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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1997-12-06, Collections de BAnQ.

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I.E I) K V U I It .I.K S S A M K I) I (I E T I) I M A X C II E I) E ( E M It It E I !l II 7 ?LE DEVOIR - Lettres québécoises Page D 3 La chronique de Robert iMlonde Page B 4 Le feuilleton Page ü 5 Essais québécois Page D 6 Poésie Page D 6 Essais étrangers Page D 8 Littérature fantastique Page D 10 Im vie littéraire Page DU Essai économique Page D 12 ?Laurent Chabin Entre «Il 11)0 vieil! rhonneur et la nécessité - ., - Écrire pour offrir U 11 I 0 \ 0• II110 1(166.des textes littéraires de qualité aux jeunes ("est inscrit en railleur, Rober Racine, (M ni ses personnages.Peul-êlre même (mi nous aussi, ('“est le cœur de tout prés, son deuxième roman: dans a lumière éclatante el le silence du multimedia "excitantes IVUCTl librairies VOIR RAGE D 2: CHABIN JACQUES GRENIEH LE DEVOIR Prix spéciaux en vigueur jusqu'au 31 décembre 1998 CÉOÉHOM HYBRIDE rég.39,95 $ M IB& DIFFUSION mmmm http://www.dlffm.com PIRATES! PIRATES! • Un jeu Interactif pour les 9 ans et + dans un univers 3D fascinant; • des énigmes et des histoires captivantes sur la piraterie et les Antilles; • une époque passionnante où l'audace, le courage et la soif de l'or habitaient des milliers d'aventuriers; • un jeu original et amusant pour découvrir l'ile-aux-trésors.rég.A4,95 $ LES GALAXIENS Bande dessinée Interactive • 20 activités ludo-éducatives passionnantes, hilarantes; • 50 séquences de bande dessinée vidéo.Version trilingue avec sous-titrage (français, anglais, allemand).Dialogue et sous-titres dans les langues de votre choix.2 niveaux de difficulté.G I S È I.E I) E S R O C H E S Une vraie tête d’ibère d'Astérix en Hispanic.Un regard intense qui se cache un peu derrière tout ça: queue de cheval et longs favoris noirs, moustache en sus.Une tête rare.Pas du tout une tête à écrire des contes de fées! Avec un cache-œil, il ferait un pirate très crédible.Il se trouvait une tête banale, avoue-t-il, quelconque.Alor.s il s’est laissé pousser du caractère.A voir les filles affluer à sa table du stand HMH du Salon du livre où il signait L'Assassin impossible, collection «Atout policier», on voit tout de suite que ça réussit.Il y en a même une qui veut lui faire signer un livre dont il n’est pas l’auteur.«Ça ne fait rien, riposte-t-elle devant ses protestations, ça ne me dérange pas!» Une allure de Corse ou je ne sais quoi.Je ne suis jamais allée en Corse.J’imagine seulement.Lorsqu’il me dit qu’il vient du Berry, en France, et qu’il n’a rien trouvé là pour le retenir, je le crois sur parole.Il a vécu trois ans à Madrid (qu’est-ce que je disais! Un Ibère!), trois ans encore au Pays basque avec sa compagne, et ils rêvaient d’y demeurer longtemps.Je n’ai pas été surprise: il a une personnalité qui colle au Pays basque.«Les gens là-bas sont fiers, fiables et peu bavards.» Mais Calgary! Il n’a vraiment rien du cow-boy! Comment a-t-il pu atterrir à Calgary?Aucune attirance pour le Stampede ou le style western.Pas plus attiré qu’il le faut par les gens.Un peu sauvage, se dit-il.Il a peu d’amis.N’aime pas fréquenter les Français à l'étranger et ne parle pas bien anglais.Les grands espaces?Peut-être, mais il vit en ville.Alors, quoi?Un vieux rêve secret que sa compagne dévoile un jour.Il a le même: le Canada.Qu’est-ce qu’on rêve du Canada dans les vieux pays! On envoie des c.v.Et la première offre de travail vient d’une école francophone de Calgary: un poste d’enseignement pour la compagne.Lui?Il suivra, ainsi que les deux garçons.Il écrira.Il rêve d’écrire.Il écrit déjà, d’ailleurs.Pas de réponse du côté français aux manuscrits envoyés.Lui qui a bossé dans le commerce des métaux après avoir terminé des études en cinéma, transigé avec les industriels japonais alors qu’il avait la tête rasée, appris l’arabe comme ça, juste pour le plaisir, échangé ses services contre des cours de peinture, le voilà devant son ordinateur au Canada, bien décidé à devenir écrivain.Pour une petite fille Son premier texte écrit ici est pour une petite Torontoise de huit ans, atteinte de leucémie.Elle aurait aimé être une fée.Cela a donné Une Vie de fée, une série de contes ayant pour héroïne une petite fée enfant.L’un d’eux, Le Roi mouillé, inspiré des Mille et Une Nuits, raconte l’histoire d’un roi qui faisait pipi au lit et qui, pour ne pas révéler son terrible secret, faisait couper la tête de sa femme tous les matins.Délicieux! La petite fille est en rémission.* • el j ai envie de I/o ITrir» Célébration désert, dans le Lightning I .eel le œuvre (fail fondue a la nature, une as lion ouïe cherche nue géologue.Atmosphère propice à la célébration de Ions les sens, odeur de mystère en sus, n y aura un rendez vous manque mais la plus réussie des rencontres entre le ciel el la terre.MARIE-ANDRÉE C H O II I N A R I) LE DEVOIR était cette année, dans le brouhaha d’un salon du livre.As-' sis à une table, Rober Racine accueillait les gens.Un homme s’est approché, a pointé la couverture de son livrç, lui a signifié d’emblée qu'il ne le connaissait ni d’Ève ni d’Adam, n’avait même jamais lu une seule de ses lignes, mais que cette photo de première page lui disait beaucoup.Une photo d’Ernst Haas, intitulée White Sands, prise au Nouveau-Mexique, en plein désert, où de lumineux rayons de soleil percent vers le sol, tout droit sortis d’un ciel obscur et dense.«Chez nous, en Bretagne, on appelle ce phénomène naturel “l’échelle de Jacob", lui confia l’homme.C'est un moment rare, une vision fugace, la rencontre entre le ciel et la terre.» Ce passant n’en avait pas la moindre idée, mais il venait en quelques mots de discerner l’essence du livre.Et de combler l’auteur, qui s’abreuve de ces entretiens imprévus et y puise en quelque sorte son inspiration.«Ma vie est faite de rencontres, je n 'arrête pas de le dire, mais c’est simplement ça.Des rencontres qui viennent à moi, que je saisis à chaque fois et qui nourrissent mes créations.» Ce deuxième roman, qui arrive cinq ans après Le Mal de Vienne, relate le périple d’Odile, astronome, partie rejoindre une précieuse amie, Marie, dans l’immensité lumineuse du désert du Nouveau-Mexique.Rejoignons-nous au Lightning Field pour célébrer mes 40 ans, lui avait lancé l’amie, précisant la date du rendez-vous.Déjà abattue par la perte d’un bébé, par le départ abrupt du père de l’enfant, également troublée par l’absence de cette amie quelle n’a pas vue depuis trois ans, Odile quitte Montréal et entreprend une tournée qui la mènera à Albuquerque, Acoma, Quemado et Alamogordo.«Une semaine.U temps d'un flirt, une initiation; une nouvelle vie.» VOIR PAGE D 2: RACINE + > ) I.K I) K V 0 I It .1.K S S A M K I) I ti K T l> I M A X ( Il K I) K < K M It li K I II !l 7 I) 2 wr L I V R E S CHABIN Seul écrivain jeunesse pour les «Calgaréens» francophones SUITE DE LA PAGE 1) 1 Devant la difficulté de se faire éditer, il décide de faire un roman jeunesse «qui marche».Sa recette?Aucune hésitation: «C’est simple: une histoire réaliste, avec de l'aventure, du suspense.» Ça donne Le Peuple fantôme, que publie Boréal en 1996.Et qui «marche» bien.Une histoire de voyage au centre de la Terre, à la Jules Verne.Bien réussi comme plat d'entrée et empreint de mystère.Presque en même temps, Michel Quintin édite Une Vie de fée, qui sera finaliste au prix Christie l'année suivante, sera adapté et joué au théâtre lors d’une tournée dans les écoles de Calgary.Et Boréal publie Le Rêveur polaire, son troisième livre, un texte qui lui ressemble plus.C’et une aventure fantastique ayant pour cadre les explorations de Roald Amundsen et de son chat Twdldm aux pôles.Une petite touche d’ironie mêlée de poésie.Beaucoup d'envergure imaginaire sur fond historique.Pas de concession de vocabulaire pour lecteurs débutants.Même si la version acceptée par Boréal en est une simplifiée.Le texte original était en effet destiné au départ à des adultes., Plus précisément à sa compagne.A chaque Noël, tu me feras un conte, lui a-t-elle demandé.«C’est elle, la gnomesse.» Laurent Chabin parle beaucoup d’elle pendant l’entrevue.C’est qu’il lui doit tout.«C’est grâce à elle que je peux écrire.» Même si ça fait «quétaine» de dire ça, s’excuse-t-il.Une Martiniquaise rencontrée à Paris.Avant, il était rebelle, provocant et piquant.Une adolescence pénible et désagréable.La vie en travers de la gorge.On avait dit à l’amie de se mé- JACQUKS GRENIER I.E DEVOIR & Laurent Chabin a pu venir au Salon du livre de Montréal pour la première fois cette année.Et il publie tous azimuts.fier de lui.De ne surtout pas répondre aux provocations.En arrivant, elle attaque la première.Cela a fait des étincelles et la flamme couve de puis ce temps.Dès lors, il affirme avoir perdu ses piquants.Plus nécessaire.Il souhaite très fort, à l’instar de Charles Boyer, ne pas lui survivre plus d’une semaine.Les enfants de la famille L’Assassin impossible est son quatrième livre publié.Le nom des enfants-héros est réel.Ce sont des enfants qui fréquentent la famille.Il met souvent des personnages réels dans ses livres.Mais curieusement, il n’en reçoit aucun commentaire.Les BOUQUINEME SAINT-DENIS Achetons livres et disques Service à domicile ou à la librairie.Petite ou grande collection.Nous payons le bon prix.Argent comptant.Venez rencontrer Nathalie ou ses collègues.Vendons livres neufs à prix réduit 4075, rue St-Denis (angle Duluth) Montréal (514) 288-5567 le Parchemin DEPUIS 1 9 6 6 • MÉTRO B E R R I U Q A M /" Un livre, un cadeau qi déballe des jours et des spondance u>cules uàtion biliaire .ipônymie Qjtfcrc » ~ Pour les Père Noël * en panne d'idées : chèques-cadeaux disponibles f, au montant de votre choix.- PUBLICATIONS DU QUÉBEC ééri ALFRED PI AGENDA D'ART tit.iâmiu—inw ord.19’“ notre prix français au bureau ixord.24m ¦ 095$ notre prix [Nia CAMPAGtf tlVILU inww LES VOIES DU PASSÉ rlx ord.29"lj_45$ notre prix Ai iE CAMPAGNE ETVILLE ord.29*“ e notre prix iGUIDE PRATIQUE ; IKl CONSOMMAI Kl R DtSfOttlS [IKS HOWtS ' IW0-M2 LETTRKS mir tout régliT 5» IES FORÊTS ET DES HOMME! prix ord.29*» -J 45% notre prix X X 140 LETTRES POURTOUT RÉGLER I prix ord.I 9 notre prix I “ Québec daudelin prix ord 39’» 1Q95 notre prix Z 7.* Prix en vigueur jusqu'au 31 décembre 1997 ou jusqu à épuisement des stocks.1500, rue Berri, mezzanine métro Berri-UQAM, Montréal (Québec) 1121.2C9 Téléphone : (514) 845-5243 Ouvert le dimanche de 12 h à 17 h jeunes héros du livre sont donc dans un chalet isolé, l’hiver, en situation d’urgence, cherchant à échapper à un meurtrier dont ils ignorent tout.Au même temps que le Salon du livre de Montréal débarquent coup sur coup deux autres titres: L’Argol chez Michel Quintin, très proche de la nature et des enfants rêveurs, ainsi que Chasseurs de rêves, chez Boréal, la suite du Peuple fantôme.Cela fait maintenant six livres publiés.Six autres le seront en 1998.Laurent Chabin veut vivre de sa plume, vous l’aurez deviné.Et comme il est à peu près le seul écrivain jeunesse de service pour les «Calgaréens» francophones, il fait tous les étages.Il rencontre tous les groupes qui l’invitent, même si son public idéal a 12 ou 13 ans.Grâce à une subvention du Conseil des Arts, il a pu venir au Salon du livre de Montréal pour la première fois cette année.Et il publie tous azimuts.Les éditions Pierre Tis-seyre et Héritage ont retenu ses manuscrits, ce qui portera à cinq le nombre de ses éditeurs.On le sent un peu coincé entre l’honneur et la nécessité.Entre la liberté et la cage.11 fait des compromis, il a une tête à ne pas en faire.Il écrit de temps en temps un livre à recettes, à recettes sonnantes s’entend.Mais la rectitude politique le fait enrager.Il rêve qu’on accepte de publier ses textes à finales tristes, celles qui lui viennent le plus naturellement, celles qu’on lui refuse évidemment.Tout comme on refuse ses livres pour adultes réputés trop noirs ou trop français, ou encore trop orduriers.Il parle par opposition des auteurs jeunesse qui ne sont pas considérés tout à fait comme des écrivains.Pas des vrais.«L’idéal, c’est de faire les deux.» Ce qu’il voudrait bien.Il balance entre faire ce qu’il aime et faire du fric.«Je ne sais pas ce que je conseillerai à mes fils, finalement.» S’amuser en écrivant Les éditeurs réclament des pho- tos où il apparaît souriant: il n’en trouve qu’une où il pose en compagnie d’un lama.Si Laurent Chabin n’est pas un optimiste, il n’a pas non plus le profil de l’écrivain torturé.11 écrit pour offrir des textes littéraires de qualité aux jeunes.Et il s’organise pour s’amuser en le faisant.Des textes qui leur ressemblent.Ses deux fils sont d’ailleurs les héros des nouvelles de L’Argol.On trouve dans chaque livre une touche d’humour.De malice.L’humour cochon le fait rigoler, les gros mots le réjouissent.On n’en trouve pas bien sur dans ses livres pour enfants.Ses livres sont truffés de références presque invisibles à de grands écrivains aimés: Maupassant, Edgar Allan Poe, Lovecraft.Il donne à un personnage le nom du lieu de naissance de Gabriel Garcia Mârquez (Aracataca), à un autre le nom du comté où se déroule tel roman de Faulkner.Il réussit â défendre deux petites phrases qu’un éditeur voulait couper: elles sont tirées des Poètes de sept ans d’Arthur Rimbaud.Unirent Chabin fait une collection d’hippopotames.Des vrais, bien sûr, répond-il aux petits curieux qui osent lui poser la question.Il aime imaginer.Arranger les images.Il a la tête trop large pour tenir entre les limites étroites des normes dans lesquelles il évolue.Il aimerait être Noureïev, faire une œuvre littéraire géniale comme celle de Raymond Queneau, Proust, Faulkner.Il se dit mythomane.