Le devoir, 12 février 1994, Cahier D
[" LK 1)K VOIR Le Feuilleton Page D3 Us Petits bonheurs Page D3 Essais québécois Page D5 Visas Page D8 ?I.!\u2022: I) K V O I K .I.K S SA M K I) I 12 K T l> I M A N (' Il K I A F K V R I K U I !M> I Des 1 1 V P G.S pogr comprendre l\u2019incomprehensible .drame de la Bosnie Un obus ensanglante le marché public de Sarajevo.Des civils, des enfants meurent.La télé repasse à satiété les images d\u2019horreur.Les gouvernants s\u2019indignent.Quelques jours plus tard, pourtant, tout est oublié.Jusqu\u2019à ce qu\u2019une nouvelle secousse ne réveille notre effroi devant pareille barbarie.La surabondance d\u2019information nous insensibilise et, souvent, nous empëche_d\u2019approfondir notre réflexion.Pourquoi cette saLe gUGr-rG?Quels en sont les origines et les enjeux?Pour tenter de comprendre l\u2019incompréhensible, pour aller plus loin que ce clip d\u2019hOFTSUr que diffuse le téléjournal soir après soir, le cahier Livres propose sept ouvrages à ses lecteurs.JOCELYN COULON LE DEVOIR Samedi dernier, comme le font tous les habitants du monde, les gens de Sarajevo se pressaient au marché central pour faire leurs emplettes.Dans cette ville assiégée depuis presque deux ans, les étals du marché de Markale offrent de rares produits à des prix fixés au marché noir.Les badauds, sans argent, circulaient comme à leur habitude, sans espoir de ne rien acheter.Mais ils étaient là, par centaines, à se presser les uns contre les autres comme si de rien n\u2019était, comme si la guerre ne pouvait pas les toucher.Le marché, dans les villes de Bosnie, restait encore un lieu protégé que personne n\u2019avait osé attaquer directement.Puis l\u2019indicible se produit.Un obus de mortier tombe et frappe la foule, cette masse compacte, qui enveloppe et dans laquelle on se réfugie souvent en pensant être en sécurité.C\u2019est le carnage.Des dizaines de morts, des corps déchiquetés, décapités ou broyés par une arme particulièrement cruelle et dévastatrice.Le bilan est lourd, certes, mais des massacres semblables, il s\u2019en déroule tous les jours dans l\u2019ensemble de la Bosnie devenue un véritable enfer pour ses habitants.Aux quatre coins de ce pays martyrisé, dans des régions souvent inaccessibles aux médias occidentaux, Serbes, Croates et Musul- D 2: BOSN I E .if 8»?» » -'** PHOTO AFP Cette homme creuse une tombe, une autre, en plein cœur de ce qui fut jusqu\u2019à tout récemment le stade olympique de Sarajevo.LIBERTÉ 211 FÉVRIER 1994 6,00$ /W/W/f EN Yente CHEZ votre libraire Au-delà des clichés et du folklore, VOICI LA LITTÉRATURE BRÉSILIENNE D\u2019AUJOURD\u2019HUI.DES AUTEURS CONSACRÉS, D\u2019AUTRES À CONNAÎTRE.DES TEXTES ENTIÈREMENT INÉDITS EN FRANÇAIS. f *¦«**, une langue en nup, la langue en moins Fd.P.U.de Vincennes 9hà22K annee 362 jours par 1120, ave.laurier ouest oiijt rémorit, montréal tel.: 2^-1,-3669 \u2022 téléc.: 27-1-3660 HISTOGRAFF INTRODUCTION À L\u2019ÉTHIQUE DE L\u2019ENVIRONNEMENT André Beauchamp, Éditions Paulines, 222 pages.LOUIS-GILLES FRANCOEU R LE DEVOIR André Beauchamp est un personnage en environnement.Pas tellement parce qu\u2019il a été Secrétaire général du ministère de l\u2019Environnement, chef de cabinet du défunt ministre, M.Marcel Léger; puis président du Conseil consultatif de l\u2019Environnement et finalement président du Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019Environnement (BAPE).Si son passage de chef d\u2019un cabinet politique à celui de président du BAPE a fait grincer des dents à l\u2019époque, sa crédibilité ' S\u2019en est sortie indemne et, mieux, il ' est devenu probablement le symbole de ce que le BAPE devrait être dans l\u2019esprit de centaines d\u2019usagers et d\u2019observateurs de cet organisme.C\u2019est qu\u2019en réalité, le personnage n\u2019est pas que cela.Il pense.Et il pense comme il l\u2019entend et depuis long:-; temps, ce qui l\u2019a amené à s\u2019opposer à Les Belles Rencontres de la librairie HERMÈS Samedi 19 février \" de 16h à 19H - - RÉGINE ROBIN plus gros que lui, visière baissée avec bosses politiques en prime.Il défend ses idées privément et en public, notamment dans quelques livres.Mais il ne refuse pas d\u2019évoluer.Et il continue ainsi de prendre de prendre une part active dans le débat environnemental au Québec, dont il constitue un animateur privilégié.Alors, si vous ne saviez pas qu\u2019en plus, il est curé d\u2019une petite paroisse des Laurentides, jésuite et qu\u2019il dirige une maison d\u2019éditions en plus d\u2019une boîte de conseiller en environnement, vous aurez du mal à comprendre la richesse et même le côté politically incorrect de son dernier livre sur l\u2019«éthique» environnementale, un mot presque subversif à l\u2019ère de l\u2019efficacité et de la rentabilité.Deux lignes de force se dégagent de ce livre, qui se veut paradoxalement un plaidoyer anticlérical, si l\u2019on peut dire», contre la nouvelle religion environnementale que devient chez plusieurs la science moderne de l\u2019écologie.Le mouvement de l\u2019écologie profonde, particulièrement fort en Aimé-tique, inquiète Beauchamp.Ce mouvement fait de l\u2019environnement, de la défense de la planète et de ses ressources un absolu dont chacun devrait tirer conclusion et conduite.Beauchamp estime que ce «biocentrisme» pourrait engendrer une «écocratie», voire un «écofacisme».de riches! Evidemment, note Beauchamp, on peut comprendre cette réaction après des siècles de perspective anthropocentriste, où l\u2019Homme (pas vraiment les Humains.) était le chef de la création et pouvait la remodeler à son gré.Beauchamp propose plutôt une nouvelle éthique dans les rapports qui devraient prévaloir entre les Humains et la Terre, une morale environnementale basée sur le respect des limites biologiques et des impératifs de survie des écosystèmes.Réintroduisant la dimension culturelle, qui existe après tout chez ce drôle d\u2019animal présent lui aussi.dans la nature, plaidant pour un monde convivial, où la surconsommation serait bannie non seulement au nom de valeurs écologiques mais aussi humanistes et chrétiennes, l\u2019auteur ajoute cependant un principe d\u2019ordre dans l\u2019allocation des ressources limitées de la planète: «l\u2019option préférentielle pour les pauvres».On voit dès lors comment se repo-sionneraient les débats en cours sur l\u2019effet de serre, la protection de la couche d\u2019ozone ou la protection des forêts tropicales, trois débats où les pays riches invitent les pays pauvres à le demeurer pour préserver la planète et la sécurité de tous.Voilà un débat de fond qu\u2019il reste à faire en Occident La réflexion d\u2019André Beauchamp sur la consultation publique est tout aussi décapante, lui qui fait une place au monde ordinaire au point d\u2019en faire le contre-poids obligé de la technocratie gouvernementale dans lç processus d\u2019audiences publiques.A son avis, la consultation publique n\u2019est pas une mode passagère.Il y voit plutôt un mécanisme de démocratie directe, un concept radicalement différent de la démocratie de représentation traditionnelle, où le pouvoir de décider est laissé aux élites politiques et technocratiques.Un livre qui donne un sens au discours environnemental.Découvrez la richesse du patrimoine maritime du fleuve et du golfe du Saint-Laurent ! Procurez-vous le livre LA TRADITION MARITIME DE MATANE de Louis Blanchette, 200 p., 80 illustrations.Appréciez les lointains débuts de la présence européeenne dans la région de Matane, en Gaspésie.Naviguez vers la Côte Nord et la Basse Côte Nord.Revivez la Bataille du Saint-Laurent (1942) et les attaques par les U-Boats allemands.Faites une agréable excursion sur un bateau-magasin.Partagez la vie mouvementée de 50 Capitaines de navires.Payable par chèque, mandat-poste ou sur livraison.Par la poste : Louis Blanchette, 481, Mgr Langis, Rimouski (Qc) G5L 5G3 Prix : 20.00$ (livre et frais de poste compris) SUITE DE LA PAGE DI mans s\u2019entretuent.Et aucune force ne semble pouvoir mettre fin à ce délire sanglant.D\u2019où vient cette violence aveugle?Comment s\u2019est-elle propagée?Combien de temps pourrons-nous encore la supporter?Comment l\u2019arrêter?Autant de questions auxquelles on ne peut offrir de réponses claires et encore moins de solutions faciles.Alors, pour comprendre, il faut lire ceux qui, à des degrés divers, ont été ou sont témoins du drame qui se déroule dans les Balkans.Des livres qui nous interpellent \u2014 particulièrement le journal de la petite Zlata \u2014 et que personne ne pourra ignorer pour dire ensuite «je ne savais pas».Parlant de la Yougoslavie, Paul Garde (Vie et mort de la Yougoslavie, Fayard) écrivait déjà au début de 1992 qu\u2019elle était une fabrication étatique artificielle.«La conscience d\u2019un destin commun, la volonté de vivre ensemble, tous ces sentiments qui sont l\u2019élément constitutif d\u2019une nation, et le seul ciment possible d\u2019un Etat viable, font totalement défaut dans ce pays, et n\u2019y ont jamais existé.Cette première constatation.commande toute compréhension des problèmes yougoslaves».Ce qui est vrai pour l\u2019ancienne Yougoslavie l\u2019est aussi pour la Bosnie, cette mini-Yougoslavie, qui croyait pourtant survivre au démantèlement de la grande.C\u2019était sans compter sur le fanatisme serbe et les ambitions croates.Bernard Féron (Yougoslavie.Origines d\u2019un conflit, Le Monde), Paul Garde et les collaborateurs de Jacques Rupnik (De Sarajevo à Sarajevo, Complexe) retracent les origines de la décomposition de cette région et tentent d\u2019établir les responsabilités dans l\u2019engrenage de la violence qui se déchaîne dans cette partie du monde.Tous s\u2019accordent pour condamner la politique de nettoyage ethnique que les Serbes mènent en Croatie et surtout en Bosnie.Aveuglés par leur quête de pureté raciale, convaincus qu\u2019un complot mondial se trame contre eux depuis le début du siècle, les dirigeants serbes ne reculent devant rien pour réaliser le rêve de la grande Serbie.Cette folie ethnique et cette paranoïa profonde sont deux éléments fondamentaux qui expliquent l\u2019acharnement des Serbes aux combats et le peu de respect qu\u2019ils portent à la communauté internationale et à son bras politique, l\u2019ONU.Les généraux MacKenzie (Peacekeeper, The Road to Sarajevo, Douglas & McIntyre) et Morillon (Croire et oser.Chronique de Sarajevo, Grasset) en savent quelque chose.Ils ont encaissé toutes les vexations, toutes les humiliations de la part des Serbes.Mais, comme seuls les hommes de terrain peuvent le raconter, ils ne cachent pas que cette guerre implacable ne peut être simplifiée et ramenée à l\u2019opposition entre les bons et les méchants.Les Serbes coupables, oui, mais pas seulement eux.Morillon, comme l\u2019avait déjà dit MacKenzie, n\u2019hésite pas à dénoncer l\u2019attitude des Musulmans et les provocations qu\u2019ils organisent pour attirer la sympathie de la communauté internationale.Cette opinion \u2014 qui n\u2019a pas bonne presse \u2014 est pourtant bien documentée.Il y a quelques jours encore, un officier français déclarait que la majeure partie des 18 CROIRE ET OSER.CHRONIQUE DE SARAJEVO , Général Philippe Morillon Editions Grasset, 1993,215 pages MORILLON ET LES CASQUES BLEUS , Xavier Gautier Edition 1,1993,305 pages PEACEKEEPER.THE ROAD TO SARAJEVO Major-general Lewis MacKenzie Douglas & McIntyre, 1993,345p.LE JOURNAL DE ZLATA , Zlata Filipovic.