Le devoir, 4 octobre 1997, Cahier A
vw Ver uimancne -rsn v{ &¦ h de meMn *«i*9 votre voWr* •I VII •b|«H prtiim.ana ATTENTION AU VOLEUR h protection du public avant tout - Un cahier spécial sur le système professionnel québécois - cahier e DEVOIR LIVRES Le premier roman de Jean-Jacques Nattiez, page D1 CULTURE Martha Argerich, pianiste iconoclaste, page B 1 FORMES La France s’offre un anti-stade olympique, pageD12 MONTRÉAL Des citoyens de File des Sœurs veulent se séparer de Verdun, page A 3 PERSPECTIVES C II r i s t i a n R i o u x Au pays des métaphores Quoi que disent les exégètes d’Ottawa et de Québec, on n’a rien entendu de neuf cette semaine sous les lambris de l’Élysée et de Matignon.C’est déjà une nouvelle! Au cours de la visite de Lucien Bouchard à Paris cette semaine, un fait anodin est passé totalement inaperçu.Pendant la réception offerte par Lucien Bouchard à Lionel Jospin dans un pavillon du bois de Boulogne, le premier ministre français s’est montré plus intéressé par les réalisations des artistes québécois que par n’importe quel débat constitutionnel ou économique.Il s’est immédiatement répandu en éloges sur l’auteur et metteur en scène Robert Lepage dont il connaissait parfaitement la dernière production, Les Sept Branches de la rivière Ota.U nomination de Robert Lepage comme commissaire de la Saison québécoise qui aura lieu à Paris en 1999 a peut-être fait plus pour séduire le premier ministre socialiste que tous les émissaires, conseillers, ministres ou attachés qui suivent Lucien Bouchard.Malgré les analyses qui se poursuivront sur les hauts et les bas de la détermination française à l’égard du Québec, on n’a à peu près rien entendu de neuf sous les lambris de l’Elysée et de Matignon.Les habitués savent que l’on cal-?cule rarement la température parisienne de ces visites en fonction de ce qui s’y passe réellement.Comme si, qpoi qu’on fasse à Paris, l’essentiel se passait ailleurs, l’Élysée et Matignon se transformant pour quelques heures en appendices de l’Assemblée nationale ou du Parlement fédéral.Ce phénomène proprement canadien — qui a peut-être quelque chose à voir avec l’esprit de clocher — a toujours le don de faire ouvrir des yeux de poisson aux hôtes français.Mais avec les années — les briefings des attachés de presse aidant —, ils ont fini par s’y faire.Certains mettent cela sur le compte de l’exotisme.D’autres, plus polis, accusent une certaine «passion» politique, pour reprendre les mots de Lionel Jospin.Qu’ont donc dit de si extraordinaire Jacques Chirac et Lionel Jospin en affirmant qu’ils accompagneront le Québec quel que soit son destin?Ils ont répété la politique traditionnelle de la France, qui consiste depuis de nombreuses années à aller au maximum de ce que permettent les règles diplomatiques entre pays amis.Et même à les enfreindre un peu.Dès 1977, le président Valéry Giscard d’Estaing avait utilisé une métaphore presque semblable.«Vous déterminerez vous-même sans ingérence les chemins de votre avenir, disait-il à René Lévesque.Ce que vous attendez de la France, c’est sa compréhension, sa confiance et son appui.Vous pouvez compter qu 'ils ne manqueront pas le long de la route que vous déciderez de suivre.» En 1995, Jacques Parizeau avait été accueilli par Philippe Séguin dans des termes identiques.L’an dernier, le premier ministre Alain Juppé avait utilisé les mêmes images, sans créer de remous.On le voit, le discours français ne change pas.Ce qui change, c’est la façon de réagir, à Québec comme à Ottawa N’en déplaise à Québec, la France ne dit pas qu’elle reconnaîtra le Québec les yeux fermés au lendemain d’un référendum.L’ancien ministre du général de Gaulle, Alain Peyrefitte, nous a confié qu’il ne trouvait rien d’étonnant à ce que Jacques Chirac soit plus prudent dans ses déclarations depuis qu’il n’est plus maire de Paris.Tout le monde comprend cela ici.N’en déplaise aussi à Stéphane Dion — qui sera bientôt à Paris —, tous les pays du monde ne disent pas aux leaders souverainistes du Québec qu’ils les accompagneront Vu de Paris, deux choses semblent cependant nouvelles.Stéphane Dion paraît avoir remisé la tactique du «loose cannon».Quoi que disent les Français, l’ambassadeur canadien à Paris affiche un sourire bétonné, comme si rien ne s’était passé.Quant aux souverainistes, leur «lobby» en France ne semble guère s’effriter, malgré le changement de personnel politique.On aura beau dire que la visite de Lucien Bouchard est passée inaperçue en France, c’est faux.J’en veux pour preuve mon voisin, un paisible retraité, qui me confiait: «Ije premier ministre canadien [sfr] est en ville!» Plus sérieusement, la plupart des quotidiens ont consacré à cette visite au moins un article, et, parfois plus.Un traitement auquel beaucoup de chefs d’Etat n’ont pas droit Quant à la plus grande retenue de Lionel Jospin, peut-être tient-elle simplement à une différence de personnalité.Cet homme politique atypique semble parfois avoir érigé le doute en arme absolue.Sa circonspection s’efface dès qu’on lui parle de la modernité culturelle québécoise.C’est peut-être aussi à retenir.Montréal Ensoleillé avec jg) passages nuageux.Max: 19 Min: 7 Québec Ensoleillé avec passages nuageux.Max: 13 Min: 4 Agenda INDEX RIO livres .D 1 Annonces CIO Le monde.C 6 Les Arts .B1 Les sports.C 12 Avis publics.C 9 Montréal .A3 Économie .Cl Mots croisés Cil Éditorial A 10 Politique .A7 www.ledevoir.com Le Canada envisage des mesures de rétorsion contre Israël Axworthy met directement en cause les services secrets israéliens JOCELYN COULON LE DEVOIR Le ministre des Affaires étrangères Lloyd Axworthy a, pour la première fois, directement mis en cause Israël dans la récente tentative d’assassinat contre un chef du Hamas, en Jordanie.Interrogé hier à sa sortie des Communes sur la responsabilité des services secrets israéliens dans cette affaire, le ministre a déclaré que «nos informations indiquent qu’il y a une implication israélienne [.] et que c’est pour cette raison que nous avons rappelé notre ambassadeur» en Israël.M.Axworthy a laissé entendre que le Canada envisageait de prendre des mesures de rétorsion contre Israël s’il s’avérait que son gouvernement a autorisé l’utilisation de passeports canadiens.«Nous étudions les options à prendre, a-t-il dit.Nous avons déjà soulevé nos plus vives préoccupations sur l’utilisation [des passeports] et je pense que lorsque nous entrerons en contact [avec Israël], nous allons rappeler que nous n’acceptons pas cette pratique et que nous ne voulons plus que cela se reproduise.» En Israël, le dirigeant du parti d’opposition Merezt, VOIR PAGE A 12: ISRAËL Protection rapprochée GREGG NEWTON REUTERS UNE FILLETTE tentait de se faufiler entre deux soldats lors du passage du pape Jean-Paul II, hier, à Rio de Janeiro.Le pape aurait été agacé par l’impressionnant armement déployé par les forces militaires qui assuraient sa sécurité.Les autorités ont fait savoir qu’elles corrigeraient la situation.S’arrêtant dans l’une des favelas de la ville, Jean-Paul II a baissé la vitre de son Alpha Romeo grise pour saluer les milliers de personnes, dont de nombreux enfants, qui s’étaient massés le long de son trajet.Nos informations en page A 5.Duceppe froisse les artistes acadiens MANON CORNELLIER DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Les relations entre francophones hors Québec et souverainistes québécois n’ont jamais été faciles.Le chef bloquiste Gilles Duceppe n’a rien fait pour améliorer les choses, hier, en déclarant que les artistes acadiens devraient s’établir au Québec s’ils veulent vivre de leur art et fuir l’assimilation.L’auteure acadienne Antonine Maillet, que M.Duceppe a citée en exemple, n’en croyait pas ses oreilles.«En réalité, j’ai l’impression — et il faudrait qu’on me prouve le contraire — que ces Québécois qui parlent comme ça ne croient pas réellement à la survie de l’Acadie», a-t-elle confié au Devoir.M.Duceppe tentait, dans une entrevue au Telegraph Journal de Fredericton, de décrire l’assimilation des francophones hors Québec et l’incapacité du fédéral de stopper ce phénomène.Résultat, a-t-il dit, les artistes désireux de travailler en français sont obligés de s’installer au Québec, offrant du même coup un autre argument en faveur VOIR PAGE A 12: DUCEPPE Facture de 500 millions L’UMRCQ se fait hara-kiri MARIO CLOUTIER DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Au terme d’une réunion de près de deux heures hier, le conseil d’administration de l’Union des municipalités régionales de comté du Québec (UMRCQ) a décidé de recommander à ses membres le rejet de la proposition retenue par Québec jeudi pour régler le transfert de 500 millions de dollars aux municipalités.Un vote aura lieu aujourd’hui à Québec, mais même la présidente de l’UMRCQ, Jacinthe Simard, ne croit pas que sa propre proposition de règlement ait des chances de survie.«Nous allons écouter nos membres en plénière pour tenter de voir comment on pourrait cheminer dans la négociation.» VOIR PAGE A 12: UMRCQ Vol à l’étalage À fléau public, justice privée ?Le vol à l’étalage a connu un essor fulgurant au centre-ville de Montréal, ayant presque doublé depuis le début de l’année.Un jugement récent de la chambre civile de la Cour du Québec en faveur de la chaîne de magasins Zellers pourrait toutefois donner une nouvelle arme aux commerçants pour contrer ce fléau.La Charte des droits et libertés de la personne du Québec serait-elle en train de favoriser la constitution d’une justice privée?