Le devoir, 24 janvier 1994, Page(s) complémentaire(s)
[" Vol.I.X X X V N » I « T V y T o r O il I o S .1 c ?FONDE EN 1910\t?LE DEVOIR M 0 N T R É A L .I.K L U N 1)1 2 1 .1 A N V I K R I !» !» I (i .1 c T I» S Georges Marchais PERSPECTIVES Les communistes : en conclave Le PCF cherche désespérément un nouveau leader Christian Rio ux Qui sera le prochain fossoyeur du Parti communiste français?Dans le paysage politique français où les Mitterrand, Chirac, Giscard, Rocard occupent l\u2019avant-scène politique depuis un quart de siècle, le départ de Georges Marchais, secrétaire général incontesté du Parti communiste français pendant 21 ans, est un événement.Plus que l\u2019effondrement de son parti dans les sondages et dans la vie politique française, c\u2019est l\u2019âge \u2014 73 ans \u2014 qui sera venu à bout du dernier leader communiste orthodoxe européen.11 faut dire que les Français s\u2019étaient habitués à ses colères.Ils aimaient le voir au journal de 20 heures dénoncer le capitalisme sanguinaire et l\u2019impérialisme moribond.L\u2019homme alliait la verve d\u2019un Louis Laberge à la main de fer d\u2019un Claude Ryan.Son «Taisez-vous Elkabbach!» lancé en direct à la face d\u2019un des principaux journalistes de la télévision, en 1978, avait fait date.Peut-être même, quelques-uns gardaient-ils une pointe d\u2019affection pour ce fils de mineur, né avec la Révolution d\u2019octobre, qui sera resté jusqu\u2019à la dernière minute fidèle au diktat soviétique.Mais voilà, le show était de moins en moins bon et sentait le réchauffé.Les caricaturistes parisiens \u2014 qui ne manquent jamais une occasion de peindre Marchais en nostalgique de la «belle époque» ou dans le rôle d\u2019Alexandre Routskoï, chef des putschistes orthodoxes russes \u2014 auront été les seuls à verser une larme.Le Congrès du Parti communiste français qui s\u2019ouvre demain à Saint-Ouen, en banlieue parisienne, devra donc se choisir un nouveau chef.L\u2019ennui, c\u2019est que les 2000 délégués ignorent toujours jusqu\u2019au nom de ceux qui postulent dans l\u2019ombre la succession de Georges Marchais.Philippe Herzog, seul candidat déclaré, fait figure de dangereux hérétique pour avoir osé critiquer la procédure monarchique de désignation du nouveau chef.Il en va des secrétaires du PCF comme des papes.Le parti n'en a connu que trois en 63 ans et la désignation des Thorez, Waldeck-Rochet et Marchais avait toujours requis l\u2019assentiment du grand frère soviétique.Aujourd\u2019hui que le PCF est orphelin, son prochain chef sera désigné au terme d\u2019un conclave de cinq jours où les délégués devront se contenter de se prononcer sur une liste unique de candidats au comité central.Ce sont ces 140 élus réunis à huis clos qui désigneront ensuite, sans procédure définie, le nouveau leader.Les simples militants en sont donc réduits à guetter la fumée blanche au-dessus de Saint-Ouen et à murmurer en cachette les noms des candidats possibles.Parmi eux: Alain Bocquet, fils de mineur, député du Nord et fidèle de Marchais; Francis Wurtz, enseignant alsacien élu au Parlement européen, et André Lajoinie qui a présidé au pire échec électoral des communistes, aux élections législatives de mars dernier (6,76%).En réalité, c\u2019est Georges Marchais qui a la haute main sur la désignation de son successeur.Il a refusé la création d\u2019une commission extraordinaire chargée d\u2019organiser sa succession et c\u2019est la direction du PCF qui oriente la «commission des candidatures» chargée de proposer au congrès la liste unique de candidats au comité central.Place du Colonel-Fabien, où s\u2019élève le curieux bunker qui tient lieu de quartier général du PCF, on explique, sans l\u2019ombre d\u2019une hésitation, que ce congrès représente un grand bond en avant démocratique.Une attachée de presse ajoute d\u2019ailleurs que «Le PCF est plus démocratique que les autres partis parce qu\u2019pn y discute de politique.Pas des dirigeants!» A l\u2019ordre du jour du congrès, des projets aussi folichons que de «modifier le rapport du parti aux masses» ou «d\u2019écouter les gens»; quelques réformes aussi essentielles qu\u2019un changement de nom du comité central et du secrétaire général (pour comité national et secrétaire national, jugés plus corrects); et surtout, l\u2019abandon du «centralisme démocratique», le principe militaire de fonctionnement mis au point par Lénine.Georges Marchais aura finalement réussi à mécontenter tout le monde: des derniers communistes romantiques de la fédération du Pas-de-Calais aux leaders