Éditions Robert Laffont, 1993 YOUGOSLAVIE.ORIGINES D'UN CONFLIT Bernard Féron Éditions U Monde, 1993,178 pages VIE ET MORT DE LA YOUGOSLAVIE ,\tPaul Garde Éditions Fayard, 1992, 444 pages DE SARAJEVO À SARAJEVO Sous la direction de Jacques Rupnik Editions Complexe, 1992,150pages morts parmi les Casques bleus français en Bosnie avait été le fait des Musulmans alors que les troupes françaises étaient sur le terrain pour les protéger.Cette guerre est vicieuse pour les populations locales.I La petite Zlata Filipovic (Le journal de Zlata, Robert Laffont), comme Anne Frank, il y a un demi-siècle, offre un témoignage poignant sur cette vie misérable que les siens endurent quotidiennement.Pourtant, au fil des pages de son journal, l\u2019espoir n\u2019est jamais loin.Naiveté d\u2019enfant?,Sans doute.Mais Zlata, c\u2019est aussi l\u2019avenir de la Bosnie.À moins qu\u2019un obus ne la frappe sur le chemin d\u2019un marché.La guerre n\u2019use pas seulement les hommes et les femmes de Bosnie.Elle frappe aussi les étrangers.Xavier Gautier (Morillon et les Casques bleus, Edi-tionsl), grand reporter au Figaro, souligne que les Casques bleus écopent, accusés par les belligérants de prendre ou de ne pas prendre position pour l\u2019une ou l\u2019autre des factions.Pour sa part, Bernard Féron rappelle que les médiateurs occidentaux, incapables de faire accepter le moindre accord, se discréditent toujours un peu plus.Alors, que faire?Ni l\u2019ONU, ni l\u2019OTAN et encore moins l\u2019Union européenne n\u2019ont de solution miracle qui pourrait être acceptée par toutes les parties en présence.La seule voie à suivre, dit Morillon, c\u2019est encore la négociation jusqu\u2019à ce que tous s\u2019entendent au moins sur un minimum.11 n\u2019y a pas d\u2019alternative sinon d\u2019abandonner ces populations bosniaques au massacre général.PRIX EN VIGUEUR JUSQU'AU 18 FEV.1994 Oampigny 4380 ST-DENIS, MONTRÉAL 844-2587 MT-ROYAL OUVERT 7 JOURS MÊME LE DIMANCHE 371 Laurier ouest, Mtl\t277-9912 Carrefour Angrignon\t365-4432 Centre Laval\t688-5422 Galeries d ' Anjou\t351 -8763 Mail Champlain\t465-2242 ¦M I K |) K V U I It , I.K S S A M K I) I 12 K T l> I M A N (' Il K I A K K V It I K It I !> I» I I) m L I V R E S L E l! Bazar sentimental h o B E R T LÉVESQUE ?UK FAIT DIVERS , François Bon Éditions de Minuit 1993, 157pages.Dans la littérature, tout le monde a touché au fait divers, y compris monsieur François Mauriac.Thérèse Desqueyroux, que je relis au hasard d\u2019une réédition chez Grasset et qui n\u2019est pas mal du tout au-delà de son aspect Simenon guindé, c\u2019est de la matière de cour d\u2019assises.Et l\u2019autre Thérèse, laRaquin de Zola, alors! Ces mal mariées, l\u2019une qui empoisonne lentement son mari, et l\u2019autre qui fait vite noyer son cocu, on peut lire ça comme du «dernière heure».Prenez le rayon des suicides, la Madame Bovary de Flaubert, n\u2019est-ce-pas du beau fait divers longuement fouillé?Et la Mademoiselle Julie de Strindberg, on peut la prendre sous l\u2019angle des chiens écrasés, voilà \u2022une jeune fille de bonne \u2022famille qui se tue après avoir baisé toute la nuit avec un domestique! ¦ ¦ Empoisonneuses et suicidées, tueuses, violeurs -et assassins, parricides, c\u2019est avec eux tous le trop-plein des passions qui déborde; et les écrivains aiment tremper leur plume dans ce sang-là, qui est \u2022' rouge, qui est vif, ou qui au contraire est une sanie, une vieille boue verte, la poussière collée de l\u2019attente; Flaubert avait défini Madame Bovary comme 1 «une atroce moississure au fond d\u2019un placard».Grand bazar sentimental, décharge publique, la rubrique des faits divers c\u2019est le roman brutal des individus qui, soudain, attrapé au vol ou longuement attendu, vont prendre \u2014 et jouer une seule fois \u2014 le rôle de leur vie, sans doublures, sans transferts, sans texte; ils vont un soir, allez savoir pourquoi celui-là, eux seuls le savent et encore, passer du fantasme au réel, céder aux sentiments aigus et en déroute, agir, le faire, tuer par amour ou par haine et ce sera presque pareil, égorger une enfant pour effacer toute trace de beauté dans leur vie, déraper, se jeter devant une rame de métro, mettre le feu, choisir la part maudite.Au Moyen-Age, on racontait en musique, et par les chemins, des faits divers enjolivés, on chantait des lais qui parlaient de pendaisons et d\u2019écartèlements, de rapines et de poisons, c\u2019était au temps de François Villon quand même le malheur était gai et que la morale ne sévissait pas dans les communications de masse.L\u2019imprimerie inventée, dans les gazettes, puis chez les canardiers, le crime a toujours fait recette avec la littérature et au 16e siècle, si l\u2019on manquait d\u2019«assassinats du duc de Guise» dans les kiosques, on se reprenait avec des «spécial marquise vitriolée» et tutti quanti.On a jeté la Lecouvreur dans la chaux vive! Vite un roman! Même Molière faisait théâtre du fait divers, comme ce type qui s\u2019était fait rosser pour s\u2019être pris pour un médecin ou ce faux dévot qui avait extorqué de l\u2019argent dans une bonne famille.Dans les années folles, c\u2019est des gens comme Jean Cocteau et Pierre Mac Orlan que l\u2019on rencontrait dans les couloirs de Détective, l\u2019hebdomadaire des cours d\u2019assises et des bas-fonds de Paris où Joseph Kessel était le rédac-chef.Les écrivains aiment tenir la chronique des passions et des sombres affaires, dresser l\u2019inventaire du bazar sentimental.Petite littérature ou grand journalisme, tout s\u2019entremêle.Tiens, lisons la «une» de Détective du 21 juillet 1931: «La brute exécutée: une famille réunie en conseil décide de la mort de l\u2019ivrogne de Pontoise qui terrorise les siens; son neveu, presque un enfant, fut chargé de l\u2019exécution».Eugène Sue vous aurait torché au moins 100 pages avec ça! Je vous propose aujourd\u2019hui, à l\u2019enseigne des faits divers, un roman de François Bon qui s\u2019appelle justement Un fait divers et qui est à mille lieues de tout sensationnalisme.Un roman sans style ni effet \u2014 le contraire d\u2019Eugène Sue \u2014 mais construit avec une intelligence fine et sans regard moral ni manie manichéenne.François Bon saisit la matière d\u2019un fait divers banal (une séquestration, un mort) et par le PHOTO ARCHIVES François Bon recours à des dépositions de chaque acteur du drame, des dépositions qui ont le caractère de monologues intérieurs, de récits sans interlocuteur, en somme, il rend parfaitement l\u2019essence d\u2019une tragédie de la vie quotidienne, d\u2019un de ces dérapages du fonctionnement social, d\u2019une de ces «affaires» qu\u2019on trouve en solde au grand bazar sentimental.Du temps de Flaubert on allongeait un drame, on rajoutait, on concluait.Du temps de François Bon, aujourd\u2019hui, on resserre, on élimine, on questionne.Il y a eu Samuel Beckett et Bernard-Marie Kol-tès, entretemps, et l\u2019écriture publiée aux éditions de Minuit est de celle \u2014 lorsqu\u2019elle est réussie, ce qui est rare \u2014 qui cherche à aller droit au but, le but n\u2019étant pas une fin quelconque mais un essai de compréhension, une ouverture dans le sens.Ainsi François Bon tente, et réussit L\u2019amour au temps de la relativité ALBERl EINSTEIN ET MILEVA MARIC LETTRES D'AMOUR ET DE SCIENCE Présentées par Jürgen Renn et Robert Shulmann, Éditions du Seuil, 1993,166 pages.RAYMOND LEMIEUX Que se passait-il dans le cerveau d\u2019Einstein quand il a concocté sa première théorie de la relativité?Il était en amour! Son coeur battait poqr Mileva Marie, une jeune Serbe, qu\u2019il a rencontrée à l\u2019Ecole polytechnique de Zurich.Ils ont entretenu une correspondance assidue, parfaitement romantique à l\u2019instar de bien des amoureux du début du siècle.«Si seulement les pensées pouvaient être un peu vivantes et faites de chair et de sang!», écrit Albert un soir de mai 1901 en poursuivant: «Comme c\u2019était bien la dernière fois de pouvoir te serrer tout contre moi, comme la nature nous le permet.Reçois pour cela mes plus tendres baisers, ma douce, ma chère âme! » Lettres d'amour et de science, publié par les éditions du Seuil, regroupe ainsi une cinquantaine de missives qu\u2019Albert et Mileva se sont échangées entre 1899 et 1903.Elles révélent les grands traits d\u2019un scientifique suave, allègre et d\u2019une complice qui a eu maille a partir dans un monde passablement masculin.Ijcs réflexions.qu\u2019Albert confie au travers ses lettres, confèrent une particularité inusitée à la correspondance.«En voyage j\u2019ai eu une idee originale.signakM-il à un moment donne.En effet, il ne me semble pas exclu que l\u2019énergie cinétique latente de la chaleur dans les solides et les liquides puisse être considérée comme de l\u2019énergie électrique de résonateurs.» Séduisant?Ces lettres seraient bien difficiles à interpreter sms le «Si seulement les pensées pouvaient être un peu vivantes et faites de chair et de sang!» pleinement, de retrouver dans la multiplicité des points de vue exposés la sensibilité particulière de ce drame passionnel, ses sources, sa violence, sa délicatesse aussi, sa durée, son climat, sa cicatrice.Un garçon de 26 ans, Allemand, vagabond, a quitté Marseille en Mobylette et a fait 14 heures de route pour aller jusqu\u2019au Mans où sa femme \u2014 qui l\u2019avait quitté après trois ans de vie commune \u2014 bosse dans un supermarché et vit avec une copine.Il la retrouve, et durant 15 heures, arme au poing, il va la séquestrer, elle, son amie, le copain de celle-ci, après avoir assassiné le type qui était arrivé avec eux et que personne ne connaissait.Les récits successifs vont nous révéler l\u2019ampleur de ce fait divers qui n\u2019aura pas fait 20 lignes dans un journal du coin.De cette nuit de cauchemar qui n\u2019a pas dérangé les voisins du dessous.De cette affaire classée trente mois plus tard.De cette plaie vive dans leurs souvenirs.C\u2019est un montage narratif qu\u2019organise François Bon, où interviennent le meurtrier, sa femme, l\u2019amie, le copain, l\u2019inspecteur, le gardien, mais aussi le cinéaste qui en fera un film, le directeur-photo qui refait le trajet, l\u2019acteur qui jouera, et, une fois, l\u2019auteur du roman qui dira qu\u2019on ne choisit pas une histoire à l\u2019extérieur de soi-même, et que si l\u2019on va dans ces eaux troubles c\u2019est pour s\u2019y pêcher soi-même.D\u2019«un événement obscur dans l\u2019obscurité des villes», François Bon fait la tragédie d\u2019un homme seul qui saute peu à peu aux yeux du lecteur comme le drame du temps des Grecs surgissait dans les récits du chœur.Et tout le talent de Bon est dans ces textes morcelés, dits, risqués, par des gens qui se parlent plus qu\u2019ils ne parlent, témoignages intérieurs qui ne sont pas sans faire penser aux monologues du théâtre de Koltès, dans une écriture qui s\u2019est défaite des artifices, qui ne mime pas la réalité mais en ramasse une logique froide, qu\u2019elle fore, dégage, et donne une parole à chacun.Par la multiplicité de ces aveux, de ces observations, de ces dépositions et de ces remarques, dans les différences des points de vue, surgit le drame nu, celui d\u2019un garçon sauvage qui \\a roulé la nuit avec l\u2019idée de ______ la mort, durant 14 heures, parce qu\u2019il a aimé cette fille, parce qu\u2019ils n\u2019ont pas pu tout garder dans sa première et impossible beauté, que la vie s\u2019est déréglée, qu\u2019on a de l\u2019échec dans la tête, et aucun goût de boulot, pas de cœur à rien, de la rage, qu\u2019on fait Marseille-Le Mans avec un seul arrêt au resto routier de Roinorantin et qu\u2019on se dit que si elle n\u2019est pas au Mans on montera en Allemagne et elle n\u2019entendra plus parler de vous.Mais voilà il la trouve, il la voit au bistro avec ses amis.La haine «impersonnelle» remonte.Il va les attendre à l\u2019appartement.C\u2019est la mise en déroute par la puissance du hasard.11 a sorti de son étui un tournevis effilé.Il tue ce type qu\u2019il croyait l\u2019amant de sa femme.Trente mois plus tard il dira: «ce qu\u2019ils vous reprochent, on l\u2019a fait».François Bon, l\u2019un des meilleurs romanciers d\u2019aujourd\u2019hui, a tiré du bazar sentimental un fait divers dont il a fait un pur morceau d\u2019émotion.texte de présentation et les notes qui les enserrent.