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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1997-12-13, Collections de BAnQ.

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L K I) E V 0 I R , I.E S S A M EDI I R E T I» I M A X ( Il E I I I) K ( E M 15 It E I !) il 7 ?LE DEVOIR ?(III! LES BEAUX LIVRES Beaux arts Page D 3 Tourisme Page D 4 Littérature Page D 5 Pour Noël Page D 6 Littérature jeunesse Page D 8 Mode Page D 15 Architecture Page D 16 - ?lettres québécoises Page D 9 Im chonique de Robert Lalonde Page D 10 Le feuilleton Page Dll La vie littéraire Page D 12 Essais québécois Page D 13 LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Du plaisir à la clef Les Heures bleues; une nouvelle collection est apparue dans le paysage québécois JE MARCHE À CÔTÉ D’UNE JOIE Instantanés Jeanne Painchaud Illustrations de Rita Letendre Les Heures bleues, Montréal, 1997, 96 pages LES MAUX Suzanne Mardi Les Heures bleues, Montréal, 1997, 66 pages BLANDINE CAMPION Fruit d’une heureuse collaboration entre les éditions de L’instant même et les éditions Les 400 coups, vient de naître une séduisante collection baptisée «Les Heures bleues».Il n’est pas donné tous les jours de pouvoir rendre compte d’une production aussi réussie, tant sur le plan esthétique que sur le plan du contenu, aussi ne mâcherai-je pas mes mots et ne bouderai-je pas mon plaisir.Du plaisir, justement, cette toute jeune collection est faite pour en procurer: plaisir visuel, tout d’abord, puisqu’elle allie le texte et l’image, et l’on soulignera à ce propos la qualité de la mise en page comme celle des reproductions d’œuvres d’art réalisées sur différents médiums; plaisir tactile ensuite, grâce à la fois au papier glacé et au format particulièrement agréable à manipuler; plaisir de lecture enfin, car les deux volumes à teneur littéraire parus â ce jour dans la collection se savourent lentement, voluptueusement, et appellent les éloges, même si ce n’est pas de manière égale.Le premier des volumes littéraires de cette collection au nom si poétique emprunte justement son titre à un texte de l’un des plus grands poètes québécois: Saint-Denys Carneau.En effet l’auteure, Jeanne Pinchaud, a choisi le premier vers du magnifique poème Accompagnement «Je marche à côté d'une joie», pour chapeauter cet «album des instantanés langagiers» que lui a inspiré la venue de son fils au monde, puis au langage.Pour exprimer «le fait d'avoir un enfant et les bouleversements que cela entraîne», l’auteure a choisi deux formes d’écriture qui alternent tout au long du livre: le récit à la première personne et le haiku, ce petit poème de trois lignes d’origine asiatique qui puise toute sa force évocatrice dans la brièveté.Ainsi, aux formules pleines de fraîcheur empruntées à l’enfant se mêlent les réflexions, les sentiments de la mère, empreints à la fois de gravité et de ferveur, donnant lieu à de petits bijoux d’émotion: abnégation: Ça s'écrit en minuscules?On saluera la merveilleuse harmonie qui unit les haïkus et les œuvres (encre sur papier) de Rita Letendre, choisies on ne peut plus judicieusement pour les illustrer.VOIR PAGE D 2: HEURES BLEUES 9fmf %% ¦.'¦ fi.?* aæ'-V S»*;** 'âvânS •"?•% *•> r- f \ + * * I1» VÎAf ¦****( 1 iff «>l Ta* VP .-T m® «Dieu mis à part, Léonard de Vinci est sans1 ' ” sur lequel on a le plus écrit.» BERNARD LAMARCHE On aura cru avoir tout dit sur Léonard de Vinci.Enfin, presque tout.Du moins, du point de vue de l’histoire.Des centaines d’études générales ou ponctuelles ont été consacrées à l’œuvre canonisée du Maître renaissant.En 1987, au Musée des beaux-arts de Montréal, la très savante exposition Léonard de Vinci, ingénieur et architecte actualisait un Léonard inventeur.Dans son Léonard de Vinci.Le rythme du monde, un ouvrage admirable d’érudition, doublé d’un objet luxueux, Daniel Arasse résiste à ce découpage, ouvrant de nouvelles dimensions au sein de la fortune critique de Léonard.Loin d’être uniquement un bel objet, l’ouvrage risque de se tailler une place appréciable dans les études sur Léonard et dans notre compréhension de ce qu’a été la Renaissance.La synthèse qu’il propose, plus proche d’une histoire des idées en général, reprend Léonard dans les mécanismes de sa pensée en particulier.«Dieu mis à part, Léonard de Vinci est sans doute l’artiste sur lequel on a le plus écrit.» Cette phrase, la première de l’ouvrage de Daniel Arasse sur Léonard de Vinci, suggère implicitement la nature de l’ouvrage que nous tenons sous nos yeux.Clairement, avec cette phrase annonciatrice, et étant donné la taille du boîtier qui protège la reliure (plus de 500 pages!), ce que la suite de l’introduction confirme, c’est à une extraordinaire somme que nous avons affaire: cette monographie ne sera définitivement pas un ouvrage de type l’«homme et l’œuvre».L’ouvrage fraye plus généralement dans l’histoire de la pensée.S’impliquant sérieusement dans les études sur Léonard et l’art de la Renaissance, Arasse dépasse les visées souvent réductrices du genre classique de la monographie, et entre de plain-pied dans un travail qui confronte les développements récents des études sur l’artiste.A l’opposé de ce genre littéraire qui isole le plus souvent le «monographié» dans une parenthèse faisant fi des contextes historiques, sociologiques, politiques et scientifiques, le texte d’Arasse restitue Léonard au contexte d’émergence de son «génie».Sans pour autant proposer une vision monolithique du Maître de la Renaissance.VOIR PAGE D 2: LÉONARD ¦H ¦.' » - v i^W e l'auto Diciiftnnalf* U«u»trA du Québec *11*1! nv*ot - JL cd-sSÛ une encyclopédie .pour tous les *ge$ Q.jét*cr: LARfOI Nouvel! gi-r^rrv Des contes moderne$ par de grands auteurs Dr Wayne W.Dyer é m a r o c.r?ABRACADABRA MANUEL DE MAGIE BLANCHI; CP-lvm.Chcmsops lli pour nos enfants LE PLUS GRAND Pfrrrr Dujnau rt André Vaiu.w L'ENCYCLOPÉDIE 1)1 VIN MAI.SJ)N I l4frnwnuii«niiU»iiuIMie« Raymond PtANîf • Projections privées ans d’Avpntuuhs ALI Till HT MONDE '*» Rondm v ' (’hainpignv SAINT-DENIS 4380 rue Saint-Denis.Montréal (514) 844-2587 Fax: (514) 848-0169 tél.: I 800 817-2587 Stationnement gratuit à l'arrière.Entrée rue Drolet ¦ OUVERTS DE 9H A 22H CÔTE-DES-NEIGES 52I9 Côte-des-Neiges Montréal I5I4I 344-2587 LAURIER 37I Laurier O Montréal (514) 276-2587 HORAIRE DES CENTRES CO AA AA ER Cl AUX BROSSARD Mail Champlain 2I5I boul.Lapinière Brassard I5I4) 923-2587 ANGRIGNON Carrefour Angrignon 7077 boul.Newman «Salle (514) 365-2587 LAVAL Centre Laval I600 boul Le Corbusier Laval I5I4I 682-2587 i \ I I) K (' K M U I! K I !MI 7 I.K S S A M E I) I SONGES DE LA BELLE AU BOIS DORMANT Charles Perrault et Frédéric Clément, Les Authentiques/Caster-man 1997,56 pages MARIE- ANDRÉE C H O U IN A R I) LE DEVOIR \ A quoi donc songeait la Belle au bois dormant au cours de ces longues années de sommeil dans lesquelles on l’a plongée?Faisant revivre un des contes de Charles Perrault, les plus célèbres de la littérature fantastique, l’auteur et illustrateur Frédéric Clément s’est amusé ici à nous faire visiter les rêves de la belle dame.Voyage au pays des songes.Songes de la Belle au bois dormant marie admirablement le classique au moderne.Ajoutant au texte intégral du conte de Charles Perrault, La Belle au bois donnant (1697).dont il conçoit la mise en page, l’illustrateur Frédéric Clément a imagé le texte au moyen de photographies, de textes et d’illustrations.De Frédéric Clément, on dit qu’il a «les pieds sur terre» mais qu’il «aime jouer avec le temps qu’il distord à l'infini, et le rêve éveillé.Deux notions qui s’imbriquent et se répondent, deux notions que l’on rencontre tout au long de son œuvre».Cette fois, c’est à partir du conte de Perrault qu’il a tenté d’imaginer les rêves de la damoiselle, jouant pour y parvenir avec les matériaux qu’il affectionne et les thèmes qui lui sont chers: la femme, le temps et l'usure, «la réalité qui dérape, le rêve éveillé, l'errance, le pêle-mêle des cultures du monde qui s'imbriquent les unes dans les autres et se répondent».Avec Songes de la Belle au bois dormant, Clément laisse d'abord parler le conteur du XVII' siècle, arrête son discours à la moitié du récit et y imbrique sa propre histoire, c’est-à-dire le survol des songes de la gente dame.«J’ai voulu, dans le conte de Perrault, qui est, tout au moins en apparence, une bluette [petit ouvrage sans prétention), insérer quelque chose d'inquiétant et de sulfureux», explique l'illustrateur.«Alors le Roi et la Reine, après avoir baisé leur chère enfant sans qu ’elle ne s’éveillât, sortirent du château, et firent publier des défenses à qui que ce soit de s'en approcher», écrit Perrault.Puis Clément s’empare de l’histoire: du papier cartonné l'on passe soudainement au papier glacé où s’entremêlent poèmes, photographies du château d’Ussé (dit de la Belle au bois dormant), de cinq dames personnifiant les Belles de Frédéric Clément, dessins.