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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1994-01-29, Collections de BAnQ.

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[" I.K |) K V 0 I It , I.K S S A M K I» I 2 !» K T l> I M A X ( Il K A »»\t.1 A X V I K It I!» !» I ?II DEVOIR ?Spectacles Page C2 Cinéma Page C3 Théâtre Page C6 Danse Page C6 Disques Page C7 Agenda culturel Page C8 Arts visuels Page CIO ?* ?JAZZ John Coltrane et le poids du siècle On vient de rééditer pratiquement tous les enregistrement de Coltrane entre 1960 et 1967 SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR Quand il était encore un petit homme, Thelonious Sphere Monk Jr se souvient que John Coltrane frappait à intervalles réguliers au 243 de la 63 rue ouest, l\u2019appartement new-yorkais que son papa, l\u2019auteur du Crépuscule avec Nellie, habitait, afin de consommer du temps sans paroles.«Je me rappelle, de confier récemment T.S Monk Jr à JazzTimes, que Coltrane venait fréquemment, mais je ne me rappelle pas l\u2019avoir entendu parler avec abondance.C\u2019était dans les dernières années de sa vie, alors que lui et Thelonious ne jouaient plus ensemble.Ils pouvaient rester assis pendant quatre heures dans une même pièce sans prononcer un mot, et s\u2019en trouvaient pleinement Satisfaits.» : Coltrane n\u2019usait pas les mots.Par pudeur comme par manque de confiance, il n\u2019aimait pas traduire ses Sentiments ou ses impressions par le verbe.Tout ce qu\u2019il aimait, c\u2019étaient les notes.Son intérieur était habité presque exclusivement par la note.Il n\u2019entendait que cela: des progressions sonores que l\u2019étiquette Impulse vient de remettre en circuit en sortant pratiquement tout ce que Coltrane avait enregistré entre 1960 et 1967.Obsédé Dans la vie, Coltrane n\u2019eut pas d'autre intérêt que la musique.En fait, il avait.une foule d\u2019intérêts.Il était très curieux.Extrêmement curieux.Il consommait avec avidité tout objet de connaissance suscep-tiblç de nourrir son ambition musicale.A l\u2019endroit des idées, John Coltrane entretenait une attitude impérialiste.Il faisait en sorte de se les approprier pour mieux les traduire en sons.Il était un obsédé des œuvres de Platon et d\u2019Aristote, des religions orientales comme des découvertes de Albert Einsteip, l\u2019homme qu\u2019il admirait le plus.A cause de lui, il scrutait l\u2019univers.Il aimait bien traîner dans ses bagages le téléscope qu\u2019il avait acheté en 1960 à San Francisco parce qu\u2019il voulait suivre à la trace l\u2019évolution de la planète Mars.Mars, le dieu de la guerre, fascinait John Coltrane, homme de paix, qui travailla comme un forcené à la fusion, sur le mode paisible, des musiques de Béla Bartok, Luigi Berio, Ravi Shankar, Olatunjii et Maurice Ravel avec celles de P»uke Ellington et Thelonious Monk.Tout cela, parce que lui, le croyant en un au-delà qu\u2019il a rencontré ici-bas, les 2 et 3 novembre 1961 au Village Vanguard lors de l\u2019interprétation de Spiritual, avait été séduit à lage de 6 ans par Jésus: Pure joie de l\u2019homme, de J.S.Bach, qu\u2019il savoura pour une première fois dans l\u2019enceinte de la St Stephen Métropolitain African Methodist Episcopal Zion Church sise sur Boardhurst Street à Philadelphie.La spiritualité de Bach, la rigueur de Bartok, le swing sensuel d\u2019Ellington, et la maîtrise du temps de Monk.Coltrane va les malaxer pour se doter d\u2019un mécanisme singulier lorsqu\u2019il voudra écrire ce que sa voix intérieure lui soufflait constamment.Et pour le son?Il va puiser chez Johnny Hodges d\u2019abord, puis chez Coleman Hawkins avant de fouiner du côté de Dexter Gordon pour ensuite étudier Sidney Bechet lorsqu\u2019il se prendra d\u2019affection pour ie soprano.line lente mais sûre mise à mort du jazz Ce passionné du jeu dit des échecs va jouer son évolution musicale de façon redoutable et sans jamais avoir blessé qui que ce soit.Il admirait Charlie Parker, Johnny Hodges, Earl Bostic, Miles Davis et Thelonious Monk?Il attendra patiemment son tour, parfois pendant des années, mais parviendra toujours à jouer auprès d'eux.Pour leur ixiser des questions, pour apprendre encore et toujours.VOIR PAGE C2: COLTRANE « ifct* \u2022* * T 4fSÜro$fet V-' j Les 12e Rendez-vous du cinéma québécois s'ouvrent avec Mouvements du désir de Léa Pool s < u: < Z y, 5 U < ë x a., OP ILE TREMBLAY LE DEVOIR mm ¦ - printemps 93, l\u2019équipe du film Mouvements du désir a vécu entassée dans un train.Unie et captive.Deux wagons furent réquisitionnés pour vingt personnes, techniciens et acteurs confondus, faisant six fois le trajet entre Toronto et Vancouver.Aller ou retour.35 jours à se piler sur les pieds dans les passages étroits où l'équipement tenait à peine, au milieu des vrais voyageurs qui se transformaient parfois en figurants.L\u2019actrice française Valérie Kaprisky découvrait «le grand Canada» en regardant par la fenêtre se lever le brouillard sur les lacs des plaines et le soleil sur les Rocheuses.Pierre Mignot immortalisait tçut ça avec une caméra à l\u2019épaule.A la locomotive ciné: Léa Pool.Depuis Le mécano de la général de Buster Keaton, le cinéma en a pris, des train movies.D\u2019Hitchcock à Lars von Trier, on a vu filer les wagons de la Conquête de l\u2019Ouest, ceux de l\u2019Holocauste, ceux du Crime de l\u2019Orient Express, ceux du pur voyage.Il existe une poésie du rail au parcours déterminé, aux rêveries libres.Mais le cinéma québécois était en attente de son propre train movie.Ça prenait une réalisatrice d\u2019origine suisse pour être inspirée par la symbolique de la locomotive filant plein Ouest.«En Suisse, on a le meilleur réseau ferroviaire du monde», me dit-elle.Son enfance a été bercée par les sifflements des entrées en gare, ses voyages par la musique des bielles.Quand Léa est arrivée au Québec en 78, comme tous les Européens, elle fut éblouie par nos grands espaces.L\u2019idée qu\u2019un train traversait le Canada d\u2019un océan à l\u2019autre (c\u2019est moins vrai aujourd\u2019hui), à travers monts et plaines, la fascinait.De tout cela et aussi de l'envie de traduire au cinéma les prémices amoureux est né Mouvements du désir, histoire de train et d\u2019amour.Un pied hors du cinéma douloureux Au bel Impérial, palace baroque réouvert pour la circonstance, ce film mobile fera en grande première, l\u2019ouverture jeudi des douzièmes Rendez-vous du cinéma québécois.Ensuite il arrivera en salles.Il s\u2019agit de l'oeuvre la plus attendue de Léa Pool.Sans doute à cause de la presence de la star française VOIR PAGE C2: TRAIN r I.K I) K V 0 I R , I, K S S A M EDI 2 » K T D I M A X (' Il K » Il .1 A N V I K II I I» » I SPECTACLES Le cours de la bourse Le Rideau tient en haleine 400 professionnels du spectacle, réunis pendant quatre jours PASCALE PONTOREAU Septième édition de la bourse Rideau, la rencontre des professionnels du spectacle qui réunit chaque année quelques 400 acheteurs, vendeurs et observateurs de la province.Pendant quatre jours, le Réseau indépendant des diffuseurs d\u2019événements artistiques unis (Rideau) tient en haleine les artisans du milieu culturel québécois en leur offrant des ateliers d\u2019information et surtout, en présentant des show-cases (extraits) de spectacles à vendre.Le secteur musical n\u2019est pas le seul concerné par l\u2019événement.Et ce sont au total plus de 40 troupes qui seront présentées aux acheteurs et diffuseurs potentiels dans le cadre de la «bourse».Parmi ces vendeurs qui touchent autant la variété que la musique classique, la danse, le théâtre et le secteur jeunesse, 17 formations choisies par un comité de sélection réunissant des décideurs des milieux concernés donneront des mini-prestations.Ainsi, en variété, on retrouvera le duo rock-velours anglophone Gogh Van Go dont l\u2019album éponyme sorti en 1992 chez Audiogram compte de nombreux adeptes.Catherine Karnas interprétera, comme les autres participants, un extrait de 15 minutes, de son spectacle Sans maquillage.Le duo Bundock-Lanoie s'attachera à démontrer ses qualités.Puis, ce sera au tour de Danielle Martineau et de son accordéon cajun de séduire les acheteurs avec sa dernière création Cheng, les routes de l\u2019accordéon, avant de céder la place à la formation Twist Art.Twist Art qui gagne à se produire sur scène où la voix de Lou Babin et les percussions de Raffaele Artigliere sont soutenus par les chorégraphies de Rashell Casimir.Au registre de la musique dite sérieuse, on pourra apprécier le Bernard Primeau Jazz Ensemble; l\u2019Ensemble Romulo Larrea, de Montréal, et son «Siècle de tango»; Sylviane