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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 1981-11-21, Collections de BAnQ.

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I LE DEVOIR Montréal, samedi 21 novembre 1981 le salon du livre de montréal regards sur la littérature québécoise des années 70 Ce supplément littéraire du DEVOIR souligne le quatrième Salon du livre de Montréal, à Place Bonaventure du 24 au 29 novembre.Ce cahier a été préparé sous la direction de Jean Royer avec la collaboration de: Noël Audet, Claude Beausoleil, Marcel Bélanger, Louky Berslnanlk, Joseph Bonentant, André Brochu, Andrée Ferrettl, Use Gauvln, Jacques Godbout, Adrien Gruslln, Kèro, Suzanne Lamy, Robert Lévesque, Madeleine Ouellette-MIchalska, Gilles Marcotte, Denis Monière, André Vanasse, Heinz Welnmann.IL faut prendre ce cahier pour ce qu’il est: un ensemble de regards sur la dernière décennie.Il ne faut surtout pas y chercher l’intégrale littéraire des années 70.Elaboré en équipe, selon un plan de travail discuté par le noyau des collaborateurs aux pages littéraires du DEVOIR, ce cahier veut donner des pistes sans avoir la prétention du bilan définitif.La dernière décennie littéraire s’est nassée entre les guillemets des deux grandes Nuits de la poésie: celle du Gèsu en 70, réussie, et celle de l’UQAM en 80, ratée.Sur le plan politique, les dix dernières années ont évolué entre deux tirets: les événements d’Octobre et le rapatriement de la Constitution canadienne.Parallèlement aux pouvoirs politiques incarnés par MM.Trudeau et Lévesque, des événements culturels majeurs vont ponctuer les remous sociaux: l’affaire de la murale du Grand Théâtre de Québec en 1971, le démantèlement de Corridart à Montréal en 1976 et le choc de la pièce de Denise Boucher, les Fées ont soif, au Théâtre du Nouveau Monde.Le monde littéraire ressent les secousses qui agitent la société québécoise.Hubert Aquin se suicide: un film de Jacques Godbout tend à prouver que la mort d’Aquin est son chef-d’oeuvre.L’Union des éditeurs québécois est fondée.La loi du livre est finalement promulguée.L’institution littéraire se consolide, ce qui ne l’empêche pas de ronronner pour autant.Les prix littéraires se multiplient.La Société de développement des industries culturelles (SODIC) cherche sa vocation.Pendant ce temps, Jean-Guy Pilon cède à une équipe plus jeune les rennes de la revue Liberté, qui réaffirme sa presence.La Rencontre québécoise internationale des écrivains ouvre le petit monde littéraire québécois à d’autres cultures.Malgré quelques faillites, l’édition littéraire renaît de ses cendres avec les «fils» de Jacques Hébert: Victor-Lévy Beauheu chez VLB, Pierre Turgeon chez Sogides et Gilbert LaRoc-que chez Québec-Amérique.Les éphémérides seraient trop longues à citer, fl faudrait encore parler de la mutation de Paul Chamberland et Paul Marie Lapointe, de la publication de l’oeuvre de Michèle Lalonde en France et de l’arrivée en littérature de Jovette Marchessault, entre autres.Disons que la vie littéraire s’est passée entre L’Homme rapaillé de Gaston Miron et L’Amèr de Nicole Brossard.Mais comment cela s’est-il passé?Qu’en pensent les collaborateurs à qui nous avons posé la question?Pour le romancier, c’est l’essor du roman.Pour l’essayiste, c’est la prolifération de l’essai.Pour le poète, c’est l’éclatement des genres.Pour le critique, c’est la nouvelle force de la critique.En réalité, il est évident que la décennie 70 a d’abord été celle de l’émergence du féminin.Comme le féminisme traverse la société, le féminin traverse la -littérature, Il éclaire tous les rayons, il occupe toutes les scènes.Et sachez que le féniinin, ce n’est pas le féminisme.Et sachez que le féminin ne se limite pas aux écritures de femmes, disent Madeleine Ouellette-Mubelshson et Suzanne Lamy.De toute façon, le monde linéaire de l’écriture est éclaté depuis belle lurette.On a importé de France une première conception de la modernité.Les démarches formalistes ont cotoyé le marxisme de salon et quelques idées empruntées à la contre-culture américaine.Mais la salade est réussie et la mayonnaise est bien prise: ce pluralisme semble prometteur pour les années 80.Dans la poésie principalement, qui est passée d’un âge de la parole à un âge des écritures.Dans le roman, les romancières font éclater le genre: Lire Lueur de Madeleine Gagnon.L’écriture des femmes reprend à lapoésie son bien et remet en question l’écriture même.Et que dire de la critique littéraire?Elle trouve sa consolidation du côté de l’université.Son expansion va de pair avec la scolarisation de plus en plus poussée de la société.Tout comme la prolifération de l’essai profite de la démocratisation de renseignement et de r intensification des débats idéologiques.Ces débats ont feu et lieu aussi dans les diverses revues culturelles et littéraires, où le fossé entre la théorie et la fiction s’est rétréci, où la lutte et le rêve ont pris de nouvelles formes, où l’on ne parle plus de «parti pris» mais de «possibles».En somme, la machine littéraire est en place.L’appareil historico-critique est bien rodé.Au diable, les autodidactes! Après un certain rapaillage, selon l’expression de Lise Gauvin, le Québec littéraire est à la recherche d’un espace habitable.Tant pis pour les orphelins, ceux de la question nationale et ceux de la contre-culture! Nous voici entre le privé et le politique, entre l’intime et le manifeste, entre la fable et la question, entre le «je» et le «jeu».Comment alors les écrivains de moins de quarante ans imaginent leur travail pour les années 80?Nous avons posé la question à une douzaine de romanciers et poètes.Nous lirons leurs réponses dans les pages littéraires du DEVOIR samedi prochain le 28 novembre.Aujourd’hui, voici quelques regards posés sur les années 70.Bonne lecture.Jean ROYER jmu j «.1 - 1 La lumière Boucher et Madeleine Gagnon.diffuse du féminin.On reconnaît de gauche à droite: Marie Cardinal, Denise (Photo Jacques Grenier) des formes, des procédés, des types d'énonciation qui peuvent être répertoriés, étudiés.Travail à proposer à celles et à ceux qui font profession de chercheurs.Le temps est venu de dégager le meilleur, de prendre en compte les scories a l’origine inséparables de la vie, de distinguer ce qui suscite le questionnement esthétique ou l’approche sociologique, de s’interroger sur la prudence de la critique en ce qui concerne la majorité des textes de femmes.Est-ce que la peur de passer pour phallocrate ou pour une mauvaise soeur couperait court à certaines pulsions?Ou bien est-ce que l'absence d’affinités, d’in- livre pour qu’il y ait du féminin.De quel «féminin» s’agit-il alors?Bien malin ou bien maligne, celui ou celle qui délimitera le champ de validité de ce concept.Hors de la biologie, où commence et où finit le féminin?Et quel est son rapport à l'écriture?Certaines femmes affirment que c’est de leur corps qu’elles parlent, que par lui, est du féminin qui est produit.Tout au plus leur corps s’ouvre et jouit, gémit, hurle ou crie.De corps parlant, il n’y a pas.Sans doute rien de très prégnant n’est-il dit qui n’ait racine dans le corps de l’homme ou de la femme.Mais ce n’est que du voyage au bout de sa due, sa couleur.Aurais-je eu le talent de Miron, aurais-je pu écrire: «je suis malheureuse plein ma carrure»?