«Un lecteur qui ne se bornera pas à chercher dans cette correspondance les prémisses isolées des futures découvertes d\u2019Einstein aura l\u2019extraordinaire possibilité d\u2019entrevoir le processus de pensée d\u2019Einstein, la manière dont il donnait vie aux idées qu\u2019il retirait de ses lectures, de ses cours.», souligne-t-on en introduction.D\u2019ailleurs, quelques années après ce «libre jeu des forces intellectuelles et affectives» \u2014 comme le notent les présentateurs \u2014, Einstein publiera la théorie de la relativité.Une théorie qui, on le sait, ouvrira la voie à la physique moderne.Quelle a été à ce sujet la contribution de sa dulcinée?La question prête aujourd'hui à controverse.On a même avancé qu\u2019Einstein aurait omis le nom de Mileva sur le texte scientifique qui décrit la première théorie de la relativité.Malheureusement, les Lettres d'amour et de science nous fournissent peu d\u2019indices sur l\u2019éventuelle contribution de Mileva.D\u2019autant que ce sont surtout des lettres signées d\u2019Einstein qui ont été retracées et regroupées dans ce livre.La quasi-totalité de celles de Mileva.dont Albert disait quelles étaient «le seul plaisir auquel mon cerveau peut se réchauffer», demeurent introuvables.N empêche qu'il y a fort à parier que Mileva y est pour beaucoup, en muse ou en femme de science, dans l'élaboration de la fameuse théorie.Einstein lui a d\u2019ailleurs déclaré: «Quand tu n\u2019es pas avec moi.j\u2019ai l\u2019impression de ne pas eût' entier.Quand je* suis assis, j'ai envie de marcher.Quand je marche, j\u2019ai envie de rentrer à la maison.Quand je me distrais, j'ai envie de travailler.Quand je travailk-, h reflexion et k* calme me font defaut.» Ils se marièrent, en 1902, et eurent deux fils.Mais, comme se terminent bien les histoires d\u2019amour du XXè-mit siècle, ils divorcèrent en 1919.S S IM) N l! Il S Les dangers du cinématographe A R I L L E S A M B A U ?I.T AVANT MOI Julian Bames, Traduit de l\u2019anglais par Michel Courtois-Fourcy.Collection Folio, 284 pages.Dans Auto-da-fe, Elias Canetti écrit que «le véritable amour est toujours inquiet et se crée de nouveaux soucis avant même que les anciens aient disparu».Graham Hendrick, le personnage central du roman qui nous occupe aujourd\u2019hui, connaîtrait donc le véritable amour puisqu\u2019il est obsédé par le passé de sa femme.D\u2019une préoccupation somme toute louable \u2014 l\u2019amoureux est curieux de tout apprendre de l\u2019autre afin de l\u2019idéaliser davantage \u2014 il fait un élément de tyrannie.Personne n\u2019est moins drôle et moins convenu qu\u2019un mari jaloux.Le théâtre du boulevard continue de faire ses beaux jours sur le dos des cocus.Ce qui devrait être un drame dans l\u2019esprit du spectateur devient un objet de rire.Un rire dont la subtilité n\u2019est jamais le signe distinctif.D\u2019où vient qu\u2019on lise Avant moi avec tant de satisfaction?J\u2019oserais avancer que l\u2019une des raisons de la réussite de l\u2019entreprise tient de la logique rigoureuse.Graham Hendrick est universitaire.Marié depuis 15 ans à Barbara, il mène une vie parfaitement rangée.Aucune aventure extramaritale.Il ne semble même pas s\u2019apercevoir de la présence autour de majg c,u{ nous porte à nous lui de jeunes et jolies étudiantes.Pourtant, un jour, il rencontre Ann.Fuite du domicile conjugal, amour fou.Tout va bien jusqu\u2019au jour où le cinéma gâche tout Il faut savoir que Graham tient le Un roman mené de main de maître qui ne nous convainc pas des dangers du cinéma interroger sur les risques de la passion septième art pour du beurre.Rien ne l'intéresse moins que de se rendre dans une salle obscure.11 accepte pourtant d\u2019accompagner sa fille au cinéma.Elle l\u2019y attire sous un faux prétexte.On projette un vieux film dans lequel Ann, sa femme, tient un rôle secondaire et ridicule.Alice se fait complice de sa mère.Elle veut démontrer à Graham qu\u2019il les a abandonnées pour vire avec une pétasse.C\u2019est l\u2019entrée du cinéma dans la vie de notre universitaire.Il courra aux quatre coins de Londres pour voir et revoir les longs métrages dans lesquels Ann a paru.Il prend des notes, analyse avec toute la sottise du monde le plaisir que sa femme semble prendre à donner un baiser ou à se montrer en tenue légère.\t\u2022 :, Quand il revient chez lui, il terrorise sa femme en lui posant toutes les questions imaginables.A-t-elle eu une aventure avec tel comédien?L\u2019acteur qui lui donnait la réplique dans le film a-t-il été un amant raisonnable?Au début, elle répond franchement, ne s\u2019imaginant pas qu'on puisse se faire une histoire d\u2019événements qui se sont déroulés avant qu'ils se soient connus.\t_ 1 Graham met toute sa passion d\u2019historien dans la collection de détails concernant la carrière \u2014 médiocre \u2014 d\u2019Ann.Il additionne photos, comptes rendus, part à la recherche de tous les éléments qui peuvent alimenter sa jalousie.Comme Ann est belle, qu\u2019il ne la connue qu\u2019à la mi-trentaine, il n\u2019arrête pas de trouver des éléments troublants.Ajoutez à celui qu\u2019il se fait une montagne d\u2019un rien, qu\u2019il se délecte dans la souffrance.Il était fait pour une vie monotone avec une Barbara plus froide que de raison, pourquoi a-t-il fallu qu\u2019il s\u2019imagine que l\u2019amour pût lui convenir?L\u2019histoire se résout de la manière qu\u2019on pouvait craindre.Graham tuera Jack, son meilleur ami, parce qu\u2019il ne peut supporter la pensée qu\u2019il ait été amant de sa femme.Puis, en présence d\u2019Ann, il se suicidera.Tout au long de la lecture du roman, je n\u2019ai jamais cessé de penser à Graham Greene.Voilà un roman qu\u2019il aurait pu écrire.Un roman mené de main de maître qui ne nous convainc pas des dangers du cinéma mais qui nous porte à nous interroger sur les risques de la passion.Mais est-ce bien du héros dont nous nous moquons?N\u2019est-ce pas plutôt qu\u2019en ces régions du coeur nous craignons toujours de céder à quelque déraison?NNNHNV L\u2019été ^ retrouve grâce à Jean O\u2019Neil a» Hri 'S #3 Dans Bonjour, Charles ! l\u2019écrivain JEAN O\u2019NEIL a eu la bonne idée d\u2019immortaliser l\u2019été.L\u2019auteur de Promenades et Tombeaux et de Géographie d\u2019amours nous offre douze textes qui sont autant de haltes dans des lieux du pays dont il raconte les secrets et dépeint les beautés.Sur sa route, comme toujours, des rencontres inattendues.Cette fois, quelques fantômes sympathiques lui confient leurs souvenirs.Bonjour, Charles!.de quoi oublier pendant un moment notre «enfer blanc» ! **Voilà une musique, ni rhapsodie ni lamento, qui chante juste et bien.** Réginald Martel La Presse tfjean O\u2019Neil poursuit \\ inlassablement sa \\ route dans ce pays \\ qu\u2019il aime tant.** Pierre Cayouette Le Devoir Bonjour, Charles! 138 pages.17.95 S Éditions Libre Expression 2016.rue Saint-Hubert Montréal 1121.3Z5 I) I I.K I) K V (MK.I.K S S A M K I) I I 2 K T I» I M A N C II K I » K K V K IKK I !» K I LIVRES L\u2019amour interdit Voyager malgré soi IA FUREUR Louise Anne Bouchard, Us éditions L'âge d'homme, 93 pages.ISABELLE RICH EK La fureur du titre, c\u2019est celle d\u2019une jeune fille de dix-sept ans, partagée entre l\u2019adoration et la haine pour son père, Vallier, qui l\u2019aime d\u2019un amour exclusif.Mais c\u2019est aussi celle que le père éprouve devant cette enfant qu\u2019il a élevée seul, véritable reflet de sa mère.Ecartelé entre mille aventures amoureuses depuis le départ de sa femme, Vallier chasse les amantes pour se retrouver avec sa fille.«Ma présence le rassurait alors et sa fureur se fondait en une étreinte brutale à l\u2019intérieur de laquelle aucun dialogue n\u2019aurait pu se glisser.» U- récit, fait à la première personne par une narratrice sans nom, parle d\u2019une déchirure sans jamais la nommer.L\u2019adolescente assiste son père dans la mort en répétant sans cesse ces mots qui distillent un embarras diffus: «Vallier mon amour».Jamais dans ces 90 pages denses, Louise Anne Bouchard ne dit avec précision les liens qui unissent l\u2019adulte et l\u2019enfant mais deux brefs chapitres dissipent le doute.C\u2019est Vallier qui parle.11 songe à ce «désir inutile » qui l\u2019habite depuis toujours et présente en pensée, à sa fille, une vague excuse qui viendra trop tard.«J\u2019aimais, je crois, et je m\u2019en excuse, souffrir avec toi déjà, de ce désir assassin.» Les excuses n\u2019ont jamais rien réparé, surtout pas refermé de telles blessures.La conclusion en témoigne, où l\u2019adolescente délivrée de ce père-étau fond dans un ressentiment proche de la nausée devant le cadavre d\u2019un homme qui lui a dérobé son enfance.«De la haine.D\u2019avoir donné à mon enfance une auréole choisie par lui.De m\u2019avoir entraînée avec lui sur des sentiers d\u2019une rare perversité.(.) Des années figées sous le gel de sa formidable,emprise.» Après la haine, la fureur.Mais vite évoquée.A peine deux ou trois pages qui déversent leur lot de souffrances, de problèmes racontés à la va-vite.Malgré cette conclusion précipitée, rien n\u2019entame la force du récit de cette auteure qui n\u2019en est qu\u2019à son deuxième roman.Plus proche de la nouvelle que du roman, La fureur ne supporte aucune interruption.11 se lit d\u2019une traite et résonne longtemps.Ce n\u2019est pas un cri, plutôt comme un gémissement, une longue plainte.La langue est parfaite.Peut-être pour atténuer la cruauté des faits, ou en adoucir l\u2019insupportable, tout a un petit côté précieux.Le ton, le vocabulaire, l\u2019atmosphère sont bercés par des formules recherchées.Ce choix, heureux, n\u2019a rien de désagréable.Au contraire.L\u2019élégance convient à ces personnages qui ont un corps dont on refuse de trop parler (pudeur?) mais qui ont lame tout égratignée.Ils ne s\u2019y sont pas trompés ceux qui ont décerné le mois dernier un prix à Louise Anne Bouchard, auteure québécoise exilée en Suisse G\u2019éditeur suisse, encore peu familier avec le Québec, écrit «l\u2019auteure québéquoise» en quatrième de couverture).Le prix Contrepoint de littérature française est remis annuellement à un jeune écrivain dont le talent mérite d\u2019être souligné.Le jury, composé d\u2019auteurs aussi prestigieux que Didier Decoin et Patrick Modiano, a reconnu l\u2019écriture serrée et maîtrisée grâce à laquelle Louise Anne Bouchard évoque les rap- c ports incestueux entre un père ' et sa fille sans jamais déraper.\u2022 V ILLUSTRATION DOMINIQUE APPIA (EN COUVERTURE) EST-SELLERS uÿf Oampigny ROMANS QUÉBÉCOIS 1.LA RENARDE, de Christyne Brouillet - éd Denoël 2.UN JARDIN AU BOUT DU MONDE, de Gabrielle Roy - éd.Boréal 3.\tQUELQUES ADIEUX, de Marie Laberge - éd.Boréal 4.\tLA TOURNÉE D'AUTOMNE, de J.Poulin - éd.Léméac W ESSAIS QUÉBÉCOIS 1.\tLA DÉROUTE DES SEXES, de Denise Bombardier - éd.Seuil 2.\tLA PLÉNITUDE DE L'AGE, de F.Scott-Maxwell - éd.Libre Expression 3.L'AVENIR N'EST PLUS CE QU'IL ÉTAIT, de M.St-Germain - éd.Québec Amérique W' ROMANS ÉTRANGERS 1.\tLE ROCHER DE TANIOS, de Amin Maaloul - éd.Grasset 2.\tLE MAITRE DES ILLUSIONS, de Donna Tartt - éd.Plon 3.\tUN JOURS TU VERRAS., de Mary Higgins Clark - éd.Albin Michel 4.