Le devoir, 27 septembre 1997, Cahier D
« LE DEVOIR ?Ij1 roman québécois Page D 3 Le Feuilleton Page D 5 Grille télé du week-end Page D 7 ?Robert Rauschenberg Page D 8 Formes Page D 10 7T-0 TT 1?I.E D E V 0 I I! .I.K S S A M EDI 27 E T I) I M A K ( Il E 2 K S E I* T E M II II E I D !» 7 , ESSAIS ÉTRANGERS De la caricature avant toute chose DJIHAD VERSUS McWORLD Mondialisation et intégrisme contre la démocratie Benjamin R.Barber Traduction de l'anglais par Michel Valois Desclée de Brouwer, Paris, 1996 304 pages ANTOINE ROBITAILLE Devant le stand de son éditeur, au Salon du livre de Québec, où il était invité pour débattre de la mondialisation, Benjamin Barber esquisse un sourire.«Cette photo attire vraiment l’attention», se félicite-t-il.L’éloquent cliché dont il parle orne la page couverture de l’édition française de son Djihad versus Mc World (Traduction de Jihad vs.McWorld, Times Books, 1995).Une femme voilée d’un hidjab y tient une canette de Pepsi.Le propos est là, évident, presque caricatural.Illustration du contraste central d’une époque où la fin de la bipolarité USA-URSS a laissé toute la place au choc entre les intégrismes et une culture américaine conquérante, celle de McDonald’s, de Disney, de MTV.Benjamin Barber, politologue américain, est un des nombreux auteurs à avoir tenté de cerner les contours de ce monde incertain, émergeant sur les ruines de la guerre froide.Son ljvre, paru il y a plus d’un an aux Etats-Unis, suivait la publication d’un article dans la revue The Atlantic Monthly.Soulevant nombre de polémiques, il est devenu un best-seller tpondial (30 000 exemplaires aux Etats-Unis, quelque 15 000 en France, sans compter les éditions allemandes et japonaises).Fait à noter, il a reçu l'imprimatur présidentiel.«Clinton a lu mon livre et l’a beaucoup aimé», raconte Barber, qui se rend à la Maison Blanche au moins trois fois par année pour discuter avec le premier citoyen des grandes tendances mondiales.Un titre puissant Djihad versus McWorld: ce titre puissant a ici une importance extraor-dinaire.11 a précédé — Barber le confirme — la rédaction et de l’article, et du livre.Il ne s’agit donc pas exclusivement d’un truc de marketing (même si, à cet égard, il a une efficacité indéniable).A partir de ce condensé d’intuition.Barber a entrepris ses recherches.Malheureusement, on dirait que la formule l’a comme contraint à rester au niveau de la caricature.Par exemple, djihad est, de l’aveu même de Barber, «un terme un peu fort», pour marquer le trait.Désignant habituellement la «guerre sainte islamique», comme un «combat religieux au nom de la foi», il recouvre ici toutes les manifestations de politique de l’identité.«Je l’utilise pour désigner un particularisme dogmatique et violent que Ton retrouve aussi bien chez certains chrétiens ou hindous que chez certains musulmans.» Plus un pattern qu’un concept, donc, djihad s’approche de la «pureté dangereuse» de Bernard-Henri Lévy.Il permet à Barber de relier des phénomènes très éloignés, et de diviser le monde en deux grandes tendances.Des forces qui, par leur dialectique, menace la démocratie.VOIR PAGE I) 2: BARBER «J'écris pour rendre compte Bernard Schlink mm** RENE MATHIEU des vérités de l'histoire, plutôt que pour Avec une discrétion remarquable, presque entièrement par le bruissement du bouche à oreille, Le Liseur est devenu un des plus grands succès de librairie de la dernière année littéraire au Québec.Passé presque sans s'être annoncé au Salon du livre de Québec, son auteur s'avère être à l'image de son livre, ne se révélant que peu à peu.livrer un message politique» RÉMY CHAREST VOIR PAGE D 2: SCHLINK omme des milliers d’autres lecteurs québécois, c’est grâce à une recommandation de ma libraire préférée que j’ai découvert Le Liseur de Bernard Schlink, roman unique en son genre sur les cicatrices que porte toujours l’Allemagne depuis la Deuxième Guerre mondiale.L’enthousiasme de ces bouquineurs professionnels était considérable puisque, au printemps, le troisième roman de ce juge berlinois de 53 ans remportait le prix des libraires du Québec, remis officiellement à l’auteur il y a une semaine, lors de son bref passage à Québec pour le Salon du livre.En primant et recommandant un tel ouvrage, les libraires ne pourront certainement pas être accusés de vouloir stimuler leurs ventes en rabaissant le dénominateur commun.Ce n’est pas au Club Price qu’on vous aurait pointé une littérature aussi nuancée, ambitieuse mais réservée, englobante et raffinée — et qu’on se le tienne pour dit.Racontant la liaison entre Michaël, quinze ans, et Hanna, trente-cinq ans, et ses répercussions s’étalant sur de nombreuses années, Bernard Schlink a accouché d’un ouvrage où s’entrecroisent bien des enjeux.On y retrouve d’abord le récit d’une relation pour le moins inhabituelle entre un adolescent et sa maîtresse plus âgée — une relation où la lecture, faite à voix haute par le jeune homme pour sa maîtresse, occupe autant de place que l’initiation sexuelle.Vient ensuite, quelques années plus tard, le procès d’Hanna, qui se révèle avoir été autrefois membre des SS et surveillante dans les camps de concentration: Michaël, devenu étudiant en droit, s’y voit envahi de toute la complexité des rapports entre sa génération, celle née à la toute fin ou juste après la guerre, et la précédente, celle qui fit le nazisme, les camps, la guerre.Vient ensuite une forme de résolution de ce contentieux, par un mélange de confrontation, de certains éléments de sympathie (car derrière le rituel de lecture et le cheminement général d’Hanna se cache un secret terrible et pathétique) et de refus.Le personnel et le collectif Ces rapports ambivalents, toujours multiformes, autant personnels que collectifs, étaient un propos nécessaire pour Schlink, qui cherchait justement à apporter ses nuances sur une époque qui tend à être traitée tout d’un bloc, dans son pays: «Nous avons grandi avec des perspectives tout en noir et blanc.Mais ce serait trop facile.Si tous ces gens étaient des monstres, des barbares, alors que nous sommes des gens civilisés, ça rend nos vies plus faciles.Mais les choses ne sont pas si simples.» «Nous n’avons entendu parler que de ça — la guerre et l’Holocauste — en Allemagne, poursuit-il.Mais Le Liseur est un des premiers livres à traiter de la réaction de ma génération à ces choses.C’est ce qui a frappé les gens, en Allemagne: qu’un membre de cette génération d’après-guerre fasse savoir ce qu’elle ressent, comment elle fait face au passé.On a pu croire qu’il suffisait de documenter cette époque, d’en livrer les faits historiques pour bien en rendre compte.Mais ce n’est pas suffisant.La littérature permet d’en livrer des aspects plus personnels.» Nations, Identités et Littérature Partais €©mmm@s Présenté à l’occasion des Journées nationales de la culture par l’IInion des écrivaines et écrivains québécois, en collaboration avec la section québécoise de la Writers’ Union of Canada, animé par Jacques Folch-Ribas, entouré de François Charron.Andrée Ferretti, Linda Leith, Gilles Marcotte, Émile Ollivier, Serge Ouaknine.Le dimanche 28 septembre, à 15 h, à la Salle Marie-Gérin-Lajoie (Université du Québec à Montréal, métro Berri-UQAM) entrée gratuite l_J NEQ I ninn des écrit aines el écrivains québécois The Writers’ Union of Canada i » + i.!•: i) !•: v o i it .i.e s s a m e d i E T I) I M A N Il E 2 K S V.I* T E M It II E I !) !) 7 I) 2 BARBER Les dangers du «contrôle monopolistique actuel de l'information et de l'imaginaire» ii SUITE I)E LA PAGE I) • Sa partie sur McWorld s’avère très convaincante, bien qu’elle semblera convenue au lecteur averti.McWorld, c’est la face kitsch de l’Amérique.Mais Barber va plus loin que la dénonciation courante du mauvais goût reflété par la «culture globale».En entrevue, il avoue même qu’il «aime la culture populaire».Son souci est plutôt d’alerter le monde des dangers du «contrôle monopolistique actuel de l’information et de l'ima-’iiiaire» par des firmes américaines, tien sûr, le risque semble réel, quand lit le regarde du côté des fusions de iis les domaines de l’information is notre ère numérique.Et l’on com-nd ainsi la sympathie que Barber lifeste à l’égard de l’exclusion cultu-)le à la française, c'est-à-dire la justifi-pon d’un protectionnisme culturel.A* I)u côté de Djihad, le sac est gros et, ifiîsons-le, il déborde: on y trouve pêle-l^qele nationalisme, patriotisme, sépara-:tÇme, intégrismes musulman et chré-jfiifrn, etc.L’analyse est rendue floue par ¦Knécessité de coller à cette notion trop jftroite pour embrasser des phénomènes si nombreux.Par exemple, aprè s avoir cité le groupe allemand «*ink et néo-nazi Endstufe se plaignant Sp la dégradation de leur nation sous leffet du McWorld — «Y aura-t-il ja-’Jitais, de nouveau, une Allemagne où il ‘{(fille la peine de vivre» — , Barber se permet d’extrapoler.