Le devoir, 28 février 1994, Cahier A
[" ?FONDÉ EN 1 9 I O ?P K K S P E C T I V E S Le répit des marmots Le congé scolaire d\u2019hiver est entré dans les moeurs P a // / C a uc ho 11 * L/ h ncore une petite tçmpête de neige pour fêter ça, peut-être?A compter d\u2019aujourd\u2019hui, près de 150 000 élèves sur l\u2019Ile de Montréal seront en congé scolaire pour une semaine.D\u2019ici deux semaines, la très grande majorité des élèves de l\u2019ensemble du Québec auront profité de ce temps de répit, histoire de se recharger les batteries entre Noël et Pâques.Le congé scolaire de l\u2019hiver, presque inconnu il y a 20 ans, semble maintenant passé dans les mœurs.Un congé qui a des répercussions dans tous les secteurs d\u2019activité: une manne pour les centres de plein air et de ski, une mine d\u2019or pour les grossistes qui offrent des voyages vers le Sud.Mais des entreprises qui doivent aussi fonctionner à effectifs réduits, et de sérieux maux de tête pour les parents moins fortunés qui ne savent plus quoi inventer pour occuper leurs enfants, ou pour trouver qui s\u2019en occupera.Ce congé d\u2019une semaine s\u2019est fixé il y a une dizaine d\u2019années, après plusieurs tâtonnements, mais il semble que des discussions entre l\u2019industrie du tourisme et le monde scolaire aient encouragé ce dernier à «harmoniser» les congés.La convention collective des enseignants prévoit 200 jours de travail, et le régime pédagogique prévoit au moins 180 jours d\u2019enseignement direct aux élèves.Les commissions scolaires peuvent donc localement «jouer» avec les congés flottants.Graduellement, elles ont raccourci les vacances de Noël, devancé la rentrée d\u2019automne, pour en arriver à une semaine complète de congé en hiver.En gros, les commissions scolaires de la région montréalaise et de l\u2019Ouest du Québec font relâche cette semaine, et celle de Québec et l\u2019Est font relâche la semaine prochaine.Mais on compte plusieurs exceptions et variantes à ce schéma (des écoles privées ont pris congé la semaine dernière, au nord de Montréal, certaines commissions font relâche le 21 mars, etc.).Dans les bureaux, bienheureux l\u2019employé qui a réservé «sa» semaine il y a longtemps, car les troupes sont maintenant sérieusement décimées.Mais contrairement à ce qu\u2019on pourrait croire, ce congé ne fait pas nécessairement hurler les gens d\u2019affaires.«On a bien plus de problèmes avec les deux semaines de construction en juillet: tout ferme alors que ce serait la meilleure période pour l\u2019industrie!» dit le président du Conseil du patronat, Ghislain Dufour.«Au contraire, ajoute-t-il, certaines compagnies offrent même des bonis aux employés qui veulent déplacer une semaine de congé d\u2019été pendant l\u2019hiver.On voit ça dans des entreprises où la production ne peut être arrêtée l\u2019été.Et il semble que pour plusieurs employés cette réunification familiale d\u2019une semaine soit bénéfique».Evidemment, le nec plus ultra de la semaine de relâche, le symbole du parent prospère ou du professeur qui a bien économisé, c\u2019est le voyage dans le Sud.Chez Air Transat le vice-président marketing, Claudéric Saint-Amand, explique qu\u2019il ne lui restait plus aucun siège d\u2019avion à vendre ces semaines derniers jours.Tout est réservé depuis un mois.«Les parents qui ont de la déjà voyagé en famille savent ce .qu\u2019ils veulent, ils ne se lancent pas construction» clans des expériences inédites.Ils réservent d\u2019avance.» Inutile d\u2019ajouter que pour les grossistes en voyages, ces deux semaines sont sur le même pied que la période de Noël et les sacro-saintes vacances de la construction: du revenu garanti, et pour les rabais, il faudra repasser.Au ministère du Tourisme, on soutient que l\u2019achalandage est tel dans certains centres de ski et de plein air que cette semaine pourrait faire la différence entre une bonne et une mauvaise saison.Signe des temps, on assiste avec ce congé à une véritable réappropriation de l\u2019hiver, alors que plusieurs municipalités en profitent pour mettre en valeur leurs installations et encourager tout le monde à s\u2019en servir.Tout cela est bien beau, mais il faut, pour en profiter, pouvoir partir avec les enfants, ce qui n\u2019est vraiment pas donné à tout le monde.On peut choisir de placer les marmots dans un centre de loisir pour la semaine, mais à Montréal il faut avoir réservé depuis un mois (tout est maintenant à peu près plein).Et cela finit par devenir coûteux.On peut aussi placer son enfant au service de garde de l\u2019école.Le hic, c\u2019est que non seulement ce n\u2019est pas gratuit, mais si le sendee n\u2019a pas assez d\u2019inscriptions, il fermera ses portes.A la CECM, par exemple, une cinquantaine de services de garde sont fermés cette semaine.Détail non négligeable, les employés de ces services sont mis à pied sans salaire.Pour les parents qui n\u2019ont pas de vacances ou manquent de sous, pour les monoparentaux qui tirent le diable par la queue, c\u2019est l'enfer: les marmots sont envoyés une journée chez la belle-soeur, une autre chez le grand-père, une autre chez un parent courageux qui en garde six d\u2019un coup.On se déclare malade un matin en espérant que le patron ne demandera pas de papier médical.Sans parler du fiston traîné de force au bureau et qui détraque la photocopieuse parce qu\u2019il s\u2019ennuie de son Nintendo.Après avoir connu ce casse-tête l\u2019année dernière, j\u2019ai pris mes résolutions.J'ai demandé à mes patrons la permission de prendre congé cette semaine l\u2019automne dernier, avant la Ste-Catherine.I N I) K X «On a bien plus de problèmes avec les deux les Actualités.\t.A2\tÉditorial\t\t.A8 Agenda culturel .IM»\t\tIdées \t\t.A9 les Classées.\t.A6\tle Monde\t\t.A6 Avis publics.\t.114\tMots croisés.\t.A6 Culture.\t.\t.IW\tReligions\t\t.IM Économie\t\t,.B2\tlillehammer.\t.B5 Météo Ciel variable Max.-12 L'ENTREVUE Peter Eisenman, architecte provocateur PAGE B 1 LES ACTUALITÉS Le MNQ à la défense du Collège de Saint-Jean PAGE A 4 LE MONDE Liban: bombes en pays chrétien PAGE A 6 Lillehammer clôture ses «jeux magiques» PHOTOS AP ET PC Myiiain Bébard a porté le drapeau canadien lors de la ce: émonie de clôture des Jeux de Lillehammer.L\u2019or échappe d\u2019extrême justesse aux hockeyeurs canadiens Magiques \u2014 selon les mots de Juan Antonie Samaranch, président du CIO \u2014, propres et sympathiques, les Jeux olympiques d\u2019hiver de Lillehammer se sont terminés hier comme ils avaient commencé, dans l\u2019allégresse d\u2019un peuple heureux de recevoir le nonde entier en Norvège.Le Canada, qui a conclu ces jeux avec une récolte sans précédent de 13 médailles attribuables en grande partie à ses athlètes québécois, a eu une dernière fois accès au podium grâce à son équipe de hockey, médaillée d\u2019aigent à la suite d\u2019une défaite crève-coeur contre la Suède à l\u2019issue d\u2019une fusillade pleine de rebondissements.Ce demi échec a laissé nos joueurs abasourdis (notre photo) Dans l\u2019épreuve reine du ski de fond, le 50 kilomètres style classique, le Kazakh Vladimir Smirnov a remporté, à presque 30 ans, la première médaille olympique de sa carrière.En ski alpin, l\u2019Autrichien Thomas Stangassinger a devancé, au slalom, l\u2019Italien Alberto Tomba, qui a trouvé le moyen de voler la vedette au médaillé d\u2019or en réussissant une extraordinaire deuxième manche.En bobsleigh à quatre, enfin, l\u2019équipe numéro 2 d Allemagne a causé un certaine surprise, l\u2019emportant devant la Suisse et l\u2019autre équipe allemande.\u2014 Voir autres informations en page B 5 L\u2019Europe centrale en ébullition Deux jours après le massacre de Hébron Israël punit ses colons extrémistes Les négociations de paix de Washington sont suspendues T érusalem (Reuter) \u2014 Le gouvernement israélien a dé-J cidé hier, deux jours après le massacre de Hébron, des mesures sévères contre les colons juifs extrémistes dans les territoires occupés, mais l\u2019OLP les a jugées in-sufjisantes pour accepter de reprendre les négociations.A Washington, les trois délégations arabes aux pourparlers de paix avec Israël ont décidé de suspendre leurs discussions en signe de solidarité avec les Palestiniens après le massacre d\u2019Hébron, a indiqué hier soir un responsable arabe.Cette décision a été prise samedi soir à Washington au cours d\u2019une réunion entre les délégués syriens, jordaniens et libanais, a précisé cette source, qui a requis l\u2019anonymat.«Les décisions du gouvernement israélien sont creuses et n\u2019ont pas la portée susceptible de régler un incident aussi grave que celui qui s\u2019est produit il y a deux jours», a déclaré Yasser Arafat à Reuter à Tunis peu après l\u2019annonce par Israël d\u2019un train de mesures contre les colons extrémistes.VOIR PAGE A 10: ISRAËL Intégration des enfants sidéens Le Regroupement des garderies de Montréal prône le secret complet ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Confronté au problème de l\u2019intégration des enfants sidéens dans les garderies, le Regroupement des garderies de Montréal tente de ménager la chèvre et le chou: il plaide en faveur de l\u2019intégration ouverte des enfants atteints du VIH, mais prône la confidentialité tous azimuts.Même les éducateurs n\u2019ont pas à être informés de la présence d\u2019un enfant sidéen dans leur groupe, pense sa directrice.C\u2019est du moins ce qu\u2019affirme Mme Camille Gauvreau, la présidente du Regroupement des garderies de Montréal qui doit prendre position aujourd'hui dans la polémique dossier des garderies et du sida.«Nous disons oui à l\u2019intégration des enfants séropositifs, mais la confidentialité doit être respectée.Iœ personnel doit-il savoir?Nous ne croyons pas.