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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1997-10-25, Collections de BAnQ.

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Le devoir ?La chronique de Robert Lalonde Page D 4 lœ feuilleton Page D 5 ?De fougue et de passion Page D 9 Formes Page D 12 L E DEVOIR.I, E S S A M E D I 2 f> E T I) I M A X C II E 2 «iltwur Boulanger étonnant sur les deraleuSiiours de la e-rrance roman 21,95 $ vlb éditeur .11 t.KOlTl 'nr.s-.s'in/l (te tu fitteruturc Il DKVOII LE ROMAN QUÉBÉCOIS Là où on pense OU IL EST LE PTIT JÉSUS, TABARNAC?, Yves Chevrier Editions Trois-Pistoles Trois-Pistoles, 1997,292 pages Il pouvait bien laisser brûler de l’encens qui dégageait une vague odeur de pot dans son -bureau et faire clignoter ses lumières psychédéliques au son du dernier Led Zeppelin, l'abbé qui avait pignon : près des classes de secondaire, au couvent, n’en était pas pour autant notre confident, encore moins celui des ados de l’école mixte d’à côté (une hérésie que ce bloc de béton à côté des majestueuses terres de la ¦ congrégation).11 n’y avait qu’une chose, capitale, qui nous rongeait (deux choses, en fait, pour les filles de chez nous, qui seraient mortes si elles devaient oublier de se délester de l’horrible tunique brune à plis creux et enfiler leur jeans avant de sourdre du manoir qui nous tenait lieu d’école pour plonger dans la jungle), et le bon abbé ne semblait rien comprendre à cet amour-là qui nous turbinait.Je vous parle des années 70.Mais voilà un de ces mystères insensés qui traversent les époques: si le p’tit Jésus avait véritablement voulu nous éclairer, il aurait permis à son serviteur de connaître comme nous les grandes secousses hormonales et l’aurait d’abord lancé aux lionnes avant de nous l’imposer, fin-finaud à l’allure d’adolescent attardé, comme un gars branché sur la vraie vie.C’est l’une de ces inconsistances entre les enseignements catholiques et la réalité quotidienne qu’explore Yves Chevrier dans son roman au titre accrocheur, empruntant cette question que rabâcheront sans doute encore pendant des millénaires aussi bien les croyants (ce serait plutôt de santé) que ceux qui se targuent de ne croire qu’en son absence: «Où il est le p’tit Jésus, tabarnac?» Le curé de Bernanos Mis en parallèle, en couverture quatrième, avec Le Journal d’un curé de campagne (prix du roman de l’Académie française 1936), le roman d’Yves Chevrier nous montre un homme qui, à l’instar effectivement de celui auquel Georges Bernanos prêtait vie il y a plus de soixante ans, questionne les pratiques associées à son titre.Mais alors que le curé de Bernanos était dépressif et peu sûr de lui, rongé par un cancer qui le gardait loin des activités physiques et des plaisirs de la table, celui d’Yves Chevrier déborde de santé.C’est un vrai héros que ce Félix Thivierge (même son nom est heureux et chaste).Grand brun dans la Julie Sergeut ?Comme une voix d’hier qui raconte, accompagnée du son grinçant d’une chaise berçante trentaine, portant la barbe et les cheveux longs, il ne lui manquerait d’ailleurs qu’une robe pour ressembler à vous savez Qui.Fort de son vœu de pauvreté, de son désir de secourir les moins nantis et d’œuvrer avec eux dans le respect de l’idéologie socialiste, Félix a quitté en 1976 les rues de Montréal qu’il arpentait comme travailleur social pour s’installer sur le lac Témiscouata (et peut-être aussi pour «oublier» la chose politique québécoise, dont Yves Chevrier ne dit mot).Au volant de sa rutilante Dodge Dart brune, expressément choisie pour sa qualité de «char de curé», il atterrit donc dans le petit village de Saint-Juste, où il croit sans mal trouver des amis.Le paysage est magnifique, le défi de l’isolement est intéressant, mais ce qui aimante principalement Félix dans cette agglomération de quatre villages, ce sont les efforts déployés depuis deux ans par ses deux mille citoyens, associés dans une coopérative de développement agro-forestier, pour prendre en main leur avenir économique.Le temps de se rappeler comment dire une messe, voilà que le p’tit nouveau affiche la direction