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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1997-09-20, Collections de BAnQ.

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- LE DEVOIR ?La chronique de Robert Lalonde Page ü 4 Le feuilleton Page I) 5 ?Miro Svolik Page D 9 Formes Page D 10 I.E I) E V O I H., I, E S S A M E D I 2 O E T I) I M A N (' Il E 2 1 S E P T E M li lî K I II II 7 Nathalie Zemon Davis Mémoires d’entre deux mondes Jusqu’à dimanche soir, le Salon du livre de Québec reçoit une pléiade de chercheurs de grand renom.L’une des premières à y prendre part était Nathalie Zemon Davis, auteure d’une étude célèbre, Le Retour de Martin Guerre, et, tout récemment, d’une étude sur Marie de l’Incarnation et deux autres femmes «en marge au XVII siècle».RÉMY CHAREST C*est en préparant, avec sa collègue Jill Conway, le premier cours d’histoire des femmes jamais enseigné dans une université canadienne (l’Université de Toronto, en 1971) que Nathalie Zemon Davis s’est d’abord intéressée à Marie de l’Incarnation, la mystique fondatrice des Ur-sulines de Québec.Intéressée jusque-là par la Renaissance et les débuts de l’époque moderne, l’historienne explique qu’«j'/ était important d'avoir du contenu local» et que «le fait qu’elle soit du Canada français était encore plus intéressant».Plus qu’une simple politesse d’une auteure en visite à Québec, cette remarque illustre l’intérêt pour ces endroits où se vit une rencontre entre deux mondes: dans le cas du Québec, celles entre Français et Amérindiens à l’époque de la Nouvelle-France, entre Français et Anglais plus tard.Ce genre de relations est au cœur de son dernier ouvrage, Juive, Catholique, Protestante: Trois femmes en marge au XVII' siècle, paru tout récemment aux éditions du Seuil, où elle trace des portraits parallèles de trois citadines ayant laissé derrière elles des écrits qui ouvrent des fenêtres privilégiées sur leur existence: Glikl bas Judah Leib, marchande juive de Hambourg et de Metz et mère de douze enfants, Marie Guyart de l’Incarnation, veuve catholique qui abandonne son fils en France pour venir évangéliser les Amérindiens du Canada, et Maria Sibylla Merian, protestante allemande radicale que ses doubles qualités de peintre et d’entomologiste entraînèrent en expédition jusqu’au Surinam.Toutes trois ont des relations avec les pouvoirs publics, toutes trois se trouvent confrontées à d’autres cultures (catholique pour Glikl, amérindiennes pour les deux autres) et toutes trois se donnent un espace propre où elles exercent une certaine autorité.La confrontation des mondes L’intérêt pour la confrontation entre des mondes différents s’inscrit fortement dans le parcours personnel et professionnel de l’historienne.Née au Vermont dans une famille juive, Nathalie Zemon Davis s’est découvert une passion pour la culture et l’histoire françaises lors de ses études de premier cycle au Smith College, université pour femmes du Massachusetts.Arrivant à Lyon en 1952 pour étudier les ouvriers de l’imprimerie au XVI1' siècle, elle voit son attachement à la France renforcé par ce séjour — même si les murs sont tapissés du slogan «Yankee Go Home».«Je ne le prenais pas personnellement», préci-se-t-elle aujourd’hui.Récit en ROBERT CHARTRAND itre paradoxal que celui de ce premier roman de Christiane Frenette, où l’eau — ici, le fleuve — compte autant, sinon plus que la terre, comme en font foi les titres des diverses parties du roman: L’arche et le radeau, Les désordres du fleuve.Regagner la rive, Les eaux troubles, La rupture des eaux.Et il y a l’élément déclencheur du récit: deux garçons qui s’étaient embarqués sur un radeau se noient.Leur mort — c’est un suicide, personne ne s’y trompe — va hanter la petite ville.«C'est vrai, l’eau est très importante dans mon roman, dit Christiane Frenette.Je pourrais l’expliquer en me retranchant derrière de savantes explications sur la symbolique de l'eau.Mais plus simplement, j’avoue que je suis amoureuse du Saint-Laurent.Il s’est trouvé que j’ai eu le chance d’écrire ce livre dans ce qu’on appelle le bas du Fleuve, précisément.Or, écrire, c’est habiter des personnages, mais aussi un lieu; et avec ce livre, j’ai pu tenter de rendre, parmi d’autres aspects, cet attachement que j’ai pour la région où je me trouvais.» Toute l’action de ce récit grave se jouera dans ce village sans nom, sur les bords du fleuve qui fascine et effraie.«C'est un peu Rimouski, si on veut, quoique le traversier pourrait évoquer plutôt Trois-Pistoles.Quant au fleuve, j'en ai fait un lieu symbolique.Un lieu de mort et de vie tout à la fois.Sa présence est très forte aux yeux des personnages.Je crois d’ailleurs que, dans la réalité, elle marque sûrement les gens qui vivent sur ses bords.Et c'est la force de cette présence que j'ai essayé de rendre dans le récit, plus que le symbole général de l'eau.» Le fleuve, aussi beau soit-il, est aussi, à l’occasion, «un casseur de rêves», comme il est dit dans le roman.Il peut engloutir la jeunesse, ou tout simplement décevoir ceux qui y cherchent l’accomplissement de leurs rêves.Ixi Terre ferme est avant tout un roman de climats, d’atmosphère, dont les personnages principaux sont des femmes.Après la disparition des jeunes garçons, tout le village se sentira interpellé, mais particulièrement trois femmes que ce double suicide hantera.Christiane Frenette «Ce n'est pas un livre sur le suicide, même s'il y a celui des deux garçons au départ du récit.Le roman porte plutôt sur ceux qui restent, et sur l'attachement qu'ils peuvent trouver à la vie.» LA TERRE FERME Un roman de Christiane Frenette Boréal, 1997,146 pages » f i *7‘: ; 14[ /.i *î i J • I I ; •e» ri < w ¦ y U.lai '•ii :c< l‘rir ni.' oî u ¦y «iff ji « > i ¦iî : I ! ’U •rai VOIR PAGE D 2: ZEMON DAVIS VOIR PAGE D 2: FRENETTE JACQUES GRENIER LE DEVOIR savoir sur un Histoire de lYdueation au Québec Andrée Dufour Histoire de l’éducation au Québec IÇtrtracer l’histoire de l’éducation, c’est aussi se donner l’occasion île suivre révolution politique, économique et culturelle du Québec, et cela.aux différents moments île son histoire.128 PAGES • 9.95 S en ••• Madeleine Greffard/Jeari-Guy Sabourin Le Théâtre québécois Le Théâtre québécois I )epuis la pratique amateur qui a longtemps caractérisé l’activité théâtrale • dans le contexte colonial, en passant par les influences américaines et européennes, jusqu'à l’apparition d'uii théâtre marqué du génie particulier de la culture québécoise, voici une synthèse de l’activité théâtrale d'ici.128 PAGES • 9.95 $ Boréal Qui m'aime me lise. I) 2 I.K I) K V (( I H .I.K S S A M E I) I 2 0 E T I) I M A N C II E 2 I S E P T E M 15 K E I !) !» 7 - LIVRES - Rectificatif Dans «La saga de Gilles Bédard», Germaine, paru en 1965, «n'avait pas dans le Cahier des Livres du 13 sep- l'âpreté dénonciatrice du Cassé de tembre, à propos de L'Homme de Ger- Jacques Renaud».L’exergue était fau-maine, il fallait retenir que Pleure pas tif.Nos excuses à Claude Jasmin.ART et LIHÉ RATURE EN REVUES d La poésie d'une trentaine d'écrivaines originaires de douze pays qui ont toutes en commun la passion d'écrire.Arcade #40 : 10 $ LapauxUiamants m tenu tinn.] les aux - D i amants La revue d'histoire du Québec nous raconte, dans ce numéro, l'histoire des animaux : nos efforts pour les maîtriser et la transformation de nos attitudes envers eux.Cap-aux-Diamants #51 : 7,50 S Bulles Dans ce numéro : Cannes édition 1997; le documentaire en Belgique; regard sur le cinéma québécois; entretien avec Denis Chouinard; coup d'oeil sur 1e cinéma coréen.Ciné-Bulles vol.16 #2 : 4,25 S CONTINUITE VIEUX QUÉBEC n n u i Spécial Vieux-Québec.A découvrir : «L'épopée du Vieux-Québec»; «Capitale de toujours»; «Une ville éprise de culture»; «Quotidiens oubliés»; «Derrière les volets».Continuité #74 : 6,75 S - En kiosque dès le 22 septembre 1997 Espace Pour ses 10 ans, Espace, lieu de diffusion * de la sculpture contemporaine?présente ?des projets d'artistes qui favorisent une l:! ouverture sur d'autres disciplines.Espace #41 : 7 S ETC M n t Cette revue d'art actuel questionne, dans ce numéro, la place de Montréal comme «capitale» internationale des arts contemporains.À lire aussi ses critiques d'expositions.ETC Montréal #39 : 8 S 3; i U Voué à la littérature jeunesse, Lurelu vous offre un dossier sur l'image des jeunes à travers les romans et les téléromans québécois et près de 90 critiques de livres.Lurelu vol.20 #2 : 4,50 S possibles ¦ * a mm) a • «mai b ¥ Ce numéro propose, entre autres, un plaidoyer pour la non-violence, une réflexion sur la violence symbolique et une critique de l'évocation de celle-ci dans les arts visuels.Possibles vol.21 #4 : 8 S Cette revue spécialisée dans le champ des théories et des pratiques sémiotiques relance le débat sur la capacité représentative de la musique.Protée vol.25 #2 : 11,25 S BBprnni rirm 1111 ii i ¦ 11 w— 5>équenœs n Une revue qui prend le pouls de l'actualité cinématographique.À lire : Plaisir et violence à Cannes 97, images du cinéma iranien et plusieurs chroniques.Séquences #192 : 4,50 S 815, rue Ontario Est, bureau 202, Montréal (Québec) H2L 1P1 Tél.: (514) 523-7724 ZEMON DAVIS Les relations entre les sexes SUITE DE LA PAGE I) 1 Au fil d’une carrière universitaire au cours de laquelle elle a enseigné à l’Université de Californie à Berkeley et, pendant 18 ans, à Princeton, elle s’est intéressée considérablement aux relations entre catholiques et protestants à l’orée de l’ère moderne.1st plus récemment, pour se tourner vers î’histoire juive, elle a dû apprendre le yiddish, qui n’était pas en usage dans sa famille, fortement américanisée.Aujourd’hui retraitée de l’enseignement, elle vit à Toronto, où elle a rejoint son mari, mathématicien à l’Université de Toronto, et ses enfants — dont son fils Aaron, pianiste du Holly Cole Trio.L’ancien et le moderne La façon dont l’historienne s’est penchée sur les rapports interculturels du XVII' siècle est pour le moins originale: plutôt que d’explorer un contexte général, une communauté, une séquence d’événements, elle a choisi la mise en parallèle de trois vies exemplaires, voire fascinantes, selon une perspective résolument moderne sur les relations de pouvoir entre les sexes et entre les divers éléments de la société.Il ne s’agit donc pas de sim- SUITE DE LA PAGE D 1 «C'est exact, dit Christiane Frenette, les femmes ont presque toute la place dans le récit.Ce sont elles, plus que tous les autres, qui vont tenter de répondre à la question que ce double suicide pose à tous, et qui serait à peu près la suivante: Et vous, qu’est-ce qui vous rattache à la vie?» Trois personnages de femmes ou, si l’on préfère, trois états de femmes.D’abord, une jeune fille taciturne qui rêve de quelque ailleurs et dont le grand départ va tourner court.«Elle n 'ira pas au bout de sa quête, explique Christiane Frenette, qui aurait peut-être été un suicide, comme celui des garçons.La vie va la rattraper, en quelque sorte.C’est une vie sans gloire, certes, où il n'y a aucune des réponses à ses graves questions.Mais qui sait?Peut-être les trouvera-t-elle plus tard.» A l’inverse, les deux autres femmes — dont la mère de cette jeune fille — arrivent, elles, à savoir ce qui les rattache à la vie.«Les adultes, dans mon livre comme dans la vie, savent mieux se protéger que les jeunes.Faute de mieux, ils arrivent à se composer un personnage qui leur permet de continuer, de tenir le coup.» Ainsi, la mère de la jeune fille s’ac- plement restituer des événements historiques «tels qu’ils se sont déroulés», mais plutôt d’introduire une grille moderne dans un contexte ancien.N’y a-t-il pas là un risque de déformer l’image du passé?Consciente de ce risque — elle a, après tout, supervisé la rigoureuse adaptation cinématographique de ses recherches sur Martin Guerre, avant de voir son livre servir à des adaptations plus fantaisistes en comédie musicale londonienne et en opéra à Toronto —, l’au-teure en fait une question de responsabilité et de discernement pour l’historien: «J'avais des questions qu’elles n’auraient pas elles-mêmes posées — à propos de la hiérarchie des genres et de la discrimination des sexes, par exemple.Mais au XVII' siècle, on écrit beaucoup sur les relations entre les sexes.Ce n’est donc pas un sujet étranger à l’époque.La question posée vers le passé peut être résolument moderne.Il s’agit que la réponse suive les perspectives de l'époque étudiée.On peut retrouver ce qui nous intéresse chez les gens qu'on étudie, mais exprimé d’une autre manière, selon leur propre perspective.Il s'installe ainsi une forme de dialectique entre le présent et le passé.» De la même façon, l’utilisation du concept de marginalité dans Juive, Ca- crochera aux menus faits et gestes de sa vie quotidienne, alors que la femme seule, qui a déjà avorté, va s’attacher à un homme qui a un enfant handicapé.Chacun son recours, sa bouée.Ce roman est particulièrement «québécois», estime l’auteure, à cause de la problématique grave dont il traite.«On connaît l'ampleur du phénomène du suicide chez les jeunes d'ici.Cependant, ce n ’est pas un livre sur le suicide, même s'il y a celui des deux garçons au départ du récit.Le roman porte plutôt sur ceux qui restent, et sur l’attachement qu’ils peuvent trouver à la vie.Ce n'est pas forcément le bonheur ou quelque autre élément grandiose.On peut aussi, et en toute légitimité, tenir à la vie pour des raisons toutes simples, bêtes en apparence.» Détail frappant: le récit de Christiane Frenette est émaillé d’expressions qui évoquent la religion.Les jeunes suicidés du début sont d’ailleurs perçus comme des dieux dont le souvenir hante les gens du village.On pensera beaucoup à eux, en ayant mauvaise conscience de n’avoir pas su pressentir leur drame; puis, on cherchera dans leur mémoire quelque forme de salut et, finalement, la plupart des villageois finiront par les oublier.Ils s’évanouissent peu à peu dans la tholique, Protestante nécessite une certaine précision: «Le mot margç est utilisé avec une certaine ironie.A la base, les femmes ne sont pas importantes au XVII' siècle, dans les hiérarchies catholiques, scientifiques ou politiques.Et deux des femmes que j’étudie vont même se placer sur des marges géographiques, en Nouvelle-France ou au Surinam.Mais la manœuvre, c’est de montrer à quel point ces femmes trouvent un nouvel espace en s’éloignant du centre habituel.Elles reconstruisent un nouveau point central sur ces marges, un espace où peut s’exercer une grande créativité.Pour Marie de l’Incarnation, la Nouvelle-France est un point central: c’est là que les choses se passent, que l’œuvre de Dieu peut être le mieux réalisée.» Quoi qu’il en soit, les trois portraits tracés ici, avec un fort souci d’authenticité, ne cèdent en rien, pour l’intérêt ou pour la pertinence, à ceux qui, par centaines, ont été consacrés aux hommes de l’époque.JUIVE, CATHOLIQUE, PROTESTANTE Trois femmes en marge au XVII' siècle Nathalie Zemon Davis Le Seuil, Paris, 1997,389 pages conscience des gens du village: les garçons n’avaient pas l’envergure nécessaire pour devenir des mythes.«Les gens ont beau s’efforcer de prolonger la présence des disparus, ils finissent par oublier pour vaquer à leurs obligations.Ce culte qu’on leur a voué ne pouvait être que de courte durée, comme le sera très certainement celui qui entoure Lady Diana, ces temps-ci.Il y a sans doute dans ces manifestations de ferveur collective une tentative de suppléer à l’absence d’un dieu véritable.» Le roman de Frenette est de facture très nettement poétique.Les images sont nombreuses pour décrire les lieux ou pour rendre les états d’âme des personnages.Elle l’a sûrement voulu ainsi.