«Aujourd’hui, Écrit-il, les forces que j’identifie avec Dji-jbàd exigent avec fracas de savoir s'il y aura jamais une Serbie, des Flandres, ijÿj Québec, une Ossétie, un Tutsiland ou Ope Catalogne où il vaille encore la pei-tt de vivre.» * ' Désinvolture de l’analyse, qui atteint ijes sommets dans quelques pages Cpnsacrées spécifiquement au Québec, Considéré comme le «North America's toost dramatic case of separatism» (j’uti-Ijse le texte original pour rendre les flpances de l’auteur.) Barber y décrit fcs «Canadiens francophones» comme âne «diaspora française» (?).Cela lui permet d’expliquer la volonté libre-échangiste des indépendantistes québécois, cette djihad à ses yeux paradoxale parce que majoritairement en çiveur du libre-échiuige.Toutes les diaspora, prétend-il, comme les «Chinois fablis outre-mer ou les Juifs vivant hors ml», ont noué «des relations amicales ‘fructueuse avec McWorld».«Leursécu-?réside dans l’adoption d’un McWorld erdépendant dans lequel les cultures LE NOUVEAU ROMAN DE CLAUDE JASMIN L'HOMME DE GERMAINE ¦¦ 4 l'homme «e «Même vivacité de l'écriture, même simplicité de l'architecture narrative, même génie du rythme, tout y est; mais en plus poli, plus coulant, plus efficace sur le plan dramatique que le déjà ancien Pleure pas, Germaine.» Réginald Martel, La Presse LANCTÔT LIVRES- maternelles peuvent trouver leur légitimité.» Barber poursuit son analyse en la centrant sur «l’hypocrisie» de cette djihad, qui ignore non seulement le peuple Créé, mais aussi «le million de francophones hors Québec».Il écrit, et je cite, que «les Acadiens vivent bien, le long des rives de l'estuaire du Saint-Laurent, depuis près de 400 ans».Il évoque par la suite une dispersion («dispersai») en l’assimilant presque à du tourisme en Louisiane.Bref, la lecture de ce passage est «grandement dérangeante»! Barber termine par une description sans nuances des menaces de balkani-sation que le Québec fait planer sur le Canada.En bas de page, deux courtes références.Une à un article du New York Times sur les succès du bilinguisme canadien et l’autre à Blood and Belonging (Viking, 1993) de Michael Ignatieff (historien, auteur et journaliste en Angleterre, ami de Pierre Trudeau), avec, pour tout commentaire: «du fait qu’il est Canadien de naissance, lia] partie de son livre [portant sur le Québec] est la plus convaincante».J’ai fait valoir à Barber que Ignatieff, comme Canadien de Toronto, ne pouvait être impartial et qu’il aurait été nécessaire de consulter des sources de toutes les tendances pour rendre compte justement de la «djihad québécoise».L’auteur, mal à l’aise, répondit avec un sourire gêné.Voulant esquiver ma critique visant la méthode, il se mit à insister sur le fait que la Djihad et le McWorld ont «des vices et des vertus» et que «les Québécois ont compris que l’E-tat-nation multinational était, à notre époque, trop grand pour la politique et trop petit pour l'économie».N'empêche, les écrits restent.Et parce que l’auteur est Américain, il dispose, pour diffuser ses thèses, de la puissance financière de McWorld: il publie chez Times Books, filiale de la géante Random House.Barber a beau se dire non nationaliste — «mon seul pays est la démocratie» —, il y a aussi une attitude propre aux grandes nations d;uis ce regard surplombant qui se permet de caricaturer à grands traits, au mépris des règles de méthode élémentaires.(Il faut lire les passages sur la Catalogne, sur l’ex-Yougoslavie, où le même empressement transpire de l’analyse.) Enfin, dans la caricature, n’y a-t-il pas une trace de la logique de McWorld: simplifier et colorer, pour atteindre la masse?arobitailledisymputico.ca LA VIE LITTÉRAIRE La passion du livre Les solutions devraient provenir du milieu À la veille d’une politique sur le livre promise par la ministre de la Culture avant la fin de l’année, et alors que le milieu littéraire bouillonne autour de quelques épineuses questions, une bande de passionnés tient depuis un an des rencontres à saveur philosophique autour du statut du livre.Le but?Tenter de donner une autre couleur à l’esprit qui anime le monde littéraire.MARIE-ANDRÉE CHOUINARI) LE DEVOIR Pourrait-on les appeler les «grands esprits» du livre?Nul ne le sait.Mais autour d’une bonne bouteille, animés par la passion de ce qui les occupe au quotidien (ou presque), ils se sont rencontrés quatre fois déjà au cours de la dernière année pour échanger, fort simplement et de manière non officielle, des réflexions sur la situation du livre au Québec.Il s’agit d’un «groupe de réflexion sur le livre et la lecture», et quelques dizaines de personnes, sans y participer chaque fois, sont conviées aux rencontres.L’initiative, est née d’un éditeur (Giovanni Calabrese, Éditions Liber), mais en plus de quelques têtes du monde l’édition pour l’y entourer, ce sont des distributeurs, des libraires, des journalistes, des écrivains et autres représentants de certaines associations et institutions vitales dans le milieu.Lors du dernier rendez-vous estival, il fut ainsi question des désirs très concrets que le milieu souhaiterait exprimer à la ministre de la Culture et des Communications, Louise Beaudoin, à la veille d’annoncer sa politique du livre.Ajout de la clause du prix unique aux dispositions actuelles de la loi 51 (Loi sur le développement des entreprises québécoises du livre), place du livre dans les préoccupations des médias audiovisuels, phénomène de la concentration dans l'univers de la distribution et de la vente au détail, pauvreté du propos littéraire dans les médias, autant d’exemples de sujets pour meubler les conversations.«Nous voulons raviver l’esprit du livre, c’est fort simple, explique l’éditeur Giovanni Calabrese, porte-parole du groupe de réflexion.Parce que cette crise du livre dont on parle et que tout le monde ressent à des degrés divers n ’origine pas simplement de questions économiques.Elle provient aussi de certains égarements reliés à des problèmes vécus sur le terrain et pour lesquels les solutions doivent provenir du milieu, et pas nécessairement des pouvoirs politiques.» Pour augmenter le lectorat, pour améliorer l’état du marché, il faut améliorer notre propre travail, écrivait M.Calabrese en guise de préambule à l’une de ses rencontres.«On aura beau avoir la plus belle politique du livre qui soit, si personne dans le milieu ne dialogue, qu’il s'agisse de libraires ou de bibliothécaires, d’écrivains et de journalistes, de professeurs ou de distributeurs, ça ne donnera rien», explique l’éditeur.En trame de fond et pour alimenter les débats, le Québec, écorché au passage pour la pauvreté culturelle à laquelle il est associé.La politique et l’éducation y sont pour quelque chose et des modifications importantes sont de mise pour rehausser le statut du livre dans les habitudes des citoyens.«Mais certaines faiblesses de l’état actuel du livre pourraient être corrigées et cette correction pourrait venir du terrain», explique le porte-parole du groupe.Pourra-t-on palper les résultats d’un tel remue-méninges?Pas dans l’immédiat, explique l’éditeur.Mais avec le temps et une circulation de plus en plus grande des idées véhiculées, et ce, à travers tous les secteurs de la grande chaîne du livre, la machine se dérouillera peut-être un peu.Le Salon du livre ancien La première œuvre d’Anne Hébert (Les Songes en équilibre, 1942), dédicacée de l’auteure.La première édition de Bonheur d’occasion de Gabrielle Roy.Une des premières versions d’Ulysse de James Joyce.Des reliures du XIX' à effleurer du bout des doigts.Un des rares exemplaires du Refus global.Un petit catalogue d’art signé Pablo Picasso.Ce genre de littérature est abrité sous le même toit, cette fin de semaine, au Salon du livre ancien de Montréal, dans l’atrium de la bibliothèque Webster de l’Université Concordia.Une trentaine de libraires, la moitié anglophones, l’autre francophones, ont dépoussiéré leurs plus belles pièces et acceptent de s’en départir, au plus grand plaisir des curieux, des amateurs et des bibliophiles.Des livres anciens?Ce ne sont pas des antiquités, au sens propre du terme, mais ils n’auront certainement pas fait l’objet d'un lancement récent, ça c’est certain.«Ce sont souvent quelques-uns des rares livres d’une toute première édition, ou encore un livre classique dans la littérature québécoise et dédicacé par l'auteur», explique Richard Gingras, président du salon, qui en est à sa quatorzième édition.On y a attend de 500 à 600 personnes par jour, certains au rang des experts, collectionneurs de ce type de livres, à la recherche d’un ouvrage ayant fait jaser et devenu au fil des ans un titre à étaler sur un rayon de sa bibliothèque.