Le devoir, 13 septembre 1997, Cahier B
I.E I) E V II III , I.E S S A M EDI I 3 E T I) I M A N C II E I I S E P T E M B It E I !MI 7 ?LE DEVOIR ?Télévision Page B 2 La chronique de Lise Bissonnette Page B 3 Disques classiques Page B 3 Cinéma Page B 4 Vitrine de la vidéo Page B 5 Théâtre Page B 6 Grille télé du week-end Page B 8 Agenda culturel Page B 9 Arts visuels Page B10 ?DANSE La vie devant soi Aujourd’hui, la danse est aussi large que l’expérience humaine, nous dit Jean-Pierre Perreault.Avec le cycle Les Éphémères, débutant le 17 septembre à l’église Saint-Robert-Bellarmin, le chorégraphe nous convie à une série de représentations uniques et bien vivantes.ANDRÉE MARTIN En 1994, Jean-Pierre Perreault imaginait au Musée d’art contemporain de Montréal L’Instinct, sa toute première installation chorégraphique.Une expérience plus qu’un véritable spectacle attendait le public hasardeux et curieux.Le succès fut aussi total que spontané, et le chorégraphe avait bien juré de revenir à cette formule ouverte et peu commune, un jour ou l’autre.Trois ans plus tard, et quelques créations en plus, dont Les Années de pèlerinage et l’inoubliable Eironos, l’artiste nous propose à nouveau une installation chorégraphique dans ses studios, à l’angle des rues Sherbrooke et De Lorimier.«J’avais le goût de refaire une installation, précise Jean-Pierre Perreault, parce que ce fut une étape très très importante pour tout le monde; pour les interprètes, pour moi et pour les gens qui l’on vue.Ça donné l’occasion aux interprètes de faire ce qu’ils font de mieux.C’est toute leur science et leur capacité qu’ils peuvent donner là-dedans.Moi, j’ai appris énormément aussi, parce que l'installation, c’est la jonction entre mon travail de scénographe et de chorégraphe.Aussi, pour le spectateur, je crois que c’est une expérience importante, parce que ça livre énormément de secrets de mon travail.» La proximité, comme le rapport entre celui qui regarde et celui qui est regardé.— le public est, pour ainsi dire, assis sur la scène —, crée une belle intimité entre les deux univers, l’un pouvant presque toucher l’autre.De plus, l’isolement de chacun des spectateurs, tranquillement assis dans une loge individuelle, confère un caractère particulier à ces représentations.L’univers Dagerman 11 demeure extrêmement rare que le spectateur soit amené à vivre une expérience où, d’une part, il a le loisir de rentrer ou de sortir de la salle au moment où il le désire et, d’autre part, de se retrouver seul, face à l’interprète et à l’espace scénique, sans autre distraction que la vie devant lui et la danse en action.Il y a dans le fait de s’infiltrer dans cet univers clos quelque chose d’à la fois amusant et intrigant.Parfois, on se demande ce que l’on est venu faire dans cet océan urbain où les danseurs vont et viennent, s’étreignent un instant et repartent aussitôt.Mais ici, l’envie croît avec l’usage, et plus on regarde, plus on a envie de regarder, de scruter à la loupe ce monde qui, quelque part, rappelle l’univers nostalgique de l’écrivain Slig Dagerman.VOIR PAGE B 2: PERREAULT Corpse and Mirror, 1996, des Américains Tony Allard et Kristine Diekman il# SJ!*, éclatées - Maledicta Electronica, 1996, de l'Anglais John Maybury Scale, 1996, de Milia Moilanen, de Finlande La Troisième Manifestation internationale vidéo et art électronique s'installe aux Foufounes électriques de Montréal, du 23 au 29 septembre STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Il faudrait un long, très long vidéo pour contenir tout ce qui sera présenté à la fin du mois pendant six jours.Et cela donnerait une riche et complexe œuvre d’art, éclatée à souhait, pour rendre justice à la programmation de la Troisième Manifestation internationale vidéo et art Le virtuel, c’est bien; le réel, c’est mieux.Oubliez les images expérimentales: dans les vraies de vraies Foufounes électriques, dans une dizaine de jours, on découvrira réellement des projections à profusion d’œuvres en tous genres, des conférences savantes sur des sujets pointus, des performances d’artistes- chocs qui choquent en s’arrachant un bout de chair, des installations interactives, et même un salon média, un bar cédérom et un marché international de la vidéo d’art «Notre objectif principal est toujours de présenter ce qui se fait de plus récent, les vidéos les plus intéressants produits dans le monde depuis deux ou trois ans», explique François Cormier, directeur général et artistique de l’événement réel qui débute dans quelques jours, le 23 septembre prochain.«Cette fois, nous nous installons dans un lieu quasi mythique que nous allons même transformer pour le faire découvrir et redécouvrir.» En 1993, l’événement avait été présenté dans un grand loft du Plateau Mont-Royal; il y a deux ans, la Manifestation investissait le complexe théâtral de l’Usine C.«La Manifestation poursuit sa démarche nomade.» 800 fois sur le métier François Cormier a fondé le Centre de création et de diffusion des arts électroniques Champ libre, qui pilote la Manifestation, au début de la décennie.Entre chacune des biennales, cet infatigable amoureux de la vidéo et des arts électroniques lance des appels à tous à travers le monde, puis forme un jury de sélection de ce qui sera finalement soumis à l’œil critique des amateurs.Cette fois, la Manifestation a reçu 800 propositions soumises par des artistes de partout dans le monde.On en a finalement retenu près d’une centaine provenant de 25 pays: la moitié arrivent de l’étranger, une quinzaine du Canada, le reste du Québec.On y verra notamment des œuvres de la Finlandaise Mila Moilanen, du Britannique John Maybury, du Marocain Mounir Fatmi, de l’Américaine Jennifer Reeder, du Japonais Teiji Furuha-shi, du Canadien Dennis Day et de la Québécoise Manon Labrecque.VOIR PAGE B 2: MANIFESTATION quand Abla Farhoud mise en scène Guy Beausoleil chorégraphie Dulcinée Langfelder SlnioneChartrand Daniel Éthier.Dulcinée L.ingfolder -Jean Maheux du 19 septembre au 17 octobre théâtre d’aujourd’hui Une création du Théâtre d'Aujoiird'Iuii en collaboration avec r Cercle Vertueux Dansethéâtre.L i s • A k' i s Maurier RESERVATIONS Z82-3900 I.K l> K V III lî .L !•: S S A M E DI I 3 E T I) I M A N C II E I I S E I' T E M II 11 E I !) !» 7 B 2 TÉLÉVISION Le Roman de l’homme Télé-Québec n’est plus comme les autres.Le réseau présente une série sur l’histoire de l’homme, qui ne trouverait certainement pas preneur ailleurs PAULE DES RIVIÈRES LE DEVOIR Télé-Québec nous donne une idée de sa différence demain avec Le Roman de l'homme, une série de 15 demi-heures sur la préhistoire.L’aventure débute lorsqu’un original attribue un silex à un lointain ancêtre plutôt qu’à l'action de la foudre.Viendra ensuite la découverte d’un crâne d'homme fossile en Allemagne, dans la grotte de Neander.Les questions, ensuite, ne s’arrêteront plus, dérangeant les esprits bien-pensants, les religieux, les sciendfiques.La série marque le début d’une nouvelle coopération entre le télédiffuseur québécois et la Cinquième, chaîne éducative française.Le Roman de l’homme est né de la réalisation en vertu de laquelle «l'homme devrait avoir un peu plus de curiosité en ce qui concerne son propre projet; la préhistoire, c’est notre enfance», expliquait cette semaine Marcel Jullian, responsable de la série.En fait, cette coproduction est très très française et bien jxhi québécoise, même si le cinéaste Jean-Claude La-brecque a agi comme directeur photo et réalisé deux épisodes.Tout dans le ton, le rythme, le contenu, est français, ce qui donne une série avec des pauses pour respirer, des lenteurs, beaucoup de parlotte.Intéressant mais exigeant.En fait, les Québécois (la maison de production Sovimage et Jean-Claude Labrecque) ne sont arrivés que très tard dans le projet, qui fut dès le départ celui d’un seul homme, Marcel Jullian (à qui l'on doit l’adaptation télé du fabuleux Les Rois maudits).Une partie de ce retard s’explique par les difficultés de Sovimage à recueillir les fonds nécessaires à une participation québécoise.«J’ai dû prendre quelques bouchées triples et quadruples, disait Jean-Claude Labrecque cette semaine.J’ai ramé.J’ai trouvé l'expérience épeurante.Je ne connaissais ni les gens ni l'équipe.Je me suis glissé là-dedans.» Pas facile, en effet, d’atterrir dans une grotte de Com-marque, dans le fond du Périgord, plus précisément dans une grotte exigeant des éclairages très particuliers, pour rendre un propos à la fois très pointu et très global.De ce côté-là, aucun problème, Le défi est relevé.Les éclairages sont magnifiques, rendant bien l’exceptionnelle lumière de ce coin, le seul lieu du monde où l’on puisse, en verticalité, reconnaître la trace de 80 000 habitations humaines superposées.S’il y a une difficulté pour le téléspectateur québécois, c’est dans la forme.Alors que nous sommes habitués, ici, aux docudrames et aux dramatisations d’événements historiques, question de nous faciliter la digestion de toute matière un tant soit peu ardue, les Français, de leur côté, ont très peu joué avec les mélanges de genres.Marcel Jullian fait une incursion de ce côté-là, mais c’est bien timide.M.Jullian est l’auteur du scénario et également narrateur.Malheureusement, les fins de phrase tombent et sont parfois inaudibles.Le premier épisode, diffusé demain à 18h30, nous parle de l’outil comme preuve de l’existence de l’homme antédiluvien.D nous parle également des résistances aux idées nouvelles qui ont accueilli les découvertes des chercheurs vers le milieu de XIX' siècle.Qui a taillé ces silex?Ce sont des pierres