«Je vous avoue que j’ai moi-même de la difficulté à évaluer toutes les conséquences de ce jugement, note Me Sylvain Allard, qui a représenté la chaîne dans cette affaire.C’est la première fois qu’un tribunal québécois était saisi de cette question.Et il est clair qu’il a décidé de donner un signal clair.» Si les montants en jeu demeurent minimes, les principes invoqués à l’appui du jugement ouvrent peut-être une brèche importante dans la séparation pourtant JEAN PICHETTE LE DEVOIR Le jugement a été rendu le 19 juin dernier, sans tambour ni trompette, mais il a été médiatisé seulement la semaine dernière.En condamnant un voleur à l’étalage à verser à Zellers des dommages-intérêts compensatoires et des droits exemplaires, il risque pourtant d’avoir un effet important dans la «gestion» de cette bête noire des commerçants.VOIR PAGE A 8: JUSTICE JACQUES NADEAU LE DEVOIR 778313000696 •LES ACTUALITES- LES OTO A TAUX PROGRESSIF Du rendement ! Sans risques.COMPWH» VOUS VERRE! ! Vous cherchez un produit financier qui donne d’excellents rendements tout en protégeant votre capital?N’attendez plus: achetez des Obligations à terme du Québec (OTQ) à taux progressif dès aujourd’hui.Parce que le temps, c’est de l’argent.POURQUOI DES OTQ À TAUX PROGRESSIF?Tout simplement parce qu’il est difficile de trouver mieux.• Garanties par le gouvernement du Québec, sans limite de capital, elles sont absolument sans risques.• Leurs taux progressifs garantis pour chacune des dix prochaines années sont des plus concurrentiels.• Elles sont remboursables chaque année, sans pénalité, à leur date anniversaire.• Elles sont admissibles au REER et au FERR.Et mieux encore, vous avez tout intérêt à garder vos OTQ à taux progressif le plus longtemps possible puisque leur rendement croît avec les années.Consultez le tableau pour en suivre la progression.5,25 5,50 6,00 6,50 7,75 8,75 1™ année 2'année 3'année 4'année 5'année 6'année T année 8e année 9" année 10'année Taux moyen sur dix ans: 5,72%* C'EST TOUJOURS LE TEMPS DE BIEN FAIRE.Pour vous procurer des OTQ à taux progressif dès aujourd’hui, c’est tout simple: appelez un agent d’investissement de Placements Québec au 1 800 463-5229 ou au (418) 521-5229, du lundi au vendredi, de 8h à 20h et les samedis de 9h à 17h jusqu'au 1er novembre.Elles sont également offertes chez les courtiers en valeurs mobilières, les intermédiaires en assurance et dans les institutions financières.Les formulaires et dépliants sont disponibles dans les bureaux de Communication-Québec et dans plus de 1 000 bureaux de poste corporatifs.•Taux offerts sur la base de versements annuels d’intérêts.IMPORTANT: le ministre des Finances peut modifier les taux qui seront offerts en tout temps.PLACEMENTS QUÉBEC Notre intérêt à tous http://www.placementsqc.gouv.qc.ca 1 800 463-52 2 9 LES OBLIGATIONS A TERME DU QUEBEC Québec Le CRTC a reçu 70 demandes de canaux spécialisés PAUL CAUCHON LE DEVOIR Pour l’ensemble du Canada, ce sont 70 demandes de canaux spécialisés qui ont été présentées cette semaine au CRTC, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes.Le CRTC avait émis un avis public le 27 mars dernier, appelant les intéressés à lui soumettre des demandes de canaux spécialisés.L’organisme traçait hier le bilan final de l’exercice, et il confirme avoir reçu 70 demandes pour des canaux spécialisés ainsi qu’une demande pour la création d’un canal payant.Le CRTC a reçu 49 demandes pour des canaux en langue anglaise, 19 pour des canaux en iangue française, un pour un canal bilingue et un pour un canal en «langues variées» (il s’agit d’une demande du câblodistributeur Rogers pour créer une chaîne de films internationaux, donc en plusieurs langues).Le Devoir fait état dans son cahier culturel d’aujourd’hui de ce que représentent ces demandes pour le marché francophone.De nouvelles demandes se sont ajoutées à tous les jours cette semaine, par exemple avec Radio Nord, au Québec, qui veut créer un canal d’information sur les technologies.Sur les 70 demandes canadiennes, onze se veulent à caractère régional, essentiellement des chaînes d’information locale, que ce soit à Edmonton ou en Gaspésie.En ce qui concerne les chaînes nationales, que ce soit en français ou en anglais, on trouve plusieurs demandes pour des canaux consacrés à la santé et au mieux-être, ou encore pour des canaux consacrés au tourisme et aux voyages.Certaines demandes apparaissent très pointues.Ainsi, deux groupe?concurrents, Alliance et Atlantis, veillent créer une chaîne consacrée aufc biographies.Un groupe canadien-ari-glais propose de créer une chaîné pour ies courses et les sports hippiques, alors qu’un autre propose de créer une chaîne vouée aux jeux et aux questionnaires! Plusieurs chaînes de films et de documentaires sont proposées.Il est à noter que le groupe CHUM, de Toronto, propose de créer une chaîne dé mode, une autre consacrée aux films indépendants et une autre pour le$ émissions de mystère et de suspense1, Le CRTC ne s’engage pas à étudief toutes ces demandes.L’organismé doit d’abord examiner si elles corres: pondent bien à ses critères.Le CRTC doit dont annoncer cet automne quelles sont les demandes admissibles et à quel moment se tiendra l’audience pour les étudier (possiblement en février prochain).EN BREF Lanctôt a été débouté (Le Devoir) — La Cour supérieure du Québec a tranché dans le débat opposant l’éditeur Jacques Lanctôt et le groupe Ville-Marie Littérature, propriétaire .des éditions L’Hexagone.Lanctôt Editeur a consenti à retirer de la circulation une réédition de l’essai de Jean Bouthillette, Le Canadien français et son double, publié pour la première fois en 1972 par Gaston Miron.Maintes fois réédité, le titre appartenait, toujours à L’Hexagone.Lanctôt Editeur a accepté de transmettre une lettre par télécopieur à toutes les librairies ou distributeurs de l’œuvre, les enjoignant de cesser immédiatement la vente du volume.Quant au groupe Ville-Marie littérature, il a annoncé qu’il se réserve le droit de réclamer des dommages «pour ce geste qui témoigne d’un manque de respect et de professionnalisme».Nouveau président à POrchestre mondial des Jeunesses musicales j.* (Le Devoir) — C’est le directeur général et artistique des Jeunesses musicales du Canada, Nicolas Desjardins, qui a été élu à la tête de * l’Orchestre mondial des Jeunesses musicales.Il succède à Roland Geyer, intendant de la musique à Vienne.Fondé au Canada en 1970, l’Orchestre mondial des Jeunesses musicales permet chaque année à une centaine de jeunes musiciens, âgés entre 17 et 25 ans et provenant des quatre coins du monde, de participer à des sessions d’été et d’hiver où ils peuvent travailler avec ded chefs d’orchestre réputés.M.Desjardins a été élu lors de l’assemblée générale tenue la semaine dernière' en Israël.ÆA-i Un prof, à la maison LE SERVICE PRIVE D’AIDE AUX ETUDES N&R INC.Une équipe de 350 professeurs.Cours privés à votre domicile.Récupération, aide aux devoirs, préparation aux examens, perfectionnement.Primaire, secondaire, collégial.Régions de Montréal et de Laval.7 jours par semaine à l’heure qui vous convient.Au service de public depuis 1993 (514) 973-4526 de 9h à 21h.http://wvvw.microtec.nct:8080/~spae CONSEIL PERMANENT DE LA JEUNESSE ï Parce que j'a; de* je m exprime DEVENEZ MEMBRE DU CONSEIL PERMANENT DE LA JEUNESSE, UN ORGANISME OUI CONSEILLE LE GOUVERNEMENT DU QUEBEC SUR TOUTE OUESTION OUI TOUCHE LA JEUNESSE.SI VOUS AVEZ ENTRE 1 5 ET 30 ANS, POSEZ VOTRE CANDIDATURE DU Z5 AOÛT AU 20 OCTOBRE 1997 Renseignements sans frais : 1 «00 4t>?-530fe Québec zz 4 - «R*R{Uf ¦ssêfrkK ¦Jâ& ENTRE DE RELAXAT^ il» - — sassgsïi»;/ 'S?/;.».JMUhédUI NOUVELLE P v.'< •¦’->'a :uc EN BREF Montréal perd, Bonn gagne (Le Devoir) — Montréal a perdu la bataille contre la ville allemande de Bonn pour l’obtention du Secrétariat permanent des Nations unies pour la lutte contre la désertification.Depuis le début de la semaine, le maire Pierre Bourque était à Rome pour promouvoir la candidature de Montréal, mais en vain.Le maire Bourque ambitionne que Montréal devienne un haut lieu d’organismes internationaux, notamment en matière d’environnement.Les vingt ans de Prégent (Le Devoir) — Le conseiller municipal Germain Prégent entreprend sa vingtième année comme représentant des citoyens de Saint-Henri à l’hôtel de ville de Montréal.Pour l’occasion, des gens d’affaires organisent une soirée le 29 octobre prochain pour rendre hommage à M.Prégent, qui dit avoir «encore le feu sacré».M.Prégent a été élu une première fois en 1978 aux côtés de Jean Drapeau.En 1986, M.Prégent s’est retrouvé seul élu du Parti civique à faire face à l’équipe de Jean Doré.Quelques mois plus tard, M.Prégent est devenu indépendant jusqu’à ce qu’il se fasse élire sous la bannière du parti Vision Montréal, qu’il a quitté l’été dernier.La police à la recherche d’un quartier général (Le Devoir) — Une tendance se dessine au sein du comité exécutif de la Communauté urbaine de Montréal pour rejeter la possibilité de déménager le quartier général de la police dans un immeuble appartenant à la caisse de retraite des policiers.La proposition d’acheter pour sept millions l’édifice, qui abritait jusqu’à l’année dernière le siège social de Zellers, n’a pas été écartée formellement, mais l’exécutif se penche sur d’autres projets.On examinerait notamment une transformation du poste de police 74, situé à l’angle du boulevard Métropolitain et de la rue Saint-Hubert.Alléchante caisse de retraite (Le Devoir) — La Communauté urbaine de Montréal souhaiterait bénéficier des importants surplus du fonds de retraite de ses policiers pour sabrer ses coûts de main-d’œuvre.Selon ce qu’a rapporté jeudi Télévision Quatre Saisons, le surplus du fonds de pension des policiers s’élève actuellement à 339 millions.C’est d’autant plus alléchant pour la CUM que le gouvernement du Québec transfère des responsabilités aux municipalités de l’île de Montréal pour quelque 94 millions.Pour respecter l’obligation que la CUM a de récupérer 6 % des coûts de la main-d’œuvre, elle pourrait donc être tentée d’être dispensée de cotiser à la caisse de retraite des policiers.EN VENTE CHEZ VOTRE LIBRAIRE ou aux Presses de l'Université Laval Tél.