«Ça peut être un livre pour lequel on a eu une affection particulière et que l’on cherche à retrouver depuis des années», poursuit M.Gingras, propriétaire d’une librairie de livres anciens, la librairie Le Chercheur de trésors.A travers les titres d’un autre âge — valeur: de 15 $ à 15 000 $! —, les bouquineurs peuvent donc déambuler jusqu’à ce moment où ils mettront la main sur la perle rare.Et c’est parfois à contrecœur — mais tout de même avec plusieurs liasses de dollars en échange — que les libraires, eux aussi constamment à la recherche du plus précieux d’entre tous les précieux, laisseront s’envoler le livre qu’ils auraient peut-être souhaité pouvoir garder un peu plus longtemps.Donne-moi un beau livre! Le théâtre Espace Go répète sa collecte de livres Donne-moi un beau livre!, expérimentée avec succès l’an dernier.Jusqu’au 1er novembre, aux heures d’ouverture de la billetterie et également les soirs de représentation, le théâtre recueille des livres — «en parfait état» — pour les jeunes de zéro à seize ans, qu’il s’agisse de romans, de contes, de bandes dessinées, d’encyclopédies ou de dictionnaires.C’est La Maison des Enfants qui s’occupe ensuite d’acheminer les trésors aux petits.L'Espace Go espère une montagne de 5000 bouquins.SCHLINK L'origine de l'anecdote i DISQUES COMPACTS, LIVRES, CASSETTES, DISQUES, BD OUVERT 7 JOURS 10hà22h 3694 St-Denls, Montréal Choix et Qualité 713 Mont-Royal Est, Mil Métro Sherbrooke 849-1913 Métro Mont-Royal 523-6389 SUITE DE LA PAGE D 1 Des aspects tout aussi fondamentaux que ceux rendus par les livres d’histoire, comme semblent bien en témoigner les quelque 200 000 exemplaires vendus en Allemagne de Der Vorleser — grâce à une critique favorable et abondante, mais là aussi par une bonne part de bouche à oreille.Schlink et toute sa génération se retrouvent certainement bien dans le dilemme que vit Michaël dans Le Liseur quand il apprend les actes passés de son ancienne maîtresse: «Je voulais à la fois comprendre et condamner le crime d’Hanna.[.] Lorsque je tentais de le comprendre, j’avais le sentiment de ne plus le condamner comme il méritait effectivement de l’être.Lorsque je le condamnais comme il le méritait, il n’y avait plus de place pour la compréhension.[.] Je voulais assumer les deux, la compréhension et la condamnation.Mais les deux ensemble, cela n’allait pas.» Ce genre d’hésitation fondamentale fait, pour Schlink, partie de l’évolution considérable du rapport des Allemands d’aujourd’hui avec leurs prédécesseurs: «Dans les années soixante ou soixante-dix, il y avait un conflit entre les générations au milieu duquel s'installait la question du passé allemand.Accuser les aînés avec cela, c’était une tentative de gagner la guerre des générations.Les condamnations avaient quelque chose de facile, de mesquin.On ne voulait pas comprendre.Le simple fait de refuser était suffisant.Il faut bien dire que nombreux étaient ceux, parmi nos pères, qui avaient été suffisamment horribles pour ça.Aujourd'hui, toutefois, je ne suis plus en conflit avec la génération précédente.Je suis moi-même le père d’un homme de vingt-cinq ans.XYZ éditeur • Collection Les grandes figures L'HISTOIRE comme un ROMAN Les ROMANS de IHISTOIRE K-V Nul doute que si j'enseignais l'histoire au secondaire ou même au niveau collégial, je n'oserais priver mes élèves de ces perles qui viennent enrichir le patrimoine québécois.Simon Dupuis,lurelu LESCARBOT LE CHANTRE DE l ACADIE tri LOUIS-MARTIN TARD Marc Lescarbot Le chantre de l’Acadie Biographie romancée 192 p., 15,95$ YOLAINE LAPORTE Marie de l'Incarnation Mystique et femme d'action Biographie romancée _J// 192 p„ 15,95$ (INCARNATION -Ta £• = MYSTIQUE HUMMED ACTION XYZ VA iTirri ill fi » tm» A»n ou Canada sinci 19(7 tu run I9f7 2818® Rédial-poésie Tliéâtre Panninou, 150.boul.Bois-Francs, Victoriavillc, (819) 7584)577.13188-17100 Poème» en direct.Création d’une banderole géante de poèmes et exposi- - Émrismeet poésie U Maquicm.323.n*des Foige* CoûnlO,00$.Réser (819)3794)235.tion de tous les poèmes des concours faits dans les écoles et les groupes de l'Age d'or.Place de l'Hôtel de ville.ACTIVITÉ FAMILIALE.TOUS LES POÈTES PRÉSENTS.I c s.umili I I octobre 28130 Le Nouwd ensemble à cordes.Le Maquisart, 323, me des Forges.Sous la direction d'Alain Perron.Pièces de Takemitsu, Mather, Somers, Hétu, Dvorak, Chan et Prévost.Coûc 17,50 S.Réser.: (819) 379-0235.16138 Performance: danse-poésie in situ.De Corpus Rhésus Danse, 946 rue St-Paul, local 205.(819)693-9666.I c lundi G oiiohrc llltS Hommage à Pélix Ijdtrr arec Dan id Roberge.Le Maquisart.323.ne des Forges.Cote 4,00$ TTC Rêver.: (819) 3794)235.Irois-riviSres 10138 Récital de poésie.Gag:unt(e)s du concours du Conseil de l'Age d'Or de la Mauriac et temise des prix.Centra culturel.1425, place de l'Hôtel de ville, (819) 374-5774.(188 Viàai de poésie Calé la Pêne Angcfeœ, 39, Ch (fa Low\ St-Ûc-tkOroon, (819) 268-3393.28188 GRANDE SOIRÉE DE LA POÉSIE.Centre culturel de T-R., 1425, place de l'Hôtel de ville.Coût: 6,00 $ TTC.Réser.entre 1 lhOO er 18H00: (819) 380-9797.30 poètes sur scène.Animation: Michel Garneau.Diffuseur officiel: Radio-Canada MF.revue de poesie 2813® TlxSm-poàtCanpTxSoeNû-peler «Mélanges posthumes».Et les mélanges — dirait Spinoza — ressemblent à des mélanges.11 aurait fallu publier chez Guérin un livre doré sur tranches parce que Gaston Miron (dixit Robert Saletti) a eu droit à des funérailles nationales.Curieux raisonnement qui part d’une prémisse douteuse pour tirer une conclusion nécessaire.Il faudrait demander à Gaston (du haut du ciel) si ce que «Guérin a fait» — sans subventions et sans quête publique — lui rend justice.«Opération bâclée» écrit Robert Saletti.Il n’est pas nécessaire, ici, d’être Sigmund Freud pour traduire le message caché sous l’expression cliché: Guérin, encore une fois, par son travail, nous coupe l’herbe sous le pied avec nos projets subventionnés concoctés dans des chapelles qui sont en même temps des lieux de magouille.(.) Je m’en voudrais de ne pas remercier les collaborateurs de ce livre d'Adieux à Gaston qui ont fait preuve de grande générosité envers Guérin tout en respectant nos délais de publication.Je me tais pour respecter la mémoire de Gaston Miron et sachant «qu’il faut au moins 20 ans de cercueil pour parier librement d'un écrivain disparu» (Bernard Frank).Les Adieux du Québec à Gaston, ce n’est jias une question plastique, c’est une question d’honneur.J’avais contracté envers Gaston une dette minime.J’ai payé ma dette, comme auraient fait mes ancêtres et les siens.Marc-Aimé Guérin Président-directeur généra! Guérin, éditeur NDLR—Blitzverlag.édition rapide S E l> T E M 1$ It E I !» !) 7 I.E I) E V (II It .I.K S S A M E I) I - 7 E T I) I M A X C ME 2 8 LIVRES LE FEUILLETON Laetitia ou l’ardeur profane AMOUR NOIR Dominique Noguez éditions nrf Gallimard, coll.L’Infini, 1997,181 pages « Ü en arrive a croire aujourd'hui de temps en temps que l’amour ne peut rien être d’autre qu’un droit volontairement donné à l'objet que l’on aime de nous tyranniser», écrivait Dostoïevski dans ses Carnets du sous-sol.C'est sous cette épigraphe que s’inscrit tout entier ce terrible et intense roman d’amour et de passion qui, à aucun moment, ne lésine sur la dépense — amoureuse aussi bien que littéraire.Ce qui est suffisamment rare, dans la vie comme en littérature, pour que nous tirions notre révérence à son auteur, Dominique Noguez.Car ce récit, qu’il soit celui d’une aventure qu’aurait jadis connue l'auteur, ou d’une autre qu’il aurait rêvé d’avoir, quitte à s’inspirer, en les transformant, des amours jamais accomplies qui parsèment toute vie d’homme, sonne vrai.Et en plus de sonner vrai, il est remarquablement écrit.Une fatale cristallisation amoureuse Qui n’a déjà éprouvé la fascination de la beauté comme une sorte de poison ou de drogue pour laquelle on serait prêt à toutes les folies?C’est ce qui arrive à notre narrateur un soir de drague sur la place du casino à Biarritz, lorsqu’il tombe sous le charme d'une Martiniquaise qu’il vient de croiser.Alors qu’il la suit, la perd, la retrouve, la perd de nouveau — c’est une «effigie fuyante, trop vive» —, la voilà enfin qui l’interpelle, «assise sans vergogne sur la capot d’une voiture [.] me regardant tranquille et souriante.» A peine les présentations faites, il apprend, de la manière la plus naturelle du monde, qu’elle participe à des chorégraphies pornos au Cheval Bleu.Elle lui refile même une cassette sur laquelle on peut la voir à l’ouvrage, «tout d’une pièce, vaillante, énergique, jouissant de tout son être, les lèvres un peu retroussées sur ses dents serrées, les yeux bien ouverts, la sueur perlant sur ses tempes, toute à sa besogne, toute livrée — toute perdue pour moi.» Cette entièreté, cette sensualité ardente, c’est bien ce qui la distingue radicalement des autres, occupés à faire semblant, à jouer la partie contre le tout, avec cet air de ne pas y être bien connu des amateurs de porno.Fétiche, idole, icône, cette femme, avec «cette façon de ne pas se ménager» est sans doute ce qui va le plus rapprocher le narrateur de cette chose impossible qu’est le paradis amoureux.mais surtout lui faire connaître son envers: la souffrance indicible de ne pouvoir garder pour soi ce qui est la vie même, la joie qui éclaire la vie et la métamorphose.Vous l’aurez compris, il ne s’agit pas d’un roman porno, mais bien d’une histoire d’amour moderne, où le sexe n’est pas traité de manière pudique pas plus qu’il n’est associé au péché ou à la déchéance.