Le devoir, 20 novembre 1982, Supplément 1
LE DEVOIR Montréal, samedi 20 novembre 1982 Les livres d’images.Ce cahier a été réalisé par JEAN ROYER avec la collaboration de: Hélène de Billy Gilles Daigneault, Jacques Grenier, Monique Poulin, Jacques Samson et la participation des écrivains suivants: Yves Beauchemin Jacques Benoît Jean-Paul Daoust Denise Desautels Jean-Pierre Guay Pauline Harvey Marilù Mallet Madeleine Monette Alice Parizeau Marcelle Roy André Roy Marie José Thériault Le cinquième Salon du livre de Montréal, qui se tient du 23 au 28 novembre prochains à Place Bonaventure, nous donne l’occasion de proposer aux lecteurs du DEVOIR un nouveau supplément à l’enseigne des livres d’images et de l’image des écrivains.Qu’est-ce à dire?Les livres d’images, vous connaissez sans doute! Du côté des livres pour enfants, des éditeurs comme La Courte Échelle et quelques autres nous proposent des livres de grande qualité.Monique Poulin fait le tour de cet important secteur du livre.D’autre part, les livres sur l’art ont conquis un plus large public ces dernières années, grâce à l’audace et, disons-le, à la réussite de certains éditeurs québécois.Nous avons rencontré l’un deux puis dressé un panorama de l’édition d’art et Gilles Daigneault est allé interroger Annie Mollin-Vasseur qui tient une galerie.du livre.Du côté de la bande dessinée, autour de la revue Croc et ailleurs on sent une effervescence nouvelle.Jacques Samson nous met au courant de la situation et Hélène de Billy a rencontré un bédéiste invétéré.Mais l’image des écrivains, connaissez-vous?Après le sérieux questionnaire Proust, -voici un jeu littéraire que nous av^ns proposé à une quinzaine d’écrivains québécois appartenant à autant de maisons d’édition diverses.Quatre d’entre eux et elles ont refusé de jouer le jeu, peut-être pour protéger leur auréole de Prix David, dans les cas de Yves Thériault et Gilles Archambault?Ou peut-être pour de simples raisons de disponibilité, dans les cas de Michel Tremblay et Jean-Marie Poupart?Mais une douzaine d’autres écrivain(e)s se sont empressé(e)s de jouer le jeu.Ils nous livrent une image sociale d’eux-mêmes et d’elles-mêmes, sous forme de lettre, de confidence ou d’aveu, ou sous forme de fiction.Nous leur avions demandé, en fait, de nous révéler leurs fréquentations: personnes et lieux culturels de leur vie d’écrivain(e).Ils/elles nous révèlent leurs livres préférés, leurs films et magazines, leurs besoins culturels et leur dada.Cer-tain(e)s, plus discrèt(e)s, ont préféré garder leurs distances et leur sérieux.D’autres ont choisi d’afficher leur plus beau sourire.Sans doute pour nous donner une bonne image! jean Royer Le cinquième Salon du livre de Montréal et l’image des écrivains Oeuvre de Norval Morisseau (Éditions France-Améri-que).Dessin de Gité pour La Vache (La Courte Échelle).I 2?**, * Ussa JÜÜH VtJW lif d ^ Æü?', Ji "t y.Jr 3ifSK&r Rr v Dessin de Philippe Béha pour Seul au monde (Éditions Québec-Amérique).Où i ûù Ck-T CV^CCV^-V Lltiw JL.wT .CL.U-ltA'l ?Affiche de Tibo (Salon du livre de Montréal).Oeuvre de Roland Giguère dans A L'orée de l'oeil (Editions du Noroît). 2 B Le Devoir, samedi 20 novembre 1982 LES LIVRES D’IMAGES Le Salon du livre de Montréal L’art en livres pour tous par Jean Royer FORTIN LE marché québécois du livre sur l’art s’est développé surtout ces cinq dernières années de façon continue, après des essais épars et timides dans les années 70.Le livre sur l’art accessible à tous, donc à grand tirage et à bon prix, est un produit des éditeurs «commerciaux» qui ont su profiter de l’amélioration des moyens techniques de l’imprimerie moderne et québécoise.Des pionniers comme Leméac et rides ont pu réaliser déjà des livres d’art, comme le Grand* bole de Fides où les poèmes s’accompagnent de gravures de Richard Lacroix.Mais il faut dire que ce sont des éditeurs comme Stanké, Libre Expression.Le Noroit, Héritage, France-Amérique et dernièrement Marcel Broquet qui ont développé ce nouveau marché.Bien sûr, depuis longtemps les bibliophiles québécois ont encourage le marché du livre d’artiste, à tirage limité et à age____________ Êrix «pour collectionneurs»! es Éditions Art Global de Kermovan en seraient un bon exemple auquel il faudrait ajouter les Éditions du Songe de Guy Robert, les éditions de la Guilde graphique et de Graff, les éditions de l’Obsidienne de Gisèle Verreault ainsi oue Le Noroît avec ses livres d'artistes tels Célyne Fortin, René Derouin et Janine Leroux-Guillaume.N’oublions pas quelques pionniers comme Marie-Anastasie et surtout les Éditions Erta de Roland Giguère et Gérard ’Tremblay qui existent depuis plus de 35 ans.Le livre d'artiste s’est beaucoup fait avec des poètes, cela va de soi.Il était donc normal que naissent aussi quelques maisons d’édition artisanale où, cette fois, c’est le texte qui prend la vedette et s’accompagne de dessins ou gravures.Le livre artisanal est édité à tirage confidentiel de moins de cent exemplaires et est sou- vent réservé à des abonnés.Les Éditions Erta et L’Obsidienne ont produit de ces livres d’artistes et de poètes à des prix qui ne dépassent pas les $200.00.Mais récemment une nouvelle catégorie de l’édition artisanale a pris une certaine ampleur: celle du livre de poète et d’artiste à très bas prix.Les Éditions Estérel animées par Michel Beaulieu nous ont donné plusieurs ouvrages vendus à $25.ou $35.00.Il s agit alors d’une plaquette de poésie illustrée par un artiste.De même, les Éditions du Silence animées par Pierre Filion proposent des petits livres faits à la main, de la typographie au papier et à l’image, dont le plus recent est la Lettre de Californie de Jovette Marchessault.Ces diverses catégories du livre d’art ou d’artiste ont maintenu et développé un intérêt qui s’étend aujourd’hui chez un grand public.Le livre sur l’art s’est en fait «démocratisé» pour atteindre de grands tirages.Ce sont des livres consacrés à un artiste prestigieux où à un aspect thématique de l’art québécois ou universel, tirés à 3,000 ou 4,000 exemplaires et vendus entre $50.00 et $100 00.Ce marché s’est développé tardivement au Québec faute de nombreux critiques d’art.On n’a pu compter longtemps que sur Guv Robert pour éditer des livres sur l’art.À côté de lui, Guy Boulizon et Jacques de Roussan ont développé un journalisme d’art.Mais une nouvelle génération de critiques comme Gilles Dai-gneault et Ginette Deslauriers, Luc Noppen, Jean Tru-del et quelques autres vont dé- sormais enrichir ce rayon de nos bibliothèques.On peut dire que ce sont les Éditions Stanké et Libre Expression qui ont réalisé les premières trouées d’un marché du livre d’art accessible à tous.D’abord, Guy Robert y est allé d'ouvrages sur des peintres prestigieux chez Stanké.Car depuis quelques a-nées déjà, ce critique écrit, de façon inégale mais constante, sur nos principaux artistes: Borduas, Pellan, Riopelle, Dallaire, Lemieux, Fortin, Dumouchel et Jordi Bonet.En plus d'avoir publié une histoire de l’art québécois moderne à La Presse (l’édition est malheureusement épuisée), Guy Robert a fait connaître les oeuvres et les artistes les plus marquants dans des textes parfois justes et parfois prétentieux et moins efficaces.Mais ces textes sont toujours accompagnés de nombreuses illustrations de l’oeuvre de l’artiste.C’est le cas du récent Marc-Aurèle Fortin de Guy Robert, publié aux Éditions France-Amérique.Il faut noter toutefois que ce Fortin est une «reprise» à peine modifiée d’une édition précédente et «limitée» mais épuisée chez Stanké.Les Éditions France-Amérique sont entrées sur le marche du livre sur l’art avec quelques autres titres intéressants depuis quelques années, dont