de la Confédération générale du travail, dont le second, Alain Obadia, ne renouvellera pas son mandat au comité central.En octobre, 51% des Français interrogés par l\u2019IFOP déclaraient que le Parti communiste français était condamné à disparaître.Cette lente désagrégation s\u2019accompagne étrangement d\u2019une recrudescence d\u2019événements qui rappellent cette époque héroïque où il y avait des prolétaires et des bourgeois, et où le PCF était le premier parti de France.Ce frit, à l\u2019automne, Germinal, le film de Claude Berri qui raconte l\u2019épopée des mineurs du Nord.Puis l'étonnant Tout le monde n\u2019a pas eu la chance d\u2019avoir des parents communistes interprété par Josiane Balasko et qui porte un regard nostalgique et sensible sur les militants communistes d\u2019après-guerre.Enfin, la ville de Roubaix vient de transformer une ancienne filature en musée «du monde du travail».Symboles que le «communisme à la française» et son prochain fossoyeur font déjà partie de l\u2019Histoire, plus que de la vie politique réelle.INDE X Les Actualités .A2 Éditorial.-A6 À l\u2019ordre du jour: «Modifer le rapport du parti aux masses» Agenda cuHiutI .B6 Amans rtawAs Al Avis publies.H4 Culture.B8 L\u2019Entrevue.B1 Idées.~V7 Le Monde.A5 Mots croisés\u2014A4 Météo Dégagement Max.-8 LE MONDE Aristide entame sa visite au Canada PAGE A 5 LES ACTUALITÉS Le Bloc veut faire payer sa # défense par le gouvernement PAGE A 3 L'ENTREVUE Paul Bélanger: soigner par réducat ion PAGE B 1 Paul Martin dore déjà la pilule Pour toute hausse des impôts, deux fois plus de réductions des dépenses, promet le ministre des Finances *\u2022\tPHOTO JACÔUEiriSAfïËAU Le ministre des Finances, Paul Martin (à gauche), rencontrait hier des citoyens, dans un hôtel de Montréal, dans le cadre de sa tournée pré-budgétaire.On le voit ici au moment où il écoutait les arguments de Philippe Lalonde, de La Maison du papier, un commerce de la ville de Saint-Laurent.Jean-Louis Barrault 1910-1994 Le regard des enfants du paradis Le monde a perdu l\u2019un des grands animateurs du théâtre au XXe siècle À 83 ans, dans son sommeil, le comédien et metteur en scène Jean-Louis Barrault est mort, samedi matin.Né en 1910, Jean-Louis Barrault a marqué, avec sa camarade et épouse Madeleine Renaud, un demi-siècle de vie théâtrale en France.C\u2019est à la fois la mort de l\u2019interprète de «Baptiste», ce mime inoubliable que l\u2019acteur a incarné dans Les Enfants du paradis, et la mort de l\u2019un des grands animateurs du théâtre au 20e siècle.Ses obsèques ont lieu demain à Paris à l\u2019église Saint-Pierre-de-Chaillot.\\£ comédien sera inhumé au cimetière de Passy.ROBERT LÉVESQUE LE DEVOIR Économie.B2 les Sports.B5 Détails en B9 De «Madeleine et Jean-Louis», c\u2019est donc lui qui est sorti de scène le premier pour gagner la dernière coulisse.On est forcé de noter la préséance tant le couple que formait Jean-Louis Barrault avec la comédienne Madeleine Renaud fut un couple célèbre, le plus célèbre du théâtre français au 20e siècle, un couple solide \u2014 58 ans de vie commune et 40 ans de nomadisme à l\u2019enseigne de la «compagnie Renaud-Barrault»\u2014, et, maintenant pour le souvenir, un couple mythique du théâtre français.On a trop souvent dans la presse fait le portrait de ce couple-là, la jeune fille de Passy et le bohème de la rive gauche, l\u2019ingénue qui rencontra le diable, la bourgeoise et le saltimbanque, l'héroïne de Musset chez l\u2019ami d\u2019Artaud, elle qui s'habille Yves Saint-Laurent et lui qui picole les soirs de relâche, la plus grande comédienne française du siècle et le metteur en scène échevelé et parfois brouillon, pour ne pas, au moment de la mort de Barrault, penser autant à elle, qui a 93 ans.et qui lui survivra un temps.On dit Madeleine Renaud atteinte de confusion; elle a perdu cette grande faculté des acteurs, la mémorisation des textes, et ne joue plus depuis 1989.On les aura vus ensemble une dernière fois, le 8 avril 1991, sur la scène du Châtelet, recevant les hommages de la profession lors de la Nuit des Molière: lui avec son écharpe un peu de travers, ses yeux vifs, ses cheveux ébouriffés, qui disait sa «joie», et elle plus distante, distinguée, immense fragilité d\u2019actrice: deux présences, deux bêtes de théâtre dont les vies entières auront été consa- PHOTO UPNITZKI VIOLLET Madeleine Renaud et Jean-Louis Barrault dans Partage de Midi de Claudel, au Théâtre Marigny en 1951.crées au grand métier de Molière.Jean-Louis Barrault était fils de pharmacien, au Vésinet, dans