«Im littérature amoureuse, précise le narrateur, navigue toujours entre la métaphore un peu trop riche et le con-cul-bite; je préfère la métaphore.» C’est dire qu’il y cherche, à travers l’expérience charnelle et amoureuse, un moyen de dépasser sa propre finitu-de et d’exalter son sentiment d’infini.Et comme M.Noguez est un brillant esprit (agrégé de philosophie, docteur en esthétique), fort averti en matière de littérature, d’art, de cinéma aussi bien que de psychanalyse, le récit qu’il nous donne s’accompagne d’une analyse extrêmement fine du désir amoureux et des affres de la passion quand celle-ci n’est pas partagée (on pense, bien sûr, à l’amour de Swann pour Odette; et il y a en effet du Proust chez Noguez.).Comme les chats Car Laetitia est incapable de lui sacrifier quoi que ce soit de sa liberté et même de son amour.«Je suis comme les chats, m’avait-elle dit un jour.Quand ça va, je pars.Je reviens quand ça ne va pas, quand j’ai faim ou sommeil.» Elle le trompe donc, lui pose des lapins, disparaît soudainement pendant des semaines, l’accuse, le persécute, a des mots extrêmement cruels pour lui, le relance quand elle en a besoin avant de le tromper à nouveau, bref, lui rend la vie impossible.Malgré tout, l’amoureux tient le coup et, même, en remet.Pour rien au monde il ne voudrait être privé de la passion de sa vie! On est ici tout près du masochisme, de la passion souffrante, du désir de s’abolir au profit de l'autre, de se faire tout petit.Mais n’est-ce pas le propre même du désir de ne pouvoir être comblé par son objet, et quand il le trouve, de ne pouvoir se l’approprier, en faire un Jean-Pierre Denis ?Une analyse extrêmement fine du désir amoureux et des affres de la passion bien durable, fixe, thésaurisable?La nature même du désir n’est-elle pas la fascination pour ce qui fuit et se dérobe, relançant à l’infini la quête?Le narrateur a beau savoir que ce n’est pas l’amour qui guide la jeune Laetitia, mais l’intérêt (un loyer gratuit, par exemple), il a beau entendre de sa bouche des mots qui devraient l’alerter, voir des signes qui disent son absence d’amour, parfois même son mépris, littéralement il ne veut rien savoir.Cela pourrait conduire à un roman bébête où les positions sont nettement polarisées, où l’un fait souffrir l’autre sans aucune réciproque ni, surtout, sans qu’aucun apprentissage n’ait lieu.Une sorte de roman masochiste, quoi.Eh bien non, la souffrance est ici initiatrice, elle guide la victime non pas vers la suppression de la cause de la douleur, mais bien vers l’exhaussement du don, de la générosité à l’égard de celle qui la procure.«Tout le bonheur, pensais-je, est dans notre capacité d’aimer sur-le-champ de toutes nos forces, c’est tout ce qu’il nous restera plus tard, au moment de la nostalgie.» Et cela ne va pas sans une transformation intime, un changement profond de l’être qui souffre.Cela ne va pas non plus sans parades et sans leurres quand la réalité se met à crier trop fort qu’on n’est pas aimé.«Ainsi étais-je triste, sans plus, tièdement triste, ne souffrant guère, capable, tantôt de penser très sérieusement à lui réclamer les clefs de l'appartement, tantôt de laisser une certaine fierté piquée prendre le dessus — et alors il n'était plus question de rien lui réclamer: il ne s'agissait que de lui signifier par mon silence que je pouvais fort bien me passer d’elle, de suggérer même, par cette indifférence affectée, que c'est à peine si je m’étais aperçu de son absence.» Mais rien n’y fait.Et si l’amour est une guerre, il faut la gagner! «C’est alors, je crois, alors qu'elle semblait à jamais “perdue pour moi", comme disait Nerval de son Aurelia, que ma détermination à me battre fut paradoxalement la plus grande et la plus lucide, je devrais dire la plus joyeuse.» Nous pourrions aussi ajouter la plus insensée, la plus romantiquement inutile.Des scènes de cinéma flottent dans sa tête (Rendez-vous de Téchiné, India Song, un James Bond où l’on voit Ursula Andress sortant de l’eau tout habillée, mais aussi Les Ripoux.) qui l’aident à se représenter son amour et sa perte.Dix ans après la rupture, il sent la nécessité de la retrouver.Il la poursuit jusqu’à Montréal, l’arrache à un obscur bar de strip-teaseuses de la rue Sainte-Catherine et la ramène à Paris.Mais I^aetitia n’a pas changé.Quelques mois plus tard, elle meurt d’un accident de moto avec son amant.L’amour est bien un théâtre où l’on se fait du cinéma avant d’en faire, parfois, de la littérature.ESSAIS QUÉBÉCOIS Donner lieu à la mémoire VENIR EN CE LIEU Roland Bourneuf L’Instant même, Québec, 1997,207 pages UN PÈLERIN À VÉLO Récit initiatique d’un voyage à Saint-Jacques-de-Compostelle Louis Valcke Triptyque, Montréal, 1997,193 pages Une volonté de lire les lieux comme des symboles Qui ne se souvient d’un lieu particulier de son enfance où il a grandi, d’un paysage de vacances mémorable dont il s'est imprégné, d’un voyage initiatique où il a mûri?C’est que nous sommes tous, à des degrés divers mais inévitablement, habités par des lieux.Ceux-ci nous informent de l’état des choses, mais, davantage encore, nous forment.L’espace est la stature de Dieu, a prétendu un écrivain.L’expérience de l’espace, dans cette logique, a quelque chose de mystique.Elle nous permet d’insérer notre âme dans la réalité physique.Mais pour constituer, devenir, une expérience à part entière, les lieux doivent être assimilés, digérés, doivent transgresser le banal, d’où la nécessité de les représenter, de les arracher à leur mort quotidienne.D’où l’art, forme privilégiée de la mémoire des lieux, conjonction esthétique de l’espace et du temps.Nous lisons Balzac et nous connaissons Paris, nous contemplons Les Cathédrales de Monet et Rouen nous devient familière, sans que l’on y ait mis les pieds.Mais l’art ne s’oppose pas au réel, il s’y superpose.Avoir réellement vu Paris ou Rouen, avoir connu d’autres lieux que ceux immédiats que l’on fréquente tous les jours, ne peuvent que nourrir cette expérience de l’espace que nous faisons quand nous «entrons en art».La fréquentation des oeuvres n’empêche pas les voyages, les déplacements, les dépaysements concrets.Il arrive même qu’elle les stimule.La mémoire des lieux C’est précisément de cette confrontation de l’expérience personnelle et de l’expérience artistique qu’est né Venir en ce lieu.Professeur de littérature, Roland Bourneuf a déjà écrit un essai critique sur L’Univers du roman.Passé au genre narratif, il a publié ces dernières années deux recueils de nouvelles — Chronique des veilleurs et Mémoires du demi-jour— et un roman — Le Chemin du retour— qui laissent peu de doute sur les préoccupations de leur auteur pour le temps qui passe et la mémoire des lieux.Venir en ce lieu est un essai littéraire qui conjugue la réflexion sur l’espace et le récit de voyage, et qui tente de répondre à la question de savoir ce qui fait que des paysages nous accueillent ou nous absorbent, sont propices à la méditation ou réveillent en nous des souvenirs enfouis, bref nous rendent heureux.Composé de vingt-quatre courts chapitres qui sont autant de «stations», de pérégrinations, dans la vie d’un intellectuel, Venir en ce lieu est, selon le mot même de l’auteur, une sorte de topographie spirituelle.Cela commence logiquement avec le rappel de l’enfance auvergnate, une période paradoxalement marquée par un rapport indirect à la réalité, les circonstances familiales, la maladie et la guerre empêchant l’auteur d’explorer librement le monde extérieur et l’incitant au repli intérieur.S’opposent dans ce monde enfantin la violence des routes — dont la Nationale qui passait devant la maison — et la douceur des sentiers qui mènent au bois ou à la montagne.Mais très vite, le lecteur comprend que le propos de Roland Bourneuf n’est pas de ressasser les souvenirs de jeunesse.Le chapitre sur les jardins, par exemple, s’il permet de rappeler affectueu- Roland Bourneuf VENIR EN CE LIEU I ',’!