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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 1980-11-22, Collections de BAnQ.

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Itllïï wm TTT isn*i r * i- èt^.fOK :&isafi mm Questions au monde du livre Le Salon du livre de Montréal, qui se tient cette année du 25 au 30 novembre à Place Bonaventure, est certes un événement de promotion utile à l’industrie du livre.C’est aussi l’occasion pour LE DEVOIR de présenter à ses lecteurs son supplément littéraire annuel.Ces pages veulent contribuer à l’amélioration de la situation du livre au Québec.Cette année, quelques événements ont perturbé l’industrie québécoise du livre.Pensons surtout au retrait de Hachette, partenaire français des librairies Dussault-Garneau.La tactique de repli du géant français (qui ne sera d’ailleurs pas au Salon du livre) pourrait avoir coûté beaucoup d’argent aux fournisseurs de ces librairies, y compris les petits éditeurs et distributeurs québécois.Ainsi, une maison de diffusion comme Les Messageries littéraires a eu de la difficulté à redémarrer et les éditeurs qu’elle diffuse n’ont à peu près rien produit cette saison.La situation du livre québécois se complique aussi quand des éditeurs saturent leur marché ou augmentent démesurément leur production: pensons au silence de VLB Éditeur, qui vient de reprendre ses activités grâce à une importante subvention.Le problème fondamental de l’industrie du livre au Québec, tout le monde le sait, c’est l’exiguïté de son marché.Une fois reconnu le problème, il faut le régler à différents niveaux: agrandir le marché intérieur, augmenter l’exportation.Il faut, pour cela, une bonne politique de la lecture, un plan de développement des bibliothèques, un bon réseau de points de vente, une infrastructure efficace pour l’industrie, des associations professionnelles dynamiques et investies sans mesquineries par les représentants du monde du livre.Tout cela réunirait les meilleures conditions de réussite qu’il faudrait encore des programmes d’aide aux écrivains, aux éditeurs et à la lecture.Le gouvernement du Québec et le Conseil des arts d’Ottawa font leur part dans des programmes qui restent à améliorer.Ce supplément littéraire spécial, publié à l’occasion du Salon du livre de Montréal, n’entend pas discuter la situation en détail ni proposer des solutions précises.Cependant, pour dédramatiser les problèmes du monde du livre en môme temps que pour en Informer les lecteurs, nous avons convoqué autour d’une table les représentants de différents milieux.Au cours d une conversation qui veut retracer le portrait du monde du livre, nos invités ont souligné quelques-unes de leurs préoccupations professionnelles.Nous reproduisons à peu près intégralement leurs propos.Denis Monière, le nouveau président de l’Union des écrivains québécois, parle surtout de la nécessité d’améliorer le statut économique et social de l’écrivain.René Bonenfant, qui représente l’Association des éditeurs, insiste sur le réalisme avec lequel il faut considérer les problèmes du livre, une industrie culturelle moins subventionnée que les autres.Pierre Turgeon, qui représente les six maisons d’édition du groupe Sogides, rappelle que le monde du livre a aussi ses réussites et ses succès, comme les éditions de l’Homme qui sont en train de gagner le marché français et d’y percer une brèche pour les autres livres québécois.Pierre Renaud, libraire important de Montréal, se pose la question de la concurrence du livre étranger sur notre marché.Enfin, Lisette Girouard, des éditions Remue-Ménage, affirme que le marché du livre est actuellement affamé de produits féministes.Suite à cette table ronde du monde du livre, notre collègue Clément Trudel a convoqué face à face les présidents de l’Union des écrivains et de l’Association des éditeurs, qui tournent en rond depuis au moins deux ans autour de la signature d’un contrat type.Les voici de nouveau à une table de négociation.Clément Trudel est aussi allé à Québec s'informer des différents programmes d’Aide au livre mis sur pied par le ministère des Affaires culturelles.Enfin, une entrevue avec le père du dictionnaire Bélisle et quelques critiques de livres complètent ce supplément qui veut souligner l’importance du Salon du livre de Montréal.Jean ROYER Louis-Alexandre Bélisle De la mécanique au dictionnaire, cette machine-outil René Saint-Pierre notre nord-américain, chacun pourra se familiariser avec trois points de repère: un «X» entouré d'un cercle indique un mot emprunté à l'anglais, un barbarisme qui devrait être évité — c’est le cas de «moppe» (vadrouille); de «peanut» (arachide); de «mite» (gant de baseball) ou de «full-dress» (habit de cérémonie); la fleur de lys indique les canadianismes familiers ou folkloriques, tel «détacher» (pour aémarrer) «escousse», «mitaines»'«grâler» «masonni-te» etc; un troisième signe, formé d'un «C» encerclé souligne les particularismes considérés par l’Office de la langue française comme acceptés dans le français international: comme «aboiteau» ou «maski-nongé» ou «plaquebière», plante que les Inaiens nomment chicouté ou chicotée.Si l’on cherche noise, on peut Dans son atelier, rue Sault-au-Matelot à Québec, en 1938.toujours signaler des imprécisions: «svastika» renvoie à la mystique de l’Inde mais oublie l'usage qu'en firent le nazisme et Hitler.L’été dernier, au Festival du Québec à La Rochelle, Louis-Alexandre Bélisle a effectué un voyage au pays de ses ancêtres, au nombre des-uels se trouvent Emmanuel e Borgne, Seigneur de Coudray, armateur; il mit aussi la main sur des documents touchant les de Salnt-Castin, ancêtres maternels qui prirent parfois femme parmi les Indiennes À Pau, une brève rencontre avec le député-maire André Labar-rère, ancien professeur à l’Université Laval, auteur d’un ouvrage sur Les enseignants laïques au 19iéme siècle, lui permit d’évoquer des points d'intérêt communs.À 78 ans, bien qu’ayant officiellement cessé depuis six ans de gérer ses affaires, ce traducteur - éditeur - imprimeur - auteur ne chôme pas; il dit prendre plaisir au jardinage, revoit d’anciens collègues de la Chambre de • commerce ou des associations d'imprimeurs, se passionne pour les activités de ses enfants et petits-enfants (sa fille Hélène nabi te Caen et il a pour l’instant le bonheur d« revoir fréquemment Élisabeth Pattey, sa petite-fille qui étudl l’agro-biologie à l’université Laval).Lui qui a obtenu de Queen's un diplôme en sciences bancaires et commerciales, et qui détient un «petit diplôme» d'Êcole normale, se passionne toujours pour les oeuvres classiques: Homère.Aristote, Shakespeare, Cer-vantès etc.Louis-Alexandre Bélisle m'a rappelé le souci de précision qui l'inspira toujours dans le choix de ses guides sur la charpenterie-menuiserie (en collaboration avec l’architecte Ludger Robitaille); sur la réfrigération; sur l’eclairage; sur la maçonnerie et sur la mécanique.De l’accueil fait à un premier ouvrage d’une «série» pouvait dépendre la poursuite du projet.L.