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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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  • Journaux
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Références

Le devoir, 1982-04-17, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR Montréal, samedi 17 avril 1982 le salon du livre de Québec ÉCRIRE EN L’AN 2000 10e Rencontre québécoise internationale des écrivains Ce cahier spécial est publié à l’occasion du onzième Salon du livre de Québec qui se tient du 20 au 25 avril prochain.Le supplément a été réalisé en collaboration avec le comité organisateur de la dixième Rencontre québécoise internationale des écrivains qui avait lieu à Montréal du 14 au 20 février dernier et dont le secrétaire-général et fondateur est M.Jean-Guy Pilon.Ce cahier ne peut évidemment pas contenir les actes de la Rencontre ni même tous les travaux présentés aux quarante écrivains invités.Néanmoins, on y lira les principales communications données en assemblée plénière et touchent aux diverses questions qu’amenait le thème de «l’an 2000».Pour connaître le contenu des autres travaux et communications qui n’ont pu prendre place ici faute d’espace, le lecteur pourra se référer aux reportages qu’a publiés UE DEVOIR, du 16 au 19 février, sur cette Rencontre des écrivains à l’enseigne «magique» de l’an 2000.PHOTOS KÈRO y8» * *.^ ¦ Les écrivains et écrivaines qui ont participé à la 10e Rencontre des écrivains.De gauche à droite, à commencer par la première rangée: Désirée Sczucsany, Jacques Folch-Ribas, Madeleine Ouellette-Michalska, Louis-PhilippeHébert;PierreMorency,GuyCloutier,AndréRoy,ValèreNova-rina, Tristan Cabrai, Nicole Brossard, Philippe Haeck, Chantal Chawaf; debout: Hans Koning, Jean Jonassaint, Jean-Guy Pilon, William Watson, Philippe Jacquillard, Michèle Lalonde, Claire de Lamirande, Madeleine Perron, Serge Legagneur, Suzanne Paradis, Francine Déry, Melvin Gallant.Rosmarie Waldrop, Jean Royer; à l'arrière plan: F.J.Temple, Michel Beaulieu, Michel Gay, Yves Beauchemin et Dominique Blondeau.Le pari de Vavenir LA 10e Rencontre des écrivains, en posant la question de «l'an 2000» s’est interrogée, en fait, autant sur l’avenir du monde que sur le futur de l'écrivain.L'intelligence artificielle aura-t-elle lieu?Assisterons-nous à la «deuxième mort»: celle de l humanité tout entière?Vivrons-nous une sorte de guerre des deux mondes, c’est-à-dire entre hommes et femmes?Ne faudrait-il pas relire Les Mille et Une Nuits du point de vue de Shérazade?Comment la technologie se mettra au service des intégrismes?Le livre disparaîtra-t-il dans l'écran cathodique?Les réponses à ces questions ont finalement été optimistes.La technologie restera un outil au service d’un monde en transformation.Le féminisme traverse désormais le territoire de l'imaginaire.Et l’homme, tant qu'il sera vivant, ne cessera pas d'interroger les mythes et les théories de son existence.L'écrivain vivra, même si le monde change.On le voit, la Rencontre n'a /as échappé aux inquiétudes de 1 humanisme au bord d'un autre millénaire: la peur d'une fin du monde et le désir de maîtriser la technologie.En fait, si elle semble avoir délaissé le débat sur les rapports à l’écriture.la Rencontre aura surtout exploré les rapports de l'individu à un monde en transformation.Car on n'a pas seulement évoqué l'apocalypse nucléaire ni l'utilité dérisoire d’une intelligence artificielle.Mais aussi, on a évoqué l’ombre des totalitarismes et.d’autre part, le rôle du féminisme et des minorités culturelles et politiques.Les écrivains d’une dizaine de pays, qui étaient présents à la Rencontre, ont tenté d’élaborer le scénario qui s’offre aux humains dans un monde qui se transforme technologiquement et socialement.Ce qu’on nomme «crise de divilisa-tion», où un monde finit et un autre commence, ne semble pas cependant devoir se faire sans l’écrivain, justement.En réalité, la dixième Rencontre des écrivains a parié sur l’avenir: celui de l’écriture étant lié à celui de l’humanité.Certes, les écrivains n’ont pas beaucoup étalé leur «moi>j sur la table des discussions On n’a guère parlé du rapport personnel à l’écriture.Peut être parce que, comme l’a oien remarqué T écrivaine américaine Rosmarie Waldrop, «écrire est un futur insaisissable».D’autre part, a ajouté Mme Waldrop, les rapports entre les hommes et les femmes sont en train de changer.Notre siècle, qui a commencé par une prise de conscience avec Freud, se termine avec l'émergence de la conscience des femmes et des minorités.Et l’écriture contient cette transformation perpétuelle.En l’an 2000, 1 écriture pourra encore chercner et donner un sens au monde.Jean ROYER Un effet de langage Photo Kèro IL y a vingt ans, au début des années soixante, la mode était à la prospective.Suivre la mode, comme démarche intellectuelle c’est, à proprement parler, se vouloir moderne.Et nombreux étaient ceux qui ne savaient résister.L’exercice prospectiviste consistait à construire des scénarios de développement de société.Il s’agissait de concevoir les structures et les rapports possibles, de rêver d’interventions qui changeraient la vie.Nous nous sentions pressés de penser le progrès social.D’où nous venaient ces urgences?D’une conjoncture economique nouvelle qui permettait à l’État soudain enrichi de disposer de moyens d’action jusqu’alors impensables.L’on concevait les politiques de l’avenir dans l’euphorie bienfaisante de l’enrichissement collectif, persuadés que nous disposions d’outils adéquats.Il y avait dans Tair un appétit de changements.Les peuples du Tiers-Monde luttaient contre le colonialisme.La planète voyait naître des pays nouveaux.Nous parlions d’indépendance et de projets de société.La souveraineté nous apparaissait un idéal réaliste vers lequel, inéluctablement, marchait le peuple confiant, précédé de ses intellectuels «prospectivistes».Notre richesse?Les matières premières «inépuisables».Notre force, nos matières grises fraîches émoulues des universités.La «prospective» fut le feu d’artifice des sciences humaines: un scénario devait tenir compte des acquis de l’anthropologue, des données de la sociologie, des prévisions des sciences économiques, des courbes démographiques, le tout servi sur le plateau des sciences politiques.Vingt ans plus tard la prospective a cédé la place à la futurologie.C'est que l'an 2000 approche, et que le passage d un millénaire à l'autre fait ressurgir, chaque fois, la pensée magique.Or autant la «prospective» des années 60 était fondée sur la foi dans les sciences de l'homme, comme si celles-ci, à elles seules, allaient permettre d’améliorer nos sociétés, par Jacques Godbout Né en 1933 à Montréal, Jacques Godbout est écrivain et cinéaste.On lui doit une demi-douzaine de romans dont le plus récent vient de paraître au Seuil: Les Têtes à Papineau.Sa communication, dont voici de larges extraits, donnait le départ des discussions à la dixième Rencontre des écrivains.autant la futurologie s’appuie aujourd’hui sur la technologie comme outil de transformation.Hier les changements dans les orientations sociales dépendaient de nos volontés populaires, des programmes politiques, des technocrates, et des choix intellectuels.Aujourd’hui nous serions une masse passive transformée malgré elle par les outils qu’elle utilise.Les futurologues, contrairement aux prospectivistes, cherchent donc a quantifier l’impact de la technologie nouvelle sur les sociétés.Les futurologues professionnels existent en deux catégories.Les utopistes, qui prédisent l'abondance, la joie, le plaisir et la satisfaction dans un avenir paradisiaque dont Tan 2000 serait Tan un.La deuxième catégorie est composée de marchands de catastrophes.Ils annoncent le pire en ajoutant, tout bas, qu’ils ont dans leur poche des solutions de rechange.La futurologie est un commerce.Comment fonctionne-t-il?Une entreprise, un secteur manufacturier, un gouvernement (ou tous les trois ensemble) commandent à un Directeur de recherches sur le futur une étude à propos, disons — puisque nous sommes entre écrivains — du marché du papier.Le rapport comprendra deux scénarios, habituellement.Un premier qui projettera, à partir des données connues aujourd'hui, la réalité en progrès continu, comme s’il n’y avait aucun choc prévisible à l'horizon.Le second, pessimiste, annoncera des catastrophes Qu’en Tan 2000, par exemple, il n’y aura plus aucun marche pour le papier parce qu’une pellicule de plastique l’aura remplacé dans la production des livres, cependant que tous les journaux seront distribués sur écran cathodique.D’où la recommandation de ne pas planter d’arbres, car plus personne dans vingt ans n’aura besoin de forêts.Bien sûr, si personne ne se préoccupe de refo-restrer, les prédictions des futurologues se réaliseront.Il n’y aura plus de papier.En ce sens le prophète, dans tous les domaines, peut agir sur la réalité historique en autant qu’on lui prête foi.Habituellement cependant les entreprises, bouleversées par les perspectives qu’évoquent les rapports, accordent aux futurologues un second contrat, plus plantureux encore, afin d’obtenir un scénario de stratégies permettant de contrer les ennemis et d’éliminer les obstacles.Le futurologue consultera alors ses confrères suivant une méthode mise au point à la Rand Corporation.Cette méthode n’est pas très éloignée de celle adoptée par cette Rencontre Elle consiste à demander à des practiciens d’analyser la situation présente et d'élaborer chacun un scénario d’avenir.Ces scénarios sont ensuite comparés, discutés, confrontés, et Ton établit, sur un graphique de vingt ans, la probabilité d’apparition des cfiverses technologies nouvelles.Ces probabilités sont ensuite réévaluées par le même groupe et le consensus qui se dégage permet, si Ton est en 1950, de prédire que l’homme marchera sur la lune au début des années soixante-dix.Et si Ton est en 1982 qu’une guerre nucléaire a 75% de chance d’éclater avant Tan 2000.Or ces exercices se justifient, à l’évidence, si vous êtes dans le commerce de la balayeuse.Il n’est pas sans intérêt de savoir quand apparaîtra le prochain robot ménager.Mais, comme me Ta répété sans arrêt depuis que je le connais, espérant que je Ten-tende un jour, le critique Gilles Marcotte, le progrès, en art, n'existe pas.Si la technologie s'améliore, la littérature ne se transforme pas pour autant, elle persiste, elle dure, elle se perpétue Elle se répète.Bien sûr les styles changent.Certains récits, à certains moments, sont plus envoûtants que d'autres.