originale qu’il entend donner à son sacerdoce en remerciant sa servante, en débarrassant l’église de ses reliques empesées et en ouvrant les neuf chambres libres du presbytère aux gens dans le besoin.Foncièrement animé de bons sentiments (pour quelque chose de plus tordu, lisez le journal du curé d’André Brochu: Fièvres blanches, publié chez xyz éditeur en 1994), Félix ne pense pas un instant qu’il faillit à son rôle lorsqu’il accueille chez lui des mères célibataires, les bons à rien du village ou les paumés de la grande ville.Et lorsqu’il démarre pleins gaz sur sa moto pour aller prendre une bière avec les copains, lorsqu’il enseigne à l’une la conduite automobile ou se colle à une autre pour faire quelques pas de danse, il pense pouvoir faire taire les ragots en brandissant bien haut son devoir sacré d’aimer ses prochains.Mais les citoyens de Saint-Juste et de la paroisse (ennemie) voisine de Lots-Renversés, particulièrement les moins jeunes pour qui le curé doit être un inébranlable exemple de correctitude, ne pourront bientôt plus cacher leur désarroi: et ce seront tout autant les travers et secrets de la communauté que les faiblesses du nouveau curé qui secoueront les rives du Témiscouata.Ton et structure Sans avoir l’intensité dramatique des aventures du curé de Bernanos avec la comtesse d’Ambricourt et sa famille, celles de Félix Thivierge se suivent avec intérêt, souvent avec l’impression que c’est une voix d’hier qui nous les raconte, accom- YVES CHEVRIER Où il est le put Jésus, tabarnac?pagnée du son grinçant d’une chaise berçante, dans l’odeur de la soupe aux légumes et des galettes d’avoine.Malgré son titre frondeur, Où il est le p’tit Jésus, tabarnac?garde de fait un ton et une structure conventionnels, et n’étonne vraiment qu’en ces quelques instants qui voient Félix flancher (on se demande bien d’ailleurs comment il pourrait ne pas récidiver).On pourra penser que la qualité orale de la narration serait mieux rendue encore si la majorité des québécismes et anglicismes qui s’y intègrent n’étaient pas, de manière d’ailleurs assez aléatoire, saucissonnés entre guillemets ou condamnés à l’italique {«tu vas faire freaker le monde», «un “char” de police», «deux pick-up», «une jarre à beans», «Eu-clide “prenait un coup”», «six frimousses de freaks évachés sur les fauteuils».).Où il est le petit Jésus, tabarnac?touchera néanmoins les lecteurs qui pourront y reconnaître un pan de leur vie, un coin de chez eux, ou ce tiraillement semblable à celui de Félix, entre les prescriptions célestes et ce qui se passe sur le plancher des vaches.Un curé amoureux?On peut frémir à la pensée que les deux termes seront éternellement inconciliables.Un héros dans le siècle Un roman ambitieux, trop parfois, d'Alain Gagnon THOMAS K.Alain Gagnon Editions de la Pleine Lune Montréal, 1997,235 pages ROBERT CHARTRANI) Œuvre composite que celle d’Alain Gagnon, ce Saguenéen qui a écrit une vingtaine de livres depuis 1970.Les premiers ont paru au Cercle du livre de France, les autres aux éditions JCL de Chicoutimi: des recueils de poèmes, des contes, des romans aussi différents par leur facture que par leurs sujets.Sud, publié en 1995 aux éditions de La Pleine Lune, était un roman fort réussi, sombre et séduisant, où se nouait et se déliait, sur fond de quête d’identité, une triade inusitée: une prostituée, un riche industriel, tous deux Américains, et un Québécois chauffeur de taxi exilé à Atlanta.Thomas K.se présente plutôt, au départ, comme un roman de formation.Le personnage éponyme, né en 1900, fils d’une pauvre immigrée ukrainienne, se retrouve, à 13 ans à peine, dans un camp de bûcherons où il trime dur pour plaire à son contremaître.Thomas Kowalsky doit aussi apprendre, parmi ces hommes frustes, à défendre son intégrité; l’un d’eux a choisi Thomas comme souffre-douleur mais aussi comme partenaire sexuel obligé.Le jeune garçon tue son agresseur.Il ne sera pas inquiété: les hommes du camp vont tous accréditer la thèse de l’accident.Puis, Kowalsky s’initie au métier de forgeron en observant Ben Lussier qui, en prime, lui fait l’éloge de ce que nous appellerions aujourd’hui l’entrepreneurship.Pour réussir dans la vie, dit Lussier, «il faut toujours, anticiper, calculer, se demander qui on pourrait faire travailler à sa place» et, de préférence, «engager les autres, mais ne jamais être engagé».Thomas ferait bien, d’ailleurs, d’imiter les Syriens et les autres, Arabes ou Juifs: «Vends n’importe quoi, mais travaille toujours pour toi-même.» Et puis, il est indispensable de savoir au moins lire et compter.Ces sages conseils ne tombent pas dans l’oreille d’un sourd.ALAIN GAGNON THOMAS K.