«Chancelle le cœur, chavire le camélia /Au loin le brame, déchirant /J'oscille, pendu pendule / de la pointe de votre doigt piqué, la Belle / à la pointe de vos cils mouillés, salés.Je bois./ Penché au bord du songe.» Après avoir vagabondé dans les songes de la Belle, l'on ouvre à nouveau les yeux.C’est à Perrault que revient le soin de terminer l’épopée, avec une moralité tout aussi délicieuse que l’ensemble de ce livre, unique par sa facture, séduisant par son contenu: «Moralité.Attendre quelque temps pour avoir un époux / Riche, bien fait, galant et doux / La chose est assez naturelle / Mais l’attendre cent ans, et toujours en dormant / On ne trouve plus de femelle / Qui dormit si tranquillement».C BOIS Michelle N’oltn- RjvtuuIiÎ LEDIFICE DE L4 fBANQL’E DE MONTRÉAL * À i k ni \rr rvkn ütr A LA PLACE D'ARMES Michelle Nolin-Raynauld / L'Edifice de la Banque de Montréal à la place d'Armes -1845-1901- Cet ouvrage a le mérite de fondre en un tout des renseignements techniques rigoureux, une présentation fiable des faits historiques et une interprétation sensible des composantes esthétiques d’un des joyaux de l'architecture montréalaise.39 photos, dessins et plans • 160 pages • 22,95 S Les Éditions C- P 35040, CSP Fleury Wm Varia Montréal (QC) H2C 3K4 Diffusion : Prologue Tél.: (514) 389-8448 * Téléc.: (514) 389-0128 Marcel Olscamp *5 Cette biographie des années de jeunesse de Ferron retrace son itinéraire intellectuel et permet de comprendre son oeuvre.Le destin tout en ruptures de l’erron nous permet de jeter un regard neuf sur de nombreux aspects mal connus de l'histoire intellectuelle et littéraire du Québec des années 1920 à 1950.Le fils du notaire JACQUES FERRON 1921 - 1949 430 pages 29.95S FIDE S E T I) I M A X < Il E Les b e u u jc Visite au pays des rêves LO h ! Les be u u x 1 V R I S VITRINE DE NOËL Noëls et père Noël MELI-MELO DE NOEL Florence üuiglois Casterman, Collection «Courant d’air», 1997,32 pages CAROLE TREMBLAY Comme cela lui arrive assez régulièrement (huis les contes de Noël, le gros barbu à la tuque rouge est malade.Il faut donc lui trouver un remplaçant.Trois petits lutins font passer des entrevues aux demandeurs d’emploi.Malheureusement, les candidats sont plus désolants les uns que les autres: i’un est habillé de vert, i’autre n’a pas de barbe, un autre encore a les canines décidément trop longues.C’est la petite fille du père Noël qui sauvera la situation en proposant ses services aux lutins désespérés.L’anecdote ne révolutionne pas le genre, mais le traitement humoristique, tout en simplicité et en couleurs, fera sûrement craquer les petits lecteurs qui croient encore au vieux bonhomme.Dès deux ou trois ans.À LA RECHERCHE DU PÈRE NOËL Arcadio Lobato, Bilboquet Paris/Zurich, 1997,32 pages Petit-Ours trouve un bonnet rouge.Convaincu que la tuque égarée appartient au célèbre père Noël, il part d’un pas ferme et décidé vers le pôle Nord pour la lui rendre.En chemin, il croise une vieille femme qui en tricote à la pelle.La bonne femme lui explique quelle lance ses couvre-chefs dans le ciel aussitôt terminés et que le vent les emporte aux quatre coins du monde.Insatisfait de cette explication, et faisant fi des interdictions de la vieille, A la recherche du père Noël MARC BROWK LlMliHA au mua ri; ¥ X Petit-Ours continue sa route à la recherche du propriétaire officiel du bonnet.C’est ainsi qu’il découvre le fameux secret.Pour ceux qui l’ignorent encore, le père Noël est un géant formé d’une multitude de petits pères Noël.Cette explication poétique du mystère favori des petits aurait pu être intéressante si elle n’avait pas été desservie par des illustrations aux coloris dignes d’une mauvaise tapisserie de cuisine.ARTHUR ET LE PÈRE NOËL Marc Brown Épigones, 1997,36 pages Arthur est une espèce de rat à lunettes dont on peut suivre les aventures à la télévision le samedi matin, tout en mangeant ses céréales.L’auteur présente des petites scènes de la vie familiale avec juste ce qu’il faut de psychologie et d’humour pour les rendre amusantes sans qu’on sente le «gentil» pédagogue manipuler les ficelles.Dans cet épisode de sa trépidante vie, Arthur se casse la tête pour trouver un cadeau au irère Noël pendant que son infernale sœur, elle, ajoute sans cesse de nouvelles suggestions sur sa liste de demandes, raton myope court les magasins.A travers ses pérégrinations commerciales, il croise différents pères Noël, attablés devant différents plats.De là lui vient une idée, qui pour être lumineuse au départ n’en finit pas moins en dégât de cuisine.Mais Didiminou, l’espiègle frangine, sauvera la situation en épargnant au père Noël une monstrueuse indigestion.Une leçon sur la générosité plus divertissante que pontifiante.LUMINA Texte de Brigitte Weninger Illustrations de Julie Wintz-IJtty Éditions Nord-Sud, 1997,32 pages I.umina n’est pas une histoire de Noël à proprement parler.C’est plutôt, comme le dit le sous-titre, «un conte d'hiver pour les jours sans lumière».Tout dans la facture de ce livre nq> pelle cependant l’ambiance des contes classiques entourant la fête de la Nativité.D’abord dans le récit: une pauvre orpheline, dans un pays montagneux et froid, qui bat la campagne, sa lanterne à la main, pour quêter de quoi subsister; des paysans hostiles qui la chassent comme une voleuse; des nuits sans lune dans une forêt envahie par les loups et une fin heureuse, où la générosité des uns triomphe de la misère des autres.Ensuite dans le traitement: un texte sobre, teinté d’une douce tristesse, merveilleusement traduite par le bleu profond des splendides aquarelles représentant des paysages de nuit.Noël à nu, sans les grelots et les guirlandes.VITRINE JEUNESSE lire à trois mois ! TOUPIE JOUE À CACHE-CACHE Un ami pour Toupie Textes et illustrations de Dominique Jolin, Dominique et compagnie, coll.«Chatouille», 1997,16 pages À partir de un an, les bébés trouveront du plaisir à jouer à cache-cache avère Toupie, le sympathique petit rat créé par Dominique Jolin, et avec son inséparable Binou, son copain chaton dans Toupie joue à cache-cache.Dans Un ami pour Toupie, le petit rat s’ennuie (il nous tirerait des larmes tant il a l’air pitoyable) jusqu’à ce qu’il dé- premier écrivain «québécois» de portée INTERNATIONALE Traduit pour la première fois, un grand poème brésilien en hommage à Louis Riel.Postface éclairante de Jean Morisset, poème et étude sur les Métis de Louis Riel.Abondamment illustré.ol V i COLLECTION DE POCHE Gilles Vigneault couvre un ver de terre.Oh joie! Il est rose, il est froid, et Toupie décide de jouer avec lui, de l’habiller et de le mettre au lit.Tendre et drôle.Les livres de la collection «Chatouille» (Dominique et compagnie), qui compte maintenant six titres, sont en carton épais et lavable, d’une taille idéale pour être glissés dans un bas de Noël.LE NEZ DE MON PERE LES CHEVEUX DE MA MÈRE LES GENOUX DE MA SŒUR LES YEUX DE ROMOLO Textes et illustrations de Pierre Pratt Éditions Chouette, coll.«Pied de nez», 1997, huit pages Pour les tout-petits de trois mois ou plus, l’illustrateur Pierre Pratt a conçu quatre bébés-livres révolutionnaires pour le bain, fabriqués de mousse douce recouverte de vinyle lavable et mâchouillable (non toxique).Pour le moins originale, la collection «Pied de nez» (éditions Chouette) surprend par sa facture.Conçues pour ap- prendre à bébé les parties du corps, ies illustrations ne s’encombrent pas de détails ou de nuances, divorcent avec l’esthétique léchée ou veloutée qu’on a l’habitude de voir dans les livres destinés à cet âge.I/>in de nous le qualificatif de «mignon».Adieu la délicatesse et les teintes pastel! Mais bonjour la joie! Iœ Nez de mon père est peut-être le plus déroutant.Un nez à la Depardieu esquissé à grands traits noirs apparaît en gros plan sur fond rouge en guise de page couverture.Ix>s contours ne sont pas nets, le nez semble sale, mais les plus jeunes re- ¦ connaissent bien là un nez.N’est-ce pas ce qui importe?Et il donne envie de rire, plus proche de la caricature que du documentaire.Ix-s pages suivantes énumèrent quelques parties du corps toujours illustrées en hyper gros plans: l’œil, le front, les dents (ayoye ies dents!), etc., jusqu’à ce que le papa réapparaisse dans son intégrité à la dernière page, tenant bébé tout sourire dans ses bras.L’image est accompagnée d’un commentaire réjouissant: «Mon papa à moi!» , C’est toute une vision de la petite enfance qui se cache derrière les audacieux dessins de cet illustrateur deux fois récipiendaire du prix du Gouverneur général (1990 et 1994).Trois des livres de la collection portent sur l’humain (h's Cheveux de ma mère, lœs Genoux de ma sœur, Le Nez de mon père), un sur le chat Iœs Yeux de Romolo).Je ne sais pas si les bébés de trois mois ont le sens de l’humour, mais je sais qu’ils se montrent toujours plus ouverts que les grands aux nouveautés! ( '• isole Desroclics Vient de La nouvelle édition du Multidictionnaire de la langue française de Marie-Éva de Villers .250 000 oins de ^ • exefl'P'a'reS V endos'- Mari* .