«C’est un récit très imagé, en effet, très elliptique.Mon premier recueil n’a paru qu’en 1986, mais j’écris sérieusement depuis vingt ans.Or, mon travail sur la langue m’a toujours poussée à exprimer les émotions les plus fortes avec le minimum de mots possibles.C’est devenu, chez moi, un réflexe.Et j’ai tenu à rester fidèle à ce condensé des images poétiques, dans ce dernier livre qui est pourtant un roman.» Christiane Frenette en est à son premier roman, après quatre recueils de poésie, dont le premier, Indigo nuit, paru chez Leméac en 1986, avait remporté le prix Octave-Créma-zie.Or, le hasard s’est chargé de souligner récemment la cohérence de l’œuvre de l’auteure: parmi les cent une îles du réservoir de la Caniapis-cau auxquelles la commission de toponymie du Québec a donné en août dernier les noms d’autant de livres québécois, il y en a une qui s’appelle précisément Indigo nuit; le recueil devient ainsi une autre terre ferme, poétique elle aussi, de Christiane Frenette.NOUVELLES DU LIVRE Vies de Salon Il court, il court, le livre.Après Québec, c’est le Saguenay-Lac-Saint-Jean, et puis Trois-Rivières et sa poésie, et encore l’Estrie et Rimouski, et puis Montréal, avant les grands froids.Il court, il court, le livre.Quelques jours après la clôture du Salon du livre de Québec — qui est encore en pleine effervescence à l’heure où vous parcourez ces lignes —, c’est Jonquière qui fait la fête au livre en ouvrant ses portes du 24 au 28 septembre sous le thème Un livre au menu.La 29 édition du salon saguenéen met en vedette plus d’une centaine d’auteurs, la moitié d’entre eux bleuets d’origine.Les Michel Tremblay, Michel Marc Bouchard, Nancy Huston, Raymond Plante, Sylvain LeÜèvre, Dominique Demers et autres plumes prolifiques y feront un saut, prêts à discourir de leur dernier-né, à échanger sur l’univers de la littérature en général.Le thème du salon n’est pas étranger au fait que l’on ait décidé de marier l’un à l’autre plaisirs de la lecture et de la table.Avec des chefs auteurs et des auteurs chefs, on partagera en effet des recettes bonnes à faire saliver d’envie le moins affamé des maigrichons et quelques-uns des meilleurs trucs culinaires.Au nombre des nouveautés dignes de mention: pour guider le futur lecteur parmi les dédales du salon et ses multiples tendances littéraires, trouvez votre «type» bien en évidence sur les stands grâce à des autocollants et furetez dans ce qui vous intéresse (lecteur dégustateur, rêveur, communicateur, chercheur, créateur, blagueur, explorateur, etc.).Telle une bibliothèque, le café littéraire du salon vous permet d’emprunter une de ses nouveautés — en échange d’une garantie, précise-t-on — vous permettant ainsi d’y fouiner à votre aise.Bon salon! Marie-Andrée Chouinard M E I L L E U H E S VEN T E S Toutes catégories Ni vue ni connue Mary Higgins Clark, Albin Michel Romans étrangers 1- Ni vue ni connue Mary Higgins Clark, Albin Michel 2- Soie Alessandro Barrico, Albin Michel 3- Honneur et Courage Danielle Steel, Presses de la Cité Romans québécois 1- Passion de Jeanne Michèle Tisseyre, Robert Laffont 2- C’est pas moi, je le jure! Berniird Hébert, Boréal W Annabelle Marie Laberge, Boréal Relevé mensuel de l’Association des libraires du Québec Gilles Archambault écrivain, journaliste pigiste et réalisateur à Radio-Canada animera un atelier d’initiation à la lecture d’auteurs québécois contemporains à la Société littéraire de Laval 1565, bout Saint-Martin Ouest, Laval (Qc) les mercredis, de 13h à 16h, du 1er oct.au 12 nov.1997 INSCRIPTION : (514) 667-2666 FRENETTE Ce qui vous rattache à la vie Une excursion dans le monde très étrange de la contrefaçon, de la séduction et de la tromperie humaine.Un livre courageux, duquel on sort bouleversé, mais souriant.Sergio art du m: Sergio Kokis L'art du maquillage kt vrri éditeu XYZ éditeur XYZ éditeur 1781, rue Saint-Hubert, Montréal (Québec) H2L 3ZI Téléphone :.525.21,70 • Télécopieur: 525.75.37 DISQUES COMPACTS, LIVRES, CASSETTES, DISQUES, BD 3694 St-Denl», Montréal Choix et Qualité 713 Mont-Royal Est, MU Métro Sherbrooke 849-1913 Métro Mont-Royal 523-6389 m r:^ T.Ç AL OUVERT 7 JOURS lOh imæu- K if ¦.¦¦S.-! 1 mm üpppp Louis Vulckc UN PÈLERIN À VÉLO item hytvkfc tfu« i Soim-JiRuucvdc-CompoUelk l^TrifXyquc Louis Valcke Un pèlerix à vélo llécil hybride d’un royale à Suint-Jurques-de-Compoilelle 193 p., 20 $ C’est à Sluys, bourgade tie lu frontière hollandaise où aboutit et meurt le canal de Bruges, que l'auteur enfourcha su bicyclette pour entamer un long voyage qui, à partir du ¦plut pays» de son adolescence, allait le conduire à travers toute lu France et une partie de l’Espagne, pour rejoindre enfin ce Champ sous les étoiles où les anges, dit-on, inhumèrent le corps de I apôtre Jacques.M à 33 55 aPgsfP1 3b$2* OAUIMARO DOUBLES VIES L'HOMME DE GERMAINE ANA HI I N Ml ANC, Ah ht non nofiu.r PAUL ROUKMU LISE DIMERS IHIUIItES VILS Alexandre Jardin nous parle ici de son père, dit le Zubial par ses enfants.«Le jour où il est mort, j'avais quinze ans, je m'en remets à peine.il fut l'homme le plus vivant que j'ai connu.» Un livre à la fois drôle et émouvant, le livre le plus personnel d'Alexandre Jardin.GALLIMARD m.- LE ZI III AI GEORGES DOR TA MÉ TU LÀ?(Ta mère est-elle là?) mm" JEAN BOUTHILLETTE LE CANADIEN FRANÇAIS ET SON DOUBLE PAUL ROUSSEAU HAINE-MOI! ' «C est un de ces petits livres tout à fait exceptionnels qui disent le fond des choses.Lisez cela s’il vous arrive de vous éprendre de ce qui est rare et définitif.Cet ouvrage est déjà, me semble-t-il, un classique.» Pierre Vadeboncoeur i LANCTÔT la me ru là?(Tj nirrc cm t-Df U> Un ouvrage précis, nécessaire, stimulant bien documenté, parfois drôle, mais jamais méprisant.ANCTOT EDITEUR EDITEUR //3§Wm8 JL* JH L’histoire de TV et de Samu, de leur amitié, de leur lutte quotidienne contre la corrosion de la rue, de leur combat sans fin contre le désespoir et la mort.4 LANCTÔT ÉDITEUR L histoire de Marie Les conseillers du livre Croulant sous une montagne de nouveautés, rentrée littéraire oblige, les amants du livre ne savent où donner de la pupille.A défaut de pouvoir tous se les procurer, pour lequel craquer?Pour guider l’âme désemparée, les libraires revêtent la peau de conseillers précieux, dispersant les coups de cœur avec la ferveur d’un passionné critique.MARIE-ANDRÉE C H O U I N A R I) LE DEVOIR Envie subite d’un bon polar, désir de trouver une perle du côté de la littérature jeunesse, souhait formulé pour le dernier des romans savoureux: vous ne savez pas où trouver le bon titre, monsieur, madame?Qu’à cela ne tienne, votre libraire vous le dira! «Pour moi,livrer mes impressions aux clients est une façon de faire qui va de soi, je i/e conçois pas autre chose», explique Elisabeth Marchaudon, propriétaire de la librairie Hermès, passionnée du livre qu’elle consomme à coups de trois ou quatre par semaine.Chez elle, la petite équipe de libraires fonctionne ainsi, à distribuer les coups de cœur verbalement, au bon vouloir du client curieux.Le Nouvel Observateur faisait de cette réalité l’objet d’un article tout entier la semaine dernière.«Ils ne craignent pas d’afficher leurs coups de cœur et de gueule», lançait-on, parlant des libraires, ces dévoreurs de pages qui dévoilent à des lecteurs avides de bons coups littéraires leurs passions de la semaine.Perdus dans une montagne de livres, poursuit le prestigieux magazine français, les lecteurs recherchent la petite note de lecture, brève, concise, l’éclair de génie qui guide la main consommatrice.«Un de mes cinq livres» inscrit en bandoulière autour d’un bouquin.«Tellement beau qu'on pourrait le chanter», griffonné a la main près d’un volume.Et la caisse enregistreuse qui n’arrête plus.A la tête de la librairie Renaud-Bray, Pierre Renaud exploite depuis quelques mois la formule coups de cœur: à partir d’étiquettes «coups de cœur Renaud-Bray», on colore certains livres grandement aj> préciés par les libraires.«Il y en a tellement, les gens ne savent pas quoi choisir, explique M.Renaud.Il faut les aider, diminuer le plus possible les risques qu’ils n'aiment pas le livre acheté.» La recette a sans doute de quoi plaire aux lecteurs, mais a tout aussi pour ravir le libraire, dont les ventes doublent, ce dont personne ici ne se cache.«C’est la crédibilité de l’entreprise qui est en jeu ici, c’est sur ce genre de relation de confiance que nous bâtissons notre réputation, poursuit M.Renaud.Mais il est bien évident aussi que ça fonctionne et que les venfes augmentent considérablement.» Elisabeth Marchaudon préfère les discussions bien senties aux affiches très en vue dans la librairie pour livrer ses opinions littéraires, le format de sa librairie favorisant les échanges.«Il m'est déjà arrivé de retourner tout simplement le bandeau; qu’on avait mis autour d'un livre et, d’y écrire: “Un bijou.Elisabeth.” * ! Réaction immédiate: les gens s’envolent avec les livres, en redemandent.«Mais je fais ça en toute honnêteté, explique la libraire.Il m’est déjà arrivé aussi de taper sur les doigts d’un client qui s’apprêtait à prendre un livre et de lui en pointer un autre.» Les fidèles apprécient cette relation et reviennent, se permettant à l’occasion de disputer gentiment la libraire pour une petite pile de bon-.' quins recommandés et pas encore; terminés.quelques années plus, tard.Nouveaux critiques littéraires, les libraires?«Non, je ne crois pas, explique Mine Marchaudon.Ç'a toujours été comme cela, et c'est par passion qu'on le fait, mais aussi parce que c’est du marke-, ting, tout cela, il ne faut; pas se le cacher.» Chez Renaud-Bray, le! principe n’est pas d’étique- ; ter systématiquement de • «coups de cœur» tout ce! qui est savoureux dans les ; nouveautés et au sein des '¦ romans: «On étiquette des ; livres tombés dans l'oubli, mais qui valent la peine qu’on les dépoussière, et dans tous les genres, des livres de ; cuisine aux romans, aux livres jeunesse, explique M.Renaud.Les gens ne peuvent pas tous se permettre de tomber sur un mauvais livre ou ils risquent de ne plus en acheter.Il faut les orienter.» *•« Les libraires dispersent leurs coups de cœur avec la ferveur de passionnés critiques CLAUDE JASMIN LISE DEMERS (IAUOt JASMIN L'homme de Germaine Duvel de, haut en > et grands es, dans la ?VHomo ecensis, belle avec ?habité par nce, cet urier des Is espaces, é et fidèle à ses origines, a ses amours et à ses rêves.ANCTOT EDITEUR Une vie, deux vies, un jardin secret à préserver, et des questions lancinantes qui ne cessent de hanter des personnages en quête d’eux-mèmes: Que sommes-nous?D’où venons-nous?Où allons-nous?LANCTOT EDITEUR Ibasa! RENAUD-BRAY Livres & Musique Côte-des-Neiges Nouvelle «Irene 5252, eh.4e II CS(e-4ei-Nei)tt.gÂSô T«l.: (514) 342-1515 Fax : (514) 342-3796 35 ans de présence à Montréal.Adresse Internet: http://www.renaud-bray.com E-mall : vente@renaud-bray.com LES SAINTES MARIE DE LA MER laïc Mercure L’Hexagone, Montréal, 1997 207 pages Un an après la mort du Christ, une femme qui l’a bien connu émerge des flots et s’avance sur une plage de la Gaule, sereine et bien décidée à revoir son passé et celui des siens sous un nouvel angle.C’est Salomé — pas la responsable de la mort de Jean Baptiste, mais l’autre —, la mère des,apôtres Jacques le Majeur et Jean l’Evangéliste, et, les lecteurs de peu de foi l’apprendront peut-être, la grande sœur de Marie.Cédant rapidement à la requête des cinq autres personnages qui sortent des eaux avec elle (Marie de Magdala, Sara la Numide, Marthe et Marie de Béthanie et leur frère, Lazare), Salomé entreprend de raconter la vie, depuis la naissance jusqu’à la mort, de cette Marie qu’elle a chérie et enviée tout à la fois.Du coup, elle livre son point de vue, original à tout le moins, sur toute l’affaire Jésus.Deuxième volet d’un diptyque initié en 1990 avec Entre l’alepli et l’oméga, un roman dont la figure centrale était l’apôtre Jean, ce nouveau titre de Luc Mercure, Les Saintes Marie de la mer, est mené avec une connaissance que Ton pressent aiguë de l’histoire sainte, mais également avec un humour et une étonnante foi en l’être humain.• Les adorateurs de la Bible en béton grinceront des dents, sans doute, mais les autres lecteurs, et particulièrement ceux qu’on aura gavés jusqu’à plus soif de références bibliques sur les bancs du collège classique, se réjouiront à chaque instant de cette réécriture de l’histoire sainte.Des origines de la Sainte Famille Imaginez que la fameuse opération du Saint-Esprit soit en fait le résultat des vigoureux services d’un certain Alphée, frère de Joseph, comme lui un charpentier de Jérusalem: bellâtre aux cheveux d’ange auquel succombe Marie, comme lpi a succombé avant elle Elisabeth (la mère, prétendument stérile, de Jean Baptiste: le zigouillé, cette fois), voire comme lui aurait succombé la bonne sainte Anne elle-même, mère de Marie! Imaginez que le massacre des saints Innocents ne soit pas l’œuvre d’Hérode mais celui des grands prêtres, affolés devant la multiplication des gros- sesses illégitimes et la probabilité de naissances impures! Imaginez qu’aux noces de Cana Jésus ait péremptoirement exigé des serviteurs que l’on vide les auges de leur eau et qu’on les emplisse plutôt de vin: pas trop sorcier comme premier miracle! Blagues à part, le roman de monsieur Mercure, qui est en outre professeur de littérature dans un collège, n’est pas qu’une reconstruction heureuse pour qui a ses petits ou gros comptes à régler avec l’enseignement et les enseignants religieux.Les Saintes Marie de la mer est aussi, peut-être devrait-on dire surtout, un texte inspirant, coulant de bon sens, vénérant une trinité aussi fragile à maintenir qu’elle est essentielle: du respect des libertés individuelles, de l’amour et de la puissance de l’imagination.En racontant sa vie, Salomé donne à Marie une place que les Saintes Écritures lui refuseront d’un siècle à l’autre (ça peut être moins vrai aujourd’hui, alors qu’un nombre grandissant de croyants cherche apparemment à remédier à ce manque).Voilà Marie en Pénélope des temps modernes: une Marie tisse-rande, littéralement, mais qui ne songe pas un instant à défaire la nuit venue l’ouvrage quelle a fait durant le jour.Une Marie bonne et volontaire, qui refuse de soumettre son tissage aux contraintes de la pureté prescrites par les enseignements saints, et qui crée contre vents et marées des voiles et vêtements où s’imbriquent les fibres de natures différentes, magnifiquement bigarrées.Car elle a tôt compris que les hommes ne grandissent pas à emprunter sempiternellement une voie unique: «en nourrissant son art de sources diverses [.], elle obtient les résultats les plus profonds, et cherche à les fondre dans une harmonie qui devient de plus en plus parfaite au fur et à mesure qu’y sont intégrés des enseignements apparemment disparates».La porteuse du message d’amour Véritable porteuse du message d’amour, ambassadrice de la collusion des peuples, Marie tentera bien sûr d’insuffler aux siens ses honorables croyances.Discrètement, en prêchant par son exemple et en comptant vraisemblablement sur le sens du spectacle et la popularité de son fils — qu’elle encourage d’ailleurs à tenir des discours plutôt Luc Mercure Les Saintes Marie de la mer Roman colorés —, pour répandre ses bonnes paroles.Pas sûr qu’il a tout à fait saisi l’idée, le petit, alors que, résistant d’abord au désir de sa mère qui l’encourage à quitter le nid familial, il s’aventurera à travers la Galilée et la Judée, où il multipliera les miracles.«Le corps, le corps toujours; est-ce donc là tout ce qu’il a compris?», soupirera sa génitrice.Contre toute attente, c’est Salomé, la sœur jalouse et avaricieuse, qui se fera le meilleur porte-parole de Marie.C’est elle qui, après avoir vu se dilapider toutes ses richesses, comprendra l’importance d’aimer, avant toute chose, et dans le respect de la liberté, de son prochain, ainsi qu’elle en témoigne ultimement à ses auditeurs débarqués avec elle sur la plage, sur cette autre rive d’où elle les invite désormais à repenser leurs vies.Alors que les compagnes de Salomé écoutent son récit, avec un amusement étonné mais respectueux chaque fois qu’il diverge de l’idée que chacune se fait individuellement de l’histoire, Lazare passe d’un sentiment à l’autre.D’abord furieux devant ces femmes qui dansent et chantent en écoutant des paroles qui sonnent à ses oreilles comme des sacrilèges, il est bientôt tenté de fuir, puis, après s’être enfermé dans un mutisme catatonique, il semble saisir le message.Quand elle s’apprête à narrer la mort de Marie, Salomé encourage tous ses compagnons à l’accompagner dans son récit, à tenter d’accorder leurs visions de ce que pourrait être la suite de l’histoire: un récit ouvert à l’étrange, un futur mythe qui pourrait manquer d’uniformité.C’est là que le projet de Salomé, et parallèlement celui de monsieur Mercure, est le plus illuminant, qui montre fort habilement, l’humour en plus et sans prêchi-prêcha, que chacun a droit à ses visions et le devoir de respecter celles des autres.Ainsi soit-il.Julie Sergen! ?Ceux qu’on aura gavés de références bibliques sur les bancs du collège classique se réjouiront de cette réécriture de l’histoire sainte ^688 I) K V (I I I! I M A N ( T !