À l’occasion Té-criture sera plus ou moins efficace.L'écrivain, à force d'écrire, améliore ses techniques, maîtrise des procédés.Mais la littérature n'est pas un savoir en progression.Ce n’est pas une science.C’est un effet de langage.L’oeuvre de Laurence Die-nel n'est pas en progrès sur celle de Rabelais.Elles s'additionnent.Ecrire en Tan 2000, ce sera comme écrire en Tan 1000.¦ Les ingénieurs que j’ai rencontrés soutiennent que Tor-dinateur va augmenter la productivité des écrivains Pour- quoi chercher dans un dictionnaire l’orthographe et le sens d’un mot, disent-ils, quand on peut interroger son écran cathodique et obtenir immédiatement la réponse?Pourquoi?Parce que enaque fois que je mets le nez dans un dictionnaire c’est moins pour trouver l’étymologie d’un mot que pour me perdre dans ses pages, rêver devant les illustrations, butiner, errer.Je ne sais pas toujours ce que je veux.Je ne suis pas ingénieur.Je ne cherche pas d’informations.Rêver d’augmenter la productivité d’un écrivain, c’est comme vouloir augmenter la productivité d’un orchestre.Est-ce qu’une symphonie, jouée en quarante minutes au siècle dernier, pourrait, grâce aux systèmes de son améliorés, être entendue en dix minutes aujourd'hui?La productivité n’a d'intérêt que lorsque Ton peut répéter un objet.Une presse à disques peut etre améliorée.Mais chaque livre en littérature, en est un prototype.Il est évident que des écrivains prendront plaisir à utiliser l’ordinateur.J’en connais quelques-uns qui jouent déjà avec leur écran comme d’autres aux échecs.Ils ont formé un club social remarquable, puisque tous les écrivains de l’Amérique du Nord qui ont l’ordinateur à la maison peuvent par exemple correspondre, échanger des textes, entreprendre, par micro-ondes, des projets en commun.Mais entre une lettre, livrée instantanément par ordinateur, et le courrier paresseux que nous connaissons, il n’y a que le facteur temps qui change.Ceux qui sont pressés ont donc à leur disposition des outils plus rapides.Mais qui est pressé?Ceux qui voient l’écriture comme une dimension de la comptabilité seront ravis en Tan 2000.Comme sont ravis déjà les acheteurs de romans «personnalisés».A Toronto un libraire astucieux a programmé un petit ordinateur Sur demande le client peut obtenir un roman d'amour, d’aventure, de suspense ou de littérature dont les noms des personnages seront de son choix.Habituellement le client fair remplacer les noms des héros par le sien propre et celui de sa petite amie Hier le lecteur acceptait de s’identifier au personnage principal d’un livre Aujourd’hui il veut s’y substituer.Hier tout se passait dans la tête, dans l’esprit, dans les livres, à l’écoute d'une voix intérieure.Aujourd’hui tout se passe devant les yeux, dans l’espace, sous la dictée de voix extérieures.Mais il n’y aura rien en Tan 2000 qui n’existe déjà.Tout au plus quelques portes fermées derrière soi.Ce ne sont pas tant les écrivains qui seront transformés, dans les années à venir, par la plomberie électronique, que les lecteurs.Quand chaque demeure aura en son centre une salle des médias, qu’on utilisera le clavier du microordinateur pour obtenir, à Té-cran cathodique, des milliers d’informations, depuis celles du bottin téléphonique jus-u’aux définitions encyclopé-iques, depuis les bibliographies spécialisées jusqu’aux extraits de presse, quand on fera son marché à l’image, quand on échangera de la documentation, quand on ne se déplacera plus, pouvant travailler, jouer et se divertir devant l’appareil de télévision, le lecteur ne sera plus le même.Jusqu’en 1950 Ton pouvait opposer la Littérature et la Nature.Ne pas lire, c’était marcher dans les bois, flâner devant des vitrines alléchantes, à l’occasion aller au cinéma, écouter la radio.Les hommes étaient libres de leurs mouvements, ils habitaient des réalités, ils avaient déjà vu des quartiers pauvres, des routes de terre, au hasard de promenades en voiture; les enfants jouaient à mille jeux, qu’ils inventaient le plus souvent.Les lecteurs de Tan 2000 seront la troisième génération à n’être nourris principalement qu'au biberon électronique.La plus grande part de leurs informations leur aura été distillée par la télévision.Cette année-là la littérature ne s’opposera plus à la nature, mais sera en conflit avec la représentation.La structure intellectuelle, le lexique mental des enfants de Tan 2000 se sera peu à peu constitué par l’addition d’impulsions magnétiques colorées.Schizophrènes, les lecteurs prendront le plus souvent les images pour la réalité.C’est ce que souhaitent évidemment les publicitaires.Il m’arrive, à l'occasion, de rencontrer des étudiants «condamné)!» à lire et analyser l’un de mes romans.Or je peux affirmer que depuis quelques années par exemple, les ado-Suite A la page X Un lieu d'amitié EN vous accueillant, à Montréal, au début de cette 10e Rencontre annuelle, je tiens à rappeler que c’est un grand jour: depuis dix ans, des écrivains de plusieurs parties du monde nous font l’honneur une fois Tan — et pour une période d’une semaine — de venir partager temps et idées avec les écrivains québécois.Fondée en 1972, la Rencontre québécoise internationale des écrivains, était le prolongement et l'épanouissement d’une Rencontre qui se tenait depuis quelques années à un niveau uniquement national.L’objectif que se donnait, en 1972; ce fragile organisme n’a pas changé: inviter des écrivains d'ici et d’ailleurs à se rencontrer, et à se mieux connaître à l’occasion de discussions sur un thème donné.Plusieurs écrivains québécois ont apporté à la Rencontre, depuis 10 ans, une collaboration précieuse.Je me dois de les nommer ici lors de cette journée importante et de leur rendre hommage pour tout le travail et le temps qu’ils ont fourni afin que cette institution reste vivante.Je pense à André Belleau et à Fernand Ouellette qui étaient là dès 1972 et qui pendant plusieurs années m'ont apporté une collaboration précieuse; je pense à François Ricard et à François Hébert qui au cours des années, leur ont succédé; je pense à Madeleine Ouellette-Michalska et à Pierre Morency qui, depuis un an, ont bien voulu partager avec moi la responsabilité d’être des «rassembleurs d’écrivains».Je pense aussi à Jacques Folch-Ribas qui depuis trois ans préside avec autorité et vivacité les débats de cette rencontre.À l’occasion du dixième anniversaire de la Rencontre, et au nom de tous les écrivains qui ont participé à ces réunions depuis 10 ans, à tous ceux-la que j’ai nommés, je voudrais dire merci.Si Ton s’avisait d’écrire la petite histoire de cette Rencontre Ton constaterait que rien ne fut facile, rien ne fut donné.Il fallut insister, persister, y croire.Il en est ainsi pour toutes les institutions.Mais je dois dire aussi qu’une telle manifestation a été appuyée dès ses débuts par le Conseil des Arts du Canada et, par la suite, par le Ministère des Affaires culturelles du Québec et par le Ministère des Affaires étrangères (que Ton nomme ici extérieures) du Canada Je ne ferai pas la revue des thèmes généraux qui furent retenus au cours des années — ils sont énumérés dans la documentation qui vous a été remise — mais je ne puis m’empêcher oe constater, rétroactivement.3ue ces thèmes furent non seulement, en leur temps.une actualité frappante, mais qu’ils furent aussi à l’origine de quelques grands débats ou de quelques réflexions plus vastes.Le thème retenu pour cette année le prouve également et je suis convaincu que dorénavant on commencera à en parler.Mais au-delà des thèmes et des études qui en ont été faites il y eut en ces ans de belles et bonnes rencontres de femmes et d’hommes, d’ailleurs et d’ici, il y eut des amitiés solides qui se sont nouées, des regards nobles et égaux sur les uns et les autres, et une meilleure et plus grande compréhension entre des écrivains fort différents, entre des êtres humains qui ont laissé ici des souvenirs bien vivants et qui ont rapporté chez eux une meilleure connaissance de la littérature québécoise et une meilleure vision du Québec, de ses équivoques et de ses tiraillements.En 10 ans, nous avons eu le plaisir d’accueillir plus de 150 écrivains de je ne sais plus combien de pays.Cette Rencontre, nous avons toujours tenu, à ce qu elle soit d’abord et avant tout un lieu d’amitié, Suite è le page X Jean-Guy PILON T c H ¦ Le Devoir, samedi 17 avril 1982 ÉCRIRE EN L’AN 2000 Eloge de la banalité VOILÀ L'écran vert est allumé, mais pendant un moment seul le diode rouge en témoigne C’est à l'ordinateur que revient la ti-che (le plaisir) d'exciter le premier le phosphore Dés que la «langue de travail» est chargée, la «signature» apparaît et c’est à moi de le guider vers le programme de traitement de textes.De là, je pourrai écrire un nouveau texte, en corriger un ancien, combiner des textes déjà existants, ou prolonger ou écourter ou aiguiller différemment des paragraphes et des paragraphes, ou écrire celui-ci.Ges banal, répété tous les jours de la semaine sauf exception depuis très exactement quatre ans, avec des bonheurs variés, avec aussi des détournements variés (comme ces heures passées à apprendre la programmation dans des manuels embrouillés, comme ces parties d’échecs qui tout à coup s’imposent, comme l'accumulation et le traitement des données dans des programmes de mon cru: répertoire téléphonique, système d'adressage, tenue de livres pour pigiste, microsystème de traitement de texte, jeux), presque tous les par Louis-Philippe Hébert Né â Montréal en 1946, Louis-Philippe Hébert a publié une dizaine de livres, dont La Manufacture de machines, aux Éditions -Quinze en 1976 jours donc, que ce soit à la campagne ou à la ville, l'ordinateur dans une