Defeme travaillera autour de Robert Schumann alors que Guy Few et Joseph Pétrie présenteront Open Line.En danse, ce sont les compagnies Brouhaha Danse et Danse Partout qui interpréteront un extrait de leurs spectacles respectivement La galerie des horribles et Le charmé persiste mais n\u2019opère plus.Un seul show-case en théâtre pour adul-te.joué par le Théâtre le Clou avec Jusqu\u2019aux os.Enfin, quatre extraits de spectacles-jeunesse: L\u2019oiseau d\u2019or du Théâtre du Biscuit, Gaspa-show du Théâtre de l\u2019Aubergine, Le pain de la bouche du Théâtre de Quartier et La nuit blanche de Barbe-bleue du Théâtre populaire de l\u2019Âcadie.Le Rideau offre des ateliers d\u2019information et présente des showcases de spectacles à vendre.Un lieu d\u2019information et de consécration Si la bourse Rideau est avant tout le rendez-vous privilégié des professionnels du spectacle, elle n\u2019en demeure pas moins un lieu d\u2019information et de consécration.Ainsi, la journée du 14 février sera consacrée à trois ateliers.Le premier concernera l\u2019état de «La chanson au Québec dans les années 90».Une chanson francophone, ancien bastion culturel, qui vit maintenant des heures douloureuses.Les invités tenteront d\u2019apprécier les parts de responsabilité et les moyens envisageables pour remédier à la situation.Le deuxième atelier traitera d\u2019une manière plus technique des étapes essentielles à la planification d\u2019une tournée alors que le troisième et dernier thème exploité donnera à tous les participants «Les clés de la promotion».Enfin, consécration pour les artistes et les entreprises actives dans le secteur artistique puisque la Bourse Rideau leur remet cinq prix: Initiative (sont représentés la Coalition québécoise des arts de la scène à qui l\u2019on doit une augmentation de la fréquentation des salles; le Société de développement des arts et de la culture de Lon-gueuil; les villes d\u2019Anjou, Montréal-Est, Montréal-Nord et Saint-Léonard qui se sont regroupées pour offrir conjointement une programmation en musique classique).Deuxième prix, celui de la Continuité, qui récompense le partenaire public ou privé pour sa contribution stratégique et financière au cours des ans, sera choisi entre la Banque Nationale, la Coopérative de développement culturel de Chicoutimi et la ville de Val-d\u2019Or.Troisième récompense (Tournée) pour une compagnie artistique pour son approche originale de la mise en marché d\u2019une tournée (Marie Carmen et son spectacle Miel et venin; Le Petit monstre du Théâtre Bouches Décousues et Les Belles-soeurs de la Compagnie Jean Duceppe).Enfin, le prix Diffusion honore une action exceptionnelle pour la mise en marché, le financement ou l\u2019organisation et sera choisi parmi le Réseau Scènes, la Société de diffusion de spectacles de Rimouski et le Vieux Clocher de Magog.Un prix spécial Hommage est offert à un artiste-interprète pour sa présence exceptionnelles sur les scènes québécoises au fil des ans.En 1993, cet Hommage a été décerné à Gilles Vigneault.Enfin, chaque année Rideau édite un catalogue du spectacle, véritable «bible» des arts de la scène dans laquelle se retrouvent les coordonnées de tous les participants du milieu.Ce précieux outil est disponible durant la Bourse et auprès de Rideau (514-598-8024) au coût de 25$.CHANTS LIBRES présente DIRECTION ARTISTIQUE PAULINE VAILLANCOURT les 3 et 5 février 1994 à 20H30 CRÉATION MONDIALE La Princesse Blanche Opéra de chambre de Bruce Mather adaptation du texte de Rainer Maria Rilke par Renald Tremblay Installation et costumes ; Michèle Héon ¦ Mise en scène : Guy Beausoleil ¦ Eclairage ; Claude Cournoyer ¦ Chanteurs ; Michel Ducharme, basse ¦ David Doane, baryton ¦ Yolande Parent colorature ¦ Pauline Vaillancourt, soprano ¦ Nouvel Ensemble Moderne dirigé par Lorraine Vaillancourt ¦\t\" au Monument National 1182, St-Laurent, Montréal.Billetterie i 871-2224 Admission » $ 20.00 / étudi«nt(«)s et *iné(e|s S 1 S.OO il %\t I\t COLTRANE L'éclatement du jazz SUITE DE LA PAGE Cl La légende veut que lorsqu'il était en tournée avec Earl Bostic, saxophoniste reconnu par ses pairs de l\u2019époque comme celui qui avait les connaissances techniques les plus vastes, Coltrane adorait s\u2019asseoir à ses côtés, Bostic ne laissait aucun musicien conduire la Cadillac qui les transportait d\u2019une ville à une autre, et lui posait continuellement des questions pour noter dans un cahier tout noir des réponses qu\u2019il conservera toute sa vie.A Bostic et à Hodges, Coltrane demandera quelle embouchure utilisait un tel en telle année et pourquoi ils avaient fait ceci au lieu de cela et comment transcrire sur le saxophone telle phrase de contrebasse ou de piano ou de violon, Il potassera tous les instruments.Jusqu\u2019à la harpe.Il invitera même la harpiste de la philarmonique de New York chez lui, pour mieux saisir comment il pourrait transposer sur son saxophone les particularités qui font de la harpe un instrument si particulier.S\u2019il était noyé de sonorités, il ne l\u2019était pas au point d\u2019être totalement imperméable aux imperfections sociales.Au mal politique, aux maux politiques.Aux meurtres de Luther King et au long assassinat de Billie Holiday.En fait, là où Charles Mingus et Max Roach militaient et se battaient pour mieux exorcicer, lui méditait avant d\u2019évacuer par le son le mal qui le rongeait.Là-dessus, il était le jumeau de Lester Young.Comme lui, il était souvent aux abonnés absents.Sa fréquentation de Monk, de l\u2019œuvre musicale de Monk comme de son art philosophique, ne fera qu\u2019amplifier l\u2019introversion des mots au profit de l\u2019extraversion tumultueuse des sons.C\u2019est auprès de Thelonious Monk, en 1957 au Five Spot à New York, que John Coltrane .comprendra qu\u2019il n\u2019y a pas de mal, au contraire, à jouer long.A souffler longtemps.A exprimer toutes les idées qui viennent à condition évidemment que ce ne soit pas des poncifs.C\u2019est après Monk qu\u2019il va enfin mettre sa timidité sur la touche et former l\u2019orchestre que tous ses amis musiciens voulaient qu\u2019il mette sur pied.Jimmy Garrison à la contrebasse, McCoy Tyner au piano et Elvin Jones à la batterie seront les complices parfois inconscients du travail d\u2019éclatement du jazz quç Coltrane poursuivra jusqu\u2019à sa mort le 17 juillet 1967.Ecouter les unes après les autres les productions que MCA/Impulse vient de remettre en marché, c\u2019est assister, pour ainsi dire, à une lente mais sûre mise à mort du jazz.Coltrane a démantibulé le puzzle musical du siècle pièce par pièce pour découvrir son propre néant.Coltrane, ça paraîtra bizarre, ça ne s\u2019écoute pas en société.Il est probablement le seul jazzman qui ne s\u2019écoute pas en compagnie.Il est trop dense.Trop hypnotisant pour se partager.Chose certaine, écouter Coltrane a ceci de dangereux qu\u2019il est difficile après coup d\u2019écouter Art Pepper, l\u2019Art Ensemble of Chicago, Arthur Blythe et autres musiciens célestes.Il faut laisser au temps le soin de nettoyer.Il faut laisser au temps mécanique le temps qu\u2019il faut afin de consommer, pour son propre bénéfice, l\u2019immense portée artistique que le physicien du jazz a construite avec soin en détruisant le BLUES.PHOTO VALÉRIE WII.M John Coltrane TRAIN Un pari difficile SUITE DE LA PAGE Cl Valérie Kaprisky.Egalement parce que la musique du film fut écrite par un des plus grands compositeurs au cinéma, Zbigniew Preisner, bras droit sonore de Kieslowski et de Holland, à qui Pool a ici demandé une série de variations sur les thèmes de l\u2019amour, du rêve, du voyage.Première également, ce scénario qu\u2019elle a signé elle-même.La cinéaste laissait d\u2019habitude à d\u2019autres l\u2019écriture de ses longs métrages.Cette fois Léa Pool tourne du Léa Pool.Elle me parle de ce film-là comme d\u2019un cadeau qu\u2019elle s\u2019est offert, disant: «Je suis vivante, je suis drôle, pas uniquement noire, pas uniquement sérieuse».Léa a adoré mettre un pied hors du cinéma douloureux et torturé qui a fait jusqu\u2019ici sa marque.Elle a pris un pari difficile: celui d\u2019explorer les zones grises, de la montée du désir entre deux personnes (Valérie Kaprisky et Jean-François Pichette) qui ne se connaissent ni d\u2019Eve ni d\u2019Adam, se rencontrant hors du quotidien, à bord d\u2019un train filant trans Canada.Léa Pool s\u2019avançait en terrain mouvant.Surtout en voulant mêler les rêveries au réel.Les pensées de \u2022 » » \u2019*î \u2022\u2022i < \u2022 * \u2022M i i * \u201ci ¦ \u2022 < 5 Jean-François Pichette et Valérie Kaprisky.ses amoureux, leurs fantasmes se concrétisent.Peu de paroles, des regards, des gestes avortés, des maladresses, des rêves éveillés, et ce train porteur lui-même de symboles.