la banlieue parisienne.A 21 ans, en 1931, il quitte l\u2019École du Louvre et va s\u2019inscrire au cours de Charles Dullin au VOIR PAGE A 8: BARRAULT KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Pour dorer la pilule et faire avaler aux contribuables canadiens une éventuelle hausse d\u2019impôt, le ministre des Finances, Paul Martin, a promis hier que pour chaque dollar supplémentaire encaissé, au moins deux dollars seront comprimés dans l\u2019appareil gouvernemental.Avec un déficit qui frise les 46 milliards, c\u2019est à un geste d\u2019austérité que M.Martin prépare la population.Et pour cette préparation, à quelques semaines du dépôt du budget de l\u2019an un du gouvernement de Jean Chrétien, le ministre sillonne le pays et participe à des tribunes téléphoniques.«C\u2019est fini de faire le budget en catimini.C\u2019est un processus budgétaire ouvert.Est-ce qu\u2019on va accepter toutes les suggestions?Non.Est-ce qu\u2019on va en retenir?Absolument», a déclaré le ministre libéral qui participait hier sur les ondes de CKAC, depuis un hôtel montréalais, à un face à face avec une cinquantaine de citoyens.Le ministre des Finances s\u2019est soumis de bonne grâce au jeu des questions venant d\u2019individus souvent acerbes dans leurs commentaires.VOIR PAGE A 8: MARTIN Au ministère du Revenu Le bureau des plaintes existe, Le Devoir lui a parlé + SYLVAIN BLANCHARD LE DEVOIR Des problèmes avec le fisc?Avec l\u2019attitude d\u2019un de ses fonctionnaires?Outré de leurs décisions?Avant de vous frotter à la machine gouvernementale et d\u2019y perdre des plumes, sachez que depuis bientôt quatre ans le ministère du Revenu a un bureau des plaintes.Bureau qu\u2019à peu près personne ne connaît, dont le numéro de téléphone n\u2019apparaît dans aucun bottin de la province et qu\u2019aucun comptable ou fiscaliste interrogé par le DEVOIR ne connaissait avant que nous les informions qu\u2019il s\u2019agissait du (418) 652-6159.Ce Bureau a été créé par l\u2019ex-ministre du Revenu, Yves Séguin, mais ce dernier était incapable de dire la semaine dernière si ce bureau existait encore: «Québec s\u2019est tellement acharné à ne pas le publiciser.» Le bureau existe.Situé à Québec, il est même le seul bureau du ministère du Revenu immédiatement accessible: on peut en effet téléphoner sans se cogner systématiquement à une ligne occupée.Son mandat est de recevoir les plaintes des'contribuables et de recommander \u2014 si des erreurs se sont produites \u2014 les redressements nécessaires.Son pouvoir en est un de recommandation seulement.Ce bureau, même s\u2019il est composé de fonctionnaires du VOIR PAGE A 8: PLAINTES La chimie pollue sans vergogne les cours d\u2019eau LOUIS-GILLES FRANCOEUR LE DEVOIR De toutes les industries de la chimie au Canada, c\u2019est au Québec qu\u2019on trouve les moins respectueuses des cours d\u2019eau et, en Ontario, les moins strictes en ce qui a trait aux émissions atmosphériques.En effet, l\u2019industrie chimique québécoise déversait en 1992 dans les cours d\u2019eau de la province 98% de tous les rejets aquatiques attribuables aux entreprises du même secteur à l\u2019échelle canadienne.En comparaison, les cours d\u2019eau ontariens n\u2019écopent que de 1% des rejets aquatiques des industriels canadiens de la chimie.C\u2019est ce que révèle un bilan de la pollution, que vient de rendre public l\u2019Association canadienne des fabricants de produits chimiques (ACFPC).Cette dernière prédit \u2022que la situation devrait s\u2019être améliorée au Québec d\u2019environ 34% au cours des derniers mois en raison de la fermeture d\u2019une des deux usines responsables de l\u2019essentiel de cette pollution.L\u2019ACFPC, sans nommer personne, précise que deux I usines québécoises sont, en effet, responsables à elles seules de 85% de ces rejets aquatiques, formés à 85% d\u2019acide sulfurique.L\u2019une a été fermée, ce qui explique le progrès rapide prévu pour 1993.Cette precision semble désigner, selon toute vraisemblance, la société Tioxide.Le rapport précise que l\u2019autre entreprise impliquée dans ! ces déversements importants est en voie de neutraliser l\u2019essentiel de ses rejets pour en faire du gypse commer-! rial.Il pourrait s\u2019agir d\u2019une voisine de Tioxide.la compagnie Kronos.qui a plutôt déride de modifier ses installa- VOIR PAGE A 8: CHIMIE 1, K I) K V OIK.I.K I.Il N' I) I 21\t.1 A N V IKK I II II I A 8 -* LE DEVOIR «-\u2014- ACTUALITÉS Tabac: Parizeau prend la défense des dépanneurs Granby (PC) \u2014 Le chef péquiste Jacques Parizeau a pris, dimanche, la défense des dépanneurs qui ont l\u2019intention de vendre des cartouches de cigarettes 20$ chacune et d\u2019oublier de percevoir les taxes.