Ça ouvre une dangereuse brèche à la règle de la confidentialité», tranche Mme Gauvreau.L\u2019association qui regroupe environ 90 garderies dans la métropole espère d\u2019ailleurs que sa position aura un effet domino sur les autres garderies de la région.VOIR PAGE A 10: GARDERIES Une Québécoise à Ljubljana Courses à l\u2019investiture Envoyée de l\u2019ONU, Michèle l'Loyer est depuis deux ans la mère supérieure de 38 000 réfugiés en Slovénie REPUBLIKA slovëniua i PHOTO AP Avec ses deux millions d'habitants, la Slovénie accueille six fois plus de réfugiés que la France et deux fois plus que l\u2019Italie.CHRISTIAN RIOUX CORRESPONDAIS P DU DEVOIR À PARIS Ljubljana \u2014 À iôans.Michèle Voyer rêvait de voyages et d\u2019horizons lointains.Mais elle n\u2019aurait certainement pas su indiquer sur une carte la petite ville de Ljubljana.Avant d\u2019atterrir pour la première fois dans la capitale de la Slovénie, il y a deux ans.elle a donc regardé soigneusement sur la mappemonde où était ce nouveau pays, coincé entre la Croatie, l'Autriche et l\u2019Italie: les Alpes Juliennes et l'Adriatique.Dans ses valises, elle avait pris soin d\u2019amener un micro ordinateur et un bottin de télépiione.C\u2019est tout ce qu\u2019il fallait pour inaugurer, dans sa chambre de l\u2019hôtel Union, le nouveau siège du Haut-Cominissariat de l\u2019ONU aux réfugiés.Aujourd\u2019hui, elle est la mère supérieure de 38 000 réfugiés, un des plus petits contingents des pays de l\u2019ancienne Yougoslavie, mais un des plus importants hors des régions en guerre avec ceux d\u2019Allemagne, de Hongrie de Suède et d\u2019Autriche.Avec ses deux millions d\u2019habitants, la Slovénie accueille en effet six fois plus de réfugiés que la France et 50% de plus que l'Italie.VOIR PAGE A 10: QUÉBÉCOISE Holden résiste, Keaton échoue KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Les partis libéral et québécois se sont choisi hier un candidat anglophone pour représenter chacun une circonscription de l\u2019ouest de l\u2019ile de Montréal.Si dans Notre-Dame-de Grâce, l\u2019ancien président d\u2019Alliance Québec, Robert Keaton, s\u2019est fait damer le pion par Russell Copeman, c\u2019est de justesse que le transfuge du Parti égalité, Richard Holden, est devenu le porte étendard du Parti québécois dans le comté de Verdun.Il aura fallu un deuxième tour de scrutin et la présence de politiciens d'expérience dépêchés sur les lieux (Louise Harel, André Boulerice, Denis Lazure.Michel Bourdon, Jean Garon), pour voir le candidat de Jacques Parizeau l'emporter.«Je suis très heureux et je me sens plus légitime maintenant», a laissé tomber un Richard Holden souriant.Rapidement, ses deux adversaires se sont ralliés.Maurice Roch a lancé avec enthousiasme devant les quelque 200 militants présents à cette assemblée d\u2019investiture: «Je serai là avec VOIR PAGE A 10: HOLDEN Richard Holden Robert Keaton SS® \\ **sWi ÜM «f* m \u20227''-¦\u2019.-J-tok.\tV.S8j#g5«**.V .*¦\u2022\u2022.\u2022 Tout est dans Tart de bien s\u2019entourer.Pas étonnant que vous fassiez appel à une équipe qui, à elle seule, assure le service local à près de 3 millions de foyers québécois, achemine chaque jour en moyenne un million et demi d\u2019interurbains partout dans le monde, fournit de l\u2019assistance 24 heures sur 24, installe et surveille le système téléphonique sur un vaste territoire, commercialise des services de pointe comme l\u2019Afficheur, l\u2019Appel en attente, le service TéléRéponse^.Une équipe qui sait répondre à tous vos besoins en téléphonie.Et vous la connaissez bien.Bell I.K I) K V (till.I.K I I' X DI 2 S K K \\ Il I K II I !» Il I A a D\u2019ici les prochaines élections générales Les priorités du gouvernement Johnson: l\u2019emploi et la famille MI CH El.VEN NE DE NOTRE BUREAU DE QUEBEC Les priorités du gouvernement Johnson d\u2019ici aux prochaines élections générales porteront sur la création d\u2019emplois et le soutien à la famille.Mais le premier ministre n\u2019a donné aucune indication au sujet du moment où seront tenues ces élections.Ses députés lui ont fait comprendre qu\u2019il devait «attendre le moment opportun», a ironisé le président du caucus, M.Robert Thérien., à l\u2019issue d\u2019une réunion de deux jours des députés libéraux à Bromont, jeudi et vendredi derniers.Au sein de la députation libérale, indique le whip en chef du gouvernement, M.Yvon Vallières.les avis sont partagés et l\u2019opinion est volatile; Juin ou septembre?Cela dépendra de l\u2019état de l\u2019opinion publique par rapport aux politiques du gouvernement.Un adjoint de M.Johnson affirme que le premier ministre ne dispose pas, aujourd\u2019hui, de toutes les informations requises pour prendre une décision.Selon M.Vallières, les députés veulent que le gouvernement pose des gestes «rassembleurs», qu'il évite la polémique, qu\u2019il songe à ceux qui vivent dans la pauvreté ainsi qu\u2019à ceux qui forment la classe moyenne et qui en ont assez de payer.Dans un contexte de réductions budgétaires, dit-il, il faut être prudent.Ainsi, le gouvernement évitera de remettre en cause des programmes sociaux.Il préservera l\u2019accessibilité et l\u2019universalité.Il va se tenir loin des remises en question susceptibles d\u2019insécuriser le public.Le gouvernement, poursuit M.Vallières, devra éviter les erreurs.Parce qu'une erreur, dit-il, «sur une période de quatre à six mois est plus apparente que sur un mandat de quatre à cinq ans».On a les élections dans la mire.L\u2019équipe gouvernementale s\u2019en tient à son «plan de match», dit un officiel.Le gouvernement ne se laisse pas ébranler par la défaite cuisante de Bonaventure.Ainsi: ¦\tles travaux parlementaires reprendront le 8 mars prochain pour terminer la session parlementaire laissée en suspens en décembre dernier.Quelques projets de loi seront adoptés, dont celui sur la réforme des conservatoires et quelques autres concernant les petites et moyennes entreprises; ¦\tles travaux seront ajournés le 10, et ne reprendront que la semaine suivante par le discours inaugural de M.Johnson.«11 y a un nouveau gou- vernement; il y aura donc un discours inaugural», a dit M.Johnson, hier.Ce sera l\u2019occasion pour lui d\u2019énoncer ses priorités et d\u2019évoquer les moyens qu\u2019il entend mettre en œuvre pour mettre le Québec au travail; ¦\tdurant cette session parlementaire, il est probable que le ministre Yvon Picotte revienne à la charge avec le projet de loi sur le zonage agricole; tandis que son collègue Mardi (Emploi) entend revenir avec le projet de loi 116 modifiant le Code du travail après avoir tenu des audiences publiques; ¦\tentre-temps, les 11,12 et 13 mars, le Parti libéral aura tenu son congrès et adoptera son programme électoral; ¦\tfin mars, le gouvernement déposera ses prévisions de dépenses.On y apprendra probablement, entre autres, que l\u2019objectif de réduction de dépenses dans le domaine de la santé, fixé à un milliard de dollars l\u2019automne dernier, est révisé à la baisse; ¦\ten mai, le ministre des Finances André Bourbeau déposera son budget.Hier, il a tenu une consultation auprès des députés à ce sujet.M.Bourbeau aimerait bien pouvoir réduire le fardeau fiscal des contribuables.Dépistage du VIH Nouvelles directives demandées pour les femmes enceintes ; PRESSE CANADIENNE Santé Canada devra élaborer de nouvelles directives pour le dépistage du virus du sida chez les femmes enceintes, à la suite d\u2019une étude américaine sur la transmission du VIH de la mère à l\u2019enfant qp\u2019elle porte, affirme une compagnie pharmaceutique qui a participé aüx recherches.: Les résultats préliminaires de ces travaux ont montré que le médicament AZT, qui combat le sida, a réduit le taux de transmission mère-enfant des deux tiers, le ramenant dç 25,5 à 8,3 %.| Le docteur François Lebel, de la firme montréalaise Burroughs Wellcome, qui a fourni l\u2019AZT aux chercheurs, déclarait la semaine derniè-j- rç que sa compagnie enverrait les résultats officiels de l\u2019étude à Santé Cànada d\u2019ici 10 jours.; «Ce qu\u2019ils devront faire, ensuite, clest d\u2019évaluer la proportion de femmes porteuses du VIH, et de décider s\u2019il vaut la peine de faire passer un test de dépistage à toutes les femmes enceintes».Le docteur Catherine Hankins, dé l\u2019Hôpital général de Montréal, spécialisée dans le traitement du sida chez les femmes, a indiqué que les tests de dépistage sont présentement offerts aux femmes enceintes à l\u2019entière discrétion de chaque médecin.L\u2019étude est susceptible de soulever plusieurs questions sur le dépistage à grande échelle, a-t-elle dit.Par exemple: les tests devraient-ils être obligatoires ou volontaires?\u2019.