-A.Bélisle en faisait part carrément à ses «clients».Grâce aux services de vente de Grolier, un minimum de 80,000 séries complètes de guides pratiques furent écoulés.Chaque soir, fidèlement, le patron-professeur-vulgarisateur retournait à son «ouvrage de loisir», son dictionnaire dont il existe une édition condensée: Le petit Bélisle agréé par le ministère québécois de rÊducation.S’il est un auteur de best-sellers au Québec, c’est bien Suit* à la paya XVI UNE rue de Sillery porte déjà son nom.Dans son salon, la place d’honneur va à la médaille Richelieu que lui remettait en 1958 l’Académie française pour son Dictionnaire général et à la médaille d’or du Conseil de la vie française en Amérique, reçue en 1971.Cet homme est un «maniaque des outils»; comme éditeur, il leur a d’ailleurs consacré plusieurs séries de volumes.Il se dit avare de ses efforts physiques et pourtant, il ne cesse cfe quitter son fauteuil pour grimper à l’étage, là ou sont classés ses trésors et souvenirs qu’il me livre par bribes, parcimonieusement, comme pour m’inviter à prolonger ma visite qui se terminera d'ailleurs fort bien: cailles à la sauce cognac! Louis-Alexandre Bélisle a une mémoire topographique et rares sont les noms qu’il me cite sans me rappeler le lieu de naissance de tel ami.de telle collaboratrice: Trois-Pistoles, Rivière-Ouelle, Cacouna, Saint-Pascal, Saint-Eloi (village du Témiscouata où il est ne en 1902) me paraissent comme une longue suite de radicelles ayant contribué à en-soucher ce Québécois orgueilleux de ses ancêtres acadiens.Le peu d’argent que tirait Louis-Alexandre Bélisle de ses livres — adaptations de manuels américains ou manuels commandés par l’Ecole de Commerce, devenue Faculté des sciences administratives de Laval — Louis Alexandre Bélisle le réinvestissait dans l’équipement de son imprimerie Rue Sault-au-Matelot, à Québec, où logeaient La Semaine Commerciale et Les Affaires dont il fut propriétaire, cette imprimerie compta jusqu'à 55 employés.Polyvalent, cet homme le fut dans son acception la plus stricte: comptable d’une compagnie de pâte à papier, puis d’une banque, il entre (1926) au quotidien Le Soleil grâce au signal que lui fait son beau-frère, Jean-Charles Harvey.Correcteur d'épreuves, puis rédacteur des pages financières, il visite régulièrement les 22 maisons de courtage qui logeaient alors rue Saint-Pierre, a Québec.En 1929, il se prend de pitié pour ses compatriotes qui en savent si peu sur les arcanes de la Bourse.Ce sera le thème de son premier livre, ublié à compte d'auteur: nitiation pratique d la Bourse.Il se fit par la force des choses, spécialiste du K par Clément Trudel «français des affaires» et, le matériel pédagogique manquant dans cette veine, il en favorisera l’éclosion.En 1930, JeanCharles Harvey lui demande une recension du Glossaire du parler français au Canada.Emballé par cet ouvrage, il souhaite que le plus possible de gens se le procurent.C’est l’occasion pour lui de retrouver les expressions que, tout jeune, il entendait au moulin de son père, à Saint-Eloi, où convergeaient les voisins, la plupart analphabètes «qui savaient magistralement parler».Germe alors l’idée de produire une sorte de Larousse où il insérerait des expressions en usage ici.Harvey le décourage presque: les lexicographes sont rares, leurs services s'achètent à un coût prohibitif et il faudrait au bas mot «trois quarts de million de dollars» (dans les années trente) pour mener l’entreprise a bonne fin! Son Dictionnaire général de la langue française au Canada L.-A.Bélisle y investira $72,000 de sa poche et quelque 45,000 heures de préparation, de composition et de rédaction — il ne compte pas là-dedans les salaires de son équipe.Aucune subvention.Et quand les grandes chaînes d’alimentation feront de ce dictionnaire une denrée, servie en fascicules ou autrement il se produisit un phénomène: «je reçus d'un seul coup un chèque de $12,000 de droits d’auteur, jamais ie n’avais jamais eu autant d’argent à la fois mais immédiatement après survint la colère d’avoir à verser intégralement ce montant à l’impôt».1980 marque la parution, chez Beaucnemin, au Dictionnaire nord-américain de la langue française: c’est la quatrième edition d’un dictionnaire qui à ce jour s’est vendu à plus de 300,000 exemplaires.L’édition préfacée par son ami et collègue de la Société Royale du Canada, Maurice Lebel, doyen honoraire de la Faculté des lettres de l’Université Laval, comprend 60,000 articles, y inclus 8,000 canadianismes et acceptions canadiennes, et 3,000 mots que ne contenaient pas les éditions précédentes Un dictionnaire de langue vivante, «ni complet ni exhaustif», rappelle le préfacier car la composition d’un dictionnaire, a l’instar de la culture de l’esprit, ne connaît pas de fin.Comment s’est réalisé ce travail discret et de longue haleine?Peu ébranlé par les obstacles que lui signale le dédac-teur en chef du Soleil, M.Bélisle se procure une édition du Littré en quatre volumes grand format.Déconfiture momentanée.Il serait trop long de tout récrire.Le jeune journaliste n’a pas un siècle devant lui! Le hasard veut qu’un jour, on lui signale l’existence d’un petit Littré, mais cette Dame Casgrain, qui le tient de son défunt père, n’entend pas s’en départir.Le catalogue Vrin auquel il est abonne lui fournit enfin l’occasion rêvée, et pour 400 Francs il prend possession d’une édition du Littré-Beaujean parue chez Hachette en 1882 (sixième édition); il en fera la base de ses travaux de lexicographe, ajoutant, retranchant, adaptant, envahissant pour ce faire la table de la salle à manger où, chaque soir de semaine, il se livre à son loisir: «ce genre de travail me libérait pas mal de mes tracas de la journée et j’y passais régulièrement deux heures ou plus par soir, après une marche de deux milles pour bien m’oxygéner l'esprit».Le dimanche, il fallait parfois faire évacuer les papiers de la salle à manger, pour recevoir amis et parents, pourvu que tout soit replacé en ordre car le lexicographe ne faisait jamais relâche II considère que l’instrusion de la télévision dans son logis aurait été un désastre, pour lui et pour son dictionnaire.Un samedi soir de 1957, vers 23 h, quelques mois avant l’échéance qu’il s’était fixé, l’auteur termine son manuscrit.Il s’empresse d'en faire part à Gabrièlle (Deschênes) son épouse qui ne trouve rien de mieux que de quérir une bouteille de Champagne.En 1956 et 1957, des amis avaient souscrit à la «bonne oeuvre», certains émettant tout haut des doutes sur le moment prévu pour la sortie du Dictionnaire.Louis-Alexandre Bélisle était un passionné.Son grand dessein, poli et repoli, ne forme toutefois qu’un dizième de sa production; il a fourni des séries de livres pratiques à la société Grolier et même commencé à adapter l’idée des «Great Books of the Western World» (de Mortimer J.Adler), mais les abonnés ne furent pas assez nombreux pour lui permettre d'aller au-delà de 12 bouquins, là où l'Américain avait atteint le chiffre de 54 chefs-d oeuvres de tous les temps En feuilletant le Diction- LE DEVOIR le salon du livre de montréal Montréal, samedi 22 novembre 1980 ) Lettres à sa fdtnille LA SEULE EDITION CONFORME AU MANUSCRIT Établie d'après le manuscrit original, cette édition permet enfin une lecture intégrale du célèbre récit de Louis Hémon.Après soixante-six ans d'exploitation intempestive de son oeuvre, le "survenant' de Péribonka.dont on célèbre cette année le centenaire.de la naissance, méritait certainement l'hommage d'être, pour la première fois, entendu suivant le texte qu'il avait vraiment écrit.Avant-propos de Nicole Deschamps.Notes et variantes, index des personnages et des lieux, phr Ghisiainë legendre 224 p.