«J\u2019espère qu\u2019on n\u2019en arrivera pas à la conclusion que, bon d\u2019accord, ils ne font pas la contrebande mais ils en profitent.Et c\u2019est contre eux qu\u2019on se tournerait?Mais c\u2019est une sorte de scandale», s\u2019est exclamé le chef de l\u2019Opposition, à l\u2019issue de l\u2019assemblée d\u2019investiture dans Shefford.«C\u2019est pas vrai! On s\u2019en prendrait à eux et pas aux vrais contrebandiers?L\u2019obscénité, ça existe», a affirmé M.Parizeau aux reporters.Dans un quotidien torontois, souligne M.Parizeau, des officiers de la GRC affirment carrément qu\u2019«ils ont reçu pour instruction de ne pas toucher à ça (contrebande des cigarettes).Un surintendant affirme: \u2018On m\u2019a interdit de toucher à ça».Il serait bien mal avisé d\u2019arrêter ces commerçants «comme le Mohawk de Jonquière, affirme le chef péquiste.Le tabac, il faut l\u2019intercepter là où il entre et c\u2019est à la GRC d\u2019y être».Des photographes et cinéastes arrivent à observer le transbordement des «caisses dans les barques», raconte M.Parizeau qui se demande bien pourquoi les autorités n\u2019en font pas autant pour étayer leur preuve.M.Parizeau regrette que le gouvernement Johnson «ne dise pas un mot en public (quant à l\u2019inefficacité de la police).Mais je suis sûr qu\u2019en privé avec les gens d\u2019Ottawa, c\u2019est le mur des lamentations».Devant plus de 500 partisans à l\u2019assemblée d\u2019investiture, le député de L\u2019Assomption a tracé des plans pour après la victoire du Parti québécois aux prochaines élections générales, dont l\u2019échéance est en septembre.Le candidat retenu, Roger Nicolet, a devancé Jean-Roch Marois et Yves Dion, lors du scrutin des membres du PQ de Shefford.Maire d\u2019Austin et ancien responsable politique des municipalités régionales de comté, M.Nicolet a rejeté le reproche des libéraux de n\u2019être pas du comté: «Cela n\u2019aura pas tellement de poids, les enjeux seront plutôt économiques et nationaux».MARTIN «Pas de moyens miracles» SUITE DE LA PAGE 1 Le rapport du Vérificateur général, rendu public à la fin de la semaine dernière, a donné des munitions aux contribuables dont la «patience est à bout», comme le notait l\u2019un d\u2019eux.Force est de constater que l\u2019équipe libérale aura fort à faire pour rétablir la crédibilité d\u2019Ottawa.«Il n\u2019y a pas de moyens miracles et c\u2019est pour ça qu\u2019il faut travailler ensemble», a affirmé M.Martin qui a entrepris des consultations pré-budgétaires auprès notamment des représentants des chambres de commerce^, des entreprises, des universités et des syndicats.A l\u2019ordre du jour: la réduction du déficit et la relance de l\u2019économie canadienne.Demain, M.Martin sera à Toronto et samedi prochain à Calgary.Il a débuté sa croisade à Halifax pour la poursuivre à Montréal samedi dernier où il a clairement indiqué que l\u2019assiette fiscale devra être élargie.«La cause principale du déficit et du chômage, c\u2019est une économie en déclin.Certainement qu\u2019il va falloir faire des coupures.Il va falloir s\u2019attaquer aux abris fiscaux», a dit le ministre des Finances.Ces abris fiscaux bénéficient principalement aux sociétés et aux individus les mieux nantis.Pour M.Martin, il s\u2019agit de répartir le fardeau fiscal canadien.Quant aux participants à la conférence montréalaise, ils ont lancé un message clair à Paul Martin, préférant une réduction draconnienne des dépenses budgétaires à une augmentation de l\u2019impôt.Mais le scénario qui sera présenté d\u2019ici la fin de février, n\u2019épargnera pas les Canadiens.Dans son appel à se serrer collectivement la ceinture, M.Martin assure qu\u2019il n\u2019y aura pas de vache sacrée.«Tout est possible, tout est sur la table» a soutenu hier M.Martin en entrevue à l\u2019émission Aujourd\u2019hui dimanche de Radio-Canada.Malgré tout, le ministre a indiqué que l\u2019écart entre les individus et les entreprises quant à leur contribution respective à l\u2019impôt ne serait pas ajusté.«Il faut l\u2019équité, mais le problème, c\u2019est que les entreprises ont subi des pertes.On ne pourra pas le faire dès la première année», a-t-il justifié.C\u2019est que le processus enclenché par le ministre des Finances doit s\u2019étaler sur deux ans.