(418) 656-7381 Téléc.(418) 656-3305 A Verdun, rien ne va plus entre «continentaux» et «insulaires» Des résidants de l’île des Sœurs militent pour l’autonomie Ethnologies francophones de l’Amérique et d’ailleurs Sous la direction de Anne-Marie Desdouits et Laurier Turgeon À l'occasion du 50e anniversaire des études de folklore à l'Université Laval, cet ouvrage fait le point sur la discipline et réunit des textes qui permettent d’éclairer les différents passages du folklore à l'ethnologie.Ils retracent l’évolution de la discipline, présentent l'état des recherches actuelles, signalent les différentes tendances et s'interrogent sur l’avenir de l'ethnologie.Pour la première fois, une synthèse qui fait état des études sur le folklore et l’ethnologie.383 pages ?35 $ Verdun compte un petit peu plus de 60 000 résidants.Plus des deux tiers d’entre eux habitent, si l’on peut dire, le continent.Les autres — ils sont en fait 13 000 — ont élu domicile à l’île des Sœurs.Au sein de ces derniers, un groupe s’est constitué pour faire la promotion de la séparation, de l’autonomie de l’île.Entre continentaux et insulaires, le torchon brûle.SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR Le 2 novembre prochain, il y aura à Verdun des élections.Maire en titre, Georges Bossé entend le rester.Il est un défenseur de l’intégrité territoriale de Verdun telle qu’on la connaît depuis des lunes.Catherine Chauvin et Robert Isabelle habitent l’île des Sœurs.Ils combattent l’union actuelle.Le 2 novembre, ils se présenteront en caressant l’espoir d’être élus à des postes de conseiller.Dans cette histoire.La succursale de la SAQ du continent est située rue Wellington, entre les rues Galt et Gordon.Sur son flanc droit, il y a les bureaux de Crédit Trans-Canada; sur le gauche, il y a un petit resta baptisé Autour de ma table.En face, mais un peu de biais, il y a une Banque Laurentienne dans un bel édifice Art nouveau.Dans la fenêtre d’un local assez vaste, toujours en face de la SAQ, on annonce l’ouverture prochaine d’un centre de liquidation qui s’appellera La Pomme rouge.Presque à côté, une belle petite église anglicane fait écho à la belle église Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, toute en pierres grises.Ici et là, les triplex en brique dominent le paysage architectural.Comme toutes les succursales de la SAQ, celle de Wellington propose un certain ijombre de produits dits de spécialité.A l’instar des autres, elle a disposé des bouteilles sous vitre comme sous clé.Parmi elles, une bouteille de vieux whisky, un Longmorn qui se transige à 51,25 $.La succursale des insulaires est enclavée dans un centre commercial qui, si on a bien compris, s’appelle Le Campanile.À proximité, la Banque JACQUES NADEAU LE DEVOIR À gauche, une vue du Verdun «continental»; à droite, l’île des Sœurs, plus riche et toujours plus peuplée.Royale signale au passant qu’elle est également Trust Royal.Autrement dit, elle est bancaire et fiduciaire.Et alors?Lorsqu’on fait les deux, c’est que le coin est riche.Comme celle de la rue Wellington, comme toutes les SÂQ, celle des insulaires propose des produits, particuliers.Pour ce qui est des vins, à vue d’œil ou plutôt à vue de nez, l’inventaire des particuliers est plus imposant que celui observé sur le continent.Mais surtout, ici, le Longmorn vieux de 15 ans dans un fût qu’on imagine en chêne n’est pas sous clé.Il est à portée de tous et de toutes.Il est comme les autres produits.C’est à dire?Ici, il n’est pas singulier, il est pluriel, le Longmorn.Il est en nombre.Et il n’est pas au rabais mais au même prix que sur le continent.Cet exemple emprunté à l’univers du liquide est peut-être bien une illustration de cette affirmation formulée par M.Bossé lors d’un entretien: «Toute l’argumentation des autonomistes est basée sur le fric.M.Isabelle et son groupe mènent une lutte sociale.Une bataille de société d’autant plus grave qu’elle est une critique de notre système démocratique.Ils voudraient que la représentation se fasse en fonction de la richesse foncière et non selon le principe “une personne, un vote”.» Dans un document intitulé L’Autonomie de l’île des Sœurs: l’affaire de tous les résidents, document composé par le groupe de M.Isabelle et Mme Chauvin, on justifie le projet souhaité ainsi: «Non seulement l’île paie des taxes excessives, mais les revenus qu'elle procure à Verdun dépassent de beaucoup ce qu’elle lui coûte.Si on prend le budget 1997 comme exemple, on constate que l’île constitue 20 % de la population de Verdun, qu’elle paye 46 % des taxes foncières, qu’elle rapporte 40 % de tous les revenus et qu’elle présente au plus 25 % des dépenses.» Plus loin, il est écrit: «Une île des Sœurs autonome signifiera des taxes ré- sidentielles beaucoup moins élevées pour les propriétaires, les locataires et les gens d’affaires, ainsi que de meilleurs services.» D’autant plus que «la position minoritaire de l’île des Sœurs sur le plan démographique [20 % de la population de la Ville], donc sur le plan politique [deux conseillers sur treize, soit 15 %, plus un maire qui est toujours venu de Verdun], lui enlève toute possibilité de défendre efficacement ses intérêts au conseil municipal».Soit dit en passant, après l’élection du 2 novembre, le nombre de conseillers passera de 13 à 10.Professeur à l’Institut d’urbanisme rattaché à l’Université de Montréal, Gérard Beaudet a estimé que la position des autonomistes remet en question le mécanisme actuel de redistribution de la richesse.«On a constaté que lorsque c’est l’État qui officie à la redistribution, il y a un niveau d’abstraction très élevé.Quand c’est la mu- nicipalité, c’est beaucoup plus clair.Et comme on qssiste actuellement au délestage de l’État.» A cet égard, l’opinion des autonomistes est quelque peu contraire.«Ce sont les taxes, soulignent-ils, qui servent à payer les services dus à la population.L’aide aux moins nantis provient des budgets provincial et fédéral, donc de l’impôt sur le revenu et des taxes payés aux deux paliers de gouvernement.En payant ces taxes et impôts, les insulaires contribuent largement à aider les plus démunis.La redistribu-, tion de la richesse n’a jamais été du ressort des municipalités.» Sauf que dans le cas qui nous occupe, «l’argumentation des autonomistes, poursuit M.Beaudet, s’appuie sur les observations suivantes: il y a plus d’incendies sur le Verdun du continent que sur l’île; les rues et les trottoirs étant plus vieux, il faut les rénover, etc.Conséquemment, on paye pour les problèmes des autres».Ce faisant, on passe sous silence que lors de l’amorce du développement de l’île, il y a plus de vingt ans de cela, la municipalité a fait sa part.Elle a déboursé afin qu’il y ait, contrairement à l’île Bizard citée en exemple par les autonomistes, des trottoirs et l’enfouissement des fils qui, ailleurs, sont aériens.Cela étant, la logique qui prévaut dans le projet des autonomistes est telle qu’elle n’interdirait pas.«Sur l’île, les huit immeubles à condos genre Le Biarritz regroupent 11 % delà population de l’île.Or, la population de ces immeubles paye l’équivalent de 22 % des revenus fiscaux qui provien-, nent de l’ensemble de l’île.Admettons que les autonomistes gagnent la partie.Pourquoi, après coup, les habitants de ces immeubles ne demanderaient pas leur indépendance?» Lundi: les arguments des autonomistes TOULCH lunettes en exclusivité dans nos boutiques au Québec pour être vu 4021, boul.Saint-Laurent Montréal 849-1433 1327, av.Greene Westmount 937-0446 4129, rue Saint-Denis Montréal 849-0559 QUE NALE ECOPOLITI INTERNATIO Guérin Universitaire Philippe Le Prestre Auteur 592 pages, 27,50 $ Écopolitique internationale est le premier ouvrage qui examine les dimensions politiques de la coopération internationale en matière d’environnement à partir de la discipline des relations internationales.Au delà des slogans du jour, et au moment où la communauté internationale évalue les progrès accomplis depuis la Conférence des Nations unies sur l’Environnement et le Développement (Rio, 1992), cet ouvrage fournit les éléments de compréhension indispensables d’une des dimensions centrales des nouvelles relations internationales du XXIe siècle.Actif depuis vingt-cinq ans dans l’étude et l’analyse des problèmes d'environnement, Philippe Le Prestre est professeur titulaire de science politique à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) où il enseigne l’écopolitique internationale, l’analyse de la politique étrangère, et