de foudre, pas des silex, nigaud! «Il y a une anticipation; l’ouvrier préfigure le produit et il a alors une conception préalable de l'objet.C’est évident», raconte Jean-Philippe Rigaud.M.Ri-gaud est conservateur général du Patrimoine et directeur du Centre national de préhistoire.Chacun des 15 épisodes a son professeur.Au onzième épisode, intitulé Le Second Voyage de l’homme, l’archéologue Jacques Cinq-Mars, de la Commission archéologique du Canada et du Musée canadien des civilisations, suit les traces de l’homme en Amérique, plus précisément au Yukon, en s’attardant aux différences climatiques de divers milieux.Le dernier épisode, le 19 décembre, portera sur l’écriture, qui a elle aussi commencé par une pierre travaillée par l’homme.La préhistoire laisse alors la place à l’histoire.Et nous serons peut-être un peu moins ignorants si nous avons la patience de suivre cette série.PERREAULT Au cœur du répertoire SUITE DE LA PAGE B 1 «Comme le spectateur est seul, il vit une expérience très intime avec l'œuvre, et avec lui-même.En général, on sent l'énergie de la salle, et le rapport de l’interprète avec une salle de 100 ou de 1000 personnes est très différent.Avec l’installation, c’est au spectateur à pénétrer l’espace du danseur, et non l'inverse.On a toujours été habitué à consommer la danse en société, alors que là, c’est quelque chose que les gens vivent très intimement, et quelque part sans pudeur.» Ici, le spectateur devient tout à coup une sorte de voyeur en règle, et, personnellement, je trouve ce statut plutôt agréable.Avoir soudainement la liberté de regarder ou de ne pas regarder, de fermer un bref instant les yeux, de regarder là où on veut, l’interprète qu’on désire, sans risquer d’être aperçu, a quelque chose de foncièrement délectable.A la différence de L’Instinct, sa première installation chorégraphique où l’espace s’étalait en largeur, avec Les Ephémères, on découvrira un plateau très profond, créant par là d’étonnants points de fuite et un évident changement de perspective.Les loges, réparties sur deux étages, donneront la possibilité aux plus curieux d’expérimenter les deux options.De plus, Jean-Pierre Perreault n’a pas tenu à imaginer une nouvelle gestuelle, ni même à construire des agencements inusités, n a volontairement décidé de replonger au cœur même de son répertoire pour en extraire des solos, des duos, des trios, etc.«Plutôt que défaire comme dans L’Instinct, où j’avais créé presque entièrement de nouvelles chorégraphies, ici j’ai voulu aborder le répertoire.Je suis allé chercher dans mon travail, dans mes pièces précédentes, des parcelles de danse qui vont être tournées à l’envers, et où on va changer la musique et la scénographie, de manière à voir ce qui donne réellement la vie à ces œuvres-là.J’ai le goût de revoir le répertoire pour lui redonner une certaine vérité.Les danseurs sont des créatures d’habitudes, ce sont des humains, et ils ont tendance à se sécuriser quelque part.Je veux voir si on ne pourrait pas faire les choses autrement.» Le spectateur habitué aux mises en scène de l’artiste, en corps et en espace, aura donc quelquefois la sensation d’être en terrain connu.Toutefois, clans les cinq heures que durera chacune des représentations des trois cycles — Les Éphémères /est,présentée du 17 au 20 septembre, Les Ephémères II du 8 au 11 octobre, et Les Ephémères III du 29 octobre au 1er novembre —, on risque très peu de tomber sur du trop connu, d’autant plus que les agencements, comme les interprètes, changeront d’une représentation à l’autre.On recommande toutefois aux visiteurs de réserver leur place.LE MOIS DE LA PHOTO À MONTRÉAL - - A UN LIEUJCENT^L: Montréal Québec INFO: (514) 844-6993 exposition: Photographie & immatérialité CONFÉRENCES: QU'EN EST-IL DE L'IMMATÉRIALITÉ DE L'IMAGE?André Rouillé.Bas Vroege.Marie-Jeanne Musiot.Daniel Canogar.16-17 SEPTEMBRE 1997 à19H PROJECTIONS MULTI-MÉDIA DE CAROL DALLAIRE ET JUN ZHANG Folie (Épisodes et tremblements) 25-26-27 SEPTEMBRE 1997 à 19H30 LA PHOTO EN REVUE une exposition de revues photographiques internationales MANIFESTATION Pas seulement de la vidéo SUITE DE LA PAGE B 1 La sélection est regroupée sous différents thèmes, aux appellations finement contrôlées: «Les incertitudes du corps», «La rumeur des vraies choses», «Désir», «Vidéovoid», «Utopies/mythologies», «Voir le voir», «Social métal», «Spécial Japon» et «Politically Trash».Un programme spécial va rendre hommage aux plus récentes productions de l’important Centre international de création vidéo de France.Un autre va se concentrer sur le travail du Français Patrick de Geetere, qui explore «la coexistence nomade des mondes intérieurs».Un fil rouge court-il à travers tout cela?La seule tendance marquée de cette sélection, c’est de ne pas en avoir.«La production demeure toujours très éclectique», tranche Cormier.Quand on le soumet un peu plus à la question pour s’y retrouver dans ce labyrinthe, le directeur en rajoute, au contraire.Pour lui, la disparité des créations est souvent relayée par la multiplicité des disciplines et des techniques mises en œuvre.«Ceux qui font de la vidéo ne font pas seulement de la vidéo», explique le spécialiste qui en voit et en mange depuis des lustres.«Ils touchent à toutes sortes de cordes artistiques: l'univers sonore, les images synthétiques, les prises de vue directes, etc.On dirait que la vidéo est de plus en plus un moyen que certains artistes choisissent d’utiliser pour parvenir à certaines fins, alors qu’il serait impossible de faire la même chose avec les techniques traditionnelles, la peinture ou le cinéma par exemple.» Brugge dans tous nos rêves Les artistes européens sont particulièrement actifs de ce côté où la vidéo devient le noyau dur d’une production résolument multimédia.Un exemple?Le rien de moins que fabuleux Brugge, de la trilogie Cités antérieures, du Français Christian Bous- tani, que l’on a pu découvrir ici en projection de presse plus tôt cette semaine.Une œuvre d’une beauté et d’une complexité remarquable, qui traduit toute l’histoire socioesthé-tique de la magnifique cité des Flandres.Au fil des images, on découvre la ville ancienne et pittoresque, ses nombreux ponts, son architecture unique (fenêtres à croisée de pierre, façades sculptées, pignons en gradin.) et puis, bien sûr, ses riches activités artistiques et commerciales.Le récit n’est jamais linéaire.Les représentations se succèdent, fusionnent, coulent l’une dans l’autre.Le temps lui-même se replie.Les époques se chevauchent et s’interpellent.La mémoire prend forme.Une atmosphère digne des meilleurs tableaux de la grande peinture flamande sourd de cet ensemble, avec les mêmes compositions riches et amples, les mêmes sensibilités pour les paysages habités et la mise en forme des perspectives complexes, la même virtuosité dans le rendu des détails.Ici on pense à Memling.Là on voit un Gérard David.Partout se font sentir les références diffuses au temps des Van Eyk, Van der Weyden, Bouts et Van des Goes.Ces vidéos sont du grand art, notamment parce qu’ils témoignent d’une riche culture artistique parfaitement fusionnée pour la production d’autre chose de tout aussi valable.Boustani a en plan une trilogie vidéo sur de grandes villes européennes.L’ensemble coûtera pas loin du million de dollars.La première œuvre de la série valait largement la dépense.Vidéo, etc.A voir, donc.Il y a en fait des dizaines de projections et d’activités tout autant attrayantes au programme.Dès l’entrée aux Foufounes on sera accueilli par des écrans et des installations.Le rez-de-chaussée sera transformé en café et en espace de discussion.Des conférences porteront évidemment sur la vidéo et les arts électroniques.On y entendra par exemple Pierre-Marc de Biasi et Katherine Douplitzi, deux membres du comité de rédaction des Cahiers de Médiologie, fondés par le Français Régis Debray.L’artiste française Orlan va proposer un autre genre de conférence, qui risque de remuer les Foufounes qui en ont pourtant vu d’autres.C’est que la dame s’est rendue célèbre avec ses performances-interventions chirurgicales pendant lesquelles elle prélève une partie de sa propre chair.Freak-show ou art des limites?Un autre scandale de l’art contemporain en perspective?On verra bien.Le Québécois Zilon va aller un peu dans le même sens avec une performance tatouage intitulée Transmissions, qui sera diffusée en temps réel sur un réseau de télés installées dans les Foufounes.La Québécoise Monique Jean proposera une crash installation pour voix défigurées intitulée 13 minutes 13 secondes.L’Américain Tony Allard travaillera à l’aide d’univers sonores radiophoniques diffusés en direct par le réseau Internet et les stations CIBL de Montréal et KCUR de Kansas City, au Missouri.A l’étage, la terrasse deviendra un «jardin vidéo» où il sera possible de consulter librement les œuvres d’une riche vidéothèque, jusqu’à tard le soir.Plus loin encore, on pourra s’installer dans un salon multimédia et un bar cédérom.Le garage des Foufs va recevoir cinq installations qui mettent en relation la vidéo et les nouvelles technologies, un choix de vidéos récents produits par des Cubains et le point de chute d’une «passerelle sur l'Atlantique» reliant Montréal à Genève.Et le plus beau, c’est qu’à peu près toutes ces activités seront gratuites, ou presque (au maximum 10 $).La Troisième Manifestation internationale vidéo et art électronique débute le 23 septembre.WW*1""' SeP tembre au n octobre éeitiual ^ lrt(rr^i£iorsi>( Je AJo\j\/e((e ô(tr\se billetterie centrale Agora de la danse, 840 rue Cherrier