le Morris- seau, cet étonnant artiste Oiibway, peintre et chamane.Chez Stanké, le livre sur l’art semble en perte de vitesse depuis l'album Jean-Paul La-mieux retrouva Maria Chapdelaine, vite épuisé.Plusieurs éditeurs ont contesté cet album qui, tiré à 5,000 exemplaires pour son édition courante, se vendait $75.00 et ne présentait en fait qu’une dizaine de reproductions couleurs de tableaux de Lemieux.L’éditeur parlait de «photolithographies», qui étaient signées par Lemieux dans une edition «de grand luxe».Mais en fait l’album équivalait à réunir sous formes d’affiches des reproductions de tableaux de l'artiste.Pour le même prix et chez le même éditeur, le grand public pouvait se procurer un album de Guy Robert sur l’homme et l’oeuvre Lemieux.Mais il est vrai que les tableaux sur Maria Chapdelaine composent une série particulière.Aux Éditions Libre Expression, on a développé la réédition de grands livres d’art en plus de produire des ouvrages de grande qualité sur la photographie.Le Québec de Mia et Klaus avec un texte de Gra-tien Lapointe et celui de Linda Moser avec un texte de Roch Carrier sont des livres qui font honneur à l’édition québécoise.De même, chez Héri- Marcel Broquet: optimisme et prudence par Jean Royer MARCEL Broquet est le dernier né des principaux éditeurs de livres sur l’art au Québec.En 1978, il fondait la collection Signatures.En même temps, cet ancien libraire de Verdun se faisait éditeur de livres sur la nature.guides des oiseaux et des rivières, etc.En quatre ans: 55 titres sur la nature et plus d'une quinzaine sur l'art.Marcel Broquet est Suisse, d’origine jurassienne rurale.Il s'en venait acheter une ferme dans l’Ouest canadien quand il s’est arrêté trois mois au Québec: il y est resté depuis 25 ans.Pour devenir libraire à Verdun puis fonder les éditions Marcel Broquet en 1978.Cette maison d'édition est plutôt artisanale et son équipe est familiale: madame Broquet au graphisme et les deux fils à la production.«Je ne fais pas des livres pour la gloire mais parce que je les aime et parce que j'ai esoin de vivre», me dit Mar- cel Broquet.Ce qui est inté- - ressant dans le cas de cet édi- Photo Jacques Grenier AU SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL Les Éditions Hurtubise HMH accueillent pour des séances de signature Robert Harvey Une écriture de la passion Kamouraska d’Anne Hébert suivi de Pour un nouveau torrent Mercredi 24 novembre à 19 h OO Maurice Lagueux Le marxisme des années 60 Une saison dans l’histoire de la pensée critique mercredi 24 novembre à 20 h OO Michel Stéphane Feux de joie Jeudi 25 novembre a 19 h OO Evelyne Tardy La politique: un monde d’hommes?Une étude sur les mairesses au Québec.Jeudi 25 novembre à 20 h OO Michel Morin L’Amérique du Mord et la culture Territoire imaginaire de la culture tome 2 Vendredi 26 novembre 19 h 30 Claude Péloquin Une plongée dans mon essentiel Vendredi 26 novembre 20 h OO Denys Chabot La province lunaire Samedi 27 novembre 19 h OO Solange Lévesque L’amour langue morte Dimanche 28 novembre 14 h OO Pierre DesRuisseaux Le livre des pronostics, dictons, croyances et conjuration du temps au Québec Dimanche 28 novembre 14 h 30 leur de livres sur l'art, c’est qu’il crée des collections vraiment populaires et non fondées exclusivement sur des grands noms d’artistes.La collection Signatures compte des noms intéressants: Ayotte, Beaulieu, Cosgrove.Mercier.Picher, Ta-nobe, mais la véritable première vedette de la série est certes le Marc-Aurèle Fortin de Jacques de Roussan que vient de publier Broquet.«Pour bâtir un catalogue, il faut passer par le figuratif», dit l’éditeur de la collection Signatures que dirige son ami André Fortier, qui est aussi directeur du Centre culturel de Verdun.Mais la collection veut s’ouvrir à des artistes non figuratifs, tels Marcelle Ferron.Pour l’instant, la collection fait ses frais et se vend assez bien auprès d’un public qui veut découvrir et d’un autre public plus renseigné déjà.Peintres du dimanche et collectionneurs comptent parmi les clients de la collection Signatures.De même, rares sont les bibliothèques publiques qui ne possèdent pas la collection, dit Marcel Broquet.Distribués par Mondia.spécialisé en livres scolaires, les livres sur l’art de Broquet atteignent un réseau intéressant.La collection Signatures, d’autre part, est essentiellement conçue pour un marché «populaire».Quand on reproche à Marcel Broquet un manque de qualité des textes de certains de ses titres, l’éditeur admet la situation et se dit conscient des faiblesses de la collection mais il ajoute qu’il ne croit pas à une collection Signatures «plus élaborée».«Les gens veulent des images.Un client sur 10 ne lit pas les tex- tes.Ils regardent les images, c’est pourquoi chaque livre réunit de 80 à 100 reproductions.» Quand on lui parle de la qualité des reprocfuctions, Marcel Broquet invoque les difficultés techniques des pressiers qui n’ont pas toujours des techniciens capables de prévoir les accidents de parcours.Marcel Broquet affirme qu’il est difficile d’en arriver.pour des prix et des tirages populaires, à une certaine qualité que pourtant il recherche à chaque livre.«Je n’ai pas encore fait de livre parfait.Il faut travailler fort et j’écoute les critiques.Mais je prends des risques énormes.Notre marché est petit.Un livre se vend en moyenne à 1,500 exemplaires au Québec.Il faudrait déboucher sur le marché anglophone et c’est difficile.Plus nombreux aussi seront les éditeurs d’art au Québec, plus il y aura de Québécois qui aimeront le beau livre.» Pour l’instant, Marcel Broquet est un éditeur heureux: «Je fais mon chiffre d’affaires.Je vends mes livres.» Certains titres de la collection Signatures sont épuisés (Cosgrove, Tanobe, Mercier.Lapierre).Les subventions gouvernementales arrivent à point: «C'est extrêmement justifié d'avoir des subventions et je les accepte avec reconnaissance».L’an dernier, Marcel Broquet a reçu $120,000 en subventions dont $100,000 d’Ottawa.Son chiffre d’affaires pour l’édition des livres sur l'art serait d’au moins un demi-million de dollars, si j’ai bien calculé.«On est loin des années 60 où les gens étaient gênés d’entrer dans une librairie», dit Marcel Broquet.un éditeur il faut lire Une baraque rouge et moche.Kiosques 151-152-153 Marie-Gisèle Landes-Fuss Une baraque rouge et moche comme tout, à Venice, Amérique.Gallimard UNE BARAQUE ROUGE ETMOCHE COMME TOUT, A VENICE, AMÉRIQUE.de Marie-Gisèle Landes-Fuss La narratrice débarque à Venice, un quartier de Los Angeles où traînent des paumés, des drogués, sous l'oeil de la police.Elle-même se drogue et Unit par atterrir dans une baraque en briques rouges qui se dresse sur la plage.C'est un bizarre mais etllcace "centre de réhabilitation”.Gallimard - $14.95 tage.René Bonenfant est en train de développer une collection qui s’avère devenir une des meilleures sur l’art québécois.Signalons l’ouvrage de Gilles Daigneault et Gmette Deslauriers : La gravure au Québec (1940-1980) en attendant celui sur Léon Belle-fleur.René Bonenfant publie aussi au Noroît dans un tirage de 1,000 exemplaires et à un prix fort modeste (moins de $50.00) une collection d’ouvrages de dessins de grands artistes.Après celui de Gérard Tremblay, apres A l’orée de l’oeil qui réunit 50 dessins de Roland Giguère, on nous annonce un Léon Bellefleur.Ces livres ont l’immense avantage de nous donner un panorama de l’oeuvre d’un artiste à un prix très accessible.Notons enfin l’apparition de nouveaux éditeurs.En plus de Marcel Broquet, qui a produit 15 titres depuis 4 ans, c’est au tour de Georges Laberge de fonder le Trecarré avec un premier ouvrage: L’Art de Robert Bateman, le célèbre peintre animalier.On nous promet pas moins de 20 nouveaux titres au Trécarré cette année.Voilà qui illustre bien la santé de ce marché du livre sur l'Art pour tous.chez qui les projets ne manquent pas.