la théorie des relations internationales.Il a publié Role Quests in the Post-Cold War Era (McGill-Queens University Press, 1997), The World Bank and the Environmental Challenge (Associated University Presses, 1989), et French Foreign Policy in a Disarming World (Lynne Rienner, 1989).GUÉRIN, éditeur Itée 4501, me Drolet Montréal (Québec) H2T 2G2 Téléphone: (514) 842-3481 Télécopieur: (514) 842-4923 Adresse Internet: \ http://www.guerin-editeur.qc.ca * LE DEVOIR « MONTREAL Une offre juste et responsable A la Société canadienne des postes, nous croyons fermement que nos employés constituent notre plus grande force.C’est pourquoi ils bénéficient de conditions de travail parmi les meilleures au pays.Nos négociations actuelles avec le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) visent à nous donner les moyens de relever les défis de demain et à garantir aux Canadiens le service postal dont ils ont besoin.Pour y parvenir, nous avons besoin de la souplesse nécessaire pour effectuer des changements qui réduiront les coûts et amélioreront le service.Une minute de travail gagnée sur le parcours de chaque facteur à travers le pays représente une économie de 2 millions de dollars qui peuvent être investis dans l’amélioration des services aux Canadiens.Nous proposons ces changements justes et raisonnables : Nous voulons nous assurer que les effectifs correspondent à la charge de travail.Ier exemple : Conformément à la convention collective, la Société canadienne des postes ne peut engager d’employés à temps partiel pour couvrir les pauses ou les heures d’affluence du service aux comptoirs.Nous désirons avoir la possibilité d’affecter des employés à temps plein ou à temps partiel aux points de vente afin de garantir un service rapide et efficace à chaque client.Ce changement permettrait d’économiser 2 millions de dollars par an.2e exemple : À l’heure actuelle, la Société canadienne des postes n’a pas la latitude nécessaire pour réaffecter les employés excédentaires.Nous demandons les moyens de réaffecter les individus là où le travail est disponible, à moins de 40 km de leur lieu de travail.Nous aimerions de plus pouvoir offrir aux employés des rachats d’emploi sur une base volontaire.Nous voulons nous assurer que le temps payé corresponde au temps travaillé.Ier exemple : Nous voudrions instaurer un programme pour réduire le temps dont nos facteurs motorisés ont besoin pour se rendre à leur dépôt postal pour le repas du midi.Cette mesure entraînerait une économie de 8 millions de dollars chaque année et permettrait à chaque facteur motorisé de servir 10 clients de plus chaque jour.2e exemple : Des milliers de facteurs attendent l’autobus ou l’utilisent pour se rendre de leur dépôt postal jusqu’à leur zone de distribution.Cette pratique coûte 13 millions de dollars en temps payé.Nous aimerions adopter un mode de transport plus efficace là où c’est avantageux.Cela permettrait une économie de 5 millions de dollars chaque année.En retour, nous faisons ces offres justes et raisonnables : Une hausse salariale de 3 % sur deux ans.Cette hausse s’ajoute à celle de 2% que les membres du STTP ont reçue au mois de février cette année.En fait, les salaires, les avantages sociaux et les conditions de travail des employés des postes demeureront parmi les meilleurs au pays.La promesse de maintenir la sécurité d’emploi.Selon cette offre, ceux qui jouissent de la sécurité d’emploi aujourd’hui, en jouiront également demain.Les modifications ultérieures au niveau de nos effectifs pourront être réalisées par les départs naturels et les rachats d’emploi volontaires.La création de 500 postes à temps plein.Cette proposition répond à une demande principale du STTP pour une augmentation de l’emploi à temps plein et serait réalisée d’ici le 3 I mars 1998 par la conversion des heures de travail temporaire et à temps partiel.A une époque où les travailleurs des secteurs public et privé connaissent des licenciements et la perte de la sécurité d’emploi, notre offre est très juste pour nos employés, nos clients et tous les Canadiens.POSTE^MAIL Société canadienne des postes/Canada Post Corporation I.E I) E V 0 I It .L K S S A M E I) I I E T I) I M A N C II E 5 0 C T 0 II R E I !» !) 7 •LES ACTUALITES- De passage à Rio de Janeiro ÉDUCATION Le pape passe des bidonvilles au palais Jean-Paul II abordera les questions sociales lors de son voyage au Brésil PHILIP PULLELLA REUTER Rio de Janeiro — Le pape a rencontré le président brésilien Fernando Henrique Cardoso et a été accueilli par des habitants des bidonvilles hier, lors de sa première journée complète à Rio de Janeiro, une étape du voyage pontifical qui souligne le fossé entre riches et pauvres.Jean-Paul II s’est entretenu avec le président dans un palais érigé au milieu d’un parc tropical, dans le centre de la ville.Le contenu des discussions n’a pas été divulgué, mais celles-ci ont dû porter sur un projet de loi sur l’avortement, actuellement examiné par le Congrès, et sur l’énorme différence de revenus entre les Brésiliens.Le pape a déclaré aux journalistes qui ont fait le voyage avec lui depuis Rome qu’il comptait aborder des questions sociales au cours de sa visite, qui se termine dimanche, et mentionner, dès son arrivée à Rio jeudi, le problème des enfants des rues et des fermiers sans terre.«Les déséquilibres sociaux, la distribution inégale et injuste des moyens économiques, génératrice de conflits dans les villes et à la campagne, et les problèmes des enfants abandonnés dans les grandes villes sont un défi aux proportions énormes pour les gouvernants du Brésil», a-t-il déclaré jeudi.Avant sa réunion avec le président Cardoso, le pape a entamé la journée d’hier par une messe matinale.Tout au long du parcours vers le palais présidentiel, Jean-Paul II a demandé à son chauffeur d’arrêter la «papemobile» afin qu’il puisse saluer les enfants, les déshérités et la foule.Le porte-parole du souverain pontife, Joaquin Navarro-Vals, a refusé de réagir aux informations selon lesquelles la première dame brésilienne, Ruth Cardoso, aurait dit jeudi qu’elle ne souhaitait pas voir le pape s’ingérer dans le débat en cours au Congrès à propos de la loi sur l’avortement.Les évêques brésiliens se sont dits contrariés par les propos de Ruth Cardoso, rapportés par la presse.«Nous répondrons, mais pas tout de suite», a déclaré le cardinal Lucas Moreira Neves, président de la conférence épiscopale brésilienne.Le pape, 77 ans, s’est reposé après sa rencontre avec le président D a ensuite assisté à la session de clôture d’une conférence théologique de trois jours consacrée à la famille.Il assistera aujourd’hui au Rassemblement mondial des familles au stade Maracana et célébrera demain une messe en plein air.Les évêques brésiliens espèrent que sa visite aidera l’Église catholique en perte de vitesse dans le pays.Environ 80 % des Brésiliens se disent catholiques, mais seulement 15 % d’entre eux vont à la messe.Des recteurs colombiens en visite au Québec CLÉMENT TRUDEL LE DEVOIR En vertu d’une entente signée entre la Colombie et le Québec, 300 étudiants colombiens ont déjà bénéficié de bourses (totales ou partielles) pour poursuivre ici des études universitaires, entre 1991 et 1996.Le renouvellement de cette entente devenue caduque fait l'objet, aujourd’hui à Québec, de discussions avec le ministère de l’Éducation.Le professeur Carlos Buriticâ, directeur de l’Institut colombien d’éducation à l’étranger (ICETEX), s’est déclaré optimiste; il pense que Québec et Bogota s’engageront de nouveau dans ce type de programme jugé fructueux par la Colombie.M.Buriticâ accompagne une délégation de 27 recteurs d’universités de son pays qui, hier à Montréal, ont établi des liens avec l’UQAM, McGill, Concordia et l’Université de Montréal ainsi qu’avec l’Organisation universitaire interaméricaine, en vue d’explorer les possibilités d’échanges d’étudiants et de professeurs.Il y a 580 000 étudiants de niveau universitaire en Colombie où, en moyenne, accèdent 30 % de ceux et celles qui terminent leurs études secondaires.On note cependant un taux d’abandon de 70 % avant l’obtention d’un diplôme, selon M.Buriticâ.Ije groupe en est au stade d’un «premier rapprochement» avec les universités canadiennes mais entretient des programmes d’échanges avec d’autres universités dans le monde, à Grenoble et à Toulouse notamment On s’attend à ce que des recteurs québécois et ca- nadiens se rendent en Colombie l’an prochain pour consolider les liens.M.Buriticâ parle d’une capacité d’accueil de son pays pour environ 150 professeurs de français et d’anglais (niveau universitaire) et mentionne des projets de stages de quatre à huit semaines permettant à des professeurs et à des étudiants d’ici de séjourner en Colombie.L’espoir principal se porte sur le renouvellement de l’entente avec Québec au sujet de la «formation de ressources humaines».Neuf des universités colombiennes regroupées dans l’Association colombienne des universités (ASCUN) sont publiques, la plus importante étant l’Université nationale, créée en 1867; elle a des composantes dans les principales villes du pays et a son siège dans la capitale.Depuis le 28 septembre, ces universitaires colombiens ont eu des rencontres, à Toronto et à Ottawa, avec diverses universités ontariennes., Hier, c'est le sous-ministre adjoint à l’Éducation, Jacques Babin — rentré il y a peu d’un voyage en Colombie —, qui a exposé aux visiteurs le mode de fonctionnement et de financement des divers niveaux d’enseignement — «compétence exclusive du Québec» —, évoquant par la suite la réforme lancée par la ministre Pauline Marois.Les domaines privilégiés par cette délégation, dont les membres représentent 80 % des étudiants de niveau universitaire en Colombie, ont trait à la coopération en matières scientifique et technique, en recherches conjointes et en programmes visant à améliorer l’enseignement universitaire.LES BELLES S O I R É E S .