«Je m’étais d'ailleurs promis que je m'inventerais une vie pour les journalistes.Mais je sui$ tr°P paresseux, finalement.» A moins que.tout ce qu’il m’a raconté.?Hum.L’ASSASSIN IMPOSSIBLE Laurent Chabin Hurtubise/HMH, collection Atout policier Montréal, 1997,136 pages 0ameUohnson dans Venter despaparan» Personnel e Chaplbau nche 7 ha W m**w£T* Oampigny 4380 St Denis, Montréal, Qc (514) 844 2587 Ouvert 7 jours de 9h à 22h - Stationnement gratuit, entrée rue Drolet « Ce récit est ciselé à la pointe d’un stylet dur, implacable, qui burine ses phrases dans la moelle d’un texte exigeant irréductible à toute complaisance et à toute facilité.» Madeleine Ouellette-Michalska, Le Devoir La chaise fond de 1 Aude La chaise au fond de l’œil étl i tour XYZ éditeur 1781, rue Saint-Hubert, Montréal (Québec) H2L 3ZI Téléphone: 525.21.70 • Télécopieur: 525.75.37 XYZ éditeur RACINE Ecriture empreinte de mystère SUITE DE LA PAGE I) 1 Histoire d’un rendez-vous manqué, puisque Marie ne rejoindra pas Odile dans le décor fantastique.Perspective de voyage totalement modifiée puisque la personne qu’elle venait rencontrer n’y est pas.Colorée de poésie, l’écriture de Rober Racine est empreinte de mystère.Si l’auteur se nourrit de rencontres et laisse les imprévus de la vie guider sa création, ses personnages aussi sont bercés par les poignées de main de la vie.Appelle-t-on cela la destinée?C’est toutefois ce qui amène Odile à entrer dans une petite boutique d’artisanat indien d’Albuquerque, à poser les yeux, puis les mains, sur un singulier petit volume.Objet intrigant, il renferme le secret grandiose de ce livre, bouleversant.Luciole d'amour condamnée à l’unité du Ciel - Légendes de feu et d’errance, c’est le titre de ce recueil de pensées.Alors qu’il allait déposer le manuscrit de Ixi-bas, tout près chez son éditeur, Rober Racine a eu cette idée extraordinaire de marier la destinée de Marie â celle d’un petit livre.Dans le taxi.«J’ai dit à l’éditeur que je devais ajouter une scène ou deux, que j'allais y retravailler, et c'est comme cela que j’ai terminé le livre», explique Racine, lui-même encore bouleversé par la découverte du dénouement.Voilà déjà cinq ans que Là-bas, tout près mijote en l’auteur.L’idée a germé et Rober Racine, qui se nourrit des événements que la vie place sur son chemin, a peu à peu noirci une pile de petits calepins noirs, première phase de l’écriture de l’histoire.Après avoir accumulé quelques centaines de pages de gribouillis divers, l’écrivain a ensuite laissé l’histoire tomber sur le papier, petites bribes de vie des personnages qu’il assemble à la toute fin.Des écrits de l’artiste Walter de Maria expliquant la nature de son œuvre, de l’information scientifique sur la foudre et l’électricité, un Livre des records Guinness traînant chez des parents — on y apprend des choses étonnantes: un homme frappé sept fois par la foudre, chaque fois un peu amoché mais toujours survivant, s’enlève la vie à la suite d’une déception amoureuse! —, Rober Racine nourrit sa réflexion de multiples rencontres, avec les gens, avec les livres, et puis accouche tout doucement du récit en jouant avec sa matière favorite: les mots.The Lightning Field On pourrait croire que c’est un voyage au Lightning Field, lieu véridique, qui a tout déclenché.«Non.J’avais l’idée d'un roman sur la rencontre de deux personnes, et ce lieu dont j’avais entendu parler me semblait bien s’y prêter.» Deux ans après avoir entamé la rédaction du livre, un vol d’oiseau jusqu’au Nouveau-Mexique et 24 heures fabuleuses au Field ajoutent à l’histoire d’Odile et de Marie, pourtant déjà presque complétée.Mais cet endroit, campé dans le désert dé White Sands, ëst quasi accessoire dans la démarche de Racine puisqu’il n’est en réalité qu’un décor servant d’exutoire aux sensations.«On appelle ce lieu The Lightning Field, une œuvre de l’artiste Walter de Maria, écrit l’auteur en guise de prologue.Quatre cents tiges d’acier plantées dans le sol, réparties à égale distance sur un mille carré dans un désert du Nouveau-Mexique, attendent la foudre et de rares visiteurs.Im mer est à mille kilomètres à l’ouest et, partout, cette impression d'être dans un espace hors du temps où la limite du monde n'est nulle part ailleurs qu’en soi-même.» Voilà, tout a été dit.Là-bas, tout près.Au Field, dans une petite maisonnette, au pied de ces 400 bâtons d’acier fondus à la nature, on a le choix de rester 24 ou 48 heures, le temps de voir le paysage changer d’heure en heure, et ces tiges refléter chaque fois une impression différente.«C’est un hommage à la lumière, explique Rober Racine.Quelques années après y être lui-même allé, comme un cinéaste qui fait du repérage pour un film, Rober Racine dit être encore hanté par le lieu.«Physiquement, Dieu merci, j’en suis revenu.Mais émotivement, je ne sais pas, je dois être encore là-bas, parce que c’est une des rares fois dans la vie où, en voyage, je suis allé dans un endroit où je me suis véritablement senti chez moi.» La création et son mystère Maître dans l’art de manier les mots, les notes de musique et aussi 1 en Q 1 h V w £ en .b H « Q S S M En librairie dès maintenant Voyagez dam ties régions inexplorées de la planète littéraire et musicale Tango dans la Pampa - L’Argentine Le mercredi 10 décembre 1997, à 19 h 30 Votre guide : DANIELLE ROGER, écrivaine et danseuse de tango, nous offre ses plus beaux textes au son de la musique argentine.À la Maison des écrivains, 3492, avenue Laval, Montréal (métro Sherbrooke) Réservation obligatoire : (514) 849-8540 ots^'in U BQ Entrée libre ti I.E I) E V II I II , I, E S S A M E I) I »> E T I) I M A X < Il E 7 I) K (' E M It lî E I !» !l 7 -*• Livres -»- LE FEUILLETON Poésie des Terres-Stériles LE BUVEUR DE LUNE Coran Tunstrôm Traduction du suédois par Marc de Gouvenain et Lena Grumbach Actes Sud/Leméac, Arles/Montréal 1997,302 pages «U aimerais une société qui rétribuerait des gens dans des chaises longues, placées de-ci de-là, dans la campagne suédoise, ata carrefours, au bord de l'eau, selon les envies et les phobies de chacun.Écrivains sans intentions! Des miroirs de l’époque et des bruits qui courent, de ces conversations privées qui sont de plus en plus étouffées par les dictatures de l’intellectualisme et de la technologie.Des observateurs des craquements.Une certaine impatience m'empêche encore de devenir l’un d’eux», confiait Gôran Tunstrôm à son traducteur et ami Marc de Gouvenain un jour où il le visitait chez lui dans le sud de la France.C’était en 1990.L’année suivante paraissait Im Parole du désert et, en 1993, de Planète en planète, qu’il vint présenter au Salon du livre à Montréal.Feu de gens le connaissent; pourtant, il est un écrivain majeur dans son pays et l’une des valeurs sûres d’Hubert Nyssen, éditeur d’Actes Sud, qui publie aujourd’hui son sixième livre, Le Buveur de lune.Romancier au long souffle, nouvelliste, poète, homme de radio et grand voyageur, Goran Tunstrôm sait admirablement traduire ces «valeurs des craquements» auxquelles il fait allusion, valeurs qu’on pourrait traduire aussi bien par scintillements, bruissements sismiques, chant initiatique du vent, tremblements d’être, froissements, laves émotives.Car Tunstrôm est un poète de l’émotion, de ces fils invisibles qui tissent les vies et qu’on voit parfois sourdre, l’espace d’un instant, à travers un regard, un visage qui, s’illumine ou s’assombrit.Etonnante confession d’un écrivain qui avoue par ailleurs avoir rencontré des centaines de personnes sur différents continents, personnes qu’il a interrogées, qui lui ont répondu, avec qui il a échangé, mais dont il n’a pas retenu une seule parole, ni compris un seul mot.parce qu’il était occupé à les regarder, intensément, et que dès que vous regardez quelqu’un comme on s’imprègne de la beauté d’un coquillage ou d'un paysage, on n’est plus dans le monde mais en son envers, au-delà des mots.Pourtant, ces mêmes gens feront partie, un jour ou l’autre, sans qu’ils le sachent, de ses récits.Tunstrôm part toujours de ce qu’il a vu.Est-ce de sa faute si le visage est pour lui une fascination durable, et la relation humaine essentiellement une ouverture qui ne tolère pas la définition?De là son appétit de merveilleux, de magie, de forces telluriques, de secrets qu’emportent les êtres dans leur tombe.De là aussi ces récits qui montrent toujours des êtres marginaux, un peu fous, des situations de vie ou d’existence au bord du gouffre.ou de la poésie pure! Ilalldor et Pétur Cette histoire est essentiellement celle d’Halldor dont le fils, Pétur — ici le narrateur —, décide de faire le récit après sa mort.«Papa est ma mère.Il me nourrit de confiture de raisin des corneilles et de flans à base de gelée de lichen»: tels sont les premiers souvenirs évoqués en cette ingrate terre islandaise.Pourquoi habiter là et pas ailleurs, demande Pétur à son père?«Parce que k serpolet brille et que l’herbe-aux-moutons sourit, au milieu de la grisaille.Parce que une fois par an nous devons nous rendre aux Terres-Stériles pour nous souvenir que nous sommes des particules à l’intérieur d'un rêve cosmique.» Ce père-mère, cultivé, amoureux de musique, de cuisine et de philosophie astrale, «génétiquement optimiste», qui fait de la radio, un peu de poésie et rêve de sa femme qu’il a à peine connue, est un homme d’une infinie bonté pour son fils («En Islande — constate le narrateur —, les enfants sont respectés, qu'ils soient ou non issus d’un mariage légitime.Nous ne possédons pas d’autre aristocratie que les enfants.»).Jean-Pierre Den is Quand la littérature est porteuse de nos rêves comme de nos angoisses Il est surtout une sorte de grand enfant qui vit en symbiose avec les forces de la nature et croit que la vie est une «construction mouvante au sein d’une dimension autre que celle dans laquelle nous croyons vivre — une mousse extrêmement fine sur les faces découvertes des pierres, des spores à peine visibles sur des centaines de millions d’années qui ne sont rien non plus».Tout un programme pour un jeune enfant qui le découvre un jour, debout les bras levés vers le clair de lune, recueillant en ses mains rassemblées en coupe quelques gouttes de lait qui en tombent, l’ois l’apparition progressive, fantomatique, d’une femme (une fée, pense l’enfant) qui l’attire vers elle.Lubies, fantasmagories d’un enfant?Plutôt transpositions poétiques (oniriques) de rencontres faites la nuit par le père.«Pourtant, tu veux qu’elles viennent?, lui demande Pétur.— Des espoirs.Chaque rencontre est un espoir.On ne peut jamais savoir à l’avance [.] Il y a longtemps, dans un rêve peut-être, on m'a promis une rencontre avec le Toi Absolu: une femme de grande beauté, sage et en appétit sexuel, et chaque fois qu’une femme est devenue humide contre moi, j’ai pensé que cette fois, cette fois la vie allait enfin me révéler son sens profond, son sens absolu.» Il y a du romantique chez Tunstrôm, et un sens onirique de la rencontre.Cette relation privilégiée avec le fils ne durera cependant pas.Tout commence peut-être avec cette histoire de billion que son père lui remet à l’âge de douze ans, au moment où il juge qu’il est devenu un adulte.Ce ballon, véritable objet magique, il le perdra quelques jours plus lard après l’avoir catapulté dans l’enceinte du consulat de France.«On peut ravoir le ballon, m’sieur?» Et l’ambassadeur de lui rétorquer: «Non.Ce ballon est la propriété de l’État français.» Dure humiliation pour ce pays qui n’est véritablement parvenu à son indépendance qu’après la guerre, et que le père aussi bien que le fils ressentiront comme un affront majeur.Ce ballon, jamais plus il ne le retrouvera, malgré les efforts de son père qui a des connaissances au sein du gouvernement.Exit l’enfance.Le temps passe.Le voilà dix ans plus tard ambassadeur commercial de son pays, à vendre du poisson à travers le monde, prolongeant son séjour en France et répondant de moins en moins aux lettres de son père (superbes lettres, d’ailleurs).Jusqu’au jour où il rencontre par hasard la petite Juliette, fille du fameux ambassadeur qui l’avait humilié, et qu’il réalise le rêve de son père: celui de la rencontre avec le Toi Absolu.C’est aussi l'heure du grand départ pour le père, et la douce revanche de voir, avant de mourir, le ballon repris sous les espèces de la fille de l’ambassadeur.Ixi boucle est close.Les symboles ont repris leur place, les pertes ont été compensées et le fils peut enfin écrire l’histoire du père.Le sens du récit Si la littérature est porteuse de nos rêves comme de nos angoisses, alors Gôran Tunstrôm y réussit merveilleusement.Pas un instant d’ennui à la lecture de ce roman.Servi par un sens inné du récit et de l’image sensible, l’art de laisser entendre beaucoup plus que ce qui est dit, une remarquable clarté de langue, soucieuse du détail concret, matériel, sans compter sa charge d’humour — un humour espiègle, léger, gentiment ébahi devant les fictions du réel, qui induit la bonne humeur —, il force l’admiration.Et pour ceux qui croiraient, à partir de ces quelques éclats de lecture, que Tunstrôm pratique volontiers l’eso-térisme ou cultive les champs astraux, ne dédaignant pas au passage céder à une sorte d’écologisme surréel, ne vous y trompez pas.Son récit, et les réflexions de ses personnages (souvent nourris à même les grands auteurs et les philosophes), laissent constamment entrevoir des profondeurs tragiques.la mort est une redoutable interlocutrice en ces Terres-Stériles.Et quand l’auteur lance sa ligne dans les bancs de mots, il en sort souvent de magnifiques images.