(1) Admirable chez lui, l’image, sous ma plume, deviendrait ridicule.Est-il besoin de vérifier que «délivrées» est au féminin pour savoir que ces lignes sont d’une femme: «nous tordons ainsi le cou aux mots d’auteur délivrées que nous sommes de cette paralysie prostitutionnelle où nous étions sans corps couvertes de lauriers pour camoufler le pourrissement, nous n’irons plus au bois les lauriers sont coupés».(2) Mais l’im- posture du célèbre chevalier qui, pendant plusieurs siècles se cacha derrière la plus enamourée des femmes, a trop bien réussi pour ne pas inviter à la prudence en matière de reconnaissance du féminin dans les textes.«Je vous aime, comme une fol-le»(3) pourrait être perçu comme l’exemple meme de la parole débridée des femmes.Il est vrai que de tout temps l’amour a été l’apanage de la femme et c’est seulement depuis dix ans que les femmes, débordant la cartographie de la passion, en véritables nomades,.font leurs, tous les états.Epris d'un désir de fugue, le féminin bouge, se déplace: boules brillantes de mercure.Pour les femmes qui s'interrogent sur leur rapport à l’écriture, en tant que femmes et non en écrivains qui, par quelque bienfait du Ciel, auraient sublimé leur condition sexuelle, le temps du radicalisme, des prises de position combatives et bruyantes, paraît révolu.Moins portées à interpeller dans l’élan spontané ou la parole vive, moins prises par Vurgence de s’entendre vivre et vibrer, elles se retournent maintenant vers elles-mêmes, souvent avec humour, mûres pour la subversion sourde.Du moins est-ce ainsi que je les entrevois, dans la gestation sûre et à long terme, avançant dans l’ombre le long des lignes courbes.Bien averties de la nécessité de la déconstruction à parfaire en elles-mêmes, lucides sur la distance à maintenir à l’égard des discours de maîtrise, elles suivent les trajets qui peuvent briser la linéarité de notre monde mécaniste.Souterraines, elles procèdent par éclatements, enchevêtrements et coupures.Notes ! "je suis malheureux plein ma carrure», in Gaston Miron, «La braise et l'humus».L'Homme ra-paillé, Montréal.PUM.1970.p 53.2.Carole Massé, Dieu, Montréal, Les Herbes rouges 1979, pp.112-113.3.Guilleragues.Lettres de la religieuse portugaise.Déjà la notion de genre a plus ou moins cédé, la tnéorie sous-tend la fiction quand elle ne l'infiltre ou ne la recouvre pas, la transformation et la dislocation syntaxiques, l'ellipse.leur sont familières.La partie devrait se jouer de l’in- terieur, vers les possibles à découvrir.à inventer, à la place des heurts entretenus entre les âges, les races et les sexes UNE COLLECTION UNIQUE - UNE IDÉE NEUVE Le choix de.99 Enfin! une approche dynamique de notre littérature! Votre choix aurait-ii été le même?- Procurez-vous chez votre librairie ou commandez par poste chez lediteur, à 5,95 $ l'exemplaire: Série A ?Le choix de Victor Barbeau dans l’oeuvre de Victor Barbeau G Le choix de Robert Choquette dans I oeuvre de Robert Choquette ?Le choix de Roger Duhamel dans l'oeuvre de Roger Duhamel ?Le choix de Rina Lasnier dans l’oeuvre de Rina Lasnier ?Le choix de Simone Routier dans l’oeuvre de Simone Routier G Le choix de F élix Antoine Savard dans ! oeuvre de Félix Antoine Savard Série B ?Le choix de Clémence dans l’oeuvre d’Ajéed Des Rochers ?Chèque inclus Distribution: F1DES i_es grosses ixiurentiennes 1645, av Notre-Dame.C p 130 Notre-Dame des-Laurentides, Québec, GOA 2S0 snei À lire et à regarder avec plaisir Au fond des yeux mrnmm 25 québécoises qui écrivent ht V V > f » -* Photographies de Kèro -nouvelle optique - L’échappée des discours de l’oeil par Madeleine Ouellette-Michalska-6x 9, 336 p., $14.95 Madeleine Ouellette-Michalska L'ÉCHAPPÉE DES DISCOURS DE L'OEIL NOUVELLE OPTIQUE Au fond des yeux/25 Québécoises qui écrivent Préface de Lise Payette — Photographies de Kèro 10 x 8, 112 p, $14.95 ‘’A travers ces portraits de femmes d’ici, Kèro se livre autant qu elle livre ses modèles.Elle nous aime et nous aimera toujours.” Lise Payette TRACES ET PAROLES L’événement littéraire de l’année jacniiEi LE BOC ET LA SOURCE entretien» imc GILBERT tARRAB nouvais OWiOUS» Georget te Goupil HANS SELYE La sagesse du stress Nouvelle Optique nouveie optique des ouvrages de qualité et des cadeaux appréciés Venez rencontrer nos auteurs au Salon du Livre Stands 227-228-246-247 Jeudi 26 novembre à partir de 15 heures Kèro — Madeleine Ouellette-Michalska — G.Tarrab Vendredi 27 novembre à partir de 19 heures J.Duchastel — Kèro — Madeleine Ouellette-Michalska Samedi 28 novembre à partir de 14 heures Thérèse Dumesnil, Madeleine Ouellette-Michalska — J.Duchastel Dimanche 29 novembre à partir de 13 heures Kèro — Thérèse Dumesnil — G.Tarrab ïmmm WM !MMWiiR»0tfteV990$Ml£ Gilbert Tarrab Jacques Grand’Maison Le roc et la source $9.50 “Une heureuse occasion de profiter des profondes réflexions de celui qui se consacre à interpeller le Québec.” - La Presse Georgette Goupil Hans Selye La sagesse du stress $11.50 “Un livre indispensable.” - Chatelaine “Un événement rare, inoubliable” - G.Gaudet, Le Nouvelliste Critique aigüe et féministe de l’univers des hommes” - J.Ross, Focus Un essai remarquable et parfaitement convaincant” - H.Corriveau, NBJ “Avec humour et poésie, l’histoire de la femme à travers les temps” - Denyse Bombardier, Radio-Canada , Duchastel Entre i utopie et la raison ¦t w* m Nouwlto Optlqn* ttiéfta* Dumesnil AMSIUEAS! L écologiste aux pieds nus NouvvU» Optique ‘Un livre fort, original’ - Jean Royer, Le Devoir “Une lecture irrévérencieuse, corrosive même du discours patriarcal” - Reginald Martel, La Presse Jules Duchastel Marrel Rioux Entre l’utopie et la raison $11.50 “Marcel Rioux, un homme passionnant présenté dans un ouvrage qui l’est autant.” - Le Nouvelliste Thérèse Dumesnil Pierre Dansereau L’écologiste aux pieds nus $11.50 “Un personnage aux visages multiples, l’un des rares québécois à avoir son nom dans VEncyclopedia Britannica.” ¦ Québec-Science I ¦ « » t » - XIV ¦ Le Devoir, samedi 21 novembre 1981 regards sur la littérature des années 70 Les philosophes et les autres Fragments d'un discours disséminé NOS défaites sont plus souvent celles de notre esprit que celles de nos armes.«L'habitude de penser par soi-même et de se gouver-nersst indispensable dans un pays nouveau, où le succès dépend nécessairement en grande partie des efforts individuels des colons».C’est en ces termes radicaux, spirituellement.par l'absence d’une «pensée autonome» qu’Alexis de Tocqueville, venu voici cent cinquante ans dans cette terre d'Amérique, explique la défaite française en Amérique du Nord (11.Nos historiens, plus soucieux de «hardware» que de softward», acharnés à compter les boutons de guêtre des soldats, à dessiner les positions respectives des regiments pendant les batailles, «oublient» tout simplement de nous dire ce qui a animé, ce qui a fait mourir ces soldats.La «chose» la plus subtile, impalpable comme le vent, mais aussi la plus puissante à qui rien ne résisté; qui tel le vent se fait sentir indirectement, par ses effets, dans ses oeuvres l'esprit.Ses excès, comme l'ouragan, déracinent, ravagent des individus, des peuples, ses accalmies les font s’étioler, absents à eux-mêmes, morts avant la lettre.Y, Lamonde n'est pas de ces historiens la.Dans son livre, La philosophie et son enseignement au Québec (1665-1920), il dresse en quelque sorte la carte climatique des esprits, plutôt de l'esprit (le singulier est de rigueur!).du vent intellectuel qui soufflait en Nouvelle France, au Québec, pendant près de trois cents ans.Quel meilleur baromètre que l’enseignement de la philosophie pour enregistrer la circulation (ou la stagnation) des idées dans un pays! Livre important.la source, l'origine lointaine de leur pensee, fût-ce par sa négation, dans sa dénégation.