valise, je suis devenu un OPÉRATEUR C’est dire ou entre le texte et moi, il y a depuis quatre ans une machine, un appareil qui, par une série d'opérations relativement complexes, me laisse exciter à mon tour le phosphore comme autrefois le stylo-bille me permettait de laisser une trace indélébile sur le papier.Et moi qui croyais avoir appris à écrire.du moins si je reste toujours à la recherche du procédé, d’en connaître le processus strictement matériel (signes et support), j’ai dû à nouveau me soumettre a un apprentissage.Et aujourd'hui, de cette banalité même, je ne sais plus comment je pourrais me passer.Comment je pourrais écrire le présent texte autrement que sur une mémoire vive qui, elle, n’est pas indélébile, pas plus que le disque magnétique qui verra à sa «conservation», comment pourrais-je l'inscrire ailleurs que dans un univers qui me permettra de redéfinir les éléments de mon texte à volonté, dans quelques minutes, dans quelques jours.Après avoir écrit Quantité de textes, disons plus de mille pages de correspondance, de fiction, de théorie, de rédaction Photo Kèro alimentaire, et en avoir traduit presque autant, après avoir fait l'essai de cinq ou six programmes différents, après en avoir fabriqué des dizaines, après avoir lu quantité de revues «spécialisées» avec plus d’intérêt parfois que des revues littéraires, après avoir le lus possible profité de cette anaiité, je me dis que le téléphone, en son temps, a lui aussi causé bien des émois — tout comme la machine à écrire, l’invention de l’imprimerie et la télévision.Mais on aurait tort, cette fois, de ne poser le problème qu’en termes de communication; bien sûr, voilà le grand facilitateur qui se présente, on saurait difficilement le nier texte expédié par ligne téléphonique.écriture jumelée et simultanée d’un corn à l’autre de la ville (ou du monde), texte remis composé à l’éditeur.accès direct et immédiat à des «logithéques» comprenant non seulement les nouvelles sans cesse remises à jour, que les journaux publieront demain matin, mais aussi et éventuellement tout le savoir disponible.Cette abondance, cette facilité (serait-ce la possibilité de rendre public un texte en le déposant seulement dans quelque ordinateur central court-circuitant ainsi toute l’industrie de l’édition) cette rapidité et cette liberté d’accès, ne doivent pas occulter cette autre caractéristique de «l’appareil», cet aspect qui vient comme un corollaire: l’intelligence artificielle.Car, dès lors, circulant dans une immense logithèque dont il n’est plus possible d’entrevoir même «l’entrée» et encore moins «la sortie», le point de départ et le point de chute, refoulant la chronologie aux périodes linéaires qu’a traversées l’humanité dans un univers dont tous les éléments Éloge de la parole L’AVENIR de la littérature?Ou, comment, quand?On ne peut pas considérer la langue comme un instrument neutre.Elle implique une vision du monde, un éros, une mythologie.Ainsi quand nous parlons de littérature, nous nous référons nécessairement au monde idéologique, philosophique et poétique du petit pays méditerranéen qui se nomme Grèce.C’est de là en fait que vient notre écriture.Même si par la suite chaque pays a travaillé sur cette vision du monde selon ses propres intérêts et traditions, avec plus ou moins d’originalité.L’Italie par exemple, paysanne et analphabète jusqu'à très récemment (il suffit de penser qu’une langue nationale chez nous a commencé à exister seulement depuis cinquante ans, tandis qu’en France elle existait déjà depuis 4 siècles), en l’absence d'une littérature populaire a développé surtout l’image.Hier il y avait l’architecture, la peinture et l’artisanat; aujourd’hui il y a la bande dessinée, le magazine et le cinéma.De nos jours, par exemple, Grand Hôtel, un magazine de photo-romans, se vend à deux millions d'exemplaires [par semaine, tandis que, selon des calculs, chaque italien lit seulement un demi livre par par Dacia Maraini Née en Italie en 1936, Dacla Maraini, n’ayant pu se présenter à la Rencontre des écrivains a cependant fait parvenir sa communication.Elle a publié une douzaine de titres en poésie, théâtre et roman, dont le plus récent: Lettere a Marina, aux Éditions Bompiani, en 1981.année.Ce refus de la parole a plusieurs explications en ce qui concerne notre pays; il peut être interprété de façons différentes.On peut d’abord l’interpréter comme primauté des valeurs esthétiques sur les valeurs morales: la beauté est plus importante que la vérité.On peut aussi l’interpréter comme habitude tout à fait catholique de considérer la parole comme étant l'expression d’une pensée déjà fixee, révé- lée une fois pour toutes et non pas comme source de recherche et de risque.Enfin, on peut l’interpréter comme refus de l’histoire, qui a été une suite d’invasions et de dominations étrangères, châcune avec sa langue écrite qui s’identifiait avec des lois dures et hostiles.Les grandes Républiques (Naples, Venise, Florence) parlaient avec des langues diverses entre elles, presque incompréhensibles l’une a l’autre.Seulement après l’infortuné «Risor^imento» nous commençons a nous habituer à une langue nationale, qui se révélera bientôt pauvre et bâtarde par rapport à la richesse et à l’universalité des dialectes.Pays pauvre, campagnard, toujours à la merci d’une puissance étrangère, on peut comprendre que l’Italie ait préféré l’image à la parole, qui s’identifiait avec l’État, la loi, l’institution de l’Église, toujours paternaliste et punitive.L’image offrait une garantie d’universalité.Avec des images et des gestes nous nous entendions du pied de la botte jusqu’à sa tige.Avec l’image et l’aversion pour l’État est né ainsi l’esthétisme, une gloire et un danger constant de notre littérature.Bref, nous pourrions dire que d’une attitude d’excessif et aristocratique dépit envers la littérature, jugée un privilège accessible à peu de monde, nous sommes parvenus à un dénigrement total, ui a culminé dans les années es luttes antiautoritaires de 68.On est arrivé à faire une théorie sur la mort de la littérature, parce que «qui écrit acquiert du pouvoir et opprime celui qui ne l’a pas», parce que «l’art de la parole est vieux et démodé et n’exprime plus les nouvelles exigences», parce que «la littérature prétend changer l’histoire et par contre ce sont les faits (voire les fusils) qui changent l’histoire», etc.Tout ça et plus encore a été dit et, du jour au lendemain, nous avons vu des écrivains de grand talent se fermer dans un mutisme tout honteux et demander pardon d’être encore amourachés de cet archaïsme qu’est l’écriture, de ce reste historique qu’est la parole.Et il faisaient leur «mea-culpa» pour oser encore écrire, parler de soi, quand — comme disait Sartre «il y a des enfants qui crèvent de faim».Mais 68 avec ses moralismes et ses fanatismes est passé et, aujourd’hui, nous constatons une renaissance de la littérature, surtout de l’écriture poétique, très populaire auprès des jeunes.Aujourd’hui se multiplient les lectures de poèmes, organisées soit par les municipalités, soit par des particuliers.Moi-même, si je devais accéder à toutes les invitations, je serais chaque semaine dans une ville italienne diverse.À quoi rime tout ça, je ne saurais le dire.Selon moi, cependant, on assiste en ce moment à une inversion de tendance: l’image perd son prestige au profit de la parole.C’est un fait que les images entrent avec trop de facilité, avec une ambiguïté grandissante dans la vie quotidienne de tous : les lieux communs de la télévision; les images de guerres lointaines et incompréhensibles, les agressions.Un jeune homme renversé dans la rue, le visage fauché par une rafale de mitraille, une marre de sang qui s'étend sur le pavé.Des images de ce genre s’additionnent entre elles, très semblables les unes aux autres et deviennent de plus en plus obscures à force d’être lisibles, réelles, éclatantes.Elles ne transmettent plus rien de nouveau.Un acte d’un terroriste de droite ressemble trop à l’acte d’un terroriste de gauche.D’où, je crois, le nouveau besoin renaissant de la parole et donc de la pensée, qui soit capable d’expliquer, d'élaborer, d’analyser la réalité pour donner un sens à cet homme assassiné, à cette rue, à cette mitraille.Aux ÉDITIONS MARCEL BROQUET PRENEZ LE «PRINTEMPS» DE DÉCOUVRIR.NOUVEAUTÉ «« (Ki NOM : d'à MI Ri QUI du NORD OISEAUX COQUILLAGES NOUVEAUTÉ NOUVEAUTÉ MWKtte* «• rimmm *» mms L'ouvrage qui fait autorité.700 espèces recensées.Plus de 2000 illustrations en couleurs.17,50$ NOUVEAUTÉ Identification de plus de 850 espèces des côtes atlantique et pacifiqùe.17,50$ (parution fin mai) La culture hvdroponique pour le jardinier amateur y»m»rl MMNN ARBRES Des arbres familiers aux arbres des vastes étendues sylvestres du Canada et des États-Unis.Plus de 730 espèces recensées et illustrées.17,50$ (parution mi-avril) BATRACIENS Grenouilles, crapauds et salamandres du Canada et des É.-U.Des points de repère visuels en facilitent l'identification.13,50$ (parution mi-avril) ROCHES ET MINÉRAUX Ce guide d'identification est aussi une introduction à la géologie et à la chimie des roches et minéraux.17,50$ NOUVEAUTÉ l OttSt RvATKjN DES OISEAUX (ou culture sans terre) vous permet d'obtenir à l'année longue, dans un espace restreint, des récoltes abondantes et de haute qualité 9,95$ à toute heure et en toutes saisons.L'observation des oiseaux au Québec, complément du guide d'identification.16,50$ Une initiation à la nature par l'équipe des Cercles des Jeunes Naturalistes, Botanique, biologie, zoologie, astronomie, minéralogie, ornithologie, etc.Naturaliste-observateur: 8 à 12 ans 5,95$ Naturaliste-chercheur: 12 à 15 ans, a!95$ DANS TOUTES LES BONNES LIBRAIRIES ÉDITIONS marcoJ \?toc{uqÏ, P.O.Box 310 — LaPrairie, Qué.J5R3Y3 —(514)659-4819 distribué par MONDIA INC.peuvent être interactifs, dés lors donc le domaine à connaître dépasse toutes les capacités biologiques de connaissance — une vie humaine ne se relèverait pas d'une ambition encyclopédique.Devant des capacités dentreposage infinies, quel être aurait le culot de proposer de filtrer l’information, de la censurer, d’en éliminer des passages’’ Nous voilà donc condamnés à faire exécuter le travail de recherche, le travail d’intelligence, par d'autres, nous voilà condamnés à nous fabriquer des outils qui liront, qui déchiffreront, qui analyseront, qui fabriqueront des synthèses, qui traduiront les pensées, les langues, qui adapteront — toutes activités que l’être humain s’est toujours cru seul à exercer dans la «création».Est-ce à nous qui avons l’habitude d’écrire des livres que reviendra le travail d’inventer des lecteurs?C’est à la question de l’intelligence artificielle que mène inéluctablement ces appareils et leur banalisation.Cfest dire que ce qui me passionna dès le début, et me passionne encore, ce grand trou noir de la connaissance «humaine» et «électronique», demeure: comment donner de l’imagination à une machine?