\tMUSIQUE BARBARE, de Mary Westmacott (A.Christie) - éd.Stock «T ESSAIS ÉTRANGERS I.BATARDS DE VOLTAIRE, de John Saul - éd.Payot 2.L\u2019EMPIRE DES FEMMES, de N.Friday - éd.Albin Michel 3.LIVRE TIBÉTAIN DE LA VIE ET DE LA MORT, de S.Rinpoché - éd.Table Ronde W' LIVRE JEUNESSE 1.MATUSALEM, de Roger Cantin - éd.Boréal «T LIVRES PRATIQUES 1.CODE CIVIL DU QUÉBEC 1994 - éd.Yvon Blais 2.\tRÉDUISEZ VOS IMPOTS, de Danièle Boucher - éd.Québécor «T COUP DE COEUR 1.LE TEMPS DES ITALIENS, de François Maspéro - éd.Seuil 371, avenue hiurirr Ouest 277-9912 ILLUSTRATION JACQUES LAMONTAGNE mm MIS LES VOYAGEURS MALGRÉ EUX Elisabeth Vonarburg Québec/Amérique (coll.Sextant.1), 1994,422 pages.N ORBKRT SPE H N ER Attention, lecture périlleuse! Quiconque se hasardera à lire les premières pages de ce long roman de SF deviendra lui aussi un «voyageur malgré lui».Car dès le début, qui est magistral, on est accroché.Pourtant.Nous sommes en 1989, Catherine Rhymer, le personnage principal, enseigne la littérature au Collège français de Montréal.Jusque-là, rien de bien terrible, me direz-vous, rien non plus qui soit propre à la science-fiction! Oui mais voilà.l\u2019Amérique de Catherine Rhymer, la Nord-Amérique, pour être plus précis, est quelque peu différente de celle que nous connaissons.Le collège est situé dans Montréal L\u2019Enclave (un territoire minuscule et le dernier bastion francophone, avec La Louisiane, et le mythique Royaume des Sags).Au-delà de la frontière, (c\u2019est-à-dire à quelques coins de rue) , c\u2019est déjà Montréal-City, le fief des Anglos qui occupent le reste du territoire québécois ainsi que la Colombie Britannique.Entre ces deux territoires «Canadian», il y a la Fédération américaine et la Fédération amérindienne.Nous sommes donc en pleine uchronie (ou «histoire parallèle») et nos repères géopolitiques habituels sont quelque peu bousculés.Par exemple, la Seconde Guerre mondiale a fini en 1951, et le Canada de Catherine Rhymer est un minicauchemar orwellien où les livres sont à l\u2019Index et l\u2019écoute électronique généralisée.La Révolution y couve et l\u2019agitation politique est constante.Dans le premier tiers du roman, le lecteur se familiarise peu à peu, mais non sans mal, avec ces bizarreries historiques.Non sans mal, dis-je, parce que pour Catherine (notre guide), rien n\u2019est évident, bien au contraire! Du cauchemar à la Orwell, nous passons bientôt aux univers truqués de Philip K.Dick avec ses illusions et ses simulacres car, autour de Catherine, tout se déglingue: la réalité correspond de moins en moins à ses souvenirs ou à ses connaissances.Plus grave, elle se met à avoir des visions qui alternent avec des rêves bizarres.Elle voit des choses que son entourage ne comprend pas.Des personnages mystérieux surgissent, qui ne semblent exister que pour elle! Elle est suivie, menacée.Elle se sent manipulée.Pourquoi?Par qui?Aidée par quelques amis fidèles (et d\u2019autres qui le sont moins) elle entreprend alors une longue et douloureuse quête, par- Cette partie est particulièrement réussie, avec ses détails savoureux et pittoresques sur une Amérique insolite et les mésaventures paranoïaques de Catherine aux prises avec une réalité fluctuante et une identité sans certitudes.La partie centrale, dont l\u2019action déroule au Royaume des Sags, est beaucoup plus statique.Je dois avouer que je m\u2019y suis quelque peu essoufflé.C\u2019est long, complexe, un peu ardu et plein de considérations philosophico-théo-logiques qui m\u2019ont fait craindre l\u2019enlisement.Heureusement, dans la dernière partie, l\u2019auteur retrouve son rythme, l\u2019intérêt reprend de plus belle et il est difficile de lâcher le livre avant les révélations finales qui nous réservent quelques surprises.Et cela' même si, en cours de route, l\u2019auteur \u2019 nous a parfois laissé entrevoir quelques brides de vérités possibles (mais non certaines.).Il me semble d\u2019ailleurs que les lecteurs qui connaissent déjà certaines œuvres de Vomaburg (dont L\u2019oeil de la nuit et Janus) auront un avantage sur les < autres, car le concept central du «Pont», le super-gadget utilisé pour voyager entre les univers, y est déjà < présent Ici, il n\u2019est pas expliqué clairement au néophyte et il faut être très attentif aux détails, chose qui n\u2019est pas toujours facile dans une œuvre d\u2019une telle ampleur, truffée de retours en arrière, de passages oniriques et de réminiscences, le tout écrit en petits caractères, ce qui nécessite une concentration de tous les instants.Bref, un roman complexe! À travers le périple initiatique de Catherine, Elisabeth Vonarburg aborde de nombreux thèmes qui lui sont chers: la perception de la réalité, les univers parallèles et le «Pont» qui y donne accès, les «Voyageurs», les races «autres», sans oublier quelques éléments très personnels qu\u2019elle exorcise à travers les personnages d\u2019Egon (le père) et de Talitha (la mère).Mon seul reproche: la longueur excessive.(hurlements de l\u2019auteur!), je crois qu\u2019on aurait pu couper quelques dizaines de pages sans nuire à la compréhension et à la cohésion de l\u2019ensemble.Le journal personnel de Catherine, qui entraîne un changement de point de vue, aurait pu être supprimé (ou intégré différemment) d\u2019autant plus qu\u2019il n\u2019apparaît que dans le premier tiers du livre.Quoi qu\u2019il en soit, ce roman est remarquablement bien écrit.C\u2019est là une excellente façon de démarrer une série de livres de poche dont il faut par ailleurs souligner la qualité de la présentation, la beauté du design, et le prix (14,95$), somme toute assez modique! Cet ouvrage plus qu\u2019ambitieux, dont aucun résumé sommaire ne saurait traduire la richesse thématique, raconte le périple initiatique de Catherine dans un monde où la réalité correspond de moins en moins à ses souvenirs ou à ses connaissances.semée d\u2019embûches qui la mènera d\u2019abord à Québec, puis au Royaume des Sags où elle réalisera que les éventuelles réponses à ses angoisses existentielles se trouvent ailleurs, plus au Nord où sa réalité basculera pour de bon.Cet ouvrage plus qu\u2019ambitieux, dont aucun résumé sommaire ne saurait traduire la richesse thématique, raconte une histoire en trois, étapes.Les 200 premières pages mettent en place l\u2019uchro-nie et le début de quête d\u2019identité de Catherine.L\u2019espace d\u2019un regard L\u2019Hexagone inaugure une nouvelle collection avec le peintre René Derouin.Cette maisoij d\u2019édition renoue avec ses débuts.A l\u2019époque, les livres de poésie d\u2019Alain Grandbois étaient illustrés de sérigraphies de Roland Giguère.Mais, cette fois, elle diversifie son approche, lançant une collection populaire sur les peintres.L\u2019homme s\u2019explique sur son œuvre dans une série d\u2019entretiens et un collage de photos montre l\u2019homme et l\u2019œuvre.Bien sûr, la formule des entretiens n\u2019a pas que des inconvénients.Mais, il arrive que le sens critique en est absent.Dans ce cas-ci, les entretiens ne laissent aucune place à l\u2019interviewer.Celui-ci s\u2019efface complètement devant l\u2019artiste.Ce n\u2019est pas un mal.Mais on est plutôt en présence d\u2019une réécriture d\u2019entretiens sous forme de récit.Chez Derouin, le discours est fort intéressant sur l\u2019antériorité, sur le commencement de l\u2019œuvre, sur cette période difficile des années quarante que trop peu d\u2019artistes ont raconté en marge de la grande noirceur, ailleurs que dans le discours connu.Derouin n\u2019y parle pas un langage de révolte.Ce n\u2019est pas Borduas qui s\u2019exprime.Le chapitre initial porte sur des lieux protégés.On nous met sur une piste et celle-ci est passionnante mais elle est laissée en plan.«L\u2019enfance est un fleuve» donne en effet à penser que l\u2019auteur a des origines qui auraient pu en faire un Catien Lapointe de la peinture.Toutefois, une blessure ancienne et profonde fait que tout ce qui donne sa densité au discours sur le fleuve reste à l\u2019écart de la peinture.Derouin raconte: «Je perçois cette conception du lieu de passage d\u2019une autre manière.Enfant, j\u2019habitais la me Saint-Just, à Longue-Pointe, dans l\u2019est de Montréal.C\u2019était une petite rue perpendiculaire à la nie Notre-Dame, bordée d\u2019une quarantaine de maisons.Elle aboutissait à la traverse d\u2019hiver, qui relie notre rive aux îles de Boucherville.Des premières gelées à la débâcle, un pont de glace de 80 mètres de large était tracé là.Essentiellement, il servait a alimenter les glacières de Montréal-Est.Pour moi, à dix ans, les îles avaient quelque chose de magique, d\u2019attirant.Ia- caractère géologique de mon oeuvre trouve sans doute sa source première dans la fascination que j\u2019avais pour les grosses pierres arrondies que l\u2019eau refoulait à nos pied».Mais au lieu de s\u2019articuler autour de cet imaginaire ou le fleuve est lieu de passage, les grands «-spaces prennent le relais et deviennent le lieu structurant du discours et de L'ESPACE El LA DENSITÉ ENTRETIENS AVEC MICHEL-PIERRE SARRAZIN René Derouin, L\u2019Hexagone, 1993,236 pages René Derouin se définit par ses racines nord-américaines.Et il a la particularité de les avoir découvertes au Mexique avec le peintre Siqueiros qui fut son maître.l\u2019œuvre.Derouin se définit par ses racines nord-américaines.Et il a la particularité de les avoir découvertes au Mexique avec le peintre Siqueiros qui fut son maître.Le peintre subit sa première influence majeure à l\u2019école du grand nniraliste José Diego Ribera à la fin des années cinquante.Il découvre à Mexico 1\u2019engagement lié à la peinture, le lien de l\u2019œuvre avec ce qu\u2019il appelle «la dureté du pays, sa nature propre».C\u2019est pourquoi il récuse «les élites pro-françaises», coupées du populisme et de l\u2019espace nord-américain.Derouin explore le langage pictural américain: il a ce désir de rallier le grand courant muraliste mexicain d\u2019après-guerre en même temps que le courant de l\u2019avant-garde américaine avec des tableaux immenses exprimant l\u2019envahissement de l\u2019espace dans le tableau.Iœs années cinquante élaborent une autre idéologie et Derouin se réclame également de Jackson Pollock.Iœ langage pictural américain est devenu la grande affaire, le lieu de recherche des années cinquante et soixante.L\u2019artiste confie à Michel-Pierre Sarrazin: «De 1955 à 1965, influencé par ce courant de l\u2019art moderne, j\u2019ai produit des centaines de peintures lyriques, abstraites, pour me conformer à l\u2019art de l\u2019époque.Plus tard, j\u2019ai tout brûlé.Ce n\u2019était pas moi.C\u2019était une fausse représentation de la réalité.Ce n\u2019était pas ma recherche, c\u2019était une recherche qui appartenait à d\u2019autres.C\u2019était l\u2019art qu\u2019on se devait de faire».