*va ni vhurs MULTI DICTIONNAIRE DE LA LANGUE FRANÇAISE gnmrnmga OlINOtUIM Dirnryiî*» COXItC*1*0'' t»»o qt/ItlC tOHi»*»!*"'' (IEC A « I * 1 1 Fruit de 15 années de travail, voici la troisième édition entièrement remaniée et enrichie d'un ouvrage de référence complet, caractérisé par une approche globale de l'usage plutôt que par la seule description des mots.Chercher un mot dans le Multidictionnaire de la langue française, c'est trouver la réponse à toutes ses questions linguistiques! Catalogue complet : www.livres-bq.com LES BONS LIVRES EN FORMAT DE POCHE I 1558 pages Prix : 49,95 $ I I '• 11 K v " 1 It , I.K S S A M K I) I I :t K T II I M A X ( Il K I I I) K ( K M I! I! K I !l !l 7 Poids, taille, vitesse, surface, altitude.LE LIVRE DE TOUTES LES C0MPARA60NS .l-.r-t-!-.'VW- j ’! Hwifà£3F mmsagmm i-'MM racQ ’****____________ Gallimard Jeunesse mac LE Km LM A R BENOIT DUTRIZAC Alfred DesRochers t; -, F I D E S ENCYCLO Voir, lire, offrir BIBLIOTHEQUE QUEBECOISE COLLECTION DE POCHE Pef fait le grand ménage des mots du monde et du monde des mots ouvons-nous etre a la fois sur terre, dans les nuages et dans la lune f —»“Qui fuit le plus à la goutte ou le robinet f rr Qu’est-ce qu’un ^jjjBP remorcœur i Connaissez-vous la nage amazonien f * l’heure utile 24,95$ EMOUVANTE -GABRIELLE GOURDEAU Le thème de l'inceste renégocié de fond en comble.Mais malgré sa dureté, un «drame heureux».Il est temps que le silence se taise ! Patrick Nicol fW ''ÂAfliM ed un Vomwe worl roman vio éditeur —«- Livres — LETTRES QUÉBÉCOISES Variations sur la réalité Catalogue complet : www.livres-bq.com LÈS BONS LIVRES EN FORMAT DE POCHE vre raco nté aux ants £ 59,95$ fi||F Ce CD-ROM ouvre aux enfants les portes du plus grand musée du monde.150 chefs-d'œuvre parmi les plus célèbres leur sont présentés : observer, détailler, jouer, lire, mesurer et comprendre, tout devient possible grâce à des outils spécialement conçus pour eux.Le Louvre raconté aux enfants propose aux enfants de 5 à 12 ans et aux adultes qui les entourent une approche à la fois éducative, artistique et ludique.Le Livre de toutes les comparaisons Poids, taille, vitesse, surface, altitude.Format : 27cm X 36cm 64 pages 29,95$ Quel est le plus lourd des êtres vivants sur Terre?Un homme peut-il mesurer plus de 2,50m.?Quel animal court le plus vite?Existe-t-il des immeubles mesurant plus de 400m.de haut?Les réponses à ces questions, et à beaucoup d'autres sur des choses étonnantes de notre univers, sont données en illustrations dans ce livre.Un album pour mieux comprendre les choses les plus extraordinaires.PAUL MARTIN EST UN HOMME MORT Patrick Nicol VLB, Montréal, 1997,127 pages Le titre complet du premier roman de Patrick Nicol: Paul Martin est un homme mort (et Réjean Tremblay raconte n’importe quoi) — la parenthèse ne figure pas sur la couverture — annonce une satire plus agressive qu’elle ne le sera.Nulle attaque directe contre les personnes, malgré les noms de certains personnages; c’est de la bêtise et de la vacuité de l’époque que le livre, assez finement, se moque.Le Paul Martin du roman est bien ministre, mais du ¦chiffre» — la nuance n’est pas négligeable —, si pénétré lui-même de l’économisme et du mercantilisme ambiants que son médecin traitant évaluera sa santé comme s’il s’agissait d’une valeur cotée en Bourse.Et si Réjean Tremblay — celui de Nicol, bien sûr, qui est policier-enquêteur et romancier en herbe — raconte n’importe quoi, en effet, c’est qu’il cherche à faire l’intéressant en mettant un peu de romanesque dans une affaire trop banale à son goût: les circonstances de la mort du ministre Martin, dont on a trouvé le cadavre dans un appartement inhabité.Mais ce qui intrigue son entourage — et nous amuse —, c’est que, depuis un an, le corps dudit ministre était devenu, après une forte évacuation d’humeurs diverses, silencieux: Martin vaquait toujours à ses occupations professionnelles, mais son corps avait cessé de fonctionner, ce qui fait dire à l’assistant de l’inspecteur Tremblay qu’à son décès, Paul Martin «n’était peut-être pas plus mort que d’habitude».A l’image de cette curieuse catalepsie organique, dans le délicieux monde de la grande politique, il ne se passe littéralement rien, et ceux qui s’y , adonnent, misérables tas d’organes, existent à peine.Ixair mort même est d’une banalité désespérante.Or, l’inspecteur Réjean Tremblay voudrait bien croire, lui, à un meurtre œdipien; hélas, Marcel, le fils du ministre, n’est qu’un masturbateur frénétique et un pornomane apparemment inoffensif; ab! si seulement Martin avait été pédophile, sa mort aurait pu être «lue» crime crapuleux.Rien à faire: Paul Martin n’était pas de cette théorie.Son premier ministre, Jean Noël, est navré d’avoir perdu son fidèle bras droit: mais il s’inquiète aussi de constater que son propre corps est également fort silencieux depuis ! quelque temps: est-il bien sûr que le sang y circule encore?Cet homme fa-• lot,1 «gauche, désagréable à regarder, grimaçant constamment même pour dire les choses les plus simples [.] s’est construit l’image du petit gars du coin, du beau-frère qui a réussi».Patrick Nicol se référerait-il ici à quelque personnage réel, bien connu de nous tous?Quoi qu’il en soit, son nom est apparemment moins évocateur que ceux de Tremblay et de Martin; mais c’est compter sans son fils qui, lui, se prénomme Minuit.Minuit Noël.Ou bien, peut-être, Minuit.?Le rêve d’un Canadien Minuit est un gentil garçon qui rêve d’écrire lui aussi.Mais à la différence de Tremblay qui est un ambitieux, il voudrait devenir un écrivain national et, en digne fils de son papa, se faire le chantre de ce pays dont on dit qu’il est le plus beau du monde.Il y travaille en recopiant dans son cahier — qui s’intitule Compréhension du Canadien francophone par les livres qu ’il écrit — certains passages des romans qui lui tombent sous la main.Or il ne trouve ni dans Les Jardins de l’enfer de Francine D’Amour, ni chez Jean-François Chassay (Obsèques), ni chez Christian Mistral (Vautour) les personnages «positifs» qu’il souhaite rait, pas plus d’ailleurs que chez Flaubert.Serait-ce la faute de l’époque dont l’imaginaire serait devenu délétère?Vers la fin du récit, le jeune Minuit décide de relire la littérature des années cinquante où, s’il faut en croire la mémoire populaire, l’optimisme était dans l’air; les romanciers du temps devaient donc avoir imaginé quelques héros plus réconfortants que ceux d’aujourd’hui.Surprise et perplexité de Minuit: il est tombé sur Alexandre Che-nevert, ce superbe velléitaire, ce beau névrosé qu’avait créé la grande romancière Gabrielle Roy.Voilà Minuit bien marri.Patrick Nicol raconte ces hommes sans qualités à sa manière, qui est assez singulière: cela tient à la fois, si l’on ose dire, du naturalisme et du nouveau roman.La narration est souvent à ras d’objets — ou d’organes — présentés souvent en gros plan.Dans cet univers aussi familier qu’inquiétant, la vie paraît faite d’incidents divers, hétéroclites, de phénomènes qui, comme des bulles, éclatent soudain à la surface du bête quotidien et qui n’ont pas de sens.Il n’y circule pas davantage que le sang dans les corps, devenus inorganiques, des hommes politiques.Paul Martin est un homme mort est un récit doux-amer, écrit sobrement et sur le mode du désenchantement, qui nous dit peut-être que, où le chiffre a tué la lettre, la littérature a raison d’être «négative».LE KARMA DE KAFKA KALMAR Benoit Dutrizac Libre Expression, Montréal 1997,251 pages Revoici le personnage que Benoit Dutrizac avait créé en 1989 (Kafka Kalmar, une crucifixion, paru chez Québec/Amérique), ce journaliste fort en gueule, dont les propos étaient et sont toujours aussi joyeusement agressifs qu’est sordide le monde glauque — le nôtre, vu en noir—où il vit.Benoit Dutrizac, le romancier, ne fait pas dans la dentelle.Le sordide et la violence sont les ingrédients de base du genre noir, et il n’entend pas s’en priver.Le Karma de Kalmar, lui, doit bien peu à l’hindouisme.Le mot — qui donne un titre massivement assonan-cé, tout à fait rock — évoque surtout un épisode passé, c’est-à-dire l’exploit du héros que racontait le roman pré- Robert C h a r t r a tt d ?Des narrations à ras d’objets — ou d’organes cèdent: Kalmar avait fait s’écrouler le petit empire du télévangéliste Walter Warhead (en fait, il s’appelait Bilodeau).Or, voici que, dans ce roman-ci, son fils, François, un grand enfant qui a des dispositions de psychopathe, a juré d’avoir la peau de Kalmar.Mais celui-ci — car K.K.est un héros — n’a pas froid aux yeux ni la langue dans sa poche — au fait, où est-elle?Il s’apprête à devenir papa — il prend au moins le temps de s’attendrir du bedon de sa copine —, et surtout, il va faire de la radio.Le journalisme culturel étant devenu monotone — on sait que l’auteur écrit notamment dans le magazine