«Je ne suis pas que le ministre de la dette, je suis aussi le ministre de la croissance économique», a clamé M.Martin qui s\u2019engage à ce que son budget mette de l\u2019avant des programmes de création d\u2019emplois à long terme.PLAINTES «T\u2019écris pis SUITE DE LA PAGE 1 ministère du Revenu, donne parfois raison aux contribuables: en 90-91, 53% des plaintes ont été jugé fondées, pourcentage qui passait à 58% en 91-92, et à 56% en 92-93.Ces plaintes étaient, pour la plupart, reliées à la lenteur administrative des fonctionnaires, précise Michèle LaSanté, directrice des Communications du ministère du Revenu Comme le bureau est inconnu du grand public et des spécialistes, à peu près personne n\u2019y a recours.Ainsi, pour l\u2019année 90-91, 263 plaintes y ont été acheminées; en 91-92,433; 92-93,681.Sur 4 millions de contribuables, ce n\u2019est pas beaucoup, mais pour le gouvernement c\u2019est sûrement beaucoup trop, selon Yves Séguin.«A l\u2019époque où j\u2019étais ministre, on voyait d\u2019un très mauvais oeil mes ap-parations à la télévision visant à démystifier la loi de l\u2019impôt.Aux Finances, certains fonctionnaires me faisaient savoir que le jour où les citoyens comprendront toutes les déductions fiscales auxquelles ils ont droit, Québec perdra beaucoup d\u2019argent».C\u2019est pour cette raison \u2014 un contribuable informé est moins rentable pour le fisc \u2014 que le bureau des plaintes n\u2019a pas été publicisé et qu\u2019il ne le sera jamais, croit Séguin.Dans la foulée des premières déclarations du nouveau ministre du Revenu, André Vallerand, sur la nécessité d\u2019améliorer les relations entre son ministère et les contribuables, LE DEVOIR a communiqué vendredi avec un des fonctionnaires du Bureau des plaintes pour connaître la marche à suivre.«Ecoutez, je n\u2019ai pas le temps de vous écrire un roman.Si vous voulez savoir comment ça marche, allez au Complexe Desjardins et demandez une brochure », a été sa première réplique, le fonctionnaire croyant s\u2019adresser à un contribuable avec un grief à déposer.Mais en deux ou trois phrases, je fais quoi si j\u2019ai une plainte ?«Técris».Et après ?«T'attends» Longtemps ?«C\u2019est jamais pareil».Mais dites-moi, vous êtes combien au Bureau des plaintes ?«Cinq».Cinq ?«Ben oui.On a pas besoin d\u2019être 200 000 lorsqu\u2019on est efficace ! Autre chose ?» Alors j\u2019écris.«On ne prend aucune plainte par téléphone», terminera-t-il sur un ton cassant et exaspéré, 90 secondes seulement après avoir pris l\u2019appel.Michel Gingras, le patron de ce fonctionnaire, s\u2019est dit étonné d\u2019apprendre que le service à la clientèle du Bureau des plaintes n\u2019était peut-être pas tout a fait au point.Car habituellement, selon lui, ceux qui y travaillent sont respectueux, polis, et prennent le temps d\u2019expliquer au public leur droits.Alors, pour éviter que d\u2019autres contribuables se heurtent à un mur, il suggèret à ceux qui veulent porter plainte contre un fonctionnaire du ministère du Revenu de s\u2019adresser directement à lui en écrivant à l\u2019adresse suivante: Michel Gingras, 3800 rue Marly, 6e étage, Sainte Foy, Québec, GIX 4A5.Si un fonctionnaire du ministère du Revenu vous accuse de fraude sans vérification sérieuse, s\u2019il vous ordonne de verser d\u2019importantes sommes d\u2019argent dans un délai impossible à respecter, s\u2019il vous manque de respect, prend un temps inoui à étudier votre dossier, ou s\u2019amuse avec le pouvoir considérable qu\u2019il a entre les mains en vous méprisant ouvertement, M.Gingras assure que le Bureau des plaintes du ministère vous viendra en aide.Mais alors pourquoi taire son existence ?«Vous exagérez.Il existe des dépliants sur le Bureau dans toutes les succursales du ministère.Et le Protecteur du citoyen est parfaitement au courant de nos activités».Ce qui signifie que le grand public connaît votre service ?t\u2019attends» «Je crois que oui».Yves Séguin pense le contraire.«Je n'ai jamais prisé que ce Bureau n\u2019ait fait l\u2019objet d\u2019aucune publicité.Au moment où j\u2019ai mis sur pied cette équipe (en 90), une vaste campagne médiatique avait été planifiée.Mais j\u2019ai quitté la politique peu de temps après.Et curieusement, la campagne publicitaire a pris le chemin de la poubelle».«De toute manière, ajoute Séguin, il est illusoire aujourd\u2019hui d\u2019attendre quoi que ce soit de ce gouvernement.Pour Daniel Johnson et André Bourbeau \u2014 nouveau ministre des Finances \u2014 l\u2019important ce sont les amis du Beaver Club, les autres ne sont que des parasites».Séguin est persuadé que la solution aux problèmes des contribuables face au ministère du Revenu, passe par une volonté très ferme du ministre Vallerand de faire comprendre aux fonctionnaires \u2014 «surtout aux cadres intermédiaires qui dirigent ce ministère» \u2014 que le contribuable est un client, un homme ou une femme qu\u2019on respecte.