La raréfaction des eaux n’est pas seulement un phénomène lié au climat mais aussi à l’industrie humaine.Le Rio Grande ne contient plus une goutte d’eau lorsqu’il arrive aujour- d’hui au Mexique, les agriculteurs américains ayant tout pris pour leur récolte, explique Aly Shady.Les neuf pays installés à la source du Nil accaparent une part grandissante de son débit pour leur agriculture et leur industrie, ce qui explique que le débit du plus grand fleuve a fondu d’environ 20 % depuis trois décennies.Et seulement quatre des dix pays riverains se sont entendus sur le partage de cette ressource.Le Pakistan et l’Inde ont pour leur part réussi, malgré deux affronte- ments armés, à s’entendre — c’était une exigence de la Banque mondiale pour financer leurs projets d’irrigation — pour partager les eaux de l’Indus, un fleuve dont les cinq principaux affluents de tête se situent en Inde.Les eaux du Jourdain constituent aussi un enjeu, moins connu mais né vralgique, de l’affrontement entre Israël, les Palestiniens et d’autres voisins arabes.L’agriculture, à la base des économies traditionnelles, accapare actuellement 70 % des ressources en eau douce de la planète.À l’extrême, les besoins en irrigation auront fait disparaître une mer entière de la surface du globe, soit la mer d’Aral.Tous se demandent aujourd’hui comment va s’abreuver la prochaine génération d’agriculteurs de cette région! On mesure mal dans nos pays, où l’agriculture survit grâce aux pluies abondantes, les conséquences de l’irrigation massive pratiquée en Afrique et en Asie.Or, précise M.Shady, 90 % de la portion de l’eau utilisée par l’agriculture passe dans les plantes Plus du tiers de la population mondiale n’a accès à aucune eau potable En suivant la route menant à l’égalité cultivées ou s’évapore dans les champs surchauffés par le soleil: seulement 7 %, globalement, retourne aux cours d’eau.Les mêmes cours d’eau vivent d’autres stress tout aussi difficiles: les villes et les entreprises continuent d'y rejeter leurs eaux usées et leurs effluents.Le bétail y patauge en liberté.Les eaux souterraines voisines sont surexploitées, ce qui diminue les apports d’autrefois.Les estuaires s’engorgent en raison de l’érosion et la vie aquatique, qui y survit, doit faire face aux contaminants chimiques souvent utilisés plus libéralement qu’ici.Résultat?Moins de poissons.Des écosystèmes aquatiques moribonds même s’ils constituent souvent la base alimentaire des riverains.Ses nouvelles populations affamées par cette dégradation de leur milieu de vie et de leurs ressources alimentaires migrent vers des villes incapables de satisfaire ces besoins additionnels en eaux potables et en ser-viceç sanitaires.«À l'extrême, il y en a qui seront prêts à faire la guerre pour empêcher qu'on les contamine en amont, pour sauver leurs ressources actuelles ou mettre la main sur des approvisionnements suffisants», ajoute Mme Dowdeswell.Le Congrès mondial consacrait d’ailleurs plusieurs ateliers aux méthodes d’arbitrage ou de négociation sur le partage des eaux.Le Congrès mondial de l’eau a conclu ses assises en réclamant une révision rapide des techniques agricoles pour les rendre moins «aqui-vores», pourrait-on dire.Il faut 500 litres d’eau actuellement pour produire un pain, disent les chercheurs, mais plusieurs pays du Tiers-Monde en utilisent trois fois plus en raison de méthodes archaïques.Mme Dowdeswell a déclaré à ce même congrès qu’elle n’a pas une foi inébranlable dans la technologie.Dans ce domaine, dit-elle, inculquer de nouvelles attitudes aux consommateurs, élargir la vision souvent étroite des exploitants et gestionnaires, ainsi que la volonté de créer une solidarité régionale et internationale autour des ressources en eau vont bien davantage assurer l’approvisionnement des populations actuelles et futures.Si l’effet de serre ne vient pas d’ici là rendre la crise actuelle incontrôlable.L’enquêteuse de l’ONU sur la violence faite aux femmes est de passage à Montréal CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Le Canada est, avec l’Australie, parmi les pays au monde où les droits des femmes sont les mieux défendus.Mais pendant ce temps, des millions de nourrissons féminins sont tués à la naissance en Chine et en Inde, certaines interprétations de la charia, le code de conduite musulman, prônent la lapidation des femmes adultères, tandis qu’une cer- taine tradition hindoue, le sati, déifie les veuves qui se jettent au feu pour ne pas survivre à leurs maris.C’est ce que disait hier la rapporteuse spéciale des Nations unies, Rad-hika Coomaraswamy, sur la question de la violence à l’égard des femmes.Au moment d’entamer un deuxième mandat de trois ans, Mme Coomaraswamy rencontrait hier une trentaine d’expertes de la condition féminine à travers le monde.La rencontre était une initiative du Centre f»V*IlP»RMANINT UE LA |El/’NtSAl ¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦ je m exprime wmu DEVENEZ MEMBRE DU CONSEIL PERMANENT DE LA JEUNESSE UN ORGANISME OUI CONSEILLE LE GOUVERNEMENT DU QUÉBEC SUR TOUTE QUESTION OUI TOUCHE LA JEUNESSE.SI VOUS AVEZ ENTRE 15 ET 30 ANS, POSEZ VOTRE CANDIDATURE DU Z5 AOÛT AU 20 OCTOBRE 1997 Renseignement sans frais 1 800 Québec international des droits de la personne et du développement démocratique.