¦: M I! li LIVRES LA CHRONIQUE Pour écrire, il faut goûter ¦ ¦ ai menti, septembre a * menti, jamais l’été ne s’en ira! Fallait-il être stupidement inespérant, obtus et né !>our un petit soleil, pour clamer ’achèvement de la belle saison, avant son dernier brûlement! Les grillons flûtent, je m’arrache la chemise de sur la peau, comme la couleuvre déchire sa vieille couenne, et je saute à l’eau.Juillet est éternel, pauvre songe-creux! Chante-t-on le «dies irae», quand le mort souffle encore?Nous vivons nos journées dans la hâte et l’épouvante, ne sommes jamais accordés à l’univers inachevé, qui ressuscite aussitôt qu’il a fait mine de perdre vie.Nous sommes devant, derrière, à çôté, par-delà, rarement sommes-nous là où nous nous trouvons, mais vivons dans un songe de dernière minute, éveillés endormis, •malheureux, cÂmme disait Dostoïevski, parce que nous ne savons pas que nous sommes heureux».Nous portons nos maisons sur notre dos, colimaçons très lents, sur la très longue tige du temps, avec sa fleur perdue dans les nuages.Nos maisons, nos enfants, nos écoles, nos gros livres, nos outils, nos espoirs, nos désenchantements, nos réserves d’eau et de poison: nous avons tout ça sur le dos, et cheminons, en dévisageant le bout de nos bottines, «tranquillement pas vite».Mon père dirait, à m’entendre psalmodier comme ça, m’exclamer, prêcher dans le champ, aux criquets et aux herbes: «C’est bien beau tout ça, mais les chaises du jardin sont tou-jpurs pas rentrées, pis la chaloupe est encore à l’eau!» Autrement dit: attèle-toi, l’exalté, il va te neiger sur le toupet avant la fin de la rhapsodie! Qu'à cela ne tienne, ce jour d’été de plus ne me passera pas sous le nez sans que je le respire, comme disait mon oncle CJbald, «à m’en débroncher les bronches».La journée sans livre Je ne lis pas, ne lirai peut-être plus jamais: c’est une occupation d’enfer-rhé, d’emmuré vivant, de détenu qui fait «du temps».11 y a de ces journées parfaitement heureuses d’être sans livres, sans mots, sans nécessité de changer de vie, de changer la vie.L’adhésion est totale, une osmose, le parfait amour: on crie avec le geai, glisse avec la couleuvre, vente comme le ciel, renifle comme le chien, ébouriffé comme la quenouille et suant comme le saule.On lira, on écrira, demain, peut-être, ou dans dix jours, quand il faudra retrouver cet aujourd’hui qui vous donne tout, sans vous demander de mot de passe.On le cherchera, ne le trouvera pas, on l'inventera, le refera, avec ses propres mots, ou avec ceux des autres.Il faut avoir à écrire, avoir à lire, et c’est bien plus que de l’encre et du papier.11 faut que notre corps s’aventure, thésaurise, fasse le plein vive.Il faut s’incarner, s’imprégner, sentir et voir, mettre la main sur les choses vivantes, frôler des peaux, s’émouvoir, prendre et se donner.Autrement, le livre écrit, le livre lu, seront de pauvres narrations sèches et bonnes à brûler.L’écri-* vain ne travaille jamais dans une tour d’ivoire: c’est une image folle, totalement sans dessein et extraordinairement «immiséricordieuse» pour le vivant attentif qu’il est.L’écrivain s’arrache à sa plénitude, ou à son épuisement d’avoir trop pris, trop donné, comme on voudra, mais il ne surgit pas du vide omniscient, voyons donc! L’écrivain travaille à loisir (!) avec son corps, ses sens, il est dans sa vie comme l'araignée dans sa toile, pas comme l’algé-briste avec ses formules.Un (gentil?) animateur d’une (gentille?) émission culturelle, récemment, me demandait de faire la démonstration, à point nommé, pour les (gentils?) téléspectateurs, de cette (incompréhensible?) communication avec la nature, dont mes livres témoignent «à pleines pages».Pauvre tar-lais, si tu sors pas de ton cadre, et essaies de me forcer à léviter devant toi, en prononçant quelque sorcière poésie destinée à te déboucher les «capteurs de réel», tu fais l’aveu de ton indigence incurable et d’un manque de compassion quasiment catholique envers ton monde, qui te pensait, j’en suis sûr, pas si fêlé que ça du chaudron.L’écrivain n’est pas un phénomène et la nature, le monde, un quelconque sujet pour une quelconque «course autour du monde»! YOLANDE ; IpiÉ ('WU- Yolande Ville-maire Céleste tristesse De Paris à Montréal, les' tremblements de l’identité.récit 14,95 $ Tout goûter Si, comme l’écrit si justement Jocelyne François, dans son beau roman Joue-nous Espana, «écrire une impression, c’est aussi dire ce qu’on éprouve à propos de la saveur d’une chose à laquelle on n 'avait jamais goûté jusque-là», elle laisse bien entendre qu’il faut goûter.L’écrivain doit goûter.À tout.A la peau, à l’âcre trace de sang, au jus des framboises, au souffle d'un orage, à la douceur ou au rauque d'une voix.Il doit effleurer du doigt le lisse d’une joue, le tranchant d’un poignard.Humer la peur, palper la tendresse, entendre comme ii faut le murmure, le soupir, saisir l’hésitation d’un geste, apercevoir la peur dans une main qui frappe.L’écrivain doit sentir, goûter, vivre! Et vivre aux aguets.L’écrivain n’invente pas, il voit et dit, vaille que vaille, ce qu’il voit.Ce à quoi il a goûté.L’écrivain aperçoit la vie qui change d'une façon «inimaginable».Jocelyne François écrit encore: «J’écris.Quelque chose d’essentiel s’établit que je ne songe pas à nommer mais qui me traverse: la puissance, l’alchimie de la répétition.Je vis la répétition dans mon corps, je l'éprouve par tous mes sens à la fois au cours de journées vertébrées.En même temps, cette rigueur, cette concentration sont si sensuelles qu’il m'est impossible, à moi telle que je suis faite, de ne pas écrire.C’est ma façon d’adhérer à cette répétition qui me fascine, de passer derrière.» Oui, la répétition sensuelle, goûter et regoûter et faire goûter, la vie, les choses «multiples, étonnantes, indispensables, qui sont comme une route où nous devons marcher si nous ne voulons pas devenir une tête sans corps».Pourquoi une main, en apparence immobile, détient-elle autant de vie?Comment un baiser est-il fruité, quel fruit, précis, unique, niché sous la langue, perd-il son jus, dans la bouche aimée?«On est seul à vivre ses propres détails», écrit la romancière.Le seul à les vivre, à les goûter, le seul à pouvoir les écrire, comme on les écrit.Ainsi l’eau, d’où je sors — entre deux phases, je suis allé au lac —, est-elle d’argent mat, a-t-elle un goût de fougère, glisse-t-elle sur la peau, aujourd’hui, plus comme l’eau d’un ruisseau que celle d’un lac.II faut goûter, pour écrire.Et puis, vous voyez, j’ai écrit et j’ai lu, alors que je voulais vivre.Mais aussi, où j’ai vécu: je vis et j’écris en même temps.Je vis comme ça.C’est ça ma vie.«L’écrivain marche sur la terre avec une mémoire imaginante.» Et il y a les chaises à rentrer, l’herbe à couper, les mangeoires à remplir.Et l'été, encore, à goûter.JOUE-NOUS ESPANA Jocelyne François Mercure de France, 1980 U E T T R E S Q U É B É C O I S E S Un peu du Québec, le cœur battant Un roman savoureux d'un fameux conteur LES GROS MOULINS Paul Dumont Balzac/Le Griot, Montréal, 1997,239 pages ROBERT CHARTRAND Le roman de Paul Dumont démarre simplement, efficacement, sur un incident dramatique.Trois-Rivières, lin des années 50: dans une de ces grandes usines de papeterie qui font vivre et un peu mourir la ville, un ouvrier se fait broyer la main dans une machine.Maladresse?Malchance?L’homme vouküt aider son jeune compagnon inexpérimenté, un étudiant qui ne travaillait au moulin que depuis trois semaines.Tout le monde le sait: le travail est dangereux et les accidents, fréquents.C’est ainsi.Il n’y a pas de quoi faire une tragédie avec un drame familier.Roman et chronique socio-historique, Les Gros Moulins raconte quelques mois dans la vie d’une ville et de ses habitants.On nous décrit, avec juste ce qu’il faut de détails pour qu’on croie y être, ces usines dont les cheminées déversent sur la région une soupe chimique nauséabonde.Il y a aussi la ville et ses lieux de rencontres: tavernes, restaurants et tripots clandestins, mais aussi la petite île Saint-Quentin, «véritable paradis estival pour ces citadins habitués à la laideur industrielle».Mais il y a surtout les gens.Ix-s ouvriers et leurs familles, à la fois fiers de leur prospérité et conscients de leur soumission au grand capital étranger; les patrons anglais, arrogants et habiles; les étudiants, avec leurs amours et leurs ambitions.Parmi ceux-ci, le personnage principal, Lawrence Saint-Laurent, ainsi prénommé par son père, contremaître machiniste à la Wayagamack, «à cause du fleuve qu’il voyait tous les jours et parce qu’un prénom anglais, on ne sait jamais, ça pourrait porter chance à son fils dans la vie».Lawrence n’est pas fixé sur son avenir.Il étudie au séminaire Saint-Joseph.Cet été-là, il travaille dans un moulin, et il fréquente une jeune Anglaise, Mary Ann, la fille d’un patron.Elle semble l’aimer plutôt bien, mais il y aura entre eux un drame, et Mary Ann se détournera de lui, sans explication.Les jeunes gens du récit sont naïfs parfois mais également délurés, modernes déjà.Ils ont, trop tôt, des soucis d’adultes, avec lesquels ils se débattent secrètement, à la manière de leurs parents.Ce roman est plein de notations brèves sur les lieux et les personnages, de petites trouvailles qui sont de véritables étincelles narratives Un portrait vif Ce qui ressort de ce récit d’une époque, c’est le portrait vif des mentalités, des états d’esprit, des rêves, et des ambitions de ces personnages de tous âges.La ville est petite, certes, mais on y est plus ouvert sur l’extérieur que ne le laissent entendre les clichés sur la fin de 1ère duplessiste.Le Chef, précisément, mourra cet été-là; on n’en sera pas autrement ému, dans ce Trois-Rivières qui était pourtant son fief.En cette fin des années 50, les jeunes aiment, bien sûr, la musique et le cinéma américains, mais certains, comme Uiwrence, préfèrent les films français tirés des romans de Le Breton ou de Simonin, avec Roger Hanin ou Lino Ventura; Ixtwrence s’y «déplaçait avec ses héros dans un Paris noir et gris, Paris canaille, pauvre et triste, Paris interdit comme chez Fran-cis Carco».On boit de la bière, et on discute de justice sociale, de libération des peuples.Et que de personnages savoureux, dans ce roman! Ti-Noir, un survivant des moulins recyclé en patron de taverne commente ainsi sa nouvelle vocation: «Quand tu portes une chemise blanche, un nœud papillon pis que t’as les mains propres, peux-tu appeler ça travailler, toé?»; La Patte, lui, est un cow-boy boiteux, vendeur de camelote érotique; il y a aussi Gus Couture, le costaud qui a une grande gueule; et surtout Méo, l’oncle bien-aimé de Ui-wrence, expert en trafics divers, voyou et forte tête, qui a appelé son chien God, «c'est-à-dire dog à l'envers, afin de provoquer à la fois les Anglais et le curé».Parmi les jeunes, il y a un certain Wolf, un petit malin qui joue les activistes politiques; grand discoureur, il suggère à Lawrence d’analyser selon la grille marxiste.les films d’Eddie Constantine! Selon lui, sans rire, «ça peut se discuter dans les termes de l’aliénation de la France d’après-guerre».Mais quand Wolf fera l’éloge de Staline devant un ouvrier Hongrois et un Tchécoslovaque, puis fera passer pour siens des sonnets de Rainer Maria Rilke, ce sera sa perte.On le reconduira fermement et joyeusement à la gare d’autobus en lui chantant des cantiques de Noël.Comme le dit Louis, un des amis de Lawrence, à propos de ces «affaires révolutionnaires»: «C'est fait pour les pauvres, ça, ça pourra jamais marcher icit-te».Tout le récit coule ainsi, comme le fleuve et ses affluents tout autour.Certains épisodes, racontés crûment, sans misérabilisme — comme celui de l’avortement de la petite amie de Lawrence —, ont des accents naturalistes.C’est dur et bref, à la manière de Maupassant.D’autres — ah! ce week-end de la fête du Travail.— sont délicieusement truculents.Paul Dumont, dont on nous dit qu’il a fait mille métiers, est un fameux conteur.Son roman est plein de notations brèves sur les lieux et les personnages, de petites trouvailles qui sont de véritables étincelles narratives.Dumont, qui estTrifluvien d'origine, l’a dédié à son père, «qui a fait 50 ans fermes de moulin sans un mot plus haut que l’autre».En exergue, il cite quelques vers du regretté Gérald Godin; le poète et ministre qui est de Trois-Rivières, lui aussi, et que Dumont a sans doute connu, aurait aimé ce livre, avec raison.R A T I Q U E S LES MIGRAINES Valerie South, RN Traduit de l’anglais par Marie-Claire Saint-Jean, Guy Saint-Jean Editeur Laval, Québec, 1997,215 pages La migraine, ça se soulage, même si la moitié des personnes qui en sont victimes (17 % de la population canadienne âgée de plus de 15 ans) croient le contraire et ne recherchent aucun traitement.Le livre est bien fait: on y trouve d’abord un historique de cette affection commune qui peut gâcher la vie, puis une explication de ce qui se passe chez les migraineux ainsi que des pistes de solution et une liste des traitements disponibles, avec ou sans médicaments.L’ouvrage, rédigé en des termes accessibles par une personne qui souffre elle-même de migraines, est de nature à redonner espoir aux migraineux.Dr DALET, J’AI MAL, QUE FAIRE?Dr Roger Dalet, Les Editions de l’Homme, Montréal, 1997,187 pages VILI t-MAKIL iirrÉRATLKE • l’HEXAGONE ./// /)a,s\s(Oft c/c fa /itfera furc Mondialisation, cyberculture et chaos politique Directeur du Monde diplomatique et auteur de Géopolitique du chaos, éditions Galilée Ignacio Ramonet sera au Québec du 17 au 21 septembre.Venez le rencontrer au stand Gallimard du Salon du livre de Québec le samedi 20 septembre de 17h30à18h30 le dimanche 21 septembre de 14h()0 à 13H00 ( smtnJitirjui du rhum Dès le début de sa pratique médicale, l’auteur s’est intéressé aux médecines douces: il a réussi à concilier la médecine classique et les médecines alternatives, auxquelles il fait appel depuis.Le but de cet ouvrage, précise-t-il, est de donner accès à des renseignements fiables qui faciliteront (au lecteur) le dialogue avec le médecin et le pharmacien.Dans cet esprit, le «bon docteur» dresse un panorama des traitements offerts par les différentes médecines, passant en revue les maladies les plus courantes.VOTRE VIE OU VOTRE ARGENT?Joe Dominguez et Vicki Robin Traduit de l’américain par Marie-Françoise Lalande et So- nia Borotra Iæs Éditions logiques Montréal, 1997 462 pages Qu’est-ce qui domine votre vie?Vous ou l’argent?L’argent, admettez-vous comme tant d’autres.Voilà alors le livre que vous devez lire si vous avez envie de reprendre votre vie en main, affirment les auteurs qui ont fondé The New Road Map Foundation, un organisme sans but lucratif qui s’est donné comme mission de promouvoir l’économie des ressources et le développement durable de la planète.Au nombre des conseils donnés: oublier l’endettement et développer des habitudes d’épargne; redéfinir ses priorités et vivre heureux en consommant moins; résoudre le conflit entre le niveau de vie que l’on souhaite avoir et ses véritables valeurs.Du déjà connu, mais qu’il peut être bon de se rappeler.Renée Rowan DTN Dr KACIM NOEL P E R U S S E GRAINE DE TRAÎTRE Mémoires d’un déraciné • Tome I Duns Graine de traître, le premier tome des Mémoires d’un déraciné, Nucl Pérusse rappelle ù su façon les années 102, ù 105 7, eel le période riche et mouvementée qui est le theatre de lu Grande Crise, de lu Seconde Guerre mondiale, du début des « Trente Glorieuses» et qui prépare, chez nous, ce qu’il est convenu d'appeler la Révolution tranquille.Il Jail revivre des milieux disparus, comme celui des colleges classiques où il côtoie île futurs notables, dont Claude Ryan.H rend toute la saveur du monde universitaire du temps qu’il marque de son passage au Quartier I .a tin avec, entre antres, Camille Laurin.Il évoque desmédias, tel Le Devoir d on Gerard hilton Iexclut pour raiso/i d’agnosticisme, religieux et national, et Radio-Canada d'où il sera bientôt proscrit.Il relate les difficultés qu'il a connues pour avoir été classé «security risk » parla ( ieudarmerie royale du Canada.Bref, outre qu il évoque une galerie de personnalités comprenant aussi bien André Laurendeau que (.Linde Jnti ti, David l.ctcis ou Rene l .evesque, Noël Rerusse dépeint une période dont il a des raisons personnelles de témoigner, comme il le dit lui-meme.