Billets individuels en vente également au réseau Admission, ainsi qu'aux guichets de la Place des Arts (514) 842.2112 Forfaits en vente à l’Agora de la danse seulement! BILLETS (514) 790.1245 ou 1 800 361.4595 tfb INI O AKIS Bell E3790ARTS MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN USINE C AGORA DE LA DANSE PLACE DES ARTS Wilfrid-Pelletier Théâtre Maisonneuve Webster Rotph Espace Tangente Studio 20h 30 | 20h30 19 h 17h30 I 19h 21h SURVEILLER Espagne A BALLET CRISTINA HOYOS Flamenco pur 10.11 octobre Caminos Andaluces électrisant! Espagne CIA VICENTE SAEZ 30 septembre un moment de bonheur pur sur le Requiem de Mozart ?Canada [] 0 VERTIGO ~ Première mondiale La Bête 3.4 octobre d'une beauté baroque T Belgique COMPAGNIE PIERRE DROULERS Première nord-américaine 7 octobre petits plaisirs magiques M États-Unis STEPHEN PETRONIO COMPANY 9 octobre provocant! Portugal A COMPANHIA RE.AL 2.3 octobre Portugal A COMPANHIA CLARA ANDERMATT 6.7 octobre Canada A MISRASENA Roger Sinha 9.10 octobre Portugal COMPANHIA VERA MANTER0 1",2 octobre teune chorégraphe iors-la-loi T Canada A MÉTASP0RA DANSE Irène Stamou 1".2.3.4 octobre Canada LOUISE BÉDARD DANSE 4.5 octobre Portugal/Espagne A sous le signe du solo VERA MANTER0/M0NICA VALENCIANO 7.8.9.10 octobre Canada A LE CARRÉ DES LOMBES Discordantia 4.5 octobre raffinée et éloquente rrm CM PROGRAMME DE FILMS, PETITS DÉJEUNERS-CAUSERIES, TABLE-RONDE, EXPOSITION ET LA SÉRIE DANSE MIDI, PRÉSENTÉE GRATUITEMENT AU COMPLEXE DESJARDINS DU 30 SEPTEMBRE AU 3 OCTOBRE.FILMS/FLAMENCO 24 au 30 septembre Cinémathèque québécoise ^ Pays-Bas DANCE C0.LEINE & R0EBANA 7.8 octobre - découverte du CAFÉ DU FESTIVAL FIND 95 AGORA DE LA DANSE tous les soirs du Festival à partir de 16h Canada THE HOLY BODY TATTOO 10.11 octobre porte-parole de la fin du siècle K ¦*i Montreal.CONSI U GCS5*, Canard Hr= A 1*1 55 src*cbc 4 I.E 1) K V 0 I II , L E S S A M EDI I 3 E T I) I M A N (' Il E I I S E I* T E M B II E I !) !) 7 B 3 -*• g 1 1 i + — —- La moyenne bibliothèque Gravé d’un moulin à vent rouge, le papier à entête de l’éditeur Jacques Lanctôt autorise à le comparer à Don Quichotte sans encourir des foudres qu’il a fréquentes.Malgré la note personnelle tout à fait aimable qu’il attachait récemment au texte de présentation de sa saison littéraire, je me suis sentie victime d’un de ses assauts en lisant, en introduction de son long communiqué, qu’il en avait actuellement contre la future Grande Bibliothèque.«Tout un défi, écrivait-il de ses 35 ouvrages en voie de publication, car l'édition littéraire est toujours, ici au Québec, le maillon le plus faible, le plus négligé et le plus menacé de la chaîne culturelle.Elle ne fait aucunement partie des préoccupations de nos dirigeants politiques, qui préfèrent miser sur des projets de prestige, comme cette Grande Bibliothèque publique, où ce sera encore les “couleurs de béton" et autres Lavalin qui tireront leurs billes du feu, où ce sera encore les petits artisans du livre littéraire qui écoperont et verront leurs subventions diminuer dramatiquement, dans l’indifférence presque totale, et sans que le lectorat augmente.» Si j’ai vu écarlate à mon tour, c’est moins parce que j’avais lancé ici même, il y a un an et demi, l’idée d’une Très Grande Bibliothèque du Québec, uneTGBQ inspirée par laTGB de France qui poussait quai Tolbiac, à Paris.Mais parce que mon cœur saigne, rouge aussi, de lire sous la plume d’un des éditeurs les plus authentiquement amoureux des livres — ils ne le sont pas tous — le procès sommaire d’un projet qui devrait les servir.Faut-il que les crédits soient minces, au Québec, pour qu’on en arrive à cette extrémité.J’ignore si quelque sociologue a déjà établi et vérifié le lien entre la fréquentation des bibliothèques et la croissance du lectorat, mais j’ai la foi du charbonnier.Les villes du Québec qui se sont dotées de maisons de la culture, de scènes ou de centres d’exposition sont celles où voyagent l’art, le théâtre, la musique, d’où un public, d’où une demande.Et quand elles ont une bibliothèque digne de ce nom, il leur arrive généralement une ou des librairies, d’où des acheteurs, d’où une demande.Si modeste soit-elle, elle vaut mieux que le désert où M.Lanctôt et ses collègues ne vendraient que des carnets d’horoscope au supermarché ou des traductions de Stephen King à la pharmacie.Et c’est dans les bibliothèques de béton que, de Brassard à Beauport en passant par Rouyn-Noranda, naissent et croissent les ferveurs littéraires.Que les écrivains, connus ou en développement, rencontrent en soirée des lecteurs, chevronnés ou en développement, par l’intermédiaire de bibliothécaires qui sont aussi dévoués aux livres que les éditeurs.Ces moments — gracieuseté d’un programme du Conseil des arts du Canada — comptent parmi les plus heureux de ma vie parallèle, l’UNEQ les bénit et les éditeurs devraient le faire aussi.Mais il suffit plus simplement d’entrer en bibliothèque et d’observer, presque toujours, des adolescents fouinant le long des rayons pour comprendre qu’il n’y a pas de meilleur lieu pour provoquer l’appétit, ce désir qui mène, par le toucher, à une consommation qui nous fut autrefois aussi défendue que la «chose», pas seulement par l’Eglise de l’Index, mais par la turpitude ignorante de nos élus.Lise Bisson nette À Montréal qui a un excellent réseau de ces bibliothèques publiques de quartier mais dont la Bibliothèque centrale est de taille confidentielle, la Très Grande Bibliothèque devrait reproduire cette atmosphère au centuple.Mais elle pourrait, justement parce que «très grande», pousser quelques crans plus loin l’honneur dû aux livres.Au centre de la métropole, là où la culture se décline de festivals en spectacles, elle pourrait témoigner de ce que le livre et la lecture, tout en offrant de grands plaisirs, mènent aussi à l’étude, à la réflexion, à la recherche, à la science.Au cœur de la métropole, là où se croisent toutes les populations d’un Québec encore trop peu scolarisé, elle pourrait devenir le symbole de l’exigence intellectuelle, impossible sans le livre.Mais comme il arrive si souvent dans ce pays où on s’excuse de respirer de crainte d’avoir peur d’exister, il n’a jamais été question d’aspirer si haut, d’autant que Ixt Presse et 77te Gazette déconseillaient formellement l’idée, souverainement suspecte, du «très grand».Ça compte.Le rapport final du Comité sur le développement d’une très grande bibliothèque, remis à la ministre de la Culture en juin, dessine donc une vaste bibliothèque très conviviale, d’après le modèle des bibliothèques de quartier, ce qui est fort bien.Mais l’établissement ne sera consacré, pour l’essentiel, qu’à la diffusion.On pourra y consulter la collection de la Bibliothèque nationale du Québec, qui ne s’y installera cependant pas et vaquera, loin du public, à ses activités patrimoniales, ses relations internationales, sa recherche, la protection de ses collections spécialisées réservées aux chercheurs.On pourra y emprunter les ouvrages de la Bibliothèque centrale de Montréal, dont le nombre devrait certes augmenter.On y aura accès à l’inforoute par toutes les bretelles existantes ou en construction.Mais les bibliothèques universitaires, et celles des cégeps, pourront jalousement rester chez elles et dupliquer toutes ces activités, à moins de se porter volontaires pour fréquenter le peuple (l’UQAM est la seule à avoir montré quelque intérêt).A vrai dire, l’idée de métisser ainsi la bibliothèque était écartée d’avance.Les cégeps n’ont jamais été dans la mire du comité.Iœs bibliothèques universitaires ont été visitées mais non invitées.Quant à la TCB de France, on y est allé faire un tour que Paris vaut bien, mais pour lui administrer une mornifle dont la mémoire de François Mitterrand ne se remettra pas.C’est bien connu, le Québec en a à remontrer aux Français en matière culturelle, on ne va pas se gêner.Leur TGB, elle a tous les défauts ou presque, elle est dans le mauvais quartier, elle fourmille d’erreurs conceptuelles et architecturales, même les escaliers ne sont pas les bons, c’est vous dire.Toutefois, son principal problème est d’être d’abord une bibliothèque «d'étude et de recherche», ce qui n’est pas convivial.Mais puisque nous sommes si fins, pourquoi ne pouvions-nous pas, dans nos contrées, leur damer le pion en tentant de concilier l’excellence scientifique et le plaisir?Le comité, qui a dès le départ enlevé le T de sa GB, affirme en introduction que ce sont «ses ambitions qui vaudront ce qualificatif de “grande"» à la bibliothèque.Ses ambitions, dans ce rapport, sont celles d’une grosse bibliothèque mise aux normes nord-américaines.Elles sont moyennes.Le lieu vous sera plus utile que vous ne le croyez, ami Lanctôt qui prenez le problème à l’envers.Mais il servira moyennement la grandeur de la littérature, qui dépasse la lecture.i DISQUES CLASSIQUES Tout à l’ancienne FRANÇOIS TOUSIGNANT LJUBA WELITSCH Richard Strauss: Scène finale de Sa-lomé; Giacomo Puccini: deux airs extraits de Tosca\ Wolfgang Amadeus Mozart: deux airs de Dona Anna extraits de Don Giovanni, Johann Strauss: Czardâs (La Chauve-souris) et Chanson gitane {Le Baron tsigane)-, Richard Strauss: quatre derniers lieder, Die Nacht et Càcilie-, Iieder de J.Brahms, F.Schubert, R Schumann, A.S.Dargomijski, M.Mous-sorgski, J.Marx et G.Mahler (Rüc-kert Lieder).Ljuba Welitsch, soprano: Orchestre du Metropolitan Opera Association.Dir.: Fritz Reiner et Max Rudolf: Paul Ulanowsky, piano.Coffret de deux disques; durée: 143 min 39 s.Sony Classical, coll.Master works Heritage, MH2K 62866 Si on se