$8.75 Louis rHémon ‘TTlaria Chapdelaine Récit du Canada français EN VENTE DANS TOUTES LES LIBRAIRIES LOUIS HÉMON aux Éditions du Boréal Express LOUIS HÉMON PAR LUI-MEME Seul témoignage que Louis Hémon ait laissé de sa vie privée, cette correspondance présente un intérêt peu commun, particulièrement au Québec, où l’homme et l’oeuvre relèvent d’un véritable mythe.Par delà.la légende, on découvre ici un homme au destin singulier, qui était aussi un observateur parmi les plus lucides de son temps.Introduction et notes de Nicole Deschamps 272 p.illustré $12.50 recherchés: distribution GRANGER FRÈRES Salon du livra da Montréal Standa n° 309-311-313-315-317 319-321-323 N.B.pièces à conviction ci-jointes PRIX: 6,95 $ ch.Nom: Tsuno Prénom: Yoko Occupation: électronicienne Signes particuliers: Type oriental, mêlées a de nombreuses affaires louches Nom: Schtroumpf Prénom: Schtroumpf Occupation: lutin Signes particuliers: taille sensiblement inférieure à la moyenne humaine DUPUIS RAISON DE LA RECHERCHE: Albums de qualité DERNIER DOMICILE CONNU: GRANGER distributeur Nom: Lagaffe Prénom: Gaston Occupation: Gaffeur Signes particuliers: Nil Nom: Bill Prénom: Nil Occupation: cocker Signes particuliers: souvent accompagné d’un individu nommé BOULE II — Le Devoir, samedi 22 novembre 1980 ^ le salon du livre de montreal De gauche à droite: Lisette Girouard, des Éditions Remue-Ménage, René Bonenfant, président de l’Association des éditeurs, Denis Monière, président de l’Union des écrivains, Pierre Renaud, président de l’Association des libraires et Pierre Turgeon, du groupe Sogides.(Photo Jacques Grenier) TABLE RONDE Il faut améliorer le statut économique et social de Vécrivain - LE DEVOIR: Pour les écrivains actuellement, quel serait le principal problème dans le monde du livre?— Denis Monière: On peut toujours distinguer deux ordres de problèmes, un problème d’ordre structurel, un problème d’ordre conjoncturel.Si on aborde le problème fondamental, en ce oui concerne l’UNEQ, c’est l amélioration du statut social et économique des écrivains.Et, sur ce plan-là, je pense qu’on a pas beaucoup progressé depuis quelques années.La situation stagne.Il y a plusieurs solutions qu’on peut envisager pour améliorer le statut économique de l’écrivain.Une de ces solutions, c’est celle que privilégie l’UNEQ en ce moment: obtenir la signature d’un contrat-type avec tous les éditeurs de sorte que chaque écrivain puisse défendre ses droits.Une autre solution pour améliorer le statut social et économique de l’écrivain, c’est une solution qui intéresse aussi les éditeurs car l’Union des écrivains n’est pas nécessairement à couteaux tirés avec les éditeurs tout le temps, on a des intérêts communs, on a des causes conjointes à défendre.Et une de ces choses qui peut améliorer vraiment la situation des écrivains, c’est le problème de la reproduction sur la machine à photocopier.Je pense que les éditeurs et les écrivains auraient intérêt à s'unir pour obtenir des compensations pour l’usage du droit de reproduction.De notre point de vue, ce sont les deux problèmes gui concernent la situation economique de l’écrivain.Il y a d’autres dimensions à cela, qui sont d’ordre plus conjoncturel.On pourrait y revenir plus tard dans la discussion.- LE DEVOIR: Pour les éditeurs, René Bonenfant, quel est le problème , principal?— René Bonenfant: Je pense que d’abord la situation de l’édition n’a jamais été particulièrement facile.Tout le monde souhaite que ce soit plus rentable économiquement, aussi bien pour les auteurs que les éditeurs et les libraires.À tous les niveaux de la production du livre, on vit avec un marché très très restreint dont la situation n’a jamais été très facile.Elle n’est pas plus facile actuellement, compte tenu de l’augmentation des coûts de production, entre autres.Donc, ces coûts se répercutent sur le prix du livre.De plus en plus, chacun a un budget plus ou moins serré, ce qui ne facilite rien.En même temps, il ne faut pas dramatiser plus que ça.Ça n’a jamais été particulièrement facile et on aurait beau trouver à peu près toutes les solutions, finalement on ne changera pas une donnée fondamentale: le fait qu’on publie en français pour cinq millions de francophones, que notre marché d’ici est petit et 3u’au niveau des coûts de pro-uction, des investissements en temps et en talents, ce sont les mêmes que dans les autres pays.Je trouve au’ici on n'a pas un très grand public lecteur.C’est une donnée de base.Je pense qu’il faut dédramatiser quand même.Il faut accepter ça.Ecrire comme éditer, c’est un métier qu'on choisit.À partir du moment où on a choisi ça, il faut savoir un peu sur quel pied on danse, il ne faut pas s’at- tendre, compte tenu du bassin de population à établir des records comme aux États-Unis ou en France.Il y a des problèmes qui existent depuis un bon moment.On ne pourra pas les solutionner de jour en jour.Enfin, pas du jour au lendemain.- LE DEVOIR: Pour les libraires, Pierre Renaud, quel est le problème majeur?— Pierre Renaud: Moi ie voudrais apporter un son de cloche différent, parler d’autre chose que des livres québécois.Ici, je pense que les intervenants vont surtout parler des livres québécois, le libraire est peut-etre la seule personne qui peut parler d'autre chose.Si on parle de livres, si on parle d’édition, si on parle d’écriture et surtout de clients qui achètent des livres.Si personne n’achète de livres québécois, on peut imaginer que le public se désintéresse complètement de la production littéraire québécoise.Cela se peut si l’on regarde ce 3ui se produit dans l’industrie u disque par exemple, où se vendent les disques américains par rapport à ceux d’un Piché qui est très local.On se rend compte qu’il y a là un problème de culture.Quel est le pourcentage de livret qùé-bécois culturels qu’on vend par rapport à l’ensemble des ventes tie littérature?On peut bien être estomaqué de voir sur la liste des best-sellers une majorité de livres traduits de l’anglais, même pas des livres français.On peut se demander si la production représente vraiment ce que le public a le goût d’acheter, d'une part, et comme les médias n’interviennent pas beaucoup, ou ne semblent pas capables de leur donner ce goût effrené de lire du québécois, évidemment les gens se portent surtout sur la littérature étrangère.Encore là, il faut faire la différence entre le français et les livres traduits de l’américain: les gros best-sellers américains.Même les Français ne sont pas capables de vendre beaucoup de leurs romans ici.On a éliminé toutes les ventes scolaires.Camus, ça ne se vend plus.Sartre, Gide: toute cette belle époque-là.c’est fini.Giono aussi.Qu’est-ce qui se vend actuellement dans le roman?Est-ce que la création québécoise est capable de concurrencer efficacement la production étrangère?Il faut se rendre compte d’une chose: quand un client québécois entre dans une librairie, il voit en moyenne mille nouveautés par mois! Il y a un choix infini.De plus, ces gens-là lisent aussi en anglais.Donc, le livre québécois, il ne lui en reste pas large.