« Agnostique précoce et déclaré, divorcé au milieu des années (il), défroqué de l’église syndicale en 70, désintéressé, voire imprudent, dans mes relations, exclu de ce fait de toute coterie, marginal d une société foncièrement cléricale (catholico-nationaliste), voilà une expérience,parfois pénible mais souvent exaltante, qui pourrait, me semble-t-il, être utile it u ne jeunesse déboussolée qui régurgite sa liberté.A lais alors, pas question de reglements de compte avec ses contemporains '{Je ne promets rien.» Collection « Mémoires et Souvenirs » -ïÆk i \Phofos • Index • 124pages/27,95 $ TjfV Varia * ° I) 5 L I T T É R A T U R E FRANÇAISE Une tristesse ouatée Un zoom sur la déperdition de soi FORME D’AMOUR N° 3 OU 4 Christophe Donner Grasset, Paris, 1997,281 pages GUYLAINE MASSOUTRE Il y a des textes écrits à la première personne dont on comprend tout de suite que ce ne sont pas des romans, mais des journaux intimes.Dans ce quinzième ouvrage d'un auteur qui a par ailleurs écrit autant pour les enfants, Donner se nomme et se campe en pied devant l’objectif.Cinéaste, il retourne la caméra sur lui-même.Chasseur d’images prises sur le vif, il zoome inlassablement sur une certaine déperdition de soi.Entre l’œil et la main, son carnet fait office de pellicule sensible où s’imprime une âme altérée, sur fond de dégoût quotidien.Le récit met en lumière une de ces nouvelles maladies de l’âme dont parle Kristeva dans un de ses livres.Mais pas d’ambiance feutrée de divan ni d’introspection profonde: «Je suis naif et extra-lucide sur ma naïveté».L’égotisme se déploie dans l’indolence, avec aisance et facilité.Mais la désinvolture qui consiste à se trouver génial ne résiste ni aux frictions du quotidien ni aux affres de la jalousie: «vous n'avez qu’une envie c'est de le jeter par la fenêtre, le fracasser contre le mur, ce mot homosexualité».Pourtant, le désir l’emporte sur la colère.Il suscite alors le mystère qui précède toutes les découvertes.Dans le sillage des émotions, surgissent les mots d’un récit qui embellit les personnes et les propulse au rang de personnages.On aperçoit alors un corps qui se dénude, puis des silhouettes d’amants, enfin le visage d’Emilio, l’amour qui nourrit le livre.Mais comme Emilio fuit son amant et se dérobe à la quête de l’écrivain, l’objet du livre glisse ailleurs.Des images mobiles, révélées par l’édition, circulent bien entre l’épreuve et le cliché.Sous le filtre des mots s’exposent les difficultés d’une passion qui lutte pour durer.On la suit en Russie, où Donner tourne un film, à Paris, où il prend des poses de son milieu, au Nicaragua, où il cherche à mieux connaître son ami.Mais le plus souvent, la passion se love sur elle-même et sur ses mots: «Et mon écriture suit comme une intendance mal équipée le parcours de mon petit héros».Seul le journal intime franchit la distance entre les êtres et lève le voile sur les pensées liées à la séparation.L’écriture y trace les mouvements de repli qu’un désir inassouvi engendre.Le miroir de Donner Lorsque Oscar Wilde peignait Dorian Gray, le puritanisme donnait aux Forme d’amour n°3 ou 4 LIVRE P R A T I Q U E LES REGLES Ellen Fein, Sherrie Schneider Traduit par Arlette Stroumza, Éditions Albin Michel, Paris, 1997,222 p.Cet ouvrage, déjà vendu à plus d’un million et demi d’exemplaires aux États-Unis, livre tous les secrets nécessaires pour capturer l’homme idéal.En 35 règles infaillibles, il apprend aux intéressées comment attraper un mari et vivre un mariage heureux! Les besoins sont grands puisqu’aux États-Unis, actuellement, l’indice des divorces est de 55 % et, au Canada, de près de 47 %.«Si vous trouvez les règles ridicules, ne vous inquiétez pas: nous aussi, au début», écrivent les auteures.Et de surcroît, elles affirment que ces règles marchent même si elles peuvent sembler désuètes, démodées.Le tout est assorti d’une douzaine de «suggestions importantes» et de sept préceptes qui contribuent à la sérénité conjugale.Renée Rowan ¦ ELLEN FEIN ¦ SHERRIE SCHNEIDER LES REGLES (THE RULES).SECRETS POUR CAPTURER 1 HOMME I0EAI LIVRES*» images de Narcisse un goût de mort.Dans le miroir de Donner, les masques qui s’y reflètent échappent à l’immobilité qui suspend la vie.On y sourit et on y grimace avec vulgarité.La tentation esthétique reflue alors: «Un jour, je ferai mes plans tout de suite et une fois pour toutes, comme mes phrases, avec cette résistance contre toutes formes de progrès, d’amélioration de la syntaxe».Mais cette échappée volontariste, plus excitée qu’émouvante, disparaît comme une rage de dents: «je suis incapable de maintenir cet acier autoritaire très longtemps, ça se met à fondre très vite sous l’action de la vie».La sensibilité artistique s’aiguise en contrepartie au raffinement des émotions.Sur l’écran spéculaire où s’expriment les variations et les ambivalences d’une Forme d’amour n° 3 ou 4, qu’on pourrait croire abstraite et froide, clinique et désincarnée, que devient le besoin d’aimer et, au delà, l’amour pour l’autre?Cette dérision, qui perce dans le titre, est un cri.Celui qui grince proteste de n’être pas le premier, l’unique, mais il accepte la réalité du passage et du partage en renonçant à l’absolu: «c’était mon amour qui refusait de mourir d'amour».Dans ce n° 3 ou 4, il y a un code secret, «l'équilibre précis sur lequel se tient mon envie d'être aimé».C’est un point sur la carte du Tendre, où l’amour passe et se maintient.Dans cette nouvelle géographie de lame, les querelles et les réconciliations sont un parcours obligé.On comprend que les pays visités ne donnent pas lieu à des descriptions pittoresques ni précises.Les longs récits envoûtants d’Emilio ne seront pas plus concrets.«Je parle pour ne pas crier».L’homosexualité a son cortège de martyrs littéraires.Mais Donner ne réussit pas à s’immoler tout à fait.LE FEUILLETON Un monde démembré LOIN DES FORETS Michel Braudeau N RF, Gallimard, 1997,336 pages Avant même d’ouvrir ce livre, il y avait ce titre, suggestif, évocateur, Loin des forêts.Qu’en penser, qu’imaginer dans ou autour de ces forêts?S’agissait-il d’ailleurs d’y entrer ou d’en sortir, aurions-nous affaire à un roman écologique ou à une catastrophe nucléaire ou naturelle qui aurait éradiqué toute forêt de la surface de la terre?Evidemment, je n’en savais rien - quoique les catastrophes nucléaires à la nrf.En fait, me faisant rêver, le titre me suffisait.Puis, dès les premières pages, je me suis retrouvé dans ces forêts qu’on trouve autour de Paris, celles de Fontainebleau, de Compïègne, de Rambouillet, en compagnie d’un peintre, Louis, qui embrasse les arbres comme «s’il étreignait le corps de son père, s'enfouissait dans sa mère à nouveau, lové pour dormir entre les racines puissantes des grands chênes, sur un matelas de feuilles, entre mère-nature et père-cosmos», se collant aux troncs comme un amoureux, «un macaque mystique».J’y apprenais aussi très vite qu’il agissait de la sorte poussé par un acte de «foi panique» en la forêt - ce que la description du personnage et ses agissements, le rythme aussi de l’écriture, avaient déjà commencé à me faire deviner.Nous ne serions donc pas dans un roman champêtre où la nature viendrait panser les blessures faites à l’homme par la civilisation, car c’est bien «dans sa nature à la nature d'être perdue pour nous».Tant mieux! La suite, pourtant, allait tromper mes attentes (on en a toujours) et, surtout, me laisser perplexe.Ai-je un esprit trop logique, trop rationnel pour pouvoir admettre la ligne brisée, l'errance épileptique, les digressions à n’en plus finir, les mondes multiples ou parallèles?Ou bien le romancier a-t-il failli à la tâche de donner forme et cohérence à son récit, celui-ci dût-il s’attaquer à un monde en ruine, morcelé, disloqué de l’intérieur, et donc forcément plein de trous?Toujours le même problème qu’on rencontre si souvent, aujourd’hui, dans les diverses sphères de la culture et des objets de consommation qu’on nous propose: s’agit-il de mimer le monde — ce monde fragmenté, dispersé, confus, plein de béances et d’inintelligibilité qui est le nôtre — en lui empruntant son moule et sa manière?Ou devons-nous faire l’effort d’en tirer une sorte de ligne qui, sans sacrifier à la complexité qui est devenue partie intégrante de ce monde et des êtres qui le peuplent, en traduit les champs de force et les lois?J’inclinerais pour ma part vers la seconde proposition, sachant par ailleurs combien il est illusoire de prétendre à un quelconque entendement global des lois de l’univers, de l’humanité ou des sociétés en matière de science aussi bien que de roman.Alors, il reste au moins ceci, qui est moins ambitieux: un roman est un artéfact qui répond à certaines règles, à un certain équilibre (comme les lignes, couleurs, masses, volumes, etc., dans la toile du peintre), enfin à une «forme» qui est Je a il- Ri erre Oen is Un roman est un artefact qui répond à un projet généralement son projet.C’est là-dessus qu’il faut juger de sa réussite.Les zones obscures du moi Louis, donc, est un peintre dans la quarantaine.Il partage sa vie entre ses incursions sporadiques en forêt, l’atelier où s’élaborent ses grandioses projets (peindre des géants dans la forêt, relater des grandes scènes de guerre du XV' siècle), sa maîtresse Sibylle et sa femme Sarah, ses quatre enfants (tous des Louis) et les amis qu’il retrouve régulièrement au café.Sorte d’anthropologue de la vie moderne, il aime bien fouiner du côté de ses motifs les moins resplendissants, les plus inquiétants — clochards, gîtes de paumés, sectes, etc.— et suivre les zones de fracture sociale.C’est d’ailleurs lors d’une visite aux gîtes du Cœur-Français où travaille bénévolement Sibylle (psychanalyste de profession) qu’il rencontre le cousin de cette dernière, Bayard, et un clochard dont le visage l’inspire immédiatement pour un projet de peinture.Ces deux personnages vont prendre beaucoup d’importance dans le récit.Bayard appartient à une sorte de police secrète ou de cellule d'étude attachée au gouvernement, qui travaille à infiltrer toutes sortes de groupes pour mieux comprendre «les fissures, les craquelures de la société, les mini-séismes, avant que ça pète».Quant au clochard, Judas, il semble incarner une force réelle puisque c’est sous son instigation que sa communauté va venger le meurtre de l’un des leurs, brûlé vif sur la place Franz-Liszt.Monde occulte contre monde occulte.Qu’on appartienne aux sphères du haut ou à celles du bas, la société décrite dans ce récit n’a rien de transparent.Elle est surtout toujours sur le point de craquer, d’exploser.Tout ce qui s’y passe relève de l’affolement, de la panique ou de la peur, souvent aussi de la conspiration.Il est vrai que Louis a le profil d'un paranoïaque, ce qu’il cherche sans cesse à temporiser en rationalisant ses craintes.Mais la |X‘ur le reprend toujours, «pas quelque chose de moi, mais de tout le monde, nous tous, qui naît en sourdine, dans l'ombre, les égouts, un monstre en gestation, qui prend son temps, mais se forme, membre à membre [.] et un jour on va se réveiller et elle sera là [la bête] parmi nous, dans la ville, à tous les postes clés, dans nos lits [.] et on pourra plus dire que c'est une horrible chose venue de la droite ou de la gauche, des grands trusts capitalistes allemands, des officines nauséabondes du Vatican ou des bolcheviks pourris».Le tournant du millénaire On l’aura compris, Braudeau explore la subjectivité moderne, celle du tournant du millénaire qui ne croit plus aux causes extérieures mais se creuse elle-même, sans modèle, sans balises, hantée par sa chute prochaine, toujours au bord de l’évanescence, de la disparition ou, pire, du «démembrement».Car c’est cela qui inquiète le plus Louis, que son moi se dilate soudainement et explose, comme le frigo dans le film d’Antonioni, Zabriskie Point.Et le roman lui-même illustre cette dispersion des objets dans le temps et l’espace; car, n’est-ce pas, «les artistes apportent toujours de l'obscurité au monde» là où les scientifiques croient apporter de la clarté.Tout y passe, dans un ordre pas toujours heureux: les sectes chris-tiques (ou sataniques), le gouvernement des clochards, les conspirations étatiques, le jeu virtuel, la fluidité de l’argent, l’éruption du Vésuve, la mort du duc de Bourgogne, les scènes érotiques torrides, les crimes crapuleux, les cyclones des Antilles, les annales de Tacite, la Vénus de Milo, la Cène et jusqu’à La lettre volée d’Edgar Poe.C’est beaucoup pour un seul roman! Il y a pourtant quelque chose d’atta-chîint dans cette démarche en zigzags qui cherche non pas à donner du sens à un monde qui en a de moins en moins, mais à repérer les zones de densité qui font sens pour les individus ou les communautés de plus en plus incertaines qui le composent.Roman difficile, donc, qui pêche parfois par surenchère de mots, de descriptions, de digressions, mais qui sait aussi réinscrire la sensualité, sourde, profonde, pour lui redonner un peu de poids et d’épaisseur.André »» «**»•.> Tn.h** £ >r&;ÆJB*£ '/'JSF&ï Wf' Jean-Christophe Rufin L’Abyssin Un roman d'aventures, d'amitié et d'amour Les Belles Rencontres de la librairie HERMÈS Au cours de cet automne de nos 21 ans : Danielle Dagenais Lise Gauvin Dany Laferrière Réal LaRochelle Élise Turcotte Pierre Yergeau J,.% a 22b ' 362 jours par 1 120, ave.laurier ouest outremont, montréal lél.! 274-3669 • téléc.: 274-3660 Prix Concourt du premier roman pour L'Abyssin éditions Gallimard Jean-Christophe Rufin sera au Quebec du 17 au 22 septembre.Venez le rencontrer au stand Gallimard du Salon du livre de Québec Une femme, un port, une passion.