«Mais tant que nous n\u2019aurons pas discuté de toutes les implications éthiques, je pense que les résultats tendent à démontrer que les médecins devraient discuter de manière plus routinière, avec leurs patientes, de la possibilité de passer un test», croit-elle.A Ottawa, Santé Canada n\u2019avait que peu de commentaires à faire en attendant d\u2019avoir pris connaissance de l\u2019étude.Mais une porte-parole du ministère a dit que dans l\u2019intervalle, rien n\u2019empêchait les médecins d\u2019administrer de l\u2019AZT aux femmes enceintes.A ce jour au Canada, on a enregistré 71 cas de sida chez des enfants, où la maladie aurait été transmise de mère à enfant.C\u2019est 76% du total des 93 cas de sida chez des enfants au Canada.Les femmes qui participaient à l\u2019étude financée par le gouvernement fédéral américain ont reçu soit un placebo, soit de l\u2019AZT, pendant leur grossesse et leur accouchement.Pendant les six semaines qui ont suivi la naissance, les nouveau-nés ont également reçu le même traitement que leur mère.Les résultats ont été jugés si significatifs qu\u2019un comité indépendant de révision a interrompu l\u2019étude pour demander aux chercheurs d\u2019offrir de l\u2019AZT aux participantes qui avaient reçu un placebo.Mais les chercheurs ont tenu à souligner qu\u2019ils devaient suivre les enfants pendant un certain nombre d\u2019années pour connaître les conséquences à long terme de la thérapie à l\u2019AZT.Le Dr Hankins a souligné qu\u2019il fallait peser les avantages et les risques potentiels d\u2019une thérapie à l\u2019AZT, mais qu\u2019entre-temps, les femmes enceintes qui savent quelles sont séropositives devraient discuter de l\u2019option AZT avec leur médecin.Même si des chercheurs contestent le fait que l\u2019AZT retarderait l\u2019apparition du sida chez une personne séropositive, le Dr Lebel a soutenu que les résultats de l\u2019étude américaine démontrent que l\u2019AZT est efficace contre le VIH Mulroney et son équipe Que sont-ils devenus?Ottawa(PC) \u2014 Il y a un an, les conservateurs de Brian Mulroney étaient rois et maîtres dans la capitale nationale.Quake mois après leur cuisante défaite aux élections générales, plusieurs ex-membres du cabinet font face, parfois difficilement, aux aléas de la vie post-politique.Mme Kim Campbell, par exemple, roule désormais au volant de sa vieille Honda Civic 1980 dans les rues d\u2019Ottawa après avoir profité des services d\u2019un chauffeur et d\u2019une limousine alors qu\u2019elle occupait les fonctions de ministre, puis de premier ministre.L\u2019ex-ministre des Finances, M.Don Mazankowski, a pris le temps de déblayer son entrée cet hiver et a ouvert lui-même son courrier et payé ses comptes pour la première fois en 35 ans.L\u2019ancien ministre de la Justice, M.Doug Lewis, a réalisé que son domicile d\u2019Orillia, en Ontario, nécessitait de sérieux travaux d\u2019entretien et a passé des semaines à «peindre et réparer la maison entière».M.John Crosbie dit pour sa part souffrir des divers «symptômes du retrait de la politique» et fait écho aux propos de Rodney Dangerfield, qui disait que les ex-politiciens étaient les moins respectés des retraités.Mais il y a, bien sûr certaines compensations.Le Comité national des citoyens estime que les ex-parlementaires canadiens recevront des pensions qui oscillent çntre 29 047$ pour l\u2019ex-ministre de l\u2019Énergie, M.Bobbie Sparrow, et 82 280$ pour l\u2019ancien titulaire des Affaires constitutionnelles, M.Joe Clark.Et ce, bien sûr, en plus des salaires qu\u2019ils reçoivent dans leurs nouvelles fonctions.La plupart des anciens membres du cabinet conservateur déclarent ne pas avoir de regrets et se disent fiers des réalisations de leur gouvernement.Mais certains avouent connaître, parfois, de petits pincements au coeur.«Je m\u2019ennuie de l\u2019action», déclare M.Joe Clark.«La politique est un privilège qui crée une une dépendance».MM Brian Mulroney et Clark ont mieux survécu à leur départ de la politique que la plupart de leurs collègues.M.Mulroney s\u2019est joint à un prestigieux cabinet d\u2019avocats montréalais et siège au conseil d\u2019administration de plusieurs grandes entreprises.Il refuse la plupart des nombreuses demandes d\u2019entrevue qu\u2019on lui demande mais a récemment déclaré qu'il aimait sa nouvelle vie et qu\u2019il ne suivait plus d\u2019aussi près la politique canadienne.M.Clark, pour sa paît est représentant spécial des Nations unies à Chypre et tente de négocier la paix entre les Grecs et les Turcs qui s\u2019y battent depuis des années.Il enseigne occasionnellement à l\u2019Université de Cal-gary et est expert invité à l\u2019Université de Californie, à Berkeley.Mme Campbell a eu moins de chance.Elle détient le titre de fellow au Institute of Politics de l\u2019Université Harvard et rédige actuellement ses mémoires dont le titre, provisoire, serait: What\u2019s a nice girl like you doing in a place like this?Mine Campbell n\u2019a pas réussi, comme elle en avait exprimé le désir, à décrocher un poste de direction dans une grande entreprise ou alors un emploi d\u2019expert dans les médias.Élection partielle de Shefford Faire sortir le vote «Je n\u2019irai pas voter; je ne connais pas assez les candidats» Granby (PC) \u2014 Convaincre les électeurs d\u2019aller voter, c\u2019est probablement là le plus grand défi qui attend aujourd\u2019hui les candidats à l\u2019élection partielle dans Shefford.S\u2019il faut en croire la majorité des personnes interrogées hier par le quotidien de la région, La Voix deJ\u2019Est, ce scrutin ne battra pas de record de participation.A moins de 18 heures de l\u2019ouverture des bureaux de vote, ce sont encore les indécis qui tiennent le haut du pavé.Comme dans les sondages qui ont ponctué la campagne électorale.«Je n\u2019irai pas voter, je ne connais pas assez les candidats», dit MmeAline Bernier, de Granby.Mais n\u2019a-t-elle pas une petite préférence, un détail discret qui pourrait faire pencher la balance d\u2019un côté?«Je n\u2019aime pas la face à Nicolet et je ne connais pas Bernard Bordeur», répond-elle.Selon M.Charles Hamel, on a manqué de «véritable» information pendant la campagne.Il est toujours aussi indécis qu\u2019il y a 40 jours.«Les candidats ont beaucoup parlé mais ils n\u2019abordaient pas les vraies choses.Moi, ce que je veux savoir, ce n\u2019est pas si on va créer des emplois mais comment on va les créer.C\u2019est ça qui est important».Quelques électeurs sont déçus de ne pas avoir eu droit à un débat entre les deux principaux candidats, où on aurait eu une idée de la personnalité de ceux qui courtisent l\u2019électorat.Mme Jacqueline Mongeau, par exemple, se rappelle avec délice les débats orageux des élections municipales de novembre dernier.«On a vu qu\u2019il y avait des candidats qui étaient cohérents et d\u2019autres qui disaient n\u2019importe quoi, affirme Mme Mongeau.Qui me dit que Nicolet ou Brodeur ne sont pas des \u2018twits\u2019 qui savent juste lire des bons discours?J\u2019aurais aimé ça les écouter».M.Richard Crook résume l\u2019opinion de toutes les personnes interrogées: «ce fut une campagne tranquille, une campagne qui ressemble à toutes les autres».Difficile de se brancher dans ces conditions.De fait, ceux qui ont indiqué leur intention de vote n\u2019ont pas eu besoin du dernier mois pour se décider.Leur idée était déjà faite.«Moi, je vais voter pour le Parti québécois, par idéologie», explique M.Crook.«Je vote libéral, je n\u2019ai pas le goût que le PQ se retrouve au pouvoir alors que le Bloc est à Ottawa», dit M.Gilles Beaumont.Mme Raymonde Melançon a également choisi M.Bernard Brodeur parce que c\u2019est «un gars de la place».«On a été gâtés avec Roger Paré, c\u2019est bien d'avoir un député proche des gens, estime Mme Melançon.Et puis je préfère les libéraux aux péquistes depuis pas mal de temps».Un autre électeur, peut-être représentatif des quelques milliers de personnes qui se rendent aux urnes aujourd\u2019hui, ne se gêne pas pour tirer à boulets rouges et bleus sur les candidats.«Bernard Brodeur, je n\u2019aime pas son ambiguité concernant son adhésion au Bloc.Je pense que c\u2019est un opportuniste.Nicolet aussi est un opportuniste: il a été parachuté dans un comté sûr.Je le qualifierais de vautour.» Il votera quand même pour M.Nicolet parce qu\u2019il considère que le PQ est le véhicule «privilégié» pour faire la souveraineté du Québec.«Avant, jetais un souverainiste de coeur, maintenant je suis un souverainiste de raison», conclut-il.Le patronage politique aurait donné des emplois aux étudiants Ottawa (PC) \u2014 Le favoritisme et le patronage politique ont dominé les programmes d'emploi pour étudiants, selon une enquête interne du gouvernement fédéral réalisée l'an dernier.Le rapport de la Commission des services publics critique principalement la façon dont étaient attribués les emplois et l\u2019absence de données précises sur les emplois dis-IKinibles et les étudiants embauchés.Il y a eu «peu de su-ix-rvision» et «des données insuffisantes» pour déterminer si les centaines de millions de dollars alloués à ces programmes ont été utilisés à bon escient.L\u2019administration de ces programmes par le ministère de l\u2019Emploi et d autres organismes fédéraux «n\u2019était pas efficace: il y a eu création de systèmes parallèles.un manque d'information et de directives chronique, qui ont occasionné de La frustration et des délais».«Il a été impossible de déterminer combien d\u2019étudiants avaient postulé pour un emploi d été en 1992», expose le rapport de la commission.Le rapport recommande que les programmes d\u2019emploi pour étudiants «soient totalement réexaminés», car il est impossible «de détermina* si les coûts d'opération étaient raisonnables compte tenu du peu d\u2019information disponible».L\u2019accusation la plus sérieuse du rapport d\u2019enquête: les qualifications des étudiants n\u2019avaient que peu d'importance dans la sélection des candidats.La liste des postulants a été «sujette à La manipu-Lation» afin que les «étudiants choisis» puissent être engagés.«Les informations disponibles étaient insuffisantes pour conclure que le programme était base* sur le mérité des postulants», a établi l\u2019enquête, complétée en mai dernier et obtenue en vertu de La Ixii d\u2019accès à l\u2019information.ROBIC DEPUIS 1892 AGESTS DE BREVETS ET MARQUES PROTECTION DES DROITS DE PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE LLGFR ROBIC RICHARD AVOCATS 55 S'-.ACOUES WRTRÉAi.QUÉBEC N2V3X2 En '514! M5-B74 TR (5141» MrtfC J.a Tjiftiu Je % intan»jiries Derniers adieux PHOTO PRESSE CANADIENNE PARENTS, amis et supporteurs ont fait leurs derniers adieux à Sue Rodriguez ce week-end à l\u2019Église baptiste Royal Oak, à Victoria.Une centaine de personnes, dont son fils, son époux (au centre sur la photo) et le député néo-démocrate Svend Robinson qui était présent lors du suicide assisté de Rodriguez, ont participé à la cérémonie.Atteinte de la maladie de Imu Gherig, Sue Rodriguez est décédée le 12 février, à l'âge de 43 ans, dans sa maison de Victoria.Elle avait mené une longue lutte en faveur de la légalisation du suicide assisté pour les malades en phase terminale.Sa mort a relancé le débat sur l\u2019euthanasie au Canada.Selon le Toronto Sun Deux diplomates cubains expulsés Toronto (PC) \u2014 Deux diplomates cubains de haut rang ont été expulsés du Canada pour s\u2019être livrés à de l\u2019espionnage, selon une dépêche publiée hier parle Toronto Sun.Le vice-consul, M.Orlando Brito Pestana, et le consul, M.Adelfo Martin, du consulat cubain à Montréal, ont été discrètement renvoyés à La Havane, le 13 février, ont affirmé au Sun des exilés cubains et des fonctionnaires américains non identifiés, chargés de la sécurité.Leur épouse et les autres membres des familles des deux hommes ont été, renvoyés en même temps.A Ottawa, le porte-parole des Affaires extérieures, M.Eduardo del Buey, a soutenu que le ministère n\u2019était pas au courant de ces expulsions et n\u2019avait aucune information à ce sujet.A l\u2019ambassade cubaine comme au Service canadien du renseigne- ment de sécurité, on s\u2019est refusé à tout commentaire.Selon M.Pedro Martori, du Cuba Indépendant and Democratic Movement, les deux diplomates appartenaient au Directorat du renseignement, l\u2019agence cubaine d\u2019espionnage.