«Talis eeclesia, qualis pholo-sophia».telle fut la devise de l’enseignement phifosophique au Quebec jusqu'au milieu de notre siècle.Pensée bétonnée de dogmes et de certitudes.Gare à celui qui lézarde les murs du système de doutes et de questions! Descartes, frappe d’interdit, cent ans après la publication de son Discours (1637), n’a pas en- par Heinz Weinmann L’auteur enseigne dans un cégep et collabore aux pages littéraires du DEVOIR.core fait son entrée au Québec.L’Encyclopédie, de façon générale, le siècle des Lumières, l’Aufklarung, ne pénètre au Québec qu'au XIXe siècle, par bribes, tout de suite désamorcés par le clergé, a fait souffler un vent de libéralisme, voire même de révolte: la révolte des Patriotes.Il est facile, après coup, de faire le procès de l’Église et de son enseignement philosophique monolithiquement théologal.L’homogénéité, l’u-nidimensionalité dogmatique telle à laquelle il s’est soumis par sa propre faute.» (selbst-verschuldeten Unmundigkeit).Si la pensée philosophique québécoise a secoué effectivement dans les années 60, le joug de la tutelle ecclésiastique, a-t-elle réussi, pour autant, dans les années 70, à se passer de la «direction d’un autre» (Kant), à devenir réellement autonome?Question difficile, délicate, mais décisive à laquelle on ne répondra que lorsqu’on saura ce que c’est que l’autonomie de la pensée, plus difficile à cerner que celle d’un pays.Certes, Kant a été un sujet de réflexion pour nos philosophes (2) pendant cette décennie.Mais ce fut la philosophie précritique du «sage de Konigsberg», sa théologie (P.Laberge, La théologie kantienne précritique, 1973), sa conception de la liberté (B.d’autonomie.En effet, ce qui caractérise la pensée québécoise des années 70, c’est sa fragmentation, son décentrement, sa dissémination.Prise par le vertige d’une liberté nouvelle, placée tout d’un coup devant des horizons intellectuels quasi illimités, elle est saisie d’un mouvement tourbillonnaire centrifuge qui l’emporte de son centre de gravité.Elle est happ e par des pôles d’attraction, disséminés dans des espaces intellectuels autres, hétérogères.De Platon (L.Brisson, Le même et l'autre dans la structure ontologique du «Timée» de Platon, 1974) à Aristote (V.Dégatie., It3 Ethique à Eudème, 1978), de l’objet économique (Dumont, La dialectique de l'objet écono-miaue, 1970) à la théorie de l’écnange (L.Racine, Théo- O ms Esdras Minville de la pensée furent probablement le prix que le Québec dut payer pour sa survie en Amérique du Nord.Prix qui n’.a pas été assurément trop haut lorsqu’on admet que le Québec a connu son Aufkla-rung, ses Lumières, dans les années 60 de ce siècle.Aufklarung (allemand voulant dire littéralement «éclaircissement», éclaircissement du temps, du ciel, qui laisse percer le soleil, la lumière), telle que Kant l’a définie dans sa fameuse réponse à l’enquête «Qu'est-ce que l’Aufkla-rung?» «L’Aufkla%rung signifie que l’homme quitte la tu- Fernand Dumont Carnois, La cohérence de la doctrine kantienne de la liberté, 1973) plus que sa critique «illuminante» (aufkla-rerisch) qui les a sollicités.À défaut d’une critique radicale de ses propres fondements, la pensée québécoise ne s’est-elle pas assujettie de son propre gré.en se donnant l’illusion de sa liberté, à d’autres tutelles?Autrement dit, les tutelles marxistes, freudiennes, ricoeuriennes, dufrenniennes, derridiennes (j’en oublie) auraient-elles simplement remplacé la Tutelle thomiste?La pensée disséminée n’est pas un gage rie de l’échange et circulation de produits sociaux, 1979), de l’économie de l’écriture et de la lecture (C.Lévesque, L’étrangeté du texte, 1976), au fondement philosophique des amthématiques (Y.Gauthier, Fondements de mathématiques, 1976), la pensée québécoise s’ouvre à tout le spectre de l’activité réflexive.Pensée plurielle qui s’irradie jusqu'aux titres de ses publications.Vadeboncoeur ouvre le bal du pluriel avec Indépendances (1972).Le petit «s» qui s’est ajouté nonchalamment à «Indépen- Repères bibliographiques 1970 Fernand Dumont, La dialectique de l’objet économique, Anthropos, Paris 1970.1971 Julien Bigras, Les images de la mère, Hachette; Olivier Reboul, Kant et le problème du mal, Presses de l’U.de Montréal; Jacques La-vigne L’Objectivité.Ses conditions intellectuelles et ses ins-tives, Leméac; Gilbert Tar-rab, Initiation à la pratique du test de Rorschach, PPM 1973: Bernard Carnois, La cohérence de la doctrine kantienne de la liberté, Seuil; Pierre Laberge, La théologie kantienne précritique, éd.de l’Un d’Ottawa; Léonce Paquet, Platon.La médiation du regard, Brill, Leiden; Pierre Vadeboncoeur, Indépendances, l’Hexagone.1974: Marcelle Brisson, Expérience religieuse et expérience esthétique, PUM; Luc Brisson, Le Même et l’Autre dans la structure ontologique du «Timée» de Platon, Klinck-sieck, Paris; F'.Dumont, Les idéologies.PUF; Jacques Dufresne, Le 100 OOième exemplaire, Edition du Jour; O les éditions de la pleine lune AU KIOSQUE 261 Nous vous attendons.Venez rencontrer nos femmes auteurs.CINQ NOUVEAUTÉS! UNE NOUVELLE C0LLEÇTI0N! Le deuxième monopoly des précieux de Pauline Harvey La Chatte blanche de Charlotte Boisjoli Les Carnets de l’audace de Janou St-Denis H.F’.Ellenberger, À la découverte de l’inconscient S I M E.P., Lyon; Jacques Grand’Maison, Des milieux de travail à réinventer, PUM, Une tentative d’autogestion, PUM; O.Reboul, Nietzsche, critique de Kant, PUF; Marcel Kioux, Les Québécois.Seuil, Paris.1975: Aspects de la marginalité au Moyen Âge, coll, sous le dir.de Guy H.Allard, L’Aurore; Simone Plourde, Gabriel Marcel, philosophe et témoin de l’espérance, Presses de PU du Québec.1976: Maurice Bourassa, Cannabis et fonctionnement intellectuel, PUM, Yvon Gauthier.Fondements des mathématiques, PUM, Claude Lévesque, L’étrangeté du texte, Elditions V.L.B.et 10,18.1978, Pierre Lucier, Empirisme logique et langage religieux, Bellarmin/Desclée.1977 : Bernard Labrousse, De l’idéologie dominée, éd Nouvelle Optique, Pierre Le-gault.La structure performative du langage juridique, PUM; René Major, Rêver l’autre, Aubier Montaigne; Roberto Miguelez, La comparaison intellectuelle, PUM ; Denis Monière, Le développement des idéologies au Québec, Québec Amérique; M.Morin, C.Bertrand.Le contrat d’inversion, HMH; -Jean Theau.La philosophie française dans la première moitié du XXe siècle, Ed.de L’U.d’Ottawa.1978: Vianney Décarie, trad.Ethique à F'.udcme d’Aristote, Vrin/PUM; H.F\ Ellenberger, Les mouvements de libération mythique, Quinze/Critère; Y.Gauthier, Méthodes et con- cepts de la logique formelle, PUM.1979: Julien Bigras, Le psychanalyste nu, R.Laffont; Ghyslain Charron, Freud et le problème de la culpabilité, éd.de l’homme d'Ottawa; Robert Hébert, Mobiles du discours philosophique, HMH; Georges Hetal, La philosophie comme panphysique, la philosophie des sciences de A.N.Whitehead, Bellarmin; Roland Houde.Histoire et philosophie au Québec, éd.du Bien Public, Trois-Rivières; Renée Major, L’agonie du jour, Aubier Montaigne; Charles Murin, Nietzsche Problème, PUM; Garbis Kortian, Mé-tacritique, Éd.de Minuit; Luc Racine.Théories de l’échange et circulation des produits sociaux, PUM; Philosophie au Québec, collectif, Bellarmin/Desclée; Robert Serge.Les révolutions du savoir, ed.Du Préambule, Longueuil.1980: Pierre Gravel, Pour une logique du sujet tragique.Sophocle, PUM; P.Lalonde, F.Grunberg, et coll.Psychiatrie clinique: approche contemporaine, G.Morin, Chicoutimi; Yvan Lamonde, La philosophie et son enseignement au Québec (1665-1920) HMH; M.Morin, C.Bertrand, Le territoire imaginaire de la culture, HMH; Roger Savoie, Le philosophe chat, Quinze.1981: H.Fellengerger, R.Duguay et coll.Précis pratique de psychiatrie, Stan-ké/Maloin; Fernand Dumont.Anthopologie en l’absence de l’homme, PUF; Yvon Lafrance, La théorie platonicienne de la Doxa, Bellar-min/Belles Lettres.dance» a donne un frisson a plus d’un souverainiste qui croit dur comme fer qu’ «indépendance» n’existe qu’au singulier.F.Dumont, dans Les idéologies (1974), reprend et module le thème.