«Parfois, j’ai l’impression, passé le coin du temps, de sentir une forte odeur de pommes venue de l’espace.» (Ienisjpdiniliiih.net LITTÉRATURE FRANÇAISE Une vie brève, insaisissable Le roman qui a obtenu Vlnterallié LA PETITE FRANÇAISE Eric Neuhoff Éditions Albin Michel, Paris, 1997,241 pages NAÏM KATTAN Il faut lire ce roman jusqu’au bout pour que l’intention de l’auteur ne s’apparente pas dans notre esprit à la banalité ou, ce qui est peut-être pire, à la fabrication.C’est l’histoire d’un garçon, le narrateur, et surtout d’une fille dont on ne connaîtra pas le nom car tout le monde l’appelle Bébé.Enfant de riches, parents divorcés, père mort dans un accident d’avion.Pour la décrire, j’emprunte le style télégraphique de l’auteur: le minimalisme poussé à l'extrême.Des observations lapidaires, des remarques qui sonnent comme des sentences parsèment le texte.Le narrateur est un journaliste qui couvre les restaurants et dresse des portraits de personnages à la mode.Nous sommes dans le Paris des artistes, des écrivains et surtout des hommes et des femmes riches et désœuvrés.Ceux-ci ne quittent le sixième arrondissement que pour aller à un dîner ou à un déjeuner dans le seizième.Ijes quartiers de l’Opéra et des Champs-Elysées sont abandonnés aux basses classes des touristes et de tous les «non-branchés».Le ton de ce roman rappelle la Sagan de Bonjour Tristesse.Et, en dépit du mépris que l'auteur voue aux Américains, il emprunte son style à Brautigan.Sauf, que passé de mode, tout style tombe dans le procédé.Ici, cependant, l’absence d’adjectifs correspond à l’intention et à l’esprit de cet auteur allergique à toute analyse, à toute psychologie.Bébé a vingt ans.Elle se promène de magasins en restaurants, sans projet, sans occupation, dans le seul but de butiner le suc de la vie à pleine bouche.Le narrateur, ébranlé, fasciné, absorbe cette vie et croit y participer.Bébé l’entraîne, le mène, le dirige.Libre de ses mouvements, elle disparait pendant des semaines, revient sans s’annoncer et tout recommence.Qui est-elle?Que veut-elle?Tout et rien.Elle incarne la vie à l’état brut, naturel et cru.Les deux jeunes gens se déplacent, voyagent.Grâce à ses parents, Bébé connaît tous les grands hôtels, tous les magasins, ainsi que les restaurants chics d’Europe et d’Amérique.L'homme la suit.11 est à sa traîne, l’aime sans oser le dire tout haut, mais il la craint aussi et la redoute.Bref, s’il vit l’instant, il le fait en pleine incertitude.On peut lire ce livre comme une binette.Il porte des préjugés de notre époque.La femme mène, fait peur mais, mais demeure sans substance, insaisissable.Le narrateur n’a d’autre choix que de la suivre, de vivre le quotidien en sa compagnie, sans projet, au risque de tomber tôt ou tard dans la marginalité.Pour s’en délivrer, il l'envoie à la mort et l’accident de voiture vient à son secours à point nommé.Dès lors, il a tout le loisir de revivre nostalgiquement son amour dans l’écriture.Celle-ci semble s’effacer devant une vie aussi puissante qu'indéfinissable non au-delà des mots mais dans leur absence.Telle une ébauche, sans saisir la vie, l'auteur nous la fait deviner.Soulignons, enfin, que ce roman a obtenu cette année le prix Interallié.¦ ¦ Eric Neuhoff La petite Française roman Albin Michel QUÉBEC AMÉRIQUE La richesse .» du texte.et de l'Histoire JOSEPH 9CHUI.1 Rëtel ion I F IOt’1 èv»-UlN1 nr al* mi Entre la (îramk* Noirceur et la société1 libérale Qoiucf Ami «eu» La Vie aux enchères Raphaël Korn-Adler Rébellion La première traduction du célèbre livre de Joseph Schull.Une chronique passionnante de la révolte des Patriotes, qui expose avec lucidité et précision les causes et les conséquences de ces événements incontournables de notre histoire collective.318 p., 26,95 $, ISBN : 2-89037-903-5 «Le premier roman de Raphaël Korn-Adler fait frémir.[.] la force seule de l’horreur apporte une autre dimension au thriller.» Jean-Claude Surprenant, Le Droit «Quand la fiction s’approche à ce point de la réalité, c’est à donner la chair de poule.Un roman-choc à lire absolument.» Valérie Lessard, Ce Soir en couleur, 504 p., 24,95 $, ISBN : 2-89037-922-1 SRC Ontario-Outaouais Un roman troublant sur un sujet-choc: un éventuel trafic d’organes humains entre l’Amérique latine et l’Europe.Un thriller d’une grande efficacité où s’affrontent des personnages fascinants, certains cruels, mais d’autres habités d’un grand humanisme.Le Millionnaire Duplessis : Entre la Grande Noirceur et la société libérale Un livre réalisé sous la direction d'Alain-G.Gagnon et de Michel Sarra-Bournet.Au-delà du procès d’intention et de la stérile polémique, Duplessis : E)itre la Grande Noirceur et la société libérale démontre avec discernement et subtilité que tout n’a pas encore été dit sur Maurice Duplessis.398 p., 26,95 $, ISBN : 2-89037-935-3 Marc Fisher Qui n’a jamais rêvé de devenir riche?Voici la version entièrement revue du premier best-seller international de l’auteur, une fable moderne où même la M A RC FI S H E R À ut fut .lu ••1.'.h (fijfmt et le Stiltumncu" réussite et la richesse peuvent donner lieu au discours de la plus grande sagesse.Vendu à plus d’un million d’exemplaires, Le Millionnaire a été traduit à ce jour en plus de vingt langues.«Un livre très inspirant.» Julie Snyder, Le Poing J 120 p., 14,95 $, ISBN : 2-89037-926-4 Mu ionnaire QUÉBEC AMÉRIQUE * http://www.quebec-amerique.com ( I I.!•: I) K V Hill.1.K S S A M K I) I I! K T D I M ,\ X < Il K I) K ( K M li II K I II il 7 D (î -«• Livres »- ESSAIS QUÉBÉCOIS Le féminisme nouveau est arrivé ILLUSTRATION GWEN JOHN •C"" Œuvre de la page couverture du livre de I^ori Saint-Martin, Contre-voix.CONTRE-VOIX Essais de critique au féminin Lori Saint-Martin, Nuit blanche Montréal, 1997,294 pages Depuis une vingtaine d’années, l’essor des études féministes en milieu universitaire a suscité un intérêt marqué pour la question de la sexuation de l’écriture et, à travers elle, de l’émergence d’une nouvelle subjectivité féminine.Pour décrire l’«écriture au féminin», une pléthore de concepts hybrides ont alors vu le jour.Mentionnons pour mémoire l’écrire-fem-me, l’écriture-fiction, la théorie-fiction, la fiction critique et — puisqu’on y est — la «nourricriture».Il semble que l’on soit revenu de cette phase d’expérimentation à tout crin dont le principal défaut fut l’hermétisme dans lequel se sont complu, il faut bien le dire, certaines tenantes du féminisme radical.Mais le combat n’est pas terminé pour autant selon Lori Saint-Martin qui propose dans Contre-voix la notion de «métaféminisme» pour rendre compte du nouveau point de vue, plus introspectif, des femmes qui écrivent mais aussi du chemin parcouru depuis les premières batailles du féminisme.Professeur de littérature à l’UQAM, Lori Saint-Martin connaît bien son histoire et ses classiques, et on peut avancer sans crainte de se tromper que son travail s’inscrit dans le sillage de celui de Suzanne Lamy qu’elle a côtoyée à la revue Spirale et qui fut, grâce à des ouvrages comme D’elles et Quand je lis je m’invente, une des pionnières de la critique féministe au Québec.C’est donc dire qu’il s’agit d’une critique féministe qui prône l’investissement émotif, personnel, de celle qui lit et qui commente; une critique féministe qui n’hésite pas à construire sur les acquis de la théorie littéraire contemporaine (Barthes, Derrida) tout en se méfiant des grilles qui isolent le texte de son contexte de production et de réception, le structuralisme nommément; une critique féministe qui voit l’écriture au féminin non comme l’autre face (longtemps cachée, refoulée) d'une écriture au masculin dont elle ne serait toujours au bout du compte que la contrepartie plus ou moins exotique, mais comme un objet d’étude spécifique; une critique féministe, enfin, pour qui cette spécificité de l’écriture au féminin ne relèverait pas d’un quelconque déterminisme psycho-biologique mais serait en prise directe sur l’histoire collective des femmes et, plus largement, sur le Le piège de la marginalisation Les textes réunis dans Contre-voix se divisent en trois catégories.Il y a d’abord ceux qui portent sur la théorie de l’écriture au féminin.Sont principalement convoquées, interrogées, dans ces textes, les théories de Luce Irigaray et d’Hélène Cixous, deux essayistes phares du féminisme radical des années soixante-dix et quatre-vingt.Y est réfutée l’idée d’une langue spécifique féminine, tout à fait différente de la langue masculine dominante.Y est plutôt affirmé le principe d’une écriture au féminin capable d'inclure les autres sans s’exclure, de prendre sa place particulière sans effacer le masculin.Viennent ensuite des textes consacrés à l’analyse de certains discours masculins à propos des femmes.Le plus percutant de ces textes est celui dans lequel Lori Saint-Martin compare trois romans de Jacques God-bout, Hubert Aquin et Victor-Lévy Beaulieu dans le but de montrer que, sur le plan des rapports hommes-femmes, ils ne se distinguent malheureusement en rien des œuvres de l'avant-garde littéraire de nos cousins hexagonaux (Robbe-Grillet, Bataille, Kl osso wski) dont la structure éroto-pornogra-phique révèle, selon une critique française (Anne-Marie Dardi-gna), un mépris flagrant de la perspective féminine.Pourquoi les protagonistes masculins de ces romans fondent-ils leur jouissance, présumée libératrice, sur la souffrance des femmes (viol, inceste, assassinat)?Plus près de nous, pourquoi l’exercice de décolonisation des mentalités proposé par des romanciers «nationalistes» comme God-bout, Aquin et Beaulieu s’est-il fait sur le dos — et le corps — des femmes?En fin de compte, les relations viciées entre les sexes décrites dans leurs romans n’expliquent-elles pas en partie l’impasse à laquelle aboutit le roman nationaliste québécois?De loin la plus abondante, la troisième catégorie de textes se penche sur les œuvres au féminin contemporaines (surtout québécoises).Lori Saint-Martin y prend par exemple ses distances d’un des textes-cultes de la grande période féministe des années soixante-dix: L’Euguélionne, de Louky Bersianik, dont elle reconnaît la valeur parodique.Mais comme la parodie est foncièrement un simple renversement des valeurs traditionnelles, le travail qui consiste à définir de nouvelles valeurs reste à faire.Décrire l’oppression patriarcale n’est que le début de la libération, si l’on veut.La rupture est une chose, la continuité en est une autre.Dans la perspective évolutive ou progressiste de Lori Saint-Martin — «En féministe et en littéraire, je veux interroger les stratégies textuelles comme la parodie, leurs promesses et leurs pièges, dans le but d’aller toujours plus loin» (nous soulignons) —, il y aura donc deux générations de féministes: les «aînées» (Bersianik, Nicole Brossard, France Théorêt, Jovette Marchessault, etc.), aux textes explicitement engagés et revendicateurs, et les «jeunes» (Monique LaRue, Louise Cotnoir, Lise Ha-rou, Suzanne Jacob, Carole Massé, Francine Noël, Nicole Houde, etc.), aux textes qui ne s’affichent pas fémi- nistes mais qui proposent un paysage idéologique féminisé.Avec le résultat que la question de fond que pose ce nouveau féminisme t— on a envie de dire: nouveau et amélioré — n’est plus seulement: «qu’est-ce qu’une femme?», «qu’est-ce que l’identité féminine?», mais aussi bien «qu’est-ce qu’un homme?», «qu’est-ce que l’identité masculine?».C’est à cette nouvelle vague d’écriture au féminin que Lori Saint-Martin réserve le nom de métaféminisme.