/>/.Ht! Ht: l/.'t sement la passion horticole du père, est surtout une méditation à la gloire de la bêche et du sécateur, une ode à la qualité du regard que suppose la passion de jardiner.Le chapitre sur les maisons constitue moins une évocation nostalgique de la propriété familiale qu’une occasion de faire valoir la nécessité de rompre un jour la quiétude du foyer et partir.Les lieux choisis par M.Bourneuf ne sont pas anodins et trahissent quelquefois une certaine mélancolie, un certain refus de la vie sociale.Ainsi en est-il d'endroits isolés, fermés au monde, comme les principautés — «symboles d’un style d’être qui refuse les emportements idéologiques»-ou les îles — images minimales de la vie qui «s’entretient simplement, sans s’accroître, par la loi de l’espèce et de la nature».Les lieux choisis reflètent aussi clairement un besoin de spiritualité, une volonté de lire les lieux comme des symboles, comme le montrent à l’évidence les réflexions de l'auteur sur les sanctuaires, les églises et les lieux de pèlerinage (Lourdes, Compostelle, Jérusalem).Mais les passages les plus réussis sont ceux, me semble-t-il, qui traitent de la matière même des lieux fréquentés, des «matériaux» comme la pierre, le sable, les arbres, et des lieux auxquels ces matériaux donnent naissance comme la montagne, la plage et la forêt.Les passages où l’essayiste fait corps avec le géographe et le géologue.Mis bout à bout, les lieux de cet essai décrivent une quête spirituelle, une exploration du monde des symboles spatiaux que l’homme s’est donné pour parler des dieux et aux dieux.Les lieux décrits n’ont pas été rencontrés par hasard.L’auteur voit dans la mosaïque qu’ils composent «le fruit d’une secrète nécessité, d'un appel réciproque».Il ne faut donc pas s’étonner que l’idée de la mort soit présente un peu partout dans ce livre, en filigrane ou explicitement, de la dédicace au fils décédé aux errances dans les cimetières.Les lieux de nos vies doivent alors être compris comme un immense mémorial nous protégeant de l’angoisse trop vive liée à l’ultime départ Venir en ce lieu est une œuvre qui s’apprivoise petit à petit, qui se gravit patiemment comme une montagne sauvage.Qui s’absorbe lentement.Comme un paysage inattendu, justement.Sur les traces de la chrétienté Un Pèlerin à vélo de Louis Valcke présente d’étranges similitudes avec Venir en ce lieu.Outre que M.Valcke soit d’origine européenne (belge en l’occurence), qu’il ait été professeur d’université et qu’il aime la peinture de Van Eyck comme M.Bourneuf, la même perception du voyage comme périple initiatique prévaut chez l’un et chez l’autre.Sauf qu’ici le vélo a remplacé la marche et le récit, la méditation.Et que ce qui constituait un exemple parmi d’autres chez M.Bourneuf — Saint-Jacques-de-Compostel-le — devient ici l’objectif premier du voyage.Un Pèlerin à vélo est le journal de voyage détaillé d’un homme d’âge mûr, cultivé, croyant mais non crédule, qui traverse la Belgique, la France et l’Espagne moins dans le but de prêter gloire à St-Jacques ou au Seigneur que de faire ressurgir tout un pan de l’histoire de la chrétienté et de l’art médiéval.On ne trouvera guère de réflexions profondes ou élaborées sur le sens du pèlerinage dans le livre de M.Valcke.A l’origine, le pèlerin était un voyageur, un étranger, celui qui n’avait plus de chez lui et qui en cherchait un.Aller en pèlerinage veut dire partir, rompre avec ses habitudes, aller vers un ailleurs nécessaire, une source lointaine, vers un avenir.Mais cela, c’est Roland Bourneuf qui le dit dans son chapitre sur les sanctuaires.Le livre de Louis Valcke, lui, illustre à merveille cette démarche.rosal@videotron.ca Robert Sale tti ?Al 1 «I 832 pages 39 $ (lOUAHORVmiRS Andrés, Bernard, Université du Québec à Montréal Belle mare, Madeleine, CÉGEP de Saint-Laurent Bérard, Sylvie, Université de Toronto Blouin, Louise, Collège de Rosemont Bonin, Aurélien, Université Laval Dion, Robert, Université du Québec à Rimouski Horion, Gilles, Université Laval Fortin, Nicole, Collèges de Llmoilou et François-Xavier Garneau PANORAMA DE U LITTÉRATURE a a CONTEMPORAINE 1967-1997 Sous la direction de RÉGINALD HAMEL (il CRIN \oHié Fournier, Marcel, Université de Montréal Gagnon, Serge, Université du Québec à Trois-Rivières Godin, Jean Cléo, Université de Montréal Hamel, Reginald, Coordonnateur de cet ouvrage, Université de Montréal Laroche, Maximilien, Université Laval Le Blanc, Benoît, Radio CIBL-FM Legris, Renée, Université du Québec à Montréal Lemire, Maurice, Université Laval Leroux, Georges, Université du Québec à Montréal Lever, Yves, CÉGEP Ahuntsic Lord, Michel, Université de Toronto Molsan, Clément, Université Laval Nadeau, Vincent, Université Laval Paillé, Michel, Démographe au Conseil de la langue française Péan, Stanley, Université Laval Rlendeau, Pascal, Université de Montréal Robert, Lucie, Université du Québec à Montréal Saint-Gelals, Richard, Université Laval Samson, Jacques, CÉGEP Maisonneuve Têtu, Michel, Université Laval GUERIN Kz?4501, me Drolet Montréal (Québec) H2T 2G2 Canada Téléphone: (514) 842-3481 Télécopieur (514) 842-4923 Adresse Internet: http://www.guerin.qcca Courrier électronique: francel@guerin-editeur.qcca Les Editions LOGIQUES Denis Monette, romancier »'a -¦ 5 »; A ' ‘ i» 592 pages Adèle et Amélie 544 pages Marie Mousseau 1937-1957 :¦ L 1 % * J 22fif) 352 pages Un purgatoire 600 pages Les Bouquets de noces 346 pages Les Parapluies du Diable Distribution exclusive LOGIDISQUE 1225, rue de Condé ~Tél.: 933-2225 Fax : 933-2182 logique@cam org http://wvwv.logique.com L K P E V 0 I R , L E S S A M EDI 27 E T I) I M A N (' Il E 2 K S E I’ T E M IS It E I !) !» 7 - LIVRES- HISTOIRE Revivre l’histoire Du Québec d’avant 1960 à Riel et aux Acadiens GILLES LESAGE LE DEVOIR HISTOIRE POPULAIRE DU QUÉBEC : .; Tome 4: de 1896 à 1960 Jacques Lacoursière Septentrion, Québec 1997,416 pages Comme les précédents, le quatrième tome de l’histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière, obtient un vif succès.populaire.Fort mérité.De l’élection de Laurier à Ottawa, en 1896, à la mort de Duplessis, en ' 1959, ce vulgarisateur hors de pair nous fait un récit passionnant des petits et grands événements qui ont jalonné et modelé l’évolution de la province de Québec.En une vingtaine de chapitres, avec des sources vives — notablement des articles de journaux, déclarations et discours —, il donne la parole aux principaux acteurs d’une époque qui, comme toutes les autres, a connu ses heures de gloire et de misère.De son Style vif et alerte, le chroniqueur aguerri par trente ans de métier nous fait partager le plaisir qu’il éprouve, manifestement, à décortiquer, et à rendre compréhensible au profane, aussi bien la question scolaire que le problème linguistique, la conscription, d’une guerre à l’autre, les promesses solennelles non tenues, les tribulations du nationalisme et autres épisodes palpitants de notre «épopée en Amérique».Ceux qui ont suivi la série télévisée de l’hiver dernier à Télé-Québec ou qui la verront cette saison à TVA trouvent dans ce tome, comme dans les précédents, beaucoup de plaisir à dé-: nouer, avec le conteur-né qu’est M.La-coursière, le fil d’une histoire bien plus complexe qu’il n’y paraît à première vue.Par exemple, si la période d’avant ï 1960 n’est pas exempte de petites et < grandes noirceurs, elle n’est pas non .plus le désastre total ou le cauchemar j absolu que certains se plaisent encore -.à caricaturer.Pièces à l’appui, l’auteur en témoigne allègrement, sans prendre parti et sans faire la morale.Ce qui ne l’empêche pas, comme quiconque connaît bien son sujet, de faire un peu d’humour ou de lancer quelques flèches bien ciblées.Par exemple, au terme d’une virulente dia- ARCHIVES LE DEVOIR Maurice Duplessis tribe d’Henri Bourassa contre le premier ministre Laurier—en septembre 1910, à propos de la Loi de la Marine —, l’historien ne peut que conclure vivement «Vraiment, le grand Bourassa, le fondateur du Devoir, ne dédaignait pas faire appel à la démagogie pour [faire] mousser ses idées!» L’historien émérite Jean Hamelin, qui a épluché et préfacé ce quatrième tome, note que, fidèle à lui-même, Jacques Lacoursière ne se perd pas en longues considérations sur les transformations du pays réel et du pays symbolique.«Il les évoque, y réfère, sans plus.Son projet est tout autre.Il préfère décrire comment ces transformations sont perçues et vécues au jour le jour, tant par les individus que par les groupes sociaux.Il utilise une méthode qu’il a bien rodée au fil des ans.Son récit, qui met en scène des personnages et des événements, s’appuie sur une trame rigoureusement chronologique.Autant de petites touches impressionnistes qui transportent le lecteur dans une autre époque et le font participer et vibrer à des événements, des conflits, des rêves qui ont façonné son présent.» «Une ère nouvelle commence.» Tels sont les derniers mots de ce quatrième et dernier tome, qui s’arrête à la mort de Duplessis, au moment où «l’équipe du tonnerre» de Jean Lesage s’apprête à prendre le pouvoir.L’auteur relèvera-t-il le défi d’un cinquième tome qui raconterait la modernisation et l’affirmation du Québec?