«Plusieurs de ces cadres intermédiaires, affirme sans détour M.Séguin, sont des carriéristes convaincus qu\u2019à l\u2019extérieur des rangs du ministère il n\u2019existe que bandits et fraudeurs».«Ces fonctionnaires voient le contribuable comme un ennemi, un adversaire.Pour changer cette mentalité qui frise parfois la paranoïa, le ministère du Revenu a besoin du leadership d\u2019un ministre fort.Or, celui que nous avons actuellement est très peu familier avec les questions fiscales».«Mais faut-il s\u2019en surprendre, demande ironiquement Séguin.Le ministère du Revenu est plus que jamais devenu une succursale du ministère des Finances et du bureau du premier ministre.Alors que Johnson et Bourbeau veulent que l\u2019argent rentre, et à pleines portes, le moment eut été mal choisi de nommer au Revenu une personne déterminée à mettre fin au zèle de certains fonctionnaires franchement dangereux».CHIMIE L\u2019ozone attaqué SUITE DE LA PAGE 1 fions pour se conformer aux normes gouvernementales.Globalement, l\u2019industrie chimique du Québec relargue chaque année dans les cours d\u2019eau 130 000 tonnes de contaminants sur les 140 000 rejetées à l\u2019échelle canadienne.Le groupe québécois rejette aussi dans le sol, par enfouissement ou autrement, 20 000 des 30 000 tonnes que ce secteur industriel élimine de cette façon.C\u2019est au plan des émissions atmosphériques que le groupe québécois des industriels de la chimie affiche une meilleure performance.En effet, ce groupe émet seulement 27 000 des 130 000 tonnes émises dans l\u2019air par les industries chimiques du Canada.C\u2019est l\u2019Ontario, qui obtient la part du lion.Son secteur chimique émet, en effet, 82 000 tonnes, soit 62% du total canadien.Les rejets atmosphériques de l\u2019industrie chimique ontarienne sont plus dangereux pour les humains parce qu\u2019ils sont en grande partie constitués de benzène, un produit hautement cancérigène.Le benzène constitue la substance la plus importante émise par l\u2019industrie chimique canadienne parmi les sue cancérigènes émis à l\u2019atmosphère, déclarés volontairement par les membres de l\u2019ACFPC pour dresser ce bilan environnemental.Les émissions de benzène représentent 40% de toutes les émissions de produits cancérigènes ou potentiellement cancérigènes de ce secteur industriel canadien.Son rapport précise que ces rejets sont attribuables à la grande volatilité du benzène.Le produit s\u2019échappe du matériel par la moindre fissure, des tuyaux de ventilation des installations de transformation et d\u2019entreposage.Il s\u2019évapore ensuite lorsqu\u2019on l\u2019utilise comme solvant.Le rapport de l\u2019ACFPC souligne que la contribution de l\u2019industrie chimique dans les émissions totales de benzène au Canada est passée globalement de 7,7% en 1985 à 1,5% du grand total rejeté au Canada en 1991, lequel s\u2019élevait à 22142 tonnes.En somme, une amélioration de 35%.L\u2019industrie chimique canadienne a aussi calculé que ses membres sont responsables de 5,7% des rejets d\u2019oxydes d\u2019azote (NOx) d\u2019origine industrielle, soit 24 000 tonnes sur un total de 1,9 million, et de 11% des rejets de composés organiques volatils (COV), soit 29 000 tonnes sur un total de 280 000.On trouve dans ce dernier groupe plusieurs composés cancérigènes ou suspects de l\u2019être.Les industriels de la chimie prévoient réduire leurs émissions de NOx de 22% et de COV d\u2019environ 33% d\u2019ici 1997.La contribution de l\u2019industrie chimique à la disparition progressive de la couche d\u2019ozone et au réchauffement de la planète est importante.Par exemple, ce secteur industriel était responsable de 58% en 1992 des émissions canadiennes de tétrachloro-méthane, soit 58 tonnes sur 100.Par contre, il ne contribuait que pour 2,5% aux 10 600 tonnes de CFC rejetées cette année-là dans l\u2019ensemble du Canada, que pour 0,1% aux rejets de méthylchlorofor-me et pour 9% aux rejets de HCFC.Ce dernier produit est en voie de remplacer les CFC: il n\u2019est pas sans conséquence pour la couche d\u2019ozone quoique sa capacité destructrice se limite à 5% du premier.Les industriels de la chimie prévoient, d\u2019après le même sondage, réduire de 47% leurs rejets de tétrachlo-rométhane d\u2019ici cinq ans