payait le luxe d’une «vieillerie» pour commencer?Dans sa série Masterworks Heritage, Sony fait ressortir un vieux disque d’extraits d’opéra enregistrés par la légendaire Ljuba Welitsch et combine ce plaisir à la parution d’enregistrements (plus de 70 minutes) de mélodies jusqu’à aujourd’hui inédits.On tombe dans le coffre au trésor! Tout d’abord, pour entendre la scène finale de Salomé, avec une de ses interprètes les plus mythiques.On comprend le mythe, on y plonge, on s’y noie avec une telle volupté morbide et érotique.qu’on se demande où est donc passée cette vérité de l’incarnation, tant chez la cantatrice que chez le chef.Pour cela, cette réédition est un must tant on prend de bonheur à se faire couper le souffle par tant d’art.On découvre aussi Welitsch comme grande Italienne.Sa 7osca est ceL le d’une jeune femme, la cantatrice s’incarnant elle-même.Le style semble étrangement actuel si on le compare à ce qui se faisait à la même époque: pas d’artifice dans cet art du chant, que de l’art sans fioriture.On peut trouver le médium un peu ingrat ici — la technique est-elle en cause?mais la respiration et l’intensité sont au rendez-vous sans sensiblerie Affectée.Sa Dona Anna est assez sublime, merci, malgré une défaillance dans les vocalises.Pas de pantin, plutôt une femme forte.Mais assez parlé d’opéra, car il y a les mélodies.Autant le feu est brûlant dans les pages précédentes, autant ici il est plus contenu, soutenu par une vision intérieure exigeante.Là, Ljuba Welitsch joue le tout pour le tout, ratant certains passages (qu’on ne pouvait reprendre, technique de l’époque oblige: on ne gardait que la meilleure prise, sans montage; quelle leçon!), n’oubliant jamais de s’engager complètement.Au risque de se casser la figure, comme le montre la dernière mélodie de Mahler, Um Mittemacht, où elle se casse la gueule.Attention: elle le sait et le disque nous offre la fin de l’enregistrement où elle s’offusque et refuse que ce soit publié.Ce coffret ne date que par la technologie et la chronologie.Pour le reste, amateurs de chant, que des merveilles.BEETHOVEN - CONCERTOS Ludwig van Beethoven: Concertos pour piano n° 1 en do majeur, op.15, et n° 2 en si bémol majeur, op.19; Rondo pour piano et orchestre en si bémol majeur, WoO 6.Robert Iœvin, pianoforte; Orchestre romantique et révolutionnaire.Dir.: John Eliot Gardiner.Durée: 75 min 5 s.Archiv 453 438-2 Suite de cette nouvelle intégrale -Welitsch T'-e GdhinSu RoCî'd ngs hjMm Sî'au* r»*l üm S**< V*t Hit* L+iif W-f*: « Hwxnt • t- Ou/***t Of«fl AiKS»-I «U I P*.J pW* des concertos pour piano de Beethoven, dont le premier volet était consacré à rien moins que l’Empereur et qui prouvait que les instruments d’époque étaient tout à fait à la hauteur des exigences du Titan.Cette nouvelle parution Archiv ne déçoit pas les attentes.D’abord, encore uqe fois, par le choix d’instruments.A l’orchestre, les anches doubles sont stimulantes, les cordes énergiques, les timbales formidables.Le pianoforte, miracle, ne sonne pas casserole; bon, ce n’est pas un Steinway, mais Robert Levin a compris que Beethoven aimait les instruments puissants et c’est exactement ce qu’on entend.Le gros avantage est donc alors dans le fait que l’on sent mieux la prise de possession de l’espace sonore par le clavier (premier concerto), que l’articulation de la partie de piano se fait comme neuve, comme l’objectif à atteindre quand on joue, même sur un instrument moderne, ces concertos.Ce qui peut paraître des réalisations secondaires au catalogue de Beethoven trouve ici son visage de première urgence: le compositeur doit réussir à s’attirer les faveurs du public par la qualité de la composition et l’innovation technique.Levin ne se gêne pas alors pour improviser des passages pour lier une idée à une autre (c’est qu’il reste des trous dans ces concertos) et même ajouter sa voix à certains tuttis, notamment dans les basses ou le renforcement de l’harmonie.Pour arriver à ce résultat, il faut connaître les divers états des partitions à fond et sa- voir communier à l’enthousiasme un peu orgueilleux du compositeur.Ici, nul ne sera déçu.Le trio «orchestre révolutionnaire et roman-tiquejohn Eliot Gardiner et Robert Levin» a une vision de la musique.C’est avec conviction qu’il s’enflamme, chante, s’amuse et rigole.Tout décrire, tout mettre en exemple serait futile.La meilleure chose à faire est donc d’écouter ce disque stimulant et exaltant.En supplément, vous aurez droit à la première idée que Beethoven a eue pour terminer le deuxième concerto, qu’il a rejetée par la suite et qui constitue néanmoins un joli moment de musique.C’est un peu délayé, mais la partie andante centrale de ce rondo est un clin d’œil de génie à une des innovations mozar-tiennes.Ici encore, l’interprétation est idoine au propos.Que l’on puisse arriver, au disque de surcroît, à une telle présence, cela tient du prodige.STANFORD - STABAT MATER Charles Villiers Stanford: Stabat Mater, une cantate symphonique, op.96; TeDeum; Bible Songs, op.113, pour baryton et orgue.Ingrid Attrot, soprano; Pamela Helen Stephen, mezzo-soprano; Nigel Robson, ténor; Stephen Varcoe, baryton; Ian Watson, orgue; Chœur philharmonique de la ville de Leeds, Orchestre philharmonique de la BBC (Manchester).Dir.: Richard Hickox.Durée: 74 min 19 s.Chandos Chan 9548 Si célèbre et célébré que fut Charles Villiers Stanford en son temps en Angleterre, sa musique n’a que peu passé la Manche, et même dans son pays, c’est comme pédagogue magistral aux idées sérieuses et arrêtées que l’on se souvient le plus de lui.Né à Dublin en 1852, il aura vécu toutes :es transformations radicales du début du XX' siècle en opposant farouche, n’y voyant qu’un moment de folie absurde et croyant toujours fermement que la raison et «l’Art» reprendraient leurs droits.On est british ou on ne l’est pas.Comme les festivals chorals étaient pléthore au Royaume-Uni alors, il est donc normal que l’on retrouve beaucoup de musique religieuse dans le catalogue de ce protestant austère.Chandos vient de faire paraître le premier enregistrement de son Stabat Mater, œuvre très développée symphoniquement.Amoureux de l’Albion, vous êtes servis.Oui, c’est très anglais.L’orchestre sonne comme on a toujours l’habitude de l’entendre dans cette génération, du Mendelssohn épaissi à la Wagner.Tout sonne bien, sans surprises, sans trous non plus.C’est beau, très beau, dangereusement beau même, car on oublie tout le confort facilement, le confort qui fait que cette musique veut autant plaire à la masse qu’elle se complaît en elle-même, forte de son argument divin pour justifier la noblesse de surface de son propos.Les chœurs ont aussi une belle part, écrite de manière flatteuse.Oui, il doit être très agréable de faire cette musique qui ne demande pas trop d’effort — si on a fait le minimum de travail d’apprentissage des techniques d’usage — et gratifie largement de ses effets.Pourtant, que de longueurs! J’en prends à témoin le dernier tableau où l’interminable cadence reprend des procédés de Liszt (fin de la Dante-Symphonie)-, à comparer au finale de la Ville de Mahler, écrit à la même époque et utilisant sensiblement les mêmes effets et le même espace émotif, on voit la différence entre le génie et le bon artisan.Le reste du programme est de lq même tenue tendrement léchée.C’est vraiment plaisant, toujours ar-chi bien fait.On écoute, même attentivement, avec un certain plaisir: celui de la vanité des choses, de cet art pas vraiment nécessaire, mais qui détend et délasse.C’est quand même beaucoup mieux qu’une chanson recyclée d’Elton John.IKftS -: Par l'humour et le théâtre, les jeunes seront initiés à l'art de l'écoute de la musique symphonique.De I animation, des cadeaux et un décor de fête attendent les enfants, une heure avant le concert .; .v;> y V.TfU Une production bilingue pour les enfants de 6 à 12 ans.Commandité par ?m pénale Jeux d'enfants Dimanche 14 septembre 1997,14 h 30 Bernard Labadie, chef Magic Cirde Mine, animation ORCHESTRE CHARLES DuTUli Salle Wilfrid-Pelletier Place des Arts Billets OSM : 842-9951 Admission 790 1245 Place des Arts : 842-2112 rock detente .IÛ/JItt I Ne manquez pas le Concert avant-première de l'OSM, le mardi 16 septembre à 19 h 30 au Théâtre Saint-Denis.Un concert original à prix populaire, animé par Jim Corcoran.Billetterie : 790-1111 www.radio-canada.com 100,9 CHICOUTIMI • 98,3 MONCTON • 100,7 MONTRÉAL • 102,5 OTTAWA-HULL • 95,3 QUÉBEC • 101,5 RIM0USKI • 90,7 SHERBROOKE • 90,3 TORONTO • 104,3 TROIS-RIVIÈRES VICTOR BOUCHARD et RENÉE M0RRISET, pianistes-duettistes, seront parmi les invités de Georges Nicholson cette semaine.Ils commenteront les Liebeslieder-walzer op.52 de Brahms.Le jeudi 25 septembre, les pianistes ALAIN LEFÈVRE, ANDRÉ LAPLANTE et DOMINIQUE MOREL feront connaître leurs choix pour l'interprétation du Concerto n° 3 de Rachmaninov.Une émission de Georges Nicholson.LES GRANDES SOIRÉES Jeudi à 20 h MIDI-CULTURE au SALON DU LIVRE DE QUÉBEC.Francine Moreau et les chroniqueurs Christiane Suzor et Rémy Charest s'entretiendront avec des écrivains invités au Salon du livre de Québec.Réalisation : Lise Létourneau Vendredi 19 septembre à 12 h 11 MYRA CREE vous attend à L'EMBARQUEMENT, le moteur de vos fins d'après-midi.Laissez-la vous accompagner ou vous raccompagner avec des musiques tous azimuts, aucun sens interdit.Réalisation : Marie-Claude Senécal En semaine à 16 h 05 À LA CHAÎNE CULTURELLE FM DE RADIO-CANADA France Arbour joue Mathilde dans LA VOIE DE MATHILDE, de JOHANNE CHASLE.Avec Diane Dubeau, Pauline Lapointe, Christiane Proulx et Roland Laroche.Un texte sobre, dépouillé et beau.comme la mort.Réalisation : Jean Gagnon LES GRANDES SOIRÉES Lundi 15 septembre à 19 h 20 CLAVECIN ET ORGUE aux GRANDES SOIRÉES GENEVIÈVE S0LY et KIM HEINDEL dans un concert enregistré dans le cadre du Festival international de clavecin Bach, à la salle Pierre-Mercure à Montréal.Animation : Yaël Torelle Réalisation : Richard Lavallée Mardi 16 septembre à 20 h CLAUDE BEAUDOIN, SUZANNE BELLEMARE, RAYMOND PERRIN, MICHELLE QUINTAL et GILLES RI0UX, organistes, et l'ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE TROIS-RIVIÈRES sous la direction de GILLES BELLEMARRE, concert présenté à la cathédrale de Trois-Rivières en mai dernier.Animation : Johanne Laurendeau Réalisation : Michèle Vaudry Vendredi 19 septembre à 20 h I.K I) K V 0 I II .I.K S S A M K I) I I à E T I) I M A N C II E I I S E I* T E M 1$ Il E I II !» 