- LE DEVOIR Pierre Turgeon, vous dirigez six maisons d’édition, pour vous, quel est le problème principal dans l'édition au Québec?— Pierre Turgeon: J’aimerais enchaîner un peu sur ce que disait Pierre Renaud.Effectivement, il y a la question de savoir si les écrivains québécois sont capables d’offrir à leur public ce qu’il demande.Ce qu’on constate, et à travers le monde entier, c’est que le roman, qui reste toujours le genre le plus commercial, demande pour devenir un best-seller des investissements considérables de la part soit des éditeurs, soit des auteurs.Je pense, par exemple, au Cinquième Cavalier, qui a nécessité une très longue recherche à travers le monde.Je pense à tous ces grands romans américains.Il y en a un qui vient de sortir et qui se passe à l’époque de l'âge de pierre: il a demandé à l’auteur quatre à cinq années de recherche en anthropologie, etc., pour arriver à décrire exactement la vie des hommes de cette époque.Nous sommes devant une évolution du genre romanesque, c’est-à-dire qu’il y a'eu à l’intérieur du genre des époques dominées par le style psychologique ou le style poétique, ou le style métaphysique avec les romans de Camus, de Sartre, etc.Mais aujourd’hui les gens s’attendent dans un roman à avoir, en plus de l’intrigue romanesque, une sorte de grand reportage qui va leur faire découvrir de nouveaux aspects de la réalité, de nouveaux pays, de nouvelles classes sociales.Et cet élément reportage, cet élément enquête, se traduit nécessairement par des investissements.On ne peut pas demander à quelqu’un de faire par exemple un roman très très fouillé à partir de la Crise d’octobre, sans qu’il travaille effectivement pendant trois ans à temps plein, sans qu’il puisse rencontrer à peu près tout le monde, les interroger, etc.Ce sont des conditions économiques très différentes dans lesquelles on a ici à écrire nos romans.Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de place pour le roman québécois, je crois qu’on arrive à des spécialisations nationales.Un peu comme on a la cuisine ita-, benne, la cuisine japonaise, il y a de la littérature américaine avec les investissements qu’elle suppose, qui est capable de se lancer dans ses grandes constructions romanesques et il y a une littéra- , ture plus courte avec des oeuvres plus courtes généralement qui se pratiquent dans les pays avec des populations plus faibles et qui se jouent sur des thèmes moins proches que ceux du reportage qui se vendent moins.- LE DEVOIR: Lisette Girouard, des Éditions Remue-ménage, vous appartenez d une jeune et petite maison d'édition mais qui a une politique éditoriale, féministe, qui publie des essais.Quels seraient vos problèmes?Lisette Girouard: En fait, en tant que petite maison d’édition au cours des années devenue «moyenne», (ça fait quand même cinq ans qu’on existe), on fait face aux mêmes problèmes que d’autres maisons d'édition.On subit comme tout le monde la concurrence des autres secteurs de l’industrie culturelle, le film, la télévision, même si on sait théoriquement que cette concurrence-là n’est pas nécessairement néfaste pour le livre style Shogun, qui s’est vendu a la pelletée après la série télévisée.Sauf que, évidemment, on n’est pas encore dans un circuit où nos productions bénéficient d’un rebondissement semblable.C’est un fait.Par contre, il nous semble qu’en tant que maison Voir page suivante 4 ? le salon du livre de montréal Le Devoir, samedi 22 novembre 1980 B III TABLE RONDE Suite de la page précédente d édition féministe nous pourrions tenir une place de plus en plus grande à cause des produits qu’on peut apporter sur le marché.L’expansion qu'on essaie de se donner en est vraiment au point critique Il faut, premièrement, que les maisons d'édition féministes puissent arriver à nourrir un marché de plus en plus affamé.On le constate par notre participation au Salon du livre.Nos kiosques suscitent un intérêt incroyable.Pour nous, ça été l’occasion d’apparaître sur des tableaux où c était un pieu plus difficile auparavant d intervenir.Puis, on est pas les seules, il y a la Pleine Lune et d’autres maisons d’édition qui, avec des subventions, peuvent plus facilement participer à un événement comme le Salon du Livre.Un autre coup de pouce qui va nous aider aussi à prendre une place, la place qu’on devrait prendre sur le marché des livres féministes, c’est celui des programmes de subvention Ose-Arts, qui vont nous permettre de sortir sous peu plusieurs titres, des titres importants, qui nous ont permis de sortir un dossier sur l’avortement, qui va nous permettre de sortir un roman, qui va nous permettre, en tout cas, une série de publications qui nous auraient pris, à notre Sr’thme de croisière habituel, eux ou trois fois plus de temps.D’autre part, en tant que petite ou moyenne maison d’édition, on se vante d’avoir des finances saines.On peut malheureusement déplorer d’autres politiques, par exemple, comme celle de l’aide aux maisons d’édition.On trouve déplorable que, par exemple, du côté fédéral, le programme d’aide au déve-loppemerit d’édition canadienne, s'adresse à des maisons d'édition qui ont $75,000 de chiffres d’affaires.Tant qu’une petite maison d’édition n’a pas vogué vers ce seuil-là, elle se trouve en dehors de ce circuit.Évidemment, on ne peut pas considérer que l’édition peut fonctionner seulement avec l’aide des subventions, cela développe, à mon avis, une attitude un peu trop dépendante.Mais il reste que ces situations nous semblent discutables, 4^ Lisette Girouard René Bonenfant Denis Monière Pierre Renaud N***** Développons une littérature populaire Pierre Turgeon puis curieuses.En ce qui concerne la production des essais dans les petites maisons d’édition, chez nous, on a tenté d'établir une tradition qui se bâtit lentement, qui est liée à notre conception (ce pourquoi on existe en tant que maison d’édition féministe).Nous savons, par exemple, que, de plus en plus, la prise de parole des femmes est un besoin à la fois des femmes qui ont quelque chose à dire et des femmes qui veulent entendre ce que les autres femmes ont à dire.Donc, pour nous, publier des essais ou des témoignages, c’est une partie importante de notre travail.Cela suscite beaucoup d’intérêt mais cela crée aussi une manière de méfiance auprès de certains libraires, dans la mesure où, n’arrivant pas avec un produit d'un auteur très connu, ce n’est pas aussi attrayant et stimulant que de mettre Marilyn French devant le comptoir.Et on le comprend très bien.On est heureuses que les livres de Marilyn French soient diffusés mais on se rend compte qu’on a peut-être du travail à faire en tant que maison d’édition auprès clés libraires.