«C\u2019est un fait connu des autorités canadiennes que le gouvernement cubain a de nombreux agents de renseignement ici», d\u2019affirmer M.Martori.Citant des fonctionnaires non identifiés, le Sun affinité que M.Pestana était responsable de l\u2019appareil cubain de renseignement au Canada.M.Martin était chargé d\u2019infiltrer les groupes anti-castristes au Canada, rapporte le quotidien.Selon M.Antonio Tang, militant cubain à Montréal, les espions sont à l\u2019affût de résultats de recherches d\u2019ordre technologique et biochimique.Carols O\u2019êQé * Domaine Fraser Berniervillc CAMPS POUR JEUNES 6-17 ANS GARÇONS FILLES POUR INFORMATION SANS FRAIS 1-800-263-9551 ¦ CAMP «THEATRE ET NATURE» ¦ PARTICIPATION À TOUS LES ASPECTS D'UN SPECTACLE DE THÉÂTRE : y-*-\tinterprétation - décors - costumes - accessoires - maquillages\t^ Sessions de 10 jours pour les 10-14 ans dans les Cantons de l\u2019Est ^!| sez favorisé le développement autonome.L\u2019ACDÎ pourrait faire beaucoup mieux pour que ses investisseineqts favorisent la production d\u2019avantages durables.Les programmes bilatéraux de l\u2019ACDl doivent être concentrés davantage sur les pays et les activilés.qui offrant les plus grandes possibilités.Vérificateur général du Canada, rapport 1993 LE DEVOIR p o V II É PAR HENRI R 0 II R A S S A LE 10 JANVIER I » I 0 Directrice USE BISS0HNETTE Rrdarinir en chef BERNARD DESCÔTEAUX Rircctenr de l'information BENOÎT AUBIN Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAIH.IEII, ROUI COTÉ Ré d art en r s en chef adjo i n t s .1E A N ROBERT S A NSE A ÇO N.I.llt, IE LAC A V A 2050.r ne De Bleary,9e étage, Montréal ((Jnébec) USA 3M».Tél.: (514) 985-3333 FAIS C E OKI! DOIS ce du Collectif des femmes immigrantes et elle s\u2019y connaît sans doute , en beaux serments: «C\u2019est commev pour les relations interculturelles, \\ t-elle déclaré à la Gazett# des femmes, le magazine du Conseil.\u2014 - - « 1 \u2018 * 1 > Tout le monde veut les améliorer, (jù ' moment que c\u2019est l\u2019autre, l\u2019immi-.grant, le syndicat, le gouvernement' ; qui change quelque chose.Comme ¦ on dit en italien: entre le dire et le fài-\u2018 ' re, il y a la mer.» b) t c freudien.Certes il se sert toujours1 r > r c parce qu\u2019ils les savent socialement^ acceptables.Plus scolarisé, le sol)'- , dé d\u2019aujourd\u2019hui sait taire ses nolr-^j ceurs.Mais pour mesurer les attitudes,' ' les états d\u2019âme, les vrais sentiments!, \u2019 1 /\t\u2022\t' r «il' \u2019 \u2019 ' t v y, on commence désormais à fouiller/ ainsi le subconscient en recueillant des réactions à des images tout à fait ' innocentes.Exemple: un joli jeune\" couple se promène sur la [liage avec un aussi joli bébé, en scrutant l\u2019hon- ; zon; selon vous, qui sont-ils, que t font-ils, à quoi ressemblent leurs ràj>- ' ports?Il paraît que le sondé, ne se,'1 t croyant pas lui-même sous la loupe, __a.-1___A .1 c prête alors à l\u2019image ses angoisses, ¦; ses ambivalences, ses réticences., IL peut très bien déclarer que le jeune homme boude la jeune femme parèç,.qu\u2019elle vient d\u2019accepter une promotion qui le forcera à garder plus sou-' vent le bébé, d\u2019où leurs regards qjai-ne se rencontrent plus et cet.enfaîit qui les sépare.Vicieuse façon d\u2019efl- , quêter, j\u2019en conviens.Mais en notre : ère post-antibiotique, je croirais, mieux aux résultats.CLICHÉ RÉPÉTÉ A ÉCLAIRAGE 0IFFÉRE J.K I) K V 0 I H , I.K I.U X I) I 2 8 K K V K I K » I II It I A J) IDÉES Opposition entre «xénophobes» et «vertuistes» Une affirmation dépassée dans le contexte du Québec MARIE MC ANDREW Professeure adjointe Etudes en éducation et administration de l\u2019éducation Directrice adjointe du Centre d\u2019études ethniques Directrice du Groupe de recherche sur l'ethnicité et l'adaptation au pluralisme ethnique en éducation ai pris connaissance avec beaucoup d\u2019intérêt de votre chronique du DEVOIR du 24 janvier 1994 intitulée «Repères».En tant que responsable du Groupe de recherche sur l\u2019ethnicité et ] l\u2019adapîation au pluralisme en éducation\" (ÇREAPE), directrice adjointe du Centre d\u2019études ethniques de l\u2019Uni-| versité de Montréal et universitaire ! engagée depuis nombre d\u2019années dans le domaine de la réflexion et de l\u2019instrumentation pratique des intervenants scolaires en matière d\u2019adapta-.tion à la nouvelle réalité pluriethnique, je me réjouis de l\u2019intérêt que vous accordez à cette problématique en pleine émergence.C\u2019est d\u2019ailleurs l\u2019enga-; gepipnt de l\u2019Université de Montreal \u2014 et'notamment des deux facultés ! fondatrices du CEETUM, la faculté 1 des sciences de l\u2019éducation et la facul-| té des arts et des sciences \u2014 face à l\u2019enjeu des rapports ethniques qui l\u2019a amenée, de manière significative parmi, l'ensemble des institutions univer-[ sitaires québécoises, à accorder une ; priorité au soutien du développement de-i\u2019enseignement et de la recherche dans ce domaine.Votre chronique, po,ur intéressante lut-elle, a cependant suscité chez moi de nombreuses interrogations quant à la pertinence d\u2019un certain nombre de critiques que voqs semblez adresser aux divers in-' tervehants tant universitaires que gouvernementaux qui œuvrent dans ce champ ainsi qu\u2019à de certaines simplifi-'ca(jbn£ trop rapides ou contresens qui m\u2019apparaissent marquer le texte.jÊtant donné les limites d\u2019espace qui une'spnt imparties, j\u2019insisterai particulièrement sur quatre d'entre eux.Le prèrnjer concerne la vision quelque peu manichéenne que vous semblez avoir des débats émergeant actuellement,dans le champ.En effet, s\u2019il peut sembler compréhensible, pour des raisons de style, de faire une entrée quelle peu fracassante opposant les «xpftophobes» aux «vertuistes» (et je cite), une telle affirmation me semble déj1ài largement dépassée dans le | cqntexte québécois actuel.En effet, bipii que je ne nie pas la présence de xénophobes dans notre société, ma longue expérience et les nombreux contacts que j\u2019entretiens avec l\u2019en-serpple des institutions publiques, privé,ps.et communautaires dans le do-majhe me permettent d\u2019affirmer sans coptredit que s\u2019il est une problématique qui fait aujourd\u2019hui l\u2019objet d\u2019un fort çpnsensus, c\u2019est précisément la remise en question de l\u2019approche autrefois dominante d\u2019ouverture incondè tionrielle au pluralisme ou d\u2019auto-culpabilisation du groupe majoritaire.A cet égard, je vous référerai au texte publié dès 1987 au congrès de tCJELF (Association canadienne ducation de langue française) dans lequel je posais déjà la nécessité de trouver une voie alternative dans l\u2019analyse de la problématique interethnique entre ce que je caractérisais alors «d\u2019angéisme» ou «d\u2019alarmisme».D\u2019autre part, le numéro spécial de mars 1993 de la revue Impression, qui tentait de faire le bilan de 10 ans d\u2019éducation interculturelle au Québec révélait une grande convergence des chercheurs et intervenants quant au fait que, si les années 80 avaient été celles de l\u2019approche anthropologique relativiste, les années 90 étaient sans contredit celles de la réflexion éthique, de la recherche de terrains communs et de l\u2019instrumentation en résolution de conflits de valeurs.A cet égard et ceci constituera la deuxième critique de votre article, la réflexion actuelle sur les concepts de cul tu te publique commune, d\u2019accom-môde'ments, de négociation interculturelle et d\u2019adaptation des institutions me semble, non pas s\u2019inscrire dans un processus de «political correctness», mais au contraire témoigner d\u2019une nouvelle prise de conscience de l\u2019irréalisme d\u2019une formation interculturelle qui se situerait en dehors des grands débats sur les nécessités fonctionnelles du partage d\u2019institutions communes.Il m\u2019apparait donc que votre approche des travaux du Conseil des communautés culturelles et de l\u2019immigration (qui soit dit en passant n\u2019est pas une Commission) est quelque peu cavalière, tout comme l\u2019était d'ailleurs l'éditorial que vous lui onsacriez en septembre dernier lors de sa parution.Je ne prétends pas id défendre l'as-pect pédagogique ou stylistique de l\u2019Avis, qui, j\u2019en conviens, n\u2019est pas sans limite.Je tiens toutefois, ayant moi-même un important projet de recherche en éthique appliquée sur la question de la gestion des conflits de valeurs en milieu scolaire et étant profondément persuadée par mes contacts quotidiens avec les intervenants scolaires, que cet enjeu est une des questions en émergence les plus importantes qu\u2019ils ont à gérer, je tiens donc à m\u2019inscrire en faux contre la simplification indue que vous donnez de cet Avis.En effet, il ne s\u2019agit point de «scruter à la loupe la moindre occasion de fiction ou de mettre au point une grammaire détaillée des accommodements