7 B 4 .vr?h ^ * H iTi Mim ^ .«ml # Une valise ou un chapeau ?THE GAME Réal.: David Fincher.Scénario: John Brancato et Michael Ferris.Avec Michael Douglas, Sean Penn, James Rebhorn, Deborah Kara Unger, Peter Donat, Carroll Baker, Armin Mueller-Stahl.Image: Harris Sa-vides.Musique: Howard Shore.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Quand on réunit David Fincher, le cinéaste d’un grand succès — son terrifiant Seven a tenu la tête des recettes au guichet — et un acteur de choc comme Michael Douglas, on obtient un film destiné à faire courir le grand public.Du moins, à titre de superproduction de la semaine, destinée à être consommée sur-le-champ.Car The Game n’aura ni l’impact ni la longévité de Seven.Trop alambiqué, trop invraisemblable, ce film suralimenté de revirements, de péripéties, d’explications qui ne tiennent pas la route.The Game est tellement tiré par les cheveux que le spectateur pourvu de la meilleure volonté du monde ne peut que décrocher en se demandant si on le prend pour une valise ou un chapeau.The Game est une sorte de puzzle dont le spectateur ne possède pas la clé au point de départ, si bien qu’à l’instar du héros, on croit s’être fourvoyé dans un monde parallèle où les télécrans vous surveillent comme dans le 1984 d’Orwell, où tous les passants conspirent à vous nuire et où une main mystérieuse joue dans votre compte de banque et vandalise votre intérieur.Rien ne va plus, et la paranoïa règne en maîtresse dans la tête de l’homme d’affaires Nicholas Van Orton (Michael Douglas), qui se croit l’objet d’un complot universel destiné soit à le rendre fou, soit à le faire périr.Précisons que le frère de la victime, incarné par Sean Penn, aura concocté en guise de cadeau d’anniversaire un scénario catastrophe sur mesure pour piéger ou du moins secouer un homme que le pouvoir isole et protège.Parfois, des scénaristes se complaisent à compliquer la partie, à emboîter des éléments les uns dans les autres en tirant du chapeau une solution qui n’explique rien.Un jeu, toute cette affaire?Alors que le héros a failli se noyer, y laisser la raison?Allons donc! L’interprétation de Michael Douglas demeure honorable, sans qu’il ait l’occasion de vraiment donner sa mesure.Faute de personnages qui se tiennent debout, The Game ne prête guère aux performances d’acteur, surtout du côté de la distribution secondaire.Sean Penn, en frère du héros, aurait pu être remplacé par n’importe quel histrion de service, tant les frontières de son personnage paraissent floues.Le film est pur prétexte à cascades, jeu de montage, virages de niveaux de sens en épingles à cheveux, suspenses à tiroirs générant des vertiges comme dans les montagnes russes.Mais personne ne s’est trop préoccupé de lier la sauce pour apporter quelque vraisemblance à ce thriller déconstruit et glacé, en panne de sens, où l’image et l’effet priment sur l’histoire à travers un scénario qui fait mine d’être intelligent mais ne tient vraiment pas la route.TOM FRIEDKIN Michael Douglas Gauloiserie embrumée MARQUISE Réal.: Vera Belmont.Scénario: Jean-François Josselin, Vera Belmont.Avec Sophie Marceau, Bernard Giraudeau, Lambert Wilson, Patrick Timsit, Thierry Lhermitte.Musique: Jordi Savall.Image: Jean-Marie Dreujou.Ih58.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Chaque année ramène sa grosse production française à costumes qui prendra d’assaut les écrans du monde.Certaines (Beaumarchais, Ridicule) plus réussies que les autres, toutes généralement courues par le grand public qui prise les amours en pourpoint et crinoline, les mots d’esprit, le faste et la férocité de la cour.Marquise ne s’avère pas le plus dynamique, ni le mieux filmé du genre.C’est plutôt une production assez confuse dont la ligne dramatique ne se définira jamais vraiment et qui ne parviendra guère à trouver son point d’ancrage, pas plus que le ton juste, entre des gauloiserie de latrines (une veine ici surexploitée) et la satire d’époque.Le dynamisme visuel du Beaumarchais de Molinaro, les traits d’esprit du Ridicule de Leconte ne sont pas au rendez-vous d’un scénario sans véritable envol.Ironie du sort, Sophie Marceau, l’interprète du personnage de Marquise — qui dit pis que pendre du film et de sa réalisatrice dans une campagne anti-promotionnelle —, se révèle la mieux servie par le film, sa beauté brune vraiment mise en lumière, la caméra sans cesse à son chevet, reléguant les autres acteurs à l’ombre d’ailleurs.Aucun n’occupera vraiment son espace, malgré une imposante distribution, où les Bernard Giraudeau en Molière, les Lambert Wilson en Racine, voisinent les Thierry Lhermitte en Louis XIV et les Patrick Timsit en Gros-René du Parc, le mari de Marquise.L’intrigue est inspirée de la vie d’une prostituée danseuse de province (Sophie Marceau) qui, après avoir séduit Gros-René (un membre de la troupe de Molière), arrive à Paris et à Versailles, d’abord dans le sillage de l’auteur de L’Avare, puis en tant qu’égérie de Racine qui fera d’elle la première Andromaque de l’histoire.Sophie Marceau est superbe, donc, et sa présence occupe tout l’écran, mais son registre demeurera ici assez limité, personnage de surface campant l’ambitieuse sans scrupules qui utilise ses appas pour monter dans sa carrière.L’actrice n’atteint pas à la vulnérabilité profonde, susceptible d’apporter une rédemption et une vraie lumière à sa composition.Bernard Giraudeau, comédien qui, en vieillissant, gagne toujours du coffre, offre la performance la plus fine du lot dans la peau d’un Molière en demi-teintes.Mais Lambert Wilson ne parvient pas à apporter de personnalité à son Racine, encore moins à dégager l’étincelle du génie de l’auteur d’Andromaque.Quant à Thierry Lhermitte, il paraît particulièrement caricatural en Louis XIV orphelin de toute dignité, présenté comme un vrai bouffon.Cette bouffonnerie habitait sans doute les personnalités historiques du roi, de Racine et de Molière, mais Vera Belmont et son scénariste ont trop en- foncé le clou du grotesque et de la scatologie, (chaises percées et autres fosses d’aisance occupent le devant de la scène) en faisant perdre toute profondeur aux modèles représentés.C’est tout le rythme qui boitille, en une mise en scène dont la cinéaste tient mal les rênes et qui se cherche une rigueur comme une intensité.Ni les éclairages, ni les effets de caméra souvent faciles ne viendront relever le niveau de cette Marquise qui n’arrive pas à émerger d’une sorte de brouillard mal défini qui la baigne.Sophie Marceau en Marquise SOURCE ALLIANCE VIVAFILM eroia Une.voix.[jjusa 5j 7J^jJ P! EK lit PÉLAI ISIQUE S ET TftADI ET DU CEN' Centre Pierre Pelade,in Salle Pleire-Mefetii! 100, bout «le M«lwxmetMi (K L’ART MYS MUSIQUES Chants multiphoniques.Billets : Sjpji 987 6919 CS •s du A tffe 18-19-20 septembre à 20h00 Studio-théâtre du Maurier Ltée Place des Arts Direction musicale : Denis Chartrand Billets en vente à la PdA / 514 842 2112 „ * „ et Réseau Admission / 514 790 1245.eukiboaiiîI Redevance et Irais de service Direction artistique : fouis St-André évidemment, angéliquement émotionnellement visuellement différemment.unanimemenl amoureusement, démesurément, fatalement ’.inconditionnellement sensiblement, musicalement incroyablement virtuellement merveilleusement poétiquemeni absolument intimement effectivement finalement présentement Musée d'flrf.Billets en vente au musée 847-G22B ou par le Réseau Admission 790-1245 jusqu'au U septembre.inclusivement Decouvertes du Monde Bell FONDATION T QUÉBÉCOISE DU CANCER \ li ntlnnlK-du llllt'lix-clrc des personnes jiuhiumJ un uum Entre le mythe et le présent ii üi L’APPARTEMENT Ecrit et réalisé par Gilles Mimouni.Avec Vincent Cassel, Romane Boh-ringer, Jean-Philippe Ecoffey, Monica Bellucci.Images: Thierry Arbo-gast Montage: Caroline Biggerstaff, Françoise Bonnot Musique: Peter Chase.France, 1996,116 minutes.MARTIN BILODEAU La trame de L'Appartement est constituée d’une multitude de références, cependant que la plupart renvoient à la légende d’Orphée, que ce soit par l’emprunt à Vertigo, ici marqué par des prises de vue très sophistiquées, à Laura, où l’homme mythifié par l’image d’une femmes est soudain confronté à sa réalité, ou à La Comtesse aux pieds nus, où l’«enquête» nous amène à considérer plusieurs points de vue d’un même événement Ajoutez à cette mosaïque référentielle quelques gouttes de Cendrillon, un soupçon d Alice au pays des merveilles et une dose légère de Single White Female, et vous avez L’Appartement, singulier, séduisant et personnel premier film du français Gilles Mimouni.Max (Vincent Cassel) a reconnu la voix de Usa (Monica Bellucci) provenant d’une cabine téléphonique.Son amour passé avec elle refait surface.N’ayant