{QJfcr Éditions Naaman Cf.697, Shwfarooka.Ouébac J1H 5K5 TM.: (819) 563-1117 Les Éditions Naaman de Sherbrooke publient des auteurs québécois, canadiens-français, américains, antillais, européens, africains, arabes, orientaux et français nés ou vivant hors de France;ainsi que la revue Écriture française dans le monde.Elles diffusent le fonds Cosmos.Les Editions Naaman de Sherbrooke exposent au Salon international du livre de Québec, Stand na 309.Envoi, sur demande, du Catalogue général: Auteurs de langue française.Plus de 350 titres décrits.Diffusion: Éditions Naaman C.P.697, Sherbrooke (Québec, Canada) J1H 5K5 -ovale de la littérature de jeunesse ^ bien de 4 chez nous 1 \ STAND 548 Les éditions OVALE, C.P 190.Sillery.Québec GIT 2R1 r »_«|.I, .Aü SALON INTERNATIONAL Dü LIVRE DE QUÉBEC Les Éditions Hurtubise HMH accueillent pour des séances de signature : Claude Péloquin üne plongée dans mon essentiel jeudi, 22 avril à 20 h 00 Monique Bosco Portrait de Zeus peint par Minerve vendredi, 23 avril à 20 h 00 Chantal Hébert Le burlesque au Québec: un divertissement populaire samedi, 24 avril à 20 h 00 Michel Noël et Joanne Ouellet Les Papinachois contes amérindiens pour enfants samedi, 24 avril à 14 h 00 Madeleine Gaudreault-Labrecque Le mystère du grenier dimanche, 25 avril à 14 h 00 KIOSQUE 584-585 Les revues culturelles québécoises, il y en a une sûrement pour vous ! Association des éditeurs de périodiques culturels québécois Quebec en revues kiosque 226 «f Littérature, poésie, arts visuels, information, photographie, cinéma, théâtre, science-fiction, débats, critiques.C.P 786 Suce.Place d’Armes Montréal, Qc H2Y 3J2 tél: 514-523-7724 1 ÉCRIRE EN L’AN 2000 Le Devoir, samedi 17 avril 1982 ¦ III Vers une autre culture FACE à l'an deux mille, face à rangoisse qu’expriment déjà simplement les questions que le maintien de l’écriture comme moyen de •communication suscite quand .nous envisageons l’avenir, face à l'angoisse plus ou moins conditionnée canalisée par -ceux dont le but à peine caché ;est de nous familiariser non seulement avec la fatalité, la riéeessité d’une guerre nucléaire mais d’accepter une fois de plus la guerre, c’est-à-dire la mort, la violence, la destruction comme la solution inévitable des problèmes inévitables de la vie .Face à ce choix historique de la mort dont au seuil de l’an 2000 on nous demande, une fois de plus, en Europe, d’entrevoir la silhouette, f’a-vance progressive menaçante parce que déjà on ne peut pas en France lire quotidiennement un journal sans rencontrer formulée d’une manière ou d’une autre l’annonce de la guerre nucléaire.Face à ce qu’un certain langage politique semble déjà vouloir organiser dans la conscience des gens comme préparatifs psychologiques d’un peuple à qui on veut une fois de plus faire accepter — de force — l’idée de la guerre, selon ce cheminement meurtrier du langage qui travestit en pensées, ce qui n’est pas encore sorti de la brutalité la plus archaïque, de l’instinct de mort le moins sublimé, le plus séparé de la vie et de l’amour, où l’esprit est utilisé par l’agressivité la plus physique, la moins contrôlée, la moins humanisée, face à la technologie de la mort dont le langage cerne déjà nos crises, notre lassitude, notre découragement en nous montrant qu’il n’y aurait pas d’autre issue possible, pas d’autre avenir possible qu’au terme de ce qui serait la décadence de nos civilisations, un éclatement, une désintégration, une fin sans laquelle selon la pensée mythique la plus primitive il ne pourrait y avoir de commencement, de recommencement, de renouveau, face à peut-être l’ultime étape d’un discours de force, de pouvoir jalonné, de haine, de terreur, par Chantal Chawaf Née à Paris en 1943.Chantal Chawaf a développé une écriture de “l’affectif», une véritable écriture du corps traversé de ses plaisirs et souffrances, de ses désirs et angoisses, de ses rapports à la mère et au père, à la vie et à la mort.Elle a d’abord publié Retable aux Éditions des Femmes en 1974.Son dernier roman, Crépusculaires, est paru aux Éditions Ramsay en 1981.de massacres, de génocides, d’incendies, de bombardements, de corps à corps, d’exterminations, d’effusions de sang, de tortures, de sadisme, d'atrocités, de raffinements inimaginables du jeu pervers de la mort, qui a été pensé tout au long de l’histoire, depuis sans doute le milieu de la préhistoire et certainement dès la protohistoire, dès l’âge néolithique jusqu’à nos jours et face a ce que des hommes semblent vouloir faire de notre futur immédiat, on peut peut-être, quand on pose la question de l’avenir de l’écriture, élargir la question et, de l’écriture qui nous ramène peut-être trop à la littérature, et à l’histoire de la littérature et à son destin devenu incertain, on peut passer en langage, à un mot plus vague, lus ample, plus ouvert et sou-aiter que justement l’écriture devienne un travail du langage, un travail de la parole, un travail de l’immédiat, de l’urgence, et qu’alors, au moyen de l’art, puisque nous manquons du moyen d’un pouvoir politique, on s’oriente enfin vers ce choix de la vie dont l’existence de la guerre, la présence constante de la guerre, dans l’histoire ont prouvé l’absence, le manque Photo Kèro dans la culture.Les sommets du langage humain, les sommets de l’art, Léonard de Vinci, Skakes-peare, Homère, Tolstoi, Eschyle, les sculpteurs sumériens, par exemple, n’ont pas pu résister à la barbarie des guerres qui a anéanti des villes, des vies humaines, des générations de jeunes gens, des civilisations.Bien loin souvent de s’y opposer, l’art, même au plus haut niveau de la pensée et de l’expression, a même été souvent actif, complice, dans cette, barbarie dont il a traduit souvent ou exalté ou justifié ou idéalisé ou ressuscité dans son langage resté admirable les meurtres, les bains de sang, le souffle de folie et de cruauté: il suffit de voir les salles de peinture des musées ou de lire les textes des plus grands auteurs.Alors, maintenant qu’on nous parle de guerre nucléaire devenue possible, de bombe à neutrons, d’amplification futuriste de la traditionnelle mise à feu et à sang sur laquelle débouchent toujours les époques, les pays, l’histoire des peuples, maintenant face au danger, n’est-il pas temps de demander à l’écriture de changer de direction et de sé désolidariser d’une histoire inhumaine de «Les communautés françaises dispersées à travers le Canada reflètent un état caractéristique du pays: la façon confuse et souvent antagoniste dont les deux peuples fondateurs traitent l’un avec l’autre».Sheila Arnopoulos Sheila McLeod Arnopoulos HORS DU QUÉBEC POINT DE SALUT?nuAtTi -f ” mi iii jp ÆkÆkétËf: ni « En vente dans toutes les librairies 13,95$ Les auteurs de Libre Expression seront au Salon du livre de Québec aux stands A 505-506, où vous trouverez aussi toutes nos publications: La Noble Maison, de James Clavell, auteur de Shogun, Taï Pan, Un Caïd.Le principe de Lafontaine, Sacré Boss, La petite maison du Bord-de-Veau, etc.i guerres, de souffrance; de râles et de chercher, de tâtonner vers un autre usage des mots, de phrases, vers une autre culture.une autre conception de la civilisation, une autre éthique Une autre action, une autre forme de lutte’’ Est-ce que l’écriture, au seuil de l'an 2000 ne doit pas ê-tre avant tout rupture Rupture totale avec la tradition mêlée d’avant-gardes successives qui collabora passivement ou activement à la déshumanisation constante du langage, à la trahison constante des concepts d'amour, de paix, de vie, de liberté, de justice, malgré pourtant un évident progrès social, matériel et intellectuel qui au lieu de l’enrayer favorisa le développement du langage de la destruction dans l’amplification et la sophistication croissantes des armements offensifs et défensifs qui aujourd'hui sont assez puissants pour détruire notre planète, et peut-être plus.Et dans cette longue culture de la lutte des hommes pour le pouvoir, pour la conquête, pour la force, pour la suprématie, les femmes, surtout celles des classes les moins privilégiées, ont dû presque toujours se taire, s’effacer, se soumettre, s'amoindrir, et servir à la reproduction des mêmes pulsions dévastatrices, des mêmes pressions morbides des hommes s’entretuant dans la rivalité qui tissait notre histoire, nos civilisations, leurs hauts et leurs bas, leurs fiertés et leurs hontes.sans que la maternité des femmes uisse progresser très loin du iologique.Car la maternité en effet n’a pas eu d’autre langage souvent que celui de son lait, de son utérus, de ses seins, de ses mains de coutu- rières.de brodeuses, de cuisinières, de ménagères, que la société ne laissait pas symboliser.sublimer au-delà d une certaine langue simple de la vie, d une langue simple de l'entretien, de l'ornementation et de la préservation de la vie Langue rudimentaire interrompue seulement par la langue précieuse, la langue amoureuse que les femmes à la fois inspiratrices et lectrices des romans d’amour, influencèrent dans les couches élevées de la société, la maternité n’eut pas de parole vraiment intellectualisée à partir de l'expérience de ces femmes mères ou non, à qui on confiait les tâches jugées matérielles ou futiles, alors que ces travaux de la vie de tous les jours, cette expression de la