«J\u2019ai construit un édifice fragile, passant à tout moment la frontière entre rêve et réel, dosant, retranchant, risquant de surdoser quelque part.» «Ce que les gens se disent n\u2019est pas important, mais combien fasci- Auditions Musique classique École secondaire Joseph-François-Perrault : 7450, rue François-Perrault #ljgg Montréal H2A1L9 éfylm||>\tWm\t\\ \\ | Directeur musical; M.Raymond Grignet \\ Wk ! nàtruments :\t-.A claviers,icordes, vents et percussions 1re à 5® secondaire Protocole d\u2019entente avec le Conservatoire de musique de Montréal Renseignements: Ginette Chartrand-Morin, directrice Pauline Larouche, secrétaire ^ (514) 596-4620 / télécopieur: (514) 596-7340 ŒCM nant et révélateur est ce qu\u2019ils cachent.Mouvements du désir est une quête de non-dit.» L'amour, inépuisable sujet, s\u2019il en fut.Avant d\u2019écrire ses dialogues, Léa s\u2019était forgé un questionnaire de trente questions qu\u2019elle posait aux amis: «Qu\u2019est-ce qui t\u2019a frappé la première fois chez celui (celle) dont tu devais tomber amoureux?» Le film est né de ces témoignages entremêlés de souvenirs personnels.Elle a écrit un premier jet, puis est montée bravement à bord du train Toronto/Vancouver pour s\u2019apercevoir qu\u2019elle avait sous-estimé l\u2019impact du véhicule.Le train, qui devait n\u2019être qu\u2019un décor allait prendre, ça ne faisait plus de doute, une importance capitale dans l\u2019affaire.«Il devenait le lieu de l\u2019imaginaire», explique-t-elle.La symbolique du train Mais depuis toujours, Léa Pool accorde une grande valeur au cadre de ses histoires.«J\u2019ai toujours été fascinée par les lieux, les espaces'», dit-elle.Dans La femme de l\u2019hôtel, le Clarendon palpitait de sa vie propre.Dans La Demoiselle sauvage, l\u2019amour se nourrissait de ce barrage hors du monde.\ti \u2022' ¦ «Le lieu impose un style.Dans ce train filant pour Mouvements du désir, il fallait composer avec une lumière changeante, des espaces réduits, et cette symbolique du train qui nourrit les personnages.» «La chimie entre les acteurs doit avoir lieu, comme un précipité qui explose.Dès l\u2019audition, entre Valérie et Jean-François, la sympathie a joué».Pourquoi Kaprisky?Pour les besoins de la co-production, il va sans dire.Mais encore, parce qu\u2019il semblait à Léa que les cinéastes ne creusaient pas assez sur l\u2019intériorité de cette actrice, qu\u2019ils jouaient trop sur son physique de jolie fille, alors qu\u2019elle est une comédienne très intelligente et sensible.La réalisatrice dit avoir cherché à capter ses silences, à forer sa profondeur.«J\u2019avais besoin de Valérie et Valérie avait besoin de moi».Un voyage, c\u2019est aussi une série de rencontres parallèles.Des gens qu\u2019on croise et dont on essaie de deviner les destins.Dans Mouvements du désir, Léa Pool a voulu traiter ses personnages secondaires comme des allégories.«Du jeune homme malheureux au vieux couple uni, en passant par cette magnifique femme aveugle incarnée par Elise Guilbault et aussi par la petite fille qui accompagne comme un témoin le personnage de Valérie, tous les figurants sont des facettes du train., un train.qui se confond avec le désir.» Mais le train n\u2019arrivera jamais en gare.Entre plusieurs dénouements, Pool a balancé longtemps.Un beau jour, elle a décidé que non, elle ne ferait pas au spectateur le coup de le conduire quelque part.Elle dit avoir fait jusqu\u2019au bout le pari du rêve.Ari ©m SOLISTE INVITE ANNER BYLSMA VIOLONCELLE BAROQUE LES 4 ET 6 FEVRIER 1994, À 20h00 SAI.I.K REDPATfI (UNIVERSITÉ MrC.ILL) 3461, RUE MCTAVISH (MÉTRO l\u2019EEL) mi.l.KTi 111$/ÉTUDIANTE ETAINE-E¦ 12$ CONCERT DE MUSIQUE ANCIENNE AUX INSTRUMENTS D\u2019ÉPOQUE Au programme des oeuvres de Boccherini et Vivaldi COPRODUCTION « CBC CBC Jfh Stereo 93.5 RESERVATIONS : BII.I.ETTERIK ARTICULÉE 844-2172 » n CINÉMA Dans les marges du récit Avec Bertrand Blier, le cinéma (heureusement) se permet d\u2019aller «ailleurs» PHOTOS JACQUES GRENIER ___« WM.Anouk Grinberg et Bertrand Blier se contredisent sans arrêt.Jamais d\u2019accord, le couple.Elle, révélée au cinéma dans Merci la vie, tient du petit écureuil maigrelet aux yeux angoissés.Lui, cinéaste chevronné, aborde l\u2019air grave d\u2019un pasteur anglican, la mine vaguement compassée, plus la pipe en appendice.ODILE T R K MH LA Y LE DEVOIR En entrevue, impossible de rencontrer l\u2019un sans l\u2019autre.Ils forment un couple dans la vie comme sur un plateau.Unis, polir le meilleur et pour le pire.Le pire étant sans doute aux yeux de ces deux Français d\u2019atterrir à Montréal, à trente sous zéro pour la promotion d\u2019un film baigné par la lumière du Midi.Ils se contredisent sans arrêt.Jamais d\u2019accord, le couple.Et physiquement désassorti.Elle, Anouk Grinberg, comédienne de théâtre, révélée au cinéma dans le Merci la vie de celui qui allait devenir son compagnon et son mentor, tient du petit écureuil maigrelet aux yeux angoissés, intelligents et toujours mobiles, telle la Nora de la Maison de poupée.Lui, Bertrand Blier, cinéaste chevronné qui se renouvelle encore, aborde l\u2019air grave d\u2019un pasteur anglican, la mine vaguement compassée, plus la pipe en appendice, sur laquelle il tire pof! pof! pof! entre les questions.Réfléchi, le réalisateur.Un deux trois soleil est la face ensoleillée de Merci la vie , l\u2019avant-dernier Blier.Voici l\u2019histoire d\u2019une jeune fille des environs de Marseille qui apprendra la vie, entre un père poivrot (Mastroianni, quand même), une mère folle et un petit ami voleur, destiné à périr sous les balles.Allégorie de la vie de banlieue, le film de Blier?«Oui, non.Bien sûr, le mot banlieue n\u2019a pas la même signification en France qu\u2019ici», précise-t-il.Et de m\u2019évoquer cette ceinture de HLM autour des villes; peuplée à 90% d\u2019immigrés de première, seconde ou troisième génération, où le chômage fait rage, où la police a peur d\u2019aller et le Français moyen aussi.Une sorte d\u2019interzone qui bat de son propre pouls, édicte se§ propres règles.A l\u2019heure du scénario, Blier s\u2019est installé là-bas, entrant parfois chez les gens, un peu comme un enquêteur.Lui, il est né dans l\u2019opulence dorée, fils du célèbre acteur Bernard Blier, mais il dit n\u2019aimer parler que des mal lotis.Un deux trois soleil fut tourné dans la banlieue de Marseille, avec plusieurs figurants du cru, des enfants, des vieilles dames.L\u2019axe du film, c\u2019est le personnage de Victorine, incarné par Anouk.Une enfant qui devient femme dans ce semi enfer.Figure de détresse et de générosité, jamais complètement définie, que la comédienne en soupirant avoue ne pas avoir tout à fait compris.«C\u2019est quelqu\u2019un qui aime se perdre, dit-elle.Entre désespoir et vitalité, elle a développé des anticorps contre la vie».Si Anouk Grinberg («Je suis une bourgeoise, moi») se voit complètement différente de sa Victorine, elle partage avec elle une révolte, un jusqu\u2019au-boutis- me auquel Blier a puisé le rythme vital du personnage.«Je pourrais foutre le feu à ceux qui mentent», profère-t-elle sourdement.En apesanteur «Un deux trois soleil est un film sur le saccage, précise Blier.Sur ce qu\u2019on peut faire aux enfants d\u2019abord pourvus de toutes les grâces, puis brisés par la bêtise et la méchanceté.» Des films, l\u2019auteur des Valseuses et àeTenue de soirée en aligne un lot derrière lui.11 commençait à tourner en 1963, a récidivé douze fois.Mais le cinéaste trouve le métier de plus en plus dur.Depuis que la linéarité du récit a cessé d\u2019être sa tasse de thé, depuis qu\u2019il donne dans l\u2019éclatement, les scénarios lui arrachent un peu de son âme profonde, en des zones obscures qu\u2019il lui est parfois pénible de fréquenter.«Avant, je n\u2019avais pas le courage d\u2019y aller», confie-t-il comme un plongeur qui a vu le fond boueux des eaux.Anouk abonde: «Il faut être en apesanteur pour jouer avec lui».Il se définit comme un chef d\u2019orchestre plutôt qu\u2019un metteur en scène, ayant passé d\u2019une démarche littéraire à une démarche musicale, en cherchant aujourd\u2019hui à traduire un mouvement, une variation.Durant toute l\u2019entrevue, il multipliera les comparaisons musicales, parlant de son personnage féminin comme d\u2019une mélodie, avec une actrice qui saute de la clarinette à l\u2019accordéon, une sorte de femme orchestre en qui Anouk dit avoir trouvé le défi total pour une actrice.