— Pierre Reneud: Lisette Girouard vient de donner un son de cloche que j’entends souvent chez les poetes, par exemple, qui viennent dire: ah! si au lieu de mettre ça tu mettais 24 de ma plaquette de oésie, ça se vendrait autant! e pense qu’on surévalue le rôle du libraire.Le libraire est là pour répondre à la demande effectivement, un peu comme la publicité est la pour appuyer un produit qui a déjà la faveur du public, pour rappeler au lecteur ce qu’il veut acheter.Ce n’est pas parce que je vais commander 150 exemplaires d’un livre de Remue-ménage et que je vais en inonder ma libraire que je vais en vendre! On a fait malheureusement souvent l’expérience à tous les niveaux! — Pierre Turgeon: J’aimerais faire une petite intervention.Je crois que la réaction de Pierre Renaud nous amène quand même à faire la différence entre l’industrie du livre au sens large, qui comprend le livre pratique, le best-seller, etc., et l’édition littéraire, qui comprend la poésie, l’essai, le roman, les formes d’avant-garde qui souvent ne pourraient pas exister sans des subventions gouvernementales.Or, je pense qu’il est très important que les deux formes d'édition puissent exister au Québec.Mais aussi, le libraire doit assurer sa survie sur le plan commercial.Il doit le faire avec des ouvrages qui proviennent de l’industrie culturelle avec les best-sellers, avec le livre pratique, un peu, disons comme le groupe Sogi-des aux Éditions de l’Homme, par exemple.On a évidemment une rentabilité qui doit être la même que n’importe quelle autre entreprise commerciale et, à cause de cette rentabilité, on est amené aussi à faire des recherches de marché et à identifier quels sont les besoins des lecteurs.On se trouve à confronter, je crois, les problèmes réels de l’industrie du livre, et non pas à être dans un monde qui doit exister mais qui est un peu protégé par des subventions gouvernementales et vit un peu en vase clos.On parle de problème.Moi, j’aime aussi parler de réussite de l’édition québécoise.Il ne faut pas donner l’impression u’il n’y a que des problèmes, e crois qu’il y a de belles réussites et chaque maison d’édition peut en donner des exemples.Nous, actuellement, il y a une chose dont nous sommes assez contents: c’est le développement de notre exportation vers la France et le chiffre d’affaires qu’on commence à réaliser à Paris et à travers toute la province française avec des livres écrits par des Québécois portant, bien sûr, non pas sur des sujets littéraires mais sur des sujets pratiques: disons des livres de psychologie populaire, de sexologie, des livres sur l’alimentation ou sur le sport qui fonctionnent très bien en France.Cela veut dire que, sur le plan de la balance commerciale, il y a de l’argent qui revient dans l'autre sens.Cela ne se fait pas uniquement dans le sens du Québec vers la France mais aussi de la France vers le Québec Et à l’intérieur du groupe Inter-forum, qui est notre diffuseur en France, nous sommes maintenant le deuxième éditeur en importance.Je parle des Éditions de l’Homme, tout de suite après les Éditions Robert Laffont Et cela s’est fait à travers le même genre de démarche qu’on adopte ici au Québec: une identification des besoins du marché On a tous retiré de notre catalogue pour la France 600 des 800 titres qu'on distribue, c'est-à-dire tout ce qui ne s’applique pas là-bas, et on a essayé d identifier quels étaient vraiment les titres les plus en demande en France et, petit à petit, on fait un travail d'adaptation sur le plan de l'édition même de nos livres.Par exemple, un livre qui parle du ski ae randonnée va donner la liste des pistes de ski de randonnée en France, en Belgique, en Suisse; et s’il y a des lois ou des règlements qui doivent être observés et qui sont particuliers à ces pavs-là, on va les donner.On essaie, de cette façon, de vraiment pénétrer le marché français.Et cela a un effet d'entraînement À partir du moment où vous êtes installés en France et que vous commencez à faire ae l’argent, à faire faire de l’argent a des représentants, à une maison de distribution, etc., quand vous arrivez pour parler de questions de co-édition ou d’exportation d’ouvrages littéraires, on vous écoute un peu mieux que si c'était pour des raisons purement altruistes.On se dit.c’est vrai, ils nous font faire x argent chaque année, alors on va essayer de faire un marché avec eux! C’est là-dessus que je voulais insister, sur l'aspect de la réussite, qui est présent.— Denis Monière: M.Renaud soulignait la nécessité pour le monde de l’édition de tenir compte des besoins des lecteurs, de leur demande.Et là, on voyait l’effet des best-sellers qui rendent non concurrentielle la littérature québécoise.D’autre part, les éditeurs soulignent toujours la nécessité de rentabiliser leur entreprise.Il me semble qu’il y a un vide dans la littérature, du moins dans la production des livres au Québec.Ce que nous, on aimerait, à l'UNEQ, c'est qu’il y ait des éditeurs qui fassent la promotion et qui prennent en charge le développement d’une littérature populaire.Il semble qu’il y a chez les éditeurs un certain élitisme, dans le soutien, entre autres aux romans ou aux es- sais.Si on réussissait à développer une littérature populaire, à ce moment-la, on pourrait peut-être prendre unaMilace sur le marché du livr™ en librairie En même temps, cela permettrait d'assurer une base financière plus stable aux maisons d’édition Il me semble qu'il y a toute une dialectique liée à l'absence d’une littérature populaire au Québec.— René Bonenfant: Je pense que tous les éditeurs sont conscients de ça Ils ne demanderaient pas mieux que ces manuscrits leur parviennent.— Dénia Monière: Il faut les stimuler, ces manuscrits.Par exemple, pourquoi ne pas débloquer des fonds.$5,000 ou $10,000.pour qu'un écrivain pendant une année produise un roman populaire?- Pierre Renaud: Si le ministère des Affaires culturelles aidait davantage ceux qui ont des projets de littérature non pas populistes mais au moins dans le but d'ètre ¦mmbhi lu’’ On rencontre souvent des auteurs pour qui être lu ce n’est pas un problème! Je pense que c'est la majorité, malheureusement Les auteurs de romans ne semblent pas viser le succès populaire Quand on parle de best-seller, il y a aussi recettes.Si on refuse toute forme de recettes, on ne peut pas faire un best-seller.A moins d'avoir le génie du moment! - René Bonenfant: Je pense qu'il y a des romanciers qui l'ont compris.Si on prend Theriault par exemple D'une certaine façon, Thériault écrit sur des sujets qui peuvent intéresser un public plus large et ce sont des romans qui connaissent une diffusion quand même plus large.Je suis d'accord avec M Monière Les éditeurs devraient pousser leurs auteurs un peu dans ce sens-là Par ailleurs on ne peut pas dire aux auteurs quoi faire! Voir page suivante Lancement: Salon du Livre de Montréal Dimlli BUUlItU récit essai Une espèce de procès du patriarcat, un cri de douleur, l’expression d'un grand rêve.Une fable, une allégorie qui impose une prise de conscience de la condition sociale féminine.