«On en est cependant aux débuts de l'édition sur l’art au Québec».Marcel Broquet prépare une collection pour les sculpteurs, Espace et Matière, où l’on retrouvera Cavaly, Trudeau, Daudelin et Roussil.Il publiera, après Le Nu dans l’art québécois de Jacques De Roussan qu’il vient d’éditer, d'autres albums thématiques: Le Paysage, par Guy Boulizon, puis L’Hypperéa-lisme, L’Affiche et La Nature morte.Il compte publier des grandes monographies de Cosgrove, Pellan et De Tonnancour, en plus d’ouvrir la collection Signatures à des artistes non figuratifs et de très grande réputation.L'optimisme mais aussi la prudence régnent chez Marcel Broquet, éditeur.L’écriture: un plaisir, un jeu! La Fédération québécoise du loisir littéraire (FQLL) invite les visiteurs à participer à des activités d’écriture dans un climat de détente et de plaisir.Des jeux sont à la disposition de tous au stand 457.Un concours marathon est par ailleurs offert à tous le 27 novembre, de 12 h 00 à 19 h 30.En bref, il s'agit de faire une narration (conte, nouvelle, etc.) en utilisant obligatoirement cent mots déterminés d’avance.Seul(e)s les par-ticipant(e)s qui auront réussi à faire entrer les cent mots en question dans leur texte seront considéré(e)s par le jury.Les prix?Des livres, des livres et des ateliers.LES EDITIONS BERGERON VOUS INVITENT À VENIR RENCONTRER A LEURS KIOSQUES NO: 258-259 Le mercredi, 24 novembre 1982 131,00 A 17hOO Marthe F BEAUREGARD, bibliothécaire-archiviste de la Société généalogique canadienne-française, auteur de: La Population des forts français en Amérique au XVIIIe siècle 300 p 15.00$ 19h00 à 22h00 Louis-Paul BÉGUIN, auteur de: Les aventures illustrées de Délima.Le jeudi, 25 novembre 1982 de 13 h 00 à 17 h 00 Agnès Larin “D’où viens-tu Agnès?” 19 h 00 à 22 h 00 Henri TRANQUILLE et Gérard LEFEBVRE auteurs de “Coups pratiques aux Dames” Le vendredi, 26 novembre 1982 conte!) ^.rancl- de13H00 à 22H00 Lorraine Nacké “Les Contes de Grand-Mère” $9.95 214 p.de 19N00 à 22H00 Jean-Louis Le Scouarnec, auteur de Pause-Lecture (Réflexions sur le quotidien) et Ariel “Pause-Lecture” $12.95 260 p.“Ariel” $9.95 136 p.Le samedi, 27 novembre 1982 de 13h00 à 17h00 Amara Ouerghi “La folie du soccer” $12.95 116 p.de 19H00 à 22h00 Henri La France “Les capsules du temps” $12.95 236 p.A N C E Le dimanche, 28 novembre 1982 de 13h00 à 17h00 L’Association des amis de Léautaud “Les cahiers Paul Léautaud” No 1: $2.00 36 p.No 2: $4.00 48 p.Cahiers PAUL LÉAUTAUD Premier cahier Tous ces volumes sont aussi disponibles chez votre libraire habituel Distributeur: Presses métropolitaines 99999999999999999994 LES LIVRES D’IMAGES Le Salon du livre de Montréal Le Devoir, samedi 20 novembre 1982 E 3 Annie Molin Vasseur Le livre, ce lieu unique Des livres de fonds par Gilles Daigneault «B IEN sûr, je respecte i toutes les formes de création, mais il est certain que je suis plus sensible à un discours sur la transformation pour le futur et que je me sens plus proche des gens qui ont envie de changer quelque chose qui ne leur convient plus — qui ne se résignent pas — que de ceux qui essayent de rendre encore beau un passé en mémoire.» Ainsi parle Annie Molin-Vasseur, la directrice de la galerie Aubes 3935, une place chouette pour les amoureux du livre, qui le retrouvent là sous toutes ses formes, du moins celles qui hésitent, comme entre deux chaises, entre la librairie et la galerie d'art.Or, le livre d'artiste québécois n’est pas spécialement le lieu des remises en question les plus radicales et on peut s’étonner qu’une Française, fraîchement débarquée et éprouvant une attirance certaine pour des formes plus expérimentales, ait choisi, il y a maintenant un an, de consacrer ses énergies à ce secteur volontiers traditionnel de nos arts plastiques: «Dans toute société, il faut des gens qui fassent des pas en avant, et d’autres qui les consolident.Je ne prône pas l'avant-garde à tout prix parce que cette attitude rejoint une notion de consommation : on refuse tout ce qui est du déjà vu, on passe superficiellement d'une chose à l’autre, on consomme l’art et les styles très rapidement.On exige d'être constamment étonné et on n’est plus émerveillé.De toute manière, c’est toujours la nécessité et l’authenticité d’une forme qui m’intéresse, et non pas sa nouveauté.» En même temps, vue d’un oeil européen, toute notre aventure du livre d’artiste aurait belle allure: «Je trouve assez étonnant à quel point le Québec a repris la tradition du livre bibliophilique.Alors qu’en France, toutes proportions gardées, ce type d'objet n’intéresse qu’une infime minorité de gens, le beau livre traditionnel a trouvé ici beaucoup d'adeptes en peu de temps, comme s’il avait été important de se constituer une mémoire solide, une sorte de sécurité affective qui permette de passer à autre chose.Et maintenant que les Québécois n’ont plus vraiment de problème d’identité, qu’ils savent mieux qui ils sont, ils sont, ils commencent à écla- Une joute oratoire C’est une première! À vous la parole! Le Salon du Livre de Montréal 1982 s’enorgueillira d'un match oratoire basé sur l'improvisation et le sens de l’humour.Né sous le signe de l'inusité, ce match aura lieu sur la scène centrale du Salon du Livre le samedi, 27 novembre, à 20 heures.Animé par «la Voix du Salon», Michel Simard, le match oratoire d’improvisation réunira une douzaine d'autres québécois connus.et volubi-les qui devront suivre des règles du jeu fort simples.Chaque participant, mariant l’humour à la parole, devra tout simplement improviser verbalement pendant une durée de cinq minutes.Improvisation sur un thème choisi au hasard, trente minutes avant ter.En ce qui me concerne, je découvre ici un esprit de création fantastique qu’on ne voit plus en France, par exemple, où on est fatigué, où on a beaucoup d’idées (pas forcément de pensée!), un discours intellectuel trop brillant et des racines très lourdes à porter.» Dans sa forme actuelle, la galerie Aubes 3935 est un avatar d'un vieux rêve de sa directrice qui avait un concept beaucoup plus large: une sorte de magasin de l’écriture: «Je voulais que la poésie soit dans le quotidien, partout.Il y aurait eu aussi bien de petits livres à écrire et des stylos qu’on aime à voir que des objets familiers sur lesquels on aurait gravé de la poésie (pour neutraliser l’effet des horribles choses qui existent ac- Annie Molin Vasseur tuellement à partir de la même idée).D’autre part, je rêvais d’un véritable lieu pour la création où les gens viendraient porter spontanément leur écriture, où fl y aurait des lectures de poèmes.Dans ma tête, il allait se passer beaucoup de choses entre les objets et les gens.Et quand les livres ont commencé à entrer, il m’arrivait de me lever la nuit pour ouvrir les vitrines et demander aux livres de s'envoler.J’ai beau les sortir et les montrer souvent, ils m’apparaissent un peu comme dans un musée, et ça me gêne.» Quoi qu’il en soit, la jeune galerie a déjà joué un rôle certain dans l’elargissement de la notion de livre d’artiste, fâcheusement limitée ici à des éditions de luxe qui contiennent des estampes originales.On trouve, en effet, chez Aubes 3935, des artefacts qui doublent cette notion tantôt sur sa gauche, si on peut dire, et tantôt sur sa droite: «D’un côté, il y a les livres conceptuels à grand tirage, les book-works, qui prennent les formes les plus diverses; ils sont d'abord venus d’Allemagne et des Etats-Unis où les artistes ont repris