«Mêla» pour «après» le féminisme, mais surtout parce que ce préfixe désigne «ce qui englobe», comme dans «métalangage», et «ce qui transforme», comme dans «métamorphose».Voix, chant et champ Le néologisme «contre-voix», qui donne à l’ouvrage son litre, signale deux choses.La première se rapporte à l’importance de la voix dans la critique littéraire en général, et dans la critique féministe en particulier.On sait le fécond usage que Barthes a fait de cette notion, qui renvoie à une musique intérieure, à une parole personnelle, à une inflexion originale de la narration.La seconde se rapporte au préfixe «contre» qui peut marquer la distance, l’opposition, mais aussi la proximité, voire le contact.Par rapport à l’ensemble de l’histoire et de la critique littéraires traditionnelles, la critique au féminin est certes dissidente, mais cela ne l’empêche pas de participer de la même volonté d’éclairer et de faire rayonner les textes.Comme un contre-chant en musique ou un contre-champ au cinéma, la contre-voix féminine s’oppose et s’ajoute d’un seul élan à la voix masculine.On connaît la boutade de Sacha Guitry: je suis contre les femmes, tout contre.Au risque de pervertir légèrement la pensée de Lori Saint-Martin, peut-on dire alors que la critique au féminin, en bout de ligne, est contre la critique au masculin, tout contre?rosalfa videotron.eu R o b c r t Sa l e 11 i ?social.tuain le poenie en revue Abonnée (e) et Amie (e) b Eetuaire, Le comité de la revue voue invite au double lancement comprenant le numéro 90, et la parution du deuxième eeeai: “De / écriture du poème ”voue la direction (le Jean Duval.Jeudi 11 décembre à 18 h 00, aux Terraeeee Saint-Sulpice, 1680, rue St-Dénié, /Montréal.Lecturee de: Louiee Dupré, Stefan Peenak, Suzanne Joly et Carole David Puùu/ue noue n \avoue pu voue faire parvenir une invitation en raieon du conflit poêlai, veuillez considérer celle-ci comme pereonnelle.tuain \ LITTÉRATURE QUÉBÉCOIS E Au rythme de la langue RÉCITS D’UNE PASSION Gilles Pellerin Québec, L’Instant même, 1997,160 pages RÉMY CHAREST Au Québec, la langue française se trouve souvent à être une chose et son contraire: on la protège autant qu’on la malmène, on en défend le caractère bien québécois tout en déplorant son irrespect du canon français, on en est fier autant qu'on en a honte, on la truffe d’anglicismes tout en se battant contre eux, etc.Chose certaine, on ne s’en préoccupe jamais avec mollesse, d’où le titre on ne peut plus juste que Gilles Pellerin a donné à son Florilège du français au Québec: Récits d'une passion.Car de Jacques Cartier qui commence à sertir le territoire de mots français à Georges Dor qui reproche l’absence d'un nombre adéquat de mots français dans la bouche des gens d’ici, en passant par Alexis de Tocqueville, Etienne Parent, Henri Bourassa, Gaston Miron et combien d’autres, on ne cesse de dire notre langue «la plus belle du monde», d’en souligner le «charme exquis» de l’appeler «diamant», «héritage précieux», d’en faire l’équivalent de la «colonne de feu qui guidait les Hébreux vers la Terre promise».Des termes passionnés, très clairement, qui n’ont d’égal que l’ampleur des critiques qui lui sont adressées pour sa pauvreté, son asservissement de colonisée, etc.Soulevant autant les fleurs que le pot, Récits d’une passion prend donc l'allure originale d’un florilège critique.Qui aime bien châtie bien, après tout, et c’est certainement ce à quoi s’adonne Gilles Pellerin, qui tour à tour admire, gronde et taquine le français d’ici.Dans cet ouvrage qui tient autant de l’essai à part entière que de l’anthologie - des citations de plusieurs pages trouvant, grâce à une mise en page soignée et habile, le moyen de s’intercaler entre les éta|x*s de la réflexion de l’auteur -, le tour d’horizon de notre parler franco-américain est pour le moins large, dans les thèmes choisis comme dans le temps et l’histoire.Ce n’est pas par hasard que le volume prend une allure un rien vieillotte.Le cadre général de notre question linguistique s’est établi dès la Conquête, comme on nous le rappelle par des citations du XIX' siècle qui pourraient aussi bien être des énoncés d’aujourd’hui.Il est assez épatant de voir Ernest Gagnon écrire, en 1892, comment il se débat avec un Français qui émaillé sa conversation de mots anglais à la mode: on «five o’clocke» pour prendre le thé, par exemple.Ne croirait-on pas là suivre les échanges courants entre Québécois et Français, les premiers reprochant aux derniers de dire «s|x>nsor» là où l’on commandite, de chercher une «baby-sit-ter» plutôt qu’une gardienne, etc.?On se rend compte, à suivre le va-et-vient entre le commentaire ancien et le commentaire moderne sur la pratique du français chez les Canadiens.Canadiens français et Québécois, que la langue est inscrite avec une sorte de permanence dans notre identité.Une permanence de l'ambiguïté, d’une oscillation entre le lyrisme d’un Vigneault chantant Iss Gens de mon pays, les explorations visuelles et musicales de Rober Racine et la frustration d’un Miron se déclarant tanné, en 1987, de nous voir devenus «perroquets historiques» au fil d’une réalité qui «se reproduit identique dans ses effets et circulaire dans le temps».Combattre l’invasion de l’anglais, enfourcher notre «jouai de bataille» pour défendre un territoire linguistique proprement québécois, dialoguer avec un hypothétique français «pur», voilà des occupations dont on n’est pas à la veille de voir le bout.A l’image des débats sur la langue, Récits d'une passion a aussi ses petits moments d’égarement, tel ce chapitre trois, Une affaire de famille, qui traite de façon un peu dispersée des liens de parenté tant biologiques que linguistiques.Mais même là, la réflexion reste bellement tournée, dotée d’idées instructives et riches et d’utiles remises en perspective autant historiques qu’internationales.On ne s’en plaindra donc pas trop, d’autant plus que, quelques pages à ixïne plus t;ird.Fort délectable à voir vient replanter les pieds sur terre à cette aventure multiforme d’exploration de notre langue au fil des siècles.Au total, il s’agit d’un document utile pour préciser nos perceptions de nous-mêmes, d’un genre de cartographie agréable de nos territoires imaginaires, dont nous définissons l’espace avec des mots, les nôtres, quels qu’ils soient.«Il K ”•* 7* rf RECIT DE U SALETE EN ATTENDANT UN BON IAIN 'P n ! n n tt ->liUi r les éditions du remue-ménage 4428 boul.Saint-Laurent, bur.404, Montréal (Québec) H2W 1Z5 Tél.(514) 982-0730 L’Agenda des femmes i2.un s Les femmes fac t: au net (libéralisme Le ixjlni de vue de claudette Carbonnoaii (CSN).Lucie; Lamarche (juriste.i qaMi.Carole Lejeune el CarolineProulx-Trotlier (Cl-Q).Sylvie Lévesque (Fédération (les assrx i,liions de familles monoparentales et recomixrsées du Québec).Esther Paquet (Au bas de l'échelle) el Until Uose (économiste, UQAM) MARIE-CELIE AGNANT ASSAR-MARY SANTANA Chez uotre libraire Quelque part en Amérique latine, le jour se lève, uni-jeune fille erre dans la ville D'où sort-elle?Que lui est-il arrivé?Elle, tout i e qu'elle voulait, c'était aller à une fête.Roman - i jü p.- 15.05 s Cinq nouvelles qui se passent là-bas.avec ceux et celles qui sont restés, d'autres qui sont (jadis, certains qui reviennent et qui reparlent.Des chroniques sincères, intimistes et troublantes.1» () É S 1 E Repères et inédits AUTOUR DU TEMPS Anthologie de poètes québécois , contemporains Éditions du Noroît collection «Ovale» Montréal, 1997,101 pages RETOUR Alphonse Piché Écrits des Forges Trois-Rivières, 1997,60 pages DAVID CANTIN Depuis Regards et jeux dans l’espace de Saint-Denys Garneau (paru en 1937), la perspective du; temps traverse toute l’histoire de la; poésie québécoise moderne.Nous n’avons qu’à penser aux œuvres de Ri 11a Lasnier, de Jacques Brault jusqu’à celles de Louise Bouchard et de Pierre Ouellet.Ce thème suscitera; toujours des échos fascinants à travers l’amplitude cruciale de sa di-| mension existentielle.Sous la direction littéraire d’Hélè-l ne Dorion et de Paul Bélanger, des; inédits de plusieurs poètes content-; put ains de différentes générations; abordent, à nouveau, ce long dia-; logue Autour du temps.Très particulier, ce neuvième volume de la col-! lection «Ovale» du Noroît ose nous conduire ailleurs que dans les textes; bien connus des repères antholo-j giques habituels.De Fernand Ouel-i lette à José Acquelin, quinze paroles assez différentes s’engagent dans des lieux où s’entrecroisent l’enfan-j ce, le destin, la nature et l’amour.; Chacun crée une lueur essentielle; qui enrichit cette réflexion lyrique; dans le mouvement évocateur de ; son ensemble.Il est surprenant de! constater à quel point ces poèmes se j retrouvent et se recoupent, entre! eux, d’une façon très imprévue.Cer-j tains ont choisi de retourner vers le ; passé afin de mieux comprendre; l’immédiat (Royer, Amyot, Jacob) ! alors que d’autres interrogent les! conséquences plus philosophiques! du temps (Charron, Chamberland, ; Dorion).D’ailleurs, il faut retenir ces; vers percutants d’Yves Préfontaine: ; «Le Temps / Le temps n’est qu’ellipse [ de soi./ L’autre Temps le très ancien, ! / n'est qu’ellipse / d’une avalanche de '¦ galaxies / au temps compté./ Le \ temps des hommes lui: durée de désastres / et de clartés soudaines, / fragiles./Le temps des hommes.; Le temps des hommes: / tour à tour : éclipses de l’esprit, / nœuds durs de ’¦ violence / et floraisons.» Plus que ja- • mais dans chaque poème, l’impulsion rythmique soulève une; constante directement liée au pro- ] pôs temporel qu’il scrute.C’est sur- ! tout en écoutant la lecture sur! disque compact, qui accompagne cette anthologie, que l'on entrevoit cette symbiose du sens et de la forme.Sans rompre complètement avec le silence nécessaire, les musiques de Violaine Corradi (les percussions, le piano, les cordes) introduisent un passage nuancé vers ces voix qui habitent le poème.Ainsi, l’aspect musical complète ce par-: cours, nous permettant de renouer avec les grandes tendances de la poésie québécoise actuelle.Accents graves Avec Dernier profil (Ecrits des Forges, 1982) et Sursis (Ecrits des Forges, 1987), la longue méditation d’Alphonse Piché a pris des accents beaucoup plus graves el concrets.Comme le dernier volet d’un triptyque, Retour prolonge cette observation dualisante de la vieillesse confrontée au désir humain.Dans une autre perspective que les textes de l’anthologie du Noroît, le temps trouve dans ces courts poèmes le lieu où se condense l’angoisse intérieure face à la mort éventuelle.Il y a chez Piché une façon très directe, parfois ironique, de saisir sa présence au monde, comme si tout ne pouvait qu’être dit simplement: «Ixi seule dimension: le temps.Tout ce qui existe est / le temps, concentré ou encadré |.| Im vieillesse est le lieu du retour à l'enfance.Mais l’âme crevassée et l'aile ; sans puissance.» Dans un style très laconique, cette poésie se concentre sur le vertige charnel que procurent les joies et les ; peurs de la solitude.Près de l’apho- j risme, l’écriture de Piché révèle la conviction touchante d’un artisan minutieux du verbe.Ainsi, on peut lire ; ces pages comme les notes disper- ; sées d’un carnet intime: «L'écorce \ dure de la mort / de son poids gour- j mand / de ciel et de terre / nous brise l’échine / elle est de tout et de tous / et ! de rien / quelques larmes parfois/ doux orphelin de la peur/ voiles dia- 1 plumes / sur des inconnus en lice / j sans nul repos de retour/ que quelques ; os / séchés.» Derrière cette conscien- ; ce tragique du réel, on découvre ! pourtant un rire capable de sur- ! prendre les moindres replis de l’âme.! Iran des formes baroques, il y a tout : de même une profondeur que sous- ’• entendent ces observations parfois ; anodines.Malgré certains détours ludiques un peu faciles, ce recueil sur- ; prend dans son besoin irréfutable de ! sincérité.{ I I K I) K V (I I It .I !•: S S A M K I) I ti K T I) I M A X < Il K I) K ( K M 11 I! K I !» !l 7 "JACQUES VILLENEUVE" j a-Æ» Giansi Gianmmi, & C HARLEVOIX IOVAU DU QUE MC Æm M.tRtewic x*.* *____ Les habitués de l’aube roman + IURTE ÉCHELLE rRES DISP.) 6,95$ ch.ܰUvl*UTI V.S\üeWes Raymond Pian il Projections privées NOUVEAU DEPANNAGI Selection du Reader's Digest S ' rrèrc Marle-VIctoHn FLORE LAUREriTI^nriE Troisième édilJ ¦ourson K VOIR, I.K S S A M K I) I (i K T |> I M A N (' Il K I) K < K M 15 li K I !) !» 7 Livres ESSAIS ETRANGERS L’histoire tourmentée du livre LE LIVRE EN REVOLUTIONS Roger Chartier Editions Textuel, Paris, 1997,160 pages À QUOI SERT LA LITTÉRATURE?Danièle Sallenave Éditions Textuel, Paris, 1997, 120 pages.i ouillon de culture, ce n’est pas .seulement le titre d’une émis-' sion de télé.C’est aussi l’image qui sied tout à fait à l’ère actuelle en gestation, faite de communication, de déluge d’information, de cacophonie, de distorsions et d’un imminent déséquilibre médiatique.Bref, ça bouillonne.Et nul doute que dans ce contexte le «livre est en révolution».L’objet en soi comme ceux qui les mettent au monde: auteurs, éditeurs et lecteurs.Vous en doutez?Naviguez un peu.Lisez en hypertexte.Visitez les sites Web, comme Alexandrie ou le Projet Gutenberg, qui proposent des textes numériques (et non uniquement des catalogues), préfigurant peut-être les bibliothèques virtuelles à venir.Voyez la prolifération des nouveaux supports hors-ligne comme le cédérom et le DVD.Du côté du marché du livre, voyez l’énorme succès de Amazon.com, une librairie virtuelle américaine sur le Web.Ouverte 24 heures sur 24, on peut y trouver quelque 2,5 millions de titres, dont 1 million de livres épuisés mais numérisés.(Les plus grandes librairies ne pourraient offrir que 175 000 titres au maximum.) Qu’allons-nous perdre?Qu’allons-nous gagner dans cette révolution?Que représente, dans l’histoire du livre, l’avènement de l’ère électronique?Questions omniprésentes, obsédantes, au cœur des soucis contemporains d’accès au savoir et à la connaissance.Ici, Roger Chartier, historien du livre et dp la lecture, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales, tente quelques réponses en s’entretenant avec Jean Lebrun.Le recul historique lui permet de faire des rapprochements intéressants.On prend conscience notamment de la relativité de nos concepts même de lecture, d’auteur et de texte.Le livre n’en est pas à sa première révolution.