«Roches», «bois gravés», «énergie tellurique» marquent l\u2019évolution «lu travail de Derouin.Puis, le Nouveau-Québec imprègne sa vision des choses dans les années 70.C\u2019est un peu l\u2019équivalent de ce qu\u2019avait tenté Paul Chamberland en poésie avec Terre-Québec.Mais l\u2019interviewer ne se permet pas un tel commentaire.C\u2019est ce qui manque dans ce livre, par rapport à cette oeuvre et ce discours, une mise à distance du peintre.Le point de vue de l'écrivain manque d\u2019une ligne directrice.Cela donne une grande liberté au propos de Derouin, mais avec le défaut qui y est lié, un manque de continuité dans la présentation de l\u2019œuvre.Bref œ livre est intéressant et donne le goût d\u2019aller plus loin.Mais il n\u2019est pas exempt de chapitras mous.I i-s entretiens sont suivis d\u2019un dossier de l\u2019artiste, une centaine de pages comprenant les critiqu«*s parus dans les journaux et revues ainsi que «les notes sur les expositions de l\u2019artiste.JEAN CHARTIER LE DEVOIR PHOTO LUCIEN I.AHKLI.K rnmmmmm Migration, une installation de René Derouin, présentée en 1992 au Museo de Arte Contemporaneo International Rufino Tamayo, à Mexico. I.K I) K V (I I It , I, K S S A M EDI 12 K T I) I M A N (' Il K I 3 K K V II I K II I I» I» I i) r> Les girations de la pensée j a c q u e s ALLA K I) ?CINÉ DIE, NOUVELLES Jean-François 1 tacot, Triptyque, 129 pai;es Au vingtième siècle, le champ du roman philosophique paraît bien garni.En fait, de Proust à Kundera, la fiction essayiste prend une telle place qu\u2019elle accuse sans doute la tendance (parfois lourde) du récit.Ix* roman contemporain serait donc «philosophique», à idées (plutôt explicites).Au sens le plus large, si contradictoire, du mot «philosophie», où ce ne serait plus tant l\u2019ancienne raison qui préside à la réflexion que le poétique, le littéraire même.Qui lit la production courante (de l\u2019aire francophone), avec un œil dans le rétroviseur, s\u2019en convaincra aisément.Et les bilans que l\u2019on a commencé à faire, comme le Roman an XXe siècle Oean-Yves Tadié, Belfond 1990) en apportent la confirmation.Ix* roman du cru participe-t-il à ce mouvement?Depuis toujours, devrait-on dire, si l\u2019on songe à la programmation cléricale qu\u2019on lui fit, dès les origines, au milieu du XIXe.Une bonne série de romans à thèse en témoigne, de La Terre paternelle (1846) ou Jean Rivard (1862) à l'Appel de la race (1922) ou aux Demi-civilisés (1934).Tant de titres dus surtout au discours de la survivance qui demandait à tout un peuple d\u2019être le phare d\u2019une Amérique du veau d\u2019or.Avec le temps moins prétentieux de la laïcité, l\u2019on est finalement passé du récit à thèse à celui d\u2019idées: le montrant bien les oeuvres d\u2019Hubert Aquin, Jacques Godbout ou Gérard Bessette, quoique le féminisme devait bientôt déployer en son temps d\u2019autres thèses (dont l\u2019Euguélionne deLoukyBersianik).C\u2019est dans cette veine philosophique, généralement choisie par les meilleurs romanciers, qu\u2019un collaborateur à Im Tribune juive, à Moebius et à Philosopher propose son premier ouvrage.Ce qui frappe d\u2019abord et qui risque d\u2019éloigner beaucoup de lecteurs: son recueil de nouvelles est d\u2019une culture très cultivée, comme nul professeur d\u2019université n\u2019oserait en présenter.Qu\u2019on en juge, par le biais de l\u2019usage fait de la citation: chaque nouvelle est précédée d\u2019un exergue (Hegel, Beauvoir, Wittgenstein, Hésiode, Hemingway, Jabès et Borgès), suivi, dans le corps du texte, d\u2019autres renvois, explicités très souvent dans des notes (jusqu\u2019à dix), reportées hors fiction, en fin de récit, mais où parfois le récit continue.Devant un tel débordement, direz-vous qu\u2019il est toujours merveilleux à descendre, le grand escalier de la référence?Ou mieux: qu\u2019il fait bon de laisser l\u2019ascenseur vous happer jusqu\u2019au sommet?Comme vous voudrez, on vous laissera ici volontiers le choix.Car ces histoires du «sans doute» et du «peut-être» font bien leur cinéma d\u2019un jour indéfini (comme le dit un peu bêtement le titre).Peu pressées de se livrer, elles préfèrent les girations de la pensée et des apologues et elles négligent même le suspense ou l\u2019effet de réel bien appuyé.Pour tout dire, elles n\u2019ont pas beaucoup d\u2019égards pour les récurrences et les précisions, pour tout ce qui fait le confort habituel des fictions.Et pourtant, vous irez chez le barbier de Lisbonne, pour réfléchir sur le poil et sa manie de continuer à pousser après la mort («Mort dans l\u2019après-midi»).Chez les préparateurs de la viande, pour apercevoir la charcuterie de la vie («L\u2019avenir de la viande»).Chez Thomas et son grand-père en 1969, pour découvrir que tout est répétition et citation («L\u2019hyperbole du doute»).Vous suivrez vous aussi Kundera quand il dit: «Je souffre donc je suis» («Bell comme la paralysie»).Ou la journaliste Luz («lx*s empreintes du vent»), ou Judith et Raphaël en Floride («Anamnesis») pour constater que dans la vie.on ne peut finalement que noter, prendre des notes.Aurez-vous ainsi remarqué que la référence la plus sûre est dans les livres?Alors vous vous rendrez compte aussi, grâce au mythe de 'Hieuth (cf le Phèdre de Platon) que si vous devenez si savants, c\u2019est d\u2019une «science d\u2019illusion», celle que donne l\u2019écriture.Vous serez bien au Canada qui apparaît dans la dernière nouvelle (les autres références sont auparavant européennes): au sens du «rien là» que l\u2019on cite.Vous apprendrez par la même occasion qu\u2019à Auschwiz l\u2019entrepôt des trésors volés aux condamnés s\u2019appelait Canada, ce qui n\u2019arrangera pas pour autant les choses.Gare aux sortilèges des récits de la pensée et de l\u2019érudition, comme le dirait Clément Rosset (le philosophe de la pensée tragique et l\u2019un des plus cités ici, avec Sartre).Ainsi parle Bacot, Jean-François: plutôt longuement, parfois maladroitement, mais toujours passionnément Dans la vie.on ne peut finalement que noter, prendre des notes m SfiSÉ \\ i m ILLUSTRATION CLAUDE GAUVRKAU (EN COUVERTURE) La dernière rencontre de Claude Gauvreau et Claude Dussault eut lieu lors de la présentation de La Charge de l\u2019orignal èpormyable, en 1970.L\u2019encre verte de Gauvreau CORRESPONDANCE 1949-1950 Gauvreau-Dussault L\u2019Hexagone, collection Œuvres de Claude Gauvreau JACQUES THERRIEN De nos rapports devrait découler un profit réciproque», annonçait Claude Gauvreau, le 30 décembre 1949, en réponse à la première lettre de Jean-Claude Dussault.Si, pour ce dernier, cette correspondance fut l\u2019occasion d\u2019une épreuve initiatique, elle devint pour Gauvreau, l\u2019opportunité de formuler par écrit ses théories, ses réflexions sur l\u2019art et la vie Dans les années quarante, l\u2019émergence du groupe des Automatistes et particulièrement la publication du manifeste surrationel, Refus global, allaient, dans une certaine mesure, paver la voie à l\u2019accession du Québec à la modernité.Le mouvement de contestation devait s\u2019élargir tout au long de la décennie suivante et s'imposer de manière décisive avec la Révolution tranquille du début des années soixante.C\u2019est dans un climat de «grande noirceur duplessiste», où plane toujours le spectre de la fameuse Loi du cadenas, où le bâillonnement de la presse est quasi total que s\u2019amorcera, en décembre 1949, la correspondance entre Gauvreau et Dussault: un témoignage explosif d\u2019une génération en quête de liberté morale et artistique.Contre le conformisme social À 19 ans, Jean-Claqde Dussault, alors pensionnaire à l\u2019Ecole normale Jacques-Cartier de Montréal et passionné de littérature, prend connaissance, par l\u2019entremise d\u2019un ami inscrit à l\u2019Ecole des beaux-arts, du groupe des Automatistes.A la lecture d\u2019un ar-j tide de Gauvreau, paru dans Le Petit | Journal, le jeune novice décide d\u2019écri-î re au maître afin de trouver sa voie: «J\u2019étais contre le conformisme social.J\u2019étais emballé par ce style-là: combattant.Je voulais sortir du milieu un |x*u fermé où j\u2019étais pour sortir aussi de la littérature et accéder à la vie», souligne celui qui vivait un tournant imixirtant de sa vie.Gauvreau, pour sa part, avait 24 ans et écrivait déjà depuis huit ans.Il était l\u2019un des plus jeunes du groupe des Automatistes et on lui reconnaissait un talent indéniable pour la critique et l'écriture.Il sera l\u2019un des quinze signataires du texte-manifeste Refus global, rédigé par Borduas.Parmi le groupe on retrouvait notamment: Madeleine Arbour, Jean-Paul Riopelle, Fernand l'jeduc, Jean-Paul Mousseau.Marcelle Fcrron et Muriel Guilbault qui se suicida en Iît52.A Montreal.Gauvreau deviendra rapi- dement le principal porte-étendard de mouvement automatiste.Donc, sans jamais se rencontrer, les deux correspondants s\u2019échangèrent chacun dix-sept lettres, réparties sur cinq mois.L\u2019expérience n\u2019avait rien d\u2019un jeu comme l\u2019indique le début de la dernière lettre de Gauvreau: «Le gong vient de se faire entendre.\\j& dix-septième et dernière round commence.Drôle de combat: le but n\u2019était pas de démolir l\u2019opposant, mais d\u2019améliorer sa condition.» Certes, le caractère éducatif des lettres de Gauvreau fut certainement profitable à Dussault.Ses réflexions sur l\u2019évolution de la peinture et l\u2019histoire du cycle des civilisations \u2014 via les égrégores de Mabille \u2014, sur les différentes interprétations de l\u2019automatisme \u2014 des Surréalistes aux Automatistes \u2014, sur l\u2019influence des théories de Freud adaptées à la création \u2014 notamment en ce qui a trait au désir \u2014 méritent un certaine attention.Sans oublier, bien sûr, sa découverte personnelle de l\u2019image explo-réenne qu\u2019il définit comme des bribes de mots abstraits, connus, modelés d;uis une intrépide sarabande inconsciente.Bien que la générosité de Gauvreau soit remarquable, certaines lettres atteignent vingt pages, le ton est sans complaisance et parfois même cinglant à l\u2019égard de Dussault.A preuve, ce passage où Gauvreau soumet son correspondant à un questionnaire «D\u2019ici à ce que j\u2019aie reçu vos réponses, je refuse de répondre à quelque question que ce soit, de proposer quelque explication verbale que ce soit.Je vous avertis loyalement que ce que vous répondrez sera jugé par moi, non seulement sur le sujet apparent, mais aussi et surtout sur la densité du contenu manifeste, sur la fermeté de votre attitude morale.Après, nous aviserons».Ce questionnaire, admet Jean-Claude Dusault l\u2019avait un peu offusqué et même blessé.Aussi têtu que le maître, il se plia à ses demandes: «Pour Gauvreau, il s\u2019agissait d\u2019être d\u2019une sincérité absolue.Pour moi.il s\u2019agissait de voir clair, de trouver ma voie.Même si ses réponses étaient nides, violentes, je voulais aller jusqu\u2019au bout de cette aventure.Par ailleurs, poursuit-il.il avait un style qui, pour un jeune, était très attachant à cause de sa virulence, de sa vigueur.J\u2019avais l\u2019impression d\u2019apprendre à écrire».Puis vinrent les premières rencontres avec ( iauvreau.l\u2019amitié, la vie de bohème et les soirées chaudes a la Swiss Hut de la nie Slierbroooke: lien culte du groupe automatiste et de leurs amis.I hissault si* rappelle avec bonheur k*s convictions de l\u2019époque: -On vivait dans les quartiers popu- laires, convaincus que le monde tel qu'on le connaissait allait se terminer et qu\u2019un nouveau monde allait naître dans lequel nous aurions notre place».En 1952, peu de temps avant le départ de Dussault pour Paris, leur correspondance fut l\u2019objet d\u2019une dispute.Après avoir demandé à Dussault de lui prêter les lettres, Gauvreau refusait de lui rendre.De son côté, Dussault voulait joindre à cette correspondance quelques pages de son journal dans lequel il avait noté certains propos autour de ces lettres.«Il avait été offusqué par mes propos comme si j\u2019avais voulu détruire son œuvre, comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019un complot», rapporte Dussault soulignant les tendances quelque peu paranoïaque de Gauvreau.Refus catégorique À Paris, il reçu une lettre de Gauvreau lui annonçant son intention de publier leur correspondance.