et, plus globalement, de 70% de toutes leurs émissions susceptibles d\u2019affecter la couche d\u2019ozone.Côté effet de serre, les membres de l\u2019ACFPC ont par ailleurs déclaré des rejets annuels de 11 millions de tonnes de dioxyde de carbone, soit 2,5% du total émis au Canada, de 3 300 tonnes de méthane, soit 0,009 % du total canadien, et de 33 000 tonnes d\u2019oxyde d\u2019azote, soit 35% du même total.La contribution réelle à l\u2019effet de serre pourrait être proportionnellement plus importante en raison du «po- tentiel de réchauffement» de chaque gaz émis, qui varie fortement.Ce «potentiel de réchauffement global» (PRG) de chaque gaz est calculé en utilisant le dioxyde de carbone, qui reçoit une valeur de 1.En comparaison, le méthane contribue 11 fois plus, l\u2019oxyde d\u2019azote 270 fois.Les HCFC, présentés comme la solution «verte» de l\u2019industrie automobile aux dangers causés à la couche d\u2019ozone par la prolifération des climatiseurs, sont en réalité 1200 fois plus dommageable que le C02.pour le réchauffement de la planète! Les progrès n\u2019ont pourtant pas été négligeables.L\u2019industrie chimique a amélioré son efficacité énergétique de 35% depuis 1973, ce qui dépasse la moyenne canadienne de 26%.Ce secteur industriel prévoit diminuer de 40% sa contribution à l\u2019effet de serre d\u2019ici cinq ans, même si on utilise l\u2019indice de potentiel de réchauffement global (PRG).Ce gain serait essentiellement le fait des progrès effectués aux dépens des émissions d\u2019oxydes d\u2019azote, lesquelles contribuent aussi au smog urbain et aux pluies acides.Ce genre de bilan factuel, souvent peu flatteur, fait partie de l\u2019attitude nouvelle de certains secteurs industriels, qui se mettent à l\u2019heure de la comptabilité environnementale pour stimuler à la fois les progrès sur le terrain et pondérer leur image par ceux qui ont été accomplis.BARRAULT D\u2019abord un animateur SUITE DE LA PAGE 1 Théâtre de l\u2019Atelier.C\u2019est cet anarchiste autodidacte qui sera son maître, chez qui il va tenir des petits rôles, dormant dans la roulotte de Dullin sur la place devant ce théâtre des environs de Pigalle, puis il s\u2019initiera à la mise en scène.C\u2019est là, en 1938, que Jacques Copeau le verra jouer dans La Terre est ronde de Salacrou et qu\u2019il écrira dans son journal: «le jeune Barrault est très bien».En même temps, Jean-Louis Barrault fait des rencontres importantes, avec le mime Etienne Decroux, qui sera aussi un de ses maîtres, et avec Antonin Artaud dont il deviendra un des proches.Dans ces influences, de Dullin à Artaud en passant par Decroux, le jeune Barrault va se faire.Très vite, avant la fin des années 30, il va imposer des spectacles inhabituels qui vont à la fois maintenir les traditions du Cartel (ce quatuor de metteurs en scène fait de Dullin, Jouvet, Gaston Baty et Georges Pitoëff, qui succédaient au naturalisme novateur du fondateur du Théâtre libre, Antoine, et au rigorisme du Vieux-Colombier de Copeau), et mettre en application les idées neuves du théâtre total d\u2019Artaud.Barrault va apparaître avec cette double paternité comme l\u2019un des audacieux metteurs en scène de l\u2019entre-deux-guerres.De textes de Faulkner, ou de Knut Hamsun, il va faire des spectacles magiques qui rompent avec le rigorisme de Copeau.Avec des textes non écrits pour la scène il fait théâtre et montre déjà avant la guerre qu\u2019il sera un héros de la grande liberté au théâtre, et de la poésie des corps, et du recours aux moyens de la machinerie de scène.On le verra avec ses célébrés adaptations de textes de Kafka, ou des spectacles autour de Rabelais, et du mime «Baptiste», ce personnage de Debureau qui l\u2019immortalisa dans le cinéma de Camé en 1944.Durant toute sa carrière d\u2019homme de théâtre, Barrault sera celui qui jamais ne tente de transformer en convention ses inventions, ou d\u2019établir un système de jeu ou de mise en scène, un style implacable ou une approche par trop méthodique.Barrault laissera au contraire le souvenir non pas d\u2019un maître formateur mais d\u2019un des esprits les plus libres et les plus ludiques du théâtre français.Dans ses termes, il dira que la mise en scène est «un acte d\u2019amour», «un coït spirituel» qui permet d\u2019atteindre à l\u2019orgasme, c\u2019est-à-dire à la communion de l\u2019acteur avec le spectateur «en une certaine surréalité».Il rencontre Madeleine Renaud en 1936 sur le tournage d\u2019un film aujourd\u2019hui oublié, Hélène Wilfur, une adaptation d\u2019un roman de Vicky