«Le cinéma dans son langage est resté rivé à Balzac, à Zola, à la linéarité du récit.Ça ne m\u2019intéresse plus.Le récit est encore présent dans mes films, mais comme les fragments d\u2019un Zola éclaté.» Il y a deux ans, Merci la vie l\u2019a propulsé hors de son orbite.Le film avait plusieurs débuts, quarante trajectoires et autant de fins, sur fond d\u2019absolue confusion des genres.Et aujourd\u2019hui, ce Un deux trois soleil, moins déstructuré, radioactif pourtant.Nul doute, il a changé, ce Blier.«Désormais, mes scénarios bifurquent constamment, comme une voiture qui dérape», dira-t-il.Ici, il a laissé tomber une certaine coquetterie d\u2019auteur, histoire de respecter le milieu défavorisé dont il parle.«Merci la vie ètait pure allégorie.Cette fois, s\u2019ajoute un aspect reportage, dont je dois respecter le ton.La morale esthétique, ça existe, vous s,avez.» Blier est ailleurs.Ecrivant un scénario, plus humoristique, qu\u2019il refuse encore de commenter.Tout-à-coup, il s\u2019est ennuyé du ton drôle des Valseuses et de Tenue de soirée.Et le voici qui compose une histoire avec moins de message, «et un peu plus de cette suave imbécillité qui fait les vrais textes comiques».> 'rk T Cameron Boyd et Jesse Bradford font souvent preuve d\u2019astuce dans le film King of The Hill de Steven Soderbergh.Au pays de la Dépression KING OF THE HILL De Steven Soderbergh, avec Jesse Bradfrod.Jeroen Krabbé, Lisa Eich-hom, Joseph direst, Spalding Gray, Elizabeth McGovern, Karen Allen, Adrien Brody, Cameron Boyd, Chris Samples, John McConnell.Scénario: Stevan Soderbergh, d'après le récit autobiographique deA.E.Hotclmer.Au Cinéma de Paris.FRANCINE LAURENDEAU Saint Louis, Missouri, 1933.En pleine dépression, la famille d\u2019Aa-ron Kurlander Gesse Bradfrod), un sympathique garçon de douze ans.va subir quelques épreuves.Son père Geroen Krabbé), un type très quelconque, vendeur d\u2019occasion peu scrupuleux, décide pour économiser d\u2019envoyer le cadet chez un oncle qui habite très loin.Première et douloureuse séparation.Ensuite sa mère (Lisa Ei-chhom), tuberculeuse, fait une rechute et doit retourner au sanatorium.Et puis vient le tour de M.Kurlander qui accepte un job improbable de vendeur de montres dans un autre Etat.Aaron doit par conséquent se débrouiller seul pendant une période indéfinie.Ce sera d\u2019autant plus compliqué qu\u2019il n\u2019a pas d\u2019argent, que la note de l'hôtel où loge la famille est impayée et que le garçon ne sait absolument pas où est son père et ne veut pas inquiéter sa mère.Il va connaître des heures noires rasssurez-vous, mais tout finira très bien.Parce qu\u2019on s\u2019y attache, à ce garçon dont le film de Steven Soderbergh (le réalisateur de Sex, Lies and Videotape et de Kafka) dresse un portrait attachant.Aaron est intelligent et imaginatif.A lecole, les professeurs apprécient ses talents.Mais devant la morgue de certains élèves riches, il s\u2019invente un père au métier prestigieux, au point de finir par s\u2019embrouiller dans ses mensonges.Il est débrouillard, ce qui ne l\u2019em-pèche pas d\u2019être sensible, d\u2019être gentil avec une jeune voisine malade et d\u2019aimer beaucoup son petit frère, sa tendre mère, son père même dont il a honte d\u2019avoir honte., Dans ce temps-là, du moins aux Etats-Unis, même dans les grandes circonstances un père et un fils ne s\u2019embrassaient jamais: ils se donnaient virilement la main.Le film de Soderbergh est plein de personnages pittoresques, de rebondissements imprévus, amusants, émouvants, tragiques même.La reconstitution est irrésistible avec ses grands panneaux-réclame de Cigares Petit Bouquet, le parfum suranné de l\u2019Hôtel Empire et sa drôle de liftière.Les acteurs sont bons et la mise en scène efficace.Un film chaleureux et touchant que j\u2019avais découvert à Cannes et que j\u2019ai revu avec beaucoup de plaisir ici.« Chapeau, donc, à Michel Murray pour avoir si bien assemblé ce puzzle.» PAUL-HENRI GOULET, JOURNAL DE MONTRÉAL « Luc Picard a vraiment de l\u2019étoffe.» LUC PERREAULT, LA PRESSE « Avec une réelle présence à l\u2019écran.Luc Picard confirme qu\u2019il est un des comédiens les plus intéressants de sa génération.» ÉRIC FOURLANTY, VOIR « Murray fait preuve d'assurance dans sa mise en scène et dans ses choix esthétiques.» BERNARD BOULAD, LE DEVOIR DOUBLURES Un film de MICHEL MURRAY Avec LUC PICARD CHRISTINE SÉGUIN JULIEN POUUN NORMAN HEIMS LOUISE DESUÈRES scénario MARCEL BEAULIEU MICHEL MURRAY production MONIQUE LETOURNEAU DORIS GIRARD réalisation MICHEL MURRAY UNE PRODUCTION DE L\u2019OFFICE NATIONAL DU FILM DU CANADA | EN AVANT-PROGRAMME : Le Récital, un court métrage de Marie Décary | CINEMA ONF «6 6895 ISM neSaalOms * m ©è.Samedi et dimanche : 13 h -15 h -17 h -19 h - 21 h Du lundi au jeudi : 17 h -19 h - 21 h Bienvenue dans la cinquième dimension CINÉMA UN.DEUX.TROIS.SOLEIL Écrit et réalisé par Bertrand Blier, avec Anouk Grin-berg, Myriam Boyer, Marcello Mastroianni, Olivier Martinez, Jean-Michel Noirey, Claude Brasseur, Jean-Pierre Marielle, Patrick Bouchitey, Denise Citaient, Irène Tassembedo.Image: Gérard de Battista.Son: Pierre Bejfve et Paul Bertault.Montage: Claudine Merlin.Musiques originales de Kltaled.Prance, 1993.Ili44.Au Parisien était Ixival.FRANCINE LAURENDEAU En très gros plan, deux têtes de femmes.La plus jeune.Véronique (Anouk Grinberg), trempe sa tartine dans un bol de chocolat, la mange avec ferveur.L\u2019autre, sa mère (Myriam Boyer), l\u2019observe avec une attention inquiète.Parce quelle est gentille, Véronique se comporte en petite fille contente.Mais quand sa mère lui annonce quelle l\u2019accompagne à l\u2019école, elle se révolte.Et les relations fille-mère se précisent: Véronique n\u2019a pas de chance, sa mère est une cinglée.Quant à son père (Marcello Mastroianni), il est alcoolique.Un vieil émigré italien doucement alcoolique qui boit du pastis à cause de sa couleur qui change quand on y verse l\u2019eau.L\u2019importance de la couleur.La blancheur de ces paysages urbains écrasés de soleil.La couleur de la peau cuivrée d\u2019enfants dont les parents sont venus d\u2019Afrique et d\u2019ailleurs.Les rythmes et le scintillement maghré- Betrand Blier nous propose avec Un, deux, trois, soleil, une réflexion sociale sur le racisme.bins de la musique de Khaled.Ça se passe dans une banlieue de Marseille, chez les loubards, c\u2019est-à-dire dans un monde pas très régulier.Par exemple Petit Paul, le premier amour de Véronique, est cambrioleur de son métier.Une de ses victimes va d\u2019ailleurs le tuer.Mais est-ce qu\u2019on meurt vraiment, dans ce film?Ix\u2018s morts n\u2019arrêtent pas de revenir quand on pense à eux.Ils apparaissent docilement, un peu nostalgiques tout de même.Ce n\u2019est pas drôle pour Petit Paul de voir Victorine faire l\u2019amour avec son mari.Car avec Petit Paul, Victorine avait échafaudé de doux projets.Celui, notamment, de faire mentir les statistiques qui vous tracent votre destin à partir du lieu de votre naissance, de votre condition sociale et de votre origine ethnique.Mais finalement la jeune femme va leur obéir, aux statistiques, en épousant Maurice, un chômeur qui lui fera trop d\u2019enfants.Quoi vous dire encore?Que Victorine éprouve un grand besoin de tendresse maternelle.Quand elle fait la connaissance de Gladys, Noire sculpturale, accueillante et moelleuse, elle veut tout de suite se faire adopter par cette maman de rêve et oublier l\u2019autre, la vraie.Que son père, qu\u2019elle aime d\u2019une tendresse indulgente, n\u2019arrive jamais, au sortir du bistrot, à retrouver sa maison, son Bâtiment C, Porte 722.Et je vous dirai enfin qu\u2019il y a deux sortes de cambriolés.Les mauvais (Claude Brasseur), dont je vous ai déjà parlé, qui n\u2019ont aucune compréhension et qui tirent à vue sur les cambrioleurs.Et les sympathiques (Jean-Pierre Marielle), qui les reçoivent chaleureusement, laissent traîner quelques billets à leur intention, leur donnent à manger et leur offrent même des conseils amicaux.