«11 tournait sa lettre comme il avait l\u2019art de le faire à l\u2019occasion, de façon impertinente».Dans les circonstances, Gauvreau eu droit à un relus catégorique de publier les lettres écrites par Dussault, ajoutant en conclusion de sa réponse: «Suis-je donc à ta gloire si nécessaire».Par la suite, la correspondance, maintenant dactylographiée par Gauvreau circula, entre autres, sous l'appellation de Dix-sept lettres à un fantôme.Par contre, jusqu\u2019à ce jour, toutes les tentatives de publier ses lettres avaient échouées.Dussault repris lui-même possession de toutes les lettres manuscrites qu\u2019en 1984, grâce à Pierre Gauvrau.A la suite de l\u2019épisode de Paris, Gauvreau et Dussault ne se sont revus que quelques fois.Dussault s\u2019intéressa à la pensée et à la tradition hindoue.Cette voie intellectuelle eu pour effet de le désintéresser du mou-vent automatiste.De cette intrusion dans la pensée orientale, il publiera quatre essais.Son oeuvre, composée d\u2019une douzaine de titres, contient également deux ouvrages polémiques sur les problèmes de l\u2019art.L\u2019un d\u2019entre eux.Dialogues platoniques, était exactement à l\u2019opposé des théories de Gauvreau sur l\u2019art et la poésie.la dernière rencontre de Gauvreau et Dussault eut lieu lors de la présentation de Im Charge de l'orignal épor-myable, en 1970.Dussault dirigeait alors le service des Arts et spectacles de In Presse.Claude Gauvreau est mort l\u2019année suivante.On le compte aujourd'hui parmi les plus grands noms de la dramaturgie québécoise.Le Théâtre (l\u2019Aujourd\u2019hui présentera, en mars prochain.Im reprise, une pièce peu connue de Gauvreau.E S S A 1 Q U É B É C 0 I S Médecins, êtres de pouvoir ou de dévouement < -xT** ROBERT S A L E T T I ?PROFESSION: MÉDECIN Jean-Hughes Roy, Boréal, 272 pages T\u2019ai appris que mon père avait un J cancer généralisé au téléphone.Dans le brouhaha du poste d\u2019infirmières où je me trouvais, la voix du docteur qui, trop occupé au bloc opératoire pour monter à la chambre où nous l\u2019attendions, retournait mon appel m\u2019arrivait indistinctement, mais les mots résonnaient clairement comme les os d\u2019un squelette qui s\u2019entrechoquent: can-cer-gé-né-ra-li-sé.Et puis plus rien.Il a fallu que j\u2019insiste pour que le cher docteur daigne venir me rencqntrer et préciser son diagnostic.A sa décharge, disons que mon père était de ces clients qui ne supportent pas les lieux clos comme les églises et les cabinets, et que la seule mention du mot «maladie» le rendait à toutes fins utiles autistique.On peut imaginer l\u2019effet du mot «cancer».Mais la peur viscérale du patient excusait-elle l\u2019indélicatesse crasse du médecin?Dans son introduction à Profession: médecin, Jean-Hugues Roy admet volontiers que rares sont ceux qui n\u2019ont pas de mésaventures médicales à raconter.Il est vrai qu\u2019on se souvient rarement des visites qui se sont déroulées sans anicroche.Selon certains sondages, les médecins représentent le groupe qui, après les ouvriers spécialisés et les fermiers (!), mérite le plus la confiance des Québécois, bien avant les journalistes, les agents immobiliers, les avocats et, bien sûr, les politiciens.Et pourtant, ils sont la cible de nombreuses critiques: ils seraient surpayés, surspécialisés, adeptes de la «castonguette» et peu enclins à l\u2019autocritique.De plus, quand ils s\u2019expriment, c\u2019est par la voix de leur corporation et de leur président, l\u2019ineffable Augustin Roy, celui dont plusieurs ministres de la Santé peuvent envier la longévité.L\u2019intérêt du travail de Jean-Hugues Roy (sans lien de parenté), c\u2019est évidemment de donner la parole à ceux qui ont le plus d\u2019importance et le plus de poids (on l\u2019a vu avec le projet de loi 120 de l\u2019ex-ministre Côté) dans l\u2019administration de la santé, les médecins eux-mêmes.Pour prendre le pouls de la profession, l\u2019auteur a interviewé 31 médecins, dont 11 femmes, 11 omnipraticiens, 16 spécialistes, trois résidents en médecine et un ex-médecin.Dix-sept d\u2019entre eux pratiquent \u2014 ou pratiquaient \u2014 à Montréal, cinq à Québec, quatre à Sherbrooke et cinq dans une petite ville de banlieue.S\u2019agit-il d\u2019un échantillonnage représentatif?Seul un spécialise des sondages pourrait répondre à cette question.Une chose est certaine, la lecture de Profession: médecin permet difficilement de tracer un portrait global et concluant de l'état de la profession.L\u2019ouvrage de M.Roy se divise en sept chapitres qui abordent autant de thèmes de discussion.Tous les chapitres ont la même structure bipartite.L\u2019auteur soulève d abord une problématique qu'il a soumise aux médecins interviewés: ce sera tour à tour «qu\u2019est-ce qu\u2019un bon médecin?».«qu\u2019est-ce qu\u2019un bon patient?», l\u2019acharnement thérapeutique et l\u2019euthanasie, la rémunération, le pouvoir que donne la profession, la médecine en région et l\u2019avenir de la médecine.Puis sont rapportés les propos les plus significatifs des entrevues.Notons que ces témoignages ont été livrés dans l\u2019anonymat de façon à consentir une plus grande liberté de parole aux médecins.Voilà un objectif atteint Les médecins s\u2019expriment, j\u2019oserais dire se défoulent On sent chez la plupart un vif plaisir à saisir l\u2019occasion qui leur était offerte de dire qu\u2019ils connaissent de mauvais médecins, par exemple, ou que de nombreux patients sont hypocondriaques et profitent du système, ou que la mort et la souffrance leur répugnent Parfois, ils disent aussi leurs préjugés sur les assistés sociaux ou sur les immigrants.C\u2019est par là qu\u2019on reconnaît que les médecins sont des êtres humains à part entière, et c\u2019est d\u2019ailleurs ce qui rend leurs témoignages plus convaincants, et le livre plus crédible.À la croisée des chemins Pour plusieurs médecins, la médecine est à la croisée des chemins.Mais quand il est question des solutions, les avis sont très partagés, par exemple sur l\u2019avènement probable, certains disent inévitable, d\u2019un réseau privé de soins de santé.Ce qui frappe, par ailleurs, c\u2019est l\u2019énorme fossé qui sépare les médecins des grands centres et ceux qui pratiquent en région.Parmi ces derniers, ceux qui sont en région depuis un certain temps ne tarissent pas d\u2019éloges sur le genre de médecine que l\u2019on y pratique, plus humaine, plus proche du patient, moins spécialisé, et en même temps se sentent dévalorisés par le peu d\u2019estime que leur accordent les médecins des grands centres urbains.Pour ceux-ci, souvent des spécialistes, la pratique en régions n\u2019offre que peu d\u2019avantages, et même des salaires supérieurs ne les y attireront pas.L\u2019opposition à la loi 120 était beaucoup motivée par la volonté de coercition manifestée'par le gouvernement du Québec à cet égard.En fait et c\u2019est une des déceptions liées à ces témoignages, les médecins ne parlent pas beaucoup de l\u2019esprit corporatiste qui prévaut souvent dans leur approche des problèmes de santé.Il y en a bien un ou deux qui trouvent qu\u2019Augustin Roy a fait son temps, mais très rarement l\u2019autocritique va jusqu\u2019à remettre en cause des comportements ou des décisions qui pour le public, ont des allures corporatistes.Je ne crois pas qu\u2019un seul médecin interviewé ait mentionné l\u2019aide appréciable fournie par les infirmières en milieu hospitalier.De même, la majorité d\u2019entre eux rejettent toute discussion véritable sur les médecines douces, et la question des sages-femmes est à peine évoquée.Ix dernier chapitre sur l\u2019avenir de la médecine est d\u2019ailleurs très frustrant, car y sont rassemblés pêle-mêle la plupart des questions controversées de l\u2019heure: les médecines douces, les sages-femmes, l\u2019établissement d\u2019un réseau privé, la place des femmes et des jeunes dans la profession.Ce qu\u2019on retient finalement, c\u2019est que, pour peu que l\u2019on veuille les écouter, les médecins ont des choses à dire, eux qui ont vécu des expériences liées à la souffrance, à la détresse et à la mort que la plupart d\u2019entre nous pouvons à peine imaginer.Reste à souhaiter que l'anonymat ne soit pas trop longtemps encore la La médecine est à la croisée des chemins mais quand il est question des solutions, les avis sont très partagés L\u2019amour, c\u2019est Logiques JIM.no.IB HOMMES VIENNENIDEMARS j(eç/èfMnG8 viennent (/e «U .Commenl améliorer la communication el obtenir le maxinium de sa relation decouple le* Édition* LOGIQUES loSqueI LES HOMMES VIENNENT I)E MARS, LES FEMMES VIENNENT DE VENUS John Grey, Ph.D.LX-199- ISBN 2-89381-162-0 324 pages - 24,95 $ Les hommes et les femmes ne parlent pas le même langage.Pas étonnant qu\u2019ils ne s\u2019entendent pas! 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¦\tdes places doivent être effectivement disponibles en quantité suffisante pour répondre à la demande prévisible au moment où se fait la publicité en question; dans le cas, par exemple, d\u2019un voyage impliquant des déplacement aériens où la quantité est limitée et où il est prévisible que la demande dépasse l\u2019offre, il faut préciser le nombre de sièges libre sur chaque vol; ¦\tle prix annoncé doit s\u2019appliquer à un voyage dont la date est ultérieure à la parution de la publicité.En raison, dans le second cas, d\u2019un «certain laisser-aller quant au respet des nouvelles dispositions réglementaires concernant la publicité sur le coût total des voyages», la note enjoint les agents de voyage à m PHOTO ARCHIVES L\u2019O.P.C.vient de rappeler aux agents de voyage qu'ils doivent indiquer dans leur publicité la période au cours de laquelle un consommateur peut acheter un voyage au prix annoncé.indiquer le coût total de façon prépondérante soit en mentionnant un prix unique et global et en dollars canadiens, incluant tous les coûts, soit en décomposant les prix, à condition d\u2019identifier le prix total en caractères deux fois plus gros que ceux utilisés pour toute composante (taxes, frais de service, etc.) du coût total.Et, pour être sûr d\u2019être bien compris, l\u2019Office donne ainsi des exemples, à la fin de sa missive, de «façons conformes» d\u2019annoncer le prix des forfaits: ¦\tune semaine à Acapulco: 549$ (tout inclus) ou ¦\tune semaine à Acapulco: 399$\tprix d\u2019appel 35$\ttaxe d\u2019aéroport 125$\tfrais de service 549$\tprix total ou ¦ une semaine à Acapulco: 549$ (incluant 44$ de taxes).On peut obtenir des copies supplémentaires de cette lettre d\u2019affaires en communiquant avec l\u2019Office de protection du consommateur, a/s direction des communications et de l\u2019éducation, 400, boulevard-Jean-Lesage, bureau 450, Québec G1K8W4, (418) 643-1484.HÉBERGEMENT en région REIA1S& 40 ANNIVERSAIRE RELAIS & CHATEAUX La fine fleur des maîtres hôteliers.40 ans d\u2019excellence CHARLEVOIX / CAP À L\u2019AIGLE LA PINSONNIÈRE: Lauréat de la gastronomie-Grands prix du tourisme 93.Sous un même toit, un somptueux relais de campagne, un grand restaurant et une cave exceptionnelle, 27 chambres dont plusieurs avec foyer et baignoire à remous double.Piscine intérieure, sauna et massothérapie.A proximité du Mont Grands Fonds.Nombreux forfaits.Les 24,25 et 26 février : la cuisine de Provence.Chel invité : M.Hervé Quesnel, une étoile Michelin, de la Résidence de la Pinède de St-Tropez en France.(418) 665-4431, télécopie: (418) 665-7156 LAURENTIDES HÔTEL-RESTAURANT LEAU-À-LA-BOUCHE Lo Table d'Or des Laurentides et ia Table de Bronze au Grand Prix National de la Gastronomie 1993.Vue sur pistes de ski éclairées, Foyers, tourbillons disponibles.Les plus belies chambres de la région.Du 22 au 26 février, la cuisine de Richard Coutenceau de La Rochelle, Forfait ski, anniversaire et affaires.