connaissance des moyens de nourrir et d'embellir et de développer la vie qui se constitue d'abord dans le ventre, dans l'utérus des femmes, auxquelles on abandonnait les premiers soins, l’enfance, dans le cadre du foyer, étaient, pouvaient être les bases d’une autre attitude du langage —, les prémices d’un autre choix culturel, politique.Une autre tendance du corps et donc de notre langage, qu’hommes et femmes, nous pouvons tous partager.Ce pan du langage, ce pan de la parole resté dans l’ombre, l’écriture, aujourd’hui, demain, pourrait peut-être l’éclairer: le corps, la sensibilité, la passivité réceptrice de l’inconscient, le féminin, l’intime, l’intérieur, le dedans, les organes, le nourricier, les fonctions de la vie peuvent élaborer ce cri, ce langage de l’affection qui sortirait du silence et de la répression pour protester, pour s’opposer au langage du pan éclairé, au lan- PATIENCE DANS LAZUR L'ÉVOLUTION COSMIQUE HUBERT REEVES UN LIVRE À LIRE ABSOLUMENT ?Québec Science Éditeur Vente-en librairie Distribué par Diffusion Dimédia Conférences publiques au Salon International du livre de Québec le samedi 24 avril 1982 et le dimanche 25 avril 1982 de 15 h à 16 h 30 (salles Langevm et Cauchon — Pavillon des congrès) «L'ÉVOLUTION COSMIQUE» Entrée libre gage convenu au langage social qui aussi bien à travers la religion qu a travers l’idéologie ou l'épopée, la chanson de geste, le roman courtois, le roman d'amour, le roman bourgeois.la théorie des sciences humaines, depuis l'antiquité jusqu'au 19e siècle et au 20e siècle nous structure, et dans cette sorte de prédilection pour les oppositions, dans un ordre conflictuel nous projette sur l’écran de la langue selon des rôles sexués definis, inchangés.tronqués qui nous divisent encore en chair et en esprit.en hommes et en femmes.en pères et en mères, en classes sociales, en intellectuels et en manuels et qui ne laissent pas les énergies humaines reléguées au fond du non-dit ou du refoulé — s'unir dans la personnalité — exprimer nos désirs, nos manques, nos besoins, nos aspirations, notre imaginaire, cet humain total que le langage social en l’ignorant, en le classant, en le hiérarchisant, morcelle, émiette en débris, en employés impuissants, en apparences sociales, en appauvrissement psychique, alors qu'un tour de force et d'amour, peut souffler, agressif, à partir de chaque conscience qui, au moyen du langage, l’aurait enregistré, aurait capté cette richesse des profondeurs de l’être qui, en nous, dans nos viscères, dans notre coeur, dans nos muqueuses, palpite sensorielle comme un bébé qui vient de naître et dont les perceptions ne sont pas encore émoussées, langage neuf, uni à tout ce qui veut vivre, à tout ce qui refuse la douleur, la souffrance, les larmes, le sacrifice, l’inégalité, à tout ce qui refuse ce qui plaque sur la vie humaine vibrante sensi- tive, pulsionnelle, intuitivement savante, les signes extérieurs d'un ordre arbitraire ui aussi étranger à l'indivi-uel qu'au collectif vise au détriment de l'humanisation du langage, les capacités démagogiques qu 'a le langage de contrôler.de dominer, et même d'escamoter, de pervertir, de tromper l'humain Donc au lieu d'utiliser le langage comme narcissique instrument de pouvoir ou de jouissance dans ses oscillations illimités entre la démagogie collectiviste et le fantasme individualiste, ne pourrait-on pas enfin revenir à plus de sincérité, et, par l'écriture.tracer un nouvel espace à la fois plus ouvert et plus intériorisé dont les limites seraient celles que la réalité de l'autre marquerait, face à notre désir, à notre rêve, à notre imaginaire puisque l'Amour, pour vivre, ne peut passer que par la connaissance, la conscience, Espace éthique d'un langage devenu lucide, rigoureux, soucieux de défendre activement, physiquement cette vie qu’on n'a pas cessé, sous le couvert du symbolique que serait tout langage, de supprimer physiquement au nom de tous les fanatismes, tous les aveuglements, toutes les aberrations que le discours ration-nalisait toujours dans une langue ou dans une autre.L'écriture, au bord de l’an 2000, qu’elle permette enfin à toutes les langues du monde, au Français au Québécois, à l'Anglais, à l’Allemand, au Russe, au Chinois, au Polonais, à l’hébreu, à l’arabe, à l’Espagnol, à l’Italien, au Portu-guais, au Norvégien, au Finlandais, à l'Afrique, à l'Asie, à l’Europe, à l’Amérique de se rapprocher de chaque homme, de chaque femme, de chaque enfant, oe chaque être vivant, de chaque parcelle de chaque parole, de chaque parcelle de chaque idiome (tans chaque corps qui aime, qui souffre, qui espère, qui redoute.et qui travaille Ce n'est plus à la littérature, ce n'est plus au livre, ce n'est plus à l'écrivain que l'écriture Pourrait se référer, réver.en an 2000 mais, prise dans la nécessité d'assurer à l’humanité sa survie, c’est à l’avènement de notre parole étouffée, censurée par l'histoire, par le social que l'écriture pourrait participer de toute urgehee dans un effort de toute notre sensibilité, de toute notre amour de la vie, de toute notre intelligence, de toute cetle maternité méconnue comme les femmes, si longtemps sé parées de la virilité, de l'activité, féminité recluse dans des corps d'hommes sans voix, dans des corps de femmes sans voix, dans cette vie qui se perpétuait sans voix, sans autre langage que celui d'un monde qui malgré ses lois, n’a encore jamais sur renoncer’à tuer Mais peut-être que l'écriture, en se faisant plus compréhensive, plus directe, en nous ressemblant plus pouY rait enfin aider les hommes et les femmes à inscrire les lois d'amour, de justice et de respect plus charnellement, plus profondément, plus intimement, en eux, la, où dans le langage, ces lois deviendraient alors si proches, si vraies, si étroitement confondues avec notre affectivité, qu’elles feraient partie de nous, de notre instinct de survie, qu’elles émaneraient non plus d'une autorité extérieure et éloignée Suite à la page X PUBLICATIONS DU CONSEIL ÉCONOMIQUE DU CANADA Une documentation au service de l’industrie, de la finance, du commerce et des affaires! SORTIR DE L’IMPASSE ISième exposé annuel du Conseil économique du Canada EC2M/1981F $4,95 Salaires et inflation au Canada, 1955 75 EC22 79/1980F $4,50 Le salaire minimum: nouveaux aspects théoriques, empiriques et politiques EC22 81/1980F $12,25 Le financement futur du régime de pensions du Canada et du régime de rentes du Québec EC22 76/1980F $3,50 Les pénuries de travailleurs qualifiés résumé des conclusions de l’enquête sur les ressources humaines, EC22 87 1980F $2,00 Pour mieux comprendre l’indice des prix à la consommation, EC22 88/1980F $3,50 La langue et le revenu du travail a Montréal EC22 90/1980F $9,95.Les commandes sont payables à l’avance par chèque ou mandat fait à l’ordre du Receveur Général du Canada et adressées au: Centre d’édition du gouvernement du Canada, Approvisionnements et Services Canada Ottawa (Canada) K1A 0S9 Les cartes Visa et MasterCard sont acceptées en indiquant sur votre commande le numéro de la carie, la date d’expiration, le nom de la banque et votre signature.Les éludes sont également disponibles par l’entremise des agents libraires agréés pour la vente des publications du Canada et autres librairies commerciales.¦ ^ Approvisionnements et Services Supply and Services ¦ ” Canada Canada Canada Publications de l’Institut québécois de recherche sur la culture ^ de rec-6, I iafct Ces publications sont disponibles dans toutes les librairies ou à l’Institut québécois de recherche sur la culture, e1” 93, rue Saint-Pierre, Québec, G1K 4A3 Tél.: (418) 643-4695 LA ( I l.rt’Hi: Ot YKILKi: A MO.VIRLAI ( IMMO-HHiO): MImi hUlrirlogrnptilqiic I I MAK( III (,H I.HI < OIS La culture ouvrière à Montréal (1880-1920): bilan historiographique.Yvan Lamonde, Lucia Ferretti et Daniel Leblanc.178 pages — Prix: 9,00 $ Le marché québécois du théâtre.François Colbert 102 pages — #>Mx: 8,00 $ Les représentations religieuses au Québec dans les manuels scolaires de niveau élémentaire (1950-1960).Danielle Nepveu 98 pages — Prix: 6,50 $ Jeaa-Plenv IKipuu.KnArt.Inrun.1 >B>inrl < .agmm Kntirrl l««>lanti.Ofmrtu Mf rrtc» Les pratiques émancipatoires en milieu I IMMI S I I ( I l II RI Il IRW Ml I II K MIMI M Le travailleur minier, la culture et le savoir 1 tirh- KuUtI Il MWI 1 1 IriMMOlkl ÉMAN< Il'ATOIRES populaire.\l Ql MU < M « 1 I II Kl Mil hXWMK (H V KM k ouvrier: quatre analyses IM MGK < VMII.I.I KOI EN MILIEU POPULAIRE Jean-Pierre Dupuis, Andrée wm de cas.fi Fortin.Gabriel Gagnon.Robert P»*r J Jean Bourassa jÜLÎj:L I«l Laplante et Marcel Rioux.80 pages — Prix: 5,25 $ 178 pages — Prix: 9,00$ jÉÉ&rn^L''' trrh Femmes et culture au Québec.O’"' ¦ Le manuel d’histoire Renée Cloutier, Gabrielle de la littérature Lachance.Denise Lemieux.canadienne de J® Madeline Préclaire et fW (i ! silencieuses en procession ; vers Tombouctou.Je suis • .donc né dans un pays ouvert ; .sur le monde mais dont m'a défini le plasma nourricier de saumure, d’ail, d’huile, de .pourtargue et de cade, qui a façonné mon palais, éduqué mon odorat, bruni ma peau, aiguisé mes sens.J’ai dit ouverture sur le monde, car Londres, Madrid, Genève ou New York n’ont jamais exercé sur moi de tutelle pondéreuse.De par F.J.Temple Né en France en 1921, il dirige à Montpellier la chaîne FR3.Poète et romancier, il est aussi traducteur de Lawrence Durrel et biographe de Henry Miller.On lui doit une quinzaine d’ouvrages dont son dernier roman.Un cimetière indien, chez Albin Michel.ma ville, je peux converser librement avec le monde sans voir se dresser le spectre pourri du jacobinisme, sans complexe d’infériorité ni malaise de se sentir vassal.Après tout, Thomas Mann était à Lübeck, Thomas Hardy à Upper Bockhampton, Garcia Lorca à Grenade; et, comme une hirondelle ne fait pas le printemps, Giono à Manosque.Si donc, ma seule culture ne me suffit, c’est bien aussi qu’aucune culture où la mienne n'est pas .ne me suffit.C'.est d’égal à égal que je veux con- LE PARTAGE DES POUVOIRS par Gérald A.Beaudoin 2e Édition mise à jour Pour l’une des rares fois, en langue française depuis 1867, voici une étude complète du partage des compétences législatives au Canada.Voici ce qu'en dit la critique: Roger Duhamel, LE DEVOIR, 14 février 1981.