«Ce serait beaucoup lui demander, note Jean Hamelin, avec raison.Souhaitons, cependant, que l’équipe du Septentrion ait l’initiative de publier une chronologie détaillée de la période contemporaine, qui serait une sorte d’annales de la mutation de la société québécoise.» En attendant, les auditeurs de la radio de Radio-Canada à Québec (CBV) ont le privilège — le dimanche matin, de 7h à 9h — d’entendre l’historien Lacoursière développer avec vivacité les péripéties et les éphémérides de la petite histoire, celle qui tisse la grande, ou prétendue telle.L’ACADIE, DE 1686 À 1784 Contexte d’une histoire Naomi E.S.Griffiths Traduction dq l’anglais par Kathryn Hamer, Editions d’Acadie Moncton, 1997,136 pages Voici la traduction d’un ouvrage, d’abord publié en anglais par McGill-Queen’s University Press, qui mérite amplement d’être lu par tous ceux, et ils sont nombreux, qui s'intéressent à la survivance acadienne.A l’évidence, la professeure Griffiths, de la Carleton University, a étudié avec une grande sympathie l’évolution étonnante de cette «société distincte» (pour reprendre l’expression qu’elle utilise elle-même).Cette monographie, issue de conférences publiques, soulève des questions essentielles, auxquelles elle apporte des réponses, sinon complètes, qui font du moins ressortir le cheminement singulier d’une communauté héroïque à tant d’égards.En ce qui concerne la Déportation en particulier, l’auteure démontre fort bien que les idées reçues tiennent plutôt de la légende que de l’histoire d’un peuple complexe et évolué.La politique anglaise, exécutée par le gouverneur Lawrence, visait non pas l’extermination physique des Acadiens mais la suppression de toute idée de communauté acadienne.«En tant que société distincte, les Acadiens devaient disparaître au sens politique et civique, assimilés parla culture majoritaire.» Mais ce fier «troupeau de réfugiés» cherchait à être maître de son destin, malgré tout.Dès la fin de la proscription, en 1764, le peuple acadien amorça le retour d’exil et la reconstruction de ga communauté.Emergence et survie qui forcent l’admiration.«En terre lointaine ou dans le pays où elle prit racine, il m’est impossible d’oublier l’Acadie», conclut l’historienne qui, heureusement, poursuit ses recherches sur la création, par une poignée d’immigrés, d’une collectivité se reconnaissant comme «acadienne».A bientôt la suite, espérons-le rivement, de cette fascinante histoire, à laquelle aucun Québécois ne saurait rester insensible! ARCHIVES LE DEVOIR Louis Riel RIEL Une vie de révolution Maggie Siggins Traduction de l’anglais par Suzanne Bolduc Québec/Amérique, Montréal, 1997,470 pages Un saut à l’autre bout du Canada pour signaler la traduction d’un important ouvrage, fort bien documenté, sur l’aventure tragique du légendaire rebelle métis Louis Riel.Il était important que cette œuvre, d’abord publiée en anglais en 1994, soit également disponible en français.Car elle apporte elle aussi — un peu comme Mme Griffiths pour les Acadiens — un éclairage nouveau qui dispose de bien des bobards et des vilenies sur le révolutionnaire manitobain.«On le ridiculisa parce qu’il avait fait en sorte que le Manitoba soit inclus dans la Confédération en tant que province et parce qu’il prétendait que les autochtones avaient droit à une place distincte et équitable en Amérique du Nord.» «Même le Québec, qui s'est beaucoup servi de Louis Riel pour ses propres ambitions nationalistes, ne l’a jamais totalement adopté.Il est resté pour les francophones une victime pathétique de la tyrannie du Canada anglais, exécuté injustement parce qu'il était fou.Ce n’est que récemment que notre société a commencé à retirer lentement ses œillères, à abandonner ses préjugés pour en arriver à comprendre, souvent avec choc et étonnement, que les cultures autochtones possèdent leur identité et leurs valeurs propres.» La réhabilitation de Riel est loin d’être complétée.Maggie Siggins y contribue puissamment, nous faisant découvrir «un homme qui fut un véritable philanthrope, qui renonça au prestige et à la richesse pour combattre au profit des opprimés, qui mena une vie de révolution engagée même si ses instincts de conservateur et de dévot n’auraient pas dû naturellement le conduire dam cette direction.» «Ce qui rend Riel si fascinant, c’est qu’il arrivait à composer à la fois avec la culture autochtone et avec celle des Blancs, et qu’il avait une vision des plus claires de la relation de sympathie et d'équité qui aurait pu exister entre les deux.Puissent les Canadiens réaliser un jour cette vision.C’est à Louis Riel que reviendra de droit le crédit de cette réalisation.» Nul n’est prophète chez lui.Mme Siggins rend justice au Che, Guevara des Métis — assassiné par l'État parce qu’il faisait obstacle au développement foncier dans l’Ouest — ainsi qu’aux femmes de sa vie.A lire, même si la traduction me semble malhabile ou déficientei à la lumière des revendications territoriales, d’une toujours brûlante actualité, des autochtones.r LE BOUQUINISTE ^ PIERRE CHAPUS Livres anciens et d’occasion Gravures l’hilo - Littérature - Histoire Arts Canadinnn Les choix dim libraire Aciiai i l Vente 2065, SAINT-DENIS ^ MQNTRtyM 842-9204 J SALON DU LIVRE ANCIEN y JWM'1 \ ¦ ¦• « t ; ¦t Jf- le devoir ADMISSION: 4,00$ pour las doux journées Ctye Fayette MÉDIASPAUL DES LECTURES DE QUMÉ EN VENTE CHEZ VOTRE LIBRAIRE 3 Jean-Louis Trudel Un hiver À Ni GELLE CONCERTO POUR SIX VOIX Collectif Nouvelles 176 p.- 7,95$ Six nouvelles sur le thème de la communication, écrites par six auteurs de la collection «Jeunesse-Pop»: Joèl Champetier, Julie Martel, Yves Meynard, Francine Pelletier, Daniel Semine et Jean-Louis Trudel.LES LIENS DU SANG -1.1 Louise Lévesque Mystère 160 p.- 7,95$ Guillaume a un problème que bien des gens lui envieraient: il vient de gagner deux millions et demi à la loterie.Comment toucher le magot sans partager avec le conjoint de sa mère, surnommé «le crapel»?LES LIENS DU SANG-t.2 Louise Lévesque Mystère 160 p.- 7,95 $ Qui a enlevé Jean-François, le meilleur ami du nouveau millionnaire?Tous les indices pointent vers le vrai père de Guillaume.Mais Richard est-il coupable?Attention: quand Guillaume découvrira la vérité, sa vengeance sera terrible! UN HIVER A NIGELLE Jean-Louis Trudel Fantastique 160 p.- 7,95$ Hiver 1936.Deux adolescents de Nigclle, Berthiaume et Léon, se portent au secours d'une étrangère amnésique.Qui est Isabelle, d'où lui vient celle perte de la mémoire?Cela a-t-il un lien avec l'étrange antiquaire qui a peint son portrait?LITTÉRATURE FRANÇAISE L’amour d’une île Gilles, le traducteur d’Orsenna, rencontre Nabokov DEUX étés .Erik Orsenna Fayard, Paris, 1997,199 pages GUYLAINE MASSOUTRE Le début de l’automne est souvent teinté de nostalgie estivale.C’est le moment idéal pour apprécier Deux étés.Ce roman du royaume des eaux offre un double plaisir de lecture, une mémoire précise et un style humoristique, léger.C’est un bonheur de suivre Orsenna à l’île de B., sur ces «deux morceaux de granit exigus rongés par les courants».Laissez-vous envahir par le génie du lieu, caché dans la bourrasque et l’écume.Jusque dans l’épilogue, de cent manières il vous répétera : «Imaginez la plus vaste des étendues bleues saupoudrée jusqu’à l'horizon de centaines de rochers roses entre lesquels glissent des voiles de toutes formes.Au loin, iïle principale, qui paraît verdoyante, veille sur cette grande famille à fleur d’eau.».Vous êtes en vacances, au milieu des années soixante, dans un tranquille archipel breton, embarqués par des mots tendres pour éprouver une sensation de mer.Dans ce petit paradis, comme le sont toutes les îles romanesques, se serrent quelques familles que le Continent oublie.Jusqu’au jour où débarque Gilles, un traducteur mélancolique, accompagné de nombreux chats.Il rient traduire Ada ou l’ardeur, un roman fameux de Nabokov, sur la commande de son éditeur, Arthème Fayard.Entre les habitants, les vacanciers et lui se noue une relation toute linguistique, métaphorique, car le traducteur, à l’égal d’un corsaire, prétend arraisonner l’anglais, jeter l’équipage du livre à la mer et en arracher le pavillon.L’ouvrage d’Orsenna est un peu décousu.Mais on y goûte le temps qui passe, le mouvement des marées et la lumière changeante.La paresse féline qui s’est emparée du traducteur se communique au narrateur.La lenteur du récit favorise ainsi l’émergence de menus souvenirs désopilants.L’humour y trouve sa place, dans l’élan de tendresse vers le passé.Par exemple, le portrait de Nabokov, assassinant le moral de ses traducteurs à coup de lettres incendiaires, vaut à lui seul la lecture.Il y a là quelques pages propres à consoler de leurs malheurs les valeureux traducteurs qui ne se sentent pas traîtres.Les relations du traducteur avec l’éditeur ne manquent pas de piquant, elles non plus.Deux étés est d’ailleurs dédié à Jean-Bernard Blandenier, lui-même traducteur et agent littéraire de Fayard.Ainsi, au clapotis des eaux agitées de la Manche se mêlent les drôles de mots qu’utilisent les îliens.Le verbe est la richesse du terroir local, qui s’est forgé un idiome auquel chacun contribue sans rien troubler.Pour préserver l’équilibre, une retenue est de mise, et l’écriture d’Orsenna y consent Afin que cette tour de Babel, ancrée au large du cap, ne soit pas noyée par la déferlante, jalouse de tant de liberté.Travailleur de la mer Vue de cette Terre élective des poètes, l’activité urbaine n’est qu’un brouhaha insupportable.Même le prix Nobel y prend l’allure d’une «tonitruante réclame», dont le traducteur est en sorte un maillon de la chaîne de production.Comment ne pas larguer les amarres, quand on goûte infiniment l’ardeur d’Ada, de Nabokov ?Quelles délices de voir ses pages s’envoler, ricocher de trouvaille en trouvaille, rebondir avec la légèreté de son génie légendaire! Ces mots débridés ont le charme des voiles qui croisent, et Orsenna nous les fait observer.Gilles travaille à oublier.Il sait que la traduction assassine.Détournant le geste, il préfère méditer.Et pour accroître son plaisir, il recueille avec application les données microscopiques nécessaires pour suivre en français le savoir encyclopédique du géant romancier.Avec l’ami aux socquettes blanches ou auprès de la voisine un peu ridicule, qui connaît le nom des plantes en anglais, il découvre le monde et reprend confiance en la rie.Il partage enfin sa passion: avec lui, «l’île entière s’était mise à traduire Ada».Ada, fille ardente de Nabokov, existe bel et bien.Avec un pied de nez à la génétique.Mais trouver l’âme errante n’est pas une mince affaire.Gilles l’intercesseur, le passeur de mots, est la cause d’un grand dérangement insolite.