Voir—, Kafka, désolé de constater que «plus personne n’est offusqué par les insultes, les méchancetés, les menaces», pose sa plume acérée pour devenir chroniqueur-provocateur sur les ondes de la radio.Il aura du succès.Ixi narration, ici, carbure au culot, comme son héros, et ne s’embarrasse donc pas des points de vue; c’est parfois Kalmar lui-même qui raconte puis, subitement, c’est un narrateur dont l’identité n’est pas révélée.Le ton est parfois tonitruant, ou «baveux» à souhait.Ce qui importe avant tout, semble-t-il, c’est de pulvériser la monotonie où s’enlise l’époque.Pour ce faire, toutes les outrances sont permises: entre sarcasmes et gags, scatologie et préceptes moraux, Kalka Kalmar tire à vue sur tout ce qui ne bouge pas.Deuxième mission, également sacrée: il faut affirmer son irréductible liberté en renvoyant dos à dos, pêle-mêle, tous les «cons»: il y en a dans tous les partis, toutes les classes sociales, toutes les races.D’où le goût de Kalmar pour les préjugés, c’est-à-dire le droit de dénigrer les «nègres», ou les «tapettes», ou les «frogs» si le chapeau leur fait.A ne iras confondre avec les insultes, qu’il juge inacceptables.Il y a une belle énergie dans tous les romans de Dutrizac, et qui ne se dément pas ici.Dans le communiqué qui accompagne le livre, il définit le roman noir comme le lieu de «la drôle de corruption de l'âme urbaine».Il y a de la drôlerie dans son roman, et de la corruption.Et peut-être, si on cherche bien, quelques traces d’âme.Bien entendu, les lecteurs qui l’ont sensible, et les amateurs de récits en demi-teintes ou de personnages subtils, font mieux de s’abstenir.D’ailleurs, Kafka Kalmar n’a cure de leur avis, car «le rock et l’opinion sont incompatibles.Un peu comme l’intelligence et l’humour.surtout au Québec».Et vlan! Le Lou Jacqueline Lemay Auteur-compositeur-interprète bien connue, Jacqueline Lemay évoque son parcours peu banal et ses premiers pas dans le monde de la chanson et du show business.À travers son récit, elle nous amène à découvrir sa vie de femme et d'artiste dans le Québec des années 1960.LE TEMPS D'UNE CHANSON 6 256 pages ^ 24,95$ CD-ROM gauiAAard jeuHe/Je Le premier CD-ROM sur papier 1) K) I.K I) E V O I K .I.E S S A M E I) I I W K T I) I M A X (' UK II I) K ( K M II II K I !) il 7 wr Livres -WA LA CHRONIQUE La beauté qui me blesse le cœur.nombW-dU THtÀttt C a.SEPTENTRION jean Charest ~ - v * A s '1 * P DE , MON CELLIER/ Iw> /mnvu fjalrio/c La guerre des autres 1)1 Pt Kl i:n fille Julie Papineau une femme PATRIOTE Correspondance 1823-1862 Texte établi avec introduction et notes par Renée Blanchet 520 pages, 29,95$ Louise Simard et Jean-Pierre Wilhelmy LA GUERRE DES AUTRES et DE PÈRE EN FILLE Roman 404 et 432 pages, 22,95$ % SEPTENTRION 1300, avenue Maguire Sillcry (Québec) oit 123 Téléphone: (418) 688-3556 • TélécopiEUR: (418) 527-4978 CAVALE Jean-Claude Pirotte Éditions de la Table Ronde, Paris, 1997,170 pages Jean Charest de Henri Motte et Monique Guillot D’Artagnan de Odile Bordaz Guide-agenda Le journal de mon cellier Un guide-agenda à l’attention de tous ceux qui veulent se constituer une bonne cave à vinî - trTWnm.*ï ’ «jl Balzac Le Griot éditeur fnc.C.P.67, suce.Delorimier, Montréal, Québec,, Canada, H2H 2N6.Diffusion ADP Un nouveau Pirotte! 11 neige, il fait gris, la ville est «slo-cheuse» et grouillante, et tous ces pressés d’avant Noël, mais qu'importe, je lis Pirotte, dans un coin de café, qui ressemble sans doute à ce même coin de café, quelque part en France où l’écrivain scribouille, au moment précis où je trace ces lignes.Voyageurs immobiles, ces extravagants faiseurs de phrases, «exposés à l'abri», forcés de vivre «avec le vent, la poussière, la pluie, les paperasses, la mauvaise littérature, les amis disparus, les douleurs arides.».Pour expliquer sa manie d'aligner les mots, en tâchant d’apercevoir ses traces, ses espérances, son destin, Pirotte écrit: «Je cesse d’y penser, mais j'y pense encore.On ne se débarrasse pas ainsi de sa propre géologie.» Sédiments, quartz et cailloux, les dépôts en nous des années, des amours, des errances.Dépôts calcaires qui engourdissent les articulations, et parfois nous font boiter, sur nos chemins incertains.Autour de moi, comme autour de Pirotte, sont assis des humains espérants et inquiets, les autres: «Au bistro, il y a les gens qui se préparent à vivre, et ceux qui se préparent à mourir.Souvent ce sont les mêmes.» Gens confiants ou blessés, oubliés qui n’oublient pas.Et le fou des mots noircit la page, «la page au grain serré, et qui n 'est que la marge d’une marge», celle d’aujourd’hui, dimanche 7 décembre, «à peine marquée de crimes lointains, de répressions ordinaires et de massacres d’innocents».(Ce matin 150 écrasés, dans une banlieue de Sibérie.) «Ni plus ni moins que d’habitude», écrit tristement Pirotte.La vie se renouvelle en renouvelant ses misères et ses miracles, et l’écrivain, résigné, avoue ne posséder, pour affronter tout ça, «aucune peau de rechange.Je ne puis ce soir, je ne peux jamais que me coucher dans ma peau, dans ma sueur inquiète, et ma nuit sans adjectif.» En inaugurant un stylo neuf, Pirotte écrit: «Je serai n’importe où, frontalier déjà clandestin.Les livres obscurs et fraternels m’aident à traverser les grandes angoisses fébriles annonciatrices du jour.» Il boit un coup, regarde, ahuri, autour de lui, les autres, agités ou immobiles, et revient à son cahier: «Un journal?Un panier percé.» Les mots s’échappent du cahier, nous échappent, les mots fuient.«Comment demeurer dans la mémoire, sauver de l’oubli la visite d'un couple de pies, la chanson fragile du ciel, et l’agonie des pensées?Comment justifier le droit d’être en vie, d’avoir été vivant?Quel orgueil enragé m’infiige ce pensum?» Robert Lato n cl e ?Tracer une phrase, c’est tirer d’un coup toutes qu’il laisse derrière lui, pareille à «la gloire évanouie d’un météore».Pirotte psalmodie «la solitude étrangleuse et la misère éblouie».«Pour peu que je me souvienne, je pressens bien d'autres naissances, après d’étranges agonies.» L’écrivain est un vagabond-phœnix, une comète arrêtée dans sa course, au beau milieu du ciel («il est pas fringant le naturel, il est comme tout le monde perclus de rhumatismes»), un découragé, confiant malgré lui, et qui veut voir et écrire la lumière, en sachant que c’est impossible.«Ce que l’on sait n'est rien, ne vaut rien, mais il s'agit de toujours réapprendre l'ignorance.On est sans cesse tenté de nourrir ce que nous prenons pour des certitudes.Un des secrets consiste à contrecarrer les manœuvres en nous du démon qui nous subvertit en s'efforçant de nous inoculer le virus de la satisfaction de soi.» J’aime cet écrivain dérangé, dérangeant, dérangeur, et qui n’hésite pas à avouer d’entrée de jeu que «ce qui m'importe me fuit», que «vérité mal acquise cavale» et que, peut-être, il ne vous est pas accordé «de joie plus pure sur la terre que de dessiner une pomme, un cruçhon, une bouteille».Et qu’écrire se paye cher, parfois: «La lumière éblouissante de l’exil se mérite.» Et comme je suis d’accord avec lui quand il énonce: «Il n’y a que deux choses valables en art: la fulgurance de l'autorité, la fulgurance de l’hésitation.» Tracer une phrase, c’est tirer d’un coup toutes ses cartouches, sur une cible entr'aperçue, dans le flou pâle des branches, ou bien c’est écarquiller les yeux, attendre de voir mieux.Et c’est, comme l’écrit notre ami, «non pas travailler mais être travaillé».Et, quoi qu’il arrive, brouillon ou chef-d’œuvre, «ce qu'importe, c'est que la vie est irremplaçable, et que le bonheur naît ici et là».La littérature, c'est la vie qui insiste, c’est «l’expression sourcilleuse de l’incertitude, avec la foi du charbonnier».ses cartouches Le blues de l’invivable Il fait bon racler le fond en compagnie de Pirotte, avec lui chanter, d’une voix rauque et fatiguée, le blues de l’invivable.Cela me soulage, comme de marcher sous l’averse, ou bien torturer le papier avec des mots qui se cherchent.«La littérature ne tient qu’à un fil, et le fil est absent», écrit-il.