«Tu es la chance de mon pays, dit-il à un petit voleur noir comme l\u2019encre.Quand tu seras grand, épouse une Française bien blanche et fais-lui des enfants.» Et nous voici amenés à cette constatation assez étonnante: Bertrand Blier nous arrive avec un film engagé socialement, un film franchement antiraciste.Comprenez-moi bien: je ne m\u2019étonne pas de l'antira-cisme de Blier.Mais dans ses films précédents \u2014 je ne sais pas moi, je cite au hasard Les Valseuses, Beau-père, Notre histoire, Tenue de soirée, Trop belle pour toi \u2014 il ne s\u2019était jamais attaqué à une véritable réflexion sociale.Un «film à message», Un, deux, trois, soleil?Pas au premier degré en tout cas.Car Blier, forcément, fait du Blier.Je veux parler des dialogues: drôles, méchants ou tendres, mais toujours ciselés, incisifs, percutants.Je veux parler du récit.Victor Hugo se targuait d\u2019avoir «disloqué ce grand niais d\u2019alexandrin»; Blier, lui, réinvente à sa manière la description d'une situation, la narration d\u2019une histoire.Il avance et recule dans le temps, il crée une cinquième dimension, il projette sans nous avertir les fantasmes de ses personnages.Cela sans afféterie, sans astuces marienbadesques.Ça coule tout naturellement et puis, par moments, ça nous gicle au visage.Enfin, je veux parler de sa direction d\u2019acteurs.Avec, au premier plan, une surprenante Anouk Grinberg qui passe d\u2019un registre à l\u2019autre, d\u2019une composante de son personnage à une autre, de la dureté à la douceur, du cynisme à la naïveté la plus pure.Souvent, elle «parle bébé», touchante petite fille, émouvant clown triste dont la silhouette fragile \u2014 je pense à une séquence où elle s\u2019éloigne clans la nuit, soutenant Mastroianni \u2014 rappelle la Giulietta Masina de la La Strada, ou Charlie Chaplin quand il nous tourne le dos dans le célèbre final des Temps Modernes.Un film qui n\u2019est pas de tout repos, qui bouleverse nos petites habitudes cinéphiliques, un film percutant.ELLE VIENT DE QUITTER SON HOMME.IL VA REJOINDRE CELLE QUI L\u2019AIME.MAIS SUR UN TRAIN, TOUT EST POSSIBLE.î < m Æ liitplpl * i ,/Ætm lift -I IIIStf t SK.: ¦'mmmmMr.M % \\ L*.à I ' ¦wmm » Mgl | El m 7S yuaLüfwiiÉoi //A/fMûf, /dm/ alliance; V I V /V F I LM p.owTP»f DENISE ROBERT wc JOHANNE L\u2019ALLIER-MATTEAU \u2022 WILLIAM JACQUES \u2022 MATHEW MACKAY \u2022 ÉLISE GUILBAULT Ktmo LÉAPOOL\tPIERRE MIGNOWpŒ&J MICHEL ARCAND mushjue ZBIGNIEW PREISNER «rmçîull SERGE BUREAU MADELEINE HENRIE ÆoKSRYVES RIVARD conmùmm ALFISINNIGER \u2022 PETER BAUMANN \"°B DANIEL LOUIS coproduction «te L'OFFICE NATIONAL DU FILM OU CANADA ci CATPICS COPRODUCTIONS PMCUMinCMTiON rapctRI Oi | TELEFILM CANADA] LA SOCIÉTÉ GÉNÉRALE DES INDUSTRIES CULTURELLE S-QUÉBEC OfFiCE GENERAI DE LA CULTURE (BERNE) SF DBS RTSR_ m I lôfds «?Vlilrjçuhirrs K9 Canadien fWifvfjr DÈS LE 4 FÉVRIER f r-i maBamm Because Why offre l'occasion de s\u2019amuser sans sombrer clans la vulgarité ou la niaiserie, les deux mamelles d\u2019une certaine comédie québécoise.Le secret de la sauce Paragamian , BECAUSE WHY Réalisation: Arto Paragamian.Scénario: Arto Paragamian avec l'aide d\u2019Eric Parenteau et de Claude Gagnon.Images: André Turpin.Avec Michael Riley, Martine Rochon et Dori Bandol, Québec.Au cinéma Égyptien.BERNARD BOULAI) C>est l\u2019histoire d\u2019un homme qui, telle une bouée qui flotte au milieu de l\u2019océan, cherche à jeter une ancre n\u2019importe où pourvu qu\u2019elle s\u2019accroche à quelque chose de stable et l\u2019empêche de repartir à la dérive.Cet homme paumé qui frôle la trentaine s\u2019appelle Alex (Michael Riley).Il revient d\u2019un périple de cinq ans à l\u2019étranger et débarque à Montréal comme sur une autre planète.Espérant retrouver inchangé tout ce qu'il avait laissé, il se rend vite compte, ainsi qu\u2019il le confie à son ex, maintenant mariée et mère d\u2019un enfant et enceinte d\u2019un autre, que «les choses ont changé».Croisement à la fois entre Buster Keaton, Jacques Tati et Roberto Be-nigni, cet original est le personnage central de Because Why, le premier long métrage d\u2019Arto Paragamian.Aussi, s\u2019il est d\u2019un abord sympathique, son visage n\u2019en exprime pas moins une certaine tristesse, signe d\u2019une profonde solitude.Peu dégourdi et souvent distrait, avec son air à la fois ahuri et attendrissant, Alex est en fait un être terriblement instable, déchiré entre son envie de fonder une famille et de repartir aussitôt au loin pour fuir.Empruntant la voie de la fantaisie, en y mêlant sans prétention des accents de fable philosophique, Because Why adopte sans complexe le ton de la comédie ironique et ne craint pas de brouiller les pistes et de jouer la carte de l\u2019absurde.Arto Paragamian n\u2019a donc pas manqué d\u2019audace pour ce premier long métrage plein de drôlerie et de fraîcheur.Une audace qui se révèle payante.Pour les initiés, ce diplômé en cinéma de Concordia, montréalais de naissance et de parents arméniens, n\u2019est pas un inconnu.Auteur de deux courts métrages au charme fou, The Fish Story et Across the Street, tous deux vainqueurs au Festival du film étudiant canadien, Arto avait soulevé beaucoup d\u2019espoir dans la communauté cinématographique.Et nombreux sont ceux qui se demandaient si son passage au long métrage n\u2019allait pas d\u2019une certaine façon «pervertir» son style unique qui faisait la part belle à un onirisme magique, mêlant admirablement poésie et humour loufoque.Même si Because Why n\u2019atteint lias le même degré de douce folie de ses courts métrages, Paragamian ne décevra pas les amateurs de comédies subtiles qui fourmillent de gags simples et amusants, souvent sans dialogues, comme la scène désopilante de la salle de bains qui constitue un sommet du genre.Une des grandes qualités du film d\u2019Arto Paragamian est le choix judicieux des lieux de tournage livrés à l\u2019oeil aguerri d\u2019André Turpin, le directeur-photo qui signe de superbes images, cadrées avec une précision quasi géométrique.L\u2019immeuble dans lequel se déroule la majeure partie de l\u2019histoire devient ainsi un personnage à part entière aussi vivant que ses excentriques locataires, une belle galerie de personnages attachants que Paragamian a bien su diriger.En revanche, le principal défaut du film se situerait dans son manque d\u2019unité et de vision d\u2019ensemble.Certaines séquences ont été montées les unes après les autres comme une série de courts métrages qui, sur la durée, donne une structure décousue qui enlève de la force au récit et casse parfois le rythme.On pourrait aussi lui reprocher un certain manque de maturité, voire une certaine naïveté dans le propos mais qu\u2019importe, le plaisir est au rendez-vous.Because Why offre donc de réelles occasions de s\u2019amuser sans sombrer dans la vulgarité ou la niaiserie, les deux mamelles d\u2019une certaine comédie québécoise de bas étage.Arto Paragamanian, quant à lui, a pris le parti de nous divertir avec intelligence et invention.Il fait un cinéma stimulant et rafraîchissant qui rajeunit notre cinéma poussiéreux.PRIX DE BRONZE, FESTIVAL DU FILM DE TOKYO 93, \"YOUNG CINEMA COMPETITION\" HOUR 4% ASHA HLM pinnwvuori .' ' \u2022 ¦\t\u2019/y, ¦y-'c/U':-'-Ui\"''1\u2019\u2019?-'£:\u2022>«*\u2022s.-v-yr.-y.¦ ~~ ¦\t.\tv;; -y-;;\tSLJk AS*» \u201e ' m\t' ¦ * F « \\ if* ASKA FILM PRODUCTIONS et cinooue hlm: ARTO PARAGAMIAN AVEC MICHEAL RILEY martini ?UUtagYsnjg] EGYPTIEN 849-film 1455 rue Peel ?©,76 1:15 \u2022 3:15 - 550 - 755 - 9:30 C KAN ?: chef d\u2019œuvre ?: trè.s bon ?: bon ?: quelconque , ?: très faible XcjVSf)' : pur cauchemar BECAUSE WHY ?De Arto Paragamian.Une premiètM oeuvre en forme de fable fantaisiste p mettant aux prises un jeune homme f et sa conscience tourmentée qui, f après cinq ans de cavale à travers leh, monde, lui conseille de se trouver un lieu où s\u2019enraciner.Et éventuel-louent de fonder une famille.Avec l| ce thème typique qui rejoint les pré-occupations de la Génération X, ce | jeune réalisateur montréalais signe !(\u2022 une comédie joyeuse et pleine dira-1 nie dans une forme originale très attrayante.Prometteur.Au cinéma Egyptien.Bernard Botilad NAKED ?\t?1/2 De Mike Leigh.Le film britannique qui rafla à Cannes la palme du meilleur réalisateur, et valut à David Tliewlis le prix d\u2019interprétation masculine.Une oeuvre noire et puissante, contemporaine de l\u2019Apocalypse, magistralement jouée et dirigée.On y suit l\u2019errrance d\u2019un jeune sans abri cynique dans un ümdres sordide où le sexe, la mort et le désespoir sont frères.Incontournable dans le registre désespéré.A l\u2019Élysée.Odile Tremblay KING OF THE HILL ?, ( De Steven Soderbergh Dans les am nées noires de la Dépression, à Saint Ixmis, Missouri, un garçon de douze ans doit apprendre à se débrouiller tout seul.Un film drôle, émouvant et chaleureux.Au Cinéma de Parii Francine Laurendeau UN, DEUX, TROIS, SOLEIL '' ?De Bertrand Blier Un thème actuel et dérangeant, une écriture novatrice, une réalisation étincelante, des comédiens - Anouk Grinberg, Marcello Mastroianni, Myriam Boyer-inoubliables.Un film percutant.Au Parisien et au Ixival.\u2019 Francine Laurendeau ' ; \\ SIX DEGREES OF SEPARATION \u201c ?