¦ 4 4: ¦ y- Zone portuaire roman 14,95 $ le samedi 20 septembre de 18h30 à J9h30 le dimanche 21 septembre de 15h00 à 16h00 vlb éditeur .fi, s'f'o/f i/c /a /fi ferai ttre Les Editions LOGIQUES Tout INTERNET en français w 480 pages Le Guide de l’internaute Danny J.Sohier 96 pages Mieux écrire dans Internet François Hubert 144 pages Le Guide de la santé Loraine Lagacé uu»uîss^9' 192 pages Les 500 meilleurs sites en français de la planète Bruno Guglielminetti 336 pages Comment trouver tout ce que vous voulez Louis-Gilles Lalonde et André Vuillet Distribution exclusive LOGiDISQUE 1225, rue de Condé Têt 933-2225 Fax : 933-2182 logique@cam.org http://www.logique.com I.E I) E V II I II, , I.E S S A M E I) I 2 11 E T I) I M A N (' Il E 2 I S E I* T E M 15 II E I !) !) I) 6 V LE LIVRE I) E P O C H E -LIVRES^- POÉSIE Le pouvoir des mots, les mots du pouvoir Inclassables De Dante à Ungaretti, en passant par le surréalisme >i te* MARCEL JEAN T a semaine dernière, dans la page JL/sportive de ce quotidien, le collègue Robert Saletti traitait de la .lèvre du pouvoir qui anime le milieu au football américain.Or, le pouvoir rnëst pas qu’une affaire sportive.Sa-etti le sait fort bien, lui qui a des ettres, même si je crois l’avoir déjà entendu déclarer que la guerre est un .jeu simulant le football, et non l'inverse.J’affirmerai donc qu’avant les instructeurs de football, des hommes politiques se sont épris du pouvoir.Je ,|sais, une telle thèse est audacieuse, mais j’irai même jusqu’à dire que certains, que nous nous garderons bien ¦de nommer, ont été jusqu’à fajredes Restes excessifs, parfois irréparables même, aux seules fins de solidifier les 'bases de leur pouvoir.5 MOI, FRANCO j Manuel Vasquez Montalban Traduction de l’espagnol par Bernard Cohen ; Seuil, Points, 1997,581 pages ^Montalban, le père du détective Pepe Carvalho, livre ici un portrait à la première personne du tristement célèbre dictateur.Carlos Serrano, qui signe la présentation de l’ouvrage, qualifie celui-ci «d'autobiographie réelle de l’Espagne présente».C’est beaucoup d’honneur, mais on est forcé d’admettre que ce volumineux récit publié en 1992 est à la hauteur de ses ambitions.Montalban est un grand écrivain et c’est avec ferveur qu’il nous plonge dans la grandiloquente médiocrité de l’usurpateur caudillo.LE POISSON DANS L’EAU Mario Vargas Uosa Traduction de l’espagnol par Albert Bensoussan Folio, 1997,725 pages Il est rare qu’un écrivain majeur se lance en politique.Ce fut pourtant le cas en 1990, lorsque Mario Vargas Llosa, romancier d’immense stature (on n’a qu’à lire La Ville et les Chiens pour s’en convaincre) brigua la présidence du Pérou.Le peuple, cependant, lui préféra le dénommé Fujimori, de sorte que Vargas Llosa revint siéger à la république des lettres.Le Poisson dans l’eau marque donc le retour de l’écrivain à sa source, cela à travers des souvenirs marqués par l’analyse de son incartade de trois années en politique.L’auteur de La Tante Julia et le scribouillard ne se laisse toutefois pas emprisonner par ses velléités de présidence et, puisqu'il doit plonger dans ses souvenirs, il a tôt fait de se retrouver dans les eaux plus profondes de l’enfance, alors qu’un père qu’il avait toujours cru mort apparaît soudainement dans son existence.MORNY Jean-Marie Rouart Folio, 1997,300 pages Sous-titré Un Voluptueux au pouvoir, voici un ouvrage qui cherche à percer le mystère de ce fils bâtard (il est né d’une relation adultère de la reine Hortense) qui a su inspirer tant d’écrivains (et pas les moindres: Balzac, Daudet, Zola et Hugo, pour n’en nommer que quatre).On se souviendra que Morny, demi-frère de Napoléon III, fut celui qui entraîna la France dans la désastreuse aventure mexicaine.Jean-Marie Rouart le décrit comme un séducteur enivré par l’odeur du pouvoir, un ambitieux pathétique marqué par sa bâtardise.DE MÉMOIRE Pierre Salinger Traduction de l’anglais par Reine Silbert Folio, 1997,540 pages C’est un euphémisme de dire que les mémoires de celui qui hit l’attaché de presse de John F.Kennedy ont reçu un accueil réservé.On a, en effet, beaucoup reproché à Salinger d’avoir agi pour sa propre publicité avec ce livre, plusieurs commentateurs mettant en cause la validité des souvenirs de l’auteur.C’est donc avec un certain recul qu’on abordera ces pages qui, pour être toujours intéressantes, ne seraient tenir lieu d’Histoire.LE PRINCIPE DE SOUVERAINETÉ Gérard Mairet Folio, 1997,316 pages Cet inédit signé Gérard Mairet porte le sous-titre Histoires et fondements du pouvoir moderne.L’auteu^ y décrit comment, de Machiavel à Éric Weil, en passant par Thomas Hobbes et John Locke, le principe de souveraineté s’est développé pour devenir le fondement de la politique moderne.Nous sommes ici sur le terrain de la philosophie politique, loin au-dessus de la mêlée des praticiens que furent Franco, Morny et Kennedy.MARCELLA MALTAIS -cât-jfjxtA conteur sema Un livre d'art.un hommage §1 à l'enfance, à la famille, et à une ville merveilleuse.92 pages dont 28 illustrées de dessins de l'artiste 28.95 en |jbrairie ¦ ÉDITIONS DU LAC C’est le 80e anniversaire Revue mensuelle, 38,00 $ par an • Sociale, économique et indépendantiste • Indépendante des partis politiques • Des faits, des idées et des solutions • 2000 pages par année • Plus de 200 collaborateurs 425, boul.de Maisonneuve Ouest, Bureau 1002 Montréal H3A 3G5 Téléphone: 514-845-8533 s Télécopie: 514-845-8529 SAISON DE FIÈVRE Ana Istaru Traduction de l’espagnol par Gérard de Cortanze La Différence/Éditions UNESCO, Collection «Le fleuve de l’écho», Paris, 1997,127 pages PARFAITS DOMMAGES Pierre Peuchmaurd L’Oie de Cravan, Montréal, 1996,63 pages CENTRE ET LUMIÈRE Karl Lubomirski Traduction de l’allemand par Jacques Legrand Arfuyen, Paris, 1997,79 pages DAVID CANTIN Certains livres nous laissent d’étranges repères.Comment ne pas être ébranlé à la lecture des poèmes d’Ana Istaru, de Pierre Peuchmaurd et de Karl Lubomirski?Trois mondes imprévisibles qui créent autant de passages inconnus, pour nous faire découvrir d’autres aspects de l’existence humaine.C'est autour de l’émerveillement spontané que ces recueils prennent forme; une intuition que le poème éclaire en nous.Originaire du Costa Rica, Ana Istaru est un nom important dans la littérature hispanique contemporaine.Saison de fièvre demeure, en Amérique centrale, un véritable best-seller qui a connu quatre éditions et a reçu le prix Certamen Latino ameri-cano EDUCA.Grâce aux efforts du traducteur Gérard de Cortanze de même que des Éditions de La Différence, on découvre pour la première fois en français cette œuvre magistrale qui date de 1982.Véritable descendante de la mystique amoureuse de Dante jusqu’à Novalis, Istaru révèle une sensibilité incomparable dans l'expression des joies féminines de l’érotisme.U>in de la morbidité autodestructrice de Bataille ou de Sade, les rapports aux plaisirs charnels donnent sur une joie immense de vivre à travers la révélation de l’être aimé.Comme dans la grande tradition de la littérature courtoise, cette voix s’ouvre au secret du désir pour permettre ainsi l’avènement d’une expérience spirituelle.Féminisant la grandeur de l’univers, Saison de fièvre illustre toute la liberté d’une femme (au début de la vingtaine) qui n’a pas honte de dire l’apprentissage d’une symbiose totale à travers le corps sexué: «Combien de grandes émotions/ n'ai-je pas brandies./ Combien de croisades ferventes./ 1m nudité des lèvres/ qui ont croisé ma route./ Le nom des hommes/ que je bois, fou de désir,/ précipices éphémères./ Combien de fatigue et la fatigue/ et la passion qui ne donne signe de vie./ Dérouté,/ adolescente,/ parmi tant de tendresse brûlant mon corps/ et tant de corps qui jamais ne brillèrent ma tendresse.» Grâce à sa présence charnelle, la poésie d’Ana Istaru nous apprend que la passion guide parfois l’inépuisable connaissance intérieure.Un héritier du surréalisme Poète français vivant à Brive, Pierre Peuchmaurd publie discrètement depuis une vingtaine d’années chez des éditeurs tels Le Dé bleu.Fata Morgana et Seghers.Héritier de la tradition surréaliste, cet écrivain bouleverse par son ardeur jubilante devant un réel qui se prête à l’onirisme.Grâce au flair indéniable cfv Benoît Chaput des Éditions L’Oie de Cravan, voici que Peuchmaurd tente de se faire connaître du public québécois avec Parfaits dommages.On découvre dans ce très beau recueil de 15 poèmes, un esprit fantaisiste capable d’émouvoir et de surprendre.S’inspirant d’un procédé anaphorique, une aventure des sens s’engage pour transmettre les contrastes émotionnels du guetteur immobile: «J'étais la fille de mon maître,/ je couchais avec moi sur de longs établis/ J’étais une anatomie cheminante,/ une dépense^ de santé au retour du printemps/ À la place du coeur/ une touffe de paille trempée de sang/ J’étais l’aube d'une migraine/ et le vol d’un vautour/ dans une cage thoracique/ J’étais ce qui arrive/ J’étais du temps perdu,/ des après-midi chauves/ un morceau d’horizon/ sur une ligne coupée/ J’étais une chose ou l’autre/ et souvent la dernière/ à quoi j’aurais pensé/ J’avais plus de mort que de mal».On se laisse agréablement surprendre par cette poésie lyrique, en accord L’exploration de passages inconnus fait découvrir d’autres aspects de l’existence humaine MUSIQUE L’amour de la voie d’une voix Le livre d'un coup de cœur pour Kathleen Ferrier LA VOIX DE KATHLEEN FERRIER Benoît Mailliet Le Penven Balland, Paris, 1997,108 pages FRANÇOIS TOUS1CNANT Qui n’aime pas Kathleen Ferrier?Que ce soit sa voix, dont de nombreux enregistrements nous laissent témoignage, ou son courage exemplaire, que ce soit sa personnalité attachante ou sa vie de météore, le personnage est une des légendes les plus attachantes et émouvantes des années 40.Même desservie par une technique d’enregistrement déficiente qui date parfois cruellement aujourd'hui, ses interprétations de Bach, Haendel, Schumann, Brahms et Mahler — sans oublier de Britten — restent des monuments de la musicologie discographique et de la qualité d’une interprète dotée d’un timbre unique et d’une sensibilité qui transcende l’univers de l’événementiel pour atteindre le réel royaume du sublime.Un jeune homme de vingt-deux ans, Benoît Maillet Le Penven, a eu plus qu’un coup de foudre ou de cœur pour cette artiste qui n’a pas vécu assez longtemps pour devenir Dame.Comme certains le font pour la Callas — et souvent très gauchement en raison des raisons extérieures à la musique qui motivent les «appréciations» de la Divina —, notre auteur en herbe se livre à une hagiographie de sa sainte cantatrice avec toute la verve et la fougue de son jeune âge.Mais n’est pas littéraire qui veut et parfois le ton est assez ampoulé ou précieusement ridicule.Ce n’est pas un défaut toutefois car il appelle toutes les beautés de sa langue pour tenter de décrire l’indescriptible, le raffinement et la classe de Ferrier, son incom- mensurable pouvoir d’attraction sur un vaste public qui, encore aujourd’hui, ne se dément pas.Pêle-mêle s’amalgament les commentaires esthétiques, les appréciations personnelles, les faits historiques, les jugements que seule la passion rend vrais et, avouons-le franchement tant sa sincérité est grande, les prises de position subjectives qui, à l’exemple de Baudelaire, confèrent une valeur objective au discours.Une information complète Autant la carrière de Kathleen Ferrier fut l’égale du passage d’une comète dans le firmament de l’interprétation musicale, autant cette belle plaquette fait figure d’étoile filante dans le ciel morne des écrits sur les interprètes.L’information ne manque pas, sans tomber dans le factuel ou le morbide, les références non plus; il y a une grande pudeur face à l’être aimé qui se dégage de ce petit ouvrage, la pudeur qui est le propre de l’amour vrai plus que de l’admiration déclarée.Vous y apprendrez plein d’anecdotes biographiques sur cette existence particulièrement exceptionnelle (qui ne prétend aucunement à l’exhaustivité doctorale), y trouverez une mise en perspective de l’activité de l’artiste, des réflexions sur sa grandeur et ses faiblesses, et aussi une liste discographique impressionnante.Cette dernière pêche par son hexagonalité cependant, et on aimerait bien que le catalogue présenté, critiqué (avec tendresse et passion) et succinctement élaboré prenne plus une dimension globale, pour mieux assouvir sa faim après une lecture si apéritive.Un essai donc qui sert très bien sa cause et qu’on dévore en une petite heure pour (re)découvrir des moments entiers de bonheur et de vérité.SALON DU LIVRE ANCIEN GRAND CHOIX DE LIVRES ANCIENS ET RARES, ILLUSTRÉS, PREMIÈRES ÉDITIONS, BELLES RELIURES, CARTES, ESTAMPES.1 fi 27 et 28 septembre 1997 Samedi : midi à 18h • Dimanche : 11 h à 17h UNIVERSITÉ CONCORDIA - BIBLIOTHÈQUE WEBSTER Pavillon McConnell - 1400, boul.de Maisonneuve O.LE DEVOIR ADMISSION: 4,00$ pour les deux journées Ctye Gatette avec la fraîcheur de sa spontanéité.Beaucoup moins expansive, récriture fragmentée de l’autrichien Karl Lubomirski s’engage aussi dans une observation déstabilisante du monde.Dans sa présentation de Cendre et lumière, le traducteur Jacques Legrand dépeint Lubomirski comme un grand maître du mystère poétique et spirituel.«Une faille.c’est peut-être le mot qui convient le mieux à la poésie de Lubomirski, et nulle part elle n’est aussi sensible que dans ces rapports avec Dieu: un Dieu omniprésent, mais traité par lui avec une désinvolture mélancolique qui ne manque pas de séduction.» Devant cette parole aux contours elliptiques, je repense à l’effet que suscite une première lecture des poèmes d’Emi-ly Dickinson, de Giuseppe Ungaretti ou encore de Paul Celan.Cette façon de tisser les mots dans l’ordre du silence, cette rencontre des éléments les plus lointains pour ainsi produire une nouvelle expérience du visible.Chez Lubomirski, cette quête de l’observation est signée de son errance continue sur les routes des différentes cultures.Il ne s’agit plus de cette vision romantique du Wanderer allemand, mais plutôt celle d’un être engagé dans le temps et l’espace concret: «Taureaux debout sur les hauteurs/ dans le soleil/ tels des pensées/la lourde mer sans écume retourne/ dans les amphores englouties/ L'ombre des pins tournoie autour/ du collier d’or des journées brèves/ Et je ne sais toujours pas».Ce regard minutieux ne vient-il pas justifier toute l’entreprise de ce poète en marge de la grande tradition allemande?CINÉMA LAROUSSE oraison DICTIONNAIRE DU cinéma A - K K An’iocÎ' PAS?! « LAROUSSE La boussole du voyageur DICTIONNAIRE DU CINÉMA Sous la direction de Jean-Loup Passek Larousse, Paris, 1997 2 tomes, 2392 pages ODILE TREMBLAY LE DEVOIR T e spectateur, ce voyageur immo- Labile, qu’il soit cinéphile ou télé-phile, a de nos jours, plus que jamais, besoin d’une boussole et d'un carnet de route», écrit Jean-Loup Passek dans sa préface à son imposant Dictionnaire du cinéma, qui vient d’être réédité.Il précise à quel point aujourd’hui le travail d’historien du cinéma doit se faire en équipe, à quel point aussi ces équipes sont par essence influencées «par l'air du temps, les climats politiques, sociaux, économiques, psychologiques, voire oniriques, et nullement insensibles aux modes esthétiques et aux codes de morale».Travail en perpétuelle mutation, art en mouvement, partial par nature; tel est ce dictionnaire qui vise le but ultime d’être la mémoire vivante du cinéma international, tout en se montrant conscient de ne pouvoir l'atteindre.Cinéastes, acteurs, scénaristes, techniciens: cette encyclopédie, une somme de 5400 articles, constitue un panorama sinon exhaustif, du moins extrêmement étendu du monde cinématographique.Les genres et les écoles, les termes techniques et les mouvements esthétiques possèdent leurs chroniques autant que les personnalités du monde de l’écran ou les palmarès des grands prix et des festivals.Des chroniques souvent développées creusent autant que faire se peut leur thème.Onze pages à la rubrique Etats-Unis avec repères historiques et analyse du phénomène Hollywood.Des.lacunes: rien, bizarrement, sous le nom de Mathieu Kassovitz, le jeune-cinéaste de La Haine, mais Johnny Depp est présent, tout comme Hugh Grant et Tony Gatlif, le réalisateur de-l’émouvante trilogie tzigane.En bref,', ce coffret est un outil par essence incomplet mais néanmoins très élaboré,! qui creuse un siècle de vues animées; en tâchant de rendre tribut à ses principaux artisans.< I.K I) K V 0 I H .I.!• S S A M K I) I 2 0 K T D I M A X (' Il K 2 1 S E I* T E M I?Il K I il!» 7 -LIVRES- ESSAIS QUÉBÉCOIS Redorer le blason de la philosophie À QUOI BON LA PHILOSOPHIE?Gilles Lane Bellarmin, Montréal, 1997 119 pages SANS BOUSSOLE ET SANS AVENIR Pour une redécouverte des valeurs par les jeunes Sylvie Rochon Leméac, coll.«Présent», Montréal 1997,81 pages Il y a pratiquement un an jour pour jour, dans le cadre de cette chronique, nous nous interrogions sur l’actualité (ou l’inactualité) de la philosophie au Québec.Il nous semblait que le Québec, orphelin d’une véritable tradition philosophique, restait relativement sourd aux philosophes (ou que les philosophes en nos murs étaient relativement muets).Exiguïté de l’espace éditorial et médiatique réservé à la pensée?Cité obnubilée par des questions politiques plus immédiates?Repli (forcé?stratégique?) de la gent philosophique?Un an plus tard, le suspense demeure, pourrait-on dire, tant il est vrai que dans le domaine philosophique, poser une question, ce n’est pas forcément y répondre.Que chercher une réponse ne règle jamais tout à fait la question.C’est d’ailleurs ce que les modernes, qui sont pressés, reprochent aux philosophes.Au delà de la philosophie Pour Gilles Line, professeur à l’Université de Montréal, la question de l’actualité — voire de l’utilité — de la philosophie se pose.Car si la «masse» a tort de méconnaître l'importance de la philosophie, les philosophes y seraient pour quelque chose dans le fait que leur occupation soit si mal jugée ou comprise.D’où le,titre un peu cavalier de son ouvrage, À quoi bon la philosophie?