«Les [premiers] lecteurs des codex avaient dû se déprendre de la tradition du rouleau, écrit Chartier.Cela n’avait sans doute pas été facile.La transition fut également difficile dans toute une partie de l’Europe du XVIII' quand il fallut s’adapter à une circulation beaucoup plus effervescente et éphémère de l’imprimé.» Le glissement progressif Certes, l’histoire est faite de Antoine K o b i t a i 11 e grandes dates.Gutenberg: 1450.Mais la réalité ne se vit jamais comme une coupure radicale.Le glissement progressif, l’enchevêtrement est la règle.«L’écrit copié à la main a survécu très largement à l’invention de Gutenberg, jusqu’au XVIII, voire au XIX siècle.» Chartier rappelle même que «le dissident du XX siècle qui opte pour le samizdat [.] perpétue cette forme de résistance».Des phénomènes oubliés depuis longtemps semblent parfois renaître avec l’ère de l’électronique.Les incertitudes autour de la notion d’auteur, par exemple.Que représentait-il lorsque les textes étaient recopiés à la main et transformés par le copiste; ou lorsque les volumes consistaient le plus souvent en des ramassis de textes disparates et anonymes?Reconnu progressivement, il a réussi à faire valoir ses droits au XVIII' siècle, grâce à Beaumarchais entre autres.Mais aujourd’hui, voilà que les «acquis» semblent moins acquis.Chartier affirme que «le nouveau support du texte permet des usages, des maniements et des interventions du lecteur infiniment plus nombreux et plus libres que n’importe laquelle des formes anciennes du livre».Le lecteur en hypertexte est plus que jamais une sorte de producteur, qui peut agencer, juxtaposer, recomposer des textes.Aux yeux des internautes les plus idéologiques (John Perry Barlow, par exemple), les droits d’auteur seraient le principal frein à la réalisation du vieux rêve de la bibliothèque universelle.«Pour les auteurs d’aujourd’hui, prétend Chartier, le danger de perdre leurs droits est en effet plus répandu que celui de perdre leur liberté.» «La force de l’écrit est d’avoir rendu tragiquement dérisoire» la noire volonté de contrôle qui a notamment marqué l'Inquisition et la période nazie.Cette force de l'écrit, conclut l’historien, elle est décuplée par l’édition électronique, dont la propriété est d’être insaisissable, incontrôlable, virtuelle, donc multipliable à l’infini.L’auteur peut même devenir plus facilement que jamais son propre éditeur, voire son diffuseur.La révolution en cours brouille donc une séparation des tâches, et une organisation de l’économie du livre hérité du siècle La lecture La lecture?Chartier nous fait comprendre que l’électronique produit un mélange intéressant.Certes, l'inscription du texte sur écran crée une distribution, une organisation, une structuration du texte qui «n’est pas du tout la même que celle que rencontrait le lecteur dans le rouleau de l’Antiquité».Les deux mains de Platon étaient mobilisées pour tenir le rouleau.Lire‘et écrii e simultanément était difficile : «il ne pouvait alors que dicter à un scribe ses réflexions.» Mais la lecture «électronique» diffère aussi de ce que les lecteurs médiévaux, modernes et LITTÉRATURE FRANÇAISE L’art du temps perdu Un roman d’amour qui a touché le cœur des lycéens Le livre en révolutions HT r\.Roger , .Chartier contemporains ont connu, soit un livre manuscrit ou imprimé, «où le texte est organisé à partir de sa structure en cahiers, feuillets et pages».Chartier prétend que le lecteur sur écran a le meilleur des deux mondes.Le texte lu déroule devant ses yeux un peu comme dans l’Antiquité (verticalement et non horizontalement).D’un autre côté, bien que les frontières du texte électronique ne soient plus aussi radicalement visibles que dans le livre relié, «il peut utiliser des repères tels que la pagination, l’indexation, le découpage du texte».Intéressant, le livre le Chartier nous laisse toutefois un peu sur notre faim.Certes il est superbement illustré, comprenant quelque cinquante reproductions de toiles et photos, ce qui ajoute à la lecture.Mais on en vient à se demander si l’entretien convenait vraiment à cette réflexion.Car elle aurait gagné à être plus systématique.Chartier a beaucoup écrit sur le sujet.Or, la conversation le force à effleurer plusieurs aspects cruciaux.Résultat: on cherche un peu la thèse de l’auteur à travers les parallèles et rapprochements historiques.Chose certaine, il est matérialiste, affirmant que «la forme de l’objet écrit gouverne toujours le sens que les lecteurs peuvent donner à ce qu’ils lisent».En découle un relativisme qui fait que Chartier constate beaucoup, mais juge très peu.Trop peu.En définitive, on s’interroge: le livre disparaîtra-t-il oui ou non?-Char-tier ne propose aucune réponse claire.Certes, il nous dit qu’il est toujours et perpétuellement en révolution.Mais encore?Que signifie cette croissance, dans les dernières décennies, Le Monde dans tous ses états L’ETAT DU MONDE Le ôeul annuaire économique et géopolitique mondial Un bilan de l'année de& 225 pay& du monde, et une chronologie générale De& analy&e& thématiqueô des tendances planétaires actuelles LE DEVOIR 704 pages.27,95 $ CKAC 730 Le pouvoir des mots Boréal Qui m'aime me lise.dustrie du livre, malgré l’apparition des photocopieurs et des nouvelles technologies?L’auteur aurait pu proposer son interprétation de ce type de phénomène.Aussi, le livre n’est-il pas plus facile à consulter et plus accessible que d’autres supports électroniques, notamment le cédérom?Qu’en pense-t-il?Le Livre en révolutions ne nous le dit pas.Sallenave Sur cette question, on profitera des opinions claires de Danièle Sallenave dans A quoi sert la littérature?L’universitaire et écrivain, prix Renaudot 1980, n’a rien contre la lecture sur d’autres supports que le livre «s’il s’agit de stockage et de diffusion d’informations, par exemple, sur l’élevage de marmottes ou la culture du sorgho en Asie du Sud-Est».Mais, s’interroge-t-elle de façon pertinente, «quel pourrait être le bénéfice de ces supports pour la fiction, la littérature, la poésie?» Une de ses craintes paraît du reste justifiée : que le repérage des mots-clés, permis par l’électronique, permettent «de sauter des passages et d’arriver plus vite à la fin», ou de voir dans l’ouvrage que les aspects qui nous intéressent.Certes, dans un livre, on peut toujours sauter des pages.Mais son inquiétude est que les nouveaux supports accentuent les tendances vers ce que Hannah Arendt appellerait la «reader’s-digestisation» de la culture (RD proposait des résumés de grands livres).Une lecture utilitaire ou professionpelle qui .veut tout tout de suite et qui refuse de se soumettre à un ordre imposé par un auteur.Mouvement quç la systématisation des index, aux États-Unis, dans les livres savants et dans les biographies, préfigure peut-être.Concluons de façon optimiste: l’écrit ne disparaîtra sûrement pas.Mais le livre?Non plus.Les inventions, en matière de savoir, au lieu de se substituer les unes aux autres, semblent s’accumuler, créant un monde où circule toujours plus d’information.Tout ça n’aide pas nécessairement la culture, qui surnage dans le déluge, bousculée par les.bouillons.arobitaille@sympatico.ca LE MAITRE DES PAONS Jean-Pierre Milovanoff Julliard, Paris, 1997,219 pages G II Y L A I N E MASSOUTRE Ils ont autour de dix-sept ans.Ils habitent dans toute la France et fréquentent le lycée de leur quartier.Ils sont mille huit cents lecteurs, décidés à choisir le meilleur roman de l’année.En main, ils ont eu une liste de neuf titres parmi les onze qu’a sélectionnés l’Académie Concourt.Et pas des plus faciles: Pascal Bruckner, Lydie Salvayre, Patrick Rambaud, Jean-Pierre Amette.S’ils se sont partagé la tâche, ils ont tout de même lu passionnément, discuté, défendu, voté.Enfin, ils ont envoyé leurs délégués pour argumenter encore et pour trancher.Et le même jour que le Concourt, leur choix est tombé: leur préférence va au Maître des paons de Milovanoff.On se souviendra que l’an dernier, ils s’étaient pris de passion pour Nancy Huston.Milovanoff n’est pas de la même trempe.Son roman est une histoire beaucoup plus simple que bien d’autres en lice.Mais cet auteur nî-mois, de mère provençale et de père russe, a reçu des avis élogieux de la plupart des critiques, avant le choix des lycéens.À croire que sa douceur et le ton de conversation de son style, bien vantés, ont su rejoindre un grand nombre de lecteurs et convaincre les jeunes que ce récit d’un amour malheureux, conduit par un personnage naïf, une sorte d’adolescent éternel, exprimait mieux la fatalité et le mystère d’une vie qu’un roman torturant et plongé dans les affres de l’inconscient Milovanoff n’est pas un débutant.Il a délaissé le roman pour écrire des poèmes et du théâtre.Il a même quitté son métier de producteur à la radio pour se consacrer à l’écriture.Son retour à la fiction romanesque marque un désir d’affirmation narquoise, celle de camper un personnage velléitaire, rêveur, attaché à de petits riens qui font le prix de son existence.Sans aucun doute, son livre porte un très joli titre, Le Maître des paons, étrange et digne d’un conte oriental.Plus encore, il est traversé par des personnages plus oniriques que réels.D’abord une jeune fille lointaine, éperdument aimée par le narrateur qui consacre sa vie à cet amour inavouable, secret, condamné par l’absence de réciprocité.Puis il y a son père, le maître des paons (ces oiseaux majestueux circulent dans le parc du domaine), un peintre silencieux et bourru qui s’adonne à l’observation des oiseaux.Enfin vient le frère, un étrange garçon qui sait toujours tout d’avance car il a le don d’entendre les moindres frémissements lointains.Ce roman explore donc, avec une fantaisie certaine, toutes sortes de distances.Le narrateur triste, gauche dans ses relations, tricote ses regrets à coups d’occasions ratées.Dommage pour lui! Mais on se laisse conduire par cette déambulation en marge d’un bonheur entrevu, qu’il dépasse avec une certaine hébétude.Somnambule et langoureux, le personnage rêve sa vie, sans se donner la peine d’agir.Passif, il semble si gentil et attachant, parce qu’il n’éprouve aucune honte de lui-même.Et comme il vit en paix avec sa conscience, on accepte des Jean-Pierre Milovanoff qu'il préfère s’immerger en lui-même, quelles qu’en soient les émotions, toutes sauf le bonheur.Sa paresse, en fait un art de vivre, lui permet des contacts éphémères avec les autres, dont il goûte longuement la saveur et que le souvenir transforme dans une myriade de sensations infimes.La vanité du paon Toute l’histoire se déroule autour d’un mas provençal, une propriété parée de vertus oniriques, que le narrateur hante sans jamais s’y installer.Éternel invité mais jamais vraiment accueilli, il se laisse piéger dans ses malaises avec insouciance, sachant fort bien que son but — conquérir la fille de la maison — lui échappe et qu’il 11e réactive en ces lieux que son amour transi.«A qui la faute si j’ai laissé passer non seulement l’heure d’apprendre mais le bonheur des récréations et des jeux, et si, par mauvaise honte et délicatesse naïve, je n'ai pas agrippé au chignon, quand il était temps, la fortune à la chevelure dorée?» Cette absence d’ambition plaide évidemment pour l’art du temps perdu.Ce qui n’est pas une perte de temps.Mais le titre, n’est-ce pas la clé des songes?Le paon, cet oiseau à la parade extravagante, se pavane dans l'univers des symboles comme un appeau.Beau comme un soleil rasant le sol, il renvoie à ces oiseaux d’or, capturés dans les contes de Grimm, qui refusent de chanter lorsqu’on les met en cage.Mais contrairement à l’oiseau de feu de la célèbre légende russe, il ne sera l’instrument d’aucun mariage.Incapable de voler, sa flamboyante beauté ne concrétise pas le plaisir.