à adopter entre majorité et minorité» comme vous le prétendez.L\u2019Avis vise plutôt, au contraire, à amener l\u2019ensemble des institutions publiques à cerner ce qui dans une société démocratique, libérale et pluraliste est de l\u2019ordre du non-négociable PQUvant légitimement être imposé par l\u2019Etat et ce qui relève du domaine de la vie privée et/ou des exemptions légitimes que toute démocratie consent à diverses minorités.Loin de se situer dans une perspective multiculturelle, l\u2019Avis du Conseil des communautés culturelles et de l'immigration m\u2019apparaissait et m\u2019apparaît encore comme un équilibre relativement réussi, du moins dans ses fondements, entre ces deux dimensions contradictoires qui interpellent nos sociétés modernes, soit la nécessité d\u2019une culture publique commune et le respect des différences individuelles ou communautaires marquant toute société pluraliste.Un tel instrument, s\u2019il avait été lu par le juge Verreault, l\u2019aurait sans doute eippêché de tomber dans l\u2019erreur de jugement qu\u2019ellp a commise.En effet, tout comme l\u2019Enoncé de politique du ministère des Communautés culturelles et de l\u2019Immigration (qui constitue, soit dit en passant, en Occident le premier document à avoir énoncé clairement les limites au pluralisme, ce que ni la Erance, ni le Canada anglais, ni les Etats-Unis n\u2019ont jamais fait de manière aussi explicite), l\u2019Avis précise que les limites du pluralisme s\u2019étendent dans notre société au respect des valeurs démocratiques fondamentales et à la nécessité des échanges intercommunautaires.11 y est donc clair que les lois et chartes qui fondent les principales orientations de notre société s\u2019inscrivent dans l\u2019ordre du non-négociable, notamment celles concernant (et je cite) «l\u2019égalité des sexes, le statut des enfants, ainsi que le refus de toute discrimination basée sur l\u2019origine raciale ou ethnique».Le troisième point qui a suscité mon questionnement concerne la perception relativement idéalisée que vous semblez avoir des relations interethniques en France et, par voie de conséquence, la perception quelque peu négative que vous attribuez au climat de conflit interethnique qui prévaudrait au Canada ou au Québec.D\u2019une part, je m\u2019étonne d\u2019un tel jugement car il m\u2019apparaît assez évident ainsi qu\u2019à l\u2019ensemble des observateurs européens ou étrangers que nous recevons souvent au CEETUM, que sur le plan même des conflits et des tensions, la situation prévalant en Europe est actuellement nettement plus préoccupante que celle que nous vivons actuellement au Québec ou au Canada.La couverture médiatique de plusieurs de ces événements en fait d\u2019ailleurs foi.Ces tensions sont, certes, explicables par d\u2019autres facteurs que la nature des politiques gouvernementales et discours publics en matière d\u2019intégration, notamment par l\u2019ampleur du mouvement d\u2019immigration non contrôlée qui est sans commune mesure en Europe par rapport à celui qui prévaut au Canada.Cela étant dit, il m\u2019apparaît que si les conflits sont plus marqués actuellement en Europe qu\u2019au Canada ou au Québec, ils sont également d\u2019une autre nature.En effet, la différence fondamentale entre nos deux modèles de société ne me semble pas résider dans le fait que la France «républicaine et laïque» aurait mieux établi son consensus sur sa culture publique commune mais bien davantage sur le fait que l\u2019accès à la citoyenneté est infiniment plus difficile en Europe (sinon presque impossible dans le cas de l\u2019Allemagne) que dans les pays qui se reconnaissent officiellement comme pays d'immigration.En d\u2019autres mots, la faible remise en question du mode assimilateur qui semble régner dans certaines de ces sociétés est largement basée sur le fait que l'essentiel des populations d\u2019origine étrangère, ayant pourtant contribué à leur développement, est exclu de presque tous les forums de décision démocratique qui permettent N V- 7 Rvvw flfâwfe - ÏY PHOTO KEYSER Le Québec à l\u2019heure de la diversité ethnique.Sur le plan même des conflits et des tensions,\" la situation prévalant en Europe est actuellement nettement plus préoccupante que celle que nous vivons actuellement ici de débattre et de redéfinir les orientations de la société.A cet égard, au Québec et au Canada nous avons au moins l\u2019avantage de nous entendre sur un modèle de citoyenneté où l\u2019ancienneté d\u2019implantation n\u2019entraîne pas l\u2019inégalité des droits politiques et, également jusqu\u2019à un certain point, sur un modèle de nation où le vouloir-vivre collectif l\u2019emporte sur les origines communes.Les débats et conflits actuels sur la nature de la société que nous voulons bâtir témoignent donc paradoxalement du degré d\u2019intégration sociale, institutionnelle et politique non négligeable des groupes minoritaires au sein de notre société.Par ailleurs, le refùs gouvernemental, notamment en France, d\u2019établir des indicateurs statistiques permettant de cerner le degré d\u2019atteinte des objectifs d\u2019intégration et de justice sociale qui ne concerne que les populations d\u2019origine étrangère naturalisées ou originaires des DOMTOM (puisque dans le cas des populations étrangères, à l\u2019inverse, on recueille nombre de données, parfois hélas dans une perspective de justification de l\u2019exclusion) constitue un problème souvent dénoncé par les chercheurs, intervenants ou membres de ces communautés marginalisées.En effet, sous prétexte qu\u2019ils sont théoriquement «citoyens de plein droit», ceux-ci n\u2019ont pas accès aux diverses données leur permettant de fonder leurs prétentions à des me-.sures favorisant leur accession à la citoyenneté réelle et à la pleine participation à la société.En d\u2019autres mots, s\u2019il est possible que le modèle libéral pragmatique nord-américain pêche en assumant trop souvent que «ce qui est doit être», le modèle jacobin, qui assume que «ce qui doit être est déjà réalisé» et qu\u2019il est donc inutile de chercher à se donner des instruments pour faire des bilans critiques, comporte également ses effets pervers.Finalement, le quatrième et dernier point extrêmement superficiel que vous avez fiait des activités de sensibilisation, de formation et de recherche menées dans le cadre du Groupe de recherche sur l\u2019ethnicité et l\u2019adaptation au pluralisme en éducation (GREAPE), que je dirige.En effet, même si je peux comprendre les nécessités du genre, il me semble que fonder un jugement sur un programme de conférences ne répond pas au.standard de rigueur que devrait normalement adopter un journal tel que LE DEVOIR.Si vous aviez pris le temps de participer à certaines de nos activités ou de lire divers textes que nous avons déjà publiés, vous auriez pris conscience du fait que loin de nous situer dans le clan des «vertuistes inconditionnels du multiculturalisme» l\u2019ensemble de nos activités témoigne d\u2019un souci réitéré de nous situer dans la problématique, cernée plus haut d\u2019équilibre entre les nécessités fonctionnelles du partage d\u2019institutions communes (dans ce cas l\u2019institution scolaire) et le respect des différences exigées par la nature même de l\u2019action éducative et du partenariat avec les familles qu elle suppose.Plus particulièrement, j'aimerais vous signaler que les deux recherches principales que nous menons actuellement portent d'i»e part sur l\u2019impact de la concentration eth- nique dans les écoles de File de Montréal sur l\u2019atteinte des objectifs d\u2019intégration et d'autre part, sur le développement d\u2019orientations et d\u2019instruments permettant aux intervenants scolaires de prendre en compte la diversité culturelle de leur milieu, en évitant les deux écueils de l\u2019ouverture non critique à la différence et de la définition ethnicisante, passéiste et simpliste de la culture publique commune qui viserait à imposer aux nouveaux arrivants des contenus culturels que la majorité elle-rrçême ne serait pas prête à assumer.A cét égard, je ne crois pas que c\u2019est à l\u2019auteure de «Marie suivait l\u2019été» qu\u2019il faut rappeler que, si trop peu de valeurs communes suscitent des inquiétudes, trop de valeurs communes étouffent bien davantage.Par ailleurs, si je m\u2019attarde plus particulièrement aux deux exemples soulevés dans votre chronique, soit la question des schémas culturels dans l\u2019apprentissage de la lecture et de l\u2019analyse critique de l\u2019enseignement musical dans une perspective interculturelle, votre interprétation de ces deux enjeux comme constituant des accommodements relève clairement du contresens.En effet, d\u2019une part, la prise en compte des caractéristiques culturelles des apprenants, loin de constituer un «accommodement» suscitant des débats, est un lieu commun de la didactique du françaiscomme des autres matières et, d\u2019une manière générale, de la pédagogie des 50 dernières années.A cet égard, s\u2019opposer à de telles pratiques équivaudrait à remettre en question l\u2019ensemble des réflexions qui ont été menées, notamment en milieu défavorisé, pour une meilleure prise en compte des caractéristiques langagières et socioculturelles des apprenants.Je ne crois pas que ce soit là la position défendue par LE DEVOIR D\u2019autre part, le projet sur l\u2019enseignement musical, qui est celui d\u2019une étudiante de doctorat elle-même compositeure bien connue dans son milieu, ne s\u2019inscrit en aucune façon dans une problématique de prise en compte de la diversité de la clientèle.Elle émane d\u2019un questionnement face à la réalité paradoxale d\u2019un enseignement musical demeuré dans les écoles publiques du Québec extrêmement monoculturel, alors même que le champ de la musique a connu depuis 20 ans un métissage culturel marqué et une inter-fécondation des traditions diverses (pensons ici