Éclate la Grande Guerre,.Kowalsky s’engage dans l’armée.À Halifax, où il est cantonné, il fait la connaissance d’un jeune Italien, Vito Lazari, qu’il défendra contre les brimades d’Anglos racistes lors d’un vrai combat de boxe.Sans peur et surtout sans reproches, Thomas, «inspiré» par une phrase de Tacite, l'historien de la Rome antique, éliminera encore le veuf grincheux que sa mère a dû épouser, puis le fils de celui-ci: n’étaient-ce pas des salauds et des gêneurs?Le récit, complice du héros, glisse sur ces meurtres comme s’il s’agissait de simples incidents de parcours, de bonnes actions, au fond.Il paraît louable, dans ce roman, de débarrasser la Terre des êtres nuisibles que, de toute manière, bien peu de gens regretteront.Nécessité et compassion Thomas écrira lui-même commodément, dans son journal qui se trouve vers la fin du récit, qu'il n’a tué que par nécessité; ou par compassion, dans le cas de Betsy, une femme de petite vertu, une amie et complice de longue date, rongée par le cancer.Car les préoccupations de Thomas sont ailleurs.La grande passion de sa vie, curieusement, c’est la rivière Bleue près de laquelle il va vivre et prospérer — il y bâtit un moulin —; forte et capricieuse, elle lui parle et l’inspire, si bien que «Thotn se considère plus étroitement marié à sa rivière qu'il ne le sera jamais à aucune femme».Thomas K.élève une famille, il prospère, il lit.Et, véritable homme-orchestre, il peint à temps perdu: on lui reconnaît même assez de talent pour l’inviter à exposer ses œuvres à Toronto, à New York.Il refusera ces offres flatteuses, préférant demeurer un artiste anonyme, comme l’étaienf la plupart des artistes du Moyen Âge.Et puisqu’il est aussi un notable, Thomas Kowalsky va se mêler de politique, la petite: il sera le patron-lieux en chef de la région pour le compte de l’Union nationale de Maurice Duplessis.On le voit: le roman d’Alain Gagnon s’égare peu à peu, à cause de ce personnage que la guerre et l’obscurantisme religieux ne troublent pas plus que les honneurs.Thomas Kowalsky se suffit à lui-même.C’est un monstre de format moyen que ses hantises n’empêchent pas de vivre tranquillement une existence de roitelet aimé ou craint de son entourage.Bon père, fils aimant — il désirera furtivement, il est vrai, sa mère —, ami fidèle, calculateur et ambitieux mais rêveur et sensible à l’occasion, ce personnage très entouré est aussi très seul, ce qui ne semble guère l’attrister.11 n’a ni Dieu ni maître que lui-même; il s’est fabriqué une morale bien à lui, qui l’habite comme une sorte de dieu personnel.Il prétendra même avoir construit sa propre âme, comme il le confiera à son ami Vito.Celui-ci sera médusé d’entendre de tels propos.On le serait à moins.Alain Gagnon a voulu tout mettre dans son Thomas K.: trop de talents, des préoccupations trop vastes, si bien qu’il devient vite un personnage fourre-tout.On ne s’étonnera pas de voir le sexagénaire, à la fin du roman, s’adapte aisément aux réalités du monde moderne: il confie la direction de son entreprise à sa fille qui n’en demandait pas tant et ne sourcille pas lorsqu’un de ses fils, qui est prêtre, lui avoue qu’il est homosexuel.Thomas Kowalsky n’avait pas besoin de cette belle ouverture d’esprit, lui qui avait déjà reçu sa large part de vertus.rliiKinr muirrudi du us lu niliiur ('uIIiitu FRANÇOIS CHARRON La Passion d’autonomie Littérature et nationalisme suivi de Une décomposition tranquille littérature et nationaux suivi de UNE DÉCOMPOSITION 170 p., 16,95$ Un vivant plaidoyer pour la liberté qui s’incarne et la conscience rebelle qui affronte les peurs