pu l’aborder à temps, il ratisse Paris à sa recherche, laissant dans le brouillard une future épouse (Sandrine Kiberlain) qui le croit en voyage d’affaires, et mettant dans le coup un vieil ami retrouvé (Jean-Philippe Ecoffey).Quelques indices cueillis ici et là le conduisent à une jeune femme (Romane Bohringer) qui prétend être Usa.Un escarpin la trahira.Ce quatuor d’hommes divisés et de femmes doubles nous promène entre le rêve et la réalité, le passé et le présent, le mythe et la femme.L’exercice paraît parfois laborieux, la démarche trop précise et calculée.Derrière la surface léchée du film se cache pourtant un regard trouble et perturbé, lourd de sentiments cachés dans les replis de l’inconscient.L’Appartement respire le désordre Monica Belluci amoureux et le contrôle plastique.D’une part, il s’agit d’un récit de personnages perdus dans les méandres de leur mémoire amoureuse, de leur présent sans soleil, de leur avenir ARCHIVES LE DEVOIR sans repères.L’approche sophistiquée de Mimouni privilégie une esthétique à la fois brumeuse (le présent) et nette (le passé), avec des rui>.tures et des ellipses maquillées par: des fondus enchaînés subtils, presque invisibles.Il parvient ainsi à déstabiliser les spectateurs, à leur faire perdre pied pour les aspirer derrière le miroir où, secondé par 'Diierry Arbogast (Ridicule, Fifth Element) aux images et Peter Chase à la mu- : sique, il explore toutes les avenues de ¦ la grammaire cinématographique classique, joue abondamment du zoom et du travelling et dessine des ; atmosphères troublantes.La réussite du film repose surtout sur la composition fascinante de Vincent Cassel, qui tient le film sur ses épaules dans un rôle complexe, sorte de jeune homme d’affaires nostalgique de sa bohème.Ix> jeu sobre et.intérieur de Cassel constitue le noyau Stabilisateur de cet exercice de styles.A ses côtés, symbolisant la diffraction de l’imaginaire de Max, Romane Bohringer donne l’heure juste, tout comme Jean-Philippe Ecoffey, un corné1-dieu polyvalent dont on a jusqu’ici sous-estimé le potentiel, une erreur que devrait corriger l’étonnant Ma vie ¦ en rose, à l’affiche prochainement : t Montio.il (51 4) 527-2194 Lxloilotir I 800 363-0063 5599 35 L E I) E V 0 I It .I.H S S A M E I) I 13 E T I) I M A X l' NE II S E I* T E M It It E I !» !l 7 VITRINE DE LA VIDÉO La semaine sainte MARTIN BILODEAU Dans Ponette, une fillette implore Dieu de la mettre en contact avec sa défunte mère; dans Chamane, un évadé du goulag, perdu dans la taïga, survit grâce aux esprits qui le protègent; dans L'Amour est un pouvoir sacré, une jeune dévote cherche à renverser un événement qu’elle croit être la conséquence de la colère de Dieu.Trois films, admirables à plusieurs égards, qui débarquent sur les tablettes au même moment.C’est qui, le «gars des vues», cette semaine?PONETTE ?1/2 Cet admirable film de l’intimiste Jacques Doillon (Le Petit Criminel), succès-surprise du printemps dernier à Montréal, entre de plain-pied dans l’univers de l’enfance, sans que jamais le regard de l’adulte ne le viole, le dénature ou embrouille sa surface.On y suit de près la petite Ponette (Victoire •Thivisol) qui, le temps d’un deuil, réclamera à ce drôle de Dieu, qu’elle découvre tout juste, un dernier entretien 'avec sa mère, décédée des suites d’un ; accident de la route.Forcée par les circonstances à faire l’apprentissage de la mort avant celui de la vie, Ponette prendra plusieurs avenues spirituelles pour parvenir à ses fins.Victoire TTiivisol, quatre ans, porte le film sur ses petites épaules; son regard évoque déjà les doutes qui attendent les autres à l’adolescence; son visage expressif est d’un naturel désarmant; son attitude, totalement dénuée de traces de jeu, nous plonge dans l’enfance pure, dans le cœur du sujet.Qu’elle ait reçu un prix d’interprétation à Venise l’année dernière en a laissé plus d’un perplexe.On peut cependant dire sans craindre de représailles que son naturel est une leçon de jeu.Ce dix-huitième film de Jacques Doillon ne fait pas l’éloge des enfants, dont il admire pourtant l’innocence, ni celle des adultes, dont il juge sévèrement le détachement.À l’aide de personnages complexes, de sentiments profonds et de larmes refoulées ou versées, le réalisateur du Jeune Werther parvient à effacer la frontière qui nous sépare d’eux, à montrer la banale humanité des enfants à l’heure où des hordes de petits singes savants inondent les écrans, petits et grands.Avec ses regards subtilement captés, ses visages magnifiquement filmés, ses cadrages d’une rigoureuse précision (qui passent très bien l’épreuve de la télé), Ponette va droit au cœur, sans escale.CHAMANE ?Après s’être évadé d’un goulag aux côtés d’un chaman décédé peu après, Dimitri parcourt la taïga sur le dos d’un cheval sauvage, avec sur le dos son violon dont il ne peut se défaire.Affamé, assoiffé, le corps à moitié gelé, Dimitri vivra des expériences mystiques étranges, auxquelles l’avait destiné le chaman mourant.Bartabas (Mazeppa) signe ici une œuvre contemplative d’une rigueur et d’une intériorité remarquables, porteuse néanmoins d’un discours quasi eisensteinien sur les méfaits de la civi- lisation industrielle.Le film se distingue néanmoins par la beauté des images, la relation intime et singulière qui se profile entre l’homme et sa monture, la présence subtile des esprits évoqués par quelques effets sonores discrets et la simple éloquence de ce Dimitri campé par Igor Gots-man, un acteur très doué, qui occupe entièrement l’image au gré de scènes qu’il joue pour la plupart en solitaire.Ainsi, Chamane (avec un «e», malgré l’orthographe du dictionnaire) n’est pas un film de poursuite, ni un road-movie rédempteur.Le réalisateur dessine simplement le trajet physique d’un homme qui parcourt à égale vitesse les méandres de sa conscience, pour parvenir, en bout de route, à rencontrer la paix intérieure, baume sur toutes les souffrances.Enfin, bien qu’elle repose sur des atmosphères plus vibrantes sur grand écran que sur le petit, cette production France-Russie, offerte exclusivement dans une version doublée en français, s’épanouit sans mal dans l’univers domestique.L’AMOUR EST UN POUVOIR SACRÉ ?Du cinéaste danois Lars Von Trier (Europa), L'Amour est un pouvoir sacré, version française de Breaking the Waves, a décroché le grand prix du jury à Cannes l’année dernière.Von Trier parle ici au mysticisme à travers une histoire d’amour troublée, absolue et sans mesure, ayant pour cadre un village écossais exposé à la colère de Dieu.La fragile et dévote Bess (magnifique Emily Watson) y épouse le robuste Jan (Stellan Skarsgârd), contremaître sur une plateforme de forage au large de la côte et qu’un grave accident de travail paralysera bientôt de la tête aux pieds.Convaincue qu’elle est responsable de l’accident pour avoir prié Dieu de lui rendre son mari absent, Bess cherchera à le guérir en acceptant de commettre l’acte de chair avec d’autres hommes, à la demande expresse de son mari.S’engage pour elle une lente rédemption en marche arrière.Le personnage central se situe entre Madame Bovary et Lady Chatterley, pendant que le film rappelle, par son rapport au spiritisme, sa luminosité et son silence, les premiers films de Bergman ou de Dreyer.Breaking the Waves est divisé en huit tableaux filmés à l’épaule, rompus par des intertitres expressionnistes qui apportent au film sa résonance biblique.Un film beau et précieux, que la très bonne version française ne dénature pas, quoique l’image vidéo (qui aurait dû être en panavi-sion) la prive de sa principale force d’impact.Autres nouveautés Inventing the Abbotts (***), chronique sociale de Pat O’Connor campée dans la Pennsylvanie des années 50, avec Liv Tyler; Capitaine Conan (**), de Bertrand Tavernier, sur les lendemains de la guerre 14-18; Father’s Day / La Fête des pères (*l/2), remake des Compères, avec Billy Crystal et Robin Williams; Keys to Tulsa (*), série B tarantinesque avec Eric Stoltz et James Spader.ariette CrlÀJ/V.J I , M CINEMR5 EN FRRNCE, FESTIVRL GE CRNNES PRIMA FILM présente VT4 f e film-choc de Vrihnée ! « Un film ardent où chaque station marque une descente aux enfers.» — Libération Vhl FILM Pt t>WMOWT A L’AFFICHE Tous les jours: 1:40 * 4:00 - 7:10 - 9:25 CINÉPLEX ODÉON COMPLEXE DESJARDINS ?a CINEMA LIBRE, ACPAV en association avec l'ONF présentent avec, entre autres, ANDRE BRASSARD JEAN-CLAUDE GERMAIN POL PELLETIER RENE-DANIEL DUBOIS ROBERT LEPAGE YVAN BIENVENUE._ un documentaire de "*1 JEAN-CLAUDE COULBOIS un regard sur la création théâtrale québécoise des trente dernieres années.qui rellete revolution de notre société dans ses aspects les plus révélateurs! Avoir absolument Cinéma ONF, 1564 St-Denis.496-6895 à18H30 & 20H30 Cinéma Parallèle, 3682 st-Laurent 843-6001 à 19H00 -supp.a 15H00 sam.dim.?