Être hybride, l’oiseau de Ju-non symbolise l’absence de regard sur soi, et son cri aigu en est une sorte de protestation.On dit que ses ocelles mordorés, c’est l’œil intérieur qui les dessine.Ainsi, la beauté du paon va de pair, dans l’imaginaire de certaines légendes, avec la tristesse des solitaires.Lesquelles s’allient pour fixer un inépuisable objet d’émerveillement.Les jeunes ont donc défendu un amour romantique, exempt des brumes traditionnelles et gagné à l’air sec du Midi.Chacun sait qu’en eaux mortes, la navigation ralentit.La nostalgie y impose une lenteur dont le rythme nous gagne.Les balbutiements et les retraits du personnage finissent par s’accorder à la vie intérieure de celui qu’on imagine un laideron et par vraiment peindre un être sensible, en butte à l’indifférence, voire à la cruauté.AUTEURES-AUTEURS Nous sommes à la recherche d’enseignantes et d’enseignants intéressés à rédiger du matériel pédagogique: fiches de travail, guides, manuels et autres pour le préscolaire, primaire et secondaire.Nous recherchons également des auteurs de livres pratiques.Faites parvenir votre curriculum vitae, la liste des matières, les niveaux qui vous intéressent, votre projet de livre pratique ou toute correspondance à l’adresse suivante: Directeur des Editions scolaires et livres pratiques Le Devoir Inc.Dossier 1578 2050, rue De Bleury, 9e étage Montréal, Québec H3A 3M9 Date finale pour réception des dossiers: le 5 janvier 1998 publiés les 13 et 20 décembre prochains! tombée publicitaire lundis Ne manquez pas nos cahiers spéciaux décembre Le devoir publiés les 13 et 20 décembre prochains! I.K I) K V OIH.I.K S SA M K I) I t; K T I) I M A X ( Il K I) K ( K M It II K I 0 II rJ puyant sur une équipe de recherche qui fouille minutieusement le moindre fondement historique de ses livres.On la déteste parce qu’elle semble sacrifier aux modes en allant au plus facile et en mettant en scène des vampires ou des entités immatérielles prenant forme dans un corps humain.Aine Rice vomit les demi-mesures.Néo-gothique égarée au milieu des punks et de la société des bien-pensants, elle choquera toujours avec ses millions d’exemplaires vendus.C’est précisément ce quelle réussit à faire encore une fois dans son plus récent ouvrage en traduction française publié chez Plon-Laurédit.Memnoch le démon est un ouvrage ambitieux, très ambitieux même, par l’ampleur des personnages qu’il met en cause: ni plus ni moins que Dieu et le Diable.Ange et diable Encore une fois.Rice se sert ici de son personnage favori, I.estât, le vampire.Ix» scénario est simple.Le Diable, qui tient absolument à son nom d’archange, Memnoch, vient recruter Lestât ixiur qu’il l’assiste dans son combat.Mais là où le roman surprend dès le départ, c’est que ce combat est celui de la justice et de la lumière: Memnoch cherche de tout temps à ramener les humains vers la Lumière originelle dont ils sont issus.Aors que la vie n’est pour Dieu que l’une de Ses créations, sublime mais vulgaire, incroyablement diversifiée mais fangeuse, condamnée au Schéol, à la Gélienne, à l’Enfer.Memnoch entraînera Lestât au Ciel pour qu’il soit aveuglé par la magnificence de la Lumière du Créateur, puis il lui racontera son histoire.Avec Lestât, on assistera à la création de la Vie elle-même puis à son évolution à travers les âges; on verra apparaître l’humanité souffrante, rongée à jamais, phagocytée par la propension qu’a la vie à se nourrir de la vie.Memnoch expliquera le pari qui le lie au Créateur et sa démarche pour amener les humains à 1;| Lumière par la prise de conscience du Mal.À plus d’un moment, le lecteur en perdra le souffle.Surtout lors de l’épisode de la Passion ou de la tentation dans le désert, où le Tentateur n’est pas celui qu’on croit.Quant à la descente aux Enfers.Tout cette épopée repose évidemment sur une solide documentation historique et théoso-phiqqe qui rendent le livre absolument palpitant.À tout moment, on y voit poindre une sorte d’« Histoire de la vie» pondue par un théologien cathare.À cheval entre le Moyen Âge (un manuscrit ancien et une collection d’œuvres d’art sont presque le mobile du crime par lequel on aborde le roman), l’hiver new-yorkais et les effluves des marais de La Nouvelle-Orléans, on est ici projeté dans un puissant univers romanesque qui séduit par la complexité et l’envergure de ses intrigues.Et qui agace parfois |)ar la longueur de ces circonvolutions.Ansi, le fait que Lestât soit le pilier de l’histoire entraîne de longues diversions sur ses origines qui n’ont comme seul but que de faire le lien avec les autres livres dont il est le héros.Comme toujours avec Anne Rice, le résultat est parfois tellement fort qu’on en perd ses mots, plus ou moins béat d’admiration, et parfois tellement accrocheur.qu’on décroche.Mais pour l’originalité de la démarche, l’ampleur du souffle et la précision du style — attention, la traduction française est parfois fleurie, «gothique» à souhait —, Memnoch le démon saura certainement se trouver une niche de quelques millions de lecteurs.Pas mal pour un livre qui s’appuie sur une «hérésie» éradiquée par le feu, quelque part au fin fond du XI! siècle.HISTOIRE Avancez en arrière ! À LA BELLE ÉPOQUE DES TRAMWAYS Jacques Pharand Les Éditions de l’Homme Montréal, 1997,280 pages HARRY VV.GOVV La maison d’édition nous promet «un voyage nostalgique dans le passé» dans un médaillon sur la couverture.Promesse tenue, certes, mais le voyage — tout en étant très beau — nous fait l’économie des discours sentimentaux.Il nous conduit plutôt à travers l’énorme réseau de transports publics de Montréal et dans le temps et dans l’espace, de manière savoureuse mais aucunement passéiste.L’auteur nous présente en succession des textes relatant les débuts des transports collectifs dans la métropole québécoise vers 1861 ( La Traction animale) jusqu’aux développements des années 1990 (Un train nommé Désir).Les tramways, sujet essentiel des récits, occupent les neuf dixièmes du livre, bien qu’ils y soient accompagnés par les autobus qui les ont délogés et par le métro et les rares trains de banlieue qui ont hérité de leur rôle-clé.Ce livre ne se lit pas d’un seul trait: chaque époque y reçoit un traitement distinct; l’atmosphere du temps est chaque fois bien reconstituée, sans complaisance et livrée avec des pointes d’humour, ce qui fait que le lecteur découvre chaque fois une reconstitution des incidents politiques, techniques et folkloriques entourant le tramway.Montréal, comme beaucoup de grandes villes, a toujours recélé un nombre imposant de personnalités, de dialectes et de coutumes qui ont assuré la fortune d’une armée de scribes et de [B OP V t ELECTION DE POCHE Pierre DesRuisseaux Le petit proverbier Catalogue complet : www.livres-bq.com LES BONS LIVRES EN FORMAT DE POCHE cinéastes.Pharand semble avoir compris l’àme montréalaise jusqu a la dernière patate frite! Folklore urbain C’est le folklore de la ville qui semble constituer la trame du livre; l’auteur s’est documenté convenablement sur les grands événements mais ne nous aide pas toujours à les comprendre, ni à les relier dans un ensemble qui fait sens.Il relate bien que Toronto a gardé ses tramways là où Montréal s’en est précipitamment départi, mais ses explications sont peu convaincantes et ne nous éclairent pas beaucoup sur ce lapsus montréalais si caractéristique.Là où Toronto a développé un réseau multimodal extraordinaire, avec par exemple un réseau de trains de banlieue qui a fait l’envie du continent, Montréal a failli les laisser aller au diable.Toronto a raflé le gros du trafic aérien; Montréal s’est empêtré dans la querelle stérile de Dorval contre Mirabel.Et surtout, au plus grand plaisir des citoyens, de Jane Jacobs et des urbanistes, Toronto a continué à développer ses tramways — l’artère Spadina a vu renaître son tramway moderne et l’abandon de son Expressway—quand Montréal a vu naître l’infâme trou Décatie sur l’emprise abandonnée du tramway express de Snowdon-Cartierville.Les Montréalais adorent les héros, les Houde, Drapeau et compagnie, qui leur ont apporté tant de spectacles de sons et de lumières.Cette fascination avec le paraître aux dépens de l’être a-t-elle contribué à la décision hâtive d’enlever leur réseau de tramways efficaces et non polluants?Pour enfin comprendre le «vrai» pourquoi de l’abandon des tramways, le lecteur peut se rabattre sur le bouquin de Jean-Pierre Dagenais, de Transport 2000, Ironie du Char, qui complète à souhait le travail iconographique de M.Pharand.Im Belle Epoque des tramways est de toute façon une œuvre importante.Pour la première fois, le lecteur francophone a un récit complet de l’épopée des transports en commun de sa métropole.Sa facture est belle: de sa couverture à la dernière plaquette pleines couleurs montant tant de billets, de correspondances et de plans de circuits familiers aux Montréalais et aux visiteurs assidus.Pour les gens qui ne connaissent pas la ville, et même pour ses adeptes, un plan de réseau eût été d’un précieux secours pour comprendre le texte, et nous suggérons aux éditeurs d’en fournir un avec les livres à venir.Je recommande fortement l’achat et la lecture de ce livre à tout amant sérieux de Montréal.La compréhension de son histoire, de sa petite histoire, de son développaient et de son déclin relatif en sentit grandement approfondie grâce à ces récits savoureux de l’histoire des transports de la plus grande ville francophone d’Amérique.L'auteur est vice-président de Transport 2000 Canada et professeur de criminologie appliquée à l'Université d’Ottawa L I T T É R A T U R E ETRANGER E Des contes d’hier, aujourd’hui LES MILLE ET UNE NUITS Naguib Mahfouz Traduction de l’arabe par Maha Baaküni-Laurens Éditions Sindbad-Actes Sud, Aies, 1997,275 pages N A ï M KATTAN Longtemps ignoré par les lettrés, te Mille et Une Nuits furent, pour les écrivains du monde arabe, une découverte relativement tardive.Ce monument de fiction, de rêve et de magie nourrit depuis des siècles l’imaginaire de l’Occident et c’est, curieusement, celui-ci qui en incita la redécouverte dans son lieu d’origine.C’est que cette narration, si totalement libre, se heurtait à deux obstacles: d’une part, elle consiste en contes populaires sans grand souci de raffinement linguistique et, d’autre paid, ces contes sont écrits en une langue directe, souvent crue qui traite l’amour physique comme une dimension naturelle de la vie et qui, sans tomber dans l’obscénité et encore moins dans la pornographie, donne une expression joyeuse de l’érotisme.Les éditions arabes du livre furent souvent expurgées et, encore récemment, certains groupes ont tenté de faire interdire sa publication en Egypte.Les traducteurs français, eux aussi, ne furent pas toujours audacieux.Ansi, le plus connu parmi eux, Gal-land, traduisit «Il introduisit son sexe dans son vagin» par II la serra très fort contre lui.Cependant, depuis près d’un demi-siècle, le romancier égyptien Tawfik el Hakim a fait ressortir la modernité de ce texte et il y a quelques années j’ai entendu le romancier Gamal Ghi-tani dire dans un colloque, que le roman arabe n’était point redevable à l’Occident puisque celui-ci n’avait cessé de puiser dans ce trésor.11 n’est point surprenant que Naguib Mahfouz renoue avec cette œuvre qui a donné naissance à une tradition de contes populaires où la narration est dominée par un imaginaire débridé et chemine dans les voies de la magie et du fantastique.On connaît mieux l’œuvre de Mahfouz depuis qu’il a obtenu le prix Nobel en 1988.Auteur d’une cinquantaine de romans et de recueils de nouvelles dont plusieurs ont donné lieu à des adaptations cinématographiques, il a su transformer un quartier populaire du Caire en microcosme de l’humanité.Ses personnages expriment les passions, les émotions et les pulsions qui agitent les hommes partout.Le roi du conte On sait que dans Les Mille et Une Nuits, le roi Schabriar,* qui tuait chaque jour une vierge après avoir passé la nuit avec elle, laissa Schéhé-razade en vie parce qu’elle lui racontait des histoires dont elle lui faisait perpétuellement attendre la fin.Dans l’ouvrage de Mahfouz, c’est justement de Schahriar qu’il s’agit.Il est le roi et cherche à réparer ses années de cruauté et de despotisme.Mahfouz retrouve ses propres personnages: le barbier, le cordonnier, le porteur d’eau, le portefaix, le souverain du quartier, le chef de la police qui se réunissent dans un café à côté des héros des contes classiques: Aladin, Sindbad.On reconnaît dans ces pages l’ironie douce, l’humour subtil, malicieux et bienveillant de Mahfouz qui ici, donne libre cours à son imagination.Ici et là, par de furtives allusions, il nous laisse deviner qu’il appartient à son époque et qu’il est notre contemporain surtout quand il s’en prend aux despotes, aux escrocs, aux menteurs et aux exploiteurs des pauvres.Séduits tour à tour par les anges du bien et du mal, ses personnages sont toujours victimes de leurs propres illusions, de leur cupidité et de leurs rêves de pouvoir.Les hommes simples ne sont candides qu’en apparence car ils masquent par la ruse et les astuces leur véritable nature, leur cruauté et leur soif de domination.Les méchants, quant à eux, par un retournement d’âme et d’esprit, se transforment en êtres bienveillants.Ils se repentent et se tournent vers Dieu.Dans leur-ensemble, des protagonistes ne sont le plus souvent croyants que par intérêt et n’invoquent Dieu que par des formules convenues.Il existe, certes, une exception.Al Balkini, un homme dont les propos de sagesse découlent d’une élévation mystique plutôt que des règles d’interdit.«Le vice du savant vient de leur imprévoyance, celui des gouvernants de la tyrannie et celui des indigents de l’hypocrisie.Un gouvernement sans science, un savant sans décence et un indigent sans confiance en Dieu, leur corruption est cause de la corruption du monde».Comme dans toutes ses œuvres, Naguib Mahfouz exprime dans ses contes, ses doutes, son incrédulité.La frontière qui sépare le bien du mal est souvent floue, li demeure l’écrivain de la modération, au sourire parfois triste, dont la sagesse s’exprime d’abord dans les gestes du quotidien.f » 57 I K H K V (I I II I.K S S A M K I) I li K T I) I M A X < Il K 7 I) K < K M II I! K I il !l COURRIER Présentation humoristique Le Taschereau dAntonin Dupont, historien, docteur ès lettres Voici un livre qui s’appelle Taschereau en 1997 et qui s'appelait Taschereau en 1973.L’éditeur Guérin de 1997 est celui de 1973.Le Taschereau de 1973 a été vite épuisé car les étudiants en histoire se l’arrachaient.Ceux de 1997 le découvrent avec bonheur, üi couverture de 1973 présentait la figure de Taschereau, et celle de 1997 aussi.Les deux Taschereau sont le même Taschereau, tout en étant différents.U* Taschereau de 1997 est en close-up.Nous aurions dû demander à Gilles Lesage du Devoir si le close-up n’est pas une forme de voyeurisme.Trop tard, le livre est imprimé, lancé.11 vient de paraître.Comme il venait de paraître, il n’existait pas tel quel.Il était donc nouveau.Comme au Devoir, nous avons rafraîchi notre design graphique.