de la solitude, de l’abandon et de l’inconnu.LES HERBES ROUGES / ESSAI I) I, K I) K V Oil!.I.V.S S ,\ M K I) I 2 f> K T D I M A N C II K 2 (i 0 (' T 0 I! I! K I il il LA VIE LITTÉRAIRE La foire du livre LIVRES- MARIE-ANDREE C H O UI N A R D LE DEVOIR \ Apropos de la conclusion de la 49e Foire du livre de Francfort, le quotidien U Monde affirmait plus tôt cette semaine que cette année encore, on y a vu bien en évidence sur les parquets les éditeurs allemands et anglo-saxons, et puis, dans le fond, le «reste du monde».Sur les 182 400 mètres carrés accueillant près de 9000 éditeurs en provenance de 107 pays, «près de la moitié des halles était occupée par les éditeurs allemands, et tout ce qui n'était pas allemand, américain ou anglais se trouvait relégué au fin fond», relate le quotidien.Dans cette méga-foire devenue «le» rendez-vous des éditeurs du monde entier, seul le va-et-vient des rumeurs donnait une impression d’étroitesse, raconte-t-on de façon anecdotique.«De l’Allemagne au Japon, en passant par l’Italie, on évoquait l'autobiographie d’Elton John, prétendument proposée pour huit millions de dollars, ou tel livre d'entretiens avec Fidel Castro, enrichi d’une lettre à Diana et en passe d’être acheté à six millions.» Et vogue la rumeur! Ouellette-Michalska et Voix et images Voix et images, revue consacrée à la littérature québécoise et publiée sous l’égide du département d’études littéraires de l’Université du Québec à Montré;d, consacre son dossier du plus récent numéro à l’auteur Madeleine Ouellette-Michalska, romancière, poète et critique ayant entamé sa production littéraire avec le recueil de nouvelles Le Dôme, paru en 1968.Pour «mieux sentir, mieux comprendre» l’oeuvre de Mme Ouellette-Michalska, une œuvre qui, pour certains, «se situe dans les propos contestataires de L’Echappée des discours de l’œil, pour d’autres dans la fiction historiographique de La Maison Trestler, pour d’autres encore, dans la prose lyrique de La Fête du désir», écrit Janet M.Paterson en guise de préambule.Pour colorer le dossier, une entrevue avec l’auteur et une «lecture féministe» de son œuvre.Write pour écrire Jeudi prochain, le Lion d’or ouvre ses portes à la deuxième édition de la soirée littéraire bilingue Write pour écrire.Huit écrivains participeront à la soirée animée par Marie-France Bazzo: les anglophones David Homel, Trevor Ferguson, Erin Mouré, Gerry Shikata-ni et les francophones Paul Chamber-land, Marie-Claire Blais, lyiadeleine Gagnon et Suzanne Jacob.A tour de rôle, les écrivains liront dans leur propre langue leurs écrits de même que des extraits pigés dans les ouvrages d’un de leurs comparses œuvrant dans l’autre langue.La chanteuse Karen Young, les musiciens Jean Derome et Michel F.Côté seront de la partie.Cet événement, une initiative de la Writers’ Union of Canada et de l’Union des écrivaines et écrivains québécois, aura lieu jeudi prochain à 20h au Lion d’Or.Prix savants La Fédération canadienne des sciences humaines et sociales a dévoilé cette semaine les noms des finalistes des Prix du livre savant Jean-Charles Falardeau, Harold Adams In-nis et Raymond-Klibansky, des distinctions d’une valeur de 1000 $ chacun qui soulignent l’excellence en matière de recherche dans les domaines des sciences humaines et sociales «ainsi que l’apport des ouvrages savants à l’avancement des connaissances».Gérard Bouchard, Gilles Bourque et Jules Duchatel, Pierre Camu, Christine Hudon et Jocelyn Létourneau sont les finalistes pour le prix Jean-Charles Falardeau.Marc Angenot, Alain Finde-li, Frances Fortier, Benoît Melançon et Anthony Wall sont en nomination pour le prix Raymond-Klibansky (français).Les noms des lauréats seront connus à la fin du mois de novembre.Poésie au Musée du Québec Ce mardi, le Musée du Québec renoue avec une expérience poétique tentée l’an dernier pour le plus grand bonheur des participants.Paroles de poètes, un rendez-vous avec Richard Jou-bert, un récital de poésie animé par le comédien Richard Joubert, présentera cette fois-ci les coups de cœur en poésie de Huguette Orly, «récitante» de carrière.Diplômée du Conservatoire royal de Bruxelles en déclamation française (!), Mme Orly prête sa voue ce mardi a 19h30 aux mots des Québécois Alain Grandbois et Gaston Miron et aux Belges Marcel Thiry, Emile Ve-rhaeren et Gaston Compère.Richard Joubert présentera les œuvres de Gilles Vigneault, Saint-Denys Gar-neau, Anne Hébert, Alfred Desrochers, Pablo Neruda, Louis Aragon, Lamartine et Julien Gracq.Elinor K.