À L ’ É CRAN B r> ?: chef-d’œuvre ?: remarquable ?: très bon correct sans plus .ri ?: très faible l((®Vl : pur cauchemar LA VIE DE JÉSUS ?1/2 Un des films les plus remarqués de Cannes fut cette Vie de Jésus, qui porte d’ailleurs très mal son titre.Ce premier long métrage sans concession, implacable, signé Bruno Dumont, a reçu cette année le prix Jean-Vigo.Abordant le thème de l’heure qu’est la chute des repères au sein de la jeunesse, on y suit des adolescents d’une petite ville du Nord, racistes ordinaires, désœuvrés, paumés, qui tueront parce que rien ne va plus dans leur vie.Ce point de vue clinique sur leur quotidien constitue le traitement choc, très fort, d’un film aussi dur qu’indispensable.Au Complexe Desjardins.Odile Tremblay ACTRICES ?1/2 Le Catalan Ventura Pons (Le Comment et le pourquoi) a réalisé une œuvre achevée, de celles qui, par leur construction sans faille, leur indéniable force dramatique et leur interprétation magistrale, nous laissent le souffle coupé et la larme à l’œil.Une larme de bonheur venue saluer l’adéquation parfaite entre la rigueur formelle et l’émotion transportée par ces fascinants face-à-face de quatre actrices, répartis sur huit magnifiques tableaux.Au Complexe Desjardins.Martin Bilodeau CLANDESTINS ?1/2 Dans une ville portuaire française, une poignée d’hommes, de femmes et d’enfants s’embarquent clandestinement sur un navire de marchandises, à destination du Canada.Cloîtrés dans un conteneur, ils vivent des heures pénibles, où le moindre bout de pain se négocie à la dure, où la dignité se perd ou se vend.Pour leur premier long métrage, le Québécois Denis Chouinard et le Suisse Nicolas Wadimoff ont conçu avec savoir-faire un huis clos très complexe.Leur maîtrise du langage est indéniable, de même que leur capacité, à travers un montage rythmé, de palper le temps, ennemi numéro un de ces clandestins en suspens sur l’océan.Les personnages, plus typés qu’étoffés, atténuent cependant la force dramatique du film.Au Parisien, l^aval, Loews (s.-t.a.) M.B.SHE’S SO LOVELY (FOU D’ELLE) ?1/2 On se demande bien quelle part de ce scénario revient au défunt John Cassavetes, scénario que son fils Nick a porté à l’écran.De par sa facture, She's So Lovely rappelle peu l’auteur de Shadows.N’empêche, le film constitue un voyage assez agréable au cœur de la vie d’un couple de paumés, elle alcoolique et enceinte (Robin Wright Penn), lui truand à la noix un peu fêlée (Sean Penn), qui se retrouvera bientôt à l’ombre.Les personnages sont originaux, la peinture de milieu réussie, mais le film n’est pas sans lourdeur, et sa facture, qui s’enlise parfois dans des effets de mode, a du mal à se rendre au fil d’arrivée.Bien que le jeu de Sean Penn ait été récompensé à Cannes, celui de sa compagne Robin Wrigh,t s’avère plus large de registre.Au Egyptien, Brassard, Lasalle (v.0.), Dauphin, Berri (v.f.).M.B.UN AIR SI PUR ?1/2 Yves Angelo, à qui on devait déjà Le Colonel Chabert, offre à travers Un air si pur une galerie (inégale) de portraits: farfelus, névrosés ou imposteurs.L’action a pour cadre une maison de repos parmi les montagnes au cours de la Première Guerre mondiale.Un humour noir parfois savoureux paraît déparé par des plaisanteries prévisibles.La distribution à plusieurs vitesses est dominée par Fabrice Luchini et Marie Gillain, là où d’autres grands acteurs, André Dussolier entre autres, apparaissent mal dirigés.Quant au thème, il eût commandé un traitement moins académique.Au Corn- R E I* E R TO I R E Trésors du cinéma français La série «Trésors du cinéma français», présentée à la Cinémathèque jusqu’à dimanche prochain et consacrée à des œuvres récemment restaurées, propose ce week-end plusieurs incontournables, à commencer par Le Journal d’un curé de campagne (1950), considéré comme le chef-d’œuvre de Robert Bresson (demain, 21h).Aujourd’hui à 19h, Deburau (1951), fascinante adaptation par Sacha Guitry de sa propre pièce consacrée au mime Jean-Gaspard Deburau, fait la brillante synthèse de l’art de ce grand cinéaste-dramaturge.Aussi, demain à 14h, on projette Mauvaise graine (1934), premier film inégal mais intéressant de l’Autrichien Billy Wilder, qui était en transit à Paris à l’époque.Enfin, pas vu mais à voir, La Pensionnaire (1954), d’Alberto Lattuada, avec une Martine Carol pré-Lola en prostituée qui rêve de s’affranchir.De Murnau à Clouzot Au Conservatoire, on se promène plutôt entre Murnau et Clouzot, plus précisément ce soir, entre The Last Laugh (19h) et Le Corbeau.Le premier, tourné en 1924, raconte par le mime, sans intertitres, l’histoire du portier d’un grand hôtel que son patron destitue pour en faire le gardien des lavabos.Le second se déroule dans un village français sous l’Occupation, alors qu’une série de lettres anonymes bouleverse la populace.Les deux ont en commun de dénoncer l’hypocrisie et la corruption des sociétés dépeintes.PALMAR HS ?I > I S I I II S Oampigny /Classique 1.BEST OPERA AI.BUM.(2 DC), ARTISTES DIVERS, EMI 16,»’' 2 CONCERTOS POUR ORGUE ET ORCHESTRE.BACH (ISOIR).S.R.I.Ç 95$ A SHINE.TRAME SONORE.PGS 18,94 * 4 ILLUMINATION.HII.DEC.ARD VON BIC,EN.SONY 19,24 4 5 LA DIVINA VOL.1.MARIA CAI.T.AS EMI 17,«4 /Jazz ^Ô^jes ( D^ernational 1 ROMANZA.ANDREA ROC.F.I I.I, PC,S 17,»'4 2.IA LI.ORONA, LHASA DF.SEIA.SELECT 17,944 A BLUE NOTE FESTIVAL '07, ARTISTES DIVERS.EMI S,2'* 4.CABO VERDE.CESARIA EVORA.BMC ! 7,94 4 S CAFF.BLUE.PATRICIA BERBER MAYANN 18,95 4 ^/^OP/~j~fî$ANCOPHONE 1.DÉMONS ET MERVEILLES, LAMBERT WILSON, EMI 16,944 2.MISERERE.BRUNO PELLETIER, MIISÏCOR 17 9S $ 4.40 CHANSONS DOR (2 DCY CHARLES AZNAVOUR.EMI 30,94 4 4 ESSENTIELLES MAXIME T F.FORESTIER EC,S 17,94 4 5.LE DÔME.IEAN I.F.I.OUP, SELECT 17,94 4 Pop Anglophone k y c.x / 1.OK COMPUTER, RADIOHEAD, EMI _______ 2.SURFACING, SARAH McLACHLAN, EMI ___ 3.BACKSTREETS BACK, BACKSTREET BOYS, BMC.¦4.BE HERE NOW, OASIS, SONY _________ 5.ERA, ERA, PCS______________________ IV'‘ IV” 15,»” IS,9'* 17,»'' SUGGESTIONS 8 i LATINO! I LATINO! Art isles (liters KOCH I Mitel Damais PAIX, AMOURS ET FOIN les I tères 0 Cb’ral BMC, L'HOMMAGE DE SfS INTERPRÈTES I Lionel Daunais 15 DC) FONOVOX ^4505»' * * vBtht plexe Desjardins.O.T.IN THE COMPANY OF MEN ?Premier long métrage de l’Américain Neil Libute, primé à Sundance, ce film irrite par son promts facho macho et une facture de Téléfilm que ne viennent pas compenser des répliques souvent intéressantes et une direction d’acteurs honorable.On y aborde les vilains procédés de deux jeunes cadres qui, histoire de se venger de la gent féminine, entreprennent la séduction d’une sourde muette.Mais sur fond de Liaisons dangereuses façon XX' siècle, In the Company of Men n’apporte rien au thème, et malgré des revirements de fin de parcours, inspire un véritable dégoût pour ses personnages masculins, captifs d’une cruauté sans amplitude.(À l’Égyptien, Pointe-Claire).O.T.G.I.JANE ?Ridley Scott, le grand cinéaste de Blade Runner et de 'Thelma and Louise, se fourvoie ici dans un film au message fort suspect reposant sur les épaules de Demi Moore.Elle incarne ici une femme qui aspire à devenir marine en suivant l’entraînement de l’année américaine.Bafouée, huée, battue; saura-t-elle convaincre les hommes de l’accepter?Conviant les femmes à un idéal machiste qui n’est pas le leur, le film plein de clichés semble n’exister que pour permettre à Demi Moore de dépasser ses limites, de paraître enlaidie, le crâne rasé, etc.Mais que diable] allait faire Ridley Scott dans cette galère?Au Loews, Famous Greenfield Park (v.o.), Centre Eaton, Angrignon (v.f.) O.T.DENIS CHOUINARD et NICOLAS IAD • • If 1 ni «PwhSMm IAYOUN ÊRÉSENTEjj "?Touché par la grâce des dieux ! Quel film ! " • Denise Morel, L» Journal de Québec " Le film choc de la rentrée " ¦ Georges Privet, Voir Souvenez-vous de ce nom, il va faire des vagues.- Eric Fourlanty, Voir " Clandestins est un premier long métrage étonnant qui ne sacrifie rien." • Marc-André Lussier, La Presse CONSULTEZ LES GUIDES HORAIRES DES CINÉMAS -VERSION FRANÇAISE-v.o.sous-titres onglois — 18- -FAMOUS PLAYERS- -CINEMA PINE- -FAMOUS PLAYERS-T| I II CENTRELAVAL hi 11 STE-ADELE II LOEWS;!® J\ FAMOUS PLAYERS PARISIEN® Extrêmement fort.- John Griffin, The Gazette " Un réalisateur à découvrir et à suivre.• CBF Bonjour " Colle à la peau grâce aux images, à la musique et aux performances de Vincent Cassel et de Romane Bohringer - Voir " Déroutant " - Martin Bilodeau, Le Devoir EOR ROMANE BOHRINGER VINCENT CASSEL JEAN-PHILIPPE ECOFFEY MONICA BELLUCCI un film df GILLES MIMOUNI DISTRIBUÉ PAR MOTION INTERNATIONAL.UNE SOCIÉTÉ DU GROUPE COSCIENT INC CONSULTEZ LES GUIDES HORAIRES DES CINÉMAS MAINTENANT A L'AFFICHE! F pmTmm»H -FAMOUS PLAYERS- FAMOUS PLAYERS- -FAMOUS PLAYERS- -CINEMA PINE 1 CENTRE LAVAL & J II VERSAILLES 6.39 11 F.P.8 GREEWFIEID PARK E V 0 I R , L E S S A M EDI 13 E T I) I M A N C II E I 4 S E P T E M R It E 19 9 7 ht n .— — —— — — w H i ^ — 1 — THÉÂTRE - -abon^ern e d>sP°",b , cho>* P0'1™ *É3ï^?Carte5 îA sep'®1 Le groupe de &•!& BARRY Flupke JACQUES GRENIER I.E DEVOIR rend avec une ampleur quasi insupportable l’expérience de la dissociation de l’homme et du monde, de son moi intime et de l’univers indéchiffrable et hostile, infecté par l’inévitable présence des autres, infernaux, comme on le sait.Comme dans ce Procès, où le désespoir et même la culpabilité sont d’autant plus grands qu’ils demeurent sans motif objectif.Il a éprouvé et exprimé en visionnaire ce vieux questionnement de l’homme face à un système qui l’écrase, qu’il soit bureaucratique, politique ou métaphysique.«La force de ce roman, c’est de créer un univers irréel auquel on ne peut que croire, ajoute Jean Turcotte.L’histoire est à la fois logique et totalement illogique.Mais on veut aussi que cette histoire puisse être lue à plusieurs niveaux, par exemple en considérant le drame existentiel, ou alors en y voyant une puissante critique de l’univers bureaucratique.» Le texte ne reprend pas l’adaptation de Gide-Barrault.Le metteur en scène a utilisé la traduction d’Alexandre Vialatte pour son propre collage.La formule est déjà éprouvée à La Veillée, où l’on se spécialise dans ce genre d’adaptation de classiques depuis longtemps.Ce qui donne toujours un théâtre très littéraire, à contre-courant des tendances esthétisantes, souvent hors-textes, qui s’affirme ailleurs au Québec depuis plus d’une décennie;.