«Sommes-nous au monde?.Je vois bien l’impossibilité de composer le roman désinvolte et sordide que l’on imagine vivre.» Soudain, il se lève, pour aller pisser, ou bien demander un autre ballon de rouge, et constate que «personne ne voit passer cet irrégulier sans gloire», l’écrivain incognito, plein à craquer de «naïvetés monumentales».Et puis il vient se rasseoir: «Puisqu'il faut raconter, racontons!» Et nous subissons le charme noir, lent et triste, des phrases qui coulent, courent, s’arrêtent, repartent, jamais ne se figent, car «tout ce qui nous inspire le sentiment de l’ordinaire tient du miracle et de la magie».Voir importe plus que tout, plus que survivre et plus qu’espérer être aimé, et nous filons derrière l’écrivain, curieusement apaisés par cette traînée de poussière infiniment respirable fabuleux NOMBRIL La découverte d'un grand personnage de théâtre, Madame Boily, le plaisir d'une rebondissante intrigue, une écriture audacieuse, un bonheur rare de lecture.Cavale, errance, vagabondage Cette cavale, dont parle Pirotte, cette errance douloureuse et lumineuse, ardente et paresseuse, suppose-t-elle qu’on fuit, qu’on cherche à échapper à son passé ou bien à soi-même?Peut-être.Mais elle signifie surtout, comme l’écrit Georges Perros, copain de vagabondage de Pirotte, que «l’homme est une province incomparablement plus lointaine que tout exil» et que «tout se passe comme si l’artiste cherchait à tâtons un objet dont il n’a même pas le signalement».Et même si cette cavale «édifie peut-être plus sûrement une geôle que la privation de liberté elle-même», celui ou celle qui écrit va son chemin sans s’arrêter, son chemin à elle, à lui, le chemin qui n’est qu'à lui, qu’à elle.Perros encore: «L’écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne.» Il neige toujours.La ville se pâme sous la rafale, et les lampadaires percent la nuit blanche de cent soleils vaporeux et très doux.Pirotte écrit: «Si ce qui sépare est aussi ce qui unit, alors peut-être faut-il conserver la foi.moi qui n'ai pas de mémoire, je n’oublie rien.» Et il ajoute: «C'est ma faiblesse.» Aussi bien pourrait-il écrire: «C’est ma force.» Car l’écrivain nous persuade fabuleusement qu’il y a moyen, en écrivant, en lisant, de se soustraire à 1 ’«exécution de sa peine».(Quand Pirotte, l’avocat, a commencé à écrire, il était condamné et recherché pour avoir favorisé la tentative d’évasion d’un détenu.) Il y a toujours un amour, dans les livres de Pirotte, une femme aimée et qui ne semble pas se douter que tous les aveux de l’auteur sont d’abord pour elle.(«Il y a si longtemps que je n ’écris qu 'à toi, pour ne pas être lu.») Une femme qu’il cherche et fuit à la fois («les excès de mon tempérament s'expriment par un excès de modération») et qui finit par lui inspirer ce déchirant murmure amoureux: «J’ai beau m’éloigner, rien ne me rapproche.» Fatigué, seul, mais clair comme le vin blanc de sa bouteille, au crépuscule d’un jour inutile et généreux, Pirotte écrit: «Il n’y a pas de temps, la durée s’efface comme une piste incertaine au bout des sables.Nous ne possédons pas ce que nous tremblons de perdre.» Nous ne possédons ni nos amours, ni l’hiver, ni les livres — surtout pas les mots! —, ni nos désirs, pas même nos effrois.Pirotte se lève encore, cette fois il va quitter le bistro, reprendre la route, ouvrir grand les yeux en marchant, «même s’il n’y a pas une seule chance de saisir le vol de l'oiseau, le chant du cygne, la matière du ciel».Il marchera, regardera, écrira (huis sa tête, en se répétant à tout moment, non pas découragé mais lucide, non pas triste mais sans illusion: «Certes je ne pourrai jamais exprimer la beauté qui me blesse le cœur malgré la honte et l’indifférence.» Je vais faire comme lui, allonger le pas sur le frottoir sale et triste, réchauffé par les phrases de Pirotte qui donnent du cœur à vivre, mais à vivre sans raisons, («Nous qui vivons dans les livres élus, nous finissons par nous persuader qu ’ils sont un peu notre ouvrage et l'écume de notre propre expérience.») Au coin de la rue, je m’arrête pour dévisager une jeune femme qui paraît perdue dans un songe très personnel, et qui ouvre deux grands yeux tendres et ahuris en m’entendant prononcer tranquillement: «Nous ne sommes que des fantômes, vaguement désolés, vaguement consolés.» Et je passe mon chemin, porteur de message équivoque et fanfaron.On m’attend.«Le désordre est un signe de vie.Il est permis de concevoir l’existence comme une litanie du désordre.» LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Couleur bleu fade Quand le récit hésite sur le choix d’un véritable protagoniste 1 LE BLUES DE SCHUBERT Cécile Dubé Hurtubise HMH, collection «L’Arbre» Montréal, 1997,152 pages BLANDINE CAMPION Avant d’entrer dans le premier roman de Cécile Dubé, Le Blues de Schubert, le lecteur découvre tout d’abord deux très belles citations qui servent de seuil au récit.La première, de Rainer Maria Rilke, nous rappelle que «La vie n’est que le rêve d’un rêve, mais c’est autre part qu’on est éveillé».La seconde, puisée dans l’œuvre poétique d’Aragon, nous prévient que «Tous ceux qui parlent des merveilles / Leuis fables cachent des sanglots».De fait, il est beaucoup question de rêves, d’histoires racontées et à raconter et de chagrins de toutes sortes dans ce récit dont la trame puise sa matière au cœur d’un quotidien on ne peut plus contemporain.II y a les histoires qui nous envoûtent dès les premières pages, qui nous prennent dans leurs filets et ne nous lâchent plus; celles dont les protagonistes continuent de nous parler, de nous habiter alors même que la dernière page est tournée depuis longtemps: ce sont les bonnes histoires.Il y a aussi celles qui sont agaçantes dès la dixième ligne, dont l’intrigue souffre de trop de ci ou de manque de ça, dont les personnages 11e parviennent jamais vraiment à nous convaincre de leurs déboires ou de leurs joies.De celles-là, il n’est pas difficile de dire quelles sont ratées, et pourquoi.Mais il y a les autres: ni franchement bonnes ni franchement mauvaises, elles se situent dans un entre-deux délicat où les placent leurs petites maladresses, leurs facilités, leurs légers ratages.C’est de cette catégorie d’histoires, de romans, dont il est le plus difficile de rendre compte.Et c’est à cette catégorie qu’appartient le roman de Cécile Dubé.Cécile Dubé Mil Schubert ICI (ill I(!l Hi! 1! m: sw Di, >11 «m >:i! tin 11)1 *iq j'«[ ¦iq fih Kl! :1« /i O.’ iH up «À« q s liD ¦:rii 11 id-) ; I) f l «III Un personnage attachant Certes, le personnage de Mathieu, petit garçon de six ans qui s’inquiète de la séparation de Catherine et Philippe, ses parents, ne peut être, de prime abord, qu’attachant Les histoires qu’il s’invente pour lui tout seul, le regard à la fois naïf et plein de lucidité qu’il pose sur le monde et les adultes qui l’entourent, les confidences qu’il fait à son chat Schubert (plus rares toutefois que ne le laisse entendre le quatrième de couverture, qui donne d’ailleurs une bien piètre idée du véritable contenu du roman), ne laissent pas indifférent.Cela ne suffit pas, cependant, à soutenir l’attention du lecteur durant 152 pages.Et cela est sans doute dû en grande partie au fait que le récit semble sans cesse hésiter sur le choix d’un véritable protagoniste, qui constituerait le noyau autour duquel se déploierait l’intrigue.Est-ce vraiment Mathieu, comme voudrait le faire croire le quatrième de couverture?Ou bien est-ce sa mère, Catherine, scénariste et traductrice (une profession de plus en plus en vogue dans le roman québécois, il faut croire), perdue entre ses rêves, son passé douloureux et un présent auquel elle ne parvient pas toujours à s’accrocher?Ou serait-ce finalement le trio formé par Catherine, son mari Philippe et Thomas, l’ami-amant dont l’existence est irrémédiablement liée à celle des autres personnages?Le lecteur finit par se perdre dans les changements de focalisation de la narration, ne sachant plus très bien qui ou quoi constitue vraiment le centre de gravité du roman.De même, les références à la guerre de Bosnie, que Philippe part «couvrir» en sa qualité de journaliste reporter, les réflexions sur l’écriture d’un scénario que fait Catherine ou bien la thérapie qui lui permet de remonter le fil de son passé, l’intertextualité récurrente avec des auteurs québécois (Suzanne Jacob et surtout Jacques Poulin, pour lequel l’auteure semble avoir une prédilection) ou européens (notamment le Kundera de L’Insoutenable Ugère-té de l’être) et les nombreuses références culturelles ne parviennent jamais vraiment à conférer au récit une profondeur, une densité qui lui font défaut dès les premières pages.Bref, ce roman qui se décline en bleu, prend une teinte quelque peu délavée au fil des pages, ne donnant naissance ni à une grande réussite ni à un véritable échec.Le quatrième de couverture annonce d'ailleurs que ce «premier roman est juste une histoire».Sur ce point, on ne saurait le contredire.Quant à affirmer que c’est «une vraie et belle histoire», il y a toute une marge.37 ; 1 ! i *1 \ U AVI ; i > 1 j > 1 î ¦ • 1 À i Q I I ( I f ‘ I ’ I.) h; i» ¦ j f‘4 * t * Liber Pâquerette Villeneuve Entretiens avec MARIE SAINT PIERRE De la mode considérée comme un des beaux-arts PAQUERETTE VILLENEUVE Hnlrrtirm avec M.u rie SAINT PIERRE CI IA Mut.» I ONMIUKH imtM» I S CIA h» Al XAm 1 mm .ï.1 10 pilous.