‘ Senior .HS HABITS ROUGHS HT LES PATRIOTES 1837-1838.Une dimension militaire méconnue.Un affrontement historique.LECROLTL Vil" M.-MARIE IJTTâtATt’ItE Livre J grand format, abondamment illustré.29,95 $ vlb éditeur _/ E T I) I M A X (' Il E 2 li (I C T 0 It It E I !M) 7 I) (i CINÉMA LIVRES - LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Mythe sur grand écran Une remarquable biographie de Bogart, fouillée et éclairante HUMPHREY BOGART Aim M.Sperber et Eric Lax Traduction de l’américain par Dominique Peters Belfond, Paris, 1997,593 pages ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Il est passé à la légende dans sa gabardine, sous le vrombissement d’un avion dans une certaine ville d’Afrique du Nord d’où sa dulcinée s'envolait.A Casablanca, les héros, les tortionnaires et les salauds se croisaient, s’évitaient, se dénonçaient dans le bar de Rick.Ix‘ film de Michael Curtiz montra en 1942 l’un des visages les plus célèbres d’Hum-phrey Bogart.Il y en eut d’autres, nourrissant l’iconographie du septième art sur le rafiot de 1 'African Queen, à la poursuite d’un certain oiseau précieux dans Le Faucon maltais.Bogart, c’est un style: un dur avec un cœur dilué dans beaucoup d’alcool et de tabac.Un mythe, une icône.Mais quoi de plus opaque qu’un mythe au cinéma?Cette biographie de l’homme caché sous le smoking blanc de Rick Blaine constitue une sorte de course à relais puisque les deux auteurs, A.M.Sperber et Eric Lax, travaillèrent le sujet l’un à la suite de l’autre sans jamais se rencontrer.Ann M.Sperber enquêta durant sept années, interviewa plus de 200 familiers de la star, compulsa comme un Sherlock Holmes les archives de la Warner et rédigea un premier manuscrit avant de mourir en 1994.Eric Dix reprit le travail là où elle l’avait laissée, pondit la brique en question, au demeurant passionnante.Travail à quatre mains, donc, comme une chaine que l’un lègue à l’autre pour y greffer son anneau.Il aura fallu attendre quarante ans après le décès du comédien pour qu’apparaisse cette remarquable biographie de Bogart, très fouillée, très éclairante aussi.L’ouvrage se révèle un formidable révélateur des conditions de travail des acteurs dans les grands studios de l’époque, tout en ouvrant une porte sur les méfaits du maccarthysme.La biographie est un genre qui flirte toujours peu ou prou avec la fiction.Du moins celle-ci a-t-elle le mérite de laisser sourdre les drames tapis sous la vie d’un homme.Patience et ténacité L’ouvrage révèle la ténacité de l’acteur, sa patience, sa faculté de manger un nombre infini de couleuvres, durant vingt ans, sous le joug de la Warner qui asservissait allègrement ses acteurs.Le succès tardif vint couronner Bogart quand il eut perdu toute la candeur nécessaire pour s’en émerveiller.Comment acquiert-on le statut de séducteur à quarante ans passé quand la calvitie vous rattrape et que l’alcoolisme vous ravage?Demandez sa recette à Humphrey Bogart.Il a failli être un enfant du siècle, rata de peu ce rendez-vous de l’histoire, en naissant le jour de Noël de 1899, se targua toujours d’être un produit de l’ère victorienne.Fils d’un médecin et d’une artiste peintre renommée, élevé par des domestiques sans tendresse, battu par son |x*re, négligé par sa mère, un peu cancre, il ne restait à ce New-Yorkais de la nouvelle bourgeoisie qu’à saisir l’occasion qu’un ami lui présentait: faire ses premiers pas au théâtre à 21 ans, puis lorgner vers le cinéma en attendant que la bonne fée se manifeste.11 joua les durs condamnés à une mort violente dans ses 45 premiers films, tnütre de pacotille, gangster à la petite se-maine; ses services étaient loués par la Warner qui le forçait à paraître dans tous les navets de série B et lui remettait la tête dims l’eau quand il en émergeait pour de rares films à succès tels Im Forêt pétrifiée ou La Légion noire.La carrière d’Humphrey Bogart est construite sur les sables mouvants de l’humiliation.Et cette biographie montre à quel point un pauvre acteur de seconde zone se trouvait pieds et poings liés, à la merci des caprices des studios.