«C'est vrai que c’est tin théâtre des mots, du texte, de la grande littératii-re, mais c’est du théâtre, précisément du théâtre qui filtre, qui transforme la littérature», corrige Jean Turcotte.Il rappelle que le Groupe met beaucoup d’accent sur le travail cor: porel.Ainsi, son Rilke des Cahiers de Malte Laurids Brigge, en 1988, était animé par une gestuelle presqué chorégraphiée.Les poèmes perçaient d’un corps recroquevillé, haletant, torturé.«Il y a aussi un grand engagement énergétique dans le rôle de K., commente alors le comédien.Mais nous n'avons pas eu assez de temps pour développer une partition trop précise qui aurait d'ailleurs, dans ce cas, desr servie le propos.Tout n’est donc pas placé.Il reste même de la place pour improviser un peu, d’un soir à l’autre.» Ce qui a échappé au vœu de feu de Kafka prend à nouveau forme à La Veillée le 16 septembre.Le Procès se poursuivra au moins jusqu’au 5 octobre prochain.100% québécois Bonjour, là, bonjour inaugure une saison «spéciale» chez Duceppe PIERRE CAYOUETTE LE DEVOIR La Compagnie Jean Duceppe, on le sait, a eu l’heureuse idée de célébrer ses 25 ans en mettant à l’affiche cinq productions québécoises, dont deux créations.Tous ceux qui ont à cœur la dramaturgie québécoise devraient s’en réjouir.On y présentera tour à tour des pièces de Michel Tremblay (Bonjour, là, bonjour), d’Yves Desgagnés (Le Nombril du monde), de Marie Laberge (C’était avant la guerre à L’Anse-à-Gilles), de Michel Marc Bouchard (Le Chemin des Passes-Dangereuses) et de Marcel Dubé (Un simple soldat) .Pas de mises en scène spectaculaires ou révolutionnaires à l’horizon, prévient-on chez Duceppe.Pas de «relectures» non plus.La compagnie n’a nulle autre prétention que d’offrir au public des reprises solides de trois classiques de notre jeune dramaturgie.Pour inaugurer cette saison à 100 % québécoise, Duceppe mise sur Bonjour, là, bonjour de Michel Tremblay.Pour ouvrir les célébrations du 25e anniversaire, le directeur artistique Michel Dumont tenait absolument à ce qu’André Brassard lui-même, celui qui était aux côtés de Michel Tremblay à la création, à Ottawa, en 1974, soit à nouveau assigné à la mise en scène de Bonjour, là, bonjour.C’est donc lui qui y dirige Jean-François Pi-chette, Marthe Turgeon, Julie Vincent, Suzanne Champagne, Benoit Girard, Monique Joly, Marie-France Marcotte et Béatrice Picard dans la production qui a pris l’affiche cette semaine.Dumont a insisté, aussi, pour que Brassard ramène cette énorme table familiale autour de laquelle se réunit toute la famille, ce regroupement de «tu-seuls».A la création, Brassard avait choisi de disposer les personnages en cercle.C’est en 1985, quand Bonjour, là, bonjour fut repris à Québec, que le metteur en scène a intro- duit cette table si riche de sens où prend place la famille de Serge.Dans un texte qu’il a rédigé à l’occasion de cette reprise, Michel Tremblay résume ainsi ce qui l’animait quand il a écrit cette pièce, l’une de ses plus marquantes.Après sa création par la Compagnie des Deux Chaises en 1974, la pièce Bonjour, là, bonjour fut reprise au Centre Saidye Bronfman (1977), au TNM (1980) puis au Trident (1985).Le regard que portait Tremblay sur l’amour, la solitude et la famille a particulièrement séduit le public américain.C’est la piè-çe de Tremblay la plus jouée aux États-Unis.Elle y fut montée à une soixantaine de reprises.«J’avais remarqué que les grandes pièces écrites en Amérique du Nord, y compris au Québec, avaient pour thème la révolte des fils contre leur père [La Mort d’un commis voyageur, Le Long Voyage vers la nuit, Un simple soldat].Nous étions en 1974, j’avais trente-deux ans et, sachant mon père malade, j’avais envie de lui dire que je l’aimais avant qu’il soit trop tard.Comme il était sourd et qu’une déclaration de vive voix me paraissait impensable, j’ai décidé de le faire à travers une pièce dans laquelle, la transposition théâtrale aidant, la chose deviendrait possible.C'est là le premier germe de Bonjour, là, bonjour, mon intention originelle», écrit le dramaturge.«Une déclaration d’amour ne faisant pas une pièce, même entre un père et un fils, j’ai donc décidé d’entourer les deux protagonistes, qui auraient à essayer de communiquer et de s'avouer leur amour, d’une famille dont le rôle serait de tenter de les empêcher de le faire.Le féminisme battait son plein, la société changeait et j’avais envie de dire adieu une fois pour toutes à ces prototypes de femmes qui ont de tout temps peuplé le théâtre mondial, alors j’en ai fait une famille de femmes à la fois drôles, pathétiques, touchantes, irritantes, bouleversantes, à l’image de ce que la société patriarcale avait toujours voulu qu’elles soient», poursuit-il.Procès en pièce(s) «L’adaptation est construite autour d'un point de vue qui présente toujours un individu face au groupe, explique Turcotte.C’est en quelque sorte K.contre tout le monde et tout le monde contre K.On veut souligner le drame de celui qui se retrouve écarté du groupe.Je vais jouer une bête traquée, un homme de tête qui essaie de comprendre ce qui lui arrive, mais avec beaucoup de contrôle, une grande maîtrise de soi.C’est quelqu’un aux prises avec une injustice, mais qui se bat dignement.Ce drame est d’ailleurs amplifié par le fait que c’est un homme rangé, un petit citoyen modèle, comme l’était Kafka lui-même.» Kafka, qui était de frêle constitution, perclus de maux de tête et victime de longues insomnies, a tenté de lutter contre tout ce qui voulait l’asservir.Cela, au prix d’une désespérante solitude mais aussi de la création d’une œuvre monumentale qui Le Jean Turcotte incarne Joseph K, le personnage central du Procès, de Kafka, adapté à la scène par le groupe de la Veillée.Un héros littéraire et torturé de plus pour un comédien tout en moyens, bien au-dessus de la moyenne.STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Kafka avait demandé à son ami et exécuteur testamentaire Max Brod de brûler sans les lire tous ses papiers, tous ses livres manuscrits.Heureusement, Brod n’obéit pas.Le Procès, un des livres-phares du XXe siècle fut retrouvé dans un inextricable fouillis, où les feuilles se présentaient pêle-mêle, sans titre, sans pagination, avec souvent de multiples versions.Il parut un an après la mort de l’écrivain, en 1925, dans un recueil qui contenait plusieurs autres textes devenus eux aussi des classiques.Le vœu de Kafka n’avait pas été exaucé.Mais s’il voulait vraiment un bûcher, pourquoi n’avait-il pas craqué lui-même l’allumette, comme le remarqua si justement l’écrivain Borges.Après la Deuxième Guerre mondiale, Le Procès a connu une incroyable fortune et pas seulement littéraire.Kafka figure en fait parmi les auteurs les plus adaptés au théâtre et au cinéma, en raison des thèmes qu’il abordait, mais aussi à cause de son écriture.Orson Wells a réalisé The Trial (1962), avec Anthony Perkins dans le rôle titre.Plus récemment le jeune surdoué Steven Soderbergh a tourné Kafka (1991) avec Jeremy Irons.Au théâtre, André Gide et Jean-Louis Barrault ont présenté une adaptation scénique en 1947.On en a vu une autre, à Québec, pendant la Quinzaine, il y a quelques années.Cette fois, à Montréal, c’est donc au tour du metteur en scène Elisabeth Albahaca, collaboratrice de longue date de La Veillée, de proposer sa vision de l’intolérable angoisse kafkaïenne faite œuvre.Il s’agit en fait d’une seconde mise en forme de son adaptation, puisque sa création espagnole du Procès a été présentée une première fois à Caracas, en 1993.Ce travail lui avait d’ailleurs valu un Prix de la critique, en Amérique du Sud, pour la meilleure mise en scène.Jean Turcotte adaptation de Kafka, présentée il y a deux ans, toujours à La Veillée.Jean Turcotte est un des beaux rejetons du Groupe et c’est surtout dans la salle de la rue Ontario Est qu’on a pu voir évoluer avec de plus en plus de force son talent, depuis une dizaine d’années.Il a frappé un magnifique coup de théâtre en 1988 avec un spectacle solo autour des Cahiers de Malte Laurids Brigge, de Rilke.Par la suite, on l’a vu dans Un bal nommé Balzac, Don Juan et plus récemment Les Créanciers, de Strindberg (1993), et La Faim, de Knut Hamsun (1996).Cette fois, pour le Kafka, il sera en scène avec sept autres comédiens (Sonia Auger-Guimont, Stéphane Cheynis, Denis Gravereaux, Gaétan Nadeau, Igor Ovadis, Claudine Paquette et Stéphane Séguin), qui incarneront plus de trente personnages gravitant autour de K.Michel Tremblay JAXCQUES GRENIER LE DEVOIR Le théâtre qui filtre Pour sa nouvelle version québécoise, Elisabeth Albahaca a confié le rôle de Joseph K.à Jean Turcotte.Une large cothurne pour une belle pointure que l’on découvrira à compter de cette semaine.«J’avais une totale confiance en elle et j’aurais dit oui à presque n’importe quoi», dit le comédien hyper-enthousiaste dans la trentaine.Turcotte et Albahaca se connaissent depuis longtemps.L’une a enseigné à l’autre, au département de théâtre de l’UQAM puis dans les stages du Groupe.Comédienne, elle l’a aussi côtoyé dans Le Retour de Pinter (1992) et Amerika, une autre Une coprcscntation de la Compagnie de I Ours (Belgique) et du Théâtre Denise-Pelletier L’ETRANGER de Camus Mise en scène el inlcrpréialion: Mure (iooris Adaptation: José Brouwers Assistance à la mise en scène: Marie-.lo Dclhaye I clairauc: Renaud I uirnn Du 17 septembre au 11 octobre du mercredi au samedi 20h30 Le monde est indifférent à l’homme, voici l'histoire (l’un homme indifférent au momli BILLETS U 4 m 1715 1 8(10 361 4596 2353.rve "c.-c-Or-wore 1 .V
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