À L’UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL OCTOBRE / / Reflets d’une ville : Rio de Janeiro J.del Pozo, / M.Duquette, L.de Moura Sobral, A.de Almeida Naissance de la photographie, 1820-1870 Monique Gauthier Kaléidoscope sur le chat Arts, histoire et littérature £Xe L Laliberté, A.-M.Aubin, C.Doyon Vins et vignobles d’Espagne Jean-François Demers Pages et paysages de Provence Andrée Lotey Le Canada et l’Empire britannique P.Tousignant, M.Dagenais Devenir soi : de l’enfance à l’âge adulte Rose-Marie Charest / .et bien d’autres sujets encore / offerts en soirée et en matinée Obtenez gratuitement le programme des Belles Soirées Renseignements : 343-2020 1 800 363-8876 3744, rue Jean-Brillant, 3e étage info@fep.umontreal.ca Université de Montréal Faculté de l'éducation permanente Des jeunes sans Histoire Des experts estiment urgent de redonner aux étudiants une notion de l’espace et du temps dans le cadre de la réforme Marois PAULE DES RIVIÈRES LE DEVOIR Le Québec est-il une société sans souvenirs?Pour les jeunes, disent plusieurs experts, seul le moment présent compte.Seul le moment présent existe.C’est en grande partie pour corriger cette lacune que le ministère de l’Education veut multiplier les classes d’histoire dans les écoles.L’énoncé de |)olitique éducative rendu public cette semaine fait débuter l’enseignement de l’histoire en troisième plutôt qu’en quatrième année et, surtout, il l’installe solidement au menu de toutes les années du cours secondaire, plutôt qu’à celui de deux années seulement.Présentement, les étudiants de deuxième secondaire reçoivent un cours s’étalant de la préhistoire à la Renaissance et ceux de quatrième année un cours sur l’histoire du Québec et du Canada.Tous les professeurs d’histoire vous le diront: le recours à la technique du gavage de l’oie (ou de l’étudiant) est presque incontournable.Et encore là, rien n’empêchera un petit fin-finaud d’associer l’ALENA à un bar ou Macdonald à une chaîne de restaurants.Mais au delà de ces errances et de ces horreurs, le sous-ministre à l'Éducation Robert Bisaillon, qui a présidé la Commission des états généraux sur l’éducation, estime urgent de redonner aux jeunes une notion de l’espace et du temps.«Pour les jeunes, note M.Bisaillon, il n’y a ni avant ni après.» Et l’historien Jacques Lacoursiére, qui a présidé un groupe de travail chargé d’examiner l’enseignement de l’histoi- re, avait de son côté constaté que l’enseignement ne répondait pas à cette méconnaissance du passé et de la notion de passé.M.Bisaillon notait, dans une entrevue hier, que cette dictature du présent et du monde virtuel produit trop souvent des raisonnements globaux simplement parce que le jeune n’a pas habitué sa pensée à raisonner.Uhistoi-re, croit-il, est un merveilleux outil |x>ur enseigner le raisonnement.Des professeurs heureux Ce ne sont certainement pas les professeurs d’histoire qui contrediront M.Bisaillon ou qui s’opposeront à la réforme annonçée cette semaine par la ministre de l’Éducation, Pauline Marois.La Société des professeurs d’histoire est particulièrement heureuse des projets d’enseignement pour le secondaire, où l’histoire sera présente à chaque année.Son président, Grégoire Goulet, se réjouit de l’arrivée d’un cours intitulé «Connaissance du monde contemporain», tout en se demandant quel contenu fera son chemin jusqu’à ce cours qui pourrait comprendre une partie d’un cours optionnel sur l’histoire du XX' siècle et une partie du contenu du cours d’éducation économique, matière qui disparaît du curriculum et qui dispensait des notions fondamentales de microéconomie et de macroéconomie (produit national brut, système monétaire, etc.).Sauf pour le cours d’histoire du Québec et du Canada (qui pourrait s’échelonner sur deux ans), les cours d’histoire incluront tous un volet «éducation à la citoyenneté» qui compren- ARCHIVES LE DEVOIE Robert Bisaillon H dra, entre autres, les institutions et assises démocratiques, les chartes des droits, etc.«On peut devenir un bon citoyen, dit M.Bisaillon, dans la mesure où on adhère à un héritage.» Si l’inclusion plus systématique des institutions dans l’enseignement nous rapproche de l’enseignement dispensé au Canada anglais, on ne peut pas en dire autant des contenus sur l’histoire du Québec et du Canada.Les enseignants des autres provinces ne voient pas les choses de la même manière que nous, affirme le président de la Société des professeurs d’histoire, en confiant qu’il a tenté, déjà, d’établir un contenu commun avec des collègues anglophones, pour arriver à la conclusion que ce n’était pas possible.«Nous n'enseignons pas la même his- toire, résume M.Goulet.Le régime français, la Conquête, les troubles de 1837-38, entre autres, ne sont pas vus du même œil.» Ce qui ne veut pas dire que l’actualisation, ici, des contenus d’histoire du Québec et du Canada, qui ont peu changé depuis 15 ans (bien que le ministère de l’Education vienne d’entériner une mise à jour du chapitre sur l’histoire du Québec contemporain), fera l’unanimité.La place du nationalisme québécois, des Amérindiens, des différentes ethnies, fera assurément l’objet d’âpres débats au sein de la future Commission des programmes.Pour ce qui est du niveau primaire, les professeurs d’histoire restent sur leur appétit même si l’enseignement des sciences humaines débuterait en troisième année plutôt qu’en quatrième.Plusieurs soulignent d’abord que deux heures d’enseignement par semaine sur trois ans valent peut-être aussi bien qu’une heure d’enseignement par semaine sur quatre ans.Mais surtout, la Société des professeurs d’histoire a noté avec déception que le temps alloué à l’enseignement des sciences humaines est indicatif et non prescrit.Il rapi)elle que le rapport de M.liicoursière soulignait que 70 % des professeurs de niveau primaire ne respectaient pas les temps suggérés.D’autres professeurs comme Lise Levasseur, qui enseigne au primaire depuis 28 ans, regardent le train de la réforme avec philosophie: «Nous avons toujours enseigné l’histoire au primaire.Les noms des cours changent mais nous continuons à enseigner.» Le garde du corps regagne l’Angleterre Paris (AI3) — Trevor Rees-Jones, seul survivant de l’accident qui a coûté la vie le 31 août dernier à la princesse de Galles, a quitté hier après-midi l’hôpital de la Pitié-Salpétrière à bord d’un hélicoptère de la Sécurité civile qui s’est posé sur le toit du pavillon Cordier de l’établissement.Trevor Rees-Jones, 29 ans, a ensuite rejoint l’héliport d’Issy-les-Moulineaux.Le garde du corps de la famille Al Fayed, le bras bandé, coiffé d’une casquette et portant des lunettes noires, est monté dans un autre hélicoptère qui doit le ramener en Grande-Bretagne.«Après une hospitalisation de 34 jours, monsieur Trevor Rees-Jones a quitté l’hôpital de la Pitié-Salpétrière, ce vendredi 3 octobre 1997 à 14h38, pour rejoindre l’Angleterre», dit un communiqué de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris.YENTE DE LIQUIDATION PLUS DE 100 OEUVRES EN VENTE ÉCONOMIE JUSQU’À 75% DE LA VALEUR Ai listes: JIV Lemieux.Il Mnssou.R Roussil.Soi (je Lemoine.Y Libelle.A Diiiims T Tobias.A.C E V 0 I K , I.K S S A M EDI I K T I) I M A \ (' Il E "> 0 C T 0 II It E I !) !> 7 IDEES Le récent emprisonnement d’Emma Bonino, commissaire européenne chargée de l’aide alimentaire en Afghanistan Réplique à Gilles Sabourin Le régime de l’interdit Les talibans réclament le siège de l’Afghanistan à l’ONU alors qu’ils enfreignent tous les traités sur les droits de la personne SYLVIE GÉLINAS Avocate r epuis la prise de D Kaboul le 27 septembre 1996, le nouveau gouvernement ultra-orthodoxe des talibans n’a été reconnu que par trois pays: le Pakistan, l’Arabie Saoudite et les -Emirats arabes unis.Avec l’aide de ses trois parrains, le gouvernement des «moines-sol-çlats» tente de se faire octroyer le siège de l’Afghanistan aux Nations unies, toujours occupé par le représentant du gouvernement renversé qe Burhanuddin Rabbani, dont les forces sont repliées au nord du pays.F,e 17 septembre, une commission spécialisée de l’ONU, cpmposée de neuf membres dont les Etats-Unis, la Russie et la Chine, s’est réunie afin de se prononcer sur le sort du siège de Afghanistan.La Commission peut soit maintenir le statu quo, soit octroyer le siège aux talibans, soit, enfin, déclarer le siège vacant.Alors que les délibérations de la commission se poursuivaient sur cette question, Emma Bonino, commissaire européenne chargée de l’aide humanitaire, s’est rendue à Kaboul dimanche dernier afin d’y évaluer la situation humanitaire et de dire aux talibans que leur politique discriminatoire envers les femmes n’est pas acceptable pour la Communauté européenne.Depuis la prise du pouvoir par les talibans, Mme Bonino est le premier haut responsable occidental à se rendre en visite officielle à Kaboul.Accompagnée des membres