-Bon de commande-—- chèque ?ou mandat postal D $4 00 NOM.ADRESSE.chez Danielle Beaulieu 610 McGregor (H 37) Sherbrooke — Québec J1L 1V7 ¦¦ «HümAÏU»;« Il 4 1 a IV ¦ Le Devoir, samedi 22 novembre 1980 le salon du livre de montréa! Suit* de la pag* précédante — Pierre Turgeon: L entreprise d’écrire un roman populaire est quand même quelque chose a’assez considérable et qui ne doit pas se voir d’une façon abstraite.Généralement, aux Etats-Unis ou ailleurs, ce genre de livre populaire se fait en collaboration avec toute l'industrie culturelle.C’est là, je crois, Su’on devrait avoir ici, au uébec, des postes de télévision, des producteurs de films qui soient intéressés dès le début à certains projets d’ordre romanesque, de façon à renta-biliser au maximum l’entreprise, de façon à ce qu'un écrivain puisse disposer tout à coup de deux à trois ans sur un sujet qui a été défini par une étude de marché au moins sommaire comme étant possiblement commercial Mais cela ne peut pas se faire seulement dans l édition.Il faut qu’il y ait une collaboration entre autre des chaînes de télévision, comme cela se fait beaucoup au Canada anglais.Souvent les producteurs de Télémétropole ou de Radio-Canada sont hypnotisés complètement par les Etats-Unis.Ma deuxieme remarque, c’est celle-ci.Je ne crois pas qu’on puisse dire que les romanciers ne se soucient pas d’être lus.On peut dire, par contre, que souvent le romancier fonctionne dans un espèce de «no man’s land», sans trop de contact avec son public, sans trop de contact avec l’éditeur non plus, en essayant d’imaginer tout seul dans son bureau quelque chose qui pourrait plaire.Alors, si on avait une concertation entre toutes les personnes impliquées dans la création d’un livre et si l’éditeur, le romancier et d’autres aussi se parlaient du sujet d’un bon roman qui pourrait se vendre, sans que ce soit une trahison pour l’écrivain que de s’atteler à tel sujet, on pourrait améliorer la situation.L’exemple le plus patent serait Norman Mailer, qui fait un livre sur Marilyn Monroe qui fait un livre sur la lune, tout en restant toujours Norman Mailer Pierre Renaud: Je suis d’accord.C’est quand même étonnant de voir que la prochaine biographie de Drapeau va être écrite par un anglophone, que la biographie de Duplessis a été écrite par un anglophone.Charbon-neau et le Chef a été écrit par un anglophone.Pierre Turgeon: — La biographie de Daniel Johnson.1000 pages, a été écrite par un francophone.Pierre Renaud: — On n’a pas l'air à l'affût de ce genre de projet-là.Faut le devenir.Pierre Turgeon: — Je considère mon role comme éditeur essentiellement de cette manière: être à l’affût des idées et arriver à établir entre TABLE RONDE Lisette Girouard René Bonenfant Denis Monière Le livre reste encore le moins dispendieux des divertissements Pierre Renaud Pierre Turgeon une idée et un individu le lien qui va permettre que le livre soit réalisé.LE DEVOIR - Denis Monière, quel est le rôle des éditeurs au Québec?Est-ce que les écrivains sont satisfaits du travail des éditeurs?Combien d'éditeurs ont un directeur littéraire au Québec ?Denis Monière: — D’abord, il y a peu d'éditeurs qui ont un directeur littéraire.Ensuite, il y a peu d’éditeurs qui ont des agents littéraires, pour faire la promotion de l’écriture québécoise.Ceux qui ont des agents littéraires qui font la promotion s’occupent principalement des «locomotives» c'est-à-dire qu’ils moussent les best-sellers.La publicité est toujours faite pour rencor-cer le courant de la demande du public.Effectivement, les gros vendeurs vendent de plus en plus.Les autres vendent de moins en moins.La publicité n’est pas répartie ae façon équitable entre les titres.C est ça le problème, si on essaie de généraliser.Il est évident que le rôle de l’éditeur.d’après notre perception, est plutôt un rôle passif vis-à-vis du processus d’écriture.La plupart des éditeurs que je connais attendent le manuscrit, le reçoivent, font le travail de mise en forme, l’envoient aux presses, le mettent sur le marché.Ils vont s’en occuper pendant deux semaines.Et après, on n’en entend plus arler.Ça, c’est le scénario abituel Avec des changements à la hausse ou à la baisse.Donc, l’écrivain est laissé à lui-meme.Il n’est pas épaulé par une équipe rédactionnelle dans une maison d’édition.Mais aussi les maisons d’édition n’ont pas souvent les reins assez solides financièrement pour avoir cette équipe qui permet de lancer des projets d’écriture.C’est pourtant cé qu’on aimerait voir se développer en pratique chez les éditeurs: qu’ils initient des projets d’écriture.René Bonenfant: — Mais nous, les éditeurs, on aimerait voir se développer chez les écrivains le réflexe de venir consulter l’éditeur, de lui parler un peu du sujet du roman avant de l’entreprendre, de voir si cela n’a pas été fait 1000 fois, s’il y a un intérêt quelconque dans le sujet.À ce moment-là, l’éditeur pourrait collaborer au projet dès le début de sa rédaction Mais la plupart des écrivains québécois imaginent leur sujet seuls.Lisette Girouard: — J’aimerais dire quelque chose sur l’échange qu’on vient d’entendre.Peut-être que les maisons d’édition de moyenne importance, ou les petites maisons d’édition, sont peut-être des lieux plus propices à cette espèce d’inter-relation entre l’editeur et l’auteur.Chez nous, entre autre, on fait beaucoup de travail de prospection auprès de groupes, auprès d’individus, de gens, de femmes en général, qui sont susceptibles de produire des textes intéressants C’est un travail qui effectivement demande beaucoup d’énergie et qui gruge d’une certaine manière la capacité de production, puisque notre échelle est limitée.On ne peut pas toujours mettre des gens à temps plein là-dessus.Par contre, notre nature même fait que notre sujet nous tient sa rentabilité.D’où, notre motivation.Étant donné aussi qu’une maison d’édition féministe veut élargir son public le plus possible, la preoccupation de lisibilité sera dominante.Ce qui fait que, pour nous, la question d’une littérature populaire ou non ne se pose pas.— Pierre Renaud: Moi j’ai l’impression qu’on fait face à une industrie qui est viciée.Quand un libraire reçoit 12 ou 18 exemplaires d’un roman, qu’il les met bien en évidence et qu’au bout de trois mois il n’en a pas vendu un seul, je pense qu’il y a quelqu’un qui a fauté au départ.Il y a quelque chose d’anormal dans cette situation, qui se produit très fréquemment.C est comme lancer une roche dans l’eau, ça fait floc puis c’est fini.Mais comment se fait-il que ce genre de situation se produit si souvent?— René Bonenfant: Je suis d’accord qu’il peut y avoir certains problèmes de décision éditoriale.L’éditeur peut se tromper.Effectivement, on se trompe.Mais, par ailleurs, il y a un élément impondérable par rapport à la valeur d’une oeuvre.Par exemple, Claude Gallimard a pris 10 ans à vendre 1 000 exemplaires de La Nourriture terrestre de Gide.Est-ce qu’il aurait dû se dire qu’il avait fait une erreur éditoriale?Bien sûr, l’exemple est gros! — Pierre Renaud: On sait fort bien que Gide était «bac-qué» par toute une élite intellectuelle qui, elle croyait à son génie.Denis Monière: Les conditions du marché sont pas les mêmes qu’en 1930.Au lieu de donner des subventions pour permettre aux éditeurs d’amortir leurs frais généraux, pour payer leurs frais de représentation, si les gouvernements développaient une politique de subventions axée sur l’achat des livres?Par exemple, si le gouvernement du Québec dégageait des fonds pour permettre aux bibliothèques du Québec d’acheter systématiquement la production québécoise?— René Bonenfant: C’est déjà fait.Il y a un plan de développement des bibliothèques, absolument incroyable, qui fonctionne «à la planche».C’est peut-être la plus belle réussite du ministre Veau-geois.— Denis Monière: On n’en a pas vu l'application encore.— René Bonenfant: On a annoncé dans les journaux que le programme de développement des bibliothèques pour cette année était de $5 millions.Moi, je trouve ça formidable.Je suis entièrement d’accord avec cette politique.