(il s’agit d’une édition modifiée et augmentée de l’ouvrage du même titre paru il y a 15 ans au Préambule).Bien que M.Iane soit un maître de la nuance rhétorique et des interrogations à tiroirs, son hypothèse ne manque pas de tranchant.Les philosophes n’auraient jamais vraiment réussi à fonder à la satisfaction dés‘profanes, et parfois de leurs collègues, les conditions objectives de la recherche philosophique.Pis encore, non seulement les descriptions qu’ils ont données de leur travail et les raisons qu’ils ont avancées pour en montrer l’impor-tance seraient inadéquates, mais elles cacheraient autre chose.Elles cacheraient un intérêt plus fondamental, plus personnel, que ce que suggèrent les qualités ou caractéristiques les plus fréquemment exigées de la recherche philosophique.Quelles sont ces qualités de la connaissance que les philosophes ont jugées primordiales au fiî des siècles?M.Lane en énumère six sans plus d’explication: la certitude (la connaissance authentique doit exclure tout doute autre que raisonnable), la clarté (elle exclut le vague et l’imprécis), l’universalité (elle est vérifiable par tous), l’immédiateté (elle est «de première main», elle se rapporte aussi à soi-même), la stabilité (elle n’est pas à la merci des circonstances) et l’apodicité (elle évite les rêves et les fantasmagories).Or, malgré la diversité bien réelle de ces caractéristiques de l’investigation philosophique, tous les philosophes ont en définitive un souci commun: faire tomber les illusions.la connaissance exempte d’illusions — sans les idéologies, opinions, préjugés, images et leurres de toutes sortes auxquels l’être humain est constamment confronté —, voilà ce qui a rallié et ral- Cîillos 1*1 ru UE BOÜQUINISTE PIERRE CHAPUS Livres .anciens et d’occasion Gravures Philo - Littérature - Histoire Arts Canadiana Les choix d'un libraire Achat i.r Vi.nti 2065, SAINT-DENIS lie tous les penseurs dignes de ce nom depuis Platon.Le problème, que M.Lane expose dans la partie médiane de son essai consacrée à Aristote et Wittgenstein — deux penseurs séparés par deux millénaires de recherche philosophique et qui servent ici de pièce à conviction —, c’est que ce souci est avant tout négatif.Les philosophes démontrent, démontent, mettent à nu, pour faire face à la réalité, à l’altérité, du «non-moi».Mais le type de «non-moi» dont il s’agit leur importe peu, prétend l'ambitieux auteur d’À quoi bon la philosophie?.Et c’est cela qui, de son point de vue, est insuffisant, sinon dommageable.Qu’y a-t-il après la critique de l’illusion, se demande-t-il (mais il a déjà une idée de la réponse), qui pourrait rendre davantage service à l’humanité et qui permettrait à la philosophie de sortir du RoberI S a I e 11 i Chercher une réponse ne règle jamais tout à fait la question cercle de négativité dans laquelle elle s’est progressivement enfermée?La réponse à cette «hé-naurme» question se trouve dans le raisonnement suivant, que nous caricaturons tout juste.Four le philosophe actuel, l’accès à un savoir authentique exempt d’illusions doit être vécu sous la forme d’une expérience profondément personnelle et pas simplement d’un acquis théorique, üi nouvelle posture philosophique, positive cette fois, trouve alors son sens dans l’attente d’une rencontre à la fois révélatrice de l’Autre et authentifiée par le fait que le philosophe y reconnaît ce qu’il espérait, désirait, sans même s’en rendre compte.Cette révélation du désir, cette révélation désirante, M.Lane suggère qu’on puisse «en fin de compte» l’appeler Dieu.Tout bonnement.S’ouvrir à Dieu (ou son équivalent), voilà la marche à suivre pour réaliser ce que deux mille ans de philosophie négativiste n’ont pu réaliser de façon satisfaisante: éclairer une humanité trop longtemps enténébrée.Il fallait y penser.Le lecteur aura compris qu’il n’y a pas que le titre de l’ouvrage qui est cavalier.Au delà du désarroi Dans une tout autre perspective, Sylvie Rochon ambitionne de redorer le blason de la philosophie auprès des jeunes qu’elle fréquente dans le collège où elle enseigne.Dans un petit bouquin qui leur est d’abord destiné, dans lequel elle s’adresse d’ailleurs directement à eux, elle cherche à comprendre et à contrer le profond désarroi qui est le leur et dont les racines se trouvent dans le «flou moral qui caractérise les sociétés avancées sur le plan technologique».Sans boussole et sans avenir veut donc combattre la lassitude qui gagne une société où le discours sur les valeurs est essentiellement négatif.Une société dominée par ceux qui prétendent que nous vivons désormais dans un monde sans va- leurs ou ceux qui en appellent à leur disparition.Mais il s’agit là, bien sûr, d’une illusion.Pour Sylvie Rochon, les valeurs sont parties intégrantes de l’être humain et garantes de la cohésion sociale.Sans valeurs, la communauté humaine n’a plus de sens.Aussi, son essai se charge-t-il de rappeler dans un premier temps «le sens des valeurs».La seconde partie du livre, beaucoup plus longue, interroge les «lieux dévaluation et d'intégration des valeurs» que sont la sexualité, la société de consommation, la télévision et le progrès scientifique.Sans boussole et sans avenir a,une portée pédagogique évidente.Écrit dans un style simple, sans aspérité et sans surprise, qui évite les complications, les références et les notes infra-paginales, il propose aux étudiants et aux jeunes, mais également à tous ceux qui les côtoient, une réflexion sur la place de chacun dans une société où la volonté des dirigeants politiques et économiques favorise le nivellement des différences.Sans boussole et sans avenir se veut un appel rationnel à la raison qui devrait guider (un peu plus) la vie des jeunes.C’est une leçon de vie en société.Une leçon bien préparée et bien circonscrite.Ét sérieuse.Peut-être trop, en fait, ixiur susciter un véritable plaisir de lire et, partant, une réelle adhésion.Il est vrai que c’est un vieux qui parle.rosalCqvideotron.ca Sylvie Rochon SANS BOUSSOLE ET SANS AVENIR Pour une redécouverte des valeurs par les jeunes T R AMI S - R I ,V I È R E S du 3 au 12 oct.97 121h®ffl: Dîner-poésie.Angéline Ristorante, ; 313, rue des Forges, (819) 372-0468 ACTIVITÉS tous les jours Eîîlkffl®: Souper-poésie.Bistro St-Germain, 401, me St-Roch, (819) 372- 0607 : ï2lk®©: Dîner-poesie.Resto-Bar Nord-Ouest, 171k®®: Apéro-poésie.Resto-Bar Nord-Ouest, ES*Ik®ffl: Souper-poésie.Angéline Ristorante, 1441, rue Notre-Dame, (819) 693-1151 1441, me Notre-Dame, (819) 693-1151 313, me des Forges, (819) 372-0468 171k©®: Apéro-poésie.Café Bar Zénob, 171, me Bonaventure, (819) 378-9925 Souper-poésie.Crêperie Les Korrigans, 231k®®; Poèmes de nuit.Café Bar Zénob, 1345, me Han, (819) 378-7898 171, me Bonaventure, (819) 378 -9925 Suggestions parmi les 250 activités I7M® OUVERTURE ÔFFICIELLE DU FESTIVAL.CennAulturel, 1425, place de l'Hôtel de ville.Remise du Grand Prix du Festival Internationa! de la Poésie, des Prix Pidté de Poésie-Le Sortilège et du Prix Félix-Antoine-Savard de Poésie.Lancements des Écrits des Forges, des revues EsntairePAircadc, Exit, Lèvres urbainefei'Aes.livres des poètes invités.Vernissages des expositions de P.Éluard, C.Fortin et M.Madore.TOUS LES POÈTES SONT PRÉSENTS.ma® h m®® Les Matins de la Poésie.Société d’étude et de conférences, section Mauricie.Ceinte culturel, 1425.place de l’Hôtel de ville, avec les lautéaLsdti concours Thérèse-Denonoourt de poésie 97 des écoles primaires et secondaires de la région de la Mauricie.2®k30 Jazz-poésie Écrits des Fotgx Resto-Bar Le Notd-Oicsr, 1411, tue Notre-Dame, (819) 693-1151.2®kS# Fabiola Toupin chante Gilbert Langevin.Le Maquisart, 323, rue des Forges, (819) 379-0325.Coût: 12,00 $ TTC.I e dimanche 5 octobre 1D Ml® Brunch-poésie, le Salon du livre de T-R reçoit Claude Beausoleil, lautéat du Grand Prix du FIP.Musée îles ans et traditions populaires, 200, Laviolette, (819) 372-0406.Coût: 18,00 $ TTC.H2M® Sandwich, il «litre a poésie.Cotnji Tliéâiic Noir et le CisNCiTIliiiire tic Pari: : Meats ris aurons de Amadou Lamine Sali, le Maquisatt, 323, me des Fotgcs, (819) 379-0235.Coût: 7,00 $ TTC.13k®®-17k©® Poèmes en direct.Création d’une banderole géante de poèmes et exposition de tous les poèmes des concours faits dans les écoles et les groupes de l’Age d’or.Place de l’Hôtel de ville.ACTIVITÉ FAMILIALE.TOUS LES POÈTES PRÉSENTS.2fflkS® Le Nousd ensemble à coules.Le Maqutsart, 323, nie des Fotgcs.Sous la direction d'Alain Perron.Pièces tic Takemitstt, Matlicr, So mets, Hétu, Dvorak, Qian et Prévost.Coût: 17,50 $.Réser.: (819) 379-0235.I c lundi 6 octobre l e jeudi H octobre 17k®® Performance: danse-poésie.Les Ballets Jazz de Montréal, Place de l’Hôtel de ville.1IM0 Souper-spectacle Hommage à Gaston Miron de la SSJB.Club de golf Les Vieilles Forges.Coût:: 15,00 $ TTC.(819) 375-4881.aî>kS® Isabelle Lelioux chante Vigneault, Prévert, Vian, Desjardins, Bélanger et les autres, accompagnée de P.Powers.Bibio.Gatien-Lapointe, 1225, Place tie l'Hôtel de ville, 374-3521.2®k3® Télé-Québec présente, Les mots dits, document-panorama inédit de 50 minutes sur la poésie québécoise actuelle réalisé par M.Brodeur, coproduit par Publivision inc.et l'O.N.F du Canada.Des poètes et la réalisa trice sont présents.Le Maquisart, 323, me des Fotgcs, (819) 379-0235.I o vendredi 10 octobre 12k®® Sandwich, bière et poésie.Le Maquisart, 325 rue des Forges, (819)379-0235.lSkO® Récital en langue espagnole.Salle Rodolphe-Mathieu, Pav.Michel-Sarrazin.U.Q.T.R, (819)370-1502.Avec Jaime Sabines (Mexique).IJIkC® Poèmes en langue anglaise.Église anglicane St-James, 811, tics Ursulines, (819) 374-6010.2®M® Chansons-poésie : Philippe Noircaut, Centre culturel, 1425, place de l’Hôtel de ville.Coût:: 15,00 $ TTC.Réser.entre I lltOO et I8I1OO : (819) 380-9797.2®k0® Récital-poésie.Tliéàirc Panninou, 150, bout Bois-Francs, Victoriavillc, (819) 7584)577.22k®® Érotisme et poésie: Le Maquisatt.323, ne des Fotgcs.Coût: 10,00 S.Réser.(819)379-0235.l e samedi 11 octobre afikS® Performance: danse-poésie in situ.De Coqnls Rhésus Danse, 946 rue St-Paul, local 205, (819)693-9666.1IM® Hommage à Félix Lcckn avec Daniel Robage.Le Maquisatr.323, nie des Forges.Coûu 4,00$ TTC.Réver.: (819)379-0235.LE DEVOIR ir -ak -JfjBII CONSEIL / DES ARTS LT DÈS LETTRES OU QUEBEC PR 9 HELVETIA W CHLN55AM* Tue Canada Council «>• TM» ait* «INC* IJB7 UGwuuniAin ou Cak aim oerim ÎSkS® Récitai de poésie.Gagnant(c)s du concours du Conreil de 1% d’Or de la Mauricie et 2®k®« GRANDE SOIRÉE DE LA POÉSIE.Centre culturel de T-R., 1425, place de l'Hôtel de ville.Coût: 6,00 $ TTC.Réser.entre llhOO et I8I1OO: (819) 380-9797.30 poètes sur scène, Animation: Michel Carneau.Diffuseur officiel: Radio-Canada MF, remise des prix.Centre culturel.1425, place de l’Hôtel de ville.(819) 374-5774.2®k®® Râial de poésie Calé ta IVne Angàiitr, 39, Ch des Lnisn, St-ÛitMleCraon.(819) 268-3393.t: Sodilccp trois-riviSrOS revue de poésie 2®ks® Thâuo-poésk Gotnp ïlxSro Noiret fe CnsaFItéStre de Paris : Ces beux tawmttsAx J-Louis Roy a de Amadou Lamine Sali.Le Maquisatr, 323, rue des Forges, (819) 379-0235.Coût : 5,00 $ TTC M.irdi le 7 octobre I7h®B Hommage aux 40 ans d'écriture de Pierre Çhatillon.Musée des religious de Nicolct, 900, rue Louis-FrécJtette, (819) 293-6148.Animation : Louis Caron, ISkS® Récital tic poésie.BtWio.de la ville de Lottiseville.121, Rg Petite Rivière, (819) 228-4102.2®k®0 Chansons-poésie avec Jacques Thtvterge.Vieux Presbytère, 340 Principale, Barison.Coût: 6,00 $ eu pré-vente et 8,00 $ 1 l’entrée.Réser.: (418) 362-3137.I e mercredi H octobre 17k0® Apéro-poésie.Cégep de T.R, 3175, bouL Laviolette, (819) 376-1721.Coût : 3,00$.17kOQ Apéro-poésie.Collège de Shawinigan, 2263.boul.du Collège, (819) 539-6401.20k®® Chansons-poésie : 12 chansons sur 12 poèmes de 12 poètes.Lchotix, Toupin, Landry, Mardiamps, Aubin, Bnmcau et St-Pierre dûment Miron, Hénatilt, Pidté, Limier, Vigneault, Daoust, Boisvert, Desrodtets, Godin, Mardiamps.Langevin et Matdund.Composition et direction musicale Gilles Hamelin.Centre culture! de T-R, 1425, place de l’Hôtd de ville, (819) 372-4611.Coût: 10,00 $.Réser.entre 1 IhOOet 17h00, (819)380-9797, 20k®0 Récital-poésie.Resto-Bar Le Somnambule.599.4' tue, Shawinigan, (819) 537-5718.2®k3® lecture-hommage à Gaston Miron, Gilles Hénautf, Riua Lasnier, CéraU Godin, Fernand Dumont (Québec) et Guillcvic (France).Le Maquisart, 323, rue des Fotges, (819)379-0235.2®k3® SoinSe-poésic.limite a Gra|ilic Calé, 50, bots!.Tntdd Est, St-Bonifiœ, (819) 535-5099.17k®6 A|iéro-poésic.Cégep de T-R, 3175, boni.Laviolette, (819) 376-1721.Coût : 300 S.29k9® Spoctadc-poésie.Poésie d’autrefois.Opérette et piano avec V.Labrandte et S.Nonnandin.limite et Graphe Calé, 50, boni.Tntdd Est.St-Bonifâoe.Coût : 6,00 $.Réser,: (819) 535-5099.22M6 Poèmes d’avant-nuit.Le Maquisart, 323, rue des Forges, (819) 379-0235.22k®0 Poèmes et blues en sibémol.Bar 1-e Sibémol, 924, rue Notre-Dame, (8)9) 376-4373.2Sk®0 Jane-poésic.Resto-Bar Le Nord-Ouest.1441, rue Notre- Dame, (819) 693-1151.lîk®® Bninch-poésie.U Salon du livre de T-R reçoit Paul-Marie Lapointe.Hall du Musée des ans et traditions populaires, 200.Laviolette, (819) 3720406.Coût: 18,00 $ 1TC.JSkSO Rencontre-poésie.Btblio.de Ste-Monique, 135.me St-Adoiphe.(819) 289-2943.15k®® Poèmes en direct.Café Galerie l’Embuscade, 1571.nie Badcaux, (819) 374-0652.2®kS® Jan-poésie.Récitai des médias.Avec Josée Baudteaitlt de Cogeto Télévision et ses invités.Resto-Bar Le Nord-Ouest, 1441.rite Notre-Dame.(819) 683-1151.-JL- HOTEL OQO DES GOUVERNEURS c CODECO Télévision Télé-Québec | DIFFUSEUR | ¦1| Tourisme ¦uM Québec ɧ SSHM tiaSwum «g» 4.^04 -ttUi.m.#00*00® T _ 0*0*0«»0 \_j0 oo#®*oo _ .- SSÎÎSSS British •ooïoSS Council il Mtc» its ots ItOIOII W POt Slt Le Nouvelliste avis http://www.aiqnet.com/fiptr Radio-Canada Chaîne culturelle FM DIFFUSEUR OFFICIEL"! i) 8 I.E I) E V OIK, I, E S S A M E I) I 2 (I E T I) I M A N C II E 2 I S E I' T E M B H E I !( !l 7 —-*JE DEVOIR ?- ALA TELEVISION SAMEDI NOS CHOIX ARTS ET SPECTACLES: MONTAND Pour les fans absolus, plus de deux heures d’images provenant de partout dims le monde et consacrées à Yves Montand.Télé-Québec, 19h30 LES GRANDS CONCERTS: VAN MORRISON On lui a accolé toutes sortes d’étiquettes, soul, folk, religieux, cow-boy de Belfast II reste un artiste complexe et passionnant.En concert à Belfast en 1997.MusiMax, 20h ROGER BAULU SE RACONTE Une émission spéciale pour rendre hommage au «prince des annonceurs» qui vient de décéder, reprise d’entrevues réalisées dans le cadre de Propos et confidences.RDI, 20 h THE BEAN FILE Les fans de Mr Bean, et ils sont légion, ne voudront pas manquer ce documentaire sur les origines de la série et sur le comédien Rowan Atkinson.P BS-33, 201x30 Paul Cauchon ¦Ô.2 ::4] irnœo 3 9 ID® ¦ta Chapeau melon et bottes de CUir (16:00) Jeune Indiana Jones Le Téléjournal O Ce soir Les Couche-tard Baseball / Braves - Expos Le Téléjournal Lbs Nouvelles du sport (22:27) Cinéma /UNE AUTRE FILATURE (5) avec Richard Dreyfuss, Emilio Estevez (22:49) ¦oodjc Hoood Ijcjobsd 1(40) Cinéma / CLUB PARADISE (5) avec Robin Williams, Peter O'Toole (16:00) Le TVA Cinéma / LEGENDE DE LA RUBY SILVER (6) avec John Schneider, Rebecca Jenkins Cinéma/LA POSTIÈRE (4) avec Chloé Sainte-Marie, Nicolas François Rives Le TVA TVA Sports (22:55) / Loteries (23:14) Cinéma/ CARREFOUR DES INNOCENTS (4) avec Adam Horovitz (23:27) ¦cnc os @4) |gj(55) @D Cinéma / LE PIANO MAGIQUE DE SPARKY (4) (16:00) Il était une fois les explorateurs .de la courte échelle Québec plein écran -Edition du week-end Arts et Spectacles / Montand Cinéma / MEURTRE MYSTERIEUX À MANHATTAN (4) avec Woody Allen, Diane Keaton Qç plein écran - Èd.du weekend (23:56) IQHD®) JH BD (M! (49] Les Hardy Boys Habitaction Grand Journal 19 Hebdo Sports (17:40) Le Chaînon manquant Cinéma / LA GUERRE DU SILENCE (5) avec Kate Nelligan, John Heard Cinéma/DRACULA (3) avec Gary Oldman, Winona Ryder Le Grand Journal (23:12) @ Arobas (23:42) J (R DI] Le Journal FR2 Aujourd'hui Bull, jeunes Simplement.[Jrnl du siècle | Monde ce soir CdnàTokyo Roger Baulu se raconte Le Journal RDI Entrée des.Trajectoires Compl.télé Griffe Cdn à Tokyo ¦ tV5 Vins et.Journal suisse Olympicall Thalassa Journal FR2 Etonnant et Drôle Télécinéma Concert intime Journal belge Du fer dans les épinards ¦ce Biogr.