de sa délégation et de nombreux journalistes français, anglais et italiens, Mme Bonino s’est rendue lundi dernier dans un hôpital pour femmes afin d’y visiter les malades et évaluer leurs besoins.Certains journalistes ont alors pris des photos, ce qui est formellement interdit par le nouveau pouvoir islamique ultra-orthodoxe.Pour les nouveaux gouvernants, la charia interdit toute reproduction d’êtres vivants.Les milices armées s’en sont alors prises violemment aux «criminels photographes», ont frappé plusieurs d’entre eux à coups de crosse de kalachnikov, activité routinière pour les milices, et embarqué tous les Occidentaux, commissaire européenne Les femmes n’ont plus le droit d’être examinées par un homme médecin et n’ont donc pas accès à des soins médicaux INTERNATIONAL COMMUNICATION AGENCY, ÉTATS-UNIS Scène de la rue à Kaboul, capitale de l’Afghanistan, il y a quelques années: des femmes voilées passent sous les emblèmes du défunt Parti démocratique populaire, expulsé du pouvoir au printemps 1992.Autres temps, mêmes mœurs?incluse, en direction du quartier général de la police où ces derniers ont été accusés d’avoir enfreint la loi islamique.Les inculpés ont été retenus prisonniers pendant plus de trois heures, pour être ensuite relâchés avec les excuses du ministre de la Santé afghan.Mme Bonino, très populaire et connue en raison de son engagement en faveur de l’aide humanitaire et des droits de l’homme, a par la suite déclaré sur les ondes de la BBC avoir eu très peur pour sa vie et elle a accusé les talibans d’avoir instauré un «régime de terreur» en Afghanistan.Mme Bonino s’interrogeait encore hier soir sur les véritables motifs de son arrestation.Selon Daoud Mir, chargé d’affaires afghan sous le gouvernement déchu du président Rabbani, l’objectif des talibans est de chasser du pays tous les Occidentaux, témoins gênants de la barbarie du nouveau régime, et seul espoir pour le peuple afghan.Les délégués du Comité international de la Croix-Rouge auraient également été l’objet d’actes de violence, destinés à inciter l’organisation à quitter le pays.La communauté internationale a assisté à un nouvel exemple du mépris exprimé par les nouveaux dirigeants afghans à l’égard du droit international et de la communauté internationale.Rappelons que le soir même de leur arrivée au pouvoir, les talibans avaient pénétré dans l’édifice des Na- tions unies où l’ancien président communiste Nadjibullah avait trouvé refuge depuis quatre ans, pour l’enlever et le pendre à un réverbère sur la place publique, en violation de l’immunité garantie par la loi internationale à tous les bâtiments de l’ONU dans le monde.Le régime islamique instauré par le nouveau gouvernement des talibans est considéré comme étant actuellement le plus radical et obscurantiste de la planète.Ils ont établi le régime de l’interdit.Photos interdites.Discussions politiques interdites.Réunions domestiques de plus de cinq personnes interdites.Sortie de Kaboul interdite.Ordinateurs interdits.Musique interdite.Les oiseaux en cage interdits, leur chant étant associé à la musique.Cinéma interdit.Télévision interdite.Sports interdits.Alcool interdit.Interdiction pour les femmes de travailler, d’étudier, d’adresser la parole à un étranger, de conduire, de sortir sans tchadri et non accompagnées d’un homme.Interdiction pour les hommes de sortir tête nue ou le visage sans barbe.Iœs femmes doivent demeurer à la maison et n’ont plus le droit de travailler à l’extérieur, dans une ville où plus de 25 000 veuves doivent assumer le soutien de leur famille.Les femmes n’ont plus accès aux soins médicaux puisqu’elles n’ont pas le droit d’être examinées par un homme médecin et que les femmes médecins n’ont plus le droit de pratiquer la médecine.Les châtiments corporels ont été proclamés.Plusieurs cas de lapidation pour adultère ont été rapportés.Le régime instauré par les talibans viole tous et chacun des droits de l’homme énoncés à la Déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948, dont nous célébrerons bientôt le cinquantenaire, au Pacte international relatif aux droits civils et politiques du 16 décembre 1966, au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, à la Convention sur les droits politiques de la femme du 31 mars 1953 et à la Convention relative aux droits de l’enfant du 20 novembre 1989.11 reste à souhaiter que l’aventure de Mme Bonino attire l’attention sur la tragédie que vivent les femmes afghanes depuis 12 mois et qu’elle conduise la communauté internationale à une prise de position ferme à l’encontre de l’admission du gouvernement des talibans à l’ONU.Il est intéressant de rappeler que, quelques jours avant l’aventure de Mme Bonino, soit le 25 septembre dernier, le ministre canadien des Affaires étrangères Lloyd Axworthy, à l’occasion d’une allocution prononcée devant l’Assemblée générale des Nations unies, avait fait part de son intention de remettre au secrétaire général des Nations unies «quelque 5000 lettres de Canadiennes l’invitant à prendre l’initiative de dénoncer les violations flagrantes des droits fondamentaux des femmes en Afghanistan par les talibans, violations inacceptables aux yeux des citoyens du monde».Les diplomates afghans de l’ancien gouvernement du président Rabbani, présents à l’Assemblée générale, m’ont immédiatement téléphoné pour me faire part de leur très grand étonnement, en ce que le gouvernement canadien, qui n’entretient pas de relations diplomatiques avec l’Afghanistan, n’avait jamais auparavant pris de position face au conflit afghan, se contentant de suivre la politique américaine sur la question.En outre, le gouvernement du Canada a été le seul pays occidental à dénoncer officiellement le gouvernement des talibans depuis que la Commission spécialisée de l’ONU étudie la question du siège afghan.Les contestations électorales dans les circonscriptions de Bertrand et d’Outremont Que celui qui n’a pas péché jette la première pierre Robert Thérien n'aurait pas dû établir un parallèle entre son cas et celui de Monique Simard LOUIS DEMERS Avocat à la société en nom collectif de Grandpré, Godin f=! ex-député de Bertrand, Robert Thé- L* rien, s’est permis de commenter le ' jugement de la Cour supérieure reconnaissant la culpabilité de Monique Simard, jugement qui sera il- d’ailleurs porté en appel selon la dé- claration de l’avocat de Mme Simard.Il tentait de faire un parallèle entre le dossier de Mme Simard et le sien.Il n’aurait pas dû.Que Mme Simard ait voté sans droit dans l’élection municipale d’Outremont, c’est une chose.Cependant, elle n’avait aucun intérêt personnel à voter illégalement, n’étant pas candidate à cette élection, et son vote n’a certainement pas changé l’issue du scrutin.Ce n’est pas le cas de M.Thérien.Reprenons les points importants de son dossier.En octobre 1994, j’ai représenté une électri-ce de Bertrand qui a contesté l’élection de M.Thérien.Notre premier motif de contestation était à l’effet que le candidat Thérien avait voté sans droit et le second était que celui-ci avait donné son assentiment à des manùœuvres électorales frauduleuses incitant des gens à voter illégalement dans le comté de Bertrand alors qu’ils n’y étaient pas domiciliés.Le 22 février 1996, la Cour du Québec accueillait la requête de ma cliente sur les deux motifs.Elle décidait que M.Thérien avait effectivement voté illégalement à sa propre élection et que, pour reprendre les termes du jugement, «malgré qu’il ait eu connaissance des manœuvres de son organisation sur le terrain, il n'a rien fait pour empêcher que des électeurs aient voté illégalement dans le comté de Bertrand, comme lui-même [.]».Le 21 février 1997, la Cour d’appel du Québec maintenait la décision de première instance sur le premier point et a décidé en conséquence qu’il n’était pas nécessaire d’aborder la question des autres manœuvres électorales frauduleuses de M.Thérien.Malgré toute la collaboration possible de nos cours de justice pour accélérer ce dossier judiciaire, ce n’est qu’après une requête en irrecevabilité en Cour du Québec, Cour d’appel et Cour suprême, une requête en contestation de la composition du tribunal de première instance, des requêtes en sursis et en évocation en Cour supérieure, plusieurs requêtes en sursis en Cour d’appel et en Cour suprême du Canada, 28 jours d’audition en Cour du Québec et trois jours en Cour d’appel que M.Thérien a finalement été expulsé de l’Assemblée nationale.Nous attendons le jugement de la Cour suprême sur la dernière requête pour permission d’appel de M.Thérien.¦ Quand un candidat n’est pas en mesure de dire où est situé son domicile lors d’une élection, question fondamentale à toute l’organisation de notre système électoral, pourtant posée à tous les citoyens du Québec, et que les juges de la Cour du Québec émettent les commentaires suivants sur son témoignage : «Soulignons tout de suite que le témoignage de l’intimé quant à la détermination par lui-même de l’endroit de son domicile et de la date ou période du changement de son domicile, s’il en est, est on ne peut plus vague, imprécis et contradictoire au point d’en être déroutant.» ou: «Interrogé sur ce changement de domicile ou sur l'endroit de son domicile à des périodes précises, l’intimé donne constamment des réponses absolument vagues, imprécises et à certains égards invraisemblables [.]» et qu’un juge de la Cour d’appel écrit: «À des questions claires portant sur des faits précis dont il a connaissance, ses réponses sont souvent vagues, évasives et parfois carrément inexistantes.Lors de l’interrogatoire par son propre avocat, ses réponses sont décousues, équivoques et incohérentes.