|R dollars I Eu rente chez votre libraire TTîi i I- K I) h: V (MR.L K S S A M K IM I \\ K T I) I M A X l II K II I) K < K M It I! K I «Ml 7 Livres LE FEUILLETON La vie et fart ne sont pas des symboles Jean- Pierre Den is RENCONTRES ET VISITES Bohumil Hrabal Traduction du tchèque par Claudia Ancelot, Robert Laffont, Paris, 1997, 222 pages e croyez jamais tout à fait l’auteur qui vous dit qu’il se contente de recueillir ce que les gens ordinaires ont dit d’important, puis de mettre ça en littérature.Surtout s’il ajoute qu’il agit davantage comme «enregistreur qu'écrivain».A ce compte-là, les actes notariés, qui enregistrent des actes éminemment mémorables, seraient de grands documents de vie, voire de littérature, et le moindre pé- ?quenot sachant observer et prendre des notes, un écrivain de valeur.Or, la littérature ne se contente pas d’enregistrer, elle invente, réinvente, transforme, compose, dénature, modifie le regard même qu’on porte sur le monde.Bref, elle crée et révèle tout à la fois.Bien sûr, elle ne part pas de rien.Elle a pour elle la tradition littéraire (très présente chez Hrabal), et la réalité où elle puise ses motifs.Il n’est un secret pour personne que Bohumil Hrabal, à l’image de son oncle Pepi qu’il a immortalisé dans Les Souffrances du vieux Werther (éditions Maren Sell), a passé sa vie dans les tavernes et les cafés où, pour l’essentiel, il a puisé son inspiration et ses personnages.Que diplômé de droit, il a fait trente-six métiers: clerc de notaire, représentant de commerce, courtier en assurances, chef de gare, ouvrier sidérurgiste, machiniste de théâtre, récupérateurs de vieux papiers.En somme, qu’il a presque lait le tour de la réalité tchèque et de ses métiers.Mais Hrabal (né à Brno en 1914, mort en février dernier), fils spirituel de Kafka et de Jaroslav Kasek, est avant tout un immense écrivain et un conteur extraordinaire.Et ça, ce n’est pas donné à tout le monde.«La réalité a fait de sorte, disait-il, que je sois un homme atteint parles éclairs.» On n’attrape pas les éclairs dans des conversations de café.On les reçoit plutôt en pleine gueule parce qu’ils nous habitent déjà et qu’il nous est impossible de les éviter.Vaclav Havel, qui l’a découvert dans les années 50, dit de lui qu’il est un «homme ordinaire qui écrit et non pas un écrivain qui vit en homme ordinaire [.] [qu’il] ne vit pas pour écrire, mais écrit parce qu’il vit [.] que la perte de contact avec cette vie signifierait aussi la perte du besoin d’écrire.» Déjà, à cette époque, Havel concluait qu’il était un écrivain non littéraire, un non-professionnel.C’était lui rendre un grand hommage, et rappeler qu’un écrivain n’est pas un professionnel de la plume ou du stylo bic, qu’il est d’abord et avant tout un homme, une femme, qui vit et n’accepte pas la réali- té telle quelle est, qui cherche à préserver un essentiel et à ouvrir ses contemporains à cet essentiel; et que cet essentiel, c’est toujours la vie, l’impérative vie qui lutte, se bat, résiste, s’acharne, refuse de s’avouer vaincue et de se soumettre aux forces obscurantistes.Chez Hrabal, qui a souffert à la fois du communisme (il n’a rien écrit entre 1968 et 1976, et a dû faire son «autocritique» publique en 1975) et de la disparition d’une certaine Tchécoslovaquie, cela prend souvent les allures d’une polyphonie composée en l’honneur du passé, mais où seraient toujours reconduites les valeurs du présent.Car Hrabal n’est pas un être de la nostalgie.Il cherche simplement à faire le pont avec le passé, à remettre la mémoire en circulation, à irriguer la mémoire de ses contemporains du sang de ceux qui l’ont nourrie.Un recueil de nouvelles Ixj recueil de nouvelles, de récits auquel nous avons droit aujourd’hui avec Rencontres et visites n’est peut-être pas à l’égal de ses grandes œuvres, Moi qui ai servi le roi d’Angleterre (1981), Une trop bruyante solitude (1983), Ixi petite ville où le temps s’arrêta (1985) ou encore Les Millions d’Arlequin (1995), mais il sera précieux |xiur ceux et celles qui aiment cet auteur.On y trouve quelques textes de jeunesse inédits écrits dès 1945-46 sous l’influence surréaliste, et quelques autres qui vont jusqu’en 1964.Déjà, dans ces premiers écrits, on sent la puissance de l’auteur qu’il va devenir.Tout y est déjà.le style, la manière hrabalienne de faire résonner la culture populaire et de lui rendre sa richesse, sa profondeur, sa diversité; la présence de la mort sur fond de rire ou d’absurde, la cocasserie des descriptions («fan sort de chez lui.A peine a-t-il appuyé sur la poignée que s’ouvre la porte en verre.Par deux fois, la loi de la raréfaction et de la déviation des rayons vient à la rencontre de fan Hvezdar.La première fois à l’ouverture, la seconde à la fermeture de la surface vitrée.Ah, la belle matinée!»)-, la cruauté conjuguée à la tendresse, le goût de la provocation face aux forces oppressives ou aliénantes, et constamment le rappel de ce qui est menacé de disparaître ou a déjà disparu.Car Hrabal est hanté par cette question du changement qui pousse les sociétés modernes à oublier et à clouer le cercueil de ses morts pour ne plus les entendre.Pire, à faire taire ses vivants (et cela n’appartient pas qu’aux régimes communistes; on pourrait longuement débattre du poids de la parole «vivante» dans nos sociétés, c’est-à-dire, par exemple, du pouvoir des mots d’animer — au sens étymologique — la vie sociale et individuelle hors des catégories pseudo-rationnelles et scientifiques de l’économie et des lois du marché.notre nouvelle langue de bois).MinL|iv tir Vk4;iln< Gwt.kIi G I M A X ( IM' LO h ! Les b e h h i IVRES I I I) K I E M 1! I! K I }) H I) ESSAIS QUÉBÉCOIS E C O N O M I E L’éthique au quotidien Du pain et des jeux VOUS AVEZ DIT ÉTHIQUE?Essais sur la vie civile Robert Lévesque ; Leméac, collection «Présent» ; Montréal, 1997,255 pages I I Comme Dieu autrefois, la notion d’éthique est partout.Mais ce retour de la «morale» correspond-il â un réel mûrissement de la conscience individuelle ou vient-il simplement combler le vide laissé par la fin des idéologies?Dans IJ Compagnon du doute, John Saul décrit l’éthique comme un souci d’ordre quotidien.Il est en un sens plus facile de renverser la vieille dame qui vient vers nous en traversant la chaussée, au risque de la tuer, que de la contourner.Certains choisiront néanmoins la première option; d’autres la seconde, mais seulement parce qu’ils ont peur d’être punis.Toutefois, la très grande majorité des gens éviteront la vieille darne en question sans même y penser.Les deux premières catégories de personnes se fient au fond à la loi et à la justice comme mode de contrôle privilégié d’une nature humaine jugée désordonnée ou immorale.La troisième catégorie (qui représente, selon Saul, 90 ou 95 % de la population) voit au contraire l’éthique comme une affaire de responsabilité personnelle.Pour l’économiste Robert Lévesque aussi, l’éthique est une affaire quotidienne.Elle se mesure à de petites choses plutôt qu’à de grands discours.Bien qqecrit par un professeur honoraire à l’École des hautes études commerciales, Vous avez dit éthique?n’est pas un traité d’économie au sens strict.La théorie y occupe une place minime.L’auteur, qui a fait des études classiques et est en fin de carrière, intervient plutôt ici en analyste expérimenté et cultivé de la scène contemporaine.Sa réflexion n’a rien de synthétique ou de globalisant; elle s’inspi-rfe'avant tout des nombreux cas concrets de dilemme moral que la vie de tous les jours nous offre, parfois bien malgré nous.Vous avez dit éthique?est, si l’on veut, un essai sur les grandes et moins grandes hypocrisies qui nous habitent et nous entourent.Car l’hypocrisie est autant collective qu’individuelle.> Sans faire la nomenclature de toutes les hypocrisies évoqués par M.Lévesque dans un ouvrage qui peut être vu comme une suite élargie du Syndrome de Pinocchio, l’essai d’André Pratte qui a récemment soulevé l’indignation de la politique québécoi-se, retenons qu’il y est question de politique et d’impôt, de bioéthique et de charte des droits, de délateurs et de tricherie sportive, de corporations professionnelles et de fraude scientifique.Et même de la presse en général, accusée de fabriquer des «fac-toïdes», mot inventé par l’écrivain Norman Mailer pour désigner un fait qui n’existe que par la reprise qu’en font les médias.11 Ainsi en est-il de l’usage de certaines données statistiques qui, associées à des formules du genre «les études ont démontré que.», sont détournées de leur contexte et déformées au fur et à mesure qu’elles sont relayées.M.Lévesque donne l’exemple de la statistique voulant que 47 % des femmes soient violentées à un moment ou l'autre de leur vie.Or l’enquête dont était tirée à l’origine cette statistique concernait les femmes de San Francisco exclusivement et le pourcentage dont il était question était deux fois moindre.Plus on avance dans la lecture de Vous avez dit éthique?, plus on se rend compte que l’hypocrisie collective est un problème plus grave que l’hypocrisie individuelle, bien que la première n’excuse en rien la seconde.Tricher l’impôt est mal, mais que dire des paradis fiscaux auxquels ont droit les grandes entreprises et les riches?Pour M.Lévesque, l’utilitarisme (au sens de «bien commun» qu’il a chez Adam Smith par exemple) a largement cédé