É souffle sur l’île une fête, un vent fort et étrange qui se nomme Littérature.C’est un secret qu’à Bréhat (chut, Orsenna ne l’a pas dit), on soupçonne depuis toujours.Si la volage Ada, en troquant sa nationalité américaine contre la française, a pris l’allure d’un dossier gris que chahute le vent et trempent les embruns, elle est d’abord un ton, un style, une manière de sentir et d’aller.En elle, Orsenna trouve aussi un prétexte pour célébrer l’amitié.Centre de recherche en histoire de l’AMERIQUE FRANÇAISE (Centre Lionel-Groulx) • Lieu de mémoire, de recherche et de prospective • Lieu d’information et de consultation (60 fonds d'archives, 32 000 ouvrages) • Instrument de promotion de l’histoire nationale Le Centre a un pressant besoin de ressources nouvelles pour survivre C’est une institution unique en son genre qu’il faut sauver Souscrivez aujourd’hui même à l’opération «SURVIE» du Centre de recherche en histoire de l’Amérique Française • 111 gardent l'avenir ceux qui gardent 1'hittoire» (LiontI CrouU) Souscription à l’opération «SURVIE» Nom:.Adresse:.Téléphone: .Profession:.Contribution de:.(chèque joint) Etablir les chèques à l’ordre de: La Fondation Lionel-Groulx (Opération «SURVIE») 261, avenue Bloomfield Outremont (Québec) H2V 3R6 Tel.: (514) 271-4759 N.B.: Les dons de dix dollars (I0J) et plus font l'objet d’un reçu officiel.'- L K I) E V 0 I R , I.E S S A M EDI 27 E T I) I M A N CUE 2 8 S E I' T E M II II E I !) II 7 —-*JI DEVOIR ?- ALA TELEVISION NOS CHOIX ARTS ET SPECTACLES Celluloid Closet.Ce documentaire américain d’il y a deux ans veut tracer un portrait de l’homosexualité dans le cinéma hollywoodien et des changements d’attitude survenus au fil des ans.Plusieurs vedettes participent au film.Télé-Québec, 19h30 LA VIE EN VRAC Iœ nouveau canal «du vécu» présente ce soir un documentaire que nous n’avons pas vu, filmé dans les bas-fonds des grandes villes indiennes et qui porte sur les eunuques.On nous avertit que les images risquent d’être dures.Canal Vie, 21 h DIANA’S STORY: A ROYAL MARRIAGE Aucune information particulière sur cette émission, mais les nostalgiques de Lady Di voudront y jeter un coup d’oeil.The Learning Channel, 21h TÉLÉCINÉMA Magazine de cinéma qui pro|x>se entre autres, ce soir, des entrevues avec le réalisateur John Woo et la réalisatrice Vera Belmont, qui s’est fait planter par la vedette principale de son film 1m Marquise, Sophie Marceau.TV5, 21h30 Paul Cauchon (¦0 2 i " lie) 7 O ¦g' ?j mas ¦ta Chapeau melon et bottes de CUir (16:00) Jeune Indiana Jones Le Téléjournal O Ce soir C'est juste une tarce! Un Gars, une Fille Baseball / Reds - Expos Le Téléjournal Les Nouvelles du Sport (22:57) Cinéma /LE POINT CRITIQUE (5) avec Wesley Snipes.Dennis Hopper (23:19) |Oi5] 6 laoæ ¦CE) fïil (Ï33 ¦(40) Cinéma/SON ALIBI (5) avec Tom Selleck, Paulina Porizkova (16:00) Le TVA Cinéma / LA FAMILLE PARFAITE (6) avec Richard Karn, Mary Page Keller Cinéma/VIBRATIONS (5) avec James Marshall, Christina Applegate Le TVA TVA Sports (22:55) / Loteries (23:14) Cinéma /LE PETIT DIABLE (4) avec Walter Matthau (23:27) HdU Qz) (M) a 30 46 Cinéma / DOT ET LE KANGOUROU (4) Dessins animés (16:00) Il était une fois.les explorateurs .courte échelle Québec plein écran -Edition du week-end Cinéma / DE L'OMBRE À LA LUMIÈRE (4) Documentaire Cinéma/SANS LA PEAU (3) avec Anna Galiena, Massimo Ghini Québec plein écran -Édition du week-end (23:08) Hmtas® ¦EDdDSD Les Hardy Boys Habitaction Grand Journal (2) Hebdo Sports (17:40) Le Chaînon manquant Cinéma /BONJOUR TIMOTHY (5) avec Dean O'Gorman, Sylvia Rands Cinéma / POETIC JUSTICE F avec Janet Jackson, Tupac S tlakur Le Grand Journal (22:52) Box Office (23:22) • Cinéma (23:52) fllRDÏ) Le Journal FR2 Aujourd'hui Bull, jeunes Simplement.Jrnl du siècle Monde ce soir [CdnàTokyo Grands Reportages Le Journal RDI Entrée des.Le Téléjournal Compl.télé Griffe CdnàTokyo (¦(TV 5] Vins et.Journal suisse Olympica II [Thalassa Journal FR2 Étonnant et Drôle Télécinéma Concert intime Journal belge Bon Week-end ¦CD Biog.(16:00) Monde et Mystères / Possession I Arpents verts .juste pour rire Goût du monde/Traditions La Vérité sur Lawrence d'Arabie Biographies Les Allumettes suédoises Les Cordier./ 3615 Pretty Doll ¦CD |La Vie en vrac Combat.chefs Croque la vie Solo Des Histoires de famille Vie en vrac / Les Eunuques [Jeux de société Eros & Compagnie | Sports Safaris | pjjHB |1 X 5 SPAM Cimetière Fax I Box-Office Perfecto Concert Plus/Paul Weller Musique vidéo | Bouge de là Groove SJ® iMusiMax Collection (13:50) |MusiMaxTop30 Grands Concerts / Claude Dubois MusiMax Collection Cinéma / LA JOYEUSE PARADE (5) avec Ethel Merman Ho® Soeur volante Radio Enfer Chair de poule I Les Jules Sport Académie Joy.Naufragés Premières Fois • ¦(TJF) Scooby Doo Poucette / Bientôt il pleuvra Yogi l'ours Cryptshow Road Runner Splat! [Le Zinzin.Les Simpson Capitaine Star Patrouille.Highlander Les Simpson Y'en a mare ¦rds Golf/La Coupe Ryder (12.00) Homme.fort Sports 30 Mag / Spécial hockey Hockey / Canadiens - Blackhawks Monde du sport Sports 30 Mag Superstars Bq [scd World Gymnastics Championships Saturday Report Fashion File East of Canada National Geographic Special / Savage Garden Cinéma/RASPUTIN (4) avec Alan Rickman, Greta Scacchi Saturday Evening News Cinéma/THE BUCCANEER Hod® Fattier.Basket.Entertainment Now Newsline Regional.Home Improv.Cosby Dr.Quinn, Medicine Woman Total Security / Début FX: The Series CTV News Nightline g ta Missing Children World Championship Wrestling Puise Country Prof.Star Trek: Voyager Neon Rider Pulse / Sports H(GBP Sports Special - Ryder Cup Golf (12:00) Jake & the Kid Inside Country Transatlantic Sessions / Musical Global Special: Best of Bobby Orr Early Edition The Practice Inside Country Sat.Night Live ¦m Wishb.(16:00) Runaway Bay Round the.Escape.Discworld National Geographic Cinéma/JAWS (3) avec Roy Scheider, Richard Dreyfuss ConV.(22:10) Cinéma / SUGARLAND EXPRESS (4) avec G.Hawn | ¦(81 College Football / Notre-Dame - Michigan (15:30) Wheel of.Jeopardy C-16 Total Security The Practice News Psi Factor tg](l3) News Pub Roseanne ¦(ID Star Trek: Deep Space Nine Baywatch Hcd College Football / West Virginia - Miami (15:30) News Mad About You Dr.Quinn, Medicine Early Edition Walker, Texas Ranger News E.T.this Week ?m Wheel of.Jeopardy | VVUIIIdll Pub Hcd NBC Golf / Ryder Cup (12:00) News NBC News Jeopardy Wheel of.National Geographic Cinéma/DROP ZONE (5) avec Wesley Snipes, Gary Busey Saturday Night Live ga® Inside Edition Siskel & Ebert Hsd People Near Antiques Roadshow I The Lawrence Welk Sho w Mulberry .Being Served Keeping Up.No Place Like.Austin City Limits / Wynonna Cinéma /THE FOUR HUNDRED BLOWS (2) On Tour (23:40) jjgdz) Journeys (16:00) Washington.Wall Street.IN.Y.Week Inside Albany The Editors McLaughlin Gr.As Time Goes Keeping Up.Chef! Faith.Future Red Dwarf Sessions at West 54th On Tour ¦'MM: VideoFlow (14:30) Backstreet Boys iMuchMegaHits R.S.V.P.Fax Pop-Up Video Big Ticket / Peter Gabriel VideoF.(22:05) Fax Beavis & Butt-Head g(ïlN) .boating (16:00) Boxe / Scotty Olson - Jack Russell Sportsdesk Baseball / Expos - Reds Sportsdesk Classification des films: (1) Chef-d'œuvre — (2) Excellent — (3) Très bon — (4) Bon — (5) Passable — (6) Médiocre — (7) Minable CINEMA A II I» E T I T ÉCRAN DE L’OMBRE À LA LUMIÈRE (4) (Jhe Celluloid Closet) É.-U.1995.Documentaire de R.Epstein et J.Friedman.Survol des changements d’attitude face à l’homosexualité depuis le début du cinéma hollywoodien.TQ 191i30 POETIC JUSTICE (4) É.