[.]/« comprends moins bien, par contre, ses hésitations et réticences palpables à répondre à des questions portant sur de simples faits dont l'existence avait pourtant pour lui une si grande importance.La lecture comparée de ses dépositions montre aussi que différentes versions ont, tour à tour, été données sur des questions identiques» ; ¦ quand un candidat se permet de contester la constitutionnalité de certains articles de la Loi électorale que son propre parti et lui-même ont pourtant votés; ¦ quand un candidat se permet de demander une autorisation d’appel en Cour suprême du Canada alors que la Loi électorale du Québec votée par son propre parti et lui-même dit pourtant que le jugement de la Cour d’appel du Québec est final et sans appel; ¦ quand on fait partie du club heureusement très restreint des candidats qui ont vu leurs propres élections annulées au Canada depuis la Confédération ; ¦ quand on a siégé sans droit à l’Assemblée nationale pendant plus de deux ans et demi, un record de tous les temps; On ne peut se permettre de commenter les fautes des autres.Gentilly 2, 1, zéro.Garder la centrale en activité serait coûteux et dangereux PATRICK NANTEL Outremont ' ans un article paru dans D l’édition des 6 et 7 septembre dernier («1m centrale Gentilly 2 doit demeurer ouverte»), Gilles Sabou-, rin, ingénieur en nucléaire à Energie atomique du Canada, se porte à la défense du nucléaire.Selon lui, la centrale nucléaire Gentilly 2 doit continuer à produire de l’électricité, entre autres parce que: ¦ en «restaurer» le cœur coûterait moins cher que de construire ou réhabiliter une centrale hydroélectrique d’une puissance équivalente; ¦ une centrale nucléaire comme Gentilly 2 occupe une fraction de l’espace qu’occupe le réservoir d’un grand barrage; ¦ la centrale contribue à maintenir une expertise québécoise dans le domaine de l’énergie nucléaire, une expertise exportable dans le monde.Je suis loin d’être un spécialiste de la question, mais il me semble qu’en comparant les coûts du nucléaire avec ceux de l’hydraulique, M.Sabourin en oublie plusieurs.En fait, l’ingénieur ne retient que les coûts de restauration de la centrale.Il y a pourtant les coûts directs mais surtout indirects de l’approvisionnement en uranium, une ressource non renouvelable qui, jusqu’aux dernières nouvelles, est toujours nécessaire au fonctionnement de la centrale Gentilly 2.Les coûts indirects n’entrent pas dans le calcul parce qu’ils représentent des coûts sociaux dont la valeur financière est difficile à évaluer.L’extraction et la purification de l’uranium entraînent une dégradation considérable et en grande partie irréversible de l’environnement.Les mines d’uranium, leurs déchets et l’aire de répartition de la pollution qu’ils occasionnent représentent bien plus que les 3 km2 d’une centrale nucléaire.Le public ignore généralement cette réalité et peu d’entre nous s’en préoccupent parce que l’environnement dégradé se trouve généralement loin des grands centres, au pire sur des territoires autochtones.Autres coûts majeurs du nucléaire: ceux de la gestion des déchets radioactifs et du traitement des effluents de la centrale.Des coûts susceptibles de se répartir sur plusieurs dizaines de générations.Sans compter ce que coûtera le démantèlement de la centrale, dont la longévité est plutôt courte en comparaison de la durée de la contamination qu’elle laissera sur son site.Bien entendu, le capital humain que représente toute expertise technique est une ressource à valoriser.Par contre, on doit se demander à quel point acquérir et maintenir une expertise dans le nucléaire ne se fait pas au détriment d’autres expertises.Le Québec pourrait, par exemple, aussi développer et exporter une expertise dans l’énergie éolienne ou solaire ou, encore mieux, dans l’efficacité énergétique.Ces formes d’énergie ont plusieurs avantages sur le nucléaire parce qu’elles sont moins exigeantes en capital: elles peuvent être développées et mises en marché par de petites et moyennes entreprises, ce qui peut diversifier une économie locale; elles sont plus appropriées aux pays en développement et plus susceptibles de rendre ces pays technologiquement autonomes.Mais voilà, les ressources financières étant forcément limitées et les investissements nécessaires à la recherche, au développement et à l’exploitation de l’énergie nucléaire étant tout simplement vertigineux, on comprendra que d’autres expertises doivent être sacrifiées.En bref, une centrale nucléaire comme Gentilly 2 nous coûte beaucoup plus cher, en capital «nature» comme en capital humain, que ce que l’affirme l’analyse myope de M.Sabourin.L’expertise dans le nucléaire se développe au détriment d’autres expertises Les coûts sociaux de l’utilisation de l’uranium sont difficiles à évaluer L’ÉQUIPE DU DEVOIR IA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine : Louis Lapierre (adjoint au directeur de l'information), Sylvain Blanchard, Jean Chartier (régions).Paule des Rivières (éducation), Jean Dion, Louis-Gilles Francœur (environnement), Kathleen Lévesque (actualités politiques municipales), Caroline Montpetit, Brian Myles (politique municipale), Isabelle Paré (santé), Jean Pichette (justice), Clément Trudel (relations de travail), Serge Truffaut (questions urbaines) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques) ; Martin Duclos et Christine Dumazet (relecteurs) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; à l’information culturelle : Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon (arts visuels et théâtre), Paul Cauchon (médias), Marie-Andrée Chouinard (livres et politiques culturelles), Louise Leduc (musique), Jean-Pierre Legault Odile Tremblay (ci-néma) ;ô l’information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de/'information), Robert Dutrisac, Benoit Munger.François Normand, Claude Turcotte ; à l’information internationale : Jocelyn Coulon (adjoint au directeur de l'information), GuyTaillefer (éditorialiste), Claude Lévesque ; à l’information politique : Pierre O’Neill, Manon Cornellier (correspondante parlementaire à Ottawa), Mario Cloutier et Gilles Lesage (correspondants parlementaires à Québec), Michel Venne (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec) ; à l’information sportive : Yves d’Avignon ; Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction) ; Judith Lachapelle, Marie-Claude Petit (commis).Lu documentation : Gilles Paré (directeur) ; Brigitte Arsenault, Manon Derome, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Martine Dubé (directrice), Daniel Barbeau (directeur adjoint), Jacqueline Avril, Jean de Billy, Brigitte Cloutier, Gyslaine Côté, Marlène Côté, Christiane Legault, Jacques A.Nadeau, Guylaine Ouellet, Micheline Ruelland (publicitaires) ; Sylvie Laporte, Nathalie Lemieux, Claire Paquet Pierrette Rousseau, Micheline Turgeon ; Francine Ouellet (secrétaire).LA PRODUCTION Jocelyn Arsenault (directeur des approvisionnements, distribution et production), Marie-France Turgeon (responsable de la production), Claudine Bédard, Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Marie-Josée Hudon, Sylvain Lesage, Christian Men, Olivier Zuida.SERVICE À LA CLIENTÈLE Johanne Brien (responsable), Evelyne Labonté (responsable à la promotion des abonnements), Manon BlanchetteTurcotte, Monique L’Heureux, Lise I-achapelle, Rachelle Leclero-Venne.L’ADMINISTRATION Yves Bouthiette (contrôleur), Dany Dépatie (adjointe à l’administration et responsable des ressources humaines), Nicole Carmel (responsable des sendees comptables), Jeanne-d’Arc Houde (secrétaire à la direction) ; Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross.IA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (président), Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur générai). A 12 L E I) E V 0 I II .L E S S A M E D I I E T I) I M A N C II E 5 0 C T 0 II H E I il !) 7 -* LE DEVOIR ?-—- ACTUALITES EN BREF Le syndrome de mort subite fait moins de victimes ISRAËL SUITE DE LA PAGE 1 JUSTICE Le jugement de la Cour du Québec réjouit les commerçants (PC) — Le nombre de nouveaux-nés victimes du syndrome de mort subite a chuté de moitié l’an dernier.C’est ce que rapporte le Centre de recherche clinique Jeremy-Rill de l’Hôpital de Montréal pour enfants, qui a observé qu’en 1996 on a compté 26 décès reliés à ce syndrome.Or, depuis les 20 dernières années au Québec, on déplorait pas moins de 50 victimes du syndrome par année, en moyenne.Le syndrome de mort subite du nourrisson est le nom donné à la mort soudaine et imprévue d’un bébé, qui demeure inexpliquée par ses antécédents cliniques.Les causes du syndrome de mort subite du nourrisson, principale cause de décès chez les enfants âgés entre un et 12 mois, demeurent un mystère.