«Si c’est un rôle de salaud, donnezde à Bogart», dis;iit-on.Il baissait la tête et rongeait son frein.Ce n’est qu’en 1941, avec Le Faucon maltais, qu’il arriva enfin à bon port.Une étoile était née.Un peu tard.Casablanca allait suivre, et Bogart devenir demi-dieu parmi les demi-dieux.Les dessous des films-cultes Place, ici, aux dessous des films-cultes.Le lecteur découvrira comment les dialogues de Casablanca s'écrivaient de peine et de misère au jour le jour pour un film qui demeura longtemps en panne de dénouement.Il découvrira surtout à quel point le succès tardif laissa Bogart incrédule, un brin cynique, éternellement mélancolique et ivrogne comme jamais.«Jamais Bogart ne sembla croire à la publicité qu'on faisait autour de lui, aux compliments qu’on lui adressait, ni à la permanence de quoi que ce soit», lit-on.Un chapitre particulièrement éclairant aborde la marche sur Washington que Bogart dirigea avec plusieurs personnalités d’Hollywood pour protester contre les activités du Comité des activités antiaméricaines, démarche dont l’acteur fut obligé de s’excuser publiquement afin de pouvoir continuer de travailler, conservant la honte cuisante de ce reniement toute sa vie.Bogart eut quatre épouses.Mais seules les deux dernières comptèrent vraiment pour lui.Mayo Methot, actrice de talent ratée, aussi ivrogne que lui, avec qui il se battait allègrement (elle alla jusqu’à le poignarder dans le dos).Et, bien évidemment l’amour de sa vie, la belle Lauren Bacall, de 25 ans sa cadette, avec qui il vécut une liaison incendiaire, fonda une famille et finit des jours écourtés par un cancer à l’œsophage.Un grand homme, Humphrey Bogart?Pas à ses propres yeux.«J'attendais bien plus de moi.Et jamais je ne l’obtiendrai», se désolait-il.Ainsi s’éteignent les héros, avant que les mythes ne prennent le relais du réel.Certaines biographies, du moins, cherchent la vérité sous les masques et nous montrent la fragilité des durs, leur insatisfaction, leurs lâchetés, leur besoin de consolation impossible à rassasier.BOGART * Le Monde dans tous ses états L’ETAT DU MONDE Texte inédit Annuaire économique et géopolitique mondial La Découverte/Boréal L’ETAT DU MONDE Le &eul annuaire économique et géopolitique mondial Un bilan de l’année de& 225 payi du monde, et une chronologie générale De& analyôeô thématiques des tendances planétaires actuelles 704 pages, 27,95 $ LE DEVOIR CKAC730 Le pouvoir des mots Boréal Qui m'aime me lise.Aventure contemporaine Un panorama qui dit tout, de la chanson au roman PANORAMA DE LA LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE CONTEMPORAINE Sous la direction de Réginald Hamel Guérin, Montréal, 1997,822 pages MARIE- ANDRÉE C H O IJ I N A R D LE DEVOIR En l’espace de quelques centaines de pages, le Panorama de la littérature québécoise contemporaine publié par Guérin éditeur permettra aux lecteurs, étudiants ou autres, de réfléchir sur trente ans d’histoire littéraire, de 1970 à nos jours, une période au cours de laquelle un «bond prodigieux a été effectué», affirme celui qui a coordonné la rédaction de cet ouvrage, Réginald Hamel.«C'est un panorama, non pas une encyclopédie, explique te coordonnateur de cette brique de quelque 800 pages.C’est un tour d’horizon, un survol, qui ne peut pas aller en très grande profondeur, sinon ça se nommerait encyclopédie et ça serait en dix volumes.Ce qui est intéressant d’ailleurs, c’est que l’étudiant, le lecteur, puisse se servir de ce volume comme d’un instrument de travail, offrant tout ce qui est nécessaire pour aller plus loin.Autrement, on tombe dans l’encyclopédie, et là, vous avez un problème économique à résoudre.» D’entrée de jeu, admettons une chose: les panoramas littéraires ne courent pas les rues, ni les tablettes, et il n’est pas fréquent qu’une maison d’édition se lance