à tel point que l’on ne reconnaît plus Guérin.Septentrion a publié un Taschereau de Vigod en 1996.Le Taschereau de 1996 est le même que le Taschereau de 1986 publié chez McGill-Queen’s University Press.En même temps, comme le livre chez Guérin, il est différent.En 1986, le Taschereau de Vigod s’appelait Québec Before Duplessis.Ceux qui ont eu ce livre en anglais seront très malheureux de retrouver la même matière sous un nouveau titre: Taschereau.Vigod est mort en 1988.Il ne pourra pas se défendre, le pauvre.Une bibliothécaire de la bibliothèque de l’Assemblée nationale à Québec a acheté notre Taschereau par Antonin Dupont et, à la suite d’une délation, a retrouvé le Taschereau de 1973 sur ses rayons et a voulu retourner le Taschereau par souci d’économie, mais comme la seule entrée dans le fichier coûte 150 $, le comptable a décidé de ne rien changer.J’ai offert de reprendre mon Taschereau, mais trop tard, car le libraire ami de Québec qui l’avait vendu à la bibliothèque de l’Assemblée nationale a voulu être payé.Par souci d’économie, on a payé le libraire — ami de Québec.I jo Taschereau de 1997 sera donc placé à côté du Taschereau de 1973 et ceux qui aiment faire des comparaisons trouveront que uihel novi sub sole (il n’y a rien qui re'ssemble'au-tant à un petit pois qu’un autre petit pois).G‘s usagers pourront donc copier allègrement l'une ou l'autre des éditions sans payer Guérin, l’éditeur.Marc-Aimé Guérin Guérin, éditeur L I V II E s -»- I.A VIE LITTÉRAIRE Une lecture publique qui fait des vagues MARIE-AN DR E E C II O U I N A R 1) LE DEVOIR \ A la suite d’une des activités les plus populaires du Salon du livre de Montréal, Je veille au Salon, qui se tenait le vendredi 21 novembre, un petit débat est né au sein de l’Union des écrivaines et écrivains du Québec.In célèbre veille, qui soulignait cette année les vingt ans conjoints de l’UNEQ et du Salon du livre de Montréal, réunissait auteurs, comédiens et musiciens, sous la verve animée de Jean-Claude Germain et dans une mise en scène conjointe de l).Kimm et Dennis O’Sullivan, connus pour leur implication dans l’organisation d’événements culturels d’envergure.Sur scène, donc, des auteurs venus livrer quelques lignes de leur prose, mais aussi des comédiens, faisant vivre les mots des Hubert Aquin, Victor-Lévy Beaulieu, Marie-Claire Blais, Réjean Ducharme, Omis Hamelin, Anne Hébert et Sergio Kokis.Le lendemain de cette nuit magique avait lieu l’assemblée générale de l’UNEQ, où l’on décidait notamment ,de la composition d’un nouveau conseil d’administration.Egalement au coeur des débats, la tenue de cette soirée Je veille au Salon, dont la formule divise certains auteurs.Pour exprimer sa position, la romancière et poète Yolande Villemaire, l’une des invitées d’honneur du Salon du livre de Montréal cette année, déposait une lettre le 22 novembre dernier au conseil d’administration de l’UNEQ.Choquée par la mise en scène choisie pour la veille au Salon, l'écrivaine reproche aux organisateurs d’avoir requis les services de comédiens plutôt que d’auteurs pour la lecture publique de certains extraits.«La littérature, ce n'est pas plate.Quand un poète lit à haute voix son poème, quand une romancière lit à haute voix sa prose, j’entends son souffle et son rythme, son silence, sa façon de prononcer certains mots, la couleur de son accent, écrit Mme Villemaire dans une lettre de trois pages.J’entends son âme car les mots ont une âme, les écrivains ont une âme [.].Cette âme, on l’a étouffée.» L’écrivain termine sa lettre par une invitation à un «mouvement de boycottage» de toute lecture de texte organisée par I).Kimm, demandant au nouveau conseil d’administration de l’UNEQ de destituer celle-ci de ses fonctions de coordonnatrice des activités du prochain festival de la littérature de l’UNEQ (prévu pour mai prochain).La tenue du prochain conseil d’administration de l’UNEQ étant prévue jxiur ce mardi, le regroupement préfère s’abstenir de tout commentaire avant que les administrateurs se soient réunis et aient discuté de cette affaire.«C’est un dossier tout de même assez chaud et il serait bien mal venu de nous positionner immédiatement, ce qui pourrait cristalliser les positions de part et d’autre», a expliqué hier Ginette Major, directrice adjointe à l’UNEQ.la lettre de Yolande Villemaire a déjà suscité une réaction de la part de certains auteurs puisque quelques jours après la rédaction de cette lettre, l'auteure Hélène Mouette répondait en quelque sorte aux critiques émises à l’endroit de D.Kimm, demandant cette fois au conseil de confier à l’artiste la direction artistique du prochain Festival de la littérature, «puisque nous reconnaissons la qualité de son travail et l’importance de son énergie, de ses connaissances et de son action, justement, dans un tel milieu».Sous la forme de pétition, cette lettre circule dans le monde des écrivains et vise à soutenir la cause de D.Kimm.Ije conseil de l’UNEQ prendra une décision mardi quant à la candidature de I).Kimm |X)ur la tenue du prochain Festival de la littérature, a expliqué jeudi dernier Louis Gauthier, président de l’UNEQ.En charge de ce dossier, M.Gauthier a expliqué avoir reçu déjà quelques lettres — les auteurs étaient invités à expédier leur pétition directement à l’UNEQ — appuyant la prise de position d'Hélène Monette.Des chiffres et des lettres Les livres dorment dans les librairies, en quantité industrielle ou en petit nombre selon la taille de l’entreprise.Difficile toutefois d’avoir une vue d’ensemble de l’édition au Québec: combien de livres sont publiés?Quoi de mieux que la Bibliothèque nationale du Québec (BNQ), à laquelle tout éditeur qui publie un document doit léguer deux exemplaires, pour établir un tableau statistique?Dans un petit volume, plutôt banal d’apparence, la BNQ brosse donc un portrait de l’édition québécoise.Publié récemment, Statistiques de l’édition au Québec en 1996 révèle qu’au cours de la dernière année, dtuis le secteur des monographies (et excluant les brochures), une progression de 4,9 % par rapport à l’année précédente a fait cheminer 6(X)8 livres chuis la chaîne du dépôt légal.Comme à chaque année, ce sont toujours les catégories des sciences sociales et des langues et littérature qui dominent pour le plus grand nombre de litres publiés, l’économie connaissant cette année une légère hausse, de même que le roman, ayant connu une augmentation de 15 %.En chute: la poésie (245 à 169 titres) et la littérature jeunesse (de 618 à 469 titres).Si, en 1995, vous payiez vos livres 25 $, une hausse de près de 2 $ par rapport à l’année précédente, vous les avez payés 23,81 $ cette année.Ije prix moyen des romans, qui avait légèrement augmenté en 1995, redescend à 18,94 $, de même qu’en littérature jeunesse, pour laquelle on paie maintenant 8,93 $, 1 $ de moins que l’an dernier.I.a Grande Bibliothèque Dans la foulée des débats entourant la Grande Bibliothèque — où donc sera-t-elle logée?—, le Forum Architecture Culture + Société organise les 8 et 10 décembre prochains un double événement «visant à informer le public sur les nombreux enjeux rattachés à ce dossier».le 8 décembre, l’on discute d’abord de la vocation de l’institution grâce à la participation de Clément Richard, président du comité de travail sur la GBQ, Philippe Sauvageau, p.-d.g.de la BNQ, Jacques Panneton, bibliothécaire en chef à la Ville de Montréal, et Michel Cartier, professeur de communication à l’UQAM.Le 10 décembre, on discute cette fois des enjeux architecturaux et urbains de la GBQ en compagnie de Réjean Savard, professeur agrégé à l’Ecole de bibliothéconomie et des sciences de l'information à l’Université de Montréal, Stéphane Tremblay, architecte, et Jacques Besner, urbaniste à la Ville de Montréal.L’architecte Odile Hénault, directrice générale du forum, agira à titre de modératrice des débats.Les présentations auront lieu à la salle MarieGérin-Lajoie (pavillon Judith-Jasmin, UQAM), au 405, rue Sainte-Catherine Est, à 18h pour chacune des deux journées.Entrée gratuite.Grands prix de la SRC La chaîne culturelle FM de Radio-Canada dévoilait cette semaine les noms des lauréats des grands prix de la SRC des scénaristes, nouvellistes et poètes 1997.Pour la deuxième édition de ce concours dans sa forme actuelle, le concours a récompensé deux auteurs pour trois catégories d’œuvres destinées à la radio: la fiction, la nouvelle et la poé-sie.Dans la catégorie fiction, l’auteur-compositeur-interprète Pier Noli a reçu le prix Robert-Choquette, récompense suprême, pour son texte intitulé Ersatz.Ir* deuxième prix revient à Larry Tremblay ixrnr Tibullus.Iœ volet jx>ésie récom-|X‘nse d’abord Carole Huynh Guay pour Une pierre dans la bouche et Louise Dupré pour Ijcs Mains des gisants.Dans la catégorie nouvelle, c’est Catherine Lalonde qui a reçu le premier prix |x>ur Les Enfantes et Michel Thibaudeau le second prix pour Le Gardien.Les lauréats reçoivent 5000 $ pour le premier prix et 3000 $ pour le deuxième.L’œuvre gagnante du prix Robert-Choquette sera traduite jxuir diffusion au réseau anglais de Radio-Canada Sur la scène littéraire Dans l’effervescence reliée à la tenue récente du Salon du livre de Montréal, quelques données essentielles sont passées inaperçues.Tour d’horizon du quotidien littéraire.¦ Il y a du remue-ménage à la présidence de l’Association des libraires du Québec: après avoir dirigé l’ALQ pendant cinq ans, Guy Beaulieu a dernièrement annoncé qu’il laissait son poste à un autre, demeurant membre du conseil d’administration et poursuivant ses activités à la tête de la Société de gestion de la Banque de titres de langue française.C’est le vice-président de l’ALQ, Robert Leroux (librairie Alire, à Ixxigueuil), qui assumera les fonctions de président jusqu’à la tenue d’une prochaine assemblée générale des membres de l’association.¦ La Banque de titres de langue française est née: née de la collaboration entre l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) et l'ALQ, cette banque est administrée par une société de gestion et consiste d’abord en un site Internet, outil de recherché regroupant toutes les données bibliographiques et commerciales sur les titres de langue française disenables au Canada, tant en édition qu’en distribution.In BTLF donne ainsi accès à une banque de 300 (XX) titres et notamment à des catalogues d'éditeurs et de distributeurs en plus des répertoires des libraires, des éditeurs et des distributeurs.On peut avoir accès à la BTLF en utilisant cette adresse électronique: http://www.btlf.qc.ca (EMM O COLLECTION DE POCHE DISQUES COMPACTS, LIVRES, CASSETTES, DISQUES, BD OUVERT 7 JOURS lOh à 22h ifrfé 3694 St-Denis, Montréal CHOIX ET Qualité 713 Mont-Royal Est, Mil Métro Sherbrooke 849-1913 Métro Mont-Royal 523-6389 ALAIN BERNARD MARCHAND Genet le joueur impénitent UINB£genet1ARCH/'nd 238 P-, 16,95 $ Une réflexion sur l’esthétique théâtrale contemporaine.LES HERBES ROUGES / ESSAI Lise Tremblay L’hiver de p»u|e Catalogue complet : www.livres-bq.com LES BONS LIVRES EN FORMAT DE POCHE fïrez des prix littéraires PRIX FEMINA Dominique Noguez, Amour noir Dominique Noguez Amour noir PRIX FEMINA 1997 Gallimard 192 pages 23,50$ Si l’on veut lire, le vrai récit de la passion charnelle, de l’amour fou dont on ne se relève pas, si l’on veut accompagner un homme dans ses extases et sa lente descente aux enfers, il faut sans hésiter se tourner du côté de M.Dominique Noguez, avec Amour noir.Jérôme Garcia, l.e Nouvel Observateur.PRIX GONCOURT DU PREMIER ROMAN PRIX MÉDITERRANÉE Jean-Christophe Rufin, L'Abyssin.ifitoiw Ru Un PRIX GONCOURT DU PREMIER ROMAN PRIX MEDITERRANEE 588 pages 29,95$ Cette relation des extraordinaires voyages de Jean-Baptiste Poucet, ambassadeur du Négus auprès de Sa Majesté Louis XIV, est un livre d’aventures, d’amitié et d’amour, bref un livre de bonheur qui vous emporte et fait paraître bien courtes ses 588 pages.Prix Goncourt du Premier Roman, Prix Méditerranée.PRIX MEDICIS Les sept noms du peintre «TErali VIummii ft-ig PRIX MÉDICIS 1997 Gallimard 400 pages 29,95$ Philippe Le Guillou, Les sept noms du peintre Un jeune artiste s’abîme dans le sacerdoce de l’art et les bouleversements de la chair.«Il y a du Francis Bacon chez Erich Sebastian Berg, le héros de ce magnifique roman.En ces temps de complaisance et d’exhibitions, saluons la résurgence de l’homosexualité comme grand thème littéraire».Dominique Fernandez, Le Nouvel Observateur.GALLIMARD I) 12 I.K I) K V 0 I R .L K S S A M K I) I (I K T I) I M A N < Il K I) K ( H M I! Il K I II II ?