À mon avis ce qui nous manque c’est des lecteurs.Donc, si on équipe mieux le Québec en bibliothèques, si les bibliothèques sont mieux outillées à tous les niveaux, au niveau du personnel, et surtout, bien sur.des livres disponibles, à ce moment-là, on va peut-être davantage donner le goût de la lecture aux gens et indirectement élargir' notre marché.Les subventions, on n’en aurait pas besoin si on avait des lecteurs.— René Bonenfant: La forme de subvention qui existe à l’heure actuelle et qu’on appelle «subvention à 1 éditeur», c’est en fait, pour le lecteur.Elle doit être employée à réduire le prix de vente.Ce n’est pas l’éditeur qui en bénéficie directement: voilà un pas de fait dans le but de rendre plus accessible le produit auprès du lecteur.Dans cette perspective, nous trouvons dommage que justement il y ait des tendances à privilégier une production «de luxe» alors que déjà les coûts augmentant, les prix qu’on veut accessibles grimpent toujours.— Denis Monière: Ils ne sont plus accessibles les livres.Les essais vont se vendre entre $15 et $19 cet automne.Moi, personnellement, .j’hésite beaucoup à acheter un ouvrage de $20.— René Bonenfant: Vous devez hésiter beaucoup à aller voir les Canadiens au Forum aussi! — Pierre Turgeon: Je crois qu’il ne faut pas exagé-réer non plus au sujet du prix des livres.C’est l’équivalent d’un match de hockey, d’un spectacle de groupe rock.Et uand le livre est bon, un prix e $12, $13, $14.95, n'empeche pas le livre de se vendre.Et on en a des dizaines de milliers d’exemples.— Pierre Renaud: D’autant plus que les statistiques sont là pour prouver que le livre vendu est lu en moyenne par trois personnes.Les gens se prêtent les livres.— René Bonenfant: D’après les statistiques de la Bibliothèque nationale, le prix moyen d’un livre en édition commerciale est de $8.82.C’est considérablement plus bas que celui d’un billet de hockey! Pierre Renaud: Des études ont été faites sur le divertissement qu’on achète.C’est le livre qui reste le meilleur investissement.Vous avez pour $12.95, peut-être dix heures de divertissement.Alors, cela représente l’équivalent de quatre films.— René Bonenfant: Moi, je trouve que, dans le milieu du livre, on est un peu complexé par rapport à la question des subventibns.J’ai lu le rapport annuel du Ministère des Affaires culturelles et celui du Conseil des Arts.Si on prend en considération quatre troupes de théâtre importantes de Montréal, on voit u elles ont reçu l’an dernier es Affaires culturelles $1,050,000 alors que toute l’aide à la publication est de $447,000 à l'ensemble des éditeurs.Donc, quatre troupes de théâtre, reçoivent deux fois plus que ce qui est accordé pour l’aide à la publication.— Denis Monière: Écoutez, il faudrait mettre en proportion le nombre de gens qui vivent du théâtre et le nombre de gens qui vivent de l’édition.Je pense que vous arriveriez à des quotas sensiblement différents.— René Bonenfant: Je suis étonné d’entendre ça dans votre bouche.Si on pense au nombre d’auteurs qui souhaitent justement vivre mieux de leur écriture, ie pense qu’il n’y a pas de problème.Suite à la page 00 distribution: Les Messageries Littéraires des Éditeurs Réunis.NOUS SOMMES AU STAND 211 nouvelles éditions de I’/RC Entre le soleil pâle couché derrière les îles et la lune à paraître vis-à-vis le bois vert.La petite heure.L’automne après l’école.Après souper, l’été.Elle retarde un peu au printemps, comme la neige traîne.Et certains jours, l’hiver, c’est tout l’après-midi.Gilles Vlgneault extrait de "La petite heure" contes de 1959 à 1979 éjw>fo\v MIMAI LES ÉDITIONS SÉLECT Au Salon du livre de Montréal STANDS NOS 509-511-513 Exposeront cet ouvrage parmis de nombreux autres Un grand livre de 480 pages format 6” X 9" — au prix populaire de $15.95 Simon and Schuster aux États-Unis Fritz Molden Verlag en Allemagne Mondadori en Italie Shogagukan au Japon Plaza y Janès en Espagne Nova Fronteira au Brésil Dom Quixote au Portugal 7Bonnier en Suède Collins en Grande-Bretagne Gyldendal Norske en Norvège Shoken en Israël feront paraître A LE DEFI MONDIAL de Jean-Jacques Servan Schreiber simultanément avec l’édition canadienne $15.95 mise en vente LE 25 NOVEMBRE PAR ÉDITIONS # SÉLECT L 1555 ouest rue De Louvain.Montréal, Qué.H4N 1G6.Tél.387-6268 Commandes postalesacceptées J i le salon du livre de montréal Le Devoir, samedi 22 novembre 1980 ¦ V ÉDITEURS ET ÉCRI VAINS «NÉGOCIENT» DEPUIS DEUX ANS Dans un face-à-face au DEVOIR, les éditeurs et les écrivains ont rediscuté du contrat-type dont la négociation traîne en longueur depuis deux ans.Sur notre photo, dans l'ordre habituel, MM.Guy Saint-Jean et René Bonenfant, éditeurs, MM.Denis Monière et Michel Gay, écrivains.mm ¦ ¦ sslfcwr si H-rar À quand le contrat-type?LA gestation d’un contrat-type entre l’Association des éditeurs canadiens (AEC) et l’UNEQ (Union des écrivains québécois) progresse par à-coups.Huit modifications apportées par l’Assemblée générale de l’AEC à un projet de contrat que l’U-neq se disait prête à signer derechef, cet été, ont failli torpiller les chances d'en arriver a une entente.Toutefois, le président de l’AEC, M.René Bonenfant, s’est engagé lors d’une table ronde tenue le 12 novembre au DEVOIR à plaider intensément auprès de ses collègues — en février 1981 — pour que l’essentiel de ce projet de contrat-type soit entériné par la majorité des 52 membres de T AEC.MM.Bonenfant et Guy Saint-Jean lancent cependant l'avertissement que leur organisme ne saurait exercer un pouvoir coercitif sur les éditeurs qui font partie de l’AEC.Au nom de l’Uneq, à cette occasion, le président Denis Monière et le secrétaire général adjoint Michel Gay ont insisté pour que l'on en vienne au plus tôt à «fixer des balises,» écrivains et éditeurs ayant par la suite intérêt à travailler pour défendre leurs intérêts communs dans d’autres dossiers.Au cours du mois de mars 1979, l’Uneq a commencé à diffuser un projet de contrat par Clément Trudel d’édition dont tout écrivain aurait pu s’inspirer pour les tractations avec son éditeur.On annexait à ce document un petit guide «pour mieux comprendre le droit d’auteur au Canada».Un échange de correspondance s'ensuivit entre les éditeurs et les mandataires de l’Union des écrivains.En janvier 1980 les contacts étaient au plus froid; des écrivains descendirent dans la rue — une première — pour appuyer leurs revendications.En juin, les deux parties pensaient en être venues à une entente de principe.L’espoir des écrivains se mit à défaillir uand, fin septembre, le prési-ent de l’AEC fit parvenir à l’Uneq une lettre où il était fait mention de «certaines modifications mineures» apportées par l’assemblée de T AEC.Dans cette même missive, M.Bonenfant prévenait l’Uneq que son association «n’a pas le pouvoir d’imposer à ses membres individuellement l’adoption de ce contrat-type».Un document interne de l’AEC qualifie même de «version définitive» le texte approuvé à la dernière assemblée de l’AEC (24 sep- tembre).Sans vouloir jouer au médiateur, LE DEVOIR a tenté de faire préciser à chacun ce qu’il estimait être le fossé séparant AEC et Uneq.Ce fossé pourra-t-il être comblé ou franchi, et à quelles conditions?Le ton de la discussion entre MM.Bonenfant et Saint-Jean, pour les éditeurs et Denis Monière et Michel Gay, pour les écrivains, n’avait rien de l’ultimatum, en ce 12 novembre.Denis Monière fit planer une menace sur les futurs pourparlers: les éditeurs attendent-ils que des organismes extérieurs aux écrivains et aux éditeurs imposent un tel contrat-type?Plus tard dans la discussion.Michel Gay devait préciser sa préférence: «nous avons intérêt à nous entendre entre nous plutôt que de nous retrouver devant des politiciens et des fonctionnaires».L’abandon, par les porte-parole des écrivains, de la «licence exclusive» constitue la concession la plus importante, au fil des mois, mais le geste posé par les éditeurs, en septembre, revenait à laisser en blanc maints espaces, uitte à renvoyer à un «guide ’utilisation» du contrat ht eut pour résultat, dit l’Uneq, de forcer les écrivains à revenir à leurs positions premières.M.Bonenfant s'engage à soumettre de nouveau le texte qu’était prêt à accepter l’U-neq.