Baum.Ils vont s\u2019aimer tout de suite ces deux-là, et comme Madeleine Renaud est alors une des vedettes de la Comédie-Française, qui excelle dans les ingénues de Marivaux et Musset, Madeleine va faire entrer Jean-Louis au Français.Cette rencontre, déterminante pour l\u2019homme, est très importante pour le metteur en scène.A Dullin, Decroux et Artaud, s\u2019ajoute Madeleine Renaud, autre point cardinal de l\u2019univers de Barrault.Sa Madeleine, il voudra toujours l\u2019éblouir, lui prouver sans cesse quelle a eu raison de suivre ce bohème qui habitait un grenier sans meubles et beaucoup de livres de la rue des Grands-Au-gustins.A la Comédie-Française, on devra alors a Barrault le spectacle phare de l\u2019époque du «dernier métro», la création du Soulier de satin de Claudel, donné en deux de ses quatres parties même si le spectacle débutait à 17 heures.Barrault n\u2019étant pas fait pour les institutions, et la fin de la guerre ouvrant tous les horizons, il «enlève» Madeleine de la maison de Molière en 1946.C\u2019est le début de la grande, de la formidable équipée d\u2019un couple de théâtre qui dominera l\u2019actualité théâtrale des années 50 et 60, à Paris et à l\u2019étranger, avec «la Compagnie Renaud-Bar-rault».Saltimbanques dans l\u2019âme et par métier, malgré les goûts bourgeois de Madeleine et son Picasso de l\u2019avenue du Président-Wilson, le couple va aller de salle en salle, jamais propriétaires, souvent évincés, pour jouer Claudel, Molière, Beaumarchais, mais aussi Ionesco, Beckett, Genet, Duras.La compagnie logera d\u2019abord au Marigny, puis au Palais-Royal, à l\u2019Odéon que leur offre André Malraux en 1960 pour le leur retirer impoliment en mai 1968 lorsque Barrault fraie trop au goût du ministre avec les étudiants qui occupent le théâtre, puis ils vont au Réca-mier, puis dans une arène de boxe à l\u2019Elysée-Montmartre, puis dans un recoin de la gare d\u2019Orsay avant que l\u2019on restaure, et enfin au Rond-Point des Champs-Elysées, juste en face du Marigny où l\u2019aventure avait commencé.Trajet en rond dans Paris d\u2019une troupe illustre dans le monde.Jean-Louis Barrault n\u2019a pas eu «son auteur», comme Jouvet avait eu Giraudoux, Roger Blin Beckett et Genet, Planchon avec Adamov, Jacques Mauclair avec Ionesco, ou Jean-Marie Serreau et Brecht II a au contraire, même s\u2019il a créé Rhinocéros et Le piéton de l\u2019air d\u2019Ionesco, Oh! les beaux jours de Beckett (pour Madeleine.) ou L'Amante anglaise de Duras (pour Madeleine encore.), toujours volé d\u2019un auteur l\u2019autre, avec des prédilections pour les intrigues délicates et perverses de Marivaux et la santé drôle et politique de Beaumachais, avec des incursions populaires chez Offenbach et sa Vie parisienne, et toujours il a été un incitateur, qui invite Béjart à travailler chez lui, comme Boulez, et qui permet à Roger Blin de créer contre les vents et marées de la droite Les Paravents de Genet en pleine foulée de la guerre d\u2019Algérie.Il demeurera comme un animateur de théâtre plus que comme un metteur en scène.Plusieurs de ses spectacles péchaient par un certain éparpillement, il y avait du brouillon sur la table de travail, et au chapitre de l\u2019histoire de la mise en scène il a été rattrapé et dépassé par des hommes comme Jean Vilar et son TNP, Planchon à Lyon, Antoine Vitez.Il a été pris de court par des auteurs qui ont chambardé la pratique même du théâtre.Madeleine Renaud elle-même disait: «Quand je l\u2019ai connu, il était plus audacieux que moi.Je l\u2019ai rattrapé.Avec Beckett, je suis même en avance sur lui».Mais le «diable» Barrault, ce mime-né, cet organisateur échevelé de spectacles festifs qui provoquent magiquement le spectateur \u2014 on a vu à Montréal la troupe jouer Marivaux, Corneille, Offenbach, Duras, et Barrault a mis en scène Le Mariage de Figaro au TNM en 1972 \u2014, celui-là il demeurera dans la mémoire et dans l'histoire du théâtre au 20e siècle.Si l\u2019on ne retenait qu'une des phrases de cet anti-pédagogue \u2014 qui promenait sur la vie le regard des enfants du paradis \u2014 ce serait, quant à moi, celle-ci: «Un théâtre qui vise juste atteint ce qu\u2019il y a de commun entre les hommes».LE DEVOIR LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS: DU LUNDI AU VENDREDI DE 9H00 À 16H30 RENSEIGNEMENTS\t(514)985 3333 ADMINISTRATION\t(514) 985-3333 AVIS PUBLICS ANNONCES CLASSÉES PUBLICITÉ NUMÉRO SANS FRAIS (S14) 985 3344 (514) 985 3344 (514) 985 3399 1 800 363 0305 EVOIR
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