par exemple à «East meet West» associant Ravi Shankar et Yehudi Menuhin).Favoriser une ouverture interculturelle des programmes d\u2019enseignement de la musique s\u2019inscrit donc tout naturellement dans le mouvement actuel d\u2019initiation des élèves et étudiants québécois au patrimoine mondial de l\u2019humanité, auquel le Québec et le Canada souscrivent, à l\u2019instar de l\u2019ensemble des gouvernements du monde, suite à la signature de divers accords internationaux.En terminant, je tiens à réitérer, en mon nom et en celui de la directrice du CEETUM et titulaire de la Chaire en relations ethniques, madame Danielle Juteau.notre intérêt à discuter de tout aune en jeu relatif au champ des rapports ethniques et de l'éducation interculturelle.que je n\u2019ai pu aborder ici.Nous joignons également, étant donné votre intérêt sur la question, un certain nombre d'articles produits par des chercheurs du Centre et sommes disposés à vous rencontrer pour en débattre de manière phis approfondie.La police des idées lise bissonnette n aura compris, au ton définitif de la réprimande in-II tellectuelle que m\u2019adresse madame McAndrew, I I que je suis entrée en terrain réservé, et qu\u2019on vient I de me remettre un constat d\u2019infraction.Dont acte.1 F Si je possédais les hautes qualifications fie ma cor-v ^ Il respondante, professeure adjointe aux Etudes en éducation et Administration de l\u2019éducation, directrice adjointe du Centre d\u2019études ethniques, directrice du Groupe de recherche sur l'ethnicité et l\u2019adaptation au pluralisme ethnique en éducation, si j\u2019avais écrit autant qu\u2019elle sur des sujets aussi spécialisés, si je fréquentais tous les colloques et rencontrais tous les experts, je commettrais moins de «simplifications trop rapides» ou de «contresens» dans des textes de deux feuillets qu\u2019elle en met le triple à corriger.Mais le débat public, heureusement n\u2019est pas le cours magistral qu'elle souhaiterait.Voici donc quelques béotiennes réactions aux quatre parties de sa semonce.1\t\u2014J\u2019ai affirmé que le Québec oscille, comme d\u2019autres pays, entre xénophobie et vertuisme.Jamais je n\u2019ai inclus les travaux de l\u2019Université de Montréal dans le courant vertuiste, que je présentais plutôt comme un excès individuel.Madame McAndrew s\u2019est hélas sentie visée.Et jure qu\u2019elle peut «affirmer sans contredit» (quelle chance!) que son milieu, celui des «chercheurs et les intervenants», a depuis longtemps (grâce à elle, en 1987 au congrès de l\u2019ACELF) dépassé le vertuisme.Qu\u2019il est occupé maintenant (toujours «sans contredit»!) «de la réflexion éthique, de la recherche de terrains communs».Je veux bien le croire, puisque je n\u2019ai jamais dit le contraire.Mais je ne suis toujours pas convaincue que la pensée de ces cénacles a déjà imprégné toute l\u2019opinion québécoise.D\u2019où je suis, à une croisée, je vois toujours défiler plus de xénophobes et de vertuistes que de sages patentés dans son genre.2\t\u2014 Quoique le ton de madame Raymonde Folco, président du Conseil des Communautés culturelles et de l\u2019Immigration, soit autrement plus ouvert au dialogue que celui de madame McAndrew, le projet qu\u2019elles défendent toutes deux est éminemment discutable.La professeure le rappelle ici, il s'agit de forger un instrument qui puisse amener «l\u2019ensemble des institutions publiques à cerner ce qui, dans une société démocratique, libérale et pluraliste, est de l\u2019ordre du non négociable pouvant légitimement être imposé par l\u2019Etat et ce qui relève du domaine de la vie privée et/ou des exemptions légitimes que toute démocratie consent à diverses minorités».J\u2019y vois au mieux une vue de l\u2019esprit, au pire un projet carrément orwellien.On ne le fera certes pas avaler à toute une société par un argument d\u2019autorité.Et, ma foi, je préfère des juges Verreault qui commettent ici et là une erreur de jugement à des tribunaux qui abdiqueraient la responsabilité de juger en s\u2019en remettant au grand code de la vie en commun qu\u2019on prétend leur préparer.3\t\u2014 Je persiste et signe quant à la France.(Ma chronique ne portait en rien sur l\u2019Europe, et encore moins sur l\u2019Aile; magne).Je suis convaincue que madame McAndrew, qui prend toujours les valeurs des spécialistes qu\u2019elle fréquente pour celles du peuple québécois, surestime le «degré d\u2019intégration sociale, institutionnelle et politique non négligeable des groupes minoritaires au sein de notre société».Je ne puis l\u2019affirmer comme elle «sans contredit», bien sûr, mais nombre d\u2019études montrent que le Québec est la province où les communautés allophones s\u2019intégrent le moins rapidement, vivent le plus longtemps entre elles, et hésitent pendant plus de générations à choisir entre l\u2019une ou l\u2019autre des deux cultures dominantes.Il ne faut surtout pas confondre coexistence pacifique et intégration.Le jour où le Québec affirmera une «culture publique commune» aussi clairement que la France «républicaine et laïque» le fait, il pourrait connaître des soubresauts plus aigus que ceux qui agitent aujourd\u2019hui l\u2019Hexagone.Madame McAndrew a de bonnes raisons d\u2019être attachée au livre blanc québécois de 1990 qui a affirmé cette «culture publique commune», beau début de clarification.Mais de là à croire que ce livre a même statut, dans l\u2019imaginaire des Québécois de toutes origines, que des principes qui guident la France depuis la Révolution de 1789, il y a une marge de prétention que je ne franchirais pas, du moins pas encore.4\t\u2014 Quant au terrain pédagogique, où je ne suis pas entièrement béotienne, je le dispute aussi à la réflexion de madame McAndrew qui caricature littéralement «la pédagogie des cinquante dernières années».Cette pédagogie est diverse et n\u2019a jamais fait le consensus sur «la prise en compte des caractéristiques langagières et socioculturelles des apprenants».Plusieurs estiment aujourd\u2019hui qu\u2019on est arrivé par là aux pires dérives démagogiques de l\u2019école.Au français baragouiné, par exemple, et à une conception minimaliste de la culture, qui a desservi les élèves de milieu populaire au lieu de les enrichir.Aujourd\u2019hui, on cherche plutôt à assurer la base d\u2019un enseignement avant de s\u2019obséder à «l\u2019adapter».Je n\u2019ai qu\u2019inté-rêt et approbation pour le métissage culturel, qui est au fondement de la création artistique, mais je ne vois rien de très opprimant dans des programmes d\u2019enseignement de la musique où l\u2019Orient et l\u2019Occident ne se fondent pas encore.Au rythme où la musique et les arts disparaissent de l\u2019école, la question ne se posera bientôt plus.On aura compris, malgré les injonctions, que je ne m\u2019engagerai pas dans le couloir à haute surveillance qu\u2019on me propose ici.Le débat, à mes yeux, reste libre.Je prierais donc madame McAndrew de laisser mon roman tranquille; quoi qu\u2019elle en pense, toute écriture n\u2019est pas une thèse, et je n\u2019ai rien à faire de ses interprétations, même faussement bienveillantes.Un peu d\u2019air, s\u2019il-vous-plaît Enfin, et je ne peux m\u2019empêcher de le signaler, nos lecteurs apprendront avec intérêt que madame la professeure, pour bien me river mon clou, a adressé copie de son épître à ses supérieurs hiérarchiques ainsi qu\u2019au président du conseil d\u2019administration du DEVOIR M.Pierre Bourgie.C\u2019est ma première expérience du genre.Si cette tentative manifeste d\u2019intimidation ne disait que son ignorance du rôle du président du conseil, et de l\u2019indépendance éditoriale totale de la directrice du DEVOIR, elle serait simplement ridicule.Mais elle donne froid.La police des idées rôde vraiment dans les alentours.-h L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes: à l\u2019information générale et métropolitaine: Sylvain Blanchard, Paul Cauchon, Jean Chartier, Louis-Gilles Francoeur (environnement), Louis-Guy L'Heureux, Caroline Montpetit, Bernard Morrier, Isabelle Paré, Laurent Soumis, Guy Taillefer; Jacques Grenier et Jacques Nadeau {photographes); Jean-Pierre Legault (responsable des pages thématiques), Diane Précourt (pages éditoriales): À l\u2019information culturelle: Michel Bélair (res-ponsable), Stéphane Baillargeon, Roland-Yves Carignan, PierTe Cayouette (livres), Paule des Rivières, Marie Laurier, Robert Lévesque, Odile Tremblay: à l\u2019information économique: Gérard Bérubé (responsable), Robert Dutrisac, Claude Lévesque, Serge Truffaut, Claude Turcotte; à l\u2019information internationale: François Brousseau (éditorialiste), Antoine Char, Jocelyn Coulon (responsable), Sylviane Tramier, Clément Trudel: à l\u2019information politique: Pierre O'Neill, jean Dion (correspondant parlementaire à Ottawa).Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec).Michel Venne (correspondant parlementaire à Québec); Serge Chapleau (caricaturiste): à l\u2019information sportive: Yves d\u2019Avignon: Denise Babin, Rachel Duclos (commis).Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction).La Documentation: Gilles Paré (directeur): Manon Scott, Serge Laplante (Québec).Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ Lucie Pinsonneault (directrice).Jacqueline Avril, Lise Bourgault, Brigitte Cloutier, Gyslaine Côté, Johanne Guibeau, Jean-Yves Guilbert, Christiane Legault.Monique Verreault (publicitaires): Micheline Turgeon, Olivier Zuida.