«Nous croyons que cette baisse est due à la plus grande sensibilisation du public aux risques du syndrome et surtout ata avantages de coucher les bébés sur le dos pour dormir, a affirmé le Dr Aurore Côté, du Centre Jeremy-Rill.Mais il reste encore beaucoup à faire pour familiariser les professionnels et les parents aux risques du syndrome», a-t-elle ajouté, par voie de communiqué.Atlantis se découple de Mir Centre spatial, Houston (AP) — Les astronautes à bord de la navette spatiale américaine Atlantis, après avoir laissé un nouvel ordinateur central et un équipier, ont quitté hier la station orbitale russe de Mir à laquelle leur navette était arrimée.Ce découplage de Mir et Atlantis, prévu à 15h45 GMT, a été retardé d’une heure et demie.En fin de matinée, les centres de contrôle russe et ceux de la NASA avaient en effet pris cette décision afin de permettre à l’équipage de Mir de remplacer et de tester un appareil de relais de données qui avait mal fonctionné il y a un mois.Atlantis laisse donc à bord de Mir l’Américain David Wolf et repart sur Terre, où elle reviendra demain, avec Michael Foale.Ce dernier a passé quatre mois et demi difficiles à bord de la vieillissante station russe.Le Congrès juif mondial accuse la Suisse New York (AP) — Les autorités suisses n’ont pas rendu à leurs propriétaires légitimes pour près de 18 milliards de FF en or que les nazis leur avaient volé pendant la Seconde Guerre mondiale, accuse le Congrès juif mondial (CJM) dans un rapport à paraître la semaine prochaine.Elan Steinberg, directeur du CJM, a précisé hier que cet or provenait de dépôts dans des banques situées dans des pays occupés par les nazis, ainsi que de spoliations de particuliers et d’entreprises.Les banques suisses auraient reçu dans leurs coffres environ 85 % de cet or spolié par les nazis, a ajouté M.Steinberg, qui n’a pas précisé le volume total acheminé en Suisse.Ce chiffre sera connu lors de la publication du rapport mardi.Ce dernier affirme par ailleurs que 30 % de l’or envoyé en Suisse était non moné-•4*taire (bijoux et objets divers).Au printemps dernier, un rapport très critique du sous-secrétaire américain aux Affaires économiques, Stuart Eizenstat, avait établi que l’or volé par les nazis — essentiellement aux Juifs — et envoyé en Suisse avoisinait une valeur estimée entre 1,8 et 2,8 milliards de dollars.Alerte aux arachides (PC) — L’Agence canadienne d’inspection des aliments avise les personnes allergiques aux arachides de ne pas consommer les biscuits à la crème de noisette «Julker Ikram» vendus en emballages de 100 grammes.Ces biscuits contiennent des arachides alors que l’étiquette n’en fait pas mention.Le produit est importé de Turquie et distribué au Québec par Les Produits Phoenica, de Montréal.D’autres importateurs l’ont peut-être distribué aussi dans d’autres provinces.S.V.P.Assurez-vous que ce papier journal soit recyclé.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 9" étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir', www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Yossi Sarid, a indiqué hier qu’une commission parlementaire chargée de contrôler les services de sécurité et de renseignement devrait examiner toute cette affaire.La télévision publique a fait état hier d’échanges de reproches entre des responsables gouvernementaux et des services de sécurité, qui se rejettent la responsabilité du fiasco.La semaine dernière, deux pseudo-touristes porteurs de passeports canadiens ont été arrêtés par la police jordanienne après avoir agressé le chef du bureau politique du Hamas en Jordanie, Khaled Méchal.Hamas a immédiatement accusé le Mossad d’être derrière ce coup.Le leader palestinien a quitté l’hôpital jeudi après avoir reçu un antidote «fourni» par le roi Hussein mais les deux agresseurs sont toujours détenus par la police jordanienne.On ne connaît pas leur véritable identité; toutefois, M.Ax-worthy a affirmé qu’ils n’étaient pas canadiens.Les deux agresseurs étaient en possession de faux passeports portant les noms de Shawn Kendall, 28 ans, et Barry Beads, 36 ans.Le passeport de Kendall est authentique mais expiré et altéré.Le vrai Kendall s’est rendu jeudi à l’ambassade du Canada à Tel Aviv et aurait par ailleurs rencontré des représentants des services secrets canadiens.«Je suis une innocente victime», a affirmé M.Kendall à un reporter de la chaîne de télévision CTV.M.Axworthy a indiqué qu’il rencontrerait bientôt l’ambassadeur du Canada en Israël David Beiger, qui doit rentrer au pays ce matin.Une réunion est prévue au ministère des Affaires étrangères lundi.Quant aux discussions avec le gouvernement israélien, elles ne sont pas complètement établies à cause des fêtes du nouvel an juif Le ministre a indiqué qu’il espérait parier à son homologue israélien, David Lévy, dès lundi.Pour sa part, Norman Spector, ancien ambassadeur du Canada en Israël et directeur du Jerusalem Post, a évoqué sur les antennes de la chaîne de télévision CBC la possibilité que les services secrets canadiens aient pu aider le Mossad dans sa tentative d’attentat contre M.Méchal.Selon M.Spector, les agents secrets canadiens «coopèrent régulièrement avec le Mossad».M.Axworthy n’a pas apprécié les commentaires de l’ex-ambassadeur.Il a nié catégoriquement que le Canada autorise l’utilisation de ses passeports par des puissances étrangères.«Je considère que c’est une déclaration irresponsable», a-t-il dit «Il n’y a aucune vérité là-dedans, il n’y a absolument aucune complicité, d’aucune façon.» Une avocate spécialisée dans les affaires d’immigration, Barb Jackman, a toutefois déclaré au Toronto Star que bien que des cas similaires se soient produits dans le passé, «le Canada n’a jamais pris de mesures efficaces pour s'assurer que de telles affaires ne se reproduisent pas».«Donc, j’ai du mal à penser que c’est un accident et qu ’ils ont obtenu ces documents frauduleusement», a-t-elle ajouté.Selon un responsable jordanien, un autre Canadien, Guy Eris, 30 ans, a également été arrêté dans cette affaire.A Ottawa, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Rodney Moore, n’a pas pu confirmer cette information.En Israël, le journaliste Yossi Melman, spécialiste des services secrets israéliens, a souligné que l’affaire pourrait virer au scandale dès demain, après les fêtes du nouvel an juif.«Cette opération est la plus stupide, la plus incroyable» dont il se souvienne.«Comment ont-ils pu pensé réussir une telle opération en Jordanie?» Le journaliste a indiqué que la mission avortée du Mossad pourrait conduite à la démission des chefs des services de sécurité mais aussi à celle du premier ministre.Car le feu vert n’aurait pu être donné que par Benjamin Nétanyahou.Avec l’AFP SUITE DE LA PAGE 1 réputée limpide entre les domaines civil et criminel.Qu’on en juge.En novembre dernier, un individu est arrêté à la sortie d’un magasin Zellers de Québec, avec 148 $ de matériel volé, aussitôt récupéré par l’entreprise.Condamné à 100 $ d’amende plus 10 $ de suramende au criminel, la mésaventure de l’individu ne s’arrête pas là.Sa convoitise lui coûtera beaucoup plus cher.S’appuyant sur les articles 6 et 8 de la Charte (québécoise) des droits et libertés de la personne, Zellers décide en effet de poursuivre le filou au civil.«Toute personne a droit à la jouissance paisible et à la libre disposition de ses biens» et «nul ne peut pénétrer chez autrui ni y prendre quoi que ce soit sans son consentement exprès ou tacite», prévoit la Charte.La Cour suprême ayant déjà statué que la «personne» inclut la «personne morale», Zellers demande compensation au voleur pour atteinte à ses droits, avec un surplus à titre de dommage exemplaire, comme le prévoit l’article 49 de la Charte, cette atteinte étant manifestement le fruit d’une action illicite et intentionnelle.Chaque vol à l'étalage occasionnant de nombreux coûts à Zellers, l’individu est condamné à 140 $, qu’il paie cette fois à la compagnie, un montant majoré de 75 $ «pour créer un effet dissuasif dans la population», écrit le greffier spécial dans ce jugement ex parte.Avec les dépens, ce sont donc 427 $ que le voleur doit verser à la chaîne, qui a pourtant récupéré ses biens, en sus des 110 $ dus à l’État.Se trouve-t-on devant une double peine, publique et privée?«Le dommage-intérêt exemplaire est une importation de la common law qui n’a pas d’affaire en droit civil, parce qu’en droit civil, on a la distinction privé-pénal, clame le civiliste Maurice Tancelin, professeur fraîchement retraité de la faculté de droit de l’Université Laval.Dans ce cas-ci, il est aveuglant que le droit criminel a rempli son rôle et que le civil doit remplir le sien.Les dommages-intérêts viennent redoubler la pénalité déjà infligée par le criminel.Moi, je suis contre cette notion de dommages-intérêts exemplaires parce que l’exemplarité, c’est le rôle du droit criminel.» L’article 11 du Code criminel, de juridiction fédérale, précise certes que le recours au civil n’est pas suspendu pp-ce qu’il y a poursuite au criminel: ces deux ordres juridiques sont indépendants l’un de l’autre et possèdent leur rationalité propre.«En général, nos principes d’indemnisation en droit civil sont basés sur le fait que le montant des dommages doit compenser la perte subie, explique le président de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse, Me Claude Filion.Or l’article 49 de la Charte introduit une nouvelle notion, le dommage exemplaire, qui est une exception au principe général de l’enrichissement sans cause.» L’intérêt de ce jugement de la Cour du Québec, que la Commission entend bien analyser plus à fond, réside selon Me Filion dans l’extension des droits prévus aux articles 6 et 8 à des commerces de marchandises.«Est
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