«Oeuvre d'un juriste pédagogue de grande classe.» «Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la constitution canadienne et que vous n'avez jamais osé demander.ou réussi à comprendre!» Pierre Tremblay, Directeur Le Droit, 15 janvier 1981.«.l'auteur rend plus familier — et dans un langage clair, ce qui n’est pas son moindre mérite — le labyrinthe de ce partage des compétences».Alain Plantey, Conseiller d’État, ambassadeur de France.Bulletin de l’I.D.E.F.1981, page 10.«Cet ouvrage, dont le style ajoute au mérite de l’auteur, est parmi les rares livres qui permettent de se faire une idée précise et claire de ce qu'est la réalité du fédéralisme au Canada.Il fait honneur à la science juridique francophone de ce grand pays ami».15 x 23 cm., 436 pages.Prix $18.00 En vente chez votre libraire et aux: Éditions de l’Université d’Ottawa BON DE COMMANDE ÉDITIONS DE L’UNIVERSITÉ D’OTTAWA 65, avanu* Haatay, Ottawa, Ontario, Canada, K1N 6N5 Veuillez me faire parvenir.exemplaires de Le partage des pouvoirs Nom.Adresse.Ci-inclus mon chèque ou mandat de poste.Les chèques ou mandats de poste doivent être faits à l'ordre des ÉDITIONS DE L’UNIVERSITÉ D’OTTAWA i «QuîioQui liSS mm L.*, .,.La seule revue exclusivement consacrée à la littérature québécoise pour la jeunesse • des critiques de livres • des dossiers sur la lecture, la littérature • des entrevues avec des auteurs et des illustrateurs de chez nous • des chroniques régulières Trois numéros par année — 5$ Abonnez-vous dès aujourd’hui Luralu c.p.446 suce.De lorimier Montréal H2H 1VO nom .adresse .code postal .i verser de Montpellier avec Londres.Québec, Rome ou Stockholm.S’il est vrai que le texte n’a d’autre lieu que le texte, il n’en est pas moins vrai que les racines de ce texte s’abreuvent dans des infrastructures où fermente le génie du lieu, qui fait que certains mots employés ici ne signifient pas la même substance que la.Le langage ne saurait etre cosa mentale.Comme l’a dit Joseph Delteil: «Les mots ont leur histoire, leur clin d'oeil, leur fumet».Il convient qu’ils engrossent les cho- Photo Kèro ses.Il suffit d'un cri de coucou pour authentifier le printemps.Qu’importe que je me souvienne ou non d’à propos de qui Simone Weil disait: «Ils avaient même un mot pour désigner la patrie, ils l’appelaient le langage».Qu’on ne se méprenne pas Je ne noie pas le poisson.Je ne m'éloigne pas du propos qui nous réunit et qui est «Écrire en l’an 200».Mais comment répondre aujourd'hui alors qu’il ne nous est pas possible d’évaluer l’indice d’accélération qui régira les années à llîliOil’ Éditions Naaman C.P.697, Sherbrooke, Québec J1H5K5 T Al.: (819) 563-1117 NOUVEAUTÉS (janvier-avril 1982) 1.Angela Comnène.Présence de l’art néo-byzantin au Canada.Illustrations, 104p.et quatre pages hors-texte en couleurs.$15,00 (Civilisations, no 13).2.Michel Salmador Louis.Pour la germination des graines, poésie et prose.Quelques textes en créole.Dessins, 96p.$5,00 (Creation, no 107).3.Guy Daninos, Aspects de la nouvelle poésie algérienne de langue française, 72p.$6,00 (Études, no 31).4.Anne Srabian de Fabry.Jeux de miroirs: Saint Paul, La Fontaine, Mao, Genet et «Jean-Jacques Rousseau», quatre essais, 144p.$13,00 (Études, no 32).5.Alain Goldschlàger.Simone Weil et Spinoza: essais d’interprétation, 240p.$20,00 (Études, no 33).6.France Igly.Apollinaire: poète, ami et défenseur des peintres cubistes.Choix de poèmes, 160p.$15,00 (Études, no 34).7.Francis Anani Joppa.L’Engagement des écrivains africains noirs, de langue française: du témoignage au dépassement, 328p.$22,00 (Études, no 35).8.Yvon Lanctôt.Un hurluberlu devant le’Seigneur, 112p.$5,00 (Pour tous, no 8).9.Roger A.Cormier.L’Aide à l’étudiant adulte dans un système multi-média de formation à distance, 160p.$15,00 (Psycho-Péda, no 2).10.Suzanne Toulet, Le Tourment de Dieu dans l’oeuvre autobiographique de Julien Green, 160p.$15,00 (Thèses ou recherches, no 10).11.Jean-Claude Michel.Les Écrivains noirs et le surréalisme, 184p.$17,00 (Thèses ou recherches, no 11).12.André Ntonfo.L’Homme et l’Identité dans le roman des Antilles et Guyane françaises, 256p.$20,00 (Thèses ou recherches, no 12).13.Le Petit Cochon qui savait voler, 4 couleurs, 32p.$4,00 (Jeunesse, no 5).14.Écriture française dans le monde, nos 6 et 7, 124p.$6,00.Envoi, sur demande, du Catalogue général: Auteurs de langue française.Plus de 350 titres décrits.Diffusion: Éditions Naaman C.P.697, Sherbrooke (Québec, Canada) J1H 5K5 Commandes postales et téléphoniques acceptées venir.J'avoue que je ne suis guère doué pour la prospective.et que je ne m’y complais guère Je ne me sens à mon aise qu'au présent et je laisse l’avenir à la mort II me suffit d’étre.plus ou moins bien, plus ou moins péniblement, écrivain en 1982 Si j’avais le plaisir de faire maintenant, sur-le-champ, un enfant, il aurait dix huit ans en l'an 2000 et m'apparaîtrait alors sans aucun doute plus étranger à moi-même que je ne le suis à mon père.Le stylo a très vite remplacé le pôrteplume, la machine à écrire a éclipsé le stylo.Si le magnétophone n’a pas encore tout-à-fait supprimé la main qui trace ou frappe les mots, il est visible u il en a de plus en plus ten-ance.Déjà, devant la menace de l’ordinateur qui lui fait concurrence, l’écrivain en est quelquefois à imiter l’ordinateur Qu'en sera-t-il demain’’ Le monde a franchi en dix ans plus d'étapes qu’il ne l'a fait en deux mille.La télématique s’installe à gogo et va bouleverser — bouleverse déjà — notre mode d’existence, nos moyens d’expression et de communication.Est-ce dire que l’écrivain de l’an 2000 ne pourra plus se prévaloir de ce titre d’écrivain si, dans le sens propre de terme, il n’écrit plus.Si, ayant cessé d’écrire, il appuie sur des touches, qui d’entre nous serait fier d’être un presse-bouton?Verra-t-on l’an 2000 un Prix Nobel resse-bouton?Je ne le sou-aite ni ne le crois.Je ne peux honnêtement que me placer, pour répondre, où je suis déjà depuis ma naissance, c’est-à-dire sur terre.Et cette terre dont je parle c’est, bien sûr, le monde entier; mais je ne peux saisir le monde dans sa totalité que pour autant que ma terre personnelle, mon génie du lieu, me donnent les forces nécessaires à ce saisissement du monde.Je ne veux rester, pour saisir le monde, qu’au niveau de mon propre territoire, attentif aux battements de son coeur.Du coeur du monde au monde entier, pourrais-je dire en renversant la célèbre devise de Biaise Cendrars.Et je justifie ainsi ce par quoi j’ai commencé tout à l’heure.Si je veux me retrouver, les dieux aidant, écrivain de l’an 2000.il me faut dès aujourd’hui, et d’arrache-pied, le devenir chaque jour pour être assuré de l’être demain.C’est pourquoi^ avec une passion et un entetement que certains jugent sans doute puérils, ai-je toujours défendu cette conscience que nous avons quelques-uns d’être des écrivains du Sud, le Sud s’inscrivant désormais dans le for intérieur universel comme le symbole d’une différence; l’affirmation d’une mentalité commune à tous les peuples minoritaires qui, à quelque longitude que ce soit, vivent en opposition à un Nord par défi- nition toujours vainqueur.«Le Sud.a pu dire le poete breton Paol Keineg.est tout pays chloroformé, bruissant d’espoirs clandestins» Je parle ici de choses graves, foin du folklore humiliant, des réserves indigènes et de l’empire touristique.toutes choses qui sont la trame de mon dernier livre.Un Cimetière Indien, où tel est le Sud: se reconnaître ilote et saluer ceux qui dénoncent, du Québec en Wallonie, et partout dans le monde le lent pourrissement de leur âme Si je peux aujourd'hui former un voeu pour l’an 2000.c’est bien celui que vienne vite le temps où les provinces n’accourent plus quand les Paris sifflent.Il ne saurait y avoir de confusion.Mes propos disent clairement que je ne me situe pas dans le décor étroit du régionalisme qui, trop souvent, n’est que le produit — ou le signe — d’une capitale tutélaire.Mais je réclame pour l’écrivain le droit imprescriptible de se placer au centre du monde, où qu'il se trouve, et de refuser précisément ce ualificatif — ou plutôt cette évaluation que sont les termes de «régional», de «minoritaire».Écrire sur sa terre, même si c’est comme Job sur son fumier.c’est se reconnaître dans les détours d’une rivière, les méandres d’une forêt, les traces du vent sur le sable.L'écrire est une forme du vivre.Il est bien des façons d’être sur la planète, où que l’on soit.Encore faut-il y être pleinement soi-même et que cela vous soit permis.Dans mes ganigues et mes étangs du Sud, dans vos forêts sans frontières et sur vos grands fleuves, nous livrons le même combat.Et à travers ce qu’il faut bien appeler le désespoir de ne pas se reconnaître dans le miroir terni du paradis perdu de l’enfance, nous gardons l’espérance.Je vous livre pour terminer trois sujets de méditation.Le premier nous est donné par D-H.Lawrence: «Il n’y a rien à sauver, maintenant que tout est perdu, sauf un minuscule noyau de silence dans le coeur, comme l’oeil d’une violette».Le second, de Biaise Cendrars: «La sérénité ne peut être atteinte que par un esprit désespéré, et pour être .désespéré il faut avoir beaucoup aimé et aimer encore le monde».Le troisième enfin, de Jules Verne: «Rien n’a été fait de grand dans le monde sans une espérance exagérée.» Désespoir et espérance ne sont pas antinomiques.Ce sont des vertus positives.Elles peuvent nous guider jusqu’à l’an 2000.Exagérons donc.Printemps 1982 Guy Gervais GRAVITÉ Guy Gervais construit une oeuvre parallèle aux courants actuels, comme les grands solitaires en, poésie, depuis Le Fer et le froid (1957) jusqu'à Poésie I (1969), et maintenant avec Gravité Une parole silencieuse et inspirée s'y fait entendre dans ce que recèle de mystère, d'être et d'exil, l'homme au sein de sa vie.de son amour, des mouvements de la nature et du monde.L'existence du poème, son écriture, en sont la connaissance directe Julie Stanton LA NOMADE Une femme, la Nomade, marche vers