dans une entreprise aussi vaste: couvrir toute forme de littérature québécoise contemporaine (des téléromans aux scénarios cinématographiques en passant par le théâtre, le roman, la chanson et les es- sais) à partir d’ouvrages publiés depuis 1970.Pour mener ce projet d’envergure, l’éditeur Marc-Aimé Guérin a fait a|> pel à un coordonnateur d’expérience, qui n’en est certes pas à ses premières armes et avait déjà maintes fois tâté de ce type de publications volumineuses.Réginald Hamel, auteur de différentes «bibliographies, biographies, dictionnaires et éditions critiques», également professeur au département d’études françaises de l’Université de Montréal jusqu’en 1991, a donc concocté le pl;ui de l’ouvrage, identifié les collaborateurs auxquels il a fait appel pour la rédaction des différents chapitres et supervisé l’ensemble.Particularité reliée à l’élaboration du Panorama, chacun des collaborateurs avait en poche un contrat avec l’éditeur et aussi «carte blanche» en ce qui a trait au contenu de son chapitre.«Le plan est très précis, je l’ai conçu de la façon la plus minutieuse.En partant de l’âge de la parole pour aller vers celui du papier, la parole s’exprime en cinéma, en dessin, en histoire, explique M.Hamel.Mais pour ce qui est du contenu, je voulais que chacun des auteurs s’en occupe lui-même et qu’il écrive vraiment selon ce qu'il entend.» Cette formule «carte blanche» aura peut-être parfois dépassé les limites que le coordonnateur aurait souhaité respecter au départ et quelques-uns des résultats de ces petits malentendus se retrouvent imprimés en toutes lettres, et surtout en toutes images, dans la brique.L’011 ne saurait passer sous silence deux de ces évidences iconographiques qui laissent pour le moins songeur: dans le chapitre dédié aux essais, et sous la division «francophonie», le lecteur s’étonnera peut-être de retrouver la bouille de l’auteur, Michel Têtu, personnage ayant accordé une haute importance aux affaires francophones, en plus de retrouver quelques paragraphes sur «l’œuvre» de l’auteur, signés de l’auteur lui-même.Un autre chapitre étonne à cet égard: celui sur l’avenir de l’édition où, même si quelques mots à peine abordent l’entreprise Guérin, l’iconographie du chapitre, elle, compense largement puisqu’elle n’en a au bout du compte que poty Guérin, qui édile ledit Panorama.A cet égard, Réginald Hamel explique qu’il a voulu simplement illustrer les diverses étapes de la fabrication d’un livre, du tout début à la fin, et que les nombreuses tentacules de l’entreprise (éditeur, librairie, papeterie, etc.) servaient parfaitement cet objectif.Pour mener à bien son vaste projet, Réginald Hamel s’est entouré d’une équipe de collaborateurs composée de Maurice Lemire, Renée Legris, Louise Blouin, Yves Lever, Lucie Robert, Jean Cléo Godin, Pascal Rien-deau, Bernard Andrés, Michel Lord, Jacques Samson, Vincent Nadeau, Stanley Péan, Gilles Dorion, Madeleine Bellemare, Richard Saint-Gelais, Clément Moisan, Benoît LeBlanc, Robert Dion, Nicole Fortin, Georges Leroux, Michel Têtu, Maximilien Laroche, Michel Paillé, Serge Gagnon, Marcel Fournier, Sylvie Bérard et Au-rélien Boivin, lequel a effectué une bibliographie sélective couvrant la fin des années 60 à 1996.Le Panorama servira fort bien les intérêts des étudiants, de la fin du secondaire jusqu’à l’université, explique M.Hamel, et le lectorat public s’y plongera avec plaisir.«Celui-ci veut avoir une bonne synthèse sur le cinéma?Eh! bien, il trouvera l’essentiel accompagné d'une bonne bibliographie pour lui permettre d'aller plus loin s’il le désire.» LETTRES FRANÇAISES Renaissance à Venise AMOR Colette Fellous Le Seuil, Paris, 1997,133 pages GUYLAIN E MASSOUTRE Il avait seize ans, moi, dix et demi.» Lui, c’est Amor, un jeune vendeur de friandises au bord d’une plage, en Tunisie.Elle, c’est une femme d’âge mûr, qui, un soir à Venise, décide d’envoyer la même lettre à trois de ses anciens amants, dans laquelle elle les convoque à un rendez-vous imaginaire, dans une chambre d’hôtel à Paris.Plus encore, Amor est un souvenir brûlant, condensé en un nom, une trace qui lui a laissé un