sa place, dans nos sociétés, à une éthique basée sur les droits individuels.Et il se demande si on n’est pas allé trop loin, par exemple en ce qui concerne la liberté d’expression.Stone et Grisham Ainsi, dans le débat qui a opposé le cinéaste Oliver Stone et l’écrivain John Grisham au sujet de l’influence d’un certain art sur le comportement — à la suite de l’aveu de deux jeunes criminels qui avaient été influencés par le film Natural Born Killers, Grisham a accusé Stone et son film d'être indirectement coupables de meurtre —, M.Lévesque récuse la position légaliste de Grisham (qui est d’ailleurs avocat de formation) et la «culture de griefs» qui est la nôtre, mais en même temps, il n’adhère pas au point de vue de Stone qui dit que l’art n’est que le reflet d’une société malade qui, elle seule, doit porter l’odieux de crimes crapuleux comme ceux commis par les deux adolescents en question.Sans aller jusqu’à encourager la censure ou prétendre qu’elle est bonne en soi, il adopte en définitive une position qu’il veut pragmatique et qui consiste à reconnaître à la société le droit de décider que le bien commun doit parfois l’emporter sur les droits individuels.Cela dit, M.Lévesque n’explique pas ce qu’est une «œuvre d’art incitant à la violence».Ce qui est légal n’est pas forcément équitable ou légitime.Avec la charte des droits sont venus l'ère de la victimisation et le culte de la réparation.Tout le monde en est à réclamer des excuses et des compensations pour toutes les erreurs de l’Histoire.Ix> slogan de Kennedy s’est retourné contre nous; aujourd’hui, c’est plutôt: ne vous demandez pas ce que vous pouvez faire pour la société, demandez-vous ce que la société peut faire pour vous.Le danger qui nous guette par conséquent est le cynisme qui vient avec le fait de découvrir l’im- R o b e r / S u I c / / / ?L’hypocrisie collective est un problème plus grave que l’hypocrisie individuelle Noël chez XYZ éditeur (e/tar bour cet/e un/tce C-enJu, 1M0-UDC Sfet., '/mie O, .'/(urrt*tm JANEE.HARRISON Adieu pour cette année La correspondance au Canada, 1640-1830 184 p., 49,95 $ Yvi*N 1U llsVt'It es C hiiuulns 1781, rue Saint-Hubert, Montréal (Québec) H2L 3Z1 Téléphone : 52S.21.70 • Télécopieur: S2S.75.37 Le cadeau idéal pour Noël YVES BOISVERT Les Chaouins (récit poétique) 116p„ 39,95$ éditeur moralité profonde du monde dans lequel nous vivons et surtout avec la faiblesse de réaliser que notre éthique personnelle ne s’écarte pas beaucoup de cette immoralité.Un rappel de Dürrenmatt En lisant cet essai, nous avons quelquefois pensé au roman La Panne, de Friedrich Dürrenmatt, dans lequel un homme d’affaires prospère doit s’arrêter dans un petit village pour faire réparer son auto.Hébergé par de vieux juristes à la retraite, il accepte de jouer le rôle de l’accusé dans un procès au départ fictif.Peu à peu, aidé en cela par le vin et la bonne chère dispensés par ses hôtes, il est pris au piège de raconter son passé et d’avouer qu’il a en quelque sorte planifier la mort de son patron auquel il a par la suite succédé.Il réalise enfin que s’il n’est point coupable aux yeux de la loi, il l’est néanmoins à ses yeux à lui, coupable d’avoir réglé sa vie sur les règles de compétition et de chacun pour soi qui sont en vigueur autour de lui.S’avouant à lui-même qu’il n’était rien d’autre que le jouet d’une société déboussolée et superficielle, obnubilée par la crainte incessante de tomber en panne — comme tous ces objets mécaniques ou électroniques qui font aujourd’hui notre quotidien —, il en arrive à la seule conclusion qui s’imposait sur le plan psychologique: le suicide.La mort plutôt que le cynisme.Vous avez dit éthique?est écrit dans un style léger et non dénué d’humour, qui évite l’enflure verbale ou rhétorique mais qui reste parfois aussi à la surface des phénomènes examinés.En vingt-quatre brefs chapitres qui ont souvent le ton de la communication ou de la conférence, M.Lévesque livre ici une sorte de panorama des paradoxes et contradictions de la vie postmoderne.L’auteur avoue d’ailleurs être plus généreux en questions qu’en réponses.Contrairement à ce qu’avance l’éditeur, il ne s’agit pas d’un manuel de survie éthique.11 n’est pas sûr, d’ailleurs, qu’une telle chose puisse exister.rosal@videotroti.ca LE PIÈGE DE L\ MONDIALISATION L’agression contre la démocratie et la prospérité Hans-Peter Martin et Harald Schumman Traduction de l’allemand par Olivier Mannoni, Solin Actes Sud Arles, 1997,325 pages FRANÇOIS NORMAND LE DEVOIR Il est dans la nature des choses, écrivait Montesquieu dans De l'esprit des lois, que les hommes disposant d’un grand pouvoir en abusent toujours.le grand juriste français faisait bien sûr allusion aux hommes politiques.Mais cette judicieuse maxime pour-rait bien seoir aux marchés financiers devenus tout-puissants et dont l’omnipotence est de plus en plus sévèrement décriée, entre autres par les deux auteurs du Piège de la mondialisation.Tous deux journalistes à l'hebdomadaire Spiegel — un prestigieux magazine d’enquête allemand —, Hans-Peter Martin et Harald Schumman ont le grand mérite d’être allés sur le terrain et d’avoir parcouru le monde pour rencontrer de grands Financiers, des hommes politiques, des patrons, des dirigeants de syndicats, des chômeurs ainsi que des exclus de la société.Le livre commence d’ailleurs par la description d'une rencontre tenue en septembre 1995 dans un chic hôtel de San Francisco, où s’étaient donné rendez-vous «les anciens et les nouveaux maîtres de la planète».Seulement trois journalistes ont pu participer à toutes les rencontres qui ont duré quatre jours.Hans-Peter Martin était de ce nombre.Sur les lieux, on retrouvait des gourous de la finance, des affaires, de l’informatique et des télécommunications, des intellectuels ainsi que d’anciens dirigeants comme George Bush ou Margaret Thatcher.Que nous réserve donc l’avenir?Les maîtres du monde, écrit Hans-Pe-ter Martin, le résument en une frac- Un CURE vraiment pas comme les autres! « Où il est le p'tit Jésus, tabamac ?touchera les lecteurs qui pourront y reconnaître un pan de leur rie, un coin de chez eux, ou ce tiraillement semblable à celui de Félix, entre les prescriptions célestes et ce qui se passe sur le plancher des vaches.Un curé amoureux?On peut frémir à la pensée que les deux termes seront éternellement inconciliables.» Julie Sergenl, Le Devoir, 25 octobre 7997 L^amère-arnère-petite-filledu célèbre et 1 énigmatique sorcier d'Anticosti raconte l'histoire.de l'homme qui se cache derrière cette légende fabuleuse.Une histoire d'amour, de déchirements, de luttes et de témérité, un roman d'aventures qui se déroule dans les mystérieux et envoûtants paysages du bas-Saint-Laurent et de l'île d'Anticosti.L'HOMME D'ANTICOSTI 278 pages ~~ 17.95S FIDE 5 Prix La Plume d'argent 1997 Marie-Marthe Fortin-D'Argenson tion et un concept: «Deux dixièmes» et «tittytainment».Concrètement, cela signifie qu’au XXt siècle, deux dixièmes de la population active suffiraient à maintenir l’activité de l’économie mondiale.Qu’arriverait-il aux 80% restants qui se retrouveraient sans emploi?À vrai dire, on n’a pas vraiment de projet pour eux.L’important, c’est d’éviter que ces masses se révoltent.lu solution?Elle est inspirée des Romains.Soit un cocktail de divertissements abrutissants et d’alimentation suffisante, cpii permettrait de maintenir de bonne humeur la population frustrée de la planète.Bref, du pain et des jeux! Exagéré, direz-vous.Sûrement.Mais le fait que ceux qui détiennent les grands leviers du pouvoir économique de la planète envisagent un tel scénario ne devrait-il pas commencer à nous inquiéter sérieusement?De l’omnipotence des marchés financiers Bien que l’ouvrage aborde moult sujets aussi intéressants les uns que les autres, le chapitre consacré à l’évolution du pouvoir des marchés financiers depuis 1973 est, selon nous, de loin le plus pertinent, notamment pour comprendre ce qui se passe en Asie à l’heure actuelle.L’ancien système monétaire établi à la fin de la Deuxième Guerre mondiale assurait des taux de change fixes entre les monnaies des grands sys- tèmes internationaux.Mais les choses ont changé lorsque le traité Bretton Woods a été aboli en 1973.Aujourd'hui, la spéculation financière permet de décider du sort de nations tout entières, et ce, à peu près à l’abri de tous les contrôles étatiques, déplorent les deux journalistes.Mais les grands responsables de cette situation, ce sont justement les gouvernements des grands pays industriels eux-mêmes.