-U.1993.Drame psychologique de J.Singleton avec Janet Jackson, Tupac Shakur et Tyra Ferrell.Une coiffeuse qui se remet difficilement de la mort de son copain se joint à une amie pour un périple avec deux postiers.TQS 20h30 LE PETIT DIABLE (4) It.1988.Comédie fantaisiste réalisée et interprétée par Roberto Berii-gni avec Walter Matthau et Nicolêtta Braschi.Après avoir exorcisé une, femme, un prêtre est poursuivi par un jeune homme bizarre qui s’avère être un démon.TVA minuit TVA minuit ASCENSEUR POUR L’ÉCHAFAUD , (2) Fr.1957.Drame policier de L.Malle avec Maurice Ronet, Jeanne, Moreau et Georges Poujouly.Un .homme machine un crime parfait et prévoit tout, sauf une panne d’ascenseur.Canal D 0h30 DIMANCHE NOS CHOIX Paul Cauchon GRAND PRIX DU LUXEMBOURG La saison de Formule 1 achève, Jacques Villeneuve est à un point du meneur au championnat, bref, on peut supposer qu’un grand nombre de Québécois surveilleront cette importante course dimanche.Réseau des sports, en direct à 8h; Radio-Canada, résumé à 15h30 DE BOUCHE À OREILLE Le nouveau magazine culturel de Radio-Canada, qui veut faire le tour de l’actualité culturelle en 90 minutes.Radio-Canada, 13h30 FORT BOYARD Je sais bien, vous êtes tannés d’en entendre parler, vous n’en pouvez plus, mais bon, il fallait bien le mentionner dernières occasions de voir Marie-Soleil Tougas.TVA, 19h AU-DELÀ DES APPARENCES Denyse Bombardier tient un débat sur le sacre, et rencontre le cinéaste Pierre Falardeau, ainsi que l’auteure Monique üirue.Radio-Canada, 221i25 ¦o' 2V ™ ¦(61(7:0 13 9 1 CD 3D ¦ta Grand Prix du Luxembourg (15:30) Zap Le Téléjournal O Ce soir Découverte Cinéma/JEFFERSON A PARIS (4) avec Nick Nolte, Greta Scacchi Le Téléjournal Au-delà des apparences (22:27) Sport (23:27) /Cinéma/ OMBRES ET BROUILLARD (3) (23:45) ¦« 5 : 6 |0Q9i _atD(ii)ii3) Cinéma/ARIZONA JUNIOR (3) avec Nicolas Cage, Holly Hunter (16 00) Le TVA Un Monde de chiens Fort Boyard Cinéma / DAVE, PRESIDENT D'UN JOUR (4) avec Kevin Kline, Sigourney Weaver Le TVA TVA Sports (22:55) / Loteries (23:14) Vins et Fromages (23:21)7 Pub (23:50) ¦(4g) ¦(Î5)Cf7)(24) ¦(30) (4® Quelles drôles de bêtes Carmen Sandiego Science- friction Pignon sur rue Le Roman de l'Homme Plaisir de lire Cinéma/BYE-BYE (4) avec Sami Bouajila, Ouassini Embarek Cinéma /LE CHENE (2) avec Maia Morgenstern, Razvan Vasilescu Histoires de musées (23:23) On n’est pas né.(23:53) ¦moss UeD 35 49) Passion plein air Pas si bête que ça! Le Grand Journal Hercule Accès interdit Méchant Malade Cinéma /UNE LIGUE EN JUPON (5) avec Geena Davis, Tom Hanks Le Grand Journal (23:46) : HRDIj Le Journal FR2 Aujourd'hui Bull, jeunes [Yalta à Berlin CdnàTokyo Enjeux Plus Grands Reportages | Le Journal RDI Scully RDI | Point de presse Second Regard [.Pacifique La Facture l(TV5 SOUS.(15:30) Journal suisse Bourlingueur École des fans / Télétourisme Journal FR2 Bons Baisers d'Amérique | Bouillon de culture Temps présent (21:35) Journal belge Heures chaudes de.(2315) i-icET Biog.(16:00) La Vérité sur Lawrence d'Arabie Arpents verts Chercheurs.Les Châteaux./Jardins.Mystères de la Bible / Les Anges Biographies / George Washington Jazz: Pat Metheny Cinéma/J.A.MARTIN.(3) ¦:vj La Vie en vrac | Combat.chefs | Croque la vie Point de vue Focus Sp.Dimanche / Visions de l'enfer Victoire Ailleurs sur terre Diagnostic Fête des bébés | E9(MP) Musique vidéo (16 00) Cimetière Fax Best of Music Video Awards | Québec Plus Spéciaux S(MX) MusiMax Collection (14:00) Tendances Jazz Mouvements classiques | Cinéma / LA JOYEUSE PARADE (5) avec Ethel Merman Grands Concerts / Claude Dubois MusiMax Collection Igdd Soeur volante Ma sorcière.[ Les Aventures de Sinbad Chahut Bahut Joy.Naufragés Premières fois ¦ttfi Scooby Doo Ivanhoë | Robin des bois Barbe rouge Yogi l'ours Cryptshow Road Runner [Capitaine Star Le Zinzin.Les Simpson Image par image Highlander Les Simpson Cadillacs.Irds La Formule Indy / California 500 (15 00) Sports 30 Mag Miss Olympia en forme Football / Eagles - Vikings Sports 30 Mag Mag.olympique QCD CFL Football (14:00) World Gymnastics Championships Road to Avonlea Cinéma/TOY STORY (3) Dessins animés Wind at My Back Life & Times Sunday Report Sports Late Night ¦gdob Cinéma (1500) Seventh Heaven Newsline Home.Cafe Due South Men .Badly Jenny / Pilote CTV Special / September 1972 CTV News Nightline Bca Wine & Cheese Inside Track Fashion TV Puise Travel, Travel Touched by an Angel Puise/Sports ¦sis Ready or Not Simpsons Global News Heart of.Sportsline 60 Minutes Simpsons King of the Hill X-Files The Outer Limits Global News Sportsline ¦eq Imprint (16 00) Leaving Home Dialogue Cinéma / BARBARY COAST (4) avec E.G.Robinson Ballykissangel The Crow Road [Cinéma/BLUE MURDER (1/2) A.Gregg (23:45) ¦CD Cinema / LIBERACE (6) avec A.Robinson (16 00) News ABC News Cinéma/TOY STORY (3) Dessins animés Cinéma/ TWO CAME BACK own/' Moliorn Imn Uni-t Innn thon Qronrlio News Pub Pub (13:30) aveu iviGiiooa uuan i lai i, uuuauiaii uiauuio E.T.This Week ¦(22) ABC News M‘A*S*H The Entertainers BCD Cinéma / THE KING OF NEW YORK (5) (16:00) Sunday News Seinfeld 60 Minutes Touched by an Angel Cinéma / GET TO THE HEART: THE BARBARA MANDRELL STORY avec Maureen McCormick Pensacola: Wings of Gold H(8) Cinéma / SHATTERED (3) avec Tom Berenger (16 00) News Sunday News News Xena Hcd NFL Football / Jets - Bengals (16 00) Dateline NBC Men Behaving Badly Jenny Cinéma/CLONED trrf/s tmN, ttivW- t>UH «»n\ v.«u mm Le Café de là Musique NICOLAS BOREL ET STEPHANE COUTURIER Le Café de la Musique, un intérieur créé par Elizabeth de Portzamparc pour la Cité de la Musique à Paris.GARY CONRATH i tout se passe comme prévu, les jeunes qui se destinent à la profession de designer d’intérieur pourront, dès l’automne 1998, suivre une formation universitaire spécifique alors que, jusqu’à présent, au Québec, seuls des cours collégiaux étaient accessibles.Dans un mois, la faculté d’aménagement de l’Université de Montréal déposera un projet de programme d’études universitaires de trois ans en design d’intérieur, que le ministère de l’Education devrait approuver officiellement dans le courant de décembre (dixit le doyen de la faculté, Michel Gariépy).Un beau petit Noël en perspective pour les membres du FERDIE (ou Fonds d’études et de recherche en design intérieur de l’Est), qui militent depuis dix ans pour mettre sur pied et faire aboutir ce projet d’un baccalauréat en design d’intérieur.FERDIE est un organisme sans but lucratif fondé et animé par des professionnels du design qui donnent, ici et là, de leur temps bénévole ixmr «promouvoir l'excellence en design d’inténeur».Recherches, soirées-bénéfices, conférences comme celle de lundi prochain (lire l’encadré), tout leur est bon pour convaincre la société québécoise que le design d’intérieur, ça ne se limite plus à choisir trois couleurs de rideaux et à faire «matcher» les coussins! En 1989, FERDIE finançait une étude comparative qui montre que dans tout l’Occident, sauf au Québec, les designers d’intérieur bénéficient d’une formation universitaire de trois à cinq ans.Comme le dit le trésorier de FERDIE, Gary Conrath: «Est-ce qu'on accepterait qu'un ingénieur du Québec soit moins formé qu 'un ingénieur des États-Unis?Je ne crois pas.» Et la vice-présidente Célyne Invigne de renchérir «Nous devons être compétitif par rapport à nos collègues américains ou européens si nous voulons exporter nos talents, et nous le devons absolument dans le contexte actuel, qui se mondialise.De plus, la profession se complexifie, se spécialise.» Les designers jonglent de plus en plus avec des notions techniquement ardues comme l’ergonomie, l’acoustique, le design adapté aux handicapés.«Le design d'intérieur à l'université, espère Mme Lavigne, devrait favoriser la recherche fondamentale qui manque actuellement.Dans notre pratique quotidienne, nous répondons aux besoins mais ne les devançons pas.Nous sommes en formation continue, toujours à l'affût des nouveautés, mais il s’agit surtout des nouveaux produits, alors qu 'il faudrait pouvoir se maintenir à jour au plan de la philosophie des approches, des tendances.» Le designer et président de FERDIE, Alain Moureaux, en tant qu’ex-professeur et patron de 30 employés (ayant donc dirigé moult stagiaires), invoque, quant à lui, l’irremplaçable vertu formatrice de (’université où le jeune adulte apprend «à ne pas avoir peur de la feuille blanche, à réfléchir autrement.Ixi pensée est une façon de vivre et les gens qui fréquentent l'université sortent de ces écoles-là avec une pensée, une maturité qu'un cégépien n 'aura jamais».Sans parler des brassages entre disciplines.Lui-même formé en Belgique, M.Moureaux se souvient avec reconnaissance de ses années d’école au coude à coude avec d’autres étudiants, en peinture, en sculpture: «Je ne pense pas être plus poète, ni meilleur qu’un autre, mais j’ai eu la chance inouïe d’être entouré de gens qui m’ont apporté énormément.On sort tous de l'école en se disant: qu’est
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