\"\u2019 Spécial sur semaine du dimanche au jeudi à partir de 47,50 $ par personne, par nuit, occ.double, chambre salon, petit déjeuner complet et service inclus\tTél, sans frais de Mtl 514-227-1416,514-229-2991.MONTÉRÉGIE / SAINT -MARC-SUR RICHELIEU HÔTELLERIE LES TROIS TILLEULS À St Marc sur Richelieu.Une hôstellerie paisible et confortable, dans une demeure d'un autre âge, sur le bord de lo rivière Richelieu et où le personnel n'a qu'un seul désir : satisfaire.Lauréat national «Mérite de lo Restauration».Du 18 au 24 février, le cuisine Normande avec le chef invité Patrick Simon de l\u2019Hostellerie Le Clos.Nous avons i différents forfaits à vous proposer.856-7787 ESTRIE / NORTH HATLEY AUBERGE HATLEY: j Premier Grand Prix National de la Gastronomie 1993.«La Table d'Or» du Québec, j cave à vin remarquable.25 chambres dont plusieurs avec foyer et/ou bain tourb.j Vue panoramique sur le lac.Découvrez les plaisirs de l'hiver, 50km de pistes de ski 1 de randonnée à partir de l'auberge.À proximité: ski alpin, patinoire, etc Forfaits v/eek-ends à partir de 87,50 Sp.p.en occ.dble/1 jour, informez-vous de nos ; 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flanc de montagne avec vue magnifique sur le Saint-Laurent.27 chambres tout confort, fine cuisine, salle de réunions et de jeux, piscine intérieure panoramique, bar-détente, ambiance chaleureuse, etc.Demandez nos forfaits : «Évasion vers l'Art», «Coeur à i Coeur», «Douces Vacances», «Réunion d'affaires», «Cadeau», etc.Tarifs et forfaits spéciaux pour groupes.Tél: (418) 435-5505.FAX (418) 435-2779, sans frais 1-800-463-5250.HÔTE : 1-800-361-6162 VIEUX-QUÉBEC HOTEL CLARENDON Construit en 1870.situé au centre des fortifications du Vieux-.Québec, entièrement rénové, climatisé, avec en ses murs le restaurant Charles Baillairgé, ie plus ancien.restaurant au Canada.93 chambres tout confort, cuisine raffinée, Bar L'Emprise où le jazz est à l\u2019honneur, directement relié à un stationnement intérieur.Demandez nos avantageux forfaits dont le forfait «cadeau».Tél.: (418) 692-2480, FAX : (418) 692-4652- 1-800-463-5250.HOTE 1-800-361-6162 QUÉBEC MANOIR DU LAC DELAGE À 5 minutes du centre de ski Stoneham.Ski de randonnée (30 km), patinoire, glissade, piscine intérieure, théâtre.Le NOUVEAU SPA du Manoir vous propose massages, bains aux huiles ou aux algues, enveloppements aux algues, pressothérapie FORFAIT SKI incluant: chambre pour 2 nuits.2 repos du soir, 2 petits déjeuners, transport et billet de remontée (2 joùrs) au centre de ski Stoneham.A COMPTER de 184$ (p.pers.occ.d).AUSSI DISPONIBLE: FORFAIT SPA, ÉVASION-THÉÂTRE.RÉSERVATIONS (418) 848-2551 ou 1-800-463-2841 VIEUX QUÉBEC MANOIR VICTORIA Situé au cœur du Vieux-Québec, cet hôtel au cachet européen unique a récemment été rénové et agrandi au coût de I2S rwilrorv 145 chambres et suites\u20147 salles de réunions et banquets\u2014restaurant fine cuisine (20% __\tde rabais le soir) \u2014 resto-bistro Le Saint-James \u2014 piscine intérieure \u2014 club de santé - McJIlojr sa/ra - stationnement mtériew a;ec service de vatet Victoria A P®'11 de 65$ par nuit en occ double Renseignez-vous sur nos forfaits 1-800-463-6283 HÔTEL IA MAISON ACADIENNE \u2022\tChambre rénovées à partir de 39 $.déjeu \u2022\tForfaits Hslcre.afwe.gastronomie Mi ez-vous avec INstore.LA MAISON (mrpBperwre.pari».acadiknnk (418)6944)280 su ine base de 2 ÿs.tares et services ind ) ! 1-800-463-0280 I.K It K V (l lit .I.K S S A M K I) I I 2 K T l> I M A X (' Il K I :» F K V H IKK I !» !» I I) 7 Les 17e jeux olympiques d\u2019hiver Iillehammer sous les feux de la rampe PHOTOS APP ET AP Le à ski petit village de Lillehammer avec, en arrière plan, les montagnes où se dérouleront les compétitions de saut ski et de ski style libre.En bas, une illustration des mesures de sécurité qui ont été prises pour le bon * 11 WILLIAM E.SCHMIDT DU NEW YORK TIMES Si le ciel se maintient au beau, en ce samedi, 12 février, à 16h, la cérémonie d\u2019ouverture des 17e jeux olympiques d\u2019hiver offrira dans toute sa splendeur le spectacle saisissant du crépuscule bleuté subarctique.Ce détail n\u2019a pas échappé aux responsables de ;la télédiffusion de ces jeux tenus ;dans une petite ville nordique de 23 :000 habitants: Lillehammer, sise à 400 km environ au sud du Cercle Polaire.: Depuis six ans, la Norvège a consacré plus de 1 milliards US à la préparation de cet événement qui durera 16 jours.On a creusé des tunnels, refait l\u2019aqueduc et les égouts en plus de construire des palais de sport d\u2019une architecture originale accrochés aux falaises.Lillehammer sera envahie quotidiennement par 100 000 visiteurs.Aux dix minutes, les trains arriveront de la capitale, Oslo (à deux heures et demie de trajet \u2014 coût du .billet aller-retour, 30$).L\u2019on a pris jdoin d\u2019interdire la circulation des voi-kitres à proximité des multiples emplacements prévus; des autobus se chargeront de faire la navette en direction de Ringebu, en poussant encore plus au nord dans la vallée de -Gundbrandstalen (descente de ski pour hommes et pour femmes) ou de Hamar, 36 milles au sud de Lillehammer où, dans un spectaculaire amphithéâtre aux abords du lac Mjo-sa, se dérouleront les compétitions de patinage.De l\u2019autre côté du lac, dans la petite ville industrielle de Gjovik, l\u2019on pourra assister aux compétitions de hockey dans une caver-;ne littéralement taillée dans le roc.Pour se convaincre de la beauté des paysages, il s\u2019agit simplement de flâner au Musée de Lillehammer où abondent les toiles d\u2019artistes tels Ei- nar Sandberg ou Edvard Munch.En raison de sa façade courbée, les gens d\u2019ici parlent du musée comme du «grand piano».Lillehammer est la ville la plus au Nord parmi celles qui ont déjà accueilli les jeux d\u2019hiver, plus qu\u2019Oslo et que Calgary.On se rend vite compte que ce n\u2019est pas en Suisse qu\u2019on se trouve, car Lillehammer ne se situe qu\u2019à 200 mètres au-dessus du niveau de la mer et les montagnes qui surplombent la cuvette de Lillehammer ont une altitude de moins de 1300 mètres.Le village olympique sera converti en résidences pour personnes âgées et la discothèque sera transformée en église, une fois les jeux terminés.Le centre-ville, c\u2019est la voie piétonnière Storgaten bordée de maisons de bois du 19e siècle restaurées et illuminées de manière à mettre en vedette les teintes caractéristiques de ce coin de terre: rouge, moutarde et gris.Au total, on a mis à la disposition des amateurs de sports olympiques 1,5 millions billets dont le prix varie de 13$ à 110$.Quant aux chambres d\u2019hôtels, tant à Lillehammer qu\u2019à Oslo, on affichait presque complet dès le début de janvier.On offrait 30 000 billets pour le biathlon et pour le cross country et il y eut 250 000 demandes, de sorte que l\u2019on permettra à tous ceux qui auront le courage ou la force de s\u2019approcher du trajet sur skis ou raquettes de s\u2019y rendre sans ticket.Le croira-t-on?Un MacDonald\u2019s a pignon sur rue à Lillehammer (3,50$ le hamburger).On peut aussi avoir accès à des tables plus raffinées pour qui aime la truite fraîche, la chair de renne ou la venaison.Ceux qui ont la chance de voyager en Norvège peuvent fréquenter les nombreuses pistes de ski de randonnée, un sport plus à la mode ici que le ski de descente.On compte sur environ 250 km de pistes de ski déroulement des jeux.balisées, dont une trentaine de km aux alentours de Lillehammer, avec des possibilités de randonnées plus courtes de 3,5 à 5 km.Les pourvoyeurs locaux offrent aussi des excursions en raquettes et des tournées d\u2019observation de la nature.La fréquence des arrivées de trains en provenance d\u2019Oslo \u2014 tous les dix minutes \u2014 a d\u2019ailleurs fait penser à une série de précautions visant à empêcher que les bêtes sauvages ne soient victimes de ces trains rapides.Au nord de Lillehammer, les descentes de Hafyell et de Kvitjell accueilleront les athlètes olympiques de la descente, mais des pistes seront également mises à la disposition des sportifs amateurs, même pour le ski de nuit.Il faut tout de même se rappeler que le jour est très court en cette saison en Norvège, le soleil se levant vers 9h et se couchant vers 15h30.Les Norvégiens prennent l\u2019hiver au sérieux et il n\u2019est pas rare que dans de chics restaurants, on soit en présence de convives en tenue de soirée qui auront pris la précaution de transporter sur le dos leur attirail de luxe tandis qu\u2019ils s\u2019offraient une randonnée d\u2019une quinzaine de kilomètres sur ski, histoire de se mettre en appétit.La couleur locale \u2014 il y en avait une bien typique avec les tenues traditionnelles savoyardes à Albertville \u2014 est fournie par les armoiries locales où figurent des Birkebeiners (ou jambes de bouleau), ces vaillants skieurs des 12e et 13e siècles célèbres pour leurs longs trajets sur skis.Ceux qui n\u2019ont pas envie de s\u2019épuiser pourront toujours se rendre aux simulateurs installés à l\u2019extérieur de Hakon Hall.Comme si vous y étiez, moyennant un droit d\u2019entrée de 5,25$, vous pourrez expérimenter l\u2019angoisse des équipiers de bobsleigh ou faire tout comme si vous étiez un as de vertigineuses descentes en ski alpin.Après les jeux, il sera possible aux profanes de faire une descente à plus de 80 km/heure dans les méandres de la piste de bobsleigh, sous la conduite de spécialistes locaux de ce sport.même l\u2019été alors que ce sport sera pratiqué sur roues de caoutchouc! Dans le parc Hunderfossen, le visiteur pourra toujours se faire une idée des légendes du lieu.Il est beaucoup question de trolls, des êtres malfaisants, poilus, au long appendice nasal qui peuvent avoir leur pendant dans d\u2019autres cultures qui effraient les jeunes avec leurs gnomes ou un Bonhomme Sept Heures, mais à la dimension colossale \u2014 on voit un troll assis qui doit bien faire près de 13 mètres.Comme partout, il y aura des vendeurs d\u2019épinglettes et un assortiment très riche de lainages ou de pièces d\u2019artisanat que les Norvégiens fabriquent abondamment et avec talent.Et il ne faudra pas oublier ce qui pourrait être le plus grand musée en plein air: Maihau-gen où l\u2019on a regroupé 140 maisons anciennes, églises et maisons de ferme qui étaient auparavant éparpillées dans cette région qui jouxte la frontière suédoise.Les petits traîneaux sont rès populaires à Lillehammer, au point que les «places de stationnement» sont parfois rares.Lillehammer\u201994 ¦jïlîlMt- \\j& Norvège La terre d\u2019Erik le Rouge NORMAND CAZELAIS es pays Scandinaves font la .-/preuve qu'il n\u2019est nul besoin c \u2019avoir des dizaines de millions d\u2019habitants ni de couvrir la moitié de la planète pour avoir de la stature politique, un niveau de vie enviable et une influence reconnue au sein des nations.Ainsi, s\u2019ouvrent aujourd\u2019hui les Jeux olympiques d\u2019hiver à Lillehammer, petite localité de Norvège située dans une vallée au bord le lac Mjo-sa, à une heure d\u2019Oslo.La Norvège, c\u2019est 324 000 kilomètres carrés, le cinquième du Québec.Un peu plus de quatre millions de personnes vivent sur un territoire dont 71% est inculte, occupé par des plateaux et des montagnes d\u2019altitude moyenne de 500 mètres.Et même par des glaciers.Les dernières langues du Gulf Stream viennent adoucir le climat d\u2019une contrée nordique qui flirte abondamment avec le cercle polaire en baignant ses 20 000 kilomètres de côtes déchiquetées, parsemées de 150 000 îles et d\u2019innombrables fiords.En ce royaume \u2014 car y règne un roi \u2014 de mer, de forêts boréales, de rennes et de communications terrestres difficiles, on parle des langues aussi peu connues que le bokmal et le nynorsk.Ce qui ne l\u2019a pas empêché de posséder l\u2019une des plus grandes flottes commerciales du monde, d\u2019avoir été l\u2019un des principaux exportateurs du ski nordique et d\u2019accueillir encore une fois les Jeux Olympiques.Mais il n\u2019a pas d\u2019équipes professionnelles pour le représenter dans la Ligue Nationale de Hockey ou la Ligue Nationale de Baseball.La Norvège est la terre d\u2019Erik le Rouge, d\u2019Amundsen qui explora le pôle Nord et fut le premier à atteindre le pôle Sud devant Scott, de Grieg et Munch.Et d'UIbsen aussi et de bien d\u2019autres artistes et écrivains qui permirent la floraison du sentiment national et la rupture définitive, en 1905, avec la couronne de Suède.