«Le pluralisme (souligné par l’auteur) prolongeant un des thèmes du vieux libéralisme, est devenu lui-même une idéologie» (I-bid .p.ll).La revue Possibles, fondée en automne 1976 est traversée par cette force plurielle qui travaille le Québec pendant cette décennie.Signe des temps, poésie, critique littéraire, analyses économiques et politiques s’y côtoient.Enfin Le développement des idéologies (1977) de Denis Monière ne fait que reprendre et appliquer au cas spécifique de Fhistoire du Québec l’intuition originelle de F.Dumont de la pluricité des idéologies.Si le spectateur de la scène intellectuelle québécoise a de quoi être fier de ce foisonnement, de cette diversité de la pensée, il n’en est pas moins inquiet d’un excès de dispersion qui frise l’atomisation.Un seul soupçon de synthèse, de concentration dans ce mouvement brownien; Philosophie au Québec, collectif, (1979).Pour le reste, des livres souvent uniques (dans toutes les acceptations du terme), pour ainsi dire des livres-monades (M.Renault, Le singulier, Essai de mona-dologie, 1979), qui existent isolément dans une sorte de «splendid isolation».On cherche vainement un catalyseur qui aurait pu les mettre en contact, en fusion.Ce qui fait défaut encore, c’est une oeuvre d’envergure comme l’ont connue la peinture et la littérature, Oeuvre qui fasse office de pierre de touche, avec, contre laquelle la philosophie québécoise se définisse.Miroir dans lequel la pensée (se)réfléchit.Cependant, dans leur dissémination même, les oeuvres suivent des lignes de forces, des isomorphismes s’établissent entre elles, malgré leur distance souvent stellaire.Esquissons quelque-unes de ces champs d’aimantation.Le plus puissant de ces courants qui traverse la pensée québécoise comme une vague de fond a trait à l’homme (appelée «sujet» par ceux qui croient qu’homme fait obsolète, obscène) dans ses rapports avec la culture.Un moment, on pouvait craindre que le Québécois faisait tout simplement dévier vers la Culture les anciennes ferveurs religieuses qu’il vouait à l'Église.(M.Brisson, Expérience religieuse et expérience esthétique, 1974).Les chapelles culturelles auraient remplacé l’Eglise.Heureusement, la culture n’est pas simplement un ersatz, un succédané du religieux, ses racines plongent profondément dans la mentalité québécoise.Parmi la «veille garde» des sociologues qui se sont intéressés a la question, M.Rioux s’est contenté de faire mettre en bouteille en France sous le label «Les Québécois» (1974), un vieux cru, portant l’appellation contrôlée «La question du Québec», millésime des années 60, qui hélas s’est éventé quelque peu pendant son voyage outré Atlantique.En l’absence des jeunes loups qui se font encore les dents et les griffes dans des articles F.Dumont est probablement celui qui.dans cette décennie du Lieu de l’homme (1968) jusqu'à L’Anthropologie en l’absence de l’homme (1981) aura soumis le phénomène culturel à l’interrogation la plus serrée, la plus suivie.La culture est une «seconde nature» (L’Anthropologie., p 11) qui supplée a une (première) nature absente, carencée, «oubliée».C’est cette radicalité d’une culture, répondant à une distance, à une absence que F.Dumont a le plus vigoureusement élaboré dans son dernier ouvrage.Quiconque ne tiendra pas compte de cette radicalité du concept culturel québécois en tant que supplément, en tant que suppléance d’une absence, quiconque prendra la culture comme un simple reflet «réaliste» d’un monde déjà existant, ne pénétrera jamais dans son foyer central, aveuglant à force d’être lumineux.Au début donc est une double absence, double perte.Perte de l’origine (française), perte du pays dans la Défaite.Une absence ne peut jamais être comblée.Elle peut être supplée par la répétition continue, obsessionnelle de l’acte culturel qui, tout en se créant, crée une «seconde nature», crée sa propre nature.C’est à cette «seconde nature» qu’oeuvre aussi C.Lévesque qui, avec L'étrangeté du texte a produit sans doute une des oeuvres les plus puissantes de cette décennie.Ce livre, comme bien d’autres, est resté un bloc erratique dans le paysage québécois.Pourtant une «nouvelle écriture» qui se gargarise de texte, de textualité, de modernité, aurait trouvé là un lieu de res-sourcement pur.En effet, en partant de Nietzsche, Freud, Blanchot et Derrida, C.Lévesque élabore une théorie du texte moderne.Texte neutre, sans locateur qui se fragmente, se dissimine sans cesse dans un espace, dans un espacement entre écriture et lecture.Bien que prenant appui sur Blanchot et sur Derrida, ce ecnre vade-mecum à l'usage des écrivains, journalistes et pigistes • i I l I marie évangeline arsenault avec la collaboration de benoit dutrisac préface d'henri tranquille ** préparation de manuscrit droit d'auteur dépôt légal fiscalité les périodiques et les directives aux auteurs les maisons d'édition et leur production les prix littéraires et journalistiques les regroupements littéraires et journalistiques .une bibliographie de livres utiles Ecrire, vade-mecum à l'usage des écrivains, journalistes et pigistes, le livre indispensable à tous ceux qui ont soif d'écrire et de se faire publier.disponible chez votre libraire ou directement chez l’éditeur: I* marche de récriture CP 148, suce.Youville, Montréal (Québec) H2P 2V4 (514) 270-3725 ISBN 2-920330-00-4 294 pages ISSN 0711-5474 14,95$ Salon du livre de Montréal Kiosque 427 F; livre, indirectement, secondairement, constitue une réflexion fondamentale sur la culture québécoise.«Le dehors, le silence, le non-langage, l’absence d’oeuvre ou l’absence de livre, c’est dans cet espace en abîme que se forment cette force caustique capable de faire et de défaire le langage.Nul ne peut élire domicile et prendre racine dans un espace neutre, sans intimité, qui prévient, précède et dissout tout appartenance» (ibi.pp.114, 115).Au début est encore l’abîme, l’absence que les livres, la Culture cherchent vainement à combler.Malgré l’absence du Livre, à cause de son absence, Derrida, Blanchot, C.Lévesque écrivent des textes, sans début, sans fin qui se continuent à perte de vue comme Y Entretien infini de Blanchot.R.Hébert, dans Mobiles du discours philosophique (1978), réflexion sur le concept de réflexion, sous la contrainte de son sujet, nous ramène à une culture plus conventionnelle, culture-reflet.«La culture est le reflet de l’homme issu du langage ordinaire utilise les propriétés catroptiques (sic!) de la réflexion pour décrire la culture comme phénomène de projection et d’objectivation» (Ibid.90).On peut regretter que ’auteur se soit volontairement privé de son apport le plus original: l’intégration de la pensee physique (catoptri-que et dioptrique) dans le discours philosophique.M.Morin et C.Bertrand, dans un essai stimulant, Le territoire imaginaire de la culture (1980) opposent à la culture nationaliste qui se fige, se fixe une fois pour toutes en une idole extériorisée du territoire réel, devant lequel on s’agenouille comme devant le veau d’où l’image, les images plurielles de F «expérience inté rieure», du territoire imaginaire de la culture.