\t?1/2\t1 De Fred Schepisi d\u2019après la pièce'ù succès de John Guare.Un thriller urbain, qui aborde les thèmes du racisme, de la tolérance, des luttes de classes.Tout cela à travers l\u2019histoire d\u2019un imposteur noir débarquant chez des riches collectionneurs de Fifth Ave et bouleversant leur vie.Film suspense vivant, intelligemment construit, avec un Donald Sutherland en pleine forme dans la distribution.Présenté au Loews.Odile Tremblay IN THE NAME OF THE FATHER ?\t?De Jim Sheridan.L\u2019auteur de My Left Foot a signé un film percutant sur la question irlandaise en portant à l\u2019écran le récit autobiographique de Gerry Colon, injustement condamné à 30 ans de prison pour avoir soi-disant fomenté un attentat de l\u2019IRA.Daniel I)ay-Ixwis livre une performance remarquable, sans jamais en faire trop, toujours juste.Im.mise en scène est précise, sans esbroufe, impressionnante de vérité.A voir absolument.Présenté entre ¦ autres au Faubourg Bernard Boulad THE SNAPPER ?Stephen Frears.Un film intimiste et drôle qui nous emmène à la rencontre d\u2019une loufoque famille irlandaise.La jeune fille enceinte, refuse de dévoiler le nom du père.Scandale dans la petite ville! Le film ex\\ plore les réactions de tout le mondé: père, mère, enfants et voisins.Sur\\ le mode joyeux, un rythme trépi- j dont, une excellente distribution et une caméra qui refuse le recours de l\u2019estliétisme.Ce qui ajoute au ; naturel des personnages.Présenté au Ijjcws Odile Tremblay ARIZONA DREAM ?D\u2019Emir Kusturica «LE» film américain du réalisateur bosniaque de \\ Papa est en voyage d\u2019affaires et du Temps des Gitans.Insolite, désarçonnant, magique.À voir sans tarder, d'autant plus qu\u2019il n\u2019est à l\u2019affiche du Nouvel Élysée que jusqu \u2019au 3 février.Francine Laurendeau CADILLAC GIRLS ?1/2 De Nicholas Kendall Après la mort de son père, alors qu\u2019elle est à un tournant de sa vie professionnelle, Sally doit retourner dans sa Nouvelle-Ecosse natale avec sa fille de dix-huit ans.Un conflit larvé éclatera en plein jour.Sympathique mais aseptise comme un téléfilm.Présenté au Cinéplex Centre-Ville Francine hnn cndcau J » I K l> K V Oil».I.K S S A M K l> I 2 I» K T l> I M A N (' Il K A II .1 A \\ V I K II I II II I\t(\u2019 3 PHILADELPHIA ?Jonathan Demme qui nous avait donné le remarquable Silence des agneaux aborde des thèmes explosifs: sida et homosexualité à travers une production grand public qui donne la vedette à Tom Hanks et Demel Washington.Hanks est fort et nuancé, la musique est bonne, mais le traitement assez conventionnel.On applaudit le courage de Demme et de son équipe qui désamorcent ici plusieurs grenades.V.Fprésentée entre autres au Berri !, Odile Tremblay \u2022 > M DOUBLURES ?1/2 Premier long métrage de Michel Murray qui raconte sur le mode de la comédie fantaisiste les aventures rocambolesques d\u2019un homme ambivalent qui s'invente des doubles afin de vivre sa vie par procuration.Jusqu'au jour où il craque et voudra reprendre possession de son identité.'Dans le rôle principal, Luc Picard défend bien ses multiples personnages.Mais parson manque d\u2019audace, le film, quoiqu'inventif, reste au niveau de l\u2019anecdote et n'atteint pas ce degré d\u2019ironie et de folie que ion en attend.Dommage.1 Présenté à l'ONF Bernard Boulad \u2022> | t* WRESTLING ERNEST HEMINGWAY ?De Panda Haines.Un ancien marin irlandais et un vieux coiffeur cubain, tous deux retraités, se rencontrent dans une petite ville côtière de la Floride.L\u2019un boit, rigole, fait le fou.L\u2019autre mange tous les jours son idndwich au bacon au même restau-, rant, à la même table, à la même , heure.N\u2019empêche qu\u2019une profonde amitié les unira.Im réalisatrice de Children of a lasser God a- malheureusement eu la main lourde et trop forcé sur les violons pour nous arracher des lames.Dommage pour , Pichard Harris et Robert Duvall.¦ V.F.au Complexe Desjardins Bernard Boulad ORDINARY MAGIC ?1/2 De Giles Walker.Elevé en Inde, Jeffrey devient orphelin à quinze ans et se voit rapatrié dans un Canada qu'il ne connaît pas.Mais quand la maison où il habite avec sa tante Charlotte sera menacée d\u2019expropriation, il se trouvera une nouvelle raison de vivre.Honnête et touchant.Le vrai «film pour tous» dcms le meilleur sens du terne.Au Cinéplex centre-ville.Francine Laurendeau SHADOWLANDS ?De Pichard Attenborough.A l\u2019Université d\u2019Oxford, dans les années cinquante, célibataire endurci confit dans son confort intellectuel, l\u2019écrivain C.S.Ixwis (Anthony Hopkins) s\u2019avouera presque trop tard son amour pour l\u2019Américaine Joy Gresham, son contraire absolu.Im quintessence d\u2019une certaine Angleterre traditionnelle et goumée.Comme le film.,.V.F.au Complexe Desjardins Francine Laurendeau DAENS f ' ' ?Film belge de Stijn Coninx ' Sombre et dense, cette fresque sociale dépeint les conditions de vie et de travail dans une ville flamande il y a un siècle.Une intéressante leçon d\u2019histoire., Présenté au Nouvel Elysée CINÉ M A.» HP A**» » PHOTO SIMON MKIN David Thewlis remportait à Cannes Ta palme de l\u2019interprétation masculine pour l\u2019intériorité fiévreuse de son jeu inspiré dans Naked.Nul n\u2019aurait pu la mériter davantage.MNP ¦ \u2022 , .jpMÉIMfe* Le chemin de croix de l\u2019anti-héros NAKED Péal et scénario: Mike Leigh.Avec David 'rhewlis, Lesley Sharp, Katrin Cartlidge, Greg Cruttwell, Claire Skinner, Peter Wight.Image: Dick Pope.Musique: Andrew Dickson.Grande-Bretagne.2h06.À l\u2019Élysée.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Ce n\u2019est pas gai, Naked.Bon, mais pas gai.Fort, sans concession, urbain, fin de siècle, déliquescent, admirablement interprété, mais pas gai vraiment.Un de ces films qui vous font mal, qui témoignent de l\u2019Apocalypse d\u2019une planète sans espoir, qui vous disent que les happy end sont un dénouement révolu.Et que dans le no future où s\u2019enlise le millénaire, on n\u2019a pour choix unique que de partir du point A pour gagner le point A.A signifiant, est-il besoin de le préciser, abîme absolu.Le film, on m\u2019en excusera, inspire quelques idées noires.Mais quelle oeuvre magistrale! David Thew-lis remportait à Cannes la palme de l\u2019interprétation masculine pour l\u2019intériorité fiévreuse de son jeu inspiré.Nul n\u2019aurait pu la mériter davantage.Quant à l\u2019auteur, Mike Leigh, il raflait les lauriers tout aussi mérités du meilleur réalisateur.Jamais, l\u2019unité de ton du film ne s\u2019épi-varde.Tout: jeu et discours sont une concentration de douleur acide et de dérive urbaine sans but.Naked est une errance londonienne, le chemin de croix avec stations commentées d\u2019un jeune anti héros sans abri qui squatte tout ce qui bouge, sans jamais trouver le repos.Johnny n\u2019a pas de morale fixe, mais quelque chose qui ressemble parfois à de la compassion et qui se réveille en des moments inattendus pour s\u2019endormir le reste du temps, un cynisme aiguisé comme une arme, et une bouche qui disserte à perte de vue sur les anti perspectives d\u2019une société aspirée par son néant.Les dialogues (très écrits, très noirs, très puissants) sont en fait les monologues de solitudes qui se croisent un moment.Il a quitté Manchester, aboutit à Londres chez une ex copine, accueilli par Sophie sa colocataire aussi paumée que lui (Katrin Cartlid-ge), punk brisée aux longs cheveux noirs dans le lit de laquelle il plonge et qui s\u2019éprend de lui pour ne pas se noyer ailleurs.Mais le nomade n\u2019a aucune envie de s\u2019attacher une corde au cou.Voici le Londres des fonds de ruelles pluvieux où l\u2019on vous attaque pour le plaisir de vous tabasser, où erre un propriétaire sadique qui s\u2019amuse à violer les petites jeunes filles en les torturant avec une joie rauque.Où le sordide est un mode de vie.lx)fts, fonds de cours, appartements des filles chez qui Johnny s'arrête un moment et qui toutes ont une fêlure, un malheur, et l\u2019impossibilité de réchauffer vraiment quelqu\u2019un d\u2019autre, même si elles croient l\u2019aimer.La caméra courtise les plans serrés.Nul horizon en vue de toute façon.Les décors extérieurs ont souvent quelque chose d\u2019épuré, dont on a retranché les accessoires inutiles, sur une esthétisme de fin du monde, et une musique de violons verlainiens aux sanglots longs.La violence est omniprésente en arrière-plan: viols, tabassage, coups au héros en lambeaux qui se traînera chez ses amies, pour être raccommodé avant de retraîner ses guêtres sur le macadam de Londres.Les comédiens sont tous issus du théâtre, avec une présence presque shakespearienne dans la