«La prise de conscience quant à la violence faite aux femmes date de la fin des années 80, ajoute l’avocate originaire du Sri Lanka, mandatée par la Commission des droits de l’homme de l’ONU.Les activistes féministes de la première génération se préoccupaient surtout d’emploi et d’éducation.» Au cours des dernières années, la rapporteuse a enquêté, et écrit de nombreux rapports, sur le trafic de femmes dans le but de les exploiter pour en faire des prostituées, de l’Europe de l’Est à l’Europe de l’Ouest, sur le viol en Afrique du Sud, sur la violence conjugale au Brésil ou sur l’enlèvement de femmes par l’armée, au Japon, en Corée, aux Philippines et en Indonésie dans les années 40.Et encore aujourd’hui, Mme Coomaraswamy conclut que c’est l’indépendance économique qui aide le plus sûrement les femmes à se sortir COLLEGE JEAN-EUDES 3535, boni.Rosemont, Montréal H1X 1K7 COURS SECONDAIRE COMPLET POUR FILLES ET GARÇONS Établissement d’enseignement privé CONCENTRATIONS: Arts-Études Éducation internationale Sciences Sports-Études 376-5740 Télécopieur.376-4325 http;//www.jeaneiides.t(c.ca/ mfo@jeaneudes.qc.ca OPTIONS: EXAMEN 0’ADMISSION POUR septembre 1998 Pour information, appeler la responsable de l’admission.Art culinaire, Arts plastiques, Cinéma-Photo-Vidéo, Danse, Infographie Animation/Publication, Mode, Musique, Théâtre, Scénographie/Costume.Langue et culture, Humanisme et connaissance des nations, Coopération internationale et implication humanitaire à l’étranger.Sciences biologiques, Génies en herbe.Informatique Badminton, Basket-ball, Football, Hockey, Natation, Patinage artistique, Patinage artistique/Danse, Volley-ball T* secondaire: le samedi 18 octobre 1997 à8hetà14h 2', 3* et 4’ secondaire: admission après du dossier d’une situation où elles doivent subir des sévices corporels.«Lorsqu'ellegagne de l'argent, la femme peut toujours s’en aller», dit-elle.Au Canada, relève Mme Coomaraswamy, les lois donnent un éventail de choix plus vaste aux victimes de violence conjugale.«Une consigne prévoit, par exemple, que la femme battue demeure au foyer tandis que son conjoint abuseur ne peut s’approcher de la maison.Dans d’autres pays, la femme battue doit quitter le domicile conjugal pour s’en sortir, et ne sait souvent pas où aller», dit-elle.Ici, les refuges pour femmes sont aussi plus nombreux, et le corps policier est mieux entraîné pour faire face aux plaintes relatives à la violence conjugale.En fait, la législation canadienne pourrait même servir d’exemple à l’étranger en matière de protection des droits des femmes, selon Mme Coomaraswamy.Mais si les lois progressent en matière de condition féminine à travers le monde, il reste encore beaucoup à faire pour changer les mentalités.«Au Brésil, par exemple, la violence conjugale est perçue comme une démonstration de la passion de l’homme», ajoute Mme Coomaraswamy.Ce pays autorisait d'ailleurs, jusqu’en 1997, qu’un homme surprenant sa femme en état d’adultère tue sa conjointe et son amant.«Il s’agissait d’une défense d’honneur, explique-t-elle.Et si la Cour suprême a interdit cette pratique en 1997, les jurys accordent toujours des acquittements parce que c’est entré dans les mœurs».Dans certains pays d’Amérique latine ou du bassin méditerranéen, un homme peut encore se racheter d’un viol en,i payant sa victime ou en l’épousant.Et en Inde et en Chine, on interdit désormais l’échographie durant la grossesse pour éviter l’élimination systématique de fœtus féminins, après que 68 millions de femmes eurent été déclarées «disparues», à la suite d’infanticides ou d’avortements sur la base, du sexe de l’enfant.Au cours de la prochaine année, la rapporteuse effectuera des voyages au Rwanda, en Afghanistan et en Haiti pour enquêter sur la violence faite aux femmes durant les conflits armés.«Les femmes ne sont souvent pas tuées durant les conflits armés, dit Stéphanie Rousseau, du Centre international des droits de la personne et du ( développement démocratique.Mais | elles peuvent subir des mutilations ou , être violées.Et elles ne sont souvent ! pas bien servies par les mécanismes j mis en place pour pallier la situation de conflit, comme les soins médicaux, par exemple.» Par ailleurs, il arrive souvent que : les veuves perdent le droit de propriété sur la terre après que leur mari j eut été tué à la guerre.Si les lois sont ; en train de changer dans ce domaine, ; les traditions pèsent encore lourd sur | les descendants.TKUMU11U1N /VV/VK1 fc,_ CJL,Al Kt SENT E WESTMOUN T fi EXPOSITION ET VENTE D’ANTIQUITÉS
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