le discours critique sur l’art, devenu prédominant au cours des années soixante, mais en tant qu’artistes.De l’autre côté, et comme en réaction aux premiers, on trouve les livres objets uniques qui, eux, ressemblent en-• core moins à des livres et dont les signes sont radicalement autres.Entre les deux, bien sûr, on rencontre le livre d’artiste familier — appelé ailleurs «beau livre» ou «livre bibliophilique» — qui demeure traditionnel (pas forcément conventionnel!), mais qui peut aussi être inventif.» Le domaine étant encore assez nouveau, Annie Molin-Vasseur est volontiers éclectique, ce qui permet à la fois de respecter la diversité des coûts et de brasser un peu les jugements.Cela dit, elle ne m'a paru vraiment s’enflammer qu’en parlant du livre unique, un objet qu’elle associe ingénieusement au phénomène de l'art brut et qui commence à prendre de l'ampleur au Québec, en partie grace à sa galerie qui en a présenté de nombreux spécimens, venus d’abord de l'étranger puis d’ici (les premiers ayant souvent entraîné sinon la réalisation des derniers, du moins leur monstration).Ainsi, Aubes 3935 veut non seulement redonner leurs quartiers de noblesse aux artisans traditionnels du livre, mais aussi énoncer les potentialités de celui-ci considéré comme une structure formelle.Annie Molin-Vasseur conçoit le livre comme «le lieu du dire sous toutes ses formes» et n'en finit pas de rappeler combien la communication peut prendre les formes les plus diverses.Et, tout bien considéré, dans cette sorte de palais du livre, les lieux d’écriture les plus prégnants sont ceux qui se aébattent pour rendre compte d’une situation qui est de l’ordre de l’indicible, et qui sentent le besoin de créer de nouveaux supports pour y inscrire de nouveaux signes.P le match, en même temps que l’ordre de participation.Voilà qui promet de dérider les spectateurs les plus sérieux! C’est le public qui sera juge de la qualité et de la performance des participants, lors de ce match oratoire d improvisation qui risque d'être spectaculaire! Le gagnant se verra offrir un cadeau humoristi- 3ue, sans doute, par l’équipe u magazine mensuel et humoristique (certains le qualifient de satirique!) CROC.Question de vous mettre l’eau à la bouche un tantinet, voici quelques participants dont: Simone Monet-Chartrand, Louis Caron, Roch Carrier, Madeleine Ferron, Jean-Claude Germain, Alice Parizeau, Yolande Villemaire.LES LIVRES DISPONIBLES EN MICROFICHES Une recherche bibliographique encore plus performante.En vous abonnant aux microfiches • Vous bénéficierez de 3 mises à jours annuelles (avril-septembre-décembre) • Vous gagnerez du temps et de la place (lecture rapide sur écran, 102 microfiches au lieu de 5.600 pages et 3 volumes) • Vous disposerez d'une documentation bibliographique en tous points identique à celle des livres disponibles imprimés.FICHES TECHNIQUES • Format 105x148 mm • Taux de réduction 48 x international • 63 fiches Auteurs/Trtres • 32 fiches Sujets • 2 fiches Editeurs • 2 fiches Collections • 3 fiches Matières et Mots clés.EDITE PAR LE ABONNEMENT AU CANADA PAR CERCLE DE LA LIBRAIRIE PERIODICA PARIS C.P.220, Ville Mont-Royal, P.Q.H3P 3C4 y L’oeuvre de Simone Aubry Beaulieu y»' Un ouvrage remarquable, relié pleine toile, au format de 9 x 12 (23 x 35 cm) comprenant 41 reproductions en couleurs et 97 en noir et blanc.Sur papier Caméo Dull 200m.Caractères Palatine.«Si l’oeuvre de Simone Beaulieu, dessins et peintures, a été peu vu au Québec, c’est à cause des périgrinations incessantes de la vie diplomatique.À peu près constamment absente du pays depuis l’immédiat après-guerre jusqu’aux années soixante-dix environ, il est assez compréhensible qu’elle ait eu peu de temps à consacrer à la diffusion de cette production consistante qu’il est étonnant de découvrir d’un même coup d’oeil, et qui sera certainement pour plusieurs une véritable révélation».Articles de René Garneau, Jean-Pierre Duquette et Annie Molin-Vasseur.Autobiographie de l’artiste dont le travail a débuté, il y a quarante ans, au Québec, pour se poursuivre à travers le monde: Washington, Paris, Boston, Londres, Beyrouth, Rio de Janeiro, New-York, Lisbonne et enfin Montréal de nouveau où elle a établi définitivement son atelier.Périple difficile quelquefois, enrichissant grâce aux artistes de diverses écoles avec lesquels elle travailla: Fernand Léger, Jean Lurcat, André Marchand, Braque, Ben Nicholson, Henry Moore, Tomishige Kosuno, Aref Rayes, Moudares et plusieurs autres.Le volume, distribué par Hachette International, est en vente dans toutes les bonnes librairies, au prix de 75,00$ Éditions du LION AILÉ, 5754 Ave Déom, Montréal, Québec, H3S 2N4 tél.: (514) 738-9296 Depuis un an.le monde a changé.Découvrez L ÉTAT DU MONDE 82 Édition complètement renouvelée, actualisée et augmentée.Un outil indispensable et facile à consulter pour comprendre le monde d'aujourd’hui.Vol.relié 640 p., 15,95$ L’EUT DU MONDE GEORGE-ÉTIENNE CARTIER Bourgeois montréalais Brian Young Les historiens n’ont généralement vu en George-Étienne Cartier que le personnage politique.Utilisant des sources qui touchent aussi bien ses activités d'homme d'affaires que sa vie privée, c’est sous les traits du grand bourgeois montréalais que l'auteur nous le fait connaître.Vol.248 p., 13,50$ BRÈVE HISTOIRE DU QUÉBEC J.Hamelin et J.Provencher J.Hamelin et J.Provencher Les auteurs nous présentent une synthèse de l’histoire du Québec, depuis la Nouvelle-France jusqu'à nos jours.Cet ouvrage retrace les grandes lignes de notre évolution politique, l’éclairant des principaux faits de la vie sociale et économique.Vol.illustré, 176 p., 6,95$ BRÈVE HISTOIRE DU QUEBEC HISTOIRE DU QUÉBEC CONTEMPORAIN P.-A.Linteau, R.Durocher et J.-C.Robert Une vision d’ensemble de l’évolution de la société québécoise depuis la Confédération jusqu'à la Crise, au travers des phénomènes tels que le mouvement ouvrier, la situation des femmes, l’agriculture, les institutions religieuses, la production culturelle, etc.Vol.664 p., abondamment Vol.illustré, 664 p., 19,95$ HISTOIRE Dt QLfiBEC CONTEMPORAIN HISTOIRE DE LA GASPÉSIE J.Bélanger, M.Desjardins et Y.Frenette L’histoire de la Gaspé-sie, depuis la préhistoire jusqu’à nos jours.Magnifique volume de 808 pages, abondamment illustré, réalisé en collaboration avec la Société historique de la Gaspésie et (l’Institut québécois dp i recherche sur la culture.Éd.brochée 29,95$ Éd.reliée 45,00$ *asi k sic LE QUÉBEC EN TEXTES sous la direction de G.Boismenu, L.Mailhot et J.Rouillard «Le Québec en textes» a été conçu pour offrir une vue générale des rapports sociaux dans toutes les sphères d’activité au Québec depuis la Seconde Guerre mondiale.Une introduction multidimentionnelle à notre histoire récente.Vol.576 p., 18,50$ quebec en texted GUIDE CULTUREL DU QUÉBEC sous la direction de L.Mailhot et L.Gauvin Guide culturel du Québec Ce livre est à la fois un aperçu historique et un panorama actuel des principaux champs de la culture québécoise: bibliographies, filmographies, discographies, adresses utiles, renseignements divers.Vol.536 p.16,00$ BORÉAL V Le Devoir, samedi 20 novembre 1982 LES LIVRES D’IMAGES par Monique Poulin NOTRE monde est envahi d'images.Images qui rient, images qui pleurent.Elles ont toutes quelque chose à raconter.Elles bougent.elles vendent, jacassent et chantent.Elles courent, nous bousculent et nous renversent.On les affiche.Images de l'heure, images à l’heure, elles défilent et nous enfilent dans le cours de leurs idées.Leurs portraits se figent en notre mémoire et, pollution des yeux ou bonheur du regard, elles sont là qui nous regardent les regarder passer.Qui a dit: «.sage comme