«Si ce n’est l’essence de la nature, peut-être serait-ce celle de cette puissance imaginante en nous qui s’active et s’exerce dans son rapport à la nature» (ibid., p.33).Culture encore comme «seconde nature», comme dépassement d’une nature absente, niée.Il n’est pas interdit de supposer qu’a travers le «sujet» tragique qui cherche difficilement à se constituer dans le livre de P.Gravel (Pour une logique du sujet tragique: Sophocle, 1980), c’est aussi le «sujet» québécois qui tente de se constituer difficilement (vainement?) dans son théâtre aux choeurs antiques: Michel Tremblay.Enfin, G.Brouillet, dans LA passion de l’égalité (1979) touche un point névralgique de l’habitus culturel québécois.Il montre avec passion.comme Tocquedroits^à côté, en face de 1’ «tiomo aequ-lis»7 dé democraticus.N’oublions surtout pas que le régime démocratique et ce qu'il entraîne d'égalitarisme, le Qdébec ne l’a pas choisi librement: il fut imposé par l’Ennemi, l’Anglais.Ainsi, les fantômes de Y «Ancien Régime», pas vraiment liquidés, hantent périodiquement la pensée québécoise.Un deuxième courant, moins fourni que le premier s’occupe non plus de lettres, mais de chiffres.Jacqqes Dufresne à qui revient le mérite d’avoir fondé au début de cette décennie la revue Critère, plaque-tournante interdisciplinaire, dans un petit livre, Le lOO.OOOième exemplaire (1974) dénonce la magie du nombre dans notre société industrielle.Jacques Languirand, lui, s’est lancé sur les traces de Pytha-gore.G.Hétal, de son coté a exploré la «panphysique» de A.N.Whitehead (1979).Mais la réflexion la plus profonde sur le nombre, sur le fondement philosophique des mathématiques est opérée par Yvon Gauthier dans une étude intitulée précisément Fondement des Mathématiques (1976).Cet auteur entreprend une synthèse impressionnante des mathématiques modernes, à commencer par la théorie des ensembles canto-rienne.On sent qu’Yvon Gauthier est parfaitement à l’aise dans la tradition mathématique allemande, française et américaine.Les livres de cet auteur sont animés par la volonté farouche de ne pas laisser inféoder la langue, le logos par les chiffres, les arithmétiques.L’activité mathématique est elle-même une activité linguistique.«L’acitivité mathématique est une activité linguistique et le langage pour etre un système autonome, n’en est pas moins la totalité de ses composantes» (ibid., p.344) ¦ «Hegel est mort et la morale est nietzschéenne.et les fondements de l’édifice du savoir sont lézardés» (Y.Gauthier, op.cit.375).Affirmation inquiétante de la part d’un auteur qui oeuvre à consolider les soubassements philosophiques des mathématiques.Constat d’échec des grands systèmes.En effet les années 70 ont vu l’effondrement des systèmes totalitaires de Hegel et de Marx.Ori est en droit de se demander si Hegel et Marx ne sont viables aujourd’hui qu’à travers la critique moderne à laquelle les a soumis l’École de Francfort.C’est la voie dans laquelle s’est engagé Garbis Kortian dans Mé-Suite A la page XVI 7ierlS.r r U1 A».CO tr* 23 grandes compositions par Edmond-J.Massicotte Présentation par Benoit Lacroix, o.p.de l'Institut québécois de recherche sur la culture, lauréat 1981 du Prix Léon-Gérin Introduction de M.Casimir Hébert de la Société historique de Montréal Avec commentaires par des auteurs canadiens "En ouvrant cet album de documents ethnographiques excep lionnels enluminés de commentaires charmés et admiratifs, nous devinons sur te coup l’importance d’un certain vécu collectif.Chaque "scène" est ici parrainée par son ami de la culture.C’est fascinant de nous retrouver avec Edmond-J.Massicotte en une aussi auguste compagnie de talents et d’êtres de savoir qui se faufilent aisément entre les divers tableaux que leur offre leur ami." Benoît Lacroix, o.p.104 pages, 26,5 X 37 cm 25,00 $ LES ENTREPRISES CULTURELLES, ENR.399, rue des Conseillers, La Prairie, Qué.J5R 4H6 — (514) 659-1282 Kiosque No 262 une remarquable revue québécoise pour les jeunes • le magazine des jeunes qui vaut une encyclopédie • paraît à chaque mois, de septembre à juin • 68 pages • impression sur papier glacé tout en couleurs • publié depuis onze ans par les Éditions Paulines Vous pouvez obtenir un exemplaire gratuit au stand n° 402, à l'occasion du Salon du Livre de Montréal, ou bien en écrivant à : Vidéo-Presse, 3965 boul.Henri-Bourassa est, Montréal, P.O.H1H1L1 Une excellente suggestion de cadeau pour Noël Un abonnement annue 13,50$ Le Devoir, samedi 21 novembre 1981 ¦ XV regards sur la littérature des années 70 L’essor de l’essai L'irruption de la littérature réflexive vlb éditeur LA PETITE MAISON DE LA GRANDE LITTÉRATURE SI la décennie soixante fut caractérisée par l'émergence d’une littérature de fiction, la décennie soixante dix a surtout été marquée par.la prolifération des essais.Cette décennie a été pour la littérature québécoise une période de consolidation et de diversification.À la fiction qui était le genre littéraire prédominant s’est ajoutée une littérature que j'appelle d’idées ou réflexive parce que sa fonction principale est l’analyse de la réalité, sa description objective et non pas sa transposition par subjectivité interposée.Ce genre de discours était le parent pauvre dans notre histoire littéraire.Les Guérin, Montpe-tit, Minville ne fourmillaient fias dans notre république des ettres.L’ensemble de la production littéraire avait d’ailleurs tendance à l’hagiographie et servait les finalités du pouvoir clérical.Le monolithisme idéologique ne favorisait guère les débats intellectuels., Les effets de la modernisation tardèrent à se manifester dans la vie littéraire québécoise.Si le dégel québécois des années soixante s’est traduit par la floraison des oeuvres de fiction, il en alla autrement pour les oeuvres de réflexion qui tardèrent à se développer.Dans la décennie soixante dix, la pratique de l’essai a cependant connu un essor sans précédent et a contribué à l’enrichissement de la vie intellectuelle québécoise.L’essai tout comme le roman, la poésie ou le théâtre participe de la création car il procède lui aussi à une reconstruction du réel.Il se distingue toutefois des autres genres littéraires en ce qu’il explicite plus ou moins rigoureusement sa grille de lecture de la réalité et tend à l’intersubjectivité.par Denis Monière L’auteur est attaché à l’Université de Montréal.Il est ajjssi président de l’Union des écrivains québécois.Il a publié une histoire des idéologies et a mérité les prix du gouverneur général du Canada et de la Ville de Montréal.L’effort intensif de création en sciences sociales est bien illustré par l’évolution du nombre de titres (livres 1ère édition) publiés au Québec.Ainsi en 1968 si on regroupe les catégories science politique, sociologie et histoire (voir statistiques de l’édition au Québec) on constate qu’il n’y eut que 29 livres publiés en sciences sociales comparativement à 124 pour la littérature.Ce déséquilibre est inversé en 1979 puisqu’il y eut 560 titres publies en sciences sociales contre 400 en littérature.En 1980 on trouve une situation d’équilibre relatif entre ces deux domaines de la création littéraire.Cette irruption de l’essai sur la scène littéraire n’a pas été sans provoquer quelques remous et réactions de mépris