-«, l | v R E s - K S S A I S De la pléthore obturante à la dromosphère Deux scientifiques dénoncent le charlatanisme et la pédanterie de certains intellectuels à la mode ÉCONOMIE Faire le monde à son image Un pamphlet dénonce la prétention des économistes L’IMPOSTURE ÉCONOMIQUE BÊTISES ET ILLUSIONS D’UNE SCIENCE AU POUVOIR Michel Musoüno Textuel, Paris, 1997,255 pages ROBERT DUTRISAC LE DEVOIR En matière d’économie, la vérité est affaire de mode et la fonction principale de l’économiste, c’est de se tromper.Se tromper d’abord et tromper ensuite.La science économique est une imposture: cette science prétentieuse veut abolir l’histoire, elle prétend être une logique intemporelle mais n'est en fait qu’une idéologie.Le jugement est lapidaire.Il vient d’un professeur d'économie et de géopolitique aux HEC a Paris.Pour Michel Musolino, l’économie est incapable de définir son objet et emprunte à toutes les disciplines pour ne devenir qu’un incroyable bricolage intellectuel.Le hic, c’est que cette science, dominée par la pensée économique anglo-saxonne, est au pouvoir.En deux siècles, l’économie est en passe de réaliser ce que les philosophes ont mis deux millénaires à imaginer, écrit l’auteur.Il ne s’agit plus de contempler le monde, mais de le transformer.L’économie est maintenant arrivée à ses fins: faire le monde à son image, et en rendre impossible tout autre vision.Michel Musolino s'en prend à l’incapacité des économistes de faire des prévisions justes, alors qu’ils prétendent le contraire.Il cite le prix Nobel d’économie Paul Samuel-son qui, en 1972, écrivait dans son célèbre manuel d’économie que les systèmes économico-budgétaires sont dotés de forces de stabilisation qui permettent d’éviter automatiquement les récessions.Qu’ils parlent de tendances ou de -4-cycles longs et courts, les économistes tentent de «dompter» et «chevaucher» l'histoire «dans un rodéo mouvementé» et «comique».Ils poursuivent le projet de la pensée libérale: en finir avec l’histoire, faire en sorte que tout changement ne soit qu'une régression.L’irrationalité de la Bourse L’auteur s’en prend à l’irrationalité de la Bourse, le lieu de l’utopie .réalisée, ou la bêtise çt.la, réussite se côtoient et se dynamisent mutuellement.Il descend en flammes les grands concepts économiques: la courbe de Phillips (l’arbitrage entre chômage et inflation), celle de Laffer (trop d’impôt tue l'impôt), le théorème HOS (les avantages comparatifs des nations), le monétarisme (l’inflation est un phénomène monétaire comme si la fièvre était un phénomène de thermomètre), la loi des débouchés de Jean-Baptiste Say (tout offre crée automatiquement sa demande).Tout le débat économique, selon lui, est une opposition molle d’idées molles, entre les idées d’hier et celles d’avant-hier.Derrière la prétention scientifique du taylorisme se cache l’atteinte la plus grave portée à la dignité du travail de l’homme depuis l’abolition de l’esclavage.Antisémite qui admirait Hitler, Henry Ford voulait créer un homme nouveau et visait la normalisation sociale et éthique de ses employés, rappelle l’auteur.Fondé sur le libéralisme intégriste, le rêve américain est devenu un cauchemar, selon Musolino: 2 % de la population en âge de travailler est derrière les barreaux, un Américain de quinze ans sur quatre ne sait ni lire ni écrire, les «working poors» gagnent moins cher que les chômeurs européens, les Américains travaillent davantage qu’en 1960 (un mois de plus et huit semaines de plus que les Allemands), leur pouvoir d’achat moyen est tombé à son niveau de 1952.On aura compris: Michel Musolino ratisse large.Le lecteur «pourrait objecter que l'exercice auquel on se livre est plaisant et facile», fait-il observer avec justesse.L’ouvrage, qui tient du pamphlet, demeure supet fi-ciel à bien des égards.Sa dénonciation conserve sa pertinence: l’économie n’est pas neutre sur plan idéologique.L’auteur s'insurge contre Y «ambition démesurée d’être la seule théorie de l'agir humain», une théorie porteuse de la dégradation irréversible des valeurs politiques et éthiques.La réponse à l’hypercapitalisme, qui m.ene une offensive double contre l’Etat — globalement inutile, parasitaire, dispendieux — et le travail — soufrant des mêmes tares mais individuellement —, c’est l’affirmation de la primauté du politique et le retour a une économie «non pas réconciliée mais soumise aux impératifs sociaux et humains».Vaste programme vertueux.IMPOSTURES INTELLECTUELLES Alaq Sokal et Jean Bricmont Editions Odile Jacob, Paris, 1997,276 pages ROCH CÔTÉ Dans Monsieur de Pourceaugnac, Molière met en scène deux mé-( ecins dont la pédanterie verbale n’a t'égal que la pauvreté du savoir.Devant un faux malade, un premier médecin y va de «signes pathognomoniques», de pléthore obturante», de «cachocltymie luxuriante», toutes choses qu’il faudra guérir par «chola-gogues, mélanogogues, et caetera.».Devant la beauté du diagnostic, le second médecin affirme qu'il est impossible que le patient ne soit pas «fou et mélancolique hypocondriaque; et, quand il ne le serait pas, il faudrait qu'il le devint pour la beauté des choses que vous avez dites et la justesse du jugement que vous avez fait».Le faux malade, lui, se demande, perplexe, si on ne serait pas en train de lui jouer la comédie.Les médecins de Molière existent encore mais, sauf une ou deux exceptions, ils ont changé de métier.Ils sont maintenant sociologues, philosophes, psychanalystes, on compte même un spécialiste de la «dromosphère».Leur jargon a délaissé les mélanogogues et autres clystères en faveur des théorèmes de Godel, des espaces non euclidiens, du ruban de Mobius, du pourtout, du quanteur et autres concepts empruntés à la physique et aux mathématiques.Sous un nouveau vocabulaire, le même vieux charlatanisme.Des noms?Jacques Lacan, Julia Kristeva, Luce Irigaray, Bruno Latour, Jean Baudrillard, Gilles Deleuze, Félix Guattari, Paul Virilio.Dans des rôles mineurs, Jean-François Lyotard, Régis Debray et Michel Serres.Ils font tous partie du palmarès dressé par Alan Sokal et Jean Bricmont dans Impostures intellectuelles.Un canular L’origine de ce livre n’est pas banale.Professeur de physique à l'Université de New York, Alan Sokal fait parvenir à la revue américaine Social Text un article à saveur tout à fait postmoderne intitulé Transgresser les frontières: vers une herméneutique transformative de la gravitation quantique.L’auteur a bourré son texte d’absurdités, de références erronées à des concepts scientifiques dans le but d’appuyer des thèses à la mode: les sciences ne sont que des «narrations» parmi d’autres, la référence à la réalité est un mythe, l’objectivité n’existe pas, le contenu d’une science est social de part en part.L’auteur du canular a réussi au-delà de ses espérances.La revue publie son article dans un numéro spécial au printemps de 1996 et le présente comme une magistrale réfutation aux scientifiques qui dénoncent les thèses soutenues dans l’article.L’arroseur s’est englouti lui-même.Si Sokal a pu réaliser une telle farce, c’est qu’il a tout simplement imité un genre répandu dont est rempli le livre qu’il vient de signer avec Jean Bricmont, professeur de physique théorique à l’Université de Louvain.De Lacan à Virilio Le livre s’ouvre sur un champion de la logorrhée, Jacques Lacan.Le célèbre psychanalyste, dont on dit qu’il a donné à son art l'armature intellectuelle qui lui manquait, puisait beaucoup dans le langage des mathématiques modernes.Ainsi a-t-il mis en formule sa maxime «il n’y a pas de rapport sexuel».Il faudrait, pour la reproduire ici, un clavier contenant les symboles de la logique mathématique.On ne rigole pas! Que valent exactement les connaissances mathématiques de La- can?«Elles sont si fantaisistes, assurent les auteurs, qu’elles ne peuvent jouer aucun rôle fécond dans une analyse psychologique sérieuse.» «Lacan, poursuivent-ils, possède une vague idée des mathématiques dont il parle».Il confond des notions, invente des formules qui n’ont aucun sens, bref «il se fout du monde».Les textes cités sont proprement ahurissants.Mais il y a pire.On assiste à l’émergence d’un phénomène de type religieux ou ésotérique.Ses textes sont maintenant traités comme de la matière sacrée dont des disciples ont pour tâche de faire l’exégèse.Nostradamus fait des petits.Les mystifications de Lacan sont typiques de ce qu’on va trouver chez les autres auteurs recensés.Julia Kristeva, qui joue dans la linguistique, la sémiotique et la psychanalyse elle aussi, a truffé certains textes de concepts mathématiques.«Kristeva essaie d'impressionner le lecteur avec des mots savants qu’elle ne comprend manifestement pas», assurent Sokal et Bricmont qui examinent en détail chaque concept invoqué.Luce Irigaray fait partie, comme Lacan, des auteurs sacrés.C’est l’icône incontestée des women’s studies.Elle aussi entend impressionner le lecteur, surtout la lectrice, par des références à la physique nucléaire, à la mécanique des fluides et à la logique mathématique.Les auteurs démontrent que dans tous ces domaines, elle confond les notions, ne comprend pas les mots savants dont elle se sert, avance des faussetés, bref, fait étalage, avec pédanterie, de connaissances superficielles et mal assimilées.Le plus comique est sa critique de la physique «masculine»: celle-ci serait plus développée pour les solides que pour les fluides, car la solidité est identifiée aux hommes et la fluidité aux femmes.E=MO’ serait même une équation sexuée.Cela mériterait un prix.Et puis il y a Bruno Latour, socio- logue des sciences, qui ne voit en elles que du contenu social mais.qui comprend mal la théorie de la relativité: Jean Baudrillard, sociologue, spécialiste des phrases denses en termes scientifiques (mal compris) et vides de sens; Gilles Deleuze et Félix Guatarri qui obtiennent un grand effet de profondeur avec une érudition scientifique superficielle et une terminologie savante mal digérée: Paul Virilio, le spécialiste de la «dromosphère», grand créateur de «confisions mentales et de fantaisies délirantes» à qui Sokal et Bricmont décernent le premier prix en matière de loghorrée.Tous sont atteints du même mal.Pour donner à leurs textes une apparence de profondeur, ils puisent abondamment dans le langage des sciences, vous conduisent de théorème de Godel en espaces topologiques, de sous-ensembles en Lo-rentz-invariant, sans savoir exactement de quoi ils parlent.Le prestige de la science Sokal et Bricmont ne nient pas que l’on puisse, dans des textes de sociologie, de philosophie ou de psychologie, avoir recours à des métaphores et puiser dans le vocabulaire des sciences sans prétendre à une rigueur absolue.Oui mais, font-ils remarquer, une métaphore a pour but d’éclairer, d’apporter un supplément d’explication dans un texte difficile.Or, les auteurs cités embrouillent leurs textes avec des notions confuses, imbriquent les données de leur discipline avec celles, mal assimilées, de la physique et des mathématiques.Dans certains cas, le résultat est tel que la doute s’installe sur toute l’œuvre d’un auteur.Ainsi à propos de Baudrillard.«En fin de compte, écrivent les auteurs, on peut se demander ce qu ’il resterait de la pensée de Baudrillard si l’on en retirait tout le vernis verbal qui la recouvre.» Et le dit vernis est composé d’une terminologie pseudo-scientifique.Finalement, se demandent Sokal et Bricmont, pourquoi des auteurs de sciences humaines éprouvent-ils un tel besoin de faire savant?Ce n’est pas toujours parce qu'ils n’ont rien à dire.C’est parce que la science jouit d’un immense prestige, qu’elle enregistre des succès évidents alors que les sciences humaines sont souvent en crise, se cherchent, tâtonnent sur leurs objets et n’arrivent pas à des conclusions toujours claires.Là, les auteurs font à leurs collègues des sciences humaines une utile leçon d’épistémologie: singer les sciences physiques ou les mahé-matiques n’est pas une solution.«Les physiciens ne sont pas plus intelligents que les historiens [.] mais les problèmes qu'ils étudient sont généralement moins complexes et comportent un plus petit nombre de variables qui, en outre, sont plus faciles à mesurer et à contrôler.» Les sciences humaines doivent donc avoir leurs méthodes propres car leurs objets sont autrement plus complexes que ceux des «sciences».La lecture d'Impostures intellectuelles apporte plus que la connaissance des dites impostures.Les auteurs consacrent une cinquantaine de pages à expliquer la démarche scientifique, le sens d’une méthode de recherche, la valeur des conclusions, les limites du savoir empirique, les rôles de la théorie et de l’expérimentation, etc.Bref, un bon petit cours d’épistémologie du savoir scientifique.Enfin, il est intéressant de s’entendre dire qu’il n’y a pas de différence fondamentale entre la science et l’attitude rationnelle dans la vie courante: «Celle-là n 'est que la prolongation et le raffinement de celle-ci.» Pour avoir oublié celte simple vérité, certains auteurs ont écrit bien des bêtises.A NOEL, SOYEZ LIVRES AVEC / I A M CTÔT m AS" EDITEUR > i ms hei mW L'homme i Claude jasmin L'HOMME DE GERMAINE Paul Rousseau HAINE-MOI! Dany Laferrière LE CHARME DES APRÈS-MIDI SANS FIN Gaston Laurion LES LAIS DE MARIE DE FRANCE Lise Demers DOUBLES VIES n i '.'1110,1,1 l 3 JW /III ^'espoir 11 est pas 11,1 iiuagt
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