* TfP.'280, SUTTON,.QUEBECJOE 2K0 TELEPHONE: (514) 538-2339 ^Ædjtiûnrijè ski.(24 heures): (514) 866-7639 IIIIO ¦ « ¦ ¦ hats.Ici, enreste en termes de avec tous ses WWÆt ri 53 PISTES Au MONT-SDXTON, vous retrouverez le meilleur ski en sous-bois.Les arbres, biçn espacés, offrent un sentiment, de mouvement et même île flottement bien .particulier à chaque piste.Des bosses, tics virages, des courbes et des transitions pouvant accommoder autant les débutants que les experts.CAPITALE: De Fredericton à Prague SUITE DE LA PAGE D8 j\u2019haïs le vide de l\u2019ancien boulevard Saint-Cyrille aux abords de l\u2019édifice G et du Hilton.J\u2019aime ses airs, son air.Moins cependant dans le temps du Carnaval, davantage lors du Festival d\u2019été.J\u2019aime ses gens, leur façon familière de vivre, eux qu\u2019on qualifie abusivement et à tort de fonctionnaires.J\u2019aime ses soirées et ses deux.Pour toute vieille qu\u2019elle soit, c\u2019est une capitale bon enfant.¦ Frédericton J\u2019étonne toujours les gens en leur demandant, à leur retour des Maritimes: \u2014\tEt puis, comment avez-vous trouvé Fredericton?\u2014\tFredericton?C\u2019est un secret bien gardé que cette capitale du Nouveau-Brunswick.Pourtant, tout le monde la traverse ;çp: suivant le fleuve Saint-Jean pour ; rejoindre l\u2019Atlantique.De belles demeures sous les grands arbres, la cathédrale Christ Church (1845-1853) édifiée dans le style gothique, le Quartier des officiers, l\u2019ancien Hôtel du Gouvernment, le cimetière des Loyalistes tout au bout de Waterloo Row, les toiles de la galerie Beaver-brook (des Krieghoff, Paul Kane, Gainsborough, Constable, Turner et Même Dali) rappellent qu\u2019il s\u2019agit ici fl\u2019iine capitale.¦\tVictoria Sur son île, Victoria \u2014 in the memory of guess who?\u2014 regarde la Pacifique et l\u2019Orient mais est toute entière vers l\u2019Angleterre.Et le pire serait qu\u2019elle change.Ouvrir sa fenêtre le matin devant la mer à l\u2019hôtel Empress, vieux de 1905 et joyau du Canadian Pacific, procure des frissons bien particuliers.A la fois historique et moderne, la capitale de la Colombie-Britannique a des parfums de vieil empire et une fraîcheur indéniable, dans tous les sens du terme.La conduite automobile ou les randonnées à vélo, ponctuées d\u2019arrêts dans les parcs, devant le Parlement et les manoirs et «châteaux» de temps révolus, y sont des activités fort agréables.En Europe Centrale La chute du Rideau de Fer et la désintégration de l\u2019ancien Bloc soviétique ouvrent des perspectives nouvelles.Les yeux se tournent maintenant avec une curiosité moins effrayée vers l\u2019Europe Centrale, cette Mittel Europa principalement irriguée par le danube et ses affluents.¦\tVienne L\u2019empire austro-hongrois n\u2019est plus.L\u2019Autriche n\u2019est plus qu\u2019un petit pays de sept millions d\u2019habi- /\tEn collaboration avec les BELLES SOIRÉES de l\u2019Université de Montréal Voyage sur la Côte d\u2019Azur Atelier de littérature provençale à l\u2019Univenité canadienne en France du 19 juin au 2 juillet Scéance d'information : le 17 février 1994* I9HJO arec Mme Andrée Lotey, Responsable de l'atelier Veuillez confirmer votre présence S.V.P.Perrm du Qutbec ^VOYAGES CARBIN (S 14) 728-4S5 3y^ 9 TELESIEGES \u2022 DENIVELEE DE 460m tants dont Vienne est la capitale.Incomparable Vienne: ses châteaux, son Ring, ses tramways, sa cathédrale, ses heurigers où danse la schrammelmusik, ses collines chargées de vignobles, ses musées, ses cafés vêtus de riches boiseries où le temps ne compte plus, ses concerts et la mémoire de tous ces musiciens et artistes.Incomparable Vienne.Indolente Vienne, ville millionnaire qui a gardé la majesté de son passé et la grâce des petites villes de province.¦ Budapest Buda et Pest, deux villes jumelles, une capitale et le Danube au milieu.Capitale de cette terre de Huns et de Mongols arrêtés en Europe.Distincts, différents.Où aller à Budapest?Naviguer sur le fleuve, marcher dans la vieille ville, goû(er le tokai dans une guinguette?A moins que vous préféreriez regarder une partie de foot impromptue dans un parc ou prendre un bain dans l\u2019un des nombreux établissements thermaux implantés sur les sources d\u2019eau chaude?¦ Prague Tous ceux et celles qui l\u2019ont vue l\u2019affirment, le déclament: Prague, capitale maintenant de la seule République Tchèque, est une très belle ville.De la vieille partie commerçante du Staré Mesto sur la rive droite de la Vltava aux rues étroites de la Mala Strana débouchant sur des palais et églises baroques, Prague est la ville des mille surprises, des constants clins d\u2019oeil d\u2019un art qui a investi l\u2019architecture.Et puis, et puis, ce n\u2019est pas rien: c\u2019est la ville de Kafka.N.C.à Rio, l\u2019église de Nossa Senhora da Gloria, construite en 1739. V » \u2022 Jl« ««*»»; *» «-.ip^l \u2022 ; \u2022 '.«VT?»*'\u2019 pfe .^'1 ttyfyi $*¦**> \u2018 .«\u2022\u2022 ¦j .I 1 V-r ?LE DEVOIR ?Mignonnes capitales Les vitrines NORMAND CAZELAIS ue reste-il de nos lointaines leçons de géographie?À part le blé cultivé dans l\u2019Ouest canadien, le nom des grandes chaînes de montagnes et le nombre d\u2019habitants de la Chine, qu\u2019essayaient de nous faire retenir les plates leçons de géographie de la petite école?\u2014 Élève Machin, quelle est la capitale du pays truc-chose?\u2014 Euh.\u2014 Et celle du XYZ?\u2014 Ben.Ce qu\u2019on pouvait s\u2019en sacrer, du nom des capitales! Des points abstraits à mettre sur des cartes, des noms difficiles à prononcer, obligatoirement associés à d\u2019autres tout aussi difficiles à remémorer: Helsinki, capitale de la Finlande, Santiago, capitale du Chili, Tananarive, capitale de Madagascar.Et quoi encore?Parfois, l\u2019élève Machin, quand il était moins timide ou plus excédé, demandait \u2014\tCa sert à quoi, les capitales?\u2014\tC\u2019est le siège des gouvernements.\u2014\tEt ça sert à quoi, les gouvernements?\u2014\tEuh.Les capitales, depuis les temps les plus anciens de ce que les hommes appellent des civilisations, sont les vitrines des États, des peuples qui y vivent et des intentions et rêves de leurs gouvernants.Une capitale, qu\u2019elle soit grosse ou petite, que le pays soit riche ou pauvre, est toujours, toutes proportions gardées, mieux dotée que les autres villes en bâtiments publics, infrastructures de transport, musées, salles de concert les gouvernants prennent soin d\u2019eux-mêmes, c\u2019est connu.Les capitales sont des portraits de sociétés, de cultures.L\u2019expression d\u2019une histoire, d\u2019un destin collectif.Des symboles.Souvenez-vous: il y eut, à la fin des années 60 de ce siècle, un président brésilien, Juscelino Kubitschek, ancien gouverneur du Minas Gerais, qui voulait exploiter de façon plus rationnelle les richesses naturelles de son pays et le doter d\u2019une économie forte.Qui se lança, pour en changer en profondeur l\u2019équilibre géographique, dans la construction d\u2019une ville au nom immédiatement circonscrit Brasilia.Cette nouvelle capitale, pour remplacer l\u2019opulente et égocentrique Rio de Janeiro, là-bas sur la côte, au sud et à la hauteur \u2014 ou presque \u2014 du Tropique du Capricorne, il la conçut au centre d\u2019un district fédéral dans l\u2019État de Goias, sur un plateau désertique à 1200 mètres d\u2019altitude, au bord d\u2019un lac artificiel.Il puisa dans le génie de l\u2019urbaniste Lucio Costa et de l\u2019architecte Oscar Niemeyer: apparut un chef d\u2019oeuvre, un grand oiseau aux ailes déployées, harmonie d\u2019édifices aux lignes pures ou futuristes, de masses de verre, de métal et de béton admirablement équilibrées, d\u2019espaces verts, de larges avenues.Et, très tôt, à la périphérie du grand oiseau aux ailes déployées, au-delà des lignes et des masses, à l\u2019écart et à l\u2019encontre de l\u2019ordre du plan directeur mais à la brutale frontière du futur et du présent, germèrent, éclatèrent des bidonvilles et des cahutes, des faubourgs à l\u2019essence de favellas.L\u2019humanité et l\u2019histoire avaient rejoint le rêve.Et la misère, par trop réelle, la grandeur espérée.Visiter une capitale \u2014 «ville qui occupe le premier rang hiérarchique dans un État», dit le dictionnaire \u2014 est, à chaque fois, un voyage dans la volonté politique d\u2019un peuple.Étrange univers.D y en a de plus orgueilleuses que d\u2019autres, Il y en a, Paris, Londres, Rome par exemple, qui sont devenues des esr pèces de capitales de toute la planète.D\u2019autres ont des prétentions \u2014 et des vocations \u2014 plus limitées.Ce qui n\u2019enlève rien à leur caractère.J\u2019avoue bien aimer ces dernières.Suivez-vous le guide?PHOTO LASZLO CS1G0 Buda et Pest, deux villes jumelles, une capitale et le Danube au milieu.Sur notre photo, le Lanchid.Le prestige modeste Aux États-Unis Pour décentraliser l\u2019exercice des affaires et du commerce et aussi par sens démocratique, nos voisins du Sud, les Américains comme ils se nomment çux-mêmes, ont choisi pour capitales des différents États de l\u2019Union des villes obscures, peu connues, qui figurent rarement, Boston mise à part au Massachusetts, parmi les grandes agglomérations des États et de la nation.Les quizz télévisés et les doctes rats de tout poil font leurs délices à demander le pom des capitales de la Floride, du Wyoming, de l\u2019État de New York.Washington elle-même, capitale fédérale, fut choisie de préférence à Philadelphie et autres fières cités de la nouvelle nation, en un espace neutre n\u2019appartenant à aucun État, entre le Nord et le Sud.Tout près, au-delà de la frontière, le Vermont et le New Hampshire obéissent à cette logique.La capitale du premier porte un nom français, Montpelier.La rivière Winooski y passe, des collines boisées tapissent son arrière-scène et le dôme doré de son capitale domine une agglomération qui ne dépasse pas 10 000 âmes.On y visite le State House, logé dans un bâtiment qui date de 1859, des rues bien calmes et le Vermont Museum consacré à l\u2019histoire et aux traditions.Concord, la capitale du second, a aussi son dôme, réplique, lui, de celui des Invalides à Paris.Sans le tombeau de Napoléon cependant.La rivière qui y coule porte le nom de Merrimack.La population y atteint 30 000 personnes et les croisements d\u2019autoroutes qui se font à son voisinage lui ont laissé des traces.Mais Concord fut toujours un carrefour: au 19e siècle, la compagnie Abbott & Downing y construisait des diligences qui servirent activement à la conquête du Wild West On peut en voir encore certaines, toutes rutilantes, exposées au musée de la New Hampshire Historical Society, sur Park Street.Au Canada ¦ La Vieille-Capitale Le nom lui va bien, lui donne une élégance certaine.Fut-ce pour la distinguer de l\u2019État tout entier?On l\u2019appela très tôt ainsi, la Vieille-Capitale.Une vieille dame sans indignité, qui resserre son corsage au devers du cap Diamant, fière de sa forteresse qui surveille le paysage dans toute l\u2019inutilité de ses armes et murailles obsolètes.Je vais à Québec au moins vingt fois par année depuis plus de vingt ans.A chaque fois, j\u2019en découvre un aspect neuf, une galerie d\u2019art ici, un bistrot là.J\u2019aime, c\u2019est sûr, ses pierres patinées, son autre âge.J\u2019aime ses vues sur le fleuve tout comme VOIR PAGE 1)7: CAPITALE "]
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