manifestées par la subtile distinction entre écrivants et écrivains mise à la mode par des chapelles qui prétendaient au monopole de la créativité.Cette crainte de l’envahissement de l’essai s’est aussi traduite par l’exclusion des sciences humaines d’une publication comme Livres et auteurs québécois.Heureusement, 1 Union des écrivains a évité jusqu’à présent ce genre de sectarisme quoique des velléités d’ostracisme se soient manifestées à l’occasion.Divers facteurs ont contribué à cet essor: le développement universitaire des sciences sociales, l’augmentation du taux de scolarisation et enfin l’intensification des débats idéologiques.Le développement des recherches en sciences sociales répondit aux besoins d'une société à la recherche d’elle-même ce dont témoigne l’extension du corps professoral et de la clientèle étudiante.Jamais auparavant la société québécoise n’avait investi autant de ressources dans les divers champs du savoir.Tout était à faire: des départements à L’écrivain Pierre Vadeboncoeur a certainement été un des essayistes les plus remarquables des années 70, avec son ouvrage «Les Deux Royaumes», paru à l’Hexagone, qui lui a d’ailleurs valu le Grand Prix littéraire de la Ville de Montréal.Photo KÈRO créer, des professeurs à former, des cours à construire.On allait à la découverte du Québec en appliquant à l’étude de notre réalité des modèles d’interprétation et des méthodologies diversifiés.L’abondance de la production est le résultat de cet effort collectif stimulé il faut bien le dire par le nationalisme.La recherche de l’identité collective qui avait été véhiculée par les oeuvres littéraires a engendré une soif de connaissances objectives sur les diverses dimensions de la réalité québécoise, pour ainsi dire, des meubles aux idéologies.L’intérêt pour l’histoire, la sociologie, la science politique est devenu un phénomène de masse, l’audience de ces champs de savoir dépassant souvent celle de la littérature ce qui explique la sourde rivalité entre les genres.Les prophètes n’aiment pas la concurrence.Mais en définitive, l’expérience de la coexistence des genres a démontré que l’interaction entre la fiction et l’analyse réflexive peut être stimulante et que l’essai peut féconder la poésie ou le roman en fournissant aux poètes, romanciers et dramaturges des informations historiques ou sociologiques qui servent de toile de fond ou de support à l’imagination.Louis Caron vient d’illustrer de façon éclatante ce processus d’osmose dans «Le canard de bois».Tous les genres littéraires sont indispensables et se conditionnent réciproquement.Une littérature ne peut s’établir que par leur complémentarité et non par leur exclusion.L’essai est donc devenu un élément dynamique de la littérature québécoise et c’est un signe de maturité.Les livres qui laissent de grands souvenirs.§«111 1 # ar sam Volume simple: $2.50 Volume double: $3.75 Volume triple: $4.50 Volume quadruple: $5.25 m < '"•N ¦ r -.¦(> es histoires de rosalie aKiivaK J*’ une jument extraordinaire Une nouvelle collection du Père Castor pour les grands.28 titres déjà parus avec de nombreuses illustrations: Akavak - L’arbre à voile -L’eau secrète - La Gloire -Le fauteuil de grand-mère -Du soleil sur la joue -Les histoires de Rosalie -Un certain monsieur L.-Un été aux Arpents -La petite lumière dans le bois -Jonathan Livingston le Goéland -David l’étrange -Zoum et les autres -Le passage des loups -Le cygne rouge -Rendez-vous dans les Carpates -Le chant triste du coyote -Fabrice et Berger -La cité des abeilles -Un hiver aux Arpents -L’autre - La fille du cirque -L’inondation -Rroû - Le secret de Jeremy -En avant voyageur -Une difficile amitié - (Père Castor.Flammarion} Un centième ouvrage, ça se fête! YVES THËRIAULT Valère et le grand canot Deuxième volet des contes, nouvelles et récits d’Yves Thériault, celui-ci raconte ici les aventures d’une trentaine de personnages qui nous font revivre le mythe du village québécois traditionnel axé sur la boutique de forge.Une plongée sublime au coeurdu passé amérindien pour déconstruire le mythe et nous le rendre éclaté.Des récits qui s’enfoncent loin dans le quotidien pour produire une écriture souveraine dont Victor-Lévy Beaulieu, dans la préface, rend compte avec respect et lyrisme.Le centième ouvrage publié chez VLB Éditeur.292 pages — 14,95$ YVES THÉRIAULT La femme Anna L’auteur nous entraîne dans les vastes pays québécois.De la Gaspésie, de la Côte Nord, de Montréal, de Québec, de Sainte-Léonide et d’ailleurs, surgissent, comme grandeur nature, une floppée de personnages colorés qui ont tous quelque chose de fondamental à dire.Une écriture où se mêlent violence exacerbée et tendresse avouée.Des mots qui nous rappellent l’immense place qu’occupe Yves Thériault dans les lettres québécoises.328 pages —14,95$ Yves Thériault Preface de Victor-Lévy Beaulieu vlb éditeur VICTOR-LÉVY BEAULIEU Satan Belhumeur Satan Belhumeur, c’est d’abord l’ami de Jos Beauchemin dont il est sublimement et dérisoirement amoureux.Cela donne un roman parfois hilarant, particulièrement quand le rhinocéros montre le gros bout de sa corne avec Abel Beauchemin et Jacques Perron, son Honneur le maire Pollux Ryani et l’infâme Caligula Trudelle, en plein Moréal-Mort.Un livre d’une belle tendresse d’amour dans une langue superbe.Illustré somptueusement par Tibo.Prix Jean Béraud-Molson 1981 235 pages — 12,95$ LEANDRE BERGERON Dicitionnaire de la langue québécoise (Supplément 1981) Poursuivant sa chasse aux mots et aux expressions du Québec, Léandre Bergeron nous livre dans cet ouvrage 2 300 nouveaux joyaux de notre parlure.La charte de la langue québécoise Une manière de manifeste très pertinent sur la langue québécoise.Un texte qui resitue de belie façon la problématique de notre langue.À lire, absolument! 176 pages —11,95$ 56 pages — 3,00$ SOEUR BERTHE Ma cuisine au yogourt Voici le livre des secrets de soeur Berthe: pas moins de deux cents recettes pas comme les autres qui disent bien la valeur inestimable du yogourt.Avec, en préambule, la petite histoire du yogourt au Québec racontée par Victor-Lévy Beau-lieu.282 pages — 12,95$ RENÉE LARCHE Éthel, souris-moi.Une adolescente de quinze ans, un père grand comme cet érable du parc Lafontaine, une amie aux yeux vagues comme l'électricité: trois personnages, c’est bien suffisant pour dire cette amitié soudaine entre deux pensionnaires d’un collège montréalais.13g pages — 10,95$ MICHEL GARNEAU Émilie ne sera plus jamais cueillie par l’anémone Le chet-d’oeuvre de Michel Garneau illustré en couleurs par Maureen Maxwell.Un petit bijou d’écriture, dans une présentation superbe.-, 1 g pages _ t j 95$ fNw&fe.GILLES RAYMOND PHILIPPE HAECK Un moulin, un village, un pays L’univers de Donnacona, de son moulin de papier journal, de ce grand jeu qui se joue entre les dominés et les dominants.Déjà un succès! 208 pages _ ,2 95$ ADRIEN GRUSLIN Le théâtre et l’État au Québec La parole verte Une poésie féconde qui nous ramène au coeur de la substance humaine et qu’il faut lire avec la joie que procure le travail bien fait.Dans la continuité de Polyphonie.160 pages - 11.95$ RENAUD L0NGCHAMPS Babelle 1.Après le déluge Une analyse pertinente des actions/inactions des différents I niMfutx.0a rinuy-eroaroftofs.oju.tamAtten).an.causa, la.pratique de notre théâtre.Abondamment illustré.420 pages —34,95$' Venez rencontrer Yves Thériault, Victor-Lévy Beaulieu, Soeur Berthe, Léandre Bergeron, Jacques Lanctôt, Gilles Raymond et tous les autres au Salon du Livre, stands 414, 415 et 416.chez VLB ÉDITEUR! Dans l'univers de la Beauce, un cri délirant sur la vie 'qudtrtiiWfîfb.'rfeTTfili'ti’WtreThlitirrrTBT.'