une image»?Sûrement pas un enfant.Pourtant, la littérature enfantine a longtemps cru à ce dicton et perpétue cette image lointaine et tenace de l'enfant candide, cet être si fragile, croit-on.Attention alors de ne pas le blesser, de ne pas le traumatiser.Gare aux images violentes et aux couleurs dépressives.Offrons-lui du rose, du vert tendre et du bleu layette.Présentons-lui le personnage idéal: enfant blond aux yeux bleus.Ainsi, maman est rassurée et achète des livres remplis d’attitudes stéréotypées qui répondent à la conformité des êtres «normaux» de la société.Dans un décor campagne-petit oiseau — fleur bleue, l'enfant blond aux yeux bleus circule dans une sécurité douillette.C’est la littérature enfantine traditionnelle qui possède encore sa place, aujourd’hui, chez certains éditeurs.Les années soixante nous entraînent dans un souffle nouveau de la littérature enfantine.Des éditeurs tels que François Ruy-Vidal et Harlin Quist, changent de ton, de manière, d’attitudes, de sujets dans les livres pour enfants.Ils n’ont pas peur du fou et de l’anormal.Ils osent présenter .de l’art abstrait et de l’hyper-réalisme à l’enfant.Leurs images choquent les individus «normaux» de la société.Les parents sont effrayés, l’insolite les surprend.Ces nouvelles images pour enfants remettent en cause les valeurs établies.Dans ces livres, le regard doit penser.L’illustration re- mm ' IM'- ï Lr % æp pipi dans le pot cvale 11.s Y\( \.\( ! DI \Ol .l S prend force de langage.Elle fait signe au lecteur Elle possède un grand pouvoir symbolique.Au cours de ces dernières années, les types d’images offertes aux enfants se sont considérablement enrichis et diversifiés: dessins figuratifs stylisés ou non, et dessins non figuratifs qui prennent une valeur de symbole.Il reste 3uand même difficile de juger e la lisibilité de l’imagei Avec l’enfant, on ne sait jamais.Une trop grande simplification du dessin, des formes, peut très bien nuire à la lecture de l’image.Il en va de même pour les cas où les détails et la complexité des lignes affluent.Au moment de la lecture, l’enfant établit un contact avec l’image.L’important est la qualité de ce contact et il n’y a pas de recette pour ça.Donc, aussi bien offrir à l’enfant des images de tout style pour qu’il se familiarise avec plusieurs genres.Au Québec, la littérature enfantine prend beaucoup d’ampleur.Plusieurs maisons d’édition s’y intéressent et mettent leurs efforts à bannir les stéréo-types et à produire des livres de qualité tant au point de vue du texte que de l image: le graphisme, l’impression, la couleur.La position physique de l’image et du texte permet à l’enfant de se situer lui-même.L’image ne peut donc être considérée à part de l’écrit.Image et texte vont de pair.Chez Ovale; maison d’édition spécialisée dans le livre pour enfants, on reconnaît les livres par leurs couvertures rigides et illustrations pleines pages.Qu’il s’agisse des légendes (Le bonhomme 7 heures, illustré par Josée Dombrowski, 1982; La sirène de Percé, illustré par Sylvie Talbot, 1981) ou de l'adaptation d’une pièce de théâtre (Pareil, pas pareil, illustré par Suzanne Duquel, 1982) on y retrouve toujours une mise en page aérée, des gros plans, des couleurs chaudes aux teintes délavées.Les bébé-livres sont d’une qualité exceptionnelle.Pages rigides et illustrations débordantes et amusantes.Québec-Amérique, dans sa collection Jeunesse, nous présente des images fort différentes d’un livre à l’autre.L’homme aux oiseaux, illustré par Micheline Pelletier, 1981; Drôle de symphonie, illustré par Hélène Racicot, 1981; Seul au monde, illustré par Philippe Béha, 1982, sont trois histoires différentes, trois façons différentes aussi de les illustrer.Réalisme et fantaisie.Pour ce qui est de la présentation, la collection Jeunesse apparaît avec couvertures rigides ou brochées.Tous les livres de la collection présentent le personnage principal dès la première page de l’album.Quand aux images' elles se présentent de façons variées dans un même album.Soit pleine page ou sectionnées avec texte s’intercallant entre les images (L’homme aux oiseaux, Seul au monde) Drôle de symphonie, illustré par Hélène Racicot, ne présente que des images pleine page à droite, avec texte à gauche.Dans un format plus petit, les livres de Mondia nous offrent des images s’alliant fort bien avec le texte.Le Pierrot de Monsieur Autrefois, illustré par Josée La Perrière, 1981, présente une image encadrée avec couleurs estompées, ce qui permet d’entrer dans l’atmosphère un peu vieillotte de l’histoire.De style très différent, Zoupic, illustré par Normand Cousineau, et Le voyage d la recherche du temps, illustré par Philippe Béha.offre une mise en page variée.Les éditions Pierre Tis-seyre offrent de plus en plus LENFANT Ml» A ï*)AlTJriS DERNIÈRES NOUVEAUTÉS — BANDES DESSINÉES A CA&Am æseAfFm - V - N v M LE CACHOT sous la Seine GASTON LAGAFFE — #14 La saga des gaffes $6.95 ISABELLE — # 1 Le tableau enchanté $6.95 DOCTEUR POCHE — # 5 Le géant qui posait des questions $6.95 MEILLEURS RÉCITS DU JOURNAL SPIROU - # 8 Lettres de mon moulin $6.95 tome II LOU — # 4 La bête noire $4.40 TIF ET TONDU — # 30 Échecs et match $4.40 LES TIMOUR — # 9 Le cachot sous la seine $4.40 MARC OACIER — # 13 Le train fantôme $4.40 BDM TRESORS DE LA BANDE DESSINEE 1983 1984 TRÉSORS DE LA BANDE DESSINÉE — Catalogue encyclopédique de la bande dessinée -1983-1984 -$39.95.SPIROU ALBUM ^ 148 pages tout en histoires complètes — $3.75.EN VENTE PARTOUT SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL — KIOSQUES 231 A 234 Granger 210, bout CrémaziG ouest.Montreal.Quebec, H2P 2S4 Tel.: (514) 389 3561 rentre dans le front d’autrui, quelque effort que l’on fasse pour le camoufler ou le faire passer en douce.Ou qui vous mine par en dedans si l’on parvient à le garder à l’intérieur, hors d’état de déranger ou de scandaliser.Un soi qui n’est pas celui que l’on aurait choisi.Être poète, fréquenter l’univers comme ne fréquentant pas.Avec la sensation de tout, et de rien qui soit supérieur à quoi que ce soit.Partout la mouvance.La multiplicité, effaçant toujours choix après choix.Toujours la sensation que tout est derrière, et que le présent n’existe que dans le désir, dans la creation seule qui le fait être.Absence/présence.Exacerbation continuelle, est-ce moi ou est-ce l’écrivain en moi, profondément gravé à la grandeur de ce que je suis?Dans la ville la recherche de son contraire, l’évasion; dans la campagne la nostalgie, l’éclatement d’un manque profond.Dans les yeux dies hommes, dans les bars, chercher les feuillages, les herbes, les mousses douces et le silence quelque part enfoui, ou peut-etre même la solitude?En pleine forêt regretter ceux-là même qui la contredisent.L’une et l’autre, ville ou campagne, n’existent-elles pas’ précisément par ces présences contradictoires que l’on y ressent au plus sauvage de soi, dans les coulées du vent ou le pesant de l’air, et dans leur négation même au sein des mots qui les recréent?Cette inconséquence vive qui ne se guérit pas, sans doute est-ce moi, et chacun, et tous.Mais n’est-ce pas l’écrivain en moi ou, bien pis, le poète qui, au lieu de simplement subir l’incohérence des sensations, y plonge (témérairement?) en un bal diabolique d’avancées et de reculs qui rend toujours plus nécessaire — et immédiat — ce qui n’a pas eu lieu, engendrant a l’instant ce qui a lieu.Chaque minute devenue mouvement vers.La campagne et la ville ne sont-elles pas ainsi également — étrangement — longues promenades en forêt, soleil sur la peau, immobilité chaude.ou niées ou recherchées, ou possédées.Désherbages de mes plates-bandes dans les mots, les fleurs qui