«Je ne croyais pas que cela soulevait dés problèmes majeurs».Il glisse a plusieurs reprises le rappel d’une AEC «qui n’est pas une profession fermée, comme c’est le cas pour les médecins ou leur corporation».L’AEC n'entend pas jouer à la police, dit encore le président Bonenfant qui avance l'argument suivant: «Si ma maison (le Noroît) n’est pas en accord avec l’AEC, elle n'a qu’à s’en retirer.qui la forcerait à mettre en vigueur des clauses d’un contrat-type?».En réponse, l’Uneq établit une comparaison entre le contrat-type (pour écrivains) et le bail-type.Ce dernier ne lie pas sans retour le propriétaire mais il permet à tout locataire d’y voir plus clair, d'éviter de se faire rouler.N’allez pas croire que les «méchants éditeurs» veuillent effectuer une percée au détriment des écrivains, déclare René Bonenfant, avouant sa déception face au rejet du texte transmis par lui au nom de l’AEC, le 29 septembre.Le document du mois d'août aurait fait notre affaire, dit Denis Monière.«Nous fonctionnons démocratiquement», plaide René Bonenfant, et notre assemblée, ce qui m'apparaît intéressant, en avait retenu l’essentiel.Version immédiatement contestée par Michel Gay, Denis Monière se lamenté que, comme trop souvent en économie.celui qui produit la matière premiere d'écrivain' est le moins à même d'en profiter Nous voulions établir un principe initial, non valable à vie, souligne l’Uneq: «pourquoi pas reconnaître le 10% comme pratique courante0» demande Monière (auteur et illustrateur se partageraient les droits à raison de 7-3% ou de 4-6%, ou selon tout autre arrangement).L’AEC fait immédiatement valoir des cas particuliers touchant les presses universitaires, ou les éditeurs des livres pour enfants.Si un éditeur est mécontent de l’AEC, il s'en retire ou on l’expulse de l'AEC, selon René Bonenfant.Pour l’U-neq, Michel Gay apporte le parallèle suivant: «Si un auteur travaillant à Radio-Canada n’aime pas la SARDEC (Société des auteurs, recherchâtes, documentalistes et compositeurs), il s’en retire, soit, mais la convention s'applique».Le retrait d’un éditeur de l’AEC ne rendrait pas caduc le contrat-type, poursuit Gay.De chaque côté, on a souligné que, chaque jour, naissent des écrivains et apparaissent des éditeurs.Le cadre général où s’insèrent éditeurs et écrivains ne peut qu’accroître les relations de confiance si elles ne sont pas laissées à l’avenant.Conclusion «raisonnable» à laquelle se rallient les ouatre participants à la table ronde.Si le contrat est accepté, dit Michel Gay, «on aura fait un pas important».C’est la perspective la plus réaliste, confirme René Bonenfant.On peut alors se demander corn ment une entente n’est pas encore intervenue.Dans l’état actuel du dossier, affirme le président Denis Monière, quatre ou cinq éditeurs ont accepté «le contrat de départ de I UNEQ» (celui qui circulait dès mars 1979) ; cinq ou six autres utilisent un contrat que reconnaît l’Union des écrivains québécois.«Nous sommes prêts à fonctionner avec un contrat comme celui-là», dit alors René Bonenfant et «je trouve regrettable que l’on se soit buté sur des détails qui em- pêchent de s'atteler dès maintenant, en commun à la promotion du livre, au dossier «livres dans les médias» et à d'autres domaines professionnels Personne n'accepte la version selon laquelle le dossier a souffert de «mesures dilatoires» mais une chose est sûre, selon l’UNEQ: «la balle est dans le camp des éditeurs» et les écrivains offrent même de faire profiter quiconque le dé- sirerait des recherches faites en leur nom sur les expériences déjà en cours ailleurs.Est-ce à cause d’un mandat flou de la part des porte-parole des éditeurs?Faut-il voir un perfectionnisme, un pointillisme qui a pu faire achopper le contrat-type du côté des écrivains0 De l’extérieur, le fossé semble praticable à condition que personne n'ordonne de rentrer les pont-levis.La forteresse ne semble assiégie que par un flot de bons sentiments.Écrivains et éditeurs se parlent apparemment sans complexes: chacun est individualiste à l'extrême dans notre domaine, confie René Bonenfant.Et voilà pourquoi 52 éditeurs et 260 écrivains mettront deux ans et plus à se lier à un mode de vie en commun appelé «contrat-type».L’éloquence aura entre-temps enjolivé ou enlaidi les contours de la table de négociation.ATELIERS DE FRANÇAIS ÉCRIT m (Méthode autocorrective modulaire) par Jules Bergeron et Jean-Charles Castonguay CAHIER DE L’ÉTUDIANT • Une méthode d'autocorrection individualisée.• Un outil personnel de recyclage, de consolidation ou de perfectionnement.• Un instrument de mesure des progrès en langue écrite.• Une méthode pédagogique souple, aux applications variées.GUIDE MÉTHODOLOGIQUE • Conseils méthodologiques sur l’utilisation du cahier de l'étudiant.• Test de classement et de performance (et corrigé) • Tests objectifs (et corrigés) • Corrigés des exercices modulaires en accord, usage, lexique et pontuaction.• Graphiques de performance.Ci-joint ?chèque ou ?mandat poste ?Ateliers de français écrit $6 ?Guide méthodologique $8 les éditions media C.P.205, Succursale Saint-Michel Montréal H2A 3L9 — Tél.: 721-3778 Nom.Adresse.Ville.Code VI ¦ Le Devoir, samedi 22 novembre 1980 guérin l’éditeur qui édite Le TOURNOI INTERNATIONAL cf ECHECS MotiR'd BW, iiii Le Tournoi international d’échecs Montréal 1979 15 cm x 22,5 cm 353 pages $10,00 Anatoly Karpov Mikhail Tal Lajos Portisch Ljubomir Ljubojevic Jan Timman Boris Spassky Vlastimil Hort Lubomir Kavalek Robert Hübner Bent Larsen Salondu livrede Montréal Stands 206-208-210 Guide du généalogiste Jeanne Grégoire 14,5 cm x 22 cm 104 pages $3,95 Sources de documentation Registres de l'État civil Greffes des notaires Dossiers des hauts fonctionnaires Documents déposés aux archives fédérales Les imprimés d'ordre public Les recensements Les imprimés d’origine privée Classification des données généalogiques Salondu livrede Montréal Stands 206-208-210 Guérin L’Éditeur qui édite 4574 ru* Saint-D*nl* (métro Mont-Royal) Montréal H2J 2L3 — Tét.: (514) 842-3451 1 CANADA ATIAS TDPONYMOJE S LE MONDE s m m notre (économie •< ' y.«• v > ' • ' • .* : ¦ ! • ïjJÉk i^TBtiar-ctTxe^ /Y, r xêuxa».*» / HISTOIRE NATIONALE DU QUEBEC !* sVtKV
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