tatouage sur le cœur.Marque d’infamie et ornement corporel, cette piqûre décisive date l’initiation d’une fillette au monde magique de la séduction et de l’amour, à sa découverte des plaisirs de la chair.Comme toutes les cérémonies d’initiation, celle-ci est secrète, tenue longtemps enfouie dans la mémoire.Et comme celles-là, elle signe l’entrée dans le deuil et d;ins la joie.Des frois amants, Gregor l’Islandais, Joseph le Cévenol de Roquefort et 'Théo le Lyonnais, aucun ne fait corps avec le lieu dans lequel la narratrice les rencontre.Ce sont des oiseaux de passage capturés en plein vol.Mais tous ont en commun une blessure dans laquelle s’engloutissent les images comme dans un trou noir.C’est du moins ce que prétend la narratrice, sans nous les faire connaître tout à fait.L’attente est longue avant que l’histoire ne démarre.Immobile au bord de l’eau, elle voit défiler des lieux: «Entre midi vingt-cinq et quatorze heures dix, elle sait qu’ils se suivront tous, Barcelone d’abord, puis Moscou, Stuttgart, Paris, Munich, Rome, Manchester, Milan, Londres.» Ajoutez-y Palerme, Rome, Mahdia, Egine et Reykjavik, et bien sûr Venise, le port d’attache, et vous aurez les principales cases de l’échiquier.Sa pensée ne s’attarde nulle part, vagabonde d’un homme à l’autre, en créant un halo de mystère léger et des images imprécises.On ne s’attache à |x>rsonne dans ce court roman, et la géographie reste allusive: on sent que l’essentiel se dérobe.Au point qu’il m’est apparu que ce roman aurait pu tenir dans une simple nouvelle.Fallait-il en resserrer l’écriture?C’est alors que l’épisode clé de «l’éclat de joie», donnée par Amor, nous invite à tout reprendre au début.Ce qui est une lecture plutôt inhabituelle.Là, on comprend le narcissisme et le piétinement d’un discours désordonné.Ces bribes de pensée dispersée, ces détails vite oubliés, cette mosaïque à composer — objets de mon exaspération —, sont autant de signes qui gouvernent la danse des souvenirs.On se croirait soudain dans un grand b;izar luxuriant, où les odeurs et les couleurs ne sont là que pour attiser les sens, la convoitise et le rêve oriental.Venise joue à cet égard un rôle décisif, avec sa luxuriance et ses forts contrastes qui parlent de détresse et de tyrannie.Venise en trompe-Tœil Grâce aux mélodies de la lagune, Venise lui rentre d;uis la peau.Et puis, petit à petit, elle se laisse envahir par des pans entiers d’Italie.De là, la Méditerranée court jusqu’aux rivages afric;iins, rapportant dans son ressac une moisson d’images épicées.Iœ corps de la femme se gonlle alors telle une matrice fécondée, et la géographie imaginaire devient la métaphore de ce corps caressé, brûlant et déchiré.Cette peau sensible, géographique, c’est celle d’une fillette, souillée par mille jeux de mains et effleurements intempestifs.«Même les petites filles on les touchait.Il fallait s’habituer à ça, être touchée n’importe où, au cinéma, dans le bus, dans la rue, en sortant de l’épicerie, sur la route de la plage, dans la mer.» Une honte indescriptible de soi monte avec l’obscénité des attouchements silencieux.Un plaisir fou, aussi, se dégage de cette culture sensuelle, érotique.Mais voilà que le bonheur se brise.Ce point fragile du respect de l’enfant et de sa curiosité naive, Amor l’a franchi sans se soucier du vice.Le roman de Fellous cherche l’incandescence.L’enfant et l’homme brûlent d’un même feu ardent, et l’imagé du métal chauffé à blanc résume à la fois les paysages méditerranéens, l’omnipotence masculine et le corps doré des enfants, sujets du livre.Venise, patrie des amoureux et ville de passage, y semble le lieu idéal pour une inscription votive, l’offrande d’une fidélité impensable et imprévue au très emblématique Amor.Mais la faute est imprescriptible, et sa dimension se révèle avec brutalité.Une jx-ur anime alors des fantômes, d;ins cette ville où Jean Cocteau écrivait que les pigeons marchent et les lions volent L’écriture dénoue ainsi ce nœud qui tenait ensemble les morceaux distincts d’une vie, dépouillant un destin de ses apparences.Et elle fait
de

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