ùnBécflrure neuve, un roman qui fait éclater tous les genres.176 pages — 11,95$ BON DECOMMANDE Je veux recevoir les ouvrages suivants: Ci-joint mon ?chèque, mon ?mandat postal au montant de$ .MON NOM: .ADRESSE: .VILLE:.CODE POSTAL: .envoyez i: VLB ÉDITEUR 2016 est rue Sherbrooke, Montréal H2K 1B9 __________ au téléphone: 524-2019 XVI ¦ Le Devoir, samedi 21 novembre 1981 regards sur la littérature des années 70 Fin d’un romantisme ÉDITIONS DES HORIZONS CARAÏBES siège social: CITÉ CLERC 97260 MORNE-ROUGE (Martinique) La littérature mise à prix LA fin de ce siècle marquera-t-elle la mort d’une conception romantique de la littérature?Et l'apparition d’une vision économique de l’écriture?La naissance des syndicats, des Unions, les querelles de Sociétés de perception, les nouveaux slogans qui appuient le droit au salaire de l’écrivain, les attitudes inattendues des poètes qui s'étonnent de n’ê-tre pas payés pour chaque ligne rimee, les politiques gouvernementales qui, au fédéral en ce qui touche aux droits d’auteurs pour les livres empruntés en bibliothèque, au provincial pour ce qui est de la photocopie, problèmes traités au niveau international par ailleurs, et jusqu'à la publication d’un engagement des créateurs, est-ce autant de symptômes d’une idéologie galopante?L'éditeur Laffont, dans un texte publié pour célébrer l’anniversaire de sa maison, se désolait récemment de ne plus trouver les relations avec les auteurs aussi agréables qu’au-trefois.Hier le simple fait d’être publié, mis en librairie, suffisait à l'écrivain.La gloire était notre salaire.Aujourd'hui chacun se conduit comme un locataire et recour et à la Régie des Loyers pour le moindre accroc.L'éditeur est vu comme un propriétaire avec qui le bail est négocié durement.Il n'y a plus, ou pres-ue.de grandes amitiés entre es écrivains et des directeurs de maisons d’édition.Les auteurs changent de toute façon d'éditeur comme de chemise, et l'écrivain même n'est pas étonné et ravi d’être «(découvert».Cela lui revient, croit-il, de droit.Tout un chacun s’étonne de ne pas être sur la liste des best-sellers.Or il me semble, une fois encore, que cette attitude nouvelle, cette conception de la littérature payante, n’est pas une idée d’intellectuel, mais une réalité du marché que les écrivains se tuent à justifier et structurer.Quand nos livres, après trois semaines sur un comptoir, parce qu'ils n’ont pas bougé, sont retirés d’office comme des tomates trop mûres, nous ne sommes plus en littérature pour la gloire, mais en littérature pour l’argent.Le modèle de l’écrivain n'est plus le héros militaire ou l'aventurier, c’est le comptable.le courtier, La littérature ne se discute plus dans les cafés enfumés, elle se débat à la bourse des traductions et au coût du papier, à Francfort, à Montréal ou à New York.La littérature a été mise à prix.L’écrivain aussi.Il faut faire le Concourt.Et il en est de même pour les autres arts.Au temps du roi l'élite écrivait pour l'élite et cherchait la reconnaissance de la cour.Corneille voulait tant une pension que.quand il l'obtint, il cessa tout de go d’écrire.La diffusion de l’imprimé et de l’instruction fit du peuple par la suite le benefactor.Pour séduire le peuple il fallait être avec lui, Le poète des temps classiques était un sage qui maniait le code mieux que uiconque.Virtuose.Son mo-èle?Le gentilhomme, qui ne bouleverserait jamais l’ordre établi Puis le romantisme s'installa avec la révolution industrielle.Tout devint possible, même s’enrichir sans our autant appartenir à la no-lesse.L’écrivain se mit à écrire pour changer le monde, il était le fils «rebelle» de la bourgeoisie.Son modèle?Le par Jacques Godbout Écrivain, réformiste.et journaliste, fondateur-président de l'Union des écrivains québécois, Jacques Godbout est aussi cinéaste.Nous lui avons posé la question du statut social de l’écrivain.Il nous a répondu avec un article qu'il avait écrit pour le dernier numéro de la revue Liberté et que nous reproduisons pour le bénéfice des lecteurs du DEVOIR.militaire qui se battait l’épée nue pour la gloire de la patrie, l'aventurier qui explorait des contrées lointaines au temps béni des colonies.On pourrait poursuivre ces descriptions en les raffinant.Qu’il suffise de dire que T écrivain-type et sa justification ne sont pas le fruit d’une volonté des littéraires.La principale tâche du «milieu» consiste en effet à justifier à mesure les changements de' modèles.Pierre Maheu, dans un article posthume publié par le Temps fu (au printemps dernier), a merveilleusement décrit les limites et le rôle de l'homme politique.Celui-ci, a-t-il démontré, ne précède pas la volonté populaire et même ne change rien à la réalité.Il est, écrit Maheu, «l’agent de la réalité».C'est à dire qu’il confirme dans des lois des états de fait déjà acquis.Un gouvernement ne fait somme toute que légaliser ce qui est économiquement possible et déjà accepté dans les moeurs.Qu’en est-il de l’artiste?Est-il lui aussi un «agent de la réalité»?La conception romantique du rôle de l'artiste (du poète, de l’écrivain, de l’intellectuel) Philosophes Suite de la page XIV tacritique (1979), livre important, dense qui révise mé-tacritiquement Hegel, Marx, Freud à travers le prisme de la critique de Jürgen Habermas.Soljénitsyne, au milieu de la décennie a donné un coup bas aux régimes marxistes.Il a ajouté a notre vocabulaire un mot nouveau: Le Goulag.Soljénitsyne a mis à nu le regime concentrationnaire brutal de la «schlague» là ou des idéologues intellectuels imaginaient et imaginent encore un pays du sourire paradisiaque.Ainsi donc.Nietzsche a pris la relève de Marx et de Hegel.Celte relève nietzschéenne a laissé aussi des traces au Québec.C.Lévesque consacre l'essai central de L'étran- LA SEULE VÉRITABLE INDÉPENDANCE sera celle qu’une personne se bâtira elle-même FAITES UN CADEAU FAITES UN CADEAU /•V2 Biologie 101-401 Gilles Drainville Faire en sorte que l'étude de la Biologie soit proposée aux étudiants comme une véritable recherche Tel est le but que nous nous sommes proposé en rédigeant ce guide de travail Nous avons décidé de réduire le Biologie: le corps humain de Claude Parrot Ce cahier s'adresse aux étudiants des niveaux secondaire III et IV Inscrits au cours de biologie humaine Les différents chapitres et paragraphes de ce cahier ont été numérotés en suivant fidèlement les numéros utilisés dans le programme de biologie humaine 170-442 - publié par le ministère de l’Éducation.Le professeur conserve Tentlère liberté quant au choix des moyens et méthodes à utiliser: cours magistraux.travail individuel, travail en équipe, utilisation de matériel didactique et audio-visuel, recherche.etc 6.95$ Kiosques Nos 155 - 156 - 157 4574, rue Saint-Denis (métro Mt-Royal), Montréal H2J 2L3 - Tél.: (514) 842-3481 Les verbes en un clin d’oeil » (Dictionnaire des verbes français) Jean-Marie Laurence avec la collaboration de Jocelyne Henri.Conjugaison des verbes français selon des modèles auxquels s’ajoutent des chapitres sur les mécanismes du verbe, les verbes irréguliers, les verbes défectifs, l’accord du verbe avec le sujet, l’accord du participe passé, la concordance des temps, etc.204 pages (cartonné) 4,50$ Y H THEATRE MOT MAGIQUE MARIONNETTES- JEUX SCÉNIQUES OMBRES CHINOISES Guérin Théâtre mot magique Anne-Marie Connolly, Paule-Nicole Morin, Bernard