«Au nom du dogme économique du marché libre et sans frontières, ils ont abattu systématiquement depuis les années 70 toutes les barrières qui permettaient jusqu ’ici de réguler le trafic international des fonds et des capitaux, et donc de le rendre maîtrisable.Apprentis sorciers désemparés, ils se plaignent à présent de ne plus contrôler les spectres qu ’eux-mêmes et leurs prédécesseurs ont invoqués.» Bien qu’il comporte souvent des lieux communs et des affirmations pour le moins exagérées, lœ Piège de la mondialisation nous apparaît néanmoins incontournable.D’une part, parce que les deux journalistes sont allés sur le terrain et font «parler» plusieurs «acteurs globaux» qui ont un certain pouvoir sur le cours de nos ries.D’autre part, parce que l’analyse des phénomènes économiques et historiques est appuyée par une bibliographie riche et diversifiée, particulièrement d'articles de journaux (américains, allemands, britanniques, etc.) et de manuscrits de conférences.¦¦¦1 ¦¦¦ Pierre DesKuisseaiix HYMNES À LA GRANDE TERRE Rythmes, chants ci poènu> do Inditlb ti Ajncuju; du Nerd-Mu U (.aw ' \ »»t il |rem e de ' es traditionnels amérindiens publiée au Québec, Hymnes à la Grande Terre vise avant tout à susciter la curiosité et l’intérêt pour une littérature et un imaginaire d’une immense richesse et d'une profondeur " .Proposant plus de 120 textes paraissant souvent pour la première fois en français, celte i ie présente un éventail étendu de la culture orale amérindienne traditionnelle du Nord-Est de l’Amérique.Pierre DesRuisseaux Hymnes à la Grande Terre Hytiimen.chants et poèmes ues Indiens d'Amerrr e ri !Aohd-I!st 265 p., 15 S P: CLAUDE BEAUSOLEIL Les Romantiques québécois (I uni MAI MH III.IIS ItimWTItylD mtJ.Ï ri«* O'BLOOH IfStttKB.S NDUSf» m in O) CD d.o CD Ce panorama présente des poèmes d’une cinquantaine d’auteurs, parus entre 1832 et 1934.Ils parlent de notre histoire, de nos paysages et de nos émotions.ALBERT LOZEAU Intimité et autres poèmes choix et présentation de Pierre Nepveu m Dim: tî ttmsi'ODIM CB LD CT) CM CO O) Peu de poètes auront dit avec une telle simplicité cette alternance de la lecture et de la vie, ce dialogue tranquille entre les livres et le monde.LES HERBES ROUGES / COLL.«FIVE O’CLOCK ^ ^ 5 63114^21^122 I) 14 I.K I) K V (M li .I.K S S A M K DI IA K T I) I M A N ( Il E II DK (' K M B II K I II D 7 ESSAIS POLITIQUES Livrés Ai Métissage, laboratoire, creuset Les angoisses du Québec ne lui sont pas spécifiques VITRINE DE POCHE Plein les poches LA NATION DANS TOUS SES ÉTATS Sous la direction de Gérard Bouchard et Yvan Lamonde, L’Harmattan, Paris/Montréal, 1997,352 pages LITTÉRATURE ET DIALOGUE INTERCULTUREL Sous la direction de Françoise Fétu de Labsade, Les Presses de l’Université Laval, Sainte-Foy, 1997,250 pages GILLES LESAGE LE DEVOIR Quand je me regarde, je me désole, a dit un politicien un jour, ajoutant toutefois: mais quand je me compare, je me console.Cette image triviale vient à l'esprit à la lecture du premier collectif, sous-titré: Le Québec en comparaison.«Les angoisses traditionnelles du Québec ne lui sont pas spécifiques, écrit Gérard Bouchard, loin de là.Après cinq siècles, l'Amérique latine s’interro-ge encore sur son identité, son appartenance continentale; assez étrangement, ces vieilles américanités paraissent encore aujourd'hui inachevées, hésitantes.Est-ce là un trait des cultures fondatrices que de renaître difficilement, même lorsqu'elles ont réussi leur décrochage métropolitain ?» A cette question comme à bien d’autres, ni le directeur fondateur de l’Institut interuniversitaire de recherches sur les populations (IREP) ni la quinzaine d’autres collaborateurs de ce recueil, issu d’un colloque tenu l’an dernier, ne peuvent apporter de réponses précises ou péremptoires.La «nation dans tous ses états», c'est la nôtre, c’est aussi le lot des autres «nations témoins».Pluralité, polyvalence de la nation, dont l’étude comparative est «toujours tiraillée entre l’ethnocentrisme et l’académisme».Pour l’instant, de façon très provisoire, une grande interrogation émerge de la comparaison entre le Québec et l’Amérique latine: comment expliquer que, de toutes les col- lectivités considérées dans ce collectif, le Québec soit la seule à ne pas avoir accédé à l’indépendance politique?«La réponse à cette question invite à réexaminer avec un regard neuf les grands événements dépresseurs létant entendu que, pour d’autres, ils ont pu être des actes fondateurs] que furent la Défaite de 1760 et l'échec de la Rébellion de 1837-1838 — ajoutons->v le long épisode continuiste qui a suivi», écrit M.Bouchard.«Certains facteurs attirent tout de suite l’attention: ainsi, les pays latino-américains ont réalisé leur indépendance en tirant parti de métropoles affaiblies, sinon décadentes.En regard, le Québec est devenu après 1760 partie d’un empire en pleine croissance.» En attendant un examen plus approfondi, le parcours comparatif four-•nit «des perspectives plus larges à la lecture du passé québécois, en relativisant d'apparentes singularités, en élargissant le registre des possibles et des interprétations.Toute cette démarche est finalement fondée sur le pari un peu paradoxal, voulant qu'on puisse découvrir dans le miroir des autres collectivités une image plus fidèle de soi».La loyauté à TAjigleterre Dans Le Lion, le Coq et la Fleur de lys: l’Angleterre et la France dans la culture politique du Québec, le professeur Lamonde (langue et littérature françaises, Université McGill) rappelle une triple tradition de loyauté à l’Angleterre, de 1760 à 1920: cléricale, politique libérale et politique conservatrice.«Il convient donc, dans l’analyse de l'identité québécoise, de tenir compte de cette histoire du rapport à l'Angleterre, rapport durable qui, joint à l'histoire des liens du Québec avec la France, permet d’évaluer le coefficient de rupture et d’adhésion de ce Québec américain à l'Europe et à ses anciennes métropoles.«Qui dira finalement laquelle des deux “mères-patries" il faut “tuer”?Ou s’il faut “tuer" les mères?» Les mythes fondateurs, écrit le professeur André-J.Bélanger (science politique.Université de Montréal), servent à établir la légitimité sociale e c t u r e Venez rencontrer Joël Vernet le dimanche 14 décembre à 14h Joël Vernet La vie nue FrxHnft./ it Je J» Gvllr» maure cou.sc r ion iNtn 4 vtex Joël Vernet Le silence n’est jamais un désert couit thw lhisc 4 tux A la librairie HERMES 1120 Laurier ouest, Montréal Pour information : Librairie Hermès, tel.: 274-3669 de 13 h à 16 h les 13 et 14 décembre ou politique des institutions.Ils créent un imaginaire qui, par son pouvoir d’évocation, dépasse les bornes du strict rapport rationnel ou utilitaire entre les acteurs.Le politique, pour se maintenir, y a systématiquement recours, quel que soit d’ailleurs le régime mis en place.11 n’est donc pas étonnant de retrouver les mythes fondateurs dans toutes les sociétés, depuis les tribus jusqu’au^ formes les plus sophistiquées de l’Etat contemporain.Création assez récente dans l’histoire, la nation n’y échappe pas.M.Bélanger conclut ainsi son chapitre sur l’identité nationale: produit antagonique du libéralisme.«Latino-Américains et Québécois ont en commun d’avoir évolué à l’intérieur d’un triangle de référence qui les mettait en situation de se positionner par rapport à eux-mêmes, par rapport aux Etats-Unis et par rapport à la France.Jeu de fascination et de circonspection où s’est .révélée souvent la ruine des emprunts.» La nation comme imaginaire et comme réalité, conclut pour sa part M.Bouchard, ne peut être étudiée utilement qu’en rapport étroit avec les grands courants sociaux, économiques et politiques qui ont traversé l’Occident depuis le XVIII' siècle et en référence avec l’évolution des collectivités où elle est apparue.11 est impossible de faire son histoire en l’abstrayant de la praxis plurielle qui lui a donné forme.«Faut-il préparer la société post-nationale ou tenter de réparer la nation, de l’aiguiller sur d’autres rails?Comment concilier le principe individualiste de la société de droit avec les idéaux de solidarité, de mobilisation et de développement collectif?Comment reconstruire l’identité sans l'ethnicité, l'appartenance sans l'intolérance, la nation sans la fiction, la solidarité sans l’homogénéité?» Graves questions aptes à alimenter pendant des années l’Institut de recherche sur les questions nationales dont M.Bouchard, professeur-chercheur a l’Université du Québec à Chicoutimi, souhaite vivement la création à Montréal, pour ratisser des chantiers «à peine ouverts.Culture et métissage Un autre collectif de la collection «Culture française d’Amérique», aussi issu d’un colloque, prolonge en quelque sorte la réflexion amorcée avec le précédent.«Les cultures sont toujours le résultat d’un métissage conscient ou non, écrit d’entrée de jeu la directrice, Françoise Têtu de Labsade.Le Québec paraît une sorte de laboratoire, un creuset où se concocte le bouillon d'une culture qui nourrira /t» Québécois de demain.«L’originalité du Quebec réside dans le fait qu’on persiste à y “ M Sert!'» Man" •mge 1:4 "'mil Rose Madder acf/ues Ville nu uni (iia„ Stephen King meuve mines 11 "-'a Me '"cam, Le Kancli-! lamelle Steel 'aria K, iùl.Iliiuiii ivk‘:,,,ï ; \lm'ri
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