Elle-même, jusqu'à l’origme du cri, accompagnée de la Béte, son mystère, son double et son écho.Ce texte puissant où la poésie sè fait récit, véritable genèse, critique violente d'une féminité imposée, puise à même l'onirisme et le fantastique pour dire l'identité des femmes.Salon du Livre de Québec Stand no 229 Jean Royer ÉCRIVAINS CONTEMPORAINS: ENTRETIENS 1 (1976-1979) «¦ Yoici, réunis en un volume, une première série d’e trente entretiens d'écrivains contemporains, québécois et étrangers.Jean Royer, qui est poète, critique et journaliste, est responsable des pages culturelles du Devoir.Il est passé maître dans l'entretien littéraire, qu’il a élevé au rang d'un genre.Dans .chacune de ses rencontres, il se fait compagnon de route d’une oeuvre et d'une vie Rémi Savard/Jean-René Proulx CANADA: DERRIÈRE L’ÉPOPÉE, LES AUTOCHTONES L opinion publique internationale découvre •aujourd'hui l'envers.d'un pays qu'elle avait cru et qu elle croit toujours au-dessus de tout soupçon d'ethnocide et de colonialisme.Pour les promoteurs du Canada cependant, leur projet a comporté et comporte encore, malgré leurs dénégations, la disparition des peuples autochtones.L'ouvrage de Rémi Savard et de Jean-René Proulx explore cette face jusque là cachée de «l'épopée canadienne».L’HEXAGONE Dans toutes les librairies C C.P.337, succursale 1^, Montréal H2X 3M4 D« la poêla à frira à la ligna da feu La vie quotidienne de* Québécoises pendant la Deuxième Guerre mondiale.Un épisode crucial de l’histoire des femmes raconté avec maîtrise et sensibilité.Grand format, abondamment illustré, $18.50 Histoire de la Qaspésie L’histoire de la Gaspésie, depuis la préhistoire jusqu’à nos jours.Magnifique volume de 808 pages, abondamment illustré, réalisé en collaboration avec la Société historique de la Gaspésie et l'Institut québécois de recherche sur la culture.Éd.brochée $29.95 - Éd.reliée $45.Gaspésie Guide culturel du Québec À la fois aperçu historique et panorama actuel des principaux champs de la culture québécoise.Bibliographies, filmographies, discographies, adresses utiles, renseignements divers.Goide culturel du Québec Vol.536 p., $16.Erreurs de parcours ERREURS DE PARCOURS L’itinéraire d’un grand reporter québécois.Une analyse percutante de la gauche européenne et de la vie politique en Europe de l’Est.Vol.216 p„ $12.50 Le pari québécois du général De Gaulle Un dossier complet et précis qui remet en perspective tous les événements qui ont marqué les relations complexes entre la France, le Québec et le Canada du temps du général de Gaulle.« Le pari québécois du général de Gaulle Vol.ill., 224 p„ $11.95 Le métier d’écrivain Usfoe 4n ferltaim *•«**Laurent Montréal H2P2L9 ¦¦ tél.:(514)387-2541 Salon du Livre de Québec — Stand n ° 104 de nouveaux riches en structures programmantes ou programmables par ordinateur’’ L’humanisme occidental a la couleur de l’homme blanc musclé, riche, omnipotent, qui s’est créé des codes, des villes, des machines, des armes, des esclaves et des dieux à son image Ensemble hiérarchique qui garde à distance et en méprise les produits inachevés ou décadents: le pauvre, le noir, le prolétarise, le non-industrialise, l’enfant, le vieillard, la femme, l’animal.L’envers de cet humanisme: la falsification des codes et des concepts entretenant l’occultation des sous-cultures, la peur de la négation des corps, des voix et des traces divergentes.Sa caricature: l’IBM dressant la liste des morts au lendemain d’un désastre nucléaire, un noir dormant sur les trottoirs de la 5e avenue de Manhattan, la prostituée cédant son ventre le même soir au PDG de General Motors et au balayeur de chez Dupont-Nemours.Interroger l’an 2000, c’est cesser de poser la question: qu’est-ce que l’homme?ou o_ue deviendra l’homme?et commencer à se demander que deviendront l’enfant, l’homme et la femme dans les décennies à venir?Que deviendra la vie dans chaque molécule vivante et chaque être vivant?Conversion de dernière heure: penser, entendre et toucher l’humanité singulière et multiple.Trouver non plus une Amérique, mais des Amériques sur la route conduisant aux Indes.Il y a vingt jours, du haut du 107e étage du World Trade Center de New York, j’ai vu basculer l’Amérique derrière l’observatoire où j’avais pris place avec trois poètes.La lumière s’écrivait dans le glacis coloré des buildings, réchauffant l’étagement rectiligne des immeubles amarrés à la pointe de l’île.Dans ce paradis volant baptisé «Windows on the world», où s’éteignaient les rumeurs de la ville, j’entendais battre le pouls convulsif de Harlem.Et je cherchais les points d’eau alentour de cette forêt d’habitats cubiques qui buvait le sel de la terre par la racine de ses tours géantes et de ses constructions pyramidales.Je suivais le lacis d’autoroutes où des Caddillac grosses comme des têtes d’épingles émiettaient leurs fluides métalliques entre les quadrilatai-res qui s'anesthésiaient doucement dans le Bloody Mary, le Dry Martini et la Marganta des cocktails de 6 heures p m.lorsque la noirceur raya d’un trait les citations Bank of America, Seagram Building, Imperial State Building, Pan American Building, Sak's, Blooming-dale, Rockefeller Center.Toutes marques effacées, New York disparaissait de la carte du monde, emportant avec elle le secret de 1 Amérique Pendant une seconde, elle sombra dans les ténèbres, éveillant des silences apocalyptiques.Puis des lumières jaillirent, et une main invisible suspendit à des fils dorés les ponts qui reliaient la ville au reste du continent.L’empire bizantin avait survécu à la chute du soleil.Le lendemain, l’un des poètes écrivit un poème.L’autre refusa toute nourriture.Le troisième tomba foudroyé au pied de l’édifice Exxon, multinationale pétrolière, avant d’entreprendre son chemin de Damas, ce retour vers le Nord.Québec en hiver.Québec et ses torpeurs givrées inscrites dans un sol qui s’entête à ne pas être un morceau d’A- mérique comme les autres Québec, l’une des Amériques possibles, encore incertaine, tremblant triangle posé sous le Groenland et la Terre de Baffin, qui interpelle le monde comme un point d’interrogation en marge de l’Atlantique.Car la route du Nord-Ouest conduisant aux Indes présente toujours la même bifurcation.La même impasse D’un côté, le labyrinthe d’îles, d’isthmes, de baies et de bassins débouchant sur les glaces de l’Arctique.De l’autre, cette échancrure du golfe Saint-Laurent dégorgeant les eaux d’un fleuve large comme une mer, où s’échelonne le Québec, un no where qui ne sert peut-être qu’à se donner une direction.Une terre alimentée par les Grands Lacs contenant le un cinquième des eaux douces du monde.Fausse douceur de colonisés aux mains blanches qui pleurent leur effacement de l’histoire, distancés sur un écart de deux à trois siècles par d’autres colonisés aux mains tout aussi blanches.Car à l’échelle planétaire, nous sommes tous des coionisés.Tous des citoyens du monde revendiquant la blancheur comme état civil.Et cependant, qu’avons-nous fait des peaux rouges au front tatoué de honte, parqués dans leurs réserves, à l’étroit dans les langues, les mythes et les territoires dont nous les avons spoliés?Qu’avons-nous fait des noirs, peaux sombres hantant nos nuits de la sensuelle splendeur des blues syncopés dont le crescendo fléchit sans jamais finir?Qu'avons-nous fait de nos enfants, durs-à-cuire aux peaux tendres déchirées par les aiguilles hallucinogènes, le doute systématique et les décibels-disco que nous leur avons inventés?Qu’avons-nous fait de nos vieillards, de leur sagesse, de leurs rêves, de leur connaissance de la mort et de la vie?Trop de blancs encombrent les pages de nos livres.Trop de vides trouent l’envers de nos feuilles.La science et la technique qui devaient sauver le monde de la mort signent la mort du monde et en instituent l’état de crise perma-Suite à la page X les Rencontres québécoises Internationales des écrivains ont été publiées par la revue T IRFRTF* .j A Jw.i 4 A A JL : i J 4 ' e 1972: l'écriture et l’errance 1973: roman des Amériques 1974: l'écriture est-elle récupérable?1975: la femme et l’écriture 1976: les littératures nationales 1977: écrivain et lecteur 1978: littérature et réalité 1979: et la poésie?1981: le sacré, la littérature et le profane Je désire recevoir les Actes complets des Rencontres suivantes (mentionner les années) .au prix de 4 dollars le numéro Total: $.(chèque ou mandat-poste à Tordre de Liberté, C.P.399 suce.Outremont H2V 4N3 NOM.ADRESSE .CODE .MARS 1982 256 pages, 18.95 $ M Comment un pays sans ressources naturelles peut-il avoir la productivité la plus élevée du monde?Ce n’est pas grâce à la technologie, mais à une façon unique de diriger les hommes.Nous pouvons, nous aussi, appliquer ces techniques avec la Théorie Z.Faire face au défi T japonais Traduit en 10 langues.Un million d’exemplaires vendus en langue anglaise en moins d'un an.i6 Ce ne sont pas seulement ies investisseurs qui sont fascinés mais les travailleurs et leurs syndicats, les consommateurs, les chômeurs et les victimes de l'inflation.LE MONDE Que savent-ils que nous ne savons pas diffusion du livpe miRABel EN VENTE DANS TOUTES LES LIBRAIRIES », ¦ +j * ¦*' # ’ * ,A_ » » , » - A ^ » » ÉCRIRE EN L’AN 2000 Le Devoir, samedi 17 avril 1982 ¦ Vif Au bord du millénaire DANS son court travail sur la réthorique an-cienne, Barthes notait: «À l’origine — ou à l’horizon — de ce séminaire il v avait, comme toujours, le texte moderne.c’est-à-dire, le texte qui n’existe pas encore».Cette phrase, écrite vers 1970, à une époque où le millénaire semblait encore loin — même si le tango nous dit que «vingt ans ne sont rien», mais trente commencent à compter.Que dire maintenant?Devant nous s’élève le chiffre formidable évoqué par la violente combinaison d'un deux suivi de trois zéros ronds comme la mort et puissants comme l'explosion du nouveau millénaire Quoi répondre à ceux qui pensent avec angoisse et obstination à la science-fiction chaque fois qu’ils entendent ce mot: deux mille?Bouleversés par la métamorphose de notre lecture du monde ou des mondes, il faut trouver un nouveau Messie ou voyager vers de lointaines planètes.Quelles sont les correspondances?Quels sont les exorcismes?Les musulmans n’ont pas sans raison condensé leur plus cher savoir — et le plus mondain — dans cette Oeuvre qui s’intitule avec perfection Les mille et une nuits.Les musulmans, toujours plus sages que nous, savaient que la rondeur amère et formidable de ces zéros devait être forcée et, pour ce faire, ils ajoutèrent subrepticement, une dernière nuit, pour qu’ils éclatent, pour qu’ils s’interrompent, et donc pour qu’ils nous soient favorables.