tragédie.Ils incarnent chacun un type, dirigés avec une maîtrise sans faille par Mike Leigh.Non seulement Thewlis est-il magistral mais nul n\u2019oubliera Katrin Catrlidge non plus, maladive femme fatale dont tout le monde abuse et quelle rend dans un spasme névrotique de haute voltige.Mais toute la distribution est excellente.Le cinéma britannique, dont on voit plusieurs oeuvres cette année.The Snapper de Frears, aujourd\u2019hui ce Naked et bientôt le film de Ken Loach nous place, on le répète souvent, devant une douloureuse alternative.Soit, aller voir la version originale anglaise \u2014 mais ici l\u2019accent cockney de David Thewlis est proprement incompréhensible \u2014 soit, se taper la version française avec l\u2019insupportable argot parisien qui dénature la musicalité des dialogues.Naked aurait exigé des sous-titres.Et n\u2019en a pas.Il faut y aller tout de même, pour la contemporanité de cette oeuvre désespérée et glauque, pour l\u2019intégrité du cinéaste, pour le courage de David Thewlis venu plonger dans les bas-fonds de lui-même d\u2019où il a tiré ces accents grinçants qui donnent le vertige.Un film majeur! Francine Laurendeau *] UNE PRODUCTION DU THÉÂTRE DU GROS MÉCANO .Avec: Jean Guy et Normand Poirier Texte: Reynald Robinson Mise en scène: Michel Nadeau DU 12 AU 30 JANVIER les samedis et dimanches à 15h à 15h LA MAISON THÉÂTRE 255, rue Ontario est, Montréal Métro Berri-UQAM, Réservations: 288-7211 >A LE DEVOIR Présente / homme,, Chopin et tfepetit ta.s ae bois DE LA VRAIE MAGIE!.POUR LES 4 À 8 ANS ?4 » TÉLÉVISION Sexe, mensonge et minisérie DANIELE L.GAUTHIER PRESSE CANADIENNE Sur un ton léger, Tristan et Juliette, une comédie documentaire, présente le bilan de l\u2019évolution des histoires de coeur depuis la révolution sexuelle jusqu\u2019à aujourd\u2019hui.Après avoir fondé un Centre d\u2019information sur l\u2019amour, Juliette (Léa-Ma-rie Cantin) est débordée par la demande.Four différentes raisons, des hommes et des femmes affluent pour demander conseil sur leur vie amoureuse ou pour rencontrer l\u2019âme soeur.Devant tant de demandes, Juliette fait appel à Tristan (Denis Bouchard), à titre d\u2019enquêteur.Ije résultat de ses investigations angoisse Tristan qui s\u2019apprête à franchir le seuil fatidique des cinq années de vie commune avec sa femme (France Zobda).La deuxième partie de l\u2019émission porte l\u2019accent sur les différents aspects de la sexualité dans les années 90, sur les théraphies existantes et sur le problème du sida.A Radio-Canada, samedi, 20h.L\u2019histoire d\u2019une réussite La glace et le feu, minisérie diffusée, en deux épisodes, les mardis 1er et 8 février, 21h, à TVA, raconte l\u2019ascension d\u2019Isabelle et Paul Du-chesnay qui, grâce à leur style avant-gardiste, se seront imposés malgré les critères très conventionnels du mqnde du patinage artistique.A les regarder évoluer sur la glace, on croirait que tout est facile et pourtant, le couple a dû traverser plusieurs embûches, tant sur le plan professionnel que personnel, pour atteindre cette renommée chèrement gagnée.Natifs d\u2019Aylmer, au Québec, c\u2019est en 1982 que le frère et la soeur partent à la conquête du succès.Dès le départ, leur style audacieux et innovateur plaît au public mais les bonzes de l\u2019Association du patinage artistique refusent de se laisser charmer par ce couple de danseurs uniques.Geneviève Rioux et Michel Béru-bé personnifient ce couple voué à la gloire, tout en dévoilant des aspects de leur vie privée, semée d\u2019épreuves de toutes sortes.Place aux champions Sylvie Fréchette, à peine remise des émotions exceptionnelles qu\u2019a suscité sa médaille d\u2019or, devient animatrice à TVA, les dimanches, 17h30.Sachant ce qu\u2019il faut de volonté, d\u2019énergie et de persévérance pour exceller, elle s'entretiendra avec des personnalités de différents milieux pour sonder leurs motivations profondes dans la réalisation de leur carrière.Pour la première, elle reçoit Alain Choquette, alors que la semaine suivante, elle s'entretiendra avec le joueur de tennis, Greg Rusedski, puis, le 13 février, Giovanni Bernardi qui dirige la plus importante agence de mannequins au Canada, répond à ses questions.Une dramatique Syncope, dramatique de René Gin-gras, réunit Jacques Godin (Bacon), Yvon Bilodeau (Pit) et Robert Brouillette (François), trois hommes d\u2019âges et de personnalités différentes.Pit, un musicien en mal d\u2019inspiration, doit faire face à une aug- mentation de loyer qu\u2019il ne peut absorber.Bacon, son propriétaire, sensible aux difficultés de Pit, tente de trouver un arrangement.Survient François, un jeune punk épileptique qui vient perturber la vie de Pit et même celle de Bacon car celui-ci refuse de partager l\u2019affection de son locataire.Aux Beaux Dimanches de Radio-Canada, 2()h.Zitrone De tout temps, les histoires de familles royales fascinent.Léon Zitrone, dans sa tournée intitulée Palais royal, visite Marie-Christine de Kent, épouse du prince Michael de Kenf, le cousin germain de la reine Elizabeth.Ainsi, la princesse, blonde, belle et riche, qui vient de publier Alcôves de France, nous fait les liort-neurs de Kensington Palace, sa résidence située au centre de Londres, près de Hyde Park.Elle a pour voisins la princesse Margaret et le prince Charles.A travers les corridors qt les salons de sa somptueuse démettre, la damç nous raconte une page d\u2019histoire.A TV5, dimanche, 22h.\u2019 I Pêle-mêle cette semaine \u2019 A Radio Canada: au menu de Justç pour rire, Marc Labrèche présent?Anne Roumanoff, Anthony Kavanagh, le magicien Rudy Coby, François Pirette, monologuiste, Sergé Grenier et Martin Petit, dimanche, 19h.Chantal Juillet, accompagnée par l\u2019Orchestre symphonique d?Montréal, dirigé par Charles Dutoifc interprète le concerto de Stravinsky, enregistré, au printemps 1992, à la Basilique Notre-Dame de Montréal.Robert Guy Scully accueille Fannÿ Ardant, comédienne française, quj, dit-on, a le don de communiquer sop amour de la vie.L\u2019oeuvre d\u2019Agath?Christie, plus que vaste, fera l\u2019objej du jeu Tous pour un, les jeudis 3,10 et 17 février.Mercredi, 19h30, Md-rie-Lise Pilote est l\u2019invitée de Julie Snyder à L\u2019enfer c\u2019est nous autres.- A TVA: Claire Lamarche livre Jean-Marc Parent en pâture à ses ad-mirateurs(trices), en guise de cadeau du mois, jeudi, 21h.A Radio Québec: Pascale Bus'-sières, Micheline Lanctôt, Dominique Lévesque, Danny Turcotte si Yves Desgagnés sont les invités dé Trois gars un samedi soir, 21h.Something's Got to Give, dernier film de Marilyn Monroe, aux côtés de Cy3 Charisse et Dean Martin.On se rappelle le tournage catastrophique durant lequel Marilyn se suicide, à Vivement dimanche, 21h.Lundi, 13h, c\u2019est au tour du personnel des entreprises inscrites à la Dictée des Amériques 1994, d\u2019évaluer leurs connaissances en français.Rappelons que la finale aura lieu le 26 mars prochain.\u2019 Il n\u2019y a pas si longtemps, on interdisait aux petites et grandes filles, d\u2019exprimer leur colère: c\u2019était inélégant-.Aujourd\u2019hui, les femmes éprouveijl encore de la difficulté à manifester leur désaccord.Janette Bertrand tente de renverser la vapeur à Parlèr pourparler, vendredi, 22h.A Musique Plus: Concertplus présente Stéphan Eicher: derrière la forteresse, alors que le rocker ramène quelques vieux succès, en plus d\u2019extraits de son dernier album Carcassà-ne, spectacle enregistre dans la ville du même nom.Du 2 au 6 février 1994 Le Voyage I M A X ( Il K I) 0\t.1 A X V IKK I » H I EN H R E F ?G LAD U, PELLAND ET MARC-AURÈLE Les amateurs de peinture et d\u2019histoire de l\u2019art seront heureux d\u2019apprendre que deux films pas toujours faciles à visionner \u2014 puisqu\u2019ils sont bien à l\u2019ONF mais pas encore sous forme de vidéocassette \u2014 seront présentés tous les jours du mois de février, sauf le lundi, au Musée Marc-Aurèle Fortin de la rue St-Pier-re à Montréal.Il s\u2019agit des documentaires désormais historiques d\u2019André Gladu, l\u2019un sur Marc-Aurèle Fortin (à 14 h, 54 min.) et l\u2019autre sur Alfred Pellan (15 h, 75 min.) KARSH ET LES CLINTON À l\u2019Ambassade canadienne de Washington, le célèbre photographe septuagénaire canadien Yousuf Karsh expose ses derniers portraits, dont ceux du couple Clinton.Ces 68 œuvres photographiques seront visibles jusqu\u2019au 25 mars.DES CHAGALL?NON MERCI Si on vous offre, sous le manteau, un petit Chagall pas cher ou un dessin de Matisse, méfiez-vous.Un vol a été commis mardi, dans la propriété Chagall à Saint-Paul-de-Vence occupée ' par le beau-frère de l\u2019artiste.Parmi les œuvres dérobées figurent deux toiles du maître qui avait fait construire dans les années 60 cette villa, «la Colline», située non loin de la Fondation Maeght.Il y vécut avec son épouse jusqu\u2019à sa mort en 1985.Outre les deux tableaux de Chagall \u2014une gouache représentant une femme et l\u2019autre intitulée Tête d\u2019âne en couleur-les voleurs ont emporté un dessin de Matisse et une icône russe.Ils sont entrés dans la demeure en fracturant un volet, et ont finalement été mis en fuite par le déclenchement d\u2019une alarme.Leur butin est estimé à environ un million de francs français.PISE ET COMBINAZZIONE Les travaux entrepris en mai 1992 et qui visent à redresser la célèbre tour penchée de Pise, vieille de 800 ans, semblent avoir porté fruit: elle s\u2019est .redressée de près d\u2019un centimètre, neuf millimètres exactement, a annoncé mardi Michele Jamiolkowski, chef de la commission des experts en charge.Mais le maire de la ville, Sergio Cortopassi, n\u2019est pas content, car faute de fonds, les fravaux sont interrompus depuis le début de janvier.