Groz.Théâtre de marionnettes, ombres chinoises, jeux scéniques.Livre illustré en 4 couleurs (cartonné) 6,00$ oxiernoN DES PETITS ABREGE DE GRAfTWAIRE FRANÇAISE Abrégé de grammaire française (répertoire de règles) Pierre Hébert et Gérald Vézina, Collection nouvelle «Des petits répertoires» Les grammaires ne cessent de croître en nombre et, surtout, en complexité, si bien que les usagers en arrivent à penser que la quantité de règles est inhérente à la qualité de l’ouvrage.Le présent Répertoire ne prétend pas se substituer aux sommes plus détaillées; mais II se distingue par son contenu et sa présentation.100 pages 10 cm x 22,5 cm 3,95$ La clé de la correspondance Claudette Grégoire Outil très utile, tant dans la correspondance commerciale que personnelle, qui permet à l’usager d'articuler correctement les éléments de son message.Ce volume regroupe des indications quant au protocole, aux formules d'introduction, de développement, de conclusion et de politesse.23 cmx 15,5 cm - 82 p.4,95$ mpwmm Ky% JW i Pour vaincre le cancer du poumon Gilles Beauchamp, M D.Le cancer du poumon demeure la principale cause de mort par cancer au Québec et au Cànada.Depuis la deuxième moitié du XXe siècle, ce cancer s'est installé avec force dans la société occidentale.Il s'est d'abord infiltré dans les milieux de travail, a gagné la population masculine, puis au fil des années, il s'est établi à l'état endémique.A cause des changements sociaux, les femmes et les adolescents consomment de plus en plus de cigarettes; Il est à prévoir une augmentation significative du cancer du poumon et chez les plus jeunes et chez les femmes.Comment découvre-t-on la maladie?Quels sont les moyens de la guérir ou de la soulager?Telles sont les questions auxquelles l'auteur répond dàns cette courte monographie que chacun, même celui qui n'est pas habitué au langage médical, comprendra aisément.22,5 cm x 15,5 cm -104 p.4,95$ I S ORTHOGRAPHE 2 Joseph Vincent trope 'AhAlVH Histoire du Canada de 1867 à nos jours HC155 — Raoul Massé Enfin, voilà un guide renouvelé sur l'apprentissage individualisé de l'Histoire du Canada, de 1867 à nos jours.Pour les adultes-étudiants et les élèves du cours secondaire désireux de se perfectionner et de saisir l'évaluation et les conséquences des grands événements sur notre destinée canado-québécoi-se d'une part, l'influence déterminante de nos grands hommes sur notre milieu religieux, social et politique, d'autre part.Pour les professeurs préoccupés d'utiliser un outil valable et un guide sûr pour leur enseignement de l'histoire nationale.4,00$ Chantons dansons Chantons/Dansons (1) Chantons/Dansons (2) Hélène Poirier/Carmen Ste-Marie Borduas/ .Michelle Vandal Sudrau Poèmes et chansons Héléne Poirier/Carmen Ste-Marie Borduas Ces recueils de poèmes, rondes, comptines et chansons s'adressent aux parents et aux professeurs ayant le goût de répondre à un besoin naturel des enfants: l'expression par te chant et à l'enseignant en français langue seconde et en classe d'immersion.Chantons-Dansons (1)4-5 ans livre- 27cm x 20,5 cm - 96p.3,95$ 2 cassettes 30 mn dans un bottier 18,95$ L’écologie au secondaire Danièle Dubô Nouvelle edition, revue et corrigée.Ce cahier d'exercices a été conéu pour permettre à l'étudiant de réaliser que l'équilibre de la rature est très facile à briser.Il se divise en trois parties: les inter-relations, description des écosystèmes, l'homme dans son milieu.?élève-28cmx21,5cm - 174 p 5,00$ Sec I.Il ?maître - 23 cm x 15,5 cm - 79 p.6,00$ Sec I, Il ?Diapositives (134) 134,00$ (à paraître 1981) Étant destinés è des élèves ayant des résultats orthographiques faibles ou moyens.Iss premiere cahiers -Orlhogrsphe- évitent autant que possible les "règles d orthographe- dont beaucoup exigent des énoncés complexes Par contra.les exercices de réflexion sont soutenus et précisés par des -conseils- simples auxquels les élèves pourront se référer facilement 21,5 cm *21 cm Orthographe 1 4,50$ Orthographe 2 4,50$ Ë tels qu'on les retrouve dans une clef des songes.22,5 cm x 15 cm- 166 p.6,95$ s’est bon il C’est bon la sexualité Richard Lauzon/Suzanne Bougie-Lauzon Un livre pour les garçons et filles de 13 à 19 ans et pour les parents et éducateurs de 20 à 80 ans.Il veut indiquer aux adolescent(e)s quel rôle joue la sexualité dans leur vie et comment réussir leur vie affective et sexuelle présente et future.Il favorise la compréhension entre les générations en incitant à la justice et à la tolérance mutuelles.20,5 cm * 14 cm - 315 p.5,95$ y: Jtfxoow.4’.: mmmtertm L’aménagement linguistique du Québec Collection Langue et société Jean-Claude Corbeil De tous les pays entièrement ou partiellement de langue Irançaise.la Québec est celui qui a poussé le plus loin ( AMÉNAGEMENT LINGUISTIQUE de son territoire Deux postulats sont è la base des réflexions de,ce livre: la société est ainsi organisée qu'une hiérarchie s'établit entre les diverses variétés d'une même langue, de sorte qu'il faut examiner la question de la norme dans la perspective du contrôle social des comportements linguistiques; en situation de multilinguisme, la concurrence entre les langues en présence est uniquement une affaire de statut, is question étant ou de savoir ce qui fait le statut d'une langue.Ou de décrira et de déterminer avec exactitude le statut des unes et des autres.22,5 cm x >5 cm - 154 p.7,95$ Voyez clair dans voa rêve» Marie Coupai Dans la première partie de ce livre, on trouva un résumé sur l'histoire du rêve, son rôle dans l'évolution et le développement de Time: Dans la seconde partie, on donne ('interprétation de divers symboles Manupuncture Massage basé sur la technique de l’acupuncture • Massimo N.di Villadorata Ce livre traite d une technique qui.du point de vue de notre culture occidentale, n'est certes pas -classique-, et dont le mécanisme est loin d être complètement expliqué et compris, mais qui, en Orient-jouit de milliers d'années d'expérimentation et d'application quotl-, dienne.Le mot "acupuncture», utilisé en Occident, dérive du latin acus.aiguille.et punctura.piqûre.La technique du massage, basée sur les principes de Tacupuncture.est appelée manupression ou manupuncture.L'analyse des principes occupe la première partie de ce livre, tandis que la seconde partie fournit urv Instrument aussi simple et pratique que possible pour aider à l'apprentissage des caractéristi-quæ des méridiens et au choix des points à traiter.22,5 cm x 15,5 cm -227p.7,95$ Scémrs-, hdMvxèmy .m> • le Canada et le monde L.DummM ., -JHT vis.Les sciences humaines au primaire SIX CAHIERS qui se veulent concrets et accessibles.Par l'observation de leur environnement, des exercices permettent aux jaunes de sslsir les sctlvttés humaines et tes amènent é mettra de Tordre dans la réalité toujours complexs du monde où noos vivons.— De la maison à l'école.1ête 2,95$ — L'école et ses environs 2* 2,95$ — L'entant et son environnement.3® 2,95$ — Le long du Saint-Laurent 4C4,25$ — Dans nos cantons, 5e 4,25$ — Le Canada et le monde, 6e 4,25$ EN VENTE DANS TOUTES LES BONNES LIBRAIRIES Et dans les librairies Guérin la librairie de Longueuil (accréditée) métro Longueuil 677-6525 la librairie de Montréal (accréditée) 4560, rue Saint-Denis, métro Mont-Royal, Montréal H2J 2L3 • 849-1112 la librairie de Montréal 4440, rue Saint-Denis métro Mont-Royal - 843-6241 la librairie de Montréal 168, rue Ste Catherine est, métro Berri- Demontigny, Montréal H2X 1K9 - 861-5647 i I
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