Écrire en l’an deux mille ce pourrait être écrire de nouveat Les mille et une nuits ou tout au moins, réécrire le texte en cherchant le sens des inscriptions qui se présentent immédiatement comme une série de marques: Shahriar et Shahzaman sont trahis et leur pouvoir, que l’on croit immense (surtout celui de Shah tiar) s’annule devant le corp: d'une femme adultère qui les trompe avec le dernier des esclaves: un noir.La perte du pouvoir et l'exercice d'un pouvoir félé est atténué par le voyage au cours duquel les regards se transforment: le regard espion devient un regard ouvert sur l’horizon, ouvert au signe divin; c'est un regard de l’aventure.Shahzaman décou- par Margo Glantz Née à Mexico en 1930, Margo Glantz est professeur et journaliste.Elle a publié plusieurs livres d'essai et de fiction dont le plus récent, publié à Mexico chez Casillas: Las Genealogias.vre son malheur par hasard et par un coup d’oeil équivoque, jeté sans le vouloir au sérail.Le malheur de Shahriar est un calque de celui de Shahzaman: tous deux ont entr’aperçu leur chute.Shahzaman espionne et, ce faisant, découvre un signe, élément du système et non pas «efflorescence du hasard» comme dirait Barthes; c’est un signe qui.en apparaissant, les dépouille de leur pouvoir mondain.Le signe se répète à une croisée de chemins où les sultans, déjà sans investitures, rencontrent la femme d’un génie (un éfrit géant).Elle le trompe avec les voyageurs pendant son sommeil: les copulations sont immortalisées par un anneau géant qui enlace tous les anneaux que la femme exige pour démontrer son triomphe en organisant une écriture concentrée de la corporalité, écriture dont l’alphabet apparaît dans l’enchaînement des anneaux qui préfigurent l'écriture du texte et l’enchaînement des récits que racontera plus tard Shèrazade.Le sultan, rassénéré, constate ainsi que la fêlure atteint même le royaume du surnaturel, habité de puissants génies de l’air suspendus parmi les rois et les nuages et qui signalent le ciel d’où gouverne Allah, le Tout Puissant.Shahriar revient au palais et réécrit chaque soir son pouvoir à la pointe de l’épée en déflorant une vierge qu’il décapite au matin, faisant courir deux fois le sang, jusqu’à ce que Shéra-zade se sacrifie pour ses soeurs en sauvant leurs corps par le récit.Shèrazade ne vit que parce que de sa bouche coulent les récits avec la même force qu'un sang aurait jaillit si elle avait été égorgée, suspendant l’acte d’enterrer qui se concentre en la figure du vizir, son père, avec un suaire sous le bras.Cette image est renforcée quand il tente de dissuader Shèrazade en lui racontant la fable du laboureur qui connaissait le langage des animaux et du danger mortel qu’il encourt en révélant son secret à sa femme.L’insertion de cette fable où les animaux parlent et comprennent le langage des hommes et où un seul homme connaît les deux langages peut inciter la jeune fille au silence car c’est en gardant le secret que le sujet de la fable restera en vie.Shèrazade propose en échange une autre forme de récit, rédempteur face à la mort Shèrazade est en effet l’image absolue de la vitalité: c’est un être qui se prodigue et parle par toutes ses bouches; par la première naissent tous les récits et par la seconde elle engendre tous les corps dont le sultan la féconde.Shèrazade parle et en organisant son discours elle suscite la curiosité, une curiosité semblable à celle que réveille l’aventure et pour cela les récits s’enlacent en forme de rencontres fortuites, sur les routes, dans les maisons, les palais, les bains publics ou les bazars des villes multiples mais toujours identiques que parcourent les rêves.Le premier récit — celui qui excite l’intérêt de son mari — ressemble à l’histoire de Shahriar qui part avec son frère en quête d’aventures et voit, par hasard, un signe.Un marchand tue accidentellement le Photo Kèro fils invisible d'un éfrit; celui-ci lui réclame sa vie en paiement du crime involontaire.Après un an de trêve, le marchand retourne, un suaire sous le bras, payer sa dette: au même endroit/trois =heiks se réunissent avec des animaux et, quand l'éfrit apparaît, ils lui proposent d'échanger le récit de leurs vies contre un tiers du sang du marchand.Les trois récits promettent d'être intéressants et l’éfrit, satisfait, accepte le contrat.Le récit construit donc un corps de mots organisé de telle façon que l’ensemble puisse être échangé par un corps en chair et en os.Cette donnée fondamentale va se répéter à l’intérieur de chacun des récits qui vaut un tiers du corps du marchand.Chaque Sheik a, en effet, un animal à la main, une gazelle, un lévrier, une mule, et chaque animal contient à son tour le corps d’un humain transformé par un sortilège.Ce sortilège n'est pas autre chose qu'un ensemble de mots ordonnés magiquement afin de produire une métamorphose.Dans la fable du laboureur que le vizir raconte à sa fille, révéler le secret est équivalent à mourir.Dans les contes des sheiks, organiser un discours équivaut à changer de femme, à une métamorphose: le mot est sacré parce qu'il correspond à des niveaux magiques préalables à la transformation.Dans les contes des sheiks, les animaux ne parlent pas.ils gémissent et pleurent, exprimant ainsi leur ancienne condition humaine.Le mot du roi qui condamne rencontre un autre mot qui retient Faction de l’épée levée sur un ordre du roi pour tuer les vierges du royaume Shéra-zade retient Faction de l'épée avec son récit.Le récit est donc équivalent à une transaction: «si ce que je te raconte t'étonne, c'est-à-dire satisfait ta curiosité, j’échange ma vie pour un récit».Le mot achète Mais cette opération, cette transaction commerciale est constante, et le mot doit rester suspendu entre la vie et la mort: Shèrazade parle nuit après nuit et ses personnages lui empruntent ses mots.Les sheiks ont, dans ses récits, le même rôle que Shèrazade dans le récit principal.Chaque nuit, la reine repousse sa mort en racontant un récit où un personnage, à son tour, se raconte pour sauver la vie du promoteur du récit.Cette structure se répète interminablement au cours du texte.L'histoire des trois vierges et de l'émissaire est, à ce sujet, très significative et enrichit les caractéristiques susdites.Voir par ses propres yeux est une des formes de la curiosité et une des principales raisons du récit.Les deux sultans voyagent pour voir, de leurs propres yeux, si leur disgrâce est absolue ou relative; Snéra-zade décide de voir par elle-même si la fable du laboureur et des animaux la concerne.Cette curiosité visuelle des personnages passe aux oreilles du sultan et a la bouche de sa femme Entendre quelque-chose d’extraordinaire peut sauver, voir quelque chose d’extraordinaire peut tuer ou mutiler.L’émissaire accompagne une belle jeune fille qui fait des achats extraordinaires sur le marché, il la mène chez elle et.là, il lui demande de voir ce qu'il se passe dans la maison.On y pratique une sorte de rituel avant et après les repas.Le bruit attire trois zoa-louks, sages mendiants à la barbe rasee et tous borgnes du même oeil.Un autre signe apparaît une rencontre imprévue à une croisée de chemins et trois personnages semblables se réunissent: leurs histoires seront également mises à prix et un tiers de leurs récits équivaudra à un tiers du sang des corps menacés.À la fête seront également conviés le calife Haroun Al Rachid et ses deux serviteurs, le vizir et le bourreau.Dans la maison, les jeunes filles pratiquent le rite et les invites acceptent d'en ê-tre témoin sans prononcer un seul mot La promesse violée, les jeuens filles condamnent à mort les convives.Plusieurs propositions antérieures se réalisent à nouveau: parler peut tuer mais parler peut aussi sauver.Au signe de la rencontre s'ajoute aussi le signe de la méta- morphose des contes des sheiks.À ce conte s'ajoute un autre signe; l'inscription rituelle qui marque le corps: les zaalouks sont tous semblables, tous les trois sont rasés et ont perdu l’oeil gauche: leur aspect les signifie et leur marque corporelle prévient: chaque oeil vaut pour Fautre et le récit qui en explique la perte est le prix d'un corps Si le récit est surprenant, les jeunes filles pardonnent La vie du conteur, mais avant que ce récit soit — c'est-à-dire, au cours de l’aventure qui arrive à ce même conteur — il a coûté un oeil et une partie de la barbe Les mutilations sont rituelles et servent d'inscriptions’ au Suite à la page X qui êtes-vous yokotsuno UNE.STUPÉFIANTE HEROINE La plus sophistiquée des héroïnes ou le charme discret de l'électronique fff8! LA PROIE ET L OMBRE Mystérieuse matins, midis et soirs, elle est une creature de rêve, une amie et une soeur Une parfaite maîtrise des techniques de combat et de Felectronique.jointe à d’évidentes qualités d’intelligence et de coeur font que.partout ou passe cette charmante jeune fille venue du Pays du soleil levant, les vilains (repassent.Toujours prête à se mesurer aux pires dangers, aux monstres les plus difformes et aux fous les plus mégalomanes, elle reste la quintessence même de la féminité et de FExtréme Orient de légendes.12 ALBUMS CARTONNES UNE BANDE DESSINEE rrcj^xjis Par Roger Leloup 6,95$ EN VENTE PARTOUT 1, 2 3.4.5.6.7.8.9.10.11.12.Le trio de l'étrange L'orgue du diable La forge de Vulcain Aventures électroniques Message pour l’éternité l es 3 soleils de Vinéa La frontière de la vie Les titans La fille du vent La lumière d'Ixo La spirale du temps La proie et l'ombre STAND YOKO Nc 117.Salon international du livre de Québec Granger
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