(commis): Michèle Bouchard (secrétaire).L\u2019ADMINISTRATION Henry Riedl (contrôleur), Nicole Carmel (coordonnatrice des services comptables): Florine Cormier.Céline Furoy, Jean-Guy Lacas.Raymond Matte, Nathalie Perrier, Danielle Ponton.Danielle Ross.Linda Thériault (adjointe à l'administration).LE MARKETING ET SERVICE A LA CLIENTÈLE Christianne Benjamin (directrice).Johanne Brien (secrétaire).Manon Blanchette.Monique L'Heureux.Lise Lachapelle, Rachelle Leclerc-Venne.Jean-Marc Ste-Marie (superviseur aux promotions des abonnements).LA PROMOTION ET LES RELATIONS PUBLIQUES Guv-Renaud Kirouac (directeur) LA PRODUCTION Robert McDougall (directeur des systèmes informatiques et de la production).Johanne Brunet, Danielle Can tara.Sylvain Darcy.Richard DesCormiers.Caroline Des Rosiers.Lynda Di Cesare.Marie-Josée Hudon.Michael Schneider.Marie-France Turgeon (coordonnatrice).Christiane Vaillant.Les annonces classées et avis publics: Yves Williams (superviseur).Dominique Charbonnier.Marlène Côté.Sylvie Laporte.Pierrette Rousseau.Micheline Ruelland.LE CONSEIL DI' DEVOIR INC.PierTe Bourgie (président).LA FONDATION DI' DEVOIR Marcel Couture (^réjùfrsf).Roger Boisvert (vice-président et directeur général). A 10 I.I! N I) I Y Y.V It I K It I !l !M I.K l> K V U I It I.K 2 « - le ACTUALITES ISRAEL Un millier de Palestiniens seront libérés SIIIT1C DE LA PAGE 1 Le cabinet israélien a décidé de désarmer, de mettre en détention administrative et de limiter la liberté de mouvement des colons juifs extrémistes dans les territoires occupés.Aucune précision n\u2019a été donnée sur le nombre des colons concernés.Environ 120 000 Juifs, aimés et protégés par l'armée, vivent dans des colonies implantées en Cisjordanie et à Gaza depuis 1967.Le gouvernement a également décidé la libération immédiate de 800 à 1000 des quelque 10 000 Palestiniens détenus dans ses prisons.11 a annoncé la création d\u2019une commission d\u2019enquête sur la mort des 43 Palestiniens tués pendant leurs prières vendredi à la mosquée Ibrahim du Caveau des Patriarches à Hébron par Baruch Goldstein, un membre du mouvement extrémiste anti-arabe Kach et habitant de la colonie proche de Kiryat Arba.Selon des ministres, le Kach va être probablement dissous.«Il y a une décision de mise en détention administrative et une décision sur la nécessité de désarmer les colons extrémistes, en premier lieu ceux de Kiryat Arba et de Hébron», a déclaré le ministre de l\u2019Environnement, Yossi Sarid.«Nous espérons vivement que ces décisions permettront la reprise des négociations (avec l\u2019OLP), meme si cette reprise n\u2019est pas sûre pour le moment.Nous pensons que ces décisions vont aider à donner une impulsion nouvelle aux négociations aussi vite que possible», a-t-il ajouté.Le premier ministre Yitzhak Rabin a lui aussi prôné la poursuite du processus de paix.«Je ne vois pas pourquoi les négociations ne reprendraient pas à moins que l\u2019OLP, les Palestiniens, ne veuillent donner du prix à quelqu\u2019un qui aura non seulement assassiné des Palestiniens mais aussi tenté d\u2019assassiner le processus de paix», a-t-il dit.Ses espérances risquent d\u2019être déçues, l'OLP ayant jugé qu\u2019Israël devait faire plus pour que les négociations sur la mise en oeuvre de l\u2019accord de paix du 13 septembre prévoyant l\u2019autonomie palestinienne à Gaza et à Jéricho puissent reprendre.«Il s\u2019agit de mesures de façade», a déclaré le porte-parole de l\u2019OLP, Yasser Abed-Rabbo.«Ce qu\u2019il faut ce sont des mesures qui empêchent le meurtre de citoyens palestiniens».«Nous ne pourrons faire face à cette situation aussi longtemps que les colons (juifs) continuent à porter des armes et ont le droit de faire feu sur tout citoyen.Nous ne voulons pas transformer chaque ville palestinienne en un autre Sarajevo», a-t-il dit après avoir demandé la dissolution des colonies à Gaza et de Kiryat Arba, «source de terrorisme et de meurtre».Le chef des négociateurs palestiniens, Nabil Chaat, a déclaré que les mesures ne répondaient pas aux exigences de l\u2019OLP.Au lendemain de la tuerie, l'OLP a exigé le désarmement de tous les colons et une protection internationale des Palestiniens des territoires, comme préalables à la reprise des négociations.«Nous étions sur le point d\u2019annoncer une date pour la signature de l\u2019accord» sur la mise en oeuvre de l\u2019autonomie à la veille du massacre, a dit Nabil Chaat.Le président Bill Clinton avait annoncé vendredi que les négociations entre l\u2019OLP,et Israël, qui se déroulaient à la fois au Caire, à Taba (Egypte) et à Paris, reprendraient à Washington, sous parrainage américain.Aucune date n\u2019a été fixée.Mais, selon un responsable américain à Washington, elles pourraient reprendre dans le courant de la semaine.Yasser Arafat a convoqué à Tunis hier soir le comité exécutif de l\u2019OLP afin de décider de la position de la centrale palestinienne.Israël, qui refuse l\u2019envoi d\u2019une force internationale pour protéger les Palestiniens, a bouclé totalement les territoires occupés pour une durée indéterminée afin de faire face aux violences incessantes provoquées par le massacre.Le Conseil de sécurité de l\u2019ONU n\u2019a pas pu se mettre d\u2019accord sur une résolution prévoyant une protection internationale des Palestiniens en raison de l\u2019opposition des Etats-Unis.Ij& décision éventuelle a été reportée à aujpurd\u2019hui.À Daipas, des hauts responsables syriens ont demandé aux Etats-Unis de prendre des mesures concrètes contre Israël et au Conseil de sécurité de l\u2019ONU de décider d\u2019une protection des Palestiniens et du désarmement des colons.Hier, les soldats israéliens ont tué quatre Palestiniens et un jeune bédouin et ont blessé au moins 57 autres Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie, portant ainsi à 19 le nombre de personnes tueés depuis le massacre.Les manifestations de protestation se sont étendues durant le week-end aux Arabes israéliens depuis la Galilée au noçd d\u2019Israël au désert du Néguev au sud.A Jérusalem, quelque 300 personnes se sont recueillies devant la dépouille de Goldstein dans un funérarium à Jérusalem.Ce médecin a été battu à mort par des Palestiniens après avoir vidé plusieurs chargeurs de son fusil.Le corps a été ensuite transporté près de Hébron pour y être provisoirement enterré.«Un million d\u2019Arabes ne valent pas l\u2019ongle d\u2019un Juif», a dit un rabbin, proche des idées de Golstein, en prononçant l\u2019éloge funèbre.Shai Bazak, porte-parole des colons, a protesté contre les mesures prises et a accusé les membres du gouvernement israélien d\u2019être «des politiciens irresponsables» qui risquent «de répandre le sang des colons à cause de l\u2019action d\u2019une seul homme».HOLDEN «C\u2019est un scandale» SUITE DE LA PAGE 1 M.Holden pour la lutte électorale.» Quant à Kim Beaudoin, c\u2019est avec la voix brisée qu\u2019elle a invité son équipe à se rallier.Malgré ce geste, il s\u2019en trouvait parmi son entourage pour chahuter et clamer que l\u2019élection de Richard Holden, «c\u2019est un scandale».«Je pense qu\u2019on a beaucoup joué sur la question de la langue», s\u2019est borné à dire Mme Beaudoin qui croit que M.Holden sert de symbole pour le PQ.«C\u2019est un atout majeur sur le plan international.Qu\u2019il y ait deux anglophones au PQ (MM.Holden et David Payne), ça donne une bonne image du parti.Ça démontre que nous ne sommes pas anglophobes même si on défend le français», a expliqué quant à lui le président de l\u2019association locale, Roger Parent.Chez les libéraux dans Notre-Dame-de-Grâce, Robert Keaton s\u2019est dit déçu de sa défaite (195 voix contre 363 pour M.Cope-man).Il compte délaisser quelque peu la politique.Durant son allocution, il a affirmé avoir «rallié les modérés à Alliance Québec» et avoir obtenu l\u2019adoption de la loi 86, «un compromis honorable».De son côté, Russell Copeman, attaché politique de Robert Bourassa dans son comté, a indiqué devant plus de 500 militants qu\u2019il pourrait être justifié de faciliter l\u2019accès à l\u2019école anglaise, une fois mises en place des commissions scolaires linguistiques.«Il faudra voir si la survie, la stabilité du réseau scolaire anglophone peuvent être préservées», a-t-il expliqué aux journalistes.Le nouveau candidat libéral ne redoute pas de donner des munitions au Parti québécois, dans la délicate question linguistique: «Nous sommes un peuple ouvert et tolérant.Je n\u2019ai pas de telles craintes.» Selon M.Copeman, il serait «logique» que des immigrants anglophones aient droit de choisir l\u2019école anglaise pour leurs enfants, ajoutant que son propre fils est inscrit à l\u2019école française.En outre, M.Copeman, qui est âgé de 33 ans, a rappelé qu\u2019il n\u2019avait pas renié le Parti libéral du Québec il y a cinq ans, quand la grogne des anglophones contre la loi 178 sur l\u2019affichage avait favorisé l\u2019essor du Parti égalité.Devant les militants, M.Copeman a rappelé l\u2019enjeu des prochaines élections en mettant en garde contre le danger du retour au pouvoir du PQ: «Nous ne pouvons nous permettre cinq ans d\u2019incertitude économique et de lutte constitutionnelle.» «On perd notre temps dans le système fédéral», a expliqué pour sa part le coloré député de Lévis-Lauzon, Jean Garon, qui a fait patienter l\u2019assistance en attendant les résultats du vote.«Quand le bateau va mal, les rats le quittent.C\u2019est la même chose au Parti libéral où les gens quittent parce qu\u2019ils ont perdu confiance en l\u2019avenir.Ils voient bien qu\u2019il n\u2019y a pas de solution dans ce qu\u2019ils présentent», a soutenu M.Garon.V V-'.¦; -.\t.i PHOTO JACOUKS (>KEN IKK À la Garderie Ix-s Petits Lutins de Verdun, plusieurs parents apeurés ne veulent plus que la vérité soit tue.Peut-il y avoir des limites au droit à la confidentialité?GARDERIES «C\u2019est lorsque les parents sont au courant que ça crée des problèmes» SUITE DE LA PAGE 1 Cette prise de position se démarque de celles prônées la semaine dernière par la direction de la Santé publique et par l\u2019Office des services de garde qui, bien que soucieux de la confidentialité, invitent tout bas les parents à faire connaître l\u2019état de santé de leur enfant aux responsables des garderies.