poussent dans le poème.Solitude parmi tous, ou en pleins champs solitaires.Jamais les bonnes réponses.Comment avouer, moi écrivain, le livre qui a le plus marqué ma vie et qui n’est ni Bor-gès ni Brecht ni.Ni grand auteur d’époque, ni apparition éclatante dans le ciel de la sainte modernité.De grande lignée pourtant, mais venu du lointain des années cinquante, revêtu sans doute d’une cer- taine odeur de démodé — ou est-ce encore ma peau d’écrivain qui a peine a s’accepter éternelle?Inavouable Petit Prince avec son pilote de ligne, et son renard et sa rose, rien d’autre ne m’a jamais paru plus important depuis, rien n’a autant contribué à façonner ce que je suis.Sans doute n’est-on jamais plus, passé vingt ans, cette tendre cire molle impressionnée pour toujours par une seule oeuvre au détriment de toutes les autres, contre les autres.Un jour adolescente, la mer; puis de simples vagues sans cesses remplacées par de nouvelles paroles d’écume qui tour à tour s’annulent, me construisant, moi.Inavouable.Comment avouer en outre qu’il n’y a pas de dernier livre, mais dix, vingt derniers livres qui n’en finissent pas de n’être jamais COURS DE GÉNÉALOGIE 1982-1983 du 3 février au 12 mai 1983 Loisirs St-Édouard Inc.6517, Saint-Denis Montréal, Qué.H2S 2S1 Tél.: 277-0841 ou 277-9415 Pour plus de renseignements, venez nous rencontrer aux kiosques 258-259 des Éditions Bergeron terminés.Pas de magazine régulier non plus, peu de radio, peu de T.V.sinon aux heures de noble musique ou de littérature, et pour les grands films trois étoiles.Partout de simples furetages ou caresses (.Michaux, Giguère) qui se refusent autre chose que leur plaisir immédiat.Pas de dernier livre mais les multiples flirts chargés de désirs s’appelant et se bousculant les uns les autres en un contrepoint créateur.Soleils et broussailles entremêlés, nidation de ce 3ue je suis.Multiples sauts ’humeur repoussant toute intrusion de mon intellèct jugé détestable ou de ma raison raisonnable.Comment pouvoir soutenir le jeu de la vérité .que l’on me demande face à tous?Si peu de solides fréquentations, si peu de modernes amours.Comment mettre à nu cet inconséquent «flirté caressé embrasse» culturel si pareil à moi et à cet impossible de ma vie?Je n’aime pas les livres qu’il faut, je n’écoute pas les émissions que je devrais, je ne lis pas les magazines culturels ou politiques et je ne fréquente que les bars et les poètes du coeur — ce n’est pas ce qu’il faut dire et j’ai honte.Je ressens la honte aussi de cette sorte d’inutilité que je me sens au jour le jour, face à la productivité inlassable qui m'environne et me talonne jusqu’à la racine intime de mes mots de poète qui voudraient se rendre utiles.L’étouffement quotidien de ma nécessité lointaine et profonde me pèse.Je suis à tout instant un moi superflu qui ne sait où donner de la tête et du coeur.Je ressens la honte et à la Suite à la page 14 POUR COMPRENDRE LES ANNÉES 80: Le Magazine QUÉBEC SCIENCE kiosque 248 POUR APPRENDRE DANS LES ANNÉES 80 DES LIVRES-OUTILS: aux Presses de l’Université du Québec kiosque 247 C’est un rendez-vous du SALON DU LIVRE OE MONTRÉAL du 23 au 28 novembre Aux Éditions d’art «Aurore» «De beaux livres d’art que vous pouvez vous offrir ou offrir en cadeau mÈ Ê Henri •‘'*V LA PEINTURi îCJTALIENNE 1* * ( .TMtg LE V1TAN.25 x 30 cm.228 p.79 reproductions dont 96 en couleurs.$25.00 Bientôt aux mêmes éditions «Rembrandt» MATISSE.Peintures et sculptures des musées soviétiques.197 p, 27 x 35 cm.130 reproductions dont 71 en couleurs.$29.50 LA PEINTURE ITALIENNE du X.IIIes au XVIIles au Musée de l’Ermitage.316 p 27 x 35 cm.232 reproductions dont i82 en couleurs.$39.95 En vente chez votre libraire.Diffusion Nouvelle Frontière Les auteurs de QUÉBEC AMÉRIQUE au Salon du livre de Montréal YvesBEAUCHEMIN Philippe BEHA Pierre BILLON Paul-André COMEAU Louis FOURNIER Marc GENDRON — Monique LA RUE — Jean-Paul LE BOURHIS — Serge MONCEAU — Lise PAYETTE — Raymond PLANTE Stands 122 à 125 — Section I — Hélène RIOUX — Robert SOULIÈRES — Gérard TOUGAS — Jacques THIFFAULT — Pierre VALLIÈRES 4 1 10 U Le Devoir, samedi 20 novembre 1982 L’IMAGE DES ÉCRIVAINS Le Salon du livre de Montréal Petit traité de bathmologie par André Roy «Tout discourt est pris dans le Jeu des degrés.On peut appeler ce Jeu: bathmologie.» Roland Barthes AIME, N’AIME PAS 1 J’aime: mai, juin, juillet, octobre, l’été, la ville, les longues artères, les granda magasins, les néons minces, le Parc Lafontaine, le Vert-Galant, Hyde Park, Central Park, les jardins Borghese, les clubs la nuit, les gares de trains.Je n’aime pas: novembre, décembre, janvier, mars, l'hiver, les parcs industriels, les lots vacants, les clôtures électrifiées, les terrains de golf, le Forum de Montréal, les parkings, les drive-in, les autoroutes, les statues, les monuments aux morts, les maisons en stoco.(Et puis la liste s'allongerait tellement démesurément pour ce texte du Supplément littéraire que je m’arrête.) MODE 1 Presque toujours (je l'ai vérifié), si quelqu'un vous accuse de suivre la mode, non seulement n’hésite-t-il pas à vous en rendre coupable mais essaie de stigmatiser votre im- LES ÉDITIONS DOMINIQUE LEROY VOUS ATTENDENT AU SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL DU 23/11/82 AU 28/11/82 STAND N° 173 Gérard Leclaire, auteur de la famille Freudipe, sera présent au Stand.imivm % 'f, JULIETTE DE SADE de PHILIPPE CAVELL et FRANCIS LEROI L’adaptation en bandes dessinées de l'œuvre célèbre du divin marquis “MANUEL DES CONFESSEURS” ET KRAFFT-EBING EN BANDES DESSINÉES de J.-M.LO DUCA Toute la bande dessinée populaire italienne LES AVENTURES DE BLUE CAT ROCK STAR de CAPONE el C.SICARJ Sex and drugs and rock and roll André Roy a publié plusieurs recueils dont Les Passions du samedi aux Herbes Rouges, une maison d’édition qu'il co-dirige avec Marcel et François Hébert.bécillité supposée parce que vous ne savez pas choisir.Et si la mode répondait à un besoin qui correspondrait au vôtre, et que vous y disiez oui.ELECTIONS Dans l’autobus, jetant un oeil furtif à la revue que lit une jeune fille, je note que Jean Doré, candidat-maire du R.C.M., est traité (avec mépris, je suppose) de «Doré-la-belle-gueuie».Et si hors le contexte et de toute explication suffisante, on en venait à se persuader aux urnes: «Un-tel est vraiment trop laid pour diriger les destinées de Montréal, je choisis l’autre», je ne suis pas convaincu qu’on se tromperait sur les actions futures du candidat choisi.PLUS D’ENVIE En arrivant dans un bar, je remarque quelqu’un qui me plaît.Nous nous abordons, nous bavardons, nous buvons (un peu trop même).Il travaille pour une agence privée à l’aéroport de Mirabel.Je l’amène chez moi.En voyant ma bibliothèque, comme tous les LA FAMILLE FREUDIPE de GÉRARD LECLAIRE Une satire spirituelle des comportements “libérés” TTH Lfx.t y' TxûmSmM ÉDITIONS DOMINIQUE LEROY 68-70, rue du Cherche-Midi 75006 PARIS Tel.