(16:00) | Monde et Mystères / Ovni Arpents verts puste pour rire | Le Goût du monde / .aux Antilles Titanic, le naufrage du siècle Biographies / Samuel Bronfman Les Allumettes suédoises Les Cordier, juge et flic / L'Argent ¦gd I La Vie en vrac Combat.chefs Croque la vie Solo Des Histoires de famille Tango peux de société Eros & Compagnie | Sports Safaris | ëJie 11X5 [spam Cimetière Fax Box-Office Perfecto Concert Plus / Oasis - There and Then Bouge de là | Groove |S(mD I MusiMax Collection (13:30) MusiMax Top 30 Les Grands Concerts / Van Morrison "Back in the Corner* | Cinéma / PAS DE VACANCES POUR LES IDOLES | M.M.Collection | ¦(ED Soeur volante I Radio Enfer I Chair de poule Les Jules Sport Académie Joy.Naufragés Premières Fois ¦(nB Scooby Doo | Le Petit Napolitain / Le Sac plein d'or Yogi l'ours Cryptshow Road Runner Splat! Le Zinzin.Les Simpson Capitaine Star Patrouille.Highlander Les Simpson Y'en a mare ¦su I Golf / Classique Comfort (16:00) | Championnat de tir à l'arc Sports 30 Mag [Championnat de Superbike Qualifications Formule 1 / Autriche Monde du sport | Les Superstars WWF Sports 30 Mag Golf Bq QQD Baseball / Yankees - Blue Jays (16:00) Saturday Report Empty Nest The Wonder Years Liberty Street Cinéma/LA POSTIÈRE (4) avec Chloé Sainte-Marie, Nicolas François Rives Saturday Evening News Cinéma/ CYRANO.(2) ¦f8l fÎ3j Players Toyota Race (16:00) Entertainment Now Newsline Regional.Home Improv.Cosby Dr.Quinn, Medicine Woman High Incident FX: The Series CTV News Nightline o World Championship Wrestling Puise Country Prof.Star Trek: Voyager Neon Rider Puise /Sports ¦us Xena.(16:00) Simpsons Global News Jake & the Kid Heart Health Time Sale PSI Factor Early Edition [The Practice Inside Country Sat.Night Live ¦ed Wishb.(16:00) Runaway Bay Round the.Escape from Jupiter Journeys Cinéma / WRITTEN ON THE WIND 4) avec R.Hudson/Conv.(21:45) [Cinéma / ALL THAT HEAVEN ALLOWS (4) Mystery (23:35) ¦ce College Football / Nebraska - Washington (15:30) Wheel of.Jeopardy Cinéma / BEVERLY HILLS COP 3 (5) avec Eddie Murphy, Judge Reinholcf The Practice / Début News Psi Factor gen News Pub Roseanne ÊM22) Star Trek: Deep Space Nine Baywatch SCE NCAA College Football / Tennessee - Florida (15:30) News Mad About You I Dr.Quinn, Medicine Early Edition Walker, Texas Ranger News E.T.this Week Wheel of.Jeopardy | VVUIIIdll Pub il NCAA Football / Michigan State - Notre- News NBC News Jeopardy Wheel of.Lance Burton Master Magician/The Encounter The Pretender Saturday Night Live JlGBD udiiic Inside Edition Siskel & Ebert People Near I Antiques Roadshow | The Lawrence Welk Show Mulberry .Being Served Keeping Up.The Bean File Austin City Limits | Cinéma / BREATHLESS (2) avec J.-P.Belmondo On Tour jlüz) Journeys (1600) Washington.Wall Street.N.Y.Week Inside Albany The Editors McLaughlin Gr.As Time Goes Keeping Up.Chef! Faith.Future Red Dwarf | Sessions at West 54th ¦ mm VideoF.(14:30) R.S.V.P.The Wedge MuchMegaHits Fax Spotlight 1997 MuchMusic Video Awards | Classic.Spotlight Golf/Sr.PGA Tour (16:00) Harness Racing Sportsdesk Baseball / Expos - Braves Football / Argonauts - Eskimos Classification des films: (1) Chef-d'œuvre — (2) Excellent — (3) Très bon — (4) Bon — (5) Passable — (6) Médiocre — (7) Minable CINÉMA AU PETIT ÉCRAN LE PIANO MAGIQUE DE SPARKY (4) (Sparky’s Magic Piano) É.-U.1987.Dessins animés de L Mishkin.Un garçon de huit ans qui aime le piano mais déteste faire ses gammes devient célèbre après que son instrument lui eut proposé de jouer à sa place.TQ I6h LA POSTIÈRE (4) Can.1992.Comédie de mœurs de ! G.Carie avec Chloé Sainte-Marie, Ni- ' colas François Rives et Steve Gen-dron.En 1935, dans un village québè cois, un jeune garçon observe avec curiosité les petites intrigues du monde adulte.TVA 20h30 DRACULA (3) (Bram Stoker’s Dracula) É.-U.1992.Drame fantastique de F.E Cop-pola avec Gary Oldman, Winona Ry- ¦ der et Anthony Hopkins.Un vampire ; jette son dévolu sur une jeune Londo- .nienne qui ressemble à son épouse décédée il y a 400 ans.TQS 20U30 MEURTRE MYSTÉRIEUX À MANHATTAN (4) (Manhattan Murder Mystery) É.-U.1993.Comédie policière réalisée et interprétée par Woody Allen avec Diane Keaton et Alan Aida.Une femme sollicite l’aide de son mari et d’un ami pour enquêter sur un voisin qu’elle soupçonne de meurtre.TQ 21U30 DIMANCHE NOS CHOIX Paul Cauchon SCULLY RENCONTRE Le cauchemar: considéré comme un héros pour avoir fait évacuer le public avant que n’explose la bombe sur le site des Jeux olympiques d’Atlanta, Richard Jewell devenait du jour au lendemain un paria, soupçonné par le FBI d’être l’auteur de l’attentat Un an plus tard, Jewell accordait une rarrissime entrevue à Scully.Il explique comment sa vie a été détruite.Radio-Canada, lllt DE BOUCHE À OREILLE Première du nouveau magazine culturel de 90 minutes de Radio-Canada, filmé au TNM, avec Johanne Despins comme animatrice et les chroniqueurs Louise Latraverse, Louise Saint-Pierre, Jean Fugère, Alain Brunet, Georges Nicholson.Radio-Canada, 13h30 PORTRAIT DE DENYSE FILIATRAULT L’actrice est dans le paysage depuis tellement longtemps qu’on a l’impression qu’elle fait partie de la famille.On espère que ce portrait présentera des aspects inédits de cette femme déterminée.Radio-Canada 19h30 BOUILLON DE CULTURE Une heure avec Françoise Giroud.On peut s’attendre à un véritable bonheur de conversation.TV5, 201x30 ¦ 0 2 4 ¦(6)030 3(9 .G) '12 |(D Grand Prix d'Autriche (15:30) Zap Le Téléjournal O Ce soir Découverte Les Beaux Dimanches / Denise Les Beaux Dimanches / Le Café des aveugles Le Téléjournal Au-delà des apparences (22:27) Sport (23:29) / Cinéma /SI LOIN, SI PR0ÔHE! (4) avec Otto Sander (23:50) ¦ O : 5 : 6 Hooæ |(D fïïi 031 ¦ 40.Cinéma / DÉTECTIVES EN DÉLIRE (6) avec John Larroquette, Bronson Pincnot (16:00) Le TVA Un Monde de chiens Fort Boyard (en coulisses) Cinéma / LE FLIC DE BEVERLY HILLS III (5) avec Eddie Murphy, Judge Reinhold Le TVA TVA Sports (22:25) / Loteries (22:44) Complètement marteau (22:51) Pub (23:20) ¦su® (2$ Hd® 3® Quelles drôles de bêtes Carmen Sandiego Science- friction Marcel Jullian Le Roman de l’Homme Plaisir de lire Cinéma/AUGUSTIN (5) avec Jean-Chrétien Sibertin-Blanc, Stéphanie Zhang Escales francophones (20:58) Cinéma / RIFF-RAFF (4) avec Robert Carlyle, Émer McCourt Histoires de musées (23:13) Pignon sur rue (23:43) 1(2)00(3® Usa s® s® Passion plein air Pas si bête que ça! Le Grand Journal Hercule Accès interdit Méchant Malade Cinéma/QUELLE FAMILLE! (4) avec Shirley MacLaine, Marcello Mastroianni Le Grand Journal (23:29) 1® Le Journal FR2 Aujourd'hui Bull, jeunes Yalta à Berlin CdnàTokyo Enjeux Plus Grands Reportages Le Journal RDI Scully RDI Point de presse Second Regard [.Pacifique La Facture ¦TV5j SOUS.(15:30) Journal suisse Montagne École des fans/Tourisme(18:45) Journal FR2 Bons Baisers d'Amérique Bouillon de culture Temps présent (21:35) Journal belge Heures chaudes de Montparnasse Biogr.(16:00) | Titanic, le naufrage du siècle Arpents verts Chercheurs.Châteaux./Demeures du Texas | Les Mystères de la Bible/Job.Biographies / Edgar Bergen Jazz: les géants du Blues Cinéma/PANIQUE (5) ¦x La Vie en vrac Combat.chefs Croque la vie Point de vue Focus Spécial Dimanche Victoire Ailleurs sur terre [Diagnostic Fête des bébés | ËjlB | Musique vidéo (14 00) Cimetière Fax Indochine: deux frères Musique vidéo / Se poursuit jusqu'à 2h30.Six] | MusiMax Collection (14 00) [Tendances Jazz Mouvements classiques Cinéma / PAS DE VACANCES POUR LES IDOLES M.M.Collection Les Grands Concerts / Van Morrison "Back in the Corner" | ¦(ÇF) Soeur volante Ma sorcière.| Les Aventures de Sinbad Chahut Bahut Joy.Naufragés Premières Fois ¦m Scooby Doo Ivanhoë Robin des bois Barbe rouge Yogi l’ours Fifi Brindacier Road Runner Capitaine Star | Le Zinzin.| Les Simpson Image par image | Highlander Les Simpson Cadillacs.¦rds | Football / Alouettes - Roughriders (16:00) Sports 30 Mag Coupe Davis Football / Dolphins - Buccaneers Sports 30 Mag Mag.olymp.Bq H® Performance Wonder Years Street Cents Magical World of Disney/ Winnie the Pooh Road to Avonlea Wind at my Back Life & Times Sunday Report Venture:In Business (22:25) Sports Late Night JÊmm Cinéma 115:00) [Seventh Heaven Newsline Home.Cafe Due South Barbara Walters Special Cinéma / THE AGE OF INNOCENCE (2) avec Daniel Day-Lewis, Michelle Pfeiffer 9 CB Wine & Cheese Inside Track Fashion TV Pulse Travel, Travel Home Improv.Ellen l'GBL Ready or Not Simpsons Global News Heart of.Sportsline 60 Minutes Simpsons King of the Hill [X-Files J Outer Limits Global News Sportsline Beo Cinéma / DAREDEVILS OF THE RED CIRCLE (16:00) Inquiring Minds Journeys The Last Governor ¦ sj Bryckyard Crossing Senior Golf News ABC News America’s Funniest Home \ !.X Barbara Walters Special Cinéma / CROWNED AND DANGEROUS avec Yasmine Bleeth, Jill Clayburgh News Pub B(13) OlldllipiUllbllip (ID:uuj viueub E T.This Week ¦(22) ABC News M*A‘S*H The World’s Most Daring Rescues 1® Cinéma / JACOB'S LADDER (4) (16 00) Sunday News Seinfeld 60 Minutes Touched by an Angel /The Road Home (1/2) |Cinéma / ALL THE WINTERS THAT HAVE BEEN L.nn rHnmHnrUIn 1/ornn A lion Pensacola: Wings of Gold goo Cinéma / SOUL OF THE GAME (4) (16 00) News Sunday News jdvcb muidiu uiidiiiuciidin, r\dicu nnon News Xena les NFL Football / Colts - Bibs (16 00) Dateline NBC 3rd Rock from the Sun Cinéma / TERMINATOR II: JUDGMENT DAY (5) avec Arnold Schwarzenegger, Linda Hamilton Viper g® News Extra.(23:35) heb Financial.I The World of National Geographic [Full Circle with Michael Palin Eyewitness | Naturescene Nature / Creatures in Crime Sister Wendy's Story of Painting | Sister Wendy’s Story of Painting Mystery! Poirot/Yellow Iris | adz) Upstairs (16:05) Healthweek [Travels Europe Money Hunt Financial.All Creatures Great and Small Kodo: The Drummers of Japan Live from Lincoln Center (2120) Cinéma (23:20)] lu Fax | R.S.V.P.| MuchMegaHits Combat des clips | Classic Albums [Fax | MuchMusic Countdown MuchEast l'TSN Football / Alouettes - Roughriders (16 00) NFL Primetime Football / Dolphins - Buccaneers Sportsdesk Classification des films: ( 1) Chef-d’œuvre — (2) Excellent — (3) Très bon — (4) Bon - (fi) Passable — (fi) Médiocre — (7) Minable CINEMA AU PETIT ÉCRAN’ $ QUELLE FAMILLE! p\ (4) (Used People) É.-U.1992.ComfrC* die dramatique de B.Kidron avec Shirley MacLaine, Marcello Mastroianni et Kathy Bates.Veuve depuis peu, une femme d’âge mûr crée des remous dans sa famille immédiate lorsqu’elle se met à fréquenter un vieux prétendant.TQS 21 h THE AGE OF INNOCENCE (2) É.-U.1993.Drame de mœurs de M.Scorsese avec Daniel Day-Lewis, Michelle Pfeiffer et Winona Ryder.En 1870, un jeune New-Yorkais de la haute bourgeoisie tombe amoureux d’une cousine de sa fiancée.CTV 21 h RIFF-RAFF (4) G.-B.1991.Drame social de K.Loach avec Robert Carlyle, Emer Mc-Court et Jimmy Coleman.Un ouvrier de la construction s’éprend d’une jeune chanteuse jusqu’au jour où il découvre qu’elle se drogue.TQ 211x30 SI LOIN, SI PROCHE! (4) Ail.1992.Conte de W.Wenders avec Otto Sander, Horst Buchholz et Willem Dafoe.Un ange qui s’est vu accorder une courte période de vie humaine sur la Terre doit réapprendre à vivre comme un mortel.SRC niinuil L K l> K V 0 I It .I.K S S A M K I) I 2 I) E T I) I M A X ( Il K 2 I S E I' T E M li II E I !» II 7 I) 9 Pour tromper un peu la mort Deux photographes, deux grilles pour relire la réalité RITUEL FESTIF/ FESTIVE RITE Caroline Hayeur, Observatoire 4 372, rue Sainte-Catherine Ouest, local 426 Jusqu’au 27 septembre BERNARD LAMARCHE Plusieurs magazines, revues et journaux vibrent ces temps-ci aux couleurs vives de l’exposition de Caroline Hayeur, certes une des plus percutantes visuellement à tenir l’affiche au cours du Mois de la photo.Avant de voir l’exposition, on aurait pu croire que seul le sujet de ces images parvenait à les hisser au faîte de la montagne médiatique montréalaise.Il y a certes un peu de cela, le sujet qu’on traite ici est très «hype», mais il y a un peu de ceci: l’exposition de photographie que les commissaires Emmanuel Galland et la photographe Hayeur ont concoctée à la sueur-tombée-en-transe de leur front est réellement convaincante.Le sujet?Certains en parlent comme d’une invention du diable, certains autres comme peut-être celle de Dionysos, d’autres y voient le relais des rites tribaux et religieux ancestraux, ou en- core carrément la nouvelle beat generation d’autres encore y voient une occasion de s’éclater.Certains n’en parlent que comme un lieu de perdition (ça n’en fera qu’un de plus), d'autres soutiennent qu’y sourd un renouveau naturaliste.Déjà Charles Binamé en a croqué le portrait dans son Eldorado, et d’autres, sociologues, religiologistes, anthropologues, accourront certainement, si ce n’est déjà fait, aux portes de ces soirées largement ritualisées, qu’on nomme à propos «raves» et qui n’ont rien à voir, sauf peut-être une pulsion vers la nature, avec la plante potagère qui voisine le navet.Un phénomène mythique, né dans la nuit des temps de Y underground, qui n’a peut-être plus de mythique et d'underground que les noms d’ailleurs, avec son utopique désir d’être coupé d’un monde qui ne voulait déjà pas de lui.Une utopie renversée, depuis, en événement médiatique de plus en plus diffusé.Un événement grandissant en nombre qui, un avenir peut-être proche le dira, modifiera à tout jamais nos notions de plaisir, de groupe et de fête.Groove en la demeure Les images présentées à la galerie Observatoire 4 se nourrissent de transe, de cet état rythmé de convul- LLERIE OCCURRENCE Mon chemin dans l’inconnu, de Miro Svolik Richard MORIN, Hollis JEFFCOAT, Nathalie MARANDA, Heather Ml DORI-YAMADA jusqu’au 24 septembre GALERIE SIMON B LAIS 4521, rue Clark Montréal H2T 2T3 514.849.1165 Ouvert du mardi au samedi de 10 h 00 à 17 h 30 Jusqu’au 28 septembre 1997 Les collections montréalaises et la Galerie Dominion : souvenirs de trouvailles GALERIE DOMINION I43S.rue Sherbrooke Ouesl, Montréal S45-747I Le Musée McCord a .pour un tête-à-tête avec l histoire Concert-conférence avec des musiciens de VOSM Le dimanche 28 septembre à 15 h 30 Musique française avec Timothy Hutchins (flûte) et Jennifer Schwartz (harpe) Pour souligner les Journées nationales de la culture, nous obtiendrez 2 billets pour le prix de 1 ! Places limitées.Réservations requises.