«Nous, on craint que ça change le rapport entre les éducateurs et les enfants.Il y a des médecins qui tiennent à ce qu\u2019il y ait des contacts, mais nous mettons un bémol sur la divulgation du dossier au personnel des garderies.Pourquoi la confidentialité tiendrait sur d\u2019autres sujets et pas sur le sida», plaide Mme Gauvreau.Cette position vient jeter un nouvel éclairage sur un des enjeux du débat jusqu\u2019ici resté dans l\u2019ombre: faut-il oui ou non dévoiler l\u2019état de santé des enfants séropositifs?Curieux paradoxe, la dénonciation publique faite par la mère de la petite Jessica Dos Santos pour que soit rendue justice à sa fillette séropositive a plutôt poussé les parents au silence.Du même coup, le choc créé par cette déclaration a incité des parents qui n\u2019avaient pas réclamé de compte jusqu\u2019ici à exiger qu\u2019on ne leur taise plus la vérité.Le droit des enfants séropositifs à une garderie n\u2019est plus remis en question.La promesse par la ministre à la Famille, Violette Trépa-nier, de renflouer les garderies qui perdront des enfants après avoir ouvert leurs portes à un enfant atteint du virus ne prend en compte qu\u2019une partie du problème, estime-t-on dans les milieux de garde.Le dilemme de la confidentialité, lui, reste entier.- L\u2019enjeux: la confidentialité- À la garderie Les Petits Lutins, les parents sont toujours convaincus qu\u2019ils sont les seuls à devoir faire preuve de tolérance.«Si les parents d\u2019enfants séropositifs ont droit à la confidentialité, les autres parents ont aussi droit à la vérité.Ils ont l\u2019impression d\u2019être les seuls à devoir s\u2019ouvrir.Les parents d\u2019enfants atteints du virus doivent aussi faire leur bout de chemin et dévoiler la maladie», pense Mme Claire McNicoll, membre du conseil d\u2019administration de la garderie.Pour mettre fin à cette crise de confiance, il faudra que tous mettent cartes sur table, estime-t-elle.«Mais pour travailler ensemble, il faut que ies gens en parlent et nous donnent la chance de les connaître.» Pendant ce temps, les autorités, charte des droits oblige, ne dérogent pas d\u2019un iota au droit à la confidentialité.«Pour nous, c\u2019est essentiel.C\u2019est lorsque les parents sont au courant que ça crée des problèmes.Il n\u2019est pas question de dire ça au grand jour», insiste Mme Sylvie Charbon-neau, de l\u2019Office des services de garde.Pleinement en faveur de l\u2019intégration, les services de garde ne sont pas enthousiastes à l\u2019idée d\u2019inciter les parents de petits sidéens à parler de îeur maladie.«On peut souhaiter que les parents le révèlent, mais jamais on ne les y obligera», de trancher Mme Charbonneau.Du côté médical, le discours est plus mitigé.Sans le dire tout haut, certains responsables de la santé publique pensent qu\u2019un dialogue ouvert entre parents, garderies et médecins serait l\u2019idéal.Tant pour le reste des enfants que pour l\u2019enfant séropositif, dont le système immunitaire affaibli peut être mis à rude épreuve en garderie.«On croit à la confidentialité.Mais si tout le monde jouait franc jeu, ce serait plus vivable.C\u2019est beaucoup mieux de travailler en commun que de garder ça secret», estime le Dr Richard Massé, spécialiste du programme de contrôle des maladies infectieuses à la direction de la Santé publique.A l\u2019heure actuelle, des maladies comme la varicelle ou la coqueluche doivent être déclarées à tout prix par les parents, mais pas le sida.-Une déclaration obligatoire non nominale?- Dans plusieurs états américains, le sida est une maladie à déclaration obligatoire.Au Canada, non.On pourrait couper la poire en deux, croit le Dr Massé, en faisant du sida une maladie à déclaration obligatoire, mais sans renseignements nominaux.Le nom du malade resterait secret.Seul le nom du médecin traitant pourrait être dévoilé à la garderie et seryir de lien.A la garderie Les Petits Lutins, les plaies sont encore à vif et les réactions exacerbées.Si les parents avaient été sensibilisés au sida avant, les réactions auraient été d\u2019un tout autre ordre, estime le Dr Gagné prenant pour exemple la Garderie du Carrefour.Cette garderie du centre-sud, en faveur de l\u2019intégration des enfants sé; ropositifs, dévoilait la semaine dernière avoir déjà accueilli des enfpnts atteints du VIH.Deux parents ont retiré leurs enfants depuis, d\u2019autres put posé des questions.Mais point d\u2019hécatombe.Malgré tout, M.André Rémillard, éducateur à cette garderie, ne pense pas que le dévoilement changera quoi que ce soit au travail des éducateurs et à la santé des enfants.«On devrait viser à ce les éducateurs le savent, mais dans le fond ça ne change rien car on travaille comme si tous les enfants étaient séropositifs.Ce n\u2019est pas différent des adultes qui portent toujours un condom par mesure de prévention, au cas où.», croit-il.Bien sûr, il faudrait parvenir à faire tomber le mur du silence.Mais pour l\u2019instant, M.Rémillard comprend tout à fait que des parents se réfugient dans le silence.Au Regroupement des garderies de Montréal, on ne pense pas différemment.«Je comprends les parents d\u2019avoir peur, mais je crois qu\u2019on exagère l\u2019ampleur du problème, soutient Mme Gauvreau.La situation n\u2019est pas pire que dans les camps de vacances ou les clubs de hockey.Le problème existe partout ailleurs, pas juste en garderie.» QUÉBÉCOISE Difficile d\u2019imaginer qu\u2019on s\u2019entre-tue à 150 km de SUITE I)E LA PAGE 1 Petite brunette aux traits fins, coiffée à la Geneviève Bujold, Michèle Voyer n\u2019a pas vraiment le physique du Médecin sans frontières ou de l\u2019aventurière de l\u2019Arche perdue.Avocate, née à Paris de parents canadiens et qui a grandi a Montréal, elle s\u2019ennuyait à mourir dans son bureau de la Commission de l\u2019immigration et du statut des réfugiés à Ottawa.A 35 ans, elle a donc fait le saut.«Je révais de grands espaces et de pays exotiques, me voilà enfermée 12 heures par jour depuis deux ans!» Au sommet d\u2019un des deux buildings du centre-ville, elle règle le menu détail de l\u2019approvisionnement en nourriture et en soins d\u2019une dizaine de camps répartis sur le territoire de la peti- te république.À son arrivée, 50 000 réfugiés croates s\u2019entassaient déjà dans les anciennes casernes désaffectées de l\u2019armée yougoslave.Sa première tâche fut d\u2019organiser leur rapatriement volontaire dans les territoires pacifiés.Mais dès le mois d\u2019avril, ce sont 1000 à 2000 Bosniaques par semaine, surtout de Bosnie orientale, qui ont envahi les camps prêtés par le gouvernement.Certains jours, jusqu\u2019à 200 personnes d\u2019un même village cognaient à la porte du Haut-Commissariat.Entre les interminables rapports pour Genève et les visites sur le terrain, elle a lentement appris a découvrir ce coin du monde où les langues, les nations et les religions forment une salade encore plus confuse qu\u2019au Canada.Ses tentatives d\u2019apprendre le Slovène, une des langues européennes les plus difficiles, se sont soldées par un échec.L\u2019an dernier, elle a sauté sur un vol en direction de Sarajevo pour constater de ses yeux les horreurs qu\u2019elle entendait répéter jusqu\u2019à plus soif sur CNN.Pour oublier la guerre, elle va parfois dîner le vendredi soir dans un petit restaurant bosniaque de la proche banlieue de Ljubljana.Difficile d\u2019imaginer qu\u2019on s\u2019entre-tue à 150 km de là en entendant Slovènes, Croates et Musulmans discuter joyeusement autour de copieuses assiettes de cevapcici (boulettes de viande hachée) et de burek (pâte feuilletée au fromage et à la viande).Entre deux verres de pinot Slovène, on rigole de la derniere déclaration de Vla- dimir Jirinovski, l\u2019extrémiste russe qui était à Bled, à 50 km de Ljubljana, quelques jours plus tôt.Depuis deux ans, Michèle Voyer a vu monter la crainte des Slovènes de voir les réfugiés se transformer en candidats à l\u2019immigration.Un véritable choc pour ces montagnards où les étrangers sont plus rares que les chômeurs.Récemment, elle a offert sa protection à une Bosniaque de 60 ans, cardiaque et mère de deux enfants, qui a sauté d\u2019un wagon en marche! Les policiers, constatant qu\u2019elle n\u2019avait ni la citoyenneté Slovène, ni le statut de réfugié, l\u2019avaient mise sur le premier train pour Zagreb.Au cours de la dernière campagne électorale, des nationalistes extrémistes ont publié dans les journaux un appel à renvoyer les «gens du sud» chez eux.Un projet de loi visant à éliminer la double nationalité a aussi été soumis (sans succès) au Parlement.L'an dernier, un sondage du quotidien Republika révélait que près de la moitié des jeunes Slovènes préféreraient vivre dans un pays sans étrangers et approuveraient une révision de la Constitution afin de retirer la citoyenneté a certains.Aujourd\u2019hui, comme dans plusieurs pays d\u2019Europe centrale, les partis extrémistes ne sont soutenus que par 10% de la population.Mais derrière les rires qui montent des tables se cache une peur sourde: (pie cette guerre absurde pour quelques kilomètres carrés de tourbe ne soit que le prélude à des bouleversements encore plus radicaux.Ici.personne ne croit plus à la trêve, ni à la paix.On sent seulement une grande fatigue.Et puis cette incompréhension devant ces amis d\u2019hier, surtout à Belgrade mais aussi à Zagreb, qui ne vous parlent plus et sont devenus des étrangers.Allez y comprendre quelque chose.À Noël, lorsqu\u2019elle a atterri à Mirabel, à -20C, pour entendre parler de contrebande de cigarettes et du Reform Party, Michèle Voyer n\u2019a pas vraiment eu la nostalgie du pays.Sauf peut-être pour une chose, dit-elle: le rire communicatif des Québécois, quelle a redécouvert en écoutant Ding et Dong à la télévision! Si un jour, elle quitte Ljubljana, il n\u2019est pas sûr que la Yougoslavie, elle, puisse jamais lui sortir de la tête.ü; Devoir LES BUREAUX OU DEVOIR SONT OUVERTS: DU LUNDI AU VENDREDI DE 9H00 À 16H30 RENSEIGNEMENTS\t
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