(1) 549.02.48 Distributeur: Albert SouMan Inc.8255 Mountain Sights, Montréal, Qué.H4P 2B5 - 738-0202 autres auparavant, il me demande: «Est-ce que tu as lu tous ces livres?» Brusquement.plus aucune envie de faire l’amour avec lui.DISCOURS Les mêmes gens qui trouvent que mes poèmes ne font pas (vraiment!) très sérieux, avouent que j’écris des articles (vraiment!) trop sérieux.PASTICHER Pour les textes que j’avais pastichés (voir la NBJ, no 115), on me questionnait sur cette pratique très rare au Québec.Que pouvais-je répondre sinon que pasticher s avérait un exercice d’écriture nnur m’aporoprier les poèmes de N.de Bellefeuille, N.Bros-sard, R.Des Roches, Ph.Haeck, Cl.Beausoleil et Fr.Charron que j'aimais extrêmement?Le pastiche comme mode de connaissance et de reconnaissance.TÉLÉVISION Non, je n’aime pas la télévision, elle m’apparaît bête (et de plus en plus).Accablement quand je regarde surtout Radio-Canada et Radio-Québec.Quand je m’asseois devant le petit écran, je sais que je deviendrai bête à mon tour, que je me métamorphoserai en zombie.CHANCE De Renaud Camus (de qui je m’inspire pour ce «Traité»), je pourrais reprendre, presque telle quelle, l’affirmation suivante: L’homosexualité a été la grande chance de ma vie; chance morale qui m’a permis d’être encore plus sensible à l’injustice, à l’opprobe, au mépris et à la violence généralisés et admis.De plus, elle m’a permis de constater le conformisme et la stupidité, même chez des gens de gauche.Comme elle m’a permis aussi d’échapper (j’espère) à tout cela.Oui, en effet, je me sens un peu moins mort-vivant que les autres (mais je n’en tire aucune fierté).RESPECT ET PLUS Quelqu'un de bien vêtu, coiffé et parfumé me porte respect.Plus même: que le choix des souliers, de la chemise ou du manteau, dont ont été prises en compte la couleur, la douceur ou l’originalité, l’a été pour moi.TOTALITARISME Une Roumaine, exilée jeune, défendant le communisme: «C’est vrai qu’ils n’ont pas toutes les libertés mais ils L’encanteur vous attend Le Salon du Livre de Montréal 1982 sera ponctué de deux super encans de livres neufs et usagés.Le premier, pour adultes, se déroulera le samedi, 27 novembre, de 13 heures à 14 heures 30, tandis que l’encan de livres pour enfants aura lieu le dimanche, 28 novembre, à la même heure.Pour la deuxième année consécutive c’est François Beaulieu, encanteur très con- nu, qui métamorphosera les encans de livres en véritables fêtes! C’est avec couleur et dynamisme qu'il animera ces deux encans sur la scène centrale du Salon du Livre à la Place Bonaventure.Rappelons qu’en plus d’être un encanteur réputé, François Beaulieu est professeur de littérature et de théâtre au Cégep Lionel Groulx et écrivain de théâtre.En plus de s’apparenter à Le Salon du livre de Montréal mangent à leur faim.» Ses parents étaient de grands bourgeois terriens.BÊTISE Si tu n’es pas avec nous, tu es contre nous.Si tu n’es pas communiste, tu es capitaliste.Si tu n’es pas athée, tu es croyant.Et si je répondais à leur bêtise par une autre: «Si tu n’es pas écrivain, tu es illettré.» ÉVIDENCE «Mais je ne compte plus sur vos évidences, que voulez-vous tous les matins je me lève athée ou presque ou vas du tout.» (in MONSIEUR DESIR.) MODE 2 Au récent colloque Nicole-Brossard, plus aucun participant ne voulait discuter de la modernité.Était-ce si démodé?BATHMOLOGIE 1 La bathmologie comme jeu d'incidents: notations, citations, aphorismes, remarques, fragments, poèmes brefs, courts textes, mots nouveaux: tout ce qui vous tombe sous la plume.SURPRISE Après le sauna, dans le lit, chez moi, le corps de ce garçon n’avait plus le même corps.GENTILLESSE Envie de lui dire: «Tu es une belle tapette» ou «Tu es une tapette de mon goût», mais il prendrait ce compliment pour une insulte.PARADOXE 1 Mais je n’ai aucune envie de désigner un autre, surtout si une ou des personnes sont témoins, par ce terme méprisant.DÉMOCRATIE Je considère la démocratie comme une fin en soi, non pas comme un moyen.DEUXIÈME DEGRÉ Rire, ou à tout le moins sourire, quand quelqu’un me dit: «Tu as l’air vraiment gai, aujourd’hui» ou encore «C’est un livre très gai».TOUT D’UN BLOC C’est vrai que je ne peux aimer la Bête lumineuse de Pierre Perreault parce que le film est consacré à une partie de chasse.Impossibilité presque viscérale de faire le partage entre le discours du film et l'objet de ce discours.AIME, N’AIME PAS 2 J’ai aimé (beaucoup) Contrecoeur de Jean-Guy Noël, des spectacles débordants de vie, les encans de livres serviront deux bonnes causes.En effet, leurs profits seront versés à deux organismes humanitaires: Tel-Aide, dans le cas de l’encan de livres pour adultes et la Société québécoise pour enfants autistiques, dans le cas de l'encan de livres pour enfants.Le principe des encans de livres demeure inchangé.Tous les jours, au Salon du Livre, du 24 au 28 novembre, le public est invité à apporter des livres neufs ou usagés mais en bon état, dont il veut se défaire.Un coin appelé dépôt pour les encans est aménagé à cet effet.Réunis en lots, les livres seront vendus lors de deux encans auxquels nous attendons les petits comme les grands! film maudit, jamais distribué.Je n’ai pas aimé: les Fleurs sauvages de J.-P.Lefebvre (cinéaste à peu d’imagination), la Quarantaine d'A.-Cl.Poirier (j’ai pensé, déjà, le plus grand mal de son Mourir d tue-tête), Une journée en taxi de Robert Ménard.VRAI Oui, c’est vrai, je n’ai aucun dada (j’abhorre ce mot) ni aucun hobby (je hais ce mot).Mais si écrire est un passe-temps, bizarrement, étrangement alors, il occupe tout mon temps.AMOUR — Pourquoi trembles-tu?— Parce que je t’aime.POÉSIE Exemple de poésie (ou de perversion du langage chez moi): «Pour une fois, laisse tomber ta beauté!» AIME, N’AIME PAS 3 Je n’aime pas les mots ou expressions suivantes (et généralement ni les gens qui y manifestent leur jactance) : Communication, échange, sincérité, épanouissement personnel, liberté sexuelle, forte personnalité.J’aime les mots: Réel, Ima- ginaire, Symbolique.(Tout ça traduit, on le voit, un parti pris idéolo-aiaue.) PSYCHANALYSE «On sait aussi que cette homosexualité (celle, dominante, dans le corps génital) adulte permet les plus grandes sublimations culturelles.La fécondité, mais également la paternité et la maternité symboliques, qui ne peuvent se réaliser sur le plan de la génitalité, trouvent une issue sur le mode langagier, culturel et artistique».(Françoise Dolto: SÉMINAIRE de PSYCHANALYSE D’ENFANTS).Quand je lis de telles affirmations (à la fois odieuses et stupides), je lancerais, comme certaines féministes radicales, les psychanalyse aux orties.(Mais je ne l’ai pas encore fait.) PARADOXE 2 J’adore sortir le samedi soir mais il y a trop de gens dans les boîtes.Sortir au début de la semaine dans les clubs est d’un ennui effarant parce que ne s’y trouve personne.Au printemps, la moindre senteur me rappelle, mélancolique, la campagne que je déteste.Mais à la campagne, où je me lasse, la seule odeur d'huile ou de goudron me dégoûte de tout retour en ville.ANNONCE CLASSÉE (Comme Renaud Camus — encore lui! — dans Notes achriennes.) H, 38 a.’ 5’6”, 130 1., yeux noisette, moust., cultivé, aimant litt.+ ciné., écriv., cherche JH entre 18 et 30 a., beau, fin, intell., Biur affection seul.’ écrire au EVOIR qui transmettra.BATHMOLOGIE 2 «Science iv.-uuie» car elle ébranle «le s instances ha-bituxi'iles de l’expression» (R.Barthes), la bathmologie ne peut avoir aucun effet de sens et est, virtuellement, sans fin.Par elle, je refuse d’avoir le dernier mot.Sa suspension est, par principe, temporaire B’elle serait le fruit du de la vie et de l’entreprise elle-même (manque de temps, panne soudaine «d’inspiration», désintéressement subit).Comme ici, pour des raisons techniques (maximum: 6 pages), je dois interrompre l’écriture de ces notes bathmologiques.’nouveautés: Je bâtis ce livre et les autres au rythme anarchique des pulsations de mon coeur fatigué, mais heureux de tant aimer.L’exemplaire: 15,95$ SIMONNE MONET CHARTRAND ma vie comme rivière mm Simonne Monet Chartrand sera présente tous les jours à notre stand.v IWw** t !«\SI ils |)U()(|i(|l I N V \ II MMIN À lire avant votre prochain rendez-vous chez l'un des trop nombreux spécialistes qui, même aujourd’hui, dictent le déroulement de nos vies individuelles et collectives de femmes.n L’exemplaire: 15,95$ >r- > ¦ mkm , •/ ; V™ ‘T Vv" ¦ V %\ i % .i les éditions du remue-menage |M!)