(514) 398-7100, poste 234.Musée McCord 690, rue Sherbrooke Ouest, Montréal (Quebec) sions et d’exaltation qu’on dit atteindre lors de raves.Attention, il s’agit bel et bien de photographies de reportage.Un reportage admirablement bien ajusté à son sujet.Hayeur, armée de ses appareils photo, de ses trépieds, de ses flashs et autres encombrants appareils, s’est rendue dans les soirées raves organisées à Montréal, pour capter l’esprit et les personnages qui y circulent.Dans la galerie, vous attend dans le plus flamboyant des appareils techno une galerie de portraits de «raveux» presque grandeur nature.Au fond, au mur, une mosaïque de petits portraits, tressée serrée, toute couleur déployée, recouvre la totalité du mur.Une myriade qui n’est pas sans rappeler l’euphorie des nuits d’où elle est tirée.On insiste, mais on aurait pu faire de cette exposition un désastre.On insiste (bis), il s’agit de photographies de reportage.On a voulu garder et diffuser les traces de ces rituels qui défient les petites morts journalières du corps, qui trompent la fatigue.Non pas qu’on tienne à tout prix à une forme orthodoxe d’accrochage: pourvu que celui-ci nourrisse les œuvres, à la limite tout passe.Ici on a manœuvré afin de ne pas encombrer l’exposition d’artifices inutiles (artifices qui auraient pu faire passer l’ensemble de l’exposition pour un simple caprice): ils ont plutôt été relégués au design de la publication qui accompagne l’exposition.La rigueur de l’accrochage, le format de images de la galerie de portraits, la mosaïque de petits formats, tout semble tomber à point.Vive le rave\ MIRO SVOLIK Galerie Occurrence 460, rue Sainte-Catherine Ouest Bureau 307 Jusqu’au 12 octobre Dans un tout autre ordre d'idée, la galerie Occurrence présente pour la première fois depuis 1993 (Les Contes de la Slovaquie) la production du photographe slovaque Miro Svolik, sans ambages, un des mo- " VALERY KOSHLIAKOV NATALYA NESTEROVA JUSQU’AU 4 OCTOBRE WADD1NGTON & GORCE 1446, rue Sherbrooke Ouesl Montréal H3C 1K4 g Tel.: 847-1112 Fax : 847-1113 | Du mercredi au samedi de 10 lui 17 II ima- m 't: SS** CAROLINE HAYEUR LE MOIS DE LA PHOTO Scène du Rituel Festif ments forts de cette édition du Mois de la photo de Montréal.Un moment de fraîcheur, un sens de l’humour bienvenu, un travail de composition inventif, c’est rien de moins qui est montré à la galerie Occurrence, jusqu’au 12 octobre.Qui plus est, cette production n’est pas très loin des modèles qui fourmillent parmi les grands axes dominants de la photographie québécoise, à savoir la fiction documentaire, la narration en photographie, et ainsi de suite.En ce sens, difficile, étant donné qu’il propose une imagerie si bouffonne, de ne pas recevoir Svolik avec enthousiasme.En autant, toutefois, qu’on ne réduise pas à cette mince considération, l’hu- mour, cette production qui parfois, en grattant un peu, révèle une certaine gravité.Les images de Svolik tiennent du collage.Dans cette série, Zkozaroviec (c’est le nom de son village), montrée à Montréal par Lili Michaud, la directrice de la galerie qui s’est faite commissaire à cette occasion, l’artiste condense portraits et paysages, les seconds contribuant à personnifier les premiers, en dehors de la nature descriptive de la photographie.Les photographies de paysage que l’artiste couche sur le papier, aux côtés de fragments d’images du corps, font que les deux s’interpénétrent et se poursuivent.Tantôt chevelure, tantôt sein, et ailleurs corps d’oiseau ou sexe, les images du paysage perdent momentanément leur fonction iconographique pour participer à des figurations qui leur échappent, qui leurs sont étrangères, mais auxquelles leurs formes se prêtent étonnement bien.Les courbes d’une colline se poursuivent dans les jambes d'un personnage, une montagne devient le nez d’un profil.Difficile de ne pas succomber à la série des quatre profils en contre-jour qui s’insèrent au milieu de la série.Avec Svolik on ixnirrait penser à toutê l’histoire du collage en photographie, des dadaïstes à nos jours, mais autour de cette série ressort la familiarité avec les toiles du maniériste italien An cimboldo, qui reconstituait des portraits le plus souvent allégoriques avec des fruits, des légumes, des coquillages aussi, savamment disposés.Sans rien d’illusionniste, conservant même le cadre qui entoure l’image collée, Svolik complète les lignes de ces visages.L’image, où des rochers photographiés en contre-plongée figurent une bouche vaguement squelettique, est particulièrement saisissante.Dans la mesure où elles évitent d’imager des concepts abstraits déterminés, les œuvres de Svolik ne sous* crivent pas à une rhétorique de l'allé*, gorie.Elles ne sont pas pour autant exemptes d’un ton moins rigolo.A force de morceler ainsi le corps, d’y insérer des images qui toutes sont eh rapport avec la terre, les images dé! Svolik parlent aussi d’identité.Mais sous un autre mode, on n’en doute pas un instant, que les images dont" nous sommes bombardés quotidien; nement et qui abordent ce sujet omnk présent, mais n’empêche.On disait plus haut que ces images reprennent certains schèmes hyper-exploités ici; En effet, ces images, en plus d'établir-une séquence où évoluent des sonnages qu’on reconnaît d'une ge à l’autre, gagnent par là un effet narration indéniable.Elles mettent scène Svolik lui-même, sa famille, village, gagnant, d’une manière nous est moins familière, le d’œuvre autobiographique.Lavaltrie, pays de la chasse-galerie Raymonde April 21 septembre au 16 novembre 1997 Les Fleuves invisibles 21 septembre 1997 au 4 janvier 1998 fai Coup de coeur : les choix « , ¦ j o ût du public «4 jmutudiaamiu 26, 27 et 28 septembre 1997 Vernissage : dimanche le 21 septembre 1997 i ram Musée dart dc Joliette 145, rue Wilfrid-Corbeil, Joliette (514) 756-0311 la galerie d'art Stewart Hall Centre culturel de Pointe-Claire 176, Bord du Lac, Pointe-Claire, 630-1254 Du 20 septembre au I9 octobre « Living Room » une exposition de peintures, de sculptures et d'œuvres multimédia par cinq artistes.Roberto Campos • Virginia Kleran • Colin On • Lorraine Samuel • Graham Todd Vous êtes cordialement invités au vernissage le dimanche 2I septembre, de 14h à 16h ^Entrée libre • Accessible aux fauteuils roulants Horaire de la Galerie: du lundi ou vendredi, de U h à II h, lundi et mercredi soirs de 19 h à 21 h, samedi et dimanche de 13 h 4 17 h sr- : f».MUSEE D’ART CONTEMPORAIN DE MONTREAL 185.rue Sainte-Catherine Ouest - Téléphone : (514) 847-6212 âtS LE“ Pentacom Stràégie-Créativité PATERSON EWEN ENTRE CIEL ET TERRE GUILLAUME BIJL — JUSQU’AU 21 SEPTEMBRE 1997 DANIEL VILLENEUVE SUITE #6 — JUSQU’AU 19 DCTDBRE 1997 IRENE F.WHITTDME JUSQU’AU 26 OCTOBRE 1997 Paterson (wto.la (omUe de Hatty >w par (nom.1979 Prmtwp aayhque tt flucrestente sut aoer galvanisé et contre-plaqué toupillé, 279 1 244 cm Cotation Musée des beau» artsdel'OntanaToronto Don anonyme.1994 Photo CarioCatenatfi ^position organisée et mise en circulation par If Muséf des beau»-arts de rOntanaforonto SEPTEMBRE 1997 À VOIR ACTUELLEMENT AU MUSÉE 23, rue Ambroise-Fafard, Baie-Saint-Paul (418) 435-3681 Ouvert tous les jours de 9 h à 17 h Subventionné par le ministère de la Culture et des Communications du Québec LE CENTRE D'EXPOSITION DE BAIE-SAINT-PAUL Du 27 septembre 1997 au 27 janvier 1998 Exposition Jean Paul Lemieux «Une île» .' / Les amis de Lemieux en Charlevoix Le monde de madame Pepper Kathleen Daly George D.Pepper .v 06 I) K) I.E I) E V 0 I U .I.E S S A M E D I 2 (I E T I) I M A N C il E 2 I S E !' T E M l( Il K I il il Pü vife ~—"spi mm; f * 'Ltisy ?LE DEVOIR ?Un doux pionnier Tout en douceur et en souplesse.mais avec une bonne dose d’obstination, Raouf-Boutros, de chez Boutros + Pratte, commence à se faire une spécialité dans l’art d’ouvrir de nouveaux marchés à l’architecture de qualité.Avec Plaza Laurier (prix d’excellence au Québec et prix du Gouverneur général 1997), il montrait déjà qu’il est possible de créer des espaces beaux et lumineux avec peu de moyens et que l’architecture a sa place dans la création de logements sociaux.Sa firme a l’habitude des projets majeurs en habitation et rénovation (Boutros + Pratte a signé les meilleurs projets d’immeubles industriels convertis en condos du canal Lachine).Avec Europa, les défis diffèrent puisqu’il s’agit d’un développement domiciliaire de taille et de budget tout à fait standards comme on en voit pousser des tonnes en banlieue.Mais ce n’est pas tout! Sa dernière avancée dans les «no architect’s land»: il vient de construire un garage, l’un de ces bâtiments près d’une autoroute où on change les pneus, qui prennent toujours la forme d’un hangar sinistre.Ici, tout au contraire, Boutros + Pratte ont apporté, et cela, pour le même budget qu’un hangar, couleurs vives et lumière plombante dans le quotidien des mécaniciens.«C’est intéressant d’en parler, affirme M.Boutros, parce que c'est le genre de contrats dans lesquels les jeunes architectes qui se cherchent du travail pourraient — et même devraient — tâcher de s'investir.» & P O £ RAOUF BOUTROS Stoppez les presses, tuez la une! Ce n’est pas tous les jours, pour ne pas dire tous les ans, que l’on rencontre un promoteur immobilier intelligent, sensible, qui travaille main dans la main avec un bon architecte pour bâtir un développement domiciliaire de grande qualité architecturale à prix abordable.Le fait mérite son pesant de médias et de paparazzi.Pour créer Europa, Raouf Boutros, l’architecte, et Jean-Pierre Houle, le développeur, ont formé un tandem comme on voudrait en voir partout au Québec.Jean-Pierre Houle enseignait le piano avant de se mettre à la construction.Un chalet, un triplex, quelques blocs.lentement, sa vraie vocation a pris son ampleur.«Au fond, dit-il, être promoteur me permet de réaliser des choses en partant de zéro et en gardant le contrôle jusqu’à la fin, à la façon d’un créateur.C’est bien plus satisfaisant au plan personnel que lorsque j'étais professeur.» Europa, son plus ambitieux projet jusqu’à maintenant, est situé à l’extrême frontière nord d’Outremont, au bord de la cour de triage.Il comprend trois phases dont la première, une rangée de 18 maisons de ville, est terminée et habitée.La phase 2, située dos à dos avec la première et faisant face à l'aboutissement de la rue Ducharme, en est à l’étape de la finition.La troisième phase est encore sur -j-plans.«Le coin était sordide quand j'ai acheté ce terrain.Placé comme il l’était, le projet devait posséder une vraie personnalité esthétique et un caractère distinctif.Sans cela, on aurait toujours eu l’air d’offrir la même chose qu’ailleurs, mais en moins bien.Parce qu’on développait quelque chose de neuf, c'était important de donner le ton.En plus, j’étais abonné depuis longtemps à un tas de revues d’archi comme Domus, Architectural Record.J’avais envie de pousser plus loin que de la copie.C’est ce qu'il y a de plus facile, la copie, ça se vend tout seul.Bien des promoteurs ne pensent qu'à la multiplication des pains.Ils se disent: j'en ai vendu 25 comme ça, je vais en faire 5000.Moi, ça ne m’intéresse pas.Je fais de la business mais ce n’est pas le seul but.» C’est ainsi que, tant par calcul que par goût, le promoteur entra dans le merveilleux monde de l’architecture par la grande porte.Habitué, comme ses collègues, à dessiner lui-même ses façades et à faire réviser ses plans par un architecte de complaisance, Jean-Pierre Houle, cette fois-ci, s’en alla trouver une firme solide et réputée, Boutros + Pratte.On connaît l'image d’Epinal qui veut que l’architecte dessine, crée et ne pense qu’à son idéal pendant que le promoteur ne songe qu’à couper et banaliser pour faire de l’argent.Rien n’est plus faux, lorsqu’il s’agit des deux larrons en foire Jean-Pierre Houle et Raouf Boutros.«Les architectes ne rêvent pas, insiste Raouf Boutros.Nous travaillons avec les promoteurs chaque jour, dans un contexte économique difficile, et nous avons les pieds sur terre.C'est une image qu ’il faut absolument effacer.Ici, mon rôle est d’écouter Jean-Pierre et de traduire graphiquement ce qu’il veut.Je l’aide à rentrer dans son budget.J’accepte qu 'il doive faire un profit, c’est la base.On vit da>ts un système capitaliste, et l’entreprise doit vivre sur un profit, au même titre que mon bureau.» Quant au promoteur, il tient un discours que l’on aimerait entendre plus souvent: «Moi, je ne veux pas rasseoir le projet, au contraire.J’espère bien que mon rôle de promoteur n’est pas juste de ramener tout le monde à la réalité.Si on achète ce terrain, c'est parce qu’on a une vision, et moi, je m'entends très bien avec Raouf, qui a une vision encore supérieure.Le rôle du promoteur, ce n’est pas de suivre la clientèle, c’est de la devancer, devancer ses besoins, la demande.On voit qu’au 1, McGill, les gens très riches ont des arbres sur les toits?Nous, on va le faire aussi [en phase 3] en rendant cela plus accessible.Et les gens sont contents d’acheter quelque chose qui se distingue.» Sa place au soleil Le résultat de cette belle entente est la génération, quasi spontanée, d’une portion de quartier qui possède déjà le charme d’une rue animée et humaine.Avec leur petit côté européen (on pense vaguement à la Hollande), leurs détails soignés, inventifs, leurs lignes contemporaines qui modulent sagement des matériaux classiques, les rangées de Boutros et Houle sont un modèle d’élégance et d’urbanité.«On n’a rien inventé, ici, dit Raouf Boutros.Si on regarde ce qui se fait hors Québec, ce projet n’a rien d’exceptionnel.Pour la phase 3, on a plus envie d’innover: on va placer des solariums en façade, par exemple, pour créer un espace tampon entre les séjours et la rue.» Jusqu’à maintenant, la tactique esthétique de Raouf Boutros a surtout été de «reprendre les matériaux typiques d’Outremont, briques et pierre, mais différemment».Par exemple, des plaques de pierre, distantes du mur, soulignent la mitoyenneté ou chapeautent une fenêtre.L’idée de corniche est donnée par une frise de briques détachée de la ligne du toit.L’une des causes majeures de la réussite d’Europa est la manière dont le promoteur et l’architecte s’entendent pour mettre leurs efforts aux endroits qui comptent: fenestration et orientation, disposition des étages, suppression des sous-sols.Au lieu de maquiller des plans mal fichus avec des finis tape-à-l’œil, l’équipe s’ingénie à fournir aux résidants les espaces les mieux pensés et les plus lumineux possibles.«Car telle est notre responsabilité à nous, explique Jean-Pierre Houle, dont Rapproche en construction demeure artisanale.Les céramiques, etc., on laisse les clients les choisir eux-mêmes.» Pour quelque 160 000 $ (un prix plutôt bas de gamme pour Outremont), il est donc possible de s’offrir les luxes irremplaçables de volumes bien faits et baignés de soleil.Un projet domiciliaire qui prépare le terrain.SOPHIE GIRONNAY FORM La phase 1 du projet Europa est déjà habitée (en haut) tandis que la phase 2, dont la construction achève, promet en outre des intérieurs spacieux et agréables.Vision d'urbanisme Certains se souviendront du projet d’urbanisme du Canadien Pacifique, qui avait soulevé l’ire de certains Outremon-tais et provoqué un référendum.Ce projet — laissé en suspens mais non enterré—voulait reconvertir tout le no man's land de la cour de triage en quartier résidentiel qu’aurait traversé une rue commerçante, bordée de hauts édifices.les volumes des maisons de ville prévues au programme (selon une esquisse de la firme Cardinal/Hardy) ressemblaient assez à ceux d’Europa.Si la cour de triage était reconvertie, on trouverait donc en Europa un parfait projet-éprouvette.Le développement est venu se poser presque en catimini.«Le défi était de s’installer, juste à la jonction entre ville et industrie, dans un tissu urbain déjà très serré, avec son langage déterminé», dit M.Boutros.Des éléments, comme le toit courbe de certaines sections, donnent une note industrielle, tandis que d’autres, on l’a vu, évoquent le chic Outremont à l’aide d’un langage inventif nouveau.Europa habitue les Outremontais à considérer cette partie de leur ville comme digne d’être habitée et montre par l’exemple ce qui pourrait s’y faire de cohérent et d’agréable en matière de développement urbain.Bref, il prépare presque le terrain! «Il ne faut pas s’attacher seulement au présent, conclut M.Boutros, il faut regarder vers l’avenir.» A1JUN IAF0REST Rappel : Treizième appel de propositions du programme de recherche appliquée en design, volet 1 ID Institut de Design Montréal 390, rue Saint-Paul Est Marché Bonsecours (niveau 3) Montréal (Québecl Canada H2Y1H2 Téléphone , 1514] 866-2436 Télécopieur: (5141866-0881 E-mail idrn@idm qc.ca Site web http //www idm qc ca L'Institut de Design Montréal (IDM), organisme sans but lucratif, a pour principal but de stimuler la recherche appliquée en design.Pour ce faire, il offre un programme de contributions en deux volets.Le volet 1 du programme s'adresse aux designers, aux partenariats entre designers et entreprises et aux entreprises qui possèdent un service intégré de design; il vise parti- culièrement les petites et moyennes entreprises de la grande région de Montréal.Le volet 1 du programme favorise la réalisation de projets permettant la conception et le développement de produits novateurs ou l'amélioration, par la qualité du design, de produits existants (y compris les outils de design).Sont admissibles les projets de recherche en design reliés au secteur indus- triel; à la mode; à l'architectuie; à l'architecture du paysage; au design d'intérieur; au graphisme; à la production multimédia; à l’urbanisme.Le design doit faire partie intégrante des processus de conception et de développement du produit.Contributions maximales: 50% des coûts admissibles d'un projet, jusqu'à concurrence de 100 000$.Réception des formulaires de proposition: Jusqu'au mardi 21 octobre 1997, avant 16 heures.Formulaires de proposition et conditions disponibles aux bureaux de l'IDM, du lundi au vendredi entre 9h et 16h.»
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