«Nous en avons assez de cette guerre avec la bureaucratie romaine et le gouvernement» a-t-il déclaré, furieux, à la presse.Cet arrêt des fravaux retarde d\u2019autant la réouverture de la tour aux touristes, originellement prévue pour la fin de 1995.Pour autoriser l\u2019ascension des 294 marches de la tour haute de 54 mètres, il faudrait la redresser de 20 centimètres.La technique choisie qui consiste à installer à la base des lingots de plomb pour faire contrepoids n\u2019est d\u2019ailleurs qu\u2019une solution temporaire.Voix cfPents Le Chœur Saint-Laurent sous la direction de Iwan Edwards The Aeolian Winds et Laura Pudwell mezzo-soprano ' Mercredi le 2 février 1994, 20h Église Saint-Vioteur d'Outremont \u2022av.Laurier, coin Bloomfield (métro Laurier) Adultes : 15 $, étudiants et âge d'or : 10 $ taxes incluses.' \u2019 Billets en vente ou guichet de lo Place des Arts: 842-2112 , ; (plus frais de service de 1,39$) » - chez Archambault Musique : 849-6201 (plus frais de service de 0,75$) et à l'entrée le soir du concert.Renseignements : 483-6922 Mlmttèr» ¦31 to CmRht* il \t\ta \t\t ARTS VISUELS Enfance, de Myriam Laplante.SOURCE GALERIE DARE-DARE Vive l\u2019intimité entre l\u2019œuvre et le spectateur! MONA HAKIM MYRIAM LAPLANTE Galerie Dare-dare, 279 rue Sherbrooke O.esp.311B.Jusqu'au 6 février Il y a de ces expositions qui se manifestent discrètement, sans exubérance ni arrogance, vouées plutôt à se faire sagement apprivoiser.En prenant le temps qu\u2019il faut pour les observer, mille et une subtilités pointent chez elles avec astuces.C\u2019est le cas du travail de Myriam Laplante accroché en ce moment aux cimaises de la galerie Dare dare.Les œuvres de cette artiste originaire de Chittagong au Bengladesh, résidant depuis huit ans à Rome, possèdent une telle finesse et sensibilité qu\u2019elles parviennent à nous faire oublier que leurs assises sont avant tout formelles.Ne vous y méprenez pas, il s\u2019agit ici d\u2019un formalisme moelleux, chevelu et on ne peut plus sensuel.On cherchait un renouvellement du genre, en voici une belle démonstration.Simple, efficace et surtout sans prétention.Au premier contact, les œuvres murales font figure de masses géométriques, minimales et distantes.A y regarder de plus près, chacune d\u2019elles est tapissée d\u2019un nombre incalculable de minuscules plumes d\u2019oiseaux, Surfaces douillettes et duveteuses qui caressent le plan du tableau et ne demandent qu\u2019à se faire tâtonner.Surfaces toutefois trompeuses, car derrière ces soyeux et confortables duvets subsistent de fortes tensions.Tensions d\u2019abord formelles: ici le noir côtoie le blanc, là une peau de cire cicatrisée et fruste s\u2019immisce entre deux pans de plumes: ailleurs deux touffes de crins opposent des crinières de cuir semblables à des fouets, alors le métal d\u2019un coffre-fort tranchera radicalement sur son plumard.Choc des matériaux qui masquent non moins des dualités plus conceptuelles et implicites celles-là.Conflit d\u2019identité, conflit des sexes, autant ceux créés-par la nature que par une société pénétrée de cruauté, mentionnera l\u2019artiste dans son texte de présentation.De là la figure du fouet, de la cicatrice, des grillages, clôtures et labyrinthes, du coffre-fort en forme de cage.Sans oublier cè très beau tableau-objet intitulé Drapeau derrière lequel des sous-vêtements féminins et masculins se tiennent en face à face et s\u2019étouffent mutuellement dans leur trop étroite penderie.Toutes ces images évoquent les tiraillements, ambivalences et réclusions qu\u2019impose une société basée sur les rivalités.Mais hormis ces concepts théoriques, il faut davantage s\u2019attarder sur la façon toute sensuelle dont cette artiste recrée des corps tactiles par la simple osmose des formes géométriques et des matériaux.Sur la façon dont elle compose «picturalement» par l\u2019accumulation de matières tantôt solides, tantôt fluides.Sur les compositions minimales qui entretiennent des correspondances étroites avec le mur (tous les objets semblent émerger du fond mural), comme le fait si bien la peinture quand elle déborde de son cadre.Avec ses gestes méticuleux et patients qui se servent finement des règles de l\u2019art, Laplante ourdit une séduisante et rassurante peau-enveloppe afin de mieux panser les plaies des corps blessés.Un exercice tout en douceur, sans brusquerie ni complaisance.MARIELA BORELLO Galerie B312,372 ste-Catherine O.esp.312 jusqu'au 5février À la petite galerie B312, Mariela Borello parle elle aussi des cohésions et des frictions entre corps personnel et corps social.Des uniformes d\u2019écolières en papier brun, une immense perruque en laine d\u2019acier et des plaques de cire épinglées au mur, comme une exhibition de peaux arrachées, traduisent les procédés par lesquels les individus (et plus particulièrement ici les femmes) adhèrent au monde insidieux des apparences.Absence met én évidence l\u2019envers de la médaille, là où la beauté rime avec torture et inconfort, où la société dicte ses contraintes.A l\u2019opposé de Myriam Laplante, beaucoup plus raffinée dans son approche, Borella procède par matériaux bruts et grossiers.La démarche n\u2019est pas inintéressante, mais l\u2019exubérance des objets oblitère peut-être trop le contenu initial.En exploitant toutes deux les sévisses infligés au corps, Laplante ira plus loin en y transposant avec doigté les blessures mentales.Les deux expositions méritent néanmoins d\u2019être visitées simultanément, ne serait-ce que pour palper deux manières distinctes de revêtir des corps lésés.DESSIN A DESSEIN Galerie UQAM, 1400 rue Berri jusqu'au 12 février Après Parti pris de peindre,qui clamait haut et fort la validité et la vitalité de la peinture ac- tuelle, voilà que les professeurs du département d\u2019arts plastiques récidivent, toujours à la, Galerie de l\u2019UQAM, avec Dessin à dessein, histoire de casser une fois pour toutes l\u2019image de, parent pauvre qui a toujours malicieusemeht' poursuivi cette discipline.Il me semble même que les œuvres sur papier (y inclus le dessin) ne se sont jamais autant affichées et affirmées que ces dernières années.\t\u20221 Au menu: les œuvres de 24 artistes sélectionnées par huit commissaires, pour la plupart enseignants de l\u2019UQAM.Précisons que les exposants,eux, ne sont pas forcément rattachés à l\u2019institution.Le champ est large chevauchant des propositions plus .académiques à d\u2019autres plus avant-gardistes.A ce titre, le pendant di-dactique d\u2019une telle exposition joue fort bien son rôle.Ici le dessin courtise les autres disciplines et témoigne manifestement d\u2019un éclate-' me,nt du genre.A certains moments, l\u2019apport photographique et sculptural prend toutefois une telle importance qu\u2019on se demande s\u2019il est encore pertinent de juger encore ces œuvres en terme de dessin.C\u2019est le cas entre autres de Serge Tousignant (photo), Madeleine Doré (sculpture) ou Caria Whiteside (murale sculptée).Il faut du reste porter attention à la frise colorée, de François Morelli ornant une des poutrelles' du plafond de la galerie.Une paire de jumelles est ici nécessaire,' tant pour repérer l\u2019œuvre que pour disséquer en détail et en voyeur son anatomie.Un des plus beaux rapports d\u2019intimité entre œuvre et spectateur.DANSE-CITÉ PRÉSENTE VOLET CHORÉGRAPHES 10e du 27 Janvier au 6 février 1994 à 2 O h _ « ~\t°\trelâchele ! g\t31 Janvier 1994 boîte S « 33 = z.« £¦ E 2 5 C O '
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