>nuZirH2iuu?t Sylvain Lelièvre entre écrire Poèmes et chansons 1962-1982 NOUVELLES ÉDITIONS DE L’ARC Salon du Livre de Montréal, kiosque 239 Distribution: Diffusion Prologue, 2975 rue Sartelon, Ville St-Laurent, tél.: 332-5860, 1-800-361-5751 Jean-Claude Charles Jean-Claude Charles de si jolies petites plages NOUVELLE OPTIQUE Stock DE SI JOLIES PETITES PLAGES L'exode des "boat people" d'Haïti se termine souvent sur les jolies petites plages de la Floride.' , Ün reportage lascinant qui se lit Comme un roman.12,95$ Nouvelle Optique Vient de paraître aux Editions Pierre Tisseyre MARIE JOSÉ THÊRIAULT DARCIA LABROSSE AGNÈS et LE SINGULIER BESTIAIRE Conte» pour «dulte»-enf«nt* Les Frédagasies, les Moutahs, les Brgset les autres: 40 créatures extraordinaires et leur amie Agnès, racontées en mots par MARIE JOSÉ THÊRIAULT et en images par DARCIA LABROSSE AGNÈS ET LE SINGULIER BESTIAIRE Editions Pierre Tisseyre 64 pages, $12.95 Maintenant disponible en librairie 1 i Le Devoir, samedi 20 novembre 1982 BU L’IMAGE DES ÉCRIVAINS L9écriture du triangle rose par Jean-Paul Daoust LA poésie continue.Déborde.Monstrueuse quoi.Les signes multiples (livres, télé, radio, cinéma.) collés à la rétine de la ville.Le cerveau aux aguets (ou en brouille avec le réel).Contacts.Flirt mathématique.Les phrases circulent comme des T.V.portatives au poignet de l'heure japonaise.L’image concentrée aussi féroce qu'une bombe nouvelle (ou est-ce le cliché d’une black diva encore vivante parce qu'elle chante son dernier mot).Parfois il fait beau sur la page blanche et l’éclair de l’existence pour poignarder tout ça: l’écriture comme un élan fauve pour faire sauter les barrages à la lumière (celle du coeur): démasquer Superman et Zorro et les matcher ensemble pour qu'ils swingent et s’AlMENT dans leur rythme fantasmatique.Des mots durs et transparents comme des ongles-vitrines à la chair rose de la vie.Plus malheureux qu’un ange déchu dans la décadence du mâle occidental j’ai peur de mourir asphyxié dans la maison hantée de tous ses gadgets.Mais la vie.Open 24 hres.Alors tout n'est pas perdu.Pour moi.Le jeu.(puisqu’on m'invite, ici, à jouer, et Las Vegas n’a rien à voir là-dedans).E.T.WRITE HOME! La peau des mots («je pensais réellement comme unç peau qui vit sa raison d’être» écrit Nicole Brossard dans son dernier roman.Picture Theory), dans l’imaginaire enfin possible.Possédé jusque dans les os de l’âme l’écriture me happe.Et Montréal comme écran cathodique où des «néons las» (Lucien Francoeur) écrivent l’image colorée d’un désir.J’aime spiraler comme un coquillage (nautile) dans la musique des bars où je force mon désespoir à palper celui des autres.Je n’ai pas besoin de la campagne, j'ai la mienne, plus sauvage et solitaire.Mais la met me manque, et ses lèvres de sable chaud.L’entendre respirer.La seule chose qui % Jean-Paul Daoust a publié cinq recueils dont les Poèmes de Babylone aux éditions des Forges.Il annonce un roman aux éditions Nouvelle Optique pour le printemps: Soleils d’Acajou.me reste d’elle est le sel dans mes yeux parce que l’amour sombre toujours en elle comme un Titanic.Mes doigts s'agglutinent sur la dactylo et ça frappe: essayer de crever les eaux des mots.naître Vénus du côté des gars.Leur redonner foi en la tendresse.En attendant, James Bond défonce le film mais je suis plus dans la salle.M’en suis aile du côté du jeu.À l’aventure dans mon propre Hollywood expérimental (marginal pour qui?), inquiétant.Avant d’être une star je dois faire le ménage de toutes les vieilles images sous lesquelles suffoque l’écriture du mâle que je suis.Ajoutez à ça tous les clichés du travestissement et vous allez comprendre l’ampleur du nettoyage.Alors je prends un verre (rhum et coke si possible), un livre (dans la matière rêvant comme d’une émeute, de Claude Beausoleil), j’écoute Klaus Nomi (la télévision est aveugle), puis je sors dans la ville pour bronzer au soleil des autres, regarder les aquariums des yeux et dans ces eaux-là risquer de me faire manger par un requin (d’eau douce?).Mon esthétique est une nécessité morale: question de charcuter les décors en • -V’v.place pour permettre au dandy de métal d’écrire la fin de siècle (du millénaire,) qui s’en vient.Je ne refuse pas les armes à double tranchant qui sillonnent ma démarche: alcool, drogue, sexe.Autres livres live qui font éclater les mécanismes du quotidien («comme un otage du quotidien» écrit Gérald LeBlanc, poète acadien), à mes risques et périls (la jungle c’est la jungle, mais je dois rencontrer Tarzan et King-Kong pour leur signifier qu’ils ne sont que des insignifiants).Après le last call je rentre (coureur de béton, chasseur d’ombres.beaucoup plus que ça: alchimiste moderne en enfer (Dante) pour retrouver (inventer) la lumière) en regardant une dernière fois la ville apparemment calme, comme une mer d’asphalte, implacable.Faut que le corps (plein d’images puisées.la pêche est toujours miraculeuse pour celui qui consent à l’aventure) se re-ose dans le mot sommeil, àis l'hologramme continue ses séquences.L’écrivain qui me marque le plus n’est-il pas celui en train de s’écrire.Pour sûr que j’ai été initié (ceux-là, celles- là, le savent).Et nous voilà (comme dirait Yolande Ville-maire) à l’OEUVRE, en train d écrire La Nuit Des Temps «Ange-Amazone» nouveau-nouvelle.Un plaisir sacré.Ce qui me manque le plus?Réponse: (une bouteille à la mer) S.O.S.A.L’AMOUR, (des mots tempêtent ici).Je sonde les yeux qui me lisent et j’en vois deux, bleus comme l’iceberg qui fond dans le Gulf Stream et ensemble c’est la dérive passionnée.Qu’on écrive sur mon corps des hiéroglyphes d’amour.Le coeur a son intelligence et c’est dans la tendresse que je veux être génial mais.où est ce il que je cherche pour qu’il se colle au mien.Ce jumeau qui me fera comprendre.Pour qu’on soit des garçons magiques.J’aime écrire le soir, la nuit quand tout semble fini, au repos.La machine qui me propulse au-delà de la page, taxi pour les neurones en alerte.Pressés, (le temps n’est pas assez élastique, son radar plein de gestes invisibles, à part les rides comme des strates d’horizons dessous le regard).(mais quand t’arrives je déploie mes levres comme les jambes de Marilyn).Mais mon désir du lecteur n’est que l’écorce.Un palimpseste, (lire c’est aussi écrire).Et j’aime lire les nouveaux paysages, les villes nouvelles que je découvre, (du Caire à Bangkok, de Venise à New York me servir des mots pour me les rappeler ).Ces visages dont je ne me lasse jamais.Ceux des ami-e-s en mutation.D’autres qui m’éblouissent, me font capoter, où je perds le contrôle.Danger.Mais qu’y luis-je puisque je suis dans le fiagara de ma vie.Et je m’accroche aux mots pour nommer, comme Adam/Eve, les univers que j’ausculte.Suis-je au carnaval de Rio ou dans le Sahara?Sur la feuille?Mais la matière du dedans est aussi colorée que celle du dehors, c’est bien connu.Aller là où la lumière danse.Frémir parce que je vois la peinture que les mots dessinent et comme on peut être surpris! Première lecture qu’on ne contrôle pas.Oser.S’infiltrer dans l’inconnu à la recherche du Mino- Suiteàiapage14 ft LE NOROt sour le ou il veut NOUVEAUTES 1 .MARIE UGUAY ji-jn’l JurkU'i' U HOUR autoportraits MIH 1 «1.L’AMORT ' Marie Uguay AUTOPORTRAITS avec des photographies de Stephan Kovacs s.p : 8$ Jean Charlebois LA MOUR suivi de L’AMORT avec des dessins de Birgitta L.Saint-Cyr s.p.; 10$ Yolande Villemaire ADRENALINE graphisme et photo de Michel Lemieux 172 p.; 12$ dv«»« un dessin de Madeleine Morin éditions du Noroît DANS LA PITIÉ DES CHAIRS Geneviève Amvot FEMME FRAGMENTÉE •< vinqt-(|u
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